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BIBLIOTHEQUE DE PHILOSOPHIE EXPÉRIMENTALE Directeur E. PEILLAUBE

VI

Essai

sur

la

Pme^tologie

<3k

la

main

par

N. VASCHIDE

Direeteur-adjoint du Laboratoire

de

Psychologie pathologique

de l'École des Hautes-Études

AVEC _J7 PLANCHES HORS TEXTE

PARIS

MARCEL RIVIÈRE, 31, Rue Jacob

1909

ÉDITEUR

N. VASCIl'iD'E (1874-1907)

Psychologie

de

^Essai

y'fsur

la

la

main

Philosophie

BIBLIOTHÈQUE

DE

Expérimentale

Dirigée par le Professeur E. PEILLAUBE

Volumes

parus :

I. Le

Psychisme inférieur,

Clinique

le Dr J.

Médicale à l'Université de

GHASSET,pro-

Montpellier. 0 francs

10 lr. 50

structure,

Faculté

par

fesseur de

1

II.

vol.in-8"de 510 pages, broché

relié

La Théorie physique,

M.

son

objet

et sa

DUHEM,professeur de Physique théorique à la

par

des Sciences de Bordeaux.

1 vol.in-8°de 450 pages, broché relié

8 francs 9 fr. 50

III. Dieu.

MOISANT.

L'Expérience en métaphysique, par XAVIER

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Principes

de

linguistique

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Leyde.

IV.

psychologique.

synthèse, par

1

VAN GINNEKF.N, docteur de l'Université de

relié 13

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V. Gournot et la Renaissance du

probabilisme, par

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M. F.

1

MF.NTRÉ,professeur à l'Ecole des Roches.

vol.in-8°,broché

-

relié

Essai sur la Psychologie

1

de la main, par M. N. VASCHIDE,

Psychologie patholo-

10francs

11fr. 50

du Laboratoire de

Directeur-adjoint

gique

à l'Ecole pratique des Hautes-Études.

vol.in-8°broché

- relié

Volumes à paraître

Essai sur la

:

Les

mémoire el l'imaginalion, par

Images.

E. PEILLAUBE,professeur à l'Institut Catholique de Paris,

directeur de la Revue

de Philosophie ».

«

La Psychologie, par W. JAMES.

L'Activité

par M. P. VIGNON, du Laboratoire

biologique, de Zoologie à la Sorhonne.

Les Fondements

métaphysiques des Sciences,

de

par

à

M. J. l'Institut

lîui.i.ioT, professeur

Catholique

Logique et Métaphysique

de Paris.

BIBLIOTHÈQUE DE PHILOSOPHIE EXPÉRIMENTALE Directeur E. PEILLAUBE

P&vcholoqie

Me

VI

Essai

sur

la

par

la

N. VASCHIDE

main

Directeur-adjoint du Laboratoire de Psychologie pathologique de l'École des Hautes-Études

AVEC }1 PLANCHES HORS TEXTE

MARCEL

PARIS

RIVIÈRE, 31, Rue Jacob

1909

ÉDITEUR

PREFACE

Ce n'est

sans émotion

que je vois en tête de ce

Quoi de plus dramatique

alors

frap- que tout

pas livre le nom de N. Vaschide.

et de plus

douloureux

qu'une mort prématurée

en plein labeur,

un jeune

homme

pant

lui présageait

un avenir glorieux

!

Toutes

les rares

et exquises

qualités de Vaschide

érudition

sûre

toujours

se

et

en

sans

retrouvent

universelle,

cet ouvrage une perspicacité

en

: une

analytique de vues

éveil,

laquelle

pas. L'ouvrage

imbécile

tendresse

mettre

celle-là

tainement Ce livre

accueilli

monographie psychologie, et médecine.

et cette ingéniosité

les oeuvres

et de style

les plus

profondes

ne comptent la mort

était inachevé

encore quand

l'ouvrier.

est venue surprendre

a recueilli

ordre

Une pieuse les

pour

ces documents

et leur

inachevés

en bon

donner

forme définitive,

même que

adoptée.

sur

N. Vaschide,

sera,

s'il avait

vécu, eût cer-

bien

une

la main

il

à n'en

pas douter,

toute

du public.

C'est une monographie,

y

un

de ces

peu

de

esthétique,

divers

mais

a

métapsychique,

science,

physiologie

Chacun

chapitres

forme

II

PREFACE

un

et l'ensemble

est d'une

belle allure, parle

agile

harmo-

tout,

il convient

par excellence,

de l'organe et adroit

nieuse,

harmonique

comme

lorsqu'on

la main,

instrument

Certes,

de notre on

ne

souple

intelligence.

doit

pas qui croient

tomber pouvoir, les plus même prévoir

dans

l'erreur

des

l'étude

des

délica-

plus

en

sera,

a mis

café.

Ce

chiromanciens

lignes

par

de la main,

substiles

passés,

pénétrer

voire

tesses du caractère,

futurs

insignifiants.

regardant

dans

deux

jusqu'ici

les événements les

jamais,

qu'il

et retrouver Je doute

la main

les événements

fort

qu'on

puisse

prédire

d'un individu,

par

la, foudre, de sucre

ans, frappé deux morceaux

ou qu'il

son

dans

sont

à rire

Cependant, une individualité

ceux

là des enfantillages

et qu'il

faut

qui, non

nette

sans

raison,

prêtent

laisser

aux baraques

qu'il

qui

semblables

de la foire.

reconnaissons

bien

y a à chaque se révélera

parmi

main

à tous

toutes

qui sont perspicaces.

a pas

deux

Il n'y

feuilles

les feuilles toutes

parmi tiques. timides, des mains douteux

Il

influence

dans

les traits n'est

de la forêt les mains

: encore

moins

trouverait-on,

humaines,

deux mains et des

iden-

mains

y a des

mains

sensuelles

audacieuses

des mains d'action la

que

sur

la

et des mains

de rêve.

mystiques, Il n'est n'exerce

et des mains

de

pas

forme forme de notre

la pensée corps. être ; dans

son

du

L'âme

se

reflète la physionomie, des mains.

la structure

pas

du visage, un préjugé

et la configuration que d'attacher

Ce

quelque

impor-

tance,

l'être.

pour juger

Pour

moi,

je me sentirais

le caractère,

à l'aspect d'être accusé

extérieur

au risque incapable

de puérilité, ma confiance

d'accorder

de

à

PRÉFACE

III

un homme moniques De même,

difficilement

race, sont d'une duchesses

gants.

fausse

la conversation

dont

les mains

seraient

tortueuses,

belle,

dyshar-

et grossières. au

point

de vue esthétique,

vraiment

on admettra et de noble de duchesse Les

des aucune raconte officier sa première

avec

sans

qu'une de vilaines beauté devraient

femme mains. et d'une donc

ait

Les mains

élégance ne pas

royal,

avec

proverbiales.

les masquer

qui, ses amours, un

jeune

fut

Une princesse

honte,

tes

de sang

lui

a conté qu'elle !

»,

au public

eut

:

« Otc

dit-il.

qu'elle

Telle

gants la première

vint, au rendez-vous.

un

peu

bizarre,

avait liaison,

parole

Encore trouvera que c'était

fois

que cette déclaration

peut-être

soit

on

et

que cet amoureux

un connaisseur.

Les mouvements

de la main

traduisent

fidèlement

les mouvements

de l'âme.

Les physiologistes

ont

pu,

des observations émotion

et

des

que

doigts

minutieuses

retentit

et précises, les muscles

presque

établir

de

par

que chaque

main,

tibles

sur

la

des frémissements

trahissent

impercep-

intérieure.

l'agitation ne sont

Souvent

même ces frémissements

et les attitudes

pour exprimer

s'il

pas imper- élo-

serait

immobiles,

puissam-

de la main

ceptibles,

quentes

bien

collées

ment

par les mouvements

dans

sublime.

se peuvent même temps

sont

assez Un acteur

nos passions.

ses

maladroit

gardait

mains

au corps à son jeu,

les grands

et inertes.

et il peut

Elles concourent

des

obtenir

effets admirables

d'une

la prière,

parle

de la main.

Se tordre

les mains,

beauté

désespoirs,

est un geste l'horreur,

si

La menace,

la colère,

ne

en

bien exprimer que la voix

la main

que et les yeux.

IV

PREFACE

Donc,

lorsque

nous

écrivons,

notre

écriture

est

l'image de nous-même.

Reste de notre l'examen illusions

persuadés

Le principe

n'est pas douteux.

cette pénétration

appréciée

que de naïves

par

bien

à savoir

dans quelles

peut

écriture.

limites

être intime de notre

être

en fait encore,

se font les graphologistes

que le principe sur

repose

une

! Mais soyons

de la graphologie

base

solide,

est vrai, scientifique, des émotions

et

qu'il

inattaquable,

à savoir le retentissement

sur les gestes.

La main, véritable

par

sa forme

caractéristique

et ses mouvements,

est une

d'humanité.

Si elle classe

les

hommes,

à plus

forte

et les

raison

fera-t-elle

êtres.

une différence On a appelé

entre l'homme

singes des quadrumanes,

mains.

n'ont

de doigts

n'a

autres

les

s'ils avaient

l'organe

de

comme

quatre En réalité,

ils

pourvu

leur

avec

long

la

doigts,

C'est presque de mains

une profanation. ! ou du moins à l'extrémité

pas

qu'ils portent de lointaines

bras

ressemblances!

que main humaine

; le pouce, opposable

aux autres

fait,

de la main,

seul, il y a entre

un instrument

l'homme

si parfait

que, par cela cet animal

fût-il

et l'animal,

un grand

singe, une différence

essentielle.

Cette habileté habileté cérébrale.

du chirurgien, cette dextérité

lectuel.

La main

de

la main

n'est d'ailleurs

Lorsqu'on

parle

ou du manuelle

violoniste,

est

un

de la main on oublie

phénomène

n'est, somme

toute,

qu'un

qu'une

adroite

trop

que

intel-

appareil

d'obéissance. par le cerveau.

Elle

ne fait

rien

qui ne soit

commandé

Toute son activité

lui vient du cerveau

qui dirige un grand

et donne

chirurgien,

l'impulsion. sont adroits

Un grand violoniste,

par

leur cerveau,

PKÉI'ACt;

V

lorsque

craindrai-je

maladresse

cérébrale.

leur

main

pas

est

très

de déclarer

manuelle

est

une

L'opposition

qu'on

entre l'adresse

el l'intelligence

fondée.

habile.

Pareillement

ne

qu'une

véritable

établit

parait

très

grande

défectuosité

tfop

donc

souvent

assez mal

Mais

je n'ai livre

la prétention regretté

de résumer

pas de mon

l'ingé- N. Vaschide. d'une

Je

oeuvre faite

qui

sont

ici.

nieux

voulais seulement

d'originalité bien rares,

ami

l'intérêt

indiquer et d'érudition, même isolées,

deux qualités

et qu'on

trouve réunies

Charks-MICHET.

Tout bonheur que la main n'atteint ""*

pas n'est qu'un rêve. »

JOSÉPHINSOULARY.

« De tous

temps, dit-on, l'homme

pour les vérités

pour

les

mensonges

fut de glace et. de l'eu

.

il est surtout l'ami du mer-

veilleux. » COLLINDEPLAKCY {DictionnaireInfernal, VI' éd., 1863,p. 430).

INTRODUCTION

La vie intellectuelle

différentes

peut être sans

de

extrême-

mille

envisagée

manières

ment curieux

premières,

cela

fait

pour sa physionomie, qui caractérisent

détruire

les éléments

ses qualités son indivi-

dualité

lyser moins intimement indéfinissable construction

l'image

même.

On ne fait toujours,

aspects,

en somme,

qu'ana-

de nouveaux

ou

la

que pénétrer

son

mouvement

plus

ou

la

dans les rouages de

plutôt

de son mécanisme

architecture,

la

plus

plus protéique,

oscillante, de la vie, », de l'évo-

même de l'insaisissable

que phénomène

en tant

lution spontanée individuelle

de « conscience

et subconsciente

de toute l'existence

ou physique.

I

Dans

la plus

la pensée

était

qui avait

l'antiquité

reculée,

considérée une existence

religieuses de toutes

comme une entité métaphysique

surloul extérieure

des civilisations

; et les manifestations

anciennes

sont à la portée cette insou-

les investigations

pour préciser

INTRODUCTION

ciance, cette absence de préoccupation tivité de l'intelligence.

de la subjec-

Les plus curieuses

pages de cette conception

reli-

gieuse se trouvent certainement

dhistes; l'anéantissement

dans les livres boud-

des sensations de l'existence

dans le « Grand

Tout », source

du calme

et du bien-

être,

était la fin, la

conclusion

de sensibilité

peu adéquates

logique à notre

de nos formes Le

physique.

bouddhiste

esquisse

pour sa vie pratique rapidement

cette conception philosophique.

dant les variations croyances bouddhistes.

On connaît et les oscillations

cepen-

des

de

nombreuses

Je désire essayer seulement

les pre-

(1).

suggérer,

miers principes La philosophie

et pour le psychologue de lire les anciens

par ces quelques

mois, l'essence,

de cette doctrine métaphysique des Grecs était toute métaphysique,

contemporain,

il est parfois

grecs, de prendre

et

de saisir

étrange

connaissance

nuance toute métaphysique Ils ne se préoccupaient

penseurs de leur psychologie

la

de leurs mobiles mentaux.

guère des sources corporelles,

du siège de cette « intelligence)),

mais ils cherchaient

à spéculer sur des données,

de la pensée,

ciemment

cosmiques, attirant l'attention

psychologue

surles

éléments

conscients

confondue

consciemment

et subcons- avec les forces SOCRATF.

avec les forces physiques,

avec l'ambiance

métaphysique.

sur le « soi-même

» fut le premier

comme tout cons-

car si l'on considère

tout rêveur,

conscient,

tout analyste,

psychologue

(1) Voir surtout : les deux admirables livres de (XDHNHEHG.

Bouddha, 1 vol. Bibl. de. Pliil. conlemp., et iVirv/t(îna. Ibid. Alcan, édit.

IiNTIÎOIlLCTIOM

tructeur

immédiates

épithète poètes surtout, les époques

qui brode

à tous

(1).

autour

des données on doit de tous

médiates ou

étendre cette

aux

de la conscience,

les rêveurs

les temps,

les analystes par excellence

Il faut

faire

de toutes

pour

logi-

que

dont

une exception

AmsTOTE qui, tout en étant métaphysicien,

cien et naturaliste

fut plus

les autres penseurs

fut

en même temps et, implicitement,

psychologiques

des phénomènes

près

de l'antiquité, métaphysiciens,

qui se montrèrent

des construc-

surtout d'admirables

teurs

la vie humaine cule donnée.

de la vie en elle-même,

de la vie totale,

n'est qu'une parcelle,

une bien minus-

II

Des philosophes KANT, et les philosophes

modernes, écossais surtout,

comme

DESCAHTES, furent plus

analystes tout en restant métaphysiciens.

Les problèmes

de la conscience laissa les sources

tant la genèse métaphysique

furent posés

plus clairement.

On

de la vie de côté,

et tout en admet-

on analysa

de la pensée,

surtout

le problème

gence en elle-même,

de la vie humaine,

des phénomèmes

de l'intelli- de conscience.

Les problèmes

préoccupèrent

physiciens

de la physique,

de plus

en plus

et les mathématiciens,

de la vie cosmique,

les spécialistes,

les

tandis que la philo-

(1) CiiAïuxiiT. La psychologie des philosophes ijrecs, 5 vol.

6

INTRODUCTION

sophie se limite,

au domaine si complexe,

si

modernes agitent les mêmes

la conscience.

sans qu'elle

Et

puisse s'en apercevoir,

si peu limitable d'ailleurs,

les philosophes

de

des temps

que

données essentielles

les philosophes

précis, plus spécialisé, plus psychologique.

sique

d'abord pour l'intelligence

nécessité analytique. La métaphysique, laissant sa merveilleuse

toutes les spéculations plus en plus une science

toutes les exigences

telligence

connaissances

ment

révolutionnaires.

grecs, ils emploient

un langage

délimités

plus

Le « phy-

tout

» et

le « psychique

tout

» sont

du problème,

en inspirant

ensuite par

tout en sur

de

tout,

empreinte intellectuelle

devenait

philosophiques, trop générale,

pour suffire à

de l'in-

de l'esprit.

Les données

posaient de nouveaux problèmes,

scientifiques

alimentaient

sévères

que les continuelle-

et toujours

par leurs investigations

« L'âme

» ne fut pas la seule donnée

autour de laquelle

et nous assistons, cette curieuse

stérile qu'on ne le pense, dunominalisme

à des

pendant

les penseurs

devaient s'eniêter

à

réfléchir,

dans tout le Moyen âge,

moins

lutte intellectuelle,

préciser

et du réalisme,

la

limite

essais

qui voulaient

du

réel et de l'irréel

(1).

L'attention

fut portée

sur l'esprit,

en tant qu'esprit

humain surtout,

l'objet de l'entendement

qualités psychiques

rience, des sensations, de la réalité.

à la suite de LOCKE qui essaya de fixer

des

sur les conflits

humain;

innées

et les données

de l'expé-

La philosophie

écossaise fut la plus psychologique,

(1) Voir PICAVET.

INTRODUCTION

la plus

et pour

la première en philosophie.

fois, le mot

pour

humaine,

» fut introduit

« expérience On descendit

analyser,

de l'esprit, La « raison

des nuages des métaphysiciens

des données

plus immédiates

pour creuser

et plus intelligibles. pure » de KANT si empreinte

de l'idéa-

lisme de BERKELEY est une des grandes étapes de la

philosophie ; quoiqu'en seille aux pragmatistes peut être considérée

toi-même

môme titre. Elle marque tation de nos analyses

phiques et intellectuelles.

dise M. W. JAMES, qui con-

de ne pas s'en occuper,

édition

elle

du

comme une nouvelle

« Connais-toi

» de SOCUATE, et en tout cas au dans l'orien-

philoso-

un point capital et de nos conceptions

Parallèlement

à l'évolution philosophique,

les con-

naissances scientifiques augmentent

en documents;

les

savants précisèrent

les mobiles de leurs investigations

des sciences nouvelles

sous toutes

examinée

se créèrent, ses formes,

et « la vie » fut

sous toutes

ses

;

données. Des faits précis, des idées nouvelles surgissent

de toute à mesure

cette

et persévérante la nature

longue

élaboration,

et

et la vie

qu'on explore

physique

biologique,

et qu'on

essaye

de la vie cosmique dépassant astres et des lois astronomiques

de saisir

la marche éternelle

le mécanisme

des

qui règlent

toute cette

grandiose architecture macrocosmique,

selon les mômes méthodes,

on explore on exa-

la vie humaine,

mine l'homme, en décrivant et constatant

pour passer fonctions du mécanisme biologique

l'harmonie biologique, polyzoïque,

grand

tout d'abord

son anatomie

ensuite

à l'examen

des

et de

des organes disait

comme

ce

DURAND DE GROS, en

philosophe

méconnu,

INTRODUCTION

tout

l'on

« vie

humaine

un mot,

ce que

aussi

appelle le cerveau, curieuse

».

On explora

et seulement

depuis de GAI.t. et- Siujit-

un siècle,

depuis l'époque

ZUEIM, dont on n'apprécie

ment que

on songea

organe qui jouait jusqu'alors ne pas dire nul (1). La belle

fonctionnement

et ne connaît malheureuse-

au

grand

dans

les travaux à localiser

destinés

les pensées

public,

le cerveau,

un rôle secondaire

histoire des doctrines

pour

du

et de la structure

du système nerveux

central

tombale

cette thèse, histoires

de M. Jules du xix° siècle

SOUUY, cette

majestueuse

pierre

(2), développe

magistralement

et l'on y retrouve

la plus belle page

des

des sciences, depuis AWSTOTE jusqu'à FLECH-

SIU et Goun.

III

Depuis

un siècle,

le philosophe scientifiques, et il en doit mentale.

ne peut

plus

se

passer des connaissances

expérimentales

ne fut-ce que par

Les médecins

mencement

précises,

de ses données

tenir

compte,

tenue

et les philosophes

furent

du com-

français

du siècle

les premiers

agitateurs

de ce mouvement

médecins

psychologique,

et des aliénistes

français

et les travaux

de l'époque

îles

: des

GEORUET, des PIXEL, des MOREAU DE TOURS, des LÉLLT, des I'KISSE, des DURAND DE GROS, etc., contiennent des-

pages

à relire

même

de nos jours.

La tradition

philo-

(1) HPURZHEIM. (2) Jules Souitv.

INTRODUCTION

Vf

sophique

doit

au

science,

doit

moins

faire

faits

nouveaux

et

de

cet

effort.

La

un culte

place

aux

tenir

compte comme une nouvelle

idole, demande

nouveau.

La

influence

philosophie

de

nos

kantienne

jours.

Le

HENOUVIER lui ajouta un nouveau,

exerce

encore

néo-criticisme

mais

pâle éclat,

son

de

de

même

ricains, ment si brillamment

les courants

que

surtout avec

modernes

néo-kantiens

amé-

ROYCE et DEWEY — qui la rani-

par leurs investigations

et par

la préoccupation

rience

Mais

obsédante

du rapport de la conscience. à considérer

que les données abstraites

de

l'expé-

et des phénomènes

il y avait

autre chose

dans

doit

la vie

tenir

les

abs-

mentale, dans l'intelligence,

de la métaphysique

et

si l'on

classique,

des éléuienLs inanalysables

les formes

de la pensée,

mais

compte

éléments

traites

entités,

tout un grand moraliste,

11 s'intéresse prit humain, manifestation critérium,

définissables

innés, de la raison

on trouve

autre chose

que des

pure, que de pures abstractions.

aux constructions

il s'occupe ; il cherche une consécration

pratique

Si KANT fut avant

de l'es- dé sa un

pratique

théoriques.

des

êtres

pas

la

« L'an-

il fut aussi un peu psychologue.

fondamentales

des lois de son action,

dans

sa morale

de ses idées les conflits

La

vivant raison individuelle

raison

réglait en groupe, et la raison

il n'oublia isolée.

en masse

et

pure,

» et la « Raison

à cause comme

» de KANT sont

des conflits

thropologie des livres

intcr-psychologiques

actuellement

pratique

à relire

de l'analyse

dirait

le regretté

TARDE,

à l'ordre

du jour.

Les recherches

scientifiques

apportèrent

des

con-

INTRODUCTION

structions

les légendes

métaphysiques. de CAHANIS, nous décrivirent

encore

réduisant

et

sensiblement

plus précises, et les

points

des

des constructeurs

un peu

des

de

la

d'appui

Avec le matérialisme

psychologues le fonctionnement

grossier

anatomistes

mécanique

cérébrale.

FIUTSCH et IIITZIG, en

1870,

décrivent

l'irri-

tabilité

localisée

les éléments

la source, on la localise

Les rapports agités, une position

de G. FECHNEU,

le mérite

de l'écorcc dans

le

cérébrale le cerveau.

et depuis,

lieu

la pensée de chercher

fut

dans

Au

dans l'atmosphère de cette

mystérieuse

cosmiques,

siège

et c'est

toute

et

ambiante,

intelligence,

dans cette incompréhensible

du

corps

et de l'esprit

au siècle

scientifique.

dernier

toute

glande.

de nou- trouvèrent

esprit

voulu

furent

veau

qu'ils

La psycho-physique

de ce grand

au

moins

l'oeuvre d'avoir Les données

a

d'avoir

précisé, ce problème. des notions

par

rangées

spiritualisme

et

préciser

inspirées

siques

théories

existent

chies

et

philosophiques, ou métaphy-

deux

scientifiques

dans

et

les

s'étaient

:

le

classiques le matérialisme,

mais rajeunies, avec notions

nos

qui

enri-

d'ailleurs

mises

aujourd'hui,

avec

en compatibilité

les

exigences

intellectuelles

acquises.

scientifiques

G.-T.

FECHNER posa le premier

la possibilité

d'un

entre

la sensation

:

est

et la percep- il fallait

la psycho-

rapport

tion.

ajouter La psychologie

mathématique

côté

un

A

des parallélismes autre

parallélisme

expérimentale

encore

classiques,

le

psychologique.

de

née

de toutes

; elle procède psycho-philosophiques en France

physique

tions

siècle,

ces investiga- du commencement de trouver

du

surtout,

qui essayèrent

INTRODUCTION

un rapport corporels logique

scientifique — de la pensée. de la mystérieuse

et

des

fondements

objectifs la valeur

Connaissant

glande,

physio- iis s'éton-

le cerveau,

1 1

-

nèrent

de la pauvreté

de nos

MAINE DE BTRAN représente

inductions.

en France

au même

titre

qu'HERRART

réflexion

entre

en Allemagne les phases

l'époque

métaphysiques

de transition, de la philoso-

de

et les phases de réunion

psychologiques

entre

scientifiques.

en

11 est

et

au

phie

l'anneau

la philosophie commencement

la philosophie si florissante

sur les questions

classique France si curieuses

médicale, du siècle,

jadis,

si intelligibles

du magnétisme, au même

porains

aujourd'hui qui troublaient

de l'hypnotisme des contem-

l'esprit

titre

que la phrénologie

de

Gall,

et

ce

grand

bruit

esprit

malheureusement

trop

amoureux

et de la sympathie

de ses contemporains,

du

savant

trop moderne,

trop

de nos jours

pour l'époque.

IV

Au commencement

du vingtième les tendances

ce terme

siècle,

si l'on vou-

lait résumer

et je mentales

vent

être

la question, sous

philosophiques

les spéculations

toutes

désigne

scientifiques

réduites

ou impressionnistes courants

quelques

peu-

: d'une

à ces

part,

le courant

classique

plein

de traditionalisme,

la philosophie

de

éléments

tout

côte

de

empreinte

métaphysique

religieux

ayant

certains

courants

tous

les