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COHECTMND'8UVBA6ES

SCIENCES

RELATIFS AUX

HERMÉTIQUES

L'OR

ETLATMSMMLTMNDESMÉTAUX

MB~IOTHÈ~UE CHACORNAC tt. QjMi Saint-Michel. Paris

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L'OR

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LA TRANSMUTATtONDES MÉTAUX

COLLECTtON B'OUVRA&ES RELATIFS ALX

SCIENCES HERMÉTIQUES &'HShAr~~H~t'M.jHt.Est.KRM)S<

L'OR

pr

LA TRANSMUTATION

DES MÉTAUX

Par G. TuÉODOKETtEFEREAU

L'A!eh'ntist-tfuxtx"StL'c!

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PARACELSE ET ~ALCHIMIE Auxn^Süclc

H.

F.tr

M. FR'ANGK

Mct'tnMiMt

CHACOR.NAC.

ÉDtTEUR

ti.ÇMfStttHt-A~M'.P.t/'M

2

tS8c)

09

0~

~~k.tS

PRÉFACE

Tout, dans la nature extérieure,se réduità un changement de formedans ('agrégation des cte- ments chimiques éternellement invariables (Hetmhotfz).

En pu6fiantle premier volume de celle eo~g~Mft~'<'<:n&

– MCMfH modernes-relatifs aux sciences Aerm~KM, nousn'obtlissonspasau pulgaire désir de faire tBtffrt:de &t6Mo~MM,ff't.~fYBfOtt~rJ~~F~M~fM, f:<mn~p<!F le /b~, ~<ïr.r<M~<!<M<<t/orm6, MHfMf aft~MM at eon!- prendre, où se n!t' parfois des ~jtt~jtïtt'ï presque ridi- cules atM conceptions les plus hardies de rM<K<~0< ~VMMvisons plus haut et plus loin.

Aujourd'hui l'esprit humain est asse; nettement ~H<rJ fOM~r~'a~ï pour ne reculer devant aucune A~t'o~M:

de

ne se laissant arr~r par aucune superstition ni aucune crainte, il pa/tH~«'<!t<x ~MmM limites de la logique, estimant <~f<'d toute constatation acquise, une étude t!OM- velle peut ajouter un <m-M. s'est ~.g'~J surtout de la

p~r ~M mo& ne condamne aucune manifestation de

l'effort eJrJ~ra~,sous quelque ('~MHg qu'elle se

PprMMK

présente

t

PRÉFACE

Alchimie, ~crm(~Hn!C,Occt(~HnK, neM~pocr/M~tM

des-rubriques ffon<~s <fV/«reî m~/Jr;<*<Mes ne fc~raf'Mt pas. ~!Msous son )'OtVs~<'a!a~orjf/rc commeun <?'<* fan- tastique, t'cmmc un ~fe~ troublant. Le sot'~n~ va droit il elle et p~~cn~ voir son visage. ~M<re/oM. <)<:c mo<d'oM)tm~,<Mfrissonnait ou o'!

souriait. Superstition ou scepticismequi ne sont ~M'Mnt' seule et même forme de l'ignorance ~< de la paresse.

On

a compris maintenantque l'homme n'a~ & ~rotf

de nier nt (fermer à priori. Dire que r~e&tmM ft'Mt ~M'tM /rHH d'erreurs grotesques est aussi absurde que de croire, par un élan ~e foi, tt des miraclesM~JmMMï.

Qtt'Mf-Cf:~'<!tMMr~~<t*m~At~o~e ~rmj~ae

QKan~,

MMM, W~Mm-~MtMK, ~OKr~~

sa théorie des atomes-tourbillons, fait jaillir d'un COM~

baguette,frappé sur un drap <eyt~M, les anneaux de fumée du chlorhydrate d'ammoniaque,~Man~Hs~mAo~ano~-M les mouvementstourbillonnantsdans K/t ~!t<~<!parfait, c'est-à-dire n'existant <d FJ~~ ~po~tJM nM~tfma~-

que, commele point 6a ~J<(.~fM, quand Af. ÛMpri' Mm~e, dans un cube d'eau <)'jn~o;tr edMtt~ n:{~tjmede mf~t~C, M~utM~au microscope, un nombre énorme de 225 millions ~mo~eafM. cc~M)'n&/Of!{ a'Kyrf:~'aMt-

mistes, et l'ignorant qui les verrait agir, sans compren- dre la ~or~e leurs <r~MX, en ~ar~cc M~f~~n/x, tes taxerait defolie.

ï -1

PRÉFACE

lit

'FbM/ ? nut est &tt:MM~ prononcé

c*

r\t~<t<

FjM,DJmocn~,

~fra~rMur~MtoM dire que les MrfJMs toutes choses ~endcni des Mn'JMx leursa~omcï.en aom~ri;.dimen-

sion et ~r~af[Oft;fo!ttE'm~J~oc/e~t<t~rM)!~f<t!p~a-

<ion fou, Epicure qui niail la mort,fou, Z,Mcr<'<;<?

qui pro-

fessait rm~t'ïtrtfC~fMJ des atomes, iM~(;rMM& t!M<J- fMax de <'cn;Mr~

M. Frémy ftt:y<tM~ pas œ~fc d'alchimiste, quand, en faisant rJ~if au rouge At fluorure de calcium sur de l'aluminecontenantdes traces de hc/ifomt!~ ~o~M,

t7prOt<UMat<~!t:nxbt<xpo~)'n~KM ~K rubis. Seules, les conditions du travail M< C/M; Les souf-

~ffrs du mo~n-ti~ toujours <;nerjm<<;~c ~er~eM~onï.

pd~~arhpCKr~M

/at'~Mrï, f't'Mtt la puissance ~orm~ et f~pt~m~nf acquise

qui <rMm~~CMf7 de

caM~MiM pesait, avec sa tJ~~o~ sinistre da la science, CMCson mépris du bien-être cor~oM~, a~M sa ~OKr~c ~<'orMdu sacrifice, avec sa méconnaissanceatroce des besoins ci des droits de <'<tMm<!f!t<J. ~e savant se terrait dans sa science,et, si, o&JuMn~à celte passion innée au c<x;Mrde l'homme qui le pousse à

/~f'rt:~r~~ef ses joies de ~ottKHr Kx ~~mHaMM, il K

~Maft p<tW<;f, encoreM MMnM t't~

conseillait f~mp~'er une hf<He nt)'ï<('neMM, arMfMi'M);

~~c~tiKH~ mat=

ët!~err

leurs &o:<ffMM.Y.Sur le mon~<

lui

prince

et cependant,le plus souvent,pour qui sait ~T ~A~f,

tV

PRÉFACE

simple en son essence, commetout ce qui est logique e !'rat. Aujourd'hui, comme Fa dit Tyndall, la science n'a

plus

les

l'homme. Z~r<!f!A faute des Hermétistes-faute qui n<~f!t« leur être imputée à crime, car ils étaient~raïdïSOt~ le joug de

fer de l'ignoranceet de la tyrarrnie intransigeante,c'est ~'af0<r rcc«~t' devantla généralisation des ~FMCt~M. Ils s'arrJ~Kn~, tK~MtC~, au seuil de &: f~nM, sans oser le

franchir, s'attardant d ~M recherches parfois enfantines comme des jeux. C'est ~H'attMt Bible les enserrait, les

p~rM~MC&ÏC<O~M~~&MKMN~

pectables,

le droit de

s'isoler, mais elle combine librement tous

efforts qui tendent vers ~nt~oraft'Oft ~tt sort de

res-

mouraientde ne pouvoirtravailler librement.

Ce ~«'~ faut considérer en ces p&~oso~M,M sont moins les applications~K't~ font de leurs théories que l'idée pre-

écrits de chacun ~'e«A:,

mMrc qui les leur dictait. En les

il y a, sous la /orm~, /dn~, fa base, le substratum.

Lorsque Bacon appelait le son un

pM~re proclamait-il un des axiomesde ra~mr i

mouvement spirituel,

Ne retrouvons-nous pas tous les JMmen~

science

les ~tfrf'MCM ~Vofm<!ftLockyer,

Cr0t<f<!<t:f ses études.spectroscopiques,que dans les étoiles les plus chaudes, on ne trouile ~Mj de rA~M~t'ns pur, tandis que dans celles moins chaudes, les métaux.

alchimique dans

PRÉFACE~

v

puis les mJ~~o~M apparaissent, et que sur la krre, c~n, ~~ro~M,m~afM:~n!<oMM<!<:K<MMft<ant<!M

à fJM ~r/h{~m<'n<pur, maisen des combinaisons plus

ou moins complexes.Çu'M donc que cet Ar~rO~nc, sinon t'Absolu des alchimistes, et quelte preuvepresque concluantede la réduction possiblede la matière en son principe un et primordial? Aujourd'hui on peut professer ~OM~n~n~ dogme de l'unité de la matiJre: en expérimentant avec de ~'a~coot ou de ~M~, on acquiert la démonstrationirrécusable de

la créationdu ~!MnM M~i're, par fragmentation ~'UM masse unique. MaKrA~ro~neMt-tH'fxMme~oM~eA'~r~ccc g~noNï~~oMM~fo~me~ Les ïpt'cfreï pAo!p/!orMC<& ont mot~t' en ~fanM un ~Mme cMm~at:complexe dont les ('Mmcn<!constituants pCt<)~n< ('<n;dissociés. Huggins, L~eo~ de Boisbaudranont ~M~ftïf' MMet'JrtM que KM~e aujourd'hui la mauvaise foi

r

pourrait rt'M~KCf en doute. Mais f'afonM~M< corps composé.

que seraientses .m~fth constituants? Scrjtcnf-tbmulti-

p~ ou se MjE'pOf<<'rt!<M<-t~ un (~JmM< unique

a-f-fYau ~M

cellc question Wf~Nnt Crookes rj~ft~ hardiment:

– me /)tMt!f~<t CO)K~ttM que les f'~MM~ des soi-

<fM.!nb corps simplesque nous cannaissons,sont en rJj~M ~ï mo~CM~x com~o!<'cï. Je )'t!M~~manJt; pour que vous

1-

VFVI-

-PREFACE-

1-~

ayie; une conception de leur genèse, de reporter votre es- pn~aMrWes ~es/Mrs 7~ (cm~o~f'MmMrï~aSt'f~ et sans forme, et de suivrele développement de la matière dans les étatstt nous connus ~'apr~ quelque chosed'anté-

cédent. Je ~ro~oM~'a~~rpro~e

nos éléments, a~an~ la m~fjre telle que nous-la connais-

sons à présent. Cette MJc matitre première,

pro~ préexiste

ce qui existait~Mtf

aMX~M<MCX~rf~raMO<!MR~.C*Mfaf~ I~ëscâr=

t es parle d'un fluide universel pareil tt une liqueur la plus

subtile e~a plus pdn~nM~.qui soit au mo~<

M. Ber<A~o< a~Mm~ aHï<f('

reculait pas

~~M~'A~o~K~MMpo~MntfMeorp!Mm~~ K~mo~MOOf)< nous ~OMMaa/Mf~Kt, restent encore impuissants, rtjft tt'cmp<<? de supposer ~t<*«ft(? découverte nom'<*Ht', MmMaM~<icelle du courant fo~af~M, permette aux chimistesde l'avenirde franchir

les limites qui nous sont imposés tout en se refusant t!

mettre la n<'cfM(M logique ~rt/n<M

nent ahimistereconnaissait~fraMem~~nc~de la transmu-

ta~'Oftdes élémentsactuelsles uns dansles autres. `

ma~r~, ft'mt-

Les recherchessur la thermochimie, en M<ro~M<Ma~dans

la sciencefM~ de ~MMf:Mt<KM,

ont

pOfM un COK~)A'C:H/'

aux ~r<~t<&SHrtt7!n< nohmn!gn<<t rAj"po~~<' ntM.

De la dissociationà la ï)'<jM,

marcheest logique,

1

PREFACE

Vtt

et M<*<:de la <Mf!!fMtt<<!<tOftf<MmJ~MJCCM p~M< <fe~Kf

eonï~H<Mnj''t!f~~<:f/cc<Mnttfme<!<t~rd~meft~ro~~ue s'impose ~'t:~('-tt!<'<

M. E. Varennene ~Ma~ pas, il a trois ans

Cont~rtme~ r~ro~'M

/M~K\t e~M.~centntille

t!!nMxpA<tr<'ï et vous aarc~ un lingot d'or pur. De ee~C analyse ~t; nx!<<<'r(;ti l'analyse de la Vie,

le passera bienMtfranchi. A <jrMM(? hauteurncï't'MM p.M b science nto.ft'fne~u~m~

r~t!r~anf/<!c<!tt

elle dit avec C<<n<~B<;M<!r~

grands ~rt'6Mn!Morganiques,

–f.M~MmJMï~'K~Cor~s

6rM~ ~tï

corp.<

vivants ont pour conditions les i)t<?m~JfJmjn~ et les

t!!t!mc~~r~nJ~~n!m&!rM.

C'csf

com~f<!X!M

~<

nM~'cmen<quifait la ~~nce. Descartes avait d'ailleurs affirmé

~it!~ que la M<:ft' qu'un r~M~.t< plus JjtH~<~f<~ des

~aMde la physique <;<

P~tt~frf. et c'est fCt~ff'm~rfMnftëft< ~rm~fïm~ et ~'OcCtt~Mmt:,<<M~-< t~~M~JttCMpfO~CM~Ï, M <~f- ~«eMf~ ~Mtimcn~t'h~~Ke de nt~JrM~M <*MM passent

à un autre <<<Mt!, sans Mh<M exacte, nous appellerions

dès à ~'yen~

J"t*<;une (M~cj

n!<'c~f!t'~f«:.

spirituelles, ~MM/ornM~n dont la formation

maftjrj, M~ A~'r-~n~t', ~OMJde /tKu~s

ou la naissancede~'t'~rfCt~ n<MX /OMfftt!M~ ~M similarités ~ro&aMM.L'(;~n'< n'M<-t7 pas tM J~~ essentiel,

~'Jd<~

Vttt

PREFACE

aclives dont nousressentons les e'Mor~/tOK~crm~er~n~Mff~

e~, sans qmf nous soit

De (jM~empï, ces problèmes ont ~oecK~t'/M hommes

~'JMe~t~er~M/M~~M'er~Mf~a

cherches et leurs ~jttMr~ science.

Quelqu'un oserait-il aujourd'hui taxer de folie, de char- latanismeou de mc~tMn~ Crookes ou Gt~Mr Qui ose-

rait fermer ~eK~M-KM~n'M<pomt<!pj&<!fM.< G Il nous, parait plus ~K'MM~Ha~, nous semble utile de placer à nouveausous les ~tM: des AommM bonne foi ces <cwr~, presque taules introuvables qui constituent

les ~CM~Mgrand dossier Agrn!J&'{M, de ce p<-oe~,/t<~J

~ff'~MM~CB.m~~M~~Bh~

à ~<;t< leurs rc-

ont changé <ï.ce ~f

Nou~ar~ons:

~conf!<N~~H<t!MffMopt<sc~Mm~eon/ttM <?«?' tels que le Miroir d'Alchimie de ~~er Bacon ou

!'Etixir des philosophes <!Mft~<<au pape Jean XX~, f<'vrai chercheursaura ~er le diamant <<t gangue combiend'autres <E«frM dédaignées

mal

En ~Jn'ff', quand on comprendra les o'Hf'rg!de SM'c~e/t-

borg, ~Wfsnf' Wro/f,

M<,des Aort'~nï nouveaux,immenses, s'ouvriront devant les esprits. Et ~M'Ott n'oublie pas que nos savants, fussent-ils de ~'7n!<t<M<0<!< lesfils, trop souvent ingrats, <fM~rm~M- tes. Pe<t<-Mre, commele veulent les sage du Thibet, sont-

Z.ot<M~ea~ de F~re ~'O~t-

PRÉFACE

ils les <'< inconscients des savantsde quelque lantide les écouteursencoreà demi sourds ~'('cAo~ se

~ï~anM, propageant ~M~M catastrophes antiques de la machine

cosmiquc. La collection~t'erth, relatifs aux sciences hermétiques sera, en fett de <t-m~, M~-n~cum de c<:M. qui, hors

de tous ~M~ vraisemblable.

admettent le poH<7' m<'mj ~<Mf

JULES

LËRMM~.

Mai

[889.

PARACELSE

ET L'ALCHIMIE

AU

XVI~ SIÈCLE

PAR

M.

FRANCK

MEMBRE DE L'ACADÉMIE DES SCŒKCE5 MORALES ET POLITIQUES

Lu à ta scance

publique

tei;

annuelle des cinq Académies,

octobre

tR; 1.

Sr t'atchimie n'avait jamais eu pour objet que ce dou- ble rêve de la cupidité et de la faiblesse, le secret de

convertir tous les métaux en or et celui- de prûfongcrJï volonté la vie humaine dans un corps exempt de dou-

leurs et d'infirmités, je me garderais bien d'évoquer te souvenir d'un art aussi chimérique, et, s'it ne t'était pas, aussi dangereux. Mais elle s'est proposé, à un certain moment, un but ptus étevé et plus sérieux. Entraînée par ses illusionsmêmes à la recherche, quelquefois à la

découverte du vrai, elle a préparé la régénération des sciences naturelles, en les poussant, du côté des faits,

dans les voies de l'expérience et de t'analyse, et en les rattachant par leurs principes aux plus hautes spécula-

tions de la métaphysique. A ce titre, ettc pourra exciter

2

L'M.CHtMtEAUX\'f-S!ECLE

C "cc o-C:.C

-F-

quelque intérêt dans un temps qui est à l'épreuve de ses erreurs ef qui se pique de justice envers les. siècle

passés. L'origine de l'alchimie, comme cette de la plupart de nos connaissances vraies ou fausses, se perd dans un nuage. Cependant il est difficilede la faire remonter avec

quelquesadeptes jusqu'à Mezaraim, fils de Cham et pre-

mier roi d'Égypte, ou jusqu'à l'auteur MM~r. ce prétendu monument de la

gesse des prêtres égyptiens. Tant Hermès Trismégiste. Le titre de philosophiehermétique, sous lequel on desi-~ gne l'alchimie, et la ressemblance de ce dernier nom

avecee!uLdeehan~!epatf(arcncde;)'Mnque,neptt-

supposé du P<f- mystérieuse sa-

ra!tront à personne une garantie suffisantede cette véné-

rable antiquité. On reconna!tra peut-être un premier essai de chimie générale dans quelques-uns des plus an- ciens systèmes phitosophiques de la Grèce dans les ato- mes de Leucippe et de Démocrite, ressuscités, avec des attributions plus modestes, par ta science contempo-

raine dans les quatre éléments d'Empédocle, qui conti- nuent de désigner sinon les principes, au moinsles dine- rents états de la matière, tantôt solide comme la terre,

tantôt fluide comme l'air, liquide comme t'eau, impalpa- ble, c'est-à-dire impondérable, comme te feu et enfin

PARACELSE

dans la théorie plus savante des homéomériesd'Anaxa- gore. Mais, il y a loin de là à faire de Démocrite un

alchimiste, disciple des prêtres de Memphis, du mage Ostanes et d'une certaine Marie, surnommée la Juive.

dans laquelle, franchissant une distance de dix à douze siècles, on a reconnu la sœur de Moise. Cependant n'a-

vons-nous pas les ouvrages que le philosophe abdéritain

a composés sur le grand art, sur l'art M<:r~,comme il t'appette:-Oui, sans doute! Mais ils méritent le même degré de confiance que ceux de Taut lui-mème, du mage

Ostanes, de ta prophétesse Marie, qui sont également entre nos mains, avec beaucoup d'autres, signés des noms d 'Âristotë, du roF SaIbntOtiet de ta reine CtéopiUre. Ce qui est certain, c'est que la foi dans l'alchimieétait déjà accréditée au commencement de notre ère car

nous tisons dans t'M~<we naturellede Pline (f ) que l'em- pereur Catiguta réussit à tirer un peu d'or d'une grande

quantité d'orpiment mais que, le résultat ayant trompé son avidité, it renonça à ce moyen de grossir son trésor. Un autre fait qu'on peut affirmeravec confiance, c'est

que ta science alchimique a pris naissance en Égypte.

sous t'innuence de ce panthéisme moitié métaphysique.

moitié religieux, qui s'est <brméà Alexandrie, durant les

(t)Mt!<fiMnf!fHf. liv. XXXttt,ch~p. 4.

4

LA!.CH[MtEAUXY!S)EC)LE

premiers siècles de Fore chrétienne, par la rencontre de

ta philosophiegrecque avec les croyances exaltées et les rêves ambitieuxde i'Orienf. On remarque, en effet, qu'a-

près tes personnages fabuleuxou manifestementanté-

rieurs à cet ordre d'idées, les premiers noms invoqués par la philosophiehermétique sont des nomsalexandrins:

Synésius, Hétiodore, Otympiodorc, Zosimc. Ajoutez cette tradition rapportée par Orose (t) au commence- ment du v' siècle, et recueillie par Suidas (2), que Dio. ctétien, ne pouvant venir à bout des insurrections multi-

pliées des Égyptiens, ordonna la destructionde tous teurs livres de chimie, parce que était, selon tui, te secret détours richesses et. de teur opiniâtre réststafice. Enfin,

c'cst à un'phMosophed'Alexandrie, â un philosophe

chrétien, probablement à la manièrede

témaïde, te discipled'Hypathte, que les Arabes se disent redevablesde toutes leurs connaissances alchimiques.

Ce personnage,appelé Adfar, florissait pendant la pre- mière moitiédu vn* siècle, dans l'ancienne capitate des

Ptolémées, avec la réputation de posséder tous tes se- crets de la nature, et d'avoir retrouvé tes écrits d Hermès sur le grand art. C'est lui vraisemblab!ement qui en est

t'évoque de Pto-

(t)

(2) Voirson Leirique, au mot Chintie.

(2)

MMionjnfm <m'rs«s~*t!MCs, tib. VUc. tn.

VIIc. to'

Voirson ~.Mf~M, au mot CAtm~

PARACELSE

l'auteur. Sa réputation attira vers lui un autre

nom de Morienus, qui. admis dans la connanced'Adfar et initié à toute sa science, ta communiqua, vers ta fin de sa vie, au prince Ommiade Kha!cd, fils du calife Yezid,

devenu te souverain de l'Egypte après ta conquête de ce

pays sur les empereurs de Constantinopte(t).Des ce

moment, l'alchimie devient

respirer l'esprit qui avait sountt;sur son berceau. Le premier écrivain qu'elle produisit chez tes Arabes, le fa-

meux Geber, sur les bords

siecte, appartenait ta secte de&so{!s,hëridèr& directe

ou plus correctement Djâber. à Kou(a, de l'Euphrate, au commencement du xm"

s'étendit jusqu'à Rome, d'où ette

enthousiaste, un jeune hommedu

mulsulmane, sans cesser

de

et jusqu'à un certain point, écho fidèle du mysticisme alexandrin. Cette alliance est facile à expliquer. En ad-

mettant, dans l'ordre philosophique et religieux, qu'il n'y a qu'une substance unique des êtres, ou qu'il n'y a qu'un seul être sous des formes infiniment variées,

comment s'empêcher de croire que

ture et de l'industrie humaine, que tous les corps dont ce

ta sphère de la na-

monde est composé ne sont que des combinaisonset des

(t)

Voirle savant

ouvrage de MM. Reinaudet Favé. DK~K

Mnm.

grégeois, <~ /j<M de in-8";Paris, t84).

~KCr~ tics <M'~<n<'ï ~re

b'At.CHtMtEAUXVt°StEGt.E

états différents d'un seut corps que tous les métaux, pourvu qu'ils soient soumis à un agent assez puissant

être ramenés à un métat unique qui est leur

peuvent

type

est. en effet, te principe d'où est sortie t'atchimie, par

lequel elle se lie d'abord au panthéisme mystique des

Grecs

Mais peu à peu à mesure qu'on s'éloigne de t'antt-

quit~ et que les croyances nouvelles prennent un carac- tère plus ferme, ce principe se dérobe aux regards, et

l'alchimie, au lieu de tenir sa place dans un système gé- néral des connaissances humaines, devient un art tout à

fait isolé, un empirisme

que te champ des

iHusionser des aventures. Tette nous

commun et teur plus haut degré de perfection Tel

d'Alexandrie et des sofis de ta Perse.

étroit, auquet H ne reste ptus

la rencontrons, au commencement du x' siècle, chez

Razi, vulgairement Rhazès, ce médecin fameux, qui, se vantant de faire de l'or, ne put trouver une somme de

dix pièces d'argent, promise en dot à sa femme, et dut

subir l'humiliationde ta prison pour dettes qui. possé-

dant un secret pour soustraire )'homme à toutes tes ma- ladies, et même aux infirmités de ta vieittesse, ne put

empêcher

Telle nous ta trouvons encore, un sicete ptus tard, chez

un autre auteur fréquemment cité, et probablement aussi

une cataracte de fermer ses yeux à la lumière.

PAKACELSE

7

un médecin arabe, Artephius ou Artèphe, qui a bien pu servir de modèle au comte de Saint-Germain car if s'at-

tribue comme lui une existence de mille ans, due à t'é- lixir de longue vie.

L'alchimie, en passant des musulmans chez les au- teurs chrétiens du moyen-âge, ne changepas de caractère et t'en peut douter qu'elle se soit beaucoup enrichie en- tre leurs mainsde ces découvertes imprévues dont ta chi- mie a hérite. Ainsi, par exempte, c'cst une erreur d'at- tribuer à Roger Bacon t inventionde la poudre à canon.

La composition désignée en termes éni~matiques par le célèbre franciscain a été décrite avant lui, avec beaucoup

d'autres par MareusGrsBeu& jettes auteurs arabes. On conçoit que la même horreur qui poursuivait tes ma-

giciens atteignit aussi tes alchimistes, confondus avec

eux par t'ignorance populaire, et que la longue captivité infligée à Roger Bacon ne devait pas encourager teurs

moins est-il certain que l'alchimie, pour

expériences. Du

parter le langage du temps, n'est qu'un accident dans la schotastique elle ne se rattache par aucun lien aux prin-

cipes, et n'entre par aucune porte dans tes cadres de

cette étude. Les objets de ses recherches sont, comme

auparavant, la pierre philosophale ette fameux étixir. dont

t.

Lf~'r f~f!ti<nt a~ cjm'wjn~M/!f!<M: id~" Paris, 1804.

~s,ïH04.

t

8

L'ALCHtMtE AU XVt* StÈCt-E

personne, à ce moment, pas plus saint Thomas et Albert le Grand que Raymond Lulle et Arnauld de Vitteneuve, ne songe à contester l'existence. Ce n'est qu'à l'époque de ta renaissance des lettres, dans le cours du xv" et du

xvt"siëcie, que, choisissant pour son point d'appuita phi-

losophie. ou du moins un système philosophique, et pour son champ d'opérations ta nature entière, elle s'efforce non-seulementde prendre rang parmi les sciences, mais

de les employer toutes à

son usage. Voici commentcette

révolution s'accomplit. Le moyen âge, sauf quelques essais de résistance étouffés à l'instant, avait vécu tout entier dans les espa-

ces surnaturels de ta foi-ou dans tes arides abstractions

de la logique, admise comme par grâce à exposer et, pour ainsi dire, à détailler le dogme. La renaissance,

justement maudite par les partisans de ce régime, c'est le retour de t'esprit humainà la nature, dans toutes tes carrières ouvertes &t'emptoi de ses facultés. fi se trompe souvent et passe à côté d'elle mais c'est elle toujours

qu'il cherche, même dans les plus grossières supersti- tions. Il admire ta peinture des sentimentsnaturels dans

les chefs-d'œuvre littéraires des anciens, et la raison naturelle dans leurs systèmes philosophiques. H reven- dique le respect du droit naturel dans les institutions et

fARACEt.SE

9

les lois. tt assure la défense des intérêts naturels en

°

réclamant, pour la société civile, une existence distincte

et indépendantede tasociétë religieuse. Enfin; daMte; arts, l'enthousiasme na'ff, les saintes inspirations qui sentes l'avaient captivé, cessent de lui suffire, et il faut

qu'à la beauté de l'expression viennent se joindre [a forme et la vie, l'imitation fidèle de la nature. Que) autre ordre d'idées devait entrer dans ce mouvement

L

d'une manière plus directe et plus irrésistible, que l'étude de la nature proprement dite ou l'ensemble des sciences physiques f ) est vrai qu'on rencontre au moyen. °

âge, à partir du Xffsiecie, quetques connaissances par- tielles d'astronomie, d'anatomie, de minératogte, em-

pruntëesa ['érudition arabe, qui, eHe-mcme.avsitpmsé dans ['antiquité grecque mais nulle part ces connais- sances ne sont retiées en un faisceau et ce qui porte

alors le nom de physique n'est qu'un texte à allégories.

d'Abétard ou une imitation

comme dans t'nr~ro~

du Timée, d'après ta version de Chalcidius, comme dans

le traité du monde (le Macrocosme) de Bernard de Chartres ou une argumentation purement logique sur la matière et sur ta forme, le temps, te mouvement.

l'infini, t'éternité, comme chez les maîtres les plus célè- bres du x)n'' et du XtV siècle, quand ils commentent

tO

L'ALCHIMIE AU XVt° StÈCt.E

et développent la physique d'Aristote. Une science ayant pour but d'étudier l'univers comme un seul tout. de saisir les rapports qui unissent toutes ses parties, de surprendre dans teur activité même les princires et les

causes des phénomènes, pour les observer ensuite dans leurs plus mystérieusesopérations: en un mot. une philo- sophie de la nature, fondée sur l'examendes choses, non

sur la discussion des vieux textes, et osant avouer nettement son dessein une telle idée n'existe pas avant

t'ere de la renaissance, et c'est dans les livres d'atchimie qu'il faut atter la chercher. Le mysticisme oriental venaitde repara!tre sous toutes

es formes dans la kabbale, restauré& par. Reuchtinet

Ptcdc!aMirandote;dans!epythagonctsntea)exandrin, remis au jour et développé avec imaginationpar le cardi- nat Nicolas de Cusa ;dans le néoplatonisme,importé en Italie par Gémiste Ptethon, puis propagé dans tout l'Oc- cident par les écrits de Marsile Plein. Surpris par cette lumière, qui avait éclairé te berceau de leur art, et restés fidèles néanmoins aux dogmes de la création et de ta

liberté humaine, ces deux bases de leur éducation mo- rate, tes alchimistescommencèrent à voir ta nature d'un

point de vue nouveau, égalementéteigne du panthéisme antique et des allégories ou des abstractions du moyen

PARACELSE

t[

âge. Elle apparut à leurs yeux comme un immense labo-

ratoire où la nature toujours en fusion, et, pour parier teur langage, toujours en fermentation, est modifiée de mille manières, est revêtue de mille formes par des ar- tistes invisibles ptacé; sous ta main d'un maitre suprême. Ces artistes, ce sont les forces qui font mouvoir te monde et qui animenttoute; ses parties, depuis tes astres sus-

pendus dans t'espace jusqu'au moindre grain de pous- sière ce sont les principes immatériels qu'orr découvre partout, lorsqu'on ne veut point admettre d'effets sans ca'uses dans tes êtres organises, comme ta source de la

forme et de fa vie dans la matière brute, comme ta cause du mouvement, deta.~cohesiondes étements et de. leurs

affinitésélectives,En effet, tout corps, dans le système qui nous occupe, fut associé i une cause, à laquelle il

devait sa composition et son développement intérieur. Chaque organe important dans les animauxeut son are~c ou son principe particulier d'organisation et d'action. Mais tous ces agents n'étaient pas isolés dans les dtn'é-

rents corps dévolusà leur puissance ils étaient appelés. dans un ordre hiérarchique, à exercer leur énergie, ou,

r

1

pour me servird'une expression consacrée~ à imprimer leur signature les uns sur les autres, les astres sur les ani-

mauxet tes plantes, ceux-ci sur les

métaux, et en géné-

[2

1

L'ALCHtMtEA.UXVfStECLE

rat t'âme sur tes organes, l'esprit sur ta matière. Dieu, créateur de la-nature, habitait au-dessus d'eHe,sans~ces- ser de lui verser sa lumière et sa force, sa sagesse et sa

puissance. Tout ce qu'elle renferme était ~n~ de son nom. L'homme, image de Dieu et résume de !a création

demeurait libre au milieu de ce travail universet, dont it

cherchait à surpendre tous lessccrets, et qu'il imitaitpour

son usage, en même tempsqu'il y trouvait, pour des fa-

cultés plus élevées, un objet desublimes contemplations. Telle fut l'alchimie à son dernier période de dé\'etop-

pement, bien qu'elle restât toujours, pour la foule obs-

cure des adeptes et dans la pensée de la multitude, fart de convertir Ies inétaux.Ce n'est pas en un jour qu'ette a atteint cette hauteur. Ce n'est pas une seule main qui t'y a portée. Mais t'hommcà qui elle doit le plus, le

premier qui ait coordonné ses principes en système, et,

non content de les avouer

compte, ait tenté de tes introduire dans t'enseignement public, à la place des vieilles doctrines, c'est Paracelse. It est donc juste que nous nous arrêtions devantce hardi réformateur, qui, après avoir inspiré une admirationfa-

natique et des haines implacables, devenu l'objet d'un dédain immérité, attend encore une appréciation calme et impartiale.

ou de tes pratiquer pour son

PARACELSE

t

Théophraste Paracelse sont les noms sous lesquels il s'est rendu célèbre mais ce sont des noms d'emprunt, comme les savantsde cette époque en prenaient souvent pour frapper {'imagination de la foule et chatouiller leur

propre vanité. Je soupçonne fort, quoique te fait, à la distance où nous sommes,. soit difficile à vérifier, qu'il n'avait pas plus de droits au titre et au blason des Ho-

henheim, une ancienne et très noble maison dont il se

prétendait issu. H s'appelait Philippe Bombast et

comme son père, pauvre médecin de village, s'était déjà occupé d'alchimie, c'est de lui sans doute qu'il reçut, par allusion au grand œuvre, le surnom d'Auréotus. f f

naqu't,em~Q~âEinstedetn,ou ntites, dans le canton de Schwitz, et non pas, commeon

Notre-Dame des Er-

l'a dit par erreur, à Gaïss, dans le canton d'Appenzel

car lui-mème, dans ses écrits, se nomme quelquefois

Fhéréstarque, t'âne sauvage d'Einsiedetn. Après avoir reçu de son père et de deux fameuxalchimistes du temps

l'abbé Tritheim et SIgismondFugger, les premières no- tions du grand art, it se mit à voyager, gagnant sa vie tantôt en chantant des psaumes dans les rues comme Luther avait fait, tantôt en prédisant t'avenir par l'astro- logie, la chiromancieet l'évocation des morts tantôt en échangeant contre un morceau de pain le secret de faire

14

L'À!.CH!M!EAU XVt" SIÈCLE

de l'or. H parcourut ainsi toute l'Europe, du nord au midi et de l'est à l'ouest. !) assure même avoir été à

Constantinopte, et avoir pousse de là ses pérégrinations aventureuses jusqu'en Tartarie et en Égypte, afin de re- monter à la source de la science hermétique. Mais l'exercice des arts imaginaires n'était pour lui qu'un moyen d'augmenter ses connaissances réettes. H visitait en passant tes plus célèbres universités de ta France, de

ttatie et de t'Attemagne il étudiaitdans les mines de fa Bohême et de la Suède ta minéralogie et la métallurgie; et, se préparant dès tors à l'exercice de la médecine, il comparait avec l'enseignement officiel des facultés, t'ex-

périenee:naTve du peupte~ tes recettes des vieitles femmes et des barbiers de village. Après avof mené cette vie errante pendant dix ans, n'ouvrant pas un livre, mais cherchant la vérité dans la nature et dans la parole vi- vante de ses semblables, il retourna en Allemagne, où sa réputation d'habileté et de savoir le plaça bientôt au

premierrang parmi tesmédecins.Comme il promettait de guérir des matadies jusque-tâ jugées incurables, on venait de tous côtés te consulter car souvent la douleur ne cherche qu'à se tromper ette-mëme, et sait gré à t'homme de l'art de lui laisser l'espérance. Paracelse

eut l'honneur de compter parmi ses clients Erasme et

'PA.RACEME

i

C'est sur ta recommandation de ce der-

Œcotampade.

nier qu'il

comme professeur de physique

te peint mieux que la manière dont il prit possession de

sa chaire. Des son entrée dans ('amphithéâtre, où se

pressait

forme de bûcher les différents livres qui servaient alors

de texte à l'enseignement de la médecine, puis, y ayant mis le feu, il les regarda tomber en cendre et s'envoler en fumée. C'était, dans sa pensée, une ère qui venait de finir, une autre qui venait de commencer.

fut appelé, en t~.à l'université de B~e.

et de chirurgie. Rien ne

une foute impatiente de t'entendre, il réunit en

Après un tel début, il ne lui restait

rien à ménager.

Aussi ne met-it point de bornes à son enthousiasme de réformateur et à son orgueil de savant ;t'un et t'autre lui troublentta tète comme les fuméesde l'ivresse. Ce n'est pas à moi, écrivait-il dans la préface d'un de ses

ouvrages (f), et probablement il tenait le même langage devant ses auditeurs, ce n'est pas à moi de marcher

derrière vous,c'est à vousde marcher derrière moi. Sui- vez-moi donc, suivez-moi,Galien, Rhasès, Montagnana

Mesueh,etc., suivez-moi Et vous aussi, messieurs de

Paris, de Montpellier; vous de la Souabe, vous de la

t. Préface du livre Paf~rannm. dans le tome H. p. ro, de

t'éditionallemandede Huser; to vot. in-4"; B~tet~t~f.

*6

L'ALCtttMtEAUXVt"StÈCLE

Misnie, vous de Cologne, vous de Vienne, et tout ce qui habite les plaines du Danube, tes bords du Rhin,

les :)es de la mer; toi Italien, toi Dalmate, toi Athénien, toi Grec, Arabe ou Jsraétite, suivez-moi Je suis votre

roi, la monarchie m'appartient: c'est moi qui gouverne et qui dois vous ceindre les reins. "Un peu plus loin il

écrit: « Oui, je vous le dis, le poil follet de ma

nuque

en sait plus que vous et tous vos auteurs et les cordons

de

votre Avicenne, et ma barbe & ptus d'expérience que toutes vos universités (t). »

mes souliers sont plus instruits que votre Galien et

On a prétendu que Paracelse, en le prenant de si haut

avectascieMedesontcmps~maprisaiteequ'itttecon-

naissaitpas.ett'usagequ'it adopta de faire ses leçons

que latin même lui était étranger. Ces suppositions sont dé- nuées de fondement. Lorsqu'on a eu le courage de vivre

quelque temps avec tui. on voit que Paracelse

absolument rien de ce qu'on enseignait communément .dans les universités du xvf siècle qu'il parte avec beau-

et d'écrire ses ouvrages en allemand a fait croire

te

n'ignore

coup de sens de Pline, de Quintilien, d'Aristote, de

des anciens en général; et que les livres latins,

les phrases latines t. M'tïK/'ra,p. t8.

de sa façon qui sont incorporées dans

Platon et

PARACELSE

17

ses oeuvresallemandes peuvent passer généralementpour innocentes devant la grammaire. Maissa prétention, est

de ne rien devoir à ce passé avec lequel il veut en finir,

et

la nature, s'adresse aussi à ceux qu'une fausse éducation

n'a pas gâtés, aux esprits simples et droits, aux gens du peup!e. De ta te mépris qu'i) affecte pour les livres, le soin qu'il met à n'en avoir presque pas dans sa maison, et l'ignorance dont il se vante souventavec non moins d'or-

gueit et aussi peu de fondement que de sa science. De

là, cette prédilection pour lalangue vulgaire, dont nous trouvons aussi un exemple chez Descartes car le re-

cueifdesespretenduesaeuwestatinesn'esf qu'une imi- tation d&cotoreeou t'en ne saurait tereconnaitre. En- core, comment le parle-t-il, comment t'écrit-il, cet idio- me informe de l'Allemagne du xvt° siècle Avec une rudesse d'accent, avec une grossièreté d'images que t'en ne trouve plus que rarement chez tes paysans des cantons de Schwitz et de Bâte-Campagne, et aussi avec un tuxe de néologismes pédantesques dont la tradition s'est beaucoup moins perdue de l'autre côté du Rhin. Paracelse ne resta qu'un an à t'universit~de Bâte, où sa parole, après avoir excite t'ëtonnement et attiré une affluence extraordinaire, ne s'adressa plus qu'a un petit

d'être un génie complétement original qui, formé par

)3

L'AMH!MtE

AU XVt°

StÈCt-E

nombre de croyants, résolus à le suivre jusqu'au bout.

Ce rapide déclin s'explique aisément par la nouveauté des idées de Paracelse et la barbarie de son langage, peu propres à former des docteurs selon les règles éta- blies. La passion dégradante dont it fut pris subitement pour te vin, après vingt-cinq ans d'une sobriété toute m