Arrestation d’Imraan Hosany Communiqué de l’USEP Le directeur du Sunday Times, Imraan Hosany, a fait le choix rédactionnel de publier dans

l’édition du dimanche15 juillet de son hebdomadaire les photos de la scène du meurtre de l’Irlandaise Michaela Harte.

L’Union syndicale des employés de presse (USEP) note que ce n’est pas la première fois que des photos de scène de meurtre ou d’accident de la route ou autre font la UNE des journaux à Maurice. La décision de publier de telles photos relève des prérogatives de la rédaction des journaux concernés.

L’actualité internationale, dont la presse locale fait écho, montre aussi des photos de meurtres, de manifestants ensanglantés, de cadavres d’accidentés ou de personnes tuées dans des zones de conflits, entre autres. Certes, de telles photos dérangent toujours certaines susceptibilités. Mais jusqu’ici, à Maurice, aucun responsable de presse n’a été officiellement inquiété pour leur publication dans leur journal.

M. Imraan Hosany a été arrêté par la police ; présenté une première fois devant le tribunal pour agression. Il a été détenu à Alcatraz. La police a aussi perquisitionné les locaux du Sunday Times et saisi les ordinateurs de la rédaction.

L’USEP estime que cette intrusion policière dans la rédaction du Sunday Times est une violation inacceptable de la liberté de la presse. Saisir l’ordinateur d’un journaliste est inacceptable dans une démocratie.

Pris d’un malaise alors qu’il attendait sa comparution devant le tribunal, M. Hosany a été admis dans un hôpital public, alors qu’il reste en détention policière prolongée. La police accuse en outre M. Hosany d’agression envers un journaliste irlandais qui a porté plainte contre lui. L’USEP note que la police présente M. Hosany au tribunal sur les deux charges retenues contre lui, en deux jours différents, ce qui a pour effet de prolonger sa détention en cellule policière. L’USEP note également que tout cela se passe : - Après le récent verdict de non-culpabilité dans le procès des deux présumés accusés dans l’affaire du meurtre de Michaela Harte -Après que l’efficacité de la police mauricienne (qui tombe sous la responsabilité directe du Premier ministre - PM) a été publiquement mise à rude épreuve durant ce procès -Après que les autorités irlandaises ont publiquement exprimé leur mécontentement par rapport à cette incapacité de la police mauricienne à trouver jusqu’ici le(s) meurtrier(s) de l’Irlandaise. - Après que le PM a publiquement défendu la police et remis en question le système de jury. Cela après que le jury a prononcé à l’unanimité un verdict d’acquittement dans l’affaire Michaela Harte.

- et surtout, après que le PM ait publiquement associé les photos parues dans l’hebdomadaire à un abus de la liberté de la presse. L’USEP estime que le traitement subi par le directeur du Sunday Times aux mains de la police mauricienne est disproportionné par rapport aux délits reprochés. La police le traite comme un dangereux criminel. L’USEP condamne d’autre part ces déclarations liberticides du PM qui, à chaque fois qu’il est acculé par les manquements des départements qui tombent sous sa responsabilité, trouve en la presse le bouc émissaire tout indiqué. Ce 20 juillet 2012.

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