I.

Vers l’apparition de nouvelles formes de structuration sociale dans les sociétés
post-industrielles
A. Vers une société sans classes ?
Introduction – L’analyse de Tocqueville : la tendance l’é!alisation des conditions
• Tocqueville, au XIX° siècle, donne au terme démocratie un sens plus large que celui qui lui est
généralement donné par les politistes .Il désigne par ce terme un état de la société et non une
forme de gouvernement. Selon lui, la démocratie se caractérise par une égalisation des conditions.
Qu’entend-il par-l !
 dans les sociétés démocratiques tous les individus sont "ils intellectuellement égau# ! $on cela
serait a%surde.
 &lors peut- on considérer qu’il e#iste une égalité économique ! 'ela parait impossi%le
Tocqueville pour qui ( il se rencontre tou)ours des cito*ens très pauvres et des cito*ens très
ric+es ,
 -ar démocratie il entend la disparition des ordres ou des classes +éréditaires qui caractérisaient
les sociétés d’&ncien .égime ./ès lors qu’il n’* a plus de di0érences +éréditaires de conditions
toutes les occupations, toutes les professions, toutes les dignités, tous les +onneurs sont
accessi%les tous les individus et non plus une élite se les transmettant de père en 1ls.
• 'ela va avoir deu# conséquences essentielles 2
 'ontrairement au# sociétés d’&ncien .égime on peut certes o%server des pauvres mais ceu#- ci
ne représentent plus la ma)orité de la population 2 avant 3456 la no%lesse qui était la classe
dominante pesait moins de 7 8 de la population.
 &u contraire dans la société démocratique ( de m9me qu’il n’* a plus de race de pauvres, il n’*
a plus de races de ric+es ,. :es ric+es et les pauvres qui n’ont pas disparu sont devenus
minoritaires et ( entre ces deu# e#trémités de sociétés démocratiques se trouve une multitude
d’+ommes presque pareils, qui, sans 9tre précisément ni ric+es, ni pauvres, possèdent asse; de
%iens pour désirer l’ordre, et n’en n’ont pas asse; pour e#citer l’envie. ,
Tocqueville considère donc que la classe qui est dominante du point de vue du nom%re et qui est
représentative des sociétés démocratiques est la classe mo*enne, qui n’est pas une classe au sens
mar#iste du terme <il vaudrait mieu# parler de strates= mais le groupe central par rapport auquel va se
dé1nir la société. &vec la démocratie on peut donc parler d’une mo*ennisation de la société.
". #n processus de moyennisation caractéristique des sociétés post-industrielles
Les transformations sociales de la France de la seconde moitié du XXe siècle sont marquées par une transformation numérique
des classes sociales et par le développement de la société de consommation qui vont dans le sens d'une moyennisation.
a. une évolution de la structure des emplois
I –Classes, stratification et mobilité sociale
Fice !ème ""# – La multiplicité des critères de distinction brouille$t$elle les frontières de
classes %
$ociolo!ie
"$ " – Comment analyser la structure sociale%
&cquis de première' (roupe social
)otions' classes sociales, (roupe de statut
• Les ouvriers et les employés, dont le salaire, le niveau de vie et la place sociale sont proces des ouvriers *les maria(es sont
d'ailleurs fréquents entre les deu+ caté(ories, voient leurs effectifs baisser. La C-. la plus nombreuse au début des années
"/01 était celle des ouvriers. 2n "/34, encore, sur "11 actifs, #/ étaient ouvriers. &vec le développement du secteur tertiaire
o5 les emplois d'ouvriers sont possibles mais moins fréquents que dans l'industrie, cette part dans la population active totale
ne cesse de décro6tre. La tertiarisation s'e+plique par les plus faibles (ains de productivité de ce secteur et par l'au(mentation
de la demande, ces deu+ pénomènes con7u(ués conduisant 8 une ausse de l'emploi dans les services. 9epuis "/:1, la baisse
de l'emploi industriel lié 8 la mécanisation *l'industrie produit plus mais avec moins d'ommes, accélère cette baisse des
ouvriers qui ne sont plus au7ourd'ui que la 4e C-. après les employés. 9ès le milieu des années, un mouvement de réduction
du nombre d;ouvriers s;amorce ' ils étaient encore plus de : millions en "/<4, ils étaient 3.0 millions environ en "//1 et 0./
millions seulement en "///. Cela représente une diminution de plus de "0= des effectifs ouvriers entre "/<4 et "///, alors
que, dans le m>me temps, la population active occupée au(mentait. ?ésultat ' la part de la ..C.-. @ ouvriers A dans la
population active occupée a encore plus nettement diminué que ses effectifs ' elle est passée de #4.<= de la population active
occupée en "/<4 8 40.3= en "/// *Insee, recensements de la population,, soit une diminution de 44= environ. &u7ourd;ui,
la part des ouvriers dans la population active est inférieure 8 celle des employés &u contraire, la C-. des employés pro(resse
de "< 8 4/ = du total des actifs, d'o5 une stabilisation du total 8 0: = des actifs.
• la nouvelle classe moyenne est en pro(ression ' la part des professions intermédiaires parmi les actifs a au(menté passant de
"" = des actifs en "/30 8 4" = en "/<B. 9'une part, avec la concentration des entreprises, les emplois d'encadrement
pro(ressent, comme par e+emple les cefs de service, d'autre part, avec le développement tecnique, les emplois qualifiés
basés sur des compétences intellectuelles, comme les tecniciens, sont aussi en ausse. Il faudrait y a7outer une partie des
cadres qui ont un revenu, un pouvoir économique et une place sociale plus moyenne que aute *un directeur commercial fait
partie de la classe supérieure mais certainement pas un professeur de lycée, pour former l'ensemble de la nouvelle classe
moyenne en ausse. 2lle est nouvelle parce que sa place est liée 8 sa qualification, les anciennes classes moyennes *artisans,
commerCants, petits cefs d'entreprise au+quels certains a7outaient les a(riculteurs, devaient leur position 8 la propriété de
leur entreprise. Ces anciennes classes moyennes sont en forte baisse avec la concentration des entreprises et avec les (ains de
productivité. Ce développement des salariés conduit 8 une omo(énéisation des modes de vie, autre élément de la
moyennisation de la société franCaise. Dne réduction du nombre d;ouvriers
%. &es valeurs matérialistes au' valeurs post-matérialistes ?
Ingle+art montre qu’une fois ses %esoins matériels immédiats satisfaits, l’+omme tourne ses
préférences vers des %esoins non matériels, de nature intellectuelle ou est+étique. >r, l’évolution de
nos sociétés développées en serait )ustement ce stade du passage des valeurs matérialistes au#
valeurs post-matérialistes, sous l’e0et con)ugué de la croissance économique, de l’innovation
tec+nologique, du développement de l’éducation, des c+angements dans la répartition sociale. :a
croissance économique assure une augmentation de la ric+esse qui permet d’augmenter le niveau de
vie et d’améliorer le mode de vie 2 la consommation augmente et se transforme. :es dépenses
d’infrastructure <d’éducation, de santé= sont alors prises en c+arge2 la population est plus instruite et
en meilleure santé ? comme la population est plus ric+e et plus instruite, les revendications c+angent
d’après ..Ingle+art 2 de matérielles, elles deviennent immatérielles. :a population sou+aite alors plus
de li%erté, plus d’égalité.

>n passerait ainsi d’une société de classes une société caractérisée par une strati1cation comple#e. Il
en découle une augmentation générale du niveau de compétence politique et une demande accrue de
participation au processus de décision. :es cito*ens n’accorderaient plus leur con1ance au#
organisations traditionnelles <parti, s*ndicat= censées assurer dans le modèle pluraliste une médiation
e@cace entre le pouvoir et eu#.
/ans le m9me temps, on assiste parmi les nouvelles générations de la classe mo*enne l’apparition
de nouveau# en)eu# qui proviennent plus de di0érences dans le st*le de vie que de %esoins
économiques. >n peut citer par e#emple la protection de l’environnement, le rAle de la femme, la
redé1nition des valeurs qui se su%stitueraient au conBit entre la %ourgeoisie et la classe ouvrière.
(. #ne remise en cause de l’anta!onisme de classes ?
a. Les effets de la réduction des iné!alités sur la conscience de classe
La population a des modes de vie qui se rapprocent, la forte réduction des iné(alités économiques *revenu,, sociales *(rEce 8 la
redistribution et 8 l;2tat$ providence, et éducatives *démocratisation du système scolaire, conduisent 8 une réduction forte de la
conscience de classe, au sens mar+iste .
Conscience de classe

Intensité des iné(alités
- Ceneton écrit 2 ( dans les sociétés européennes du 36ème
siècle pa*sans, ouvriers et %ourgeois di0éraient profondément
par leurs modes de vie. , 'es di0érences se sont, dans une
mesure importante estompées. Cénéton pour appu*er sa t+èse
prend l’e#emple des deu# catégories populaires les plus
représentatives 2 les pa*sans et les ouvriers 2
• il constate que ( le )eune agriculteur franDais d’au)ourd’+ui
n’a plus grand c+ose de commun avec ses aEeu# 2 ( c’est
un producteur ur%anisé qui vit la campagne ,
• ( Quant l’ouvrier il s’est em%ourgeoisé, la culture
ouvrière a donc perdu la spéci1cité qui la caractérisait. (
Conclusion 2 Cénéton peut-en conclure que cette tendance
l’+omogénéité se manifeste dans de multiples aspects de la vie quotidienne.
%. )volution de la conscience de classe
*. La moyennisation de la société
:a France, comme la ma)orité des pa*s occidentau#, a mis en place, la li%ération, un modèle de
développement fordiste reposant sur G piliers 2
• une organisation du travail assurant de formida%les gains de productivité reposant sur les
principes ta*loriens et fordiens
• ces gains de productivité vont s*stématiquement 9tre redistri%ués l’ensem%le des catégories
sociales sous forme de +ausses régulières du pouvoir d’ac+at. 'ela permettre d’accroHtre
continument la demande e0ective qui est l’origine du modèle de production et de
consommation de masse
• une organisation centralisée et rigide de la redistri%ution sta%ilisée par un réseau de
conventions collectives, par la législation sociale et par la part centrale de l’Itat--rovidence
&.:ipiet; en conclut 2 ( la distri%ution des revenus prend ainsi la forme d’une mongol1ère ventrue
<peu de ric+es, peu de pauvres, %eaucoup de mo*ens= qui s’élève régulièrement et avec ensem%le. :a
+iérarc+ie des salaires est en e0et rigidement corsetée par les conventions collectives 2 classes aisées,
classes mo*ennes, classes populaires, accèdent successivement une m9me structure de
consommation, qui s’élève selon des tra)ectoires décalées dans le temps mais sem%la%les. :e mode de
vie de l’ingénieur précède de quelques années celui du tec+nicien, celui-ci éclaire l’avenir de l’ouvrier
professionnel, qui montre le c+emin l’>S. Si l’on veut une autre image, la société est emportée par un
escalier mécanique oJ les distances sociales restent sta%les mais oJ tout le monde s’élève. :es
nouveau# venus de l’e#ode rural et de l’immigration prennent place sur la dernière marc+e ,.
Kendras opère le m9me raisonnement en parlant de toupie
+. L’apparition de nouvelles formes de stratification
Introduction – &e nouveau' crit,res de différenciation
". -!e et !énération
a. .u’est-ce qu’une !énération ?
Une génération est définie par :
• l’âge de ses membres, c’est-à-dire qu’elles regroupent l’ensemble des personnes nées dans une
période donnée.
• un ou des événements historiques clés qui ont marqué l’enfance et la jeunesse de ces personnes
%. La fracture !énérationnelle
(. $e'e-!enre
a. La distinction se'e et !enre
%. /ourquoi assimiler se'e et !enre ?
c. #n e'emple : comparaison des destins scolaires et professionnels des filles et des !ar0ons
II. Vers un retour des classes sociales ?
A. #n processus de moyennisation interrompu ?
Introduction
2conomiquement, elles ont m>me tendance 8 au(menter. L'é(alisation des conditions, selon l'e+pression de !oqueville, est avant
tout un ima(inaire ' F7e me pense é(al des autresF, mais il faut bien une réalité concrète pour l'appuyer. 2n "/00, un ouvrier
pouvait espérer obtenir le niveau de vie d'un cadre *de "/00, 4/ ans plus tard soit en "//B. C'était possible, envisa(eable. 2n "//0,
le temps de rattrapa(e est passé 8 #"3 ans ' l'ouvrier ne le verra pas. Ce calcul montre bien le can(ement de société ' certes, les
iné(alités étaient plus fortes en "/00, puisque le cadre (a(nait en moyenne #,/ fois le salaire de l'ouvrier alors qu'en "//0 il ne
(a(ne que 4,/ fois ce salaire, mais la croissance les diminuait ' Fpeu m'importe que le cadre (a(ne beaucoup plus que moi si un
7our 7e peu+ obtenir autantF.
". 1 Les classes moyennes sous pression 2 34.*i!ot5
9epuis les années <1 , on constate '
• une fle+ibilisation du rapport salarial , avec en particulier la remise en cause de la ri(idité du lien 8 l;entreprise, une
baisse pro(ressive de la portée des (aranties de l;assurance$cGma(e qui conduisent 8 un affaiblissement des couces
moyennes
• en contrepartie , on assiste 8 une forte ausse des profits qui sont redistribués soit sous forme de revenus financiers ou de
stocH options pour les diri(eants , ce qui provoque une concentration des revenus sur les couces épar(nantes
• la conséquence , selon &.LipietI ' J L;ascenseur social repart vers le bas , la mont(olfière se dé(onfle et elle devient un
sablier .L;ima(e du sablier est , elle aussi , 8 la fois descriptive et plus J pysiolo(ique K . * L ,La distribution des
revenus passe de la mont(olfière au sablier ' dé(onflement du vaste centre des couces moyennes , et apparition d;une
société que l;on appelle en an(lais tMo$tiers , J en deu+ tiers K , ou our (lass , J en sablier K
(. Vers un renouveau de la conscience de classe ?
Le dou%le diamant,
?obert .erucci et 2arl Nyson(, The new class society.
Goodbye American Dream, 411#
*. &es classes populaires en recomposition
+. La %our!eoisie6 une classe mo%ilisée
". La seule classe au sens mar'iste du terme
(. #n !roupe fermé
&es ressources complémentaires

2+ercices de remédiation -ur le net, articles et vidéos
9e base &pprofondissement
I $ Oers l;apparition de
nouvelles formes de
structuration sociale dans les
sociétés post$industrielles
& $ Oers une société sans
classes %
Dn PCQ sur la stratification sociale
9ans quelle mesure y –a$t$il
moyennisation de la société franCaise %
Dne question de syntèse élaborée
étape par étape sur la disparition des
classes sociales sur le site de )antes
Une vidéo d’écoseko : la
moyennisation de la
société
Sur le blog de C.Peugny :
Haut, moyen, bas : se
situer dans l’échelle
sociale
Dn rapport de l;RC92 '
Dn article de
l;observatoire des
iné(alités sur la
moyennisation de la
société et sa remise
en cause ' ici
S $ L;apparition de nouvelles
formes de stratification
I $ Oers un retour des classes
sociales %
&$ Dn processus de
moyennisation
interrompu %
S$ 9es classes populaires en
recomposition
C$ La bour(eoisie, une
classe mobilisée
La stratification sociale
Dne partie # de l;2C corri(ée ' 2n quoi
les nouveau+ critères de différenciation
ont$ils brouillé les critères de
différenciation %
9issertation corri(ée $ .ertinence des
classes sociales *41"4$41"#,
Dne animation flas ' les tables
d;omo(amie
-ociété' Les (ouvernements
doivent s'attaquer au fossé
record qui ...
Dn article de -ciences
umaines Les classes
moyennes de Xavier Qolénat
ici
Les différences entre les sexes
' naturelles ou culturelles $
I?9.
9ossier France 4 $ Ténération
U
La (énération U est$elle si
différente des autres %
Vean$Qicel Puatrepoint,
Xerfi Canal Le massacre des
classes moyennes
Dn débat des Veco Classes
moyennes, classes en dan(er $
Dn reporta(e Les 78ettos du
7ot8a -
Dne intervieM de Q..inCon$
Carlot Pu'est$ce qu'un
rice %
2+traitsWdeu+ sociolo(ues 8
Cantilly *.inCon et Pinçon$
Charlot ,
La reproduction des élites "
La reproduction des élites 4
Les relations entre diri(eants
du C&C B1
Dn dossier de la Oie
des idées
Classes sociales et
iné(alités ' portrait
d;une France éclatée
Dne vidéo de la Oie
des idées ' un débat
entre 2.Qaurin et
L.Cauvel ' la
structure sociale de
la France
Dn documentaire
d;&rte Classes
moyennes, pauvres
demain% –
Dne intervieM des
Pinçon$Charlot ' J
La (uerre des
classes
s'accompa(ne d'une
(uerre
psycolo(ique K

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful