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Sociologie

I –Classes, stratification et mobilité sociale

Notions: Inégalités économiques, inégalités sociales


Acquis de première : salaire, revenu, profit, revenus de 1- 1 – Comment analyser la structure sociale?
transfert

111 – Quelles inégalités dans les sociétés occidentales ?

Fiche 1112 – La mesure des inégalités

La mesure des inégalités, une mesure essentielle… mais difficile à opérer

 La question des inégalités occupe aujourd’hui une place croissante dans les débats publics comme l’indique Thibault
Gajdos : « Les inégalités ont-elles augmenté dans les années 1990 ? Quels sont les liens entre la croissance économique et
l'évolution des inégalités ? Quelles sont les conséquences du chômage sur les inégalités ? À quel point une politique fiscale
ou une politique sociale permettent-elles de réduire les inégalités ? Autant de questions situées au cœur des débats politiques
et économiques contemporains, et qui supposent qu'on soit capable de mesurer les inégalités. » Or, T. Gajdos constate
qu’ « une telle mesure ne va pas de soi. En effet, mesurer les inégalités implique, inévitablement, une prise de position sur
ce que sont les inégalités. » Il peut alors en conclure que « la quête d'une mesure objective des inégalités, sur le modèle
des grandeurs physiques, est vaine. »

 Plusieurs questions se posent avant même d’avoir commencé à opérer la mesure des inégalités :
 Quelles inégalités mesurer ? Dans l’absolu ,il paraît souhaitable de mesurer l’inégalité de la manière la plus large possible
en retenant toutes les caractéristiques qui influencent le bien être individuel
 Cependant, certaines de ces inégalités sont difficilement mesurables car elles se prêtent mal à un traitement quantitatif :
par exemple, la qualité de l’environnement dans lequel les individus vivent

Ces limites prises en compte il est essentiel de mesurer les inégalités, et l’on dispose pour cela de plusieurs indicateurs. On
distingue ainsi trois mesures quantitatives complémentaires de l’inégalité : la disparité, la dispersion et la concentration

La disparité : l’écart de valeur moyenne

 Définition : On parle de disparité lorsqu’on mesure l’écart qui existe entre les valeurs moyennes de
deux groupes différents

 Méthodologie :
 Il faut analyser la population étudiée en fonction d’un critère : par exemple l’âge, le sexe, la profession. Par exemple, on
peut calculer la disparité des salaires entre les ouvriers et les cadres supérieurs
 On calcule alors le salaire moyen de chaque catégorie.
 pour comparer les écarts de salaires moyens on utilise :
- le coefficient multiplicateur : salaire moyen des cadres supérieurs
salaire moyen des ouvriers

- ou le taux de variation : salaire moyen des cadres supérieurs – salaire moyen des ouvriers x 100
salaire moyen des ouvriers

La dispersion

 Définition : On parle de dispersion lorsqu’on mesure l’écart qui existe entre les valeurs
extrêmes prises par une série de grandeurs.
 Méthodologie :
 Dans ce cas, on utilise les quantiles.

 On distingue deux types de quantiles :


- Le quantile seuil : c’est la valeur de la variable telle que x% de la population a moins, et (100-
x)% de la population a plus. Le nombre de quantiles est égal au nombre de groupes moins 1
- Le quantile moyenne : la donnée chiffrée du quantile représente la moyenne du groupe ; il y a
autant de quantiles que de groupes

 Les différents quantiles seuils sont :


- La médiane : elle partage l'effectif total en 2 parts de même effectif. Elle correspond donc au
5e décile (D5).
- Les quartiles : au nombre de 3, ils partagent les effectifs en 4 parts (25%) de même effectif.
- Les quintiles : au nombre de 4, ils partagent les effectifs en 5 parts (20%) de même effectif.
- Les déciles : partagent les effectifs en 10 parts de même effectif. Il y a donc 9 déciles. C'est
ainsi que si nous étudions la dispersion des patrimoines, le premier décile (D1) est la valeur du
patrimoine telle que les 10% des ménages les moins favorisés ont un patrimoine inférieur à
cette valeur. Donc 90 % des ménages ont un patrimoine supérieur à cette valeur.
- Les centiles : partagent les effectifs en 100 parts (1%) de même effectif. Il y a donc 99
centiles.

 Pour mesurer la dispersion, on utilise :


 l’intervalle inter décile : D9-D1. Cet intervalle est tel que 80 % de la population est comprise entre les deux
caractères. Cela mesure l’écart absolu
 mais il est plus intéressant de mesurer : l’écart relatif ou écart interdécile : D9/ D1
 On peut enfin calculer : le coefficient de dispersion qui est : D9-D1
Médiane

La concentration

 Définition : La concentration mesure la part de la masse totale d’une variable détenue par une
proportion donnée de la population

 La courbe de Lorenz : une représentation graphique

 Méthodologie :
- En abscisse est porté le pourcentage cumulé croissant de la
population.
- En ordonnée est indiqué le pourcentage cumulé croissant de
la donnée étudiée.
 Interprétation
- La bissectrice représente la répartition égalitaire : par
exemple, 20 % de la population détient 20 %de l’indicateur
retenu
- Plus la courbe est éloignée de la diagonale, plus la
répartition est inégalitaire.

 L’indice de Gini : une mesure chiffrée

 Définition : la courbe de Lorenz permet de donner une mesure chiffrée de la concentration appelée
indice de Gini. Cet indice sert à opérer des comparaisons
- longitudinales : étudier l’évolution des inégalités dans un pays au cours du temps
- transversales : comparer les inégalités d’un pays à un autre à un instant donné du temps

 Méthodologie : l’indice de Gini correspond au rapport entre la surface hachurée et le triangle en


dessous de la diagonale : Surface entre la courbe et la diagonale
Surface de la moitié du rectangle
 Interprétation : l’indice de Gini est compris entre 0 et 1.
- Si l’indice est égal à 0, la courbe de Lorenz se confond avec la diagonale : l’égalité est donc
totale, tous les individus détiennent une part du revenu ou du patrimoine identique .
- Si l’indice est égal à 1, une seule personne détient tout le revenu, c’est l’inégalité maximale.
- Plus les inégalités sont importantes, plus la courbe de Lorenz s’éloigne de la diagonale, plus
l’indice de Gini est élevé : il se rapproche de la valeur maximale , c’est-à-dire 1.

 Deux limites de l’indice de Gini :


 des courbes de Lorenz très différentes peuvent correspondre à la même valeur de l’indice de
Gini
 Il a peu d’utilité quand on l’utilise seul.

Conclusion :

 Les outils de mesure de l’inégalité permettent de mettre en oeuvre une démarche objective qui a pour but de
clarifier les débats portant sur les inégalités qui sont fréquemment polémiques

 Mais l’outil de mesure des inégalités parfait est inaccessible : « Il n’existe pas de mesure objective des
inégalités de revenus. Tout outil est une construction, réalisé à partir de normes que se fixent les statisticiens.
Est-ce à dire que l’on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres ? Certainement pas, mais pour bien
comprendre un phénomène social, il faut bien maîtriser les outils qui servent à le mesurer, leurs avantages
comme leurs inconvénients. Or le débat public sur ce sujet est la plupart du temps d’une rare… pauvreté.
L’outil a bien une portée politique, parfois mal maîtrisée, mais c’est une autre histoire. (in : la mesure des
inégalités de revenu - Observatoire des inégalités)