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Thème 1 : Le système politique démocratique

Acquis de première : Etat de droit.


Notions : Régime parlementaire, régime semi-
présidentiel, régime présidentiel.
– 11 - Quelles sont les composantes institutionnelles des
régimes démocratiques ? (I et II de la fiche)

Activité 1 – Comment assurer la démocratie?


Les institutions de la démocratie

Objectifs :
 Maîtriser le concept de démocratie
 Comprendre le rôle des institutions sur le fonctionnement démocratique
 Typologie des régimes politiques

L’indice de démocratie construit par The Economist

Document 1 :
A:
L’indice de liberté politique et des libertés civiles de l’ONG américaine Freedom house est le classement le plus
utilisé. Calculé depuis plusieurs décennies, il donne à la France la note maximale de 1 pour les deux classements,
comme 46 autres pays. The Economist intelligence unit, centre de recherche associé à l’hebdomadaire anglais, estime
que les critères utilisés par Freedom House sont trop limités. Cette critique semble assez juste : il ne suffit pas de
constater l’existence de libertés pour en déduire que la démocratie est réelle et vivante.
Reléguée dans les « démocraties imparfaites », la France est classée par The Economist entre la Slovénie et l’Afrique
du sud, selon une batterie de 60 critères regroupés en cinq catégories. C’est surprenant, mais logique, lorsqu’on y
regarde de plus près. La note de la France est surtout médiocre en ce qui concerne les rubriques « participation
politique » et « fonctionnement du gouvernement ». Dans le premier cas, l’abstention électorale et les effectifs réduits
des partis politiques peuvent expliquer une note basse. Mais l’indice de The Economist est aussi fondé sur les données
d’enquête recueillies par l’Enquête mondiale sur les valeurs, réalisée périodiquement par des équipes nationales de
chercheurs coordonnés par Ronald Inglehart. L’intérêt déclaré pour la politique est faible, l’engagement associatif
également. Sur le critère de la participation politique des minorités ethniques et religieuses, sur la place des femmes au
Parlement, la situation est également médiocre.
Le « fonctionnement du gouvernement » est apprécié notamment par l’équilibre entre gouvernement et Parlement, la
puissance relative du Parlement étant valorisée. A cette aune, il est assez normal que la France ne soit pas très
performante : opposition sans grands pouvoirs, faiblesse des commissions d’enquête, faible indépendance du vote,
absence de contrôle du Parlement sur son ordre du jour caractérisent en effet le parlementarisme « rationalisé » à la
française depuis l’adoption de la constitution de 1958 ; sans parler de la totale irresponsabilité du président. Il faut y
ajouter aujourd’hui l’omniprésence de la présidence, les membres de son cabinet hypertrophié intervenant sur tous les
sujets avec un pouvoir considérable, activé par la simple phrase « le président pense que… » ou « le président
souhaite… ». Sur le critère des checks and balances, la France est loin du compte.
Source : Arnaud Parienty, La France a l’économie de sa démocratie, Blog d’Alter éco, 04/12/2014

B:
Publié pour la première fois en 2006 et mis à jour chaque année depuis 2008, l'indice de démocratie (Democracy
Index) du groupe de presse britannique The Economist est à chaque fois très attendu et commenté. Il est établi à partir
d'une soixantaine de critères (processus électoral et pluralisme, libertés civiles, fonctionnement du gouvernement,
participation politique et culture politique) et regroupe les pays du monde dans une échelle qui compte quatre niveaux:
les "démocraties pleines" en tête, les "démocraties imparfaites", puis les "régimes hybrides" et enfin les "régimes
autoritaires".
Dans la dernière mise à jour, publiée mercredi 31 janvier, on compte seulement 19 "démocraties pleines", dont 14
pays européens :

Rang "Démocraties pleines" Note sur 10


1 Norvège 9,87
2 Islande 9,58
3 Suède 9,39
4 Nouvelle-Zélande 9,26
5 Danemark 9,22
6 Irlande 9,15
7 Canada 9,15
8 Australie 9,09
9 Finlande 9,03
10 Suisse 9,03
11 Pays-Bas 8,89
12 Luxembourg 8,81
13 Allemagne 8,61
14 Royaume-Uni 8,53
15 Autriche 8,42
16 Maurice 8,22
17 Malte 8,15
18 Uruguay 8,12
19 Espagne 8,08
La quasi-totalité de la population du monde est comptabilisée dans cet indice qui, dans sa version 2018, regroupe 167
pays, seuls les micro-États ayant été exclus. Et il se trouve que 4,5 % seulement de la population mondiale vit dans
une "démocratie pleine", c'est peu.
Le second groupe, celui des "démocraties imparfaites", pèse pour 44,8 % de l'humanité. On y retrouve les États-
Unis de Donald Trump à la 21e place avec une note de 7,98/10. The Economist explique que "malgré la propagation
de fausses nouvelles et le fait qu'elle n'est pas une démocratie pleine, l'Amérique est toujours en tête des classement
sur la liberté d'expression". La France et de nombreux autres pays européens (dont l'Italie et la Belgique) sont
également des "démocraties imparfaites".
Le rédacteur en chef du rapport, Joan Hoey, note que dans le monde entier, "la liberté d'expression est confrontée à
une triple menace. L'État dans les pays démocratiques et autoritaires utilise la diffamation, la protection contre le
terrorisme, le blasphème et d'autres lois pour restreindre la liberté d'expression". "Les acteurs non-étatiques, y compris
les militants islamistes, les gangs criminels et les groupes d'intérêts utilisent l'intimidation, les menaces, la violence et
le meurtre pour étouffer la liberté d'expression. Ceux qui revendiquent le droit de ne pas être offensés réclament des
'espaces sûrs', des sonnettes d'alarme, des lois sur les 'discours de haine' et le contrôle des médias sociaux pour
nettoyer l'espace public d'un prétendu contenu offensant."
Source : S.Jambot, Sachez que la France et les États-Unis ne sont pas sur la liste des meilleures démocraties du
monde, France 24, 21/01/2018
Questions :
1. Complétez le tableau suivant
Définition de la démocratie par Définition de la démocratie par the
l’ONG Freedom Economist
Critères utilisés
Conception de la démocratie :
théorique ou réelle
Place de la France dans le
classement
Déterminants du classement

2. La définition de la démocratie par Lincoln (rappelez-là) est-elle suffisante aujourd’hui pour définir la
démocratie ?
3. La démocratie est-elle la situation la plus fréquente dans le monde d’après The Economist ?
4. Comment expliquer que la démocratie semble s’atténuer dans le monde ?

Comparaison de 3 régimes politiques

Document 2 : Cliquez ici pour ouvrir l’infographie de The Economist

Document 3
La Constitution du Royaume de Norvège adoptée par l’Assemblée constituante à Eidsvoll, le 17 mai 1814 (et
ultérieurement amendée) stipule quelles instances doivent diriger le pays et selon quelle procédure.
Ce texte répartit les tâches et les responsabilités entre différents organes, en délimitant leurs pouvoirs respectifs. Le
droit constitutionnel norvégien se fonde sur l’idée du «gouvernement du peuple par le peuple», autrement dit, la
démocratie. Dans la pratique, il s’agit d’une démocratie représentative, c’est-à-dire que les différents dossiers et
décisions sont confiés à des représentants élus. La Constitution, dans sa forme actuelle, repose donc sur plusieurs
principes formulés dans la version d’origine remontant à 1814: la souveraineté populaire, la séparation des pouvoirs et
les droits de l’homme.
La Constitution divise le pouvoir en trois, établissant la répartition suivante: 1. Le Parlement exerce le pouvoir
législatif, budgétaire et de contrôle. 2. Le Roi (en réalité, le gouvernement) détient le pouvoir exécutif et doit veiller à
l’application des textes adoptés. 3. Les tribunaux sont dépositaires du pouvoir judiciaire.
La Cour suprême est l’instance judiciaire la plus haute. C’est donc au peuple qu’il revient, par le biais du Parlement,
de diriger le pays, d’édicter des lois, d’accorder des crédits, de voter les budgets et les dépenses, et de contrôler
l’action du gouvernement (ainsi que celle de l’administration).
Un certain nombre de règles d’importance capitale ont été inscrites dans la Constitution, afin de garantir les différents
droits démocratiques revenant aux citoyens. On y lit notamment ce qui suit:
• Nul ne saurait être condamné sans tomber sous le coup de la loi, et nul ne saurait être puni sans jugement.
• La Norvège reconnaît le droit d’expression et la liberté de la presse.
• La Norvège reconnaît la liberté de culte.
• Nul ne saurait être privé de son bien sans pleine et entière compensation.
La Constitution actuelle n’est pas identique au texte adopté en 1814. Celui-ci a fait l’objet de multiples amendements
et d’ajouts découlant de décisions nouvelles. Les modifications en question ont été rédigées dans la langue d’origine
(une forme de norvégien calquée sur le danois de l’époque).
Source : Le Parlement norvégien, https://www.stortinget.no/globalassets/pdf/hovedbrosjyre-div-spraak/2013-fransk-
2.pdf

Document 4
Varsovie table sur le développement économique, mais sans garanties démocratiques. Une politique qui rencontre un
écho dans la population.
Du temps des libéraux [au pouvoir entre 2007 et 2015], la Pologne devait devenir la deuxième Irlande. Cela
concordait avec son idéologie faite de libéralisme économique, d’institutions classiques de la démocratie libérale et
d’une pointe de tradition catholique conservatrice. À la différence du précédent gouvernement, le parti Droit et justice
(PiS) n’a pas pour seule ambition de fournir à la société “de l’eau chaude au robinet”. Pour faire de la Pologne une
puissance, il choisit le modèle chinois, c’est-à-dire une économie forte au service de la fierté nationale, mais avec des
libertés publiques de façade.
De fait, il parle de créer un modèle démocratique polonais original, pas nécessairement libéral. En pratique, il abolit la
séparation des pouvoirs, renforce les attributions des services de renseignement et prend le contrôle d’Internet, y
compris par le blocage de sites, comme en Chine. Il centralise l’État, réduit les compétences des collectivités locales et
s’empare des organisations de la société civile.
En matière de justice, il a la main sur les tribunaux et, comme en Chine, il mise sur un système de “contrôle
populaire” dans lequel des organes quasi juridictionnels rendent des jugements écrits à l’avance. La Cour suprême doit
bientôt accueillir une chambre qui fonctionnera comme un tribunal populaire et pourra questionner des décisions
pourtant définitives rendues par des juges professionnels. Après avoir mis la main sur la Cour constitutionnelle, le PiS
en a fait un instrument de légalisation de sa volonté. En novembre dernier, ses députés ont saisi la Cour pour
réexaminer les possibilités de recours à l’avortement en Pologne [pourtant déjà parmi les plus étroites en Europe].
Proposant du pain à la place des libertés, le modèle chinois est une réussite qui combine puissance économique,
satisfaction individuelle et fierté nationale. Selon une enquête réalisée en juillet 2017 dans quatre anciennes
démocraties populaires (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie), les Polonais accordent presque deux fois
plus d’importance aux biens matériels qu’à la démocratie. Vingt-deux pour cent des personnes interrogées évaluent un
régime politique d’abord sous l’angle du “niveau de vie, du prix des produits et de l’accessibilité des services”,contre
12 % accordant la priorité à “la liberté, la démocratie et la possibilité d’exprimer ses propres opinions”. Dans les
États de notre “bloc” [le groupe de Visegrad], le soutien moyen en faveur de la démocratie et de la liberté est de 15 %.
Source : Ewa Siedlecka Les Polonais optent pour le modèle chinois, GAZETA WYBORCZA - VARSOVIE, Publié
le 09/03/2018 in Courrier international

Document 5 :
Nous sommes donc fondés de nous interroger sur la possibilité de la construction d'un véritable Etat de droit. Personne
n'a l'intention de nier le progrès que la Chine a obtenu en matière de promulgation des lois durant ces dernières
décennies par rapport à l'époque de Mao, où n'en existaient que deux : la Constitution et celle régissant le mariage.
Mais nous ne pouvons occulter une question fondamentale : aux yeux des dirigeants du parti, les lois et même la
Constitution sont-elles des instruments politiques et administratifs au service de l'intérêt du parti, ou, au contraire,
possèdent-elles une valeur indépendante, une légitimité au-dessus de toutes les forces politiques ? Tant que le parti ou
l'Etat-parti instrumentalise les lois et la Constitution, nous pencherons pour une version pessimiste : un Etat de droit
risque de ne jamais voir le jour en Chine.
Car, par définition, l'Etat de droit suppose que la Constitution soit au-dessus de toutes les forces politiques, mais c'est
justement ce que le parti n'a jamais accepté. Le parti se place toujours, dans la pratique autant que dans la théorie, au-
dessus de la Constitution. Jusqu'à maintenant, au moins la moitié des provinces a comme secrétaire général du Comité
des affaires politico-juridiques un chef de police de la même province. Autrement dit, un chef de police est supérieur à
un président de tribunal. Où se trouve donc l'indépendance juridique, pilier de l'Etat de droit ?
Quant à la démocratisation en Chine, c'est une question que les dirigeants chinois renvoient aux calendes grecques au
nom d'un processus progressif, sans pour autant en nier la nécessité.
Sans un minimum de démocratisation au sens large, c'est-à-dire la séparation des pouvoirs, un droit de regard sur les
dirigeants, une liberté d'opinion, la construction d'un Etat de droit a peu de chance de progresser. Cela s'explique par la
nature de ce régime totalitaire, qui même en cette période de transition, reste avide d'exercer le contrôle sur l'ensemble
des pouvoirs publics.
Revenons à l'affaire Liu Xiaobo. Nous savons que M. Liu est condamné à onze ans d'emprisonnement pour son rôle
actif dans la rédaction et la diffusion de la Charte 08. Mais que dit la Charte 08 en matière d'Etat de droit ? Justement,
c'est un simple appel au respect des droits du citoyen inscrits dans la Constitution et à l'indépendance juridique, à la
suppression des organes comme le Comité politico-juridique.(…)
Il est courant que les dirigeants, les cadres et les journalistes officiels jugent au nom du peuple. Mais tant que les
Chinois ne pourront s'exprimer librement, il est souhaitable d'être modeste lorsque l'on parle du peuple chinois ; tant
que M. Liu n'aura pas le droit de les défendre librement, il sera malhonnête de lui reprocher ses positions.
Sans avancer d'autres critères de la liberté d'expression, on peut simplement souhaiter une chose. Quand un journaliste
étranger en poste à Pékin pourra écrire aussi librement dans la presse chinoise que M. Zheng l'a fait pour Le Monde, la
liberté d'expression en Chine aura franchi une étape décisive !

Document 5
Questions
1. Compléter le tableau suivant à partir des documents précédenst
Norvège Pologne Chine
Quel Classement
régime politique? 2017
Evolution
Des institutions Séparation
démocratiques ? des
pouvoirs
Libertés
publiques
Etat de droit
2. Pourquoi certaines populations acceptent-elles des régimes moins démocratiques ?

Grille d’autoévaluation

Critères de réussite A ECA NA


Maîtrise des savoirs - Définition de la démocratie
- Séparation des pouvoirs et démocratie
- Etat de droit et démocratie
- Libertés publiques et démocratie