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Science Mondialisation, finance internationale et

économique intégration européenne

Notions : Euro, union économique et


monétaire 2.2 Quelle est la place de l'Union
européenne dans l'économie globale ?

222 – Les conséquences de l’Union monétaire sur les


politiques économiques

Fiche 2221– Des politiques macro-économiques de plus en plus


interdépendantes

La politique macro-économique a pour objectif d’assurer la


croissance maximale et le plein-emploi des facteurs de production.
Les objectifs de la politique macro-économique ont été mis en évidence par
Kaldor dans le carré magique:
 4 objectifs sont recherchés par les gouvernements : taux de
croissance du PIB élevé, taux de chômage faible, taux d’inflation
faible, excédent commercial en % du PIB
 Cependant, ces 4 objectifs sont difficilement atteignables en même
temps : les gouvernements vont alors choisir les objectifs qui leur
paraissent essentiels.

Une politique monétaire commune dans l’Union Européenne

 Qui mène la politique monétaire dans l’UE ?

 Les Etats de l’UE ont abandonné leur souveraineté sur la monnaie. La Banque Centrale Européenne, située à Strasbourg,
même la politique monétaire
 La BCE est indépendante des gouvernements européens. L’objectif est d’éviter que la politique monétaire ne subisse de
pressions de la part des autorités politiques :
- une baisse des taux d’intérêt génère certes à court terme une augmentation de l’activité économique, mais elle crée à
moyen terme de l’inflation.
- l’adoption d’une politique monétaire commune crée un taux de change unique. Les dévaluations compétitives au sein de
l’Europe deviennent alors impossibles.

 Quels sont les objectifs ? l’objectif essentiel est la stabilité des prix La BCE vise à moyen terme un taux d’inflation
inférieur à 2 %. Cette inflation de 2 % est considérée comme suffisamment basse pour permettre à l’économie de tirer
pleinement parti des avantages offerts par la stabilité des prix

 Quels sont les instruments de la politique monétaire ?

 La BCE dispose essentiellement de 2 instruments traditionnels:


- politique de réserves obligatoires : pour chaque crédit consenti, les banques sont obligées de bloquer
auprès de la BCE un pourcentage de son montant qui sera non rémunéré. Quand la BCE veut appliquer
une politique monétaire restrictive pour lutter contre l’inflation, elle augmente le taux de réserves
obligatoires qui va dissuader les banques d’offrir des crédits.
- Le taux d’intérêt directeur : les banques commerciales peuvent avoir besoin de monnaie banque
centrale. Elles vont alors emprunter à la BCE. Celle-ci leur prête à un taux : le taux d’intérêt directeur.
Quand la BCE veut restreindre la capacité des banques à offrir des crédits à l’économie, elle augmente

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son taux d’intérêt directeur, ce qui obligera les banques commerciales à répercuter cette hausse chez
leurs clients

 Vers des politiques monétaires non conventionnelles : le Quantitative Easing ou QE :


- Pourquoi le QE est-il considéré comme une mesure non conventionnelle donc exceptionnelle ?
o Normalement, quand une banque centrale veut relancer l'économie, elle se contente de prêter à très court terme un peu plus
d'argent que d'habitude aux banques, afin de faire baisser les taux d'intérêt. Ces baisses de taux sont répercutées par les
banques sur leurs clients, ce qui favorise les demandes d'emprunts. L’activité est ainsi relancée
o Lorsque les taux d’intérêts à court terme approchent de zéro, cet outil "conventionnel" ne fonctionne plus

- Après la crise de 2008, la BCE a essayé de relancer l’économie en diminuant le taux d’intérêt directeur. Cependant, même en
se rapprochant de 0, la baisse des taux n’a pas permis la relance de l’économie
- La BCE a alors adopté une autre politique : le Quantitative easing. Une banque centrale achète des actifs (en
général des titres) avec de la monnaie qu'elle crée. C'est donc un outil permettant d’injecter de l'argent
dans les circuits de l’économie, avec l’espoir de la faire repartir et d’éviter le risque de déflation. On dit que
la Banque centrale "fait tourner la planche à billet" ce qui est évidemment une métaphore : il n’y a ni
planche, ni billets, juste un jeu d’écriture. La Banque centrale écrira dans ces registres la somme d'argent
utilisée pour acheter les titres

- L'objectif est que ces investisseurs qui revendent à la BCE leurs titres soient poussés à faire des prêts ou des placements plus
risqués. En effet, les obligations deviennent moins intéressantes.
o La BCE achète des obligations.
o La demande de ce genre de titres augmente.
o Leur prix monte donc.
o Si le prix des obligations monte, leur rendement baisse.

- Y-a-t-il un risque inflationniste ? Si trop de monnaie circule par rapport à l’activité économique, l’inflation a tendance à
apparaître.
o Ce risque n'inquiète pas grand monde pour le moment : la zone euro est aujourd'hui menacée par la déflation (ce qui serait
pour le coup un vrai cauchemar), et non par l'inflation.
o Un peu d'inflation ne nuit pas. Elle permettrait l'érosion douce des dettes, la poursuite de la baisse de l'euro (et donc un coup
de pouce aux exportations), et certains ajustements (la gestion des salaires dans les entreprises, par exemple).
o Ce que craignent les économistes anti-QE (et on en rencontre beaucoup en Allemagne), c'est que l'inflation s'emballe et fausse
les calculs économiques.

Des politiques budgétaires nationales mais coordonnées

 Des politiques budgétaires en apparence indépendantes :



La politique budgétaire demeure du ressort des gouvernements et des parlements des Etats membres. Ce choix de ne pas
doubler l’euro d’un budget fédéral s’explique par des raisons politiques : l’UEM remettait en cause la souveraineté des Etats
dans un domaine essentiel : la monnaie ; remettre en cause la capacité des Etats à lever des impôts ou à fixer la politique
budgétaire aurait été inacceptable pour les parlements et les opinions publiques.
 Les instruments de cette politique budgétaire sont alors :
- Les dépenses publiques : chaque Etat décide du niveau des dépenses publiques et de leur affectation
- Les impôts : chaque Etat décide du niveau des impôts et de leur origine : impôt sur le revenu, impôt sur les bénéfices, taxes

 Mais cadrées

 Les politiques budgétaires ont été jugées structurellement expansionnistes lors de la rédaction du traité de Maastricht. Elles
déboucheraient donc sur des déficits budgétaires (des dépenses de l'État supérieures à ses recettes). Cela
générerait alors une dette publique (emprunts des administrations publiques provenant des déficits
passés) croissante. Par un effet boule de neige, elle peut devenir insoutenable. Dès lors, les Etats feraient pression sur la
Banque Centrale afin qu’elle assouplisse sa politique monétaire, ce qui remettrait en cause la crédibilité de l’euro.
 Des traités ont donc été signés pour imposer des conditions que doivent respecter les Etats
- Le traité de Maastricht (1992): les critères de convergences sont des critères fondés sur des indicateurs
économiques, que doivent respecter les pays membres de l'Union européenne candidats à l'entrée
dans la zone euro.
o Stabilité des prix : le taux d'inflation d'un État membre donné ne doit pas dépasser de plus de 1,5 point celui des trois
États membres présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix.

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o Situation des finances publiques : interdiction d'avoir un déficit public annuel supérieur à 3 % du PIB ; interdiction d'avoir une
dette publique supérieure à 60 % du PIB
o Taux de change : interdiction de dévaluer sa monnaie ; ce critère est devenu obsolète avec le passage à l'euro pour les pays
de la zone euro. En outre, l'État membre doit avoir participé au mécanisme de taux de change du système monétaire européen
(SME) sans discontinuer pendant les deux années précédant l'examen de sa situation, sans connaître de tensions graves.
o Taux d'intérêt à long terme : ils ne doivent pas excéder de plus de 2 % ceux des trois États membres présentant les meilleurs
résultats en matière de stabilité des prix.

- Le Pacte de stabilité et de croissance ratifié en 97 a pour objectif central de limiter le déficit budgétaire agrégé de la zone
euro et de prévenir les dérapages budgétaires préjudiciables aux autres membres, tout en permettant de faire face aux
fluctuations cycliques de l’activité. Il impose aux États de la zone euro d’avoir à terme des budgets proches de l’équilibre
ou excédentaires. Il correspond au souci de l’Allemagne d’éviter qu’une fois entrés dans la monnaie unique, certains pays
profitent de leur appartenance à la zone euro pour mener à nouveau des politiques laxistes. En effet, les critères de
Maastricht réglementaient l’entrée dans l’UEM mais aucune règle n’avait été fixée pour contrôler les finances publiques
des États une fois qu’ils en étaient membres.
o Les critères retenus sont les mêmes que
pour l'adhésion à la monnaie unique: déficit
public inférieur à 3% du PIB et endettement
public inférieur à 60% du PIB.
o Chaque Etat membre est donc tenu de définir
un programme de stabilité pluri-annuel, c’est-à-
dire une politique d’ajustement des finances
publiques tendant vers un niveau proche de
l’équilibre ou assurant un excédent budgétaire. Ce
programme est soumis chaque année à
l’approbation du Conseil des ministres des
finances européens.
o Le déficit public d’un Etat-membre ne doit
jamais dépasser 3 % du PIB sauf circonstances
exceptionnelles, c’est-à-dire une baisse de 2 % au
moins du PIB. En cas de déficit jugé excessif par
le Conseil, une procédure est mise en place qui
peut aboutir à des sanctions (0,2 % du PIB plus 0,1 % de PIB par point de déficit en trop, dans la limite de 0,5 % .Cette sanction
prend la forme d’un dépôt non rémunéré auprès de la Banque Centrale : si le déficit persiste, un nouveau dépôt doit être effectué
qui est irrécouvrable au bout de 2 ans
o Le Pacte de stabilité reflète donc bien selon P.d’Arvisenet « la place accordée à la politique budgétaire dans l’union
monétaire, celle d’une subordination à la politique monétaire. D’une part, l’objectif de la politique monétaire est
clairement défini : il s’agit de la stabilité des prix .D’autre part, la BCE centralise la politique monétaire alors que les
politiques budgétaires sont nationales et décentralisées »

- Le TSCG (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) ou pacte budgétaire européen entré en vigueur le
01/01/2013
o Le site toute l’Europe présente les raisons de l’introduction du TSCG : « Face à la crise, les Etats n'ont pas réussi à respecter les
règles strictes fixées par le pacte de stabilité et de croissance adopté en 1997 en vue de la création de l'euro, le 1er janvier 1999. Les pays
se sont ainsi livrés à des excès d'endettement et de déficit préjudiciables à l'ensemble de la zone euro et ont dépassé la limite des 3% de
déficit autorisé, pendant plusieurs années. En 2011, le pacte de stabilité et de croissance a été renforcé par le "six-pack", mais cet arsenal
législatif s'est avéré insuffisant. Pour contraindre les pays à respecter une discipline budgétaire indispensable au fonctionnement de
l'Union, le nouveau traité prévoit des règles communes de gouvernance économique et budgétaire. L'article 1er du traité pose ainsi le
décor du pacte budgétaire européen. "Son objectif [est] de renforcer le pilier économique de l'Union économique et monétaire […], la
coordination de leurs politiques économiques et la gouvernance de la zone euro" »
o En vertu de ce traité, les pays s'engagent à avoir des "budgets équilibrés" ou "en excédent" sur un cycle économique, soit
un déficit structurel (hors éléments exceptionnels et service de la dette) d'un niveau maximal de 0,5% du PIB. On se
rapproche alors de la "règle d'or" défendue par l’Allemagne : la situation budgétaire des administrations
publiques doit être en équilibre ou en excédent". Elle impose donc que les dépenses de
fonctionnement de l’Etat n’excèdent pas ses recettes. Cette règle devra être inscrite "de préférence" dans la
constitution. Mais ce n'est pas une obligation.
o Le traité prévoit alors des sanctions en cas de dérapage des finances publiques. Les pays qui affichent une dette globale
modérée, c'est-à-dire "nettement en-dessous de 60% du PIB", auront droit à un déficit structurel toléré de 1%.Chaque Etat
devra lui-même prévoir qu'un "mécanisme de correction soit déclenché automatiquement" en cas de dérapage important par
rapport à cet objectif, avec l'obligation de prendre des mesures dans un certain laps de temps.