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Jean-Michel RUFEMONT

GAÏA

La

Reconquête

Tome I

Les Survivants

Roman

©-2007. Jean-Michel Rufemont. Tous droits réservés

à ma fille Alexandra

Table des Matières

Tome I

1 - Les Patrouilleurs

1

2 - Alabama

36

3 - Les Appalaches

76

4 - Les Charretiers

114

5 - Passions en Camargue

152

6 - Frayeurs et mystère à la pêcherie

189

7 - L’esclave Marcellin - Nouveau Guerrier

229

8 - Où la Camargue entre dans l’Histoire

271

9 - Outil révolutionnaire

290

10 - Visions d’apocalypse

339

11 - Confrontés à l’inconcevable

393

L IVR E I

Les Survivants

L IVR E I Les Survivants Les Esclaves L es deux patrouilleurs étaient allongés da ns

Les Esclaves

L es deux patrouilleurs étaient allongés dans les fourrés à la lisière du petit bois ; difficile de les voir tant leurs tenues de camouflage les faisaient se

confondre avec la végétation environnante dont la teinte principale tirait sur la couleur rouille, typique de cette fin d’un été particulièrement chaud qui avait desséché, cuite la végétation dans son ensemble. Les voir était encore possible à deux mètres d’eux, un pas de plus en arrière et l’on ne voyait plus qu’un endroit uniforme de teinte de la broussaille mais, en regardant avec plus d’attention, on percevait alors comme une légère, oh ! une très légère brume due à un insoupçonnable dispositif électronique appelé Disfracteur-visu, de disfraction du spectre visible de la lumière, couplé à un écran anti IR, les infrarouges. Un vache de truc sensas pour baiser ces immondes salopards de Zanko- Khuigs (prononcer le S), comme disait toujours le grand Vladi, en prenant pour l’occasion son air le plus farouche. Celui-ci est un hercule, un grand gars de presque deux mètres de hauteur, taillé à coups de serpe ; la trentaine à peine, les yeux bleus dans un visage aux traits anguleux sous une broussaille d’une tignasse chatain clair toujours peignée à la va-vite.

Une grosse moustache de sapeur finissait de donner à son allure virile cet air bonhomme qui adoucissait cette masse impressionnante faite de muscles saillants, lui donnant cette perpétuelle démarche du fauve prêt à l’action fulgurante ; de celle de ces chasseurs redoutables et imprévisibles, ce qu’il était réellement dans toute ses fibres de par un atavisme d’ancêtres originaires de l’ancienne région appelée les Malkans, et plus précisément la Servi, une ancienne nation qui avait cruellement souffert, attaquée traîtreusement et détruite par ces maudits Zanko-Khuigs justement. Il avait envers eux une haine indicible et vouait ainsi toutes ses actions de terrain à rapprocher le plus vite qu’il pouvait le jour de la reconquête sacrée, celle de leur carnage dans un lac de leur sang pourri. Son coéquipier, Pédro, est physiquement le contraire. De taille moyenne et plutôt rondouillard que musclé, il arbore des cheveux noirs comme un corbeau, ce qu’il avait hérité d’une descendance franchement hispanique. Il haïssait lui aussi plus que tout au monde les Zanko-Khuigs, c’était son unique ressemblance d’avec le grand Vlad, comme il aimait l’appeler affectueusement, car il l’adore. Malgré un courage hors norme qui, si on le laissait faire lui aurait valu la mort maintes fois, il n’était pas du tout un homme d’action proprement dite, mais dans l’équipe il constituait la partie essentielle du succès de leurs entreprises :

c’est lui qui devait persuader leurs cibles à les accompagner Leur armement est bien fourni : un poignard de commando, plus une courte et large lame fixée à hauteur de la clavicule, sur la poitrine, la courte poignée en travers de la lame, prompte pour être rapidement saisie, et deux pistolets aux côtés. Pédro a une mitraillette en bandouillière et Vladimir une carabine d’assaut à répétition, équipée d’une lunette de visée. Toutes les armes à feu sont équipées de silencieux, toujours, base de leurs actions furtives. Bien calé dans sa main gauche, le coude appuyé sur un lit de mousse onctueuse, Vladimir, la respiration lente et comme en harmonie avec son attention tendue, balayait lentement l’espace en contrebas de son Scruteur psycho. L’arme, de couleur noire mate, sans toutefois en être vraiment une au sens stricto sensu du terme, était assez disgracieuse de part sa forme mais surtout son aspect visiblement artisanal à la finition peu soignée. Une crosse volumineuse incluait le bloc d’énergie. L’ensemble est constitué d’un tube de huit centimètres de diamètre et d’un mètre vingt de long environ ; ce dernier surmonté d’une minuscule caméra vidéo couplée à un puissant téléobjectif, puis trois petites coupoles en plastique gris foncé de différents diamètres ; la plus grande ayant une cinquantaine de centimètres de diamètres, chacune étant pliable et orientale à la demande, ainsi que rabattable pour le transport. Deux prises électriques de formes distinctes permettait de relier le scruteur par câbles aux casques des opérateurs : la plus petite pour le chasseur et la grosse pour le psycho, Pédro en l’occurence. En fait, l’ensemble paraissait plus désuet qu’impressionnant. Là, à quelques trois ou quatre cents mètres de leur point d’observation enfoui dans ce sous-bois touffu et providentiel, d’autant plus que le kiosque des gardes n’était qu’à peine à une cinquantaine de mètres sur leur gauche ; une sentinelle,

un de ces gardes honnis leur tournant le dos était encore bien plus près de leur planque ; le semi-humain, avec son uniforme bleu classique, avait pour armement une grosse cravache à la main et à la ceinture, un long poignard de commando et un bâton répulseur électrique qui vous envoyait valdinguer un balèze à plusieurs mètres ; il portait en plus un fusil à répétition en bandoullière. Un écouteur dans l’oreille gauche signalait un système de communication radio le reliant en permanence avec un supposé central. En fait, ce garde était un gros ventru assez grand « Un gros plein de merde », se pensa un Vladimir haineux. Ainsi, dans ce champ cultivé de légumes, dont ils n’avaient pas la moindre idée de ce qu’ils pouvaient être, travaillaient environ une quarantaine d’esclaves visiblement robotisés, ne serait-ce que par leur classique léthargie. Mise à part leur occupation à bêcher obstinément, ils semblaient dépourvus de tout

sentiment ou animation humaine, aussi bien les hommes que les femmes, en proportion plus ou moins égale, ainsi que les enfants quand il y en avait, ce qui était le cas cette fois-ci encore. Lors de leur arrivée quelques heures auparavant, ils avaient aperçu de loin le camp de ces travailleurs, à environ trois kilomètres d’ici. Ce camp où ces esclaves résidaient était assez conséquent car il y avait trois barraques alignées, compte tenu qu’elles pouvaient contenir deux cents personnes chacune. Ils avaient évalués l’ensemble des esclaves à six cents prisonniers possibles, car bien souvent ils n’étaient pas à leurs maximum des possibilités d’hébergement ; entre les transferts assez nombreux, les malades, les blessés et les décés. Beaucoup de personnes qu’ils avaient sauvés, avouaient qu’il valait mieux y mourir rapidement plutôt que se traîner dans une telle vie d’enfer continu, mais ils avouaient qu’ils n’avaient pas eu le courage de se supprimer. Ils travaillaient du lever au coucher du soleil ; ainsi l’été était le pire des rythmes pour eux tous. Ils étaient en principe assez correctement nourris, ayant le minimum requis pour un travail de force, mais une nourriture sans saveur et surtout sans fantaisie. La plupart de ces camps étaient au régime de leur production même, avec seulement de la viande deux fois par semaine, du poulet la plupart du temps. Les viandes nobles étant réservées aux tables des oppresseurs, là-bas, ils ne savaient où, sauf qu’ils voyaient bien régulièrement partir les animaux de boucherie, les meilleurs. Ce qui les faisaient enrager et souffrir le plus c’était de voir les gardes qui volaient parfois un boeuf ou un mouton et le faisait cuire dehors, sur la

effluves de cette viande rotie était une véritable torture pour ces

braise

malheureux forçats. La souffrance intérieure revêt de bien étranges formes parfois, l’envie et la tentation en sont un des exemples le plus flagrant. Le camp était complété par deux constructions mieux élaborées qui regroupaient les logements d’environ une centaine de gardes. Une grande baraque servait de réfectoire aux prisonniers. L’infirmerie était surtout utilisée par les gardes, le cheptel des esclaves n’ayant que peu de valeur à leurs yeux ; ne survivaient que les plus robustes. Et enfin, au fond du camp était les douches et les toilettes.

Les

Au milieu de la place centrale était peint sur un grand rond de couleur blanche, un énorme numéro en noir ; ce qui indubitablement désignait une surveillance aérienne, sinon par satellite. D’où des règles strictes de sécurité observées par toutes les équipes de patrouilleurs. Vu l’état de soumission des esclaves, il n’y avait ni cloture ni mirador dans ces camps : les barbelés étaient dans les têtes avec malheureusement leurs conséquences irréductibles pour les plus anciens.

Dans son viseur réglé sur optique et qui donc les grossissaient, les esclaves qui étaient pour la plupart dans la moyenne d’âge, paraissaient toutefois en assez bonne condition physique. « Pour une fois », pensa Vladimir satisfait de ce constat, « ils ne paraissent pas des morts vivants, comme c’est malheureusement trop souvent le cas dans cette région de la Franki occidentale. » Ainsi nommée l’ancienne France. Il soupira profondément et bascula du pousse le sélecteur de son scruteur et passa en vision psycho. « Fini de s’amuser », se dit-il en esquissant un sourire, « et au boulot, mon gars ! » Dans le viseur intégré dans la visière de son casque de fibrocéramique, la vision panoramique se changea en numérique ; chaque passage du détecteur sur un travailleur montrait sans surprise la grille quasiment plate et uniforme d’un esprit bloqué. Fataliste mais consciencieux et ne s’attendant pas à trouver une cible évidente et valable dans ce troupeau amorphe, Vladi n’en continua pas moins consciensieusement sa mission de prospection en vue d’une cible maintenant malheureusement visiblement des plus hypothétique. La moyenne de récup était désespérante, environ un cas sur six à sept camps prospectés, et encore, tout dépendait de la qualité de la récup, soupira tristement Vladimir. Et c’est alors qu’au moment où il allait se détendre un peu, que pour la première fois depuis plusieurs jours de chasses infructueuses, apparut dans son viseur, une brève, une infime lueur rouge, signe presque certain d’un écho positif ; il arrêta instantanément le balayage et resta bloqué sur l’azimut. Vlad, le coeur battant la chamade se cala confortablement la coude dans la mousse, réduisit le faisceau de détection vertical sur vingt degrés et attendit, la respiration en suspend, de voir réapparaître le signal. « C’est pas possible autrement » se dit-il, « je l’ai pas rêvé cet écho. » Il essuya d’un revert de la main la transpiration qui lui coulait presque dans l’oeil ; « c’est pas le moment de déconner, mon vieux, » se dit-il impatient Et enfin, comme dans un songe irréel, dans le haut à droite de son viseur, un

puissant et bref éclat rouge illumina tout son viseur

fatidique, objectif unique et sacré des équipes de patrouilleurs qui sillonnaient la planète comme des chiens furieux en risquant leur peau à chaque sortie. Lui, Vlad, tenait enfin la marque incontestable d’un esprit positif, un esprit LIBRE ! Il faillit bien crier sa joie à Pédro, son coéquipier allongé dans l’herbe à sa gauche, et qui se tenait coi depuis un long moment. Ce dernier qui connaissait bien son Vladi, avait perçu sa tension subite et lui murmura en plaisantant. Oh ! t’as trouvé une girelle, mon mignon ? Mais devant le mutisme et la façon dont son collègue se concentrait sur son outil, il perçut de suite que c’était du sérieux.

Le

fameux, le flash

Vlad, certain maintenant qu’il avait une cible réelle dans le champ de son

viseur, et de plus, une cible avec une signature psycho d’un éclat à l’intensité

remarquable, mais

pas foutu de localiser la cible, lui, le grand Vladimir, le roi des chasseurs de son

district, se dit-il en un sourire de dérision. Il n’avait devant les yeux, en panoramique, que la grille plate et quasie uniforme des travailleurs pris dans le faisceau ; il y avait de quoi enrager de ne pas pouvoir localiser sa proie. Merde de merde ! s’écria-t-il en lui-même, rageur. Il respira profondément, repéra parfaitement la position du dernier contact et reprit sa quête, lentement, méthodiquement, en branchant le multi-écran sur le ponoramique et en sélectionnant la détection par bande vertical, balayant ainsi l’espace devant lui en optimisant tout ce que ses détecteurs trouveraient sur un étroit secteur, le moindre echo serait ainsi amplifié à la puissance quatre. Il repartit donc du haut du champ et descendit lentement sur sa gauche, et c’est ainsi qu’il localisa la cible, grâce en premier aux infrarouges, encore une fois les IR, se dit-il affirmatif : la signature la plus franche car totalement

indépendante de tout activité psychique ou autre ; mais ce fut par hasard et il eut

suffit d’un rien qu’il passa à côté

Combien en avons-nous loupé ainsi, pensa-t-il furieux Difficile de faire une estimation juste, c’est pourquoi ils revenaient toujours,

toutes les équipes de patrouilleurs agissaient de même, ils revenaient

régulièrement revisiter les camps, et plus d’une fois ils avaient ainsi sauvé une

cible non perçue la fois d’avant

qui tous prenaient souvent courageusement des risques insensés, que dans ces camps il y avait de fréquents déplacements de leurs populations, plus les malades qui pouvaient ne pas être là le jour de leur chasse précédente, etc. Et enfin il la localisa avec certitude. Sa cible était tout là-bas, de l’autre côté du champ, à environ sept cent cinquante mètres, cachée par un talus ou un tas

quelconque de végétaux. La cible apparaissait à peine quelques secondes, juste le haut d’une tête, puis disparaissait dans son viseur pendant un long moment, signe d’une activité physique quelconque ; certainement en train de travailler, se dit Vladi. Alors, et alors seulement, il murmura à l’adresse de Pédro qui ne le lâchait pas des yeux, car il savait, connaissant son co-équipier de longue date, qu’il avait enfin trouvé son gibier. -Pédro, lui dit-il dans un murmure, j’ai un éclat formidable à onze heures de l’autre côté du champ, derrière ce monticule ; mais pour l’instant je n’arrive pas à l’avoir en clair. Merde alors ! ragea-t-il, jamais vu une signature pareille, et j’ peux pas la voir en visu, c’est le comble, non ? Pédro, allongé sur le côté, lui toucha doucement le bras pour attirer son attention et lui dit tout bas, que dans ce cas, il va falloir contourner la plantation pour aller au contact. Vlad, sans quitter son écran des yeux, mais avec un petit sourire sarcastique, lui rétorqua, la bouche en coin. -Et où que t’iras te planquer de l’autre côté, hé patate ! il n’y a que de l’herbe à moins que tu aies envi de te suicider, dis voir ?

dire aussi à la décharge des patrouilleurs,

quoi ça tient à peu de chose souvent.

ça le faisait enrager, en détection perso, en visu, il n’était

et

comme

Fallait

Pédro, une fois de plus et sans réflechir plus loin, comme d’habitude emporté

par son élan de bien faire, trop bien faire même, venait de proposer une folie, de

fois de plus

aussi. Depuis qu’ils formaient cette équipe de patrouilleurs, voilà de ça au moins cinq ans déjà, combien de fois le grand Vladi, le baroudeur, grâce à son expérience et surtout son extraordinaire instinct de chasseur, lui avait ainsi évité la mort, ou sinon pire, la capture par les troupes de gardes de ces exploitations agricoles. Leur spécialité de chasse, en cas de capture ils connaissaient le tarif :

mort lente après des heures, sinon des jours de tortures sadiques par les gardes. Pédro, lui, était le psycho de l’équipe, ni plus ni moins ; il n’intervenait uniquement que sur ordre de Vladimir, le chef de l’expédition, titre uniquement dû à ses réelles capacités sur le terrain, car dans leur Humanité nouvelle il n’y

avait aucune hiérarchie suivant les poncifs antiques morts avec leurs auteurs et leur monde pourri. Bien souvent c’était à partir de là que commençait le danger le plus grand de l’entreprise de sauvetage, car dès que le ou la zombi plus ou moins gravement atteint percevait son contact mental, c’était alors parfois le déclenchement de la peur panique pour la cible. Combien n’en ont-ils pas perdu ainsi, au dernier moment d’une récupération

Mais c’est le métier

qui veut ça ; quoiqu’il ne s’y faira jamais de les voir sauvagement massacrés

parfois, par ces gardes, fauves hallucinés et zombis eux-mêmes. Pédro est souvent pris d’un début de doute sur leur chance de réussite à reconstruire un autre monde, leur monde à eux, celui des Humains libres.

Quand on voit, se dit-il, le gouffre qui nous sépare encore de ce bonheur

possible, sinon mythique

l’élément de plus de possible pour participer à la construction de ce rêve. Mais faut bien rêver, se dit-il fataliste, sinon y a plus qu’à se flinguer, merde de merde ! Vladimir affina le réglage de son tromblon, comme il aimait souvent l’appeler par dérision, depuis qu’il avait vu une vidéo sur ces engins archaïques à leur base souterraine secrète des Pyrénées. Sa cible maintenant fixée en mémoire, avec ses paramètres complets mémorisés, donc impossible de la perdre maintenant, pensa-t-il ravi, semblait se déplacer lentement vers la gauche et, remarqua Vlad, si elle continue comme ça, dans un quart d’heure au grand maximum elle va arriver à découvert, juste après ce long monticule qui la cache. La sentinelle alors près d’eux s’était éloignée lentement et maintenant descendait franchement vers le champ et vers la droite, allant visiblement retrouver un collègue qui était au bout du champs, à l’abri du soleil sous un parasol, un espèce de taud militaire couleur kaki. Chemin faisant, le garde ne put se retenir de donner gratuitement un coup de cravache sur une vieille femme qui bêchait péniblement, celle-ci vacilla un instant, se secoua, puis repris son travail comme si de rien n’était. Vu son état, se dit tristement Vlad, cette pauvre vieille ne va pas faire de vieux os. -Pédro, dit Vlad doucement, prépare-toi d’entrer en action, la cible va être

sommes si peu encore, toujours à courir après

possible, frisant bien souvent la cata pour eux-même aussi

plus suicidaire, comme lui avait si bien fait remarqué Vladi

une

Nous

bientôt en plein champ opérationnel, alors faudra pas perdre de temps et se

planter dans le toutim, ok ? J’ sais pas ce que ça va donner, mais faut faire le

maxi pour récupérer celui-là, ou celle-là car c’est un esprit clair comme j’en ai vu

perle, mon pote ! Alors concentre toi un maxi et emballe

moi ça à ta célèbre façon de bidouilleur de première, ok l’artiste ? -Si ça dépendait que de moi j’irai le ou la chercher en courant, alors tu vois, lui répondit son collègue.

bien rarement

une

-Je vois oui, toujours sans mesure, le Pédro, hein ? Attention, le voilà ; je passe

Vlad

en clair pour voir la bête de visue

laissa un long sifflement admiratif

assourdi fuser entre ses lèvre

Pédro,

souffla-t-il haletant, la cible

la

cible,

c’est

c’est

pas possible

Pédro,

tiens toi bien : c’est une perle de vingt ans

belle

comme l’aurore et blonde comme les blés une fille aussi belle, vise un peu.

Il passa rapidement son tromblon et lui dit, nerveux, vise-moi ce petit lot l’

intérêt à la récupérer rapidos car sinon c’est moi qui y vais en courant,

ok ? Récupérant son scruteur, Vlad brancha la seconde connexion sur celui-ci pour le casque de Pédro, qui rabaissa sa visière devant les yeux pour pouvoir ainsi intervenir en direct sur leur cible. Il ne se branchait qu’en dernier, seulement au contact, toujours, pour garder l’esprit clair, non perturbé par les aléas de la chasse proprement dite. Le casque du psycho comporte comme une maille intérieure, un léger filet en

métal tissé paraissant une sorte de laiton fin incluant des sortes de larges disques de cinq centimètres de diamètre : un sur chaque tempes, et six autres répartis sur l’ensemble du crâne, l’ensemble est imprégné sur un tissu, filet qui enrobait le crâne ; le tout relié bien entendu par la connexion au scruteur et ainsi à l’ antenne de contact qui est ronde et convexe et fixée par trois tiges en métal ; le ‘centreur’ comme ils l’appelaient, c’était l’antenne qui captait leur proie. La partie émétrice du système de poursuite, par laquelle le psycho prenait contact, était une espèce de poire de douze centimètres de diamètre, continuée par un long canon étroit de soixante-seize centimètres de long, couplé au télescope. Son faisceau émetteur pouvait par temps clair et sec suivre une cible jusqu’à près d’un kilomètre, l’impact tenait alors dans un cercle de deux mètres cinquante. Fallait pas que le chasseur se loupe, ça non, fallait être un sacré tireur pour

Tout ceci, suivant les

suivre ainsi la cible souvent mobile et ne pas la perdre

ami

jamais vu

Mamamia,

mon frère

j’ai

t’as

conditions atmosphérique, bien évidemment. Par temps de pluie ou de brouillard valait mieux rester peinard à la maison, comme ils appelaient leurs grottes salvatrices. Là-bas, de derrière la butte, venait d’apparaître une jeune femme d’une vingtaine d’année à peine. Elle en avait en fait dix-huit plutôt que vingt. Blonde dorée, des mèches tirant légèrement sur le roux à cause du soleil, les cheveux coupés courts, comme toutes ces femmes esclaves ; elle devait mesurer à vue de nez, se dit Vladi, dans les un mètre soixante-treize et peser dans les cinquante huit kilos. Ça c’était l’appréciation du chasseur expérimenté, avis toujours judicieux de sa part.

Sous la combinaison informe de cette beauté, on percevait, ou plutôt on soupçonnait au hasard de ses mouvements, un corps aux formes généreuses et harmonieuses. Son visage mince était halé par le soleil, donnant à ses traits réguliers cette noblesse naturelle à la beauté parfaite. De grands yeux d’un bleu

apparemment foncés où l’on sentait une intelligence affinée et sûre d’elle et de son pouvoir ; un nez fin rehaussait deux lèvres pulpeuses à l’arabesque délicate. Elle était habillée comme tous les esclaves, de cette sorte d’horrible combinaison de couleur orange vif, le bas du pantalon enfoncé dans des bottes en caoutchouc noires. Elle trainait péniblement un grand sac de toile d’où en émergeait de l’herbe et des branchages, et elle semblait se diriger vers un petit muret enfoui dans la

végétation

se trouvait ainsi loin des gardes, et d’après les calculs

d’appréciation de balistique de Vladi, chose inouïe, elle était maintenant et pour un grand espace de temps encore, hors de la vue des gardes qui semblaient l’avoir carrément oublié derrière ce monticule. Seule, elle était seule ! Incroyable mais vrai, ce que Pédro constata lui-même. -Pédro, lui dit-il, dès qu’elle sera tout près de ce muret, tu entres en action, mon frère, mais je t’en supplie, sauve cette merveille.

Elle

Elle enrageait, comme toujours, de se voir ainsi au niveau d’un animal, mais le plus dur était de voir ses compagnons complètement abrutis et insensibles sur leur propres sorts. Elle était ainsi la seule pensante au milieu de ce troupeau. Mille fois au moins elle avait essayé de les secouer, les réveiller, de leur faire prendre conscience de leur situation dégradante, mais non, ils étaient optus, fermés à tout raisonnement, toute logique Seulement son ami, Victor, un vieil homme, se souvenait-elle, lui avait péniblement expliqué qu’ils étaient ainsi prisonniers de maîtres qu’on ne voyait jamais mais qui pourtant existaient bel et bien, résidants loin au-delà des collines et qu’ils habitaient dans des villes. Elle avait cru comprendre que c’était des

sortes de grandes maisons

étaient très nombreux, puissants, riches et

dangereux ; les gardiens leur appartenaient aussi et de leur part il n’y avait que la mort à attendre, comme elle l’avait malheureusement constaté bien des fois. Marion, lui avait dit et répété Victor bien souvent, comme pour lui graver ces paroles en son esprit : tu es comme moi, tu as un esprit différent des autres compagnons, qui eux sont devenus comme des animaux, à cause de ces maudits

émetteurs d’ondes dans les dortoirs ; garde toujours secret ce pouvoir de penser et réfléchir par toi-même, car si les gardes s’en aperçoivent tu risques te faire

qu’un jour des secours viendront,

mais

tuer, sois toujours très prudente

qu’ils

Peut-être

rien

n’est moins certain, mais malgré tout, garde toujours un peu d’espoir.

Ainsi depuis toujours, consciente qu’elle avait un plus dans sa tête, elle s’était peu à peu, en apparence, résignée à supporter cette vie d’horreur, vie de néant et sans plus aucun espoir de s’en sortir et ce, malgré qu’elle rêva longtemps qu’un jour quelqu’un apparaitrait pour la sauver mais, seul jusqu’à ce jour, le désespoir

fut son compagnon journalier.

Elle arriva exténuée au muret, laissa son sac contre la pierraille brûlante de soleil ; essoufflée, du revers de sa main elle essuya la transpiration sur son front, puis, mourant de soif sous ce soleil de plomb, elle se baissa pour prendre une bouteille d’eau dans son sac de toile entreposé à l’ombre, et tout à coup elle se figea telle une statue, une peur monstrueuse s’insinua en elle, si forte qu’elle en fut paralysée sur place, incapable de bouger un seul doigt car, alors qu’elle était seule et loin des autres, ça elle en était sûre et certaine : quelqu’un lui parlait dans sa tête !

voix douce, une voix d’homme, lui parlait lentement, calmement,

une voix aux inflexions rassurantes, une voix chaude, amicale, et non l’ aboiement coutumier des gardes, et ça lui disait, « Bonjour, n’ayez pas peur de ma voix surtout, je suis un ami, un ami venu de loin pour vous sauver.Vous aimeriez être sauvée,

partir de ce lieu mauvais pour vous ? Ne bougez pas d’où vous êtes pour ne pas alerter les gardes surtout, d’accord ? Répondez-moi en pensée, pensez très fort à votre réponse et je vous entendrai comme vous m’entendez, d’accord ? qu’en pensez-vous ? mon nom est Pédro, et le vôtre ? » Elle ne savait plus réfléchir, penser, elle la pensante, restait plantée là, hagarde, puis elle s’enhardie lentement et reprit vite son naturel, son allant de fille courageuse et combative. Haussant les épaules d’un air fataliste elle se dit, se forçant à rire, mais d’un rire crispé malgré tout, « Voilà ce que c’est que de trop rêver, penser aux miracles » ; alors, provocante, se redressant, elle pensa très fort et railla cette voix imaginaire. -Si tu es Pédro, l’esprit farceur, moi je suis Marion, l’esclave clouée à cette terre infâme, alors, où es-tu l’ Pédro qui vient narguer les esclaves, hein ? bien en peine de te montrer, l’ guignol, hein ? Et la réponse fusa comme un éclair aveuglant dans sa maudite caboche de fille. -C’est un joli nom Marion, ma soeur s’appelle ainsi ; alors, Marion, reste calme

La voix

une

comme ça, je te vois

d’où je suis, en face de toi dans ce bois de l’autre côté du champ. Tu vois que ce n’est pas une farce, hein ? Tiens ! fais quelque chose, un petit geste, et je te dirai ce que tu fais, pour te prouver que je te vois et que je ne suis pas un rêve comme tu le penses, allez, Marion, vas-y ! La fille, surprise, hésita un moment puis, décidée, fit une grimace et tira vite la langue vers le bois. Et la voix lui répondit en riant. -Oooh ! belle grimace et jolie langue, Marion !

et tourne-toi lentement vers ta gauche, calmement

voilà,

Pédro sentit nettement son esprit se détendre un peu, puis il continua son job.

reste bien calme, ne fais

je

vais t’envoyer un signal lumineux, il n’y a que toi qui pourras le voir, d’accord

Marion, tu es prête ?

je suis

pas de gestes brusques

-Bien, maintenant tu vois le bois en face de toi

alors,

je

vais te montrer où je suis, caché dans les buissons

Maintenant, ahurie pour de bon, elle se mit à penser à toute vitesse : Oui

prête

pensant

aussi dans un souffle, que si c’est un cauchemard alors il vaut

mieux mourir tout de suite.

-Non Marion, ce n’est pas un cauchemard, et tu ne vas pas mourir mais quitter ce camp, alors regarde bien maintenant, tu vas voir trois éclats lumineux pour te signaler où nous sommes. Et sur un signe de Pédro, Vlad envoya les trois éclats lumineux avec sa torche . Elle en fut suffoquée, puis l’évidence l’illumina brusquement d’une joie intense : Un rêve n’envoie pas des signaux lumineux en plein jour ! Alors ? -Marion, es-tu convaincue maintenant qu’il ne s’agit pas d’un rêve ? Appelle- moi par mon nom, Pédro, d’accord Marion ? -Oui, Pédro, répond elle, la poitrine haletante, puis, réaliste elle demanda. Comment sais-tu mon nom ? Il fut heureux et fier de constater qu’elle avait un esprit alerte et claivoyant, c’était vraiment La Perle que tout patrouilleur rêvait de ramener fièrement à la station. -Marion, je t’expliquerai tous ça après, mais pour l’instant il y a plus urgent : il faut te sauver, tu comprends ? alors écoute-moi attentivement. Veux-tu venir

avec nous de suite et tu n’auras plus jamais à travailler ainsi, et tu auras une vie totalement libre, tu auras plein d’amis qui sont comme toi, avec un esprit libre de dire et faire ce qu’ils veulent. Tout le temps et partout tu vivras dans un endroit très joli où tu seras en sécurité, tu auras pleins de choses qui

t’appartiendront, seulement à toi

veux-tu venir vivre avec nous, Marion,

être libre ? -Oh oui Pédro ! mais quand ? comment ? vite ! Il sentait son esprit prêt à craquer de trop de tension, il enchaîna rapidement. -Parfait, écoute bien mes recommandations pour ne pas attirer l’attention des gardes, c’est très important, tu le comprends n’est-ce pas ? Tu vas voir que c’est simple, ne t’affole surtout pas, reste calme, respire lentement, profondément

pour t’aider à te détendre

c’est bien, ça va mieux maintenant,

ça sera vite fait tu vas voir, fais-moi confiance, mon travail c’est de te sauver,

promis Marion ?

Un ‘oui’ fulgurant lui répondit de suite. -OUI, mais s’ils me voient marcher à travers du champ ils vont me battre et

m’endormir avec leur bâton de feu

-N’aie pas peur Marion ; j’ai les moyens de rendre les gardes aveugles et immobiles pour un long moment, environ dix minutes, ça suffira largement pour que tu coures nous rejoindre et nous partirons de suite dans une cachette et ils ne s’apercevront de ton départ que quand nous serons déjà très loin d’ici.

Tu es toujours d’accord ? Tu dois venir de ton propre gré, tu dois le vouloir. -Oui ! oui ! je comprends, dit-elle impatiente de tout ces discours. Bien sûr

qu’elle voulait foutre le camp de cet endroit maudit, franchement, c’était pas le

peine d’en faire tout un plat

pensa-t-elle oppressée, faut faire vite parce

que la relève de la garde ne va pas tarder. -Donne-moi une toute petite minute Marion, je règle mes appareils pour immobiliser les gardes, puis je te rappelle, n’aie pas peur, à tout de suite, et ne bouge pas d’où tu es.

Alors,

comme

ça

voilà,

je

peux mourir pour ça.

mais,

-Vlad, dit-il, vite, elle est prête, faut envoyer le flux du brouilleur mental de

suite

Fais pas la connerie de nous l’endormir aussi ; il manquerait plus que ça, pour

une fois qu’on tire le jackpot

de loin même, pour avoir

résisté comme ça

elle est fraîche, spontanée

fille

pourris de Zanko-Khuigs qui Vlad, le laissait parler à bâton rompu, sentant que son pote avait besoin de décompresser après cette tension dialectique psycho, ce qui l’épuisait toujours pour un bon moment : la peur de tout rater par précipitation. Là il pouvait jacter

voyait la fille là-bas, qui se tenait

apparemment calme mais il percevait sa tension, alors qu’elle faisait semblant de ramasser de l’herbe ; pas folle la guèpe, se dit-il en souriant, et maligne en plus, la garce, c’est pour ça qu’elle a survécue, intelligemment ; quel courage il lui a fallu, la pauvre môme. Enfin, le bombardier d’infrason à pulsions fut méticuleusement réglé et prêt à tirer. C’est un genre d’affut de mortier sur un trépied, un gros tube noir de dix centimètres de diamètre et d’un mètre vingt de haut, surmonté d’une large

antenne convexe de quatre-vingts centimètres de long sur cinquante de large, évidemment pointée vers le champ en contre-bas, vers les gardes. Vlad se tourna vers Pédro qui s’était tu et le regardait régler son bidule en se rongeant les ongles, nerveux -Pédro, paré, dis-lui qu’elle se tienne prête à courir quand tu lui diras. Pédro se concentra et, sans que rien ne le laisse deviner, la communication fut rapidement faite avec Marion. Il se tourna vers Vlad, le regardant intensément et, croisant les doigts des deux mains lui dit d’y aller, GO ! Rien d’apparent ne se passa, mis à part un très léger bourdonnement du bombardier, sauf que les gardes et les travailleurs se figèrent sur place et que quelques uns perdant leur équilibre tombèrent au sol, c’est tout. Quand ils se réveilleront ils ne ressentiront qu’une sensation de vide passager, et pour certains un mal de tête subit et inexplicable, sans plus, ce qui était capital pour le succès de leurs travail, il ne fallait surtout pas, pour le bien de la poursuite de leurs opérations de commandos, que les gardes comprennent ce qui se passait réellement. Ces derniers constataient alors, le plus souvent bien plus tard de la disparution mystérieuse d’un esclave, cela, le soir la plupart du temps, lors de l’appel des compagnies. Qu’en était-il de leurs inquiétudes à ce sujet ? Mystère, mais vu le peu de consídération dont ils faisaient preuve à leur égard, ils en venaient à penser que

ou si

ces disparitions sporadiques ne les préoccupaient pas le moins du monde

peu, que c’était tout bénéfice pour eux-même, les Humains libres, qui pouvaient ainsi poursuivre leurs chasses effrénées. Pédro brancha la source lumineuse vers Marion, l’appela et lui dit de courir vers eux, et qu’il n’y a maintenant aucun danger pour elle, lui dit-il. La fille, un

le frère, c’était du mérité, amplement même

perle de cet acabit ; je suis sûr qu’elle a un

niveau de refraction à plus de cent, cent quarante

la forme qu’elle a ; elle a un esprit d’une vitalité incroyable,

mon pote, ça va être du sublime cette

elle nous pond des mioches de son accabit ça va être l’enfer pour ces

n’oublie pas d’entrer les données de son mental en Sauvegarde, hein ?

et

une

et

et

crois-moi

si

Il

instant hésitante se mit à courir en travers du champ, jetant des regards effrayés vers les gardes, là-bas, étrangement immobiles, certains de tombés dans le

champ

Pendant ce temps ils avaient levé le camp, embarqué leur légers matériels dans

deux sacs de toile forte de couleur camouflage

temps, haletante et épouvantée de ce qu’elle venait de faire, qu’elle avait osé faire : désobéir effrontément aux ordres ! Elle leur tomba dans les bras, surprise car elle ne les avait pas vu à moins de deux mètres d’eux ; leur dispositif de brouillage de visu étant encore branché. -Pas le temps de faire les présentation, lui dit Pédro avec un grand sourire, la prenant par le bras, il rajouta, faut déguerpir d’ici en vitesse. Vlad coupa la faisceau du bombardier, replia l’antenne puis jeta l’appareil sur l’épaule et dit à Marion. -On a exactement six minutes pour se tirer avant qu’ils se réveillent, en montrant les gardes du pouce par-dessus son épaule ; on a un vaisseau d’évacuation qui nous attend à moins de trois cents mètres d’ici ; on a le temps, mais c’est pas une raison pour se prélasser dans le coin. Faisant un grand et chaleureux sourire à Marion, il rajouta. -À moins, ma beauté, que t’ aies des regrets de quitter ce joli coin, hein ? Elle le regarda, sidérée, puis parti en courant sans répondre, à la suite de Pédro qui trouvait que l’instant n’était des plus propices aux conciliabules. Ah ! ce Vlad ! pensa-t-il en riant, toujours à braver insolemment la mort. Ils furent très vite en vue du perceur, leur vaisseau de prospection qui avec ses sept mètres de longueur était facilement planqué dans une minuscule clairière. C’est un engin à la coque faite de parois plates, les angles à peine arrondis, le toit légèrement bombé, enfin, pour celui qui aurait pu le voir à l’instant, d’une hauteur d’environ trois mètres sur quatre de large. Le dessous était plat et l’engin reposait au sol sur quatres béquilles rabattables et trapues de quatre- vingts centimètres de hauteur, la coque était noire et il était difficile de déterminer de quel matériau elle était constituée. L’avant de l’appareil, le pare- brise en fait, est constitué d’une courte pyramide tronquée, les quatre panneaux latéraux et le rectangle assurant une vision totale au pilote. Quatre petits petits hublots de chaque côté, en face de quatre doubles rangées de deux sièges. Aucune part ne laissait supposer une sortie d’échappement de gaz, pas de dérives, ailerons ou autres, l’ensemble était quasiment lisse. En fait, cet engin de conception révolutionnaire et toute récente (nous verrons plus loin dans ce récit, l’origine extraordinaire de cette invention), fonctionne sur le principe de la gravité, ou plutôt sur son contraire, l’annulant. Il se déplace ainsi verticalement par simple effet de réaction, si l’on peut dire, à l’attraction terrestre. Il tire l’énergie présente dans l’univers, gratuite et à profusion, ce qui donnait à ce type d’engin une autonomie illimitée ; la coque étant le support même, le moteur antigravitique ; pas de machinerie là-dedans, un simple procédé électronique suffisait à son extraordinaire déplacement silencieux

fut sur eux en un rien de

ainsi

que ses compagnons, pensa-t-elle en un éclair.

Elle

Le problème majeur, pour l’instant, était la vitesse de propulsion des plus limitée, car il ne se mouvait qu’en orientant ce fameux effet de rejet de

l’attraction planétaire. Ils ne pouvaient atteindre ainsi au maximum que quatre

cent cinquante kilomètres à l’heure

système beaucoup plus performant. Mais ce type d’engin avait à son arrivée fantastiquement révolutionné leurs chasses et énormément augmenté le sauvetage d’esclaves récupérables, car avant sa venue, imaginez un peu de l’aventure des pionniers : les déplacements se faisaient à cheval ; et encore, seulement après que les tous premiers survivants parvinrent à attraper des

chevaux, puis les dompter, ce qui ne fut pas rien pour ces gens inexpérimentés

de la chose

Les modestes mais providentielles dimensions répondent parfaitement aux objectifs discrets dont ce type d’appareil était amené à effectuer : voler des esclaves, leurs frères, à ces assassins dégénérés du genre humain. Ces descendants maudits et exécrés de cette race d’esclavagistes, haïs, dont chaque être vivant de leurs communautés se préparaient depuis des siècles à les détruire jusqu’au dernier ; c’était leur hymne, leur songe, leur objectif sacré, le credo de chacun, de l’enfant au vieillard : tuer une fois pour toutes toutes ces ordures de Zanko-Khuigs et leurs sbires, ces gardes maudits. En déboulant dans la clairière, Vlad stoppa Marion dans sa course affrénée en la retenant par un bras, avant qu’elle ne percute de plein fouet le perceur quasiment invisible sous son champ de distorsion spectrale. Seulement percep- tible à un regard attentif qui aurait perçu comme une légère brume à la place de l’engin. Vlad, un boitier en main, tapa rapidement un code sur un petit clavier puis appuya sur un bouton, et dans cette brume, comme par magie, une trappe s’ouvrit en s’abaissant et dévoila quelques marches, au plus grand désarroi de Marion qui crut un moment avoir à faire à de la sorcellerie pure et simple. Ils l’entraînèrent rapidement avec eux à l’intérieur, et pendant que Vlad s’installait aux commandes, Pédro fit asseoir Marion dans un des sièges de toiles et lui sangla la ceinture de sécurité. L’engin, quoique ventru avait pour intérieur un décor des plus spartiate ; on percevait de suite que l’efficacité avait été l’unique préoccupation de ses concepteurs, on peut même dire que la finition laissait franchement à désirer. Huit sièges de toile forte montée sur une armature métallique visible, occupaient l’espace en deux rangées doubles séparées par une étroite coursive qui donnait accès directement au poste de pilotage intégré à cet unique espace intérieur ; il en était seulement séparé si besoin était, par un simple et épais rideau de couleur bordeaux, pour l’instant rabattu sur un côté. Derrière les deux rangées de sièges, est un espace libre d’environ un mètre quatre-vingts de profondeur, où ils avaient abandonné leurs matériels en arrivant, espace qui donnait accès à la porte rabattable et les marches donnant sur l’extérieur. Un très léger bourdonnement, comme un murmure à peine audible se fit entendre et par le hublot à sa droite, Marion, définitivement effarée par tous ces

brutaux évènements, vit au dehors les arbres disparaîtrent vers le bas et se

leur avait promis pour bientôt un

On

comme

de la plupart de tout.

retrouver rapidement dans les nuages, et le comble, pensa-t-elle, sans la moindre sensation de mouvement de cette machine du diable, très certainement. Pédro, assis à côté d’elle, lui dit calmement avec douceur, en lui souriant. -Marion, je suis Pédro, et mon collègue se nomme Vladimir, qui est le roi des chasseurs, ajouta-til en riant. Il faut faire rapidement une petite chose en premier. Tout en parlant il avait prit un sac sur le siège en arrière. -N’aie pas peur, je vais prendre quelques appareils pour te protéger d’un léger danger qu’il y a encore, mais ça sera vite fait, tu vas voir, reste calme, tu ne risques rien, d’accord ? Tu me fais confiance ? Elle hacha lentement la tête avec un air visiblement pas rassurée. -Il faut que j’enlève un petit appareil espion qui est caché sur ton corps, pour ne pas que les gardiens sachent où tu es, tu comprends ? N’aie pas peur surtout, cet appareil est tout petit et moins gros qu’un grain de riz et il est caché, juste sous la peau, alors tu vois Elle hochait la tête lentement, visiblement au bord de la panique, elle était tendue, respirant rapidement. Il la rassura le mieux possible et lui caressa doucement la joue -Reste calme, Marion, ce sera vite fait, tu verras, et tu ne sentiras rien, promis. Il lui installa une sorte de grande capeline assez lourde sur elle, englobant le siège et allant jusqu’au sol ; cet ensemble incluant du plomb était supposé faire écran aux détections des satellites des Zanko-Khuigs. Puis il prit un appareil, une sorte de petit plateau avec un manche court, avec un cadran sur un côté. Sous la cape et par une fente dans celle-ci, il le lui passa lentement sur son corps, à le froler, explorant méticuleusement chaque centimètres carrés. Sachant par expérience où chercher, il trouva rapidement le signal de la cible : un microchip à l’arrière du haut du bras gauche, dans le muscle intérieur de celui- ci ; il s’y attendait en fait, ils étaient presque toujours situés vers cet endroit. Il écarta la cape sur le côté, la fit se pencher un peu en avant sur le côté droit, et discrêtement, hors du regard de celle-ci, il prit un petit cutter et ouvrit sa combinaison en croix sur vingt centimètres, rabattit les coins vers l’intérieur, dégageant ainsi une large surface de peau, puis il prit un stylo feutre dans la poche au revers de sa manche gauche, repassa le détecteur en tenant appuyé un bouton cette fois-ci, et au signal du chip, un mince faisceau lumineux indiqua un point sur la peau, le chip était juste dessous ; avec un crayon marqueur il traça un cercle autour de l’emplacement du microchip espion implanté sur tous les

esclaves et très certainement sur tous les gardes. -Je l’ai trouvé, Marion, lui dit-il souriant, c’est bientôt fini ; tourne-toi encore

très bien, tu vas sentir une toute petite piqûre

un petit peu sur le côté

mais n’aie pas peur, tu ne risques rien, je te le promets. Il prit une petite seringue dans la même poche que le stylo, ainsi qu’un petit flacon d’un produit stérélisant dont il frotta la peau avec un bout de coton hydrophile et lui fit de minuscules injections en trois points autour du point central marquant l’emplacement du microchip

voilà,

-C’est presque fini, Marion ; il lui piqua doucement le bras chose derrière ton bras ?

-Non, dit-elle appeurée, car ne voyant pas ce qu’il faisait à son bras mais

n’avait pas le choix.

Quelle aventure ! -Très bien, ne bouge plus, j’ai presque fini. Du temps qu’il lui parlait il avait sorti un minuscule bistouri avec lequel il fit une entaille de un centimètre de long, et il sentit au bout de la lame le contact du microchip à quelques huit millimètres sous la peau, il s’empara d’une pince effilée, fouilla un peu dans la plaie et sortit cette saleté de microchip qu’il jeta rapidement dans une boîte aux paroies épaisse et la referma prestement d’un lourd couvercle : elle était en fait en plomb, et il allait la ramener à la station

pour vérifier si ce chip ne contenait pas des éléments non répertoriés. Il essuya le peu de sang, nettoya la plaie avec un antiseptique et colla un large pansement adhésif sur le local. Il rangea ses ustensibles dans sa poche et vint devant une Marion prête de paniquer. -Voilà, j’ai fini d’enlever cet espion qui était dans le derrière de ton bras, on te le fera voir à la station, ça s’appelle un microchip, avec ça ils pouvaient te suivre partout où tu allais et savoir où tu étais. Maintenant, tu as un petit pansement à ton bras, tu peux le toucher mais il ne faut pas l’enlever pour l’instant, on te dira quand tu pourras, à la station, d’accord Marion ? Elle le toucha timidement du bout des doigts, rassurée que tous ces mystères soient enfin finis. -Maintenant c’est fini, continua-t-il lui souriant, ils ne pourront plus jamais te retrouver. Pour ces maudits gardes tu as disparu, ils ne sauront plus jamais ce que tu es devenue, tu comprends ? Il n’existe plus de Marion, pour ces salauds, t’es contente ? -Oh oui ! merci beaucoup, Pédro, dit-elle en poussant un long soupir de

tous ! disait-elle d’un air

délivrance ; que ces gardes pourris crèvent tous farouche et résolu. -Crois-moi, Marion, de ça aussi on s’en occupe.

Il lui sourit gentiment et s’assit à ses côtés, et ne dit plus rien durant un

faire le point. Mais, en

moment, la laissant penser à ces événements brutaux

habitué, voyant son désarroi, comme tous ceux qu’ils sauvaient ainsi, il lui prit doucement une main dans les siennes et l’appela doucement par son nom.

jamais tu n’auras à craindre les

gardes, ni personne d’autre, tu comprends ? détends-toi maintenant, il n’y a plus aucun danger, je te le promets.

hocha lentement la tête, étant

incapable de sortir une parole tant sa tension nerveuse était devenue intense,

peur dévorante qu’elle

maintenant que tout était fini

avait subi toute sa vie d’esclave. -Marion, lui murmura-t-il en souriant toujours, je te souhaite la bienvenue parmi les Humains libres, car tu as des milliers de frères et soeurs à partir de

maintenant, et fasse qu’à partir de ce jour, l’amour et la félicité soit pour

d’instinct, elle sentait que c’était pour son bien, et puis

sens quelque

tu

elle

oui,

-Marion, tu vois, tu es sauvée maintenant

Le fixant d’un regard sans fond, fixe, tendu

cette

plus

elle

aventure folle

cette

toujours dans ton coeur. Il se pencha et l’ambrassa légèrement sur la joue et lui murmura encore : bienvenue parmi nous ma soeur, où tu es enfin chez toi, parmi les Humains libres. Ce fut de trop d’un seul coup, pour une telle âme en perdition depuis si longtemps, cette douceur, cette gentillesse de son sauveur avait littéralement

achevé, balayé d’un seul coup son pouvoir de résistance, et elle qui se croyait si

forte

elle s’effondra en longs sanglots contre l’épaule de Pédro, qui lui tapotait doucement la joue, un bras passé autour de ses épaules, la serrant contre lui, il

rajouta en parlant lentement, doucement.

-Pleure, Marion, pleure toutes tes larmes de malheur, qu’elles quittent ton

corps pour toujours

pleureras encore dans ta vie, mais

N’aie plus

peur car tu ne connaîtras plus jamais le malheur, je te le promets au nom de tous

nos frères et soeurs

les gens travaillent

volontairement et avec plaisir et dans la joie, seulement, ils s’aiment, chantent,

rient et dansent

Un long, très long moment après, une fois calmée, il se leva et lui détacha sa

ceinture et lui expliqua ce qu’ils faisaient et où ils allaient. -Marion, maintenant nous allons vers notre base secrète qui est cachée sous une montagne, c’est en fait une grotte naturelle, bien à l’abri et très loin des Zanko-Khuigs, tes anciens maitres (Il fut obligé de lui expliquer qui étaient ces étranges personnages qu’il nommait ainsi). Dans cette base secrète qui est un grand village, nous sommes actuellement environ trois mille et cent douze personnes, et sur toute la planète il y en a des centaines, des milliers comme la nôtre, et certaines de bien plus grandes encore. Grand effarement de Marion devant ces chiffres astronomiques sans réelle signification pour elle qui n’avait jamais vu ni imaginé qu’il puisse exister autant de personnes sur cette terre. -Quand nous serons arrivés, dit-il, tes nouveaux amis qui sont tous tes frères et soeurs maintenant, comme Vladimir et moi, te feront une petite fête de réception pour te souhaiter la bienvenue, tu verras, ça va être super sympathique. Un homme et une femme de ton âge seront choisis par tirage au sort pour t’accompagner quelques jours et t’installer le mieux possible parmi nous. Ils te donneront de nouveaux et jolis vêtements tous neufs, rien que pour toi ; ils t’expliqueront tout de notre village, comment nous vivons et tu auras rien que pour toi un endroit très joli et confortable pour y habiter, et tu pourras

beaucoup, beaucoup

parler avec qui tu veux, aller où tu veux, quand tu veux

d’autres choses merveilleuses que tu découvriras peu à peu. Ainsi tu n’auras absolument aucun souci à te faire pour commencer ta nouvelle vie, tu pourras leur demander tout ce que tu veux ; tu comprends Marion ? En

fait, je suis presque sûr

Marion, que tu es très belle ? lui

de notre station, tellement tu es jolie

je suis certain maintenant que tu vas être la reine

et,

chose qui ne lui été plus jamais arrivé depuis sa plus tendre enfance,

Pleure

ma chérie, ne les retiens pas, ces larmes-là sont ta

Tu

délivrance, laisse les couler sans retenue

ce seront alors uniquement les larmes du rire, de l’amour et de la joie

Marion,

tu vas vivre maintenant dans un monde où

n’existe que l’amour, l’amitié et la générosité

Tu

seras heureuse maintenant, c’est promis.

et

non,

Sais-tu,

dit-il en lui pressant sa main dans les siennes. Tous les garçons vont tomber amoureux de toi dès qu’ils te verront. Elle le regarda avec des yeux ronds comme des billes, devant de tels propos si étranges, mais qui réveillaient d’étranges échos dans sa poitrine et son esprit chamboulé par toutes ces incroyables révélations . Mais il n’osa pas lui avouer que pour son compte, il était amoureux fou d’elle depuis l’instant où il lui avait effleuré son esprit. Il se leva, remonta l’accoudoir central, puis la fit doucement s’étendre pour se reposer un moment ; il alla vers un placard, y prit une bouteille et remplit un grand verre d’un liquide ambré qu’il lui tendit. -Pour te détendre, lui dit-il, et en totale confiance elle but ce délicieux breuvage sucré parfumé à la pêche. Cinq minutes après elle dormait profondément sous les effets d’un narcotique.

Le perceur mit plus longtemps que prévu pour rejoindre sa base car leurs drones de surveillance automatique avaient détecté aux alentours de la région de celle-ci, deux vaisseaux de ces infâmes chiens de Zanko-Khuigs. Leurs drones, ces baladeurs presque sphériques d’approximativement trente-cinq centimètres de diamètre, fonctionnent également par effet antigravitique, ainsi ils sont lancés seulement aux moments des sorties et rentrées des équipes de patrouilleurs. Ces

deux engins espions des Zanko-Khuigs les avait obligé à se planquer quelques heures au milieu d’un énorme nuage, un gigantesque cumulonimbus qu’ils suivirent lentement dans son déplacement vers l’Est. Mais qu’importait le retard avec le trésor qu’ils ramenaient. L’Avantage crucial sur les armées de Zanko-Khuigs, et c’était là leur talon d’Achille, c’est que leurs gardes subissant aussi une manipulation de contrôle mental, même soit-elle légère, pour les tenir sous la coupe de leurs maîtres à tous, les Zanko-Khuigs ; ce procédé enlevait à ces semi-humains, qu’ils étaient donc devenus, la faculté d’analyse élémentaire des situations ; faculté indispensable à toutes élaboration de la moindre stratégie suceptible du moindre succès. En deux mots, leur esprit d’initiative et leurs réflexes étaient au niveau de celui d’un escargot des plus performants ! Ils ne devaient leur suprématie provisoire, qu’à leur nombre et surtout leurs redoutables forces militaires et armements terrifiants ; seule, la feinte et la surprise en viendra à bout ; tout un chacun savait cela, autant qu’il avait dix doigts dans les deux mains. Depuis le début, les patrouilleurs qui furent à l’époque capturés ou descendus au combat, furent toujours plus victimes du fait du hasard, d’une confrontation fortuite, que d’une préparation structurée de la part de ces débiles arrogants et

infatués d’eux-mêmes et de leurs mythique invincibilité

L’astuce était justement

de les conforter dans cette opinion. C’est pour cela que les patrouilleurs évitaient le contact au maximum ; ils ne devaient tirer qu’en extrème et dernier ressort : ces pourritures devaient continuer d’ignorer leurs existence. Mais avec les nouveaux moyens de prédétection que nos gars possédaient

depuis plus d’une décade, ce genre de rencontre était maintenant pour ainsi dire

inexistante. Ce qui avait doublement l’avantage de rassurer les guignols galonnés des Zanko-Khuigs qui se croyaient ainsi à l’abri de la moindre attaque, et devaient certainement penser, vu leur incommensurable fatuité, qu’ils avaient certainement anéanti cette racaille sauvage qu’ils rencontraient sporadiquement

règle d’or était d’impérativement esquiver le contact,

faire oublier ; seul moyen de les démolir un jour, eux et leurs

dans les anciens temps

point final

maîtres vérolés.

La

Se

Ainsi, depuis leur prise de contrôle de la planète, au tout début du XXIè siècle, les Zanko-Khuigs (injure venant du monde ancien pour désigner les anciens américains associés et complices d’une sorte de secte, peuplade maudite), aveuglés par leur succès et leur suprématie technologique, particulièrement dans le domaine des armes, s’étaient, au fil du temps, proprement endormis sur leurs lauriers, n’ayant que mépris pour cette racaille sauvage qui circulait encore parfois à l’état libre Dédain au plus grand profit exclusif de ces derniers : les Hommes libres, reclus dans les refuges naturels pour la plupart, tels que les grottes heureusement abondemment réparties sur toute la Terre, lieux de refuges et de résurrection de l’Humanité : que l’on écrivait toujours avec un H majuscule, terme désignant les Hommes et les Femmes libres, toujours écrits avec une majuscule également.

Cette Humanité erratique et folle qui s’apprêtait une fois encore à repartir à l’aventure depuis ces grottes providentielles ; matrices d’une forme fragile de vie, mais ô combien ardente, farouche et résolue. Cela n’avait pas été facile, car quand eut lieu l’attaque des centres les plus importants en 2015, principalement et en premier lieu sur les nations riches de l’ hémisphère nord : la Merdika du Nord (Amérique), l’Asia, l’Euromorte (Europe), la Chintok et le Jap (par mépris du monde disparu, ils ont déformé les

nations qui ont heureusement disparu, et les destruction massives

des populations par les épandages aériens de gaz mortels ; il en résulta en quelques jours la disparition brutale de la majorité de l’humanité qui se montait alors à environ 7.5 milliards d’individus, les épidémies faisant le reste. Ce fut le chaos total, l’espèce humaine fut à deux doigts de disparaître à jamais et la planète détruite, pense-t-on. Puis, ces monstres de Zanko-Khuigs s’établirent les maîtres de la planète, habitant pensait-on les principales capitales du monde, ainsi que quelques régions touristiques d’alors ; car ils ne sont guère nombreux par rapport aux masses gigantesques d’esclaves enchaînées à assurer leur subsistance, leurs luxes et perversions innommables. Ainsi, ils avaient asservi brutalement les masses depuis longtemps désarmées sous le falacieux prétexte de préserver leur propres sécurité. De tels propos ne purent être éfficaces que sur des populations depuis longtemps abruties et manipulées avec l’aide de leurs politicards et les médias complices et vendus obséquieusement aux pouvoirs de leur argent mafieux. La seule satisfaction c’est que ces derniers furent les premiers à crever dans leurs si belles villes poubelles,

qui furent leurs tombeaux.

noms)

toutes

On estime qu’il ne resterait actuellement qu’à peine moins d’un total d’un million d’habitants environ sur toute la planète, tous confondus : tortionnaires, esclaves et Hommes libres. Il faut, et ce fut maintenant admis par tous les survivants connus de ce gigantesque génocide, il faut reconnaître que l’humanité ancienne était arrivée au point d’éclatement, au point de rupture démographique insupportable par une telle masse de populations insanes pour la plupart, de plus, analphabètes, ignorantes et incapables d’assurer le minimum de leur subsistance. De tout ceci et après le génocide, résulta le sursis indispensable pour que la Terre, après un long siècle d’incertitude, réussisse et commençe lentement à s’autorégénérer et évacuer un taux hallucinant de pollutions de toutes sortes ; véritable miracle de la nature, car sans cet arrêt brutal d’apport journalier de polluants, la planète était irrémédiablement condamnée. Déjà, les continents brusquement débarrassés de ce troupeau d’humanité sordide et n’ayant aucune utilité ni aucun sens, furent les premiers à recommencer à revivre lentement, l’apport de cet énorme degré des pollutions journalières disparu du jour au lendemain, pollutions découlant de ces milliards d’humains évaporés d’un seul coup, fut la source de ce renouveau, un gigantesque choc salvateur en somme. Car il est maintenant reconnu et admis qu’une planète et la population qui l’occupe, doivent évoluer en symbiose.

De cette harmonie qui en résulte, née une humanité supérieure et intellectuellement accomplie car intrinsèquement tournée vers le véritable don de soi et l’amour inconditionnel de son environnement. Chacun maintenant est respectueux et responsable de la biocénose terrestre, et s’implique en tout temps à l’entretien, respect et amélioration de son biotope. Durant plus d’un siècle, suite à l’arrêt brutal d’apports de nouveaux polluants, les pluies lavèrent les strates des terrains engorgés de polluants chimiques, aidant en cela les océans à recycler la pollution. Ainsi et peu à peu, les élevages intensifs disparus, eux si préjudiciables à la vie, certains animaux retournèrent à l’état sauvage ; les champs abandonnés retournèrent en jachères ; les bosquets épars sont devenus des bois, eux-mêmes s’étendant en magnifiques forêts régénérant l’air et l’espace en une splendeur où prolifèrent toutes sortes de gibiers qui furent longtemps la principale source d’alimentation des survivants ayant échappés à la mort brutale puis à l’esclavage. Et si, depuis, l’Homme libre assure sa propre alimentation en partie dans les cultures bios des stations, il a gardé ce goût pour le gibier qui est maintenant entré dans les moeurs culinaires de tous. Maintenant la chasse est une activité importante, mais mesurée et

volontairement et de beaucoup en deça de la demande

L’Homme nouveau doit

et apprend tous les jours à être conscient de son environnement, élément capital pour la Vie, et ainsi tout faire pour l’optimiser le mieux qu’il peut. C’est devenu un devoir, une priorité pour tous, un honneur sacré que de participer à une action de protection et surtout, d’amélioration concrète de la nature, car chacun à senti dans sa peau le danger de détruire la source de Vie, ce qui aurait dû être le cas pour les anciens qui en fait se sont suicidés en créant un

monstre à leur propre image, le golem abject de leur propre infamie et de la fin de leur monde. Ainsi, si notre monde est physiquement bientôt pleinement redevenu un nouvel éden, il ne nous reste plus pour le parfaire qu’à massacrer ces immondes Zanko-Khuigs. Et c’est en très bon chemin, n’importe quel Humain libre vous le certifiera en rigolant.

Comme prévu par le process de récup psycho, alors qu’ils n’étaient plus qu’à environ deux heures de leur base, Pédro réveilla Marion en lui remuant doucement l’épaule. Depuis le temps qu’ils sauvaient ces pauvres gens et suite à l’observation des réactions de ces derniers : réactions psychologiques parfois dramatiques, ils avaient développé un processus de récupération particulier. Celui-ci était fort simple en définitive : il fallait être direct, simple et rassurant, prendre la direction de la récup ; ne surtout pas laisser le sujet trop réflechir car leurs longues années de soumission avait chez la majorité d’entre eux tué toute initiative, volonté de la moindre action suceptible de se sauver eux-même, beaucoup auraient eu peur même d’agir ainsi. C’est difficile d’être libre et encore plus difficile de comprendre ce sentiment paradoxal ressentit par tous ; de la faute d’être prisonniers, le Syndrome du captif, disait-on. Ils répondaient tous au standard du Révélé, comme on les appelaient. Certains craquaient littéralement peu de temps après leurs sauvetages, parfois dans le perceur même, là c’était pas la joie. Il est difficile de comprendre par quel processus mental passe la victime de cette vie d’horreur, surtout sans aucun espoir de s’en sortir, ce qui devient avec le temps une certitude pour elle et, brusquement apparaîssent des sauveurs qui les enlèvent à leur enfer. On peut seulement se faire une petite idée de l’intensité extraordinaire du choc émotionnel alors subit par eux. Certains être plus faibles, ou au bout du rouleau, mettent plusieurs semaines à se récupérer totalement ; certains au psychisme plus faible meurent dans les jours suivants, ce choc émotionnel intense les tuant aussi sûr qu’une balle. Malgré qu’au début de leur traitement on les isolassent dans un local insonorisé pour la nuit, les hurlements épouvantables de leurs atroces nuits de cauchemards était ce que craignaient le plus les autres habitants des stations, car beaucoup d’entre eux venaient de ces mêmes endroits maudits. Quand ils revenaient avec un client ils naviguaient toujours de nuit pour éviter une possible détection, se déplaçant par des sauts de puce, lentement, scrutant leur environnement de leurs appareils de détection. Se planquant dans un bois le plus souvent, car les chasseurs des Zanko-Khuigs avaient tendance à les chercher près des villes abandonnées, quoique depuis quelques temps leurs sorties se faisaient de plus en plus rares ; mais c’était justement là le danger, de relâcher les mesures de sécurités. C’était exaspérant mais que faire d’autre ? La sécurité passait avant toutes autres considérations, c’était un ordre strict et accepté sans condition par tous les patrouilleurs. Les pilotes étaient devenus des experts de la navigation à l’embrouille, comme il l’appelaient en riants ; à tel point qu’ils s’amusaient parfois, au hasard des rencontres dans les bois, à venir en douceur à deux ou trois mètres d’un cerf,

que celui-ci brusquement effaré perçoive à ses côtés la

masse sombre et diffuse du perceur, qui déclenchait la panique dans la troupe. La base était prévenue de leur arrivée prochaine par un bref signal radio codé identifiant chaque appareil, ceci alors qu’ils étaient le plus loin possible. Quand

ils ramenaient un client, un second signal spécial partait de la même façon, un ‘bip’ les assurait de la bonne réception. Ainsi prévenue, la base préparait une petite réception d’accueil pour le ou la nouvelle et heureuse élue. Le rideau séparant la poste de commande était soigneusement tiré et les hublots était occultés par des panneaux spéciaux soigneusement ajustés. Personne de l’extérieur n’aurait pu voir le perceur à seulement quelques mètres. Grâce à la potion qu’elle avait bu, Marion venait de dormir une bonne dizaine d’heures d’affilées, d’un indispensable sommeil profond et réparateur. Elle

émergea de ce gouffre de non-être, ébouriffée et les yeux gonflés, mais en pleine forme. Sa nature de femme active et jeune reprenant rapidement le dessus. Pédro lui sourit et lui souhaita le bonjour et lui dit qu’ils allaient bientôt arriver

à leur base secrète. -Que veux-tu faire, Marion ? As-tu faim ? Soif ? Il y a tout ce qu’il faut ici. -Oh oui ! je veux bien les deux, mais avant j’ai besoin d’aller au petit coin, lui dit-elle en souriant. Il le nota avec plaisir : sans l’ombre d’une gêne apparente. -Suis-moi, Marion, je vais te montrer comment fonctionne l’installation de nos toilettes où tu pourras te laver un peu. Il alla au fond de la carlingue et ouvrit une porte étroite qui donnait accès à un non moins étroit cabinet de toilette succinctement équipé. Quand elle vit cette installation, elle fut effarée, ce qui était logique. Il lui expliqua, en les faisant fonctionner, comment utiliser le lavabo, avec la serviette pour s’essuyer, ainsi que les WC, avec la papier adjacent dans sa boite fixée à la cloison. -Si tu ne sais pas comment faire quand tu auras fini, dis-le moi et j’irais tout arranger, d’accord ? ne t’inquiète pas, tout ira bien. Ensuite, je vais te donner de nouveaux vêtements tous neufs dans lesquels tu seras beaucoup plus à l’aise et nous jèterons ceux-là pour oublier tout ton passé, d’accord, Marion ?

les déteste ces

fringues maudites, je veux plus jamais les voir, ça non ! et elle entra dans les toilettes en chantonnant. Quelle pêche cette fille, se dit-il émerveillé, c’est incroyable la vitalité qu’elle a ; j’ai jamais rencontré une fille pareille, ças non, se dit un Pédro admiratif.

Pendant ce temps, il tira d’un placard des sous-vêtements féminins, ainsi que des chaussettes ; une grande et ample longue robe en cotonnade blanche

agrémentée de motifs multicolores brodés sur le devant, assortiment qu’il donna

à Marion dès qu’elle réapparue, fraîche et pimpante et définitivement en super

forme. Voyant ces vêtements, elle fut ravie et surprise, mais surtout elle hésita un bon moment sur l’utilité et l’utilisation de la culotte et du soutien-gorge. Enfin, convaincue par ces tissus qui semblaient confortables, elle enleva d’un coup et sans plus de forme ses bottes et sa combinaison qui chut par terre, et se

retrouva nue comme un ver devant un Pédro qui la regardait les yeux ronds et

d’un sanglier

avant

-Oh oui ! s’écria-t-elle ravie, merci Pédro d’y avoir pensé

Je

admiratifs, car comme l’avait deviné Vlad, et c’était parole de chasseur : c’était un sacré canon, la môme ! Malgré la pénombre qui baignait l’espace de la cabine, il put, béat d’admiration, détailler ce corps parfait aux formes magnifiques, où incroyablement tout y était muscles et douceur. Sa vie de dur labeur n’avait pas eut le temps de la marquer grâce à sa nature exceptionnelle et sa jeunesse : c’était une bénédiction que de

l’admirer

inusitée d’un sompteux violoncelle blanc, les hanches pleines et larges, des seins fermes en forme de délicates poires qui défiaient la gravité. Seuls ses avant-bras,

son visage et le cou étaient brunis, le reste était de porcelaine fine. Il se dit in petto et sans bien trop savoir pourquoi, que ses hanches et ses cuisses fuselées et musclées à ravir seraient une merveille pour les enrichir de

nombreux rejetons dignes de leurs somptueuse mère

faire une prière intérieure pour être choisi par cette merveille comme un des futurs étalons, pères de ces futurs Humains libres. Passé le moment de surprise et d’hésitation de la découverte de ces vêtements, Marion s´était brusquement décidé à les mettre et, il en avait été fasciné de la voir alors se dresser un instant, perdant sa posture de soumission instinctive jusqu’alors et qui lui devait d’être toujours vivante, il avait vu alors dans son fascinant regard d’un bleu sombre aux incroyables reflets mauves, beauté irréelle qu’il n’avait jamais vu jusqu’alors, cette vigueur, cette flamme intense qui ne trompait pas le chasseur accompli qu’il était. Pédro fut absolument certain maintenant que Marion était, avait l’âme d’une farouche combattante qui se révèlerait rapidement à eux tous, et à commencer à elle-même. Une immense joie lui envahi le coeur. Il était bouleversé car ils avaient trouvé la perle rare, une guerrière d’instinct qui, il n’en douta pas un seul instant, allait vite faire parler d’elle et sera vite connue de toutes leurs communautés. Avec une ardeur pareille à la sienne, pensa-t-il, nous gagnons tous un cadeau fantastique, cadeau pour notre Gaïa,

il se surpris, étonné, à

plastique de son corps d’albâtre lui inspira étrangement l’image

La

et

notre mère, qu’elle soit bénie pour avoir miraculeusement préservé une Femme aussi rare et d’une si merveilleuse beauté. Il l’admirait ainsi, par tant de grâce et

de noblesse naturelle

d’énergie pure digne d’un dieu guerrier éternel, Odin. Elle n’eut pas conscience de ce que sa nudité venait de provoquer de troubles intenses chez son nouveau compagnon. Heureusement que le grand Vladi, qui pilotait au ras des arbres, ne vit pas ce spectacle car il aurait été foutu de nous

Walkyrie antique, pensa-t-il troublé, flamme

véritable

cracher, pensa Pédro en souriant en lui-même. Y avait de quoi en perdre le Nord, et pour un pilote, c’est grave !

Marion, une fois habillée fut ravie de son nouvel équipement, elle se regardait

de tous les côtés

gestes troublants et merveilleux de la Femme éternelle, le sublime reflet de la grande Vie ; le tout en regardant Pédro d’un air émerveillé.

elle hésita un instant,

aussi riches et aussi beaux, dit-elle de sa voix troublante aux inflexions profondes et sourdes, basses, un peu rauque même, lui semblait-il ; timbre de

la taille des deux mains, retrouvant d’instinct les

s’entourait

-Pédro, je n’aurai jamais pensé avoir des vêtements aussi

voix aux vibrations chaudes et puissantes de contralto, qui déclenchaient alors en lui d’insoupçonnables pulsions étranges qui lui chaviraient le coeur. Je suis heureuse comme tout, Pédro, merci beaucoup pour tout, elle s’avança vers lui et le prenant aux épaules elle l’ambrassa sur les deux joues puis le serra très fort

contre elle

en cette merveille féminine envoyée vers eux tous par les mystérieuses puissances cosmiques. Tout content, ému, il lui sourit et la fit ensuite asseoir et, lui prenant une jambe, lui mesura la longueur de son pied, à la grande surprise de cette dernière

qui décidément avait résolu de se laisser guider sans protester, conquise par la gentillesse de son guide. -C’est pour te choisir des chaussures à ta taille.

-Ha ça oui ! j’en ai bien besoin, dit-elle, en donnant un coup de pied rageur aux bottes qui traînaient par terre. Pédro, voyant ça, ramassa en vitesse la combinaison et ces maudites bottes et les jeta dans un réduit et referma la porte, à la grande satisfaction de leur ancienne propriétaire. Dans un coffre, il choisit ensuite une paire de mocassins en cuir souple de couleur crème, et les chaussa à Marion qui se leva et exécuta

joie qui apparut sur ses traits illumina

quelques pas, s’essayant à la marche son visage d’un plaisir intense. -Attends, Marion, c’est pas fini

y a encore un ou deux petits présents qui

était prêt de défaillir de tant d’émotions, de voir une telle vigueur

Il

la

il

vont te plairent, j’en suis sûr. Pendant qu’elle suivait attentivement ses gestes, il ouvrit un tiroir et en sorti un petit étui en cuir rouge duquel il fit sortir en glissant, un collier de pacotille multicolore ainsi qu’un bracelet assorti. Marion, les yeux ronds, vit Pédro lui

passer les bras autour du coup et lui attacher le collier, puis lui mettre le brasselet autour du poignet gauche. -Ça te plaît, Marion, ces bijoux ?

Ça devait car elle en resta sans voix. Elle regardait ces bijoux, le regardait lui,

passant de l’un aux autres

intenses. Il prit un miroir dans le tiroir et le lui donna ; elle put ainsi s’admirer à

volonté

resta prudemment coi, attendant l’instant de doute inévitable qui n’allait pas

tarder, comme toujours vers ce moment-là, après ces instants de bonheur trop

neuf et trop brutaux

d’autres ; pas elle surtout, pensat-il fortement.

espérant ardemment qu’elle ne craque pas comme

qu’elle fit pendant au moins cinq minutes pendant lesquelles Pédro

yeux lançant des éclats de bonheur pur, vifs,

ses

ce

en

Puis, subitement inquiète, elle lui dit, le fixant, la voix hésitante.

-Pédro

vrai tout ça ? Je

rêve pas ? Je vais pas me réveiller là-bas ? dit-elle, parcourue par un long frisson. -Il rit un grand coup et lui passant un bras autour de la taille, l’amena tout contre lui, l’embrassa tendrement sur la joue et lui dit alors. -Marion, réfléchis un peu à ce qui t’arrive, d’accord ? tu as déjà vu un rêve où tu vis des choses que tu ne connaissais pas ? donc, que tu ne pourrais pas

ce collier que tu as autour du cou, il est bien

imaginer, hein ? Pense-y bien réel, non ?

Pédro,

dis-moi que

que

c’est pas un rêve, dit

c’est

et

Il le prit du bout des doigts et le fit brinquebaler un instant, regard

interrogatif

l’ambrassa de nouveau sur la joue et dit. -Et ce baiser, c’est un rêve, crois-tu ? et il l’embrassa encore, il se fit honte,

enfin, presque. Elle se recula, le regarda

long moment, hésitante, puis éclata de rire et en

chantant, dansa une sorte de folle valse improvisée entre les deux rangées de sièges. Elle était sauvée, définitivement rassurée, comblée et conquise. La tête de Vladimir dépassa du rideau, l’air interrogatif, alors son pote ravi lui

fit un signe, le pouce en l’air et lui dit. -On a vraiment tiré le jackpot, mon poto, c’est une perle inégalable, ils vont en tomber le cul par terre à la station, y a pas de doute là-dessus ! -Marion fit un magnifique sourire à Vlad en lui envoyant un petit signe de la main, à un Vlad ébahi qui rentra vite le tête et, chose inouie et de réputation pourtant impossible, on sentit le perceur faire une très légère embardée. Du jamais vu dans les annales.

il

Puis

profitant lâchement de son avantage, pensa-til, mais tant pis

un

La lumière de la cabine s’éteignit d’un coup, ne subsista plus que quelques discrets voyants de sécurité sur le sol, puis Vladimir appela Pédro et lui dit d’ouvrir le rideau. Pédro en ouvrant le rideau en grand, dit à Marion, avec un grand sourire.

-Marion, ça y est, nous arrivons au bercail, et c’est pas trop tôt ; regarde bien ta

nouvelle maison

encore moins

imaginé en rêve, hein ? tu connais les rêves, Marion ? lui dit-il affectueusement en souriant. Elle répondit à son sourire et s’assied tout à l’avant près de Vlad, et fit de suite remarquer qu’elle ne voyait rien du tout, dehors était une nuit noire complète.

-Attends une petite minute et tu vas voir deux minuscules lumières bleues

espacées l’une de l’autre, lui dit Vlad

Effectivement, devant eux, à une distance difficile de juger, il y avait deux

petites et faibles lueurs bleutées espacées de plusieurs mètres et vers lesquelles ils se dirigèrent lentement, puis passèrent exactement entre celles-ci, les frolant

même, elle eut cette nette impression

indéfinies dans la pénombre extérieures puis, elle sentie nettement que le

vaisseau s’était posé, et le très faible bourdonnement qu’elle entendait

jusqu’alors cessa d’un coup. Des bruits étranges et sourds se firent entendre durant quelques longues

secondes

fermerait et, brusquement, et elle en fut effarée, une intense et mystérieuse lumière illumina une immense grotte multicolore aux dizaines de stalactiques et formes bizarres, et une foule de deux à trois cents personnes étaient assemblée devant le pare-brise de l’appareil, pendant que la porte de la carlingue s’ouvrait Puis elle suivit Vladimir qui lui avait pris la main sans qu’elle s’en rende

l’impression, pensa-t-elle, d’une énorme porte que l’on

elle perçut à peine des formes

si on peut appeler maison une gigantesque grotte, dit-il

en riant ; t’as jamais rien vu de pareil, ça je te le promets

enfin,

et

là, regarde !

puis

comme

compte, et le suivit à l’extèrieur comme une somnambule, pour, descendant les

quatres marches, déboucher sur un petit tapis rouge, où visiblement les attendait un commité de réception d’une douzaine de personnes vêtues de grandes tuniques blanches descendant jusqu’à leurs pieds, et qui tous, avec cette immense foule souriante, l’applaudirent chaleureusement à tout rompre. Le calme revenu, un noble et grand vieillard aux longs cheveux blancs flottants sur ses épaules, s’avança en souriant, la prit aux épaules, l’embrassa sur les deux joues et lui dit fort ému. -Marion, car je connais ton nom, comme tous mes compagnons ici présents, je m’appelle Charles. Au nom de notre communauté toute entière, celle des Humains libres, ceux d’ici et du monde entier, je te souhaite la bienvenue parmi nous tous, et sache que nous sommes fiers, très fiers de te recevoir. Nous espérons tous, et pour cela nous ferons le maximum pour t’y aider, que tu sauras t’adapter et trouver rapidement le bonheur et la joie de vivre parmi nous. À partir de cet instant sacré pour tous, tu ne seras plus jamais seule, ni abandonnée ; la communauté entière donnera sa vie s’il faut pour te défendre, comme tu feras de même pour défendre tes frères et soeurs, que nous sommes. Marion, ma fille enchantée, si jeune et si belle, acceptes-tu de faire parti de ton plein gré de notre communauté et d’accepter ses règles ? Tu es libre de choisir, mais ton acceptation t’engage pour la vie. Alors, dis-nous à tous ta réponse, lui dit-il gravement, c’est un engagement sacré, comprends-tu, Marion ? Pendant qu’elle sentait sa tête, il lui semblait tout au moins, qui opinait apparemment de sa propre volonté, elle sentait ses jambes trembler et qui

une si intense émotion ne l’avait

n’aurait jamais imaginé que le bonheur pouvait

étouffer à ce point-là, non, impossible

elle, et qui attendait tranquillement sa réponse et, si c’est pas un peu raide, elle

était incapable de parler, totalement paralysée

ce vieillard si calme et serein devant

allaient traîteusement la lâcher

submergé de la sorte

Jamais

et

elle

devant tous ces gens qui

attendaient ainsi sa réponse, et elle restait plantée là comme une Pédro s’avança, lui prit doucement une main et se mit à parler, s’adressant à cette multitude innombrable de gens souriants et visiblement heureux de la recevoir -Chers amis, dit-il d’une voix ferme, je suppose que vous êtes conscients que notre chère nouvelle compagne, Marion, dit-il en la regardant un instant en lui souriant, est paralysée par l’émotion, et c’est parfaitement compréhensible ; beaucoup d’entre vous qui jouez les gros bras maintenant, firent de même, certains même pire, alors n’en parlons plus, mais Elle se dit que Pédro était décidément un gars avisé et d’un grand secours, il faudra pas que je l’oublie -Si je vous garantis, continua-t-il, car je la connais un peu quand même, si je vous dis qu’elle est ravie de vivre parmi nous, et qu’elle désire au plus au point accepter nos règles, vous ne me ferez pas l’injure de ne pas me croire ? Des rires fusèrent dans la foule et une voix jeta :

-Vas-y Pédro, mon gars ! si c’est le bidouilleur d’ première qui le dit, on te croit sur parole, pas vrai les gars ? cria-t-il.

ridicule,

Un grand murmure d’approbation lui répondit ; puis des chut ! chut ! se firent entendre. Se tournant vers Marion il lui demanda si elle acceptait :

-Fais juste un petit signe, Marion, et ça suffira. La gorge serrée elle opina de la tête avec un sourire timide, avec aussi une

grosse larme qui coula d’un coup sur sa joue gauche

Une ovation lui répondit et à partir de cet instant, elle fut emportée dans un véritable tourbillon. Une petite fille se fraya péniblement un chemin jusqu’à elle et sur la pointe des pied, elle teint à lui passer un grand collier de fleurs fraîches

autour du cou et l’embrasser sur les deux joues, d’une Marion qui dut se baisser pour l’y aider, la fillette lui dit avec un sourire ravi. -Bonjour, Marion, je suis très heureuse de te voir, j’ai plein d’amies qui vont

être jalouses de pas être ici à ton arrivée, dit-elle ravie ; elle respira vite un grand coup et poursuivit ; tu viendras nous voir, dis, à notre compagnie ? Ha ! j’allais oublier, je m’appelle Jérémie, tu demanderas à Pédro, il sait où c’est ; elle l’attira

à elle et l’embrassa encore fort sur la joue

veux être ton ami, dis, tu comprends, parce que tu es la plus belle. Et elle partit en courant, en slalommant parmi le foule bruyante et gaie ; tous voulant lui parler, la toucher Soulagée, elle avait trouvé d’un coup une immense famille ; y avait de quoi

perdre les pédales, non ? Un couple, d’environ son âge se fraya un passage jusqu’à elle, et Vlad, qui depuis leur arrivée semblait d’autorité lui servir de garde du corps, s’écria joyeux, en le lui montrant. -Marion, à partir de maintenant tu vas être en de bonnes mains, il désigna le couple, je te présente ces deux-là qui vont te guider pendant plusieurs jours pour t’installer confortablement, comme Pédro t’en a déjà parlé. Voici Joana, la plus belle brunette de la station, dit-il en riant et caressant la joue de cette dernière, la fille rit aux éclats et lui dit. -Et toi t’es le plus grand bandit de toute l’hémisphère, mon chéri ! puis se tournant vers Marion. -Bonjour Marion, je te souhaite la bienvenue parmi nous tous. -Et ce joli blondinet, ajouta Vladi, en désignant un garçon mince mais bien charpenté, aux magnifiques cheveux blonds bouclés, c’est Eric, le roi des tombeurs, mais on sait pas de quoi, s’exclaffa-t-il ; l’interpelé lui donna une coup de poing amical dans l’estomac, et retorqua. -Content de te revoir, la Flibuste, y a pas à dire, mais quand t’es pas là c’est un peu mort l’ambiance, et ils se donnèrent une vigoureuse et virile poignée de main en rigolant. -Bien, dit Vlad, maintenant, Marion, je te laisse avec tes deux nouveaux amis qui prennent le relais ; si tu veux nous voir, Pédro ou moi, demande à ces deux

que nous repartions en chasse, bien

lascards, ils sauront où nous trouver

évidemment. -Tu repars quand ? lui demanda Joana. -Après demain, comme toujours, faut pas les laisser dans cet enfer. Faut se

manier le train, les aminches, sinon

voir, Joana, tu seras chez toi ce soir ?

rajouta-t-elle doucement, je

enfin soulagée.

Marion,

Avant

Dis

dit-il avec un petit sourire malicieux, car j’avais comme dans l’idée d’aller te faire une petite visite de politesse, un brin de causette. -Si c’est pour la politesse, dit Joana en soupirant langoureusement et en lui caressant lentement l’épaule, y a pas de problème, mon chéri. C’est fou ce que je manque de politesse en ce moment, ça tombe bien, hein, mon grand ? -Alors, dans les onze heures, d’accord ma beauté ? tchao, la compagnie ! et il partit en sifflotant. Marion fit un pas en avant et lui happa la manche, le reteint. Il se retourna, elle

l’attira et se haussant sur la pointe des

pieds l’embrassa fortement sur les deux joue.

ne vous

merci,

Vlad

oublierai jamais tous les deux

pourrais jamais assez vous

remercier. -C’est rien Marion, c’est mon boulot de sauver les belles filles comme toi Il lui caressa la joue. -Sois heureuse Marion, tu l’as bien gagné. Et il partit en grandes enjambées, avant qu’elle ne perçoive son trouble. -Tu sais Marion, lui dit Joana qui était aussi grande quelle, en la serrant contre elle affectueusement, c’est eux qui m’ont sauvé aussi, Vlad et Pédro J’étais

une quinzaine

comme toi, esclave de ces pourris de Zanko-Khuigs

d’année quand ils m’ont trouvé

-Moi, dit Eric, c’est une autre équipe de patrouilleurs qui m’ont sauvé, c’est

quatorze

ans quand ils m’ont récupéré ; depuis, j’ai appris à piloter un perceur et je fais le

pareil, j’étais aussi prisonnier dans une exploitation forestière

était devant lui, hésitante, confuse

elle

-Merci beaucoup Vlad, pour m’avoir sauvé, avec Pédro

si

j’avais

tant rêvé à ma liberté

tu savais de quel enfer tu m’as sauvé

je

je

je

merci,

J’avais

c’était

l’horreur, frissonna-t-elle.

J’avais

même travail qu’eux maintenant ; si je suis là en ce moment c’est que notre appareil a eut un petit accident et qu’il est en réparation. -Nous sommes très nombreux dans les grottes, dit Joana, des anciens

prisonniers comme toi

mais surtout suivant ses capacités, et

nous ; Vlad est né ici à la station, mais ses parents avaient été prisonniers eux

aussi

l’adore, ce grand

fou, dit-elle radieuse. -Tu verras, Marion, tu apprendras aussi un travail qui te plaira et tu participeras directement à la vie de la station, mais pour l’instant on a le temps de parler de

tout ça. Allons visiter la grotte, s’écria joyeusement Eric. -Ça oui ! s’écria Marion, puis calmée, elle réfléchit un moment

J’irai moi aussi

sauver les esclaves ! Est-ce que je peux apprendre à conduire demain ? -Non, non, Marion, dit Eric en riant, du calme ma belle, il faudra que tu apprennes diverses choses avant, mais un jour tu pourras sûrement faire parti d’une équipe de patrouilleurs. -Je serai le pilote et le chef ! Elle chercha Pédro du regard, mais celui-ci avait discrètement disparu.

en a tant vu qu’il voue une haine mortelle aux Zanko-Khuigs, il n’arrête

jamais un instant sa chasse pour en sauver le maximum

se choisit une occupation suivant ses goûts

aussi fut prisonnier comme

Chacun

tu

sais

Pedro

Il

Je

Alors Joana et Eric la prirent en riant chacun par un coude et l’entraînèrent joyeusement dans la grotte. -En route Pilote, dit Eric, puis il rajouta, allons à la découverte de ton nouvel univers. Si tu veux quoique ce soit, demande-le nous, nous sommes là pour ça, pour t’aider en tout, d’accord ? Avec plaisir, s’écria une Marion qu’ils découvraient, ravis, une fille subitement pleine d’entrain et de joie de vivre et qui s’esclaffait, déjà à l’aise.

-Je meurs d’envie de tout découvrir, c’est magnifique cet endroit, et ça

et

ça,

c’est quoi ?

et

ça, ça sert à quoi ? et où vais-je habiter ?

on

mange bien ici ?

je

voudrais boire et manger, je peux maintenant, Eric ? il est joli ton nom ; Joana,

crois que je pourrais en avoir une pareille un

jour ? Puis, elle s’arrêta brusquement de parler et prit une des mains de sa

compagne et la regarda, fascinée, elle en caressa lentemant la peau, et dit, songeuse.

tes mains sont belles, les miennes sont affreuses à côté, elle les

lui montra, des mains caleuses aux ongles noirs et cassés pour certains ; comment ça se fait que tes mains sont si belles et pas les miennes ? Joana lui prit une de ses main dans les siennes et dit, l’air insouciante, la lui embrassant. -Marion, ma chérie, très bientôt tes mains seront comme les miennes, aussi

belles, tu verras

corps aussi

vais t’aider et t’apprendre à en prendre soin, et de tout ton

que tu es si belle, il faudra prendre soin de toi, pour conserver

ta robe aussi, elle me plait bien

tu

-Joana

comme

Je

déjà

ta beauté, d’accord ? -Avec joie ! s’écria-t-elle ; puis elle cacha ses mains dans son dos. Eric s’approcha, lui enserra la taille et la colla brusquement contre lui, lui dit,

alors qu’il la dépassait d’une bonne tête. -Pour ma part, ma beauté, tu me plais telle que tu es, lui dit-il charmeur. Elle était pantelante, bras ballants en arrière, abandonnée dans le cerceau du

Elle sentait, comme

enivrée, l’haleine de ce mâle qui, elle faillit défaillir, lui prit sa tête par derrière et

l’ambrassa fougeusement sur la bouche

arrivait, elle en fut d’abord surprise, puis sentit d’étranges sensations dans son

ventre

totalement abandonné

Il la relacha doucement, souriant il lui dit. -Joana a raison, ma belle Marion, dans peu de temps tu seras une des plus

belles Femme de la station, sans problème. -Et voilà l’ travail, dit Joana riant fort, les mains sur les hanches et opinant de

qui ravie, lui fond

littéralement dans les bras, comme toujours du reste Tous trois de rire en choeur. -Marion, fais attention à ce beau mâle car il croque tout cru les jolies filles comme toi. Celle-ci regarda Eric dans les yeux et dit, charmeuse.

la tête ; le beau Eric qui vient encore d’emballer une minette

une brûlure monter en elle, puis irradier tout son corps

la première fois que ça lui

bras de cet homme merveilleusement beau, se pensa-t-elle

C’était

comme

elle

était chancelante mais heureuse comme jamais.

me fait pas peur, et elle l’embrassa

sur la joue. -Mais c’est sûr qu’il va te croquer, ma chérie. Ha là là ! soupira Joana en riant. -On dirait que t’as des regrets, ma belle ? dit Eric en regardant Joana.

-Ben, répond-elle, prenant un air timide une visite de politesse, alors -Il éclate de rire et s’esclaffa.

attends voir, se tenant le menton du bout des doigts,

il réfléchit un instant, les yeux en l’air, puis lui dit, il y a seulement quatre jours,

gourmande ; bon, si tu veux, je passe te voir demain soir, puisqu’ aujourd’hui tu t’es promise au grand Vladi, ok, ma belle ? -Merci Eric, tu me combles.

-Demain tu le seras encore plus, s’esclaffa-t-il fier de lui ; elle rit aussi aux éclats, et l’embrassa tendrement sur les lèvres. Marion qui assistait à cet échange, demanda. -C’est quoi toutes ces politesses, hein Joana ? ça a l’air bien -Eric, la reprit dans ses bras. -Dans une semaine environ je t’en ferai aussi une visite de politesse, quand tu seras bien installée, d’accord, Marion ? Elle hocha la tête, elle remarqua que dès qu’il la prenait ainsi contre lui, elle

était incapable de parler

-Joana, lui dit-il en relâchant Marion, qui respira profondément, prépare la

bien, apprend lui à se lav

moi ce qu’il y a à faire, hein ? -Tu crois ? répondit celle-ci en riant. -Bon ! allons visiter la station, dit-il. Elle regardait, fascinée, son nouveau monde, quand elle se retourna pour la première fois et découvrit surprise, l’appareil d’où elle venait. -Ben ça alors ! c’est là-dedans que j’ai volé ? c’est pas gros pourtant, on dirait pas à le voir. -Ce perceur, c’est ainsi que l’on nomme ces engins, est suffisamment gros pour allez discrètement enlever les esclaves aux pourris de Zanko-Khuigs, la preuve :

dit-il claquant des doigts, tu sais mieux que

a longtemps que tu m’as pas fait

-Oh ! il peut me croquer quand il veut

ça

y

-Longtemps

longtemps,

c’était incompréhensible.

Enfin,

te voilà parmi nous, une de plus de sauvée. Et une de plus pour construire notre reconquête, car nous allons un jour, bientôt même, les tuer tous autant qu’ils sont, avec leurs militaires damnés eux aussi, expliqua Joana. -Chouette ! s’écria Marion, vous allez tous les tuer ?

-Nous tous oui, toi y compris, car à partir de maintenant tu fais partie intégrale du plan de reconquête, c’est pour ça qu’il faudra que tu apprennes à devenir compétente comme nous tous. -Tu peux compter sur moi, Eric, et Joana aussi bien sûr, je veux les tuer moi-

même, sûr et certain, vous pouvez me croire

-Oublie-les pour l’instant ma chérie, dit Joana en riant, pense à toi pour le moment, pense seulement à t’installer confortablement parmi nous, c’est le plus

important maintenant, pour être prête un jour à les détruire, d’accord ma chérie ? lui dit-elle en l’embrassant tendrement sur une joue.

je

les haï

je

les déteste.

Réalisant brusquement, elle vit la charpente métallique de la porte de l’entrée,

plus loin en contrebas, au ras de celle-ci coulait un petit torrent vers l’extérieur.

-Mais

si

les gardes voient la porte du dehors, alors

-Aucun risque à ce sujet, lui expliqua Eric, vue du dehors la porte est invisible car elle ressemble aux rochers qui sont autour d’elle ; c’est impossible de voir la différence, tu comprends ? -Chouette alors, s’écria-t-elle. -Comme ça les gardes sont baisés, comme dit Vladi, dit Joana en riant. -T’as raison, Joana, et d’un coup, elle eut un long frisson, brrrr, il fait froid ici. Joana réalisa qu’elle n’avait que sa robe assez légère sur la peau, alors qu’eux étaient plus chaudement vêtus. -Oh ! Marion, excuse-nous, dans la joie de ton arrivée, nous aurions dû y

penser de suite. Viens avec nous au magasin d’habillement et nous allons t’équiper comme il faut, promis.

pensant bien, il fait toujours

aussi froid ici ? c’est pourtant l’été là dehors. -C’est normal dans une grotte, lui dit Eric, été comme hiver il fait quasiment la même température de 16,5ºC maintenant, depuis que nous y habitons, mais jamais pire non plus ; en fait, dans une grotte il n’y a pas de saison, et que dehors il gèle ou fasse +40ºC n’y change rien, tu comprends ? cela a des avantages en plus des inconvénients apparents : une fois acclimaté on ne souffre plus des changements saisonniers, c’est neutre, tu verras que tu t’y feras vite et sans difficulté, promis. -Ha ! ça c’est marrant alors ! s’écria-t-elle joyeuse, j’aurais jamais pensé à un bidule pareil, hein ? Joana et Eric se regardèrent et se sourirent, ravis de voir que leur nouvelle recrue était du genre à pas s’encombrer de fausse gêne. Nature et dynamique, tel fut leur verdict. Au bout d’un moment, et après mûre réflection, Eric rajouta admiratif et à

demi-mots. -En fait, Joana, et tu te souviendras de ce que je te dis maintenant : je crois que

c’est plutôt une véritable bombe qu’ils ont ramené

ça va faire mal, crois-moi,

à ces fumiers de Zanko-Khuigs. Comme disait le Pédro, toujours modeste, ils ont vraiment tiré le jackpot avec cette nana. En somme, que du super, hyper positif pour la quête du Graal, soit, massacrer jusqu’au dernier et le plus sauvagement possible ces pourritures de Zanko-Khuigs ! Une nouvelle ère commençait dans ce refuge de cette jeune et nouvelle Humanité pleine d’allant et de combativité. Chaque nouvel arrivant était ainsi un élément positif de plus vers la reconquête.

-Merci bien, Joana, ce sera pas de reste, mais

y

et

Brusquement, la lumière qui baignait à profusion cette partie de la grotte baissa, car cet éclairage à gogo ne se faisait qu’à l’occasion des petites fêtes d’accueil ; il ne resta plus que les sources lumineuses coutumières, espacées de cinq mètres environ et autant en hauteur, dirigées vers le bas. L’éclairage, sans être violent n’en était pas moins largement suffisant pour vivre confortablement

dans ce nid douillet, berceau de la nouvelle Humanité. La foule s’était lentement

dispersée dans les rires et la joie

se coucher. Les activités ne cessaient jamais dans la grotte, nuit et jour le travail pour construire leur futur continuait sans parer ; la passion pour sa réalisation

servait de puissante et irrésistible émulation. Priver quelqu’un d’y participer

aurait été la pire injure et punition

Effectivement, un long apprentissage allait débuter pour Marion, comme il en fut de tous les autres rescapés de ces camps maudits, et d’ailleurs. Cela devait commencer par son alphabétisation, car ils ne savaient ni lire ni écrire, beaucoup

n’avaient même jamais vu une simple feuille de papier avec les signes de

l’écriture imprimés dessus. Ils n’étaient ainsi que volonté pure sur un esprit

pâte à modeler sur laquelle devait être inscrites en

lettres de feu les préceptes de leurs nouvelles identités d’Humains sacrés. Il fallait les imprégner, leur révéler leur Moi propre, leur personnalités, leurs goûts et leurs capacités les plus diverses. Il s’avéra vite que du fait de leur virginité spirituelle justement, ils apprenaient vite et avec une ardeur sans limite, aiguillonnés par l’objectif sacré de la reconquête. Ils étaient les élèves les plus attentifs qu’enseignants puissent rêver ; il fallait même parfois les freiner dans leurs ardeurs, surtout au début, où ils n’étaient pas accoutumés à développer une activité cérébrale intense, ou même tant soit peu minime, ils s’épuisaient alors vite et ne comprenaient pas pourquoi ils étaient si vite fatigués, alors que pour eux ils ne faisaient rien, d’après le standard de leur ancienne vie de forçat. La plus grande joie pour tous était le jour où la personne savait enfin lire et devait, devant un aréopage compatissant et ravi, lire un petit texte de sa composition. Une petite fête était alors donnée en leurs honneurs, leur donnant le titre ronflant mais officiel de Conquérant de l’Humanité. C’était pour le joyeux élu (e), son entrée officielle parmi les Combattants du nouveau monde, titre le plus glorieux qu’un Humain pouvait rêver. Dès ce jour merveilleux de la reconnaissance officielle de la communauté, ils étaient alors pris d’une véritable boulimie d’apprendre, rien ni personne n’aurait pu les en empêcher. Cette jeune Humanité était ainsi sur la voie sacrée, avec ses Hommes et ses Femmes passionnés par la réalisation de leur propre destin, sur la voie irréductible de la reconquête, la reprise en main de leur planète vénérée, Gaïa, la merveille azuréenne des espaces stellaires, futur berceau d’une neuve Humanité responsable, noble et glorifiée. Dans cette Humanité en gestation prête à éclore, les standards du monde mort étaient définitivement rejetés, bannis à jamais. On ne parlait plus des droits de l’homme, cette honteuse tromperie, ineptie, idéologie partisane et inhibitrice inculquée aux masses ignares et imbues d’elles-mêmes, et qui fut mortelle à ces dernières. Non, on ne parlait simplement et avec orgueil que des Devoirs de l’Homme, concept en lui-même porteur de générosité, d’honneur, d’allant, de spontaneité, de sincérité et intégrité, le tout en une fabuleuse ouverture d’esprit emportant le sujet dans une dynamique surpassant tous les obstacles et

totalement vierge

retournait à ses occupations ou allaient

chacun

une

infamie. C’était une ruche Humaine.

Parfaite

difficultés, devenant de facto un prodigieux tremplin vers leur futur.

Le Devoir soutient l’homme dans ce qu’il a de plus altruiste en lui ; il se révèle ainsi à lui-même et se fortifie de la grandeur de sa propre âme. Il n’a nul besoin de support illusoire et surfait, autre que lui-même, ainsi que de celui de ses frères et soeurs de sa communauté. Il s’exprime, se réalise ainsi chaque jour pleinement dans ses actes coutumiers empreints de noblesse et d’humilité. L’honneur et le sentiment de la certitude, en toute humilité, de la grandeur de son espèce, est son opium, c’est tout, et c’est amplement suffisant à la plénitude de l’Homme. Ils ont compris que l’Homme ne se réalisera vraiment et durablement que par le développement et l’exploitation pour le meilleur, de son intelligeance. En lui-même il n’est rien. L’Humain ne se concrétise qu’en fonction de son intéraction avec la mère : Gaïa ; en symbiose la plus parfaite possible avec, pour, et dans elle, uniquement.

Nous sommes parfaitement conscients que le lecteur qui découvre ces écrits, doit sans aucun doute se demander de quelle planète il s’agit, pour être ainsi capable d’avoir engendré de tels monstres coupables d’une aussi terrible tragédie que celle d’un génocide planétaire. Ces monstres sont les Zanko-Khuigs, et de l’avis général, eux seuls pouvaient commettre une telle infamie. Il est inutile de spéculer où pourrait se trouver cette planète maudite dans le cosmos tout entier, car c’est malheureusement de la nôtre dont il est question, la planète Terre d’alors, pourtant si belle vue de l’espace. Pour un extraterrestre découvrant ce joyau, il ne pourrait se douter qu’elle abrita de telles horreurs. Il est bon, essentiel même, que ces funestes événements soient relatés et expliqués de façon à guider l’Humanité renaissante, d’où le document ci- dessous, et ainsi tout faire pour ne pas risquer de reproduire les mêmes comportements et conséquemment les mêmes erreurs débouchant sur une semblable catastrophe.

Historique des Evénements Comme déjà dit et répété des milliers de fois sinon plus, quand l’attaque eut lieu en Occident ce vendredi fatidique du 1 er mai 2015, à 10 heures du matin, le moment où le maximum de personnes étaient supposées être dehors, en ce début d’une longue fin de semaine de repos, d’autant qu’il faisait un temps magnifiquement ensoleillé. On hésite toujours à parler de cela tellement c’est immonde : les pouvoirs publics avaient monté une opération de manifestations populaires dans le monde entier. Pour ce faire ils avaient peu à peu et depuis fort longtemps habitués ces peuples stupides à accepter et suivre des ordres de ce genre, sans que quiconque se demande QUI dirigeait ainsi le monde ; quand ils le comprirent enfin, ce fut pour disparaître. Ainsi, sous un prétexte fallacieux, le maximum de gens étaient dehors, participant joyeusement et naïvement à ce grand mouvement. Officiellement

le bonheur des peuples ». Tels étaient bel et

« Pour faire avancer la démocratie

asseoir

bien les thèmes mis en avant. On reste confondu, stupéfait d’un tel degré de perversion et infamie. Ce fut un carnage réussi pour les monstres planificateurs de cette épouvante sans précédent dans l’histoire de l’humanité qui en avait pourtant déjà vu de sévères exemples, de quoi sont capables les hommes, car au siècle précédent, les mêmes avaient, après avoir provoqué une guerre mondiale particulièrement monstrueuse, une de plus en fait, et alors que ce conflit été pour ainsi dire terminé, ils avaient bombardé et entièrement détruit des villes des vaincus habitées que par des civils : enfants, femmes et vieillards Ils testèrent même pour la première fois une bombe monstrueuse, dite bombe atomique, qui répandit sur la planète entière des radiations mortelles pour tous êtres vivants. C’est dire le degré incommensurable de nocivité de ces êtres

déments

Ainsi donc, ce jour-là, tout ce qui pouvait voler avait dû être réquisitionné pour cette tâche, car des centaines, des milliers d’engins volants sillonnèrent en premier les grands centres urbains. On pense que l’Euromorte entière fut attaquée le même jour, les plus grands pays et leurs grands centre urbains en premier, sans aucun doute. Pour prendre un exemple, voyons ce qui était notre pays d’alors, la France d’alors, la Franki, comme on l’appelle maintenant. Il faut retenir que les survivants ont changé les noms des lieux, comme ceux

des villes et des pays, et donc de leurs habitants, par dérision et mépris pour ce

monde disparu dans l’abjection, d’où résulta ce drame. Ils ont compris et sont certains maintenant que ces peuples anéantis en sont les seuls responsables à

tous les niveaux : peuples stupides et abrutis qui ont laissé faire, élus et réélus

dix fois plutôt qu’une les mêmes politicards pourtant vendus et corrompus

jusqu’à la moelle ; lesdits responsables, si on peut classer de tels monstres d’un tel adjectif, qui ont déclenché une telle folie, une telle monstruosité. Il est connu que dans les rapports humains, que ce soit dans une grande famille comme dans une nation, il n’y a jamais un seul coupable, c’est évident, les victimes sont bien souvent consentantes, le plus souvent par lâcheté, veulerie, conformisme ou la plus noire des bêtises. Bref, en Franki donc, la capitale et son agglomération en entier fut survolée par des gros porteurs, du genre « tankers de ravitaillement en vol », qui passèrent lentement à ras des toits et firent plusieurs passages successifs, puis disparurent pour aller arroser les autres villes alentours, la plupart beaucoup plus petites et où un ou deux avions suffirent Et ainsi de même sur tout le territoire, en rayant de la carte en un seul jour la

population, les autres pays alentours subissant la même stratégie de l’horreur absolue.

Du fait de la surprise et de la mort instantanée des gens, les éventuels rescapés n’eurent pas le temps ni aucun moyen de prévenir les autres villes. Loin de chez eux, sans matériel, sans préparation technique et surtout psychologique ; faits

qui peuvent paraître surprenants pour notre époque où de nos jours tous

sommes préparés au combat et aux techniques de survie, car eux ne l’étaient

d’aucune manière. La majorité d’entre ces personnes moururent donc assez

et

qui pourtant dirigeaient ce monde d’alors.

rapidement suite aux privations puis aux épidémies qui se propagèrent rapidement à une grande, immense échelle, d’autant que l’été commençait juste. Ces dernières victimes ont dû vivre un enfer de se voir mourir à petit feu. Longtemps après, certaines de nos équipes de prospec et récup dans les villes,

qui s’étaient suicidés le

plus souvent avec une arme à feu. Par contre, on a pour l’instant aucun moyen de savoir où les Zanko-Khuigs se cachèrent pendant ces années, pour se protéger des épidémies. Savoir s’ils se cachèrent dans des bases militaires souterraines où ils attendirent de réapparaîtrent pour exploiter le monde ? Nous sommes quasi certains qu’ils se planquèrent dans des bases secrètes qu’ils avaient installé en Ostrali, continent le plus isolé dans l’autre hémisphère.

Ils avaient installé ces bases depuis plusieurs générations, comme sur leur

propre territoire, en volant l’argent de leur propre peuple qui, devenus si abutis

pour être juste, il en

était de même dans tous les pays sans exception, tous les peuples se comportaient comme un troupeau d’animaux aveugles et stupides. Je sais que c’est difficile à entendre vu de notre époque, une situation aussi monstrueuse, où les chefs (du nom de l’époque : politicards) décident froidement une telle chose, de voler, mentir, trahir les sentiments les plus nobles, et surtout,

sans que quiconque ne vienne et élimine une telle personne aussi abjecte. C’était pourtant ainsi, ce monde d’horreur est dégoûtant, il n’y a pas d’autre parole. Les monstres Zanko-Khuigs attendirent deux ou trois ans pour refaire surface. Tout ce qu’on sait c’est que peu à peu, nos équipes de prospections se déplaçant à cheval, découvrirent un jour par hasard ces nouveaux camps de travailleurs. Jusqu’au moment où nous comprîmes rapidement qu’en fait de travailleurs, nos semblables y étaient tenus en esclavage. Nous comprîmes que les infâmes Zanko-Khuigs étaient de retour, et nous comprîmes ainsi enfin et surtout le pourquoi de cette monstrueuse attaque contre l’humanité. C’était signé. Ils avaient osé détruire l’humanité pour le bénéfice de leur misérable dictature du monde, qui était écrite et annoncée dans leur anciens écrits. Seuls des fous fanatiques tels que eux pouvaient avoir déclenché une telle barbarie. Ce que nous comprîmes tous aussi, c’est que la cible était enfin clairement désignée à tous les survivants, la haine commune était enfin focalisée, et définitive, et le restera jusqu’à la mort du dernier de ces pourris. Ils avaient avec eux un nombre considérable de prisonniers, en plus des personnels de leurs forces armées. Troupeau considérable qu’ils avaient gardé on ne sait où et comment, et on s’aperçut très vite que tous ces gens étaient devenus des esclaves véritables et avaient l’esprit capté, suite à un procédé dont nous ignorions la nature ; jusqu’à récemment où nous mêmes reçûment enfin cette géniale invention qu’est le scruteur psycho, qui paraît-il ressemble au système employé pour les tenir esclaves, serviteurs plus ou moins obtus mais serviles. C’est ce nombre très important de prisonniers qui fait penser qu’ils s’étaient cachés sur ce continent, l’Ostrali.

ont retrouvé les restes de ces survivants

provisoires,

qu’ils croyaient à tous les racontars qu’ils voulaient

Mais

Rebut d’un monde

de perditions, où nous dûmes repartir courageusement de moins que rien Nous devons tout aux premiers survivants qui jetèrent les bases de notre civilisation actuelle, ils le firent en connaissance du passé mort sous leurs pas, et pour

poignée d’entre eux eurent la sagesse et le grand mérite de pouvoir

et savoir analyser les causes majeures du pourquoi et du comment les choses avaient prise une telle tournure dans leur monde moribond. La seconde chance fut qu’ils réussirent à convaincre les autres rescapés de comment il fallait qu’ils construisent leur nouveau monde, et avant tout ils

furent tous d’accord sur ce qu’ils ne fallait pas reproduire. Ils eurent miraculeu- sement conscience qu’ils devaient inventer une nouvelle façon de vivre en commun ; tout le passé était mort et devait le rester impérativement. Ce fut la chance de cet avenir qui démarrait dans des conditions bien hasardeuses mais avec une foi en eux-mêmes et déjà avec une envie, un puissant besoin de vengeance qui habita de suite tous ces misérables, ce sentiment fut le lien et un moteur puissant pour tous : reconquérir leur planète, Gaïa. La foi en eux-même, avec leurs possibilités pourtant restreintes ; leur courage sans mesure et leur volonté, ces qualités élémentaires furent les moteurs essentiels de la réussite et de notre présent, présent où nous touchons bientôt au but de notre quête, honnorant ainsi, nous l’espérons tous ardemment, ces

innombrables pionniers qui luttèrent sans relache et avec obstination ; ce qui est le trait dominant de nous tous maintenant, grâce à nos prédécesseurs qui nous montrèrent le bon chemin. Les habitants de l’ancien monde depuis toujours se firent la guerre et ne connurent que la discorde ; ce fut sans doute de la peur salutaire de disparaître pour toujours qui déclencha dans l’esprit des survivants cette prise de conscience bénéfique qui nous vaut la joie et l’orgueil d’être là, nous tous, relevant le flambeau en dignes héritiers de ces Hommes exceptionnels, à qui nous devons d’exister encore. Et il est bon et particulièrement important de rappeler, et ce fut notre principale chance, qu’ils étaient pour leur grande majorité, des Hommes et des Femmes simples, des gens du Peuple, du Peuple même ; ce mot que nous écrivons avec majuscule en leur honneur. Des travailleurs qui savaient ce que souffrir, se priver veut dire, et heureusement pour notre futur d’alors. Il n’y avait que des êtres relativement ordinaires pour percevoir le gouffre prêt à s’ouvrir sous leurs pas. Des hommes d’idées (on les appelait alors avec mépris les intellos), les avaient si

courtes leurs idées à l’époque, d’où le résultat

par leur

aveuglement conformiste et leur veulerie coutumière et compromissions envers les politicards, eut le cran de lutter avec les dents comme le firent ces glorieux Hommes et Femmes du Peuple, le populo, comme disaient avec ironie et dédain tous ces beaux penseurs en salons, ceux qui justement sont crevés avec leurs si belles idées, dans leurs si belles maisons et leurs si belles villes pourries ; c’était ainsi le meilleur cadeau qu’ils pouvaient ainsi faire à la postérité, à nous tous.

cause

Voici succinctement l’histoire de ce monde qui nous échut

Une

n’auraient

pas, de

Merci à vous tous, les chancres !

Alabama C es nobles personnes populaires édifière nt donc quelques pr incipes de base élémentaires

Alabama

C es nobles personnes populaires édifièrent donc quelques principes de base élémentaires pour démarrer leur société ; en opposition directe et vu

l’exemple sinistre du passé, ils édictèrent quelques règles simples mais impératives et imprescriptibles. Nous les redécouvrons donc une fois de plus, elles ainsi que leur simplicité et évidence, les voici.

Moeurs, coutumes et objectifs de notre humanité. Principe unique et sacré. L’Homme et la planète Gaïa, son vecteur spatial, sont déclarés une même identité, une et indivisible. Le soin premier de quiconque est de préserver leur intégrité commune. 1- l’Humanité, c’est-à-dire, l’ensemble des Humains de notre race blanche vivant sur la planète Gaïa, uniques survivants du désastre, constituent un ensemble homogène, indivisible et définitif, ceci, en dépit de leurs origines géographiques et languistiques ; données étant provisoires. 2- Le concept ancien de nation est banni à jamais du langage de l’Homme nouveau. Après la reconquête, lors de l’expansion des Hommes sur la planète, il sera essentiel que les concepts de Province ou Région soient préférentiellement retenus pour question de facilité, nommer les territoires occupés par celui-ci. Tous les lieux seront accessibles à tous et en tout temps. Il faut bannir du vocabulaire les mots ségrégationnistes comme étranger et ses synonymes et affiliés. Vous êtes tous frères et soeurs, uns et indivisibles. 3- L’Humanité regroupe tous les individus en un ensemble indissociable, où chacun est responsable de l’autre, dorénavant nommé : sa soeur, son frère. 4- Les Hommes sont tous égaux dans l’absolu et libres de toute contrainte physique et psychique. Ainsi, aucun individu ne pourra prendre l’allant sur quiconque pour aucune raison qu’il soit, et nul besoin de loi pour établir cette évidence naturelle, éternelle et absolue : l’Homme né libre et le reste, cela est, comme il existe et respire, tout simplement. 5- Les décisions seront prises à la majorité et personne ne sera contraint de réaliser une action dont il réprouve le bon sens ou qui va à l’encontre de sa conscience ; à condition toutefois que dans sa vie, son comportement et ses actes coutumiers, antécédents et ultérieurs, soient en harmonie avec les arguments et/ou préceptes qu’il aurait énoncé précédemment, et n’entrent pas en conflit avec l’intérêt de la communauté, qui passe en priorité sur tous autres. 6- En harmonie avec le principe précité de liberté intrinsèque de chacun, l’union du mariage, coutume barbare du monde ancien, est bannie à jamais de notre collectivité. 7- Ainsi, chacun pourra et devrait prendre pour compagnon et compagne ceux qui répondront favorablement à leurs avances, d’un commun accord et

uniquement. Aucun lien de duré de relation ne sera instauré, ce contrairement aux comportements hypocrites des anciennes religions castratrices morts avec elles. L’amour de deux êtres l’un pour l’autre est et sera reconnu et admis comme la chose la plus belle, la plus normale et naturelle, et conseillée à tous les membres des stations. L’amour corporel sera anobli comme il se doit, d’une chose naturelle et respectable, et de plus sa pratique conseillée à tous car il

apporte la joie et l’équilibre

8- Les enfants nés de ces unions seront à la charge et de la responsabilité de la communauté, et seront donc regroupés dans des compagnies spécifiques, élevés, éduqués par des responsables ; éducateurs compétents reconnus par la communauté à l’unanimité. Les personnes âgées seront de préférence désignées pour cette activité, les jeunes adultes ayant en principe des charges forcément plus dynamiques. Les enfants sont un bien sacré pour tous, chacun sera prêt à chaque instant à donner sa vie s’il faut pour les préserver de tout danger. Tous sont conscient que l’enfant est le futur de notre Vie, de notre collectivité. 9- Chacun recevra la meilleure et la plus complète éducation disponible du moment, ceci dès son plus jeune âge. Chacun devra savoir maitriser l’utilisation des ordinateurs, les sports de combat, les notions de survie et de secours médicaux disponibles au moment, ainsi que les principes et préceptes sacrés de l’écologie ; tous en perpétuelle évolution. On devra très fortement développer la polyvalence plutôt que la spécialisation restrictive et préjudiciable aux autres en cas d’événements porteurs de risques. 10- Le souci de justice et d’égalité entre tous, devra être constant pour chacun ; quiconque constate une infraction à cette règle devra immédiatement le signaler ; sinon, s’il était prouvé par la suite que son silence, conscient de la chose, ait entraîné un préjudice pour la communauté, il sera reconnu autant coupable que l’auteur du préjudice lui-même, et puni de façon identique. 11- Sachez que l’ancien monde était saturé d’une population en contradiction avec le bon sens le plus élémentaire, ce que vous devrez impérativement ne pas reproduire ; votre bonheur futur en dépend. Des milliards d’individus arrivent à générer un taux de pollution qui devient impossible pour l´élimination naturelle

dont est capable une planète. Soyez conscient que Gaïa, malgré toute sa splendeur actuelle toute récente, relève d’une grave maladie qui faillit la tuer. De

plus, ne croyez pas à son gigantisme pouvant tout encaisser

loin de là, car Gaïa

est une petite planète, une minuscule petite boule bleue perdue dans cet immense univers, et elle est bien fragile, comme tout ce qui est petit. Alors, que

l’esprit de la Vie des grands espaces cosmiques vous inspire un indéfectible amour pour notre Gaïa, notre merveille astrale, notre bien le plus précieux. 12- Pour réussir ce futur, une notion capitale doit impérativement être partie prenante de chacun de notre jeune Humanité, à savoir que vous devrez déveloper une société contrôlée pour en permettre son administration viable, c’est-à-dire que vous devrez limiter le nombre d’habitants à un niveau acceptable et équilibré. Nous recommandons de limiter ce nombre aux alentours de 500 million d’habitants maximum, car convenons que le but des Hommes est évidemment de vivre en harmonie, regroupés dans des

Ainsi

que de nouveaux combattants !

communautés assurant la sécurité, le bonheur et l’équilibre de tous ; il va sans dire qu’une surpopulation en est forcément le contraire et mène droit au chaos ; voir l’exemple criminel et suicidaire de nos prédécesseurs irresponsables. 13- Le monde mort avait développé la fausse et hypocrite nécessité, le besoin d’une nombreuse humanité, car c’était la seule logique inéluctable pour une société basée toute entière sur le seul profit toujours plus grand d’une poignée de criminels, l’unique raison de valable alors car il leur fallait toujours plus de clients pour augmenter sans cesse leurs profits : le vrai cercle infernal qui résultat par un suicide collectif. Ne nous y trompons pas, le crime final démentiel des Zanko-Khuigs en est le résultat direct : s’ils avaient programmé la dictature du monde d’alors, ils furent dépassés, trahis par la folle démographie qu’ils avaient eux-mêmes incité à se développer, avec l’aide complice en sous-main des églises, car depuis toujours partie prenante des mêmes intérêts d’enrichissement et ambitions dictatoriales, qui furent de toujours leurs réelles et unique raisons d’être. Continuons de proscrire les religions, ceux qui persisteront en cette voie réprouvée par nos communautés se mettront de facto hors humanité et devront en assumer les conséquences radicales décrites en nos lois : la mort ! 14- Gaïa est notre mère, elle appartient à chacun de ses filles et fils. Nous pourrons donc habiter les régions aux climats confortables pour y construire notre bonheur ; chacun bénéficiant d’un potentiel de centaines de milliers d’hectares, du jamais vu à ce jour. Il sera donc inutile d’aller vivre durablement dans les endroits inhospitaliers, comme les milliards de nos prédécesseurs furent contraints de le faire car de toujours ils n’eurent pas d’autre choix : ils vivaient et mouraient là où leur mère avait mise bas, car exclus du monde des puissants, vivants en parias, véritable troupeau d’humains déchus et asservis. Conclusion. Fasse que notre travail vous permette de construire, à vous tous nos descendants, un monde de félicité et de joie de vivre, que jamais l’humanité jusqu’à ce jour immature et asservie ne connut. Restez forts et responsables, que le poignard qui vous libèrera ne quitte point votre ceinture, car vous aurez sans cesse à vous méfier de la spéculation et de la trahison. Que votre main reste ferme et votre volonté soit toujours prompte à donner la mort pour sauver l’honneur de notre grande race blanche, la seule subsistante en ce nouveau, ce merveilleux monde qui nous appartient de droit.

Répression, Justice et Chatiments :

1- Tous dangers reconnus intrinsèquement nuisibles à l’Humain, c’est-à-dire venant d’autres Humains, et qu’ils soient de sources physiques ou spirituelles, doivent être impérativement et radicalement éliminés sans délai. 2- Tout individu qui tentera de détourner l’intérêt commun de la collectivité à son profit unique, sera jugé publiquement par douze personnes désignées par la collectivité ; la sentence sera le bannissement ou la mort, exécuté de suite. 3- Toutes violences physiques sur un membre de la communauté, sera condamné au bannissement ; l’auteur sera déporté de suite dans les endroits les

plus inhospitaliers ; le climat et les animaux sauvages lui garantissant une mort que tous ses anciens compagnons lui souhaiteront alors des plus horribles. 4- Tout jugement sera unique et imprescriptive. La mort, le sera par strangulation lente, de façon que le coupable ait le temps d’apprécier le mal qu’il fit aux autres. Bourreau qui sera volontaire, sinon désigné publiquement par tirage au sort sur la liste des résidents présents sur les lieux, l’élu ne pourra se soustraire à cette charge. 5- Toute tentative de développer le concept d’un Être dit supposément supérieur à l’Homme, autrement dit, celui, celle ou ceux qui tenteront de créer une religion, ou tout autre organisation se rapprochant de ce concept de manipulation mentale, sera condamné à mort, car il est accepté et reconnu par tous à ce jour que ces religions d’alors furent responsables au premier chef, de l’esclavagisme, de persécutions et toutes sortes de violences innommables et manipulations des hommes, qui furent considérés et traités longtemps comme du simple bétail, capitalisé par les princes immondes de ces églises.

Fasse que ce

travail vous inpire dans vos jours meilleurs. Le Grand Conseil des Anciens. 2019. Province de Franki, planète Gaïa.

Partant du principe ancestral qu’un Homme averti en vaut deux

Pour se faire une idée exacte de la situation lors de l’attaque de ce fatal vendredi du 1 er mai de 2015 ; nous sommes en mesure de vous présenter un

document exceptionnel et garanti authentique

C’est le seul document existant de cette époque. Il fut réalisé par une petite équipe de travailleurs qui se trouvaient opérant (ce qui leur sauva la vie) dans une ville moyenne, le Montpellier d’alors, au Sud de la Franki. Note. Ce document dont l’original était en assez mauvais état de conservation, fut trouvé en septembre 2021 dans une grotte abandonnée par des rescapés, on ne sait pourquoi exactement. L’original a été recopié sur support informatique, permettant ainsi de le reproduire et le diffuser parmi nos communautés. Ceci est la preuve incontestable de l’attaque et traîtrise que subit l’humanité. Avis. Nous avons volontairement conservé le langage imagé de l’auteur.

le

contraire n’aurait aucun sens.

Attaque aérienne du 1er Mai 2015 à Montpellier : les faits. Nous sommes un groupe de cinq travailleurs, plus une jeune ingénieur stagiaire, tous des cadors dans la maintenance d’installations frigorifiques, sans se vanter ; travaillant pour la Cie Freez-Azur, de Montpellier.

j’étais

plutôt, et suis en compagnie de mes collègues de travail : Claude Lherbier, 32 ans - François Richt, 39 ans - Frantz Slaugher, 26ans - Sergio Alonso, 34 ans, et la jeune ingénieur stagiaire, Béatrice Duprat, 23 ans. Voici les faits de ce jour maudit du 1 er mai 2015. Déjà nous étions tous furax d’être obligés d’aller bosser un jour de 1 er Mai, faut avouer que c’est un peu raide, non ? Donc, depuis une semaine, au grand hôtel

Le Splendid, un 4 étoiles du centre ville de Montpellier, il y avait la centrale de

Je m’appelle Lucien Lebret, 37 ans et suis le chef d’équipe

enfin,

froid qui déconnait à tout berzingue, et avec les vacanciers et la chaleur qui étaient bien là, faut imaginer le proprio de l’hôtel qui gueulait comme un putois, et ça bardait un max à la direction de notre boîte, d’autant que c’était la faute de Lepiscail, le contremaitre ; le Poiscail, comme on l’appelait. C’est comme ça que cette peau de vache nous a refilé le bébé : « Allez me réparer cette putain de centrale,

bande de minables, ou je vous vire avec perte et fracas », qu’il nous gueule à tous ; même que le Sergio voulait lui rentrer dedans une bonne fois pour toutes. « Je vais le

crever, cette salope » qu’il gueulait le Sergio

Et voilà la Béatrice, sympa, qui se met à défendre le Sergio ; alors, cet enfoiré

de Poiscail, il lui gueule, à la gamine, « Que si elle n’y va pas le lendemain avec les autres, il la vire aussi ». Et c’est comme ça qu’elle s’est retrouvée dans cette galère

avec nous

lui faire brûler un cierge au Poiscail, car c’est sa connerie qui l’a sauvé la môme. Bref, le lendemain nous voilà tous les six sur le chantier au lever du jour, dans les 5 plombes du mat, car notre boss avait promis au proprio de l’hôtel, qu’à

Putain, ils te leurs

racontent de ces conneries aux clients

c’est pas un monde, surtout cette pauvre minette, la Béatrice, qu’était pas habituée d’aller bosser aux aurores, logique pour une future chef ! Bref ! Quand tout fut fini, il était déjà pas loin d’une heure de l’aprem ; nous avons

repris le fourgon pour repartir à la boîte

l’avenue que nous avons découvert le carnage. Le fourgon a pilé et nous

quelques mètres de

tous les côtés, pour voir cette chose ahurissante de cadavres à perte de vue. Béatrice me demande comment je fais pour avoir le courage d’écrire tout ça. Faut bien que quelqu’un s’y mette, que je lui réponds, faut prévenir les autres. C’était horrible, surtout que sur le moment aucun des six ne comprenait ce qui était arrivé. Aussi loin qu’on pouvait voir de chaque côté de l’avenue, et en face,

sommes tous descendus commes des fous, hagards

c’est quand nous avons déboulé sur

ces tarés avalent tout de go ! Enfin, si

midi pétante son hôtel serait aussi froid que le pôle nord

quoi, vivre ou mourir, ça tient à peu de choses. Elle devrait

un

peu nerveux sur les bords, le gars.

comme

et

et

courant

sur la grande place du Carroussel récemment inaugurée, ce n’était que des

Les plus près, on

voyait bien qu’ils étaient morts suffoqués car ils se tenaient la gorge, la bouche

ils avaient

sais plus quels mots

employer tellement que c’était dur de voir ça. Quand nous avons réalisé que nous avions échappés à une fin aussi horrible, nous avons tous vomi les uns après les autres, longtemps, toutes nos tripes, puis nous avons compris qu’il fallait que nous partions loin d’ici, car il était évident que cette montagne de morts, d’où commençait à sortir une odeur bizarre, il

leurs regards épouvantés. C’était monstrueux, horrible

grande ouverte, les doigts qui paraissaient vouloir arracher leur gorge

monceaux de cadavres, des centaines, des milliers de cadavres

je

était évident qu’il fallait se tirer de la ville, et vite, avant de mourir nous aussi par les épidémies qui allaient se développer rapidement. C’est alors que nous avons pensé que ce carnage ne devait pas être le seul.

« On va voir », dit-

Béatrice prit son mobile pour téléphoner à sa mère à Toulon

elle tremblante comme une feuille. Ce fut tout vu ! On essaya de téléphoner à différentes villes, ce fut le silence total. Nous étions définitivement fixés et

effarés, désemparés, horrifés, abasourdis, plus personne ne pouvait parler,

devant ce gouffre béant qui s’ouvrait devant nous. Tout s’écroulait, se

disloquait, disparaissait, il nous restait qu’un vide énorme devant nous

Puis, un de nous a dit qu’il s’agissait d’une attaque, donc d’ennemis, et qu’il ne fallait pas rester là mais aller se planquer loin des villes. C’est là que nous avons

pensé à nous réfugier dans une grotte, du fait qu’il y en pas mal dans la région. Mais le problème est apparut de suite à tous : comment y survivre dans cette grotte ? C’est notre formation de techniciens, habitués que nous étions tous à se colleter journellement avec des problèmes techniques, qui nous donna de suite ce réflexe de trouver la solution au problème posé par la destinée. Bref, d’avoir dégagé les premiers impératifs, ouvrait le processus mental de recherche de solutions. C’était déjà une grande chose positive pour nous, un but à poursuivre, un objectif. Ça c’est très important : dégager un objectif ! À partir de là, et comme par miracle, nous avons saisi une donnée essentielle, et c’est incroyable la vitesse de notre réaction : la ville, et tout ce qu’elle contenait

était à nous. Ce qui signifiait qu’il n’y avait plus qu’à aller se servir de ce quoi nous aurions besoin.

nous étions les proprios !

Une rage de survivre s’empara alors de nous tous, et en moins de trente minutes nous avions établi un plan d’attaque, d’autant qu’il nous restait que quelques heures avant la nuit. Fallait faire fissa.

Nous sommes toujours restés conscients que derrière ce massacre il y avait

nous en sommes vite arrivés

quelqu’un dont il fallait se protéger rapidement

à la conclusion que seuls ces salopards de Zanko-Khuigs en étaient les coupables, car les seuls capables de commettre une telle folie. Oui, ce génocide est signé, ce fut une certitude pour nous tous, uniquement des névrosés avaient

put décider une telle manoeuvre contre l’humanité ; ils étaient en tout cas les seuls qui en avaient les moyens stratégiques, car ils avaient depuis longtemps, c’était un fait connu de tous, peu à peu réquisitionné la plus grande partie des moyen militaires de l’Amérique du nord, leur fief depuis des générations, et qu’ils avaient pillé jusqu’à l’os. Donc, il ressortit que nous devions aller dans un grand magasin où là nous trouverions de tout pour nous équiper le plus rapidement. Nous repartîmes donc avec notre fourgon, sur la route de Nîmes, vers l’Ultra, le nouveau

Nous, on disait,

supermarché qui cassait les prix soi-disant, à la sortie de la ville

« Nous allons leur casser la baraque, à ces fumiers », et ça faisait rire tout le monde.

Ha oui ! j’ai oublié de dire que partout, on voyait des véhicules dont le conducteur était mort et qui avait causé un accident : écrasé des personnes, défoncé quelque chose, certains étaient renversés ; beaucoup de moteurs

tournaient encore, les gagnoles coincées pare-chocs contre pare-chocs. Chemin faisant donc, nous étions bien souvent obligés de déplacer un véhicule

suffisait alors de virer le mort par terre et de ranger

qui bouchait la voie

l’engin sur le côté, ce que nous fîmes une trentaine de fois. Au début des cadavres encombraient les rues, et il y en avait beaucoup, nous les déplacions

le temps passant, nous réalisâmes

sur le côté pour passer avec le fourgon

le néant.

La ville devenait un gigantesque supermarché

dont

et

il

Puis,

n’ayant plus que le seul et

unique choix de sauver notre propre peau

reconnaisait le bruit typique des crânes qui

explosaient comme une pastèque sous les roues ; on avait l’impression de rouler

avons vomi

plusieurs fois, à se tordre de douleurs, l’estomac vide depuis longtemps les spasmes étaient terribles, mais la peur de crever aussi nous aiguillonnait, et nous repartions avec des regards d’hallucinés . Nous avons récupéré deux grands camions à plateau. Arrivés au Super Ultra,

heureusement que c’était jour férié, comme ça il n’y avait personne, ou plutôt, aucun mort, mis à part trois gardiens rétamés qui se retrouvaient de ce fait au chomdu. Moi j’ai jamais encaissé ces gardiens, des parasites en somme Bref ! Nous sommes entrés tous joyeux, avec chacun sa liste perso dans sa caboche. Nous fîmes une razzia gigantesque, tous excités de ce marché pharaonique dont aucun de nous tous n’avait même jamais osé rêver de toute sa putain d’existence passée à toujours calculer comment trouver vingt centimes pour faire un foutu euro.

il y en avait des

mètres cubes. Nous rangeâmes le tout et refermâmes soigneusement la porte avec de la ficelle pour ne pas que des animaux puissent entrer, en prévision déjà

d’autres virées d’approvisionnement, car ce que nous avions ne durerait pas

éternellement, bien sûr. Puis nous partîmes vers l’est, vers la ville de Nîmes, puis

y connaissait cette grotte de

Cocalière, relativement isolée. En passant devant la caserne des pompiers puis celle de gendarmerie, nous fîmes encore une razzia de matériels respiratoires et

d’armes et munitions

Arrivés à la grotte Cocalière, nous dormîmes cette nuit-là dans les camions, bercés par les chants des grillons et autres insectes ; dans cette nuit étoilée et d’un calme incroyable, nul n’aurait put imaginer que l’humanité avait été condamné à mort, impossible. Ce fut le lendemain matin seulement que la réalité de notre situation nous tomba dessus véritablement. L’effet de surprise étant derrière, la brutalité de la chose nous dessilla les yeux définitivement ; il n’y avait plus aucune illusion à se faire : si nous n’y prenions pas garde et y mettaient toutes nos énergies et nos volontés pour continuer à vivre, nous étions alors des morts en sursis ! La chose étant dite, il ne restait plus à chacun qu’à relever le gant. Plus facile à dire qu’à

faire, croyez-moi. Ce qui sauta aux yeux à tous, il nous fallait du courage à revendre

ne serait-ce

vers le nord, vers Arles, St Ambois

sur des pavés mals joints et glissants

qu’à ce rythme nous allions y passer la nuit

alors,

nous

avons roulé sur les cadavres !

étions livides

nous

Ça giclait sous le bahut

On

Nous

Quand les camions furent pleins à bloc, bachés et arrimés

Frantz

de quoi tenir un siège.

que pour décharger les camions et trier tout ce vaste foutoir répandu dans l’herbe. Puis, il fallut visiter la grotte, heureusement nous trouvâmes les commandes pour l’illuminer, ce qui nous facilita énormément la visite et un premier choix d’aménagement ; puis le transport de tout le matériel et son rangement. Obligés, en urgence, de fabriquer des housses en plastique pour protéger nos réserves des gouttes d’eau. Nous y passâmes douze jours

exténuants.

Nous dormîmes longtemps dans des tentes de camping pour se protéger des gouttes d’eau. Chacun faisait le maximum qu’il pouvait, et la nuit venue les faibles comme le balèzes étaient épuisés. Nous redoutions le jour où l’électricité sauterait. Ce qui arriva seize jours après quand même, mais nous avions eut le

temps de nous installer en y voyant clair, c’était énorme

beaucoup moins drôle. Par contre, au bout de quelques jours, alors que nous étions pourtant loin des agglomérations, les brises nous amenaient l’odeur atroce, heureusement diluée des cadavres en putréfaction ; là-bas, ce devait être terrible. Puis, des nuages épisodiques de mouches nous envahirent, portées par les vents ; véritable plaie à l’égyptienne, comme ils bavaient dans leur foutue bible, sauf que celle-ci était bien de chez nous. C’était infernal, vraiment, nous fûmes obligés de rester enfermés durant longtemps, assez loin de l’entrée, en faisant de la fumée en brûlant des végétaux encore verts, pour ne pas attirer et éloigner ces milliards de bestioles répugnantes et porteuses de mort. Nous imaginions aussi toutes les bêtes qui allaient se repaitre des cadavres : rats, chats, chiens, etc. Durant le temps que dura ces aménagements, cela alla encore, l’activité incessante prenait toute l’attention de chacun, toute son énergie. Quant au bout de deux semaine, en gros, nous fûmes installés relativement confortablement, c’est là que tout devint véritablement très dur. Chacun restait avec ses sombres

mais la suite devint vite

idées qui lui tournaient dans le ciboulot. Puis, les contraintes journalières apparurent ; par exemple : qui allait cuisiner ? Cette question aussi banale dans l’autre vie prit brusquement une ampleur démesurée ; et comme une femme était dans le groupe, la première réaction fut de lui coller ce boulot dans ses cordes. Sauf que la Béatrice mit de suite tous ces balèzes au pas, et elle a eu raison. « Pas question de me refiler le bébé », s’écria-t-elle révoltée, et elle était vraiment furax la nana, « Si vous voulez manger, gueula-t-elle, il faudra que tout le monde s’y mette, c’est comme ça et pas autrement ! Vous croyez pas que je vais faire votre boniche, non ? Ben merde, alors, plutôt crever de suite ! » Qu’elle gueulait, la pauvre Après quelques réclamations, tous les hommes se mirent à participer à la bonne marche de notre petite communauté perdue sous cet immense ciel du

midi. Oh ! ce fut pas facile, ça non

avait été une réaction d’hommes blessés dans leur orgueil

deux ronds, juste un mouvement d’égoïsme mesquin mais somme toute humain. Tous, nous lui fîmes nos excuses les plus sincères à la Béatrice, ce qui fut une véritable délivrance pour cette pauvre fille qui se retrouvait la seule et

unique de son espèce parmi cinq gars. Ce ne dut pas être facile pour elle, ça non. Voici comment nous vécûmes. Nous avons eu une chance exceptionnelle d’être des techniciens, des mecs habitués à se bagarrer tous les jours, pas des ramollis de la comprenure, ça non, pas de ces intellos tous juste bons à baver leur fiel sur la société, non ; de ces niares qui de toute leur putain de vie de parasites furent juste bons à cracher dans la soupe et n’ont pas produit un centimètre cube d’un bien quelconque pour leurs semblables ; seulement des cloportes tout juste bons, ils y excellaient en fait, dans leur société baveuse, à répandre leur lèpre défaitiste et négationniste de la vie. La seule qui pourtant

mais

on s’y colla quand même. En fait, ça

pas méchants pour

mérite réellement d’être vécue ; la vie des hommes de coeur et de courages, et non leur exhalaisons de vomi de leurs pensées stagnantes et déjà sclérosées avant de suinter de leurs crânes pleins de vents pestilentiels, d’où leur retour à la source, dans ces villes alors devenues dignes de leurs néants nauséabonds. Ouf ! Putain de nom de Dieu ! ça soulage ! Pour le présent, et c’est nouveau, nous observons depuis maintenant quelques semaines, des apparitions épisodiques d’engins volants noirs, d’un type que personne ne connait. Claude à même vu l’autre jour aux jumelles, loin d’ici, une

Plus personne

va falloir retourner chercher de la bouffe

maintenant que notre stock arrive à sa fin

ça, on doit être environ vers le

n’ose sortir de la grotte

trentaine de militaires habillées de noir qui ratissaient le terrain

pourtant,

J’écris

mois de janvier de 2018, bientôt trois ans de passé, c’est dingue comme ça passe

vite, on aurait pas cru pourtant. Ces mouvements de ces militaires nous épouvantent

commencions à nous habituer à un nouveau rythme de vie, calme et relax, après

toutes ces horreurs

garde toujours l’espoir d’une amélioration ; rencontrer un jour d’autres

survivants comme nous

meilleur

Ces militaires venus d’on ne sait d’où, foutent tout par terre. Fini la tranquilité,

va falloir se réveiller, que je leur dis aux autres ; on s’est peut être un peu trop

endormi sur nos lauriers

nous

alors

que

C’est

pas que c’est terrible, mais on vit quand même, et on

nous

unir et foncer en avant pour construire un avenir

L’espoir

fait vivre.

va coûte d’y aller, le Sergio et moi

falloir bouger. Demain, on a décidé coûte que

faut

bien se ravitailler, non ?

Note des transcripteurs. Le texte s’arrête ainsi brutalement, seul, un morceau de page visiblement déchirée à la hâte, a été rajouté dans le sac avec la lettre, et sur lequel apparait quelques mots hativement griffonnés de la main d’une autre personne, et qui dit : « En voilà d’autres, ils sont à environ 5 km sur la route vers St Ambois, on va les baiser en passant de l’autre côté. » C’est tout.

Nous ne saurons jamais ce qu’il advint de ce groupe, on tremble seulement quand on pense à tous ces malheureux rescapés capturés alors par les sbires des Zanko-Khuigs, ces gardes immondes, pourritures en sursis eux aussi. Document pour propagation maximale car de l’intérêt de tous. Transcrit en juin 2022 par Raymond et Laura. Province Franki.

Le capitaine Fred Richardson, Freddy pour les intimes, c’est-à-dire en vrai, ses

deux

pouliches dont il gardera longtemps le souvenir le plus chaud à son coeur

pourtant blindé, mais maintenant blessé profondément, blessé à mort presque, car il savait maintenant par miracle ce qui était arrivé.

ce brave gars qui lui avait

sauvé sa peau au péril de la sienne, il y avait quelques années de ça, et ils étaient devenus des amis, ce qui est rarissime dans leur profession de militaire des

Forces noires. C’était lors de ce putain de traquenard où ils étaient tombés

poulettes qu’il préférait le plus ces derniers temps, Jolye et Cyntra

Les

Il était avec son lieutenant et ami, Joss Firley

Joss,

comme des cons, des bleusailles. Impardonnable, se maugréait-il sans cesse au souvenir de cette cagade, comme disait ces frenchmen du sud de leur country. Ce fut lors de l’attaque du PC de ces enfoirés de chiites iraniens, juste deux semaines avant de les rayer de la carte, eux et leurs ayatollahs de merde Ils avaient été les derniers sur la longue liste de ces pays de la région à être lessivés ; « Feront plus chier le monde, ces salopards, comme tous ces arabes de merde », pensait-il, il y avait de ça quelques jours encore. Il lui semblait maintenant qu’il y avait des siècles. Ils étaient là sur ce chantier en construction en vue du percement d’un tunnel, depuis guère plus d’une semaine maintenant, avec sa petite équipe de durs à cuires, spécialistes des coups tordus. Le patelin le plus proche de ce coin paumé d’Alabama, dans ce contrefort des Appalaches, était à plus de trois heures de gagnole vers le sud-ouest, et pour la question d’aller passer la soirée dans un bar ou s’envoyer une fille, c’était rapé, y avait que la cantine avec sa bière plus ou moins fraîche et le bordel ambulant classique avec ses éternelles radasses de tous les campements de cette sorte. « Si c’est pour se farcir une pouffiasse de ce claque merdique, autant se faire reluire tout seul », pensait-il en poussant un long soupir d’insatisfaction. Quel métier pourri, marmora-t-il entre les dents. Il était le chef de ce groupe faisant parti des Forces Spéciales et ne recevait ses ordres que de l’état-major, uniquement, et encore, ordres codés. Ils ne découvraient la mission que dans l’avion qui les transportait vers leur cible, y compris le matos dont ils auraient besoin. C’était la manie du secret de leurs pontifes depuis qulques années maintenant. Toutes les actions étaient préparées par des équipes spéciales qui n’avaient aucune chance du moindre contact avec les exécuteurs des missions. Ainsi, un équipage de bombardier recevait les coordonnées de leur cible qu’une fois loin du country, et ils n’avaient ainsi aucune idée de ce qu’ils allaient balancer sur la gueule de l’ennemi ; comme ça, pas de scrupules ni d’hésitations. Des centaines de milliers, voire des millions de personnes dispaissaient ainsi en fumée dans le plus absolu anonymat et l’indifférence générale. C’était devenu une horreur véritable, ça n’a plus rien à voir avec la guerre, pensa-t-il dégoûté, mais avec une immonde boucherie gratuite. Ils se recupéraient de leur dernier coup fourré en Corée, à Pyongyang plus exactement, où ils venaient avec succès de dégommer un important groupe de galonnés de l’état-major de ces macaques. Puis leurs nouveaux super bombardiers, les Black-Terror, de 436 tonnes de charge utile, étaient venus leur

jouer une sérénade à leur façon inimitable

les avaient rayé de la carte de

cette partie du monde

La base regorgeait déjà de matériels les plus variés, comme toujours. Pour l’armée il n’y avait jamais de restrictions budgétaires, c’était même une gabegie totale ; pendant, et il le savait, que des dizaines de millions de misérables crevaient de faim dans leur propre country. En plus de tous les engins de travaux publics inimaginables, il y avait des dizaines de camions de tous tonnages, et un énorme transport aérien, un Hercules BY-5oo, ces machines

gigantesques équipés de huit énormes réacteurs capables chacun d’avaler un

Ils

comme

tous les autres singes avant eux en fait.

camion ; ces monstres noirs ressemblent un peu à une gigantesque chauve- souris, pouvaient transporter près de 500 tonnes sur une distance de 31.500 km, ou faire le tour du globe sans escale avec un fret plus limité Ces engins étaient véritablement effarants ; chargés moyennement ils étaient capable de se poser et redécoller d’une prairie de seulement 800 mètres de long, ce avec l’aide de deux boosters de chaque côté, ainsi que leurs énormes et nombreux trains de pneus. Puis il eut un sourire de dérision quand il aperçut derrière ce mastodonte, un ridicule AF-380, l’avion mythe (alors) des européens, sourit-il de dédain. Quand je pense, se dit Fred, riant à demi, que cet engin sorti des ateliers il y a à peine huit ans de ça, fut la terreur de nos Cies, avec ses minables 150 tonnes. Ce qui avait valut une gueulante de leur président et conséquemment la concentration de leurs constructeurs en un gigantesque pool, d’où sortirent ces fabuleux bombardiers Black-Terror et la version transport, dérivée de ces monstres, les Hercules BY-500, comme celui-ci, ramenant ainsi rapidement au

bons qu’à

jacter, pensa-t-il

à tergiverser, bons

rancart, ou presque, les zings de ces européens aux grandes gueules

des

fiotes, tous autant qu’ils sont

toujours

qu’à jacter comme des gonzesses avec leurs diplomates mielleux et hypocrites, logique pour des faibles, dit-il tout haut avec mépris. De plus, ça le faisait marrer de se souvenir que durant un temps pas encore si

éloigné, il avait commandé une section de protection rapprochée des grands pontes de leurs grosses banques qui dirigeaient déjà le marché mondial, le

monde en fait. Il les avait vu alors, ces caïds aux attache-cases noirs comme

leurs costards et leur âme

toujours les mêmes, tous ces pourris de banquiers apatrides et sournois, les vrais

maîtres de monde ; que ce soit pour une réunion d’affaire d’une Cie, d’un

constructeur local, d’un Etat

vents Fred, et son pote Joss, n’étaient pourtant pas des enfants de coeur

on peut

pas dire. Le pitaine, un pur texan, allait allègrement sur ses quarante balais et tenait une forme exceptionnelle, avec une carrure de lutteur de foire, ses 1.96 m de hauteur et ses 99,5 kg de muscles, et pas un poil de graisse (il tenait toujours à préciser ces 500 g de plus à son poids, simple coquetterie). Le style bahut breton, une gueule au carré surmontée de cheveux noirs coupés ras, comme tous dans ces compagnies, et des yeux marrons foncés. Côté carrure il tenait de son père, sauf que son vieux était ramolli,

les mêmes encore chez ces européens pleins de

en avaient seulement une. Ils étaient toujours là,

s’ils

et

ventripotent, avachi par son unique passion de gagner toujours plus de ses maudits dollars ! Il le haïssait. Il faisait dans le pétrole, pas très loin de la ville d’Austin ; quelques puits au début, hérités de son père paysan comme lui. Dès lors il n’eut plus qu’une idée : tenter déposséder de leurs terres par les pires moyens les autres péquenauds comme lui, pour s’enrichir toujours plus. La chance lui avait souri, sauf qu’il devint complètement taré avec sa soif

inextinguible de son putain d’or noir

gagner toujours plus de fric, disait

Fred écoeuré, il serait capable de vendre sa femme. Sauf que sa vieille ne valait

pas un clou à l’argus. Sa mère, pensait Fred dégoûté, était une femme

Pour

quelconque, petite et effacée, insipide, avec toujours le nez dans ses bondieuseries. Elle était toujours fourrée dans son putain de temple d’Austin, au Central Presbytorian Church à East Eighth Street at Brazos, à prier pour l’âme corrompue de son mari ; et pour cela refilait du fric à l’autre fils de pute de pasteur, qui ayant senti la chose et la bonne poire, faisait allonger à la vieille de grosses sommes : « Meilleur moyen pour sauver l’âme en perdition de votre cher époux, ma fille », lui disait-il l’infâme : un jeune latino siropeux et collant comme la vérole sur le bas clergé. Sauf que son vieux, un jour fatal apprenant la chose, s’étranglant d’une rage mortelle, avait bien failli les buter tous les deux : sa conne de bonne femme et son vampire de maquereau onctueux et ruisselant d’hypocrisie et calculs vénaux. « Comme tous ces fils de putes de latinos de merde ! » que gueulait son vieux à s’en péter la glotte. Fred, qui était batti en hercule et était champion de foot de son université ; promit à son vieux que s’il touchait un cheveu de sa mère, il allait lui sortir ses tripes une par une. Son vieux, en vrai lâche et ayant peur de son fils, laissa tomber la partie ; pour le plus grand profit (temporaire) de l’onctueux latino. Pour enfin, un jour de ses seize ans, Fred foute le camp pour de bon de ce milieu de tarés ; laissant à leur destin le trio endiablé. Un aller simple ! Ce qui plus tard l’écoeura un max, mais bien trop tard, ce fut quand, un jour sur Internet qu’il s’informait en douce de sa hiérarchie, il réalisa que ce job dans les Forces spéciales était assentiellement fait pour défendre les intérêts privés de pourris comme son père ; clique d’infâmes charognards qui menaient la monde à sa perte. Tel était bel et bien ce monde pourri qu’il défendait, malgré ses illusions des débuts.

Je me suis fait enc

jusqu’au trognon, pensa-t-il amer.

Son pote, le Joss Firley, 32 ans, est d’un blond doré qui faisait littéralement se pâmer les gonzesses ; il est moins grand que lui de dix bons c