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Projet SMAP III- Tunisie (2006-2008) Stratégie de Gestion Intégrée de la Zone Côtière Sud du Grand Sfax 

Diagnostic de la zone côtière sud du Grand Sfax étendu aux Îles Kerkennah

Rapport préliminaire

Diagnostic de la zone côtière sud du Grand Sfax étendu aux Îles Kerkennah Rapport préliminaire Mars
Diagnostic de la zone côtière sud du Grand Sfax étendu aux Îles Kerkennah Rapport préliminaire Mars
Diagnostic de la zone côtière sud du Grand Sfax étendu aux Îles Kerkennah Rapport préliminaire Mars
Diagnostic de la zone côtière sud du Grand Sfax étendu aux Îles Kerkennah Rapport préliminaire Mars
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Diagnostic de la zone côtière sud du Grand Sfax étendu aux Îles Kerkennah Rapport préliminaire Mars
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Mars 2007

Diagnostic de la zone côtière sud du Grand Sfax étendu aux Îles Kerkennah Rapport préliminaire Mars
Diagnostic de la zone côtière sud du Grand Sfax étendu aux Îles Kerkennah Rapport préliminaire Mars
Diagnostic de la zone côtière sud du Grand Sfax étendu aux Îles Kerkennah Rapport préliminaire Mars
Diagnostic de la zone côtière sud du Grand Sfax étendu aux Îles Kerkennah Rapport préliminaire Mars

S O M M A I R E

 

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PRAMBULE ET CONTEXTE DE L’ETUDE

1

INTRODUCTION GENERALE

3

CHAPITRE I : Les enjeux socio-économiques et environnementaux des zones littorales

I. INTRODUCTION

6

II. LE LITTORAL DANS LE CONTEXTE INTERNATIONAL

6

III. LE LITTORAL DANS LE CONTEXTE MEDITERRANEEN

7

IV. LE LITTORAL DANS LE CONTEXTE NATIONAL

10

V. LE LITTORAL DANS LE CONTEXTE REGIONAL

14

CHAPITRE II : L’AMENAGEMENT DU LITTORAL DE SFAX DANS LES DOCUMENTS DE PLANIFICATION SPATIALE ET DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

I. INTRODUCTION

16

II. LE SCHEMA DIRECTEUR D’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

16

NATIONAL III. LE SCHEMA DIRECTEUR D’AMENAGEMENT DU GRAND SFAX

18

IV. LE SCHEMA DIRECTEUR D’AMENAGEMENT DES ZONES SENSIBLES DES ILES DE KERKENNAH :

22

IV-1. Les scénarios d’aménagement

22

IV.2 Le projet de Parc National

23

IV-2-1. Les principales composantes du projet

24

IV-2-2. Le contenu du parc

26

V. LES PLANS D’AMENAGEMENT URBAIN

28

V-1. Le plan d’aménagement urbain de la commune de Sfax

28

V-2. Le plan d’aménagement urbain de la commune de Thyna

31

V-3. Les plans d’aménagement urbain des localités urbaines à Kerkennah

33

VI.

LE PROGRAMME D’AMENAGEMENT COTIER DE SFAX

34

VII. LA STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU GRAND SFAX

36

VIII. LES ETUDES DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

40

VIII-1. Le programme régional de l’environnement de Sfax

40

VIII-2. Les actions environnementales à travers les rapports de l’état de l’environnement

43

 

CHAPITRE III : DIAGNOSTIC DE LA ZONE COTIERE SUD DU GRAND SFAX

I. INTRODUCTION

44

II. CAS DE LA ZONE COTIERE SUD DU GRAND SFAX

44

II-1. Délimitation de la zone de Sfax Sud et description générale

44

II-2. Sources de nuisances environnementales

46

II-2-1. La production d’acide phosphorique et d’engrais

49

II-2-1-1. Les rejets solides et liquides

52

II-2-1-2. Les émissions atmosphériques

55

II-2-2. Le transport et le trafic

60

II-2-3. Les bassins de margine à proximité du dépôt de phosphogypse de la ‘SIAPE’

62

II-2-3-1. Historique et description

62

II-2-3-2. Evolution de la gestion des margines au Gouvernorat de Sfax

63

II-2-4. Les décharges

66

II-2-4-1. La décharge de Thyna

66

II-2-4-1-1. Description générale

66

II-2-4-1-2. Les dioxines

69

II-2-4-1-3. Le nouveau système de gestion des OM en Tunisie Cas de Sfax

71

II-2-4-1-4. Travaux de réhabilitation de l’actuelle décharge de Thyna

73

II-2-4-2. La décharge de déchets inertes de la route du port de pêche

75

II-2-5. Les activités industrielles

78

II-2-5-1. La zone industrielle du port de pêche

80

II-2-5-2. La zone industrielle de Madagascar (ZIM)

85

II-2-5-3. La zone industrielle de Sidi Salem (ZISS)

89

II-2-5-4. La zone industrielle de Thyna

92

II-2-5-5. Unités industrielles intégrées dans le tissu urbain

93

II-2-5-6. Analyse des rejets liquides des unités industrielles

94

II-2-6. La station d’épuration de Sfax Sud

97

III- CAS DES ILES DE KERKENNAH

99

III-1. L’état du milieu marin

100

III-2. L’état du milieu terrestre

100

III-3. Les décharges d’ordures ménagères

101

III-4. Les activités pétrolières

102

IV. ATOUTS ET POTENTIALITES

103

IV-1 Cas de la zone côtière de Sfax Sud

103

IV-1-1. Les salines

103

IV-1-2. Le vieux port de pêche de Sfax

106

IV-1-3. Le Parc urbain de Thyna

108

IV-1-4. Le site archéologique de Thyna

109

IV-1-5. La zone humide de Thyna

111

IV-1-6. La zone de sauvegarde agricole de la commune de Thyna

113

IV-2. CAS DES ÎLES DE KERKENNAH

113

IV-2-1. Les parcs naturels

113

IV-2-2. Le développement durable de la pêche et de l’agriculture

114

IV-2-3. Le développement durable du tourisme

115

CHAPITE IV : LES PERSPECTIVES D’AMENAGEMENT INTEGREE DE LA ZONE COTIERE SUD DU GRAND SFAX

I. GENERALITES SUR L’AMENAGEMENT INTEGRE DES ZONES

118

COTIERES II. EVALUATION DES EXPERIENCES ACQUISES EN MATIERE

118

D’AMENAGEMENT INTEGRE DES ZONES COTIERES III. LES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX GLOBAUX DES ACTIVITES

121

SUR LA ZONE COTIERE SUD DE SFAX III-1. Pollution de la mer

121

III-2. Pollution des nappes d’eau

122

III-3. Pollution de l'air

122

III-4. Disparition ou dégradation des ressources marines

123

III-5. Disparition de sites de haute valeur naturelle et visuelle

124

III-6. Disparition de sites historiques et archéologiques

124

III-7. Accès public à l'espace et aux ressources

125

IV- LA ZONE COTIERE SUD DU GRAND SFAX : QUEL AVENIR ?

125

IV-1. Le cas de la ‘SIAPE’

126

IV-2. Le cas des bassins des margines

128

IV-3. Le cas de la décharge municipale

128

IV-4. Le cas des salines

129

IV-5. Le cas du parc national de Thyna

129

IV-6. Le cas du port de Chott El Kereknah

130

IV-7. La zone de sauvegarde agricole

130

IV-8. La route littorale Nord Sud

131

IV-9. La plateforme logistique

131

IV-10 L’écosystème côtier des Îles Kerkennah

132

V LA GESTION INTEGREE DE LA ZONE COTIERE SUD DU GRAND SFAX : UNE NECESSITE URGENTE !

133

CONCLUSION

135

Liste des Figures

 

Page

Figure n° III-1 : Délimitation du périmètre de l’étude.

46

Figure n° III-2 : Sources fixes de nuisances environnementales à la commune de Thyna.

48

Figure n° III-3 : Le site de l’établissement de transformation des phosphates

51

Figure n° III-4 : Illustration de la situation du dépôt de phosphogypse.

53

Figure n° III-5 : Caractéristiques géométriques du dépôt de phosphogypse.

54

Figure n° III-6 : Vue du dépôt de phosphogypse du côté des bassins de stockage des margines.

54

Figure n° III-7 : Projets TCSP ferroviaires proposés à moyen et long terme dans le Grand Sfax.

61

Figure n° III-8 : Illustration de la situation géographique des bassins des margines à proximité du dépôt de phosphogypse et actuellement délaissés

62

Figure n° III-9 : Caractéristiques géométriques des bassins des margines.

65

Figure n° III-10 : Vue sur les bassins de séchage des margines.

65

Figure n° III-11 : Emplacement de la décharge de Thyna.

67

Figure n° III-12 : Caractéristiques géométriques de la décharge publique

68

Figure n° III-13 : Dégagement des fumées de la décharge publique.

69

Figure n° III-14 : Emplacement de la décharge prés du port de pêche

75

Figure n° III-15 : Empreintes sur le plan d’aménagement de la ville de Sfax

77

Figure n° III-16 : Les zones industrielles de la zone d’étude Figure n° III-17 : A – Zones d’activité de chantier naval

79

B

Zone de services (administratif et commercial) et de traitement des

produits de la mer

80

Figure n° III18 : Vue à partir du port de pêche (zone A) vers la Zone Industrielle Madagascar au fond (en bleu unité SOCOMENINE)

81

Figure n° III-19 : zone d’activité de chantier naval : construction et entretien -‘zone A’ du port Figure n° III-20 : I : Rejet liquide illicite pollué d’un atelier d’entretien naval : sortie positionnée au dos de l’atelier vers le bassin portuaire.

82

II

: Déchets solides divers (bois, plastique, pneus, déchets de

démolition …) rejetés sur la rive de la zone A par les chantiers navals.

entreposés dans la partie de la ZIM mitoyenne au port de pêche.

84

Figure n° III-21 : La partie qui a été aménagée par l’AFI en 1973, couvre 18 hectares

85

Figure n° III-22 : I : Déchets solides et épaves de barques et bateaux de diverses tailles

II

: Etendu des lots et aspect marécageux du fait de l’aménagement

resté provisoire.

86

Figure n° III-23 : Carte de répartition actuelle des usines de la ZIM (J. Bouzid 2006)

87

Figure n° III-24 : Quai COTUSAL à gauche et quai pétrolier à droite au fond Figure n° III-25 : I : Unité de construction métallique et stockage anarchique de déchets divers à majorité métallique

87

II

: Débordement des activités sur la mer témoignant d’une occupation

mal contrôlée

88

Figure n° III-26 : Divers déchets sur la Côte Est de la ZIM du coté du port de pêche.

88

Figure n° III-27 : Carte d’occupation du sol de la Zone Industrielle Sidi Salem

89

Figure n° III-28 : Limites de la zone industrielle Sidi Salem.

90

Figure n° III-29 : quelques vues de la ZISS

91

Figure n° III-30 : Limites de la zone industrielle de Thyna

92

Figure n° III-31 : Illustration de l’implantation de la station d’épuration sud de Sfax

97

Figure n° III-32 : Localisation des îles Kerkennah (Source ; Image satellite - Google Earth)

99

Figure n° III-33: Localisation du champ pétrolier de TPS et le pipe se dirigeant vers Sfax

102

Figure n° III-34 : Carte de localisation des salins de Sfax

105

Figure n° III-35 : Terrains occupés par la saline (J. Bouzid 2006)

105

Figure n° III-36 : Localisation de Chott Et Kereknah

107

Figure n° III-37 : Le PAD de Chott Et Kereknah

108

Figure n° III-38 : Localisation du site archéologique

110

Figure n° III-39 : Zone humide de Thyna

112

Figure n° III-40 : Plan d’aménagement de la zone de Sidi Founkhal

116

Figure n° IV-1 : Exemples de parcelles agricoles à Thyna

131

Liste des tableaux

 

Page

Tableau I-1 : Situation des principaux écosystèmes côtiers tunisiens (in Rapport de l’Etat de l’environnement 1995)

12

Tableau III-1 : Production annuelle moyenne des unités de transformation de phosphate

49

Tableau III-2 : nature des matières premières et produits finis de la ‘’SIAPE’’

51

Tableau III-3 : Caractéristiques géométriques du dépôt de phosphogypse

53

Tableau III-4 : Valeurs limites et valeurs guides pour certains polluants dans l’air ambiant de la norme NT 106-04

58

Tableau III-5 : Comparaison des valeurs mesurées par la station Sfax CGT en juin et juillet 2006 à la NT 106-04

59

Tableau III-6 : Surfaces des bassins de stockage des margines limitrophes à la ‘tabia’ de phosphogypse

63

Tableau III-7 : principales actions pour la réhabilitation de la décharge de Thyna

74

Tableau n° III-8 : Les superficies des zones industrielles du littoral sud de Sfax

79

Tableau III-9 : Classification des unités réparties selon les zones industrielles

94

Tableau III-10 : Consommations et débits des unités branchées à l’ONAS

95

Tableau III-11 : Consommations et débits des unités non branchées à l’ONAS

96

Tableau III-12 : Consommations et débits des unités implantées dans la zone côtière sud du Grand Sfax

96

Tableau n° III-13 : Surfaces et natures d’occupation des différentes zones de l’aire de protection du site archéologique

111

Tableau IV-1 : Etat des lieux de mise en œuvre du plan de gestion intégrée du PAC de Sfax.

120

LISTE DES ABBREVIATIONS

ANPE

:

Agence nationale de protection de l’environnement

APAL

:

Agence de protection et d’aménagement du littoral

BEI

:

Banque européenne d’investissement

BM

:

Banque mondiale

CAR

:

Centre d’activité régionale

COTUSAL

:

Compagnie tunisienne de salines

CPG

:

Compagnie des phosphates de Gafsa

DAP

:

Di ammonium phosphaté

DBO

:

Demande biologique en oxygène

DCP

:

Phosphate bi calcique

DGAT

:

Direction générale de l’aménagement du territoire

EIE

:

Etude d’impacts sur l’environnement

ENIS

:

Ecole nationale d’ingénieurs de Sfax

GCT

:

Groupe chimique tunisien

MEDD

:

Ministère de l’environnement et du développement durable

MEDPOL

:

Programme de dépollution de la Méditerranée

METAP

:

Programme environnemental d’assistance technique pour la Méditerranée

MIEPME

:

Ministère de l’industrie, de l’énergie et des petites et moyennes entreprises

NGT

:

Nivellement général de la Tunisie

OM

:

Ordures ménagères

OMS

:

Organisation mondiale de santé

ONAS

:

Office National d’Assainissement

ONG

:

Organisation non gouvernementale

PAC

:

Programme d’aménagement côtier

PAEC

:

Parc d’activités économiques et commerciales

PAM

:

Plan d’action pour la Méditerranée

PAP

:

Programme d’actions prioritaires

PAU

:

Plan d’Aménagement Urbain

PB

:

Plan Bleu

PNUD

:

Programme des nations unies pour le développement

PNUE

:

Programme des nations unies pour l’environnement

PRE

:

Programme régional de

l’environnement

SDATN

:

Schéma directeur d’aménagement du territoire national

SDGS

:

Stratégie de développement du Grand Sfax

SIAPE

:

Société industrielle d’acide phosphorique et d’engrais

SIG

:

Système d’information géographique

SMAP III

:

Troisième programme d’actions à court et moyen terme pour l’environnement

SONEDE

:

Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux

STEG

:

Société tunisienne d’électricité et de gaz

STEP

:

Station d’épuration des eaux usées urbaines

TIC

:

Technologie de l’information et de la communication

TSP

:

Triple superphosphate

UE

:

Union européenne

UIOM

:

Unité d’incinération des ordures ménagères

WWF

:

Fond mondial pour l’environnement

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

PREAMBULE ET CONTEXTE DE L’ETUDE

La commune de Sfax en partenariat avec les 6 autres communes du Grand Sfax et la commune de Kerkennah est l’un des partenaires du projet intitulé « stratégie de gestion intégrée de la zone côtière (GIZC ou ICAM ‘’Integrated Coastal Area Management’’) pour la région de Kroumiri-Mogods et les municipalités du Grand Sfax en Tunisie ». Ce projet est financé par la communauté européenne dans le cadre du Troisième Programme d’Actions Prioritaires à Court et à Moyen Termes pour l’Environnement en Méditerranée (SMAP III), le bureau du PNUD de Tunis et l’APAL. Le Bureau WWF (World Wilde Found for Nature) Programme Méditerranéen a été chargé de l’exécution du projet avec le concours de Medcities.

L’objectif du projet, qui s’étale sur une période de 30 mois, est d’élaborer deux plans d’actions de gestion intégrée participatifs et concertés de la région côtière de Kroumiri-Mogods et du Grand Sfax. Ces plans seront utilisés comme un modèle pour le développement d’un plan national de gestion intégrée du littoral. Le projet vise à identifier des actions prioritaires pour promouvoir l’utilisation durable et intégrée des ressources côtières et marines en Tunisie tout en tenant compte des intérêts et des besoins des acteurs locaux et nationaux ainsi que les contraintes socio-économiques aussi bien que les interactions complexes de l’écosystème marin et côtier.

L’étude diagnostic de la situation actuelle de la côte sud de Sfax se positionne après la phase collecte de données qui a été réalisée durant la période allant de Mai à Novembre 2006 ainsi que celle de l’étude complémentaire sur les îles de Kerkennah achevée au mois de février 2007. Les documents issus de ces deux études sont par ailleurs les documents de base qui ont servi à la réalisation du présent diagnostic.

En effet, les documents issus de la phase de collecte des données tant pour la zone côtière sud du Grand Sfax que pour celle de Kerkennah réalisés successivement par MM. Jalel BOUZID et Taoufik MEGDICHE ont permis d’identifier les caractéristiques physiques et matérielles individuelles des différentes composantes de la zone du projet. Cependant, la présente étude du diagnostic va se consacrer à identifier les liens existants entre ces composantes dans une perspective de préparer par la suite les scénarios d’aménagement intégré de la zone.

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

Pour ce faire, nous avons procédé à la fois à la lecture approfondie des documents ‘’collecte de données’’ et ‘’étude complémentaire sur les îles de Kerkennah’’ d’une part et à la recherche d’autres informations d’ordre plutôt urbanistique et de développement intra et extra muros aussi bien pour les entreprises industrielles que pour les autres entités urbaines ou agricoles.

Le présent document que nous soumettons constitue la version préliminaire du rapport de diagnostic de la zone côtière sud du Grand Sfax prolongée aux îles de Kerkennah conformément aux termes de référence. Il sera évalué par le comité de suivi du projet en vue de prise en considération des commentaires soulevés dans la dernière phase (document définitif).

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

INTRODUCTION GENERALE

Dans le monde entier, l’attention est portée de plus en plus sur la zone littorale. En effet, espace fragile, vulnérable, limité et convoité, les zones littorales ont une triple vocation : elles constituent un espace naturel particulièrement précieux, d’un point de vue biologique, économique social et culturel, elles supportent une activité économique substantielle et ouvrent aux pays des voies de communication avec le reste du monde. Patrimoine naturel sensible, lieu important d’échanges économiques, espace privilégié pour l’implantation des activités commerciales et industrielles, champ d’actions de la politique énergétique, minière et portuaire, point de départ et zone d’attraction par excellence pour le tourisme. Les zones littorales soulèvent aussi de multiples problèmes, auxquels il s’agit de répondre au moyen de solutions spécifiques.

En Méditerranée, les problèmes croissants de la croissance rapide de la population, de l'urbanisation et de l'industrialisation le long de la frange côtière ont toujours devancé les mesures de contrôle de la pollution et de maîtrise de la dégradation de l'environnement malgré les efforts consentis. Les effluents d'industries implantées auprès des sites urbanisés rendent plus aigus les problèmes de pollution engendrés par une gestion inadéquate des déchets urbains, solides et liquides.

En Tunisie, long d’environ 1.300 kilomètres, le littoral est caractérisé par une grande variété de milieux et de paysages naturels ainsi que par un patrimoine archéologique de très grande valeur faisant face à de fortes pressions liées aux activités humaines

Grâce à sa richesse naturelle et culturelle et à la beauté de ses paysages dont les plus remarquables sont la zone humide et le site archéologique de Thyna, la zone côtière Sud du Grand Sfax possède un fort potentiel de développement durable.

Toutefois cette région souffre d’une dégradation de la qualité de l’environnement avec d’inévitables conséquences pour l’aménagement et le développement. La concentration des activités urbaines et économiques, l’utilisation inadéquate de l’espace, les déchets solides et liquides, les émissions atmosphériques et le déclin de la pêche ne sont que quelques-uns des thèmes que nous tentons de traiter selon une approche intégrée dans le présent travail.

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

Il est à rappeler que des études générales relatives à l’exploration de la situation environnementale dans le littoral sud de la ville de Sfax ont été faites. Cependant, des études relativement détaillées sur certaines options d’aménagement et de gestion des côtes sud restent à entreprendre.

Le projet de l’élaboration de la stratégie de gestion intégrée de la zone côtière Sud du Grand Sfax comporte plusieurs actions se rapportant à la zone d’étude mais qui font intégrer aussi les îles de Kerkennah.

Le choix par les responsables du projet d’inclure les îles du hasard. Ce choix s’explique par plusieurs raisons.

Kerkennah n’est pas le fait

D’une part, le littoral sfaxien et les îles de Kerkennah font partie du même ensemble géographique, le Golfe de Gabès ; celui-ci est un milieu physique fragile, vulnérable, aux ressources limitées, fortement convoité et qui connaît diverses formes de dégradation. En outre, les deux zones sont confrontées à plusieurs problèmes économiques similaires : un secteur touristique très peu développé, un secteur de la pêche en difficulté… .

Le choix d’inclure les îles de Kerkennah dans l’étude du projet traduit, aussi, une nouvelle approche du développement du Grand Sfax, qui a été exprimée notamment lors de l’élaboration de la stratégie de développement du Grand Sfax. Dans le nouveau contexte de la mondialisation on assiste à la montée en puissance du rôle des régions et des métropoles. L’ambition métropolitaine de Sfax implique une plus grande ouverture de la ville sur son environnement immédiat dont les îles Kerkennah.

Ainsi, l’objet de ce travail est de présenter, dans un contexte multi échelle, les caractéristiques environnementales principales de cette zone et de faire l'analyse de l'état actuel et futur en vue d'une utilisation plus rationnelle de l'espace en visant une préservation plus efficace de l'équilibre entre l'extension urbaine et industrielle et l’exploitation des ressources naturelles.

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

Les travaux consistent donc à :

engager une réflexion du développement urbain littoral allant du contexte mondial jusqu’au niveau local,

améliorer l’état de connaissance du site à travers un diagnostic de la zone côtière sud du Grand Sfax et des îles Kerkennah,

et synthétiser les diagnostics sous forme de recommandations et de conclusion.

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

CHAPITRE I

Les enjeux socio-économiques et environnementaux

des zones littorales

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

I. INTRODUCTION

La pression démographique, particulièrement la croissance des zones urbaines, associée à une expansion rapide de l'industrie et du tourisme dans les régions littorales et à une exploitation extensive des ressources marines, a suscité une inquiétude généralisée à l'échelle planétaire concernant le développement durable de ces espaces et leurs ressources naturelles et environnementales.

Les ressources du littoral sont utilisées et exploitées à des fins économiques et sociales :

urbanisation et infrastructures de transport, industrie et production d'énergie, tourisme et loisir, pêche et aquaculture. Ces activités sectorielles produisent des impacts sur l'environnement qui se combinent et se traduisent par la pollution des eaux marines et des nappes d’eaux, la pollution de l'atmosphère, la diminution des ressources marines et terrestres naturelles, la dégradation des sols, la destruction du patrimoine historique et architectural, l'entrave à l'accès public au rivage, et l'encombrement de l'espace. Des études récentes ont montré que les changements climatiques constituent une menace supplémentaire pour les régions littorales.

II. LE LITTORAL DANS LE CONTEXTE INTERNATIONAL

Dans le chapitre 17 du document "Agenda 21" de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement tenue à Rio de Janeiro en juin 1992 concernant la Protection des océans et de toutes les mers - y compris les mers fermées et semi-fermées - et des zones côtières, et la protection, l'utilisation rationnelle et la mise en valeur de leurs ressources biologiques, il a été constaté que: "Le milieu marin, y compris les océans et toutes les mers, et les zones côtières adjacentes, forme un tout et constitue un élément essentiel du système permettant la vie sur Terre. C'est un capital qui offre des possibilités de développement durable". Vu le fait que les régions littorales contiennent des habitats et des écosystèmes productifs, importants pour les établissements humains, le développement et la subsistance des populations locales, que plus de la moitié de la population mondiale est concentrée sur le littoral, et que cette proportion pourrait atteindre les trois quarts en 2020, cette Conférence a recommandé que de nouvelles approches intégrées à la gestion et à la mise en valeur des régions littorales soient développées aux échelles nationale, sous-régionale, régionale et mondiale.

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

Par ailleurs, les politiques visant à réduire la dégradation du littoral, fondées sur des approches sectorielles, se sont révélées inefficaces, n'ont fait que transférer les problèmes entre les ressources ou entre les produits et les services fournis par les régions littorales, et n'ont pas su aborder les impacts du développement littoral sur les ressources, considérés dans leur ensemble.

Dans ce contexte, le document "Agenda 21" de la Commission des Nations Unis pour l’Environnement et la Développement (CNUED) a invité à la promotion d'un processus adaptable et souple de gestion intégrée des ces régions. Un programme des mers régionales, qui englobe treize régions du monde, avec la participation de plus de 140 Etats et territoires côtiers,

a été mis en place en vue d’appuyer et de coordonner, aux échelles internationale, régionale,

sous-régionale, nationale et locale, la gestion rationnelle du milieu marin dans son ensemble, et

plus particulièrement des régions littorales.

III. LE LITTORAL DANS LE CONTEXTE MEDITERRANEEN

Les tendances à la dégradation de l'environnement en mer Méditerranée étaient déjà évidentes il y a plus de trois décennies, à l'époque où les pays riverains de la Méditerranée ont convoqué à Barcelone une réunion pour adopter le Plan d'Action pour la Méditerranée (PAM) en 1975 et la Convention pour la protection de la mer Méditerranée contre la pollution (la Convention de Barcelone) en 1976. Le PAM et la Convention de Barcelone se sont concrétisés

à travers une série de Protocoles, ainsi que des programmes conduits par les Centres régionaux

du PAM correspondants. Parmi ces programmes, le Plan Bleu (PB) et le Programme d'actions prioritaires (PAP), contribuant à la composante socio-économique du PAM, et le MEDPOL, conçu pour estimer le degré de pollution marine en Méditerranée, se placent parmi les plus importants. Le Programme pour l'Environnement dans la Méditerranée (PEM) a été lancé en 1988. Deux ans après, au sein de ce même programme, le programme environnemental d'assistance technique pour la Méditerranée (METAP) a été démarré par la Banque Mondiale (BM) et la Banque Européenne d'Investissement (BEI), en partenariat avec l'Union européenne (UE) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le METAP a pour mission d'engager des fonds de garantie pour assister les pays méditerranéens (surtout ceux des rives sud et est) dans leurs efforts pour élaborer des politiques, des programmes et des projets

d'investissement qui répondent efficacement aux contraintes de développement durable dans la région.

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

Le développement écologiquement soutenable est devenu la finalité fondamentale de la majorité des interventions dans les régions littorales méditerranéennes. La planification et la gestion intégrées des régions littorales est devenu un outil majeur de mise en œuvre du développement durable. Sa nécessité dans le bassin méditerranéen a été reconnue comme une priorité dans presque tous les programmes environnementaux lancés jusqu'ici en vue d'affronter la dégradation de l'environnement dans la région.

Considéré comme composante environnementale essentielle du système méditerranéen, le «littoral » a fait l’objet de nombreuses études et programmes d’activités dans le cadre du Plan d’Actions pour la Méditerranée (PAM).

Des études menées par le Plan Bleu, Centre d’Activité Régionale du PAM, ont fait le constat que les dégradations sur le littoral Méditerranéen sont irréversibles d’un patrimoine unique. Le littoral Méditerranéen, long de 46 000 km, espace convoité du développement, est un lieu d’implantation obligatoire ou privilégié pour de nombreuses activités, en même temps qu’un espace fragile et de grande valeur écologique, sociale et culturelle. Le cumul des pressions conduit à plusieurs formes de dégradations de l’environnement marin et côtier.

- Près de 40% du linéaire côtier est artificialisé,

- 80% du total des pollutions marines est d’origine tellurique,

- La moitié des villes de plus de 100 000 habitants n’est pas dotée de stations d’épuration, 60 % des eaux usées urbaines sont rejetées à la mer sans traitement,

- L’accumulation des substances toxiques persistantes (STP) dans les chaînes alimentaires est une cause d’inquiétude. Des niveaux supérieurs aux normes de l’OMS ont été mesurés localement,

- Les apports en nitrates ont doublé en 20 ans,

- Les plastiques représentent 75% des déchets trouvés au fond ou à la surface de la mer,

- Les apports solides à la mer ont diminué de 90% en 50 ans et l’érosion côtière affecte une grande partie du littoral,

- La pollution opérationnelle d’hydrocarbures qui a diminué suite à la réglementation se chiffrerait encore entre 100 000 et 150 000 tonnes par an,

- 500 espèces étrangères à l’écosystème méditerranéen ont été recensées,

- La dégradation des stocks de plusieurs espèces de poissons a entraîné des pertes d’emplois dans la pêche,

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Diagnostic

- Le développement de la navigation de plaisance concourt au bétonnage des côtes par les ports et marinas, à la pollution par les déchets solides et les rejets sans traitement dans le milieu marin et à la dégradation de la végétation marine du fait des mouillages,

- 104 espèces sont considérées en danger dont le phoque moine et les tortues marines,

- Plusieurs destinations touristiques ont connu des pertes importantes de revenus.

En vue de répondre à ces préoccupations, des programmes d’aménagement côtier (PAC) ont été introduits, comme des actions centrées sur des zones spécifiques, qui s'appuyaient sur l'intégration des connaissances et des expériences acquises à travers toutes les composantes du PAM.

Au sein du programme des PAC, plusieurs régions ont été choisies dans les pays méditerranéens intéressés et qui ont exprimé leur besoin de résoudre des problèmes environnementaux à court et à long terme (Croatie, Grèce, Syrie, Turquie, Tunisie - Sfax, Egypte, Albanie, Algérie, Maroc, Malte, Liban, Slovénie,

Au départ, les zones choisies et leurs problèmes ont été identifiés pour être typiques du littoral méditerranéen, afin que l'expérience soit transférable à une échelle plus large.

Les objectifs assignés aux programmes d’aménagement côtier sont donc les suivants:

- renforcer la coopération avec les autorités, les institutions et les experts, aussi bien locaux que nationaux,

- transférer les connaissances et les technologies internationales,

- fournir un appui à l'expertise, à la formation et à l'équipement minimum, surtout à l'attention des pays du sud de la Méditerranée,

- intégrer les techniques et les outils de gestion favorable vis-à-vis de l'environnement,

- travailler en collaboration avec les institutions internationales de financement,

- mettre en relief les problèmes de la zone choisie en les resituant dans un contexte national, régional et international plus large.

Les PACs ont été initialement conçus pour une durée de quatre ans, répartis en trois grandes phases :

- la phase préliminaire qui comprend la recherche et le recueil des données de base, la formation et la création des compétences nationales, la détermination des options et la formulation d'une proposition de programme,

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Diagnostic

- la phase qui comprend les actions de compréhension de l'écosystème, les actions

particulières de prévention ou/et de maîtrise de la pollution, l'introduction de la planification intégrée, l'élaboration d'études de faisabilité et de propositions de projet complémentaires à ceux identifiés dans la phase préliminaire,

- la phase de suivi, où des ressources supplémentaires, extérieures au projet, sont apportées

pour mettre en œuvre les actions.

IV. LE LITTORAL DANS LE CONTEXTE NATIONAL

Pour la Tunisie, la côte est d'une importance capitale. La majorité des activités économiques sont liées au littoral, en particulier le tourisme qui en dépend à 95 % et l’industrie

à 80%. Plus de 63 % de la population totale tunisienne habite dans des Gouvernorats côtiers.

En raison de son importance, la côte fait face à de fortes pressions liées aux activités humaines dont les plus importantes sont la construction des infrastructures qui perturbent les rivages naturels et détruisent les dunes de sable, aggravant de ce fait le phénomène de l'érosion

maritime, les eaux usées et la pollution maritime qui affectent les eaux côtières et les écosystèmes, la pollution atmosphérique qui est un problème dans les régions industrielles et les grands centres urbains, et les déchets solides qui constituent un risque pour la santé. D'autres problèmes sont liés à l'exploitation irrationnelle des ressources naturelles côtières.

Globalement, les données relatives au littoral national se présentent ainsi comme suit :

- 1300 km de côtes,

- 500 km de plage,

- 60 Iles de superficie variable,

- 70 zones humides littorales (Lagunes et Sebkha),

- Espace marin caractérisé par la richesse de ses écosystèmes et la présence d’herbiers de Posidonies (espèce-habitat d’importance capitale en méditerranée),

- Faible transit sédimentaire vers le littoral,

- Remontée du niveau de la mer (1 à 2mm/ans),

- 69.2% de la population est concentrée sur le littoral en 2004,

- 90% des activités touristiques (190milles lits en 2005),

- Ouvrages maritimes: Ports de pêches (41), Ports commerciaux (7), Ports de plaisances

(7), digues de protection du littoral,

- Déversement de rejets divers et de déchets dans les zones humides et en mer,

- Sur-exploitation des richesses halieutiques,

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- Non respect du Domaine Public Maritime et destruction des dunes par la construction, le prélèvement de sable,

- 37 zones industrielles qui couvrent plus de 80 % de la superficie globale.

En ce qui concerne la situation des principaux écosystèmes côtiers du littoral national, celle-ci est présentée dans le tableau ci-dessous.

En vue de répondre à l’ensemble des préoccupations se rapportant au littoral, l’autorité chargée de l’aménagement du territoire a entamé dès 1992 la mise en œuvre d'un plan d'action pour l'aménagement et la gestion du littoral dont l'objectif est d'assurer la durabilité du développement sur le littoral grâce à :

La protection du patrimoine naturel et culturel du littoral,la durabilité du développement sur le littoral grâce à : La valorisation du littoral et son

La valorisation du littoral et son intégration à l'ensemble du territoire et à son environnement régionalLa protection du patrimoine naturel et culturel du littoral, Cette démarche a abouti en 1995 à

Cette démarche a abouti en 1995 à la création de l'Agence de Protection et d'Aménagement du Littoral (APAL , loi n° 95-72du 24/07/95 ) et la promulgation de la loi n° 95-73 du 24/07/95 relative au Domaine Public Maritime.

L'APAL a comme attribution notamment :

D’exécuter la politique de l'Etat dans le domaine de la protection et de l'aménagement du littoral la politique de l'Etat dans le domaine de la protection et de l'aménagement du littoral ;

De protéger le domaine public maritime contre les empiètements et le reglement des occupations illicites,de la protection et de l'aménagement du littoral ; D’approuver les projets d'aménagement et

D’approuver les projets d'aménagement et d'équipement sur le littoral avant leurs exécutions. exécutions.

Une adaptation des normes et des législations de façon à favoriser l'atteinte des objectifs de gestion du littoral.illicites, D’approuver les projets d'aménagement et d'équipement sur le littoral avant leurs exécutions. 12

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Tableau I-1 : Situation des principaux écosystèmes côtiers tunisiens (in Rapport de l’Etat de l’environnement 1995)

Etat Ecosystèmes Situation actuelle Observation recensés P M D R Tabarka Menaces (risque de recul
Etat
Ecosystèmes
Situation actuelle
Observation
recensés
P
M
D
R
Tabarka
Menaces (risque de recul des côtes et
destruction des herbiers et raréfaction des
espèces de poissons)
de nombreux projets hôteliers implantés
ou en cours de réalisation.
La côte Nord
i)
Relief terrestre sauvage et très varié et
présence des forets denses.
Zone à faible pression humaine
ii)
Fonds marins riches et
non altérés
Bizerte
i) Pôle de développement économique.
ii) Grand port pétrolier et commercial.
Déversements des rejets industriels dans le
lac
iii) Industrie lourde : raffinerie,
métallurgie et construction navale.
iv)
Présence de plusieurs hôtels très
fréquentés en été
L'Archipel de
i)
Les fonds marins autour de l'île Zembra
Zembra
i) 260 espèces florales recensées.
déclarés "zone de protection biologique"
ii) Richesse en espèces benthiques.
en 1973.
iii) Présence d'espèces animales rares ou en
ii)
Parties terrestres de Zembra et
voie de disparition
Zembretta décrétées Parc National en
1977.
Tunis
i) Dégradation des plages.
i) Pression urbaine importante
ii) Phénomène d'eutrophisation et
ii) Première zone industrielle du pays.
dégagement d'odeurs nauséabondes dans le
iii) Rejets importants d'eaux chargées
lac Sud en été.
dans le lac Sud.
Lac Nord de Tunis
i)
Augmentation de la transparence de
l'eau.
ii) Absence des mauvaises odeurs.
assainissement et restauration en cours.
iii) Apparition de nouvelles espèces
végétales.
Nabeul Hammamet
Les plages montrent des signes de
dégradation à Hammamet
Pression engendrée par 110
établissements hôteliers soit 25% de la
capacité touristique nationale.
Hergla
La côte en situation d'équilibre précaire
Projet de développement
touristique en cours.
Sousse Monastir
La zone touristique la plus importante du
i) Erosion des plages à proximité de Sousse.
ii) Recul des falaises de Monastir.
pays avec surtout de nombreux ouvrages
en mer.
Sfax
i) Pollution des eaux de mer au
i) Deuxième pôle urbain de Tunisie.
large de Sfax.
ii) Nombreuses industries polluantes dont
ii)
Dégradation des herbiers de posidonies
les unités de traitement de phosphate.
et menaces contre la biodiversité.
Les îles de
Kerkennah
i) risque important d'érosion des plages.
Développement touristique menaçant
ii) Risques de transformation des paysages.
pour un écosystème fragile.
Golfe de Gabès
i) Rejets de phosphate en mer (12.800 t/j).
ii) Récession de l'agriculture littorale et de
la production halieutique.
i)
Ville industrielle et portuaire :
iii)
Morphologie des plages modifiée par les
phosphate.
aménagements portuaires.
ii) Importante activité de pêche.
iv)
Evolution négative des fonds marins
(régression des herbiers, envasement
)
Ile de Jerba
i) Sévère érosion et recul des plages.
ii) endommagement de certains hôtels
i) Développement touristique sur
construits au bord de l'eau.
des plages fragiles.
iii)
Abondon des vergers et prolifération de
ii)
Privatisation du littoral.
l'habitat anarchique.
Lagune de Blibane
i) Stabilité de l'écosystème.
i) Faible pression démographique.
ii) Richesse halieutique
élevée
ii)
exploitation contrôlée.

Avec : P : préservé. M : Menacé. D : Dégradé. R : Régénéré.

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Quant aux instruments juridiques, la Tunisie possède un dispositif juridique environnemental développé composé de nombreux textes législatifs et réglementaires (codes, lois, décrets, arrêtés) couvrant la majorité des aspects de la gestion de l'environnement et la préservation des ressources naturelles. Ce dispositif juridique national est constamment consolidé par les conventions et protocoles pris par la communauté internationale et/ou les pays de la région méditerranéenne, africaine, arabe et maghrébine au profit d'une meilleure protection de l'environnement et préservation des ressources naturelles.

Au niveau international, la Tunisie a adhéré à de nombreuses Conventions, Protocoles et Accords relatifs à la préservation de l'environnement et de la lutte contre la pollution de façon générale et plus particulièrement pour les milieux marins et côtiers.

Depuis sa création, il y a maintenant plus d’une décennie, l’APAL a réalisé les actions suivantes :

i. Etudes :

33 plans d'occupation des plages (POP),

31 esplanades côtières,

9 études de protection de la côte contre l'érosion marine,

17 études de zones sensibles,

8 études de réhabilitation de Sebkhas côtières,

6 études de gestion d'aires marines protégées.

ii. Participation à la réalisation de projets :

31 municipalités côtières aidées par l'APAL pour la mise en place d'esplanades côtières,

7 plages aménagées dans le cadre du programme POP,

Au total 7 campagnes de nettoyage menées depuis 1999. Elles ont concerné en moyenne 65 plages par an soit 100 km/an de linéaire de plage et 1800 ha de surface de plage nettoyée.

iii. Recherches : Exécution de deux projets pilotes :

réhabilitation, de la plage d'Aghir par recharge,

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réhabilitation des dunes bordières à Mahdia.

iv. Mise en place d’un observatoire du littoral,

v. Sensibilisation (journées d'études, diffusions radiophoniques, installation de tentes de l'environnement dans les plages publiques …).

V. LE LITTORAL DANS LE CONTEXTE REGIONAL

Le Golfe de Gabes s’étend au niveau du littoral de Ras Kaboudia au Nord de Sfax jusqu’à la frontière Lybienne qui correspond à un linéaire côtier d’environ 400 km. La partie marine comprend trois ensembles insulaires : Îles de Kerkennah, îles de Kneïss et l’île de Djerba. Ce littoral possède de grandes lagunes côtières (la mer de Bougharara et la mer de Bibane), des sbkhas et des zones humides très riches et réparties tout le long du littoral et dans les îles. De très nombreux oiseaux migrateurs fréquentent ces zones humides. Il a été noté par exemple qu’un quart de la population méditerranéenne de gravelots (petits limicoles) se concentrent dans le golfe de Gabes.

Concernant l’économie de la pêche, le golfe de Gabes occupe une place majeure pour la Tunisie : 75 % de crevettes, 49 % de poissons benthiques et pratiquement toutes les éponges y sont prélevées.

Le Golfe de Gabès est soumis aux différentes pollutions et dégradations d’origine anthropique, liées principalement au développement des activités urbaines, industrielles, à la pêche et au tourisme. Les causes majeures de pollution et de dégradation concernent :

- Les rejets de l’industrie des phosphates,

- La pêche (pratiques dévastatrices et surexploitations de certaines espèces),

- Les rejets divers (eaux usées urbaines, apports terrigènes par les oueds, etc …)

Pour faire face à cette situation, les autorités tunisiennes accordent actuellement beaucoup d'importance à la restauration des sites dégradés et à la gestion rationnelle des ressources, y compris la mise en place de programme de lutte contre la pollution.

C'est dans ce cadre que s'inscrit le projet de protection des ressources marines et côtières du Golfe de Gabès.

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L'objectif du projet est d'assurer que les préoccupations sociales et environnementales soient dûment prises en compte dans la gestion du Golfe de Gabès. Le projet contribuera à sauvegarder les ressources naturelles y compris l'eau et le sol. Il profitera également à plusieurs secteurs d'activités par la création de conditions naturelles favorables à leur développement.

Ce projet est constitué de 4 composantes:

Le renforcement du cadre institutionnel au niveau régional et local permettant une protection et une gestion efficace de la biodiversité marine et côtière du Golfe de Gabès;

Le renforcement des capacités humaines à tous les niveaux de l'échelle de décision, par une formation et une sensibilisation appropriée auprès de tous les intervenants et les acteurs concernés et par la mise en place d'une approche participative et la mise en oeuvre de plans de gestion et de programmes de recherche appliquée;

L'acquisition des connaissances et des données sur le Golfe de Gabès et notamment sur les sites pilotes retenus, afin de définir précisément les bases techniques et scientifiques des programmes de gestion proposés, les objectifs de résultats et les indicateurs de suivi;

La préparation de plans de gestion de la biodiversité pour 6 zones retenues en raison de leur importance vis-à-vis de la biodiversité globale, avec la mise en oeuvre des plans à titre pilote dans quatre sites prioritaires. Cette mise en oeuvre s'appuie sur une approche participative impliquant l'ensemble des communautés ou groupes d'intérêt concernés.

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CHAPITRE II

L’AMENAGEMENT DU LITTORAL DANS LES DOCUMENTS DE PLANIFICATION SPATIALE ET DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

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I. INTRODUCTION

En terme d’aménagement du territoire, le littoral du gouvernorat de Sfax a été traité en tant qu’entité géographique particulière dans le cadre des études du schéma directeur d’aménagement du territoire national et des études d’aménagement telles que :

- schéma directeur d’aménagement du Grand Sfax,

- schéma directeur d’aménagement de la zone sensible des îles de Kerkennah,

- schéma directeur d’aménagement de la zone sensible Mahres-Skhira,

- Atlas de Sfax.

En ce qui concerne notre zone d’étude, se rapportant au littoral sud de Sfax et aux îles Kerkennah, elle sera examinée dans ce qui suit, à travers les documents de planification de l’espace et de protection de l’environnement :

- schéma directeur d’aménagement du territoire national,

- schéma directeur d’aménagement du Grand Sfax,

- schéma directeur d’aménagement de la zone sensible des îles de Kerkennah.

- plan d’aménagement de la commune de Sfax,

- plan d’aménagement de la commune de Thyna,

- plans d’aménagement urbain des localités urbaines de Kerkennah

- le programme d’aménagement côtier du littoral Sud de Sfax,

- le programme régional de l’environnement de Sfax,

- la stratégie de développement du Grand Sfax,

- rapports de l’état de l’environnement en Tunisie

II. LE SCHEMA DIRECTEUR D’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE NATIONAL

Le schéma Directeur d’Aménagement du Territoire National (SDATN) constitue le cadre général que doivent respecter et dans la logique et les orientations duquel doivent s’inscrire les autres documents de planification spatiale des agglomérations urbaines et des autres zones.

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Nous avons examiné dans ce document plus particulièrement la place du littoral de Sfax dans les perspectives d’aménagement de Sfax. En effet, le projet de réhabilitation et d’aménagement des côtes nord de la ville de Sfax (projet Taparura), a été considéré comme un projet phare pour la métropole de Sfax (choisie selon trois critères de métropolité : une diversité fonctionnelle, un marche de travail suffisamment large et de qualité, un branchement direct sur l’économie mondiale). Il constitue le maillon le plus gros d’une chaîne d’actions réalisées, engagées et à venir tendant à améliorer l’environnement de Sfax, l’un des plus pollués de la Méditerranée. Le renforcement de l’ouverture de la ville de Sfax à l’extérieur a été envisagé par l’implantation d’une plateforme logistique de transport multimodal selon deux hypothèses nord ou sud comme le montre le schéma ci-après.

nord ou sud comme le montre le schéma ci-après. Figure n° II-1 : Parti d’aménagement de

Figure n° II-1 : Parti d’aménagement de Sfax selon le SDATN.

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Selon cette même étude, le site d’implantation de la Société Industrielle d’Acide Phosphorique et d’Engrais a été qualifié de future friche industrielle. Le sud de Thyna a été projeté comme zone archéologique et de parc.

III. LE SCHEMA DIRECTEUR D’AMENAGEMENT DU GRAND SFAX

Les schémas directeurs d’aménagement fixent les orientations fondamentales de l’aménagement des zones concernées. Ils assurent l’organisation de l’utilisation de l’espace en orientant l’implantation des différents projets et en oeuvrant à leur cohérence dans le cadre des perspectives de développement économique et social.

Le Schéma Directeur d’Aménagement du Grand Sfax, tel que approuvé par le conseil régional le 25 Mars 1999, a retenue le renforcement de la place de Sfax sur la base d’options nouvelles répondant à l’actuelle politique nationale en matière de développement et d’ouverture, d’aménagement et d’environnement. L’aménagement prescrit par ce schéma préconise les objectifs suivants

- valoriser l’image de la ville par, entre autres, l’insertion de Sfax dans l’économie mondiale et le nettoiement de son environnement urbain par une politique vigoureuse de dépollution,

- valoriser le littoral par la réconciliation de la ville avec son environnement marin.

- valoriser

l’offre

de

internationaux

sites

à

l’ensemble

des

promoteurs

régionaux

nationaux

et

- limiter l’étalement du Grand Sfax et rehausser le niveau d’équipement du Grand Sfax en dotant la ville en équipements et infrastructures répondant aussi bien à sa taille démographique qu’à son rang dans l’armature urbaine du pays.

La valorisation du littoral, selon cette étude, repose sur les actions suivantes :

- l’exécution du projet d’aménagement des côtes nord de la ville de Sfax couvrant un total de 360 ha,

- la création d’un parc urbain au littoral nord à Sidi Mansour,

- la réaffectation de la friche industrielle de la NPK,

- l’aménagement de la zone qui se situe au voisinage du plan d’eau de l’ancien port de pêche dit Chott El Kereknah,

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- réalisation d’un projet d’aménagement côtier intégrant les salines, le parc urbain de Thyna (57 ha ) et le parc archéologique à sauvegarder (130 ha),

- la réalisation du projet touristique de Chaffar,

- la création d’une voie de desserte et d’intégration littorale se reliant avec la rocade du km 11 au nord et au sud,

- la mise en œuvre des mesures de transfert de la SIAPE, la dépollution et la réaffectation du site (fermeture des unités, isolement ou déplacement des dépôts de phosphogypse…),

- éradiquer les sources multiples de nuisance dans la commune de Thyna (réaffectation de la décharge publique, des bassins des margines ),

- la reconversion d’une partie des salines à l’urbanisation.

Ainsi, l’étude préconise que l’ensemble des actions se rapportant au littoral devrait préparer la mise en œuvre de la réplique sud du projet Taparura, une réplique plus spécialisée dans les grands équipements, moins résidentielle et moins balnéaire que Taparura.

Sur le plan spatial, les objectifs du schéma directeur d’aménagement se traduisent par les projections illustrées par la Figure n° II-2.

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Diagnostic

SMAP III – Grand Sfax Diagnostic Figure n° II-2 : Schéma Directeur d’Aménagement du Grand Sfax

Figure n° II-2 : Schéma Directeur d’Aménagement du Grand Sfax

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IV. LE SCHEMA DIRECTEUR D’AMENAGEMENT DES ZONES SENSIBLES DES ILES DE KERKENNAH :

IV.1 Les scénarios d’aménagement

Les propositions d'aménagement ont été définies selon deux scénarios :

* Un scénario d'ajustement naturel.

* Un scénario d'équilibre écologique

Variante 1 : le scénario d'ajustement naturel.

Ce scénario repose sur des principes d'organisation tendancielle du développement

spatial observé aujourd'hui.

Par ailleurs cette variante repose sur les hypothèses de dynamisation du secteur

agricole et du développement touristique sous forme d'unités diffuses privilégiant l'approche

du tourisme écologique intégré et non zonaI.

En outre, ce scénario prévoit la protection des zones naturelles (les îlots) par la

délimitation de pan:s et réserves naturelles et la création d'un parc régional de loisirs à Sidi

Youssef. Le souci de protection des richesses archéologiques des îles, s'articule autour d'un

pôle central du fort de Bordj El H'ssar et se concrétise par la création d'un parc archéologique

de Circina Bordj El H'ssar.

Variante 2 : le scénario d'équilibre écologique (scénario retenu).

Ce scénario repose principalement du respect du milieu naturel et sur l’hypothèse de

dynamisation du secteur agricole et le développement du tourisme sur l’ensemble de

l’archipel tout en privilégiant l’approche de tourisme écologique intégré.

Les acteurs nationaux et locaux ont opté pour ce deuxième scénario. Cette proposition

d'aménagement préconise la dynamisation du secteur agricole (création de deux périmètres

irrigués) le développement du secteur touristique sous forme de petites unités diffuses sur

l'ensemble du territoire privilégiant l'approche de tourisme écologique intégré et non zonal et

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Diagnostic

la protection des zones naturelles (les petites îles) par la délimitation de parcs et réserves naturelles.

Le programme de cette variante s’appuie sur l’hypothèse :

d'une population stabilisée de l'ordre de 14000 à 15 000 habitants;

d'une agriculture revigorée par la réalisation de deux périmètres irrigués;

d'un secteur touristique rénové et dynamisé par une vision écologique privilégiant les produits touristiques à caractère ponctuel;

d'une politique de mise en valeur des sites arcl1éologiques de l'archipel, dont le pôle central s'articule autour du site du fort turc de Bordj El H'ssar par la création d'un parc archéologique de Circina- Bordj El H'ssar;

de la création de nouveaux ports de pêche, au Nord, et au Sud de Mellita, devant aider la dynamisation du secteur.

d'une démarche urbanistique très modérée visant notamment l'organisation spatiale des noyaux urbains non encore dotés de PAU.

Mais le point fort de ce scénario d’aménagement est indiscutablement la création d'un « Parc National sur les îles Kerkennah » dans la zone nord/est de l’archipel.

IV.2 Le projet de Parc National

Les principales justifications de la création d'un parc aux îles Kerkennah résident notamment dans la présence de « données naturelles et exceptionnelles, voire uniques » et « un patrimoine culturel et traditionnel riche et en parfaite harmonie avec les caractéristiques physiques du territoire ».

La création de ce parc national des îles Kerkennah vise notamment à:

préserver certaines potentialités ou valeurs écologiques et biologiques des îles et notamment les espèces protégées ou rares, écosystèmes originaux, ou encore présents

sur des superficies ou dans des localisations géographiques remarquables

;

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Diagnostic

promouvoir une gestion de l'espace adaptée tout à la fois à la préservation des "valeurs naturelles" et aux pratiques traditionnelles qui ont produit et entretenu le cadre de vie.

IV-2-1. Les principales composantes du projet

L’essentiel

du

projet

concerne

la

zone

nord/est

;

mais

plusieurs

actions

sont

préconisées aussi bien dans le reste de l’archipel que l’espace maritime qui entoure les îles.

a- La zone de protection marine et le « pré-parc »

L'archipel et les hauts fonds qui l'entourent sont deux espaces interdépendant qui constituent une unité fonctionnelle. De ce fait, il est proposé d'intégrer cet espace maritime dans le parc naturel par le biais de quelques mesures dont notamment la définition d'un périmètre correspondant sensiblement au tracé de l'isobathe -20 m et passant par l'axe du canal des Kerkennah. Cette délimitation doit permettre de maîtriser l'unité biocénotique de l'herbier à posidonies. Il s'y appliquera une réglementation très stricte:

■ Interdiction de mise en dépôt de produits de dragage, ou de matériaux, même stériles.

■ Interdiction de prélèvement de sables et granulats du rivage.

■ Interdiction de modification de la morphologie du fond.

■ Contrôle de fouilles archéologiques sous-marines.

■ Interdiction de navigation s'appliquant aux bateaux transportant des matières dangereuses en dehors des chenaux autorisés.

■ Réglementation de la pêche notamment en limitant l'activité à des techniques traditionnelles, en plafonnant le tonnage pêché par espèce et donnant la priorité aux pêcheurs insulaires

■ Dotation de moyens de surveillance (hélicoptères, vedettes, de cette réglementation spécifique.

b- Le secteur Nord Est

)

et de police pour le respect

Il s'agit de la zone devant abriter l'essentiel du parc naturel et où doit s'appliquer avec le plus de vigueur la "politique du parc". Elle comprendra:

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■ La préservation stricte de toutes les zones humides et, a fortiori, inondables, du secteur (inscrites au Domaine Public Maritime et frappées d'une servitude de non édificandi).

■ La préservation par une intervention foncière forte (acquisition prioritaire) des secteurs

littoraux exondés non encore banalisés: totalité du cap de Founkhal, face Nord - Ouest du cap de Bounouma, "radeau" situé entre la Sebkha Ferkik et Ennajet, les espaces libres situés en bordure littorale au Sud - Ouest d'El Attaya.

■La maîtrise foncière progressive des terrains non domaniaux et non bâtis situés dans une bande de 150 à 200 mètres à partir de la baisse des plus hautes eaux.

■ Les aides au maintien des agriculteurs dans les secteurs cultivés et notamment au Nord -

Ouest d'El Attaya. Ces aides pourrpnt prendre la forme de remembrements fonciers ou d’aides personnalisées à l'exploitation.

■ L'adoption une approche touristique sous formes d'unités diffuses (programme maximum de 1000 lits).

■ La restructuration des secteurs à urbanisation diffuse : dans les zones de Bounouma et de

Kraten, il faudra maîtriser le développement anarchique de l'habitat et prôner une meilleure organisation du bâti diffus existant. Les "coups partis" pourront être intégrés à des opérations d'hébergement léger, de loisir ou à toutes infrastructures d'accueil et de découverte liée à la

fréquentation touristique du parc;

■ La maîtrise de l'urbanisation diffuse de Chergui, Ennajet et El Attaya Sud;

■ Un programme de réhabilitation et de mise en valeur de l'habitat traditionnel ou, tout simplement, de l'habitat ancien;

■ La promotion des activités salinières d'El Abassia ou, du moins, mise en réserve des espaces nécessaires à l'extension de l'exploitation actuelle;

■ L'aménagement de sites d'observation et de découverte de la nature;

■ La promotion des activités de constructions navales, voileries, et tout artisanat lié à la mer;

■ La mise en valeur des Sebkhat (centre, musée des zones humides);

La création d'un "écomusée des pratiques agricoles".

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c- Les autres secteurs

Dans le secteur des îlots et presqu’îles : compte tenu de leur grande fragilité il est préconisé notamment l'interdiction de toute construction ou aménagement autre que ceux strictement nécessaires au maintien et à la préservation des équilibres écologiques et la prohibition de tout hébergement, et notamment le camping sauvage.

Le secteur de la zone d’Erramla est le plus urbanisé et le pus dense ; le SDA considère que secteur doit conserver cette vocation et accueillir la plus grande partie des infrastructures de valorisation de l’archipel. Mais certaines dispositions de protection sont proposées dont la restructuration du centre d’Erramla, la mise en valeur de la zone archéologique et la protection du littoral.

IV-2-2. Le contenu du parc

Les principales composantes et attributions du parc ont été définies comme suit:

* Une structure administrative ayant une représentativité (présidence, direction, conseil d'administration),

* Une fonction d'étude fine du milieu,

* Une fonction de formation, d'information et de promotion du territoire,

* La promulgation d’une "Charte" s'appliquant à l'archipel et recueillant l'adhésion des différents intervenants, qu'ils soient institutionnels ou non.

* Une fonction de contrôle et de participation à l'élaboration, la révision et aux modifications des documents de planification urbaine, du droit des sols et des schémas directeurs d'aménagement sectoriel.

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

SMAP III – Grand Sfax Diagnostic Figure II-3 : Délimitation de la zone du pré- parc

Figure II-3 : Délimitation de la zone du pré-parc (D’après SDA 1996)

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

* Une fonction de surveillance et de police en matière de protection de l'environnement, de

lutte contre la pollution

* La mise en réserve des zones les plus sensibles (flore, faune ou écosystèmes remarquables),

* La création de périmètres d'intervention foncière (PIF)

V. LES PLANS D’AMENAGEMENT URBAIN

Le plan d’aménagement urbain est un document de planification spatiale destiné à régler l’affectation et l’occupation du sol dans le but d’assurer aux habitants les meilleures conditions de vie. Il fixe les usages des zones, les densités des constructions, les tracés des voies et les règles d’urbanisme. Il peut se définir ainsi comme étant un instrument d e

planification urbaine qui réglemente les droits d’utilisation des sols dans les zones considérées.

L’étude des plans d’aménagement urbain des 7 communes du Grand Sfax (Sfax, Sakiet Eddaïer, Sakiet Ezzit, Chihia, Gremda , El Aïn et Thyna) a mis en évidence que la vocation de la ville de Sfax en tant que pôle économique a été hypothéquée par la pollution et le sous

équipement dans une situation de quasi-inexistence de réserves foncières. Cette même étude a cité la « coupure de la ville par rapport au littoral » parmi les dysfonctionnements les plus marquants de l’agglomération et qui constitue l’un des aspects les plus négatifs du fonctionnement de la ville. Ce fait, a été au fil des années la résultante de la pollution de la mer

par le phosphogypse, le renforcement des fonctions portuaires et le développement de zones industrielles en front de mer.

La création de la NPK et de la SIAPE et les rejets de phosphogypses, ont crée une situation irréversible, du fait de la pollution du milieu marin.

Nous examinerons dans cette partie les analyses et les orientations d’aménagement de la zone côtière sud du Grand Sfax telles appréhendées dans les deux plans d’aménagement urbain de la commune de Sfax et de Thyna, ainsi que les plans d’aménagement des localités urbaines de Kerkennah.

V-1. Le plan d’aménagement urbain de la commune de Sfax

La commune de Sfax, créée le 16 Juillet 1884, occupe une superficie de 5.578 ha, englobant une population de 265.131 habitants (représentant 56 % de l’ensemble de la population du Grand Sfax : 475.649 habitants) avec un nombre de logements qui atteint les

29

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

80663 logements selon le recensement de 2004. La révision du plan d’aménagement de la commune de Sfax a été approuvée en Décembre 2002. Le rapport de présentation de ce plan a mis en exergue l’importance du littoral qui représente potentiellement un atout économique et paysager qu’il importera de valoriser par le biais d’actions desserrement industriel, de transformation d’usage des espaces littoraux et surtout d’une politique délibérée de réduction de nuisances. En terme de contraintes, on relève plus particulièrement :

- l’occupation du littoral sud par les salines présente peu d’intérêt économique pour la collectivité,

- le tracé littoral de la voie ferrée risque de devenir de plus en plus contraignant dans l’optique d’une ouverture de la ville sur la mer.

Le

parti

d’aménagement

de

la

zone

côtière

sud,

d’aménagement, repose sur les aspects suivants :

conformément

à

ce

plan

- la rénovation de Chott El Kereknah en lui introduisant le caractère récréatif,

- le développement d’un axe central littoral en articulation avec le projet Taparura,

- l’aménagement d’une zone franche adjacente au port de pêche sur une partie de l’aire des cristallisoirs de la COTUSAL à desserrer (200 ha).,

- la création d’une zone de grands équipements entraînants et valorisants pour l’économie de la ville, limitrophe de la zone franche et occupant le reste de l’aire des cristallisoirs (200 ha),

- la réalisation d’une plateforme logistique au sud,

- le desserrement de l’abattoir et des cristallisoirs.

Les affectations des zones qui font partie du littoral sud sont ZC (SC1, ZC2), Ub, Ie, Zs et Ev. A ces zones, telles que montrées sur le plan d’aménagement indiqué dans la page qui suit, est applicable un canevas de quatorze articles donnant leurs caractères et réglementant les conditions d’utilisation et d’occupation du sol.

30

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

SMAP III – Grand Sfax Diagnostic Figure n° II- 4 : Extrait du plan d’aménagement urbain

Figure n° II- 4 : Extrait du plan d’aménagement urbain de la commune de Sfax

31

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

V-2. Le plan d’aménagement urbain de la commune de Thyna

Auparavant, zone agricole fertile, Thyna a connu le développement de l’habitat populaire sur des terres agricoles et, dans un deuxième temps, le développement d’unités industrielles attirées par la route nationale n°1 dite route de Gabes et la réalisation d’habitat social parallèlement à l’urbanisation de zone agricole de Aïn Fellat. La commune de Thyna a été crée le 19 Avril 1993 couvrant une surface de 3.040 ha et abritant 26.635 habitants avec 6.858 logements selon le recensement de 2004.

Thyna a accumulé les problèmes d’environnement avec la localisation, notamment dans sa partie nord, de l’usine d’industrie de phosphate, la station d’épuration, la décharge publique, le site de rejet des margines ainsi que les dépôts des ferrailles. A cela, s’ajoute les cônes de nuisance acoustique de l’aéroport de Sfax venant aggraver la situation de l’environnement dans la commune.

D’un autre côté, au sud de la commune se trouve le parc de Thyna s’étendant sur 57 km et englobant le champ des ruines de l’antique ville. Il s’ajoute au parc urbain, zone boisée d’environ 200 ha en bordure de la zone humide des salines. Le parc national de Thyna est une composante essentielle, sur laquelle repose la dépollution et la valorisation du littoral de l’agglomération du Grand Sfax.

Les orientations d’aménagement préconisées en relation avec le littoral se résument en :

- la protection des ressources foncières littorales : L’aménagement du front de mer de Thyna n’interviendra qu’à la fin de l’échéance du schéma directeur d’aménagement du Grand Sfax et après l’application des mesures de transfert de l’usine SIAPE et de la décharge. Par conséquent, la délimitation du périmètre d’aménagement de la commune de Thyna devra respecter les réserves foncières littorales,

- la projection d’une voie littorale de structure devant servir de voie rapide d’accès au centre de la ville de Sfax.

32

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

SMAP III – Grand Sfax Diagnostic Figure n° II- 5 : Plan d’aménagement urbain de la

Figure n° II- 5 : Plan d’aménagement urbain de la commune de Thyna

33

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

V-3. Les plans d’aménagement urbain des localités urbaines à Kerkennah

L’ensemble du territoire de l’archipel forme une commune unique, celle de Kerkennah, mais chaque localité importante dispose de son propre plan d’aménagement.

Actuellement 6 localités ont des plans approuvés ; dans 2 autres localités les plans sont en cours d’élaboration.

Tableau II-1 : L’état des plans d’aménagement urbain en 2007

Localité

Etat

Remla

Plan approuvé en juillet 2005

Ataya

Plan approuvé en juillet 2005

Mellita

Plan approuvé en juillet 2005

Ouled Kacem

Plan approuvé en juillet 2005

Ouled Yaneg

Plan approuvé en juillet 2005

Sidi Youssef

Plan approuvé en juillet 2005

Sidi Frej

En cours de révision

Sidi Founkhal

En cours d’élaboration

Les diagnostics établis dans les études des plans d’aménagement des différentes localités mettent l’accent sur les principaux problèmes suivants :

un niveau d’équipement variable selon les localités, mais le plus souvent insuffisant surtout en dehors d’Erramla ;

un réseau de voirie insuffisant ;

Une faible densité d’habitat

une croissance urbaine souvent incontrôlée

une prolifération des constructions le long du littoral, souvent sans respect des règlements d’urbanisme relatifs au littoral qui interdisent, notamment de construire à une distance

34

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

inférieure de 25 mètres à partir du DPM dans les zones couvertes par des PAU et à une

distance inférieure à 100 mètres en dehors de ces zones.

Les PAU ont pour principal objectif de permettre aux zones concernées de se

développer dans un cadre urbain cohérent. Pour les localité de l’archipel il s’agit surtout

d’adapter les plans d’aménagement aux réalités locales et aux nouvelles orientations

nationales en matière d’urbanisme, par une série une série d’actions dont :

la limitation de l’extension urbaine

la protection des zones littorales

la préservation des zones agricoles périphériques

la restructuration des anciens noyaux

l’amélioration du niveau d’équipement et d’infrastructure des différentes localités

Mais l’application des règlements d’urbanisme pose beaucoup de problèmes. En effet,

la gestion de 8 plans d’aménagement est extrêmement difficile pour la mairie.

Le principal problème est le manque de moyen pour une mairie unique couvrant l’ensemble de l’archipel qui s’étend sur plus de 15000 ha. C’est le périmètre communal le étendu de tout le pays avec un réseau de pas moins de 14 localités.

VI. LE PROGRAMME D’AMENAGEMENT COTIER DE SFAX

Reconnu en tant que l’un des espaces les plus pollués du bassin méditerranéen, le littoral de Sfax classé comme zone majoritairement urbaine, a été retenu comme zone d’étude prioritaire et a fait l’objet de l’accord relatif au Programme d’Aménagement Côtier (PAC) pour la zone de Sfax, établi entre le Gouvernement tunisien et le PNUE.

Commencé en 1994 et clôturé en 1998, le programme a réalisé 10 activités :

1. Préparation

d’un

inventaire

des

polluants

marins

d’origine

tellurique

et

des

polluants industriels,

 

2. d’un

Préparation

programme

de

surveillance

et

de

recherche

pour

la

zone

de Sfax,

 

35

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

3. Etude de l’impact des changements climatiques prévus,

4. Préparation d’un plan national d’urgence pour la zone de Sfax

5. Mise en place d’installations de réception portuaires

6. Préparation d’un plan de gestion des ressources en eaux : étude de la nappe souterraine, propositions pour la surveillance continue, mesures de réhabilitation, proposition de programme de gestion,

7. Aires spécialement protégées et protection des sites historiques : étude sur la protection et la gestion de la Médina de Sfax et sur la protection et la gestion du Parc de Thyna,

8.

Etudes

développement.

prospectives

comportant

notamment

des

scénarios

environnement

/

9. Formation aux instruments et techniques de gestion des zones côtières (EIE, SIG, capacité d’accueil de complexes touristiques) et application de ceux ci,

10. Préparation du plan de gestion intégrée de la zone côtière,

En ce qui concerne la zone côtière Sud du Grand Sfax, selon les études menées dans le cadre de ce programme, l’état des lieux ainsi que les aménagements proposés sont récapitulés dans le tableau suivant :

36

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

Tableau II-2 : Etat des lieux et aménagements proposés selon le PAC de Sfax.

Section

Type de côte

 

Etat actuel de la mise en valeur

Aménagement

 

littorale

proposé

Port de

 

Sert pour les exportations (quai des phosphates, quai de chargement du sel, etc.) et les importations de marchandises diverses, en plus du quai des conteneurs.

 

commerce.

Côte aménagée.

 

(2 km)

     

Fait l’objet

d’aménagement en cours de réalisation par la municipalité. Le caractère populaire et récréatif

d’un

schéma

Chott

El Kréknah

Ancien

pêche.

central

port

Site

à

de

quasi

environ

le

transfert du port de pêche.

Plans d’eau

laissés

après

(0,5 km)

100

mètres

de

la

devrait être préservé et renforcé. Espace devant être protégé de toute utilisation touristique de grande envergure telle que les hôtels.

municipalité.

 

Alentours aménagés en esplanades. Fonds dépollués.

Du port de pêche jusqu’à l’embouchure de l’oued El- Maou. (6 km)

Côte basse.

 

Comprend essentiellement l’espace initialement réservé à l’extension du port de pêche(projet abandonné) et en cours de remblaiement, ainsi que les cristallisoirs des salines. Côte polluée.

L’importance de la superficie de cet espace. Sa position péri-centrale pourrait le destiner à abriter une zone franche ou à accueillir, à long terme, l’extension urbaine future de la ville, une fois les cristallisoirs déplacés au Sud de l’embouchure de l’oued El- Maou.

De l’embouchure de l’oued El – Maou à la prise d’eau des marais salants (10 km)

Côte

basse,

avec

Côte fortement polluée par le rejet liquide très chargé de la SIAPE et de la STEP sud. Dépôt de phosphogypse proche de la mer dépassant 60 ha . Côte interdite à la baignade. Pêche côtière de faible rendement.

L’aménagement d’un Parc National sur ce site est envisagé, et ceci après la délocalisation de la SIAPE et la mise en place d’un long émissaire en mer pour les eaux usées domestiques.

zone intertidale

importante.

 

De la prise d’eau des marais salants au sud du site archéologique Thyna (7 km)

Côte

basse,

avec

Aménagée actuellement en aires d’évaporation pour les salines de Thyna. Côte polluée et mal protégée. Abrite une très forte population de limicoles et d’échassiers, un important site archéologique romain (Thaenae) et un parc boisé.

L’aménagement d’un Parc National sur la totalité du site est envisagé, et ceci après la délocalisation de la SIAPE et l’éradication de toutes les autres sources de pollution.

zone intertidale

importante.

 

VII. LA STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU GRAND SFAX (SDGS)

La stratégie de développement du Grand Sfax, commencée en Novembre 2002 et

achevée en Juin 2005 a été menée par la commune de Sfax et les six communes avoisinantes

(Sakiet Eddaeïr, Sakiet Ezzit, Chihia, Gremda, El Aïn et Thyna). Elle a été élaborée en

s’appuyant sur l’approche participative (plus de 5.000 personnes ayant participées à

l’élaboration de cette stratégie : Coopération internationale décentralisée à travers des experts

Globalement, cette

internationaux, Administrations, université, experts nationaux, ONG,

).

37

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

démarche de planification concertée à l’horizon 2016, a retenue quatre axes directeurs de développement parmi lesquels figure l’aménagement urbain conçu dans une perspective de métropolisation privilégiant le littoral et plus particulièrement sa partie sud visant à l’aménager et la valoriser :

L’axe développement économique,

Mise en forme : Puces et numéros

Mise en forme : Puces et numéros

L’axe renforcement et développement des infrastructures de base,

L’axe dépollution et amélioration du cadre de vie,

L’axe aménagement urbain, conçu dans une perspective de métropolisation.

Dans le cadre de ces axes directeurs, 15 projets ont été identifiés et dont la réalisation a été recommandée. Ces projets sont indiqués dans le tableau qui suit :

Tableau II-3 : Affectation des projets stratégiques par axe directeur

Axes

Directeurs

Développement

Renforcement et

développement des

Dépollution et

Aménagement urbain dans une perspective de métropolisation

économique

infrastructures de

 

base

amélioration du cadre de vie

 

Technopôle

Port

   

informatique TIC

Aéroport

Lutte contre la

Mode de

développement

Pôle agricole

pollution et

urbain littoral

Projets stratégiques

agroalimentaire

biotechnologie et

santé,

Plate - forme logistique

Transport en

Embellissement

de la ville

Aménagement et valorisation du

littoral

PAEC

Site Propre

Préservation

Infrastructures d’appui aux activités culturelles

des ressources

Institutionnalis -ation du cadre métropolitain.

Développement Touristique et de Loisirs

naturelles

 

Festival international de la musique méditerranéenne

 

Dans le cadre de ce processus, pour chaque projet stratégique identifié, une fiche descriptive a été élaborée. Nous présentons des extraits de ces fiches qui concernent directement la zone côtière sud du Grand Sfax, a savoir « aménagement et valorisation du littoral sud » et « lutte contre la pollution » (respectivement Tableau I-7 et Tableau I-8)

38

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

Tableau II-4 : Fiche de projet « Aménagement et Valorisation du Littoral Sud »

Site

 

Littoral sud :

du port de commerce jusqu’à la limite sud des salines.

 

Réhabiliter, aménager et valoriser le littoral et ce en :

 

Eliminant les sources de nuisances et en adoptant des actions curatives relatives aux

Eliminant les sources de nuisances et en adoptant des actions curatives relatives aux
 

Mise en forme : Puces et numéros

 

sites dégradés,

 

Nature et

Gérant de façon rationnelle les potentialités existantes (naturelles, historiques, en

 

description du

biodiversité,…),

 

projet

 

Elaborant un programme d’occupation spatiale tenant compte de l’ensemble de ces

 
 

composantes (Chott El Kreknah, zone Madagascar, salines, décharge publique, bacs de séchage des margines, SIAPE et son terril de phosphogypse, parc urbain, site archéologique,…,).

 

Réaliser la complémentarité fonctionnelle et paysagère entre le littoral nord et celui sud,

 

Améliorer la qualité de vie et les conditions sanitaires de la population,

 

Objectifs

spécifiques

Répondre aux besoins du Grand Sfax en espaces réservés aux grands équipements,

Retenir l’option d’un développement éco – touristique pour la zone humide de Thyna couplée à l’utilisation optimale des richesses culturelles (site archéologique de Thyna).

 

Tableau II-5 : Fiche de projet « Lutte Contre la Pollution »

 
 

Proposer d’une part des actions curatives pour pallier aux méfaits cumulés d’une pollution multi – nature, d’origine majoritairement industrielle dépassant largement les normes et d’autre part des actions préventives pour les décennies à venir.

 

Il s’agit :

De pousser la réflexion sur la délocalisation des activités de la SIAPE en comprimant largement les délais d’exécution du programme proposé à cette fin,

 

Nature et

description du

D’effectuer une Audit en vue d’améliorer les procédés de fabrication des unités insalubres, incommodes et dangereuses (chimiques, plomberie, savonneries,…),

projet

De traiter les émissions portant atteinte à l’environnement et plus particulièrement en imposant d’une part aux unités ayant déjà bénéficié du FODEP.

D’intégrer les petites zones industrielles dans le pays age urbain, action à entreprendre avec les GMG,

De dépolluer les espaces souillés (littoral sud,…).

 

Assurer au Grand Sfax une durabilité environnementale,

 

Réduire largement les taux de pollution et se rapprocher sensiblement des normes,

Objectifs

Réhabiliter et aménager les sites fortement dégradés des espaces littoraux,

spécifiques

Améliorer la qualité de vie des citoyens et leurs conditions sanitaires,

Agir positivement sur le cadre de vie.

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

En ce qui concerne la secteur du transport et surtout le développement de site propre pour le Grand Sfax, la fiche projet 4 ‘’Mode de Transport en Site Propre’’ a récapitulé les principales composantes du projet résidant en un métro léger.

Tableau II-6 : Fiche projet 4 : Mode de Transport Site Propre

 

Prescrit par le PAU de 1977,

 

Retenu par les PAU actuellement en vigueur,

Références

Préconisé et argumenté par diverses études (Plan directeur régional de transport du Grand Sfax 1998, le PAC de la zone de Sfax 1998, Etude de la circulation dans la ville de Sfax 2000).

 

Ligne Nord Est,

 

Ligne Sud : Soukra Thyna,

Lignes et tracés projetés

Ligne de Gremda,

Ligne de Menzel Chaker.

 

Développer un mode de transport durable en vue de :

Résoudre le problème de circulation dans la partie centrale et sur les radiales améliorant, par là, la meilleure fluidité,

Nature et description du projet

Réagir face à la poussée de la V.P et à la régression des T.C,

Répondre à une demande réelle et potentiel le non satisfaite par le réseau de la SORETRAS,

 

Assurer une rentabilité collective avec des possibilités d’une mobilité des usagers à moindres coûts.

 

Infrastructure visant :

 

La maîtrise des aires et du champ de déplacements des ménages,

Objectifs spécifiques

La réduction du déséquilibre au niveau du partage modal,

Le développement d’un mode garant d’une efficacité économique, d’une équité sociale, d’une sauvegarde de l’environnement et d’une régulation de flux.

Etat du projet

En programmation

 
 

Phases

Périodes

Contenu

Phase 1

Immédiat

Elaboration des études nécessaires mettant à profit des ressources allouées (3 milliards) dans le cadre du X ième PDES,

Périodes et contenu des étapes de réalisation

Inscription du projet TSP dans le cadre du XI ième PDES.

Phase 2

2007 - 2011

Exploitation de la voie ferrée actuelle pour les déplacements urbains centre-ville Sakiet Ezzit et centre-ville Thyna,

Réalisation des deux lignes Nord et Sud

40

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

 

Phase 3

2012 - 2016

Réalisation des lignes Gremda et Menzel Chaker

 

- MEHAT,

Acteurs intervenant au niveau de la conception et de la réalisation

- MACT,

- Communes du Grand Sfax,

 
 

- Opérateurs / Exploitants.

Coûts du projet

A déterminer par des études.

 
 

- Km linéaires réalisés,

 

Indicateurs d’exécution

- Evolution des investissements affectés à la mise en place de l’infrastructure liée au T.S.P

 

- Nombre de voyageurs transportés,

 

Indicateurs d’impact

- Nombre de Km effectués,

 

- Vitesse commerciale.

Projets et actions complémentaires

- Aménagement du littoral nord et sud,

 

- Actualisation des études des plans de transport.

VIII. LES ETUDES DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

VIII 1. Le Programme Régional de l’Environnement de Sfax

Le Programme Régional de l’Environnement (PRE), coparrainé par le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) et le Ministère de l’Intérieur et du Développement Local (MIDL), a été lancé au courant de l’année 2003. Ce programme vise une meilleure prise en compte des aspects environnementaux au niveau des Gouvernorats. Il a été une occasion pour identifier les questions environnementales à chaque secteur de développement économique et social. C’est aussi que le PRE reflète en partie la préoccupation du développement durable de la région. En vue de leur intégration dans les Plans Régionaux de Développement, le PRE représente une base pour la préparation du XIème Plan de développement économique et social (2007-2011).

En ce qui concerne le Gouvernorat de Sfax, les objectifs globaux aux niveaux économique, social et environnemental de la région retenus par la stratégie régionale d’environnement et validée par le conseil régional de Sfax le 29 Juillet 2004 sont :

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

Sfax région durable : La région aura des villes ouvertes sur la mer, dynamiques, attractives et prospères, bien desservies par un réseau routier et une infrastructure aéroportuaire. Les villes de Sfax seront dépolluées et propres.

Mise en forme : Puces et numéros
Mise en forme : Puces et numéros

Mise en forme : Puces et numéros

Sfax métropole à pouvoir de décision : la Métropole sera dotée d’un pouvoir de décision réelle dans le cadre de la décentralisation

Ressources naturelles préservées : Les ressources terrestres et maritimes seront préservées.

Sfax région touristique : Sfax sera une région touristique où toutes les formes

d’activités

touristiques y sont développées.

Sfax ayant un meilleur cadre de vie : Sfax sera une agglomération propre avec beaucoup de verdure et d'eau où la circulation est fluide, et le civisme est exemplaire avec la sécurité bien assurée

Les domaines d’intervention retenus se rapportent à :

La pollution,

L’aménagement du territoire,

L’aménagement du littoral,

Les ressources naturelles,

Les aspects institutionnels et juridiques,

Le développement économique,

La société civile et les aspects sociaux,

Le transport et la circulation,

Le financement

Mise en forme : Puces et numéros

Mise en forme : Puces et numéros

Nous avons analysé, dans le cadre de ce projet, l’ensemble des actions qui concernent directement notre zone d’étude qui est le littoral sud du Grand Sfax, et ce, dans les domaines d’interventions relatifs à la pollution, l’aménagement du territoire et l’aménagement du littoral dans l’objectif : Sfax région durable. Le tableau ci-après récapitule l’ensemble des actions envisagées :

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

Tableau II-7 : Principaux résultat du programme régional de l’environnement de Sfax.

Domaine d’intervention et option retenue

Actions et programmes proposés

Mesures d’accompagnement

 

Mise en place d’un observatoire régional de l’environnement

Mise en place d’un programme de renforcement des organes de contrôle des rejets industriels et de l’occupation des sols.

Réhabilitation de l’ancienne décharge de Sfax

 

Elaboration d’un Plan Régional de Mise à niveau des unités industrielles, sa mise en oeuvre et son suivi

Renforcement du contrôle des unités industrielles polluantes.

La pollution

 

1) Mise en place des systèmes de prétraitement pour toutes les sources de pollution (Atmosphérique, hydrique et solide

Réhabilitation des bassins d’épandage des margines Sfax-Thyna ,

2) Renforcement du contrôle visant la réduction de la pollution sous toutes ces formes (Atmosphérique, hydrique, solide, phonique, olfactive et paysagère).

Préparation de Plans de Réhabilitation des sites dégradés (ancienne décharge, bassins de margines)

Aménagement du site et son équipement en vue de son utilisation comme espace récréatif et de loisir

 

Elaboration et mise en oeuvre d’un programme de réhabilitation des Zones Industrielles et leur intégration dans le tissu urbain.

1-Réalisation du projet Taparura

2- Programmes spécifiques pour la propreté et l’esthétique urbaine

Création d’un pôle nature et patrimoine à Thyna

1) Aménagement de nouvelles zones industrielles.

Aménagement du

 

1) La réhabilitation du site archéologique de Thyna.

territoire

Mise en place d’un plan d’aménagement - intégré du littoral sud avec parc urbain, espace de loisir, éco-tourisme, activités récréatives, hôpital universitaire, citée des

sciences, bibliothèque inter-universitaire, centre ornithologique

2) aménagement du parc naturel et culturel de Thyna

3) Valorisation de l’héritage culturel, historique et artistique par la création de musées

 

4) Valorisation des atouts naturels par la création d’un écomusée

Aménagement du

Mise en place d’un plan d’aménagement - intégré du littoral sud avec parc urbain, espace de loisir, éco-tourisme, activités récréatives, hôpital universitaire, citée des

1-Programme de revalorisation des ressources naturelles du littoral sud de Sfax.

littoral

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SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

sciences, bibliothèque inter-universitaire, centre ornithologique

2- Programme de dépollution du littoral Sud.

3-Développement d’activités récréatives : Création de parc urbain, parc nautique, piscine et espace de loisir.

VIII-2. Les actions environnementales à travers les rapports de l’état de l’environnement

Le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable publie chaque année un rapport national de l’état de l’environnement en vue de fournir les informations sur les divers aspects environnementaux et les réalisations qui sont accomplies dans les domaines de promotion de la qualité de vie. De 1993 à 2005, 13 rapports ont été publiés. Nous avons examiné le contenu de ces rapports dans l’objectif de situer Sfax et plus particulièrement la zone côtière sud dans les divers domaines d’intervention nationaux, soit en terme de résultats d’analyses faites dans les différents rapports, soit en terme d’actions entreprises ou réalisées. Il ressort de cette analyse les éléments suivants :

Dépollution industrielle : plusieurs rapports mettent l’accent sur la fermeture de

Mise en forme : Puces et numéros
Mise en forme : Puces et numéros

Mise en forme : Puces et numéros

l’usine NPK, la réhabilitation et l’aménagement des zones industrielles Poudrière I et II situées au littoral nord de la ville de Sfax et le projet d’aménagement des côtes nord : Taparura (études, recherche de financement, exécution des travaux prévus ),

Déchets solides : réalisation de la décharge contrôlée, commencement des

travaux pour la réalisation des centres de transfert, étude de fermeture et d’aménagement de la décharge de Thyna,

Déchets liquides : réalisation de la station d’épuration nord et réhabilitation et

extension de la station d’épuration sud de Sfax,

Pollution atmosphérique : mise en place des stations de surveillance de la qualité

de l’air,

transformations des phosphates relevant du GCT à Sfax (avec Gabes, Gafsa et la Skhira),

parmi les sources fixes de pollution de l’air ont été citées les unités de

Littoral : Les établissements industriels dans la zone côtière sud de Sfax ont

généré des nuisances sources de dégradations diverses (mise en terril du phosphogypse et métaux lourds…), pollution des eaux de mer au large de Sfax,

44

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

dégradation des herbiers de posidonies et menaces contre la biodiversité. La situation est particulièrement préoccupante à Sfax et Gabès où des millions de tonnes de phosphogypse ont été ou sont encore rejetées annuellement en zones côtières. Ces déchets risquent de poser à terme un problème majeur de santé publique en raison de leur contenue en métaux lourds toxiques qui sont susceptibles de s’accumuler le long de la chaîne trophique alimentaire.

Aménagement

agglomération,

du

territoire :

Sfax

métropole

régionale,

Sfax

grand

Espace verts et esthétique urbaine : le parc urbain El Khalij réalisé (8 ha) et le

parc urbain de Thyna (57 ha) en cours de réalisation.

45

SMAP III Grand Sfax

Diagnostic

CHAPITRE III

DIAGNOSTIC DE LA ZONE COTIERE SUD DU GRAND SFAX

ET DE L’ARCHIPEL DE KERKENNAH

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I. INTRODUCTION

Il est à reconnaître qu'une délimitation claire de la zone côtière n'existe pas. Notre étude vise à identifier et évaluer les principales sources à l’origine de la dégradation de l’environnement dans la zone côtière sud du Grand Sfax et les îles Kerkennah ainsi que les possibilités de développement durable.

L’étude s’est basée sur des informations collectées auprès des fonctionnaires, des experts tunisiens et de nombreuses parties prenantes aussi bien au niveau régional qu’au niveau national. L’étude ‘collecte de données’ et l’étude complémentaires des îles Kerkennah dans le cadre de ce projet ont permis, entre autre, d’actualiser et de comparer les informations recueillies.

II. CAS DE LA ZONE COTIERE SUD DU GRAND SFAX

II-1. Délimitation de la zone de Sfax Sud et description générale

La zone côtière objet de la présente étude de diagnostic appartient sur le plan administratif aux deux communes de Sfax et de Thyna. Elle s'étend du port de commerce jusqu'à la limite sud de la commune de Thyna.

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SMAP III – Grand Sfax Diagnostic Figure n° III- 1 : Délimitation du périmètre de l’étude.

Figure n° III- 1 : Délimitation du périmètre de l’étude.

Cette zone côtière ainsi délimitée s’étend sur un linéaire côtier d’environ 18 km et couvre une superficie d’environ 5000 ha. La largeur de cette zone côtière varie de 300 m à 4 Km mesurées de la ligne de côte à la route nationale n°1 au niveau de la commune de Sfax et la ligne de chemin de fer au niveau de la commune de Thyna. Sur le plan des limites physiques, l’oued El Maoû sépare la zone côtière de la commune de Sfax de celle de la commune de Thyna.

Dans notre contexte d’étude, il s’agit d’une zone côtière à caractère urbain qui constitue le prolongement naturel du littoral nord de la ville de Sfax qui bénéficie d’une action de réhabilitation et d’aménagement à travers le projet dit de Taparura. Néanmoins, la commune de Thyna dispose d’une zone de sauvegarde agricole littorale couvrant une surface dépassant les 450 ha.

La zone d’étude est caractérisée par la présence d’un certain nombre de sources fixes de nuisances environnementales mais aussi des possibilités importantes de développement durable.

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Nous analyserons dans cette partie l’ensemble des contraintes et des atouts dans une démarche de diagnostic intégré.

II-2. Sources de nuisances environnementales

En plus des activités industrielles qui se répartissent dans la zone, les sources fixes de nuisances environnementales se trouvent essentiellement dans la partie nord de la commune de Thyna à la rive sud de Oued El Maou, telles que montrées dans la Figure n° III-6. Ces sources se rapportent particulièrement aux unités de production des phosphates, la décharge des ordures ménagères, les bassins de stockage des margines et la station d’épuration.

Il s’agit en effet, d’une zone nettement endommagée et défavorisée compte tenue de l’accumulation des impacts négatifs qu’elle engendre d’autant plus qu’elle est limitrophe à un tissus industriel, faisant continuité géographique de la zone industrielle Sidi Salem, caractérisé dans cette partie par la présence d’unités industrielles importantes aussi bien en occupation du sol qu’en génération d’impacts indésirables pour l’environnement et le voisinage parfois urbain. Ces unités comportent entre autre : tannerie, délaveurs de jean, ferrailleurs, producteurs de lessives et d’eau de javel, menuiseries industrielles (production de meuble série), etc. … s’ajoutant au marché des antiquaires qui impose une forte pression d’occupation et un trafic dense principalement les jours d’ouverture, à savoir les jeudis (à partir des après midis) et tous les vendredis.

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ROUTE NATIONALE N°1 SIAPE STEP
ROUTE NATIONALE N°1
SIAPE
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Figure n° III- 2 : Sources fixes de nuisances environnementales à la commune de Thyna.

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II-2-1. La production d’acide phosphorique et d’engrais

Le phosphore contenu dans les phosphates est un élément minéral indispensable à la vie

des être vivants. Le rôle du phosphore est considérable pour l’activité physiologique des

plantes et des micro-organismes du sol. Son extraction à partir de ce milieu dans lequel il est en

quantité insuffisante est souvent difficile. D’où la nécessité d’enrichir le sol en cet élément vital

provenant des phosphates extraits, en Tunisie, des gisements du Sud du pays.

La Compagnie de Phosphate de Gafsa (CPG), la plus importante entreprise tunisienne

par son capital, produit actuellement une moyenne annuelle de 6,5 millions de tonnes de

phosphates à travers l’exploitation de dix gisements du bassin minier de Gafsa occupant le 5 ème

rang mondial.