Croissance, inégalités, chômage

Essai de traité économique

Partie I : Croissance et inégalités (retour table des matières p.29)

Axiome I
La société parfaite est celle où l'égalité est totale entre les citoyens
Commentaire :
Bien entendu cette société parfaite n'existe pas, puisqu'elle suppose des hommes parfaits, capables
de mettre leur talent au service de tous pour que chacun reçoive non selon son travail mais selon ses
besoins. Cette société est la société communiste. Lénine puis Staline en se fondant sur Marx ont
tenté de la mettre en œuvre en URSS. Ils se sont vite aperçu qu'il devait réformer l'homme. Ils en
sont arrivés à la conclusion que pour obtenir cette société communiste, il leur fallait éliminer tous
les hommes imparfaits de l'ancienne société tsariste, c'est-à-dire tous ceux qui faisaient passer leurs
intérêts avant celui de la communauté, qui furent qualifiés de « bourgeois » ou « koulaks ». Cette
élimination des anti communistes, des « valets du capitalisme » n'a pas suffi, il leur a fallu créé des
camps de redressement par le travail pour tous les citoyens récalcitrants, « traîtes » et « saboteurs ».
Ces camps du travail ont formé le vaste archipel du goulag dont beaucoup se sont révélés êtres des
camps de la mort lente.
Axiome II
La société à partir du moment où l'on ne peut changer l'homme ne peut être qu' inégalitaire
Commentaire :
Bien entendu tout le problème est de savoir jusqu'où les inégalités doivent aller. La difficulté est
qu'il faut concilier la récompense de ceux qui ont le plus de talents et qui travaillent le plus, qui
donc contribuent le plus à l'enrichissement de la société et la sanction pour ceux qui ont non pas le
moins de talents ( en sont-ils les uniques responsables ?) mais qui travaillent le moins possible.
Si on laisse faire la main invisible qui semble diriger notre société, les inégalités ne vont cesser de
croître au point que les uns accapareront la quasi totalité de la richesse créée au détriment des autres
qui en arriveront à ne plus pouvoir satisfaire leurs besoins premiers, situation inadmissible pour ne
pas dire obscène.
D'où viennent leurs talents à ceux qui en ont le plus ? Ne sont-ils pas déjà des favorisés des dieux
s'ils existent, qui leur ont donné tous ces talents au détriment de ceux à qui ils en ont donné le
moins. Il est donc juste qu'une partie du fruit de leurs talents soient redistribués à ceux qui en ont le
moins.
Évidement si cette redistribution consiste à prendre 50 % ou plus des revenus gagnés par ceux qui
ont le plus de talents, ils risquent de ne plus se servir autant de leurs talents et donc de moins
contribuer à l'enrichissement de la société, d'autant que ceux qui ont le moins de talents sûrs de
toucher une part « importante » de la richesse créée, en tous les cas qui leur permet de satisfaire

leurs besoins premiers et au-delà, risquent de travailler encore moins, voir se satisfaire d'une
situation d'assistés de l' État, accroissant la démotivation de ceux qui ont le plus de talents.
L' actuelle situation de la France avec sa croissance bloquée semble en être un bon exemple.
Où placer le curseur entre récompense pour les meilleurs et soutien au moins bons. Apparemment
cela semble facile. Au milieu ! Au milieu de quoi ? La société n'est pas une règle à calcul où l'on
peut déplacer ce fameux curseur.
Mais en y réfléchissant, pas aussi loin en faveur des moins talentueux comme en France de nos
jours et en y réfléchissant à deux fois, pas aussi loin en faveur des plus talentueux, autrement dit des
plus favorisés, autrement dit des plus riches comme aujourd'hui aux États unis d' Amérique.
Dans un cas comme dans l'autre nous avons des sociétés où le développement soit cas de la France
est bloqué, soit cas des États-Unis est nettement moins élevé qu'il pourrait l'être, - d'au moins
plusieurs points
Théorème I :
les inégalités se sont creusées dans la majorité des pays de l' OCDE, ce creusement s'est encore
accentué avec la crise de 2008.
Théorème 2 :
Cette croissance des inégalités bénéficient aux 1 % voir au 0,1 % les plus riches
Théorème 3 :
L'écart se creuse d'autant plus que ce ne sont pas seulement les 10 % les plus pauvres mais les
40 % les plus pauvres donc les classes moyennes qui voient leur revenu baisser
Théorème 4 :
Cet écart qui s'est creusé est dû à la baisse des taux marginaux d'imposition pour les 10 %,
mais surtout pour les 1 % et les 0,1 % les plus riches.
Théorème 5 :
Les 40 % les plus pauvres ont de plus en plus de mal à accéder à un niveau d'instruction
universitaire et donc à des qualifications qui leur permettraient d' être moins frappés par le
chômage et d'accéder à des emplois rémunérateurs.
Corollaire :
Ce serait le moyen pour les plus riches, sous prétexte de méritocratie, de garder à bon compte
leurs avantages.
Commentaire :
l'égalité des chances est de moins en moins une réalité, même dans un pays comme la France qui est
parmi tous les pays de l' OCDE un de ceux qui tentent d' œuvrer par la redistribution, notamment
fiscale, le plus à réduire les inégalités.
Théorème 7 :
Cet accroissement des inégalités de revenu pèse sur la croissance économique.
Commentaire :
Par exemple, le Mexique, la nouvelle Zélande du fait du creusement de ces inégalités ont perdus
plus de 10 points de croissance, le Royaume-Uni, la Finlande, la Norvège, 9 points, les États-Unis,
l’Italie, la Suède, de 6 à 7 points. entre 1990 et 2010.
Théorème 8 :
Les deux clés pour sortir de cette situation de creusement des inégalités qui devient

moralement insupportables, parce que nous sommes dans une société où l'écart entre les 1 %
les plus riches et les 1 % les plus pauvres s'est creusé au point que ces 1 % les plus riches
accaparent non pas 20 % des revenus comme pendant les trente glorieuses mais 45 %,
sont :
premièrement, d'augmenter les taux d'impôts marginaux sur les 10 % les plus riches mais
surtout sur les 1 % et 0,1 % les plus riches et non sur les classes moyennes,
deuxièmement, de consacrer ces ressources supplémentaires au système éducatif pour le
rendre plus accessible aux 40 % les plus pauvres.
Commentaire :
Un des principaux freins à la croissance, l'insuffisant pouvoir d'achat des 40 % les plus pauvres
pourrait à terme être supprimé par le moindre chômage et l'augmentation des salaires dus à une
activité économique plus soutenue et par l'accès des enfants de ces classes les plus défavorisées à un
niveau d' étude supérieur leur assurant une plus grande qualification en adéquation avec les
nouvelles formes d'activité économiques qui nécessitent justement une main d'œuvre plus qualifiée
avec des salaires plus substantiels, d'autant que les plus riches, ont une propension à consommer
moins grande que les classes populaires et donc une propension plus grande à épargner, à placer
leurs revenus en capital ou dans la pierre. Ce qui explique que l'endettement des plus pauvres s'
accroît pour pouvoir consommer et assurer la satisfaction de leurs besoins premiers.
Normalement les pauvres auraient dû réduire leur consommation plutôt que de chercher à s’endetter
et le rendement de l’épargne des riches aurait dû de ce fait baisser. Dans la réalité, les pauvres se
sont endettés massivement en combinant tous les instruments financiers disponibles : prêts
immobiliers, prêts à la consommation, cartes de crédits et les riches se sont, en grande partie,
enrichis, grâce aux profits croissants du secteur financier qu'ils ont alimenté par leurs
investissements.
Corollaire :
Une des leçons est que réduire les inégalités ne répond pas seulement à une plus grande justice
sociale. C’est aussi un moyen de stabilité économique qui empêche la formation de bulle avec
les risques systémiques inhérents. C'est pourquoi Thomas Piketty propose un accroissement de la
taxation des hauts revenus et du capital ce qui permettrait de réduire ce risque systémique excessif
dans le secteur financier.
Théorème 9 :
La tentation d’endettement des pauvres puisque leur pouvoir d'achat stagne ou diminue et la
recherche de rendements élevés des riches puisqu'ils disposent de plus en plus de revenus dont
ils ne savent quoi faire et qu'ils cherchent à placer pour les accroître encore plus, ce dont on se
demande, vu leur immense richesse, en quoi cela peut les satisfaire, - sont les deux faces de
cette pièce qui ne retombe jamais sur la tranche mais toujours du bon côté pile, celui des
riches, jusqu' au jour où le château de cartes du surendettement des ménages mais aussi de l' état
s'effondre et provoque une crise comme celle de 2008 dont on a vu qu'elle a encore plus creusé les
écarts entre riches et pauvres chassés de leur logement qu'ils ne peuvent plus payer et littéralement
mis à la rue.
Théorème 10 :
Mais, il y a avant la crise, cette fameuse main invisible qui peut prendre le visage rassurant
d'un Madoff ( que Dieu, si tenté qu'il existe, le préserve et fasse qu'il ait le plus d'émules
possibles!) qui ruine ces riches qui court après toujours plus de richesses, avec son système de
Ponzi dont on sait qu'il consiste à payer de gros intérêts aux premiers investisseurs avec l' arrivée
des nouveaux à la recherche de l'investissement non pas le plus productif mais le plus juteux pour
eux.

Conclusion :
Nous sommes aujourd'hui dans la situation ou des inégalités obscènes sont devenues contreproductives pour le développement économique
Sur le lien entre endettement et crise voir :
https://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/fre/2010/12/pdf/kumhof.pdf
Sur la constatation que nous sommes aujourd'hui devant une situation où les inégalités sont
préjudiciables à a la croissance, voir :
http://www.oecd.org/fr/els/soc/Focus-Inegalites-et-croissance-2014.pdf

Partie II : Politique de l' offre ou politique de la demande ? ( retour table des matières p.29)

D' après les axiomes I et II de la partie I, nous savons que :
1) La société parfaite est celle où l'égalité est parfaite entre les citoyens
2) La société à partir du moment où l'on ne peut changer l'homme ne peut être qu' inégalitaire.
D' où
Théorème n° 1 :
Le système économique de cette société imparfaite ne peut être que le système capitaliste.
Démonstration :
Ce système économique est celui qui prend en compte la nature de l'homme dont deux
caractéristiques sont :
1) l'instinct de propriété.
2) Le désir de s' approprier le bien d' autrui.
Scolie I :
Observez ce jeune enfant au jardin d' enfants. Appelons-le Kévin. Il joue avec son porteur. Au bout
d'un moment il s' en désintéresse parce qu' Il vient d' apercevoir un tricycle rouge qui a été délaissé
par un autre gamin. Il se précipite et tente de monter dessus bien qu' il soit encore trop petit. Malgré
ses échecs répétés, il persiste à vouloir s' emparer de cet engin nouveau pour lui. Lorsque le petit
propriétaire ( Appelons-le Sylvain) du tricycle essaie de reprendre son bien, Kévin s' obstine à ne
pas le lui rendre. La situation s'envenime ; le recours à la violence est imminent. Heureusement,
Kévin s' aperçoit qu' un autre enfant est sur le point de s' éloigner avec son porteur ( Précisons qu 'il
s' agit d'un porteur train). Aussitôt Kévin s' élance vers le malandrin qui veut s' approprier son bien.
Sans ménagement il en reprend possession mettant en pleurs le garçonnet ( appelons-le Charles).
Nous pouvons conclure de cette saynète courante que l' instinct de propriété est chevillé au corps de
nos chers bambins pour ne pas dire inné.
Théorème 2 :
Le capitalisme libéral qui permet dans une société démocratique à chaque individu de
satisfaire ces deux instincts, celui de propriété et celui d' accaparer les biens d' autrui
correspond au tréfonds de l' homme.

Corollaire n° 1 :
L'homme est naturellement capitaliste.
Commentaire :
Tout autre système économique, du capitalisme d' état au communisme qui ne satisfait pas aussi
bien, voire va à l' encontre de notre instinct de possession et d' accaparement du bien d'autrui, ne
peut être que moins producteur de richesses et donc moins susceptibles de satisfaire les besoins
premiers de tous.
La seule consolation est que dans le système communiste tout le monde est apparemment logé à la
même enseigne, ne posséder rien, à part une nomenklatura qui sait parfaitement accaparer la
propriété dite collective à son avantage.
Axiome I :
L'homme animal social, naturellement démocratique et capitaliste exige de la société qu' elle
lui fournisse pour son travail la satisfaction de ses besoins premiers et au-là, peu lui importe le
modèle de développement économique choisi par le gouvernement qu' il a élu pourvu qu' il
remplisse cet objectif et au-là.
D' où nous l'avons vu dans les parties II et V de notre « traité politique » ses attentes toujours
déçues qui font de la démocratie un jeu de massacres de nos gouvernements.
http://latina.jeanpierre.perso.neuf.fr/page14.html
Axiome II :
Dans la société capitaliste libérale deux politiques de développement économique sont
possibles : La politique de la demande autrement nommée politique keynésienne et la
politique de l' offre, autrement nommée politique libérale.
Définition n° 1 :
La politique de la demande, d'inspiration keynésienne vise à augmenter la demande en accroissant
les investissements publics et la consommation du secteur public, , sans s' inquiéter d'un déficit
budgétaire dont on pense qu' il se résorbera de lui-même grâce à la croissance relancée et en
favorisant la consommation privée, au moyen d’une d'une baisse des impôts et de taux d' intérêts les
plus bas possibles, sans s' inquiéter d'une flambée des prix, autrement dit de l'inflation.
Définition n° 2 :
La politique de l' offre affirme au contraire de la politique de la demande que c'est l'offre, la
production des entreprises qui entraîne la consommation des ménages, la demande, que c'est elle
qu'il faut favoriser pour relancer la croissance de l'économie. Il s'agit de pratiquer une politique
favorable aux entreprises par la baisse des cotisations sociales, des impôts et par une plus grande
flexibilité du marché du travail, notamment en facilitant les licenciements selon l' axiome suivant :
Axiome III :
Ce sont les licenciements d' aujourd'hui qui sont les embauches de demain.
Commentaire :
Plus il est facile à un chef d' entreprise de licencier plus il aura recours facilement à l' embauche,
autrement dit à la création d' emplois une fois la croissance revenue et son carnet de commandes
rempli.
C' est enfoncer une porte ouverte mais cette porte ouverte est en fait claquemurée en France.
Scolie n° II :

La politique de l' offre repose sur La « loi des débouchés » du grand économiste Jean-Baptiste Say,
autrement nommée « Loi de Say », qu' il présente dans le livre I, au chapitre XV: « Des débouchés
», de son Traité d'économie politique (1803) :
1) « c’est la production qui ouvre des débouchés aux produits » ;
2) « l’achat d’un produit ne peut être fait qu’avec la valeur d’un autre » ;
3) « un produit terminé offre, dès cet instant, un débouché à d’autres produits pour tout le montant
de sa valeur. »
Autrement dit :
« Toute offre crée sa propre demande » et donc « on ne dépense jamais que l'argent qu'on a
gagné »
Théorème 3 :
Comme la force des citoyens en démocratie est plus grande que celle des gouvernements élus par
eux la politique de la demande est systématiquement privilégiée par les gouvernements, voir la
partie IV « La forces des citoyens en démocratie » et la partie V, « Du mécontentement généralisé
en démocratie » de mon traité politique. ( http://latina.jeanpierre.perso.neuf.fr/page14.html )
Démonstration :
Dans la démocratie, Le discrédit du personnel politique est généralisé, Le discrédit de l'action
politique est généralisé, Le discrédit des partis politiques est généralisé. Toute politique ne se
donnant par pour but la satisfaction des exigences des citoyens, d' avoir toujours plus d'avantages,
notamment de travailler moins pour gagner plus, ne peut que provoquer un mécontentement
généralisé et mettre les citoyens dans la rue. Une fois que le dentifrice est sorti de son tube il est
avéré qu' il est extrêmement difficile de le rentrer dans son tube. Une fois le peuple dans la rue il est
difficile de le faire rentrer chez lui. Par conséquent il faut à tout prix satisfaire les exigences de ces
dizaines de millions de mécontents. Le moyen est de faire payer à quelques centaines de milliers
d'entreprises le coût de ces exigences. C'est ce que l' on appelle la politique de la demande
justement ainsi nommée puisqu' elle correspond à la demande de ces dizaines de millions de
mécontents et aussi à la demande de la secte des économistes keynésiens qui préfère les vérités d'
un temps, d'un aristocratique économiste anglais à celles d' un savant économiste banalement
français J-B Say, vérifiant une fois de plus l' adage, que nul n'est prophète en son pays, les anglais
ayant abandonné la politique keynésienne de la demande avec Mrs. Thatcher tandis que les français
ne se décident toujours pas à abandonner la sus-dite.
C.QF.D.
Théorème 4 :
Pour pratiquer la politique de la demande, il est indispensable de recourir à la planche à
billet, autrement dit la politique de Quantitative easing, d' assouplissement quantitatif.
Démonstration:
La politique de quantitative easing est l' apanage des banques centrales avec la bénédiction des
gouvernements. Elles pratiquent à grande échelle la création de monnaie et pensent comme leur
gouvernement que celle-ci est une réussite du fait de la hausse du prix des actions. Elles pensent que

cette hausse est le signe de la reprise de la croissance sans voir qu' elles ne provoquent qu' une bulle
dont la vocation est d'éclater et que l' écart des inégalités entre les 0,01 % les plus riches toujours
plus riches et tout le reste la population, se creuse.
En effet, ce fameux « effet richesse » de cette augmentation du prix des actions qui ne correspond
pas à une réelle croissance de la productivité et donc de la richesse, qui permet aux riches de moins
épargner, de plus s'endetter n'a pour conséquence par exemple dans l'immobilier que la création de
bulles qui ont vocation à exploser.
Erreur qui vient qu' intoxiquées par la pensée Keynésienne largement dépassée ces banques
centrales pensent que c'est en stimulant la consommation que l'on stimule la croissance de la
production, alors qu'elles devraient en revenir à la pensée ante-keynésienne de J-B Say et ses
continuateurs contemporains qui certes, ô horreur pour la France sont des libéraux qui pensent que
c'est la production qui détermine la demande.
C'est l'accroissement des investissements dans le processus de production qui aboutit à
l'accroissement de la productivité du travail qui stimule la croissance, parce que au lieu d’acheter
des produits toujours plus chers nous pouvons acheter des produits de moins en moins chers, grâce
à l' innovation rendue possible par ces investissements. Si nous devions payer le prix de nos
automobiles aux prix d'avant-guerre, certes les problèmes de thrombose des villes seraient résolus
comme celui des rejets de gaz carbonique parce qu' elles resteraient inaccessibles à la majeure partie
de la population.
Une amélioration de notre vie dépend non pas d'une politique de la demande mais d' une offre de
plus en plus riche, diversifiée et bon marché qui ne peut exister sans des investissements importants
dans la production. Donc la tâche de tout gouvernement est de faciliter le développement de
l'offre.
Par exemple dans l'immobilier non pas pratiquer comme en France une politique de la demande qui
contribue à l'augmentation de l'immobilier et à le rendre inaccessible mais une politique de l'offre,
de facilitation des investissements dans le processus de production de logements les rendant de plus
en plus bon marché par une rationalisation, une standardisation et de strict contrôle du prix des
terrains pour ne pas permettre aux propriétaires de ceux-ci d’empocher tout les bénéfices de
l'augmentation de la productivité dans la construction comme aujourd'hui ils empochent tous les
bénéfices de cette politique de stimulation de la demande par toutes sortes d'avantages qui
apparemment bénéficient aux accédants à la propriété mais en réalité aux propriétaires, aux rentiers.
Théorème 5 :
La politique de la demande ne permet pas de rembourser la dette de nos états.
Démonstration :
En effet cette politique de la demande ne permet pas de résorber les déficits budgétaires puisqu' elle
correspond à une constante hausse des dépenses de l' État dont les déficits en hausse ou mal
contenus sont financés par l'emprunt qui alourdit la charge de la dette.
On a beau distribuer du pouvoir d'achat soit sous forme d'augmentations de salaires soit
indirectement en réaménageant les tranches d'imposition pour faire sortir de l' impôt les bas
revenus, la croissance reste atone en tous cas nettement insuffisante notamment en France pour
réduire le chômage par une relance de la croissance,
Ce qui souligne l'échec de cette politique keynésienne de la demande, à quoi la France mais pas

seulement est droguée et qui est encore le paradigme des économistes altérés qui ont soif d'inflation,
pensant que c'est par elle que tous les maux seront vaincus.
Au fond si nous les comprenons bien, ce qu'il nous faut c'est un euro faible et une inflation
notable au moins de 4 à 5 % annuelle !
C' était proprement la situation de la France sous la quatrième république avec sa course
prix/salaires toujours perdus par les salaires et une compétitivité toujours plus faible sur les marchés
extérieurs, conduisant au creusement du déficit commercial et in fine à une dévaluation pour
retrouver un peu de compétitivité en attendant qu'en quelques mois l'inflation repartit de plus belle
ne force du fait des déficits commerciaux réapparus à une nouvelle dévaluation pour retrouver cette
compétitivité perdue.
Funeste situation que regrette toutes ces personnes si bien intentionnées, qui grâce à cette inflation
et par le jeu de leurs prêts étaient les gagnants de cette conjoncture qui ne profitait qu' aux « forts »,
les entreprises qui s'évitaient toute politique d'investissement, en attendant la prochaine dévaluation
leur rendant artificiellement leur compétitivité; les banques qui pouvaient prêter sans compter, leur
endettement se réduisant avec l'inflation mécaniquement et leurs prêts étant fort rémunérateurs en
arguant de cette réduction mécanique des prêts auprès de leurs emprunteurs et bien entendu ceux
capables de s'endetter.
D'où ces trois aphorismes passant pour paroles d'évangile ou sourates du saint coran :
1) C'est en distribuant du pouvoir d'achat que l'on ouvre des débouchés à un produit
2) L' achat d'un produit ne peut être fait que par ce pouvoir d'achat augmenté
3) Un produit ainsi acheté offre immédiatement la possibilité de l'achat d'un autre produit
(D'où l' ingénieuse idée des nos grandes entreprises de programmer l' obsolescence de ce produit
pour en produire un autre à l'obsolescence programmée)
Or ce système ne marche pas.
Pourquoi faut-il que les banques centrales injectent des milliards de milliards d'euros ou de $ pour
que la production ne stagne pas ou pour que la croissance reparte mais de manière ténue et donc
insuffisante pour enclencher la baisse du chômage, de manière fragile par la multiplication des
salariés pauvres et la richesse toujours plus grande et insolente des non pas 1 % les plus riches mais
des 0,1 % les plus riches.
Pour corriger cette anomalie qui devient insupportable Thomas Piketty a répondu en proposant une
correction à cet état de fait si scandaleux qu' il en devient obscène, un impôt mondial sur la
fortune. Voir mon article :
http://www.autruchement-dit.com/2014/05/sauvons-les-riches-du-monde-entier-adoptons-un-impotprogressif-mondial-sur-le-capital.html
Mais ne faut-il pas plutôt revenir à J-B Say, à une politique de l'offre caractérisée par cette loi déjà
citée plus haut que l'on peut énoncer en trois éléments :
1) « C'est la production qui ouvre des débouchés »
2) « L'achat d'un produit ne peut être fait qu'avec la valeur d'un autre »
3) « Un produit terminé offre, dès cet instant, un débouché à d'autres produits pour tout le
montant de sa valeur. »
http://www.autruchement-dit.com/2014/07/vers-une-banqueroute-necessaire-puisqu-elle-est-deja-laen-ce-qui-concerne-l-action-du-gouvernement-hollande.html
Parce que « toute offre crée sa propre demande » autrement dit « on ne dépense jamais que l'argent

qu'on a gagné » en produisant un produit qui crée une richesse qui permet d'acheter un autre produit
et ainsi de suite. La production n'étant pas un soufflet au fromage que l'on partage mais une boule
de neige qui ne cesse de grossir au fur et à mesure de la croissance de la production autrement dit de
la création de richesse.
Théorème 7 :
Le débat n'est plus entre politique de l'offre ou politique de la demande, celle-ci n'aboutissant
qu' au chômage de masse, à l' accroissement des inégalités et à l'endettement massif des états
mais de savoir quelle type de politique de l'offre adopter.
Démonstration :
Étant entendu que l' augmentation de la population mondiale au-delà des 9 milliards d'habitants d'ici
quelques décennies ne permettra pas une croissance forte comme celle issue de la révolution
industrielle fondée sur l'utilisation massive des énergies fossiles et le recours sans cesse accru aux
minerais, aujourd'hui aux minerais précieux comme le platine non plus pour la bijouterie mais pour
l'industrie électronique par exemple, et aux terres rares, qui comme leur nom l'indique sont rares,
parce que
1) ces ressources si elles étaient utilisées en totalité, par exemple celles du charbon ou du pétrole,
feraient de notre planète un cloaque invivable avec la réduction de la biodiversité,
l'empoissonnement de nos océans et de notre atmosphère par le gaz carbonique et les gaz à effet de
serre,
2) ou bien, parce qu'elles sont en voie de rapide épuisement comme les terres rares.
Scolie n° III :
Nous sommes devant un échec massif de la politique de la demande, même s'il semble que la
reprise soit là aux USA grâce à la susdite politique. En effet cette politique ne permet plus de reprise
forte de la croissance et s'accompagne d'un endettement dont il paraît évident qu' il a atteint des
niveaux tels qu'il est impossible d'envisager qu'il soit possible de le résorber même, cas de la Grèce,
en réduisant de manière très grande le niveau de vie de l'ensemble de la population.
Par exemple la dette publique brute de la France a augmenté de 45,5 milliards d'euros entre le
dernier trimestre 2013 et le premier trimestre 2014, pour atteindre 1985,9 milliards d'euros à fin
mars, a annoncé l'Insee.
La dette publique brute, calculée selon les critères du traité de Maastricht, représente 93,6% du
produit intérieur brut de la France (PIB), en hausse de 1,8 point par rapport au quatrième trimestre
2013, précise l'Institut national de la statistique et des études économiques dans un communiqué.
Dans ses dernières prévisions, le gouvernement avait déjà annoncé que la dette publique de la
France monterait jusqu'à 95,1% du PIB cette année et ne refluerait pas avant 2016.
Pour le premier trimestre, c'est la contribution de l' État à la dette qui représente la plus grande
augmentation (+43,3 milliards d'euros). Vient ensuite la contribution des administrations de sécurité
sociale (+4,6 milliards) alors que la contribution des administrations publiques locales, au contraire,
baisse de 2,1 milliards d'euros.
Ce qui amènera plus bas, à reprendre les propos de Hume cités dans un article de Gaspard Koenig
qui est Président du think-tank GenerationLibre.

https://moodle.polymtl.ca/pluginfile.php/84591/mod_page/content/44/Epuisement_Ressources_Min
erales_2012.pdf
http://jplatina.blogspot.fr/2014/12/largent-nest-que-la-voiture-des.html
http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2014/04/07/31007-20140407ARTFIG00084-dette-publiquela-banqueroute-ou-la-mort.php
Axiome n° IV :
La banqueroute souventes fois pratiquée par les états depuis le XVII° siècle pour se
débarrasser d'une dette devenue insoutenable est une solution qui aujourd'hui ne semble plus
adéquate.
Commentaire :
En effet, les états préfèrent aujourd'hui la politique de quantitative easing dont ils croient qu' elle
peut les sortir de l'ornière de la dette par l'inflation dont ils pensent qu' elle réduira mécaniquement
le poids de cette dette en permettant de la rembourser en monnaie de singe alors qu' elle a été
contractée en monnaie sonnante et trébuchante.
Hume met en évidence cette attitude dans son essai de 1752 « Of Public Credit », « Du Crédit
Publique » :
« 1) « IT appears to have been the common practice of antiquity, to make provision, during peace,
for the necessities of war, and to hoard up treasures before-hand, as the instruments either of
conquest or defence; without trusting to extraordinary impositions, much less to borrowing, in times
of disorder and confusion »
« Cela semble avoir été une pratique commune dans l' Antiquité que de pourvoir, en temps de paix,
aux nécessités de la guerre, et d'accumuler par avance des richesses pouvant être utiles à la défense
ou à l'attaque, sans compter sur la levée d'impôts extraordinaires, ni moins encore sur l'emprunt,
dans des périodes de troubles ou de confusion »
2) « On the contrary, our modern expedient, which has become very general, is to mortgage the
public revenues, and to trust that posterity will pay off the incumbrances contracted by their
ancestors: And they, having before their eyes, so good an example of their wise fathers, have the
same prudent reliance on their posterity; who, at last, from necessity more than choice, are obliged
to place the same confidence in a new posterity.
« Au contraire, notre moderne expédient est d'hypothéquer les revenus publics et de compter sur la
postérité pour payer les dettes contractées par ses ancêtres, et cette postérité, ayant sous les
yeux le si bon exemple de leurs sages pères, a la même confiance prudente en sa postérité qui,
finalement, plus par nécessité que par choix, est obligée de placer la même confiance en une
nouvelle postérité»
3) « It is very tempting to a minister to employ such an expedient, as enables him to make a great
figure during his administration, without overburthening the people with taxes, or exciting any
immediate clamours against himself. The practice, therefore, of contracting debt will almost
infallibly be abused, in every government. »

« La tentation est grande pour un ministre de se servir d'un expédient qui lui permette de faire
bonne figure tant qu'il est aux affaires, sans accabler le peuple d'impôts ni d'exciter aussitôt contre
lui ses clameurs. L' abus de la pratique de l'endettement est donc presque inévitable dans tout
gouvernement. » .
Nous l' avons vu c'est un des mal-fonctionnement de la démocratie que d'évoluer vers une gestion
démagogique des finances.
( Partie IV : La force des citoyens en démocratie, Lois n° 5 et 6 de mon traité politique)
http://fr.calameo.com/read/000195935c7a3c2e5eed7

4) « Thirdly, The taxes, which are levied to pay the interests of these debts, are apt either to
heighten the price of labour, or be an oppression on the poorer sort. »
« Troisièmement, «Les taxes qui sont levées pour payer l'intérêt de ces dettes ont tendance à élever
le prix du travail ou à opprimer les plus démunis» .
C'est bien le cas de la Grèce, du Portugal aujourd'hui.
5) « Fourthly, As foreigners possess a great share of our national funds, they render the public, in a
manner, tributary to them, and may in time occasion the transport of our people and our industry. »

« Quatrièmement, comme les étrangers possèdent une grande partie de nos fonds nationaux
(aujourd'hui, 2/3 de la dette française est détenue par des capitaux étrangers), l' État devient en
quelque sorte tributaires d'eux, et cela peut avec le temps, occasionner le transfert de notre
population et de notre industrie. »
6) « Fifthly, The greater part of the public stock being always in the hands of idle people, who live
on their revenue, our funds, in that view, give great encouragement to an useless and unactive life. »
« Cinquièmement, comme la plus grande partie de nos fonds publics se trouvent dans les mains de
gens oisifs qui vivent de leurs revenus, ils constituent, de ce point de vue, la récompense de
l'oisiveté et de l'inaction. »
Rappelons pour mémoire que l' en cours total des assurances vie est de 1 400 milliards d' € à
comparer avec la dette de la France : 1 800 milliards d' €, placées massivement en bons du Trésor
qui favorisent une épargne improductive au moment où nos petites entreprises ont un besoin
important de financement avec la reprise qui s'annonce, « heureusement » pas en France ce qui
atténue le problème de cette épargne peu favorable à la création de richesses.
7) « We have always found, where a government has mortgaged all its revenues, that it necessarily
sinks into a state of languor, inactivity, and impotence. »
«On s'aperçoit toujours qu'un gouvernement qui a hypothéqué tous ses revenus sombre

nécessairement dans un état de langueur, d'inactivité et d'impuissance».
Cela ressemble bien à la situation de la France aujourd'hui.

8) « We all own, that the most sanguine imagination cannot hope, either that this or any future
ministry will be possessed of such rigid and steady frugality, as to make a considerable
progress in the payment of our debts; or that the situation of foreign affairs will, for any long
time, allow them leisure and tranquillity for such an undertaking. »
« Convenons que même les esprits les plus imaginatifs ne sauraient se flatter qu'un gouvernement,
présent ou futur, puisse manifester une frugalité assez stricte et assez constante pour progresser
rapidement vers l'acquittement de nos dettes ; ni que les affaires étrangères ne lui laissent assez
de loisir et de tranquillité pour mener à bien une telle entreprise. »
Encore une fois, n'est-ce pas exactement le cas de la situation de la France aujourd'hui où le
gouvernement se révèle incapable de réduiore le trai,n de vie de l' État.
9) « What then is to become of us? »

It must, indeed, be one of these two events; either the nation must destroy public credit, or public
credit will destroy the nation. »
« Qu'adviendra-t-il de nous ?

Il n'est point trop difficile de deviner qu'elle en sera la suite.. Ce ne peut être que l'une de ces deux
conséquences : soit la nation détruira le crédit public, soit le crédit public détruira la nation. »
On en est presque là avec la Grèce et pas loin avec le Portugal et l' Espagne.

10) « Let the time come (and surely it will come) when the new funds, created for the exigencies of
the year, are not subscribed to, and raise not the money projected. Suppose, either that the cash of
the nation is exhausted; or that our faith, which has hitherto been so ample, begins to fail us. »
« Admettons que vienne le temps ( et il viendra certainement) où les emprunts nouvellement créés
pour les besoins de l'année ne trouvent pas de souscripteurs et ne rapportent pas les sommes
prévues. Supposons que la nation voie ses coffres se vider ou que la confiance, jusque alors si
grande, commence à manquer. »
...
« What must a prince or minister do in such an emergence? The right of self-preservation is
unalienable in every individual, much more in every community. And the folly of our statesmen
must then be greater than the folly of those who first contracted debt, or, what is more, than that of
those who trusted, or continue to trust this security, if these statesmen have the means of safety in
their hands, and do not employ them. The funds, created and mortgaged, will, by that time, bring in
a large yearly revenue, sufficient for the defence and security of the nation: Money is perhaps lying
in the exchequer, ready for the discharge of the quarterly interest: Necessity calls, fear urges, reason

exhorts, compassion alone exclaims: The money will immediately be seized for the current service,
under the most solemn protestations, perhaps, of being immediately replaced. But no more is
requisite. The whole fabric, already tottering, falls to the ground, and buries thousands in its ruins.
And this, I think, may be called the natural death of public credit: For to this period it tends as
naturally as an animal body to its dissolution and destruction. »
« Que doit faire un prince ou un ministre face à une telle extrémité ? Le droit à la préservation de
soi est inaliénable pour tout individu, à plus forte raison pour toute communauté. Et nos
ministres seraient plus fous que ceux qui contractèrent les premières dettes, et plus fous encore que
ceux qui crurent ou ont continué de croire à de telles garanties, si ayant entre les mains les moyens
de secourir l'État, ils ne les employaient pas. Les fonds créés et hypothéqués produisent alors un
gros revenu annuel qui suffirait, pensent-ils, à la défense et à la sécurité de la nation. Il y a peutêtre de l'argent dans les coffres de l' Échiquier, prêt à être versé pour payer l'intérêt
trimestriel. : la nécessité le demande, la crainte l'exige, ma raison l'ordonne ; la compassion seule
se récrie. L'argent est immédiatement saisi pour le service courant de l' État, avec l' assurance
qu'on le remplacera aussitôt. Mais il n'en faut pas davantage. L'édifice complet, déjà chancelant,
s'effondre, ensevelissant des milliers d'hommes sous ses ruines. Voilà, je crois, ce qu'il est permis
d'appeler la mort naturelle du crédit public : car il tend à ce dénouement aussi naturellement qu'un
corps animal tend à la dissolution et à sa destruction. »
11) « So great dupes are the generality of mankind, that, notwithstanding such a violent shock to
public credit, as a voluntary bankruptcy in ENGLAND would occasion, it would not probably be
long ere credit would again revive in as flourishing a condition as before. »
« Le gros des hommes est si dupe que malgré le violent ébranlement qu'une banqueroute volontaire
ferait subir au crédit public en Angleterre, il ne faudrait sans doute pas longtemps avant que le crédit
y renaisse et y fleurisse comme auparavant. »
12) « The public is a debtor, whom no man can oblige to pay. The only check which the creditors
have upon her, is the interest of preserving credit;
« L'État est un débiteur que nul ne peut forcer à payer. La seule garantie que possèdent ses
créanciers est l'intérêt qu'il a de préserver son crédit. »
13) « These two events, supposed above, are calamitous, but not the most calamitous. Thousands
are thereby sacrificed to the safety of millions. But we are not without danger, that the contrary
event may take place, and that millions may be sacrificed for ever to the temporary safety of
thousands. »
« Quelques calamiteuses que soient les deux hypothèses envisagées plus haut, ce ne sont pas les
plus calamiteuses de toutes : mille hommes sont sacrifiés pour en sauver des millions. Mais ne
risquons-nous pas que l'événement contraire se produise, et que des millions d'hommes soient
sacrifiés pour le salut temporaire de quelques milliers ? »

N'est-ce point ce qui s'est produit en Grèce, où le choix a été fait de sauver les banques et de faire
payer la population. N'est-ce point ce qui est fait en Europe avec les politiques de réduction des
dépenses de l' État pour essayer de réduire la dette publique, ce qui plonge les pays dans la
récession et accroît le chômage ?
Hume avance donc une solution radicale, fondée sur l'idée que, en matière d'endettement, aucun
remède ne peut être pire que le mal, que c'est aux rentiers, aux prêteurs, aux banquiers, aux
financiers qui ont prêté à des taux de plus en plus élevés en fermant les yeux sur les risques
encourus », (par eux en toute connaissance de cause ) « sachant que leur pression leur
permettrait d'échapper aux conséquences de ce que Hume appelle leur folie qu'il appartient de
payer la dette par une banqueroute, c'est-à-dire en ne les remboursant pas ou à demi ou au
quart ou pas du tout ou en rééchelonnant les remboursements si possible ad vitam aeternam!
Outil dévastateur, mais seul à même de remettre les comptes à zéro, et de redonner une impulsion
au pays. Il faut ruiner les rentiers pour sauver la jeunesse: «des milliers d'hommes sont ainsi
sacrifiés pour en sauver des millions». »Thousands are thereby sacrificed to the safety of millions. »
On a plutôt le sentiment aujourd'hui que c'est l'inverse qui a été choisi comme modèle de
remboursement de la dette, que des millions payent pour sauver mille hommes, millions are
sacrified to the safety of thousands.
Pourtant il apparaît évident que l'endettement public est tellement énorme que l'on ne voit pas
comment sans banqueroute il est possible de s'en débarrasser.
Reportez-vous au compteur de la dette publique dans le monde en suivant ce lien :
http://science-economique.com/concepts-economiques/finance/deficit-dette/compteur-de-la-dettepublique-mondiale-et-par-pays-692
http://www.econlib.org/library/LFBooks/Hume/hmMPL32.html
Résumons : grâce à Hume nous comprenons que notre fameuse politique de la demande nous
a conduit à un endettement si massif que l'on ne peut s'en sortir qu'en sacrifiant le niveau de
vie de la majorité de la population, ou bien par une banqueroute qui ne sacrifiera que les
banques et les plus riches qui ont été les gros bénéficiaires de cette politique de la demande
Théorème 8 :
Non seulement cette politique de la demande nous a conduit à ce dilemme ou bien faire payer à
des millions, des dizaines de millions de citoyens notre endettement ainsi qu' aux générations
futures, ou bien faire payer les banques, « les riches », dont les avoirs sont bien au chaud dans
leurs paradis fiscaux, par un effacement de la dette, autrement dit une banqueroute, mais encore à
une impasse autrement plus dramatique. la destruction de notre planète qui n'est pas encore
irréversible mais dont nous commençons à sentir les effets.
Démonstration :
Il n'est qu' à voir combien d'argent par exemple nos communes littorales dépensent pour engraisser
nos plages qui s'en vont et indemniser les populations victimes d' événements climatiques de plus en
plus violents.
Il n'est qu 'à voir avec quelle rapidité les espèces végétales ou animales disparaissent, à quelle
vitesse notre biodiversité s' amenuise remettant en cause notre espèce même en la privant d' un
énorme potentiel par exemple pour les plantes dont les molécules sont à la base de la création de
nouveaux médicaments.

Corollaire :
En continuant cette politique de la demande, rien ne changera du point de vue de la
préservation des ressources de la Terre, donc du point de vue de la survie de nos enfants qui
nous ont confié cette planète.
Théorème 9 :
Par une politique de l' offre il sera plus facile d' orienter cette offre vers la préservation des
ressources de notre planète.
Démonstration :
En usant auprès des entreprises des deux leviers auxquels elles sont sensibles, les incitations
fiscales, ou bien les pénalités fiscales. Prenons le cas du diesel. C' est la volonté de l' État au sortir
de la seconde guerre mondiale qui a poussé l'offre du diesel par une défiscalisation favorable aux
transports et à l'agriculture, ce dont la France avait besoin pour nourrir sa population et transporter
les marchandises de la reconstruction. Mais une fois cette phase achevée, les gouvernements ont
laissé le commun des citoyens bénéficier de cette incitation fiscale qui est devenue dramatique du
point de vue écologique et du point de la santé. Heureusement, aujourd'hui cette incitation fiscale
pour l'utilisation du diesel s'amenuise comme s'amenuise la demande pour le diesel, en même temps
que l'offre de diesel.
On le voit si nous voulons changer de modèle de développement cela ne se fera pas par une
politique de la demande mais par une politique rationalisée de l'offre en fonctions de nos besoins et
de celle de notre planète.
Corollaire :
La demande ne peut qu'aboutir au désastre par ce qu'elle est infinie et qu'elle trouvera
toujours l'offre à sa disposition.
Commentaire :
Au contraire l'offre ne peut être illimitée et de ce fait elle peut être orientée, rationalisée en fonction
des critères qui ne peuvent plus être ceux de la révolution industrielle du toujours plus de
production pour satisfaire les désirs illimités des hommes, mais ceux de la révolution du maintien
de la biodiversité et de l'habitabilité de notre planète. Il est quasiment impossible à un
gouvernement d' agir sur la demande pour la tempérer, puisqu'il est sous la constante menace de
voir les citoyens descendre dans la rue pour contrecarrer toute politique qui irait dans cette
direction.
Scolie IV :
La France a connu un événement capital dans son histoire : Sa grande révolution universelle de
1789.
De celle-ci a découlé ce fait justement capital qui rend cette révolution capitale : les paysans qui
travaillaient une terre qui depuis des siècles ne leur était que prêtée moyennant de multiples charges
prélevées par les seigneurs, ont obtenu la pleine propriété de cette terre nourricière, débarrassée de
toutes ces charges féodales. La majorité des Français dans les campagnes accédait à la propriété. La
France rurale majoritaire allait donner le ton à notre société.
De là, non l'acceptation mais la tolérance du développement de l' industrie regardée avec méfiance à
partir du milieu du XIX ème siècle en France.
La France n' a pas vraiment désiré son industrialisation, d'où plusieurs conséquences qui culminent
avec le régime de Pétain dans le slogan « La terre ne ment pas » et son rejet de la grande industrie.
La terre est la mère nourricière qui ne ment pas comme ne peut mentir une mère.
La ville est aussi une femme mais elle est avec l'usine en son sein la grande prostituée, la grande
Babylone, la grande Sodome, la grande Gomorrhe.

Encore aujourd'hui, on nous parle « de défense de la ruralité », est-ce que c'est parce que l'on ne
peut parler de défense de la culture Française issue de la civilisation gréco-romaine et forcément
chrétienne, ou bien à cause des traces de cet ancrage profond et multiséculaire des Français dans la
terre avec son apothéose de l'acquisition de sa propriété par eux avec la révolution française ? Sans
doute les deux. De même une certaine écologie n'est-elle pas la continuation de cette croyance que
la terre ne ment pas, que la ville avec son industrie est nocive ?
Ce rejet de l' industrie et de la ville a un aspect négatif. Il va à l'encontre du progrès et de
l'innovation. Mais à quelque chose malheur est bon, Il favorise la possible mise en place d' une
politique de l' offre rationalisée avec son paradigme d'un développement durable, c'est-à-dire tenant
compte que, du fait de l'inflation démographique subie par notre planète, nous ne pouvons en
exploiter toutes ses ressources parce que ce faisant nous la rendrions invivable.
Paradoxalement ce n'est pas la pénurie de ressources énergétiques ou minières que nous devons
craindre mais c'est qu' en continuant de les exploiter de manière intensive comme aujourd'hui nous
rendons notre planète invivable.
Axiome V:
Notre vie ne sera pas plus inconfortable si nous nous tournons vers une politique de l' offre
rationnelle c'est-à-dire prenant en compte la préservation de notre planète.
Théorème n° 10 :
Le passage d'une société de consommation, de gaspillage à une société de frugalité, d'épargne
en plus d'une nécessité est d'autant plus possible qu'il consiste en un retour aux
comportements de nos parents et grands parents qui reposaient sur une sagesse ancestrale,
celle du juste milieu, de la modération.
Démonstration :
Pour la démonstration de ce théorème nous nous servirons d'une fable dont l 'auteur est anonyme
que nous livrons dans sa version américaine puis une dans une libre adaptation de notre cru.
By Anonymous :
Checking out at Wal-Mart, the young cashier suggested to the older woman that she
should bring her own grocery bags because plastic bags weren't good for the
environment.
The woman apologised and explained, "We didn't have this green thing back in my
earlier days."
The assistant responded, "That's our problem today. Your generation did not care
enough to save our environment for future generations."
She was right -- our generation didn't have the green thing in its day.
Back then, we returned milk bottles, soft drink bottles and beer bottles to the shop. The
shop sent them back to the plant to be washed, sterilized and refilled, so it could use the
same bottles over and over. So they really were recycled. But we didn't have the green
thing back in our day.
We walked up stairs because we didn't have an elevator or escalator in every store and
office building. We walked to the grocers and didn't climb into a 200-horsepower
machine every time we had to go two blocks. But she was right. We didn't have the
green thing in our day.
Back then, we washed the baby's diapers because we didn't have the throw-away kind.
We dried clothes on a line, not in an energy gobbling machine burning up 2000 watts -wind and solar power really did dry our clothes back then. Kids got hand-me-down
clothes from their brothers or sisters, not always brand-new clothing. But that young

lady is right. We didn't have the green thing back in our day.
Back then, we had one TV or radio in the house -- not a TV in every room. And the TV
had a small screen the size of a handkerchief not a screen the size of Texas. In the
kitchen, we blended and stirred by hand because we didn't have electric machines to do
everything for us. When we packaged a fragile item to send in the post, we used
wadded up old newspapers to cushion it, not Styrofoam or plastic bubble wrap. Back
then, we didn't fire up an engine and burn gasoline just to cut the lawn. We used a push
mower that ran on human power. We exercised by working so we didn't need to go to a
health club to run on treadmills that operate on electricity. But she's right. We didn't
have the green thing back then.
When we were thirsty we drank from a tap instead of drinking from a plastic bottle of
water shipped from the other side of the world. We refilled writing pens with ink
instead of buying a new pen, and we replaced the blades in a razor instead of throwing
away the whole razor when the blade got dull. But we didn't have the green thing back
then.
Back then, people took the bus and kids rode their bikes to school or walked instead of
turning their moms into a 24-hour taxi service. We had one electrical socket in a room,
not an entire bank of sockets to power a dozen appliances. And we didn't need a
computerized gadget to receive a signal beamed from satellites 2,000 miles out in space
in order to find the nearest fish and chip shop.
But isn't it sad the current generation laments how wasteful we old folks were just
because we didn't have the green thing back then?

A cette jeune caissière lui reprochant d' utiliser un sac en plastique pour transporter ses courses,
donc de ne pas se préoccuper de la sauvegarde de la nature une vieille dame répond :
« à mon époque on retournait les bouteilles de verre consignées au magasin qui les renvoyait à
l'usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau. Les bouteilles étaient recyclées. De mon
temps, on montait l'escalier à pied. On n'avait pas d'escaliers roulants et peu d'ascenseurs. On ne
prenait pas sa voiture chaque fois qu'il fallait se déplacer d' un quartier à un autre. Il y avait si peu
d'autos qu'on pouvait traverser la chaussée sans risquer de se faire renverser par un chauffard. On
avait même le temps de saluer son voisin qui avait le temps de lever son chapeau en signe de
civilité. Tandis que l'on marchait jusqu'à l'épicerie du coin on pouvait faire la causette avec les
habitants du quartier qui vous donnaient des nouvelles de leur famille ou de leur poisson rouge ou
de leurs colibris ou de leur rhumatismes.
Pour les bébés on ne connaissait pas les couches jetables. On faisait les bouillir dans une bouilloire
pour les laver et les stériliser. On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde et pas dans un
sèche-linge.
On prenait le temps de remonter nos montres et nos réveils mécaniques donc sans pile avec
mercure, quand on ne se servait pas surtout dans les campagnes du soleil pour savoir l'heure.
Pour préparer les repas on ne disposait pas de tous ces fours à micro-ondes, de ces plaques à
induction, de tous ces instruments électriques spécialisés pour couper, hacher, qui consomment de
l'électricité autant qu'EDF en produit avec sa bénédiction. Pourtant nos daubes, nos sautés de veau,
nos ratatouilles étaient tout aussi succulentes que les vôtres !
On emballait les éléments fragiles à envoyer par la poste en utilisant comme rembourrage du papier
journal dans des boîtes de chaussures, et non des emballages de mousse de polystyrène ou en
plastique ou à bulles, certes fort plaisantes à faire éclater entre les doigts pour se détendre du stress
accumulé au bureau.
On n'avait pas de tondeuses à gazon pour contrarier la sieste des voisins de tout le lotissement. On
tondait son gazon au rythme du chant des cigales ou des grenouilles. On sciait, rabotait avec des
outils hérités de nos parents et grands-parents. On peignait à la main. On bâtissait nos murs avec des
pierres que l'on taillait après les avoir transportés dans des brouettes. On travaillait au rythme du

martèlement de l'enclume du forgeron. On n'avait pas besoin d'aller dans un club de gym pour
courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l'électricité et utiliser toute sorte d'engins compliqués
de même type...Pour se précipiter ensuite dans un fast-food et ingurgiter en toute bonne conscience
un hamburger accompagné d'un soda bien sucré...
Nous, On buvait de l'eau à la fontaine quand on avait soif. Nul besoin de sodas ou d'eaux minérales
en bouteilles plastiques.
On écrivait avec des stylos à plume que l'on trempait dans une bouteille d'encre pour former des
pleins et des déliés. (Je vois à votre mine que vous ne savez pas ce que sait).
On remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir entier après quelques utilisations.
On se brossait les dents avec les doigts et l'on n'utilisait pas de brosses à dent jetables après trois
utilisations.
Les gens prenaient le bus, le métro, le train et les enfants se rendaient à l'école à vélo ou à pied
au lieu d'utiliser la voiture de maman comme un service de taxi 24 H sur 24.
Les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers servaient d'une année
sur l'autre, les crayons de couleurs, gommes, taille-crayon et autres accessoires duraient tant qu'ils
pouvaient et n'étaient remplacés qu'après plusieurs années et non tous les mois comme aujourd'hui.
On n'avait besoin que d'une prise de courant par pièce pour écouter la TSF ou brancher un
lampadaire. En quittant une pièce on éteignait la lumière.
Il n'était pas question de jeter la moindre miette de pain.
Si notre génération a été plus malheureuse que la votre c'est à cause de la guerre et de toutes ces
idéologies incompréhensibles qui nous promettaient le paradis sur terre maintenant…
La jeune caissière n'en démordit pas. Cette vieille femme avec tous ceux de sa génération était bien
responsables du désastre en cours, l'énergie nucléaire ne pouvait conduire qu'à la catastrophe. Il était
urgent de se tourner vers le solaire et l'éolien, comme le préconise en France la papesse de l'écologie
Cécile Duflot et les écologistes, pour satisfaire aux besoins de sa génération pour laquelle il n'était
pas question de revenir vers le passé.
Pierre Rabhi qui passait par hasard ( qu'il veuille bien m'excuser de le mettre en scène) fit remarquer
qu'à ce compte la terre toute entière, océan compris, serait couverte de centrales solaires et
d'éoliennes.
Il eut droit au regard que l'on a malheureusement pris l'habitude de jeter en France à tous ceux qui
disent ce qu'il n' est pas correct de dire même s'il s' agit de la vérité.
Je ne résiste pas à citer la conclusion de son poème du 12/02/2014 « Un arbre en ma mémoire » :
« Tuer les arbres hors des nécessités d’une vie simple, c’est commettre un grave préjudice à la vie.
C’est un délit passible des plus grandes tristesses. Les arbres disparus, il ne restera plus que vide
et solitude et désert jusque dans les cœurs. »
Irréfutable, n'est-ce pas ?
Conclusion :
Il est possible de bien vivre sans « tuer les arbres »
Il est possible d' être heureux sans tuer les bêtes.
Il possible d' être heureux en cultivant son jardin.
Il est possible d' être heureux si nous ne créons pas autour de nous et en nous, désert, vide et
solitude, en acceptant une politique de l' offre raisonnée.
Il est possible de sortir de notre impasse si nous faisons comme le colibri, autrement dit si chacun
apporte sa goutte d'eau pour éteindre le feu qui va nous dévorer.
« Un jour dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés,
atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s'activait, allant chercher
quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou ( on sait
combien il peut être grincheux) agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n'es
pas fou ? Ce n'est pas avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri lui

répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. » ». Pierre Rabhi.
Il est possible d' y parvenir même dans nos démocraties où la démagogie est la mauvaise réponse au
populisme, sans recourir à une tyrannie « éclairée » comme le préconise Hans Jonas, parce qu'il ne
s'agit somme toute que de revenir à une société de l'économie, de la frugalité qui était la notre au
sortir de la deuxième guerre mondiale, ce qui ne me paraît pas un effort surhumain.
N'est-ce pas la demande d' une partie d' entre nous, que l'on ne nous propose plus d'objets à
l'obsolescence programmée ?
N'est-ce pas la demande d' une partie d' entre nous, que l'on abandonne l'énergie nucléaire, que dans
un premier temps les énergies renouvelables seront incapables de remplacer, ce qui nous condamne
à utiliser la principale source d'énergie renouvelable celle de la parcimonie et du recyclage ?
C.QF.D.
https://www.colibris-lemouvement.org/colibris/lethique-du-colibri
http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php?

Partie III : Les politiques de l' emploi ( retour table des matières page 29 )

Axiome I :
Le licenciement d' un salarié peut-être assimilé à un attentat terroriste.

Théorème 1 :
L' interdiction du licenciement ou les freins administratifs au licenciement ne sont pas le
moyen d' empêcher cet attentat.
Démonstration :
En France l' interdiction du licenciement ou les freins administratifs au licenciement n' ont
absolument pas empêché la montée inexorable des licenciements et le chômage de masse faisant la
démonstration de l' inanité de ces moyens de lutte contre lui.
C.Q.F.D.

Axiome II :
Puisqu'il est vain de prévenir les attentats que constituent les licenciements, il faut les traiter
pour les transformer en un espoir de retrouver le plus vite possible un emploi par un
traitement global prenant en charge la victime de cet attentat à tous les points de vue :
psychologique, financier, fiscal, administratif et par la formation à un nouvel emploi.

Axiome III :
Un bonne politique de lutte contre cet attentat que constitue un licenciement n'est pas de
chercher à ne faciliter la création que d'un seul type d'emploi, l'emploi à temps complet, mais
tous les types d' emploi, de l' emploi partiel autrement nommé « petit boulot », à l' emploi
moyen pour finir par l'emploi complet dont les petits et moyens emplois à temps plus ou
moins partiels sont une porte d' entrée vers cet emploi à temps complet.
Axiome IV:
Les C.D.I. contrat à durée indéterminée doivent être remplacés par un seul type de contrat à
durée déterminé avec des droits pour le salarié qui augmentent avec la durée du contrat et qui
sont reportables sur le contrat suivant.
La « ... protection excessive du CDI ... se traduit par une précarisation de tous les autres » types de
contrat. Jean Tirole prix Nobel d' économie

Théorème 2 :
Les cotisations sociales doivent être remplacées par une taxe sur les licenciements

Démonstration :
« "Il ne s'agit pas de rajouter une taxe, mais de rééquilibrer. Aujourd'hui, l'entreprise qui licencie
va payer des indemnités de licenciement aux salariés, mais ne va pas payer le coût pour les
assurances sociales du licenciement." Jean Tirole.
D' où la difficulté de prendre en charge globalement le chômeur par manque de moyens financiers
et la fausse sécurité que constituent ces indemnités de licenciement aux salariés, qui auront
tendance à ne pas se mobiliser immédiatement pour retrouver un emploi d' autant plus qu' il
viennent de subir le traumatisme que constitue cet attentat qu' est leur licenciement et ce d' autant
plus grave que leur ancienneté était grande dans leur entreprise.
C.Q.F.D.
Théorème 3 :
Il est urgent pour le patronat comme pour les syndicats de quitter le terrain marécageux de la
lutte des classes pour celui de la coopération des classes
Démonstration :
C'est la croyance d'une nocivité intrinsèque de la ville, de l'industrie voir scolie 3 de la partie II et la
démonstration du théorème 4 plus bas qui explique comment la vision marxiste de la société a pu

s'imposer avec la lutte des classes au sein de l'usine, de l'entreprise, entre les capitalistes, exploiteurs
et dans leur essence mauvais et les ouvriers, le prolétariat porteur de la vérité de l'histoire et de sa
fin, de son apothéose avec l' advenue de la société sans classes ; en contradiction avec la notion de
corps social et de coopération des classes pourtant plus en accord avec la pensée d'une terre qui ne
ment pas dont nous voyons la traduction dans la fable d'Esope « l' estomac et les pieds » :
« L'estomac et les pieds disputaient de leur force. A tout propos les pieds alléguaient qu'ils
étaient tellement supérieurs en force qu'ils portaient même l'estomac. A quoi celui-ci répondit:
«Mais, mes amis, si je ne vous fournissais pas de nourriture, vous-mêmes ne pourriez pas me
porter.» Il en va ainsi dans les armées : le nombre, le plus souvent, n'est rien, si les chefs
n'excellent pas dans le conseil. »
que nous retrouvons chez Tite-live (II,32,8) :
« Le sénat décida d'envoyer Menenius Agrippa haranguer la plèbe:
c'était un homme qui savait parler et il avait les faveurs de la plèbe
dont il était issu. Autorisé à entrer dans le camp, il se borna, dit-on, à
raconter l'histoire suivante, dans le style heurté de ces temps éloignés.
Autrefois le corps humain n'était pas encore solidaire comme
aujourd'hui, mais chaque organe était autonome et avait son propre
langage ; il y eut un jour une révolte générale : ils étaient tous furieux
de travailler et de prendre de la peine pour l'estomac, tandis que
l'estomac, bien tranquille au milieu du corps, n'avait qu'à profiter des
plaisirs qu'ils lui procuraient. Ils se mirent donc d'accord : la main ne
porterait plus la nourriture à la bouche, la bouche refuserait de
prendre ce qu'on lui donnerait, les dents de le mâcher . Le but de cette
révolte était de mater l'estomac en l'affamant, mais les membres et le
corps tout entier furent réduits dans le même temps à une faiblesse
extrême. Ils virent alors que l'estomac lui aussi jouait un rôle aussi,
qu'il les entretenait comme eux-mêmes l'entretenaient, en renvoyant
dans tout l'organisme cette substance produite par la digestion, qui
donne vie et vigueur, le sang, qui coule dans nos veines. Par cet
apologue, en montrant comment l'émeute des parties du corps
ressemblait à la révolte de la plèbe contre les patriciens, il les ramena
à la raison. »

et chez La Fontaine dans sa fable « Les membres et l'estomac » :
« Je devais par la Royauté
Avoir commencé mon Ouvrage.
A la voir d'un certain côté,
Messer Gaster en est l'image.
S'il a quelque besoin, tout le corps s'en ressent.
De travailler pour lui les membres se lassant,
Chacun d'eux résolut de vivre en Gentilhomme,
Sans rien faire, alléguant l'exemple de Gaster.
Il faudrait, disaient-ils, sans nous qu'il vécût d'air.
Nous suons, nous peinons, comme bêtes de somme.
Et pour qui ? Pour lui seul ; nous n'en profitons pas :
Notre soin n'aboutit qu'à fournir ses repas.
Chommons, c'est un métier qu'il veut nous faire apprendre.
Ainsi dit, ainsi fait. Les mains cessent de prendre,
Les bras d'agir, les jambes de marcher.
Tous dirent à Gaster qu'il en allât chercher.
Ce leur fut une erreur dont ils se repentirent.
Bientôt les pauvres gens tombèrent en langueur ;
Il ne se forma plus de nouveau sang au coeur :
Chaque membre en souffrit, les forces se perdirent.
Par ce moyen, les mutins virent
Que celui qu'ils croyaient oisif et paresseux,
A l'intérêt commun contribuait plus qu'eux.
Ceci peut s'appliquer à la grandeur Royale.
Elle reçoit et donne, et la chose est égale.
Tout travaille pour elle, et réciproquement
Tout tire d'elle l'aliment.
Elle fait subsister l'artisan de ses peines,
Enrichit le Marchand, gage le Magistrat,
Maintient le Laboureur, donne paie au soldat,
Distribue en cent lieux ses grâces souveraines,
Entretient seule tout l'Etat.
Ménénius le sut bien dire.
La Commune s'allait séparer du Sénat.
Les mécontents disaient qu'il avait tout l'Empire,
Le pouvoir, les trésors, l'honneur, la dignité ;
Au lieu que tout le mal était de leur côté,
Les tributs, les impôts, les fatigues de guerre.
Le peuple hors des murs était déjà posté,
La plupart s'en allaient chercher une autre terre,
Quand Ménénius leur fit voir
Qu'ils étaient aux membres semblables,

Et par cet apologue, insigne entre les Fables,
Les ramena dans leur devoir. »
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/les_membres_et_l_estomac
.html
Cette analogie biologique de la société avec le corps humain, signifie que, comme le corps humain,
la société est un ensemble intégré de membres diversifiés dans leur fonction mais contribuant au
bon fonctionnement de l’ensemble, chacun restant à la place qui lui est attribuée par la nature ou par
dieu. Dans ce cas, on a une représentation organique de la société qui nie l’indépendance de
l’individu et la structuration de la société en classes, ce que l’histoire reconnaît pourtant comme un
fait, depuis Aristote au moins. Ou si elle ne nie pas cela, cette conception refuse l’idée que les
classes sociales ont des intérêts contradictoires et peuvent entrer en conflit légitime, pour cette idée
qu'elles peuvent collaborer harmonieusement, c'est ce que traduit l'encyclique « Rerum Novarum »
du pape Léon XIII (1891) qui se réfère à Thomas d’Aquin qui, au XIII° siècle écrivait : « La société
forme un corps dont les membres sont les parties, et les parties sont subordonnées au tout. » Dans
cette société organique tous les membres sont solidaires entre eux. Nous sommes en présence d'un
ordre naturel voulu par dieu auquel chaque individu doit soumission.
«Dans la société, les deux classes sont destinées par la nature à s’unir harmonieusement dans un
parfait équilibre ; elles ont un impérieux besoin l’une de l’autre : il ne peut y avoir de capital sans
travail, ni de travail sans capital ».
Léon XIII conçoit bien l’existence des classes sociales mais par leur nature elles ne peuvent que
collaborer.
Ce long préambule pour prendre exemple sur un des derniers fleurons industriels de la France, les
chantiers navals de l'Atlantique d' où sont sortis en d'autres temps le « Normandie » et le « France »,
devenus la STX, dédiée à la construction de navires pour passagers, de navires militaires ( les
fameux porte-hélicoptères Mistral à livrer à Poutine), de navires spécialisés ( d'habitation pour les
champs offshores, de recherche, d'avitaillement) et dans les énergies marines ( éoliennes). STX est
détenue à 66,6 % par STX Europe qui appartient au conglomérat sud-coréen STX corporation et par
l' état français à 33,3 %. STX corporation est en difficulté et est poussé à vendre STX Europe.
Ce qui nous intéresse c'est que STX France malgré son savoir-faire, ses prouesses technologiques
s'est retrouvée en grande difficulté à partir de 2008. La commande des porte-hélicoptères par la
Russie lui a permis de survivre mais avec une absence de marge menaçant sa pérennité d'autant que
à cause des 35 heures, des charges s'alourdissant sur les entreprises Françaises elle en était venue
pour trouver des commandes à consentir des prix au-dessous du seuil de rentabilité.
La nécessité pour qu'elle ne sombre pas était de lui redonner de la compétitivité, pour cela un pacte
de compétitivité social devait être négocié avec ses syndicats.
Ses syndicats sont la CGT qui représente 33 % de son personnel, la CFDT 31 %, FO 19 % et la
CFE-CGC 16 %
Donc CFDT + CFE-CGC = 47 %
CGT + FO = 52 % des 2000 salariés de STX.

CFDT et CGE-CGC ont acceptés de négocier et finalement de signer un accord de compétitivité
qui aboutit au blocage sur 3 ans de la moitié des RTT auxquels ont droit les salariés, donc un
accord qui aboutit à travailler plus pour renforcer la compétitivité de STX et lui permettre de
remporter le marché de 2 navires de croisière que désirait concrétiser un client traditionnel et fidèle
de STX France, l'italien MSC. Mais celui-ci obtenait de la part de deux concurrents de STX, l'italien
Fincantieri et l'allemand Meyerwerft, des prix beaucoup moins élevés. Le marché risquait d'
échapper à STX. C'est pourquoi la CFDT et la CGE-CGCD ont résolument pris parti pour ce contrat
de compétitivité pour sauver non seulement les 2000 emplois de STX leur entreprise mais aussi les
4000 emplois des sous-traitants.
La CGT comme à son habitude à refuser toute négociation puisqu'elle remettait en cause un des «
avantages » des salariés, ces fameuses RTT et FO lui a emboîté le pas. Or pour que le contrat de
compétitivité soit entériné, il fallait la non-opposition des syndicats représentant une majorité des
salariés. Souvenez-vous CGT+FO = 52 % des salariés.
Moins dogmatique semble-t-il que la CGT, FO qui bien souvent aligne ses positions sur celle-ci a
décidé de monnayer sa non dénonciation de l'accord, consciente peut-être qu'il y avait vraiment
danger pour la société et faisant en même temps d'une pierre 2 coups :
1) une non collaboration avec la direction comme CFDT-CGE-CGC lui permettant de se démarquer
de ces syndicats
2) mais aussi avec la position de la CGT, jusqu'au-boutiste.
Tout le monde ne sait pas que FO est prise en étau entre la CFDT résolument réformiste et la CGT
résolument anti-réformiste ( elle ne signe jamais d'accord d'entreprise même si ensuite elle les
accepte). La direction de STX a permis à FO de sauver la face en accordant pour 2014 une
revalorisation salariale de 2,4 %. A partir du moment ou FO ne s' oppose plus au contrat de
compétitivité celui peut être signé puisque seule la CGT qui ne représente que 33 % des salariés s'y
oppose.
La suite est une querelle entre nos grandes centrales syndicales, parce que après cet accord MSC
passe sa commande de deux navires de croisière mais aussi un autre client traditionnel de STX
l'américain Royal Caribbean Cruises LTD lui passe commande d' un deuxième plus grand navire de
croisière du monde représentant une prouesse technologique puisqu'il pourra malgré ses dimensions
accoster dans le plus grand nombre de ports mais qu'il sera très économe en énergie, L'Oasis 4, un
mastodonte de 360 mètres de long et 60 de large pour 60 000 tonnes d'acier, qui pourra emporter
quelque 8 000 passagers et membres d'équipage. Il sera le jumeau de l'Oasis 3, le plus grand
paquebot au monde, dont le premier bloc a été mis sur cale dans les anciens Chantiers de
l'Atlantique vendredi 2014. "Nous allons construire non pas un, mais deux navires Oasis ici à SaintNazaire", a annoncé lors de la cérémonie le PDG de Royal Caribbean Cruises Ltd (RCCL), Richard
Fain. "Ce matin, nous sommes parvenus à un accord sur l'Oasis 4", s'est-il réjoui.
En pratique, l'armateur américain va lever l'option qu'il avait prise lors de la commande de l'Oasis 3
en décembre 2012, à un moment où les Chantiers traversaient une phase critique. Le nouvel Oasis,
dont le coût sera d'environ un milliard d'euros, comme son prédécesseur, doit être livré dès le
printemps 2018 et représentera l'équivalent de "10 millions d'heures de travail", selon le directeur
général de STXFrance, Laurent Castaing. Sans compter les commandes confirmées de la SNCM, de

ferries ( mais là, le problème est que les syndicats par leur intransigeance ont mis en péril la survie
de cette société, je crois inutile de préciser de quels syndicats il s'agit ! ) Voir mon article
http://jplatina.blogspot.fr/2014/07/barre-sur-les-t-cross-ts.html
et aussi sans compter la compagnie bretonne Brittany Ferries qui emploie 1700 marins, qui a signé
une commande de 270 millions d'euros avec STX France, du plus grand ferry au monde de 210
mètres capable de transporter 2400 passagers qui sera livré en 2017, en plus d'une commande ferme
signée entre les deux partenaires de Pegasis (pour Power Efficiency Gathering in Sensor
Information Systems), d'un projet de bateau à propulsion au gaz naturel liquéfié (GNL), en
gestation depuis 2009. Brittany Ferries, qui vient de fêter ses 40 ans, mise gros sur ce projet. Elle
compte réduire sa facture énergétique et se conformer à la réglementation européenne qui obligera
les compagnies maritimes à réduire leurs émissions d'oxyde de soufre de 10 %.
Donc un succès industriel incontestable d'une remarquable entreprise autrefois dans le giron d'
Alsthom que notre gouvernement n'a pu empêcher de passer sous le contrôle de GE, voir mon
article : http://jplatina.blogspot.fr/2014/06/une-grande-victoire-du-gouvernement.html
comme il n'a pu empêcher que les chantiers navals de l' Atlantique passe sous le contrôle de STX.
Je reviens à ma querelle inter-syndicale. Il s'agit devant ce succès industriel qui va permettre
d'embaucher de nouveaux salariés donc d'aller dans la direction d'une inversion de la courbe du
chômage de savoir à qui il revient, syndicalement. En premier, à la CGT, à FO ou aux « collabos »
CFDT-CGE-CGC.
Bien entendu pas aux « collabos » CFDT-CGE-CGC mais à FO qui a obtenu un amoindrissement
de la "dureté" du contrat de compétitivité et surtout à la CGT qui a montré une fois de plus qu'elle
ne cédait pas devant le patronat, les actionnaires, la finance mondiale. De toutes façons Royal
Caribbean Cruises Ltd et MSC, clients traditionnels de STX ne pouvaient changer de partenaires.
Cela aurait été trop coûteux de changer de type de navires… ?! On peut toujours rêver. A part les
drogués d' I phone, il n'y a pas de client captif dans la mondialisation.
J'en reviens à mon long préambule sur lutte des classes ou collaboration des classes.
Nous avons là un parfait exemple d'une coopération de classes entre des syndicats qui ont compris
où était l'intérêt de leurs mandants, tenants d'un éthique de responsabilité et de syndicats, tenants
d'une éthique de conviction, arc-boutés sur le fait que nos entreprises ne sont pas en compétition
avec des entreprises du monde entier et qu'en période de chômage de masse le principal est de
réaffirmer les droits acquis des salariés et non pas de les remettre en cause à la marge pour réduire
le chômage en redonnant de la compétitivité à nos entreprises.
Ce que nous devons espérer c' est que Le gouvernement se rallie comme il le proclame à cette
éthique de responsabilité et donne la priorité à la lutte contre notre chômage de masse par une
politique de l'offre.
Axiome V :
Le chômage de masse n'est pas une fatalité.

Commentaire :
L' exemple de ce qui s'est passé à STX France démontre que l'abandon du terrain marécageux de la
lutte des classes par le patronat et les syndicats peut éviter le recours à ces attentats que constituent
les licenciements : Théorème 3 et sa démonstration.

Théorème 4 :
Une politique de l' emploi basée sur la lutte contre ce drame que représente pour une société
démocratique le chômage de masse existe.
Démonstration :
C' est l' exemple allemand qui sera à la base de notre démonstration.
La France n'a jamais aimé son industrie, comme souligné plus haut, scolie 3 de la partie II. Elle
est entrée dans la révolution industrielle plus tard que l' Angleterre et à reculons, au contraire de l'
Allemagne entrée après dans l' ère industrielle mais sans réticences. D'où la rapidité avec laquelle
elle a rattrapé et dépassé l' Angleterre et bien sur la France.
Une confirmation de cette greffe industrielle mal réalisée nous est donnée par le régime de Vichy
dont un des slogans était « La terre ne ment pas », et la permanence aujourd'hui d'une « ruralité » au
rôle politique disproportionnée compte tenu de l'importance des campagnes par rapport aux villes,
concrétisée par le sénat où les cantons ruraux sont surreprésentés.
Par le fait aussi, que l'Allemagne est restée un pays industriel puissant, avec des gains de parts de
marché avec la mondialisation, alors que la France après la présidence de Pompidou qui avait pour
priorité économique le renforcement de notre industrie ( remarquablement illustré par Renzo Piano,
l' architecte du centre Pompidou, « cette usine à gaz ») a accepté sans réagir de se désindustrialiser
face à la concurrence des pays à faible coût de main d' œuvre au lieu de spécialiser son industrie
comme l' Allemagne par l'innovation dans le haut de gamme. Résultat : l'industrie ne représente
plus seulement que 12 % de l'économie française contre 21 % de l'économie allemande.
Cette tendance lourde de notre inclination, le rejet de l'industrie polluante et porteuse de haine
sociale, (les rapports au sein des entreprises Françaises sont des rapports de force sous tendus par la
lutte inexorable entre le capital et le travail, au contraire de l' Allemagne où la recherche du
consensus est érigé en dogme) explique pourquoi la priorité n' a pas été de protéger notre industrie
mais ses salariés ( par un code du travail surtout soucieux de cette priorité avec notamment pendant
trop longtemps une autorisation administrative de licenciement avec pour effet de bloquer toute
embauche), au besoin en faisant le choix d'un chômage de masse quand la croissance économique
s'est ralentie dans les grands pays industriels et le notre après les années 80.
C'est ce choix du chômage de masse qui explique aujourd'hui ce que l'on ne peut appeler un échec
puisqu'il est le résultat de la politique dite improprement de l' emploi de nos gouvernants depuis
Pompidou.
Tandis qu' en Allemagne Le nombre de personnes sans emploi s'établit à un peu moins de 3 millions
de personnes pour plus de 3,5 millions en France où il augmente inexorablement tandis qu' il baisse
en Allemagne. Selon l'office européen des statistiques (Eurostat), le taux de chômage du pays
s'élève à 5,4%, contre le double en France et 12% en en moyenne en Zone Euro.
Cette réussite allemande confrontée à cet échec Français s' explique :
1) parce que l' Allemagne par les réformes Hartz a choisi de lutter contre son chômage en recourant
au chômage partiel. Elle a préféré réduire le nombre d'heures travaillées plutôt que de recourir au
chômage sec. Cela a été rendu possible par des accords qui prévoient une réduction des salaires des
employés proportionnelle à la baisse du temps de travail en cas de diminution d'activité. La baisse
des salaires étant en partie compensée par des aides publiques afin de ne pas réduire les droits à

l'assurance-maladie et à la retraite des chômeurs partiels. L'avantage de cette mesure est que les
salariés sont maintenus dans l'emploi et que les entreprises dès que leur cahier de commandes
augmente peuvent allonger la durée du travail et les salaires, donc répondre immédiatement à la
demande et gagner des parts de marché.
C'est ce qui explique que la durée moyenne de travail soit seulement de 30,3 h ( voir au-dessous de
30h si l'on y inclut les chômeurs) en Allemagne, moindre qu' en France parce que L'Allemagne a
plus recours au temps partiel que la France : 26 % de sa population active y est employé à temps
partiel contre 18 % en France, bien que les salariés français à temps complet travaillent cinq
semaines de moins que les Allemands par an. En effet, la durée moyenne effective du travail
(incluant la fonction publique) s'est établie, en 2013, à 1661 heures par an en France contre 1 847
heures outre-Rhin.
2) par le développement des minijobs et midijobs, des petits et moyens boulots : L'Allemagne a
créé 7,3 millions de mini-jobs au salaire mensuel de 400 euros, exonérés de cotisations sociales et
d'impôt pour les salariés, et avec un taux fixe d'imposition de 30% pour les employeurs (13%
d‘assurance maladie, 15% de cotisation retraite et 2% de taxe). En terme de temps de travail, il n'y a
pas de limite légale, mais la plupart des mini-jobs se restreignent à moins de 15 heures par semaine.
En fait, les mini-jobbers sont moins de 3 millions. Car 13,4% des mini-jobbers ont un emploi
principal. D'autres cumulent plusieurs mini-jobs.
L'agence pour l'emploi allemande distingue 2,4 millions personnes qui bénéficient de ce statut pour
leur petit boulot dont beaucoup d'étudiants, de retraités ou de mères au foyer.
Il est vrai que ces emplois précaires forcent les allemands à les cumuler pour s'en sortir ce qui rend
leur vie contraignante :
Exemple de Katrin, mère célibataire de 34 ans, pédicure pour quelques clientes, femme de ménage
et agent de sécurité le week-end : http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/video-les-mini-jobs-etla-precarisation-de-l-emploi-en-allemagne_136706.html
Ces petits boulots (les Minijobs) constituent le cœur de la stratégie de développement de l’emploi
peu qualifié en Allemagne. La politique allemande de l'emploi est caractérisée par des allégements
de cotisations sociales sur ces petits boulots. Elle est tout à fait différente de la politique dite de l'
emploi en France, d’allégements généraux de cotisations sociales employeurs sur les salaires au
SMIC et jusqu' à un SMIC et demi.
De plus, pour limiter les effets de seuil les emplois rémunérés entre 400 et 800 € par mois, dits
Midijobs, sont restés au taux normal de cotisations sociales employeurs (20,5 % au 1er janvier
2006). Les salariés, eux, sont soumis à l’obligation d’assurance sociale, selon un barème progressif.
En contrepartie l’exercice d’un Midijob ouvre le droit aux assurances chômage et maladie en
augmentant progressivement les droits acquis au titre de l’assurance invalidité vieillesse, dans le but
d'assurer une continuité depuis le Minijob vers " l’emploi régulier ".
S’il est établi que ces " emplois " sont appréciés comme jobs d’appoint par les personnes qui les
occupent, on doute désormais qu’ils puissent constituer une réelle transition vers l’emploi régulier,
ce qui était un des buts de la création de ces miniojobs.
Le résultat de cette politique de l' emploi en Allemagne fondée sur ces deux axes, temps partiel et
développement des petits boulots dans les secteurs demandeurs de ce type d'emploi peu qualifié,
donc peu rémunéré a réussi à faire baisser le chômage à 5 %, ce qui est quasiment le plein emploi
compte tenu d' un marché du travail qui est constitué de flux quotidiens d'entrée et de sortie du

travail.
Bien entendu en France on n'insiste pas sur cet aspect mais sur les réels sacrifices que cette
politique constitue pour des millions d' allemands comme notre jeune maman Katrin :
1) le salaire moyen en Allemagne a stagné voir baissé, ( Le salaire moyen a baissé de 4,2 % en
dix ans) sans que l'on ajoute que les taux bas des loyers en Allemagne compense cette perte de
pouvoir d'achat ( crise démographique oblige)
2) L'espérance de vie est légèrement inférieure à celle de la France 80,44 années pour 81,6 à la
France sans que l' on ajoute que le pourcentage de personnes âgées y est moins élevé.
3) En dépit des incitations à transformer les Minijobs en Midijobs, le nombre de Midijobs, premier
pas vers l’emploi à temps complet, est resté moins important qu' espéré, peu de Minijobs ont été
transformés en Midijobs.
S’il apparaît que ces " emplois " sont appréciés comme jobs d’appoint par les personnes qui les
occupent, surtout les jeunes et les femmes mariées, on ne pense plus aujourd'hui qu’ils puissent
constituer la solution pour acquérir un emploi à temps complet ce qui était un des buts de leur
création.
Vu de France cette politique serait un total échec social. Elle ne serait pas applicable à notre pays
qui doit rester engluer dans la mer de sargasses de la lutte des classes et du chômage de masse.
Or les anciens ( ceux de Kelkal en 1995) et récents ( ceux de Merah de 2012, de Nemmouche de
mai 2014, des frères Kouachi et de Coulibaly en 2015) attentats terroristes ne sont-ils pas la
conséquence de ce choix du chômage de masse ?
En effet nous avons deux fois plus de chômeurs jeunes que l' Allemagne, 12 % en Allemagne pour
les 20-24 ans contre 25 % en France, sans compter dans nos « quartiers » où ce pourcentage monte
à 50%. Ces assassinats de citoyens Français et notamment juifs par d'autres citoyens Français
prétendument de confession musulmane, (comme si « Allah le très miséricordieux, le tout
miséricordieux » pouvait commander de tels crimes) démontrent que nous aussi subissons des
conséquences sociales autrement plus graves qu' en Allemagne et notamment un abaissement de
l' espérance de notre jeunesse de se faire une place dans notre société et notre culture enrichie de la
leur.
Nos jeunes n' ont plus comme choix que :
1) pôle emploi pour s'installer dans un chômage de longue durée tandis qu'en Allemagne, à cause de
ce maudit M. Hartz ils auraient été, contraints d' accepter n' importe quel petit minijob ou midijob
dans le but de les intégrer dans le marché du travail en commençant par ces minijobs, plus
particulièrement adaptés aux jeunes sous qualifiés, ( encore un échec que l' on impute à notre école
républicaine, mais qui est dû aussi à une politique de regroupement familial qui a scandaleusement
délaissé les mères en pensant qu'il suffisait de mettre leurs enfants à l' école pour que leur

intégration se fasse naturellement), même si nous l'avons vu plus haut cette intégration se fait très
peu par les minijob et plus par les midijobs.
2) le trafic de drogue rémunérateur ou
3) le terrorisme islamiste avec l' espérance en cas d'attentat suicide une vie paradisiaque auprès de
soixante dix vierges à la disposition de leur plaisir sexuel.
D'un côté une société qui fait un choix clair, sortir du chômage de masse et qui y parvient aux
prix de sacrifices sociaux qui ne remettent aucunement en cause son modèles de protection
sociale mais qui le renforce.
De l' autre, une société qui fait le choix d' une soi-disant politique de lutte contre le chômage de
masse mais qui ne défend que ceux qui ont un travail en se contentant d'une dispendieuse
politique d' allocations d' aumône-chômage à ceux qui ont perdu leur emploi en les
abandonnant à leur sort la conscience tranquille, comme avant, se donnaient une bonne
conscience les bourgeois qui sortant de la messe le dimanche distribuaient cinq sous aux pauvres, et
qui met en danger tout notre système de protection sociale et plus grave, notre vivre ensemble.
Si nous voulons préserver nos libertés et plus particulièrement d' expression il nous faut plus d'
égalité et de fraternité qui passe par l' adoption d'une politique de l' emploi comparable à
celle de l' Allemagne axée sur le partage du travail par le temps partiel, les petits et moyens
boulots et le choix de soutenir notre industrie en la spécialisant dans la haute technologie.
Pour plus de précisions suivez les liens ci-dessous :
http://www.journaldunet.com/economie/magazine/en-chiffres/chomeurs-en-france.shtml
http://www.lepoint.fr/invites-du-point/patrick-artus/ce-qui-differencie-vraiment-l-allemagne-de-lafrance-25-03-2013-1645478_1448.php
http://www.leconomiste.eu/decryptage-economie/48-explication-du-faible-taux-de-chomage-enallemagne.html

Table des matières
Partie I : Croissance et inégalités page 1
Partie II : Politique de l' offre ou politique de la demande page 4
Partie III : Les politiques de l' emploi page 19

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