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4 0 0 F C FA Directeur de la publication a.i. : Xavier messè République centrafricaine Edité par la South Media Corporation Siège : rue de l’aéroport - BP 12348, Yaoundé Tél.: (237) 222 30 66 80 / 242 04 55 00 222 30 71 45/ fax: 222 30 66 75 Desk Douala : rue Bebey elamè, Tél : 233 00 22 47 Bur.Bafoussam: face pharmacie madelon, Tel: 699 50 46 59 http://www.mutations-online.info n° 4244 Vendredi 14 octobre 2016 Ces otages camerounais oubliés Libéré mardi dernier, l’ex-maire de Ouli déclare qu’une dizaine de ses compatriotes sont encore en captivité en Rca ; Nicolas Ndokè dénonce les hommes d’Abdoulaye Miskine, qui procèdent aux rapts et exigent des rançons coûteuses ; D’après lui, un médecin du Haut commissariat des refugiés est aux mains des rebelles centrafricains. >>> P. 4 PAT r i c e m B A Ce n’est qu’un au revoir ! Le chef du service production de mutations sera inhumé demain à Bamougoum. Trajectoire et témoignages. A f fA i r e B o u B A S i m A L A Afrique >>> Pp. 7, 10&11 cenTrALe Les avocats de Cavaye paralysent le procès 23 entreprises camerounaises admises au régime préférentiel La demande de récusation du juge déposée par l’accusation retarde la poursuite des débats. >>> P. 4 elles pourront désormais exporter vers l’ensemble de la ceeac, 168 produits industriels en exonérations douanières. >>> P. 6 m e s s a g e AVIS DE RECRUTEMENT Société internationale active dans le secteur forestier au Cameroun, recherche pour un emploi à plein temps un commis de scierie sachant reconnaître les principales essences de bois et cuber les colis – Expérience pratique indispensable - Adresser CV et lettre de motivation à bois. cameroun@gmail.com avant le lundi 07 novembre 2016. In MeMorIaM 16 OctObre 2014 – 16 OctObre 2016. PrOgramme des obsèques de benjamin biDiaS à nWaga, Patriarche Du mbam Vendredi 14 Octobre 2016. 10 h 00 : levée de corps au Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé (CHU) 11 h 00 : Départ pour Bafia 14 h 00 : Installation de la dépouille au domicile du défunt, à Fielziolle, face hôpital de District de Bafia 19 h 00 : Début de la veillée funèbre jusqu’à l’aube Samedi 15 octobre 2016. 09H00 : - mise en place - Début des cérémonies traditionnelles - Témoignages - Cérémonies de Kiman - Oraison funèbles Il y’a deux ans, tu t’en allais. Brutalement arraché à la vie. Ton souvenir reste vivace dans nos cœurs. En ce douloureux anniversaire, Thomas Claude et Christine tes parents Joël ton frère, Laurence ta sœur prient tous ceux qui t’ont connu et aimé d’avoir une pensé pieuse pour le repos de ton âme. Page 2 14 h00 – office religieux - Inhumation Mutations n° 4244 Vendredi 14 octobre 2016 L a Le por trai t s e m a I N e Chantal Biya A l’hameçon des pêcheurs en eaux troubles Le nom de l’épouse du chef de l’Etat, dont la passion pour l’humanitaire est incontestable, est mis à contribution pour des desseins inavoués. Il est difficile au Cameroun qu’il se passe une journée sans qu’on entende sur les antennes des radios et télévisions, ou qu’on ne lise dans les journaux, le nom de l’épouse du chef de l’etat. Chantal Biya est omniprésente dans l’actualité, non seulement à cause de son statut, mais aussi parce qu’elle est citée dans toutes les chansons, citée dans tous les discours et placardées sur toutes les affiches. marraines à gauche et bienfaitrice à droite, on fini par penser que si elle n’arrache pas la vedette à son président de mari, elle partage tout au moins la popularité avec lui. même si ce n’est pas forcément dans le même sens. au point où des universitaires ont trouvé un caractère scientifique à son œuvre sociale en lui octroyant trois jours d’un colloque. Un jour de plus que celui de «investir au Cameroun» organisé par le président de la République en mai dernier. Le louvoiement, le clientélisme et même l’affairisme semblent avoir fait leur lit autour du nom de la fille de Rosette Ndongo mengolo, de regrettée mémoire. L’ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco est tellement sollicitée par ses compatriotes qu’on est en droit de se demander si toutes cette activité sied aux épaules d’une ossature juste vielle de 46 ans. Nous sommes le 23 avril 1994. Via la chaîne publique de radiodiffusion, les Camerounais apprennent que leur président de la République vient de convoler en secondes noces. L’heureuse élue s’appelle Chantal Pulchérie Vigouroux, désormais Chantal Biya. si ses camarades de classe et autres amis d’enfance ne se retrouvent pas dans cette nouvelle identité, il n’en demeure pas moins qu’à partir de cet instant, quelque chose va changer dans les rapports sociaux entre le pouvoir et le peuple. L’enthousiasme, l’apparente innocence et le sens du relationnel de la nouvelle épouse du président bousculent quelque peu les règles du protocole et fait jaser dans les chaumières. Chantal Biya est là et impose sa marque. autour d’elle vont aussitôt commencer à naître des initiatives de tous ordres dont la sincérité et le caractère philanthrope des auteurs et acteurs n’a d’égal que la convoitise que suscite la nouvelle position de la petite écolière de Dimako. Petite bourgade de l’est Cameroun, célèbre par l’activité forestière qui y était prospère dans les années 80. Absences L’originaire de la Haute sanaga, département du Centre Cameroun, qui a gagné des concours de beauté dans sa tendre jeunesse, se retrouve ainsi citée comme marraine de plusieurs associations qui fleurissent autour d’elle. Jeunesse active pour Chantal Biya (Jachabi), les homonymes du couple présidentiel, et L’image Brouette médicalisée Selon le directeur du Centre des urgences de Yaoundé (Cury), Louis Joss Bitang, interviewé par le quotidien public Cameroon tribune, un avion médicalisé est un hôpital ambulant. «Un hôpital qui vole avec tous les services que nous avons dans un hôpital ordinaire. C’est un hôpital de réanimation». Que dira le même directeur de cette brouette…médicalisée, moyen de locomotion pour cette Camerounaise mal en point, qui se fait évacuer du village vers la ville par son fils ? Pour paraphraser Jean De la Fontaine, dans la fable «les animaux malades de la peste», selon que serez puissant ou misérable, vous serez évacué dans un avion ou une brouette. Mutations n° 4244 Vendredi 14 octobre 2016 autres. Des œuvres plus moins formelles autour de la légitimation de l’action sociale de la première dame naissent à leur tour. Le Centre international de recherche Chantal Biya (Circb), la Fondation du même nom, le Cercle des amis du Cameroun, etc. le sport n’est pas en reste et le tour cycliste dédié à la «dame de cœur» voit le jour. Petit à petit la première dame s’impose au paysage et ses absences suscitent moult commentaires. entre fugue et vacances, chacun y va de son petit mot sur les absences de la First Lady. son absence à la dernière célébration de la fête de l’unité nationale au boulevard du 20 mai, ainsi que les allers et retours de son époux pour des brefs séjours en europe, vont raviver les imaginations des uns et des autres. Une liste d’exigences préalables à son retour sera même publiée dans certains journaux se disant «au fait» de la moindre scène de ménage au Palais. Tant il est vrai qu’on lui prête une certaine influence dans l’exercice du pouvoir discrétionnaire de son époux. La fondatrice des synergies africaines a tout au moins le mérite de la tenue du pari sur sa capacité à s’imposer au milieu de cette armada de têtes bien faites et bien pleines. Tenant malgré tout à rester une épouse et une mère ordinaire. GeorGes Parfait owoundi Par GeorGes alain BoyoMo Le Lion et les contre-pouvoirs Un certain nombre d’universitaires ont entrepris d’organiser sous le parrainage du Premier ministre un colloque sur les œuvres sociales de la première dame, Chantal Biya. Cette agape intellectuelle, dont la justification scientifique est irréfutable, n’a pas l’heur de plaire à une large partie de l’opinion publique, du moins si l’on s’en tient au déluge de critiques à ce sujet dans la presse classique et sur les réseaux sociaux. Les flèches sont particulièrement décochées contre l’un des universitaires parmi la foultitude retenue qui animera la réflexion prévue à l’université de Yaoundé II-soa du 1er et 3 novembre 2016. Leader d’opinion habitué et adulé des plateaux audiovisuels et des colonnes de la presse, mathias eric Owona Nguini est victime d’un autodafé médiatique. Connaissant le concerné et l’ayant souvent pratiqué, nous pouvons attester de son détachement des honneurs et des privilèges. Dans l’hypothèse où ce socio-politiste iconoclaste et pétillant d’intelligence a pêché, eh bien, il a pêché de bonne foi. en envisageant l’affaire sous un autre prisme, on pourrait même dire qu’il a été «piégé». en effet, il semble couler de source que si Owona Nguini avait questionné le jeu et les enjeux politico-stratégiques de ce colloque, il n’aurait pas apporté ce qui passe pour un blanc-seing à ce banquet intellectuel. Ce qui étonne et détonne depuis le déclenchement de cette histoire, c’est le silence des organisateurs du colloque. Chacun se tait et se terre, laissant Owona Nguini humer tout seul les effluves de la boule puante. «Bien fait pour lui !», semblent se réjouir les autorités de l’université de Yaoundé II, et plus largement du ministère de l’enseignement supérieur, à qui il a quelquefois donné du fil à retordre. en réalité, dans sa volonté, voire sa détermination à s’éterniser au pouvoir, le régime de Yaoundé tolère à peine la contradiction. C’est ainsi que méthodiquement, et souvent insidieusement, il travaille à cerner, neutraliser et à atomiser tous les contre-pouvoirs, quels qu’ils soient, où qu’ils se trouvent. L’opposition politique en sait un rayon, dont l’influence est aujourd’hui réduite comme peau de chagrin. La presse à capitaux privés, dont le régime se vante de l’indépendance de ton, vit dramatiquement ses problèmes de viabilité économique, au vu et au su d’un gouvernement, qui refuse de la subventionner (pas de l’aider) comme cela se passe dans des pays ambitieux. Que vaut la liberté de la presse dans la précarité ambiante ? Là devrait résider le débat. C’est le même régime aujourd’hui qui rit au nez de mathias eric Owona Nguini, qui est pourtant loin d’avoir dit son dernier mot. Il y a certainement un exquis plaisir à voir un contradicteur coriace pris à partie par certains de ses partisans d’hier et par ses indécrottables pourfendeurs, qui profitent de la pluie pour se soulager dans le torrent. L’on sait comment Lapiro de mbanga a été «piégé» par le pouvoir de Yaoundé. On sait comment, à l’usure, un certain nombre de leaders politiques et d’universitaires ont été «cooptés» pour aller à la soupe. L’objectif du régime en place est invariable : Faire le vide en face de lui. mais lorsqu’il aura niveler la société par le bas, lorsqu’il aura instauré l’unanimisme dans l’espace public, lorsqu’il aura avalé tout le monde, le Cameroun se portera-t-il mieux ? Les victoires à la soviétique du Rdpc aux différentes consultations électorales ont-elles, par exemple, changé, de manière concrète et décisive, les conditions de vie des Camerounais ? La vérité est que, plus l’opposition est émiettée, plus les batailles de succession au sein du parti au pouvoir se font féroces. On déshabille donc saint Pierre pour habiller saint Paul. au demeurant, cette maxime de montaigne (dans Les essais, livre III, chapitre 8) parle fort à propos à l’ordre gouvernant camerounais : «Les contradictions des jugements ne me blessent ni ne m'émeuvent : elles m'éveillent seulement et me mettent en action. Nous n'aimons pas la rectification de nos opinions ; il faudrait au contraire s'y prêter et s'y offrir, notamment quand elle vient sous forme de conversation, non de leçon magistrale. A chaque opposition on ne regarde pas si elle est juste ; mais à tort ou à raison comment on s'en débarrassera. Au lieu de lui tendre les bras, nous lui tendons les griffes ». a méditer ! Page 3 V I V R e inséCurité a U J O U R D ’ H U I transfrontalière Environ 15 Camerounais en captivité en Rca Selon l’ex-maire de Ouli, qui a recouvré la liberté mardi dernier, il s’agit d’un médecin du Hcr et 14 autres personnes. La révélation de Nicolas Ndoké, l’exmaire de la commune de Ouli, sur les antennes d’une chaîne Fm émettant à Bertoua, chef-lieu de la région de l’est sont troublantes. en effet, enlevé vendredi 07 octobre 2016 par une bande armée non encore identifiée, Nicolas Ndoké a recouvré la liberté mardi 11 octobre. Dans ses propos diffusés jeudi 13 octobre 2016 dans les journaux parlés de 6 h30 et 8 h sur les antennes de Radio aurore, une chaîne qui fonctionne depuis 2002 dans le chef-lieu de l’est, Nicolas Ndoké est revenu sur les circonstances de son enlèvement, alors qu’il était de retour de Toktoyo pour Ouli, les conditions de vie avec les rebelles et sa libération. mais la déclaration qui a le plus retenu l’attention, c’est le fait qu’il y a encore 15 personnes en otage dans le camp des rebelles en République centrafricaine (Rca). « Oui,  il y a le Dr Silla Angoula Thomas. Il vient de Yaoundé et son épouse est à Douala. Il travail à l’hôpital régional de Bertoua et  c’était sa première fois d’entrer à Toktoyo. Il partait donner des médicaments aux réfugiés», explique l’ex-otage.  a la question de savoir ce qu’il faut pour libérer ce médecin, Nicolas Ndoké déclare qu’ «ils [les rebelles centrafricains] ont demandé la somme de 10 millions FCfa pour libérer le médecin du Hcr». autre révélation de l’ex-maire de Ouli, c’est qu’il y a 14 Camerounais    en provenance de gado Badgzéré, malawe, Zembé-Borong, garouaBoulaï, Ouli et Yaoundé, tous de sexe masculin détenus par les hors la loi centrafricains. Otage Certains, déclare-t-il, ont déjà passé plus de trois semaines en captivité. L’ex-élu local déclare également que «ce sont les gens de Abdoulaye Miskine, commandés par un Colonel. A chaque fois, leur chef appelait pour demander, vous avez déjà combien d’argent là-bas  ?». sur sa libération, Nicolas Ndoké affirme que «le chef des rebelles et son adjoint m’ont escorté sur une distance de trois  kilomètres et m’ont montré la piste de cinq kilomètres à suivre pour retrouver le Cameroun». D’autres sources contactées à Ouli, cheflieu d’arrondissement de mbotoro, déclarent que «c’est probablement le week-end dernier que le Dr. Thomas Angoula a été enlevé». Tous les efforts faits pour avoir la version des faits du Bureau du Haut commissariat des refugiés (Hcr), à Bertoua et à l’hôpital général de cette ville ont été vains. L’annonce de la libération de Nicolas Ndoké a été faite mercredi 12 octobre 2016 sur les antennes de la station régionale de la Crtv/est par emmanuel Halpha, préfet du département de la Kadey. Le préfet de la Kadey a par ailleurs affirmé que l’ex-maire est en bonne santé et qu’aucune rançon n’a été payée aux ravisseurs, qui, au départ exigeaient la somme de 1,5 millions Fca. Rien n’a été dit sur la rançon déboursée. Cela dit, les déclarations de l’exotage, Nicolas Ndoké, démontrent  que beaucoup d’efforts doivent encore être déployés pour mettre les preneurs d’otages hors état de nuire dans la longue et poreuse frontière qui sépare le Cameroun et la République centrafricaine, à l’extrême-est du pays. Une frontière    qui connaît aussi l’enclavement, le sousdéveloppement et la pauvreté. Des facteurs qui rendent les populations vulnérables et parfois complices des actes de banditisme  perpétrés par des coupeurs de route et des ravisseurs qui ont leur base dans une forêt à l’ouest de la Rca.   séBastian Chi elvido new york Thierry Atangana remercie Paul Biya L’ex-prisonnier du Sed salue les efforts du chef de l’Etat pour la mise en œuvre des recommandations du Groupe de travail de l’Onu. Dans une déclaration sur le groupe de travail de l'Organisation des Nations Unies (Onu) sur la détention arbitraire, l’avocat américain de michel Thierry atangana, Bryan sillaman (avocat de la célèbre firme américaine Hughes Hubbard & Reed créée en 1888) remercie les Nations Unies, ainsi que le président du Cameroun Paul Biya, le président français François Hollande, le département d'État américain et les organisations de droits de l'Homme. me sillaman salue les efforts et le signe positif qu’a donné le chef de l’etat, Paul Biya en faveur de l'État de droit, ayant commencé à mettre en œuvre l’avis du groupe de travail. L’avocat de Thierry atangana a encouragé tous les États membres et la communauté internationale à entièrement appliquer les recommandations du groupe de travail, promouvoir l'importance des activités du groupe de travail sur la détention arbitraire et favoriser plus globalement l'application de l'État de droit. Dans sa décision numéro 38/2013, le groupe de travail sur la détention arbitraire avait constaté que michel Thierry atangana a été arbitrairement détenu au Cameroun pendant près de 17 ans. Il a recommandé sa libération immédiate, une Page 4 MICHEl THIERRy ATANgANA. enquête pour appréhender les personnes responsables de sa privation de liberté et une indemnisation pour les préjudices causés. michel Thierry atangana a été libéré en février 2014, à la faveur d’une grâce du président camerounais Paul Biya. Les deux autres recommandations demeurent, pour l’heure, en suspens. au siège des Nations Unies, à New York, michel Thierry atangana et l’association atangana contre l’oppression et l’arbitraire ont été invités à participer à la semaine de l’afrique. Ce sommet, dont le président de l'assemblée générale, Peter Thomson et le secrétaire général sortant Ban Ki-moon ont assuré l'ouverture, était organisé par le Bureau du conseiller spécial sur l’afrique de l’assemblée générale des Nations Unies. Il s’est tenu du 10 au 14 octobre 2016. mercredi, 12 octobre 2016, à l'occasion d'un événement de haut niveau sur «un partenariat mondial renouvelé pour consolider la bonne gouvernance et l'État de droit en Afrique», pendant la semaine de l'afrique 2016, l'association atangana contre l'oppression et l'arbitraire (aacoa) , fondée par michel Thierry atangana, citoyen français né au Cameroun, a fait une déclaration louant le travail du groupe de travail de Nations Unies sur la détention arbitraire. son avocat américain Bryan sillaman, venue avec sa collègue française marieagnès Nicolas, a fait une longue déclaration en anglais pour le compte d'aacoa. Thierry atangana était présent à ses côtés. Cette prise de parole est intervenue en deuxième position, juste après la déclaration de la représentation kényane. waMBa soP Mutations assemBlage de véhiCules Une usine de montage des voitures bientôt opérationnelle Les travaux d’aménagement du site devant abriter ce complexe industriel indien sont exécutés à hauteur de 8% pour 4% de délais consommés. sauf retard à l’allumage, les premiers véhicules assemblés et montés au Cameroun seront sur le marché en fin 2017. en effet, une usine d’assemblage et de montage du groupe indo-chinois représenté par la Cameroon automobile Industry Compagny (Caicc) est en gestation dans la zone industrielle de Bonabéri, dans l’arrondissement de Douala IVème. a la clé, 4.000 emplois directs attendus et un transfert de technologie certain pour le Cameroun. et les types de voitures qui sortiront de cette usine sont entre autres des bus, des camions et véhicules légers, des pick-up. Pour l’heure, le projet n’est qu’au niveau des travaux d’aménagement du site devant abriter ce complexe industriel indien. Des travaux qui selon les techniciens du matgenie (entreprise en charge des travaux d’aménagement), s’effectuent sur un terrain marécageux. Ce qui ne se fait pas sans quelques désagréments. au rang des difficultés, «la première aura été la saison des grandes pluies qui tombent sur le Littoral au mois d’août et au mois de septembre. Nous avons presque travaillé dans l’eau. La deuxième difficulté aura été inhérente aux difficultés générales que rencontre le démarrage de tout chantier de cette envergure. On balbutie au départ, avant de prendre le train. La troisième difficulté c’est que nous avons travaillé jusqu’ici sur fonds propres c’est pourquoi tout à l’heure, vous m’avez entendu émettre la doléance que le soutien financier nous soit accordé au plus vite afin que nous ne perturbions pas le train que nous avons pris ces dernières semaines. Il ne faudrait pas que cela se casse. Nous voulons aller avec ce train, jusqu’achèvement complet du chantier», liste Niwa Long Othon, le directeur général du matgenie qui indique que les travaux peuvent être effectués dans un délai de quatre mois. Néanmoins, à  ce jour, la digue routière qui s’étend sur 420m2 est exécutée et le site marécageux ramblé sur 1.500m2, apprend-on du Dg du matgenie. Il estime d’ailleurs à 8% le taux d’exécution du contrat et 4% de délais consommé. La visite effectuée par ernest Ngwaboubou le ministre des mines, de l’Industrie et du Développement technologique (minmidt) hier jeudi 13 octobre avait pour but de « faire une évaluation pour savoir ce qui  a été fait, ce qui reste à faire. Relever les difficultés qui se posent  à l’entreprise chargée de mener les travaux sur le terrain, et de faire des propositions pour pouvoir le faire aboutir dans les meilleurs délais», explique ernest gwaboubou. C’est le 11 juin 2015 que la convention entre le gouvernement et la société Caic a été paraphée. La superficie concernée par la première phase des travaux d’aménagement du site s’étend sur 6,5 hectares dont 4 hectares financés par le Bip du ministère des Domaines, du Cadastre et des affaires foncières à hauteur de 1 milliard 500 millions Fcfa et 2,6 hectares sur financement du Caic, apprend-on Marthe ndianG n° 4244 Vendredi 14 octobre 2016 V I V R e a U J O U R D ’ H U I affaire BouBa simala Les avocats de Cavaye paralysent le procès La demande de récusation du juge déposée par l’accusation retarde la poursuite des débats. Une correspondance datant du 8 septembre 2016, ayant pour objet : «demande de récusation» adressée au président de la Cour d’appel  et au  lieutenantcolonel mefand, présidente de céans dans l’affaire ministère public et Cavaye Yeguié Djibril contre le capitaine de gendarmerie Bouba simala, bloque la poursuite des débats. «Agissant d’ordre et pour le compte de Cavaye Yeguié Djibril, dans la cause l’opposant à Bouba Simala, pour les motifs de suspicions légitimes, nous récusons formellement la présidente, le  lieutenant-colonel Mefand présidente de céans  tenant l’audience du 08 septembre 2016», écrit me Faustine Fotso, avocate de l’accusation, dans sa correspondance. La tête de file du collège d’avocats défendant le président de l’assemblée nationale (Pan), Cavaye Yéguié Djibril, accuse la juge de partialité dans ce dossier et, demande une collégialité de juges pour ce procès. Un fait que me emmanuel simh, avocat de l’accusé avait qualifié de «dilatoire», estimant que Cavaye et son conseil font tout pour gagner du temps et maintenir son client derrière les barreaux. argument qui trouve force dans l’article 598 du Code pénal qui dispose que : «Dès que le magistrat a reçu une copie de la demande de récusation conformément aux dispositions de l’article 594 alinéa 2, il est tenu de suspendre la procédure jusqu’à nouvel ordre». Crise BOUBA SIMAlA. Pour l’heure, la juge en charge du dossier doit fournir au président de la Cour d’appel des éléments prouvant son objectivité et son impartialité dans cette affaire. en retour, celui-ci devra décider de sa récusation ou non. Pourtant, l’audience d’hier, tenue au Tribunal militaire (Tm), à Yaoundé devait en principe tabler sur l’exécution de la décision avant dire droit, d’expertise téléphonique, visant à vérifier la thèse d’une tentative d’enlèvement du Pan, qui aurait été orchestré par l’accusé. Fait sur lequel avait statué le tribunal lors de la phase d’audition des témoins de l’accusation, il y a deux mois. L’exploitation du contenu du journal d’appels de l’accusé Bouba simala, avait aussi pour but de vérifier la nature et l’existence ou non d’une relation quelconque entre le capitaine simala et le général Ivo, cité comme «complice» à la suite d’une écoute téléphonique rapportée par des témoins produits par l’accusation. au lieu de cela, le lieutenant-colonel mefand, en charge du dossier n’a eu d’autre choix que de reporter l’audience au 10 novembre prochain en attendant une décision du président de la Cour d’appel qui pourra validé ou invalidé la récusation du juge conformément à la demande des avocats du plaignant. en rappel, Bouba simala est poursuivi pour des faits de menaces simples, outrage aux corps constitués et violation de consignes ; comportement susceptible de porter gravement atteinte à l’honneur et à la dignité militaire. Des faits réprimés par les articles 74, 154 et 301 du code pénal. eddy arMand MatChouaKo des transporteurs Vers la fabrication d’une vignette unique Telle est l’une des résolutions prises mercredi dernier au cours de la concertation tenue au ministère des Transports. Les syndicats des conducteurs de taxi, signataires du mot d’ordre de grève levé le 2 octobre dernier ont été reçu mercredi dernier au ministère des Transports, sur instruction du Premier ministre. au menu des échanges entre les deux parties, l’examen des revendications faites par les conducteurs. D’après certains syndicalistes rencontrés, cette réunion a permis de faire certaines avancées dans le domaine des transports. selon Patrice samen, porte-parole des syndicats des transporteurs du Cameroun, le ministère des Transports a rassuré que dans un futur proche, il va mettre sur pied une vignette unique telle que réclamé par les transporteurs. «Dans les prochains jours, le ministère des Transports va également produire des badges uniques pour tous les transporteurs. Il nous a également présenté des nouvelles fiches pour la demande des permis de conduire qui ont une durée de sept jours, contrairement à six mois comme cela était le cas avant», explique Patrice samen. avant de se réjouir : «je pense Mutations n° 4244 EDgARD AlAIN MEBE NgO’O. Mintransport. que nous passons là vers une modernisation de notre secteur d’activité». Néanmoins, les syndicalistes des transporteurs, attendent toujours la rencontre Vendredi 14 octobre 2016 avec les assureurs. Celle-ci était pourtant prévue pour mercredi dernier. «Nous ne comprenons pas pourquoi les assureurs ne nous reçoivent pas. Nous allons à nouveau saisir le Premier ministre à ce sujet car il avait donné des instructions afin que nos revendications soient prises en compte», confie un syndicaliste. en effet, la grève récemment annoncée pour le 3 octobre et donc le mot d’ordre de grève avait été levé, faisait suite à une mesure prise par les assureurs. Les syndicalistes ne toléraient pas le fait que les assureurs violent les conditions de souscriptions des assurances, pourtant régie par une loi de 1994. Celle-ci leur donne le droit de souscrire à une police d’assurance allant d’un à soixante jours. Les assureurs prévoyaient également de revaloriser les montants de la prime d’assurance. Celui-ci devait passer de 125 263 à 350 493 Fcfa l’an. Les syndicalistes se plaignaient alors du fait que toutes ces nouvelles mesures soient mises en application pourtant, les compagnies d’assurance ne paient presque jamais les sinistres. Josiane afoM mpolongwe Les populations boudent la KPDC Elles disent ne tirer aucun bénéfice de la présence de la centrale à gaz. UNE VUE DE lA CENTRAl à gAz DE KRIBI. C’est avec une humeur maussade que quelques habitants du village mpolongwe II, à Kribi, dans la région du sud, ont assisté mardi dernier, à une cérémonie de rétrocession à l’etat d’une école primaire et maternelle. La cérémonie organisée par la Kribi Power Development Company (KPDC) semble n’avoir pas été la bienvenue dans un contexte où le chef de ce village, tous les notables et les nombreuses populations ont mille griefs contre l’entreprise qui occupe leurs terres depuis 2008. Une occupation dont il ne tire «aucun bénéfice». D’après des sources, avant l’implantation de la centrale à gaz de mpolongwe, l’étude d’impact socio-environnemental n’avait pas pris toutes les composantes en compte «Depuis l’achèvement de la construction de la centrale à gaz, nous avons des nuisances sonores avec vibration sur les murs de nos maisons. Nous n’avons pas d’eau. Ils ont créé des forages inutilisables. Actuellement, une seule source alimente tout le village», se plaint un riverain. Les populations se disent flouées par la KPDC (entreprise qui gère la centrale à gaz de Kribi) qui n’aurait pas signé un cahier de charges qui réponde à leurs besoins vitaux profonds. «Je ne sais pas s’ils ont signé un cahier de charges. Tout s’était fait avec l’Etat sans que les populations ne soient impliquées», hurle le chef du village mpolongwe II, sa majesté Pierre Touli. On se souvient que lors de la construction de la centrale à gaz, il y a eu pollution de l’environnement avec déversement d’une forte quantité de gasoil dans la rivière mpologwe, principale source d’approvisionnement des riverains. «Ils avaient promis de faire des compensations, mais depuis toutes ces années jusqu’à présent ils n’ont rien donné; toute chose qui ne nous satisfait pas», déplore le chef du village. Un autre objet de mécontentement, c’est le calvaire lié à l’alimentation en électricité. «Nous sommes dans le noir alors que la centrale à gaz produit l’énergie électrique. L’un de nos besoins c’était cela: l’électricité. On devait en donner gratuitement à ceux qui sont à proximité de l’infrastructure. Mais curieusement ils nous demandent de payer le courant. Trouvez-vous cela normal ? Quel est donc notre avantage à avoir cédé nos terres pour l’implantation de cette industrie?» Fulmine un notable de mpolongwe I. C’est fort de tous ces griefs que l’ambiance était morose à l’esplanade de l’école publique de mpolongwe II mardi 11 octobre 2016. et la mauvaise organisation de l’évènement n’a pas arrangé les choses «Ils sont très mal organisés. C’est hier (10 octobre ndlr) à 22 heures qu’on m’appelle pour me dire qu’il y a une cérémonie aujourd’hui. Est-ce que c’est comme cela que les choses doivent se passer? » Regrette le notable Pius mandzon. lazare KinGue Page 5 e C O N O m I e afrique Centrale 23 nouvelles entreprises camerounaises admises au régime préférentiel Elles pourront désormais exporter vers l’ensemble de la Ceeac, 168 produits industriels en exonérations douanières. Les marchandises exportées par les entreprises camerounaises vers les huit autres pays de la Communauté économique des etats de l’afrique centrale (Ceeac), au cours de la seule année 2015 représentent 408 milliards F Cfa. Ce chiffre devrait décupler à partir de 2017, date à laquelle la Zone de libre-échange continentale africaine est censée prendre forme, avec la conquête du reste du marché africain. mais en attendant, il devrait doubler d’ici quelques mois avec l’offensive que le Cameroun entend lancer sur le marché sous-régional. en effet, 23 nouvelles entreprises du pays viennent d’être admises au régime préférentiel de la Ceeac. elles ont reçu, hier à Yaoundé, les agréments y relatifs des mains du ministre du Commerce, Luc magloire mbarga atangana, et du secrétaire d’etat auprès du ministre des mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus gentry. Il s’agit, entre autres sociétés, du Complexe industriel du Littoral, de la société des eaux minérales du Cameroun, de Biopharma, de Ok Food, de gaz industriel du Cameroun, de la société anonyme des Brasseries du Cameroun, de Nestlé, de la société industrielle de cellulose, de sources du pays, de Camlait, de Cimencam, de Nosa, de saagry et de Cometal.       avec ces agréments, elles vont pouvoir pénétrer tout le marché de la communauté avec 168 produits industriels en exonérations douanières. Cet espace communautaire pèse 160 millions de consommateurs. Il faut relever que cette performance des entreprises lUC MAglOIRE MBARgA ATANgANA. le Mincommerce.    camerounaises sur le marché communautaire est due à l’admission, en mai 2014, de 19 premières entreprises au régime préférentiel de la Communauté économique et monétaire de l’afrique centrale (Cemac). Agenda 2063   Celles-ci avaient été autorisées à y faire circuler 145 produits industriels. en novembre de la même année, la Ceeac délivrait ses premiers agréments à 13 sociétés camerounaises pour faire circuler sur son marché 81 produits industriels. sur 45 entreprises nationales admises au régime préférentiel au niveau sousrégional, la Ceeac à elle seule a délivré 36 agréments contre 19 pour la Cemac. Les industriels camerounais, visiblement plus offensifs que jamais, appelle toutefois le gouvernement à mettre sur pied les conditions qui favoriseraient une meilleure pénétration du marché nigérian, beaucoup plus important (170 millions de consommateurs) que celui de la Ceeac. Il s’agirait entre autres, pour les autorités camerounaises, de conduire à terme les travaux de construction du corridor BamendaInubu. Pour mémoire, en juillet 2012, les chefs d’etat et de gouvernement africains, réunis à addis-abeba, se sont engagés à accélérer l’établissement du marché commun africain par la création d’une zone de libreéchange continentale (Zlec) à l’horizon 2017. Une commission de haut niveau composée des présidents de chacune des Communautés économiques régionales (Cer) et de celui de la Commission économique de l'Union africaine (Ua) a été mise en place pour faciliter la suppression des barrières commerciales. Identifiées comme une initiative prioritaire de l’agenda 2063 de l’Union africaine (Ua), les négociations sur l’établissement de cette zone ont été lancées lors du sommet de l’Ua de juillet 2015, à Johannesburg, en afrique du sud. Jean de dieu Bidias Bafoussam Les portes de Comeci s’ouvrent à nouveau L’établissement de micro-finance y a repris du service, après une fermeture due à l’assèchement de ses caisses. L’ambiance relativement calme à l’agence régionale de la Compagnie équatoriale pour l’épargne et le crédit d’investissement (Comeci s.a) à Bafoussam, ce 06 octobre 2016, tranche avec des bousculades jadis enregistrées. Face au guichet, quatre ou cinq épargnants remplissent des formulaires de dépôt de fonds. sans aspérités. Ce qui indique que l’établissement de micro-finance (emf) de 2ème catégorie est à UNE AgENCE COMECI.  Page 6 nouveau opérationnel. Une réouverture intervenue, indiquent nos sources, il y a deux semaines, pour rassurer la clientèle de ce que «la Comeci n’est pas morte». Certes les couloirs ne grouillent pas de monde, du fait de l’approche de la pause, mais quelques épargnants continuent de faire confiance à cet emf. « Je suis un ancien client de la Comeci. J’y reviens pour épargner mon argent, après des moments difficiles qu’a connus cette banque vers la fin du mois d’août dernier. Puisque je ne peux ni le garder sur moi ni à la maison», déclare un commerçant, la quarantaine dépassée. Tout à côté, une dame procède à la même opération, sans attirer l’attention des usagers qui passent dans les encablures. au rez-dechaussée comme au premier niveau de l’immeuble abritant la représentation locale de la Comeci, chaque personnel est à son poste de travail, même s’il reste peu disert aux sollicitations d’un reporter. Tout laisse croire que les uns et les autres essayent de rattraper le temps perdu, provoqué par la rupture des liquidités à l’origine de la fermeture qui a secoué la Comeci. a en croire quelques indiscrétions, il s’agit d’une reprise au petit trot, surtout qu’il faut attendre la fin du mois de novembre pour voir les épargnants d’avant la crise, entrer en possession de leurs dus. en attendant, les épargnes effectuées depuis la reprise des activités, ne souffrent d’aucune limitation de montant au retrait. «Si vous versez n’importe quel somme maintenant, vous pouvez revenir le lendemain la retirer, entièrement», confie une autre source crédible. a Bafoussam, la simple évocation du nom Comeci ne donne plus du tournis aux épargnants. mais, il n’est pas aisé de savoir si l’emf qui comptait jusque-là parmi les plus en vue, pourra reconquérir la confiance de ses 25 000 épargnants répertoriés à l’Ouest, pour des dépôts évalués à 1,5 milliard de F Cfa. MiChel ferdinand Mutations répuBlique CentrafriCaine Le gouvernement veut lever 1,54 milliard F Cfa Cette enveloppe est destinée au financement de son plan triennal (2017-2021) de relèvement et de consolidation. UNE ROUTE DE gAMBOUlA à BITUMER. La République centrafricaine (Rca) veut financer son plan stratégique de sortie de crise, qui comprend trois piliers : le soutien de la paix, la sécurité et la réconciliation  ; le renouvellement du contrat social entre l’etat et la population  ; et enfin le relèvement économique et la relance des secteurs productifs, dont l’agriculture et l’élevage, les industries extractives et forestières. Pour atteindre les  11 objectifs de ces trois piliers, la République centrafricaine a fait appel à ses partenaires traditionnels que sont les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne, la Banque africaine de développement (Bad), les institutions de Bretton Woods et les autres partenaires bilatéraux.   en effet, les partenaires techniques et financiers de la République centrafricaines ont tenu leur sixième session, mercredi dernier à Yaoundé. en examinant la stratégie de sortie de crise présentée par la délégation de la République centrafricaine, ils ont mis en place les jalons de la conférence des donateurs et investisseurs de la Rca, prévue le 17 novembre prochain à Bruxelles en Belgique. Ce plan de sortie de crise, présenté par le ministre de l’economie, du Plan et de la Coopération centrafricaine, Félix moloua, prévoit un besoin de  fonds de financement de 1,5 milliards F Cfa. Cette enveloppe financera, à en croire la délégation centrafricaine  au forum de Yaoundé, les projets les plus structurants sur une période de trois ans (2017-2021). D’ailleurs, sur les 1,5 milliards F Cfa  recherchés, une partie sera affectée au relèvement de l’économie et la relance des secteurs de production. Par exemple, l’agriculture, qui représente 45% du Pib, et qui emploie 70% de la population, sera davantage boostée. Il faudra en plus désenclaver les bassins de production. en attendant la conférence de Bruxelles, certains partenaires techniques et financiers de la Rca se sont déjà prononcés. «Lors de la visite aux Etats Unies du président, Faustin Archange Touadera, la Banque mondiale a promis de donner 200 millions de dollars, soit environ 100 milliards F Cfa. Pour les autres, je ne peux pas les détailler maintenant», a confié Félix moloua. De même, la conférence des donateurs est une opportunité, apprend-on, pour le développement nationale. PasCal diBaMou n° 4244 Vendredi 14 octobre 2016 2 octobre 1967 26 septembre 2016 Patrice Mba Patrice Mba, le dernier voyage Tous nous partirons. Vanité des vanités, tout est vanité. Patrice est parti. Il a entamé hier son dernier voyage vers l’au-delà. 14h. La dépouille du chef de production de Mutations est installée dans la chapelle de l’hôpital général de Yaoundé. Portée par quatre personnes, le cercueil dans lequel est couché Patrice Mba est installé au centre de la pièce, puis ouvert. Il est là, raide avec son costume noir. Les cris de détresse de son épouse, en blanc, fendent l’air et les âmes, dans cette salle pleine comme un œuf. Nadège Mba a du mal à contenir sa douleur. Elle hurle et pleure toutes les larmes de son corps. L’écho de ses lamentations ravive l’émotion : «Mon chéri, où vas-tu ? Mon chéri, est-ce que c’est ce que qu’on s’était dit ? Comment je vais faire avec les enfants ?» Elle est soutenue par deux femmes qui lui soufflent des paroles de réconfort. Les mouchoirs sortent des sacs. Les plus émotifs ne se retiennent plus. Ils pleurent à chaudes larmes. Plus jamais ils ne verront sur pied cet homme à l’éternel sourire. Plus jamais, ils n’échangeront un verre avec cet ami généreux. Plus jamais, ce collaborateur ne leur fera de blague à la rédaction de Mutations. Plus jamais, les collègues ne discuteront avec lui des petits tracas de la vie ou de la famille. Plus jamais, Anthony Bryan, Allan Scoot et sa princesse, Elsa Maeva, ne feront des virées avec papa le week-end venu. Il faut se rendre à l’évidence : Patrice est parti, plus jamais nous ne le reverrons. C’est fini. Les paroles du prédicateur du jour ont eu le mérite d’apaiser les cœurs. De son prêche on peut retenir une chose : «nous sommes tous appelés à partir. La mort est une expérience que nous vivrons tous.» Et l’homme de Dieu de conseiller à l’assistance de se façonner une vie paisible, car à tout moment la mort peut survenir. Né le 2 octobre 1967 à Yaoundé, Patrice Mba sera inhumé ce samedi à Bamougoum, dans la région de l’Ouest. aïCha nsanGou Mutations n° 4244 Martyre, c’est mourir un peu La douloureuse consomption, pour le responsable de la production de Mutations, s’est achevée le 26 septembre 2016 à l’hôpital général de Yaoundé. «Salut ‘’mon beau’’ ! Ça ne va pas, je suis très malade.» Le 21 septembre, ce sms, émis à 12h22, sonne comme une sérieuse alerte pour son destinataire. Dans l’appel qui s’ensuit, Patrice a la voix floutée. Il se plaint de violents maux de tête et du cou qui enfle. On ne s’est pas vus depuis 6 jours et c’est plutôt inhabituel, chez ce garçon qui «n’aime le lit que pour dormir avec [s]a femme». Comme souvent, il tente de distraire pour rassurer son correspondant : il a déjà envoyé toutes les informations nécessaires au médecin et attend ses prescriptions. «Tu sais, le reste c’est Dieu qui s’en occupe.» Comme toujours. Patrice mba n’aimait pas – mais alors pas du tout – qu’on s’apitoie sur son sort : «’’mon beau’’, on finit toujours par mourir de quelque chose.» Il détournait systématiquement la conversation, chaque fois qu’un proche s’étonnait qu’il ait abandonné les béquilles tout en continuant de claudiquer. Le colosse d’antan avait pourtant fondu de moitié au fil des ans, depuis cette terrible nuit de février 2002 où des braqueurs lui avaient logé des plombs dans le pied à son propre domicile. mutations venait de passer quotidien, quelques heures plus tôt. Deux opérations chirurgicales et des années plus tard, la toxicité de ce métal continuait d’agir sur l’organisme, finissant par engendrer d’autres complications. mais le garçon avait gardé une bonne humeur maladive. Difficile en effet de se fâcher, avec ce boute-en-train qui décoinçait rapidement le mécontent avec un graveleux : «Alors, la fripouille !» Un sobriquet qu’il s’attribuait luimême, comme pour rire de ses complications de santé. et lorsque le grognon se faisait plus bilieux, il se plaisait à rappeler qu’il était «né à Etoa Meki et [avait] grandi à Elig-Edzoa», à l’époque (1967) repaires de la pègre à Yaoundé. et donc qu’il pouvait, lui aussi, devenir mauvais garçon à l’occasion. et ça allait rarement plus loin que cela. Bien plus encore : Patrice n’aimait pas vivre seul. Hors de la maison, il lui fallait trouver «un client» avec qui parler et rire de tout. D’alphonse, d’emile, de Jean-Jacques et d’Oscar, ses frères. De Justine et de la petite dernière de la fratrie, Florence. De sa femme, Nadège («Maman»), d’anthony Brayan, d’allan scott et d’elsa maeva, sa progéniture qu’il aimait à présenter en public. De sa mère aimante, Jacqueline, dont la santé n’avait elle aussi cessé de décliner depuis la disparition de son époux. Patrice mba et mutations, c’est en réalité l’histoire de toute une vie active. en 1996, alors que les pères fondateurs retournent le projet Vendredi 14 octobre 2016 dans tous les sens, «Pat», chez son aîné au quartier etoudi, est un curieux qui finit par se dévouer aux petites courses. Il est volontaire, disponible, ne dit jamais un mot plus haut que l’autre et – déjà – ne se plaint jamais lorsque les sollicitations se bousculent. Il voue une admiration sans bornes à alphonse soh, ce grand-frère à qui il semble vouloir tant ressembler. Cet aîné, ingénieur de génie civil de l’ecole nationale polytechnique de Yaoundé et passionné d’informatique, s’est retrouvé dans le projet mutations à force de côtoyer pour les hommes de médias. Colleur d’affiches C’est en effet alphonse soh, alors en service à Challenge graphics Vision à Yaoundé, le premier distributeur de la marque apple au Cameroun, qui installe les journaux locaux dans l’ère de la publication assistée par ordinateur (Pao). Patrice n’est jamais loin, lorsque ce grand taciturne est devant l’écran et immerge dans ses applications. Le cadet, qui observe ce «génie» avec concupiscence, ne peut qu’être adopté par le reste des néo-«Mutants». Patrice mba est colleur d’affiches annonciatrices de la parution du premier numéro de mutations, le 8 juillet 1996. Il en suivra personnellement l’impression, dans les ateliers du Centre d'édition et de production pour l'enseignement et la recherche (Ceper). Il hérite naturellement, et désormais, de toutes les autres tâches liées au domaine. Un break à Rennes, en 2007 à la faveur d’un stage professionnel au quotidien Ouest-France, lui permet désormais d’aborder le sujet avec autorité. Il rappelait avait hérité son prénom d’un oncle, en hommage à l'une des principales figures de l'indépendance du Congo belge : Patrice Émery Lumumba, considéré là-bas comme le premier «héros national». «On ne me parle (donc) pas n’importe comment !» se complimentait-il souvent en public. en juillet 2007, lorsque survient le shisme historique au sein de l’entreprise, «mon cher Pat» décide de rester fidèle au groupe originel. Ceci ne l’empêchera pas d’être dans le camp de tous et de chacun. Ce qui compte, c’est l’amitié par dessus tout. C’était sa marque de fidélité : on a beau chercher, difficile de se fâcher avec ce bonhomme qui ne se prenait pas au sérieux, distribuait la bonne humeur sur son passage et n’était l’ennemi de personne. Depuis une année, le familier de service s’était fait de moins en moins assidu. Une santé en dents-de-scie le rendait désormais vulnérable à la moindre pathologie. Chef de famille, «Pat» l’était devenu à plus d’un titre au lendemain du décès de son papa, en 2009. Désigné successeur dans la pure tradition bamougoum (Bafoussam 3ème), le représentant, conciliateur et rassembleur était aussi notable («Soh Chechou») du quartier Ndedeuh, sis au lieu dit «Ancien marché». La dernière boutade pour la route – éternelle ? Patrice mba, le dignitaire traditionnel, avait pour totem la chique qui chauffe, pique et démange jusqu’à ce qu’on s’en débarrasse. mais cette fois la bonne blague de «la fripouille» ne fait plus rire personne. C’était Patrice mba. félix C. eBolé Bola Page 7 m e s s a g e Page 8 Mutations n° 4244 Vendredi 14 octobre 2016 m e s s a g e Mutations n° 4244 Vendredi 14 octobre 2016 Page 9 Témoignages abdelaziz Moundé, journaliSte eliSabeth benkaM, journaliSte Chaleur d’août, dit l’adage, fait du bien partout. Avec Patrice, en août dernier, j’ai ri aux larmes. Comme souvent, depuis que j’ai connu ce grand bonhomme au mitan de l’année 99, effectuant un stage de journalisme concluant au journal Mutations. Avec mon ami, on a alors échangé toute une nuit entière, «inbox», sur les proverbes attribués à Robert Mugabe, fantasque président du Zimbabwe. Patrice avait partagé une de ses saillies forgées par l’esprit des internautes : «derrière un homme qui a échoué se cache une femme noire qui est devenue brune» ! Emoticones hilares et gifs animés rythmaient cette conversation fraternelle, tout en bons mots, souvenirs épicés et traits d’humour. Patrice s’était constitué un verbatim, une belle collection de ces proverbes. Et à chaque salve, nous riions de bon cœur de leurs traits cocasses, tournures grivoises ou arrière-plan politique. Il était ainsi Patrice. Patrice Mba, bonhomme qui ne feignait pas l’allégresse. Un bon gars, celui avec qui on se lâchait, sans arrière-pensée, tant l’homme rassurait par une simplicité si solaire et un sens de l’amitié tout aussi profond. Au mois d’août, dit un autre adage, le vent est fou. Avec Patrice, j’ai pleuré des cordes. Patrice s’offusquait des tourments du panafricanisme ; cette belle idée dévoyée par mille maux. Sur sa page facebook, une vidéo sur Thomas Sankara, en fait un reportage : «sacrifices pour une révolution» de Jean-Claude Chanel et Jean Philippe Rapp, faisait écho à un texte que j’avais publié la veille sur l’ouvrage du Pr Jean-Emmanuel Pondi, ode aux idées pertinentes du leader burkinabè pour l’émergence de l’Afrique. Les temps forts de ce reportage, la verve et le sang-froid de Sankara, la pénétration de ses idées et un ancrage dans les problèmes des paysans, déclassés et pauvres, meublaient notre échange, avec toujours en pointe un trait d’humour ou un souvenir exalté de la salle de rédaction à Mutations. Il était ainsi Patrice. Patrice Mba, homme affable qui passait d’un sujet drôle à une question grave, sans se départir d’une franche camaraderie ou d’un sourire sincère. Toujours bienveillant, sans ces apprêts qui dévoient bien des rapports humains. Le féru de foot, parfois caustique et goguenard dans un commentaire d’après-match autour d’un verre ou en faisant bonne chère, prenait le temps comme il venait et les siens comme ils étaient, frugal sans être austère. Tout aussi pointilleux sans être sévère, lui, le professionnel aguerri, veillant de nuit pour s’assurer que le «canard» serait dans le four des kiosques. Août est parti et le septembre des malheurs est arrivé. Je resterai avec Mugabe et ses proverbes, entretenant l’exaltant souvenir de mon ami et de ces échanges mémorables. Patrice, lui, s’en est allé. Peut-être là-bas, croisera t-il Sankara ? C’est le premier arrêt que je lui souhaite. Et comme le chantait Dina Bell, dont Patrice aimait les trémolos : «Wala bwam !» Bon voyage cher Patrice Mba ! Il était dans la profession de la communication et on se connaissait depuis une bonne dizaine d’années. Bien qu’on ne travaillait pas ensemble, on s’échangeait les informations. On était généralement ensemble pour des événements, heureux comme malheureux. Il avait un côté très blagueur, et il prenait très au sérieux les problèmes des autres. Patrice avait un sens de l’humanisme très poussé. Chaque fois qu’on avait un problème, même s’il n’était pas là physiquement, il prenait des nouvelles via le téléphone, question d’apporter un peu de réconfort. Donc, on était toujours ensemble. Vu le nombre d’hommes de médias représenté à la levée de corps de Patrice Mba, c’est un grand vide qu’il laisse. Il était très connu dans le monde des journalistes. C’est un grand vide, pas seulement pour sa famille. Il faut savoir, désormais, qu’il n’appartenait pas qu’à sa famille nucléaire mais aussi à celle des médias en général. Et je crois que ce vide sera difficile de le combler. Mba, homme des hauteurs georgeS alain boyoMo, journaliSte C’était le rassembleur La scène se déroule à l’«Annexe» (petit maquis voisin des rédactions) du quotidien Mutations. Avec une fierté à peine dissimulée, Souley Onohiolo, journaliste au quotidien Le Messager, en visite de courtoisie chez l’auteur de ces lignes, croise le verbe avec Patrice Mba. Les deux revendiquent le droit d’aînesse. Après un chassé-croisé d’arguments entre deux gorgées de bière, Souley peut brandir le trophée : il a eu 50 ans avant Patrice Mba. Fair-play, ce dernier annonce qu’il aura, lui aussi, 50 ans dans un an et que ce sera définitivement le tournant de sa vie. Mais le virage dont parlait «Pat» était en fait sa sortie de scène. Cyniquement, le réseau social Facebook nous rappelle le 49e anniversaire de Patrice le 2 octobre 2016, alors qu’il n’est plus du monde des vivants. Il fêtera donc son cinquantenaire outre-tombe. Triste destin, pour ce «Mutant» qui semblait avoir pour devise : «La principale richesse de l’homme, c’est l’homme». Avec Patrice, on ne voyait pas le temps passer. Sa culture générale (il n’était pas bardé de diplômes) et de la presse camerounaise, qu’il assaisonnait malicieusement avec des anecdotes aussi hilarantes les unes que les autres, parvenait toujours à fixer son auditoire. «Chez Bernard», comme «Chez Super», c’était une constante. Malgré les soubresauts d’une actualité récente, «Pat» s’était toujours posé en rassembleur à Mutations, n’hésitant pmas à demander pardon lorsque l’intérêt général le commandait. Ses saillies sur les «Séléka» et les «Anti-balaka» étreignent encore mon esprit ! Pour la génération d’active de Mutations, «Pat» était le «coin du feu» où l’on vient s’abreuver. Entre nostalgie et pragmatisme, il avait compris qu’il y avait quelque chose à faire pour garder la flamme allumée, que de ventiler la sinistrose. Et Dieu seul sait que cette foi en Mutations est souvent allée jusqu’à d’inénarrables sacrifices financiers. Patrice nous a quittés, mais l’«esprit Mutations», qu’il a semé en nous (comme d’autres aînés avant lui) reste vivant. L’une des dernières bouteilles qu’il a jetées à la mer, au cours de notre dernière «mise en bière» (évoquée au début de ce témoignage), c’est de voir le conseil d’administration de la South Media Corporation (Smc) siéger. Il disait être prêt à tout donner, pour aplanir les divergences qui ne rendraient pas cela possible. Dommage qu’il soit parti si tôt ! Page 10 Il avait le sens de l’humanisme guStave SaMnick, journaliSte Patrice a fait les 20 ans de Mutations Patrice Mba était le dernier des Mohicans des Founding fathers de Mutations. Parmi nous tous qui étions là dès le début de Mutations, c’est le seul qui y est resté de manière ininterrompue. Patrice a fait les 20 ans de Mutations. Le souvenir que je garde de lui, c’est celui de notre rencontre. J’étais en train de me promener avec mon ami, frère et camarade de promotion Alain Blaise Batongue. On a croisé Patrice Mba dans son ancien quartier d’Etoa Meki (Yaoundé, ndlr). Il a dit à Alain Blaise Batongue : «Mon grandfrère Alphonse Soh veut te rencontrer pour monter un projet Génération I.» Un projet autour duquel on retrouvait Protais Ayangma, Maurice Kamto… Et ce sont ces mêmes acteurs qui faisaient partie de l’aventure Génération II, d’où naîtra Mutations. Le premier numéro paraît le 8 juin 1996 avec comme chef de production Patrice Mba. Qui a gardé le même poste jusqu’aujourd’hui. Au-delà de cette longue relation professionnelle, c’était un ami. Malgré la séparation professionnelle, malgré le fait que nous avions pris des chemins différents, on se retrouvait toujours. Notamment chez Bernard qui était un voisin de Mutations où on prenait notre bière. Une semaine avant sa mort, avant que je n’apprenne qu’il était hospitalisé, nous étions au même endroit. Je ne peux que souhaiter beaucoup de courage à la famille restreinte et à la famille professionnelle, pour continuer la belle aventure Mutations. Sainclair Mezing, journaliSte à caMeroon tribune Simplicité, humilité et fidélité en amitié «Nous nous sommes rencontrés pour la première fois à la Place Repiquet, en novembre 2003 à l’ancien siège de la South Media Corporation, alors que je peaufinais mon mémoire de fin de formation. Il m’a été d’un apport utile dans lesdites recherches. Et depuis ce jour, Patrice et moi cheminions ensemble jusqu’à sa mort. Mais notre relation prendra vraiment de l’épaisseur en décembre 2005 avec mon arrivée dans ce grand groupe de presse, qui à sa période de gloire éditait à la fois Mutations, Les Cahiers de Mutations, Situations et Ndamba. L’écart d’âge entre lui et moi était assez notoire, mais il s’outre-fichait de ce critère en acceptant de m’adopter comme l’un des siens. «Pat» était un aîné avec qui j’échangeais sur l’avenir de ce groupe de presse qu’on aimait tant, sur les histoires d’hommes, sur les vicissitudes de la vie et sur le cours des événements dans notre pays. Lorsque nos poches «répondaient», nous nous offrions quelques virées nocturnes à travers cabarets et coins chauds de Yaoundé. Le vendredi, qui est en fait le samedi chez les confrères de la presse écrite, était devenu pour nous un moment favori de retrouvailles. «Vendredi bière» chez Bernard «BB», à la mythique Place Repiquet où nous allions noyer nos soucis, frustrations et injustices subis durant la semaine. Je pleure Patrice Mba pour sa simplicité, son humilité et sa fidélité en amitié. Il s’en va alors qu’il était encore plein de vie nonobstant la maladie. Patrice, la vie est ainsi faite : l’homme nait, grandit et meurt. Pour le Seigneur, tu as accompli ta mission sur terre. Vivement qu’il t’accueille parmi les siens ! Mutations n° 4244 Vendredi 14 octobre 2016 Témoignages léger ntiga, journaliSte PriScille g. Moadougou, journaliSte Comme l’histoire sait faire des choses ! Patrice Mba est entré dans ma vie, ou l’inverse, par le pur des hasards. Un soir, j’étais encore au Messager et lui à Mutations, où il officiait comme le chef de la production depuis toujours. «Léger ntiga, m’apostropha-t-il en riant, viens travailler à Mutations !» Suffisant pour que «Pat», avec qui j’ai souvent partagé un verre chez «Tonton b», s’élance dans une étreinte. Et nous sommes allés effectivement partager des brochettes arrosées de bière chez «Maa Ja». Quelques semaines plus tard, le 5 juillet 2002 exactement, vers 19h, je reçus un coup de fil du directeur de publication d’alors, Haman Mana, sur recommandations d’Alain Blaise Batongue, Alphonse Ateba Noa et Thierry Ngongang, notamment. Deux années plus loin, la direction de publication de Mutations décidait de m’envoyer comme chef du desk de Douala où Patrice m’avait précédé un auparavant. Il y a accueilli Marion Obam et Lazare Kolyang, entre autres. Et voilà l’équipe mise en place par «Pat» avec le soutien d’Olivier Fokam, pour m’accueillir. Depuis lors, en plus d’être mon compagnon de nuit, «Pat» et moi avons été de tous les 4h, le vendredi matin en direction de Yaoundé. Centrale Voyages deviendra notre transporteur de prédilection. Quelquefois, il empruntera la navette de Messapresse. Pendant ce séjour fait de hauts et de bas, Maeva, sa fille, est née. Quelle fut alors la joie de «Pat» de voir cette étoile ! Une joie communicative à toute la maisonnée. Alan n’avait d’yeux pour sa jeune sœur. Bryan se la disputait avec sa maman, Nadège. C’était «Pat», mon frère et ami. Pat était la joie. La joie d’une vie qu’il quitte dans l’endurance de la douleur vive de cette funeste nuit de février 2003, où il reçut une rafale dans le pied. Un pied plus jamais le même depuis lors. Comme d’ailleurs sa santé. Au revoir Pat ! Je fais la connaissance de Patrice Mba à Mutations-Douala, où je commence comme stagiaire en février 2004, cinq mois après la fin de ma formation à l’Esstic. Le journal est alors imprimé à Macacos. Je découvre quelqu’un de très chaleureux et attachant. Qui a une grosse culture et dont le monde de l’impression des journaux n’a aucun secret. Certaines publications de la sousrégion sollicitaient son expertise. Je me souviens que sa présence, généralement en début d’après-midi, était très attendue, un moment de convivialité et de fou rire. Sur son invitation, nous traversions la route pour nous désaltérer. Il était le dernier de cette époque à être encore en service à Mutations. Quand je suis affectée à Yaoundé, il reste à Douala. Puis il reviendra dans la capitale. Sa famille lui manque beaucoup. Je constate qu’il a de la considération pour moi quand il me fait l’honneur de me présenter son épouse et ses enfants, les deux premiers : des garçons. Toujours avec le sourire, il disait «non». A cause de sa maladie, il n’était plus l’homme de la nuit. Mais sa silhouette était présente dans les couloirs de la rédaction au moins deux fois par semaine. Il s’est remis de sa maladie il y a quelques mois, est entré dans mon bureau et m’a dit : «Si c’était la mort, je ne serai pas revenu parmi vous. On ne soigne pas la mort. Priscille, j’ai été très malade. Dieu merci, ça va mieux !» Cette fois, c’était donc la mort. Reposes en paix, Pat !!! Mon compagnon de 4h juStin blaiSe akono, journaliSte Rien qu’un souffle Quel exercice, que de pouvoir parler de quelqu’un qu’on a côtoyé pendant 9 ans comme collègue et qu’on redécouvre, pendant deux ans, ce statut de collègue ayant disparu ! Patrice, c’est une aventure humaine qui m’enseigne aujourd’hui non pas le stoïcisme, mais l’espoir et la détermination. Je croyais avoir connu le plus difficile lorsque j’apprends, de Patrice lui-même, qu’il y a des plombs logés dans son pied après un braquage, survenu en 2003. Au début de la décennie suivante, c’est une maladie qui l’inscrit à l’article de la mort. «Pat» perd quasiment l’usage de ses deux membres inférieurs et doit, désormais, s’accommoder de béquilles. Il est au bord du précipice. Mais il détient une arme : le sourire. Surtout lorsqu’il parle de sa maladie et de l’espoir de s’en remettre. Il souffrait dans sa chair, mais c’est à peine si ses collègues pouvaient s’en rendre compte. D’ailleurs, «Pat» n’avait pas perdu la bonne habitude de s’asseoir avec nous chez «Emma», même s’il devait de contenter de l’eau minérale. Ce «Pat»-collègue -, je le voyais distant, mais mon départ de Mutations fut plutôt une renaissance. Cette fois, je vois «Pat» sous un autre prisme : il n’était plus cet homme proche par obligation. Nous avons pris l’habitude de nous voir, au moins deux fois par semaine «chez Bernard», face Chambre d’agriculture. Il ne s’agissait pas de ressasser de vieux souvenirs. Je découvre alors un homme attentif à ce que je faisais, un aîné qui lisait EcoMatin au point de me faire des observations, tout le temps, sur la tenue du journal, sur ceux de mes collaborateurs qui «écrivent beaucoup», etc. Ceci m’a d’ailleurs amené à revoir un certains acquis dans le sens de la performance. Nous parlions surtout de «la vie». Je recevais les conseils d’un aîné que je n’ai pas eu. Pat avait commencé à donner les signes d’espoir lorsqu’il commandait un jus. Et, lorsqu’on l’intriguait qu’il ne peut plus prendre une bière, il nous répondait : « très bientôt ». Oui, la tempête était passée. Il pouvait alors parler de son avenir, de celui de tes enfants, des projets qui le tenaient à cœur, etc. Ta santé, visiblement, était de retour. Et puis, comme tous les mauvais scoops, l’Incroyable. Merci Pat, pour tes derniers conseils. Que les ancêtres de ton beau Bamougoum natal te reçoivent paisiblement. adrienne engono MouSSang, journaliSte Salue-moi en gunu «Guinda ?» C’est cette salutation que tu m’adressais souvent lorsque tu venais me serrer la main, chaque après-midi à ton arrivée à Mutations. Ce mot qui signifie : «Comment ça va ?» en gunu, une des langues maternelles du département du Mbam et Inoubou, dans la région du Centre, et ce que tu as hérité de ton amitié avec des ressortissants de cette partie du Cameroun. Tu en avais certainement dans d’autres localités. Et tu ne m’as jamais privé de ce privilège qui me donnait l’impression d’avoir en face de moi un frère. Ton sourire, toujours au rendez-vous, tu avais toujours une blague que tu lâchais face à n’importe quelle situation et ne manquais jamais d’arracher des rires aux éclats à plusieurs d’entre nous. Ton dévouement et ton amour pour le journal auquel tu as consacré plusieurs années, ton amour pour tes collègues, sont autant de vertus que tu as cultivées. Seulement, depuis le 26 septembre, tu as décidé de nous sevrer définitivement de tout ceci et surtout de ta bonne humeur. Bonne humeur qui t’a souvent rarement quitté, et que tu savais gratuitement distiller. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, bien qu’interné à l’hôpital quelques jours avant ce fameux 26 septembre, beaucoup d’entre nous sont restés convaincus que tu nous reviendras comme d’habitude. Mais qui sommes-nous ? Que vaut notre amour à côté de celui de Dieu pour toi ? Lui qui t’a créé, a eu le dessus sur nous. Qu’il t’accueille et t’installe alors sur le siège douillet qu’il t’a apprêté. Quant à nous, que tes qualités humaines nous parlent désormais. Adieu ! Mutations n° 4244 Vendredi 14 octobre 2016 Convivialité et bonne humeur Fidélité Mercredi 12 octobre 2016, Place Repiquet à Yaoundé. Barnabé Nthep tient entre ses mains un portrait de Patrice Mba copié sur contre-plaqué au format A3. Il y a ici Brice Mbodiam, Christophe Bobiokono, Albert Koulou, Claude Tadjon, etc. Ces amis de tout temps sont là pour entourer Bernard, pour «pleurer» à leur manière «Pat», dont le corps sera levé le lendemain à 14h à la morgue de l'hôpital général de Yaoundé. Il manquera par conséquent à ce rendez-vous des nostalgiques de la Place Repiquet. Pour toujours. Depuis la dislocation de la première équipe de Mutations, en 2007 et après le déménagement vers Coron, en 2009, la Place Repiquet, autour de l'inusable Bernard, est resté le point de rencontre des journalistes de Mutations et de leurs amis. Tous assis sur des banquettes de fortune, sous un arbuste entièrement défeuillé, ils devisent de tout et de rien. «Pat» rejoignait, tous les jeudis et tous les vendredis, les autres nostalgiques de cette place pour se voir regarder, avec un pincement au cœur, cette microfinance qui a fini par «ravir» les locaux de leur journal. «Nous avons commencé notre veillée, nous faisons le deuil», déclare un de ces habitués. Par fidélité à l'amitié et à ces lieux, «Pat» y revenait aussi. Certains jeunes de sa génération avaient passé leur enfance à Eto Meki, un quartier situé au nord de Yaoundé. Ils sont originaires de l'Ouest, du Centre et du Sud. Ils se rencontrent encore aujourd'hui, par moments et par endroits. «Pat» tenait en chacun d'eux une anecdote, un mot, une phrase en la langue de l'intéressé. C'était sa manière à lui de maintenir la chaleur dans les relations, par le rapprochement linguistique. L'éclatement du noyau pensant de Mutations en particules d'intérêts, d'actions et de pensées a laissé des stigmates difficiles à gommer. Comment des personnes (apparemment) civilisées, ayant partagé beaucoup de choses ensemble, peuvent-elles subitement arriver à ne plus se regarder sincèrement en face? Nous en étions malheureusement arrivés à ce point. «Pat» avait fait comme un choix, le choix de la fidélité. Il est resté fidèle à un titre : Mutations. Fidèle à un idéal, celui de poursuivre une aventure éditoriale commencée au bord d'un marigot. Il ne fallait pas noyer cette aventure dans un fleuve. C'est cela la fidélité. «Pat», au plus profond de sa douleur, lorsqu'il avait fini sa journée de travail, voulut souvent suivre le fichier de l'édition jusqu'au marbre de l'imprimerie afin de s'assurer qu'il aura la qualité de son produit le lendemain. C'est cela la fidélité. Et lorsque ses forces ne lui permettaient pas de gravir les deux étages qui séparent Mutations du rezde-chaussée, il faisait descendre à lui un agent à qui il transmettait son compte rendu de la journée. C'est cela la fidélité. «Pat» était l'un des meubles de Mutations. Il était le recours écouté des temps difficiles. Il était également le sapeur-pompier en cas d'incendie. Les morts n'ont jamais tort, a-t-on l'habitude de dire. Mais on ne doit pas leur trouver des fautes pour faire défection à la règle. «Pat» était vrai, il était juste dans les relations humaines, il était parfait dans les arts graphiques qu'il affectionnait. Il n'aura plus mes coups de gueule de 5h du matin pour un manquement à l'imprimerie. Mais il nous laisse la marque d'un homme fidèle en amitié et loyal au travail. xavier Messè Page 11 C U LT U R e festi-Bikutsi La 18e édition se prépare Le Festival international de musiques bantoues ouvre ses portes le 21 novembre prochain à Yaoundé. La 18e édition du Festival international de musiques bantoues, dénommé Festi-bikutsi, se tient du 21 au 26 novembre prochain à Yaoundé, sous le thème : «Musique et économie numérique». Comme par le passé, les mélomanes des rythmes de la forêt ont rendez-vous au Club eneo (ancien camp sonel) au quartier essos, site qui abrite l’événement depuis des années. Pendant six jours, le public vibrera notamment au rythme des tamtams, balafons et autres instruments de percussion. Cette édition vise non seulement à sensibiliser les musiciens camerounais sur l’économie numérique, mais également les outiller pour leur permettre de pouvoir migrer efficacement vers le marché numérique qui fait plus que jamais du monde, un véritable village planétaire. Parmi les activités retenues cette année, une conférence sur le thème  : «La musique fang-beti, de la MBARgA SOUKOUSS. tradition à la modernité» et un atelier sur «la distribution numérique» dirigé par armand Thierry Nguele. Hommage au programme également : des concours, des spectacles, des expositions-ventes et une foire gastronomique. Le volet «Découverte» destiné aux jeunes talents mettra en compétition une vingtaine d’artistes émergents évoluant sur des rythmes et des registres divers venus de plusieurs régions du MAAHlOx. CéCIlE EKE. Cameroun. Ceux-ci soumettront, durant trois jours, leur talent à l’appréciation d’un jury de professionnels qui les évaluera en fonction des critères bien définis que sont la qualité vocale, la prestation scénique, le thème développé et la chorégraphie. au terme de cette compétition, cinq lauréats seront révélés au public et le meilleur sera sacré Découverte Festi-bikusi 2016. Le principal point d’attraction de ce festival reste les traditionnels spec- tacles du soir. Il y aura sur la scène des grandes têtes du bikutsi telles que mbarga soukouss, messi ambroise, govinal et Richard amougou. mais aussi de jeunes loups de la musique urbaine, à l’instar de maahlox, Cécile eke et Yolande Ottou. Cette 18e édition du Festi-bikutsi rendra hommage à elie martin mba, un artiste musicien aujourd’hui à la retraite mais dont les mélodies ont bercé des générations. rosine ntolo (staGiaire) En Bref Single La rappeuse Lady B. fait son comeback avec un nouveau single baptisé «C’est la faute à Pa’a Biya», extrait de son prochain album. «Elle nous y livre du pur hip-hop avec des paroles poignantes envers les Camerounais qui attribuent toutes les difficultés qu’ils rencontrent aux autorités locales», indique Journalducameroun.com. Télé-crochet Le télé-crochet musical ‘’The Voice Afrique francophone’’ sera diffusé dès ce 15 octobre 2016 sur la chaîne Vox Africa. La chanteuse camerounaise Charlotte Dipanda, le Français Singuila, l’Ivoirien A’Salfo et le Congolais Lokua Kanza sont les coaches de la première édition de ce télé-crochet qui sera diffusé dans plus de 156 pays et va révéler les talents de 17 pays africains. Adaptation lazare kolyang Le festival Gurna rassemble les peuples Tupuri, Wina et Kéra Le rapporteur de la commission régionale Littoral et Sud-Ouest présente cette manifestation et parle de son intérêt pour la préservation du patrimoine. Vous faites partie de l’organisation du festival international Gurna qui se déroulera du 3 au 5 novembre 2016 à Dukula dans la région de l’Extrême-nord. De quoi s’agit-il ? Il y a un comité international qui est au sommet. Ce comité a mis en place dans chaque région, des commissions régionales. a la commission régionale Littoral et sud-ouest, nous avons déjà presque bouclé nos travaux. Nous avons mis en place quatre sous-commissions. La sous-commission finance qui va mobiliser les fonds, une sous-commission communication, une souscommission Recherche et développement culturel et une sous-commission sensibilisation. Nous pensons que dans une semaine, on va boucler avec tous les préparatifs afin de mettre à la disposition du comité national les moyens nécessaires que nous avons prévus.  Le festival international gurna est un moment d’échanges, de rassemblement des fils et filles Tupuri, Kera et Wina du Tchad et du Cameroun. C’est un moment où ces différentes communautés font le tour de tout ce qu’ils ont comme lien fort sur le plan culturel. Le nom du festival est baptisé gurna qui est la danse vitrine de ces trois communautés. mais, au-delà de la danse gurna, il y a des thèmes, des réflexions qui seront abordés pendant les trois jours que va durer le festival. On peut résumer ce festival comme étant les états généraux des cultures Tupuri, Kéra et Wirna du Tchad et du Cameroun. Comment va se dérouler le festival ? Rendu à la 5ème édition de ce festival Gurna, quel bilan faites-vous des éditions précédentes ? Un comité international préside à l’organisation de ce festival. C’est un comité qui réunit des responsables des différentes communautés des deux pays. Le bilan est satisfaisant parce qu’au fil des éditions, les Tupuri, Kéra et Wirna du monde entier prennent conscience du fait qu’il faut pérenniser certaines valeurs culturelles. C’est dans la continuité des actes que nous posons pour la valorisation de nos cultures. Page 12 Nous sommes partis d’une organisation qui se déroulait au Tchad pour l’accueillir aujourd’hui au Cameroun. Cela montre que de plus en plus de gens prennent conscience de l’importance de ce festival. Le festival a été mis sur pied par un groupe de Tupuri, kera et wirna de la zone du mont Illi au Tchad. Où en êtes-vous avec les préparatifs de ce festival ? Le festival se déroule à   Doukoula du 03 au 5 novembre 2016. Le programme prévoit des ateliers de réflexion qui seront des cadres de réflexion sur différents thèmes et des communications scientifiques. Il y aura l’expression culturelle des différentes danses. Ce sera l’occasion de redécouvrir l’ensemble des expressions de danse de nos différents peuples. On va donc joindre l’utile à l’agréable. ainsi, à la fin du festival, et dans la continuité des éditions antérieures, on devra ressortir avec un document de synthèse des communications scientifiques sur différents thèmes qui auront été abordés. ProPos reCueillis Par Blaise dJouoKeP Mutations Après avoir réussi à lancer en avril dernier «Aurion, l’héritage des Kori-Odan» le premier jeu vidéo 100% africain sur Pc, le Camerounais Olivier Madiba pourrait bien voir son œuvre adaptée sur grand écran. La maison de production américaine Good Fear Films, rapporte Jeuneafrique.com. Exposition «Paroles de filles» est le nom de l’exposition-photos sur les mariages forcés qu’abrite l’Institut français du Cameroun (Ifc) de Yaoundé du 10 au 30 octobre 2016. Cette exposition est organisée par le haut-commissariat du Canada en collaboration avec l’Ifc, les Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et pour la population (Unfpa). n° 4244 Vendredi 14 octobre 2016 m e D I a ProgrAMMES Sélection radios Kalak Fm Urban buzz 19h30-21h Tous les jours ouvrables, Freddy, le présentateur de cette émission riche en musique urbaine vous rejoint sur les antennes de Kalak Fm dès qu’il est 19h30. Le beau gosse de la radio en compagnie de ses mélomanes vous promet de belles mélodies en a capela tous les vendredis. Et vous aussi vous avez le droit d’appeler et de chanter une musique de votre choix ce même vendredi. Urban buzz, c’est l’actualité des musiques urbaines qui font le buzz. RFI Archives d’Afrique Samedi Besoin de tout savoir sur l’histoire de l’Afrique ? Écoutes tous les samedis à 08h10 TU et 18h10 TU Alain foka sur Radio France internationale (Rfi). Une histoire illustrée d'archives sonores et de témoignages des & Tv rADio Sélection télés acteurs encore vivants est à votre portée pour mieux comprendre le comment et le pourquoi de certains évènements en Afrique. « Nul n'a le droit d'effacer une page de l'histoire d'un peuple, car un peuple sans histoire est un monde sans âme », tel est le slogan de ce programme qui est un véritable livre d’histoire. Afrik2 Et si on repassait l’actu 18h-20h C’est une émission interactive qui fait le round up sur l’actualité du jour. Georges Lionel Messi met face à face deux invités ou chroniqueurs de notoriété qui échangent à bâtons rompus. L’info people et des personnalités ressources est également au menu. Décidément, Lionel Messi va vous surprendre à tous les coups… un coup de fil inopiné à une personnalité et, le voilà en direct sur les antennes d’Afrik2 la France, Singuila du Congo, A-Salfo du groupe Magic Système de la Cote d’Ivoire et Lokua Kanza du Congo. Tous les candidats viendront exprimer leur talent de chanteur dans l’espoir de voir l’un des fauteuils de ces artistes se retourner. NT1 «Chronique criminelle» Samedi 20h50min (heure de paris) Tous les samedis sur NT1, Magali Lunel vous propose de plonger au cœur des disparitions inquiétantes et des crimes plus ou moins parfaits. « Chronique criminelle » est un magazine des faits divers qui ont marqué une société pendant une période. Des années après, on revient sur les dessus et les dessous des affaires classées. Ce samedi, Magali revient sur les pistes d’un tueur en série qui a semé la terreur en France. Vox Africa The Voice Afrique Francophone Samedi 21h00 A partir de ce samedi 15 octobre, ne manquez pas votre tout nouveau programme sur vox africa. « The Voice Afrique francophone » sera désormais diffusé tous les samedis à partir de 21h. Le jury est composé des artistes de renommée tels que : Charlotte Dipanda du Cameroun, Claudy Siar de Canal 2 International L’Afrique a un incroyable talent Vendredi 20h30 Dorénavant, tous les vendredis, retrouvez sur Canal 2 International votre toute nouvelle émission « L’Afrique a un incroyable talent ». Entre danse, chant, peinture, magie et bien d’autres, des hommes et des femmes venus de toute l’Afrique francophone vous feront rêver avec ‘’leurs talents incroyables’’. Du côté du jury, des grands noms de célébrités sont attendus à l’instar d’Angélique Kidjo du Benin, Fally Ipupa du Congo et Claudia Tagbo de la Cote d’Ivoire. L’émission s’annonce pleine d’émotions !!! Fréquences Fm • • • • • • Crtv (Poste national) : 88.8 Radio Campus : 90.0 Rts : 90.5 Royal Fm : 92.1 Youth Radio : 93.5 Fm 94 : 94.0 emission • • • • • • Kalak Fm : 94.5 Bbc Afrique : 98.4 Magic Fm : 100.1 Sweet Fm : 100.5 Radio Cheick Anta Diop : 101.1 Djacom Fm : 101.5 • • • • • • Crtv Centre : 101.9 Sky One Radio : 104.5 Afrik 2 : 105.0 Rfi : 105.5 Kiss Fm : 106 Radio Environnement : 107.7 kalak fm Beau temps sur « Au revoir le soleil » Tous les jours ouvrables, de 17h à 19h, ce talk-show présente l’actualité d’une façon particulière sur la 94.5 Fm à Yaoundé. envie de vous divertir tout en vous informant sur toute l’actualité nationale et internationale ? Une seule destination : Kalak Fm (94.5) à Yaoundé. Tous les soirs, de lundi à vendredi, à partir de 17h, prenez rendez-vous sur cette bande Fm dans le cadre d’une émission «Afterwork» pas comme les autres. «Au revoir le soleil» est une émission d’informations, mais aussi de relaxation. Dès que le soleil se couche sur les sept collines, le présentateur et ses invités décryptent l’actualité d’un ton digeste. C’est d’ailleurs ce qui fait la particularité de cette émission. «La plupart des talk-shows sont diffusés en matinée, tandis, lorsque nous prenons le risque de le diffuser en soirée, nous prenons en compte le fait que la plupart des auditeurs en ont écouté toute la journée. Nous nous démarquons en abordant les sujets avec finesse et légèreté. De plus, nous n’abordons des sujets qu’avec des acteurs de ces sujets», rapporte saint merlin, le concepteur et le présentateur de cette émission. Pendant deux heures, l’auditeur est tiré par le bout du nez grâce à des rubriques «toutes aussi originales et intéressantes les unes que les Mutations n° 4244 autres», indique le st merlin. Dès qu’il est 17h et 5 minutes, on entre de plein pied dans l’émission avec l’une de ses rubriques phares : « l’appel du kwat». Showman «Dans cette rubrique, il est question de passer un coup de fil à un habitant d’un quartier de Yaoundé qui nous fait part de l’actualité qui y prévaut en utilisant son ton et son vocabulaire, ce qui contribue à rendre l’émission plus Vendredi 14 octobre 2016 digeste», explique le présentateur. Ce sujet est ensuite discuté sur le plateau avant d’aborder le sujet du jour proprement dit. Ici, les sujets sont choisis selon l’actualité. On note beaucoup de pauses musicales, mais les discussions sont également entrecoupées par un reportage suivi d’un vox pop où les populations de Yaoundé donnent leur avis par rapport au sujet phare du jour. La rubrique «info bizz» traite quant à elle de l’actualité culturelle (rendez-vous culturel, concerts…). a 18h30, marcel amoko, promoteur de Kalak Fm, s’installe dans le studio pour le journal, «Kalak Info soir», jusqu’à 18h50. Juste après, démarre la rubrique la plus divertissante d’«Au revoir le soleil» : «Le blind test». Ici, des sélections musicales sont proposées aux invités qui devront trouver le nom de l’artiste et le titre de la chanson. Un exercice qui, selon certains invités, crée une ambiance bon enfant sur le plateau, avant de mettre la clé sous le paillasson à 19h. Depuis son passage sur la radio Tbc entre 2009 et 201, «Au revoir le soleil qui était une émission d’animation», a connu beaucoup de modifications. Pour st merlin, «l’émission que nous produisons depuis le 20 avril 2015 sur kalak Fm est à 80% différent de ce que nous produisions à Tbc. Nous avions à peine deux rubriques, aujourd’hui nous en avons 4. Nous n’avions pas toujours des invités, mais aujourd’hui au moins deux sont essentiels à la production. Que ce soit dans le on ou l’architecture de l’émission, bien de choses ont changé», confie celui qu’on appelle affectueusement le showman. sandrine KenMoe (staGiaire) Za pping Rebelote… Décidément, les habitudes ont la peau dure chez les gars du synthé de Canal Chatué. Ils sont de véritables académiciens qui ont décidé de refaire l’orthographe et la grammaire des noms et des expressions de notre cher petit Larousse. mais le leur n’est pas seulement illustré, il est télévisé en mondo vision. Ils prennent du plaisir à rebaptiser tout le monde et à prendre les téléspectateurs pour des pommes défraichis. Ils ont pris notre binoclé solaire ministre de la recherche scientifique, mama mado Tchuinté, ils ont fait disparaitre le «u» et lui ont attribué un «Tchinté» dont ils sont seuls à pouvoir justifier la provenance. Comme si cela ne suffisait pas. Ils ont précisé qu’elle est bien ministre de «lak» recherche. Je ne veux pas dire que le rédacteur était d’une certaine région, mais vous l’aurez lu et déduit vous-même. Quoi qu’il en soit et comme ils ont des envieux à la tour d’aluminium, chez les neveux de tonton Charly le sauvé, ces derniers ont vite fait de nous apprendre à leur tour qu’adolphe Lélé Lafrique est le «Governeur» du Nord-Ouest. Un petit mélange d’anglais et de français dans un pays bilingue, ce n’est pas bien grave. Quand on a fini avec les écrits, on retrouve les bavards du pitit’écran. Tout d’abord, mot’a Nguigna le papillon qui vole bien bas. Le gars dit que si l’affaire de droit d’auteur là ne trouve pas de solution, il va laisser sa moto et son motorola pour marcher « nu » comme la vache jusqu’à etoudi. De toutes les façons, ce n’est pas cette déclaration qui à fait dire à albertine Bitjaga que Bahebeck est «l’un des secrétaires général» de son histoire là. en tout cas, sur equignox (equinoxe), on a eu notre dose dimanche passé. Que dire de nos sabitou de mballa II, les maitres de l’info. sévérin aléga mbellé a rebaptisé le cher Dsce du gouvernement en «Document de stratégie pour la croissance économique». J’espère pour lui que tous les experts qui se sont assis pour penser le «Document de stratégie pour la croissance et l’emploi» n’étaient pas devant la télé. Oser dévoyer ainsi tout un programme politique ! a une époque, on lui aurait fait ravaler ses paroles. même comme Wilfried Kotto nous fait savoir que les mélomanes vont «régurgiter» les paroles de «Nnem mintié», la chanson à succès de Racine sagath du début des années 2000. Tout ceci veut bien nous arracher un sourire, mais quand on pense à ce qui est encore arrivé à nos frères de Haïti, on comprend pourquoi Jean-Pierre Pernaut, l’infatigable du 13h sur Tf1, a eu du mal à prononcer le nom de baptême de ce énième tueur d’ouragan. Quand la malchance vous suit, c’est comme ça. De tout cœur avec vous chers cousins haïtiens. et il y eut un vendredi et une semaine pour que vive encore le zapping dans sept jours. Zaaap… le Mutant Page 13 s P O RT Jordanie 2016 inter ligue du Centre Le Ghana éliminé Seul pays africain avoir franchi le premier tour, la sélection ghanéenne est tombée  hier 2-1 face à la Corée du Nord. L’afrique n’aura pas de représentantes dans le carré d’as au mondial jordanien 2016.  Le ghana,  dernier rescapé   africain en lice, est tombé hier devant  la Corée du Nord, sur le score de deux buts à un. Les ghanéennes avaient pourtant réussi à arracher les prolongations à leurs adversaires à la 81ème lorsqu’elles reviennent sur la marque par un retourné acrobatique de la capitaine repris de la tête par acheampong. mais,  le sort  des Blacks maidens sera scellé treize minutes plus tard (à la 94ème  minute)  lorsque les NordCoréennes vont sur coup franc enfoncer le cuir au fond des filets  suite à une absence de marquage dans  la défense. Impossible pour les Blacks maidens de revenir une fois de plus sur le score, car le deuxième but coréen intervient pendant la dernière minute de la rencontre. après avoir posé le ballon sur la ligne médiane, l’arbitre centrale met un terme à la partie. Le ghana retrouve  ainsi le Cameroun et le Nigéria éliminés pendant la phase de poules. Cependant, le Venezuela et lES BlACKS MAIDENS DéSORMAIS HORS-jEU . l’espagne seront au rendez-vous des demi-finales de la Coupe du monde féminine U-17 de la Fifa pour la deuxième édition consécutive. Les deux équipes ont validé leurs billets mercredi dernier pour le dernier carré, en s’imposant sur le même score (2-1) face aux vainqueurs respectifs des groupes a et B, le mexique et l’allemagne. Une défaite contestée par le staff allemand, qui n’en revient toujours pas. «Notre défaite est injuste. Nous avons raté beaucoup d'occasions, tandis que l'Espagne a marqué ces buts avec deux occasions. C'est dommage de quitter le tournoi comme ça, car je pense que nous méritions plus que ça" - anouschka Bernhard, sélec- tionneuse de l'allemagne  Cette victoire de haute lutte est une belle revanche pour la  Rojita  face à la formation qui l’avait privée du titre européen cette année. elle espère désormais faire au moins aussi bien que sa finale de 2014. Le Venezuela, de son côté, s’en est une nouvelle fois remis à son incontournable capitaine, Deyna Castellanos, dont le doublé lui a permis de renverser la situation face à  el Tri. avec cinq buts en quatre matches depuis le début de Jordanie 2016, la meilleure réalisatrice de l’histoire de la Coupe du monde féminine U-17 est également désormais à égalité, la meilleure buteuse de ce tournoi.  Toutefois, la première confrontation  des demi-finales est  d’ores et déjà connue. elle oppose le Venezuela à la Corée du Nord. Quand à la deuxième, elle mettra aux prises l’espagne, autre demi-finaliste qui attend  le vainqueur du duel mexique-angleterre. Les deux rencontres se disputent lundi prochain. désiré doMo (staGiaire) volley-Ball Place à la Final 4 Quatre meilleures équipes prennent  part dès demain à cette étape du championnat à Yaoundé. Les matches s'annoncent palpitants dès ce 15 octobre et ce jusqu'au 16 octobre prochain. Ce sera au complexe sportif de l'ecole nationale supérieure des travaux publics (enstp). Pour le compte de l'édition 2016 du championnat national de volleyball  connu sous l'appellation de la Camtel volleyball Championship qu'organise la Fédération camerounaise de volley-ball (Fcvb), la fédération passe à l'avant-dernière étape de cette compétition. Celle réservée à la Final four (4). Il s'agit d'une phase qui regroupe les quatre meilleurs clubs de volley-ball en seniors dames et messieurs. Ces clubs accèdent à cette étape à l'issue de la phase dite Final six (6), où les six meilleurs clubs du championnat camerounais étaient regroupés. au cours de cette phase de compéti- UNE pHASE DE MATCH DE VOllEy-BAll.  Page 14 tion, deux derniers clubs aussi bien chez les seniors dames que chez les seniors messieurs ont été priés de plier bagages. Détermination Chez les dames, Injs, Fap, Bafia volley-ball evolution et Nyong et Kelle sont les clubs qui ont su décrocher leurs tickets d'accession pour la Final 4. Bafang volley-ball et l’association des jeunes volleyeurs de maroua ont occupé les derniers rangs. L'Injs, le club détenteur du trophée de la Coupe du Cameroun de volley-ball qui a goûté les délices de la finale il y a trois (2013), couronné par un titre de champion, compte rééditer l’exploit cette année. La capitaine de cette équipe avoue être à un pas de la finale du championnat. «Notre objectif cette année est de faire de doublé coupe-championnat et nous sommes déjà à cinquante pour cent de notre réussite», mentionne Victoire Ngon Ntame. Parlant de leurs cinq matches disputés, matches auxquels le club a su s'imposer, la dame avoue tout de même que «ces différents matches n'étaient pas faciles». mais le club a compté sur la détermination de ses joueuses. «Nous avons corrigé nos lacunes nous avons aussi été assez rigoureuses, ce qui fait que sur le terrain, c'était difficile pour nos adversaires de nous manœuvrer. En plus, nous avons joué sur les manquements de cellesci». mais il faudra tout d’abord battre Bafia volley-ball évolution, le tenant du titre. Chez les messieurs, Bafia volley-ball évolution (Bvbe), Cameroun sports (Cmr s), Fap et ajv ont mieux fait qu’Oxygène et Keep Fit, absents pour la prochaine phase. Ce week-end, les capitaines de Cameroun sports, champion en titre et celui des Fap (finaliste de l’édition 2015) ambitionnent de faire bonne figure. selon Charles Kamdoum, le secrétaire général adjoint de la Fcvb «chacune de ces équipes va prendre part à un tournoi intégral (le Round Robing). Ici, chaque équipe va disputer trois matches. Contrairement à la Final 6 où les premières équipes avaient trois points, et deux points pour les deux deuxièmes qui sont passées au rattrapage, il est question maintenant de mettre tout à zéro», fait-il savoir. Le sg adjoint poursuit que chaque club, a droit à deux matches au plus par jour sur les trois matches à livrer durant cette Final 4. «Ces matches vont s’alterner, puisque nous avons des dames et des hommes». seules les deux meilleures équipes de chaque catégorie prendront part à la finale du championnat à l’issue de ce tournoi. Guy hyaCinthe owona Mutations Le championnat repoussé à une date ultérieure Initialement prévu ce vendredi, il a été repoussé à cause de certains dysfonctionnements observés auprès de certaines ligues départementales. INTERlIgUE. Une phase de match. Le championnat inter ligue de football de la région du centre, qui doit déterminer les équipes devant accéder en deuxième division de la ligue régionale du centre prévu pour démarrer ce jour, a été renvoyé sine die, à cause des irrégularités rencontrées auprès de certaines ligues départementales. sont concernées par ce tournoi, les meilleures équipes des dix ligues départementales que compte la région du Centre. La pomme de discorde provient de la répartition du nombre de participants au niveau de chaque ligue jugée «inégale» par certains dirigeants de ligues départementales. en effet, la ligue départementale du mfoundi se taille la part du lion avec quatre équipes, celles de la Lékié et de la mefou et afamba, avec deux équipes et une pour chacun des sept autres départements. Les dirigeants «lésés» se sont levés comme un seul homme pour dénoncer ce qu’ils appellent une  «injustice» pour protester contre cette forme de répartition. Pour une source contactée du coté de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc), la répartition s’est faite en fonction du nombre de clubs affiliés dans chaque ligue départementale. De même, les ligues du mfoundi, de la Lékié et de la mefou et afamba ont toutes bouclé leur championnat. Ce qui n’est pas le cas des autres ligues, à l’instar de celle du Nyong et so’o qui a interrompu le championnat cinq journées avant son terme. Tout le monde reste suspendu à la décision finale de la Lfpc pour le dénouement du rififi. Le tirage au sort quant à lui a été effectué samedi dernier pour dégager 3 poules de 5 équipes dont la composition est la suivante : pour la sous-poule a qui va évoluer  à Yaoundé, on retrouve Fomakap Fc de Yaoundé, Fc d’Obala, syroko d’eséka, epta d’akono et le réprésentant du Nyong et so’o, qui reste encore attendus. Dans la sous-poule B basée à mfou, figurent africa sport de Yaoundé, Black star d’Obala, minta de Nanga ebogo, alsamo de mfou et as galaxie d’akonolinga. et enfin la sous poule C,  qui est du côté de mbalmayo comprend, Boums de Yaoundé, mimosa de mfou, Bangassina Fc, moussango Fc de Yaoundé et le représentant du mbam et Inoubou toujours attendu. Les premières équipes de chaque poule accèderont directement à la ligue régionale du centre. diMitri MeBenGa (staGiaire) n° 4244 Vendredi 14 octobre 2016 V O U s ContriBution A propos du colloque sur Chantal Biya Réponse à la tribune signée du professeur Alain Fogue Tedom publiée dans Mutations de lundi dernier. Par aPollinaire tite aMouGui* Le Professeur alain FOgUe, maître de conférences à l’Université de Yaoundé II à sOa vient d’ouvrir un intéressant débat dans le quotidien «MUTATIONS» n°4240 du lundi 10 octobre 2016 sur la question portée en titre. Notre contribution repose sur une triple grille d’analyse. en mettant en relief un certain nombre d’arguments politiques et juridiques, l’auteur développe une analyse critique argumentée, qui paradoxalement n’établit pas de façon absolue, un lien discursif entre la thématique du colloque et l’invocation, voire la commission présomptive de différents délits prévus et sanctionnés par le législateur pénal. Dès lors, le professeur n’a pas réussi à « se disculper » et à se dédouaner de l’accusation d’instrumentalisation politique sur fond de précampagne électorale, lancée contre le Chef de l’etat, à travers l’organisation, la tenue et les intervenants du colloque annoncé. Par ailleurs, l’intervention du Professeur FOgUe, puisant ses références éthiques et culturelles dans un registre ne respectant pas son identité et les sources anthropologiques, s’est largement écartée de la problématique posée. Bien malgré lui, la suite de son argumentaire ne soulignera pas forcément l’exercice responsable de la citoyenneté, thème pourtant, nous lui en savons gré, que l’auteur a souligné avec emphase, sans davantage réussir à observer tout au long de ses développements, et la retenue et la pondération qui s’imposent à tout pédagogue, au risque de s’exposer à la corruption de la jeunesse. La présente contribution critique a pour objet de démontrer, d’un côté, que la logique discursive du texte se perd davantage dans l’amalgame (I), de l’autre, que le titre pressenti (Docteur Honoris causa) en faveur de la Première Dame, madame Chantal BIYa, récompense une œuvre d’exception réalisée par une personnalité d’exception (II), enfin que pour tous, y compris le Professeur, l’occasion du colloque peut être considérée comme une interpellation en partage, pour poser les prémisses d’un modèle théorique et doctrinal à l’africaine (école de Yaoundé pourquoi pas ?) sur le statut, l’action publique et le rôle des Premières Dames et de l’elite féminine traditionnelle africaine dans l’exercice communautaire, nationale et solidaire de la citoyenneté. Une approche comparative permettra alors de démontrer que, si les Premières Dames dans nos etats, les Reines mères et princesses dans nos institutionnelles traditionnelles ont beau être intrinsèquement des personnes privées, elles assument une responsabilité inexorablement publique, consubstantielle à leur statut et aux hautes fonctions qu’assurent leurs souverains de maris (III). I. REMETTRE L’EnVERS A L’EnDROIT Les nombreuses occurrences et références utilisées sont hors de propos et fragilisent la communication du Professeur. en effet, tandis que le premier groupe nominal du titre du colloque sur Les ŒUVRes sOCIaLes De La PRemIeRe Dame est libellé sans guillemets, l’auteur insère le deuxième groupe nominal «LA CONCRETISATION DES ACTIONS Mutations n° 4244 ethnique détentrice réel du pouvoir, les infrastructures SOCIALES DU CHEF DE L’ETAT» entre guillemets, obsolètes etc.). comme pour annoncer au lecteur « la ligne idéologique Bien au contraire, il se dégage plutôt une frilosité et éditoriale » de sa communication politique, habileabsolue que semblent justifier les griefs, les motivament destinée aux décideurs (le Pm, les ministres, le tions et l’agenda politique caché de l’auteur, qui préciRecteur etc…), aux collègues et aux étudiants. sément s’inscrit pour l’heure en faux par rapport à la Pourtant, s’il reconnait de façon louable et avec conjoncture et à l’objet de l’événement annoncé de beaucoup d’honnêteté intellectuelle que la validité du sOa. Dès lors, peut-il échapper à tout observateur principe d’inscrire l’œuvre d’une citoyenne, madame averti et neutre du paysage et de la scène politique de Chantal BIYa en l’occurrence, Première Dame du notre pays, que la fébrilité et la charge émotionnelle Cameroun, dans l’agenda des solennités universiaffichées, sont liées à la tenue de l’importante échéantaires, les développements discursifs ultérieurs s’emce « certaine, mais lointaine »[1] de l’élection présidenballent dans une absence totale de corrélation entre la tielle, qui, sous réserve de l’exercice par le Président de thématique du colloque, qui d’après nous, devrait plula République, de la prérogative constitutionnelle qui tôt porter sobrement sur «L’ŒUVRE SOCIALE» au l’y autorise de convoquer le corps électoral par anticisingulier, INTITULE PLUS NOBLE ET GLOBAL, et pation, devrait fatalement la conjoncture politique décriée et avoir lieu en 2018. Que dire redoutée à terme par l’auteur. Car, à donc du titre querellé ? aucun moment, il n’a pu établir une relation logique de cause à effet II. L’ELEVATIOn A LA DIGnIentre la variable indépendante (le TE DE DOCTEUR HOnORIS thème du colloque) et les arguCAUSA : UnE DISTInCTIOn ments invoqués (variables explicaD’EXECPTIOn POUR UnE tives), d’autant que l’auteur éprouve d’évidentes difficultés à démonŒUVRE D’EXCEPTIOn trer que le RDPC, ou encore l’une Le caractère d’exception quelconque de ses excroissances de l’œuvre sociale de madame organiques : l’OFRDPC et Chantal BIYa trouve son fonl’OJRDPC, n’ont revendiqué et dement à la fois dans sa conséassumé la tutelle idéologique du cration intérieure à travers la colloque. L’on en vient donc à se qualité, la constance et l’engademander, si à défaut d’entretenir gement de son action sociale et de consolider le projet atrophié (que la presse nationale et de précampagne à travers la désointernationale, toutes lignes béissance civile, adossée sur les « éditoriales confondues), mais VENDREDIS NOIRS», le collègue aussi à l’international par les n’a-t-il pas péché par précipitation, titres honorifiques, à l’exemple En définitive, quel modèle théorique émotion et surtout PROCES D’INde la noblesse diplomatique cristallisé autour des paradigmes TENTION PREVENTIVE ? Ce qui D’AMBASSADRICE DE laisse transparaître à la fois un BONNE VOLONTE DE communautaires et solidaires de conflit d’intérêts sur des motivaL’UNESCO, qu’elle arbore l’exercice d’une citoyenneté de respontions profondes et une confusion aujourd’hui pour la plus gransabilité, de communauté de destin, de d’intérêts cristallisée autour d’un de fierté de notre pays, sans agenda caché. qu’il y soit fait une allusion tolérance, l’exemple de l’œuvre sociale Concrètement, l’évocation quelconque aux hautes foncde Madame CHAnTAL BIYA, appréciée à normative récurrente de l’article 66 tions étatiques exercées par de la constitution, pour décrier l’absa juste valeur par la plupart des Son Epoux, M. PAUL BIYA. sence du décret d’application y afféL’histoire diplomatique Camerounais, peut-il induire ? Y-a-t-il rent, celle de la juridiction crimineldu monde depuis la grèce des sources anthropologiques sur le spéciale (TCS), de la présomption antique, l’egypte pharaonique de fonds versés en faveur du RDPC l’Elite féminine traditionnelle ? avec NEPHERTITI, jusqu’aux par le Parti communiste chinois XXème et XXIème siècles, offre Comment était conçue, planifiée et réa(PCC), la tenue décriée par l’auteur, une floraison D’ŒUVRes lisée l’action publique et l’œuvre sociad’une solennité scientifique pour SOCIALES D’EXCEPTION à magnifier une action civile, en l’octravers lesquelles, des Dames le de l’Elite féminine traditionnelle ? currence, L’OEUVRE SOCIALE d’exception, épouses de DE LA PREMIERE DAME, les souverains, se sont distinquestions de gouvernance, le long recours comme guées. madame eleanor Roosevelt, épouse du variables explicatives, aux dispositions du Code Président américain F.D. ROOSEVELT est bien la Copénal, n’ont pas permis à la lecture de l’article, d’étamarraine avec le Français René Cassin, de la blir de manière irréfutable, l’illicéité, et partant, le Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, plus conflit d’intérêts qualifié, qui entacherait l’organisaproche de nous, Madame Danielle MITTERAND, tion de l’événement. Pas plus d’ailleurs que la violaMERE TERESA, RAISSA GORBATCHEV, tion des principes de légalité et de subjectivité qui MICHELLE OBAMA ont par leur œuvre sociale et par engagerait la responsabilité civile et pénale des «EMIleurs qualités humaines propres, marqué leur NENTS COLLEGUES» par la commission d’infractemps. Il ne faut pas rester les mains dans les poches tions, en application des articles, 95, 96, 97, 99 et 231-1 pendant que les autres écrivent l’histoire, qui jugera le du Code pénal, n’est prouvée. Les arguments consécumoment venu, du contenu et de l’historicité de l’œuvre tifs développés nous éloignent substantiellement du *Ministre PléniPotentiaire de madame Chantal BIYa. Le colloque annoncé n’en sujet et vident l’intéressant débat de son intérêt et de sa posera que mieux les prémisses d’une renaissance culhors éChelle enseiGnant pertinence scientifique et politique, voire sociologique turelle et politique, dont le titre pressenti en portera (la question tribale, les nominations, la nomenklatura assoCié à l’iriC témoignage, sauf si le Code pénal en a prescrit l’illicéi- Vendredi 14 octobre 2016 té ou alors la loi fondamentale l’inconstitutionnalité. mais ce n’est pour l’heure pas le cas. alors, quels enseignements en termes de modélisation théorique, la thématique du colloque peut-elle suggérer ? III. L’ŒUVRE SOCIALE DE MADAME CHAnTAL BIYA : Un PARADIGME THEORIQUE ET DOCTRInAL POUR L’EXERCICE D’UnE CITOYEnnETE COMMUnAUTAIRE DE REDISTRIBUTIOn ET DE SOLIDARITE PUISEE AUX SOURCES DE nOS CULTURES ET TRADITIOnS L’historiographie africaine moderne n’est pas particulièrement féconde sur la production d’une pensée africaine originale. Les connaissances, les savoirs, savoir-faire et savoir-être en afrique se mesurent encore largement à l’aune ce que pensent, écrivent et disent les autres sur et de nous. Nous restons très largement portés par l’auto flagellation et l’autodénigrement de nos propres valeurs et de notre propre histoire. seule une certaine diaspora -fait méritoire- qui dispose des moyens et des infrastructures requises, alimente encore, bon an, mal an, les bribes de la substance d’une pensée africaine. L’occasion du colloque de Yaoundé devrait servir de fonts baptismaux pour la formulation d’une pensée politique et culturelle endogène, puisée aux valeurs, coutumes et traditions séculaires, lesquelles cristallisent l’épanouissement structurée du vivre ensemble, évoqué à juste titre par mon ami et collègue FOgUe. en définitive, quel modèle théorique cristallisé autour des paradigmes communautaires et solidaires de l’exercice d’une citoyenneté de responsabilité, de communauté de destin, de tolérance, l’exemple de l’œuvre sociale de madame CHaNTaL BIYa, appréciée à sa juste valeur par la plupart des Camerounais, peut-il induire ? Y-a-t-il des sources anthropologiques sur l’elite féminine traditionnelle ? Comment était conçue, planifiée et réalisée l’action publique et l’œuvre sociale de l’elite féminine traditionnelle ? Quel devrait être le statut culturel de la première Dame, considérée selon l’anthropologie traditionnelle africaine, comme mère et matriarche ? Car, si la femme n’avait pas une existence institutionnelle formelle, certaines pourtant, à l’exemple de la Reine de saBa d’ethiopie, ont marqué leur époque et leurs concitoyens. Bien au-delà, plus tôt, nous nous libérerons des préoccupations politiciennes, plus vite aussi, nous retrouverons la sérénité cognitive pour développer une pensée politique camerounaise et africaine, revêtue du même sceau de l’authenticité qui nous vaut l’admiration des modèles asiatiques. C’est alors que la célébration de l’œuvre sociale et caritative des figures marquantes de la vie politique, humaine et sociale nationale, comme le fut aussi en son temps, la Regrettée, maman Françoise FONINg, un modèle d’engagement, de fidélité, de loyauté et de convivialité, ne serait plus nécessairement frappée d’illicéité, ni suspectée de calculs politiciens. L’attribution du titre de Docteur HONORIs CaUsa à madame CHaNTaL BIYa est alors pleinement justifiée et méritée par l’honorable impétrante. et pourquoi ne donc pas envisager la rédaction des mémoires de madame Chantal BIYa, comme prolongement et clef de voûte du colloque de Yaoundé !!! «Comprendre, dans la communication, c’est simultanément combattre. Un combat dont l’enjeu n’est pas le pouvoir qui échoit au gagnant, mais la vérité où tous deux se découvrent». au professeur FOgUe et cher ami, merci d’avoir ouvert le débat sur l’action publique des Premières Dames en général, et madame Chantal BIYa, en particulier. Page 15 m e s s a g e Page 16 Mutations n° 4244 Vendredi 14 octobre 2016