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Chapitre : 11

PARAMETRES ET INFLUENCES
MAGNETIQUES ET ELECTRIQUES
INTERVENANT DANS LE CALCUL DES
LIGNES ELECTRIQUES

11.1. INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.3


11.2. GENERALITES SUR LES LIGNES DE TRANSPORT ET DE
DISTRIBUTION D’ENERGIE ELECTRIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.3
11.2.1. Remarque liminaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.3
11.2.2. Lignes aériennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.3
11.2.3. Lignes à isolation solide continue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.6
11.2.4. Résistance ohmique en courant continu et caractéristiques des conducteurs
employés dans la construction des lignes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.9
11.2.5. Avantages et inconvénients respectifs des lignes aériennes et souterraines
11.14
11.3. PHENOMENES DEPENDANT DU CHAMP MAGNETIQUE . . . . 11.17
11.3.1. Classification des phénomènes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.17
11.3.2. Inductances propres et inductances mutuelles de conducteurs parallèles
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.21
11.3.3. Rayons moyens géométriques et distances moyennes géométriques
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.25
11.3.4. Impédance et influence électromagnétique d’une ligne dont le retour du
courant s’effectue par le sol . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.39
11.3.5. Calcul des matrices d’impédances de Fortescue . . . . . . . . . . . . . . 11.49
11.3.6. Influence extérieure (électromagnétique) d’une ligne triphasée aérienne
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.66
11.3.7. Effet pelliculaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.68
11.3.8. Effet de proximité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.78
11.3.9. Phénomènes d’induction électromagnétique dans les câbles souterrains
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.79
11.4. PHENOMENES DEPENDANT DU CHAMP ELECTRIQUE . . . . . 11.84
11.4.1. Relations générales entre potentiels et charges . . . . . . . . . . . . . . . 11.84
11.4.2. Capacités de conducteurs parallèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.86
11.4.3. Contrainte diélectrique de l’isolement et capacité des câbles souterrains
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.92
11.5. PHENOMENES DEPENDANT DES PERTES D’ENERGIE DANS LES
ISOLANTS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.98
11.5.1. Pertes d’énergie des lignes aériennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.98
11.5.2. Pertes d’énergie des câbles souterrains . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.106
11.6. VALEURS USUELLES DES PARAMETRES LINEIQUES DE LIGNES
AERIENNES A HAUTE TENSION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.109
11.6.1. Considérations générales sur les tensions adoptées . . . . . . . . . . 11.109
11.6.2. Valeurs usuelles des paramètres linéiques des lignes aériennes
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11.109
2
11.3

Chapitre : 11

PARAMETRES ET INFLUENCES MAGNETIQUES


ET ELECTRIQUES INTERVENANT DANS LE
CALCUL DES LIGNES ELECTRIQUES

11.1. INTRODUCTION
Les problèmes du réglage de la tension et de la stabilité des réseaux de transport et de
distribution d'énergie sont liés aux caractéristiques des génératrices, des récepteurs et des
liaisons. Dans les cours “Electricité appliquée” et “Génie électrique”, des modèles
d’alternateurs et de transformateurs ont été ou seront établis. Il convient également d’établir
des modèles de lignes.

La capacité a peu d'influence dans le cas de lignes courtes à basse tension, mais elle prend
une grande importance dans le calcul des régimes de fonctionnement des lignes à haute
tension de grande longueur. La conductance latérale due aux pertes d'énergie dans l'isolement
qui entoure ou supporte les conducteurs peut être très appréciable dans certains cas.

Dans ce chapitre 11 sont développées les méthodes de calcul des grandeurs caractéristiques
que sont la résistance ohmique (affectée éventuellement par l'effet pelliculaire), l'inductance,
la capacité, la conductance latérale. Les lignes homogènes sont caractérisées par les valeurs
de ces paramètres par unité de longueur que l'on appelle paramètres linéiques.

Dans ce chapitre, le problème des influences des lignes de transport d'énergie sur les lignes
de télécommunication est également traité.

11.2. GENERALITES SUR LES LIGNES DE TRANSPORT ET DE


DISTRIBUTION D’ENERGIE ELECTRIQUE
11.2.1. Remarque liminaire

Dans la deuxième partie du cours qui traite des éléments constitutifs des réseaux de transport
et de distribution d'énergie électrique, les chapitres 21 et 22 sont destinés à exposer de
manière détaillée ce qui a trait à la construction des lignes aériennes et des lignes
souterraines. Ci-après, les caractéristiques constructives essentielles de ces lignes sont
brièvement décrites de manière à ce que le lecteur puisse aborder en connaissance de cause
l'étude des procédés de calcul de leurs paramètres électriques.

11.2.2. Lignes aériennes

Les supports des lignes aériennes sont, suivant les sollicitations à supporter et les hauteurs

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.4

à atteindre, des poteaux en bois ou en béton d’une douzaine de m de hauteur ou des pylônes
en treillis d’acier de plus de 75 m.

Les isolateurs, en porcelaine ou en verre, se présentent sous deux formes : isolateurs rigides
(ou à tiges) utilisés jusqu'aux tensions de 15 kV et les isolateurs de suspension composés
généralement de plusieurs éléments accrochés les uns aux autres. Ces derniers sont employés
jusqu’aux tensions les plus élevées (chaînes d'isolateurs).

Figure 11.2-1 Figure 11.2-2

Les conducteurs sont des câbles constitués de brins toronnés de cuivre ou d'aluminium ou
d'alliages spéciaux d'aluminium à haute résistance mécanique (Figure 11.2-1, reproduite de
[B.10-0]). En Belgique, les “conducteurs clos” (Figure 11.2-2) sont maintenant fort utilisés.
Les couches extérieures sont réalisées en fils profilés en forme de Z. Leur surface extérieure
est quasi cylindrique, striée de rainures hélicoïdales. Ils présentent des avantages de réduction
du diamètre à section utile égale et de réduction du coefficient de traînée.

L'aluminium est souvent associé à l'acier


sous forme de câbles aluminium-acier. On
emploie également des câbles constitués par
des brins ayant chacun une âme d'acier
recouverte d'une couche conductrice de
cuivre ou d'aluminium.

Pour des raisons qui seront explicitées plus


loin, le conducteur d’une phase peut être
réalisé en faisceau double, triple ou
quadruple de conducteurs maintenus à
distance par des entretoises (Figure 11.2-2,
reproduite de [B.10-0]).

Quelques exemples d'exécution sont indiqués


ci-après :

La Figure 11.2-4 montre une ligne triphasée


Figure 11.2-3

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.5

de 15 kV1 à isolateurs rigides sur poteaux en béton.

La Figure 11.2-5 montre une ligne triphasée à isolateurs de suspension sur poteaux en béton.

Figure 11.2-4 Figure 11.2-5

La Figure 11.2-6 représente une ligne triphasée (= à 1 terne) de 150 kV à isolateurs de


suspension, sur pylônes métalliques en treillis. Un conducteur mis à la terre à chaque pylône
est tendu entre les sommets de chacun d'eux (fil de terre).

Sur la Figure 11.2-7, nous voyons un pylône d'alignement supportant 2 lignes triphasées (=
à 2 ternes) à 400 kV surmontées chacune d'un fil de terre.

De tels pylônes sont des constructions métalliques très importantes dont la hauteur lors des
traversées de larges cours d'eau peut dépasser 100 m.

1
La tension par laquelle une ligne triphasée est dénommée est la valeur efficace de la tension nominale
U entre conducteurs de phases.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.6

Figure 11.2-6 Figure 11.2-7

11.2.3. Lignes à isolation solide continue2

Les câbles isolés des lignes à basse ou à haute tension, destinés à être enterrés, immergés,
déposés en caniveaux ou parfois suspendus à des poteaux, se composent des éléments
suivants, représentés à la Figure 11.2-8 dans une exécution monopolaire.

1. Un ou plusieurs conducteurs constitués par une âme en cuivre électrolytique ou en


aluminium, de section circulaire ou sectorale, parfois creuse.

Dès que l'intensité du courant à transporter est quelque peu élevée, cette âme est subdivisée
en conducteurs toronnés afin de conserver au câble une flexibilité suffisante.

2
Il ne sera pas question ici des câbles à isolation gazeuse déjà fortement utilisés pour des liaisons
courtes (-250 m) à fortes puissance (2000 MW) dans une technologie dérivée de celle des postes blindés
(isolant = SF6). Certains prévoient l’utilisation de câbles à isolation d’Azote sous forme d’électroducs pour
remplacer les lignes aériennes à 400 kV. La mise au point industrielle n’est toutefois pas prévue avant 2005.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.7

2. Un diélectrique destiné à isoler


électriquement les conducteurs les
uns des autres et du milieu
extérieur. L’isolation aux rubans
de papier imprégné d’huile a
longtemps dominé l’industrie de
câbles. Les inconvénients signalés
au §11.4.3 feront comprendre
pourquoi les matériaux
synthétiques extrudés ont été de
plus en plus utilisés au point de
remplacer le papier. Il s’agit
notamment du polychlorure de
vinyle (PVC) chargé d’additifs
pour lui conférer des propriétés
mécaniques, thermiques et
électriques suffisantes. Il est
utilisé jusqu’à des tensions de
Figure 11.2-8 l’ordre de 15 kV. Il s’agit surtout
du polyéthylène utilisé dans toute
la gamme des tensions inférieures à 400 kV, tel quel ou réticulé (où les chaîne de molécules
ont été pontées par des liaisons radiales). Le polyéthylène réticulé chimiquement (XLPE)
autorise une température limite de 90°C en régime et 250 °C en court-circuit et présente
d’excellentes caractéristiques thermiques et d’endurance (si on évite les infiltrations d’eau).

3. Un écran métallique extérieur joue à la fois le rôle d’électrode de référence, de conducteur


de retour pour le courant capacitif dans les câbles monophasés et pour le courant
homopolaire, de barrière d’étanchéité et, éventuellement, de protection mécanique. Cet écran
est en plomb, en cuivre ou en aluminium. Une armure en fils de fer ou en feuillards extérieure
à l’écran métallique est destinée à protéger le câble contre les efforts mécaniques qui peuvent
se produire lors de la pose ou par suite de mouvements de terrain.

4. Des écrans en matériaux conducteurs (papiers graphités ou métallisés dans les câbles isolés
au papier imprégné, et matière plastique conductrice dans le cas des câbles à isolation
synthétique) sont disposés, d’une part sur le conducteur et d’autre part, sur la partie externe
de l’enveloppe isolante. Ces écrans permettent de lisser le plus possible les irrégularités
géométriques des conducteurs et d’éviter les accroissements locaux de champ électrique.

5. Une gaine de protection extérieure en PVC ou en polyéthylène pour éviter le retour de


courants vagabonds par l’écran métallique (ce point est très important en Belgique où la
traction ferroviaire se fait en courant continu).

Les câbles souterrains en usage dans les lignes de transmission d'énergie rentrent dans l'une
ou l'autre des catégories suivantes :

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.8

Figure 11.2-9 Figure 11.2-10

Figure 11.2-11 Figure 11.2-12

1E Câbles à un conducteur (câbles monopolaires)(Figure 11.2-9);

2E Câbles à 3 conducteurs (ou tripolaires) à ceinture isolante


(pour des tensions jusqu’à 10 kV);
a) à conducteurs de forme circulaire (Figure 11.2-10);
b) à conducteurs de forme sectorale (Figure 11.2-11);

3E Câbles à 3 conducteurs (ou tripolaires) à champ radial;


a) à conducteurs de forme circulaire (Figure 11.2-12)
b) à conducteurs de forme sectorale.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.9

Figure 11.2-13

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.10

La Figure 11.2-13 représente une coupe dans un câble aérien autoporté pour 6,6 kV.

11.2.4. Résistance ohmique en courant continu et caractéristiques des conducteurs


employés dans la construction des lignes

1. Généralités

La résistance ohmique R, exprimée en Ω, en courant continu, d'un conducteur homogène de


longueur l (en m), de section uniforme s (en mm²) et de résistivité ρ (Ω mm²/m) est donnée
par la formule :
l
R ' ρ (Ω) (11.2!1)
s

Les formulaires, ainsi que les prescriptions des organismes de normalisation indiquent
généralement les valeurs de la résistivité des conducteurs à 20EC (ρ20) ou à 0EC (ρ0). Pour une
autre température θ comprise entre -100 et +100EC, on calcule la valeur de la résistivité ρθ
par la formule :
ρθ ' ρ20 [1 % α20 (θ&
&20)] (11.2!2)

α20 étant le coefficient de température de la résistivité à 20E C donné également dans les
tables.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.11

Câbles
Cuivre Alumini Almélec Bronze Acier
um ou Alumini Alumini
Aldrey um- um-
acier acier
7 brins 37 brins
Masse volumique du métal fondu à O°C (kg/dm³) 8,80 2,60 - - - - -
Masse volumique du métal écroui pour ligne O°C (kg/dm³) 8,95 2,70 2,70 7,4 à 8,9 7,85 3,55 3,85
Température de fusion (°C) 1 083 658 - - - - -
Chaleur spécifique (J/kg/K) 395 880 920 - 450 - -
Conductivité thermique 106 J/m/K) 1,34 0,67 - - 0,19 à 0,25 - -
Résistivité (Ω mm²/m à 20°C) Métal pur recuit 0,017241 0,0263 - - - * *
Métal écroui pour ligne 0,01786 0,028264 0,0325 0,019 à 0,060 0,10 à 0,25 * *
Coefficient de température de la résistivité à 20°C (1/K) 0,00393 0,00403 0,0036 0,004 - - -
Coefficient de dilatation linéaire (10-6/K) 18 23 23 17,6 11,5 18,2 17,25
Module d’élasticité du fil (10³ N/mm²) 83 66 - 130 - - -
Module d’élasticité du câble (N/mm²) - 53 66 83 à 101 215 77 85
Limite d’élasticité (N/mm²) 250 à 270 110 à 120 - 300 à 400 900 160 170
Tension de rupture, métal recuit (N/mm²) 220 90 - - - - -
Tension de rupture, métal écroui (N/mm²) 410 200 310 à 370 450 à 800 - 290 320
Allongement à la rupture, métal recuit (%) 35 25 - - - - -
Allongement à la rupture, métal écroui (%) 3 2 - 1 à 1,5 - - -

Tableau 11.2-1

* Ne tenir compte que de la résistivité de l’aluminium

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.12

Le tableau 11.2-1 fournit des données numériques concernant les conducteurs employés dans
la construction des lignes électriques. L'usage du bronze était réservé aux lignes de
télécommunication et n’est plus utilisé.

Les conducteurs des lignes de transport et de distribution d'énergie électrique sont


habituellement en cuivre ou en aluminium. Le cuivre ou l'aluminium peuvent être associés
à l'acier sous différentes formes : câbles aluminium-acier, câbles "Copperweld" ou
"Alumoweld".

D'autre part, certains alliages d'aluminium à haute résistance mécanique ont été développés.

Enfin, à titre expérimental, on a réalisé des câbles isolés où le conducteur est du sodium.

2. Conducteurs câblés
Afin de donner aux conducteurs une souplesse suffisante, les câbles sont constitués
habituellement de brins d'égales sections circulaires disposés en couches spirales dont le sens
est alterné d'une couche à la suivante autour d'un brin central rectiligne. Si nous désignons
par n le nombre de couches, le nombre total de brins N est donné par la formule :
N ' 3n (n%
%1) % 1 (11.2!3)

La résistance ohmique en courant continu de conducteurs câblés est plus élevée que la valeur
que l'on peut calculer en appliquant simplement la formule (11.2!1) car le spiralage des brins
(à l'exception du brin central) conduit à une longueur effective plus grande que la longueur
du câble lui-même.

L'augmentation de résistance due au câblage peut être calculée si l'on connaît pour les
différentes couches le pas de la spirale. Elle est normalement de 2 % pour les câbles à
couches de brins concentriques.

3. Conducteurs en cuivre

Le cuivre a été de première importance parmi les conducteurs par suite de sa conductivité
(inverse de la résistivité) et de sa tension de rupture à la traction élevées.

La conductivité du cuivre est très fortement influencée par la teneur en impuretés. C'est ainsi
que la présence de 0,02 % de phosphore ou de 0,07 % d'arsenic dans le cuivre diminue la
conductivité d'environ 30 %. C'est pourquoi le cuivre employé en électrotechnique et pour
la construction des lignes en particulier est un métal raffiné électrolytiquement.

La conductivité dépend également de l'état physique du métal. Le tréfilage et étirage à froid


du cuivre abaisse la conductivité d'environ 2 à 3 %. La tension de rupture est par contre
augmentée par ce processus.

4. Conducteurs en aluminium

La conductivité de l'aluminium écroui à 20EC est d'environ 60 % de celle du cuivre, mais la


masse volumique étant plus faible dans le cas de l'aluminium, il en résulte qu'un conducteur

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.13

de ce métal pèse environ 50 % du poids d'un conducteur de cuivre à égale résistance


électrique. Malheureusement la tension à la rupture de l'aluminium pur est faible et n'atteint
qu'environ les 2/3 de celle d'un conducteur de cuivre d'égale résistance électrique. D'autre
part, le conducteur d'aluminium équivalent ayant une section plus importante donne lieu à une
prise au vent et au givre plus importante. Il en résulte que lorsqu'on utilise ces conducteurs
l'on est conduit à diminuer les portées. L’utilisation de l’aluminium pur sera donc
exceptionnelle.

La comparaison économique du cuivre et d'un autre métal conducteur conduit à prendre en


considération les facteurs suivants. Pour une résistance électrique donnée par unité de
longueur, la section d'un conducteur et par conséquent son volume sont proportionnels à la
résistivité ρ du métal employé. La masse de métal à employer est donc proportionnelle au
produit ρδ, δ étant la masse volumique. Si maintenant nous désignons par p le prix de l'unité
de masse du conducteur, nous pouvons dire que le coût du métal est proportionnel à ρδp.

Il est cependant nécessaire de tenir compte d'autres facteurs tels que la tension de rupture par
traction, la résistance aux agents atmosphériques et le diamètre du conducteur qui conditionne
la pression du vent.

En ce qui concerne l'aluminium, le calcul indique qu'en principe ce métal est plus
économique que le cuivre s'il coûte moins de deux fois le prix de celui-ci par unité de masse.
Cette condition prévaut depuis de nombreuses années, de sorte que les nouvelles lignes
utilisent systématiquement l’aluminium comme conducteur.

Figure 11.2-14

La Figure 11.2-14 montre l'évolution du rapport des prix de base au kg du cuivre et de


l'aluminium et indique les seuils économiques au-dessus desquels l'emploi de l'aluminium est

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.14

préférable à celui du cuivre respectivement pour les lignes de distribution, les câbles isolés,
les lignes de transport à très haute tension et les barres de connexion.

5. Alliages d'aluminium

L'on a développé des alliages d'aluminium réalisant un compromis intéressant entre une
résistivité électrique suffisamment faible et une résistance mécanique acceptable de manière
à pouvoir fabriquer des câbles dépourvus d'âme d'acier.

Ces produits portent différents noms commerciaux tels "Almélec", "Aldrey", etc...

A titre d'indication, la composition de l'Almélec est la suivante : Al - 98,5 %, Mg - 0,7 %, Si


- 0,5 %, Fe - 0,3 %.

Par l'effet d'une trempe, de 1'écrouissage et du revenu combinés au cours du traitement, on


obtient, pour le fil tréfilé, les caractéristiques suivantes :

Tension de rupture par traction : 320 N/mm²


Allongement à la rupture (sur 100 mm) : 6%
Conductivité : 52 % de celle du cuivre
(alors que l'aluminium pur a une conductivité d'environ 60 % de celle du cuivre).

L'emploi de tels câbles permet de construire des lignes qui, à même valeur de flèche, ont une
portée notablement plus grande que celle de conducteurs en cuivre.

6. Câbles aluminium-acier

Ces conducteurs ont une âme constituée par un câble en fils d'acier toronnés destiné à réaliser
une résistance mécanique élevée. Autour de cette âme sont enroulées plusieurs couches
successives de brins d'aluminium. A ce métal est dévolue la fonction d'assurer une résistance
électrique suffisamment faible.

Ce type de câble a un poids d'environ les 3/4 de celui du conducteur en cuivre de même
résistance électrique et sa tension de rupture est d'environ 50 % plus élevée. Il permet d'établir
les lignes avec de plus longues portées à égalité de flèche, sans augmenter la hauteur des
supports. Le nombre de supports peut ainsi être diminué et la construction est donc plus
économique.

7. Copperweld et Alumoweld

Ces vocables sont les désignations commerciales de fils obtenus en tréfilant et étirant un
lingot d'acier autour duquel une enveloppe de cuivre (Copperweld) ou d'aluminium
(Alumoweld) a été coulée.

Les proportions de cuivre et d'acier sont telles pour le Copperweld que ce fil a une
conductivité de 30 à 40 % de celle du fil de cuivre de même diamètre.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.15

Figure 11.2-15

AAu moyen de tels fils on fabrique des câbles couramment utilisés aux Etats-Unis pour la
construction de lignes de distribution à haute tension. En Europe, ce type de conducteur n’est
utilisé que pour les fils de garde devant présenter une haute résistance mécanique et pour les
piquets de terre.

La Figure 11.2-15 représente un câble Alumoweld à 7 conducteurs.

8. Sodium

Le sodium employé comme conducteur de câbles à isolement en polyéthylène a été


expérimenté aux Etats-Unis d'Amérique. Ses propriétés électriques et son prix pourraient lui
permettre de concurrencer le cuivre et même l'aluminium mais sa technologie crée de réelles
difficultés.

9. Conducteurs d'acier

L'on a parfois employé des conducteurs d'acier pour réaliser des lignes de faible longueur
mais où certaines portées étaient assez grandes. En courant alternatif, la résistance de ces
lignes est beaucoup plus élevée qu'en courant continu.

11.2.5. Avantages et inconvénients respectifs des lignes aériennes et souterraines

Lignes aériennes

AVANTAGES

1. Sont moins coûteuses que les lignes souterraines au point de vue des frais d'installation et
de réparation;

2. permettent une surveillance aisée de leur état et un repérage facile des accidents et défauts;

3. peuvent être réparées très rapidement en cas d'accident ou de défaut (La C.P.T.E. estime

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.16

que l’indisponibilité aléatoire moyenne par 100 km est de 2h/an pour une ligne aérienne et
de 35 h/an pour un câble souterrain à 150 kV);

4. peuvent être surchargées en intensité de courant sans trop de danger.

INCONVÉNIENTS

1. Sont exposées aux surtensions d'origine atmosphérique;

2. leur installation donne lieu à de difficiles discussions avec les propriétaires des terrains
surplombés;

3. soulèvent des problèmes d'esthétique et de respect des sites;

4. sont susceptibles d'induire des forces électromotrices perturbatrices ou dangereuses dans


les circuits de télécommunication;

5. sont susceptibles de produire des perturbations radioélectriques gênant les réceptions de


radiodiffusion et de télévision;

6. la rupture de leurs conducteurs est susceptible de présenter des dangers pour les personnes,
les animaux et les choses;

7. Selon certains, les champs électriques et magnétiques peuvent exercer une influence
néfaste sur la santé.

Câbles souterrains

AVANTAGES

1. Constituent la seule solution possible dans les agglomérations denses;

2. sont soustraites aux surtensions d'origine atmosphérique ;

3. ne causent par d'interférences avec les circuits de télécommunications;

4. ne produisent aucune gêne pour les réceptions de radiodiffusion et télévision;

5. seule solution possible pour traverser de larges fleuves ou des bras de mer lorsque la
distance à franchir dépasse 3 km.

INCONVÉNIENTS

1. Sont d'un coût beaucoup plus élevé que celui des lignes aériennes. La différence est
d'autant plus grande que la tension est plus élevée;

2, le repérage des défauts y est délicat et lent,

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.17

3. les réparations sont coûteuses et parfois malaisées;

4. leurs armures et gaines doivent être protégées contre les effets de corrosion dus aux
courants vagabonds,

5. risquent d'être détériorés en cas de mouvements de terrains (particulièrement à craindre


dans les régions minières),

6. leur isolement est susceptible d'être détérioré par élévation de température des conducteurs
en cas de surcharge.

La pression des riverains est très grande pour faire installer ailleurs une ligne aérienne
projetée (NIMBY : Not In My BackYard). Le rapport du coût des lignes souterraines à celui
des lignes aériennes, à égalité de tension et de capacité de transport, est variable notamment
selon la valeur de la tension et les conditions locales. Le tableau 11.2-2 indique les ordres de
grandeur de ce rapport. Lors de la conférence de presse du 25 novembre 1992,
ELECTRABEL a annoncé une utilisation plus fréquente des liaisons souterraines puisque
l'emploi des liaisons aériennes sera limité au cas des liaisons 400 kV et, pour les niveaux de
tensions inférieures, au cas où ces liaisons peuvent être établies le long d'infrastructures
existantes ou prévues. Dans ce dernier cas, ELECTRABEL limitera par ailleurs la longueur
totale du réseau aérien, hors 400 kV, par le démontage d'un kilométrage équivalent de lignes
aériennes existantes, ce qui implique donc que certaines liaisons, prévues en aérien, seront
installées en souterrain. Cet engagement n’a pas suffi puisque aucune liaison à 400 kV n’a
été réalisée. Le coût nettement plus élevé des liaisons souterraines à 400 kV n’est pas la seule
raison de l’exclusion de ce niveau de tension de la proposition d’Electrabel. Des problèmes
techniques subsistent comme on le verra au chapitre 12. N’empêche qu’une solution doit être
trouvée rapidement sous peine de voir la sécurité d’alimentation des utilisateurs se réduire
fortement. On se dirige actuellement vers une limitation de la longueur totale du réseau
aérien, y compris le 400 kV. Il n’est pas évident de déterminer l’influence qu’aura la
“dérégulation” du secteur électrique et la nécessité de rendre indépendantes les trois activités :
production, transport et distribution.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.18

Coût des liaisons HT


Coût moyen en MBEF/km

Capacité Aérien Souterrain Rapport


transit sans les pertes avec les pertes
(MVA)

2 * 380 kV 2800 31 -850 -25 -19


2 * 150 kV 470 13 66 -5 -3,8
2 * 70 kV 220 10 38 3,8 2,9
1 * 70 kV 110 7 19 2,7 2,3

d’après CPTE - 1996


- une ligne 380 kV équivaut à 6 lignes à 150 kV en capacité de transport

- tenir compte des pertes (coût actualisé) multiplie le coût de l’aérien par -1,5

- en considérant les mêmes pertes en souterrain, le rapport est modifié comme indiqué

Tableau 11.2-2

11.3. PHENOMENES DEPENDANT DU CHAMP MAGNETIQUE


Inductance propre, inductance mutuelle, effet pelliculaire, effet de proximité.

11.3.1. Classification des phénomènes

1. Inductance propre et inductance mutuelle

Considérons n circuits électriques fermés,


immobiles, filiformes (c'est-à-dire dont les
conducteurs sont de faibles dimensions
transversales par rapport à leurs longueurs
et à leurs distances), disposés d'une manière
quelconque dans l'espace et parfaitement
isolés électriquement les uns des autres
(Tableau 11.2-1). Admettons en outre que
la perméabilité relative du milieu et celle
des conducteurs soit une constante
indépendante de la valeur du champ
magnétique (linéarité des phénomènes).

Pour l'un quelconque des circuits


envisagés, par exemple le circuit 1,
Figure 11.3-1 désignons par v1 la valeur instantanée de la
force électromotrice (f.e.m.) qui lui est

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.19

appliquée, par R1 la valeur de sa résistance électrique totale et par Φ1 la valeur instantanée


du flux au travers d'une surface qui s'appuie sur le contour fermé déterminé par ce circuit.
Dans ces conditions on peut écrire la relation:
dΦ1
v1 ' R1 i1 % (11.3!1)
dt

Le flux Φ1 embrassé par le circuit 1 peut être considéré comme étant la somme des flux :
1. Φ11 dû au courant i1 circulant dans le circuit 1 lui-même;
2. Φ12 ... Φ1i ... Φ1n dus aux courants i2 ... ii ... in circulant dans les circuits 2 à n.

Il en résulte que :
n
Φ1 ' Φ11 % j Φ1i (11.3!2)
2

La chute de tension dΦ1/dt (qui en cas de régime sinusoïdal porte le nom de "chute de tension
réactive") est donc composée de deux termes dont l'un, dΦ11/dt traduit l'effet de ce que l'on
nomme l'inductance propre du circuit; l'autre,
n dΦ1i
j (11.3!3)
2 dt

correspond à l'influence des autres circuits qui présentent une inductance mutuelle avec le
circuit 1.

Comme le milieu est linéaire, on sait que :


n
Φ1 ' L11 i1 % j L1j ij (11.3!4)
2

ou encore, sous forme matricielle, pour l'ensemble des circuits :


Φi ' Lij ij (11.3!5)

et
d
vi ' Rjj ij % Φ (11.3!6)
dt i

où la matrice [Rjj] est diagonale.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.20

Finalement :
d
vi ' Rjj % L ij
dt ij
(11.3!7)
d
' Rjj % Lij ij
dt

Si toutes les grandeurs sont sinusoïdales de pulsation ω, la relation (11.3!7) devient :


Vi ' Rjj % jω Lij Ij (11.3!8)

que l’on convient d’écrire :


Vi ' Zij Ij (11.3!9)

en définissant la matrice d’impédance :


Zij ' Rjj % jω Lij (11.3!10)

2. Effet pelliculaire et effet de proximité dans des conducteurs parallèles

Envisageons un ensemble de n
conducteurs cylindriques de
sections transversales
quelconques (S1, S2, ... Si ... Sn)
dont les génératrices sont
parallèles, immobiles et
parfaitement isolées les unes des
autres. Admettons également que
leur perméabilité relative soit
indépendante de la valeur du
champ magnétique. La Figure
11.3-2 représente ce système de
conducteurs dans un système
Figure 11.3-2 d'axes tel que Ox et Oy
déterminent un plan
perpendiculaire aux conducteurs et que l'axe Oz leur soit parallèle. Admettons encore que la
longueur des conducteurs soit très grande vis-à-vis de leurs dimensions transversales et de
leurs distances respectives et désignons par i1, i2, ... ii ... in les intensités de courant (variables
dans le temps) qui les parcourent.

Un circuit i est constitué d'un conducteur aller i et d'un conducteur de retour situé à distance
infinie.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.21

Dans la section S1 du conducteur 1, particularisons un filet élémentaire de courant de


coordonnées x, y et de section dS = dx dy. Désignons par J (x, y, t) la valeur de la densité de
courant dans ce filet de courant, celle-ci étant dans le cas le plus général fonction de
l'emplacement du filet dans le conducteur et du temps. On a donc : di = J (x, y, t) dS.

Si nous considérons dans le conducteur 1 deux sections droites distantes l'une de l'autre de
l'unité de longueur, pour faire circuler le courant di dans le filet de section dS, il faut que par
unité de longueur, dans le circuit 1, l'on dispose d'une f.e.m. v1 (x, y, t) susceptible de couvrir
la chute de tension ohmique et la chute de tension due à la variation du flux coupé par le
circuit constitué par le filet de courant et le conducteur de retour à l’infini.

On a, en désignant par ρ la résistivité du conducteur et par Φ1 (x, y, t) le flux total qui entoure
le filet de courant envisagé :
dΦ1
v1(x,y,t) ' ρ J(x,y,t) % (11.3!11)
dt

Le flux total Φ1 résulte pour une part Φ11 de l'action du courant i1, pour une autre part
n
j Φ1i (11.3!12)
2

de l'action des courants i2 ... in circulant dans les autres conducteurs.

La chute de tension dΦ1/dt est donc produite, non seulement par le courant passant dans le
conducteur considéré (effet d'inductance propre), mais encore par les flux dus aux courants
circulant dans tous les autres conducteurs (effet d'inductance mutuelle)

Observons maintenant que, par raison de symétrie les sections droites envisagées dans le
conducteur 1 doivent être des équipotentielles. Il en résulte que v1 (x, y, t) ne dépend que de
t dans la section S1.

Si maintenant nous envisageons différents emplacements pour le filet de courant dS en


attribuant diverses valeurs à x et à y, le flux Φ11 étant fonction de x et y il résultera de ce chef
une variation de la densité de courant J dans la section. Ceci constitue l'effet pelliculaire (en
anglais : skin effect).

Une autre partie de la variation de J est attribuable au fait que les flux dus aux courants des
autres conducteurs n'ont pas une valeur indépendante de x et de y. Il en résulte également une
influence sur la répartition de la densité de courant que l'on nomme effet de proximité.

Ces phénomènes dépendent

1° des dimensions géométriques et des dispositions relatives des conducteurs,


2E de leur nature, conductivité, perméabilité,
Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles
11.22

3E de la loi de variation dans le temps des f.e.m. appliquées et notamment de la fréquence.

Dans les circuits à fréquence industrielle (50 et 60 Hz) l'effet pelliculaire pour des
conducteurs en matériaux non magnétiques ne conduit en général qu'à une influence qui est
tout au plus de l'ordre du pour-cent sur la valeur de la réactance. L'effet de proximité est
généralement d'un ordre de grandeur encore plus réduit.

Dans ce qui suit, nous négligerons donc ces effets lors de l'établissement des formules
d'inductances et de réactances de lignes. Il y a toutefois lieu de les prendre en considération
en ce qui concerne les accroissements de résistance et de pertes par effet Joule auxquels ils
conduisent. Il faudra notamment en tenir compte :

1° si le courant contient des harmoniques;


2° s'il s'agit du transport d'énergie électrique à fréquence élevée;
3° si les dimensions transversales des conducteurs sont grandes vis-à-vis de leurs écartements
(barres de centrales, conducteurs de câbles souterrains, retour du courant par le sol).

11.3.2. Inductances propres et inductances mutuelles de conducteurs parallèles

1. Inductance mutuelle entre circuits filiformes parallèles

Considérons (Figure 11.3-3) un


circuit constitué de deux
conducteurs 1 et 2 filiformes
(c'est-à-dire de sections de
dimensions négligeables vis-à-vis
de leur écartement), rectilignes et
de longueur infinie. Ils forment un
circuit fermé à l'infini. Envisageons
un troisième conducteur i de même
type, parcouru par un courant de
valeur instantanée ii.

Le champ magnétique H & (A/m)


produit en un point A à une
Figure 11.3-3 distance b (m) du conducteur i par
le courant ii (A) a pour valeur
instantanée :
ii
H ' (A/m) (11.3!13)
2πb

Il est perpendiculaire à Ai, dans un plan perpendiculaire au conducteur i. Il tend vers l’infini
au voisinage d’un conducteur infiniment mince.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.23

Si nous désignons par µ la perméabilité magnétique du milieu et µr sa perméabilité relative


(µr = µ/µ0 = µ/(4π10 -7)), l'expression de l'induction &
B est :
2 10&7 µr ii
B ' µH ' (T) (11.3!14)
b

La valeur instantanée du flux, évaluée par unité de longueur, (dit "flux linéique") produit par
le courant i et dont les lignes de force coupent une surface tendue sur les conducteurs 1 et 2
vaut :

Φ12,i ' BdS


12
bi2
db
' 2 10&7 µr ii (Wb/m) (11.3!15)
bi1 b
bi2
' 2 10&7 µr ii ln
bi1

L'inductance mutuelle linéique entre le circuit 12 et le conducteur i est donc :


bi2
l12,i ' 2 10&7 µr ln (H/m) (11.3!16)
bi1

Si nous envisageons (Figure 11.3-4)


que le courant ii parcourant le
conducteur i revienne par un
conducteur filiforme j parallèle à 1,
2 et i, la valeur instantanée du flux
magnétique linéique produit par le
courant circulant dans la boucle ij et
dont les lignes de force coupent une
surface tendue sur les conducteurs 1
et 2 vaut :

Figure 11.3-4

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.24

bi2 bj2
Φ12,ij ' 2 10&7 µr ii ln & ln
bi1 bj1
(11.3!17)
&7
bi2 bj1
' 2 10 µr ii ln (Wb/m)
bi1 bj2

L'inductance mutuelle linéique entre la boucle 12 et la boucle ij vaut donc :


bi2 bj1
l12,ij ' 2 10&7 µr ln (H/m) (11.3!18)
bi1 bj2

2. Inductance mutuelle entre circuits dont les sections ne sont pas de dimensions négligeables

Soit (Figure 11.3-5) un circuit


constitué de deux conducteurs
cylindriques à génératrices
parallèles, de sections droites
quelconques S1 et S2 et considérons
un troisième conducteur i parallèle
aux précédents et de section droite
quelconque Si. Ce troisième
conducteur parcouru par un courant
ii a une résistivité uniforme ρ et
nous admettrons que la densité de
Figure 11.3-5 courant Ji = ii/Si y est constante.

Considérons les filets de courant de section

dSl dans le conducteur 1


dS2 dans le conducteur 2
dSi dans le conducteur i

Si les sections dS sont suffisamment petites, le flux coupé par le circuit dSl dS2 et créé par le
filet Ji dSi est donné par la relation (11.3!15):
bi2
dΦdS1dS2,dSi ' 2 10&7 µr Ji dSi ln
bi1
(11.3!19)
bi2 bi1
' 2 10&7 µr Ji dSi ln & ln
1 1

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.25

La valeur moyenne du flux coupé par le circuit dS l dS2 pour toutes les positions possibles des
sections dSl et dS2 est donnée par :

1 bi2 1 bi1
dΦ12,dS ' 2 10&7 µr Ji dSi ln dS2 & ln dS1 (11.3!20)
i
S2 S2 1 S1 S1 1

Par intégration à tous les filets de courant dSi, il vient :


ii 1 bi2 1 bi1
Φ12, i ' 2 10&7 µr dSi ln dS2 & ln dS1 (11.3!21)
Si Si S2 S2 1 S1 S1 1

Posons
D1i 1 bi1
ln ' dSi ln dS1
1 S1 Si Si S1 1
(11.3!22)
D2i 1 bi2
ln ' dSi ln dS2
1 S2 Si Si S2 1

Le rapport à l'unité indique que l'unité de mesure de longueur est la même pour D1i et pour
bi1.

On appelle Dij la distance moyenne géométrique entre les sections Si et Sj (en abrégé DMG).

C'est J.C. MAXWELL [B.90-0] qui introduisit ces notions dans le calcul des inductances.
Grâce à elles, l'expression du flux moyen coupé par un circuit constitué par deux conducteurs
de section quelconque et créé par un courant i circulant dans un conducteur parallèle, est
semblable à celle obtenue pour des conducteurs filiformes :
Di2
Φ12, i ' 2 10&7 µr ii ln (11.3!23)
Di1

L’inductance mutuelle entre deux circuits constitués par un conducteur aller S1 et retour S2
d'une part, un conducteur aller Si et retour Sj d'autre part est donnée par une expression
semblable à (11.3!18).
Di2 Dj1
l12,ij ' 2 10&7 µr ln (H/m) (11.3!24)
Di1 Dj2

Si, dans le cas précédent, nous faisons coïncider les conducteurs de section Sj (parcouru par
le courant - ii) et S2, le flux magnétique linéique produit par le courant circulant dans le circuit

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.26

ij et intéressant le circuit 1j vaut :


Dij Dj1
Φ1j,ij ' 2 10&7 µr ii ln (Wb/m) (11.3!25)
Di1 Djj

en définissant :
Djj 1 bjj
ln ' dSj dSj ln (11.3!26)
1 Sj
2
Sj Sj 1

bjj est la distance entre tous les éléments dSj en lesquels la surface Sj est décomposée, pris
deux à deux de toutes les façons possibles.

On appelle Djj la distance moyenne géométrique de la section S jà elle-même, ou rayon


moyen géométrique de la section Sj, en abrégé RMG.

Si nous faisons coïncider le conducteur de section Si avec S1 et le conducteur de section Sj


avec S2 le flux magnétique linéique intéressant le circuit 12 = ij vaut :
2
&7
D12
Φ12 ' 2 10 µr i1 ln (Wb/m) (11.3!27)
D11 D22

et l'inductance propre linéique de la boucle 12 vaut :


2
&7
D12
l12 ' 2 10 µr ln (H/m) (11.3!28)
D11 D22

Si l’on se souvient que l’induction à l’intérieur d’un tube conducteur est nulle,
l’interprétation du RMG et de la DMG est immédiate : ce sont respectivement le rayon d’un
tube mince et la distance entre tubes donnant la même valeur d’inductance. Comme on le
verra plus loin, la DMG est très souvent égale à la distance entre les centres des sections de
conducteurs. Pour un conducteur i de section circulaire de rayon ri, certains auteurs
distinguent l’inductance externe (liée aux lignes d’induction extérieures au conducteur) de
l’inductance interne (liée aux lignes d’induction intérieures au conducteur, c’est à dire
comprises entre Dii et ri)

11.3.3. Rayons moyens géométriques et distances moyennes géométriques

1. Sections de différentes formes

Les formules (11.3!22) et (11.3!25) ont été appliquées par J.C. Maxwell [B.90-0] au calcul
du rayon moyen géométrique ainsi qu'au calcul de la distance moyenne géométrique de
conducteurs tels qu'ils peuvent se rencontrer dans les installations. Pour l'établissement de ces
formules, il est admis que les effets pelliculaires et de proximité n'interviennent pas, donc que
la densité de courant est uniforme dans la section. Ces formules sont reprises au tableau 11.3-

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.27

1 pour chacune des dispositions de la Figure 11.3-6

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.28

Figure 11.3-6

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.29

Figure Cas Formule


1 RMG D11 ' r

1
&
4
2 RMG D11 ' r e ' 0,7788 r

4 4
r2 2 2 r1 3 r
& r1 r2 % % ln 2
3 RMG 4 4 4 r1
ln D11 ' ln r2 &
2 2 2
r2 & r1

4 DMG D12 ' r

5 DMG 2
r2 ln r2 & r1 ln r1
2
1
ln D12 ' &
2
r2 & r1
2 2

6 DMG D12 ' d

Cette relation est vraie quelle que soit l’épaisseur du tube

7 DMG D12 ' d

Cette relation est vraie quelles que soient les épaisseurs des deux tubes

8 RMG &
3
2
D11 ' a e ' 0,22313 a

9 RMG 3
π 25
&
3 12
D11 ' a 2 e ' 0,44705 a

Tableau 11.3-1

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.30

Figure Cas Formule


D12 2 2
1 d a 1 d a
ln ' 1,5 % 1 % ln 1 % % & 1 ln 1 &
11 DMG d 2 a d 2 a d

d
D12 . d pour > 2
12 DMG a
d
D12 ' 1,00655 d pour ' 1
a

3 π
& %
2 4
13 DMG D12 ' a 2 e ' 0,692 a

2
n a'
'n&
&1 2
14 RMG &a n
!
2 n&
D11 ' ∆ 0,44705 a . 0,2235 (n%
%1) ∆
'1
a'

1
'n
a' 'n&
b' &1
15 DMG &b n 2
! (r% !
a n&
D12 ' ∆ %a) %r%
(n% %b)
'1
a' '1
b'

1
'n&
a' &1
16 DMG &a n 2
!
n 2 2 n&
D12 ' ∆ %1)
(r% %1) %a )
((r%
'1
a'

Tableau 11.3-1

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.31

Remarque : les formules 15 et 16 sont établies en supposant que la DMG entre deux surfaces
carrées identiques est égale à la distance entre leurs centres. C’est exact à 0,65% près pour
des surfaces placées côte à cote et à moins de 0,05% dès que la distance entre centres dépasse
2 fois le côté. Cette approximation est donc totalement justifiée. La Figure 11.3-7 illustre la
relation de la formule 16 pour différentes valeurs de n comprises entre 1 et 50.

Figure 11.3-7

2 Conducteurs de section droite quelconque

Lorsque l'on a affaire à des conducteurs dont les sections droites ont des formes quelconques
l'on peut avoir recours à un procédé de calcul approximatif basé sur la définition du RMG et
de la DMG.

Le RMG d'une aire plane est la valeur de la distance dont le logarithme népérien est égal à
la valeur moyenne des logarithmes népériens des distances entre chacune des aires
élémentaires composant cette aire prises deux à deux.

La DMG entre deux aires coplanaires est la valeur de la distance dont le logarithme népérien
est égal à la valeur moyenne des logarithmes népériens, des distances entre chacune des aires
élémentaires composant la première aire à chacune des aires élémentaires composant la
seconde.

Pratiquement dans de nombreux cas on pourra d'une manière suffisamment approximative


décomposer les sections en n petits éléments.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.32

La valeur du RMG d'une section S formée de n petites sections


n
s1 ... si ... sn, S ' j si (11.3!29)
1

est donnée, si nous appliquons la relation (11.3!25), par :


D11 n bij
j
1
ln ' dsi dsj ln
1 S2 1 si sj 1
n Dii n n Dij
j i j j i j
1 2
' s ln % s s ln (11.3!30)
S2 1 1 i'1 j'1,j…i 1
si 2 s is j
n Dii i'n,j'n Dij
' ln k S
k
S2
i'1 1 i'1,j'1,j…i 1

d’où :
si 2 s is j
n i'n,j'n
D11 ' k Dii k
2
S
Dij S (11.3!31)
i'1 i'1,j'1,j…i

Dans le cas particulier où la section S est formée de n sections s égales, on a S = ns et il


vient :
1
i'n,j'n
k
n2
D11 ' Dsn Dij (11.3!32)
i'1,j'1,j…i

D'une manière analogue, on trouvera pour la DMG entre deux aires coplanaires, chacune
divisée en n petites sections égales pour chaque surface
1
i'n,j'n
k Dij
n2 (11.3!33)
D12 '
i'1,j'1

L’élément i étant choisi dans la surface S1 et l'élément j dans la surface S2.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.33

A titre d’illustration, la relation (11.3!33) a été


utilisée pour calculer la DMG entre 2 surfaces
rectangulaires égales lorsque celles-ci sont disposées
symétriquement l'une par rapport à l'autre (Figure
11.3-8) et qu'elles se font face respectivement par leur
côté le plus large (b>a, analogue à la formule 16) ou
le plus étroit (a>b, analogue à la formule 15). Chaque
surface est divisée en n =50*50=2 500 sections
élémentaires. Le calcul d’une valeur de DMG
nécessite donc le calcul de n2=2 5002=6 250 000
distances entre sections élémentaires. L’application à
des sections aussi simples n’est donc pas
particulièrement efficace puisque des formules plus
simples existent. La Figure 11.3-9 permet de comparer
le résultat du calcul avec les valeurs données par la
formule 16.
Figure 11.3-8

Figure 11.3-9

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.34

Figure 11.3-10

Figure 11.3-11

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.35

Figure 11.3-12

Lorsque les surfaces se font face par leur côté le plus étroit (a>b), la DMG tend rapidement
vers la distance d si on écarte les sections (Figure 11.3-10). L’écart est évidemment beaucoup
plus important pour les surfaces se faisant face par le côté le plus large (Figure 11.3-11). Dans
ce cas, il est plus explicite de rapporter la DMG et la distance d à la plus grande des
dimensions de la section, soit b (Figure 11.3-12)

3. RMG de conducteurs câblés

Les conducteurs de lignes électriques sont


normalement des câbles constitués par des
brins circulaires identiques câblés comme
il a été exposé en 11.2.2 (Figure 11.3-13).

Les valeurs du RMG de différents types


Figure 11.3-13 de tels câbles sont indiquées dans le
tableau ci-dessous en fonction de leur
section totale S.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.36

RMG de CONDUCTEURS CÂBLES


Type RMG
Conducteur de section circulaire pleine 0,4394 %&
S
Câble concentrique à 7 brins 0,4642 %&
S
Câble à 3 brins sans âme centrale 0,4750 %&
S
Câble concentrique à 19 brins 0,4902 %&
S
Câble concentrique à 37 brins 0,4982 %&
S
Câble concentrique à 61 brins 0,5020 %&
S
Câble concentrique à 91 brins 0,5038 %&
S
Câble concentrique à 127 brins 0,5046 %&
S
Câble concentrique à 169 brins 0,5050 %&
S

Tableau 13.3-2

3. RMG de faisceaux de conducteurs

Dans la construction des lignes à très haute


tension (supérieure à 220 kV) les conducteurs
de chaque phase sont constitués de faisceaux de
2, 3 ou 4 câbles de mêmes diamètres disposés
symétriquement les uns par rapport aux autres et
maintenus par des entretoises métalliques. Les
différents câbles constituant un faisceau sont
connectés électriquement entre eux à chaque
extrémité de la ligne et ne forment donc qu'un
seul conducteur de phase. La Figure 11.3-14
Figure 11.3-14 montre l'équipement d'un faisceau de deux
conducteurs sous une double chaîne d'isolateurs.

L'application de la formule (11.3!32) nous conduit aux valeurs suivantes pour la RMG des
faisceaux de conducteurs dont chacun des câbles constituants a une RMG égale à dll.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.37

Figure 11.3-15

Figure 11.3-17
Figure 11.3-16

RMG de FAISCEAUX de CONDUCTEURS


Disposition Formule

1
2
D11 ' d11 d
Figure 11.3-15

1 2
3 3
D11 ' d11 d
Figure 11.3-16

1 1 3
Figure 11.3-17 D11 ' 2 8 4
d11 d 4

Tableau 13.3-3

Nous remarquons que la disposition en faisceaux accroît considérablement le RMG.

5. Conducteurs hétérogènes

On a souvent recours, dans la fabrication des câbles, à plusieurs métaux, l'un étant employé
pour sa haute conductivité, l'autre pour sa bonne résistance mécanique.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.38

C'est ainsi qu'il existe des câbles aluminium-acier et des câbles cuivre-bronze. Nous
n'envisagerons toutefois dans ce qui suit immédiatement que le cas où les métaux sont non
magnétiques. Le cas des câbles aluminium-acier sera traité en 6. ci-après.

On calcule le RMG d'un tel câble en assignant une conductivité unitaire aux brins d'un des
métaux, les autres brins ayant une conductivité relative γ. Les densités de courant dans les
deux matériaux sont inversement proportionnelles aux valeurs de la conductivité. Il en résulte
que dans la formule de définition du flux, les termes relatifs aux rayons et aux distances entre
éléments de conductivité 1 sont inchangés; les termes de distance entre éléments de
conductivité relative 1 et γ sont à multiplier par γ; enfin, les termes relatifs aux rayons et aux
distances entre éléments de conductivité γ sont à multiplier par γ2.

Les éléments auxquels il est fait allusion dans le cas de tels câbles, peuvent avec une
approximation suffisante, être considérés comme étant les brins qui les constituent et le RMG
se calcule en appliquant la formule (11.3!31) dans laquelle les valeurs des rayons des brins
de conductivité 1 ne sont pas modifiées, les distances entre centres de brins de conductivités
respectives 1 et γ sont à affecter d'un exposant γ et les rayons des brins de conductivité γ et
les distances entre ces brins sont à affecter d'un exposant γ2.

Si nous envisageons, par exemple, le cas de deux brins de


même rayon r et de conductivités relatives 1 et γ qui
torsadés ensemble constituent un conducteur unique (Figure
11.3-18), le RMG de ce conducteur vaut :

Figure 11.3-18 1

D11 ' 0,7778 r 2r γ


0,7778 r γ2
2r γ 1%γ 2 (11.3!34)

ou
1

D11 ' r 22γ 0,77781%γ


2
1%γ 2 (11.3!35)

6. Câbles aluminium-acier ([B.200-0])

Nous avons vu en 11.2.4 ci-avant la manière dont ces câbles sont construits et leur
justification économique.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.39

Examinons maintenant la manière dont ils se comportent en ce qui concerne leur RMG.
Dans de tels câbles, on peut admettre que la majeure partie du courant circule dans les brins
d'aluminium en raison à la fois de sa plus grande section et de sa plus grande conductivité
(environ 6,5 fois celle de l'acier) et aussi par suite de l'effet pelliculaire. En se basant sur ce
fait, on calcule le RMG du câble comme si les brins d'aluminium étaient seuls en cause et l'on
applique ultérieurement une légère correction par suite de la présence de l'âme de brins
d'acier.

Si nous considérons, par exemple, le câble3 dont la section est


représentée à la Figure 11.3-19 lequel comporte 30 brins
d'aluminium de rayon r et 7 brins d'acier, appliquant la formule
(11.3!32) , on est conduit à :

Figure 11.3-19
1 18(17 1 12(11 1 30
&
D11 ' 6 r 18 17
4 r 12 11
6 r 18(12(2
r e 4 (11.3!36)

ou
D11 ' 5,784 r ' 1,192 S

S représentant la section totale d'aluminium.

Envisageons maintenant l'effet de la présence de l'acier (sans faire intervenir l'effet


pelliculaire). Tenant compte des rapports de section et de résistivité des deux métaux, on est
conduit à estimer qu’environ 3,5 % du courant circule dans l'acier. On notera en premier lieu
que cette répartition du courant entre l'aluminium et l'acier n'affecte en rien le flux
magnétique propre extérieur au conducteur mais augmente la densité de ce flux dans les brins
d'aluminium dans une proportion allant en croissant depuis la périphérie jusqu'à l'intérieur de
la couche d'aluminium. Le calcul développé par WOODRUFF ([B.200-0]) conduit à une
augmentation du flux interne du conducteur de 2 10-9 Wb/m pour un courant total de 1 A.

D'autre part, il y a lieu de tenir compte de la portion du flux qui se ferme dans l'âme d'acier.
Celui-ci, variant avec la perméabilité relative µr de l'acier sera influencé par la valeur du
courant. On a procédé à des mesures qui ont montré que l'accroissement de flux interne qui
en résulte est d'environ 1,1 10-9 Wb/m pour 1 A.

3
câble de 556.500 circular mils.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.40

L'augmentation d'inductance pour une ligne aérienne qui en résulte est de l'ordre d'environ
0,3 % et est par conséquent négligeable eu égard à la précision que l'on est en droit d'exiger
de tels calculs.

7. Tables des caractéristiques de conducteurs

C'est dans la littérature technique anglaise et américaine que l'on trouve les données les plus
complètes concernant les caractéristiques des conducteurs employés pour les lignes
électriques. Il en est notamment ainsi en ce qui concerne les tables réunies dans "Electrical
Transmission and Distribution Reference Book" édité par Westinghouse Electric and
Manufacturing Cy ([WES01]). L'on y trouve les tables concernant tous les calibres
(américains) des conducteurs suivants :

1. Câbles en cuivre à 97,3 % de conductivité;

2. Câbles aluminium-acier (Aluminium Cy of America);


3. Câbles en cuivre creux (Anaconda Wire & Câble Cy et General Câble Corp.);
4. Câbles Copperweld (Copperweld Steel Cy).

Ces tables contiennent les données suivantes, par exemple, pour les câbles aluminium-acier :

1. Section totale (en circular mils4 ou AWG5);


2. Description des éléments constitutifs (nombre de brins et leurs diamètres),
3. Diamètre extérieur;
4. Section de cuivre équivalente;
5. Tension de rupture par traction;
6. Masse par unité de longueur;
7. RMG à 60 Hz;
8. Courant maximum (pour une température du câble de 75 °C, air à 25 °C, vitesse du vent
de 0,6 m/s);
9. Résistance par unité de longueur à 25 °C et à 75 °C respectivement en courant continu,
à 25, 50 et 60 Hz;
10. Réactance cyclique d'un circuit triphasé équilibré dont les conducteurs sont espacés de
1 Ft = 0,3048 m (voir 11.23);
11. Capacitance cyclique d'un circuit triphasé équilibré, conducteurs à 1 Ft .

8. Programmes de calcul

Chaque constructeur de matériel dispose de programmes de calcul pouvant être exécutés sur
PC. Le programme EMTP (Electro-Magnetic Transients Program)[B.40-0] est le plus

4
Le "circular mil" est une unité de surface égale à la surface d'un cercle d'un "mil" (1/1.000 in) de
diamètre : 1 c.m. = 5,065 10-4 mm2

5
AWG = American Wire Gauge.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.41

complet des programmes “indépendants”

11.3.4. Impédance et influence électromagnétique d’une ligne dont le retour du courant


s’effectue par le sol

1. Considérations générales sur le problème

Dans certaines circonstances (pénurie de matériaux conducteurs, nécessité d'une construction


très rapide) l'on a parfois été conduit à utiliser la terre comme conducteur de lignes
monophasées ou triphasées. Il s'agit toutefois là de réalisations assez exceptionnelles et ce
n'est pas cette préoccupation qui nécessite le présent exposé.

En fonctionnement normal des lignes triphasées, aucun courant ne circule par le sol. Dans
certaines conditions exceptionnelles (défauts), il peut se produire un contact accidentel entre
un ou plusieurs fils de ligne et la terre; un retour de courant s'effectue alors par le sol.

Deux problèmes sont posés par un tel fonctionnement de la ligne.

En premier lieu, il s'agit de déterminer la valeur du courant circulant lors d'un tel défaut, ce
qui nécessite la connaissance de l'impédance effective présentée par le chemin de retour du
courant dans la terre.

Si, d'autre part, nous considérons une ligne de télécommunication établie parallèlement à la
ligne de transport d'énergie, les transpositions de conducteurs ne sont efficaces pour éviter
les forces électromotrices induites que dans le cas d'un fonctionnement normal. En cas de
défaut caractérisé par la mise à terre d'une ou deux phases, il apparaît dans chacune des trois
phases une composante homopolaire du courant dont le chemin de retour est le sol.

Cette composante homopolaire induit dans le circuit de télécommunication une force


électromotrice d'autant plus élevée que sa propre amplitude est plus grande et que la ligne
induite est plus voisine de la ligne triphasée.

L'amplitude de cette force électromotrice peut atteindre une valeur dangereuse pour les
usagers du circuit de télécommunication ou troubler l'exploitation en réduisant plus ou moins
la qualité de la transmission (présence de bruit dans les récepteurs téléphoniques). Il est donc
nécessaire pour parer à ces difficultés de connaître l'inductance mutuelle entre chacun des
conducteurs de la ligne de transmission d'énergie et le circuit de télécommunication.

Dans la théorie développée au §11.3.2., le retour du courant est supposé se faire à l’infini. Ce
n’est pas physiquement réalisable. Il est plus concret de supposer que le retour s’effectue par
le sol.

Ces problèmes, dont la solution nécessite la détermination de la manière dont le courant se


distribue dans le sol, ont été traités notamment par F. POLLACZEK (111) en Europe et par
J.R. CARSON (110) aux Etats-Unis.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.42

Dans ces différentes théories, il est admis pour simplifier que la perméabilité relative du sol
est égale à l'unité et que, pour la bande des fréquences entre 0 et 60 000 Hz, on peut négliger
les courants de déplacement par rapport au courant de conduction. On admet en outre :

1) que le sol est une masse semi-infinie de conductivité uniforme limitée par un plan;
2) que le courant dans le sol est en tout point parallèle à la ligne perturbatrice;
3) que l'effet pelliculaire est négligeable dans la section des conducteurs.

POLLACZEK et CARSON ont, indépendamment l'un de l'autre, en 1926, obtenu des


solutions de formes différentes, mais équivalentes mathématiquement et conduisant à des
résultats numériques identiques.

Dans ce qui suit, nous exposons les résultats auxquels conduit la théorie de CARSON.

2. Formules de CARSON

Le problème comporte en premier lieu la détermination de l'impédance propre linéique z11,0


d'un circuit constitué par un conducteur 1 de la ligne inductrice dont le retour du courant
s'effectue par le sol dont l'étendue est supposée infinie. En second lieu, on calcule la valeur
de 1'impédance mutuelle z1i,0 linéique entre les conducteurs 1 et i parallèles (c'est-à-dire la
tension développée par unité de longueur entre une extrémité libre de i et la terre pour un
courant alternatif égal à l'unité passant dans le conducteur 1).

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.43

Figure 11.3-20

La Figure 11.3-20 indique les dispositions respectives des conducteurs

Appelons :

H1 hauteur au-dessus du sol du conducteur inducteur 1 en m;


Hi hauteur au-dessus du sol du conducteur induit i en m;
Dli distance entre les centres de ces conducteurs en m;

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.44

D1i’ distance entre le conducteur 1 et le symétrique i' du conducteur i par rapport au sol en
m;
B1i distance horizontale entre les projections de 1 et i sur le sol;
f fréquence en Hz (ω = 2 π f) ;
r1 résistance linéique du conducteur 1 en Ω/m;
Dl l RMG du conducteur 1 en m;
µ = µr µ0 = 4 π 10-7 µr la perméabilité magnétique des milieux en présence;
ρ la résistivité du sol en Ωm;
m = %&µ&ω&/ &
ρ (1/m)

La résistivité dépend de la constitution géologique du sol ainsi qu'il est indiqué au tableau
suivant.

Résistivités du sol en Ωm
Nature du terrain
eau de mer 0,01 à 1,0
terrains d'alluvions et argiles légères 2 à 10
argiles (sans alluvions) 5 à 20
marnes 10 à 30
calcaire poreux 30 à 100
grès poreux 30 à 300
quartzites, calcaire compact et cristallin 100 à 1 000
ardoises argileuses et schistes ardoisés 300 à 3 000
granit, schistes, gneiss 1 000 à 10 000

Tableau 11.3-4

La moyenne d'un grand nombre de déterminations de ρ effectuées aux Etats-Unis est 100 Ωm.

CARSON a montré que les impédances propre et mutuelle linéiques envisagées dans le cas
du retour par le sol du courant de la ligne sont égales respectivement aux impédances propre
et mutuelle linéiques que l'on pourrait calculer dans le cas d'un sol parfaitement conducteur6
plus un terme 4ω(P+jQ) où P et Q sont des fonctions de variables p et θ définies ci-après. Ces
fonctions sont les mêmes pour l'impédance propre et pour l'impédance mutuelle, mais les
variables p et θ ont des valeurs différentes. Les valeurs des fonctions P et Q sont définies
par :

6
Dans ce cas, l'action des courants qui circulent dans le sol est la même que si tout le courant faisait
retour par le conducteur 1' image géométrique du conducteur 1 par rapport au niveau du sol.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.45

4
1 &k(H1%Hi)
P(p,θ) % j Q(p,θ) ' ([n]&k) e cos kB1i dk
m2 0 (11.3!38)
2 2
avec [n] ' k %jm
k variable d )intégration

Les fonctions P et Q sont représentées graphiquement dans la référence B11.2.

a. Valeurs des impédances propres et des impédances mutuelles linéiques dans le cas d’un
sol parfaitement conducteur

On peut montrer que, dans ce cas, le champ magnétique dans l'air, dû au courant circulant
dans le conducteur 1 et faisant retour par le sol (parfaitement conducteur) est le même que
si la terre n'existait pas et si le courant faisait retour par un conducteur 1' symétrique de 1 par
rapport au niveau du sol.

Selon la formule 11.23-01, l'inductance linéique de la boucle 11' est :


D11)
l11) ' 4 µr 10&7 ln (H/m) (11.3!39)
D11

Cependant, le sol étant parfaitement conducteur aucun champ variable ne peut y exister et,
en courant alternatif, il n'y a lieu de considérer que le champ dans l'air auquel ne correspond
que la moitié de la valeur de l'inductance l11'. La valeur ainsi obtenue est celle de l'inductance
propre linéique du conducteur 1 :
D11)
l11 ' 2 µr 10&7 ln (H/m) (11.3!40)
D11

A la pulsation ω, 1 ' impédance linéique de la boucle 11' est égale à :


D11)
z11,0 ' r1 % j 2 ω µr 10&7 ln (Ω/m) (11.3!41)
D11

Considérons maintenant le conducteur i parallèle au conducteur 1. L'inductance mutuelle


linéique entre ces deux conducteurs est calculée en prenant la valeur de l'inductance mutuelle
linéique entre la boucle 11' et la boucle ii' (i' est l'image de i par rapport au sol), obtenue par
application de la formule 11.21-08 :
D1i )
l11),ii ) ' 4 µr 10&7 ln (H/m) (11.3!42)
D1i

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.46

Ici également, comme il n'y a que la moitié du flux magnétique à considérer, l'inductance
mutuelle linéique sera :
D1i )
l1s,is ' 2 µr 10&7 ln (H/m) (11.3!43)
D1i

L'impédance mutuelle s'écrit :


D1i )
z1i,0 ' j 2 ω µr 10&7 ln (Ω/m) (11.3!44)
D1i

b. Sol de résistivité non nulle - Impédance propre de la ligne 1

L'impédance propre peut être définie comme l'impédance mutuelle de la ligne 1 avec
elle-même. On a :
θ ' 0
f (11.3!45)
p ' 2,81 10&3 D11)
ρ

et
D11)
z11,0 ' r1 % j 2 ω µr 10&7 ln % 4 ω (P%jQ) (Ω/m) (11.3!46)
D11

Impédance mutuelle entre les lignes 1 et i

On a :
B1i
θ ' arctan
H1%Hi (11.3!47)
p ' m D1i )

Comme les milieux auxquels on a affaire ont une perméabilité voisine de celle du vide, on
peut poser :
µr ' 1 et µ ' µ0 ' 4 π 10&7 (H/m) (11.3!48)

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.47

On en déduit :
f
p ' 2,81 10&3 D1i ) (11.3!49)
ρ

Dans ces conditions, on a :


D1i )
z1i,0 ' j 2 ω µr 10&7 ln % 4 ω (P%jQ) (Ω/m) (11.3!50)
D1i

c. Valeurs de P et Q

CARSON a donné des formules permettant de calculer P et Q pour trois domaines de


variations de p : 0 à 0,25, 0,25 à 5 et plus grand que 5.

Pour la plupart des lignes de transmission d'énergie à 50 Hz, les distances à considérer pour
11' ou 1i’ sont inférieures à 100 m ce qui conduit, en admettant une résistivité moyenne de
100 Ωm à P . 0,2.

Nous n'envisageons donc que les formules indiquées pour p < 0,25 et qui sont :
π 1 1 2 2
P ' & p cosθ % p cos2θ ln % θ sin2θ
8 3 2 16 γp
(11.3!51)
1 1 2 1
Q ' % ln % cosθ
4 2 γp 3 2

Dans ces formules, y représente la constante de Bessel (γ = 1,7811).

Pour simplifier les calculs, on peut en première approximation, négliger les termes contenant
p2 et même p, car ils sont ordinairement très petits. L'erreur ainsi commise est inférieure à
1 %.

Dans ces conditions, il vient :


π
P '
8
(11.3!52)
1 1 2
Q ' % ln
4 2 γp

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.48

Si nous introduisons ces valeurs dans les expressions (11.23-03) et (11.2;3-04), il vient :
D1i )
z1i,0 ' j 2 ω ln
D1i
π 1 1 2
% 4 ω % j % ln 10&7 (Ω/m)
8 4 2 γp
D1i )
z11,0 ' r1 % j 2 ω ln
D1i
π 1 1 2
% 4 ω % j % ln 10&7 (Ω/m)
8 4 2 γp

En introduisant dans ces expressions les valeurs respectives obtenues pour p il vient :
ωπ 2 e
z1i,0 ' % j 2 ω ln 10&7 (Ω/m)
2 m γ D1i
ωπ 2 e
z1i,0 ' r1 % % j 2 ω ln 10&7 (Ω/m)
2 m γ D11

3. Formules simplifiées

On peut se proposer de déterminer la distance h du conducteur 1 à un sol parfaitement


conducteur et telle que la réactance de la boucle constituée par ledit conducteur et ce sol soit
la même (11.23.12) que la réactance présentée par le conducteur 1 avec retour par le sol réel.
Cette même boucle présentera avec le conducteur 1 et son retour par le sol une inductance
mutuelle égale à la valeur indiquée par l’expression 11.23.11.

Une boucle constituée par un conducteur 1 et un sol infiniment conducteur distants de h


présente en effet dans l’air une distribution de flux magnétique identique à celle d’une boucle
constituée par le conducteur 1 et un conducteur de retour 1' situé à une distance égale à De = 2
h. Il est cependant évident que dans le sol infiniment conducteur, le flux magnétique est (en
courant alternatif) nul.

La boucle en question présente, par conséquent, une réactance qui est la moitié de celle
qu’indique la formule 11.21.14 et est donc :
De
ωl11) ' 2 ω 10&7 ln
Ds

en appelant De la distance entre le conducteur 1 et le conducteur de retour équivalent 1".

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.49

En identifiant l'expression ci-dessus avec le terme de réactance de la formule (11.23-12), il


vient :
2 e ρ
De ' ' 659 (m)
γm f

Une identification analogue effectuée au moyen de la formule (11.23-11) conduirait à la


même valeur pour De.

Il en résulte que l'on peut écrire :


ωπ D
z1i,0 ' % j 2 ω ln e 10&7 (Ω/m)
2 Ds
(11.3!57)
ωπ D
z11,0 ' r1 % % j 2 ω ln e 10&7 (Ω/m)
2 Ds

Pour une fréquence de 50 Hz et une résistivité ρ de 100 Ωm, on obtient pour De la valeur de
931 m.

Ces formules approximatives montrent que, pour les résistivités couramment rencontrées en
pratique, l'impédance propre et l'impédance mutuelle sont indépendantes de la hauteur
au-dessus du sol.

Il est intéressant de noter que la composante ohmique de l'impédance propre a une valeur qui
est indépendante de la résistivité du sol. Ce paradoxe peut être expliqué par le fait que lorsque
la résistivité est élevée le courant se répand sur une plus large surface.

A 50 Hz la résistance ohmique du sol est de 49,3 10-6 Ω/m.

La résistivité du sol n'est pas uniforme et peut être affectée considérablement par la présence
de gisements métalliques ou de charbon, conduites enterrées, cours d'eau, etc...

En outre, dans les contrées montagneuses, la formation géologique consiste en une base de
granit recouverte d'une couche, relativement mince, de terre.

Ce fait est pris en considération par une théorie plus avancée dans laquelle on considère le
sol comme formé de deux couches homogènes de résistivités différentes (B. 11.24-07).

Les formules 11.23.13 .14 et .15 sont basées sur l’hypothèse que p est petit, ce qui est vrai à
50 Hz. Si l’on doit envisager des fréquences élevées, par exemple pour l’étude des
surtensions transitoires, il faut considérer les formules complètes. On peut dire que la
résistance augmente avec la fréquence alors que l’inductance diminue.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.50

4. Courbes permettant le calcul de l'inductance mutuelle linéique entre deux lignes avec
retour du courant par le sol

On peut écrire :
z1i,0 ' j ω M

M étant l'inductance mutuelle entre les lignes 1 et i,

La valeur de M déduite des formules générales de CARSON-POLLACZEK est donnée par


les courbes de la fig. 1123-04(non repris ici) où M est représenté en fonction du paramètre
a (10 f/ρ)l/2, a est l'écartement entre les projections horizontales des deux lignes. La résistivité
ρ est exprimée en Ωm.

5. Distribution du courant dans le sol

La densité de courant dans le sol est plus élevée directement sous le conducteur inducteur.
La Figure 11.3-21 indique la loi de décroissance de la densité de courant à la surface du sol
en fonction de l'éloignement par rapport au conducteur.

Figure 11.3-21 Figure 11.3-22

Il en résulte, ainsi qu'il a été indiqué par que le courant dans le sol suit toutes les irrégularités
de la ligne plutôt que de prendre un chemin rectiligne à travers champs (Figure 11.3-22).

Dans ce qui précède, il n'a pas été tenu compte de la résistance propre des prises de terre
laquelle doit faire l'objet de mesures et doit être prise en considération.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.51

11.3.5. Calcul des matrices d’impédances de Fortescue

1. Impédances d’une ligne triphasée dans le cas le plus général (retour du courant par le sol)

Envisageons le cas (Figure 11.3-23) d'une ligne triphasée dont les


conducteurs A, B et C sont parcourus par des courants sinusoïdaux
déséquilibrés et de somme non nulle. Cette dernière hypothèse
implique donc le retour de courant par le sol. Nous supposerons que
le tronçon de ligne de longueur unitaire (1 m) que nous considérons
n'est pas situé à proximité d'un transformateur à neutre mis à la terre
ou d'un endroit où par suite d'un défaut un contact existe entre une
ou deux phases et la terre.

Les chutes de tension linéiques dans les conducteurs sont calculées


par les relations :
Figure 11.3-23
∆VA zAA,0 zAB,0 zAC,0 IA
∆VB ' zBA,0 zBB,0 zBC,0 IB (V/m) (11.3!59)
∆VC zCA,0 zCB,0 zCC,0 IC

ou
∆VT ' zij,0 IT (11.3!60)

Les valeurs d'impédance zij,0 dont il y a lieu de tenir compte sont celles qui ont été
déterminées en (11.3!57) ci-dessus et qui tiennent compte du retour du courant par le sol. En
toute rigueur il faudrait également en tenir compte même si la somme des courants dans la
ligne triphasée est nulle car les trois conducteurs de phase ne coïncidant pas en position
géométrique par rapport à la terre chacun d'eux induit dans le sol des courants locaux.
Cependant, les hauteurs de conducteurs étant généralement grandes par rapport à leurs
écartements respectifs, cet effet est minime et sera négligé le cas échéant.

Appliquons aux relations (11.3!60) la transformation de FORTESCUE :


F ∆VF ' ∆VT ' zij,0 IT ' zij,0 F IF
(11.3!61)
ou ∆VF ' F &1 zij,0 F IF

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.52

relation que nous pouvons écrire :


∆VF ' zodi IF (11.3!62)

à condition de poser
zodi ' F &1 zij,0 F (11.3!63)

relation qui, développée s’écrit :


zoo zod zoi 1 1 1 zAA,0 zAB,0 zAC,0 1 1 1
zdo zdd zdi ' 1 1 α α2 zBA,0 zBB,0 zBC,0 1 α2 α (11.3!64)
3
zio zid zii 1 α2 α zCA,0 zCB,0 zCC,0 1 α α2

Les facteurs de la matrice [zodi] sont définis par le développement suivant qui tient compte du
fait que, bien entendu, zAB,0 = zBA,0, zBC,0 = zCB,0 et zCA,0 = zAC,0.
zoo
1 1 1 2 2 2
zod
1 α2 α &α &1 &α2 z
AA,0
zoi 2 2
1 α α &α &1 &α z
BB,0
zdo 2
1 α α &α &1 &α 2
zCC,0
zdd ' 1 1 1 1 &1 &1 &1 (11.3!65)
3 zAB,0
zdi 1 α2 α 2α 2 2α2
zBC,0
zio 1 α2 α &α &1 &α2
zCA,0
zid 1 α α2 2α2 2 2α

zii 1 1 1 &1 &1 &1

On remarquera qu'il résulte de cette expression que zdd = zii, que zio = zod et que zoi = zdo.

On a donc, dans le cas général (relation (11.3!62) écrite d'une manière plus explicite) :

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.53

∆Vo zoo zod zoi Io


∆Vd ' zdo zdd zdi Id (V/m) (11.3!66)
∆Vi zio zid zii Ii

La signification physique d'une impédance telle que par exemple zdo est la suivante. C'est la
valeur de la chute de tension directe due à un courant homopolaire de 1 A.

2. Diagonalisation de la matrice d'impédance

Lorsque les courants sont équilibrés, on a Io = Ii = 0 et les chutes de tension sont données
par :
∆Vo ' zod Id
∆Vd ' zdd Id (11.3!67)
∆Vi ' zid Id

Quoique les courants soient équilibrés, les chutes de tension ne le sont pas, par suite de la
dissymétrie constructive de la ligne. Pour que les chutes de tension soient équilibrées, il
faudrait que ∆Vo = ∆Vi = 0, ce qui implique que z od= z id= 0. On voit aisément, en ayant
recours au développement par le système (11.3!65) que cette condition est satisfaite lorsque
zAA,0 ' zBB,0 ' zCC,0
(11.3!68)
et zAB,0 ' zBC,0 ' zCA,0

ce qui impose que les trois conducteurs soient identiques (RMG = Ds) et placés aux sommets
d’un triangle équilatéral de côté Dm.

Dans ce cas
∆Vd ' zdd Id (V/m) (11.3!69)

et
zdd ' zAA,0 & zAB,0 (11.3!70)

ce qui, selon (11.3!57) conduit à

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.54

ωπ D ωπ D
zdd ' r1 % % j 2 ω ln e 10&7 & % j 2 ω ln e 10&7 (Ω/m)
2 Ds 2 Dm
(11.3!71)

ou
Dm
zdd ' r1 % j 2 ω ln 10&7 (Ω/m) (11.3!72)
Ds

Cette valeur est également appelée "impédance cyclique"

La réactance cyclique linéique par phase à 50 Hz est donnée par :


Dm
x ' 62,83 10&6 ln (Ω/m) (11.3!73)
Ds

Le tableau 11.3-5 ci-après donne d'après la formule (11.3!73) la valeur des réactances
inductives linéiques (en 10-3Ω/m) à 50 Hz en fonction du rapport Dm/Ds.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.55

Dm/Ds x Dm/Ds x Dm/Ds x Dm/Ds x


2 500 0,492 1 550 0,461 600 0,402 90 0,283
2 450 0,491 1 500 0,459 550 0,397 80 0,275
2 400 0,489 1 450 0,457 500 0,391 70 0,267
2 350 0,488 1 400 0,455 450 0,384 60 0,257
2 300 0,486 1 350 0,453 400 0,376 50 0,246
2 250 0,485 1 300 0,451 350 0,368 40 0,232
2 200 0,484 1 250 0,448 300 0,358 30 0,214
2 150 0,482 1 200 0,445 250 0,347 25 0,202
2 100 0,481 1 150 0,443 200 0,333 20 0,1885
2 050 0,479 1 100 0,440 190 0,330 15 0,1705
2 000 0,477 1 050 0,437 180 0,326 10 0,1445
1 950 0,476 1 000 0,434 170 0,323 9 0,1385
1 900 0,474 950 0,431 160 0,319 8 0,1305
1 850 0,473 900 0,427 150 0,315 7 0,1220
1 800 0,471 850 0,424 140 0,311 6 0,1130
1 750 0,469 800 0,420 130 0,306 5 0,1015
1 700 0,468 750 0,416 120 0,301 4 0,0870
1 650 0,466 700 0,412 110 0,295
1 600 0,464 650 0,407 100 0,289

Tableau 11.3-5

Pour les lignes de tension supérieure à 70 kV, la réactance linéique est voisine de 0,4 Ω/km

On trouve aisément que zii = zdd.

L'impédance homopolaire est donnée par :


zoo 'zAA,0 % 2 zAB,0
ωπ D ωπ D
' r1 % % j 2 ω ln e 10&7 % 2 % j 2 ω ln e 10&7 (Ω/m)
2 Ds 2 Dm
ωπ D e
' r1 % 3 10&7 % j 6 ω ln 10&7
2 3
Ds Dm2 (11.3!74)

La valeur
3
Ds Dm2 (11.3!75)

correspond à la RMG des 3 conducteurs mis en parallèle.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.56

Pour les lignes fortement dissymétriques, par exemple en nappe horizontale ou verticale, la
matrice [zodi] n'est pas diagonale. Ceci signifie par exemple que la circulation d 'un système
de 3 courants triphasés équilibrés d'ordre direct créera non seulement des chutes de tension
d'ordre direct mais également d'ordre inverse et homopolaire. Le triangle des tensions ne reste
plus équilatéral.

Dans le cas de lignes très longues et particulièrement importantes, l'on peut juger souhaitable,
tout en ayant une disposition dissymétrique des conducteurs, d'arriver à égaliser les valeurs
des inductances cycliques de chaque phase. On a alors recours à la transposition des
conducteurs .

Figure 11.3-24

Dans le cas d'une ligne triphasée simple, les transpositions sont effectuées au 1/3 et aux 2/3
de la longueur de la ligne comme l’indique la Figure 11.3-24. A ces endroits, les positions
des conducteurs sont permutées. Chaque phase est donc réalisée par le conducteur occupant
successivement les positions 1, 2 et 3. On obtient ainsi une même valeur pour les inductances
cycliques des trois phases puisque chaque conducteur de phase a occupé successivement les
trois positions.

Les relations (11.3!65) montrent que dans ce cas, tous les termes non diagonaux de la
matrice sont annulés, alors que les termes diagonaux gardent la même valeur.

Ainsi
1 1
zdd ' zAA % zBB % zCC & zAB % zBC % zCA
3 3
ωπ De
' r1 % 10&7 % j 2 ω 10&7 ln
2 3
DAA DBB DCC
ωπ De (11.3!76)
& 10&7 & j 2 ω 10&7 ln
2 3
D DBC DCA
AB
3
DAB DBC DCA
' r1 % j 2 ω 10&7 ln
3
DAA DBB DCC

que l'on peut mettre sous la forme (11.3!72) en posant

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.57

3
Dm ' DAB DBC DCA
3 (11.3!77)
Ds ' DAA DBB DCC

L'impédance homopolaire est donnée par la relation ((11.3!74)) avec les mêmes valeurs de
Dm et Ds. Il y a lieu de noter qu'il y a très peu d'exemples de transposition en Belgique. Par
contre elles sont très pratiquées aux Pays-Bas et en Allemagne.

3. Lignes triphasées en parallèle (lignes à deux ternes)

I1 est fréquent que l'on suspende à une même file de pylônes les conducteurs de deux lignes
triphasées, on constitue ainsi ce que l'on appelle une ligne à deux ternes. Les conducteurs de
ces lignes sont normalement connectés en parallèle deux à deux à chaque extrémité (Figure
11.3-25). Par ce procédé
l'impédance des lignes est
diminuée, ce qui est favorable,
ainsi que nous le verrons
ultérieurement aux points de vue
de la stabilité, du réglage de la
tension et de l'amélioration du
facteur de puissance des
alternateurs. D'autre part, grâce à
l'installation de systèmes de
protection sélective adéquats, en
cas d'avarie survenant à l'une des
lignes, l'autre pourra continuer à
Figure 11.3-25 assurer la fourniture d'énergie.

Dans le cas de telles lignes la


transposition des conducteurs devrait avoir pour objet, tout d'abord d'équilibrer les réactances
et les capacités des différentes phases, ensuite il y aurait lieu de transposer les deux
conducteurs de chaque phase afin d'égaliser les courants qui y circulent.

Pour la disposition de conducteurs, symétrique par rapport à l'axe du pylône représentée à la


Figure 11.3-26-a, l'on serait ainsi conduit au plan de transposition indiqué en -b de la même
figure. Ce système conduirait toutefois à d'assez grandes difficultés pratiques de réalisation
et serait fort coûteux car il implique un passage de conducteurs d'un côté à l'autre du pylône.
C'est pourquoi dans un tel cas on utilise de préférence le plan de transposition représenté en
-c où les conducteurs d'une même ligne restent toujours du même côté du pylône.

La Figure 11.3-27 représente un pylône d'ancrage et de transposition supportant deux ternes


à 400 kV. On remarquera les faisceaux de quatre conducteurs et l'équipement supplémentaire
assez considérable nécessité par la transposition.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.58

Figure 11.3-26

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.59

Figure 11.3-27

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.60

Nous avons vu que dans les formules d'inductance cyclique les DMG interviennent au
numérateur sous le signe ln et les RMG au dénominateur.

Pour diminuer l'inductance et par conséquent la réactance, il est favorable d'augmenter les
RMG, ce que l'on obtient en choisissant le plus grand écartement possible pour les
conducteurs d'une même phase.

Dans le cas de deux lignes triphasées en parallèle, si nous désignons par 1, 2, 3, 1', 2', 3', les
positions que peuvent occuper les conducteurs, il conviendra de placer les conducteurs de
phases correspondantes aux sommets opposés de l'hexagone. Nous calculerons ci-après
l'inductance cyclique dans le cas où les transpositions sont opérées selon le plan c). La Figure
11.3-27 représente un pylône où une telle transposition est réalisée.

Les deux circuits sont constitués respectivement des conducteurs A', B', C' et A", B", C",
représentés en Figure 11.3-26-a) dans les positions occupées au premier tiers de parcours (I).
Les conducteurs A' et A" connectés en parallèle à chaque extrémité de la ligne constituent
la phase A, B' et B" la phase B, C' et C" la phase C.

D'après ce que nous savons de la notion de DMG l'espacement équivalent symétrique


(équilatéral) entre phases vaut pour la portée I :
3
DeqI ' DAB DBC DCA (11.3!78)
I

où DAB, DBC, DCA représentent respectivement les DMG entre phases AB, BC et CA pour la
portée I. On a :
4
DAB ' d e g h
4
DBC ' d e g h
4 (11.3!79)
DCA ' a c i2
6 12
DeqI ' d e g h i a c

et l'on constaterait aisément que les espacements équivalents symétriques relatifs aux portées
II et III sont identiques à DeqI dont l'expression est donc valable pour toute la longueur de la
ligne.

D'autre part, désignons par r le RMG de chacun des conducteurs individuels, le RMG en
portée I de la phase A (conducteurs en 1 et 1') est, d'après (11.3!32) :
DAAI ' r f (11.3!80)

En portées II et III l'on aurait :

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.61

DAAII ' r b
(11.3!81)
DAAIII ' r f

Le RMG équivalent pour la phase A et la ligne complète vaut la moyenne géométrique de ces
trois valeurs, c’est à dire :
2 3 6
DAA ' r f b (11.3!82)

Pour les autres phases l'on obtient des expressions identiques. L'inductance cyclique linéique
dans le cas de courants équilibrés a donc pour expression :
DeqI
l ' 2 10&7 ln
DAA
6 12
&7 deghi ac
' 2 10 ln (11.3!83)
2 3 6
r f b
6 6 6 12 12
&7 ghi d e a c
' 2 10 ln
2 f f b b
r

Si l'on éloignait l'un de l'autre les deux circuits tout en maintenant leur parallélisme, les
rapports d/f , e/f , a/b et c/b se rapprochent de l'unité. S'ils sont très distants l'on obtiendrait
pour l :
6
&7 ghi
l ' 2 10 ln (H/m) (11.3!84)
2
r

dont la valeur pour l'exemple considéré est supérieure à celle donnée par la relation
(11.3!83).

Lorsque les lignes à deux ternes sont construites sans que l'on opère de transpositions, les
impédances que présentent les conducteurs de mêmes phases ne sont pas égales et les
courants ne se partagent par conséquent pas de manière égale.

Il y aurait lieu, dans un tel cas, de considérer les relations donnant les flux magnétiques
linéiques à écrire :ΦA, ΦB, ΦC, ΦA’ , ΦB’ , ΦC’ qui entourent chaque conducteur en fonction des
courants :IA, IB, IC, IA’, IB’, IC’.

En outre, on dispose des relations suivantes où r désigne la résistance ohmique de chaque


conducteur (supposée la même) :

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.62

r IA % j ω ΦA ' r IA ) % j ω ΦA )
r IB % j ω ΦB ' r IB ) % j ω ΦB ) (11.3!85)
r IC % j ω ΦC ' r IC ) % j ω ΦC )

On sait d'autre part que


IA % IB % IC % IA ) % IB ) % IC ) ' 0 (11.3!86)

et si les sources et les charges sont équilibrées, on a :


IB % IB ) ' α2 IA % IA )
(11.3!87)
IC % IC ) ' α IA % IA )

Ces 12 équations permettent de calculer les courants dans chaque conducteur.

On verra plus loin (en 7) comment traiter le cas de lignes à deux ternes dans le cas de
courants déséquilibrés et avec retour du courant par le sol.

4. Câbles souterrains

a. Câbles tripolaires

L'inductance cyclique de câbles souterrains tripolaires se calcule par la formule générale


(11.3!72) :
Dm
l ' 2 10&7 ln (H/m) (11.3!88)
Ds

qui est applicable, puisque la disposition des conducteurs est symétrique.

Dm = DMG entre les conducteurs ; pour des conducteurs de section circulaire (ou présentant
une symétrie axiale) on a :
Dm = d distance entre axes.
Ds = RMG d'un conducteur (voir tableau 11.3-1).

Remarquons toutefois que l'on a admis, pour établir cette formule, que la densité de courant
était constante dans la section des conducteurs. Eventuellement, pour des sections
importantes il y aurait lieu de tenir compte de l'effet pelliculaire et même de l'effet de
proximité. Pour ce faire l'on a recours à des mesures dont les résultats sont traduits sous
forme de tables ou de diagrammes.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.63

Les diagrammes de la (11.3!88)


indiquent les valeurs de la réactance
à 50 Hz par phase de câbles
triphasés, respectivement en
exécution "à ceinture isolante" et "à
armatures métallisées (câbles type
H)".

D.M. SIMONS ([B.170-0]) signale


que la réactance de câbles à
conducteurs de forme sectorale est
de 5 à 10 % inférieure à celle de
câbles à conducteurs circulaires de
même section et même épaisseur
d'isolement.

b. Câbles monopolaires

Au-delà d'environ 70 kV, les


épaisseurs d'isolement deviennent
telles que l'exécution tripolaire
conduirait à un diamètre de câble qui
en rendrait les opérations de
déroulement et de placement très
difficiles.

Pour cette raison, on est conduit à


constituer les lignes triphasées par
trois câbles monopolaires. Lorsque
aucune précaution n'est prise pour
éviter la circulation de courants dans
les enveloppes (voir en 11.3-9
Figure 11.3-28
ci-après), la réactance de tels câbles
subit une diminution, due au fait que
les courants d'enveloppes circulent en sens inverse des courants dans les conducteurs. Ils
tendent, par conséquent, à diminuer le flux qui entoure les conducteurs et à le localiser à
l'intérieur des enveloppes.

On démontre que la réactance linéique d'un tel système est :


3
&7 d Xm
x ' 2 ω 10 ln & (11.3!89)
De Xm2 % Re2

Les symboles de grandeurs et les conditions sont celles exposées en 11.3-9 (Figure 11.3-39).

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.64

5. Impédances de Fortescue par phase

Les relations (11.3!60) :


∆VT ' zij,0 IT (11.3!90)

permettent d'écrire :
∆VT ' zij,0 F IF
(11.3!91)
' zTF IF

en posant :
zAo zAd zAi

zTF ' zBo zBd zBi


zCo zCd zCi
.. (11.3!92)
zAA,0%zAB,0%zAC,0 zAA,0%α2zAB,0%αzAC,0 zAA,0%αzAB,0%α2zAC,0

' zBA,0%zBB,0%zBC,0 zBA,0%α2zBB,0%αzBC,0 zBA,0%αzBB,0%α2zBC,0

zCA,0%zCB,0%zCC,0 zCA,0%α2zCB,0%αzCC,0 zCA,0%αzCB,0%α2zCC,0

Les différents termes de cette matrice permettent de calculer l'effet sur la chute de tension
d'une phase de la circulation d'un système de courants triphasés d'ordre homopolaire, direct
et inverse

a. Impédance homopolaire

Imposons à une ligne triphasée un système de trois courants égaux en grandeur et en phase.
Il en résulte que Id = Ii = 0 et que IA = IB =IC = Io.

L'impédance homopolaire linéique de la phase est égale au quotient de la chute de tension


linéique de cette phase par la valeur du courant :
∆VA
zAo ' ' zoo %zdo %zio ' zAA,0 %zAB,0 %zAC,0 (11.3!93)
Io

Un calcul facile nous conduira aux relations :

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.65

3ωπ De
zAo ' rA % 10&7 % j 6 ω 10&7 ln
2 3
DAA DAB DAC
3ωπ De
zBo ' rB % 10&7 % j 6 ω 10&7 ln (11.3!94)
2 3
D DBB DBC
AB
3ωπ De
zCo ' rC % 10&7 % j 6 ω 10&7 ln
2 3
DAC DBC DCC

b. Impédance directe (appelée également impédance cyclique)

Imposons à la ligne un système de trois courants d'ordre de succession direct, Io = Id = 0 et


IA = Id.

L’impédance directe linéique de la phase A est donnée par


∆VA
zAd ' ' zod % zdd % zid ' zAA,0 % α2 zAB,0 % α zAC,0 (11.3!95)
Id

la relation suivante en résulte :

DAB DAC 3 D
zAd ' rA % j 2 ω ln % j ln AB 10&7 (Ω/m)
DAA 2 DAC (11.3!96)

De même pour les deux autres phases

DAB DBC 3 D
zBd ' rB % j 2 ω ln % j ln AB 10&7 (Ω/m)
DBB 2 DBC
(11.3!97)
DAC DBC 3 DAC
zCd ' rC % j 2 ω ln % j ln 10&7
DCC 2 DBC

Le fait que les inductances cycliques sont complexes indique que la chute de tension réactive
n'est pas déphasée exactement de π/2 par rapport au courant dans la phase considérée. Il en
résulte alors que tout se passe comme si la résistance ohmique était diminuée ou augmentée,
selon que le terme en j est respectivement positif ou négatif. Ces modifications apparentes
de résistance ne conduisent toutefois globalement à aucune perte ou aucun gain de puissance,
ce que l'on pourra facilement vérifier.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.66

On s'aperçoit aisément que dans le cas d'une ligne où les conducteurs ont les mêmes sections
de RMG = Ds et sont disposés symétriquement les uns par rapport aux autres à une distance
Dm (pratiquement on se rapproche assez souvent de ce cas), les termes en j sont nuls et que
l'on retrouve alors les résultats obtenus précédemment (11.3-5 2).

c. Impédance inverse

Si les courants imposés sont d'ordre de succession inverse, on verrait facilement que l'on
arrive à l'expression suivante de l'impédance inverse linéique :

DAB DAC 3 D
zAi ' rA % j 2 ω ln % j ln AC 10&7 (Ω/m)
DAA 2 DAB (11.3!98)

Cette valeur est évidemment très voisine de zAd.

6. Ligne triphasée aérienne avec fil de terre

Ainsi que nous l'avons vu ci-avant en 11.2, les lignes triphasées


aériennes sont souvent surmontées d'un quatrième conducteur
mis à la terre de distance en distance et souvent à chaque pylône
pour les lignes d'une tension supérieure à 60 kV. Dans un tel cas,
l'on peut établir un système d'équations analogue à (11.3!59)
pour les chutes de tension dans les conducteurs de phase, tenant
en outre compte des inductances mutuelles que ces conducteurs
A, B et C présentent avec le fil de terre que nous désignerons par
G. Une quatrième équation traduit le fait que le conducteur G est
régulièrement mis à la terre laquelle est équipotentielle.

∆VA zAA,0 zAB,0 zAC,0 zAG,0 IA

∆VB zBA,0 zBB,0 zBC,0 zBG,0 IB


' (V/m) (11.3!99)
∆VC zCA,0 zCB,0 zCC,0 zCG,0 IC

0 zGA,0 zGB,0 zGC,0 zGG,0 IG

Figure 11.3-29 La valeur du courant IG induit par suite du couplage entre G et


les conducteurs de phases A, B et C est déterminée aisément par
zGA,0 IA % zGB,0 IB % zGC,0 IC
IG ' & (11.3!100)
zGG,0

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.67

L'on substitue cette valeur à IG dans les trois premières équations. Ensuite, ainsi que l'on a
procédé plus haut, on détermine les valeurs des impédances (zoo)G ... (zii)G .

On obtient ainsi des valeurs qui diffèrent de celles des relations (11.3!65) par suite de la
présence du fil de terre. On constatera que toutes les impédances où interviennent les signes
d et/ou i sont peu affectées par la présence du fil de terre ceci par suite du fait d'une sorte de
compensation des influences magnétiques des composantes directes et inverses de courant
sur le flux qui entoure le fil de terre. Par contre l'impédance (zoo)G est diminuée d'une manière
appréciable par suite de la présence du conducteur G.

Tous calculs faits, on obtient :


2
1 zGA,0 % zGB,0 % zGC,0
(zoo)G ' zoo & (11.3!101)
3 zGG,0

La méthode utilisée ci-dessus peut évidemment être appliquée au cas où la ligne est munie
de plusieurs fils de terre.

Lorsque l'impédance homopolaire d'une ligne aérienne n'a pas fait l'objet de calculs ou de
mesures en réseau, on peut utiliser les valeurs approximatives suivantes indiquées par
A. HOCHRAINER ([B.60-0]) :

ligne triphasée simple, sans fils de terre zo = 3,5 zd


ligne triphasée à deux ternes, sans fils de terre zo = 5,5 zd
ligne triphasée simple avec fils de terre zo = 2,0 zd
ligne triphasée à deux ternes avec fils de terre zo = 3,0 zd

7. Inductance mutuelle entre deux lignes triphasées aériennes parallèles

Une ligne triphasée dont les conducteurs sont numérotés A, B, C présente un parallélisme
avec une autre ligne dont les conducteurs sont A’, B’, C’. Déterminons les f.e.m. linéiques
induites dans les conducteurs A’, B’ et C’ par la circulation des courants IA, IB, IC dans les
conducteurs A, B, C.

∆VA ) zA )A,0 zA )B,0 zA )C,0 IA


∆VB ) ' zB )A,0 zB )B,0 zB )C,0 IB (V/m) (11.3!102)
∆VC ) zC )A,0 zC )B,0 zC )C,0 IC

Une transformation, par application des composantes symétriques de FORTESCUE, analogue


à ce qui a été réalisé en (11.3!61) nous conduit à exprimer les composantes symétriques de

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.68

la f.e.m. dans la ligne A’, B’, C’ en fonction des composantes symétriques du courant dans
la ligne A.
∆Vo ) zo )o zo )d zo )i Io
∆Vd ) ' zd )o zd )d zd )i Id (V/m) (11.3!103)
∆Vi ) zi )o zi )d zi )i Ii

Les impédances mutuelles zo’o ... zi’i sont définies par des relations similaires à (11.3!65). Ici
il y a lieu de tenir compte du fait que zA’B … zB’A

Si les deux lignes sont transposées régulièrement selon le plan de transposition c de la Figure
11.3-26, on constatera que les f.e.m. dues aux composantes directes et inverses des courants
sont annulées. Il n'est toutefois pas possible d'annuler par la transposition les f.e.m. dues à la
composante homopolaire du courant dans la ligne A, B, C. C'est ce que l'on nomme l'effet
d’inductance mutuelle homopolaire entre les deux lignes triphasées parallèles.

Cette inductance mutuelle homopolaire vaut


zmo ' zo )o % zd )o % zi )o
3ωπ De (11.3!104)
' 10&7 % j 6 ω 10&7 ln
2 3
DA )A DA )B DA )C

8. Cas général

Dans le cas d’une ligne à deux ternes à conducteurs en faisceau n-uple, comportant m fils de
garde, il est simple d’établir l’expression de chacun des (2 * 3 * n + m)2 de la matrice
d’impédance pour chaque conducteur élémentaire. Cette matrice est ensuite réduite à une
matrice [ 3 * 3 ] en tenant compte de l’égalité des tensions pour les conducteurs d’une même
phase et de la mise à la terre des fils de garde.

11.3.6. Influence extérieure (électromagnétique) d’une ligne triphasée aérienne

Une ligne triphasée aérienne constituée par trois conducteurs A, B, C parcourus par des
courants sinusoïdaux de pulsation ω induit dans un conducteur parallèle i, par exemple un
oléoduc en tube métallique, une f.e.m. linéique dont la valeur est donnée par la relation
∆Vi ' ziA,0 IA % ziB,0 IB % ziC,0 IC (V/m) (11.3!105)

Si les conducteurs de la ligne triphasée sont régulièrement transposés sur le parcours où a lieu

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.69

le parallélisme (ce qui amène une égalité de ziA,0, ziB,0, ziC,0, on voit que la f.e.m. induite ∆Vi
n'est nulle que pour autant que IA + IB + IC = 0. Cette condition est réalisée avec une très
bonne approximation en fonctionnement normal de la ligne. Elle ne l'est plus lorsqu'il existe
un défaut dans le réseau donnant lieu à une composante homopolaire Io du courant dans
chacun des fils de ligne ce qui détermine la circulation d'un courant -3 Io dans le sol.

S'il s'agit d'une ligne téléphonique aérienne à deux conducteurs i, j parallèles à la ligne
triphasée on calculera par ∆Vi - ∆Vj. la f.e.m. développée par le flux magnétique dû à la ligne
A, B, C dans la boucle formée par les conducteurs ij. Dans ce cas le calcul fournit pour ∆Vi
et ∆Vj des valeurs assez voisines, mais l'on doit tenir compte du fait qu'une f.e.m. de l'ordre
de 1 V suffit pour brouiller une communication téléphonique. D'autre part, il y a également
lieu de se préoccuper du fait que les courants circulant dans la ligne triphasée peuvent ne pas
être rigoureusement sinusoïdaux. Dans un tel cas il y aurait lieu de procéder, par un calcul
semblable à celui qui est indiqué ci-dessus, à l'évaluation de l'ordre de grandeur de la f.e.m.
perturbatrice induite par les différents harmoniques de ces courants.

A noter, en ce qui concerne ces harmoniques que, quoique leur amplitude soit relativement
faible, leur effet d'induction est relativement plus élevé (proportionnel à ω) et, qu'en outre,
ce sont les fréquences comprises entre 800 et 1 200 Hz qui sont de loin les plus utiles pour
la compréhension de la parole.

Signalons enfin que des transpositions des conducteurs de lignes téléphoniques régulièrement
opérées le long des parcours présentant un parallélisme avec des lignes de transport d'énergie
conduisent à une réduction appréciable des influences gênantes. La Figure 11.3-30 et la
Figure 11.3-31 illustrent le cas d’une ligne de puissance et de lignes téléphoniques placées
sur la même file de pylônes (ce qui est interdit en Belgique).

Figure 11.3-30 Figure 11.3-31

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.70

11.3.7. Effet pelliculaire

En courant alternatif, la densité de courant dans un conducteur va en croissant vers la


périphérie. Ce phénomène appelé "effet pelliculaire" ou "skin effect" ou encore "effet
KELVIN" modifie les pertes par effet JOULE et la réactance interne des conducteurs.

Dans un conducteur cylindrique de grande longueur, les surfaces équipotentielles sont, en


courant alternatif, tout comme en courant continu, des plans perpendiculaires à l'axe du
cylindre. Chaque filet de courant subit donc la même chute de tension totale par unité de
longueur. Cette chute de tension se compose d'une chute ohmique à laquelle s'ajoute une
chute de tension réactive MΦ/Mt. Ce dernier terme est plus important pour les filets de courants
situés près du centre du conducteur que pour les autres, car c'est là que le flux est le plus
élevé. I1 en résulte que la densité de courant doit aller en diminuant de la surface vers le
centre du conducteur.

A égalité entre la valeur du courant alternatif et celle du courant continu circulant dans le
même conducteur, la perte de puissance par effet JOULE sera donc plus élevée dans le cas
du courant alternatif. Tout se passe comme si la résistance subissait un accroissement.

L'effet pelliculaire est caractérisé par le rapport R/R0 de la résistance effective en courant
alternatif à la résistance en courant continu. Ce rapport est sensiblement égal à l'unité pour
des conducteurs non magnétiques, de faible section et à fréquence industrielle. Il augmente
considérablement avec la perméabilité, la valeur de la section et la fréquence.

1. Conducteur de section circulaire pleine

Considérons (Figure 11.3-32) un conducteur cylindrique de section circulaire pleine, de rayon


r (m), de résistivité ρ et de perméabilité magnétique µ.

Figure 11.3-32

La longueur de ce conducteur est infinie et le retour du courant a lieu à l'infini. Ne faisons


tout d'abord aucune hypothèse sur la loi de variation du courant dans le temps que nous
supposerons quelconque.

Par raison de symétrie, les lignes de force magnétiques sont des circonférences concentriques

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.71

et les surfaces équipotentielles sont des plans perpendiculaires à l'axe du cylindre.


Considérons deux de ces surfaces distantes de l'unité de longueur.

Appelons Jx la valeur instantanée de la densité de courant dans un filet de courant situé à une
distance x de l'axe.

Ecrivons que pour tout filet de courant la chute de tension est la même entre les deux surfaces
équipotentielles, on a donc :
MΦx
e ' ρ Jx % ' ρ Jr ' constante (V/m) (11.3!106)
Mt

Dans ce qui suit nous ne considérerons dans MΦx/Mt que la valeur du flux extérieur au tube de
rayon x, mais intérieur au conducteur. Le flux extérieur au conducteur est, en effet, le même
pour tous les filets de courant et sa valeur disparaît de l'équation ci-dessus.

Soit ix(A) la valeur instantanée du courant total dans le cylindre de rayon x. Soit Hx la valeur
instantanée du champ magnétique à la distance x de l'axe (A/m). On établit aisément les
relations :
MΦx
(1) ' & µH x (Wb/m)
Mx
Mi x
(2) ' 2πJx (A/m) (11.3!107)
Mx
ix
(3) Hx ' (A/m)
2πx

Eliminons Φx, Hx et ix entre les équations (11.3!106) et (11.3!107). La relation (3) nous
conduit à :
Mi x MH x
' 2π Hx % x (11.3!108)
Mx Mx

en vertu de (2), il vient :


MH x
Hx % x ' xJx (11.3!109)
Mx

D'autre part, différentiant (11.3!106) par rapport à x :

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.72

MJ x M2φx
ρ % ' 0 (11.3!110)
Mx MtMx

Différentiant (11.3!107)(1) par rapport à t :


M2Φx MH x
& ' µ (11.3!111)
MxMt Mt

Il en résulte donc que :


MH x ρ MJ x
' (11.3!112)
Mt µ Mx

et
M2Hx 2
ρ M Jx
' (11.3!113)
MtMx µ Mx 2

(11.3!109) devient en différentiant par rapport à t :


MH x M2Hx MJ x
% x & x ' 0 (11.3!114)
Mt MxMt Mt

d'où, en remplaçant MHx/Mt et M2Hx/M2t par les valeurs tirées de (11.3!112) et de (11.3!113),
on obtient :
M2Jx 1 MJ x µ MJ x
% & ' 0 (11.3!115)
Mx 2 x Mx ρ Mt

Cette équation aux dérivées partielles ne peut être intégrée que dans certains cas particuliers.
Parmi ceux-ci figure notamment le cas du courant alternatif sinusoïdal, à l'état de régime.

Si le courant total circulant dans le conducteur est sinusoïdal, on peut admettre que dans
chaque filet il en est ainsi également. Désignons par Jc la valeur efficace de la densité de
courant au centre du conducteur. On peut écrire en employant les notations symboliques :
Jx ' Jc (α%jβ) (11.3!116)

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.73

L'équation (11.3!115) devient alors :


M2Jx 1 MJ x µω
% & j J ' 0 (11.3!117)
Mx 2 x Mx ρ x

Si l'on pose n2 =-j(µω/ρ), l'équation (11.3!117) devient :


M2Jx 1 MJ x
% % n 2 Jx ' 0 (11.3!118)
Mx 2 x Mx

dont la solution est donnée par une fonction de BESSEL de première espèce et d'ordre zéro,
définie par :7
p'4 2p
J0(nx) ' j (&1)p
nx 1
(11.3!119)
p'0 2 p! 2

et l'on a :
Jx ' Jc J0(nx) (11.3!120)

Si l'on écrit n sous la forme n = j3/2 m avec m = (µω/ρ)1/2, le développement de J0(x) nous
conduit à :

m 2x 2 4 4 6 6
Jx ' Jc 1 % j & m x & j m x ... (11.3!121)
22 24(2!)2 26(3!)2

La chute de tension ∆V entre deux sections droites distantes de l'unité de longueur est égale
à ρJr, c'est-à-dire :
∆V ' ρ Jc J0(nr) (V/m) (11.3!122)

D'autre part, la valeur du courant total circulant dans le conducteur est donnée par :
r r

m m
I ' 2πx Jx dx ' 2π Jc x J0(nx)dx (11.3!123)
0 0

7
Il importe de ne pas confondre les densités de courant Jx, Jc avec les fonctions de Bessel J0, J1.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.74

La solution de cette intégrale est :



I ' J r J1(nr) (11.3!124)
n c

La notation J1 représentant une fonction de BESSEL de première espèce et d'ordre 1 définie


par la série convergente :
p'4 2p
j (&1)
nr p nr 1
J1(nr) ' (11.3!125)
2 p'0 2 p! p%1!

L'impédance, par unité de longueur mais dont le terme de réactance est uniquement relatif au
flux intérieur au conducteur (seul affecté par l'effet pelliculaire) a donc pour valeur8 :
∆V J (nr)
Z ' ' nρ 0 (Ω/m) (11.3!126)
I 2πr J1(nr)

En courant continu, la résistance par unité de longueur eut été :


ρ
R0 ' (Ω/m) (11.3!127)
πr 2

Le rapport de l'impédance en courant alternatif à la résistance en courant continu est :


Z J (nr)
' nr 0 (11.3!128)
R0 2 J1(nr)

Si nous posons Z = R + j ωL, expression dans laquelle R représente la valeur de la résistance


effective en courant alternatif et L la valeur de l'inductance propre effective (relative au flux
interne), nous pourrons écrire en désignant par Re la "partie réelle" de :
R J (nr)
' Re nr 0 (11.3!129)
R0 2 J1(nr)

ce qui peut être mis sous la forme :

8
Exceptionnellement, des lettres majuscules sont utilisées dans ce § pour désigner des résistances,
réactances, inductances et impédances linéiques.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.75

) )
R
' mr ber(mr) bei (mr) & ber (mr) bei(mr) (11.3!130)
R0 2 ber )(mr) 2 % bei )(mr) 2

Les expressions ber et bei désignent respectivement les parties réelles et les parties
imaginaires de la fonction de BESSEL de première espèce et d'ordre zéro. Les accents
désignent la dérivation première par rapport à mr.

On trouverait de même :
) )
L
' 4 ber(mr) ber (mr) % bei(mr) bei (mr) (11.3!131)
R0 mr ber )(mr) 2 % bei )(mr) 2

Les formules (11.3!130) et (11.3!131) sont dues à LORD KELVIN en 1888 ([B.70-0]).

L'ingénieur se servira utilement des tables calculées d'après ces formules et qui ont été
publiées par ROSA et GROVER ([B.150-0]). Le tableau 11.3-6 ci-après a été extraite de cette
publication. Les rapports R/Ro et L/Lo y sont indiqués en fonction de mr.9

Afin d'exprimer les grandeurs en unités d'un maniement aisé il convient de mettre la valeur
de mr sous la forme

µr f
mr ' 0,0281 r (11.3!132)
ρ

où r est évalué en cm, la fréquence f en Hz et ρ en Ω mm2/m


µr est la perméabilité relative µr=µ/µ0

9
Rappelons que le terme de réactance est uniquement relatif au flux intérieur au conducteur (seul
affecté par l'effet pelliculaire)

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.76

mr R/R0 L/L0 mr R/R0 L/L0


0,0 1,00000 1,00000 2,7 1,22753 0,88825
0,1 1,00000 1,00000 2,8 1,25620 0,87451
0,2 1,00001 1,00000 2,9 1,28644 0,86012
0,3 1,00004 0,99998 3,0 1,31809 0,84517
0,4 1,00013 0,99993 3,5 1,49202 0,76550
0,5 1,00032 0,99984 4,0 1,67787 0,68632
0,6 1,00067 0,99966 4,5 1,86275 0,61563
0,7 1,00124 0,99937 5,0 2,04272 0,55597
0,8 1,00212 0,99894 6,0 2,39359 0,46521
0,9 1,00340 0,99830 7,0 2,74319 0,40021
1,0 1,00519 0,99741 8,0 3,09445 0,35107
1,1 1,00758 0,99621 9,0 3,44638 0,31257
1,2 1,01071 0,99465 10,0 3,79857 0,28162
1,3 1,01470 0,99266 11,0 4,15100 0,25622
1,4 1,01969 0,99017 12,0 4,50358 0,23501
1,5 1,02582 0,98711 13,0 4,85631 0,21703
1,6 1,03323 0,98342 14,0 5,20915 0,20160
1,7 1,04205 0,97904 15,0 5,56208 0,18822
1,8 1,05240 0,97390 20,0 7,32767 0,14128
1,9 1,06440 0,96795 25,0 9,09412 0,11307
2,0 1,07816 0,96113 30,0 10,86101 0,09424
2,1 1,09375 0,95343 40,0 14,39545 0,07069
2,2 1,11126 0,94482 50,0 17,93032 0,05656
2,3 1,13069 0,93527 60,0 21,46541 0,04713
2,4 1,15207 0,92482 80,0 28,53593 0,03535
2,5 1,17538 0,91347 100,0 35,60666 0,02828
2,6 1,20056 0,90126 4 4 0,00000

Tableau 11.3-6 : Rapport R/R0 et L/L0 pour des conducteurs cylindriques pleins de section
circulaire

A la fréquence industrielle normale de 50 Hz, les rapports R/Ro calculés pour des
conducteurs en cuivre recuit de section circulaire à 20EC sont les suivants :

Pour r = 1 1,5 2 3 4 cm
on a R/Ro = 1,026 1,121 1,324 1,865 2,396

On voit donc qu'il y a déjà lieu de tenir compte de l'effet pelliculaire à 50 Hz dès que le rayon
d'un conducteur de cuivre plein dépasse 1 cm.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.77

2. Autres formes de sections

A égalité de section, le rapport R/R0 sera plus proche de l'unité dans le cas de conducteurs
creux que dans celui de conducteurs pleins.

Des conducteurs tubulaires sont fréquemment employés pour réaliser les barres de postes. On
les a utilisés également dès avant 1940 aux Etats-Unis pour la réalisation de lignes aériennes
à tension élevée (287 kV). Leur avantage réside dans un rapport R/R0 voisin de l'unité, une
réactance plus faible que celle de conducteurs pleins et un champ électrique plus faible à leur
surface (c'est ce dernier effet qui était la raison prédominante de l'emploi de conducteurs
tubulaires pour les lignes aériennes - diminution de l'effet de couronne (voir ci-après en 11.5).
Leur inconvénient est évidemment leur prix.

La Figure 11.3-33 présente les valeurs du


rapport R/R0 calculées par H.B. DWIGHT
([B.50-0]) en fonction de (f/R0)1/2 où R0
représente la résistance en courant continu
de conducteurs creux caractérisés par
différents rapports t/d, d étant le diamètre
extérieur et t étant l'épaisseur de paroi.

Pratiquement, lorsqu'il s'agit de réaliser


des conducteurs de grande section
parcourus par des courants alternatifs, la
solution employée pour réduire l'effet
pelliculaire consiste à utiliser des barres
plates dont le rapport R/R0 est beaucoup
plus favorable que celui de conducteurs
de section circulaire pleine. Lesdites
barres jouissent en outre de l'avantage de
présenter un rapport de surface extérieure
Figure 11.3-33 à section plus favorable au
refroidissement et d'être aussi plus faciles
à assembler que les conducteurs ronds.

La Figure 11.3-34 donne d'après H.B.


DWIGHT , les valeurs du rapport R/R0
pour des conducteurs plats en fonction du
paramètre (4ω a c/106ρ)1/2 où les
grandeurs sont exprimées en unités S.I., a
et c sont les côtés du rectangle que
constitue la section.

3. Conducteurs câblés
Figure 11.3-34

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.78

Des mesures ont prouvé que si l'on constitue un conducteur en réunissant parallèlement
ensemble, sans les enrouler en spirale, des brins de section circulaire pleine, le rapport
caractéristique de l'effet pelliculaire R/R0 est pratiquement le même que pour des conducteurs
de section circulaire pleine de même section totale (et non pas de même diamètre extérieur).

La même constatation peut être faite sur les câbles dont les différentes couches de brins sont
disposées en spirales alternées ceci du moins en ce qui concerne les fréquences industrielles.
Toutefois, à partir de 1 200 Hz, le rapport R/R0 augmente pour ces câbles plus rapidement que
pour des conducteurs de section circulaire pleine.

4. Profondeur de pénétration équivalente - Conducteurs de forme quelconque

Lord RAYLEIGH ([B.140-0]) a démontré que, dans le cas de conducteurs de dimensions


importantes, ou bien lorsque la fréquence est élevée, la résistance effective en courant
alternatif est égale à la résistance que présente en courant continu un conducteur creux ayant
les mêmes dimensions extérieures que le conducteur envisagé et une épaisseur de paroi qui,
en exprimant toutes valeurs en unités S.I., est :
2
e ' (m) (11.3!133)
m

Ceci nous conduit, en exprimant la résistivité ρ en Ωmm2/m à :

ρ
e ' 503,3 (mm) (11.3!134)
µr f

Pour le cuivre étalon recuit à 20EC on a :


66,2
eCu ' (mm) (11.3!135)
f

et pour l'aluminium pur à 20EC :


84,8
eAl ' (mm) (11.3!136)
f

A la fréquence de 50 Hz et pour des conducteurs en cuivre recuit à 20EC, cette formule nous
conduit à l'épaisseur équivalente de 9,36 mm. Pour des conducteurs en aluminium, dans les
mêmes conditions, on a 12,24 mm.

La formule (11.3!134) est valable avec une approximation suffisante pour n'importe quelle

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.79

forme de conducteur du moment que le rayon de courbure de la section droite est partout
grand vis-à-vis de la profondeur de pénétration. L'utilité de cette formule est particulièrement
marquée dans le cas de conducteurs de formes compliquées tels que des profilés de cuivre ou
d'aluminium (connexions d'alternateurs, barres de centrales ou de postes).

5. Moyens de réduire l'effet pelliculaire

Une mauvaise utilisation de la section des conducteurs résulte de l'effet pelliculaire et conduit
à une aggravation des pertes par effet JOULE ainsi que de la chute de tension. I1 est donc
important de réduire autant que possible l'effet pelliculaire et ceci en particulier dans les
barres des postes de transformation importants ainsi que dans les barres de connexion entre
alternateurs et transformateurs.

Les moyens utilisés résultent des considérations émises précédemment et sont énumérés
ci-après :

1. emploi de conducteurs tubulaires circulaires dont l'épaisseur est de l'ordre de la


profondeur de pénétration équivalente
2. emploi de barres plates ou profilées, parfois assemblées de manière à constituer une
sorte de conducteur tubulaire de forme carrée ou hexagonale.

Pour les applications industrielles de la haute fréquence et en radiotechnique, il existe des


conducteurs constitués d'un grand nombre de fils fins isolés les uns des autres et tressés de
telle manière que chacun d'eux occupe successivement toutes les positions possibles entre
l'axe et la périphérie. Ainsi le courant est obligé de se répartir uniformément dans toute la
section. On notera l’analogie avec les barres ROEBEL utilisées dans les machines électriques.

6. Conducteurs de fer et d'acier

Lorsque le matériau conducteur est magnétique (fer ou acier), la perméabilité est elle-même
fonction du champ magnétique lequel est variable à l'intérieur du conducteur. Afin de faciliter
un calcul qui serait très difficile on peut admettre en première approximation que la
perméabilité est constante dans la masse du conducteur.

Une valeur moyenne de perméabilité relative, pour des densités de courant normales, est pour
des fils de fer ou d'acier non recuits d'environ 500; pour l'acier recuit : 800. La valeur de
résistivité correspondante est ρ = 1, 22 10-7 Ω m. On est ainsi conduit, pour le fer et l'acier
non recuits à une profondeur équivalente d’environ 1,1 mm et pour l'acier recuit à 0,87 mm.

7. Câbles aluminium-acier

En courant continu, la présence de l'âme en fils d'acier ne diminue la résistance ohmique que
de 1 à 2 % par suite de la résistivité élevée de l'acier. En courant alternatif, l'effet pelliculaire
n'est pas affecté d'une manière appréciable par le noyau magnétique, car ce n'est qu'une très
faible fraction du courant qui y circule. Par contre, la résistance effective d'un câble
aluminium acier est augmentée par suite des pertes par hystérésis et courants de FOUCAULT

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.80

dans l'âme d'acier dues à la pulsation du flux magnétique. Cette augmentation est
particulièrement importante et peut atteindre 40 à 50 % pour les câbles d'assez forte section
qui n'ont qu'une seule couche de fils d’aluminium donnant lieu à un effet de solénoïde et, par
conséquent, une composante longitudinale du flux magnétique (Figure 11.3-36, type a). Cet
effet est considérablement réduit lorsque les fils d'aluminium sont disposés en deux couches
spiralées en sens inverse l'une de l'autre (Figure 11.3-36, type b et Figure 11.3-35). Dans ces
cas, les flux magnétiques longitudinaux produits par les deux couches s'annulent très
sensiblement et les mesures donnent à peu près la même valeur pour la résistance en courant
alternatif à 50 Hz ou en courant continu.

Figure 11.3-36 Figure 11.3-35

8. Rails de chemin de fer

I1 est possible de calculer une valeur


approchée de R/R0 pour de tels rails par
application de la formule de Lord
RAYLEIGH (11.3!134). Celle-ci n'est
toutefois pas strictement applicable par
suite des faibles rayons de courbure que
présente la section en certains endroits. La
Figure 11.3-37 donne le résultat de
mesures effectuées par A.E. KENNELLY
([B.80-0]) et qui montrent l'influence de
la fréquence et de l'intensité de courant
sur le rapport R/R0. On voit que les
valeurs calculées sont inférieures
d'environ 30 % aux valeurs
Figure 11.3-37 expérimentales.

11.3.8. Effet de proximité

Le principe de l'effet de proximité a été exposé en 11.3. Lorsque des conducteurs parallèles
sont situés à une assez grande distance les uns des autres (cas pour des lignes aériennes), le

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.81

courant d'un conducteur n'a pas d'influence sensible sur la répartition du courant dans un autre
conducteur et l'on n'a alors à considérer que l'effet pelliculaire.

Lorsque les distances entre conducteurs sont du même ordre de grandeur que leurs
dimensions transversales l'on est en présence d'une combinaison d'effet pelliculaire et d'effet
de proximité. Il en résulte que la distribution du courant dans le cas de conducteurs circulaires
n'est plus symétrique par rapport à l'axe de ces conducteurs. Le calcul en est assez complexe.
On peut utiliser pour caractériser ce phénomène le rapport R”/R' de la résistance effective en
courant alternatif R” effet pelliculaire et de proximité agissant, à la résistance effective R' les
conducteurs étant espacés suffisamment pour rendre l'effet de proximité négligeable.

Cette étude ne sera pas abordée ici. Mentionnons simplement que, outre les variables qui
interviennent dans le calcul de l'effet pelliculaire, l'espacement entre les conducteurs est
également à considérer. Dans chacun des conducteurs qui sont parallèles et voisins l'un de
l'autre et où circulent des courants de directions opposées, la densité de courant est plus
grande le long des génératrices des conducteurs qui sont les plus rapprochées les unes des
autres que sur celles qui sont les plus éloignées un accroissement apparent de résistance en
résulte. L'effet est d'autant plus marqué que la fréquence et la perméabilité sont plus élevées,
que la distance entre conducteurs est plus faible et que la section offerte par un conducteur
au flux de l'autre est plus importante. A 50 Hz l'accroissement de résistance pour des
conducteurs de lignes aériennes est inférieur à 1 %. Il peut être négligé, étant inférieur à
l'erreur commise dans la détermination de la résistance.

Il y a lieu de se préoccuper de l'effet de proximité dans le cas de circuits réalisés par des
conducteurs de section très importante destinés à être parcourus par des courants de forte
intensité. Dans ce cas, ce sont les barres plates, de section rectangulaire, posées avec leurs
grands côtés parallèles qui réduisent le mieux l'effet de proximité.

Pour de très fortes sections on peut disposer les


conducteurs d'un circuit monophasé par exemple par
groupes de trois en parallèle en les alternant comme
indiqué à la Figure 11.3-38 Par cette disposition "en
sandwich", on réduit considérablement dans une barre
le flux dû aux autres barres.

Des dispositions semblables s'inspirant de ce principe


Figure 11.3-38 peuvent être appliquées dans le cas de circuits
triphasés.

11.3.9. Phénomènes d’induction électromagnétique dans les câbles souterrains

1. Résistance ohmique - Effets pelliculaires et de proximité

La résistance en courant alternatif d'un conducteur de câble souterrain est plus élevée que la
résistance en courant continu par suite des effets pelliculaire et de proximité.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.82

La résistance en courant continu peut être considérée comme égale à la résistance d'un
conducteur circulaire de même section et dont la longueur est égale à la longueur du câble
augmentée de 2 % pour tenir compte du spiralage des brins qui constituent chaque
conducteur. Dans les câbles tripolaires, les conducteurs, revêtus de leur isolement, étant
tordus ensemble il y a lieu d’en tenir compte par une majoration de longueur supplémentaire
de 2 %.

Il est difficile de calculer exactement l'accroissement de résistance dû à l'effet pelliculaire


dans le cas de conducteurs subdivisés en un grand nombre de brins, comme c'est le cas pour
les câbles souterrains.

L'effet de proximité ne conduit à une variation appréciable de la résistance effective que pour
de très grandes sections.

2. Courants induits dans écran métallique (gaine, enveloppe de plomb) - Pertes d'énergie

Le flux magnétique alternatif dû à la circulation du courant dans les conducteurs produit dans
l'écran des câbles des forces électromotrices alternatives longitudinales. Si plusieurs câbles
se trouvent côte à côte et que leurs écrans sont électriquement en contact, ces f.e.m. donnent
lieu à des courants dans les écrans ce qui crée des pertes supplémentaires. I1 est commode
de tenir compte de ces pertes, en les attribuant d'une manière conventionnelle à une
augmentation fictive de la résistance des conducteurs.

Les pertes dans l'écran sont faibles et peuvent généralement être négligées dans le cas de
câbles tripolaires. Le champ magnétique dans l'écran de ces câbles est presque complètement
annulé par le fait que les trois conducteurs (où la somme des courants est nulle en
fonctionnement normal) sont très voisins l'un de l'autre. Des courants de FOUCAULT induits
localement et provoquant des pertes peuvent néanmoins se produire pour des câbles
tripolaires de très forte section parcourus normalement par des courants intenses.

Signalons, pour mémoire, qu'un problème semblable se présente en ce qui concerne les barres
blindées de jonction entre alternateur et transformateur.

Les câbles monopolaires sont employés lorsque la


section des conducteurs devient trop importante ou
lorsque la tension de service devient très élevée, ce qui
entraîne une grande épaisseur d'isolement.
Envisageons pour la facilité de calcul, le cas de trois
câbles monopolaires disposés aux sommets d'un
triangle équilatéral (Figure 11.3-39). En réalité de tels
câbles seront souvent disposés en une nappe
horizontale.

Soient :
r1 le rayon extérieur de l'écran en m,
Figure 11.3-39 r2 le rayon intérieur de l'écran en m,

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.83

D la distance entre les centres de 2 câbles en m,


Re la résistance de l'écran en Ω/m,
Rc la résistance d'un conducteur en Ω/m,
Xe la réactance cyclique à 50 Hz de l'écran d'un câble en Ω/m,
Xm la réactance mutuelle à 50 Hz par phase entre les 3 conducteurs et un écran en
Ω/m; celle-ci représente la f.e.m. en V induite par m dans un écran lorsque
dans les trois conducteurs circulent des courants triphasés équilibrés dont
l'intensité efficace est de 1 A.

Le courant triphasé I équilibré circulant dans les trois conducteurs induit donc dans chaque
écran une force électromotrice I Xm par m.

Le courant de circulation qui en résulte dans les écrans vaut :


I Xm
Ie ' (A) (11.3!137)
Xe2 % Re2

Il en résulte, par écran, une perte supplémentaire due à l'effet JOULE de ce courant :
Re I 2 Xm2
∆P ' Re Ie2 ' (W/m) (11.3!138)
Xe2 % Re2

Cette perte de puissance s'ajoute dans chaque phase à la perte par effet JOULE qui réside dans
le conducteur :
P ' Rc I 2 (W/m) (11.3!139)

On peut donc dire que tout se passe comme si la résistance Rc du conducteur subissait une
augmentation de :
Re Xm2
∆R e ' (Ω/m) (11.3!140)
Xe2 % Re2

Les réactances Xm et Xe se calculent de la manière suivante : dans le système formé par les
trois conducteurs A, B, C et l'écran e1 du conducteur 1, l'expression du flux qui entoure l'écran
est :
1
Φe ' 2 10&7 IA ln % IB ln 1 % IC ln 1 (Wb/m) (11.3!141)
DAe DBe DCe

ce qui, si les courants sont équilibrés, se réduit à

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.84

DBe DCe
Φe ' 2 10&7 IA ln (Wb/m) (11.3!142)
DAe

puisque DBe = DCe = D.

De plus DAe peut être pris en première approximation comme égal à (r1 + r2)/2.

On a donc :
2 D
Φe ' 2 10&7 IA ln (Wb/m) (11.3!143)
r1 % r2

La réactance mutuelle cherchée est donc :


2 D
Xm ' 2 10&7 ω ln (H/m) (11.3!144)
r1 % r2

On démontre aisément que la réactance cyclique de l'écran a exactement la même valeur :


Xe ' Xm (11.3!145)

D'autre part, la résistance ohmique de l'écran a pour valeur :


ρ
Re ' (Ω/m) (11.3!146)
π (r12 & r2 )
2

ρ est la résistivité du matériau conducteur de l’écran. Pour le plomb 50EC, elle vaut : 0,252
10 -6 Ωm. Pour l’aluminium, elle vaut : 0,032 10 -6 Ωm.

Il suffit d'introduire les valeurs fournies par les relations (11.3!144) et (11.3!146) dans la
formule (11.3!140) pour obtenir l'accroissement apparent de résistance du conducteur.

Les pertes dans les écrans peuvent être diminuées en isolant les écrans les unes des autres de
telle manière que les courants d'écran ne puissent s'établir.

Il peut en résulter des tensions induites assez considérables entre écrans, ce qui peut produire
un danger d'électrocution ou donner lieu à une certaine électrolyse des écrans par suite de
l'humidité inévitable dans les caniveaux où sont déposés les câbles.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.85

Figure 11.3-40

On peut aussi, afin de limiter la valeur des tensions induites, créer un isolement entre les
écrans consécutives à chaque boîte de jonction10. Voir Figure 11.3-40.

Figure 11.3-41

D'autres dispositions sont employées pour éviter la circulation de courants d'écrans sans que
des tensions induites se manifestent. Ceci peut être réalisé en employant des boîtes de
jonction où les écrans consécutives se trouvent isolées et en raccordant les écrans entre elles
deux à deux en effectuant des transpositions à chaque groupe de boîtes de jonction (Figure
11.3-41).

Par ce procédé, les pertes dans les écrans se réduisent à quelques pour cent des pertes avec
écrans en contact.

La présence de matériaux magnétiques autour de l'écran des câbles monopolaires augmente


notablement les pertes jusqu'à devenir plusieurs fois supérieures aux pertes dans les
conducteurs.

Le fer feuillard est à proscrire pour la fabrication des armures de câbles monopolaires. On
emploie des armures en fil d'acier de faible perméabilité, à haute teneur en carbone, des fils
de bronze, des fils de fer isolés entre eux par du papier ou du jute, ceci afin d'introduire des
intervalles dans le circuit magnétique.

Les pertes dans de telles armures sont difficiles à calculer et doivent faire l'objet de
déterminations expérimentales.

10
Les câbles sont fabriqués par tronçons de quelques centaines de mètres qui, lors du montage, sont
reliés entre eux au moyen de boîtes de jonction.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.86

11.4. PHENOMENES DEPENDANT DU CHAMP ELECTRIQUE


11.4.1. Relations générales entre potentiels et charges

On considère un système de n corps conducteurs 1, 2, ..., n plongés dans un milieu


parfaitement isolant homogène, doux et isotrope. Un n+1e conducteur constitue la référence
des potentiels et est tel que la somme des charges portées par les n+1 conducteurs est nulle;
il est localisé à l’infini ou encore, est constitué par la terre. On sait qu'il existe entre les
potentiels instantanés v1, v2, ..., vn et les charges instantanées des conducteurs q1 , q2 , ..., qn des
relations linéaires qui s'écrivent :
v1 a11 þ a1j þ a1n q1
! ! . ! . ! !
vi ' ai1 þ aij þ ain qj (Relations du type I) (11.4!1)
! ! . ! . ! !
vn an1 þ anj þ ann qn

ou :
[v] ' [A] [q] (11.4!2)

Les coefficients tels que aij ne dépendent que des dimensions géométriques des conducteurs,
de leurs positions relatives et de la permittivité du milieu isolant. Ces coefficients a sont
toujours positifs; ceux qui portent les mêmes indices en ordre différent sont égaux : aij = aji.

Le potentiel vi d'un conducteur i n'est autre chose que le travail nécessaire pour amener d'un
endroit où le potentiel est nul (de la référence, par exemple de l'infini) une charge unitaire
jusque sur le conducteur i. Dans l'expression de vi le terme aij qj représente le travail
nécessaire pour vaincre le long de cette trajectoire la force due à la charge qj portée par le
conducteur j, les autres conducteurs étant présents, mais chacun ayant une charge totale nulle.

Nous exposons ci-après comment il convient de calculer les coefficients a dans différents cas
de réalisations de lignes électriques.

Il sied maintenant d'observer que dans la pratique courante les potentiels sont imposés aux
conducteurs par les sources et l'on cherche alors à déterminer les charges ou, plus exactement,
les potentiels étant variables dans le temps, il convient de calculer les dérivées des charges

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.87

par rapport au temps (dq/dt) car elles correspondent à des courants de déplacement (ou
courants de capacité) échangés entre les conducteurs et qu'il importe de connaître.

Pour cette raison il est nécessaire de disposer de relations exprimant les charges q1, q2, ..., qn
en fonction des potentiels v1, v2, ..., vn et qui s'écrivent :
q1 b11 þ b1j þ b1n v1
! ! . ! . ! !
qi ' bi1 þ bij þ bin vj (Relations du type II) (11.4!3)
! ! . ! . ! !
qn bn1 þ bnj þ bnn vn

ou :
[q] ' [B] [v] (11.4!4)

On passe du système I au système II grâce à l'inversion de matrice :


[B] ' [A]&1 (11.4!5)

I1 est souvent beaucoup plus parlant


d'exprimer les relations (11.4!4) sous
forme de schéma équivalent comme celui
de la Figure 11.4-1 où interviennent la
capacité d'un conducteur par rapport à la
référence (la masse, l'infini) et les
capacités entre conducteurs. Pour le
conducteur i, on peut ainsi écrire :
Figure 11.4-1 n
qi ' cii vi % j cij (vi&vj) (11.4!6)
j'1,i…j

La relation (11.4!6) peut encore s'écrire :


n n
qi ' vi j cij & j cij vj (11.4!7)
j'1 j'1,i…j

ce qui montre que

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.88

cij ' & bij pour i…j (11.4!8)

et
n
cii ' j bij (11.4!9)
j'1

11.4.2. Capacités de conducteurs parallèles

1. Champ, surfaces équipotentielles et capacité de deux conducteurs cylindriques parallèles

Considérons deux conducteurs rectilignes


A et B, parallèles l'un à l'autre de
longueurs très grandes par rapport à leur
distance a, de section très petite vis-à-vis
de leur distance et perpendiculaires au
Figure 11.4-2 plan de la Figure 11.4-2. Ils sont porteurs
de charges électriques uniformément
réparties à raison de + q C/m pour le
conducteur A et - q C/m pour B.

Ces deux conducteurs sont plongés dans un milieu parfaitement isolant, homogène, doux et
isotrope de permittivité g = g0 gr avec
1
g0 ' 10&9 ' 8,85434 10&12 (F/m) (11.4!10)
36π

Le champ électrique en un point P situé aux distances dl de A et d2 de B est, en ce qui


concerne la part due au conducteur A:
1 q
(EP)A ' (V/m) (11.4!11)
2πg d1

il est dirigé selon &


A&P.

Le potentiel est le travail à accomplir pour amener une charge +1 C d'une distance R (où se
trouve le potentiel 0 du point de référence) jusqu'en P en tenant compte des forces dues à la
charge du conducteur A:

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.89

1 R
' ln q (J) (11.4!12)
2πg d1

De même en ce qui concerne le travail dû aux charges portées par le conducteur B, on


obtient :
1 R
' & ln q (J) (11.4!13)
2πg d2

Le travail total exprime la valeur du potentiel en P et si l'on choisit l'origine des potentiels
à l'infini il vient :
1 d
VP ' ln 2 q (V) (11.4!14)
2πg d1

Les surfaces équipotentielles sont définies par V = constante ce qui correspond à


dl/d2 =Cte = k.

Leurs intersections avec le plan de la


figure sont, en vertu du théorème
d'APOLLONIUS, des cercles tels que
celui représenté à la Figure 11.4-3 et dont
la construction est la suivante. Prenons
une origine de repère des axes
orthonormés xy en O au milieu du
segment AB.

Choisissons un point P situé sur le cercle


de diamètre AB, joignons le point P à O et
élevons la perpendiculaire en P à OP. Elle
rencontre l'axe Ox en M.
Figure 11.4-3
D'autre part, le prolongement de la droite
PB coupe l'axe Oy en N. Le lieu des points P d'égale valeur de rapport dl/d2 est le cercle de
centre M et de rayon PM = r.

On a les relations :

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.90

a k 2%1
OM '
2 k 2&1
(11.4!15)
ak
et r '
k 2&1

Le centre M du cercle représentant une surface équipotentielle est d'autant plus près du point
B que le rayon r est petit ou que k est grand. On remarque que k = ON/(a/2). Il en résulte donc
que ON est une mesure de k. Pour k = 1, le point M est à l'infini et la surface équipotentielle
est le plan dont la trace dans le plan de la figure est la médiatrice Oy. Pour les valeurs de k
inférieures à 1 le centre des lignes équipotentielles est à gauche de A. Il est à droite de B pour
k > 1. Le tracé des lignes équipotentielles est donné par la Figure 11.4-4. Il est symétrique par
rapport à Oy.

Les lignes de force, perpendiculaires aux


lignes équipotentielles sont des arcs de
cercle centrés sur l'axe Oy.

Le champ électrostatique n'est pas modifié


quand on remplace une surface
équipotentielle quelconque par une surface
métallique infiniment mince de même
forme, maintenue au potentiel
correspondant. Le précédent tracé du
champ électrique est donc aussi celui
Figure 11.4-4 d'électrodes cylindriques parallèles. Il en
résulte que si l'on a deux cylindres chacun
de rayon r et dont les axes sont distants de
d = 2 OM, il leur correspond deux sources rectilignes A et B, situées à une distance l'une de
l'autre égale à
2
d (11.4!16)
a ' 2 & r2
2

et qui donnent lieu à une même répartition du champ.

Le potentiel sur la droite AB à la distance x du point O a pour valeur, d'après (11.4!14) :

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.91

a
& x
1 2
Vx ' q ln (V) (11.4!17)
2πg a
% x
2

Le champ correspondant est :


1 1 1
Ex ' q % (V/m)
2πg a a (11.4!18)
& x % x
2 2

La d.d.p. entre les deux cylindres est égale au double de la d.d.p. entre le point O et la surface
d’un des cylindres. Elle vaut :
a
% d & r
1 2 2
U ' q ln (V) (11.4!19)
πg a
& d % r
2 2

La relation (11.4!19) conduit à l'expression de la capacité par unité de longueur ou capacité


linéique, à condition de tenir compte de la valeur de a donnée par (11.4!16) :
πg
c '
2
d 2r
ln 1% 1&
2r d (11.4!20)
πg
' (F/m)
d
arcosh
2r

Le champ électrique est maximum à la surface des cylindres, son expression s'obtient en
faisant x = (a/2) - r dans les relations et en éliminant q
2r
1% 2
U d d 2r
Emax ' ln 1 % 1& (V/m) (11.4!21)
2r 2r 2r d
1&
d

Si l'on fait varier r en maintenant d constant, le champ maximum Emax égal à l'infini pour r = 0

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.92

et pour r = d/2, et passe par un minimum pour r = 0,171 d.

Pour des distances relativement grandes entre les deux conducteurs, ce qui est le cas des lignes
aériennes, on peut négliger (2r/d)2 devant 1. On est ainsi conduit à la formule approximative
πg
c • (F/m)
d
ln
r
10&9gr (11.4!22)

d
36 ln
r

L'erreur commise en employant cette formule au lieu de la formule (11.4!20) résulte de la


différence que présente ln(d/r) par rapport à arcosh (d/2r). Elle est indiquée ci-après pour
quelques valeurs de d/2r

d/2r erreur sur c


%
2 - 5,27
4 - 0,77
6 - 0,28
10 - 0,08

Elle est donc négligeable dans la plupart des cas.

D'autre part, une expression approchée du champ maximum est obtenue en négligeant
également (2r/d) devant l'unité dans la formule (11.4!21) ce qui conduit à :
U
Emax ' (V/m)
d (11.4!23)
2r ln
r

2. Cas d'un conducteur cylindrique parallèle à un plan conducteur

Dans le cas de deux conducteurs cylindriques parallèles et de mêmes diamètres, le plan


médiateur est une surface équipotentielle.

On obtient une même répartition du champ et des équipotentielles en supprimant un des


conducteurs (par exemple le conducteur B) et en le remplaçant par un plan conducteur
coïncidant avec le plan médiateur. Pour une même charge du cylindre et du conducteur plan
la tension entre ceux-ci est la moitié de la tension qui existait entre les cylindres. La capacité
du système cylindre/plan est donc double de la capacité entre les cylindres dont l'expression
exacte est celle de la formule (11.4!20) et l'expression approchée celle de (11.4!22).

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.93

La capacité linéique entre un cylindre de rayon r (m) et un plan conducteur distant de h (m)
est donc

2πg
c • (F/m)
2h
ln
r
10&9gr (11.4!24)

2h
18 ln
r

3. Capacité de deux conducteurs cylindriques concentriques

Ce cas est celui des câbles monopolaires (Figure


11.4-5). Les surfaces équipotentielles sont des
cylindres concentriques et les lignes de force
sont radiales. Si r1 est le rayon du cylindre
intérieur (conducteur) et r2 le rayon intérieur du
cylindre extérieur (écran), la différence de
potentiel entre ces surfaces vaut :
1 r
U ' V1 & V2 ' ln 2 q (V)
2πg r1
(11.4!25)

q étant la charge (C/m) du cylindre interne.


Figure 11.4-5 2πg
c ' (F/m)
r (11.4!26)
ln 2
r1

La valeur du champ à une certaine distance r de l'axe est :


U
E ' (V/m)
r2 (11.4!27)
r ln
r1

Elle décroît donc comme l'inverse de la distance r à partir de la valeur maximale atteinte à la
surface du conducteur intérieur :

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.94

U
E ' (V/m)
r2 (11.4!28)
r1 ln
r1

Si, pour une valeur déterminée du rayon intérieur de l'écran r2, on fait varier le rayon du
conducteur r1 entre les valeurs 0 et r2, on voit que le champ maximum, qui pour ces valeurs
extrêmes est infini, passe pour la valeur intermédiaire
r2
r1 ' ' 0,37 r2 (11.4!29)
e

par un minimum égal à :

Emax
min
' U (V/m) (11.4!30)
r1

Ce minimum est toutefois assez plat, ainsi


que le montre la Figure 11.4-6.

Figure 11.4-6

Il serait nécessaire de traiter plus complètement le cas des lignes triphasées, de


l’influence du fil de garde et des influences extérieures comme cela a été fait pour les
phénomènes électromagnétiques. Le lecteur intéressé est prié de se reporter au cours de
G.H. Marchal [MAR01].

11.4.3. Contrainte diélectrique de l’isolement et capacité des câbles souterrains

1. Contrainte diélectrique de l’isolement

La rigidité diélectrique de couches de papier imprégné est telle qu'elles résistent à un champ
électrique, dirigé perpendiculairement à ces couches, pouvant atteindre 40 à 50 kV/mm

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.95

(valeur maximale).

Dans le sens parallèle aux couches de papier, le champ amenant la disruption a une valeur
beaucoup plus faible.

L'explication en est la suivante : malgré tous les soins pris lors de l'imprégnation du papier,
il existe entre les couches de papier de petites bulles d'air ou de gaz fortement aplaties.

Ces bulles ou espaces vides d'imprégnation ont une permittivité relative voisine de l'unité
alors que le papier imprégné qui les entoure a une permittivité relative d'environ 3,5. La
contrainte diélectrique subie par l'air ou les gaz remplissant ces bulles est plus forte que celle
du papier. Cette contrainte est, d'autre part, beaucoup plus élevée si le champ est dirigé
parallèlement aux couches de papier puisque c'est dans cette direction que l'espace occupé par
les bulles est relativement le plus important. Or, alors que le papier imprégné résiste à un
champ de 40 kV mm, une disruption de l'air se produit pour un champ qui ne dépasse pas 3
kV/mm (valeur maximale).

Sous l'effet de la tension, il y a donc un risque sérieux de voir se produire, dans les espaces
vides, des décharges locales.

Celles-ci n'entraînent pas nécessairement la rupture diélectrique de tout l'isolement du câble,


mais l'ionisation des gaz contenus dans les espaces vides endommage progressivement tout
l'isolant environnant. Un tel processus peut, à la longue, déterminer le claquage du câble.

Après fabrication, de multiples causes interviennent pour favoriser la création d'espaces vides.
Ce sont les déformations pendant la pose du câble en tranchées ou caniveaux, les
déformations dues aux mouvements de terrains, et surtout, les variations de l'équilibre
thermique. Tout câble, en effet, s'échauffe en service normal, la masse d'imprégnation, ayant
un très grand coefficient de dilatation et une faible compressibilité, tend à augmenter le
diamètre de la gaine métallique. Celle-ci n'étant pas élastique ne reprend pas ses dimensions
primitives lors d'un refroidissement ultérieur se produisant après coupure du courant. Nous
verrons plus loin comment on a triomphé de ces difficultés par la construction de câbles à
huile fluide ou de câbles sous pression.

A la tension nominale, le champ électrique (kV/mm à 50 Hz) est limité aux valeurs suivantes
:

l. Papier imprégné de matière visqueuse 3,5 à 4,5


2. Papier imprégné d’huile fluide 10 à 15
3. Polyéthylène extrudé (câbles à 225kV) 4à9

2. Câbles monopolaires

La disposition de principe d'un tel câble est indiquée en Figure 11.4-5

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.96

D'après ce que nous avons vu précédemment en 11.4-2, le rapport théoriquement le plus


favorable entre le diamètre extérieur dl du conducteur central de section circulaire11 et le
diamètre intérieur d2 de l'écran est égal à l/e • 0,37 ceci afin que le champ électrique qui est
maximal à la surface du conducteur soit le plus faible possible (voir (11.4!29) : (Emax)min).

Ce minimum est toutefois assez plat, ainsi que le montre la Figure 11.4-6. Il en résulte que le
rapport r1/r2 peut s'écarter quelque peu de la valeur de l/e sans que le champ maximum E1
augmente sensiblement.

3. Câbles tripolaires

Figure 11.4-7 : Champ électrostatique d’un Figure 11.4-8 : (a) à ceinture isolante
câble tripolaire à ceinture isolante : v1=v2=- (b) à armature métallique
v3/2 (c) “tri-plomb”

Si nous examinons un câble tripolaire à conducteurs circulaires à ceinture isolante, (Figure


11.4-7 et Figure 11.4-8 a), nous voyons que normalement les trois conducteurs qui sont de
mêmes sections, sont disposés aux sommets d'un triangle équilatéral et tordus ensemble après
avoir été recouverts de couches de papier. Lorsque des tensions triphasées équilibrées sont
appliquées aux conducteurs, un véritable champ tournant électrostatique sollicite le
diélectrique.

A l'instant auquel la Figure 11.4-7 se réfère, les conducteurs 1 et 2 sont à un même potentiel
égal et de sens inverse à la moitié du potentiel du conducteur 3 par rapport à l'écran
métallique.
On constate que de nombreuses lignes de force comportent une composante tangentielle aux

11
Les conducteurs des câbles étant constitués de brins toronnés l'on peut craindre qu'il peut en résulter
localement une augmentation sensible du champ électrique par rapport à la valeur de ce champ dans le cas d'un
cylindre parfait. On pallie souvent cet inconvénient en entourant le conducteur d'un ruban semi-conducteur en
polyéthylène réticulé chargé de carbone.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.97

couches de papier.

D'autre part, dans un tel câble, il existe quatre régions qui n'ont pu être remplies de couches
de papier bien serrées et dans lesquelles on a dû faire un bourrage de cordelettes de papier
imprégné. Ces régions ne présentent pas une texture aussi serrée que les couches de papier et
sont particulièrement propres à la présence de petits espaces vides d’isolant.

Elles offrent une rigidité diélectrique moindre que celle des zones où le champ est
perpendiculaire aux couches de papier.

De tout ceci résulte une mauvaise utilisation de l'isolement qui limite la tension de service
(entre phases) de tels câbles à environ 30 kV.

Un progrès très important a été marqué par la construction de câbles à armatures métallisées
"HOCHSTATTER" ou câbles "H". Dans ce type de câbles les 3 conducteurs sont disposés
comme dans le type normal et sont isolés chacun au moyen de couches de papier, la dernière
couche de papier entourant chaque conducteur étant recouverte d'une mince couche métallisée
constituée par une bande de papier perforée dont la surface est rendue conductrice par un
dépôt métallique. Dans de tels câbles (voir Figure 11.4-8 b), il n'existe pas de ceinture isolante
extérieure. Les trois surfaces métallisées sont en contact ensemble et avec l'écran métallique
et forment par conséquent une armature au potentiel zéro. Les champs individuels de chaque
conducteur ne se composent plus avec les champs des conducteurs voisins et les lignes de
force sont radiales comme dans le cas des câbles monopolaires. Les zones remplies de
bourrage ne sont soumises à aucun champ électrique. Or les espaces vides se forment de
préférence dans le bourrage, directement sous l'écran métallique. En outre les surfaces
métallisées concourent activement à l'évacuation de la chaleur développée dans les
conducteurs.

Par ce seul fait, les câbles "H" peuvent subir des augmentations de 8 à 12 % au-dessus de la
valeur nominale du courant d'un câble ordinaire de même section, ce qui est un avantage
sérieux. La perte additionnelle par courants de FOUCAULT dans les couches métallisées
atteint seulement 2 à 4 % des pertes dans le cuivre. Les gradients admissibles sont de 4 à 5
kV/mm tandis que dans les câbles ordinaires on ne dépasse pas 3 kV/mm.

On construit également des câbles


tripolaires dits câbles triplomb dans
lesquels chaque conducteur isolé est
entouré d'un écran métallique (Figure
11.4-8 c)

4. Câbles à huile fluide

Pour la réalisation de lignes souterraines


de transport d'énergie sous des tensions
Figure 11.4-9 : Câbles à huile fluide : entre phases dépassant 60 kV, les
(a) : câble monopolaire à 132 kV différents types de câbles vus jusqu'ici ne
(b) : câble tripolaire à 66 kV
Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles
11.98

présentent pas un degré de sécurité suffisant. Les câbles à huile fluide ont été conçus pour
vaincre cette difficulté.

Ces câbles sont construits d'une façon


telle, que l'huile fluide d'imprégnation ait
à sa disposition des chemins largement
calculés à travers lesquels elle pourra se
dilater. Certains constructeurs ménagent
des canaux à l'intérieur du conducteur
central lui-même (Figure 11.4-9 a et
Figure 11.4-10)

D'autres constructeurs disposent les


canaux sous la gaine métallique ou dans le
Figure 11.4-10 bourrage (Figure 11.4-9 b). L'huile fluide
est mise sous pressions dans des stations
de pompage disposées de distance en distance le long du parcours du câble. Ainsi, pendant
les périodes de refroidissement, l'huile reprend la place précédemment occupée sans qu'il se
produise d'espaces vides.

On conçoit que l'installation de tels câbles soit d'un coût très élevé. Les accessoires tels que
boîtes de jonction, boîtes d'extrémité, sont d'une construction très délicate.

5. Câbles sous pression

Un autre moyen, qui permet d'atteindre des tensions de service élevées, est le procédé employé
dans les câbles sous pression. Ces câbles sont posés dans des tubes en acier soudés bout à bout
pour pouvoir supporter des pressions
jusqu'à 15 atmosphères. Cette pression
appliquée, par conséquent, extérieurement
au câble a pour but de lui faire reprendre
lors de son refroidissement l'état qu'il avait
avant son échauffement, ce qui supprime
la création d'espaces vides.

La Figure 11.4-11montre l'aspect d'un


câble sous pression où l'écran métallique a
une forme triangulaire. Ce câble est
destiné à être installé dans une conduite en
tubes d'acier soudés. Le gaz employé est
l'azote et la pression de service est
d'environ 13 bar.

Dans de tels câbles, le gradient limite


Figure 11.4-11
Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles
11.99

pouvant être supporté indéfiniment par l'isolant s'élève à 40 kV/mm, ce qui montre que le
diélectrique est extrêmement bien utilisé. En ce qui concerne ce gradient, on adopte
généralement un coefficient de sécurité de 3,5 ce qui porte le gradient admissible en service
à 11,5 kV/mm.

6. Domaines d'emploi des câbles

On a représenté dans un tableau schématique les gammes de tensions dans lesquelles les
câbles qui viennent d'être décrits sont employés (Figure 11.4-12 [B.160-0]). On voit que pour
les tensions supérieures à 6 kV, les câbles sont du type à champ monophasé, bien que souvent
ils soient construits sous forme triphasée jusqu’à 20kV. Les câbles monophasés sont utilisés
exclusivement au-delà de 64 kV.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.100

Figure 11.4-12

7. Capacité des câbles

Câbles monopolaires

La capacité linéique d'un câble monopolaire est donnée par la formule des condensateurs
cylindriques coaxiaux qui ainsi que nous l'avons vu en (11.4!26) est

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.101

gr
c ' (nF/m)
r2 (11.4!31)
18 ln
r1

Pour le papier imprégné, la permittivité relative gr varie entre les valeurs 3,0 et 4,2. Elle est
influencée par la température et augmente rapidement entre 35 et 70EC.

Le caoutchouc qui est employé pour l'isolement des conducteurs à basse tension a une
permittivité comprise entre 4,0 et 9,0.

Câbles tripolaires

Il existe des formules donnant la capacité linéique des câbles tripolaires à conducteurs
circulaires et à ceinture isolante. Mais ces câbles sont de plus en plus rares et remplacés par
des câbles métallisés pour lesquels la capacité cyclique des conducteurs se calcule par la
formule des câbles monopolaires (11.4!31).

Etant donné l'incertitude qui existe toujours sur la valeur exacte à attribuer à gr il est
recommandable de procéder expérimentalement à la détermination de la capacité.
Pratiquement, ces mesures s'effectuent en haute tension, au pont de SCHERING, lequel
fournit en outre la mesure des pertes diélectriques.

11.5. PHENOMENES DEPENDANT DES PERTES D’ENERGIE DANS


LES ISOLANTS
11.5.1. Pertes d’énergie des lignes aériennes

1. Généralités

Le long des lignes électriques aériennes, il se produit entre les conducteurs et entre ceux-ci
et le sol, des pertes de puissance active dues à deux causes principales qui sont :

1. l'isolement imparfait des isolateurs;


2. l'effet de couronne à la surface des conducteurs.

Si nous appelons Pp la valeur en W de la puissance totale perdue, par conducteur, pour une
longueur de 1 m d'une ligne fonctionnant sous une tension étoilée de V volts;

Pi la perte de puissance par isolement imparfait des isolateurs,


Pc la perte de puissance par l'effet de couronne le long des conducteurs, on a :

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.102

Pp ' Pi % Pc (11.5!1)

Posons :
Pp ' V 2 g (11.5!2)

Dans cette expression, g représente la conductance latérale ou perditance linéique (par m).
On a :
Pp
g ' (S/m) (11.5!3)
V2

2. Pertes par isolement imparfait des isolateurs

Des mesures effectuées sur des lignes réelles, en service, sont seules susceptibles de fournir
des informations sur la valeur de ces pertes. Celles-ci, pour un type déterminé d'isolateur,
dépendent fortement des conditions météorologiques, de la situation géographique de la ligne,
ainsi que des possibilités éventuelles de pollution de leur surface.

A titre d'indication à ce sujet le tableau 11.5-1 ci-après rassemble les résultats de mesures
effectuées il y a déjà fort longtemps par WEICKER ([B.190-0]) sur une ligne à 6,5 kV équipée
au moyen d'isolateurs à tiges.

Etat de l’atmosphère Perte pour un isolateur (W)


Air sec 0,05
Brouillard léger 0,15
Chute de neige, en dessous de 0°C 0,25
Forte pluie d’orage 1,00
Longue pluie continue et grande 1,10
humidité de l’air
Pluie d’orage torrentielle (forte tempête) 1,50
Forte chute de neige mélangée de pluie, 2,20
vent fort

Tableau 11.5-1

Des essais montrent qu'une chaîne d'isolateurs pour ligne à 220 kV (entre phases) présente par
beau temps une résistance d'isolement d'environ 2,4 109 Ω. Etant donné qu'une telle ligne est

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.103

normalement équipée d'environ 3 pylônes par km la résistance d'isolement par km est donc
d'environ 0,8 109 Ω. Autrement dit, la conductivité g d'une phase par isolement imparfait des
chaînes d'isolateurs est de 1,25 nS/km. Il y est associé, sous 220 kV une puissance active de
pertes par phase et par km égale à
2
220
Pis ' 1,25 10&9 • 20 (W/km) (11.5!4)
3

Ces pertes sont donc d'un ordre de grandeur très faible par rapport aux autres pertes qui
affectent les transports d'énergie électrique sous haute tension : pertes par effet JOULE et
même par rapport aux pertes par effet de couronne.

Le voisinage de la mer, amenant des dépôts salins sur les isolateurs, ainsi que la proximité
d'industries produisant des poussières ou des suies, ceci combiné avec des conditions
météorologiques défavorables (pluie, neige mouillée, etc...) sont susceptibles d'augmenter
fortement les pertes aux isolateurs. Même alors, leur ordre de grandeur reste assez faible, ces
pertes ne constituent pas une grande préoccupation pour les exploitants de réseaux. Par contre,
les dépôts en question sont éventuellement susceptibles de favoriser l'amorçage d'arcs de
contournement aux isolateurs.

3. Effet de couronne

Lorsqu'une tension alternative est appliquée entre deux conducteurs parallèles, dont
l'écartement est grand par rapport au diamètre, l'air qui entoure ces conducteurs n'est le siège
d'aucun phénomène apparent tant que la tension est suffisamment basse. Si la tension est
progressivement élevée, elle peut atteindre une valeur à laquelle l'air, dans le voisinage
immédiat des conducteurs, émet une faible lueur violette. Au même instant, on peut entendre
un sifflement et l'odeur caractéristique de l'ozone peut être perçue.

Si l'on continue à augmenter la tension ces phénomènes sont de plus en plus marqués, la
région lumineuse s'accroissant en dimensions et en brillance. Si les conducteurs sont rugueux
ou sales, les zones les plus brillantes voisinent les rugosités et les souillures.

L'expression "effet de couronne" ou "effet corona" est employée pour désigner le phénomène
lumineux que nous venons de décrire et, par extension, les autres manifestations qui
l'accompagnent.

L'effet de couronne est accompagné d'une perte d'énergie et un wattmètre raccordé à un circuit
où se manifeste cet effet indique qu'une certaine puissance y est absorbée.

La cause de l'effet de couronne réside dans une rupture diélectrique partielle de l'air sous
l'influence d'une valeur élevée du champ électrique existant au voisinage de conducteurs sous
haute tension. Sous l'influence d'un champ électrique, des électrons et des ions libres présents
dans l'air sont soumis à des forces proportionnelles au produit du champ par leur charge. La
vitesse que ces forces peuvent faire atteindre à ces particules chargées, dépend de la valeur

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.104

du parcours libre moyen dans le gaz considéré.

Si au moment du choc de ces particules avec une molécule neutre, la vitesse est suffisante, il
pourra arriver que, un ou plusieurs électrons soient délogés de l'édifice moléculaire. I1 se
forme ainsi un nouvel ion et un ou plusieurs nouveaux électrons libres. Le processus peut
continuer par réaction en chaîne tant que la valeur du gradient de potentiel est suffisante

L'ionisation de l'air par les charges d'espaces ainsi produites amène une modification de la
disposition des surfaces équipotentielles.

Dans le cas de conducteurs dont le diamètre est petit devant l'écartement la modification est
telle que, pour toute une gamme de valeurs de la tension, on peut trouver entre les conducteurs
des champs inférieurs à la valeur critique, sauf dans le voisinage immédiat des conducteurs.
C'est là que la rigidité diélectrique de l'air est détruite sans qu'un arc véritable se développe.

Figure 11.5-1

Considérons une ligne à deux conducteurs (Figure 11.5-1) de rayon r (mm), distants de
d (mm) et soumis à une d.d.p. U (kV); à la surface des conducteurs, aux points A et B, l'air
subit la contrainte électrique maximale. Le champ y est donné par la formule :
U
EA ' (kV/mm)
d (11.5!5)
2r ln
r

D'après les recherches de F.W. PEEK, Jr ([B.100-0] et [B.110-0]), le champ critique,


provoquant la rupture diélectrique de l'air entre des électrodes de grand rayon de courbure, a
une valeur qui, à la pression de 760 mm Hg et à la température de 25EC, vaut :
E0M ' 2,98 kV/mm valeur de crête (11.5!6)

Si l'onde de tension est sinusoïdale, il est plus commode d'exprimer la valeur de ce champ
critique en valeur efficace, elle est de :
E0 ' 2,11 kV/mm valeur efficace (11.5!7)

Le champ critique, pour une température θEC et une pression barométrique b mm Hg, est
proportionnel à une puissance 2/3 de la densité relative δ de l'air par rapport à 25EC,
760 mm Hg. On a donc :

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.105

E0 ' 2,11 δ2/3 (kV/mm)


avec : (11.5!8)
0,392 b
δ '
273%θ

On peut, sans trop d'erreur, prendre pour valeur du champ critique Ec déterminant l'apparition
de l'effet de couronne :
Ec ' m o m w E0 (11.5!9)

m0 est un coefficient qui tient compte de la nature de la surface du fil :


m0 = 1,00 pour un fil poli
= 0,98 à 0,93 pour un fil rugueux ou soumis depuis longtemps aux intempéries
= 0,87 à 0,83 pour des câbles concentriques à 7 brins
= 0,85 à 0,80 pour d'autres câbles

mw est un coefficient qui tient compte de l'état atmosphérique :

mw = 1,00 par beau temps


= 0,85 à 0,8 par mauvais temps.

On peut donc écrire la valeur efficace de la tension critique d'apparition de l'effet de


couronne :
d
Uc ' 2,11 m0 m w δ2/3 r ln kV (11.5!10)
r

4. Pertes d'énergie par effet de couronne

D'après les travaux de F.W. PEEK Jr, la perte de puissance par effet de couronne est
proportionnelle au carré de l'excès de la tension V du conducteur sur la tension critique
d'apparition de l'effet Vc; elle est donnée par la formule empirique suivante valable par beau
temps :
2,41 r
Pc ' (f%25) (V&Vc)2 10&3 (W/m) (11.5!11)
δ d

Dans cette formule, outre r, d, δ, Vc dont les valeurs ont été définies ci-dessus :

f = fréquence en Hz

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.106

V = valeur efficace de la tension étoilée en kV

Cette formule conduit à des valeurs assez inexactes lorsque la perte par effet de couronne est
faible (ainsi que l'on s'efforce de la maintenir).

La méthode de calcul de PETERSON ([B.120-0]) est basée sur l'emploi de la formule suivante
qui donne la perte pour un conducteur par beau temps :
f F V2
Pc ' 14,7 10&6 (W/m)
2 (11.5!12)
d
ln
r

F est une fonction du rapport V/Vc donnée par la table 11.41-02 ci-après.

V/Vc F V/Vc F V/Vc F V/Vc F


0,83 0,02 1,35 0,2 1,58 2 5,1 20
0,96 0,03 1,40 0,3 1,65 3 7,5 25
1,02 0,04 1,42 0,4 1,71 4 12,0 28
1,09 0,05 1,44 0,5 1,80 5 18,0 29
1,13 0,06 1,46 0,6 1,89 6
1,17 0,07 1,48 0,7 1,99 7
1,19 0,08 1,49 0,8 2,11 8
1,21 0,09 1,50 0,9 2,30 9
1,23 0,10 1,51 1,0 2,50 10

Tableau 11.5-1

C
et
te
fo
r
m
ul
e
c
o Figure 11.5-3 : Pertes par effet de
n couronne sous différentes conditions
d météorologiques
ui Diamètre des conducteurs : 12 mm
t Ligne à 2 cond. espacés de 2,4 m
Figure 11.5-2 Fréquence : 50 Hz
Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles
11.107

à des résultats qui correspondent convenablement aux valeurs expérimentalement mesurées


sur des lignes d'essai, dans une gamme étendue de tension. C'est ce que montre la Figure 11.5-
2.

I1 importe de déterminer la perte d'énergie par effet de couronne non seulement par beau
temps mais surtout au cours d'une année par toutes les conditions météorologiques qui se
présentent alors. Par mauvais temps (pluie, neige, givre) les pertes peuvent être de 50 à 100
fois plus élevées que par beau temps (Figure 11.5-3).

C'est pourquoi des lignes expérimentales ont été construites notamment en France, aux
Etats-Unis, en Allemagne afin d'enregistrer ces pertes au cours du temps et ceci pour
différents types d'équipements.

En règle générale, les pertes triphasées moyennes par effet de couronne de lignes à 220 kV
sont de l'ordre d’environ 2 kW/km et ne représentent qu'une assez faible fraction des pertes
par effet JOULE qui pour une telle ligne sont en moyenne de 30 kW/km.

L'effet de couronne des lignes à haute


tension constitue une préoccupation non
seulement pour la perte d'énergie qu'il
produit, mais également par les
perturbations radiophoniques et de
télévision qui en résultent. Lesdites
perturbations sont dues au phénomène
suivant. Le courant de décharge partielle de
l'effet de couronne a un caractère discontinu
et se produit seulement au voisinage du
Figure 11.5-4 passage des ondes de tension par leurs
valeurs maximales (ainsi que l'indique la
Figure 11.5-3). Les parties hachurées montrent comment le courant d'effet couronne déforme
l'onde normale du courant de déplacement issu du conducteur. Les représentations sous forme
de cercles montrent les variations de la distribution et de la polarité des charges d'espace dans
le temps.

Les perturbations radiophoniques atteignent leur valeur maximum sous la ligne à haute
tension mais diminuent très rapidement avec la distance. A 50 m de l'axe de la ligne elles ne
sont plus que d'un dixième de leur amplitude maximale.

5. Réduction de l'effet de couronne

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.108

La valeur de tension d'apparition de l'effet de couronne d'une ligne peut être augmentée et la
perte de couronne diminuée en ayant recours à l'emploi de conducteurs de plus grand
diamètre. C'est ainsi que, à ce point de vue, des câbles aluminium-acier sont préférables aux
conducteurs de cuivre, leur diamètre extérieur étant plus grand à égalité de résistance
électrique. Avant 1940, des lignes à tensions égales à 220 kV en Europe et à 287 kV aux
Etats-Unis d'Amérique ont été équipées de conducteurs creux tels ceux qui sont représentés
en Figure 11.5-5 et Figure 11.5-6.

Figure 11.5-5 : Conducteur creux Figure 11.5-6 : Conducteur creux en Cu de 42 mm


en Cu sans support central de diamètre extérieur et 400 mm2 de section
constitué de segments hélicoïdaux Ame de Cu tordue hélicoïdalement et deux couches
engrenés les uns dans les autres de conducteur
Ligne américaine à 287 kV Ligne allemande à 220 kV

Cependant ces conducteurs creux sont très coûteux et ont été abandonnés dans la construction
des lignes depuis 1950.

L'emploi de faisceaux constitués pour


chaque phase par 2, 3 ou 4 conducteurs
connectés entre eux est économiquement
préférable. De tels faisceaux présentent, à
égalité de tension et de section totale une
moindre valeur du champ électrique
maximum.

Une diminution de la réactance des lignes


résulte également de l'adoption des
faisceaux, ce qui est favorable au maintien
de la stabilité du transport d'énergie.
D'autre part, il est plus aisé de manier des
conducteurs de section réduite lors des
opérations de déroulement et d'installation
des conducteurs sur les pylônes.

Figure 11.5-7
Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles
11.109

La Figure 11.5-7 montre, d'après M. TEMOSHOK


([B.180-0]) la configuration des lignes de force et
les équipotentielles dans le cas de faisceaux de 2,
3 et 4 conducteurs ayant dans chaque cas même
section totale.

Cette représentation est de nature à faire


comprendre l'effet de cage qui résulte d'une
disposition des conducteurs en faisceaux et qui
diminue fortement la valeur du champ électrique Figure 11.5-8
à l'intérieur du faisceau.

Le champ est maximal aux endroits de la surface des conducteurs les plus écartés du centre
du faisceau. Cependant même en ces endroits sa valeur est inférieure à celle du cas du
conducteur unique, ceci par suite du partage des charges sur une plus grande surface. C'est ce
que montre la Figure 11.5-8.

11.5.2. Pertes d’énergie des câbles souterrains

Dans les isolants solides soumis à un champ électrique alternatif il se produit des pertes
d'énergie attribuables aux causes suivantes :

1. la conductance massique de l'isolant lequel n'est jamais parfait,


2. la conductance superficielle, qui dépend de l'état de la surface,
3. l'hystérésis diélectrique,
4. les effluves et décharges dans les espaces vides.

En ce qui concerne particulièrement les câbles, la


conductance superficielle n'intervient pas, mais
l'isolant de papier imprégné d'huile est le siège de
pertes diélectriques des types 1, 3 et 4.

Si nous désignons par V la tension appliquée à une


phase du câble, la présence de ces pertes amène le
courant I à ne plus être déphasé exactement en avant
d'un angle de 90E par rapport à V , mais d'un angle
égal à φ = 90E - ô (Figure 11.5-9).

La méthode de mesure des pertes au pont de


SCHERING assimile le condensateur à pertes que
constitue le câble à une capacité pure C en série avec
une résistance ohmique R et fournit le moyen de
déterminer ces deux grandeurs.
Figure 11.5-9
Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles
11.110

Le produit ωCR = tg δ, souvent exprimé en %, est voisin, si δ est petit, de la valeur de cos φ.
On peut donc écrire l'expression de la perte de puissance P :
P ' ωCV 2 tgδ (11.5!13)

tg δ est souvent appelé "le facteur de puissance" du câble.

La résistance R est évidemment fictive. Elle signifie simplement que, pour un courant de
charge I, la perte totale de puissance dans le condensateur est équivalente à RI2.

Pour le calcul des lignes en câbles souterrains, il est nécessaire de faire intervenir la résistance
R' qui, branchée en parallèle avec le condensateur C', donnerait lieu au même courant total
I que le câble.

En première approximation, comme tg δ est ordinairement petit, on peut poser C = C'. En


identifiant l'expression des pertes, qui dans le premier cas est RI2 et dans le second V2/R', on
en déduit :
1 1
R) ' ' (11.5!14)
ω2C 2R ωC tgδ

Si on exprime C en nF/m, la conductance latérale linéique d'un tel câble vaudra :


g ' ωC tgδ (nS/m) (11.5!15)

En examinant la courbe traduisant la


relation qui existe entre le facteur de
puissance tg δ et la tension pour un câble
(Figure 11.5-10) à une température
déterminée, on voit que jusqu'à une
certaine valeur de la tension, tg δ est
constant ou n'augmente que très
faiblement.

A partir de cette valeur de la tension, tg δ


augmente brusquement beaucoup plus
rapidement, selon une loi sensiblement
Figure 11.5-10 linéaire. Ceci traduit le fait qu'à partir de
cette valeur l'ionisation apparaît dans les
espaces vides et entraîne une perte de
puissance de plus en plus importante. Il y a lieu de faire travailler les câbles sous des tensions
inférieures à cette "tension d'ionisation".

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.111

Lorsqu'on fait varier la température d'un


câble, on constate que le facteur de
puissance pour une tension déterminée,
passe par un minimum pour une
température comprise entre 40 et 50EC et
augmente ensuite rapidement (Figure
11.5-11 ).

Les pertes diélectriques ont une influence


sensible sur le rendement économique des
câbles. La valeur du courant maximum
Figure 11.5-11 admissible est réduite puisque les pertes
dans l'isolement s'ajoutent à celles qui se
produisent dans les conducteurs et doivent être évacuées sous forme de chaleur vers le milieu
extérieur. Cet effet est d'autant plus marqué que l'épaisseur d'isolant est plus grande,
c'est-à-dire que la tension de service est plus élevée. On peut citer le cas d'une ligne en câble
à 138 kV où la réduction du courant maximum admissible dans les conducteurs peut atteindre
6 %.

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.112

11.6. VALEURS USUELLES DES PARAMETRES LINEIQUES DE


LIGNES AERIENNES A HAUTE TENSION
11.6.1. Considérations générales sur les tensions adoptées

Les tensions choisies pour les transports d'énergie électrique par courants triphasés
correspondent, sauf exceptions qui ne concernent pas la Belgique, aux valeurs normalisées
par la "Commission Electrotechnique Internationale" (CEI).

En Europe, jusqu'en 1946 les plus hautes tensions en service étaient de 220 kV et aux
Etats-Unis de 287 kV.

A partir de 1948 le facteur combiné de l'ampleur des puissances à transmettre et des longueurs
de lignes a conduit un grand nombre de pays européens à passer à l'étage de tension de 400
kV.

En Belgique, l'on est passé successivement des tensions d'interconnexion de 70 kV, à 150 kV
(en 1950), 220 kV (en 1944 pour l'interconnexion avec l'Allemagne et les Pays-Bas). En 1971
a été mis en service un réseau d'interconnexion à 400 kV superposé aux réseaux précédents
et justifié tant pour les besoins internes du pays que pour renforcer l'interconnexion
internationale avec l'Allemagne et les Pays-Bas et ultérieurement la France.

11.6.2. Valeurs usuelles des paramètres linéiques des lignes aériennes

Le tableau 11.6-1 ci-après indique les ordres de grandeur des paramètres linéiques des lignes
aériennes dont la tension est comprise entre 70 et 220 kV.

Paramètres linéiques Limites entre Unité Erreur


lesquelles maximale
varie possible
Désignation Symbôle pratiquement commise en
la valeur du déterminant les
paramètre paramètres
Résistance r 0,08 à 0,25 Ω/km ± 10 %
Inductance cyclique l 1,1 à 1,5 10-3 H/km ±2%
Réactance cyclique (à 50 Hz) x 0,35 à 0,48 Ω/km ±2%
Capacité cyclique c 7,5 à 10,5 10-9 F/km ±2%
Conductance g 10-8 à 10-7 S/km ± 50 %

Tableau 11.6-1

Dans ce tableau on a évalué l'écart maximal possible qui peut exister entre la valeur calculée
et la valeur vraie du paramètre envisagé, ceci dans le but de permettre une appréciation de la

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


11.113

précision que l'on peut attendre des calculs basés sur les valeurs de ces paramètres.

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Dielectric phenomena in high voltage engineering
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Dielectric phenomena in high voltage engineering

Chap. 11 : Paramètres et influences mutuelles


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