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LE PLACEMENT DES MICROS POUR

UNE PRISE DE SON STEREO &


MULTICANALE
La prise de son stéréophonique s'avère nécessaire dans beaucoup de situations et sert à capter l'image acoustique
d'un lieux ou d'une source sonore. Il existe différentes techniquement de placement de micros afin de couvrir la
totalité des cas que l'on est suceptible de rencontrer.

Technique AB
Il s'agit de deux micros
omnidirectionnels en paralèlle donc
l'espacement des capsules est
d'environ 50cm. Cette technique
reproduit une bonne image stéréo,
mais nécessite une connaissance de
l'inversion de phase qui est très
risquée. En cas d'inversion de phase
non souhaité, la technique XY est la
plus indiquée pour la remplacer.

Technique Blumlein
Cette technique a été mise au point
pas Alan Blumlein. Elle est réaliséa
à l'aide de deux microphones bi-
directionnels. Dans l'idéal, les deux
membranes doivraient être placés
exactement au même endroit à un
angle de 90°. Comme ce n'est pas
possible il faut alors placer les deux
micros le plus près possible l'un de
l'autre. Cette technique reproduit très
fidèlement l'image sonore de la salle
et le rendu dépend donc de sa qualité
acoustique.

Technique Borud-Shadow
Voir "Techniques du Disque isolant"

Technique de l'arbre Decca


Perché entre 2,5 et 3,5 mètres en
hauteur, un pied en T supporte 3
micro omnidirectionnels. Le micro
central est placé juste derrière la tête
du chef d'orchestre. Les micros
droites et gauches sont espacés de 2 à
3 mètres et le central de 1,5 mètre de
la ligne imaginaire qu'il y a entre les
deux autres micros. Les micros sont
donc suspendu, et inclinés vers le bas
de 30° environ.
Un micro à l'extrème droite et un à
l'extrème gauche peuvent être ajoutés
à 2 mètres en arrière des deux autres
déjà en place et espacés entre eux de
4 mètres

Technique DIN
Voir "Technique ORTF"

Techniques du Disque isolant


Il s'agit d'un therme générique pour
définir plusieurs techniques utilisant
un écran isolant pour séparer les
deux microphones. L'effet d'ombre
provoqué a une influence sur la
séparation des deux canaux. L'écran
est construit en matériau totalement
absorbant acoustiquement.

Voici les différentes techniques :

La technique Jecklin Disk, élaborée


par l'ingénieur Jürg Jecklin, est aussi
appellé OSS (Optimal Stereo Signal).
Elle consiste à placer deux
microphones omnidirectionnels à
17cm l'un de l'autre, et formant un
angle de 40°. Les deux micros sont
séparés par un disque de 30cm de
diamètre et 2cm d'épaisseur.

La technique Borud-Shadow est


semblable à la technique Jecklin,
mais les micros sont séparé par 20 à
25 cm.

La technique Madson-Shadow est


composée de deux microphones
bidirectionnels formant un angle de
90° et espacés par 30 à 50 cm.

Technique Faulkner
D�velopp� par l'ing�nieur anglais
Tony Faulkner, la technique
Faulkner utilise deux microphones
bidirectionnels point�s directement
vers la source sonore avec une
s�paration de 20 cm. Pour fournir un
meilleur �quilibre, il est conseill� de
situer les microphones loin de la
source.

Technique Jeklin Disk (OSS)


Voir "Techniques du Disque isolant"

Technique Madsen-Shadow
Voir "Techniques du Disque isolant"

Technique MS (Mid-Side)
La prise de son MS nécessite
l'utilisation de deux microphones. Un
cardioïde, hypercadioïde ou
omnidirectinnel vers la source
sonore, l'autre bidirectionnel (ou en
8) est positionné perpendicuairement,
en dessous du premier.

Technique NOS
Voir "Technique ORTF"

Technique Olson
Cette technique consiste à utiliser
deux microphones hypercardioide,
dont les membranes sont séparées de
4,6 cm et formant un angle de 135°.

Technique O.R.T.F.
Inventé par les techniciens de
l'O.R.T.F. (Office de radiodiffusion-
télévision fran�aise) cette technique
est compose de deux microphones
cardioïdes avec un angle entre les
micros de 110° et des espacements
de capsules de 17 cm.

La technique DIN est la même, mais


l'angle est alors de 90° et
l'espacement de 20 cm

La technique N.O.S. est la même,


mais l'angle est alors de 90° et
l'espacement de 30 cm

Technique XY
Cette technique consiste à rapprocher
le plus possible les deux membranes
pour éviter les différences de phases.
Cette technique nécessiste
l'utilisation de deux micros qu'il n'est
pas toujours pratique d'installer
convenablement. Il existe donc des
micros uniques contenant deux
membranes en XY, facilitant la mise
en place de la prise de son.

Une suggestion, un ajout, une rectification, contactez l'auteur de cette page : Joseph Sardin

Claude gendre

Quels micros choisir pour un "couple" ?


Proposé par un Internaute, ce sujet est intéressant dans la mesure où le choix du
micro est primordial pour un enregistrement. Certains modèles sont plus difficiles à
installer que d'autres, compte tenu des impératifs des différents "couples" :
- couple ORTF : angle de 110° entre les axes de prise de son, capsules espacées de 17 cm dans le même
plan horizontal. Il existe des fixations prévues spécialement.
- couple X - Y : angle de 90° entre les axes de prise de son, capsules placées l'une au-dessus de l'autre.
Une barrette articulée suffira.
- couple M - S : micros superposés, l'un (cardioïde) orienté vers la source, l'autre (bi-directionnel, en
"huit") avec les deux capsules orientées latéralement, à 90° de l'axe du premier. Il sera nécessaire de
prévoir un support spécial (qui se trouve au catalogue de quelques firmes).
- couple A - B : micros omnidirectionnels espacés d'une certaine distance (à déterminer suivant le
nombre des instrumentistes par exemple), placés parallèlement et orientés dans l'axe de la source. Deux
pieds suffisent.
- disque "Jecklin" (du nom de son créateur suisse Jürg Jeckling de Bâle) : micros
disposés de part et d'autre d'un disque plat vertical (plus ou moins absorbant) de 20 cm de diamètre.
Les capsules doivent se trouver à 17 cm l'une de l'autre (en mesurant en ligne droite à travers le disque).
Système breveté.
- sphère Schoeps KFM 6 de 20 cm de diamètre. Les micros omnidirectionnels, diamétralement
opposés, sont placés à l'intérieur de la sphère. L'extrémité des capsules sort très légèrement à l'extérieur.
Système breveté. Il faut acquérir la sphère équipée d'origine.
Depuis, une nouvelle "sphère Schoeps", destinée au son "surround ", a fait son apparition sous la
référence KFM 360, à laquelle est associé un DSP sous la référence 4-KFM 360. L'angle de prise de son est
de 120° au lieu de 90° pour la KFM 6 et deux microphones bi-directionnels (CCM 8 L) - alignés vers
l'avant - sont placés sous les capteurs de pression. Les signaux numériques peuvent être retraités - comme
dans le cas du système M-S - après l'enregistrement.
Photo Schoeps
Sphère Schoeps KFM 6

- système CMXY-4V de Schoeps : système stéréophonique à deux micros miniaturisés, placés


côte à côte, dont les capsules peuvent être orientées à l'aide de deux roues dentées solidaires des micros
(type couple X - Y). On peut ainsi régler l'angle de prise de son sans déplacer l'axe principal. Il faut
acquérir l'ensemble complet.

Photo Schoeps
Système Schoeps CMXY-4V

- système "Clara" de J.Hinrich Peters de Göttingen. Il s'agit d'une sorte de tête artificielle en
plexiglass équipée de deux micros électrostatiques. Elle donne de très bons résultats pour une écoute au
casque. Système breveté.
- têtes artificielles : toutes reproduisent la forme d'une tête humaine, en matière plastique plus ou
moins absorbante. Les micros - obligatoirement de petit diamètre - sont fixés à l'intérieur avec les
capsules à la place des oreilles. Ces systèmes sont brevetés.
Depuis le procédé des deux micros placés de part et d'autre d'un coussin, conçu par le célèbre preneur de
son André Charlin dans les années soixante, l'esprit des preneurs de son a été particulièrement inventif.
On trouve encore d'autres dispositions mais de l'avis des professionnels, on a maintenant tout expérimenté
et les couples que l'on vient de citer sont les plus employés.
Pour les couples AB et MS, il est possible d'utiliser n'importe quel type de micro (en tenant compte de la
directivité), y compris les modèles à grandes capsules et les micros à tube.
Pour les couples ORTF, XY, Jecklin, il est conseillé de choisir de préférence des micros tubulaires. Ils ne
poseront aucun problème pour les fixer en respectant les écartements et angles voulus alors qu'avec des
micros à grande membrane ou à tube, il est presque impossible de respecter l'angle et l'espacement entre
les capsules. De plus, on s'éloigne du principe du couple qui veut s'identifier le plus possible aux oreilles
humaines dont les tympans sont de petit diamètre.
Rappelons que les microphones à petite membrane ont en général une meilleure courbe de réponse dans le
registre aigu alors que les grandes membranes reproduisent les fréquences graves avec un son plus
"chaud". Mais ceci n'est qu'une théorie car les micros omnidirectionnels, même à petite membrane,
descendent beaucoup plus dans le registre des fréquences graves que les cardioïdes, même si ces derniers
ont une grande membrane. Les omnidirectionnels fonctionnent en effet en "pression" (voir les courbes de
réponse).
*****

Quelques précisions :
La firme Schoeps a récemment publié dans son catalogue n° 4 la représentation schématique des cinq
couples les plus utilisés que l'on vient de décrire ci-dessus. Les différentes indications chiffrées concernant
l'écartement des capsules et les angles à respecter pourront rendre service aux internautes passionnés par
la prise de son. Il est naturellement possible d'expérimenter d'autres valeurs car toute innovation est
permise. Mais dans ce cas, il sera prudent de contrôler immédiatement le résultat au casque ou sur une
installation de référence car, en ce domaine, on risque d'avoir des surprises.
X-Y M-S ORTF (110°-17 cm) Jecklin A-B

M : Mitte (milieu) Document : Dr-ing. Schoeps GmbH


S : Seite (côté) |
| | |
| |
Angle Bêta : 90° Angle : 90° Angle Bêta : 110° | Angle Bêta : 20°
Angle Bêta : 0 à 90°
Capsules en général superposées. Capsules espacées d = dépend de l'épaisseur de capsules
espacées de 40
Distance entre les axes = 0 cm. de 17 cm. | la plaque de séparation. à 100
cm (et même plus).
Micros : à gradient de pression (de type cardioïde) Micros : capteurs de pression
(omnidirectionnels)

Remarques :
1 - Dans le cas du système X-Y, l'angle entre les axes des capsules peut varier entre 45° et 180°. Il faut le
déterminer par expérience suivant la directivité des micros et l'angle d'ouverture correspondant au son à
capter. En principe, c'est l'angle de 90° qui donne les meilleurs résultats mais l'effet spatial n'est pas très
marqué. En revanche, l'image sonore des couples X-Y et M-S est bien définie.
2 - Dans le cas du couple ORTF, l'espacement entre les capsules peut varier de 5 à 30 cm mais l'angle Bêta
est en corrélation avec la distance choisie (de 0 à 180°). Là encore, les nombreuses expérimentations
réalisées par les ingénieurs du son qui ont mis au point ce système donnent l'angle de 110° et un
espacement de 17 cm pour les capsules comme les paramètres se rapprochant le plus de l'audition
humaine. C'est le couple qui donne dans tous les cas un effet d'espace équilibré et une bonne localisation
des instruments d'un orchestre. L'image sonore est propre et nette.
3 - Le système mis au point par Jürg Jeckling de Bâle procure un bon effet d'espace et une localisation des
sources sonores correcte. L'utilisation de micros électrostatiques à caractéristique omnidirectionnelle
permet une excellente reproduction des fréquences graves.
4 - Le procédé A - B, qui fut le premier employé pour les prises de son en stéréo, permet une très bonne
spatialisation mais il est plus difficile de situer latéralement les différentes sources sonores. Les fréquences
graves, en raison de l'utilisation de microphones omnidirectionnels, sont en général très bien restituées,
surtout avec des microphones à grand diaphragme dont l'encombrement n'est plus un problème pour ce
type de prise de son.
*****
Quelle est la meilleure solution pour une prise de son
stéréophonique ? Le couple ou la tête artificielle ?
À cette question posée par un internaute, il n'est pas difficile de répondre car le
problème a été souvent évoqué entre preneurs de son :
Quand on fait une comparaison entre un enregistrement réalisé avec un couple et le même effectué avec
une tête artificielle, on se rend compte très vite qu'en écoute au casque, la tête artificielle permet d'obtenir
une "vérité" étonnante avec une excellente définition. Pourtant, il faut faire une réserve : l'image sonore
se trouve "dans" la tête de celui qui porte le casque et non en avant, devant ses yeux. Le même
enregistrement, reproduit par des enceintes acoustiques, offre une meilleure répartition dans l'espace
mais en revanche, les timbres sont parfois modifiés, atténués.
On pourra écouter les anciens enregistrements effectués dans les années soixante par André Charlin qui
viennent d'être réédités en Compact-Disc (en particulier "Le bœuf sur le toit" de Darius Milhaud,
enregistré au théâtre des Champs-élysées dès 1956, qui étonnera beaucoup de mélomanes en raison du
parfait positionnement des différents pupitres et de l'ampleur de l'espace sonore). La comparaison entre
l'écoute au casque et l'écoute avec des enceintes d'excellente qualité (testées avec d'autres enregistrements)
sera intéressante et révélatrice.
Par contre, un couple (par exemple le couple ORTF 110°/17 cm) permet d'obtenir dans tous les cas une
excellente définition, en respectant les timbres. Cette différence provient de l'effet de "filtrage" provoqué
par la forme et la texture même de la tête, que ce soit un coussin comme le faisait André Charlin ou une
tête artificielle comme celles de Neumann, AKG, Sennheiser, etc. bien que la matière ait été choisie pour se
rapprocher le plus possible de la peau.

Tête artificielle AKG


Les microphones sont à l'intérieur, les capsules affleurant les
trous percés à chaque oreille (ici, on voit celui de l'oreille droite).
(Photo AKG)
La conclusion est facile à tirer : comme les enregistrements ne sont pas faits pour être uniquement écoutés
à l'aide d'un casque, il est préférable dans tous les cas de choisir la solution du couple à moins qu'il ne
s'agisse d'une démonstration ou d'une expérience particulière. La firme Sennheiser, dans les années
quatre-vingts, avait proposé à ses clients un système de prise de son spécial. Le preneur de son plaçait sur
ses oreilles deux petits microphones à électrets montés sur une sorte de stéthoscope.
Système Sennheiser MKE 2002
(document Sennheiser)
Le résultat de l'enregistrement - en écoute au casque - était étonnant, peut-être plus encore qu'avec une
tête artificielle. C'était un véritable "clone" de la réalité. Mais le résultat avec des enceintes était moins
satisfaisant et surtout, il ne fallait pas que le "preneur de son" tourne la tête, fasse le moindre bruit
(déglutition, reniflements, respiration un peu élevée. Quant à la toux, je n'en parle pas... ). Il est en effet
difficile de ne pas bouger pendant la prise de son d'une œuvre qui dure un quart d'heure ou plus !