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THÉORIE DES RÊVES SELON LE CHAMANISME TRANSCULTUREL

Michael Harner, Ph.D.

Avec sa théorie des rêves selon le chamanisme essentiel ou transculturel, Michael Harner introduit une compréhension inspirée et entièrement chamanique de la provenance des rêves et de la découverte de leur signification. —L’éditeur

C e court article a pour but de souligner et de mettre en valeur

les dix principes fondamentaux de l’approche en chamanisme essentiel ou transculturel du monde des rêves présenté le 14 août et le 5 septembre 010 à San Francisco lors de mes deux premières présentations publiques de l’atelier Vision chamanique du monde du rêve pour la Foundation for Shaman- ic Studies 1 (Fondation des études cha- maniques). Cette théorie provient des années de travail de terrain et d’études transculturelles des chamanismes in- digènes et a mené à la découverte des principes communs et à des méthodes qui ont été intensivement testées par l’expérimentation et la pratique. En d’autres termes, cette théorie dérive du chamanisme essentiel.

termes, cette théorie dérive du chamanisme essentiel. Michael Harner. Photo by Linda Sparrow. Cet article concerne

Michael Harner. Photo by Linda Sparrow.

Cet article concerne l’expérience humaine universelle du rêve et offre aux Occidentaux un point de vue radicale- ment neuf sur le travail avec le rêve ainsi que sur l’interprétation des rêves. Ces lignes s’adressent en premier aux étudiants avancés et aux praticiens du chamanisme essentiel et tout particu- lièrement à ceux qui ont complété Le programme de trois ans en initiations chamaniques avancées, précédé par les Deux semaines intensives de guérison chamanique ou l’équivalent. Il est présu- mé qu’à travers leur expérience chama- nique personnelle, ils sont arrivés depuis longtemps à la conclusion que les esprits existent vraiment; ils sont également arrivés à comprendre à travers de telles expériences les applications pratiques de cette connaissance pour la réussite de la guérison et de la divination. L’article n’a pas été conçu dans le but de convaincre les autres de la réalité des esprits ou de leurs caractéristiques, car le chamanisme n’est pas une ques- tion d’argumentation ou de croyances mais une connaissance directe tirée de l’expérience. Nous espérons que ces lignes tomberont entre les mains de chamanes indigènes qui y verront un exemple de la reconnaissance par les Occidentaux, reconnaissance qui leur est due depuis longtemps, de la validité de leurs connaissances en ce domaine, con- naissances transmises par leurs ancêtres depuis les temps anciens.

LE PREMIER PRINCIPE : LES ESPRITS SONT RÉELS.

Ce premier principe constitue la base des neuf autres. Il souligne simplement la réalité des esprits, quelque chose que les praticiens sérieux du chamanisme savent déjà de par leur expérience di- recte. Cette connaissance se pose comme fondamentale au succès du travail cha- manique.

SHAMANISM ANNUAL

Journal of the Foundation for Shamanic Studies, Issue 3, December 010

LE DEUXIÈME PRINCIPE : LES ESPRITS PRODUISENT LES RÊVES.

Ce deuxième principe est un des plus importants car il présuppose que les esprits produisent les rêves. Ces esprits incluent l’âme des individus et tout autre esprit qui a pu fusionner avec une personne ou qui a maintenu un at- tachement à cette personne. En d’autres termes, il y a plusieurs esprits qui produ- isent les rêves et non seulement la seule âme humaine (ou psyché, le concept de l’âme tel que véhiculé par l’Occident moderne).

Ce concept d’une âme singulière utilisé ici est justement celui qu’emploie le chamanisme transculturel. Même s’il y a effectivement des différences culturelles individuelles en matière de singularité ou de multiplicité de l’âme , le but du chamanisme essentiel con- siste à reconnaître ce qui a été universel ou presqu’universel à travers le monde parmi les concepts et les pratiques cha- maniques indigènes. Cette notion qui veut que plusieurs esprits produisent les rêves n’inclut pas seulement l’âme singulière d’un individu mais englobe aussi tous les autres esprits qui possèdent (sont en fusion avec) ou maintiennent une certaine intimité avec cet individu. Ils peuvent avoir un effet à court ou à long terme avec le monde du de rêve de cette personne en fonction de la période pendant laquelle ils sont présents.

La théorie ne proclame pas que tous les rêves sont produits par les esprits.

LE TROISIÈME PRINCIPE : CES ESPRITS POSSÈDENT PLUSIEURS CARACTÉRISTIQUES AINSI QUE DIFFÉRENTS TYPES ET DEGRÉS DE POUVOIR ET LEURS PRÉOCCUPATIONS DIFFÈRENT.

Par exemple, les rêves produits par l’âme d’un individu et ses collaborateurs spirituels incluent ceux qui sont reliés à la santé et au bien-être de la personne. Si des personnes ont des inquiétudes par rapport à leur santé et à leur bien-être, elles peuvent penser qu’elles ne sont pas les seules à partager ces préoccupa- tions car leurs soucis sont pris en charge par leurs esprits gardiens et leurs alliés autant que par leur psyché. Tous ces esprits pourraient induire des rêves qui comprennent des avertissements et des conseils. Ceux-ci peuvent s’exprimer de façon littérale ou métaphorique. Ce troisième principe implique que le praticien en chamanisme doit être au

courant de la diversité d’esprits qui sont susceptibles d’entrer en jeu dans ses rêves et de leurs caractéristiques. Ce principe requiert tout spécialement la connais- sance substantielle des différents types d’esprits du monde du milieu autant que celle des esprits du monde d’en bas et celle de ceux du monde d’en haut.

LE QUATRIÈME PRINCIPE : LES ESPRITS QUI PRODUISENT LES RÊVES PEUVENT ÊTRE :

LA PSYCHÉ PERSONNELLE; DES COLLABORATEURS SPIRITUELS, INCLUANT DES ESPRITS GARDIENS OU ILS PEUVENT ÊTRE DES ESPRITS NON-AIDANTS COMME LES ENTITÉS EN DÉTRESSE OU AUTRES ESPRITS INTRUSIFS.

Les entités en détresse auxquelles on fait référence sont de façon car- actéristique des âmes en détresse de personnes décédées qui ont connu une mort subite ou à la suite d’un trauma- tisme, qui ne savent généralement pas qu’elles sont mortes et qui sont pour la plupart confuses et malheureuses, errant

UNE THÉORIE DES RÊVES SELON LE CHAMANISME TRANSCULTUREL

PREMIER PRINCIPE : les esprits sont réels

DEUXIÈME PRINCIPE : les esprits produisent les rêves

TROISIÈME PRINCIPE : ces esprits possèdent plusieurs caractéristiques ainsi que différents types et degrés de pouvoir et leurs préoccupations diffèrent.

QUATRIÈME PRINCIPE : les esprits qui produisent les rêves peuvent être : la psyché personnelle; des collaborateurs spirituels, incluant des esprits gardiens ou ils peuvent être des esprits non-aidants comme les entités en détresse ou autres esprits intrusifs.

CINQUIÈME PRINCIPE : les mauvais rêves ou cauchemars peuvent être des avertissements bénéfiques de la part de l’âme d’une personne ou de ses collabo- rateurs spirituels ou encore être manifestés par des esprits non-aidants.

SIXIÈME PRINCIPE : les personnes qui possèdent un pouvoir spirituel sub- stantiel ont tendance à développer une résistance aux rêves indésirables induits par des esprits non-aidants.

SEPTIÈME PRINCIPE : les collaborateurs spirituels majeurs peuvent se mani- fester à travers les grands rêves et convoyer de cette façon une quantité impor- tante de pouvoir spirituel et de précieuses informations.

HUITIÈME PRINCIPE : les principes précédents s’appliquent à tous les types de rêves, incluant les rêves du sommeil, les rêves éveillés et les visions.

NEUVIÈME PRINCIPE : pour apprendre la signification de leurs rêves les gens peuvent se fusionner avec un collaborateur spirituel et rappeler le rêve afin de pouvoir l’étudier ou ils peuvent faire un voyage à la rencontre de leur col- laborateur spirituel divinatoire le plus important pour obtenir l’information.

DIXIÈME PRINCIPE : ce voyage devrait inclure l’étude approfondie des mé- taphores, spécialement parce qu’elles s’appliquent aux messages des esprits et en même temps à la signification des rêves.

sans but dans le monde du milieu. De temps en temps, elles peuvent nourrir l’illusion qu’elles sont toujours en vie en possédant une personne vivante, en s’attachant à elle et en se tenant intime- ment près d’elle. Dans ces circonstances, les souvenirs de rêve de la personne décédée peuvent se confondre avec les rêves de la per- sonne vivante avec pour résultat que la personne vivante peut, de façon erronée, penser qu’elle rêve à des expériences de vies passées. Ces rêves, tout comme les vies des personnes décédées se terminent abruptement et dramatiquement. C’est important pour le praticien en chaman- isme d’être conscient de cette confu- sion très répandue et de pouvoir aider ses clients à identifier ce type de rêves. Pour faire un tel travail efficacement, le praticien devrait avoir une connaissance complète de la maladie de possession et avoir l’expérience nécessaire pour la traiter. Les esprits intrusifs, en pénétrant certaines parties du corps de la victime, ont tendance à provoquer des douleurs ou des malaises localisés. La relation en- tre ces esprits, leurs intrusions localisées et les rêves des victimes est toujours à l’étude.

LE CINQUIÈME PRINCIPE : LES MAUVAIS RÊVES OU CAUCHEMARS PEUVENT ÊTRE DES AVERTISSEMENTS BÉNÉFIQUES DE LA PART DE L’ÂME D’UNE PERSONNE OU DE SES COLLABORATEURS SPIRITUELS OU ENCORE ÊTRE MANIFESTÉS PAR DES ESPRITS NON-AIDANTS.

Ce principe suit le précédent et énonce que les rêves au cours desquels on est blessé ou épouvanté peuvent être des avertissements utiles et une aide positive lorsqu’ils sont produits par la psyché ou par les collaborateurs spiri- tuels. À l’opposé, les mauvais rêves ou les cauchemars induits par des esprits non-aidants peuvent provoquer une confusion entre les rêves de ces entités et les souvenirs de la personne. Un des exemples est celui où l’entité souf- frante se souvient d’avoir été attaquée sans toutefois avoir pris conscience que cette attaque a mis fin à sa vie. Si cette âme souffrante possède ou hante une personne vivante, ce type de souvenirs envahissant peut produire des rêves

cauchemardesques qui ne constituent pas un avertissement utile. Ce type de rêve devrait alerter le praticien en chaman- isme et lui indiquer que la personne a besoin d’un travail de dépossession. Un mauvais rêve peut aussi être causé par un facteur aussi simple que l’indigestion ou un autre désordre ou inconfort physique. Mais ceci ne contredit pas le fait qu’il puisse y avoir une composante spirituelle à la produc- tion d’un rêve. L’âme de la personne ou son collaborateur spirituel peut par là avertir la personne que quelque chose ne tourne pas rond au niveau de sa santé et qu’elle devrait y porter attention.

LE SIXIÈME PRINCIPE : LES PERSONNES QUI POSSÈDENT UN POUVOIR SPIRITUEL SUBSTANTIEL ONT TENDANCE À DÉVELOPPER UNE RÉSISTANCE AUX RÊVES INDÉSIRABLES INDUITS PAR DES ESPRITS NON-AIDANTS.

Une personne spirituellement puis- sante (remplie de pouvoir) est protégée des intrusions de la part des esprits et des possessions indésirables. Comme ce pouvoir forme une espèce de champ de protection, les tentatives d’intrusion et de possession indésirables sont repoussées bien avant qu’elles puissent produire des rêves chez cet individu. En conséquence, la personne en pouvoir est peu sujette à l’induction de rêves de la part d’esprits non-aidants. Le corollaire implique que la personne qui reçoit de tels rêves a besoin de recouvrer et de rebâtir son pouvoir personnel.

LE SEPTIÈME PRINCIPE : LES COLLABORATEURS SPIRI- TUELS MAJEURS PEUVENT SE MANIFESTER À TRAVERS LES GRANDS RÊVES ET CONVOYER DE CETTE FAÇON UNE QUAN- TITÉ IMPORTANTE DE POUVOIR SPIRITUEL ET DE PRÉCIEUSES INFORMATIONS.

Le grand rêve est typiquement une manifestation d’un esprit gardien ou d’un collaborateur spirituel majeur qui apporte du pouvoir spirituel de pro- tection. Il prend habituellement deux formes : un rêve de sommeil qui se répète sur une longue période de temps ou une vision qui est un rêve éveillé

très impressionnant. La vision peut inclure des informations de guidance importantes ou être suivie, après un interlude, d’un rêve de sommeil dans la même tonalité. Les grands rêves méri- tent beaucoup d’attention dans la vie de la personne qui les obtient comme en chamanisme. Le terme rêve est malheureusement employé à la légère par les ethnogra- phes dans leurs rapports sur les peuples indigènes sans qu’il n’y ait de recherche sur la signification que donnent à ce terme les indigènes eux-mêmes dans les contextes spécifiques. Par exemple, il n’y pas de distinction entre ce qui est décrit comme un rêve de sommeil, un rêve éveillé, un voyage chamanique ou une vision.

LE HUITIÈME PRINCIPE : LES PRINCIPES PRÉCÉDENTS S’APPLIQUENT À TOUS LES TYPES DE RÊVES, INCLUANT LES RÊVES DU SOMMEIL, LES RÊVES ÉVEILLÉS ET LES VISIONS.

Ce principe découle de la définition du terme rêve que fait le dictionnaire Webster’s New Universal Unabridged Dictionnary et son usage commun. La définition du rêve s’y lit comme suit :

une succession d’images qui apparaissent lorsqu’une personne dort ou lorsqu’elle est éveillée. Les rêves éveillés peuvent être volontaires ou involontaires. Si un rêve éveillé est exceptionnellement véridique, il peut être appelé vision. À titre d’exemple de l’application de cette définition, le voyage chamanique peut être vu comme un rêve discipliné et volontaire sans guidance de la réalité ordinaire, en d’autres termes, ils ne sont pas des imageries guidées.

LE NEUVIÈME PRINCIPE : POUR APPRENDRE LA SIGNIFICATION DE LEURS RÊVES LES GENS PEUVENT SE FUSIONNER AVEC UN COLLABORATEUR SPIRITUEL ET RAPPELER LE RÊVE AFIN DE POUVOIR L’ÉTUDIER OU ILS PEUVENT FAIRE UN VOYAGE À LA RENCONTRE DE LEUR COLLABORATEUR SPIRITUEL DIVINATOIRE LE PLUS IMPORTANT POUR OBTENIR L’INFORMATION.

ET LE DIXIÈME PRINCIPE : CE VOYAGE DEVRAIT INCLURE L’ÉTUDE APPROFONDIE DES MÉTAPHORES, SPÉCIALEMENT PARCE QU’ELLES S’APPLIQUENT AUX MESSAGES DES ESPRITS ET EN MÊME TEMPS À LA SIGNIFICATION DES RÊVES.

Le neuvième et le dixième principe sont inter reliés : en chamanisme on peut volontairement découvrir la signi- fication d’un rêve involontaire. Les deux méthodes les plus fréquemment utilisées pour ce faire sont le rappel du rêve et le voyage chamanique, les deux étant employées par le rêveur original puisque personne n’est mieux qualifié que lui pour découvrir le sens d’un rêve. Les deux méthodes peuvent mener à un message littéral ou métaphorique. Mis à part les contextes d’ateliers d’initiations et d’entraînement au travail chamanique, l’identification et l’interprétation des métaphores ne sont normalement pas partagées avec les autres car se sont des messages des esprits qui non seulement vont bien au-delà des mots mais ce sont aussi des messages sacrés et personnels.

Les métaphores qu’on rencontre dans les voyages chamaniques, par exemple, sont parfaitement faites sur mesure pour un voyageur en particulier. On ne peut prétendre les appliquer à d’autres personnes, et ceci inclut les clients, car ce sont des messages à multiples niveaux de compréhension comportant un aspect émotionnel et qui sont basés sur la connaissance intime du voyageur que possède l’esprit. Ils prendraient ainsi un sens différent pour quelqu’un d’autre. C’est la responsabilité du voyageur de décrypter le sens des métaphores sans aide de l’extérieur car personne mieux que lui n’est qualifié pour comprendre la signification réelle de ces métaphores. Si, toutefois, une personne n’est pas

apte à faire le voyage chamanique ou le rappel du rêve avec succès pour elle- même, elle peut aller à la recherche d’un praticien qualifié en chamanisme et lui demander son aide. En accord avec les principes éthiques du chamanisme es- sentiel ou transculturel, les praticiens ne devraient faire appel à ces pratiques divi- natoires que sur demande. Autrement, le praticien en chamanisme risquerait d’usurper la liberté spirituelle de l’autre.

L’interprétation des rêves a toujours suscité l’intérêt des êtres humains. Dans des milliers de cultures sur tous les continents habités, les chamanes avaient développé des connaissances qui ont traversé les âges pour comprendre les rêves, un savoir que leurs outils spirituels et leur travail avec les esprits a rendu possible. En Occident, autant les outils des chamanes que leur interaction avec les esprits ont été condamnés par l’Église et en conséquence écartés comme de pures fantaisies au Siècle des lumières (XVIIIème siècle). Le dernier siècle a été témoin de multiples efforts pour élaborer une théorie des rêves, mais il demeure une forte aversion, à cause du legs du Siècle des lumières, à prendre avec sérieux la proclamation par les chamanes de la réalité des esprits et de la façon de travailler avec eux. Le récent renouveau du chamanisme en Occident suggère cependant que cette vague du paradigme de l’ethnocentrisme ne sera pas la vague du futur. Espérons que ce court article sus- citera de plus amples recherches sur la richesse de la connaissance des peuples autochtones, publiée ou non, qui at- tend d’être étudiée avec tout le respect qu’il se doit. Un des défis réside dans le fait que les informations chamaniques qui survivent sont parsemées à travers des centaines de cultures et, pour cette raison, ne sont pas facilement généralis- ables. 3 Le fait d’emprunter le passage du chamane et de tester pour eux-mêmes la réalité des esprits et de leur relation avec les rêves demeure peut-être le plus grand défi pour les Occidentaux.

Michael Harner, Ph.D., est un anthropologue qui a effectué un travail de pionnier pour faire revivre le chamanisme et le voyage chamanique au tambour en Occident. Il est président fondateur de la Foundation for Shamanic Studies (Fondation des études chamaniques). Parmi ses livres on retrouve La Voie du chamane.

notes

1. Les dix principes dont il ques-

tion ici ont été légèrement revus depuis leur présentation originale en août et septembre 010. . Consultez, par exemple, mon ar- ticle de 199, Jivaro Souls, dans Ameri- can Anthropologist 64 :58-7

3. Les incomparables archives du

Shamanic Knowledge Conservatory (Conservatoire des connaissances chama- niques) de la Foundation for Shamanic Studies existe dans le but de mettre à jour toutes ces connaissances mais, malheureusement, la Fondation ne peut

pas encore offrir les infrastructures pour donner accès à cette banque.

4. Je veux remercier Sandra Harner

pour son valeureux soutien et ses con- seils éditoriaux.

Copyright ©2010 Michael Harner. Permission to reproduce this article may be obtained by contacting the Foundation for Shamanic Studies at info@shamanism.org.

Journal of the Foundation for Shamanic Studies, Issue 3, December 010

SHAMANISM ANNUAL

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