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Question de synthèse étayée par un travail préparatoire n°1

Première ESA 2010- 2011

Il est demandé au candidat :


1. De conduire le travail préparatoire qui fournit des éléments devant être utilisés dans la synthèse.
2. De répondre à la question de synthèse :
• par une argumentation assortie d 'une réflexion critique, répondant à la problématique donnée dans l’intitulé,
• en faisant appel à ses connaissances personnelles,
• en composant une introduction, un développement, une conclusion pour une longueur de l'ordre de trois
pages.
Ces deux parties sont d'égale importance pour la notation.
Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l 'expression et du soin apporté à la présentation.

THÈME DU PROGRAMME : culture et socialisation

I. Dossier documentaire

Document 1 :
Les formes que prennent l’expression de la beauté semblent en partie universelles mais également en grande partie
culturelles. Selon la théorie de Darwin, la perception de la beauté est universelle et innée car influencée par des
éléments physiologiques et non pas cognitifs. Elle est un marqueur, un signal de santé physique. Les critères universels
de beauté et donc de santé sont : symétrie du visage, apparence générale, rapport hanche-taille, jeunesse. Les femmes
rechercheront inconsciemment une organisation de ces traits communiquant l’image d’un homme puissant pouvant
pourvoir à leurs besoins et à ceux de la descendance. Les hommes, eux, valoriseront un corps féminin ayant la capacité de
transmettre son capital génétique et donc qui aura la meilleure capacité d’enfanter.
Néanmoins, un grand nombre de travaux montrent que l’idéal corporel est façonné par la culture. Par exemple, le désir de
minceur ou la stigmatisation de l'embonpoint n'est pas universel. Les corps minces appréciés dans les cultures
occidentales le sont moins en Afrique ou en Polynésie. Jusqu'à des temps récents, dans des pays non-occidentaux, on a
considéré la rondeur comme attirante et associée à la fertilité. Dans certaines cultures, l’obésité est considérée comme une
caractéristique sexuelle d’attraction et dans quelques cultures africaines, les jeunes filles sont gardées à la maison avant le
mariage pour les engraisser. Dans la culture aztèque, le strabisme convergent était considéré comme un élément d’attrait
du visage, alors qu’il n’est pas apprécié en occident .
La mondialisation des moyens de communication (télévision, internet, cinéma, etc.) joue un rôle de plus en plus important
sur l’uniformisation progressive des idéaux corporels. Néanmoins, les idéaux de beauté féminine restent encore différents
d’une culture à l’autre et sont objets d’enjeux sociaux et politiques montrent qu’en Indonésie, les deux ethnies officielles
(les malaises et les chinoises) expriment des idéaux différents. Dans un contexte fortement communautariste, où deux
ethnies majoritaires coexistent officiellement, on observe d’une part un modèle de beauté centré sur la transparence et le
naturel et d’autre part un modèle de beauté sophistiquée.
Source : Soins de beauté pour dire son ethnicité, Sondes ZOUAGHI ,ina BEJI BECHEUR

Document 2 :
L’Histoire s’inscrit dans les corps féminins. (…)
Au Moyen Âge, les privations alimentaires accompagnent la spiritualité et s'opposent à la peur de l'enfer. Les
représentations des miniatures de Van Eyck ou de Van der Goes nous montrent des corps féminins effilés, maigres et «
désérotisés ». Le corps humain, créé par le Divin et sans existence autonome, doit rester du ressort du théologique. Le
corps des femmes médiévales représentées est émacié, désincarné, sans vie réelle. (…) . À la Renaissance, les règles
théologiques s'assouplissent et la philosophie antique revient à l'honneur. Les canons de beauté du corps féminin évoluent
parallèlement : la femme doit être jeune, belle et saine pour pourvoir aux besoins de fécondité et de perpétuation de
l'espèce. (…). La peau doit être blanche, car le bronzage est une caractéristique associée aux pauvres travaillant en plein
air. Aux XVIIe et XVIIIe siècle, les rondeurs sont à la mode. Rubens et Girodet aiment à peindre des femmes épanouies
aux attitudes très sensuelles. Comme le note Gilles Boëtsch, écrivain français et expert sur le sujet, les transformations du
régime alimentaire permises par les révolutions agricoles et l'industrialisation vont se répercuter sur les morphologies. Le
corps bien nourri des femmes signe la prospérité et ouvre des promesses de volupté. (..)
Le XXe siècle voit l’apparition du concept des vacances et avec lui toute une esthétique : corps épilés, bronzage
incontournable et surtout dictature de la minceur. (…). La minceur est un signe de richesse, puisqu’elle est souvent le
résultat d’une saine alimentation, de séances de gym, de loisirs et d’un certain niveau d’éducation qui vont de pair avec le
niveau de vie. Les rondeurs sont devenues synonymes de laisser-aller, de perte de contrôle face à l'abondance alimentaire
et de nourriture « bon marché ». En effet, la consommation débridée de nourriture n'est plus, comme auparavant ou
ailleurs, un signe de bien-être social, mais un stigmate du mal-être.
Source : A.Théroux-Samuel, La beauté féminine, un culte éternel et universel, Février 2009,
http://culturemagazine.ca/culture/la_beaute_feminine_un_culte_eternel_et_universel.html

Document 3 :
Il est en effet facile de constater que les critères occidentaux de beauté s’imposent de plus en plus irrésistiblement au reste
du monde. De Sao Paulo à Tokyo, en passant par Lagos ou Pékin, l’idée que l’on se fait d’une belle femme est, malgré
quelques exceptions, plus ou moins partout la même. Récemment, l’élection de Miss Monde 2007 a couronné pour la
première fois une jeune femme chinoise. Or, cette Chinoise mesurait 1 mètre 82, pesait 49 kilos, avait des yeux non
bridés, le teint pâle, le nez fin et de longues jambes. En effet, en Chine, les femmes grandes et longues sont de plus en
plus appréciées. À titre d’exemple, lorsque la compagnie aérienne China Southern a lancé une campagne télévisée pour
recruter 180 hôtesses, les candidates devaient impérativement être jeunes (moins de 24 ans), minces, et plus grandes que
la moyenne. Des milliers de jeunes femmes se sont présentées. La plupart des jeunes chinoises se soumettent aujourd'hui
à des régimes et se trouvent trop grosses, même avec un Indice de Masse Corporel (IMC) parfaitement normal. Le
maquillage, jugé autrefois décadent et contre-révolutionnaire, est de plus en plus en grande vogue. Pour preuve, le portrait
de Laetitia Casta, l'ambassadrice de L'Oréal, s'affiche un peu partout dans les centres commerciaux. A côté des
cosmétiques, la chirurgie esthétique rencontre un succès impressionnant, en particulier le débridement des yeux et le
rallongement du nez. Ces deux opérations représentaient 60 % des actes chirurgicaux enregistrés à l'Hôpital N°9 de
Shanghai au cours de l'été 2002. Dans cet hôpital, on opère chaque jour plus d'une centaine de jeunes gens à la chaîne en
moins d'une demi-heure.
Pareillement, six ans plus tôt, la nigériane Agbani Darego devenait la première Miss Monde d’Afrique noire. Elle non
plus ne ressemblait guère aux femmes de la région. Du haut de son mètre 80 pour un peu plus de 50 kg, cette jeune
femme passait presque pour squelettique en regard des standards traditionnels. Dans sa région natale, la côte de Calabar
au Nigéria, il est d’usage que les jeunes filles à marier soient confiées à des "fermes d’engraissage", le temps nécessaire
pour gagner dix à vingt kilos.
Source : A.Théroux-Samuel, La beauté féminine, un culte éternel et universel, Février 2009,
http://culturemagazine.ca/culture/la_beaute_feminine_un_culte_eternel_et_universel.html

Document 4 :
Afrik.com : Peut-on dire qu’il y a un véritable retour au cheveu afro naturel en France ?
Juliette Sméralda : Cela dépend des endroits où l’on se trouve. Dans les villes, comme Paris, où est implantée une forte
communauté d’origine africaine, le phénomène est visible et constitue une source d’inspiration pour les personnes qui ne
sont pas sûres d’elles-mêmes. Cela leur sert de modèle et renforce leur désir d’assumer leurs spécificités. ( …)Les gens
revendiquent leurs valeurs. Le phénomène intervient dans des conditions similaires à celles de l’apparition de l’afro dans
les années 60 aux Etats-Unis. Un contexte de forte discrimination où s’exprimait le refus de se plier au diktat de
l’esthétique occidentale, de l’Amérique blanche. C’est une révolte contre l’arbitraire de la société dominante.
Afrik.com : Cette mode est donc avant tout un mouvement revendicatif...
Juliette Sméralda : C’est une réaction liée au rejet ambiant et une volonté de s’assumer pleinement puisque les efforts
esthétiques, comme le défrisage, que les personnes d’ascendance africaine font en vue de s’intégrer, car c’est l’objectif
visé, restent vains. (…) Quand la société est profondément injuste, on a tendance à revendiquer son identité. Une attitude
qui vient du fait que les Africains et la diaspora antillo-guyanaise ont une meilleure connaissance d’eux-mêmes et de leur
histoire.
Afrik.com : Quand cette revendication pourra-t-elle tout simplement devenir une manière d’être ?
Juliette Sméralda : Cette revendication trouve sa raison d’être dans le fait que les personnes d’ascendance africaine
veulent devenir elles-mêmes. On a, pendant longtemps, par exemple, interdit aux Afro-américains d’accéder à des
fonctions où ils pouvaient être en contact avec le public à cause de leurs cheveux crépus. On les a donc contraints à
défriser et à rejeter leur chevelure naturelle.
Source : Interview de Juliette Sméralda, auteur de Peau noire, cheveu crépu. L’histoire d’une l’aliénation ,
http://beaute.afrik.com/L-afro-est-de-retour.html

II. Travail préparatoire 20 points

1. Expliquez la phrase soulignée (document 1) 3 points


2. Après avoir défini le terme culture, montrez que les critères de beauté relèvent aussi de facteurs culturels
(documents 1 et 2) 3 points
3. Définissez les termes statut et rôle. Expliquez en quoi les critères de beauté féminins varient en fonction
du statut et des rôles des femmes dans la société. Prenez des exemples précis (document 1) 4 points
4. Définissez les termes valeur et norme. Présentez pour chacune des 3 périodes (Moyen-Age, XVIII°
siècle, XX° siècle) les normes de beauté et les valeurs sur lesquelles elles reposent.(document 2) 4 points
5. En quoi la transformation des canons de beauté est-elle caractéristique de l’assimilation (définissez le
terme) ? (document 3) 3 points
6. Comment peut-on expliquer le retour du cheveu crêpu dans les populations d’origine africaine en
France ? Traduit-il une contre-acculturation ?(définissez le terme) (document 4) 3 points

III. Question de synthèse 20 points

Dans une première partie, vous montrerez que si, en apparence, les critères de beauté (notamment féminins) relèvent de
facteurs biologiques et universels, ils sont aussi , en réalité,influencés par des déterminants culturels. Dans une seconde
partie, vous mettrez en évidence que l’on assiste apparemment aujourd’hui à une mondialisationdes critères de beauté
traduisant l’assimilation au modèle américain.Vous relativiserez ensuite en prouvant que l’acculturation n’est jamais
passive.