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Revue de l'histoire des religions

Hoang-Sy-Quy. Le Moi qui me dépasse selon le Vedānta


André Bareau

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Bareau André. Hoang-Sy-Quy. Le Moi qui me dépasse selon le Vedānta. In: Revue de l'histoire des religions, tome 184, n°1,
1973. pp. 101-102;

https://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1973_num_184_1_10047

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NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES 101

Rudolf Otto. — West-ôstliche .1 Mystik, Dritte Auflage uberar-


beitet von Gustav Mensching, Mtinchen, Verlag C. H. Beck, 1971,
xv + 314 p. Prix : DM. 29,50. — L'ouvrage de R. Otto, dans lequel
Eckhart et l'Indien Sankara ont été analysés et choisis comme points
centraux des mystiques occidentales et orientales, a paru en 1926
et a été réédité en 1929. Depuis la mort d'Otto en 1937, il est
pratiquement introuvable. G. Mensching a donc été bien inspiré en en
donnant une troisième édition. Son initiative est d'autant plus
heureuse qu'il ne s'est pas contenté de reproduire simplement les textes
antérieurs, mais a tenu à vérifier citations et documents et surtout
à reproduire les corrections et les addenda portés par la main de
l'auteur sur son exemplaire personnel de travail. West-ôstliche Mystik
pourra-t-il cependant faire figure de « classique » au même titre que
Das Heilige ? C'est ce que les quarante-cinq ans de travaux effectués
dans le monde depuis la première édition peuvent rendre malgré
tout incertain.
Jean-Paul Roux.

Hoang-Sy-Quy. — Le Moi qui me dépasse selon le Vedânta.


Etude du concept d'Atman chez Saňkara et dans les Upanisad sous
son aspect de densité et d'intériorité, Saigon, Editions Hung Giao
Van Dong, 1971, 245 p. — Le P. Hoang-Sy-Quy est docteur en
philosophie indienne et professeur à l'Université de Saigon. Egalement
versé dans la culture chinoise et dans la culture indienne, il tente ici
d'approfondir le concept de subjectivité « universalisée » que la seconde
désigne du nom ďatman et dont elle reconnaît l'identité avec le
brahman ou essence universelle. A juste titre, il' a limité le champ
de son étude à l'école principale du Vedânta, celle qui, venant des
antiques Upanisad, aboutit à šaňkara. Bien d'autres, en Inde et en
Occident, ont traité plus ou moins du même sujet et souvent de façon
brillante, mais aucun d'eux ne l'avait abordé, et pour cause, en ayant
au fond de l'esprit des conceptions chinoises et vietnamiennes. Les
résultats obtenus, s'ils ne diffèrent pas tellement de ceux qu'ont
atteints les autres historiens de la philosophie indienne, et d'une
manière qu'il est impossible de résumer ici en quelques lignes, n'en
sont pas moins intéressants. L'exposé, appuyé sur un plan bien
articulé que la table des matières précise avec beaucoup de détails, est
très clair, malgré la haute abstraction du sujet traité, et repose sur
une riche érudition comme sur une profonde, et parfois subtile,
compréhension de la spiritualité orientale, notamment indienne.
Comme, d'autre part, le P. Hoang-Sy-Quy connaît aussi fort bien,
par la formation qu'il a reçue, la pensée occidentale, il ne manque pas,
chemin faisant, d'indiquer en quoi, sur des points précis, celle-ci se
distingue ou se rapproche de la pensée orientale, ce qui peut aider
aussi le lecteur plus familiarisé avec la première qu'avec la seconde
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à mieux comprendre cette dernière. C'est pourquoi son livre peut être
lu avec intérêt et certainement avec profit aussi bien par ceux qui

r
s'attachent à l'étude de la philosophie occidentale que par les
orientalistes.
André Bareau.

Suzanne Siauve. — Lès hiérarchies spirituelles selon l'Anuvyâ-


khyâna de Madhva (Publications de l'Institut français d'Indologie,
n° 43), Pondichéry, 1971, 116 p. — Mlle Siauve s'est fait connaître
par ses beaux travaux sur Madhva, l'un des cinq grands maîtres du
Vedànta, qui est de beaucoup le principal mouvement de pensée dans
l'Inde depuis une douzaine de siècles. Elle nous donne ici l'édition en;
nâgarï et la traduction française de six textes tirés de Y Anuvyàkhyâna
de Madhva et dans lesquels celui-ci expose sa conception des
hiérarchies spirituelles. Dans l'introduction d'une vingtaine de pages,
Mlle Siauve situe le problème dans l'hindouisme, plus précisément dans
l'œuvre de Madhva, et elle explique la solution adoptée par celui-ci,
montrant l'importance de cette hiérarchie des dieux pour le salut,
des êtres, ses rapports avec la structure de la société indienne et avec
l'expérience spirituelle des relations personnelles entre les êtres.
Elle analyse les raisons qui ont poussé Madhva à établir cette
hiérarchie où le dieu Vâyu est placé au sommet, ce qui est surprenant ; elle
en recherche les sources et aussi la signification profonde dans la
pensée de Madhva. Un appendice d'une dizaine de pages revient sur
la question des influences étrangères, chrétiennes ou musulmanes,
sur le Vedânta dualiste et montre clairement qu'il s'agit bien plutôt
de convergences purement accidentelles. On doit remercier Mlle Siauve
pour ce beau travail.
André Bareau.

Julius Evola. — Le Yoga tantrique, sa métaphysique, ses pratiques


(Documents spirituels, 4), Paris, Fayard, 1971, 322 p. — M.'- Evola-
s'est fait connaître depuis longtemps par des ouvrages de philosophie
et d'orientalisme, se rapportant en particulier au bouddhisme dont il
donne des interprétations très personnelles, fort différentes de celles
qui sont généralement admises. Le Yoga tantrique, hindou et
bouddhique, dont l'accès est difficile et qui est sans doute ce qu'il y a
de plus déroutant pour l'esprit occidental dans la pensée et les
religions de l'Inde, devait tenter M. Evola. Il faut reconnaître que celui-ci
connaît bien ce domaine, dans la mesure où il a déjà été «
débroussaillé » par les orientalistes spécialisés, et que certaines de ses idées
et de ses rapprochements,. souvent fort audacieux, sont dignes
d'attention. Cependant, la plupart de ses interprétations, qu'U présente
généralement comme des vérités acquises et indubitables, doivent
être considérées avec la plus grande prudence, ne serait-ce que pour