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‫בעזרת ה׳ יתברך‬

L'étude au quotidien
n°90
2 Shevat - 2 Nissan 5780

Mishna Yomit : Midot 1:7 - Kinim - Shabbat 1:9

© 2020 - H-M. Dahan


La reproduction partielle ou intégrale du livret est interdite
LA DIFFUSION DE CE LIVRE A ÉTÉ PARRAINNÉE PAR

Pour l'élévation de l'âme de


Hanna Sylvie Sitruk z"l

L'Association HAYÉ HANNA

• AIDE LES FAMILLES DANS LE BESOIN POUR LES FÊTES


• AIDE LES MARIÉES EN DIFFICULTÉ - HAKHNASSAT KALA
• AIDE ET VISITE LES PERSONNES ÂGÉES HOSPITALISÉES
• AIDE DANS L'ACCOMPAGNEMENT SUITE AU DÉCÈS
• DISTRIBUE DES TSITSIOT DANS LES PETITES CLASSES DES
ÉCOLES JUIVES
• DISTRIBUE DES TEHILIM PERSONNALISÉS DANS LES
ÉCOLES ET SYNAGOGUES
• FINANCE LE KOLLEL HAYÉ HANNA ET LE LIMOUD TORAH
• DISTRIBUE DES TSEDAKOT

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SOMMAIRE
ETUDE
QUOTIDIENNE HALAKHA
Kos Shel Berakha 16
A quelle heure allumer la Hanouccia ? - Famille en déplacement un soir de
Hanoucca - Combien de veilleuses allumer? - Lois de l’invité à Hanoucca
- Comment disposer la Hanouccia? - Que faire si les bougies s’éteignent?
- les Berakhot de l'allumage - L’allumage à la synagogue - Lois du Hallel

Pourim 35
Les 4 Parashiot - Le jeûne d’Esther - La lecture de la Meguila - Conduites
de celui qui manque un mot de la Méguila - Les Berakhot de la Meguila -
Matanot laEvionim - Mishloa’h Manot - Mishté - Shoushan Pourim

Bedikat Hamets 57
Qu'est-ce que le Hamets ? - Où chercher le Hamets? - Que faire après
la Bedikat Hamets ? - Différents produits Hamets - Différentes sortes
d'aliments Hamets - Les médicaments - La vente du Hamets

ETUDE
HEBDOMADAIRE PARASHAT HASHAVOUA

Bo 98
Faire vivre l'histoire de la sortie d'Egypte

Beshala'h 102
Mieux vaut vivre dans le désert

Yitro 107
La justesse effrayante du châtiment divin
Mishpatim - Shekalim 112
Les ordres d'Hashem priment sur nos sentiments

Terouma 116
La leçon du Hakham Lev

Tetsavé - Zakhor 120


Amalek - une double haine d'Israël

Ki Tissa - Para 123


Attention aux pulsions instinctives

Vayakhel-Pekoudei - Ha'hodesh 126


N'oublions pas de complimenter...

ETUDE
MOUSSAR MENSUELLE

Daniel 130
Rappel des 5 premiers chapitres - Ch. 6 : Daniel sauvé de la fosse aux
lions - Ch. 7 : La vision des 4 monstres - Les 4 exils dans le programme
d'Hashem - Le rêve commenté - Un petit entracte sur Pourim - Les 4 exils
selon le Maharal

ETUDE
LA MISHNA DU JOUR QUOTIDIENNE

Etudiez chaque jour une mishna en live en vidéo,


au www.5mineternelles.com/mishnadujour.php
grâce aux textes dans cette rubrique

Midot 1:7 - Kinim - Shabbat 1:9 170


Traduction de la lettre de recommandation du Rosh
Yeshiva,
le Gaon Rav Shmouel Auerbach zatsal
Mon cher élève, le Rav Harry Méir Dahan, m’a présenté la série de
brochures dédiée aux francophones qu’il a l’intention d’éditer et
d’appeler «5 minutes éternelles».
Cette brochure mensuelle contient un programme d’étude
quotidien de Halakha (lois appliquées), Moussar (pensée
juive) et Parachat Hachavoua (section hebdomadaire).
Heureux celui qui se préoccupe d’éterniser ne fût-ce que
5 minutes par jour, mettant de côté pour le monde à venir des
mérites incommensurables pour chaque mot de Torah étudié !
Après s’être délecté de la douceur de la Torah, il démultipliera
certainement son étude et son accomplissement des Mitsvot.
Il serait fantastique que chaque bon juif n’ayant pas encore réussi
à se fixer de temps d’étude de Torah, étudie dans ces brochures
conviviales qui abordent des Halakhot importantes touchant à
des thèmes du quotidien, et des paroles de Moussar éveillant le
cœur à la Torah et à la crainte divine.
Je lui souhaite toute la réussite possible dans cette entreprise
sainte de diffusion de la Torah au plus grand nombre. Tous ceux
qui contribueront à ce projet seront bénis du Ciel, spirituellement
et matériellement, eux et leur descendance.
Au nom du respect et de la pérennité de la Torah et du judaïsme.
Joseph Haïm Sitruk zatsal
Grand Rabbin
Jérusalem, le 23 Octobre 2011
A l’intention du Rav Arié Dahan,

Tout le monde connaît l’importance de la mitsva de


» ‫« והגית בו יומם ולילה‬
qui consiste à étudier la Torah jour et nuit. Elle n’est
cependant pas facile à accomplir pour tout le monde.

Le concept développé par le Rav Dahan à travers la brochure


«5 minutes éternelles», permet à chacun de vivre
l’expérience du limoud au quotidien.

Je tiens à souligner la qualité du travail accompli et la


richesse des sujets évoqués. Je voudrais apporter ma
bénédiction à cette initiative et encourager ses auteurs à
poursuivre leurs efforts.

La réalisation d’un tel projet présente évidemment des


difficultés. C’est pourquoi soutenir «5 minutes éternelles»
apportera un grand mérite à ceux qui le pourront.
EDITO

Il y a des situations bloquées de la vie, dans lesquelles il


faudrait une multitude de miracles successifs pour espérer le
dénouement. Imaginez par exemple une femme à terme dont le
fœtus est en danger, alors que le travail tarde à se déclencher. Dans
un premier temps, on lui administre de l’ocytocine qui ne provoque
que de faibles contractions, qui, de surcroît, ralentissent le pouls
de l’embryon. Les médecins tentent toutes sortes de procédés,
de massages, de positions différentes… Son mari applique met
en pratique tous les conseils de Segoulot.com, envoie des faxes
au Kotel et aux Kabbalistes du net, et offre même de beaux dons
au Vaad HaRabanim [au-moins un petit geste positif !]… Mais rien ne
bouge !
Les heures passent… Certes, à un moment, le pouls du petit
arrête de diminuer à chaque contraction, mais ce sont à présent
des douleurs insupportables qui affaiblissent la future maman. Si
ça continue, elle n’aura plus la force d’expulser le bébé, la pauvre.
Comme elle commence à en vouloir à Hava d’avoir cédé au serpent !
Au bout d’un moment, le gynéco entre dans la salle pour la
préparer au cauchemar des 9 derniers mois… « L’opération s’avère
inévitable ! », dit-il. La pauvre fond en larmes… Et son mari aussi !
Il fonce à la synagogue de l’hôpital, et implore –enfin !– Hashem
du plus profond de son âme. Il médite sur la petitesse de l’homme,
de la science, et supplie Celui qui détient la clé de la délivrance de
lui venir en aide. Alors qu’il plonge dans sa méditation, on lui tape
soudainement sur l’épaule… Un étranger venu de la maternité lui
annonce qu’il doit revenir d’urgence car le travail s’est déclenché !
Il court dans la chambre devenue un véritable champ de bataille… Il
fait abstraction de tous, et dit avec ferveur le Tehilim 20 : « Yaanekha
Hashem BéYom Tsara… – Qu’Hashem t’exauce au jour de détresse,
que le nom du Dieu de Yaakov te protège… Puisse-t-il t’accorder ce que
ton cœur désire et accomplir tous tes desseins… A cet instant, je sais
qu’Hashem soutient son oint, qu’Il lui répond des cieux – siège de Sa
sainteté, par l’aide puissante de Sa droite ! »
Il n’a pas le temps de le répéter pour la 3e fois, qu’il entend déjà
les gémissements du petiot… Des flots de larmes jaillissent de ses
yeux, et il remercie de tout son cœur « Celui qui délivre les prisonniers,
affranchit les humbles, épaules les misérables, Celui qui sauve son
peuple d’Israël lorsqu’il L’implore » ! [Emet véYatsiv du matin]

D es situations bloquées dont le dénouement semble complexe,


l’on en rencontre très souvent. Avez-vous déjà médité sur le
nombre de miracles qui doivent s’enchaîner pour qu’une simple
graine éclose et donne son fruit ?! La Guemara [Berakhot 33a] dit que
l’on mentionne la puissance de la rosée dans la Berakha de la
résurrection des morts, parce que ces 2 événements sont du
même ordre. Il s’agit de jeter dans la terre à nu un résidu de vie,
qui va totalement flétrir, moisir, disparaître même, pour faire
ensuite renaître du presque-néant la vie, qui va de surcroît renaître
recouvert avec des enveloppes / vêtements ! [Cf. Ketoubot 111a]
Voilà donc une succession de miracles grandioses, qui doit
impérativement se réaliser à un instant précis, que le Maître du
monde ne cesse de réaliser constamment, par Sa parole…
Et bien, figurez-vous qu’Hashem nous demande de vivre à fleur
de peau la conviction qu’Il nous sortira de cet exil parce que Sa
parole a promis de nous délivrer !!! Hashem le dit explicitement
par l’intermédiaire du Prophète [Yeshaya 55 :10-12] :

‫ִּכי ַ ּכ ֲא ׁ ֶשר יֵ ֵרד ַה ֶ ּג ׁ ֶשם וְ ַה ׁ ּ ֶשלֶ ג ִמן ַה ׁ ּ ָש ַמיִ ם וְ ׁ ָש ּ ָמה ל ֹא יָ ׁשוּב ִּכי ִאם ִה ְרוָ ה‬
ָ ‫ֶאת ָה ָא ֶרץ וְ הוֹ לִ ָיד ּה וְ ִהצְ ִמ‬
ֹ ָ‫יח ּה וְ נָ ַתן זֶ ַרע לַ ּז ֵֹר ַע וְ לֶ ֶחם ל‬
‫ ֵ ּכן יִ ְהיֶ ה ְד ָב ִרי‬:‫אכֵ ל‬
ַ ִ‫שה ֶאת ֲא ׁ ֶשר ָח ַפצְ ִּתי וְ ִהצְ ל‬
‫יח‬ ׂ ָ ‫יקם ִּכי ִאם ָע‬ ָ ‫ֲא ׁ ֶשר יֵ צֵ א ִמ ִּפי ל ֹא יָ ׁשוּב ֵאלַ י ֵר‬
‫ש ְמ ָחה ֵתצֵ א ּו ו ְּב ׁ ָשלוֹ ם ּתו ָּבלוּן ֶה ָה ִרים וְ ַה ְ ּג ָבעוֹ ת יִ ְפצְ ח ּו‬ ׂ ִ ‫ ִּכי ְב‬:‫ֲא ׁ ֶשר ׁ ְשלַ ְח ִּתיו‬
‫ש ֶדה יִ ְמ ֲחא ּו כָ ף‬ ׂ ָ ּ ‫לִ ְפנֵ יכֶ ם ִר ָ ּנה וְ כָ ל ֲעצֵ י ַה‬
Comme la neige et la pluie qui descendent du ciel, n’y retournent pas
sans avoir humecté la terre, sans l’avoir fécondée et faite produire,
pour assurer la semence au semeur et le pain au consommateur,
Telle est ma parole : une fois sortie de ma bouche, elle ne me revient
pas à vide, sans avoir accompli mon vouloir et mené à bonne fin la
mission que je lui ai confiée.
Aussi, avec joie vous sortirez [d’exil], et avec paix, vous reviendrez !
Montagnes et collines éclateront de cris d’allégresse devant vous, et
tous les arbres des champs battront des mains !

J e suis à chaque fois très ému par les retours chaleureux des
lecteurs qui apprécient le thème de la Galout et de la Géoula –
l’exil et la rédemption. Qu’il s’agisse de la Igueret Teiman, du Shir
haShirim ou du livre de Daniel, traiter de ce thème égaie, parce
qu’il ravive en nous l’espoir. Essentiellement, parce qu’il permet de
réaliser que toutes les épreuves et événements de l’histoire –aussi
durs pouvaient-ils être! – entrent tous dans un ordre précis qui
vise à nous préparer au Grand-jour, lorsque Hashem dévoilera Sa
lumière sur terre.
Je ne vous cache pas que, moi-même, j’ai parfois peur d’y croire
à fleur de peau. Non pas parce que je doute de quoi que ce soit,
Has Veshalom ! Mais plutôt, parce qu’instinctivement, on craint
d’essuyer une déception. Comme me le dit une fois une vieille
dame : « Ah, le Mashia’h, ça fait déjà 30 ans qu’on nous en parle
tous les jours ! » A toute époque, tant de charlatans ont fixé des
dates-butoir qui n’ont amené au peuple d’Israël qu’amertume et
découragement… Inconsciemment, l’on a peur de buter sur une
nouvelle embuche…
Je suis sûr que ce dilemme est vécu par nombre d’entre nous. D’un
côté, si c’est écrit, alors on est prêt à y croire sans équivoque. Mais
que «SI» c’est vraiment écrit, si c’est vraiment l’intention du texte.
Inconsciemment, on craint que la rédemption ne tarde davantage,
prouvant alors que l’on n’avait pas bien lu le texte. Paradoxalement,
on refoule ces espérances sans vraiment croire par souci de
vraiment croire !
Je suppose que c’est la raison pour laquelle nos chers lecteurs
apprécient particulièrement les études autour du thème de la
Galout et de la Guéoula, car ils parviennent, dans notre approche
rationnelle aux textes, à abreuver et apaiser leur soif de croire
vraiment.

A u programme de ce 90e numéro du 5 minutes éternelles, nous


continuerons en Moussar l’étude du livre de Daniel, en abordant
à présent les 6e et 7e chapitres – ce ch.7 étant une révélation sur les
4 exils et la venue du Mashia’h, que nous étudierons à la lueur des
écrits du Maharal. En Halakha, nous continuerons notre avancée
dans les lois des Berakhot, en découvrant le ch.182 et 183 qui
portent sur le Kos Shel Berakha – le verre de vin sur lequel on dit
le Birkat haMazon. Et à l’approche de Pourim puis de Pessa’h, nous
étudierons les lois relatives à la période.
Et une nouvelle rubrique pour ce numéro 90 : la question du
Shabbat. Voilà plusieurs mois que l’on nous a suggéré de proposer
pour la table du Shabbat une question-réponse commentée à lire
en famille, qui traite à chaque fois d’un thème différent.
En vous souhaitant une agréable étude…

Harry Méïr Dahan


Le

a besoin de vous pour


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Torah au grand public.
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Présentation
Au milieu du XIXe siècle, vivait en Europe centrale un juif très pauvre.
Ses conditions de vie étaient devenues si difficiles qu’il décida, d’un
commun accord avec sa femme, de partir pour 3 ans afin de tenter sa
fortune ailleurs. Qui sait ? Peut-être ferait-il fortune ?
Il embarqua à bord d’un bateau et vogua longtemps avant d’arriver dans
une terre lointaine. Là-bas, les valeurs étaient totalement inversées :
les pierres précieuses se ramassaient à la pelle, mais le sable était une
denrée rare ! Voyant cela, il se réjouit : « Ma fortune est faite ! Je me
remplis quelques sacs et je repars tout de suite ! » Mais il n’y avait pas
de bateau de retour avant un an. Il décida donc de prendre son mal en
patience. Pour pouvoir subvenir à ses besoins pendant ce temps, il se
lança dans les affaires et devint peu à peu un importateur de sable.
La chance lui sourit enfin et il fit fortune. L’année écoulée, il trouva
dommage de s’arrêter en si bon chemin alors qu’en s’attardant un peu
plus il pourrait amasser une richesse colossale, mettant à jamais sa
descendance à l’abri du besoin.
Passés les trois ans convenus, il se prépara à rentrer au bercail, en
pacha, avec 5 navires pleins… de sable ! Arrivé à quelques miles de
la côte, une terrible tempête se déchaîne et fait couler les bateaux. Il
parvient tant bien que mal à regagner la terre ferme.
Sa femme, ses enfants et tous ses proches, l’attendaient
impatiemment ; qu’allait-il ramener ?! A peine mit-il pied à terre
qu’il fondit en larmes dans les bras de sa femme, laissant échapper
entre deux sanglots quelques détails sur ses déboires. Sa femme
commença elle aussi à se lamenter sur leur sort, lui tâtant les
poches : « Toutes ces années, et il ne te reste plus rien ! » Soudain,
elle remarqua qu’une de ses poches était quelque peu renflée. Elle y
plongea sa main et en sortit 5 pierres précieuses. « Sacré comédien!
On commençait vraiment à y croire, à tes histoires de tempête! »
En une fraction de seconde, le malheureux se souvint des réelles valeurs
du pays : «Quel sot ! De telles pierres, j’en avais en abondance ! »
Le monde futur, c’est un des fondements de notre Emouna (croyance).
Nous ne savons pas vraiment à quoi il ressemblera, de quelle nature
sera l’éternel bien-être; c’est sûrement la raison pour laquelle nous nous
oublions, happés par l’appât d’un gain absurde, bien que nécessaire pour
survivre le temps de ce passage sur terre temporaire.
Et pourtant, n’importe quel juif a déjà vécu des moments de remise en
cause, se hissant pour quelques instants hors du tourbillon qui l’aspirait,
et entendu en lui une voix profonde qui appelait à la rescousse. Cette
voix, c’est la voix du Sinaï, celle qui ancra dans l’âme du Ben Israël le
« Je suis l’Eternel ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Egypte ». Depuis ce
jour, le juif se métamorphosa. Aussi éloigné fut-il, voire même en
méditation au bord d’un fleuve d’Inde, Has Véchalom, cette voix hurle
tôt ou tard, parfois sous la forme d’un message flou, se traduisant
uniquement par un sentiment étouffant de mal-être ! Cette voix
c’est celle de l’âme qui a soif, soif de vraie spiritualité, soif de Torah.
Alors à vous tous qui souhaitez apaiser quelque peu cette voix, nous
proposons ce livre, qui vous permettra d’amasser quotidiennement
5 minutes d’éternité ! Ca ne parait peut être pas grand-chose, mais
lorsqu’on parle d’éternité, chaque minute représentera bien plus que les
5 pierres précieuses de notre parabole.
D’autant plus que depuis 5 ans de parution déjà, nous avons eu l’occasion
d’amasser jour après jour des connaissances vastes et précises de
maints sujets, de Halakha –lois appliquées– comme de Moussar –
pensée juive.
Nombre de lecteurs qui contemplaient avant une bibliothèque de Torah,
en regardant tous ces gros volumes de Talmud, Choul’han Aroukh ou
Mishna Beroura, ou qui lisaient machinalement tant de textes de prière
sans vraiment comprendre leur structure, éprouvent aujourd’hui une
grande familiarité avec leur Torah ancestrale.
Alors, à tous ceux qui découvrent ce mensuel, joignez-vous donc à
notre récolte d’au moins 5 petites pierres précieuses quotidiennes !
HALAKHA - Kos Shel Berakha
M A R D I
2 Shevat 5780
28 / 01 / 20

Le Kos Shel Berakha – Introduction [ch.182-183]


Nous débutions le mois dernier les lois du Birkat haMazon –ou plus
précisément, l’approche du Birkat haMazon–, à travers les lois du Maïm
A’haronim et de l’interruption à la fin du repas. Au programme de ce
mois, nous ferons un pas supplémentaire vers le Birkat haMazon, en
découvrant les lois du verre de vin sur lequel on dit le Birkat.
Commençons par nous mettre dans l’ambiance du Birkat haMazon
de l’époque… Un verset de Mishlei [14:28] dit: ‫ב ָרב ָעם ַה ְד ַרת ֶמלֶ ְך‬ 
ּ ְ - Quand
la nation s’accroît, c’est une gloire pour le roi. Nos Maîtres déduisent qu’il
faut toujours préférer glorifier Hashem en public, par plusieurs personnes,
plutôt qu’individuellement. Aussi, lorsque plusieurs s’attablaient
ensemble, l’usage de l’époque était d’honorer l’un des convives à dire
le Birkat haMazon à voix haute pour acquitter tous les convives.
Pour marquer davantage la solennité de la louange, nos Maîtres
instaurèrent le Kos Shel Berakha – dire le Birkat haMazon en saisissant
un verre de vin. Comme le dit le verset de Tehilim [116] : ‫שא‬ ׂ ָ ּ ‫כּ וֹ ס יְ ׁשוּעוֹ ת ֶא‬
‫ – ו ְּב ׁ ֵשם ה’ ֶא ְק ָרא‬Je lèverai la coupe du salut, et proclamerai le nom de
Hashem – à l’instar de celui qui porte un toast en l’honneur de son hôte,
et lève son verre pour exprimer ses sentiments et bénédictions.
C’est encore dans cet esprit que nos Maîtres instaurèrent le Zimoun
ch.192] –invitation– lorsque 3 personnes mangent ensemble, afin
[chou-ar.
de bien marquer la solennité de la Berakha en les invitant à glorifier
Hashem en restant attentifs, comme nous l’étudierons plus tard.
Au fil du temps, les convives devenaient de moins en moins attentifs au
Birkat haMazon du délégué, jusqu’à manquer parfois de s’acquitter de cette
grande Mitsva. Aussi, s’est répandu l’usage que chacun dise soi-même le
Birkat haMazon à voix basse en même temps que le délégué. [ch.183 §7] Puis cet
usage fut encore escamoté, pour arriver aujourd’hui à ce que chacun dise
individuellement le Birkat haMazon à voix haute, à sa cadence. Néanmoins,
les Mitsvot du Kos Shel Berakha et du Zimoun sont restées en vigueur.

16 Leillouï nichmat Dov ben Yehoudit z"l


HALAKHA - Kos Shel Berakha
MERCREDI
3 Shevat 5780
29 / 01 / 20

Question : Sommes-nous imposés de la Mitsva du Kos Shel Berakha –


dire le Birkat haMazon en saisissant un verre de vin en main ?
Réponse : Il n’y a pas d’obligation à dire le Birkat haMazon en saisissant
un verre de vin, mais une belle Mitsva uniquement, par laquelle on
témoigne l’importance que l’on porte à cette Berakha.
Attention : la Mitsva de dire le Birkat haMazon en saisissant un verre de
vin n’est en vigueur que lorsque l’on est imposé du Zimoun – que l’on
a mangé en compagnie de 2 convives. Par contre, celui qui a mangé
seul ne saisira pas de verre de vin lorsqu’il dira le Birkat haMazon.
Explications :
a. Le Choul’han Aroukh [ch.182 §1] rapporte une discussion concernant le
devoir de dire le Birkat haMazon en saisissant un verre de vin. Certains
pensent que l’on en est obligé en toutes circonstances, d’autres
pensent que l’on en est imposé que lorsque 3 personnes au moins
mangent ensemble et disent le Zimoun. Précisons que, selon ces 2
avis, lorsque l’on remplit les conditions pour être imposé du vin du
Birkat haMazon, il devient défendu de débuter le repas si l’on n’a pas
ensuite du vin pour dire le Birkat haMazon ! [Ibid.]
Concrètement, le Choul’han Aroukh et le Rama retiennent un 3e avis,
qui considère le verre du vin du Birkat haMazon comme un usage
certes appréciable, mais pas obligatoire.
b. Selon le Zohar [Cf. Kaf haHaïm §1], cet usage n’est en vigueur que si 3
personnes mangent ensemble et sont imposées du Zimoun. Par
contre, celui qui dit le Birkat haMazon tout seul ne le dira pas sur du
vin. Tel est l’usage retenu en général par l’ensemble des obédiences.
Notons tout de même que certains souhaitent satisfaire l’avis qui
impose toujours de dire le Birkat haMazon sur le vin même lorsque
l’on mange seul, sans toutefois enfreindre l’injonction du Zohar. Pour
eux, le Rama [§2] propose un compromis : poser devant soi un verre de
vin lorsque l’on dit le Birkat haMazon sans le saisir en main. Certaines
communautés ashkénazes ont retenu cet usage.
Refoua Shelema à Avraham Ori ben Réout
17
HALAKHA - Kos Shel Berakha
J E U D I
4 Shevat 5780
30 / 01 / 20

1. Les femmes s’abstiendront de la Mitsva du Kos Shel Berakha – dire


le Birkat haMazon sur un verre de vin. Bien que 3 femmes qui mangent
ensemble aient le droit de dire le Zimoun si elles le veulent [comme nous
l’apprendrons au ch.199 §7], le Kaf haHaïm [§2] leur enjoint de s’abstenir de dire le

Birkat haMazon sur du vin pour des raisons kabbalistiques.


2. La Guemara loue et promet de grandes Berakhot à celui qui dit le Birkat
haMazon sur un verre de vin. Notamment, la prospérité, hériter et jouir
de ce monde présent et du monde futur. Et une Berakha particulière
pour les femmes : un fruit des entrailles !
Aussi, un homme qui dit le Birkat haMazon sur du vin s’efforcera d’en
donner à goûter à sa femme –et même si elle ne s’est pas attablée
avec lui–, afin qu’elle mérite d’enfanter dans la Berakha. [Chou-Ar. ch.183 §4 ]
3. Concluons l’introduction au Kos Shel Berakha en présentant les grands
titres. Notons au passage que ces lois concernent aussi la plupart des
Berakhot qu’il faut dire sur un verre de vin – telles que le Kidoush du
Shabbat matin, la Havdala, la Berakha du mariage, du Brit Mila.
Le ch.182 du Choul’han Aroukh traite du choix de la boisson : faut-il
nécessairement prendre du vin, ou bien, s’acquitte-ton aussi avec une
autre boisson ? Puis nous apprendrons les lois du vin invalidé parce
qu’il a été goûté, ainsi que les moyens de réparer ce défaut.
Quant au ch.183, il détaillera les 10 conditions requises pour
accomplir pleinement la Mitsva du Kos Shel Berakha. La Guemara [Berakhot
51a] enseigne : « Le verre de la Berakha [du Birkat haMazon] requiert 10
conditions : qu’il soit rincé, lavé, ‘vivant’, rempli, ‘couronné’, ‘enveloppé’,
qu’il le saisisse avec ses 2 mains, et qu’il le donne dans la main droite, qu’il
le soulève à une hauteur d’un Tefa’h [poing], qu’il le fixe des yeux. Certains
ajoutent, qu’il l’envoie en cadeau à sa femme. » Comme vous pouvez
le constater, certains termes sont assez ambigus, et feront l’objet de
quelques débats, comme nous le découvrirons.

18 Zivoug Hagoun à Hava Muriel Fleur bat Jeanne


HALAKHA - Kos Shel Berakha
VENDREDI
5 Shevat 5780
31 / 01 / 20

Question : Si l’on n’aime pas tellement le vin, peut-on dire le Birkat


haMazon en saisissant un verre d’une autre boisson ?
Réponse : Cette question nous renvoie à un sujet commun à la plupart
des Berakhot que nos Maîtres ont instaurées sur un verre de vin : le
Hemar Medina – litt. la boisson nationale. L’on est par ex. confronté
à ces lois pour le Kidoush du Shabbat matin, où certains substituent le
vin par de la bière ou d’autres boissons alcoolisées, lorsque certaines
conditions sont remplies. [Cf. 5 minutes éternelles n°66 – 15 Av 5776]
Pour ce qui concerne le verre du Birkat haMazon, les décisionnaires
ashkénazes se montrent un peu moins strictes que pour les lois du
Kidoush, du fait que dire le Birkat haMazon sur le verre de vin n’est de
toute façon pas obligatoire. En revanche, les séfarades se montrent
tout aussi rigoureux, car, justement, parce que l’on n’est pas imposé,
il vaut mieux ne rien faire plutôt que de mal faire ! Comme l’explique
le Kaf haHaïm [§9], puisque l’usage du verre de vin vise à honorer et
valoriser le Birkat haMazon, il serait alors effronté de saisir une boisson
bégnine et témoigner ainsi d’un mépris pour la Berakha !
Concrètement :
- Pour un séfarade, si l’on obtient difficilement du vin dans la ville,
et par conséquent, les gens ont l’usage d’honorer leurs convives par
une autre boisson, cette boisson ‘importante’ prendra alors le statut
de Hemar Medina. Mais tant qu’il y a du vin dans la ville, l’on préfèrera
dire le Birkat haMazon sans aucun verre, plutôt que de saisir une autre
boisson. [Chou-Ar ch.182 §2]
- Pour un ashkénaze, lorsque le vin coûte trop cher pour se permettre
d’en boire à chaque repas, l’on pourra utiliser un autre Hemar Medina,
même lorsque cette boisson n’est pas alcoolisée, à condition qu’elle
soit assez importante pour honorer un invité à en boire un verre. [Rama Ibid.]
Toutefois, lorsque l’on possède du vin [ou du jus de raisin] à la maison,
l’on préfèrera à priori le vin au Hemar Medina. [MB ch.182 §7]

Leillouï nishmat Amram Yona ben Hana z’’l


19
LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
6 Shevat 5780
01 / 02 / 20

Question : Lors de la lecture de la Torah du Shabbat, l’officiant ponctue


mal un mot à la 3e montée. Par ex.: au verset ‫שה ֶאת ֲאחוֹ ֵתנ ּו‬ ׂ ֶ ‫ַהכְ זוֹ נָ ה יַ ֲע‬
(Bereshit 34:31). Au lieu de lire ‫שה‬
ׂ ֶ ‫[ יַ ֲע‬Ya’assé], il dit ‫שה‬
ׂ ֶ ‫[ יֵ ֲע‬Yé’assé]. Soit, ‘faire’
à la forme directe devient ‘faire faire’, à la forme factitive – une faute
qui change la signification du texte [Cf. MB ch.142 §4] car « peut-il se conduire
mal envers elle? » devient « peut-on mal la considérer ? ». Sur le moment,
certains soulèvent l’erreur, mais l’officiant ne prête pas attention. Ce
n’est qu’après la 5e montée qu’un fidèle se lève et demande que l’on
revienne en arrière… A postériori, faut-il reprendre ce passage ?
Réponse : Selon la loi stricte, lors de la prochaine montée [la 6e], l’offi-
ciant pourra revenir lire le verset manqué [de la 3e montée], lire aussi les
2 versets qui suivent, puis reprendre le cours normal de la lecture, depuis
la 6e montée. [La Mitsva de lire la Torah est en effet validée à postériori
lorsque les séquences sont lues dans le désordre – cf. Levoush ch.137]
A priori toutefois, il fera mieux de revenir sur le verset mal lu, et de
continuer ensuite la lecture suivie de la Parasha, jusqu’à la 6e montée
incluse. [MB ch.142 §4 & Shaar haTsioun §3, et Kaf haHaïm ch.142 §5]
Si l’on a complètement achevé la lecture de la Torah, ou si l’on a rangé
le Sefer Torah, ou même, si l’on a prié Moussaf, il faudra ressortir le
Sefer Torah, et lire le verset mal lu, ainsi que les 2 versets qui suivent.
[Chou-Ar. ch.137 §3] [Et s’il ne reste pas 3 versets jusqu’à la fin du paragraphe,
il faudra aussi lire 3 versets du paragraphe suivant.]
Lorsqu’on ressortira le Sefer Torah pour compléter le verset manquant, il
faudra dire les Berakhot d’avant et d’après la lecture. [MB ch.137 §9, Kaf haHaÏm §8]
Attention: ces lois ne concernent qu’une faute qui modifie le sens du
texte – parce que l’on a manqué une lettre, changé une syllabe, ou,
dans certaines circonstances, parce que l’on a mal découpé le texte se
trompant dans les Taamim. Par contre, une faute qui ne modifie pas le
sens du terme doit certes être corrigée sur le moment, mais n’impose
pas à postériori de revenir en arrière pour la réparer.

20 Leillouï nichmat Dov ben Yehoudit z"l


HALAKHA - Kos Shel Berakha
DIMANCHE
7 Shevat 5780
02 / 02 / 20

Le vin Pagoum [abîmé]


1. Le livre de Malakhi s’ouvre avec une sévère remontrance aux
Bnei Israël qui offraient au Beit haMikdash des sacrifices de qualité
médiocre, qui, de surcroît, ne comprenaient même pas ce que Hashem
leur reprochait. Ainsi, le Prophète les fustige [Malakhi 1:8] :
ֵ ‫וְ כִ י ַת ִ ּג ׁשוּן ִע ֵ ּור לִ זְ בּ ַֹח ֵאין ָרע וְ כִ י ַת ִ ּג ׁיש ּו ִּפ ֵּס ַח וְ חֹלֶ ה ֵאין ָרע ַה ְק ִר‬
‫יבה ּו נָ א‬
‫יך ָא ַמר יְ הוָ ה צְ ָבאוֹ ת‬ָ ֶ‫שא ָפנ‬ ׂ ָ ּ ִ‫לְ ֶפ ָח ֶת ָך ֲהיִ ְרצְ ָך אוֹ ֲהי‬
« Lorsque vous offrez en sacrifice un animal aveugle, [vous ne voyez]
aucun mal ! Si l’animal est boiteux, malade, là non plus, aucun mal ! [Mais
dîtes donc] si tu apportais ce présent à ton magistrat, l’accepterait-il ?!
T’accorderait-il en retour une faveur ?! », parole d’Hashem.
Dans maints domaines de Halakha, nos Maîtres ont invalidé à partir de
ce verset des objets de Mitsva parce qu’ils les ont estimés méprisants,
indignes d’être offerts même à un simple magistrat.
Ce type d’invalidité se retrouve dans le Kos Shel Berakha –le vin sur
lequel on dit Birkat haMazon, le Kidoush etc.– de plusieurs manières.
La Guemara [Baba Batra 97b] invalide par ex. un vin resté découvert sans
surveillance, de peur qu’un serpent y ait craché son venin ; bien qu’il
soit peut-être possible de filtrer ce vin, il demeure invalide « parce qu’il
n’est pas digne d’apporter une telle offrande au gouverneur ! »
2. Dans notre chapitre 182, le Choul’han Aroukh rapporte qu’un verre de
vin duquel on a bu est invalidé, pour cette même raison.
Comme dans tous les domaines de Halakha, cette invalidité est définie
par des règles précises, qu’il est parfois possible de contourner et
même de réparer, en versant un peu de vin ‘propre’ sur ce vin goûté
– bien qu’objectivement, le gouverneur serait probablement tout
aussi offusqué d’apprendre qu’il boit du vin goûté et recyclé ! Cette loi
originale prouve qu’en fait, le vin goûté devient invalide non pas parce
que répugnant mais parce qu’il est servi en 2e au gouverneur. Aussi,
rajouter du vin dessus est considéré comme un nouveau verre, comme
nous l’expliquerons.
Hatslakha à notre imprimeur Dan Pérez !
21
HALAKHA - Kos Shel Berakha
L U N D I
8 Shevat 5780
03 / 02 / 20

1. Il est interdit de dire le Kidoush ou le Birkat haMazon sur un vin à


partir duquel on a déjà bu même une seule goutte. Par ex. si après avoir
rempli le verre de Kidoush, quelqu’un goûte ne serait-ce qu’une goutte
de vin, ce vin devient a priori impropre pour le Kidoush.
2. De même, si on a bu de la bouteille, tout le vin de la bouteille devient
Pagoum. Sauf si l’on boit d’un grand tonneau, où l’on tolère à postériori
d’utiliser le vin du tonneau pour le Kos Shel Berakha. [Chou-Ar. ch.182 §3]
3. Si on dit la Berakha sur un verre de vin, mais qu’au lieu de le goûter
directement, l’on en verse d’abord dans un autre verre ou même dans
le creux de la main, le reste du verre ne sera pas invalidé. [Ibid.]
Mieux encore, si l’on trempe le doigt dans le verre et que l’on goûte le
vin à partir du doigt, le vin du verre n’est invalidé. [MB §18]
En revanche, si l’on goûte directement du verre mais en veillant à le
verser dans la bouche sans poser les lèvres sur le verre, le vin resté
dans le verre sera invalidé. [Kaf haHaïm §19 au nom du Graz]
Ces Halakhot prouvent au passage que l’invalidité du vin goûté n’est
pas une question de répugnance, mais une question de priorité – car
il va sans dire que le doigt trempé dans le verre répugne bien plus que
le vin versé dans le gosier, sans que les lèvres ne touchent le verre !
4. Si l’on boit d’un verre de vin, et que l’on verse le vin restant dans
la bouteille, il se peut que tout le contenu de la bouteille soit aussi
invalidé ainsi. Concrètement, cette situation nous confronte aux lois
des mélanges interdits, lorsqu’il s’agit de liquides. Succinctement [MB
§27-28] :

- si le volume du vin goûté est supérieur à celui du vin de la bouteille,


tout le vin de la bouteille devient impropre au Kos Shel Berakha.
- Mais si le volume du contenu de la bouteille est supérieur au reste versé,
la bouteille pourra être utilisée pour le Kidoush ou Kos Shel Berakha.
A priori, l’on ne remettra pas le reste du verre dans la bouteille tel quel.
Il faudra d’abord le ‘réparer’, comme nous l’apprendrons demain.

22 Leillouï nichmat Shimon ben Eliahou veKouka z"l


HALAKHA - Kos Shel Berakha
M A R D I
9 Shevat 5780
04 / 02 / 20

Comment réparer le vin Pagoum ?


Il existe un moyen de réparer le vin Pagoum [goûté], en versant par-
dessus un peu de vin propre. Constatons que nos Maîtres n’ont pas
qualifié l’invalidité du vin goûté par le terme de ‘Passoul ‘– invalidé,
mais par ‘Pagoum’ –manquant/déficient– laissant entendre qu’il peut
être arrangé. [MB §29] Expliquons le principe de cette réparation.
Comme nous le définissions, le problème du vin goûté pour le Kos Shel
Berakha n’est pas une question de répugnance, mais de mépris que
témoigne le fait de lever un ‘reste’ de verre pour glorifier Hashem.
Cette définition est prouvée de plusieurs lois assez surprenantes.
Par ex. tremper son doigt pour goûter le vin est sans aucun doute plus
rebutant que le fait de boire en versant du vin dans la bouche sans que
les lèvres ne touchent le verre ; et pourtant, la Halakha n’invalide que
le 2e cas, et pas le premier.
Ou encore, boire avec une paille n’invalide pas le reste du vin du verre
On considère en effet que le vin aspiré est ‘transvasé’
[Shaarei Teshouva §10].
dans un autre ustensile –la paille– pour être ensuite bu depuis ce
dernier ustensile ; le vin demeuré dans le verre ne prend donc pas
le statut de ‘reste’. Or, là aussi, si le vin goûté devenait invalide car
répugnant, il n’y aurait aucune différence entre boire avec une paille ou
boire du verre directement !
Ces lois nous amènent à déduire que le problème du vin Pagoum est
une question d’ordre, d’effronterie : comment oser servir au roi en 2e
position, après que l’on ait déjà bu de ce verre à une autre occasion ?
Par conséquent, lorsque l’on boit d’un verre et que l’on reverse ensuite
du nouveau vin, le vin fraîchement servi modifiera le statut de tout le
verre, qui cessera alors d’être un ‘reste de verre’.
Par extension, l’on pourra aussi ‘tirer sur la ficelle sans la craquer’, jouer
avec les règles et limites de la Halakha pour réparer même un litre de
vin en versant dessus quelques gouttes uniquement, parce que ce
petit ajout sera concrètement défini comme un nouveau service.
Leillouï nichmat Sol bath Sim'ha z"l
23
HALAKHA - Kos Shel Berakha
MERCREDI
10 Shevat 5780
05 / 02 / 20

1. Question : Vendredi soir, pendant le repas de Shabbat, David se


sert un verre de vin et commence à boire. Soudainement, sa femme
se rappelle qu’elle a oublié de ravitailler les stocks de vin, et qu’il vaut
mieux limiter la consommation afin de garder suffisamment de vin
pour le Kidoush et la Havdala du lendemain. David peut-il reverser son
verre dans la bouteille ?
Réponse : David devra ‘réparer’ le vin de son verre auparavant. Aussi,
il devra d’abord verser du bon vin de la bouteille sur le vin qu’il a goûté,
et il pourra alors reverser le tout dans la bouteille.
Rappelons que si David ne répare pas son verre directement, il
n’invalidera pas à postériori le vin de toute la bouteille, si le volume du
contenu était supérieur à celui du vin goûté.
2. A postériori, lorsque l’on ne possède que du vin Pagoum, l’on pourra
quand même dire dessus le Kidoush ou le Birkat haMazon. [Chou-Ar. ch.182 §7]
3. Aussi, si au milieu du repas du Shabbat, un invité imprévu arrive et
souhaite dire le Kidoush, s’il ne reste plus de vin dans la bouteille, il sera
à postériori permis de récupérer du vin servi dans les autres verres
pour composer un Kos Shel Berakha.
Mais attention : si l’on a moyen de ‘réparer’ ce vin, il faudra procéder
ainsi a priori. Aussi, s’il reste dans la bouteille un petit fond, ou encore,
si l’un des convives n’a pas encore goûté de son verre, l’on commencera
par remplir le verre du Kidoush avec le vin de récupération, puis l’on
ajoutera à la fin les quelques gouttes de vin qui n’ont pas été goûtées.
4. Question : Est-il possible de réparer du vin Pagoum en y ajoutant un peu d’eau ?
Réponse : Bien que le Choul’han Aroukh tolère, les contemporains
préconisent d’éviter a priori, sauf lorsque le vin est très fort.
Toutefois, lorsque l’on ne possède de toute façon que du vin Pagoum,
sans aucune possibilité de le réparer en y versant du bon vin ou jus de
raisin, l’on veillera alors à ajouter un peu d’eau, à partir d’un verre d’eau
duquel on n’a pas bu. [Chou-Ar. ch.182 §3]

24 Refoua Shelema à Ari Akiva ben Sha’har


HALAKHA - Kos Shel Berakha
J E U D I
11 Shevat 5780
06 / 02 / 20

Rappel : a priori, les contemporains préconisent d’éviter de réparer le


vin ‘Pagoum’ en ajoutant de l’eau, sauf si le vin est très fort.
1. Le vin de l’époque était si fort et épais, que l’usage était de le couper
à l’eau, en ajoutant souvent jusqu’à 2 mesures d’eau pour une mesure
de vin. L’eau s’avérait donc une composante essentielle du vin, et était
de ce fait concernée par les lois du vin Pagoum.
Concrètement, cette directive implique 2 cas de figure réciproques :
- Si l’on boit d’un verre d’eau, et que l’on verse le reste de l’eau sur du
bon vin, l’on invalide ainsi tout le vin du verre. [Chou-Ar §3]
- Et si le vin du verre est Pagoum, l’on pourra alors réparer ce vin en y
ajoutant de l’eau –ou même une autre boisson [MB §30]–, à partir d’un
verre qui n’a pas été goûté. [Chou-Ar §6]
A notre époque, le vin ne requiert en général plus d’être coupé à l’eau
pour devenir buvable. Par conséquent, le Hatam Sofer tend à dispenser
totalement l’eau que l’on ajoute dans le vin des lois du vin Pagoum – pour
invalider le vin si on l’ajoute ensuite, ou pour corriger le vin Pagoum.
2. Concrètement, si l’on boit du vin fort, et que l’on préfère le boire
en le coupant à l’eau, l’on pourra certes réparer le vin Pagoum avec de
l’eau. Mais si le vin est aisément buvable sans eau, il sera préférable
d’éviter, dans la mesure du possible, de le réparer avec de l’eau.
3. En revanche, il faudra malgré tout s’abstenir d’ajouter dans le Kos
Shel Berakha de l’eau d’un verre duquel on a bu.
Précisons que cette situation est assez fréquente. Nous avons en effet
l’usage de couper à l’eau le Kos Shel Berakha, en ajoutant quelques
gouttes symboliques sur le vin. Notamment, dans le verre du Kidoush
du Shabbat. Ou encore, dans le verre de vin du Birkat haMazon, nous
rapporterons l’usage d’ajouter quelques gouttes d’eau dans la Berakha
de Nodeh – lorsque l’on dit les mots ‘Al haAets haTova Asher Natan Lakh’. Il
faudra veiller à ne pas ajouter cette eau à partir d’un verre d’eau duquel
on a bu. [à postériori, une telle eau n’invalidera pas le verre – Cf. MB §22]

Leillouï nichmat Michael Novikov z "l


25
HALAKHA - Kos Shel Berakha
VENDREDI
12 Shevat 5780
07 / 02 / 20

Les 10 conditions du Kos Shel Berakha


1. La Guemara [Berakhot 51a] enseigne :
.‫ ִע ּטוּף‬.‫ ִע ּטוּר‬.‫ ָמלֵ א‬.‫ ַחי‬.‫יפה‬ ָ ִ‫ ׁ ְשט‬.‫ ֲה ָד ָחה‬:‫ש ָרה ְד ָב ִרים נֶ ֶא ְמר ּו ְ ּבכוֹ ס ׁ ֶשל ְ ּב ָרכָ ה‬ ׂ ָ ‫ֲע‬
‫ וְ יֶ ש‬. ֹ‫ וְ נוֹ ֵתן ֵעינָ יו בּ ו‬.‫ ו ַּמגְ ִביהוֹ ִמן ַה ַּק ְר ַקע ֶט ַפח‬.‫ וְ נוֹ ְתנוֹ ַב ָ ּי ִמין‬.‫נוֹ טְ לוֹ ִ ּב ׁ ְש ֵּתי יָ ָדיו‬
. ֹ‫אוֹ ְמ ִרים אף ְמ ׁ ַש ְ ּגרוֹ ְ ּב ַמ ָּתנָ ה לְ ַאנְ ׁ ֵשי ֵביתו‬
Le verre de la Berakha [du Birkat haMazon] requiert 10 conditions : qu’il
soit rincé, lavé, ‘vivant’, rempli, ‘couronné’, ‘enveloppé’, qu’il le saisisse
avec ses 2 mains, et qu’il le donne dans la main droite, qu’il le soulève à
une hauteur d’un Tefa’h [poing], qu’il le fixe des yeux. Certains ajoutent,
qu’il l’envoie en cadeau à sa femme. 
Comme vous pouvez le constater, certaines expressions sont assez
floues, d’abord, parce que le terme lui-même est ambigu, mais aussi,
parce que le sujet change ! En effet, si ‘lavé’ ou ‘rempli’ se réfèrent au verre,
les conditions ‘d’enveloppé’ ou de ‘couronné’ se réfèrent peut-être à la
personne qui dit la Berakha. Idem pour ‘‘Hai – vivant’, qui peut se référer
au vin, ou au verre. Avant de synthétiser les différentes interprétations
de ces conditions, apportons quelques précisions générales.
2. Ces lois sont en vigueur pour toute Berakha que l’on prononce sur
un verre de vin, tel que le Kidoush ou la Havdala [Cf. Rambam Shabbat ch.29 §7].
3. Certaines de ces 10 conditions sont plus essentielles que d’autres.
Un avis de la Guemara ne retient expressément que 4 d’entre elles –
que le verre soit rincé et lavé, rempli et ‘Haï – vivant – c.-à-d. qu’on le
serve dans le verre sans le couper à l’eau. Le Rambam retient cet avis,
mais rapporte malgré tout la nécessité de le tenir dans la main droite.
4. Toutes ces conditions ne sont qu’a priori, pour réaliser parfaitement
la Mitsva du Kos Shel Berakha. Mais a postériori, même si aucune de ces
conditions n’est remplie, cela n’invalidera pas la Mitsva, tout comme
nous validons à postériori même le vin Pagoum [goûté].
5. La Guemara et le Zohar font l’éloge de celui qui dit le Birkat haMazon sur un verre
de vin, lui promettant réussite et prospérité, dans le monde présent et futur.

26 Leillouï nishmat Michael Novikov z"l


LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
13 Shevat 5780
08 / 02 / 20

Question : Méïr est mêlé à un sacré carambolage sur la voie express


urbaine [par ex. le périphérique]. Lorsque la voiture de devant freine
soudainement, Méïr parvient à son tour à piler, mais la camionnette
de derrière lancée à 80 km/h ne manque pas de le taper à l’arrière,
pour le projeter contre la voiture de devant, puis finir la ballade contre
la barrière de sécurité… Beaucoup de dégâts matériels, certes, mais
Baroukh Hashem, grâce à la ceinture de sécurité, presqu’aucun dégât
physique. Méïr doit-il dire la Berakha du Gomel ?
Réponse : Un séfarade ne dira pas le Gomel. Pour un ashkénaze, c’est
discuté. Si concrètement, il y avait un réel risque de prendre un coup
dangereux dans une telle situation, l’ashkénaze peut s’appuyer sur les
avis qui permettent de dire le Gomel.
Explication : En Av dernier, nous apprenions longuement les lois du
Gomel – une Berakha à dire en public pour remercier Hashem de nous
avoir épargné d’un danger imminent. Succinctement, nos Maîtres ont
instauré de dire cette Berakha dans 4 situations : lorsque l’on traverse
sains et saufs le désert, la mer, lorsque l’on guérit d’une maladie, ou
lorsque l’on sort de prison.
Lorsque l’on est épargné d’un danger d’une autre nature – un lion
ou un taureau enragé qui fonce vers nous, ou comme notre cas, un
accident de voiture sur une route urbaine [où l’on ne sort pas de
l’agglomération]–, le Choul’han Aroukh [ch.219 §9] évoque une discussion
quant au devoir de dire le Gomel. Et de trancher pour les séfarades
de ne pas dire la Berakha en prononçant le nom d’Hashem. Notons
que l’on fera bien d’écouter cette Berakha d’une tierce personne avec
l’intention de s’acquitter de ce devoir.
Pour les ashkénazes, le Mishna Beroura [§32] rapporte l’usage de dire
le Gomel. Toutefois, Rav S.Z. Auerbach zatsal [Halikhot Shlomo ch.23 §1] limite ce
devoir au cas où l’on a été concrètement atteint et blessé – que l’on a
encaissé un coup qui aurait pu être dangereux s’il avait touché un autre
membre–, mais pas lorsque l’on a évité totalement ce mauvais coup.

Hatslakha à Yaël Hassiba bat Sultana et Shlomo Zalman ben Sarah


27
HALAKHA - Kos Shel Berakha
DIMANCHE
14 Shevat 5780
09 / 02 / 20

1. Conditions 1 et 2 : Hada’ha et Shetifa – rincé et lavé.


Il faut laver intérieurement et extérieurement le Kos Shel Berakha, afin
de supprimer les éventuels restes et saletés collés au verre. [ch.183 §1]
Si le verre est déjà propre, il n’est pas requis de le rincer. Le Mishna
Beroura [§3] préconise toutefois de le passer sous l’eau, sauf si le verre
scintille de propreté. [Selon le Zohar, il faut toujours le rincer. [KH §4]]
Si l’on n’a pas d’eau à disposition, l’on frottera le verre avec un tissu. [§1]
2. Condition 3 : ‘Haï – vivant.
-- Certains expliquent qu’il s’agit là d’un vin épais qui doit être coupé à
l’eau pour être apprécié. Il faudra alors le verser dans le verre ‘vivant’ –
tel quel, sans le couper, et commencer à dire le Birkat haMazon sur ce vin
tel quel, jusqu’à ce que l’on arrive vers la fin de la 2e Berakha, lorsque l’on
dit ‘Al haArets haTova Asher Natan Lakh’. Au sens simple, il faut couper le
vin pour que son goût soit agréable et raffiné. [Rambam Berakhot 7:16]
On le fait toutefois à ce moment précis parce que cette Berakha du
Birkat haMazon est un remerciement à Hashem de nous avoir donné la
bonne terre d’Israël ; aussi, l’on symbolise la bonne qualité de la terre
en coupant le vin, pour exprimer que le goût du vin –le fruit de la terre–
est si riche, qu’il requiert d’être coupé pour être bu. [MB §6]
Le Beit Yossef rapporte à partir du Zohar de toujours couper le vin avec
un peu d’eau, même s’il n’est pas un produit de la terre d’Israël, et
même si le vin n’est pas très fort. Et le Kaf haHaïm [§6] de préciser qu’il
faudra à priori verser 3 gouttes d’eau au moment où l’on dit le mot Et
du verset ‘Ouverakhta Et Hashem…’
-- D’autres interprètent le terme Haï –vivant– dans le sens de frais.
Soit, il faut fraîchement sortir le verre du fût ou de la bouteille en
l’honneur du Kos Shel Berakha.
-- D’autres expliquent encore que le terme Haï – vivant – se réfère
au verre, qui ne doit ni ébréché, ni déformé, au niveau du contenant
comme au niveau du pied ! [Chou-Ar ch.183 §3 et MB §11]

28 Tou biShvat ce soir : goûtez des fruits !


HALAKHA - Kos Shel Berakha
L U N D I
15 Shevat 5780
10 / 02 / 20

1. Condition 4 : Maléh – rempli.


Selon la loi stricte, tout Kos Shel Berakha doit contenir une quantité d’un
Réviit – soit, de 86 mL à 150 mL, selon les avis [MB §9]. Toutefois, lorsque
l’on utilise un grand verre, il faut veiller à remplir entièrement ce verre,
en signe d’honneur pour la Berakha. [Rama ch.183 §2] Aussi, si l’on ne veut pas
boire une grande quantité de vin, l’on veillera à prendre un petit verre
en verre – qui contient un Réviit uniquement, plutôt que de prendre un
grand verre en argent que l’on ne remplit pas entièrement.
Attention : les décisionnaires prouvent que l’on considère un verre
comme plein dès que l’on approche le bord du verre, même s’il reste
encore un peu de place.
2. Condition 5 : ‘Itour – couronné.
Concrètement, cette condition n’est pas relatée par le Rambam, le Tour
et le Choul’han Aroukh, comme le laissent entendre la Guemara et le
Zohar [Cf. Kaf haHaïm §1 et §18]. Contentons-nous donc de citer succinctement
les différentes interprétations.
La Guemara [Berakhot 51a] évoque 2 interprétations : soit que le délégué qui
dit le Birkat haMazon soit entouré de ses disciples, soit que le Kos Shel
Berakha soit entouré d’autres verres. [Cf. Kaf haHaïm §3 qu’il faut alors l’entourer de 6 verres
vides.] Selon Rashi [cf. Drisha et Ba’h], cette condition requiert en fait de ‘faire

une couronne au verre’, en le remplissant beaucoup jusqu’à former au-


dessus du rebord un ménisque bombé vers le haut – comme nous le
rapportions de le faire en ajoutant l’eau à la 2e Berakha du Birkat.
3. Condition 6 : ‘Itouf – enveloppé.
En signe de révérence, l’usage d’époque était de s’envelopper la tête
et le corps d’un châle. A notre époque, il est bon de continuer cet usage
en se vêtant de sa veste, et même de son chapeau ou casquette si on
a l’habitude d’en porter. Les décisionnaires ajoutent de s’envelopper
ainsi même lorsque l’on récite le Birkat haMazon sans verre de vin.
[MB §11]

Leillouï nichmat Avraham Haï Norbert ben Fortunée Mazal z"l


29
HALAKHA - Kos Shel Berakha
M A R D I
16 Shevat 5780
11 / 02 / 20

1. Condition 7 et 8 : Notlo Bishtei Yadav, et Noteno beyamin – qu’il le


saisisse avec ses 2 mains, et qu’il le donne dans sa droite.
Recevoir le verre de ses 2 mains fait preuve d’enthousiasme : on
montre que l’on choie l’objet tenu. [Chou-Ar. ch.183 §4 & MB §12] Le Kaf haHaïm
[§19] ajoute au nom du Zohar qu’une tierce personne devra soulever le
verre et le tendre à celui qui a été désigné pour dire le Birkat haMazon.
Après avoir reçu le verre des 2 mains, il faudra le tenir dans la main
droite uniquement, sans que la gauche n’aide en quoi que ce soit, pas
même en soutenant le verre au niveau du pied. [Chou-Ar §4 & MB §13]
Le Mishna Beroura [§14] rapporte au nom du Shla qu’il faut tenir le verre
dans la paume de la main, de manière à ce que les doigts soient dressés
vers le haut. Cependant, le Kaf haHaïm [§20 au nom du Shemen Sasson] préconise de
ne pas poser le verre dans la paume, mais de le saisir avec les doigts.
Certains pensent qu’un gaucher devra saisir le verre dans sa main
gauche. [Chou-Ar. §5 et MB §20] Mais le Kaf haHaïm [§29] apporte au nom du
Zohar qu’il faut toujours tenir le verre de la main droite.
2. Condition 9 : Magbiho min haKarka Tefa’h – le soulever à une
hauteur d’un Téfa’h [poing] du sol.
On le soulèvera à une hauteur de 12 cm de la table. Si le verre a un
pied, et qu’on tient le verre au niveau du contenant, certains pensent
qu’il suffit de soulever un peu le verre, suffisamment pour que le
contenant soit à une hauteur de 12 cm de la table. [Cf. Mishna Beroura Dirshou §14
au nom du Shoul’han Shlomo]

Il faut soulever le verre pendant tout le Birkat haMazon –et non


pendant le Zimoun uniquement !–, jusqu’à la Berakha de la fin sur le
vin. [Kaf haHaïm §19]
Au sens simple, il faut lever le verre pour que tous les convives puissent le
voir, comme le requiert la 10e condition, et comme évoqué dans le Tehilim
ׂ ָ ּ ‫ כּ וֹ ס ׁיְשוּעוֹ ת ֶא‬- Je lève une coupe … Le Kaf haHaïm [§19] ajoute que,
[116] : ‫שא‬
selon la Kabbale, il est souhaitable de porter le verre jusqu’à proximité du cœur.

30 Hatslakha à l'association Hayé Hanna !


HALAKHA - Kos Shel Berakha
MERCREDI
17 Shevat 5780
12 / 02 / 20

1. Condition 10 : Noten Einav bo – qu’il le fixe des yeux.


Le Choul’han Aroukh [ch.183 §4] explique que fixer le verre pendant tout le
Birkat haMazon est propice à rester concentré sur le Birkat haMazon.
Les convives aussi devront veiller à fixer le verre pendant le Birkat ; telle
est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles il faut soulever le verre.
Le Rama [Ibid.] déduit de là la défense de dire le Birkat haMazon sur
une bouteille de vin [ou sur un verre qui a un goulot étroit], car l’on
ne parvient pas à voir le vin. Toutefois, les décisionnaires réfutent ce
propos [Cf. MB §18], car il n’est pas requis de fixer le vin des yeux, mais LE
VERRE. Si nécessaire, l’on pourra s’appuyer sur ce dernier avis, et dire
le Birkat haMazon sur une bouteille de vin.
2. Certains ajoutent : Meshagro béMatana Léishto – qu’il l’envoie en
cadeau à sa femme.
La Guemara [Berakhot 51a – cf. MB §19] enseigne que donner de ce vin à goûter à sa
femme est propice pour qu’elle hérite beaucoup de Berakhot, notamment
du ‘fruit des entrailles’ – enfanter dans la Berakha. Cet usage est en vigueur
même si la femme ne s’est pas attablée avec son mari. [MB §19]
Un invité honoré de dire le Birkat haMazon veillera à tendre ensuite le
verre de vin à son hôte puis aux autres convives.
3. Depuis le moment où on lui tend le Kos Shel Berakha, le délégué pour
le Birkat haMazon ne doit plus parler [Chou-Ar §6], même s’il n’a pas encore
fait le Maïm A’haronim. [Maguen Avraham ch.179 §1] Par contre, les convives sont
en droit de parler selon la loi stricte jusqu’au Maïm A’haronim – l’ablution
des mains d’après le repas (étudiée le mois dernier).
4. Il est défendu de parler pendant le Birkat haMazon. Selon le cas –si
l’on a parlé avec préméditation, au milieu des Berakhot–, il est possible
que le Birkat haMazon soit invalidé, et qu’il faille recommencer depuis
le début ! [MB ch.183 §25] Concrètement toutefois, ce sujet fait l’objet de
discussions, et le Mishna Beroura tranche qu’a postériori, l’on ne
recommencera pas.

Leillouï nichmat Avraham Haï Norbert ben Fortunée Mazal z"l


31
HALAKHA - Kos Shel Berakha
J E U D I
18 Shevat 5780
13 / 02 / 20

1. Initialement, le délégué tenant le Kos Shel Berakha disait le Birkat


haMazon à voix haute, et acquittait les convives qui l’écoutaient
attentivement, sans parler, jusqu’à ce qu’il finisse le Birkat et dise
haGuefen sur le verre de vin. Ce procédé était halakhiquement le plus
louable, car on accomplissait pleinement la Mitsva de rendre gloire
à Hashem en groupe, comme le dit le verset : Gadelou Lashem Iti,
ouNeroméma Shemo Ya’hdav – Rendez hommage à Hashem avec moi, et
que l’on grandisse Son nom ensemble.
2. Au fil du temps, ce rituel est devenu dangereux, car les convives
se laissaient déconcentrer, ou pire encore, se mettaient à parler,
manquant ainsi des mots essentiels du Birkat haMazon et invalidaient
de facto leur Mitsva. [Chou-ar. ch.183 §6]
Aussi, s’est répandu l’usage que chaque convive dise à voix basse le
texte du Birkat haMazon en même temps que le délégué, qui donne
le rythme aux convives en le disant à voix haute. [§7] Remarquons que
ce procédé est encore considéré comme un hommage en groupe,
puisqu’ils veillent à dire ensemble le texte mot à mot.
3. Mais un usage erroné s’est ensuite installé : après avoir répondu au
Zimoun –l’invitation, ‘Baroukh ShéAkhalnou… ’–, chaque convive se met à
réciter à voix haute son Birkat haMazon tout seul, à son rythme. Or, cet
usage pose un double problème halakhique. D’abord, parce qu’on perd
ainsi la Mitsva prestigieuse de dire le Birkat haMazon en groupe.
Mais surtout, un sérieux problème pour les ashkénazes, qui perdent
ainsi la Mitsva du Zimoun ! Nous apprendrons au ch.192 une discussion
essentielle quant à l’achèvement du Zimoun : pour les séfarades, cette
Mitsva se termine quand on dit ‘Baroukh ShéAkhalnou…’ uniquement.
Mais pour les ashkénazes, la 1ère Berakha du Birkat haMazon fait
partie intégrante du Zimoun. Cela signifie qu’un ashkénaze doit
impérativement dire toute la 1ère Berakha du Birkat en même temps
que le délégué, puis se hâter de dire ‘Baroukh Ata… haZan Et haKol’ pour
ensuite écouter la Berakha du délégué et y répondre Amen. [MB ch.183 §28]

32 Leilloui nichmat Dov ben Yehoudit z"l


HALAKHA - Kos Shel Berakha
VENDREDI
19 Shevat 5780
14 / 02 / 20

1. Il faut dire le Birkat haMazon en position assise, afin de favoriser


la concentration. [Même les convives qui se font acquitter de leur
Mitsva par le délégué devront s’asseoir.] L’on s’installera avec crainte
et révérence, sans s’accouder ou s’adosser de manière décontractée.
[ch.183 §9]

2. Certains pensent qu’il en va de même lorsque l’on dit la Berakha de Al


haMi’hya, après avoir mangé du gâteau, ou Al haEts ou Al haGuefen sur
les 7 espèces d’Israël : il faudra dire ces Berakhot en position assise. [§10]
3. Si l’on a mangé pendant que l’on roulait en voiture, il faut a priori
s’arrêter pour dire le Birkat haMazon [ou Meein Shalosh]. S’il est trop
difficile de s’arrêter, par ex. parce que l’on risque d’être perturbé de
s’arrêter sur le bas-côté d’une voie expresse, il est à postériori permis
de dire ces Berakhot pendant que l’on roule. [§11]
4. Il est défendu de faire un quelconque travail pendant que l’on dit le
Birkat haMazon [§12], ou toute autre Berakha. [MB §12] Il faut réaliser que
prononcer une Berakha est une occasion exceptionnelle de se tenir
devant le Roi des rois pour exprimer devant Lui une louange. Aussi, on
s’adressera à Lui avec toute la révérence requise.
5. Lorsque l’on dit le Birkat haMazon sur un verre, nous apprenions
que tous les convives doivent fixer le verre, afin de se concentrer sur
la Berakha. Lorsque l’on ne dit pas le Birkat avec un verre de vin, il faut
impérativement le lire à partir d’un livre [MB ch.185 §1], ou le réciter avec les
yeux fermés, afin de ne pas risquer de se faire distraire.
6. Être délégué pour dire le Birkat haMazon à voix haute pour acquitter
les convives est un grand mérite, par lequel on hérite de belles Berakhot.
Et particulièrement si l’on est invité chez quelqu’un, et qu’on aura donc
l’occasion d’ajouter la Berakha de l’invité dans les haRa’haman. [ch.201 §3-4
& MB §14-15] Aussi, lorsque l’hôte nous propose de dire le Zimoun, il faut
accepter avec enthousiasme cette distinction. [Ibid.]

Leillouï nichmat Rachel bat Sarah z"l


33
LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
20 Shevat 5780
15 / 02 / 20

Question : Est-il permis à Shabbat de peigner une poupée ?


Réponse : Peigner délicatement les cheveux sans qu’ils ne s’arrachent
est permis sans équivoque. En revanche, peigner fortement les
cheveux, de manière à ce que des cheveux emmêlés s’arrachent, cela
fait l’objet d’une discussion. A priori, l’on fera mieux de s’en abstenir.
Explications :
a. Commençons par distinguer l’interdit de peigner un être vivant,
du peignage d’un objet. Peigner un être vivant nous confronte à la
Melakha [les 39 travaux-type interdits à Shabbat] de Gozez – tondre,
qui défend de couper un cheveu ou un ongle. Par contre, les cheveux
même naturels d’une perruque ou d’une poupée ne sont plus
concernés par la Melakha de Gozez, mais éventuellement, par celle de
Koréa – déchirer un tissu, ou par Makéh béPatish – donner le dernier
coup de marteau, qui englobe la réparation de tout objet détérioré,
tel que redresser une cuillère tordue, ou les manches de lunettes.
b. Il est défendu de se peigner à Shabbat avec une brosse qui arrache
les cheveux [Chou-Ar ch.303 §27]. Selon le Rivash [ch.393], cet interdit est de
la Torah, car l’intention tacite du peignage est de lisser les cheveux
en les dénouant et si nécessaire, arracher les cheveux trop emmêlés.
c. Selon ce principe, l’intention du peignage de la poupée est, là aussi,
d’arracher les cheveux noués, et nous confronte donc, éventuellement,
à l’interdit de Koréa – déchirer. Sauf que, de manière générale, la
Melakha de Koréa s’applique sur un tissu, mais pas sur un fil que
l’on coupe en 2 [Biour halakha ch.314 §8], [tant que l’on ne le coupe pas à une
taille précise.]. D’où la question : couper un fil qui dépasse d’un tissu
est-il concerné par la Melakha de Koréa ? Ce sujet fait l’objet d’une
discussion qu’il faut contourner [Ketsot haShou’han ch.146 note 21, Or’hot Shabbat p.351].
d. Attention : lorsque la perruque est emmêlée au point de ne plus être
mettable, tous les décisionnaires sont d’avis à interdire de la coiffer, à
cause de l’interdit de Makéh béPatish. Cet interdit ne semble toutefois
pas en vigueur pour une poupée, qui demeure un jouet apprécié des
enfants même lorsque les cheveux sont emmêlés !

34 Leillouï nichmat Rachel bat Sarah z"l


HALAKHA - Pourim
DIMANCHE
21 Shevat 5780
16 / 02 / 20

Pourim
ׂ ִ ‫ִמ ׁ ֶשנִ כְ נַ ס ֲא ָדר ַמ ְר ִ ּבין ְ ּב‬
‫ש ְמ ָחה‬
Quand le mois de Adar arrive, il faut redoubler de joie!
1. Quelques années avant la reconstruction du 2e Beit Hamikdash, il y
a plus de 2400 ans, les juifs exilés à Shoushan –Suse– (Perse) se font
épargner d’un décret d’extermination promulgué par Haman. Lorsque
la terrible sentence se retourne contre son initiateur, Mordékhaï met
ces événements par écrit, et instaure de commémorer chaque année
cette grande victoire par un jour de fête et de réjouissance : Pourim.
2. Le Rambam [ch.2 §18] rapporte un Midrash selon lequel toutes les
fêtes juives s’annuleront au monde futur, à l’exception de la fête de
Pourim. Comme le dit la Guemara [Shabbat 88a], c’est à l’époque du miracle
de Pourim que les Bnei Israël acceptèrent avec joie le pacte de la Torah,
lorsqu’ils réalisèrent que cette alliance est immuable, qu’Hashem ne
laisse pas son peuple s’assimiler et se perdre parmi les nations.
3. Aussi, le mois d’Adar, durant lequel le deuil a été transformé en joie,
est depuis devenu un mois de réjouissance, durant lequel nous nous
devons de réaliser notre chance d’avoir été élus par Hashem pour
recevoir Sa Torah.
4. Ainsi, celui qui attend l’occasion de réaliser un  Kidoush de
remerciement à Hashem pour une bonté particulière s’efforcera de le
faire en Adar. Idem pour celui qui a achevé une étude, mais n’a pas
encore marqué l’évènement par le Siyoum – le repas que l’on réalise
lorsque l’on achève une étude. Le Mishna Beroura rapporte encore que
ce mois est propice pour gagner un procès intenté par un Goy. 
5. Dans une année bissextile – lorsque nous marquons 2 mois d’Adar,
l’instruction de se réjouir en Adar débute au 2e mois d’Adar, car Pourim
doit alors être célébrée en Adar II, à proximité de la fête de Pessah et de
la délivrance d’Egypte, afin d’attiser en nous le désir de sortir bientôt à
notre tour de ce dernier exil ! 
Leillouï nichmat Rachel bat Sarah z"l
35
HALAKHA - Pourim
L U N D I
22 Shevat 5780
17 / 02 / 20

Les 4 Parashiot
Shabbat Shekalim
1. Au temps du Beit haMikdash, chaque juif payait en Adar une cotisation
annuelle au Temple pour l’acquisition des sacrifices publics et de
l’encens. Chacun devait donner le Ma’hatsit Hashekel – un demi-shekel.
Cette collecte s’effectuait durant le mois d’Adar, afin de pouvoir acheter
le mois suivant, en Nissan, les sacrifices de Pessah. Le montant de cette
cotisation était d’un demi-shekel – une pièce d’argent de l’époque qui
pesait 19,2g d’argent. De nos jours, on continue de donner le Zekher
[souvenir] du Ma’hatsit Hashekel, que l’on verse juste avant Pourim,
car c’est le mérite de cette Mitsva réalisée en Adar qui sauva les juifs de
l’extermination par Haman.
2. Shabbat prochain [qui précède Rosh Hodesh Adar], est appelé
Shabbat Shekalim. On y sort 2 Sefer Torah. Dans le 1er, on lit la Parasha de
la semaine –Vayakhel– et dans le 2nd, le début de Ki Tissa, dans laquelle
Hashem ordonne de cotiser le Ma’hatsit haShekel, pour nous rappeler
de verser cette cotisation.
3. Si on a omis de lire ce passage de la Torah et que l’on s’en rend
compte après la lecture de la Haftara, ou même après Moussaf, on
sortira un 2e Sefer Torah pour la lire, et on récitera après la Haftara de
Shekalim.
Si on ne s’en rend compte que dans l’après-midi, les ashkénazes
sortiront 2 Sefer à Min’ha, mais ne pourront plus se rattraper après
Shabbat. Et les séfarades ne sortiront pas de 2e Sefer à Min’ha, mais se
rattraperont le Shabbat suivant. [M-B ch.685 §2]
4. Ces lois seront les mêmes pour les lectures de Para et de Ha’hodesh,
que nous lirons durant les Shabbat de Adar. Par contre, si on oublie la
lecture de Zakhor d’avant Pourim, on sortira le Shabbat d’après Pourim
un Sefer supplémentaire – en plus du 2e Sefer Torah de Para.

36 Zivoug Hagoun à Zohara bat Lévana


HALAKHA - Pourim
M A R D I
23 Shevat 5780
18 / 02 / 20

Zékher léMa’hatsit haShekel


1. Quand ? L’usage est de donner le Zekher léMa’hatsit haShekel  à la
sortie du jeûne d’Esther. Même un habitant de Jérusalem –qui célèbre
Pourim le 15 Adar– le donnera à la sortie du jeûne. A posteriori, on
pourra le donner même après Pourim, jusqu’à Rosh Hodesh Nissan.
2. Combien? Les séfarades donnent l’équivalent de 9,6g d’argent –
soit ~20 shekels ou 5,01€–, et les ashkénazes donnent 3 demi-pièces
de la monnaie du pays – c.-à-d. 1,5 shekels, € ou $, selon le pays.
Un séfarade qui n’a pas les moyens de cotiser autant pourra s’acquitter
–ou au moins ses enfants– comme le prescrit l’usage ashkénaze. De
même, un ashkénaze aisé accomplira une belle Mitsva en versant 3
fois l’équivalent de 9,6g d’argent.
3. Qui? Selon la loi stricte, tout homme ayant atteint 20 ans doit verser
cette cotisation. Une femme s’efforcera aussi de la donner.
Quant aux adolescents qui ont atteint la majorité religieuse –12 ans
pour une fille, 13 ans pour un garçon– cela fait l’objet d’une discussion.
Dans la mesure du possible, il est souhaitable d’accomplir cette Mitsva.
Les enfants de moins de 13 ans ne sont pas imposables. C’est toutefois
un bon usage que les parents cotisent pour eux. Idem pour une femme
enceinte. [M-B ch.694 §5]
Attention: un parent qui a une fois cotisé pour son enfant sans dire Bli
Neder [sans engagement à l’avenir] devra désormais cotiser chaque
année. [Ibid.]
4. A qui ? L’usage est de le verser à des institutions de Torah, car depuis la
destruction du Beit haMikdash, l’étude de la Torah est la seule consolation
d’Hashem. On pourra aussi le reverser à une institution de Tsedaka.
5. A priori, on veillera à ne pas qualifier ces pièces de Ma’hatsit haShekel
mais de Zékher léMa’hatsit haShekel – c.-à-d. le souvenir de la Mitsva
du Mahatsit haShekel.

Refoua chelema à Ruth bat Traina


37
HALAKHA - Pourim
MERCREDI
24 Shevat 5780
19 / 02 / 20

Parashat Zakhor
1. Le Shabbat qui précède Pourim est appelé Shabbat Zakhor. On y sort
un 2e Sefer Torah pour y lire la Mitsva d’anéantir le souvenir d’Amalek, le
petit fils d’Essav et ancêtre de Haman. Ce peuple est depuis toujours
l’ennemi juré d’Israël. Alors que nous sortions d’Egypte et traversions
la mer Rouge, le monde entier tremblait devant Hashem qui nous
accompagnait. Vint alors ce kamikaze et osa nous affronter au prix de
sa vie, afin de prouver à toutes les peuplades qu’Israël est affrontable,
démuni de caractère divin.
2. Bien que la lecture de la Torah en public soit une Mitsva d’ordre
rabbinique, plusieurs pensent que la lecture de Zakhor est imposée
par la Torah. [Chou-Ar ch.685 §7]
3. De ce fait, on choisira le Sefer écrit avec la plus grande minutie pour
lire cette section, et on nommera l’officiant le plus expérimenté pour la
lire avec une bonne prononciation.
4. On ne fera pas monter un enfant pour ce Maftir. Quant à un jeune Bar
Mitsva, si l’on n’est pas certain que son corps ait développé les signes
de puberté –soit 2 poils dans les parties génitales–, il est préférable de
ne pas le faire monter pour cette lecture.
5. Une femme doit-elle écouter la lecture de Zakhor ? Cela fait l’objet
d’une discussion, du fait qu’elle n’est pas enjointe de faire la guerre
contre Amalek. Il est souhaitable qu’elle se rende à la synagogue pour
écouter cette lecture. Certains pensent qu’une femme peut s’acquitter
de cette Mitsva en la lisant [ou l’écoutant] à partir d’un Houmash
imprimé – tandis qu’un homme doit impérativement l’écouter d’un
Sefer Torah.
Certaines communautés ont l’usage de lire une 2nde lecture de Zakhor
pour les femmes après la prière du Shabbat matin. A priori, on prévoira
que 10 hommes soient aussi présents pour écouter cette lecture.

38 Leillouï nichmat Walter Israël ben Shmouel z"l


HALAKHA - Pourim
J E U D I
25 Shevat 5780
20 / 02 / 20

Le jeûne d’Esther
1. Lorsque les Bnei Israël sortirent en guerre contre Haman et leurs
ennemis, ils jeûnèrent et se repentirent. Hashem écouta leurs prières
et les sauva. En souvenir, nous jeûnons la veille de Pourim. Ce jeûne est
aussi appelé au nom d’Esther afin de rappeler la miséricorde d’Hashem
qui accepta la Teshouva des Bnei Israël qui jeûnèrent 3 jours consécutifs,
lorsqu’Esther se rendit chez Ahashverosh sans convocation.
2. Un ‘Hatan –jeune marié durant les 7 jours des Sheva Berakhot–, ainsi
que les concernés par une Brit Mila –le père, le Mohel et le Sandak–
doivent a priori jeûner le jeûne d’Esther. Certains tendent toutefois à
exempter du jeûne d’Esther les concernés par le Brit Mila, surtout après
avoir prié Min’ha [Cf. Shaar haTsioun ch.686 §16. Et pour le Hatan durant les 7 jours, cf. Ibid. ch.559 §34].
3. Les femmes enceintes de plus de 3 mois ou qui allaitent sont
exemptées de jeûner. Pour tous les jeûnes publics, c’est tout de même
un bon usage de jeûner, si elles n’encourent aucune complication. Mais
pour le jeûne d’Esther particulièrement, les décisionnaires se montrent
bien plus tolérants.
4. Un malade est exempté de jeûner. Il devra cependant manger
discrètement. De même, un malade qui a officiellement guéri, mais
craint une rechute à cause du jeûne est exempté. Idem pour le vieillard.
Un homme en bonne santé qui doit avaler un médicament pourra le
faire sans eau.
5. Pendant le jeûne, il est interdit de manger ou boire. Mais il est
permis de se parfumer ou de se laver, même à l’eau chaude. Il est aussi
permis de fumer. Par contre, il est défendu de se brosser les dents.
En cas d’extrême nécessité, on tolèrera de se les brosser en veillant
à faire entrer moins de 86 ml d’eau dans la bouche, et à la recracher
intégralement.

Leillouï nichmat Lilly Rahel bat Asher z’’l


39
HALAKHA - Pourim
VENDREDI
26 Shevat 5780
21 / 02 / 20

1. Le jeûne d’Esther débute à l’aube, 1h12 (en heure solaire) avant le


lever du soleil, et se termine à la tombée de la nuit suivante, 18 min.
après le coucher du soleil.
2. Si l’on souhaite se lever manger avant le début du jeûne, il est permis
de le faire uniquement si cela a été prévu avant d’aller se coucher.
Par contre, celui qui se réveille à l’improviste dans la nuit, ne pourra
ni manger ni boire, même si le jeûne n’aura officiellement pas débuté.
Notons tout de même que le Rama tolère de boire même si l’on ne le
prévoyait pas avant d’aller dormir. [Cf. Chou-Ar. ch.564]
3. Dans la prière du jeûne, on ajoute dans la Amida le texte de Aneinou.
Lors de la récitation de la Amida à voix basse, on l’intègre dans la 16e
Berakha – à Shoméa Tefila. Et à la répétition de la Amida, l’officiant le dit
entre la 7e et la 8e Berakha [entre Goël Israël et Réfaénou].
Le particulier ashkénaze n’ajoute ce texte dans la Amida à voix basse
qu’à Min’ha (la prière de l’après-midi), mais pas à Sha’hrit (du matin)
[ch.565-566]. Tandis que les particuliers séfarades l’ajoutent même à
Sha’hrit.
4. Celui qui est contraint de manger ou boire pendant le jeûne ne peut
plus dire Aneinou. Quant à celui qui casse son jeûne par mégarde, il
se doit de continuer malgré tout de jeûner, et pourra de ce fait dire
Aneinou dans sa prière [Cf. M-B ch.568 §3, et Shevet haLevy VIII ch.131].
5. Dans un Minyan [regroupement de 10 personnes pour prier], s’il n’y
a pas au moins 6 personnes qui jeûnent, l’officiant ne dira pas Aneinou
dans la répétition de la Amida.
6. Lors des jeûnes, on lit à la Torah le matin et à Minha le passage de
Vayi’hal Moshé [Shemot 32]. Celui qui ne jeûne pas ne peut pas monter à la
Torah. Si le seul Cohen présent ne jeûne pas, il sortira de la synagogue
le temps que l’on appelle quelqu’un d’autre à sa place. Par contre,
l’officiant pourra lire la Torah même s’il ne jeûne pas, si personne
d’autre ne peut lire.

40 Leillouï nichmat Dov ben Yehoudit z'"l


LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
27 Shevat 5780
22 / 02 / 20

Question : Nous traitions la semaine dernière de la question de peigner


les cheveux d’une poupée (ou d’une perruque). Est-il permis de tresser
les cheveux d’une poupée ou d’une perruque à Shabbat ?
Réponse : C’est Interdit. De même, il est défendu de coiffer une
perruque en vaporisant une laque. Quant à la laque sur la poupée, il
vaut mieux s’en abstenir, bien que l’interdit semble moins formel.
Explications :
a. Comme nous l’expliquions la semaine dernière, la Halakha différencie
coiffer de vrais cheveux de coiffer des cheveux synthétiques ou d’une
perruque, même faite de cheveux naturels. Pour les vrais cheveux,
faire une natte nous confronte à un interdit Dérabanan de Bonéh
– construire. En effet lorsque Hashem créa la femme à partir de la
côte d’Adam, le verset utilise le terme de Vayiven et haTsela – et Il
construisit la côte. Nos Maîtres ont ainsi considéré certaines actions
sur un être vivant apparentées à la Melakha de Bonéh. [Chou-Ar ch.303 §26
& MB §82]

Lorsque les cheveux sont coupés puis forment une perruque, ils ne
sont plus concernés par cet interdit Dérabanan de Bonéh, mais par un
plus grave interdit de la Torah : la Melakha de Oreg – tisser. Tresser
des fils ou des faux cheveux est par excellence l’interdit de Oreg. [Ibid.],
et même si on ne les tresse que pour jouer, ou pour une courte durée.
[Shaar haTsioun §68]

b. Quant à l’utilisation d’une laque, il est là-aussi plus grave sur


une perruque que sur des vrais cheveux. Les vrais cheveux nous
confrontent à l’interdit Dérabanan cité, alors que la perruque nous
confronte à un interdit de Metaken Mana – réparer, du fait que l’on
veut que la perruque garde cette forme améliorée pour une longue
durée. [Shmirat Shabbat Kehilkheta ch.14 §56] Quant à la poupée que les enfants
coiffent avec intention de décoiffer prochainement, il semble que
l’interdit soit moins évident.

Leillouï nichmat Dov ben Yehoudit z'"l


41
HALAKHA - Pourim
DIMANCHE
28 Shevat 5780
23 / 02 / 20

La lecture de la Meguila
1. Quatre Mitsvot nous sont ordonnées à Pourim, les 4 ‘M’: Meguilat
Esther, Matanot Laévionim, Mishloa’h Manot, et le Mishté. La Mitsva de
lire la Méguila étant la plus importante – et la moins facile à accomplir!–
nous nous attarderons essentiellement sur elle.
2. Quand lit-on la Meguila? La Meguila doit être lue à 2 reprises: le
14 Adar au soir, puis le lendemain matin. [Ou le soir du 15 puis le
lendemain matin à Jérusalem et dans les autres villes fortifiées.]
Pour la lecture du soir, il faut attendre la tombée totale de la nuit, c.-
à-d. au minimum 13,5 minutes après la Shkiya – le coucher du soleil. Il
est même préférable de patienter 18 minutes.
On peut la lire toute la nuit, jusqu’à Alot haShahar, le lever du jour – 72
min. avant le lever du soleil.
3. Quant à la lecture du matin, il faut a priori la lire après le Nets
ha’Hama – le lever du soleil. En cas de force majeure, on tolèrera de la
lire à partir de Alot haSha’har.
On peut lire la Meguila toute la journée, jusqu’au coucher du soleil. Celui
qui, à l’approche du coucher du soleil, n’a toujours pas lu la Meguila,
et estime qu’il ne parviendra pas à l’achever dans les 13,5 min. qui
suivent le coucher du soleil la lira sans Berakha.
4. Toute Mitsva que l’on doit réaliser la nuit doit être concrétisée au
plus vite. Nos Maîtres ont interdit de dormir ou manger tant que l’on
n’a pas rempli notre devoir, de peur que l’on ne s’oublie et ne manque
à accomplir notre devoir. C’est notamment le cas de l’allumage des
bougies de Hanoucca, de la recherche du Hamets la veille de Pessah. Et
c’est aussi le cas pour la lecture de la Meguila, même si l’on a jeûné le
jeûne d’Esther et que l’on se sent un peu faible [Rama ch. 692 §4].
5. Cette loi concerne aussi bien les hommes que les femmes, la lecture
du soir ou la lecture du matin.

42 Hatslakha à notre ami Stanley Chicheportiche et sa famille !


HALAKHA - Pourim
L U N D I
29 Shevat 5780
24 / 02 / 20

Rappel : à partir du moment où l’on a le devoir d’accomplir une Mitsva


qui dépend du temps, il devient défendu de manger ou dormir, de peur
que l’on s’oublie et manque à son devoir. Aussi, on ne mangera pas à
la tombée de la nuit du 14 Adar tant qu’on n’a pas lu la Meguila. Idem
pour le jour du 14 Adar, tant que l’on n’a pas accompli son devoir de lire
la Meguila le jour.
1. Malheureusement, beaucoup négligent cette instruction, et il arrive
souvent de croiser à l’approche de la fin de Pourim des bons juifs qui
cherchent un lecteur qui daigne leur lire la Meguila in-extremis!
Alors, mesdames, envoyez certes des bons Mishloa’h Manot à tout
le quartier, mais après avoir écouté la Méguila ! Sinon, respectez
scrupuleusement la barrière fixée par nos Maîtres, car votre estomac
n’oubliera pas de vous rappeler vos obligations !
2. Si pour la lecture du soir [après le jeûne] on se sent faible, on pourra
boire une boisson sucrée, manger des fruits, et même manger une
quantité de gâteau ou de pain inférieure à 54 grammes.
3. Si même en mangeant ces encas, on risque de nuire à sa santé, le
Choul’han Aroukh préconise de lire la Meguila en fin d’après-midi du
jeûne, à partir de 1h15 avant la tombée de la nuit. [ch.692 §4] Cependant,
plusieurs décisionnaires ne sont pas de cet avis, et proposent plutôt de
manger un repas complet avant la Meguila, en nommant au préalable
quelqu’un qui lui rappellera d’accomplir sa Mitsva. [M-B Ibid.14]
Un séfarade s’appuiera sur le premier avis, et un ashkénaze optera
pour la seconde solution.
4. Cet interdit inclut aussi de ne pas dormir tant que l’on n’a pas écouté
la Meguila. Si l’on est épuisé au point de ne pouvoir écouter la Meguila,
même debout, sans s’endormir, on se reposera quelques minutes, en
nommant un responsable qui nous rappellera d’accomplir la Mitsva.

Zivoug Hagoun à Zohara bat Lévana !


43
HALAKHA - Pourim
M A R D I
30 Shevat 5780
25 / 02 / 20

1. La Meguila doit être lue en public, en présence de 10 hommes. Seul


celui qui n’a pas la possibilité de la lire en public la lira tout seul.
2. Un verset de Mishlei [14:28] dit: ‫ ְ ּב ָרב ָעם ַה ְד ַרת ֶמלֶ ְך‬- Quand la nation
s’accroît, c’est une gloire pour le roi. Il faut de ce fait écouter la Meguila là
où se réunissent le maximum de personnes.
Ainsi, si 10 hommes se retrouvent réunis à l’heure de la lecture de la
Meguila, ils devront a priori se rendre à la synagogue plutôt que de
la lire sur place en comité restreint. Cette loi s’applique même s’ils
souhaitent achever la lecture plus rapidement afin d’étudier ensuite la
Torah ou accomplir une Mitsva. [M-B ch.687 §2]
3. Si l’écoute de la Meguila à la synagogue est difficile, par ex. si des
enfants y chahutent et que l’on risque de manquer ne serait-ce qu’un
mot [qui invalide la Mitsva, comme nous l’apprendrons], on pourra
réunir 10 personnes dans une maison pour la lire dans le calme.
4. Celui dont la maison est mitoyenne de la synagogue, et qui parvient
à écouter la lecture de la Meguila depuis sa fenêtre, doit malgré tout se
rendre à la synagogue pour l’écouter avec l’assemblée.
5. Plusieurs synagogues implantées dans un même quartier n’ont pas
d’obligation de se réunir pour lire la Meguila en plus grand effectif. Par
contre, celui qui organise régulièrement un office dans sa maison devra
se rendre à la synagogue.
6. Les femmes ne sont pas tenues d’écouter la Meguila en public.
D’ailleurs, les femmes ont souvent des difficultés à entendre tous les
mots de la Meguila depuis la Ezrat Nashim ; lorsque c’est le cas, elles
devront l’écouter plus tard. [Cf. M-B ch.689 §1]
7. Si l’on a manqué l’heure de la lecture en public, et que l’on n’a pas
la possibilité de se joindre à une autre lecture collective, il n’y a pas
d’obligation de réunir 10 personnes qui l’ont déjà écoutée pour la lire
devant elles. [Certains préconisent toutefois de s’efforcer de les réunir,
si on en a la possibilité.]

44 Leillouï nishmat Shalom ben Habiba z"l


HALAKHA - Pourim
MERCREDI
1 Adar 5780
26 / 02 / 20

1. Après la lecture communautaire, des lectures pour femmes sont


souvent organisées à la synagogue. Un homme qui a manqué la
première lecture accomplit-il le devoir de lire en public s’il se joint à
un regroupement de femmes [lorsque les lois de séparation entre
hommes et femmes sont parfaitement respectées]?
L’avis du Rama [ch.690 §18] reste en suspens. Ainsi, on essaiera a priori de
se joindre à une lecture de 10 hommes; et si on ne trouve pas de telle
lecture, on préfèrera se joindre à la lecture des femmes plutôt que de
la lire seul.
2. Hinoukh [éducation] des enfants. Faut-il amener les enfants à la
synagogue pour assister à la lecture de la Meguila?
- Si l’enfant est assez mûr pour écouter toute la Meguila, sans manquer
un seul mot, il faut l’amener à la synagogue. [ch.689 §6]
- S’il n’est pas capable de l’écouter attentivement mais restera sage,
sans déranger son entourage, il y a une petite Mitsva de l’amener.
- S’il risque de chahuter et de faire manquer à un adulte ne fût-ce qu’un
mot de la Meguila, il est formellement interdit de l’amener.
3. Qui lit la Meguila ? Seul celui qui est enjoint de lire la Meguila peut
acquitter les autres par sa lecture. Ainsi, un enfant qui n’a pas fait sa
Bar Mitsva ne peut acquitter un adulte de son devoir. [ch.689 §2]
Selon la loi stricte, une femme peut rendre quitte un homme par sa
lecture. Mais on ne s’appuiera sur cela qu’en cas d’extrême nécessité.
[Ibid.]

Conduites de celui qui manque un mot de la Méguila


1. Celui qui lit la Meguila doit impérativement prononcer tous les
mots. De même, celui qui s’acquitte en l’écoutant doit impérativement
entendre tous les mots. Si on manque ne serait-ce qu’un mot ou même
une lettre de la Meguila, on ne s’acquitte pas de la Mitsva ! [ch.690 §3 et M-B
§5]

Zivoug Hagoun à Miryam Elisheva bat Suzanne


45
HALAKHA - Pourim
J E U D I
2 Adar 5780
27 / 02 / 20

Rappel : Celui qui manque d’entendre ne serait-ce qu’un mot, ou même


une seule lettre de la Meguila ne s’acquitte pas de sa Mitsva !
1. Pendant la lecture de la Meguila, on veillera à s’écarter de tout
risque de perturbation, notamment des enfants [ou parfois même, des
adultes!] qui oseraient discuter, chahuter et faire éclater des pétards.
2. Apprenons les conduites à adopter lorsque l’on manque un mot
prononcé par l’officiant, afin de rattraper au plus vite ce manque, et
éviter de se rentrer dans la situation déplaisante d’avoir à relire toute
la Meguila !
Pour assimiler parfaitement ces lois, nous devons auparavant
introduire 4 principes. Nous évoquerons à chaque fois l’application
qui découlera de cette loi théorique, puis, dans un 2e temps, nous
expliciterons les instructions concrètes à suivre lorsque l’on manque
un mot de la lecture de l’officiant.
3. Le Choul’han Aroukh [ ch.690 §3] enseigne: ‘Il faut lire toute la Meguila, à
partir d’un parchemin écrit conformément à la Halakha.’
Plusieurs lois concernant l’écriture de la Meguila sont semblables à
celles du Sefer Torah. Elle doit notamment être écrite à la main, sur un
parchemin. Nos livres imprimés sont donc impropres à la lecture de
la Meguila.
4. Une grande différence démarque toutefois la Meguila du Sefer Torah:
un Sefer Torah dans lequel manquerait une seule lettre est invalide. En
revanche, une Meguila dans laquelle manqueraient plusieurs mots, ou
même la moitié des mots, demeure Casher.
Ainsi, le Choul'han Aroukh [Ibid.] écrit: ‘Celui qui récite toute la Meguila par
cœur ne s’acquitte pas de sa Mitsva; a postériori, si le scribe a manqué
quelques mots… on s’acquittera de la Mitsva en les récitant par cœur’.
5. Deux conditions doivent toutefois être remplies:
1°) que les premier et dernier versets ne manquent pas,
2°) qu’il ne manque pas de paragraphe entier.

46 Refoua Shelema à Ruth bat Orli


HALAKHA - Pourim
VENDREDI
3 Adar 5780
28 / 02 / 20

Rappel : Si pendant la lecture de la Meguila, l’officiant constate que


quelques mots du texte manquent, il pourra les dire par cœur. A
l’exception du cas où tout un sujet a été omis.
1. Cette loi relativement théorique sera en fait d’une importance capitale
pour fixer la conduite à adopter lorsqu’on n’a pas entendu des mots de
la lecture de l’officiant. Il sera en effet possible de les compléter en les
lisant à partir d’un livre imprimé, autant que l’on peut les réciter par
cœur. A condition toutefois de respecter les quelques mises en garde
qui suivront.
2. Bien qu’il soit toléré de réciter par cœur des mots de la Meguila, il faut
a priori la lire intégralement à partir d’une Meguila complète, écrite
en bonne et due forme.
3.. Ne pas lire en même temps que l’officiant. Si on suit la Meguila
à partir d’un livre imprimé, on veillera à ne pas lire en même temps
que l’officiant [ch.690 §4]. L’on risque en effet de ne plus être attentif à la
lecture de l’officiant et de manquer un mot!
Et même si l’on veille à ne manquer aucun mot, la Halakha du §2 stipule
d’écouter a priori écouter toute la Meguila à partir d’un parchemin.
4. A la synagogue, l’assemblée a l’usage de lire à 4 reprises un verset,
que l’officiant reprend. Si l’on ne suit pas à partir d’une Meguila Casher, il
faudra être attentif à tous les mots que l’officiant reprendra. L’officiant
veillera quant à lui à ne reprendre la lecture qu’après que les fidèles
auront achevé leur récitation. [Rama ch.690 §4]
5. Idem lorsque l’on tape des pieds lorsqu’on entend le nom de Haman:
l’officiant ne continuera sa lecture qu’après le retour complet du silence.

Refoua chelema à Miryam bat Hassida


47
LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
4 Adar 5780
29 / 02 / 20

Question: Est-il permis de donner à manger ou à boire à un juif


ignorant, qui va consommer sans Berakha ou sans Kippa ?
Réponse: En théorie, il faut éviter [ch.169 §2]. Sauf qu’il faut aussi veiller
à ce que cette personne ne sorte pas froissée de la situation, car il est
d’autant plus grave d’éveiller la haine des laïcs contre les juifs fidèles à
la Torah. Aussi, lorsqu’on ne parvient pas à esquiver le problème avec
tact, les décisionnaires permettent, surtout si ce juif simple n’agit pas
avec mauvaise intention, mais juste par ignorance [M-B §11]. D’autant
plus qu’en se montrant aimable, soucieux de lui faire matériellement
plaisir, sans critique ou remontrance, cet invité développera sûrement
des affinités avec son hôte, et finira par se rapprocher un tant soit peu
de la Torah.
Concrètement, le Piskei Teshouvot [ch.169 §3] propose quelques astuces
pour contourner le problème. La plus évidente est bien sûr de rappeler
avec finesse à ce juif son devoir de dire une Berakha, au moment où
on lui tend l’aliment. On lui tendra aussi une Kippa, car il est défendu
de prononcer le nom d’Hashem avec la tête découverte. [M-B ch.2 §12]
Précisons au passage qu’après l’avoir mis face à ses responsabilités,
s’il refuse malgré tout d’accomplir son devoir, on n’a pas d’obligation
d’insister. [Cf. Piskei Teshouva Ibid. note 12]
Le Steipeler –rav Y.I Kaniesky zatsal– évoque une astuce expérimentée
par l’un de ses amis : la femme apporta à table des gâteaux devant
l’invité non-pratiquant, et demanda à son mari de la dispenser de la
Berakha. Le mari reprit naturellement : ‘Je pense à vous acquitter de
la Berakha’, et la récita. Dès qu’il finit la Berakha et mangea, en même
temps que sa femme, l’invité se mit lui aussi à goûter !
Précisons que celui-ci s’est ainsi dispensé de la Berakha même s’il n’a
pas répondu Amen, tant qu’il a eu l’intention de ‘jouer le jeu’ avec son
hôte. [ch.213 §2]

48 Zivoug Hagoun à Julia Déborah Eugénie bat Josiane


HALAKHA - Pourim
DIMANCHE
5 Adar 5780
01 / 03 / 20

1. Lire les versets dans le désordre. Le Choul’han Aroukh [ch.690 §6]


enseigne: ‘Celui qui lit la Meguila dans l’ordre inverse –verset par verset,
mais en commençant par la fin– ne s’acquitte pas de sa Mitsva.
Supposons qu’il change l’ordre de 4 versets qui se suivent, et les lise dans
l’ordre 1-3-2-4 : il ne s’est pas acquitté de la Mitsva, car les versets 2 et
3 ont été lus dans l’ordre inverse ! Comment procéder? Après avoir repris le
verset 2, il lira de nouveau le 3, et continuera alors la Meguila.’
Ainsi, si on manque un mot prononcé par l’officiant, il faudra
impérativement lire le mot manqué, puis continuer à lire jusqu’à ce
que l’on rattrape tout ce que l’officiant a lu durant ce laps de temps. Il
n’est pas possible de compléter le mot, verset ou paragraphe après
la lecture de la Meguila !
2. Lire avec minutie. A priori, il faut lire la Meguila avec exactitude, en
respectant la ponctuation et les Teamim – la cantillation. A posteriori,
on s’acquitte de la Mitsva si l’on fait quelques fautes de lecture, tant
que l’erreur ne modifie pas la signification du texte [ch.690 §14]. Par ex. une
faute de concordance de temps n’est pas tolérée.

Un petit point s’impose…


1. Il faut impérativement écouter tous les mots de la Meguila.
2. A priori, il faut lire [ou écouter de quelqu’un qui lit] toute la Meguila à partir d’un
parchemin écrit conformément à la Halakha. A posteriori, on pourra lire quelques mots par
cœur, ou à partir d’un livre imprimé. A condition de ne pas dire par cœur un paragraphe entier,
ni même le premier et dernier verset de la Meguila.
3. Il est défendu de lire en inversant l’ordre des mots ou versets écrits.
4. Il faut lire la Meguila sans erreur de lecture fondamentale.
5. Nous récapitulerons toutes ces lois à partir de la question-réponse du Shabbat prochain.

Leillouï nichmat Laure Léa bat Beila z"l


49
HALAKHA - Pourim
L U N D I
6 Adar 5780
02 / 03 / 20

1. Est-il permis d’écouter une lecture de Meguila lorsque la voix de


l’officiant est amplifiée par un micro ? Cela fait l’objet d’une discussion.
Rav O. Yossef zatsal propose un compromis: ne la lire au micro que si la
voix naturelle de l’officiant arrive de toute façon aux oreilles de tous,
même dans les recoins de la synagogue. Mais cet arrangement est lui
aussi contesté. Rav S.Z. Auerbach zatsal considère qu’un auditeur ne
se concentre que sur la voix du haut-parleur et non sur la voix naturelle
de l’officiant, et ne s’acquitte donc pas de sa Mitsva.
Concrètement… Que chaque rav de communauté tranche pour ses
fidèles selon ce que sa tradition halakhique lui dicte !
2. Le Choul’han Aroukh [ch. 690 §12] enseigne: «Celui qui lit la Meguila en
somnolant, puisqu’il n’est pas entré en sommeil profond, s’acquitte de sa
Mitsva. Par contre, celui qui écoute la Meguila en somnolant, ne s’acquitte
pas.»
Pour la Halakha, on est dans un état de somnolence lorsqu’on
‘déconnecte’ quelques instants, de façon à répondre machinalement
quand on nous appelle par notre nom, mais à être incapable de
répondre à une question qui nécessite un tant soit peu de réflexion.
Ainsi, celui qui lit la Meguila dans cet état s’acquitte de sa Mitsva –même
s’il n’est pas du tout concentré– puisqu’il parvient à prononcer tous
les mots. Mais celui qui s’acquitte de la Meguila en l’écoutant d’une
tierce personne doit impérativement rester attentif du début à la fin.
Si l’on s’assoupit durant quelques instants pendant la lecture, on ne
s’en acquitte pas, même si la voix de l’officiant parvient à nos oreilles
et que l’on n’est pas profondément endormi. Si quelques mots nous
échappent ainsi, on devra se rattraper selon les instructions apprises.
Ainsi, celui qui sent la fatigue le gagner se hâtera de se lever et de faire
des gestes énergiques pour se réveiller, afin de ne pas entrer dans
des problèmes qui lui coûteront bien plus d’efforts ensuite !

50 Leillouï nichmat Lucien David ben Avraham z"l


HALAKHA - Pourim
M A R D I
7 Adar 5780
03 / 03 / 20

Les Berakhot de la Meguila


1. Avant la lecture du soir, on prononce 3 Berakhot: ‘Al Mikra Meguila’,
‘Shéassa Nissim’, et ‘Shéhé’hyanou’. Pour la lecture du jour, les séfarades
ne disent que les 2 premières, et les ashkénazes reprennent les trois.
2. Celui qui a déjà lu la Meguila, et doit la relire pour acquitter une tierce
pesonne, peut réciter de nouveau les 3 Berakhot. Si celui qui écoute
sait les réciter, il est préférable qu’il les dise lui-même.
3. Lorsqu’on lit pour acquitter une femme, les ashkénazes prononcent
comme 1ère Berakha ‘Lishmoa Meguila’’ –qui nous a ordonnés d’écouter la
Meguila, plutôt que ‘Al Mikra Meguila’ –de lire la Meguila. Les séfarades
disent sans distinction ‘Al Mikra Meguila’.
4. Lorsqu’on récite la 3e Berakha –Shéhé’hyanou – on pensera a priori
à acquitter toutes les autres Mitsvot de Pourim [Mishloa’h Manot,
Matanot Laévionim, Mishté]. [M-B ch.692 §1]
En effet, nous louons Hashem par cette Berakha de nous avoir
maintenus en vie et de nous permettre à présent d’accomplir une
nouvelle Mitsva ponctuelle. Pour différentes raisons, la Halakha établit
de ne pas dire cette Berakha sur les autres Mitsvot de Pourim; il est
toutefois conseillé de penser à les en dispenser lorsqu’on récite cette
Berakha sur la Meguila. L’officiant fera bien d’annoncer avant de la
réciter qu’il acquitte l’assemblée de cette Berakha pour les 4 Mitsvot.
5. Si on a oublié de réciter une ou toutes les Berakhot de la Meguila et
que l’on a déjà commencé la lecture, on s’interrompra, les prononcera,
puis continuera la lecture là où on s’est arrêté.
6. Après la Meguila, on dit la Berakha de ‘Harav Et Rivenou etc.’. On ne
récite cette Berakha que si on a lu la Meguila en public. Lors d’une
lecture pour femmes aussi, on pourra réciter cette Berakha si 10
femmes sont réunies, même si le seul homme est le lecteur.

Refoua chelema à Moshé Refaël ben Guitel


51
HALAKHA - Pourim
MERCREDI
8 Adar 5780
04 / 03 / 20

Matanot laEvionim
1. Quand ? Après la lecture de la Meguila du matin, on donne de la
Tsedaka aux pauvres. On peut donner de l’argent ou de la nourriture,
mais on ne s’acquitte pas en lui donnant des habits ou des objets de
valeur. Si l’occasion se présente, on pourra la donner avant la lecture.
Bien que cette Mitsva doive être accomplie le jour, il est possible
de transmettre l’argent de Matanot Laévionim avant Pourim à un
intermédiaire, en lui précisant que la somme est pour l’instant confiée
en dépôt jusqu’au matin du 14, date à laquelle le pauvre l’acquerra.
2. A qui ? Il faut donner au minimum un cadeau, à 2 pauvres. On
s’acquitte du don à 2 pauvres en donnant à un couple de pauvres.
3. Combien ? Si l’on donne de la nourriture, il faut donner au moins 2
aliments à chaque pauvre. Si l’on donne de l’argent, on s’efforcera de
donner au minimum la valeur d’un repas – c.-à-d. le prix d’un petit
pain et d’un accompagnement.
4. Les femmes doivent accomplir cette Mitsva. A priori, il ne suffit pas
que le mari donne de la Tsedaka de manière indéfinie, au nom de la
famille; il devra penser explicitement à donner telle somme en son
nom, et telle somme au nom de sa femme. [M-B ch.695 §25]
5. Si en temps normal, l’on veille à verser son Maasser à la Tsedaka, on
ne pourra pas donner le Matanot LaEvionim avec cet argent. Il sera tout
de même possible de donner une somme conséquente de son argent
personnel, puis de grossir le don en ajoutant son Maasser. [M-B ch.694 §3]
6. Il n’est pas nécessaire de connaître l’identité du pauvre, ni même
que celui-ci sache d’où la Tsedaka provient. Bien au contraire même !
Cette Mitsva est plus grande lorsque le donneur et le receveur ne se
connaissent pas.
7. Réjouir les pauvres, veuves et orphelins en ce jour est une Mitsva
bien plus importante que celles des Mishloa’h Manot ou du Mishté.
Aussi, on investira l’essentiel du budget de Pourim dans cette Mitsva.

52 Leillouï nichmat Avraham Haï Norbert ben Fortunée Mazal z"l


HALAKHA - Pourim
J E U D I
9 Adar 5780
05 / 03 / 20

Mishloa’h Manot
1. Lorsque Haman monta A’hashverosh contre les Bnei Israël, il les
qualifia de peuple dispersé et désuni. Pour prouver le contraire, nos
Sages instaurèrent d’envoyer chacun à son prochain un présent,
composé au minimum de 2 sortes d’aliments comestibles ou de
boissons. On accomplira cette Mitsva le matin, après la lecture de
la Meguila. On ne s’acquitte pas de cette Mitsva si l’on transmet au
receveur ce présent durant la nuit de Pourim. [ch.695 §4]
2. Le but de cette Mitsva étant d’augmenter fraternité et amitié, on
veillera à offrir des mets appréciés par le receveur. Certains pensent
que l’on ne s’acquitte pas de la Mitsva en lui envoyant des aliments qu’il
ne considère pas comme importants. [Biour Halakha ch.695 §4]
3. Il suffit de donner un Mishloa’h Manot à une seule personne. Il est
toutefois souhaitable d’en donner à plus, à condition de ne pas le faire
sur le compte de la Tsedaka pour les pauvres. Précisons que l’on pourra
donner ces présents aux personnes supplémentaires le soir de Pourim,
à partir du moment où l’on veille à ce qu’un receveur les reçoive de jour.
[M-B §22]

4. On ne s’acquitte pas en donnant de l’argent ou tout cadeau qui


n’est pas comestible. On donnera a priori des aliments consommables
immédiatement. [M-B ch.695 §20]
5. Dans la mesure du possible, on donnera au moins un Mishl’oah Manot
par l’intermédiaire d’une tierce personne. [Ibid. §18]
6. Les femmes aussi sont tenues d’accomplir cette Mitsva. Par mesure
de pudeur, une femme enverra son Mishloa’h Manot à une femme, et
un homme à un homme. [ch.695 §4] Comme pour les Matanot laEvionim, on
ne se contentera pas a priori d’envoyer des mets ‘au nom de la famille’
de manière indéfinie; chaque membre veillera à désigner au moins un
présent qu’il donnera à une personne précise.

Leillouï nichmat Rav Shmouel ben Shlomo Zalman zatsal


53
HALAKHA - Pourim
VENDREDI
10 Adar 5780
06 / 03 / 20

Mishté
1. En souvenir de tous les banquets racontés dans la Meguila, on
prépare un repas de fête, dans lequel nous consommons toutes sortes
de mets raffinés, de préférence à base de viande, ainsi que du vin.
2. Le Mishté doit nécessairement être réalisé le jour de Pourim, et non
le soir après la lecture de la Meguila. Il est toutefois souhaitable de
manger le soir de Pourim un peu plus qu’un soir habituel. [ch.695 §1]
3. Il faut commencer le Mishté en plein jour, au point de consommer la
majeure partie du repas durant le jour. Si le Mishté se prolonge jusqu’à
la nuit, on dira quand même Al haNissim dans le Birkat haMazon. [ch.695 §3]
4. Il est aussi possible de dresser ce festin depuis le matin.
5. Choul’han Aroukh ch. 695 §2: C’est une Mitsva de s’enivrer à Pourim
au point de ne plus faire de différence entre Arour Haman – Maudit soit
Haman, et Baroukh Mordekhaï – béni soit Mordekhaï.
6. Si on risque de commettre même un seul interdit –par ex. de ne pas
dire le Birkat haMazon après le repas, ou de ne pas prier Arvit après
Pourim– on est exempté de cette Mitsva, et l’on se contentera de boire
un peu plus de vin qu’à notre habitude, au point de s’assoupir un peu.
7. Il faut veiller à étudier un peu de Torah avant de commencer le Mishté,
comme le dit le verset : ‫ש ְמ ָחה‬ ׂ ִ ְ‫ לַ ְ ּיהו ִּדים ָהיְ ָתה אוֹ ָרה ו‬- Pour les juifs, ce
n’était que joie rayonnante – qui fait allusion à l’étude de la Torah. [Ibid.]
8. Shoushan Pourim. Nos Maîtres ont instauré de célébrer Pourim le
15 Adar à Suse, ainsi que dans toutes les villes du monde qui étaient
fortifiées à l’époque où Yéhoshoua conquit la Terre d’Israël, notamment
à Jérusalem.
Le statut d’un bon nombre de villes d’Israël mentionnées dans le
livre des Prophètes comme ville fortifiée, reste sujet à discussion. On
célébrera de ce fait 2 jours de Pourim dans les villes de Yaffo, Tsfat,
Lod, Beer Sheva, Haïfa et Hévron. Tibériade fait aussi l’objet d’un doute.

54 Refoua chelema à Sarit Haya bat Rivka


LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
11 Adar 5780
07 / 03 / 20

Question: David n’a pas bien entendu un ou plusieurs mots de la


Meguila lus par l’officiant. Comment se rattrapera-t-il?
Réponse:
a. Si David peut se rattraper en lisant dans une Meguila Casher, il
se hâtera de lire depuis les mots manqués jusqu’à ce qu’il rattrape
l’officiant. Il devra auparavant être certain d’être capable de lire
convenablement sans les voyelles, sans erreur qui modifie le sens
du texte. De plus, il devra veiller à élever suffisamment la voix pour
qu’il s’entende1. A posteriori, il s’acquittera même s’il ne s’est pas
entendu, tant que les mots ont été articulés.
b. Si David ne sait pas lire convenablement, il pourra demander à son
voisin assis à côté de lui de compléter les mots manquants à mi-voix
à partir de la Meguila Casher – et non d’un livre imprimé.
c. Si David n’a pas de Meguila Casher, ou bien, s’il craint ne pas pouvoir
lire convenablement sans voyelles, il complètera et rattrapera
l’officiant à partir d’un livre imprimé.
d. Quant à demander au voisin de lire à partir d’un livre imprimé,
la question est complexe. Cela dépend si David aura la possibilité
d’écouter plus tard une autre lecture. Si c’est le cas, le voisin ne
l’aidera pas, et David ira écouter de nouveau la Meguila, comme nous
l’expliciterons. Mais si David ne pourra matériellement pas aller suivre
une autre lecture, son voisin l’aidera à rattraper l’officiant.
Pour aller plus loin… Nous apprenions que l’on accomplit une plus belle
Mitsva en écoutant toute la Meguila à partir d’un parchemin Casher.
De manière générale, il ne faut négliger aucun mérite de Mitsva pour
en faire bénéficier un autre. Sauf si l’autre est dans l’impossibilité
d’accomplir son devoir, où la Mitsva d’aider son prochain prime alors
sur le prestige de notre Mitsva.

1- Cf. Mishna Beroura ch.689 §5, et Shaar haTsioun §7

Refoua chelema à Sarit Haya bat Rivka


55
LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
11 Adar 5780
07 / 03 / 20

e. Si David ne peut pas lire lui-même la Meguila, ni même demander


à son voisin de lire pour lui, il pourra lire dans sa langue natale le
paragraphe de la Meguila où il se trouve, dépassera l’officiant, et
continuera à écouter en hébreu la Meguila2.
f. Si aucune de ces solutions n’est réalisable, ça se complique… David est
à présent en grande difficulté. Il devra reprendre toute la lecture plus
tard, soit depuis l’endroit manqué, soit depuis le début de la Meguila,
selon le cas:
- S’il ne s’est pas interrompu depuis l’incident, il suffit de la reprendre
depuis les mots manqués jusqu’à la fin. S’il a dû parler pour expliquer
son problème, cela ne constitue pas une interruption.
- S’il s’est interrompu –en parlant d’un autre sujet ou en se laissant
distraire– il devra recommencer la Meguila depuis le début.
2. Dans le cas où David doit reprendre toute la lecture de la Meguila, il
devra aussi prononcer de nouveau les Berakhot d’avant la lecture. Sauf
si David a continué à suivre la Meguila depuis l’incident, et que le mot
manqué ne modifie pas la signification du texte. Si le cas se présente,
se concerter avec un rav.
3. Afin d’éviter tout problème, on veillera à nommer un officiant
qui a une voix assez portante, qui lit suffisamment lentement pour
permettre aux distraits de se rattraper facilement [sans pour autant
endormir l’assemblée…]. Nous intégrons à présent bien mieux la
responsabilité des parents qui amènent à la synagogue des enfants en
bas âge qui troublent souvent l’écoute de la Meguila des adultes!

2-Choul’han Aroukh ch.690 §9. Cette solution requiert toutefois quelques conditions: que le texte traduit soit
fidèle au texte en hébreu originel, et que David ne comprenne pas l’hébreu.

56 Leillouï nishmat Sassi Smila z"l


HALAKHA - Bedikat Hamets
DIMANCHE
12 Adar 5780
08 / 03 / 20

« Moshé a instauré de débuter l’étude des lois de Pessah 30 jours avant


la fête » [Chou-Ar. ch.429]. Cette directive provient du fait que les lois de
Pessah sont très vastes – de la recherche du Hamets et du ménage de
Pessah, de le Hag’alat Kelim, etc., jusqu’à la préparation des Matsot et
le déroulement du Seder. Or, Pessah tombe le 15 Nissan, et le mois de
Adar ne contient que 29 jours ; cette directive implique donc d’attendre
le jour de Pourim –le 14 Adar– pour débuter l’étude de Pessah. [Mishna
Beroura §2]

Toutefois, beaucoup de foyers débutent le célèbre nettoyage de Pessah


depuis le lendemain de Pourim. Il faut bien réaliser que ce ménage
n’est pas un nettoyage de printemps, mais une Mitsva – rechercher
l’éventuel Hamets que l’on possède pour l’anéantir. Comme toute
Mitsva, ce ménage requiert donc des instructions, des mises en garde,
des conseils pratiques. Saisissons la petite avance de quelques jours
pour débuter dès à présent les Halakhot du ménage de Pessah.
Attention : ces lois étant très vastes, nous proposerons des doubles-
pages d’étude quotidienne.
Dans Kohelet [10:15], le roi Shlomo nous dévoile un principe très précieux :
‫ ֲע ַמל ַה ְּכ ִסילִ ים ְּתיַ ְ ּג ֶע ּנ ּו ֲא ׁ ֶשר ל ֹא יָ ַדע לָ לֶ כֶ ת ֶאל ִעיר‬- Le mal que se donnent les
sots les exténuent, parce qu’ils ne connaissent pas le chemin de la ville !
Prenons un exemple banal : porter un sac de courses de 5kg sur 1km.
Action qui demande certes un petit effort, mais rien de très épuisant.
Et bien, le sot parviendra à s’exténuer dans cette petite mission, au
point de souffrir de violentes crampes durant 4 jours. Comment ? Ce
Sh’ha –comme le disent si bien les Tunisiens !– s’est mis dans la tête
qu’il faut nécessairement porter la charge en tendant le bras de côté
à l’horizontale, sans le changer de main ! Pour peu qu’il se soit fixé de
transporter le sac à cloche-pied, je vous laisse imaginer ses douleurs…
Vous en riez sûrement, n’est-ce pas ? Et bien, arriver à Pessah en
forme, pour savourer chaque instant de la merveilleuse soirée du Séder,
malgré la recherche du Hamets dans toute la maison, c’est exactement
la même chose !

Leillouï nishmat Marcelle Smila z"l


57
HALAKHA - Bedikat Hamets
L U N D I
13 Adar 5780
09 / 03 / 20

Le Hamets
Généralités
A Pessah, il est interdit de consommer ou de posséder du Hamets –
aliment à base des 5 céréales qui ont fermenté. On différencie 4
formes de Hamets:
a. ‫ – ָח ֵמץ ְ ּב ַעיִ ן‬le pur Hamets. Par ex. du pain, des pâtes. Il est interdit par
la Torah d’en posséder, et celui qui en consomme 27g est passible de
retranchement. Si l’on consomme ou possède une quantité inférieure
à 27g, on transgresse l’interdit de la Torah, mais sans être punissable.
b. ‫– ַת ֲערוֹ ֶבת ָח ֵמץ‬le Hamets mélangé– un aliment permis à la
consommation dans lequel s’est mélangé du Hamets, au point de
ne pas être reconnaissable à la vue, mais uniquement au goût. Il
est interdit de posséder ou consommer un tel aliment par la Torah.
Cependant celui qui en mange n’est pas passible de retranchement.
Attention ! Lorsque le Hamets est reconnaissable à l’œil, il est
considéré comme du pur Hamets, même s’il est éparpillé. Par ex. des
miettes de pain dans un pot de confiture.
De même, si la concentration de Hamets dissous est supérieure à un
1/8e et se fait sentir au goût, il est considéré comme du pur Hamets.
c. ‫ – ָח ֵמץ נו ְּק ֶשה‬le Hamets Noukshé – abîmé, mais qui peut encore être
consommé difficilement. Par ex. des épis de blé de décoration qui
ont été en contact avec de l’eau. Puisque ce Hamets peut encore être
mangé, il est interdit de le posséder par ordre rabbinique.
d. ‫ – ָח ֵמץ ׁ ֶש ֵאינוֹ ָראוּי לַ ֲאכִ ילַ ת ֶ ּכלֶ ב‬le Hamets qui n’est plus consommable
par un chien. Ce Hamets n’a pas besoin d’être anéanti. Mais attention :
celui qui décide d’en consommer malgré tout ne pourra pas le faire,
car le fait de considérer un tel aliment lui restitue son interdit à la
consommation.

58 Aujourd'hui : jeûne d'Esther


HALAKHA - Bedikat Hamets
L U N D I
13 Adar 5780
09 / 03 / 20

La Bedikat Hamets – La recherche du Hamets


La Torah interdit non seulement de consommer du Hamets pendant
Pessah, mais aussi d’en posséder. De ce fait, nous faisons avant
l’entrée de Pessah le Bitoul Hamets – l’annulation du Hamets qui est
en notre possession.
En s’en tenant à la Mitsva de la Torah uniquement, le Bitoul Hamets
implique de décider dans notre cœur de ne plus lui manifester aucun
intérêt. Mais un tel procédé nous amènerait à transgresser 2 interdits:
celui qui possèderait de grandes quantités de Hamets ne parviendrait
pas à annuler sincèrement son Hamets. De même, on risquerait de
tomber sur un gâteau pendant Pessah, et de le manger machinalement.
Nos maîtres ont donc instauré de faire la Bedikat Hamets –la recherche
du Hamets en notre possession– le soir qui précède Pessah, et de faire
le lendemain matin le Bi’our Hamets –anéantir le Hamets– en le brûlant.
Le Ari za’l écrit que celui qui veille à consommer pendant Pessah pas
même une quantité infime de Hamets jouira d’une protection divine qui
le protègera de la faute durant l’année qui suit. Le Gaon de Vilna et le
Hatam Sofer cherchaient le Hamets durant toute cette nuit.
Ainsi, dans la plupart des foyers juifs, on astique la maison de fond
en comble quelques jours avant Pessah. Les plus zélés commencent
ce nettoyage depuis le lendemain de Pourim. Le problème est qu’ils
se retrouvent le soir du 14 Nissan dans une maison scintillante, où la
recherche du Hamets semble superflue. Alors, la maîtresse de maison
cache les petits bouts de pain, et la grande Mitsva de Bedikat Hamets
prend une allure de jeu de chaud-froid, où le chef de maison ne cherche
à la lueur d’une bougie que ces petits bouts, en une dizaine de minutes.
D’un point de vue halakhique, cet usage n’est pas correct. Le grand
ménage de Pessah contribue certes à alléger considérablement la
lourde tâche de la Bedikat Hamets; reste qu’il faut tout de même
rechercher le Hamets, avec minutie, dans tous les coins de la maison…
Bon jeûne d'Esther !
59
HALAKHA - Bedikat Hamets
M A R D I
14 Adar 5780
10 / 03 / 20

Commençons par poser quelques lois générales de la Bedikat Hamets,


avant de déduire consignes et astuces pour rendre ce nettoyage plus
profitable à la Mitsva de rechercher le Hamets le soir du 14.
1. La Bedikat Hamets doit être réalisée à la tombée de la nuit, à la lueur
d’une bougie. Nos Maîtres l’ont instaurée à ce moment pour 2 raisons:
a. parce que chacun se trouve chez soi en début de soirée.
b. parce que la bougie, de nuit, éclaire mieux dans les recoins que la
lumière du jour.
2. Le Choul’han Aroukh [ch.433 §11] enseigne: «Celui qui balaye sa chambre
le 13 Nissan [dans la journée] dans l’intention d’accomplir la Mitsva de
chercher le Hamets, et veille ensuite à ne plus faire entrer de Hamets dans
cette pièce, devra malgré tout rechercher le Hamets le 14 au soir, comme
la Mitsva l’impose.»
Les décisionnaires précisent que cet homme a commis 2 erreurs :
a. Il a recherché le Hamets le jour au lieu du soir. Nos Maîtres se
sont souciés de ne pas laisser de place à la négligence. Or, si l’on
dispense cet homme de faire sa Bedikat Hamets, chacun trouvera des
prétextes pour ne pas accomplir sa Mitsva.
b. Il n’a pas cherché le Hamets à la lueur d’une bougie. Et de préciser
que le balayage n’assure pas un nettoyage parfait du Hamets, car un
bout de pain est peut être resté caché dans une fente.
3. Le Chou-Ar [ch.436 §1] enseigne encore : «Celui qui quitte son domicile
moins de 30 jours avant Pessah et ne nomme pas de responsable pour
chercher le Hamets le 14 au soir devra le chercher la veille de son
départ, sans réciter la Berakha.» Les commentateurs précisent qu’il
devra le chercher à la lueur d’une bougie.
En compilant ces 2 lois, il ressort qu’il est concrètement possible
d’accomplir la Mitsva de Bedikat Hamets avant la date instaurée, à
condition de le faire en soirée, à la lueur d’une bougie. Il faut cependant
s’abstenir d’accomplir sa Mitsva ainsi, afin de prononcer la Berakha sur
la Bedika.

60 Joyeux Pourim !
HALAKHA - Bedikat Hamets
M A R D I
14 Adar 5780
10 / 03 / 20

4. Et dans le chap.433 §1, le Chou-Ar. écrit: « La Bedika doit être réalisée
à la lueur d’une bougie, et non à celle de la lune. S’il n’a pas fait la
Bedika le 14 au soir, il devra chercher le Hamets le 14 au matin. Il ne
le cherchera pas à la lumière du jour, mais à celle d’une bougie. Dans
une véranda, il pourra se contenter de la lumière du soleil. De même,
il pourra aussi le rechercher près de la fenêtre, à la lumière du jour.»
Nous déduisons donc qu’une surface parfaitement éclairée peut
théoriquement être vérifiée même en journée, si ce n’est le devoir
d’accomplir cette Mitsva le soir du 14 comme nos Maîtres l’on instauré.

Un petit point s’impose...


a. Le soir du 14 Nissan, il faut rechercher le Hamets dans tout endroit où il est possible
d’en avoir entré durant l’année.
b. ‘Rechercher’ implique de regarder partout à l’aide d’une lumière claire. On ne
s’acquitte pas de la Mitsva en nettoyant uniquement l’endroit. Toutefois, un nettoyage
de fond après lequel on peut certifier que le Hamets a été supprimé, est considéré
comme une Bedika, même si l’on ne vérifie pas visuellement son absence. [Cf. Tossefot
Nida 56B]

c. Il faut rechercher le Hamets à l’aide d’une lumière qui éclaire convenablement. Un


endroit sombre doit être vérifié à la lueur d’une bougie pendant la nuit, tandis qu’un
endroit pleinement exposé à la lumière du jour peut être vérifié en journée [sans
bougie].
A priori, on ne recherchera pas le Hamets de toute la maison avant le 14 Nissan, afin de
pouvoir accomplir la Mitsva le soir du 14 en récitant la Berakha avant.
d. Attention ! Lorsque l’on a vérifié une chambre avant le 14 Nissan, il faut veiller à ne
plus y faire entrer du Hamets. Si on laisse des enfants par ex. y entrer sans s’assurer
strictement qu’ils n’aient pas de Hamets en main, l’endroit redevient imposable de
Bedika de fond en comble !

Joyeux Pourim ! 61
HALAKHA - Bedikat Hamets
MERCREDI
15 Adar 5780
11 / 03 / 20

1. Appliquons les directives apprises au célèbre ménage de Pessah


que nous réalisons durant le mois qui précède la fête. Il faut vérifier
que les endroits nettoyés ne contiennent plus de Hamets. Cela implique
de regarder à l’aide d’une lumière claire qu’il n’y a pas de Hamets en ce
lieu. Si l’endroit est bien exposé à la lumière du jour, il suffit d’observer
partout. Et si l’endroit est sombre, il faut nécessairement utiliser une
bougie, en attendant alors la nuit pour effectuer cette vérification.
Quant à la lumière électrique fixe de la pièce, elle n’est valable que si
elle pénètre dans tous les recoins de l’armoire. [Il est concrètement
difficile de vérifier tous les coins d’une armoire avec une telle lumière.]
Si on passe un chiffon sur une étagère, ce nettoyage peut être
considéré comme une Bedika, à condition que l’étagère soit lisse –c.-
à-d. qu’il n’y ait pas de fente où le Hamets puisse se cacher–, et qu’on le
passe avec minutie, dans l’intention de certifier l’absence de Hamets.
Lorsqu’on recherche ainsi le Hamets d’une pièce, on s’est acquitté
du devoir de chercher de nouveau le soir du 14 Nissan, à condition
toutefois de veiller à ne plus y faire pénétrer du Hamets.
Mais attention ! On s’abstiendra de chercher le Hamets de toute la
maison avant le soir du 14, afin de pouvoir réciter la Berakha sur la
Bedika. Si toute la maison a été vérifiée, il n’y a plus de Mitsva de Bedikat
Hamets. Les décisionnaires justifient alors l’usage de cacher les 10
bouts de pain, qui permettra de chercher le Hamets avec Berakha.
2. Concrètement, tant que l’on n’a pas nettoyé toute la maison d’un
coup, il n’est en général pas possible de certifier que l’on ne possède
plus de Hamets. Il est en effet probable que l’on ait oublié une petite
armoire ou étagère, que l’on s’était laissé pour plus tard.

62 Joyeux Shoushan Pourim aux habitants de Jérusalem !


HALAKHA - Bedikat Hamets
MERCREDI
15 Adar 5780
11 / 03 / 20

De ce fait, Rav Shlomo Zalman Auerbach zatsal écrit que l’on accomplit
la Mitsva de Bedikat Hamets en contrôlant que tous les endroits de
la maison ont été vérifiés individuellement. Le rav avait lui-même
l’habitude de repasser dans chaque pièce, accompagné du membre
de la famille chargé du nettoyage de cet endroit, et s’assurait que
chaque armoire/ étagère/ tiroir avait été vérifié convenablement. Puis,
il cherchait à la lueur de la bougie dans les coins sombres, et découvrait
dans la lancée les 10 petits bouts de pain. Une telle Bedika requiert plus
d’une heure pour une maison de superficie moyenne.

Et en pratique...
1. Question: 2 semaines avant Pessah, une maman nettoie l’armoire
à jouets et vêtements des enfants. Elle ouvre chaque jeu et s’assure
qu’aucune friandise Hamets n’ait été oubliée. Puis elle tâte ou retourne
chaque poche de vêtement. Avant de tout réintroduire dans l’armoire,
elle passe un chiffon sur l’étagère. A-t-elle dispensé son mari de
vérifier de fond en comble cette armoire le soir de la Bedika?
Réponse:
a. Tout d’abord, il faut s’assurer qu’aucun Hamets ne soit entré ensuite
dans cette armoire. Si un seul vêtement a pu y être introduit avec
une gaufrette dans la poche, cela prouve que l’endroit n’a pas été
gardé. Nous craignons alors que d’autres formes de Hamets n’y
soient entrées, et il faudra revérifier toute l’armoire. Ou au moins,
certifier que les autres vêtements et jeux n’aient pas été touchés.
b. Nous devons ensuite nous interroger si cette maman peut certifier
halakhiquement qu’il n’y a plus de Hamets comestible dans l’armoire.
Soit, visuellement, ou par le passage minutieux de chiffon sur les
surfaces lisses, c.-à-d. où le Hamets ne peut pas lui échapper en se
glissant dans une fente.
Nous préciserons ci-après les instructions concrètes.

Joyeux Shoushan Pourim aux habitants de Jérusalem !


63
HALAKHA - Bedikat Hamets
J E U D I
16 Adar 5780
12 / 03 / 20

Rappel : le ménage d’avant Pessah ne contribue à alléger la recherche


du Hamets le soir du 14 Nissan que si l’on vérifie après nettoyage qu’il
n’y a plus de Hamets dans l’armoire. La Halakha requiert de pouvoir
certifier que le lieu ne contient pas de Hamets, de l’une des 2 manières :
visuellement, ou par le passage minutieux de chiffon sur les surfaces
lisses, c.-à-d. où le Hamets ne peut pas lui échapper en se glissant dans
une fente.
Concrètement:
- Si l’armoire est bien éclairée lors du nettoyage, le mari n’aura pas
d’obligation de la rouvrir pour la Bedika. Il devra juste rechercher à la
lueur d’une bougie le Hamets dans les parties sombres de l’armoire,
telles que les casiers où coulissent les tiroirs, ou sous l’armoire – s’il
se peut qu’un enfant y ait dissimulé des friandises.
- Si la chambre n’est pas fortement éclairée, cette brave maman
n’a pas recherché le Hamets comme il se doit, et l’armoire doit
être revérifiée ! Elle aura tout de même contribué à dispenser de
rechercher de fond le Hamets à l’intérieur de la plupart des caisses de
jouets, et dans les poches des habits, pour 2 raisons :
- Les jouets qu’elle a sortis de leur boite, nettoyés, puis rangés,
sont à présent dispensés, car l’on peut certifier qu’aucun Hamets
n’a été rangé de nouveau dans la boîte. Par contre, les jeux qu’elle
a uniquement ouverts, en constatant visuellement l’absence
de Hamets, doivent être revérifiés à la lueur d’une bougie, car un
mauvais éclairage ne permet pas de certifier un état.
- Quant aux vêtements, on s’acquitte de la Bedika en tâtant les poches
uniquement, même si on ne les vérifie pas à la lueur d’une bougie. [Or
Letsion III ch.7 §11]

64 Hatslakha à tout le Am Israël !


HALAKHA - Bedikat Hamets
J E U D I
16 Adar 5780
12 / 03 / 20

Dans quel endroit faut-il chercher le Hamets ?

1. Seul un endroit où il y a une certaine logique d’y avoir fait entrer du


Hamets doit être vérifié. Ainsi : un meuble qui contient de la vaisselle
doit être vérifié, de peur qu’en y cherchant un ustensile pendant le
repas, on n’y ait machinalement posé du Hamets et on ne l’ait oublié.
Par contre, une armoire d’habits –si l’on veille à ne pas faire entrer
d’aliments pour ne pas attirer d’insectes– n’a pas besoin d’être vérifiée.
S’il se peut qu’on ait laissé du Hamets dans la poche d’un habit, il faudra
rechercher le Hamets dans toute l’armoire.
2. Lorsque des jeunes enfants vivent à la maison, toutes les armoires
qui sont à leur portée doivent être vérifiées, même si on n’y range que
des produits ménagers ou du linge de maison.
3. Idem pour la recherche du Hamets derrière les lits et sous les
armoires. S’il n’y a aucune raison que du Hamets s’y soit glissé, il n’est
pas requis de les déplacer pour nettoyer derrière. Et si des enfants
vivent à la maison, il faudra vérifier ces endroits. Il n’est toutefois pas
nécessaire de déplacer les meubles. Il suffit de s’assurer qu’il n’y a
pas de Hamets à portée de main, et de s’appuyer sur le Bitoul Hamets
–l’annulation du Hamets– que l’on récite après la Bedika.
4. Il faut chercher le Hamets dans les sacs à main, cartables et valises.
5. Il faut rechercher le Hamets dans la voiture, sous et entre les sièges,
dans tous les coins etc. Comme pour la maison, un nettoyage sans
vérification visuelle ne suffit pas. Il faut donc vérifier a priori le Hamets
le soir à la lueur d’une lampe de poche. A posteriori, on s’appuiera aussi
sur la vérification en journée à la lumière du jour.

Refoua chelema à Sarit Haya bat Rivka


65
HALAKHA - Bedikat Hamets
VENDREDI
17 Adar 5780
13 / 03 / 20

6. La loi stricte n’impose pas de chercher des miettes de Hamets


de moins de 27g. L’usage est toutefois de se montrer zélé et de
supprimer tout Hamets de la maison. Néanmoins, les miettes qui ne
se sont plus comestibles –par ex. si elles ont été piétinées par terre–
n’ont pas besoin d’être anéanties. En effet, si nous découvrions ces
miettes pendant Pessah, nous ne risquerions pas de les manger
machinalement. Il n’est donc pas requis de nettoyer ou démonter
volets, fenêtres, etc. Même si des oiseaux y avaient fait entrer du pain,
ce Hamets n’est plus comestible !
7. Il n’y a pas d’obligation de nettoyer les éventuelles miettes qui se
seraient glissées dans des livres3. Les livres de Birkat Hamazon qui
contiennent souvent du Hamets devront être nettoyés convenablement
et mis de côté pendant Pessah.
8. Dans la cuisine, il faut chercher le Hamets dans le réfrigérateur et
congélateur. Même s’ils ont été nettoyés parfaitement, on continue
souvent à y entreposer du Hamets proprement en sac plastique jusqu’à
la dernière minute ! Il faut donc les vérifier le soir du 14 Nissan à la
lumière d’une bougie, puis rassembler tout le Hamets qui s’y trouve.
9. Toaster/crêpière. Selon la loi stricte, il n’est pas nécessaire d’y
rechercher le Hamets, puisqu’on ne les range jamais en y laissant des
restes considérables. Il suffirait donc de les ranger avec la vaisselle
Hamets à Pessah. Toutefois, l’usage étant d’anéantir tout Hamets, c’est
un bon usage de nettoyer ces ustensiles autant que possible.
10. Il faut théoriquement faire la Bedikat Hamets dans le four, si l’on
a l’habitude d’y conserver parfois un gâteau. Concrètement, si l’on a
nettoyé le four en y aspergeant un détergent puissant, il n’est plus
nécessaire d’y rechercher le Hamets. En effet, nous apprenions que le
Hamets qui n’est plus consommable n’a pas besoin d’être anéanti. On
s’acquitte d’ailleurs du Biour Hamets en versant de la Javel sur du pain,
3- Notons tout de même que le Hazon Ish pense qu’il faut chercher le Hamets dans les livres.

66 Hatslakha à notre imprimeur Dan Pérez !


HALAKHA - Bedikat Hamets
VENDREDI
17 Adar 5780
13 / 03 / 20

même s’il paraît encore intact. En l’occurrence, l’éventuel Hamets resté


dans le four après le nettoyage a sans aucun doute été anéanti !
11. D’où le conseil pratique pour les vêtements, cartables, ou jouets
en plastique: les laver à la machine avec un détergent, ou même
les tremper dans une eau javellisée le temps nécessaire pour que le
Hamets collé devienne impropre à la consommation.
12. Dans un jardin, une cour, un balcon, ou tout endroit aéré, il n’est
pas nécessaire de rechercher l’éventuel Hamets oublié, puisque les
oiseaux sont probablement venus le manger. Par contre, les coins
où les oiseaux ne parviennent pas à picorer doivent être vérifiés. De
même, si on est sûr d’avoir déposé du Hamets quelque part, il faudra
le ramasser.
13. Il faut faire la Bedikat Hamets dans les endroits que l’on possède en
copropriété. Ainsi, il faut chercher le Hamets dans la cage d’escalier de
l’immeuble, s’il est possible d’y avoir oublié du Hamets. Par ex. s’il est
plausible que des enfants y cachent des friandises dans les armoires
des compteurs d’eau ou d’électricité. [Concrètement, on n’est jamais à
l’abri des idées créatives des enfants!]
Si des goyim vivent dans l’immeuble, il n’est pas nécessaire de le
rechercher à la lueur de la bougie, afin de ne pas susciter leur critique.
14. Il faut faire la Bedikat Hamets à la synagogue à la lueur d’une bougie.
15. Certains s’exemptent de la Bedikat Hamets en vendant au goy le
Hamets de la maison depuis la veille de Pessah: si juridiquement, on n’a
pas de maison, il n’y a plus de ménage à faire! Ce procédé est cependant
déconseillé. D’abord, parce que la vente du Hamets du particulier est
controversée comme nous le rapporterons, et l’usage est de ne pas
inclure dans cette vente du pur Hamets. De plus, si on vend le Hamets
en le laissant à notre proximité, le problème pour lequel nos Maîtres
ont institué la Bedikat Hamets est toujours présent, puisque l’on risque
toujours de manger machinalement une gaufrette oubliée !

Hatslakha à notre imprimeur Dan Pérez !


67
LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
18 Adar 5780
14 / 03 / 20

Question : Lorsque le courant saute pendant Shabbat est-il permis


d’aller poser les casseroles sur la Plata – plaque – du voisin ?
Réponse: Tout d’abord, il faut s’assurer qu’il n’y a pas d’interdit de porter
à Shabbat dans l’immeuble. Ce thème est trop vaste pour être abordé
ici, mais contentons-nous de savoir qu’il y a un interdit Dérabanan de
transporter à l’intérieur d’un même immeuble d’un appartement à
l’autre, sauf si l’on fait un Erouv – un procédé qui permet de considérer
que tous les appartements de l’immeuble comme un unique grand
domaine privé.
Ensuite, il faut s’assurer qu’il n’y a pas d’interdit de Mevashel –cuire à
Shabbat– en reposant le plat sur la Plata. Soit :
- Si le plat est liquide et qu’il a refroidi, il est défendu de le reposer
d’aucune manière sur une autre source de chaleur.
- De même, si le plat n’est pas complètement cuit –par ex. s’il contient
des féculents qui n’ont pas complètement ramolli– il y a un interdit de
Mevashel à le reposer sur une source de chaleur.
Lorsqu’il n’y a pas d’interdit de porter et de Mevashel, il est permis de
déplacer les plats sur une autre Plata. [Shmirat Shabbat Kéhilkheta ch.1 note 69]
Précisons tout de même que certains contestent cette permission
(pour les ashkénazes), et ne tolèrent de remettre les plats sur la plaque
que si la Plata qui s’est éteinte est encore un peu chaude. [Cf. Or’hot Shabbat
ch.1 §49] Cette restriction est due à un autre interdit Dérabanan appelé

Mi’hzei kiMevashel – ressembler à quelqu’un qui fait cuire. A savoir :


nos Maîtres ont défendu de poser directement un plat déjà cuit sur un
feu, sauf si ce plat était déjà sur le feu et qu’on l’a ôté avec intention de
le remettre. Or, lorsque l’électricité disjoncte, l’on n’a pas d’intention
explicite de remettre le plat sur le feu. Tandis que les avis permissifs
répondent qu’il n’y a là non plus aucune intention d’ôter le plat du
feu ! [Cf. Ibid. note 81 au nom de mon vénéré maître reb Shmouel Auerbach zatsal]

68 Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l


HALAKHA - Bedikat Hamets
DIMANCHE
19 Adar 5780
15 / 03 / 20

1. Un invité qui n’a pas de maison dans laquelle rechercher le Hamets


le soir du 14 fera la Bedikat Hamets dans ses affaires, dans sa valise et
les objets qu’il a emportés avec lui. Il ne prononcera cependant pas de
Berakha sur cette Bedika [Beer Heitev ch.436 §10].
2. Question: Un jeune couple installé en Israël voyage en France pour
passer Pessah avec sa famille. Il quitte son domicile 2 semaines avant
Pessah, et prévoit de ne revenir qu’après la fête. Peut-il se dispenser
du devoir de Bedikat Hamets en le vendant à un goy ?
Précision importante: l’acte de vente du Hamets inclut aussi la location
du lieu où se trouve le Hamets au goy. Aussi, notre question ne concerne
que le cas où la maison ne sera pas occupée pendant Pessah. Mais si la
maison sera prêtée ou louée à un juif à Pessah, ce résident temporaire
devra la vérifier. Nous détaillerons ce cas particulier dans l’explication (c.).
Réponse: Théoriquement, la vente peut dispenser du devoir de
chercher le Hamets de la maison, si l’on veille à remplir 2 instructions:
a. Il faut a priori supprimer tout vrai Hamets –pain, biscuits, pâtes…–,
comme nous l’expliquerons dans les lois de vente du Hamets.
b. Ce couple doit nécessairement loger dans une maison indépendante
le soir du 14, dans laquelle il accomplira sa Mitsva de Bedika. Mais s’il
loge chez ses parents, il ne pourra pas se dispenser complètement
de la Mitsva. Nous apporterons des solutions concrètes dans les
explications [b.].
Explications:
a. Certes, la Mitsva de Bedikat Hamets a essentiellement pour but de ne
pas consommer de Hamets machinalement. Toutefois, après avoir été
instaurée par nos Maîtres, elle devient une obligation qui incombe
à chacun, même s’il arrive parfois que la raison de la Mitsva ne soit
pas en vigueur.
Ainsi, le Choul’han Aroukh [ch.436 §3] enseigne: ‘Un juif qui louait la maison
d’un goy, et déménage dans les 30 jours qui précèdent Pessah, est

Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l


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HALAKHA - Bedikat Hamets
DIMANCHE
19 Adar 5780
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dispensé de chercher le Hamets avant de sortir, puisqu’il accomplira sa


Mitsva dans son nouveau domicile. Par contre, s’il n’aura plus de maison
après avoir quitté celle-ci, certains l’imposent d’accomplir la Mitsva de
Bedikat Hamets avant de sortir - bien que le goy reviendra habiter dans
cette maison pour Pessah...’
Notons tout de même que cette loi est discutée. En cas de force
majeure, un ashkénaze pourra s’appuyer sur l’avis qui dispense, tandis
qu’un séfarade devra nécessairement faire la Bedika avant de sortir.
b. Concrètement, ce couple peut contourner le problème de 2 façons:
1°) en s’installant dans une maison individuelle le soir du 14. Soit,
s’ils ne logent pas dans un appartement indépendant, ils pourront
demander à ceux qui les accueillent de leur prêter une chambre, de
manière à ce que personne d’autre n’ait ensuite le droit d’entrer dans
cette pièce sans recevoir auparavant leur autorisation.
2°) en ne vendant pas la totalité de la maison au goy. Ils pourront
ainsi accomplir leur Mitsva de Bedika dans le lieu qu’ils auront exclu.
Pour ce faire, il suffira d’exclure du contrat de vente un petit coin dans
lequel peut se trouver du Hamets –un coin de la cuisine par ex.–, et
d’y faire la Bedika à la lueur d’une bougie, la veille de leur départ. Ils ne
réciteront alors pas de Berakha, comme le prescrit la loi de celui qui
fait la Bedikat Hamets avant le soir du 14.
c. Si le couple prête ou loue la maison à un juif, si celui-ci occupe la
maison le soir du 14, il sera imposé de Bedikat Hamets dans toute la
maison, et le jeune couple ne sera plus du tout enjoint de la Mitsva de
Bedikat Hamets. Mais si le locataire n’occupe la maison qu’à partir du
matin du 14, la Mitsva de Bedika incombe au couple. Ils ne pourront
pas dans ce cas se dispenser de la Mitsva en vendant une partie de la
maison au goy, puisqu’elle sera occupée par un juif.
d. Attention: celui qui voyage à Pessah en changeant de fuseau horaire
doit vendre son Hamets dans le pays dans lequel il réside à Pessah !
Nous reviendrons sur le sujet plus tard.

70 Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l


HALAKHA - Bedikat Hamets
L U N D I
20 Adar 5780
16 / 03 / 20

1. Question: La famille Cohen part en voyage organisé pour Pessah


dans le sud de la France, dans un village-vacances qui a été strictement
cashérisé. Elle prévoit toutefois de ne prendre la route que le matin du
14, et passera donc la nuit du 14 à son domicile. Cette famille peut-elle
se dispenser de la Bedikat Hamets en vendant le Hamets à un goy ?
Remarque: à la différence du cas précédent, la famille Cohen occupe
sa maison le soir du 14, date à laquelle tous les juifs sont imposés de
rechercher le Hamets de leur maison.
Réponse: A priori, les Cohen doivent chercher le Hamets dans toute la
maison le soir du 14.
Ils peuvent toutefois s’alléger la tâche en vendant le Hamets de la
maison depuis le 13 Nissan. [Les tribunaux rabbiniques méticuleux
proposent cette option dans leur acte de vente.] Ils devront néanmoins
veiller à exclure du contrat un petit coin de la maison, dans lequel ils
accompliront leur Mitsva de chercher le Hamets le soir du 14 [comme
précédemment].
A posteriori, s’ils n’ont pas stipulé dans l’acte que le Hamets sera vendu
à partir du 13 Nissan, ils pourront s’appuyer sur les avis qui dispensent
de chercher le Hamets le soir du 14 dans un lieu que l’on prévoit de
vendre à un goy le lendemain. Mais ils devront tout de même exclure
de l’acte de vente un coin de la maison, comme supra. Autrement, ils
devront impérativement faire la Bedika dans toute la maison !
Explications:
a. Nous apprenions que la Mitsva de Bedikat Hamets est parfois enjointe
même lorsque l’on ne risque concrètement pas de manger ce Hamets
machinalement. Si le cas évoqué hier –où l’on vend la maison à un
goy avant le 14– est quelque peu discuté, nombre de décisionnaires
pensent que le fait de posséder la maison le soir du 14 impose de

Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l


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HALAKHA - Bedikat Hamets
L U N D I
20 Adar 5780
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Bedikat Hamets, même si on envisage de la vendre le lendemain


matin, avant l’heure d’interdiction du Hamets ! [M-B ch.436 §32]
A priori, il faut craindre cet avis ; on vendra donc la maison au goy
depuis le 13 Nissan, avant l’heure de la Bedika.
b. A posteriori, on pourra s’appuyer sur les avis qui dispensent.
Néanmoins, le devoir de faire la Bedika le soir du 14 évoqué hier reste
en vigueur. Il est de ce fait impératif d’exclure du contrat de vente un
coin de la maison.
2. Question: Après plusieurs heures de route, les Cohen arrivent
au village-vacances, 3 heures avant l’entrée de la fête. Doivent-ils
chercher le Hamets dans la chambre d’hôtel qui leur est attribuée?
Réponse: Puisqu’il est fort probable que les responsables n’aient pas
fait la Bedikat Hamets le soir du 14 à la lueur d’une bougie, Mr Cohen
devra impérativement chercher le Hamets dans tous les coins des
chambres où il est possible que du Hamets ait été oublié !
Explications:
a. Celui qui a omis de faire la Bedikat Hamets avant Pessah, devra la
réaliser pendant la fête, en prononçant la Berakha4 !
b. Selon la loi stricte, la Mitsva de Bedikat Hamets dans les chambres
qui ne sont pas occupées le soir du 14 repose sur l’organisateur du
séjour5. Mais concrètement, il est presque certain que l’organisateur
n’ait pas réalisé son devoir ! C’est donc au vacancier qu’incombe alors
la Mitsva lorsqu’il reçoit les clés de la chambre, selon les instructions
que nous préciserons ci-après.
A suivre...
4-Evidemment, on fera alors la Bedika sans cacher les 10 bouts de pain ! Comme nous l’apprenions, la Bedika
ne requiert pas, selon la loi stricte de cacher ce pain, mais de chercher uniquement le Hamets dans tous les coins
de la chambre, quitte à ne trouver aucun Hamets ! [Cf. Chou-Ar. ch.435]
5-Précisions au passage que l’organisateur a un moyen simple de se décharger de ce devoir, en explicitant au
propriétaire [goy] du site que la location concrète de chaque chambre n’entrera en vigueur qu’à partir du moment
où le vacancier l’occupera. Le devoir de Bedika incombera alors au vacancier lorsqu’il recevra sa chambre.

72 Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l


HALAKHA - Bedikat Hamets
M A R D I
21 Adar 5780
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c. Avant de déposer ses affaires dans sa chambre d’hôtel, le vacancier


fera la Bedikat Hamets à la lueur d’une bougie, même en journée, dans
tous les endroits où du Hamets ait pu être oublié – dans les tiroirs,
armoires, derrière et sous les lits, etc.6 Il n’est pas possible de se
décharger de la Mitsva en s’appuyant sur le ménage réalisé par le
service hôtelier, car un ménage même de fond ne dispense pas de la
Mitsva. D’autant plus qu’il a surement été réalisé par des non-juifs,
peu soucieux d’anéantir le Hamets !
d. Cette Halakha sera la même pour celui qui voyage à Hol haMoed à
l’hôtel. Il devra lui aussi faire la Bedikat Hamets de sa chambre d’hôtel.

Que faire après la Bedikat Hamets ?


1. La Bedikat Hamets consiste à certifier qu’il n’y a pas de Hamets
oublié dans la maison. Ainsi, le Hamets restant que l’on prévoit de
manger jusqu’au lendemain matin doit être rassemblé dans un lieu sûr,
et il devient défendu d’en refaire pénétrer dans aucune autre pièce.
2. Celui qui prévoit de continuer à manger du Hamets dans un coin de sa
maison devra malgré tout faire la Bedikat Hamets dans ce lieu. C.-à-d.
qu’il devra veiller à ce que le Hamets qu’il garde soit dans une boîte ou
dans un endroit défini, et qu’il n’y ait pas d’autre Hamets tombé à côté
ou sous une chaise, qui risquerait d’être oublié le lendemain.
3. Une fois la Bedika achevée, on récite le Bitoul Hamets – l’annulation
du Hamets - Kol Hamira… Puis le lendemain matin, lorsqu’on brûle le
Hamets, on redit un texte quelque peu nuancé. Expliquons le principe.
Annuler le Hamets signifie déclarer que le Hamets resté par mégarde
en notre possession n’a plus de valeur à nos yeux. La différence entre
le Bitoul du soir et celui du matin provient du fait qu’après le Bitoul du
soir, nous continuons à consommer du Hamets. Ainsi, le soir nous
6-Comme nous le précisions hier, il ne cachera alors pas les 10 bouts de pain, puisqu’il est désormais défendu
de posséder du Hamets !

Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l


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HALAKHA - Bedikat Hamets
M A R D I
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n’annulons que le Hamets que nous n’avons pas trouvé pendant


la Bedika. Tandis que le matin, dès la 6e heure, il devient interdit de
posséder du Hamets. Nous annulons donc tout Hamets qui serait
encore en notre possession.
4. Si un bout de pain a été perdu après la Bedika, il faut le rechercher
dans toute la maison. Si on ne le retrouve pas après cette 2e Bedika, on
pourra se contenter de l’annuler [en redisant le Kol Hamira].
Aussi, afin d’éviter des complications, on veillera à préparer des petits
bouts de pain, de quelques grammes uniquement, car la loi stricte
n’impose pas de chercher une quantité de Hamets inférieure à 27g.
5. Il est important de comprendre la signification de ce texte. Celui qui
récite le Bitoul Hamets en pensant prononcer à ce moment une prière,
ne s’est pas acquitté de la Mitsva d’annuler le Hamets. Aussi, l’usage
est de traduire ce texte dans une langue que l’on comprend.
6. Le lendemain de la Bedika, le 14 Nissan au matin, il devient interdit
de consommer du Hamets depuis la fin de la 4e heure solaire7. Et à la fin
de la 5e heure, il doit être brûlé.
7. Il faut veiller à brûler le Hamets avant de réciter le texte du Bitoul
– annulation [Rama ch.434 §2]. On a l’usage de vérifier une dernière fois
les poches des vêtements que l’on porte, de peur que l’on n’y ait
machinalement gardé du Hamets après la Bedika. [M-B ch.433 §47]
8. On brûlera alors tout le Hamets resté en notre possession –paquets
de biscuits, pâtes, etc.–, et pas uniquement les 10 bouts de pain.8

7-Une heure solaire = un douzième du temps qui sépare le lever du jour de la tombée de la nuit.
8-Autant que la Torah enjoint en général de ne pas gaspiller d’aliment comestible, il faut bien intégrer que, ce
matin du 14, la Torah impose de brûler ou d’anéantir les aliments Hamets. Celui qui aurait alors de la peine à jeter
son Hamets, et le poserait en évidence dans un lieu en copropriété, se confronte à un problème halakhique de
posséder du Hamets après l’heure d’interdiction, et devra même aller le brûler pendant Pessah ! [Cf. Chou-Ar.
ch.445 §3]

74 Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l


HALAKHA - Bedikat Hamets
MERCREDI
22 Adar 5780
18 / 03 / 20

Différents produits Hamets


Avant d’aborder les types de produit considérés comme Hamets,
commençons par préciser des notions générales des lois de Taarovet
– les interdits mélangés. Cette étude peut paraître un peu abstraite à
certains lecteurs. Elle est néanmoins importante pour bien assimiler
les lois qui suivront ! Accrochez-vous, ça ne durera que 2 jours !
a. Na”T [abrév. de Noten Taam] – qui donne du goût. Lorsqu’un aliment
interdit se dissout totalement dans un aliment permis, au point de ne
laisser comme empreinte que son goût, ce mélange demeure interdit
à la consommation par la Torah.
b. Bitoul Beshishim –annulation par 60 fois le volume– et Issour
Mashéhou – l’aliment interdit qui interdit le mélange en quantité infime.
Un aliment que l’on dissout totalement dans un plat ne laisse plus
d’empreinte de goût lorsqu’il se mélange à 60 fois son volume.
Aussi, pour la plupart des aliments interdits que l’on dissout à cette
concentration, le mélange reste permis à la consommation. Par ex. si
1mL de lait se mélange dans un plat de viande qui contient un volume
de 60mL, la viande reste permise, car ce peu de lait n’a pas donné de
goût.
Quelques interdits font toutefois exception à cette règle. Notamment,
le Hamets. Un aliment dans lequel s’est totalement dissous pendant
Pessah une infime quantité de Hamets est interdit à la consommation.
[Mais attention: si le Hamets se dissout avant Pessah, la règle du Bitoul
Beshishim reste en vigueur, comme nous l’apprendrons.]
c. Na”T bar Na”T [Noten Taam bar Noten Taam] – litt. le goût fils [= qui
provient] du goût, ou encore, le goût au 2e degré.
Lorsqu’un aliment interdit cuit dans une casserole, si l’on nettoie
ensuite l’ustensile et que l’on y fait cuire un légume [permis], ce légume
est interdit à la consommation. Par ex. si un goy fait cuire dans une

Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l


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HALAKHA - Bedikat Hamets
MERCREDI
22 Adar 5780
18 / 03 / 20

casserole une viande interdite, et qu’il lave ensuite la casserole pour y


faire cuire un œuf, il sera interdit de manger cet œuf, car on considère
que l’ustensile a absorbé du goût de viande [interdite], et le régurgite
ensuite dans l’œuf.
Il existe cependant une catégorie d’aliment dont le goût n’est interdit
que lorsqu’il est au 1er degré, et pas au 2e. Il s’agit des aliments
initialement permis qui changent de statut ensuite. Expliquons.
Les aliments impropres à la consommation peuvent être classés en
2 groupes: ceux qui sont intrinsèquement interdits, et ceux qui sont
initialement permis, mais deviennent interdits par un concours de
circonstances. Par ex. le mélange de lait et de viande. Chacune de ces
espèces est indépendamment permise, et ce n’est que leur mélange
qui engendre la naissance de l’interdit de Bassar béHalav.
Pour ce dernier type d’aliment, la Halakha établit qu’un goût au 2e
degré d’aliment permis n’est plus assez intense pour subir ensuite une
transformation et se faire interdire.
Soit –pour en rester à l’ex. du mélange de lait et de viande– si après
avoir fait cuire du lait dans une casserole, on lave l’ustensile et on y fait
cuire un légume, ce légume pourra être consommé avec de la viande.
[Tandis qu’il est interdit de faire cuire la viande dans la casserole de lait
directement, car le goût de lait imbibé pénétrera sous forme de goût au
1er degré dans la viande.] Retenons donc: Na”T bar Na”T d’interdit est
interdit, Na”T bar Na”T de permis est permis.
Revenons à présent au Hamets. Le Hamets est permis durant l’année,
et devient interdit à l’entrée de Pessah. D’où la question : cette
caractéristique suffit-elle pour le classer parmi les Na”T bar Na”T de
permis ? Selon le Chou-Ar. [ch.452], le Hamets entre effectivement dans
cette catégorie ! Soit, si du goût de Hamets est absorbé puis régurgité
dans un légume avant Pessah, la loi stricte permet cet aliment est
permis à la consommation.

76 Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l


HALAKHA - Bedikat Hamets
J E U D I
23 Adar 5780
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d. NaTLa”F [Noten Taam LiFegam] – il donne un goût qui détériore. Si


un légume absorbe un goût interdit qui lui fait perdre sa saveur, ce
légume est permis à la consommation. Par ex. du vinaigre interdit qui
se mélange dans un plat raffiné [Avoda Zara 67A]; même si l’on discerne le
goût du vinaigre, le plat reste permis, car ce goût interdit détériore
l’aliment permis.
Concrètement, ce principe est essentiel pour définir le statut d’un
légume qui cuit dans un ustensile interdit qui n’a pas été utilisé
pendant 24h. On considère en effet qu’après 24h, le goût imbibé dans
l’ustensile se détériore, et l’aliment cuit reste donc permis.
A titre indicatif, lorsqu’on réalise que l'on a effectué un mélange interdit
–par ex. si l’on pose un couvercle de casserole de lait sur une casserole
de viande– la 1ère question que l’on posera sera de savoir si ce couvercle
n’a pas été utilisé dans les dernières 24h. Lorsque c’est le cas, le plat de
viande sera permis, et il faudra juste cashériser le couvercle de nouveau.
[Précisons qu’il existe tout de même un interdit Dérabanan d’utiliser a
priori un ustensile interdit sans le cashériser, même après 24h.]
e. Zéi’a – la transpiration. Si un aliment interdit ‘transpire’ –c.-à-d. qu’il
s’évapore– sa vapeur est formellement interdite à la consommation.
Par ex. il faut veiller à ce que de la vapeur de lait ne se dépose pas sur
de la viande, ou sur une casserole chaude qui contient de la viande.
Pour Pessah, on s’intéresse aux lois de Zéi’a pour définir le statut des
alcools à base de Hamets distillés – évaporés à 78°C puis condensés,
pour séparer l’alcool de l’eau. On les considère comme du pur Hamets,
qu’il ne faut même pas posséder pendant Pessah. [Certains estiment
toutefois que la Zei’a n’est interdite que par ordre rabbinique, et tolèrent
de vendre les alcools au goy dans la vente du particulier.]
f. Rei’ha – l’odeur. Une odeur d’interdit absorbée dans un aliment
n’interdit pas l’aliment. Par ex. un pain qui a cuit à proximité d’un plat
interdit et s’est imprégné de son ‘goût’ est permis à la consommation.

Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l


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HALAKHA - Bedikat Hamets
J E U D I
23 Adar 5780
19 / 03 / 20

Quelle différence y a-t-il entre la Zéi’a et la Réi’ha ? La Zei’a est une


vapeur visible qui s’élève de l’interdit et se dépose sur l’aliment permis.
Tandis que la Rei’ha est passive, c.-à-d. que l’aliment permis absorbe
le ‘goût’ de l’interdit sans qu’il n’y ait eu aucun mélange ou contact
direct avec l’interdit, pas même par la vapeur.
Différentes sortes d’aliments Hamets
1. Commençons par rappeler les 4 formes de Hamets introduites en
début de sujet – pur Hamets, Hamets beTaarovet, Noukshé, et impropre
à la consommation. Nous rapportions qu’il est interdit de posséder
même du Hamets Noukshé – consommable difficilement. Ainsi que
l’interdit de manger du Hamets, même s’il est totalement impropre à
la consommation.
2. Question: 2 mois avant Pessah, Mamie Léa fait cuire plusieurs pots
de confiture à la fraise dans une casserole Hamets. Est-il permis de
conserver, ou même de consommer, ces confitures à Pessah ?
Réponse: Pour un séfarade: selon la loi stricte, ces confitures peuvent
même être consommées à Pessah ! [Le Chou-Ar. considère en effet le
Hamets d’avant Pessah comme un Na”T bar Na”T d’aliment permis.]
Pour un ashkénaze, cela dépend si la casserole dans laquelle la
confiture a cuit avait absorbé du Hamets chaud dans les dernières 24h :
- Si oui, l’aliment est interdit à la consommation9. Il sera néanmoins
permis de conserver cet aliment pendant Pessah.
- Si la casserole n’a pas été utilisée pendant 24h, il pourra consommer
cette confiture à Pessah – à condition de la transvaser avant Pessah
dans un ustensile casher lePessah. [Selon la règle : un NaTLa’F mélangé
avant Pessah est toujours permis.]
Attention: Ces permissions ne sont données qu’a posteriori. Il est
en revanche défendu de faire cuire a priori un plat dans un ustensile
Hamets, si l’on prévoit de le consommer à Pessah.
9-Le Mishna Beroura [ch.452] craint l’avis qui considère le Hamets comme un Na’T bar Na’T d’interdit.

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HALAKHA - Bedikat Hamets
VENDREDI
24 Adar 5780
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3. Pendant Pessah, il est interdit d’utiliser les ustensiles Hamets qui


n’ont pas été cashérisés, même si plus de 24h se sont écoulées depuis
leur dernière utilisation. Ces ustensiles doivent même être rangés dans
une armoire fermée, afin de ne pas les utiliser par mégarde.
Si pendant Pessah, on mélange par erreur un café avec une cuillère
Hamets qui n’a pas été en contact avec du Hamets chaud dans les
dernières 24h, le café est permis pour un séfarade, et interdit pour
un ashkénaze, quelle que soit la proportion du café par rapport à la
cuillère. [En cas de grande perte, il y a lieu parfois de permettre;
consultez un rav compétent.]
4. Question: Une cuillère de la vaisselle Hamets se mélange à celles de
Pessah. Est-il permis d’utiliser ces ustensiles à Pessah ?
Réponse: Si le mélange s’est produit avant Pessah, on pourra
a posteriori les utiliser, surtout si 24h se sont écoulées depuis
l’absorption du Hamets. Il sera quand même préférable de toutes les
cashériser.
Mais si le mélange s’est produit pendant Pessah, il sera interdit de
les utiliser telles quelles. Un séfarade pourra les cashériser pendant
Pessah avec une Hag’ala. Tandis qu’un ashkénaze ne peut pas
cashériser d’ustensile pendant Pessah.
Quelques exemples de produits Hamets
1. La farine est-elle Hamets? A l’époque, la farine n’était pas Hamets,
car l’éventuelle farine entrée en contact avec l’eau s’annulait avant
Pessah. De nos jours, certains affirment que nos méthodes de
conditionnement du blé rendent la farine pur Hamets. [Selon les
données reçues, il semble que certains moulins trempent le blé dans
de l’eau chaude avant de le moudre.] Il faut donc s’abstenir de posséder
de la farine à Pessah.
2. La levure chimique n’est pas Hamets et peut être conservée.

Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l


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HALAKHA - Bedikat Hamets
VENDREDI
24 Adar 5780
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3. Les boîtes de conserve qui n’ont pas de tampon casher LePessah


contiennent en général de l’acide citrique. Il se peut que cet acide soit
dérivé du blé, et plusieurs le considèrent comme du Hamets mélangé.
Il est donc préférable de ne pas en posséder. [Notons tout de même
que rav O. Yossef zatsal le permet même à la consommation, en cas
de nécessité.]
4. Le lait. Est-il permis de boire du lait d’une vache qui mange du
Hamets pendant Pessah? Si la vache ne consomme que du Hamets,
son lait est interdit. Et si elle consomme aussi des aliments permis,
son lait fait l’objet d’une discussion. Certains le permettent a posteriori,
et d’autres requièrent d’attendre 24h après sa consommation pour
traire son lait [M-B ch.448 §33]. Ainsi, l’usage est, a priori, de ne consommer
que du lait trait avant Pessah. [Techniquement, le lait se conserve
parfaitement au congélateur.] D’où l’apparition en Israël de la mention
«casher lePessah miErev Pessah» – soit casher pour Pessah à la veille de
Pessah – sur les laits, dans les semaines précédant la fête.
Les médicaments
1. Le Choul’han Aroukh [ch.442 §4] enseigne: «Bien qu’il soit permis de
posséder pendant Pessah du Hamets qui n’est plus consommable, il
est cependant interdit de le manger, même si la quantité de Hamets
mélangée est infime.»
2. De là découle la loi des médicaments qui contiennent du Hamets:
même si le Hamets devient amer au point de ne plus être consommable
par un chien, il est interdit de le manger pendant Pessah. En effet, la
permission du Hamets impropre à la consommation provient du fait
qu’il perd son statut d’aliment; le manger lui restitue ce statut. De
cette définition découlent plusieurs principes.
3. Tout d’abord, cette loi ne concerne que le pur Hamets mélangé
et non le Hamets Noukshé. De ce fait, lorsque le Hamets mélangé au
médicament provient d’un produit chimique issu du blé, il n’y a pas
d’interdit de le consommer. [M-B Ibid. §19] A suivre…

80 Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l


LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
25 Adar 5780
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Question : Est-il permis de s’abonner au ‘5 minutes éternelles’, ou de


financer sa diffusion, avec l’argent du Maasser?
Réponse : Pour l’abonnement personnel, il faut s’en abstenir. Mais
pour sa diffusion, ou abonner un ami qui n’aurait pas souscrit de lui-
même, c’est permis.
Explications :
a. Commençons par évoquer 2 discussions quant à la Mitsva du
Maasser – verser le dixième de ses revenus [Cf. Chou-Ar. Yoré Dea ch.249 & Taz, Shakh
et Pit’hei Teshouva]. Certains pensent qu’il est prescrit par la Torah, d’autres

pensent qu’il est d’ordre rabbinique, et d’autres encore estiment


qu’il s’agit là d’une conduite souhaitable, mais pas imposée.
De même, certains pensent que l’argent du Maasser doit être versé
aux pauvres, ou à une cause qui profite aux pauvres. D’autres
incluent encore l’étude de la Torah et sa diffusion. Tandis que les
commentateurs du Choul’han Aroukh [Ibid.] tolèrent de payer avec cet
argent toute Mitsva que l’on n’est pas imposé de réaliser.
b. Ainsi, acheter des livres avec l’argent du Maasser fait l’objet d’un
débat. De manière générale, on évitera d’acheter des livres pour son
profit personnel, mais il existe une certaine permission de les acheter
et de les prêter aux autres. [Taz Yoré Déa ch.249 §1] Toutefois, à notre époque
où le prix des livres a beaucoup baissé, il est déconseillé de s’appuyer
sur cette permission. Sauf s’il s’agit d’acheter des livres pour une
synagogue, que personne n’achètera de son argent personnel.
c. Ainsi, pour le ‘5 minutes éternelles’, on ne financera pas son
abonnement avec le Maasser, car chacun a le devoir d’étudier la Torah
et de couvrir soi-même les frais requis.
Quant à sa diffusion, il est permis de consacrer une partie du Maasser
pour la financer. Le Derekh Emouna rapporte au nom du ‘Hazon Ish
‘qu’il est permis de financer la diffusion d’un livre dont tout le monde
a besoin, car celui qui en a le besoin et ne le possède pas est considéré
comme pauvre’. J’ose supposer que le style du 5 minutes éternelles et
son contenu entrent aisément dans cette catégorie !
Leillouï nichmat Avraham ben Yossef  z"l
81
HALAKHA - Bedikat Hamets
DIMANCHE
26 Adar 5780
22 / 03 / 20

4. Pour permettre un médicament contenant du pur Hamets, 3


paramètres sont à considérer: la nécessité du médicament, le rôle du
Hamets, et le mode d’administration:
- Sa nécessité: la plupart des permissions ne s’appliqueront que si
l’abstention de prise du médicament peut entraîner l’alitement du
malade, ou une détérioration considérable de son état de santé. Par
contre, les vitamines, somnifères, ou analgésiques, sont [en général]
considérés comme de simples aliments.
- le rôle du Hamets: est-il agent actif ou excipient [qui sert à conférer
la consistance]? Il n’y a lieu d’interdire un médicament à Pessah que
si le Hamets qu’il contient est agent actif. [Ou encore, si le comprimé
est enrobé de goût Hamets.] Mais si le Hamets n’est qu’excipient, le
médicament est permis, puisque – selon le principe énoncé hier [2.],
l’on n’attribue pas d’importance d’aliment à ce Hamets.
- le mode d’administration: on différencie les médicaments
administrés par voie orale, des pommades ou gouttes pour le nez,
oreilles etc. De même, on différencie entre les comprimés à avaler
et les comprimés à sucer. En effet, toujours selon le principe d’hier,
plusieurs pensent que le fait d’avaler –sans manger– du Hamets
impropre à la consommation ne lui restitue pas son importance.
5. Tout Hamets impropre à la consommation peut être utilisé en
application locale. Cette permission inclut aussi les savons, produits
cosmétiques, parfums, crèmes pour le corps; selon la loi stricte, il n’y a
pas d’interdit de les utiliser pendant Pessah. Néanmoins, beaucoup ont
l’habitude de s’abstenir de les utiliser.
6. Pour tout médicament administré par voie orale, si on a la
possibilité d’obtenir des médicaments casher LePessah, l’usage est de
préférer ces formules a priori. Mais en cas de nécessité, on pourra
amplement s’appuyer sur les décisionnaires qui permettent d’avaler
tout comprimé qui contient du Hamets, surtout s’il n’est qu’excipient.
A condition toutefois qu’il ne soit pas recouvert d’édulcorant Hamets.

82 Refoua chelema à Sarit Haya bat Rivka


HALAKHA - Bedikat Hamets
DIMANCHE
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22 / 03 / 20

Par contre, pour les comprimés à sucer, les sirops, ou les comprimés
effervescents, on s’assurera que les agents actifs et les édulcorants ne
soient pas Hamets.
7. Même lorsqu’il est interdit de consommer les médicaments à base
de Hamets, il n’y a pas de nécessité de s’en débarrasser [ou de les
vendre], puisque le Hamets contenu est impropre à la consommation.
8. La permission de posséder du Hamets impropre à la consommation
ne concerne que le cas où il a perdu son statut d’aliment avant Pessah.
Mais si à l’entrée de Pessah, le Hamets était mangeable, il sera interdit
même s’il a été ensuite détérioré, et devra être anéanti. Ainsi, tout
médicament Hamets [même une pommade] devra impérativement
être fabriqué avant Pessah.
9. Il est défendu de mettre sa vie en danger, même pendant Pessah.
Ainsi, si le fait de ne pas manger du Hamets risque d’engendrer de
graves complications à un malade, il devra consommer même du pur
Hamets. Toutefois, lorsqu’il existe un médicament équivalent casher
lePessah, il faudra se le procurer, selon les règles explicitées.

La vente de Hamets
1. Nos Maîtres ont décrété qu’un Hamets resté en possession d’un juif
à Pessah est interdit à la consommation après la fête, même s’il a été
conservé par mégarde [Chou-Ar. ch.448 §5]. Par contre, le Hamets possédé par
un goy pendant Pessah est permis, même si le goy le conserve dans
le but de le vendre ou de le donner au juif après Pessah. [Ibid. §1] Aussi,
un juif qui possède de grandes quantités de Hamets et ne veut pas
l’anéantir, peut vendre et même donner ce Hamets à un goy crédible,
bien qu’il sache pertinemment que le goy le lui rendra après Pessah
[§3]. A condition toutefois de le céder sincèrement, comme nous
l’expliquerons demain.

Refoua chelema à Sarit Haya bat Rivka


83
HALAKHA - Bedikat Hamets
L U N D I
27 Adar 5780
23 / 03 / 20

Rappel : Il est permis de donner son Hamets à un goy avant Pessah,


même si le goy envisage de le rendre ensuite au juif après la fête.
2. La Halakha prescrit toutefois de céder sincèrement le Hamets au
goy. Notamment, le goy est en droit total de ne pas restituer ce Hamets
après Pessah; le juif ne pourra en aucune manière le traduire en justice,
ou lui faire pression pour obtenir des indemnités. [M-B ch.448 §13] De même,
on ne pourra pas le donner ou vendre sous condition, car si le goy ne
la remplissait pas, la vente s’annulerait rétroactivement et le Hamets
s’avèrerait être resté en possession du juif.
3. De manière générale, un juif n’a pas besoin de sortir de sa propriété
le Hamets qui appartient réellement à un goy pendant Pessah. [Il devra
uniquement l’isoler en dressant une barrière de séparation haute d’un
mètre. [ch.440 §2]].
Par contre, lorsque l’on donne ou vend son Hamets à un goy pour
contourner l’interdit de posséder du Hamets, et que l’on prévoit
tacitement de le récupérer après Pessah, la Halakha requiert de le
sortir complètement du domaine du juif [ch. 448 §3].
4. Concrètement, on s’acquitte du devoir de transmettre au goy le
Hamets vendu en lui louant l’endroit dans lequel le Hamets demeure.
Mais afin de ne pas prendre la vente du Hamets à la légère, les
décisionnaires ont au fil du temps ajouté des conditions. Par ex., le Ba’h
exige de fermer le Hamets dans une pièce et de transmettre la clé au
goy. D’autres enjoignent le Beit Din d’envoyer un émissaire qui scelle
le Hamets avec une corde et un cadenas. Quant au Mekor Haïm, il exige
de dresser une liste détaillée de tous les produits vendus.
5. De nos jours, l’usage s’est répandu que chaque particulier vende son
Hamets en remplissant un formulaire de procuration au Beit Din, dans
lequel il transmet au rav le pouvoir de vendre le Hamets à sa guise.
Les décisionnaires soulèvent cependant plusieurs problèmes sur cette
vente. [Par contre, la vente des supermarchés ou restaurants est en

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HALAKHA - Bedikat Hamets
L U N D I
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général bien plus sérieuse, surtout s’ils passent par des autorités
rabbiniques consciencieuses.]
Rav B.T. Aba Shaoul zatsal rapporte que les communautés séfarades
n’organisaient initialement pas de vente du Hamets du particulier en
masse; chacun consommait son Hamets, et brûlait le reste la veille de
Pessah à la 5e heure. Précisons qu’il n’y a pas d’interdit de Bal Tash’hit
(gaspillage) en accomplissant la Mitsva de la Torah! Seuls ceux qui
possédaient de très grandes quantités de Hamets le vendaient.
Cependant, l’usage de ces dernières années trouve quelques appuis
halakhiques. Dans la mesure du possible, on évitera de vendre dans
cette vente du pur Hamets, ni même du Hamets mélangé, qui sont
interdits Midéoraïta – par la Torah.
Ainsi, il est préférable de ne pas vendre dans cette vente de la bière. On
évitera aussi de vendre du whisky, car plusieurs le considèrent comme
du Hamets interdit par la Torah. [Attention : certaines Vodka sont elles
aussi à base de blé !]
De préférence, on ne s’appuiera sur la vente du Hamets que pour les
produits qui contiennent du Hamets Noukshé, ou encore des produits
dont le statut Hamets est discuté, tels que les conserves contenant
de l’acide citrique issu du blé. Ou bien, si l’on possède des actions
boursières d’une société possédant du Hamets.
6. Nous rapportions plus haut que les décisionnaires discutent du statut
de la farine, qui semble dépendre des méthodes de conditionnement du
blé. Celui qui désire s’appuyer sur les avis permissifs pour la vendre ne
devra pas prévoir avant Pessah d’en posséder en vue de la Mimouna:
une telle conduite prouverait par excellence que la vente massive du
Hamets n’est qu’une ruse!

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HALAKHA - Bedikat Hamets
M A R D I
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24 / 03 / 20

Mise en garde pour ceux qui voyagent à l’étranger


Celui qui voyage à l’étranger à Pessah, dans quel pays doit-il vendre
son Hamets? Le décalage horaire risque de jouer à son désavantage!
Par ex. un Français qui voyage en Israël, ne devra plus posséder de
Hamets depuis 10h30 heure israélienne, alors que la vente en France
ne débutera que plus d’une heure après!
Il existe à ce sujet une grande discussion. Concrètement, on choisira
l’instance rabbinique qui vend le Hamets le plus tôt [en l’occurrence,
Israël, puisque ce pays est plus à l’Est].
D’où la question: si la vente israélienne couvre bien l’entrée de Pessah,
l’interdit de posséder du Hamets ne refera-t-il pas surface à la fin de
la fête?! Les instances rabbiniques israéliennes rachèteront ce Hamets
au bout de 7 jours, tandis que ce Français continuera Pessah pour 24h
supplémentaires – car les juifs de diaspora célèbrent 8 jours de fête,
même lorsqu’ils sont en Israël! Ce Français ne transgressera-t-il pas
alors l’interdit de posséder du Hamets au 8e jour de Pessah ?
Les décisionnaires répondent avec astuce: le rachat du Hamets après
Pessah ne s’effectue pas par simple annulation du contrat de vente,
mais par un réel rachat du Hamets du goy. Or, un délégué n’a pas le
pouvoir d’agir contre le gré de son envoyeur. En l’occurrence, à la sortie
du 7e jour, lorsque le rav israélien rachètera ce Hamets, cette acquisition
ne sera pas effective pour ce Français qui ne souhaite pas posséder
de Hamets pour le moment, et le Hamets restera automatiquement en
possession du goy jusqu’au lendemain soir !

86 Refoua chelema à Sarit Haya bat Rivka


HALAKHA - Bedikat Hamets
M A R D I
28 Adar 5780
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La cashérisation de la cuisine - Généralités


a. Il existe 2 moyens pour cashériser un ustensile: la Hag’ala – trempage
dans de l’eau bouillante, et le Liboun – passage au feu jusqu’à étincelles
(+400°C).
De manière générale, un ustensile qui a absorbé du Hamets ne le
dégorge que s’il subit les mêmes conditions d’absorption [Kebol’o kakh
Polto – liit. De la même manière qu’il l’absorbe, il le régurgite]. Par ex., une
grille de barbecue sur laquelle on fait parfois griller du pain, ne pourra
pas être cashérisée à l’eau bouillante, mais au feu uniquement.
b. Certaines matières ne sont pas cashérisables, telles que la porcelaine.
D’autres n’ont pas besoin d’être cashérisées, par ex. le verre pour les
séfarades. Quant au plastique, il fait l’objet d’une discussion, comme
nous le préciserons.
c. Pour tout interdit absorbé, on ne peut faire de Hag’ala qu’après un
délai de 24h depuis la dernière utilisation à chaud. Pour le Hamets,
cela fait l’objet d’une discussion. A priori, il faudra s’abstenir d’utiliser à
chaud pendant 24h un ustensile que l’on prévoit de cashériser.

En pratique...
1. Le four: A priori, il est préférable de ne cashériser qu’un four
pyrolytique. Il faudra aussi laisser dans le four les plateaux et grilles.
[Attention, les grilles en inox s’abîmeront. Ne cashérisez donc que le
strict minimum, et utilisez des plateaux jetables.]
Toutefois, rav S.Z. Auerbach et rav O. Yossef zatsal tolèrent la
cashérisation de tous les types de four. Il faudra alors nettoyer le four
parfaitement, puis patienter 24h avant de les allumer à température
maximale pendant une heure. Attention ! Il n’est pas possible de
cashériser les grilles et plateaux par cette méthode ! Ces ustensiles
doivent impérativement être passés au chalumeau.

Refoua chelema à Sarit Haya bat Rivka


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HALAKHA - Bedikat Hamets
MERCREDI
29 Adar 5780
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2. Le four à micro-ondes: La plupart des décisionnaires préconisent de


ne pas l’utiliser pendant Pessah. Néanmoins, rav O. Yossef zatsal tolère
de le cashériser en le nettoyant parfaitement, puis en y laissant bouillir
pendant quelques minutes de l’eau mélangée à un produit-ménager.
Il conseille toutefois de l’utiliser pendant Pessah en y introduisant les
aliments enfermés dans une boîte hermétique.
3. Le plan de travail : Pour les séfarades, on pourra se contenter de
verser de l’eau bouillante, après l’avoir nettoyé parfaitement et séché
[car si la surface est mouillée, l’eau se refroidira].
Les décisionnaires ashkénazes exigent que l’eau soit en ébullition au
moment où elle est versée. On la versera par ex. à partir d’une bouilloire
lorsque l’eau versée est encore en ébullition. Beaucoup recouvrent
ensuite le plan de travail avec du papier aluminium épais [qui ne se
déchirera pas], et de poser les casseroles chaudes dessus. On veillera
alors à ce qu’il n’y ait pas d’eau qui s’infiltre entre le plan de travail et
l’aluminium.
4. L’évier: - S’il est en métal, on verse de l’eau bouillante, après
nettoyage et séchage. Pour les ashkénazes, l’eau versée doit être en
ébullition.
- S’il est en céramique, il est très controversé par les décisionnaires.
Rav Aba Shaoul tend un filet de sécurité, démontrant qu’un évier n’est
jamais interdit. Retenons que les séfarades peuvent se contenter de
verser de l’eau bouillante, tandis que beaucoup de décisionnaires
ashkénazes préconisent de ne pas y poser directement des ustensiles,
mais de les poser sur une grille.
5. La gazinière: les brûleurs n’ont pas besoin d’être cashérisés. Quant
aux grilles, il faut a priori les passer au feu. Mais attention: le Liboun des
grilles les détériorera. Il est donc conseillé de les recouvrir d’aluminium
épais, de façon qu’il n’y ait pas de liquide qui s’infiltre en-dessous. [Le
rav O. Yossef zatsal pense quant à lui qu’il suffit de les tremper dans
l’eau bouillante.]

88 Leillouï nichmat Dov Ben Yehoudit z"l


HALAKHA - Bedikat Hamets
MERCREDI
29 Adar 5780
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Quant à la surface de la plaque, on pourra se contenter de verser de


l’eau bouillante, et de recouvrir d’aluminium les endroits où l’on risque
de poser une casserole ou cuillère pendant Pessah.
6. La plaque de cuisson vitrocéramique: la nettoyer soigneusement,
sans l’utiliser pendant 24h, puis l’allumer à température maximale
pendant un quart d’heure. Ensuite, recouvrir de papier alu les parties
de la plaque restées froides, si l’on risque d’y poser une marmite
pendant Pessah.
7. La plaque du Shabbat: la nettoyer minutieusement, puis la recouvrir
de papier aluminium épais [qui ne laissera pas d’eau pénétrer]. Si on
veut utiliser la plaque sans la recouvrir, certains permettent de la
laisser chauffer au maximum, puis de verser de l’eau bouillante.
La cashérisation des ustensiles
Les lois de cashérisation des ustensiles sont complexes. Nous
évoquions hier les 2 procédés de cashérisation les plus fréquents : la
Hag’ala – trempage dans de l’eau bouillante, et le Liboun – passage
au feu jusqu’à étincelles. Il n’est concrètement pas possible d’exposer
tous ces détails dans le cadre de ce livret. D’ailleurs, les décisionnaires
recommandent de ne cashériser d’ustensile qu’en présence d’un rav
compétent. Certains conseillent même de posséder des ustensiles
pour Pessah spécialement.
Donnons tout de même un aperçu de ces lois à travers un cas pratique
fréquent: le Koumkoum du Shabbat – la marmite d’eau chaude. Vous
me direz: ‘Quel interdit peut-il y avoir sur un ustensile dans lequel on
ne met que de l’eau durant l’année?!’ Et pourtant… Qui ne décongèle
pas fréquemment ses Halot [pains] du Shabbat en les posant sur
le Koumkoum? Savez-vous que cette utilisation apparemment
bénigne suffit pour interdire tout l’ustensile –et pas uniquement son
couvercle!–, qui nécessite désormais une cashérisation de fond ?
A suivre…
Leillouï nichmat Dov Ben Yehoudit z"l
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HALAKHA - Bedikat Hamets
J E U D I
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L’absorption du Hamets dans le Koumkoum du Shabbat se fait à travers


le couvercle, qui a une température supérieure à 45°C – la température
requise pour que les aliments commencent à échanger leurs goûts. Le
couvercle commence par absorber le Hamets sur toute sa superficie.
Puis, grâce à la vapeur contenue dans le Koumkoum, le Hamets se
propage dans tout le contenu de la marmite – dont le volume est
inférieur à 60 fois celui du pain. Ce Hamets se propage ensuite dans les
parois du Koumkoum, et même dans ses poignées, si elles chauffent
elles aussi. Il est donc impératif de cashériser tout le Koumkoum,
couvercle et poignées inclus !
Pour aller plus loin...
Expliquons quelques principes de Halakha qui interagissent
pour interdire ce Koumkoum, avant d’expliquer son processus de
cashérisation.
a. Un ustensile absorbe du Hamets, ou tout autre interdit, par l’intérieur
comme par l’extérieur. Autrement dit: lorsque l’on fait cuire un aliment
casher à l’intérieur d’une marmite, mais qu’à l’extérieur, un interdit
touche cet ustensile, la Halakha considère que le goût de l’interdit
pénètre à l’intérieur de l’ustensile et interdit son contenu.
Par ex. lorsque l’on fait cuire de la viande dans une marmite, et que
du lait touche la face extérieure de la marmite chaude, le contenu de
la marmite devient interdit, si le volume du contenu est inférieur à 60
fois celui du lait. Et si le volume du contenu est supérieur à 60 fois
celui du lait, le contenu sera certes permis à la consommation, mais
la marmite devra tout de même se faire cashériser. [Les paramètres
de ces lois sont nombreux. Si le cas se présente, consultez un rav.
Retenons pour notre propos la nécessité d’éloigner les casseroles de
lait des casseroles de viande lorsqu’elles cuisent sur une même plaque
de cuisson.]
b. Zéi’a – transpiration/vapeur. Nous apprenions que la vapeur d’un
aliment interdit est interdite. Il faut savoir que la vapeur d’un aliment

90 Leillouï nichmat Dov Ben Yehoudit z"l


HALAKHA - Bedikat Hamets
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sert aussi à propager de façon homogène un goût interdit à tout le


contenu d’une marmite. Prenons l’ex. d’une marmite couverte dans
laquelle cuit de la viande; si du lait se dépose sur son couvercle, la
vapeur propage le goût de lait à l’intérieur de tout le plat de viande. Ce
plat ne pourra alors être consommé que si son volume est supérieur
à 60 fois la goutte de lait [tandis que le couvercle requerra une
cashérisation].
c. Pi’poua – propagation à l’intérieur des parois de l’ustensile.
Lorsqu’un aliment interdit cuit dans un ustensile, la chaleur propage
son goût à l’intérieur de tout l’ustensile, même dans les parties qui
ne sont pas entrées en contact avec lui. Et si l’on y fait ensuite cuire
un aliment permis, on considère que l’interdit absorbé dans tout
l’ustensile diffuse son goût.
De ce fait, la Hag’ala d’un ustensile requiert de cashériser même les
poignées de l’ustensile [Choul’han Aroukh ch.451 §12]. Notons qu’il existe aussi
une autre raison pour laquelle les poignées doivent être cashérisées:
les éventuelles éclaboussures de l’interdit qui touchent les poignées
chaudes.
Remarque: bien qu’il ne soit en général pas possible de cashériser du
plastique, lorsqu’il s’agit des poignées en plastique d’une marmite, les
décisionnaires tendent à tolérer cette cashérisation [en considérant
d’autres raisons que nous n’avons pas évoquées]. D’autant plus que
ces poignées ne chauffent en général pas, et ne requièrent pas dans ce
cas de cashérisation, selon la loi stricte.
Pour conclure
Les facteurs évoqués font que le Koumkoum du Shabbat requiert une cashérisation complète
lorsqu’on a l’habitude de s’en servir pour décongeler du pain. Bien que l’on ne pose le pain
qu’extérieurement, le couvercle chaud absorbe le goût du Hamets, qui se propage sur toute
sa superficie et épaisseur [Pi’poua]. Puis, la Zéi’a [vapeur] de la marmite propage le goût
du Hamets dans toute la marmite, dans le contenu comme dans les parois et même les
poignées de l’ustensile. Il est donc impératif de cashériser tout le Koumkoum, couvercle et
poignées inclus !
Leillouï nichmat Dov Ben Yehoudit z"l
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HALAKHA - Bedikat Hamets
VENDREDI
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Procédé de cashérisation du Koumkoum

On commence par nettoyer parfaitement l’ustensile, particulièrement


dans les raccords entre les poignées et le récipient. S’il y a un dépôt
de calcaire ou de rouille, si son épaisseur est importante, il faut le
supprimer avant Hag’ala; mais il n’est pas nécessaire de retirer une
fine pellicule [M-B ch.451 §22]. A priori, on n’utilisera pas l’ustensile à chaud
durant les 24h qui précédent la Hag’ala.
La Hag’ala peut ensuite être réalisée de 2 façons: en trempant le
Koumkoum dans un récipient plus grand, ou en faisant bouillir de l’eau
dans le Koumkoum que l’on fait déborder.
Si on opte pour la première option, il faut aussi s’abstenir d’utiliser
le grand récipient durant 24h. On commence par y faire bouillir de
l’eau. Une fois arrivée à ébullition, on trempe dans l’eau le Koumkoum.
Puisque le trempage du Koumkoum refroidit l’eau du grand récipient, on
laissera le Koumkoum baigner jusqu’à ce que l’eau revienne à ébullition.
On n’oubliera pas non plus de cashériser ainsi le couvercle.
S’il n’est pas possible de procéder ainsi, on fait bouillir de l’eau dans le
Koumkoum jusqu’à ras-bord. En parallèle, on fait chauffer un gros clou
en fer ou une pierre. Lorsque l’eau arrive à ébullition, on jette le fer ou la
pierre brûlante dans l’eau de manière à ce que l’eau bouillante déborde
et recouvre les parois extérieures. Remarquons toutefois que l’eau
n’arrive probablement pas aux extrémités des poignées; il faut dans
ce cas verser dessus de l’eau bouillante à partir d’une autre bouilloire.
[Pour la cashérisation du couvercle, on le trempera dans une grande
marmite comme précédemment.]
Immédiatement après la Hag’ala, l’usage est de rincer l’ustensile à l’eau
froide.

92 Leillouï nichmat Dov Ben Yehoudit z"l


HALAKHA - Bedikat Hamets
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La cashérisation d’autres ustensiles

1. Ustensile en verre. Selon la loi stricte, un ustensile entièrement en


verre n’a pas besoin d’être cashérisé pour un séfarade, car le Chou-
Ar. [ch.451 §26] considère que le verre n’absorbe pas les goûts d’interdit,
même à chaud.
En revanche, les ashkénazes ne tolèrent pas du tout de les utiliser. [Le
Rama attribue au verre le statut de l’argile, qui n’est pas une matière
cashérisable. Cette instruction ne concerne toutefois que le Hamets
à Pessah; mais pour les autres interdits, tels que le lait et la viande,
même un ashkénaze peut cashériser le verre. Si le cas se présente,
consultez un Rav.]
2. Dentier. Puisqu’il arrive de manger du Hamets chaud [plus de 45°C],
il faut cashériser un dentier en versant dessus de l’eau bouillante, à
partir du récipient dans lequel l’eau a cuit.
3. Les ustensiles que l’on n’utilise jamais à chaud avec du Hamets n’ont
pas besoin d’être cashérisés, mais bien nettoyés à froid uniquement.
Par ex. on peut utiliser à Pessah un tire-bouchon ou un verre de Kidoush
en argent sans les cashériser. S’il est possible qu’ils soient entrés en
contact avec du Hamets à chaud –par ex. si on a versé du Hamets chaud
dans l’évier alors qu’ils y étaient posés– on les cashérisera en versant
de l’eau bouillante.
4. Attention : Si l’on a laissé du Hamets froid dans un récipient durant
24h, il faut cashériser cet ustensile avec une Hag’ala, selon la règle de
Kavoush kiMevoushal – macérer est considéré comme une cuisson.

Leillouï nichmat Dov Ben Yehoudit z"l


93
Le

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Terouma 116
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Amalek - une double haine d'Israël

Ki Tissa - Para 123


Attention aux pulsions instinctives

Vayakhel-Pekoudei - Ha'hodesh 126


N'oublions pas de complimenter...
Remerciements

‫יה ְמ ֻא ּ ָשר‬ ִ ִ‫ֵעץ ַח ִ ּיים ִהיא לַ ּ ַמ ֲחז‬


ָ ֶ‫יקים ָ ּב ּה וְ ת ְֹמכ‬
La Torah est un arbre de vie pour ceux qui s’y attachent.
Ceux qui la soutiennent seront bienheureux

Plusieurs personnes nécessitant une aide du ciel particulière


ont pris part à la diffusion de ce livre. Aidons-les à obtenir
la miséricorde d’Hashem, en priant avant notre étude :

Pour la Hatslakha

• Hatslakha à notre partenaire de l'association Hayé Hanna !


• Hatslakha à notre ami Stanley Chicheportiche et sa famille !
• Hatslakha à notre imprimeur Dan Pérez !

Pour le Zivoug Hagoun

• Miryam Elisheva bat Suzanne


• Julia Déborah Eugénie bat Josiane
• Hava Muriel Fleur bat Jeanne
• Zohara bat Lévana
• Sarah Aurélie bat Avraham
Remerciements
Pour la guérison
• Ruth bat Orli
• Avraham Ori ben Réout
• Ari Akiva ben Shahar
• Sarit Haya bat Rivka

Pour l'élévation de l'âme


• Amram Yona ben Hana z"l - 5 Shevat
• Shimon ben Eliahou veKouka z"l - 8 Shevat
• Rahel bat Sarah z"l - 21 Shevat
• Rav Shmouel ben Shlomo Zalman zatsal - 9 Adar
• Avraham Haï Norbert ben Fortunée Mazal z"l - 9 Adar
• Avraham ben Yossef z"l - 25 Adar
• Sol bat Sim'ha z"l
• Hanna Sylvie Sitruk z"l
• Laure Léa bat Beila z"l
• Shalom ben Habiba z"l
• Michaël Novikov z”l

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PARASHAT BO
SEMAINE du
29 Tevet 5780
26 Janvier 2020

BO
Semaine du 29 Tevet au 6 Shevat 5780 - 26/01/2020 au 01/02/2020

‫לֵ ב ֲע ָב ָדיו‬-‫לִ בּ וֹ וְ ֶאת‬-‫אנִ י ִהכְ ַ ּב ְד ִּתי ֶאת‬-‫י‬


ֲ ‫ ִּכ‬ ‫פ ְרעֹה‬-‫ל‬
ַּ ‫בּ ֹא ֶא‬
[Shemot 10 :1]

A près avoir déjà envoyé 7 plaies sur l’Egypte, Hashem enjoint Moshé
d’exiger de Pharaon de libérer les Bnei Israël : « Va chez Pharaon, car
J’ai endurci son cœur et celui de ses serviteurs ».
Un des 13 fondements de notre Emouna (croyance) consiste à croire
qu’Hashem punit les Rechaïm (impies) et récompense les Tsadikim
(justes). Cela implique que l’homme est libre de faire le bien ou le mal,
et qu’aucun Tsadik ou Racha n’est programmé d’avance. Comment est-
il donc concevable qu’Hashem endurcisse le cœur de Pharaon et le
punisse ensuite davantage pour son refus de libérer les Bnei Israël ?!
Pharaon avait fait Techouva, il avait accepté peu avant de libérer le
peuple juif !
Le Midrash Raba répond : « Rabbi Shimon Ben Lakish dit : que les mécréants
(qui poseraient cette question) se taisent ! Hashem avertit l’homme une fois,
2 fois, 3 fois, s’il ne se repent pas Il lui ferme son cœur à la Techouva, afin
de lui faire payer ses fautes ! Ainsi, Hashem a d’abord averti Pharaon 5 fois.
Cet effronté Lui ayant tenu tête de plein gré, Hashem l’enfonça davantage
dans son mal, etc… ».
Ce plongeon dans le mal, cela signifie que ce fauteur s’est à tel point
fait happer par ses mauvaises habitudes qu’il voit sa chance tourner,

98 Leillouï nichmat Amram Yona ben Hana z"l


PARASHAT BO
SEMAINE du
29 Tevet 5780
26 Janvier 2020

des malheurs s’abattre sur lui, et le monde entier lui tourner le dos. Et
pourtant, au lieu de réunir ses forces pour sortir de ce terrible tourbillon,
il se laisse entraîner. Il en arrive là parce qu’il a fauté et récidivé de plein
gré. Dès lors, Hashem ne le considèrera plus comme étant sur Terre
pour se travailler, et commencera à lui faire régler ses dettes. Hashem
l’utilisera comme exemple pour que ceux qui le côtoient s’écartent du
mal tant qu’ils en sont encore capables !
l

‫בנְ ָך ֵאת ֲא ׁ ֶשר ִה ְת ַע ַ ּללְ ִּתי ְ ּב ִמצְ ַריִ ם‬-‫ן‬


ּ ִ ‫וּלְ ַמ ַען ְּת ַס ֵּפר ְ ּב ָאזְ נֵ י ִבנְ ָך ו ֶּב‬
Et afin que tu racontes à ton fils, à ton petit-fils, combien Je me suis
moqué des Égyptiens
[Shemot 10 :2]

L a Torah insiste pour que l’on raconte à nos descendants l’histoire


de la sortie d’Egypte. Ce récit doit marquer le contraste entre la
puissance colossale de ce pays, d’une part, et son effrayant déclin,
d’autre part, afin d’ancrer dans nos cœurs la Emouna (croyance) en
Hashem, en Sa force et Sa providence.
Il est nécessaire de raconter l’Histoire, c’est-à-dire, de la faire vivre, et
non simplement de mentionner les faits. La Torah a employé le terme
‫ ִה ְת ַע ַ ּללְ ִּתי‬, « Je me suis moqué ». Elle souhaite en effet que l’on s’émeuve,
s’impressionne, se réjouisse, et pour cela il est impératif de prendre le
temps de le raconter. Comme nous l’avons déjà expliqué à plusieurs
reprises, la connexion cerveau-cœur demande temps et effort pour
s’installer.
Outre l’importance de transmettre le message à nos enfants, la Torah a
probablement ordonné de leur raconter l’histoire pour que le narrateur

Leillouï nichmat Amram Yona ben Hana z"l 99


PARASHAT BO
SEMAINE du
29 Tevet 5780
26 Janvier 2020

lui-même s’imprègne de tous les miracles, car la prise de conscience


est plus facile lorsque l’on raconte à autrui.
Le célèbre rav Haykin zatsal d’Aix-les-Bains, avait été témoin un
vendredi après-midi de la façon dont le Hafetz Haïm étudiait, seul
à la maison, la Parasha de Vaéra. Passant sous la fenêtre du Tsadik,
rav Haykin l’entendit parler de la plaie des grenouilles. Le Hafetz
Haïm lut le verset : « Et la grenouille sortit du Nil… », puis s’interrogea
à haute voix : « Pourquoi une seule grenouille sortit-elle ? » Il patienta
quelques instants et toujours à haute voix répondit, en se fondant
sur le Midrash : « Une énooooooorme grenouille sortit du Nil. Tous les
Egyptiens présents saisirent des bâtons et vinrent la frapper. Plus ils
la frappaient, plus des dizaines de grenouilles sortaient de sa bouche.
Et hop ! Encore un coup, encore des grenouilles ! », et il s’esclaffait en
répétant : « Et hop ! Encore des grenouilles ! »
Ainsi, le Tsadik, se racontait l’histoire, tel un enfant, afin de marquer
son cœur de façon indélébile.
l

A vant de frapper les Egyptiens de la dernière plaie – la mort des


premiers nés – Hashem ordonne aux Bnei Israël de faire cuire
des Matsot la nuit du 15 Nissan, qu’ils consommeront avec le Korban
Pessa’h, l’agneau pascal. Le verset dit:  ‫ּש ַמ ְר ֶּתם ֶאת ַה ּ ַמ ּצוֹ ת‬
ְ ׁ ‫ ו‬- vous
surveillerez les Matsot – vous prendrez soin que la pâte ne fermente
pas.
Rashi rapporte à ce sujet les paroles de Rabbi Yoshia qui nous livre
l’enseignement suivant : ‘Ne lis pas Matsot mais plutôt Mitsvot : de la
même manière qu’il ne faut pas laisser lever la pâte des Matsot, ainsi il ne
faut pas laisser fermenter les Mitsvot. Dès que l’occasion se présente d’en
accomplir une, fais-la sans traîner!’

100 Leillouï nichmat Amram Yona ben Hana z"l


PARASHAT BO
SEMAINE du
29 Tevet 5780
26 Janvier 2020

Pourquoi la Torah a-t-elle préféré exprimer cette bonne conduite par


une allusion, plutôt que de nous l’enseigner explicitement?
Rav Hizkyahou Kahan – fondateur de la Yeshiva de Gateshead – nous
explique: comme nous comprenons que la pâte devient ‘Hamets
naturellement, sans aucune action de notre part, il en va de même pour
les Mitsvot. Si nous tardons à les réaliser, même de manière passive,
elles ‘fermentent’ et perdent de leur valeur.
Mais il y a aussi une deuxième nuance: autant que la pâte qui a levé ne
peut plus jamais être ramenée à son état initial, pour une Mitsva aussi,
si nous tardons à la réaliser aussitôt qu’elle se présente à nous, il y a
une dimension qui se perd et ne saura être récupérée. En effet, il est
important de réaliser que l’accomplissement des Mitsvot est bénéfique
pour nous-mêmes, car elles nous permettent d’accomplir le but de
notre création. Hashem qui nous les a enjointes ne l’a fait que pour
nous, parce qu’Il souhaite que l’homme atteigne sa perfection, pour
jouir de Ses bontés éternelles. En réfléchissant ainsi, chaque occasion
qui se présente doit être saisie comme la chose la plus précieuse au
monde. Si nous manquons d’empressement et de zèle à accomplir une
Mitsva, nous manifestons quelque part un manque de considération
envers la grande bonté d’Hashem. Aussi, imprégnons-nous de la leçon
des Matsot toute l’année durant !

Leillouï nichmat Amram Yona ben Hana z"l 101


PARASHAT BESHALAH
SEMAINE du
7 Shevat 5780
2 Février 2020

BESHALAH
Semaine du 7 au 13 Shevat 5780 - 02/02/2020 au 08/02/2020

ָ ‫וַ יְ ִהי ְ ּב ׁ ַש ַ ּלח ַּפ ְרעֹה ֶא‬


‫ה ָעם‬-‫ת‬
[Shemot 13 :17]

Ç a y est ! Les Bnei Israël sortent d’Egypte. Ils entament cette


longue route, pleine de craintes et d’émotions. Ils se font d’abord
pourchasser par les Egyptiens, se retrouvant pris en sandwich entre
la mer et les ennemis : Hashem leur ouvre la mer. Quelques jours plus
tard, ils épuisent leurs réserves d’eau, et ne trouvent que de l’eau
amère à boire : Hashem montre à Moshé un bois amer, qui adoucit
l’eau. Ils commencent à épuiser leurs provisions : Hashem leur envoie
la manne. Ils ont à nouveau soif : Hashem leur fait sortir de l’eau d’un
rocher.
Et ainsi, chaque jour et ses miracles. Le soir, ils épuisent leurs
provisions, n’ayant plus d’autre choix que d’espérer qu’Hashem daigne
leur envoyer leur manne le lendemain, car il était interdit d’en garder
d’un jour à l’autre. Et effectivement, Hashem leur fait descendre la
manne chaque matin. Remarquons que les Bnei Israël ne cessent
d’évoluer en « dents de scie » : 2 pas en avant, un en arrière, et cela,
jusqu’à la fin de la conquête d’Israël plus de 50 ans après.
Rabeinou Hananel explique l’intérêt de cette évolution, selon un
principe que nous avons évoqué plusieurs fois : laisser le temps à la
connexion cerveau-cœur de s’installer ! Le cerveau peut certes avoir

102 Leillouï nichmat Shimon ben Eliahou veKouka z"l


PARASHAT BESHALAH
SEMAINE du
7 Shevat 5780
2 Février 2020

compris combien Hashem est grand, fort, tout-puissant, bon etc., mais
le cœur a besoin de se faire éduquer. A maintes reprises, se retrouver
en détresse, acculés, sans personne à qui s’adresser, lever en dernier
recours les yeux au Ciel, et effectivement constater que Hashem sauve.
Il ne suffit pas d’une seule fois pour ancrer la notion dans le cœur.
Le Midrash raconte que même pour l’ouverture de la mer, il a fallu
que Na’hshon ben Aminadav, de la tribu de Yehouda, entre dans l’eau
jusqu’à en avoir à hauteur de la bouche, pour qu’elle se retire enfin.
Un autre Midrash (rapporté dans Rabeinou Behayé) ajoute que la mer
ne s’ouvrit pas immédiatement entièrement. Elle se retira seulement
de quelques mètres, puis la scène de Hour se reproduisit à plusieurs
reprises, jusqu’à ce que les Bnei Israël intègrent qu’Hashem sauve,
dans les situations qui paraissent désespérées !
l

‫גָ אֹה ָ ּג ָאה סוּס וְ רֹכְ בוֹ ָר ָמה ַב ָ ּים‬-‫ ׁ ִשיר ּו לַ יהוָ ה ִּכי‬ ‫ ִמ ְריָ ם‬,‫וַ ַּת ַען לָ ֶהם‬
Et Miryam leur fit répéter: «Chantez l’Éternel, il est souverainement grand;
cheval et cavalier, Il les a lancés dans la mer»

L orsque la traversée de la mer Rouge s’achève, une fois les Egyptiens


morts noyés, Moshé et les Bnei Israël chantent la Shirat Hayam (Az
Yashir Moshé). Myriam aussi, encourage les femmes à louer Hashem.
Elles chantent elles aussi la Shira. Selon le sens simple, elles ont chanté
toute la Shira. Le verset ne mentionne que la première phrase car la
Torah n’avait pas d’intérêt à répéter tout le texte.
Cependant, le rav Hashine zatsal (Yalkout Shmouot), en se fondant
sur un Midrash, explique que l’évocation de la mort du « cheval et du
cavalier » était intentionnelle. Lorsque les hommes s’apprêtèrent à
chanter, des femmes indiquèrent à Myriam qu’elles ne comptaient

Leillouï nichmat Shimon ben Eliahou veKouka z"l 103


PARASHAT BESHALAH
SEMAINE du
7 Shevat 5780
2 Février 2020

pas s’associer à ces louanges : « Si le but de la sortie d’Egypte est de


recevoir la Torah, pourquoi les femmes -qui n’ont pas de Mitsva de
l’étudier et de pénétrer sa profondeur- devraient-elles chanter ? Tous
ces miracles n’ont été réalisés que pour les hommes ! »
Et Myriam leur répondit : « Le cheval et son cavalier ont été noyés ».
La Mekhilta (Midrash de Tanaïm) raconte que lorsque Hashem voulut
refermer la mer sur les Egyptiens, Il condamna d’abord les cavaliers à
mourir noyés. Ceux-ci s’insurgèrent : « Les chevaux sont les coupables !
Pouvions-nous rattraper les Bnei Israël sans eux ? » Il condamna alors
les chevaux, qui lui rétorquèrent : « Sans les cavaliers, nous ne nous
serions jamais engagés dans une telle poursuite ! » Hashem les fixa
alors l’un à l’autre, et les noya ensemble.
Ainsi Myriam répondit aux femmes : « La totalité du peuple ne forme
qu’un ! Hashem ne donne pas la Torah aux hommes, mais au peuple,
aux foyers du peuple. Lorsqu’un homme peut trouver du temps pour
étudier, lorsque les enfants peuvent aller au Talmud Torah, ce n’est que
par votre mérite. Ensemble vous étudiez la Torah, et ensemble vous
serez récompensés, à l’instar du cheval et du cavalier ».
l

D ans les années 1900, une famille juive polonaise rencontrait


comme tant d’autres des difficultés financières. Elle songea à
émigrer, mais ne parvenait pas à se décider sur la destination. Le père
de famille voulait migrer en Amérique, car nombre de juifs de l’époque
avaient fait ce pas et réussi. Quant à son épouse, elle optait plutôt pour
Israël, la terre ancestrale, car ceux qui avaient opté pour l’Amérique
avaient fini par arrêter, eux ou leurs enfants, la pratique de la Torah.
« Espères-tu améliorer notre situation en allant dans le désert d’Israël?!»,
lui répondait-il constamment. D’un commun accord, ils allèrent se
concerter avec le Hafets Haïm.

104 Leillouï nichmat Shimon ben Eliahou veKouka z"l


PARASHAT BESHALAH
SEMAINE du
7 Shevat 5780
2 Février 2020

Le Tsadik écouta patiemment les propos de chacun, et leur dit: « Après


tous ces pourparlers, je pense connaître un verset qui tranche en
faveur de la femme!» Il ouvrit alors le Houmash, et lut le 1er verset de
notre Parasha: ‫ש ִּתים ִּכי ָקרוֹ ב‬ ְ ׁ ִ‫ל ִֹקים דֶּ ֶר ְך ֶא ֶרץ ְּפל‬-‫וַ יְ ִהי ְ ּב ׁ ַש ַ ּלח וכו’ וְ ל ֹא נָ ָחם ֱא‬
‫ל ִֹקים ֶּפן יִ ָ ּנ ֵחם ָה ָעם ִ ּב ְרא ָֹתם ִמלְ ָח ָמה וְ ׁ ָשב ּו ִמצְ ָריְ ָמה‬-‫ הוּא ִּכי ָא ַמר ֱא‬- Lorsque
Pharaon laissa partir le peuple, Hashem ne les dirigea pas par le pays des
Philistins, bien que ce chemin soit le plus proche, car Hashem craint que
le peuple se ravise à la vue de la guerre et retourne en Egypte. Le verset
précise que traverser la terre des Philistins était matériellement plus
pratique. Pourtant, Hashem préféra les faire traverser le désert, où ils
rencontrèrent bien plus d’épreuves – la poursuite des Egyptiens jusqu’à
la mer Rouge, la guerre contre Amalek, le manque d’eau, de pain…
Pourquoi Hashem craint-Il que la traversée des Philistins spécialement
motiverait-elle plus les Bnei Israël à rebrousser chemin?»
Et de conclure : «La Guemara [Avoda Zara 19A] enseigne que les
Philistins étaient un peuple moqueur. Si les Bnei Israël avaient côtoyé
ce peuple, ils auraient tellement été influencés qu’ils n’auraient plus
voulu recevoir la Torah, et seraient repartis en Egypte! Le verset est
venu enseigner pour les générations à venir, qu’il vaut mieux aller
vivre dans le désert, quitte à encourir des épreuves matérielles pas
évidentes, et ne pas côtoyer une atmosphère de légèreté d’esprit qui
risque de nous écarter de la Torah!»
l

A propos du partage des eaux de la Mer Rouge nous trouvons deux


Midrashim apparemment contradictoires. Le premier dans Bereshit
[5 :5… petit clin d’œil à nos lecteurs tunisiens!] nous enseigne qu’au
moment de la création, Hashem avait ajouté une clause stipulant que
la mer devrait s’ouvrir pour que les Bnei Israël la traversent. Le second

Leillouï nichmat Shimon ben Eliahou veKouka z"l 105


PARASHAT BESHALAH
SEMAINE du
7 Shevat 5780
2 Février 2020

dans Shemot (21 :6), raconte que la mer a refusé de s’ouvrir devant


Moshé Rabénou en arguant de son droit d’ancienneté, puisqu’elle a été
créée le 3e jour, et l’Homme le 6e seulement. Hashem a dû intervenir en
‘posant sa droite sur la main droite de Moshé’ –s’il est permis de parler
ainsi- pour que la mer obtempère.
Le Or haHaïm Hakadosh – Rabbi Haïm Ben Atar zatsal, célèbre
commentateur d’origine marocaine… [Aïwa! gros clin d’œil aux
marocains, aussi!] – soulève une autre question: la Guemara dans
Houlin [7A], rapporte que Rabbi Pin’has ben Yaïr ouvrit lui aussi un fleuve
en un clin d’œil, et fit même traverser un non-juif qui le suivait, sur son
simple ordre. Pourquoi le fleuve ne s’est-il pas lui aussi montré hostile
comme la mer?
La réponse donnée par le Or haHaïm est tellement savoureuse qu’elle
va vous faire oublier toutes les douceurs que vous connaissez, toutes
nationalités confondues! Il répond que lors de la création du monde,
Hashem a conditionné toutes les créatures à se soumettre à la Torah,
mais aussi à ceux qui s’investissent corps et âme à son étude, de
manière semblable à leur subordination envers Hashem. Toutefois,
lorsque les Bnei Israël arrivèrent devant la mer Rouge, ils n’avaient
pas encore reçu la Torah. Ils ne pouvaient donc pas contraindre la mer
à s’ouvrir. Celle-ci rétorqua à Moshé Rabénou qu’elle avait été créée
avant lui. En effet, s’ils avaient été liés à la Torah, antérieure à toute
existence, ils auraient eu droit de préséance. Hashem a alors ‘posé sa
main droite’ – par laquelle il donnera quelques jours plus tard la Torah
– sur la droite de Moshé Rabénou, pour signifier que le mérite de la
Torah l’accompagnait déjà. Et immédiatement, la mer s’exécuta!

106 Leillouï nichmat Shimon ben Eliahou veKouka z"l


PARASHAT YITRO
SEMAINE du
14 Shevat 5780
9 Février 2020

YITRO
Semaine du 14 au 20 Shevat 5780 - 09/02/2020 au 15/02/2020

L a Parasha de Yitro raconte le dévoilement d’Hashem au Sinaï pour


donner la Torah au peuple d’Israël. De manière générale, l’homme
ne peut tolérer être face à une vérité qui le contredit. Aussi, la Torah
raconte que la révélation d’Hashem directe à l’ensemble du peuple
était insupportable, car celui qui est trop attaché au matériel perçoit
la vérité spirituelle comme une antithèse invivable. Le Midrash raconte
d’ailleurs que les Bnei Israël mourraient après chacune des paroles,
et qu’Hashem les ressuscitait pour continuer à leur donner ces 10
commandements qui incluent toutes les 613 Mitsvot.
C’est ainsi que le peuple va trouver Moshé et le délègue pour rapporter
le message d’Hashem au peuple. Moshé réconforte le peuple et leur
dit: ֹ‫ל ִֹקים ו ַּב ֲעבוּר ִּת ְהיֶ ה יִ ְר ָאתו‬-‫ַאל ִּת ָירא ּו ִּכי לְ ַב ֲעבוּר נַ ּסוֹ ת ֶא ְתכֶ ם ָ ּבא ָה ֱא‬
‫ ַעל ְּפנֵ יכֶ ם לְ ִבלְ ִּתי ֶת ֱח ָטא ּו‬-  Soyez sans crainte! C’est pour vous mettre à
l’épreuve qu’Hashem vous est apparu, et c’est pour que Sa crainte soit
toujours présente sur votre visage, afin que vous ne péchiez point.
La traduction littérale de ‘Baavour Nassot Etkhem – pour vous mettre
à l’épreuve’ est étonnante. Les Bnei Israël expriment à Moshé leur
détresse d’avoir été confrontés à une vérité si dure, et Moshé
Rabbeinou les réconforte en leur disant : ‘Soyez sans crainte ! Hashem
vous a mis cette claque bien sonnante parce qu’Il voulait vous éprouver’ ?!

Leillouï nichmat Sol bat Simha z"l


107
PARASHAT YITRO
SEMAINE du
14 Shevat 5780
9 Février 2020

Deux explications sont proposées. Rashi quitte le sens simple du mot


‘Nassot’ – éprouver, pour l’interpréter par ‘élever’, du mot Ness – un
étendard. Soit, Moshé les console en leur disant : ‘Il est vrai que cette
révélation était insupportable. Mais réalisez la distinction qu’elle vous a
apportée! D’autant plus qu’à présent, la crainte d’Hashem a été gravée dans
votre cœur au point de vous protéger de la faute !’
Quant au Rambam, il explique dans la Igueret Teiman ce terme au sens
simple d’épreuve, mais en faisant référence aux péripéties futures du
peuple juif : ‘Lorsque Hashem annonça le don de la Torah au Sinaï, Il précisa
que cette révélation était impérative à tout le peuple, pour qu’Israël Lui reste
éternellement fidèle, sans jamais se relâcher, même lorsque les Goyim les
offenseront et les persécuteront. Le verset de la Torah dit explicitement :
‘C’est pour pouvoir vous mettre à l’épreuve qu’Hashem S’est dévoilé, afin
que Sa crainte vous soit toujours présente et que vous ne péchiez point!’
[Shemot 20:17] Soit, Hashem nous a montré Sa majesté afin de marquer
notre cœur pour l’éternité, afin que nous Lui restions fidèles en toute
situation, même lors des épreuves les plus difficiles !
Lorsque de bons juifs sont assassinés avec barbarie, quelle est
la réponse des familles, amis, et de toute la communauté juive ?
Vengeance?! Has veshalom ! Le Rambam nous a déjà enseigné l’attitude
à adopter: ‘Dans notre misère, nous n’avons qu’à nous taire, supporter
leurs folies et leurs mensonges, aussi insupportables soient-ils! D’ailleurs,
3 enfants de Yishmaël s’appelaient ‘Mishma, Douma, et Massa’, que nos
Maîtres interprètent: ‘Shma, Dom, vé-Sa!’ – écoute, tais-toi et supporte !’
Tout finira par passer !
Nous avons traversé tant de persécutions sans jamais laisser notre
flamme faiblir! Continuons donc à baisser humblement notre tête, afin
de laisser notre cœur blessé s’élever davantage vers Hashem.
l

108 Leillouï nichmat Sol bat Simha z"l


PARASHAT YITRO
SEMAINE du
14 Shevat 5780
9 Février 2020

Y itro intègre le peuple d’Israël. A son arrivée, Moshé lui prépare une
gigantesque réception, et lui raconte tous les détails de la traversée
de la mer Rouge. Yitro s’exclame : « Je sais maintenant que Hashem est
plus grand que tous les dieux, puisqu’Il a été dans cette circonstance, où l’on
avait agi tyranniquement à leur égard ». Le Midrash explique : « Dans le
chaudron où ils (les Egyptiens) voulaient faire cuire les Bnei Israël, ils
se sont fait cuire ». Ils avaient ordonné de noyer tous les nouveau-nés
hébreux, et ils sont eux-mêmes morts noyés !

Rabeinou Behayé précise que l’esclavage seul n’était pas passible d’un
tel châtiment. En effet, Hashem avait déjà averti Avraham : ‘Sache-le,
ta postérité séjournera sur une terre étrangère, où elle sera asservie et
opprimée, durant 400 ans’. Par contre, les Egyptiens ont fait preuve de
cruauté et voulu noyer les nouveau-nés. Pour cela Hashem les exécuta
de cette mort atroce. C’est l’équité du jugement divin qui impressionna
Yitro : Hashem avait patienté plus de 80 ans avant de leur faire payer
leur dette, dent pour dent. Un Midrash rajoute d’ailleurs qu’en fonction
de sa cruauté, chaque Egyptien mourut plus ou moins atrocement.

Le Hafets Haïm racontait qu’il avait à plusieurs reprises constaté la


justesse effrayante du châtiment divin, parfois des dizaines d’années
plus tard. Il avait souvenir d’un boucher à Eishishoh, dont le fils fut
un jour enrôlé dans l’armée russe. Il essaya par tous les moyens de
l’en sortir, mais rien n’y fit : le gouverneur devait maintenir ses quotas
de recrues. Le boucher se proposa alors de lui fournir un remplaçant.
Solution qui fut acceptée. Il s’empressa d’aller au Beit Hamidrash,
arracha un jeune étudiant pur et sage, et l’amena au gouverneur. Toute
la ville fut en colère, mais peu à peu son acte cruel s’oublia.

Plus de 30 ans après, ce boucher envoya son fils pour affaire dans un
village voisin. Sur la route, il se fit piquer par un insecte et mourut sur
place. Le père, venu le secourir, ne put rien faire. Pour ses obsèques,

Leillouï nichmat Sol bat Simha z"l


109
PARASHAT YITRO
SEMAINE du
14 Shevat 5780
9 Février 2020

les orateurs funèbres ne voulurent pas l’approcher craignant une


quelconque contamination. Le père dut le porter seul jusqu’à la ville
et l’enterrer.
l

ָ ֶ‫ ִה ֵ ּנה ָאנֹכִ י ָ ּבא ֵאל‬,‫מ ׁ ֶֹשה‬-‫ֹאמר יְ הוָ ה ֶאל‬


‫ ַ ּב ֲעבוּר יִ ׁ ְש ַמע ָה ָעם‬,‫יך ְ ּב ַעב ֶה ָענָ ן‬ ֶ ‫וַ ּי‬
‫ב ָך יַ ֲא ִמינ ּו לְ עוֹ לָ ם‬-‫ם‬
ּ ְ ַ‫ וְ ג‬,‫ְ ּב ַד ְ ּב ִרי ִע ּ ָמ ְך‬
Hashem dit à Moshé : «Voici, Moi-même Je t’apparaîtrai au plus épais du
nuage, afin que le peuple entende que c’est Moi qui te parle et qu’en toi
aussi ils aient foi constamment»
[Shemot 19 :9]

L e verset laisse sous-entendre que les Bnei Israël ne croyaient pas


assez en Hashem et Moshé. Hashem annonça donc qu’Il allait se
dévoiler à tout le peuple, afin de fixer à tout jamais la Emouna (croyance)
dans leur cœur. Les Rishonim soulèvent cependant que depuis la Shirat
Hayam, après qu’Hashem a noyé les Egyptiens, la Torah dit : « Ils crurent
en Hashem et en Moshé son serviteur ». Quel est donc ce manque de
Emouna qu’il leur restait ?
Le Kouzari (rabbi Yehouda Halévi, IXe siècle) explique qu’ils avaient
certes intégré l’existence d’Hashem et Sa capacité toute-puissante
à changer les lois de la nature à Sa guise, punir les impies, protéger
les justes. Il leur manquait toutefois un autre fondement : qu’Hashem
s’adresse à l’homme et lui ordonne des Mitsvot. Moshé Rabeinou
était peut-être un homme hors du commun, beaucoup de miracles
ont été réalisés par son intermédiaire, mais au fil du temps, on aurait
commencé à douter de la véracité de tous ses propos, particulièrement
sur les Mitsvot, comme le font d’ailleurs certains philosophes. S’ils ne
nient pas l’existence d’une force suprême, ils la grandissent toutefois
tellement qu’ils remettent en cause le fait qu’Elle s’adresse à l’homme.

110 Leillouï nichmat Sol bat Simha z"l


PARASHAT YITRO
SEMAINE du
14 Shevat 5780
9 Février 2020

A la différence des autres religions monothéistes, le judaïsme ne


s’est pas construit autour d’un surhomme auquel le divin transmet
son message : Hashem s’est adressé aux 600.000 hommes, à leurs
femmes, à leurs enfants. Tous ont assisté à la révélation divine au
Sinaï. Hashem, ainsi que Moshé, ne demandait pas mieux que de
maintenir ce rapport constamment, mais le peuple ne fut pas capable
de supporter cet état de choses et pria Moshé d’être leur intermédiaire,
sans jamais remettre sa parole en doute !

Leillouï nichmat Sol bat Simha z"l


111
PARASHAT MISHPATIM
SEMAINE du
21 Shevat 5780
16 Février 2020

MISHPATIM – SHEKALIM
Semaine du 21 au 27 Shevat 5780 - 16/02/2020 au 22/02/2020

ׂ ָ ּ ‫שנַ ֲא ָך ר ֵֹבץ ַּת ַחת ַמ‬


ֹ‫שאוֹ וְ ָח ַדלְ ָּת ֵמ ֲעזֹב לוֹ ָעזֹב ַּת ֲעזֹב ִע ּמו‬ ֹ ׂ ‫ת ְר ֶאה ֲחמוֹ ר‬-‫י‬
ִ ‫ִּכ‬
« Si tu vois l'âne de ton ennemi succomber sous sa charge, garde toi de
l'abandonner; aide-le au contraire à le décharger »
[Shemot 23 :5]

L a Torah évoque dans ce verset de notre Parasha la Mitsva de Prikat


Massa. Elle consiste à décharger l’animal de son prochain, lorsqu’il
croule sous son joug. Deux principes génèrent cette Mitsva : la perte
d’argent du prochain si on laisse cet âne s’effondrer et le Tsaar Baalei
Haïm, l’obligation d’épargner des souffrances aux animaux.
Le ‘Hinoukh (Rabeinou Aharon Halévi, XIIe siècle) enseigne que cette
Mitsva inclut a fortiori d’aider notre prochain en personne lorsqu’il
succombe sous sa charge, ou dans tout cas similaire, par exemple, s’il
se retrouve avec un pneu crevé sur une route peu fréquentée, en pleine
nuit.

La fin du verset, ֹ‫ ָעזֹב ַּת ֲעזֹב ִע ּמו‬, établit que la Mitsva de l’aider nous
incombe uniquement si le concerné lui-même se soucie de son bien. Si
par contre il en profite pour se reposer en nous regardant travailler, la
Torah n’impose plus de l’aider, sauf s’il est vieux ou malade.

112 Leillouï nichmat Rachel bat Sarah z"l


PARASHAT MISHPATIM
SEMAINE du
21 Shevat 5780
16 Février 2020

Remarquons que la Torah emploie le terme de ֹ‫( ַּת ֲעזֹב ִע ּמו‬aide-


le), traduit littéralement par « laisse avec lui ». Au sens simple, les
commentateurs prouvent que la Torah l’utilise parfois dans le sens de
‫( ַּת ֲעזֹר‬aide). Le Ibn Ezra explique quant à lui que ‫ ַּת ֲעזֹב‬se rapporte à la
sangle qui retient la charge : « relâche-la avec lui ».
Le Brit Olam (un élève ou maître du Ram’hal, début du XVIIIe siècle)
l’interprète à un deuxième degré : la Torah insiste pour que nous
venions en aide même à notre ennemi. Il est d’ailleurs prioritaire sur
tous nos proches. Accomplir cette Mitsva pleinement nécessite une
grande Emouna (croyance) : il faut comprendre que les ordres d’Hashem
priment sur nos sentiments, et réaliser qu’Hashem veut sans doute
éprouver notre capacité à laisser nos querelles de côté pour accomplir
Ses Mitsvot.
l

‫ ִאם ַע ֵ ּנה ְת ַע ֶ ּנה‬...‫ ָ ּכל ַאלְ ָמנָ ה וְ יָ תוֹ ם ל ֹא ְת ַע ּנוּן‬...ּ‫וְ גֵ ר ל ֹא תוֹ נֶ ה וְ ל ֹא ִתלְ ָחצֶ ּנו‬
‫ וְ ָח ָרה ַא ִּפי‬... ֹ‫אֹתו‬
Tu ne peineras point l’étranger ni ne le tourmenteras… N’humiliez jamais la
veuve ni l’orphelin… Si tu l’humiliais… Mon courroux s’enflammerait

L ’ordre de ne pas blesser son prochain inclut tous les hommes.


Cependant, la Torah nous met particulièrement en garde envers ces
âmes sensibles que sont l’étranger, la veuve et l’orphelin : leurs larmes
sont fréquentes et dangereuses ! La Tefila accompagnée de pleurs est
propice à être entendue, comme le dit la Guemara dans Baba Metsia :
« Depuis la destruction du Temple, seules les portes des larmes n’ont pas
été fermées ». Hashem promet dans notre Parasha de venger la peine
causée aux faibles. La Guemara (Ibid) prévient ainsi les hommes de ne
jamais offenser leur épouse pour cette même raison.

Leillouï nichmat Rachel bat Sarah z"l


113
PARASHAT MISHPATIM
SEMAINE du
21 Shevat 5780
16 Février 2020

En fait, il nous arrive probablement à tous de jouer, dans certaines


circonstances, le rôle de ce faible, que ce soit face à un proche ou ami
qui nous a humilié, ou encore face à un patron qui s’est un peu trop
emporté. Sans légitimer « l’oppresseur », nous devons néanmoins
être sages et vigilants et ne pas le maudire ou lui souhaiter toutes
sortes de maux. Une fois l’orage passé, on regrettera sûrement d’avoir
éveillé la colère divine contre notre propre entourage. Au contraire, le
moment est propice pour implorer la clémence d’Hashem pour que
notre situation s’améliore, au lieu de prier que celle de l’humiliateur
se détériore.
La Guemara dans Ketoubot (62B) raconte : « Rav Rehoumi partait étudier
à la yeshiva (école talmudique) de Rava toute l’année, et ne regagnait son
domicile qu’une fois l’an, la veille de Kippour. Une fois, il s’oublia dans son
étude. Sa femme, à qui il tardait de le voir, laissa couler une larme. Au même
moment, la charpente du Beit Hamidrash s’effondra sous les pieds de son
mari, qui perdit la vie ».
Il est important de s’éduquer à sauver ces instants sacrés pour implorer
le bien de tous !
l

A u début de la Parasha, la Torah enseigne les lois relatives au Eved


Ivri – l’esclave juif. De qui s’agit-il?
Si une personne qui a volé n’a pas de quoi rembourser, le tribunal le
vend à un autre juif durant 6 ans, et rembourse la personne lésée avec
la somme récupérée. Si au terme de ces 6 ans, cet esclave se complait
dans sa situation et refuse de s’affranchir, son maître l’amène au
tribunal, où on lui perce l’oreille, et restera esclave jusqu’à l’année du
Yovel (la cinquantième année, le jubilé).

114 Leillouï nichmat Rachel bat Sarah z"l


PARASHAT MISHPATIM
SEMAINE du
21 Shevat 5780
16 Février 2020

Dans la Guemara de Kidoushin [22A], Rabbi Yohanan enseigne: ‘Pourquoi


l’oreille a-t-elle été choisie pour être poinçonnée, plus que tout autre
membre? Parce que c’est elle qui a entendu au Mont Sinaï ‘Tu ne voleras
pas’, pour cela elle a été sanctionnée’.
Deux questions sont à soulever: Pourquoi c’est l’oreille qui est punie
alors que ce sont les pieds et les mains qui ont effectué le vol? Et aussi,
pourquoi attend-on la fin des 6 ans pour marquer cette oreille? Nous
pouvions lui reprocher ce vol ainsi dès la première vente !
Rav Tsvi Pessah Frank zatsal –ancien grand Rabbin de Jérusalem–
explique qu’‘entendre’ dans le sens plein du terme signifie se faire
imprégner et marquer des mots qui pénètrent dans les oreilles. Ainsi,
on attend du Ben Israël qui s’est tenu au Sinaï d’être profondément
marqué par le ‘Tu ne voleras pas’, au point où ses membres sont
incapables de voler. S’il vole malgré tout, c’est que son oreille était
‘absente’, et doit être marquée en signe de réprimande.
La Torah lui laisse toutefois un sursis de 6 ans, car elle ‘comprend’ que
l’homme s’oublie parfois, oubliant ses convictions les plus fortes pour
quelques secondes de tentation stupide. Mais lorsqu’au terme de ces
6 ans, ce voleur manifeste une complaisance à sa situation médiocre,
sans désir de réinsérer, sans honte ni gêne d’avoir commis cet acte si
bas, la Torah enjoint le Beit Din de lui faire l’affligeante réprimande, en
marquer cette oreille ‘sourde’.

Leillouï nichmat Rachel bat Sarah z"l


115
PARASHAT TEROUMA
SEMAINE du
28 Shevat 5780
23 Février 2020

TEROUMA
Semaine du 28 Shevat au 4 Adar 5780 - 23/02/2020 au 29/02/2020

D ans la Parasha de Terouma, Hashem ordonne la construction du


Mishkhan – Tabernacle. Il commence par ordonner la collecte de
toutes les matières premières nécessaires à cet effet : «Et voici l’offrande
que vous recevrez d’eux : or, argent et cuivre, étoffes d’azur, de pourpre,
d’écarlate, de fin lin et de poil de chèvre; peaux de bélier teintes en rouge,
peaux de Ta’hach et bois de Chittîm; huile pour le luminaire, aromates pour
l’huile d’onction et pour la combustion des parfums; pierres de Choham et
pierres à enchâsser, pour l’Ephod et pour le pectoral .» (Shemot 25 :3-7).
Remarquons que les matières citées sont classées par ordre décroissant
d’importance, à l’exception des pierres précieuses qui étaient pourtant
de valeur supérieure et d’utilité suprême: les noms des Bnei Israël y
étaient gravés afin que le Cohen Gadol les porte constamment sur son
cœur pendant son service. Le Or Ha’haïm Hakadosh nous transmet
deux messages profonds pour expliquer cette anomalie :
1/ Toujours accomplir les Mitsvot avec zèle. Le Midrash raconte
que les chefs de tribus ne contribuèrent pas immédiatement à la
collecte. Possédant des richesses supérieures au reste du peuple, ils
préféraient attendre que les Bnei Israël finissent d’apporter leurs dons,
afin de compléter ce qui manquerait. Mais ce merveilleux peuple offrit
somptueusement tout ce qu’il possédait, et il ne manquait plus que
les pierres précieuses, que les 12 chefs de tribus offrirent à leur tour.
Ainsi, le verset vient laisser entendre qu’Hashem apprécie ceux qui
s’empressent d’accomplir les Mitsvot.

116 Leillouï nichmat Avraham Haï Norbert ben Fortunée Mazal z"l
PARASHAT TEROUMA
SEMAINE du
28 Shevat 5780
23 Février 2020

2/ Une petite Mitsva réalisée avec labeur vaut bien plus qu'une
grande Mitsva accomplie sans difficulté. Un Midrash raconte que les
pierres précieuses offertes par les chefs de tribus leur étaient tombées
du ciel avec la manne, tandis que les dons des Bnei Israël provenaient
de leurs biens personnels, qu’ils préférèrent offrir à Hashem. Ces petits
dons avaient de ce fait bien plus de valeur aux yeux d’Hashem.

‫שה ַה ְּמנוֹ ָרה‬


ׂ ֶ ‫ית ְמנ ַֹרת זָ ָהב ָטהוֹ ר ִמ ְק ׁ ָשה ֵּת ָיע‬ ׂ ִ ‫וְ ָע‬
ָ ‫ש‬
Tu feras aussi un candélabre d’or pur. Ce candélabre sera fait tout d’une
pièce
[Shemot 25 :31]

R emarquons la forme passive employée par le verset pour la


fabrication de la Menorah. Le Midrash explique que Moshé se
heurta à de grandes difficultés pour la sculpter, car elle devait être
taillée d’une seule pièce. Hashem lui proposa alors de jeter le bloc d’or
au feu et fit sortir d’un coup la Menorah dans toute sa splendeur.
Il est évident que les difficultés rencontrées par Moshé n’étaient pas
uniquement d’ordre artisanal. Le Hafets Haïm zatsal nous éclaire
quelque peu sur ce Midrash.
Plusieurs textes du Midrash et du Zohar expliquent la vocation profonde
des ustensiles du Mishkan et du service effectué par les Cohanim.
Le monde entier reposait sur ce service, et aujourd’hui, privé du Beit
Hamikdash [Temple] et du Mishkan [Tabernacle], il est comparable à un
monde de tohu-bohu [Gaon de Vilna]. Nous n’y jouissons presque plus
des bienfaits spirituels comme matériels qui nous sont prédestinés.

Leillouï nichmat Avraham Haï Norbert ben Fortunée Mazal z"l 117
PARASHAT TEROUMA
SEMAINE du
28 Shevat 5780
23 Février 2020

Dans ce service, chaque ustensile avait une signification spirituelle :


Le Aron Habrit [l’Arche sainte] était l’emblème de la Sagesse suprême
d’Hashem, le Choul’han [la Table] faisait allusion à la Parnassa [gagne-
pain] et à tous les aspects matériels de la subsistance du peuple. Le
Mizbéa’h [autel] incarnait la relation entre Hashem et son peuple.
Quant à la Menorah, elle représentait par son Ner Tamid [feu perpétuel]
la pérennité du peuple juif, comme le dit Hashem dans le Zohar [149A] :
«Lorsque le Cohen allumera les veilleuses d’en bas, J’allumerai les veilleuses
du peuple d’en-haut», c.à.d. J’éclairerai les chemins des Bnei Israël.
Lorsque Hashem somma Moshé de sculpter la Menorah, notre Maitre
vit les malheurs qui s’abattraient sur le peuple juif. Ces prémonitions ne
cessèrent de troubler sa concentration, et Hashem lui dit : «Jette le bloc
d’or au feu, et la Menorah se formera d’elle-même ! C’est précisément
lorsque le feu dévastateur semblera être à son comble que Je ferai
grandir Israël, sans aide extérieure !»
l

L a construction du Mishkan nécessitait des compétences artisanales


très aiguisées. Toutes sortes de joaillers étaient nécessaires pour
tailler et polir les pierres précieuses du Hoshen, des orfèvres pour
sculpter les chérubins, pour battre et forger les ustensiles les plus
variés en or et en argent. La confection des habits du Cohen Gadol
aussi ne requérait pas moins de qualifications, du filage de l’or à tisser
avec la laine azur et pourpre, jusqu’au montage parfait de tous les
vêtements. Les différents tissus utilisés étaient d’une splendeur rare,
tantôt tricotés tantôt tissés, selon des procédés particuliers. Sans
oublier d’évoquer la construction du Mishkan lui-même, le taillage
millimétré des panneaux de bois qui s’emboitaient ingénieusement,
leurs supports en argent, les baguettes qui les traversaient dans leur
épaisseur.

118 Leillouï nichmat Avraham Haï Norbert ben Fortunée Mazal z"l
PARASHAT TEROUMA
SEMAINE du
28 Shevat 5780
23 Février 2020

Le peuple n’avait évidemment reçu aucune formation à tous ces


métiers qui relèvent de l’art. Les Bnei Israël étaient un an plus tôt de
simples maçons, manutentionnaires, puiseurs d’eau etc. Comment
acquirent-ils leurs aptitudes pour réaliser le Mishkan? La réponse est
donnée explicitement dans Ki-Tissa. Hashem donna la sagesse de
façon innée aux ouvriers : ‫‘ ו ְּבלֵ ב ָ ּכל ֲחכַ ם לֵ ב נָ ַת ִּתי ָחכְ ָמה‬et des coeurs
sages Je les ai doués d’habileté’ (Shemot 31 :6). Chaque personne concernée
ressentait une prédisposition à réaliser tel ou tel travail. Mais selon
quels critères les rôles furent-ils distribués? A plusieurs reprises ces
artisans sont qualifiés de ‘Hakham Lev’ –‘sage dans son coeur’. Le
Ramban explique que selon leur ardeur à vouloir participer activement
à la construction, ils étaient dotés de talents. Le Hakham Lev, c’est celui
qui désire la Hokhma –sagesse.
Cette règle est en vigueur à toute époque : selon notre conviction de
l’importance de vivre une vie de Torah, Hashem nous donne tous les
moyens nécessaires pour nous élever. C’est en réalisant que la Torah
est l’essence et le but de notre création, et en nous investissant pour
que notre vie soit en accord total avec Sa volonté, qu’Hashem nous
ouvre les portes de la Sagesse.

Leillouï nichmat Avraham Haï Norbert ben Fortunée Mazal z"l


119
PARASHAT TETSAVÉ
SEMAINE du
5 Adar 5780
1 Mars 2020

TETSAVÉ - ZAKHOR
Semaine du 5 au 11 Adar 5780 - 01/03/2020 au 07/03/2020

L e Hoshen (pectoral) du Cohen Gadol était orné de 12 pierres précieuses


sur lesquelles étaient gravés les noms des 12 tribus, ainsi que ceux
d’Avraham, Itzhak et Israël. Ainsi, 72 lettres apparaissaient au total,
soit 6 par pierre : le nom d’une tribu auquel on accolait quelques lettres
des Patriarches, jusqu’à avoir 6 caractères. Par ex., Réouven s’écrit
en 5 lettres, on rajouta à sa pierre le ‘‫ ’א‬de Avraham. De même pour
Shimon, on ajouta le ‘‫ ’ב‬et à Levy ‘‫’רהם‬. Toutes les lettres de l’alphabet
s’y trouvaient. Lorsque des décisions importantes étaient prises
par le Sanhédrin, le Cohen Gadol consultait le Hoshen et demandait
l’approbation de Hashem. Des lettres s’illuminaient, et il en déduisait
la réponse.
Ces pierres ainsi gravées étaient fixées dans un écrin d’or, incrusté
sur un tissu luxueux. Rabeinou Behayeh nous révèle un message à
tirer de cette confection particulière. Les 72 lettres font allusion au
grand nom d’Hashem, composé de 72 lettres, et représentent aussi
la Torah. Hashem a demandé aux Bnei Israël de choisir le métal
le plus cher au monde, et d’en faire une monture pour le diamant,
l’emblème de la richesse, qui sera lui-même support au composant de
la Torah, les lettres de l’alphabet. Une monture étant toujours moins
importante que le bijou enchâssé, l’or perd ainsi sa valeur devant la
pierre précieuse. Hashem tenait à nous rappeler par l’assemblage du
Hoshen, qu’une pierre précieuse n’a pas de valeur devant la Torah. Il
est bien plus profitable de s’investir dans l’accomplissement du but de

120 Leillouï nichmat Rav Shmouel ben Shlomo Zalman z"l


PARASHAT TETSAVÉ
SEMAINE du
5 Adar 5780
1 Mars 2020

notre vie, que de se soucier d’accumuler des valeurs qui, un jour, seront
démunies de sens.
Le Hafets Haïm ajoutait : quelle différence fondamentale y a-t-il entre
la valeur de l’or et celle du diamant? Celle de l’or est quantitative : un
homme possédant 2 fois plus d’or qu’un autre, sera 2 fois plus riche.
Tandis que celle du diamant est qualitative : un diamant ne serait-ce
qu’un peu plus gros qu’un autre sera exponentiellement plus cher! On
peut raisonner de façon identique pour ce qui est de l’accomplissement
de la Torah : chaque effort, chaque geste supplémentaire, chaque
intention plus pure, sera pour le monde à venir une source jaillissante
démesurée de bienfaits éternels.
l

Shabbat Zakhor

C e Shabbat, nous sortons deux Sefer Torah. Dans le premier, nous


lisons la Parasha de la semaine [Tetsavé], et dans le second, la
Parasha de Zakhor Et Asher Assa Lekha Amalek –Souviens-toi de ce que
te fit Amalek. Relevons les points essentiels qui caractérisent Amalek.
Essav, le frère de Yaacov, opta pour les plaisirs du monde plutôt que le
service de Hashem. Il brada son droit d’aînesse à son petit frère pour
une assiette de lentilles. Lorsque leur père Itzhak voulut bénir son aîné
avant de mourir, il ne savait pas que les rôles avaient été permutés, et
appela Essav. Sur le conseil de sa mère, Yaacov se fit passer pour Essav
et reçut les bénédictions de son père. Lorsqu’Essav réalisa la ruse, il
promit de se venger. Il transmit à sa descendance la haine d’Israël.

Leillouï nichmat Rav Shmouel ben Shlomo Zalman z"l


121
PARASHAT TETSAVÉ
SEMAINE du
5 Adar 5780
1 Mars 2020

Elifaz, un des enfants d’Essav, avait une concubine dénommée Timna.


Celle-ci avait essayé à maintes reprises d’intégrer le peuple d’Israël,
mais se fit recaler, faute d’intentions sincères. Elle alla trouver Elifaz,
et devint sa concubine. Elle enfanta Amalek, et l’éleva dans la double
haine d’Israël, ce peuple qui avait rusé son beau-père, et refusé de
l’intégrer.
Nourri de cette double frustration, Amalek incarna l’ennemi par
excellence d’Israël: il se fixa de prouver qu’il n’est qu’un peuple indigne,
sans aucun caractère divin, car il n’y a pas de divin! Et c’est ainsi qu’à
la sortie d’Egypte, alors que le monde entier tremblait devant les Bnei
Israël, le peuple choyé du Tout-Puissant, cet effronté vint briser la
muraille de feu qui protégeait les Bnei Israël.
Par une telle arrogance, c’est tout simplement l’Honneur de Dieu
qu’il tenta d’atteindre. S’il y a aujourd’hui des impies, qui osent renier
la Hashga’ha (providence) de Hashem, leurs propos sont les fruits
maudits de ce qu’Amalek sema sur la Terre. Hashem a juré (Shemot 17:16):
«Puisque sa main s’attaque au trône de Hashem, guerre à Amalek de par
Hashem, de génération en génération!»

122 Leillouï nichmat Rav Shmouel ben Shlomo Zalman z"l


PARASHAT KI-TISSA
SEMAINE du
12 Adar 5780
8 Mars 2020

KI TISSA – SHABBAT PARA


Semaine du 12 au 18 Adar 5780 - 08/03/2020 au 14/03/2020

A près le dévoilement historique d’Hashem au Sinaï devant tout le


peuple d’Israël, Moshé Rabeinou monte sur la montagne pour
recevoir les Tables de la loi, le 7 Sivan. Il prévient les Bnei Israël qu’il
restera au sommet 40 jours et 40 nuits.
Le 40e jour, Moshé ne redescend pas. La majeure partie du jour s’écoule
et le peuple s’affole : Moshé avait omis de les prévenir que la première
journée d’ascension ne comptait pas. L’angoisse est à son comble. Le
Satan s’en mêle. Le peuple au pied de la montagne a une vision du
cercueil du grand berger porté par des anges et s’envolant au ciel.
La panique gagne les cœurs : qui va donc les conduire jusqu’en Terre
promise ? Aharon lui-même n’a pas de réponse claire à leur donner. Il
n’a aucun doute qu’Hashem ne les abandonnera pas, mais comment
calmer le peuple alors que ‘Hour, le fils de Myriam, vient de se faire tuer
par des fauteurs de troubles auxquels il tentait de faire face ?
Le Erev Rav, composé de convertis égyptiens peu convaincus, entraîne
le peuple à faire un veau d’or qui sera désormais leur guide. Aharon
choisit de ne pas s’opposer officiellement à ce sombre projet et d’en
retarder la réalisation. Mais ces insoumis, bien trop emballés, arrachent
leurs bijoux aux femmes, les amènent à Aharon qui se voit forcé de les
jeter au feu. Et soudain, sortit le veau d’Or, animé par un souffle de vie.
Certes, ces visions impressionnantes pouvaient peut-être instiller le
doute chez bien des personnes intègres. Mais n’oublions pas que le
peuple dans son intégralité avait assisté à des scènes nettement plus

Refoua chelema à Sarit Haya bat Rivka


123
PARASHAT KI-TISSA
SEMAINE du
12 Adar 5780
8 Mars 2020

prodigieuses : à commencer par les 10 plaies en Egypte, en passant


par la traversée de la mer Rouge et enfin la grande révélation divine au
Sinaï. Comment put-il se laisser détourner de ses convictions ?
Rav Haïm Shmoulevitz zatsal, en déduit une grande morale : il ne faut
jamais suivre aucune pulsion instinctive ! Lorsqu’une grande peur
s’installe, elle court-circuite l’intellect, et laisse les mauvais penchants
du cœur plonger dans un précipice que l’on imaginait pourtant bien
lointain !
l

Shabbat Para

L orsque le Beit Hamikdash était construit, tous les Bnei Israël se


rendaient à Jérusalem à Pessah, pour faire le Korban Pessah –le
sacrifice de l’agneau pascal. L’après-midi du 14 Nissan, veille de Pessah,
chaque famille envoyait un représentant au Beit Hamikdash, avec un
agneau qui y était sacrifié. Il était ensuite rapporté à la maison où la
famille s’apprêtait à griller et manger ce sacrifice, le soir du 15 Nissan,
en racontant le récit de la sortie d’Egypte. Presque tout le peuple était
présent, car cette Mitsva est passible de retranchement pour l’homme
qui ne l’accomplissait pas. Seuls ceux qui étaient impurs en étaient
dispensés, car il est formellement interdit à une telle personne d’entrer
au Beit Hamikdash, ou de toucher un sacrifice.
Le mois de Nissan approchant, nos Maîtres ont institué de lire pendant
les 2 Shabbat qui précèdent Rosh Hodesh deux passages de la Torah où
sont ordonnées les Mitsvot de la purification de l’homme qui a touché
un mort, et celle du Korban Pessah. Initialement, ces lectures avaient

124 Refoua chelema à Sarit Haya bat Rivka


PARASHAT KI-TISSA
SEMAINE du
12 Adar 5780
8 Mars 2020

pour but de rappeler aux Bnei Israël de se préparer à la grande fête de


la délivrance, de se purifier, puis d’organiser chacun son groupe avec
lequel il célébrerait la soirée du Séder de Pessah, à Jérusalem. Mais de
nos jours, cette lecture à une autre vocation : remplacer les Korbanot.
Lorsque le prophète Hoshéa motiva les Bnei Israël à se repentir,
il leur dit (14:3) ‫שא ָעוֹ ן‬ ׂ ָ ּ ‫ְקח ּו ִע ּ ָמכֶ ם דְּ ָב ִרים וְ ׁשוּב ּו ֶאל יְ הוָ ה ִא ְמר ּו ֵאלָ יו ָ ּכל ִּת‬
ׂ ְ ‫ – וְ ַקח טוֹ ב וּנְ ׁ ַש ְ ּל ָמה ָפ ִרים‬Armez-vous de paroles suppliantes et
‫ש ָפ ֵתינ ּו‬
revenez à Hashem ! Dites-Lui : «Efface la faute, agrée la réparation, nous
voulons remplacer les taureaux par nos lèvres». Au sens simple, ces
lèvres sont celles qui supplient, évoquées au début du verset. Mais le
Midrash déduit d’ici que la lecture des passages de la Torah traitant
des Korbanot remplace les sacrifices. C’est la raison pour laquelle
nous lisons à différentes occasions des textes traitant de ces sujets,
notamment avant la prière du matin, dans la Ketoret, les prières de
Moussaf, etc. C’est aussi la raison pour laquelle nous lisons aujourd’hui
la Parasha de la Para Adouma –la vache rousse, qui servait à fabriquer
l’eau de purification, afin que Hashem agrée notre parole en guise de
purification.

Refoua chelema à Sarit Haya bat Rivka


125
PARASHATVAYAKHEL-PEKOUDEI
SEMAINE du
19 Adar 5780
15 Mars 2020

VAYAKHEL-PEKOUDEI-HA‘HODESH
Semaine du 19 au 25 Adar 5780 - 15/03/2020 au 21/03/2020

S ous la direction de Betsalel et Aholiav, les Bnei Israël achèvent la


construction du Mishkan et la confection des vêtements du Cohen
Gadol. Ils les apportent à Moshé qui contrôle leur réalisation :

‫ש ּו וַ יְ ָב ֶר ְך‬
ׂ ‫הוה ֵ ּכן ָע‬ ׂ ‫וַ ַ ּי ְרא מ ׁ ֶֹשה ֶאת ָ ּכל ַה ְּמלָ אכָ ה וְ ִה ֵ ּנה ָע‬
ָ ֹ ְ‫ש ּו א ָֹת ּה ַ ּכ ֲא ׁ ֶשר צִ ָ ּוה י‬
‫א ָֹתם מ ׁ ֶֹשה‬
Moshé examina tout le travail : or ils l’avaient exécuté conformément aux
prescriptions de Hashem, et Moshé les bénit.
(Shemot 39 :43)

Le Midrash rapporte que Moshé leur fit la Berakha suivante : ‫יהי נ ַֹעם‬ ִ ִ‫ו‬
ׂ ֵ ‫ ֲאדֹנָ י ֱאל ֵֹהינ ּו ָעלֵ ינ ּו ו ַּמ ֲע‬- « Que la bienveillance
‫שה יָ ֵדינ ּו כּ וֹ נְ נָ ה ָעלֵ ינ ּו‬
d’Hashem soit avec vous ! Qu’Il fasse prospérer l’œuvre de vos mains »
Dans la Parasha de Shemini aussi, après que Moshé et Aharon
achèvent l’inauguration du Mishkan, ils prononcent une seconde fois
cette Berakha.
Si l’on prête attention, le verset souligne le fait que Moshé bénit les
Bnei Israël, après s’être réjoui de constater que tout a été réalisé
précisément comme Hashem l’avait ordonné. Quelle était donc la
raison de son enthousiasme ? Les Bnei Israël auraient-il pu construire
le Mishkan autrement qu’en se conformant aux ordres d’Hashem ?
La réponse est peut-être évidente mais doit être mise en exergue:
lorsque quelqu’un fait ce qui lui incombe, il mérite une Berakha ! Que

126 Leillouï nichmat Avraham ben Yossef z"l


PARASHATVAYAKHEL-PEKOUDEI
SEMAINE du
22 Tevet 5780
19 Janvier 2020

ce soit dans notre foyer, avec notre conjoint ou nos enfants, ou encore
avec nos parents, nos voisins, notre patron, chaque partie a des
obligations envers l’autre. Nous avons malheureusement tendance à
ne remarquer que les responsabilités non remplies, et oublions d’être
reconnaissants lorsque l’autre s’acquitte de son devoir, sous prétexte
que sa conduite est ‘’normale’’.
Il est important de réaliser que cette ‘’normalité’’ provient d’une
acceptation à se plier à ce que le bien général impose, malgré l’instinct
égoïste qui préfère toujours des solutions faciles, aux dépends de
l’autre. Un homme (ou une femme !) qui remplit son devoir mérite
reconnaissance, félicitations et encouragements pour s’être investi(e)
pour un monde meilleur.
l

Shabbat Ha’hodesh
‫אשוֹ ן הוּא לָ כֶ ם לְ ָח ְד ׁ ֵשי ַה ׁ ּ ָשנָ ה‬
ׁ ‫ֹאש ֳח ָד ׁ ִשים ִר‬
ׁ ‫ַהח ֶֹד ׁש ַה ֶּזה לָ כֶ ם ר‬
« Ce mois-ci est pour vous le commencement des mois etc. »
(Shemot 12 :2)

P our la 4e fois en un mois, nous sortons ce Shabbat 2 Sefer Torah.


Dans le premier, nous lisons la Parasha de la semaine, et dans le
second la Parashat Ha’hodesh. Deux points essentiels caractérisent ce
deuxième passage : le premier est l’ordre donné par Hashem à Moshé
et Aharon de fixer le début du mois lorsque la lune se renouvellera. Le
second est la Mitsva de faire le Korban Pessah –le sacrifice pascal, le 15
du mois de Nissan. Expliquons quelques lois du Kidoush Ha’hodesh –la
néoménie.

Leillouï nichmat Avraham ben Yossef z"l 127


PARASHATVAYAKHEL-PEKOUDEI
SEMAINE du
19 Adar 5780
15 Mars 2020

Les mois du calendrier dépendent essentiellement de la lune. La lune


renouvelle son cycle en 29 jours et demi. Cependant, ce n’était pas
la réalité absolue qui déterminait le renouvellement du mois, mais
le fait que le Grand Sanhédrin de Jérusalem sanctifiait le nouveau
mois. Chaque 30 du mois, le Sanhédrin attendait la venue de témoins
déclarant avoir aperçu la lune se renouveler. Une fois leurs propos
vérifiés, le Sanhédrin établissait ce jour en premier du nouveau mois,
et les sacrifices de Rosh ‘Hodesh étaient apportés au Beit Hamikdash. Si
les témoins n’arrivaient pas, ou si leurs déclarations se contredisaient,
c’était le jour suivant qui devenait le premier du nouveau mois. Il arrivait
aussi que le Sanhédrin désirait repousser Rosh ‘Hodesh, et perturbait
les témoins par un questionnement subtil, jusqu’à ce que leurs propos
se contredisent. Ils agissaient ainsi par ex. si des témoins venaient
attester de la nouvelle lune de Tishrei un mercredi : cela impliquait que
Yom Kippour tomberait un vendredi, compliquant le respect du jour du
Shabbat du lendemain.
Le Rav Shimshon R. Hirsh zatsal explique pourquoi l’établissement du
calendrier hébraïque a été transmis au peuple. Lors des Trois Fêtes,
la Torah enjoint au peuple de monter à Jérusalem pour se réjouir, et
faire le plein de forces spirituelles, pour servir Dieu avec plus d’entrain.
Pour que ce rassemblement ne soit pas perçu comme une contrainte,
Hashem laissa le peuple décider lui-même de la date, pour qu’elle leur
convienne et que la joie soit à son comble.

128 Leillouï nichmat Avraham ben Yossef z"l


MOUSSAR
ETUDE
MENSUELLE

Daniel 130
Rappel des 5 premiers chapitres 130
Ch. 6 - Daniel sauvé de la fosse aux lions 133
Ch. 7 - La vision des 4 monstres 139
Les 4 exils dans le programme d'Hashem 146
Un petit entracte sur Pourim 154
Les 4 exils selon le Maharal 163
MOUSSAR - Daniel

Le livre de Daniel
Rappel des 5 premiers chapitres

Dans le numéro précédent, nous découvrions les 5 premiers chapitres


du livre de Daniel. Le début du livre racontait comment Daniel et ses 3
compagnons –Hanania, Mishaël et Azarya– se firent prendre au palais
de Nabuchodonosor, l’effrayant tyran de l’empire babylonien.
Au 2e chapitre, Daniel se fit distinguer des tous les dauphins, en
interprétant grandiosement le rêve de Nabuchodonosor. Ce rêve
prédisait en fait les 4 empires qui se succèderont pour régner sur le
monde –Babylone, la Perse, la Grèce et Edom/Ishmaël, comme nous
l’expliquions amplement–, jusqu’à ce que la royauté soit rendue à
Israël, le peuple élu d’Hashem.
Cet évènement fit décerner aux 4 compagnons de hautes fonctions
dans le royaume de Nabuchodonosor, qui attisèrent la jalousie des
conseillers du roi. Aussi, au 3e chapitre, lorsque Nabuchodonosor
érigea l’abominable statue du rêve, dans l’espoir de modifier le destin
pour s’octroyer la souveraineté éternelle, ces jaloux dénoncèrent les
3 juifs qui avaient refusé de se prosterner. Ces 3 Tsadikim furent jetés
dans une fournaise torride. Et le miracle se produisit : l’ange Gavriel en
personne descend pour protéger ces 3 justes, tandis que les flammes
jaillissent de la fournaise pour consumer les bourreaux qui les avaient
jetés. C’est ainsi que l’honneur d’Hashem est grandi dans tout l’empire
de Nabuchodonosor, sur ordre du tyran en personne !

130 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
Mais l’effronterie de Nabuchodonosor de modifier le cours de l’histoire
pour dérober la souveraineté d’Hashem ne peut passer à l’as… Le Maître
du monde prévoit au despote une sévère correction, qu’Il lui dévoile en
rêve, au 4e chapitre : durant 7 ans, ce monstre sera métamorphosé
en animal qui broutera l’herbe des champs. Lorsque Daniel interprète
son rêve, il lui dévoile aussi qu’il parviendra à différer la sentence, tant
qu’il entretiendra les pauvres de Babylone. Mais au bout de 12 mois
d’ajournement, cet orgueilleux se retient d’ouvrir sa main et son cœur
aux pauvres, et, instantanément, le monstre perd la raison, arrache
ses vêtements, et galope et gémit dans les rues de Babylone, tandis
que des griffes et une majestueuse crinière lui poussent. Durant 7 ans,
c’est Evil Merodakh, son fils, qui prend la direction du royaume. Jusqu’à
ce qu’un beau jour, le monstre Nabuchodonosor reprenne un brin de
lucidité, et reconnaisse la suprématie éternelle d’Hashem. La peine
purgée ayant atteint son objectif, le despote redevient un humain, et
remonte sur son trône. Nos Maîtres enseignent que, dès lors, le roi
chevauchait un lion, qu’il attelait avec un gigantesque serpent !
Les années passent et Nabuchodonosor trépasse, après 45 ans de
règne. C’est d’abord Evil Merodakh qui hérite du trône pendant 23
ans. Lorsque celui-ci décède, c’est son frère Belshatsar qui prend le
royaume, pendant 2 ans, comme le raconte le 5e chapitre. Or, 45+23+2
font 70 ans, tout rond… La durée prédite par le prophète Yirmyahou
pour la fin de l’exil de Babylone ! Cette interrogation tourmente le
nouveau monarque, qui reste constamment sur ses gardes. Et voilà
qu’un jour, la Perse et la Mède intentent un putsch, que Belshatsar
déjoue en leur infligeant une sévère défaite. Digne de son orgueilleux
père, ce dernier s’enivre de gloire, et s’imagine que le destin a enfin
changé ! L’effronté ose organiser une réception en sortant les
ustensiles du Beit haMikdash, spoliés 70 ans plus tôt par son père, lors
de la destruction de Jérusalem. Et voilà que la fanfare du banquet est
soudainement interrompue par une main étrange qui flotte en l’air, et

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
131
MOUSSAR - Daniel
va écrire sur le mur un code étrange : ‘‫ אאלרן‬- ‫ ננקפי‬- ‫ממתוס‬. De
l’hébreu, vraisemblablement, qui ne veut toutefois pas dire grand-
chose ! Terrifié, Belshatsar convoque urgemment Daniel, qui décode
le logogriphe : ‫[ ְמנֵ א ְמנֵ א ְּת ֵקל ו ַּפ ְר ִסין‬Méné Méné Tekèl ouParsin], Il a
compté, recompté, pesé et scindé. Soit :
- Méné Méné - Hashem a compté et recompté les jours de ta royauté et en
a décidé la fin.
- Tekèl – tes actions ont été pesées et se sont avérées trop faibles.
- Parsin [Peres au pluriel] - ton royaume a été divisé, et donné aux Mèdes
et aux Perses.’
Et dans la nuit qui suit, le valet du despote lui tranche la tête, et il court
apporter son macabre trophée à Darius, roi de Médie. Ce roi et son allié,
Cyrus le Perse, se soulèvent, et s’emparent du gigantesque empire, au
terme exact de 70 ans d’exil des juifs sous l’emprise babylonienne,
comme le prédisait le prophète Yirmyahou.

132 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel

Chapitre VI
Daniel sauvé de la fosse aux lions
‫ ב ׁ ְש ַפר ֳק ָדם‬:‫א וְ ָד ְריָ וֶ ׁש ָמ ָד ָאה ַק ֵ ּבל ַמלְ כו ָּתא ְּכ ַבר ׁ ְשנִ ין ׁ ִש ִּתין וְ ַת ְר ֵּתין‬
‫ש ִרין דִּ י לֶ ֱהוֹ ן ְ ּבכָ ל‬ ׂ ְ ‫דָּ ְריָ וֶ ׁש וַ ֲה ִקים ַעל ַמלְ כו ָּתא לַ ֲא ַח ׁ ְשדַּ ְר ְּפנַ ָ ּיא ְמ ָאה וְ ֶע‬
‫ ג וְ ֵע ָ ּלא ִמ ְ ּנהוֹ ן ָס ְרכִ ין ְּתלָ ָתא דִּ י ָדנִ ֵ ּיאל ַחד ִמ ְ ּנהוֹ ן דִּ י לֶ ֱהוֹ ן‬:‫ַמלְ כו ָּתא‬
‫ ד ֱא ַדיִ ן‬:‫ֲא ַח ׁ ְשדַּ ְר ְּפנַ ָ ּיא ִא ֵ ּלין יָ ֲה ִבין לְ הוֹ ן ַט ְע ָמא ו ַּמלְ ָ ּכא לָ א לֶ ֱהוֵ א נָ זִ ק‬
‫דָּ נִ ֵ ּיאל דְּ נָ ה ֲהוָ א ִמ ְתנַ ַ ּצח ַעל ָס ְרכַ ָ ּיא וַ ֲא ַח ׁ ְשדַּ ְר ְּפנַ ָ ּיא ָ ּכל ֳק ֵבל דִּ י רו ַּח‬
‫ ה ֱא ַדיִ ן ָס ְרכַ ָ ּיא‬:‫יַ ִּת ָירא ֵ ּב ּה ו ַּמלְ ָ ּכא ֲע ׁ ִשית לַ ֲה ָקמו ֵּת ּה ַעל ָ ּכל ַמלְ כו ָּתא‬
‫וַ ֲא ַח ׁ ְשדַּ ְר ְּפנַ ָ ּיא ֲהווֹ ָב ַעיִ ן ִע ָ ּלה לְ ַה ׁ ְש ָ ּכ ָחה לְ ָדנִ ֵ ּיאל ִמ ַ ּצד ַמלְ כו ָּתא וְ כָ ל ִע ָ ּלה‬
‫יתה‬ ָ ‫ימן הוּא וְ כָ ל ׁ ָשל ּו ו ׁ ְּש ִח‬ ַ ‫יתה לָ א יָ כְ לִ ין לְ ַה ׁ ְש ָ ּכ ָחה ָ ּכל ֳק ֵבל דִּ י ְמ ֵה‬ ָ ‫ו ׁ ְּש ִח‬
‫ ו ֱא ַדיִ ן ֻ ּג ְב ַר ָ ּיא ִא ֵ ּל ְך ָא ְמ ִרין דִּ י לָ א נְ ַה ׁ ְש ַ ּכח לְ ָדנִ ֵ ּיאל‬:‫לָ א ִה ׁ ְש ְּתכַ ַחת ֲעלוֹ ִהי‬
:‫דְּ נָ ה ָ ּכל ִע ָ ּלא לָ ֵהן ַה ׁ ְש ַ ּכ ְחנָ ה ֲעלוֹ ִהי ְ ּב ָדת ֱאלָ ֵה ּה‬

Darius le Mède hérite de l’empire de Babylone, et


Vers. 1-3
commence par nommer un gouvernement parfaitement
structuré. Il nomme 120 préfets responsables de 120 pays, et place
au-dessus de ces gouverneurs 3 conseillers, dont Daniel.
Jour après jour, durant des semaines, Darius admire la
Vers. 4-5
sagesse et la loyauté de Daniel, et pense à le nommer
Premier ministre, chargé de diriger l’ensemble du royaume. Mais les 2
autres ministres jalousent Daniel. La réussite d’un juif n’est-elle pas
depuis toujours le plus grand crime de l’humanité ?!
Pendant des jours, ces scélérats fouinent dans les affaires de Daniel
dans l’espoir d’y trouver un quelconque grief ou méfait. Mais à leur

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
133
MOUSSAR - Daniel
grande peine, ils ne découvrent qu’une seule chose : Daniel est un juif
authentique ! Sa profonde crainte du ciel l’écarte de toute tricherie ou
indignité, même lorsqu’il est à l’abri des regards !

Vers. 6 Il faut donc songer à un traquenard singulier aux bons


juifs : retourner leur fidélité à Hashem contre eux…
« Prenons-le en défaut dans les choses de sa religion ! » disent-ils !

‫ז ֱא ַדיִ ן ָס ְרכַ ָ ּיא וַ ֲא ַח ׁ ְשדַּ ְר ְּפנַ ָ ּיא ִא ֵ ּלן ַה ְר ִ ּג ׁש ּו ַעל ַמלְ ָ ּכא וְ כֵ ן ָא ְמ ִרין לֵ ּה דָּ ְריָ וֶ ׁש‬
‫ ח ִא ְתיָ ַעט ּו כּ ֹל ָס ְרכֵ י ַמלְ כו ָּתא ִסגְ נַ ָ ּיא וַ ֲא ַח ׁ ְשדַּ ְר ְּפנַ ָ ּיא‬:‫ַמלְ ָ ּכא לְ ָעלְ ִמין ֱחיִ י‬
‫ַהדָּ ְב ַר ָ ּיא ו ַּפ ֲחוָ ָתא לְ ַק ָ ּי ָמה ְקיָ ם ַמלְ ָ ּכא וּלְ ַת ָּק ָפה ֱא ָסר דִּ י כָ ל דִּ י יִ ְב ֵעה ָבע ּו‬
:‫ִמן ָ ּכל ֱאלָ ּה וֶ ֱאנָ ׁש ַעד יוֹ ִמין ְּתלָ ִתין לָ ֵהן ִמ ָ ּנ ְך ַמלְ ָ ּכא יִ ְת ְר ֵמא לְ גֹב ַא ְריָ וָ ָתא‬
‫ט ְּכ ַען ַמלְ ָ ּכא ְּת ִקים ֱא ָס ָרא וְ ִת ְר ׁ ֻשם ְּכ ָת ָבא דִּ י לָ א לְ ַה ׁ ְשנָ יָ ה ְּכ ָדת ָמ ַדי‬
:‫ י ָ ּכל ֳק ֵבל דְּ נָ ה ַמלְ ָ ּכא דָּ ְריָ וֶ ׁש ְר ׁ ַשם ְּכ ָת ָבא וֶ ֱא ָס ָרא‬:‫ו ָּפ ַרס דִּ י לָ א ֶת ְעדֵּ א‬

Les 2 canailles complotent un plan, et se rendent


Vers. 7-9
chez le roi: « Ô roi! Tous les ministres et préfets de ton
royaume ont un souci commun de grandir davantage ton honneur dans ton
royaume fraîchement conquis. Chaque sujet de ces 120 provinces doit te
vénérer avec assurance et contentement. Aussi, nous pensons à instaurer
30 jours de grâces, durant lesquels tout sujet qui aura une quelconque
requête ou bonté à demander, l’adressera à toi uniquement. Tandis que
tu veilleras à satisfaire toutes ces demandes, un arrêté royal interdira en
parallèle d’adresser toute demande à quiconque d’autre, qu’il s’agisse d’un
être humain ou d’un dieu. Et que cette clause soit bien stricte : celui qui
adressera sa requête à quiconque d’autre sera jeté dans la fosse aux lions !
Vive à jamais le roi Darius ! »’

Vers. 10 Et Darius tombe comme un bleu dans le panneau ! Il


signe avec enthousiasme un arrêté royal qui défend
formellement à tout homme d’invoquer la faveur de quelqu’un d’autre
que le roi…

134 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
ָ ‫יא וְ ָדנִ ֵ ּיאל ְּכ ִדי יְ ַדע דִּ י ְר ׁ ִשים ְּכ ָת ָבא ַעל לְ ַביְ ֵת ּה וְ כַ ִ ּוין ְּפ ִת‬
ֵ ‫יחן לֵ ּה ְ ּב ִע ִ ּל‬
‫ית ּה‬
‫נֶ גֶ ד יְ רו ׁ ְּשלֶ ם וְ זִ ְמנִ ין ְּתלָ ָתה ְביוֹ ָמא הוּא ָ ּב ֵר ְך ַעל ִ ּב ְרכוֹ ִהי ו ְּמצַ ֵ ּלא וּמוֹ ֵדא‬
:‫ֳק ָדם ֱאלָ ֵה ּה ָ ּכל ֳק ֵבל דִּ י ֲהוָ א ָע ֵבד ִמן ַק ְד ַמת דְּ נָ ה‬

Vers. 11 Or, Daniel possède un grenier aménagé en lieu de prière,


avec des fenêtres ouvertes en direction de Jérusalem et
du Beit haMikdash. Depuis toujours, Daniel se recueille dans cette pièce
3 fois par jour pour prier et se prosterner devant Hashem.
Lorsque Daniel prend connaissance de l’arrêté royal, il se dit
innocemment que ce décret ne le concerne pas. En effet, le but
essentiel de sa prière quotidienne est plutôt de reconnaître Hashem
qui tire les ficelles du monde derrière le voile, plus que d’exprimer des
requêtes personnelles. Aussi, à ses heures de prière, il monte comme
à l’accoutumée déverser son cœur devant Hashem, sans même se
soucier d’agir discrètement.

E t Daniel tombe comme un gibier alléchant dans la gueule des 2


loups…

:‫יב ֱא ַדיִ ן ֻ ּג ְב ַר ָ ּיא ִא ֵ ּל ְך ַה ְר ִ ּג ׁש ּו וְ ַה ׁ ְש ַ ּכח ּו לְ ָדנִ ֵ ּיאל ָ ּב ֵעא ו ִּמ ְת ַח ַ ּנן ֳק ָדם ֱאלָ ֵה ּה‬
‫אדיִ ן ְק ִריב ּו וְ ָא ְמ ִרין ֳק ָדם ַמלְ ָ ּכא ַעל ֱא ָסר ַמלְ ָ ּכא ֲהלָ א ֱא ָסר ְר ׁ ַש ְמ ָּת‬ ַ ‫יג ֵ ּב‬
‫דִּ י כָ ל ֱאנָ ׁש דִּ י יִ ְב ֵעה ִמן ָ ּכל ֱאלָ ּה וֶ ֱאנָ ׁש ַעד יוֹ ִמין ְּתלָ ִתין לָ ֵהן ִמ ָ ּנ ְך ַמלְ ָ ּכא‬
‫יבא ִמ ְ ּל ָתא ְּכ ָדת ָמ ַדי ו ָּפ ַרס דִּ י‬ ָ ‫ותא ָענֵ ה ַמלְ ָ ּכא וְ ָא ַמר יַ ִ ּצ‬ ָ ָ‫יִ ְת ְר ֵמא לְ גוֹ ב ַא ְרי‬
ּ
‫אדיִ ן ֲענוֹ וְ ָא ְמ ִרין ֳק ָדם ַמלְ ָ ּכא דִּ י ָדנִ ֵיאל דִּ י ִמן ְ ּבנֵ י גָ לו ָּתא‬ ַ ‫ יד ֵ ּב‬:‫לָ א ֶת ְעדֵּ א‬
‫שם ֲעלָ ְך ַמלְ ָ ּכא טְ ֵעם וְ ַעל ֱא ָס ָרא דִּ י ְר ׁ ַש ְמ ָּת וְ זִ ְמנִ ין ְּתלָ ָתה‬ ׂ ָ ‫דִּ י יְ הוּד לָ א‬
‫ש ִ ּגיא ְ ּב ֵא ׁש ֲעלוֹ ִהי‬ ׂ ַ ‫ טו ֱא ַדיִ ן ַמלְ ָ ּכא ְּכ ִדי ִמ ְ ּל ָתא ׁ ְש ַמע‬:‫ְ ּביוֹ ָמא ָ ּב ֵעא ָ ּבעו ֵּת ּה‬
:‫שם ָ ּבל לְ ׁ ֵשיזָ בו ֵּת ּה וְ ַעד ֶמ ָעלֵ י ׁ ִש ְמ ׁ ָשא ֲהוָ א ִמ ׁ ְש ַּתדַּ ר לְ ַה ָ ּצלו ֵּת ּה‬ ׂ ָ ‫וְ ַעל דָּ נִ ֵ ּיאל‬
ְ ּ
‫אדיִ ן ֻ ּג ְב ַר ָיא ִא ֵ ּלך ַה ְר ִ ּג ׁש ּו ַעל ַמלְ ָ ּכא וְ ָא ְמ ִרין לְ ַמלְ ָ ּכא דַּ ע ַמלְ ָ ּכא דִּ י ָדת‬ ַ ‫טז ֵ ּב‬
:‫לְ ָמ ַדי ו ָּפ ַרס דִּ י כָ ל ֱא ָסר ו ְּקיָ ם דִּ י ַמלְ ָ ּכא יְ ָה ֵקים לָ א לְ ַה ׁ ְשנָ יָ ה‬

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
135
MOUSSAR - Daniel

Vers. 12-14 A peine commence-t-il à prononcer ses premiers mots


de prière, que ces affreux font irruption dans sa chambre,
le ligotent et se rendent chez le roi. Ils commencent par cacher Daniel
dehors, et reçoivent une audience chez Darius : « Ô roi ! Tu as bien édicté
une défense en vertu de laquelle tout homme qui adresserait une prière à
tout autre dieu ou homme que toi serait jeté dans la fosse aux lions ?! » Le
roi confirme.
Ils apportent alors Daniel qu’ils traînent jusqu’au roi et continuent : « Ô
Roi ! Que doit-on alors faire de ce renégat ?! Daniel, cet exilé de Judée, n’a
tenu aucun compte de toi et de ton décret ! »

Vers. 15-16 Darius pâlit. Il se rend compte bien trop tard du beau filet
tendu par ces renards. Il tente vainement de défendre
son fidèle ami, en plaidant qu’une prière prononcée quotidiennement
n’a jamais été astreinte par l’arrêté. Mais [comme au Haut-Commissariat
des droits de l’homme de l’Onu…], les 2 compères haineux attisent au
nom de la justice et de la loyauté le mécontentement de toute la cour.

‫אדיִ ן ַמלְ ָ ּכא ֲא ַמר וְ ַהיְ ִתיו לְ ָדנִ ֵ ּיאל ו ְּרמוֹ לְ גֻ ָ ּבא דִּ י ַא ְריָ וָ ָתא ָענֵ ה ַמלְ ָ ּכא‬ ַ ‫יז ֵ ּב‬
‫יתיִ ת‬ ָ ‫ יח וְ ֵה‬:‫וְ ָא ַמר לְ ָדנִ ֵ ּיאל ֱאלָ ָה ְך דִּ י ַאנְ ְּת ָּפלַ ח לֵ ּה ִ ּב ְת ִד ָירא הוּא יְ ׁ ֵשיזְ ִב ָ ּנ ְך‬
‫ש ַמת ַעל ֻּפם ֻ ּג ָ ּבא וְ ַח ְת ַמ ּה ַמלְ ָ ּכא ְ ּב ִעזְ ְק ֵת ּה ו ְּב ִעזְ ָקת ַר ְב ְר ָבנוֹ ִהי‬ ׂ ֻ ְ‫ֶא ֶבן ֲח ָדה ו‬
:‫דִּ י לָ א ִת ׁ ְשנֵ א צְ ב ּו ְ ּב ָדנִ ֵ ּיאל‬
‫יט ֱא ַדיִ ן ֲאזַ ל ַמלְ ָ ּכא לְ ֵהיכְ לֵ ּה ו ָּבת טְ וָ ת וְ ַד ֲחוָ ן לָ א ַהנְ ֵעל ָק ָדמוֹ ִהי וְ ׁ ִשנְ ֵּת ּה‬
‫אדיִ ן ַמלְ ָ ּכא ִ ּב ׁ ְש ַּפ ְר ָּפ ָרא יְ קוּם ְ ּבנָ גְ ָהא ו ְּב ִה ְת ְ ּב ָהלָ ה לְ גֻ ָ ּבא‬
ַ ‫ כ ֵ ּב‬:‫נַ דַּ ת ֲעלוֹ ִהי‬
ּ
‫ כא וּכְ ִמ ְק ְר ֵב ּה לְ גֻ ָ ּבא לְ ָדנִ ֵיאל ְ ּב ָקל ֲעצִ יב זְ ִעק ָענֵ ה ַמלְ ָ ּכא‬:‫ִדי ַא ְריָ וָ ָתא ֲאזַ ל‬
‫וְ ָא ַמר לְ ָדנִ ֵ ּיאל דָּ נִ ֵ ּיאל ֲע ֵבד ֱאלָ ָהא ַח ָ ּיא ֱאלָ ָה ְך דִּ י ַאנְ ְּת ָּפלַ ח לֵ ּה ִ ּב ְת ִד ָירא‬
:‫ַהיְ כִ ל לְ ׁ ֵשיזָ בו ָּת ְך ִמן ַא ְריָ וָ ָתא‬

136 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
Vers. 17-18 Après des heures de pourparlers, Darius s’avoue vaincu.
« Puisse ton Dieu que tu sers constamment te sauver ! »
dit-il à son si cher ami avec une voix étouffée de sanglots. Et Daniel
est jeté dans la fosse aux lions, que l’on bouche d’une lourde pierre
tranchante…

Vers. 19-21 Durant toute la nuit suivante, Darius refuse de manger


et de dormir, et pleure la perte de Daniel. L’aube venue,
le roi se précipite à la fosse aux lions, et crie amèrement: « Daniel, le
serviteur du Tout-Puissant, LE D-ieu vivant! Ton D-ieu t’est-Il venu en aide! »

‫ כג ֱאלָ ִהי ׁ ְשלַ ח‬:‫כב ֱא ַדיִ ן דָּ נִ ֶ ּיאל ִעם ַמלְ ָ ּכא ַמ ִ ּלל ַמלְ ָ ּכא לְ ָעלְ ִמין ֱחיִ י‬
‫ַמלְ ֲאכֵ ּה ו ֲּסגַ ר ֻּפם ַא ְריָ וָ ָתא וְ לָ א ַח ְ ּבלוּנִ י ָ ּכל ֳק ֵבל דִּ י ָק ָדמוֹ ִהי זָ כ ּו ִה ׁ ְש ְּתכַ ַחת‬
‫ש ִ ּגיא טְ ֵאב‬ ׂ ַ ‫אדיִ ן ַמלְ ָ ּכא‬ַ ‫ כד ֵ ּב‬:‫לִ י וְ ַאף ָק ָד ָמ ְך ַמלְ ָ ּכא ֲחבוּלָ ה לָ א ַע ְב ֵדת‬
‫ֲעלוֹ ִהי וּלְ ָדנִ ֵ ּיאל ֲא ַמר לְ ַהנְ ָס ָקה ִמן ֻ ּג ָ ּבא וְ ֻה ַּסק דָּ נִ ֵ ּיאל ִמן ֻ ּג ָ ּבא וְ כָ ל ֲח ָבל לָ א‬
:‫ימן ֵ ּבאלָ ֵה ּה‬ ִ ‫ִה ׁ ְש ְּתכַ ח ֵ ּב ּה דִּ י ֵה‬

Vers. 22-23 Une voix s’élève alors du fond de la fosse et lui répond:
« Vive le roi à jamais! Mon D-ieu m’a effectivement sauvé!
Hashem a envoyé l’ange-lion qui siège devant Son Trône céleste. En un seul
rugissement, cet ange a fait taire les lions pendant toute la nuit! J’ai même
eu droit à la visite du prophète Habakouk qui a été transporté par un ange
depuis Israël, et l’on a célébré le Seder de Pessah ensemble, en chantant et
glorifiant Hashem notre D-ieu durant toute cette nuit!»

Vers. 24 Le roi Darius est fou de joie ! Il court réveiller la cour


entière, et ordonne à ses gardes de soulever la pierre de
la fosse aux lions pour délivrer Daniel.

‫כה וַ ֲא ַמר ַמלְ ָ ּכא וְ ַהיְ ִתיו ֻ ּג ְב ַר ָ ּיא ִא ֵ ּל ְך דִּ י ֲאכַ ל ּו ַק ְרצוֹ ִהי דִּ י ָדנִ ֵ ּיאל וּלְ גֹב‬
‫ַא ְריָ וָ ָתא ְרמוֹ ִא ּנוּן ְ ּבנֵ יהוֹ ן וּנְ ׁ ֵשיהוֹ ן וְ לָ א ְמטוֹ לְ ַא ְר ִעית ֻ ּג ָ ּבא ַעד דִּ י ׁ ְשלִ ט ּו‬
:ּ‫ְבהוֹ ן ַא ְריָ וָ ָתא וְ כָ ל ַ ּג ְר ֵמיהוֹ ן ַהדִּ קו‬
w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
137
MOUSSAR - Daniel
Les 2 crapules s’avancent alors et disent au roi: « Ô roi! Ne te laisse pas
influencer par les sornettes de Daniel! S’il a survécu jusque-là, c’est surement
parce que l’un de ses frères est venu rassasier les lions juste avant qu’on
leur jette ce juif ! Patiente donc quelques heures supplémentaires, et tu te
rendras toi-même compte de sa culpabilité ! »

Et le roi Darius de répliquer: «  Amenez donc immédiatement


Vers. 25
toutes les familles de ces 2 compères… Nous verrons bien
si ces lions ne sont pas assez affamés ! » Dans les minutes qui suivent,
les conseillers sont jetés avec femmes et enfants dans la fosse. Ils
n’ont pas même le temps d’arriver au sol, que des dizaines de lions les
déchiquettent !

‫אדיִ ן דָּ ְריָ וֶ ׁש ַמלְ ָ ּכא ְּכ ַתב לְ כָ ל ַע ְמ ַמ ָ ּיא ֻא ַמ ָ ּיא וְ לִ ׁ ּ ָשנַ ָ ּיא דִּ י ָדיְ ִרין ְ ּבכָ ל‬ ַ ‫כו ֵ ּב‬
‫שים טְ ֵעם דִּ י ְ ּבכָ ל ׁ ָשלְ ָטן ַמלְ כו ִּתי‬ ׂ ִ ‫ כז ִמן ֳק ָד ַמי‬:‫ש ֵ ּגא‬ ׂ ְ ִ‫ַא ְר ָעא ׁ ְשלָ ְמכוֹ ן י‬
‫לֶ ֱהוֹ ן זָ יְ ִעין וְ ָד ֲחלִ ין ִמן ֳק ָדם ֱאלָ ֵה ּה דִּ י ָדנִ ֵ ּיאל דִּ י הוּא ֱאלָ ָהא ַח ָ ּיא וְ ַק ָ ּים‬
‫ כח ְמ ׁ ֵשיזִ ב ו ַּמ ִ ּצל‬:‫לְ ָעלְ ִמין ו ַּמלְ כו ֵּת ּה דִּ י לָ א ִת ְת ַח ַ ּבל וְ ׁ ָשלְ ָטנֵ ּה ַעד סוֹ ָפא‬
‫ כט‬:‫שיזִ יב לְ ָדנִ ֵ ּיאל ִמן יַ ד ַא ְריָ וָ ָתא‬ ֵ ׁ ‫וְ ָע ֵבד ָא ִתין וְ ִת ְמ ִהין ִ ּב ׁ ְש ַמ ָ ּיא ו ְּב ַא ְר ָעא דִּ י‬
:‫וְ ָדנִ ֵ ּיאל דְּ נָ ה ַהצְ לַ ח ְ ּב ַמלְ כוּת דָּ ְריָ וֶ ׁש ו ְּב ַמלְ כוּת כּ וֹ ֶר ׁש ָּפ ְר ָס ָאה‬

Darius envoie alors des dépêches à toutes les nations


Vers. 26-29
du royaume, dans lesquelles il appelle tous ses sujets à
craindre et vénérer le D-ieu de Daniel :
« Tel est l’ordre que j’ai promulgué, dans toute l’étendue du royaume : que
l’on manifeste crainte et vénération pour le Dieu de Daniel, qui l’a sauvé des
griffes des lions. Lui seul est le Dieu vivant, qui subsiste éternellement. Sa
royauté est indestructible, sa souveraineté est infinie. Il préserve et Il sauve,
Il accomplit miracles et prodiges au ciel et sur la terre. ! »
Daniel prospéra sous le règne de Darius et sous le règne de Cyrus le
Perse.

138 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel

Chapitre VII
La vision des 4 monstres

A partir de ce 7e chapitre, le livre de Daniel change foncièrement


d’allure. Les 6 premiers chapitres racontaient dans un style narratif les
merveilleuses histoires de Daniel au palais de Nabuchodonosor puis de
Darius, les interprétations des rêves, le sauvetage de Hanania, Mishaël
et Azarya de la fournaise, puis celui de Daniel de la fosse aux lions.
À partir de notre chapitre [ch.12], le livre de Daniel prend une tournure
de livre de Prophètes. En effet, Daniel est certes la plus importante
personnalité des royaumes de Babylonie puis de Médie ; ces hautes
fonctions ne l’empêchent toutefois pas de s’élever et de se rapprocher
d’Hashem chaque jour davantage. Or, ce Tsadik est très affecté par l’exil
des Bnei Israël, d’autant plus que le rêve de Nabuchodonosor prédisait
d’autres exils jusqu’à ce que la gloire revienne au peuple d’Hashem.
Aussi, Daniel jeûne et prie souvent à chaudes larmes pour qu’Hashem
daigne délivrer Son peuple et reconstruire le Beit haMikdash. Hashem
considère sa peine, et le console en lui dévoilant l’avenir d’Israël, que
Daniel met par écrit dans cette 2e partie du livre. 
Daniel reçoit ces révélations de 2 manières : en rêve, et par dévoilement
de l’ange Gavriel. Toutes ces révélations portent sur les 4 exils. Le
1er rêve présente les traits essentiels de chacun des 4 empires,
incarnés chacun par des bêtes originales, comme nous le détaillerons
dans ce numéro. Puis le 2e rêve précise la manière dont ces empires se
succèderont. Enfin, l’ange Gavriel révèle dans les détails la montée et

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
139
‫‪MOUSSAR - Daniel‬‬
‫‪l’effondrement des empires de Grèce puis d’Edom, en évoquant aussi‬‬
‫‪les débats entre les anges de ces nations dans le ciel.‬‬
‫‪Ces sujets étant particulièrement profonds, nous préférons désormais‬‬
‫‪ralentir la cadence, en n’étudiant pour ce numéro que le 1er rêve,‬‬
‫‪que nous commenterons à la lueur des écrits du Maharal. Pour le‬‬
‫‪prochain numéro, nous ferons une petite interruption de l’étude de‬‬
‫‪Daniel afin de nous concentrer sur la fête de Pessa’h. Tandis que nous‬‬
‫‪continuerons Beezrat Hashem l’étude continue du livre de Daniel en‬‬
‫‪Iyar.  ‬‬

‫אש ּה ַעל‬ ‫אש ַ ּצר ֶמלֶ ְך ָ ּב ֶבל דָּ נִ ֵ ּיאל ֵחלֶ ם ֲחזָ ה וְ ֶחזְ וֵ י ֵר ׁ ֵ‬ ‫א ִ ּב ׁ ְשנַ ת ֲח ָדה לְ ֵבלְ ׁ ַ‬
‫אש ִמ ִ ּלין ֲא ַמר‪ :‬ב ָענֵ ה ָדנִ ֵ ּיאל וְ ָא ַמר ָחזֵ ה‬ ‫אדיִ ן ֶחלְ ָמא כְ ַתב ֵר ׁ‬ ‫ִמ ׁ ְש ְּכ ֵב ּה ֵ ּב ַ‬
‫ג‬ ‫יחן לְ יַ ּ ָמא ַר ָ ּבא‪:‬‬ ‫ֲהוֵ ית ְ ּב ֶחזְ וִ י ִעם לֵ ילְ יָ א וַ ֲאר ּו ַא ְר ַ ּבע רו ֵּחי ׁ ְש ַמ ָ ּיא ְמגִ ָ‬
‫וְ ַא ְר ַ ּבע ֵחיוָ ן ַר ְב ְר ָבן ָסלְ ָקן ִמן יַ ּ ָמא ׁ ָשנְ יָ ן דָּ א ִמן דָּ א‪ :‬ד ַק ְד ָמיְ ָתא כְ ַא ְריֵ ה‬
‫וְ גַ ִּפין דִּ י נְ ׁ ַשר לַ ּה ָחזֵ ה ֲהוֵ ית ַעד דִּ י ְּמ ִריט ּו גַ ַּפ ּה וּנְ טִ ילַ ת ִמן ַא ְר ָעא וְ ַעל‬
‫ימת וּלְ ַבב ֱאנָ ׁש יְ ִהיב לַ ּה‪ :‬ה וַ ֲאר ּו ֵחיוָ ה ָא ֳח ִרי ִתנְ יָ נָ ה‬ ‫ַרגְ לַ יִ ן ֶ ּכ ֱאנָ ׁש ֳה ִק ַ‬
‫ש ַטר ַחד ֳה ִק ַמת ו ְּתלָ ת ִעלְ ִעין ְ ּב ֻפ ּ ַמ ּה ֵ ּבין ׁ ִש ַ ּנ ּה וְ כֵ ן ָא ְמ ִרין‬ ‫דָּ ְמיָ ה לְ דֹב וְ לִ ְ ׂ‬
‫אתר דְּ נָ ה ָחזֵ ה ֲהוֵ ית וַ ֲאר ּו ָא ֳח ִרי ִּכנְ ַמר‬ ‫ּ‬ ‫ׂ‬ ‫ׂ‬
‫לַ ּה קו ִּמי ֲאכֻ לִ י ְ ּב ַשר ַש ִגיא‪ :‬ו ָ ּב ַ‬
‫אשין לְ ֵחיוְ ָתא וְ ׁ ָשלְ ָטן יְ ִהיב‬ ‫וְ לַ ּה ַ ּג ִּפין ַא ְר ַ ּבע דִּ י עוֹ ף ַעל ַ ּג ַ ּב ּה וְ ַא ְר ְ ּב ָעה ֵר ׁ ִ‬
‫אתר דְּ נָ ה ָחזֵ ה ֲהוֵ ית ְ ּב ֶחזְ וֵ י לֵ ילְ יָ א וַ ֲאר ּו ֵחיוָ ה ְר ִב ָיע ָאה דְּ ִחילָ ה‬ ‫לַ ּה‪ :‬ז ָ ּב ַ‬
‫יפא יַ ִּת ָירא וְ ׁ ִש ַ ּניִ ן דִּ י ַפ ְרזֶ ל לַ ּה ַר ְב ְר ָבן ָאכְ לָ ה ו ַּמדֱּ ָקה ו ׁ ְּש ָא ָרא‬ ‫ימ ָתנִ י וְ ַת ִּק ָ‬‫וְ ֵא ְ‬
‫שר לַ ּה‪ :‬ח‬ ‫ׂ‬ ‫יה וְ ַק ְרנַ יִ ן ֲע ַ‬ ‫ׁ‬
‫ְ ּב ַרגְ לַ ּה ָר ְפ ָסה וְ ִהיא ְמ ַש ְ ּניָ ה ִמן ָ ּכל ֵחיוָ ָתא דִּ י ָק ָד ַמ ּ‬
‫יהן ו ְּתלָ ת ִמן‬ ‫ש ַּת ַ ּכל ֲהוֵ ית ְ ּב ַק ְרנַ ָ ּיא וַ ֲאל ּו ֶק ֶרן ָא ֳח ִרי זְ ֵע ָירה ִסלְ ָקת ֵ ּבינֵ ֵ‬ ‫ִמ ְ ׂ‬
‫ַק ְרנַ ָ ּיא ַק ְד ָמיָ ָתא ֶא ְת ֲע ַק ָרה ִמן ֳק ָד ַמ ּה וַ ֲאל ּו ַעיְ נִ ין ְּכ ַעיְ נֵ י ֲאנָ ׁ ָשא ְ ּב ַק ְרנָ א ָדא‬
‫ו ֻּפם ְמ ַמ ִ ּלל ַר ְב ְר ָבן‪:‬‬

‫‪140‬‬ ‫‪w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m‬‬


MOUSSAR - Daniel
‫ט ָחזֵ ה ֲהוֵ ית ַעד דִּ י כָ ְר ָסוָ ן ְר ִמיו וְ ַע ִּתיק יוֹ ִמין יְ ִתב לְ בו ׁ ֵּש ּה ִּכ ְתלַ ג ִח ָ ּור‬
‫ י נְ ַהר‬:‫יבין דִּ י נוּר ַ ּגלְ ִ ּגלּ וֹ ִהי נוּר דָּ לִ ק‬ ִ ‫אש ּה ַ ּכ ֲע ַמר נְ ֵקא ָ ּכ ְר ְסיֵ ּה ׁ ְש ִב‬
ֵ ׁ ‫ש ַער ֵר‬ׂ ְ ‫ּו‬
‫דִּ י נוּר נָ גֵ ד וְ נָ ֵפק ִמן ֳק ָדמוֹ ִהי ֶאלֶ ף ַאלְ ִפין יְ ׁ ַש ְּמ ׁש ּו ֵ ּנ ּה וְ ִרבּ וֹ ִר ְב ָבן ָק ָדמוֹ ִהי‬
‫אדיִ ן ִמן ָקל ִמ ַ ּל ָ ּיא‬ ַ ‫ יא ָחזֵ ה ֲהוֵ ית ֵ ּב‬:ּ‫יְ קוּמוּן דִּ ינָ א יְ ִתב וְ ִס ְפ ִרין ְּפ ִתיחו‬
‫ַר ְב ְר ָב ָתא דִּ י ַק ְרנָ א ְמ ַמ ֱ ּללָ ה ָחזֵ ה ֲהוֵ ית ַעד דִּ י ְקטִ ילַ ת ֵחיוְ ָתא וְ הו ַּבד ִ ּג ׁ ְש ַמ ּה‬
‫ יב ו ׁ ְּש ָאר ֵחיוָ ָתא ֶה ְעדִּ יו ׁ ָשלְ ָטנְ הוֹ ן וְ ַא ְרכָ ה ְב ַח ִ ּיין‬:‫יק ַדת ֶא ׁ ּ ָשא‬ ֵ ִ‫יבת ל‬ ַ ‫יה‬ִ ִ‫ו‬
‫ יג ָחזֵ ה ֲהוֵ ית ְ ּב ֶחזְ וֵ י לֵ ילְ יָ א וַ ֲאר ּו ִעם ֲענָ נֵ י‬:‫יבת לְ הוֹ ן ַעד זְ ַמן וְ ִעדָּ ן‬ ַ ‫יְ ִה‬
:‫ׁ ְש ַמ ָ ּיא ְּכ ַבר ֱאנָ ׁש ָא ֵתה ֲהוָ ה וְ ַעד ַע ִּתיק יוֹ ַמ ָ ּיא ְמ ָטה ו ְּק ָדמוֹ ִהי ַה ְק ְרבו ִּהי‬
‫יקר ו ַּמלְ כ ּו וְ כֹל ַע ְמ ַמ ָ ּיא ֻא ַמ ָ ּיא וְ לִ ׁ ּ ָשנַ ָ ּיא לֵ ּה יִ ְפלְ חוּן‬ ָ ִ‫יד וְ לֵ ּה יְ ִהיב ׁ ָשלְ ָטן ו‬
:‫ׁ ָשלְ ָטנֵ ּה ׁ ָשלְ ָטן ָעלַ ם דִּ י לָ א יֶ ְעדֵּ ה ו ַּמלְ כו ֵּת ּה דִּ י לָ א ִת ְת ַח ַ ּבל‬

Avant la destruction du 1er Beit haMikdash par


Vers. 1
Nabuchodonosor, le prophète Jérémie prédisait le déclin
de l’empire de Babylone au terme de 70 ans. A la 68e année de cet
empire, lorsque Belshatsar, le 3e roi de Babylone, monte au pouvoir,
Daniel reçoit une vision qui prédit la fin de cet exil, ainsi que des 3
suivants, jusqu’au retour du prestige à Israël, le peuple d’Hashem, par
le roi Mashia’h. A son réveil, Daniel met ce rêve par écrit…
« C’était la nuit. Quatre vents soufflaient violemment sur
Vers. 2-4
l’océan, aux 4 coins. Et voilà que 4 bêtes énormes surgirent
du fond de la mer, différentes l’une de l’autre. La première bête ressemblait
à un lion, et avait des ailes d’aigle. Je constatai alors qu’on lui arracha ses
ailes, et qu’on la souleva de la terre. On la dressa alors sur ses 2 pieds,
qui ressemblaient à des pieds d’homme. Cette bête reçut aussi un cœur
d’homme.
« Puis ce fut une autre bête qui s’éleva de la mer agitée, qui
Vers. 5
ressemblait à un ours. Cet ours commença par se tenir de
côté, puis s’approcha. Il tenait dans sa gueule trois côtes, entre ses dents, et
on lui disait: ‘Lève-toi, et mange donc beaucoup de chair !’

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
141
MOUSSAR - Daniel
Vers. 6 « Surgit alors de la mer une autre bête, semblable à un tigre,
qui avait sur son dos 4 ailes d’oiseau. Cette bête avait 4
têtes, et on lui donna le pouvoir en héritage.
« Je regardai encore dans ma vision nocturne, et voilà
Vers. 7-8
que de la mer s’éleva une quatrième bête très différente
des précédentes. Elle était encore plus impressionnante et terrifiante,
et était extrêmement vigoureuse. Elle broyait et dévorait tout avec des
puissantes dents de fer. Ce qu’elle laissait, elle le foulait avec ses pieds, en le
déchiquetant avec ses griffes d’airain. Cette bête était munie de 10 cornes.
En les contemplant, j’aperçus une autre corne toute petite, qui montait
doucement au milieu des autres, tandis que 3 des premières cornes furent
arrachées pour lui faire place. Cette corne avait des yeux d’homme, et une
bouche qui parlait avec arrogance, et se mit même à combattre des saints,
et à les vaincre… [cf. vers. 21]
« Soudain, les trônes se retournèrent, pour laisser un
Vers. 9-12
immense trône se dresser. Un ancien vint prendre place. Son
vêtement était blanc comme neige. La chevelure de sa tête ressemblait à
de la laine blanche éclatante. Son trône était de flammes étincelantes, et
ses roues d’un feu incandescent. Un torrent de feu jaillissait et s’épandait
devant lui. Mille milliers de serviteurs le servaient, et dix mille myriades se
tenaient en sa présence.
« Le tribunal entra alors en séance et on ouvrit les livres. A la suite des
paroles arrogantes que proférait la corne, on tua la bête. Son corps fut
détruit, et on jeta ses résidus au feu. Quant aux autres bêtes, leur pouvoir
leur fut également ôté. Mais une prolongation de vie leur fut tout de même
accordée, jusqu’ « au temps et à l’époque1 ».

1- J’ai tenu à rester fidèle à l’expression mystérieuse utilisée par le verset [7:12] ‫ ַעד זְ ַמן וְ ִעדָּ ן‬, car en elle réside
la date de la venue du Mashia’h… Avant de vous aventurer dans des spéculations, attendez donc l’expression de
l’ange que nous rapporterons ensuite !

142 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
‫‪MOUSSAR - Daniel‬‬

‫‪Vers. 13-14‬‬ ‫‪Daniel continue: « Je regardai encore dans la vision‬‬


‫‪nocturne, et voilà qu’au sein des nuages célestes survint‬‬
‫‪quelqu’un qui avait une allure d’homme. Il s’approcha jusqu’à l’ancien, et on‬‬
‫‪lui donna la domination, la gloire et la royauté. Toutes les nations et peuples‬‬
‫‪du monde lui rendaient hommage, et son règne s’étendit jusqu’à la fin des‬‬
‫!‪temps ‬‬

‫טז‬ ‫טו ֶא ְת ְּכ ִר ַ ּית רו ִּחי ֲאנָ ה ָדנִ ֵ ּיאל ְ ּבגוֹ א נִ ְדנֶ ה וְ ֶחזְ וֵ י ֵר ׁ ִ‬
‫אשי יְ ַב ֲהלֻ ַ ּננִ י‪:‬‬
‫יבא ֶא ְב ֵעא ִמ ֵ ּנ ּה ַעל ָ ּכל דְּ נָ ה וַ ֲא ַמר לִ י ו ְּפ ׁ ַשר‬ ‫ִק ְר ֵבת ַעל ַחד ִמן ָק ֲא ַמ ָ ּיא וְ יַ ִ ּצ ָ‬
‫ִמ ַ ּל ָ ּיא יְ הוֹ ְד ִע ַ ּננִ י‪:‬‬
‫יז ִא ֵ ּלין ֵחיוָ ָתא ַר ְב ְר ָב ָתא דִּ י ִא ִ ּנין ַא ְר ַ ּבע ַא ְר ְ ּב ָעה ַמלְ כִ ין יְ קוּמוּן ִמן ַא ְר ָעא‪:‬‬
‫ישי ֶעלְ יוֹ נִ ין וְ יַ ְח ְסנוּן ַמלְ כו ָּתא ַעד ָעלְ ָמא וְ ַעד‬ ‫יק ְ ּבלוּן ַמלְ כו ָּתא ַקדִּ ׁ ֵ‬ ‫יח וִ ַ‬
‫ָעלַ ם ָעלְ ַמ ָ ּיא‪ :‬יט ֱא ַדיִ ן צְ ִבית לְ יַ ָ ּצ ָבא ַעל ֵחיוְ ָתא ְר ִב ָיעיְ ָתא דִּ י ֲהוָ ת ׁ ָשנְ יָ ה‬
‫יה דִּ י נְ ָח ׁש ָאכְ לָ ה ַמדֲּ ָקה‬ ‫ִמן ָ ּכ ְ ּל ֵהין דְּ ִחילָ ה יַ ִּת ָירה ׁ ִש ַ ּנ ּה דִּ י ַפ ְרזֶ ל וְ טִ ְפ ַר ּ‬
‫אש ּה וְ ָא ֳח ִרי דִּ י‬ ‫שר דִּ י ְב ֵר ׁ ַ‬‫יה ָר ְפ ָסה‪ :‬כ וְ ַעל ַק ְרנַ ָ ּיא ֲע ַ ׂ‬ ‫ו ׁ ְּש ָא ָרא ְ ּב ַרגְ לַ ּ‬
‫ִסלְ ַקת וּנְ ַפלָ ה ִמן ֳק ָד ַמ ּה ְּתלָ ת וְ ַק ְרנָ א ִד ֵ ּכן וְ ַעיְ נִ ין לַ ּה וְ ֻפם ְמ ַמ ִ ּלל ַר ְב ְר ָבן‬
‫ישין‬ ‫וְ ֶחזְ וַ ּה ַרב ִמן ַח ְב ָר ַת ּה‪ :‬כא ָחזֵ ה ֲהוֵ ית וְ ַק ְרנָ א ִד ֵ ּכן ָע ְב ָדה ְק ָרב ִעם ַקדִּ ׁ ִ‬
‫ישי ֶעלְ יוֹ נִ ין‬ ‫וְ יָ כְ לָ ה לְ הוֹ ן‪ :‬כב ַעד דִּ י ֲא ָתה ַע ִּתיק יוֹ ַמ ָ ּיא וְ ִדינָ א יְ ִהב לְ ַקדִּ ׁ ֵ‬
‫ישין‪ :‬כג ֵ ּכן ֲא ַמר ֵחיוְ ָתא ְר ִב ָיעיְ ָתא‬ ‫וְ זִ ְמנָ א ְמ ָטה ו ַּמלְ כו ָּתא ֶה ֱח ִסנ ּו ַקדִּ ׁ ִ‬
‫ַמלְ כ ּו ְר ִב ָיע ָאה ֶּת ֱהוֵ א ְב ַא ְר ָעא דִּ י ִת ׁ ְשנֵ א ִמן ָ ּכל ַמלְ כְ וָ ָתא וְ ֵתאכֻ ל ָ ּכל ַא ְר ָעא‬
‫ש ָרה ַמלְ כִ ין יְ ֻקמוּן‬ ‫שר ִמ ַ ּנ ּה ַמלְ כו ָּתה ַע ְ ׂ‬ ‫ו ְּתדו ׁ ִּש ַ ּנ ּה וְ ַתדְּ ִק ַ ּנ ּה‪ :‬כד וְ ַק ְרנַ ָ ּיא ֲע ַ ׂ‬
‫ש ִּפל‪ :‬כה‬ ‫וְ ָא ֳח ָרן יְ קוּם ַא ֲח ֵריהוֹ ן וְ הוּא יִ ׁ ְשנֵ א ִמן ַק ְד ָמיֵ א ו ְּתלָ ָתה ַמלְ כִ ין יְ ַה ׁ ְ‬
‫ישי ֶעלְ יוֹ נִ ין יְ ַב ֵ ּלא וְ יִ ְס ַ ּבר לְ ַה ׁ ְשנָ יָ ה זִ ְמנִ ין וְ ָדת‬ ‫ו ִּמ ִ ּלין לְ צַ ד ִע ָ ּל ָאה יְ ַמ ִ ּלל וּלְ ַקדִּ ׁ ֵ‬
‫וְ יִ ְתיַ ֲהבוּן ִ ּב ֵיד ּה ַעד ִעדָּ ן וְ ִעדָּ נִ ין ו ְּפלַ ג ִעדָּ ן‪ :‬כו וְ ִדינָ א יִ ִּתב וְ ׁ ָשלְ ָטנֵ ּה‬
‫יְ ַה ְעדּ וֹ ן לְ ַה ׁ ְש ָמ ָדה וּלְ הוֹ ָב ָדה ַעד סוֹ ָפא‪ :‬כז ו ַּמלְ כו ָּתה וְ ׁ ָשלְ ָטנָ א ו ְּרבו ָּתא‬
‫ישי ֶעלְ יוֹ נִ ין ַמלְ כו ֵּת ּה ַמלְ כוּת‬ ‫יבת לְ ַעם ַקדִּ ׁ ֵ‬ ‫דִּ י ַמלְ כְ וָ ת ְּתחוֹ ת ָ ּכל ׁ ְש ַמ ָ ּיא יְ ִה ַ‬
‫ָעלַ ם וְ כֹל ׁ ָשלְ ָטנַ ָ ּיא לֵ ּה יִ ְפלְ חוּן וְ יִ ׁ ְש ַּת ְּמעוּן‪:‬‬

‫‪w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m‬‬
‫‪143‬‬
MOUSSAR - Daniel
Vers.15-16 « Je me souviens que, dans mon rêve, cette scène me terrifia.
Je m’approchai alors de l’un des anges qui servaient autour
du trône, et l’interrogeai sur le sens de cette vision…

Vers. 17-18 L’ange commence à expliquer la vision : « Ces 4 bêtes


extraordinaires représentent quatre rois qui s'élèveront
sur la terre pour la dominer.  Jusqu’à ce que les saints du Très-Haut –le
peuple d’Israël– reçoivent la royauté, qui restera en leur possession pour
l’éternité. »
Daniel demande alors à comprendre la nature de la 4e
Vers. 19-21
bête si redoutable. Que représentent donc ces dents de
fer et ces griffes d’airain, ces 10 cornes ainsi que la petite corne avec
les yeux et la bouche qui s’élève avec arrogance si haut ?! Quel est donc
le sens de ses combats et de ses triomphes contre les saints ? Et la
vision du trône et de l’ancien, de celui qui reçut de lui la royauté ?!

Vers. 22-25 L’ange répond : « Le 4e empire qui s’élèvera se distinguera


de tous ses prédécesseurs. Il dévorera toute la terre, la
foulera et la broiera.  Les dix cornes, ce sont dix rois qui naîtront de cet
empire. Et après eux s’élèvera un autre roi, différent des précédents, qui
rabaissera 3 de ses prédécesseurs. Il proférera des paroles contre Hashem,
opprimera Son peuple choyé, et s’acharnera à changer leurs usages et
pratiques. Tous seront livrés entre ses mains, durant « une période, deux
périodes et une demi-période »2. 

Vers.26-27 Puis, l’ange commente la vision du trône et de l’ancien : «


Mais cet empire finira lui-aussi par décliner… La cour céleste
tiendra alors séance, et on lui retirera le pouvoir, en le ruinant et le détruisant
2- L’expression du verset est: ‫ ַעד ִעדָּ ן וְ ִעדָּ נִ ין ו ְּפלַ ג ִעדָּ ן‬, c.-à-d. jusqu’à 3 périodes et demi. Soit, si on suppose
par ex. qu’une période correspond à la durée du 2e Beit haMikdash – 420 ans, l’exil sous l’emprise du 4e empire
doit durer 420 x 3,5 = 1470 ans après la destruction du 2e Beit haMikdash. Ce calcul est donc faux, puisque cette
date est passée depuis près de 500 ans, et l’exil ne s’est toujours pas fini! Tout au long de l’histoire, beaucoup ont
proposé des dates qui se sont avérées fausses ! Nous en expliquerons la raison plus tard.

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MOUSSAR - Daniel
totalement. Alors, la royauté sera attribuée au saint peuple, choyé du Très-
haut. Son empire sera éternel, et toutes les puissances lui obéiront ! »

ׂ ַ ‫כח ַעד ָ ּכה סוֹ ָפא ִדי ִמ ְ ּל ָתא ֲאנָ ה ָדנִ ֵ ּיאל‬
‫ש ִ ּגיא ַר ְעיוֹ נַ י יְ ַב ֲהלֻ ַ ּננִ י וְ זִ יוַ י יִ ׁ ְש ַּתנּוֹ ן‬
:‫ֲעלַ י ו ִּמ ְ ּל ָתא ְ ּבלִ ִ ּבי נִ טְ ֵרת‬

Vers. 28 Daniel se réveille profondément secoué, tant les


épreuves d’Israël et les délais prédits jusqu’à la
rédemption finale paraissent interminables. Il se retient toutefois de
raconter les détails de son songe, car il craint de décourager davantage
son peuple déjà si opprimé depuis 68 ans d’exil…

Quelques approfondissements…
La première vision de Daniel des 4 bêtes féroces est d’une profondeur
extrême ! Tant de secrets de la création du monde et de la manière
dont Hashem dirige le monde y sont dissimulés…
A vrai dire, voilà plus de 2 heures que j’essaie de débuter la rédaction de
ce texte, sans parvenir à me décider par quel bout commencer ! Je vous
fais part de mon dilemme. Notre étude doit développer 2 approches :
commenter linéairement les nombreux éléments du rêve, et donner
une vue d’ensemble sur les 4 exils – leur but, leur nature, leur intérêt.
Or, les nombreux détails du rêve ne prennent d’ampleur que lorsqu’ils
entrent dans le cadre de la vue d’ensemble. D’un autre côté, nous
lancer d’emblée dans un développement profond, voire philosophique,
risque d’être bien ennuyeux pour beaucoup, au point même qu’ils ne
soient plus intéressés à continuer l’étude concrète du texte !

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
145
MOUSSAR - Daniel
Un compromis s’impose : on introduit quelques axiomes de la vue
d’ensemble sans trop approfondir les notions, puis on approche l’étude
linéaire, et on revient ensuite sur la vue d’ensemble de la vision des 4
exils. Ça ira ? [Oufff! j’ai enfin réussi à décoller, après 2h40 passées sur ces
17 malheureuses lignes!]

Les 4 exils dans le programme d’Hashem

U'‫ לֹא ְ ּב ָראוֹ ֶא ָּלא לִ כְ בוֹ דו וכו‬, ֹ‫ָּכל ָמה ׁ ֶש ָ ּב ָרא ַה ָּקדוֹ ׁש ָ ּברו ְּך הוּא ְ ּבעוֹ לָ מו‬
ne Mishna de Pirkei Avot [6:11] enseigne :

Tout ce qu’Hashem a créé dans Son monde, Il ne l’a créé que pour
Sa gloire, comme il est dit : ‘Tout ce qui est appelé par Mon nom, pour
Ma gloire, Je l’ai créé, formé, organisé.’

Or, un des premiers versets de la création du monde raconte :‫וְ ָה ָא ֶרץ‬


‫ – ָהיְ ָתה תֹה ּו וָ בֹה ּו וְ ח ׁ ֶֹש ְך ַעל ְּפנֵ י ְתהוֹ ם‬Or la terre n’était que tohu-bohu,
les ténèbres couvraient la face de l’abîme. Le Midrash Rabba [Bereshit]
commente : ‘Tohu – c’est la Babylonie … Bohu – c’est Madaï (la Médie,
la Perse) … Les ténèbres – c’est la Grèce, qui a obscurci les yeux d’Israël
par ses décrets… Et l’abîme – c’est Edom’.
En compilant les 2 textes cités, il ressort que ces empires ont un rôle à
jouer dans le dévoilement de la gloire d’Hashem ! S’ils sont au nombre
de 4, c’est parce que dans le programme divin, 4 types de puissance
doivent dominer à tour de rôle le monde pour préparer le dévoilement
de la majesté d’Hashem !

146 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel

L e fondement de la Torah est d’intégrer qu’Hashem a créé cet univers


avec un programme précis, qui implique un travail spécifique de
l’homme. Il n’est pas de notre propos d’ouvrir ce thème, juste d’en
dégager les notions nécessaires pour comprendre la cause des 4 exils.
Pour des raisons profondes, Hashem a créé un monde inachevé, et a
laissé à l’homme le soin de le parfaire. Le symbole de cette notion est
la 1ère Mitsva du Ben Israël : la Brit Mila. Comme l’enseigne le Midrash
[Tanhouma Tazryia 5]: « Si Hashem veut tellement que nous soyons circoncis,
pourquoi nous fait-Il naître avec cet appendice ? » Et de répondre :
« Parce qu’Hashem nous a donné des Mitsvot pour nous donner du
mérite – en achevant sa création ! »
De prime abord, ce monde matériel voile et contredit la présence
d’Hashem. Il paraît en effet être une création finie, indépendante, qui
n’est plus alimentée par aucune force supérieure. Il propose différentes
matières et forces naturelles que l’homme exploite à sa guise pour
son profit personnel, et même lorsque ce plaisir va à l’encontre de la
volonté du Créateur. C’est cette hérésie qui est à l’origine de toutes
nos fautes. Adam déjà céda à la tentation du fruit interdit parce qu’il
crut un instant qu’il profiterait plus en enfreignant l’ordre d’Hashem.
Chaque matin, certains manquent à se lever pour prier, parce qu’ils
pensent que leur journée sera meilleure s’ils dorment une demi-
heure supplémentaire, même s’ils manquent à leur devoir de prier
convenablement. Une femme ne s’habille pas selon les lois de décence
parce qu’elle s’imagine qu’elle sera plus respectée et appréciée aux
yeux de son entourage ainsi.
Le devoir de l’homme consiste précisément à croire qu’en réalité,
Hashem dirige et alimente à chaque instant tous les éléments du
monde, et à accepter de ce fait de ne l’utiliser que dans le cadre
instauré par le Créateur – en s’abstenant d’enfreindre Sa volonté,
et en l’utilisant pour accomplir Ses Mitsvot. Autrement dit, le travail

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147
MOUSSAR - Daniel
de l’homme consiste à établir la connexion entre ce monde et Son
créateur.

Le chiffre 4 L
e chiffre 4 apparaît dans de nombreux
domaines de la Torah. Notamment, les 4
dans la Torah fleuves qui sortent du Gan Eden, les 4 espèces du
Loulav. Ou encore, le campement des Bnei Israël
dans le désert, organisé en 4 camps de 3 tribus. Il
y a également les 4 figures gravées sur le trône céleste que vit Yehezkel
– le lion, le taureau, l’aigle, et l’homme, en parallèle desquelles on
retrouve les 4 anges qui entourent ce trône – Mikhaël, Gavriel, Refaël
et Ouriel. On évoque aussi souvent les 3 patriarches avec David.
Dans notre étude sur le Loulav [en Tishrei], nous rapportions que le chiffre
4 se retrouve encore dans les 4 lettres du nom d’Hashem ’‫י’ – ה’ – ו‬
’‫– ה‬. Les kabbalistes expliquent que les lettres du nom d’Hashem ne
sont pas au nombre de 4 par coïncidence, mais par raison profonde.
Hashem adopte envers nous différentes attitudes, classées en 10 [les
10 Sefirot]. En réalité, 6 de ces conduites se regroupent pour composer
une attitude, représentée par le ’‫ו‬, de valeur numérique 63. Ainsi, les 4
lettres du nom d’Hashem représentent 4 attitudes essentielles par
lesquelles Hashem dévoile Sa majesté dans ce monde.
Aussi, le Maharal explique que le chiffre 4 représente le monde
matériel, car il évoque les 4 pôles qui interagissent pour définir
la matière. On parle encore de 4 points cardinaux, ou encore, de
4 éléments primaires – le feu, l’eau, le vent et la terre. Tous les 4
éléments cités sont directement issus des 4 conduites essentielles
d’Hashem [Hessed, Din, Rahamim et Malkhout – la Bonté, la Rigueur, la
Miséricorde, et la Majesté].
3- Tandis que la 1ère attitude est incluse avec la 2e. Elle se retrouve dans la petite queue de la lettre ‫ – י‬Youd.

148 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
Et de retour sur les 4 exils. Nous expliquions qu’Hashem a créé
différentes forces dans le monde en leur laissant, en apparence,
une capacité d’action indépendante de Sa volonté. Les 4 conduites
essentielles d’Hashem donnent naissance à 4 forces naturelles. Et
lorsque l’homme refuse d’»établir la connexion entre le Créateur et
Sa création» – c.-à-d. de croire en la force suprême qui génère ces
forces–, le mal s’en empare pour dominer le monde en s’exprimant
sous 4 formes, qui sont les 4 exils… Jusqu’à ce qu’Hashem se dévoile
et nous montre qu’Il est en réalité celui qui domine constamment ces
4 pôles !

Le rêve commenté

P assons à présent au commentaire détaillé de la vision de Daniel,


que nous découperons en 4 parties: l’introduction aux 4 exils,
les 3 premières bêtes féroces, la 4e bête, et l’apparition de l’ancien.
Précisons d’entrée qu’afin d’alléger nos textes, nous nous abstiendrons
de citer nos sources, mais elles seront pour la plupart issues des
commentateurs classiques du Mikraot Guedolot – Rassag, Rashi et le
Metsoudot –, ainsi que du Malbim et du Maharal de Prague dans le Ner
Mitsva.

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149
MOUSSAR - Daniel

C’était la nuit…
«C’était la nuit…» La scène de la vision de Daniel se déroule pendant la
nuit. La nuit évoque le mal, car c’est dans l’obscurité que l’homme ose
se conduire avec immoralité, et s’emparer de ce qui ne lui appartient
pas. Hashem a créé un monde merveilleux, où chaque élément, chaque
être et chaque nation doit contribuer à Sa gloire. Mais en l’absence
de la lumière d’Hashem, lorsque Sa providence est voilée, les impies
sortent de leurs limites et empiètent sur les terrains des autres.
«Quatre vents puissants soufflent sur l’océan». Le monde est représenté
par l’océan, et non par le continent, pour plusieurs raisons. D’abord,
parce qu’en l’absence de barrière naturelles, les vents soufflent
avec beaucoup plus de virulence, et entraînent les vagues dans leur
sens, bien plus que s’ils soufflaient sur la terre ferme. Remarquons
aussi que les grands êtres vivants de la mer sont plus imposants et
impressionnants que ceux de la terre.
Mais encore, le lieu d’habitation de l’homme est le continent, pas
l’océan. Aussi, Daniel voit dans sa vision que les 4 forces qui veulent
sortir de leur cadre pour conquérir le monde ne peuvent dominer que
l’océan – c.-à-d. une domination ponctuelle.
Le Midrash [Vayikra Rabba 13:5] remarque encore que les êtres vivants de la
mer meurent lorsqu’ils sortent longtemps sur la terre. Hashem montre
ainsi à Daniel que si les Bnei Israël font Teshouva et reviennent à leur
Créateur, les dominations de ces empires ne tarderont pas à s’éteindre !

N os Maîtres enseignent que Daniel a atteint un niveau de prophétie


inférieur aux autres Prophètes. C’est d’ailleurs la raison pour
laquelle son livre est classé parmi les Ketouvim – les Hagiographes, et
non parmi les Neviim – les Prophètes, comme Yehezkel ou Habakouk,
qui étaient pourtant de son époque.

150 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
Dans la Haftara de Shavouot, nous lisons la 1ère vision de Yehezkel,
qui décrit le trône céleste et les 4 anges qui l’entourent. L’un a une
silhouette d’homme, l’autre de lion, le troisième de taureau, et le
dernier d’aigle. Comme nous l’expliquions, Hashem dirige le monde
en adoptant 4 conduites essentielles distinctes, qu’Il fait sortir du
potentiel au réel par l’intermédiaire de ces 4 anges.
Le Malbim établit un parallèle direct entre la vision de Daniel et la
prophétie de Yehezkel. Daniel qui est d’un niveau de prophétie inférieur
voit le même principe que Yehezkel, mais à un niveau en-dessous. Soit,
il ne voit plus les 4 anges qui actionnent ces 4 forces, mais il voit plutôt
les 4 forces descendre dans ce monde inférieur.
Plus encore, il voit chaque vent qui souffle violemment d’un des 4 pôles
sur l’océan, exprimant un besoin de conquérir le monde. Il voit ainsi
qu’en l’absence de la lumière d’Hashem, ces forces aspirent à dominer
le monde pour exprimer davantage leur singularité. C’est ainsi que de
chaque pôle, Daniel voit naître une bête particulière, qui représente un
empire qui dominera le monde pour une durée limitée – exprimée par
l’océan, comme nous l’expliquions précédemment.
Le rêve de Daniel n’est donc pas qu’un dévoilement des évènements
historiques futurs, mais plutôt, une révélation des raisons profondes
pour lesquelles Hashem laisse grandir ces 4 empires qui ont asservi
Israël. Ce rêve est pour nous une source d’espoir jaillissante, car le
simple fait de voir le fil conducteur logique et précis des tourments
de l’histoire d’Israël console, et consolide en nous la conviction que la
royauté finira par revenir à Hashem et à Son peuple !

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151
MOUSSAR - Daniel

Les 3 premiers monstres


Une réflexion sur les versets de Daniel nous amène à différencier
les 3 premières bêtes féroces de la dernière, pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, les 3 premiers monstres sont comparés à des animaux
existants – le lion avec les ailes d’aigle, l’ours, et la panthère à 4 têtes
avec des ailes. Tandis que le dernier n’a aucune allure connue sur terre.
De plus, après l’apparition de l’ancien, la 4e bête se fait totalement
anéantir, alors que les 3 autres perdurent, bien que leur pouvoir
leur soit retiré. D’ailleurs, les versets rallongent bien plus sur les
conduites de la 4e bête. Même Daniel demande à l’ange de lui expliquer
particulièrement la nature de ce dernier monstre.
Le Midrash constate encore que Daniel introduit la vision de la dernière
bête par : ‘Je regardai encore dans ma vision nocturne’. Et de déduire
que Daniel vit cette bête dans une vision indépendante, dans une
autre nuit ! Et nos Maîtres de discuter sur la raison exacte de cette
différence : est-elle due au fait que ce dernier monstre équivaut aux 3
premiers réunis ? Ou bien, ce monstre est-il pire que les 3 réunis ?! Et
puis, finalement, il n’y a qu’à constater la durée affolante de ce dernier
exil pour conclure qu’il est foncièrement différent des précédents !
«La 1ère bête ressemblait à un lion, et avait des ailes d’aigle.»
Nous décrivions le mois dernier quelques traits de caractère de
Nabuchodonosor, roi de Babylonie. Cet homme était terrifiant,
follement mégalomane. Parce qu’il est celui qu’Hashem utilisa pour
détruire le 1er Beit haMikdash, ce monstre régna sur le monde entier, sur
les peuples comme sur les animaux. Il finit même par chevaucher un
lion, en tenant pour rênes un effroyable serpent. Durant ses 45 ans de
règne, personne au monde ne parvint à sourire, tant ce despote faisant
trembler toutes les nations ! Aussi, sa royauté est comparée au lion,

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MOUSSAR - Daniel
l’animal emblème du roi, qui parvint à s’élever pour dominer toute la
voûte terrestre, tel l’aigle – l’oiseau qui vole le plus haut.
«On lui arracha alors ses ailes, et on le souleva au-dessus de la terre.
On le dressa alors sur ses 2 pieds… et il reçut un cœur d’homme. « Ces
images augurent du déclin de l’empire de Babylone. Le lion effrayant
devient un être humain. Les rois orgueilleux de Babylone finirent par
se plier à Hashem et reconnaître Sa suprématie. A commencer par
Nabuchodonosor qui fut transformé en animal pendant 7 ans, et qui,
lorsqu’il regagna son trône, envoya des lettres dans tout son royaume
dans lesquelles il glorifia le D-ieu suprême.
Son fils Belshatsar à son tour, osa s’enorgueillir en utilisant fièrement
les ustensiles du Beit haMikdash pour son banquet ; comme nous
l’étudiions au chapitre précédent, une main étrange apparut aux yeux
de tous, et écrivit sur un mur un message énigmatique annonçant son
déclin imminent. Ainsi, Daniel voit dans sa vision que ‘le cœur de lion
devient un cœur d’homme’ – après des épreuves bien remuantes, les
Babyloniens finirent par rabaisser à jamais leur orgueil !
«Puis une autre bête qui ressemblait à un ours s’éleva de la mer.» Rav
Yossef enseigne [Kidoushin 72A] : ‘Il s’agit là des Perses, qui mangent et
boivent comme un ours, sont corpulents comme un ours… et n’ont pas
de repos comme un ours – à l’instar de l’ours qui ne cesse de tourner
en rond lorsqu’on l’attache, les Perses aspirent constamment à
combler de nouveaux désirs (Rashi).’ Le trait de caractère prédominant
de l’empire de Perse est donc le plaisir instinctif, symbolisé par l’ours,
tout comme le lion, emblème du pouvoir, représentait la Babylonie.

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153
MOUSSAR - Daniel
En l’honneur de Pourim, évoquons quelques
Un petit points de la Meguila qui mettent en évidence cette
entracte sur nature. À commencer par le nom de Ahashverosh
Pourim… – que nos Maîtres interprètent: «Tous sont devenus
‘Rashim’ –pauvres– à son époque» [Meguila 11A]. Soit, le
nom du roi, qui exprime son essence, signifie que
sa motivation constante était d’engloutir tous les biens de ses sujets !
C’est aussi la raison pour laquelle la fin de la Meguila précise qu’après
toutes les péripéties, le roi décréta un nouvel impôt sur son royaume.
[Cf. Maharal, Ner Mitsva]

L’attrait excessif d’Ahashverosh pour l’argent s’exprime encore dans


la «Parashat haKessef – l’anecdote de l’argent’, comme la Meguila la
qualifie. Lorsque Haman demande au roi la permission d’exterminer les
juifs du royaume, l’affreux propose au despote une somme de 10.000
Kikar d’argent. De prime abord, le roi semble refuser l’argent et lui offrir
gratuitement ce peuple. Mais une lecture plus attentive des versets
laisse apparaître qu’Ahashverosh commence par recevoir l’argent, qu’il
rend ensuite à Haman. Que signifient donc ces précisions ?
Le Maharal explique que Haman connaît bien son roi, et sait qu’il peut
tout obtenir de lui, à condition de bien le soudoyer. Et sa stratégie
marche parfaitement ! A la vue de l’argent, Ahashverosh perd la raison !
Il est toutefois déchiré entre sa terrible soif d’argent, et la crainte de
perdre son royaume si cette histoire de corruption était dévoilée. Aussi,
ce Picsou commence par recevoir l’argent pour quelques instants,
comblant ainsi sa terrible soif et cédant par la même occasion le
peuple juif, puis il retourne immédiatement après la somme dans son
intégralité !
Et pour amorcer le retour à la vision de Daniel… Ce trait de caractère est
exprimé dans le rêve lorsque l’on dit à l’ours: ‘Lève-toi, et mange donc
beaucoup de chair !’ – Soit, ‘empare-toi de tous les biens du monde !’

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MOUSSAR - Daniel
«Cet ours commença par se tenir de côté, puis s’approcha.» Nous
apprenions au chapitre précédent que le roi Darius le Mède hérita de
tout le royaume de Babylonie en tuant Belshatsar. Mais son règne ne
dura qu’un an, et le pouvoir passa à son allié Koresh le Perse, père
d’Ahashverosh. La précision de l’ours qui se tint de côté avant de
s’approcher est interprétée à partir de ces faits de 2 manières. Certains
expliquent qu’à la différence de la Babylonie, le 2e empire domina le
monde sans avoir à se déplacer aux 4 coins de la terre ; Darius se
contenta de tuer Belshatsar, qui résidait à côté de lui. Ou encore, ce
détail évoque que la Perse ne domina pas le monde immédiatement
après la Babylonie, mais patienta un an, jusqu’à ce que le roi de Mède
décède.
«Il tenait dans sa gueule trois côtes, entre ses dents.» Ces 3 côtes
font allusion aux 3 rois de Perse qui ont régné sur le monde : Koresh,
Ahashverosh et Darius II. Ou encore, à 3 pays que la Perse ne parvint
pas à dominer vraiment.
«Et on lui disait: ‘Lève-toi, et mange beaucoup de chair! « Outre le fait
que ce 2e empire amassera beaucoup de biens, le Malbim explique
que, dans sa nature, l’ours n’est pas carnivore, et n’est pas forcément
méchant. Aussi, l’empire de Perse n’était pas préposé à la barbarie.
Néanmoins, Hashem fit monter ce peuple pour venger la destruction
du Beit haMikdash par la Babylonie. Les Prophètes prédirent à la
Perse et lui ordonnèrent même de bien venger l’honneur d’Hashem
bafoué. La voix céleste ordonna donc à l’ours : ‘Mange beaucoup de
chair babylonienne !’ Et effectivement, l’histoire raconte que la Perse
massacra de nombreuses contrées de Babylonie4.
4-Avec votre permission, j’ose proposer une autre explication, en rapport avec Pourim. De tous les exils, celui de
Perse se distingue par le fait que l’oppresseur des juifs n’a pas été directement le despote de l’empire, mais un
étranger. En effet, sous les règnes de Babylone, de la Grèce et d’Edom, ce sont directement Nabuchodonosor,
Antiochus et Titus qui s’en sont pris aux juifs. En revanche, à l’époque d’Ahashverosh, la menace de persécution
des juifs a été promulguée par Haman –apparenté à Amalek, et non aux Perses !– qui a stimulé le roi à

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155
MOUSSAR - Daniel
«Surgit alors de la mer une autre bête, semblable à une panthère, qui
avait sur son dos 4 ailes d’oiseau. Cette bête avait 4 têtes, et on lui
donna le pouvoir en héritage.» La famille des grands félins comprend
essentiellement 2 espèces : le lion et la panthère – qui inclut le tigre, le
léopard, le guépard… La panthère se dit en hébreu ‫[ נמר‬Namer]. Ce nom
lui vient de ses taches, considérées comme une certaine étrangeté,
voire anomalie, par rapport au lion. Aussi, cette panthère représente
l’empire de Grèce, qui «décréta des décrets bizarres sur Israël, tels que
de graver sur les cornes de leurs taureaux qu’Israël n’entretient pas de
rapport avec D-ieu’ [Vayikra Rabba 13:5]
Les ailes d’oiseau représentent la légèreté, qui permit à Alexandre le
Grand d’aller aux 4 coins du monde pour le conquérir. Les 4 têtes quant
à elles augurent que cet empire se divisera en 4 royaumes, comme
le rapportent les livres d’histoire antique. Ils s’installeront à Rome, en
Egypte, en Israël [Acco] et en Perse. [Cf. Metsoudot 7:6]
Précisons davantage quelques caractéristiques de cette panthère.
Nos Maîtres associent encore l’effronterie et l’audace à la panthère.
Notamment dans les Pirkei Avot [5:20]: «Sois effronté comme une
panthère… pour accomplir la volonté de Ton créateur». Le Maharal explique
que ce trait de caractère est signe de sagesse. En effet, seul celui qui
possède une philosophie de vie est capable de tenir tête et d’agir
contre un entourage qui cherche à imposer un mode de vie contraire
à ses convictions et principes. L’effronterie ne devient négative que
lorsque l’autre a raison, et que l’on s’obstine malgré tout à lui tenir tête
dans le seul but de s’affirmer.

prononcer un décret contre eux. En poursuivant le commentaire du Malbim, nous pouvons ajouter que l’ours,
dans sa nature, n’aspirait pas à porter atteinte aux juifs particulièrement ; mais son désir instinctif l’a amené à se
faire influencer pour cautionner un terrible décret d’extermination, et à accepter l’injonction de se lever manger
beaucoup de viande !

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MOUSSAR - Daniel
Ainsi, la panthère représente la Grèce parce que ce peuple est celui qui
a le plus développé l’intellect. Le Rambam [Moré Nevoukhim II ch.22] écrit que
tous les fondements posés par Aristote concernant les sciences du
monde, sont justes et incontestables. Mais c’est aussi cette effronterie
qui a poussé les Grecs à entrer en compétition avec la sagesse de la
Torah, comme nous l’expliquerons plus tard.

Le 4e monstre terrifiant…
L’explication de cette vision est quelque peu complexe… Dans l’étude
sur le rêve de Nabuchodonosor du mois dernier, nous rapportions
une discussion concernant le 4e empire qui domine le monde : s’agit-
il d’Edom, de Yishmaël, ou des 2 ? Cette discussion refait surface
dans la vision de la 4e bête. En effet, Daniel détaille bien plus les
caractéristiques et évènements de cet empire, que les commentateurs
expliquent chacun selon leur avis ! Pour notre propos, nous suivrons
l’avis de la majorité qui attribue ce monstre à Edom, et évoquerons
tout de même l’avis du Rambam qui interprète que la petite corne
correspond à Yishmaël, ou plus précisément, le ‘prophète’ que le
Rambam qualifie systématiquement d’illuminé.
« De la mer s’éleva une 4e bête… encore plus impressionnante et terrifiante,
elle était extrêmement vigoureuse. « Ces qualificatifs dévoilent 3
caractéristiques des Romains: leur royaume était particulièrement
bien ordonné et hiérarchisé, et leurs guerriers étaient excessivement
cruels, et robustes. Ces traits de caractère leur permirent de conquérir
le monde de manière singulière : lorsqu’ils s’emparaient d’un pays,
ils déteignaient tellement sur les populations vaincues, que celles-ci
épousaient la croyance romaine.
Aussi, Daniel vit ce monstre ‘broyer et dévorer tout avec des puissantes
dents de fer.’ Manger consiste à transformer les aliments en partie

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MOUSSAR - Daniel
intégrante de soi, en assimilant les apports nutritionnels contenus
dans la nourriture. Le fer quant à lui représente toujours le matériau de
la destruction. Ainsi, Daniel voit ce monstre détruire tous les peuples
du monde, c.-à-d. leurs cultures, leurs croyances et leurs mentalités,
pour devenir une partie intégrante de leur empire.
Ce 4e empire est donc foncièrement différent des 3 premiers. Alors
que ceux-ci aspiraient à dominer le monde –en régnant dessus,
en s’emparant de ses biens, ou en vantant sa profonde sagesse– la
caractéristique d’Edom est le besoin de détruire l’autre.
« Et ce qu’elle laissait, elle le foulait avec ses pieds, en le déchiquetant
avec ses griffes d’airain. « Le colonialisme européen, tout simplement !
Lorsqu’Edom ne parvient pas à transformer une population autochtone,
cet empire envoie ses hommes pour dominer et écraser le peuple
colonisé !
« Cette bête était munie de 10 cornes. « Il s’agit là des 10 principaux
royaumes d’Edom. [Ou de Yishmaël, selon le Ibn Ezra et le Metsoudot,
qui prennent le soin d’énumérer ces 10 califats.]
‘J’aperçus alors une autre corne toute petite, qui montait doucement au
milieu des autres. Tandis que 3 des premières cornes furent arrachées
pour lui faire place. Cette corne avait des yeux d’homme, et une bouche qui
parlait avec arrogance. Elle s’éleva jusqu’au ciel, et combattit des saints.’
Cette corne survenue dans un second temps exprime qu’un nouveau
royaume naît plus tard. Elle possède des yeux, parce que ce peuple
possèdera une certaine sagesse, et saura même analyser la Torah.
Par sa bouche arrogante, ce royaume parlera bien haut. Elle s’élèvera
jusqu’au ciel, en affirmant recevoir une nouvelle Torah de D-ieu. Mais
ses propos ne seront qu’arrogance, parce que sa motivation profonde
sera de contester et faire oublier le caractère divin d’Israël. Elle
combattra même le peuple d’Israël, physiquement, lorsque sa gueule
ne parviendra pas à faire entendre ses hérésies à ce peuple saint !

158 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
Jusque-là, ces caractéristiques vont comme un gant à Edom comme
à Yishmaël, non ?! La seule différence entre les 2 explications sera sur
la signification des 3 cornes qui tombent. Si cette corne correspond
à Edom, le Malbim propose un commentaire relatif à l’histoire de
la Rome antique et des papes. Et s’il s’agit de Yishmaël, le Rambam
dans la Igueret Teiman rapporte qu’en plus d’avoir contredit la Torah,
«l’illuminé» –comme le qualifie le Rambam !– contesta les écrits des
3 puissances qui l’ont précédé –la Perse, la Grèce et Rome–, afin de se
frayer une place honorable dans les bibliothèques !

L’apparition de l’ancien
Cette séquence comporte 3 parties : la description de l’ancien, le
jugement du 4e empire, et la venue du roi Mashia’h.
«Soudain un trône s’éleva, et un ancien prit place.» L’ancien représente
Hashem, venu faire justice sur terre. Le Midrash remarque que
l’expression exacte du verset dit plutôt ‘les trônes se retournèrent’.
Parce qu’en réalité, Hashem ne dévoile pas immédiatement Sa
royauté après l’effondrement du 4e empire, mais marque d’abord une
période de transition durant laquelle les Bnei Israël préparent par
leurs actions le retour de la royauté à Israël ! [D’ailleurs, le verset
qui décrit la venue du Mashia’h commence par ‘Je regardai dans la
vision nocturne’. Si l’on reste fidèle à la règle du Midrash qui porte sur
la 4e bête, cette précision signifie bien que le Mashia’h est une période
distincte du jugement de l’ancien !]
«Son vêtement était blanc comme neige, et Sa chevelure ressemblait à de
la laine blanche éclatante. « Il va sans dire qu’Hashem n’a aucune forme
ou représentation physique. Les prophètes voient toutefois dans leurs
visions des ‘images’ d’Hashem, qui sont des métaphores par lesquelles

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
159
MOUSSAR - Daniel
Hashem dévoile les conduites qu’Il adopte dans certaines situations,
selon des codes précis. En l’occurrence, le Atik Yomin – l’ancien, exprime
l’immense bonté et miséricorde d’Hashem, qui a créé tout ce monde
pour prodiguer Ses bontés à l’homme. ‘Ses vêtements blancs’ signifient
que, dans toutes Ses actions, Hashem ne cesse de veiller à blanchir
nos actions et à expier nos fautes.
Quant aux cheveux… le Malbim explique qu’en métaphore de
prophétie, les cheveux représentent l’expression de la pensée. D’une
certaine manière, les pensées percent le cuir chevelu et dévoilent,
selon l’apparence des cheveux, la nature des pensées profondes. En
l’occurrence, ces cheveux blancs dévoilent qu’Hashem ne cesse de
penser, réfléchir et calculer l’enchaînement des évènements pour
blanchir nos fautes et nous faire jouir de Sa bonté, pour l’éternité !
« Son trône était de flammes étincelantes… Un torrent de feu jaillissait
et se répandait devant lui… Le tribunal entra en séance et on ouvrit les
livres. « L’explication de ces détails touche à des notions kabbalistiques.
Contentons-nous de retenir que le feu, symbole de la Rigueur, ne sort
pas directement d’Hashem, mais de Son trône. Cela signifie qu’à partir
du moment où Hashem se dévoile, pour régner sur le monde, dans Sa
splendide bonté et miséricorde, le mal se détruit de lui-même, tant il
brûle devant l’éblouissante vérité qui apparaît. On pourrait illustrer cela
par un noble moraliste qui s’introduit en cachette la nuit pour voler ;
la plus grande punition sera sûrement de le surprendre en flagrant
délit, en allumant la lumière aux yeux de tous ! Il mourra littéralement
de honte, sans que nul n’ait eu besoin de se souiller les mains pour
l’exécuter !
C’est ainsi qu’après avoir ouvert les livres dans lesquels sont inscrits
les actions de tous les hommes, ‘on tua la bête à cause des paroles
arrogantes de la corne… Tandis qu’on accorda une prolongation de vie
aux autres bêtes, bien qu’on leur retirât la domination, jusqu’à l’époque –

160 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
du Mashia’h. « Le Malbim constate que les autres empires commirent Vers
eux aussi des fautes. Néanmoins, l’ancien s’irrita surtout à cause de
l’arrogance de la corne, c.-à-d. le blasphème et la falsification de la
Torah authentique !
Concernant la venue du Mashia’h, il est vrai que Daniel y fait plusieurs
allusions tout au long de son livre. Néanmoins, l’ange ordonna
explicitement de camoufler la date de cette rédemption. Cela signifie
qu’aucun Tsadik, Mekoubal, Admour, ou Baba n’a la capacité de prévoir Vers
la date de sa venue ! Le Rambam ajoute que, lorsque Hashem annonça
à Avraham 400 ans d’exil d’Égypte, nos ancêtres se trompèrent sur
le calcul, parce qu’ils ne savaient pas qu’il fallait débuter le décompte
depuis la naissance d’Itzhak. Et de déduire a fortiori : si lorsque la
durée est explicite, on ne sait pas calculer la date de la rédemption,
quel prétentieux peut-il prédire une date qui a intentionnellement été Vers
voilée ?!
Daniel conclut de relater le songe: «Je regardai encore dans la vision
nocturne, et voilà qu’au sein des nuages célestes, survint quelqu’un qui
avait une allure d’homme. Il s’approcha jusqu’à l’ancien, et on lui donna la
domination, la gloire et la royauté…» Plusieurs différences distinguent
la royauté d’Israël de celle des 4 empires. Les empires apparaissent
sous forme d’animal, Israël apparaît sous forme d’homme. Les empires
règnent après que des vents violents eurent soufflé, Israël vient
noblement des nuages. Les empires montent des profondeurs de la
mer, Israël descend du ciel.

Toutes ces remarques convergent vers un même message : la royauté


reviendra à Israël grâce à ses Mitsvot, et non par ses guerres ! Les
autres nations, à caractère terrestre uniquement –animal qui sort de la
terre–, ont dominé le monde par la force – l’ouragan. Mais Israël a une

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
161
MOUSSAR - Daniel
toute autre vocation. Il est un homme face à des animaux féroces. Son
seul atout est son intellect. Si l’homme utilise sa sagesse pour dompter
l’animal, il a la capacité de mettre un lion en cage. Mais s’il essaie de
l’affronter par sa force physique uniquement, comme s’il était lui aussi
un animal, même un chien parviendra à le vaincre.
Le Malbim précise encore que la nuée représente nos Mitsvot qui
montent au ciel et éveillent la volonté d’Hashem de prodiguer Ses
bontés, tout comme les vapeurs montent au ciel et s’accumulent, pour
redescendre ensuite sur terre apporter vie et subsistance. Après que
la domination des empires leur est ôtée, ce sont notre Torah et nos
Mitsvot qui montent plus ou moins abondamment –à nous de décider!–
jusqu’à l’ancien, pour éveiller Son désir d’accélérer le dévoilement de la
majesté d’Hashem sur terre, en lui donnant un règne éternel sur terre !5

5- Je ne vous cache pas que cette vision m’a profondément ému ! Je m’abstiens en général d’interpréter les
évènements contemporains à la lueur des prophéties, mais là… Le déclin des empires des dernières décennies,
et le retour en force à la Torah amorcé depuis 25 ans, ravive ardemment l’espoir de voir bientôt le bout de nos
peines !

162 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel

Les 4 exils selon le Maharal

P arler d’exil et de rédemption égaie nos cœurs ! De prime abord,


il semble que cet engouement soit dû au fait que nous soyons
tous affectés par les malheurs individuels et collectifs du peuple juif,
et qu’inconsciemment, l’on récolte à travers ces écrits des indices qui
nous laissent rêver de voir prochainement la lumière au bout du tunnel.
Le rêve de Daniel étudié ce mois-ci nous encouragera donc davantage,
tant nous ressentons vivre les derniers instants de ce long cauchemar !
Mais après réflexion, la raison de l’engouement suscité par ce thème
est bien plus profonde. En hébreu, la larme se dit Dimea. Or, le mot
Dema signifie ‘mélange’. Soit, la peine occasionnée par une scène
difficile est surtout due à l’imprévu. Parce que l’on ne comprend pas
la raison du drame, on ne l’accepte pas, et l’on se sent excessivement
frustré face à lui. Tandis que la consolation est appelée Né’hama, qui
signifie précisément ‘voir d’un autre point de vue’. [Cf. Rashi Bereshit 6:6] Soit,
la vraie consolation ne vient pas lorsque l’on oublie l’évènement, mais
plutôt, lorsqu’on l’intègre. C.-à-d. qu’en prenant du recul, on réalise
qu’il entre dans un ordre, et, qu’aussi dur soit-il à admettre, il est lui-
aussi un petit maillon inévitable qui complète la grande chaîne de
l’histoire du monde, depuis la création jusqu’au monde futur.
Ce point est précisément la raison pour laquelle l’étude de ce thème
réjouit. Le simple fait de prendre conscience que le malheur était prédit
suffit déjà pour consoler, car il entre ainsi dans un cadre qui a pour
finalité le bien, et est donc bien. Cette consolation est d’autant plus
grande si l’on parvient à comprendre précisément en quoi le triste
évènement est en fait inévitable pour aboutir à la béatitude éternelle.
En cela, nous pouvons dire que le Maharal qui explique l’ordre exact
de l’exil mérite la palme du plus grand consolateur du peuple d’Israël.

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
163
MOUSSAR - Daniel
Découvrons donc son merveilleux commentaire sur le rêve de Daniel et
des 4 exils, issu de son livre Ner Mitsva.

Les symboles des chiffres…

L a Guemara de Menahot [29B] interprète un verset de Yeshayahou


[26:24]: ‫מים‬ ּ ָ‫י‬-‫ ִּכי ְ ּב‬- par ce nom de 2 lettres ’‫ י’ ה‬Hashem
ִֽ ָ‫’’ה ה' צוּר עוֹ ל‬
a créé le monde. Le monde futur a été créé par la lettre ‫( י‬Youd), et le
monde présent par la lettre ‫( ה‬Hé). L’explication de cet enseignement
dépend du symbole de 4 chiffres : 1, 3, 4 et 5. Ces notions sont quelque
peu abstraites, mais elles sont littéralement merveilleuses pour celui
qui parvient à intégrer leur signification. Accrochez-vous !
Le chiffre 1 représente Hashem. Nous disons dans le Adon Olam
que l’unicité d’Hashem n’a aucune égale, ‘car il n’y a pas de 2 qui
vient ensuite’. Même la théologie grecque a conclu de l’existence
d’un Être suprême, unique, complètement spirituel, qui ne dépend
d’aucune règle car Il est Celui qui établit les règles. Le problème de ces
théologiens est d’avoir tellement médité sur l’immensité d’Hashem,
qu’ils ont complètement déconnecté Sa présence de ce monde. Soit, en
langage des chiffres, ils ont supprimé le 1 du 5 pour ne laisser qu’un 4…
La lettre qui représente Hashem est le Youd, car cette lettre ressemble
à un point – ‫י‬. Le point est l’élément primaire qui permet de définir la
forme de la matière, tandis qu’il est lui-même purement abstrait et
spirituel. Matériellement, un point n’existe pas !
Le chiffre 4 représente quant à lui le matériel, car il exprime la surface,
la matière qui s’étend dans les 4 directions pour prendre une forme.
Cette notion est représentée par le ’‫( ד‬Dalet), qui est composé de 2
axes perpendiculaires – tels les axes d’abscisse et d’ordonnée qui
permettent de définir une forme.

164 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
Comme nous l’expliquions, ce monde matériel semble contredire la
présence d’Hashem, car il paraît être une création finie, indépendante,
qui n’est plus alimentée par aucune force supérieure. Mais nous, juifs,
croyons qu’Hashem a créé le monde avec le ’‫ה‬, de valeur numérique
5, qui est composé d’un ’‫ ד‬avec au milieu un ’‫י‬. Cela exprime que la
providence du 1 est au milieu du 4 !
Vers. 1

A près avoir expliqué la signification du 1, du 4 et du 5, découvrons


le symbole plus subtil du 3. Comme nous l’indiquions, Hashem
l’Unique n’est contraint par aucune règle ou logique d’action, car c’est
Lui qui pose les règles et crée la logique ! Toutefois, Hashem a mis en
place un ordre selon lequel Il agit sur terre, afin de permettre à l’homme
de percevoir un brin de Son immensité. Cet ordre implique 4 conduites, Vers. 2
que l’on peut en fait classer en 2 groupes : 3 d’un côté, et une de l’autre.
Vulgarisons cette notion par l’exemple d’une voiture téléguidée
qui contient 2 manettes, l’une pour la faire avancer, et l’autre pour
diriger les roues. Si l’on venait énumérer les différentes manœuvres
réalisables par la télécommande, nous pourrions dire qu’elle peut
effectuer 3 actions : aller à droite, à gauche, ou devant. [Notons qu’aller
tout droit est aussi une manœuvre indépendante, car cette action Vers. 2
implique d’établir un équilibre entre la droite et la gauche. Mais bon, ne
compliquons pas plus les choses !] Il semble toutefois que nous ayons
omis de compter aussi l’action élémentaire d’avancer, en actionnant
l’autre manette !
Le principe des 4 conduites est un peu le même. Hashem dirige le
monde selon 3 principaux attributs – la droite, la gauche, et le milieu
[ou Hessed, Din, Rahamim. Ou encore Gadol, Guibor, Nora…]. Mais il ne
faut pas oublier aussi la 4e conduite, qui concrétise et fait passer du
potentiel au réel la volonté d’Hashem dans ce monde présent.

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165
MOUSSAR - Daniel
C’est selon ce principe que l’on trouve souvent des quadruplets classés
en 3 et 1. Notamment, les 4 espèces du Loulav – 3 liées ensemble avec
le Loulav, et le Etrog dans l’autre main. Ou encore, dans les prières, on
évoque le mérite des 3 Patriarches, puis celui de David. Dans la vision
de Yehezkel, 3 anges ont un visage d’animal, et le 4e un d’homme. Les
4 points cardinaux sont aussi classés ainsi : le soleil se lève à l’est,
parcourt le ciel au sud, et se couche à l’ouest, tandis que le nord n’est
jamais éclairé. C’est encore sur ce principe que Daniel vit dans son
premier rêve 3 bêtes féroces, et ne vit le 4e monstre qu’après…

A près avoir expliqué que le 4 est en fait composé du 3 et du 1,


expliquons comment les 4 conduites essentielles d’Hashem sont
intervenues pour créer l’homme.
Nous avons souvent évoqué les 3 niveaux de vitalité de l’homme,
communément appelés Nefesh, Roua’h et Neshama – litt. la vie, le
souffle, et l’âme. Concrètement, l’homme est composé de 2 éléments
opposés: un corps matériel, bestial, et une Neshama –âme– céleste,
d’un niveau spirituel plus haut que les anges. Naturellement, le corps
aspire constamment à combler ses besoins instinctifs. A l’opposé,
l’âme n’a d’attrait que pour l’intellect. Il faut toutefois savoir que, selon
nos Maîtres, l’homme n’est ni l’un, ni l’autre ! Le vrai Moi est plutôt une
3e force qui fait le médiateur entre les 2 précédentes. Cet intermédiaire
est ce que l’on appelle le Roua’h, le souffle de vie qui réside dans le
cœur.
Chacun peut méditer en son for intérieur pour déceler ces 3 niveaux.
Surprenez-vous en train de rêvasser, lorsque votre cerveau est
totalement déconnecté, inactif. Puis, d’un coup, vous réalisez que vous
vous êtes une fois de plus évadé. Quelle est donc cette force qui vient
vous interpeller ? Est-ce l’intellect ? Constatez de vous-même que ce

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MOUSSAR - Daniel
n’est pas le cas ! La première pensée qui vous vient alors à la tête est
de faire un effort pour ‘rallumer’ votre intellect et méditer sur un sujet.
Cela signifie que votre intellect est encre éteint, malgré votre réveil !
Forcément, celui qui vous a réveillé est une création intermédiaire, une
sorte d’embrayage chargé d’établir la transmission entre le moteur – le
cerveau, et les roues – l’instinct, qui siège dans le foie.
Mais, comme nous l’expliquions pour les chiffres 3 et 4, l’homme
proprement dit créé par Hashem n’est pas l’une des 3 forces aux
dépens des 2 autres, mais l’alliage de ces 3 niveaux qui crée une unique
entité. Hashem nous a placés dans ce monde pour qu’on le serve
avec sagesse et joie – c.-à-d. que notre cœur actionne l’intellect et
l’instinct.
Nous avons à présent tous les éléments nécessaires pour comprendre
la nature des 4 exils…

Vers
Pourquoi 4 exils ?
La Galout – l’exil, représentée par la nuit, signifie qu’Hashem voile sa
présence. En l’absence du centre du monde, les 4 forces de l’homme
aspirent chacune à occuper le rôle principal. Ainsi, 3 premières bêtes
féroces tentent de prendre le dessus : le lion, l’ours, et la panthère.
Soit, le lion, symbole de la domination, représente le cœur qui donne Vers
le mot d’ordre, cherche à s’imposer et à plier tout le monde à lui. Surgit
ensuite l’ours, symbole du plaisir matériel, qui représente le foie, siège
de l’instinct, et veut engloutir toute la terre. Vient ensuite la panthère,
symbole de la réflexion, qui représente l’intellect, et affirme elle-aussi
véhiculer la valeur la plus suprême, qu’elle impose avec effronterie
et audace. Mais l’idéal de vie proposé par chacune des forces est
éphémère, car elle ne considère pas les autres pour vivre en harmonie.

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
167
MOUSSAR - Daniel
Surgit alors le 4e monstre, qui élève sa bouche contre Hashem.
Selon le Maharal, la parole inclut les 3 niveaux de vie. La langue est
un membre physique et sensoriel. L’homme qui l’actionne use de son
Roua’h – le souffle de vie, symbole du mouvement. Et par sa parole,
l’homme exprime ses réflexions. Mais là aussi, en l’absence de la
lumière d’Hashem, cette bête commet l’erreur de vouloir occuper le
rôle principal. Or, le trait de caractère essentiel de celle-ci est son être
proprement dit. Son désir de domination l’amène à détruire tout ce qui
n’est pas elle-même. Elle détruit tous les peuples, et ose même entrer
en compétition avec le Maître du monde !
Son arrogance dépasse toutes les limites. Le monde entier réalise
qu’aucune force ne peut véhiculer l’idéal de vie, et les empires sont
abolis. En attendant, Israël se renforce dans sa conviction de posséder
la vraie valeur : mettre le Créateur du monde au centre des 4 pôles ! Les
Bnei Israël redoublent d’ardeur dans le spirituel, en approfondissant
davantage la Torah et en accomplissant avec ferveur les Mitsvot.
Jusqu’à ce que leurs actions s’accumulent au ciel. Hashem admire avec
joie leur enthousiasme, et concrétise enfin leur désir, de voir leur Roi
résider en son sein !

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LA MISHNA ÉTUDE
DU JOUR QUOTIDIENNE

Programme de Mishna
du 2 Shevat au 4 Nissan 5780
28 / 01 / 20 au 29 / 03 / 20

Ce programme est dédié Léillouï Nichmat de


Avraham Haï Norbert ben Fortunée Mazal ‫ז"ל‬

Retrouvez nos cours


tous les jours en vidéo sur
www. 5 minuteseternelles.com/mishnadujour.php
Vers
‫‪M A R D I‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.1 Mishna 7‬‬ ‫‪2 Shevat 5780‬‬
‫‪28 / 01 / 20‬‬
‫ח‬
‫ָתּו ַ‬
‫ָד ּפ‬‫אח‬‫ֵיל וְ ֶ‬ ‫לח‬‫ח ַ‬
‫ָתּו ַ‬
‫ָד ּפ‬‫אח‬‫ֵד‪ֶ ,‬‬‫הּמֹוק‬
‫ֵית ַ‬ ‫לב‬
‫היּו ְ‬‫ִים ָ‬ ‫ער‬‫ׁש ָ‬
‫ׁשנַיִם ְ‬‫ְ‬ ‫תּוח ַל ֵחיל‪ַ .‬ה ֶּפ ַתח‬
‫ּמֹוקד ָהיָה‬
‫ֶא ָחד ָּפ ַ‬
‫ׁש ִּב ְצפֹון ֵּבית ַה ֵ‬ ‫ֶ‬
‫היָה‬‫ָן ָ‬
‫קט‬‫ָׁש ָ‬
‫ִׁשּפ‬
‫ָה‪ּ ,‬פ ְ‬
‫עזָר‬
‫לֲ‬‫חָ‬‫ָתּו ַ‬
‫היָה פ‬
‫ׁש ָ‬
‫ָה‪ ,‬זֶה ֶ‬
‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬
‫ַר ַ‬‫אמ‬‫ָה‪ָ .‬‬ ‫עזָר‬
‫לֲ‬‫ָ‬ ‫ׁש ִּב ְדרֹומֹו‬ ‫ְו ֶ‬
‫ָרה‪ִּ :‬פ ְׁש ָּפׁש‬
‫ַל ֵחיל‪,‬‬
‫תּוח ָל ֲעז ָ‬
‫תּוח‬
‫ָּפ ַ‬
‫ָהיָה ָּפ ַ‬
‫ָה‪:‬‬‫עזָר‬
‫הֲ‬‫ֶת ָ‬ ‫ְֹלׁש א‬
‫לב‬‫ִין ִ‬‫כנָס‬
‫ׁשּבֹו נְִ‬
‫לֹו‪ֶ ,‬‬ ‫ָק ָטן‪ַׁ .‬ש ַער ָק ָטן ְּבתֹוְך ַה ַּׁש ַער‬
‫ָסים ִל ְבֹלׁש‬ ‫ׁשּבֹו ִנ ְכנ ִ‬
‫ַה ָּגדֹול‪ֶ :‬‬
‫ָסים‬ ‫ׁש ָהיּו ִנ ְכנ ִ‬ ‫ָרה‪ֶ .‬‬ ‫ֶאת ָה ֲעז ָ‬
‫ּופ ַתח ֶאת ַה ִּפ ְׁש ָּפׁש‬ ‫ָטל ֶאת ַה ַּמ ְפ ֵּת ַח ָ‬ ‫[ּפ ֶרק א] נ ַ‬ ‫קֹומן‪ְ .‬ו ָה ִכי ְּתנַן ְּב ַמ ֶּס ֶכת ָּת ִמיד ֶ‬
‫ׁש ִּי ְהיּו ֻּכ ָּלן ִּב ְמ ָ‬
‫ָרה ֶ‬
‫ׁש ָּב ֲעז ָ‬
‫ְּב ָכל ּב ֶֹקר ֶּד ֶרְך אֹותֹו ִּפ ְׁש ָּפׁש ְל ַח ֵּפׂש ַעל ָּכל ְכ ֵלי ָׁש ֵרת ֶ‬
‫יעים ִל ְמקֹום‬ ‫ׁש ַּמ ִּג ִ‬
‫הֹול ִכין ַעד ֶ‬ ‫ּבֹוד ִקין ְו ְ‬
‫הֹול ִכים ָּב ַא ְכ ַס ְד ָרה ֶּד ֶרְך ַה ַּמ ֲע ָרב‪ָ ,‬היּו ְ‬ ‫הֹול ִכים ָּב ַא ְכ ַס ְד ָרה ֶּד ֶרְך ַה ִּמ ְז ָרח ְו ֵאּלּו ְ‬
‫ָרה ְוכוּ'‪ֵ ,‬אּלּו ְ‬ ‫ּמֹוקד ָל ֲעז ָ‬‫ְו ִנ ְכנַס ִמ ֵּבית ַה ֵ‬
‫ּוב ַלׁש‪:‬‬ ‫קֹומן ְּב ָׁשלֹום‪ִ :‬ל ְבֹלׁש‪ַּ .‬ת ְרּגּום ו ְַּי ַח ֵּפׂש‪ָ ,‬‬
‫לֹומר ָּכל ְּכ ֵלי ָׁש ֵרת ֵהן ִּב ְמ ָ‬ ‫אֹומ ִרים ָׁשלֹום ַהּכֹל ָׁשלֹום‪ְּ ,‬כ ַ‬ ‫ָאּלּו ְ‬ ‫עֹוׂשה ֲח ִב ִּתין‪ִ ,‬ה ִּגיעּו‪ֵ ,‬אּלּו ו ֵ‬
‫ֵ‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.1 Mishna 8‬‬ ‫‪3 Shevat 5780‬‬
‫‪29 / 01 / 20‬‬
‫ֵית‬ ‫קנֵי ב‬
‫ֶן‪ ,‬וְזְִ‬
‫אב‬‫ׁשל ֶ‬
‫ִין ֶ‬
‫בד‬‫ָף רֹו ָ‬
‫מּק‬‫היָה‪ֻ ,‬‬
‫ביִת ּגָדֹול ָ‬
‫ָה‪ּ ,‬ו ַ‬ ‫ּכּפ‬
‫ֵד‪ִ ,‬‬‫הּמֹוק‬‫ֵית ַ‬‫ּב‬ ‫ׁשל‬‫ּמֹוקד ִּכ ָּפה‪ִּ .‬ב ְניָן ֶ‬
‫ּמֹוקד ֹלא ָהיָה ֲע ִלּיָה‪,‬‬
‫ֵּבית ַה ֵ‬
‫ֵּבית ַה ֵ‬
‫ְּתֹו‬
‫ּכס‬
‫ִיׁש ִ‬ ‫ְהּנָה‪ ,‬א‬
‫ֵי כ ֻ‬
‫רח‬‫פְ‬
‫ָם‪ּ ,‬ו ִ‬
‫ּביָד‬
‫ָה ְ‬ ‫עזָר‬
‫הֲ‬‫ְּתחֹות ָ‬‫מפ ְ‬ ‫ׁשם‪ּ ,‬ו ַ‬‫ְׁשנִים ָ‬
‫ָב י ֵ‬
‫א‬ ‫ֶא ָּלא ִּכ ָּפה ארקוול"ט ְּב ַל ַע"ז‬
‫רֹוב ִדים‬‫ָ‬ ‫ֲעׂשּויָה ָּב ָא ֶרץ‪ֻ :‬מ ָּקף‬
‫ֶץ‪:‬‬‫אר‬‫בָ‬
‫ָ‬ ‫ׁשל ֶא ֶבן‪ִ .‬א ְצ ַט ָּבאֹות ָס ִביב‬
‫ׁש ָּקעֹות‬ ‫ׁשל ַא ְבנֵי ָּג ִזית ָהיּו ְמ ֻ‬
‫ֶ‬
‫ֶ‬
‫ֹתל‬‫יֹוצאֹות ִמן ַהּכ ֶ‬ ‫ֹתל ְו ְ‬ ‫ַּבּכ ֶ‬
‫ֹתל‪ְ ,‬ו ָהיּו ְּכ ֵעין ַמ ֲעלֹות זֹו ַעל זֹו‪ְ :‬ו ִז ְקנֵי ֵבית ָאב‪ַ .‬ה ִּמ ְׁש ָמר ָהיָה‬ ‫ַּמי ִמן ַהּכ ֶ‬
‫ּיֹוצאֹות נ ִ‬
‫ׁש ְ‬
‫א ֵחרֹות ְק ָצרֹות ֵמ ֶהן ֶ‬ ‫א ָב ִנים ֲ‬
‫יהן ֲ‬
‫ּמֹוקד ְל ַצד ַה ַּק ְר ַקע‪ְ ,‬ו ַעל ַּג ֵּב ֶ‬
‫ְלתֹוְך ֵּבית ַה ֵ‬
‫ּופ ְר ֵחי ְכ ֻהּנָה‪ַּ .‬ב ִ‬
‫חּורים‬ ‫רֹוב ִדים‪ִ :‬‬
‫אֹותן ָ‬ ‫ׁש ִנים ָׁשם ַעל ָ‬ ‫ׁשל אֹותֹו יֹום ָהיּו ְי ֵ‬‫עֹובד יֹומֹו‪ְ ,‬ו ִז ְקנֵי ֵּבית ָאב ֶ‬
‫בּוע‪ָּ ,‬כל ֶא ָחד ֵ‬
‫ִמ ְת ַח ֵּלק ְל ִׁש ְב ָעה ָּב ֵּתי ָאבֹות ְּכ ִמ ְניַן ְימֹות ַה ָּׁש ַ‬
‫ּׁשֹומ ֵרי ַח ְצרֹות‬
‫ׁש ְ‬ ‫ּׁשֹומ ִרים‪ִ :‬איׁש ִּכ ְסּתֹו ָב ָא ֶרץ‪ֶ .‬‬
‫ׁשֹּלא ָהיּו ַר ָּׁש ִאים ִל ְׁש ַּכב ָׁשם ַעל ַּג ֵּבי ִמּטֹות ֶא ָּלא ָּב ָא ֶרץ‪ְּ ,‬כ ֶד ֶרְך ֶ‬ ‫ׁש ַּמ ְת ִחיל ְׂש ַער ְז ָקנָם ִל ְפר ַֹח‪ְ ,‬ו ֵהם ָהיּו ַה ְ‬ ‫ֶ‬
‫ּוכ ָסתֹות‪:‬‬ ‫עֹוׂשים‪ִּ :‬כ ְסּתֹו‪ְ .‬לׁשֹון ָּכ ִרים ְ‬
‫ַה ְּמ ָל ִכים ִ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.1 Mishna 9‬‬ ‫‪4 Shevat 5780‬‬
‫‪30 / 01 / 20‬‬
‫ְתה‬‫הי ָ‬
‫ַת ָ‬ ‫ּבע‬‫טַ‬‫ׁשיִׁש וְַ‬
‫ׁשל ַ‬ ‫ָא ֶ‬ ‫בל‬ ‫טְ‬‫ָה‪ ,‬וְַ‬ ‫אּמ‬‫ַל ַ‬ ‫ָה ע‬ ‫אּמ‬
‫ׁשם‪ַ ,‬‬‫היָה ָ‬ ‫ָקֹום ָ‬ ‫ּומ‬ ‫ילה‪ִ .‬ל ְנעֹל‬ ‫יע ְז ַמן ַה ְּנ ִע ָ‬
‫ָרה‪ַ :‬הּכ ֵֹהן ִמ ִּב ְפ ִנים‬
‫ִה ִּג ַ‬
‫ַׁש ֲע ֵרי ָה ֲעז ָ‬
‫ַן‬‫ע זְמ‬‫הּגִי ַ‬
‫ָּה‪ִ .‬‬ ‫תלּויֹות ּב‬‫היּו ְ‬ ‫ְּתחֹות ָ‬ ‫ּמפ ְ‬‫הַ‬‫ׁש ַ‬
‫ֶת ֶ‬ ‫ְׁשל‬
‫ְׁשל ֶ‬
‫ָּה‪ ,‬ו ַ‬ ‫ָה ב‬ ‫ְבּוע‬ ‫ק‬ ‫יֹוׁשב לֹו ִמ ַּבחּוץ‪.‬‬
‫ֹה ִנים‪,‬‬
‫ֵ‬ ‫ּובן ֵל ִוי‬
‫ׁש ַה ְל ִו ִּים ְט ֵפ ִלים ַלּכ ֲ‬
‫ֶ‬
‫ֶ‬
‫ִן‬‫ְּתחֹות מ‬ ‫ּמפ ְ‬‫הַ‬‫ֶת ַ‬ ‫ַל א‬ ‫ַת וְנָט‬ ‫ּבע‬
‫ּט ַ‬
‫ּב ַ‬
‫ָא ַ‬ ‫בל‬‫ּט ְ‬
‫הַ‬‫ֶת ַ‬ ‫ִיּה א‬
‫הגְּב ַ‬‫ָה‪ִ ,‬‬ ‫ִיל‬‫הּנְע‬‫ַ‬ ‫ֶא ַמר ְו ִי ָּלוּו ָע ֶליָך‬
‫ְּב ֵבית‬ ‫ִה ְל ָּכְך‬
‫ׁשּנ ֱ‬‫ְּכ ָמה ֶ‬
‫יׁש ְרתּוָך‪.‬‬ ‫ִו ָ‬
‫ַר‬‫ַחּוץ‪ּ .‬גָמ‬ ‫מּב‬
‫ָׁשן לֹו ִ‬‫לוִי י ֵ‬‫ֶן ֵ‬ ‫פנִים‪ּ ,‬וב‬ ‫ּב ְ‬
‫מִ‬ ‫ֹהן ִ‬
‫הּכ ֵ‬‫ַל ַ‬‫ֶת‪ ,‬וְנָע‬ ‫ְׁשל‬
‫ּׁשל ֶ‬
‫הַ‬ ‫ַ‬ ‫ׁש ָהיּו‬‫ּוב ֵבית ַה ִּניצֹוץ ֶ‬
‫ׁשֹומ ִרים‬
‫ְ‬ ‫ֹה ִנים‬
‫ַא ְב ִטינָס ְ‬
‫ֲע ִלּיֹות‪ָ ,‬היּו ַהּכ ֲ‬
‫ָּה‪,‬‬‫ְקֹומ‬‫למ‬ ‫ָא ִ‬ ‫בל‬
‫ּט ְ‬
‫הַ‬‫ֶת ַ‬ ‫ֶת וְא‬ ‫ְׁשל‬
‫ַּׁשל ֶ‬
‫ְּתחֹות ל ַ‬ ‫ּמפ ְ‬
‫הַ‬‫ֶת ַ‬ ‫חזִיר א‬ ‫הֱ‬ ‫ּלנְעֹל‪ֶ ,‬‬‫מִ‬ ‫ִ‬ ‫ּובית‬‫ּול ִו ִּים ְל ַמ ָּטה‪ֵ .‬‬
‫ׁשֹּלא ָה ְי ָתה ֶא ָּלא ִּכ ָּפה‬
‫ְל ַמ ְע ָלה ְ‬
‫ּמֹוקד ֶ‬
‫ַה ֵ‬
‫ְֵך לֹו‬
‫ֵא וְהֹול‬ ‫ֵהם‪ ,‬יֹוצ‬
‫ַד מ ֶ‬ ‫אח‬ ‫ּב ַ‬
‫ִי ְ‬ ‫קר‬‫ַע ֶ‬ ‫אר‬ ‫ָׁשן לֹו‪ֵ .‬‬
‫ֶיה‪ ,‬י ֵ‬
‫על ָ‬‫ְסּותֹו ָ‬ ‫ָתן ּכ‬
‫נַ‬ ‫ַעל ָה ָא ֶרץ‪ָ ,‬היָה ּכ ֵֹהן ִמ ִּב ְפ ִנים‬
‫ּובן ֵל ִוי ִמ ַּבחּוץ‪ַּ :‬ב ְּמ ִס ָּבה‪.‬‬ ‫ֶ‬
‫ַד‬‫ָאן‪ ,‬ע‬ ‫מּכ‬‫ָאן ּו ִ‬‫מּכ‬
‫ִים ִ‬ ‫לק‬‫ְהּנֵרֹות ּדֹו ְ‬
‫ָה‪ ,‬ו ַ‬‫ִיר‬ ‫הּב‬‫ַת ַ‬‫ּתח‬‫ֶת ַ‬‫לכ‬‫ההֹו ֶ‬ ‫ָה ַ‬ ‫סּב‬‫ּמ ִ‬
‫בְ‬ ‫ַ‬ ‫ַּת ַחת‬ ‫ַה ְמ ַה ֶּל ֶכת‬
‫ׁש ְּמ ִח ָּלה ָה ְי ָתה ַּת ַחת‬
‫ַּב ְּמ ִח ָּלה‬
‫ירה‪ֶ ,‬‬ ‫ַה ִּב ָ‬
‫ָה‬ ‫סּב‬
‫ּמ ִ‬
‫ּב ְ‬
‫ֵר‪ַ ,‬‬ ‫עקֹב אֹומ‬ ‫ֶן יֲַ‬
‫עזֶר ּב‬‫ִי ֶ‬‫אל‬‫ִי ֱ‬ ‫רּב‬
‫ָה‪ַ .‬‬ ‫ִיל‬
‫ּטב‬‫הְ‬‫ֵית ַ‬‫לב‬‫עְ‬ ‫מּגִי ַ‬
‫ׁשהּוא ַ‬ ‫ֶ‬ ‫ַה ִּמ ְק ָּדׁש‪ְ .‬ו ָכל ַה ִּמ ְק ָּדׁש ָקרּוי‬
‫ירה‬ ‫ירה‪ְּ ,‬כ ִד ְכ ִתיב ֶאל ַה ִּב ָ‬ ‫ִּב ָ‬
‫ִי‪:‬‬‫טד‬‫ּב ָ‬
‫ְֵך לֹו ְ‬‫ֵא וְהֹול‬ ‫ֵיל יֹוצ‬‫הח‬‫ַת ַ‬ ‫ּתח‬‫ֶת ַ‬ ‫לכ‬‫ההֹו ֶ‬ ‫ַ‬ ‫ׁש ָהיָה‬ ‫ּומ ְּפנֵי ֶ‬
‫ינֹותי‪ִ .‬‬ ‫ה ִכ ִ‬ ‫ׁשר ֲ‬
‫ַּב ַעל ֶק ִרי‪ֹ ,‬לא ָהיָה ְמ ַה ֵּלְך ֶּד ֶרְך‬
‫אֶ‬ ‫ֲ‬

‫יֹוצא‪ְ .‬ו ֵאינֹו חֹוזֵר ְל ֵבית‬


‫הֹול ֶכת ַּת ַחת ַה ֵחיל ֵ‬ ‫ּומ ָּכאן‪ַּ :‬ב ְּמ ִס ָּבה ַה ֶ‬
‫ּדֹול ִקים‪ַּ .‬ב ְּמ ִח ָּלה ִמ ָּכאן ִ‬
‫ָרה ֶא ָּלא ֶּד ֶרְך ַה ְּמ ִחּלֹות‪ְּ ,‬ד ַק ְי ָמא ָלן ְמ ִחּלֹות ֹלא ִנ ְת ַק ְּדׁשוּ‪ְ :‬ו ַהּנֵרֹות ְ‬ ‫ָה ֲעז ָ‬
‫ׁש ַה ְּׁש ָע ִרים‬
‫ּמֹוקד ַעד ֶ‬
‫ֹה ִנים ְּב ֵבית ַה ֵ‬
‫ָׁשב לֹו ֵא ֶצל ֶא ָחיו ַהּכ ֲ‬ ‫ַעקֹב‪ֶ ,‬א ָּלא ְּכ ִד ְתנַן ְּב ֵריׁש ָּת ִמיד‪ָּ ,‬בא ְוי ַ‬ ‫יעזֶר ֶּבן י ֲ‬
‫א ִל ֶ‬
‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ֱ‬
‫ׁשהּוא ְטבּול יֹום‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬ ‫ּמֹוקד‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬‫ַה ֵ‬
‫ׁש ִּנ ְט ָמא ִּב ְפ ִנים‪:‬‬
‫ָׁשים ְּד ַה ְינוּ ַמ ֲחנֵה ְל ִוּיָה‪ָ ,‬לזֶה ֵה ֵקּלּו‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ׁש ְּטבּול יֹום ָאסּור ְל ִה ָּכנֵס ְל ֶע ְז ַרת נ ִ‬ ‫ׁש ַאף ַעל ַּגב ֶ‬ ‫הֹולְך לֹו‪ֶ ,‬‬ ‫יֹוצא ְו ֵ‬ ‫ִנ ְפ ָּת ִחים‪ֵ ,‬‬

‫‪VENDREDI‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.2 Mishna 1‬‬ ‫‪5 Shevat 5780‬‬
‫‪31 / 01 / 20‬‬
‫ִן‬
‫ֻּבֹו מ‬
‫ָה‪ ,‬ר‬‫אּמ‬‫ֵאֹות ַ‬‫ֵׁש מ‬ ‫חמ‬‫ַל ֲ‬ ‫ָה ע‬‫אּמ‬
‫ֵאֹות ַ‬‫ֵׁש מ‬ ‫חמ‬‫היָה ֲ‬‫ּביִת ָ‬‫הַ‬‫הר ַ‬‫ַ‬ ‫ַהר ַה ַּב ִית ָהיָה ֲח ֵמׁש ֵמאֹות‬
‫חֹומה ָס ִביב‪ֻ :‬רּבֹו‬ ‫ָ‬ ‫ַא ָּמה‪ֻ .‬מ ָּקף‬
‫ָב‪.‬‬
‫ער‬‫ּמ ֲ‬
‫הַ‬ ‫ִן ַ‬
‫ִעּוטֹו מ‬
‫ָפֹון‪ ,‬מ‬
‫הּצ‬
‫ִן ַ‬
‫ִיׁשי לֹו מ‬
‫ׁשל ִ‬‫ָח‪ְ ,‬‬
‫ּמזְר‬
‫הִ‬‫ִן ַ‬
‫ׁשנִי לֹו מ‬
‫ָרֹום‪ֵ ,‬‬‫הּד‬
‫ַ‬ ‫ׁש ִני לֹו ִמן ַה ִּמ ְז ָרח‪.‬‬
‫חֹומת‬‫ׁשּיֵׁש ֵמ ַ‬
‫ִמן ַה ָּדרֹום ֵ‬
‫לֹומר‪ָ ,‬הר ַֹחק ֶ‬ ‫ְּכ ַ‬
‫ִיׁשֹו‪:‬‬
‫ׁשמ‬
‫ּת ְ‬
‫היָה רֹב ַ‬‫ׁשם ָ‬
‫ָתֹו‪ָ ,‬‬‫מּד‬
‫היָה רֹב ִ‬ ‫ׁש ָ‬
‫ְקֹום ֶ‬‫מ‬ ‫ָרה‬ ‫חֹומת ָה ֲעז ָ‬
‫יֹותר ִמן ָהר ַֹחק‬
‫ַהר ַה ַּב ִית ְל ַ‬
‫ְל ַצד ָּדרֹום‪ֵ ,‬‬
‫יֹותר ִמן ַה ַּמ ֲע ָרב‪:‬‬
‫פֹוני ֵ‬
‫ֵיהן ְל ַצד ָצפֹון‪ְ ,‬ו ַה ְּצ ִ‬
‫ׁשּיֵׁש ֵּבינ ֶ‬
‫יֹותר ִמן ָהר ַֹחק ֶ‬
‫ֵיהן ִמ ַּצד ִמ ְז ָרח‪ֵ ,‬‬
‫ׁשּיֵׁש ֵּבינ ֶ‬
‫ֵיהן ִמ ַּצד ִמ ְז ָרח‪ְ .‬ו ָהר ַֹחק ֶ‬
‫ׁשּיֵׁש ֵּבינ ֶ‬
‫ֶ‬

‫‪170‬‬
‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪7 Shevat 5780‬‬
‫‪02 / 02 / 20‬‬
‫‪Ch.2 Mishna 2‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫יפין‬
‫ָסים‬
‫ּומ ִּק ִ‬
‫ָמין ַ‬ ‫ָסים ֶּד ֶרְך י ִ‬
‫ֶּד ֶרְך ְׂשמֹאל‪ְּ .‬כגֹון ַה ִּנ ְכנ ִ‬
‫ִנ ְכנ ִ‬ ‫ְֶך‬
‫ּדר‬
‫ִין ֶ‬ ‫צא‬‫ִין וְיֹו ְ‬
‫ִיפ‬ ‫מּק‬‫ִין ּו ַ‬‫ְֶך יָמ‬‫ּדר‬‫ִין ֶ‬ ‫כנָס‬
‫ּביִת נְִ‬‫הַ‬‫ְהר ַ‬ ‫ִין ל ַ‬‫כנָס‬ ‫הּנְִ‬
‫ָל ַ‬ ‫ּכ‬
‫ׁש ֵהן ִמן‬ ‫ֶּד ֶרְך ַׁש ֲע ֵרי ֻח ְל ָּדה ֶ‬
‫יפין ֶּד ֶרְך ַׁש ַער‬ ‫ָמין‪ַ ,‬מ ִּק ִ‬ ‫ַהּי ִ‬
‫ְָך‬
‫ַה ּל‬ ‫ִׂשמֹאל‪ .‬מ‬ ‫ִיף ל ְ‬ ‫מּק‬‫ׁשהּוא ַ‬ ‫ָר‪ֶ ,‬‬ ‫דב‬‫ְעֹו ָ‬ ‫אר‬‫ׁש ֵ‬
‫ִי ֶ‬ ‫מּמ‬‫ׂשמֹאל‪ ,‬חּוץ ִ‬ ‫ְ‬
‫א ִני ָא ֵבל‪ִ .‬נ ְׁש ָא ִלין‬ ‫ׁש ֲ‬
‫אֹותֹו ַמה ְלָך ְל ַה ִּקיף ִל ְׂשמֹאל‪,‬‬
‫ַה ָּט ִדי‪ֶ :‬‬ ‫ֶה‪,‬‬‫מנֻּד‬
‫אנִי ְ‬
‫ׁש ֲ‬
‫ָ‪ֶ .‬‬ ‫מּך‬
‫חֶ‬‫הּזֶה יְנַ ֲ‬‫ּביִת ַ‬‫ּב ַ‬
‫ֵן ַ‬‫הּׁשֹוכ‬‫ֵל‪ַ ,‬‬‫אב‬ ‫אנִי ָ‬‫ׁש ֲ‬
‫ִׂשמֹאל‪ֶ ,‬‬ ‫ִיף ל ְ‬ ‫מּק‬
‫ַ‬
‫אֹומ ִרים לֹו‬
‫ַח ְמָך ְוכוּ'‪:‬‬
‫ְ‬ ‫א ִני ָא ֵבל‪,‬‬ ‫ׁש ֲ‬‫ְו ָא ַמר ֶ‬
‫ּׁשֹוכן ַּב ַּב ִית ַהּזֶה ְינ ֶ‬
‫ַה ֵ‬
‫ַר לֹו‬ ‫אמ‬‫ִיר‪ָ .‬‬ ‫מא‬ ‫ִי ֵ‬‫רּב‬‫ֵי ַ‬ ‫בר‬ ‫ּד ְ‬
‫ְבּוָך‪ִ ,‬‬ ‫קר‬‫ָם וִי ָ‬‫לּב‬
‫ּב ִ‬
‫ִּתן ְ‬
‫הּזֶה י ֵ‬‫ּביִת ַ‬‫ּב ַ‬
‫ֵן ַ‬ ‫הּׁשֹוכ‬
‫ַ‬
‫יתן ְּכ ִאּלּו ָע ְברּו ָע ָליו ֶאת‬
‫אֹומ ִרים לֹו ֵּכן‪,‬‬ ‫ְ‬
‫ֲע ִׂש ָ‬
‫ַה ִּדין‪ִ .‬אם ֵהן‬
‫ּביִת‬
‫ּב ַ‬
‫ֵן ַ‬‫הּׁשֹוכ‬‫ָא‪ַ ,‬‬ ‫אּל‬‫ִין‪ֶ .‬‬ ‫הּד‬
‫ֶת ַ‬ ‫ָיו א‬ ‫על‬ ‫ְרּו ָ‬‫עב‬‫ִּלּו ָ‬‫ּכא‬‫יתן ְ‬
‫ֲׂש ָ‬
‫ֵי‪ ,‬ע ִ‬ ‫ִי יֹוס‬‫רּב‬
‫ַ‬
‫ִנ ְר ֶאה ְּכ ִאּלּו ֲח ֵב ָריו ִע ְּותוּ ַה ִּדין‬
‫ה ָל ָכה‪ִ :‬י ֵּתן‬ ‫ׁשֹּלא ַּכ ֲ‬ ‫ְו ִנּדּוהּו ֶ‬
‫ְבּוָך‪:‬‬ ‫קר‬‫ֶיָך וִי ָ‬
‫בר‬ ‫חֵ‬‫ֵי ֲ‬ ‫בר‬
‫דְ‬‫לִ‬‫ַע ְ‬ ‫ׁשמ‬‫ְת ְ‬
‫ְָך ו ִ‬
‫לּב‬
‫ּב ִ‬
‫ִּתן ְ‬
‫הּזֶה י ֵ‬
‫ַ‬
‫יֹוסי‪:‬‬
‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ֵ‬
‫ׁשּובה‪ .‬ו ֲ‬
‫ׁשֹּלא ַּכ ִּדין ְו ָצ ִריְך ְּת ָ‬ ‫ׁש ִּת ְׁש ַמע ְל ִד ְב ֵרי ֲח ֵב ֶריָך‪ַ .‬ה ְׁש ָּתא ַמ ְׁש ַמע ֶ‬
‫ׁשהּוא ָע ָׂשה ֶ‬ ‫ְּב ִל ְּבָך ֶ‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪8 Shevat 5780‬‬
‫‪03 / 02 / 20‬‬
‫‪Ch.2 Mishna 3‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫חֹומת ַהר ַה ַּב ִית‪:‬‬


‫ָה ֲעׂשּויָה‬
‫ִל ְפ ִנים‪ֵ .‬מ ַ‬
‫ְמ ִח ָּצה‬ ‫סֹורג‪.‬‬
‫ֵ‬
‫היּו‬‫ָצֹות ָ‬ ‫פר‬‫ֵה ְ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ּוׁשלׁש ע ְ‬ ‫ִים‪ְ .‬‬ ‫פח‬‫טָ‬
‫ָה ְ‬ ‫ֲׂשר‬
‫ָבֹוּה ע ָ‬
‫ֵג‪ּ ,‬ג ַ‬ ‫ֶּנּו‪ ,‬סֹור‬
‫מּמ‬
‫פנִים ִ‬ ‫לְ‬‫ִ‬
‫ְנ ָק ִבים ְנ ָק ִבים ְּכ ִמ ָּטה ְמס ֶֹרגֶת‬
‫ַּב ֲח ָב ִלים‪ְ ,‬ו ִהיא ֲעׂשּויָה ַמ ְּד ֵפי‬
‫ֵה‬ ‫ֶׂשר‬
‫ׁשלׁש ע ְ‬ ‫ָם ְ‬ ‫כנֶגְּד‬
‫ָרּום‪ ,‬וְגָזְרּו ְ‬‫חזְרּו ּוגְד‬
‫ֵי יָוָן‪ָ .‬‬
‫לכ‬‫מְ‬‫ָצּום ַ‬ ‫ּפר‬
‫ׁש ְ‬
‫ׁשם‪ֶ ,‬‬ ‫ָ‬
‫יבין‬ ‫ׁש ַּמ ְר ִּכ ִ‬
‫א ַל ְכסֹון‪:‬‬
‫ּוק ָצ ִרים ֶ‬ ‫א ֻר ִּכים ְ‬
‫אֹותן זֹו ַעל זֹו ַּב ֲ‬
‫ֵעץ ֲ‬
‫ָ‬
‫ֵה‬ ‫ֶׂשר‬
‫ּתים ע ְ‬ ‫ּוׁש ֵ‬
‫ַּמֹות‪ְ .‬‬ ‫ֶׂשר א‬ ‫ֵיל‪ ,‬ע ֶ‬ ‫הח‬ ‫ֶּנּו‪ַ ,‬‬‫מּמ‬
‫פנִים ִ‬ ‫לְ‬‫חוָיֹות‪ִ .‬‬ ‫ּת ֲ‬‫ׁש ַ‬
‫הְ‬ ‫ִ‬
‫ֶג ָּדם ְׁשֹלׁש ֶע ְׂש ֵרה‬
‫יע ְּכ ֶנגֶד‬ ‫ׁש ַּמ ִּג ַ‬
‫ְו ָג ְזרּו ְכנ ְ‬
‫ִה ְׁש ַּת ֲחוָיֹות‪ְּ .‬כ ֶ‬
‫ָל‬ ‫ָה‪ּ .‬כ‬ ‫אּמ‬
‫ִי ַ‬ ‫חצ‬ ‫ָּה ֲ‬ ‫לח‬ ‫ְׁש ְ‬
‫ָה‪ ,‬ו ִ‬ ‫אּמ‬‫ִי ַ‬
‫חצ‬ ‫ָה ֲ‬ ‫על‬‫ּמ ֲ‬
‫הַ‬‫ׁשם‪ .‬רּום ַ‬ ‫היּו ָ‬ ‫ֲלֹות ָ‬ ‫מע‬ ‫ַ‬
‫ּופ ְר ָצה‪ִ ,‬מ ְׁש ַּת ֲחוֶה‬ ‫ָּכל ִּפ ְר ָצה ִ‬
‫ּומֹודה ַעל ָא ְב ַּדן ַמ ְלכּות ָיוָן‪:‬‬ ‫ֶ‬
‫ָה‪ ,‬חּוץ‬ ‫אּמ‬
‫ִי ַ‬ ‫חצ‬‫ָּה ֲ‬ ‫לח‬ ‫ְׁש ְ‬
‫ָה‪ ,‬ו ִ‬ ‫אּמ‬‫ִי ַ‬
‫חצ‬‫ָה ֲ‬ ‫על‬‫מֲ‬ ‫ׁשם‪ ,‬רּום ַ‬ ‫היּו ָ‬‫ׁש ָ‬
‫ֲלֹות ֶ‬ ‫ּמע‬‫הַ‬‫ַ‬
‫סֹורג ָהיָה‬ ‫ֵ‬
‫ׂשר ַאּמֹות‪ְ ,‬והּוא‬
‫ִל ְפ ִנים‪ֵ .‬מאֹותֹו‬
‫ָמקֹום ָּפנּוי ֶע ֶ‬
‫ָה‪,‬‬ ‫אּמ‬‫ִים ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ְהן ע ְ‬ ‫ׁשם‪ּ ,‬גָב ָ‬‫היּו ָ‬ ‫ׁש ָ‬
‫ִים ֶ‬ ‫ער‬‫ּׁש ָ‬
‫ְה ְ‬
‫ִים ו ַ‬‫ְתח‬‫הּפ ָ‬
‫ָל ַ‬‫ָם‪ּ .‬כ‬ ‫ִּׁשל אּול‬
‫מֶ‬
‫ּוׁש ֵּתים ֶע ְׂש ֵרה‬
‫ׁשם‪ְּ .‬כ ֵדי ַל ֲעלֹות‬
‫ִנ ְק ָרא ֵחיל‪ְ :‬‬
‫ַמ ֲעלֹות ָהיּו ָ‬
‫היּו‬‫ׁשם‪ָ ,‬‬ ‫היּו ָ‬‫ׁש ָ‬
‫ִים ֶ‬ ‫ְתח‬
‫הּפ ָ‬‫ָל ַ‬ ‫ָם‪ּ .‬כ‬
‫ִּׁשל אּול‬‫ַּמֹות‪ ,‬חּוץ מ ֶ‬ ‫ֶׂשר א‬‫ָן ע ֶ‬‫חּב‬‫רְ‬ ‫וְָ‬
‫ָׁשים‪ :‬רּום‬
‫בֹוהה‬
‫ִמ ָּׁשם ְל ֶע ְז ַרת נ ִ‬
‫ַמ ֲע ָלה‪ָּ .‬כל ַמ ֲע ָלה ֵמ ֶהן ְּג ָ‬
‫ָהן‬
‫היּו ל ֶ‬ ‫ׁשם‪ָ ,‬‬ ‫היּו ָ‬ ‫ׁש ָ‬‫ִים ֶ‬ ‫ער‬‫ּׁש ָ‬
‫הְ‬ ‫ָל ַ‬‫ָם‪ּ .‬כ‬ ‫ִּׁשל אּול‬‫ָתֹות‪ ,‬חּוץ מ ֶ‬ ‫ּדל‬
‫ָהן ְ‬ ‫לֶ‬
‫ֵמ ֲח ֶב ְר ָּתּה ֲח ִצי ַא ָּמה‪ְ .‬ו ֵכן‬
‫בֹוהה ִמן‬ ‫ַה ַּמ ֲע ָלה ָה ִראׁשֹונָה ְּג ָ‬
‫ַל ּגַב זֹו‪.‬‬‫ֻּטֹות זֹו ע‬ ‫בנִים מ‬ ‫אָ‬‫ּתי ֲ‬‫ׁש ֵ‬
‫ׁשם ְ‬‫היּו ָ‬‫ׁש ָ‬
‫ִי‪ֶ ,‬‬‫טד‬‫ַר ָ‬‫ִּׁשע‬
‫ׁשקֹופֹות‪ ,‬חּוץ מ ַ‬ ‫ְ‬
‫ַה ַּק ְר ַקע ֲח ִצי ַא ָּמה‪ְ :‬ו ִׁש ְל ָחּה‪.‬‬
‫ׁשְך ר ַֹחב ַה ַּמ ֲע ָלה‪ְּ ,‬ד ַה ְינוּ‬ ‫ֶמ ֶ‬
‫ָנֹור‪,‬‬‫ַר נִּק‬‫ִּׁשע‬
‫ָהב‪ ,‬חּוץ מ ַ‬ ‫ׁשל ז ָ‬‫ִהיֹות ֶ‬
‫ּתּנּו ל ְ‬
‫ִׁש ַ‬
‫ׁשם‪ ,‬נ ְ‬‫היּו ָ‬‫ׁש ָ‬
‫ִים ֶ‬ ‫ער‬‫ּׁש ָ‬
‫הְ‬ ‫ָל ַ‬ ‫ּכ‬
‫יסת ָה ֶרגֶל‪ֲ ,‬ח ִצי‬
‫אּולם‪ .‬חּוץ‬ ‫ָ‬ ‫ּׁשל‬
‫ְמקֹום ְּד ִר ַ‬
‫ַא ָּמה‪ :‬חּוץ ִמ ֶ‬
‫ְהיב‪:‬‬
‫מצ ִ‬‫ּתן ַ‬ ‫ֻׁש ָ‬
‫ׁשּנְח ְ‬
‫ּפנֵי ֶ‬‫מְ‬‫ִים‪ִ ,‬‬ ‫מר‬‫ָהן נֵס‪ .‬וְיֵׁש אֹו ְ‬
‫ֲׂשה ב ֶ‬
‫ׁשּנַע ָ‬
‫ּפנֵי ֶ‬‫מְ‬‫ִ‬
‫אּולם‬
‫ׁש ֵּבין ָה ָ‬ ‫ִמן ַה ַּמ ֲעלֹות ֶ‬
‫ידךְ ִּפ ְר ִקין ָּג ְבהֹו ַא ְר ָּב ִעים ַא ָּמה ְו ָר ְחּבֹו ֶע ְׂש ִרים‪ָ :‬היּו ָל ֶהן ְׁשקֹופֹות‪.‬‬‫אּולם‪ִּ .‬ד ְתנַן ְל ַק ָּמן ְּב ִא ָ‬
‫ׁשל ָ‬ ‫ׁשֹּלא ָהיּו ֻּכ ָּלם ֵּכן‪ְּ ,‬כ ִד ְתנַן ְּב ֶפ ֶרק ג'‪ :‬חּוץ ִמ ֶּפ ַתח ֶ‬ ‫ְו ַל ִּמ ְז ֵּב ַח ֶ‬
‫[ּדף לח‪ַ :].‬מ ְצ ִהיבֹות‪ְּ .‬כמֹו‬ ‫יֹומא ֶּפ ֶרק ג' ַ‬ ‫ׂשה ָב ֶהן נֵס‪ְּ .‬כמֹו ֶ‬
‫ׁש ְּמפ ָֹרׁש ְּב ָ‬ ‫ַע ָ‬
‫ׁשּנ ֲ‬‫ּוׁשקֹופֹות ְלׁשֹון ַמ ְׁשקֹוף‪ִ :‬מ ְּפנֵי ֶ‬‫ׁשֹוקף ָע ָליו‪ְ .‬‬
‫ֵ‬ ‫ׁש ַה ֶּד ֶלת‬
‫ַחת ַעל ְׁש ֵּתי ַה ְּמזּוזֹות ֶ‬ ‫ֶא ֶבן ֻמּנ ַ‬
‫ָהב‪:‬‬
‫ׁשל ז ָ‬
‫יכְך ֹלא ֻה ְצ ְרכוּ ַל ֲעׂשֹותֹו ֶ‬
‫ָהב ְל ִפ ָ‬ ‫ּדֹומה ְלז ָ‬
‫יתן ָ‬ ‫ׁש ַּמ ְר ִא ָ‬
‫ַמ ְז ִהיבֹות‪ֶ ,‬‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪9 Shevat 5780‬‬
‫‪04 / 02 / 20‬‬
‫‪Ch.2 Mishna 4‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫ׁשם‪ְּ .‬ב ָכל‬


‫בֹוהים‪.‬‬
‫ׁש ָהיּו ָ‬
‫ָּכל ַה ְּכ ָת ִלים ֶ‬
‫ִּב ְנ ְינֵי ַהר ַה ַּב ִית‪ָ :‬היּו ְג ִ‬
‫ֹהן‬
‫הּכ ֵ‬
‫ׁש ַ‬
‫ִי‪ֶ ,‬‬ ‫רח‬ ‫ּמזְָ‬
‫הִ‬ ‫ֹתל ַ‬
‫מּכ ֶ‬
‫ְבֹוהים‪ ,‬חּוץ ִ‬
‫היּו ג ִ‬ ‫ׁשם‪ָ ,‬‬
‫היּו ָ‬‫ׁש ָ‬
‫ִים ֶ‬‫ְתל‬
‫הּכ ָ‬
‫ָל ַ‬ ‫ּכ‬
‫ׁש ָהיּו ָּכל ַה ְּפ ָת ִחים‬
‫ַה ְר ֵּבה‪ַ ,‬עד ֶ‬
‫ׁש ָּב ֶהן ָּג ְב ָהן ֶע ְׂש ִרים ַא ָּמה‪,‬‬ ‫ֶ‬
‫ֶה‬‫ּכּוֵן וְרֹוא‬
‫ִת ַ‬
‫ָה‪ּ ,‬ומ ְ‬‫ִׁשח‬
‫הּמ ְ‬
‫הר ַ‬‫ּברֹאׁש ַ‬
‫ֵד ְ‬ ‫ָה עֹומ‬ ‫ּפר‬
‫הָ‬‫ֶת ַ‬ ‫ֵף א‬ ‫הּׂשֹור‬
‫ַ‬
‫ּׁש ַעל ַה ְּפ ָת ִחים‪ :‬חּוץ‬ ‫ְל ַבד ִמ ַּמה ֶ‬
‫ִמּכ ֶֹתל ִמ ְז ָר ִחי‪ .‬הּוא ַה ַּת ְחּתֹון‬
‫ָם‪:‬‬
‫הּד‬
‫הּזָיַת ַ‬
‫ַת ַ‬‫ִׁשע‬
‫ָל ּב ְ‬
‫היכ‬ ‫ׁשל ֵ‬
‫ִתחֹו ֶ‬
‫בפ ְ‬ ‫ְ‬
‫ׁש ַהּכ ֵֹהן‬‫ְל ַר ְג ֵלי ַהר ַה ַּב ִית‪ֶ :‬‬
‫ֹתל ֶּד ֶרְך‬ ‫רֹואה ֵמ ַעל ּג ַֹבּה רֹאׁש ַהּכ ֶ‬ ‫ּומ ְת ַּכּוֵן ְו ֶ‬
‫ּופנֵי ַהּכ ֵֹהן ַל ַּמ ֲע ָרב‪ִ ,‬‬
‫רּוׁש ַל ִים ִמ ֶּק ֶדם‪ְ ,‬‬
‫ׁשר ַעל ְּפנֵי ְי ָ‬ ‫אֶ‬
‫ֵיתים ֲ‬ ‫עֹומד ְּב ַהר ַה ִּמ ְׁש ָחה‪ .‬הּוא ַהר ַהּז ִ‬ ‫ּׂשֹורף ֶאת ַה ָּפ ָרה ֵ‬ ‫ַה ֵ‬
‫ׁש ַה ְּׁש ָע ִרים‬
‫בֹוּה‪ַ ,‬אף ַעל ִּפי ֶ‬
‫ֹתל ָּג ַ‬ ‫מֹועד‪ְ .‬ו ִאם ָהיָה ַהּכ ֶ‬
‫ׁשהּוא ַמּזֶה ְּב ָדם‪ְּ ,‬כ ִד ְכ ִתיב ְו ִהּזָה ֶאל נ ַֹכח ְּפנֵי א ֶֹהל ֵ‬ ‫יכל‪ְּ ,‬כ ֶ‬
‫ׁשל ֵה ָ‬ ‫ׁש ִּל ְפ ִנים ִמ ֶּמּנּו ֶאת ִּפ ְתחֹו ֶ‬ ‫ַה ְּׁש ָע ִרים ֶ‬
‫דֹולה ְּכ ֶנגֶד ֶּפ ַתח‬‫ָרה ַה ְּג ָ‬‫דֹולה‪ְ ,‬ו ַׁש ַער ָה ֲעז ָ‬
‫ָרה ַה ְּג ָ‬‫ָׁשים ְּכ ֶנגֶד ַׁש ַער ָה ֲעז ָ‬ ‫ָׁשים‪ְ ,‬ו ַׁש ַער ֶע ְז ַרת נ ִ‬‫ְמ ֻכּוָנֹות ֻּכ ָּלם זֶה ְּכ ֶנגֶד זֶה‪ַׁ ,‬ש ַער ַהר ַה ַּב ִית ְּכ ֶנגֶד ַׁש ַער ֶע ְז ַרת נ ִ‬
‫יֹותר ִמ ַּק ְר ַקע‬
‫בֹוּה [כ"ב ַאּמֹות] ֵ‬ ‫יכל ָּג ַ‬ ‫ׁש ַּק ְר ַקע ֶּפ ַתח ַה ֵה ָ‬
‫עֹולה ַעד ֶ‬
‫יּה ְו ֶ‬‫ּומ ְג ִּב ַ‬
‫הֹולְך ַ‬
‫ׁש ָה ָהר ֵ‬ ‫יכל ֶּד ֶרְך ַה ְּפ ָת ִחים‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫יכל‪ֹ ,‬לא ָהיָה יָכֹול ִל ְראֹות ֶאת ֶּפ ַתח ַה ֵה ָ‬ ‫ַה ֵה ָ‬
‫בֹוּה ֶא ָּלא ֶע ְׂש ִרים ְּכ ִד ְתנַן ְל ֵעיל‪,‬‬
‫ה ֵרי ֹלא ָהיָה ֶּפ ַתח ַהר ַה ַּב ִית ָּג ַ‬ ‫ׁש ֲ‬
‫[ׁש ֵּתי] ַאּמֹות‪ֶ ,‬‬ ‫בֹוהה ִמ ַּמ ְׁשקֹוף ֶּפ ַתח ַהר ַה ַּב ִית ְ‬ ‫יכל ְּג ָ‬ ‫ׁש ַא ְס ֻק ַּפת ַה ֵה ָ‬
‫ַר ְג ֵלי ַהר ַה ַּב ִית‪ְ ,‬ו ִנ ְמ ָצא ֶ‬
‫יכל ֶּד ֶרְך אֹותֹו ֶּפ ַתח‪:‬‬
‫ׁשל ֶּפ ַתח ַה ֵה ָ‬ ‫ּׁשֹוחט ֶאת ַה ָּפ ָרה יָכֹול ִל ְראֹות ֲח ָללֹו ֶ‬ ‫ׁש ֵאין ַהּכ ֵֹהן ַה ֵ‬ ‫ְו ִנ ְמ ָצא ֶ‬

‫‪171‬‬
‫‪MERCREDI‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.2 Mishna 5‬‬ ‫‪10 Shevat 5780‬‬
‫‪05 / 02 / 20‬‬
‫ָה‬ ‫מא‬ ‫ַב ֵ‬ ‫ַל רֹח‬ ‫ֵׁש ע‬ ‫חמ‬ ‫לׁשים וְ ָ‬‫ּוׁש ִ‬‫ָה ְ‬ ‫מא‬‫ְֶך ֵ‬ ‫ְתה אֹר‬ ‫הי ָ‬
‫ָׁשים ָ‬ ‫הּנ ִ‬‫ַת ַ‬ ‫עזְר‬‫ֶ‬ ‫א ֶֹרְך‪ִ .‬מן ַה ִּמ ְז ָרח ַל ַּמ ֲע ָרב‪ַ :‬על‬
‫ר ַֹחב‪ִ .‬מן ַה ָּצפֹון ַל ָּדרֹום‪ְ :‬ק ֻטרֹות‬
‫ׁשל‬‫יה‪ֶ ,‬‬ ‫ְצֹועֹות ָ‬
‫ֶ‬ ‫מק‬ ‫ַע ִ‬ ‫רּב‬‫אְ‬‫בַ‬‫היּו ְ‬ ‫ְׁשכֹות ָ‬ ‫ַע ל ָ‬ ‫רּב‬‫אְ‬‫ֵׁש‪ .‬וְ ַ‬ ‫חמ‬ ‫ֹלׁשים וְ ָ‬
‫ּוׁש ִ‬‫ְ‬ ‫ׁש ֵאינָן ְמקֹורֹות‪ִ .‬מ ְּלׁשֹון‬
‫ְו ִהּנֵה ָע ָלה ִקיטֹור ָה ָא ֶרץ‪,‬‬
‫ֶא ָּלא ֶ‬

‫ִים‬ ‫ֲתיד‬‫הם ע ִ‬ ‫ְָך ֵ‬ ‫ְקֹורֹות‪ .‬וְכ‬ ‫היּו מ‬ ‫ָה‪ .‬וְֹלא ָ‬ ‫אּמ‬‫ִים ַ‬ ‫ּבע‬‫רָ‬ ‫אְ‬ ‫ִים ַ‬ ‫ּבע‬‫רָ‬‫אְ‬ ‫ַ‬ ‫ׁש ֵאין‬ ‫לֹומר ַמ ֲעלֹות ָע ָׁשן‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ׁש ְּל ִחים ַּת ַחת‬ ‫ּומ ַ‬ ‫ָל ֶהן ִּת ְק ָרה‪ְ :‬‬
‫ְּכ ַ‬

‫ִיצֹונָה‬ ‫הח‬ ‫ֵר ַ‬ ‫חצ‬ ‫הָ‬‫ֶל ֶ‬ ‫אנִי א‬ ‫ִי ֵ‬‫ַר (יחזקאל מו)‪ ,‬וַּיֹוצ‬ ‫אמ‬ ‫ׁשּנֶ ֱ‬
‫ִהיֹות‪ֶ ,‬‬ ‫לְ‬ ‫ׁש ַּת ַחת‬ ‫ַהּדּוד‪ְ .‬ל ָׂש ְר ָפן ָּב ֵאׁש ֶ‬
‫ׁש ְּמ ַב ְּׁש ִלים ָּבּה ַה ְּׁש ָל ִמים‪,‬‬ ‫ּיֹורה ֶ‬‫ַה ָ‬
‫ֵר‪,‬‬ ‫חצ‬ ‫הָ‬ ‫ע ֶ‬‫קצֹ ַ‬‫מְ‬‫ּב ִ‬
‫ֵר ְ‬ ‫חצ‬ ‫ְהּנֵה ָ‬‫ֵר ו ִ‬ ‫חצ‬ ‫הָ‬ ‫ֵי ֶ‬ ‫ְצֹוע‬ ‫מק‬‫ַת ִ‬ ‫ּבע‬‫רַ‬‫אְ‬‫ֶל ַ‬ ‫רנִי א‬ ‫ִי ֵ‬
‫עב‬ ‫וַּיֲַ‬ ‫ׁשר‬
‫יעין‬
‫אֶ‬ ‫ָתן ַעל ָה ֵאׁש ֲ‬
‫ֶבח ַה ְּׁש ָל ִמים‪ַ :‬מ ְת ִל ִ‬
‫ִּד ְכ ִתיב ְונ ַ‬
‫ַּת ַחת ז ַ‬
‫ֻרֹות‪.‬‬ ‫קט‬ ‫ֵרֹות ְ‬ ‫חצ‬ ‫ֵר ֲ‬ ‫חצ‬ ‫הָ‬ ‫קצֹעֹות ֶ‬ ‫מְ‬ ‫ַת ִ‬ ‫ּבע‬‫רַ‬‫אְ‬‫ּב ַ‬
‫ֵר‪ְ ,‬‬ ‫חצ‬ ‫הָ‬‫ע ֶ‬ ‫קצֹ ַ‬ ‫מְ‬‫ּב ִ‬
‫ֵר ְ‬ ‫חצ‬ ‫ָ‬ ‫ָה ֵע ִצים‬
‫ׁש ֵהן‬
‫ירין‬
‫ּתֹול ַעת‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ְמ ִס ִ‬
‫ַ‬
‫ָּב ֵע ִצים‪.‬‬
‫ׁש ִּנ ְמ ָצא ָּב ֶהן‬ ‫ֶ‬
‫ִית‬ ‫ְרֹומ‬ ‫ְׁשֹות‪ּ .‬ד‬ ‫ְׁשּמ‬
‫היּו מ ַ‬ ‫ֶה ָ‬ ‫ְקֹורֹות‪ּ .‬ומ‬ ‫ֵינָן מ‬‫ׁשא‬ ‫ָא ֶ‬ ‫אּל‬
‫ֻרֹות ֶ‬ ‫קט‬‫ֵין ְ‬ ‫וְא‬ ‫ִל ְׁש ַּכת‬ ‫ַל ַּמ ֲע ָר ָכה‪:‬‬
‫ׁש ָּׁשם ַה ְּמצ ָֹר ִעים‬ ‫ֶ‬
‫סּולים‬
‫ְּפ ִ‬
‫ְמצ ָֹר ִעים‪.‬‬
‫ִין‬‫ַּׁשל‬
‫מב ְ‬ ‫ִים ְ‬ ‫הּנְזִיר‬
‫ּׁשם ַ‬ ‫ׁש ָ‬
‫ִים‪ֶ ,‬‬ ‫הּנְזִיר‬‫ַת ַ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ְתה ל ְ‬ ‫הי ָ‬‫היא ָ‬ ‫ִית‪ִ ,‬‬ ‫רח‬ ‫מזְָ‬‫ִ‬ ‫ה ָר ָתן‬ ‫ְל ָט ֳ‬ ‫יני‬‫ַּב ְּׁש ִמ ִ‬
‫ׁש ָּבא ְל ַה ְכ ִניס יָדֹו ִּב ְפ ִנים‬
‫טֹוב ִלים‬
‫ְ‬
‫ְּכ ֶ‬
‫ִית‬ ‫רח‬ ‫מזְָ‬‫הּדּוד‪ִ .‬‬ ‫ַת ַ‬ ‫ּתח‬
‫ִים ַ‬ ‫ּלח‬
‫ְׁש ְ‬
‫ָן‪ּ ,‬ומ ַ‬ ‫ער‬ ‫ׂש ָ‬
‫ֶת ְ‬ ‫ִין א‬ ‫ּלח‬‫מגְַ‬‫ֵיהן‪ּ ,‬ו ְ‬
‫למ ֶ‬ ‫ׁש ְ‬
‫ֶת ַ‬ ‫א‬ ‫ׁש ָּט ַבל‬
‫יעזֶר‬
‫ְל ַמ ַּתן ְּבהֹונֹות ְו ַאף ַעל ִּפי ֶ‬
‫א ִל ֶ‬ ‫ִמ ָּב ֶע ֶרב‪ָ :‬א ַמר ַר ִּבי ֱ‬
‫ִין‬‫ֵי מּומ‬ ‫על‬ ‫ּב ֲ‬
‫ֹהנִים ַ‬ ‫הּכ ֲ‬‫ּׁשם ַ‬ ‫ׁש ָ‬
‫ִים‪ֶ ,‬‬ ‫עצ‬ ‫הֵ‬ ‫ַת ָ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ְתה ל ְ‬ ‫הי ָ‬
‫היא ָ‬ ‫ְפֹונִית‪ִ ,‬‬ ‫צ‬ ‫ׁש ַכ ְח ִּתי ֶמה ָה ְי ָתה‬
‫יׁשא ֻּכ ַּלּה‬
‫ַעקֹב ָ‬
‫ׁשת‪ִ .‬מ ְּכ ַלל ְּד ֵר ָ‬
‫ֶּבן י ֲ‬
‫ׁש ֶּמ ֶ‬
‫ְמ ַ‬
‫ֵי‬‫ַל ּגַּב‬ ‫מע‬ ‫ָסּול ֵ‬ ‫ַת‪ּ ,‬פ‬ ‫לע‬ ‫ָא בֹו תֹו ַ‬ ‫מצ‬ ‫ׁשּנִ ְ‬
‫ֵץ ֶ‬ ‫ָל ע‬ ‫ִים‪ .‬וְכ‬ ‫עצ‬ ‫הֵ‬ ‫ִין ָ‬ ‫ִיע‬‫ַתל‬‫מְ‬ ‫ַעקֹב ָק ָא ַמר‬
‫יֹומא‬
‫יעזֶר ֶּבן י ֲ‬
‫מּוכח ַּב ְּג ָמ ָרא ְּד ָ‬ ‫ָ‬
‫א ִל ֶ‬ ‫ַר ִּבי ֱ‬
‫ָלּה‪ְ ,‬ו ָה ִכי‬
‫ִית‬ ‫רב‬ ‫עָ‬ ‫מֲ‬‫ִים‪ַ .‬‬ ‫רע‬ ‫מצָֹ‬ ‫ַת ְ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ְתה ל ְ‬ ‫הי ָ‬ ‫היא ָ‬ ‫ִית‪ִ ,‬‬ ‫רב‬ ‫עָ‬‫מֲ‬ ‫ְפֹונִית ַ‬ ‫ַ‪ .‬צ‬ ‫ּבח‬
‫ּמזְֵ‬
‫הִ‬ ‫ַ‬ ‫יתין ְּד ִמּדֹות ַר ִּבי‬
‫ַח ָל ָקה‬ ‫ַעקֹב ִהיא‪ :‬ו ֲ‬
‫ִּד ְס ָתם ַמ ְת ִנ ִ‬
‫יעזֶר ֶּבן י ֲ‬ ‫א ִל ֶ‬ ‫ֱ‬
‫ֶׁשת‪.‬‬ ‫ְׁשּמ ֶ‬
‫ְתה מ ַ‬ ‫הי ָ‬‫ֶה ָ‬ ‫ְּתי מ‬
‫כח ִ‬ ‫ׁש ַ‬
‫עקֹב‪ָ ,‬‬ ‫ֶן יֲַ‬‫עזֶר ּב‬‫ִי ֶ‬
‫אל‬ ‫ִי ֱ‬‫רּב‬‫ַר ַ‬ ‫אמ‬ ‫ִית‪ָ ,‬‬ ‫ְרֹומ‬ ‫ּד‬ ‫ָה ְי ָתה ָּב ִראׁשֹונָה‪ֵּ .‬פ ֵרׁש ַר ְמ ַּב"ם‪,‬‬
‫ׁשֹּלא ָה ְי ָתה ֻמ ֶּק ֶפת‬ ‫רּוצה‪ֶ ,‬‬ ‫ְּפ ָ‬
‫ֵאת‬ ‫קר‬‫ְתה נְִ‬ ‫הי ָ‬‫היא ָ‬ ‫ֶן‪ִ ,‬‬ ‫ָׁשמ‬
‫נֹותנִין יַיִן ו ֶ‬
‫היּו ְ‬ ‫ׁשם ָ‬ ‫ֵר‪ָ ,‬‬ ‫ׁשאּול אֹומ‬ ‫ָא ָ‬ ‫אּב‬‫ַ‬ ‫זּוז ְט ָרא‬
‫ָׁשים‪,‬‬
‫צֹוצ ְט ָרה‪ְּ .‬כמֹו ְּג ְ‬ ‫ְמ ִח ָּצה‪ְּ :‬כ ְ‬
‫ִה ִּקיפּו ָס ִביב ְל ֶע ְז ַרת נ ִ‬
‫ָה‪,‬‬ ‫צר‬ ‫ְצֹו ְ‬‫ִיפּוה כ‬
‫ְהּק ָ‬ ‫ִאׁשֹונָה‪ ,‬ו ִ‬ ‫ּבר‬
‫ְתה ָ‬ ‫הי ָ‬ ‫ָה ָ‬ ‫לק‬‫חָ‬‫מנְיָה‪ .‬וַ ֲ‬‫ׁש ַ‬
‫ֵית ְ‬ ‫ַת ּב‬‫ִׁשּכ‬
‫לְ‬ ‫עֹומדֹות ְל ַמ ְע ָלה‬
‫ָׁשים ְל ַמ ָּטה‬ ‫אנ ִ‬
‫ְ‬ ‫ָׁשים‬ ‫ׁש ִּי ְהיּו ַהּנ ִ‬
‫זּוז ְט ָרא ְו ָה ֲ‬ ‫ַעל ַה ְּג ְ‬
‫ֶ‬

‫ׁשֹּלא יְהּו‬ ‫ֵי ֶ‬ ‫ּכד‬


‫ָן‪ְ ,‬‬ ‫מּט‬‫ּל ַ‬
‫מְ‬‫ָׁשים ִ‬ ‫אנ ִ‬ ‫ְה ֲ‬
‫ָן‪ ,‬ו ָ‬ ‫על‬‫מְ‬‫לַ‬ ‫מְ‬‫ָׁשים רֹואֹות ִ‬ ‫הּנ ִ‬
‫ׁש ַ‬
‫ֶ‬ ‫ּׁשֹוא ָבה‪,‬‬
‫ִל ְראֹות ְּב ִׂש ְמ ַחת ֵּבית ַה ֵ‬
‫ידי ַקּלּות רֹאׁש‪:‬‬ ‫ׁשֹּלא ָיבֹאּו ִל ֵ‬ ‫ְּכ ֵדי ֶ‬
‫ֵל‪,‬‬ ‫רא‬ ‫ִׂש ָ‬
‫ַת י ְ‬ ‫עזְר‬‫לֶ‬ ‫ָּה ְ‬ ‫ִּתֹוכ‬ ‫ֲלֹות עֹולֹות מ‬ ‫מע‬‫ֵה ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ֵׁש ע ְ‬ ‫חמ‬ ‫ִין‪ .‬וַ ֲ‬‫רב‬ ‫מעָֹ‬ ‫ְ‬ ‫ֲח ֵמׁש ֶע ְׂש ֵרה ַמ ֲעלֹות‪ּ .‬ג ַֹבּה‬
‫ַק ְר ַקע ֶע ְז ַרת ִי ְׂש ָר ֵאל ֵמ ֶע ְז ַרת‬
‫ִים‬ ‫מר‬ ‫לוִּיִם אֹו ְ‬‫הְ‬ ‫ֵיהן ַ‬
‫על ֶ‬ ‫ׁש ֲ‬
‫ִים‪ֶ ,‬‬ ‫הּל‬‫ַּת ִ‬
‫ׁשּב ְ‬ ‫ֲלֹות ֶ‬ ‫מע‬ ‫ֵה ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ֵׁש ע ְ‬ ‫חמ‬ ‫ּכנֶגֶד ֲ‬‫ְ‬ ‫א ֻרּכֹות‬ ‫ָׁשים‪ֹ :‬לא ָהיּו ְטרּוטֹות‪ֲ .‬‬
‫ָוּיֹות ְּכ ֶד ֶרְך ָּכל ַה ַּמ ֲעלֹות‪,‬‬
‫נִ‬
‫ּוב ֲע ֵלי ז ִ‬
‫ַ‬
‫ָה‪:‬‬ ‫עגֻּל‬‫ֶן ֲ‬‫ִי גֹר‬ ‫חצ‬‫ּכ ֲ‬
‫ָפֹות ַ‬ ‫מּק‬
‫ָא ֻ‬ ‫אּל‬
‫ְרּוטֹות‪ֶ ,‬‬ ‫היּו ט‬ ‫ַּׁשיר‪ֹ .‬לא ָ‬ ‫ּב ִ‬ ‫ֻּלה‪:‬‬ ‫ֶא ָּלא ֲעגֻּלֹות ַּכ ֲח ִצי ּג ֶֹרן ֲעג ָ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.2 Mishna 6‬‬ ‫‪11 Shevat 5780‬‬
‫‪06 / 02 / 20‬‬
‫ָה‬ ‫מא‬ ‫ַב ֵ‬ ‫ַל רֹח‬ ‫ֵׁש ע‬ ‫חמ‬ ‫לׁשים וְ ָ‬
‫ּוׁש ִ‬‫ָה ְ‬ ‫מא‬‫ְֶך ֵ‬ ‫ְתה אֹר‬ ‫הי ָ‬
‫ָׁשים ָ‬ ‫הּנ ִ‬‫ַת ַ‬ ‫עזְר‬‫ֶ‬ ‫א ֶֹרְך‪ִ .‬מן ַה ִּמ ְז ָרח ַל ַּמ ֲע ָרב‪ַ :‬על‬
‫ר ַֹחב‪ִ .‬מן ַה ָּצפֹון ַל ָּדרֹום‪ְ :‬ק ֻטרֹות‬
‫ׁשל‬‫יה‪ֶ ,‬‬ ‫ְצֹועֹות ָ‬
‫ֶ‬ ‫מק‬ ‫ַע ִ‬ ‫רּב‬ ‫אְ‬‫בַ‬‫היּו ְ‬ ‫ְׁשכֹות ָ‬ ‫ַע ל ָ‬ ‫רּב‬‫אְ‬‫ֵׁש‪ .‬וְ ַ‬ ‫חמ‬ ‫ֹלׁשים וְ ָ‬
‫ּוׁש ִ‬‫ְ‬ ‫ׁש ֵאינָן ְמקֹורֹות‪ִ .‬מ ְּלׁשֹון‬
‫ְו ִהּנֵה ָע ָלה ִקיטֹור ָה ָא ֶרץ‪,‬‬
‫ֶא ָּלא ֶ‬

‫ִים‬ ‫ֲתיד‬‫הם ע ִ‬ ‫ְָך ֵ‬ ‫ְקֹורֹות‪ .‬וְכ‬ ‫היּו מ‬ ‫ָה‪ .‬וְֹלא ָ‬ ‫אּמ‬‫ִים ַ‬ ‫ּבע‬‫רָ‬ ‫אְ‬ ‫ִים ַ‬ ‫ּבע‬‫רָ‬‫אְ‬ ‫ַ‬ ‫ׁש ֵאין‬ ‫לֹומר ַמ ֲעלֹות ָע ָׁשן‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ׁש ְּל ִחים ַּת ַחת‬ ‫ּומ ַ‬ ‫ָל ֶהן ִּת ְק ָרה‪ְ :‬‬
‫ְּכ ַ‬

‫ִיצֹונָה‬ ‫הח‬ ‫ֵר ַ‬ ‫חצ‬ ‫הָ‬‫ֶל ֶ‬ ‫אנִי א‬ ‫ִי ֵ‬


‫ַר (יחזקאל מו)‪ ,‬וַּיֹוצ‬ ‫אמ‬ ‫ׁשּנֶ ֱ‬
‫ִהיֹות‪ֶ ,‬‬ ‫לְ‬ ‫ׁש ַּת ַחת‬ ‫ַהּדּוד‪ְ .‬ל ָׂש ְר ָפן ָּב ֵאׁש ֶ‬
‫ׁש ְּמ ַב ְּׁש ִלים ָּבּה ַה ְּׁש ָל ִמים‪,‬‬ ‫ּיֹורה ֶ‬‫ַה ָ‬
‫ֵר‪,‬‬ ‫חצ‬ ‫הָ‬ ‫ע ֶ‬‫קצֹ ַ‬‫מְ‬‫ּב ִ‬
‫ֵר ְ‬ ‫חצ‬ ‫ְהּנֵה ָ‬‫ֵר ו ִ‬ ‫חצ‬ ‫הָ‬‫ֵי ֶ‬ ‫ְצֹוע‬ ‫מק‬‫ַת ִ‬ ‫ּבע‬‫רַ‬‫אְ‬‫ֶל ַ‬ ‫רנִי א‬ ‫ִי ֵ‬
‫עב‬ ‫וַּיֲַ‬ ‫ׁשר‬
‫יעין‬
‫אֶ‬ ‫ָתן ַעל ָה ֵאׁש ֲ‬
‫ֶבח ַה ְּׁש ָל ִמים‪ַ :‬מ ְת ִל ִ‬
‫ִּד ְכ ִתיב ְונ ַ‬
‫ַּת ַחת ז ַ‬
‫ֻרֹות‪.‬‬ ‫קט‬ ‫ֵרֹות ְ‬ ‫חצ‬ ‫ֵר ֲ‬ ‫חצ‬‫הָ‬ ‫קצֹעֹות ֶ‬ ‫מְ‬ ‫ַת ִ‬ ‫ּבע‬‫רַ‬‫אְ‬‫ּב ַ‬
‫ֵר‪ְ ,‬‬ ‫חצ‬ ‫הָ‬‫ע ֶ‬ ‫קצֹ ַ‬ ‫מְ‬‫ּב ִ‬
‫ֵר ְ‬ ‫חצ‬ ‫ָ‬ ‫ָה ֵע ִצים‬
‫ׁש ֵהן‬
‫ירין‬
‫ּתֹול ַעת‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ְמ ִס ִ‬
‫ַ‬
‫ָּב ֵע ִצים‪.‬‬
‫ׁש ִּנ ְמ ָצא ָּב ֶהן‬ ‫ֶ‬
‫ִית‬ ‫ְרֹומ‬ ‫ְׁשֹות‪ּ .‬ד‬ ‫ְׁשּמ‬
‫היּו מ ַ‬ ‫ֶה ָ‬ ‫ְקֹורֹות‪ּ .‬ומ‬ ‫ֵינָן מ‬‫ׁשא‬ ‫ָא ֶ‬ ‫אּל‬
‫ֻרֹות ֶ‬ ‫קט‬‫ֵין ְ‬ ‫וְא‬ ‫ִל ְׁש ַּכת‬ ‫ַל ַּמ ֲע ָר ָכה‪:‬‬
‫ׁש ָּׁשם ַה ְּמצ ָֹר ִעים‬ ‫ֶ‬
‫סּולים‬‫ְּפ ִ‬
‫ְמצ ָֹר ִעים‪.‬‬
‫ִין‬‫ַּׁשל‬
‫מב ְ‬ ‫ִים ְ‬ ‫הּנְזִיר‬
‫ּׁשם ַ‬ ‫ׁש ָ‬
‫ִים‪ֶ ,‬‬ ‫הּנְזִיר‬
‫ַת ַ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ְתה ל ְ‬ ‫הי ָ‬‫היא ָ‬ ‫ִית‪ִ ,‬‬ ‫רח‬ ‫מזְָ‬‫ִ‬ ‫ה ָר ָתן‬ ‫ְל ָט ֳ‬ ‫יני‬‫ַּב ְּׁש ִמ ִ‬
‫ׁש ָּבא ְל ַה ְכ ִניס יָדֹו ִּב ְפ ִנים‬
‫טֹוב ִלים‬
‫ְ‬
‫ְּכ ֶ‬
‫ִית‬ ‫רח‬ ‫מזְָ‬‫הּדּוד‪ִ .‬‬ ‫ַת ַ‬ ‫ּתח‬‫ִים ַ‬ ‫ּלח‬
‫ְׁש ְ‬
‫ָן‪ּ ,‬ומ ַ‬‫ער‬ ‫ׂש ָ‬
‫ֶת ְ‬ ‫ִין א‬ ‫ּלח‬‫מגְַ‬‫ֵיהן‪ּ ,‬ו ְ‬
‫למ ֶ‬ ‫ׁש ְ‬
‫ֶת ַ‬ ‫א‬ ‫ׁש ָּט ַבל‬
‫יעזֶר‬
‫ְל ַמ ַּתן ְּבהֹונֹות ְו ַאף ַעל ִּפי ֶ‬
‫א ִל ֶ‬ ‫ִמ ָּב ֶע ֶרב‪ָ :‬א ַמר ַר ִּבי ֱ‬
‫ִין‬‫ֵי מּומ‬ ‫על‬ ‫ּב ֲ‬
‫ֹהנִים ַ‬ ‫הּכ ֲ‬
‫ּׁשם ַ‬ ‫ׁש ָ‬
‫ִים‪ֶ ,‬‬ ‫עצ‬ ‫הֵ‬ ‫ַת ָ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ְתה ל ְ‬ ‫הי ָ‬
‫היא ָ‬ ‫ְפֹונִית‪ִ ,‬‬ ‫צ‬ ‫ׁש ַכ ְח ִּתי ֶמה ָה ְי ָתה‬
‫יׁשא ֻּכ ַּלּה‬
‫ַעקֹב ָ‬
‫ׁשת‪ִ .‬מ ְּכ ַלל ְּד ֵר ָ‬
‫ֶּבן י ֲ‬
‫ׁש ֶּמ ֶ‬‫ְמ ַ‬
‫ֵי‬‫ַל ּגַּב‬ ‫מע‬ ‫ָסּול ֵ‬ ‫ַת‪ּ ,‬פ‬ ‫לע‬‫ָא בֹו תֹו ַ‬ ‫מצ‬‫ׁשּנִ ְ‬
‫ֵץ ֶ‬ ‫ָל ע‬ ‫ִים‪ .‬וְכ‬ ‫עצ‬ ‫הֵ‬ ‫ִין ָ‬ ‫ִיע‬‫ַתל‬‫מְ‬ ‫ַעקֹב ָק ָא ַמר‬
‫יֹומא‬
‫יעזֶר ֶּבן י ֲ‬
‫מּוכח ַּב ְּג ָמ ָרא ְּד ָ‬ ‫ָ‬
‫א ִל ֶ‬ ‫ַר ִּבי ֱ‬
‫ָלּה‪ְ ,‬ו ָה ִכי‬
‫ִית‬ ‫רב‬ ‫עָ‬ ‫מֲ‬‫ִים‪ַ .‬‬ ‫רע‬ ‫מצָֹ‬ ‫ַת ְ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ְתה ל ְ‬ ‫הי ָ‬ ‫היא ָ‬ ‫ִית‪ִ ,‬‬ ‫רב‬ ‫עָ‬‫מֲ‬ ‫ְפֹונִית ַ‬ ‫ַ‪ .‬צ‬ ‫ּבח‬
‫ּמזְֵ‬
‫הִ‬ ‫ַ‬ ‫יתין ְּד ִמּדֹות ַר ִּבי‬
‫ַח ָל ָקה‬ ‫ַעקֹב ִהיא‪ :‬ו ֲ‬
‫ִּד ְס ָתם ַמ ְת ִנ ִ‬
‫יעזֶר ֶּבן י ֲ‬ ‫א ִל ֶ‬ ‫ֱ‬
‫ֶׁשת‪.‬‬ ‫ְׁשּמ ֶ‬
‫ְתה מ ַ‬ ‫הי ָ‬‫ֶה ָ‬ ‫ְּתי מ‬‫כח ִ‬‫ׁש ַ‬
‫עקֹב‪ָ ,‬‬ ‫ֶן יֲַ‬‫עזֶר ּב‬‫ִי ֶ‬
‫אל‬ ‫ִי ֱ‬‫רּב‬‫ַר ַ‬ ‫אמ‬ ‫ִית‪ָ ,‬‬ ‫ְרֹומ‬ ‫ּד‬ ‫ָה ְי ָתה ָּב ִראׁשֹונָה‪ֵּ .‬פ ֵרׁש ַר ְמ ַּב"ם‪,‬‬
‫ׁשֹּלא ָה ְי ָתה ֻמ ֶּק ֶפת‬ ‫רּוצה‪ֶ ,‬‬ ‫ְּפ ָ‬
‫ֵאת‬ ‫קר‬‫ְתה נְִ‬ ‫הי ָ‬‫היא ָ‬ ‫ֶן‪ִ ,‬‬ ‫ָׁשמ‬
‫נֹותנִין יַיִן ו ֶ‬
‫היּו ְ‬ ‫ׁשם ָ‬ ‫ֵר‪ָ ,‬‬ ‫ׁשאּול אֹומ‬ ‫ָא ָ‬ ‫אּב‬‫ַ‬ ‫זּוז ְט ָרא‬
‫ָׁשים‪,‬‬
‫צֹוצ ְט ָרה‪ְּ .‬כמֹו ְּג ְ‬ ‫ְמ ִח ָּצה‪ְּ :‬כ ְ‬
‫ִה ִּקיפּו ָס ִביב ְל ֶע ְז ַרת נ ִ‬
‫ָה‪,‬‬ ‫צר‬ ‫ְצֹו ְ‬‫ִיפּוה כ‬
‫ְהּק ָ‬ ‫ִאׁשֹונָה‪ ,‬ו ִ‬ ‫ּבר‬
‫ְתה ָ‬ ‫הי ָ‬‫ָה ָ‬ ‫לק‬‫חָ‬‫מנְיָה‪ .‬וַ ֲ‬‫ׁש ַ‬
‫ֵית ְ‬ ‫ַת ּב‬‫ִׁשּכ‬
‫לְ‬ ‫עֹומדֹות ְל ַמ ְע ָלה‬
‫ָׁשים ְל ַמ ָּטה‬ ‫אנ ִ‬
‫ְ‬ ‫ָׁשים‬ ‫ׁש ִּי ְהיּו ַהּנ ִ‬
‫זּוז ְט ָרא ְו ָה ֲ‬ ‫ַעל ַה ְּג ְ‬
‫ֶ‬

‫ׁשֹּלא יְהּו‬ ‫ֵי ֶ‬ ‫ּכד‬


‫ָן‪ְ ,‬‬ ‫מּט‬
‫ּל ַ‬‫מְ‬‫ָׁשים ִ‬ ‫אנ ִ‬ ‫ְה ֲ‬
‫ָן‪ ,‬ו ָ‬ ‫על‬‫מְ‬‫לַ‬ ‫מְ‬‫ָׁשים רֹואֹות ִ‬ ‫הּנ ִ‬
‫ׁש ַ‬
‫ֶ‬ ‫ּׁשֹוא ָבה‪,‬‬
‫ִל ְראֹות ְּב ִׂש ְמ ַחת ֵּבית ַה ֵ‬
‫ידי ַקּלּות רֹאׁש‪:‬‬ ‫ׁשֹּלא ָיבֹאּו ִל ֵ‬ ‫ְּכ ֵדי ֶ‬
‫ִין‪.‬‬
‫רב‬ ‫מעָֹ‬ ‫ְ‬
‫‪172‬‬
‫‪VENDREDI‬‬
‫‪12 Shevat 5780‬‬
‫‪07 / 02 / 20‬‬
‫‪Ch.2 Mishna 6 - suite‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫ֲח ֵמׁש ֶע ְׂש ֵרה ַמ ֲעלֹות‪ּ .‬ג ַֹבּה‬


‫ַק ְר ַקע ֶע ְז ַרת ִי ְׂש ָר ֵאל ֵמ ֶע ְז ַרת‬
‫ֵׁש‬‫חמ‬‫ּכנֶגֶד ֲ‬
‫ֵל‪ְ ,‬‬ ‫רא‬‫ִׂש ָ‬
‫ַת י ְ‬ ‫עזְר‬
‫לֶ‬ ‫ָּה ְ‬‫ִּתֹוכ‬
‫ֲלֹות עֹולֹות מ‬ ‫מע‬‫ֵה ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ֵׁש ע ְ‬
‫חמ‬ ‫וַ ֲ‬
‫ָׁשים‪ֹ :‬לא ָהיּו ְטרּוטֹות‪.‬‬
‫ָוּיֹות ְּכ ֶד ֶרְך ָּכל‬
‫ּוב ֲע ֵלי ז ִ‬
‫נִ‬
‫א ֻרּכֹות ַ‬ ‫ֲ‬
‫היּו‬
‫ַּׁשיר‪ֹ .‬לא ָ‬
‫ִים ּב ִ‬‫מר‬‫לוִּיִם אֹו ְ‬
‫הְ‬‫ֵיהן ַ‬
‫על ֶ‬‫ׁש ֲ‬
‫ִים‪ֶ ,‬‬ ‫הּל‬
‫ַּת ִ‬
‫ׁשּב ְ‬
‫ֲלֹות ֶ‬
‫מע‬ ‫ֵה ַ‬
‫ֶׂשר‬
‫עְ‬
‫ַה ַּמ ֲעלֹות‪ֶ ,‬א ָּלא ֲעגֻּלֹות ַּכ ֲח ִצי‬
‫ֻּלה‪:‬‬
‫ּג ֶֹרן ֲעג ָ‬
‫ָה‪:‬‬‫עגֻּל‬
‫ֶן ֲ‬
‫ִי גֹר‬
‫חצ‬‫ּכ ֲ‬
‫ָפֹות ַ‬ ‫מּק‬
‫ָא ֻ‬‫אּל‬
‫ְרּוטֹות‪ֶ ,‬‬‫ט‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪14 Shevat 5780‬‬
‫‪09 / 02 / 20‬‬
‫‪Ch.3 Mishna 1‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫ּוׁש ַּת ִים‪.‬‬


‫ּוׁש ַּת ִים‪.‬‬
‫ֹלׁשים ְ‬
‫ֹלׁשים ְ‬
‫ַה ִּמ ְז ֵּב ַח ָהיָה ְׁש ִ‬
‫ַא ָּמה‪ַ :‬על ְׁש ִ‬
‫כנַס‬‫ָה וְָ‬ ‫אּמ‬
‫ָה ַ‬ ‫על‬ ‫ּתיִם‪ָ .‬‬ ‫ּוׁש ַ‬
‫ֹלׁשים ְ‬ ‫ׁש ִ‬ ‫ַל ְ‬ ‫ּתיִם ע‬ ‫ּוׁש ַ‬
‫ֹלׁשים ְ‬ ‫ׁש ִ‬ ‫היָה ְ‬ ‫חָ‬ ‫ּב ַ‬
‫ּמזְֵ‬
‫הִ‬ ‫ַ‬
‫ַא ָּמה‪ָ .‬היָה ֵמ ִביא ְּדפּוס ְמ ֻר ָּבע‬
‫ָעׂשּוי ֵמ ַא ְר ַּבע ְק ָר ִׁשים‪ָּ ,‬כל‬
‫כנַס‬‫ֵׁש וְָ‬ ‫חמ‬‫ָה ָ‬ ‫על‬ ‫ֹלׁשים‪ָ .‬‬‫ׁש ִ‬ ‫ַל ְ‬ ‫ֹלׁשים ע‬‫ׁש ִ‬ ‫ָא ְ‬ ‫מצ‬ ‫היְסֹוד‪ .‬נִ ְ‬ ‫ָה‪ ,‬זֶה ַ‬ ‫אּמ‬‫ַ‬
‫ּוׁש ַּת ִים‬ ‫ֹלׁשים ְ‬ ‫ֶק ֶרׁש ָא ְרּכֹו ְׁש ִ‬
‫ַאּמֹות‪ְ ,‬ור ַֹחב ַה ֶּק ֶרׁש ַא ָּמה‪,‬‬
‫ְקֹום‬ ‫ּוׁשמֹנֶה‪ .‬מ‬
‫ִים ְ‬ ‫ֶׂשר‬‫ַל ע ְ‬ ‫ּוׁשמֹנֶה ע‬
‫ִים ְ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ָא ע ְ‬ ‫מצ‬ ‫ֵב‪ .‬נִ ְ‬ ‫הּסֹוב‬ ‫ָה‪ .‬זֶה ַ‬ ‫אּמ‬‫ַ‬
‫ׁשל ַה ְּדפּוס‪,‬‬
‫ֶפת‬ ‫א ָב ִנים ְו ִסיד ְוז ֶ‬
‫ְוהּוא ָּג ְבהֹו ֶ‬
‫ּומ ַמ ְּלאוֹ ֲ‬ ‫ְ‬
‫ִים‬‫ֶׂשר‬
‫ַל ע ְ‬ ‫ָׁשׁש ע‬ ‫ִים ו ֵ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ָא ע ְ‬ ‫מצ‬‫מּזֶה‪ .‬נִ ְ‬ ‫ָה ִ‬ ‫אּמ‬‫מּזֶה וְ ַ‬‫ָה ִ‬ ‫אּמ‬‫ָנֹות ַ‬ ‫ּקר‬‫הְ‬‫ַ‬
‫ַע ָׂשה‬
‫ֹלׁשים‬
‫עֹופ ֶרת ְמ ֻה ָּתְך ְוהּוא נ ֲ‬
‫ׁשל ְׁש ִ‬ ‫ִמ ְק ָׁשה ַא ַחת ֶ‬
‫ְו ֶ‬
‫ָא‬‫מצ‬ ‫מּזֶה‪ .‬נִ ְ‬
‫ָה ִ‬ ‫אּמ‬‫מּזֶה וְ ַ‬‫ָה ִ‬ ‫אּמ‬‫ֹהנִים‪ַ ,‬‬ ‫הּכ ֲ‬
‫ֵי ַ‬ ‫רגְל‬‫הּלּוְך ַ‬ ‫ְקֹום ִ‬ ‫ָׁשׁש‪ .‬מ‬
‫וֵ‬
‫ֹלׁשים‬ ‫ּוׁש ַּת ִים ַא ָּמה ַעל ְׁש ִ‬
‫בֹוּה ַא ָּמה‪ְ .‬וזֶהּו‬ ‫ּוׁש ַּת ִים ַא ָּמה ָּג ַ‬
‫ְ‬
‫ְ‬
‫ִי‬
‫רּב‬
‫ַר ַ‬ ‫אמ‬‫ָה‪ָ .‬‬ ‫רכ‬ ‫עָ‬ ‫ּמ ֲ‬
‫הַ‬ ‫ְקֹום ַ‬ ‫ַע‪ ,‬מ‬ ‫רּב‬ ‫אְ‬‫ִים וְ ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ַל ע ְ‬ ‫ַע ע‬ ‫רּב‬‫אְ‬ ‫ִים וְ ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫עְ‬
‫ְיסֹוד‪ָ :‬ע ָלה ַא ָּמה ְו ָכנַס ַא ָּמה‪.‬‬
‫ׁש ָע ָלה ַה ְיסֹוד ְלג ַֹבּה‬ ‫ַא ַחר ֶ‬
‫ִים‪,‬‬‫ֶׂשר‬‫ׁשמֹנֶה וְע ְ‬ ‫ַל ְ‬ ‫ִים ע‬ ‫ֶׂשר‬
‫ׁשמֹנֶה וְע ְ‬ ‫ָא ְ‬ ‫אּל‬
‫היָה ֶ‬ ‫ָה ֹלא ָ‬ ‫חּל‬‫ִּת ִ‬
‫ֵי‪ ,‬מ ְ‬‫יֹוס‬
‫ׁשא ֶֹרְך‬ ‫ַא ָּמה ֵמ ִביא ְּדפּוס ַא ֵחר ֶ‬
‫ֹלׁשים ַא ָּמה ְור ַֹחב‬ ‫ָּכל ֶק ֶרׁש ְׁש ִ‬
‫ִים‬‫ֶׂשר‬
‫ָה ע ְ‬ ‫רכ‬‫עָ‬‫ּמ ֲ‬‫הַ‬‫ְקֹום ַ‬ ‫ָא מ‬ ‫מצ‬‫ׁשּנִ ְ‬
‫ַד ֶ‬ ‫ָה זֹו‪ ,‬ע‬ ‫מּד‬
‫ּב ִ‬
‫ֶה ְ‬ ‫ּכֹונֵס וְעֹול‬
‫ׁשל ְּדפּוס‬
‫ּונ ָתנֹו ַעל‬
‫ַה ֶּק ֶרׁש ְּד ַה ְינוּ ָּג ְבהֹו ֶ‬
‫זֶה ָח ֵמׁש ַאּמֹות‪ְ ,‬‬
‫ִן‬
‫ַּמֹות מ‬ ‫ַע א‬ ‫רּב‬
‫אְ‬ ‫ָיו ַ‬ ‫על‬‫ִיפּו ָ‬ ‫ָה‪ ,‬הֹוס‬ ‫הּגֹול‬‫בנֵי ַ‬‫ָלּו ְ‬ ‫ְׁשע‬
‫ִים‪ּ .‬וכ ֶ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ַל ע ְ‬ ‫ע‬
‫א ָב ִנים ְו ִסיד‬ ‫ּומ ַמ ְּלאוֹ ֲ‬
‫עֹופ ֶרת ָּכ ִראׁשֹון‪ְ ,‬ו ִנ ְד ָּבק‬
‫ַה ְיסֹוד‪ְ ,‬‬
‫ֶפת ְו ֶ‬
‫ַר (יחזקאל‬
‫ְוז ֶ‬
‫אמ‬ ‫ׁשּנֶ ֱ‬
‫ָא‪ֶ ,‬‬ ‫ִין ּגַּמ‬
‫ּכמ‬‫ָב‪ְ ,‬‬ ‫ער‬ ‫ּמ ֲ‬
‫הַ‬‫ִן ַ‬ ‫ַּמֹות מ‬ ‫ַע א‬ ‫רּב‬‫אְ‬‫ָרֹום וְ ַ‬ ‫הּד‬‫ַ‬
‫ַע ָׂשה ִמ ְק ָׁשה ַא ַחת‬
‫ֹלׁשים‬ ‫ֹלׁשים ַא ָּמה ַעל ְׁש ִ‬
‫ַּב ְיסֹוד ְונ ֲ‬
‫ׁשל ְׁש ִ‬
‫ַ‪.‬‬
‫ָבּוע‬
‫ֶ‬
‫ַב ר‬ ‫ֵה רֹח‬ ‫ֶׂשר‬
‫ּתים ע ְ‬ ‫ִׁש ֵ‬
‫ְֶך ּב ְ‬‫ֵה אֹר‬ ‫ֶׂשר‬
‫ּתים ע ְ‬ ‫ׁש ֵ‬
‫ֵל ְ‬ ‫ִיא‬ ‫אר‬ ‫ְה ֲ‬
‫מג)‪ ,‬ו ָ‬
‫עֹומד ַעל ַה ְיסֹוד‪ְ .‬וזֶה‬
‫בֹוּה ִמן‬ ‫סֹובב‪ְ .‬והּוא ָּג ַ‬
‫ֵ‬
‫ֵ‬
‫ַא ָּמה‬
‫ִנ ְק ָרא‬
‫ֵר‬‫ְׁשהּוא אֹומ‬ ‫ֵה‪ּ ,‬כ ֶ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ּתים ע ְ‬ ‫ׁש ֵ‬
‫ַל ְ‬ ‫ֵה ע‬ ‫ֶׂשר‬
‫ּתים ע ְ‬ ‫ׁש ֵ‬
‫ָא ְ‬ ‫אּל‬‫ֵינֹו ֶ‬ ‫ׁשא‬
‫יָכֹול ֶ‬
‫ַה ְיסֹוד ָח ֵמׁש ַאּמֹות‪ְ .‬ו ַה ְינּו‬
‫ׁשהּוא ִמ ְת ַק ֵּצר ִמן‬ ‫ּכֹונֵס ַא ָּמה‪ֶ ,‬‬
‫ּתים‬‫ׁש ֵ‬
‫ֵד ְ‬ ‫ַע הּוא מֹוד‬ ‫מצ‬‫אְ‬ ‫הֶ‬‫ִן ָ‬‫ׁשּמ‬
‫ֵד ֶ‬ ‫לּמ‬ ‫מַ‬‫ָיו‪ְ ,‬‬ ‫בע‬ ‫רָ‬‫ַת ְ‬ ‫ּבע‬‫רַ‬‫אְ‬ ‫ֶל ַ‬ ‫(שם) א‬
‫רּוח‪ְ .‬וחֹוזֵר‬
‫ׁשהּוא‬
‫ַ‬
‫יׁשי ֶ‬
‫ַה ְיסֹוד ַא ָּמה ְל ָכל‬
‫ּומ ִביא ְּדפּוס ְׁש ִל ִ‬ ‫ֵ‬
‫ִיל‬‫בּד‬
‫ְה ְ‬‫ַע‪ ,‬ל ַ‬‫מצ‬ ‫אְ‬ ‫בֶ‬ ‫ָא חֹוגְרֹו ָ‬ ‫קר‬ ‫סְ‬
‫ׁשל ִ‬ ‫ַ‪ .‬וְחּוט ֶ‬ ‫ָל רּוח‬ ‫לכ‬‫ָה ְ‬ ‫אּמ‬‫ֵה ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫עְ‬
‫ּוׁשמֹנֶה ַא ָּמה ַעל‬
‫בֹוּה‬
‫ּוׁשמֹנֶה ַא ָּמה‪ָּ ,‬ג ַ‬
‫ְ‬ ‫ֶע ְׂש ִרים‬
‫ֶע ְׂש ִרים ְ‬
‫ְֵך‬
‫ְהּל‬
‫היָה מ ַ‬ ‫ְהיְסֹוד ָ‬ ‫ְּתֹונִים‪ .‬ו ַ‬ ‫ּתח‬‫הַ‬‫ִים ַ‬ ‫ּדמ‬‫לָ‬‫ְיֹונִים ַ‬ ‫על‬‫הֶ‬ ‫ִים ָ‬ ‫ּדמ‬‫הָ‬
‫ֵין ַ‬ ‫ּב‬
‫ּסֹובב‪,‬‬
‫ּונ ָתנֹו ַעל ַה ֵ‬ ‫ָׁשֹלׁש ַאּמֹות‪ְ ,‬‬
‫ּומ ַמ ְּלאוֹ ָּכ ִראׁשֹון‪ְ ,‬וזֶהּו ְמקֹום‬ ‫ְ‬
‫ַת‪,‬‬‫אח‬ ‫ָה ַ‬ ‫אּמ‬‫ָרֹום ַ‬ ‫ּבּד‬
‫ֵל ַ‬ ‫ָב‪ ,‬וְאֹוכ‬ ‫ער‬‫ּמ ֲ‬
‫הַ‬ ‫ָל ַ‬ ‫ּפנֵי כ‬‫ַל ְ‬ ‫ָפֹון וְע‬ ‫הּצ‬
‫ָל ַ‬ ‫ּפנֵי כ‬
‫ַל ְ‬ ‫ע‬
‫ׁשל‬ ‫ׁשהּוא רֹאׁשֹו ֶ‬
‫ּבֹולט‬
‫ֵ‬
‫ַה ַּמ ֲע ָר ָכה ֶ‬
‫ִמ ְז ֵּב ַח‪ִ .‬נ ְמ ָצא ַה ְיסֹוד‬
‫ָת‪:‬‬ ‫אח‬‫ָה ֶ‬ ‫אּמ‬‫ָח ַ‬ ‫ּמזְר‬
‫בִ‬‫ּו ַ‬
‫ּסֹובב ַא ָּמה ְל ָכל‬ ‫יֹוצא ִמן ַה ֵ‬ ‫ְו ֵ‬
‫ּומ ַמ ְּלאוֹ‪ְ ,‬והּוא ֶק ֶרן ַה ִּמ ְז ֵּב ַח‪.‬‬ ‫ָוית ַה ִּמ ְז ֵּב ַח ְ‬ ‫ּונ ָתנֹו ַעל ז ִ‬ ‫בֹוּה ַא ָּמה ְ‬ ‫ּבֹולט ִמן ְמקֹום ַמ ֲע ָר ָכה ַא ָּמה ְל ָכל ַצד‪ְ .‬ו ַא ַחר ָּכְך ֵמ ִביא ְּדפּוס ַא ָּמה ַעל ַא ָּמה ָּג ַ‬ ‫ּסֹובב ֵ‬ ‫ַצד‪ְ ,‬ו ַה ֵ‬
‫יחין ַא ָּמה ָּפנּוי ִמ ְּמקֹום ַה ְּק ָרנֹות ְו ִל ְפ ִנים ְל ִהּלּוְך‬ ‫הֹלְך ֵּבין ַה ְּק ָרנֹות‪ֶ ,‬א ָּלא ַמ ִּנ ִ‬ ‫יכים ַל ֲ‬‫ֹה ִנים ְצ ִר ִ‬‫ׁשֹּלא ִי ְהיּו ַהּכ ֲ‬ ‫ֹה ִנים‪ֶ .‬‬‫ָוּיֹות‪ְ :‬מקֹום ִהּלּוְך ַר ְג ֵלי ַהּכ ֲ‬ ‫ְו ֵכן ְל ַא ְר ַּבע ז ִ‬
‫ּומקֹום ִהּלּוְך‬ ‫ּומקֹום ַה ְּק ָרנֹות ְ‬ ‫סֹובב ְ‬ ‫ׁשל ְיסֹוד ְו ֵ‬ ‫עֹולה ֶ‬ ‫ּוׁשמֹנֶה‪ְ .‬וכֹונֵס ְו ֶ‬ ‫ּוׁשמֹנֶה ַעל ֶע ְׂש ִרים ְ‬ ‫ימי ְׁשֹלמֹה‪ֹ :‬לא ָהיָה ֶא ָּלא ֶע ְׂש ִרים ְ‬ ‫ֹה ִנים‪ִ :‬מ ְּת ִח ָּלה‪ִּ .‬ב ֵ‬ ‫ַר ְג ֵלי ַהּכ ֲ‬
‫ֹלׁשים‬ ‫ּוׁש ַּת ִים ַעל ְׁש ִ‬ ‫ֹלׁשים ְ‬ ‫הֹוסיפּו ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ְוכוּ'‪ִ .‬נ ְמ ָצא ְיסֹודֹו ְׁש ִ‬ ‫ּגֹולה ְו ִ‬ ‫ׁש ָעלּו ְבנֵי ַה ָ‬ ‫ּוכ ֶ‬
‫ׁש ִּנ ְׁש ָאר ְמקֹום ַה ַּמ ֲע ָר ָכה ֶע ְׂש ִרים ַעל ֶע ְׂש ִרים‪ְ :‬‬ ‫ֹה ִנים ַעד ֶ‬ ‫ַר ְג ֵלי ַהּכ ֲ‬
‫ׁשי‬‫ּומקֹום ַמ ֲע ַר ְכּתֹו ֶע ְׂש ִרים ְו ַא ְר ַּבע ַעל ֶע ְׂש ִרים ְו ַא ְר ַּבע‪ַ :‬א ְר ַּבע ַאּמֹות ִמן ַה ָּדרֹום ְו ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ִמן ַה ַּמ ֲע ָרב‪ָ .‬ג ְר ִסינַן‪ְ .‬ו ָה ִכי ַמ ְי ֵתי ַלּה ִּב ְז ָב ִחים ֶּפ ֶרק ָק ְד ֵ‬ ‫ּוׁש ַּת ִים‪ְ ,‬‬‫ְ‬
‫הֹוסיפּו ִל ְמׁשְֹך ַה ִּמ ְז ֵּב ַח‬ ‫ּיֹור ִדין ָּב ֶהן ַה ְּנ ָס ִכים‪ִ ,‬‬ ‫ׁש ְ‬ ‫יתין ְּד ַה ְינוּ ַה ְּנ ָק ִבים ֶ‬ ‫ׁש ָּלנּו‪ְ .‬ו ָה ָתם ְמ ָפ ֵרׁש ְּד ִמּׁשּום ִׁש ִ‬ ‫פּוכה ֶ‬ ‫ה ָ‬ ‫ׁשהּוא ְּכ ִמין נּו"ן ֲ‬ ‫ָנית ֶ‬ ‫ימל ְיו ִ‬ ‫ָק ָד ִׁשים‪ְּ :‬כ ִמין ַּג ָּמא‪ִּ .‬ג ֶ‬
‫רֹומית ַמ ֲע ָר ִבית ָהיּו‬ ‫ַּס ִכים ַעל ַּג ֵּבי ַה ִּמ ְז ֵּב ַח ְּב ֶק ֶרן ְּד ִ‬ ‫ׁש ָהיּו ְמנ ְ‬ ‫ּוכ ֶ‬
‫ׁשֹּלא ְי ֵהא ָחלּול‪ְ ,‬‬ ‫א ָד ָמה ֶ‬
‫א ָד ָמה‪ָ ,‬אטּום ַּכ ֲ‬ ‫ימי ְׁשֹלמֹה ָּד ְרׁשּו‪ִ ,‬מ ְז ַּבח ֲ‬ ‫ַל ָּדרֹום ְו ַל ַּמ ֲע ָרב‪ְּ .‬ד ֵמ ִע ָּק ָרא ִּב ֵ‬
‫הֹוסיפּו‬ ‫ּגֹולה ִ‬ ‫ּובנֵי ַה ָ‬ ‫רֹומית ַמ ֲע ָר ִבית ָסמּוְך ַל ִּמ ְז ֵּב ַח‪ְ ,‬וֹלא ָהיָה ְּבתֹוְך ַה ִּמ ְז ֵּב ַח‪ְ .‬‬ ‫ׁש ָהיָה ָּכרּוי ָׁשם ֵא ֶצל ֶק ֶרן ְּד ִ‬ ‫ׁשֹות ִתים ַלּבֹור ֶ‬ ‫יֹור ִדין ִמן ַה ִּמ ְז ֵּב ַח ָל ִר ְצ ָּפה ְו ְ‬ ‫ַה ְּנ ָס ִכים ְ‬
‫ילה‪ָ ,‬מה‬ ‫א ִכ ָ‬ ‫אֹומ ִרים ְׁש ִתּיָה ַּכ ֲ‬ ‫ְ‬ ‫ׁש ֵהם ָהיּו‬ ‫ירד ָׁשם ַה ְּנ ָס ִכים‪ֶ .‬‬ ‫ֶגּדֹו ֵל ֵ‬‫ּופ ְתחּו ְנ ָק ִבים ְלרֹאׁש ַה ִּמ ְז ֵּב ַח ְּכנ ְ‬ ‫ׁש ָהיָה אֹותֹו ּבֹור ָקלּוט ְלתֹוְך ַה ִּמ ְז ֵּב ַח‪ָ ,‬‬ ‫ְּב ִב ְניַן ַה ִּמ ְז ֵּב ַח ַעד ֶ‬
‫ׁש ְּי ֵהא ְמ ֻח ָּבר‬ ‫ׁשי ֵליּה ֶ‬ ‫א ָד ָמה‪ָּ ,‬ד ְר ֵ‬ ‫ּוק ָרא ְּד ִמ ְז ַּבח ֲ‬ ‫ׁש ִּנ ְׂש ָר ִפים ַעל ַּג ֵּבי ִמ ְז ֵּב ַח‪ַ ,‬אף ְׁש ִתּיָה ְּד ַה ְינוּ ְנ ָס ִכים ִּת ָּב ַלע ַּב ִּמ ְז ֵּב ַח‪ְ .‬‬ ‫ילה ִמ ְת ַע ֶּכ ֶלת ַּב ִּמ ְז ֵּב ַח‪ְּ ,‬ד ַה ְינוּ ַה ָּק ְר ָּבנֹות ֶ‬ ‫א ִכ ָ‬ ‫ֲ‬
‫ׁש ֶּל ָע ִתיד ָלבֹא‪:‬‬ ‫ׁש ִני ְו ֶ‬ ‫ַּבא ַעל ִמ ַּדת ַּב ִית ֵ‬ ‫ׁש ָהיָה ִמ ְתנ ֵ‬ ‫יח ְז ֵקאל [מג] ֶ‬ ‫יאל‪ִ .‬מ ְק ָרא הּוא ִּב ֶ‬ ‫א ִר ֵ‬‫ֶא ַמר ְו ָה ֲ‬ ‫ׁשּנ ֱ‬ ‫ׁשֹּלא ִי ְבנֶּנוּ ַעל ַּג ֵּבי ֵּכ ִפים ְוֹלא ַעל ַּג ֵּבי ְמ ִחּלֹות‪ֶ :‬‬ ‫א ָד ָמה‪ֶ ,‬‬ ‫ָּב ֲ‬
‫רּוח‪ְ ,‬ו ַה ְינּו‬
‫מֹודד ְׁש ֵּתים ֶע ְׂש ֵרה ַא ָּמה ְל ָכל ַ‬ ‫ׁש ֵּמ ֶא ְמ ָצ ִעיתוֹ ֵ‬ ‫יאל ְׁש ֵּתים ֶע ְׂש ֵרה‪ִ .‬מּדֹות ְמקֹום ַה ַּמ ֲע ָר ָכה ָק ָא ַמר ְׁש ֵּתים ֶע ְׂש ֵרה‪ֶ :‬אל ַא ְר ַּב ַעת ְר ָב ָעיו‪ְ .‬מ ַל ֵּמד ֶ‬ ‫א ִר ֵ‬‫ְו ָה ֲ‬
‫ׁשל ָּג ְבהֹו‪ְּ ,‬ד ַה ְינוּ ַא ָּמה‬ ‫חֹוגרֹו ָב ֶא ְמ ַצע‪ .‬חּוט ָאדֹם ָהיָה ָעׂשּוי ָס ִביב ַל ִּמ ְז ֵּב ַח ְּב ֶא ְמ ָצעֹו ְלסֹוף ָח ֵמׁש ַאּמֹות ֶ‬ ‫ֶע ְׂש ִרים ְו ַא ְר ַּבע ַעל ֶע ְׂש ִרים ְו ַא ְר ַּבע‪ְ :‬וחּוט ַה ִּס ְק ָרא ְ‬
‫ּתֹונים‪ְ .‬ל ָכל‬ ‫ׁש ָּד ָמן ִנ ְז ָרק ְל ַמ ְע ָלה ִמחּוט ַה ִּס ְק ָרא‪ַ :‬ל ָּד ִמים ַה ַּת ְח ִ‬ ‫עֹולת ָהעֹוף ֶ‬ ‫יֹונים‪ַ .‬ח ַּטאת ְּב ֵה ָמה ְו ַ‬ ‫סֹובב‪ְ :‬ל ַה ְב ִּדיל ֵּבין ָּד ִמים ָה ֶע ְל ִ‬ ‫ׁשל ֵ‬ ‫ַא ַחת ְל ַמ ָּטה ֵמ ֶע ְליֹונוֹ ֶ‬
‫ָמין‪ ,‬חּוץ ֵמ ַא ָּמה ַא ַחת ַעל ְּפנֵי א ֶֹרְך ַה ָּדרֹום‬ ‫ׁשל ִּב ְני ִ‬ ‫אֹוכל ַּב ָּדרֹום ַא ָּמה ַא ַחת כוּ'‪ַ .‬ה ִּמ ְז ֵּב ַח ֻּכּלֹו ָהיָה ְּב ֶח ְלקֹו ֶ‬ ‫יקת ָּד ָמן ְל ַמ ָּטה ִמן ַהחּוט‪ְ :‬ו ֵ‬ ‫ׁש ְּז ִר ַ‬
‫ְׁש ָאר ָק ְר ָּבנֹות ֶ‬
‫פֹונית‬ ‫יע ְל ֶק ֶרן ִמ ְז ָר ִחית ְצ ִ‬ ‫ׁש ַּמ ִּג ַ‬
‫ׁש ְּכ ֶ‬‫ׁש ַּב ִּמ ְז ָרח ַעל ְּפנֵי ָּכל ַה ִּמ ְז ָרח‪ֶ ,‬‬ ‫ׁשֹּלא ָה ְי ָתה ַא ָּמה ֶ‬ ‫הּודה‪ֶ ,‬א ָּלא ֶ‬ ‫ׁשל ְי ָ‬ ‫ּתֹופס ֵמ ֶח ְלקֹו ֶ‬‫ׁש ָהיָה ֵ‬ ‫ְו ַא ָּמה ַא ַחת ַעל ְּפנֵי א ֶֹרְך ַה ִּמ ְז ָרח ֶ‬
‫רֹומית ַמ ֲע ָר ִבית ָה ְי ָתה ֻּכ ָּלּה ָסמּוְך‬ ‫יע ְל ֶק ֶרן ְּד ִ‬ ‫ׁש ַּמ ִּג ַ‬‫ׁש ְּכ ֶ‬‫רֹומית ֹלא ָה ְי ָתה ְמ ַה ֶּל ֶכת ַעל ְּפנֵי ָּכל ַה ָּדרֹום‪ֶ ,‬‬ ‫ילת ָה ַא ָּמה ַה ְּד ִ‬ ‫א ִכ ַ‬ ‫ָה ְי ָתה ֻּכ ָּלּה ְּבתֹוְך ַא ָּמה ַל ֶּק ֶרן‪ְ ,‬ו ֵכן ֲ‬
‫ָמין ְז ֵאב‬ ‫ַעקֹב ֶאת ִּב ְני ִ‬ ‫ׁש ֵּב ַרְך י ֲ‬ ‫ּול ִפי ֶ‬ ‫הּודה‪ְ .‬‬ ‫ׁשל ְי ָ‬ ‫רֹומית ִמ ְז ָר ִחית ִּב ְל ַבד ָה ְי ָתה ְּב ֶח ְלקֹו ֶ‬ ‫ָמין‪ְ ,‬ו ֶק ֶרן ְּד ִ‬ ‫ׁשל ִּב ְני ִ‬ ‫ַל ֶּק ֶרן ַא ָּמה‪ְ .‬ו ִנ ְמ ְצאּו ְׁשֹלׁש ַק ְרנֹות ַה ִּמ ְז ֵּב ַח ְּב ֶח ְלקֹו ֶ‬
‫יכְך ֹלא ָעׂשּו ְיסֹוד ַל ִּמ ְז ֵּב ַח ְּב ֶק ֶרן‬ ‫ָמין‪ְ ,‬ל ִפ ָ‬ ‫ׁשל ִּב ְני ִ‬ ‫ּוב ַא ֲח ַס ְנ ֵּתיהּ ִי ְת ְּבנֵי ַמ ְק ְּד ָׁשא‪ָּ ,‬ד ָבר ַה ְמ ֻק ָּדׁש ַל ָּד ִמים ֹלא ְי ֵהא ֶא ָּלא ְּב ֶח ְלקֹו ֶ‬ ‫ּומ ַת ְר ְג ִמינַן ְ‬
‫ֹאכל ַעד ְ‬ ‫ִי ְט ָרף ַּבּב ֶֹקר י ַ‬
‫א ָב ִנים ְו ִסיד‬ ‫עֹוׂשים ְּדפּוס ְמ ֻר ָּבע ַל ְיסֹוד ְל ַמ ְּלאֹותֹו ֲ‬ ‫ִ‬ ‫ׁש ָהיּו‬
‫ּוכ ֶ‬
‫טֹורף‪ְ ,‬וֹלא ָהיּו ָד ִמים ִנ ָּת ִנים ְל ַמ ָּטה ְּבאֹותֹו ֶק ֶרן‪ְ .‬‬ ‫ׁשל ֵ‬ ‫ׁשֹּלא ָה ְי ָתה ְּב ֶח ְלקֹו ֶ‬ ‫רֹומית ִמ ְז ָר ִחית‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬ ‫ְּד ִ‬
‫ׁשֹומ ִטין ָה ֵעץ ְו ִנ ְׁש ַאר‬ ‫ְ‬ ‫ָוית ַה ִהיא‪ְ ,‬ו ַא ַחר ָּכְך‬ ‫ׁשֹּלא ִּת ְת ַמ ֵּלא ַהּז ִ‬ ‫רֹומית ִמ ְז ָר ִחית‪ְּ ,‬כ ֵדי ֶ‬ ‫ׁשל ְּד ִ‬ ‫ָוית ֶ‬ ‫ימים ֵעץ אֹו ָּכל ָּד ָבר ְּבאֹותֹו ז ִ‬ ‫א ַמ ַרן‪ָ ,‬היּו ְמ ִׂש ִ‬ ‫עֹופ ֶרת ְּכ ַד ֲ‬
‫ֶפת ְו ֶ‬ ‫ְוז ֶ‬
‫ּׁש ֵאין ֵּכן ַּב ְיסֹוד‪:‬‬ ‫סֹובב ֶאת ָּכל ַה ְּק ָרנֹות‪ַ ,‬מה ֶ‬ ‫ׁשהּוא ַמ ִּקיף ְו ֵ‬ ‫סֹובב‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ׁשל ִמ ְז ֵּב ַח ֵ‬ ‫ּומ ְּפנֵי זֶה ִנ ְק ָרא ַה ֵח ֶלק ָה ֶא ְמ ָצ ִעי ֶ‬ ‫אֹותֹו ֶק ֶרן ָּפנּוי ְּב ִלי ְיסֹוד‪ִ .‬‬

‫‪173‬‬
‫‪L U N D I‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.3 Mishna 2‬‬ ‫‪15 Shevat 5780‬‬
‫‪10 / 02 / 20‬‬
‫ִין‬
‫טמ‬‫חָ‬‫ׁשנֵי ֳ‬
‫ִין ְ‬
‫ּכמ‬
‫ִים‪ְ ,‬‬ ‫קב‬
‫ׁשנֵי נְָ‬‫היּו ְ‬‫ִית ָ‬ ‫ְרֹומ‬‫ִית ּד‬‫רב‬‫עָ‬‫מֲ‬‫ֶן ַ‬‫קר‬‫בֶ‬‫ּו ְ‬ ‫רֹומית‪ְ .‬ל ַמ ָּטה ָּב ַא ָּמה‬
‫ׁש ַה ָּד ִמים‬
‫ּוב ֶק ֶרן ַמ ֲע ָר ִבית ְּד ִ‬
‫ׁשל ְיסֹוד ָהיּו ְׁשנֵי ְנ ָק ִבים‪ֶ :‬‬
‫ְ‬
‫ֶ‬
‫ִי‪,‬‬
‫ְרֹומ‬
‫ַל יְסֹוד ּד‬‫ִי וְע‬
‫רב‬‫עָ‬
‫מֲ‬‫ַל יְסֹוד ַ‬ ‫ִּתנִין ע‬
‫הּנ ָ‬
‫ִים ַ‬ ‫ּדמ‬‫הָ‬
‫ׁש ַ‬
‫ִין‪ֶ ,‬‬‫ּדּק‬
‫ַ‬ ‫ַה ִּנ ָּת ִנים ַעל ְיסֹוד ַמ ֲע ָר ִבי‪ְּ .‬כגֹון ְׁשי ֵ‬
‫ָרי‬
‫ׁש ְּל ַא ַחר ָּכל‬
‫ימּיֹות‪ֶ ,‬‬ ‫ׁשל ַח ָּטאֹות ַה ְּפ ִנ ִ‬ ‫ַה ָּדם ֶ‬
‫ְרֹון‪:‬‬
‫קד‬‫ַל ִ‬‫לנַח‬
‫ִין ְ‬
‫צא‬‫ָה‪ ,‬וְיֹו ְ‬‫אּמ‬
‫ּב ַ‬
‫ִין ָ‬
‫רב‬ ‫עְ‬‫ִת ָ‬
‫ָהן ּומ ְ‬
‫ִין ּב ֶ‬
‫רד‬‫יֹו ְ‬ ‫ָרי ַה ָּדם ַעל ְיסֹוד‬
‫ׁשל‬‫ָרי ַה ָּדם ֶ‬
‫ׁשֹופְך ְׁשי ֵ‬
‫רֹומי‪ְׁ .‬שי ֵ‬
‫ֵ‬ ‫ַה ַּמ ָּתנֹות ָהיָה‬
‫ַמ ֲע ָר ִבי‪ְ :‬ו ַעל ְיסֹוד ְּד ִ‬
‫אֹותן ְנ ָק ִבים‪,‬‬
‫ָ‬ ‫יֹור ִדין‪ֶּ .‬ד ֶרְך‬
‫ְ‬ ‫יצֹונּיֹות‪:‬‬
‫ִח ִ‬
‫ַּבל ָּב ֶהן ֶאת ַה ַּק ְר ַקע‪:‬‬
‫אֹותן ִמן ַה ִּג ְז ָּב ִרים ְלז ֵ‬
‫קֹונים ָ‬
‫ּוב ֲע ֵלי ִּגּנֹות ָהיּו ִ‬
‫ַחל ִק ְדרֹון‪ַ .‬‬
‫יֹוצ ִאין ְלנ ַ‬
‫ּומ ָּׁשם ְ‬ ‫ָרה‪ִ ,‬‬ ‫ׁש ָּב ֲעז ָ‬
‫ּומ ְת ָע ְר ִבים ְּב ַא ַּמת ַה ַּמ ִים ֶ‬
‫ִ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.3 Mishna 3‬‬ ‫‪16 Shevat 5780‬‬
‫‪11 / 02 / 20‬‬
‫ָה‪,‬‬ ‫אּמ‬
‫ַל ַ‬ ‫ָה ע‬ ‫אּמ‬
‫ׁשם ַ‬
‫היָה ָ‬‫ָקֹום ָ‬‫ֶן‪ ,‬מ‬‫ּקר‬
‫הֶ‬ ‫ְאֹותּה ַ‬
‫ָה ּב ָ‬ ‫צפ‬‫רְ‬ ‫בִ‬‫ָה ָ‬ ‫מּט‬
‫לַ‬‫ְ‬ ‫ׁשּבֹו‬‫רֹומית‪ֶ :‬‬ ‫ׁשל ַמ ֲע ָר ִבית ְּד ִ‬
‫ׁש ַּת ַחת ַה ִּמ ְז ֵּב ַח ְּכ ֶנגֶד‬
‫ְּבאֹותֹו ַה ֶּק ֶרן‪ֶ .‬‬
‫יֹור ִדין ַל ִּׁשית‪ֶ .‬ל ָח ָלל ֶ‬‫ְ‬
‫ִין‬‫רד‬‫ׁשּבֹו יֹו ְ‬
‫ָּה‪ֶ ,‬‬‫ָה ב‬ ‫ְבּוע‬‫ְתה ק‬‫הי ָ‬
‫ַת ָ‬ ‫ּבע‬
‫טַ‬ ‫ׁשיִׁש‪ ,‬וְַ‬
‫ׁשל ַ‬‫ָא ֶ‬ ‫בל‬‫טְ‬‫וְַ‬ ‫ׁשל‬ ‫ְמקֹום ַה ְּנ ָס ִכים‪ְ :‬ו ֶכ ֶבׁש ָהיָה ִל ְדרֹומֹו ֶ‬
‫ׁש ָּפע ְו ָעׂשּוי ִמ ְדרֹון‬ ‫ֶׁשר ְמ ֻ‬‫ִמ ְז ֵּב ַח‪ְּ .‬כ ִמין ּג ֶ‬
‫ֹלׁשים‬
‫ׁש ִ‬ ‫ַ‪ְ ,‬‬ ‫ּבח‬
‫מזְֵ‬
‫ׁשל ִ‬‫ְרֹומֹו ֶ‬
‫לד‬‫היָה ִ‬‫ֶׁש ָ‬‫כב‬‫ִין אֹותֹו‪ .‬וְֶ‬
‫מנַּק‬‫ַּׁשית ּו ְ‬
‫לִ‬ ‫ׁשֹּלא ָהיָה‬
‫ֶא ַמר‬ ‫ׁשּנ ֱ‬
‫יֹור ִדין ִמן ַה ִּמ ְז ֵּב ַח‪ֶ .‬‬
‫עֹולין ְו ְ‬‫ִ‬
‫ֶא ְפ ָׁשר ַל ֲעלֹות לֹו ְּב ַמ ֲעלֹות ִמּׁשּום ֶ‬
‫ׁשּבֹו‬ ‫ֶ‬

‫ָבֹו‪,‬‬‫ער‬‫מֲ‬ ‫ּב ַ‬
‫ְתה לֹו ְ‬‫הי ָ‬
‫ָה ָ‬ ‫ְבּוב‬‫ֵה‪ּ ,‬ור‬‫ֶׂשר‬
‫ׁשׁש ע ְ‬ ‫ַב ֵ‬ ‫ַל רֹח‬ ‫ּתיִם ע‬‫ּוׁש ַ‬
‫ְ‬ ‫ֹלׁשים‬ ‫ְוֹלא ַת ֲע ֶלה ְּב ַמ ֲעלֹות ַעל ִמ ְז ְּב ִחי‪ְׁ :‬ש ִ‬
‫ּוׁש ַּת ִים‪ָ .‬א ְרּכֹו ָהיָה נָתּון ִמ ָּדרֹום ְל ָצפֹון‪,‬‬ ‫ְ‬
‫העֹוף‪:‬‬
‫ַאת ָ‬ ‫חּט‬
‫ֵי ַ‬‫ְסּול‬ ‫נֹותנִים ּפ‬
‫היּו ְ‬ ‫ּׁשם ָ‬‫ׁש ָ‬
‫ֶ‬ ‫ׁשׁש ֶע ְׂש ֵרה ַא ָּמה‪:‬‬ ‫ְו ָר ְחּבֹו ִמ ִּמ ְז ָרח ְל ַמ ֲע ָרב ֵ‬
‫בּובה‪ְּ .‬כ ִמין ַחּלֹון ָחלּול‪ְ .‬ו ַא ָּמה ַעל ַא ָּמה‬ ‫ּור ָ‬ ‫ְ‬
‫עֹומד‪:‬‬
‫ֵ‬ ‫ּוב ֶּכ ֶבׁש ַע ְצמֹו ְל ַמ ֲע ָרבֹו ָהיָה‬ ‫ָהיָה‪ַ ,‬‬
‫ֵצאּו ְל ֵבית ַה ְּׂש ֵר ָפה‪:‬‬
‫נֹותר ְו ַא ַחר ָּכְך י ְ‬
‫ידי ָ‬‫ׁשָּיבֹאוּ ִל ֵ‬ ‫סּולי ַח ַּטאת ָהעֹוף‪ֶ .‬‬
‫ׁש ִּי ְהיּו ָׁשם ַעד ֶ‬ ‫נֹות ִנים ְּפ ֵ‬
‫בּובה‪ְ ,‬לׁשֹון ְנבּוב לּוחֹות‪ְ :‬‬ ‫בּובה‪ְּ .‬כמֹו ְנ ָ‬ ‫ְר ָ‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.3 Mishna 4‬‬ ‫‪17 Shevat 5780‬‬
‫‪12 / 02 / 20‬‬
‫ֶם‪.‬‬ ‫ּכר‬
‫ֵית ָ‬ ‫ַת ּב‬ ‫קע‬‫ּב ְ‬
‫מִ‬ ‫ַ‪ִ ,‬‬‫ּבח‬‫ּמזְֵ‬
‫הִ‬ ‫בנֵי ַ‬ ‫אְ‬ ‫ָד ַ‬ ‫אח‬‫ֶׁש וְ ֶ‬‫ּכב‬
‫הֶ‬ ‫בנֵי ַ‬
‫אְ‬ ‫ָד ַ‬ ‫אח‬ ‫ֶ‬ ‫אֹותן‪ִ :‬מן‬
‫עֹולם‪:‬‬
‫יאים ָ‬ ‫ִמ ִּב ְק ַעת ֵּבית ָּכ ֶרם‪ָ .‬היּו ְמ ִב ִ‬
‫ׁשֹּלא ָח ְפרּו ָׁשם ֵמ ָ‬ ‫תּולה‪ַ .‬ק ְר ַקע ֶ‬ ‫ַה ְּב ָ‬
‫ֵמֹות‪,‬‬ ‫ׁשל‬
‫בנִים ְ‬ ‫אָ‬ ‫ִּׁשם ֲ‬
‫ִים מ ָ‬ ‫ִיא‬ ‫מב‬ ‫ָה‪ּ ,‬ו ְ‬‫ְתּול‬ ‫ֵהּב‬
‫ָה מ ַ‬ ‫מּט‬
‫לַ‬‫ִין ְ‬ ‫פר‬‫וְחֹו ְ‬ ‫א ָב ִנים‪ְּ ,‬ב ָכל ָּד ָבר‪.‬‬
‫אֹותן‪.‬‬
‫ָ‬ ‫ּומ ַל ְּב ִנים‬
‫ּפֹוס ֶלת ָּב ֲ‬
‫ֶ‬ ‫ימה‪.‬‬ ‫ְו ַה ְּפ ִג ָ‬
‫ַא ִפּלוּ ֹלא ִנ ְפ ְּגמּו ְּב ַב ְרזֶל‪ְ :‬‬ ‫וֲ‬
‫ָה‬ ‫פגִימ‬‫בְ‬‫ָה‪ּ .‬ו ִ‬ ‫ּבנְגִיע‬
‫ֵל ִ‬ ‫רזֶל ּפֹוס‬‫ּב ְ‬
‫הַ‬ ‫ׁש ַ‬
‫רזֶל‪ֶ ,‬‬ ‫ּב ְ‬
‫ֵיהן ַ‬
‫על ֶ‬ ‫ׁשֹּלא הּונַף ֲ‬ ‫ֶ‬ ‫אֹומר כוּ'‪ֹ .‬לא‬
‫לֹומר‬
‫ַ‬
‫ֵ‬
‫מֹוסיף‬
‫ִ‬
‫ַּב ִּסיד‪ַּ ,‬פ ֲע ַמ ִים ַּב ָּׁשנָה‪ַ :‬ר ִּבי‬
‫ָּפ ֵליג ַא ַּתּנָא ַק ָּמא‪ֶ ,‬א ָּלא‬
‫ְׁשרֹות‪.‬‬
‫ָן ּכ ֵ‬ ‫כּל‬‫ָה וְֻ‬ ‫ְסּול‬ ‫היא פ‬ ‫ֵהן‪ִ ,‬‬ ‫ַת מ ֶ‬ ‫אח‬‫ָה ַ‬ ‫פּגְמ‬
‫ָר‪ .‬נְִ‬‫ּדב‬‫ָל ָ‬ ‫לכ‬ ‫ְ‬ ‫אֹותן ְּב ַמ ָּפה‬
‫ִּד ְב ָכל ֶע ֶרב ַׁש ָּבת ָהיּו ְמ ַק ְּנ ִחים ָ‬
‫ִמ ְּפנֵי ַה ָּד ִמים‪ֹ :‬לא ָהיּו ָס ִדין אֹותֹו ְּב ָכ ִפים‪.‬‬
‫ָג‪.‬‬‫ּבח‬
‫ַת ֶ‬ ‫אח‬ ‫ַח וְ ַ‬ ‫ּפס‬
‫ּב ֶ‬
‫ַת ַ‬ ‫אח‬ ‫ַּׁשנָה‪ַ ,‬‬ ‫מיִם ּב ָ‬ ‫עַ‬‫ּפ ֲ‬
‫אֹותן ַ‬
‫ָ‬ ‫ּבנִים‬
‫לְ‬‫מַ‬ ‫ּו ְ‬ ‫ׁש ָהיּו‬‫ַא ִּמ ְל ֵתיהּ ְּד ַתּנָא ַק ָּמא ְמ ַה ַּדר‪ְּ ,‬כ ֶ‬
‫אֹותן ְּב ִסיד ַּפ ֲע ַמ ִים ַּב ָּׁשנָה‪ֹ ,‬לא ָהיּו‬ ‫ְמ ַל ְּב ִנים ָ‬
‫ָת‬ ‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬ ‫ער‬ ‫ָל ֶ‬ ‫ֵר‪ּ ,‬כ‬ ‫ִי אֹומ‬ ‫רּב‬
‫ַח‪ַ .‬‬ ‫ּפס‬‫ּב ֶ‬
‫ַת‪ַ ,‬‬ ‫אח‬‫ַם ַ‬ ‫ּפע‬
‫ָל‪ַ ,‬‬ ‫היכ‬‫ְה ֵ‬
‫וַ‬ ‫ילים‬ ‫ׁש ְר ִג ִ‬
‫ָאים ֶ‬ ‫ׁשל ַּבּנ ִ‬ ‫אֹותן ְּב ַכּפֹות ֶ‬ ‫ָ‬ ‫ָס ִדין‬
‫ָלסּוד ּבֹו‪:‬‬
‫אֹותן‬
‫ָ‬ ‫ִין‬
‫סד‬ ‫היּו ָ‬ ‫ִים‪ֹ .‬לא ָ‬ ‫ּדמ‬‫הָ‬ ‫ּפנֵי ַ‬ ‫מְ‬‫ָה ִ‬ ‫מּפ‬‫בַ‬‫ּבנִים אֹותֹו ְ‬ ‫לְ‬ ‫מַ‬ ‫ְ‬
‫ֵר‬ ‫קּצ‬
‫לַ‬‫ָא ְ‬ ‫בר‬‫רזֶל נְִ‬ ‫ּב ְ‬
‫הַ‬ ‫ׁש ַ‬
‫פסֹל‪ֶ ,‬‬ ‫ָא יִּגַע וְיְִ‬ ‫ׁשּמ‬
‫רזֶל‪ֶ ,‬‬‫ּב ְ‬
‫ׁשל ַ‬‫ִיס ֶ‬ ‫כפ‬ ‫ּב ָ‬
‫ְ‬
‫ֵינֹו‬‫ָם‪ ,‬א‬ ‫אד‬ ‫ׁשל ָ‬ ‫ָיו ֶ‬ ‫ִיְך יָמ‬‫אר‬ ‫ְה ֲ‬
‫ָא ל ַ‬ ‫בר‬ ‫ח נְִ‬‫ּב ַ‬
‫ּמזְֵ‬
‫ְה ִ‬
‫ָם‪ ,‬ו ַ‬ ‫אד‬‫ׁשל ָ‬ ‫ָיו ֶ‬ ‫יָמ‬
‫ִיְך‪:‬‬‫אר‬ ‫ּמ ֲ‬
‫הַ‬‫ַל ַ‬ ‫ֵר ע‬ ‫קּצ‬‫מַ‬
‫הְ‬ ‫ׁשּיּונַף ַ‬
‫ִין ֶ‬ ‫בד‬ ‫ַ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.3 Mishna 5‬‬ ‫‪18 Shevat 5780‬‬
‫‪13 / 02 / 20‬‬
‫ַע‬‫רּב‬
‫אְ‬‫ׁשל ַ‬ ‫ִים ֶ‬ ‫דר‬ ‫סָ‬ ‫ּׁשה ְ‬
‫ׁש ָ‬
‫ַ‪ִ ,‬‬
‫ּבח‬‫מזְֵ‬
‫ׁשל ִ‬ ‫ְפֹונֹו ֶ‬ ‫לצ‬ ‫היּו ִ‬
‫ָעֹות ָ‬ ‫טּב‬
‫וְַ‬ ‫ׁשל ִמ ְז ֵּב ַח‪ְ .‬ל ִפי‬ ‫ְו ַט ָּבעֹות ָהיּו ִּב ְצפֹונֹו ֶ‬
‫ּכֹופ ִתים ֶאת ַה ָּת ִמיד ְּכ ִד ְתנַן‬ ‫ְ‬ ‫ׁשֹּלא ָהיּו‬ ‫ֶ‬
‫ִין‬
‫חט‬‫ֵיהן ׁשֹו ֲ‬
‫על ֶ‬ ‫ׁש ֲ‬
‫ׁשׁש‪ֶ ,‬‬‫ׁשׁש ֵ‬ ‫ׁשל ֵ‬
‫ָה ֶ‬ ‫ּבע‬
‫רָ‬‫אְ‬ ‫ִים‪ַ ,‬‬ ‫מר‬ ‫ַע‪ ,‬וְיֵׁש אֹו ְ‬‫רּב‬‫אְ‬‫ַ‬ ‫יֹוחנָן ּכ ֵֹהן ָּגדֹול‬ ‫ְּב ַמ ֶּס ֶכת ָּת ִמיד‪ִ ,‬ה ְת ִקין ָ‬
‫ֶע ְׂש ִרים ְו ַא ְר ַּבע ַט ָּבעֹות ְל ֶע ְׂש ִרים ְו ַא ְר ָּב ָעה‬
‫ָיו‬
‫על‬‫ַ‪ ,‬וְָ‬
‫ּבח‬‫מזְֵ‬‫ׁשל ִ‬
‫ְפֹונֹו ֶ‬‫לצ‬‫היָה ִ‬‫חיִם ָ‬‫ּב ַ‬
‫טָ‬ ‫ּמ ְ‬
‫הִ‬‫ֵית ַ‬ ‫ָׁשים‪ּ .‬ב‬
‫ּקד ִ‬ ‫הֳ‬‫ֶת ַ‬ ‫א‬ ‫ִמ ְׁש ְמרֹות ְּכ ֻהּנָה‪ְ ,‬ו ָהיּו ְקבּועֹות ָּב ִר ְצ ָּפה‬
‫יסים ָּב ֶהן‬ ‫ׁש ָהיּו ַמ ְכ ִנ ִ‬ ‫ׁשת ֶ‬ ‫ֲעׂשּויֹות ְּכ ִמין ֶק ֶ‬
‫ָיֹות‬
‫קל‬‫אנְְ‬‫ֵיהן‪ ,‬וְ ֻ‬
‫ַל ּגַּב ֶ‬
‫ֶז ע‬‫אר‬‫ׁשל ֶ‬‫ִין ֶ‬‫ִיע‬
‫רב‬ ‫ִין‪ּ ,‬ו ְ‬
‫ִים נַּנָס‬‫ַּמּוד‬‫ׁשמֹנָה ע‬ ‫ְ‬ ‫נֹוע ִצים‬
‫ׁשל‬
‫יטה ְו ֲ‬ ‫ַצּוַאר ְּב ֵה ָמה ִּב ְׁש ַעת ְׁש ִח ָ‬
‫רֹאׁש ַה ַּט ַּב ַעת ָּב ָא ֶרץ‪ְ .‬ו ָהיּו ִל ְצפֹונֹו ֶ‬
‫ָד‬‫אח‬‫ָל ֶ‬ ‫לכ‬‫היּו ְ‬‫ִים ָ‬ ‫דר‬
‫סָ‬‫ֹלׁשה ְ‬
‫ּוׁש ָ‬
‫ָהם‪ְ ,‬‬ ‫ִין ּב ֶ‬ ‫ְבּוע‬ ‫היּו ק‬
‫רזֶל ָ‬ ‫ּב ְ‬
‫ׁשל ַ‬ ‫ֶ‬ ‫יט ָתן‬
‫ׁשל‬
‫ׁשי ָק ָד ִׁשים ְׁש ִח ָ‬
‫ּמּודים ֶ‬ ‫ָסים‪ַ .‬ע ִ‬
‫ׁש ָּק ְד ֵ‬
‫ּמּודים ַנּנ ִ‬
‫ִמ ְז ֵּב ַח‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ַּב ָּצפֹון‪ְׁ :‬שמֹנָה ַע ִ‬
‫ֵין‬
‫ׁשּב‬
‫ׁשיִׁש ֶ‬ ‫ׁשל ַ‬‫ָנֹות ֶ‬ ‫לח‬‫ׁש ְ‬
‫ַל ֻ‬ ‫ִין ע‬‫ְׁשיט‬
‫מפ ִ‬ ‫ִין‪ּ .‬ו ַ‬
‫ָהם ּתֹול‬ ‫ׁשּב ֶ‬
‫ָד‪ֶ ,‬‬ ‫אח‬ ‫וְ ֶ‬ ‫ׁשל ֶא ֶרז‪ֲ .‬ח ִתיכֹות‬
‫ּמּודים‪:‬‬
‫יעין ֶ‬
‫ׁשל ֶא ֶרז ָהיּו ַעל ָה ַע ִ‬
‫ּור ִב ִ‬‫מּוכין‪ְ :‬‬
‫ֶא ֶבן ְנ ִ‬
‫ְמ ֻר ָּבעֹות ֶ‬
‫ִים‪:‬‬ ‫ַּמּוד‬ ‫הע‬‫ָ‬ ‫ְו ֻא ְנ ְק ָליֹות‪ְּ .‬כ ֵעין ַמ ְז ְלגֹות‪ ,‬אנציני"ש‬
‫ׁ‬
‫ׁשל‬ ‫יעין ֶ‬ ‫אֹותן ְר ִב ִ‬ ‫בּועין‪ְּ .‬ב ָ‬ ‫ְּב ַל ַע"ז‪ָ :‬היּו ְק ִ‬
‫ֹלׁשה ְס ָד ִרים‪.‬‬ ‫ּוׁש ָ‬ ‫תֹולין ָּב ֶהן ַה ְּב ֵה ָמה‪ְ :‬‬
‫ֶא ֶרז‪ְ ,‬ו ִ‬
‫ׁש ַה ַּׁש ִיׁש ְמ ָק ֵרר‬
‫יחין ַה ְּק ָר ַב ִים‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫יהן ְמ ִד ִ‬ ‫ׁש ִיׁש‪ֶ .‬‬
‫ׁש ֲע ֵל ֶ‬ ‫ׁשל ַ‬
‫ׁש ְל ָחנֹות ֶ‬
‫דֹולה אֹו ְק ַטּנָה‪ַ :‬על ֻ‬
‫יכת ֵעץ‪ִ ,‬ל ְתלֹות ְּב ֵה ָמה ְּג ָ‬
‫ׁשל ֻא ְנ ְק ָליֹות זֹו ְל ַמ ְע ָלה ִמּזֹו ָהיּו ְּב ָכל ֲח ִת ַ‬ ‫ֶ‬
‫יח‪:‬‬
‫ַס ִר ַ‬ ‫ׁשֹּלא י ְ‬ ‫ׁשֹומר ַה ָּב ָׂשר ֶ‬
‫ּומ ַצּנֵן ְו ֵ‬
‫ְ‬

‫‪174‬‬
‫‪VENDREDI‬‬
‫‪19 Shevat 5780‬‬
‫‪14 / 02 / 20‬‬
‫‪Ch.3 Mishna 6‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫ָה ִכי ָג ְר ִסינַן רּום ַמ ֲע ָלה ֲח ִצי‬


‫ַא ָּמה ְו ִׁש ְל ָחּה ַא ָּמה‪ַ ,‬א ָּמה‬
‫ָם‬‫האּול‬‫ֵין ָ‬
‫ָרֹום‪ּ .‬ב‬
‫הּד‬‫ֵי ַ‬
‫לּפ‬
‫ּכ ַ‬
‫ָׁשּוְך ְ‬‫ַ‪ּ ,‬ומ‬
‫ּבח‬
‫ּמזְֵ‬
‫לִ‬‫ָם וְַ‬
‫האּול‬ ‫ֵין ָ‬‫היָה ּב‬
‫ִּיֹור ָ‬
‫הּכ‬
‫ַ‬
‫ַא ָּמה ְור ֶֹבד ָׁשֹלׁש‪ַ ,‬א ָּמה‬
‫ַא ָּמה ְור ֶֹבד ָׁשֹלׁש‪ָ ,‬ה ֶע ְליֹונָה‬
‫ׁשם‪,‬‬
‫היּו ָ‬‫ֲלֹות ָ‬‫מע‬‫ֵה ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ּתים ע ְ‬ ‫ּוׁש ֵ‬
‫ָה‪ְ .‬‬ ‫אּמ‬‫ּתיִם ַ‬‫ּוׁש ַ‬
‫ִים ְ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ַ‪ ,‬ע ְ‬‫ּבח‬
‫ּמזְֵ‬
‫לִ‬‫וְַ‬
‫ַא ָּמה ַא ָּמה ְור ֶֹבד ַא ְר ַּבע‪ַ .‬ר ִּבי‬
‫אֹומר ָה ֶע ְליֹונָה ַא ָּמה‬ ‫ֵ‬ ‫הּודה‬
‫ְי ָ‬
‫ׁשֹלׁש‪,‬‬
‫ֶד ָ‬ ‫ָה וְרֹב‬‫אּמ‬‫ָה ַ‬ ‫אּמ‬
‫ָה‪ַ .‬‬ ‫אּמ‬‫ָּה ַ‬ ‫לח‬‫ְׁש ְ‬
‫ָה‪ ,‬ו ִ‬‫אּמ‬‫ִי ַ‬‫חצ‬‫ָה ֲ‬ ‫על‬‫מֲ‬‫רּום ַ‬
‫ַא ָּמה ְור ֶֹבד ָח ֵמׁש‪ָּ .‬כְך ָּכ ַתב‬
‫ֻס ָחאֹות‬ ‫ׁש ָּמ ָצא ְּבנ ְ‬ ‫ַר ִּבי ָּברּוְך ֶ‬
‫ִי‬
‫רּב‬
‫ַע‪ַ .‬‬‫רּב‬
‫אְ‬‫ֶד ַ‬‫ָה וְרֹב‬‫אּמ‬
‫ָה ַ‬ ‫אּמ‬
‫ְיֹונָה‪ַ ,‬‬‫על‬
‫ְה ֶ‬
‫ׁשֹלׁש‪ .‬ו ָ‬
‫ֶד ָ‬ ‫ָה וְרֹב‬‫אּמ‬
‫ָה ַ‬ ‫אּמ‬‫וְ ַ‬
‫רּוׁשּה‪,‬‬
‫ְי ָׁשנֹות ְמ ֻדּיָקֹות‪ְ .‬ו ָה ִכי ֵּפ ָ‬
‫רּום‪ּ ,‬ג ַֹבּה ַה ַּמ ֲע ָלה‪ֲ ,‬ח ִצי ַא ָּמה‪,‬‬
‫ֵׁש‪:‬‬
‫חמ‬‫ֶד ָ‬ ‫ָה וְרֹב‬‫אּמ‬‫ָה ַ‬ ‫אּמ‬‫ְיֹונָה‪ַ ,‬‬
‫על‬‫הֶ‬‫ֵר‪ָ ,‬‬ ‫ָה אֹומ‬‫יְהּוד‬
‫ׁש ָהיּו ֻּכ ָּלן‪ְ :‬ו ִׁש ְל ָחּה‪ְּ .‬ד ַה ְינוּ‬
‫ְּכמֹו ֶ‬
‫ׁשֹלׁש‪ַ .‬מ ֲע ָלה‬ ‫יׁשית‪ָּ ,‬כל ַא ַחת ָהיָה ִׁש ְל ָחּה ַא ָּמה‪ְ ,‬ו ַה ְינּו ַא ָּמה ַא ָּמה ְּד ָק ָתנֵי‪ְ :‬ור ֶֹבד ָ‬ ‫ּוׁש ִל ִ‬
‫ּומ ֲע ָלה ְׁש ִנּיָה ְ‬
‫ׁשּזֶהּו ִמ ְד ַרְך ָה ֶרגֶל‪ָ ,‬היָה ַא ָּמה‪ַ .‬‬ ‫ׁשְך ר ַֹחב ַה ַּמ ֲע ָלה‪ֶ ,‬‬‫ֶמ ֶ‬
‫ׁש ָה ִר ְצ ָּפה ָה ְי ָתה ְר ָח ָבה‬ ‫ָרה‪ְ .‬ל ִפי ֶ‬ ‫ׁש ָּב ֲעז ָ‬
‫יעי ֶ‬
‫ׁשל ֶא ֶבן‪ַ ,‬על ָהר ֶֹבד ָה ְר ִב ִ‬ ‫ׁשל ִר ְצ ָּפה‪ְּ ,‬כמֹו ֻמ ָּקף ְר ָב ִדים ֶ‬ ‫ׁשּורה ֶ‬
‫יעית ָהיָה ָר ְח ָּבּה ָׁשֹלׁש ַאּמֹות‪ְ .‬ור ֶֹבד ְּד ָק ָתנֵי‪ַ ,‬ה ְינּו ָ‬‫ְר ִב ִ‬
‫יׁשית ְו ִׁש ִּׁשית‪ָּ ,‬כל ַא ַחת ָהיָה‬ ‫לֹומר ַמ ֲע ָלה ֲח ִמ ִ‬‫ׁשּורת ָה ִר ְצ ָּפה‪ְ :‬ו ַא ָּמה ַא ָּמה‪ְּ .‬כ ַ‬ ‫ַ‬ ‫לֹומר‬ ‫ּומּׁשּום ָה ִכי ֹלא ָא ַמר ִׁש ְל ָחּה ָׁשֹלׁש‪ֶ ,‬א ָּלא ר ֶֹבד ָׁשֹלׁש‪ְּ ,‬כ ַ‬ ‫ְּבֹלא ַמ ֲע ָלה‪ִ ,‬‬
‫ׁשל ְׁש ֵּתים‬ ‫ׁש ִהיא ַה ַּמ ֲע ָלה ֶ‬ ‫יעית ָהיָה ָר ְח ָּבּה ָׁשֹלׁש ַאּמֹות‪ָ :‬ה ֶע ְליֹונָה ַא ָּמה ַא ָּמה ְור ֶֹבד ַא ְר ַּבע‪ֵּ .‬פרּוׁש‪ַ ,‬ה ַּמ ֲע ָלה ָה ֶע ְליֹונָה ֶ‬ ‫ׁשֹלׁש‪ַ .‬מ ֲע ָלה ְׁש ִב ִ‬
‫ִׁש ְל ָחּה ַא ָּמה‪ְ :‬ור ֶֹבד ָ‬
‫אּולם‪ִ .‬נ ְמ ְצאּו ָּכל ַה ַּמ ֲעלֹות ְּת ַׁשע ֶע ְׂש ֵרה ַאּמֹות‬ ‫ׁש ָהיָה ְל ָכל ַא ַחת ַא ָּמה‪ַ ,‬ה ַּמ ֲע ָלה ָה ֶע ְליֹונָה ָה ְי ָתה ְר ָח ָבה ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ַעד ָה ָ‬ ‫ֶע ְׂש ֵרה ְל ַא ַחר ַא ְר ַּבע ַמ ֲעלֹות ֶ‬
‫אּולם ְו ַל ִּמ ְז ֵּב ַח‪ַ :‬ר ִּבי‬
‫ּוׁש ַּת ִים ַאּמֹות ֵּבין ָה ָ‬ ‫ה ֵרי ֶע ְׂש ִרים ְ‬‫ׁשל ִר ְצ ָּפה ֲח ָל ָקה ָהיָה ִמן ַה ִּמ ְז ֵּב ַח ַעד ְּת ִח ַּלת ַה ַּמ ֲעלֹות‪ֲ ,‬‬
‫אּולם‪ְ .‬ו ָׁשֹלׁש ַאּמֹות ר ַֹחב ֶ‬ ‫ִמן ָה ִראׁשֹונָה ַעד ָה ָ‬
‫ׁשל ִמ ְז ֵּב ַח ַמ ְת ִחילֹות ַה ַּמ ֲעלֹות‪:‬‬
‫אּולם‪ְּ .‬ד ָס ַבר ְלסֹוף ְׁש ֵּתי ַאּמֹות ֶ‬ ‫אֹומר ָה ֶע ְליֹונָה ְוכּו' ר ֶֹבד ָח ֵמׁש‪ַ .‬עד ָה ָ‬ ‫הּודה ֵ‬ ‫ְי ָ‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪21 Shevat 5780‬‬
‫‪16 / 02 / 20‬‬
‫‪Ch.3 Mishna 7‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫א ַמ ְל ְּת ָראֹות‪ .‬קֹורֹות‬


‫ילת‪.‬‬ ‫ׁשל ִמ ָ‬ ‫ּומ ֻכּיָרֹות‪ֶ :‬‬
‫ָח ֵמׁש ֲ‬
‫ְמ ֻצּיָרֹות ְ‬
‫ֵׁש‬‫חמ‬ ‫ָה‪ .‬וְ ָ‬
‫אּמ‬
‫ִים ַ‬‫ֶׂשר‬‫ְּבֹו ע ְ‬
‫רח‬‫ָה‪ ,‬וְָ‬
‫אּמ‬
‫ִים ַ‬ ‫ּבע‬‫רָ‬‫אְ‬‫ְהֹו ַ‬‫ָם‪ּ ,‬גָב‬
‫ׁשל אּול‬ ‫ִתחֹו ֶ‬
‫ּפ ְ‬
‫ׁש ְּג ֵד ִלים ּבֹו ֲע ָפ ִצים‬
‫ילין‪ִּ .‬כ ְד ָא ְמ ִרינַן‬ ‫ִמ ִ‬
‫ילן ֶ‬ ‫ׁשל ִא ָ‬
‫רּוין‬
‫ׁש ְק ִ‬
‫ֶ‬
‫ֶ‬
‫ֶתח‬‫הּפ ַ‬
‫ַל ַ‬ ‫ֶת ע‬‫דפ‬‫ְּתֹונָה עֹו ֶ‬‫ּתח‬
‫הַ‬ ‫ָיו‪ַ .‬‬
‫ַל ּגַּב‬
‫היּו ע‬ ‫ָת ָ‬ ‫ִיל‬ ‫ׁשל מ‬ ‫ָאֹות ֶ‬ ‫ְּתר‬
‫מל ְ‬‫ַ‬
‫ׁש ָּמא‬‫[ּדף יט] ַח ְי ִׁשינַן ֶ‬
‫ילין ְּכ ָתבֹו‪ַ :‬ה ַּת ְחּתֹונָה‪.‬‬
‫ְּב ִג ִּטין ַ‬
‫ְּב ֵמי ִמ ִ‬
‫מּזֶה‬
‫ָה ִ‬ ‫אּמ‬
‫ֶיה ַ‬
‫על ָ‬ ‫ֶת ָ‬ ‫דפ‬
‫ּמּנָה עֹו ֶ‬
‫מֶ‬‫ָה ִ‬ ‫על‬ ‫מְ‬‫ּל ַ‬
‫ׁש ְ‬
‫מּזֶה‪ֶ .‬‬
‫ָה ִ‬ ‫אּמ‬ ‫מּזֶה וְ ַ‬
‫ָה ִ‬‫אּמ‬‫ַ‬
‫ּקֹורה ַה ַּת ְחּתֹונָה ֻמ ְׁש ֶּכ ֶבת‬
‫ַעל ַמ ְׁשקֹוף ַה ֶּפ ַתח ְל ָר ְחּבוֹ‬
‫ַה ָ‬ ‫בנִים‬‫אָ‬ ‫ׁשל ֲ‬ ‫ְָך ֶ‬
‫דּב‬
‫ָה‪ .‬וְנְִ‬‫אּמ‬‫ֹלׁשים ַ‬
‫ׁש ִ‬
‫ְיֹונָה ְ‬ ‫על‬ ‫הֶ‬‫ֵאת ָ‬ ‫מצ‬‫מּזֶה‪ .‬נִ ְ‬‫ָה ִ‬ ‫אּמ‬‫וְ ַ‬
‫ׁשהּוא ָר ָחב ֶע ְׂש ִרים‬
‫עֹוד ֶפת ַעל‬ ‫ֶ‬ ‫ּקֹורה‬
‫ׁשל ֶּפ ַתח ֶ‬
‫ַא ָּמה‪ְ ,‬ו ַה ָ‬
‫ֶ‬ ‫ָת‪:‬‬‫אח‬‫ַת וְ ֶ‬‫אח‬ ‫ָל ַ‬ ‫ֵין ּכ‬
‫היָה ב‬‫ָ‬
‫ַה ֶּפ ַתח ַא ָּמה ִמּזֶה ְו ַא ָּמה ִמּזֶה‪,‬‬
‫יׁשית‬‫עֹוד ֶפת ַעל ָה ִראׁשֹונָה ַא ָּמה ִמּזֶה ְו ַא ָּמה ִמּזֶה‪ִ ,‬נ ְמ ָצא ָא ְר ָּכּה ֶע ְׂש ִרים ְו ַא ְר ַּבע‪ְ .‬ו ַה ְּׁש ִל ִ‬
‫ימּנָה ֶ‬ ‫ׁש ְּל ַמ ְע ָלה ֵה ֶ‬‫קֹורה ְׁש ִנּיָה ֶ‬
‫ּוׁש ַּת ִים‪ְ .‬ו ָ‬
‫ִנ ְמ ָצא ָא ְר ָּכּה ֶע ְׂש ִרים ְ‬
‫ׁשּורה‪ְּ .‬כמֹו ִנ ְד ָּב ִכים ִּדי ֶא ֶבן ְּג ָלל‪ֵּ :‬בין ָּכל ַא ַחת ְו ֶא ָחת‪ָ .‬ח ֵמׁש קֹורֹות ֵאּלּו ֹלא ָהיּו ְ‬
‫נֹוגעֹות‬ ‫ֹלׁשים‪ְ :‬ו ִנ ְד ָּבְך‪ָ .‬‬
‫יׁשית ְׁש ִ‬ ‫ַח ִמ ִ‬
‫ּוׁשמֹנֶה‪ ,‬ו ֲ‬‫יעית ֶע ְׂש ִרים ְ‬ ‫ָׁשׁש‪ְ ,‬ו ָה ְר ִב ִ‬
‫ֶע ְׂש ִרים ו ֵ‬
‫א ָב ִנים ָה ְי ָתה ֵּבין זֹו ָלזֹו‪:‬‬
‫ׁשל ֲ‬
‫ׁשל ִּב ְניָן ֶ‬
‫ׁשּורה ֶ‬‫זֹו ָבזֹו‪ֶ ,‬א ָּלא ָ‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪22 Shevat 5780‬‬
‫‪17 / 02 / 20‬‬
‫‪Ch.3 Mishna 8‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫ׁשֹּלא ִיּטּו‬ ‫ׁשֹּלא ִי ְב ֲעטּו‪ֶ .‬‬


‫ַה ְּכ ָת ִלים ִלּפֹל ֵמ ֲח ַמת ָּג ְב ָהן‪,‬‬
‫ָם‪,‬‬
‫ֶ‬ ‫ׁשל אּול‬ ‫ָתלֹו ֶ‬
‫לכ ְ‬ ‫ָל ְ‬ ‫היכ‬‫ׁשל ֵ‬ ‫ָתלֹו ֶ‬‫מּכ ְ‬‫ִין ִ‬
‫ְבּוע‬ ‫היּו ק‬‫ֶז ָ‬
‫אר‬ ‫ׁשל ֶ‬‫ְלֹונָסֹות ֶ‬ ‫ּוכ‬
‫ַה ָּללּו‬
‫ֹתל‬ ‫ֹתל זֶה ְלכ ֶ‬
‫ַה ְּכלֹונָסֹות‬ ‫ָם‪,‬‬‫האּול‬
‫ְו ָהיּו‬
‫ַה ִּנ ְמ ָׁש ִכים ִמּכ ֶ‬
‫ַת ָ‬ ‫קר‬‫ְת ְ‬
‫ְבּועֹות ּב ִ‬ ‫היּו ק‬‫ָהב ָ‬‫ׁשל ז ָ‬‫ְׁשרֹות ֶ‬‫ְׁשר ְ‬
‫ָט‪ .‬ו ַ‬‫בע‬‫ׁשֹּלא יְִ‬‫ֵי ֶ‬ ‫ּכד‬
‫ְ‬
‫ׁשֹּלא‬ ‫סֹומ ִכים ְׁשנֵי ַה ְּכ ָת ִלים ֶ‬
‫רֹואין ֶאת ָה ֲע ָטרֹת‪.‬‬
‫זֶה ְ‬
‫ִי ְּפלּו‪ְ :‬ו ִ‬
‫ַר (זכריה ו)‪,‬‬ ‫אמ‬‫ׁשּנֶ ֱ‬
‫טרֹת‪ֶ ,‬‬ ‫עָ‬‫הֲ‬ ‫ֶת ָ‬ ‫ִין א‬ ‫ִין וְרֹוא‬‫ְהּנָה עֹול‬‫ֵי כ ֻ‬ ‫רח‬‫ּפ ְ‬
‫ָהן ִ‬‫ׁשּב ֶ‬‫ֶ‬
‫יכל‪ָּ :‬כל‬
‫ָהב‬ ‫ַּדב‪ .‬ז ָ‬
‫ׁשל ֵה ָ‬ ‫ׁש ַּב ַחּלֹונֹות ֶ‬
‫ׁשהּוא ִמ ְתנ ֵ‬ ‫ִמי ֶ‬
‫ָרֹון‬
‫ֶ‬ ‫לזִּכ‬
‫פנְיָה ְ‬‫צַ‬‫ֶן ְ‬ ‫ֵן ּב‬‫לח‬‫עיָה ּו ְ‬ ‫דְ‬
‫ִי ַ‬
‫בּיָה וְל‬
‫ְטֹו ִ‬‫ֶם ּול‬‫חל‬ ‫לֵ‬‫היֶה ְ‬‫ּת ְ‬‫טרֹת ִ‬ ‫עָ‬ ‫ְה ֲ‬
‫וָ‬
‫ָהב ַע ְצמֹו‬
‫יכל ְל ִפי‬
‫ׁש ַהּז ָ‬
‫רֹוצה ֶ‬ ‫יכל‪ְ ,‬ו ֶ‬
‫ַּדב ִי ְתנּוהוּ ַּב ֵה ָ‬
‫ָה‬
‫ַל ֵה ָ‬
‫ׁש ִה ְתנ ֵ‬
‫ֶ‬
‫דל‬
‫מְ‬ ‫ָל‪ּ ,‬ו ֻ‬‫היכ‬‫ׁשל ֵ‬ ‫ִתחֹו ֶ‬
‫ַל ּפ ְ‬ ‫ֶת ע‬ ‫מד‬‫ְתה עֹו ֶ‬ ‫הי ָ‬
‫ָהב ָ‬‫ׁשל ז ָ‬‫ֶן ֶ‬‫ַל ה'‪ּ .‬גֶפ‬ ‫ְהיכ‬ ‫ּב ֵ‬
‫ָהב‪ָ ,‬היָה‬
‫ַּדב‬‫ׁש ִּמ ְתנ ֵ‬
‫ׁש ָהיָה ֻּכּלֹו ְמ ֻצ ֶּפה ז ָ‬
‫ָהב ֶ‬ ‫עֹוׂשה ֵמאֹותֹו ז ָ‬ ‫ֶ‬
‫ֶׁשּכֹול‪,‬‬
‫ֶ‬ ‫רּגִיר‪ ,‬אֹו א ְ‬ ‫ֶה‪ ,‬אֹו גְַ‬ ‫על‬ ‫ֵב ָ‬‫ִתנַּד‬
‫ׁשהּוא מ ְ‬ ‫ִי ֶ‬
‫ָל מ‬ ‫ְלֹונָסֹות‪ּ .‬כ‬ ‫ֵי כ‬‫ַל ּגַּב‬‫ע‬
‫ִּכ ְדמּות ַּג ְר ִּגיר אֹו ָע ֶלה אֹו‬
‫תֹולה ָּבּה‪ְ :‬ו ִנ ְמנּו‬ ‫ֶא ְׁשּכֹול ְו ֶ‬
‫היָה‪,‬‬‫ֲׂשה ָ‬ ‫מע ֶ‬‫ָדֹוק‪ַ ,‬‬ ‫ִי צ‬‫רּב‬ ‫ּב ַ‬
‫עזֶר ְ‬ ‫ִי ֶ‬
‫אל‬ ‫ִי ֱ‬‫רּב‬‫ַר ַ‬ ‫אמ‬ ‫ָּה‪ָ .‬‬ ‫ֶה ב‬ ‫ִיא וְתֹול‬ ‫מב‬‫ֵ‬
‫ֹה ִנים‪.‬‬ ‫יה ְׁשֹלׁש ֵמאֹות ּכ ֲ‬
‫ׁש ָהיָה ָּבּה‪,‬‬ ‫ָהב ְמ ֻר ֶּבה ֶ‬
‫ָע ֶל ָ‬
‫ִמּכ ֶֹבד ַהּז ָ‬
‫ֹהנִים‪:‬‬
‫ֵאֹות ּכ ֲ‬ ‫ׁשֹלׁש מ‬‫ֶיה ְ‬
‫על ָ‬ ‫ְנּו ָ‬ ‫וְנִמ‬
‫ֹה ִנים‬ ‫ֻה ְצ ְרכוּ ְׁשֹלׁש ְמאֹות ּכ ֲ‬
‫יעזֶר ְּב ַר ִּבי‬‫א ִל ֶ‬ ‫ֹה ִנים‪ְ ,‬וֹלא ִנ ְת ַּכּוֵן ַר ִּבי ֱ‬
‫ה ַבאי‪ְּ ,‬ד ָלאו ַּד ְו ָקא ְׁשֹלׁש ְמאֹות ּכ ֲ‬
‫ׁש ִּד ְּברּו ֲח ָכ ִמים ְלׁשֹון ֲ‬
‫ּנֹותּה ִמ ָּמקֹום ְל ָמקֹום‪ְ .‬וזֶה ֶא ָחד ִמן ַה ְּמקֹומֹות ֶ‬
‫ּול ַפ ָ‬
‫ְל ַט ְל ְט ָלּה ְ‬
‫ַּדבּו ָׁשם‪:‬‬
‫ָהב ַה ְר ֵּבה ִה ְתנ ְ‬
‫ׁשּז ָ‬
‫יע ֶ‬
‫הֹוד ַ‬
‫ָצדֹוק ֶא ָּלא ְל ִ‬

‫‪175‬‬
‫‪M A R D I‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.4 Mishna 1‬‬ ‫‪23 Shevat 5780‬‬
‫‪18 / 02 / 20‬‬
‫ַּמֹות‪.‬‬ ‫ֶׂשר א‬
‫ְּבֹו ע ֶ‬ ‫רח‬ ‫ָה וְָ‬ ‫אּמ‬‫ִים ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ְהֹו ע ְ‬ ‫ָל‪ּ ,‬גָב‬
‫היכ‬ ‫ׁשל ֵ‬ ‫ִתחֹו ֶ‬ ‫ּפ ְ‬ ‫ֹתל‬ ‫יכל‪ְׁ .‬ש ַּת ִים ִּב ְפ ִנים‪ָּ .‬ב ֳע ִבי ַהּכ ֶ‬
‫ּוׁש ַּת ִים ַּבחּוץ‪ְּ .‬ב ָע ְביֹו ֶ‬
‫ׁש ְּכ ַל ֵּפי‬
‫ׁשל ֵה ָ‬ ‫ִּפ ְתחֹו ֶ‬
‫ׁש ְּכ ַל ֵּפי ְּפ ִנים‪ְ :‬‬ ‫ֶ‬
‫ַחּוץ‪,‬‬ ‫ּתיִם ּב‬‫ּוׁש ַ‬
‫פנִים ְ‬ ‫ּב ְ‬
‫ּתיִם ִ‬ ‫ׁש ַ‬
‫היּו לֹו‪ְ ,‬‬ ‫ָתֹות ָ‬ ‫ּדל‬‫ַע ְ‬ ‫רּב‬
‫אְ‬ ‫וְ ַ‬ ‫ׁשׁש‬
‫ֹתל‬
‫יכל ָהיָה ֵ‬
‫ׁשל ֳע ִבי ַהּכ ֶ‬
‫ֹתל ַה ֵה ָ‬ ‫ׁשל ּכ ֶ‬ ‫ׁש ָע ְביֹו ֶ‬
‫ּולסֹוף ַא ָּמה ִחיצֹונָה ֶ‬
‫ַהחּוץ‪ֶ .‬‬
‫ַאּמֹות‪ְ ,‬‬
‫ֶׁש‪.‬‬‫לּקֹד‬
‫ָל וְַ‬‫ַהיכ‬‫ָתֹות ל ֵ‬ ‫ּדל‬‫ּתיִם ְ‬
‫ּוׁש ַ‬
‫ַר (יחזקאל מא)‪ְ ,‬‬ ‫אמ‬‫ׁשנֶ ֱ‬
‫ֶ‬ ‫ימין ַה ֶּפ ַתח‬ ‫ָהיּו ַה ְּד ָלתֹות ַה ִחיצֹונֹות ֶא ָחד ִל ִ‬
‫ְו ֶא ָחד ִל ְׂשמֹאלֹו‪ָּ ,‬כל ֶּד ֶלת ֵמ ֶהן ָר ְח ָּבּה ָח ֵמׁש‬
‫ֹתל‪,‬‬‫ׁשל ּכ ֶ‬‫ְיֹו ֶ‬
‫עב‬‫ַּסֹות ָ‬ ‫לכ‬‫ֶתח ְ‬‫הּפ ַ‬‫ְתֹוְך ַ‬‫ְּתחֹות ל‬ ‫ִיצֹונֹות נִפ ָ‬ ‫הח‬ ‫ַ‬ ‫נֹוגעֹות זֹו ָבזֹו‬
‫ׂשר‬ ‫ׁש ָר ְחּבֹו ֶע ֶ‬
‫ׁש ָהיּו ְנעּולֹות ָהיּו ְ‬
‫סֹותמֹות ר ַֹחב ֲח ַלל ַה ֶּפ ַתח ֶ‬
‫ּוכ ֶ‬
‫ַאּמֹות‪ְ ,‬‬
‫ְו ְ‬
‫ָתֹות‪,‬‬ ‫ּדל‬
‫הְ‬ ‫ַר ַ‬ ‫אח‬‫ַּסֹות ַ‬ ‫לכ‬‫ּביִת ְ‬
‫הַ‬‫ְתֹוְך ַ‬ ‫ְּתחֹות ל‬ ‫ִּיֹות נִפ ָ‬ ‫ּפנִימ‬
‫ְה ְ‬‫וַ‬ ‫ׁש ָהיּו ִנ ְפ ָּתחֹות ְל ַצד ְּפ ִנים ְמ ַכּסֹות‬
‫ּוׁש ַּת ִים ְּד ָלתֹות‬ ‫ֹתל‪ְ .‬‬ ‫ׁשל ֳע ִבי ַהּכ ֶ‬
‫ּוכ ֶ‬‫ַאּמֹות‪ְ ,‬‬
‫ָח ֵמׁש ַאּמֹות ֶ‬
‫ָה‬ ‫ִי יְהּוד‬‫רּב‬
‫ָתֹות‪ַ .‬‬ ‫ּדל‬
‫הְ‬ ‫ַר ַ‬ ‫אח‬‫מַ‬‫ָהב‪ ,‬חּוץ ֵ‬ ‫ּבז ָ‬
‫ח ְ‬ ‫ּביִת טּו ַ‬‫הַ‬ ‫ָל ַ‬ ‫ׁשּכ‬‫ֶ‬ ‫א ֵחרֹות ְּכ ִמּדֹות ֵאּלּו ָהיּו ְקבּועֹות ְּבסֹוף ֳע ִבי‬
‫ׁש ֵהן ִנ ְפ ָּתחֹות ְמ ַכּסֹות‬ ‫ּוכ ֶ‬
‫ֹתל ְל ַצד ְּפ ִנים‪ְ ,‬‬ ‫ַהּכ ֶ‬
‫ֲ‬

‫היּו‪,‬‬
‫ָה ָ‬ ‫ִיט‬‫רמ‬‫טָ‬‫צְ‬‫אְ‬ ‫ִין ִ‬ ‫כמ‬‫ְדֹות‪ּ ,‬ו ְ‬‫היּו עֹומ‬‫ֶתח ָ‬ ‫הּפ ַ‬
‫ְתֹוְך ַ‬ ‫ֵר‪ּ ,‬ב‬ ‫אֹומ‬ ‫ָח ֵמׁש ַאּמֹות ִמּפֹה ְו ָח ֵמׁש ַאּמֹות ִמּפֹה ֵמר ַֹחב‬
‫ֹתל טּוחַ‬ ‫יכל ִּב ְפ ִנים‪ְ ,‬ו ָׁשם ֹלא ָהיָה ַהּכ ֶ‬ ‫ֹתל ַה ֵה ָ‬ ‫ּכ ֶ‬
‫ּתי‬
‫ׁש ֵ‬
‫ֵּלּו ְ‬
‫ָה‪ ,‬וְא‬‫חצ‬ ‫מֱ‬ ‫ַּמֹות ּו ֶ‬‫ּתי א‬‫ׁש ֵ‬
‫ֵּלּו ְ‬‫ֵיהן‪ ,‬א‬
‫ֲחֹור ֶ‬ ‫לא‬
‫ָלֹות ַ‬ ‫קּפ‬
‫וְנְִ‬ ‫ׁשֹּלא ָהיָה ִנ ְר ֶאה‪:‬‬ ‫ָהב ְּכמֹו ְׁש ָאר ַה ַּב ִית‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ׁשל ְּפ ָר ִקים ְמ ֻח ָּברֹות ַעל‬ ‫יטה‪ .‬לּוחֹות ֶ‬
‫ְּבז ָ‬
‫ִא ְצ ְט ָר ִמ ָ‬
‫ְזּוזָה‬‫ָה מ‬ ‫אּמ‬
‫ִי ַ‬ ‫חצ‬ ‫ָאן‪ ,‬וַ ֲ‬ ‫מּכ‬‫ְזּוזָה ִ‬
‫ָה מ‬ ‫אּמ‬
‫ִי ַ‬ ‫חצ‬ ‫ָה‪ֲ ,‬‬ ‫חצ‬ ‫מֱ‬ ‫ַּמֹות ּו ֶ‬ ‫א‬ ‫רֹוצה ִנ ְכ ָּפפֹות‬ ‫ׁש ֶ‬ ‫ּוכ ֶ‬
‫ְי ֵדי ֻח ְליֹות‪ְ ,‬ו ֵהן ִנ ְפ ָּתחֹות‪ְ ,‬‬
‫ְו ִנ ְכ ָּפלֹות זֹו ַעל זֹו‪ָּ .‬כְך ָהיּו ָּכל ַה ְּד ָלתֹות‬
‫ּתיִם‬
‫ׁש ַ‬
‫ָתֹות ְ‬ ‫ּדל‬
‫לְ‬ ‫ָתֹות ַ‬ ‫ּדל‬
‫ּתיִם ְ‬‫ּוׁש ַ‬
‫ַר (שם)‪ְ ,‬‬ ‫אמ‬‫ׁשּנֶ ֱ‬
‫ָאן‪ֶ ,‬‬ ‫מּכ‬‫ִ‬ ‫ׁש ַּלחּוץ ְמ ֻח ָּברֹות ַעל‬
‫ֹתל‬ ‫ׁשל ֳע ִבי ַהּכ ֶ‬
‫ׁש ִּל ְפ ִנים ֵּבין ֶ‬
‫ּולסֹוף ֲח ִצי ַא ָּמה ֶ‬
‫ַה ָּללּו ֵּבין ֶ‬
‫ְי ֵדי ֻח ְליֹות‪ְ ,‬‬
‫ֶת‪:‬‬ ‫חר‬‫אֶ‬ ‫לַ‬
‫ָתֹות ָ‬ ‫דל‬ ‫ּתי ְ‬
‫ּוׁש ֵ‬
‫ָת ְ‬ ‫אח‬‫ֶת ֶ‬ ‫דל‬‫לֶ‬‫ּתיִם ְ‬
‫ׁש ַ‬
‫ָתֹות‪ְ ,‬‬ ‫ּדל‬‫ַּבֹות ְ‬ ‫מּוס‬ ‫ׁש ִּב ְפ ִנים ֵּבין‬
‫ֹתל‬ ‫ׁשל ֳע ִבי ַהּכ ֶ‬
‫ָהיּו ְקבּועֹות‪ֵּ ,‬בין ַה ְּד ָלתֹות ֶ‬
‫ׁש ַּבחּוץ‪ְ ,‬ו ָח ֵמׁש ַאּמֹות ֶ‬ ‫אֹותן ֶ‬
‫ָ‬
‫ׁש ִּנ ְפ ַּתח ַה ֶּד ֶלת‬
‫ּוכ ֶ‬
‫ּומ ֱח ָצה‪ְ ,‬‬
‫לּוח ְׁש ֵּתי ַאּמֹות ֶ‬
‫ימּיֹות‪ְ .‬ו ָכל ֶּד ֶלת ָהיָה ָח ֵמׁש ַאּמֹות ְמ ֻח ָּבר ִמ ְּׁש ֵּתי לּוחֹות‪ָּ ,‬כל ַ‬ ‫ַמ ְפ ִסיקֹות ֵּבין ַה ְּד ָלתֹות ַה ִחיצֹונֹות ַל ְּד ָלתֹות ַה ְּפ ִנ ִ‬
‫ׁש ִּנ ְפ ַּתח ְל ַצד חּוץ ָהיָה ַאף הּוא ִנ ְכ ָּפף‬
‫בּוע ִּב ְפ ִנים ְּכ ֶ‬
‫ָח ִצי‪ְ ,‬ו ֵכן ַה ֶּד ֶלת ַה ָּק ַ‬
‫ֹתל ַא ָּמ ַת ִים ו ֵ‬
‫ּומ ַכ ֶּסה ֵמ ֳע ִבי ַהּכ ֶ‬
‫ַה ִחיצֹון ְל ַצד ְּפ ִנים ָהיָה ֶח ְציֹו ִנ ְכ ָּפף ְו ִנ ְכ ָּפל זֶה ַעל זֶה‪ְ ,‬‬
‫ּוׁש ַּת ִים ְּד ָלתֹות ַל ְּד ָלתֹות ְׁש ַּת ִים‪ַ .‬א ְל ָמא ָּכל ֶּד ֶלת ְו ֶד ֶלת ָה ְי ָתה ֲח ָ‬
‫לּוקה ִל ְׁש ַּת ִים‪:‬‬ ‫ֶא ַמר ְ‬
‫ׁשּנ ֱ‬ ‫ֹתל‪ֶ :‬‬
‫ארּו ֵמ ֳע ִבי ַהּכ ֶ‬ ‫ׁש ִּנ ְׁש ֲ‬
‫ָח ִצי ֶ‬
‫ּומ ַכ ֶּסה ָה ַא ָּמ ַת ִים ו ֵ‬ ‫ְו ִנ ְכ ָּפל ְ‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.4 Mishna 2‬‬ ‫‪24 Shevat 5780‬‬
‫‪19 / 02 / 20‬‬
‫ָד‬
‫אח‬ ‫ָפֹון‪ ,‬וְ ֶ‬‫ּבּצ‬‫ָד ַ‬ ‫אח‬‫הּגָדֹול‪ֶ ,‬‬
‫ַר ַ‬ ‫ַּׁשע‬
‫היּו לֹו ל ַ‬ ‫ָׁשין ָ‬ ‫ִׁשּפ ִ‬
‫ּוׁשנֵי פ ְ‬
‫ְ‬ ‫ימין‬‫ּוׁשנֵי ִפ ְׁש ָּפ ִׁשין‪ְׁ .‬שנֵי ְּפ ָת ִחים ְק ַט ִּנים ֶא ָחד ִמ ִ‬
‫יכל ְו ֶא ָחד ִמ ְּׂשמֹאלֹו‪,‬‬ ‫ׁשל ֵה ָ‬ ‫ַׁש ַער ַה ָּגדֹול ֶ‬
‫ְ‬

‫ָיו הּוא‬ ‫על‬‫ָם‪ ,‬וְָ‬ ‫ֵעֹול‬


‫ָם מ‬ ‫אד‬ ‫כנַס ּבֹו ָ‬ ‫ָרֹום‪ֹ ,‬לא נְִ‬ ‫ּבּד‬
‫ׁש ַ‬
‫ָרֹום‪ֶ .‬‬ ‫ּבּד‬
‫ַ‬ ‫ׁש ַּב ָּדרֹום ְּכ ִתיב‬
‫ּומ ְּס ָת ָמא‬
‫חֹוקים ְק ָצת ִמן ַה ַּׁש ַער‪ .‬אֹותֹו ֶ‬
‫ׁשל ָע ִתיד‪ִ ,‬‬
‫ְר ִ‬
‫ָסגּור ִי ְהיֶה ֹלא ִי ָּפ ֵת ַח‪ְּ ,‬ב ֶ‬
‫ַי ה'‬‫אל‬ ‫ֶר ֵ‬ ‫ַר (שם מד)‪ ,‬וַּיֹאמ‬ ‫אמ‬ ‫ׁשּנֶ ֱ‬
‫ֵאל‪ֶ ,‬‬ ‫חזְק‬
‫ֵי יְֶ‬ ‫ַל יְד‬ ‫ָׁש ע‬‫מפֹר‬‫ְ‬ ‫ּופ ַתח ֶאת ַה ִּפ ְׁש ָּפׁש‬ ‫עֹול ִמים‪ָ :‬‬ ‫ָּכְך ָהיָה ְּב ֵבית ָ‬
‫ְו ִנ ְכנַס‪ִ .‬מ ָּׁשם ַל ָּתא‪ְ .‬ו ִהיא ִל ְׁש ָּכה ַא ַחת‬
‫ִי ה'‬‫ִיׁש ֹלא יָבֹא בֹו ּכ‬ ‫ח וְא‬
‫ָת ַ‬
‫ִהיֶה ֹלא יִּפ ֵ‬ ‫ָגּור י ְ‬‫הּזֶה ס‬ ‫ַר ַ‬‫ּׁשע‬
‫הַ‬‫ַ‬ ‫יכל‪,‬‬ ‫ּומן ַה ָּתא ִנ ְכנַס ַל ֵה ָ‬
‫יכל ַעד ַה ַּׁש ַער ַה ָּגדֹול‬
‫יכל‪ִ .‬‬ ‫תּוחה ַל ֵה ָ‬‫ַה ְּפ ָ‬
‫הֹולְך ַּב ֲח ַלל ַה ֵה ָ‬‫ְו ֵ‬
‫ָתח‬
‫ח ּופ ַ‬‫ְּת ַ‬
‫ּמפ ֵ‬ ‫הַ‬‫ֶת ַ‬ ‫ַל א‬ ‫ָגּור‪ .‬נָט‬‫ְהיָה ס‬ ‫ָא בֹו ו ָ‬ ‫ֵל ּב‬ ‫רא‬ ‫ִׂש ָ‬
‫ֱֹלהי י ְ‬
‫א ֵ‬ ‫ּובא לֹו‬ ‫ּופֹותחֹו ָ‬
‫ֹתל ִמ ַּבחּוץ‪,‬‬
‫ְ‬ ‫ֹתל ִמ ִּב ְפ ִנים‪,‬‬
‫ׁש ְּבסֹוף ֳע ִבי ַהּכ ֶ‬
‫ׁש ְּבסֹוף ֳע ִבי ַהּכ ֶ‬
‫ּׁש ִני ֶ‬
‫ֶאל ַׁש ַער ַה ֵ‬
‫ֶ‬

‫ָה‬‫ִי יְהּוד‬ ‫רּב‬


‫ָל‪ַ .‬‬ ‫ַהיכ‬
‫ּתא ל ֵ‬‫ֵה ָ‬
‫ּתא‪ּ ,‬ומ ַ‬ ‫ְה ָ‬
‫כנַס ל ַ‬ ‫ָׁש‪ ,‬וְנְִ‬ ‫ִׁשּפ‬
‫הּפ ְ‬‫ֶת ַ‬ ‫א‬ ‫אֹומר‬
‫ֵ‬ ‫הּודה‬
‫ּופֹותחֹו‪ַ :‬ר ִּבי ְי ָ‬ ‫ְ‬
‫ׁשל ּכ ֶֹתל ָהיָה ְמ ַה ֵּלְך‪ָ .‬ק ָס ַבר ְּד ִמן‬
‫עֹומד ִּב ְפ ִנים‬
‫ְו ֵ‬
‫ְּבתֹוְך ָע ְביֹו ֶ‬
‫ֵד‬
‫ָא עֹומ‬ ‫מצ‬ ‫ׁשּנִ ְ‬
‫ַד ֶ‬ ‫ְֵך‪ ,‬ע‬
‫ְהּל‬
‫היָה מ ַ‬ ‫ֹתל ָ‬ ‫ׁשל ּכ ֶ‬‫ְיֹו ֶ‬
‫עב‬ ‫ְתֹוְך ָ‬ ‫ֵר‪ּ ,‬ב‬
‫אֹומ‬ ‫יכל‪ֶ ,‬א ָּלא ִמן ַה ָּתא‬
‫ׁש ִּנ ְמ ָצא‬‫ֹתל ַעד ֶ‬
‫ַה ָּתא ֹלא ָהיָה ִנ ְכנָס ַל ֵה ָ‬
‫ׁשל ּכ ֶ‬ ‫ָהיָה ְמ ַה ֵּלְך ְּבתֹוְך ָע ְביֹו ֶ‬
‫ֶת‬‫פנִים וְא‬ ‫ּב ְ‬
‫מִ‬ ‫ִיצֹונֹות ִ‬ ‫הח‬ ‫ֶת ַ‬ ‫ָתח א‬ ‫ִים‪ּ ,‬ופ ַ‬ ‫ער‬ ‫ּׁש ָ‬
‫הְ‬ ‫ׁשנֵי ַ‬
‫ֵין ְ‬ ‫ּב‬ ‫ּופֹות ַח ֶאת ְּד ָלתֹות‬
‫ׁשל ַׁש ַער‬
‫ֵ‬
‫ּוד ָלתֹות ֶ‬
‫עֹומד ֵּבין ְׁשנֵי ַה ְּׁש ָע ִרים‪,‬‬
‫ׁשל ַׁש ַער ַה ִחיצֹון ִמ ִּב ְפ ִנים‪ְ ,‬‬
‫ֵ‬
‫ֶ‬
‫ַחּוץ‪:‬‬ ‫מּב‬‫ִּיֹות ִ‬
‫ּפנִימ‬
‫הְ‬‫ַ‬ ‫ימי ִמ ַּבחּוץ‪:‬‬‫ַה ְּפ ִנ ִ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.4 Mishna 3‬‬ ‫‪25 Shevat 5780‬‬
‫‪20 / 02 / 20‬‬
‫ָפֹון‪,‬‬
‫ּבּצ‬
‫ָׂשר ַ‬ ‫ִּׁשה ע ָ‬ ‫חמ ָ‬ ‫ׁשם‪ֲ ,‬‬ ‫היּו ָ‬ ‫ִים ָ‬ ‫תא‬ ‫ּוׁשמֹנָה ָ‬ ‫ֹלׁשים ְ‬ ‫ּוׁש ִ‬
‫ְ‬ ‫ׂשר ַּב ָּצפֹון‪ְ .‬ל ַק ָּמן‬ ‫ּׁשה ָע ָ‬ ‫ָּת ִאים‪ְ .‬ל ָׁשכֹות‪ֲ :‬ח ִמ ָ‬
‫ְּב ִפ ְר ִקין ִּכי ֲח ִׁשיב ִמ ָּצפֹון ְל ָדרֹום ִׁש ְב ִעים ַא ָּמה‪,‬‬
‫ָרֹום‪,‬‬‫ּבּד‬
‫ְׁש ַ‬
‫ָפֹון ו ֶ‬‫ּבּצ‬
‫ׁש ַ‬
‫ָב‪ֶ .‬‬ ‫ער‬ ‫ּמ ֲ‬
‫ּב ַ‬
‫ּוׁשמֹנָה ַ‬‫ָרֹום‪ְ ,‬‬ ‫ּבּד‬
‫ָׂשר ַ‬ ‫ִּׁשה ע ָ‬
‫חמ ָ‬‫ֲ‬ ‫ֹתל ַה ְּמ ִס ָּבה ָח ֵמׁש‪ְ ,‬ו ַה ְּמ ִס ָּבה ָׁשֹלׁש‪,‬‬
‫יכל‬ ‫ֹתל ַה ֵה ָ‬ ‫ׁשׁש‪ְ ,‬וכ ֶ‬
‫ָקא ָּתנֵי ּכ ֶ‬
‫ֹתל ַה ָּתא ָח ֵמׁש‪ְ ,‬ו ַה ָּתא ֵ‬ ‫ּכ ֶ‬
‫ָב‪,‬‬‫ער‬‫ּמ ֲ‬
‫ּב ַ‬
‫ְׁש ַ‬
‫ֵיהם‪ .‬ו ֶ‬‫ַל ּגַּב ֶ‬ ‫ִּׁשה ע‬ ‫חמ ָ‬ ‫ִּׁשה‪ ,‬וַ ֲ‬
‫חמ ָ‬ ‫ֵי ֲ‬ ‫ַל ּגַּב‬ ‫ִּׁשה ע‬‫חמ ָ‬‫ֲ‬ ‫ימ ָרא‬
‫ָע ִבי‬
‫ֶג ָּדן ָק ֲח ִׁשיב ַּב ָּדרֹום‪ְ .‬ו ָלאו ְל ֵמ ְ‬
‫ֹתל ַה ָּתא ו ֳ‬ ‫ָע ִבי ּכ ֶ‬ ‫ֹתל ַה ְּמ ִס ָּבה ו ֳ‬
‫ּוכנ ְ‬
‫ׁשׁש‪ְ .‬‬ ‫ֵ‬
‫ָּד ֳע ִבי ּכ ֶ‬
‫ִים‬ ‫ְתח‬
‫ֹלׁשה פ ָ‬
‫ּוׁש ָ‬
‫ֵיהם‪ְ .‬‬ ‫ַל ּגַּב ֶ‬ ‫ּוׁשנַיִם ע‬‫ֹלׁשה‪ְ ,‬‬‫ׁש ָ‬ ‫ֵי ְ‬‫ַל ּגַּב‬ ‫ֹלׁשה ע‬
‫ׁש ָ‬‫ְ‬ ‫ׁש ְּל ַצד ָצפֹון ָהיָה ָּכְך‪ֶ ,‬א ָּלא ֳע ִבי‬
‫ּׁש ִני‬
‫ֹתל ַה ֵ‬ ‫ּובין ַהּכ ֶ‬ ‫ׁש ֵּבינֹו ֵ‬
‫יכל ֶ‬
‫ֹתל ִעם ֶה ָח ָלל ֶ‬
‫ֹתל ַה ֵה ָ‬ ‫ּכ ֶ‬
‫ַהּכ ֶ‬
‫ִן‬
‫ַּתא מ‬‫ָד ל ָ‬ ‫אח‬‫ִין‪ ,‬וְ ֶ‬ ‫הּיָמ‬
‫ִן ַ‬ ‫ַּתא מ‬ ‫ָד ל ָ‬ ‫אח‬‫ָד‪ֶ ,‬‬ ‫אח‬ ‫ָד וְ ֶ‬ ‫אח‬ ‫ָל ֶ‬‫לכ‬ ‫היּו ְ‬
‫ָ‬ ‫ֹתל ַה ְּמ ִס ָּבה ְו ָׁשֹלׁש‬
‫ׁשל‬ ‫ׁשׁש ֶ‬ ‫ֹתל ַה ָּתא ְו ֵ‬
‫ׁשל ּכ ֶ‬
‫ׁשל ּכ ֶ‬
‫ּוב ָח ֵמׁש ֶ‬ ‫הּוא מֹונֶה‪ְ ,‬‬
‫ׁשל ְמ ִס ָּבה ְו ָח ֵמׁש ֶ‬ ‫ֶ‬
‫ְפֹונִית‬‫ִית צ‬ ‫רח‬ ‫מזְָ‬
‫ֶן ִ‬ ‫קר‬ ‫בֶ‬‫ָיו‪ּ .‬ו ְ‬‫ַל ּגַּב‬ ‫ׁשע‬
‫ַּתא ֶ‬ ‫ָד ל ָ‬ ‫אח‬ ‫ּׂשמֹאל‪ ,‬וְ ֶ‬‫הְ‬‫ַ‬ ‫יכל‪ְּ ,‬ב ָכל ֶא ָחד ֵמ ֵאּלּו‬
‫ה ֵרי‬
‫ֹתל ַה ֵה ָ‬ ‫ׁשל ּכ ֶ‬ ‫ׁשׁש ֶ‬ ‫ַה ָּתא ְו ֵ‬
‫ַה ֲח ִמ ָּׁשה ָה ְי ָתה ִל ְׁש ָּכה ַא ַחת ְּד ַה ְינוּ ָּתא‪ֲ ,‬‬
‫ַל‬‫ׁשע‬‫ַּתא ֶ‬
‫ָד ל ָ‬ ‫אח‬ ‫ִין‪ ,‬וְ ֶ‬‫הּיָמ‬
‫ִן ַ‬ ‫ַּתא מ‬ ‫ָד ל ָ‬ ‫אח‬ ‫ִים‪ֶ ,‬‬ ‫ְתח‬‫ִּׁשה פ ָ‬ ‫חמ ָ‬ ‫היּו ֲ‬
‫ָ‬ ‫ֶג ָּדן ַּב ָּדרֹום‪ְ .‬ו ַעל‬
‫א ֵח ִרים‪ְ ,‬ועֹוד‬
‫ּוכנ ְ‬
‫ֲח ִמ ָּׁשה ָּת ִאים ַּב ָּצפֹון‪ְ .‬‬
‫נּויין ֲח ִמ ָּׁשה ֲ‬
‫ֵאּלּו ַה ֲח ִמ ָּׁשה ָהיּו ְּב ִ‬
‫ָל‪:‬‬‫ַהיכ‬
‫ָד ל ֵ‬ ‫אח‬‫ָׁש‪ ,‬וְ ֶ‬ ‫ִׁשּפ‬
‫לּפ ְ‬ ‫ָד ַ‬ ‫אח‬‫ָה‪ ,‬וְ ֶ‬‫סּב‬
‫ּמ ִ‬
‫לְ‬ ‫ָד ַ‬ ‫אח‬‫ָיו‪ ,‬וְ ֶ‬
‫ּגַּב‬ ‫ה ֵרי ֲח ִמ ָּׁשה ָע ָׂשר ָּת ִאים‬ ‫יהן‪ֲ ,‬‬ ‫ֲח ִמ ָּׁשה ַעל ַּג ֵּב ֶ‬
‫ַח ִמ ָּׁשה ָע ָׂשר ַל ָּדרֹום‪ְ .‬ו ֵכן ַּב ַּמ ֲע ָרב‬ ‫ַל ָּצפֹון ו ֲ‬
‫ׁשּבֹו‬
‫ֹתל ִעם ַה ָּתא ֶ‬‫ׁשׁש ֶא ָּלא ַהּכ ֶ‬ ‫ֹתל ָעב ֵ‬ ‫ׁשֹּלא ָהיָה ַהּכ ֶ‬ ‫ֹתל ַה ָּתא ָח ֵמׁש‪ְּ ,‬ב ָכל ֶא ָחד ֵמ ֶהם ָהיָה ִל ְׁש ָּכה‪ֶ ,‬‬ ‫ׁשׁש ְוכ ֶ‬‫ׁשׁש ְו ַה ָּתא ֵ‬ ‫יכל ֵ‬ ‫ֹתל ַה ֵה ָ‬ ‫ָק ֲח ִׁשיב ְל ַק ָּמן ְּב ִפ ְר ִקין ּכ ֶ‬
‫א ֵחרֹות ְּבנּויֹות‬‫ה ֵרי ָׁשֹלׁש ְל ָׁשכֹות‪ְ .‬ו ָׁשֹלׁש ְל ָׁשכֹות ֲ‬ ‫ׁשּבֹו ָהיָה ָח ֵמׁש‪ֲ ,‬‬ ‫ׁשחּוץ ָל ֶהם ִעם ַה ָּתא ֶ‬ ‫ֹתל ַה ָּתא ָה ַא ֵחר ֶ‬ ‫ׁשׁש‪ְ ,‬וכ ֶ‬ ‫חּוצּה לֹו ָהיָה ֵ‬ ‫ׁש ָ‬ ‫[ה ַא ֵחר] ֶ‬ ‫ׁשׁש‪ְ ,‬ו ַה ָּתא ָ‬ ‫ָהיָה ֵ‬
‫ּוס ָתם‬
‫יכל‪ְ .‬‬ ‫ָסים ַל ֵה ָ‬
‫ׁש ְּבאֹותֹו ָּתא ִנ ְכנ ִ‬
‫פֹוני‪ֶ ,‬‬ ‫ה ֵרי ְׁשמֹנָה ָּת ִאים ַל ַּמ ֲע ָרב‪ְ :‬ו ֶא ָחד ַל ִּפ ְׁש ָּפׁש‪ַ .‬ל ָּתא ֶ‬
‫ׁשּיֵׁש ּבֹו ַה ִּפ ְׁש ָּפׁש ַה ְּצ ִ‬ ‫יהן‪ֲ ,‬‬ ‫ּוׁש ַּת ִים ַעל ַּג ֵּב ֶ‬
‫ַעל ַּג ֵּבי ֵאּלּו ַה ָּׁשֹלׁש‪ְ ,‬‬
‫ֹתל ָהיָה ְמ ַה ֵּלְך‪:‬‬‫ׁשל ּכ ֶ‬ ‫הּודה ְּד ָא ַמר ְּבתֹוְך ָע ְביֹו ֶ‬‫יכל‪ְּ .‬דֹלא ְּכ ַר ִּבי ְי ָ‬‫ּומן ַה ָּתא ַל ֵה ָ‬ ‫יתין ְּכ ַר ָּבנָן ְּד ָא ְמ ֵרי ְל ֵעיל ִנ ְכנַס ַל ָּתא ִ‬ ‫ַמ ְת ִנ ִ‬

‫‪176‬‬
‫‪VENDREDI‬‬
‫‪26 Shevat 5780‬‬
‫‪21 / 02 / 20‬‬
‫‪Ch.4 Mishna 4‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫ׁשהּוא‬ ‫ֹתל ַה ְּמ ִס ָּבה ֶ‬


‫יעים‪ְּ ,‬ד ַה ְינוּ‬
‫ַה ַּת ְחּתֹונָה ָח ֵמׁש‪ִ .‬מחּוץ ְלכ ֶ‬
‫ׁשל ַהּק ֶֹדׁש ָהיּו ְי ִצ ִ‬ ‫ֹתל ַה ִחיצֹון ֶ‬ ‫ַהּכ ֶ‬
‫ֶד‬
‫ׁשׁש‪ ,‬וְרֹב‬
‫ִית‪ֵ ,‬‬‫צע‬‫מָ‬‫אְ‬ ‫ְה ֶ‬
‫ׁשׁש‪ .‬ו ָ‬ ‫ֶד ֵ‬ ‫ֵׁש‪ ,‬וְרֹב‬
‫חמ‬‫ְּתֹונָה‪ָ ,‬‬‫ּתח‬‫הַ‬‫ַ‬
‫יפים ֶאת ַה ַּב ִית ִמ ָּׁשֹלׁש רּוחֹות‬
‫יעים ַה ָּללּו‬
‫זּוז ְט ָראֹות ַמ ִּק ִ‬
‫ַמ ֲע ָרב ָצפֹון ְו ָדרֹום‪ְ ,‬ו ָהיּו ַה ְּי ִצ ִ‬
‫ְּג ְ‬‫ע‬
‫ִי ַ‬
‫הּיָצ‬
‫ַר (מלכים א ו)‪ַ ,‬‬ ‫אמ‬‫ׁשּנֶ ֱ‬
‫ַע‪ֶ ,‬‬ ‫ׁשב‬‫ְיֹונָה‪ֶ ,‬‬
‫על‬‫ְה ֶ‬
‫ַע‪ .‬ו ָ‬ ‫ׁשב‬
‫ֶ‬
‫יע ַה ַּת ְחּתֹונָה‬
‫יה ְּד ַה ְינוּ‬
‫ָצ ַ‬
‫ׁש ָע ֶל ָ‬
‫יׁשים‪ַ .‬הּי ִ‬ ‫ּוׁש ִל ִ‬
‫ַּת ְח ִּת ִּיים ְׁש ִנ ִּיים ְ‬
‫ָח ֵמׁש ָּב ַא ָּמה ָר ְח ָּבּה‪ְ ,‬ו ָהר ֶֹבד ֶ‬
‫ָה‬‫אּמ‬
‫ּב ַ‬
‫ׁשׁש ָ‬
‫ּתיכֹנָה ֵ‬
‫ְה ִ‬
‫ָּה ו ַ‬‫חּב‬
‫רְ‬ ‫ָה ָ‬ ‫אּמ‬
‫ּב ַ‬
‫ֵׁש ָ‬
‫חמ‬ ‫ְּתֹונָה ָ‬‫ּתח‬‫הַ‬‫ַ‬
‫ׁשל‬
‫ֹתל‬
‫ׁש ִהיא ָה ִר ְצ ָּפה ֶ‬
‫ׁשּכ ֶ‬
‫ׁש ַעל ַה ַּת ְחּתֹונָה ֶ‬
‫ׁשׁש ָּב ַא ָּמה ָר ְח ָּבּה‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ַה ִּת ְק ָרה ֶ‬
‫ַה ִּתיכֹונָה‪ֵ ,‬‬
‫ָה‪:‬‬ ‫חּב‬
‫רְ‬‫ָה ָ‬ ‫אּמ‬ ‫ּב ַ‬
‫ַע ָ‬‫ׁשב‬
‫ִיׁשית ֶ‬
‫ּׁשל ִ‬
‫ְה ְ‬
‫ָּה ו ַ‬
‫חּב‬
‫רְ‬‫ָ‬
‫ּומ ֵצר ְּכ ַל ֵּפי ַמ ְע ָלה‪,‬‬ ‫הֹולְך ֵ‬ ‫ֵ‬ ‫ַה ְּמ ִס ָּבה ָהיָה‬
‫יע ַה ִּתיכֹונָה‬ ‫ָצ ַ‬ ‫יע‪ִ .‬נ ְמ ֵצאת ַהּי ִ‬ ‫ָצ ַ‬‫תּונים קֹורֹות ַהּי ִ‬ ‫ּבֹול ֶטת ָהיּו ְנ ִ‬‫אֹותּה ַא ָּמה ַה ֶ‬ ‫ָ‬ ‫ׁש ַעל ַּג ֵּבי ַה ַּת ְחּתֹונָה ָהיָה ִנ ְכנָס ִל ְפ ִנים ַא ָּמה ַא ַחת‪ְ ,‬ו ַעל‬ ‫יע ֶאל ָהר ֶֹבד ֶ‬ ‫ׁש ִה ִּג ַ‬
‫ּוכ ֶ‬
‫ְ‬
‫יׁשית‪ָ ,‬היָה‬ ‫ׁשל ְׁש ִל ִ‬ ‫ׁש ִהיא ָה ִר ְצ ָּפה ֶ‬ ‫ׁש ַעל ַּג ֵּבי ַה ִּתיכֹונָה ֶ‬
‫יע ָלר ֶֹבד ֶ‬‫ׁש ַּמ ִּג ַ‬
‫ֹתל ִל ְפ ִנים‪ְ .‬ו ֵכן ְּכ ֶ‬
‫ׁש ִּנ ְכנַס ַהּכ ֶ‬
‫אֹותּה ַא ָּמה ֶ‬
‫יֹותר ִמן ַה ַּת ְחּתֹונָה‪ְּ ,‬ד ַה ְינוּ ָ‬ ‫ְר ָח ָבה ַא ָּמה ַא ַחת ֵ‬
‫יע‬
‫ָצ ַ‬ ‫ֹתל ָה ֶע ְליֹונָה‪ְ ,‬ו ִנ ְמ ֵצאת ַהּי ִ‬ ‫יֹותר ִמּכ ֶ‬‫יֹוצא ַלחּוץ ֵ‬ ‫ּבֹולט ְו ֵ‬
‫ֹתל ַה ִּתיכֹונָה ֵ‬ ‫ׁשּכ ֶ‬‫אֹותּה ַא ָּמה‪ֶ ,‬‬
‫ּקֹורה ַעל ָ‬ ‫יח רֹאׁש ַה ָ‬ ‫ָנ ַ‬
‫ׁשּי ִ‬
‫ֹתל ֵמ ֵצר ְו ִנ ְכנָס ִל ְפ ִנים ַא ָּמה ַא ַחת‪ְּ ,‬כ ֵדי ֶ‬ ‫ַהּכ ֶ‬
‫לֹומר‬‫אחֹז ְּב ִקירֹות ַה ַּב ִית‪ְּ ,‬כ ַ‬ ‫חּוצה ְל ִב ְל ִּתי ֱ‬
‫ָתן ַל ַּב ִית ָ‬ ‫ֶא ַמר ִּכי ִמ ְג ָרעֹות נ ַ‬ ‫ׁשּנ ֱ‬
‫יֹותר ִמן ַה ַּת ְחּתֹונָה‪ְ .‬וזֶהּו ֶ‬‫ּוׁש ֵּתי ַאּמֹות ֵ‬‫יֹותר ִמן ַה ִּתיכֹונָה ְ‬ ‫ָה ֶע ְליֹונָה ְר ָח ָבה ַא ָּמה ֵ‬
‫אׁשי‬
‫ׁש ִּי ְהיֶה לֹו ָמקֹום ָלׂשּום ָּב ֶהם ָר ֵ‬ ‫ׁשל ָה ֶע ְליֹונָה‪ְּ ,‬כ ֵדי ֶ‬‫ׁשל ַה ִּתיכֹונָה‪ְ ,‬ועֹוד ַא ָּמה ַא ֶח ֶרת ָּבר ֶֹבד ֶ‬ ‫ֹתל ִמ ַּבחּוץ ַא ָּמה ַא ַחת ָּבר ֶֹבד ֶ‬ ‫ּומ ַח ֵּסר ָּב ֳע ִבי ַהּכ ֶ‬
‫ָהיָה ְמ ַג ֵרעַ ְ‬
‫אׁשי ַהּקֹורֹות‪:‬‬
‫ֹתל ְו ִל ְתחֹב ָׁשם ָר ֵ‬ ‫חֹורין ַּבּכ ֶ‬
‫אחֹז ְּב ִקירֹות ַה ַּב ִית ַל ֲעׂשֹות ִ‬ ‫ׁשֹּלא ִי ְצ ָט ֵרְך ֶל ֱ‬‫ׁשל ָהר ֶֹבד‪ְּ ,‬כ ֵדי ֶ‬ ‫ַהּקֹורֹות ֶ‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪28 Shevat 5780‬‬
‫‪23 / 02 / 20‬‬
‫‪Ch.4 Mishna 5‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫עֹולים‬
‫עֹולה‬
‫ֶ‬
‫ִ‬ ‫ׁש ָּבּה ָהיּו‬
‫עֹולה ָּבּה‬
‫ּומ ָע ָרה‪ֶ :‬‬
‫ׁש ָה ֶ‬
‫ּומ ִס ָּבה‪ְּ .‬כ ִמין ְמ ִח ָּלה ְ‬
‫ְל ַגּגֹות ַה ָּת ִאים‪ִ .‬‬
‫ּומ ְּפנֵי ֶ‬
‫ְ‬ ‫ְפֹונִית‬‫ֶן צ‬ ‫קר‬‫לֶ‬ ‫ְפֹונִית ְ‬ ‫ִית צ‬ ‫רח‬ ‫מזְָ‬
‫ֶן ִ‬ ‫ּקר‬
‫מֶ‬‫ָה ִ‬ ‫ְתה עֹול‬ ‫הי ָ‬
‫ָה ָ‬ ‫סּב‬
‫מִ‬ ‫ּו ְ‬
‫לּולין‪.‬‬
‫יֹורד ֶּד ֶרְך ֶה ֵּקף‪ָ ,‬קרּוי ְמ ִס ָּבה‪ְ :‬ו ִ‬
‫ׁש ְל ְׁש ִלים ֶאת‬ ‫עֹוׂשים ַּב ֲע ִלּיֹות‪ְ :‬מ ַ‬
‫ֶּד ֶרְך ֶה ֵּקף ְו ֵ‬
‫ׁש ִ‬ ‫א ֻרּבֹות ֶ‬ ‫ֲ‬
‫ֶה‬‫היָה עֹול‬ ‫ִים‪ָ .‬‬ ‫ּתא‬‫הָ‬‫לגַּגֹות ַ‬ ‫ִים ְ‬ ‫היּו עֹול‬ ‫ָּה ָ‬ ‫ׁשּב‬
‫ִית‪ֶ ,‬‬ ‫רב‬‫עָ‬ ‫מֲ‬ ‫ַ‬
‫אֹותם ְּב ֶח ֶבל ְּבתֹוְך ַה ֵּתבֹות‪,‬‬ ‫ָ‬ ‫ידין‬‫מֹור ִ‬‫ִ‬
‫ֵהנוּ ִּב ְר ִאּיַת ֵּבית ק ֶֹדׁש ַה ֳּק ָד ִׁשים‪ֶ ,‬א ָּלא‬
‫ָה ֻא ָּמ ִנים‪.‬‬
‫ׁשֹּלא י ָ‬
‫ְּכ ֵדי ֶ‬
‫ׁשהּוא‬ ‫ַד ֶ‬ ‫ָפֹון‪ ,‬ע‬ ‫הּצ‬‫ּפנֵי ַ‬
‫ָל ְ‬ ‫ַל ּכ‬‫ְַך ע‬‫הל‬ ‫ָב‪ָ .‬‬‫ער‬ ‫ּמ ֲ‬‫לַ‬‫פנָיו ַ‬
‫ָה ּו ָ‬‫סּב‬
‫ּמ ִ‬
‫ּב ְ‬
‫ַ‬
‫עֹולין‪:‬‬
‫ּׁש ָּצ ִריְך ִּב ְל ַבד ְו ִ‬‫ְמ ַת ְּק ִנין ַמה ֶ‬ ‫ָל‬‫ְַך ּכ‬
‫הל‬‫ָרֹום‪ָ .‬‬ ‫לּד‬
‫ּפנָיו ַ‬
‫ְַך ָ‬ ‫ְהפ‬
‫ָב‪ ,‬ו ָ‬‫ער‬ ‫ּמ ֲ‬
‫לַ‬ ‫עַ‬ ‫הּגִי ַ‬
‫ָב‪ִ .‬‬ ‫ער‬‫ּמ ֲ‬
‫לַ‬‫עַ‬ ‫מּגִי ַ‬
‫ַ‬
‫ְַך‬
‫ְהפ‬‫ָרֹום‪ ,‬ו ָ‬ ‫לּד‬‫עַ‬ ‫הּגִי ַ‬
‫ָרֹום‪ִ .‬‬ ‫לּד‬
‫עַ‬ ‫מּגִי ַ‬
‫ׁשהּוא ַ‬ ‫ַד ֶ‬ ‫ָב ע‬ ‫ער‬‫מֲ‬ ‫ּפנֵי ַ‬‫ְ‬
‫ָּה‬
‫ִתח‬‫לפ ְ‬‫עְ‬ ‫מּגִי ַ‬
‫ׁשהּוא ַ‬ ‫ַד ֶ‬ ‫ָרֹום‪ ,‬ע‬ ‫ּבּד‬
‫ְֵך ַ‬‫ְהּל‬
‫היָה מ ַ‬ ‫ָח‪ָ .‬‬‫ּמזְר‬
‫לִ‬‫ּפנָיו ַ‬‫ָ‬
‫ָּה‬
‫ִתח‬‫בפ ְ‬ ‫ָרֹום‪ּ .‬ו ְ‬ ‫לּד‬
‫ח ַ‬ ‫ָתּו ַ‬‫לּיָה ּפ‬‫עִ‬‫ׁשל ֲ‬ ‫ָּה ֶ‬ ‫ִתח‬ ‫ׁשּפ ְ‬
‫לּיָה‪ֶ ,‬‬‫עִ‬ ‫ׁשל ֲ‬ ‫ֶ‬
‫ִין‬
‫היּו עֹול‬ ‫ָהן ָ‬ ‫ׁשּב ֶ‬
‫ֶז‪ֶ ,‬‬ ‫אר‬ ‫ׁשל ֶ‬ ‫ְלֹונָסֹות ֶ‬ ‫ׁשנֵי כ‬ ‫היּו ְ‬‫לּיָה ָ‬ ‫עִ‬‫ׁשל ֲ‬ ‫ֶ‬
‫ֵין‬
‫לּיָה ּב‬‫עִ‬ ‫ּב ֲ‬
‫ִים ָ‬ ‫ִיל‬‫בּד‬‫מְ‬‫ִין ַ‬ ‫ּפס‬
‫סָ‬‫פְ‬‫ָאׁשי ִ‬
‫לּיָה‪ .‬וְר ֵ‬ ‫עִ‬‫ׁשל ֲ‬ ‫לגַּגָּה ֶ‬‫ְ‬
‫לּיָה‬
‫עִ‬‫ּב ֲ‬
‫ִין ָ‬ ‫ְתּוח‬ ‫היּו פ‬ ‫ִין ָ‬ ‫ָׁשים‪ .‬וְלּול‬‫ּקד ִ‬‫הֳ‬‫ֶׁש ַ‬ ‫ֵין קֹד‬‫לב‬‫ֶׁש ְ‬ ‫הּקֹד‬ ‫ַ‬
‫ּמנִים‬
‫אָ‬ ‫הֻ‬ ‫ֶת ָ‬ ‫ִין א‬ ‫ְׁשל‬
‫ְׁשל ְ‬
‫היּו מ ַ‬ ‫ָהן ָ‬‫ׁשּב ֶ‬
‫ָׁשים‪ֶ ,‬‬‫ּקד ִ‬ ‫הֳ‬‫ֶׁש ַ‬ ‫ֵית קֹד‬ ‫לב‬ ‫ְ‬
‫ָׁשים‪:‬‬
‫ּקד ִ‬‫הֳ‬ ‫ְׁשי ַ‬
‫קד ֵ‬ ‫ֵית ָ‬ ‫מּב‬‫ֵיהן ִ‬
‫ֵינ ֶ‬ ‫ׁשֹּלא יָזּונּו ע‬ ‫ֵי ֶ‬‫ּכד‬
‫ְתבֹות‪ְ ,‬‬ ‫ּב ֵ‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪29 Shevat 5780‬‬
‫‪24 / 02 / 20‬‬
‫‪Ch.4 Mishna 6‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫ּומ ָאה ר ַֹחב‪:‬‬ ‫ֵמ ָאה ַעל ֵמ ָאה‪ֵ .‬מ ָאה א ֶֹרְך ֵ‬
‫א ֶֹטם‪ִּ .‬ב ְניָן ָאטּום ְו ָסתּום ִל ְהיֹות ְיסֹוד ַל ַּב ִית‪,‬‬
‫ַּמֹות‪,‬‬
‫ׁשׁש א‬‫ֶם ֵ‬ ‫האֹט‬ ‫ָה‪ָ .‬‬ ‫מא‬‫ַל רּום ֵ‬ ‫ָה‪ ,‬ע‬ ‫מא‬‫ַל ֵ‬ ‫ָה ע‬ ‫מא‬ ‫ָל ֵ‬ ‫היכ‬‫ְה ֵ‬
‫וַ‬
‫ידין ַה ְּכ ָת ִלים‪ַ :‬א ָּמה ִּכּיּור‪ַ .‬ה ָ‬
‫ּקֹורה‬
‫ּול ִפי‬
‫ׁשל ִּת ְק ָרה ָה ְי ָתה ָע ְביָּה ַא ָּמה‪ְ .‬‬
‫ׁש ָע ָליו ַמ ֲע ִמ ִ‬
‫ַה ַּת ְחּתֹונָה ֶ‬
‫ֶ‬ ‫ָה‪,‬‬
‫לפ‬ ‫ּד ְ‬
‫ֵית ִ‬ ‫ָתיִם ּב‬‫אּמ ַ‬ ‫ִּיּור‪ ,‬וְ ַ‬
‫ָה ּכ‬‫אּמ‬
‫ָה‪ַ ,‬‬ ‫אּמ‬
‫ִים ַ‬ ‫ּבע‬
‫רָ‬ ‫אְ‬‫ְהֹו ַ‬ ‫וְגָב‬
‫ָאים‬ ‫ּיּורים נ ִ‬
‫ֶרת ִצ ִ‬ ‫ּומ ֻצּי ֶ‬
‫ָהב ְ‬ ‫טּוחה ְּבז ָ‬ ‫ָ‬
‫ִנ ְק ֵראת ִּכּיּור‪ְ :‬ו ַא ָּמ ַת ִים ֵּבית ִּד ְל ָפה‪ַ .‬הּקֹורֹות‬
‫ׁש ָה ְי ָתה‬
‫ֶ‬ ‫ִים‬
‫ּבע‬‫רָ‬ ‫אְ‬‫לּיָה ַ‬
‫עִ‬ ‫ׁשל ֲ‬ ‫ַּה ֶ‬ ‫ָה‪ ,‬וְגֹב‬‫עזִיב‬‫מֲ‬‫ָה ַ‬ ‫אּמ‬
‫ָה‪ ,‬וְ ַ‬‫קר‬ ‫ּת ְ‬
‫ָה ִ‬ ‫אּמ‬‫וְ ַ‬
‫ּקֹורה ַה ַּת ְחּתֹונָה ָהיָה‬
‫ָה ֶע ְליֹונֹות ַה ִּנ ְׁש ָענֹות ַעל ַה ָ‬
‫רּויין ֵּבית ִּד ְל ָפה‪ְ ,‬ל ִפי‬ ‫ָע ְביָן ְׁש ֵּתי ַאּמֹות‪ְ ,‬ו ֵהן ְק ִ‬
‫ָה‪,‬‬
‫קר‬ ‫ּת ְ‬
‫ָה ִ‬ ‫אּמ‬‫ָה‪ ,‬וְ ַ‬ ‫לפ‬‫ּד ְ‬
‫ֵית ִ‬ ‫ָתיִם ּב‬
‫אּמ ַ‬
‫ִּיּור‪ ,‬וְ ַ‬
‫ָה ּכ‬‫אּמ‬‫ָה‪ ,‬וְ ַ‬‫אּמ‬‫ַ‬
‫ָדן‪ַּ .‬ת ְרּגּום‬
‫יאְך ָה ְי ָתה‬
‫ׁשל ִּת ְק ָרה ְמ ֻח ָּב ִרין ַעל י ָ‬
‫לֹופי‪ְ .‬ו ֵאין ִל ְתמ ַֹּה ֵה ַ‬
‫ׁש ַה ְּנ ָס ִרין ֶ‬
‫ַּב ַּמ ְח ֶּב ֶרת‪ְּ ,‬ב ֵבית ֵ‬
‫ֶ‬ ‫ֵב‪,‬‬
‫ֵה עֹור‬ ‫ּכל‬
‫ָה ָ‬ ‫אּמ‬‫ֶה‪ ,‬וְ ַ‬ ‫עק‬‫מֲ‬ ‫ַּמֹות ַ‬ ‫ְׁשֹלׁש א‬
‫ָה‪ ,‬ו ָ‬ ‫עזִיב‬
‫מֲ‬‫ָה ַ‬ ‫אּמ‬‫וְ ַ‬
‫יהם ָע ְביָּה‬
‫ׁש ֵאין‬
‫ׁש ַהּכֹל ִנ ְׁש ָען ֲע ֵל ֶ‬‫ּקֹורה ַה ַּת ְחּתֹונָה ֶ‬
‫ַא ָּמה ַא ַחת ִּב ְל ַבד ְו ַהּקֹורֹות ָה ֶע ְליֹונֹות ֶ‬
‫ַה ָ‬ ‫ָה‪,‬‬
‫ּמּד‬
‫הִ‬ ‫ִן ַ‬
‫ֶה מ‬ ‫ֵב עֹול‬ ‫ֵה עֹור‬ ‫כל‬ ‫היָה ָ‬‫ֵר‪ֹ ,‬לא ָ‬ ‫ָה אֹומ‬ ‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬‫ַ‬
‫סֹובלֹות ַמ ָּׂשא ָּכל ָּכְך ָהיָה ָע ְביָן ְׁש ֵּתי ַאּמֹות‪,‬‬
‫ׁש ָה ְי ָתה ְר ָח ָבה‬‫ּקֹורה ַה ַּת ְחּתֹונָה ִמּתֹוְך ֶ‬ ‫ׁש ַה ָ‬
‫ְ‬
‫ְל ִפי ֶ‬
‫ֶה‪:‬‬ ‫עק‬
‫מֲ‬ ‫היָה ַ‬ ‫ַּמֹות ָ‬ ‫ַע א‬ ‫רּב‬
‫אְ‬ ‫ָא ַ‬‫אּל‬‫ֶ‬
‫ׁשֹּלא ָהיּו ְר ָחבֹות ֶא ָּלא ֶט ַפח אֹו ָּפחֹות ְצ ִריכֹות ִל ְהיֹות ָעבֹות‬ ‫א ָבל ַהּקֹורֹות ָה ֶע ְליֹונֹות ֶ‬ ‫יה‪ֲ ,‬‬
‫ׁש ָע ֶל ָ‬‫יכֹולה ְל ַק ֵּבל ַה ִּב ְניָן ֶ‬
‫יאה ִו ָ‬ ‫ּוב ִר ָ‬
‫ָקה ְ‬ ‫יֹותר ָּב ֳע ִבי ַא ָּמה ָה ְי ָתה ֲחז ָ‬
‫ְּב ֵ‬
‫ָאים‪ְ ,‬ו ִאם ָה ְי ָתה ַה ִּת ְק ָרה‬ ‫ּיּורים נ ִ‬
‫ֶרת ִצ ִ‬ ‫ׁש ִהיא ְמ ֻצּי ֶ‬ ‫ּקֹורה ַה ַּת ְחּתֹונָה‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ַּמי‪ָ ,‬היּו ַהּקֹורֹות ָה ֶע ְליֹונֹות ָע ְביָן ְׁש ֵּתי ַאּמֹות ְּכ ֵדי ְל ַה ְר ִחיק ַה ִּת ְק ָרה ִמן ַה ָ‬ ‫יֹותר‪ִ .‬אי נ ִ‬
‫ֵ‬
‫ּנֹות ִנין ַעל‬
‫ׁש ְ‬‫א ָב ִנים ְו ַה ִּסיד ֶ‬ ‫יבה‪ַ .‬ה ִּטיט ְו ָה ֲ‬ ‫ּנֹות ִנין ַעל ַהּקֹורֹות ָהיּו ָע ְביָן ַא ָּמה‪ַ :‬מ ֲע ִז ָ‬ ‫ׁש ְ‬‫יה ִנ ְראֹות ְו ִנ ָּכרֹות ָּכל ָּכְך‪ִּ :‬ת ְק ָרה‪ַ .‬ה ְּנ ָס ִרים ֶ‬
‫ּיּור ָ‬
‫מּוכה ָלּה ֹלא ָהיּו ִצ ֶ‬ ‫ְס ָ‬
‫ׁש ְּמ ַכ ֶּלה‬
‫עֹורב‪ֶ ,‬‬
‫יכְך ִנ ְק ָרא ָּכ ֵלה ֵ‬ ‫ׁשֹּלא יָנּוחּו ָהעֹופֹות ָע ָליו‪ְ ,‬ל ִפ ָ‬ ‫ׁשל ַּב ְרזֶל ַחד ְּכ ִמין ַס ִיף ְו ָג ְבהֹו ַא ָּמה ָהיָה ֻמּנָח ַעל ַּג ֵּבי ַה ַּמ ֲע ֶקה‪ְּ ,‬כ ֵדי ֶ‬ ‫עֹורב‪ַ .‬טס ֶ‬
‫ַה ְּנ ָס ִרין‪ָּ :‬כ ֵלה ֵ‬
‫עֹור ִבים ִמ ָּׁשם‪:‬‬‫ָה ְ‬

‫‪177‬‬
‫‪M A R D I‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.4 Mishna 7‬‬ ‫‪30 Shevat 5780‬‬
‫‪25 / 02 / 20‬‬

‫ַד‬‫אח‬‫ָם ַ‬ ‫ְהאּול‬‫ֵׁש‪ ,‬ו ָ‬ ‫חמ‬ ‫ָם ָ‬ ‫האּול‬ ‫ֹתל ָ‬‫ָה‪ּ ,‬כ ֶ‬ ‫אּמ‬
‫ָה ַ‬ ‫מא‬‫ָב ֵ‬ ‫ער‬‫ּמ ֲ‬‫לַ‬‫ָח ַ‬ ‫ּמזְר‬
‫ֵה ִ‬
‫מַ‬ ‫ֹתל‬ ‫אּולם‪ֳ .‬ע ִבי ּכ ֶ‬
‫אּולם ְל ַצד ִמ ְז ָרח ָח ֵמׁש‬
‫ּכ ֶֹתל ָה ָ‬
‫ָה ָ‬
‫ִין‪,‬‬
‫קס‬‫רְ‬‫טַ‬‫ָה ְ‬ ‫אּמ‬‫ָה‪ַ ,‬‬ ‫אּמ‬ ‫ִים ַ‬ ‫ּבע‬‫רָ‬‫אְ‬‫ׁשׁש‪ ,‬וְתֹוכֹו ַ‬ ‫ָל ֵ‬ ‫היכ‬‫הֵ‬ ‫ֹתל ַ‬ ‫ָׂשר‪ּ ,‬כ ֶ‬‫עָ‬ ‫יכל‬ ‫ֹתל ַה ֵה ָ‬ ‫ַאּמֹות‪ְ .‬ו ֵכן ּכ ֶ‬
‫ׁשׁש ְל ַצד ִמ ְז ָרח‪ְ :‬ותֹוכֹו‪.‬‬ ‫ָע ְביֹו ֵ‬
‫ׁשׁש‪,‬‬
‫ּתא ֵ‬ ‫ְה ָ‬
‫ׁשׁש‪ ,‬ו ַ‬ ‫ָל ֵ‬ ‫היכ‬ ‫הֵ‬ ‫ֹתל ַ‬ ‫ָׁשים‪ּ ,‬כ ֶ‬
‫ּקד ִ‬‫הֳ‬ ‫ֶׁש ַ‬ ‫ֵית קֹד‬‫ָה ּב‬ ‫אּמ‬‫ִים ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫וְע ְ‬ ‫יכל ַא ְר ָּב ִעים‬
‫ְט ַר ְק ִסין‪.‬‬
‫ׁשל ֵה ָ‬
‫ְו ַא ָּמה‬
‫ֲח ָללֹו ֶ‬
‫ַא ָּמה‪:‬‬
‫ָה‬‫סּב‬
‫ּמ ִ‬
‫הְ‬ ‫ֹתל ַ‬ ‫ָה‪ּ ,‬כ ֶ‬ ‫אּמ‬
‫ִים ַ‬ ‫בע‬‫ׁש ְ‬
‫ָרֹום ִ‬ ‫לּד‬
‫ָפֹון ַ‬ ‫הּצ‬
‫ִן ַ‬‫ֵׁש‪ .‬מ‬ ‫חמ‬ ‫ּתא ָ‬ ‫הָ‬ ‫ֹתל ַ‬ ‫וְכ ֶ‬ ‫יכל‬ ‫ֹתל ַה ַּמ ְפ ִסיק ֵּבין ַה ֵה ָ‬
‫ׁשי ַה ֳּק ָד ִׁשים ָקרּוי‬
‫ּכ ֶ‬
‫ְל ֵבין ָק ְד ֵ‬
‫ָל‬‫היכ‬‫הֵ‬ ‫ֹתל ַ‬‫ׁשׁש‪ּ ,‬כ ֶ‬ ‫ּתא ֵ‬ ‫ְה ָ‬
‫ֵׁש‪ ,‬ו ַ‬‫חמ‬ ‫ּתא ָ‬ ‫הָ‬ ‫ֹתל ַ‬ ‫ׁשֹלׁש‪ּ ,‬כ ֶ‬
‫ָה ָ‬ ‫סּב‬
‫ּמ ִ‬
‫ְה ְ‬
‫ֵׁש‪ ,‬ו ַ‬ ‫חמ‬‫ָ‬ ‫ׁשּסֹוגֵר‬
‫ׁש ִּנ ְּתנּו‬
‫ׁשם ֶ‬ ‫ְט ַר ְק ִסין‪ַ ,‬על ֵ‬
‫ַעל ָה ָארֹון ְו ַהּלּוחֹות ֶ‬
‫ּתא‬
‫הָ‬ ‫ֹתל ַ‬‫ׁשׁש‪ ,‬וְכ ֶ‬ ‫ּתא ֵ‬‫ְה ָ‬‫ׁשׁש‪ ,‬ו ַ‬
‫ָל ֵ‬ ‫היכ‬
‫הֵ‬ ‫ֹתל ַ‬ ‫ָה‪ּ ,‬כ ֶ‬‫אּמ‬
‫ִים ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ׁשׁש‪ ,‬וְתֹוכֹו ע ְ‬ ‫ֵ‬ ‫א ַר ִּמי‬ ‫ְּב ִסינַי‪ְ .‬ט ַרק ְּב ָלׁשֹון ֲ‬
‫רּוקי ַּג ִּלי‬ ‫ירה‪ְּ ,‬כמֹו ְט ֵ‬ ‫ְס ִג ָ‬
‫ָם‬‫האּול‬ ‫ַּמֹות‪ָ .‬‬ ‫ֵׁש א‬ ‫חמ‬‫ֹתל ָ‬ ‫ְהּכ ֶ‬
‫ַּמֹות‪ ,‬ו ַ‬‫ׁשֹלׁש א‬ ‫ּמיִם ָ‬
‫הַ‬‫ַת ַ‬ ‫רד‬‫ֵית הֹו ָ‬ ‫ֵׁש‪ּ ,‬וב‬‫חמ‬‫ָ‬ ‫[ּב ָרכֹות כח‪ִ .].‬סין‪ִ ,‬סינַי‪.‬‬
‫ֹתל זֶה‪ַ ,‬א ָּמה‪.‬‬ ‫ׁשל ּכ ֶ‬
‫ְ‬
‫ְו ָע ְביֹו ֶ‬
‫ִן‬
‫ָה מ‬ ‫אּמ‬
‫ֵה ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ֵׁש ע ְ‬ ‫חמ‬ ‫ָפֹון‪ ,‬וַ ֲ‬‫הּצ‬
‫ִן ַ‬ ‫ָה מ‬ ‫אּמ‬‫ֵה ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ֵׁש ע ְ‬‫חמ‬ ‫ָיו ֲ‬ ‫על‬ ‫ֵף ָ‬ ‫עֹוד‬ ‫ְוֹלא ִה ְכ ִריעּו ּבֹו ֲח ָכ ִמים ִאי‬
‫ְק ֻד ָּׁשתוֹ ִּכ ְק ֻד ַּׁשת ְּפ ִנים אֹו‬
‫ִינִים‪.‬‬
‫ּסּכ‬
‫הַ‬‫ֶת ַ‬ ‫ּׁשם ּגֹונְזִים א‬ ‫ׁש ָ‬
‫ִיפֹות‪ֶ ,‬‬ ‫חל‬ ‫הֲ‬‫ֵית ַ‬ ‫ָא ּב‬‫קר‬‫היָה נְִ‬
‫ָרֹום‪ ,‬וְהּוא ָ‬ ‫הּד‬
‫ַ‬ ‫יכְך ָעׂשּו‬ ‫ִּכ ְק ֻד ַּׁשת חּוץ‪ְ ,‬ל ִפ ָ‬
‫ׁש ִני ְׁש ֵּתי ָּפרֹוכֹות‪,‬‬ ‫ְּב ַב ִית ֵ‬
‫ַר (ישעיה‬ ‫אמ‬ ‫ׁשּנֶ ֱ‬
‫ִי‪ֶ ,‬‬‫אר‬ ‫לֲ‬‫ֶה ַ‬ ‫פנָיו‪ ,‬וְדֹומ‬‫ּל ָ‬
‫מְ‬ ‫ָב ִ‬ ‫רח‬‫ָיו‪ ,‬וְָ‬
‫חר‬‫אֲ‬‫מַ‬ ‫ַר ֵ‬‫ָל צ‬ ‫היכ‬ ‫ְה ֵ‬
‫וַ‬ ‫ימית‪,‬‬ ‫ַא ַחת ִחיצֹונָה ְו ַא ַחת ְּפ ִנ ִ‬
‫א ִויר ַא ָּמה‪ִ ,‬ל ְקֹלט‬ ‫ֵיהן ֲ‬ ‫ּובינ ֶ‬‫ֵ‬
‫ָיו‬
‫חר‬‫אֲ‬‫מַ‬ ‫ַר ֵ‬ ‫ִי צ‬ ‫אר‬‫הֲ‬ ‫ָה ָ‬ ‫דוִד‪ ,‬מ‬ ‫חנָה ָ‬ ‫ריַת ָ‬ ‫קְ‬‫ֵל ִ‬ ‫ִיא‬‫אר‬‫ֵל ֲ‬ ‫ִיא‬ ‫אר‬‫כט)‪ ,‬הֹוי ֲ‬ ‫ֹתל‬ ‫א ִויר ְמקֹום ַהּכ ֶ‬
‫ׁש ָהיָה ָע ְביֹו ַא ָּמה‪ּ :‬כ ֶֹתל‬
‫ֵיהן ֲ‬ ‫ֵּבינ ֶ‬
‫ֶ‬
‫פנָיו‪:‬‬
‫ּל ָ‬
‫מְ‬ ‫ָב ִ‬ ‫רח‬ ‫ָיו וְָ‬
‫חר‬‫אֲ‬ ‫מַ‬ ‫ַר ֵ‬ ‫ָל צ‬ ‫היכ‬‫הֵ‬‫ַף ַ‬‫פנָיו‪ ,‬א‬ ‫ּל ָ‬
‫מְ‬ ‫ָב ִ‬ ‫רח‬‫וְָ‬ ‫ׁשׁש‪ְּ .‬כ ָבר ֵּפ ַר ְׁשנּו‬
‫ֹתל‬ ‫ׁשֹּלא ָהיָה ּכ ֶ‬
‫יכל ֵ‬ ‫ַה ֵה ָ‬
‫ְל ֵעיל ֶ‬
‫ׁש ְּב ַצד ַמ ֲע ָרב ָע ְביֹו‬ ‫יכל ֶ‬ ‫ַה ֵה ָ‬
‫ׁש ֵּבינֹו‬
‫ׁש ָּקרּוי ָּתא ִעם ַה ָּמקֹום ַה ָּפנּוי ֶ‬ ‫ּׁש ִני ֶ‬
‫ֹתל ַה ֵ‬‫ָע ִבי ּכ ֶ‬
‫ׁשׁש ַאּמֹות‪ .‬ו ֳ‬ ‫חּוצה לֹו ָהיָה ֵ‬ ‫ׁש ָ‬‫ּׁש ִני ֶ‬
‫ֹתל ַה ֵ‬‫ּובין ַהּכ ֶ‬‫ׁש ֵּבינֹו ֵ‬
‫יכל ִעם ַה ָּמקֹום ַה ָּפנּוי ֶ‬ ‫ֹתל ַה ֵה ָ‬ ‫ׁשׁש‪ֶ ,‬א ָּלא ֳע ִבי ּכ ֶ‬ ‫ֵ‬
‫ֹלׁשת‬‫ּוׁש ֶ‬ ‫יעי ַה ִחיצֹון ָהיָה ָח ֵמׁש ַאּמֹות‪ְ .‬‬ ‫ֹתל ָה ְר ִב ִ‬
‫ּובין ַהּכ ֶ‬ ‫ׁש ֵּבינֹו ֵ‬
‫ֹתל ַה ָּתא ִעם ַה ָּמקֹום ַה ָּפנּוי ֶ‬ ‫ׁש ָּקרּוי ּכ ֶ‬
‫יׁשי ֶ‬
‫ֹתל ַה ְּׁש ִל ִ‬‫ָע ִבי ַהּכ ֶ‬
‫ׁשׁש ַאּמֹות‪ .‬ו ֳ‬ ‫יׁשי ֵ‬
‫ֹתל ַה ְּׁש ִל ִ‬ ‫ּובין ַהּכ ֶ‬‫ֵ‬
‫יהן‪ְ .‬ו ֵכן‬ ‫ַים ַעל ַּג ֵּב ֶ‬
‫ּוׁשנ ִ‬
‫ֹלׁשה ְ‬‫ֹלׁשה ַעל ַּג ֵּבי ְׁש ָ‬‫ׁש ָּׁש ִנינּו ְל ַמ ְע ָלה ַּב ַּמ ֲע ָרב ְׁש ָ‬
‫אֹותּה ֶ‬
‫א ֵח ִרים‪ְּ ,‬כ ָ‬ ‫יהן ָּת ִאים ֲ‬
‫ַע ֵל ֶ‬‫ׁש ֵּבין ַא ְר ָּב ָעה ְּכ ָת ִלים ֵהן ַה ָּת ִאים‪ .‬ו ֲ‬ ‫נּויין ֶ‬
‫ַה ְּמקֹומֹות ַה ְּפ ִ‬
‫אּולם ָע ְביֹו‬ ‫ֹתל ָה ָ‬ ‫ׁשּכ ֶ‬‫ׁש ֵּפ ַר ְׁש ִּתי ְל ֵעיל‪ֲ :‬ח ֵמׁש ֶע ְׂש ֵרה ַא ָּמה ִמן ַה ָּצפֹון‪ֶ .‬‬ ‫ֹתל‪ַ ,‬הּכֹל ְּכמֹו ֶ‬ ‫ֹתל ְלכ ֶ‬ ‫ׁש ֵּבין ּכ ֶ‬
‫ֹתל ַה ְּמ ִס ָּבה ָח ֵמׁש כוּ'‪ֻּ ,‬כ ָּלן ִעם ֶה ָח ָלל ֶ‬ ‫ִמ ָּצפֹון ְל ָדרֹום ּכ ֶ‬
‫ינים‬ ‫קֹורין ַל ַּס ִּכ ִ‬
‫רֹומי ִ‬‫ׁש ֵּכן ִּב ְלׁשֹון ִ‬ ‫ּגֹונ ִזים ָׁשם‪ָ ,‬קרּוי ֵּבית ַה ֲח ִליפֹות‪ֶ ,‬‬ ‫ׁש ְ‬ ‫ינים ֶ‬ ‫ׂשר ַאּמֹות ַל ָּצפֹון ְו ֵכן ַל ָּדרֹום‪ֵּ :‬בית ַה ֲח ִליפֹות‪ַ .‬על ֵ‬
‫ׁשם ַה ַּס ִּכ ִ‬ ‫אּולם ֶע ֶ‬
‫ָח ֵמׁש ַא ָּמה‪ְ ,‬ו ָה ָ‬
‫ה ֵרי ֵמ ָאה ַעל ֵמ ָאה ָהיָה ְּב ָׁשוֶה‪:‬‬ ‫ׁש ֲ‬
‫יאְך‪ֶ ,‬‬ ‫חֹוריו‪ְ .‬ל ַצד ַמ ֲע ָרב‪ְ :‬ו ָר ָחב ִמ ְּל ָפנָיו‪ְ .‬ל ַצד ִמ ְז ָרח‪ְ .‬וֹלא ִא ְת ָּפ ֵרׁש ִלי ֵה ַ‬ ‫א ָ‬ ‫דֹולים ֲח ָל ִפים‪ַ :‬צר ֵמ ֲ‬ ‫ַה ְּג ִ‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.5 Mishna 1‬‬ ‫‪1 Adar 5780‬‬
‫‪26 / 02 / 20‬‬

‫ֹלׁשים‬
‫ּוׁש ִ‬‫ָה ְ‬ ‫מא‬‫ַב ֵ‬
‫ַל רֹח‬ ‫ַע ע‬‫ָׁשב‬
‫ּוׁשמֹונִים ו ֶ‬
‫ָה ְ‬ ‫מא‬ ‫ְֶך ֵ‬‫ְתה אֹר‬
‫הי ָ‬‫ָה ָ‬ ‫עזָר‬
‫הֲ‬‫ָל ָ‬‫ּכ‬ ‫ֹתל‬ ‫אּולם‪ֳ .‬ע ִבי ּכ ֶ‬ ‫ּכ ֶֹתל ָה ָ‬
‫אּולם ְל ַצד ִמ ְז ָרח ָח ֵמׁש‬ ‫ָה ָ‬
‫ַת‬‫ִיס‬‫ּדר‬‫ְקֹום ְ‬‫ַע‪ ,‬מ‬‫ָׁשב‬‫ּוׁשמֹונִים ו ֶ‬
‫ָה ְ‬ ‫מא‬‫ָב ֵ‬ ‫ער‬ ‫ּמ ֲ‬
‫לַ‬ ‫ָח ַ‬‫ּמזְר‬
‫הִ‬ ‫ִן ַ‬ ‫ֵׁש‪ .‬מ‬‫חמ‬ ‫וְ ָ‬ ‫יכל‬ ‫ֹתל ַה ֵה ָ‬ ‫ַאּמֹות‪ְ .‬ו ֵכן ּכ ֶ‬
‫ׁשׁש ְל ַצד ִמ ְז ָרח‪ְ :‬ותֹוכֹו‪.‬‬ ‫ָע ְביֹו ֵ‬
‫ֵה‬‫ֶׂשר‬
‫ַת ע ְ‬ ‫אח‬‫ֹהנִים ַ‬
‫הּכ ֲ‬‫ַת ַ‬ ‫ִיס‬‫ּדר‬
‫ְקֹום ְ‬ ‫ָה‪ ,‬מ‬ ‫אּמ‬‫ֵה ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ַת ע ְ‬ ‫אח‬ ‫ֵל ַ‬ ‫רא‬‫ִׂש ָ‬
‫יְ‬ ‫יכל ַא ְר ָּב ִעים‬
‫ְט ַר ְק ִסין‪.‬‬
‫ׁשל ֵה ָ‬
‫ְו ַא ָּמה‬
‫ֲח ָללֹו ֶ‬
‫ַא ָּמה‪:‬‬
‫ּתיִם‬
‫ּוׁש ַ‬
‫ִים ְ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ח עְ‬‫ּב ַ‬
‫ּמזְֵ‬
‫לִ‬‫ָם וְַ‬‫האּול‬‫ֵין ָ‬ ‫ּתיִם‪ּ ,‬ב‬
‫ּוׁש ַ‬
‫ֹלׁשים ְ‬‫ׁש ִ‬‫ח ְ‬‫ּב ַ‬
‫ּמזְֵ‬
‫הִ‬ ‫ָה‪ַ ,‬‬‫אּמ‬
‫ַ‬ ‫יכל‬ ‫ֹתל ַה ַּמ ְפ ִסיק ֵּבין ַה ֵה ָ‬
‫ׁשי ַה ֳּק ָד ִׁשים ָקרּוי‬
‫ּכ ֶ‬
‫ְל ֵבין ָק ְד ֵ‬
‫ֶת‪:‬‬‫ּכּפֹר‬
‫הַ‬ ‫ֵית ַ‬
‫ֵי ב‬
‫ֲחֹור‬‫לא‬ ‫ָה ַ‬ ‫אּמ‬
‫ֵה ַ‬ ‫ֶׂשר‬
‫ַת ע ְ‬ ‫אח‬‫ָה‪ ,‬וְ ַ‬‫אּמ‬‫ָה ַ‬ ‫מא‬‫ָל ֵ‬‫היכ‬ ‫הֵ‬ ‫ָה‪ַ ,‬‬‫אּמ‬
‫ַ‬ ‫ׁשּסֹוגֵר‬
‫ׁש ִּנ ְּתנּו‬
‫ׁשם ֶ‬ ‫ְט ַר ְק ִסין‪ַ ,‬על ֵ‬
‫ַעל ָה ָארֹון ְו ַהּלּוחֹות ֶ‬
‫א ַר ִּמי‬ ‫ְּב ִסינַי‪ְ .‬ט ַרק ְּב ָלׁשֹון ֲ‬
‫יכְך ָעׂשּו‬ ‫ֹתל זֶה‪ַ ,‬א ָּמה‪ְ .‬וֹלא ִה ְכ ִריעּו ּבֹו ֲח ָכ ִמים ִאי ְק ֻד ָּׁשתוֹ ִּכ ְק ֻד ַּׁשת ְּפ ִנים אֹו ִּכ ְק ֻד ַּׁשת חּוץ‪ְ ,‬ל ִפ ָ‬ ‫ׁשל ּכ ֶ‬ ‫[ּב ָרכֹות כח‪ִ .].‬סין‪ִ ,‬סינַי‪ְ .‬ו ָע ְביֹו ֶ‬ ‫רּוקי ַּג ִּלי ְ‬
‫ירה‪ְּ ,‬כמֹו ְט ֵ‬ ‫ְס ִג ָ‬
‫ׁשׁש‪ְּ .‬כ ָבר‬ ‫יכל ֵ‬ ‫ׁש ָהיָה ָע ְביֹו ַא ָּמה‪ּ :‬כ ֶֹתל ַה ֵה ָ‬ ‫ֹתל ֶ‬ ‫א ִויר ְמקֹום ַהּכ ֶ‬ ‫ֵיהן ֲ‬
‫א ִויר ַא ָּמה‪ִ ,‬ל ְקֹלט ֵּבינ ֶ‬ ‫ֵיהן ֲ‬
‫ּובינ ֶ‬ ‫ימית‪ֵ ,‬‬ ‫ׁש ִני ְׁש ֵּתי ָּפרֹוכֹות‪ַ ,‬א ַחת ִחיצֹונָה ְו ַא ַחת ְּפ ִנ ִ‬ ‫ְּב ַב ִית ֵ‬
‫ׁשׁש‬ ‫חּוצה לֹו ָהיָה ֵ‬ ‫ׁש ָ‬ ‫ּׁש ִני ֶ‬
‫ֹתל ַה ֵ‬ ‫ּובין ַהּכ ֶ‬‫ׁש ֵּבינֹו ֵ‬ ‫יכל ִעם ַה ָּמקֹום ַה ָּפנּוי ֶ‬ ‫ֹתל ַה ֵה ָ‬ ‫ׁשׁש‪ֶ ,‬א ָּלא ֳע ִבי ּכ ֶ‬ ‫ׁש ְּב ַצד ַמ ֲע ָרב ָע ְביֹו ֵ‬ ‫יכל ֶ‬ ‫ֹתל ַה ֵה ָ‬ ‫ׁשֹּלא ָהיָה ּכ ֶ‬ ‫ֵּפ ַר ְׁשנּו ְל ֵעיל ֶ‬
‫ֹתל ַה ָּתא ִעם ַה ָּמקֹום ַה ָּפנּוי‬ ‫ׁש ָּקרּוי ּכ ֶ‬
‫יׁשי ֶ‬‫ֹתל ַה ְּׁש ִל ִ‬‫ָע ִבי ַהּכ ֶ‬
‫ׁשׁש ַאּמֹות‪ .‬ו ֳ‬ ‫יׁשי ֵ‬‫ֹתל ַה ְּׁש ִל ִ‬‫ּובין ַהּכ ֶ‬
‫ׁש ֵּבינֹו ֵ‬‫ׁש ָּקרּוי ָּתא ִעם ַה ָּמקֹום ַה ָּפנּוי ֶ‬ ‫ּׁש ִני ֶ‬‫ֹתל ַה ֵ‬ ‫ָע ִבי ּכ ֶ‬
‫ַאּמֹות‪ .‬ו ֳ‬
‫ׁש ָּׁש ִנינּו‬
‫אֹותּה ֶ‬
‫א ֵח ִרים‪ְּ ,‬כ ָ‬ ‫יהן ָּת ִאים ֲ‬ ‫ַע ֵל ֶ‬‫ׁש ֵּבין ַא ְר ָּב ָעה ְּכ ָת ִלים ֵהן ַה ָּת ִאים‪ .‬ו ֲ‬
‫נּויין ֶ‬
‫ֹלׁשת ַה ְּמקֹומֹות ַה ְּפ ִ‬‫ּוׁש ֶ‬ ‫יעי ַה ִחיצֹון ָהיָה ָח ֵמׁש ַאּמֹות‪ְ .‬‬ ‫ֹתל ָה ְר ִב ִ‬ ‫ּובין ַהּכ ֶ‬
‫ׁש ֵּבינֹו ֵ‬ ‫ֶ‬
‫ׁש ֵּפ ַר ְׁש ִּתי‬
‫ֹתל‪ַ ,‬הּכֹל ְּכמֹו ֶ‬ ‫ֹתל ְלכ ֶ‬ ‫ׁש ֵּבין ּכ ֶ‬
‫ֹתל ַה ְּמ ִס ָּבה ָח ֵמׁש כוּ'‪ֻּ ,‬כ ָּלן ִעם ֶה ָח ָלל ֶ‬ ‫יהן‪ְ .‬ו ֵכן ִמ ָּצפֹון ְל ָדרֹום ּכ ֶ‬
‫ַים ַעל ַּג ֵּב ֶ‬ ‫ּוׁשנ ִ‬
‫ֹלׁשה ְ‬ ‫ֹלׁשה ַעל ַּג ֵּבי ְׁש ָ‬ ‫ְל ַמ ְע ָלה ַּב ַּמ ֲע ָרב ְׁש ָ‬
‫ּגֹונ ִזים‬
‫ׁש ְ‬ ‫ינים ֶ‬ ‫ׂשר ַאּמֹות ַל ָּצפֹון ְו ֵכן ַל ָּדרֹום‪ֵּ :‬בית ַה ֲח ִליפֹות‪ַ .‬על ֵ‬
‫ׁשם ַה ַּס ִּכ ִ‬ ‫אּולם ֶע ֶ‬‫אּולם ָע ְביֹו ָח ֵמׁש ַא ָּמה‪ְ ,‬ו ָה ָ‬ ‫ֹתל ָה ָ‬ ‫ְל ֵעיל‪ֲ :‬ח ֵמׁש ֶע ְׂש ֵרה ַא ָּמה ִמן ַה ָּצפֹון‪ֶ .‬‬
‫ׁשּכ ֶ‬
‫יאְך‪,‬‬‫חֹוריו‪ְ .‬ל ַצד ַמ ֲע ָרב‪ְ :‬ו ָר ָחב ִמ ְּל ָפנָיו‪ְ .‬ל ַצד ִמ ְז ָרח‪ְ .‬וֹלא ִא ְת ָּפ ֵרׁש ִלי ֵה ַ‬ ‫א ָ‬ ‫דֹולים ֲח ָל ִפים‪ַ :‬צר ֵמ ֲ‬ ‫ינים ַה ְּג ִ‬ ‫קֹורין ַל ַּס ִּכ ִ‬
‫רֹומי ִ‬‫ׁש ֵּכן ִּב ְלׁשֹון ִ‬ ‫ָׁשם‪ָ ,‬קרּוי ֵּבית ַה ֲח ִליפֹות‪ֶ ,‬‬
‫ה ֵרי ֵמ ָאה ַעל ֵמ ָאה ָהיָה ְּב ָׁשוֶה‪:‬‬ ‫ׁש ֲ‬‫ֶ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪M I D O T‬‬ ‫‪Ch.5 Mishna 2‬‬ ‫‪2 Adar 5780‬‬
‫‪27 / 02 / 20‬‬

‫ּׁשים‬
‫ׁש ִ‬ ‫ח ִ‬ ‫ּב ַ‬
‫ּמזְֵ‬
‫ְה ִ‬
‫ֶׁש ו ַ‬ ‫ּכב‬
‫הֶ‬ ‫ֵׁש‪ַ ,‬‬
‫חמ‬ ‫ֹלׁשים וְ ָ‬
‫ּוׁש ִ‬
‫ָה ְ‬ ‫מא‬ ‫ָרֹום ֵ‬ ‫לּד‬ ‫ָפֹון ַ‬
‫הּצ‬‫ִן ַ‬ ‫מ‬
‫ִים‬‫ֶׂשר‬‫ָעֹות ע ְ‬ ‫ּטּב‬
‫הַ‬‫ְקֹום ַ‬ ‫ַּמֹות‪ ,‬מ‬
‫ׁשמֹנֶה א‬‫ָעֹות ְ‬ ‫ּטּב‬
‫לַ‬ ‫חַ‬‫ּב ַ‬
‫ּמזְֵ‬
‫הִ‬ ‫ִן ַ‬
‫ּתיִם‪ .‬מ‬‫ּוׁש ַ‬
‫ְ‬
‫ִין‬
‫לּנַּנָס‬
‫ָנֹות וְַ‬‫לח‬ ‫ּׁש ְ‬
‫הֻ‬ ‫ִן ַ‬‫ַע‪ ,‬מ‬ ‫רּב‬
‫אְ‬‫ָנֹות ַ‬ ‫לח‬ ‫ַּׁש ְ‬
‫ָעֹות ל ֻ‬ ‫ּטּב‬‫הַ‬‫ִן ַ‬ ‫ַע‪ ,‬מ‬ ‫רּב‬
‫אְ‬ ‫וְ ַ‬
‫ֶׁש‬
‫ּכב‬‫הֶ‬ ‫ֵין ַ‬
‫ּמֹותר ּב‬
‫ְה ָ‬ ‫ַּמֹות‪ ,‬ו ַ‬
‫ׁשמֹנֶה א‬ ‫ָה ְ‬‫עזָר‬
‫הֲ‬ ‫ֹתל ָ‬‫לכ ֶ‬‫ִין ְ‬ ‫הּנַּנָס‬
‫ִן ַ‬
‫ַע‪ .‬מ‬ ‫רּב‬
‫אְ‬ ‫ַ‬
‫ִין‪:‬‬
‫הּנַּנָס‬
‫ְקֹום ַ‬ ‫ֹתל ּומ‬‫לּכ ֶ‬
‫ַ‬

‫‪178‬‬
‫‪VENDREDI‬‬
‫‪3 Adar 5780‬‬
‫‪28 / 02 / 20‬‬
‫‪Ch.5 Mishna 3‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫ׁש ְּׁשמֹו ַּפ ְרוָה ָּבנָה‬ ‫ּׁשף ֶ‬


‫ּׁשפּות‪ְ ,‬ו ִנ ְק ֵראת ַעל ְׁשמֹו‪.‬‬
‫ִל ְׁש ַּכת ַה ַּפ ְרוָה‪ָ .‬א ָדם ְמ ַכ ֵ‬
‫אֹותּה ִל ְׁש ָּכה ַעל ְי ֵדי ְמ ַכ ֵ‬
‫ָ‬ ‫ָרֹום‪.‬‬ ‫ּבּד‬
‫ְׁשֹלׁש ַ‬
‫ָפֹון ו ָ‬
‫ּבּצ‬
‫ׁשֹלׁש ַ‬‫ָה‪ָ ,‬‬ ‫עזָר‬
‫בֲ‬‫היּו ָ‬‫ְׁשכֹות ָ‬‫ׁשׁש ל ָ‬‫ֵ‬
‫חֹותר ַּב ִּקיר ְּכ ֵדי‬
‫ֶה ַרג‬‫בֹודה ְונ ֱ‬
‫ׁש ָהיָה ֵ‬
‫עֹובד ָה ֲע ָ‬
‫אתי‪ְ .‬ו ַר ְמ ַּב"ם ָּכ ַתב‪ֶ ,‬‬
‫יאְך ָהיָה ּכ ֵֹהן ֵ‬
‫ָּכְך ָמ ָצ ִ‬
‫ִל ְראֹות ִמ ָּׁשם ֵה ַ‬ ‫ַת‬ ‫ִׁשּכ‬‫רוָה‪ ,‬ל ְ‬ ‫ּפ ְ‬
‫הַ‬‫ַת ַ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ַח‪ ,‬ל ְ‬ ‫ּמל‬
‫הֶ‬‫ַת ַ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ָפֹון‪ ,‬ל ְ‬ ‫ּבּצ‬
‫ׁש ַ‬
‫ֶ‬
‫ילה ְלכ ֵֹהן ָּגדֹול ְּביֹום‬
‫ּטֹובל ּכ ֵֹהן ָּגדֹול ְּביֹום‬
‫ָׁשם‪ְ :‬ו ַעל ַּג ָּגּה ָהיָה ֵבית ַה ְּט ִב ָ‬
‫ׁש ֵ‬ ‫ּפּורים‪ָ .‬ח ֵמׁש ְט ִבילֹות ֶ‬ ‫ַה ִּכ ִ‬ ‫ָן‪.‬‬
‫רּב‬ ‫ּק ְ‬
‫לָ‬ ‫ַח ַ‬‫מל‬
‫נֹותנִים ֶ‬
‫היּו ְ‬ ‫ׁשם ָ‬‫ַח‪ָ ,‬‬ ‫ּמל‬
‫הֶ‬‫ַת ַ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ִים‪ .‬ל ְ‬ ‫ִיח‬
‫מד‬ ‫הְ‬ ‫ַ‬
‫ָהב ְל ִב ְג ֵדי ָל ָבן‬ ‫ׁשהּוא ְמ ַׁשּנֶה ִמ ִּב ְג ֵדי ז ָ‬
‫ָהב‪ֻּ ,‬כ ָּלם ָהיּו ַעל ַּגג ֵּבית‬
‫ּפּורים ְּכ ֶ‬
‫ַה ִּכ ִ‬
‫ּומ ִּב ְג ֵדי ָל ָבן ְל ִב ְג ֵדי ז ָ‬
‫ִ‬ ‫ַל ּגַּגָּה‬‫ָׁשים‪ ,‬וְע‬
‫קד ִ‬ ‫ִין עֹורֹות ָ‬‫לח‬‫היּו מֹו ְ‬‫ׁשם ָ‬‫רוָה‪ָ ,‬‬‫ּפ ְ‬
‫הַ‬ ‫ַת ַ‬
‫ִׁשּכ‬
‫לְ‬
‫ָרה‪.‬‬ ‫ׁשת ִּב ְק ֻד ַּׁשת ָה ֲעז ָ‬
‫ּפּורים ָּב ִעינַן‬
‫ׁש ָה ְי ָתה ְמ ֻק ֶּד ֶ‬ ‫ַה ַּפ ְרוָה‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ּוט ִבילֹות ַה ָּבאֹות ֵמ ֲח ַמת יֹום ַה ִּכ ִ‬ ‫ְ‬ ‫ַת‬ ‫ִׁשּכ‬‫ִים‪ .‬ל ְ‬ ‫ִּפּור‬
‫הּכ‬
‫ְיֹום ַ‬‫ֹהן ּגָדֹול ּב‬
‫לכ ֵ‬ ‫ָה ְ‬‫ִיל‬ ‫ּטב‬
‫הְ‬‫ֵית ַ‬ ‫היָה ב‬ ‫ָ‬
‫ְּב ָמקֹום ָקדֹוׁש ְּכ ִד ְכ ִתיב ְו ָר ַחץ ֶאת ְּב ָׂשרֹו ַב ַּמ ִים‬
‫ׁש ֵאינָּה ָּב ָאה‬ ‫ילה ִראׁשֹונָה ֶ‬ ‫ְּב ָמקֹום ָקדֹוׁש‪ .‬חּוץ ִמ ְּט ִב ָ‬ ‫ִּׁשם‬
‫ָׁשים‪ּ .‬ומ ָ‬ ‫ּקד ִ‬‫הֳ‬‫ֵי ַ‬
‫רב‬ ‫קְ‬‫ִין ִ‬‫ִיח‬ ‫מד‬‫היּו ְ‬ ‫ּׁשם ָ‬‫ׁש ָ‬
‫ִין‪ֶ ,‬‬ ‫ִיח‬
‫מד‬ ‫הְ‬ ‫ַ‬
‫ׁש ַאף ְׁש ָאר ָּכל ְימֹות ַה ָּׁשנָה‬
‫ׁש ִּי ְטּבֹל‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך‬
‫ָרה ַעד ֶ‬
‫ּפּורים‪ֶ ,‬‬‫ִּב ְׁש ִביל יֹום ַה ִּכ ִ‬
‫ֵאין ָא ָדם ָטהֹור ִנ ְכנָס ָל ֲעז ָ‬ ‫רוָה‪:‬‬‫ּפ ְ‬
‫הַ‬ ‫ֵית ַ‬‫לגַג ּב‬
‫ָה ְ‬ ‫ָה עֹול‬ ‫סּב‬
‫מִ‬ ‫ְ‬
‫ילה ִראׁשֹונָה ָה ְי ָתה ַּבחֹל ַעל ַּג ֵּבי ַׁש ַער ַה ַּמ ִים‪,‬‬ ‫ְט ִב ָ‬
‫א ָב ִנים ַמ ֲעלֹות‬ ‫ילה ָה ִראׁשֹונָה‪ְ :‬מ ִס ָּבה‪ִּ .‬ב ְניַן ֲ‬ ‫טֹובל ְט ִב ָ‬‫יטם‪ְ ,‬ו ָׁשם ָהיָה ֵ‬
‫ׁשל ַמ ִים ָהיָה ָמׁשּוְך ָׁשם ָּב ַא ָּמה ַה ָּב ָאה ֵמ ֵעין ֵע ָ‬ ‫ּומ ְעיָן ֶ‬
‫ׁש ַּב ָּדרֹום‪ַ ,‬‬
‫יׁשי ֶ‬
‫הּוא ַׁש ַער ַה ְּׁש ִל ִ‬
‫סֹובבֹות ַל ֲעלֹות ְל ַגג ֵּבית ַה ַּפ ְרוָה ֶּד ֶרְך ַה ְּמ ִס ָּבה‪:‬‬
‫ֻל ָּגלֹות ְו ְ‬ ‫ְמג ְ‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪5 Adar 5780‬‬
‫‪01 / 03 / 20‬‬
‫‪Ch.5 Mishna 4‬‬ ‫‪M I D O T‬‬

‫ּגֹולה‪:‬‬
‫עֹולי ָ‬ ‫ׁש ָּכרּו ָׁשם ֵ‬ ‫ׁשם ּבֹור ֶ‬
‫אֹותּה ִל ְׁש ַּכת ָה ֵעץ ִהיא ָה ְי ָתה‬
‫ּגֹולה‪ַ .‬על ֵ‬
‫אֹומר‪ָ .‬‬
‫ִל ְׁש ַּכת ַה ָ‬
‫ׁשאּול ֵ‬ ‫ַא ָּבא ָ‬ ‫הּגָזִית‪.‬‬
‫ַת ַ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ָה‪ ,‬ל ְ‬ ‫הּגֹול‬‫ַת ַ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ֵץ‪ ,‬ל ְ‬ ‫הע‬‫ַת ָ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ָרֹום‪ ,‬ל ְ‬ ‫ּבּד‬
‫ׁש ַ‬
‫ֶ‬
‫ִל ְׁש ַּכת ּכ ֵֹהן ָּגדֹול‪ְ .‬ו ִהיא ִל ְׁש ַּכת ַּפ ְר ֶה ְד ִרין ִּד ְתנַן‬
‫ּפּורים‬
‫ָמים ק ֶֹדם יֹום ַה ִּכ ִ‬ ‫יֹומא‪ִׁ ,‬ש ְב ָעה י ִ‬ ‫ְּב ֵריׁש ָ‬ ‫ֶה‬‫ְּתי מ‬ ‫כח ִ‬‫ׁש ַ‬
‫עקֹב‪ָ ,‬‬ ‫ֶן יֲַ‬ ‫עזֶר ּב‬‫ִי ֶ‬
‫אל‬‫ִי ֱ‬ ‫רּב‬
‫ַר ַ‬ ‫אמ‬‫ֵץ‪ָ ,‬‬ ‫הע‬ ‫ַת ָ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫לְ‬
‫יׁשין ּכ ֵֹהן ָּגדֹול ִמ ֵּביתֹו ְל ִל ְׁש ַּכת ַּפ ְר ֶה ְד ִרין‪ְ :‬ו ַגג‬
‫ׁשם ָה ְי ָתה‬ ‫ׁשוֶה‪ֵ .‬קרּוי ֶא ָחד ִל ְׁש ָל ְׁש ָּתן‪ָ :‬‬
‫ַמ ְפ ִר ִ‬
‫ְׁש ָל ְׁש ָּתן ָ‬ ‫ֹהן ּגָדֹול‪,‬‬
‫ַת ּכ ֵ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ֵר‪ ,‬ל ְ‬ ‫ׁשאּול אֹומ‬ ‫ָא ָ‬ ‫אּב‬
‫ֶׁשת‪ַ .‬‬ ‫ְׁשּמ ֶ‬
‫ְתה מ ַ‬ ‫הי ָ‬‫ָ‬
‫יֹוׁש ֶבת‪ְּ .‬ב ַצד ַהחֹל‬ ‫ׁשל ִי ְׂש ָר ֵאל ֶ‬ ‫דֹולה ֶ‬
‫ׁש ִּל ְׁש ַּכת ַה ָּג ִזית ָה ְי ָתה ֶח ְציָּה ַּבּק ֶֹדׁש‬
‫ַס ְנ ֶה ְד ִרי ְג ָ‬
‫ׁש ָּבּה‪ְ .‬ל ִפי ֶ‬ ‫ֶ‬ ‫ַת‬‫ִׁשּכ‬
‫ׁשוֶה‪ .‬ל ְ‬ ‫ּתן ָ‬ ‫ָׁש ָ‬
‫ׁשל ְ‬ ‫יהן‪ ,‬וְגַג ְ‬‫ּת ֶ‬‫ׁש ֵ‬
‫ֵי ְ‬ ‫ֲחֹור‬ ‫ְתה א‬ ‫הי ָ‬ ‫ְהיא ָ‬ ‫וִ‬
‫ׁשל ק ֶֹדׁש ֹלא ָהיָה ֶא ְפ ָׁשר‬
‫ָרה ֶא ָּלא‬ ‫יבה ַּב ֲעז ָ‬
‫ּוב ֶח ְציָּה ֶ‬
‫ׁש ֵאין ְי ִׁש ָ‬ ‫ׁש ֶבת‪ֶ ,‬‬
‫ְו ֶח ְציָּה ַּבחֹל‪ְ ,‬‬
‫ַל ַּס ְנ ֶה ְד ִרין ָל ֶ‬ ‫ִּׁשם‬
‫ָיו‪ּ ,‬ומ ָ‬ ‫על‬‫לּגַל נָתּון ָ‬ ‫ְהּגְַ‬
‫ַ‪ ,‬ו ַ‬‫ָבּוע‬‫היָה בֹור ק‬ ‫ׁשם ָ‬ ‫ָה‪ָ ,‬‬ ‫הּגֹול‬
‫ַ‬
‫ְל ַמ ְל ֵכי ֵּבית ָּד ִוד ִּב ְל ַבד‪ִּ ,‬ד ְכ ִתיב ַוָיבֹא ַה ֶּמ ֶלְך ָּד ִוד‬
‫ֵׁשב ִל ְפנֵי ה'‪:‬‬‫ַוי ֶ‬ ‫ְתה‬‫הי ָ‬‫ׁשם ָ‬ ‫הּגָזִית‪ָ ,‬‬ ‫ַת ַ‬ ‫ִׁשּכ‬
‫ָה‪ .‬ל ְ‬ ‫עזָר‬
‫הֲ‬ ‫ָל ָ‬ ‫לכ‬ ‫מיִם ְ‬ ‫ִים ַ‬ ‫ִיק‬
‫סּפ‬‫מְ‬‫ַ‬
‫ְהּנָה‪,‬‬
‫הּכ ֻ‬‫ֶת ַ‬ ‫דנָה א‬ ‫ֶת וְָ‬ ‫יֹוׁשב‬
‫ֵל ֶ‬ ‫רא‬ ‫ִׂש ָ‬
‫ׁשל י ְ‬ ‫ָה ֶ‬ ‫ִי גְדֹול‬ ‫דר‬‫ְה ְ‬
‫סנ ֶ‬‫ַ‬
‫ֵף‬‫עּט‬‫ִת ַ‬
‫ִים ּומ ְ‬ ‫ׁשחֹור‬ ‫ֵׁש ְ‬ ‫ְסּול‪ ,‬לֹוב‬ ‫ָא בֹו פ‬ ‫מצ‬‫ׁשּנִ ְ‬
‫ֹהן ֶ‬ ‫וְכ ֵ‬
‫ְסּול‪,‬‬ ‫ָא בֹו פ‬ ‫מצ‬ ‫ְׁשֹּלא נִ ְ‬‫ְֵך לֹו‪ .‬ו ֶ‬ ‫ֵא וְהֹול‬ ‫ִים‪ ,‬וְיֹוצ‬ ‫ׁשחֹור‬‫ְ‬
‫ָיו‬‫אח‬‫ִם ֶ‬ ‫ֵׁש ע‬ ‫ְׁשּמ‬
‫כנָס ּומ ַ‬ ‫בנִים‪ ,‬נְִ‬ ‫לָ‬‫ֵף ְ‬ ‫עּט‬‫ִת ַ‬
‫בנִים ּומ ְ‬ ‫לָ‬‫ֵׁש ְ‬ ‫לֹוב‬
‫ְעֹו‬‫ּבזַר‬
‫ְסּול ְ‬ ‫ָא פ‬ ‫מצ‬ ‫ׁשֹּלא נִ ְ‬‫עֹוׂשים‪ֶ ,‬‬
‫היּו ִ‬ ‫ֹהנִים‪ .‬וְיֹום טֹוב ָ‬ ‫הּכ ֲ‬‫ַ‬
‫ָרּוְך‬‫ָקֹום ּב‬ ‫הּמ‬‫ָרּוְך ַ‬ ‫ִים‪ּ ,‬ב‬ ‫מר‬‫היּו אֹו ְ‬‫ְָך ָ‬‫ֹהן‪ ,‬וְכ‬‫הּכ ֵ‬‫ַהרֹן ַ‬ ‫ׁשל א ֲ‬ ‫ֶ‬
‫ָרּוְך הּוא‪,‬‬ ‫ַהרֹן‪ּ .‬וב‬
‫ׁשל א ֲ‬ ‫ְעֹו ֶ‬‫ּבזַר‬
‫ְסּול ְ‬ ‫ָא פ‬ ‫מצ‬ ‫ׁשֹּלא נִ ְ‬ ‫הּוא‪ֶ ,‬‬
‫ֵית‬ ‫ּבב‬
‫פנֵי ה' ְ‬ ‫לְ‬‫ֵת ִ‬ ‫ְׁשר‬
‫עמֹד ל ָ‬ ‫לֲ‬‫בנָיו ַ‬ ‫בָ‬‫ַהרֹן ּו ְ‬‫ּבא ֲ‬ ‫ַר ְ‬ ‫ּבח‬
‫ׁש ָ‬
‫ֶ‬
‫ָׁשים‪:‬‬‫ּקד ִ‬ ‫הֳ‬‫ְׁשי ַ‬
‫קד ֵ‬‫ָ‬

‫! ‪HAZAK HAZAK‬‬
‫‪FIN DU TRAITÉ� MIDOT‬‬

‫‪179‬‬
‫‪L U N D I‬‬
‫‪K I N I M‬‬ ‫‪Ch.1 Mishna 1‬‬ ‫‪6 Adar 5780‬‬
‫‪02 / 03 / 20‬‬

‫ָה‪.‬‬‫על‬‫מְ‬‫לַ‬‫ָה ְ‬ ‫ְהמ‬‫ַאת ּב ֵ‬ ‫חּט‬‫ָה‪ ,‬וְ ַ‬ ‫מּט‬‫לַ‬‫ֲׂשית ְ‬ ‫העֹוף נַע ֵ‬ ‫ַאת ָ‬ ‫חּט‬‫ַ‬ ‫ׂשית ְל ַמ ָּטה‪ִ .‬מחּוט ַה ִּס ְק ָרא‪.‬‬ ‫ַע ֵ‬
‫ַח ַּטאת ָהעֹוף נ ֲ‬
‫ִּד ְכ ִתיב ְו ִהּזָה ִמ ַּדם ַה ַח ָּטאת ַעל ִקיר ַה ִּמ ְז ֵּב ַח‬
‫ָה‪.‬‬‫מּט‬
‫לַ‬‫ָה ְ‬ ‫ְהמ‬‫הּב ֵ‬‫ַת ַ‬ ‫ָה‪ ,‬וְעֹול‬ ‫על‬‫מְ‬‫לַ‬‫ֲׂשית ְ‬ ‫העֹוף נַע ֵ‬ ‫ַת ָ‬ ‫עֹול‬ ‫ְו ַה ִּנ ְׁש ָאר ַּב ָּדם ִי ָּמ ֶצה ֶאל ְיסֹוד ַה ִּמ ְז ֵּב ַח‪ִ ,‬קיר‬
‫ׁשּלֹו ִמ ְת ַמ ִּצין ַל ְיסֹוד‪ְ ,‬וזֶהּו ִקיר ַה ַּת ְחּתֹון‬ ‫ָרים ֶ‬ ‫ׁש ַה ְּׁשי ִ‬‫ֶ‬
‫ָה‪,‬‬‫החֹוב‬ ‫ְָך הּוא‪ַ .‬‬ ‫קּנִים ּכ‬
‫ֶר ִ‬ ‫סד‬ ‫ָסּול‪ֵ .‬‬ ‫בזֶה‪ּ ,‬פ‬‫ּבזֶה ּו ָ‬
‫ׁשּנָה ָ‬‫ִם ִ‬ ‫א‬ ‫ְל ַמ ָּטה ִמחּוט ַה ִּס ְק ָרא‪ְּ .‬ד ִאי ִקיר ָה ֶע ְליֹון ְּד ַה ְינוּ ִמן‬
‫ּסֹובב‪,‬‬
‫ׁשהּוא ִמ ְת ַמ ֶּצה ַל ֵ‬ ‫ּול ַמ ְע ָלה‪ְּ ,‬פ ָע ִמים ֶ‬ ‫ַהחּוט ְ‬
‫ָן עֹולֹות‪.‬‬ ‫ּכּל‬
‫ָבֹות‪ֻ ,‬‬ ‫ִים ּונְד‬ ‫דר‬ ‫ּבנְָ‬
‫ָה‪ִ .‬‬ ‫ָד עֹול‬ ‫אח‬‫ָאת וְ ֶ‬ ‫חּט‬‫ָד ַ‬ ‫אח‬ ‫ֶ‬ ‫ׁש ַהחּוט ְל ַמ ָּטה‬ ‫ּסֹובב‪ֶ ,‬‬
‫עֹוׂשהּו ְל ַמ ְע ָלה ִמן ַה ֵ‬
‫ּסֹובב ַא ָּמה‪ְ :‬ו ַח ַּטאת ְּב ֵה ָמה ְל ַמ ְע ָלה‪ִּ .‬ד ְכ ִתיב‬
‫ׁש ֵ‬ ‫ְּכגֹון ֶ‬
‫ִמן ַה ֵ‬
‫ָה‪,‬‬‫דב‬‫היא נְָ‬ ‫ֵיזֹו ִ‬‫ָה‪ .‬וְא‬ ‫ַי עֹול‬ ‫על‬
‫ֵי ָ‬‫הר‬ ‫ֵר ֲ‬ ‫האֹומ‬ ‫ֶר‪ָ ,‬‬ ‫ֵיזֶהּו נֶד‬‫א‬ ‫עֹולת ָהעֹוף ְל ַמ ְע ָלה‪.‬‬ ‫ַ‬ ‫ׁשל ֶק ֶרן‪:‬‬
‫ּומ ַלק ְו ִה ְק ִטיר ְו ִנ ְמ ָצה ָדמֹו‪ַ ,‬מה ַה ְק ָט ָרה‬
‫גּופּה ֶ‬‫ַק ְרנֹות‪ְּ ,‬ב ָ‬
‫ִּד ְכ ִתיב ָ‬
‫ָא‬‫אּל‬
‫ָבֹות‪ֶ .‬‬ ‫לנְד‬‫ִים ִ‬ ‫דר‬‫ֵין נְָ‬ ‫ַה ּב‬ ‫ָה‪ .‬מ‬ ‫ֵי זֹו עֹול‬ ‫הר‬‫ֵר ֲ‬ ‫האֹומ‬ ‫ָ‬ ‫ּומּצּוי ְּברֹאׁשֹו‬ ‫יקה ִ‬ ‫ׁשל ִמ ְז ֵּב ַח‪ַ ,‬אף ְמ ִל ָ‬
‫ׁשל ְּב ֵה ָמה ְל ַמ ָּטה‪ִּ .‬ד ְכ ִתיב ָּבּה ְיסֹוד‪:‬‬
‫ְּברֹאׁשֹו ֶ‬
‫ׁשל ִמ ְז ֵּב ַח‪ְ :‬ו ֶ‬ ‫ֶ‬
‫ָבֹות‪,‬‬‫ָיּותם‪ּ .‬ונְד‬
‫חר ָ‬ ‫אֲ‬‫ּב ַ‬
‫ִים ְ‬ ‫חּיָב‬
‫ֵתּו אֹו נִגְנְבּו‪ַ ,‬‬ ‫ִים‪ ,‬מ‬ ‫דר‬‫הּנְָ‬
‫ׁש ַ‬
‫ֶ‬ ‫ּובזֶה ָּפסּול‪ַ .‬האי ְּד ָפסּול ִאם ָע ָׂשה‬
‫ָאה‪.‬‬
‫ְו ִאם ִׁשּנָה ָּבזֶה ָ‬
‫ׂשה ַח ַּטאת ָהעֹוף ְל ַמ ְע ָלה‪ַּ ,‬ד ְו ָקא ַב ַהּז ָ‬ ‫ַמ ֲע ֵ‬
‫ָיּותן‪:‬‬
‫חר ָ‬ ‫אֲ‬ ‫ּב ַ‬
‫ִים ְ‬ ‫חּיָב‬‫ֵין ַ‬‫ֵתּו אֹו נִגְנְבּו‪ ,‬א‬ ‫מ‬ ‫ׁש ָרה‪,‬‬ ‫ׁשל ַח ָּטאת‪ַ ,‬אף ְל ַמ ְע ָלה ְּכ ֵ‬
‫עֹולת ָהעֹוף‬ ‫ׁש ָרה‪ְ .‬ו ַ‬
‫יקה ֶ‬ ‫א ָבל ַה ְּמ ִל ָ‬
‫יקה ְּב ָכל ָמקֹום ַּב ִּמ ְז ֵּב ַח ְּכ ֵ‬
‫ֲ‬
‫ִּד ְמ ִל ָ‬
‫ָאה ִּכי ִאם ִמּצּוי‪ְ ,‬ו ִאם ֲע ָׂש ָאהּ ְל ַמ ָּטה‪,‬‬ ‫ֵלית ָּבּה ַהּז ָ‬
‫יאין‬
‫ּובּטּוי ְׂש ָפ ַת ִים‪ְּ ,‬ד ֻכ ָּלן ְמ ִב ִ‬
‫יעת קֹול ָא ָלה‪ִ ,‬‬ ‫ּוׁש ִמ ַ‬
‫יֹול ֶדת‪ְ ,‬ו ֻט ְמ ַאת ִמ ְק ָּדׁש ְו ָק ָד ָׁשיו‪ְ ,‬‬
‫ָבה ְו ֶ‬ ‫עֹולה‪ְּ .‬כגֹון זָב ְוז ָ‬
‫חֹובה ֶא ָחד ַח ָּטאת ְו ֶא ָחד ָ‬ ‫ׁשל ָ‬ ‫סּולה‪ֵ :‬ס ֶדר ִק ִּנין ֶ‬ ‫ְּפ ָ‬
‫ֵיהן עֹולֹות‪ֹ ,‬לא ַחיֵׁש ַּתּנָא ֲע ַל ְיהוּ‪ִ ,‬מּׁשּום‬ ‫ּוׁשנ ֶ‬
‫חֹובה ְ‬‫ׁשל ּגֵר ְּד ֵהן ָ‬ ‫יּכא ִק ִּנין ֶ‬
‫יאין ֵקן ֵּבין ְּב ַדּלּות ֵּבין ַּב ֲע ִׁשירּות‪ְ .‬ו ַאף ַעל ַּגב ְּד ִא ָ‬ ‫ָבה ְמ ִב ִ‬ ‫ׁשּזָב ְוז ָ‬‫ֵקן ְּב ַדּלּות‪ֶ ,‬א ָּלא ֶ‬
‫ּוׁש ָל ִמים ִּב ְל ַבד‪ְ ,‬ו ֵאין עֹופֹות ָּב ִאים ְׁש ָל ִמים‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך ְנ ָד ִרים‬
‫ּונ ָד ָבה ֶא ָּלא עֹולֹות ְ‬ ‫ֶדר ְ‬ ‫ּונ ָדבֹות ֻּכ ָּלן עֹולֹות‪ְ .‬ל ִפי ֶ‬
‫ׁש ֵאין ָּב ִאין ְּבנ ֶ‬ ‫יחי ֻּכ ֵּלי ַהאי‪ִּ :‬ב ְנ ָד ִרים ְ‬ ‫ְּדֹלא ְׁש ִכ ֵ‬
‫ׁש ְּבעֹופֹות ֻּכ ָּלן עֹולֹות‪:‬‬ ‫ּונ ָדבֹות ֶ‬ ‫ְ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪K I N I M‬‬ ‫‪Ch.1 Mishna 2‬‬ ‫‪7 Adar 5780‬‬
‫‪03 / 03 / 20‬‬

‫ִּלּו‬
‫אפ‬‫ָאת‪ֲ ,‬‬ ‫חּט‬‫בַ‬‫ָה ְ‬ ‫ָה וְעֹול‬ ‫ְעֹול‬‫ָה ב‬ ‫רב‬‫עְ‬‫ִת ָ‬
‫ׁשּנ ְ‬
‫ָאת ֶ‬ ‫חּט‬ ‫ַ‬ ‫א ִפּלוּ ֶא ָחד ְּב ִרּבֹוא יָמּותּו ֻכ ָּלן‪ְ .‬וֹלא ָב ְט ֵלי ְב ֻר ָּבא‪,‬‬
‫ׁש ִּנ ְת ָע ְר ָבה‬
‫יבי ְוֹלא ָב ְט ֵלי‪ַ :‬ח ָּטאת ֶ‬
‫ֲ‬
‫ְּד ַב ֲע ֵלי ַח ִּיים ֲח ִׁש ֵ‬
‫ָה‪,‬‬ ‫ְחֹוב‬
‫ָה ב‬ ‫רב‬ ‫עְ‬ ‫ִת ָ‬
‫ׁשּנ ְ‬
‫ָאת ֶ‬ ‫חּט‬
‫ָם‪ַ .‬‬ ‫כּל‬
‫ִּבֹוא‪ ,‬יָמּותּו ֻ‬‫ּבר‬
‫ָד ְ‬ ‫אח‬ ‫ֶ‬ ‫ׁש ִּנ ְת ָע ְר ָבה‬
‫יֹול ֶדת‬‫ׁשל ֶ‬
‫ׁשל ַח ָּטאת ֶ‬ ‫חֹובה‪ֶּ .‬בן יֹונָה אֹו תֹור ֶ‬
‫חֹובה‪ְּ ,‬ד ַה ְינוּ ִק ִּנין ְס ָת ָמא ֶ‬‫ׁשל ָ‬
‫ְב ָ‬
‫ִּב ְׁשנֵי ִק ִּנין ֶ‬
‫ָה‬ ‫ֵן עֹול‬‫ָה‪ .‬וְכ‬ ‫ַחֹוב‬ ‫ׁשּב‬
‫ָאֹות ֶ‬ ‫חּט‬
‫מנְיַן ַ‬
‫כִ‬‫ָא ְ‬ ‫אּל‬
‫ָׁשר ֶ‬ ‫ֵין ּכ ֵ‬ ‫א‬ ‫עֹולה ְו ֶא ָחד‬
‫ַחד‪:‬‬
‫ׁש ָּכל ֵקן ֵמ ֶהן הּוא ֶא ָחד ָ‬ ‫ָבה‪ֶ ,‬‬ ‫ׁשל ז ָ‬
‫ַח ָּטאת‪ְ ,‬ו ִנ ְמ ָצא ַע ָּתה ָח ֵמׁש ְּפ ִרידֹות ְמע ָֹרבֹות י ַ‬
‫אֹו ֶ‬

‫מנְיַן עֹולֹות‬‫כִ‬ ‫ָא ְ‬ ‫אּל‬‫ָׁשר ֶ‬‫ֵין ּכ ֵ‬‫ָה‪ ,‬א‬ ‫ְחֹוב‬‫ָה ב‬ ‫רב‬‫עְ‬‫ִת ָ‬


‫ׁשּנ ְ‬
‫ֶ‬ ‫חֹובה‪ְ .‬ו ֵאינֹו יָכֹול‬ ‫ׁש ַּב ָ‬ ‫ׁשר ֶא ָּלא ִמ ְניַן ַח ָּטאֹות ֶ‬
‫ְל ָה ִביא ֵמ ֵאּלּו ֶה ָח ֵמׁש ְּפ ִרידֹות ַרק ְׁש ֵּתי ַח ָּטאֹות‬
‫ֵאין ָּכ ֵ‬

‫ֵין‬‫ֶת‪ּ ,‬ב‬‫עט‬
‫מֶ‬ ‫מֻ‬‫ָה ְ‬ ‫דב‬ ‫ְהּנְָ‬
‫ָה ו ַ‬‫רּב‬
‫מֻ‬‫ָה ְ‬ ‫החֹוב‬‫ׁש ַ‬
‫ֵין ֶ‬ ‫ָה‪ּ ,‬ב‬‫ַחֹוב‬ ‫ׁשּב‬
‫ֶ‬ ‫חֹובה‪.‬‬‫ָ‬ ‫ׁשל‬ ‫ׁשר ִּב ְׁשנֵי ִק ִּנין ֶ‬
‫ׁש ָּמא ִמן ַה ְּׁשנֵי ִק ִּנין‬
‫ׁשּזֶהּו ִמ ְניָן ַה ָּכ ֵ‬ ‫ִּב ְל ַבד‪ֶ ,‬‬
‫ְּד ִאי ֲע ִביד ָׁשֹלׁש ַח ָּטאֹות‪ֶ ,‬‬
‫ׁשוֹות‪:‬‬
‫יהן ָ‬
‫ּת ֶ‬‫ּׁש ֵ‬
‫ׁש ְ‬
‫ֵין ֶ‬ ‫ֶת‪ּ ,‬ב‬ ‫עט‬
‫מֶ‬ ‫מֻ‬‫ָה ְ‬‫ְהחֹוב‬
‫ָה ו ַ‬‫רּב‬
‫מֻ‬‫ָה ְ‬ ‫דב‬‫הּנְָ‬
‫ׁש ַ‬
‫ֶ‬ ‫ּומ ְּׁשנֵי ִק ִּנין ֵאין‬
‫ֲע ִביד ְלהּו ְוֹלא ִמן ַה ְּמע ָֹרבֹות ָּב ֶהן‪ִ ,‬‬
‫כֹולים ַל ֲעׂשֹות ַרק ְׁש ֵּתי ַח ָּטאֹות‪ְ .‬וֹלא ָמ ֵצי ֲע ִביד‬ ‫ְי ִ‬
‫ׁש ָּמא ִי ַּקח ַה ַח ָּטאת ַה ְּמע ֶֹר ֶבת‪:‬‬ ‫עֹולה ַא ַחת‪ְּ ,‬ד ֶ‬ ‫א ִפּל ּו ָ‬ ‫ֲ‬
‫חֹובה‪ִּ .‬כ ְד ָפ ֵר ְ‬
‫יׁשנָא ְל ֵעיל ַּג ֵּבי‬ ‫ׁש ַּב ָ‬‫ׁשר ֶא ָּלא ִמ ְניַן עֹולֹות ֶ‬ ‫חֹובה‪ִּ .‬ב ְׁשנֵי ִק ִּנין ְס ָת ָמא‪ֵ :‬אין ָּכ ֵ‬
‫ׁש ִּנ ְת ָע ְר ָבה ְב ָ‬ ‫עֹולה‪ֶ :‬‬ ‫ׁשם ָ‬ ‫ׁש ֻה ְפ ַרׁש ְל ֵ‬‫עֹולה‪ֶּ .‬בן יֹונָה אֹו תֹור ֶ‬ ‫ְו ֵכן ָ‬
‫ׁש ָּכל ֵקן ֵמ ֶהן ֶא ָחד‬‫ָבה ֶ‬ ‫ׁשל ז ָ‬
‫יֹול ֶדת אֹו ֶ‬
‫ׁשל ֶ‬ ‫ׁש ֵהן עֹולֹות‪ִ ,‬נ ְת ָע ֵרב ִעם ַּכ ָּמה ִק ִּנין ְס ָת ָמא ֶ‬ ‫ׁש ֵּקן ֶא ָחד ְמפ ָֹרׁש ֶ‬ ‫חֹובה ְמ ֻר ָּבה ְו ַה ְּנ ָד ָבה ֻמ ֶע ֶטת‪ְּ .‬כגֹון ֶ‬ ‫ׁש ַה ָ‬ ‫ַח ָּטאת‪ֵּ :‬בין ֶ‬
‫ּונ ָדבֹות ֻּכ ָּלן עֹולֹות‬
‫ׁשל עֹולֹות‪ְ .‬ו ָק ִרינַן ְלעֹולֹות ְמפ ָֹרׁשֹות ְנ ָד ָבה‪ִ ,‬מּׁשּום ִּד ְנ ָד ִרים ְ‬ ‫ׁש ִּנ ְת ָע ֵרב ְּב ַכ ָּמה ִק ִּנין ֶ‬ ‫עֹולה‪ֵּ :‬בין ְוכוּ'‪ְּ .‬כגֹון ֵקן ֶא ָחד ְס ָ‬
‫תּומה‪ֶ ,‬‬ ‫ַח ָּטאת ְו ֶא ָחד ָ‬
‫ְּכ ִד ְתנַן ְּב ֵריׁש ִּפ ְר ִקין‪:‬‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪K I N I M‬‬ ‫‪Ch.1 Mishna 3‬‬ ‫‪8 Adar 5780‬‬
‫‪04 / 03 / 20‬‬

‫ָה‬ ‫ְחֹוב‬ ‫ָל ּב‬ ‫אב‬‫ָה‪ֲ .‬‬ ‫דב‬‫בנְָ‬‫ָה ּו ִ‬ ‫ְחֹוב‬ ‫ִים‪ּ ,‬ב‬‫ֲמּור‬ ‫ִים א‬ ‫בר‬
‫דָ‬ ‫ֶה ְ‬ ‫ּבּמ‬
‫ַ‬ ‫ׁש ִּמ ְק ָצ ָתן‬
‫ׁש ֻּכ ָּלן‬
‫חֹובה ֶ‬‫ָ‬ ‫ּוב ְנ ָד ָבה‪ֶ .‬‬
‫ׁש ִּנ ְת ָע ְרבוּ ִקּנֵי‬
‫ּומ ְק ָצ ָתן עֹולֹות ִעם ִקּנֵי ְנ ָד ָבה ֶ‬
‫חֹובה ִ‬ ‫ְּב ָ‬
‫ַח ָּטאֹות ִ‬
‫ָזֹו‬
‫ּתיִם ל‬ ‫ׁש ַ‬
‫ָזֹו‪ְ ,‬‬ ‫ַת ל‬ ‫אח‬ ‫ָזֹו וְ ַ‬
‫ַת ל‬ ‫אח‬‫ָזֹו‪ַ ,‬‬ ‫ָה זֹו ב‬ ‫רב‬‫עְ‬‫ִת ָ‬
‫ׁשּנ ְ‬
‫ֶ‬ ‫תּומה‬‫ׁש ִּנ ְת ָע ְר ָבה זֹו ָבזֹו‪ֵ .‬קן ְס ָ‬
‫יֹול ֶדת‬ ‫ׁשל ֶ‬ ‫ׁש ִּנ ְת ָע ֵרב ְּב ֵקן ֶ‬
‫ָבה ֶ‬
‫חֹובה ֶ‬‫א ָבל ְּב ָ‬
‫ׁשל ז ָ‬
‫עֹולֹות‪ֲ :‬‬
‫יֹול ֶדת אֹו ֶ‬ ‫ׁשל ֶ‬ ‫ֶ‬
‫ָה‬ ‫חצ‬‫מֱ‬ ‫ָׁשר ּו ֶ‬‫ָה ּכ ֵ‬‫חצ‬ ‫מֱ‬ ‫ָזֹו‪ֶ ,‬‬
‫ְׁשלׁש ל‬ ‫ָזֹו ו ָ‬
‫ׁשלׁש ל‬ ‫ָזֹו‪ָ ,‬‬
‫ּתיִם ל‬
‫ּוׁש ַ‬
‫ְ‬ ‫ח ָצה ָּפסּול‪.‬‬
‫ַים ִּב ְל ַבד‪,‬‬
‫ּומ ֱ‬
‫ׁשר ֶ‬ ‫ח ָצה ָּכ ֵ‬ ‫ָבה ַא ֶח ֶרת‪ֶ :‬מ ֱ‬ ‫ׁשל ז ָ‬
‫ּומ ְק ִריב ֵמ ָה ַא ְר ָּב ָעה ַה ְמע ָֹר ִבים ְׁשנ ִ‬
‫אֹו ֶ‬
‫ַ‬
‫ָה‬ ‫מא‬ ‫ָזֹו‪ּ ,‬ו ֵ‬
‫ֶׂשר ל‬
‫ָזֹו‪ ,‬וְע ֶ‬
‫ְׁשלׁש ל‬‫ָזֹו‪ ,‬ו ָ‬
‫ּתיִם ל‬
‫ּוׁש ַ‬
‫ָזֹו ְ‬ ‫ַת ל‬‫אח‬ ‫ָסּול‪ַ .‬‬ ‫ּפ‬ ‫יֹותר‪ְּ ,‬ד ִאי ֲע ִביד‬ ‫עֹולה ְו ֶא ָחד ְל ַח ָּטאת ְוֹלא ֵ‬
‫אֹותן ִמ ֵּקן ֶא ָחד‪ְ ,‬ו ָכל ֵקן‬ ‫ָ‬ ‫ׂשה‬ ‫ַע ֶ‬
‫ׁש ָּמא י ֲ‬