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GRANDE SALLE PIERRE BOULEZ – PHILHARMONIE

Gabriel Yared
Samedi 9 décembre 2017 – 20h30
WEEK-END MUSIQUES À L’IMAGE

Samedi 9 décembre
20H30 CONCERT AVEC IMAGES AC T IVIT É S C E WEEK-END
GABRIEL YARED SAMEDI
LONDON SYMPHONY ORCHESTRA
Visite-atelier du Musée à 14h30
DIRK BROSSÉ, DIRECTION LES MUSIQUES DE FILM
GABRIEL YARED, PIANO ET DIRECTION
CATHERINE RINGER, CHANT Ciné-conférence de 14h30 à 16h30
YAEL NAIM, CHANT RÉVÉLATIONS
JUANJO MOSALINI, BANDONÉON
LEWIS MORISON, SAXOPHONE Projection à 16h30
GABRIEL YARED
Ce concert est précédé d’une Rencontre avec
Gabriel Yared animée par Stéphane Lerouge à
11h dans la Salle de conférence - Philharmonie. Rencontre à 17h30
Entrée libre. ÉVOQUER GABRIEL YARED

Spectacle en images à 19h


Dimanche 10 décembre INFINITE, A SPACE ODYSSEY

16H30 CONCERT AVEC IMAGES DIMANCHE


Concert-performance à 15h
HOMMAGE À STEVEN SPIELBERG MUSIQUES DE FILM REVISITÉES
LONDON SYMPHONY ORCHESTRA
FRANK STROBEL, DIRECTION
E T AUS SI
Ce concert est précédé d’une Rencontre avec les
Enfants et familles
musiciens du London Symphony Orchestra animée
par Stéphane Lerouge à 15h15 dans la Salle de
Concerts, ateliers, activités
conférence - Philharmonie. Entrée libre. au Musée…
Une Récréation musicale est proposée à 16h Adultes
aux enfants de 3 à 10 ans dont les parents assistent Ateliers, conférences, visites guidées
au concert. 8€ par enfant, réservation conseillée. du Musée…
PROGRAMME

Gabriel Yared

London Symphony Orchestra


Dirk Brossé, direction (sauf Camille Claudel)
Gabriel Yared, piano, direction
Catherine Ringer, chant
Yael Naim, chant
Juanjo Mosalini, bandonéon
Lewis Morison, saxophone

FIN DU CONCERT VERS 22H45.


LES ŒUVRES

Suite 37°2 le matin

I. C’est le vent, Betty


II. Des orages pour la nuit
III. Betty et Zorg

Lewis Morison, saxophone solo

Réalisation : Jean-Jacques Beineix, d’après le roman éponyme


de Philippe Djian (1985).
Production/distribution : Cargo Films.
Sortie : 1986.
Durée de la Suite : environ 8 minutes.

Suite La Lune dans le caniveau

I. La Folie des docks


II. Fugue de la cathédrale
III. Valse de Loretta
IV. Tango de l’impasse

Juanjo Mosalini, bandonéon solo

Réalisation : Jean-Jacques Beineix, d’après le roman éponyme de David Goodis.


Production/distribution : Cargo Films.
Sortie : 1983.
Durée de la Suite : environ 11 minutes.

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L’Amant

Promenade en limousine

Réalisation : Jean-Jacques Annaud, d’après le roman éponyme


de Marguerite Duras (1984).
Production/distribution : Pathé Films, France 2 Cinéma, Burrill Prod.
Sortie : 1992.
Durée : environ 4 minutes.

Suite The English Patient [Le Patient anglais]

I. Szerelem
II. The English Patient
III. Rupert Bear
IV. Convento di Sant’Anna
V. I’ll Always Go Back to That Church

Catherine Ringer, chant

Réalisation : Anthony Minghella, inspiré du roman L’Homme flambé


de Michael Ondaadje.
Production/distribution : The Saul Zaentz Company.
Sortie : 1996.
Durée de la Suite : environ 12 minutes.

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Suite Cold Mountain [Retour à Cold Mountain]

I. Ada Plays
II. I Hardly Know Her

Réalisation : Anthony Minghella, d’après le roman de Charles Frazier (1997).


Production/distribution : The Saul Zaentz Company.
Sortie : 2003.
Durée de la Suite : environ 5 minutes.

Suite The Talented Mr. Ripley [Le Talentueux M. Ripley]

I. Lullaby for Cain


II. Crazy Tom

Yael Naim, chant


Anthony Minghella, paroles

Réalisation : Anthony Minghella, d’après le roman The Talented Mr. Ripley


de Patricia Hinghsmith (1955).
Production/distribution : The Saul Zaentz Company.
Sortie : 1999.
Durée de la Suite : environ 7 minutes.

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Suite Camille Claudel

I. Sextuor
II. Camille
III. Camille et Rodin
IV. La Valse

Gabriel Yared, direction

Réalisation : Bruno Nuytten.


Production/distribution : Studio Canal.
Sortie : 1988.
Durée de la Suite : environ 15 minutes.

ENTRACTE

Tatie Danielle

La Complainte de la vieille salope

Catherine Ringer, paroles et chant


Lewis Morison, saxophone solo

Réalisation : Étienne Chatiliez.


Sortie : 1990.
Durée de la Suite : environ 4 minutes.

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Suite Juste la fin du monde

I. Valse de fin
II. Bach à Glass

Réalisation : Xavier Dolan, d’après la pièce de théâtre éponyme


de Jean-Luc Lagarce (1990).
Production/distribution : MK2 / Diaphana.
Sortie : 2016.
Durée de la Suite : environ 7 minutes.

Suite For an Unreleased Film

I. Moderato
II. Adagio

Durée de la Suite : environ 11 minutes.

Suite Wings of Courage [Les Ailes du courage]

I. Acceptance
II. Alley Tango
III. Waltz
IV. Finale

Juanjo Mosalini, bandonéon solo

Réalisation : Jean-Jacques Annaud.


Sortie : 1995.
Durée de la Suite : environ 7 minutes.

Les partitions ont été préparées par Jeff Atmajian.

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Les innombrables territoires musicaux de Gabriel Yared

« Quand j’écris pour un film, je veux avoir le temps de chercher dans


tous les sens, de creuser toutes les directions possibles, au risque de me
tromper. Et, en définitive, les morceaux conservés au mixage sont aussi
importants que les morceaux non conservés : cela fait partie intégrante
du processus de création. On ne peut pas donner à la musique de film
la même importance que la musique symphonique si on ne la pratique
pas avec la même rigueur et discipline. D’ailleurs, je suis étonné par
les compositeurs qui cloisonnent, ceux qui disent écrire d’un côté de
la musique pour l’image et, de l’autre, de la musique pour le concert
(sous-entendu pour un public plus mélomane et évolué). Au contraire,
c’est bien pour le cinéma qu’il faut composer avec la plus grande exi-
gence, dans l’intention d’élever un très large public. » Voilà les mots
avec lesquels Gabriel Yared évoque sa conception de l’écriture pour
l’image, reflet d’un parcours unique, au contact de cinéastes français,
britanniques, italiens, libanais, grecs, égyptiens, américains. Il y a dans
sa position une intégrité, une rectitude qui amènent au constat suivant :
Yared n’écrit pas par fonction mais par conviction. Pour apporter son
éclairage musical, sa lumière à un film, il lui faut un minimum d’affinités
avec le metteur en scène, avec le sujet et son traitement. D’où plusieurs
partitions fracassantes, fruits d’une vraie chimie humaine et esthétique
(avec Beineix, Minghella, Annaud, Dembo, Rappeneau, Ocelot, Leconte,
Dolan…). D’où aussi, parfois, des déceptions quand le film ne se révèle
pas à la hauteur de ses ambitions. « Lorsqu’il m’est arrivé d’accepter un
projet pour de mauvaises raisons, confesse-t-il, la qualité de mon travail
s’en est ressentie, fatalement. »

À sa manière, Gabriel Yared ressemble à certains dieux hindous, multi-


formes. On pourrait presque dire qu’il y a autant de Yared que de films
mis en musique par Yared. Cela tient aussi à sa trajectoire personnelle :
né à Beyrouth en 1949, il abandonne rapidement ses études de droit pour
suivre en auditeur libre les cours d’Henri Dutilleux et de Maurice Ohana
à l’École Normale de Paris. C’est à Rio qu’il va ensuite séjourner pendant
un an et demi, collaborant notamment avec Ivan Lins, ambassadeur de
la bossa moderne. La musique brésilienne l’entraîne dans un torrent de
voluptés façon sucré-salé, comme un étrange mariage de soleil et de

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larmes, rejoignant l’une de ses préoccupations : une ligne de chant claire,
qui parle au cœur, aux sentiments, mais troublée par une harmonisation
et un contrepoint savants.

À son retour à Paris, en 1973, la chanson le happe : il devient l’un des


couturiers vedettes de la variété de l’époque, écrivant les arrangements
et dirigeant les séances de Michel Jonasz, Johnny Hallyday, Charles
Aznavour, Françoise Hardy et même Francis Lai, pour l’unique incursion
de Claude Lelouch dans le western (Un autre homme, une autre chance).
Pour Gabriel Yared, l’homme providentiel va s’appeler Jacques Dutronc :
le chanteur de « J’aime les filles » le recommande aux metteurs en scène
de deux films dans lesquels il fait l’acteur, Jean-Luc Godard pour Sauve
qui peut (la vie) et Christian de Chalonge pour Malevil, d’après le roman
de Robert Merle. Si l’aventure Malevil s’achève avec désillusion (musique
tronquée, escamotée), le face-à-face avec Godard produit de belles
fulgurances. « Il ne m’a montré aucune image, ne m’a pas donné de
script, à l’exception d’un court synopsis, se souvient Gabriel Yared. On
a d’abord longuement parlé, dans un bistrot de Saint-Cloud. Puis, au
cours de l’enregistrement, Godard est resté silencieux, réagissant très
rarement aux morceaux qu’il découvrait. Il a ensuite monté ses images
sur ma musique, non sans pratiquer les coupes drastiques et brutales
qui reflètent son point de vue, passionnant, sur la bande sonore. Cette
expérience a eu une influence considérable sur mon travail : elle a fait
naître en moi l’envie de composer de la musique avant toute chose, en
restant au plus près du projet artistique, mais sans chercher à coller à
une image précise. La composition hors image, nourrie par la lecture du
scénario, par mes discussions avec le metteur en scène, a longtemps été
ma méthode préférée. Au fil des années, j’ai mis de l’eau dans mon vin :
désormais, dans un deuxième temps, j’affine, je cisèle ma musique en
fonction de l’image, de la lumière, du jeu des comédiens, du montage.
En fait, j’aime accompagner un projet du début à la fin. »

Sauve qui peut (la vie) va sceller un étrange paradoxe : premier long
métrage de Gabriel Yared, dernier de Godard avec musique originale.
Voilà la carrière cinématographique de Yared lancée. Mais, à vrai dire,
c’est comme s’il avait déjà vécu plusieurs vies. À travers le cinéma, il va
simplement trouver le moyen de réaliser la synthèse entre ses différentes

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cultures. Car tel est le paradoxe de Gabriel Yared : citez Alban Berg,
il vous parlera de Marvin Gaye ; évoquez Bobby McFerrin, il vous répondra
sur L’Enfant et les Sortilèges.

Le 26 février 1981, Dutronc invite son protégé à diriger en direct deux
suites symphoniques, l’une de Sauve qui peut (la vie), l’autre de Malevil,
dans Le Grand Échiquier que lui consacre Jacques Chancel. Devant son
écran de télévision, le jeune cinéaste Jean-Jacques Beineix, dont le pre-
mier long métrage Diva va sortir trois mois plus tard, tombe amoureux
de l’écriture de Yared. Ils se rencontrent courant 1982, en amont du
tournage à Cinecittà de La Lune dans le caniveau. « J’ai le sentiment
d’avoir trouvé l’équivalent avec des notes de mon univers », déclare alors
Beineix. Impression confortée par le fait de bénéficier de la partition
sur le plateau, du Tango de l’impasse à La Folie des docks, vertigineux
ostinato dont Yared déclinera le principe dans Le Talentueux Mr Ripley
(Crazy Tom) et Bon voyage (Crazy Fred). Sans parler de la délicate et
pudique Valse de Loretta, née de sa rencontre avec Nastassja Kinski.
« Écrire la musique d’un film, c’est aussi faire un portrait, souligne-t-il. Ce
qui m’est arrivé avec Nastassja mais aussi avec Isabelle Adjani, Juliette
Binoche et Angelina Jolie. » Le binôme Yared-Beineix poursuivra sa route
avec deux autres opus, dont 37°2 le matin, premier succès discographique
à grande échelle du compositeur.

C’est aussi l’époque où Yared renoue avec ses racines, presque à son
insu. « Enfant, avoue-t-il, la musique arabe ne m’attirait pas. Au contraire,
elle me plongeait dans une infinie tristesse. Je la rejetais, je ne cherchais
ni à la comprendre ni à l’assimiler. C’est par et grâce au cinéma que j’ai
pris conscience de sa richesse, sur le tard. En réveillant des réminis-
cences musicales de mon adolescence : le son de la radio qui s’échappe
des cafés, l’appel à la prière des muezzins… D’une certaine façon, j’ai
replongé dans cette culture en exorcisant mon passé. » À Beyrouth,
le jeune Gabriel rêvait de musique occidentale ; à Paris, il fait éclater sa
redécouverte de la musique orientale au gré des images d’Hanna K.,
Les Petites Guerres, Adieu Bonaparte et Azur et Asmar.

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En l’espace de quelques années, Gabriel Yared impose sa signature à
l’échelle mondiale en multipliant les collaborations avec Bruno Nuytten
(Camille Claudel), Robert Altman (Beyond Therapy, Vincent & Theo),
Étienne Chatiliez (Tatie Danielle), Jean-Jacques Annaud (L’Amant) et
même le tumultueux Jean-Pierre Mocky, le temps de plusieurs bouf-
fonneries hallucinogènes (Les Saisons du plaisir, Une nuit à l’Assemblée
nationale) et d’un thriller très maîtrisé (Agent trouble). Inconditionnel de
la partition de 37°2, le Britannique Anthony Minghella contacte Gabriel
Yared en 1996 pour Le Patient anglais, fresque d’influence leanienne, qui
vaudra un Oscar à son compositeur. À l’instar de Maurice Jarre, c’est via
l’Angleterre que Gabriel Yared va conquérir les États-Unis. Le tsunami du
Patient anglais conditionne son image auprès du public anglo-saxon, celle
d’un compositeur d’inspiration romantique ou néoromantique. Étiquette
flatteuse (qu’Hollywood va largement exploiter) mais réductrice, ne
correspondant pas à la réelle palette de ses capacités. D’autant que ses
trois autres longs métrages avec Minghella ne copieront jamais la formule
magique du Patient anglais. Ils la contrediront presque, en particulier Par
effraction (co-composé avec le groupe pop Underworld) et Le Talentueux
Mr Ripley, dont la troublante Lullaby for Cain, au lyrisme ambivalent,
s’impose comme l’un des Everest de Yared. « Les paroles écrites par
Anthony délivrent un message extrêmement subversif, explique-t-il.
“La haine t’a fait tuer ton frère mais dors, mon fils, dors”. C’est une façon
de mettre le spectateur sur les rails du sujet mais sans rien en dévoiler.
Tout cela a été possible grâce à la confiance de Minghella. Pendant dix
ans, il a été le cinéaste qui a su le mieux me pousser vers des chemins
inexplorés, puiser au fond de moi des ressources nouvelles. Aucune de
nos aventures partagées ne souffre du syndrome de répétition. C’est
une leçon que je garde de lui : briser les habitudes, les automatismes,
car se répéter, c’est mourir. »

Depuis plusieurs années, Gabriel Yared se fait plus rare, plus sélectif
et semble se régénérer auprès d’une nouvelle génération d’auteurs :
Cédric Kahn (pourtant réfractaire à la musique originale), Florian Henckel
von Donnersmarck (La Vie des autres, co-composé avec Stéphane
Moucha), Maïwenn (Le Bal des actrices), Jan Kounen (Coco Chanel et Igor
Stravinsky), Roschdy Zem (Chocolat), Rupert Everett (The Happy Prince)
et Xavier Dolan (Tom à la ferme, Juste la fin du monde, The Death and

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Life of John F. Donovan), auprès duquel il retrouve une complicité équi-
valente à celle qui le liait à Anthony Minghella. « Sur notre premier film,
souligne le jeune cinéaste québécois, je n’ai jamais rencontré Gabriel. Je
n’ai entendu sa voix qu’au téléphone. Mais j’ai rencontré sa musique, son
travail et la vaste étendue de son imaginaire. Pour moi, dans le rapport
à la musique, cette collaboration a remis les choses en perspective. »

Aujourd’hui, les rêves de Gabriel Yared semblent toujours le porter vers


la musique de ballet (où il s’est illustré avec Carolyn Carlson, Roland Petit,
Wayne McGregor et le Royal Ballet de Londres), l’opéra et les concerts
de ses compositions pour l’image, réunissant des solistes du Nouveau
Monde. Récemment, son confrère Alexandre Desplat lui a rendu hom-
mage avec une singulière relecture de Camille Claudel pour le Traffic
Quintet, retour symbolique au premier traitement de l’ouvrage, pour qua-
tuor à cordes. Après trente-sept ans de mariage avec le cinéma, Gabriel
Yared est plus que jamais un compositeur voyageur, un créateur d’une
sensibilité à fleur de peau, dont plusieurs bandes très originales font déjà
partie de la mémoire collective. Cet hommage à la Philharmonie de Paris
est l’occasion d’évoquer librement son rapport à l’image, avec sa part
d’interrogations mais aussi son lot de réussites, de convictions. Une pos-
sibilité unique d’explorer les innombrables territoires du continent Yared.

Stéphane Lerouge

Double page suivante :


Partition de Camille Claudel, Gabriel Yared.

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Le LSO et l’industrie du rêve

Très tôt, des relations privilégiées se sont établies entre le London


Symphony Orchestra et l’industrie du cinéma. En 1935, le LSO enre-
gistre, sous la direction de Muir Mathieson, la musique composée par
Sir Arthur Bliss du chef-d’œuvre de William Cameron Menzies La Vie
future. Les rencontres avec le septième art se poursuivent avec des com-
positeurs britanniques tels que Ralph Vaughan Williams (L’Aventure sans
retour, Le 49e Parallèle) et William Walton (Hamlet, Henry V ) ou encore
le Hongrois Miklós Rózsa (Les Quatre Plumes blanches).

Point culminant de ces échanges, dans L’Homme qui en savait trop, Alfred
Hitchcock met en scène le LSO sur l’une des séquences les plus célèbres
de l’histoire du cinéma : une tentative d’assassinat au Royal Albert Hall
lors d’un concert où est interprétée la cantate Storm Clouds d’Arthur
Benjamin, sous la direction, en 1934, de H. Wynn Reeves puis, en 1956,
de Bernard Herrmann.

Mais c’est sous l’influence d’André Previn, l’audacieux et turbulent chef


nommé à la direction du LSO en 1968, que se concrétise la relation de
l’orchestre avec « l’industrie du rêve ». En 1970, Previn enregistre avec
le LSO Music Lovers de Ken Russell, libre évocation de la vie tourmentée
de Tchaïkovski. Il est mandaté pour adapter et diriger à l’image certaines
œuvres du maître russe. Rollerball, en 1974, lui donne l’occasion de
retrouver Norman Jewison (Jesus Christ Superstar). Previn s’acquitte de
la mission en adaptant judicieusement un programme constitué d’œuvres
de Bach, Chostakovitch, Tchaïkovski et Albinoni, qu’interprète le LSO
sous sa direction.

Une grande partie de la production de Star Wars (1977) étant localisée


en Angleterre, George Lucas suggère à John Williams d’enregistrer
la partition à Londres. Williams et Previn se connaissent déjà, Williams
ayant arrangé et dirigé des chansons originales de Previn pour La Vallée
des poupées en 1967, et le choix du LSO s’impose naturellement.

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La musique de John Williams entre dans la légende. L’adhésion est uni-
verselle, et le double album de la bande originale atteint des records de
vente. Les récompenses pour la musique se succèdent : Golden Globes,
BAFTA et, bien sûr, Oscar.

Le LSO, l’orchestre le plus populaire au monde, devient la caution


prestigieuse pour les producteurs et les musiciens de film. Outre les
projets de Williams (Furie, Superman, Dracula, la saga des Star Wars de
1977 à 2005, Les Aventuriers de l’arche perdue, Monsignor, Harry Potter
et la chambre des secrets), le LSO enchaîne sans relâche les musiques
de film avec James Horner (Aliens, Braveheart), Alan Silvestri (Qui veut
la peau de Roger Rabbit ?, Red 2), Basil Poledouris (La Chair et le sang),
Philippe Sarde (Tess, La Guerre du feu), Michel Legrand (Un amour en
Allemagne), Henry Mancini (Lifeforce), David Shire (Oz, un monde mer-
veilleux), Bill Conti (F.I.S.T., L’Étoffe des héros), George Fenton (Mary
Reilly, Les Ombres du cœur), Trevor Jones (Dark Crystal, Coup de foudre
à Notting Hill), Patrick Doyle (Harry Potter et la coupe de feu, Le Limier),
Thomas Newman (Les Quatre Filles du docteur March), Pino Donaggio
(Le Fils de Chucky), Alexandre Desplat (The Queen, Harry Potter et les
reliques de la mort), Roy Budd (Les Oies sauvages II) et Philippe Rombi
(Joyeux Noël).

Édouard Dubois

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LE COMPOSITEUR ET INTERPRÈTE

Gabriel Yared
Récompensé d’un Oscar, Gabriel Yared donné par le Royal Opera Ballet de
compte parmi les compositeurs les plus Londres. Plus récemment, il a com-
reconnus et respectés aujourd’hui. posé la musique du sixième film de
Il a remporté l’Academy Award pour Xavier Dolan, Juste la fin du monde,
la musique du film Le Patient anglais qui a remporté le Grand Prix du Festival
d’Anthony Minghella, lequel lui a éga- de Cannes en 2016. Gabriel Yared était
lement valu le BAFTA, le Golden membre officiel du jury du Festival
Globe et le Grammy Award. Né à de Cannes en 2017. Il a composé
Beyrouth, Gabriel Yared s’est d’abord la musique du prochain film de Xavier
fait connaître pour son travail dans Dolan, The Death and Life of John
le cinéma français, commençant avec F. Donovan, avec Jessica Chastain et
Jean-Luc Godard puis composant Natalie Portman, de The Happy Prince
la bande originale de 37°2 le matin (Oscar Wilde) réalisé par Rupert Everett,
réalisé par Jean-Jacques Beineix. On et travaille actuellement sur la bande
lui doit également la musique de ballet originale du dernier film d’animation de
de Clavigo donné à l’Opéra de Paris Michel Ocelot, Dilili à Paris.
ou de Raven Girl de Wayne McGregor

LES INTERPRÈTES

Catherine Ringer « Andy », « C’est comme ça »… Catherine


Mannequin enfant, Catherine Ringer Ringer et Fred Chichin travaillent avec
devient, à 17 ans, chanteuse dans divers Tony Visconti, Iggy Pop, les Sparks,
spectacles musicaux. En 1979, à 21 ans, Jesse Johnson, William Orbit, Serj
elle rencontre Fred Chichin, 24 ans, Tankian… Ils sont également connus
guitariste, fou de synthétiseurs, com- pour leurs vidéoclips dans le style « petit
positeur et ingénieur du son, et fonde music-hall ». Catherine Ringer et Fred
avec lui ce qui deviendra en 1982 Les Chichin travaillent ensemble mais aussi
Rita Mitsouko. En 1985 sort leur single séparément : musiques de film, comé-
« Marcia Bailla », succès à la fois rock, dies musicales, productions hip-hop…
dance et chanson française. Suivront Leur collaboration durera vingt-huit ans

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et donnera naissance à huit albums. l­’enregistrement de deux chansons
En 2007, un cancer fulgurant fauche qui figureront sur l’album Babilonia.
Fred Chichin en pleine tournée de La même année, elle rencontre David
leur album Variéty. La tournée reprend Donatien et commence à travailler avec
quelques mois plus tard puis se termine, lui sur un nouvel album. Leur travail
fin 2008, sur l’album Catherine Ringer commun aboutit au bout de trois ans
chante Les Rita Mitsouko and more à une signature sur le label Tôt ou tard
enregistré en live. En 2011 paraît Ring et à l’album Yael Naim (2007). Il atteint
n’ Roll, son premier album solo. En 2014 la sixième place du Top Albums et
sort Plaza Francia, A New Tango Song sortira dans dix-huit pays. L’année sui-
Book, où elle interprète le tango nuevo vante, la chanson « New Soul » de ce
­d’Edouardo Makaroff et Christoph premier album, utilisée par Apple dans
H. Müller (de Gotan Project). Son der- l’une de ses publicités, fait son appari-
nier album, Chroniques et Fantaisies, tion dans la plupart des autres charts
a tout juste paru le 3 novembre 2017. internationaux, dont le Billboard Hot
100 (Top 10). En France, la chanson se
Yael Naim classe en deuxième place des ventes.
Née à Paris, Yael Naim passe son La même année, Yael Naim remporte
enfance en Israël, où elle se découvre la Victoire de la musique du meilleur
une passion pour la musique classique album musiques du monde. Yael Naim
– dix ans de cours de musique et de et David Donatien entament alors une
piano au conservatoire – puis pour les tournée de deux ans et de plus de deux
musiques pop, jazz et folk. Durant son cents concerts à travers le monde. En
service militaire, elle fonde le groupe parallèle, Yael Naim est conviée à par-
The Anti Collision, au sein duquel elle ticiper à quelques projets extérieurs
se produit sur les scènes des clubs israé- – un album autour de Robert Wyatt
liens. En 2000, elle revient en France et avec l’Orchestre National de Jazz de
est repérée par le label EMI. En 2001, Daniel Yvinec, un projet hommage au
elle sort, sous le pseudonyme de Yael groupe de musique industrielle Coil sur
et de façon assez confidentielle, l’al- l’album The Dark Age of Love, le mor-
bum In a Man’s Womb. À la même ceau « Love is Bird » en duo avec Variety
époque, elle participe successive- Lab. Au printemps 2010, Yael Naim est
ment à trois projets initiés par Élie choisie comme invitée d’un épisode
Chouraqui : deux comédies musicales de la série télévisée d’animation Les
(Les Dix Commandements et Spartacus Simpson (La Plus Grande Histoire jamais
le gladiateur) et une bande originale ratée). L’album She Was a Boy (2010),
de film, Harrison’s Flowers. En 2004, de nouveau coproduit avec David
Yael Naim collabore avec le musicien Donatien, comporte treize chansons ori-
et producteur Readymade FC pour ginales. L’album est salué par la presse

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et confirme les talents d’écriture de Yael rythmes argentins dans la musique de
Naim ; il sera certifié platine en France. chambre actuelle. Plus encore, il plonge
Une tournée internationale de deux dans les improvisations et dans la com-
ans suit la sortie de l’album, traversant position de musique électronique avec
l’Europe, les États-Unis, le Japon et la complicité du contrebassiste de
l’Amérique du Sud. En 2011, Yael Naim jazz Olivier Sens. C’est aussi pour lui
est consacrée Artiste féminine de l’an- une évidence de laisser libre cours à
née par les Victoires de la musique. Elle sa création personnelle dans une har-
est marraine de l’association Solidarité monie parfaite avec la voix humaine,
Sida ; elle a également offert la chanson comme celle de Silvana Deluigi. Sur les
« If You See » à Amnesty International. scènes du monde entier, il est présent
En 2013, elle a été nommée chevalier au sein du quatuor de Luis Bacalov, de
dans l’ordre des Arts et des Lettres. l’ensemble de Gerardo Jerez Le Cam
En 2014, elle chante en duo le single ou avec Tomás Gubitsch. Enfin, Juanjo
« Cover me Over » avec Slow Joe & the Mosalini est l’un des rares bandonéo-
Ginger Accident, premier extrait de nistes internationaux à jouer réguliè-
l’album Lost for Love de ce dernier. En rement comme soliste avec de grands
2015 sort un nouvel album, coproduit orchestres classiques. Né en 1972 à
et co-composé avec David Donatien, Buenos Aires, il est le fils de Juan José
Older. En 2016, Yael Naim est à nouveau Mosalini, grande figure du tango argen-
Artiste féminine de l’année des Victoires tin. Passant toute son enfance au sein
de la musique. de la communauté des musiciens argen-
tins, ayant comme professeurs Gustavo
Juanjo Mosalini Beytelmann et Enzo Giecco, il ressent
Héritier de la tradition du bandonéon, très tôt le désir d’ouvrir de nouveaux
Juanjo Mosalini développe aujourd’hui chemins à cette forme musicale. Il com-
toutes les facettes de l’instrument mence ses études de bandonéon avec
au sein d’ensembles qui perpétuent son père à l’âge de 16 ans. En 1989,
la grande expression musicale de Juanjo Mosalini est l’invité de Marcel
­l’Argentine. Mais il est avant tout l’inter­ Azzola à Radio France. Cette même
prète passionné des compositeurs année est créée la classe de bandonéon
phares de ce début du xxie siècle. Dans du Conservatoire de Gennevilliers.
les formations de chambre ou les plus Il en obtient le premier prix en 1993 et
prestigieux orchestres du monde dont y enseigne dès lors durant cinq années
il est le soliste, Juanjo Mosalini fait parallèlement aux cours qu’il donne
parler le fueye avec tout le vocabulaire au Conservatoire d’Alfortville. Juanjo
musical classique, moderne et contem- Mosalini est aujourd’hui professeur
porain. En duo avec le guitariste Vicente du Conservatoire de Gennevilliers.
Bögeholz, il explore l’univers des Sa carrière prend un essor notoire de

20
1992 à 1997 comme b ­ andonéoniste de Dirk Brossé
l’Orchestre Mosalini et du Trio Gomina Né à Gand, Dirk Brossé mène une
dirigé par Leonardo Sánchez. Il par� - brillante carrière internationale de
tage également la scène avec Toots chef d’orchestre et de compositeur.
Thielemans, Mino Cinelu, Gotan Project, Il est aujourd’hui directeur musical du
Le Cirque du soleil, Catherine Lara, Chamber Orchestra of Philadelphia et
Julien Clerc, Elli Medeiros, Juliette, du Film Fest Gent, également profes-
I Muvrini, Julia Migenes. Il travaille seur de composition et de direction
aussi avec Gabriel Yared pour le film au Conservatoire royal de musique
Wings of Courage de Jean-Jacques de Gand. John Williams l’a choisi
Annaud, ou avec Éric Serra pour Léon comme chef titulaire de la tournée
de Luc Besson et en tant qu’interprète internationale Star Wars en concert.
et compositeur pour Jeanne et le gar- On lui doit près de quatre cents com-
çon formidable d’Olivier Ducastel et positions – touchant à des genres
Jacques Martineau, avec le compositeur aussi variés que le concerto, l’orato-
Philippe Miller. rio, le lied, la musique de chambre,
la musique de film, la comédie musicale
Lewis Morison ou la symphonie. En 2015, il a enre-
Lewis Morison a étudié la musique et gistré son concerto pour violoncelle
la prise de son à l’Université du Surrey Cello Concerto for Isabelle avec Marie
en Grande-Bretagne, où il a remporté Hallynck et le London Symphony
le prix de composition Joyce Dixey Orchestra. Il a éga­lement beaucoup
en 2004. Très présent sur la scène de composé pour le cinéma, la télévision
jazz londonienne, il s’est formé auprès et la scène, pour des films tels que
de Tim Whitehead, Iain Ballamy, Boerenpsalm, Koko Flanel, Daens,
Tony Woods et Terry Evans avant de The Lovers et Knielen, ou pour la série
se rendre à Paris pour travailler avec télévisée Parade’s End de la BBC/HBO,
Gabriel Yared. Il continue d’écrire et de ce qui lui a valu une nomination aux
se produire avec son groupe de jazz ou Emmy Awards. Dirk Brossé a réalisé
d’autres ensembles à Paris, à Londres plus de quatre-vingts enregistrements
et dans le monde entier. Très actif dans et collaboré avec des artistes de renom
les domaines de la composition et du international tels que José Van Dam,
cinéma, il a participé à la production de Barbara Hendricks, Julia Migenes,
plus de quatre-vingts bandes originales Claron McFadden, John Williams,
de films et de téléfilms, parmi lesquels Toots Thielemans, Hans Zimmer,
Jackie, Le Hobbit, Skyfall et Argo. Elmer Bernstein, Emma Thompson,
Kenneth Branagh, Sinead O’ Connor,
Maurice Jarre, Michel Legrand, Youssou
N’Dour… Il a travaillé notamment avec

21
les metteurs en scène Stijn Coninx, ­ ngagement s’est développé et conso-
e
Frank Van Laecke, Susanna White et lidé depuis plus de cent ans. Fondé en
Roland Joffé, ainsi qu’avec les écrivains 1904 par de grands musiciens londo-
Gabriel García Márquez, Seth Gaaikema niens, le London Symphony Orchestra
et Didier Van Cauwelaert. Sa carrière est un collectif musical autonome basé
de chef d’orchestre l’a amené à diriger sur la propriété artistique et le partena-
de grandes formations, en Belgique riat. L’orchestre est encore aujourd’hui
ou dans le reste du monde, parmi les- la propriété de ses membres, et sa
quelles le London Symphony Orchestra, signature sonore est la combinaison
le London Philharmonic Orchestra, de l’implication et de la virtuosité de
le Royal Philharmonic, l­’Opéra de ses quatre-vingt-quinze musiciens, qui
Vancouver, l’Orchestre de l’Opéra de viennent du monde entier. Le LSO est
Lyon, le Hong Kong Chinese Orchestra, en résidence au Barbican de Londres,
l’Orchestre de la Suisse Romande… En où il donne soixante-dix concerts sym-
2008, il a fait ses débuts au Royal Albert phoniques par an. Il donne par ailleurs
Hall de Londres à la tête du London soixante-dix autres concerts chaque
Symphony Orchestra dans un pro- saison à travers le monde. L’orchestre
gramme consacré à la musique de film, collabore avec de nombreux artistes
« A Night of Music from the Movies ». dont les plus grands chefs d’orchestre
Il a débuté au Carnegie Hall de New – Sir Simon Rattle, son nouveau direc-
York en 2016. Il s’est vu remettre le titre teur musical, Gianandrea Noseda et
d’ambassadeur culturel des Flandres, François-Xavier Roth, ses chefs invités
la médaille d’or du Mérite du Parlement principaux, Michael Tilson Thomas,
des Flandres, le prix Achille Van Acker, son chef lauréat, et André Previn, son
le prix honoraire Joseph Plateau et chef émérite. LSO Discovery, le pro-
le prix d’excellence en créativité cultu- gramme communautaire et éducatif de
relle du Global Thinkers Forum. Dirk l’orchestre, basé à LSO St Luke’s, par-
Brossé a été fait citoyen honoraire de tage le travail du LSO avec l’ensemble
Destelbergen en 2010 et chevalier de la société et touche soixante mille
de Belgique en 2013. Il est membre personnes chaque année. Le LSO va
de l’Académie royale flamande des plus loin avec son propre label d’en-
sciences et des arts de Belgique. registrement, LSO Live – le premier
du genre lancé en 1999 –, qui diffuse
London Symphony Orchestra sa musique partout dans le monde et
Le London Symphony Orchestra touche des millions d’auditeurs.
(LSO) a toujours à cœur d’offrir une
musique d’une grande qualité au plus
grand nombre de spectateurs. C’est
la pierre angulaire de ses activités. Cet

22
Directeur musical Violons II
Sir Simon Rattle Thomas Norris
Miya Vaisanen
Principaux chefs invités Matthew Gardner
Gianandrea Noseda Naoko Keatley
François-Xavier Roth Belinda McFarlane
Iwona Muszynska
Chef lauréat Paul Robson
Michael Tilson Thomas Laura Balboa
Ingrid Button
Chef émérite Caroline Frenkel
André Previn Dmitry Khakhamov
Csilla Pogany
Chef de chœur
Simon Halsey Altos
Edward Vanderspar
Malcolm Johnston
Violons I Anna Bastow
Carmine Lauri Julia O’Riordan
Clare Duckworth Robert Turner
Ginette Decuyper Jonathan Welch
Gerald Gregory May Dolan
Maxine Kwok-Adams Steve Doman
Claire Parfitt Stephanie Edmundson
Laurent Quenelle Alistair Scahill
Harriet Rayfield
Rhys Watkins Violoncelles
Laura Dixon Rebecca Gilliver
Takane Funatsu Alastair Blayden
Alix Lagasse Jennifer Brown
Daniel Meszoly Noel Bradshaw
Helen Paterson Eve-Marie Caravassilis
Daniel Gardner
Hilary Jones
Deborah Tolksdorf

23
Contrebasses Cors
Colin Paris Laurence Davies
Patrick Laurence Angela Barnes
Matthew Gibson Alexander Edmundson
Joe Melvin Kathryn Saunders
Jani Pensola Stephen Craigen
Jeremy Watt
Trompettes
Flûtes Niall Keatley
Gareth Davies Gerald Ruddock
Patricia Moynihan Paul Mayes

Piccolo Trombones
Sharon Williams Peter Moore
James Maynard
Hautbois
Gabriel Pidoux Trombone basse
Rosie Jenkins Paul Milner

Cor anglais Tuba


Christine Pendrill Jean Xhonneux

Clarinettes Timbales
Chris Richards Nigel Thomas
Chi-Yu Mo
Percussions
Clarinette basse Neil Percy
Arthur Stockel David Jackson
Sam Walton
Bassons
Dan Jemison Harpe
Joost Bosdijk Bryn Lewis

Contrebasson Piano
Dominic Morgan John Alley

24
Administration du London Symphony
Orchestra

Directrice générale
Kathryn McDowell

Directrice de la programmation
Sue Mallet

Responsable des tournées


et des projets
Tim Davy

Directrice du personnel adjointe


Alice Gray

Régisseurs plateau
Nathan Budden
Neil Morris

Licences E.S. 1-1083294, 1-1041550, 2-1041546, 3-1041547 – Imprimeur : BAF

Remerciements particuliers à Tim Davy,


Oliver Howlett, Jeff Atmajian, Chantal
Cicé, Alain Français.

25
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Photo : © Martyna Pawlak - Licences ES : 1-1041550, 2-041546, 3-1041547

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jusqu’au 22 janvier 2018.
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# 1 E N FA N T 1 I N S T R U M E N T