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AUDIENCE PUBLIQUE ORDINAIRE DU 29 MAI 2013

REPUBLIQUE DE CÔTE
D’IVOIRE
Le Tribunal de Commerce d’Abidjan, en son audience
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COUR D’APPEL D’ABIDJAN publique ordinaire du 29 mai 2013 tenue au siège dudit
--------------- Tribunal, à laquelle siégeaient :
TRIBUNAL DE COMMERCE
D’ABIDJAN FIAN A. Rosine, épouse MOTCHIAN, Présidente;
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RG N°485 /13
Messieurs BAGROU BAGROU Isidore, ALLAH-
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JUGEMENT CONTRADICTOIRE
KOUADIO Jean-Claude, COULIBALY Adama et
du 29 mai 2013 Madame TRAORE Kouao Marthe,
------------- Assesseurs,
Affaire :
Avec l’assistance de Maître MALAN Brigitte, Greffier
Société IMMOBILIARE,
assermenté ;
(Me Moïse DIBY)
Contre A rendu le jugement dont la teneur suit dans la cause
Société SUISSE CONSTRUCTION, entre :
SA
----------- Société Immobiliare, SARL dont le siège social est à
DECISION :
Abidjan, quartier Riviera 3, 27 BP 467 Abidjan 27,
agissant aux poursuites et diligences de son
Par défaut représentant légal Monsieur KOFFI NDRI Mathieu;
Statuant publiquement, par
défaut, en premier et dernier Demanderesse ;
Ayant pour Conseil Maitre Moise DIBY
ressort;
d’une part,
Se déclare incompétent au
Et
profit de la juridiction arbitrale ;

Condamne la SOCIETE SUISSE Société Suisse CONSTRUCTION,SA au capital de


CONSTRUCTION aux dépens 50.000.000 FCFA dont le siège social est à Abidjan,
quartier Cocody Riviera 3 ALLABRA, Lot 206, ilot 13,
Rue E 029, BP 704 CIDEX 3, prise en la personne de
son représentant légal

Défenderesse;
d’autre part,

Enrôlée pour l’audience du 17 avril 2013, l’affaire a été


appelée ;
Le tribunal a procédé à la tentative de conciliation qui
s’est soldée par un échec. La cause a été renvoyée à
l’audience du 08 mai 2013 pour comparution du
défendeur et pour être mise en délibéré.

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A l’audience du 08 mai 2013, elle a été mise en délibéré
pour jugement être rendu à l’audience du 29 mai 2013.

Advenue cette audience, le Tribunal a vidé son délibéré

LE TRIBUNAL

Vu les pièces du dossier ;

Ouï le demandeur en ses prétentions ;

Après en avoir délibéré conformément à la loi ;

FAITS, PROCEDURE ET PRETENTIONS DES


PARTIES

Par exploit d’huissier du 2 avril 2013, la SOCIETE


IMMOBILIARE, SARL a formé opposition à l’ordonnance
d’injonction de payer N°00056/2013 rendue par la
juridiction présidentielle du Tribunal de Commerce
d’Abidjan le 12 mars 2013 qui l’a condamnée à payer
à la Société Suisse Construction, SA la somme
de 10.000.000FCFA qui lui a été signifiée le 22 mars
2013 et a assigné la SociétéSuisseConstruction à
comparaitre devant le Tribunal de Commerce d’Abidjan
le 17 avril 2013pour qu’il soit statué sur les mérites de
son opposition ;

Au soutien de son action, elle sollicite l’irrecevabilité de


la requête au motif que le protocole d’accord du 22
décembre 2011 la liant à la SociétéSuisse Construction
contient une clause compromissoire en son article 13 ;

Elle souligne qu’en vertu de cette clause, les parties sont


tenues de soumettre, à défaut de règlement à l’amiable,
tous leurs litiges à la procédure de conciliation ou
médiation de la Cour d’Arbitrage de Côte d’Ivoire (CACI)
qui doit, en cas d’échec de conciliation, trancher lesdits
litiges selon le règlement prévu à cet effet ;

Elle invoque en outre l’incompétence de la juridiction


présidentielle du Tribunal de Commerce d’Abidjan, par

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application de cette même clause compromissoire ;

La SOCIETE IMMOBILIARE sollicite en outre la nullité


de l’exploit de signification de l’ordonnance en ce que
ledit exploit, en méconnaissance de l’article 8 de l’acte
uniforme portant organisation des procédures simplifiées
de recouvrement et des voies d'exécution, n’a pas
indiqué la juridiction devant laquelle l’opposition doit être
formée, en l’occurrence le Tribunal de Commerce
d’Abidjan dont le président a rendu l’ordonnance ;

Elle soutient que la nullité de l’exploit de signification


s’analyse au défaut de signification de l’ordonnance et
sollicite l’application de l’article 7 de l’acte uniforme qui
dispose que « La décision portant injonction de payer
est non avenue si elle n'a pas été signifiée dans les trois
mois de sa date.» ;

Subsidiairement au fond, elle explique qu’elle n’est pas


redevable envers la défenderesse de la somme de
10.000.000 FCFA, dans la mesure où celle-ci ne
rapporte ni la preuve de la créance réclamée comme
l’exige l’article 13 de l’acte uniforme précité, ni celle de
sa qualité de créancière ;

Elle conclut que la créance n’est ni certaine, ni liquide, ni


exigible et sollicite le rejet de la demande en
recouvrement formulée par la SociétéSuisse
Construction;

La Société Suisse Construction assignée à mairie n’a ni


comparu, ni conclu ;

SUR CE

EN LA FORME

Sur le caractère de la décision

La Société Suisse Construction, SA, défenderesse à


l’opposition a été assignée à mairie et elle n’a ni
comparu, ni conclu ; Il y a lieu de statuer par défaut à
son égard ;

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Sur l’exception d’incompétence tirée de la
clausecompromissoire prévue au protocole signé
par La société suisse construction et la société
Immobiliare

La Société Immobiliare soulève l’incompétence du


Tribunal de Commerce d’Abidjan ;

Elle explique que le protocole la liant à la Société Suisse


Construction, prévoit le règlement amiable des litiges et
soumet ces litiges à la procédure de conciliation ou de
médiation de la CACI et, en cas d’échec, en son article
13 exigent des parties de régler leurs litiges à l’amiable a
soumis les litiges à la procédure de conciliation de la
CACI et arbitrage en cas d’échec du règlement amiable ;

en droit processuel, la clause compromissoire est une


clause par laquelle, les parties à un contrat, s’engagent
à recourir à l’arbitrage pour les litiges qui pourraient
surgir entre elles à l’occasion de leur contrat ;

Aux termes de l’article 13 de l’acte uniforme sur le droit


de l'arbitrage dans le cadre du traité OHADA :

«Lorsqu'un litige, dont un Tribunal arbitral est saisi


en vertu d'une convention arbitrale, est porté devant
une juridiction étatique, celle-ci doit, si l'une des
parties en fait la demande, se déclarer incompétente.

Si le tribunal arbitral n'est pas encore saisi, la


juridiction étatique doit également se déclarer
incompétente à moins que la convention d'arbitrage
ne soit manifestement nulle.

En tout état de cause, la juridiction étatique saisie ne


peut relever d’office son incompétence ».

En l’espèce, les parties ont, conformément à l’article 13


de leur protocole, choisi la voie de l’arbitragé pour le
règlement de leurs litiges ;

La Société Immobiliarese prévalant de la clause


compromissoire insérée dans leur contrat, il y a lieu de
se déclarer incompétent au profit de la juridiction
arbitrale ;

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Sur les dépens

La Société Suisse Construction, SA succombant en


l’instance, elle doit en supporter les dépens.

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement, par défaut, en premier et dernier


ressort;

Se déclare incompétent au profit de la juridiction


arbitrale ;

Condamne la Société Suisse Construction aux dépens ;

Et ont signé et Président et le Greffier./.