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Bachelier en Informatique de Gestion

1ère année

Mathématiques

POLLART Michel 2010 - 2011 Éd. n° 2


1.CALCUL PROPOSITIONNEL ________________________________________________________ 3

2. ALGEBRE DES PARTIES D’UN ENSEMBLE ________________________________________ 20

3. ALGEBRE DE BOOLE _____________________________________________________________ 24

4. CALCUL MATRICIEL _____________________________________________________________ 51

5. ALGEBRE FINANCIERE _________________________________________________________ 103

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1.Calcul propositionnel

Nous étudions les outils logiques permettant d’une part de formaliser les données textuelles et
d’autre part d’analyser les raisonnements. Ainsi, nous nous donnons un double objectif :
- Tout d’abord, étudier les outils qui mettent en évidence les mécanismes de déduction.
- Ensuite, voir l’analyse d’un texte et de l’argumentation comme une résolution de problèmes : la
phase de représentation de l’information est la formalisation à l’aide de connecteurs logiques ; celle de
traitement de l’information consiste à valider ou non le raisonnement, ou encore à apporter une
conclusion logique au texte.

1. Outils de formalisation : les connecteurs logiques

Afin d’introduire les connecteurs logiques (disjonction, conjonction, négation, implication, équiva-
lence ), donnons-nous comme point de départ une phrase extraite d’un règlement hippique :

« Le cheval franchit les haies et les rivières ou il est disqualifié. »

Il semble, à première vue, que la compréhension de la phrase ne pose pas de problème. Tout un
chacun interprète ce type d’information de la même façon. Est-ce si sûr ?

Pour le voir, donnons-nous quelques outils permettant les comparaisons. Nous allons d’abord coder ce
que nous appelons les « propositions élémentaires » :

h : le cheval franchit les haies


r : le cheval franchit les rivières
d : le cheval est disqualifié

Chacune de ces trois propositions peut être vraie ou fausse. Un outil de représentation de
l’information va nous permettre de lister les différents cas susceptibles de se présenter : c’est la
« table de vérité » ( Le terme « table » est lié à la présentation en tableau ; quant au terme « vérité »,
il est lié au caractère vrai ( codé « 1 » ) ou faux ( codé « 0 » ) des propositions ).
Prenons les différents cas un à un : si la situation est en désaccord avec la phrase, nous portons un
« 0 » dans la case correspondante. Si, inversement, la situation est en accord avec la phrase, nous
portons un « 1 » dans la case correspondante.

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Une première interprétation est décrite sur la figure 1.

h r d h r d
0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 1 1 0 0 1 1
0 1 0 0 0 1 0 0
0 1 1 1 0 1 1 1
1 0 0 0 1 0 0 0
1 0 1 1 1 0 1 1
1 1 0 1 1 1 0 1
1 1 1 0 1 1 1 1

Figure 1 Figure 2
Mais une seconde interprétation existe. Précisons-la. On peut très bien estimer qu’un cheval peut
être disqualifié pour une autre raison que le non franchissement des haies ou des rivières. Le cas est
représenté sur la figure 2.

Nous allons maintenant tenter une formalisation du texte à l’aide des connecteurs logiques . . . et
retrouver nos deux interprétations.

Dans notre phrase, figurent deux symboles de liaison : et, ou. Nous allons les coder en utilisant les
connecteurs logiques ∧, v et w. Précisons le sens de ces trois connecteurs.

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Définition de la conjonction et des disjonctions

Pour définir le connecteur de conjonction, noté ∧, nous utilisons une table de vérité. Partons de la
phrase suivante : « Il pleut et il vente. » Nous avons deux propositions élémentaires reliées par une
conjonction. Si nous codons « p » la proposition « il pleut » et « q » la proposition « il vente », nous
avons la table de vérité du connecteur ∧ sur la figure 3. La phrase est vraie, p ∧ q vaut 1, lorsqu’il
pleut, p vaut 1, et lorsqu’il vente, q vaut 1 ; la phrase est fausse, p ∧ q vaut 0, dans tous les autres cas.

p q p∧q
0 0 0
0 1 0
1 0 0
1 1 1

Figure 3

Quant à la disjonction, une définition unique semble une gageure. Prenons un exemple. La famille de
Monsieur et Madame Fourmi est à table. Maurice, le dernier enfant, a quelques problèmes avec son
potage. Alors, Madame Fourmi : « Maurice, tu manges ta soupe ou tu as une fessée. » Après une légère
hésitation, Maurice obéit à sa mère . . . puis émet un rot retentissant . . . et c’est la fessée adminis-
trée par Monsieur Fourmi. Maurice, en pleurs : « C’est pas juste ! »

Essayons de voir en quoi les interprétations des parents et de l’enfant différent. La divergence
entre les protagonistes se situe dans le cas où Maurice mange sa soupe et a une fessée. C’est la
dernière ligne de la table de vérité, si nous adoptons le même système que pour la conjonction.

L’interprétation de Monsieur Fourmi est représentée figure 4. Le connecteur logique associé est
noté « v » ; on l’appelle encore « et / ou », « ou ( inclusif ) ».

s f svf s f swf
0 0 0 0 0 0
0 1 1 0 1 1
1 0 1 1 0 1
1 1 1 1 1 0

Figure 4 Figure 5

L’interprétation de Maurice est représentée figure 5. Le connecteur logique associé est noté
« w » ; c’est le « ou (exclusif) ». Ce connecteur ne prend la valeur 1 que si une et une seule des
propositions de base vaut 1, alors que, dans le cas du et / ou, la disjonction des deux propositions
vaut 1 lorsqu’au moins une des propositions vaut 1. Sur les deux tables précédentes, nous avons codé
« s » Maurice mange sa soupe et « f » Maurice a une fessée.

Après avoir précisé la définition des connecteurs logiques intervenant dans notre phrase, revenons à
la course et utilisons-les pour formaliser ; ayant défini deux disjonctions, nous arrivons à deux
interprétations :

(h∧r)wd (h∧r)vd

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Il nous reste à voir maintenant en quoi les interprétations ci-dessus rejoignent celles proposées en
début de paragraphe. Pour le faire, remplissons la table de la figure 6.

h r d h∧r (h∧r)wd (h∧r)vd


0 0 0 0 0 0
0 0 1 0 1 1
0 1 0 0 0 0
0 1 1 0 1 1
1 0 0 0 0 0
1 0 1 0 1 1
1 1 0 1 1 1
1 1 1 1 0 1

Figure 6

Explicitons les lignes 1 et 8. Considérons d’abord la ligne 1 : comme h vaut 0 ainsi que r, h ∧ r vaut 0
d’après la définition de « ∧ », ainsi h ∧ r vaut 0 et d vaut 0 ; que nous considérions ( h ∧ r ) w d ou
( h ∧ r ) v d nous obtenons 0. Pour la dernière ligne, h ∧ r vaut 1 puisque h et r valent 1 ; comme de plus
d vaut 1, il y a suivant le choix du connecteur deux issues ( h ∧ r ) w d vaut 0, ( h ∧ r ) v d vaut 1.

Si nous comparons aux interprétations proposées en début de paragraphe, ( h ∧ r ) v d correspond à


la première, alors que ( h ∧ r ) w d correspond à la seconde. La démarche de formalisation a fait
apparaître l’ambiguïté de la phrase. De plus, nous avons maintenant un outil formel permettant
d’expliciter l’ambiguïté.

Tentons une reformulation de la phrase :

« Si le cheval n’est pas disqualifié, c’est qu’il a franchi les haies et les rivières. »

En faisant, comme pour la phrase initiale, une analyse exhaustive des cas possibles, on s’aperçoit que
l’on arrive, comme au départ, à une ambiguïté. Voyons, en formalisant le texte, comment nous pouvons
lever cette ambiguïté. Nous allons définir ici trois nouveaux connecteurs logiques : la négation,
notée ¬, l’implication ( si . . . alors . . . ), notée →, et l’équivalence, notée ↔.

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Définition de l’implication, de l’équivalence et de la négation

Mettons-nous dans la situation d’un club désirant se donner quelques repères de bon fonction-
nement. On peut imaginer que le règlement intérieur contient la phrase : « Si vous êtes en retard, vous
offrez l’apéritif. » Tentons d’examiner les différents cas possibles et de voir pour chacun s’il est en
accord ou en désaccord avec la phrase. Parmi les quatre cas, un seul est en contradiction avec la
phrase : une personne arrive en retard et n’offre pas l’apéritif. Nous définissons ici le connecteur
d’implication logique, noté « → » : figure 7. La codification utilisée est la suivante : « r » vous êtes en
retard ; « a » vous offrez l’apéritif.

r a r→a r a r↔a
0 0 1 0 0 1
0 1 1 0 1 0
1 0 0 1 0 0
1 1 1 1 1 1

Figure 7 Figure 8

Lorsque la proposition « r → a » est vraie, on note « r ⇒ a ».

Introduisons formellement le connecteur d’équivalence logique par sa table de vérité figure 8.

Lorsque la proposition « r ↔ a » est vraie, on note « r ⇔ a ». Les deux propositions r et a ayant les
mêmes valeurs de vérité, on note aussi « r = a ».

La négation est définie par la figure 9.

p ¬p
0 1
1 0

Figure 9

Nous pouvons alors formaliser la phrase : « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. »
i ↔ ¬ a, où « i » est la codification correspondant à imbéciles et « a », celle des gens changeant
d’avis. Les imbéciles ne changent pas d’avis, et eux seuls : on a bien l’équivalence entre les deux
propriétés. On peut également vérifier qu’une autre formulation de la phrase est possible : i w a.

Nous pouvons maintenant reprendre notre phrase : « Si le cheval n’est pas disqualifié, c’est qu’il a
franchi les haies et les rivières ». Quelle proposition de formalisation pouvons-nous faire ? La première
tient compte de la possibilité de disqualification pour autre chose ; elle s’exprime ¬ d → ( h ∧ r ). La
seconde limite la disqualification au seul cas du franchissement des haies et des rivières. Elle s’exprime
¬ d ↔ ( h ∧ r ).

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Nous avons dressé, figure 10, une table de vérité donnant la validité des expressions
ci-dessus. La comparaison de cette table et de celles de la figure 6 montre que :

¬ d → ( h ∧ r ) équivaut à ( h ∧ r ) v d

¬ d ↔ ( h ∧ r ) équivaut à ( h ∧ r ) w d

h r d ¬d h∧r ¬d ↔(h∧r) ¬d→(h∧r)


0 0 0 1 0 0 0
0 0 1 0 0 1 1
0 1 0 1 0 0 0
0 1 1 0 0 1 1
1 0 0 1 0 0 0
1 0 1 0 0 1 1
1 1 0 1 1 1 1
1 1 1 0 1 0 1

Figure 10

Mais alors, comment lever l’ambiguïté de la phrase proposée au départ ? Pour rester le plus près
possible du texte initial, on peut proposer :

« Le cheval franchit au moins les haies et les rivières ou il est disqualifié », ce qui se formalise d’une
seule façon :
(h∧r)vd
La locution « au moins » laisse entendre clairement qu’il existe d’autres cas de disqualification.

Nous avons pu définir les principaux connecteurs logiques nous permettant de formaliser des
énoncés :
non négation ¬
et conjonction ∧
ou ( et / ou ) disjonction inclusive v
ou ( exclusif ) disjonction exclusive w
si . . . alors implication →
si et seulement si équivalence ↔

Il nous faut à présent définir les règles de déduction, à savoir les règles logiques permettant
l’enchaînement des énoncés. C’est ce que nous allons faire à partir d’exemples.

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2. Outils de raisonnement : les règles de déduction ou d’inférence

Simplifions notre règlement hippique en ne considérant que la phrase suivante :

« Pour ne pas être disqualifié, il faut franchir au moins les haies »,

qui se formalise : ¬ d → h.

En utilisant la règle de contraposition, nous en déduisons l’énoncé formel ¬ h → d qui traduit la


phrase :
« Si le cheval ne franchit pas au moins les haies, il est disqualifié. »

Ainsi, grâce à la règle de contraposition, nous déduisons l’énoncé ¬ h → d de l’énoncé ¬ d → h. Par


convention, nous dirons que ¬ d → h infère ¬ h → d ce que nous noterons (¬ d → h ) a (¬ h → d ). La
règle de contraposition ne prend comme donnée qu’un énoncé : cette règle n’a qu’une seule prémisse. La
validité de cette règle peut être aisément démontrée en dressant les tables de vérité des expressions
¬ d → h et ¬ h → d. Les résultats sont identiques, ce qui prouve que les expressions sont équivalentes.
Et maintenant, nous participons à une réunion hippique où nous suivons tout particulièrement
« Joly Jumper » dans la troisième course. L’affichage nous apprend que Joly Jumper n’a pas été
disqualifié. Nous pouvons en conclure : Joly Jumper a franchi les haies.

Formalisons le raisonnement :

¬ d → h . . . prémisse extraite du règlement


¬d . . . le cas de Joly Jumper
⎯⎯⎯
h . . . la conclusion.

C’est la règle de modus ponens, qui de façon générale va s’écrire : p → q, p a q

Dans la quatrième course, « Joli Cœur » n’a pas franchi les haies. Nous pouvons conclure, en appli-
quant le règlement, qu’il a été disqualifié, ce que nous écrivons de façon formelle :

¬ d → h . . . prémisse extraite du règlement


¬h . . . Joli Cœur n’a pas franchi les haies
⎯⎯⎯
d . . . en conclusion, la disqualification de Joli Cœur

C’est la règle de modus tollens, qui de façon générale va s’écrire : p → q, ¬ q a ¬ p

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Illustrons, pour terminer, une quatrième règle de déduction appelée règle du syllogisme par un
exemple emprunté à Lewis Caroll :

Toutes les guêpes sont agressives


Les animaux agressifs sont déplaisants
Donc . . . les guêpes sont déplaisantes

Ce que nous formalisons :

g→a
a→d . . . les prémisses
⎯⎯⎯
g→d . . . la conclusion

Nous pouvons, à présent, résumer dans deux tableaux les quatre règles d’inférence que nous venons
de définir. Nous présentons d’abord un tableau formel ; vient ensuite un tableau illustrant chacune des
règles.

Nous utilisons également dans nos raisonnements un certain nombre de propriétés liées aux
connecteurs logiques ; nous allons citer les principales. La justification est assurée par les tables de
vérité de la figure 11.

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Les lois de De Morgan

Elles s’énoncent : ¬ ( p ∧ q) équivaut à ¬ p v ¬ q ¬ ( p v q) équivaut à ¬ p ∧ ¬ q

La justification est obtenue en constatant, sur la figure 11, que les colonnes (a) et (b) sont identi-
ques (c’est la première loi de De Morgan) ainsi que les colonnes (c) et (d) (c’est la deuxième loi).
(a) (b) (c) (d) (e) (f) (g) (h)

p q ¬ ( p ∧ q) ¬pv¬q ¬ ( p v q) ¬p∧¬q p→q ¬pvq p↔q ¬pwq

0 0 1 1 1 1 1 1 1 1
0 1 1 1 0 0 1 1 0 0
1 0 1 1 0 0 0 0 0 0
1 1 0 0 0 0 1 1 1 1

Figure 11

Illustrons ces lois par deux exemples issus de situations courantes. La mère de famille dira à son
mari : « Ne fume pas en conduisant » en pensant aussi bien à la gêne provoquée par la fumée de
cigarette qu’aux risques de brûlures de lainages. Si nous formalisons, nous obtenons : ¬ ( f ∧ c ), c’est à
dire «Il est interdit de fumer et conduire », ce qui est équivalent à ¬ f v ¬ c, c’est à dire «Ne fume pas
ou ne conduis pas ». Considérons l’inscription : « Défense de fumer et de cracher » qui est à
interpréter comme «Défense de fumer et défense de cracher », qui se formalise ¬ f ∧ ¬ c. La
deuxième loi de De Morgan nous donne l’équivalence avec ¬ ( f v c ), qui se traduit : « Défense de fumer
ou cracher ».

Liens : implication / ou ( inclusif ) ; équivalence / ou ( exclusif )

p → q équivaut à ¬ p v q p ↔ q équivaut à ¬ p w q

La figure 11 nous donne la justification : les colonnes ( e ) et ( f ) sont identiques ; c’est aussi le cas
des colonnes ( g ) et ( h ). Illustrons ce résultat par la situation des parents Fourmi et du petit
Maurice. Les parents disent : « Tu manges ta soupe ou tu as une fessée » puis surenchérissant : « Si tu
ne manges pas ta soupe, tu auras une fessée. »

Formalisons suivant la vision des parents : s v f ou encore ¬ s → f

Les parents se réservent la possibilité d’administrer une fessée même si la soupe est mangée ! Ceci se
traduit par un ou inclusif ou une implication.

Le petit Maurice souhaite lier le sort de la partie basse de son individu au fait de manger sa soupe.

s w f ou encore ¬ s ↔ f

Il est ainsi exclu d’avoir une fessée si la soupe est mangée.

Nous avons indiqué que les outils de formalisation et de déduction sont sous-jacents aux
raisonnements effectués pour la résolution d’un problème. Peut-être pouvons-nous trouver inutile ce
type d’analyse détaillée. Elle peut toutefois être justifiée d’au moins deux manières.
Tout d’abord, l’analyse fouillée présente un intérêt certain lorsque le raisonnement est contesté. Il
est relativement fréquent qu’un raisonnement soit qualifié de nébuleux ; il est estimé que les prémisses

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sont mal explicitées, ou utilisées de façon implicite. Il devient alors indispensable d’avoir les outils
permettant de mettre à jour les différentes étapes de la déduction.
Ensuite, ne perdons pas de vue qu’il est utile d’analyser les démarches dans la perspective d’une
« mécanisation » d’une partie du raisonnement. Comment entrer dans ce monde qui est celui de
l’intelligence artificielle sans une connaissance minimale des outils de déduction ?

Prenons un exemple pour illustrer notre propos.

Six hommes sont en tête d’une course cycliste. Ce peloton comprend un allemand, un anglais, un
belge, un espagnol, un français et un italien. Trois marques sponsorisent les coureurs, chacune ayant
deux hommes dans ce peloton.

Le coureur n°5 porte les couleurs de la marque Panzani..


Le français porte les couleurs de la marque Peugeot.
. . . donc . . . le coureur n°5 n’est pas français.

Ce que nous pouvons formaliser sous la forme :

N°5 → Panzani
Français → Peugeot
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯
N°5 → ¬ Français

Le système déductif formel est présenté sur la figure 12.

Les données formelles sont à l’entrée du système. Trois déductions sont faites. La première utilise
une prémisse implicite : un coureur ayant un maillot Panzani ne peut avoir un maillot Peugeot. Par
syllogisme, nous obtenons une première conclusion intermédiaire : le coureur n°5 n’est pas Peugeot. La
deuxième déduction (contraposition) nous donne la seconde conclusion intermédiaire : si un coureur
n’est pas Peugeot, il n’est pas français. Pour terminer, les deux conclusions ci-dessus nous permettent
d’obtenir la conclusion, à savoir, le coureur n°5 n’est pas français.

DONNEES
N°5 → Panzani Français → Peugeot
FORMELLES

Panzani → ¬ Peugeot

Syllogisme Contraposition
SYSTEME DE
TRAITEMENT DE
L’INFORMATION
N°5 → ¬ Peugeot ¬ Peugeot → ¬ Français

Syllogisme

CONCLUSION
N°5 → ¬ Français
FORMELLE

Figure 12

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Introduisons une autre modélisation consistant à mettre les expressions logiques sous une forme
standard appelée forme clausale où ne figurent que les connecteurs ∨ et ¬. Elle permettra de définir
une nouvelle règle de déduction appelée principe de résolution.

Le principe de résolution s’énonce :

a ∨ b, ¬ a ∨ c a b ∨ c

Il s’exprime de la façon suivante.

A partir des prémisses a ∨ b et ¬ a ∨ c, on peut conclure le résultat b ∨ c.

On peut montrer en utilisant les équivalences entre expressions logiques telles que le lien entre
l’implication et la disjonction que toute expression logique s’écrit sous forme de clause.

Illustrons ce principe en résolvant l’énigme suivante.

Un vol a été commis et trois suspects ont été appréhendés par le commissaire Géduflair ; suite à
l’interrogatoire, le commissaire est convaincu des faits suivants :

(a) Si Henri est coupable, Jean l’est aussi.


(b) Si Henri est innocent, alors Jean est coupable ou Alphonse est coupable ( ou les deux ).
(c) Si Alphonse est innocent alors Jean l’est aussi.
(d) Si Alphonse est coupable alors Henri l’est aussi.

Qui est innocent et qui est coupable ?

Adoptons les conventions suivantes :

H : Henri est coupable


J : Jean est coupable
A : Alphonse est coupable

Les affirmations deviennent sous forme symbolique :

(a) H→J
(b) ¬ H → ( J ∨ A)
(c) ¬A→¬J
(d) A→H

Ecrivons la forme clausale associée à ces quatre affirmations.

(a’) ¬H∨J
(b’) H∨J∨A
(c’) A∨ ¬J
(d’) ¬A∨H

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Réalisons maintenant un arbre de déduction.

(a’) ¬ H ∨ J (b’) H ∨ J ∨ A (a’) est la première clause et (b’) est


la première clause qui contient H,
négation de ¬ H.

J∨A (c’) A ∨ ¬ J (c’) est la première clause contenant


la négation de J.

A (d’) ¬ A ∨ H (d’) contient la


négation de A.

H (a’) ¬ H ∨ J

Les conclusions apparaissent sur l’arbre : J ∨ A, puis A, H et J. La stratégie utilisée pour le choix
des clauses est explicitée. On peut la résumer en disant que l’on applique toujours la première clause de
la liste permettant de mettre en œuvre le principe de résolution.

Le schéma suivant résume notre démarche.

Un vol a été commis et trois suspects ont été appréhendés (a’) ¬H∨J
par le commissaire Géduflair ; suite à l’interrogatoire, le (b’) H∨J∨A
commissaire est convaincu des faits suivants : (c’) A∨ ¬J
(d’) ¬A∨H
(a) Si Henri est coupable, Jean l’est aussi.
(b) Si Henri est innocent, alors Jean est coupable
ou Alphonse est coupable (ou les deux).
(c) Si Alphonse est innocent alors Jean l’est aussi.
(d) Si Alphonse est coupable alors Henri l’est Principe de
aussi. résolution

Qui est innocent et qui est coupable ?

Alphonse, Henri et Jean sont coupables. A, H,J

La déduction qui vient d’être réalisée peut paraître assez peu parlante ; le principe de résolution
est, en effet, assez peu naturel et inutilisé dans notre logique quotidienne. Par contre, ce formalisme
est très utilisé en démonstration automatique pour son côté systématique et facile à mettre en
œuvre. Le principe de résolution et la forme clausale sont à la base du langage de programmation
PROLOG utilisé, depuis sa création, dans de nombreux développements en intelligence artificielle.

14
Présentation synthétique des règles de déduction

Prémisses Conclusion
g→a
Les guêpes sont agressives
g→d
Syllogisme a→d
Les guêpes sont déplaisantes
Les animaux agressifs
sont déplaisants
r→c
Si je rate mon tir, j’ai l’air con c
Modus ponens
r J’ai l’air con
Je rate mon tir
r→b
Si une personne a la rougeole,
¬r
Modus tollens elle a des boutons
Je n’ai pas la rougeole
¬b
Je n’ai pas de boutons
¬a → ¬g
g→a
Contraposition Les animaux non agressifs ne sont pas
Les guêpes sont agressives
des guêpes
s↔f
s→f
Simplification Seule la vue d’un serpent
La vue d’un serpent le faisait fuir
le faisait fuir
a→b
a→(b∧c)
Les améthystes sont belles
Regroupement Les améthystes sont belles
a→c
et chères
Les améthystes sont chères
¬r ∨ a
r→a
Implication Vous n’êtes pas en retard
Si vous êtes en retard
Disjonction ou vous offrez l’apéritif
vous offrez l’apéritif

Première loi ¬(b∧c) ¬b ∨ ¬c


de De Morgan Il est interdit de boire et de conduire Ne bois pas ou ne conduis pas
¬f ∧ ¬c
Deuxième loi ¬(f∨c)
Défense de fumer
de De Morgan Défense de fumer ou cracher
et défense de cracher

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Exercices

1. Dans la forêt, on suppose que :


- tous les chênes ont plus de cinquante ans.
- certains arbres mesurant moins de cinq mètres de hauteur sont des chênes.

Prouver que certains arbres mesurant moins de cinq mètres ont plus de cinquante ans.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯
2. Parmi les professeurs de l’ISAT, on formule les hypothèses suivantes
- les professeurs gentils ont plus de cinquante ans ;
- il n’y a aucun professeur intelligent ayant plus de cinquante ans ;
- un professeur qui n’est pas gentil n’est pas un informaticien

Prouver que les informaticiens ne sont pas intelligents.


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯
3. Un homme déclare à la sortie d’un café :
- le jour où je ne bois pas et où je dors, je ne suis pas content ;
- le jour où je bois, je ne suis pas content et je dors ;
- le jour où je ne mange pas, ou bien je ne suis pas content ou bien je dors ( ou les deux ) ;
- le jour où je mange, ou bien je suis content ou bien je bois ( ou les deux ) ;
- le jour où il ne pleut pas et où je suis content, je ne mange pas ;
- mais aujourd’hui je suis content.

Cet homme a-t-il bu ce jour-là, a-t-il mangé, a-t-il dormi ? Quel temps fait –il ?
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

4. Un avion s’est écrasé en plein cœur du Sahara. Quelques personnes ont survécu à la
catastrophe. Madame Cogito, qui doit la vie à son esprit vif et décisif, raconte :
« Je devais faire vite avant que l’avion n’explose, aussi ne m’enquerrai-je que de quelques objets
indispensables à ma survie. Je pouvais saisir ou une paire d’après-ski ou une brosse à dents, l’une
étant à ma droite et l’autre étant à ma gauche. Mais si je prenais les après-ski je ne pouvais pas
emmener l’indispensable crème solaire. Il m’était aussi offert de choisir entre la boussole du
commandant de bord ou quelques grains de sel, mais là encore, si je prenais le sel, je ne pouvais pas
emmener la gourde débordante d’eau fraîche et puis si je choisissais la boussole, je n’aurais pas pu
emporter ma brosse à dents, ce qui m’était insupportable.
Et puis autre chose me tracassait : je ne pouvais que laisser ou emmener avec moi et la gourde et
mon mari blessé, les deux étant indissociables. Et si je n’emmenais pas mon mari, je pouvais sauver
mon adorable caniche . . .
J’ai finalement opté pour la crème solaire. En ce qui concerne le reste, je ne sais plus très bien ».

Pouvez-vous aider Madame Cogito à s’y retrouver ?


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

16
5. A, B et C sont recherchés par Interpol. On sait qu’eux seuls peuvent être responsables des
hold-up contre la bijouterie, contre la banque et contre le comptoir pharmaceutique. Comme il
n’y a pas de témoin, on a recours aux Visionnaires du Puits de la Vérité ; ils sentent les
choses, leurs indications sont indirectes mais ils ne se trompent jamais.

Bijouterie

1er visionnaire : « Si C est innocent, A est coupable. »


2ème visionnaire : « Si A est coupable, il a agi avec un complice et un seul. »
3ème visionnaire : « Si B n’a pas trempé dans cette affaire, C non plus. »
4ème visionnaire : « S’il y a deux responsables dans cette affaire, A est l’un d’eux. »
Qui a fait le coup ?

Banque

1er visionnaire : « Si B a trempé dans cette affaire, C aussi. »


2ème visionnaire : « Si A est coupable et B innocent alors C est coupable. »
3ème visionnaire : « Pour les hold-up de banque, A a horreur de faire équipe avec C. »
4ème visionnaire : « C n ’a pas pu faire ce genre de boulot tout seul. »
Qui a fait le coup ?

Comptoir pharmaceutique

1er visionnaire : « Si A a trempé dans cette affaire, B non. »


2ème visionnaire : « Si B est coupable, il avait un complice et un seul. »
3ème visionnaire : « Si C est coupable, A et B le sont aussi. »
Qui a fait le coup ?
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

6. Tirez une conclusion logique des propositions suivantes en visualisant votre raisonnement par

- un arbre de déduction
- un emboîtement d’ensembles

1. Quand je résous un exercice de logique sans grogner, vous pouvez être sur que c’est un de ceux
que je comprends.
2. Ces sorites ne sont pas présentés comme les exercices auxquels je suis habitué.
3. Aucun exercice facile ne me donne jamais mal à la tête.
4. Je ne comprends pas les exercices qui ne sont pas présentés comme ceux auxquels je suis
habitué.
5. Je ne grogne jamais devant un exercice à moins qu’il ne me donne mal à la tête.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

7. Tirez une conclusion logique des propositions suivantes :

1. Les seuls animaux de cette maison sont des chats.


2. Tout animal aimant contempler la lune peut convenir comme favori.
3. Quand je déteste un animal, je l’évite.
4. Aucun animal n’est carnivore à moins qu’il rôde la nuit.
5. Aucun chat ne manque de tuer les souris.
6. Aucun animal ne s’attache à moi sauf ceux qui se trouvent dans cette maison.
7. Les kangourous ne sauraient convenir comme favoris.
8. Seuls les carnivores tuent les souris.
9. Je déteste les animaux ne s’attachant pas à moi.
10. Tous les animaux rôdant la nuit aiment contempler la lune.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

17
8. Une forme propositionnelle à une variable x sur le référentiel R est un énoncé contenant la lettre x
et devenant une proposition lorsque x prend n’importe quelle valeur donnée de R. On note
p(x), q(x), etc. les formes propositionnelles à une variable x. Pour un élément a donné du référen-
tiel, p(a), q(a), etc. sont des propositions.

Par exemple, la forêt étant prise comme référentiel, « x est un chêne » est une forme proposi-
tionnelle. Elle devient une proposition dès que x est remplacé par un arbre bien déterminé. La
propriété correspondante est « être un chêne ».

Une assemblée R réunit des personnes des deux sexes et de tout âge. Certaines ont le permis de
conduire, d’autre ne l’ont pas. On considère des formes propositionnelles sur R et le diagramme de
Venn correspondant.

R
a : « x est un homme »
C
A b : « x a quarante ans ou plus »

B c : « x a le permis de conduire »

On se propose d’étudier les énoncés suivants :

r : « Si une personne a quarante ans ou plus, c’est un homme sans le permis de conduire, ou une
femme ».

s : « Toute personne est une femme, ou n’a pas encore quarante ans, ou n’a pas le permis de
conduire ».

t : « Si une personne a le permis de conduire et au moins quarante ans, alors cette personne est
une femme ».

1) a) Ecrire r, s et t sous forme d’expression booléenne de a, b et c.


b) Simplifier r, s et t et en déduire que r = s = t.
c) Vérifier les égalités précédentes à l’aide d’un diagramme de Venn.
d) Tracer le diagramme de Venn d’une assemblée pour laquelle la condition r est réalisée.

2) Dans cette question, on suppose que tous les hommes ont quarante ans ou plus.

a) Faire le diagramme de Venn correspondant à cette situation.


b) Exprimer la condition de la question par une égalité booléenne liant a et b.
c) Simplifier l’expression commune de r, s et t en tenant compte de la condition. Vérifier
graphiquement.
d) Donner un énoncé simple traduisant l’énoncé r ( donc aussi s et t ).
e) Tracer le diagramme de Venn d’une assemblée pour laquelle la condition r est réalisée.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

18
9. Sur le référentiel R = { Alain, Bernard, Christophe } = { a , b , c }, on considère les formes propo-
sitionnelles :

m(x) : « x est maçon », n(x) : « xest notaire », p(x) : « x est professeur ».

On a les renseignements suivants :

Si Alain est maçon, alors Bernard n’est pas notaire.


Si Alain est notaire, alors Christophe est professeur.
Si Bernard n’est pas maçon, alors Christophe est notaire.
Si Christophe est professeur, alors Alain est notaire.

1) Ecrire ces renseignements sous la forme de quatre égalités booléennes de propositions. Donner
ensuite une seule égalité équivalente à ce système.

2) Alain, Bernard et Christophe ont des professions différentes. La profession de chaque


personne et l’une des trois données. Déduire de la question précédente toutes les solutions
possibles.

3) Alain, Bernard et Christophe n’ont pas forcément des professions différentes, mais chaque
personne est soit maçon, soit notaire, soit professeur. Donner toutes les solutions possibles.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

10. Quand je mets mon bonnet de nuit, j’enlève mes pantoufles. Quand j’enlève mon bonnet de nuit, je
mets mon pyjama. Quand j’ai mon bonnet de nuit sans être en pantoufles, je prends mes
lunettes. Quand j’enlève mon pyjama, je mets mon bonnet de nuit. Quand je n’ai ni bonnet de nuit, ni
pantoufles, je prends mes lunettes. Or ce soir, vous le voyez bien, je n’ai pas mes lunettes. Suis-je
en pyjama ?
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

11. Un vol a été commis et trois suspects ont été appréhendés par le commissaire Lafrite ; suite à
l’interrogatoire, le commissaire est convaincu des faits suivants :

a) Si monsieur Covert, prénommé Henri, est coupable, monsieur Jean Doeuf l’est aussi.
b) Si Henri est innocent alors Jean est coupable ou monsieur Denos, prénommé Alphonse, est
coupable ( ou les deux ).
c) Si Alphonse est innocent alors Jean l’est aussi.
d) Si Alphonse est coupable alors Henri l’est aussi.

Qui est innocent et qui est coupable ?


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯
12. Alain, Bertrand, Charles et Daniel sont membres d’un club de rugby et sont convoqués à un
entraînement.
Des 4 joueurs, certains viendront, d’autre(s) pas.
i) Si B vient, D vient aussi.
ii) Si D vient, C ne vient que si A ne vient pas.
iii) Si B ne vient pas, A et C viennent ensemble ou aucun des deux ne vient.
iv) Si D ne vient pas, B vient.
v) Si C et D viennent, B ne vient pas

Qui viendra à l’entraînement de rugby ?

19
2. Algèbre des parties d’un ensemble

1. Notion de référentiel

Lorsque l’on étudie les étudie éléments d’un ensemble, on dit que cet ensemble est le référentiel de
l’étude effectuée. Le référentiel sera parfois représenté par un diagramme ( diagramme de Venn ).

Considérons par exemple le référentiel F, ensemble des arbres d’une forêt. Comme pour tout
ensemble, on est capable de définir exactement les éléments de F. Ainsi, l ‘état d’une forêt pouvant
varier dans le temps, il faut se placer à un instant déterminé. La notion d’arbre étant parfaitement
définie, on peut répondre à des questions du genre : telle plante ligneuse est-elle un arbre ? Les
limites de la forêt sont également connues. Elle contient des arbres de tout âge, de toute taille, de
toute espèce commune en Belgique : chêne, hêtre, . . . Le nombre des arbres de la forêt est
évidemment fini, mais il est très grand.

F = { x1 , x2 , . . . , xn } où chaque x i pour 1 ≤ i ≤ n désigne un arbre.

Le référentiel F et certains sous-ensembles pris en considération pourront être représentés par un


diagramme sans qu’il soit nécessaire de spécifier les éléments x 1 , x 2 , . . . x n .

F
A
Aa A sous-ensemble des arbres ayant plus de
cinquante ans
C P
C sous-ensemble des chênes

A P sous-ensemble des pins

2. Ensemble des parties d’un référentiel

On appelle ensemble des parties d’un référentiel E, l’ensemble noté P ( E ), dont les éléments sont
tous les sous-ensembles de E.

Par exemple, si

E = { 0 , 1, 2 }, P ( E ) = { ∅ , { 1 } , { 2 } , { 1 , 2} }

∅ ∈ P ( E ), c’est la partie vide.

E ∈ P ( E ), c’est la partie pleine.

Lorsque E contient n éléments, l’ensemble P ( E ) contient 2n éléments.

20
3. Opérations dans P ( E )

Etant donné un référentiel E, on utilise habituellement dans P ( E ), deux opérations binaires, la


réunion et l’intersection, et une opération unaire, la complémentation.

Définition des opérations

La réunion

La réunion de deux parties A et B de E est


E l’ensemble, noté A ∪ B, des éléments de E
A B
appartenant à A ou à B ( ou aux deux ).

a ∈ A ∪ B signifie :
soit a ∈ A,
soit a ∈ B,
soit a ∈ à la fois à A et à B.

L’intersection

E
A B

L’intersection de deux parties A et B de E est


l’ensemble, noté A ∩ B, des éléments appartenant à
la fois à A et B.

La complémentation

E
Le complémentaire d’une partie A de E est
A l’ensemble, noté A , des éléments de E qui
A
n’appartiennent pas à A.

Propriétés des opérations

Commutativité

∀ A, B ∈ P ( E ) : A ∪ B = B ∪ A
A∩B=B∩A

Associativité

∀ A, B, C ∈ P ( E ) : A ∪ ( B ∪ C ) = ( A ∪ B ) ∪ C
A∩(B∩C)=A∩(B∩C)

21
Distributivité

∀ A, B, C ∈ P ( E ) : A ∪ ( B ∩ C ) = ( A ∪ B ) ∩ ( A ∩ C )
A∩(B∪C)=(A∩B)∪(A∩C)

22
Exercices

1. A, B, C, D et E sont des parties d’un ensemble R.


On sait que

C ⊂ A ∩ E
D ⊂ B ∩ E
C ∩ B ⊂ D
E ⊂ A ∩ B

Comment sont disposées les parties A, B, C, D et E ?

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

2. A, B, C, D et E sont des parties d’un ensemble R.


On sait que

A, B et C forment une partition de R


C ∩ E ⊂ D
(A ∩ D) ∪ E = B ∪ C

Comment sont disposées les parties A, B, C, D et E ?

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

23
3. Algèbre de Boole

D’après le physicien anglais Boole, les processus mentaux chez l’homme ne peuvent résulter que de
l’association d’éléments simples répondant à deux alternatives : oui – non. Il développe, pour exposer
ses idées, une méthode d’analyse appelée depuis algèbre de Boole ou algèbre logique.

Dans cette algèbre, les variables ne peuvent prendre que deux valeurs notées 0 et 1, sans passer par
des valeurs intermédiaires.

Cette méthode d’analyse a pris une extension considérable depuis l’apparition des calculatrices
électroniques. En effet, celles-ci sont construites à l’aide d’éléments qui ne peuvent prendre que deux
états électriques auxquels on attribue les valeurs 0 et 1.

Avant d’être transmises à l’ordinateur, les informations (nombres, lettres, signes, opérations,
instructions diverses) nécessaires à la réalisation d’un problème, devront être traduites sous formes
de symboles lisibles et interprétables par ses composants électroniques. Le code utilisé est le langage
binaire, ce code permettant de rapprocher l’alternative circuit ouvert - circuit fermé de
l’alternative 0 - 1. Le chiffre 1 représente une impulsion électrique et le chiffre 0 représente l’absence
d’impulsion.

L’algèbre de Boole permet d’établir les circuits les plus simples nécessaires au transfert de données et
à la commande et l’exécution des opérations arithmétiques et des instructions. Ces circuits possèdent
un certain nombre d’entrées et en général une sortie. Une relation logique d’algèbre booléenne existe
entre les signaux d’entrée et le signal de sortie. Les circuits logiques sont constitués de dispositifs
électroniques extrêmement simples dont l’assemblage «logique » permet la réalisation des différentes
fonctions présentes dans l’ordinateur.

1. Opérations fondamentales

Une variable en algèbre de Boole ne peut prendre que deux valeurs notées 0 et 1.
Il existe trois opérations fondamentales différentes des opérations algébriques ordinaires :

• l’inversion ou opération NON


• l’addition logique ou opération OU
• la multiplication logique ou opération ET

Ces opérations sont réalisées au moyen de trois circuits élémentaires appelés circuits
NON, OU et ET ( le circuit NON est aussi appelé circuit INVERSEUR ).

Tous les circuits des ordinateurs peuvent être réalisés à partir de ces circuits élémentaires ou
de leurs combinaisons.

Comme combinaisons particulièrement importantes, il faut signaler les circuits suivants :

• circuit OU EXCLUSIF
• circuit NOR
• circuit NAND

24
1. L’inversion

Cette opération s’applique à une variable unique. On la désigne en plaçant une barre au-dessus de
la variable à inverser. L’inverse de la variable A sera A avec les deux possibilités suivantes :

0 =1 et 1=0

Le circuit logique qui réalise cette opération est représenté comme suit :

A A

2. La multiplication logique

Cette opération s’effectue sur deux ou plusieurs variables et le point est son symbole. Elle est
définie par :

0.0=0
0.1=0
1.0=0
1.1=1

On l’appelle multiplication logique par analogie avec la multiplication ordinaire.

Le circuit logique réalisant cette opération est représenté comme suit pour deux variables A
et B :

A
& A.B
B

La sortie de ce circuit est au niveau 1 si la première variable ET la seconde sont simultanément


au niveau 1, d’où le nom de circuit ET donné à ce circuit.

3. L’addition logique inclusive

Cette opération, notée +, réunit deux ou plusieurs variables. Elle est définie comme suit :

0+0=0
0+1=1
1+0=1
1+1=1

On l’appelle addition logique par analogie avec l’addition classique : seule la dernière combinaison
change.

Le résultat de l’addition logique est 1 si l’une OU l’autre OU les deux variables ont la valeur 1, d’où
le nom donné au circuit.

La représentation du circuit logique réalisant la fonction OU est la suivante :

A A+B

25
B

26
4. L’addition logique exclusive

Cette opération, notée ⊕, réunit deux ou plusieurs variables. On la définit comme suit :

0⊕0=0
0⊕1=1
1⊕0=1
1⊕1=0

Le résultat de l’addition exclusive de deux variables est 1 si l’une des variables a la valeur 1 et
l’autre la valeur 0.

La représentation du circuit logique réalisant la fonction OU EXCLUSIF est la suivante :

A
= A⊕B
B

27
2. Tables de vérité. Théorèmes fondamentaux

Les tables de vérité expriment les valeurs des fonctions étudiées pour les différentes
combinaisons des variables entre elles.

Une expression à 2, 3, . . . n variables donne 22, 23, . . . 2n combinaisons. Ainsi, pour trois variables
A, B et C, on a les combinaisons suivantes :

A 0 0 0 0 1 1 1 1
B 0 0 1 1 0 0 1 1
C 0 1 0 1 0 1 0 1

Dressons les tables de vérité de quelques expressions.

A B A + B A B A . B
0 0 0 1 1 0 0 1 1 1
0 1 0 0 0 0 1 1 0 0
1 0 1 1 1 1 0 0 0 1
1 1 1 1 0 1 1 0 0 0

A B C (A + B) . C
0 0 0 1 1 0 1 1
0 0 1 1 1 0 0 0
0 1 0 1 1 1 1 1
0 1 1 1 1 1 0 0
1 0 0 0 0 0 0 1
1 0 1 0 0 0 0 0
1 1 0 0 1 1 1 1
1 1 1 0 1 1 0 0

Théorèmes fondamentaux

A+0=A A+A.B=A+B
A+1=1 A.(B+C)=A.B + A.C
A+A=A A + B.C=(A+B).(A+C)
A+A=1 A.(A+B)=A
A.0=0 A.B.(A+C)=A.B
A.1=A (A+B).(A+C)=A + B.C
A.A=A (A+B).(A+ B )=A
A.A= 0 A=A
A+A.B=A A.B + A.C =A.B + A.C + B.C

On peut démontrer ces théorèmes au moyen des tables de vérité.

28
Théorèmes sur les égalités

• A=B ⇒ A+C=B+C

A=B ⇒ A.C=B.C

Contrairement à l’algèbre classique :

A+C=B+C ⇒ A = B ( par exemple si A = 0, B = 1 et C = 1, on a A + C = B + C et A ≠ B )

A.C=B.C ⇒ A = B ( par exemple si A = 0, B = 1 et C = 0, on a A . C = B . C et A ≠ B )

⎧ A + C = B + C⎫
Mais ⎨ ⎬ ⇒ A = B.
⎩ A.C =B.C ⎭

En effet, ( A + C ) . A = A . A + A . C = A + A . C = A

Supposons que A + C = B + C et que A . C = B . C.

On a alors ( A + C ) . A = ( B + C ) . A = A . B + A . C = A . B + B . C = B . ( A + C ) = B . ( B + C )
=B.B+B.C=B+B.C=B

On a donc ( A + C ) . A = A et ( A + C ) . A = B et par conséquent A = B.

• ( A = B et C = D ) ⇒ A + C = B + D

( A = B et C = D ) ⇒ A . C = B . D

• A=B ⇔ A=B

• A . B = 1 ⇔ ( A = 1 et B = 1 )

A + B = 0 ⇔ ( A = 0 et B = 0 )

29
3. Lois de DE MORGAN. Inversion d’une expression booléenne

Ces lois permettent de calculer des expressions de la forme

A.B.....L et A + B + . . . + L ,

les termes A, B, . . . L pouvant contenir plusieurs autres termes.

Considérons d’abord le premier type d’expression que nous limitons à deux termes et démontrons
par la table de vérité que :

A.B =A+B

A B A . B A.B A + B

0 0 0 0 0 1 1 1 1
0 1 0 0 1 1 1 1 0
1 0 1 0 0 1 0 1 1
1 1 1 1 1 0 0 0 0

Considérons d’abord le second type d’expression que nous limitons à deux termes et démontrons
par la table de vérité que :

A+B =A.B

A B A + B A+B A . B

0 0 0 0 0 1 1 1 1
0 1 0 1 1 0 1 0 0
1 0 1 1 0 0 0 0 1
1 1 1 1 1 0 0 0 0

On peut généraliser facilement pour un nombre quelconque de variables.

Pour inverser une expression booléenne, on effectue les opérations suivantes :

• inverser toutes les variables

• changer + en . et . en +

30
4. Simplification d’une fonction par le diagramme de VEITCH
Un diagramme de Veitch d’une expression booléenne de n variables A 1 , A 2 , . . . A n , est un tableau
à 2n cases, chaque case représentant un minterme, c’est à dire un produit obtenu en choisissant
dans chacun des n couples ( Ai , Ai ) un élément et un seul.
Diagramme pour Diagramme pour Diagramme pour
1 variable 2 variables 3 variables

A A A A A A

A A B AB AB B ABC A BC ABC AB C

B AB AB B ABC AB C ABC A BC

C C C

Diagramme pour Diagramme pour


4 variables 5 variables

A A

A A
E E E E E

D D
B B
D D

B B
D D

C C C C C C

Diagramme pour 6 variables


A A

E E E E E

F
D
B F

F D

B F
D
F

C C C

31
Outre les mintermes, on situe aisément sur un diagramme de Veitch les surfaces représentant
une variable ou son inverse, un produit de deux variables, trois variables, etc.

Représentons la fonction booléenne f(A,B,C) = BC + A B D + B D + B C D + A B C D sur un


diagramme de Veitch.

A A

D BC BC D
B
D
ABD ABCD
B
D BD

C C C

Voyons maintenant comment on peut simplifier cette fonction.

A A

4
3 3 D La zone 1 représente C D
B
La zone 2 représente B D

1 D La zone 3 représente B C
B
D La zone 4 représente A B
2

On peut donc écrire f(A,B,C) = C D + B D + B C + A B


C C C

Remarquons qu’il existe d’autres formes simplifiées. En effet, on peut aussi écrire par exemple

f(A,B,C) = C D + B C + B D + A B .

Pour être capable de donner, au vu d’un diagramme de Veitch, l’une des formes simplifiées d’une
fonction, on tient compte des remarques suivantes :

- Pour représenter une surface hachurée, on a intérêt à commencer par les plus grandes sur-
faces représentatives :

- celles des variables ( sous forme directe ou inversée ),


- celles des produits de deux variables ( sous forme directe ou inversée ),
- celles des produits de trois variables ( sous forme directe ou inversée ), etc.

- Il est bon de mémoriser les surfaces de certains produits. En particulier, il est bon de garder
à l’esprit que :

- Pour quatre variables A, B, C, D, l’ensemble des quatre coins représente C D .


- Pour cinq variables A, B, C, D, E, l’ensemble des quatre coins représente C D E , etc.

32
- On a parfois intérêt à simplifier graphiquement f( A1 , A2 , . . . , An ) qui est représenté par
l’ensemble des cases vierges, puis à retrouver algébriquement f( A 1, A 2 , . . . , A n ).

- On peut vérifier la simplification en représentant la fonction proposée sur un autre diagramme


de Veitch. Les zones couvertes doivent être identiques. De plus, si chaque case d’un produit de
la fonction proposée est couverte plusieurs fois, alors la simplification est incomplète, car ce
terme est nécessairement redondant et il peut être supprimé.

33
5. Simplification d’une fonction par la carte de KARNAUGH

La forme simplifiée d’une fonction peut s’obtenir

- soit en partant de sa forme canonique et en appliquant des théorèmes d’algèbre logique. Cette
pratique conduit souvent à des calculs relativement longs.
- soit directement à partir d’un tableau agencé spécialement pour permettre un travail systé-
matique et aisé ; ce tableau porte le nom de « carte de KARNAUGH ».

1. Construction d’une carte pour une fonction de deux variables

B On représente les deux états de la variable A par les deux bandes


0 1
A horizontales et les deux états de la variable B par les deux bandes
1 2 verticales. Dans la case 1, les deux variables A et B ont la valeur 0,
0 AB AB donc le produit A B vaut 1. Dans les autres cases, les produits A B ,
A B et AB valent 1.
3 4
Remarquons qu’une seule variable change d’état lorsque l’on passe
1 AB AB
d’une case à une case adjacente.

2. Construction d’une carte pour une fonction de trois variables

Il faut 23 cases pour représenter 8 combinaisons.

BC 00 01 11 10
A
0 ABC ABC ABC ABC
1 ABC ABC ABC ABC

3. Construction d’une carte pour une fonction de n variables

La carte doit comporter 2n cases car il existe 2n combinaisons possibles des n variables.

n
La carte comportera 2r lignes et 2s colonnes avec r + s = n. Si n est pair, on choisit r = s = sinon
2
n +1 n −1
r= et s = ou l’inverse.
2 2

Disposition des variables

Dans une table de vérité, il est commode de disposer les 0 et les 1 selon le code binaire ( CB ).
Dans le rectangle de Karnaugh, on disposera les 0 et les 1 selon le code binaire réfléchi ( CBR )
ou code Gray.

34
CB CBR

A B A B
0 0 → 0 0 En lisant par ligne, chaque chiffre à transformer est transcrit
0 1 → 0 1 tel quel ou remplacé par son complément à 1 s’il est précédé
1 0 → 1 1 de 1 et ceci de la droite vers la gauche.
1 1 → 1 0

Pour une carte à 5 variables, on aura un rectangle de 25 = 32 cases, avec 8 lignes et 4 colonnes ou
l’inverse.

CB CBR
DE 00 01 11 10
A B C A B C ABC
0 0 0 → 0 0 0 000
0 0 1 → 0 0 1 001
0 1 0 → 0 1 1 011
0 1 1 → 0 1 0 010
1 0 0 → 1 1 0 110
1 0 1 → 1 1 1 111
1 1 0 → 1 0 1 101
1 1 1 → 1 0 0 100

Une seule variable change d’état lorsque l’on passe d’une case à une case adjacente. Ce change-
ment correspond à une commutation du contact électrique correspondant.

4. Valeur d’une fonction dans la carte

Après avoir préparé le tableau, on porte dans chaque case de celui-ci 1 ou 0 suivant la valeur de la
fonction pour les différentes combinaisons des variables.

Exemple

A B C f C 0 1
AB
0 0 0 0 00 0 1
0 0 1 1 01 1 1
0 1 0 1 11 0 1
0 1 1 1 10 0 1
1 0 0 0
1 0 1 1
1 1 0 0
1 1 1 1

35
5. Nombre de cases occupées par un terme d’une fonction

Considérons par exemple une fonction de quatre variables f(A,B,C,D). Si l’un des termes de f
comprend les quatre variables sous forme directe ou inverse, par exemple A B C D , une seule
case de la carte correspondra à ce terme .

Si un terme contient trois variables, par exemple A B D , deux cases de la carte lui
correspondront.

En général, le nombre de 1, c’est à dire le nombre de cases de la carte nécessaires pour


caractériser un terme d’une fonction booléenne, s’exprime par

Nombre de cases = 2 n – q

n étant le nombre de variables de la fonction et q le nombre de variables figurant dans le terme


que l’on désire introduire dans la carte.

6. Simplification d’une fonction

Reprenons la carte précédente.

Règle
C 0 1
AB On groupe les cases pour lesquelles la fonction vaut 1 en rectangles
00 0 1 ou carrés qui tout en étant les plus grands possibles, comprennent
01 1 1 1, 2, 4, 8, . . . cases sans englober de cases marquées 0, les rectan-
11 0 1 gles ou carrés pouvant se recouvrir.
10 1 1

Considérons les deux cases . Ces cases étant adjacentes, on peut les regrouper en
une seule boucle. Ces deux cases représentent A B C + A B C , c’est à dire A B ( C + C ) donc
A B . On ne retient que les variables qui gardent leur valeur lorsque l’on passe d’une case à l’autre,
c’est à dire A et B ( qui conservent la valeur 1 ) ; la troisième variable, C, pouvant prendre les
valeurs 0 ou 1, est à négliger. La boucle représente A B .

Considérons maintenant l’ensemble des quatre cases . Elles forment une boucle représen-
tant A B C + A B C + A B C + A B C , c’est à dire
C ( A B + A B + A B + A B ) ou encore C [ A ( B + B ) + A ( B + B ) ] = C ( A + A ) = C.

On peut donc écrire f = A B + C.

Remarquons que si on considère la boucle et l’unique case A B C , on a f = A B C + C.

On obtient une expression correcte mais moins simple.

Les groupements les plus grands possibles conduisent toujours aux fonctions les plus simples.

36
Remarques

1. On peut grouper les 0 plutôt que les 1 ; dans ce cas, la résolution fournit l’inverse de la
fonction obtenue en groupant les 1.

BC 00 01 11 10
A f =ABC ⇒ f =A +B + C
0 1 1 1 0
1 1 1 1 1

On peut avoir intérêt à résoudre la carte de Karnaugh par la fonction inverse f , spécialement
lorsque le nombre de cases marquées 1 dépasse celui des cases marquées 0. On peut rarement
voir à priori laquelle des formes directe ou inverse sera la plus simple ; seule la résolution de
la carte par les deux possibilités permettra de choisir avec certitude la solution la plus
économique.

2. Une même carte peut conduire à plusieurs équations différentes de par leurs termes mais
identiques de par la valeur de la fonction f pour les différentes combinaisons des variables.

BC 00 01 11 10 BC 00 01 11 10
A A
0 1 1 0 1 0 1 1 0 1
1 0 1 1 0 1 0 1 1 0

f =AC +AB + AC f =AC +BC +AC

3. La carte peut s’enrouler sur elle-même, horizontalement et verticalement. Deux cases adja-
centes ne sont donc pas nécessairement voisines.

7. Conditions inexistantes ou indifférentes

Il se peut que les variables soient liées entre elles, de telle sorte que certaines de leurs com-
binaisons soient impossibles ou indifférentes. Il est donc inutile de définir la fonction dans les
cas qui ne se produisent pas.

Si une combinaison des variables ne se produit jamais, la fonction est évidemment indépendante
de cette combinaison et on peut lui associer la valeur 0 ou 1 dans la carte pour obtenir la solution
la plus simple. On indique alors φ dans les cases de la carte correspondant aux combinaisons im-
possibles ou indifférentes.

Lorsque l’on est en présence de symboles φ, on leur attribue la valeur 0 ou 1 pour obtenir le
minimum de boucles de dimension maximale.

37
6. Simplification d’une fonction par la méthode de Mac-Cluskey

1. Forme de somme canonique d’une fonction

Une fonction est sous forme de somme canonique si toutes les variables figurent dans chaque
terme sous forme directe ou inverse, et si dans chacun de ces termes, elles sont toutes reliées
par l’opération ET.

Par exemple, f(A,B) = A B + A B est sous forme de somme canonique et f(A,B,C) = A B C + B C ne


l’est pas.

Pour écrire une fonction sous forme de somme canonique, on utilise sa table de vérité.
On détermine les lignes de la table où la fonction vaut 1 et on lit ces lignes comme ensembles
de 0 et de 1. On remplace ensuite ces 0et ces 1 par des variables en suivant l’ordre dans lequel
les variables sont inscrites en haut de la table. On inverse les variables correspondant à des 0.
Finalement, on effectue l’addition des termes ainsi déterminés.

Exemple

A B C f

0 0 0 0
0 0 1 0
0 1 0 1 ⎯⎯→ 010 ⎯⎯→ ABC
0 1 1 1 ⎯⎯→ 011 ⎯⎯→ ABC
1 0 0 0
1 0 1 0
1 1 0 0
1 1 1 1 ⎯⎯→ 111 ⎯⎯→ ABC

f =ABC + ABC + ABC

On peut aussi multiplier les termes de la fonction f ne contenant pas toutes les variables par une
ou plusieurs sommes du type X + X , X étant une variable ne figurant pas dans le terme consi-
déré.

Par exemple, pour la fonction f(A,B,C) = A B + C , en multipliant le premier terme par C + C et le


deuxième par (A + A) et par (B + B) , on obtient f(A,B,C) = A B (C + C) + C ( (A + A) (B + B) puis
A B C + A B C + A B C + A B C + A B C et finalement A B C + A B C + A B C + A B C .

2. Méthode de Mac-Cluskey

La fonction à simplifier étant sous forme de somme canonique, on examine tous ses termes pour
voir si en les groupant deux par deux, le théorème A B + A B = A est applicable. Il en résulte une
liste complète de tous les implicants premiers pour la fonction étudiée. Les implicants premiers
sont les boucles de la carte de Karnaugh.

Considérons par exemple la fonction de 5 variables f(A,B,C,D,E).

38
f =A B C D E + A B C D E + A B C D E + A B C D E + A B C D E + A B C D E + A B C D E + A B C D E +
ABCDE + ABCDE + ABCDE + ABCDE.
On associe à chaque terme son correspondant binaire en y remplaçant chaque variable sous forme
directe par 1 et chaque variable sous forme inverse par 0. On identifie ensuite chaque terme par
son correspondant décimal.

Ainsi A B C D E ⎯⎯→ 10100 ⎯⎯→ 20.

La fonction f s’écrit simplement f = ∑ ( 1 , 2 , 3 , 4 , 5 , 6 , 7 , 10 , 14 , 20 , 22 , 28 ) .


On répartit d’abord les termes de f dans des groupes selon le nombre de 1 contenus dans leur
représentation binaire.

Liste 1

ABCDE

1 00001 v
2 00010 v On compare chaque terme de f à ceux du groupe immédiatement
4 00100 v inférieur en cherchant les combinaisons qui ne diffèrent que par l’état
3 00011 v d’une seule variable et qui peuvent être simplifiées conformément au
5 00101 v théorème A B + A B = A .
6 00110 v
10 01010 v Ainsi, en combinant 00001 et 00011, on a le terme résultant 000-1.
20 10100 v Ce terme est utilisé pour commencer un nouveau groupe ( liste 2 ) ;
7 00111 v le tiret représente la variable éliminée. Les termes combinés sont
14 01110 v cochés.
22 10110 v On continue ensuite la comparaison jusqu’à ce qu’aucune simplification ne
28 11100 v puisse être opérée.

Liste 2 Liste 3

ABCDE ABCDE

1,3 000–1 v 1,3/5,7 00--1 Q


1,5 00–01 v 1,5/3,7 00--1
2,3 0001- v 2,3/6,7 00–1- R
2,6 00–10 v 2,6/3,7 00–1-
2,10 0–010 v 2,6/10,14 0--10 S
4,5 0010- v 2,10/6,14 0--10
4,6 001–0 v 4,5/6,7 001-- T
4,20 -0100 v 4,6/5,7 001--
3,7 00–11 v 4,6/20,22 -01–0 U
5,7 001–1 v 4,20/6,22 -01-0
6,7 0011- v
6,14 0–110 v
6,22 -0110 v
10,14 01–10 v
20,22 101-0 v
20,28 1–100 P

39
A partir de la liste 3 apparaissent des termes redondants. Ainsi, l’implicant premier Q peut être
formé soit en combinant 1,3 et 5,7 soit en combinant 1,5 et 3,7. On peut supprimer les termes
redondants. Les termes non cochés ne peuvent plus être combinés. Ce sont les implicants
premiers de la fonction à simplifier.

Il y a six implicants premiers :

P:ACDE Q:ABE R:ABD S:ADE T :ABC U:B C E

40
Ce résultat peut être facilement vérifié au moyen de la carte de Karnaugh. On a placé dans
chaque case de la carte où un implicant premier est égal à 1, la lettre qui le désigne.

DE
00 01 11 10
ABC
000 Q Q-R R-S
001 T-U T-Q T–Q-R R–S–T-U
011 S
010 S
110
111 P
101 P-U U
100

Après avoir déterminé l’ensemble complet des implicants premiers, on cherche un ensemble mini-
mal qui couvre tous les termes de la fonction logique initiale. On emploie une grille où les termes
de la fonction sont placés en colonnes et les implicants premiers en ligne. Pour chaque implicant
premier, une croix est placée dans les colonnes contenant un terme de la fonction initiale.

v v v v v v v v v v v v
1 2 3 4 5 6 7 10 14 20 22 28
• P 20,28

• Q 1,3/5,7

R 2,3/6,7

• S 2,6/10,14

T 4,5/6,7

• U 4,6/20,22

Pour choisir un ensemble optimal d’implicants premiers, on commence par repérer les colonnes de
la grille ne comportant qu’une croix. Les lignes correspondantes (P,Q,S,U) sont appelées lignes de
base et représentent les implicants premiers essentiels. Ils sont marqués par • et les termes
corres-pondants de la fonction sont cochés.
Lorsque cette étape est réalisée, on contrôle si des termes ne sont pas couverts par ces lignes
de base. Dans l’exemple ci-dessus, les lignes de base couvrent tous les termes de la fonction
initiale, c’est à dire qu’aucun autre implicant premier n’est nécessaire. La fonction minimale est
donnée par la somme de quatre implicants premiers P, Q, S et U, et on a donc

f = AC DE + AB E + ADE + B C E.
Si cela n’avait pas été le cas, on aurait dû choisir d’autres lignes pour compléter la
« couverture ». S’il existe plusieurs lignes couvrant les termes restants, on choisit celle qui
contient le moins de croix et par conséquent le minimum de variables dans l’implicant premier
correspondant.
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41
Exercices

1. Un semi-additionneur permet d’additionner les deux chiffres A et B de poids faibles ( 20 ) de deux


nombres binaires. Il fournit le chiffre S, somme de A et B, et le chiffre R, report à introduire
dans la colonne suivante (chiffres de poids 21 ).

A l’aide d’un bloc ET et d’un bloc OU EXCLUSIF, réaliser un semi-additionneur.


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2. Lorsqu’on additionne deux nombres binaires, il faut à partir des chiffres de poids 21, tenir compte
du report éventuel provenant de l’addition des deux chiffres de la colonne précédente.
k
Un étage d’additionneur permet d’additionner les deux chiffres A et B de poids 2 ( k ≠ 0 ) de
k-1
deux nombres binaires en prenant en compte le report P de la colonne de poids 2 . Il fournit le
k+1
chiffre S, somme de A, B et P, et le chiffre R, report à introduire dans la colonne de poids 2 .

A l’aide de deux blocs OU EXCLUSIF, deux blocs ET et un bloc OU, réaliser un étage
d’additionneur.

Réaliser ensuite un étage d’additionneur à l’aide de deux semi-additionneurs et d’un bloc OU.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

3. Un semi-soustracteur permet de soustraire les deux chiffres A et B de poids faibles ( 20 ) de


deux nombres binaires. Il fournit les chiffres D, différence de A et B, et R, retenue à introduire
dans la colonne des chiffres de poids 21.

Réaliser un semi-soustracteur à l’aide d’un bloc INVERSEUR, d’un bloc OU EXCLUSIF et d’un
bloc ET.

Réaliser ensuite un semi-soustracteur à l’aide de deux blocs INVERSEUR, d’un bloc OU EXCLUSIF
et d’un bloc ET.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

4. Lorsqu’on soustrait deux nombres binaires, il faut à partir des chiffres de poids 21, tenir compte
de la retenue éventuelle provenant de la soustraction des deux chiffres de la colonne précédente.

k
Un étage de soustracteur permet de soustraire les deux chiffres A et B de poids 2 ( k ≠ 0 ) de
k-1
deux nombres binaires en prenant en compte la retenue P de la colonne de poids 2 . Il fournit le
chiffre D, différence de A, B et P, et le chiffre R, retenue à introduire dans la colonne de poids
k+1
2 .
Réaliser un étage de soustracteur à l’aide de deux blocs INVERSEUR, deux blocs ET, deux
blocs OU EXCLUSIF et un bloc OU.

Réaliser ensuite un étage de soustracteur à l’aide de deux semi-soustracteurs et d’un bloc OU.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

42
5. Pour coder en binaire un nombre décimal compris entre 0 et 15, on utilise quatre chiffres A, B,
C et D. Pour coder ces mêmes nombres, on utilise aussi le code Gray, dans lequel un seul chiffre
change de valeur lorsque l’on passe d’un nombre au nombre supérieur.

On dispose un 0 à gauche du nombre écrit en binaire, puis chaque chiffre du nombre binaire est
ajouté au suivant en somme modulo 2 ( ou exclusif ).

Considérons par exemple le nombre 13. En binaire, il s’écrit 1101.

0 1 1 0 1

⊕ ⊕ ⊕ ⊕
1 0 1 1

Dans le code Gray, le nombre 13 s’écrit 1011.

Réaliser un circuit qui fournit les chiffres W, X, Y et Z permettant d’écrire dans le code Gray
un nombre qui s’écrit ABCD en binaire.

Réaliser ensuite un circuit qui fournit les chiffres A, B, C et D permettant d’écrire dans le code
binaire un nombre qui s’écrit WXYZ dans le code Gray.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

6. Un nombre décimal compris entre 0 et 9 s’écrit ABCD en binaire.

Réaliser un circuit qui fournit le nombre WXYZ, complément à 9 du nombre ABCD.


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7. Un crime a été commis par un des individus A, B, C ou D et par un seul.

A déclare : « B est coupable. »


B déclare : « D est le coupable. »
C déclare : « Ce n’est pas moi. »
D déclare : « B a menti. »

a/ Qui est le coupable, si une seule déclaration est sincère ?

b/ Qui est le coupable, si une seule déclaration est mensongère ?


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

8. Le directeur des études cherche à établir une liste noire, portant les noms des étudiants
brossant les cours. Pouvez-vous l’aider à partir des affirmations de certains étudiants et d’un
professeur ? L’affaire étant arbitraire, tout va être basé sur un seul et même cours. Trois
affirmations seulement sont vraies.

- A dit : « Je n’ai pas brossé le cours. »


- B dit : « J’ai brossé le cours avec C. »
- C dit : « Je n’ai pas brossé avec B mais avec A. »
- D dit : « Je n’ai pas vu A au cours auquel j’ai assisté. »
- Le professeur Laclinique dit : « J’ai vu A au cours. »
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

43
9. On suppose que l’état actuel des connaissances médicales à propos de certaines maladies peut
être résumé par les propositions suivantes :

- Si le patient est atteint de la maladie M, il doit avoir le symptôme S.


- Si le patient est atteint de la maladie N et non de la maladie M, il doit avoir le symptôme T.
- Si le patient est atteint de la maladie M et non de la maladie N, il ne peut pas avoir le
symptôme T.
- Si le patient a le symptôme S ou le symptôme T ou les deux, alors il doit être atteint de la
maladie M ou de la maladie N ou des deux.

Quel est le diagnostic si le patient a le symptôme T et non le symptôme S ?


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

10. Dans une forêt, on décide de couper tout arbre vérifiant l’une ou l’autre des conditions
suivantes :
- L’arbre est un résineux de plus de cent ans.
- L’arbre est tordu et n’est pas feuillu.
- L’arbre est un feuillu tordu mais n’est pas un hêtre.
- L’arbre est droit, n’est pas un hêtre, et a un tronc de circonférence supérieure à
deux mètres.
- L’arbre est tordu mais n’est pas un hêtre.

Sachant que tout arbre est soit un résineux, soit un feuillu, exprimer la décision de couper un
arbre sous une forme plus simple afin de la transmettre aux bûcherons.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

11. Sur une table se trouvent quatre flacons et un parchemin. Ce dernier explique que deux de ces
récipients contiennent du poison et portent une indication fausse, un contient de l’eau et porte une
indication soit vraie soit fausse. Le dernier, enfin, contient un élixir de vigueur indispensable pour
la poursuite de vos épreuves ; il porte une indication vraie. Quel flacon allez-vous porter à vos
lèvres ?

L’indication Le flacon L’élixir n’est


du flacon rond pas dans le
rond est contient petit flacon
Eau fausse du poison

A B C D
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

12. Les chats aux yeux verts


- Il n’y a pas de chat non dressé aimant le poisson.
- Il n’y a pas de chat sans queue jouant avec un gorille.
- Les chats avec moustache aiment toujours le poisson.
- Il n’y a pas de chat dressé aux yeux verts.
- Il n’y a pas de chat avec une queue, à moins d’avoir des moustaches.

Les chats aux yeux verts jouent-ils avec des gorilles ?


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

44
13. Trois coffrets d’or, d’argent et de plomb portent chacun une inscription différente. Un seul
coffret contient un trésor. Une inscription au plus est vraie. Quel coffret choisir ?

Le trésor est Le trésor n’est Le trésor n’est


dans ce pas dans ce pas dans le
coffret coffret coffret en or

OR ARGENT PLOMB

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

45
14. Pour entrer dans un temple, on doit choisir entre trois portes. L’une d’entre elles ouvre la bonne
voie et une indication exacte y est inscrite. Une autre conduit tout droit aux araignées géantes.
L’affirmation qu’on peut y lire est fausse. Quant à la troisième, elle conduit aux oubliettes et on ne
sait pas si son indication est vraie ou fausse. Quelle porte choisirez-vous pour trouver la bonne voie
?

OUEST SUD EST

LA PORTE OUEST LES ARAIGNEES


OUBLIETTES MENE AUX SONT DERRIERE
OUBLIETTES LA PORTE SUD

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯
15. Simplifier les fonctions suivantes à l’aide d’une carte de Karnaugh ou d’un diagramme de Veitch.

a) f = A B C D + A B C D + A B C D + A B C D + A B C D + A B C D + A B C D + A B C D .
b) f = A B C D E F + A B C D E F + A B C D E F + A B C D E F + A B C D E F + A B C D E F
+ A B C D E F + A B C D E F + A B C D E F.
c) f = A B C + A C D + A + B D E + A B C + B C E + B D E + B D E + A C D + B C E.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

16. Simplifier les fonctions suivantes par la méthode de Mac-Cluskey.

a) f(W , X , Y , Z) = W X Z + X Y Z + W X Y + W X Y + W Y Z + W Y Z .

b) f(W , X , Y , Z) = ∑ ( 0 , 1 , 2 , 5 , 6 , 8 , 9 , 10 , 12 , 15 ) .
c) f(V , W , X , Y , Z) = V W Y Z + V W X + W X Y Z + V X Y Z + V W X Y + W X Y Z + V W X Y.

d) f(V , W , X , Y , Z) = ∑ ( 2 , 3 , 5 , 7 , 8 , 9 , 10 , 12 , 13 , 15 , 17 , 19 , 23 , 25 , 26 , 28).
e) f(V , W , X , Y , Z) = ∑ ( 0 , 2 , 3 , 4 , 5 , 8 , 10 , 11 , 12 , 16 , 18 , 20 , 21 , 24 , 26 , 28 ).
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

46
17. Un jury d’admissibilité dans une école supérieure doit examiner un grand nombre de dossiers de
candidature. Une première sélection est faite selon un critère précis. Un dossier est accepté si et
seulement si le candidat a la moyenne en mathématique et dans au moins une des trois disciplines
suivantes : français, anglais, physique.

Le référentiel E est l’ensemble des dossiers. On considère sur E les propriétés suivantes :

a : « avoir la moyenne en mathématique » b : « avoir la moyenne en français »


c : « avoir la moyenne en anglais » d : « avoir la moyenne en physique »
f(a,b,c,d) : « être admissible »

1) a) Donner une expression booléenne de f(a,b,c,d).


b) Tracer le diagramme de Veitch de f(a,b,c,d) et écrire l’expression sous la forme d’une
somme de produits simplifiée.

2) Une analyse préliminaire des dossiers a montré que

- si un candidat a la moyenne en mathématique, il l’a aussi en physique ;


- si un candidat a la moyenne en français, il l’a aussi en anglais.

a) Ecrire sous forme d’égalités booléennes les relations de dépendance existant entre a, b, c
et d.
b) Déterminer les mintermes nuls.
c) Tracer le diagramme de Veitch de f(a,b,c,d) en marquant les mintermes nuls du symbole φ .
d) Simplifier graphiquement puis algébriquement f(a,b,c,d). En déduire, pour cet ensemble de
dossiers, une traduction simple du critère de sélection.

3) Répondre aux questions précédentes lorsque l’analyse préliminaire montre qu’en plus des deux
conditions données, tous les candidats ayant la moyenne en anglais et en physique l’ont aussi en
français. Dans la question d), on précisera toutes les formes simplifiées de f(a,b,c,d).
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

18. Quatre personnes A, B, C et D donnent indépendamment le unes des autres, leur avis sur une série
de dossiers. Un dossier est accepté si et seulement s’il obtient la majorité absolue, c’est à dire au
moins trois avis positifs. Aucune personne ne s’abstient au cours du vote. Les avis de A, B, C, D
sont représentés par des variables booléennes a, b, c, d valant 1 si l’avis est positif, et 0 sinon. Le
résultat est fonction des variables a, b, c, d ; il s’agit de la fonction Majorité de quatre variables :

Maj(a,b,c,d) vaut 1 si le projet est accepté.


Maj(a,b,c,d) vaut 0 si le projet est refusé.

1) a) Dresser la table de valeurs de Maj(a,b,c,d). Ecrire une expression booléenne de Maj(a,b,c,d)


sous forme de somme canonique.
b) Simplifier graphiquement Maj(a,b,c,d).

2) On constate que D, par esprit de contradiction, émet un avis systématiquement contraire à


celui de A.
a) Ecrire sous forme d’une égalité booléenne dont le second membre est nul la relation
existant entre a et d.
b) Déterminer les mintermes nuls.
c) Simplifier graphiquement Maj(a,b,c,d) sous ces conditions.
d) Préciser une condition nécessaire et suffisante simple pour qu’un dossier soit accepté.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

47
19. Pour une forêt F, on considère les propriétés suivantes :

a : « être un chêne » b : « être un pin » c : « avoir plus de 50 ans » d : « être un feuillu ».

1) Ecrire les liaisons de dépendance existant entre a, b, c, d sous la forme d’une seule égalité
booléenne du type f(a,b,c,d) = 0, où f(a,b,c,d) est sous forme de somme de produits simplifiée.

2) Examiner si les liaisons entre a, b, c, d permettent d’exprimer un de ces éléments en fonction


des trois autres.

3) Répondre aux deux questions précédentes dans le cas d’une forêt vérifiant les deux
conditions suivantes :
- tous les feuillus ont au moins 50 ans ;
- les pins sont les seuls résineux.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

20. Une assemblée doit former un bureau directeur comptant moins de six membres. Six personnes
A 1 , A 2 , A 3 , A 4 , A 5 et A 6 sont candidates. La composition du bureau pourra varier dans le temps,
mais les conditions suivantes doivent être respectées :

- En raison de ses compétences, A 1 sera membre permanent du bureau, mais le bureau devra
toujours compter plus d’une personne.
- A 2 et A 3 , postulant la même fonction, ne peuvent pas faire partie en même temps du bureau.
- Le bureau doit contenir un nombre impair de membres.
- Si A 4 fait partie du bureau, alors A 5 doit aussi en faire partie.
- Si A 6 fait partie du bureau, alors ni A 3 ni A 5 n’en font partie.
- Si A 2 fait partie du bureau, alors A 6 n’en fait pas partie.

On demande de déterminer :

1) les membres du bureau et, éventuellement, les personnes exclues de toute composition ;
2) les compositions possibles du bureau.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

21. Quatre personnes A, B, C, D disposant respectivement de 1, 4, 6, 9 points votent sur différents


projets. L’expression : « A vote pour », est notée a ; les notations b, c, d sont introduites de la
même façon. Aucune personne ne vote blanc ou nul, et un projet est accepté, dès que la majorité
absolue est atteinte ( moitié de la totalité des points, plus un, c’est à dire onze points ). L’expres-
sion : « le projet est accepté » est notée p(a,b,c,d).

1) Dresser la table des valeurs de p(a,b,c,d) et en déduire l’expression booléenne de p(a,b,c,d)


sous forme de somme canonique.

2) Simplifier graphiquement p(a,b,c,d) sous forme d’une somme de produits. Traduire cette égalité
booléenne sous forme de proposition.

3) Construire un circuit logique à quatre entrées a, b, c, d et à une sortie p correspondant au vote.


Ce circuit ne devra compter qu’un minimum de portes logiques des types OU, ET à deux entrées.

4) On suppose maintenant que B et C décident de voter de la même manière. Déterminer les min-
termes nuls et simplifier p(a,b,c,d) dans ces conditions.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

48
22. Des examinateurs trient des dossiers d’admission dans une école supérieure. Seules sont prises en
considération les notes de mathématique, de français, de langue I et de langue II, figurant sur les
livrets scolaires des candidats.

Le dossier est accepté lorsqu’au moins trois des quatre notes sont supérieures à la moyenne.
Le dossier est refusé lorsqu’au plus une des quatre notes est supérieure à la moyenne.
Le dossier est laissé à l’appréciation de chaque examinateur lorsqu’exactement deux notes sont
supérieures à la moyenne.

On pose a : « note de mathématique supérieure à la moyenne »,


b : « note de français supérieure à la moyenne »,
c : « note de langue I supérieure à la moyenne »,
d : « note de langue II supérieure à la moyenne ».

1) Quelle est la fonction booléenne associée au choix d’un examinateur qui observerait les critères
les plus sévères possibles ? Simplifier cette fonction à partir d’un diagramme de Veitch ou
d’une carte de Karnaugh.

2) Quelle est la fonction booléenne associée au choix d’un examinateur qui observerait les critères
les moins sévères possibles ? Simplifier cette fonction à partir d’un diagramme de Veitch ou
d’une carte de Karnaugh.

3) Pour trier rapidement les dossiers qui lui sont confiés, un examinateur suit l’algorithme suivant :
il examine les notes de mathématique et de français.
Si elles sont toutes les deux supérieures à la moyenne, il accepte le dossier ; sinon il examine
les notes de langue I et II.
Si ces dernières sont toutes les deux supérieures à la moyenne, il accepte le dossier ; sinon il
refuse le dossier.

a) Quelle est la fonction booléenne associée au choix de cet examinateur ?


b) Simplifier cette fonction graphiquement.
c) Cet examinateur suit-il la règle choisie au départ ?
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

49
23. Etude d’un planning

Une semaine de travail comporte 11 demi-journées numérotées de 1 à 11. On a 5 tâches à effectuer


au cours de ces semaines ; soit T i une tâche ( 1 ≤ i ≤ 5 ). La tâche T i peut commencer au plus tôt à
la période D i et finir au plus tard à la période F i , avec 1 ≤ D i ≤ 11 et 1 ≤ F i ≤ 11.

Dans les cas courants, D i = 1 et F i = 11, mais ce n’est pas toujours le cas ( contraintes de livraison ).

Pour effectuer un travail T i , il faut utiliser diverses machines ; il y a 6 machines M 1 , M 2 , . . . M 6 .


Si une tâche nécessite l’emploi de 2 machines M i et M j et si i < j, alors le travail sur M j
commencera au plus tôt une demi-journée après le travail sur M i et finira au plus tôt une demi-
journée après le travail sur M i . L’exécution d’une tâche sur une machine se fait sans
interruption ; si elle dure plus d’une demi-journée, elle se fait au cours de demi-journées
consécutives.

Par contre, il peut y avoir interruption pour une tâche donnée lorsque l’on change de machine ou
pour une machine donnée lorsque l’on change de tâche.

Le tableau ci-dessous donne les valeurs de D i et F i et, pour chaque tâche, le nombre de demi-
journées où on utilisera chaque machine. Il n’y a rien d’écrit lorsque ce nombre est 0.

Tâches Machines
i Di Fi M1 M2 M3 M4 M5 M6
1 3 11 2 4
2 1 11 4 3
3 3 11 3 2 5
4 1 7 3 1 2
5 5 11 3 2 1 1

Enumérer de façon commode les différents plannings possibles


Est-il possible de libérer la 11ème période ( samedi matin ) ?
Est-il possible de libérer la 1ère période ( lundi matin ) ?
Est-il possible de libérer la machine 3 aux périodes 8 et 9 pour révision ?

50
4. Calcul matriciel
1. La situation

Le calcul matriciel traite des situations du genre

y 1 = a 11 x 1 + a 12 x 2 + . . . . . + a 1p x p
y 2 = a 21 x 1 + a 22 x 2 + . . . . . + a 2p x p
............................ (1)
y q = a q1 x 1 + a q2 x 2 + . . . . . + a qp x p

c’est à dire des situations où deux ensembles ordonnés de variables ( x 1 , x 2 , . . ., x p d’une part et
y 1 , y 2 , . . ., y q d’autre part ) sont liés par des équations de la forme ci-dessus.

Pour chaque ensemble ordonné de valeurs données à x 1 , x 2 , . . ., x p on peut calculer sans


ambiguïté les valeurs de y 1 , y 2 , . . ., y q . On peut donc dire que les y i dépendent fonctionnellement
des x k . Dans le cas ci-dessus, on dit que les y i sont fonctions linéaires des x k .

Exemples

1) Evolution d’une population de coccinelles.

Pour étudier cette évolution, on distingue trois classes d’âges ; les individus de moins d’un
an, ceux qui ont entre un et deux ans et ceux qui ont entre deux et trois ans.

Dans le courant d’une année


- seul un individu de la première classe sur deux survit ;
- chaque individu de la deuxième classe donne naissance à cinq nouvelles coccinelles et
( ensuite ) une sur trois survit ;
- chaque individu de la troisième classe donne naissance à trois coccinelles et
( ensuite ) aucune ne survit.

Si ( x 1 , x 2 , x 3 ) donne la population d’une année séparée en classes d’âge, et ( y 1 , y 2 , y 3 ) la


population de l’année suivante, ces variables sont liées par les équations

⎧ y1 = 5 x 2 + 3 x 3
⎪⎪
⎨ y 2 = 2 x1
1


⎩⎪ y 3 = 3 x 2
1

51
2) Un fabricant de chalets préfabriqués propose trois types de chalets : A, B et C.
Pour chaque type de chalet, il doit prévoir un certain volume de maçonnerie et une certaine
surface de cloisons intérieures, cloisons extérieures et toiture. Ces quantités sont données par
le tableau suivant :
Type de chalet
A B C
3
Maçonnerie ( m ) 10 8 8
Cloisons intérieures ( m2 ) 100 80 60
2
Cloisons extérieures ( m ) 80 50 40
Toiture ( m2 ) 35 28 24

Si x 1 , x 2 et x 3 sont respectivement les commandes de chaque type de chalet, et


y 1 , y 2 , y 3 et y 4 les quantités totales de maçonnerie, cloisons intérieures, cloisons extérieures
et toiture à prévoir, ces variables sont liées par les équations

⎧ y 1 = 10 x 1 + 8 x 2 + 8 x 3

⎪ y 2 = 100 x 1 + 80 x 2 + 60 x 3

⎪ y 3 = 80 x 1 + 50 x 2 + 40 x 3
⎪ y 4 = 35 x 1 + 28 x 2 + 24 x 3

Pour programmer le travail des ouvriers, on peut mentionner dans un autre tableau, le nom-
bre d’heures de travail respectivement en atelier et sur le chantier que représente chaque
m3 de maçonnerie, et chaque m2 de cloisons intérieures, cloisons extérieures et toiture.

Cloisons Cloisons
Maçonnerie Toiture
intérieures extérieures
Heures en atelier 0 1 2 1
Heures sur le chantier 4 1 1 2

Si y 1 , y 2 , y 3 et y 4 sont les quantités de maçonnerie, cloisons intérieures, cloisons


extérieures et toiture prévues et z 1 , z 2 le nombre d’heures de travail en atelier et sur le
chantier cor-respondantes, on a

⎧ z1 = y 2 + 2 y 3 + y 4

⎩ z 2 = 4 y1 + y 2 + y 3 + 2 y 4

Le genre de situations décrites ci-dessus se traite facilement par le bon sens. On est parfois
amené à traiter ce genre de situations avec de grands nombres de variables. Il faudra donc les
confier à des machines et pour cela mécaniser le bon sens. C’est le rôle du calcul matriciel.

52
2. Définitions
La matrice de la situation décrite en (1) est le tableau rectangulaire des coefficients des x i k dans
les équations (1) c’est à dire

⎛ a 11 a 12 . . . a 1p ⎞
⎜ ⎟
⎜ a 21 a 22 . . . a 2p ⎟
⎜ ... ... ... ... ⎟
⎜ ⎟
⎜ a q1 a q2 . . . a qp ⎟⎠

Dans les exemples précédents, on a respectivement les matrices

⎛ 10 8 8 ⎞
⎛ 0 5 3 ⎞ ⎜ ⎟
⎜ ⎟ ⎜ 100 80 60 ⎟ ⎛ 0 1 2 1 ⎞
⎜ 21 0 0 ⎟ ⎜ 80 50 40 ⎟ et ⎜⎜ ⎟
⎜⎜ ⎟⎟ ⎝ 4 1 1 2 ⎟⎠
1 ⎜ ⎟
⎝0 3 0 ⎠ ⎜ 35 28 24 ⎟
⎝ ⎠
Les éléments d’une matrice sont les différents nombres qui la composent. Ce sont des nombres
réels.

Les lignes et les colonnes d’une matrice sont les rangées horizontales et verticales de nombres qui
la composent.

Une matrice d’ordre (q x p) est une matrice à q lignes et p colonnes ( d’abord les lignes ).
Les matrices seront représentées par A, B, C, . . . éventuellement en précisant leur ordre A p x q.

Une matrice carrée est une matrice p x p ; une matrice ligne est une matrice 1 X p ; une matrice
colonne est une matrice q x 1.

Les matrices colonnes sont représentées par a, b, c, . . ., x désigne la matrice colonne des variables
x1, x2, . . xp :
⎛ x1 ⎞
⎜ ⎟
⎜ x2 ⎟
x = ⎜
... ⎟
⎜ ⎟
⎜ x p ⎟⎠

Un élément d’une matrice est repéré par le numéro de sa ligne et celui de sa colonne ( d’abord la
ligne ). On parle de l’élément a i k à l’intersection de la ième ligne et de la kième colonne.

On écrit parfois symboliquement A = ( a i k ).

Deux matrices sont égales si elles ont le même ordre et les éléments correspondants égaux deux à
deux.

53
3. Multiplication d’une matrice par une colonne

Une matrice A d’ordre (q x p) est un tableau de nombres à q lignes et p colonnes.

⎛ a 11 a 12 . . . a 1p ⎞
⎜ ⎟
⎜ a 21 a 22 . . . a 2p ⎟
A = ⎜
... ... ... ... ⎟
⎜ ⎟
⎜ a q1 a q2 . . . a qp ⎟⎠

Mais c’est aussi le « cœur » d’une fonction linéaire qui lie les variables x 1 , x 2 , . . ., x p à des variables
y 1 , y 2 , . . ., y q par

y 1 = a 11 x 1 + a 12 x 2 + . . . . . + a 1p x p
y 2 = a 21 x 1 + a 22 x 2 + . . . . . + a 2p x p
............................ (1)
y q = a q1 x 1 + a q2 x 2 + . . . . . + a qp x p
Ce lien est noté matriciellement

⎛ y1 ⎞ ⎛ a 11 . . . a 1p ⎞ ⎛ x 1 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟⎜ ⎟
⎜...⎟ = ⎜ ... ... ... ⎟ ⎜...⎟ (2)
⎜ ⎟ ⎜ ⎟⎜ ⎟
⎝ yq ⎠ ⎝ a q1 . . . a qp ⎠ ⎝ x p ⎠

ou y = A x

Cette notation multiplicative se retrouve dans la multiplication d’une matrice A par une colonne
⎛ b1 ⎞
⎜ ⎟
b = ⎜ . . .⎟
⎜ ⎟
⎝ bp ⎠

A b est le résultat de la substitution de b 1 , . . ., b p à x 1 , . . ., x p dans les équations ( 1 ).

⎛ c1 ⎞
⎜ ⎟
C’est la colonne c = ⎜ . . . ⎟ où
⎜ ⎟
⎝ cq ⎠

c 1 = a 11 b 1 + a 12 b 2 + . . . . . + a 1p b p
c 2 = a 21 b 1 + a 22 b 2 + . . . . . + a 2p b p
............................
c q = a q1 b 1 + a q2 b 2 + . . . . . + a qp b p

C’est donc la fonction sous-jacente calculée en les valeurs particulières x 1 =b 1 , x 2 =b 2 , . . ., x p =b p .

54
Exemples

1) Dans l’exemple 1 de la page 1, si la population cette année est 1200, 600, 300 quelle sera la
population l’année suivante ?

On aura y 1 = 5 . 600 + 3 . 300 = 3900


y 2 = 21 . 1200 = 600
y3 = 1
3
. 600 = 200
On notera matriciellement :

⎛ 0 5 3 ⎞ ⎛ 1200 ⎞ ⎛ 3900 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ 21 0 0 ⎟ ⎜ 600 ⎟ = ⎜ 600 ⎟
⎜⎜ 1 ⎟⎟ ⎜ 300 ⎟ ⎜ 200 ⎟
⎝ 0 3 0 ⎠ ⎝ ⎠ ⎝ ⎠

On apprendra à faire cette opération mécaniquement. Le premier élément du résultat


⎛ 1200 ⎞
⎜ ⎟
( 3900 ) est le « produit » de la première ligne de la matrice par la colonne ⎜ 600 ⎟ de la
⎜ 300 ⎟
⎝ ⎠
manière suivante

1200
x
+ 600
x
+ 300
x
+
0 5 3 = 0x1200 + 5x600 + 3x300 = 3900

De la même manière, on trouve le deuxième élément du résultat en faisant le produit de la


⎛ 1200 ⎞
⎜ ⎟
seconde ligne de la matrice par la colonne ⎜ 600 ⎟ . Et ainsi de suite.
⎜ 300 ⎟
⎝ ⎠

2) Dans l’exemple 2 de la page 1, pour une commande de 30 chalets A, 50 chalets B et 40


chalets C, il faut prévoir 1020 m3 de maçonnerie, 9400 m2 de cloisons intérieures, 6500 m2
de cloisons extérieures et 3410 m2 de toiture.

Matriciellement

⎛ 10 8 8 ⎞ ⎛ 1020 ⎞
⎜ ⎟ ⎛ 30 ⎞ ⎜ ⎟
⎜100 80 60 ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ 9400 ⎟
⎜ 80 50 40 ⎟ ⎜ 50 ⎟ = ⎜ 6500 ⎟
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ 35 28 24 ⎟ ⎝ 40 ⎠ ⎜ 3410 ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠

55
Remarques

a) Une matrice d’ordre (q x p) ne peut se multiplier qu’avec une matrice p x 1 ; le résultat est
une colonne q x 1.
⎛ 1⎞
⎜ ⎟
⎜0⎟
b) Il est intéressant de remarquer que le produit A ⎜ ⎟ donne la première colonne
...
⎜ ⎟
⎜0⎟
⎝ ⎠
⎛ 0 ⎞
⎜ ⎟
⎜ 1 ⎟
de A ; A ⎜ ⎟ la deuxième colonne de A et ainsi de suite.
...
⎜ ⎟
⎜ 0 ⎟
⎝ ⎠

⎛ 1⎞ ⎛ 0 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜0⎟ ⎜ 1 ⎟
Les colonnes ⎜ ⎟ , ⎜ . . . ⎟ , . . ., sont notées respectivement e1 , e 2 , . . .
...
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜0⎟ ⎜ 0 ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠

On a A ( ek ) = kième colonne de A.

56
4. Produit matriciel

Dans l’exemple des coccinelles, on peut se demander ce que devient une population de
1200, 600, 300 au bout de deux ans. On peut calculer successivement :

⎛ 1200 ⎞ ⎛ 3900 ⎞ ⎛ 3900 ⎞ ⎛ 3600 ⎞


⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
A ⎜ 600 ⎟ = ⎜ 600 ⎟ et A ⎜ 600 ⎟ = ⎜ 1950 ⎟
⎜ 300 ⎟ ⎜ 200 ⎟ ⎜ 200 ⎟ ⎜ 200 ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠ ⎝ ⎠ ⎝ ⎠
⎛ 1200 ⎞
⎜ ⎟
ce qui revient à calculer A ( A ⎜ 600 ⎟ ).
⎜ 300 ⎟
⎝ ⎠

Existe-t-il une matrice permettant de faire l’opération en une fois ? Autrement dit, existe-t-il une
⎛ x1 ⎞
⎜ ⎟
matrice C telle que pour tout x = ⎜ x 2 ⎟ , A ( A ( x ) ) = C x ? La réponse est « oui ».
⎜ x ⎟
⎝ 3⎠
Dans le cas des chalets, on se demande combien d’heures de travail en atelier et sur le chantier
correspondent à la construction de 30 chalets A, 50 chalets B et 40 chalets C.

On peut calculer successivement :

A B
⎛ 10 8 8 ⎞ ⎛ 1020 ⎞ ⎛ 1020 ⎞
⎜ ⎟ ⎛ 30 ⎞ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ 100 80 60 ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ 9400 ⎟ ⎛ 0 1 2 1⎞⎜ 9400 ⎟ ⎛ 25810 ⎞
⎜ 50 ⎟ = ⎜ et ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜ ⎟ = ⎜⎜ ⎟
⎜ 80 50 40 ⎟ ⎜ 6500 ⎟ ⎝ 4 1 1 2⎠ ⎜ 6500 ⎝ 26800 ⎟⎠
⎜ ⎟ ⎝ 40 ⎟⎠ ⎜ ⎟ ⎟
⎜ 35 20 24 ⎟⎠ ⎜ 3410 ⎟ ⎜ 3410 ⎟⎠
⎝ ⎝ ⎠ ⎝

⎛ 30 ⎞
⎜ ⎟
ce qui revient à calculer B ( A ⎜ 50 ⎟ ) .
⎜ 40 ⎟
⎝ ⎠

⎛ x1 ⎞
⎜ ⎟
Existe-t-il une matrice C telle que pour tout x = ⎜ x 2 ⎟ , B ( A ( x ) ) = C x ? La réponse est
⎜ x ⎟
⎝ 3⎠
« oui ».
Si A est une matrice d’ordre (q x p) et B une matrice d’ordre (r x q),

⎛ x1 ⎞
⎜ ⎟
Alors il existe une matrice C d’ordre (r x p) telle que pour chaque x = ⎜ . . . ⎟ , B ( A ( x ) ) = C x .
⎜⎜ ⎟⎟
⎝ xp ⎠

Si on admet l’existence de cette matrice C, on peut calculer ce qu’elle doit être de la manière
suivante

La première colonne de C est C ( e1 ) et donc est égale à B ( A ( e1 ) ). Mais A ( e1 ) est la première


colonne de A. La première colonne de C = B A est donc le produit de B par la première colonne de A.

On raisonne de même pour les autres colonnes.

57
En pratique, on disposera les matrices B et A de la manière suivante :

A
10 8 8
100 80 60
80 50 40
35 28 24
0 1 2 1
B 4 1 1 2

La matrice C s’écrit alors dans le coin inférieur droit ; chaque élément de C étant le « produit » de
la ligne de B à sa gauche et de la colonne de A au-dessus de lui, par exemple :

218 = 4x8 + 1x80 + 1x50 + 2x28

En reprenant les exemples précédents, on a :

0 5 3 10 8 8
1/2 0 0 100 80 60
0 1/3 0 80 50 40
0 5 3 5/2 1 0 35 28 24
1/2 0 0 0 5/2 3/2 0 1 2 1 295 208 164
0 1/3 0 1/6 0 0 4 1 1 2 290 218 180

Et l’on peut vérifier que

⎛ 52 1 0 ⎞ ⎛ 1200 ⎞ ⎛ 3600 ⎞ ⎛ 30 ⎞
⎜ ⎟⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎛ 295 208 164 ⎞ ⎜ ⎟ ⎛ 25810 ⎞
⎜ 0 2 2 ⎟ ⎜ 600 ⎟ = ⎜ 1950 ⎟
5 3
et ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜ 50 ⎟ = ⎜⎜ ⎟⎟
⎜⎜ 1 0 0 ⎟⎟ ⎜ 300 ⎟ ⎜ 200 ⎟ ⎝ 290 218 180 ⎠ ⎜ 40 ⎟
⎝ ⎠
⎝ 26800 ⎠
⎝ 6 ⎠⎝ ⎠ ⎝ ⎠

58
5. Propriétés du produit matriciel
a) La matrice C construite à partir de A et B dans le paragraphe précédent est appelée produit
matriciel de B et A et est notée B A.

Sa propriété fondamentale est que pour toute colonne x ( de dimension convenable ), on a :

( B A ) (x ) = B ( A (x ) )
b) De par sa définition même, le produit matriciel de B par A n’est pas toujours possible.

Le produit matriciel B A n’est défini que si le nombre de colonnes de B est égal au nombre de
lignes de A. Le produit a autant de lignes que B et autant de colonnes que A.

B rxq A qxp = C rxp

c) Le produit matriciel n’est pas commutatif.

En général A B ≠ B A et cela pour plusieurs raisons.

- Le produit A B peut exister sans que le produit B A existe par exemple, si A est une
matrice 2 x 3 et B une matrice 3 x 4.

- Les produits A B et B A peuvent exister sans avoir le même ordre par exemple, si A est
une matrice 3 x 4 et B une matrice 4 x 3.

- Même si les produits A B et B A existent et ont le même ordre ( A et B carrées ), ces


produits ne sont en général pas égaux.

⎛ 1 2 ⎞⎛ 5 6 ⎞ ⎛ 19 22 ⎞ ⎛ 5 6 ⎞⎛ 1 2 ⎞ ⎛ 23 34 ⎞
⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜ ⎟⎟ et ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ 3 4 ⎠⎝ 7 8 ⎠ ⎝ 43 50 ⎠ ⎝ 7 8 ⎠⎝ 3 4 ⎠ ⎝ 31 46 ⎠

d) Le produit matriciel n’est pas simplifiable.

De A B = A C, on ne peut pas toujours déduire que B = C.

⎛ 1 1⎞⎛ 2 2 ⎞ ⎛ 1 1⎞⎛ 1 1 ⎞ ⎛ 5 5 ⎞ ⎛ 2 2 ⎞ ⎛ 1 1⎞
Par exemple ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜ ⎟⎟ et pourtant ⎜⎜ ⎟⎟ ≠ ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ 1 1⎠⎝ 3 3 ⎠ ⎝ 1 1⎠⎝ 4 4 ⎠ ⎝ 5 5 ⎠ ⎝ 3 3 ⎠ ⎝ 4 4⎠

De même, de B A = C A on ne peut pas déduire que B = C.

En particulier, le produit de deux matrices peut être nul sans qu’aucune des deux ne le
soit, par exemple :

⎛ 1 1⎞⎛ 1 1 ⎞ ⎛ 0 0 ⎞
⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ 1 1 ⎠ ⎝ −1 −1 ⎠ ⎝ 0 0 ⎠

e) Le produit matriciel est associatif

(AB)C = A(BC)

59
Il y a deux manières de faire le produit des trois matrices. Schématiquement, en reprenant
la disposition expliquée à la page 6, on peut effectuer

C
B C ou B BC
A AB (AB)C A A(BC)

On obtiendra le même résultat dans les deux cas.

f) Les matrices unités

La matrice carrée d’ordre (p x p) qui a des 1 sur la diagonale principale et des 0 ailleurs est
appelée « matrice unité » d’ordre p et notée I p , par exemple

⎛ 1 0 0 ⎞
⎜ ⎟
I3 = ⎜ 0 1 0 ⎟
⎜ 0 0 1 ⎟
⎝ ⎠

Une matrice unité est aussi appelée matrice identité.


Si A est une matrice q x p, alors I q A = A et A Ip = A

Une matrice unité a donc par multiplication, un effet neutre sur les matrices avec lesquelles
elle peut se multiplier.

60
6. Autres opérations sur les matrices
a) Somme de matrices de même ordre

Si A et B sont deux matrices de même ordre, on définit leur somme A + B comme étant la
matrice de même ordre dont les éléments sont les sommes des éléments correspondants de
A et de B.

(a ik )+(b ik )=(c ik ) où c ik =a ik +b ik

La somme de matrices de même ordre (q x p), qui n’est que q.p sommes de nombres
réels, jouit des propriétés de la somme de réels. En particulier

- Elle est associative : ( A + B ) + C = A + ( B + C ).

- Il y a un élément nul pour chaque ordre (q x p).


O q x p est la matrice d’ordre (q x p) dont tous les éléments sont nuls. Pour A et O de même
ordre, on a
A + O = A = O + A.

- La somme matricielle est commutative : A + B = B + A.

- La somme matricielle est simplifiable : de A + B = A + C, on peut déduire B = C.

b) Multiplication d’une matrice par un nombre réel

Le produit r.A d’une matrice A par un nombre réel r est la matrice dont les éléments sont les
produits par r des éléments correspondants de la matrice A.

( r.A ) ik = r.( A ik ).

61
7. Transformations élémentaires d’une matrice

On appelle transformation élémentaire des lignes d’une matrice, une transformation d’un des trois
types suivants :

- Permuter deux lignes de la matrice.

- Multiplier tous les éléments d’une ligne par un nombre réel non nul.

- Ajouter à une ligne un multiple d’une autre ligne.

Exemples

⎛1 2 ⎞ ⎛ 1 2 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎛ 1 2 3 ⎞ ⎛ 1 2 3 ⎞
⎜ 3 4 ⎟ L2 ↔ L3 ⎜ 5 6 ⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ L 2 → − 3 L 2 ⎜⎜ ⎟⎟
⎜ 5 6 ⎟ −−−−−−−−−−> ⎜ 3 4 ⎟ ⎝ 4 5 6 ⎠ −−−−−−−−−−−−−−> ⎝ − 12 − 15 − 18 ⎠
⎝ ⎠ ⎝ ⎠

⎛ 1 2 3 ⎞ ⎛ 1 2 3 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ 4 5 6 ⎟ L 3 → L 3 − 2L 2 ⎜ 4 5 6 ⎟
⎜ 7 8 9 ⎟ −−−− −−−−−−−−−−−−> ⎜ −1 − 2 − 3 ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠

On appelle matrice élémentaire, une matrice unité sur les lignes de laquelle on a effectué une
transformation élémentaire.

Exemples

⎛ 1 0 0 0 ⎞ ⎛ 1 0 0 ⎞ ⎛ 1 0 0 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ 0 0 0 1 ⎟ ⎜ 0 1 0 ⎟ ⎜ 0 1 0 ⎟
⎜ 0 0 1 0 ⎟ ⎜ 0 0 −3 ⎟ ⎜ −2 0 1 ⎟
⎜ ⎟ ⎝ ⎠ ⎝ ⎠
⎜ 0 1 0 0 ⎟⎠

L2 ↔ L4 L 3 → -3L 3 L 3 → L 3 – 2L 1

On constate qu’effectuer une transformation élémentaire sur les lignes d’une matrice revient à
prémultiplier cette matrice par la matrice élémentaire correspondante.

Exemples

⎛ 1 2 ⎞ ⎛ 1 0 0 ⎞⎛ 1 2 ⎞ ⎛ 1 2 3 ⎞ ⎛ 1 0 0 ⎞ ⎛ 1 2 3 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ 5 6 ⎟ = ⎜ 0 0 1 ⎟⎜ 3 4 ⎟ ⎜ 4 5 6 ⎟ = ⎜ 0 1 0 ⎟ ⎜ 4 5 6 ⎟
⎜ 3 4 ⎟ ⎜ 0 1 0 ⎟⎜ 5 6 ⎟ ⎜ 5 4 3 ⎟ ⎜ −2 0 1 ⎟ ⎜ 7 8 9 ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠⎝ ⎠ ⎝ ⎠ ⎝ ⎠ ⎝ ⎠

L2 ↔ L3 L 3 → L 3 – 2L 1

62
Remarque

Les transformations élémentaires sont inversibles par une transformation élémentaire. Si on a


appliqué une transformation élémentaire à une matrice, on peut revenir à la matrice de départ par
une transformation élémentaire ( en permutant de nouveau les mêmes lignes, en divisant par le
nombre réel ou en ajoutant « moins » le multiple de l’autre ligne suivant le type ).

Ceci a pour conséquence que les matrices élémentaires sont simplifiables, c’est à dire :

Si T est une matrice élémentaire, alors de T A = T B on peut déduire que A = B.

Si on applique successivement aux lignes d’une matrice A, p transformations élémentaires, la


matrice produit des matrices élémentaires correspondantes T p . . . T 2 .T 1 est un « condensé » des
transformations élémentaires appliquées successivement aux lignes de la matrice A.

Pour une autre matrice B, ayant le même nombre de lignes que A, le produit T p .T p-1 . . . T 1 . B
donnerait le résultat de la même succession de transformations élémentaires appliquées aux lignes
de B.

En particulier, puisque T p . . . T 2 . T 1 = T p . . . T 2 . T 1 . I, le produit de T p . . . T 2 . T 1 est le résultat


de la même succession de transformations élémentaires appliquées aux lignes de I.
Théorème de la matrice compagnon

Si on applique simultanément à une matrice A et à la matrice unité I ayant le même nombre de


lignes que A, une série de transformations élémentaires jusqu’à obtenir des matrices A* et I*, on a
A* = I*. A

Exemple

I A

1 0 0 1 2 3 4
0 1 0 5 6 7 8
0 0 1 9 10 11 12
1 0 0 1 2 3 4
L 2 → -3L 2 0 -3 0 -15 -18 -21 -24
0 0 1 9 10 11 12
1 0 0 1 2 3 4
L 3 → L 3 – 2L 1 0 -3 0 -15 -18 -21 -24
-2 0 1 7 6 5 4
1 0 0 1 2 3 4
L2 ↔ L3 -2 0 1 7 6 5 4
0 -3 0 -15 -18 -21 -24

I* A*

On peut vérifier qu’à chaque niveau, le produit de la matrice de gauche I* par la matrice A, donne
la matrice de droite A*, c’est à dire que I*. A = A*.

La matrice de gauche, I et ses transformées successives, est la matrice compagnon de A. Elle


« enregistre » en quelque sorte les transformations élémentaires appliquées aux lignes de A.

63
8. Système d’équations linéaires
Un système de q équations linéaires à p inconnues est un système de la forme

⎧ a 11 x 1 + a 12 x 2 + . . . . . + a 1p x p = b 1

⎪ a 21 x 1 + a 22 x 2 + . . . . . + a 2p x p = b 2

⎪ ............................ . . . . . . . . . . .
⎪ a q1 x 1 + a q2 x 2 + . . . . . + a qp x p = b q

Ce système peut s’écrire sous forme matricielle

⎛ a 11 a 12 . . . a 1p ⎞ ⎛ x1 ⎞ ⎛ b1 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ a 21 a 22 . . . a 2p ⎟ ⎜ x2 ⎟ ⎜ xb ⎟
⎜ ⎜ = ⎜ ou Ax = b
... ... ... ... ⎟ ... ⎟ ... ⎟
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ a q1 a q2 . . . a qp ⎟⎠ ⎜ x p ⎟⎠ ⎜ b q ⎟⎠
⎝ ⎝ ⎝

La matrice A, d’ordre (q x p), est appelée matrice des coefficients du système.

La colonne b est appelée colonne des termes indépendants.


La matrice A à laquelle on a ajouté la colonne des termes indépendants est appelée
« matrice augmentée du système » et est notée A⏐ b

⎛ a 11 ... a 1p b1 ⎞
⎜ ⎟
A⏐ b = ⎜ . ... . . ⎟
⎜ ⎟
⎝ a q1 ... a qp bq ⎠

Dans l’exemple des coccinelles, on se demande quelle est la population de l’année précédente
sachant que celle de cette année est 3000, 500, 150.

On cherche donc la population x 1 , x 2 , x 3 telle que

⎧ 5 x 2 + 3 x 3 = 3000 ⎛ 0 5 3 ⎞ ⎛ x1 ⎞ ⎛ 3000 ⎞
⎪⎪ ⎜ ⎟⎜ ⎟ ⎜ ⎟

1
2
x1 = 500 ou ⎜ 21 0 0 ⎟ ⎜ x 2 ⎟ = ⎜ 500 ⎟
⎪ ⎜⎜ 1 ⎟⎟ ⎜ ⎟ ⎜ 150 ⎟
⎪⎩
1
3
x2 = 150 ⎝ 0 3 0 ⎠ ⎝ x3 ⎠ ⎝ ⎠

⎛ 0 5 3 ⎞ ⎛ 0 5 3 3000 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
La matrice du système est ⎜ 21 0 0 ⎟ . La matrice augmentée est ⎜ 21 0 0 500 ⎟
⎜⎜ 1 ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟
⎝ 0 3 0 ⎠ 0 31 0 150 ⎠

La résolution des systèmes d’équations linéaires se base sur les simplifications que permet le
théorème suivant :

64
Si on applique une succession de transformations élémentaires aux lignes de la matrice augmentée d’un
système linéaire, on obtient la matrice augmentée d’un nouveau système qui a exactement les
mêmes solutions que le premier.

Ax=b ⎯⎯ ⎯
⎯→ A⏐ b
↓ transformations élémentaires
A* x =b* ←⎯ ⎯ ⎯ A *⏐ b *

En effet, si T 1 , T 2 , . . ., T p sont les matrices élémentaires correspondant aux transformations


élémentaires utilisées, on a

A * = T p . . . T 2 T 1 A et b * = T p . . . T 2 T 1 b

Puisque les matrices élémentaires T 1 , T 2 , . . .et T p sont simplifiables, on a bien

Tp . . . T2 T1 A a = Tp . . . T2 T1
b
c
A a = b

On utilisera ce théorème pour transformer un système A x = b en un système équivalent


A * x = b * plus simple.

65
9. Matrices en escalier
Une matrice en escalier est une matrice telle que

a) Dans chaque ligne, le premier élément non nul apparaît plus loin que dans la ligne précédente.

b) Ce premier élément non nul est un 1.

Exemples

⎛ 1 2 3 4 ⎞
⎜ ⎟ ⎛ 1 2 3 4 ⎞ ⎛ 0 1 3 4 ⎞
⎜ 0 1 5 6 ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎛ 1 2 3 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ 0 0 1 2 ⎟ ⎜ 0 0 1 2 ⎟ ⎜⎜ ⎟⎟

0 0 1 7
⎟ ⎜ 0 0 0 1 ⎟ ⎜ 0 0 0 0 ⎟⎠ ⎝ 0 1 2 ⎠ sont en escalier.
⎜ ⎟ ⎝ ⎠ ⎝
⎝ 0 0 0 1 ⎠

⎛ 1 2 3 4 ⎞
⎜ ⎟
⎜ 0 1 2 3 ⎟
⎜ 0 1 4 5 ⎟ n’est pas en escalier.
⎜ ⎟
⎜ 0 0 1 6 ⎟⎠

On peut transformer toute matrice en une matrice en escalier par une suite de transformations
élémentaires de lignes. On procède de la manière suivante :

a) On ignore les éventuelles premières colonnes entière- 0 0 2 4 2


ment nulles. 0 3 6 9 3
0 2 1 0 1
0 −1 0 1 4

b) Dans la première colonne non entièrement nulle, on 0 3 6 9 3


amène un élément non nul dans la première ligne ( s’il y L2 ↔ L1 0 0 2 4 2
a lieu ) par permutation. 0 2 1 0 1
0 −1 0 1 4

c) On divise la première ligne par la valeur de son 0 1 2 3 1


premier élément non nul. L1 → 1
L1 0 0 2 4 2
3
0 2 1 0 1
0 −1 0 1 4

d) On soustrait des autres lignes le multiple convenable 0 1 2 3 1


de la première ligne pour amener des zéros dans la L 3 → L 3 – 2L 1 0 0 2 4 2
colonne du premier élément non nul de la première L 4 → L 4 + L 1 0 0 − 3 − 6 −1
ligne. 0 0 2 4 5

La matrice est maintenant en escalier jusqu’à sa première ligne.

66
On ignore maintenant la première ligne et on recommence les opérations a) b) c) et d) sur les
lignes restantes de la matrice.

0 1 2 3 1 0 1 2 3 1
0 0 1 2 1 0 0 1 2 1
L2 → 1
L2 0 0 − 3 − 6 −1 L 3 → L 3 + 3L 2 0 0 0 0 2
2
0 0 2 4 5 L 4 → L 4 - 2L 2 0 0 0 0 3

La matrice est maintenant en escalier jusqu’à sa deuxième ligne. On recommence en ignorant ces
deux premières lignes. Et ainsi de suite jusqu’à obtenir une matrice en escalier.

0 1 2 3 1 0 1 2 3 1
0 0 1 2 1 0 0 1 2 1
L3 → 1
L3 0 0 0 0 1 L 4 → L 4 - 3L 3 0 0 0 0 1
3
0 0 0 0 3 0 0 0 0 0

Un système en escalier est un système dont la matrice des coefficients est en escalier.

Tout système linéaire A x = b peut, par une suite de transformations élémentaires sur les lignes
de sa matrice augmentée, être transformé en un système en escalier A * x = b * qui a les mêmes
solutions.

Le problème de la résolution d’un système linéaire quelconque peut donc toujours se ramener au
problème plus simple de la résolution d’un système en escalier.

67
10. Résolution d’un système en escalier
a) Signification des lignes éventuelles de zéros dans la matrice des coefficients


1
La mise en escalier de la matrice des coefficients
fait éventuellement apparaître des lignes de 1

zéros dans le bas de la matrice.

1
Il s’agit là du rebut du système, regroupant des •
0 0 0 0 0
équations inutiles ou contradictoires.

0 0 0 0 0


0 0 0 0 0

Par exemple, dans le système 1 1 3

⎧ x1 + x 2 = 3 1 1 3

⎩ x1 + x 2 = 3 1 1 3

la seconde équation est inutile. L2 → L2 – L1 0 0 0

Cela apparaît dans la forme en escalier sous la forme d’une équation 0x 1 + 0x 2 = 0 qui
n’apporte évidemment aucune information sur x 1 et x 2 .

Le système 1 1 3

⎧ x1 + x 2 = 3 1 1 5

⎩ x1 + x 2 = 5 1 1 3

est contradictoire, x 1 + x 2 ne pouvant pas L2 → L2 – L1 0 0 2


être simultanément égal à 3 et à 5.
Cela apparaît dans la forme en escalier sous la forme d’une équation impossible
0x 1 + 0x 2 = 2.

La mise en escalier du système regroupe systématiquement dans les dernières lignes de


zéros, toutes les informations inutiles et les contradictions du système.

1
Si en face d’une de ces lignes de zéros figure un
1
élément non nul dans la dernière colonne, le
système est dit impossible et n’admet aucune 1
solution.
0 0 0 0 0

0 0 0 0 0 a≠0
0 0 0 0 0

68
S’il n’y a pas de ligne entièrement nulle ( dans la 1
matrice des coefficients du système en escalier )
1
ou si en face de chacune d’elles figure un zéro
dans la dernière colonne, alors le système est 1
possible.
On est sûr qu’il admet au moins une solution.
Mais on peut ignorer maintenant les dernières 1
lignes ( nulles ) du système qui ne contiennent 1
aucune information.
Les seules informations permettant de résoudre 1

le système sont contenues dans la partie 0 0 0 0 0 0


supérieure ( lignes non nulles ) du système en 0 0 0 0 0 0
escalier. On pourrait dire que les équations
correspondant à ces lignes sont les « vraies » 0 0 0 0 0 0

équations du système.
Le nombre de « vraies » équations restant après
la mise en escalier du système est appelé rang du
système.

Ainsi un système de 5 équations à 4 inconnues et de rang 3, ou bien est un système


impossible, ou bien peut se ramener à un système de 3 équations à 4 inconnues ( deux des
équations de départ étant inutiles ).

b) Résolution d’un système en escalier possible

On suppose donc maintenant être en présence d’un système en escalier possible dont la matrice
des coefficients ne contient plus de lignes de zéros.

Un tel système ne peut donc avoir plus d’équations que d’inconnues, puisque, à chaque ligne, le
premier élément non nul doit reculer d’au moins une colonne.

On appelle « inconnue de tête » d’une équation x1 x2 x3 x4 x5


l’inconnue correspondant au premier élément non 1 2 3 4 5 6
nul ( donc 1 ) de la ligne de cette équation. 0 0 1 7 8 9

Par exemple, dans le système ci-contre, x 1 est 0 0 0 0 1 10

l’inconnue de tête de la première équation ; x 3 de la seconde et x 5 de la troisième ; x 2


et x 4 ne sont inconnues de tête d’aucune équation.

Chaque équation a son inconnue de tête ; mais chaque inconnue n’est pas nécessairement
inconnue de tête d’une équation.

Chaque équation lie son inconnue de tête aux inconnues d’indice plus grand. Par exemple, la
deuxième équation ci-dessus x 3 + 7x 4 + 8x 5 = 9 donne la valeur de x 3 en fonction de x 4 et
x 5 par x 3 = 9 – 8x 5 – 7x 4 .

69
c) Systèmes déterminés

Le cas le plus simple est celui où toutes les inconnues sont inconnues de tête d’une équation.

Cela ne se passe que s’il y a autant de ( vraies ) équations que d’inconnues, c’est à dire si la
matrice des coefficients est carrée. Dans ce cas, l’escalier est « régulier ».

x1 x2 x3 x4 x5 x6
Dans ce cas, la valeur de la dernière inconnue ( x 6 ) 1 • • • • • •
est déterminée exactement par la dernière 1 • • • • •
équation ; l’avant-dernière inconnue ( x 5 ) est 1 • • • •
déterminée dans l’avant-dernière équation par la 1 • • •
valeur de la dernière inconnue ; et ainsi de suite. 1 • •
1 •

Par exemple, la matrice augmentée

x1 x2 x3 x4
1 1 4 2 7

0 1 2 3 5

0 0 1 -1 4

0 0 0 1 3

correspond au système

⎧ x 1 + x 2 + 4 x 3 + 2x 4 = 7 ⎧ x 1 = 7 − 2x 4 − 4x 3 − x 2
⎪ ⎪
⎪ x 2 + 2x 3 + 3 x 4 = 5 ⎪ x 2 = 5 − 3 x 4 − 2x 3
⎨ ou ⎨
⎪ x3 − x4 = 4 ⎪ x3 = 4 + x4
⎪ = 3 ⎪ x4 = 3
⎩ x4 ⎩

qui permet de calculer successivement, « en remontant »,


x4 = 3
x3 = 4 + 3 = 7
x 2 = 5 – 3.3 – 2.7 = -18
x 1 = 7 – 2.3 – 4.7 – (-18) = -9

La seule solution du système est donc ( x 1 , x 2 , x 3 , x 4 ) = ( -9, -18, 7, 3 ).

Un tel système admet donc une et une seule solution ; d’où le nom de système déterminé.

70
d) Systèmes indéterminés

S’il y a moins de ( vraies ) équations que d’inconnues, certaines inconnues ne sont inconnues de
tête dans aucune équation.

Si chaque inconnue de tête est liée par son équation aux inconnues d’indice plus grand, rien ne
lie les autres inconnues.

Un système où l’inconnue x i n’est pas inconnue de tête est un système où « manque » une
équation qui devrait lier x i aux inconnues d’indice plus grand.

Le système ne détermine donc pas la valeur de x i . On dira que x i reste indéterminée dans le
système. Ce qui signifie que l’on peut donner à x i n’importe quelle valeur réelle.

En pratique, on donnera aux inconnues indéterminées des valeurs indéterminées α, β, . . .


On exprimera les inconnues de tête en fonction des inconnues d’indice plus grand. Les
solutions particulières du système seront alors déterminées en donnant des valeurs
particulières à α, β, . . .

Considérons le système suivant.


Les inconnues x 2 et x 4 sont indéterminées. On pose x 2 = α x1 x2 x3 x4
et x 4 = β. On résout
1 2 3 4 5
⎧ x 1 + 2x 2 + 3 x 3 + 4 x 4 = 5 ⎧ x 1 = 5 − 4 x 4 − 3 x 3 − 2x 2
⎨ ou ⎨ 0 0 1 2 3
⎩ x 3 + 2x 4 = 3 ⎩ x 3 = 3 − 2x 4

ce qui donne x 4 = β
x 3 = 3 - 2β
x2 = α
x 1 = 5 – 4β - 3( 3 - 2β) - 2α = -4 + 2β - 2α.

71
La forme générale des solutions du système est ( x 1 , x 2 , x 3 , x 4 ) = ( -4 + 2β - 2α, α, 3 -
2β, β ).

Le nombre d’indéterminations d’un système ( possible ) est le nombre d’inconnues


indéterminées dans le système. Il est égal au nombre d’inconnues moins le nombre
de ( vraies ) équations.

En résumé, un système de q équations à p inconnues de rang r a une forme en escalier du


type
p
6 4 4 4 4 4 4 4 447 4 4 4 4 4 4 4 4 48

1 •
⎧ ⎧
⎪ ⎪ 1 •
⎪ ⎪⎪ 1 •
⎪ r⎨ 1 •
⎪ ⎪ 1 •
⎪ ⎪
q⎨ 1 •
⎪ ⎩⎪
0 0 0 0 0 0 0 0 0 •

⎪ 0 0 0 0 0 0 0 0 0 •

0 0 0 0 0 0 0 0 0 •

On a r ≤ q et r ≤ p.

Si r = q, le système est toujours possible.

Si r < q, le système est possible ou impossible.


Si r = p, le système est déterminé ou impossible.

Si r < p, le système est impossible ou indéterminé de nombre d’indéterminations p – r.

Exemple

Résoudre le système

⎧ 2x 1 + 4 x 2 + 6 x 3 + 8 x 4 = 34

⎪ x 1 + 2x 2 + 6 x 3 + 10 x 4 = 38

⎪ 2x 1 + 4 x 2 + 8 x 3 + 14 x 4 = 54
⎪ x 1 + 2x 2 + 4 x 3 + 6 x 4 = 24

72
Mise en escalier Résolution

x1 x2 x3 x4 Le système est possible.

2 4 6 8 34
Le rang est 3.
1 2 6 10 38
2 4 8 14 54
Le nombre d’indétermination est 1.
1 2 4 6 24

L 1 → 21 L 1 1 2 3 4 17 L’inconnue x 2 est indéterminée.


1 2 6 10 38
2 4 8 14 54 On pose x 2 = α.
1 2 4 6 24
1 2 3 4 17 x 1 = 17 – 4x 4 – 3x 3 – 2x 2
L2 → L2 – L1 0 0 3 6 21
L 3 → L 3 – 2L 2 0 0 2 6 20 x 3 = 7 – 2x 4
L4 → L4 – L1 0 0 1 2 7
1 2 3 4 17 x4 = 3
L2 → L21
0 0 1 2 7
ce qui donne
3
0 0 2 6 20
0 0 1 2 7
x4 = 3
1 2 3 4 17
0 0 1 2 7
x 3 = 7 – 2.3 = 1
L 3 → L 3 – 2L 2 0 0 0 2 6
L4 → L4 – L2 0 0 0 0 0 x2 = α
1 2 3 4 17
0 0 1 2 7 x 1 = 17 – 4.3 – 3.1 – 2.α = 2 - 2α
L3 → L31
3 0 0 0 1 3
La forme générale des solutions du
système est :
0 0 0 0 0

(x 1 , x 2 , x 3 , x 4 ) = ( 2 - 2α, α, 1, 3 )

73
11. Inversion de matrices carrées
Une matrice A donne une relation fonctionnelle A x = y qui permet de calculer y à partir de x .

Pourrait-on exprimer cette même relation sous forme de fonction matricielle permettant de
calculer x en fonction de y , c’est à dire sous la forme x = B y ?
Une matrice A est dite inversible s’il existe une matrice B telle que, quels que soient x et y

A x = y ⇔ x =B y

-1
Dans ce cas, la matrice B est dite inverse de la matrice A et est notée A

La technique de résolution de systèmes linéaires nous permet de trouver, pour un y donné, le ou


les x , s’il y en a, tels que A x = y .

Si l’on veut que la relation qui lie x à y soit aussi fonctionnelle, de la forme x = B y , il faut qu’à
chaque y corresponde un et un seul x . Il faut donc que le système A x = y admette une et une
seule solution pour chaque valeur de y .

Pour cela il faut

- que dans la forme en escalier de A, il n’y ait pas de ligne de zéros ; sinon le système serait
impossible pour certaines valeurs de y .

- que le système soit déterminé, c’est à dire que dans la forme en escalier, chaque inconnue
soit inconnue de tête et donc qu’il y ait autant d’équations ( vraies ) que d’inconnues.

Pour qu’une matrice soit inversible, il faut donc nécessairement qu’elle soit carrée et qu’elle
puisse être transformée, par une suite de transformations élémentaires en une matrice de la
forme
⎛ 1 • • • • ⎞
⎜ ⎟
⎜ 0 1 • • • ⎟
⎜ 0 0 1 • • ⎟
⎜ ⎟
⎜ 0 0 0 1 • ⎟
⎜ ⎟
⎝ 0 0 0 0 1⎠

Mais si la matrice peut être transformée en cette forme particulière, il n’est pas difficile de
continuer les transformations pour arriver à la matrice unité.

En soustrayant de chaque ligne ( sauf la dernière ) le multiple convenable de la dernière ligne, on


pourra amener des zéros dans la dernière colonne ; en soustrayant de chaque ligne ( sauf les deux
dernières ) le multiple convenable de l’avant-dernière ligne, on pourra amener des zéros dans
l’avant- dernière colonne ; et ainsi de suite.

En utilisant le théorème de la matrice compagnon, on voit que cela signifie que

- la matrice A peut se transformer, par une suite de transformations élémentaires en une


matrice A* = I.
- si on applique les mêmes transformations élémentaires à la matrice unité de même ordre, on
obtient une matrice I * = B telle que B . A = I.

74
De plus cette matrice B, produit de matrices élémentaires est simplifiable.

Cette matrice B est l’inverse de A. En effet pour x et y quelconques, on a :

- si A x = y , alors B . A x = B . y et donc x = B . y puisque B . A = I.


- si x = B . y alors, puisque x = I . x = B . A x , B . A x = B . y et donc A x = y puisque B est
simplifiable.

De B . A = I on peut aussi déduire que B . A . B = I . B = B . I et, puisque B est simplifiable,


A . B = I.

Une matrice A est inversible


c
A est carrée et le rang de A est égal à sa dimension

–1
Si une matrice A est inversible, son inverse A est telle que

A –1. A = I et A . A –1 = I

Pour calculer l’inverse d’une matrice, on utilise la méthode de la matrice compagnon.

75
Exemple

⎛ 0 5 3 ⎞
⎜ ⎟
Chercher l’inverse de la matrice ( des coccinelles ) A = ⎜ 21 0 0 ⎟ .
⎜⎜ 1 ⎟⎟
⎝ 0 3 0 ⎠

Matrice compagnon A
1 0 0 0 5 3
1
0 1 0 2 0 0
1
0 0 1 0 3 0

L1 → L2 0 1 0
1
0 0
2
L2 → L1 1 0 0 0 5 3
1
0 0 1 0 3 0

L1 → 2 L1 0 2 0 1 0 0

1 0 0 0 5 3
1
0 0 1 0 3 0

0 2 0 1 0 0

L2 → 1
5
L2 1
5 0 0 0 1
3
5
1
0 0 1 0 3 0

0 2 0 1 0 0
1 3
5 0 0 0 1 5
L3 → L3 -
− 15
1
0 1 0 0 - 51
1
L
3 2

0 2 0 1 0 0
1 3
5 0 0 0 1 5
L3 → - 5 L3 1
0 -5 0 0 1
3

0 2 0 1 0 0

L2 → L2 -
0 0 3 0 1 0
3
L
5 3
1
3 0 -5 0 0 1

Il est toujours utile de vérifier le résultat en effectuant le produit A –1 . A.

⎛ 0 2 0 ⎞ ⎛ 0 5 3 ⎞ ⎛ 1 0 0 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ 0 0 3 ⎟.⎜ 2 0 0 ⎟ = ⎜ 0 1 0 ⎟
1

⎜⎜ 1 0 − 5 ⎟⎟ ⎜⎜ 0 1 0 ⎟⎟ ⎜ 0 0 1 ⎟
⎝ 3 ⎠ ⎝ 3 ⎠ ⎝ ⎠

Remarque

Si une matrice carrée n’est pas inversible, une ligne de zéros apparaîtra dans la mise en escalier et
il ne sera plus possible de continuer le calcul.

76
12. Déterminant d’une matrice carrée

On associe à chaque matrice carrée un nombre appelé déterminant. Le déterminant d’une matrice
A noté ⎮A ⎮ou dét ( A ) est une fonction des éléments de la matrice.

Pour définir et calculer le déterminant d’une matrice, il faut préciser certaines notions
concernant les permutations.

Permutations

Considérons les nombres entiers 1, 2, . . ., n. Si ces n nombres apparaissent dans l’ordre croissant,
on dit qu’ils sont dans l’ordre naturel. L’ordre naturel n’est pas le seul ordre possible. L’ensemble
de tous les ordres possibles s’appelle l’ensemble des permutations de ces nombres. On démontre
que le nombre de permutations est égal à n ! = n.(n–1). . . 2.1

Si les nombres sont dans leur ordre naturel, chaque nombre est suivi de nombres plus grands que
lui. Si, au contraire, les nombres ne sont pas dans l’ordre naturel, il y aura au moins un nombre
suivi par un ou plusieurs nombres plus petits que lui. Lorsqu’il y a un nombre qui est suivi par un
nombre plus petit que lui, on dit que la permutation contient une inversion. Le nombre total
d’inversions de la permutation se trouve en comptant pour chaque nombre de la permutation, les
nombres plus petits qui le suivent.

Exemple

1 2 3 4 : 0 inversion
1 3 2 4 : 1 inversion
4 3 2 1 : 6 inversions

Une permutation est dite paire si le nombre total d’inversions est pair ; elle est impaire si le
nombre total d’inversions est impair . C’est ce que l’on appelle la parité de la permutation.

77
Définition de déterminant

Définissons maintenant le déterminant pour une matrice carrée d’ordre n. Cette définition n’est pas
en général employée pour calculer le déterminant d’une matrice. Mais, à partir de cette
définition, on tire des propriétés qui, par la suite, faciliteront énormément le calcul du
déterminant.

On commence par choisir n éléments parmi les éléments a i j de la matrice A , avec la précaution
de choisir un seul élément pour chaque ligne et pour chaque colonne de A . On effectue ensuite le
produit de ces n éléments.

Le choix peut se faire de la manière suivante : on garde les indices qui indiquent la ligne des
éléments a i j dans leur ordre naturel ; pour les indices qui indiquent la colonne des
éléments a i j , on prend une permutation quelconque des nombres 1, 2, …, n, à savoir :

a 1 j1 a 2 j2 . . . a n jn

Par exemple, si la permutationj 1 , j 2 , . . ., j n représente l’ordre naturel, le produit ci-dessus


représente le produit des éléments de la diagonale principale.

Pour ne pas surcharger l’écriture, on adopte la convention suivante concernant le symbole ε ( j ) :

⎧ 1 si la permutatio n j1 . . . j n est paire


ε ( j) =⎨
⎩ − 1 si la permutatio n j1 . . . j n est impaire

Cela étant précisé, multiplions le produit précédent par ε ( j ) .


On fait la même chose pour toutes les permutations et on additionne tous les produits. Le
résultat est le déterminant de A . Ainsi :

dét( A ) = ⎮A ⎮ = ∑ε
( j)
( j) a 1 j1 . a 2 j2 . . . a n jn

Le symbole ∑ indique que l’on fait l’addition sur toutes les permutations.
( j)

Exemple 1
⎛ a a 12 ⎞
A = ⎜⎜ 11 ⎟⎟
⎝ a 21 a 22 ⎠

Permutations Nombre d’inversions

1 2 0⇒P⇒+
2 1 1⇒ I ⇒ -

a 11 a 12
On a donc = a 11 . a 22 − a 12 . a 21
a 21 a 22

78
Exemple 2

⎛ a11 a12 a13 ⎞


⎜ ⎟
A = ⎜ a 21 a 22 a 23 ⎟
⎜ a ⎟
⎝ 31 a32 a33 ⎠

2) Permutations 3) Nombre d’inversions


0⇒P⇒+
1 2 3 2⇒P⇒+
2 3 1 2⇒P⇒+
3 1 2 1⇒ I⇒ -
1 3 2 3⇒ I⇒ -
3 2 1 1⇒ I⇒ -
2 1 3

a 11 a 12 a 13
Le déterminant a 21 a 22 a 23 de la matrice A est donc égal à :
a 31 a 32 a 33

a 11 . a 22 . a 33 + a 12 . a 23 . a 31 + a 13 . a 21 . a 32 − a 11 . a 23 . a 3 2 − a 13 . a 22 . a 31 − a 12 . a 21 . a 33

La définition du déterminant que l’on vient de donner s’appelle l’expansion du déterminant par
les lignes de la matrice ( car on fixe les indices des lignes dans leur ordre naturel et on fait les
permutations des indices des colonnes ).

On peut aussi écrire ⎮A ⎮ = ∑ε


(i)
(i) a i1 1 . a i2 2 . . . a in n . Cette expression s’appelle l’expansion du

déterminant par les colonnes de la matrice.

Propriétés des déterminants

a) Si t A représente la matrice transposée de A , alors dét( t A ) = dét( A ).

b) Si on échange deux lignes ( ou deux colonnes ) d’une matrice, alors son déterminant change de
signe.

c) Si une matrice possède deux lignes ( deux colonnes ) identiques, alors son déterminant est nul.

d) Si une matrice possède deux lignes ( deux colonnes ) proportionnelles, alors son déterminant
est nul.
e) Si B est une matrice identique à A , sauf qu’une ligne ( ou une colonne ) de B correspond à la
même ligne ( colonne ) de A multipliée par le réel r, alors dét( B ) = r . dét( A ).

f) Si aux éléments d’une ligne ( ou une colonne ) d’une matrice on ajoute un multiple quelconque
d’une autre ligne ( colonne ), alors le déterminant de la matrice reste inchangé.

79
Expansion du déterminant par les cofacteurs

Considérons d’abord une matrice carrée d’ordre 3. On a déjà vu que le déterminant d’une telle
matrice est donné par :

a 11 . a 22 . a 33 + a 12 . a 23 . a 31 + a 13 . a 21 . a 32 − a 11 . a 23 . a 32 − a 13 . a 22 . a 31 − a 12 . a 21 . a 33

dét( A ) comprend 3 ! termes, le nombre total de permutations des nombres 1, 2, 3.

La définition de déterminant implique, que chaque terme du déterminant contient un seul élément
de la première ligne de la matrice ( de même pour toutes les autres lignes et toutes les autres
colon-nes ). Donc, dans chaque terme de dét( A ), il y aura un des trois éléments de la première
ligne, à savoir a 11 , a 12 , a 13 . Comme il y a six termes dans le déterminant, chaque élément de la
6
première ligne est représenté dans deux termes du déterminant, c’est à dire = 2. Dans le cas
3
n!
d’une matrice d’ordre n, chaque élément de la première ligne intervient dans = ( n −1)!
n
termes.

Considérons maintenant les deux termes du déterminant contenant l’élément a 11 . On peut écrire :

a 11 . a 22 . a 33 – a 11 . a 23 .a 32 = a 11 . ( a 22 . a 33 – a 23 . a 32 )

Les termes entre parenthèses représentent le cofacteur de l’élément a 11 . On représente le


cofacteur de a 11 par A 11 .

Considérons maintenant les deux termes du déterminant contenant le deuxième élément de la


première ligne de A :

a 12 . a 23 . a 31 – a 12 . a 21 . a 33 = a 12 . ( a 23 . a 31 – a 21 . a 33 ) = a 12 . A 12

De même : a 13 . a 21 . a 32 – a 13 . a 22 . a 31 = a 13 . ( a 21 . a 32 – a 22 . a 31 ) = a 13 . A 13

Notons que tous les termes du déterminant de A ont été épuisés.

Ainsi le déterminant de A peut s’écrire :

3
dét( A ) = a 11 . A 11 + a 12 . A 12 + a 13 . A 13 = ∑a
j =1
1j . A1 j

Cela correspond à l’expansion du déterminant par les cofacteurs des éléments de la première
ligne de A . Le même raisonnement peut être répété pour les éléments de la deuxième ligne de A
et leurs cofacteurs respectifs.
3
Ainsi, dét( A ) = a 21 . A 21 + a 22 . A 22 + a 23 . A 23 = ∑a
j =1
2j . A2 j

La même chose peut se faire pour toute ligne ou toute colonne de la matrice. Ainsi, on peut
trouver l’expansion du déterminant de la matrice en termes des cofacteurs de n’importe quelle
ligne ou colonne. Cela donne évidemment des expressions différentes, mais le résultat est
toujours le même, le déterminant de A .

80
D’une manière générale, pour une matrice A d’ordre n, on écrit :
n
dét( A ) = ∑a
j =1
ij . Ai j ( expansion par les cofacteurs des éléments de la ligne i )

n
dét( A ) = ∑a
i =1
ij . Ai j ( expansion par les cofacteurs des éléments de la colonne j )

Comment peut-on donner une formule explicite pour le cofacteur A i j de l’élément a i j ?

Revenons à notre exemple d’une matrice d’ordre 3.

a 22 a 23
On a calculé que A 11 = a 22 . a 33 − a 23 . a 32 =
a 32 a 33

A 11 représente le déterminant d’une matrice obtenue à partir de la matrice originale lorsque l’on
élimine la première ligne et la première colonne.

a 21 a 23
Pour A 12 , on a a 23 . a 31 − a 21 . a 33 = −
a 31 a 33

A 12 représente donc l’opposé du déterminant de la matrice obtenue à partir de la matrice


originale lorsque l’on élimine la première ligne et la deuxième colonne.

a 21 a 22
On a aussi A 13 = a 21 . a 32 − a 22 . a 31 =
a 31 a 32

ce qui représente le déterminant d’une matrice obtenue à partir de la matrice originale lorsque
l’on élimine la première ligne et la troisième colonne.

Ces exemples conduisent au théorème suivant :

Le cofacteur A i j de l’élément a i j est égal au déterminant de la sous-matrice obtenue à partir de


la matrice originale lorsque l’on élimine la i ème ligne et la j ème colonne, multiplié par ( -1 ) i + j .

81
Déterminant du produit de deux matrices

A et B étant deux matrices d’ordre n, on peut démontrer que :

dét( A . B ) = dét( A ) . dét( B )

82
13. Valeurs et vecteurs propres d’une matrice carrée

Directions et valeurs propres d’une matrice carrée

Soit un point P(x 1 , x 2 ) quelconque du plan x


P(x 1 ,x 2 )
x 1 Ox 2 .
P’(x 1 ’ , x 2 ’)
Considérons les deux équations linéaires →
x

⎧⎪ x 1' = a 11 x 1 + a 12 x 2 x′
⎨ ' ai j ∈ 3
⎪⎩ x 2 = a 21 x 1 + a 22 x 2 O x1

A chaque point P(x 1 , x 2 ) du plan, les équations précédentes font correspondre un


point P’(x 1 ’ , x 2 ’).

Ces équations définissent ce que l’on appelle une transformation linéaire de coordonnées.

Cette transformation est entièrement déterminée par les quatre nombres a 11 , a 12 , a 21 et a 22 . Le


tableau formé à partir de ces quatre coefficients est appelé matrice de la transformation
linéaire et désigné par une seule lettre A. On écrit :

⎛ a a 12 ⎞
A = ⎜⎜ 11 ⎟⎟ ou A = ( a ij ) , i, j = 1, 2.
⎝ a 21 a 22 ⎠

⎛ x1 ⎞ ⎛ x' ⎞
En notant respectivement x et x les matrices-colonnes ⎜
′ ⎜ ⎟ et ⎜ ⎟ , le système précédent
1
⎟ ⎜ ' ⎟
⎝ x2 ⎠ ⎝ x2 ⎠
s’écrira :

x′ = A . x

→ →
On peut aussi écrire le système sous la forme x ′ = A . x , pour exprimer symboliquement que la
→ →
matrice A applique le vecteur x sur le vecteur x ′ .

Remarque

On peut définir des transformations linéaires de l’espace à trois dimensions, ou en général de


l’espace à n dimensions à partir de systèmes d’équations linéaires à trois ou n inconnues.

83
Exemple

Considérons l’homothétie de centre O et de


rapport k ( k ≠ 0 ).
H k
x2
⎯⎯→ ⎯⎯→ ⎯⎯→
On a OP ′ = H k OP = k . OP P’

x 1' = k . x 1 + 0 . x 2 ⎛ k 0 ⎞ P
d’où H k = ⎜⎜ ⎟⎟ .
x '2 = 0 . x 1 + k . x 2 ⎝ 0 k ⎠ x1
O

La matrice H k est une matrice diagonale ( les éléments situés en dehors de la diagonale principale
sont nuls ). On note H k = diag (k , k).

Cas particuliers

⎛ 0 0 ⎞
- k = 0 : H 0 = ⎜⎜ ⎟⎟ . C’est la matrice nulle d’ordre 2. Elle applique tout point du plan sur un
⎝ 0 0 ⎠
point : l’origine du repère.

⎛ 1 0 ⎞
- k = 1 : H 1 = ⎜⎜ ⎟⎟ . C’est la matrice unité ou identité d’ordre 2, notée I. Elle applique tout
⎝ 0 1 ⎠
point du plan sur lui-même.

⎛ −1 0 ⎞
- k = -1 : H – 1 = ⎜⎜ ⎟⎟ .C’est la matrice de symétrie par rapport à l’origine.
⎝ 0 −1 ⎠

Les matrices I et H – 1 ont leurs vecteurs-lignes et leurs vecteurs-colonnes orthonormés. On


appelle matrice orthogonale ou unitaire toute matrice jouissant d’une telle propriété.

La matrice d’homothétie H k ( k ≠ 0 ) applique x2 Hk


toute direction sur elle-même, car agissant sur →

kx
un vecteur x , H k le multiplie par le réel k,
conservant ainsi sa direction. →
x

Par suite, une matrice d’homothétie laisse inva-


riantes les directions de l’espace. O x1

Il n’en est pas de même pour la matrice de symétrie S α par exemple, où seules deux
directions, celle de l’axe de symétrie et celle de la perpendiculaire à cet axe sont invariante pour
cette matrice.

Ainsi, il peut exister pour une matrice donnée des directions privilégiées que l’action de la matrice
ne modifie pas ; ces directions sont appelées les directions propres de la matrice.
→ →
Tout vecteur v ( ≠ 0 ) caractéristique d’une direction propre est appelé vecteur
propre. Evidemment, un vecteur propre n’est défini qu’à un allongement près ; sa direction seule est
définie mais sa longueur est arbitraire.

84
D’une manière générale, on appelle vecteur propre de valeur propre λ d’une matrice donnée A, tout
→ → → →
vecteur v ( ≠ 0 ) tel que A v = λ v

Les notions de direction et de valeur propres d’une matrice ayant été introduites, on prévoit
aisément que :

- Pour la matrice d’homothétie H k ( k ≠ 0 ), tout vecteur est un vecteur propre de valeur propre
k.

- La matrice de rotation R α ( α ≠ n π ) ne possède pas de valeurs propres réelles.

- La matrice de symétrie S α possède deux directions propres, celle de l’axe de symétrie et celle
de la perpendiculaire à cet axe.

85
Recherche des directions et valeurs propres d’une matrice

→ →
v ( ≠ 0 ) étant un vecteur propre de valeur propre λ de la matrice A, on doit avoir :

→ → → →
A v = λ v ⇒ ( A – λ I ) v = 0 , c’est à dire :

⎛ a 11 − λ a 12 . a 1n ⎞⎛ v1 ⎞ ⎛ 0 ⎞
⎜ ⎟⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ a a − λ . a ⎟⎜ v2 ⎟ ⎜ 0 ⎟

12 22 2n
⎟⎜ ⎟ = ⎜ ⎟ , ou encore :
. . . . . 0
⎜ ⎟⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ a . a nn − λ ⎟⎠ ⎜⎝ ⎟ ⎜ ⎟
⎝ n1 a n2 vn ⎠ ⎝ 0 ⎠

⎧ ( a 11 − λ ) v 1 + . . . + a 1n v n = 0

⎪ a 21 v 1 + . . . + a 2n v n = 0

⎪ ...............................
⎪⎩ a n1 v 1 + . . . + ( a nn − λ ) v n = 0

→ →
Le vecteur v étant ≠ 0 , le système linéaire homogène en les inconnues v 1 , v 2 , . . ., v n admet une
solution non nulle, ce qui implique que son déterminant est nul :

dét ( A – λ I ) =0
Les valeurs propres de la matrice A sont les racines de l’équation dét ( A – λ I ) = 0, appelée
équation caractéristique de la matrice A .
Cas particulier

Les éléments diagonaux d’une matrice diagonale sont ses valeurs propres.

En effet, si A = diag ( a 11 , a 22 , . . ., a nn ), alors dét ( A – λ I ) = ( a 11 - λ ) . ( a 22 - λ ) . ( a nn - λ )

Par suite, λ i = a ii , i = 1, . . ., n.

Valeurs et vecteurs propres des matrices symétriques et orthogonales

Matrices scalaires

A = diag ( a , a )

Cette matrice possède la valeur propre double λ = a, à laquelle on associe les deux vecteurs propres
→ →
orthonormés v 1 ( 1 , 0 ) et v 2 ( 0 , 1 ).

Matrices symétriques

⎛ a b ⎞
S = ⎜⎜ ⎟⎟ , b ≠ 0.
⎝ b c ⎠

86
Les valeurs propres de S sont réelles et différentes. De fait, le réalisant de l’équation
caractéristique est strictement positif.
En effet l’équation caractéristique de S s’écrit :

a−λ b
= 0 ou encore λ2 – ( a + c ) λ + ac – b2 = 0.
b c−λ

et son réalisant ( a - c )2 + 4b2 est la somme de deux carrés dont l’un au moins est non nul ; cette
somme est donc strictement positive.

Les vecteurs propres de valeurs propres distinctes d’une matrice symétrique sont orthogonaux.

→ →
Soit v 1 ( v 11 , v 12 ) et v 2 ( v 21 , v 22 ), deux vecteurs propres de valeurs propres distinctes λ 1 et λ 2
de S.

On a : ( a - λ 1 ) v 11 = -b v 12

( a - λ 2 ) v 21 = -b v 22

En multipliant ces égalités membre à membre, on obtient :

( a - λ 1 ) ( a - λ 2 ) v 11 v 21 = b2 v 12 v 22 ⇒ [ a2 + λ 1 λ 2 - a( λ 1 + λ 2 ) ] v 11 v 21 - b2 v 12 v 22 = 0

En remplaçant dans cette égalité λ 1 + λ 2 et λ 1 λ 2 , somme et produit des racines de l’équation


caractéristique, par a + c et ac – b2, on obtient :

→ →
-b2v 11 v 21 - b2 v 12 v 22 = 0, ce qui donne en simplifiant par -b2, v 11 v 21 + v 12 v 22 = 0 ⇒ v 1 ⊥ v 2

Matrices orthogonales

⎛ a b ⎞ ⎛ a b ⎞
U 1 = ⎜⎜ ⎟⎟ U 2 = ⎜⎜ ⎟⎟ où a2 + b2 = 1
⎝ −b a ⎠ ⎝ b −a ⎠

Les valeurs propres d’une matrice orthogonale ont pour module l’unité.

- L’équation caractéristique ( a - λ )2 + b2 = 0 de la matrice U 1 a pour solutions λ = a + j.b

⇒ λ = a2 + b2 = 1

- L’équation caractéristique λ2 = a2 + b2 = 1 de la matrice U 2 possède visiblement deux valeurs


propres réelles ( U 2 étant symétrique ) de module 1.

Les vecteurs propres de valeurs propres distinctes d’une matrice orthogonale sont orthogonaux.

87
Transformée d’une matrice

x2 A0 Par rapport au système ( x 1 Ox 2 ), la matrice A ap-


→ plique
X2 X' → → → →
→ x sur x' : x' = A x (1)
A X

a x' X1 D’autre part, un nouveau système de coordonnées

( X 1 OX 2 ) donne lieu à la matrice de changement de
x
O x1 coordonnées C se traduisant par :

→ → → →
x=C X (2) x' = C X' (3)
→ →
Quelle est dans le nouveau système ( X 1 OX 2 ) la matrice A 0 qui appliquerait X sur X' ?
→ →
Le problème revient donc à trouver la matrice A 0 telle que X' = A 0 X

→ →
Introduisons dans ( 1 ) les valeurs de x et x' données par ( 2 ) et ( 3 ) ; il vient :

→ → → → → →
A C X = C X' d’où C–1 A C X = C–1 C X' ⇒ X' = C–1 A C X ⇒ A 0 = C–1 A C

La matrice A 0 est par définition la transformée de A par C .

Les considérations géométriques qui précèdent permettent de dire que :

→ → → → → →
si v est un vecteur propre de A de valeur propre λ, alors le vecteur V : v = C V ou V = C–1 v est
un vecteur propre de A 0 de valeur propre λ :

→ → → →
A v = λ v ⇔ A 0 ( C–1 v ) = λ ( C–1 v )

autrement dit, la matrice A et sa transformée A 0 ont les mêmes valeurs propres associées aux
→ →
vecteurs propres v de A et C–1 v de A 0 et leurs équations caractéristiques ont les mêmes racines.

Diagonalisation des matrices carrées

Considérons d’abord une matrice A à deux lignes et deux colonnes possédant deux vecteurs
→ →
propres v 1 ( v 11 , v 12 ) et v 2 ( v 21 , v 22 ) associés aux valeurs propres λ 1 et λ 2 . Considérons le
nouveau système de coordonnées X 1 OX 2 dont les axes OX 1 et OX 2 ont les directions des vecteurs
→ →
v 1 et v 2 .

Ce système se caractérise par une matrice de changement d’axes notée C p telle que :

⎛ v v 21 ⎞
C p = ⎜⎜ 11 ⎟
⎝ v 12 v 22 ⎟⎠

88
C p a donc pour vecteurs-colonnes les vecteurs propres de A .

x2 A 0 étant la transformée de A par C p , on a :


X2
A 0 = C p -1 A C p
→ → → →
Vi étant lié à v i par v i = C p Vi , i = 1, 2
→ →
v 2 ( V2 ) X1 → → → →
et V1 = (⏐ v 1 ⏐, 0 ) , V2 = ( 0 , ⏐ v 2 ⏐), on a :
→ →
→ → → → ⎛ λ 0 ⎞
O v 1 ( V1 ) x1 A 0 V1 = λ 1 V1 et A 0 V2 = λ 2 V2 donc A 0 = ⎜⎜ 1 ⎟⎟
⎝ 0 λ2 ⎠

Ainsi la transformée de A par C p est diagonale et ses éléments diagonaux sont les valeurs propres
de A . On dit que C p diagonalise A .
Indépendamment de toute considération géométrique, on peut montrer que dans l’espace à n
dimensions :

Toute matrice D ayant pour vecteurs-colonnes les n vecteurs propres linéairement indépendants
→ → → →
de la matrice A diagonalise cette dernière et l’on a, si D = ( v 1 , v 2 , . . . , v n ) ( v i étant associé à
la valeur propre λ i , i = 1, . . ., n ) :

D–1 A D = diag ( λ 1 , λ 2 , . . . , λ n )

De fait, il suffit d’établir l’égalité A D = D diag ( λ 1 , λ 2 , . . . , λ n ), ce qui est immédiat car

→ → → → → → → → →
A D = A ( v1 , v 2 , . . . , v n ) = ( A v1 , A v 2 , . . . , A v n ) = ( λ1 v1 , λ2 v 2 , . . . , λn v n )

→ → → → → →
D diag ( λ 1 , λ 2 , . . . , λ n ) = ( v 1 , v 2 , . . . , v n ) diag ( λ 1 , λ 2 , . . . , λ n ) = ( λ 1 v 1 , λ 2 v 2 , . . . , λ n v n )

Une matrice de dimension n est diagonalisable si elle possède un système de n vecteurs


propres linéairement indépendants.

89
Remarques

- Les matrices symétriques et orthogonales sont diagonalisables.

- Toute matrice de dimension n possédant n valeurs propres distinctes est diagonalisable.

⎛ 0 1 ⎞
- Une matrice n’est pas nécessairement diagonalisable. Par exemple, la matrice ⎜⎜ ⎟⎟ admet
⎝ 0 0 ⎠
0 comme valeur propre double à laquelle on ne peut associer que le vecteur propre ( 1 , 0 ).

- Il est intéressant de pouvoir mettre une matrice A sous forme diagonale à plus d’un titre,
par exemple, pour en calculer une puissance quelconque.

Supposons que A soit diagonalisable par D ⇒ A 0 = D–1 A D.

Pour calculer A3, on calcule d’abord A 0 3 = D–1 A D . D–1 A D . D–1 A D.

Comme D . D–1 = I, on obtient A 0 3 = D–1 A 3 D et A 3 = D A 0 3 D–1 .

A 0 étant diagonale, A 0 3 l’est aussi et ses éléments sont les cubes des éléments de A 0 .

90
14. Exercices

1. Soit les matrices

⎛ 2 −2 −4⎞ ⎛ 0 2 0 ⎞ ⎛ 2 −3 −5 ⎞ ⎛ −1 3 5 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
A = ⎜ −1 3 4 ⎟ B = ⎜ 2 −3 1 ⎟ C = ⎜ −1 4 5 ⎟ D = ⎜ 1 −3 −5 ⎟
⎜ 1 −2 −3 ⎟ ⎜ 2 −1 2 ⎟ ⎜ 1 −3 −4 ⎟ ⎜ −1 3 ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠ ⎝ ⎠ ⎝ 5 ⎠

⎛ 1 3 2 ⎞ ⎛ 1 −3 −2 ⎞ ⎛ 1 0 0 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎛ a b ⎞ ⎛ b 0 ⎞ ⎜ ⎟
E=⎜ 0 1 0 ⎟ F=⎜ 0 1 0 ⎟ G = ⎜⎜ ⎟⎟ H = ⎜⎜ ⎟⎟ I3 = ⎜ 0 1 0 ⎟
⎜ 0 0 1 ⎟ ⎜ 0 0 1 ⎟ ⎝ 0 0 ⎠ ⎝ −a 0 ⎠ ⎜ 0 0 1 ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠ ⎝ ⎠

⎛ 1 0 ⎞ ⎛ 2 1 ⎞ ⎛ ab b 2 ⎞⎟ ⎛ 2 −3 ⎞ ⎛ 1 4 ⎞
I 2 = ⎜⎜ ⎟⎟ K = ⎜⎜ ⎟⎟ L = ⎜⎜ M = ⎜⎜ ⎟⎟ N = ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ 0 1 ⎠ ⎝ -3 -2 ⎠ ⎝ −a
2
− ab ⎟⎠ ⎝ 3 2 ⎠ ⎝ −4 1 ⎠

⎛ 0 0 0 ⎞
⎛ 0 0 ⎞ ⎜ ⎟
O 2 = ⎜⎜ ⎟⎟ O3 = ⎜ 0 0 0 ⎟
⎝ 0 0 ⎠ ⎜ 0 0 0 ⎟
⎝ ⎠

Montrer que :

a) A . B ≠ B . A f) G . H = O 2

b) A2 = A g) E . F = I 3

c) C . D = D . C = O 3 h) K2 = I 2

d) C . A = C i) L2 = O 2

e) A . C = A j) M . N = N . M
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

⎛ 2 1⎞
2. Soit la matrice A = ⎜⎜ ⎟⎟ .
⎝ 2 1⎠

a) Déterminer les matrices B qui commutent avec A, c’est à dire qui vérifient A . B = B . A

b) Déterminer les matrices C telles que A . C = A

c) Déterminer les matrices D telles que D . A = A


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

⎛ 0 0 1 ⎞
⎜ ⎟
3. ***Soit la matrice A = ⎜ 2 1 0 ⎟
⎜ 1 0 0 ⎟
⎝ ⎠

a) Calculer A2 et A3.

b) Calculer A2 + A - I 3 .

c) Déduire de la comparaison des résultats précédents la matrice A –1, inverse de A.


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

91
⎛ −3 1 1 ⎞ ⎛1 1 1⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
4. On considère les matrices A = ⎜ 1 − 3 1 ⎟ et B = ⎜ 1 1 1 ⎟.
⎜ 1 1 −3 ⎟ ⎜1 1 1⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠

a) Montrer que B = A + 4I 3 .

b) Trouver une relation simple liant B et B2.

c) En déduire une relation liant A, A2 et I 3 .

d) En déduire que A est inversible et calculer A –1.


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

⎛ 1 a a2 ⎞
⎜ ⎟
5. Soit la matrice M a = ⎜ 0 1 2a ⎟.
⎜ ⎟
⎜ 0 0 1 ⎟
⎝ ⎠

a) Montrer que M a . M b = M a+b .

b) En déduire que M a est inversible et calculer M a−1 .

c) Calculer M an pour n naturel quelconque.

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

⎛ −1 1 1 −2 ⎞ ⎛ 0 0 0 1 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ 1 −1 − 2 1 ⎟ ⎜ 0 0 1 0 ⎟
6. On considère les matrices A = ⎜ ⎟, J=⎜ et I 4 .
1 − 2 −1 1 0 1 0 0 ⎟
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ −2 − 1 ⎟⎠ ⎜ 1 0 0 0 ⎟⎠
⎝ 1 1 ⎝

a) Calculer J2 et montrer que A et J commutent.

b) Calculer J –1.

c) Exprimer ( A + 2 I 4 + 3 J )2 en fonction de A + 2 I 4 + 3 J. En déduire qu’il existe deux


constantes α et β telles que A2 + α A . J + β I 4 = O 4 .

d) Montrer que A est inversible et calculer A –1.


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

⎛ a b ⎞ ⎛ e f ⎞
7. A quelle condition doivent satisfaire les termes des matrices A = ⎜⎜ ⎟⎟ et B = ⎜⎜ ⎟

⎝ c d ⎠ ⎝ g h ⎠
pour qu’elles commutent ?
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

8. On fait agir de l’acide sulfurique et de l’acide nitrique sur du sulfate ferreux en vue
d’obtenir du sulfate ferrique, du nitrosyle et de l’eau :

x FeSO 4 + y H 2 SO 4 + z HNO 3 → α Fe 2 (SO 4 ) 3 + β NO + γ H 2 O

Calculer les inconnues x, y, z, α, β et γ en vue d’équilibrer la réaction.


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯
9. Placer neuf nombres entiers x 1 , x 2 , . . ., x 9 dans un carré à trois lignes et trois colonnes de
telle sorte que la somme de chaque ligne, chaque colonne et chaque diagonale soit constante.
Un tel carré est appelé carré magique.

Rechercher en particulier un carré magique contenant les nombres entiers 1, 2, . . ., 9.


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

92
10. Résoudre les systèmes suivants :

⎧ 2x + y + z = 1 ⎧ 2x + y + 4z − 3t = 2 ⎧ 7 x + 5 y = 17
⎪ ⎪ ⎪
a) ⎨ x + 2 y + z = 2 b) ⎨ 2x − y − z − 3t = 7 c ) ⎨ 4 x + 3 y = 10
⎪ x + y + 2z = − 3 ⎪ 2y + 5z = − 5 ⎪ 2x + 7 y = 19
⎩ ⎩ ⎩

⎧ x − 3 y − 2z = − 1

⎪ 2 x + y − 4z = 3
d) ⎨
⎪ x + 4 y − 2z = 4
⎪⎩ 5 x + 6 y − 10z = 10

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

11. Trois personnes jouent aux cartes. Elles conviennent que, lors de chaque manche, le
perdant paie à chacun des deux autres un montant égal à l’argent que ceux-ci possèdent
déjà. le perdant double donc l’avoir de chacun des deux autres joueurs. La partie se joue en
trois manches, et il se fait que chaque joueur en perd une. A ce moment-là, chacun possède
un montant de 16 F. Quels sont les montants dont ils disposaient en début de partie ?
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

12. ***Calculer l’inverse des matrices suivantes :


⎛ 1 2 0 2 ⎞
⎛ 1 3 3 ⎞ ⎜ ⎟
⎛ 2 1 −1 ⎞
⎜ ⎟ ⎜
⎜ −1 − 2 1 − 3 ⎟ ⎟
a) ⎜ 1 4 3 ⎟ c) ⎜ b) ⎜ 0 2 1 ⎟
⎜ 1 3 4 ⎟ 1 1 1 1 ⎟
⎜ 5 2 −3 ⎟
⎝ ⎠ ⎜ ⎝ ⎟ ⎠
⎜ 2 3 3 2 ⎟⎠

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

13. Calculer les déterminants suivants :

1 1 1 1 1 2 3 4
1 2 3 1 2 4 4 9 16
1 3 6 10 2 3 4 1
2 2 2 3 3 7 1 4 9
1 2 3 4 3 4 1 2
3 2 3 3 4 7 9 16 25
1 4 10 20 4 1 2 3

a 0 0 0 0 b
2 6 8 2 3
2 −1 0 0 0 a 0 0 b 0
1 6 5 1 1
−1 2 −1 0 0 0 a b 0 0
2 8 9 3 2
0 −1 2 −1 0 0 b a 0 0
1 3 4 1 1
0 0 −1 2 0 b 0 0 a 0
2 6 8 3 2
b 0 0 0 0 a
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

14. Déterminer les matrices des transformations linéaires du plan suivantes :

1) Symétrie par rapport à l’axe Ox 1 ;


2) Symétrie par rapport à l’axe Ox 2 ;
3) Symétrie par rapport à l’origine du repère ;
4) Symétrie S α par rapport à la droite formant un angle α avec l’axe Ox 1 ;
5) Rotation R α de centre O( 0 , 0 ) et d’angle α ;
6) Projection P α sur la droite comprenant O( 0 , 0 ) et formant un angle α avec l’axe Ox 1 .
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

15. Rechercher, s’ils existent, les vecteurs propres des matrices de l’exercice 14.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

93
16. Rechercher les matrices de changement de repère suivants ( dans le plan ) :

1) Changement de repère orthonormé de même origine ;


2) Changement de repère de même origine.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

17. Rechercher les valeurs et vecteurs propres des matrices suivantes :

⎛ 1 0 0 ⎞ ⎛ 0 0 1 ⎞ ⎛ −1 2 2 ⎞
⎛ 5 −9 ⎞ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
a) ⎜⎜ ⎟⎟ b) ⎜ 0 0 1 ⎟ c) ⎜ 0 1 0 ⎟ d) ⎜ − 8 7 4 ⎟
⎝ 1 −5 ⎠ ⎜ 0 1 0 ⎟⎠ ⎜ 1 0 0 ⎟ ⎜ − 13 5 8 ⎟
⎝ ⎝ ⎠ ⎝ ⎠

⎛ 2 −2 3 ⎞ ⎛ 7 4 −1 ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
e) ⎜ 10 − 4 5 ⎟ f) ⎜ 4 7 −1 ⎟
⎜ 5 −4 6 ⎟ ⎜ −4 −4 4 ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

18. Diagonaliser les matrices suivantes :

⎛ 3 −2 −2 ⎞ ⎛ k 0 k ⎞
⎛ 5 −9⎜ ⎞ ⎟ ⎜ ⎟
a) ⎜⎜ b) ⎜ − 2 3 − 2 ⎟
⎟⎟ c) ⎜ 0 k k ⎟ k ≠ 0
⎝ 1 −5 ⎠
⎜ −2 2 3 ⎟⎠ ⎜ k k 0 ⎟
⎝ ⎝ ⎠
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

19. On considère la suite de Fibonacci ( 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, . . . . . ). Elle est définie par les

⎧ F1 = 0

relations ⎨ F2 = 1
⎪ ∀ n ∈ N \ { 0 , 1 }: F
⎩ n + 1 = Fn + Fn − 1

Calculer la valeur numérique du terme général en utilisant le calcul matriciel.


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

20. L’hydrogène et l’oxygène réagissent suivant la formule 2H 2 + O 2 ⎯→ 2H 2 O.

Cependant, les chimistes actuels ne pensent plus que les molécules réagissent de cette
façon ; la réaction est la conséquence de la présence des radicaux H, O et OH, et on a les
trois réactions simultanées :

O + H 2 ⎯→ OH + H
OH + H 2 ⎯→ H 2 O + H
H + O 2 ⎯→ OH + O

On suppose que ces trois réactions ont la même vitesse et que l’on dispose d’un nombre
illimité de radicaux oxygène et hydrogène.

A l’instant t 0 , démarre une réaction en chaîne avec un radical oxygène. Calculer le nombre
de radicaux O, OH et H à l’instant t n ( après n réactions ).
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

94
21. Les jeunes vieillissent, les vieux meurent. Telle est la dure loi de la nature ! Mais on peut au
moins analyser le phénomène, et proposer un modèle de vieillissement permettant de
prévoir l’évolution de la population et sa composition.

On ne distinguera que deux classes d’individus : les Jeunes et les Vieux. On décide
d’observer l’état de la population à intervalles réguliers, dont la fréquence est choisie en
fonction de la partition initiale des individus en deux classes seulement ; la période entre
deux observations sera ainsi égale à la moitié d’une vie moyenne : de sorte que, au cours de
cette période, tous les jeunes sont devenus vieux ou sont morts prématurément, tous les
vieux sont morts, mais chaque classe a « produit » une certaine quantité de jeunes, avec les
taux respectifs a et b.

Le schéma suivant résume la situation :

b
a

Jeunes Vieux

1
1-c

Comment, à long terme, la population va-t-elle évoluer ?


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

22. On fait subir à une bande de papier les transformations suivantes :

Et on continue . . . Combien cela fait-il de morceaux de papier après la nième opération ?


⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

95
23. Martin rencontra un jour sur sa route un pauvre mendiant. Lui-même n’était pas très
riche, mais il partagea sa fortune en deux et en donna la moitié au mendiant. C’est alors que
commença un de ces processus indéfinis que la plus élémentaire des politesses nous oblige
parfois à engager. Le mendiant ne voulant pas être en reste, prit alors la moitié de ce qu’il
avait et la donna à Martin. Ce double échange continua jusqu’à l’épuisement total de Martin,
et c’est une des raisons pour laquelle il fut plus tard canonisé.

La question se pose de savoir s’il est possible d’éviter à Martin une fatigue inutile en
prévoyant la suite des échanges, et surtout, en mettant en évidence l’apparition éventuelle
d’une stabilisation.

Généraliser la situation précédente en imaginant p personnages se faisant don successive-


ment d’une fraction a de leur fortune.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

96
24. Une certaine population de scarabées se comporte de la manière suivante :

1) - en moyenne, la moitié des scarabées meurent la première année, et les autres


survivent une seconde année.
- parmi ceux-ci, les 2/3 meurent durant cette seconde année et les autres survivent une
troisième année.
- à la fin de la troisième année, ils meurent tous, mais, auparavant, chacun d’eux donne
naissance en moyenne à 6 scarabées.

a) Traduire sous forme matricielle, l’évolution de cette population après 1, 2, 4 et 8 ans.


Que peut-on en conclure ?

b) Déterminer la répartition de la population après un an si la répartition initiale était


la suivante :
⎧ 900 scarabées de moins d' un an

⎨ 900 scarabées entre un et deux ans
⎪ 900 scarabées entre deux et trois ans

c) Vérifier qu’il y a une répartition de la population qui est stable pour cette évolution
et dire de quelle répartition il s’agit.

d) Déterminer la répartition de la population un an et deux ans avant la répartition


suivante :

⎧ 1200 scarabées de moins d' un an



⎨ 6000 scarabées entre un et deux ans
⎪ 6000 scarabées entre deux et trois ans

2) On modifie le problème précédent. Chaque scarabée donne naissance en moyenne à un


autre scarabée au cours de la seconde année et il donne naissance en moyenne à trois
autres scarabées au cours de la troisième année.

a) Traduire sous forme matricielle, l’évolution de cette population.

b) Déterminer la répartition de la population après un an si la répartition initiale était


la suivante :

⎧ 900 scarabées de moins d' un an



⎨ 900 scarabées entre un et deux ans
⎪ 900 scarabées entre deux et trois ans

c) Déterminer la répartition de la population un an avant la répartition suivante :

⎧ 3600 scarabées de moins d' un an



⎨ 100 scarabées entre un et deux ans
⎪ 100 scarabées entre deux et trois ans

3) a) Donner la mortalité et la natalité dans chaque tranche d’âge si l’évolution de la


population correspond à la matrice suivante :

⎛ 0 6 24 ⎞
⎜ ⎟
⎜ 31 0 0 ⎟
⎜⎜ 1 ⎟⎟
⎝ 0 2 0 ⎠

b) Pour la matrice donnée en a), donner sous forme matricielle l’évolution de la


population après deux ans.

97
c) Vérifier qu’il n’y a pas de répartition de la population qui soit stable.

d) Vérifier qu’il y a une répartition de la population qui double tous les ans.

e) Déterminer la répartition de la population un an avant la répartition suivante :

⎧ 132 scarabées de moins d' un an



⎨ 10 scarabées entre un et deux ans
⎪ 3 scarabées entre deux et trois ans

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

98
25. L’hôtel « A l’hameçon d’argent » possède un élevage de truites. Le responsable de cet
élevage décrit ainsi l’évolution de ses poissons.

Il faut distinguer trois sortes de poissons :

- les alevins sont les poissons de moins d’un an ;


- les immatures sont les poissons qui ont entre un et deux ans ;
- les adultes sont les poissons de deux ans et plus.

D’autre part, l’année est divisée en deux parties distinctes : la période de vieillissement et
reproduction et la période de pêche.

La période de vieillissement et reproduction commence par l’hiver pendant lequel 20% des
alevins, 40% des immatures et 60% des adultes meurent. On considère que c’est à ce
moment que les survivants changent de classe d’âge. Elle se poursuit par le printemps, pen-
dant lequel chaque adulte donne naissance à deux alevins.

a) Ecrire la matrice A décrivant l’évolution de la population des truites entre le début et


la fin de la période de vieillissement et reproduction.

Vient alors la période de pêche pendant laquelle les bassins sont accessibles aux pêcheurs.
Seuls les adultes peuvent être pêchés et on estime que 50% de ceux-ci sont pris. Avant la
fin de cette période, on introduit dans les bassins des alevins venus de l’extérieur à raison
de 60% des alevins présents à ce moment.

b) Ecrire la matrice B décrivant l’évolution de la population des truites entre le début et la


fin d’une même période de pêche.

c) Ecrire en fonction de A et B, la matrice C décrivant l’évolution de la population des


truites entre le début de la période de pêche d’une année et le début de la période de
pêche de l’année suivante.

Dans un autre élevage de truites, l’évolution de la population est donnée par la matrice
suivante :

⎛ 0 1 .5 1 .5 ⎞
⎜ ⎟
⎜ 0 .5 0 0 ⎟
⎜ 0 0.25 0.25 ⎟
⎝ ⎠

Montrer qu’il est possible d’avoir une population stable dans cet élevage et en donner un
exemple.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

99
26. Un forestier possède un terrain avec des sapins. Il divise ses sapins en trois
catégories ( petits, moyens et grands ).

1) Il sait par expérience, que sans intervention de sa part,

- 50% des petits passeraient en un an dans la catégorie des moyens ;


- 30% des moyens passeraient en un an dans la catégorie des grands ;
- les autres resteraient dans leur catégorie.

Le forestier fait son inventaire chaque année à Noël. Toutes les années paires, il abat
juste avant Noël la moitié des grands sapins du relevé de l’année précédente et en
replante le même nombre de petits ( de manière à garder la même quantité totale de
sapins au moment de son relevé annuel ). Les années impaires, il n’abat ni ne plante aucun
sapin.

a) Ecrire la matrice A donnant l’évolution de chaque catégorie de sapins la première


année sachant que celle-ci est une année impaire.

b) Ecrire la matrice B donnant cette même évolution la seconde année.

c) Ecrire la matrice C donnant l’évolution sur les deux premières années ( la première
était donc impaire ).

2) Une autre évolution dans laquelle le forestier intervient chaque année en plantant
uniquement des petits sapins et en n’en abattant que des grands est donnée par la
matrice suivante :

⎛ 0. 6 0 0 . 4 ⎞
⎜ ⎟
⎜ 0 . 4 0. 8 0 ⎟
⎜ 0 0 . 2 0. 6 ⎟
⎝ ⎠

a) Décrire cette évolution sur une année :

b) Quelle proportion de petits et de moyens sapins passent dans la catégorie suivante ?

c) Quelle proportion de grands sapins abat-on ?

d) Le nombre total de sapins reste-t-il constant d’année en année ( quelle que soit la
répartition initiale ) ? Justifier.

e) Pour quelles répartitions initiales cette évolution permet-elle de garder une


répartition stable ?

f) Parmi ces répartitions, quelle est celle pour laquelle le forestier coupe chaque année
500 sapins ?

g) Parmi ces répartitions, quelle est celle qui correspond à un total de 3000 sapins ?
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

100
27. Une famille de puces réside dans les pièces 1, 2 et 3 représentées sur le schéma ci-
dessous.

Chaque jour, 1/4 des puces de la pièce 1 restent en


place ; les autres puces de la pièce 1 et celles des
2
pièces 2 et 3 quittent leur pièce et se répartissent
« également » par les ouvertures. Certaines ouvertures
entre les pièces sont à sens unique.
1
On désigne par x 1 , x 2 et x 3 les nombres de puces
3 initia-lement dans les pièces 1, 2 et 3 respectivement, et
par y 1 , y 2 et y 3 les nombres de puces après un jour dans
les pièces 1, 2 et 3 respectivement.

a) Décrire par un système d’équations linéaires l’évolution journalière de cette population.

b) Ecrire ce système sous forme matricielle.

c) Déterminer la répartition après un jour si la répartition initiale est la suivante :

⎧ 3600 puces dans la pièce 1



⎨ 2400 puces dans la pièce 2
⎪ 4800 puces dans la pièce 3

d) Déterminer la répartition après deux jours, si la répartition initiale est la même


qu’en c).

e) Déterminer la répartition d’hier si aujourd’hui la répartition est la même qu’en c).

f) Pour quelles répartitions initiales le déménagement des puces permet-il de garder


une répartition stable ?

g) Parmi ces répartitions stables, quelle est celle pour laquelle le nombre total de puces
est égal à 11500 ?
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

28. A, B et C sont trois amis très généreux les uns avec les autres. Chaque fois que A reçoit de
l’argent, il n’en garde que 60% pour lui et en donne 10% à B et 30% à C ; chaque fois que B
reçoit de l’argent, il n’en garde que 40% pour lui et en donne 20% à A et 40% à C ; chaque
fois que C reçoit de l’argent, il n’en garde que 30% pour lui et en donne 30% à A et
40% à B. Ce mois-là, A, B et C reçoivent respectivement 50000 F, 70000 F et 60000 F.
Combien chacun aura-t-il lorsque le partage sera terminé ?
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

101
29. Chaque année, la population d’un pays fait son choix entre trois partis politiques A, B et C.

On constate les faits suivants :

- 40% des anciens partisans de A sont mécontents et passent au parti B. Les autres
anciens de A restent en A.
- 80% des anciens partisans de B restent en B et les autres passent en C.
- 60% des anciens partisans de C restent en C et les autres passent en A.

a) Exprimer par un système d’équations le mouvement politique de la population en un an.

b) Exprimer ce transfert sous forme matricielle.

c) Exprimer sous forme matricielle le transfert après 2 ans.

d) Montrer qu’il y a une répartition de la population qui est stable et en donner un exemple.
______________________________________________________________________

30. Trois marques de poudre à lessiver A, B et C se partagent le marché. Chaque semaine, il y a


des changements dans le choix des consommateurs.

- Parmi ceux qui achètent A, 75% d’entre eux rachètent la même marque la semaine
suivante, 20% changent pour B et 5% pour C.

- Parmi ceux qui achètent B, 80% d’entre eux rachètent la même marque la semaine
suivante, 10% changent pour A et 10% pour C.

- Parmi ceux qui achètent C, 55% d’entre eux rachètent la même marque la semaine
suivante, 25% changent pour A et 20% pour B.

a) Comment va évoluer le marché ?

b) On suppose que la répartition du marché au début de l’analyse soit comme suit :

A : 45% B : 30% C : 25%

Quelle est l’allure du marché après une semaine ? Après deux semaines ?

c) Le marché va-t-il se stabiliser ?

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

102
5. Algèbre financière

1. Intérêts simples
Un capital rapporte un intérêt ( i ) qui dépend du capital ( C ), du taux de placement ( t ) et du
nombre de jours de placement ( n ).

La formule générale de l’intérêt simple est :

C .t.n
i =
360

Le nombre de jours de l’année est arrondi à 360.

On appelle valeur acquise par un capital la grandeur :

a=C+i

Exercices

1. Deux capitaux diffèrent de 2000 €. Le premier est placé à 9% pendant 10 mois, l’autre est
placé à 10% pendant 9 mois. L’intérêt produit par le premier est double de celui produit par le
second. Calculer les deux capitaux et les deux intérêts ( On prendra un mois = 30 jours ).

2. Trois capitaux ont des montants en progression arithmétique. La différence entre le troisième
et le premier est de 1000 €. Les trois capitaux sont placés pendant un an à 9%. L’intérêt total
des trois placements est de 270 €. Calculer les trois capitaux. ( Un an = 360 jours ).

3. La somme de deux capitaux est de 25000 €. Ils sont placés un an. Le premier placé à t%
rapporte 1200 € d’intérêt, le second placé à ( t+1 )%, rapporte 900 € d’intérêt. Calculer les
deux taux et les deux capitaux.

103
2. Escompte
Définitions

Le 10 mars, M. X vend des marchandises à M. Y pour un montant de 30000 €.


Ils s’entendent pour que le paiement ait lieu le 31 mai.

Mais le 26 mars, M. X a besoin d’argent. Il va voir son banquier qui lui demande une preuve de la
vente (un billet à ordre ou une lettre de change encore appelée traite). On dit que M. X remet
l’effet à l’escompte ou le négocie.

Le banquier achète l’effet et, pour ce service, il prélève une somme appelée escompte.
Le montant de l’escompte dépend :

- du montant de la traite appelée nominal (ce montant est noté V ,


- du taux d’escompte t,
- du nombre de jours qui sépare la date de remise à l’escompte et l’échéance ( premier non
compris et dernier compris ) noté n.

V . t.n
e=
360

30000 . 0,09 . 66
Dans cet exemple, n = 66. Si t = 9%, on a e = = 495 €
360
M. X ne recevra que 29505 €, mais il les recevra le 26 mars au lieu de recevoir 30000 € le 31 mai.

29505 € est la valeur actuelle de la traite au 26 mars.

104
Equivalence de capitaux

1. Equivalence de deux capitaux

Deux capitaux sont équivalents à une date donnée s’ils ont la même valeur actuelle à cette date.

Exemple 1

On considère deux dettes :

9000 € au 1er août


9045,53 € au 31 août

Le taux d’escompte est de 6%. Quand sont-elles équivalentes ?

On appelle a 1 et a 2 les valeurs actuelles et n 1 et n 2 les nombres de jours.


9000 . 0,06 . n1
a1 = 9000 − = 9000 − 1,5 . n1
360

9045,53 . 0,06 . n2
a2 = 9045,53 − = 9045,53 − 1,50758833 . n2
360

Or les deux dettes sont équivalentes si a 1 = a 2

9000 – 1,5 . n 1 = 9045,53 – 1,50758833 . n 2

Mais on dispose d’une seule équation à deux inconnues.

n2
n1
30

d 1/8 31/8

d = date d’équivalence

d’où n 2 = n 1 + 30
9000 – 1,5 . n 1 = 9045,53 – 1,50758833 . ( n 1 + 30 )

1,50758833 . n 1 – 1,5 . n 1 = 9045,53 – 9000 – 45,22765

0,00758833 . n 1 = 0,30235

On trouve n 1 = 39,84. On prendra donc n 1 = 40 jours.

Pour calculer la date d’équivalence, il faut se placer 40 jours avant le 1er août.

Les deux dettes sont équivalentes le 21 juin, c’est à dire que le 21 juin, on peut remplacer l’une par
l’autre.

105
Exemple 2

On doit 7110 € à M. Z payables le 31 mai. Le 16 mai, on se rend compte qu’on ne pourra pas payer le
31 mai, mais seulement le 30 juin. Combien devra-t-on verser ? Le taux d’escompte est de 10%.

Pour calculer le montant à payer au 30 juin, on va écrire l’équivalence le 16 mai, entre 7110 € au 31
mai et x € au 30 juin.
7110 . 15 . 0,1
a1 = 7110 − = 7080,375
360

x . 45 . 0,1
a2 = x − = x − 0,0125 . x = 0,9875 . x
360

0,9875 . x = 7080,375

x = 7170 €

On devra verser 7170 € le 30 juin.

106
2. L’échéance commune

On dit qu’il y a échéance commune quand on remplace plusieurs capitaux par un seul qui leur est
équivalent.

Exemple 1

Le 30 avril, on remplace deux effets de 2400 € et 3200 € échéant le 10 mai et le 15 juin par un
effet unique au 8 août. Comment calculer la valeur nominale de cet effet, sachant que le taux
d’escompte est de 9% ?

On doit écrire l’égalité au 30 avril entre les valeurs actuelles

- de l’effet de montant x échéant au 8 août,


- des effets de 2400 € et 3200 € échéant le 10 mai et le 15 juin.

x . 100 . 0,09
a1 = x − = x − x . 0,025 = 0,975 . x
360

2400 . 10 . 0,09 3200 . 46 . 0,09


a2 = 2400 − + 3200 − = 5557,2
360 360

0,975 . x = 5557,2

x = 5699,69 €.

Exemple 2

Un commerçant propose à son client de remplacer la dette de 1000 € au premier mars par deux
traites de même valeur nominale d’échéances respectives le 4 juillet et le 23 août au taux de 12%.

a) On veut connaître le montant des traites.


b) Quelle serait l’échéance de la traite unique de valeur nominale 1200 € qui pourrait remplacer
les deux traites précédentes ?

a) Il faut écrire l’égalité au premier mars entre 1000 € et la valeur actuelle des deux traites :
x . 0,12 . 125 x . 175 . 0,12
a1 = x − + x− = 2. x − 0,1 . x = 1,9 . x = 1000
360 360

x = 526,32 €

b) On peut écrire au 1er mars l’égalité entre 1000 € et la valeur actualisée de 1200 € :
1200 . 0,12 . n
a1 = 1200 − = 1200 − 0,4 . n
360

1000 = 1200 – 0,4 . n

n = 500 jours soit un an, 4 mois et 20 jours après le 1er mars.

107
Exemple 3

On rencontre souvent un cas particulier de cette échéance commune. Il arrive que le montant de
l’effet remplaçant soit égal à la somme des montants des effets qu’il remplace. On dit alors qu’il y a
échéance moyenne.

Trois effets de 2000 € au 20 mai, 3500 € au 19 juin et 4500 € au 29 juillet, sont remplacés par un
effet de 10000 €.

Voici comment déterminer son échéance :

On remarque que l’énoncé ne donne ni taux, ni date ; aussi, appelons t le taux et plaçons-nous le 20
mai pour écrire l’égalité des valeurs actuelles.

2000 . 0 . t 3500 . 30 . t 4500 . 70 . t


a1 = 2000 − + 3500 − + 4500 −
360 360 360

3500 . 30 . t 4500 . 70 . t
a1 = 10000 − −
360 360

10000 . n . t
a2 = 10000 −
360

En égalant a 1 et a 2 , on obtient 10000 . n = 3500 . 30 + 4500 . 70, ce qui donne n = 42 jours après
le 20 mai, soit le 1er juillet.

108
Exercices
1. Un client achète un appareil coûtant 16117,44 €. Ce client paie 25% au comptant et le solde au
moyen de trois traites d’égale valeur nominale échéant tous les deux mois, la première deux
mois après l’achat. Calculer la valeur nominale de ces traites si le taux d’escompte est de 12%.

2. Trois effets de valeurs nominales 24000 €, 18000 € et 12000 € échéant le 10 mai, le 15 juin et
le 3 juillet sont remplacés par un effet de 54000 €. Quelle est son échéance ?

3. Un téléviseur plasma coûte 3240 €. On propose deux modes de paiement :

- au comptant

- à crédit : on verse alors 1/3 du prix au comptant et le reste en six traites mensuelles de
même valeur nominale, la première traite échéant un mois après l’achat. En considérant que les
deux modes sont équivalents le jour de l’achat, au taux de 12%, calculer le montant d’une
traite.

109
3. Intérêts composés

Définitions

Toutes les opérations concernant l’intérêt simple et l’escompte étaient de courte durée : quelques
jours ou quelques mois.

On s’intéresse maintenant à de longues durées : plusieurs années.

Dans ce cas, les intérêts sont intégrés au capital au bout d’une période : on dit qu’on les capitalise.

Or la valeur acquise par un capital C placé au taux annuel t pendant un an vaut :

C 1 = C + C.t = C.( 1 + t )

D’où, au bout de deux ans :

C 2 = C 1 .( 1 + t ) = C.( 1 + t ).( 1 + t ) = C.( 1 + t )2

Valeur acquise par un capital au bout de n années

La valeur acquise par un capital C au bout de n années au taux annuel t est :

C n = C.( 1 + t )n

Exemple 1

Calculer la valeur acquise par un capital de 10000 € placé 5 ans à intérêts composés au taux de 8%.

C 5 = 10000.( 1 + 0,08 )5 = 14693,28 €

Exemple 2

Un capital C, placé à 10%, pendant 6 ans est devenu 124009,27 €. Calculer C.

124009,27
124009,27 = C.( 1 + 0,1 )6 d’où C = = 70000 €.
1,1 6

110
Exemple 3

Un capital de 25000 € est placé 10 ans. Sa valeur acquise est 78692,4 €. Calculer le taux annuel de
placement.

25000.( 1 + t )10 = 78692,4

78692,4
( 1 + t) 10 = = 3,147696
25000

1 + t = 10 3,147696 = 1,1215

t = 12,15%

Exemple 4

Un capital de 20000 € placé à 12% par an est devenu 55461,57 €. Calculer le nombre d’années de
placement.

20000.( 1 + 0,12 )n = 55461,57

55461,57
1,12 n = = 2,7730785
20000

n . ln 1,12 = ln 2,7730785

ln 2,7730785
n= = 8,999999
ln 1,12

n = 9 ans.

111
Valeur actuelle d’un capital
n -n
La formule C n = C.( 1 + t ) est équivalente à C = C n .( 1 + t ) qui donne la valeur du capital initial.

C = C n .( 1 + t ) -n

Exemple

Pour payer un terrain, on a le choix entre deux modes de paiement :

- verser 400000 € dans 5 ans,


- verser 200000 € dans 2 ans et 200000 € dans 3 ans.

Les intérêts sont capitalisés au taux annuel de 10%.

Calculons la valeur actuelle des deux modes de paiement à l’origine afin de choisir celui qui est le
plus intéressant.

1ère valeur à l’origine : 400000 . 1,1-5 = 400000 . 0,620921323059 = 248368,5

2ème valeur à l’origine : 200000 . 1,1-2 + 200000 . 1,1-3 = 200000 . 1,57776108189 = 315552,3

Le premier mode de paiement est plus intéressant car sa valeur est plus faible.

112
Taux proportionnels. Taux équivalents

Les capitaux que l’on va utiliser permettront de rembourser des prêts. Ces remboursements ne
sont pas obligatoirement annuels ; ils sont parfois mensuels ou trimestriels. On ne peut plus alors
effectuer les calculs avec un taux qui serait annuel et des capitaux qui seraient mensuels ou
trimestriels.

Il faut alors utiliser, suivant le cas :

- le taux proportionnel : facile à calculer mais qui ne respecte pas les formules d’intérêts
composés ;
- le taux équivalent : plus difficile à calculer mais qui respecte les formules d’intérêts composés.
Cette notion est utilisée dans les calculs sur les annuités.

1. Taux proportionnels

Soit t un taux annuel de placement.


t
On dit que t 12 est le taux mensuel proportionnel au taux t, si t12 = .
12

En règle générale, si k est le nombre de périodes dans l’année, le taux par période proportionnel au
t
taux t est t k = .
k

2. Taux équivalents

On considère un capital C placé au taux annuel t pendant n années et le même capital placé au taux
semestriel t 2 pendant n années.

Définition

Les taux t et t 2 sont équivalents si les deux valeurs acquises sont égales.
n 2n
Or la première valeur acquise vaut C.( 1 + t ) et la seconde C.( 1 + t 2 ) .
n 2n
Les taux sont équivalents si C.( 1 + t ) = C.( 1 + t 2 ) .
n 2n
On simplifie par C, ce qui donne ( 1 + t ) = ( 1 + t 2 ) .
1
On peut alors écrire 1 + t = ( 1 + t 2 )2 et t 2 = ( 1 + t ) 2 − 1.

Formule générale

On l’obtient en utilisant la même démonstration.

1
tk = ( 1 + t )k − 1

où k est le nombre de périodes dans l’année

113
Exercices

1. Un capital de 12000 € est devenu 14059,91 € au bout de 8 ans. Calculer le taux de placement.

2. Un capital de 6000 € et un capital de 9000 € sont placés le même jour, le premier à 8% et le


second à 6%. Au bout de combien de temps ont-ils acquis la même valeur ?

3. Une société doit verser 350188,78 € le 1er juillet 2008 pour régler une dette de 200000 € au
1er janvier 2002. A quel taux annuel a-t-on capitalisé les intérêts ?

4. Deux capitaux ont pour somme 33712,68 €. Le premier est placé à intérêts simples au taux
de 12% ; le second à intérêts composés au taux de 11%. Au bout de 20 ans, ils ont acquis la
même valeur. Calculer les deux capitaux.

5. Deux capitaux ont pour somme 50000 €. et ils sont placés 6 ans. Le premier est placé à 10%
l’an, le second à 9% l’an. Le total des intérêts produits s’élève à 35744,22 €. Calculer les deux
capitaux.

6. L’acheteur d’un voilier a le choix entre deux modes de paiement :

- verser 1919232 € dans 2 ans ;


- verser 1136348,2 € dans 3 ans et la même somme dans 4 ans.

Les intérêts sont capitalisés au taux annuel de 10%.

Quel est le mode de paiement le plus intéressant ?

114
4. Annuités

Définitions

Les suites d’annuités sont des suites de versements. Leur utilité est essentiellement de
permettre :

- de rembourser un crédit,
- de constituer un capital.

Les suites d’annuités seront parfaitement définies lorsque l’on connaîtra :

- la périodicité (mensuelle, annuelle, . . . ),


- le montant des annuités,
- la date de versement de la 1ère annuité,
- le nombre de versements.

115
Annuités constantes

1. Valeur acquise par n annuités constantes

Définition

On appelle valeur acquise par n annuités, la somme des valeurs acquises par les annuités calculées
immédiatement après le versement de la dernière annuité.

Formule

1 2 3 4 5 6 n-1

1 2 3 4 5 6 n-1 n
a a a a a a a a

L’annuité étant constante, on l’appellera a, le taux de placement i.

Comme on calcule la valeur acquise immédiatement après le versement de la dernière annuité, la


première annuité reste placée ( n–1 ) années.

Sa valeur acquise vaut a . ( 1 + i ) n – 1.

1 2 3 4 5 n-2

a a a a a a a a a
1 2 3 4 5 6 n–1 n

La 2ème annuité restant placée ( n-2 ) années, sa valeur acquise vaut a. ( 1 + i ) n – 2.

On peut faire le même calcul pour les autres annuités. La nième valeur acquise est a, car pour la
dernière annuité, la date du calcul est la date de versement

Il reste à additionner toutes ces valeurs acquises :

V n = a . ( 1 + i ) n – 1 + a. ( 1 + i ) n – 2 + . . . . . + a . ( 1 + i ) + a.

V n = a . [ 1 + ( 1 + i ) + . . . . . + ( 1 + i ) n – 2 + ( 1 + i ) n – 1 ].

⎡ 1 − ( 1 + i )n ⎤
Vn = a . ⎢ ⎥.
⎣⎢ 1 − ( 1 + i ) ⎦⎥

( 1 + i )n − 1
Vn = a .
D’où : i

116
Exercices

1. Calculer la valeur acquise par 10 versements annuels de 10000 € au taux de 8% par an.

2. Calculer la valeur acquise par 48 mensualités de 1500 € au taux mensuel de 1%.

3. Calculer la valeur acquise de 48 mensualités de 1500 € chacune au taux annuel de 12%.

4. La valeur acquise par 12 annuités placées au taux annuel de 11% est de 227131,87 €. Calculer
l’annuité.

5. Vingt annuités de 5000 € ont une valeur acquise de 255800,60 €. Calculer le taux annuel de
placement.

6. On place n annuités de 1000 € à 11,5%. La valeur acquise est de 12077,44 €. Calculer n.

117
2. Valeur à l’origine de n annuités constantes

Définition

La valeur à l’origine de n annuités constantes est égale à la somme des valeurs à l’origine des n
annuités, l’origine étant toujours une période avant le versement de la première annuité.

Remarquons qu’il en va de même dans la réalité : lorsque l’on contracte un emprunt, il s’écoule tou-
jours un délai avant que l’on ait à payer la première échéance.

Formules

On peut représenter l’échelonnement dans le temps par le schéma suivant :

1
0 1 2 3 4 n–2 n–1 n

a a a a a a a

Valeur à l’origine de la première annuité : a . ( 1 + i ) –1

Valeur à l’origine de la deuxième annuité : a . ( 1 + i ) –2


.............................................

Valeur à l’origine de la dernière annuité : a . ( 1 + i ) – n

V 0 = a . ( 1 + i ) –1 + a . ( 1 + i ) –2 + . . . . . + : a . ( 1 + i ) – n

V0 = a . ( 1 + i ) – n . [ ( 1 + i ) n – 1 + ( 1 + i ) n – 2 + . . . . . + 1 ]

Or on trouvé lors du calcul de la valeur acquise par n annuités que :

a . [ ( 1 + i ) n – 1 + ( 1 + i ) n – 2 + . . . . . + 1 ] = Vn

d’où : V0 = Vn . ( 1 + i ) – n

( 1 + i )n − 1
Or : Vn = a .
i

( 1 + i )n − 1 –n
d’où : V0 = a . .(1+i)
i

1 − ( 1 + i )− n
V0 = a .
i

118
Exercices

1. Calculer la valeur à l’origine de 10 versements de 10000 € au taux annuel de 8%.

2. Calculer la valeur à l’origine de 48 mensualités de 1500 € chacune au taux annuel de 10%.

3. Quinze annuités constantes ont une valeur à l’origine de 40303,44 € à 9%. Calculer le montant
d’une annuité.

4. Dix annuités de 6000 € ont une valeur à l’origine de 33353,38 €. Calculer le taux annuel.

5. n annuités de 50000 € placées au taux de 11% ont une valeur à l’origine de 398166 €. Calculer n.

6. n annuités de 12000 € placées à 12% ont une valeur à l’origine de 80000 €. Calculer n.

7. Une personne verse 20000 € le 1er juin de chaque année.

1er versement : 1/6/2000.


dernier versement : 1/6/2009.
Taux : 8,7%.

Ce capital reste placé jusqu’au 1/6/2012. De quelle somme disposera-t-elle au 1/6/2012 ?

Le 1/6/2012, elle retire la totalité de cette somme et la place dans une autre banque qui devra
lui verser tous les ans 30000 € ( 1er versement le 1/6/2012 ). Quels seront le montant du der-
nier versement et sa date ( taux 7% ) ?

119
Annuités en progression géométrique

On appelle a la première annuité et q la raison de la suite ; alors la deuxième annuité vaut a . q et la


troisième a . q2. La nième annuité vaut a . q n-1.

1. Valeur acquise

On doit calculer V n somme, immédiatement après le dernier versement, des valeurs acquises par les
annuités.

1
0 1 2 3 4 n–1 n

a a.q a . q2 a . q n-2 a . q n-1

Or la première annuité reste placée n – 1 périodes. Sa valeur acquise est a . (1 + i) n-1.


La deuxième reste placée n – 2 périodes. Sa valeur acquise est a . q . (1 + i) n-2.
L’avant-dernière ne reste placée qu’une période. Sa valeur acquise est a . q n–2 . (1 + i).
La valeur acquise par la dernière est a . q n-1.

d’où : V n = a . (1 + i) n-1 + a . q . (1 + i) n-2 + . . . . . + a . q n–2 . (1 + i) + a . q n-1.

= a . (1 + i) n-1 . [ 1 + q . (1 + i) –1 + q2 . (1 + i) –2 + . . . . . q n-1 (1 + i) –(n-1) ]

q
1−( )n
n-1 1+i ( 1 + i ) n − qn
= a . (1 + i) . =a. .
q 1 + i −q
1−( )
1+i

( 1 + i ) n − qn
Vn = a . si q ≠ 1 + i
1 + i −q

Si q = 1 + i, on a V n = a . ( q n-1 + q . q n-2 + . . . . . + q n-2 . q + q n-1 ) = n . a . q n-1.

V n = n . a . q n-1

120
2. Valeur à l’origine

On a montré précédemment, lors du calcul de la valeur à l’origine d’une suite d’annuités constantes
que V 0 = V n . (1 + i) –n, où V 0 est la valeur à l’origine une période avant le premier versement.

( 1 + i ) n − qn
D’où : V 0 = a . . (1 + i) –n.
1 + i −q

1 − q n . ( 1 + i ) −n
V0 = a si q ≠ 1 + i
1+i−q

Si q = 1 + i, on a V 0 = n . a . q n-1 . q –n.

a
V 0 = a . q –1 = n .
q

121
Annuités en progression arithmétique

On appelle a la première annuité et r la raison de la suite arithmétique ; la deuxième vaut a + r ; la


troisième a + 2r ; la nième vaut a + (n-1)r.

1. Valeur acquise

On doit calculer V n somme, immédiatement après le dernier versement, des valeurs acquises par les
annuités.

1
0 1 2 3 4 n–1 n

a a+r a + 2r a + (n-2)r a +(n-1)r

La première reste placée n – 1 périodes ; sa valeur acquise est a . (1 + i) n-1.


La deuxième reste placée n – 2 périodes ; sa valeur acquise est (a + r) . (1 + i) n-2.
Pour la (n-1)ième :[ a + (n-2) . r ] . (1 + i).
Pour la nième : a + (n-1) . r.

d’où : V n = a . (1 + i) n-1 + (a + r) . (1 + i) n-2 + . . . . . + a + (n-1) . r.

= a . [ (1 + i) n-1 + (1 + i) n-2 + . . . . . + 1 ] + r . [ (1 + i) n-2 + 2 . (1 + i) n-3 + . . . . . + (n – 1) ].

= a . S1 + r . S2.

(1 + i) n − 1
On a S 1 = .
i

La somme S 2 n’est pas directement une série géométrique ; on se sert d’un artifice pour la
calculer.

Calculons (1 + i) . S 2 et soustrayons S 2 .
(1 + i) . S 2 = (1 + i) n-1 + 2 . (1 + i) n-2 + . . . . . + (n – 1) .(1 + i)
S 2 = (1 + i) n-2 + 2 . (1 + i) n-3 + . . . . . + (n – 1)

(1 + i) . S 2 - S 2 = (1 + i) n-1 + (1 + i) n-2 + + (1 + i) n-3 + . . . . . + (1 + i) - (n – 1)

i . S 2 = (1 + i) . [ 1 + (1 + i) + (1 + i)2 + . . . . . + (1 + i)n-2 ] – ( n – 1)
(1 + i) n −1 − 1 (1 + i) n − (1 + i) + i (1 + i) n − 1
=(1 + i) . − (n − 1) = −n = −n
i i i

1 (1 + i) n − 1
S2 = . [ −n ]
i i

(1 + i) n − 1 1 (1 + i) n − 1 r (1 + i) n − 1 n.r
Vn = a . +r. . [ −n ] = ( a + ). -
i i i i i i

n
r ( 1 + i) −1 n.r
Vn = ( a + ). -
i i i

122
2. Valeur à l’origine

r (1 + i) n − 1 n.r
V 0 = V n . (1 + i) –n = [ ( a + ). - ] . (1 + i) -n
i i i

r 1 − (1 + i) -n n.r r 1 − (1 + i) -n n.r n.r


=(a+ ). − . (1 + i) −n = ( a + ) . + . [ 1 − (1 + i) −n ] −
i i i i i i i

−n
r 1−(1+i) n.r
V0 = ( a + +n .r ). −
i i i

Exercices

1. Calculer la valeur acquise et la valeur à l’origine d’une suite de 12 annuités, la première


valant 1000 F, qui augmentent de 200 F chaque année au taux annuel de 11%.

2. Quinze annuités de 10000 F ont une valeur à l’origine de 71908,7 F. Calculer le taux de
placement.

3. Calculer la valeur acquise et la valeur à l’origine d’une suite de 10 annuités au taux annuel
de 9%, la première annuité valant 1000 F et les suivantes augmentant de 10% par an.

4. Une suite de huit annuités en progression arithmétique a une valeur acquise de 87639,53 F. La
première vaut 7000 F. Le taux est de 8% par an. Calculer la raison.

5. Dix annuités augmentent de 3% par an. La première vaut 1000 F.


a) Calculer leur valeur acquise à 12%.
b) Calculer leur valeur acquise à 3%.

123
5. Emprunts indivis

Définition

Une personne prête un capital K. Comme il n’y a qu’un seul prêteur, l’emprunt est dit indivis.

Pour rembourser l’emprunt, on verse régulièrement des sommes, par exemple des annuités notées
a 1 , a 2 , a 3 , . . ., a n . Ces annuités comprennent :

- le remboursement d’une partie du capital ; ce remboursement est appelé amortissement noté


m 1 , m 2 , m 3 , . . ., m n ;

- l’intérêt.

On considère qu’il y a toujours une période entre le versement du capital et celui de la première
annuité.

Lois et construction d’un tableau d’amortissement

1. Lois

Première loi : Le capital est égal à la valeur à l’origine des annuités, ce que l’on peut traduire par la
formule suivante :

K = a1 . ( 1 + i ) – 1 + a2 . ( 1 + i ) – 2 + . . . . . + an . ( 1 + i ) – n

Deuxième loi : La dette encore vivante après le paiement de la pième annuité est égale à la valeur à
l’origine, exprimée à cette date, des n – p annuités restantes.

2. Tableau d’amortissement

Dette au début de la Amortisse


période Intérêt Annuité
ment

1 K= D 0 (1) D0 . i (2) m1 a1 = m1 + D0 . i
2 D1= D0 – m1 (3) D1 . i (3) m2 a2 = m2 + D1 . i
. . . . .
. . . . .
. . . . .
n D n-1 = D n-2 – m n-1 D n-1 . i mn a n = m n + D n-1 . i

( 1 ) On note K sous la forme D 0 pour avoir une logique dans les indices et pour rappeler la notation
V0.

( 2 ) Pour calculer l’intérêt, on multiplie la dette en début de période par i taux d’intérêt.

( 3 ) Pour calculer D 1 , on soustrait à D 0 ce qu’on a remboursé la première année, soit m 1 .

124
Les indices des dettes commencent à 0 ; pour la nième année, l’indice est n-1.

Remarque sur la dernière ligne :

La dette doit être éteinte après cette ligne ; s’il y avait une dette D n , elle vaudrait D n-1 - m n .
Or : D n = 0 d’où D n-1 – m n = 0

et : D n-1 = m n .

Comme a n = m n + D n-1 . i, on a a n = m n + m n . i ou encore a n = m n . ( 1 + i )

Remarque sur la colonne des amortissements :

Si on fait la somme de cette colonne, on doit trouver K :

K = m1 + m2 + m3 + . . . + mn.

125
Remboursement par annuités constantes

1. Calcul de l’annuité

La première loi dit que le capital est égal à la valeur à l’origine des annuités ; or, la valeur à l’origine
de n annuités constantes est :

1 − ( 1 + i )− n
V0 = a . ( en appelant a l’annuité constante )
i

1 − ( 1 + i )− n
d’où : K=a.
i
i
a=K.
et : 1−(1+i) −n

2. Exemple de tableau d’amortissement

Envisageons le cas d’un emprunt de 1000000 € remboursable sur 5 ans par annuités constantes, le
taux étant de 12% par an.

Commençons par calculer l’annuité :


0,12
a = 1000000 . = 277409,73 €
1 − 1,12− 5

N° Dette Intérêt Amortissement Annuité

1 1000000 120000 (2) 157409,73 (3) 277409,73 (1)


2 842590,27 ( 4 ) 101110,83 (5) 176298,9 (6) 277409,73
3 666291,37 ( 7 ) 79954,96 (8) 197454,77 (9) 277409,73
4 468836,60 ( 10 ) 56260,39 ( 11 ) 221149,34 ( 12 ) 277409,73
5 247687,26 ( 13 ) 29722,47 ( 14 ) 247687,26 ( 15 ) 277409,73

( 1 ) On peut remplir la colonne « annuité » : on écrit 277409,73 sur chaque ligne puisque l’annuité
est constante.
( 2 ) Intérêt = 1000000 . 0,12
( 3 ) Pour trouver l’amortissement, il faut soustraire l’i de l’annuité : 277409,73 – 120000.
( 4 ) Dette = 1000000 – 157409,73 car 157409,73 représente le remboursement de la première
année.
( 5 ) Intérêt = 842590,27 . 0,12
( 6 ) Amortissement = 277409,73 – 101110,83 = 176298,9
( 7 ) Dette = 842890,27 – 176298,9
( 8 ) Intérêt = 666291,37 . 0,12
( 9 ) Amortissement = 277409,73 – 79954,96 = 197454,77
( 10 ) Dette = 666291,37 – 197454,77
( 11 ) Intérêt = 468836,6 . 0,12
( 12 ) Amortissement = 277409,73 – 56260,39

126
( 13 ) Dette = 468836,6 – 221149,34
( 14 ) Intérêt = 247687,26 . 0,12
( 15 ) Amortissement = 277409,73 – 29722,47
Remarques sur le tableau

A la dernière ligne, on a bien la dette ( 247687,26 ) égale au dernier amortissement ( 247687,26 ).

En faisant la somme de la colonne « amortissement », on trouve 1000000.

127
3. Formules

Lien entre deux amortissements successifs

Soit a p la pième annuité et a p+1 la suivante.

On a : a p = m p + D p-1 . i et a p+1 = m p+1 + D p . i

Or les annuités sont constantes : a p = a p+1 ⇒ m p + D p-1 . i = m p+1 + D p . i

Or : D p = D p-1 - m p

d’où : m p + D p-1 . i = m p+1 + ( D p-1 – m p ) . i

m p + D p-1 . i = m p+1 + D p-1 . i – m p . i

On peut simplifier : m p = m p+1 – m p . i ⇒ m p+1 = m p . ( 1 + i )

m p+1 = m p . ( 1 + i )

On passe d’un amortissement au suivant en le multipliant par 1 + i. Les amortissements forment


donc une progression géométrique de raison 1 + i.

Vérifions sur le tableau : 157409,73 . 1,12 = 176298,9

On a bien : m 2 = m 1 . 1,12

Lien entre K et m 1
K = m1 + m2 + . . . + mn

Or les amortissements forment une suite géométrique dont le premier terme est m 1 et dont la
raison est 1 + i.

On a donc : K = m 1 + m 1 .(1 + i ) + m 1 . (1 + i)2 + . . . + m 1 . (1 + i)n-1

K = m 1 . [ 1 + (1 + i) + (1 + i)2 + . . . + (1 + i)n-1 ]

( 1 + i )n − 1
K = m1 .
(1+i)−1

K=
( 1 + i )n − 1
m1 .
i

128
Remarque
Pour calculer m 1 , on peut aussi utiliser l’égalité a = m 1 + K . i ⇒ m 1 = a – K . i

Lien entre m p et m 1

m p = m 1 . (1 + i) p-1

car m p est le pième terme d’une une suite géométrique dont le premier terme est m 1 et dont la
raison est 1 + i.

Calcul de m n
La dernière ligne vérifie : a = m n . (1 + i)

a
d’où : mn =
1+ i

Dette remboursée après le paiement de la pième annuité


Dp = m1 + m2 + . . . + mp
On utilise la somme des p premiers termes d’une suite géométrique de raison 1 + i et de premier
terme m 1 :
( 1 + i )p − 1
D p = m1 .
(1+i) −1

Dp =
( 1 + i )p − 1
m1 .
i

Dette due après le paiement de la pième annuité

Comme on a remboursé D p , il reste à payer Dp′ = K – D p

( 1 + i )p − 1
Dp′ = K - m1 .
i

( 1 + i )n − 1
Or : K = m1 .
i

i
ou : m1 = K .
( 1 + i )n − 1

i ( 1 + i )p − 1
d’où : Dp′ = K - K . .
( 1 + i )n − 1 i
( 1 + i )p − 1
On simplifie par i : Dp′ = K - K .
( 1 + i )n − 1

On réduit au même dénominateur : Dp′ = K .


( ( 1 + i )n − 1 ) − ( ( 1 + i ) p − 1 )
( 1 + i )n − 1
( 1 + i )n − ( 1 + i ) p
ou encore : Dp′ = K .
( 1 + i )n − 1

129
Récapitulatif des formules

i
Annuité a=K. −n
1−(1+i)

Premier amortissement ( 1 + i )n − 1
K = m1 .
i

Lien entre deux amortissements


successifs m p+1 = m p . ( 1 + i )

a
Dernier amortissement mn =
1+ i

Dette due après le paiement ( 1 + i )n − ( 1 + i ) p


D ′p = K .
de la pième annuité ( 1 + i )n − 1

Dette remboursée après le paiement ( 1 + i )p − 1


de la pième annuité D p = m1 .
i

130
Remboursement par amortissements constants

Construisons le tableau d’amortissement d’un emprunt de 1000000 € remboursable par amortisse-


ments constants sur 5 ans, le taux étant de 12% par an.

1000000
Les amortissements étant constants, chacun vaut : = 200000.
5

1. Tableau

N° Dette Intérêt Amortissement Annuité

1 1000000 120000 200000 320000


2 800000 96000 200000 296000
3 600000 72000 200000 272000
4 400000 48000 200000 248000
5 200000 24000 200000 224000

Dans la colonne de l’amortissement, à chaque ligne, on écrit 200000.

Pour calculer l’intérêt, on multiplie la dette par 0,12.

Pour calculer l’annuité, on additionne l’intérêt et l’amortissement.

Pour calculer la dette suivante, on soustrait l’amortissement de la dette actuelle.

131
2. Lien entre deux annuités successives

Soit a p la pième annuité et ap+1 la p+1ième.

On a : a p = m p + D p-1 . i et a p+1 = m p+1 + D p . i

Or m p = m p+1 car les amortissements sont constants

et : D p = D p-1 – m p

Or : m p = a p – D p-1 . i et m p+1 = a p+1 – D p . i

d’où : a p – D p-1 . i = a p+1 – D p . i

et : a p – D p-1 . i = a p+1 – ( D p-1 – m p ) . i

a p – D p-1 . i = a p+1 – D p-1 . i + m p . i

On peut simplifier : a p = a p+1 + m p . i

K
Les amortissements étant constants : mp =
n
K
a p = a p+1 + .i
n
K
ou : a p+1 = a p – .i
n
K
Les annuités sont en progression arithmétique de raison – .i
n

132
Exercices

1. Un emprunt est remboursable par annuités constantes.

Le septième amortissement est de 67485,98 €, le huitième 75584,3 € et le dernier


94812,95 €.

Calculer :

a) le taux annuel ;

b) le premier amortissement ;

c) le montant de l’annuité ;

d) le montant de l’emprunt ;

e) le capital dû après le versement de la sixième annuité ;

f ) le nombre d’années.

On suppose que le premier versement est effectué un an après le versement du capital.


Après le paiement de la sixième annuité, le taux passe à 10% et on rembourse l’emprunt par
quatre versements constants :

a) Ecrire les quatre dernières lignes du tableau d’amortissement ;


b) Trouver la relation qui lie deux annuités successives.

2. Un emprunt de 1310591 € est remboursable en dix annuités. Les quatre premières sont cons-
tantes, les six dernières sont en progression géométrique de raison 1,04 ; le taux annuel est de
10%.

a) Déterminer le montant des quatre premières annuités.

b) Calculer m 1 , m 5 et m 10 .

c) Ecrire les 1ère , 5ième et 10ième lignes du tableau.

3. Un investissement de 1800000 € pourrait être financé à moitié par un emprunt.


L’investissement serait à faire le 1er janvier 2009. L’emprunt serait remboursable par 40 tri-
mestrialités constantes, la première échéant le 1er avril 2011. Le taux d’intérêt annuel est de
13%.

Calculer le montant de la trimestrialité.

4. Pour se moderniser, une entreprise acquiert au début de 2007, un matériel d’une valeur de
5000000 €. Pour financer ce matériel, on propose de verser 20% au comptant et d’emprunter
le solde selon la modalité suivante : le remboursement sur trois ans par trimestrialités.

Les deux premières trimestrialités ne comportent que l’intérêt couru ; les dix dernières
comprennent des amortissements constants. Le taux d’intérêt annuel est de 12%.

a) Ecrire les 1ère, 2ième, 3ième, 10ième et 12ième lignes du tableau d’amortissement.

b) Actualiser les trimestrialités au taux annuel de 10% par an au moment du versement du


capital.
Remarque : la première trimestrialité est versée trois mois après le capital.

133
5. a) Une société a contracté un emprunt à long terme remboursable par versements annuels
constants. Elle reçoit en novembre 2002, l’avis suivant émanant de son créancier : « Vous devez
nous régler au 31 décembre prochain le montant de votre dixième annuité, soit 46016,4 €
comportant 28077,5 € d’intérêts. Après ce règlement, votre dette, le 1er janvier 2003, attein-
dra 147222,4 € »

1°) Déterminer le montant de la dette au 1er janvier 2002.

2°) Déterminer le taux annuel du prêt.

3°) Combien d’annuités restera-t-il à payer postérieurement au 1er janvier 2003 ?

4°) Quel est le montant de l’emprunt initial ?

b) Le 1er janvier 2003, après paiement de l’annuité, la société débitrice propose au créancier
un paiement immédiat de sa dette, grâce à un emprunt de 147250 € qu’elle a contracté au taux
de 12% l’an, remboursable en 36 mensualités constantes, versées à partir du 1er février 2003.

1°) Trouver le montant de chacune de ces mensualités en utilisant le taux mensuel propor-
tionnel au taux annuel de 12%.

2°) Estimer ces 36 mensualités, le 1er janvier 2003, à 17% l’an, en utilisant les taux équi-
valents.

6. Afin de moderniser une partie de ses magasins, une entreprise décide de procéder à un
investissement de 15 millions de francs.

Le financement de ce projet sera réalisé de la manière suivante :

- autofinancement à raison d’un tiers ;


- le reste par emprunt auprès d’un établissement financier qui propose les deux formules
suivantes :

a) Emprunt formule A

- annuités constantes ;
- taux annuel 15% ;
- capital restant dû après le versement de la 5ième annuité : 6679238,2 € ;
- la première annuité vient à échéance un an après le versement des fonds.

1°) Calculer la durée de remboursement de l’emprunt.

2°) Ecrire la cinquième ligne du tableau d’amortissement.

b) Emprunt formule B

- semestrialités constantes ;
- taux annuel 15% ;
- différence entre le dernier amortissement semestriel et le dernier : 655712,4 € ;
- la première semestrialité vient à échéance un semestre après le versement des fonds.

1°) Calculer le montant de la semestrialité.

2°) Déterminer la durée du remboursement de l’emprunt.

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134