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Bachelier en Informatique de Gestion 1ère année Mathématiques POLLART Michel 2010 - 2011 Éd. n°
Bachelier en Informatique de Gestion 1ère année Mathématiques POLLART Michel 2010 - 2011 Éd. n°

Bachelier en Informatique de Gestion 1ère année

Mathématiques

POLLART Michel

2010 - 2011

Éd. n° 2

1.CALCUL PROPOSITIONNEL

3

2. ALGEBRE DES PARTIES D’UN ENSEMBLE

20

3. ALGEBRE DE BOOLE

24

4. CALCUL MATRICIEL

51

5. ALGEBRE FINANCIERE

 

103

1.Calcul propositionnel

Nous étudions les outils logiques permettant d’une part de formaliser les données textuelles et d’autre part d’analyser les raisonnements. Ainsi, nous nous donnons un double objectif :

- Tout d’abord, étudier les outils qui mettent en évidence les mécanismes de déduction.

- Ensuite, voir l’analyse d’un texte et de l’argumentation comme une résolution de problèmes : la

phase de représentation de l’information est la formalisation à l’aide de connecteurs logiques ; celle de traitement de l’information consiste à valider ou non le raisonnement, ou encore à apporter une

conclusion logique au texte.

1. Outils de formalisation : les connecteurs logiques

Afin

d’introduire

les

connecteurs

logiques (disjonction, conjonction, négation, implication, équiva-

lence ), donnons-nous comme point de départ une phrase extraite d’un règlement hippique :

« Le cheval franchit les haies et les rivières ou il est disqualifié. »

Il semble, à première vue, que la compréhension de la phrase ne pose pas de problème. Tout un chacun interprète ce type d’information de la même façon. Est-ce si sûr ?

Pour le voir, donnons-nous quelques outils permettant les comparaisons. Nous allons d’abord coder ce que nous appelons les « propositions élémentaires » :

h

: le cheval franchit les haies

r

: le cheval franchit les rivières

d

: le cheval est disqualifié

Chacune de ces trois propositions peut être vraie ou fausse. Un outil de représentation de l’information va nous permettre de lister les différents cas susceptibles de se présenter : c’est la « table de vérité » ( Le terme « table » est lié à la présentation en tableau ; quant au terme « vérité », il est lié au caractère vrai ( codé « 1 » ) ou faux ( codé « 0 » ) des propositions ). Prenons les différents cas un à un : si la situation est en désaccord avec la phrase, nous portons un « 0 » dans la case correspondante. Si, inversement, la situation est en accord avec la phrase, nous portons un « 1 » dans la case correspondante.

Une première interprétation est décrite sur la figure 1.

h

r

d

 

h

r

d

 

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

1

0

0

1

1

0

1

0

0

0

1

0

0

0

1

1

1

0

1

1

1

1

0

0

0

1

0

0

0

1

0

1

1

1

0

1

1

1

1

0

1

1

 

1 0

1

1

1

1

0

1

 

1 1

1

 

Figure 1

 

Figure 2

 

Mais une seconde interprétation existe. Précisons-la. On peut très bien estimer qu’un cheval peut être disqualifié pour une autre raison que le non franchissement des haies ou des rivières. Le cas est représenté sur la figure 2.

Nous allons maintenant tenter une formalisation du texte à l’aide des connecteurs logiques retrouver nos deux interprétations.

et

Dans notre phrase, figurent deux symboles de liaison : et, ou. Nous allons les coder en utilisant les connecteurs logiques , v et w. Précisons le sens de ces trois connecteurs.

Définition de la conjonction et des disjonctions

Pour définir le connecteur de conjonction, noté , nous utilisons une table de vérité. Partons de la phrase suivante : « Il pleut et il vente. » Nous avons deux propositions élémentaires reliées par une conjonction. Si nous codons « p » la proposition « il pleut » et « q » la proposition « il vente », nous avons la table de vérité du connecteur sur la figure 3. La phrase est vraie, p q vaut 1, lorsqu’il pleut, p vaut 1, et lorsqu’il vente, q vaut 1 ; la phrase est fausse, p q vaut 0, dans tous les autres cas.

p q p ∧ q 0 0 0 0 1 0 1 0 0 1
p
q
p
∧ q
0
0
0
0
1
0
1
0
0
1
1
1
Figure 3

Quant à la disjonction, une définition unique semble une gageure. Prenons un exemple. La famille de Monsieur et Madame Fourmi est à table. Maurice, le dernier enfant, a quelques problèmes avec son potage. Alors, Madame Fourmi : « Maurice, tu manges ta soupe ou tu as une fessée. » Après une légère

hésitation, Maurice obéit à sa mère

trée par Monsieur Fourmi. Maurice, en pleurs : « Cest pas juste ! »

et c’est la fessée adminis-

puis émet un rot retentissant

Essayons de voir en quoi les interprétations des parents et de l’enfant différent. La divergence entre les protagonistes se situe dans le cas où Maurice mange sa soupe et a une fessée. C’est la dernière ligne de la table de vérité, si nous adoptons le même système que pour la conjonction.

L’interprétation de Monsieur Fourmi est représentée figure 4. Le connecteur logique associé est noté « v » ; on l’appelle encore « et / ou », « ou ( inclusif ) ».

s

f

s

v f

s

f

s w f

0

0

 

0

0

0

0

0

1

 

1

0

1

1

1

0

 

1

1

0

1

1

1

 

1

1

1

0

 

Figure 4

 

Figure 5

L’interprétation de Maurice est représentée figure 5. Le connecteur logique associé est noté « w » ; c’est le « ou (exclusif) ». Ce connecteur ne prend la valeur 1 que si une et une seule des propositions de base vaut 1, alors que, dans le cas du et / ou, la disjonction des deux propositions vaut 1 lorsqu’au moins une des propositions vaut 1. Sur les deux tables précédentes, nous avons codé « s » Maurice mange sa soupe et « f » Maurice a une fessée.

Après avoir précisé la définition des connecteurs logiques intervenant dans notre phrase, revenons à la course et utilisons-les pour formaliser ; ayant défini deux disjonctions, nous arrivons à deux interprétations :

( h r ) w d

( h r ) v d

Il nous reste à voir maintenant en quoi les interprétations ci-dessus rejoignent celles proposées en début de paragraphe. Pour le faire, remplissons la table de la figure 6.

h

r

d

h r

( h r ) w d

( h r ) v d

0

0

0

0

0

0

0

0

1

0

1

1

0

1

0

0

0

0

0

1

1

0

1

1

1

0

0

0

0

0

1

0

1

0

1

1

1

1

0

1

1

1

1

1

1

1

0

1

Figure 6

Explicitons les lignes 1 et 8. Considérons d’abord la ligne 1 : comme h vaut 0 ainsi que r, h r vaut 0 d’après la définition de « », ainsi h r vaut 0 et d vaut 0 ; que nous considérions ( h r ) w d ou

( h r ) v d nous obtenons 0. Pour la dernière ligne, h r vaut 1 puisque h et r valent 1 ; comme de plus

d vaut 1, il y a suivant le choix du connecteur deux issues ( h r ) w d vaut 0, ( h r ) v d vaut

1.

Si nous comparons aux interprétations proposées en début de paragraphe, ( h r ) v d correspond à la première, alors que ( h r ) w d correspond à la seconde. La démarche de formalisation a fait apparaître l’ambiguïté de la phrase. De plus, nous avons maintenant un outil formel permettant d’expliciter l’ambiguïté.

Tentons une reformulation de la phrase :

« Si le cheval n’est pas disqualifié, c’est qu’il a franchi les haies et les rivières. »

En faisant, comme pour la phrase initiale, une analyse exhaustive des cas possibles, on s’aperçoit que l’on arrive, comme au départ, à une ambiguïté. Voyons, en formalisant le texte, comment nous pouvons lever cette ambiguïté. Nous allons définir ici trois nouveaux connecteurs logiques : la négation,

notée ¬, l’implication ( si

alors

), notée , et l’équivalence, notée .

Définition de l’implication, de l’équivalence et de la négation

Mettons-nous dans la situation d’un club désirant se donner quelques repères de bon fonction- nement. On peut imaginer que le règlement intérieur contient la phrase : « Si vous êtes en retard, vous offrez l’apéritif. » Tentons d’examiner les différents cas possibles et de voir pour chacun s’il est en accord ou en désaccord avec la phrase. Parmi les quatre cas, un seul est en contradiction avec la phrase : une personne arrive en retard et n’offre pas l’apéritif. Nous définissons ici le connecteur d’implication logique, noté « » : figure 7. La codification utilisée est la suivante : « r » vous êtes en retard ; « a » vous offrez l’apéritif.

r a r → a 0 0 1 0 1 1 1 0 0 1
r
a
r → a
0
0
1
0
1
1
1 0
0
1 1
1
Figure 7
r a r ↔ a 0 0 1 0 1 0 1 0 0 1
r
a
r ↔ a
0
0
1
0
1
0
1
0
0
1
1
1
Figure 8

Lorsque la proposition « r a » est vraie, on note « r a ».

Introduisons formellement le connecteur d’équivalence logique par sa table de vérité figure 8.

Lorsque la proposition « r a » est vraie, on note « r a ». Les deux propositions r et a ayant les mêmes valeurs de vérité, on note aussi « r = a ».

La négation est définie par la figure 9.

p ¬ p 0 1 1 0
p
¬ p
0
1
1
0

Figure 9

Nous pouvons alors formaliser la phrase : « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. »

i ↔ ¬ a, où « i » est la codification correspondant à imbéciles et « a », celle des gens changeant d’avis. Les imbéciles ne changent pas d’avis, et eux seuls : on a bien l’équivalence entre les deux propriétés. On peut également vérifier qu’une autre formulation de la phrase est possible : i w a.

Nous pouvons maintenant reprendre notre phrase : « Si le cheval n’est pas disqualifié, c’est qu’il a franchi les haies et les rivières ». Quelle proposition de formalisation pouvons-nous faire ? La première tient compte de la possibilité de disqualification pour autre chose ; elle s’exprime ¬ d ( h r ). La

seconde limite la disqualification au seul cas du franchissement des haies et des rivières. Elle s’exprime

¬ d

( h r ).

Nous

avons

dressé, figure 10, une

table

de

vérité

donnant

la

validité

des

expressions

ci-dessus. La comparaison de cette table et de celles de la figure 6 montre que :

¬ d ( h r ) équivaut à ( h r ) v d

 

¬ ↔ ( h r ) équivaut à ( h r ) w d

d

 

h

r

d

¬ d

h r

¬ d

( h r )

¬ d ( h r )

0

0

0

1

0

 

0

0

0

0

1

0

0

 

1

1

0

1

0

1

0

 

0

0

0

1

1

0

0

 

1

1

1

0

0

1

0

 

0

0

1

0

1

0

0

 

1

1

1

1

0

1

1

 

1

1

1

1

1

0

1

 

0

1

Figure 10

Mais alors, comment lever l’ambiguïté de la phrase proposée au départ ? Pour rester le plus près possible du texte initial, on peut proposer :

« Le cheval franchit au moins les haies et les rivières ou il est disqualifié », ce qui se formalise d’une

seule façon :

( h r ) v d La locution « au moins » laisse entendre clairement qu’il existe d’autres cas de disqualification.

Nous avons pu définir les principaux connecteurs logiques nous permettant de formaliser des énoncés :

non

négation

¬

et

conjonction

ou ( et / ou )

disjonction inclusive

v

ou ( exclusif )

disjonction exclusive

w

si

alors

implication

si et seulement si

équivalence

Il nous faut à présent définir les règles de déduction, à savoir les règles logiques permettant l’enchaînement des énoncés. C’est ce que nous allons faire à partir d’exemples.

2. Outils de raisonnement : les règles de déduction ou d’inférence

Simplifions notre règlement hippique en ne considérant que la phrase suivante :

« Pour ne pas être disqualifié, il faut franchir au moins les haies »,

qui se formalise : ¬ d h.

En utilisant la règle de contraposition, nous en déduisons l’énoncé formel ¬ h d qui traduit la phrase :

« Si le cheval ne franchit pas au moins les haies, il est disqualifié. »

Ainsi, grâce à la règle de contraposition, nous déduisons l’énoncé ¬ h d de l’énoncé ¬ d h. Par convention, nous dirons que ¬ d h infère ¬ h d ce que nous noterons (¬ d h ) a (¬ h d ). La règle de contraposition ne prend comme donnée qu’un énoncé : cette règle n’a qu’une seule prémisse. La validité de cette règle peut être aisément démontrée en dressant les tables de vérité des expressions ¬ d h et ¬ h d. Les résultats sont identiques, ce qui prouve que les expressions sont équivalentes. Et maintenant, nous participons à une réunion hippique où nous suivons tout particulièrement « Joly Jumper » dans la troisième course. L’affichage nous apprend que Joly Jumper n’a pas été disqualifié. Nous pouvons en conclure : Joly Jumper a franchi les haies.

Formalisons le raisonnement :

¬ d h

¬ d ⎯⎯⎯

prémisse extraite du règlement

le cas de Joly Jumper

h la conclusion.

C’est la règle de modus ponens, qui de façon générale va s’écrire : p q, p

a

q

Dans la quatrième course, « Joli Cœur » n’a pas franchi les haies. Nous pouvons conclure, en appli- quant le règlement, qu’il a été disqualifié, ce que nous écrivons de façon formelle :

¬ d h

¬ h ⎯⎯⎯

prémisse extraite du règlement

Joli Cœur n’a pas franchi les haies

d en conclusion, la disqualification de Joli Cœur

C’est la règle de modus tollens, qui de façon générale va s’écrire : p q, ¬ q a

¬ p

Illustrons, pour terminer, une quatrième règle de déduction appelée règle du syllogisme par un exemple emprunté à Lewis Caroll :

Toutes les guêpes sont agressives Les animaux agressifs sont déplaisants

Donc

les guêpes sont déplaisantes

Ce que nous formalisons :

g a

a d

les prémisses

⎯⎯⎯

g

d

la conclusion

Nous pouvons, à présent, résumer dans deux tableaux les quatre règles d’inférence que nous venons de définir. Nous présentons d’abord un tableau formel ; vient ensuite un tableau illustrant chacune des règles.

Nous utilisons également dans nos raisonnements un certain nombre de propriétés liées aux connecteurs logiques ; nous allons citer les principales. La justification est assurée par les tables de vérité de la figure 11.

Les lois de De Morgan

Elles s’énoncent : ¬ ( p q) équivaut à ¬ p v ¬ q

¬ ( p v q) équivaut à ¬ p ∧ ¬ q

La justification est obtenue en constatant, sur la figure 11, que les colonnes (a) et (b) sont identi- ques (c’est la première loi de De Morgan) ainsi que les colonnes (c) et (d) (c’est la deuxième loi).

   

( a )

( b )

( c )

( d )

( e )

( f )

( g )

( h )

p

q

¬ ( p q)

¬ p v ¬ q

¬ ( p v q)

¬ p ∧¬ q

p q

¬ p v q

p q

¬ p w q

0

0

1

1

1

1

1

1

1

1

0

1

1

1

0

0

1

1

0

0

1

0

1

1

0

0

0

0

0

0

1

1

0

0

0

0

1

1

1

1

Figure 11

Illustrons ces lois par deux exemples issus de situations courantes. La mère de famille dira à son mari : « Ne fume pas en conduisant » en pensant aussi bien à la gêne provoquée par la fumée de cigarette qu’aux risques de brûlures de lainages. Si nous formalisons, nous obtenons : ¬ ( f c ), c’est à dire «Il est interdit de fumer et conduire », ce qui est équivalent à ¬ f v ¬ c, c’est à dire «Ne fume pas

ou ne conduis pas ». Considérons l’inscription : « Défense de fumer et de cracher » qui est à

interpréter comme «Défense de fumer et défense de cracher », qui se formalise ¬ f ∧ ¬ c. La deuxième loi de De Morgan nous donne l’équivalence avec ¬ ( f v c ), qui se traduit : « Défense de fumer

ou cracher ».

Liens : implication / ou ( inclusif ) ; équivalence / ou ( exclusif )

p q équivaut à ¬ p v q

p q équivaut à ¬ p w q

La figure 11 nous donne la justification : les colonnes ( e ) et ( f ) sont identiques ; c’est aussi le cas des colonnes ( g ) et ( h ). Illustrons ce résultat par la situation des parents Fourmi et du petit Maurice. Les parents disent : « Tu manges ta soupe ou tu as une fessée » puis surenchérissant : « Si tu

ne manges pas ta soupe, tu auras une fessée. »

Formalisons suivant la vision des parents : s v f ou encore ¬ s f

Les parents se réservent la possibilité d’administrer une fessée même si la soupe est mangée ! Ceci se traduit par un ou inclusif ou une implication.

Le petit Maurice souhaite lier le sort de la partie basse de son individu au fait de manger sa soupe.

s w f ou encore ¬ s

f

Il est ainsi exclu d’avoir une fessée si la soupe est mangée.

Nous avons indiqué que les outils de formalisation et de déduction sont sous-jacents aux raisonnements effectués pour la résolution d’un problème. Peut-être pouvons-nous trouver inutile ce type d’analyse détaillée. Elle peut toutefois être justifiée d’au moins deux manières. Tout d’abord, l’analyse fouillée présente un intérêt certain lorsque le raisonnement est contesté. Il est relativement fréquent qu’un raisonnement soit qualifié de nébuleux ; il est estimé que les prémisses

sont mal explicitées, ou utilisées de façon implicite. Il devient alors indispensable d’avoir les outils permettant de mettre à jour les différentes étapes de la déduction. Ensuite, ne perdons pas de vue qu’il est utile d’analyser les démarches dans la perspective d’une « mécanisation » d’une partie du raisonnement. Comment entrer dans ce monde qui est celui de l’intelligence artificielle sans une connaissance minimale des outils de déduction ?

Prenons un exemple pour illustrer notre propos.

Six hommes sont en tête d’une course cycliste. Ce peloton comprend un allemand, un anglais, un belge, un espagnol, un français et un italien. Trois marques sponsorisent les coureurs, chacune ayant deux hommes dans ce peloton.

Le coureur n°5 porte les couleurs de la marque Panzani Le français porte les couleurs de la marque Peugeot.

donc

le coureur n°5 n’est pas français.

Ce que nous pouvons formaliser sous la forme :

N°5 Panzani Français Peugeot ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯ N°5 → ¬ Français

Le système déductif formel est présenté sur la figure 12.

Les données formelles sont à l’entrée du système. Trois déductions sont faites. La première utilise une prémisse implicite : un coureur ayant un maillot Panzani ne peut avoir un maillot Peugeot. Par syllogisme, nous obtenons une première conclusion intermédiaire : le coureur n°5 n’est pas Peugeot. La deuxième déduction (contraposition) nous donne la seconde conclusion intermédiaire : si un coureur n’est pas Peugeot, il n’est pas français. Pour terminer, les deux conclusions ci-dessus nous permettent d’obtenir la conclusion, à savoir, le coureur n°5 n’est pas français.

DONNEES

FORMELLES

SYSTEME DE TRAITEMENT DE L’INFORMATION

CONCLUSION

FORMELLE

N°5 Panzani

Français Peugeot

FORMELLE N°5 → Panzani Français → Peugeot Panzani → ¬ Peugeot Syllogisme N°5 → ¬
FORMELLE N°5 → Panzani Français → Peugeot Panzani → ¬ Peugeot Syllogisme N°5 → ¬

Panzani → ¬ Peugeot

Panzani → ¬ Peugeot Syllogisme N°5 → ¬ Peugeot Contraposition ¬ Peugeot → ¬ Français Syllogisme
Syllogisme
Syllogisme

N°5 → ¬ Peugeot

Panzani → ¬ Peugeot Syllogisme N°5 → ¬ Peugeot Contraposition ¬ Peugeot → ¬ Français Syllogisme

Contraposition

Panzani → ¬ Peugeot Syllogisme N°5 → ¬ Peugeot Contraposition ¬ Peugeot → ¬ Français Syllogisme

¬ Peugeot → ¬ Français

Panzani → ¬ Peugeot Syllogisme N°5 → ¬ Peugeot Contraposition ¬ Peugeot → ¬ Français Syllogisme

Syllogisme

→ ¬ Peugeot Contraposition ¬ Peugeot → ¬ Français Syllogisme N°5 → ¬ Français Figure 12

N°5 → ¬ Français

Figure 12

consistant à mettre les expressions logiques sous une forme

standard appelée forme clausale où ne figurent que les connecteurs et ¬. Elle permettra de définir une nouvelle règle de déduction appelée principe de résolution.

Introduisons une autre modélisation

Le principe de résolution s’énonce :

a b,

¬ a c

a

b c

Il s’exprime de la façon suivante.

A partir des prémisses a b et ¬ a c, on peut conclure le résultat b c.

On peut montrer en utilisant les équivalences entre expressions logiques telles que le lien entre l’implication et la disjonction que toute expression logique s’écrit sous forme de clause.

Illustrons ce principe en résolvant l’énigme suivante.

Un vol a été commis et trois suspects ont été appréhendés par le commissaire Géduflair ; suite à l’interrogatoire, le commissaire est convaincu des faits suivants :

(a)

Si Henri est coupable, Jean l’est aussi.

(b)

Si Henri est innocent, alors Jean est coupable ou Alphonse est coupable ( ou les deux ).

(c)

Si Alphonse est innocent alors Jean l’est aussi.

(d)

Si Alphonse est coupable alors Henri l’est aussi.

Qui est innocent et qui est coupable ?

Adoptons les conventions suivantes :

H

: Henri est coupable

J

: Jean est coupable

A

: Alphonse est coupable

Les affirmations deviennent sous forme symbolique :

(a)

H J

(b)

¬ H ( J A)

(c)

¬ A → ¬ J

(d)

A H

Ecrivons la forme clausale associée à ces quatre affirmations.

(a’)

¬ H J

(b’)

H J A

(c’)

A

¬ J

(d’)

¬ A H

Réalisons maintenant un arbre de déduction.

(a’) ¬ H ∨ J (b’) H ∨ J ∨ A (a’) est la première
(a’) ¬ H ∨ J
(b’) H ∨ J ∨ A
(a’) est la première clause et (b’) est
la première clause qui contient H,
négation de ¬ H.
J ∨ A
(c’) A ∨
¬ J
(c’) est la première clause contenant
la négation de J.
A (d’) ¬ A ∨ H
(d’) contient la
négation de A.
H
(a’) ¬ H ∨ J
J

Les conclusions apparaissent sur l’arbre : J A, puis A, H et J. La stratégie utilisée pour le choix des clauses est explicitée. On peut la résumer en disant que l’on applique toujours la première clause de la liste permettant de mettre en œuvre le principe de résolution.

Le schéma suivant résume notre démarche.

Un vol a été commis et trois suspects ont été appréhendés par le commissaire Géduflair ; suite à l’interrogatoire, le commissaire est convaincu des faits suivants :

(a)

Si Henri est coupable, Jean l’est aussi.

(b)

Si Henri est innocent, alors Jean est coupable ou Alphonse est coupable (ou les deux).

(c)

Si Alphonse est innocent alors Jean l’est aussi.

(d)

Si Alphonse est coupable alors Henri l’est aussi.

Qui est innocent et qui est coupable ?

(a’)

(b’)

(c’)

(d’)

¬ H J

H J A

¬ J

¬ A H

Principe de

résolution

A ∨

Alphonse, Henri et Jean sont coupables.

résolution A ∨ Alphonse, Henri et Jean sont coupables. A, H,J La déduction qui vient d’être

A, H,Jrésolution A ∨ Alphonse, Henri et Jean sont coupables. La déduction qui vient d’être réalisée peut

La déduction qui vient d’être réalisée peut paraître assez peu parlante ; le principe de résolution est, en effet, assez peu naturel et inutilisé dans notre logique quotidienne. Par contre, ce formalisme est très utilisé en démonstration automatique pour son côté systématique et facile à mettre en œuvre. Le principe de résolution et la forme clausale sont à la base du langage de programmation PROLOG utilisé, depuis sa création, dans de nombreux développements en intelligence artificielle.

Présentation synthétique des règles de déduction

 

Prémisses

 

Conclusion

   

g

a

 

Les guêpes sont agressives

Syllogisme

a

d

Les animaux agressifs sont déplaisants

g

d

Les guêpes sont déplaisantes

   

r

c

 

Modus ponens

Si je rate mon tir, j’ai l’air con

 

c

 

r

J’ai l’air con

 

Je rate mon tir

   

r

b

 

Modus tollens

Si une personne a la rougeole, elle a des boutons ¬ b

¬ r Je n’ai pas la rougeole

Je n’ai pas de boutons

   

¬

a

→ ¬ g

Contraposition

g

a

Les guêpes sont agressives

Les animaux non agressifs ne sont pas des guêpes

   

s

f

 
   

s

f

Simplification

Seule la vue d’un serpent le faisait fuir

La vue d’un serpent le faisait fuir

   

a

b

 

Regroupement

Les améthystes sont belles

a ( b c ) Les améthystes sont belles et chères

 

a

c

Les améthystes sont chères

     

¬ r

a

 

r

a

 

Implication

Disjonction

Si vous êtes en retard vous offrez l’apéritif

Vous n’êtes pas en retard ou vous offrez l’apéritif

Première loi de De Morgan

¬

( b c )

¬ b ∨ ¬ c Ne bois pas ou ne conduis pas

Il est interdit de boire et de conduire

   

¬

f

∧ ¬ c

Deuxième loi de De Morgan

¬

( f c )

 

Défense de fumer ou cracher

Défense de fumer et défense de cracher

Exercices
Exercices

1. Dans la forêt, on suppose que :

- tous les chênes ont plus de cinquante ans.

- certains arbres mesurant moins de cinq mètres de hauteur sont des chênes.

Prouver que certains arbres mesurant moins de cinq mètres ont plus de cinquante ans. ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

2. Parmi les professeurs de l’ISAT, on formule les hypothèses suivantes

- les professeurs gentils ont plus de cinquante ans ;

- il n’y a aucun professeur intelligent ayant plus de cinquante ans ;

- un professeur qui n’est pas gentil n’est pas un informaticien

Prouver que les informaticiens ne sont pas intelligents.

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

3. Un homme déclare à la sortie d’un café :

- le jour où je ne bois pas et où je dors, je ne suis pas content ;

- le jour où je bois, je ne suis pas content et je dors ;

- le jour où je ne mange pas, ou bien je ne suis pas content ou bien je dors ( ou les deux ) ;

- le jour où je mange, ou bien je suis content ou bien je bois ( ou les deux ) ;

- le jour où il ne pleut pas et où je suis content, je ne mange pas ;

- mais aujourd’hui je suis content.

Cet homme a-t-il bu ce jour-là, a-t-il mangé, a-t-il dormi ? Quel temps fait –il ? ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

4. Un avion s’est écrasé en plein cœur du Sahara. Quelques personnes ont survécu à la catastrophe. Madame Cogito, qui doit la vie à son esprit vif et décisif, raconte :

« Je devais faire vite avant que l’avion n’explose, aussi ne m’enquerrai-je que de quelques objets indispensables à ma survie. Je pouvais saisir ou une paire d’après-ski ou une brosse à dents, l’une étant à ma droite et l’autre étant à ma gauche. Mais si je prenais les après-ski je ne pouvais pas emmener l’indispensable crème solaire. Il m’était aussi offert de choisir entre la boussole du commandant de bord ou quelques grains de sel, mais là encore, si je prenais le sel, je ne pouvais pas emmener la gourde débordante d’eau fraîche et puis si je choisissais la boussole, je n’aurais pas pu emporter ma brosse à dents, ce qui m’était insupportable. Et puis autre chose me tracassait : je ne pouvais que laisser ou emmener avec moi et la gourde et mon mari blessé, les deux étant indissociables. Et si je n’emmenais pas mon mari, je pouvais sauver mon adorable caniche J’ai finalement opté pour la crème solaire. En ce qui concerne le reste, je ne sais plus très bien ».

Pouvez-vous aider Madame Cogito à s’y retrouver ? ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

5.

A, B et C sont recherchés par Interpol. On sait qu’eux seuls peuvent être responsables des hold-up contre la bijouterie, contre la banque et contre le comptoir pharmaceutique. Comme il n’y a pas de témoin, on a recours aux Visionnaires du Puits de la Vérité ; ils sentent les choses, leurs indications sont indirectes mais ils ne se trompent jamais.

Bijouterie

1 er visionnaire : « Si C est innocent, A est coupable. » 2 ème visionnaire : « Si A est coupable, il a agi avec un complice et un seul. » 3 ème visionnaire : « Si B n’a pas trempé dans cette affaire, C non plus. » 4 ème visionnaire : « S’il y a deux responsables dans cette affaire, A est l’un d’eux. » Qui a fait le coup ?

Banque

1 er visionnaire : « Si B a trempé dans cette affaire, C aussi. » 2 ème visionnaire : « Si A est coupable et B innocent alors C est coupable. » 3 ème visionnaire : « Pour les hold-up de banque, A a horreur de faire équipe avec C. » 4 ème visionnaire : « C n ’a pas pu faire ce genre de boulot tout seul. » Qui a fait le coup ?

Comptoir pharmaceutique

1 er visionnaire : « Si A a trempé dans cette affaire, B non. » 2 ème visionnaire : « Si B est coupable, il avait un complice et un seul. » 3 ème visionnaire : « Si C est coupable, A et B le sont aussi. » Qui a fait le coup ? ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

6. Tirez une conclusion logique des propositions suivantes en visualisant votre raisonnement par

- un arbre de déduction

- un emboîtement d’ensembles

1. Quand je résous un exercice de logique sans grogner, vous pouvez être sur que c’est un de ceux que je comprends.

2. Ces sorites ne sont pas présentés comme les exercices auxquels je suis habitué.

3. Aucun exercice facile ne me donne jamais mal à la tête.

4. Je ne comprends pas les exercices qui ne sont pas présentés comme ceux auxquels je suis habitué.

5. Je ne grogne jamais devant un exercice à moins qu’il ne me donne mal à la tête. ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

7. Tirez une conclusion logique des propositions suivantes :

1. Les seuls animaux de cette maison sont des chats.

2. Tout animal aimant contempler la lune peut convenir comme favori.

3. Quand je déteste un animal, je l’évite.

4. Aucun animal n’est carnivore à moins qu’il rôde la nuit.

5. Aucun chat ne manque de tuer les souris.

6. Aucun animal ne s’attache à moi sauf ceux qui se trouvent dans cette maison.

7. Les kangourous ne sauraient convenir comme favoris.

8. Seuls les carnivores tuent les souris.

9. Je déteste les animaux ne s’attachant pas à moi.

10. Tous les animaux rôdant la nuit aiment contempler la lune. ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

8.

Une forme propositionnelle à une variable x sur le référentiel R est un énoncé contenant la lettre x et devenant une proposition lorsque x prend n’importe quelle valeur donnée de R. On note p(x), q(x), etc. les formes propositionnelles à une variable x. Pour un élément a donné du référen- tiel, p(a), q(a), etc. sont des propositions.

Par exemple, la forêt étant prise comme référentiel, « x est un chêne » est une forme proposi- tionnelle. Elle devient une proposition dès que x est remplacé par un arbre bien déterminé. La propriété correspondante est « être un chêne ».

Une assemblée R réunit des personnes des deux sexes et de tout âge. Certaines ont le permis de conduire, d’autre ne l’ont pas. On considère des formes propositionnelles sur R et le diagramme de Venn correspondant.

R C A B
R
C
A
B

a : « x est un homme »

b : « x a quarante ans ou plus »

c : « x a le permis de conduire »

On se propose d’étudier les énoncés suivants :

r : « Si une personne a quarante ans ou plus, c’est un homme sans le permis de conduire, ou une femme ».

s : « Toute personne est une femme, ou n’a pas encore quarante ans, ou n’a pas le permis de conduire ».

t : « Si une personne a le permis de conduire et au moins quarante ans, alors cette personne est une femme ».

1)

a)

Ecrire r, s et t sous forme d’expression booléenne de a, b et c.

b)

Simplifier r, s et t et en déduire que r = s = t.

c)

Vérifier les égalités précédentes à l’aide d’un diagramme de Venn.

d)

Tracer le diagramme de Venn d’une assemblée pour laquelle la condition r est réalisée.

2)

Dans cette question, on suppose que tous les hommes ont quarante ans ou plus.

a) Faire le diagramme de Venn correspondant à cette situation.

b) Exprimer la condition de la question par une égalité booléenne liant a et b.

c) Simplifier l’expression commune de r, s et t en tenant compte de la condition. Vérifier graphiquement.

d) Donner un énoncé simple traduisant l’énoncé r ( donc aussi s et t ).

e) Tracer le diagramme de Venn d’une assemblée pour laquelle la condition r est réalisée. ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

9.

Sur le référentiel R = { Alain, Bernard, Christophe } = { a , b , c }, on considère les formes propo- sitionnelles :

m(x) : « x est maçon »,

n(x) : « xest notaire », p(x) : « x est professeur ».

On a les renseignements suivants :

Si Alain est maçon, alors Bernard n’est pas notaire. Si Alain est notaire, alors Christophe est professeur. Si Bernard n’est pas maçon, alors Christophe est notaire. Si Christophe est professeur, alors Alain est notaire.

1)

Ecrire ces renseignements sous la forme de quatre égalités booléennes de propositions. Donner ensuite une seule égalité équivalente à ce système.

2)

Alain, Bernard et Christophe ont des professions différentes. La profession de chaque personne et l’une des trois données. Déduire de la question précédente toutes les solutions possibles.

3)

Alain, Bernard et Christophe n’ont pas forcément des professions différentes, mais chaque personne est soit maçon, soit notaire, soit professeur. Donner toutes les solutions possibles. ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

10. Quand je mets mon bonnet de nuit, j’enlève mes pantoufles. Quand j’enlève mon bonnet de nuit, je mets mon pyjama. Quand j’ai mon bonnet de nuit sans être en pantoufles, je prends mes lunettes. Quand j’enlève mon pyjama, je mets mon bonnet de nuit. Quand je n’ai ni bonnet de nuit, ni pantoufles, je prends mes lunettes. Or ce soir, vous le voyez bien, je n’ai pas mes lunettes. Suis-je en pyjama ?

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

11. Un vol a été commis et trois suspects ont été appréhendés par le commissaire Lafrite ; suite à l’interrogatoire, le commissaire est convaincu des faits suivants :

a) Si monsieur Covert, prénommé Henri, est coupable, monsieur Jean Doeuf l’est aussi.

b) Si Henri est innocent alors Jean est coupable ou monsieur Denos, prénommé Alphonse, est coupable ( ou les deux ).

c) Si Alphonse est innocent alors Jean l’est aussi.

d) Si Alphonse est coupable alors Henri l’est aussi.

Qui est innocent et qui est coupable ? ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

12. Alain, Bertrand, Charles et Daniel sont membres d’un club de rugby et sont convoqués à un entraînement. Des 4 joueurs, certains viendront, d’autre(s) pas.

i) Si B vient, D vient aussi.

ii) Si D vient, C ne vient que si A ne vient pas.

iii) Si B ne vient pas, A et C viennent ensemble ou aucun des deux ne vient.

iv) Si D ne vient pas, B vient.

v) Si C et D viennent, B ne vient pas

Qui viendra à l’entraînement de rugby ?

2. Algèbre des parties d’un ensemble

1. Notion de référentiel

Lorsque l’on étudie les étudie éléments d’un ensemble, on dit que cet ensemble est le référentiel de l’étude effectuée. Le référentiel sera parfois représenté par un diagramme ( diagramme de Venn ).

Considérons par exemple le référentiel F, ensemble des arbres d’une forêt. Comme pour tout ensemble, on est capable de définir exactement les éléments de F. Ainsi, l ‘état d’une forêt pouvant

varier dans le temps, il faut se placer à un instant déterminé. La notion d’arbre étant parfaitement définie, on peut répondre à des questions du genre : telle plante ligneuse est-elle un arbre ? Les limites de la forêt sont également connues. Elle contient des arbres de tout âge, de toute taille, de

toute espèce commune en Belgique : chêne, hêtre, évidemment fini, mais il est très grand.

Le nombre des arbres de la forêt est

F =

{

x , x

1

2

,

.

.

.

,

x

n

} où chaque x i pour 1 i n désigne un arbre.

Le référentiel F et certains sous-ensembles pris en considération pourront être représentés par un

diagramme sans qu’il soit nécessaire de spécifier les éléments x 1 , x 2 ,

x n .

F A Aa P C A 2. Ensemble des parties d’un référentiel
F
A
Aa
P
C
A
2. Ensemble des parties d’un référentiel

A

sous-ensemble des arbres ayant plus de cinquante ans

C

sous-ensemble des chênes

P sous-ensemble des pins

On appelle ensemble des parties d’un référentiel E, l’ensemble noté P ( E ), dont les éléments sont tous les sous-ensembles de E.

Par exemple, si

E = { 0 , 1, 2 }, P ( E ) = { , {1 }{,

2 }, {1 , 2}}

∅ ∈ P ( E ), c’est la partie vide.

E P ( E ), c’est la partie pleine.

Lorsque E contient n éléments, l’ensemble P ( E ) contient 2n éléments.

3. Opérations dans P ( E )

Etant donné un référentiel E, on utilise habituellement dans P ( E ), deux opérations binaires, la réunion et l’intersection, et une opération unaire, la complémentation.

Définition des opérations

La réunion E A B
La réunion
E
A
B

La réunion de deux parties A et B de E est

l’ensemble, noté A B, des éléments de E appartenant à A ou à B ( ou aux deux ).

a A B signifie :

soit a A, soit a B, soit a à la fois à A et à B.

L’intersection

E A B La complémentation
E
A
B
La complémentation
E A A Propriétés des opérations
E
A
A
Propriétés des opérations

Commutativité

A, B P ( E ) : A B = B A

Associativité

A B = B A

L’intersection de deux parties A et B de E est l’ensemble, noté A B, des éléments appartenant à

la fois à A et B.

Le complémentaire d’une partie A de E est

l’ensemble, noté A , des éléments de E qui n’appartiennent pas à A.

A, B, C P ( E ) : A ( B C ) = ( A

B ) C

A ( B C ) = A ( B C )

Distributivité

A, B, C P ( E ) : A ( B C ) = ( A B ) ( A C ) A ( B C ) = ( A B ) ( A C )

Exercices

1. A, B, C, D et E sont des parties d’un ensemble R.

On sait que

C

A

E

D

B

E

C

B

D

E

A

B

Comment sont disposées les parties A, B, C, D et E ?

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

2. A, B, C, D et E sont des parties d’un ensemble R.

On sait que

A, B et C forment une partition de R

C

E

D

( A

D )

E

=

B

C

Comment sont disposées les parties A, B, C, D et E ?

⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯

3. Algèbre de Boole

D’après le physicien anglais Boole, les processus mentaux chez l’homme ne peuvent résulter que de l’association d’éléments simples répondant à deux alternatives : oui – non. Il développe, pour exposer ses idées, une méthode d’analyse appelée depuis algèbre de Boole ou algèbre logique.

Dans cette algèbre, les variables ne peuvent prendre que deux valeurs notées 0 et 1, sans passer par des valeurs intermédiaires.

Cette méthode d’analyse a pris une extension considérable depuis l’apparition des calculatrices électroniques. En effet, celles-ci sont construites à l’aide d’éléments qui ne peuvent prendre que deux états électriques auxquels on attribue les valeurs 0 et 1.

Avant d’être transmises à l’ordinateur, les informations (nombres, lettres, signes, opérations, instructions diverses) nécessaires à la réalisation d’un problème, devront être traduites sous formes de symboles lisibles et interprétables par ses composants électroniques. Le code utilisé est le langage binaire, ce code permettant de rapprocher l’alternative circuit ouvert - circuit fermé de l’alternative 0 - 1. Le chiffre 1 représente une impulsion électrique et le chiffre 0 représente l’absence d’impulsion.

L’algèbre de Boole permet d’établir les circuits les plus simples nécessaires au transfert de données et à la commande et l’exécution des opérations arithmétiques et des instructions. Ces circuits possèdent un certain nombre d’entrées et en général une sortie. Une relation logique d’algèbre booléenne existe entre les signaux d’entrée et le signal de sortie. Les circuits logiques sont constitués de dispositifs électroniques extrêmement simples dont l’assemblage «logique » permet la réalisation des différentes fonctions présentes dans l’ordinateur.

1. Opérations fondamentales

Une variable en algèbre de Boole ne peut prendre que deux valeurs notées 0 et 1. Il existe trois opérations fondamentales différentes des opérations algébriques ordinaires :

l’inversion ou opération NON

l’addition logique ou opération OU

la multiplication logique ou opération ET

Ces opérations sont réalisées au moyen de trois circuits élémentaires appelés circuits NON, OU et ET ( le circuit NON est aussi appelé circuit INVERSEUR ).

Tous les circuits des ordinateurs peuvent être réalisés à partir de ces circuits élémentaires ou de leurs combinaisons.

Comme combinaisons particulièrement importantes, il faut signaler les circuits suivants :

circuit OU EXCLUSIF

circuit NOR

circuit NAND

1.

L’inversion

Cette opération s’applique à une variable unique. On la désigne en plaçant une barre au-dessus de

la variable à inverser. L’inverse de la variable A sera A avec les deux possibilités suivantes :

0 = 1

et

1 = 0

Le circuit logique qui réalise cette opération est représenté comme suit :

A A
A
A

2. La multiplication logique

Cette opération s’effectue sur deux ou plusieurs variables et le point est son symbole. Elle est définie par :

0

. 0 = 0

0

. 1 = 0

1

. 0 = 0

1

. 1

= 1

On l’appelle multiplication logique par analogie avec la multiplication ordinaire.

Le circuit logique réalisant cette opération est représenté comme suit pour deux variables A et B :

A

B

A . B &
A . B
&

La sortie de ce circuit est au niveau 1 si la première variable ET la seconde sont simultanément au niveau 1, d’où le nom de circuit ET donné à ce circuit.

3. L’addition logique inclusive

Cette opération, notée +, réunit deux ou plusieurs variables. Elle est définie comme suit :

0

+ 0 = 0

0

+ 1 = 1

1

+ 0 = 1

1

+ 1 = 1

On l’appelle addition logique par analogie avec l’addition classique : seule la dernière combinaison change.

Le résultat de l’addition logique est 1 si l’une OU l’autre OU les deux variables ont la valeur 1, d’où le nom donné au circuit.

La représentation du circuit logique réalisant la fonction OU est la suivante :

A

A + B ≥
A + B

B

4.

L’addition logique exclusive

Cette opération, notée , réunit deux ou plusieurs variables. On la définit comme suit :

0

0 = 0

0

1 = 1

1

0 = 1

1

1 = 0

Le résultat de l’addition exclusive de deux variables est 1 si l’une des variables a la valeur 1 et l’autre la valeur 0.

La représentation du circuit logique réalisant la fonction OU EXCLUSIF est la suivante :

A

B

A ⊕ B =
A ⊕ B
=

2. Tables de vérité. Théorèmes fondamentaux

Les tables de vérité expriment les valeurs des fonctions étudiées pour les différentes combinaisons des variables entre elles.

Une expression à 2, 3,

A, B et C, on a les combinaisons suivantes :

n variables donne 2 2 , 2 3 ,

A 0

 

0

0

0

1

1

1

1

B 0

0

1

1

0

0

1

1

C 0

1

0

1

0

1

0

1

2 n combinaisons. Ainsi, pour trois variables

Dressons les tables de vérité de quelques expressions.

A

B

A

+

B

A

B

A

.

B

0

0

0

1

 

1

0

0

1

1

1

0

1

0

0

0

0

1

1

0

0

1

0

1

1

1

1

0

0

0

1

1

1

1

1

0

1

1

0

0

0

A

B

C

( A

 

+

B )

.

C

0

0

0

 

1

1

0

1

1

0

0

1

1

1

0

0

0

0

1

0

1

1

1

1

1

0

1

1

1

1

1

0

0

1

0

0

0

0

0

0

1

1

0

1

0

0

0

0

0

1

1

0

0

1

1

1

1

1

1

1

0

1

1

0

0

Théorèmes fondamentaux

A + 0 = A

A + A . B = A + B

 

A + 1 = 1

A

. ( B + C ) = A . B

+

A . C

 

A + A = A

A

+

B . C = ( A + B ) . ( A + C )

A + A = 1

A

. ( A + B ) = A

A . 0 = 0

A

. B

. ( A + C ) = A . B

 

A . 1 = A

(

A + B ) . ( A + C ) = A

 

+

B . C

A . A = A

(

A + B ) . ( A + B

) = A

 

A . A = 0

A = A

 

A + A . B = A

. B

A +

A . C = A . B

+

A . C

+

B . C

On peut démontrer ces théorèmes au moyen des tables de vérité.

Théorèmes sur les égalités

A

= B

A + C = B + C

A

= B

A . C = B . C

Contrairement à l’algèbre classique :

A + C = B + C

⇒

A = B

( par exemple si A = 0, B = 1 et C = 1, on a A + C = B + C et A B )

A . C = B . C

⇒

A = B

( par exemple si A = 0, B = 1 et C = 0, on a A . C = B . C et A B )

Mais

A

+

C

=

B

+

A . C

=

B . C

C

A

⇒ =

B.

En effet, ( A + C ) . A = A . A + A . C = A + A . C = A

Supposons que A + C = B + C et que A . C = B . C.

On a alors ( A + C ) . A = ( B + C ) . A = A . B

+ A . C = A . B + B . C = B . ( A + C ) = B . ( B + C )

= B . B + B . C = B + B . C = B

On a donc ( A + C ) . A = A et ( A + C ) . A = B et par conséquent A = B.

A = B et C = D )

(

A + C = B + D

(

A = B et C = D )

A . C = B . D

A = B

A . B = 1

A + B = 0

A = B

( A = 1 et B = 1 )

( A = 0 et B = 0 )

3.

Lois de DE MORGAN. Inversion d’une expression booléenne

Ces lois permettent de calculer des expressions de la forme

les termes A, B,

A . B

.

.

.

.

.

L

et

A + B +

+ L ,

L pouvant contenir plusieurs autres termes.

Considérons d’abord le premier type d’expression que nous limitons à deux termes et démontrons par la table de vérité que :

 

A

. B = A + B

 

A

B

A

.

B

A . B

A

+

B

0

0

0

0

0

 

1

1

1

1

0

1

0

0

1

1

1

1

0

1

0

1

0

0

1

0

1

1

1

1

1

1

1

 

0

0

0

0

Considérons d’abord le second type d’expression que nous limitons à deux termes et démontrons par la table de vérité que :

 

A

+ B = A . B

 

A

B

A

+

B

A + B

A

.

B

0

0

0

0

0

 

1

1

1

1

0

1

0

1

1

0

1

0

0

1

0

1

1

0

0

0

0

1

1

1

1

1

1

0

0

0

0

On peut généraliser facilement pour un nombre quelconque de variables.

Pour inverser une expression booléenne, on effectue les opérations suivantes :

inverser toutes les variables

changer + en . et . en +

4.

Simplification d’une fonction par le diagramme de VEITCH

A n , est un tableau

à 2 n cases, chaque case représentant un minterme, c’est à dire un produit obtenu en choisissant

Un diagramme de Veitch d’une expression booléenne de n variables A 1 , A 2 ,

dans chacun des n couples ( A , A

i

i

)

un élément et un seul.

Diagramme pour

Diagramme pour

Diagramme pour

1 variable

2 variables

3 variables

A

A

A A
A
A

A

A

A

A

1 variable 2 variables 3 variables A A A A A A A A A B

A B

AB

AB

A B

A B C

A BC

ABC

AB C

ABC

AB C

A B C

A BC

C C C
C
C
C

Diagramme pour

4 variables

A A
A
A
D B D B D
D
B
D
B
D
C C C
C
C
C

Diagramme pour

5 variables A A E E E E E
5 variables
A
A
E
E
E
E
E
B D C C C Diagramme pour 5 variables A A E E E E E
D D D
D
D
D
C C C
C
C
C

Diagramme pour 6 variables

A A E E E E E
A
A
E
E
E
E
E
A A E E E E E D D D C C C Diagramme pour 6
F D B F F D B F D F
F
D
B
F
F
D
B
F
D
F
C C C
C
C
C

Outre les mintermes, on situe aisément sur un diagramme de Veitch les surfaces représentant une variable ou son inverse, un produit de deux variables, trois variables, etc.

Représentons la fonction booléenne f(A,B,C) = BC + A B D + B D + B C D + A B C D sur un

diagramme de Veitch.

A A

D B D B D C C C
D
B
D
B
D
C C
C
B C BC D A B D A B C D B D
B C
BC D
A B D
A B C D
B D

Voyons maintenant comment on peut simplifier cette fonction.

A A

4 3 3 D B 1 D B D 2
4
3
3
D
B
1
D
B
D
2
C C C
C C
C

La zone 1 représente C D

La zone 2 représente B D

La zone 3 représente B C

La zone 4 représente A B