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Ministere De L'enseignement Supérieur

Et De La Recherche Scientifique

Université Djillali Liabes De Sidi Bel Abbes

Faculté Des Sciences Et Technologie

Département De Génie Mécanique

Spécialité Énergétique

1er année Master

Module : Energies Renouvelables

La Géothermie

Présenté Par :
- Kebbab Anes Abdellah
- Henien-Djelloul-Sayah Kada Ilies

Année Universitaire : 2021-2022


1/ Introduction :
Aujourd'hui, on parle de plus en plus d'énergies renouvelables. La prise de
conscience de plus en plus d'individus vis à vis de l'avenir de leur planète les
conduits à utiliser des énergies propres. Ce mouvement est aussi motivé par le fait
que ces énergies peuvent rapidement devenir plus rentables que les énergies
fossiles que nous utilisons de nos jours quatre fois sur cinq.

Ces énergies renouvelables sont le solaire, la biomasse, l'éolien, l'hydraulique et la


géothermie. Nous nous intéresserons ici au dernier cas, pour pouvoir traiter le sujet
avec précision.

2/ Définition et Explications :
La géothermie, du grec Géo (la terre) et Thermos (la chaleur) désigne à la fois la
chaleur terrestre et son exploitation par l’homme.

La chaleur terrestre provient, pour l’essentiel (80-90%) de la désintégration


radioactive dans les roches constituant la terre des atomes fissiles (uranium, thorium,
potassium) qu’elles contiennent. Le reste (10%) est le reliquat de la chaleur de
formation initiale, il y a 4,5 milliards d’années.

L’écorce terrestre est solide et peu conductrice. A sa base, elle flotte sur le manteau
supérieur liquide très chaud (1 000 - 1 200°C). En surface, dès une faible profondeur
(10 m), le sol est presque partout à une température stable d’environ 15°C. La croûte
continentale (épaisseur de 30 à 70 km) et le plancher océanique (5 à 10 km)
s’échauffent en moyenne d’environ 3 à 4°C par 100 mètres de profondeur. Ce
gradient correspond au différentiel de température qui fait de l’écorce terrestre une
source d’énergie. Dans les régions de fracture de l’écorce, cet échauffement peut
atteindre des valeurs nettement supérieures (volcanisme ≥ 10°C par 100 m).

Centrale géothermique
La géothermie exploite le différentiel thermique de l’écorce terrestre pour en extraire
de la chaleur utilisable par l’homme. On distingue trois types :

 La géothermie profonde à haute énergie 

Parmi les différents types d’exploitation de la chaleur géothermique, la géothermie


haute température (aussi appelée haute enthalpie) concerne les fluides dont les
températures sont supérieures à 150 °C. Ceux-ci sont mis en production par forages
généralement à plus de 1 500 mètres de profondeur.

 La géothermie moyenne à basse énergie 

La géothermie basse température (ou basse énergie) exploite la chaleur de


gisements d’eau situés à des profondeurs de quelques centaines de mètres jusqu’à
environ 2 000 m, pour des températures généralement comprises entre 30°C et
90°C.

 La géothermie à très basse énergie 

La géothermie superficielle est appelée aussi géothermie très basse température ou


géothermie très basse énergie. Elle exploite la chaleur du sol ou de l’eau du sous-sol
à des profondeurs généralement comprises entre 0 et 100 mètres, pour des
températures inférieures à 30°C (12°C en moyenne en France).
3/ Principe et Fonctionnement :
La géothermie, grâce à la tomographie sismique, a identifié la composition et la
température des couches constituant la Terre, le long de son rayon de 6 371 km. Elle
est successivement composée de :

 un noyau solide au centre (Fer-Nickel, de densité 13), de 1 200 km de rayon


et de température supérieure à 5 000°C ;
 une couche liquide métallique, d’une épaisseur de 2 300 km et d’une
température moyenne de 4 000°C (de 5 100 à 3 500°C). Les mouvements de
convection et de rotation de cette énorme masse métallique liquide sont à
l’origine du champ magnétique terrestre (effet dynamo) ;
 un manteau ductile constitué de deux couches :
 le manteau inférieur, solide et élastique, épais de 2 250 km, de température
décroissant de 3 500 à 2 000°C ;
 le manteau supérieur, plastique et liquide, au contact de l’écorce terrestre
(décroissant de 2 000 à 1 000°C).
 
 une écorce solide, flottant sur le manteau supérieur (1 000°C), fracturée en
plaques mobiles constituant :
 le plancher océanique (70% de la surface terrestre, épaisseur de 5 à 10 km) ; 
 la croûte continentale  (30%, épaisseur de 30 à 70 km).

Le manteau constitue 84% du volume de la Terre, le noyau 15%, l’écorce terrestre


1%. La transition croûte-manteau s’appelle la discontinuité de MOHO. En 2010,
malgré un forage record à 12 km, MOHO (la limite entre la croûte terrestre et le
manteau supérieur) n’a pas encore été atteinte. L’homme ne peut donc aujourd’hui
capter la chaleur terrestre en provenance du manteau, qu’entre le sol et les premiers
kilomètres de l’écorce.
L’écorce terrestre est d’une extrême variété en épaisseur, en nature de roches
(sédiments, basaltes, granites…) et en gradient thermique, d’où la diversité des
techniques géothermiques pour en extraire la chaleur. Parmi ces modes
d’exploitation :

 La géothermie profonde :
Va forer à plusieurs kilomètres pour trouver des nappes aquifères ou des roches
sèches brûlantes dont on tirera de la vapeur sous haute pression, directement
utilisable pour entraîner des turbines et produire de l’électricité. Les techniques
d’exploration et d’exploitation seront donc directement dérivées de celles des
pétroliers. On privilégiera les zones de failles ou de rift, en bordure de plaques. Mais
on ne sait pas aujourd’hui forer au-delà de quelques kilomètres. La chaleur terrestre
profonde reste encore largement hors de portée. La production d’électricité
géothermale est ainsi marginale avec une puissance installée totale dans le monde
de 11,7 GWe en 2012, dont notamment 29% aux États-Unis et 16% aux Philippines.

Production d'électricité
À l’intérieur du réservoir géothermal, l’eau est soit sous forme liquide, soit sous forme
gazeuse. Il est aussi possible de trouver de la vapeur d’eau et de l’eau liquide au
sein d’un même réservoir géothermal.

Par un forage géothermique, il est alors possible de produire de la vapeur seule, dite
vapeur sèche, ou un mélange de liquide et de vapeur, appelé vapeur humide.

 Lorsque l'eau du réservoir est vaporisée, elle est récupérée sous la forme


de vapeur sèche en tête de puits et directement utilisable pour faire tourner
les turbines des centrales géothermiques.
 Lorsqu’elle est sous forme liquide dans le réservoir, l'eau subit une baisse
de pression lors de la remontée dans le forage, et se transforme
partiellement en vapeur. Cette vapeur est alors séparée en surface et
utilisée pour alimenter des turbines.

Dans la plupart des centrales géothermiques, la vapeur naturelle sous pression fait
tourner une turbine (à vapeur) qui à son tour actionne un alternateur (1). Mais d’autres
dispositifs sont employés notamment lorsque la température est moins élevée, ou
parce que le fluide pose problème pour l’environnement.

Au total, en fonction de la nature et des propriétés du fluide géothermal, différents


systèmes de production d’électricité sont utilisés dans les centrales géothermiques :

 cycle direct à contre-pression : 


La vapeur, directement ou après séparation de la phase liquide, entraîne une
turbine. À la sortie de la turbine, la vapeur d'eau - encore à une température
élevée - est soit envoyée dans l'atmosphère, soit dirigée vers un utilisateur de
chaleur situé à proximité. Dans ce dernier cas, il y a cogénération c’est-à-dire
production combinée de chaleur (énergie thermique) et d'électricité (énergie
électrique).
 cycle direct à condensation :
Le système est similaire au précédent. Toutefois la vapeur à la sortie de la
turbine est condensée pour être évacuée sous forme liquide. Le rendement de
production électrique est ainsi amélioré et l’impact atmosphérique minimisé.
 cycle à vaporisation :
Le fluide extrait du réservoir géothermal, constitué de vapeur et liquide, passe
par un séparateur de phase :
- la vapeur est dirigée dans un premier circuit à haute pression vers la
turbine ;
- l'eau liquide est vaporisée par abaissement de sa pression puis dirigée par
un deuxième circuit vers la turbine.
 cycle indirect à condensation :
Lorsque le caractère corrosif de l'eau, dû à sa minéralité, est important, deux
circuits sont mis en place.
La vapeur provenant du réservoir géothermique n'est pas envoyée
directement dans la turbine (pour éviter la corrosion). Le fluide géothermal est
maintenu en circuit clos, sa chaleur étant transmise à de l'eau douce – ou à un
autre fluide à plus bas point d’ébullition - par l'intermédiaire d'un échangeur
thermique. Le fluide du deuxième circuit, vaporisé ensuite, entraîne la turbine
de l'alternateur. On parle alors de « centrale à fluide binaire ».
 la géothermie à moyenne et basse énergie :

 S’intéresse aux nappes aquifères de températures intermédiaire (30 à 150°C) inapte


à la production électrique mais utilisable directement pour le chauffage urbain par
des réseaux de chaleur géothermique. En France, les régions Aquitaine et Île-de-
France ont développé cette filière pour chauffer près de 200 000 logements.

Fonctionnement technique ou scientifique

 Techniques d’exploitation

Par forage, l’eau chaude est captée dans la couche poreuse. Le fluide remonte à la
surface dans le puits de production par un système de pompage ou grâce à la
pression naturelle présente en profondeur et à la température du fluide (système dit
artésien).

L’eau chaude peut être exploitée directement lorsqu’elle est suffisamment pure, avec
une température et une pression adaptées. Dans le cas de trop haute température,
de trop forte pression ou de composition inappropriée du fluide (les aquifères
profonds, hérités d’anciennes formations marines, sont souvent salins) des
échangeurs thermiques sont utilisés. La chaleur de l’eau géothermale est alors
cédée via le circuit d’un échangeur thermique (1) au fluide du réseau de chaleur
servant ensuite, après passage éventuel dans un nouvel échangeur en sous-station,
à alimenter un système de chauffage ou la production d’eau chaude sanitaire.
L’échangeur thermique, outre sa fonction de régulation, évite aussi
l’endommagement des structures, l’eau géothermale étant fréquemment salée et/ou
chargée en sulfures, donc corrosive.

Un second puits permet le plus souvent de réinjecter l’eau géothermale dans


l’aquifère originel. Cette étape évite une pollution de surface et permet de maintenir
la pression du réservoir géothermal exploité. Le puits de réinjection doit être implanté
à la bonne distance du puits de production (1 000 à 2 000 mètres selon les
caractéristiques du réservoir et de l’installation) pour que le refroidissement ne soit
pas perceptible avant que l’installation ne soit amortie (20 à 30 ans) : il s’agit du
principe du doublet géothermique.
Schéma général d'un réseau de chaleur

 Caractéristiques du réseau de chaleur géothermique

La centrale géothermique du réseau est en général alimentée par un doublet


géothermique. Les puits géothermiques et l’échangeur thermique constituent un
circuit primaire (ou réseau géothermique) qui chauffe le réseau de distribution ou
circuit secondaire. Celui-ci alimente des sous-stations qui transfèrent la chaleur du
réseau vers les bâtiments raccordés.

L’essentiel de la chaleur du réseau est fournie par la géothermie qui peut être
couplée à des énergies d’appoint (gaz, charbon ou fioul) mobilisées lors des jours les
plus froids et pendant les opérations de maintenance. Les réseaux de chaleur
géothermiques sont des réseaux multi-énergies. D’autant qu’ils ont été généralement
implantés sur des réseaux avec centrales thermiques préexistantes qui passent alors
« en appoint ».

 la géothermie à très basse énergie :

Exploite la chaleur superficielle du sol. A dix mètres de profondeur, sa température


est couramment de l’ordre de 15°C, grâce à la fois à la chaleur terrestre et à l’énergie
solaire, en particulier celle qui est stockée dans l’eau de pluie s’infiltrant vers les
nappes phréatiques. Cette chaleur à basse température peut être extraite de ces
nappes, ou du sol, par des pompes à chaleur couplées à des capteurs. Ce procédé
est adaptée au chauffage (et à la climatisation) des logements individuels.
Fonctionnement technique ou scientifique

 Pompes à chaleur géothermiques

 Principe

La pompe à chaleur (PAC), qui peut être électrique ou à gaz (la PAC électrique est
préférée dans l’habitat individuel), prélève des calories à une source dite froide (en
l’occurrence le sol) pour les céder à une source dite chaude (l’intérieur d’une
maison). De façon imagée, il s’agit de refroidir le froid pour réchauffer le chaud. En
été, la pompe à chaleur peut être utilisée en mode « réversible » pour la
climatisation, la source froide étant l’intérieur de l’habitation et la source chaude
l’environnement extérieur.

Comme dans un frigidaire, le processus utilise la faculté de certains fluides de passer


de la phase gazeuse à la phase liquide ou l’inverse en fonction des températures et
des pressions.

 Fonctionnement

L’exploitation de l’énergie géothermique pour le chauffage par pompe à chaleur se


fait en trois grandes étapes : captage de la chaleur, amplification de l’énergie par une
PAC et restitution de la chaleur dans l’habitation (par un circuit de chauffage).

La chaleur géothermique est prélevée par des capteurs pour être transmise à un
fluide originellement plus froid en circulation dans la PAC. Ce fluide change d’état et
se transforme en vapeur, dont la température est augmentée par compression. Cette
chaleur générée est restituée au milieu à chauffer via un condenseur, où le fluide se
refroidissant repasse à l’état liquide.

Principe de fonctionnement d’une pompe à chaleur


 Caractéristiques

En pratique, les systèmes utilisant une pompe à chaleur se différencient par le type
de capteurs utilisé pour récupérer la chaleur géothermique. Ceux-ci prélèvent soit la
chaleur du sol, soit la chaleur de la nappe. Dans la plupart des cas, le fluide utilisé
pour le transfert est l’eau, naturelle ou glycolée.

 Capteurs verticaux dans le sol : les capteurs verticaux (ou sondes


géothermiques) sont disposés entre 30 et 150 m de profondeur. L'échange de
chaleur avec le sol s'effectue par l'intermédiaire d'un ou deux tubes en U dans
un forage vertical. Ce type de captage trouve des applications en maison
individuelle et en petit tertiaire (crèche, mairie, bureaux, etc.). La possibilité de
multiplier les forages permet d’envisager des applications plus importantes, en
habitat collectif.
 Capteurs horizontaux dans le sol : les capteurs horizontaux sont disposés
en réseau de tubes, installés en boucle. Ils sont enterrés à une profondeur
allant de 60 cm à 1,20 m. Les capteurs horizontaux sont les plus utilisés dans
le neuf pour les maisons individuelles. D’installation simple, ils ont des coûts
initiaux moins élevés que les capteurs verticaux. Cependant, ils présentent
des rendements moindres, s’expliquant par des températures souterraines
inférieures, et des variations de températures dues à l’influence
atmosphérique (insolation, pluie, etc.). De plus, la surface de terrain à
mobiliser pour l'installation correspond à 1,5 à 2 fois la surface habitable à
chauffer, ce qui induit une contrainte à long terme concernant l’usage de cet
espace.

Schéma des pompes à chaleur à capteurs horizontaux et verticaux


 Forages verticaux sur nappes d’eaux : ce type de capteurs consiste à
prélever l’eau des nappes phréatiques, par forage ou puits entre 10 et 30
m. Le captage se fait soit par puits unique avec rejet des eaux en surface soit
par double puits avec réinjection des eaux en profondeur. Le captage sur
nappe offre un intérêt en termes de puissance et de rendement. La
température de l’eau d’une nappe reste constante toute l’année (12° C en
moyenne pour les nappes superficielles, +3°C par 10 mètres pour les nappes
plus profondes). Le coefficient de performance peut être de 5 alors qu’il
s’échelonne entre 3 et 4,5 pour les autres systèmes (captage horizontal ou
vertical). Ce type de PAC est surtout utilisé pour de petits collectifs, mais peut
également convenir  pour  des maisons individuelles.

Schéma des pompes à chaleur sur nappes d'eau

 Le puits canadien ou puits provençal

Ce système, encore peu développé en France, est à différencier du précédent dans


la mesure où l’échange de chaleur avec le sol ne se fait pas ici avec de l’eau mais
avec de l’air. La dénomination « puits provençal » fait référence à la fonction de
rafraîchissement estival du système, alors que le puits canadien désigne la fonction
de préchauffage hivernal de l'air ventilé.

Le puits canadien consiste à faire circuler de l'air de l'extérieur vers l'intérieur de


l'habitation, dans une canalisation enterrée à faible profondeur. En hiver, ce système
utilise la chaleur du sous-sol dont la température est plus élevée que l’air 5d’environ
7 °C à 2 ou 3 mètres de profondeur). En été, il exploite la fraîcheur du sous-sol,
approximativement de 12°C. La circulation d’air dans la canalisation peut être
passive (en positionnant par exemple l’entrée de la canalisation vers les vents
dominants) ou mécanique grâce une ventilation mécanique contrôlée.

Le puits canadien ne peut pas constituer un système de chauffage, sauf s’il est
couplé à une pompe à chaleur (air-air ou air-eau si la maison dispose de radiateurs).
Il permet néanmoins de renouveler l’air de l’habitat, de le rafraîchir en été et de le
préchauffer en hiver.

Schéma d'un puits canadien


Ce système – couplé ou non à une pompe à chaleur, ou encore à un appoint
thermique (chauffage bois par ex.) - est utilisé aussi bien pour l'habitation individuelle
que pour les bureaux ou des équipements collectifs.

Le rendement d’un puits canadien varie selon sa conception (longueur, diamètre,


profondeur), le type de ventilation et selon le type de construction : des matériaux
comme la pierre gardent mieux la fraîcheur.
Utilisé en rafraîchissement direct, le système utilise dix fois moins d'énergie qu’une
climatisation électrique conventionnelle. En effet, il consomme uniquement l’énergie
électrique nécessaire au ventilateur qui aspire l’air extérieur.

4/ Utilisations et Applications de la
Géothermie :
La géothermie peut être utilisée de façons : pour produire de l'électricité et pour
alimenter le chauffage et pour  les réseaux urbains de chaleur.

 La production d'électricité
Il est possible de récupérer la chaleur de la Terre pour faire de l’électricité grâce à la
géothermie. A savoir cependant que la géothermie n’est pas possible partout. En
effet, le flux de chaleur est plus élevé dans certains lieux que d’autres, ce qui fait que
cette technologie ne peut être exploitée que dans les zones les plus volcaniques.
Il existe deux méthodes pour produire de l’électricité par géothermie :

 La géothermie naturelle en haute énergie :

Le fonctionnement de la géothermie consiste à l’exploitation de l’eau chaude


présente dans le sous-sol à haute température. L’eau est présente dans le sous-sol
sous forme de liquide ou de vapeur. Cette vapeur va servir à faire tourner une
turbine, qui va produire de l’électricité, accouplée d’un alternateur ;

 Le système géothermique stimulé :

Il consiste à produire de l’électricité par la géothermie profonde à haute température


à partir de roches sèches. Dans ce cas, l’eau n’est pas directement prélevée du
sous-sol, mais injectée dans le sous-sol pour y être réchauffée. Le principe est le
suivant : on injecte une grande quantité d’eau dans un puits, cette eau se réchauffe
en contact de la roche, puis captée grâce à des pompes par deux autres puits. Elle
monte ensuite en surface et cède sa chaleur à un fluide qui se transforme en vapeur,
laquelle va faire tourner la turbine. La première centrale utilisant la géothermie
profonde est celle d’Alsace, à Soultz-Sous-Forêts initiée en juin 2008.

 La géothermie pour le chauffage


Il existe de nombreux types d’installations qui permettent de produire du chauffage
par géothermie :

 Les pompes à chaleur :

La pompe à chaleur géothermique utilise la géothermie de surface pour le chauffage.


Elle n’utilise pas la géothermie profonde, mais plutôt celle dite à basse
température (car la température souterraine peu profonde reste inférieure à 30°C),
pour chauffer des maisons et immeubles. Cette technologie est la plus utilisée en
Suisse. C’est aussi une bonne méthode envisageable à l’échelle des particuliers. La
PAC géothermique permet de diviser par 3 ou 4 ses factures de chauffage, ce qui
permet de rentabiliser l’installation sur le long terme. Par ailleurs, il existe des aides
en France qui permettent de financer ce type de travaux (l’installation d’une PAC par
géothermie est notamment éligible au crédit d’impôt) ;

 Les installations hydrothermales :

Sur tous les continents, il existe des sources d’eau naturellement chaude.
Les installations hydrothermales sont utilisées pour atteindre ces sources et les
utiliser pour le chauffage. On parle de géothermie de moyenne profondeur, car les
gisements se situent à moins de 3000 mètres, où l’eau atteint les 70 °C ;

 Les installations pétro thermales :

Il s’agit du même principe que le système géothermique stimulé, c’est-à-dire


l’injection d’eau dans des puits pour la réchauffer en contact des roches.
 Les réseaux urbains de chaleur

Les réseaux urbains de chaleur distribuent la chaleur pour tout un quartier ou un


ensemble d’immeubles. Pour cet usage à plus grande envergure, il faut récupérer
directement la chaleur de l’eau contenue dans les nappes aquifères situées à
quelques centaines de mètres sous la surface du sol (maximum 2 000 mètres). La
température de l’eau est supérieure à 30 °C et peut parfois atteindre 150 °C : il s’agit
de la géothermie à basse et moyenne énergie. En Île-de-France, 29 réseaux urbains
de chaleur géothermique chauffent des logements. D’ailleurs, avec ses 67,5
kilomètres de réseaux, 80 % de la production française est située en Île-de-France.
Avec plus de 1,1 TWth en 2015, elle dépasse largement la région Nouvelle Aquitaine
(146 GWth/an) et l’Occitanie (64,6 GWth/an). Multi-énergies, ces réseaux urbains
géothermiques peuvent assurer 80 % des besoins et être complétés, en particulier
l’hiver, par les énergies fossiles.

5/ Les Avantages et les Inconvénients de la


Géothermie :
 Les Avantages
La géothermie a de nombreux avantages, surtout en faveur de l’environnement. Elle
est considérée comme une énergie propre et une alternative écologique intéressante
:

 Sa matière première est la chaleur de la Terre, qui est renouvelable,


inépuisable et gratuite ;
 La géothermie ne dépend pas des conditions atmosphériques, contrairement
à d’autres sources d’énergie comme l’énergie solaire ou les éoliennes. Par
ailleurs, la géothermie à basse température est disponible dans presque tous
les sous-sols de la planète ;
 Il s’agit d’une énergie propre qui ne dégage que peu de gaz à effet de serre et
ne laisse aucun déchet après utilisation ;
 La géothermie n’est pas seulement écologique, mais également économique.
Elle est accessible et rentable, surtout la pompe à chaleur qui diminue
considérablement les factures d’énergie. Ce type de projet coûte cher, soit
environ 13 000 à 20 000€, mais le coût d’installation est éligible aux aides et
se rentabilise au bout de quelques années ;
 La géothermie est une installation de longue durée, environ 40 à 60 ans .

 les Inconvénients

La géothermie n’est pas sans inconvénients, malgré ses nombreux avantages.


Cependant, il faut noter que même avec ses limites, la géothermie reste une énergie
plus propre et moins dangereuse que les combustibles fossiles ou encore
les centrales nucléaires :
 Le coût d’installation est très élevé, comme expliqué plus tôt. Même s’il est
éligible à des aides, ce type de travaux reste cher et donc peu accessible à
tous. Du coup, la rentabilité de l’utilisation de la géothermie n’est obtenue
qu’après au moins 5 ans de son installation ;
 La géothermie n’est pas une énergie 100% renouvelable, car elle nécessite un
générateur (donc de l’électricité). Certaines pompes à chaleur utilisent aussi
du fréon ;
 Une installation géothermique ne peut pas être installée partout. Elle doit en
effet se trouver sur une zone géographique avec les conditions appropriées ;
 L’installation peut provoquer des dangers si elle n’est pas réalisée
correctement. Il faut faire attention lors du forage par exemple parce que cela
peut causer des affaissements de terrain. La technique par fracturation des
roches peut aussi provoquer des séismes.

6 /Avenir pour la géothermie :

 Passé et présent
Les plus anciens vestiges d’utilisation humaine de la géothermie dateraient de
20 000 ans, en pleine glaciation, dans une région volcanique du Japon.

Depuis, l’usage des thermes a accompagné l’essor des civilisations, en particulier


dans les régions volcaniques. En Sicile, 2000 ans av. J.-C., les boues chaudes des
îles Lipari étaient déjà fréquentées. Rome, dont l’empire couvrait l’arc méditerranéen,
faisait d’abord construire des thermes dans les villes conquises. Au Moyen Âge, la
France utilisait ses abondantes ressources thermales dans le Massif central
(Auvergne, Ardèche), en Provence, en Aquitaine…

Aujourd’hui, la convergence entre la raréfaction des ressources fossiles et leur


dangerosité climatique pose la géothermie en alternative pour produire de la chaleur
partout et de l’électricité dans les pays géologiquement privilégiés. Mais la
géothermie reste difficilement accessible tant que l’on ne sait pas pénétrer
profondément en terre et son développement nécessiterait des investissements
substantiels, qui ne sont pas encore envisagés.

 Futur
Seul l’avenir de la géothermie à très basse énergie est aujourd’hui assuré. Les
progrès en fiabilité, performance et coût des pompes à chaleur devraient en faire
rapidement un moyen de chauffage très répandu.

Au-delà, c’est l’accessibilité à la chaleur intense et profonde qui va dimensionner le


développement de la géothermie. Les solutions, si elles existent, devraient venir de
ceux qui maitrisent le mieux les technologies des forages et les disciplines associées
(sismique, géologie…, c'est-à-dire les "fossiliers"). Aux Etats-Unis, des projets
d’exploitation géothermique d’anciens puits de pétrole ou de gaz sont envisagés.
Là aussi, la stratégie d’investissement de la puissante industrie pétrolière sera
décisive pour l’avenir de la géothermie.

7/ Conclusion :
 La géothermie peut être considérée comme une énergie du futur par son potentiel
élevé et des avantages écologiques et économiques. Cependant elle dispose d’un
budget de recherche très faible et la production de haute énergie s’effectue dans des
zones à risques (zones de frontière de plaques, volcanisme). La production
d’électricité grâce à la géothermie (haute et moyenne énergie) n’est donc
intéressante que sur ces territoires. Cela est donc très restrictif, les contextes
géologiques tels que celui de l’Islande étant très rares. L’avenir de la géothermie se
situe donc dans les géothermies basse et très basse énergie, accessibles partout et
très économiques. Un meilleur développement nécessite une communication avec la
population qui peut notamment se faire au moyen d'affiches publicitaires.

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