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Iran: ni Save ni Goulag
PAR DJAVAD ALAMIR
Parti démocratique iranien
Il y a peu d'exemples d'aussi grande confusion sur la question iranienne que celle que l'on rencontre aujourd'hui en Occident, à gauche comme à droite. Par un curieux amalgame, elle a fourré pêle-mêle et aux côtés d'une minuscule — hélas 1 — gauche authentique, les représentants du Toudeh — peut-être le parti communiste le plus dogmatiquement stalinien du monde avec le Parti communiste albanais, et dont l'importance est réduite à un squelettique appareil bureaucratique en exil —, l'ultra-gauche romantique et terroriste — pas plus sérieuse dans notre pays que les Brigades rouges italiennes ou la « bande à Baader » —, les opportunistes de tout poil, et, enfin, les seuls gens sérieux de l'opposition irréductible au régime, les religieux chiites « durs », qui sont tout ce qu'on voudra mais exactement le contraire d'une force politique dite de gauche. A droite, on croit toujours, même après que la C.I.A. a fait amende honorable et avoué qu'elle a trompé tout le monde en prétendant que Mossadegh était un agent communiste, que toute opposition à la dictature est, ipso facto, un acte de sédition communiste. On croit toujours, dans ces milieux, aux vieux clichés sans nuance des stratèges de la guerre froide et du fameux « domino », selon lequel une démocratie en Iran équivaut automatiquement à la chute du chah, c'est-à-dire au chaos, à l'arrivée des Soviétiques sur les rives pétrolières du golfe Persique, et à r« apocalypse pour le monde libre ». Il est temps de nous débarrasser des idées reçues, des slogans creux et des mythologies des uns comme des autres. Ce qui se passe en Iran tient en trois mots de bon français : un « ras-lebol ». Un quart de siècle de dictature policière, c'est assez. Les démocrates iraniens — parmi lesquels j'ai l'honneur de militer — ne pensent pas que le choix est inévitablement entre le maintien du régime actuel du chah et la destruction de l'Iran, et, par-là même, la fin du monde. Comme disait un célèbre humoriste, la• situation [en Iran] « est n'avaient pas d'autre alternative et ne voulaient pas combattre le régime sous l'étiquette marxiste, peut trouver sa solution dans un juste concordat entre pouvoir civil et pouvoir religieux. Le Parti démocratique iranien ne croit pas que, au moment où l'U.R.S.S. et la Chine elle-même tentent désespérément d'obtenir une plus grande coopération économique de l'Occident, la solution de nos problèmes soit dans le repli sur nousmêmes, et le divorce, plus ou moins conflictuel, avec nos partenaires traditionnels, tant économiques que politiques. Rendons au moins cette justice au chah qu'il a su faire de l'Iran un pays ami de tous, et sans conflit avec personne. Le Parti démocratique iranien croit qu'une société juste ne se définit pas par du verbiage plus ou moins socialisant, mais par des mesures concrètes assurant la mobilisation de nos richesses — pétrolières et autres — pour créer les conditions réelles de l'égalité économique, avec l'appui des forces populaires et des mouvements syndicaux. Le programme détaillé du Parti démocratique iranien, qui sera rendu public dès la levée de l'état de siège, prévoit non seulement le retour à la démocratie parlementaire, en accord avec la Déclaration universelle des droits de l'homme, mais aussi l'adoption par l'Iran du salairéeminimum garanti, de l'égalité des sexes, d'un syttème avancé de sécurité sociale, de la retraite pour tous et d'autres mesures propres aux pays les plus progressistes de l'Occident, privilèges que, grâce au ciel, nous pouvons nous permettre, même si nous devons perdre notre place de premier client pour les marchands de canons. Le Parti démocratique iranien demande l'abolition des tribunaux militaires — et leur remplacément par une Cour (civile) de sûreté de l'Etat —, de la police politique, la libération des prisonniers d'opinion, le retour au pays des exilés politiques, la mise en place d'une démocratie véritable, avec ses propres moyens de défense, afin que l'absolutisme ne soit pas remplacé par l'anarchie ouvrant la voie à d'autres formes de dictaturé, et, enfin, la liberté d'action pour tous les partis « démocratiques ». Il refuse la substitution du Goulag à la Savak et de la théocratie à l'autocratie. Le Parti démocratique iranien, tout en pensant que le système d'économie libérale est le mieux adapté à notre pays, s'élève contre le gaspillage insensé et le laisser-aller, juge nécessaire une planification adéquate pour que les priorités économiques soient celles des besoins réels de la population et non des opérations de prestige ou d'opportunisme ; il estime qu'il faut un droit de regard de l'Etat tant sur les grandes entreprises privées iraniennes que sur les multinationales, qui ne doivent échapper ni à leurs responsabilités morales ni à leurs responsabilités fiscales. La trop tristement célèbre corruption iranienne à laquelle on fait d'ailleurs trop d'honneur, car elle n'est ni pire ni meilleure que celle d'autres pays en voie de développement, n'est pas due à notre prétendu « caractère régional » mais à l'absurdité et à l'anarchie des structures. Le peuple iranien espère que ses amis étrangers, dans la dure épreuve que nous traversons, sauront faire, dans la confusion actuelle, la part de la réalité et celle des apparences. D. A.
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désespérée, mais elle n'est pas tellement grave ».
Le vrai problème de l'Iran n'est ni le maintien d'un souverain ni même d'une dynastie — bien qu'il faille prendre en compte, dans un aussi vaste empire où tant de peuples parlent tant de langues et pratiquent au moins quatre religions officielles, le symbole d'unité nationale que représente encore la monarchie. Le vrai problème, ce sont les institutions, et les institutions librement élues. Le Parti démocratique iranien ne croit pas que la guerre civile soit une solution pour résoudre la crise d'un pays en voie de développement accéléré, convoité pour ses richesses énergétiques, et situé dans une des zones les plus orageuses du monde. De la paix civile dépend dans mon pays la paix tout court. Le Parti démocratique iranien croit que le peuple iranien en vaut un autre, et qu'il est aussi mûr pour la démocratie parlementaire que d'autres peuples — européens ou non — auxquels il n'est inférieur ni en maturité, ni en histoire, ni en culture, ni en responsabilité. Le Parti démocratique iranien croit que le problème religieux iranien, exacerbé par le pouvoir, lui-même acculé à cette forme d'opposition très particulière par ceux de ses adversaires qui

20 Lundi 25 septembre 1978