DNA : Dernières Nouvelles d’Alsace, 20

mars 2016
Photographie - Olivier Ihl - Essai L’histoire
derrière la barricade

Barricades dans le Faubourg du Temple, 25 juin 1848. tiré du livre - Musée carnavalet
L’Enquête sur un daguerréotype à laquelle s’est livré l’universitaire grenoblois Olivier Ihl plonge au cœur d’une
époque foisonnante. Juin 1848 : la IIe République installée par les journées de février se déchire. Le

gouvernement ferme les Ateliers nationaux qui salarient 100 000 ouvriers. Insurrection à Paris, répression par le
général Cavaignac, près de 6 000 morts. Olivier Ihl s’est saisi de l’image, connue mais mystérieuse, d’une
enfilade de barricades. Qui l’a prise ? Où ? Que dit-elle ?
L’auteur se révèle être Charles-François Thibault, au sein d’un réseau d’inventeurs et de clubs dont les
sympathies vont à la république sociale. Le lieu, le Faubourg-du-temple, dans le bas Belleville ; quartier en
pleine industralisation, truffé de passages où se sont organisés, selon des idéaux hérités de Fourier ou Proudhon,
les métiers - mécanique, charpente, chaudronnerie… - qui vont alimenter la barricade. Celle-ci est alors
l’expression par excellence de la contestation, de la solidarité, de l’utopie communautaire et égalitaire. Quant à
l’image, elle marque la fin du récit d’actualité par la gravure ou la peinture, aux prémices du photoreportage.
Formidable conjonction que détaille cette étude riche en figures romanesques, jusqu’à ce que soit dévoilé qui
était la femme au bonnet blanc, ce matin-là à sa fenêtre...
François Montpezat

 

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