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TABLE DES MATIERES

TABLE DES MATIERES

2

LISTE

DES

TABLEAUX

7

LISTE

DES

ILLUSTRATIONS

9

1 DISPOSITIONS GENERALES

10

1.1 Désignation

11

1.2 Cibles de NIHYCRI

11

1.3 Enjeux de NIHYCRI

11

1.4 Portée de NIHYCRI

11

1.5 Exigences et prescriptions

12

1.6 Prépondérance de NIHYCRI

12

1.7 Limites de NIHYCRI

12

1.8 Classement des infrastructures hydroagricoles

12

2 MADAGASCAR ET LA TYPOLOGIE DES RISQUES EN MATIERE DE CRUES ET INONDATION

14

2.1

Zonage de Madagascar

15

2.1.1 En fonction de l’intensité pluviométrique

15

2.1.2 Les différents réseaux hydrographiques

17

2.1.3 La couverture végétale

21

2.1.4 Relief et pente

23

2.2

Caractéristiques régionales et typologie de risque

25

3 ETUDES D’AVANT-PROJET

27

3.1 Différentes phases de l’étude d’avant-projet

28

3.2 Contenu des études d’avant-projet

29

4 CRUES DE DIMENSIONNEMENT

32

4.1 Définitions

33

4.2 Pour quels projets ?

33

4.3 A quel stade de la conception ?

33

4.4 Pour quel usage ?

33

4.5 Période de retour des crues de dimensionnement

34

4.6 Crues de sûreté ou crues de projet ?

34

4.7 Méthode de calcul des crues de dimensionnement

34

5 RESEAUX D’IRRIGATION

36

5.1 Définition

37

5.2 Protection d’un réseau d’irrigation

37

 

5.2.1 Pour quel projet ?

37

5.2.2 A quel stade ?

37

5.2.3 Prescriptions

37

6 CHOIX DU TYPE D’OUVRAGE D’ALIMENTATION

44

6.2

Choix du type d’ouvrage d’alimentation (niveau 1)

45

6.2.1 Pour quel choix ?

45

6.2.2 A quel stade de la conception ?

45

6.2.3 Etudes à mener

45

6.2.4 Justification des choix

46

7 BARRAGE DE DERIVATION

48

7.1 Définition

49

7.2 Choix du site de barrage de dérivation

49

7.2.1 Pour quel choix ?

49

7.2.2 A quel stade de la conception ?

49

7.2.3 Etude à mener

49

7.2.4 Prescription sur le choix du site

50

7.3

Choix du type de barrage de dérivation (niveau 2)

51

7.3.1 Pour quel choix ?

51

7.3.2 A quel stade de la conception ?

51

7.3.3 Etude à mener

52

7.3.4 Critères de décision

52

7.4

Etude géotechnique de la fondation

53

7.4.1 A quel stade de la conception ?

53

7.4.2 Objectifs

53

7.4.3 Etude à mener

53

7.4.4 Normes sur les essais sur sols meubles

55

7.4.5 Interprétation des résultats des essais

57

7.5

Conception des barrages de dérivation

57

7.5.1 A quel stade ?

57

7.5.2 Prescriptions sur la conception des ouvrages en infrastructure

57

7.5.3 Exigences et prescriptions sur la conception des ouvrages en superstructure

60

7.6

Dimensionnement des barrages de dérivation

69

7.6.1 A quel stade ?

69

7.6.2 Calage hydraulique

69

7.6.3 Par rapport à la stabilité du barrage

70

 

7.6.4 Cas

particulier

75

7.7

Calcul de structure

76

7.7.1 Cannes d’ancrage

76

7.7.2 Structure en béton armé

76

7.7.3 Equipements

hydromécaniques

76

8 BARRAGE-RESERVOIR

78

8.1 Définition

79

8.2 Choix du site et du type de de barrage-réservoir

79

8.2.1

Pour quel choix ?

79

8.2.3

Etude à mener

79

8.2.4 Prescription sur le choix du site

80

8.2.5 Prescription sur le choix du type de barrage

80

8.3

Etude géotechnique de la fondation

83

8.3.1 A quel stade de la conception ?

83

8.3.2 Objectifs

 

83

8.3.3 Etude à mener

 

83

8.4

Conception

85

8.4.1 A quel stade ?

 

85

8.4.2 Prescriptions sur la conception de la fondation

85

8.4.3 Prescriptions sur la conception d’un barrage homogène en matériau étanche

86

8.4.4 Prescriptions sur la conception d’un barrage zoné

87

8.4.5 Prescriptions sur la conception d’un barrage en enrochement

88

8.4.6 Evacuateur

des crues

89

8.4.7 Système de prise

 

90

8.4.8 Passerelle de manœuvre

90

8.4.9 Echelle limnimétrique

90

8.5 Mise en place d’un périmètre de protection

90

8.6 Prédimensionnement du corps de barrage

91

8.6.1 Objet

 

91

8.6.2 A quel stade

?

91

8.6.3 Prescription

pour le prédimensionnement

91

8.7

Dimensionnement

92

8.7.1 A quel stade ?

 

92

8.7.2 Calage hydraulique

 

92

8.7.3 Par rapport à la stabilité du barrage

95

8.7.4 Protection en enrochement rip-rap

96

9 AUTRES TYPES D’ALIMENTATION

 

97

9.1

Prescriptions relatives aux prises au fil de l’eau

98

9.1.1 Pour le choix de ce type d’ouvrage

98

9.1.2 Sur la conception et le

dimensionnement

98

9.2

Prescriptions relatives aux stations de pompage

98

9.2.1 Pour le choix de ce type d’ouvrage

98

9.2.2 Sur la conception

 

99

10 OUVRAGE DE FRANCHISSEMENT

100

10.1 Définition

 

101

10.2 Critères de choix entre un franchissement supérieur et inférieur

101

10.2.1 Ouvrage de franchissement supérieur

101

10.2.2 Ouvrage de franchissement inférieur

101

10.3

Ouvrage de franchissement supérieur

102

10.3.2

Prescriptions pour la conception

102

10.4

Ouvrage de franchissement inférieur

103

10.4.1 Définition

103

10.4.2 Prescriptions pour la conception

103

11 PROTECTION CONTRE LES CRUES

106

11.1 Définition

107

11.2 Implantation des protections

107

11.3 Prescription pour le choix du type de protection

107

11.4 Etude géotechnique

107

11.5 Conception et dimensionnement

108

11.5.1 A quel stade

108

11.5.2 Digue en remblai

108

11.5.3 Revêtement

108

11.5.4 Epis

112

12 RESEAU DE DRAINAGE

114

12.1 Définition

115

12.2 Conception d’un réseau de drainage

115

12.2.1 Pour quel projet ?

115

12.2.2 A quel stade ?

115

12.2.3 Conception de base

115

12.2.4 Prescriptions pour la conception

117

12.3

Dimensionnement d’un réseau de drainage

121

12.3.1 A quel stade ?

121

12.3.2 Période de retour ?

121

12.3.3 Prescriptions

121

13 EXECUTION DES TRAVAUX

125

13.1 Champs d’application

126

13.2 Organisation générale

126

13.3 Installation de chantier et dossier d’exécution

126

13.3.1 Exigences et prescriptions générales

126

13.3.2 Prescriptions en matière de l’installation de chantier

127

13.3.3 Prescriptions sur les dossiers d’exécution

127

13.4 Contrôle des travaux

128

13.5 Execution et contrôle des travaux des ouvrages en béton

131

13.5.1 Normes

131

13.5.2 Dispositions opérationnelles

131

13.6

Execution et contrôle des travaux des ouvrages en terre

134

13.6.1 Norme de référence

134

13.6.2 Agrément des matériaux

134

13.6.3 Mise en œuvre de remblai compacté

134

13.6.5

Dans la pratique

135

13.7

Exécution et contrôle des travaux des ouvrages en enrochement

136

13.7.1 Références

136

13.7.2 Dans la pratique

136

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : classes des périmètres irrigués

12

Tableau 2 : la sous-classe M

13

Tableau 4 : typologie régionale générale des risques par rapport aux crues, inondation et

ensablement

25

Tableau 5 : contenu indicatif des études d’avant-projet

29

Tableau 6 : crues de projet et de sûreté pour chaque classe

34

Tableau 7 : exigences en matière de procédure de calcul des crues

35

Tableau 8 : études pour le choix du type d’ouvrage d’alimentation

45

Tableau 9 : étude à mener dans le choix du site d’un barrage de dérivation

49

Tableau 10 : prescriptions dans le choix du site d’un barrage de dérivation

50

Tableau 11 : étude à mener dans le choix du type de barrage de dérivation

52

Tableau 12 : étude géotechnique d’une fondation rocheuse d’un barrage de dérivation

53

Tableau 13 : les seuils des essais géophysiques et de perméabilité

54

Tableau 14 : étude géotechnique d’une fondation meuble d’un barrage de dérivation

55

Tableau 15 : les normes sur les essais d’identification des sols de fondation

55

Tableau 16 : les normes sur les essais mécaniques des sols de fondation

56

Tableau 17 : les normes sur les essais in situ des sols de fondation

56

Tableau 18 : calage hydraulique des barrages de dérivation

69

Tableau 19 : dimensionnement de génie civil des barrages de dérivation

70

Tableau 20 : étude à mener dans le choix du site d’implantation d’un barrage réservoir

79

Tableau 21 : prescription sur le choix du site d’un barrage-réservoir

80

Tableau 22 : prescription en fonction de la nature géotechnique de la fondation

80

Tableau 23 : prescriptions sur les matériaux appropriés pour constituer le corps du remblai

81

Tableau 24 : prescriptions sur les matériaux rocheux

81

Tableau 25 : prescriptions sur le choix du type de barrage en remblai

82

Tableau 26 : essais géophysiques et critères de choix d’une fondation sur seuil rocheux

83

Tableau 27 : seuils des essais géophysiques et de perméabilité

84

Tableau 28 : coefficient de perméabilité en fonction de la nature de sol

85

Tableau 29 : prescriptions relatives à l’étanchéité de la fondation

86

Tableau 30 : prescriptions pour le prédimensionnement d’un barrage en remblai

91

Tableau 31 : prescriptions sur le prédimensionnement de la largeur de crête du barrage

91

Tableau 32 : prescriptions sur le prédimensionnement de la revanche minimale

92

Tableau 33 : calage hydraulique d’un barrage-réservoir

92

Tableau 34 : dimensionnement de génie civil du corps de barrage-réservoir

95

Tableau 35 : prescriptions sur le dimensionnement de la protection en rip-rap

96

Tableau 36 : prescriptions sur le blocométrie du rip-rap

96

Tableau 37 : prescriptions sur la conception d’un ouvrage de franchissement supérieur (bâche)

102

Tableau 38 : prescriptions sur la conception d’un ouvrage de franchissement inférieur (siphon

Tableau 39 : prescriptions contre les affouillements au pied de talus

109

Tableau 40 : dimensionnement du revêtement en enrochement

111

Tableau 41 : prescriptions pour l’étude de base d’un réseau de drainage

115

Tableau 42 : prescriptions sur la conception de base d’un réseau de drainage

116

Tableau 43 : prescriptions sur la section des drains

119

Tableau 44 : prescriptions sur le dimensionnement d’un réseau de drainage

121

Tableau 45 : prescriptions relatives à la vitesse maximale admissible dans un drain

123

Tableau 46 : prédimensionnement des écartements des drains

124

Tableau 47 : prescriptions en matière de contrôle de travaux

128

Tableau 48 : normes sur les essais d’identification de matériaux d’emprunt

134

LISTE DES ILLUSTRATIONS

Illustration 1 : zonage de Madagascar par rapport à la pluviométrie maximale journalière,

fréquence centennale

16

Illustration 2 : les principaux réseaux hydrographiques de Madagascar

20

Illustration 3: carte d’occupation des sols de Madagascar

22

Illustration 4 : carte des pentes de Madagascar

24

Illustration 5 : dispositif de protection des canaux en déblai

39

Illustration 6 : dispositif de protection des canaux en remblai (cas 1)

41

Illustration 7 : dispositif de protection des canaux en remblai, cas 2

42

Illustration 8 : implantation d’un barrage au fil de l’eau

46

Illustration 9 : prescriptions relatives au radier

59

Illustration 10 : vue en 3D du dispositif type au niveau d’un barrage de dérivation

60

Illustration 11 : liaison entre le corps du barrage et sa fondation

61

Illustration 12: vue en plan et coupe du dispositif d’ensemble

65

Illustration 13: vue en 3D et coupe système dessableur - décharge

66

Illustration 14 : barrage ouvert et à aiguilles

68

Illustration 15: dimensionnement hydraulique et de génie civil des barrages de dérivation

74

Illustration 16: prescriptions relatives aux barrages homogènes

87

Illustration 17: prescriptions relatives aux barrages zonés

88

Illustration 18 : prescriptions relatives aux barrages en enrochement

89

Illustration 19: calcul de revanche sur un barrage-réservoir

94

Illustration 20 : prescriptions contre les affouillements au pied du talus

110

Illustration 21 : prescriptions sur l’orientation des épis

113

Illustration 22 : prescriptions relatives aux réseaux de drainage

119

1 DISPOSITIONS GENERALES

NORMES MALGACHES DE CONTRCUTION D’INFRASTRUCTURES HYDROAGRICOLES CONTRE LES CRUES ET LES INONDATIONS

NIHYCRI

1.1 DESIGNATION

On désigne par l’acronyme NIHYCRI, les normes malgaches de construction des infrastructures hydroagricoles contre les crues et inondations.

1.2 CIBLES DE NIHYCRI

NIHYCRI cible tous acteurs techniques entrant dans le processus de la construction d’infrastructures hydroagricoles. Les cibles sont principalement :

- La direction du génie rural auprès du ministère de l’agriculture ;

- Les responsables techniques auprès des différents services techniques des ministères concernés par l’aménagement hydroagricole ;

- Les responsables techniques auprès des différents organismes et institutions de financement ;

- Les responsables techniques auprès des différents projets et programmes œuvrant dans la construction des infrastructures hydroagricoles ;

- Les responsables techniques auprès de la collectivité décentralisée au niveau des sites de projets d’aménagement hydroagricole (niveau régional et communal) ;

- Les responsables techniques auprès des structures organisationnelles des usagers de l’eau ;

- Les professionnels du secteur de bureaux d’études ;

- Les professionnels du secteur des travaux de construction hydroagricole.

1.3 ENJEUX DE NIHYCRI

Les principaux enjeux de NIHYCRI sont :

1)

Présenter des normes nationales sur la conception, le dimensionnement, la construction et la maîtrise d’œuvre des projets d’aménagement hydroagricole.

2)

Les infrastructures construites selon NIHYCRI :

a. Résistent aux crues et inondations dans le cadre de la durée de vie technique projet des infrastructures ;

b. Sont à l’abri de l’ensablement qui constitue un facteur aggravant, conduisant à la destruction des infrastructures, à un niveau de crues inférieures à celles pour lesquelles, elles sont dimensionnées.

1.4 PORTEE DE NIHYCRI

NIHYCRI donne des prescriptions et exigences purement techniques en matière de conception, dimensionnement, construction, contrôle des travaux en relation directe avec les risques des crues et inondations sur les infrastructures hydroagricoles et leurs zones d’influence directes.

NIHYCRI s’applique à toutes les infrastructures destinées à l’irrigation, au drainage et à la protection des périmètres irrigués susceptibles d’être concernées par la problématique de crues, inondations et ensablement.

NIHYCRI présente des exigences obligatoires, des prescriptions et des recommandations.

NIHYCRI a pour objet d'accroître la sécurité des infrastructures hydroagricoles de façon à :

- protéger les personnes et les biens contre les risques associés à la présence de ces infrastructures ;

- atténuer les impacts socio-économiques des crues et inondations sur les périmètres irrigués ;

- sécuriser les investissements réalisés dans le cadre de l’aménagement hydroagricole.

NIHYCRI s’applique :

- à toute nouvelle construction sur des nouveaux aménagements hydroagricoles ;

NORMES MALGACHES DE CONTRCUTION D’INFRASTRUCTURES HYDROAGRICOLES CONTRE LES CRUES ET LES INONDATIONS

NIHYCRI

- à toute réhabilitation visant la reconstruction d’infrastructures clés sur des réseaux hydroagricoles existants ;

- à toute réhabilitation intégrant le volet remise en conformité par rapport aux normes.

1.5 EXIGENCES ET PRESCRIPTIONS

Dans les différents articles constituant NIHYCRI, on distingue les exigences des prescriptions.

NIHYCRI donne des exigences qui sont des termes à respecter obligatoirement. Les exigences de portée générale sont axées sur les types d’activités à réaliser.

NIHYCRI donne des prescriptions détaillées qui sont des guideline ou guide de bonne pratique. Le suivi à la lettre des prescriptions n’est pas obligatoire. Elles servent de référence et de guide et sont à adapter selon le contexte réel du projet.

1.6 PREPONDERANCE DE NIHYCRI

NIHYCRI constitue le texte de référence conditionnant la sécurité et la pérennité des infrastructures hydroagricoles dans le territoire national malgache par rapport aux risques des crues et inondations. La sécurité et la pérennité des infrastructures priment sur toutes les autres considérations, NIHYCRI est prépondérant dans le domaine couvert par sa portée, définie en 1.3, sur tout autre texte.

1.7 LIMITES DE NIHYCRI

Les considérations sociales, organisationnelles, environnementales et administratives sortent du champ d’application de NIHYCRI, de même que les considérations techniques n’étant pas en relation directe avec la sécurité et la pérennisation des infrastructures hydroagricoles par rapport aux crues et inondations.

1.8 CLASSEMENT DES INFRASTRUCTURES HYDROAGRICOLES

Les infrastructures hydroagricoles sont classées, selon un premier niveau de classement, en fonction de leur importance du point de vue socio-économique, qui dépend de la superficie totale des parcelles de culture que le réseau domine.

On distingue les cinq classes suivantes :

Tableau 1 : classes des périmètres irrigués

 

Classes

Caractéristiques

Classe I

Superficie supérieure à 3000 Ha

Classe II

Superficie comprise entre 1000 et 3000 Ha

Classe III

Superficie comprise entre 200 et 1000 Ha

Classe IV

Superficie comprise entre 75 et 200 Ha

Classe V

Superficie inférieure à 75 Ha

Du point de vue impacts de la rupture des infrastructures clés (barrage, retenue et digue de protection) sur le milieu humain, et particulièrement, les impacts appréhendés sur la vie humaine, on considère une classe spécifique portant sur les ouvrages. Ainsi, il est attribué à chaque infrastructure (barrage, retenue et digue de protection) la sous-classe M, dans le cas où sa rupture risquerait de causer des pertes de vies humaines sur sa zone d’influence directe.

NORMES MALGACHES DE CONTRCUTION D’INFRASTRUCTURES HYDROAGRICOLES CONTRE LES CRUES ET LES INONDATIONS

NIHYCRI

Tableau 2 : la sous-classe M

 

Classes

Caractéristiques

Sous-classe M

Infrastructure (barrage, retenue ou digue de protection) dont la rupture risque de causer directement des pertes de vie humaines.

2 MADAGASCAR ET LA TYPOLOGIE DES RISQUES EN MATIERE DE CRUES ET INONDATION

NORMES MALGACHES DE CONTRCUTION D’INFRASTRUCTURES HYDROAGRICOLES CONTRE LES CRUES ET LES INONDATIONS

NIHYCRI

2.1 ZONAGE DE MADAGASCAR

2.1.1 En fonction de l’intensité pluviométrique

La pluviométrie maximale journalière constitue un indicateur direct du risque en matière de crues pour les bassins versants de petite taille (inférieur à 10 km 2 ) où le temps de concentration est à l’échelle horaire ou journalière. La cartographie de la page suivante donne le zonage de Madagascar relatif à la pluviométrie maximale journalière de fréquence centennale.

Par ailleurs, avec le relief, elle constitue le facteur principal qui conditionne l’intensité des actions des eaux sauvages.

On constate d’après la cartographie présentée à la page suivante que les zones présentant le maximum de valeur de la pluviométrie maximale pendant 24 heures et pour fréquence centennale sont celles des zones littorales Est et Ouest en excluant les côtes de la partie Sud, entre Morombe et Vangaindrano. C’est la haute terre et toute la partie Sud qui présente les moins de risques par rapport à la pluviométrie maximale de 24 heures.

Si pour la haute terre et la zone Sud, Pmax,24 se trouve dans la fourchette 148 – 192 mm, les zones les plus exposées sur la Côte Est voient le Pmax,24 dans une fourchette de 414 – 457, donc de 2,5 à 3 fois supérieure.

NORMES MALGACHES DE CONTRCUTION D’INFRASTRUCTURES HYDROAGRICOLES CONTRE LES CRUES ET LES INONDATIONS

NIHYCRI

Illustration 1 : zonage de Madagascar par rapport à la pluviométrie maximale journalière, fréquence centennale

Illustration 1 : zonage de Madagascar par rapport à la pluviométrie maximale journalière, fréquence centennale Page

NORMES MALGACHES DE CONTRCUTION D’INFRASTRUCTURES HYDROAGRICOLES CONTRE LES CRUES ET LES INONDATIONS

NIHYCRI

2.1.2 Les différents réseaux hydrographiques

Dès que l’on dépasse la taille de bassin versant de 10 km 2 , la taille du bassin versant, donc l’emplacement des infrastructures hydroagricoles par rapport au réseau hydrographique prend de plus en plus d’importance par rapport aux données de la pluviométrie localisée. Le tableau suivant résume les caractéristiques du réseau hydrographique à l’échelle nationale, selon les données issues de mesures hydrométriques à long terme, réalisées par ORSTOM et publiées dans l’ouvrage intitulé « Rivières et fleuves de Madagascar » 1 .

Tableau 3 : Caractéristiques des réseaux hydrographiques de Madagascar

Zones

Bassins

Superficie (km 2 )

Station

Maximaux observés

 

Fréquence 100 ans

 

Nom

Superficie

Débits

Débits caractéristiques (l/s/km 2 )

Débits

Débits

Crues

 
 

contrôlée

(m3/s)

(m

3 /s)

caractéristiques (l/s/km 2 )

exutoires

(km2)

 

(m

3 /s)

Nord, Montagne

Besokatra

 

303

Sakamary Be

18

4,43

246

     

Ambre

Saharenana

 

350

Pont RN6

197

1120

5685

     

Nord, Versant

Mananjeba

1

372

Ankatoto

945

1470

1556

 

2050

2169

 

2

976

occidental

Mahavavy du Nord

3

497

Ambilobe

3120

10500

3365

 

10750

3446

 

12

051

Sambirano

2

944

Ambanja

2830

6240

2205

 

8200

2898

 

8

532

La loza

12

735

Ambodivohitra

2800

641

229

 

730

261

 

3

324

Nord, versant

Fanambana

1

835

Morafeno

1830

2580

1410

     

oriental

Lokoho

2

023

Andapa

1040

         

Versant oriental

Maningory

12

641

Andromba

6855

966

141

 

860

125

 

1

580

Iazafo

 

275

Morafeno

103

165

1602

     

Onibe

2

469

Mitanonoka

965

 

0

     

Ivondro

3

573

Ringaringa

2560

2980

1164

 

4720

1844

 

6

589

Rianila

7

635

Brickaville

6000

12000

2000

 

12200

2033

 

15

522

Mangoro

17

670

Mangoro gare

3600

2750

764

 

4300

1194

 

21

098

Mananjary

7

028

Atsindra

2260

1670

739

 

1870

827

 

5

812

Namorona

2

287

Vohiparara

587

1100

1874

 

1450

2470

 

5

649

Faraony

2

741

Vohilava

2005

3800

1895

 

5550

2768

 

7

587

Matitanana

4

342

Mahasoabe

3920

     

5250

1339

 

5

814

1 Danloux, J. et al. 1993. Fleuves et rivières de Madagascar. IRD ORSTOM.

NORMES MALGACHES DE CONTRCUTION D’INFRASTRUCTURES HYDROAGRICOLES CONTRE LES CRUES ET LES INONDATIONS

NIHYCRI

Zones

Bassins

Superficie (km 2 )

Station

Maximaux observés

 

Fréquence 100 ans

 

Nom

Superficie

Débits

Débits caractéristiques (l/s/km 2 )

Débits

Débits

Crues

 
 

contrôlée

(m3/s)

(m

3 /s)

caractéristiques (l/s/km 2 )

exutoires

(km2)

 

(m

3 /s)

 

Mananara Sud

17

196

Manangaty

14160

3540

250

 

4770

337

 

5

795

Manampanihy

2

227

Elanary

1087

         

Efaho

 

727

Fanjahira

195

1210

6205

 

1820

9333

 

6

785

Sud

Mandrare

12

565

Amboasary

12435

15000

1206

 

19500

1568

 

19

702

Manambovo

5

822

Tsihombe

2712

1170

431

 

2500

922

 

5

368

Menarandra

8

826

Tranoroa

5330

7200

1351

 

8250

1548

 

13

663

Linta

6

277

Ejeda

1700

         

Versant occidental

Onilahy

32

343

Tongobory

27700

1590

57

 

1680

61

 

1

973

Fiherenana

7

742

Mahaboboka

4020

         

Mangoky

55

061

Banian

50000

32000

640

 

34000

680

 

37

441

Morondava

6

420

Dabara

4640

6380

1375

 

11000

2371

 

15

222

Tsiribihina

47

656

Betomba

45000

27500

611

 

36300

807

 

38

458

Demoka

1

665

Bevatry

1325

         

Kimazimazy

 

837

Soatanana

260

         

Tsiombikary

 

92

Tsiombikary

24

         

Namela

 

537

Antanandeva

680

930

1368

     

Mahavavy du Sud

19

203

Sitampiky

12800

 

0

     

Betsiboka

48

687

Antsatrana

18645

5060

271

 

5000

268

 

13

048

Mahajamba

14

781

Androka

13050

 

0

     

Sofia

28

768

Pont RN6

23500

23500

1000

     

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L’observation de ce tableau permet de constater que :

1) Un seul réseau hydrographique (celui d’Efaho ; versant oriental) présente un débit spécifique supérieur à 5000 l/s/km 2 . Il s’agit d’une exception étant, un bassin versant de faible superficie, présentant une pente moyenne élevée et sous un micro-climat particulièrement agressif du point de vue hauteur de pluie maximale journalière.

2) Il n’existe que trois réseaux hydrographiques dans une fourchette de 2500 à 5000 l/s/km 2 (Faraony, Sambirano et Mahavavy du Nord). Ces trois bassins se situent sous l’influence d’un climat particulièrement pluvieux, avec un bassin versant de superficie assez faible, avec une pente moyenne, élevée).

Les risques des crues sont très élevés sur ces quatre réseaux marqués par un débit des crues qui peut être très élevé, avec un temps de concentration relativement faible.

Presque tous les autres réseaux hydrographiques du bassin oriental, côté Nord, se trouvent dans une fourchette de 1000 à 2500 l/s/km 2 . On trouve également le fleuve Morondava dans cette fourchette. Les risques des crues sont à un niveau moyen sur ces bassins versants. Pour le fleuve Morondava, ce risque est élevé étant donné la morphologie du lit du fleuve et sa dynamique fluviale qui est très critique.

3) Dans la fourchette de 500 à 1000 se trouve les réseaux hydrographiques du bassin versant, côté Sud. Ces réseaux prennent leur source de la haute terre où la pluviométrie maximale de 24 heures est la plus faible. Les risques des crues sont à un niveau modéré sur ces réseaux.

On trouve également deux géants du versant occidental (Mangoky et Tsiribihina) dans cette fourchette. Ce sont les deux plus grands en matière de superficie du bassin versant drainé et en matière des crues centennales (38.458 m 3 /s pour Tsiribihina et 37.400 sur Mangoky). Si les risques des crues sur la partie en aval du cours principal sont très élevés, ils sont à un niveau modéré sur le haut bassin et sur le bassin moyen).

Dans la fourchette de 0 à 500 l/s/km 2 , on y trouve également deux géants : le Betsiboka et l’Onilahy. Ces deux réseaux prennent leur source des zones où la pluviométrie maximale journalière, pour une fréquence centennale est la plus faible. Ces deux réseaux sont également marqués par une pente moyenne qui est faible. Les risques des crues est très faible sur le Onilahy.

4)

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Illustration 2 : les principaux réseaux hydrographiques de Madagascar

LES CRUES ET LES INONDATIONS NIHYCRI Illustration 2 : les principaux réseaux hydrographiques de Madagascar Page

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2.1.3 La couverture végétale

L’occupation des sols ou plus précisément, la couverture végétale constitue un facteur important qui détermine les risques en matière de crues et d’ensablement.

Les couvertures denses freinent les écoulements superficiels tout en retenant par leur système racinaire les couches de sols superficielles, ce qui limite à la fois les crues, les attaques d’eau sauvage et l’ensemble du phénomène d’ensablement.

On constate d’après la cartographie présentée à la page suivante qu’à l’échelle nationale, la couverture végétale est dominée par la savane et la savane arborée qui occupent toute la partie centrale, la partie Ouest et une bande de terre sur la partie Sud-Est de la grande île. La forêt dense et la forêt dégradée ne sont plus rencontrées que sur un mince corridor entre la terre centrale et la bande de littoral Est et la partie Nord. La partie centrale et Est de la bande de littoral Est est occupée surtout par de mosaïques de culture issues de la pratique de tavy. Des fourrées et fourrées dégradées sont rencontrées sur le littoral Sud et Sud-Ouest.

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Illustration 3: carte d’occupation des sols de Madagascar

CONTRE LES CRUES ET LES INONDATIONS NIHYCRI Illustration 3: carte d’occupation des sols de Madagascar Page

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2.1.4 Relief et pente

Le relief et la pente constituent le dernier facteur déterminant les risques d’érosion et d’ensablement. Les reliefs les plus accidentés sont rencontrés sur les zones montagneuses (Nord, terre centrale, massif de l’Anosy) et les falaises (corridor Est, etc.).

Les pentes sont faibles sur toute la partie Ouest, l’extrême Sud et la mince bande de terre du littoral Est.

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Illustration 4 : carte des pentes de Madagascar

HYDROAGRICOLES CONTRE LES CRUES ET LES INONDATIONS NIHYCRI Illustration 4 : carte des pentes de Madagascar

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2.2 CARACTERISTIQUES REGIONALES ET TYPOLOGIE DE RISQUE

Le tableau suivant donne une typologie régionale générale des différents risques par rapport aux crues, inondation et ensablement. Il s’agit d’une appréciation à une échelle régionale, compte tenu des facteurs dominants. A plus petite échelle, les facteurs locaux sont prépondérants et le niveau de risque change.

Tableau 4 : typologie régionale générale des risques par rapport aux crues, inondation et ensablement

Zone

Caractéristiques

Typologie et niveau de risque

 
 

Crues rivières

Eaux

Inondation

Ensablement

Erosion BV

 

sauvages

cours d’eau

directe

Nord : Régions SAVA et

Pluviométrie : moyenne

Moyen

Important

Faible

Moyen

Faible à Moyen

DIANA à l’exception du littoral

Réseau hydrographique : crues de moyenneimportance

Couverture végétale : forêt dense, dégradée et mosaïque de culture

Relief : accidenté

Nord-Ouest : Sofia, Boeny et Betsiboka

Pluviométrie : moyenne à intensive en allant vers le littoral

Moyen à

Important

Moyen

Important

Important

important

 

Réseau hydrographique : crues d’importance moyenne à important

Couverture végétale : savane et savane arborée

Relief : peu accidenté

Terre centrale :

Pluviométrie : peu intensive à moyenne

Moyen

Important

Moyen

Important

Important

Analamanga, Alaotra Mangoro, Vakinankaratra, Itasy, Amoron’i Mania, Mahatsiatra Ambony et la partie centrale de Ihorombe

Réseau hydrographique : crues de moyenne importance

Couverture végétale : savane et savane arborée

Relief : accidenté marqué aussi par l’abondance de plaines

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Zone

Caractéristiques

Typologie et niveau de risque

 
 

Crues rivières

Eaux

Inondation

Ensablement

Erosion BV

 

sauvages

cours d’eau

directe

Corridor Est : partie

Pluviométrie : très intensive

Moyen

Important

Faible

Moyen

Faible à Moyen

comprise entre la terre centrale et le littoral Est

Réseau hydrographique : crues d’importance moyenne

Couverture végétale : forêt dense, forêt dégradée et savane arborée

Relief : accidenté

Littoral Est : Mince bande de terre au niveau du littoral entre Antsiranana et Taolagnaro

Pluviométrie : très intensive

Moyen

Faible

Moyen

Moyen

Faible

Réseau hydrographique : crues d’importance moyenne

Couverture végétale : savane arborée ou mosaïque de culture

 

Relief : peu accidenté

Ouest : Bongolava, Melaky, Menabe et Atsimo Andrefana

Pluviométrie : moyenne à intensive en allant vers le littoral

Important

Important

Important

Important

Important

Réseau hydrographique : crues d’importance importante à très importante

 

Couverture végétale : savane et savane arborée

Relief : peu accidenté à part le Bongolava

Extrême Sud : partie Sud d’Atsimo Andrefana et Androy

Pluviométrie : peu ntensive

Faible

Faible à

Faible

Moyen

Faible à Moyen

Réseau hydrographique : crues de faible importance

Moyen

Couverture végétale : fourrée et fourrée dégradée

 

Relief : peu accidenté

3 ETUDES D’AVANT-PROJET

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3.1 DIFFERENTES PHASES DE LETUDE DAVANT-PROJET

La réalisation d’une phase d’étude d’avant-projet détaillé (APD) est une exigence pour tout projet d’aménagement hydroagricole qu’il s’agit d’aménagement nouveau, d’extension ou de réhabilitation.

Pour tout nouvel aménagement et extension, sauf dans des cas exceptionnels, une étude d’avant- projet sommaire (APS), préalable et indépendante de l’APD est à réaliser, dans l’objectif de pouvoir disposer en toute indépendance, de plusieurs variantes d’aménagement parmi lesquelles, un choix est à faire.

Le maître de l’ouvrage peut décréter le cas exceptionnel et se passer de la phase APS si le contexte technique du projet le justifie amplement. Le maître de l’ouvrage explique ce cas d’exception par une note de présentation écrite.

Pour les projets de reconstruction et de réhabilitation, le maître de l’ouvrage peut décider en fonction du contexte technique du projet de la tenue ou non d’une phase APS. Une note de présentation est nécessaire pour expliquer ladite décision.

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3.2 CONTENU DES ETUDES DAVANT-PROJET

Le tableau suivant résume les prescriptions de NIHYCRI en matière d’études d’avant-projet types :

Tableau 5 : contenu indicatif des études d’avant-projet

Eléménts

Etudes à faire / procédés / méthodes

Pour quel projet

Phase

Moyens

Configuration

Topographie : plan de masse avec côte altimétrique et courbe de niveau ou modèle numérique de terrain

Nouvel aménagement et projet d’extension ;

APS

Ingénieur GR responsable études

réseau irrigation

Hydraulique fluviale : dynamique fluviale des cours d’eau concernés

Projet de réhabilitation traitant la dégradation du réseau d’irrigation à cause des crues.

Equipe topographe

Hydrologie : calcul des crues des cours d’eau concernés

Equipe SIG et de traitement cartographique

 

Hydrologue

Hydraulicien fluvial

Choix du type d’ouvrage d’alimentation

Hydrologie : Adéquation ressources besoins ;

Pour tout projet où il est envisagé l’aménagement d’un nouvel ouvrage d’alimentation

APS

Ingénieur GR responsable études

Hydrologue

Hydraulique fluviale : Etude portant sur la forme naturelle de la rivière, ripisylve et évolution des berges ;

 

Topographie : plan de masse avec côte altimétrique ou modèle numérique de terrain

Hydraulicien fluvial

 

Equipe topographe

Etude géotechnique : reconnaissance de base sur la disponibilité des matériaux locaux

Equipe SIG et de traitement cartographique

Analyse : choix du type d’ouvrage d’alimentation

Barrage de dérivation : choix du site

Etude géotechnique : Reconnaissance des sols de fondation (lit de la rivière) et des berges en recherche de sites stables, par test d’identification visuels et sensitifs

Pour tout projet où il est envisagé l’aménagement d’un nouveau barrage de dérivation

APS

Ingénieur GR responsable études

Hydrologue

 

Hydraulique fluviale : Etude détaillée sur l’écoulement fluvial en identifiant le lit mineur, lit majeur, les zones d’affouillement et de dépôt, en se basant sur des investigations et observations directes et une analyse cartographique.

Hydraulicien fluvial

 

Equipe topographe

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Eléménts

Etudes à faire / procédés / méthodes

Pour quel projet

Phase

Moyens

 

Topographie : Lever de détail, de profil en travers et de profil en long sur les différents sites potentiels sur une bande dont la longueur minimale est de 20 fois la largeur du lit au droit du site.

Hydraulique : Calcul des plans d’eau pour différentes fréquences de crues par application de la formule d’écoulement (Manning Strickler ou équivalent) sur la section d’écoulement.

Analyse : choix du type d’ouvrage d’alimentation

Barrage de dérivation : choix du type de barrage

Hydraulique : Calcul des plans d’eau pour les crues de projet et de sûreté par application de la formule de déversoir ou de vanne, (selon le

Pour tout projet où il est envisagé l’aménagement

APS

Ingénieur GR responsable études

cas) sur la section d’écoulement et en optant pour différents scénarii (seuil fixe, seuil mobile)

d’un nouveau barrage de dérivation

Hydraulicien fluvial

 

Hydraulique fluviale : Calcul du transport solide et du risque d’ensablement

Analyse : choix du type de barrage de dérivation

Barrage en terre et digue de protection :

conception

Etude géotechnique : étude de la portance et de la perméabilité des sols de fondation ; étude d’identification des matériaux disponibles

Pour tout projet où il est envisagé l’aménagement d’un nouveau barrage- réservoir

APS

Ingénieur GR responsable études

Topographie : plan de masse avec côte altimétrique ou modèle numérique de terrain

Laboratoire

géotechnique

 

Hydrologie : Adéquation ressources besoins ; calcul des crues

Conception : choix du type (homogène, zoné en enrochement) et conception

Toutes

Etude géotechnique : étude de la portance et de la perméabilité des sols de fondation

Pour tout projet

APS

Ingénieur GR responsable études

infrastructures :

 

conception

Conception des ouvrages en infrastructure

Laboratoire

Conception des ouvrages en superstructure

géotechnique

Toutes

Dimensionnement hydraulique

Pour tout projet

APD

Ingénieur GR responsable études

infrastructures :

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Eléménts

Etudes à faire / procédés / méthodes

Pour quel projet

Phase

Moyens

Dimensionnement

Dimensionnement de génie civil

Ingénieur de génie civil

 

Ingénieur de structure

Réseau de

Topographie : plan de masse avec côte altimétrique ou modèle numérique de terrain

Pour tout nouveau projet de drainage

APS

Ingénieur GR responsable études

drainage :

configuration

Hydrologie : calcul du débit spécifique du drainage

Equipe topographe

Hydraulique : calcul de l’écartement

Equipe SIG et de traitement cartographique

 

Hydrologue

Réseau de drainage :

Dimensionnement hydraulique

Pour tout projet de drainage

APD

Ingénieur GR responsable études

dimensionnement

4 CRUES DE DIMENSIONNEMENT

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4.1 DEFINITIONS

Les crues de projet sont les valeurs du débit des crues de pointe utilisées pour le dimensionnement des infrastructures d’alimentation (dérivation, prise directe et retenue), protection et franchissement (supérieur ou inférieur) à la limite de leur fonctionnement optimal. Elles sont utilisées dans les calculs à l’état limite de service.

Les crues de sûreté sont les valeurs du débit de pointe constituant le maximum que les infrastructures peuvent tolérer, à la limite de leur sécurité physique. Elles sont utilisées dans les calculs à l’état limite ultime.

4.2 POUR QUELS PROJETS ?

NIHYCRI exige le calcul des crues de dimensionnement pour tout projet, de toute classe, entrant dans la portée des présentes normes, telles que définies à la section 1.4, à l’exception des infrastructures caractérisées par :

- Une alimentation en eau exclusivement par des eaux souterraines ;

- Aucune interaction ni influence de tout cours d’eau, rivière ou fleuve, ni sur les périmètres irrigués ni sur les infrastructures hydroagricoles.

4.3 A QUEL STADE DE LA CONCEPTION ?

A l’exception des cas précisés à 4.2, NIHYCRI exige de réaliser le calcul des crues de dimensionnement durant la phase de conception.

Sauf selon les cas précisés à 3.1 qui exemptent le maître de l’ouvrage de la réalisation d’une phase APS, les calculs des crues de dimensionnement sont effectués durant la phase APS.

Dans le cas où l’étude d’avant-projet n’inclut pas la phase APS, les calculs relatifs aux crues de dimensionnement sont réalisés durant la phase d’études APD.

4.4 POUR QUEL USAGE ?

Pour tout nouvel aménagement, les crues de dimensionnement sont utilisées comme base de calculs des infrastructures hydroagricoles par rapport aux crues.

Pour tout projet de reconstruction / réhabilitation, les crues de dimensionnement sont utilisées pour le calcul de toutes les infrastructures à reconstruire totalement et la vérification et évaluation des risques sur les infrastructures existantes ne respectant éventuellement pas NIHYCRI.

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4.5 PERIODE DE RETOUR DES CRUES DE DIMENSIONNEMENT

NIHYCRI exige les périodes de retour à considérer dans le calcul des crues de projet et de sûreté pour les différentes classes, selon le tableau suivant :

Tableau 6 : crues de projet et de sûreté pour chaque classe

Classes

Durée de vie (ans)

Crues projet

Crues de sureté (ans)

(ans)

M

CMP

I

100

100

450

II

75

75

350

III

50

50

225

IV

20 à 30

20 à 30

90 à 135

V

10

10

45

4.6 CRUES DE SURETE OU CRUES DE PROJET ?

Les crues de projet sont utilisées pour le dimensionnement dans le cas où le dépassement des crues de dimensionnement sur les infrastructures ne causerait pas la destruction de l’infrastructure. Dans le cas contraire où le dépassement des crues de dimensionnement causerait la destruction des infrastructures, les crues de sûreté sont utilisées.

Ainsi, dans tout calcul de calage hydraulique et dimensionnement par rapport à la stabilité des infrastructures, les crues de sûreté sont toujours utilisées comme crues de dimensionnement. Les crues de projet sont utilisées pour le calage hydraulique des infrastructures pour lesquelles, les submersions temporaires causées par le dépassement des crues de dimensionnement ne causeraient aucune dégradation ou que des dégradations mineures sur les infrastructures et le périmètre irrigué.

Les crues de projet sont utilisées dans le dimensionnement des ouvrages de protection de niveau secondaire tels que les ouvrages de franchissement des eaux sauvages.

Le calcul de drainage ne mettant pas en jeu l’intégrité des infrastructures est réalisé avec les crues décennales ou les crues de projet.

4.7 METHODE DE CALCUL DES CRUES DE DIMENSIONNEMENT

NIHYCRI exige le minimal suivant en ce qui concerne les méthodes de calcul à adopter pour l’évaluation des crues de dimensionnement :

- Tout calcul des crues de dimensionnement pour tout projet dans la classe M nécessite de procéder par méthode déterministe, utilisant un modèle de production, loi pluie-débit adaptée et un modèle de propagation des crues, ou modèle de transfert. Des simulations donnant les CMP à l’exutoire en réponse aux averses correspondantes à la PMP 1 sont requises, pour un pas de temps minimal journalier. La modélisation est à compléter par la méthode statistique et l’analyse de l’historique sur les Plans des Hautes Eaux Exceptionnelles connues.

1 Pluie maximale possible

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- Pout toute classe, en dehors de la classe M et pour tout projet situé directement dans un bassin versant jaugé, disposant d’observations hydrométriques sur une période suffisamment longue, statistiquement significative pour la période de retour en question, la méthode statistique probabiliste, basée sur la monographie hydrologique disponible sur le bassin versant en question est exigée. Elle peut être complétée par la méthode déterministe, l’analyse de l’historique sur les Plans des Hautes Eaux Exceptionnelles connues en dehors de la période couverte par la monographie hydrologique et par une méthode empirique.

- Pour la classe I et dans le cas où le bassin versant dans lequel le projet se situe directement ne dispose d’observations hydrométriques de durée supérieure à dix ans, il est exigé de procéder par méthode déterministe, utilisant un modèle de production, loi pluie-débit, adapté et un modèle de propagation des crues, ou modèle de transfert. Des simulations des averses correspondantes à la pluviométrie de période de retour de 450 ans sont requises, pour un pas de temps minimal journalier. La modélisation est à compléter par l’analyse de l’historique sur les Plans des Hautes Eaux Exceptionnelles connues et une méthode empirique appropriée.

- Pour les classes II à V et dans le cas où le bassin versant dans lequel le projet se situe directement ne dispose d’observations hydrométriques de durée significative, procéder à des modèles empiriques appropriés (Louis Duret ou équivalent) est exigé. Le calcul empirique est à compléter par l’analyse de l’historique sur les Plans des Hautes Eaux Exceptionnelles connues.

Le tableau suivant résume les exigences minimales de NIHYCRI en matière de méthode de calcul des crues de projet et de sûreté :

Tableau 7 : exigences en matière de procédure de calcul des crues

Classes

BV jaugées

BV non jaugées

M

Déterministe : modélisation

I

Statistique

Déterministe : modélisation

II

Statistique

Empirique

III

Statistique

Empirique

IV

Statistique

Empirique

V

Statistique

Empirique

5 RESEAUX D’IRRIGATION

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5.1 DEFINITION

Le réseau d’irrigation constitue l’ensemble des ouvrages linéaires (canaux) et ponctuels qui assure le transit et la distribution de l’eau d’irrigation jusqu’aux parcelles à irriguer.

Un réseau d’irrigation présente généralement :

- Un ou plusieurs ouvrages d’alimentation ;

- Le canal tête morte qui achemine les débits de l’ouvrage d’alimentation jusqu’au réseau de distribution ;

- Le réseau de distribution est organisé en canaux principaux, secondaires, tertiaires, etc.

NIHYCRI donne dans le cadre de ce chapitre les exigences et les prescriptions sur la conception, et le dimensionnement du réseau d’irrigation pour le protéger contre les crues et l’ensablement qui constitue un facteur aggravant.

5.2 PROTECTION DUN RESEAU DIRRIGATION

5.2.1 Pour quel projet ?

NIHYCRI donne les normes de protection d’un réseau d’irrigation pour tout :

- Nouvel aménagement et projet d’extension ;

- Projet de réhabilitation traitant la dégradation du réseau d’irrigation à cause des crues.

5.2.2 A quel stade ?

Sauf selon les cas précisés en 3.1 qui exemptent le maître de l’ouvrage de la réalisation d’une phase APS, les activités consistant à concevoir le système de protection du réseau d’irrigation est à réaliser durant la phase APS. Des variantes de configurations différentes peuvent être présentées dans le cadre de l’APS.

Dans le cas où l’étude d’avant-projet n’inclut pas la phase APS, toute la conception est à réaliser durant la phase d’études APD.

5.2.3 Prescriptions

Dans l’esprit de préserver le réseau d’irrigation contre les crues, NIHYCRI prescrit de considérer les différents cas de figure suivants :

- Cas 1 : pour les tronçons de canal en déblai qui longe du versant (tanety) ou qui sont creusés directement dans les sols d’une plaine ou de dépôt d’alluvion, les crues destructrices attaquent directement le canal sur plusieurs points, voire sur des tronçons entiers.

- Cas 2 : pour les tronçons de canal en remblai tracé à travers un thalweg ou une plaine, les attaques viennent des cours d’eau franchis, des eaux sauvages provenant des thalwegs ou du besoin d’équilibre entre le niveau d’eau des deux côtés du canal.

Concernant le phénomène d’ensablement qui constitue un facteur aggravant de toute attaque des crues, NIHYCRI considère les différentes origines suivantes :

- Cas 1 : les sédiments sont acheminés par le débit solide de l’eau d’alimentation ;

- Cas 2 : les sédiments viennent des eaux de ruissellement provenant des versants ou des plaines ou alluvions traversés (cas 1 plus haut) et collectées par le canal ;

- Cas 3 : les sédiments viennent des eaux sauvages ou des rivières en crues (cas 2 plus haut)

- Cas 4 : les sédiments sont les fruits de l’érosion des parois internes du canal d’irrigation.

NIHYCRI exige à ce que la protection des canaux d’irrigation contre les différents risques selon les différents cas présentés plus haut soit considérée dans la conception et le dimensionnement d’un réseau d’irrigation.

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NIHYCRI

NIHYCRI donne les prescriptions suivantes pour configurer les réseaux d’irrigation pour les préserver des crues et de l’ensablement :

- Tronçon de canal longeant un versant (tanety) :

o

Il faut éviter autant que possible que les eaux de ruissellement soient collectées directement par le tronçon de canal par :

 

La conception de systèmes de collecte et de franchissement des eaux sauvages sur des points précis, pour chaque micro sous-bassin versant de déversement direct. Le travail à faire consiste à :

 

Parcourir en détail le versant pour délimiter chaque micro sous- bassin versant en fonction de la topographie et des tendances des écoulements ;

Mettre en place un système de collecte (fossé de garde) des eaux de ruissellement les dirigeant vers un seul point de franchissement ;

Dans le cas fréquent où le charriage est important, prévoir des pièges à sables constitués de gabions ou autres systèmes adéquats, pour freiner le déversement des sables jusqu’au canal ;

Concevoir un système de franchissement par-dessus le canal (passage supérieur) ;

Concevoir en aval, un système de dissipation d’énergie pour stabiliser les eaux de ruissellement collectées et de descente d’eau ou de chenal jusqu’à des émissaires ou autres lieux de déversement sûrs.

Tout le système est à dimensionner par rapport aux crues de projet et en tenant compte des poussées dues aux sédiments charriés par les eaux sauvages.

 

La mise en place d’un drain de garde ou ceinture destiné à récupérer les eaux de ruissellement. Il est à implanter entre le versant et le canal d’irrigation et doit déboucher vers un exutoire.

o

Dans le cas où les entrées d’eaux sauvages ne peuvent pas être évitées :

Le tronçon du canal devant transiter les eaux sauvages jusqu’au premier exutoire ou décharge est dimensionné de façon à pouvoir transiter la somme du débit nominal d’irrigation et des crues de projet relatives aux eaux sauvages. Il est recommandé de mettre en place en fin de chaque tronçon où des possibilités d’entrée d’eaux sauvages ne sont pas écartées, un système de dessableur – décharge (déversoir de sécurité) qui :

présente un bassin calculé pour permettre la décantation de produits solides, avec une fréquence de dessablage supérieure ou égale à trois (3) mois pour les classes V, IV et III et supérieure ou égale à six (6) mois pour les classes I et II ;

est équipé d’un système de chasse de sable constitué d’un système à vanne à crémaillère, à vis ou tout autre système adéquat et d’un chenal d’évacuation aboutissant dans le lit d’un cours d’eau naturel ou d’un drain (la vidange du dessableur est assurée par autocurage ou par un système mécanique) ;

le chenal d’évacuation de sables est calé pour une vitesse de 2 à 3 m/s, avec des parois et lit protégés (perrés maçonnés, maçonnerie ou béton) ;

est équipé d’un déversoir latéral de sécurité ou d’un système de siphon de sécurité automatique faisant évacuer vers le chenal

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d’évacuation de sables les excédents d’eau dépassant le débit nominal du canal, avec une capacité minimale d’évacuation égale aux crues de projet des eaux sauvages sans que la revanche ne dépasse 15 cm (classes III à V) et 25 cm (classes I et II) ;

est équipé d’une vanne de fermeture à crémaillère ou à vis ou tout autre système adéquat, à son aval vers l’entrée du bief aval, pour faciliter les opérations d’entretien et de dessablage.

Illustration 5 : dispositif de protection des canaux en déblai

5 : dispositif de protection des canaux en déblai DETAIL 1 o Pour renforcer encore la

DETAIL 1

5 : dispositif de protection des canaux en déblai DETAIL 1 o Pour renforcer encore la

o Pour renforcer encore la préservation du canal contre l’ensablement, l’érosion interne et la formation de brèches, il convient de :

Dimensionner chaque bief de façon à ce que la vitesse nominale soit comprise entre 0,5 et 1 m/s pour les sols peu cohésifs et 0,5 à 1,5 m/s pour les sols cohésifs. Au-delà de ces valeurs, il convient de mettre un revêtement. Mettre en place des ouvrages de chutes ou de coursier à chaque passage du régime fluvial au régime torrentiel. Mettre en place un système de ligne anti-érosive (vétiver) sur le versant dominant le canal à une distance inférieur à 5 m par rapport à la gueule du canal. Organiser tout le système de piste, chemin et sentier utilisé par les usagers pour accéder jusqu’au canal, pour le traverser ou pour faire traverser, troupeaux, engins agricoles, véhicules à deux ou à quatre roues, et d’éviter tout franchissement sauvage.

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Aménager les pistes, chemins et sentiers ainsi que les ouvrages de franchissement adéquats (passages pour piétons, à zébus, à charrettes, etc.). Organiser toutes les autres activités sociales pouvant être réalisées à l’intérieur du canal (baignade, lessive, abreuvement, etc.) et aménager les infrastructures adéquates.

o Les tronçons de canal longeant un versant, surtout, pentu sont exposés au phénomène de glissement causant la coupure du tronçon, un phénomène qui s’accentue en période des crues. Il convient ainsi pour ce cas de réaliser des calculs de stabilité géotechnique de l’assise du canal en tenant compte des conditions de saturation causées par l’écoulement à l’intérieur du canal en terre et des eaux d’infiltration durant les crues. La mise en place d’un tronçon en dur (muret, canal bétonné, canal maçonné) est recommandée quand un canal en terre ne présente pas un niveau de stabilité satisfaisant.

- Tronçon de canal en remblai traversant une plaine ou un thalweg :

o

Il faut bien analyser toutes les sources de crues destructrices qui peuvent venir de :

Cours d’eau franchis par le canal ;

Cours d’eau situés parallèlement au canal dont le lit majeur risque d’atteindre la digue extérieure protégeant le canal ; Eaux sauvage provenant d’un sous-bassin versant dont la sortie est obstruée par le canal en remblai.

o

Des prescriptions sont données pour chaque source de crues :

Crues provenant de cours d’eau franchis par le canal :

Mise en place d’un ouvrage de franchissement adéquat.

Calage de l’ouvrage de franchissement par rapport aux crues de sûreté du cours d’eau franchi.

Calage des digues de protection du canal par rapport aux crues de sûreté du cours d’eau franchi.

Crues provenant de cours d’eau situés parallèlement au canal :

Calage de la digue de protection du canal (côté cours d’eau) par rapport aux crues de sûreté du cours d’eau en question.

Mise en place d’un système de protection anti-érosive du parement extérieur (extérieur au canal) de la digue du côté du cours d’eau.

Mise en place d’épis de protection si nécessité.

Mise en place d’ouvrages de franchissement des eaux sauvages (passage inférieur) et de chenaux de collecte les ramenant vers les exutoires (un dispositif peu recommandable dans le cas où le cours d’eau en question charrie beaucoup de sédiments).

Mise en place d’un système de drain entre le cours d’eau et la digue de protection du canal de façon à dévier les crues avant qu’elles n’attaquent le canal.

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Illustration 6 : dispositif de protection des canaux en remblai (cas 1)

6 : dispositif de protection des canaux en remblai (cas 1) Eaux sauvage provenant d’un sous-bassin
6 : dispositif de protection des canaux en remblai (cas 1) Eaux sauvage provenant d’un sous-bassin

Eaux sauvage provenant d’un sous-bassin versant dont la sortie est obstruée par le canal en remblai :

Mise en place d’un système de drain longeant le canal pour collecter les eaux sauvages provenant du sous-bassin versant et d’un système de passage des eaux sauvages sous le canal en remblai du système de drain vers un système de chenal conduisant les crues vers les exutoires. Des attentions particulières sont à apporter dans la protection contre les sédiments étant donné que les passages inférieurs sont très sensibles à ce phénomène.

Ou, dans le cas où le canal sur remblai se trouve sur une plateforme qui domine topographiquement le niveau du terrain naturel à la sortie des eaux sauvages, il est possible de mettre en place un système de tapis drainant en matériau granuleux, sous la plate-forme du remblai, avec du géotextile comme filtre et anti contaminant. Dans ce cas, il est généralement nécessaire de

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mettre en place un revêtement interne du canal de façon à limiter les pertes par percolation vers le tapis drainant.

Illustration 7 : dispositif de protection des canaux en remblai, cas 2

vers le tapis drainant. Illustration 7 : dispositif de protection des canaux en remblai, cas 2

DETAIL 1

vers le tapis drainant. Illustration 7 : dispositif de protection des canaux en remblai, cas 2

DETAIL 2

vers le tapis drainant. Illustration 7 : dispositif de protection des canaux en remblai, cas 2

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o Pour renforcer encore la préservation du canal contre l’ensablement, il convient de :

Dimensionner chaque bief de façon à ce que la vitesse nominale soit comprise entre 0,5 et 1 m/s pour les sols peu cohésifs et 0,5 à 1,5 m/s pour les sols cohésifs. Au-delà de ces valeurs, il convient de mettre un revêtement. Mettre en place des ouvrages de chutes ou de coursier à chaque passage du régime fluvial au régime torrentiel. Organiser tout le système de piste, chemin et sentier utilisé par les usagers pour accéder jusqu’au canal, pour le traverser ou pour faire traverser, troupeaux, engins agricoles, véhicules à deux ou à quatre roues, et d’éviter tout franchissement sauvage. Aménager les pistes, chemins et sentiers ainsi que les ouvrages de franchissement adéquats (passages pour piétons, à zébus, à charrettes, etc.). Organiser toutes les autres activités sociales pouvant être réalisées à l’intérieur du canal (baignade, lessive, abreuvement, etc.) et aménager les infrastructures adéquates.

6 CHOIX DU TYPE D’OUVRAGE D’ALIMENTATION

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6.1 PORTEE

NIHYCRI exige le suivi du processus décrit dans ce chapitre, pour tout projet, de toute classe, où il est envisagé de construire un nouvel ouvrage d’alimentation à parti des eaux de surface, que ce soit pour un nouvel aménagement, pour extension ou pour reconstruction de l’ouvrage d’alimentation existant.

6.2 CHOIX DU TYPE DOUVRAGE DALIMENTATION (NIVEAU 1)

6.2.1 Pour quel choix ?

NIHYCRI exige de procéder à un premier choix (niveau 1) entre un barrage de dérivation (barrage – prise), un barrage de retenue (barrage – réservoir), une prise au fil de l’eau ou une station de pompage.

6.2.2 A quel stade de la conception ?

Sauf selon les cas précisés en 3.1 qui exemptent le maître de l’ouvrage de la réalisation d’une phase APS, le choix du type d’ouvrage d’alimentation est à réaliser durant la phase APS. Dans le cas où l’étude d’avant-projet n’inclut pas la phase APS, le choix du type d’ouvrage d’alimentation est à réaliser durant la phase d’études APD.

6.2.3 Etudes à mener

Pour le choix de premier niveau consistant à choisir entre un barrage de retenue (barrage réservoir), barrage de dérivation (barrage prise), prise au fil de l’eau ou station de pompage, NIHYCRI donne les prescriptions suivantes pour les études à réaliser :

Tableau 8 : études pour le choix du type d’ouvrage d’alimentation

Discipline

Descriptif / méthode /moyen

Eléments biens livrables

 

Hydrologie

Apports, besoins en eau culture et adéquation ressources – besoins.

Capacité des ressources disponibles à faire face aux besoins selon différents scénarii de type d’alimentation

Logiciel CROPWAT, FAO

Hydraulique

Etude portant sur la forme naturelle de la rivière, ripisylve et évolution des berges

Cartographie en plan lit de la rivière désignant les points déterminants relatifs à la dynamique du lit de la rivière

Descriptif analytique portant sur la stabilité du lit et l’évolution des berges

fluviale

Topographie Vérification topographique de la domination générale des ressources par rapport aux parcelles à irriguer

Plan de

masse

avec

côte

topographique matérialisant la zone du point d’eau, les parcelles à irriguer et les bornes de repères.

Matériaux locaux

Vérification de la disponibilité de

Plan

de

la

zone

indiquant

matériaux locaux (emprunt carrière)

et

l’emplacement des zones d’emprunt et

carrières potentielles.

 
 

Descriptif général des zones identifiées (caractéristiques générales des matériaux, estimation approximative de la puissance)

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6.2.4 Justification des choix

NIHYCRI donne les prescriptions suivantes pour le choix d’ouvrage d’alimentation :

6.2.4.1 Barrage de dérivation :

- Les sites potentiels dominent topographiquement les champs de culture à irriguer ;

- Le site présente un cours d’eau permanent, avec un débit soutenu au cours de la période d’irrigation et qui satisfait les besoins ;

- Le cours d’eau présente un lit stable caractérisant la partie haute des fleuves où la partie amont des rivières, marqué par une vallée étroite et un tracé quasiment rectiligne ;

- Les tracés à méandre, à lit unique très sinueux, peuvent convenir à la mise en place d’un barrage de dérivation, mais avec attention particulière sur les risques de contournement lors de la conception ;

- Les tracés en tresse (un lit très large et plat avec plusieurs chenaux instables, séparés par plusieurs îles) et divagants (lit moyennement large, avec un lit principal très sinueux pouvant comporter encore jusqu’à trois bras) ne conviennent pas du tout à l’implantation d’un barrage de dérivation.

6.2.4.2 Prise au fil de l’eau (directe) :

- Domination topographique assurée ;

- Le site présente un cours d’eau permanent, avec un débit soutenu au cours de la période d’irrigation et qui satisfait les besoins ;

- Le plan d’eau aux basses eaux domine topographiquement le plan d’eau nécessaire au niveau de l’ouvrage de prise pour dominer les parcelles de culture ;

- Le cours d’eau présente un lit unique stable avec des belles courbes (extrados) ;

- La mise en place d’un épi est nécessaire dans le cas de tracé rectiligne.

Illustration 8 : implantation d’un barrage au fil de l’eau

est nécessaire dans le cas de tracé rectiligne. Illustration 8 : implantation d’un barrage au fil

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6.2.4.3 Barrage-réservoir (retenue) :

- Domination topographique assurée ;

- Le site ne présente aucun cours d’eau permanent, avec un débit soutenu au cours de la période d’irrigation et qui satisfait les besoins ;

- Il existe de sites favorables à l’implantation d’un bassin de retenue, environnementalement et socialement acceptable ;

- Les matériaux tels que matériaux d’emprunt et rocheux sont disponibles localement.

6.2.4.4 Station de pompage :

- Le site présente un cours d’eau permanent, avec un débit soutenu au cours de la période d’irrigation et qui satisfait les besoins ;

- La domination topographique n’est pas assurée.

7 BARRAGE DE DERIVATION

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7.1 DEFINITION

Un barrage de dérivation est un ouvrage qui assure la dérivation d’une partie du débit d’un cours d’eau pour alimenter le réseau hydroagricole. Le débit pouvant être dérivé dépend du débit instantané du cours d’eau et doit couvrir les besoins en eau d’irrigation.

7.2 CHOIX DU SITE DE BARRAGE DE DERIVATION

7.2.1 Pour quel choix ?

NIHYCRI exige de procéder à un choix technique du site d’implantation du barrage de dérivation, après que le choix de procéder à un tel ouvrage est pris.

7.2.2 A quel stade de la conception ?

Sauf selon les cas précisés en 3.1 qui exemptent le maître de l’ouvrage de la réalisation d’une phase APS, le choix du site du barrage de dérivation est à réaliser durant la phase APS. Dans ce cas, des variantes de choix peuvent être proposées au maître de l’ouvrage.

Dans le cas où l’étude d’avant-projet n’inclut pas la phase APS, le choix du site de barrage de dérivation est à réaliser durant la phase d’études APD.

7.2.3 Etude à mener

Pour le choix du site d’implantation, NIHYCRI donne les prescriptions suivantes pour les études à réaliser :

Tableau 9 : étude à mener dans le choix du site d’un barrage de dérivation

Discipline

Descriptif / méthode /moyen

Résultats / biens livrables

Géotechnique Reconnaissance des sols de fondation (lit de la rivière) et des berges en recherche de sites stables, par test d’identification visuels et sensitifs

Descriptif sommaire sur la situation générale des matériaux au fonds du lit de la rivière (qualité du seuil rocheux éventuel, caractéristiques granulométriques générales pour les sols, caractéristiques et existence de galets).

Vue en plan et profil en travers délimitant la limite des différents types de seuil rencontrés, particulièrement exigés dans le cas de seuil partiellement rocheux ou présentant un niveau d’altération différentielle d’un point à l’autre.

Descriptif analytique sur les matériaux constituant les berges et leur stabilité structurale.

Hydraulique

Etude plus détaillée sur l’écoulement fluvial en identifiant le lit mineur, lit majeur, les zones d’affouillement et de dépôt, en se basant sur des investigations et observations directes et une analyse cartographique.

Cartographie en plan de la rivière, délimitant le lit mineur et le lit majeur, les zones d’affouillement et les zones de dépôt.

Descriptif analytique présentant les différentes options d’implantation les risques de contournement et

fluviale

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Discipline

Descriptif / méthode /moyen

Résultats / biens livrables

 

d’accumulation de sable liés à chacune.

Topographie Présentation en plan sur une échelle assez large, obtenu à partir de photographies aériennes et/ou de cartographie existante du tronçon du cours d’eau où le site est à choisir.

Topographie transversale et longitudinale sur chaque site.

Eléments d’appréciation de la domination topographique de chaque site.

 

Lever de détail, de profil en travers et de profil en long sur les différents sites potentiels sur une bande dont la longueur minimale est de 20 fois la largeur du lit au droit du site.

Hydrologie

Calcul des plans d’eau pour les crues de projet par application de la formule d’écoulement (Manning Strickler ou équivalent) sur la section d’écoulement.

Analyse permettant d’analyser le niveau d’eau en période de crues sur les différents sites, permettant d’apprécier et comparer les risques.

7.2.4 Prescription sur le choix du site

Tableau 10 : prescriptions dans le choix du site d’un barrage de dérivation

Discipline

A prescrire

A éviter

(par ordre décroissant)

Géotechnique

- Seuil rocheux sain ;

- Seuil rocheux fissurés ;

fondation

- Seuil rocheux altéré en surface (nécessitant un décapage de la partie altérée) ;

- Seuil rocheux dont la classification lithologique le situe dans les classes dites « limitées » (calcaire argileux, grès faiblement cimentés et récif de roche dolomite à cavités vides) ou « médiocres » (calcaires schisteux, coralien, schiste argileux, ardoise, schiste, craie et gypse)

- Galet et gravier grossier profond ;

- Argile stable ;

- Limon et sable fin.

 

- Argiles instables ;

- Sols hétérogènes avec strates sables / argiles.

Géotechnique

- Rive constituée de dépôt d’alluvion récent et fragile ;

berges

- Sol sablonneux instable et perméable.

Section

- Lit mineur dans une vallée encaissée permettant la maîtrise des crues de sûreté sans débordement.

Tout emplacement :

d’implantation

- Privilégiant le contournement du site à travers une rive fragile (alluvion notamment)

- Section présentant une largeur importante : plus la

- Favorisant le débordement en période des crues pouvant

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Discipline