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Français

Série 05 de 05

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Analyse de textes littéraires (1)

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Conte réaliste

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FRANÇAIS – ANALYSE DE TEXTES LITTÉRAIRES (1)

COURS 204 – Série 05 de 05

Rédaction :

Sylvia Beauduin, A.E.S.S. philologie romane

Mise en page :

Jean Kokelberg, A.E.S.S. philologie romane Jean Kokelberg, A.E.S.S. philologie romane

Coordination :

Nicole Braekman, Chargée de mission

Validation pédagogique : Jeanne Abraham, Inspectrice

Ministère de la Communauté française de Belgique Administration générale de l’Enseignement et de la Recherche scientifique Direction de l’Enseignement à Distance Boulevard du Jardin botanique 20‐22 1000 ‐ Bruxelles Courriel : ead@cfwb.be

L’Enseignement à Distance s’est efforcé de respecter les prescriptions légales relatives aux droits d’auteur et de contacter les ayants droit. Toute personne qui se sentirait lésée et qui souhaiterait faire valoir ses droits est priée de se faire connaître.

Editeur responsable : Denis Van Lerberghe, Directeur de l’Enseignement à Distance

Dépôt légal : D/2008/10.930/9

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FRANÇAIS – ANALYSE DE TEXTES LITTÉRAIRES (1)

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I.

REPÈRES BIOGRAPHIQUES

GUY DE MAUPASSANT

1850 ­ 1893

Né en 1850 en Normandie, dans une famille aisée et de petite noblesse, Guy de Maupassant a connu une jeunesse très libre dans la campagne normande, une « vie de poulain échappé », comme il le dit lui‐même.

Il a observé la vie des petites gens, marins, paysans, soldats… Il a bénéficié aussi de l’amitié de grands écrivains comme Flaubert et Zola, qui l’ont initié au réalisme.

Dans les milieux mondains, il a mené une vie de fêtes et d’aventures féminines : parties de chasse, bals et voyages… Autant d’occasions de scruter les êtres, qu’il décrit avec un exceptionnel sens du croquis, aussi bien dans leurs attitudes que dans leur psychologie.

Mais le drame va rapidement marquer la vie de cet auteur à succès : sous les effets de l’alcool et de l’éther, pris pour calmer de violentes névralgies, il est en proie à d’effrayantes hallucinations. Hanté par la peur de la mort, il voit des spectres, son double même… et devient lentement fou. Enfermé dans la maison de santé du docteur Blanche où furent aussi soignés Vincent Van Gogh et Gérard de Nerval, il meurt en 1893, à l’âge de 43 ans.

Que se passe­t­il dans les milieux littéraires français à cette époque ?

Maupassant eut la chance d’apprendre son métier d’écrivain avec Flaubert, un ami de sa mère. Il a aussi été rapidement introduit dans les soirées de Meudon où Zola recevait tout ce qui comptait dans le monde littéraire.

Le Réalisme a succédé au Romantisme, auquel il s’oppose… évidemment !

Les Romantiques multipliaient les élans lyriques , étalaient leurs sentiments – surtout leurs souffrances ! Ils croyaient – ou feignaient de croire – en Dieu, exaltaient la nature et affichaient un désespoir intellectuel et élégant.

Les Réalistes prônent une écriture sobre et masquent leurs sentiments dans des fictions. Ils ont renoncé à Dieu et s’engagent sur le chemin du rationalisme et du progrès scientifique . La plupart d’entre eux sont très préoccupés de progrès social .

Si son écriture a la sobriété rigoureuse des réalistes, Maupassant est fondamentalement pessimiste . Il ne croit pas en Dieu, mais il considère le progrès scientifique comme une chimère et voit dans l’homme un animal à peine supérieur aux autres. Contrairement à son ami Flaubert qui – pessimiste lui aussi – a encore la force de rire de la bêtise humaine, Maupassant ne croit même pas en son art. On peut supposer que ce pessimisme désespéré était accru par son état de santé.

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Il laisse des romans ainsi que de nombreux recueils de nouvelles et de contes . C’est en effet dans l’art du récit court que cet auteur s’est fait le plus apprécier.

Ses œuvres les plus connues

La Maison Tellier : recueil de nouvelles qui mettent en scène des personnages cruels, capables des pires bassesses et des plus odieuses mesquineries.

Bel­ Ami : roman qui raconte l’ascension sociale d’un salaud séduisant.

Le Horla : conte angoissé écrit à la fin de sa vie, inspiré par la hantise de l’invisible et de la mort.

Le texte proposé dans ce module est extrait du recueil Contes divers (regroupement posthume). Il avait été publié antérieurement (1883) dans le quotidien Gil Blas ; il appartient encore aux œuvres de jeunesse et a été écrit au cours d’une période de bonheur. Il n’est pas représentatif de ce qui caractérise vraiment Maupassant.

Vous aurez l’occasion de découvrir le vrai Maupassant dans le second texte proposé, extrait du recueil Les Sœurs Rondoli qui date de 1884.

La farce Oh ! J'en ai fait, j'en ai fait des farces, dans mon existence. Et on m'en a fait aussi, morbleu ! et de bien bonnes. […] Commençons par la dernière […]. J'allais chasser, à l'automne, chez des amis, en un château de Picardie. Mes amis étaient des farceurs, bien entendu. Je ne veux pas connaître d'autres gens. Quand j'arrivai, on me fit une réception princière qui me mit en défiance. On tira des coups de fusils ; on m'embrassa, on me cajola comme si on attendait de moi de grands plaisirs ; je me dis : « Attention, vieux furet, on prépare quelque chose. » Pendant le dîner, la gaieté fut excessive, trop grande. Je pensais : « Voilà des gens qui s'amusent double, et sans raison apparente. Il faut qu'ils aient dans l'esprit l'attente de quelque bon tour. C'est à moi qu'on le destine assurément. Attention. » Pendant toute la soirée, on rit avec exagération. Je sentais dans l'air une farce, comme le chien sent le gibier. Mais quoi ? J'étais en éveil, en inquiétude. Je ne laissais passer ni un mot, ni une intention, ni un geste. Tout me semblait suspect, jusqu'à la figure des domestiques. L'heure de se coucher sonna, et voilà qu'on se mit à me reconduire à ma chambre en procession. Pourquoi ? On me cria bonsoir. J'entrai, je fermai ma porte, et je demeurai debout, sans faire un pas, ma bougie à la main. J'entendais rire et chuchoter dans le corridor. On m'épiait sans doute. Et j'inspectais de l'œil les murs, les meubles, le plafond, les tentures, le parquet. Je n'aperçus rien de suspect. J'entendis marcher derrière ma porte. On venait assurément regarder à la serrure.

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Une idée me vint : « Ma lumière va peut­ être s'éteindre tout à coup et me laisser dans l'obscurité. » Alors j'allumai toutes les bougies de la cheminée. Puis je regardai encore autour de moi sans rien découvrir. J'avançai à petits pas faisant le tour de l'appartement. – Rien. J'inspectai tous les objets l'un après l'autre. Rien. Je m'approchai de la fenêtre. Les auvents, de gros auvents en bois plein, étaient demeurés ouverts. Je les fermai avec soin, puis je tirai les rideaux, d'énormes rideaux de velours, et je plaçai une chaise devant, afin de n'avoir rien à craindre du dehors. Alors je m'assis avec précaution. Le fauteuil était solide. Je n'osais pas me coucher. Cependant le temps marchait. Et je finis par reconnaître que j'étais ridicule. Si on m'espionnait, comme je le supposais, on devait, en attendant le succès de la mystification préparée, rire énormément de ma terreur. Je résolus donc de me coucher. Mais le lit m'était particulièrement suspect. Je tirai sur les rideaux. Ils semblaient tenir. Là était le danger pourtant. J'allais peut ­ être recevoir une douche glacée du ciel­ de­ lit, ou bien, à peine étendu, m'enfoncer sous terre avec mon sommier. Je cherchais en ma mémoire tous les souvenirs de farces accomplies. Et je ne voulais pas être pris. Ah ! mais non ! Ah ! mais non ! Alors je m'avisai soudain d'une précaution que je jugeai souveraine. Je saisis délicatement le bord du matelas, et je le tirai vers moi avec douceur. Il vint, suivi du drap et des couvertures. Je traînai tous ces objets au beau milieu de la chambre, en face de la porte d'entrée. Je refis mon lit, le mieux que je pus, loin de la couche suspecte et de l'alcôve inquiétante. Puis, j'éteignis toutes les lumières, et je revins à tâtons me glisser dans mes draps. Je demeurai au moins encore une heure éveillé tressaillant au moindre bruit. Tout semblait calme dans le château. Je m'endormis. J'ai dormir longtemps, et d'un profond sommeil ; mais, soudain, je fus réveillé en sursaut par la chute d'un corps pesant abattu sur le mien, et, en même temps, je reçus sur la figure, sur le cou, sur la poitrine, un liquide brûlant qui me fit pousser un hurlement de douleur. Et un bruit épouvantable comme si un buffet chargé de vaisselle se fût écroulé m'entra dans les oreilles. J'étouffais sous la masse tombée sur moi, et qui ne remuait plus. Je tendis les mains, cherchant à reconnaître la nature de cet objet. Je rencontrai une figure, un nez, des favoris. Alors, de toute ma force, je lançai un coup de poing dans ce visage. Mais je reçus immédiatement une grêle de gifles qui me firent sortir, d'un bond, de mes draps trempés, et me sauver en chemise, dans le corridor, dont j'apercevais la porte ouverte. Ô stupeur ! il faisait grand jour. On accourut au bruit et on trouva, étendu sur mon lit, le valet de chambre éperdu qui, m'apportant le thé du matin, avait rencontré sur sa route ma couche improvisée, et m'était tombé sur le ventre en me versant, bien malgré lui, mon déjeuner sur la figure. Les précautions prises de bien fermer les auvents et de me coucher au milieu de ma chambre m'avaient seules fait la farce redoutée. Ah ! on a ri, ce jour­ là !

Maupassant, Revue Gil Blas , 1883

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II.

COMPRÉHENSION DU TEXTE

Un conseil : en cas de doute, utilisez votre dictionnaire.

Le jury contrôlera certainement votre compréhension des mots. Avouer ne pas connaître le sens de mots tirés du texte que l’on propose fait un très mauvais effet.

TAC 1

Retrouvez dans le texte le mot qui convient à la définition :

1. montage en tissu et en bois servant de rideau et de décoration au‐dessus d’un lit :

2. renfoncement, niche pour abriter un lit :

TAC 2

En tenant compte du contexte, choisissez, parmi les termes proposés, celui qui pourrait être utilisé comme synonyme dans chacune des expressions qui suivent.

1. j’ai fait des farces… et on m’en a fait aussi, morbleu certainement – parfois – sapristi

2. on me cajola

rudoya – combla d’attentions – rit au nez

3. une précaution que je jugeai souveraine noble – très efficace – inutile

4. ma couche improvisée

bricolée – améliorée – déplacée

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TAC 3

Maupassant a utilisé des expressions plus précises que celles qui vous sont proposées ci‐ dessous en italique ; retrouvez‐les pour alléger les phrases suivantes :

1. L’auteur, dans l’obscurité, se dirige en sentant avec les mains tendues.

2. Il reste à l’écoute, ayant des petits sursauts involontaires au moindre bruit.

3. Il se sentait observé attentivement et secrètement .

4. Le lit lui semblait particulièrement digne d’inspirer de la défiance.

5. Le valet portait des touffes de barbe sur les côtés du visage.

6. Le pauvre subit une série de gifles qui tombèrent dru.

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TAC 4

Dans son récit, l’auteur a glissé trois références à l’univers de la chasse.

On tira des coups de fusil : tirer des salves d’honneur était un usage chez les chasseurs.

Attention, vieux furet

le héros s’identifie à ce petit animal rusé et vif, toujours en quête

d’une proie et que les chasseurs dressaient parfois, comme ils dressaient aussi certains rapaces et leurs chiens.

Trouvez la troisième expression liée au monde de la chasse :

TAC 5

Je ne laissais passer ni un mot, ni une intention, ni un geste.

Comment comprendre cette réflexion ?

a. Je ne comprenais rien à la conversation.

b. Je faisais attention à tout, je ne perdais aucun détail.

c. Je n’admettais aucune parole, aucun comportement.

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TAC 6

1. Voici une série d’ actions . Certaines sont accomplies par le héros, d’autres non . A

vous de les retrouver et de faire une croix dans la colonne adéquate. Pour vous inciter à une lecture très attentive, nous n’avons pas respecté l’ordre chronologique des actions.

   

Oui

Non

1.

rire et chuchoter dans le corridor au moment du coucher

   

2.

ouvrir les auvents

   

3.

faire un tour d’inspection du château

   

4.

tirer une salve d’honneur en guise de bienvenue

   

5.

allumer les bougies

   

6.

placer les chaises devant une bougie

   

7.

vérifier les rideaux du ciel de lit

   

8.

déplacer le sommier

   

9.

découvrir un attirail destiné à lui infliger une douche glacée

   

10.

éteindre toutes les lumières

   

2. Quelle est la motivation du héros quand il accomplit ces différentes actions ?

a. L’emporter sur un valet de chambre.

b. Ne pas être ébouillanté.

c. Echapper à une farce.

d. Eviter d’être épié dans sa chambre.

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TAC 7

1. Comment expliquer la défiance immédiate du personnage ?

a. Il se sait chez des farceurs.

b. Il a remarqué une attention exagérée liée à sa personne.

c. Il trouve anormal d’être reconduit à sa chambre par une procession d’invités.

d. Il a perçu dès les premiers instants, à divers détails, une hostilité précise.

2. Que penser de la « précaution souveraine » ?

a. Grâce à elle, le héros échappera au pire.

b. Elle a permis de limiter les dégâts.

c. Elle est devenue la cause d’une catastrophe.

d. Elle est devenue la cause de la catastrophe imaginée et attendue par les farceurs.

3. Avec quelle autre précaution s’est‐elle combinée pour aboutir à la situation du plateau renversé ?

a. Tirer sur les rideaux du baldaquin.

b. Fermer les volets et les tentures.

c. Allumer toutes les bougies de la cheminée.

d. Déplacer la literie.

4. Maupassant soigne les détails : rideaux en velours, auvents en bois plein. Précisez l’ utilité de ces informations.

a. Rendre le récit plus réaliste en faisant voir les lieux.

b. Rendre l’accident plus vraisemblable.

c. Rendre l’accident plus comique.

d. Rendre le climat angoissant en évoquant l’obscurité totale.

(Plusieurs réponses possibles)

5. Quelle morale peut‐on lier à cette anecdote ?

a. Rira bien qui rira le dernier.

b. Deux précautions valent mieux qu’une.

c. La fin justifie les moyens.

d. On peut provoquer ce que l’on redoute.

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TAC 8

Nous vous proposons deux phrases extraites du texte. Pour chacune d’entre elles, choisissez l’expression qui en rend véritablement le sens.

1. Il faut qu’ils aient dans l’esprit l’attente de quelque bon tour.

a. Il faut qu’ils sachent qu’un bon tour se prépare.

b. Il est évident qu’ils pensent à un bon tour qui se prépare.

c. Il faut qu’ils sachent qu’ils peuvent attendre un bon tour de ma part.

2. Je m’avisai soudain d’une précaution que je jugeai souveraine.

a. Je pensai soudain à une précaution qui me sembla imparable.

b. Je compris soudain à quoi servait une précaution souveraine.

c. Je compris soudain qu’il me fallait prendre des précautions.

TAC 9

Choisissez le résumé qui correspond au récit de Maupassant.

a. Un farceur, accueilli pour une partie de chasse chez d’autres farceurs, se sent choisi comme cible. Sitôt installé dans sa chambre, il vérifie tous les éléments susceptibles de servir à une farce, allume des bougies, ferme les volets, déplace la literie… si bien qu’au matin, le valet de chambre, trompé par l’obscurité et le changement dans le décor, trébuche sur lui et lui renverse le petit déjeuner sur la figure et sur le corps.

b. Un joyeux drille, lors d’une partie de chasse chez des amis farceurs, devine qu’il a été choisi comme la victime du prochain mauvais tour. Il vérifie tous les objets de sa chambre, se barricade, déplace la literie… mais ne parvient pas à échapper à la farce prévue : le valet de chambre avait ordre de lui verser le petit déjeuner sur la figure !

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Pas d’effet sans cause, disent les philosophes.

Voyons de plus près comment dans ce texte se tisse l’enchaînement inéluctable (ou inévitable) des causes et des conséquences.

TAC 10

1. Pourquoi le valet de chambre a‐t‐il renversé le déjeuner sur l’invité ?

a. Il en avait reçu l’ordre des amis farceurs.

b. Indigné d’avoir reçu un coup de poing, il s’est vengé.

c. Il est tombé, victime de l’obscurité et de cet obstacle inattendu :

la couche déplacée.

2. Pourquoi le héros a‐t‐il allumé des bougies ?

a. En prévision d’une coupure d’éclairage.

b. Pour mieux inspecter la cheminée.

c. Parce qu’il venait de se trouver plongé dans l’obscurité.

d. Pour ne pas être visible.

Vous l’avez constaté : la cause précède le fait le et le provoque, le conditionne. Elle est aussi l’intention qui fait agir. L’acte est la conséquence.

TAC 11

Voici 4 associations de deux éléments ; replacez‐les dans la colonne adéquate du tableau.

1. gaieté excessive des convives

2. crainte d’être arrosé dans le lit à baldaquin – déplacement de la literie

3. accident avec le plateau

4. agressivité du valet

– soupçons du héros, ses inquiétudes

– obscurité – coup de poing donné par l’invité

 

Cause

Conséquence : le fait

Ex.

crainte de subir une farce

multiplication des précautions

1.

   

2.

   

3.

   

4.

   

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TAC 12

Précisez la cause première des soupçons chez le héros

a. l’excès de précautions prises

b. la sollicitude générale

c. la gaieté excessive des convives

d. la crainte de subir un mauvais tour

TAC 13

Choisissez les expressions qui conviennent au sens du texte.

1. C’est la crainte d’une farce

‐ qui a été à l’origine ‐ qui a provoqué ‐ qui a évité

de la mésaventure.

2. C’est la crainte d’une farce qui a été

‐ la conséquence de la mésaventure.

la cause

le résultat

3. L’accident s’est produit

‐ à cause

‐ en dépit

‐ au détriment

des précautions prises.

4. Le héros a multiplié les précautions

‐ parce qu’il redoutait

‐ bien qu’il redoutât

‐ même s’il redoutait

un mauvais tour.

Quelles que soient ses précautions, le héros n’échappe pas à son destin. Il sera victime de la farce. Ce récit reprend en fait sur le mode humoristique le thème du destin auquel on n’échappe pas.

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TAC 14

LA PARANOÏA

Ce récit est un très bel exemple du développement d’une idée fixe. Aujourd’hui on parlerait de « parano ».

Voici six extraits du texte numérotés de 1 à 6. Dans chaque cas, soulignez la partie qui exprime la réalité (et non la réflexion subjective) et retrouvez‐en l’explication rationnelle, une explication qui viendrait naturellement à l’esprit de quelqu’un qui ne craindrait pas d’être victime d’une farce. Ces explications vous sont proposées sous les rubriques a à f.

Ex.

(Réalité soulignée) Les amis du héros sont enchantés de le revoir. ( Explication rationnelle )

Quand j’arrivai, on me fit une réception princière qui me mit en défiance.

1. On tira des coups de fusil ; on m’embrassa, on me cajola, comme si on attendait de moi de grands plaisirs. Je me dis : « Attention, vieux furet, on prépare quelque chose. »

2. Pendant le dîner, la gaieté fut excessive, trop grande. Je pensais : « Voilà des gens qui s’amusent double, et sans raison apparente. Il faut qu’ils aient dans l’esprit l’attente de quelque bon tour. C’est à moi qu’on le destine assurément. Attention. »

3. Pendant toute la soirée, on rit avec exagération. Je sentais dans l’air une farce, comme le chien sent le gibier. Mais quoi ? J’étais en éveil, en inquiétude. Je ne laissais passer ni un mot, ni une intention, ni un geste. Tout me semblait suspect, jusqu’à la figure des domestiques.

4. L’heure de se coucher sonna, et voilà qu’on se mit à me reconduire à ma chambre en procession. Pourquoi ? On me cria bonsoir.

5. J’entrai, je fermai la porte et je demeurai debout, sans faire un pas, ma bougie à la main. J’entendais rire et chuchoter dans le corridor. On m’épiait sans doute. Et j’inspectais de l’œil les murs, les meubles, le plafond, les tentures, le parquet. Je n’aperçus rien de suspect.

6. J’entendis marcher derrière ma porte. On venait assurément regarder à la serrure.

a. Un retardataire regagne sa chambre.

b. Le dîner a été bien arrosé et les convives, un peu ivres, sont joyeux et bruyants.

c. Les amis du narrateur sont heureux de le recevoir et lui font fête.

d. Les amis du narrateur sont de bons vivants, ils sont expansifs et ils aiment s’amuser.

e. Excités par la soirée, les joyeux drilles se calment difficilement et tardent à rentrer dans leurs chambres respectives.

f. Tout le monde va se coucher en même temps. Le narrateur étant l’invité, on le raccompagne jusqu’à sa chambre.

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LA COMMUNICATION

On a certainement beaucoup parlé, lors de cette rencontre mondaine : accueil des invités, échanges de nouvelles comme toujours lors des retrouvailles, badinages au cours du souper… Mais l’auteur ne reproduit pas les paroles : elles n’ont pas de rôle dans la mécanique du récit. Même les réflexions destinées au héros, les paroles qui témoigneraient d’une sollicitude excessive envers lui sont escamotées avec des formules très générales.

Comment expliquez‐vous cette imprécision ?

a. Elle fait ressentir la solitude de la « proie » face à tous les conspirateurs.

b. Elle est le signe que le narrateur n’écoute pas vraiment ce qui se dit parce qu’il est obsédé par sa crainte d’être victime d’une farce.

c. Elle est le signe que l’auteur écoute attentivement ce qui se dit, mais le déforme au gré de son obsession.

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III.

POUR MIEUX COMPRENDRE COMMENT S’ÉCRIT UN TEXTE

TAC 15

Dans ce récit, l’entrée en matière nous donne directement le ton : vif, animé. Des procédés très simples et très classiques sont utilisés pour obtenir ce ton : des exclamations, des interrogations, du discours direct, des phrases sans verbe, des tournures simples et familières.

Complétez le tableau ci‐dessous en situant les expressions proposées dans les cases adéquates. Tenez compte du fait qu’une même expression peut relever de plusieurs procédés différents et pensez alors à la « caser » plusieurs fois !

Des exclamations

Des interrogations

Des tournures simples et familières

Des répétitions de mots

Des répétitions de structures grammaticales

Des phrases sans verbe

Des phrases verbales très brèves

1. Pourquoi ?

2. Les auvents, de gros auvents en bois plein étaient demeurés ouverts.

3. Attention !

4. Ah ! mais non ! Ah ! mais non !

5. J’en ai fait des farces.

6. Je m’endormis.

7. Et on m’en a fait aussi morbleu, et de bien bonnes.

8. Ô stupeur ! Il faisait grand jour.

9. Ah ! on a ri ce jour­ là !

10. Rien […] Rien.

11. Pendant le dîner, la gaieté fut excessive. Pendant toute la soirée, on rit avec exagération.

12. Je reçus sur la figure, sur le cou, sur la poitrine, un liquide brûlant qui me fit pousser un hurlement de douleur.

13. Mais quoi ?

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LE RÉCIT RÉALISTE

Le récit que vous venez d’analyser est un récit réaliste. Le réalisme vise à faire croire au lecteur que l’histoire qui lui est racontée s’est effectivement déroulée. Pour lui donner cette impression, l’écrivain recourt à une série de stratégies dont voici les plus importantes :

1. Le choix d’un narrateur en « je » donne l’illusion au lecteur que c’est la personne réelle de l’auteur qui raconte. Le récit se présente alors comme le témoignage d’une expérience vécue. De plus, le lecteur a l’impression que le narrateur s’adresse directement à lui.

2. Les personnages possèdent une identité précise : nom, prénom,…

3. Le cadre spatio‐temporel dans lequel va se dérouler le récit est décrit. Les lieux sont détaillés ; l’époque est signalée ou peut se deviner. L’histoire s’ancre ainsi dans la réalité.

4. L’auteur cite des noms de lieux, de personnages connus.

5. Les paroles des personnages, leurs pensées sont rapportées telles quelles, avec les tics de langage de chacun.

6. L’action est vraisemblable et les personnages ne s’écartent pas trop des personnes que le lecteur peut rencontrer dans sa vie quotidienne.

7. Les personnages évoluent et, comme dans la vie de tous les jours, le lecteur apprend à les connaître au fur et à mesure que le récit se déroule.

8. Si le narrateur est extérieur à l’histoire, il se fait le plus discret possible, de façon à ne pas rappeler au lecteur qu’il est en train de lire une fiction construite de toutes pièces.

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TAC 16

1. Parmi les stratégies qui se trouvent dans l’encadré, lesquelles sont utilisées par Maupassant dans le texte ?

2. Appariez maintenant les caractéristiques que vous avez choisies aux éléments qui les illustrent et qui se trouvent ci‐dessous. Si vous éprouvez des difficultés à les associer, c’est peut‐être que vous n’avez pas coché les caractéristiques correctes. Reconsidérez alors votre choix. Servez‐vous du petit encadré pour noter vos réponses.

Effectuez la seconde partie de l’exercice avant de vérifier vos réponses à la partie 1 dans les corrigés.

a. en un château de Normandie

b. « Attention, vieux furet, on prépare quelque chose »

c. des chasseurs bons vivants, un dîner entre amis

d. j’en ai fait des farces…

e. de gros auvents en bois plein… d’énormes rideaux de velours…

Stratégies n° Exemples Lettre
Stratégies n°
Exemples
Lettre

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TRAVAIL À ENVOYER

TRAVAIL À ENVOYER

Nous vous proposons ici un autre extrait de Maupassant, au sujet duquel nous vous posons quelques questions.

Maître Chicot, aubergiste normand, a persuadé une vieille paysanne de lui céder sa ferme en viager : « Vous resterez tant que l’bon Dieu vous laissera vivre. Vous êtes chez vous. […] Vous garderez votre bien votre vie durant, et j’vous donne 30 écus de cent sous par mois. » Longtemps la vieille hésite et marchande. Finalement un acte est signé prévoyant 50 écus mensuels et, comme il est normal en cas de viager, la paysanne aura le droit de rester dans sa ferme autant qu’elle vivra.

Le petit fût

Trois ans s'écoulèrent. La bonne femme se portait comme un charme. Elle paraissait n'avoir pas vieilli d'un jour, et Chicot se désespérait. Il lui semblait, à lui, qu'il payait cette rente depuis un demi­ siècle, qu'il était trompé, floué, ruiné. Il allait de temps en temps rendre visite à la fermière, comme on va voir, en juillet, dans les champs, si les blés sont mûrs pour la faux. Elle le recevait avec une malice dans le regard. On eût dit qu'elle se félicitait du bon tour qu'elle lui avait joué ; et il remontait bien vite dans son tilbury en murmurant :

– Tu ne crèveras donc point, carcasse ! Il ne savait que faire. Il eût voulu l'étrangler en la voyant. Il la haïssait d'une haine féroce, sournoise, d'une haine de paysan volé. Alors il chercha des moyens. Un jour enfin, il s'en revint la voir en se frottant les mains, comme il faisait la première fois lorsqu'il lui avait proposé le marché. Et, après avoir causé quelques minutes :

– Dites donc, la mère, pourquoi que vous ne v'nez point dîner à la maison, quand vous passez à Épreville ? On en jase ; on dit comme ça que j' sommes pu amis, et ça me fait deuil. Vous savez, chez mé, vous ne payerez point. J' suis pas regardant à un dîner. Tant que le coeur vous en dira, v'nez sans retenue, ça m' fera plaisir. La mère Magloire ne se le fit point répéter, et le surlendemain, comme elle allait au marché dans sa carriole conduite par son valet Célestin, elle mit sans gêne son cheval à l'écurie chez maître Chicot, et réclama le dîner promis.

L'aubergiste, radieux, la traita comme une dame, lui servit du poulet, du boudin, de l'andouille, du gigot et du lard aux choux. Mais elle ne mangea presque rien, sobre depuis son enfance, ayant toujours vécu d'un peu de soupe et d'une croûte de pain beurrée. Chicot insistait, désappointé. Elle ne buvait pas non plus. Elle refusa de prendre du café. Il demanda :

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Vous accepterez toujours bien un p'tit verre.

– Ah ! pour ça, oui. Je ne dis pas non.

Et il cria de tous ses poumons, à travers l'auberge :

– Rosalie, apporte la fine, la surfine, le fil­ en ­ dix.

Et la servante apparut, tenant une longue bouteille ornée d'une feuille de vigne en papier. Il emplit deux petits verres.

Goûtez ça, la mère, c'est de la fameuse.

Et la bonne femme se mit à boire tout doucement, à petites gorgées, faisant durer le plaisir. Quand elle eut vidé son verre, elle l'égoutta, puis déclara :

Ça, oui, c'est de la fine.

Elle n'avait point fini de parler que Chicot lui en versait un second coup. Elle voulut refuser, mais il était trop tard, et elle le dégusta longuement, comme le premier.

Il voulut alors lui faire accepter une troisième tournée, mais elle résista. Il insistait :

Ça, c'est du lait, voyez­ vous ; mé j'en bois dix, douze, sans embarras. Ça passe

comme du sucre. Rien au ventre, rien à la tête ; on dirait que ça s'évapore sur la langue. Y a rien de meilleur pour la santé !

Comme elle en avait bien envie, elle céda, mais elle n'en prit que la moitié du verre. Alors Chicot, dans un élan de générosité, s'écria :

T'nez, puisqu'elle vous plaît, j' vas vous en donner un p'tit fût, histoire de vous montrer que j' sommes toujours une paire d'amis. La bonne femme ne dit pas non, et s'en alla, un peu grise.

Le lendemain, l'aubergiste entra dans la cour de la mère Magloire, puis tira du fond de sa voiture une petite barrique cerclée de fer. Puis il voulut lui faire goûter le contenu, pour prouver que c'était bien la même fine ; et quand ils en eurent encore bu chacun trois verres, il déclara, en s'en allant :

– Et puis, vous savez, quand n'y en aura pu, y en a encore ; n' vous gênez point. Je n' suis pas regardant. tôt que ce sera fini, pu que je serai content.

Et il remonta dans son tilbury.

Il revint quatre jours plus tard. La vieille était devant sa porte, occupée à couper le pain de la soupe. Il s'approcha, lui dit bonjour, lui parla dans le nez, histoire de sentir son haleine. Et il reconnut un souffle d'alcool. Alors son visage s'éclaira.

Vous m'offrirez bien un verre de fil ? dit­ il. Et ils trinquèrent deux ou trois fois.

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Mais bientôt le bruit courut dans la contrée que la mère Magloire s'ivrognait toute seule. On la ramassait tantôt dans sa cuisine, tantôt dans sa cour, tantôt dans les chemins des environs, et il fallait la rapporter chez elle, inerte comme un cadavre. Chicot n'allait plus chez elle, et, quand on lui parlait de la paysanne, il murmurait avec un visage triste :

C'est­ il pas malheureux, à son âge, d'avoir pris c' t' habitude­ là ? Voyez ­ vous, quand on est vieux, y a pas de ressource. Ça finira bien par lui jouer un mauvais tour ! Ça lui joua un mauvais tour, en effet. Elle mourut l'hiver suivant, vers la Noël, étant tombée, soûle, dans la neige. C'te manante, si elle s'était point boissonnée, elle en avait bien pour dix ans de plus.

Maupassant, Les Sœurs Rondoli, 1884

Nous vous demandons de répondre aux questions suivantes :

1. COMPRÉHENSION DU TEXTE

a. comme on va voir, dans les champs, si les blés sont mûrs pour la faux. ‐ Expliquez le sens de cette comparaison.

b. Il s’en revint la voir en se frottant les mains… Quel état psychologique laisse deviner cette gesticulation ?

c. Pu tôt ce sera fini, pu que je serai content . Expliquez ce sous ­entendu (en fonction du contexte).

2. LE RÉALISME

Relisez les caractéristiques du réalisme (p.15) et rédigez un texte dans lequel vous expliquerez pourquoi Le petit fût est un récit réaliste. N’oubliez pas d’illustrer chaque caractéristique par des éléments du texte. Veillez à bien structurer votre propos.

3. LE TRAITEMENT DU TEMPS

a. Dans le premier paragraphe, nous trouvons les expressions temporelles suivantes :

‐ trois ans

‐ un jour

‐ un demi‐siècle

Les trois ans écoulés sont ressentis différemment par la Mère Magloire et Maître Chicot. Expliquez.

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b. Il se passe peu de choses pendant trois ans (première partie). A partir de Un jour, l’histoire s’accélère (deuxième partie). Repérez les expressions temporelles et indiquez quelle action est introduite par chacune d’elle.

Exemple : Un jour = nouvelle visite

Après quelques minutes

…………………………………………….

…………………………………………

…………………………………………….

…………………………………………

…………………………………………….

………………………………………….

…………………………………………….

c. En résumé

‐ la première partie dure 3 ans racontés en 12 lignes

‐ la deuxième partie dure …. jours racontés en …. lignes

‐ la troisième partie dure …. ………… racontés en …. lignes.

Le récit épouse des rythmes différents. Expliquez la raison de ces changements de rythme.

4. LES LIEUX

L’étude des lieux dans ce récit est intéressante dans le sens où chaque visite rendue constitue une étape du récit.

a. À quatre reprises, Maître Chicot se rend chez la Mère Magloire pour des motifs différents. Relevez‐les.

1. ……………………………………………………………………………

2. ……………………………………………………………………………

3. ……………………………………………………………………………

4. ……………………………………………………………………………

b. À partir de quel moment Maître Chicot cesse‐t‐il de rendre visite à la Mère Magloire ? Pourquoi ?

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TRAVAIL FACULTATIF

TRAVAIL FACULTATIF

Pour le plaisir de l’écriture et le délire de l’imagination, nous vous proposons de rédiger en quelques lignes un dénouement du texte différent de celui de Maupassant, sur le thème :

« Ça finira bien par lui jouer un mauvais tour. Le méchant sera puni. »

À vos plumes !

n mauvais tour. Le méchant sera puni. » À vos plumes ! © Enseignement à Distance

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CORRIGÉ DES TAC

CORRIGÉ DES TAC

TAC 1

1. montage en tissu et en bois servant de rideau et de décoration au‐desssus d’un lit :

ciel de lit

2. renfoncement, niche pour abriter un lit : alcôve

 

TAC 2

1. j’ai fait des farces… et on m’en fait aussi, sapristi

2. on me combla d’attentions

3. une précaution que je jugeai très efficace

4. ma couche bricolée

 

TAC 3

1. Le narrateur, dans l’obscurité, se dirige à tâtons .

2. Il reste à l’écoute, tressaillant au moindre bruit.

3. Il se sentait épié.

4. Le lit lui semblait particulièrement suspect.

5. Le valet portait des favoris .

6. Le pauvre subit une grêle de gifles.

 

TAC 4

Je sentais dans l’air une farce, comme le chien sent le gibier.

 

TAC 5

b. Je faisais attention à tout, je ne perdais aucun détail.

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TAC 6

   

Oui

Non

1.

rire et chuchoter dans le corridor au moment du coucher

 

x

2.

ouvrir les auvents

 

x

3.

faire un tour d’inspection du château

 

x

4.

tirer une salve d’honneur en guise de bienvenue

 

x

5.

allumer les bougies

 

x

 

6.

placer les chaises devant une bougie

 

x

7.

vérifier les rideaux du ciel de lit

 

x

 

8.

déplacer le sommier

 

x

9.

découvrir un attirail destiné à lui infliger une douche glacée

 

x

10.

éteindre toutes les lumières

 

x

 

N.B. : 4. Une salve d’honneur est bien tirée, mais ce n’est pas par le héros, mais pour le héros ! 8. Ne pas confondre matelas et sommier !

2. Échapper à une farce.

c.

1. Il se sait chez des farceurs.

a.

2. Elle est devenue la cause d’une catastrophe.

3. b. Fermer les volets et les tentures.

4. a. et b. Rendre l’accident plus vraisemblable et le récit plus réaliste.

5. d. On peut provoquer ce que l’on redoute.

c.

TAC 7

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TAC 8

1. Il est évident qu’ils pensent à un bon tour qui se prépare.

b.

2. Je pensai soudain à une précaution qui me sembla imparable.

a.

 

TAC 9

a.

Un farceur, accueilli pour une partie de chasse chez d’autres farceurs, se sent choisi comme cible. Sitôt installé dans sa chambre, il vérifie tous les éléments susceptibles de servir à une farce, allume des bougies, ferme les volets, déplace la literie… si bien qu’au matin, le valet de chambre, trompé par l’obscurité et le changement dans le décor, trébuche sur lui et lui renverse le petit déjeuner sur la figure et sur le corps.

 

TAC 10

1. Il est tombé, victime de l’obscurité et de cet obstacle inattendu :

c.

la couche déplacée.

2. En prévision d’une coupure d’éclairage.

a.

TAC 11

 

Cause

Conséquence : le fait

1.

gaieté excessive des convives

soupçons du héros, ses inquiétudes

2.

crainte d’être arrosé dans le lit à baldaquin

déplacement de la literie

3.

obscurité

accident avec le plateau

4.

coup de poing donné par l’invité

agressivité du valet

N.B. : 1. La réponse opposée est acceptable si on part d’une lecture au second degré. Il est en effet possible que les amis du héros soient conscients de son inquiétude. N’oublions pas qu’il s’agit d’une bande de farceurs ! Leur farce du jour serait alors de ne pas en faire, tout en se comportant comme s’ils en préparaient une et en s’amusant des soupçons de leur ami.

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b.

TAC 12

TAC 13

1. C’est la crainte d’une farce qui a été à l’origine de la mésaventure. N.B. : Ce qui provoque la mésaventure, ce sont les causes matérielles : le déplacement

de la literie et l’obscurité. Si le héros n’était pas soupçonneux, il n’aurait pas pris ces

précautions.

2. C’est la crainte d’une farce qui a été la cause de la mésaventure.

3. L’accident s’est produit à cause des précautions prises.

4. Le héros a multiplié les précautions parce qu’il redoutait un mauvais tour.

TAC 14

LA PARANOÏA

1. On tira des coups de fusil ; on m’embrassa, on me cajola, comme si on attendait de moi de

grands plaisirs. Je me dis : « Attention, vieux furet, on prépare quelque chose. »

c. Les amis du narrateur sont heureux de la recevoir et lui font fête.

2. Pendant le dîner, la gaieté fut excessive, trop grande. Je pensais : » Voilà des gens qui

s’amusent double, et sans raison apparente. Il faut qu’ils aient dans l’esprit l’attente de quelque bon tour. C’est à moi qu’on le destine assurément. Attention. »

d. Les amis du narrateur sont de bons vivants, ils sont expansifs et ils aiment s’amuser.

3. Pendant toute la soirée, on rit avec exagération . Je sentais dans l’air une farce, comme le

chien sent le gibier. Mais quoi ? J’étais en éveil, en inquiétude. Je ne laissais passser ni un mot, ni

une intention, ni un geste. Tout me semblait suspect, jusqu’à la figure des domestiques.

b. Le dîner a été bien arrosé et les convives, un peu ivres, sont joyeux et bruyants.

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4. L’heure de se coucher sonna, et voilà qu’on se mit à me reconduire à ma chambre en

procession. Pourquoi ? On me cria bonsoir.

f. Tout le monde va se coucher en même temps. Le narrateur étant l’invité, on le raccompagne jusqu’à sa chambre.

5. J’entrai, je fermai la porte et je demeurai debout, sans faire un pas, ma bougie à la main.

J’entendais rire et chuchoter dans le corridor. On m’épiait sans doute. Et j’inspectais de l’œil les murs, les meubles, le plafond, les tentures, le parquet. Je n’aperçus rien de suspect

e. Excités par la soirée, les joyeux drilles se calment difficilement et tardent à rentrer dans leurs chambres respectives.

6. J’entendis marcher derrière ma porte. On venait assurément regarder à la serrure.

a.

Un retardataire regagne sa chambre.

LA COMMUNICATION

c.

L’imprécision est le signe que le narrateur écoute attentivement ce qui se dit, mais le déforme au gré de son obsession.

En choisissant le récit plutôt que le discours direct, Maupassant présente les faits filtrés par les soupçons d’un narrateur‐protagoniste.

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TAC 15

 

3.

Attention !

4.

Ah ! mais non ! Ah ! mais non !

Des exclamations

8.

Ô stupeur ! Il faisait grand jour.

9.

Ah ! on a ri ce jour­ là !

Des interrogations

1.

Pourquoi ?

13.

Mais quoi ?

 

5.

J’en ai fait des farces.

Des tournures simples et familières

6.

Je m’endormis.

7.

Et on m’en a fait aussi morbleu, et de bien bonnes.

 

9.

Ah ! on a ri ce jour­ là !

13.

Mais quoi ?

Des répétitions de mots

2.

Les auvents, de gros auvents en bois plein étaient demeurés ouverts.

10.

Rien […] Rien.

 

4.

Ah ! mais non ! Ah ! mais non !

Des répétitions de structures grammaticales

11.

Pendant le dîner, la gaieté fut excessive. Pendant

toute la soirée, on rit avec exagération.

12.

Je reçus sur la figure, sur le cou, sur la poitrine, un

 

liquide brûlant qui me fit pousser un hurlement de douleur.

Des phrases sans verbe

4.

Ah ! mais non ! Ah ! mais non !

13.

Mais quoi ?

Des phrases verbales très brèves

6.

Je m’endormis.

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TAC 16

LE RÉCIT RÉALISTE

Stratégies n°

1

3

4 5

6

Exemples

       

Lettre

d

e

a b

c

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Ce cours est une initiation à l’analyse de textes littéraires. Vous arrivez déjà à la dernière série. Si vous désirez poursuivre cet apprentissage, inscrivez‐vous gratuitement au cours suivant en renvoyant le talon ci‐dessous. Il n’y aura ainsi aucune interruption dans votre travail.

Le cours suivant est conçu dans le même esprit que celui‐ci. Progressivement, il vous propose des textes un peu plus longs et un peu plus nombreux. Progressivement aussi, il vous apporte des informations complémentaires sur les grands écrivains et les grands courants littéraires.

Ce second cours vous ouvre la voie vers les examens du secondaire supérieur, mais vous pouvez aussi vous y inscrire tout simplement parce que la matière vous intéresse. C’est ce que nous souhaitons.

À l’attention de Madame Nelly EICHER ­ bureau 2 G 1

N° d’inscription ……………./………./…………

Nom, prénom……………………………………………………………

Je désire m’inscrire au cours 162 : Analyse de textes littéraires (2)

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Questionnaire de satisfaction

À renvoyer à l’attention de Mme Jeanne Abraham , Inspectrice, avec votre dernier devoir.

Afin de nous aider à améliorer ce cours et le travail des correcteurs, nous vous remercions de bien vouloir répondre à ce questionnaire le plus consciencieusement possible.

N° d’inscription : ………… / ………… / ………………………… N° du correcteur * : …………………

Nom, prénom :

Sexe : F

M

Adresse :

Téléphone :

GS M :

Courriel :

1. Le contenu matière a‐t‐il répondu à vos attentes ?

 

Oui

Plutôt oui

Plutôt non

Non

2. La méthodologie a‐t‐elle répondu à vos attentes ?

 

Oui

Plutôt oui

Plutôt non

Non

3. Les exercices et devoirs ont‐ils répondu à vos attentes ?

 

Oui

Plutôt oui

Plutôt non

Non

4. Le travail de correction a‐t‐il répondu à vos attentes ?