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3/29/2015

Gaffe (échecs) — Wikipédia

Gaffe (échecs)

Aux échecs, une gaffe est le nom donné à un très mauvais coup ; c'est en général une erreur tactique, causée le plus souvent par des problèmes de temps, un excès de confiance en soi, ou la négligence, voire l'étourderie.

Sommaire

1 Erreurs et gaffes

2 Exemples dans des parties de grands maîtres

2.1 Mikhail Tchigorine contre Wilhelm Steinitz

2.2 Tigran Petrossian contre David Bronstein

2.3 Étienne Bacrot contre Ernesto Inarkiev

2.4 Aleksandr Beliavski contre Leif Erlend Johannessen

2.5 La « gaffe du siècle » : Deep Fritz contre Vladimir Kramnik

3 Notes et références

3.1 Notes

3.2 Références : les parties complètes des exemples

4 Voir aussi

5 Références

Erreurs et gaffes

La différence entre une gaffe et une simple erreur est quelque peu subjective. Un coup faible d'un joueur novice s'explique par son manque de connaissances ou de technique ; le même coup de la part d'un maître sera qualifié de « gaffe ». En notation échiquéenne, les gaffes sont typiquement notées « ?? » (après le coup), contrairement aux mauvais coups ordinaires, notés par un seul point d'interrogation.

Particulièrement chez les joueurs amateurs et novices, les gaffes proviennent souvent d'un raisonnement erroné oubliant de prendre en compte les coups de l'adversaire forçant une réponse. En particulier, les échecs, les captures et les menaces doivent être envisagés à chaque coup ; négliger ces possibilités rend le joueur vulnérable à des erreurs tactiques élémentaires .

1

De nombreux maîtres recommandaient, pour éviter les gaffes, d'écrire le coup envisagé sur la feuille de partie, puis

2,3

3

4

Exemples dans des parties de grands maîtres

Même les grands maîtres commettent parfois des gaffes « impensables ». Dans les cinq exemples suivants, l'erreur semble évitable par n'importe quel modeste amateur.

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Gaffe (échecs) — Wikipédia

Mikhail Tchigorine contre Wilhelm Steinitz

Avant le 32 e coup des Blancs (après 31 Tcd2) Mikhail Tchigorine - Wilhelm Steinitz

Avant le 32 e coup des Blancs (après

31

Tcd2)

Havane), Tchigorine avait une pièce d'avance (Steinitz ayant perdu un cavalier), mais un pion de retard, et son fou était paralysé en d6, devant défendre à la fois la tour en e7 et le pion en h2. Cette partie était

décisive ; s'il l'avait gagné, il aurait annulé le match et des parties de

départage auraient du être jouées. Après 31

32.Fb4??, une gaffe souvent estimée être la pire qui ait jamais eu lieu

dans un Championnat du monde. Steinitz répondit 32

Tchigorine abandonna immédiatement, perdant la partie (qui se conclurait sinon par 33.Rg1 Tdg2#) et le titre .

Tcd2, Tchigorine joua

5

Txh2+, et

Tigran Petrossian contre David Bronstein

Avant le 36 e coup des Blancs (après 35 Cdf5) Tigran Petrossian - David Bronstein

Avant le 36 e coup des Blancs (après

35

Cdf5)

Cette partie

partie 2

provient du tournoi des candidats de 1956 (joué à

Amsterdam). Petrossian, ayant les Blancs, avait un net avantage

d'espace et de mobilité, les Noirs pouvant à peine bouger : tandis que Petrossian renforçait lentement sa position, les sept derniers coups de Bronstein avec les Noirs avaient été des déplacements de cavalier

apparemment sans but. Il venait cependant de jouer

la dame blanche. Petrossian aurait aisément pu conserver son avantage

positionnel en jouant par exemple 36.Dc7, mais négligeant la menace, il

joua 36.Cg5?? et abandonna après 36

Cdf5, menaçant

Cxd6.

Étienne Bacrot contre Ernesto Inarkiev

menaçant Cxd6. Étienne Bacrot contre Ernesto Inarkiev partie 3 Cette p artie du Grand Prix FIDE

partie 3

Cette partie

du Grand Prix FIDE 2008-2010. À la ronde 11, Étienne Bacrot, ayant les Blancs contre Ernesto Inarkiev, le mit en échec au coup 23 en jouant

fut jouée en 2008 au tournoi de Bakou, faisant partie

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Avant le 23 e coup des Blancs (après   22 cxd6) Étienne Bacrot - Ernesto
Avant le 23 e coup des Blancs (après   22 cxd6) Étienne Bacrot - Ernesto
Avant le 23 e coup des Blancs (après   22 cxd6) Étienne Bacrot - Ernesto
Avant le 23 e coup des Blancs (après   22 cxd6) Étienne Bacrot - Ernesto

Avant le 23 e coup des Blancs (après

 

22

cxd6)

 

De7+??. Les deux joueurs notèrent calmement le coup sur leurs feuilles de partie. Bacrot s'aperçut alors que le cavalier noir en g8 pouvait prendre la dame, et abandonna sans attendre .

6

Aleksandr Beliavski contre Leif Erlend Johannessen

Avant le 69 e coup des Blancs (après 68 Db1) Aleksandr Beliavski - Leif Erlend

Avant le 69 e coup des Blancs (après

68

Db1)

partie 4

Cette partie

une des rares dans laquelle un grand maître a joué le pire coup possible, c'est-à-dire le seul coup offrant un mat immédiat en réponse. Dans cette finale de dames, Beliavski, avec les Blancs, avait une meilleure position après 69.fxg6+ fxg6 70.Rf4 (à cause du pion faible en c6). Cependant,

Beliavski joua 69.Rf4??, provoquant la réponse 69

Johnsen, les deux joueurs mirent un moment à s'apercevoir que c'était un mat, et Beliavski accepta sportivement sa défaite .

, provenant de l'open Annibal de Linares de 2002, est

Db8#. D'après

7

La « gaffe du siècle » : Deep Fritz contre Vladimir Kramnik

« gaffe du siècle » : Deep Fritz contre Vladimir Kramnik En novembre 2006, le champion

En novembre 2006, le champion du monde en titre Vladimir Kramnik défia le programme d'échecs Deep Fritz dans le World Chess

Challenge: Man vs. Machine, un match en six parties organisé à Bonn.

Dans la deuxième partie

partie 5

(la première s'étant conclue par une

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Avant le 34 e coup des Noirs (après   34.Cxf8) Deep Fritz - Vladimir Kramnik
Avant le 34 e coup des Noirs (après   34.Cxf8) Deep Fritz - Vladimir Kramnik
Avant le 34 e coup des Noirs (après   34.Cxf8) Deep Fritz - Vladimir Kramnik
Avant le 34 e coup des Noirs (après   34.Cxf8) Deep Fritz - Vladimir Kramnik

Avant le 34 e coup des Noirs (après

 

34.Cxf8)

nulle), Kramnik, avec les Noirs, était dans une position jugée supérieure par la majorité des observateurs, et venait de refuser une nullité par

31 a4

Yasser Seirawan, et la situation devint plus incertaine après 32.Cxe6 Fxe3+ 33.Rh1 Fxc1 34.Cxf8, rendant la nullité très probable , par

exemple par 34

38.Cg6+.

inquiéta les commentateurs, parmi lesquels le grand maître

Rg8

8

35.Cg6 Fxb2 36.Dd5+ Rh7 37.Cf8+ Rh8

De3??

Le coup suivant de Kramnik, 34

de cette partie sur ChessBase, le coup se vit même attribuer « ??? »), fut décrit comme la « gaffe du siècle » par Susan Polgar , Kramnik n'ayant pas vu la menace, ce que Seirawan qualifia par la suite de « tragédie incroyable » . Deep Fritz mit immédiatement fin à la partie par 35.Dh7#, échec et mat.

(en fait, lors d'une description

9

8

ChessBase décrivit ainsi les événements : « Kramnik joua calmement le

coup 34

l'estrade pour rejoindre sa salle de repos. Un commentateur au moins

De3,

se leva, prit sa tasse à café et se prépara à quitter

ne remarqua lui non plus rien de spécial, alors que l'opérateur de Fritz, Mathias Feist (en), jetait des regards affolés de son écran à l'échiquier, n'arrivant pas à croire qu'il avait rentré le

8

d'après-match. » . Durant cette conférence, il expliqua qu'il avait prévu de jouer 34

un coup gagnant) dès 29

mat (par exemple avec le cavalier en e8), un échange de dames permettrait un gain facile des Noirs grâce à ses pions avancés, tandis que 35.Dxb4 De2 ou 35.Cg6+ Rh7 36.Cf8+ Rg8 amèneraient finalement également à une

victoire des Noirs.

De3

(le considérant comme

Da7,

et avait recontrôlé cette ligne de jeu coup après coup. De fait, sans l'existence du

Le journaliste échiquéen Alexander Roshal (ru)a tenté d'expliquer cette gaffe en faisant remarquer que la

configuration de mat formée d'une dame en h7 protégée par un cavalier en f8 est extrêmement rare et ne fait pas

partie des automatismes des grands maîtres

Notes et références

10

.

Notes

2. (en)Alexandre Kotov, Think Like a Grandmaster, Chess Digest, 1971, pp. 73–74 (mais Kotov fait remarquer qu'une cause fréquente de gaffe, appelée désormais syndrome de Kotov, est la tendance, sous la pression du zeitnot, à se décider finalement pour un autre coup, bien moins analysé, voire nullement envisagé jusque-là)

3. Simon Webb (en), Chess for Tigers (3rd ed. 2005), pp. 121–22.

4. Règles de la FIDE(http://www.echecs.asso.fr/LivreArbitre/110.pdf) ; voir l'article 8.1 concernant l'utilisation de la feuille de notation.

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Gaffe (échecs) — Wikipédia

(consulté le 17 août 2010)

Références : les parties complètes des exemples

Voir aussi

Alexandre Kotov (qui a étudié le syndrome de Kotov, cause de certaines gaffes de grands maîtres) Piège (échecs) Swindle

Références

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