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PRESENTATION DU GUIDE MAROCAIN POUR LES TERRASSEMENTS ROUTIERS (GMTR)

Résumé

Par :M . L. Bounoua (DRCR) M . A. Rais (DRCR) M me . H. Chouklati (DRCR)

Devant la place grandissante occupée par les terrassements et la réalisation des couches de forme dans les grands projets routiers, et considérant que l’état des connaissances et de l’expérience était suffisant pour qu’un document méthodologique, codifiant la technique des terrassements routiers, puisse être produit, la DRCR a décidé d’élaborer un Guide Marocain pour les Terrassements Routiers (GMTR).

Ce guide dont l’élaboration a fait l’objet d’une recommandation du Vème Congrès national de la route tenu à Tanger en 1998, vient pour palier une insuffisance en matière de doctrine technique relative aux terrassements routiers. En effet les aspects relatifs aux travaux de terrassements étaient abordés au niveau de deux documents ; il s’agit :

du fascicule n°3 du CPC des travaux routiers ;

de la directive pour le contrôle qualitatif des travaux de terrassements.

Or, avec la pratique, il s’est avéré que ces deux documents ne permettaient pas de cerner de manière rationnelle les principaux aspects techniques afférents aux terrassements routiers. Aussi est-il jugé nécessaire d’élaborer le GMTR qui tient compte des avancées récentes réalisées dans le domaine des terrassements et permet d’adapter les techniques internationales en la matière au contexte géotechnique Marocain.

Dans cette communication, nous présenterons brièvement le contenu de ce guide qui est organisé en deux fascicules :

Fascicule I : Principes Généraux

Il présente les principes de base suivis pour l’établissement de la classification des sols et des roches et précise les conditions d’utilisation des matériaux en remblais et en couche de forme. Il définit également les exigences de compactage et traite d’autres cas spécifiques liés aux travaux de terrassement.

Fascicule II : Annexes Techniques

Ce fascicule est constitué d’une série de 5 annexes techniques nécessaires pour l’exploitation du document.

8

I- Introduction

Avant l’élaboration du Guide Marocain pour les Terrassements Routiers (GMTR), les seuls documents normatifs qui se réfèrent aux terrassements sont :

le cahier des prescriptions communes des travaux routiers (CPC) ;

la directive pour le contrôle qualitatif des travaux de terrassements.

Le premier document édité par la DRCR en 1983 aborde les aspects liés aux travaux de terrassements dans leur généralité. Le second document est une directive d’application du CPC et avait donc pour objectif de compléter ce dernier au niveau des aspects liés aux contrôles de travaux.

Difficultés observées dans la pratique actuelle :

Classification des sols (LPC) peu adéquate pour les travaux de terrassements. Cette classification a montré ses limites dans la mesure où des sols d’une même famille peuvent présenter des comportements très différents lors des travaux des terrassements et également lors de l’exploitation des ouvrages au niveau des remblais et des couches de forme ;

Existence de procédures de contrôle parfois fastidieuses et peu fiables techniquement. (ex : méthode classique de contrôle de compactage par mesure de densité, méthode qui n’est d’ailleurs valable que pour les sols proctorisables).

Difficultés rencontrées pour la réalisation d’études géotechniques précises et aussi pour la rédaction des documents des marchés.

Démarche suivie dans le GMTR

La démarche retenue pour l’élaboration de ce document s’articule autour de trois volets :

l’établissement d’une classification des sols, originale, fondée sur les seuls paramètres d’identification géotechnique reconnus comme significatifs vis-à-vis de la construction des remblais et des couches de forme.

Le choix d’une telle classification devait satisfaire aux deux critères suivants :

Tenir compte, le maximum possible, de la spécificité du contexte géotechnique marocain (ex : tufs et tirs) ;

Ne pas trop s’éloigner du mieux qui existe au niveau international, dans le domaine de classification des sols et des roches( cas GTR), pour pouvoir effectuer les comparaisons et suivre les éventuelles évolutions dans ce domaine.

l’énoncé des modalités de mise en œuvre propre (en fonction des conditions météorologiques) à chaque classe des sols, suivant l’utilisation : remblai ou couches de forme. La définition de ces modalités a constitué une occasion opportune pour l’introduction de certaines innovations en matière de traitement des matériaux aux liants hydrauliques ou à la chaux.

9

la formulation d’exigences de compactage, en termes facilement contrôlables, ces exigences doivent figurer dans les cahiers de charges et servir également pour le contrôle de réception des travaux. Dans ce cadre, la méthode de contrôle en continu a été introduite, cette méthode dite méthode (e, Q/S) basée sur le contrôle de l’épaisseur maximale et de l’énergie de compactage.

L’adoption de la méthode de contrôle en continu nécessitera une surveillance permanente au niveau du chantier et l'introduction du contrôlographe au niveau des engins de compactage. Le suivi des travaux devient par conséquent plus rigoureux.

En plus des aspects présentés cités ci-dessus, Le GMTR traite également d’autres sujets liés aux travaux de terrassements à savoir :

Le compactage à sec des sols, qui est souvent adopté en zones sahariennes.

Les remblais particuliers qui sont :

Les remblais de grandes hauteurs qui, à cause du risque de tassement et de glissement, sont traités comme étant des ouvrages d’art à part entière et qui par conséquent ne font pas partie du domaine d’application du GMTR ;

Les remblais contigus aux ouvrages d’art dont la réalisation nécessite un soin particulier pour éviter les tassements différentiels et l’endommagement des ouvrages ;

Et, enfin, les remblais en zones inondables qui peuvent faire l’objet de problèmes de stabilité, d’érosion, d’affouillement et de chute de portance.

Organisation du document GMTR

Le document GMTR est organisé en deux fascicules :

Fascicule I : Principes généraux

Fascicule II : Annexes Techniques

II- Classification des sols et des roches

SOLS

Techniques II- Classification des sols et des roches SOLS S OLS MEUBLES M ATERIAUX EVOLUTIFS M

SOLS MEUBLES

MATERIAUX EVOLUTIFS

MATERIAUX ROCHEUX SAINS

Le principe de la classification retenue dans le Guide Marocain pour les terrassements routiers est celle adoptée au niveau du catalogue marocain des chaussées neuves (édition 1995) inspiré de la classification GTR.

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Les paramètres retenus pour cette classification diffèrent selon qu’il s’agisse de sols meubles ou de roches. Ces paramètres peuvent être résumés comme suit :

1. Paramètres de classification des sols meubles

les paramètres de nature : granularité et argilosité (IP et VBS)

les paramètres de comportement mécanique : Los Angeles (LA), Micro Deval en présence d’eau (MDE) et coefficient de friabilité des sables (FS).

paramètres l’état : caractérisant l’état hydrique et qui sont : teneur en eau, Indice Portant Immédiat (IPI) et Indice de consistance (IC).

Ces paramètres d'état permettent de définir quatre états hydriques qui sont : l'état très sec (ts), sec (s), moyennement humide (m) et humide (h).

2. Paramètres de classification des roches

Cette classification est adoptée lors des études des projets.

a) Classification des matériaux rocheux d'après la nature pétrographique de la roche.

b) Classification d'après les caractéristiques mécaniques : Dureté Los Angeles, Usure MICRO-DEVAL Humide.

c) Pour

les

matériaux

dégradabilité (DG)

évolutifs :

classification

suivant

la

fragmentabilité

(FR)

et

la

3. Cas particulier des roches évolutives

Le caractère évolutif des roches est apprécié en laboratoire par :

a) Le coefficient de fragmentabilité (FR) pour l'évolution granulométrique ;

b) Le coefficient de dégradabilité (DG) pour l'évolution par altérabilité lors de cycles alternés d'humidification séchage ;

c) Le degré de dissolution pour les roches salines.

A - Classification des sols meubles

La classe A : les sols fins A1, A2, A3 et A4 (silts, limons, argiles, etc….)

La classe B : les sols sableux ou graveleux avec fines B1, B2, B3, B4, B5, et B6

La classe C : Matériaux d’éboulis, Tv grossiers,

C1 et C2

La classe D : Sables et graves propres D1 et D2

Les sols Tirseux : TxA3 et TxA4

11

Les sols Tuffacés : TfAi, TfBi, TcAi et TcBi

Les sols Tuffacés : TfAi, TfBi, TcAi et TcBi 12

12

B - Classification des matériaux Rocheux

     

-

Craies

R1

-

Grès calcaire

 

-

Calcarénite

Roches

 

-

Encroûtements calcaires

carbonatées

-

Calcaires marneux

R2

 

-

Calcschistes

-

Calcaires durs

-

Calcaires dolomitiques

 

-

Marnes

 

Roches

-

Schistes sédimentaires

Sédimentaires

Roches argileuses

-

Flyschs marneux

R3

-

Argilites

-

Pelites

 

-

Grès argileux

 

-

Grès siliceux

Roches siliceuses

-

Poudingues

R4

-

Brèches

 

-

Gypse

 

Roches salines

 

-

Gypse marneux

R5

 

-

Sel gemme

 

-Granite

   

-Basalte

Roches Magmatiques et Métamorphiques

-Diorite

-Quartzite

R6

Autres

roches

éruptives

et

métamorphiques

 

dures

Notons que les sols organiques et sous produits industriels sont mentionnés pour mémoire.

III- Les conditions d’utilisation des matériaux en remblais

L’objectif de ce chapitre est de fixer les principes et les conditions pour l’utilisation en remblais des matériaux cités précédemment.

Les principes retenus pour la définition des conditions d'utilisation des matériaux en remblais sont les suivants :

Viser le niveau de qualité technique, juste nécessaire compte tenu des possibilités des matériels et techniques d'exécution dans le contexte marocain.

Etablir des solutions conformes au contexte technico-économique national.

L'objectif recherché est de pouvoir proposer pour le maximum possible des sols rencontrés d'un tracé ou d'un emprunt les conditions d’utilisation en respectant les principes cités ci- dessus.

13

Il va de soi que les moyens à mettre en oeuvre commencent déjà par les opérations d'extraction au niveau du déblai ou de l'emprunt, ceci est le cas par exemple pour les matériaux évolutifs, les sols sensibles à l'eau, ou les sols hétérogènes pour lesquels il va falloir adapter les modalités d'extraction.

L'état d'humidité joue un rôle important dans la mise en œuvre et certaines actions sont parfois nécessaires pour jouer sur ce paramètre, tels que la scarification ou au contraire l'humidification pour l'adapter aux conditions climatiques qui règnent pendant la mise en oeuvre. Certaines actions mécaniques peuvent également s'avérer nécessaires telle que la fragmentation pour les sols évolutifs.

Le C.P.C a déjà défini des conditions pour la réutilisation de certains sols et roches. Ces conditions restent cependant à préciser davantage.

En ce qui concerne les matériaux rocheux, la définition des conditions de leur utilisation lors des études de projet dépendent de leur dureté, leurs caractères évolutifs ou non et des modalités de déblaiement.

Les éléments sur lesquels il faut agir pour utiliser un matériau en remblai sont les suivants :

le mode d'extraction ;

le mode d'élaboration du matériau extrait (action sur la granularité, action sur la teneur en eau, traitement) ;

la mise en oeuvre proprement dite (régalage, compactage, hauteur des remblais).

Chacune des conditions précédentes est définie par un code permettant une lecture claire et simple lors de l’utilisation du fascicule n°II.

A - Les sols utilisables en remblai courant

Remblais

n°II. A - Les sols utilisables en remblai courant Remblais Courants Particuliers Sols utilisables sans restriction

Courants

Particuliers

Sols utilisables sans restriction :

Courants Particuliers Sols utilisables sans restriction : remblais en zones inondables remblais de

remblais

en

zones

inondables

remblais

de

grande

hauteur ( h > 15m )

les

aux ouvrages

remblais

contigus

- Les sols rocheux non évolutifs. Le caractère évolutif a été défini au niveau de la classification des roches.

- Les sols grenus des catégories : B, D, CA, CB, sauf les sols : D1, B1, B2 (avec VBS < 1,5), CA3, CA4,CB1 et CB2 (avec VBS < 1,5).

14

Les sols fins des catégories A1, A2.

Tous les sols tufacés des catégories Tc et Tf, sauf ceux du type B1 et B2 (avec VBS <

1,5).

Sols utilisables avec restrictions :

Hauteur de remblai limitée à 8 m

VII- Pour les sols des catégories A3 et CA3.

Couverture de protection anti-érosive d'épaisseur au moins de 15 cm

VIII- Pour les sols grenus : B1, B2 (VBS < 1,5), CB1, CB2, D1

IX- Pour les sols tufacés : TC et Tf de type B1 et B2 (VBS < 1,5)

Traitement ou protection à définir par une étude spéciale de laboratoire pour

X- les roches évolutives

XI- les sols tirseux

Traitement à la chaux vive des sols trop humides au moment des travaux

XII-

Si l'indice portant immédiat (IPI) ≤ 5 pour les sols A1, A2, A3 , B2, B6.

XIII-

Si l'IPI ≤ 12 pour B4 , B5 , les composés CA1 ,CA2 ,CA3 , CB2, CB4, CB5 et CB6

Sols non utilisables :

XIV-

Les sols tirseux sans traitement adéquat à définir (TA3 et TA4).

XV-

Les sols de classe A4 ou CA4 sans traitement adéquat à définir.

15

B - Les conditions d’utilisation à imposer

RUBRIQUE

CODE

CONDITIONS D'UTILISATIONS

 

0

Pas de condition particulière à recommander

E

1

Extraction en couches (0,1 à 0,3 m)

Extraction

2

Extraction frontale .

 

0

Pas de condition particulière à recommander

G

1

Elimination des éléments > 800 mm

Action sur la granularité

2

Elimination des éléments > 250 mm (ou 200 mm) pour traitement (ou utilisation en arase).

3

Fragmentation complémentaire après extraction

 

0

Pas de condition particulière à recommander

W

1

Réduction de la teneur en eau par aération (par brassage)

Action sur la teneur en eau

2

Essorage par mise en dépôt provisoire

3

Arrosage pour maintien de l'état

 

4

Humidification pour changer d'état

 

0

Pas de condition particulière à recommander

T

1

Traitement avec un ciment ou un traitement mixte.

Traitement

2

Traitement à la chaux seule

 

0

Pas de condition particulière à recommander

R

1

Couches minces (20 à 30 cm)

Régalage

2

Couches moyennes (30 à 50 cm)

 

1

Compactage intense

C

2

Compactage moyen

Compactage

3

Compactage faible

 

0

Pas de condition particulière à recommander( mais la hauteur ne dépasse pas

H

15 m).

Hauteur des

1

Remblai de hauteur faible (8 m)

remblais

2

Remblai de hauteur moyenne (12 m)

Les conditions d'utilisation en remblai retenues pour chaque matériau, figurent dans le fascicule II.

Un exemple de tableau de conditions d’utilisation d’un sol A3m est présenté ci-après :

SOL

OBSERVATIONS

 

SITUATION

CONDITIONS DUTILISATION EN REMBLAI

CODE E G W T R C H

GENERALES

METEOROLOGIQUE

A3m

La plasticité de ces sols entraîne pour les remblais des risques de glissement d’autant plus grands que les remblais sont élevés, même dans les meilleures conditions (w. météo) de mise en œuvre.

++

Pluie

Situation ne permettant pas la mise en remblai avec des garanties de qualité

 

forte

 

NON

suffisantes

 

+

Pluie

C

: compactage moyen

 

faible

H

: remblai de hauteur moyenne

0

0 0 0 0 2 2

(≤12 m)

 

=

Ni pluie,

   

ni évaporation

C

: compactage moyen

0

0 0 0 0 2 2

 

importante

H

: remblai de hauteur moyenne (≤12

 

m)

   

W : arrosage superficiel pour maintien de l’état

0

0 3 0 1

2 2

évaporation

R

: couches minces

 

-

importante

C

: compactage moyen

H

: remblai de hauteur moyenne (≤12

m)

16

IV- Les conditions d’utilisation des matériaux en couche de forme

De même pour les couches de forme, les conditions d’utilisation des différents matériaux sont clairement définies en fonction de la nature et l’état hydrique du matériau à utiliser. Ces conditions se rangent en 4 rubriques :

VII- Actions sur la granularité ;

VIII- Actions sur l’état hydrique ;

IX-

Traitement ;

X-

Protection superficielle.

De plus, ce chapitre traite le volet dimensionnement de la couche de forme. Une démarche de dimensionnement a ainsi été définie dans le fascicule I permettant au projeteur de déterminer l’épaisseur optimale d’une couche de forme en fonction de la classification géotechnique du sol support et des conditions hydriques qui règnent au niveau de la PST. Cette démarche a permis de définir 5 niveaux de portance du sol (St0 à St4) correspondant à 4 niveaux de portance de la couche de forme (P1 à P4). La démarche retenue tient compte également de la possibilité de traitement aux liants hydrauliques et fournit les éléments nécessaires pour un tel dimensionnement.

A - définition des différents termes

Plates-formes A Plate-forme support de chaussée (PF) B Arase terrassement (AR) A 2 1 2
Plates-formes
A
Plate-forme support de chaussée (PF)
B Arase terrassement (AR)
A
2
1
2
B
3
4
=
1 m

1 Chaussée (couches de roulement, base et fondation)

2 Accotements

3 Couche de forme

4 Partie supérieure des terrassements PST : épaisseur d’environ 1 m de sol naturel (section en déblai) ou de matériau rapporté (section en remblai) située sous la couche de forme.

B- Matériaux utilisables en couches de forme

a Sans traitement :

Dmax 100 mm

Pour les autoroutes et les routes nationales à trafics très TPL6 ou agressivité équivalente) : sols B31, D21, D31, CB31, B41, CB41 et CB51 dont la VBS ≤ 0,25.

17

Pour

les

routes

équivalente :

dont

le

trafic

est

de

type

TPL5

ou

TPL4

ou

agressivité

les sols de type graveleux : B31, D21, D31, CB11 ,CB31 et les sols rocheux sains

bien gradués, les sols B41, CB41, CB21, CB51, et TCB, ayant Ip ≤ 10 ou une VBS ≤ 0,5.

Pour les autres trafics inférieurs ou égaux à TPL3, sont utilisables en couche de forme : tous les sols précédemment décrits, les sols : B32, D22, D32, B11, B12,

TCB1,CB12,CB32.

les sols : TcA, Tf B2, TfB4, B21, B22, B4, CB22,CB42,CB52 et qui présentent un Ip ≤ 10 ou une VBS ≤ 0,5.

les sols dont le CBR évaluée à 95 % de l'OPM après 4 jours d'imbibition est >20.

b - Avec traitement à la chaux :

(pour trafic TPL5 ou d’agressivité équivalente ) : sols fins A2, A3 ou les CA correspondants.

c - Avec traitement aux liants hydrauliques :

(pour toutes les classes de trafic) : Les sols des catégories suivantes : A1, B1, B3 ,B5, D2, D3, TCB, TCA et les matériaux graveleux tendres non gypseux qui présentent une VBS<

0,5.

d - Avec traitement mixte chaux + ciment :

(pour toutes les classes de trafic) : Les sols de catégories suivantes : A1, A2, A3 ,B2 ,B4 , B5 , B6 et les TCA et TCB correspondants.

Techniques d'amélioration des matériaux pour une utilisation en CF :

RUBRIQUE

CODE

TECHNIQUE DE PREPARATION DES MATERIAUX

G

0

Pas de condition particulière à recommander

1

Elimination de la fraction 0/d sensible à l'eau

2

Elimination de la fraction grossière empêchant un malaxage correct du sol

Action sur la granularité

3

Elimination de la fraction grossière empêchant un réglage correct de la plate-forme Elimination de la fraction 0/d sensible à l'eau et de la fraction grossière empêchant

4

un réglage correct de la plate-forme Fragmentation de la fraction grossière pour l'obtention d'éléments fins

5

W

0

Pas de condition particulière à recommander

Action sur la teneur en eau

1

Arrosage pour maintien de l'état hydrique

2

Humidification pour changer d'état hydrique (très rare)

T

0

Pas de condition particulière à recommander

1

Traitement avec un liant hydraulique

2

Traitement avec un liant hydraulique éventuellement associé à la chaux

Traitement

3

Traitement mixte : chaux + liant hydraulique

4

Traitement à la chaux seule

5

Traitement avec un liant hydraulique et éventuellement un correcteur granulométrique

6

Traitement avec un correcteur granulométrique

S

0

Pas de condition particulière à recommander

1

Enduit de cure éventuellement gravillonné

Protection

2

Enduit de cure gravillonné éventuellement clouté

superficielle

3

Couche de fin réglage

18

Exemple :

D2

     

SITUATION

   

CODE

SOL

OBSERVATIONS GENERALES

METEOROLOGIQUE

CONDITIONS DUTILISATION EN COUCHE DE FORME

G W TS

   

++

     

ou

0 0 0 0

+

Toutes

Utilisation en l’état (toutes classes de trafic)

D21

Ces sols sont utilisables en couche de forme dans leur état naturel, car la résistance des granulats est suffisamment élevée. Un traitement (aux liants hydrauliques ) ne se justifie que pour améliorer le niveau de la plate-forme.

conditions

=

météo

   

ou

-

Utilisation en l’état ( toutes classes de trafic )

0

0 0 0

 

Ces sols sont insensibles à l’eau.A cause de leur friabilité,ils ne peuvent en général être utilisés en couche de forme dans leur état naturel , que pour les trafics moyen à faible. Pour les trafics importants un traitement aux liants hydrauliques est nécessaire.

+

Pluie faible

Situation météorologique ne permettant pas une maîtrise suffisante de l’état hydrique du mélange sol + liant.

N O N

D22

=

Pas de

Utilisation en l’état (trafic< TPL3)

0

0 0 0

ou

pluie

(Pour toutes classes de trafic)

0

1

1

1

-

 
 

W : arrosage pour maintien de l’état

 

hydrique du mélange sol + liant

T

: traitement avec un liant hydraulique

S

: application d’un enduit de cure éventuellement gravillonné

V- Contrôle en continu du compactage

A- Engins de compactage

Les différentes classes d'engins de compactage sont :

Les rouleaux à pneus

: Pi ( P1, P2 et P3)

Les rouleaux vibrants à cylindres lisses : Vi ( V1, V2, V3, V4 et V5)

Les rouleaux vibrants à pieds dameurs : VPi ( VP1, VP2, VP3, VP4 et VP5)

Les rouleaux statiques à pieds dameurs: SPi (SP1 et SP2)

Les plaques vibrantes

: Pqi (PQ3 et PQ4)

19

L'indice i désigne la classe du compacteur.

B- Modalités pratiques de compactage

1. Paramètres retenus :

Ces modalités pratiques sont traduites dans des tableaux de compactage pour les différents couples matériau/matériel, par les paramètres Q/S et e où :

Q/S : est le rapport entre le volume Q du sol compacté pendant un temps donné et la surface S balayée par le compacteur pendant le même temps.

e : est l'épaisseur maximale de la couche pouvant être tolérée avec le compacteur envisagé.

Pour un matériau donné, le choix de l'engin de compactage permet de déterminer les paramètres e et Q/S qui devront être respectés sur chantier.

2. Evaluation des paramètres retenus :

L'épaisseur e :

L’évaluation de l’épaisseur e est réalisée à la fin de l’opération de compactage. Elle est faite par un relevé topographique ou par tout autre moyen adéquat.

Les valeurs qui figurent dans les tableaux correspondent à une épaisseur maximale des couches à mettre en oeuvre.

L'intensité du compactage Q/S :

L'évaluation de Q peut être réalisée par relevé topographique au remblai ou par comptage des engins de transport, après avoir étalonné le contenu de ces derniers pour chaque nature de sol et chaque mode d'extraction rencontré sur chantier.

L'évaluation de S est obtenue par le produit de la largeur de compactage par la longueur parcourue pendant l'échelon de temps retenu (généralement la journée).

3. Présentation des tableaux de compactage :

a) Compactage en remblai :

Pour un matériau donné utilisable en remblai, les tableaux présentent deux entrées :

le type de compacteur

les modalités de compactage.

Les modalités de compactage varient en fonction du niveau de compactage (faible, moyen ou intense) préconisé par les conditions d'utilisation du matériau.

20

Pour chaque niveau de compactage, les modalités de compactage sont fixées par les paramètres principaux : Q/S, e et V et par les paramètres auxiliaires N et Q/L où :

N

: le nombre d'application de la charge

Q/L

: le débit par unité de largeur de compactage ( en m 3 /h.m)

Q/S

: l'épaisseur unitaire de compactage (en m 3 /m 2 )

e

: l'épaisseur maximale compactée (en m)

V

: la vitesse de translation (en Km/h)

n

: le nombre de passes avec 1 passe est un aller ou un retour du compacteur. notons

que n= N/2 pour un tandem longitudinal et n = N pour les compacteurs monocylindres et les

compacteurs à pneus

21

A3 C1A3 TcA3 TfA3

COMPACTEUR P1 P2 P3 V1 V2 V3 V4 V5 VP VP VP3 VP4 VP5 SP1
COMPACTEUR
P1
P2
P3
V1
V2
V3
V4
V5
VP
VP
VP3
VP4
VP5
SP1
SP2
PQ3
PQ4
MATERIAU
1
2
 

Q/S

0,020

0,040

0,060

 

0,040

0,055

0,070

0,085

 

0,0

0,070

0,085

0,110

0,040

0,070

   

Energie de

40

compactage

e

0,20

0,25

0,35

 

0,20

 

0,25

0,30

0,35

0,30

0,45

 

0,2

0,25

0,30

0,30

0,25

0,35

   

faible

0

0

(2)

(2)

(2)

(2)

(2)

0

0

Code 3

V

5,0

5,0

5,0

2,0

2,0

2,5

2,0

3,0

2,0

(2)

2,0

2,5

3,0

8,0

8,0

2,0

N

10

7

6

 

5

 

5

5

5

4

6

 

5

4

4

4

7

5

   

Q/L

100

200

300

80

110

175

140

255

170

80

140

215

330

320

560

 

Q/S

 

0,030

0,050

   

0,035

0,045

0,055

   

0,045

0,055

0,070

0,025

0,045

   

Energie de

e

 

0,20

0,30

     

0,20

 

0,25

 

0,30

   

0,20

0,25

0,30

0,20

0,25

   

compactage

0

0

0

0

0

0

0

moyenne

V

5,0

5,0

2,0

2,0

2,0

2,0

2,0

2,0

8,0

8,0

Code 2

N

 

7

6

     

6

 

6

 

6

   

5

5

5

8

6

   

Q/L

150

250

70

90

110

90

110

140

200

360

 

Q/S

   

0,030

     

0,030

0,035

     

0,035

0,045

 

0,025

   

Energie de

e

   

0,20

         

0,20

 

0,25

     

0,20

0,25

 

0,20

   

compactage

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

intense

V

5,0

2,0

2,0

2,0

2,0

8,0

Code 1 N 7 7 8 6 6 8 Q/L 150 60 70 70 90
Code 1
N
7
7
8
6
6
8
Q/L
150
60
70
70
90
200

C - Contrôle en continu des modalités de compactage

1. Modalités à contrôler :

Ces modalités sont les suivantes :

La nature et l’état des matériaux utilisés pour chaque séquence de compactage.

L’épaisseur maximale, e, des couches (après compactage), qui doit être compatible avec l’efficacité du compacteur utilisé.

L’intensité de compactage devant être appliquée, elle est exprimée par le rapport Q/S dans lequel Q est le volume du sol remblayé (mesuré après compactage) et S la surface balayée par le compacteur pour compacter ce volume.

Les classes et les conditions de fonctionnement des compacteurs : vitesse maximale pour les compacteurs vibrants, vitesse minimale pour les compacteurs à pieds dameurs, lestage, fréquence de vibration, moment des excentriques, pression de gonflage.

L’équipement des compacteurs avec des appareils de mesure et d’enregistrement de la distance parcourue par le compacteur, de sa vitesse et, pour les rouleaux vibrants, de la fréquence de vibration et du moment d’excentrique.

Les valeurs de e et Q/S à prescrire sont extraites des tableaux GMTR.

Les spécifications à respecter :

NIVEAU DE COMPACTAGE EXIGE

 

SPECIFICATIONS

 

e

Q/S

Faible

 

+ 15 %

+ 20 %

e

mesurée = e prescrite

Q/S mesuré = Q/S prescrit

- 15 %

- 20 %

Intense et moyen

e

mesurée < e prescrite

Q/S mesuré < Q/S prescrit

VI- Autres sujets traités par le GMTR

En plus des chapitres énoncés ci-dessus, le GMTR traite d’une manière plus sommaire, d’autres sujets liés aux travaux de terrassements et qui présentent un intérêt non négligeable du fait qu’ils sont fréquemment rencontrés dans les travaux de terrassements et vu la rareté de la bibliographie concernant

Les sujets en question sont :

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1- Les remblais particuliers qui sont :

Les remblais de grandes hauteurs qui, à cause du risque de tassement et de glissement, sont traités comme étant des ouvrages d’art à part entière et qui par conséquent ne font pas partie du domaine d’application des chapitres précédents ;

Les remblais contigus aux ouvrages d’art dont la réalisation nécessite un soin particulier pour éviter les tassements différentiels et l’endommagement des ouvrages ;

Et, enfin, les remblais en zones inondables qui peuvent faire l’objet de problèmes de stabilité, d’érosion, d’affouillement et de chute de portance.

Ce chapitre sur les remblais particuliers présente les dispositions constructives à respecter lors des études de projets et également lors de la réalisation des travaux.

2- Le compactage à sec des sols, qui est souvent adopté en zones sahariennes. Ce chapitre définit les classes de sols sur lequel ce type de compactage peut être effectué, le matériel à utiliser et les dispositions constructives à adopter pour la finition et la protection de la plate-forme en milieu désertique.

VII- présentation du fascicule N°2

Afin d’élaborer un Guide pratique dont l’utilisation serait simple notamment sur chantier, le fascicule II du GMTR regroupe les annexes techniques qui se présentent en cinq chapitres à savoir :

Annexe 1 : classification des sols et des roches pour travaux de terrassements.

Annexe 2 : conditions d’utilisation des matériaux en remblais.

Annexe 3 : conditions d’utilisation des matériaux en couche de forme.

Annexe 4 : conditions de compactage en remblais.

Annexe 4 : conditions de compactage en couche de forme.

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Annexe

terrassements

Les tableaux composant cet annexe permettent de classer un sol ou une roche en fonction des paramètres de classification définis dans le paragraphe classification des sols

du fascicule I.

1 :

Classification

des

sols

et

des

roches

pour

travaux

de

Pour chaque classe X, des paramètres d’entrée (paramètres de nature) permettent de classer le sol en sous classe Xi, et en fonction des paramètres d’évaluation de l’état hydrique, celle ci est classée en sous classe Xi. Les autres colonnes définissent les caractères principaux relatifs à la sous classe ainsi que les différents types de sol correspondants (argile, limons,…)

Annexe 2 : Conditions d’utilisation des matériaux en remblais

Pour une utilisation simple et rigoureuse, un code précis a été affecté à chaque condition d’utilisation d’un matériau en remblais et qui présente la sortie des tableaux de l’annexe II. Ce code EGWTRCH donne, pour chaque sous classe, les conditions à respecter pour une utilisation optimale de ces matériaux en remblais.

Les paramètres d’entrée sont donc la sous classe de sol et la situation météorologique régnant dans le chantier au moment de la mise en œuvre du matériau en question.

D’autres observations générales et rappel des conditions essentielles sont cités dans ces tableaux.

Annexe 3 : Conditions d’utilisation des matériaux en couche de forme :

De même, pour tous les matériaux utilisables en couche de forme et en fonction de la sous classe de sol, son état hydrique et la situation météorologique en chantier, les tableaux renseignent sur les conditions optimales d’utilisation en couche de forme.

Le code adopté pour faciliter la lecture des tableaux est GWTS qui correspond à :

G

:

l’action sur la granularité

W

:

l’action sur l’état hydrique

T

:

le type de traitement

S

:

la protection superficielle

Avec, bien évidemment, les observations permettant à l’utilisateur l’exploitation des tableaux et toute information supplémentaire pour une bonne mise en œuvre.

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Annexe 4 : Conditions de compactage en remblais.

L’annexe 4 regroupe les tableaux définissant les conditions de compactage des matériaux en remblais. Ces conditions seront non seulement respectées pendant l’exécution mais aussi utilisés pour le contrôle de compactage. Ces conditions reposent sur la méthode de contrôle en continu (e, Q/S).

Ainsi, en fonction du compactage utilisé et de l’énergie de compactage adoptée, les tableaux font ressortir tous les paramètres principaux (Q/S, e, V) et les paramètres auxiliaires (N,Q/L ).

Annexe 5 : Conditions de compactage en couche de forme.

L’annexe 5 définit les mêmes paramètres que ceux de l’annexe 4 pour tous les sols utilisables en couche de forme. Il tient compte évidemment de l’éventualité de traitement des sols aux liants hydrauliques pour une utilisation en couche de forme.

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