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1litre de larmes

Voici l'histoire vraie d'Aya Kiyou qui apprend à 15 ans qu'elle est atteinte de l'ataxie spinocérébelleuse, une maladie qui empêche peu à peu les gens de bouger, sans qu'il y ait d'atteinte mentale de la personne. A travers son journal qu'elle a tenu jusqu'à la fin de sa vie, Aya nous parle de sa vie, de son combat contre cette maladie, en nous montrant une incroyable envie de vivre ainsi que la volonté de rester utile à la société.

Son journal a été publié en version abrégée au Japon où il fut écoulé à 1 300 000 exemplaires. On peut y voir d'une manière tout à fait fidèle et réaliste l'évolution de sa maladie, les bouleversements que cela a entraîné, ainsi que son courage de vivre au mieux avec cette maladie.

Une série du même nom retraçant la vie de la jeune fille a également été réalisée. Je la recommande particulièrement : on suit la maladie et le handicap qui découle qui s'installent, ainsi que le regard des autres qui change. Et toujours cette volonté d'Aya de vivre au mieux sans être un poids pour les autres.

Chapitre 1 : 14 ans - Ma famille

(1/3) : Mari est morte

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. J’ai pas mal grandi.

Je dois remercier ma mère et mon père pour ça.

J’ai besoin d’obtenir de meilleurs résultats aux examens, d'être en meilleure santé pour ne pas les rendre tristes. C’est pourquoi je vais vivre pleinement ma jeunesse, sans aucun regret.

Je vais camper dans deux jours. Je dois finir mes devoirs pour ne plus avoir à m’en occuper. Go ! Go ! Go ! Aya !

Tigre, le chien féroce du voisin a attrapé Mari à la gorge et l’a tué.

Mari qui était si petite, s’était approché du monstrueux Tigre en frétillant gentillement la queue.

J’ai crié de toutes mes forces : « Mari, non ! Reviens ici », mais…

Mari doit être frustrée : être morte sans être capable de parler. Si elle n’avait pas été un chien, elle ne serait pas morte si tôt. Mari, je souhaite que tu sois heureuse où que tu sois !

(2/3) : La nouvelle maison

La nouvelle maison est finie.

Les grandes pièces du côté Est au deuxième étage sont les chambres de ma sœur et moi. Le plafond est blanc. Les murs sont marron, comme le tronc des arbres. Le paysage à la fenêtre semble différent de d’habitude. Je suis heureuse d’avoir ma propre chambre, mais elle est trop spacieuse et je m’y sens seule. Je me demande si je vais pouvoir dormir cette nuit.

Allez ! Je vais tout recommencer depuis le début !!

Je vais me changer et mettre un T-shirt et un pantalon (c’est plus facile pour bouger)

Ensuite, faire les tâches ménagères quotidiennes : arroser la pelouse, arracher les mauvaises herbes, vérifier qu’il n’y ait pas de cancrelat sur les feuilles des chrysanthèmes, et si j’en trouve, les enlever.

Ne pas me relâcher pour mes devoirs.

Ni pour écrire mon journal tous les jours.

Voilà ! Il faut que je fasse toutes ces choses.

(3/3) : Ma famille

Papa : 41 ans, parfois il s’énerve, mais il est gentil.

Maman : 40 ans. Je l’admire, mais son cynisme m’effraie.

Moi : 14 ans. Au tout début de mon adolescence. L’âge qui est difficile à gérer. Si je dois me décrire en un mot, ce serait « pleurnicharde ». Je suis très émotive. Je suis naïve, et je m’emporte et je ris facilement.

Ma petite sœur : 12 ans. Nous sommes complètement opposées, tant sur la personnalité qu’ à l’école…bien que récemment elle ait déteint sur moi.

Mon petit frère : 11 ans. Il fait beaucoup de farces, dont certaines sont vaches. Il est plus jeune que moi, mais il se conduit parfois comme un grand frère. Il est comme un parent pour Koro (notre chien).

Mon plus jeune frère : 10 ans. Il a une imagination débordante, mais aussi insouciant.

Ma plus jeune sœur : 2 ans. Elle a les cheveux bouclés de notre mère, et le visage de mon père (surtout les yeux). Elle est très mignonne.

Chapître 2 : 15 ans - La maladie grandit

très mignonne. Chapître 2 : 15 ans - La maladie grandit (1/11) : Les premiers signes

(1/11) : Les premiers signes J'ai maigri récemment. Est-ce parce que j'ai sauté des repas à cause de mes nombreux devoirs et du projet de science ? Cela m'inquiète de ne pas savoir. Je m'en prends à moi-même, mais ça n'a pas l'air de continuer. Il n'y a que mon énergie qui continue à partir. Il faut que je grossisse un peu plus. A partir de demain, je dois m'en tenir à ce que je viens d'écrire.

Il bruinait aujourd'hui. C'était fatiguant d'aller à l'école à pied en tenant d'une main mon gros sac, et de l'autre, un parapluie. Alors que je ruminais toutes ses pensées négatives, mes genoux se sont dérobés et je suis tombée sur le bitume froid à à peine cent mètres de la maison. Je me suis joliment cognée le menton. Quand j'y ai porté ma main, j'ai senti du sang y couler. J'ai

rassemblé mes affaires qui s'étaient éparpillées dans mon sac, pris mon parapluie, et j'ai fait demi-tour pour rentrer à la maison.

A mon arrivée, ma mère est venue me voir : "Tu as oublié quelquechose ? Dépêche-toi ou tu vas être

en retard

Aucun son ne sortait de ma bouche, tout ce que je pouvais faire, c'était pleurer. Ma mère a vite attrapé une serviette et a essuyé mon visage couvert de sang avec : j'ai senti du sable s'incruster dans la plaie. Elle a dit : "Nous allons chez le médecin". Puis elle m'a aidé à mettre des affaires propres et un pansement, et nous avons pris la voiture pour y aller. J'ai eu droit à deux points de suture, et sans anesthésie. J'ai serré les dents pour supporter la douleur, parce que c'était ma punition pour être maladroite. Mais plus que ça, je suis désolée, Maman, que tu ais dû t'absenter à ton travail pour moi. Pendant que j'observais mon menton endolori dans un miroir, j'ai pensé que mes mains n'avaient pas pu m'aider, car je suis lente à réagir En tout cas, je suis heureuse que cette blessure se situe sous mon menton. Ca aurait été horrible si

j'avais eu une cicatrice sur le visage où tout le monde aurait pu la voir.

Qu'est-ce qu'il y a ?"

monde aurait pu la voir. Qu'est-ce qu'il y a ?" Mes résultats en Sport : Septième

Mes résultats en Sport :

Septième année (équivalent de la 5°) : B Huitième année (équivalent de la 4°) : C Neuvième année (équivalent de la 3°) : D Je suis trop dégoûtée !! Il va falloir que je m'entraine plus dur !!

J'espérais que le camp d'entrainement que j'ai suivi pendant les vacances m'aiderait un petit

peu

Apparemment

non.

Enfin, je suppose que c'est parce que je n'ai pas continué par la suite. (Une voix au fond de moi a

répondu "exactement")

Ce matin, dans la cuisine, alors qu'une une faible lumière et une petite brise soufflait au dehors de la fenêtre avec le rideau en dentelle jaune, je me suis mise à pleurer. "Pourquoi suis-je la seule fille non athlétique ?" Aujourd'hui il va y avoir un contrôle sur la poutre.

Ma mère a fermé les yeux et a dit : "Aya, ça ira toujours car tu es intelligente. Tu n'as qu'à t'intéresser

à

quelque chose que tu aimes pour ton avenir. Tu es bonne en anglais, alors tu devrais essayer de le maîtriser. L'anglais est une langue internationale, je suis sûre que c'est un bon choix. Alors ne "

t'inquiète plus si tu as un D en sport Mes larmes se sont arrêtées. Un poids venait de me quitter.

J'aimerais tellement ne plus être pleurnicharde. Mon corps ne bouge pas comme je veux. Est-ce l'anxiété, à cause du fait que je doive enchaîner mes devoirs après avoir fini les cours à cinq heures tous les jours ? Non, ce n'est pas ça, quelque chose dans mon corps a commencé à se casser. Ca me fait peur ! Mon coeur se serre. Je vais m'entrainer. Je vais courir. Je vais étudier. Je vais écrire soigneusement.

"Namida no Toka-Ta (A tear's toccata), est une bonne chanson. J'en suis tombée amoureuse. Quand je mange en l'écoutant, la nourriture a un bien meilleur goût.

Voici une discussion à propos de ma petite soeur. Pendant tout ce temps, j'ai seulement remarqué son côté désagréable, mais je commence à pense qu'elle peut être vraiment être gentille. La raison de ce changement ? C'est parce qu'aujourd'hui alors que nous marchions sur le chemin de l'école, mon petit frère m'a laissé derrière en marchant à son allure, mais ma soeur est restée avec moi. Mieux encore, quand nous avons traversé le pont, elle a

pris mon sac et m'a dit : "Attrape bien la rambarde" Doucement, mon humeur du camps de vacances s'évanouit. Après avoir fait la vaisselle du diner, j'allais monter quand ma mère m'a appelé : "Aya, viens me voir". Elle semblait très sérieuse, du coup j'étais nerveuse, car je réfléchissais à ce pourquoi j'allais être punie.

- Aya, récemment, tu sembles être tout le temps déséquilibrée, comme si tu allais tomber, et tu

marches en titubant de droite à gauche. Tu as remarqué ? Je t'ai observé et je m'inquiète. Allons consulter un médecin.

- Quel hôpital ?, ai-je demandé.

- Laisse-moi m'en occuper.Je vais trouver un endroit fiable.

Mes larmes ont commencé à couler sans fin. J'avais envie de dire "Merci Maman, merci beaucoup, je suis désolée de te créer autant de soucis", mais aucun mot ne voulait sortir de ma bouche. Je m'étais souvent demandée si ma maladresse venait du fait que je me couche tard, que je mange

n'importe quand, mais penser que quelque chose clochait chez moi et que c'était un motif de consultation, me faisait pleurer. Mes yeux m'ont fait mal à force de trop pleurer.

(2/11) : l'examen médical

I go to the hospital in Nagoya with my mother. (Je vais à l'hôpital de Nagoya avec ma mère en anglais dans le texte)

9 heures : Départ de la maison. Ma petite soeur ne se sentait pas bien. Cependant, elle a dû aller à sa

prérentrée, contrairement à moi qui suis allée voir le docteur

Ma pauvre soeur.

11 heures : Arrivée à l'hôpital Kokuritsu Nagoya Daigaku Fuzoku Byouin. Pendant les trois heures

d'attente, j'avais emmené un livre, mais j'étais trop nerveuse : je n'ai pas pu me concentrer comme d'habitude, car j'étais trop inquiète et trop effrayée. Ma mère a essayé de me rassurer en me disant :

« J'ai appelé le Docteur Eitsurou, il n'y a aucune raison de s'inquiéter

», mais

J'ai finalement été appelée. Mon coeur battait fort.

Ma mère a expliqué au médecin que :

1. J'étais tombée et que je m'étais ouvert le menton (les gens tomberaient plutôt en se râpant les mains pour essayer de se rattraper; alors que moi, j'étais tombé la tête la première.)

2. Je marchais en titubant (mes genoux ne se plient pas très bien).

3. J'avais perdu du poids

4. Mes mouvements étaient lents (je n'arrive pas à réagir vite).

Plus j'écoutais, plus cela me terrifiait. Ma mère qui était si occupée m'avait observé

méticuleusement

Dire

qu'elle avait tout remarqué

mais

cela me soulageait peu.

Maintenant, le docteur savait ces petites choses qui me tracassaient. Et elles seraient bientôt parties.
Maintenant, le docteur savait ces petites choses qui me tracassaient. Et elles seraient bientôt parties.

Maintenant, le docteur savait ces petites choses qui me tracassaient. Et elles seraient bientôt parties.

J'étais assise sur un tabouret et je regardais le visage du médecin. Je me sentais en confiance car elle portait des lunettes et avait un très beau sourire. J'ai fermé les yeux et je suis venue touché mon nez avec mon index. Je me suis mise sur un pied. Je me suis allongée sur la table d'examen et j'ai plié et tendu mes jambes plusieurs fois. Puis le docteur a frappé mon genou avec un marteau. L'examen médical était terminé.

« On va faire un scanner du tronc cérébral. Aya, ne t'inquiète pas, ça ne fait pas mal. C'est juste une machine qui va faire des coupes de ta tête pour qu’on puisse regarder à l’intérieur. »

« Hein ? Me couper la tête ? ».

C’est très important pour moi, alors je n’ai trouvé drôle ce que ma mère a pu dire. La grosse machine s’est avancée tout doucement. Ma tête était prête, mais mon esprit avait l’impression de flotter dans l’espace.

« Tu vas t’allonger ici, et ne plus bouger » m’a dit une dame en blouse blanche. Alors, je me suis allongée ici, mais je me suis sentie endormie.

J’ai dû attendre longtemps, puis on m’a donné des médicaments, et je suis rentrée à la maison.

Une autre tâche venait de s’ajouter. Si je pouvais aller mieux en prenant ces médicaments, alors ça m’était égal de devoir m’en remplir l’estomac. Je vous en prie, Docteur. Si je suis une fleur, aidez le bourgeon qui n’a pas encore donné de fleur à éclore.

L’hôpital étant loin, et ayant cours, le médecin m’a dit que je ne viendrai qu’une fois par mois. Je promets de venir et de faire tout ce que vous direz, alors s’il vous plaît, faites que j’aille mieux. Vous, la meilleure médecin de Nagoya Daigaku ! Docteur Eitsurou! Je vous en prie!

(3/11) : Repentance

Les seuls arbres plantés au collège Seiryou Junior sont des citronniers épineux.

Quand j'allais arracher les mauvaises herbes au pied de ses arbres, les garçons se sont moqués de ma façon de marcher.

« C'est quoi cette façon de marcher ? On dirait un gamin de maternelle. »

« Ha ha, allez concentre-toi, tes jambes s'emmêlent. »

Ils riaient de chaque chose qui me rendait folle. Je les ai ignoré, bien sûr. Si je supportais ça, l'eau des océans s'évaporerait. Bien que ce fût très dur de ne pas pleurer, j'ai heureusement réussi à empêcher mes larmes de couler

heureusement réussi à empêcher mes larmes de couler Aujourd'hui, quelque chose de très frustrant m’est

Aujourd'hui, quelque chose de très frustrant m’est arrivé.

Pendant le sport, je me suis changée, et je me suis couchée sur le terrain.

Le professeur a dit : «Aujourd'hui, nous allons aller courir dans le parc sur un kilomètre. Puis, nous nous entraînerons à dribbler au basket. »

Mon coeur a cogné fort dans ma poitrine. Courir, dribbler

« Kitou, qu'est-ce que tu fais ? »

Je ne pouvais faire ni l'un ni l'autre.

J'ai baissé la tête, et le professeur a continué :« Bon, tu n'as qu'à aller en salle d'études avec O-san. » (O-san avait oublié sa tenue de sport).

Juste après ça, j'ai entendu mes camarades de classe soupirer : « En études, oh ! La chance ! »

Je bouillais de colère.

« Si vous tenez tant à aller en études, j'échange de place avec vous. Même si ce n'est que pour un

jour, on échange nos corps. Et peut-être que vous finirez par comprendre ce que ça fait de ne rien

pouvoir faire comme les autres. »

Chaque fois que je marche, chaque pas que je fais, je peux sentir mon corps en déséquilibre. Je me sens faible, humiliée et misérable d'être incapable de faire ce que tout le monde fait. Les autres sont- ils donc incapables de le comprendre à moins d'en faire l'expérience ? Si cela est impossible, essayez au moins de voir les choses de mon point de vue.

Mais je pense que c'est trop dur à faire.

C'est à ce moment là que j'ai vraiment réalisé ce qui m'arrivait.

(4/11) : Fièvre

Je crois que j'ai attrapé froid. J'ai de la fièvre, mais je me sens bien et j'ai bon appétit. Mais je ne fais plus confiance à mon corps maintenant. Je ne sais pas où se trouve le thermomètre, depuis que j'ai cassé le précédent. Je dois mettre des chiffres sur mon état de santé. Je vais demander à mon père. Aya est souvent malade. Elle coûte plus chère à soigner que tous ses frères et soeurs réunis. Quand je serai adulte et que je serai plus forte, vous vivrez tous plus facilement. Je prendrais bien soin de vous, comme vous avez pris soin de moi. Voilà à quoi je pense quand je m'endors. C'est une chose qu'a dit mon professeur d'histoire. Voir le bon côté des choses est important, car cela me permet de devenir quelqu'un de plus fort. Les devoirs du collège sont vite faits, si j'étudie un peu chaque jour. Ce n'est pas trop tard pour commencer maintenant. Allez! Je vais travailler très dur D'un autre côté, ma mauvaise santé m'inquiète beaucoup. "Ne pleure pas, petit bébé". Les temps deviennent durs quand on grandit. Si je surmonte cette crise, les beaux jours viendront nombreux. Des beaux jours avec des aurores lumineuses et apaisantes, accompagnées du chant des oiseaux et du parfum d'une rose blanche Je me demande où est le bonheur. Je me demande ce qu'est le bonheur. "Aya, es-tu heureuse en ce moment ?" "Bien sûr que non. Je suis au fond du trou de la tristesse. C'est épuisant. Mentalement et physiquement " La vérité, c'est que je suis à deux doigts de devenir folle ! C'est parce que le corbeau qui pleurait est maintenant en train de rire.

(5/11) : Personnalité

Je recherche des personnes avec une personnalité très forte, parce que pour ma part, je n’ai rien de spécial. J’aime l’idée que chaque personne ait son caractère propre. Peut-être que dans le monde où nous vivons, notre unicité et nos talents sont là pour nous aider à nous dépasser, comme dans les « James Bond ».

Le monde a besoin de personnes aux caractères bien trempés.

Cependant, la personnalité est quelque chose qui nous appartient, ce n’est pas quelque chose qu’on peut arrêter d’être ou cacher aux autres.

Mais les gens pensent différemment de moi, et c’est là que ça se complique.

Quand j’ai quitté l’école primaire, j’ai rencontré Eiko devant son garage avec son vélo. Comme je portais les disques « Yamato » et « dernier concert », Eiko a posé mon sac lourd dans son porte- bagage avant.

Nous avons fait un bout de chemin ensemble, puis Eiko a dit avoir quelque chose à faire, aussi nous nous séparés au passage clouté.

J’ai beaucoup admiré la façon d’Eiko aller à l’essentiel des choses, mais les autres gens trouvent qu’elle est froide.

(6/11) : Mon orientation

Il y a eu une réunion entre le professeur, ma mère et moi à propos du choix de mon lycée.

1. Possibilité : Je peux toujours aller dans un lycée public.

2. Concernant mon corps : jusqu’à présent, seule ma démarche est instable, mais nous ne savons

pas si la situation va changer, donc je vais choisir un lycée près de la maison. Notre collège a des partenariats avec un certain nombre de lycées, je dois donc écrire un lettre expliquant que je ne vais pas pouvoir aller dans un lycée trop loin. 3. Je vais devoir passer le concours d’entrée d’un lycée privé. Même si ma mère et moi préfèrons un lycée public, mon professeur a dit que c’était bien d’avoir le choix important de d’écoles. C’est que

nous allons faire.

(7/11) : Quitter le nid

Une fourmi est une fourmi.

Une fleur est une fleur.

Un oiseau est un oiseau.

Kouji

C’est écrit au dos du diplôme que j’ai brillamment obtenu, pour le jour de leur remise.

C’est le professeur Okamoto qui l’a écrit pour moi, rien que pour moi… J’en ai été très heureuse.

Il était un peu effrayant, mais c’était un gentil professeur qui aimait les fleurs.

Je l’ai remercié de tout mon cœur et lui ai souri avec gratitude. Mon maître m’a appris le sens de cette chanson :

« Etre une fourmi signifie être occupé, mais franc et honnête. Il y a de nombreuses choses que les humains appellent une fleur. C’est parce qu’ils volent, que les hommes les appellent oiseaux. »

Je trouve que cela fait trembler le bleu du ciel, les tuiles du toit de l’école, et le vert foncé des arbres.

J’avoue n’avoir compris que la moitié du sens de cette chanson, mais je peux dire que mon professeur essayait de m’encourager. Un sentiment de réussite s’est éveillé en moi.

« Comment crois-tu que Kouji a écrit ça ? »

« Probablement avec un crayon… »

Le professeur a souri et m’a dit : « En fait, j’ai écrit cela avec un cure-dent machouillé, et de l’encre de tampon encreur. »

J’étais stupéfaite.

« Tu as remarqué qu’il y a un trou pour l’accrocher au mur ? »

« Ouais. »

Okamoto m’a souri et est parti.

Je n’oublierai jamais notre magnifique rencontre pendant la remise de diplôme. S’il vous plait, continuez à m’encourager mentalement !

(8/11) : L’examen d’entrée au lycée public

D’habitude, je prends une soupe miso « daikon » au petit-déjeuner chaque matin. Mais aujourd’hui, c’est le jour de l’examen d’entrée du lycée public. Aussi, je n’ai pas déjeuné car je n’avais pas faim. J’espère réussir ces examens, c’est tout ce que j’ai demandé ce matin : avoir la chance de réussir.

Suis-je trop inquiète ?

Je suis allée deux fois dans la salle de bain, et ma mère m’a conduite au lycée où les examens avaient lieu.

Tout le monde semblait intelligent, et cela me rendait hésitante et impatiente.

Les professeurs nous ont emmené dans les salles d’examens.

Alors que je montais les escaliers, je suis tombée et me suis foulée la cheville. J’ai passé le test seule à l’infirmerie. C’est nul, archi-nul !

J’ai pressé la montre de ma mère contre mon oreille, et j’ai essayé de me détendre.

(9/11) : Nouveau départ

Yeah ! J’ai réussi l’examen !!! Ma mère et moi en avons pleuré de joie.

Je vais rassembler toutes mes forces, et donner le meilleur de moi-même pour me faire plein d’amis, et surtout faire attention de ne pas tomber !

Pour fêter ça, et à ma demande, nous avons mangé des hamburgers.

Je me sens si heureuse, comme si j’étais une héroïne.

J’ai oublié tout : oubliée la souffrance d’avoir un corps incontrôlable, fini d’étudier comme une malade. Oh, c’est un sentiment fantastique.

Mais il y a toujours cette solitude. Je commence avec un handicap. Mon incapacité à me contrôler devient de plus en plus évidente. Même marcher devient difficile. Quand je suis sûre le point de bousculer quelqu’un, je n’arrive pas à réagir rapidement.

Je vais devoir marcher en longeant les murs des couloirs. Je vais probablement devenir le centre d’attention de mes nouveaux amis. Puisqu’il y a certaines choses que je ne peux pas cacher, je vais devoir me montrer telle que je suis dès le début. Plus j’y pense, plus je m’inquiète. Je ne sais pas combien je vais pouvoir continuer ainsi. Pire, je me demande ce qui va se passer pour le sport.

(10/11) : Les paroles de ma mère

« Ta vie de lycéenne ne va pas être facile. Il y aura probablement plus de difficultés que pour les autres personnes : tu devras sans doute renoncer à certaines activités et tu seras soumise au regard des autres. Mais tout le monde doit surmonter des épreuves dans la vie. Ne pense pas que tu es malheureuse. Tu trouveras toujours quelqu’un de plus malheureux que toi, si tu regardes bien autour de toi. »

J’y ai bien réfléchi, et j’ai vu. Ma mère souffre sans doute plus que moi. Son travail consiste à aider les gens en difficulté et dans le besoin. Quand j’ai pensé à ces personnes, j’ai chassé mes soucis. Pour mes parents, pour moi-même et pour la société, j’ai décidé de continuer à faire de mon mieux avec l’espoir d’être capable de vivre heureuse.

(11/11) : L'hospitalisation

Mes premiers examens de contrôle a eu lieu après mon entrée au lycée. Cela a pris deux heures pour y aller en prenant l'autoroute, aussi nous nous sommes levés tôt le matin.

Je pense que je devrais écrire les choses dont je souhaite parler au médecin :

1. Ça devient plus difficile de marcher. Je tombe si je ne m'accroche pas à quelque chose en

marchant. J'ai du mal à lever les pieds.

2. Parfois je m'étrangle quand je mange ou que je bois trop vite.

3. Je ris beaucoup de moi-même, avec un sourire idiot (ça, je m'en suis rendue compte quand mon

frère m'a demandé qu'est-ce qui était si rigolo, alors que c'était toujours une de mes maladresse)

4. Qu'est-ce que j'ai comme maladie ?

Après avoir longtemps attendu (comme d'habitude ! ), un vieux professeur et trois internes m'ont fait passé les examens. Je crois qu'ils ont voulu vérifier mes capacités sportives, car j'ai dû plier et tendre les jambes, et marcher normalement. Ils ont tapé sur mes genoux avec un marteau pour déclencher des réflexes.

Ma mère a rapidement parlé de ce que j'avais écrit pour le médecin et lui a aussi dit que je suivais les cours dans un lycée normal grâce à l'aide de mes très bonnes amies.

A la fin des examens, le médecin a dit : « tu vas être hospitalisée pendant les vacances d'été, pour le

traitement et on en profitera pour faire plus d'examens. Pensez à organiser les formalités

d'hospitalisation avant de partir, s'il vous plaît. »

Quoi ?!? Je dois être hospitalisée ?? Oh, mon dieu ! Vivement que j'en sois débarrassée pour guérir ! J'ai accepté ça facilement, mais je continue à me demander ce qui arrive à mon corps.

Les choses semblent sur le point d'empirer. Ça va aller de mal en pis à moins que nous réparions ça aussi vite que possible. Ça me fait peur de penser que je dois attendre l'été pour avoir la réponse à ma dernière question.

Sur le chemin du retour, j'ai interrogé ma mère :

« Est-ce que Nagodai (Nagoya Daigaku Fuzoku Byouin) est un bon hôpital ? Ils vont me guérir ? Ce

sera les premières vacances d'été du lycée, et j'aurais plein de choses à faire, alors j'aimerais être

hospitaliser le moins de temps possible. »

« Aya, il faut que tu continues à bien écrire ce que tu remarques de différent avec ton corps. Même si c'est un tout petit changement. Ça va permettre d'améliorer ton traitement, et ça rendra

l'hospitalisation plus courte. Pense bien que cette hospitalisation va être un très court moment dans ta vie, quand tu y repenseras, tu y verras une bonne expérience. Dans tous les cas, je ne pourrais venir

te voir que le dimanche, donc tu devras apprendre à te débrouiller seule, en particulier pour la lessive.

Ne t'inquiète pas et ne te surmène pas. Je vais t'acheter plein de sous-vêtements, et dès qu'on arrivera à la maison, tu me fera une liste des choses dont tu as besoin, comme ça tu seras bien

préparée.

Sur le chemin, nous avons fait un détour par chez ma tante à Okazaki. Il s'agit d'une de ses sœurs cadettes. J'ai pleuré en écoutant ma mère lui expliquer ma situation.

« Je veux la guérir par n'importe quel moyen. Si Meidai Byouin ne peut pas y arriver, alors j'irai à Tokyo ou en Amérique, je chercherai partout pour trouver quelqu'un qui en soit capable. »

Ma tante a répliqué : « Ma petite Aya, ça ira mieux bientôt ! De nos jours, on guérit la plupart des maladies, et puis tu es jeune. Mais surtout, tu dois garder confiance et te dire « je vais tout faire pour aller mieux ». Si tu te contentes de pleurnicher sur ton sort, alors même la meilleure médecine ne pourra rien faire. Je passerai te voir à l'occasion; et si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi, je volerais à ton secours. Alors ne t'inquiète pas et accroche-toi; »

Elle a sorti un kleenex et m'a dit : « Mouche-toi un grand coup et bois ce nectar jusqu'à plus soif que tu risques de le trouver salé à force d'avoir pleuré au-dessus. »

Ça m'a fait rire.

Sauf

Je sais très bien que ce ne sont que deux petits mois, s'il te plait, Dieu du Temps, arrête vite la maladie d'Aya !

Chapître 3 : 16 ans, le début de l'agonie

(1/17) : Ma vie à l'hôpital

Ma nouvelle vie, première fois loin de la maison.

Je suis en chambre double, avec une dame qui a l'air d'avoir cinquante ans. Ma mère lui a dit :

« enchanté de vous rencontré », alors j'ai incliné la tête avec elle. Elle m'a semblé être une femme tranquille,mais ses yeux montrent qu'elle est seule. J'étais nerveuse car je ne savais pas ce qui m'attendait.

Dans l'après-midi, je suis allée me promenée avec elle. Nous nous sommes assis sous un sakura (cerisier du Japon) en fleurs. La lumière du soleil dansait à travers les feuilles de l'arbre. Depuis que je suis devenue myope, je vois pas les choses clairement, mais là, j'ai ressenti la beauté à travers les couleurs et les lumières. Puis je « vu » l'étrange ballet des feuilles soufflées par le vent.

Je me suis un peu habituée à la vie de l'hôpital, mais l'extinction des feux à 21h et le dîner à 18h sont trop tôt à mon goût. Le rythme de la vie change ici, et chaque jour semble passer à toute allure.

change ici, et chaque jour semble passer à toute allure. J'ai dû faire une quantité de

J'ai dû faire une quantité de tests incroyable, tels qu'un électromyogramme (qu'est-ce que ça fait mal !!), un électrocardiogramme, des radios et des tests d'audition.

On m'a trimbalé d'un bout à l'autre de ce grand hôpital, où il est si facile de se perdre supporte pas les couloirs sombres. Ça déteint sur mon humeur.

Brrr, je ne

Mon médecin, le docteur Hiroko Yamamoto (qui a été promue professeur à l'université Fujita Hokeneisei Daigaku, dans la région de Shikeinaika) m'a annoncé qu'on allait me vacciner, mais que

cela allait sûrement me faire du bien. Afin de bien voir les effets avant et après les injections, on a

filmé ma marche, ma façon de monter et descendre les escaliers

mm.

Et

hop dans la boîte dernier cri 16

je me demande comment je serais quand je serai grande, ou plutôt qu'est-ce que je serai ? Les trois critères que je veux pour mon avenir :

1. Un métier qui ne blesse pas mon corps.

2. Un métier intelligent où je puisse utiliser mon cerveau.

3. Une grosse paye.

Ça va être dur de trouver un travail qui contienne tous ces critères. Je me demande même si ça existe

Plusieurs des jeunes internes ont joué autour de moi. Mets toi sur la pointe des pieds ! Ferme les yeux

! Tu peux faire ça ? Et puis quelque chose avec mon bassin

« c'était marrant, hein ? ». Je ne pouvais pas répondre à cette question. J'avais envie de hurler : « je

ne suis pas un cobaye, alors arrêtez-ça ! »

Après tout ça, ils m'ont questionné :

Le dimanche est le jour que j'attends avec impatience. Ma mère et mes sœurs sont venues. Nous sommes toutes allées sur le toit pour faire la lessive. Le ciel était d'un bleu éclatant, parsemés de magnifiques nuages blancs. Le vent était un peu chaud, mais c'était très agréable. Je me sentais revivre. On m'a fait une ponction lombaire. J'ai mal à la tête. Très mal. Est-ce à cause du vaccin ?

La famille de Michan (un de mes oncles du côté de ma mère ) est venue. Mon grand-père avait les yeux rouges. Je voulais lui demandé pourquoi, mais je n'ai pas réussi, je me suis contentée de le

regarder fixement. Il s'en est aperçu et m'a demandé : « Ai-je un air bizarre ? Ça ne m'étonnerait pas étant donné que j'ai bronzé en travaillant sous le soleil et que j'ai veillé tard hier soir. »

En entendant sa voix sévère, je me suis sentie coupable. Il me regardait avec ses yeux de lapin, et il semblait sur le point de pleurer.

«Aya, fais de ton mieux pour guérir. Je t'apporterai de la bonne nourriture la prochaine fois. Y a-t-il quelque chose qui te ferait envie ? »

« J'aimerais beaucoup lire « Bonjour Tristesse » de Sagan. J'ai très envie de le lire depuis longtemps.»

Je suis allée à la salle de kinésithérapie au sous-sol.

Je dois faire de la rééducation avec les kinésithérapeuthes Kawabashi et Imaeda.

A un moment, j'ai dit une bêtise. Je n'arrivai pas à croire que je leur ai dit que j'aimais le japonais et l'anglais, et que j'étais douée et que j'étais parmi les meilleures dans ces matières. Je jure que c'est la

dernière fois que je me vante de mon classement

culpabiliser que si j'avais braqué une banque. Dans tout les cas, on ne peut montrer son intelligence qu'en montrant son bulletin scolaire.

C'est

trop prétentieux et ça me fait autant

Le kiné Kawabashi m'a confié qu'il était indiscipliné quand il était étudiant.

En fait, je crois que c'est mieux ainsi

ça me fortifie.

Je suis si jeune et regardez mon corps

Cette pensée m'a tellement attristée que mes larmes ont commencé à couler.

Je devrais plus rien dire à l'avenir. Maintenant que j'ai écrit tout ça, ça va beaucoup mieux.

La raison pour laquelle j'étudie aussi durement, c'est parce que c'est la seule chose pour laquelle je sois douée. Si on me l'enlève, alors je ne suis qu'un corps inutilisable. Je ne veux surtout pas être ce corps inerte. C'est horrible à dire, mais c'est la réalité. J'aimerais être une idiote et être en pleine forme.

(2/17) : La recherche

Les tests : j'ai dû bougé les mains en même temps que la chanson « scintille, scintille petite étoile ».

Avant la piqûre, je l'ai fait 12 fois à droite et 17 fois à gauche.

3 minutes après : 18 fois à droite et 22 fois à gauche.

5 minutes après : 18 fois à droite et 21 fois à gauche.

La rééducation :

1° exercice : je suis censée me tenir sur les mains et les genoux; je dois garder mon équilibre en dessinant des cercles avec mon bassin, puis je dois tendre une jambe, dessiner un cercle, puis lâcher une main et re-faire un cercle avec le bassin, puis je fais l'autre côté.

En réalité : mon pied ne devrait pas retomber par terre, et mon omoplate devrait rester immobile.

2° les réflexes : dès que je lève une jambe quand je marche, je dois avancer la main opposée. Ça doit m'aider en cas de chute.

En réalité : mes omoplates bougent toujours anormalement, et mon poids me pousse en arrière.

3° mouvement du bassin : mes mains doivent aider mon bassin à aider.

Quand ma main droite est devant, ma hanche droite doit reculer.

Quand ma main droite recule, ma hanche doit avancer.

En fait, c'est très simple ; je dois alterner les mains et les pieds quand je marche :

Quand ma main droite est devant, ma jambe droite et derrière et inversement.

C'est étrange car ma main et ma jambe reculent en même temps

4° : Après avoir été à genoux (en tenant sur les genoux et sur les jambes), je dois tenir uniquement sur les genoux.

5° : Voici un exercice que je fais bien : je suis dos à un mur, mais mes pieds ne sont pas collés, et je dois décoller tout mon corps en restant apppuyée au niveau des épaules.

6° : je m'entraîne à faire du crawl allongée : je lève la main droite, je lève le pied gauche, je lève la main gauche, puis je lève le pied droit.

Je dois garder les jambes bien tendues quand je les lève.

S'entraîner à marcher normalement est vraiment très difficile

7° :

Se lever.

Dr Yamamota m'a dit : “Il y a un garçon nommé K.-kun qui va être hospitalisé à partir d'aujourd'hui. Il a une maladie qui ressemble à la tienne.”

Je l'ai croisé dans le couloir.

Il est tout maigre, et il semble être en 6° ou en 7° année. Il a l'air d'être un garçon innocent et joyeux, qui ne se laisse pas abattre par sa maladie.

J'ai prié pour lui dans mon coeur : “J'espère que le vaccin va t'aider. Guéris vite.”

Après chaque piqûre, j'ai un fort mal de tête et des nausées, mais ça doit être parce que ça fait effet, ou alors, il faut que je m'habitue pour que ça fasse moins mal.

En ce moment, on enregistre ma voix. J eme demande si ce n'est pas pour tester ma gorge et ma langue.

La rééducation est très importante. C'est le docteur Yamamoto qui l'a dit. J'essaie de faire de mon

mieux, mais c'est très dur. Je ne suis pas normale,

j'en pleurerai presque.

Nous sommes à nouveau allées sur le toit, et les médecins ont pris des photos de moi avec leur caméra 16mm. Mon corps semblait tellement triste.

Monsieur le kiné Kawabashi, je ne sais marcher que comme un robot. C'est pathétique. Pendant que nous faisions une pause, Kawabashi m'a raconté une de ses histoires d'enfance.

“J'ai pissé sur la tête d'un prof du haut d'un toit, et j'ai été battu pour ça.” Wouah ! Ça, c'est une farce qui change ! Je suis incapable de faire ça, mais la volonté de faire quelque chose bouillonne en moi. Il m'a aussi expliqué comment attraper les cigales sur les arbres. Il m'a aussi appris qu'une cigale qui

mue, et donc qui perd sa peau est une cigale à demi-nue

C'est sûr,c'est bien un garçon !

J'ai eu de la fièvre. 39°C. Est-ce que je vais mourir ? Non, je ne veux pas perdre contre une maladie ! Ma mère et ma famille me manque.

Chaque fois que j'essaie de faire un pas en avant, un imprévu arrive toujours ! Il me semble que ce déséquilibre physique et mental va durer toujours. J'ai peur de vieillir, mais je ne veux pas mourir non plus. Je n'ai que 16 seize ans.

Il ne me reste que quelques injections avant de partir. Je vais finalement pouvoir sortir de l'hôpital théorie.

en

Habituellement, c'est une nouvelle qui fait plaisir, mais c'est différent avec moi. Quand j'ai

commencé les piqûres, je souffrais des effets indésirables (maux de tête, nausées). Le médecin a dit que ce traitement allait m'aider, mais mon désir d'être capable de marcher comme avant ne s'est pas réalisée. Maintenant, j'ai un nouveau journal, différent d'un journal intime d'école. Un journal pour les handicapés physiques. Ma maladie se trouve dans les cellules de mon cervelet et me vole toute ma force physique, m'empêchant de bouger correctement, et cette malaide a été découverte il y a environ cent ans.

Pourquoi est-ce que cette maladie m'a choisit, moi ?

Le destin n'est pas une explication suffisante !

(3/17) : le deuxième semestre

L'enseignement de ma mère : ce n'est pas grave d'aller lentement ni de faire des erreurs, le plus important est de faire de son mieux.

J'ai envie de dire, je suis toujours sérieuse ! Mon comportement est peut-être

fond de moi

je me sens un peu piquée au vif par cette réflexion.

quand je regarde au

Après la cérémonie de rentrée, ma mère et mon professeur principal se sont entretenus :

1. Bien que mon traitement pendant mon séjour à l'hôpital m'ait un peu aidé, guérir est difficile,

depuis qu'on sait que c'est une maladie compliquée.

2. Ma mère a demandé de la compréhension car je risque de déranger les élèves autour de moi

quand je me déplacerai d'une classe à une autre, et elle a précisé que ce problème pourrait s'aggraver, mais qu'il fallait me laisser me débrouiller autant que possible.

Les idées ma mère :

1.Acheter les livres scolaires et amener uniquement les pages nécessaires. Prendre un seul cahier et mettre des post-it pour séparer les différentes matières.

2.Troquer mon cartable contre un sac à dos.

3.Prendre le taxi pour me rendre à l'école le matin, car les heures de pointe le matin sont dangereuses pour moi. Pour rentrer, je prendrai soit le bus, soit le taxi, en fonction de ma condition physique.

« Ne fais rien d'imprudent. J'ai déjà appelé la compagnie de taxi, alors ne te préoccupe de rien pour l'argent. »

Mon dieu ! Quelle gaspilleuse d'argent je vais être

(4/17) :Le treizième démon

Je cause tellement de tort, j'en suis désolée.

J'ai pris le bus à la porte du lycée. Je devais changer pour un autre bus, je suis donc descendue à Asahabashi, j'ai traversé la rue pour aller jusqu'à l'autre arrêt de bus. Le feu est passé au vert pour les voitures. Elles allaient nous éclabousser. Un écolier partageait son parapluie avec moi. J'ai essayé de marcher plus vite pour rester à l'abri. Mais je suis brusquement tombée sur le sol. Le sang a jailli de ma bouche et a teinté l'asphalte mouillé en rouge. Le sang ruisselait tellement que je me suis demandée si je n'allais pas mourir d'une hémorragie, je me suis mise à pleurer. La boulangère au coin de la rue s'est précipité hors sa boutique et m'a aidé à me relever. Elle m'a fait rentrée dans sa boutique et a essuyé mon bouche avec un mouchoir. Puis elle m'a emmené dans voiture pour me déposer à l'hôpital le plus proche. En voyant mon carnet de correspondance, elle a appelé l'école et mon professeur est venu. Après qu'on m'ait soigné, ce dernier m'a reconduit chez moi. Madame la Boulangère, Professeur, merci.

Verdict pour Aya : une lèvre ouverte et ses trois dents de devant sont cassées et parties. Quand je les touche avec mon hankerchief, cela se teinte toujours de rouge. Je suis un fille, j'ai trois dents essentiels pour le sourire qui sont cassées, et maintenant je suis enlaidie comme jamais.

Cette maladie est pire que le cancer !

Elle vole toute la beauté de ma jeunesse.

Si je n'avais pas cette étrange saleté, je pourrais avoir un amoureux qui je puisse compter. Je ne peux même plus avoir ça maintenant !

Je voulais juste quelqu'un sur

Dans le manga Très cher frère d'Ikeda Riyoko, Kaoru/Danièle avoue son amour, puis quitte la personne qu'elle aime. Ne puis-je pas avoir la liberté d'aimer ou d'être aimé ?

Dans mes rêves, je suis capable de marcher, de courir, et de me mouvoir librement peux rien faire de ça.

En réalité, je ne

Quand je lis le passage où Nanako commence à courir, ça me fait penser combien j'aimerais connaître ces choses. Est-ce servile ?

passage où Nanako commence à courir, ça me fait penser combien j'aimerais connaître ces choses. Est-ce

J'ai dormi tout le jour en ruminant ces sombres pensées. K-ko-san a téléphoné chez moi : “Tu vas bien ?”. ça m'a fait très plaisir. Mais je devrais sans doute être absente pour un moment.

Je me réveillée à 7h30. Ma sœur Ako partait pour Nagoya. Elle était si mignonne, ça m'a mise de bonne humeur.

Ça fait du bien de se lever tôt. J'ai fini le dernier pot de glace. Sentir la glace fondre dans ma bouche m'a fait beaucoup de bien. C'est très dur de manger sans dent de devant. Je n'ai plus qu'à garder la bouche fermée dès que je sors.

Je dois aller chez le dentiste demain. J'ai enlevé le miroir qui était habituellement posé sur mon bureau. Je dois me dépêcher pour redevenir l'ancienne Aya.

J'étais en train de feuilleter un livre de tricot avec ma mère. La robe en laine blanche que portait habituellement ma mère quand j'étais enfant était dessus. "Maman, tu veux pas m'en faire une ?"

"D'accord

et que tu avais insisté pour qu'on te prenne en photo avec devant la porte d'entrée ?"

Tu souviens quand tu la portais chaque Nouvel An avec ce joli bandeau dans les cheveux

Si j'avais été en bonne santé, nous aurions continué gaiement à évoquer de vieux souvenirs; mais c'est douloureux maintenant, alors nous avons arrêté de parler de ça.

(5/17) : A propos de mon avenir

Ma mère et moi avons discuté de mon avenir.

Je suis tombée d'accord avec elle :

« Contrairement aux gens qui sont aveugles ou qui sont nées handicapées, tu ne dois surtout pas

oublier les choses que tu pouvais faire avant. Tu penses trop à la raison pour laquelle tu ne peux plus

les faire, et tes émotions explosent. C'est comme ça que commence le combat avec ton esprit. Même si les autres ne peuvent pas voir cette lutte intérieure, c'est un combat permanent avec ton esprit, c'est

un entrainement

Tu pleures beaucoup, et quand je te vois pleurer, ça me fait beaucoup de peine. Mais tu dois rester réaliste, et comprendre où tu en es maintenant et profiter de la vie, sinon tu ne vivras jamais les pieds sur terre. Nous t'aiderons pour les choses que tu ne peux absolument pas faire. Mais quand nous discutons, nous donnons notre avis et nous n'hésitons pas jusqu'à nous disputer si nous ne sommes pas d'accord, n'est-ce pas ? C'est parce que nous pensons que tu es une vraie personne normale et une vraie fille, et une vraie soeur. Alors j'espère que le fait de te dire notre amour t'aidera à devenir plus forte mentalement. Si tu t'entraînes correctement, alors tu sera capable de passer outre les réflexions des autres. Apprends à aimer, ce qui est facile car tu es entourée par l'amour, à commencer par la signification de ton nom, Aya chérie. » (ndlr : Aya vient de Ai, l'amour).

Aya, je pense que tant que tu vis chaque jour pleinement, tu auras un bel avenir.

Pendant que j'écoutais et prenais en considération ma maladie, je pense que je devrais commencer à réfléchir à mon avenir.

« J'aimerais être bibliothécaire. Pour cela, j'aimerais aller à l'université. Et puis je pourrais monter en grade dans la société en travaillant. »

« C'est difficile pour toi de sortir. Tu devrais considérer quelque chose que tu peux faire à la maison. Par exemple, traductrice. »

« J 'aimerais bien écrire un livre, mais ma vie au sein de la société est si pauvre que je crois que ce sera impossible. »

« Tu pourras te décider plus tard, mais pour l'instant fais tout ce que tu arrives à faire, et fais des efforts ! Oui, beaucoup d'efforts. »

« Pas de problème, je suppose que les seules choses sur lesquelles je puisse me reposer sont mes facilités à l'école. »

(6/17) : Mes amies

J'ai vu un coucher de soleil. Un rouge magnifique

Il est descendu rapidement comme un feu d'artifice qui retombe dans le ciel, mais la lumière était plus brillante. La couleur était très belle. Il avait la couleur d'une pomme. Y-ko-chan et moi avons dit : “ N'est-ce pas merveilleux ?” en même temps, puis nous nous sommes tus. Nous avons vu la trace d'un avion luire dans ce coucher de soleil écarlate.

Je crois que Y-ko-chan est vraiment quelqu'un de bien.

Quand je lui ai annoncé que j'allais étudier à la maison, elle a clairement dit non. J'étais presque certaine qu'elle allait approuver.

Si j'étais à sa place, je serais incapable de la rejeter, et je serais incapable d'étudier à mon propre rythmne, sans regret.

En fait, j'ai du mal à me controler.

Si je disais que cet handicap physique et mon self-control sont reliés; serait-ce une excuse valable ?

Ca me rend heureuse de savoir qu'il existe une personne qui peut dire ce qu'elle pense et capable d'écouter ce qu'on a dire.

Les amis se traitent équitablement, alors je suis reconnnaisante.

S-chan m'a dit : "J'ai commencé à lire grâce à toi.” Ca m'a rendu heureuse. Tout va bien tant que je ne gêne pas mes amies, non ?

“Aya-chan, tu as beaucoup pleuré en souvenir du bon vieux temps. Tu étais si mignonne.”

“Vraiment ? Wouah jour où je pleurais

Et

Personne ne me l'avait jamais encore dit. Mais je me suis vue dans un miroir un ce n'étais pas beau à voir.”

“Eh bien, je ne parlais pas de ton visage. Mais de la façon dont tu pleures.”

“Haha, ça, c'était d'une façon sévère.”

Ce qui était mignon, ce n'était pas mon visage, mais l'atmosphère qui m'entourait quand je pleurais. Nous avons ri. Mes amies sont adorables. Je veux être avec elles pour toujours.

(7/17) : L'agonie

Une femme qui avait pris de la thalidomide a donné naissance à une petite fille en bonne santé. Elle lui change la couche et l'allaite, en utilisant son pied. Je ne suis peut-être pas supposée être heureuse pour elle, mais seul un soucis me travaille.

Le tendon d'Achille de ma jambe droite se raidit. Je déprime.

La chose la plus difficile pour moi est d'aller d'une classe à l'autre. Je dois me faire aider de mes camarades de classe ou me tenir à quelque chose quand je marche dans les longs couloirs ou dans les escaliers. Ça me prend beaucoup de temps, et mes amies arrivent en retard en cours.

Le déjeuner est aussi une source de troubles. Tout le monde mange en moins de cinq minutes. Je peux manger une ou deux bouchées maximun en cinq minutes. En plus de ça, je dois avaler des médicaments. Quand je vois que je ne pourrais pas finir de manger à temps, je prends mes médicaments, je scrute les alentours, et si je vois un élève qui est encore en train de manger, je continue en allant le plus vite possible. Je me demande combien de fois j'ai réussi à finir mon déjeuner à l'heure. Je me sens mal pour être incapable de finir le repas préparé spécialement pour moi, et que ce ne soit dû qu'à une question de temps.

Quand j'essaie de finir le reste à la maison, on me dit : « donne-le à Koro. Tu mangeras plus ce soir. »

Ah ! Quel gaspillage ! Déjeuner = Aya + Koro.

Y-ko-chan et S-chan m'aident toujours, elles me suivent comme mon ombre.

« Pardon de toujours vous causer du soucis. »

« Nous sommes amies, non ? »

Leurs paroles m'aident à me sentir beaucoup mieux.

« Les amies sont égales. » Mais pas toujours. Spécialement lorsque ça concerne. On doit prendre soin de moi ou je ne pourrais pas suivre la vie à l'école.

Finalement, je comprends pourquoi les professeurs me disent aigrement de faire plus d'effort pour marcher seule.

Il n'y a qu'une seule voie possible pour moi.

Je ne peux choisir parmi les chemins qui s'offrent à moi. Je n'irai jamais sur le même chemin que mes amies.

Si je me force à penser que je suis la même voie que mes amies pour aller mieux, mon propre chemin va disparaître

J'aimerais partir loin

J'aimerais taper partout très fort, hurler et crier comme une folle, et m'écrouler en riant

Où est-ce que j'ai envie d'aller.

À la bibliothèque, au cinéma, dans un café (m'asseoir sur une banquette dans un coin et boire une limonade). Mais malgré toutes mes envies, je ne peux me déplacer nulle part toute seule. Je suis pathétique, malheureuse, et il n'y a rien que je puisse faire pour y remédier, juste pleurer.

Je suis un grand bébé. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Une pleurnicheuse qui existe depuis bientôt deux ans. Une si petite créature brisée et déchirée.

Ce qui a changé, c'est que je pleure sans faire de bruit maintenant, et que mon nez ne rougit plus aussi longtemps, comme si j'ai moins pleuré. Verser des larmes ne m'apporte rien de bon. Ça ne fait que me fatiguer, gonfler mes yeux, me bouche le nez, et me coupe l'appétit

Plus tard, je choisirais les conflits avec les gens. Les relations entre humains sont compliquées. Ce n'est pas comme si quelqu'un se trompait, c'est juste le fait de ne pas réaliser les choses les aggrave. Ça ressemble à ma maladie. * larmes *

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