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"Le bonheur est d'avoir dans une autre ville une grande famille soudée et attentionnée" -George Burns

Jusqu'à quel point êtes-vous heureux et pourquoi ? C'est une question à laquelle j'ai consacré pas mal de temps,
non seulement parce qu'elle concerne ma propre évaluation du bonheur, mais aussi ma famille, mes amis et les
personnes avec lesquelles je travaille. Depuis que j'ai obtenu mon diplôme de psychologie positive, j'ai travaillé
avec des milliers de gens dans des circonstances très différentes, je les ai observés et j'ai pu constater que les
gens heureux ont une façon qui leur est propre d'aborder la vie. Voici ce en quoi ils agissent différemment :

Ils s'entourent d'un fort tissu social. Les gens heureux sont connectés à leurs familles, leurs voisins, leurs lieux
de culte et leurs communautés. Ces connexions agissent comme un tampon contre la dépression et créent des
liens forts et importants. Le taux de dépression a augmenté dramatiquement durant les 75 dernières années.
L'Organisation mondiale de la Santé prévoit que d'ici 2020, la dépression sera la seconde cause de décès dans le
monde, touchant près d'un adulte sur trois. Bien que plusieurs raisons peuvent probablement expliquer cette
augmentation, l'une des plus importantes pourrait être la déconnexion des gens avec leurs familles et leurs
communautés.

Ils s'engagent dans des activités qui conviennent à leurs forces, à leurs valeurs et à leur façon de vivre. Quand
on parle de stratégies du bonheur, il n'y a pas qu'une solution qui convienne à tous. De la même façon que vous
adaptez vos exercices à votre objectif sportif, les gens heureux agissent en fonction de leurs buts émotionnels.
Certaines stratégies connues pour améliorer la joie de vivre me paraissent un peu trop mièvres, mais celles qui
marchent le mieux me permettent d'exercer ma bienveillance, d'exprimer ma gratitude, et de m'engager
complètement. Le Dr Sonja Lyubomirsky propose dans son livre Comment être heureux et le rester, un
merveilleux test d'auto-évaluation permettant de sélectionner les stratégies les plus adaptées à votre tempérament
et à vos valeurs.

Ils expriment leur reconnaissance. La gratitude fait du bien au corps. Elle vous aide à mieux gérer le stress et
les traumatismes, améliore l'amour propre et l'estime de soi quand vous réalisez combien vous avez déjà
accompli, et aide souvent à chasser les émotions négatives. Des recherches ont également indiqué des
corrélations entre l'expression d'une force de reconnaissance et le sentiment de satisfaction pour sa vie [1].

Ils abordent la vie de manière optimiste. Les gens heureux contiennent leurs tendances pessimistes de trois
façons. Tout d'abord, ils concentrent leur temps et leur énergie sur ce qu'ils peuvent contrôler. Ils savent
comment passer à autre chose si certaines stratégies ne fonctionnent pas ou s'ils ne peuvent pas contrôler une
chose en particulier. Ensuite, ils sont conscients que « ça aussi, ça va passer ». Les gens heureux savent serrer les
dents face à l'adversité car ils ont compris que si la vie ne peut pas être un long fleuve tranquille, les aléas ne
durent pas. En fin de compte, les gens heureux sont doués pour compartimenter leurs vies. Ils ne permettent pas
qu'un problème dans un domaine ne viennent contaminer le reste de leur existence.
Ils savent que c'est bien de faire le bien. Les gens heureux aident les autres en faisant du volontariat. Des
recherches ont montré un lien profond entre un comportement altruiste et le bien-être, la santé et la longévité.
Agir de façon bienveillante vous permet de vous sentir bien par rapport à vous-même et aux autres, et les
émotions positives qui en résultent améliorent votre résistance physique et psychologique. Une étude a suivi cinq
femmes ayant souffert de sclérose en plaques durant trois ans [2]. Ces femmes se sont portées volontaires pour
soutenir 67 autres personnes souffrant de cette même maladie. Les résultats ont montré que ces cinq volontaires
ont connu des changements positifs qui se sont révélés plus importants que les améliorations expérimentées par
les patients qu'elles avaient soutenues.

Ils savent que les richesses matérielles n'occupent qu'une petite part de l'équation. Les gens heureux
considèrent de façon saine la joie que pourraient leur apporter des possessions matérielles. Dans son livre
Comment être heureux et le rester, Lyubomirsky explique qu'en 1940, la proportion d'Américains déclarant être
« très heureux » était d'environ 7,5 sur 10 [3]. Or, à combien estimez-vous cette proportion aujourd'hui, avec les
iPods, la télévision couleurs, les ordinateurs, des voitures plus rapides, et un revenu qui a plus que doublé ? 7,2.
Non seulement les biens matériels ne font pas le bonheur, mais ce sont même d'importants facteurs de
mécontentement. Une étude a observé l'état d'esprit de 12.000 élèves en première année universitaire, âgés de 18
ans, puis les a interrogés sur leur état de satisfaction par rapport à leur vie lorsqu'ils avaient 37 ans. Ceux qui
avaient exprimé des aspirations matérialistes à 18 ans étaient moins satisfaits de leurs vies vingt ans plus tard [4].

Ils ont développé de saines stratégies pour gérer les aléas de la vie. Les gens heureux rencontrent des
épisodes stressants dans leurs vies mais ils ont mis au point des stratégies gagnantes pour les surmonter. Savoir
rebondir après un traumatisme fait partie des changements positifs personnels résultant de quelqu'un s'efforçant
de gérer des événements existentiels très difficiles. Selon les chercheurs Tedeschi et Calhoun, il y a 5 facteurs
d'amélioration après la gestion d'un événement difficile : une façon renouvelée d'apprécier la vie, la découverte
d'autres manières d'aborder la vie, une plus grande force personnelle, de meilleures relations avec autrui et un
essor de la spiritualité. Les gens heureux deviennent doués pour voir le bien pouvant résulter de moments
difficiles.

Ils se concentrent sur la santé. Les gens heureux prennent soin de leur corps et de leur esprit et savent gérer
leur stress. Se concentrer sur sa santé ne se limite pas cependant à faire de l'exercice. Les gens heureux agissent
en fait comme des gens heureux. Ils sourient, ils s'investissent dans les choses et apportent un niveau optimal
d'énergie et d'enthousiasme à ce qu'ils font.

Ils cultivent leurs émotions spirituelles. Selon Lyubomirsky, de plus en plus de chercheurs suggèrent que les
personnes croyantes sont plus heureuses, en meilleure santé et se remettent plus facilement d'un traumatisme que
les personnes laïques [5]. De plus, les auteurs Ed Diener et Robert Biswas-Diener expliquent dans leur livre
Happiness: Unlocking the Mysteries of Psychological Wealth, que les émotions spirituelles sont essentielles à la
richesse psychologique et au bonheur, car elles nous aident à nous connecter avec ce qui nous dépasse.

Ils savent où ils vont. Avancer dans le but d'avoir une vie qui ait un sens est l'une des stratégies les plus vitales
utilisées par les gens heureux. J'ai sous-estimé l'importance du sens de la vie quand j'étais avocate, mais c'est
devenu évident pour moi lorsque je me suis retrouvée au bout du rouleau. Selon Diener et Biswas-Diener, les
gens heureux ont des valeurs auxquelles ils tiennent et ont des résultats qui valent la peine qu'on se donne du mal
pour les obtenir.

Le grand Dr. Chris Peterson, aujourd'hui disparu, a évoqué son propre chemin vers le bonheur en ces termes :

"J'ai passé mes premières années de jeune adulte à repousser à plus tard beaucoup de petites choses dont je
savais pourtant qu'elles me rendraient heureux. J'ai eu la chance de me rendre compte un jour que je n'aurais
jamais le temps de les faire, à moins de trouver ce temps nécessaire. Et c'est là que le reste de ma vie a
commencé."

A mesure du temps qui passe, les gens heureux ont développé un éventail spécifique de stratégies qui leur fait
voir la vie différemment - un éventail équilibré entre compétences et émotions. Et vous, qu'ajouteriez-vous à
cette liste ?

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