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LA DEFICIENCE INTELLECTUELLE

I DEFINITION :
Fonctionnement intellectuel général significativement inférieur à la moyenne associé à
des limitations dans au mois deux domaines du fonctionnement adaptatif : communication,
soins personnels, compétences domestiques, etc…
Les critères diagnostic sont définis par le D.S.M.IV (Diagnostical and Statistical
Manual – révision IV).

Les trois critères diagnostics de la déficience intellectuelle :


- critère A : fonctionnement intellectuel général significativement inférieur à la
moyenne
- critère B : le fonctionnement adaptatif
- critère C :
Le fonctionnement intellectuel général est défini par un quotient intellectuel. Le Q.I. n’est pas
l’intelligence mais une expression possible de l’intelligence.
Il quantifie le degrés de déficience d’un individu dans un ensemble d’épreuves
comparativement à l’efficience de la population de référence.
Il correspond au niveau de performance intellectuelle d’un sujet compte tenu de son
âge chronologique.

Anamnèse : parcours de vie de l’individu de la grossesse à aujourd’hui.

Un fonctionnement intellectuel général significativement inférieur à la moyenne est


défini par un Q.I situé à deux Déviations Standards (D.S) au-dessous de la moyenne
(moyenne = 100).

Ainsi le D.S.M.IV distingue :


 le retard mental léger : 55 < Q.I < 70 = 2 D.S
 le retard mental moyen : 40 < Q.I < = 3 D.S
 le retard mental grave : 25 < Q.I < = 4 D.S
 le retard mental profond : Q.I < 25 = 5 D.S

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Q.I > 130 = « enfant précoce » ⇒ réfléchit et pense de manière différente
Q.I.< 70 = réfléchit et pense de manière différente

La déficience intellectuelle légère :

Cette déficience concerne 85% de la population ayant une déficience intellectuelle.


Les sujets développent habituellement des aptitudes à la socialisation et à la
communication pendant la période préscolaire et ont une altération minime des fonctions
sensori-motrices.
Vers la fin de l’adolescence, ils peuvent faire des acquisitions scolaires jusqu’au
niveau 6ème environ.
A l’âge adulte, ils peuvent parvenir à une insertion sociale et professionnelle
suffisante pour assurer une autonomie minimale.

La déficience intellectuelle modérée :

Concerne 10% de la population déficiente intellectuelle.


Les sujets acquièrent des aptitudes à la communication pendant la première enfance.
Pendant l’adolescence, leurs difficultés à acquérir les conventions sociales peuvent
gêner leurs relations avec leurs camarades.
A l’âge adulte, la plupart réussissent dans des travaux non-qualifiés ou semi-
qualifiés, que se soit dans des ateliers protégés ou dans le monde du travail.
Il s’adaptent bien à la vie en communauté, généralement dans des structures
protégées.

La déficience intellectuelle sévère :

Représente 3 à 4% de la population déficiente intellectuelle.


Pendant la première enfance, ils ne développent que peu ou pas de communication
verbale.
A l’âge scolaire, ils peuvent apprendre à parler et à prendre soin d’eux de façon
élémentaire.

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A l’âge adulte, ils peuvent être capable d’effectuer des tâches simples sous
surveillance étroite.
La plupart s’adaptent à la vie en communauté, en foyer ou en famille.

La déficience intellectuelle profonde :

Touche 1 à 2% de la population déficiente intellectuelle.


Pendant la première enfance, ils présentent des perturbations considérables des
fonctions sensorimotrices.
Un développement optimal avec une amélioration du développement moteur, de
l’autonomie et des capacités de communication peut survenir dans un environnement très
structuré, comportant une assistance et une surveillance constante.

Il existe plusieurs tests pour évaluer le Q.I.


En France, les ECHELLES DE WESCHLER sont les plus utilisées :
- la W.P.P.S.I.- III pour les enfants de 2 ans 6 mois à 7 ans 3 mois
- la W.I.S.C – IV pour les enfants de 6ans à 16 ans 11 mois
- la W.A.I.S pour les adultes de 16 à 89 ans
La W.I.S.C.- IV est plus fréquemment utilisée en clinique.
Il ne faut pas considérer le Q.I total seul, mais l’ensemble des indices.

Critère B : le fonctionnement adaptatif :

La déficience intellectuelle s’accompagne de limitations significatives du


fonctionnement adaptatif dans au moins deux des secteurs d’aptitudes suivants :
- la communication
- les soins personnels
- les compétences domestiques
- les habiletés sociales
- l’utilisation des ressources communautaires
- la santé, la sécurité

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Le fonctionnement adaptatif est la pratique des activités quotidienne requises pour une
adaptation personnelle et sociale suffisante. Il fait référence à la façon dont l’individu fait
effectivement face aux exigences de la vie courante et à sa capacité à atteindre des normes
des normes d’autonomie personnelle que l’on peut attendre à l’égard de son âge
chronologique, de son contexte socioculturel et de son environnement :
le fonctionnement adaptatif est fonction de l’âge du sujet
le fonctionnement adaptatif est fonction des représentations parentales et sociales.
le fonctionnement adaptatif est défini par la pratique habituelle et non par la
compétence
Le fonctionnement adaptatif est évalué par :
- une échelle de comportement adaptatif
et/ou
- les éléments cliniques
 L’échelle de comportement adaptatif :

La plus utilisée est celle de VINELAND. Elle s’adresse aux individus de la naissance à 18 ans
11 mois, elle est remplie par l’intermédiaire d’un entretien semi-directif avec la personne qui
connaît le mieux le sujet évalué.
Elle évalue :
∗ la communication (capacité d’expression, compréhension, lecture, écriture)
∗ l’autonomie (actes de la vie quotidienne pour prendre soin de soi)
∗ la socialisation (aptitude pour pouvoir s’entendre avec autrui)
∗ la motricité (globale et fine pour les moins de 6 ans)
∗ les comportements inadaptés

 Les éléments cliniques :

 retard psychomoteur
 retard de langage et de parole
 retard graphique
 retard dans les apprentissages
 développement homogène, sans dégradation, sans signes discordants

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 difficultés d’intégration
 troubles du comportement

Pour poser un diagnostic de déficience intellectuelle, les trois critères diagnostics suivants
doivent être présents :
 fonctionnement intellectuel général significativement inférieur à la moyenne
 limitation significative du fonctionnement adaptatif
 présence avant 18 ans

 Etiologie (causes) :

Plus le retard mental est sévère, plus il y a de chances qu’il se manifeste à un âge
précoce et qu’on y trouve une étiologie.
L’étiologie reste introuvable pour 50% des déficiences légères et 30% des déficients
sévères et profond.

L’étiologie de la déficience intellectuelle est d’origine :


- organique
et/ou
- psychosociale

Etiologie organique :

- prénatale (troubles chromosomiques, troubles de type syndrome, erreur innée du


métabolisme)
- périnatale (28ème semaine de grossesse et 7 jours après la naissance) : troubles intra-
utérin, troubles néo-natals
- post-natale (traumatisme crânien, infection, troubles dégénératifs, troubles convulsifs,
troubles toxico-métaboliques, malnutrition, privation environnementale)

Etiologie psychosociale :

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- stimulations sensorielles, sociales et langagières en quantité et de qualité insuffisantes,
incorrectes ou inadaptées
- statut socio-économique qui ne permet pas d’assurer l’ensemble des conditions
essentielles au développement adéquat de l’enfant
- carence maternelle ou absence de soins visant à assurer la sécurité de l’enfant.

Manifestations cliniques :

Caractéristiques cognitives et neuropsychologiques :

L’enfant déficient intellectuel apprend moins vite. Ainsi, même si dans les formes simples
d’apprentissage la différence est moindre, l’écart augmente en fonction de la complexité du
processus d’apprentissage.
En général, les fonctions instrumentales (mémoire, attention, perception, coordination
motrice) sont mieux préservées que les fonctions associatives (langage, raisonnement verbal
et non verbal, intégration, adaptation, métacognition).
L’enfant déficient a besoin de plus de temps pour traiter et intégrer l’information.
L’enfant déficient intellectuel à une incapacité à généraliser, abstraire, à partir
d’expériences antérieures et une difficulté à inhiber, contrôler les réponses déjà apprises.
L’apprentissage exige la répétition fréquente sur de longues périodes.

Caractéristiques affectives et comportementales :

- Faible estime de soi : provient des échecs répétés. Facteur de démotivation. Ne


contribue pas à la formation d’une bonne image de soi.
- Relation à autrui : l’attachement peut être excessif, accaparant et envahissant.
- Jugement moral faible ⇒ « J’évite la punition et je recherche la récompense ».
- Mécanismes de contrôle insuffisants : gère très mal la frustration ⇒ entraîne les
troubles du comportement.

Les répercussions intra-familiales :

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A l’annonce du handicap il y a confrontation de l’enfant réel à l’enfant imaginaire, les parents
doivent faire le deuil de l’enfant imaginaire pour adopter l’enfant réel.

Caractéristiques de l’enfant déficient intellectuel : déviances éducatives (trop ou trop peu)

Besoins spécifiques :
- nécessité d’intervention précoce
- orientation scolaire adaptée
- intervention pédagogique appropriée
- mesures thérapeutiques
- il faut promouvoir la stabilité (même environnement, même école, même thérapeute,
etc…)

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