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N°3854 26 avril 2019 | 6,50 € A HILDEGARDE COMPANY
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N°3854

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26 avril 2019 | 6,50

A HILDEGARDE COMPANY
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N°3854 26 avril 2019 | 6,50 € A HILDEGARDE COMPANY ENEN ETET Rejoignez-nous sur WaltDisneyStudiosFR
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N°3854 BILAN DU PRODUCTION SUMMIT FICTION DE MARSEILLE 26 avril 2019 | 6,50 € Le
N°3854
BILAN DU PRODUCTION SUMMIT FICTION DE MARSEILLE
26 avril 2019 | 6,50 €
Le premier hebdomadaire des professionnels de l’audiovisuel
A HILDEGARDE COMPANY
Une fille facile
de Rebecca Zlotowski
est sélectionné
à la Quinzaine
des réalisateurs.
Dossier
Coproduction
2019
10 PAYS
ANALYSÉS
CANNES 2019
Compétition, Quinzaine, Semaine de la Critique, Acid
LA SÉLECTION SE PEAUFINE
FRANCE
PRODUCTION
FICTION
Fréquentation
Une baisse amenée
à s’installer ?
Documentaire
Cinétévé prend
le pouls du monde
Felicita Films
Marie Guillaumond
crée sa structure

© MANO

4

© MANO 4 ÉDITO Sommaire 21 DOSSIER SPÉCIAL Netflix Cinematic Universe, phase 3 Coproduction internationale L

ÉDITO

Sommaire 21 DOSSIER SPÉCIAL Netflix Cinematic Universe, phase 3 Coproduction internationale L ’ annonce, voici
Sommaire
21
DOSSIER SPÉCIAL
Netflix Cinematic
Universe, phase 3
Coproduction internationale
L ’ annonce, voici quelques jours, de la sélection du Festival de Cannes 2019
ÉVÉNEMENT
6
(cf. FF n°3853, et dans ce numéro pp. 6-7), a été également l’occasion pour Pierre
Cannes 2019
Sections parallèles cannoises : le programme
complet
Lescure et Thierry Frémaux de rappeler leur attachement à la salle. Rappel qui
ACTUALITÉS
Les indicateurs de la semaine
8
Fréquentation
Une baisse amenée à s’installer ?
8
Fiction
Marie Guillaumond crée Felicita Films
10
Distribution
Juste Doc se mobilise pour #Female Pleasure
10
Production
L’art du documentaire chez Cinétévé
12
Distribution
Alba Films affiche ses ambitions
12
Exploitation
UGC investit dans C2L
13
se manifeste à travers les dispositifs mis en place dans toute la France pour faire vivre
l’ouverture aux Français, mais aussi à travers une évocation de la règle qui implique
que tout film participant à la compétition se doit de sortir sur grand écran. Une mention
autant faite pour rassurer l’exploitation, très sensible sur la question, qu’anticiper toute
question autour de Netflix. Le sujet n’a rien de neuf, même s’il continue de provoquer des
interrogations, jusqu’à l’Académie des Oscars, qui a choisi de laisser la porte ouverte aux
œuvres issues de plateformes. Ce qui l’est moins, c’est le dernier mouvement du géant de la
SVàD, qui semble entrer dans une autre phase de son développement. Après le lancement
de son service, puis les accords pour des contenus exclusifs – les fameux “Originals” –,
Reed Hastings et les siens se lancent dans la mêlée de la production déléguée. Quelques
indices pointaient déjà la volonté de contrôler davantage les outils de production : l’arri-
vée, en mars 2019, de David Kosse (ex d’Universal et dirigeant de STX International) à
la tête de la nouvelle division International film, ou la reprise en main de la production de
certaines séries. L’annonce, en fin de semaine dernière, de l’ouverture de studios à New
York ne laisse plus de place au moindre doute : Netflix va désintermédiatiser et récupérer

Exploitation Déménagement en vue pour Le Cinématographe de Nantes

13

Industrie Les techniciens de la postproduction font monter la pression

Événement Production Summit Fiction à Marseille

BENELUX

Financement Les films flamands, succès locaux et à l’international

16

14

13

INTERNATIONAL

17

USA La WGA poursuit les agents artistiques

Télévision Plusieurs investisseurs pour les chaînes sport de Fox

DÉJEUNERS

18

Cédric Le Gallo, Maxime Govare, Denis Parrot, Grégory Montel, David Hourrègue

CAHIER FILMS

34

Projets, préparations, tournages télévision, sorties des films

CAHIER CHIFFRES

41

Les entrées cinéma BO international Audiences télévision

42

46

48

RÉSULTATS 1 ER JOUR

50

SUR LEFILMFRANCAIS.COM

50

une partie de l’échelle de valeur en produisant par elle-même. Plus que jamais, elle se positionne donc comme un studio.

Laurent Cotillon, directeur exécutif

L’HUMEUR DE

❖ Laurent Cotillon, directeur exécutif L’HUMEUR DE LE + DE LA SEMAINE RENCONTRES DE CINEMA A
❖ Laurent Cotillon, directeur exécutif L’HUMEUR DE LE + DE LA SEMAINE RENCONTRES DE CINEMA A

LE + DE LA SEMAINE

directeur exécutif L’HUMEUR DE LE + DE LA SEMAINE RENCONTRES DE CINEMA A l’occasion de la

RENCONTRES DE CINEMA

A l’occasion de la sortie de NOUS FINIRONS ENSEMBLE, en salles le 1er mai, Laurent Weil reçoit François Cluzet et Guillaume Canet pour une interview exclusive.

PLUS ON REGARDE CANAL+, PLUS ON AIME LE CINEMA

Canet pour une interview exclusive. PLUS ON REGARDE CANAL+, PLUS ON AIME LE CINEMA Dimanche 28

Dimanche 28 avril à 12H20 en clair sur

UN FILM DE le 14 mai @FocusFeaturesFR #TheDeadDontDie © 2019 IMAGE ELEVEN PRODUCTIONS INC. TOUS
UN FILM DE le 14 mai @FocusFeaturesFR #TheDeadDontDie © 2019 IMAGE ELEVEN PRODUCTIONS INC. TOUS
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UN FILM DE

UN FILM DE le 14 mai @FocusFeaturesFR #TheDeadDontDie © 2019 IMAGE ELEVEN PRODUCTIONS INC. TOUS DROITS

le 14 mai

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@FocusFeaturesFR
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#TheDeadDontDie © 2019 IMAGE ELEVEN PRODUCTIONS INC. TOUS DROITS RÉSERVÉS. / ARTWORK © 2019 FOCUS FEATURES

6

ÉVÉNEMENT6 51 e Quinzaine des réalisateurs Ouverture ◗ Le daim de Quentin Dupieux Clôture ◗ Yves

6 ÉVÉNEMENT 51 e Quinzaine des réalisateurs Ouverture ◗ Le daim de Quentin Dupieux Clôture ◗

51 e Quinzaine des réalisateurs

Ouverture

Le daim de Quentin Dupieux

Clôture

Yves de Benoît Forgeard

LONGS MÉTRAGES

Alice et le maire de Nicolas Pariser

And Then We Danced de Levan Akin

Ang Hupa (The Halt) de Lav Diaz

Canción sin nombre (Song Without a Name) de Melina León

Ghost Tropic de Bas Devos

Give Me Liberty de Kirill Mikhanovsky

Hatsukoi (First Love) de Takashi Miike

Huo zhe chang zhe (To Live to Sing) de Johnny Ma

Koirat eivät käytä housuja (Dogs Don’t Wear Pants) de Jukka-Pekka Valkeapää

The Lighthouse de Robert Eggers

Lillian d’Andreas Horwath

Oleg de Juris Kursietis

On va tout péter de Lech Kowalski

Les particules de Blaise Harrison

Parwareshgah (The Orphanage) de Shahrbanoo Sadat

Perdrix (titre provisoire) d’Erwan Le Duc

Por el dinero (For the Money) d’Alejo Moguillansky

Sem seu sangue (Sick Sick Sick) d’Alice Furtado

Tlamess d’Ala Eddine Slim

Une fille facile de Rebecca Zlotowski

Wounds de Babak Anvari

Zombi Child de Bertrand Bonello

COURTS ET MOYENS MÉTRAGES

Deux sœurs qui ne sont pas sœurs (Two Sisters Who Are Not Sisters) de Beatrice Gibson; Les extraordinaires mésaventures de la jeune fille de pierre (The Marvelous Misadventures of the Stone Lady) de Gabriel Abrantes; Grand Bouquet de Nao Yoshigai; Hãy Tinh Thuc Và San Sàng (Stay Awake, Be Ready) d’An Pham Thien; Je te tiens de Sergio Caballero; Movements de Dahee Jeong; Olla d’Ariane Labed; Piece of Meat de Jerrold Chong et Huang Junxiang; Plaisir fantôme de Morgan Simon; That Which Is to Come Is Just a Promise de Flatform

[Festival de Cannes]

SECTIONS PARALL

LE PROGRA

Semaine de la critique, Quinzaine des réalisateurs et Acid ont dévoilé leurs sélections, qui accueillent au total 20 premiers longs métrages, la Quinzaine étoffant largement sa programmation. PATRICE CARRÉ

R évélée par Charles Tesson durant le lundi de Pâques, la sélection de la Semaine de la critique s’ouvrira avec Litigante, deuxième film du cinéaste colombien Franco Lolli qui avait déjà présenté Gente de bien au Miramar en 2014. Il est construit sur un per- sonnage féminin central réagissant

de façon surprenante face à de graves difficultés, tant personnelles que professionnelles. La compétition est composée de cinq premiers films : Abou Leila d’Amin Sidi-Boumédiène, plongée dans l’Algérie de 1994 déchirée par la guerre civile; Ceniza negra de Sofía Quirós Ubeda, découverte à la Semaine en 2017 avec son court Selva,

l’histoire d’une adolescente confrontée pour la première fois à la mort ; J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin (réalisateur du court Skhizein) film d’animation audacieux débutant lorsque la main tranchée d’un jeune homme s’échappe d’une salle de dissection ; Nuestras madres de César Díaz qui revient sur un drame commun à de nombreux pays latino-américains, les disparus des dic- tatures militaires; et Le miracle du Saint Inconnu d’Alaa Eddine Aljem, mélant avec un certain sens du burlesque différents genres autour d’un voleur déterminé à retrouver son butin enterré dans le désert. Ils seront accompagnés de Hvítur, Hvítur Dagur de Hlynur Pálmason, sur un per- sonnage confronté à la perte brutale de sa femme qu’il soupçonne d’infidélité, et Vivarium de Lorcan Finnegan, huis clos fantastique interprété par Imogen Poots et Jesse Eisenberg. Deux séances spéciales seront consacrées aux

premiers longs métrages de réalisatrices : Les héros ne meurent jamais d’Aude Léa Rapin, dans lequel un jeune homme se persuade qu’il est la réincarnation d’un soldat mort en Bosnie, et Tu mérites un amour de, et avec, Hafsia Herzi, autre portrait de femme sur fond d’errance amou- reuse, ayant la particularité d’avoir été entièrement auto- produit. La clôture sera assurée par Chun jiang shui nuan de Xiaogang Gu, œuvre chinoise indépendante se présen- tant comme le premier volet d’une trilogie autour du destin d’une famille vivant au rythme de la nature et des saisons. Et les courts et moyens métrages seront très présents avec une compétition composée de dix titres, cinq autres films étant présentés lors de deux séances spéciales.

“LE DAIM” DE QUENTIN DUPIEUX OUVRIRA LA QUINZAINE

C’est une Quinzaine pléthorique que nous offre pour sa première sélection Paolo Moretti, ayant retenu 26 longs métrages, soit quasiment un tiers de plus que lors des éditions précédentes. Elle fait notamment une large place au cinéma français le plus décoiffant qui soit, comme en témoignent l’ouverture confiée au Daim de Quentin Dupieux, la clôture étant assurée par Yves de Benoît Forgeard, quand un frigo intelligent devient le “ghost wri- ter” d’un jeune rappeur. Autres productions hexagonales retenues, Alice et le maire de Nicolas Pariser, dans lequel Fabrice Luchini incarne un maire lyonnais au plus mal ; On va tout péter de Lech Kowalski, sur le combat des sala- riés de l’usine de La Souterraine dans la Creuse; Perdrix, premier long métrage d’Erwan Le Duc, qui voit une sin-

Les films français de la sélection officielle

une sin- Les films français de la sélection officielle DESPLECHIN, SCIAMMA, TRIET ET LY EN COMPÉTITION

DESPLECHIN, SCIAMMA, TRIET ET LY EN COMPÉTITION

Avant quelques ajouts finaux, Thierry Frémaux, délégué géné- ral du Festival de Cannes, a annoncé 19 titres en compétition. Outre ceux donnés la semaine dernière dans nos colonnes, brigueront la Palme d’or quatre films français qui reflètent la couleur générale de la compétition, la présence de cinéastes expérimentés, le renouveau et la présence de réalisatrices (le quota français fournissant deux des quatre de la compétition). Ainsi, Arnaud Desplechin revient avec Roubaix, une lumière, avec Roschdy Zem, Antoine Reinartz, Léa Seydoux, Sara Fores- tier. Trois noms font leur entrée: Céline Sciamma, déjà venue à Un certain regard, pour Portrait de la jeune fille en feu, avec Adèle Haenel et Noémie Merlant; Justine Triet, pour la pre- mière fois en officielle, avec Sibyl, où elle a filmé à nouveau Virginie Efira; et Ladj Ly, coréalisateur du documentaire À voix haute (pour la télévision), pour son premier long de cinéma, une fiction, Les misérables. Hors compétition, on retrouvera Claude Lelouch pour Les plus belles années d’une vie, suite d’Un

N° 3854 du 26 avril 2019

on retrouvera Claude Lelouch pour Les plus belles années d’une vie , suite d’ Un N°
7 58 e Semaine de la critique Ouverture ◗ Litigante de Franco Lolli Clôture ◗

7

7 58 e Semaine de la critique Ouverture ◗ Litigante de Franco Lolli Clôture ◗ Chun

58 e Semaine de la critique

Ouverture

Litigante de Franco Lolli

Clôture

Chun jiang shui nuan (Dwelling in the Fuchun Mountains) de Xiaogang Gu

LONGS MÉTRAGES

Compétition

Abou Leila d’Amin Sidi-Boumédiène

Ceniza negra (Cendre noire) de Sofía Quirós Ubeda

Hvítur, Hvítur Dagur (A White, White Day) de Hlynur Pálmason

J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin

Nuestras madres (Our Mothers) de César Díaz

The Unknown Saint (Le Miracle du Saint Inconnu) d’Alaa Eddine Aljem

Vivarium de Lorcan Finnegan

Séances spéciales

Les héros ne meurent jamais d’Aude Léa Rapin

Tu mérites un amour de Hafsia Herzi

COURTS MÉTRAGES

Compétition

Dia de festa (Jour de fête) de Sofia Bost

Fakh (The Trap) de Nada Riyadh

Ikki illa meint d’Andrias Høgenni

Journey Through a Body de Camille Degeye

Kolektyvinai sodai (Community Gardens) de Vytautas Katkus

Lucía en el limbo de Valentina Maurel

The Manila Lover de Johanna Pyykkö

Mardi de 8 à 18 de Cecilia de Arce

She Runs de Qiu Yang

Ultimul Drum Spre Mare (Le dernier voyage à la mer) d’Adi Voicu

Séances spéciales Courts métrages 1

Demonic de Pia Borg

Naptha de Moin Hussain

Please Speak Continuously and Describe your Experiences as They Come to You de Brandon Cronenberg

Courts métrages 2

Invisível herói (Invisible Hero) de Cristèle Alves Meira

Tenzo de Katsuya Tomita

N° 3854 du 26 avril 2019

ÈLES CANNOISES

MME COMPLET

gulière famille bouleversée par l’arrivée d’une étrangère ; Une fille facile de Rebecca Zlotowski, qui a déjà eu les hon- neurs de la presse people grâce à la présence au casting de l’ex-call-girl Zahia Dehar; et enfin le dernier Bertrand Bonello, Zombi Child, première incursion de l’auteur dans un genre dont il interroge les sources en racontant le destin du Haïtien Clairvius Narcisse, victime d’un sortilège vau- dou. Mais ce sillon singulier sera exploré tout au long de cette sélection avec des œuvres telles que Give Me Liberty de Kirill Mikhanovsky, comédie grinçante sur un jeune ambulancier malchanceux, remarquée à Sundance; Dog Don’t Wear Pants du Finlandais Jukka-Pekka Valkeapää, un veuf inconsolable qui renait suite à sa rencontre avec une dominatrice; Lillian d’Andreas Horwath, une actrice porno new-yorkaise décide de rentrer à pied dans sa Russie natale; Ghost Tropic de Bas Devos, l’errance noc- turne d’une femme qui se réveille au terminus après s’être endormie dans le métro; Oleg de Juris Kursietos, un jeune boucher letton arrivé à Bruxelles tombe sous le joug d’un mafieux polonais; Les particules de Blaise Harrison, un adolescent particulièrement perturbé par des effets pro- voqués par l’accélérateur de particules le plus puissant du monde; Parwareshgah de Shahrbanoo Sadat qui opère ainsi son retour à la Quinzaine avec cette histoire d’un orphelin des rues de Kaboul vendant des tickets de cinéma au marché noir; ou encore To Live to Sing de Johnny Ma, mêlant le fantastique et le social. Le genre est évidemment très présent, notamment via le nouveau film de Robert Eggers, The Lighthouse dans lequel Robert Pattinson et Willem Dafoe incarnent deux gardiens de phare confrontés à des phénomènes inexplicables, ou via Takashi Miike qui viendra présenter son dernier opus, First love. Autre cinéaste hors norme, le Philippin Lav Diaz, habitué à livrer des films fleuves, dont la dernière réalisation retenue par Moretti, The Halt, ne devrait pas faire exception à la règle. Et le complice de Quentin Tarantino, Robert Rodriguez,

donnera une master class suivie de la projection de Red 11, qu’il aurait réalisé pour 7000 $, opérant ainsi un retour aux sources vers le mode de production de son premier long métrage, El Mariachi. Rappelons également que le Carrosse d’or sera remis cette année à John Carpenter, dont sera diffusé The Thing.

27 e édition de l’Acid ◗ L’angle mort de Pierre Trividic et Patrick-Mario Bernard ◗
27 e édition
de l’Acid
L’angle mort de Pierre Trividic
et Patrick-Mario Bernard
Des hommes de Jean-Robert Viallet
et Alice Odiot
Indianara d’Aude Chevalier-Beaumel
et Marcelo Barbosa
Kongo de Hadrien La Vapeur
et Corto Vaclav
Mickey and the Bear
d’Annabelle Attanasio
◗ Solo d’Artemio Benki
◗ Rêves de jeunesse d’Alain Raoust
Take me Somewhere Nice
d’Ena Sendijarevic
Vif-argent de Stéphane Batut
Séances spéciales
ACID TRIP ARGENTINE
Brève histoire de la planète verte
de Santiago Loza
◗ Las Vegas de Juan Villegas
◗ Sangre blanca de Barbara Sarasola-Day

homme et une femme, tandis que Nicolas Bedos dévoilera son deuxième long, La belle époque. En séances spéciales, outre Être vivant et le savoir, documen- taire d’Alain Cavalier avec Emmanuèle Bernheim, les festi- valiers prendront des nouvelles de deux grands noms que nous n’avions pas annoncés, Werner Herzog pour Family Romance LLC. et Abel Ferrara pour Tommaso, ainsi que du plus jeune, Juan Solanas, pour son deuxième film, Que sea ley. À Un certain regard, quatre titres français ont été rete- nus, deux d’auteurs habitués de Cannes: Bruno Dumont pour Jeanne, la suite de Jeannette, sur Jeanne d’Arc, et le prolifique Christophe Honoré pour Chambre 212. Zabou Breitman vient pour la première fois comme réalisatrice en sélection cannoise avec sa coréalisatrice Éléa Gobé Mévellec pour Les hirondelles de Kaboul (produit par Les Armateurs, participation de Hildegarde, propriétaire du Film français), adapté en animation de Yasmina Khadra, tandis qu’Albert Serra, après La mort de Louis XIV en séance spéciale en 2016, dévoilera Liberté. À noter que nous n’avions pas annoncé A vida invisível de Eurídice Gusmão du Brésilien Karim Aïnouz et Evge, premier film ukrainien de Nariman Aliev. Y Sarah Drouhaud

© MICHEL CROTTO

8

ACTUALITÉS© MICHEL CROTTO 8 Les indicateurs de la semaine [Fréquentation] Cinéma France 624513 entrées pour After

Les indicateurs de la semaine

[Fréquentation]

Cinéma

France

624513

entrées pour After - Chapter 1 qui démarre en tête du BO France, affichant une moyenne de 1 210 spectateurs par copie.

Source: comScore www.lefilmfrancais.com Cinéma États-Unis 26,3 M$
Source: comScore
www.lefilmfrancais.com
Cinéma
États-Unis
26,3 M$

pour La malédiction de la dame blanche le film d’horreur produit par James Wan, qui s’empare de la pole position haut la main.

Source: comScore

www.lefilmfrancais.comde la pole position haut la main. Source: comScore Scare +8% Soit, selon le baromètre Comscore-Scare,

Scare

+8%

Soit, selon le baromètre Comscore-Scare, l’évolution hebdomadaire de la fréquentation des salles art et essai par rapport à la même période en 2018. Les cinémas classés des catégories A et B voient, eux, leur fréquentation baisser de 3%. Parallèlement, l’affluence des établissements art et essai plonge de 24% en comparaison avec la semaine précédente, dans un marché global en baisse, lui, de 16%.

Source: 972 sur 1295 cinémas art et essai remontés, soit 2260 sur 2702 écrans.

Audiences

télé

4,93 millions

de téléspectateurs (21,9% de PDA) pour l’épisode rediffusé de Capitaine Marleau, Brouillard en thalasso, mardi 23 avril, sur France 3. Leader (face à la série de TF1, L’arme fatale, le film de M6, The Avengers…), l’opus avec Bruno Todeschini et Claire Nebout fait mieux que lors de sa première programmation (4,6 millions de fans en septembre 2016), mais pas la deuxième (5,8 millions en octobre 2017).

Source: Médiamétrie www.lefilmfrancais.com Vidéo -15,5%
Source: Médiamétrie
www.lefilmfrancais.com
Vidéo
-15,5%

en volume, c’est la perte du marché vidéo comparée à la semaine équivalente en 2018 tandis que la baisse de valeur est de 12,7% sur la même période. Astérix – le secret de la potion magique prend la tête (Warner HV) devant deux piliers du top : Les animaux fantastiques 2 : les crimes de Grindelwald (Warner HV) et Bohemian Rhapsody (SPHE).

Source: Gfk

BourseBourse

-4%

BAISSE AMENÉE

(SPHE). Source: Gfk BourseBourse -4% BAISSE AMENÉE UNE À S’INSTALLER ? En diminution en 2017 et

UNE

À

S’INSTALLER ?

En diminution en 2017 et 2018, la fréquentation en salle affiche également un recul au premier trimestre 2019. L’occasion de s’interroger sur les causes de ce repli et sa nature : conjoncturelle, structurelle ? Éléments de réponses.

KEVIN BERTRAND ET SYLVAIN DEVARIEUX

L a baisse est conséquente : entre 2016 et 2018, les salles hexagonales ont “perdu” 12,7 mil- lions d’entrées. Depuis l’excellente cuvée de 2016 – 213,2 millions de billets, 2 e meilleur résultat depuis 1966 –, le box-office tricolore n’a en effet cessé de reculer, chutant de 1,8%

en 2017 (209,4 millions) puis de 4,3% en 2018 (200,5 mil- lions). Des résultats qui ne lui ont permis de dépasser que d’un cheveu le seuil symbolique des 200 millions de spectateurs, sous lequel le marché n’est passé qu’à une seule reprise (en 2013) depuis 2009. Le repli constaté en mars 2019 (-12%) a même placé le marché sous cette barre si l’on prend en compte l’année glissante, avec 198,3 mil- lions de billets générés entre avril 2018 et mars 2019. Comment expliquer ces baisses successives ? L’explica- tion est-elle d’ordre conjoncturel ou structurel ? Dans son étude “L’année cinéma 2018”, Médiamétrie relève ce qui apparaît d’emblée comme un paradoxe : bien que la fré- quentation soit en baisse depuis deux ans, le nombre de spectateurs en France demeure stable, à 41,6 millions en 2018. “Il y a donc eu moins d’entrées par spectateur, pointe

Marine Boulanger, directrice du pôle cinéma & entertain- ment de Médiamétrie. 2018 a été atypique, car par rapport aux autres années chargées en actualité, cette dernière s’est installée dans la durée : un effet Coupe du monde prolongé du fait du parcours de l’équipe de France, un été extrêmement chaud et une mobilisation des Gilets Jaunes qui a impacté les sorties des Français en général. Cet atypisme a pu favoriser des comportements différents en termes de loisirs chez les spectateurs.”

OFFRE ET TRANCHES D’ÂGES EN DÉFICIT?

Parallèlement, le spectateur moyen a continué de vieillir plus rapidement que la population française. Selon l’étude “75 000 cinéma” de Médiamétrie, son âge atteignait ainsi 39,3 ans en 2018, contre 38,6 en 2017 et 37,9 en 2016. Celle-ci remarque également un repli important du nombre d’entrées en 2017 et 2018 chez les 25-49 ans, évalué à 65,1 millions en 2018. Un constat relevé également dans une étude publiée, fin mars, par Vertigo. “La baisse est en partie conjoncturelle”, analyse son Pdg, Sylvain Bethenod, pointant une offre de films moins forte sur cette cible au cours des deux dernières années. “Si l’offre permet en partie d’expliquer cette baisse, nous pensons que cela va plus loin, car, selon nos relevés, le repli est récurrent depuis plusieurs années. Il faut donc, peut-être, y voir un effet plus structurel.” En effet, Vertigo note que le déficit chez les 25-49 ans se pro- longerait depuis 2016. En deux ans, le marché aurait ainsi perdu 5,3 millions d’entrées chez les 25-34 ans et 7,3 mil- lions chez les 35-49 ans. Soit 12,6 millions de tickets cumu-

lés, ce qui équivaut – grossièrement – aux entrées “perdues” entre 2016 et 2018. “Pour chercher des explications, il faut peut-être aller voir du côté d’autres offres de contenus. Il faut garder en tête que les 25-34 ans et les 35-49 ans forment le cœur de cible des opérateurs de SVàD”, souligne Syl- vain Bethenod. Les conséquences du développement des grandes plateformes vidéo – au premier rang desquelles Net- flix, qui compte déjà 5 millions d’abonnés en France et bien plus d’utilisateurs – commenceraient en effet à se ressentir. “Je ne pense pas qu’il y a une concurrence frontale des plateformes, avance Richard Patry, président de la FNCF. Le problème est davantage lié au temps de loisirs disponible des spectateurs, auxquels de plus en plus de propositions sont faites.” Aussi, la FNCF a-t-elle décidé de travailler sur une “grande opération de communication autour de l’image de la salle de cinéma”, au sein de laquelle les jeunes adultes seront plus particulièrement ciblés. “Cette tranche d’âge est celle sur laquelle nous devons nous concentrer le plus for- tement”, reprend Richard Patry.

QUELLES POSSIBILITÉS À TERME?

De son côté, Médiamétrie pointe un repli, depuis 2016, des entrées chez les 15-24 ans, atteignant, avec 33,2 millions de tickets, son plus bas niveau depuis au moins 25 ans. “Les 15-24 ans sont toujours autant à venir au cinéma, mais, depuis deux ans, ils achètent moins d’entrées”, explique Marine Boulanger. Là encore, l’évolution des modes de consommation entre en ligne de compte. “Le développe- ment de l’offre de gaming en ligne et de la SVàD fait sens pour expliquer cette baisse. Il y a un effet conjoncturel qui s’accentue.” Ce repli intervient à l’heure où distributeurs et exploitants ne cessent d’accroître leurs investissements. Les premiers, en intensifiant leurs dépenses promotionnelles. Les seconds, en modernisant leurs installations et en opé- rant une montée en gamme technologique, dans l’idée notamment de partir à la (re)conquête des jeunes. “Il est un peu inquiétant de voir que tous ces investissements ne permettent pas de rester au-dessus de 210 millions d’en- trées”, souligne Éric Marti, Dg de Comscore en France. Et d’estimer que “nous avons l’équipement et le public pour aller, à terme, jusqu’à 240 millions d’entrées. C’est proba- blement utopique, mais c’est une réalité”. D’ici là, quid de 2019 ? Avec 58,83 millions de billets, le premier trimestre suit la même voie que 2017 et 2018 : la baisse, de 4,5% en l’occurrence. “Le début d’année a été très en dessous de ce que nous espérions”, regrette Richard Patry, qui se dit malgré tout “très confiant” pour le reste de 2019. “Sur le papier, beaucoup de gros films arrivent dans les semaines et mois à venir, et la fin d’année est très prometteuse. Si nous n’arrivons pas à redresser la barre, il faudra se poser des questions un peu plus graves…”

Allègements sur Xilam. La société de gestion Amundi a annoncé avoir vendu des titres et être ainsi repassé sous la barre des 5% de droits de vote au capital du producteur d’animation. Reste que la valeur progresse toujours de 16% sur un mois, et a bondi de … 1 500% au cours des trois dernières années.

Source: Euronext

N° 3854 du 26 avril 2019

années. Source: Euronext N° 3854 du 26 avril 2019 Elle a déclaré… Catherine Deneuve, interrogée sur

Elle a déclaré…

Catherine Deneuve, interrogée sur l’évolution du cinéma.Euronext N° 3854 du 26 avril 2019 Elle a déclaré… ON TOURNE TROP DE FILMS EN

ON TOURNE TROP DE FILMS EN FRANCE AUJOURD’HUI. LA SIMPLIFICATION DES MOYENS TECHNIQUES, LA PLUS GRANDE MOBILITÉ ONT FACILITÉ LE PASSAGEDeneuve, interrogée sur l’évolution du cinéma. À L’ACTE. IL Y A, EN PARALLÈLE, MOINS D’EXIGENCE DANS

À L’ACTE. IL Y A, EN PARALLÈLE, MOINS D’EXIGENCE

DANS L’ÉCRITURE.

ONT FACILITÉ LE PASSAGE À L’ACTE. IL Y A, EN PARALLÈLE, MOINS D’EXIGENCE DANS L’ÉCRITURE. LE

LE MONDE, 24/4

ONT FACILITÉ LE PASSAGE À L’ACTE. IL Y A, EN PARALLÈLE, MOINS D’EXIGENCE DANS L’ÉCRITURE. LE

@STUBBYMOVIE

L’HISTOIRE EXTRAORDINAIRE DE STUBBY, LE CHIEN ERRANT DEVENU HÉROS AVEC LA VOIX DE GERARD DEPARDIEU
L’HISTOIRE EXTRAORDINAIRE DE STUBBY,
LE CHIEN ERRANT DEVENU HÉROS
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GERARD
DEPARDIEU
L’HISTOIRE EXTRAORDINAIRE DE STUBBY, LE CHIEN ERRANT DEVENU HÉROS AVEC LA VOIX DE GERARD DEPARDIEU 22MAI

22MAI

L’HISTOIRE EXTRAORDINAIRE DE STUBBY, LE CHIEN ERRANT DEVENU HÉROS AVEC LA VOIX DE GERARD DEPARDIEU 22MAI
L’HISTOIRE EXTRAORDINAIRE DE STUBBY, LE CHIEN ERRANT DEVENU HÉROS AVEC LA VOIX DE GERARD DEPARDIEU 22MAI

© CHARLOTTE SCHOUSBOE

© YOSHIKAZU TSUNO

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ACTUALITÉS© CHARLOTTE SCHOUSBOE © YOSHIKAZU TSUNO 10 EXPLOITATION Le “ nouveau ” Florian ouvre à Vaison-la-

EXPLOITATION
EXPLOITATION

Le nouveau Florian ouvre à Vaison-la- Romaine

La commune vauclusienne accueille, depuis le vendredi 19 avril, un nouveau cinéma de trois écrans et 442 places à l’enseigne Le Florian. Porté par Henri Rolland et Mylène Rolland pour un coût de 3,5 M€, l’établissement a pris le relais de “l’ancien” Florian, complexe art et essai de deux salles et 217 fauteuils triplement labellisé que géraient déjà les deux exploitants, lesquels officient par ailleurs sur L’Arlequin de Nyons (Drôme). Le site dispose d’écrans allant de 15 mètres à 10 mètres de base, tandis que le son Dolby Atmos a été installé dans deux salles. Programmé par MC4, le complexe continuera de développer une ligne éditoriale à la fois généraliste – pour l’essentiel – et art et essai.

FICTION– pour l’essentiel – et art et essai. ❖ K. B. Un nouveau polar pour M6

K. B.

Un nouveau polar pour M6

L’homme que j’ai condamné, un 4x52 minutes, vient d’entrer en production et réunit comme têtes d’affiche Ophélia Kolb et Stanley Weber. Désignée pour être jurée dans un procès criminel, Inès, une infirmière de 40 ans, contribue à faire condamner l’accusé, un homme au passé violent. À l’issue du procès, elle est prise d’un terrible doute: et si elle venait d’envoyer un innocent derrière les barreaux ? Si elle venait de séparer injustement un père de son fils de huit ans, qu’il ne verra pas grandir ? Avec l’aide d’une détective privée au caractère bien trempé, Inès va démarrer sa propre contre-enquête, qui la mènera beaucoup plus loin qu’elle ne le pense… Voici le résumé de cette production Beaubourg Fiction, dont le tournage entre Montpellier, Sète et la région parisienne vient de commencer. La série est produite par Stéphane Marsil, Sophie Lebarbier et Fanny Robert. Écrite par Fanny Robert et Sophie Lebarbier (Profilage), elle est réalisée par Laure de Butler. Aux côtés d’Ophélia Kolb et Stanley Weber, on verra également Lucile Marquis et Frédéric Diefenthal. F.-P. P.-L.

MEA CULPA
MEA CULPA

Dans notre dossier consacré aux régions, paru le 12 avril (3852), nous avons malheureusement attribué la distribution du film Victor & Célia de Pierre Jolivet à Bac Films alors qu’il est accompagné dans les salles depuis le 24 avril par Apollo Films. Toutes nos excuses aux intéressés.

N° 3854 du 26 avril 2019

[Fiction]

MARIE

CRÉE

GUILLAUMOND

FILMS

FELICITA

Celle qui pilota la fiction de TF1 lance sa nouvelle structure, qui rayonnera dans la série mais aussi potentiellement dans le cinéma. Elle présente ses premiers projets et développements. FRANÇOIS-PIER PELINARD-LAMBERT

Marie Guillaumond,
Marie
Guillaumond,

dirige

désormais

sa structure,

Felicita Films.

Guillaumond, dirige désormais sa structure, Felicita Films. M arie Guillaumond a été à la tête de

M arie Guillaumond a été à la tête de la fiction de TF1 de 2013 à mai 2018, impulsant à son poste nombre d’évolutions marquantes dans la ligne éditoriale de la chaîne. Elle y a développé des succès et des marqueurs

forts, comme L’emprise, La mante ou Les bracelets rouges. “Je sais que cela peut sembler un peu provocant mais, pour moi, il n’y a plus de frontière entre le cinéma et la télévision au sens où on pouvait l’entendre avant. Il y a des histoires et

il faut trouver le meilleur vecteur pour les raconter, dit-elle en préambule. Pour le nom de sa société, elle a choisi d’associer Felicita (bonheur en italien) à Films. Cette structure indépen- dante bénéficie du soutien de TF1. “J’y ai passé des années formidables, j’ai pu démontrer que l’on pouvait faire de la fiction populaire de qualité. Quand le groupe a compris que je souhaitais partir, il a voulu m’accompagner. Je suis à 100% chez moi, je travaille de façon totalement indépendante. On peut parler de compagnonnage avec Newen et je suis ins- tallée physiquement dans leurs locaux. C’est nouveau pour

eux. Je ne fais pas partie du groupe mais je travaille avec eux, un peu à la carte, sans output deal”, explique-t-elle sur cette relation nouvelle et inédite. “Je crois à une structure légère appuyée sur un back-office efficace.” Marie Guillaumond ne travaillera pas prioritairement pour TF1 mais entend œuvrer pour tous types d’acteurs et d’univers.

FELICITA FILMS A ACHETÉ LES DROITS DE “I FEEL PRETTY”

Dans les projets immédiats, Felicita Films va adapter des formats. “Prendre un format original et l’adapter au marché français est un exercice original passionnant”, dit-elle. Marie Guillaumond a ainsi pris les droits du film d’Abby Kohn et Marc Silverstein avec Amy Shumer, la comédie I Feel Pretty (2018), qu’elle développe pour TF1. Elle a également acquis les droits de remake de la série austra- lienne The Slap, diffusée sur ABC 1 en 2011, d’après le roman du même nom écrit par Christos Tsiolkas en 2008 (éd. Allen & Unwin). Et aussi ceux du livre Les actes (publié aux éditions JC Lattès), un premier roman signé Cécile Guidot sur l’univers d’une jeune notaire atypique. Deux autres tomes sont prévus. “C’est une comédie humaine avec des personnages truculents en pleine étude nota- riale, entre Dix pour cent et Avocats et associés. C’est une incroyable arène pour une série car c’est un métier qui est au cœur de la vie des Français. Chacun de nous est amené un jour à consulter un notaire pour les petits ou les grands événements de la vie, précise, enthousiaste, la fondatrice de Felicita Films. Côté projets long métrage, Marie Guillaumond explique : “Je me concentre actuellement sur la fiction télé, ce que je sais faire, mais je ne m’interdis pas d’aller vers le cinéma. J’ai aussi envie de découvrir des choses et je peux m’associer aussi ponctuellement avec un partenaire sur un projet”, conclut-elle.

[Distribution] Juste Doc se mobilise pour “ #Female Pleasure ”
[Distribution]
Juste Doc se mobilise
pour “ #Female Pleasure ”

P our la sortie, le 1 er mai, du documen- taire suisse #Female Pleasure, son distributeur se place en tête de pont d’un processus de mobilisation qui

va au-delà de la salle. “C’est une œuvre nécessaire qui reflète le combat de la décen- nie contre les violences faites aux femmes, note Mélanie Simon-Franza, chargée de distribution, avec Agatha Bielecka, chez Juste Doc. L’ambition est de faire du cinéma le nouveau lieu d’échange autour des problé- matiques de condition féminine. Ce film est différent car il nous concerne, nous nous y sommes identifiés. Le sortir, c’est un enga- gement personnel.” Le documentaire de Barbara Miller se penche en effet sur les destins de cinq femmes de nationalités différentes, relatant leur combat contre les

violences faites aux femmes et leur conquête du droit naturel, contre tous préjugés et systèmes, à disposer de leur corps. Autour de ces thématiques fortes, Juste Doc mène depuis plusieurs mois une campagne de communication d’envergure sur les réseaux sociaux, et s’appuie sur le partenariat de 26 organisations – dont la LDH, la Fédération Gams, le Planning fami- lial, Les Chiennes de Garde, l’Aafa, etc. – et l’engagement de près de 500 associations locales. “Le hashtag du titre reflète une volonté d’initier, au-delà de l’œuvre, un mou- vement solidaire, poursuit la distributrice. Notre affiche française a d’ailleurs été créée dans cet esprit de positive empowerment. L’idée est que chaque spectateur puisse revendiquer le film, faire partie du collectif.”

puisse revendiquer le film, faire partie du collectif.” La sortie de #Female Pleasure s’accompagnera d’actions

La sortie de #Female Pleasure s’accompagnera d’actions diverses.

de #Female Pleasure s’accompagnera d’actions diverses. Coproduit par Arte mais réservé pour une sortie salle,

Coproduit par Arte mais réservé pour une sortie salle, “du fait de qualités cinémato- graphiques indéniables”, affirmation que soutient une recommandation art et essai et des prix à Locarno et Thessalonique, #Female Pleasure peut s’appuyer sur les partenariats média de Téva, Vocable (allemand), Spicee et Les Ambitieuses. Son exploitation sera ponctuée par des actions tout au long de l’année, dont des ateliers clitoris ou encore des passerelles avec la Journée mondiale contre l’excision en novembre, et la Journée mondiale de l’orgasme en décembre. S. Devarieux

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12

ACTUALITÉS© CINETEVE © MATTHIEU SUPRIN 12 [Production] L’ART DU CHEZ CINÉTÉVÉ DOCUMENTAIRE Chapeauté par trois productrices,

[Production]

L’ART DU

CHEZ CINÉTÉVÉ

DOCUMENTAIRE

Chapeauté par trois productrices, au sein de la société de Fabienne Servan-Schreiber, le genre documentaire aborde tous les sujets, avec exigence, et, souvent, des succès d’audience. EMMANUELLE MIQUET

C inétévé n’a pas attendu la charte du 50/50 pour établir la parité, au sein de son activité documentaire tout au moins, chapeautée par trois productrices: Estelle Mauriac, en charge des sujets société et découverte, Laurence Miller, de la Culture, et Lucie

Pastor, de l’Histoire et la géopolitique. Avec “une trentaine d’heures par an”, le documentaire représente un “volume horaire important” dans la société de production créée par Fabienne Servan-Schreiber, en 1982, et déployée sur tous les genres et dans tous les formats. Les derniers mois ont été particulièrement favorables aux productions TV de Cinétévé, qui témoignent que contenus exigeants et audiences peuvent cohabiter. Point d’orgue : la perfor- mance remportée par Les coulisses de l’Histoire (4x52 min), en janvier sur Arte, avec en moyenne plus d’un million de téléspectateurs et une PDA à 4,5%, soit près du double de la case. Fort de ce succès, vrai aussi en Allemagne, une saison 2 est à l’étude. Pour l’heure, l’actualité de Lucie Pastor rime avec, notamment, des 52 minutes de deu- xième partie de soirée livrés récemment: La mort en face

de William Karel, sur le premier pogrom en Roumanie (France 3), et Les filles de l’Escadron bleu d’Emmanuelle Nobécourt et Philippe Maynial (France 5), du nom de ces jeunes Françaises parties rapatrier leurs compatriotes, en 1945. Avec David Korn-Brzoza et Pascal Blanchard, elle produit par ailleurs Du sang et des larmes, Histoire de la décolonisation française (2x90 min), prime-time événe- mentiel de France 2.

Dans son line-up, Estelle Mauriac, engagée dans des “films citoyens qui observent les sociétés”, fait valoir deux Infrarouge (la case de deuxième partie de soirée de France 2): Pornographie, un jeu d’enfant (52 min) d’Anne- Marie Avouac, attendu à la rentrée dans une soirée continue lancée par la fiction maison Connexion intime de Renaud Bertrand; et Les petits revenants (70 min) de Sophie Parmentier et Hélène Lam Trong sur les enfants de Français partis en Syrie. Le film fait suite à celui de Marion Stalens, Revenantes, deuxième meilleur score de la saison 2017-2018 d’Infrarouge (1,2 million de personnes et 14,3% de PDA). Entre un “feel-good movie” – Ces profs qui innovent (70 min, titre de travail) de Marina Julienne pour Le Monde en face sur France 5 – et un Grand format d’Arte – Reine d’un jour de Raja Amari, questionnement sur l’état de la féminité en Tunisie via de futures mariées –, Estelle Mauriac développe un 52 minutes dédié à Jack London dans le Yukon canadien avec le philosophe Philippe Simay, l’incarnant de la série d’Arte Habiter le monde, qui s’arrête. Ce nouveau projet de découverte sur les traces des écrivains voyageurs est aussi destiné à la chaîne franco-allemande.

UN DOCUMENTAIRE EN DÉVELOPPEMENT SUR #METOO

En culture, où le spectre couvert par Laurence Miller va des portraits d’artistes et des biographies, pour accompagner les grandes expositions, aux films d’art et de spectacle vivant, la productrice travaille, entre autres, sur un 52 minutes de Stéphane Ghez consacré

entre autres, sur un 52 minutes de Stéphane Ghez consacré Les productrices exécutives Laurence Miller, Estelle

Les productrices exécutives Laurence Miller, Estelle Mauriac, et Lucie Pastor, et la Pdg de Cinétévé Fabienne Servan-Schreiber.entre autres, sur un 52 minutes de Stéphane Ghez consacré à Charlotte Perriand, architecte-designer (Arte) à

à Charlotte Perriand, architecte-designer (Arte) à l’hon- neur à la Fondation Louis-Vuitton, à l’automne pro- chain, et un autre signé Marie-Eve de Grave dédié à Dora Maar, à l’affiche dès le 5 juin du Centre Pompidou, coproducteur du film aux côtés de la chaîne Histoire, la chaîne locale BipTV, TV5 Monde… Sortant exception- nellement de “ses” sujets, Laurence Mille développe en outre, pour Le Monde en face, MeToo secoue (aussi) la France (70 min), écrit par Annette Lévy-Willard à partir de son livre Chroniques d’une onde de choc (Éditions de l’Observatoire). Objectif : que le film, réalisé par Anne Richard, soit prêt pour la prochaine Journée des droits des femmes. Enfin, en long métrage, Estelle Mauriac souligne le développement d’Écoute, “comédie documentaire sonore animalière pour la famille, entre Minuscule et Microcosmos” – ou comment les sons vont aider les ani- maux à se retrouver, tomber amoureux… – coécrite par Michel Fessler et Jacques Malaterre. Accompagné par Gebeka* et Indie Sales, le projet, d’un budget de 3,5 M€, vient d’obtenir l’aide au développement du CNC.

*Détenu par Hildegarde, propriétaire du “Film français”

www.lefilmfrancais.compar Hildegarde, propriétaire du “Film français” La version longue de l’article Place des victoires de

La version longue de l’article

Place des victoires de Yoann Guillouzouic.
Place des victoires de Yoann Guillouzouic.

A nciennement Dendera Pro-

ductions, la société fondée et

dirigée par Delphine Rihet est

devenue Alba Films en janvier,

ouvrant son activité à la distribution et ral- liant Nicolas Rihet (ex-La Belle Company) en tant que directeur général. “Cette diver- sification est stratégique car elle donne du sens à ce que l’on fait, précise ce dernier. Pratiquer les deux activités, production et distribution, comme le font beaucoup d’indépendants, est nécessaire dans un contexte où le modèle de distribution seule est trop risqué.” Alba Films table sur

N° 3854 du 26 avril 2019

[Distribution]

Alba Films affiche ses ambitions

Après le lancement de son activité salle, concrétisée par une première sortie en avril, la société précise sa ligne éditoriale et annonce plusieurs sorties et projets en cours. S. DE.

quatre sorties salle en 2019, sept autres en 2020, pour atteindre un rythme de croisière d’une dizaine par an. Le tout sur une ligne éditoriale en trois axes: la comédie trico- lore “sous toutes ses formes”, le film de genre français ou international et les titres d’animation familiaux. “Cela nous permet de présenter une identité facile à lire, même si l’on aura forcément des exceptions.” Aussi, après la sortie de La princesse des glaces, le monde des miroirs magiques le 17 avril, une distribution pour le compte d’Universal Home Entertainment, un deu- xième titre est déjà daté au 6 novembre: la comédie Place des victoires, premier long de Yoann Guillouzouic, avec Guillaume de Tonquédec. Deux autres distributions pour Universal HE complèteront le line-up 2019. À termes, cette collaboration s’étendra à des coacquisitions, à 50-50 sur les droits salle, vidéo et part coproduction, avec deux

films déjà annoncés: Le calendrier de Patrick Ridgement, produit par Virginie Ogouz (Siddhi Films) et Alain Benguigui (Som- brero Films), pour un tournage en octobre ; et Front de mer, comédie d’Olivier De Plas produite par Sébastien Labadie (Monney- penny Productions), avec Michèle Laroque, François Morel, Max Boublil et Victoria Bedos, en cours de financement.

CINQ TITRES DANS LES TUYAUX

Au rang des films livrés en 2020, Alba Films annonce Bien joué!, “comédie high concept” de Cédric Prévost, avec Alexis Michalik, Julia Piaton, David Marsais et Thierry Lhermitte, portée par Christophe Mazodier (Polaris Films), coproduit par Charles Paviot (Arts Premiers) et Belga Films, dont le tournage est prévu à la rentrée. Mais aussi Méandre, thriller survivaliste de

la rentrée. Mais aussi Méandre , thriller survivaliste de Mathieu Turi ( Hostile ), accompagné par

Mathieu Turi (Hostile), accompagné par Full Time Films et Cinéfrance, sur lequel Alba s’associe en coproduction. Il en sera de même pour L’instinct maternel de Maxime Govare, comédie familiale avec Michèle Laroque, produit par Léonard Glowinski (22h22), pour un premier clap en septembre. Autre coproduction associée, Dernier round à Istanbul de Serge Avedekian, sous la houlette de Henri Magalon et Claire La Combe (Maybe Movies) et coproduit par Gaumont Pathé Archives. Enfin, une coproduction déléguée, tournée en 2020 et livrée en 2021: Les initiés (titre provisoire), “une comédie d’action féminine” de David Charron, accompagnée par Philippe Planells et Antoine Dallancour (Boogie Movie). “Notre objectif est de produire tous nos films français, en coproduction associée d’abord, et déléguée à terme”, précise Nicolas Rihet.

© TOUR DES CINÉMAS

© ACCESS DYNAMIC

ACTUALITÉS

© TOUR DES CINÉMAS © ACCESS DYNAMIC ACTUALITÉS 13 [Exploitation] UGC DANS C2L INVESTIT Le circuit

13

[Exploitation]

UGC

DANS C2L

INVESTIT

Le circuit a commencé à acquérir des participations dans neuf des 12 cinémas du réseau de Marie-Laure Couderc, dont il va reprendre l’exploitation. Il assure, dorénavant, la programmation de l’ensemble

du groupe. KEVIN BERTRAND

de l’ensemble du groupe. ■ KEVIN BERTRAND U GC intensifie son partenariat avec C2L. Associés depuis

U GC intensifie son partenariat avec C2L. Associés depuis l’acquisition conjointe du Cyrano et du Roxane de Versailles ainsi que du Majestic de Meaux en décembre 2016 (cf. FF n°3727), les groupes de Guy Verrecchia et Marie-Laure Couderc franchissent une nouvelle étape avec le rachat, par le premier, de parts dans plusieurs sociétés d’exploi-

tation du second. Le 3 e circuit de France a en effet entamé des prises de

participation – qui pourraient, selon nos informations, être majoritaires pour plusieurs d’entre elles – au sein de neuf des 12 établissements de C2L. Sont concernés le Duplexe de Roubaix, Les Lumières d’Armentières, Les Écrans

de Tourcoing et Le Palace de Cambrai, tous situés dans le département du

Nord, Le Palace de Mulhouse (Haut-Rhin), les C2L de Saint-Germain-en-

Laye et Sartrouville (Yvelines), le Central de Gif-sur-Yvette (Essonne) et le Normandy de Vaucresson (Hauts-de-Seine), soit 45 écrans. Le C2L de Poissy, le Vox de Rambouillet (Yvelines) et le Rexy de Provins (Seine-et-Marne) ne sont néanmoins pas inclus dans cette transaction. Si UGC va, concrètement, assurer l’exploitation des neuf sites, aucun ne changera – pour le moment – d’enseigne. De plus, sa carte illimitée a été “déployée” dans tous les établisse- ments de C2L concernés. Parallèlement, le groupe a repris, la semaine passée,

la programmation de l’ensemble des salles du réseau, auparavant assurée par

David Miot. C2L compte 12 cinémas et 55 écrans, pour 1,6 million d’entrées en 2018, qui en font l’un des 12 réseaux les plus fréquentés de France.

font l’un des 12 réseaux les plus fréquentés de France. Le C2L de Sartrouville fait partie

Le C2L de Sartrouville fait partie des neuf sites dans lesquels UGC a acquis des participations.

LOGIQUE DE DÉVELOPPEMENT

Cette opération fait sens pour les deux groupes qui, outre leur association à Versailles et Meaux, ont une histoire commune, Marie-Laure Couderc étant la petite fille de Jean-Charles Edeline, cofondateur d’UGC. Celle-

ci permet, aussi et surtout, au circuit de Guy Verrecchia de renforcer sa

présence en région parisienne, axe central de son développement. Et en particulier dans les Yvelines, où il vient d’ouvrir un multiplexe de 18 salles et 3801 places à Vélizy-Villacoublay et lancera, fin juin, un site de 12 écrans et 2200 fauteuils au Chesnay (cf. FF n°3847). Le circuit renforce aussi sa présence dans le Nord, où il est déjà installé via ses multiplexes de Lille (14 salles) et Villeneuve-d’Ascq (12).

CLAP DE FIN POUR L’UGC TOULOUSE

Le circuit fermera, d’ici cet été, les neuf salles et 1471 fauteuils de l’UGC Toulouse (276231 spectateurs en 2018, -13,6% vs 2017), situé en plein centre-ville. Cet ancien théâtre avait été transformé en cinéma au début des années 1930, avant d’être repris et agrandi par UGC au milieu des années 1970. Le réseau ne se retirera pas pour

autant de la ville rose, puisqu’il y ouvrira, d’ici deux ans, un complexe de sept écrans

et 1383 places, dans le sud-est de Toulouse.

K.B.

[Exploitation]

Déménagement en vue pour Le Cinématographe de Nantes

D ébut avril, le permis de construire pour l’édification d’un immeuble en lieu et place de l’Hippopotamus du Cours des 50 Otages, situé

dans le centre-ville de Nantes, a été accordé au promoteur Cogedim. Une très bonne nouvelle pour Le Cinématographe, qui disposera d’un écrin de trois salles et 283 places dans ce nouveau bâtiment, où des logements sont aussi prévus. “Cela fait plus de cinq ans que nous travaillons sur un déménagement, indique son direc- teur, Emmanuel Gibouleau. Il y a un an, est arrivé ce projet de petit immeuble, avec la possibilité d’y placer un cinéma d’une sur- face adaptée.” Une opportunité que saisit l’association Le Cinématographe Ciné- Nantes Loire-Atlantique, exploitante de cette monosalle de 162 fauteuils. “Depuis quelques années, nous sommes à satura- tion, assure Emmanuel Gibouleau. Nous avons besoin de plus d’écrans.” Et d’évoquer une moyenne de “45 spectateurs payants par séance” et plus de 56000 tickets sur 11 mois en 2018. Le tout sur une programmation art et essai tournée vers le patrimoine et le jeune public, construite autour de rétrospectives et

cycles thématiques. À cette problématique de saturation

cycles thématiques. À cette problématique de saturation Le Cinématographe de Nantes déménagera au plus tôt fin

Le Cinématographe de Nantes déménagera au plus tôt fin 2021.

de Nantes déménagera au plus tôt fin 2021. s’ajoute un “gros problème d’espace. Nous avons un

s’ajoute un “gros problème d’espace. Nous avons un micro-hall d’accueil. Avec ce nouveau cinéma, nous disposerons d’un hall digne de ce nom. Il nous permettra également d’accueillir tous les handicaps – ce qui n’est pas possible aujourd’hui – et d’avoir des espaces adaptés au jeune public”. Coordinateur départemental d’École & Cinéma et Collège au Cinéma, Le Cinématographe réalise en effet 45% de ses entrées grâce à sa programmation jeune public et l’accueil des scolaires. “Nous n’allons pas changer de ligne éditoriale”, précise Emmanuel Gibouleau, qui vise une ouverture fin 2021 “au mieux”. K. B.

[Industrie]

Les techniciens de la postproduction font monter la pression

L e 11 avril les organisations profes- sionnelles du secteur faisaient part de leur mécontentement face aux propositions des producteurs, reje-

tées unanimement lors d’une assemblée générale. Une nouvelle mobilisation avait lieu à l’occasion de la réunion de la commission paritaire mixte du 17 avril. Mais, à son issue, la position des techniciens restait inchangée, les syndicats de producteurs proposant cette fois des revalorisations différenciées au lieu d’un engagement global sur la base de 5%. Seule évolution notable, une défi- nition des métiers de monteur son, mixeur et bruiteur destinée à prendre enfin en compte leur statut de collaborateurs de création et censée mettre fin au cloison- nement entre métier et au morcellement de la chaîne du travail. Le 18 avril au soir était voté le blocage de l’auditorium de mixage d’un film cannois. Un tirage au sort était effectué afin de choisir le long métrage ainsi impacté, personne n’ayant l’intention de viser un réalisateur et son film en particulier. Le lendemain, en début de matinée, une

cinquantaine de techniciens investissaient l’entrée du site de Joinville-le-Pont, empê- chant notamment Stéphane Thiébaut, mixeur de Roubaix, une lumière d’Arnaud Desplechin, sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes, d’accé- der à l’auditorium 6 pour y poursuivre le mixage du film. Le barrage filtrant mis en place ne retenait que les techniciens susceptibles de travailler à l’auditorium.

UNE NOUVELLE PROPOSITION À L’ÉTUDE

Il était levé en début d’après-midi suite à un échange téléphonique avec Why Not Productions, les bloqueurs demandant en échange à la société de faire remonter leurs doléances auprès des syndicats de producteurs. Ceux-ci se sont réunis en urgence, une nouvelle proposition devant être faite en fin d’après-midi de ce mercredi 24 avril. Une assemblée générale des associations professionnelles de la post- production aura lieu le lendemain pour étu- dier cette réponse et décider, en fonction, de reprendre les blocages ou suspendre le mouvement. Patrice Carré

en fonction, de reprendre les blocages ou suspendre le mouvement. ❖ Patrice Carré N° 3854 du

N° 3854 du 26 avril 2019

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ACTUALITÉS14 PRODUCTION SUMMIT FICTION Organisé par Le film français et transporté à Marseille le 16 avril,

PRODUCTION SUMMIT FICTION

Organisé par Le film français et transporté à Marseille le 16 avril, au Palais de la Bourse, il a réuni, pour une journée entière de débats, intervenants de haut niveau, institutions et producteurs en région autour des enjeux de la fiction. Le point sur les principaux axes débattus. PATRICE CARRÉ

sur les principaux axes débattus. ■ PATRICE CARRÉ table 1 Quel avenir pour les formats courts
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Quel avenir pour les formats courts et les webséries ? Animée par Laurent Cotillon Ryad-Luc Montel (producteur - Hyper Focal), Matthieu Marot (conseiller artistique aux programmes - Canal+), Sened Ryad-Luc Montel (producteur - Hyper Focal), Matthieu Marot (conseiller artistique aux programmes - Canal+), Sened Dhab (directeur de la fiction numérique - France Télévisions) et Jean-Michel Albert (responsable Canneseries Digital et président Marseille Web Fest)

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Quel avenir pour les formats courts et les webséries?

D’entrée de jeu était posée la question des échecs français de Studio+ et Blackpills tan- dis que de l’autre côté de l’Atlantique, Jeffrey

Katzenberg a levé près de 1 Md$ pour sa future plateforme Quibi. Selon Matthieu Marot, conseiller artistique aux pro- grammes de Canal+, Studio+ a péché par manque d’ambition à la fois artistique et technologique lors de son lancement. Par ailleurs, sa cible n’était pas clairement définie. Autre difficulté, la multiplicité des formats courts. Pour Ryad-Luc Montel, pro- ducteur de la série Les déguns (Hyper Focal), c’est l’usager qui définit le format qu’il veut regarder en déterminant la durée de son visionnage, laquelle ne correspondra pas forcément à celle d’un épisode. Le label “Créations décalées” de Canal+ propose tout type de format, que ce soit du 10x10 min, du 8x15 min, voire du 12x7 min sans avoir défini un standard précis. Quant aux fictions non-feuilletonnantes, comprises entre 1 min 30 et 3 min, elles sont catégorisées format court, l’archétype étant Bref ou Bloqués. Et le diffuseur tente de cas- ser les frontières entre digital et antenne afin de rajeunir l’âge moyen de son spectateur. Il a mis au point des stratégies de vases communicants entre contenus, faire basculer le public jeune du gratuit au payant étant le grand enjeu du numérique. Investir dans ce type de contenus permet en outre de tester les talents de demain. Du côté du financement, le CNC et plusieurs collectivités territoriales ont créé des aides, mais les vecteurs de diffusion restant limités, le problème du modèle économique est récurrent. “Le modèle, c’est de dépenser ses économies”, sourit Ryad-Luc Montel qui a autofinancé Les déguns, le pari de départ étant de se constituer une fan base qui suivrait le transfert de la websérie sur un modèle

qui suivrait le transfert de la websérie sur un modèle Sabrina Roubache, fondatrice de Gurkin Invest

Sabrina Roubache, fondatrice de Gurkin Invest Film, et Didier Parakian, adjoint au maire de Marseille, accueillent les participants au Production Summit Fiction.

accueillent les participants au Production Summit Fiction. du risque auprès de TSF, partenaire technique de Telfrance.

du risque auprès de TSF, partenaire technique de Telfrance. “C’est un rôle que nous jouons complètement auprès des producteurs, même si de tels risques peuvent être lourds”, a appuyé Thierry de Segonzac, président de TSF. Le prin- cipe narratif de ces séries est de raconter la vie d’un certain nombre de personnages sur la plus longue période possible, les deux feuilletons quotidiens britanniques ayant plus de 60 ans d’existence. Les premiers mois difficiles de Plus belle la vie ont été riches d’enseignements pour Demain nous appartient et Un si grand soleil dont les auteurs ont mis tout de suite en place une arche de suspense, afin de créer l’urgence de revenir. Par ailleurs, des intrigues sont situées dans des lycées et collèges afin de toucher la cible jeunesse. L’ancrage dans un territoire est également très important. Et la création de lieux d’accueil permet de capi- taliser l’attrait du public. Sète a ainsi été choisie comme une véritable arène pour y implanter DNA, Telfrance s’appuyant

Feuilleton quotidien :arène pour y implanter DNA , Telfrance s’appuyant quel enjeu pour les chaînes et les territoires

quel enjeu pour les chaînes et les territoires ? Animée par François-Pier Pelinard Lambert Anne Holmes (directrice de la fiction nationale - France Télévisions), Guillaume de Menthon (président - Groupe Telfrance), Karim Ghiyati (directeur - Languedoc-Roussillon Cinéma) et Thierry de Segonzac (président - TSF).

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payant, les algorithmes de YouTube fournissant des statis- tiques précieuses sur le public visé. Reste que les CPM (coûts par milliers) publicitaires sont très bas, notamment pour les programmes à contenus trop explicites: entre 600 € et 800 € pour 1 million de vues. Heureusement, le film tiré de la série a fédéré 475000 spectateurs. Du côté de FTV, on a quitté la logique de laboratoire, Sened Dhab, directeur de la fiction numérique du groupe, estimant que le vocable de webséries pouvait être ghettoïsant, synonyme d’amateurisme et de sous-financement. Le groupe développe une offre destinée à un public ayant déserté le linéaire, avec l’idée de créer de nouveaux usages. Son investissement sera de 8 M€ pour une première saison de dix séries digitales. Un nombre volontaire- ment limité, aux ambitions élevées. Et Canal+ vient de lancer Canal+ Séries. En permettant l’accès à un catalogue de plus de 150 séries, cette offre s’adapte à un usage existant. Enfin, sur le plan éditorial, les séries numériques restent très axées sur le genre, tout en devant être capables de proposer des concepts formels novateurs, l’exemple parfait étant Calls créée par un réalisateur d’une vingtaine d’années. Le contraire du linéaire à tout point de vue, ce dernier étant, par nature, dédié au public le plus large possible.

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Feuilleton quotidien :

quel enjeu pour les chaînes et les territoires?

Tandis que Plus belle la vie fête ses 15 ans et Demain nous appartient (DNA) ses deux ans,

le dernier en date, Un si grand soleil, a été lancé le 27 août 2018, 260 nouveaux épisodes venant d’être commandés. Pour Anne Holmes, directrice de la fiction nationale à FTV, mettre en place ce nouveau rendez-vous sur France 2 s’est fait dans une logique de complémentarité, les feuilletons quotidiens étant un élément structurant permettant de constituer un socle d’audience. La production de Plus belle la vie a été pensée dès le départ pour durer, mais en restant la plus légère possible, la perspective d’un arrêt soudain étant envisageable. Chaque décision a été prise dans ce sens, entraînant notamment la sous-traitance d’une partie

N° 3854 du 26 avril 2019

décision a été prise dans ce sens, entraînant notamment la sous-traitance d’une partie N° 3854 du

© PHOTOS PATRICE CARRÉ - ADELINE KUYTEN

© PHOTOS PATRICE CARRÉ - ADELINE KUYTEN 15 L’événement a été accueilli par le Palais de

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© PHOTOS PATRICE CARRÉ - ADELINE KUYTEN 15 L’événement a été accueilli par le Palais de
© PHOTOS PATRICE CARRÉ - ADELINE KUYTEN 15 L’événement a été accueilli par le Palais de

L’événement a été accueilli par le Palais de la Bourse, siège de la CCI Marseille- Provence, le 16 avril.

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siège de la CCI Marseille- Provence, le 16 avril. table 3 Comment la réforme de l’audiovisuel

Comment la réforme de l’audiovisuel public peut-elle profiter aux régions et professionnels locaux ? Animée par François-Pier Pelinard Lambert Thierry Aflalou (producteur délégué - Comic Strip Production), Jean-Yves Mirski (délégué général - Ficam), Olivier Montels (directeur de réseau - France 3) et Cyrille Perez (producteur délégué - 13 Productions et élu du bureau audiovisuel du SPI).

sur l’expérience réussie de Candice Renoir. Pour les régions, accueillir de telles productions fait sens pour la filière. “On ne pouvait rêver mieux”, a résumé Karim Ghiyati, directeur de Languedoc-Roussillon Cinéma. Se créent ainsi peu à peu des bassins d’emplois locaux, les feuilletons quotidiens, qui représentent 40% de la production française, “étant de véritables écoles d’application”, soulignait Guillaume de Menthon, président du groupe Telfrance. Plus belle la vie emploie ainsi 40 auteurs et 250 équivalents temps plein chaque année, soit environ 600 personnes. Des équipes qui essaiment ensuite à travers le secteur. Seule difficulté pour le moment, trouver sur place des techniciens de la postproduc- tion, celle-ci étant encore majoritairement francilienne. Autre fait notable, un certain snobisme des débuts, notamment vis- à-vis des comédiens, n’est plus la norme, bien au contraire. Quant à la production elle est entrée dans une ère 2.0 grâce aux outils du numérique qui permettent d’optimiser chaque étape mais aussi de gagner énormément en qualité. Des événements ont même été créés autour de diffusions en prime de Plus belle la vie, la difficulté étant de corréler ces épisodes exceptionnels avec la quotidienne. Une aventure qui n’est pas près de s’arrêter, les trois feuilletons fédérant quotidiennement entre 10 et 12 millions de téléspectateurs.

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Comment la réforme de l’audiovisuel public peut-elle profiter aux régions et professionnels locaux?

Bien qu’elle soit en cours de discussion, la

réforme de l’audiovisuel public suscite des rumeurs parfois contradictoires, son périmètre semblant encore très flou. Parmi les éventualités, figure la reconfiguration de la mission de France 3, qui serait renforcée dans son rôle de chaîne des territoires, outre-mer inclus. Si la tendance se confirme, elle sera accueillie favorablement par les producteurs installés en région, mais du côté de la Ficam, on s’inquiète de l’intégra-

tion croissante par France Télévisions d’un certain nombre de prestations, le groupe représentant 59% des apports des diffuseurs pour la production audiovisuelle aidée. Or la filière des industries techniques est très dépendante de FTV. “Nous nous posons la question de l’allocation des ressources du groupe public aux moyens techniques. Les infrastructures mises en place, notamment à Montpellier, ne vont-elles pas concurrencer le secteur privé ? Nous souhaiterions que des vrais partenariats se constituent avec le service public”, sou- lignait Jean-Yves Mirski, délégué général de la Ficam, évo- quant “un secteur de la postproduction sinistré”. Autre sujet de préoccupation, la suppression éventuelle de la redevance. “Globalement se pose la question de notre utilité sociale. En quoi le service public se différencie-t-il des autres offres audio- visuelles ?”, soulignait Olivier Montels, directeur de réseau France 3. Un renforcement de la présence des régions s’opère actuellement sur cette antenne, dont le réseau d’information fabrique 24 heures de programmes chaque jour. “80% des Français vivent hors de Paris et c’est la même chose pour les 1 400 journalistes de France 3. L’énergie des régions est fondamentale mais sous-exploitée, car méprisée par le centralisme parisien.” Grâce à la grande liberté dont ils dis- posent, les documentaires produits en région connaissent de nombreux succès en festivals, comme en témoigne le Fipa d’or 2018, En équilibre d’Antarès Bassis et Pascal Auffray, coproduit par France 3 Occitanie. De son côté, le SPI milite pour le renforcement d’une offre de proximité qui aille au-delà de l’information et des magazines, tout en débouchant sur une meilleure visibilité, notamment via le replay, sachant que l’ensemble des contenus régionaux devrait être disponible sur

État du financement de la fiction : leviers et freins Animée par Laurent Cotillon Olivier Bouthillier (dirigeant fondateur - Marques & Films), Marie Guillaumond (directrice - Felicita Films), Jean-Baptiste Souchier (Pdg - Cofiloisirs) et Christophe Tardieu (inspecteur général des finances).

et Christophe Tardieu (inspecteur général des finances). table 4 France.tv fin 2019. Quant aux régions, elles
et Christophe Tardieu (inspecteur général des finances). table 4 France.tv fin 2019. Quant aux régions, elles
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Tardieu (inspecteur général des finances). table 4 France.tv fin 2019. Quant aux régions, elles ont compris

France.tv fin 2019. Quant aux régions, elles ont compris que soutenir le cinéma et l’audiovisuel était bénéfique à tout point de vue, ne serait-ce qu’en étant facteur de fierté. Épaulées par le volontarisme du CNC, toutes ont régulièrement augmenté les enveloppes des fonds dédiés au secteur. Et parmi les pistes de développement possible, figure le flux, grâce à l’apparition en région d’un marché pour les magazines et autres talk-show. Et même si de plus en plus d’acteurs du privé commencent à s’intéresser à cette notion de proximité, le producteur Thierry Aflalou (Comic Strip Production) rappelait que c’est France Télévisions qui fédère, en offre de création, le tissu régional composé d’une soixantaine de sociétés de production. “C’est un partenaire naturel et privilégié en documentaire et demain en fiction, voire en magazine.”

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État du financement de la fiction : leviers et freins

Selon le dernier bilan du CNC, la production de fiction a atteint un niveau record l’an passé, avec 995 heures, un pic notamment dû aux

feuilletons quotidiens. Autre tendance, la présence de plus en plus importante des formats de 26 min, attractifs pour les jeunes et facilement consommables sur les nouveaux supports. Le genre se développe aussi de plus en plus et le CNC vient de lancer un plan séries. Aujourd’hui, les premiers financeurs de la fiction sont les chaînes, en tête desquelles figurent celles de France Télévisions (420 M€), suivies par TF1 (200 M€), M6 étant très en dessous. “Une obligation de finan- cement inscrite dans les textes”, rappelait Christophe Tardieu, ancien directeur général délégué du CNC. Malheureusement, la stagnation, voire la baisse, du CA de ces diffuseurs impacte ces investissements, tandis que, paradoxalement, les meil- leures audiences sont réalisées par des fictions françaises. Les relais de croissance sont donc à chercher ailleurs et notam- ment du côté des plateformes. “La mère de toutes les batailles pour l’avenir de la fiction en France passe par l’imposition aux plateformes d’obligations d’investissement, à l’instar de celles qui incombent aux chaînes traditionnelles. Et ce ne serait que justice”, a martelé Christophe Tardieu. Le crédit d’impôt a eu des effets très bénéfiques en termes de relocalisa- tion, mais si le système français est à préserver à tout prix, des virages restent à prendre. Les producteurs ont dû s’adapter par rapport à ces nouvelles contraintes financières, notamment dans le cinéma. Un constat confirmé par Cofiloisirs, qui a accompagné 160 projets l’an passé. “On commence à toucher la limite de l’exercice avec une complexité des plans de finan- cements beaucoup plus grande, chaque partenaire devenant absolument essentiel”, résumait Jean-Baptiste Souchier, Pdg de Cofiloisirs, avant de préciser que la situation était encore relativement préservée dans le domaine de la fiction, en raison notamment d’une démultiplication de la demande qui tire le volume de production vers le haut. Mais supprimer le crédit d’impôt, qui reste dans le viseur de certains élus, balaierait des pans entiers de la production indépendante. De nouveaux schémas de montages financiers apparaissent comme ce fut le cas pour Marseille, associant TF1 et Netflix, réunis à nou- veau, cette fois en préfinancement, pour Le Bazar de la Charité. Parmi les nouveaux modèles, figure également le placement de produit devenu un acteur du financement comme un autre, selon Olivier Bouthillier. Mais il est encore complexe et trop peu redistributif en fiction pour le producteur, l’usage actuel faisant que les diffuseurs récupèrent entre 42% et 50% des sommes levées. Reste la piste des investissements privés. Les séries à vocation internationale bouclent leur financement grâce à des prises de risques très conséquentes des vendeurs, comme ce fut le cas pour Versailles. Mais l’arrivée de fonds privés suppose que le projet soit pensé pour le marché inter- national et que soient créées des conditions de transparence totale en termes de remontées. Des outils de type blockchain pourraient apporter de réelles garanties en la matière.

Le film français remercie chaleureusement ses partenaires :
Le film français remercie
chaleureusement ses partenaires :

N° 3854 du 26 avril 2019

© MENUET-RAKAS PRODUCTIONS-TOPKAPI FILMS, DIAPHANA DIST.

© CHRISTINE-PLENUS

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FILMS, DIAPHANA DIST. © CHRISTINE-PLENUS 16 BENELUX En bref La présence belge à Cannes Objet de

BENELUX

En bref

La présence belge à Cannes

Objet de nombreuses supputations,

le huitième film des frères

Dardenne est donc bel et bien en compétition officielle. Le jeune Ahmed est à nouveau produit par Les Films du Fleuve en

coproduction avec leur partenaire habituel Archipel 35, France 2 Cinéma, Proximus et la RTBF.

Il sortira en Belgique, ainsi qu’en

France et en Suisse le 22 mai. Les Films du Fleuve ont également coproduit le nouveau long de Ken Loach, Sorry we Missed Uou, aussi retenu en compétition. La Belgique est également intervenue aux côtés de la réalisatrice sénégalaise Mati Diop, Atlantique ayant été

coproduit par Frakas, avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et un film de fin d’études flamand, Bamboe de Flo Van Deuren est sélectionné à la Cinéfondation. La Belgique est aussi présente

à la Semaine de la critique avec

Nuestras madres de César Díaz et le

court Lucía en el limbo de Valentina Maurel. Quant au réalisateur marocain, Alaa Eddine Aljem, il

a fait ses études à l’Insas. Enfin la Quinzaine présentera Ghost Tropic,

nouvel opus du flamand Bas Devos. On y retrouvera aussi Oleg de Juris Kursietis, coproduction

dont l’action se déroule entièrement

en région bruxelloise.

P. C.

entièrement en région bruxelloise. ❖ P . C . Le jeune Ahmed des frères Dardenne. Top

Le jeune Ahmed des frères Dardenne.

Top 8 des films belges *

Belgique et Luxembourg

Rg

FILMS

Cumul

Distributeur

recettes**

1

NE TIREZ PAS (KFD)

3,510

2

GIRL (LUM)

2,113

3

NACHTWACHT: DE POOR DER ZIELEN (LUM)

1,940

4

SINTERKLAAS EN DE WAKKERE NACHTEN (KFD)

1,195

5

DE COLLEGA’S 2.0 (KFD)

1,153

6

MON KET (CIN)

1,054

7

ROYAL CORGI (BEL) N

0,667

8

URBANUS DE VUILNISHED (KFD)

0,488

*Au 10 avril sur les 52 dernières semaines. ** En M€.

N : nouveaux films.

: films en progression.

Source : ComScore movies

N° 3854 du 26 avril 2019

[Financement]

LES FILMS FLAMANDS,

SUCCÈS LOCAUX

ET À L’INTERNATIONAL

Le bilan 2018 du Vlaams Audiovisueel Fonds fait apparaître une hausse de 38% de la fréquentation pour le cinéma flamand, la carrière de films comme Girl et Ce magnifique gâteau ! dynamisant l’ensemble du secteur. PATRICE CARRÉ

Girl de Lukas Dhont.
Girl de
Lukas Dhont.

L an dernier, 2,2 millions de spectateurs

sont allés voir en salle des films flamands,

alors qu’ils étaient 1,7 million en 2017. Si

le chiffre n’égale pas le record de 2015

(2,4 millions), il témoigne néanmoins

d’un attrait renouvelé. En tête d’affiche,

on retrouve Patser (Gangsta), le deuxième long métrage d’Adil El Arbi et Bilall Fallah qui a attiré 366 113 specta- teurs. Il est suivi de près par Niet Schieten (Ne tirez pas). Le film de Stijn Coninx a en effet enregistré 356 166 entrées en 2018, mais son exploitation se poursuivant en 2019, il en totalisait 401 356 au 1 er mars. Même constat pour Girl, qui a permis de vendre 248 003 tickets en 2018, chiffre porté à 276 731 le 1 er mars. Forte de ses prix cannois, dont la prestigieuse Caméra d’or, l’œuvre de Lukas Dhont a effectué un parcours remarquable dans les plus grands festivals internationaux, étant ensuite nommée aux Gol- den Globes et aux César tout en rencontrant pleinement son public. Un véritable cas d’école destiné à faire date. L’animation n’est pas en reste comme en témoigne la car- rière du court métrage Ce magnifique gâteau ! réalisé par les Anversois Marc James Roels et Emma De Swaef. Présenté l’an passé en première mondiale à la Quinzaine des réa- lisateurs, il a remporté un European Animation Award et une nomination pour les Annie Awards avant de recevoir le grand prix du Festival de Clermont-Ferrand. Il est sorti dans les salles américaines le 1 er mars sous la bannière de GKids, qui avait précédemment distribué Ma vie de

Courgette ou encore les films du studio japonais Ghibli. En télévision, les séries mais aussi les films flamands continuent de faire le plein en termes d’audience. Parmi les séries télévisées soutenues par le VAF, les plus gros succès ont été enregistrés par De Infiltrant (27% de PDM), Salamander 2 (25,2%) et Gevoel voor Tumor (21,4%).

223 DEMANDES D’AIDES À LA CRÉATION VALIDÉES PAR LE VAF EN 2018

2018 marque un tournant majeur pour le VAF avec la prise de fonction de son nouveau directeur-intendant, Erwin Pro- voost, en début d’année. Et l’entrée en vigueur des nou- veaux accords de gestion pour la période 2018-2021 s’est traduite par l’allocation de moyens accrus aux fonds médias et games qui sont passés respectivement de 4 M€ à 7 M€ et de 750 000 € à 1,75 M€. “Cela n’a pas été le cas pour le fonds cinéma, ce qui est d’autant plus regrettable que je souhaiterais pouvoir accomplir des efforts supplémen-

je souhaiterais pouvoir accomplir des efforts supplémen- taires en ce domaine”, soulignait Erwin Provoost dans nos

taires en ce domaine”, soulignait Erwin Provoost dans nos colonnes en octobre dernier. “Dans les années 1980, lorsque j’étais producteur, je me souviens avoir reçu un soutien de 400 000 € pour un long métrage. Plus de 30 ans après, le maximum que le VAF puisse donner à un film flamand est de 650 000 €. Or dans l’intervalle, le coût de la vie a été multi- plié par trois et il en est de même pour celui de la fabrication des films. Réunir les moyens financiers nécessaires est un problème toujours plus complexe pour les producteurs.” Les trois fonds du VAF ont validé 223 demandes d’aides à la création en 2018 pour un total de 17 394 894 €. Le fonds cinéma a octroyé 9 696 624 €, le fonds médias 6 389 900 € et celui dédié aux jeux vidéo 1 398 370 €. Un chiffre record attire l’attention : 84 demandes de soutien au scénario de long métrage ont été déposées, signe d’une augmentation du nombre de projets en gestation que les guichets existants ne peuvent absorber. Sur le front des séries, sept projets (fiction, animation et documentaire) ont été soutenus contre 11 en 2017, un choix débouchant mathématiquement sur des montants moyens plus élevés. Parmi les nouveautés, InnovatieLab, dédié aux projets non-linéaires les plus divers (interactivité, VR, réalité augmentée, webséries et crossmé- dia) a soutenu 18 dossiers en 2018. Et les actions en faveur de la formation s’amplifient, 19 séances de coaching ayant été organisées en 2018 contre cinq en 2017. De son côté, Screen Flanders a injecté 3,83 M€ dans 21 projets. Son effet de levier moyen (rapport entre les investissements en région flamande et l’aide accordée) est passé à 8,03 en 2018, soit le meilleur rapport depuis la création du fonds économique. Mais l’attractivité renforcée de la Wallonie, qui a considéra- blement augmenté l’enveloppe dévolue à Wallimage, pour- rait entraîner une relative désaffection, sujet dont devrait s’emparer la tutelle flamande.

NOMBREUX PREMIERS LONGS PRÉSENTÉS À CONNeXT

Du 7 au 10 octobre, 95 invités internationaux ont pu découvrir à Gand films et séries télévisées à divers stades d’achèvement, lors de l’opération de promotion baptisée CONNeXT. Cette dernière a largement fait ses preuves, permettant à ses participants de suivre l’avancement de nombreux projets au fur et à mesure des éditions, le taux de finalisation des œuvres étant assez élevé. C’est le cas pour des films tels que Gangsta, Niet Schieten et bien sûr Girl. Pré- senté en 2017 au stade de WIP, il recevait un prix décerné par un jury. Très remarqué, objet de premières discussions en coulisses, il passait ensuite par le Festival des Arcs, toujours au même stade, avant d’être retenu par Un certain regard. Autre caractéristique de CONNeXT, la présence de nombreux premiers films, les profils de leurs réalisateurs étant assez divers, certains étant notamment passés par la série télévisée. Près d’un tiers des professionnels invi- tés l’an passé par Flanders Images étaient français, avec une délégation comprenant notamment des représentants de Federation Entertainment, France Télévisions, Lagar- dère Studios Distribution, Wild Bunch TV, Série Series et Séries Mania. L’opération sera reconduite cette année encore du 6 au 9 octobre, toujours en prélude du Festival de Gand. Signe des temps, le volet consacré aux séries télé- visées sera renforcé par des sessions supplémentaires.

© SIMON CHILD - MARIE VAN DEN BROECK - ARTHUR SHLAINFROM NOUN PROJECT

INTERNATIONAL

DEN BROECK - ARTHUR SHLAINFROM NOUN PROJECT INTERNATIONAL 17 USA : la WGA poursuit les agents

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USA : la WGA poursuit les agents artistiques

U ne plainte de la Writers Guild of America (WGA) vient d’être déposée auprès de la cour supérieure de Los Angeles, accusant les agents artistiques de pratiques illégales au sujet des “packaging fees” qui permettent à

ceux-ci de vendre plusieurs postes (scénarios, comédiens…) en un seul lot à une société de production. Pour la WGA, ces pra- tiques sont contraires à la législation en vigueur en Californie. Cette plainte est le dernier développement en date dans la bataille rangée qui oppose depuis plusieurs semaines les scénaristes à leurs agents. Ce sont avant tout les méthodes de ces derniers, réunis au sein de l’ATA, qui sont visées. Les quatre plus grosses agences sont particulièrement nommées : WME Entertainment, Creative Artists, UTA et ICM. La semaine dernière, la WGA avait proposé à ses adhérents de refuser tout travail avec des agents n’ayant pas signé un “code de conduite” excluant de facto la pratique de “packaging fee”. Comme attendu, une centaine d’agences parmi lesquelles les plus impor- tantes, n’ont pas signé, contrairement à une quarantaine d’autres “autorisées” à collaborer avec les scénaristes. Dans sa plainte, la WGA cite plusieurs exemples de pratiques d’agents n’ayant pas été à l’avantage des scénaristes. Dans un communiqué, l’ATA, via sa directrice adjointe Karen Stuart, a déclaré : “[Cette plainte] confirme que les leaders de la WGA sont sur le chemin du chaos et qu’ils n’ont jamais eu l’intention de négocier.” V. L. L.

© JULIEN LIENARD/CONTOUR BY GETTY POUR “LE FILM FRANÇAIS”

PLUSIEURS INVESTISSEURS POUR LES CHAÎNES SPORT DE FOX

Contraint par la justice américaine de céder 21 réseaux de sport pour valider son rachat global de Fox le mois dernier (pour 71,3 Md$), Disney a encore deux mois pour trouver des acquéreurs. La date butoir a été fixée au 20 juin 2019, et la major fait grimper les enchères. Deux investisseurs se sont déclarés depuis plusieurs semaines. D’un côté, Liberty Media Corp, dirigé par John Malone, qui s’est associé à la Major League Baseball (MLB), le puissant championnat de baseball américain. Liberty possède des participations dans la moitié des grands clubs de baseball. L’autre investisseur est Sinclair Broadcast Group, le plus gros propriétaire de chaînes à travers les États-Unis, avec 193 stations couvrant 40% des foyers américains principalement dans le sud et le midwest. Un troisième acheteur potentiel vient d’entrer en jeu en la personne du rappeur américain Ice Cube (dont la vie au sein du groupe de rap NWA a été racontée dans Straight Outta Compton de F. Gary Gray il y a quatre ans). Le musicien rachèterait l’ensemble via Big3, sa société de sport spécialisée dans un championnat de basket à trois

Ice Cube, nouvel acheteur potentiel.

Ice Cube, nouvel acheteur potentiel.

contre trois. La star s’est entourée du basketteur Magic Johnson, de l’acteur Will Smith, de la tenniswoman Serena Williams et du rappeur Snoop Dogg pour conduire la transaction à terme. Disney espère vendre l’ensemble des réseaux pour 10 Md$. Ils étaient valorisés à 22,4 Md$ il y a plusieurs mois. V. L. L.

LES FILMS EN SALLE

Quel profil de spectateurs sur les deux premières semaines d’exploitation ?

LES FILMS EN SALLE Quel profil de spectateurs sur les deux premières semaines d’exploitation ?
LES FILMS EN SALLE Quel profil de spectateurs sur les deux premières semaines d’exploitation ?

Étude Médiamétrie 75 000 Cinéma

Sorties du mercredi 10 avril 2019

(classement sur la note moyenne de satisfaction).

NOTE DE SATISFACTION sur 10 ÂGE MOYEN 28,5 7,6 vs 7,8 standard 2017-2018 vs 37
NOTE DE SATISFACTION sur 10
ÂGE MOYEN
28,5
7,6
vs 7,8 standard 2017-2018
vs 37 ans standard 2017-2018
ACCOMPAGNEMENT
ans
74%
SEXE
ÂGE
-DE
Intéressés
par un achat
futur*
15 ANS
35 ANS
34%
44%
46%
21%
ET +
66%
6%
3%
4%
10%
SEUL
ENTRE
EN
EN
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15 -34

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27% SEUL

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3 2 % 23% ENTRE AMIS EN COUPLE
3 2 % 23% ENTRE AMIS EN COUPLE

ENTRE

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NOTE DE SATISFACTION sur 10

48,8

ÂGE MOYEN

Intéressés par un achat futur* 8%
Intéressés
par un achat
futur*
8%
6,8 vs 7,8 standard 2017-2018 vs 37 ans standard 2017-2018 ACCOMPAGNEMENT  

6,8

6,8

vs 7,8 standard 2017-2018

vs 37 ans standard 2017-2018

ACCOMPAGNEMENT

 

ans

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ÂGE -DE 15 ANS 15 -34 ANS 6% 19% 75% 35 ANS ET +

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ÂGE -DE 15 ANS 15 -34 ANS 6% 19% 75% 35 ANS ET +

35 ANS

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18% 2 3 % SEUL ENTRE AMIS
18% 2 3 % SEUL ENTRE AMIS

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35 ANS ET + 18% 2 3 % SEUL ENTRE AMIS 44% EN COUPLE 24% EN

N° 3854 du 26 avril 2019

Etude menée par Internet du mercredi 10 au mardi 23 avril 2019 auprès de 3 196 spectateurs cinéma âgés de 3 ans et +. Source : Médiamétrie - 75 000 Cinéma - Copyright Médiamétrie - Tous droits réservés

Cinéma - Copyright Médiamétrie - Tous droits réservés * INTENTIONS D’ACHAT : DVD, Blu-Ray, VOD, Téléchargement

* INTENTIONS D’ACHAT :

DVD, Blu-Ray, VOD, Téléchargement définitif HD

© JULIEN LIENARD POUR “LE FILM FRANÇAIS”

18

DÉJEUNERS© JULIEN LIENARD POUR “LE FILM FRANÇAIS” 18 Cédric Le Gallo et Maxime Govare ( Les

Cédric Le Gallo et Maxime Govare (Les crevettes pailletées), Denis Parrot (Coming Out), Grégory Montel (Le grand bazar) et David Hourrègue (Skam France), à la table du Film français.

Enpartenariat avec le restaurant
Enpartenariat avec
le restaurant
table du Film franç ais. Enpartenariat avec le restaurant Denis David Parrot. Hourrègue. Grégory Montel.
Denis David Parrot. Hourrègue. Grégory Montel. Cédric Le Gallo. Maxime Govare.
Denis
David
Parrot.
Hourrègue.
Grégory
Montel.
Cédric
Le Gallo.
Maxime
Govare.

Les

déjeuners

du film français

COMING OUT
COMING
OUT

Denis Parrot

Réalisateur, scénariste et monteur

OUT Denis Parrot Réalisateur, scénariste et monteur JE NE VOULAIS PAS VERSER DANS LE MISÉRABILISME OU

JE NE VOULAIS PAS VERSER DANS LE MISÉRABILISME OU LE PROBLÉMATIQUE.

PAS VERSER DANS LE MISÉRABILISME OU LE PROBLÉMATIQUE. ◗ Comment vous est venue l’idée de ce

Comment vous est venue l’idée

de ce documentaire sur le coming- out composé de témoignages personnels en ligne ?

Elle m’est venue voilà deux ans. Je suis tombé sur une vidéo en ligne montrant un jeune Britannique appeler sa grand-mère au téléphone pour lui annoncer qu’il était gay. Le clip m’a beaucoup touché, me ren- voyant 30 ans en arrière, où je me retrouvais dans la même situation. Réalisant qu’il y en existait beaucoup d’autres, je me suis mis à en regarder en série, plus de 1200. Je me suis rendu compte qu’il y avait là un matériau précieux, fort et intéressant, qu’il fallait faire quelque chose sur ce sujet.

Qu’est-ce qui vous a fait penser que ces témoignages pouvaient se destiner au cinéma ?

J’ai tout de suite trouvé que ces séquences étaient cinématographiques. Il y avait, pour chacune, un dispositif, un cadre, une tension et un suspense, des personnages solides dans des situations de vie où tout va basculer. On assiste à leur évolution

directe, sans détours… La dimension cinéma m’est apparue comme évidente.

Comment avez-vous réglé toutes

les questions de droit à l’image ?

Il était important de contacter chacun des jeunes qui apparaît dans le film. Pour des questions de droits à l’image, bien sûr, mais aussi pour qu’ils comprennent mon pro- jet. Leurs vidéos pouvaient durer jusqu’à 20 minutes, et je les ai réduites à trois ou quatre minutes chacune. Je tenais donc à ce qu’ils voient le montage, qu’ils y adhèrent et comprennent le message essentiel. Je les ai contactés par internet et les échanges ont parfois été longs. Mais tous ont finalement répondu favorablement, avec beaucoup d’enthousiasme. Cela a bien évidemment rallongé le processus, le film a mis deux ans à se faire.

En regardant le film, on saisit

que le vrai sujet n’est pas tant le coming-out mais bel et bien l’affirmation de soi au sens le plus universel du terme…

C’est exactement le propos. Forcément, par sa thématique, il s’agit d’un film mili- tant, c’est indéniable. Mais le vrai sujet qui m’a porté réside dans les problématiques d’acceptation de soi de la jeunesse, au

regard des relations familiales et, par exten- sion, religieuses et culturelles, leurs secrets et leurs tabous… Comment s’affirmer dans ce contexte? Ma première intention était de faire un long métrage intimiste.

Une grande majorité des 19 situations à l’écran connaissent une issue plutôt positive.

Cette tonalité optimiste est-elle intentionnelle ?

Lors de mes recherches, la majorité des vidéos que j’ai vues étaient positives. Peut- être parce que les gens qui se filment ainsi imaginent que cela peut bien se passer. Mais c’était aussi ma volonté de ne pas verser dans le misérabilisme ou le problé- matique, tel qu’on peut le voir dans d’autres films à thématique LGBT+. Il était aussi important pour moi d’ouvrir et de fermer le film avec des séquences plutôt joyeuses. La dernière est d’ailleurs très émouvante. À l’origine, j’envisageais de conclure sur le témoignage d’un jeune Russe, mais cela aurait renforcé le propos militant du film, alors que je le voulais plus doux. Propos recueillis par Sylvain Devarieux

LE BAZAR GRAND
LE BAZAR GRAND

Grégory Montel

Acteur

par Sylvain Devarieux LE BAZAR GRAND Grégory Montel Acteur J’AVAIS VRAIMENT ENVIE DE RENTRER DANS LE
par Sylvain Devarieux LE BAZAR GRAND Grégory Montel Acteur J’AVAIS VRAIMENT ENVIE DE RENTRER DANS LE

J’AVAIS VRAIMENT ENVIE DE RENTRER DANS LE MONDE DE BAYA ET DE MICHEL LECLERC.

ENVIE DE RENTRER DANS LE MONDE DE BAYA ET DE MICHEL LECLERC. ◗ Dans Le grand

Dans Le grand bazar, une nouvelle

comédie pour M6 qui vous a valu un prix d’interprétation à Séries Mania, vous êtes Nicolas, le papa d’une drôle de famille recomposée. Vous êtes déjà un pilier de Dix pour cent, autre série devenue culte. Avez-vous hésité face à l’idée de vous retrouver dans deux séries ayant reçu, chacune dans leur genre, un excellent accueil ?

Ce n’était pas mon souhait. Quand Baya Kasmi, la créatrice du Grand bazar, m’a proposé le rôle, je l’ai décliné. À l’époque, je tournais Dix pour cent. L’équipe est reve- nue vers moi quelques mois plus tard en me proposant de lire le scénario. J’aime beau- coup son univers et j’avais particulièrement été touché par son film, Je suis à vous tout de suite. J’ai réfléchi avec Élise Fécamp, mon agent, et Baya Kasmi, et je me suis laissé tenter. J’avais vraiment envie de ren- trer dans le monde de Baya et de Michel Leclerc (l’un des coscénaristes, Ndlr).

L’alchimie avec votre partenaire,

Nailia Harzoune, qui joue Samia votre épouse, devait être parfaite,

N° 3854 du 26 avril 2019

avec votre partenaire, Nailia Harzoune, qui joue Samia votre épouse, devait être parfaite, N° 3854 du
19 LES CREVETTES PAILLETÉES car il était capital que votre couple soit crédible et attachant.

19

LES CREVETTES PAILLETÉES
LES
CREVETTES
PAILLETÉES

car il était capital que votre couple soit crédible et attachant. Comment l’avez-vous travaillé ?

Nailia et Baya m’ont accueilli. Je crois qu’elles avaient envie que ce soit moi. Nous avons mangé, bu, nous sommes sortis ensemble… Et j’ai vite compris, pen- dant les essais, que Nailia et moi allions nous entendre au niveau du rythme. Entre deux comédiens, c’est capital. Nous nous sommes très bien complétés. Mon jeu n’a fonctionné que parce qu’elle était mon contre-pied.

La série est produite par Elephant

Story, à qui l’on doit Fais pas ci, fais pas ça, le mètre étalon de la comédie familiale en France. Avez-vous ressenti une pression quelconque face à un tel modèle ?

J’en ai tout le temps entendu parler. Je n’avais jamais vu un épisode et je n’ai pas voulu en voir car je suis une éponge et je peux être influencé. Surtout que Baya et Michel avaient écrit et réalisé pour Fais pas ci, fais pas ça.

Le succès de la série Dix pour cent

a été un accélérateur de carrière pour vous. Comment le gérez-vous, ainsi que les rôles qui vous sont aujourd’hui proposés ?

Je suis déjà à l’étape de digestion du succès de Dix pour cent : celle du comé- dien qui commence à être reconnu. Tous les acteurs ont envie de reconnaissance. Après, la question est que faire de celle-ci ? Je suis plus sur une réflexion autour de ce je veux qu’autour de ce que je dois faire.

Hors Dix pour cent, on vous

a souvent proposé des rôles dans

des films chorales, qui ont souvent bien marché. Quelle est la prochaine étape ?

Sans prétention, je crois que je suis prêt à porter un rôle principal. J’ai envie de voir ce je vaux dans cet exercice. J’ai eu la chance de recevoir plein de choses, notamment en comédie. On me voit sou- vent dans des rôles sympathiques. J’ai envie de prendre le contre-pied. Je l’ai fait récemment avec Jacques Maillot dans un téléfilm, Vivre sans eux, où je joue un meurtrier.

Quels sont vos projets ?

Je vais partir cet été en Corse avec Guillaume Gouix, Swan Arlaud, Richard Berry et José Garcia dans un film d’action que Miguel Courtois mettra en scène. Pour le moment, il s’appelle Les sentinelles. Jérôme Bonnell m’a aussi proposé un premier rôle dans son prochain long. Et à l’automne, en octobre, la saison 4 de Dix pour cent.

Propos recueillis par François-Pier Pelinard-Lambert

Cédric Le Gallo et Maxime Govare

Coréalisateurs

et coscénaristes

Le Gallo et Maxime Govare Coréalisateurs et coscénaristes NOUS VOULIONS FAIRE CE FILM AVEC DES ACTEURS

NOUS VOULIONS FAIRE

CE FILM AVEC DES ACTEURS PEU CONNUS, ET NOS PRODUCTEURS ET NOTRE DISTRIBUTEUR NOUS ONT

SUIVIS.

ET NOS PRODUCTEURS ET NOTRE DISTRIBUTEUR NOUS ONT SUIVIS. Cédric Le Gallo ◗ Cédric, Les crevettes

Cédric Le Gallo

Cédric, Les crevettes pailletées,

comédie suivant une équipe de water-polo gay partant en Croatie pour participer aux Gay Games, qu’Universal distribuera en salle le 8 mai, est inspirée de votre propre équipe, les Shiny Shrimps. Comment ce premier long est-il né ?

Cédric Le Gallo: J’ai débuté ma carrière

comme journaliste, avant de faire Scènes de culte, un programme court pour Canal+. À l’époque, j’avais déjà cette idée en tête. Lorsque j’ai en parlé à l’un de nos deux producteurs, il a tout de suite flashé sur le pitch. Il m’a alors présenté Maxime en me conseillant d’y travailler avec lui. Tout de suite, je me suis rendu compte que nous avions la même envie de cinéma: un film un peu sur le fil, à l’anglaise, où l’on peut être très drôle, très outrancier, parfois même dans l’humour presque vulgaire, et en même temps aller à fond dans l’émo-

tion, avec un vrai propos.

Maxime, qu’est-ce qui vous

a séduit dans ce projet ?

Maxime Govare : La comédie à l’anglaise. Je suis par ailleurs très friand de sport, et il y avait matière à en faire un film de sport extrêmement atypique, avec un côté

très rassembleur. Et puis, l’envie de faire un road trip, de partir avec des standards de comédie pas forcément franco-français, même dans le casting.

C. L. G. : Dès le départ, nous voulions faire

ce film avec des acteurs peu connus, et nos

producteurs (Les Improductibles et Kaly,

Ndlr) et notre distributeur nous ont suivis.

M. G.: Il fallait quelque chose de très authen-

tique, parce que l’équipe de Cédric existe réellement, et nous ne nous sentions pas de

faire venir des têtes d’affiches connues pour interpréter une équipe gay amateur.

C. L. G.: Cela aurait un peu fait carnaval,

on n’y aurait jamais cru. Or il fallait croire tout de suite à cette bande de potes. Et je pense que les spectateurs ont aussi envie de voir de nouvelles têtes.

Peu de films français grand public

– en particulier de comédie – mettent

la “communauté LGBT” au premier plan. Comment l’expliquez-vous ?

C. L. G.: Déjà, je pense que pour faire ce

genre de films, il faut être gay, sinon on passe forcément à côté. Et des réalisateurs

gays, il n’y en a pas tant que cela. Peut-être

y a-t-il, aussi, la peur de se planter. Faire

une comédie gay, c’est le risque d’être dans

la caricature, puisque la comédie aime les

personnages hauts en couleur. L’avantage,

c’est que cette équipe est bien plus haute en couleur dans la vie que dans le film. Maxime avait même tendance à me calmer en me disant: “Là, on ne va jamais y croire.”

Il y avait donc un équilibre subtil à trouver,

afin de préserver la véracité de cet univers, sans se censurer ou édulcorer les choses. M. G. : C’est parce que l’équipe existait réellement, que Cédric en faisait partie et

qu’il était gay, que j’ai été attiré par le pro- jet. Il y avait ce besoin de partir de quelque chose d’authentique pour ne pas fantas- mer totalement les choses. Du coup, tout ce qui peut sembler cliché s’appuie sur des choses qui peuvent être réelles.

Avez-vous des projets, en commun ou en solo ?

M. G. : En commun, non, pas pour

l’instant. Me concernant, je travaille sur deux longs: un film noir et une comédie romantique. Le premier est en fin d’écri- ture, le second, au tout début.

C. L. G. : De mon côté, j’ai commencé à

développer d’autres pitches, en cinéma comme en série, mais de façon beaucoup moins avancée. Propos recueillis par K. B.

SKAM FRANCE
SKAM
FRANCE

David

Hourrègue

Réalisateur

par K. B. SKAM FRANCE David Hourrègue Réalisateur JE VOULAIS OUVRIR LE SPECTRE, POSER UNE PIERRE
par K. B. SKAM FRANCE David Hourrègue Réalisateur JE VOULAIS OUVRIR LE SPECTRE, POSER UNE PIERRE

JE VOULAIS OUVRIR LE SPECTRE, POSER UNE PIERRE POUR QUE

LE MONDE AILLE MIEUX,

EN PENSANT À MES ENFANTS.

POUR QUE LE MONDE AILLE MIEUX, EN PENSANT À MES ENFANTS. ◗ Vous êtes le réalisateur
POUR QUE LE MONDE AILLE MIEUX, EN PENSANT À MES ENFANTS. ◗ Vous êtes le réalisateur

Vous êtes le réalisateur de la série Skam France, un phénomène

hexagonal et international.

La saison 3 en est à ce jour à 30 millions de vidéos vues. Alors que la saison 4 commence à être mise en ligne sur Slash.tv, comment vit-on un tel phénomène dans une carrière ?

Rien ne vous y prépare. Je fais de mon mieux, déjà en répondant aux messages que l’on me laisse.

Cette série est une sorte de Graal

pour tous les diffuseurs. Elle mobilise massivement les jeunes difficiles

diffuseurs. Elle mobilise massivement les jeunes difficiles à fidéliser, ainsi que les réseaux sociaux en faisant

à fidéliser, ainsi que les réseaux

sociaux en faisant découvrir

à ce public une fiction française. Quels types de propositions

recevez-vous désormais ?

Actuellement, je me réjouis de recevoir

beaucoup de choses, souvent liées à l’uni- vers adolescent. J’ai toujours fonctionné au coup de cœur. Il y a ce que je sais faire et ce qui va me mettre en panique. Il y a ce que je vais adorer mais qui me fait très peur. Et je vais donc aller vers ce

qui m’inquiète le plus. J’étais en panique avant de réaliser la saison 3 de Skam et j’ai dû effectuer tout un cheminement person- nel pour comprendre que j’allais réaliser une histoire d’amour pure et dure, et pas seulement une histoire d’amour homo- sexuelle. À partir de là, j’étais prêt et elle est devenue un peu plus universelle. Je voulais ouvrir le spectre, poser une pierre pour que le monde aille mieux, en pensant à mes enfants. Quand je lis quelque chose, je veux que cela me bouleverse, me fasse

rêver.

Vous n’avez pas été que réalisateur sur Skam, vous avez été aussi très présent sur le montage, les choix musicaux, sur les réseaux sociaux pour l’accompagner. Vous n’avez

pas peur de perdre tout cela sur un autre projet ?

Beaucoup de personnes qui m’abordent actuellement me demandent de penser à la musique, à la promotion… on vient me chercher pour créer un univers autour des personnages. Mais j’ai envie de partir vers de nouveaux horizons pour me remettre en question. Car ce qui a marché une fois ne se reproduira peut-être pas. Le succès de Skam vient aussi d’un changement profond du diffuseur en particulier sur la promotion: accepter de ne pas avoir une bande-annonce classique, de modifier des circuits un peu éculés auxquels les jeunes ne sont plus sensibles. Nous n’étions pas dans un rapport de vendeur à client. Il fallait que les jeunes aient l’impression que Skam leur appartenait.

Skam est l’adaptation d’un format

norvégien qui ne compte que quatre saisons. Une suite serait donc une création. Où en êtes-vous de cette réflexion ?

On en discute évidemment avec la chaîne et la production. Nous sommes partis en Norvège pour rencontrer la créatrice. On ne fera rien si nous ne sommes pas per- suadés de pouvoir maintenir un niveau d’histoire et d’émotion en rapport avec ce que les gens vivent aujourd’hui avec Skam.

En attendant une suite ou pas, sur quoi travaillez-vous ?

Actuellement, j’ai la chance de pouvoir choisir. J’ai aussi refusé pas mal de choses, souvent mal écrites. J’essaie d’être en accord avec moi-même et nous verrons.

Dans votre parcours, il y a aussi eu du cinéma…

J’ai plein d’idées de longs. Le brasier qui nous anime tous vient du film. Je rêverais de refaire du cinéma, mais c’est moins une obsession. La ligne d’horizon a changé et

le monde de la fiction évolue à une vitesse folle. Propos recueillis par François-Pier Pelinard-Lambert

N° 3854 du 26 avril 2019

© iStock, Sam Flammang, Marc Detail

© iStock, Sam Flammang, Marc Detail Lancement de l’appel à projets de longs-métrages pour la recherche
© iStock, Sam Flammang, Marc Detail Lancement de l’appel à projets de longs-métrages pour la recherche
© iStock, Sam Flammang, Marc Detail Lancement de l’appel à projets de longs-métrages pour la recherche

Lancement de l’appel à projets de longs-métrages pour la recherche de partenaires :

JUIN 2019

Cette édition mettra en avant

« LE RÔLE DE LA MUSIQUE AU CINÉMA »

mettra en avant « LE RÔLE DE LA MUSIQUE AU CINÉMA » La 16 e édition
mettra en avant « LE RÔLE DE LA MUSIQUE AU CINÉMA » La 16 e édition

La 16 e édition des Rencontres de coproduction francophone, organisée par le Film Fund Luxembourg, se tiendra au Luxembourg

DU 13 AU 16 NOVEMBRE 2019

, se tiendra au Luxembourg DU 13 AU 16 NOVEMBRE 2019 Informations et inscriptions à partir

Informations et inscriptions à partir de juin 2019 :

www.filmfund.lu

Organisé par :

En partenariat avec :

Avec le soutien de :
Avec le soutien de :

#RCF2019

inscriptions à partir de juin 2019 : www.filmfund.lu Organisé par : En partenariat avec : Avec
inscriptions à partir de juin 2019 : www.filmfund.lu Organisé par : En partenariat avec : Avec

© TORIA/SHUTTERSTOCK

© TORIA/SHUTTERSTOCK Dossier spécial COPRODUCTION INTERNATIONALE Dans un contexte mondial de financements de plus
Dossier spécial COPRODUCTION INTERNATIONALE Dans un contexte mondial de financements de plus en plus contraints,
Dossier spécial
COPRODUCTION
INTERNATIONALE
Dans un contexte
mondial
de financements
de plus en plus
contraints, mais aussi
d’ouverture
de la production
et d’initiatives étatiques
nationales, régionales
ou locales d’accueil
et de soutien
aux tournages,
la coproduction est
multiforme. À travers
une mosaïque de pays
étudiés, ce dossier vous
propose un voyage au
cœur de la production
transfrontalière
en Europe et Amérique
du Nord. ■ PATRICE CARRÉ,
JEAN-PHILIPPE GUERAND
ET FRANÇOIS-PIER
PELINARD-LAMBERT
22
24
BELGIQUE-FLANDRE
BELGIQUE-WALLONIE ET BRUXELLES CAPITALE
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28 28
LUXEMBOURG
ALLEMAGNE
ITALIE
POLOGNE
SERBIE
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32 33
PORTUGAL
CANARIES
EUROPE CRÉATIVE
CANADA
QUÉBEC
22 DOSSIER Belgique-Flandre
22
DOSSIER
Belgique-Flandre

Un partenaire dont la filière monte en puissance

Toujours plus présente dans le paysage de l’animation, la Belgique flamande voit se renforcer sa capacité à accueillir des projets ambitieux avec l’ouverture d’un studio de prises de vues sous-marines unique en Europe. PATRICE CARRÉ

© LES FILMS D’ICI, BAC CINÉMA, LUNANIME, ITHINKASIA, PICTURES, AMOPIX, CINEFEEL 4, SPECIAL TOUCH STUDIOS.
© LES FILMS
D’ICI, BAC
CINÉMA,
LUNANIME,
ITHINKASIA,
PICTURES,
AMOPIX,
CINEFEEL
4, SPECIAL
TOUCH
STUDIOS. WEBSPIDER PROD., EPUAP, GAO SCHAN

Funan de Denis Do.

WEBSPIDER PROD., EPUAP, GAO SCHAN ↑ Funan de Denis Do. Nous avons mis en place des

Nous avons mis en place des aides […]. Et ce sont des actions que nous allons continuer à développer, afin de renforcer la position de nos studios d’animation sur le marché.

Jan Roekens (Screen Flanders)

d’animation sur le marché. Jan Roekens (Screen Flanders) D epuis le lancement en 2012 du fonds

D epuis le lancement en 2012 du fonds économique Screen Flanders, 25 projets – tous genres et formats confondus – copro-

duits avec la France ont été soutenus. Ils se répartissent entre 13 animations et 12 fictions. Parmi les plus récents, figurent la série Moloch, destinée à Arte, réali- sée par Arnaud Malherbe et produite en France par Calt Studio en coproduction avec Belga Productions ; le film d’anima- tion Charlotte de Bibo Bergeron, produit en majoritaire par les canadiens January Films et Sons of Manual en coproduction avec Walking the Dog en Belgique et Balthazar Productions en France ; sans oublier la saison 3 de Versailles produit par Capa et Banijay Studios France, les coproducteurs belges étant Entre Chien et Loup et Zodiak Belgium. “Globalement nos coproductions avec la France restent stables, sachant qu’elles n’ont jamais atteint le niveau de

celles de Walimage qui a longtemps été en situation de quasi-monopole”, souligne Jan Roekens, responsable de Screen Flanders.

L’ANIMATION SE RENFORCE

Le renforcement du crédit d’impôt fran- çais a donc moins durement affecté les producteurs flamands qui travaillent majo- ritairement avec les Pays-Bas. Un partena- riat structuré existant de longue date entre les deux territoires permet ainsi de soutenir quatre films flamands et quatre néerlandais par an. Et des accords ont aussi été signés avec la Wallonie. Autres partenaires régu- liers, l’Allemagne, le Royaume-Uni ainsi que les pays scandinaves. Mais c’est du côté de l’animation que les collaborations

avec la France, se maintiennent, voire se renforcent, notamment grâce à la montée en puissance régulière de la filière flamande qui commence à initier ses propres projets. Elle a d’ailleurs récemment bénéficié de focus à Annecy et durant le Cartoon Movie. “Nous avons mis en place des aides, tant du côté du VAF qui est le fonds culturel que via Screen Flanders. Et ce sont des actions que nous allons continuer à développer, afin de renforcer la position de nos studios d’animation sur le marché.” Depuis 2016, le VAF soutient, chaque année, à hauteur de 750 000 €, un projet majoritaire d’animation. Et aux côtés de sociétés historiques telles que Grid Animation, Walking the Dog ou

Lunanime sont apparus récemment des nouveaux venus comme Fabrique Fantas- tique, dirigée par Tom Van Gestel et installée à Lier dans la province d’Anvers. L’autre particularité flamande est d’attirer en coproduction des projets de plus en plus ambitieux, tendance qui pourrait s’accélérer avec l’ouverture récente des studios Lites. Basés à Vilvorde, ils disposent de cinq pla- teaux de tournage de 250 à 1 700 m 2 , dont l’un entièrement dédié aux prises de vues sous-marines. Ce dernier est doté d’un équipement de dernière génération pas- sant notamment par un système de filtra- tion permettant de changer l’aspect de l’eau:

de cristallin à pollué et de rivière à océan.

Le plafond technique offre la possibilité de simuler toutes sortes de conditions météo et l’eau est chauffée en permanence à 32° afin de faciliter le tournage de longues scènes. De grandes plateformes mobiles et des grues aériennes permettent d’immerger les décors à la profondeur souhaitée, ceux-ci pouvant être construits à sec. Par ailleurs, jusqu’à 18 tonnes d’eau peuvent tomber depuis trois tours équipées de tremplins réglables, afin de simuler tempêtes ou cyclones. Le studio a notamment accueilli des scènes de Kursk de Thomas Vinterberg alors qu’il était encore en phase de lancement. Il est pleinement opérationnel depuis début avril.

“FUNAN” : DES PARTENAIRES OSANT LA PRISE DE RISQUES

Produit par Sébastien Onomo (Les Films d’Ici) en coproduction avec Lunanime pour la Belgique, le Luxembourg ainsi que le Cambodge, Funan de Denis Do, Cristal du meilleur long métrage lors du dernier Festival d’Annecy et sorti en salle le 6 mars dernier (Bac Films), illustre la nécessité pour un film d’animation d’être financé par le biais de la coproduction, la Belgique flamande offrant des atouts alliant l’artistique aux considérations financières. “Actuellement, sur mes productions, je suis hors de toute considération du crédit d’impôt français, souligne Sébastien Onomo. Partant de ce postulat, je suis obligé d’aller chercher des partenaires à l’étranger, capables notamment d’être autosuffisants sur leur territoire. Et c’est le cas pour la Belgique, grâce au jeu des aides régionales auxquelles peuvent s’additionner le tax shelter, un peu de financement privé ainsi qu’une part Eurimages.” Funan n’était soutenu par aucun diffuseur majeur en France et n’a pas bénéficié de l’Avance sur recettes avant réalisation, le film l’obtenant après réalisation. “Je ne disposais pas suffisamment de soft money (argent non soumis à obligation de dépenses sur un territoire, par opposition aux aides régionales, Ndlr) pour pouvoir dépenser de l’argent français à l’étranger. L’essentiel de ce que j’avais pu avoir provenait d’un important MG de Bac Films, la commission CVS du CNC

et ma part Eurimages. Et j’avais eu des aides régionales qui entraînaient des dépenses territorialisées. Il me fallait donc trouver des coproducteurs autosuffisants.” C’était le cas avec le Luxembourg mais aussi la Belgique. “Je fonctionne beaucoup au feeling et Annemie Degryse de Lunanime a été la première personne à me faire confiance. Lorsque j’ai pitché Funan pour la première fois à Annecy en 2013, elle est venue me voir à l’issue de la présentation en me disant qu’elle voulait le coproduire. Et depuis, on ne se quitte plus. Je crois que les Flamands ont une vraie notion de la prise de risques dans le cinéma. C’est indispensable pour de telles œuvres.” Les deux partenaires développent à présent ensemble La sirène de Sepideh Farsi, dont

la production devrait démarrer en septembre. Il est coproduit avec le Luxembourg et l’Allemagne.

P. C.

N° 3854 du 26 avril 2019

devrait démarrer en septembre. Il est coproduit avec le Luxembourg et l’Allemagne. P. C. N° 3854

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LUNANIME / STHLM REQUIEM / FL. CO-PRODUCER LUNANIME / LES MISÉRABLES / FL. CO-PRODUCER CZAR FILM

LES MISÉRABLES / FL. CO-PRODUCER CZAR FILM & TV /

BAPTISTE / FL. CO-PRODUCER CZAR FILM & TV /
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WHERE IS ANNE FRANK / FL. CO-PRODUCER WALKING THE DOG /
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© MATTHIEU PONCHEL

24 DOSSIER Belgique-Wallonie & Bruxelles Capitale
24
DOSSIER
Belgique-Wallonie
& Bruxelles Capitale

Coproduction naturelle mais sous tension

Tandis que le CCA s’alarme d’une baisse des collaborations avec la France, qui affecte surtout le cinéma d’auteur, les fonds régionaux font des constats plus nuancés, en raison notamment du renouveau du film de genre. PATRICE CARRÉ

↓ Stéphane Demoustier, réalisateur de La fille au bracelet

Stéphane Demoustier, réalisateur de La fille au bracelet 3 M€, un tiers étant amené en Belgique

3 M€, un tiers étant amené en Belgique par Scope Pictures, qui a levé 900 000 € en tax shelter, le reste venant de Wallimage. Le tournage devrait avoir lieu des deux côtés de la frontière, le montage de la musique et le mixage étant réalisés en Wallonie, pour des dépenses estimées à 550 000 €. Quant au nouveau film de Leos Carax, il est coproduit entre la France, l’Allemagne et la Belgique. Sur un budget de 18 M€, environ 5 M€ seront levés outre-Quiévrain.

L ors de la présentation du dernier bilan

du Centre du cinéma et de l’audiovi-

suel (CCA), un fait sautait aux yeux.

et de l’audiovi- suel (CCA), un fait sautait aux yeux. ‘Kandisha’ est assez enthousiasmant. C’est une

‘Kandisha’ est assez enthousiasmant. C’est une démarche très intéressante lancée par une société française qui initie ainsi une collection de films de genre avec le soutien de SND.

une collection de films de genre avec le soutien de SND. Philippe Reynaert, directeur de Wallimage

Philippe Reynaert, directeur de Wallimage

“En 2018, seulement 41% des copro-

ductions terminées sont faites avec la France, contre 68% en moyenne. Ce nombre n’a jamais été aussi faible. Pour rappel, cette diminution avait déjà été constatée en 2017, avec un taux de 59% de coproduction. Mais celle-ci reste encore notre premier partenaire.” Les conséquences ont été immédiatement perceptibles pour les films belges franco- phones, dont le financement global est en diminution en dépit d’une hausse de la part belge. L’apport français sur les films majori- taires de la Fédération Wallonie-Bruxelles est en effet passé de 29,6% en 2017 à 11,9% en 2018. Au vu de ces difficultés grandissantes, le CCA a initié une stratégie d’ouverture en termes de coopération internationale. Après le Chili, le Canada et l’Uruguay, avec lesquels des accords de coproduction ont été finalisés récemment, il négocie avec l’Argentine, le Brésil, Israël, le Liban, le Mexique, l’Ukraine, des discussions devant débuter avec la Palestine et l’Équateur. Pourtant, tout n’est pas si sombre dans les collaborations entre la France et la Belgique. Très critique envers le renforcement du crédit d’impôt français, le directeur de Wallimage, Philippe Reynaert, estime que la crise est en train de passer. “Nous sommes moins alarmés que le CCA, grâce à l’orientation que nous avons prise sur le film de genre. Le succès de Grave, que nous avions accompagné, a permis de

nous identifier et nous sommes partenaires depuis trois ans du marché Frontières. En 2018, nous avons soutenu 32 projets, dont 14 français, tous formats confondus. Cela redevient significatif.” Une tendance qui se confirme sur les deux premières sessions de 2019. Cinq projets d’initiative française ont été aidés lors de la première et quatre lors de la deuxième. Parmi eux émergent notamment Kandisha d’Alexandre Bustillo et Julien Maury (qui avaient notamment réalisé À l’intérieur),

produit par Esprits Frappeurs, ou encore Annette de Leos Carax (CG Cinéma). Deux œuvres aux budgets et ambitions très différents. “Kandisha est assez enthou- siasmant, explique Philippe Reynaert. C’est une démarche très intéressante, lancée par une société française, qui initie ainsi une collection de films de genre avec le soutien de SND.” Croisement entre film d’horreur et de banlieue, Kandisha opére un détour- nement de genre malin propre à séduire plusieurs cibles. Son budget global est de

“LA FILLE AU BRACELET” : FRUIT D’UN PARTENARIAT DE LONGUE DATE

Deuxième long métrage de Stéphane Demoustier, La fille au bracelet est produit par Jean des Forêts pour Petit Film, en coproduction avec Frakas Productions (Jean-Yves Roubin et Cassandre Warnauts). “Le premier film de Stéphane, Terre battue, était également coproduit avec la Belgique, rappelle Jean des Forêts. Il est originaire du nord de la France et a de nombreux

collaborateurs belges, comme sa monteuse. Par ailleurs, j’ai de très bons rapports avec Frakas. J’ai fait lire le scénario à Jean-Yves Roubin alors qu’il était quasi finalisé et il m’a rappelé trois semaines après en me disant qu’il venait de le prévendre à la RTBF, qui a ainsi été notre premier financeur. Cela résume bien la façon dont nous travaillons ensemble, de façon quasi naturelle.” Sur l’ensemble du plan de financement, la Belgique ne représente que 13% du total, soit 443933 € (selon le CCA), apportés par quatre guichets, le Centre du Cinéma, le Fonds spécial de soutien aux producteurs indépendants, la RTBF et Belgacom, le tax shelter contribuant à l’ensemble pour 150000 €. “Nous aimerions de temps en temps pouvoir compter sur un tel apport français pour les films très majoritairement belges et initiés en Belgique”, souligne à ce propos Jeanne Brunfaut, directrice du CCA. “C’est de l’argent qui n’était pas remplaçable par autre chose et cela nous a permis de rester dans les clous du crédit d’impôt français, le film étant intégralement tourné dans l’Hexagone. Nous avons eu le meilleur des deux mondes en quelque sorte”, sourit Jean des Forêts avant d’ajouter: “Mais pour moi, cela vaut la peine à partir du moment où l’on travaille avec un partenaire capable d’amener autre chose que du tax shelter.” Reste que le chiffrage de l’Avance sur recettes semble revu à la baisse dès lors qu’il y a coproduction. Bien que le CNC s’en défende, ce sentiment est né de plusieurs faisceaux d’indices. “Nous avons eu 350000 € pour La fille au bracelet. C’est un chiffrage très bas, appuie Jean des Forêts. J’ai l’impression que la commission ne prend pas

le temps de faire la différence entre coproductions vertueuses et cyniques. Cela ne concerne pourtant pas les mêmes films.”

P. C.

BRUXELLES CAPITALE SOUTIENT LA DIVERSITÉ

Chez Bruxelles Capitale, la tendance est à la stabilité pour les collaborations franco- belges. 39% des projets soutenus par Screen Brussels sont coproduits entre les deux pays. Et depuis sa création en 2016, le fonds dirigé par Noël Magis a attribué des aides à 17 coproductions majoritaires françaises. “La France reste un partenaire européen privilégié pour les producteurs qui font appel à nous, confirme Noël Magis, sachant que, dès le départ, nous sommes ouverts aux projets de tout type, y compris à ceux dits économie légère. Mais on peut tout de même faire un constat sur la série. Alors que les producteurs français viennent chercher des compléments de financement en Belgique, l’Hexagone ne soutient pas les séries belges”.

N° 3854 du 26 avril 2019

compléments de financement en Belgique, l’Hexagone ne soutient pas les séries belges”. N° 3854 du 26

© JULIANNE FILMS/FOLIVARI/MÉLUSINE PRODUCTIONS

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© JULIANNE FILMS/FOLIVARI/MÉLUSINE PRODUCTIONS 25 ↑ Le sommet des Dieux de Patrick Imbert. L e Luxembourg

Le sommet des Dieux de Patrick Imbert.

L e Luxembourg possède la parti- cularité de disposer d’un guichet unique représenté par le Fonds national de soutien à la production

audiovisuelle, dont le soutien maximum ne peut dépasser 30% du budget des œuvres soumises. Très au fait des méca- nismes permettant les coproductions en Europe, les producteurs du Grand-Duché ont été impactés par le renforcement du crédit d’impôt français qui a notamment compromis les accords tripartites en raison notamment du seuil des 70% de dépenses en France, répartir le solde res- tant entre deux pays n’ayant plus guère de sens. “Nos producteurs, qui sont très dépendants de la coproduction, car nous n’avons pas de diffuseurs et pas de dis- tributeur, ont commencé à se tourner vers de nouveaux territoires, résume Guy Daleiden, directeur du Film Fund. Nous avons coproduit davantage avec la Suisse et les Pays-Bas, et travaillons aussi avec l’Irlande et l’Autriche.” Le Luxembourg a signé sept accords de coproduction bilatéraux : Canada, Allemagne, France, Irlande, Autriche, Suisse et Chine. Et une opération de

Luxembourg

Des collaborations animées

Tandis que les coproductions d’œuvres de fiction avec la France tendent à se tarir, de plus en plus de partenariats se montent autour de films d’animation aux grandes ambitions artistiques. PATRICE CARRÉ

promotion et d’information a été montée l’année dernière en direction de l’Amé- rique du Sud, suite à des demandes émanant de l’Argentine, du Chili et du Brésil, le Grand-Duché ayant mis en place, il y a deux ans, une aide sur le modèle de Cinémas du monde. Baptisée

World Cinéma, elle a notamment sou- tenu Viendra le feu d’Olivier Laxe, qui sera présenté cette année dans le cadre d’Un certain regard (UCR). Parmi les coproductions récentes entre la France et le Luxembourg émerge notamment Chambre 212 de Christophe Honoré éga-

lement sélectionné à UCR. Il est porté en France par Les Films Pelléas et au Grand- Duché par Bidibul Productions, mais aussi par les Belges de Scope Pictures.

“LE PETIT NICOLAS, PARFUM D’ENFANCE”, EN COURS

Mais si les collaborations dans le domaine de la fiction tendent à devenir épisodiques, Bidibul faisant de plus en plus figure d’exception dans le domaine, un mouvement inverse s’opère dans l’animation. Les raisons en sont finan-