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ÉCOLE POLYTECHNIQUE FÉDÉRALE DE LAUSANNE

Traité l'Électricité
PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DE JACQUES NEIRYNCK
Ce document est la propriété exclusive de Edison Marcelo Palacios (marcelo.palacios@yahoo.es) - 02 juillet 2018 à 23:25

VOLUMEXII

ÉNERGIE
ÉLECTRIQUE
Michel Aguet
et Jean-Jacques Morf

PRESSES POLYTECHNIQUES ROMANDES


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XII
ÉNERGIE
ÉLECTRIQUE
TRAITÉ D'ÉLECTRICITÉ
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TRAITÉ D'ÉLECTRICITÉ
DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE FÉDÉRALE DE LAUSANNE
PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DE JACQUES NEIRYNCK
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VOLUMEXII

ÉNERGIE
ÉLECTRIQUE

par Michel Aguet


et Jean-Jacques Morf

PRESSES POLYTECHNIQUES ROMANDES


Cet ouvrage fait partie d'une série de vingt-deux volumes
dont les titres sont les suivants:

I INTRODUCTION A L'ÉLECTROTECHNIQUE
Il MATÉRIAUX DE L'ÉLECTROTECHNIQUE
I I I ÉLECTROMAGNÉTISME
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IV THÉORIE DES RÉSEAUX DE KIRCHHOFF


V ANALYSE ET SYNTHÈSE DES SYSTÈMES LOGIQUES
V l THÉORIE ET TRAITEMENT DES SIGNAUX
V I I DISPOSITIFS A SEMICONDUCTEUR
V I I I ÉLECTRONIQUE
IX TRANSDUCTEURS ÉLECTROMÉCANIQUES
X MACHINES ÉLECTRIQUES
X l MACHINES SÉQUENTIELLES
X I I ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
X I I I HYPERFRÉQUENCES
X I V CALCULATRICES
XV ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE
X V I ÉLECTRONIQUE DE RÉGLAGE ET DE COMMANDE
X V I I SYSTÈMES DE MESURE
X V I I I SYSTÈMES DE TÉLÉCOMMUNICATIONS
X I X FILTRES ÉLECTRIQUES
XX TRAITEMENT NUMÉRIQUE DES SIGNAUX
XXI ÉLECTROACOUSTIQUE
X X I I HAUTE TENSION

Le Traité d'Electricité est une publication des


Presses polytechniques romandes, fondation scientifique
dont le but est principalement la diffusion des travaux de
l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.
Le catalogue de ces publications peut être obtenu aux
Presses polytechniques romandes, CH-1015 Lausanne.

Deuxième édition
ISBN (série): 2-604-00002-4
ISBN (ce volume): 2-88074-052-5
© 1987, Presses polytechniques romandes
CH-1015 Lausanne
Imprimé en France
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INTRODUCTION

Place de ce volume dans le Traité d'Électricité, d'Électronique et d'Électrotechnique.


Ce volume introduit le lecteur dans l'un des systèmes les plus complexes comprenant la
production, le transport, la distribution et l'utilisation de l'énergie électrique.
Parmi toutes les formes d'énergie utilisées par l'homme, l'énergie électrique présente deux
particularités : elle n'est pratiquement pas disponible dans la nature et elle ne peut pas être
stockée. En conséquence, chaque seconde, la totalité de l'énergie électrique utilisée par les
consommateurs appartenant au système considéré doit avoir été produite, transportée, distribuée
et comptabilisée dans le même temps. Ce système peut donc être considéré en gros comme la
réunion de trois ensembles complémentaires, l'ensemble des centrales de production d'énergie
à partir d'une source primaire d'énergie (pétrole, charbon, gaz naturel, énergie hydraulique,
nucléaire, etc.), l'ensemble des consommateurs qui l'utilisent pour en obtenir du travail, de la
chaleur, de la lumière, des réactions chimiques endothermiques, des signaux, etc., et, entre
deux, l'ensemble des lignes électriques et des transformateurs.
Les génératrices et les transformateurs des centrales de production sont l'objet du volume
Machines électriques. Les chaudières, les réacteurs , les machines thermiques et hydrauliques
entraînant les génératrices sortent du cadre du Traité mais ils sont évoqués dans les chapitres
1 et 8 de ce volume.
Les consommateurs d'énergie électrique sont partiellement décrits dans les volumes
Introduction à ΓÉlectrotechnique, Electromécanique et Machines électriques. Dans le présent
volume, on décrit plus spécialement leur comportement à l'égard du système, soit simplement
au cours du temps pour prévoir dans la mesure du possible l'évolution des puissances
demandées, soit leur réaction à des fluctuations de la fréquence et des tensions.
Le volume Électronique de puissance traite de la conversion des systèmes alternatifs aux
systèmes continus et réciproquement. Il donne les bases des sous-systèmes de transmission à
courant continu.

Organisation générale de ce volume


Le premier chapitre situe le rôle particulier de l'énergie électrique dans l'ensemble des
flux d'énergie naturels et domestiqués. Un double handicap doit être surmonté : la
multiplicité des unités d'énergie couramment utilisées par les spécialistes (une bonne centaine,
en dehors du joule) et l'ambiguïté de l'équivalence entre énergie mécanique et énergie
thermique. On verra que le recours simultané au premier et au second principe de la
thermodynamique est indispensable, ce qui conduit à distinguer l'exergie de l'énergie.
Vl ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

Le chapitre 2 définit et permet de calculer les caractéristiques longitudinales et


transversales d'une ligne. On y verra notamment que la tension entre deux points éloi-
gnés n'a pas de signification et que l'inductance linéique peut fortement dépendre de
la fréquence. Les modèles mathématiques d'une ligne doivent être adaptés au problè-
me étudié et seront différents suivant qu'il existe ou non un courant dans le sol et sui-
vant la rapidité du phénomène. Ceci sera illustré par les chapitres correspondant au
fonctionnement triphasé équilibré (chap. 3 et 4), aux courts-circuits (chap. 5) et à la
propagation de surtension (chap. 6).
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Le chapitre 7 est consacré aux techniques de coupure des courants et aux dis-
positifs de protection contre les surtensions.
Enfin le chapitre 8 traite du fonctionnement du système dans des circonstances
normales et en cas de perturbation.
Les tables de conversion, les valeurs usuelles, les normes, les bilans énergétiques et
exergétiques sont groupés dans le chapitre 9.
Faute de place, plusieurs problèmes importants concernant les systèmes de pro-
duction, de transport, de distribution et d'utilisation de l'énergie électrique n'ont pu
être qu'effleurés.

Conventions
Le Traité d'Electricité est composé de volumes (vol.) repérés par un chiffre ro-
main (vol. V). Chaque volume est partagé en chapitres (chap.) repérés par un nombre
arabe (chap. 2). Chaque chapitre est divisé en sections (sect.) repérées par deux nom-
bres arabes séparés par un point (sect. 2.3). Chaque section est divisée en paragraphes
(§) repérés par trois nombres arabes séparés par deux points (§ 2.3.11). Les références
internes stipulent le volume, le chapitre, la section ou le paragraphe du Traité auquel
on renvoie. Dans le cas de la référence à une partie du même volume, on omet le numé-
ro de celui-ci.
Les références bibliographiques sont numérotées continûment par volume et repé-
rées par un seul nombre arabe entre crochets; les pages concernées sont éventuellement
précisées entre parenthèses : [33] (pp. 12-15).
Un terme apparaît en italique maigre la première fois qu'il est défini dans le
texte. Un passage important est mis en évidence lorsqu'il est composé en italique gras.
Un paragraphe délicat ou compliqué est marqué par le signe • précédant son re-
père numérique. Un paragraphe qui n'est pas indispensable à la compréhension de ce
qui suit est marqué par le signe • précédant son repère numérique.
Les équations hors texte sont numérotées continûment par chapitre et repérées
par deux nombres arabes placés entre parenthèses et séparés par un point (3.14); une
équation est mise en évidence par son numéro imprimé en caractère gras. Les figures
et tableaux sont numérotés continûment par chapitre et repérés par deux nombres ara-
bes précédés de Fig. (Fig. 4.12) ou Tableau (Tableau 4.13).
Les notes sont groupées en fin de volume. Elles sont appelées par un seul chiffre
placé en exposant à la fin d'une phrase.
TABLE DES MATIÈRES
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INTRODUCTION ν

CHAPITRE 1 RÔLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DANS L'ENSEMBLE


DES FLUX D'ÉNERGIE
1.1 Sources naturelles d'énergie 1
1.2 Energies utiles : consommation 8
1.3 Vecteurs d'énergie 20
1.4 Puissances et énergies électriques 24
1.5 Choix des systèmes de tension 28

CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES


2.1 Introduction 31
2.2 Caractéristiques longitudinales 38
2.3 Répartition non uniforme du courant dans les
conducteurs de phase et dans la terre 54
2.4 Caractéristiques transversales 66

CHAPITRE 3 MODÈLES DES LIGNES


3.1 Introduction 77
3.2 Régime triphasé symétrique : schéma équivalent en π . . . 80
3.3 Puissances transmises par une ligne 95
3.4 Ligne en régime sinusoïdal non symétrique 109

CHAPITRE 4 CALCUL DE LA RÉPARTITION DES PUISSANCES


4.1 Introduction 117
4.2 Modèles analogiques et numériques 120
4.3 Choix des schémas équivalents des transformateurs . . . . 123
4.4 Modèles des charges aux accès 128
4.5 Réseau radial 139
4.6 Réseau maillé 143

CHAPITRE 5 CALCUL DES COURANTS DE COURT-CIRCUIT


5.1 Introduction 151
5.2 Machines synchrones en court-circuit 158
VlIl ÉNERGIK ÉLI-CTRIQUF.

5.3 Machines asynchrones en court-circuit 169


5.4 Transformateurs en court-circuit 171
5.5 Lignes en court-circuit 177
5.6 Autres installations en court-circuit 178
5.7 Court-circuit triphasé symétrique dans un
réseau radial 182
5.8 Court-circuit non symétrique dans un réseau radial . . . . 184
5.9 Extension de la méthode à un réseau maillé 186
5.10 Dangers et limitations des effets 188
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CHAPITRE 6 SURTENSIONS ET COORDINATION


DES ISOLEMENTS
6.1 Introduction 197
6.2 Propagation de phénomènes transitoires sur
les lignes 203
6.3 Surtensions internes temporaires 212
6.4 Mode de connexion du point médian à la terre 217
6.5 Surtensions internes transitoires (de manœuvre) 219
6.6 Surtensions externes transitoires de foudre 231
6.7 Essais diélectriques 236
6.S Coordination des isolements 239

CHAPITRE 7 APPAREILLAGE DE PROTECTION


7.1 Introduction 245
7.2 Matériel de protection contre les surintensités 247
7.3 Méthodes de protection contre les surintensités 270
7.4 Matériel de protection contre les surtensions 276
7.5 Postes de couplage 289

CHAPITRE 8 EXPLOITATION DU SYSTÈME PTDU


8.1 Introduction 293
8.2 Fonctionnement d'un système comportant
un groupe producteur 294
8.3 Intérêt des interconnexions 299
8.4 Fonctionnement d'un système à forte
interconnexion 301
8.5 Effets d'une modification brusque 305
8.6 Réglage des tensions et des puissances réactives 312

CHAPITRE 9 ANNEXES
9.1 Equivalences énergétiques, bilans 319
9.2 Rayons et distances : moyennes géométriques 325
9.3 Valeurs usuelles pour contrôle sommaire des
calculs 326
TABLK DKS MATIKRKS IX

9.4 Niveaux d'isolement normalisés pour le matériel 328


9.5 Matériel de protection contre les surtensions et
les surintensités 334

BIBLIOGRAPHIE 335

INDEX ANALYTIQUE 341


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GLOSSAIRE : SYMBOLES LITTÉRAUX 347


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CHAPITRE 1
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RÔLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE


DANS L'ENSEMBLE DES FLUX D'ÉNERGIE

1.1 SOURCES NATURELLES D'ÉNERGIE

1.1.1 Introduction
La Terre peut être considérée comme un corps noir ou gris approximativement
en équilibre thermique. D'une part elle émet dans l'Univers un rayonnement de l'ordre
de 180 000 000 GW, d'autre part elle reçoit du Soleil un flux d'énergie équivalent, de
sorte que la surface du Globe se maintient à une température plus ou moins constante
située entre 200 K et 350 K. Sans le rayonnement du Soleil, la surface du Globe tombe-
rait au voisinage de 40 K puisque seule l'activité nucléaire à l'intérieur de la Terre, esti-
mée à 35 000 GW, subsisterait. Une telle température excluerait toute vie.
Baignant dans ce flux d'énergie solaire, les techniciens de l'énergie se préoccupent
de capter, transformer, stocker, transporter, utiliser, en un mot de domestiquer des flux
d'énergie beaucoup plus modestes. En cette fin du 20e siècle, la totalité des flux d'énergie
domestiqués est de l'ordre de 10000 GW. Donc l'Homme vit dans un ensemble de flux
d'énergie naturels et artificiels infiniment complexe dont seule la partie artificielle relati-
vement infime semble le préoccuper. Le recours à l'électricité, vecteur d'énergie pure-
ment artificiel, ne constitue lui-même qu'une modeste part, soit un quinzième des flux
d'énergie domestiquée.
Dans la section 1.1 figurent les principales sources naturelles d'énergie dont on
peut tirer de l'énergie thermique, mécanique, puis électrique. On distinguera clairement
les sources inépuisables constamment renouvelées dont les limites sont exprimées en
termes de puissances, soit en GW, et les sources épuisables dont les réserves sont estimées
en termes d'énergies, donc en exajoules (10 18 J) ou pour des raisons de commodité en
terawattan (1 TWan « 31,6 EJ).
La section 1.2 est essentiellement consacrée à l'usage final de tous les flux d'éner-
gie domestiqués. A titre de repère un million d'habitants consomment sous cette der-
nière forme utile entre 0,1 et 20 GW (soit entre 3 et 600 PJ/an, suivant le pays).
La section 1.3 traite les vecteurs d'énergie reliant les sources naturelles aux der-
niers consommateurs d'énergie. Parmi ces vecteurs, l'électricité et l'hydrogène sont pro-
duits artificiellement à partir de sources primaires d'énergie.
Les sections 1.4 et 1.5 sont centrées sur l'énergie électrique et servent d'ouverture
aux chapitres suivants.
2 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

1.1.2 Flux solaire


La principale source d'énergie dont dépend toute la vie sur la Terre est le Soleil.
La puissance thermique émise par le Soleil sous forme de rayonnement est estimée à
390· 1015 GW.
Cette énergie provient essentiellement de la fusion nucléaire et correspond à une
perte de masse d'environ 4· 106 tonnes par seconde.
Au voisinage de l'orbite terrestre, le flux d'énergie solaire est de l'ordre de
1400 W/m2 = 1,4 GW/km2 [I]. La Terre reçoitenv. 180000000 GW [1] dont un tiers
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est réfléchi directement par les couches supérieures de l'atmosphère et deux tiers par-
viennent à la surface du Globe. Une partie infime, environ 1 % o , est absorbée par photo-
synthèse. Le reste est renvoyé dans l'Univers, par réflexion et par rayonnement en pro-
duisant au passage les phénomènes météorologiques (vents, évaporation, précipitations).

1.1.3 Combustibles fossiles d'origine solaire


On estime à environ 200 000 GW [2] la part de l'énergie solaire transformée en ma-
tière combustible par photosynthèse en passant par le règne végétal et animal. Ces matiè-
res se transforment lentement en produits combustibles, bois, tourbe, lignite, charbon,
pétrole, gaz naturel.

1.1.4 PCS et PCI : définitions


On désigne par pouvoirs calorifiques supérieur (PCS) et inférieur (PCI) la quantité
d'énergie thermique dégagée lorsqu'on brûle un kg de combustible en condensant les
vapeurs d'eau dégagée (PCS) ou sans les condenser (PCI). Des valeurs numériques sont
données en annexe (§9.1.4).

1.1.5 Estimation des ressources d'énergie primaire d'origine fossile


Les figures 1.1 et 1.2 donnent une évaluation des ressources énergétiques primaires
disponibles dans la nature.
On notera que le bois est considéré comme une source constamment renouvelée.
Sa valeur énergétique doit être exprimée en EJ/an ou en GW (fig. 1.2) tandis que le char-
bon, le pétrole et le gaz naturel constituent des ressources épuisables à l'échelle humaine
et doivent être exprimés en EJ ou en TWan (fig. 1.1). Les évaluations tirées de [3] et de
nombreuses autres publications sont très diverses. Les estimations les plus faibles se rap-
portent aux gisements dont l'existence est prouvée et qui peuvent être exploités à des
prix admis dans le système économique actuel, les estimations les plus élevées sont tirées
de spéculations géologiques sans se préoccuper des coûts d'extraction. Pour les conver-
sions d'unités se référer aux paragraphes 9.1.1 à 9.1.5 en annexe.

1.1.6 Ambiguïté de la valeur énergétique des combustibles


Le flux de chaleur ou puissance thermique que l'on peut tirer d'un combustible
est évidemment donné par le produit de son débit-masse (kg/s) et de son pouvoir
calorifique (J/kg); il s'exprime en J/s = W.
Après déduction des pertes de chaleur et des imbrûlés par la cheminée, le solde du
flux de chaleur Q, disponible à la température absolue T, peut être utilisé de trois façons :
ROLK DK L'KNKRGIK ELECTRIQUE

I
."j lithium

[ ~ deuterium

uranium 235

"2 gaz nature]


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"2 pétrole

charbon


ι 1

10 b 10 9 10 12 l'o" TW�an

"Ί » ' 1 ' ' Γ-


10" ιο3 ΙΟ6 ΙΟ9 ΙΟ12 ΙΟ15 EJ

Fig. 1.1 Ressources naturelles épuisables : ι ι, estimation des énergies disponibles; ZZZ υ , valeurs
contestées.

0
charbon
°p 0 . [ \ consommation 1975
gaz naturel
° uranium 235

bois et tourbe

<» • marées

t c éolienne

ο ^] hydraulique

] solaire

LZI] géothermique
>r> O Ό O
O CO m OO
0\ ON ON ON
GW
10 3
10 6
Î0y

EJ/an
π—'—'—Γ —1 1 1 1 1 ι ι τ
ΙΟ�3 1 ΙΟ 3 ΙΟ6 ΙΟ9

Fig. 1.2 Ressources naturelles renouvelées : °, puissances moyennes effectivement utilisées aux
environs de 1975; I, consommation totale de 1905 à 1980; l l, estimation des puissances
exploitables.
4 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

• entièrement à l'usage du chauffage


• pour du chauffage et de la production d'énergie mécanique ou électrique
• uniquement pour de la production d'énergie mécanique ou électrique avec un
rejet thermique important dans la nature.
Le deuxième cas est le plus intéressant. En désignant par Q2 la puissance thermique
utilisée ou rejetée à la température absolue T2 à des fins de chauffage et par Pmecl2L
puissance mécanique utile obtenue, le premier et le second principes de la thermodyna-
mique permettent d'écrire les relations (1.1) et (1.2) (voir aussi fig. 1.7).
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Pmec + 0 2 = Gl W (1.1)

Pmec<^Z^'Ùi W (1.2)
T1
On voit donc que la puissance thermique Q χ disponible ne peut pas être assimilée
à la puissance mécanique.
La technique actuelle permet d'atteindre Pmec = 1/3 Qi et Q2 = 2/3 Q1 mais il
faut alors choisir une température T2 si basse que le flux de chaleur Q2 n'est pratique-
ment plus utilisable et devient un rejet thermique.
Afin d'éviter des erreurs allant du simple au triple, il est essentiel de préciser
dans chaque cas si l'on parle de conversion en énergie thermique ou en énergie mécanique.

1.1.7 Pollutions liées à l'utilisation des combustibles fossiles


En brûlant de la tourbe, du charbon, du pétrole ou du gaz naturel, on rejette dans
l'atmosphère du gaz carbonique CO2 et des produits toxiques tels que CO, SO x , NOx et
leurs composés qui présentent des inconvénients directs ou indirects.
Outre cette pollution de caractère chimique, il y a lieu de tenir compte de réchauf-
fement de l'atmosphère locale ou des cours d'eau. Ce problème concerne la production
d'énergie électrique dont les deux tiers proviennent de centrales thermiques.

1.1.8 Autres utilisations du rayonnement solaire


- On peut domestiquer directement ou indirectement l'énergie solaire par divers
moyens :
• utilisation des ressources hydrauliques (moulins à eau, turbines hydrauliques);
• captage direct du rayonnement solaire, transformation en énergie thermique
(chauffage de locaux, chauffage de l'eau), transformation en énergie mécani-
que (moteur Stirling, turbine à vapeur), transformation en énergie électrique
(cellules au silicium); la puissance thermique peut atteindre 1 000 W/m2 en
pointe et 50 à 300 W/m2 en moyenne;
• utilisation de la puissance des vents (moulins à vent, éoliennes). On envisage
aussi d'utiliser la puissance des vagues.
La figure 1.2 donne une idée des limites d'utilisation possible de ces diverses res-
sources naturelles. Leur principale caractéristique est qu'elles dépendent des conditions
météorologiques et que leur disponibilité est aléatoire.
Après la période des moulins à vent est venue celle des turbines hydrauliques qui
couvrent actuellement 2 % des besoins énergétiques mondiaux (1976).
ROLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 5

L'énergie hydraulique peut être transformée en énergie mécanique avec un fac-


teur de transformation 2 à 3 fois plus élevé que pour l'énergie provenant des combus-
tibles. Certains auteurs valorisent l'énergie hydraulique par un facteur 2,5. Dans cette
optique, elle couvre 5 % des besoins énergétiques mondiaux (1976).

1.1.9 Puissance des marées


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Les marées proviennent d'un phénomène plus complexe que le simple jeu des
attractions de la Lune et du Soleil. La masse d'eau de certains bassins marins entre en
résonance avec la fréquence de l'attraction lunaire environ 2 par jour, avec un harmo-
nique ou avec un sous-harmonique.
On a cherché à évaluer la puissance théorique maximale que l'on pourrait tirer
des marées, on l'estime à environ 60 GW [4]. Elle permettrait d'obtenir en moyenne
une puissance électrique de 6 à 9 GW [3]. Actuellement, les seules usines marémotrices
sont celles de la Rance (F) et de Kislaya (URSS), elles fournissent une puissance électri-
que moyenne totale inférieure au GW.
Le principe de fonctionnement est essentiellement basé sur le remplissage d'un
bassin à travers des turbines à marée montante et la vidange du bassin à travers les mêmes
turbines tournant en sens inverse à marée descendante. On peut utiliser les mêmes
groupes turbines-génératrices en fonctionnement inverse, soit en moteurs-pompes, et
accumuler ainsi de l'énergie sous forme hydraulique pendant les heures de faible consom-
mation d'énergie électrique.
La mer donne lieu à d'autres phénomènes. On peut utiliser la différence de tem-
pérature entre la surface et le fond, les vagues, la houle ou encore les courants marins.
Ces formes d'énergie tirées indirectement de celle du soleil semblent trop difficiles à ex-
ploiter pour présenter un intérêt économique réel.

1.1.10 Géothermie
Le centre du globe terrestre est le siège de phénomènes nucléaires radioactifs et
de fission [4]. Il produit un flux thermique qui traverse l'écorce terrestre. On estime ce
flux à 35 000 GW, ce qui semble à première vue énorme mais reste cinq mille fois
plus faible que la puissance solaire reçue par le Globe.
En moyenne cela représente 0,00 007 GW/km2, alors que le rayonnement solaire
peut atteindre 1 GW/km2 au sol, à l'équateur, à midi.
L'énergie géothermique n'est en fait intéressante qu'en certains points du Globe
où les conditions hydrogéologiques produisent une forte concentration de chaleur avec
production de vapeur sous pression.
Actuellement (1979) une dizaine de sites sont exploités. La puissance thermique
obtenue est de l'ordre de 10 GW, la puissance électrique moyenne qu'on en tire est de
l'ordre de 1 GW.
Cette forme d'énergie semble surtout appelée à des développements géographique-
ment localisés et souvent limités à des usages thermiques tels que le chauffage des lo-
caux et la production d'eau chaude. Seuls les gisements à température supérieure à
500 K sont utilisés pour produire de l'électricité.
6 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

1.1.11 Fission nucléaire


La fission de l'uranium 235 dégage une grande quantité d'énergie thermique qui
peut être utilisée pour fournir de la vapeur destinée à produire finalement de l'énergie
électrique, et éventuellement pour couvrir des besoins de chauffage à distance.
Ces processus ont lieu dans les réacteurs nucléaires dont le fonctionnement a posé
des problèmes nouveaux qui n'ont pas de précédent dans l'histoire des moyens de pro-
duction d'énergie. Les techniciens qui ont conçu les réacteurs nucléaires, les fabricants,
les exploitants et les gouvernements responsables ont pris conscience, dès le début, des
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dangers liés à la radioactivité produite. Il s'agit surtout des déchets radioactifs et des
divers rejets gazeux et liquides qui accompagnent le fonctionnement des centrales. Ces
dangers ont provoqué des réactions passionnées dès les années 70.
On distingue principalement les réacteurs à eau bouillante (BWR), les réacteurs à
eau sous pression (PWR), les réacteurs à gaz à haute température (HTGR) et les surgé-'
nérateurs qui, en plus de la production d'énergie, transforment de l'uranium 238 non
fissile en plutonium 239 fissile et du thorium 232 en uranium 233. Comme l'uranium
238 est 140 fois plus abondant que l'uranium 235, on mesure tout l'intérêt que présen-
tent les surgénérateurs.

1.1.12 Réserves énergétiques correspondant au minerai d'uranium


On estime entre 2·10 6 et 20· 106 tonnes la quantité d'oxyde d'uranium
U 3 O 8 qui pourrait être extraite de l'écorce terrestre [3]. Or une tonne d'U 3 0 8 contient
environ 6 kg d'U235 fissile et 840 kg d'U238 non fissile, mais transformable en matière
fissile si Von admet Vutilisation de surgénérateurs. Il en résulte de très grands écarts
d'estimation de la réserve d'énergie thermique correspondante, suivant la filière nuclé-
aire envisagée (fig. 1.1).

1.1.13 Pollutions liées à l'utilisation de l'uranium


Comparées aux centrales thermiques classiques, les centrales nucléaires présen-
tent les caractéristiques suivantes :
• aucune pollution chimique (comparer au § 1.1.7);
• échauffement local de l'atmosphère ou des cours d'eau semblable à celui des
centrales à combustibles fossiles;
• déchets radioactifs de quelques tonnes par année, pour une centrale de 3 GW
thermiques/1 GW électrique, qui posent des problèmes de stockage technique-
ment résolus mais politiquement contestés. A titre de comparaison, une centrale
au charbon de même puissance envoie dans l'atmosphère dix millions de tonnes
de gaz carbonique par année.
Une vue d'ensemble des précautions à prendre quant à la radioactivité, dès l'ex-
traction du minerai d'uranium jusqu'au traitement final des déchets, est donnée par [5].

1.1.14 Fusion nucléaire


La fusion nucléaire est la réunion de noyaux d'atomes d'hydrogène (deutérium,
tritium) qui engendre des atomes plus lourds. Cette réaction a lieu naturellement dans
le soleil et constitue sa principale source d'énergie. Toute la difficulté est de provoquer
RÔLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 7

cette réaction dans une installation qui permette à la fois de contrôler son déroulement,
de l'entretenir de façon continue ou répétée et finalement de transformer l'énergie dé-
gagée sous forme de chaleur et de rayonnement en une forme plus commode d'énergie.
La principale difficulté [4] consiste à confiner la réaction dans une enceinte capable de
supporter une température voisine de 108 K. Le confinement du plasma où la réaction
doit avoir lieu est assuré par des champs magnétiques très intenses, de l'ordre de
10 teslas.
Si l'on arrive à maîtriser cette forme d'énergie, les ressources énergétiques dont
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on disposera seront pratiquement inépuisables. Le problème sera de limiter la consom-


mation globale d'énergie de façon à ne pas perturber les conditions de vie sur la terre.

1.1.15 Répartition géographique des ressources naturelles d'énergie


Sans entrer dans les détails, on retiendra que certaines ressources énergétiques
sont très inégalement réparties :
• le charbon, essentiellement en URSS (40%) et aux USA (20%);
• le pétrole, essentiellement au Moyen Orient (50%);
• les grandes ressources hydrauliques en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud.
La Conférence mondiale de l'énergie a établi des mappemondes illustrant la répar-
tition des principales ressources énergétiques [1] et [3].

1.1.16 Transport et stockage


Les formes d'énergie naturelles les plus faciles à transporter sont l'uranium, le
pétrole, le gaz naturel et le charbon.
Les plus facilement stockables sont l'uranium, le charbon, le pétrole et l'énergie
hydraulique.
La constitution de stocks d'énergie peut avoir trois raisons :
• une nécessité technique;
ο une opportunité économique ;
• une précaution stratégique.

1.1.17 Energies primaires, moteurs primaires : définitions


Dans le présent volume, on désignera par sources primaires d'énergie ou énergies
primaires les formes d'énergie telles qu'elles sont captées, dans la nature, ou apprêtées
sans en modifier la nature fondamentale. Sont considérées comme énergies primaires le
pétrole et les produits pétroliers, le minerai d'uranium et les barres d'uranium enrichi,
les cours d'eau aménagés. A ce point de vue, l'électricité ne sera jamais considérée com-
me une source primaire d'énergie.
Un moteur primaire est un moteur alimenté directement (Diesel) ou indirecte-
ment (turbine à vapeur) par une source primaire d'énergie, et destiné à entraîner une
génératrice électrique.

1.1.18 Vue d'ensemble des sources primaires d'énergie


En conclusion de la section 1.1, l'électricien peut présenter les principales sources
primaires d'énergie comme suit :
8 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

les combustibles classiques tels que charbon, lignite, tourbe, pétrole, gaz natu-
rel qui couvrent actuellement la plus grande partie de la production d'énergie
électrique dans le monde. Ces combustibles sont relativement faciles à trans-
porter. Ils sont tous aussi faciles à stocker (sauf le gaz);
les combustibles nucléaires tirés des minerais d'uranium et de thorium. Ils
sont très faciles à transporter et à stocker vu leur très faible encombrement,
mais ils impliquent la construction de grandes centrales de 0,1 à 1 GW;
l'énergie hydraulique qui couvre environ un quart de la production d'éner-
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gie électrique dans le Monde. Elle n'est disponible que dans certaines régions
privilégiées, elle peut être stockée par accumulation derrière un barrage, mais
elle n'est pas transportable à grande distance;
d'autres sources naturelles telles que le bois, les énergies géothermique et
éolienne, les marées, les gaz de fumier ne jouent et ne pourront jouer qu'un
rôle local;
le rayonnement solaire pourrait jouer un rôle important pour l'obtention
d'énergie domestiquée. Cependant l'étendue et le coût des capteurs solaires
et des systèmes de stockage indispensables en font pour le moment une des
sources d'énergie les plus coûteuses;
la fusion nucléaire, si on arrive à la maîtriser, pourrait constituer une source
d'énergie pratiquement illimitée en puissance et en durée. Elle impliquera
vraisemblablement des unités de production de plusieurs GW et des investis-
sements à l'échelle internationale.

1.2 ENERGIES UTILES. CONSOMMATION

1.2.1 Consommation globale d'énergie au cours du temps


La consommation d'énergie primaire brute mondiale a pris de l'importance à la
fin du XIXe siècle. Depuis 1900, cette consommation s'est constamment accrue d'une
façon pratiquement exponentielle, c'est-à-dire selon une progression géométrique. Les
informations dont on dispose à ce sujet sont peu précises, mais on peut admettre que
cette consommation a grosso modo doublé tous les 15 ans. Ce qui donne approxima-
tivement le tableau suivant (tab. 1.3).

Tableau 1.3 Estimation de la consommation d'énergie en puissance


moyenne annuelle.

Année Puissance Observation


moyenne

1900 250GW
1915 500GW
selon loi du doublement en 15 ans
1930 1 000 G W (valeurs difficiles à vérifier)
1945 2 000 G W
1960 4 000 G W
1975 8 000 GW chiffre repère assez bien vérifiable
1990 16 000 G W
selon loi du doublement en 15 ans, aboutit
2005 32 000 G W nécessairement à une impossibilité.
2080 (1000 000 GW)
RÔLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 9

A ce sujet plusieurs remarques doivent être faites :


• on peut admettre que l'homme n'a aucune limite raisonnable naturelle, l'indi-
vidu est capable de consommer toujours plus de puissance (1968 : 0,1 kW/In-
dien; 3 kW/Suisse; 10 kW/Américain; 1,75 kW/habitant de la terre) :
• 1 kW = 31,56 GJ/an 1 GW = 31,56 PJ/an
• il est impossible de définir les besoins de la population, on peut tout au plus
constater que plus la contrée considérée est développée, plus la consommation
d'énergie par habitant augmente;
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• le doublement tous les 15 ans aboutit à des absurdités évidentes (fig. 1.4);
en effet, cela signifierait que la puissance consommée par l'Humanité serait
multipliée par 1000 tous les 150 ans, par un million tous les 300 ans; en d'au-
tres termes, la consommation d'énergie en l'an 2200 dépasserait le flux total
d'énergie solaire interceptée par le Globe qui prendrait de ce fait une tempéra-
ture insupportable;

EJ/an {

2000 -

1500 -

1000 -

500 -

1900 1950 I 2000 2050 2100


1970

Fig. 1.4 Evolutions possibles de la consommation mondiale d'énergie exprimée en puissance


moyenne brute au cours du siècle prochain : (1) hypothèse de doublement tous les 15 ans (4,7%
par an); (2) hypothèse de progression arithmétique (300 GW par an); (3) hypothèse logistique
impliquant une réglementation mondiale (la limite proposée de 30 000 GW est arbitraire).

1.2.2 Energies utiles : définition


Outre l'énergie solaire qui lui est abondamment distribuée (40 000 kW/hab)
l'Homme désire disposer de diverses formes d'énergie au lieu et au moment où il le
désire.
On désigne par énergies utiles, les dernières formes que prend l'énergie domes-
tiquée avant d'être rendue à la nature sous forme de rejets thermiques inutilisables.
On peut proposer les catégories suivantes :
• énergie thermique à 20°C pour le chauffage des locaux habités;
• énergie thermique à 50°C pour la production d'eau sanitaire;
10 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

énergie thermique à 100°C ] pour divers procédés de fabrica-


énergie thermique entre 100°C et 1 000°C • tion allant de la cuisson à la
énergie thermique à plus de 1 000°C j fusion de cristaux;
énergie mécanique pour la traction des véhicules, pour les monte-charge, les
travaux d'usinage, la production du froid, etc.;
énergie pour assurer les réactions chimiques endothermiques, par exemple pour
fabriquer de l'aluminium ou de l'hydrogène;
énergie lumineuse.
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1.2.3 Consommation énergétique par habitant


Pour survivre, l'Homme a besoin d'un peu de nourriture et de très peu d'énergie
domestiquée. Mais il a pris l'habitude de consommer un peu plus de nourriture et beau-
coup plus d'énergie qu'il n'en a réellement besoin pour vivre. Ce qui fait que la notion
même de besoin est discutable. L'habitude de consommer de l'énergie fait qu'on finit
par appeler besoin ce qui n'est en fait qu'un désir de confort.
On peut chiffrer approximativement la consommation brute d'énergie primaire
et d'énergie utile par million d'habitants aux environs de 1970 (voir tab. 1.5).

Tableau 1.5 Consommation d'énergie primaire et d'énergie utile par million


d'habitants en puissances moyennes.

Période Consommation Consommation


1968-1972 d'énergie primaire d'énergie utile

Pays peu développés 0,1 à 1 GW/Mhab 0,05 à 0,5 GW/Mhab


Pays d'Europe 2à5 l à 2,5
Canada, USA 8 à 12 4à6

Il convient de remarquer qu'une consommation de 10 GW/Mhab correspond à


10 kW/hab; comme si chaque habitant recourait à la puissance musculaire de 100 per-
sonnes imaginaires fournissant chacune 100 W en permanence nuit et jour, ce qui im-
pliquerait le travail musculaire de 300 personnes par habitant, en trois équipes. Pour
le moment, seuls les pays industrialisés se permettent une telle consommation
d'énergie.
Ces consommations sont de natures diverses et varient beaucoup d'une région à
l'autre. Il convient de se faire une idée des proportions entre les différentes catégories
d'énergie utile demandées.

Tableau 1.6 Consommation d'énergie utile en Suisse en 1974.

Catégorie d'utilisation Consommation moyenne annuelle utile

Usages thermiques à
toutes les températures env. 9 GW ou 280 PJ/an
Puissance mécanique moy. env. 2,1 GW ou 65 PJ/an
Procédés chimiques env. 0,44 GW ou 14 PJ/an
Lumière env. 0,03 GW ou 1 PJ/an
RÔLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 11

1.2.4 Exemple de demandes d'énergie utile


Le tableau 1.6 donne un exemple de répartition entre catégories d'utilisation.
Pour l'éclairage, on a estimé, pour simplifier, qu'une lampe électrique qui absorbe
100 W de puissance électrique transforme 90 W en chaleur inutile et seulement 10 W
en lumière.
Le paragraphe 9.1.6 donne une image du bilan énergétique de la Suisse en 1974.
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1.2.5 Choix des unités : exemple


Les consommations d'énergie n'ont de signification que si l'on précise la durée
pendant laquelle on les a utilisées. Il convient donc de toujours préciser l'unité de
temps à laquelle on se réfère ou alors d'exprimer la puissance moyenne en watts ou en
multiples du W.
Dire que l'on consomme 8 766 kWh/an revient à dire que l'on absorbe en moyenne
1 kW puisque l'année a 8766 h. Ainsi 1 kW = 1 000 J/s = 3,6 MJ/h = 86,4 MJ/jour =
31,5576 GJ/an. Pour d'autres types de conversion on consultera l'annexe (sect. 9.1).

1.2.6 Commentaire : ambiguïté sur la valeur à attribuer à une prestation thermique


Il faut la même quantité d'énergie thermique (3,6 MJ = 1 kWh thermique) pour
chauffer 10 litres d'eau de 10°C à 96°C que pour chauffer 860 litres d'eau de 10°C à
11°C. Pourtant l'utilité des 10 litres d'eau à 96 °C est plus grande que celle des 860
litres à 11°C, puisqu'on peut obtenir la seconde prestation à partir de la première, mais
pas l'inverse.
On voit que la valeur d'une énergie ou d'une puissance thermique livrée ou reçue
dépend de sa température et de la température du milieu ambiant. Il convient donc de
compléter la notion d'énergie, commode en raison de sa nature conservative, par une
seconde notion tenant compte de l'écart de température avec le milieu ambiant. C'est
la notion d'exergie et celle de puissance exergétique qui répondent à cette exigence
(§ 1.2.7 et 1.2.8).

1.2.7 Relations entre puissances thermiques et mécaniques d'une chaîne énergétique


On imagine une chaîne énergétique définie par la figure 1.7.
Le premier principe de la thermodynamique, dit de la conversion de l'énergie,
donne : (

Q1 = Û2+Pméc W (1.3)
Pméc +Qs=Q* W (1.4)
Le deuxième principe de la thermodynamique, dit de l'irréversibilité, donne :
Pméc < ®A · Gi = Pi W (1.5)
Pméc > Θ* · Q4 = P4 W (1.6)
avec
QA=(T1�T2)IT1 1 (1.7)

®B = (T4�T3)IT4 1 (1.8)
12 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
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Fig. 1.7 Chaîne énergétique comprenant deux machines thermiques A et B. Les définitions sont
données au paragraphe 1.2.8.

On peut déduire des inéquations (1.5) et (1.6) :


04 < Qi · QAIQB W (1.9)
Le rejet thermique total est donné par la somme algébrique de tous les flux ther-
miques liés au milieu ambiant. Il est identique à Q1,
+ 0 2 - 0 3 + 0 4 = Gi W (1.10)
Cette dernière équation est obtenue en éliminant Pméc entre (1.3) et (1.4).

1.2.8 Définitions
Dans la figure 1.7, les symboles littéraux ont la signification suivante :
• A est une machine thermique fonctionnant en moteur réel si Pméc < ®A*Q\
ou idéal ûPméc = ®A -Q1 =PX\
• B est une machine thermique semblable à A mais fonctionnant en pompe à
chaleur; une pompe à chaleur est une machine qui extrait de la chaleur d'un
milieu extérieur relativement froid pour l'injecter dans un milieu plus chaud;
elle est réelle si Pméc > <dB · Q4 et idéale si Pméc - Θβ · Q 4 = P 4 ;
• Q1 est le flux de chaleur reçu d'une source quelconque (géothermie, combus-
tible classique ou nucléaire) à la température absolue T1 ;
• Q2 est le flux des rejets thermiques de la machine A dans l'atmosphère ou
dans un fleuve appelés sources froides à la température T2. Les relations (1.3),
(1.5) et (1.7) donnent Q2 >Q\·Τ2/Τχ, il est donc exclu d'annuler ces rejets
thermiques, à moins de les utiliser comme source de chauffage à basse tempé-
rature ;
• Pméc e s t l a puissance mécanique transmise de la machine A vers la machine B;
si la distance est grande, on remplace cette liaison mécanique par une liaison
électrique comprenant une génératrice, une ligne et un moteur électrique. Dans
ce cas, on peut remplacer Pméc par P^i dans les équations (1.5) et (1.6) indé-
pendamment du fait que la génératrice et le moteur électriques soient idéals ou
réels;
• Q3 est le flux de chaleur tiré de la source froide, en général gratuite, à la tempé-
rature T 3 ; les relations (1.4), (1.6) et (1.8) donnent Q3 <Q^'T3/T4. Comme
RÔLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 13

T3 < Γ 4 , il est exclu d'extraire la totalité du flux de chaleur désiré Q4 d'un mi-
lieu dont la température T3 est inférieure à celle que l'on désire obtenir T4. Un
minimum^ de puissance mécanique est de toute façon nécessaire;
• Q4 est le flux de chaleur utile que l'on désire obtenir à la température absolue
T4 ; il peut être plus grand que Q1, mais il est limité par (1.9);
• ΘΑ et Θβ sont les facteurs de Carnot correspondant aux températures absolues
des sources chaudes et froides des machines thermiques A et B;
• PI = QAQI est la valeur exergétique du flux de chaleur Qx (à la température
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T1 pour une température de référence T2);


• P 4 = ΘΒ Q4 est la valeur exergétique du flux de chaleur Q 4 (à la température
T4 pour une température de référence T3) ou plus simplement la puissance
exergétique utile. Elle définit clairement la prestation demandée.

• 1.2.9 Exemple numérique


Admettons que la source primaire d'énergie puisse livrer la puissance thermique
Q1 = 100 kW à la température T1 = \ 000 K (727 °C), la température extérieure (source
froide) étant T2 = T3 = 280 K (7 0 C).
Quelles seraient à la limite la puissance mécanique Pméc (ou électrique P&) maxi-
male, puis la puissance thermique Q 4 maximale que l'on pourrait atteindre sachant
qu'on veut obtenir le flux Q 4 à la température T4 = 350 K (77 0C)?

(1.7) et (1.8) donnent ΘΑ = (1 000 � 280)/1 000 = 0,72,


ΘΒ = (350 � 280)/350 = 0,2 ; l'équation (1.5) donne Pméc < 0,72 · 100 kW = 72 kW
(la technique actuelle permet d'atteindre 40 kW); et l'équation (1.9) donne
Q 4 < 100 kW·0,72/0,2 = 360 kW (on peut arriver à 120 kW).

Cet exemple montre la multiplicité des valeurs qui peuvent être attribuées à une
source primaire d'énergie suivant le point de vue adopté. On part d'un débit d'un com-
bustible exprimé en kg/s dont on croît bien connaître le PCS ou le PCI (§ 9.1.4) et
on précise encore qu'on obtient le flux thermique de 100 kW à 1 000 K.
Le puriste exergéticien attribuera d'emblée une valeur de 72 kW à cette source,
le praticien lui attribuera la valeur de 40 kW pour tenir compte des techniques exis-
tantes, le thermicien dira qu'on doit lui attribuer la valeur de 90 kW qu'on pourrait en
tirer en l'affectant directement au chauffage du bâtiment après déduction de 10% de
pertes par la cheminée, ou mieux de 120 kW puisqu'on y arrive avec une bonne pompe
à chaleur ou encore de 365 kW en considérant la limite exergétique théorique corres-
pondant à T1 = 1 000 K, T2=T3= 280 K, T4 = 350 K.
Un choix doit être fait et clairement défini. Pour l'évaluation des combustibles
primaires on a, dans la règle, utilisé le PCI et on a admis une température de flamme in-
finie donc T1 = °° et Θ4 = 1. Pour l'utilisation finale de l'énergie, le facteur de Carnot
correspondant à la température réellement nécessaire à l'usage final et à la température
extérieure permet de définir l'exergie utile.

• 1.2.10 Puissance exergétique utile d'un chauffage : définition


On définit par puissance exergétique utile la puissance mécanique minimale théo-
rique qui serait absorbée par une pompe à chaleur idéale pour fournir le flux de chaleur
14 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

demandé à la température désirée, compte tenu de la température extérieure à l'instant


considéré.

1.2.11 Exemple : bilan exergetique


Au paragraphe 9.1.6 on trouve le bilan exergetique de la Suisse en 1974. Pour
établir ce bilan, on a évalué séparément les consommateurs d'énergie thermique et
d'exergie en attribuant des facteurs de Carnot tenant compte de l'usage final (chauffa-
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ge de locaux à 293 K, d'eau sanitaire à 323 K, etc.) ainsi que de la température exté-
rieure suivant la région, l'altitude et la période considérée. Les valeurs moyennes sont
calculées sur une année.
On remarquera les énormes pertes exergétiques (9,2 GW) provenant essentielle-
ment du chauffage au mazout, dont le rendement exergetique avoisine actuellement 4 %.
Ces pertes pourraient être réduites en combinant la production d'énergie électrique
avec un chauffage urbain et un emploi systématique de pompes à chaleur [6].

1.2.12 Variations des puissances énergétique et exergetique nécessaires pour climatiser


un bâtiment
La figure 1.8 illustre les variations du facteur de Carnot Θ Β , du flux thermique
Q 4 et de la puissance exergetique utile P4 pour un bâtiment dont la constante de dé-
perdition thermique est κ = 5 kW/K, ce qui introduit une nouvelle équation :
Q4 = K-(T4-T3) W (1.11)
Θ Β et P4 sont donnés par (1.8) et (1.6).
On remarque que le flux thermique Q4, c'est-à-dire la puissance énergétique
utile, est une fonction pratiquement linéaire de l'écart de température (T4- T3), tan-

température désirée T4 — 293 K

Fig. 1.8 Caractéristiques d'un bâtiment à maintenir à 20 0 C.


RÔLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 15

dis que la puissance exergétique utile P4 est une fonction quadratique de cet écart. En
effet d'après (1.6) (1.8) et (1.11) on obtient :
P4 = (KlT4)-(T4-T3)2 W (1.12)
Il en résulte que la puissance exergétique nécessaire pour climatiser un bâtiment
est toujours positive, que la température extérieure T3 soit inférieure à la température
T4 désirée (chauffage) ou qu'elle soit supérieure (réfrigération).
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• 1.2.13 Réfrigération
Lorsque la température extérieure T3 est supérieure à la température désirée T4,
Q4 et S4 deviennent simultanément négatifs, de sorte que P4 et a fortioriPméc restent
positifs selon (1.6). Cela correspond bien à la notion de service rendu. L'équation (1.4)
donne Q3 = Q4 - Pméc Comme dans le cas considéré Q4 est négatif et Pm^c positif,
il est évident que Q3 devient négatif. En valeur absolue IQ3I= IQ4I + \Pméc L il faut r e '
jeter dans l'air ambiant la somme de la chaleur extraite du local à refroidir et de la puis-
sance mécanique de la pompe à chaleur B fonctionnant en réfrigérateur (fig. 1.7).
En conclusion, la notion de puissance exergétique utile couvre correctement les
prestations de chauffage par temps froid et les prestations de réfrigération par temps
chaud.

1.2.14 Remarques
On retiendra finalement les deux remarques suivantes :
• les bilans énergétiques ordinaires ne tiennent compte que du premier prin-
cipe de la thermodynamique; ils sont relativement faciles à établir;
• les bilans énergétiques tiennent compte du premier et du second principe de
la thermodynamique; ils sont souvent difficiles à établir, mais rendent mieux
compte de la réalité.

1.2.15 Variation des demandes en fonction du temps


Les demandes d'énergie utile comme les demandes d'exergie utile sont essentielle-
ment variables au cours de la journée et au cours de l'année. La figure 1.9 montre la
consommation d'énergie thermique des utilisateurs d'un réseau de chauffage à distance,
heure par heure, au cours de quelques journées caractéristiques de l'année 1973 à Lau-
sanne. Dans le cas présenté, on constate que la moyenne horaire de la puissance thermi-
que demandée oscille, en décembre, entre 65% à minuit et 100% à 8 heures, alors qu'au
mois d'août, elle oscille entre 15% à minuit et 30% à 8 heures. Exprimée en termes
d'exergie, la différence serait encore plus marquée puisque la température extérieure
oscille autour de 0°C en décembre et autour de 20°C en août.

• 1.2.16 Importance de la puissance de pointe


Cette variation considérable entre l'hiver et l'été et au cours des 24 heures de la
journée pose un problème économique fondamental : toutes les installations de pro-
duction, de transport et de distribution d'énergie doivent être dimensionnées pour la
puissance de pointe P qui ne sera effectivement demandée que quelques heures au cours
16 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

charge

40

MW

30
décembre
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janvier
février

10

heure

Fig. 1.9 F l u c t u a t i o n de la puissance t h e r m i q u e d e m a n d é e aux centrales de chauffage à distance


de L a u s a n n e e n 1 9 7 3 p e n d a n t les j o u r s ouvrables des d o u z e mois.

de Vannée. Si l'on reporte les frais d'amortissement et l'intérêt des capitaux investis
sur l'unité d'énergie vendue, le prix de revient de cette unité est d'autant plus élevé que
la durée d'utilisation de la puissance installée est faible. Cette remarque vaut pour
toutes les formes d'énergie transportée et distribuée par des réseaux dépourvus de
moyens de stockage, comme on le verra dans la section 1.3.

1.2.17 Durée d'utilisation de la puissance de pointe : définition


Le prix de revient de l'unité d'énergie produite par les installations fonctionnant
à puissance constante jour et nuit durant toute l'année est minimal. De telles installa-
tions fournissent la puissance de pointe 8 766 heures par année.
Pour toutes les autres installations, on calcule une durée fictive annuelle d utili-
sation de la pointe de puissance en divisant l'énergie consommée au cours de l'année
par la puissance de pointe appelée :
Dfu = Wm/P s/an, h/an (1.13)
Wan est l'énergie consommée en une année et P la puissance de pointe.
Il est usuel d'exprimer Wan en kWh/an et P en kW, dans ce cas on obtient Df11 en h/an.
RÔLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 17

1.2.18 Exemple numérique


Consommation annuelle d'énergie thermique : 172 000 Gcal = 200 000 MWh.
Puissance de pointe demandée (ou installée) : 34,4 Gcal/h = 40 MW. Durée fictive
d'utilisation de la pointe : (200 000 MWh/an)/(40 MW ) = 5 000 h par an.

1.2.19 Facteur d'utilisation de la pointe : définition


On peut aussi définir un facteur d utilisation de la pointe comme le quotient de
la puissance moyenne annuelle Pm par la puissance de pointe P. Ce facteur donne le
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même renseignement que la durée fictive d'utilisation :


Fu = PmIP 1 (1.14)

1.2.20 Exemple
En partant des mêmes données que sous 1.2.18 on trouve une puissance moyen-
ne Pm = 200 000 MWh/an = 200 000 MWh/8 766 h = 22,8 MW. Le facteur d'utilisation
est donc de 22,8 MW/40 MW =0,57. On remarque qu'il y a identité entre plusieurs
formes d'écriture :

5 0 0 0 h „ 5 000h Ξ 0 ; 5 7 Ξ 5 7 %

1 an 8 766 h

1.2.21 Coût annuel d'un système destiné à satisfaire une demande énergétique,
rapporté à la puissance de pointe /
Lorsqu'on connaît ou qu'on a évalué la puissance de pointe P qui sera deman-
dée par un ensemble d'utilisateurs, on peut construire le système de production, de
transport et de distribution (PTD) nécessaire. On constate que le coût annuel d'un tel
système est en général composé d'un premier paquet de dépenses fixes Cf et d'un se-
cond paquet de dépenses proportionnelles à la consommation effective d'énergie Cp.
Le terme Cf comprend les intérêts et les amortissements fixés pour le capital in-
vesti, la création d'un fond de démantèlement, les salaires et l'entretien minimaux qui
ne dépendent pas de la consommation effective d'énergie, le tout en valeur rapportée
au kW installé.
Le terme Cp comprend le coût du combustible primaire utilisé et toutes les dé-
penses plus ou moins proportionnelles à l'énergie effectivement consommée, donc au
facteur d'utilisation F11 de la puissance installée (en général égale à la puissance de
pointe supputée). Le coût annuel Ca est donné par
Ca=Cf+Cp Fr/(an-kW) (1.15)

1.2.22 Coûts rapportés à l'unité d'énergie utilisée


La figure 1.10 représente le coût ou le prix de revient annuel par kW de puissance
installée. Il croît avec la durée fictive d'utilisation. Il est aussi intéressant de rapporter
ce coût à l'unité d'énergie, il suffit pour cela de diviser l'équation (1.15) par DfU.
C C C
-£.=-£.+-£ Fr/kWh ou Fr/GJ (1.16)
Dfu Dfu Df14
18 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

tarif à l'énergie

binôme
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5000 h/an 7000 h/an 8766 h/an


Df11 estimé
Fig. 1.10 Coût annuel d'exploitation d'un système PTD rapporté à la puissance installée.

Le terme Cp/DfU est à peu près constant (0,05 Fr/kWh dans la figure 1.10). Le
terme Cf/Df14 décroît selon une hyperbole en fonction de Df11, donc en fonction de la
quantité d'énergie effectivement consommée. Le terme Ca/DfU donne le prix de re-
vient moyen du kWh ou du GJ, ce prix de revient est dégressif par nature (fig. 1.11).

Fr
GJ

20 -

10 -

ι r π 1 1 1 1 1 Dfn
0 5000 h/an 8766 h/an

Fig. 1.11 Prix de revient de l'unité d'énergie effectivement utilisée.


RÔLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 19

D 1.2.23 Modes de facturation de l'énergie


La forme générale d'un tarif de facturation est donnée par (1.17) où F est le
montant de la facture annuelle en Fr/an, P une puissance de pointe en kW, W l'éner-
gie effectivement utilisée en kWh ou en GJ, a et h des coefficients à déterminer.
F = a-P + b W Fr/an (1.17)
Pour un seul producteur-consommateur a1 = Cf et bx = Cp/DfU la facture est
alors le reflet exact du coût annuel réel.
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• Tarif binôme idéal: s'il y a plusieurs utilisateurs la facture idéale serait (1.18):
Fy1 = O1 · Psi + δι Wi Fr/an (1.18)
où Wt est l'énergie effectivement mesurée par un compteur pour l'utilisateur i et
Psi est la part de chaque utilisateur à la puissance totale au moment de la pointe
générale ou installée (donnée par une mesure simultanée ou une estimation).

• Tarif binôme réel : comme la mesure simultanée de la puissance chez chaque


utilisateur est difficile, on la mesure indépendamment pour chaque utilisa-
teur. Il faut alors tenir compte du facteur de simultanéité (§ 1.4.10); la facture
annuelle binôme devient (1.19) :

F2i = "2 Pmesi + bx Wi Fr/an (1.19)


avec
#2 = Fsimp-Cf<a1

• Tarif forfaitaire à la puissance : lorsqu'on ne veut pas ou ne peut pas mesurer


l'énergie consommée par l'utilisateur, la facture est établie sur la base d'une
durée d'utilisation estimée et de la puissance de pointe installée, mesurée ou
estimée, dont on tire le forfait (1.20) :
F3i = a3Pi Fr/an (1.20)
t*3 = Ca (Dfu estimé). Sur la figure 1.10 Dfu estimé = 5 000 h/an. Cette
forme de tarif favorise les utilisateurs qui consomment plus d'énergie que ce
qui avait été estimé.

• Tarifa l'énergie : lorsqu'on ne peut pas ou que l'on ne veut pas faire payer
une taxe proportionnelle à la puissance de raccordement ou de pointe, la fac-
ture prend la forme (1.21)

F*i = b4 · Wi Fr/an (1.21)


avec b4 = Ca(Dfu estimé)/Df11 estimé. Ce tarif favorise les petits consomma-
teurs au détriment de ceux qui dépassent la durée d'utilisation normale esti-
mée pour l'établissement du tarif.

• Autres tarifs : on a imaginé encore des centaines d'autres tarifs tenant comp-
te de la saison, du moment de la journée, du coût des autres formes d'énergie
concurrentes et d'autres critères.
20 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

1.3 VECTEURS D'ÉNERGIE

1.3.1 Transfert de l'énergie des sources primaires aux utilisateurs


Entre les sources primaires d'énergie décrites dans la section 1.1 et les formes
d'énergie finalement utiles à l'homme telles que les usages thermiques, mécaniques,
chimiques et lumineux décrits dans le paragraphe 1.2.2, existent des dizaines de che-
minements qui passent par diverses formes intermédiaires d'énergie.
Le tableau 1.12 fait notamment apparaître les formes usuelles d'énergie inter-
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médiaire.
On peut relever deux cas extrêmes : l'électricité est exclusivement un vecteur
d'énergie que l'on peut facilement affecter à n'importe quel usage thermique, mécani-
que, électrochimique ou lumineux avec un rendement relativement élevé. On dit que
l'énergie électrique est l'une des formes "les plus nobles" de l'énergie intermédiaire.
Inversement, l'usage thermique, surtout à basse température, peut être satisfait
directement par n'importe quelle forme d'énergie primaire ou intermédiaire. C'est donc
le plus "vil" usage d'énergie.
Le tableau 1.12 ne présente pas toutes les filières imaginables pour passer des
sources d'énergie aux utilisateurs, il existe parallèlement plusieurs systèmes de trans-
port d'énergie que l'on peut caractériser par le vecteur d'énergie utilisé.

1.3.2 Vecteur d'énergie : définition


Lorsqu'on transfère de l'énergie d'un endroit à un autre, la forme sous laquelle
on transfère cette énergie prend le nom de vecteur d'énergie. Le vecteur d'énergie
peut être stocké s'il est constitué par une matière (§ 1.3.3 à 1.3.8).

1.3.3 Vecteurs d'énergie solides


On peut citer : le charbon, le coke, le lignite, la tourbe, le bois, le charbon de
bois, les combustibles artificiels. Ces vecteurs sont faciles à stocker, mais souvent mal-
commodes à manipuler et sales.

1.3.4 Exemples
On notera les équivalences suivantes :
• 1 kg charbon = 8 kWh thermiques = 29 MJ
• 1 kg charbon/heure = 8 kW thermiques
• 1 kg bois/heure = 4 kW thermiques

1.3.5 Vecteurs d'énergie liquides


On utilise les huiles lourdes, les huiles légères, le mazout, le fuel, le pétrole, l'es-
sence, le kérozène, l'alcool, etc. Ces liquides sont faciles à stocker et à manipuler.

1.3.6 Exemples
On retiendra les équivalences suivantes :
• 1 kg pétrole s 10 à 12 kWh thermiques a 40 MJ
• 1 kg pétrole/h =11,5 kW thermiques
Tableau 1.12 Quelques formes intermédiaires d'énergie actuelles.

(U (U
(U
Sources primaires Formes d'énergie intermédiaires (vecteurs) σ� ST

d'énergie
(U
'c
Cd
O Ile

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(U
JS *<u oc
ο cd
(U
Οβ
cd
ε (U
bC
cd
ν*

£Λ (U ΕΛ "ο
V(U
cd 3
C/5

combustibles
bois apprêtés • •
tourbe solides
lignite
charbon gaz de ville • • •
butane

combustibles • •
pétrole liquides
hydrogène • • •
ι—z n_ •
> I carburants |—
gaz naturel • • •
méthane O
G
énergie
énergie
barres d'uranium | — thermique
énergie électrique • • • •
énergie nucléaire mécanique
I

énergie solaire

énergie hydraulique •
énergie éolienne •
énergie géothermique chanffaee à distance •
énergie-des marées
22 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

1.3.7 Vecteurs d'énergie gazeux


On emploie le gaz naturel, le gaz artificiel, l'hydrogène, etc. Ces gaz sont faciles
à transporter, leur combustion est peu polluante, mais le stockage est encombrant à
pression atmosphérique ou nécessite des installations complexes de compression ou de
liquéfaction. Le danger d'explosion exige de grandes précautions.
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1.3.8 Exemples
On peut citer :
• 1 kg gaz nat. = 10 à HkWh = 40 MJ
• 1 kg gaz nat./heure = 12 kW thermiques
• 1 kg hydrogène/heure = 34 kW thermiques
On retiendra que l'hydrogène ne se trouve pas à l'état naturel. Sa production exige
inévitablement plus d'énergie primaire qu'il n'en contient (1,5 fois plus en 1977).

1.3.9 Rayonnements considérés comme vecteurs d'énergie


Toutes les formes de rayonnement peuvent être utilisées pour transmettre de
l'énergie; soit la lumière, les rayons ultraviolets et infrarouges, les rayons γ et X, et
d'une manière générale toutes les ondes électromagnétiques.
L'émission de rayonnements convient mieux à transmettre des informations que
de l'énergie proprement dite. Dans ce cas, on attache plus d'importance à la fidélité
des messages transmis qu'aux quantités d'énergie transportées et perdues.

1.3.10 Vecteurs d'énergie mécanique


Un arbre de transmission transfère à la fois un couple et un mouvement de rota-
tion du moteur d'entraînement jusqu'à l'utilisateur. La puissance transmise s'exprime
par la relation
P = Μω W (1.22)
où P est la puissance mécanique transmise en W, M est le moment du couple transmis
en Nm, ω est la vitesse angulaire de l'arbre de transmission en rad/s.
Une courroie de transmission transmet aussi une puissance mécanique
P=(F1-F2)V W (1.23)
où Fi et F2 sont les forces transmises par le brin tendu et le brin mou de la courroie
en N, ν est la vitesse de la courroie en m/s; on remarque que le diamètre des poulies
n'intervient pas.

1.3.11 Vecteur d'énergie pneumatique


On peut transmettre une puissance par compression ou décompression d'air dans
une conduite.
RÔLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 23

1.3.12 Vecteur d'énergie thermique, chauffage à distance


Le flux de chaleur est transmis par eau chaude, eau surchauffée ou vapeur. Pour
l'eau on a :
P = cmAT W (1.24)
où c est la chaleur massique de l'eau et vaut 4 186 J/(kg K), m est le débit massique en
kg/s, ∆ Γ est la différence de température en K.
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1.3.13 Energie électrique


L'électricité n'est qu'un vecteur d'énergie. L'électricité permet de transmettre la
puissance issue des génératrices aux multiples utilisateurs par l'intermédiaire de lignes
électriques.
L'ensemble du système électrique comporte donc, en gros, trois sous-systèmes :
• Production
• Transport, répartition et distribution
• Utilisation

1.3.14 Capacités de transport des vecteurs d'énergie : exemples


Plusieurs vecteurs d'énergie sont utilisés parallèlement et peuvent entrer en con-
currence :
• une ligne de chemin de fer à deux voies avec un train de 40 wagons toutes les
10 minutes peut transporter 6 000 tonnes de charbon par heure, ce qui cor-
respond à une puissance brute de 50 GW permettant d'obtenir une puissance
électrique de 17 GW;
• un oléoduc de 0,9 m de diamètre intérieur peut débiter 5 000 tonnes de pé-
trole par heure, soit une puissance brute de 60 GW permettant d'obtenir une
puissance électrique de 20 GW;
• un gazoduc de 0,9 m de diamètre intérieur sous la pression de 6,5 MPa (65
bar) peut débiter 600 tonnes de gaz naturel par heure, soit env. 7 GW (élec-
trique : 2,3);
• une ligne électrique triphasée à 735 kV de 36 m de large peut transmettre
une puissance électrique de 2 GW;
• une conduite de chauffage à distance composée de deux tubes de 0,9 m de
diamètre intérieur avec 120 °C à l'aller et 70 °C au retour peut transmettre
0,3 GW thermique (Vitesse de l'eau 8 km/h, débit massique 1 400 kg/s).

1.3.15 Capacité de stockage des vecteurs d'énergie : exemples


Chaque vecteur d'énergie pose son propre problème de stockage :
• le charbon peut être stocké en plein air, il suffît de disposer des surfaces né-
cessaires. L'épaisseur de la couche de charbon ne doit pas dépasser quelques
mètres pour éviter la combustion spontanée;
• les produits pétroliers nécessitent des réservoirs étanches et des mesures de
précaution pour éviter la pollution des nappes phréatiques et des cours d'eau.
Comme pour le charbon, il est relativement aisé de constituer des réserves de
24 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

pétrole au voisinage immédiat de chaque consommateur pour plusieurs mois,


voire pour plus d'une année, ce qui permet de répartir le transport d'une fa-
çon uniforme;
le gaz naturel ou artificiel se prête mal au stockage à moins de le comprimer.
Les gazomètres d'environ 20 000 m 3 situés aux abords des villes constituent
des réserves permettant de couvrir quelques heures de la consommation de
pointe. C'est pourquoi, les conduites de gaz doivent être dimensionnées pour
la plus grande des puissances moyennes horaires appelée;
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le chauffage à distance convient aussi mal que le gaz à l'accumulation au voi-


sinage de chaque utilisateur, les conduites doivent, par conséquent, être di-
mensionnées en fonction de la puissance de pointe appelée, quelle que soit sa
durée d'utilisation annuelle;
l'électricité ne présente qu'une très faible capacité d'accumulation en tension
continue (accumulateurs) et aucune en tension alternative. Tout le système de
transmission d'énergie électrique doit être conçu pour la plus grande puissance
instantanée appelée par les utilisateurs;
une batterie d'accumulateurs au plomb de 1 kg peut emmagasiner une énergie
d'environ 0,03 kWh, soit 400 fois moins qu'un kg de carburant, ce qui expli-
que le poids énorme et le faible rayon d'action des véhicules électriques à accu-
mulateurs.

1.3.16 Autres formes de stockage


On trouvera en annexe 9.1.7 une liste d'une cinquantaine de formes possibles de
stockage d'énergie.

1.4 PUISSANCES ET ÉNERGIES ÉLECTRIQUES

1.4.1 Nécessité d'avoir simultanément tension et courant


L'utilisateur d'énergie électrique qui désire s'éclairer, procéder à une électrolyse,
obtenir un travail mécanique ou de la chaleur, doit disposer à la fois de courant et de
tension, donc d'une certaine puissance électrique au moment et pendant la durée où il
en a besoin.

1.4.2 Tension continue


Dans les systèmes de distribution à tension continue, la puissance est donnée par
la relation
P = UI W (1.25)
où P est la puissance en W, U la tension en V maintenue entre certaines limites par le
producteur, / le courant en A appelé par le consommateur.

1.4.3 Tension alternative monophasée


Dans les systèmes à tension sinusoïdale, la puissance instantanée est
ρ = ui W (1.26)
ROLE DE L'ENERGIE ÉLECTRIQUE 25

la puissance moyenne ou active est


P = UI cos φ W (1.27)
la puissance réactive est
Q = UI un φ var (1.28)
la puissance apparente est
S = UI VA (1.29)
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Pour les définitions voir chap. 1.8.

1.4.4 Tensions triphasées


Dans les systèmes de transmission triphasés on a les relations suivantes
3
P=I U1U W (1.30)
1= 1

3
P = Σ UiIi cos φί W (1.31)
I= 1

3
Q = Σ U1IiSm φι var (1.32)
/ = 1

2
5= FF + β
2
< I [/,/,· VA (1.33)

où Ui est la valeur instantanée de la tension simple de la phase i, /,· la valeur instantanée


du courant dans le conducteur de phase i, CZ1- la valeur efficace de la tension simple de
la phase i, /,· la valeur efficace du courant dans le conducteur de phase i et <# l'avance
de phase de la tension W1- sur le courant i,·. Les valeurs instantanées et efficaces sont dé-
finies dans le volume I au chapitre 8. En systèmes non symétriques, certains auteurs
utilisent d'autres définitions de S et de Q.
Si le système triphasé est symétrique (chap. 1.9):

ρ = P = 3 UjIj cosψΐ � \/3UcompIi cosipi W (1.34)


où Ucomp est la valeur efficace de la tension composée (entre deux phases).

1.4.5 Energie : définition


L'énergie W produite, transportée, distribuée ou consommée pendant une pério-
de comprise entre ^1 et t2 est donnée par la relation :
2
W = Jf Pat J (1.35)
h
Cette énergie W, appelée quelques fois énergie active, correspond à un transfert
de travail ou de chaleur. Il est usuel de l'exprimer en kWh (1 kWh =3,6 MJ).
26 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

1.4.6 Energie réactive : définition


On utilise parfois pour des questions tarifaires la notion à'énergie réactive défi-
nie par la relation :

Wq = J Q àt varh (1.36)

L'énergie réactive ainsi définie ne correspond à aucun travail, mais permet de


détecter les consommateurs qui surchargent inutilement le système et de les faire par-
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ticiper aux frais indirects qui en découlent.

1.4.7 Obligation contractuelle de maintenir la tension constante


Dans la règle, les services qui produisent et qui distribuent l'énergie électrique
s'engagent à maintenir constantes les valeurs efficaces et la fréquence des tensions,
quels que soient les courants demandés par les utilisateurs. On admet en général des
variations de ± 10% pour les valeurs efficaces et de ± 1 Hz pour la fréquence.

D 1.4.8 Obligation contractuelle de maintenir le courant constant


Dans les débuts des applications d'électricité on avait conçu des systèmes où le
courant continu était maintenu constant et où la tension augmentait ou diminuait
selon le nombre des utilisateurs connectés en série et selon la puissance qu'ils deman-
daient. Ces systèmes présentent des inconvénients : lors de la mise hors service d'un uti-
lisateur, il faut laisser passer le courant pour les autres. L'installation hors-service est
court-circuitée et reste sous tension. C'est la raison pour laquelle subsistent des expres-
sions fautives telles que "courant continu HOV", "courant alternatif 220 V".

1.4.9 Garantie de puissance


Le producteur-distributeur doit dimensionner les systèmes de production, de
transport et de distribution de façon à pouvoir livrer en tout temps les puissances acti-
ves et réactives demandées par l'ensemble des utilisateurs envers lesquels il a pris des
engagements. Il s'en suit que le coût de toutes ces installations dépend essentiellement
des puissances maximales qu'il sera appelé à fournir pour respecter ses engagements.

1.4.10 Facteur de simultanéité : définition


Lorsqu'un groupe d'utilisateurs est alimenté par un même transformateur, par
une même ligne, ou par une même génératrice, il est peu probable que tous demandent
simultanément la puissance maximale à laquelle ils ont droit. La puissance maximale
(active ou réactive) appelée par l'ensemble du groupe (1 à g) est inférieure à la somme
des puissances maximales appelées par chaque utilisateur particulier, d'où la notion de
facteur de simultanéité.

^ = Ί Γ ^ ~ 1 0�37)
Σ P m a x
·= 1 '

QmaX
Fsimq = g
1 (1.38)
2� *£ max ι
I=I
RÔLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 27

où Fsimp est le facteur de simultanéité de la puissance active du groupe, Pm3iX la puis-


sance active maximale appelée par le groupe, Pmax ,· la puissance active maximale appe-
lée par l'utilisateur i du groupe g et Q la puissance réactive (avec même signification
des indices).
Le facteur de simultanéité d'un groupe de consommateurs d'énergie électrique
est le quotient de la puissance (active ou réactive) maximale pouvant être appelée par
tout le groupe par la somme des puissances maximales demandées à des moments dif-
férents au cours du temps par chaque consommateur du groupe.
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1.4.11 Exemple
La figure 1.13 se rapporte à un groupe où P m a x = 4,5 kW alors que Σ P m a x / =7,5kW.
Le facteur de simultanéité vaut Fsimp = 4,5/7,5 = 0,6.

3 kW ,-! utilisateur 1
(chauffe-eau à accumulation)
!
Pmax 1 = 3 kW
' 6 12 18 ί 24 h

utilisateur 2
0,5 kW !
(éclairage)
I nj ΓΠ ! P m a x 2 = 0,5kW

4 kW I

l utilisateur 3
(cuisinière électrique)
/ W 3 = 4kW
!

4,5 kW

\ ! ensemble des 3 utilisateurs


h� Ί
J
du groupe
P w f l *=4,5kW
Γ1
Fig. 1.13 Diagramme journalier de charge de 3 utilisateurs et de leur ensemble.

Il va de soi qu'en groupant des utilisateurs de natures diverses, le facteur de si-


multanéité baisse et que les frais d'investissements du système de production, transport
et distribution peuvent être réduits. Ce facteur de simultanéité joue un rôle important
dans la planification (chap. 8) et dans la tarification (§ 1.2.23)
28 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

1.4.12 Garantie d'énergie


Outre l'engagement de répondre à n'importe quel moment à l'appel des puissan-
ces actives et réactives de chaque utilisateur dans les limites convenues, le producteur-
distributeur s'engage aussi à l'assurer pendant une certaine durée. En d'autres termes,
il s'engage à livrer une certaine quantité d'énergie active W (§ 1.4.5) et d'énergie réac-
tive Wq (§ 1.4.6).
On reviendra sur l'obligation d'assurer la puissance réactive qui est liée à celle de
garantir le maintien des tensions au voisinage de leurs valeurs nominales (voir chap. 3 et 8).
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Seule l'énergie active est en relation directe avec la consommation d'énergie pri-
maire (§ 1.1.17). C'est au producteur d'énergie électrique qu'incombe le devoir de
constituer les réserves d'énergie primaire nécessaires pour satisfaire les désirs des utili-
sateurs qu'il dessert directement ou indirectement, compte tenu des pertes inhérentes
à l'ensemble du système de production, de transport et de distribution de l'énergie
électrique. Les plus grandes pertes d'énergie ont lieu dans les centrales thermiques de
production d'énergie électrique où elles atteignent le double de l'énergie électrique
produite à la sortie de l'usine.

1.4.13 Exemples de réserves d'énergie primaire


Pour assurer la livraison de 10 TWh sous forme d'énergie électrique, il faut à peu
près 13 TWh d'énergie hydraulique soit par exemple 4,8 · 10 9 m3 d'eau avec 1 000 m
de dénivellation (la Suisse ne possède que les 8/10 d'une telle réserve en lacs artificiels).
Si on a recours à des combustibles il faudra environ 30 TWh thermiques soit :
• 3,8 millions de tonnes de charbon à 8 kWh thermiques/kg;
• 2,6 millions de tonnes de pétrole à 11,5 kWh thermiques/kg;
• 50 tonnes de barres d'uranium enrichi à 600 000 kWh thermiques/kg.

1.4.14 Conséquences économiques d'une panne, valeur du kWh non livré : définition
Lors d'une panne du système on peut estimer la puissance qui aurait été transmi-
se à un utilisateur ou à un groupe d'utilisateurs s'il n'y avait pas eu de panne. En multi-
pliant cette puissance par la durée de la panne on obtient la notion d'énergie non livrée
ou de kWh non livrés.
En général cette panne engendre des inconvénients pouvant entraîner des man-
ques à gagner ou des travaux supplémentaires.
On peut estimer la valeur économique d'une telle panne en considérant le coût
des inconvénients précités. Cela peut représenter une somme de 10 à 100 Fr par kWh
non livré qui n'a aucune commune mesure avec le prix normal du kWh facturé aux
utilisateurs (5 à 50 centimes). Cette somme justifie les investissements engagés pour
les mesures de protection prises afin d'obtenir une fiabilité aussi grande que possible
de la distribution.

1.5 CHOIX DES SYSTÈMES DE TENSION


1.5.1 Système à tension continue
Le système à tension continue présente des avantages dans certains cas particuliers :
• distribution par un seul conducteur aérien et retour parla terre (trains, tramways);
RÔLE DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 29

• distribution à deux conducteurs (trolleybus);


• grande souplesse de fonctionnement des moteurs à courant continu, facilité
de régler le couple et la vitesse ;
• possibilité d'accumuler l'énergie électrique dans des accumulateurs;
• meilleure utilisation des câbles qui, pour une même épaisseur d'isolation, sup-
portent en général une tension continue trois à quatre fois plus élevée que la
tension alternative, d'où l'intérêt pour les transports sous-marins;
• l'utilité de choisir une très haute tension continue (plus d'un mégavolt) pour
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les transports de grandes puissances (plusieurs gigawatts) à de grandes distan-


ces (1 000 km) fait l'objet de nombreuses études [7] (tome 3, pp. 259 à 273).

1.5.2 Inconvénients majeurs de la tension continue


Les principaux inconvénients sont les suivants :
• les systèmes à tension continue excluent l'emploi de transformateurs ce qui rend
très compliqués les systèmes à différents niveaux de tension (voir § 1.5.3).
• les courants continus sont plus difficiles à couper que les courants alternatifs
(voir chap. 7);
• la circulation de courant continu dans le sol provoque la corrosion galvanique
des objets métalliques enterrés.

1.5.3 Système à tension alternative monophasée


On retrouve en monophasé certains avantages de la tension continue, d'autres
sont nouveaux :
• distribution par un seul conducteur aérien et retour par la terre ou le rail;
• distribution à deux conducteurs;
• possibilité d'utiliser des transformateurs relativement peu coûteux, nécessi-
tant peu d'entretien; on peut ainsi facilement élever la tension (par exem-
ple 20 kV) et abaisser le courant pour le transport à grande distance, puis
rabaisser la tension (par exemple 380 V/220 V) au voisinage des derniers
utilisateurs, afin de diminuer les dangers liés aux tensions élevées.
• les courants alternatifs sont plus faciles à couper que les courants continus
(voir chap. 7).
La fréquence choisie serait optimale au voisinage de 100 Hz avec les matériels dispo-
nibles en 1970; pour des raisons historiques on a choisi : 50 Hz en Europe, 60 Hz aux
Etats-Unis et 16 2/3 Hz pour l'électrification des chemins de fer en Suisse. Cette fré-
quence avait été choisie parce que, à l'époque, on n'était pas capable de construire de
bons moteurs de traction à 50 Hz. Aujourd'hui, on choisit 50 Hz ou 60 Hz pour les
nouvelles électrifications de chemins de fer. Dans les avions on utilise en général
400 Hz (miniaturisation).

1.5.4 Inconvénients majeurs du système monophasé


Les principaux inconvénients sont les suivants :
• les génératrices et les moteurs monophasés ont une forte composante alter-
native du couple;
30 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

• les accumulateurs sont inutilisables à moins d'intercaler un convertisseur (re-


dresseur-onduleur) coûteux, encombrant et nécessitant un entretien délicat;
• le courant monophasé ne permet pas de créer un champ tournant sans arti-
fice;
• les moteurs à tension alternative se prêtent mal au réglage de la vitesse.

1.5.5 Système triphasé


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Le système triphasé à été décrit dans le volume I, au chapitre 9. Ses principaux


avantages sont les suivants :
• comme tous les systèmes polyphasés, le système triphasé permet de créer
facilement un champ tournant;
• les machines tournantes ne produisent pas de composante alternative du
couple;
• à couple égal, les génératrices et les moteurs triphasés sont moins encom-
brants que les machines biphasées et monophasées. Ils n'ont pas de collec-
teurs, sources d'ennuis des machines à tension continue;
• il est relativement aisé d'utiliser au choix les tensions simples (par exemple
220 V) ou les tensions composées qui sont \/3 fois plus grandes (dans notre
exemple 380 V);
• les transformateurs triphasés (ou les ensembles de deux ou de trois transfor-
mateurs monophasés) permettent d'élever les tensions pour le transport à
grande distance (Canada 735 kV), puis de les rabaisser pour la répartition
régionale (par ex. 130 kV) et pour la distribution urbaine par quartier
(20 kV) ou dans les immeubles (380 V);
• les transformateurs triphasés permettent l'utilisation de nombreux coupla-
ges différents.

1.5.6 Inconvénients du système triphasé


Les principaux inconvénients sont les suivants :
• les lignes de transmission nécessitent au moins 3 conducteurs, 4 si l'on veut
disposer des tensions simples et même 5 si l'on veut disposer d'un conducteur
de protection (mise à la terre) distinct du conducteur neutre;
• les machines synchrones ou asynchrones ne peuvent fonctionner qu'à la vites-
se du synchronisme ou au voisinage de cette vitesse. Le réglage de la vitesse
n'est réalisable que par des artifices coûteux;
• les interrupteurs doivent être tripolaires.
CHAPITRE 2

CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES


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2.1 INTRODUCTION

2.1.1 Rôle des lignes électriques


Le transport de l'énergie électrique du producteur (centrale électrique) au con-
sommateur (ville, quartier, maison, ensemble industriel) se fait à l'aide de lignes électri-
ques, qui constituent les artères d'un système d'énergie électrique.

2.1.2 Définition : ligne électrique


Une ligne électrique est un ensemble de conducteurs, d'isolants et d'éléments
accessoires destinés au transport de l'énergie électrique. Les conducteurs sont en général
en aluminium, en cuivre, en aldrey, en bronze. Les isolants ont une partie solide (por-
celaine, verre, papier, matière plastique) combinée avec un gaz (air, SF 6 ) ou un liquide
(huile).

2.1.3 Types de lignes


Les lignes électriques peuvent être classées suivant plusieurs critères :
• situation dans l'espace : lignes aériennes, lignes souterraines (câbles);
• classe de tension : lignes à basse tension (< 1 kV) et lignes à haute tension
(>lkV);
• nature de la tension: continue, alternative monophasée ou triphasée.

2.1.4 Définitions : lignes aériennes et conducteurs


Les lignes aériennes sont constituées par des conducteurs de phase (R, S, T)
fixés par des isolateurs (I) sur des pylônes métalliques, des poteaux en béton ou en
bois (fig. 2.1,2.2,2.3).
L'air assure l'isolement entre conducteurs et par rapport à la terre. Les isolateurs
fixent les distances entre conducteurs. Ils sont en porcelaine, en verre ou en matière
synthétique.
Le conducteur de garde (G) relié à la terre à chaque pylône, sert essentiellement
à protéger les conducteurs de phase contre les coups de foudre.
Le métal des conducteurs des lignes aériennes est écroui (dur). Ces conducteurs
sont généralement constitués de brins toronnés, ce qui assure la souplesse nécessaire
au conducteur appelé à être enroulé et déroulé pendant la fabrication. Les conducteurs
en aluminium, cuivre ou aldrey ont souvent une âme d'acier qui assure la résistance
mécanique.
32 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
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Fig. 2.1 Pylône métallique, Fig. 2.2 Poteau en béton, Fig. 2.3 Poteau en bois,
ligne 220 kV en tonneau. ligne en nappe-voûte ligne 20 kV.
6OkV

2.1.5 Définitions : lignes souterraines et câbles


Les lignes souterraines sont constituées par un ou plusieurs câbles unipolaires ou
par un câble multipolaire.
Un câble unipolaire (fig. 2.4) comprend un conducteur de phase central en cuivre
ou en aluminium entouré par un isolant (papier imprégné à l'huile, gaz sous pression,
polyéthylène), une gaine métallique, une protection contre l'humidité et les agressions
mécaniques et chimiques.

conducteur en cuivre ou aluminium


semi-conducteur extrudé
isolation polyéthylène
enduit semi-conducteur + ruban graphité
ruban de cuivre
gaine thermoplastique

Fig. 2.4 Câble unipolaire.

Un câble tripolaire (fig. 2.5) est composé de trois conducteurs de phase isolés et
groupés sous une gaine métallique commune (vol. XXII).
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 33

câble unipolaire —
bourrage thermoplastique —
fils de fer méplats galvanisés -
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Fig. 2.5 Câble tripolaire avec armure de traction.

Les câbles sont utilisés pour le transport de l'énergie électrique à l'intérieur des
localités, pour faire la liaison entre une ligne aérienne et un poste de couplage, et pour
la traversée de larges fleuves ou bras de mer. Dans ce dernier cas, il est préférable d'uti-
liser une tension et un courant continu (§ 1.5.1).

2.1.6 Définition : lignes transposées et non transposées


Lorsqu'une ligne triphasée dépasse une certaine longueur, il est jugé souhaitable
de symétriser la disposition des conducteurs. Cette opération porte le nom de transpo-
sition des conducteurs. Elle consiste à permuter cycliquement la position des conduc-
teurs de phase. On en trouve un exemple dans la figure 2.20. Une ligne non transposée
introduit des asymétries d'autant plus gênantes que la ligne est longue.

2.1.7 Définition : conducteur en faisceau


A partir de 200 kV, un conducteur de phase est constitué par un faisceau de
deux ou plusieurs cordes (maintenues entre elles à une distance de 0,2 à 0,6 m par des
entretoises). Le principal but de cette disposition est de réduire le champ électrique à
la surface des conducteurs en dessous de la limite d'ionisation (3 kV/mm), et d'éviter
ainsi l'effet de couronne (§ 2.1.8).

2.1.8 Définition : effet de couronne


Si le diamètre des conducteurs de phase est trop petit, ou si la tension est trop
élevée, le champ électrique au voisinage des conducteurs dépasse la limite d'ionisation.
Les conducteurs de phase sont alors entourés d'une zone ionisée lumineuse qui provo-
que des perturbations radiophoniques et des pertes d'énergie. Ce phénomène est appelé
effet de couronne ([7] tome 1 § 7.4.4 et [8]).

2.1.9 Champ électrique et champ d'induction magnétique


Les courants qui circulent dans les conducteurs créent autour d'eux un champ
d'induction B tangentiel. Ce champ existe entre les conducteurs et dans les conducteurs.
De plus, à l'intérieur des conducteurs existe une densité de courant /, associée au
champ électrique E = pJ, où ρ est la résistivité.
34 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
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Fig. 2.6 Coupe d'une ligne composée d'un conducteur en cuivre avec retour par la terre.

A la surface des conducteurs apparaissent des charges variables qui correspondent


à un champ électrique extérieur ^,comportant une forte composante radiale, une faible
composante tangentielle (fig. 2.6) et une très faible composante axiale au voisinage de
la surface des conducteurs (sect. III 1.4). Cette dernière composante correspond à
ρ J dans le conducteur.

2.1.10 Exemple
La figure 2.6 représente en coupe une ligne de transmission d'énergie électrique
avec retour par la terre. Les champs électrique E et d'induction B ont des orientations
privilégiées conformes aux remarques suivantes :
• dans le conducteur en cuivre le champ électrique E est uniquement axial parce
que la densité de courant / ne peut avoir ni composante tangentielle, ni com-
posante radiale en raison de la géométrie du conducteur;
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 35

entre le conducteur en cuivre et le sol considéré comme conducteur de retour,


le champ E est essentiellement radial au voisinage du conducteur et vertical au
voisinage du sol; toutefois, une petite composante axiale dirigée dans le sens
du courant existe à la surface du cuivre et de la terre; elle correspond au
terme p / ;
dans le sol, le champ E est dirigé comme la densité de courant, donc en sens
opposé au champ E dans le cuivre ;
le vecteur B est tangentiel par rapport à l'axe du conducteur en cuivre dans les
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trois zones.

2.1.11 Non orthogonalité des spectres magnétique et électrique


Dans l'exemple de la figure 2.6, les lignes du champ d'induction B sont des cer-
cles concentriques, les lignes du champ électrique E sont des arcs de cercles non con-
centriques.
Les vecteurs B et E ne sont en général pas orthogonaux sauf à la surface du
conducteur et dans le plan vertical passant par l'axe du conducteur en cuivre. D'une
façon générale, B et E ne sont pas perpendiculaires et les méthodes de calcul liées aux
phénomènes inductifs (champ B) sont fondamentalement différentes de celles liées
aux phénomènes capacitifs (champ E).

ι 2.1.12 Courants variables, champ E rotationnel


Lorsque les courants circulant dans les conducteurs varient au cours du temps, le
champ d'induction B varie également. Dès lors, le champ électrique E ne peut plus être
considéré comme dérivant d'un potentiel puisque rot E = - bB/b t (§ III.1.2.1). Il en
résulte que la tension entre deux points η 'est pas une différence de potentiel; elle η 'est
définie qu'en précisant le chemin d'intégration choisi. Ceci est illustré par l'exemple
suivant.

2.1.13 Exemple : définitions de tensions


Soit une ligne monophasée comme on en rencontre pour les chemins de fer, com-
portant une caténaire et les rails (fig. 2.7).
caténaire

x\ X2

Fig. 2.7 Définition de tensions ne dérivant pas d'un potentiel.


36 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

On peut définir les tensions suivantes :


B

"AB = J E·d/ = RABi


A
C

"BC = I E- d/ = u(x2)
(2.1)
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"CD j E- d/ * R CD*

"DA = \ E - àl = -U(X1)
D
Or le champ E dans cet espace ne dérive pas d'un potentiel, puisque le champ
d'induction B, créé par le courant alternatif i et éventuellement par d'autres courants
voisins, varie au cours du temps. Il en résulte que les tensions définies par (2.1) dépen-
dent du chemin choisi pour calculer l'intégrale. Dans l'exemple choisi, la tension uAB
a été définie le long d'un chemin situé dans l'épaisseur de la ligne de contact. Comme à
cet endroit E = p / , on peut démontrer que cette tension n'est autre que le produit de
la résistance de la ligne de contact entre A et B et du courant /.
La tension UCD e s t définie le long d'un chemin situé dans le rail. Or le courant de
retour par les rails et le sol se répartit d'une façon non uniforme, qui dépend beaucoup
de la fréquence (voir sect. 2.3), pour calculer UQD 3 faut connaître la résistivité ρ du
rail et la densité de courant / le long du chemin d'intégration choisi.
Les tensions uBC et uAD - - uDA définies le long d'un chemin situé dans un plan
perpendiculaire à la ligne, sont les seules tensions qui peuvent être assimilées à des diffé-
rences de potentiel, parce qu'un plan normal à la ligne n'est traversé par aucun vecteur
d'induction B dû aux courants de la ligne (§ III.8.2.2).
En considérant maintenant la somme des quatre tensions définies par (2.1) on
s'aperçoit qu'elle ne répondent pas au modèle de Kirchhoff. Le second lemme de
Kirchhoff (§ IV. 1.2.8) doit être remplacé par une nouvelle équation:

UAB + "BC + "CD +"DA = ~ d<Wdf (2.2)

où Φ est le flux d'induction embrassé par le contour d'intégration ABCDA.


Il en résulte que la différence entre les tensions transverses (§ III.8.2.2) uAD et
uBC est donnée par la relation
" A D ~UBC = uAB +uCD +άΦ/άΐ V (2.3)

Les tensions uAB et UCD s o n t proportionnelles au courant i et à la résistance


des conducteurs. Le terme di^df correspond à l'effet inductif du flux Φ, lui-même
produit par le courant i (flux propre) et tous les courants des lignes voisines (flux
mutuels).

ι 2.1.14 Définition : tensions transverses


Dans la suite de ce volume, on utilisera exclusivement des tensions définies dans
des plans normaux à l'axe de la ligne. Dans l'exemple de la figure 2.7, il s'agit des ten-
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 37

sions verticales mesurées aux abscisses X1 et x 2 , soit u (X1) = - uDA et u (x 2 ) = uBc-


Ces tensions s'appellent tensions transverses (§ IH.8.2.2) qui dans la suite du volume
seront appelées tensions.
On s'interdira d'utiliser des tensions entre deux points d'abscisses différentes qui
sont mal définies telles que uAB,uAc> UBD> UCD- P a r contre, on calculera des différences
entre deux tensions transversales d'abscisses différentes.
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• 2.1.15 Définition : chute de tension


L'usage veut que lorsqu'on parle de chute de tension entre deux endroits d'abscis-
ses différentes, on entend par là la différence entre les valeurs efficaces ItZ(X1)I et
lt/(x 2 )l- Il ne faut pas confondre cette chute de tension avec le module de la différence
de tension complexe qui sera défini au paragraphe 3.3.2.
Contrairement à la différence de tension complexe qui est proportionnelle au
courant, la chute de tension η 'est pas une fonction linéaire du courant.

2.1.16 Recours au modèle de Kirchhoff


Pour éviter les difficultés provenant de la tension induite - d<ï>/df dans le con-
tour ABCDA, on exprime que ce flux Φ est lui-même une fonction linéaire des cou-
rants de la ligne. Dans ce but on introduit des inductances propres et mutuelles qui
permettront de retrouver des modèles de Kirchhoff.

2.1.17 Méthode de découplage


Il est difficile de saisir d'un seul coup tous les phénomènes électromagnétiques
liés à la transmission d'énergie électrique par une ligne à η conducteurs. C'est pourquoi
on traite dans la section 2.2 les phénomènes provoqués par les courants, en négligeant
l'effet des charges à la surface des conducteurs. C'est l'étude de la ligne en court-circuit
(sect. 5.5).
La section 2.3 tient compte de la répartition non uniforme du courant dans les
conducteurs massifs et dans la terre.
Dans la section 2.4, on met l'accent sur la ligne à vide en négligeant cette fois
l'effet des courants, presque nuls, pour calculer l'effet des charges superficielles des
conducteurs et du sol.
Une fois connues les caractéristiques longitudinales et transversales, on pourra
s'attaquer à l'étude de la ligne en fonctionnement quelconque, ce qui est l'objet du
chapitre 3.

D 2.1.18 Vecteur de Poynting


Le vecteur de Poynting est défini par S = E χ H (sect. III.5.1). En l'absence de
corps ferromagnétique dans le voisinage Η = Β/µ0. Dans la figure 2.6, on peut donc
calculer le vecteur de Poynting en tout point de l'espace par S = Ex Β/µ0. On cons-
tate que ce vecteur est pratiquement nul dans les deux conducteurs (cuivre et terre).
Dans l'air, il est dirigé dans le sens du flux d'énergie électrique transmis par la ligne.
38 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

La puissance électrique transmise est égale au flux du vecteur Poynting. On peut ainsi
dire que cette puissance est transmise dans l'espace entre les conducteurs et non pas
dans les conducteurs. Une faible composante du vecteur Poynting entre dans le conduc-
teur et correspond à la puissance électrique transformée en chaleur par l'effet Joule.

2.2 CARACTÉRISTIQUES LONGITUDINALES


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2.2.1 Introduction
Pour rendre compte des effets produits par la résistivité des métaux, qui cons-
tituent les conducteurs d'une ligne électrique, et par la résistivité du sol, considéré
comme n-ième conducteur, on va introduire les notions de résistances rapportées à
l'unité de longueur ou résistances linéiques R'i,R'2 ···> R'n ·
Pour rendre compte des effets des flux d'induction magnétique circulant autour
et entre les conducteurs, voire à l'intérieur même des conducteurs, on introduit les
notions d'inductances linéiques propres et mutuelles. Une inductance est toujours le
quotient d'un flux, embrassé par un contour, par le courant qui en est la cause. Or on
peut définir plusieurs contours d'intégration en utilisant diverses fibres à l'intérieur de
l'épaisseur du conducteur. Cette difficulté oblige à calculer par approximations succes-
sives et à préciser chaque fois de quelles paires de conducteurs on parle en introduisant
des inductances linéiques du type M\i,M\^L\, ... .
Même dans le cas apparemment le plus simple d'une ligne constituée par un con-
ducteur cylindrique en cuivre avec retour du courant par le sol (fig. 2.6), la répartition
du courant de retour dans le sol est totalement différente suivant qu'il est continu, à
basse fréquence, à moyenne fréquence ou à haute fréquence. Or, il ne s'agit pas là
de phénomènes secondaires puisqu'en passant de OHz à 50 Hz, puis à 500 000Hz,
l'inductance propre linéique décroît de °° à 2mH/km, puis à l,5mH/km, alors
que la résistance linéique de cette ligne croît de 70ΐΐΐΩ/1αη à 113 πιΩ/km, puis à
36 000ηιΩ/1ατι(νοΐΓ § 2.3.12 à 2.3.21).
Il s'agit donc d'être précis dans les définitions de ces caractéristiques longitudina-
les et de garder présentes à l'esprit les limites de validité des diverses formules utilisées.

2.2.2 Induction magnétique créée par un conducteur seul


Le passage d'un courant électrique /, dans un conducteur cylindrique de longueur
supposée infinie, crée un champ d'induction magnétique circulaire dont la composante
tangentielle à l'extérieur du conducteur est (§ III.4.4.2) :
Βφ = VoH(27ir) T (2.4)
Les figures 2.8 et 2.9 représentent B^ = f(r) pour un conducteur plein et respec-
tivement creux, pour un courant continu i -I.

2.2.3 Induction magnétique créée par plusieurs conducteurs


Lorsqu'il y a plusieurs conducteurs, l'induction résultante est la somme des vec-
teurs induction produits par chaque conducteur, pour autant qu 'il η 'y ait aucun corps
ferromagnétique saturable dans le voisinage.
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 39

B (r) B{r)
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Fig. 2.8 Composante tangentielle de B conduc- Fig. 2.9 Composante tangentielle de B conduc-
teur plein. teur creux.

2.2.4 Définitions des grandeurs géométriques et électriques


Soit un ensemble de n conducteurs cylindriques et creux (tubes de faible épais-
seur) parcourus par les courants I1, J 2 ,... in (fig. 2.10). Le cas des conducteurs pleins
sera traité au paragraphe 2.2.23. L'assimilation du sol au conducteur n, pour une ligne
aérienne, sera traitée aux paragraphes 2.3.13 à 2.3.21.

I 'z
ι χ + dx
\x
I I
1
Un
i

ι
»
I I

2 (—•/2
I
!
I
k Om
3 — • h (χ ) / 3 ( * + dx)A UIn

j "3/i M j U3n(x + dx)

x
� " • I n = · �(M + 12 + ···)] ^
n

Fig. 2.10 Définitions géométriques et électriques de n conducteurs numérotés de 1 à n.

On définit les grandeurs suivantes qui se rapportent à la figure 2.10 : Τη = rjif la


distance entre axes de conducteurs i et j ; r,·,·, le rayon du conducteur i (i = 1 ... n);
eh l'épaisseur du tube i (e,- < r^); pif la résistivité du conducteur i ; i,·, le courant dans
le conducteur i, compté positivement dans le sens des χ croissants; Zn, le courant dans
le conducteur de référence n; uin, la tension transverse entre le conducteur i et le con-
ducteur de référence n à l'abscisse x; ui}-, la tension entre le conducteur i et le conduc-
teur j ; u'in = duin/dx, l'accroissement linéique de la tension uin;u!u - du^/dx, l'ac-
croissement linéique de la tension U^.

ι 2.2.5 Flux embrassé par deux conducteurs dans un système à n conducteurs


Comme la somme des courants doit être nulle, on peut toujours choisir l'un des
conducteurs comme conducteur de retour et comme conducteur de référence. Par la
40 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

suite, on désignera par n ce conducteur de référence et de retour avec :


in = "0Ί + h +h + ··· + in�i) A (2.5)
On obtient de cette manière un ensemble de (n - 1) dispositions similaires for-
mées par des paires de conducteurs 1 et n, 2 et n, ... (n - 1) et n. On peut donc se limiter
à l'étude d'une seule paire formée par un conducteur d'aller et le conducteur de retour n,
les phénomènes restant semblables pour les autres paires.
Par exemple pour la paire 3 et n (fig. 2.11), le flux élémentaire ∆Φ 3 „ embrassé
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par ces conducteurs sur la longueur Ax est :


∆Φ 3n ∆ Φ 3 Μ + ∆ Φ 3 „ ) 2 + ∆Φ 3 „ > 3 + ΑΦ3ηιη Wb (2.6)
où ∆Φ 3 π β8ΐ le flux d'induction embrassé par un rectangle ABCDA dont les côtés AB
et CD sont situés respectivement dans les conducteurs 3 et n à des endroits quelconques
à l'intérieur de ces derniers.

*3 — • A *
F- ^B
ι
I ∆Φ3π® ι
I . **—^�A<t>3n,3

U�
D
I
I Ax
I
I
l ΑΦ
3η,η P ° u r in < 0

µ� �I
χ χ 4� Ax

Fig. 2.11 Définition du flux élémentaire ∆Φ 3 „ embrassé par les conducteurs 3 et « sur la lon-
gueur ∆χ.

En précisant les limites d'intégration dans les expressions des ∆Φ 3 „ 5 Α : et en tenant


compte de l'équation (2.4), on trouve :

n
∆ Φ 3 Π ) 1 = Ax j µ0— àr = ∆ ι � In Ι — I ί, Wb (2.7)
rl3 2πτ 2π I r 1 3 /

∆ Φ 3 „ 3 =Ax J µ 0 — àr = Ax- InI-Z 3 Wb (2.8)


r33 2nr 2π \r33J

2.2.6 Remarques
Les côtés AB et CD du contour d'intégration peuvent suivre différentes fibres
des conducteurs 3 et n. Il en résulte que le flux embrassé est au minimum donné par
l'intégrale de (rl3 + r33 ) à (rln - rnn ) et au maximum par l'intégrale de (r 13 - r 33 ) à
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 41

(rin + rnn )> Ie A u x calculé selon l'expression (2.7) est donc une valeur moyenne de
tous les flux que l'on peut calculer pour chaque paire de fibres imaginables des conduc-
teurs 3 et n, il en est de même pour l'expression (2.8); la démonstration est faite aux
paragraphes 2.2.13 et 2.2.14.
Pour les lignes aériennes, les rayons des conducteurs peuvent être négligés vis-
à-vis des distances entre conducteurs, donc rH < rtj.
et
Les expressions de ∆Φ 3 „ 2 ∆Φ3ηη peuvent être déduites respectivement en
changeant l'indice 1 en indice 2 et en indice η dans (2.7).
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Le flux ∆Φ 3 „ ,· peut avoir le même signe ou un signe opposé au courant /,· sui-
vant la position relative du conducteur i qui détermine le signe du logarithme.
Le flux ∆ Φ 3 Π ) 3 a toujours le même signe que Z3, tandis que ∆Φ 3 „ „ a toujours
un signe opposé à In.

ι 2.2.7 Tension induite dans la boucle ABCDA


Choisissons un contour ABCDA qui passe à l'intérieur des conducteurs 3 et η et
aux abscisses x e t i + ∆χ (fig. 2.11).
La tension induite par la variation du flux d'induction dans le contour ABCDA
est égale à la dérivée du flux embrassé dû à tous les courants voisins, y compris le cou-
rant propre:
(1∆Φ3,
E . d/ = — V (2.9)
at
On peut exprimer ces deux grandeurs en remontant aux définitions de la figure 2.11.
B
\ E -àl = R3AxI3 V (2.10)

ou
R's = P 3 IS 3 Ω/m (2.11)
c
a
J E · d/ = u3n + — � Ax V (2.12)
B dx
D

J* E · d/ = �RnAXin V (2.13)
c
A
V (2.14)
ί Ε� al= �U3n
D

∆Φ 3 „ = X ∆ Φ 3 Μ Wb (2.15)
k = l

où ∆Φ 3 „ 5 Α : est la part du flux dû au conducteur k et ^ 3 et Rn sont les résistances linéi-


ques des conducteurs 3 et η définies par (2.17) où S1- est la section du conducteur i.
n
r ik^oAxar µ0 ∆ χ I rkn \
∆Φ3„,* = / — = I" — ik Wb (2.16)
/k3 2nr 2ir \ rk3!
R\ = PiIS1 Ω/m (2.17)
42 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

Comme à partir de (2.8) on a


M 0 Ax
∆ Φ 3 rt , rt = — ι In — I i„ Wb (2.18)
2π \ rn3
en introduisant la valeur de in donnée par (2.5) on obtient :

∆ Φ 3«,Λ µ0Αχί Γ,ι3


I n � ( I + / 2 + ...+ <„�ι) Wb (2.19)
1

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ι 2.2.8 Matrices des résistances et inductances longitudinales linéiques


En introduisant les expressions (2.10), (2.12), (2.13), (2.14), (2.15), (2.16) et
(2.19) dans l'équation fondamentale de la tension induite (2.9), on obtient l'équation
matricielle (2.20) des accroissements linéiques de tension uin le long du circuit formé
par les conducteurs i et η dus aux résistances des conducteurs, ainsi qu'aux flux d'in-
duction mutuels ou propres créés par l'ensemble des η courants.

\R'i+R'n+pM'n) (*'„ + P Jlf 1 2 )...


(Rn + pM'21) (R2 +K + pM'22)

l
(n�l)w. n �1

matrice Z '
V/m (2.20)
où ρ = 3/31 est l'opérateur de dérivation par rapport au temps,
avec:

Μη = Μµ = — In H/m (2.21)
2ττ ^ij rnn
Mo
Mu
=
— In H/m (2.22)
Lu /*f/ rnn

2.2.9 Matrice des impédances linéiques longitudinales complexes


Si tous les courants sont sinusoïdaux et de même pulsation ω, on peut passer au
calcul complexe et remplacer ρ par jco. La matrice Z' devient alors la matrice des impé-
dances linéiques longitudinales complexes propres (diagonale i =j) et mutuelles (i Φ]).
(Z') = (*')+JCO(JIf') Ω/m (2.23)

12.2.10 Définitions
Dans (2.23) (R') est la matrice des résistances linéiques et (M') la matrice des induc-
tances propres et mutuelles linéiques. Les éléments de la diagonale Z'u =Ri+Rn +}ωΜ'α
constituent les impédances linéiques longitudinales propres, où M'a est Vinductance
propre linéique de la boucle constituée par le conducteur aller i et le conducteur de
retour commun n. Les éléments non-diagonaux Z\j -Rn + jcoJkf/y sont les impédances
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 43

mutuelles linéiques longitudinales où AfJ7- est Yinductance mutuelle linéique entre la


paire de conducteurs in et la paire de conducteurs jn. AfJ7- et AfJ/ sont donnés par (2.21)
et (2.22) pour des conducteurs creux, (2.47) et (2.48) pour des conducteurs pleins.

2.2.11 Résistance mutuelle


Il peut paraître surprenant de trouver un terme résistif dans une impédance mu-
tuelle, en fait il ne s'agit que de la résistance de retour du conducteur n, commune aux
(n -1) circuits considérés, à laquelle on peut donner le nom de résistance mutuelle.
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2.2.12 Extension du calcul au cas des câbles


Dans les paragraphes précédents, le calcul des différents flux a été fait en négli-
geant les dimensions des conducteurs par rapport aux distances entre les conducteurs
(r33 ^ rk3 e t rnn ^ rkn)- Cette simplification est valable dans le cas des lignes aérien-
nes, mais ne l'est évidemment plus pour les câbles souterrains où les distances entre
conducteurs sont du même ordre de grandeur que les dimensions des conducteurs. Il
convient donc d'établir des formules plus générales, applicables pour n'importe quelle
forme de conducteur.
Il est à noter que ces méthodes ne tiennent pas compte des effets pelliculaire et
de proximité (sect. 2.3) qui peuvent déjà intervenir aux fréquences industrielles.

2.2.13 Géométrie de conducteurs proches et de grosse section


Pour simplifier la démonstration, on considère un circuit a composé des conduc-
teurs 1 et 2 et un circuit b composé des conducteurs 3 et 4 (fig. 2.12). Chaque circuit
est parcouru respectivement par les courants ia et ib qui varient assez lentement pour
qu'il n'y ait ni effet pelliculaire, ni effet de proximité.

fibre S.

13 =-i4 = ib

® h =-/2='a
1
I - l a

Fig. 2.12 Définition géométrique de deux circuits voisins a et b; ry = distance entre une fibre du
conducteur i et une fibre du conducteur j .

Les sections des conducteurs Si, S2, S3 et S4 ont des formes quelconques et des
dimensions non négligeables par rapport aux distances r/;·. Chaque fibre élémentaire de
section dS est parcourue par un courant ai = J *àS où / est la densité de courant sup-
44 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

posée constante sur toute la surface. Chaque élément du circuit a couple son champ
avec chaque élément aller et retour du circuit b. Dans un élément US1 du conducteur 1
circule le courant ia US1IS1 et dans un élément dS 2 du conducteur 2 circule le cou-
rant -ia US2IS2.

2.2.14 Flux couplé


Le flux élémentaire sur une longueur ∆ χ entre les fibres k et β du circuit b dû au
courant (ia dSl/S) dans l'élément i du conducteur 1 est
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L
ΛΦ«/=— dS, f �• = ^ � �^dS1(IiIr14�IiIr13)
2π S1 ^ r
2π S1
Wb (2.24)
tandis que la contribution de l'élément j du conducteur 2 au flux élémentaire entre
k et β est
4
µ0∆* �ia ^ dr �µ 0
∆χι 8
d Φ/c// = uS
d S22 f — = dS2(ln r 2 4 � I n r 2 3 )
2π S2 / r 2π S2
Wb (2.25)
On observe que l'expression de chacun de ces flux élémentaires se compose de deux
termes, l'un se rapportant aux distances r 13 et r 2 3 entre le circuit a et la section S 3 et
l'autre aux distances r 14 et r 2 4 entre le circuit a et la section S 4 .
Pour calculer le flux entre les fibres élémentaires k et β dû au circuit a complet,
il faut intégrer sur les surfaces S 1 et S 2 :

Id0Ax ia / r diS| r dSi r dS 9


Qo
z 2
Φ/fc/.a
2π °1 � SJ lnr 2 4 ^—
1
\Si ^l Si 2
2

r dS2 \
+ J lnr23 Wb (2.26)
S2 ^2 /

2.2.15 Définition : flux couplé


L'expression (2.26) permet de calculer exactement le flux embrassé par les fibres
k et β du circuit b sous l'influence de la totalité des courants des fibres du circuit a. Tou-
tefois, ce flux embrassé est différent suivant la position des fibres k et β à l'intérieur des
sections S 3 et S 4 .
On appelle flux couplé Φ b a la moyenne algébrique des flux embrassés par l'en-
semble de toutes les paires de fibres contenues dans le circuit b sous l'influence du cou-
rant passant dans le circuit a. Selon cette définition on a:

µ0Αχ [(C dS t dS 4 r f dS,dS3


lnr m
$b,amoyen = U J j l4 ~ " J J ^13 ~ —
2π Is4S1 S1 S 4 S3S1 S1 ύ 3

� f f l n r a 4 ^ U f f l n r 2 3 ^ ^ ) Wb (2.27)
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 45

L'inductance mutueDe linéique entre les circuits a et b due à ia est alors :


^b,a moyen
M'ab = — H/m (2.28)
ia ∆χ
En introduisant (2.27) dans (2.28) on constate que Mab est indépendant de ia et que
M'ba=M'ab.
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2.2.16 Définition : distance moyenne géométrique


On désigne par gxy, la distance moyenne géométrique (DMG) de la surface Sx à la
surface Sy, définie comme suit :

Info, = — J IdSx j \nrxy dSy\ (2.29)


sxsy Sx\ sy !
où rxy est la distance entre un élément dSx de la surface Sx et un élément dSy de la
surface Sy.
C'est Maxwell [9] qui a introduit pour la première fois la notion de distance
moyenne géométrique dans le calcul des inductances.

2.2.17 Inductance mutuelle linéique


En utilisant (2.29), on obtient pour l'expression de l'inductance mutuelle linéique
entre le circuit a et le circuit b :

M'ab = fÎ2 i n *»J21 H/m (2.30)

Si l'on généralise, l'inductance mutuelle linéique entre le circuit in et le circuit jn de la


figure 2.11 sera:

Mi1 = — In ^ - ^ H/m (2.31)


2 π
gij gnn

où gin, gjn, gij sont des DMG, tandis que la signification de gnn est donnée au paragra-
phe 2.2.18. L'expression (2.31) est la même que l'expression (2.21) dans laquelle les
distances r/;· et le rayon rnn sont remplacés par gy et gnn.

2.2.18 Définition : rayon moyen géométrique


Pour calculer l'inductance propre linéique d'un circuit, il est nécessaire de définir
la distance moyenne géométrique d'une surface Sx à elle-même ou rayon moyen géo-
métrique (RMG) de la surface Sx :

Info, = -J5 J IdSx j \nrxx dSx (2.32)


Sx sx \ Sx I
où rxx prend toutes les valeurs possibles entre deux éléments dSx distincts de la sur-
face Sx.
46 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

2.2.19 Inductance propre linéique


L'inductance propre d'un circuit étant définie comme le rapport entre le flux
qui traverse le circuit dû au courant passant dans ce circuit et ce même courant, nous
allons superposer les deux circuits a et b de la figure 2.12 et appliquer (2.30) à la
figure 2.13.
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'"Il - > " 3 3 -''13 r22 ='44 = >*24

Fig. 2.13 Superposition des circuits a et b.

Dans ce cas on a r 14 = r23, S1 = S3, S 2 = ^4 > donc ^ 1 4 = g23 = £34 = £12 >
r
i3 = >*33 = '"n e t I e RMG de S3 est g33 avec :

In £33 In r33 dS3 (2.33)


^3 S3 \ S3
r
24 = r44 e t I e RMG de S 4 est donné par g 44 avec :

In ^ 4 4 = — J d £ 4 J In r 4 4 dS4 (2.34)
S
4 s4 \ S4 !
Une difficulté mathématique est liée au fait que In 0 = - °° ce qui exige de lever
une indétermination dans le calcul des expressions (2.33) et (2.34). L'inductance pro-
pre linéique du circuit b est alors :
Mo , £34
ML = — In H/m (2.35)
2π g33#44
ou en généralisant, l'inductance linéique propre de la boucle in de la figure 2.11 est
M g i n
JiA' ° 1 H/m (2.36)
Mn = —
2TT In gu gnn

expression analogue à (2.22) où l'on a remplacé la distance rin par la DMG g(n et les
rayons ru et rnn par les RMG gu et gnn.

2.2.20 RMG et DMG des configurations usuelles de conducteurs


On trouvera en annexe (sect. 9.2) les RMG et DMG de quelques configurations
usuelles de conducteurs, tirées de [9-14].

2.2.21 RMG des conducteurs toronnés


Pour les conducteurs constitués de brins toronnés, les valeurs du RMG peuvent
être calculées à partir de la section utile S du conducteur et du nombre de brins
(fig. 2.14 et tab. 2.15).
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 47

Fig. 2.14 Conducteurs toronnés à 3, à 7 et à 19 brins (coupes).


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Tableau 2.15 RMG de conducteurs toronnés.

Type gn = RMG

Conducteur de section circulaire pleine 0,4394 S 1/2


Corde circulaire à 7 brins 0,4642 S 1/2
Corde à 3 brins sans âme centrale 0,4750 S 1/2
Corde circulaire à 19 brins 0,4902 S 1/2
Corde circulaire à 37 brins 0,4982 S 1/2
Corde circulaire à 61 brins 0,5020 S 1/2
Corde circulaire à 91 brins 0,5038 S 1/2
Corde circulaire à 127 brins 0,5046 S 1/2

2.2.22 RMG des conducteurs en faisceaux


Ainsi qu'il a été mentionné (§ 2.1.7), un conducteur de phase peut être constitué
d'un faisceau de 2 ou plusieurs cordes de mêmes diamètres, disposées symétriquement
les unes par rapport aux autres. Dans ce cas, il est utile de connaître le RMG résultant
du faisceau (tab. 2.16).

Tableau 2.16 RMG de conducteurs en faisceau:


^ 11 = RMG de chacune des cordes;
G11 = RMG résultant du faisceau.

Cas Disposition Formule

(8nd)1
8ll 8\\

G — tri/S /72/3
il -Zn a

_ Λ 1/8 1/4 ^3/4


Ga=2»*gl»d a

£11

su
48 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

2.2.23 Application des RMG et des DMG au cas d'un câble triphasé symétrique
Une disposition particulière, mais intéressante, car elle est souvent rencontrée en
pratique, est constituée par un câble triphasé, le conducteur de retour étant la gaine en
plomb qui entoure le câble (fïg. 2.17). Les trois conducteurs en cuivre sont supposés
pleins.
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Dn=Di3=D23

Fig. 2.17 Câble triphasé.

On suppose que la gaine est mince par rapport à son diamètre {e < D) et que la
fréquence du courant est assez basse (par ex. 50 Hz) pour pouvoir négliger les effets
pelliculaire et de proximité dont il sera question plus loin (sect. 2.3). Si le système
triphasé est symétrique, on a:
I1 + Z2 + h = 0 (2.37)
donc
0 (2.38)

En utilisant (2.31), il est aisé de montrer que, dans le cas 2 du tableau 9.7, et les cas 1
et 4 du tableau 9.8, les inductances linéiques valent :
Mo , D
M12 = M 2 3 = M31 =
/ • ! / • ' ' — / — .

In . . - ' . —

In
' -

H/m (2.39)
2 Ή g\2Snn 2π 2 D12

En appliquant (2.36) et les cas 1 du tableau 9.8 et 1 et 2 du tableau 9.7, on trouve


que les inductances propres linéiques de chaque phase sont aussi égales. Af11 est l'induc-
tance propre linéique de la boucle constituée par le conducteur 1 (aller) et la gaine η
(retour) :
2
Mo gin
M'X1 = M 2 2
= M 33 = — � In
2π gngnn 2 π \ d 4
H/m (2.40)
L'accroissement linéique de la tension sur la phase 1 peut être écrit à partir de (2.20) :

-u{n = RIi1 + Ml1 -! + RnI1 + Rni2 + M{2 - ^ +RnI3 + Mi3 - ^


àt dr àt
V/m (2.41)
ou, compte tenu de (2.37) et de (2.39) :
d/,
- W1 RIi1 +(Mi1 - M{2) V/m (2.42)
àt
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 49

2.2.24 Définition : inductance cyclique


L'expression L\ = (Af11 - M'n) dans (2.42) est appelée inductance cyclique, ou
inductance équivalente par phase, ou encore inductance industrielle linéique. Pour les
autres phases, on définit d'une manière analogue les inductances L \ = M22 - M\2 et
L 3 = M'33 - M\2 qui sont égales dans le cas traité au paragraphe 2.2.23.
Une définition plus générale de l'inductance cyclique est donnée par [10] ou
par [15].
En utilisant l'inductance cyclique on peut donc, dans des cas particuliers qui
obéissent aux conditions (2.37) et (2.39), calculer les tensions de chacune des phases
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indépendamment des autres, comme s'il n'existait aucun couplage entre elles. La matri-
ce des impédances linéiques Z' de (2.20) peut être réduite dans ce cas à sa diagonale
comme dans (2.43) :

R\+L\V
0
0
R2 + L2P 0
\ r
0 0 R; + v,f U
"

V/m (2.43)

2.2.25 Différence d'inductance linéique pour conducteurs pleins et creux


En revenant au calcul du paragraphe 2.2.23, mais cette fois en remplaçant les
conducteurs pleins par des conducteurs creux, ^ 1 1 prend la valeur de d/2 au lieu de
(d/2)e - 1 / 4 selon le tableau 9.7. L'équation (2.40) devient alors :
Uo D
M[x = M22 = M^3 = — In — H/m (2.44)
2π d
En comparant (2.40) et (2.44), on constate par soustraction que le fait qu'un
conducteur soit plein et non pas creux produit tout simplement une augmentation de
l'inductance propre linéique, indépendante des dimensions du conducteur, donnée par :
Mo
AMi 1 = — = 0 0 5 mH/km (2.45)

2.2.26 Conducteur en acier ou en métal ferromagnétique


Si le conducteur plein est ferromagnétique de perméabilité relative \xr, le supplé-
ment d'inductance, par rapport au conducteur creux, devient :
U(\ Ur -Q
AMi1 = ^-^-^ = 50-10 µ, H/m (2.46)

2.2.27 Méthode de calcul


Les remarques des paragraphes 2.2.25 et 2.2.26 suggèrent que l'on peut calculer
en première étape toutes les inductances propres et mutuelles linéiques comme si tous
les conducteurs étaient creux, puis ajouter le supplément d'inductance propre et, le cas
échéant, d'inductance mutuelle correspondant aux conducteurs pleins. Dans ce cas, les
50 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

expressions (2.21) et (2.22) prennent une forme plus générale :


0 r r
ΆΛ> ΆΛ> ^ ι in jn . Vo µκη kn __. . . ._.
Mij� = Mn = — In — + H/m (2.47)

M11� = — In + + H/m (2.48)


2Ή ru rnn 8π 8π
où µγη et [iri sont les perméabilités relatives du conducteur commun η et du conduc-
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teur i. Les facteurs kn et kt sont nuls si les conducteurs correspondants sont creux, ils
prennent la valeur 1 s'ils sont pleins ou encore une valeur comprise entre 0 et 1 si le
tube conducteur est d'épaisseur non négligeable, ou lorsqu'on veut tenir compte de
l'effet pelliculaire décrit dans la section 2.3.

2.2.28 Inductance cyclique des cables tripolaires à une gaine


Dans le cas des câbles souterrains tripolaires à une gaine (fïg. 2.5) la disposition
symétrique des trois conducteurs permet de parler d'inductance cyclique (§ 2.2.24)
et de simplifier les formules générales qui donnent les valeurs de l'inductance linéique
propre ou mutuelle. Avec une disposition similaire à celle de la figure 2.17 et avec
(2.40) et (2.39) on trouve pour l'inductance cyclique :

L[ = *» ln m = υ» ( ln ^n + ι ) H/m (249)
2n gn 2π \ d 4 /

2.2.29 Inductance cyclique de trois câbles unipolaires à gaines court-circuitées


Lorsque la ligne est constituée par trois câbles unipolaires dont les gaines sont
court-circuitées aux deux extrémités, des courants induits circulent dans les gaines.
L'inductance cyclique de tels câbles subit une diminution due au fait que les courants
dans les gaines circulent en sens inverse des courants dans les conducteurs et tendent à
diminuer le flux qui entoure les conducteurs. Si rgl et rg2 sont les rayons intérieur et
extérieur de la gaine conductrice, D12 la distance entre axes de deux conducteurs et
^ 11 le RMG d'un conducteur, l'inductance cyclique linéique d'un tel câble est

µ g l 2 M
τ' I ° ι \ ' JJI ^ CfH
Lx = — In — 7 H/m (2.50)
\2ÏÏ gnJ 1+ (R^/coM'y
où M' dans le terme de correction représente l'inductance linéique mutuelle cyclique
par phase entre conducteurs et gaines :
M' = — In -2- H/m (2.51)
2π >>i + rg2
et Rg est la résistance linéique de la gaine :

R^ = Ω/iii (2.52)
rr(rg2 � rgl ){rg2 + rgl )
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 51

• 2.2.30 Matrice des impédances linéiques pour les lignes non transposées
Pour saisir l'avantage de la transposition des lignes aériennes (§ 2.1.6), nous allons
considérer le cas d'un système de courants triphasés symétriques. On suppose que le
conducteur de retour η est constitué par la terre représentée par un cylindre de très
grand rayon rnn. Comme :
h + h +Z3=O (2.53)
le courant de retour in est nul.
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Les trois phases 1, 2 et 3 sont disposées en une nappe à hauteur h au dessus du


sol (fig. 2.18).

4*2r

VX1 J7777777777777777777777777777777777777777,

Fig. 2.18 Conducteurs en nappe.

Le diamètre de chaque conducteur supposé plein est 2r. Pour simplifier l'écriture
par l'utilisation du calcul complexe, on supposera les trois courants sinusoïdaux. La
démonstration est cependant valable aussi pour des courants de forme quelconque.
Dans le cas de la ligne non transposée (fig. 2.19), l'accroissement linéique de la
tension sur la phase 1 est d'après 2.20 :
-U\n = R[I1 +JCoATi1Z1 + )ωΜ\2Ι2 + JCoJIf13Z3 +K(I1 +I2 + Z 3 )
V/m (2.54)

Fig. 2.19 ligne triphasée non transposée. Fig. 2.20 Ligne triphasée transposée.
52 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

En utilisant la relation (2.53), on trouve :


-U\n = R[I1 +JCo(Mi1 - M i 3 ) Z i +JCo(Mi 2 -Mi 3 )Z 2 V/m (2.55)
où les valeurs des inductances propres et mutuelles sont :
2
M1'! = — In — avec ^ 11 = r e x p ( - l / 4 ) H/m (2.56)
2π g\\gnn

M[2 = — In ^ ^ avec^ 1 2 =D H/m (2.57)


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2 7Γ g\2gnn

M^3 = ^ o ln £!«£3« a y e c ^i3 = / ) # 2 H / m ( 2 5 8 )

2π £i3£™
et
£1« = gin = g3n = h + r„„, #„„ = r w „ exp (�1/4)
on trouve
Mo / 2D 1\ M0
�^1« = ^ i i l + ίω — In — + � Z 1 + jco — (In 2) Z 2
2π \ r 4/ 2π
V/m (2.59)
Pour la deuxième phase, comme M 2 2 = M' n et M 2 3 = M'12, on obtient:

Mo / # 1 \
-Win = ^ i 2+ jco — In - + - Z2 V/m (2.60)
2π \ r 4 /
tandis que pour la troisième phase le résultat est similaire à celui de la phase 1:
JUo / 2Z) 1 \ Lin
-Usn = R'ili + jco — In — + - i 3 + jco — ( l n 2 ) / 2
2π \ r 4 J 2π
V/m (2.61)

ce qui donne sous forme matricielle la relation (2.62), valable à condition que
i l +Ii +Ii = o.

'^-H ° ^ +jw S( in 7 + î) ° li2


V/m (2.62)

2.2.31 Dissymétrie introduite par la ligne non transposée


On constate dans la matrice (2.62) que :
• l'inductance linéique Z/22 est plus petite que les deux autres inductances cycli-
ques de la diagonaleL'n -L'33 = i 2 2 + (µ0Ι2π)\η2;
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 53

• pour les lignes non transposées il existe un couplage entre les phases latérales et la
phase placée au milieu, couplage donné par le terme constant (]ωµ0/2π) In 2
typique pour une ligne en nappe;
• comme en général Djr > 2, les termes hors diagonale peuvent souvent être
négligés;
• si on impose des tensions symétriques, par exemple en imposant à chaque
extrémité de la ligne un système de tensions triphasé symétrique, ce sont alors
les courants qui ne le sont plus. Tout le calcul doit être repris à la base puisque
(2.53) n'est alors plus valable.
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2.2.32 Ligne transposée


La figure 2.20 indique comment on peut permuter les conducteurs 1, 2 et 3 au
tiers et au deux tiers d'une ligne de longueur / donnée.
La différence des tensions Uin (0) à l'abscisse 0 et Uin (l) à l'abscisse / se calcule
pour chaque section de longueur 1/3 en utilisant la matrice (2.62), mais en permutant
les indices 1, 2, 3 pour chaque tronçon. On obtient :

U1n(O)-U1n(I)= - ^ i i l + jw — In — + - I i i + j c o - — (In 2) I2
3 2π \ r AI 2n
l Mo / D 1
+ � R[I1 + jco — In � 4� �
3 2π \ r 4
/ µ0/ 2D l\ µ0
+� * i i i + J < o — In — + � i t + jco — (In 2) / 3
2π \ r 4 / 2π
3
V (2.63)
= as
or I2 + i 3 ""ii ( P ^e retour par le neutre) ce qui donne, en divisant par /, une
valeur moyenne : 3

Mo / rï D 1\
-Um = R[Ii + jco — In + " ii V/m (2.64)
2π \ r 4/
En raison de la disposition globalement symétrique des autres phases, les accroissements
U2n et U'3n seront similaires à (2.64) où i?i, / 1 sont respectivement remplacés par
R 2 , 1 2 puis par R 3 , 1 3 , ce qui, sous forme matricielle, permet d'écrire :

-u\
•u\

V/m (2.65)

2.2.33 Réduction du calcul triphasé à celui d'une seule phase


En comparant les résultats obtenus par (2.62) et (2.65), on voit que seule la ligne
transposée permet de réduire le calcul triphasé à celui d'une seule phase avec :
U\n = (R'+jœL')Il V/m (2.66)
54 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

où L' a la même valeur pour les trois phases. On peut donc déduire que si les trois cou-
rants de ligne forment un système symétrique, les accroissements des tensions en forme-
ront aussi un. Par conséquent, si les tensions simples ou composées en début de ligne
forment un système symétrique, elles formeront aussi un système symétrique au bout
de la ligne.

2.3 RÉPARTITION NON UNIFORME DU COURANT DANS LES


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CONDUCTEURS DE PHASE ET DANS LA TERRE

2.3.1 Introduction aux effets de proximité et pelliculaire


On a vu que les courants alternatifs qui circulent dans les conducteurs créent un
champ d'induction B qui existe non seulement entre les conducteurs, mais aussi à l'in-
térieur des conducteurs (fïg. 2.6). Ainsi, un contour fermé à l'intérieur d'un conduc-
teur embrasse un flux d'induction variable et se trouve être le siège d'une tension
induite qui provoque à son tour des courants induits dans le métal. Ces courants de
Foucault (vol. IX et X) modifient la répartition, du vecteur densité de courant / , admise
uniforme jusqu'ici en première approximation.
Plus la fréquence est élevée et l'épaisseur des conducteurs forte, plus l'effet des
courants de Foucault sera important. La répartition du courant à l'intérieur d'un con-
ducteur plein ou d'un faisceau de conducteurs est différente en courant alternatif de
ce qu'elle est en courant continu.
On verra que le courant alternatif a tendance à emprunter des chemins aussi voi-
sins que possible pour l'aller et le retour (effet de proximité). Pour des conducteurs
pleins concentriques, le courant utilisera essentiellement la surface externe du conduc-
teur intérieur (effet pelliculaire) et la surface interne du conducteur extérieur (effet de
proximité).
Ces effets se combinent et sont particulièrement marqués dans la terre. Les
courants alternatifs circulant dans la terre passent essentiellement en surface (effet
pelliculaire) et suivent le tracé de la ligne (effet de proximité).

2.3.2 Effet de proximité. Cas particulier


Il arrive fréquemment que l'on relie par des entretoises conductrices deux ou
plusieurs conducteurs en un faisceau pour conduire le courant d'une phase.
Afin de s'affranchir de l'effet pelliculaire on considère ici des conducteurs creux
à paroi mince.
La figure 2.21 représente le groupement des conducteurs 1 et 2 en un faisceau
pour conduire le courant i qui retourne par le conducteur η plus proche de 2 que de 1.
On obtient au moyen de (2.20) les équations suivantes :

-u[n = (/*(+ Rn) Z1 + M 11 — + Ki2 + M[2 — V/m (2.67)


àt dt

-U2n = Rn Z1 + M{2- + (R2 + Rn) Z2 + M22 — V/m (2.68)


dr df
avec Z1 + Z2 = z.
CARACTERISTIQUES DES LIGNES 55

-pnjdè L3 1
M+'2 I

r\n
rin M + W'∆ JC

Θ\ η
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If II
•in = h + *2 = *
r
nn

Fig. 2.21 Faisceau constitué par les conducteurs 1 et 2 supposés tubulaires.

En posant u\n = U2n = u\ en éliminant ι/ entre les deux équations et en sépa-


rant les variables Z1 et I 2 , on obtient :

Rlh+(Mn-Mi2) — = R^i2+(M22- M[2) — V/m (2.69)


dr àt
L',
d'après (2.21) et (2.22) on a:

H=
Mo . . I ^ +In P i H/m (2.70)

Mo
u 2π
1^1 � I n I ^
/•22 ''20
H/m (2.71)

Il est évident que si rn et r22 sont égaux, i j est plus grand que L2.
En général, on choisit les conducteurs du faisceau égaux, donc .Ri = R2 et
r
n = r 22 > m a i s l e s courants I1 et I 2 ne sont pas égaux. Dans le cas où les courants sont
sinusoïdaux, on obtient :
Z1 R2 + JCoL 2
(2.72)
I2 R[ + JCoZZ1
D'autre part :
I1 + 1 2 =1 A (2.73)
Pour co petit ( c o l ' < R') et avec Z?i = ^ 2 , on obtient par (2.72) et (2.73)

Io = - i (2.74)

donc le courant se répartit par moitié dans chacun des conducteurs du faisceau.
Pour ω élevé ( ω Ζ ' > R ' ) les relations (2.72) et (2.73) donnent :

/, = : / A (2.75)

L[
/, = (2.76)
Ll + Ll1
56 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

2.3.3 Exemple
Dans la figure 2.22 on a:
r = r = r
• U 22 nn= r

• rn = r2n = Ar
• rln=Sr
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2r
K®) (Jp \M
Ix+h=-L
Fig. 2.22 Disposition de l'exemple.

On obtient dans ce cas, pour ω élevé (ωΖ/ >R'):


Ar · Ar
In
I1 H1 r · Sr In 2 1
(2.77)
I2 A' 4r · 8r In 3
In
r · Ar
=
donc Z 1 = (1/4) I et T2 (3/4) 7. On voit que /β courant passe surtout dans le conduc-
teur du faisceau qui est le plus voisin du conducteur de retour.

2.3.4 Définition : effet de proximité


D'une façon plus générale, on pourrait démontrer que, pour les conducteurs mul-
tiples (faisceaux de 2 ou plusieurs conducteurs élémentaires), le courant alternatif se
répartit différemment du courant continu. Plus la fréquence est élevée, plus les courants
alternatifs ont tendance à choisir des chemins d'aller et de retour aussi voisins que pos-
sible. C'est ce que l'on nomme Y effet de proximité [16,17]. C'est ainsi que le courant
de retour par le sol suit le tracé de la ligne, même si elle n'est pas rectiligne.

2.3.5 Définition : effet pelliculaire


Le champ magnétique variable dans le temps dû à un courant variable dans un
conducteur crée des courants de Foucault qui changent la répartition du courant à
l'intérieur du conducteur. La densité de courant devient plus forte en surface qu'en
profondeur ce qui donne naissance à Y effet pelliculaire [18,19].

2.3.6 Effet pelliculaire : cas de conducteurs concentriques


Lafigure2.23 représente une ligne composée de deux conducteurs concentriques
parcourus par le courant i variable au cours du temps. Jusqu'à présent dans la
section 2.2, on a supposé que le courant i se répartissait uniformément dans la section
du conducteur considéré, du moins en première approximation. Or, cette hypothèse
simplificatrice amène fatalement à une contradiction. En effet, un contour ABCDA
à l'intérieur du conducteur numéro 1 (fig. 2.23) embrasse un flux d'induction %.BCDA
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 57
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Fig. 2.23 Conducteurs concentriques. Densité de courant / .

non nul et variable dû à l'induction B créée par le courant à l'intérieur du conducteur


(fîg. 2.6 et § IH.4.4.3). Or, la variation de ce flux crée une tension induite dans le
contour fermé ABCDA d'où la relation:

E · d/ = Φ A BCDA (2.78)
àt
58 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

qui est contradictoire avec l'hypothèse d'une densité de courant uniforme. En effet,
dans le conducteur E = ρ J et le calcul de la tension induite le long du contour fermé
donne :

§E-dI = ΕΑΒ�Αχ + 0�ΕΌ"-∆χ + 0 = ρ· &x(JAB�JDC)

qui doit être non nul en raison de (2.78), ce qui rend impossible l'hypothèse JAB = JDC.
On constate, par le calcul et par l'expérience, que la densité de courant JAB au
centre du conducteur central est plus faible en valeur efficace que la densité de courant
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JDC en surface (fig. 2.23). De plus, elle présente un certain retard de phase de sorte
qu'à l'instant où i = 0, la densité de courant en surface change de direction avant la
densité de courant en profondeur.
La mise en équation de ces phénomènes est traitée dans le volume IX. On se
contentera ici d'en donner quelques résultats fondamentaux.

2.3.7 Définition : profondeur de pénétration équivalente


Pour rendre compte de l'augmentation des pertes par effet Joule dues à l'effet
pelliculaire, on calcule une résistance effective R^, valable en courant sinusoïdal,
plus grande que la résistance en courant continu R_. Le calcul s'effectue en rempla-
çant le conducteur plein par un conducteur creux fictif de même diamètre extérieur et
d'épaisseur δ appelée profondeur de pénétration équivalente.

2.3.8 Formule approchée pour le calcul de la profondeur de pénétration équivalente


Lorsque les dimensions transversales du conducteur sont grandes par rapport à
la profondeur de pénétration, on peut utiliser la relation suivante [18] :

δ = \/2ρΙµ0µτω m (2.79)
7
où ρ est la résistivité en Ωηι, µ 0 = 4 π · ΙΟ" H/m, µΓ est la perméabilité relative du
conducteur, ω la pulsation en rad/s et δ la profondeur de pénétration en m.

Tableau 2.24 Profondeur de pénétration δ pour divers matériaux.

Matériaux f=50Hz 5 kHz 0,5 MHz

acier ρ = 100ηΩηι 1 mm 0,1 mm 0,01 mm


Mr = 500
cuivre 65 0 C ρ = 20 ni2m 10 mm 1 mm 0,1 mm
Mr = 1
aluminium ρ = 29 niîm 12 mm 1,2 mm 0,12 mm
Mr = 1
eau de mer à ρ = 2 iîm 100 m 10 m Im
Mr = 1
terre à ρ = 200 iîm 1000 m 100 m 10 m
Mr = 1
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 59

2.3.9 Remarque
On peut démontrer qu'à la profondeur δ, la valeur efficace de la densité de cou-
rant est réduite à J0Ie ( § III.6.2.2), où J0 est la valeur efficace de la densité de courant
à la surface du conducteur.

2.3.10 Ordres de grandeur de la profondeur de pénétration équivalente


Le tableau 2.24 donne quelques valeurs numériques de δ.
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2.3.11 Combinaison des effets pelliculaire et de proximité


Les conséquences combinées des effets de proximité et pelliculaire sont illustrés
dans les figures 2.25, 2.26 et 2.27.

/ /

Fig. 2.25 Barres parallèles. Fig. 2.26 Conducteurs concen- Fig. 2.27 Conducteurs cylin-
triques. driques voisins.

2.3.12 Conséquences des effets pelliculaire et de proximité


Les deux effets ont plusieurs conséquences:
• la résistance effective des conducteurs en courant alternatif augmente avec la
fréquence', pour les fréquences suffisamment élevées, la résistance effective
croît comme \ / / d è s que la profondeur de pénétration est plus faible que la
plus petite dimension de la section;
60 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

• le calcul des DMG et des RMG traité en section 2.2 doit tenir compte des
effets de proximité et pelliculaire; les DMG diminuent et les RMG augmentent,
de sorte que les inductances mutuelles et propres linéiques diminuent lorsque
la fréquence augmente et tendent asymptotiquement vers des limites corres-
pondant à des conducteurs creux;
• en général, vu les distances entre conducteurs par rapport au diamètre, on peut
négliger l'effet de proximité pour les conducteurs de phase des lignes aériennes,
cette hypothèse n'est pas valable dans le sol;
• dans les câbles, le toronnage des conducteurs de phase annule l'effet de proxi-
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mité car la résistance transversale est plus élevée que la résistance longitudinale ;
• par contre, l'effet pelliculaire à 50 Hz ne peut pas être négligé pour tous les
conducteurs dont le rayon dépasse 10 mm; comme ordre de grandeur, on peut
dire que le rapport R^ /R_ défini au paragraphe 2.3.7 prend les valeurs sui-
vantes : 1,026 pour r = 10 mm, 1,324 pour r = 20 mm, 1,865 pour r = 30 mm
et 2,396 pour r = 40 mm [10];
• pour le conducteur terre, il est indispensable de tenir compte de l'effet de pro-
ximité et de Veffet pelliculaire [20].

2.3.13 Impédance d'uneligne dont le retour du courant s'effectue par le sol


Ce cas se présente pour les lignes monophasées ou lors d'un défaut à la terre pour
les lignes triphasées; par conséquent, les effets pelliculaire et de proximité ne peuvent
pas être négligés. La difficulté d'introduire dans les calculs le conducteur de terre pro-
vient du fait que les dimensions de la couche de terre par où passe le courant sont mal
définies, que la répartition du courant dans cette couche n'est pas uniforme et que la
résistivité du sol est irrégulière dans l'espace et variable au cours du temps. On doit
aussi s'attendre à trouver toutes sortes de canalisations enterrées (eau, gaz, câbles, gale-
ries, etc.), particulièrement au voisinage des tracés de lignes électriques. La résistivité
du sol peut ainsi varier suivant l'endroit et les conditions météorologiques entre 0,1
et ΙΟ 6 Ωηι.
L'influence de la distribution du courant dans le sol sur la valeur de l'impédance
linéique d'une ligne a été traité par plusieurs auteurs et finalement Carson et Pollaczek
sont arrivés, indépendamment l'un de l'autre, en 1926, à donner des formules qui per-
mettent un calcul proche de la réalité.
Ces formules supposent que le sol est un demi-espace infini et de résistivité uni-
forme.

2.3.14 Calcul d'après Carson


D'après Carson [20], l'expression des impédances propre et mutuelle linéiques,
dans le cas du retour du courant de ligne par le sol, est composée de deux termes :
• un premier terme qui est égal à l'impédance linéique propre et mutuelle que
l'on obtient dans le cas d'un sol parfaitement conducteur (p s o l -> 0) avec
effets pelliculaire et de proximité totaux;
• un terme de correction qui est fonction de la fréquence, du courant et de la
résistivité du sol.
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 61

I1 ^SK yik

ht
\î\.
N g/fc^N
) k

il \gik*
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> k*

Ô i*

Fig. 2.28 Conducteurs i et k et leurs images i* et k* dans le cas du sol parfaitement conducteur.

On aura donc pour l'impédance linéique propre du conducteur i (fîg. 2.28) :


Z'u = R'a + AR'a + j (X'u + AX'a) Ω/m (2.80)
et pour l'impédance linéique mutuelle entre les conducteurs i et k :
Z'ik = AR'ik + j (X'ik + AX'ik) Ω/m (2.81)
où R'a est la résistance linéique du conducteur i, X'u et X'ik les réactances inductives
linéiques propres et mutuelles pour un sol parfaitement conducteur; AR' et AX' les
termes de correction de Carson.

2.3.15 Cas d'un sol parfaitement conducteur


Pour établir l'expression des réactances linéiques propre et mutuelle dans le cas
d'un sol parfaitement conducteur, on utilise la méthode des images (sect. III.3.4) [21]
et [22] pour l'équivalence entre les charges électrostatiques et les courants. La méthode
des images, dans le cas présent, consiste à remplacer le sol de résistivité zéro par un
conducteur image disposé symétriquement au conducteur réel par rapport à la surface
du sol (fig. 2.28).
Pour le calcul du champ magnétique d'induction dans l'air, il faut tenir compte
du fait que le sol étant considéré comme parfaitement conducteur, la surface du sol
se comporte comme un miroir électromagnétique qui empêche toute pénétration des
ondes électromagnétiques dans le sol. Par conséquent, pour le calcul des inductances
propre et mutuelle des 2 lignes, i sol et k sol, il faut diviser par deux les valeurs des
flux calculés entre i et i* ou entre k et k* comme si le sol n'existait pas. On obtient,
à partir de la formule 2.36, l'impédance linéique propre :
2 Af
Xa = ω — In � Ω/m (2.82)
2π giï
et de la formule 2.30 l'impédance linéique mutuelle :
v, Mo gik* 0 /
X ik = ω — In — Ω/m (2.83)
2 TT gik
62 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

où hf est la hauteur de la ligne au dessus du sol (la valeur moyenne de A1- est égale à la
hauteur à mi-distance entre deux pylônes plus 1/3 de la flèche), gn le RMG du conduc-
teur i, gik* et gik les DMG entre les conducteurs i et k* (image de k) et respective-
ment i et k.

2.3.16 Corrections dues à la résistivité non nulle du sol


Carson a exprimé la correction due à la résistivité non nulle du sol par une
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intégrale dont l'expression générale est valable tant pour le terme de correction de
l'impédance linéique propre que pour le terme de correction de l'impédance linéique
mutuelle [20] :
OO

2 pi;
A#(p,q)+jAX(p,q) = 4 ω / (y/ν + j � v ) e" cos(q*0 dv Ω (2.84)
y= ο

où ν est une variable d'intégration et ρ et q deux paramètres définis comme suit :


• pour l'impédance linéique propre :
ρ = 2VMoCWp�A/ (2.85)
q = O
• pour l'impédance linéique mutuelle :
ρ = V M ω/ρ · (A1� + hk)
0
(2.86)
q = \Ζµ0ω/ρ�γίίζ
où les paramètres hh hk, yik en (m) sont définis sur lafigure2.28, /est la fréquence en
Hz et ρ la résistivité du sol en Î2m. La solution de l'intégrale de (2.84) a été donnée
par Carson sous la forme de séries infinies mais convergentes pouvant être calculées
numériquement [23]. Ce calcul est illustré par les figures 2.29 et 2.30 pour une ligne
composée par un conducteur de cuivre plein de 10 mm de rayon suspendu à 10 m du
sol.

P sol- 300 Ω m

ρsol � 2 Ω m

r\\ = 10 mm
Pi = 20 n f i m

Pso\=1 ... 300 Ω m

/[Hz]

ICf1 1 10 10 2 103 10 4 105 10 6

Fig. 2.29 Résistance linéique en fonction de la fréquence (selon formule de Carson).


CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 63

L'[mH/km]

p = 300£2m
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P= 2 Ωιτι

C
> r u = 10 mm
10 iT ι
Î2m I

77777777777777, Psol= 2 ... 300 Î2m


Pl = 2 0 η
retour sol
/[Hz]
�µ
�2 _1 1 2 3 4 s 6
1O 10 1 10 10 10 10 10 10

Fig. 2.30 Inductance linéique en fonction de la fréquence (selon formule de Carson).

2.3.17 Approximation utile de l'effet du sol


On peut cependant obtenir des résultats très voisins de ceux donnés par la for-
mule de Carson à l'aide d'approximations astucieuses convenables pour chacun des cas
particuliers considérés.

2.3.18 Approximation en courant continu ou à très basse fréquence


Imaginons que le sol, utilisé pour le retour du courant, puisse être assimilé à un
conducteur cylindrique plein de grand rayon, par exemple 1 000 km. Calculons R' et
L' pour la boucle constituée par le conducteur 1 (rn = 10~2m) et le conducteur η
(rayon rnn= 10 6 m) (fig. 2.31). On a /�,·„= 1 000 010 m, Ρ! = 20ηΩπι, Pn = IiIm.

R\ OHz 2 � 70 ιτιΩ/km (2.87)

Pn
K« OHz = 6�KT7 ηιΩ/km (2.88)
π rn
Mo 1 1 (Tnn+hY
L' OHz � In 3,8 mH/km (2.89)
+� + � r r
ll nn 4 4
Les deux termes µ0/8π sont présents puisque les deux conducteurs sont pleins (cuivre
et terre). De plus h < rnn, l'inductance linéique L'0Hz ne dépend pas de h.

2.3.19 Approximation pour 50 Hz


Pour 50 Hz, le calcul précédant n'est plus admissible car la profondeur de péné-
tration est pour le conducteur 1 en cuivre :
l/ 2-20-10" 9
δ
1
=
/ 7 "
1 0
mm (2.90)
7
V 4π·10" ·2π·50
ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

/Z= 10 m
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Pierre = 6 , 4 1 0 6 m

Fig. 2.31 Le conducteur terre supposé cylindrique pour / = 0.

pour le conducteur η (sol) :

2�2
δ„ = = 100 m (2.91)
4π·10~ 7 ·2π·50

Il faut réduire fortement la section fictive du conducteur de retour dans le sol, en l'assi-
milant par exemple à un conducteur de 100 m de rayon. On obtient :
Pn
Krc50Hz 2 70 ιτιΩ/km (2.92)
nr
nn
La résistance du sol, qui était négligeable par rapport à celle du conducteur à 0 Hz,
devient du même ordre de grandeur à 50 Hz. Simultanément l'inductance linéique est
réduite à la valeur suivante :

Mo , (Tnn+ h)2 1 1
L
50Hz - ~ In 1 1— mH/km (2.93)
2π ru �rnn 4 4
Ici h n'est plus négligeable et Z/SOHZ croît avec h.

2.3.20 Approximation en haute fréquence


A 0,5 MHz, la profondeur de pénétration est encore plus réduite: O1 = 0,1 mm,
δ„ = 1 m; on ne peut plus négliger ni l'effet pelliculaire dans le conducteur de cuivre, ni
l'effet de proximité dans le sol (fig. 2.32).
Pl
^10,5MHz 2 2
= 3 200 ηιΩ/km (2.94)
π [r n�^rn�S1) ]

Pn 2
Kη 0,5 MHz = 33 000 ηιΩ/km (2.95)
5 �6/7 1�60
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 65

où δ„ = 1 m et la largeur de la bande de terre est approximée à 6h = 60 m


Mo , 2Α + δ„ ,
LV5 MHz In +0 + 0 1,54 mH/km (2.96)

conducteur réel I
\ /
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\
/
\ / y
Bi* \ ^ —

surface du sol
%—sr— ®

retour réel du = 1 m
courant en surface
sous le conducteur
h*= 10m

image symétrique du
conducteur pour le
calcul de B (y,z)

Fig. 2.32 Effet pelliculaire dans le conducteur de cuivre, effet de proximité et pelliculaire dans
le sol.

2.3.21 Comparaison entre les approximations


Dans le tableau 2.33, on donne, à titre de comparaison, les valeurs de la résis-
tance et de l'inductance propre linéique obtenue à différentes fréquences par le calcul
approximatif ci-dessus et à l'aide des formules de Carson.

Tableau 2.33 Comparaison entre les valeurs obtenues par un calcul approximatif et
par un calcul à l'aide des formules de Carson.

Fréquence 0 Hz 50 Hz 0,5 MHz

Résistance formules 70mi2/km 140 m H / k m 36 000 m H / k m


linéique approchées
R'+Rn
formules 70miî/km 113 m H / k m 35 600 m H / k m
de Carson

Inductance formules 3,8 mH/km 2,0 mH/km 1,54 mH/km


linéique approchées
L'
formules 1,97 mH/km 1,57 mH/km
de Carson
66 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

2.4 CARACTÉRISTIQUES TRANSVERSALES

2.4.1 Introduction
Dans les sections 2.2 et 2.3, on s'est occupé des phénomènes liés aux courants
dans les conducteurs et aux champs magnétiques que ces courants créent, ce qui a per-
mis de définir les caractéristiques longitudinales linéiques R ', M\ L\ X\ Z'. Lorsqu'il
n'y a pas de courant dans le sol, notamment pour le calcul des impédances cycliques
linéiques, on peut complètement ignorer la présence du sol, ce que l'on n'a pas le droit
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de faire pour l'étude des caractéristiques transversales.


Les caractéristiques transversales rendent compte des effets des charges super-
ficielles des conducteurs de phase et du sol. Ces charges superficielles provoquent un
champ électrique perpendiculaire à la surface des conducteurs (fig. 2.6) qui engendre
des courants capacitifs lorsqu'il varie et éventuellement des courants de conduction si la
matière isolante entre conducteurs n'est pas parfaite (chap. II.4) ou si le seuil d'effet
de couronne est dépassé (§ 2.1.8).
Les phénomènes capacitifs liant les charges superficielles au champ électrique
transversal, donc aux tensions, sont représentés par des capacités linéiques C' de diffé-
rents types qui font l'objet essentiel de cette section.
Les phénomènes de conduction transversale entre conducteurs dépendent des
systèmes d'isolation utilisés pour maintenir les conducteurs isolés; on en tient compte
en introduisant dans les calculs des conductances linéiques G' en parallèle avec les
capacités linéiques C'. Les techniques d'isolation utilisées actuellement permettent
de considérer les effets de ces conductances transversales comme négligeables, sauf
pour les lignes à très haute tension de grandes longueurs. C'est pourquoi les méthodes
de calcul des conductances transversales ne sont pas traitées dans le volume XII (voir
vol. XXII).
Dans la section 2.4, on se limite à l'étude de phénomènes à fréquence suffisam-
ment basse pour que les distances entre conducteurs soient très petites devant la lon-
gueur d'onde λ des phénomènes étudiés. Ainsi, à toute paire de charges électriques de
signes opposés situées en surface de deux conducteurs voisins correspond un champ
électrique et une tension instantanément établis (fig. 2.6).
Π η 'est plus possible de faire abstraction du sol qui, dans cette section, sera tou-
jours considéré comme de résistivité nulle. Pour le calcul des capacités linéiques trans-
versales, les effets pelliculaire et de proximité sont toujours considérés comme totaux;
ainsi le fait qu'un conducteur soit creux ou plein ne joue ici plus aucun rôle.

2.4.2 Champ électrique d'un axe chargé


Soit un cylindre de longueur infinie (conducteur métallique fin et très long) dont
la charge linéique est q\ la permittivité du milieu environnant étant e = ereQ. L'espace
entourant le conducteur est limité par un second cylindre coaxial de rayon oo et portant
la charge -q'. Pour trouver l'intensité du champ électrique en un point situé à la dis-
tance r de l'axe (fig. 2.34), on fait passer par ce point une surface cylindrique de lon-
gueur ∆ χ dont l'axe coïncide avec l'axe chargé.
On applique l'équation de Gauss (§ III. 1.2.5) qui exprime que le flux du vecteur
D à travers une surface fermée qui renferme un volume V est égale à la somme des
charges qui se trouvent à l'intérieur de ce volume. La surface fermée, dans la figure
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 67

i ι

q' ^r [ "\ lr\\


+ + + + + + +/ +
I Vt + �t� + + + + + / + +\+ �ι� + +"+ + +
1 + / + + + + + + +V�H + /I+
ι
+ + + + + + "A V + + + +1,+ + +
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T
Ax

Fig. 2.34 Surface cylindrique entourant un axe chargé.

2.34, est constituée par la surface du cylindre et par les deux bases. La somme des
charges situées à l'intérieur du cylindre est (q 'Ax).
Le flux du vecteur D ne traverse que la surface latérale car le champ électrique
d'un axe chargé est radial. On obtient alors

j> D-dS = q'-Ax (2.97)

Or, l'intégrale vaut 2nr · ∆χ *D (r) donc :


q
D{r) = — C/m2 (2.98)
2 iir
ou encore :
I
a
E(r) V/m (2.99)
2�ne0err
Pour connaître le potentiel scalaire par rapport au conducteur d'un point quelconque
situé à la distance r de l'axe, il faut intégrer (2.99) de rn à r, on trouve
y t

ν (r) = � / E dr = —q In —r V (2.100)
ri 2ne rn
Cette intégrale n'est pas convergente pour r -> °°, ni pour rn -* O.

2.4.3 Champ électrique de deux axes parallèles dans l'air


Soit une paire d'axes parallèles j et j * de longueur infinie éloignés de tout autre
conducteur (fig. 2.35). Soit + q'j et - q'j les charges linéiques de l'un et de l'autre. En
un point P la résultante de l'intensité du champ Ej est égale à la somme vectorielle des
champs dus à chacune des charges avec :

V/m (2.101)
β02πηΡ

E* V/m (2.102)
"02πη*Ρ
où e 0 = 8,85 pF/m est la constante électrique du vide.
68 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

Ej = E+ E*
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Fig. 2.35 Champ électrique E, dû à deux axes parallèles avec charges opposées.

Si η ρ et η*Ρ sont les distances respectives du point P à j et à j * , le potentiel du


point P dû à la paire de charges + qj et - q'j par rapport au plan médian sera, en sépa-
rant les influences de + q) et de - q) :

VP- f'JU-ir-'f'-^L dr* (2.103)


r e02nr
JP

Vp = *' InA 4j , rf*P


•In ^
Vi
In n*
i*P
(2.104)
2ne0 ΊΡ 2ne0 A/ 2πε 0 r
iP

Dans (2.103), la première intégrale a été calculée en suivant le chemin P B A et la secon-


de intégrale en suivant ACP (fig. 2.35).

2.4.4 Conducteurs de rayon fini


Si au lieu de deux axes chargés, on a deux conducteurs qui ont un certain rayon
r =r
iî i*j* » ^e Pr°blème peut être résolu en introduisant pour chaque conducteur une
charge linéique infiniment mince placée à une distance δ du centre de son conducteur
[24]. En général, δ est assez petit pour qu'on puisse poser δ = 0 sans introduire de
grandes erreurs (fig. 2.6).

2.4.5 Champ électrique d'une ligne au voisinage du sol. Méthode des images
Soit un système de (n -1) conducteurs très longs soumis à des tensions électriques
continues ou à basse fréquence. On peut considérer que les n conducteurs sont chargés
chacun par une charge linéique q \ (l'indice de la charge correspond au numéro du con-
ducteur). Les (n - 1 ) conducteurs métalliques sont tendus parallèlement à la surface du
sol. Le n-ième conducteur est le sol. Il est considéré comme un conducteur parfait et
on peut le remplacer par les images -q\ des (n -1) conducteurs (fig. 2.36), sans modi-
fier le champ électrique au-dessus du sol.
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 69
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Fig. 2.36 Coupe d'une ligne à η conducteurs.

Dans le plan de la coupe (fig. 2.36), qui n'est traversée par aucun flux d'induction
magnétique variable, les tensions dérivent d'un potentiel fixé par les charges situées à
la surface du sol et des conducteurs. Inversement, on peut dire que, pour faire apparaî-
tre les tensions entre conducteurs, il faut amener des charges à leur surface. Ces modifi-
cations de charges de surface engendrent à leur tour des courants capacitifs dans les
conducteurs. Voir paragraphe 2.4.15.

2.4.6 Tension due à une paire de charges linéiques


La tension entre un point P situé dans l'air et le sol, mesurée dans un plan normal,
est donc égale au potentiel du point P par rapport au sol. En remplaçant le sol par les
images des (n -1) conducteurs, le potentiel du point P sera donné par la somme des
potentiels dus au système de charges + q'j et -q'j où j = 1, 2,.. η -1.D'après (2.104),
la tension du point P due au conducteur j est égale à:

upn due à/ = -^- In - ^ - V (2.105)


2ve0 ηρ
Le cas des câbles est traité dans le paragraphe 2 A.19
70 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

2.4.7 Tension due à un ensemble de paires de charges linéiques


La tension totale du point P due aux (n -1) conducteurs et au sol sera alors :

uPn = - Σ Qj In — V (2.106)
2Ή!0 /=1 Γ ; ·ρ

où ηΡ et r;·*p sont les distances entre le point P et respectivement les axes du conduc-
teur j et de son image j * .
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2.4.8 Définitions : coefficients de potentiel ou coefficients d'influence


Si le point P est placé sur le conducteur k, la formule (2.106) permet de calculer
la tension entre le conducteur k et la terre :

ukn = 1 — Σ Qj In — V (2.107)
2πε0 j=i rjk
où rjk et rj*k sont les distances entre l'axe géométrique du conducteur k et respective-
ment les axes du conducteur j et de son image j *. Pour le terme j = k, rk *k - 2 hk repré-
sente la distance entre le conducteur k et son image; hk est la hauteur de l'axe de ce
conducteur par rapport au sol, tandis que rkk est le rayon du conducteur k.
Les coefficients des charges q) dépendent uniquement des dimensions géométri-
ques des conducteurs, de leur disposition réciproque et des propriétés diélectriques du
milieu. Si l'on pose :
Yj
Kkj = In ^~ m/F (2.108)
2ne0 rjk
la tension ukn s'écrit :
n-\
"Kn = Σ KkjQj V (2.109)
/=i
Puisque rf*k = rk}* et rjk = rkj, on a Kjk =Kkj.
Les coefficients Kjk sont appelés coefficients de potentiel ou coefficients
d'influence.

2.4.9 Définition : matrice des coefficients de potentiel. Premier groupe des formules
de Maxwell
A partir de (2.109), on peut obtenir un système d'équations qui permet de cal-
culer les tensions U1n ... ukn ... W(«-i)« par rapport à la terre lorsqu'on connaît les
charges linéiques q\, ... qj,... qn_x des (n -1) conducteurs. Ce système d'équations
est connu sous le nom de premier groupe de formules de Maxwell (ne pas confondre
avec les équations de Maxwell traitées dans le volume III), et il s'écrit en notation
matricielle :
1
In \ /Kn K\2 --^1(W-I)

'2n 1 = I K 2i K22 ... ^ 2 (M-D \[q2 I V (2.110)

^u(n-\)n' \-K(W-I)I K(M_i)2... K(„_i)(w_i)/ \qn-\


CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 71

La matrice K est la matrice des coefficients de potentiel et c'est une matrice symétri-
que car Kjk = Kkj. Les tensions entre conducteurs sont :
u
ik = ujn -ukn V (2.111)

2.4.10 Définition : matrice des capacités linéiques nodales. Deuxième groupe de


formules de Maxwell
Comme en général on connaît plutôt les tensions que les charges linéiques, il
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est utile de résoudre le système d'équations (2.110) par rapport aux charges. On peut
alors écrire :
(q') = (K)-1 (u) C/m (2.112)
En posant (CN') = (K)'1 on obtient en notation matricielle :

'«Ί \ /CfT11 CN'12 ...CW1(^1) \ /U1n


Q2 UlOVi1 CN'22 ...CN'2{n^ W u2n

K
Qn�V ^^^(n�l)l CN(n_^2 ... C A ^ . j ) ( „ � i / ^"(π�1)«^
C/m (2.113)
Ce système d'équations constitue le deuxième groupe de formules de Maxwell et les
coefficients CN'jk, qui ont la dimension d'une capacité par unité de longueur, sont
appelés coefficients capacitifs ou capacités linéiques nodales. On a la formule d'inver-
sion :
(CN') = (K)-1 = - i — (A) T F/m (2.114)
det (A )
τ
où det (K) est le déterminant de la matrice (K) et (Α) la matrice transposée des co-
facteurs (mineur avec signe) de la matrice (K). La valeur des capacités linéiques nodales
peut être déterminée aussi par voie expérimentale ; une des méthodes est décrite dans [24].

2.4.11 Signe des capacités linéiques nodales


D est possible de démontrer que tous les CN^ sont positifs tandis que tous les
CN'jjç sont négatifs.

2.4.12 Définitions : capacités linéiques partielles à la terre et entre conducteurs.


Troisième groupe de formules de Maxwell
Le système (2.113) peut être écrit sous une autre forme en introduisant à la place
des tensions à la terre uin les tensions entre conducteurs Ujk.
Pour la charge q'k, due à la tension Ujn, (2.113) donne:
CNkj ujn = CN'kj (Ujn - ukn + ukn) = - CN'kj ukf + CN'kj ukn C/m (2.115)
et par conséquent :

ϊκ = u k n
\ CN'kf+ χ (�CN'ki)ukj C/m (2.116)
/=i /=i
j¥=k
72 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

Si l'on pose :
n-l
=
C'kk Σ CN'kf = somme de la ligne k de la matrice CN' F/m (2.117)

C'ki = �CN'kf F/m (2.118)


on peut écrire :

Qk ~ Ckk ukn + Σ Ckj 2½/ C/m (2.119)


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j*k

et sous forme matricielle, en tenant compte de ukj� = ukn � Ujn :

Λ; \ / ici, C12 ··· Cl(«�1) \

I «2 1 1 " S i Σ C*2/ · · . ~^2(„�ι) I • I "2n


)

\Qn�l/ \~C[n�i)i ~C[n�l)2 ··· Σ C{n�\)j /


/=1
W� 1)"/

C/m (2.120)

Ce système d'équations constitue le troisième groupe de formules de Maxwell.


Les coefficients C'kk sont les capacités linéiques partielles à la terre, définies par
(2.117), et les coefficients C'kj sont les capacités partielles entre conducteurs, définies
par (2.118).

2.4.13 Signe des capacités linéiques partielles


Du fait que Ckj- = - CNkj-f toutes les capacités partielles entre conducteurs
sont positives; on peut démontrer (vol. IV) que Ckk est positif, bien que tous les CNkj
soient négatifs pour j Φ k, ce qui signifie que
n�l
CN'kk > � Σ CN'kj
7=1
;*k

2.4.14 Addition, soustraction ou déplacement d'un conducteur


D'après les formules (2.108), (2.114), (2.117) et (2.118), on voit qu'en ajoutant,
supprimant ou déplaçant un conducteur de l'ensemble, on ajoute, supprime ou modifie
une seule ligne et une seule colonne de la matrice des coefficients K. Par contre, toutes
les capacités linéiques nodales et toutes les capacités linéiques partielles sont modifiées.

2.4.15 Liaison entre charges de surface et dérivée linéique du courant dans le conducteur
Pour le conducteur j (fig. 2.37), on a les relations suivantes :
3
(q'j djc) = ij- ( ij + — dx\ C/s (2.121)
bt
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 73

d'où:

C/sm (2.122)
3i

i(x,t) qj-éx /+ d.x


ι bx
| + + + + + + + + + + + + + + + I
I conducteur j
p
Γ I
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I I
ι + + + + + + + + + + �f + + + + I
x d x
!
x + d* I

Fig. 2.37 Variation du courant le long du conducteur due aux charges superficielles.

2.4.16 Exemple numérique


Une ligne triphasée en nappe est composée de trois cordes de 38 mm de diamètre
extérieur en aluminium avec âme d'acier. La distance entre conducteurs est de 6 m, la
hauteur au-dessus du sol varie entre 8 m et 15 m (fig. 2.38). Les conducteurs de phase
1, 2 et 3 sont transposés au tiers et au deux tiers de la ligne. On demande de calculer
les valeurs moyennes des capacités partielles linéiques à la terre et entre phases. Il n'y a
pas de conducteur de garde.
Puisque la ligne est transposée, la distance entre les conducteurs de deux phases
données est de 6 m sur deux tiers de la ligne et de 12 m sur le tiers restant, on fait ainsi
la moyenne arithmétique des flux (moyenne arithmétique de logarithme = moyenne

6m 6m

0 38 mm

15 m

Fig. 2.38 Ligne triphasée en nappe sans conducteur de garde.


74 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

géométrique de l'argument). On obtient:

Ί 2 = >"23 = >*3i = ^ 6 � 6 � 1 2 = 7,56 m (2.123)


Toutes les distances entre un conducteur de phase et les images des trois conduc-
teurs de phase varient entre 16 m et 32,3 m. Un calcul précis de distance moyenne géo-
métrique (DMG) n'a pas de sens à cause du relief du sol; on prend en général le double
de la hauteur minimum 8 m · 2 plus deux tiers de la flèche (15 m - 8 m ) 2/3 (§ 2.3.15)
et on obtient :
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r
l*l — r l*2 — r l*3 — r2*2 — r2*3 — r3*3 — 20,7 m (2.124)
Les rayons des conducteurs valent :
ru = >22 = r33 a 0,0185 m (2.125)
A l'aide des relations (2.108) et (2.110) on trouve :

1
(2.126)
2πε 0

car In (20,7/0,0185) a 7 et In (20,7/7,56) a l .


Le calcul de la matrice inverse selon (2.114) donne :

nef C/m (2.127)


27

Enfin, à l'aide de (2.118) et (2.117), on trouve les capacités linéiques partielles


entre phases et par rapport à la terre :
Ci 2 = C23 = C31 = +πβο/27 a 1 pF/m (2.128)
Cn = C22 = C33 = + 6ne0/27 = 6 pF/m (2.129)

2.4.17 Représentation schématique


Les effets capacitifs entre conducteurs de phase et par rapport à la terre peuvent
être alors représentés par l'un des schémas des figures 2.39, 2.40, 2.41. Les schémas
2.40 et 2.41 ne sont utilisables qu 'en l'absence de toute charge homopolaire (§ 1.9.6.5)
et, vu la symétrie, de toute tension homopolaire.

2.4.18 Exemple. Cas non transposé


Soit à déterminer les capacités partielles linéiques pour la même ligne en nappe
de la figure 2.38, mais non transposée. En appliquant la même méthode (§ 2.4.16),
on trouve C'n = C33 = 6,3 pF/m, C22 = 5,6 pF/m, Cn = C23 = 1,4 pF/m et
C3i = 0,5 pF/m. Vu la dissymétrie, il n'est plus possible de réduire le système à 3 capa-
cités linéiques équivalentes par rapport à la terre, même si U1n+ U2n + U3n = 0.
CARACTÉRISTIQUES DES LIGNES 75

C 3i =1 pF/m

Hh- \
. 1 pF/m 1 pF/πΛ
1
Hh�HH
1 2 3

T T 1
, 9 pF/m t 9 pF/m | 9 pF/m

T" ~r
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I I I
I I I
η
Fig. 2.39 Capacités linéiques partielles. Fig. 2.40 Simplification en Y. Seulement si
Schéma complet. U^n + U2n + U^n = 0.

3 pF/m

•Γ—Ii��),
\
X X
3 pF/m
V 3 pF/m
2
Fig. 2.41 Simplification en ∆. Seulement si ulw + U2n + W3n = 0.

2.4.19 Capacités linéiques des câbles à haute tension


Tous les câbles à haute tension, à partir de 20 kV, sont constitués par des con-
ducteurs toronnés dont la surface est rendue lisse par un ruban métallisé graphité, guipé
ou par un semi-conducteur extrudé (fig. 2.4). Cette précaution est nécessaire afin d'ho-
mogénéiser les champs électriques et minimiser les risques d'amorçage de décharges
électriques dans les interstices. De même lorsque trois conducteurs isolés pour la
haute tension sont assemblés dans une seule gaine commune (fig. 2.5), l'isolation de
chaque conducteur de phase est entourée par un écran métallisé graphité ou semi-con-
ducteur plaqué contre la surface de la matière isolante afin d'éviter tout vide qui serait
sujet à ionisation entraînant la dégradation de la matière isolante [25].
Le calcul des capacités linéiques partielles entre chaque conducteur de phase et
l'écran, nécessairement mis au potentiel de la terre est donc immédiat :

C 11 = 2ne0eT/\n— F/m (2.130)


'11
où er est la permittivité relative de l'isolement homogène du conducteur de phase
(4 pour le papier imprégné d'huile et 2,3 pour le polyéthylène), 2ne0 = 55,6 pF/m;
rn est le rayon du conducteur de phase et rg le rayon intérieur de la gaine métallisée.
Vu la présence des écrans, tous mis à la terre, et entourant complètement chaque
conducteur de phase, il n'y a aucune capacité linéique partielle entre les conducteurs
de phase.

2.4.20 Pertes diélectriques dans l'isolant


Les pertes électriques dans l'isolant conduisent à G' u = coC' n · tan δ (II, 4.6.5).
76 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

2.4.21 Capacités linéiques de câbles à basse tension


Pour les câbles à tension inférieure à 20 kV, on renonce souvent aux écrans; les
trois conducteurs de phase isolés sont alors entourés d'une ceinture isolante. Dans ce
cas, il convient de calculer séparément les trois capacités partielles entre chaque con-
ducteur de phase et la gaine métallique commune, et les trois capacités partielles entre
conducteurs de phase. La proximité des conducteurs et leur encombrement non négli-
geable dans l'espace isolant très restreint conduisent à des calculs compliqués [26]
Comme ces capacités linéiques ont des effets négligeables en basse tension, il n'en sera
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plus question dans le volume XII.


CHAPITRE 3

MODÈLES DES LIGNES


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3.1 INTRODUCTION
3.1.1 Modèle général d'une ligne
La figure 3.1 donne l'ensemble des caractéristiques linéiques d'une ligne dont le
n-ième conducteur est le sol. On peut vérifier que ce modèle permet de retrouver les
équations longitudinales (2.20) et transversales (2.113) ou (2.120). Pour être encore
plus général, on aurait pu représenter des conductances partielles transversales G\j dx,
chaque fois en parallèle avec C[j dx. Pour plus de commodité on rappelle ici les deux
équations matricielles fondamentales:

- - (uin) = (R')(i) + - (Af)(O V/m (3.1)


dx dt

- — ( / ) = (GN')(uin) +-(CW')(w/ J A/m (3.2)


dx dt
où uin est le vecteur des (n -1) tensions à la terre; i le vecteur des (n -1) courants;
R' et M'les matrices définies dans la section 2.2; CN' la matrice des capacités linéi-
ques nodales du paragraphe 2.4.10; GN' une matrice des conductances linéiques noda-
les dont l'effet peut en général être négligé, si les isolations sont convenablement dimen-
sionnées et l'effet de couronne réduit au minimum.

abscisse χ abscisse .v + d.v


Fig. 3.1 Modèle général d'un élément dx de ligne à (n — 1) = 4 conducteurs métalliques et retour
commun par le sol n.
78 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

3.1.2 Modèles simplifiés


Comme on l'a déjà dit dans l'introduction du Traité, la principale qualité d'un
modèle utilisé par l'ingénieur n'est pas d'être le plus complet possible; il lui faut par
contre être adapté au problème posé. Or, les paramètres du modèle de la figure 3.1
sont trop nombreux pour résoudre rapidement des problèmes particuliers. Il s'agit
donc de simplifier ce modèle en tenant compte de symétries, de conditions aux limi-
tes et en négligeant délibérément tout ce qui peut l'être. On retiendra que la nature du
sol est mal connue, variable au cours du temps et le long de la ligne. Il serait donc
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absurde, dans certain cas même fallacieux, de calculer des phénomènes avec une trop
grande précision apparente, en partant de caractéristiques qui sont de toute façon mal
connues par nature comme on l'a vu dans la section 2.3.

3.1.3 But du chapitre


Le chapitre 3 a pour principal but de présenter des modèles simplifiés, utilisables
dans des conditions particulières. Les paragraphes 3.1.4 à 3.1.13 évoquent les princi-
paux phénomènes rencontrés dans le fonctionnement des lignes électriques. La section
3.2 décrit le schéma équivalent en π et ses limites d'utilisation. La section 3.3 présente
le comportement de la ligne en régime triphasé symétrique. La section 3.4 passe à
l'étude des régimes non symétriques et se termine par une méthode de détermination
expérimentale des caractéristiques linéiques.

3.1.4 Définition : ligne à vide


Une ligne à vide est une ligne reliée à l'une de ses extrémités (début) à une source
de tension, alors que l'autre extrémité (fin) n'est reliée à rien. On constate que les ten-
sions qui s'établissent en fin de ligne sont en général plus grandes en valeurs efficaces
qu'au début de la ligne. Ce phénomène, appelé effet Ferranti, peut être expliqué aussi
bien par la méthode des ondes progressives et rétrogrades, que par un simple schéma
équivalent en π (§ 3.2.22 et 3.2.23). La chute de tension, selon la définition du para-
graphe 2.1.15, est négative. L'essai à vide permet de déterminer expérimentalement les
constantes linéiques transversales (§ 3.4.12).

3.1.5 Ligne en charge symétrique


Le calcul des courants et des tensions aux deux extrémités d'une ligne triphasée
de construction symétrique, et en régime sinusoïdal symétrique, peut être fait à partir
d'un schéma en π monophasé équivalent (sect. 3.2). On démontre que, pour une ten-
sion donnée et imposée au début de la ligne, les puissances actives et réactives que l'on
peut obtenir en fin de ligne sont limitées (§ 3.3.14). La chute de tension peut être
positive, nulle ou négative (chap. 4). Il y a en général deux solutions dont seule celle
qui comporte le plus petit courant doit être retenue.

3.1.6 Ligne en surcharge symétrique


Lorsqu'on surcharge la ligne en plaçant en fin de ligne des admittances dépassant
une certaine valeur critique, les tensions en bout de ligne, ainsi que les puissances acti-
ves et réactives, décroissent (sect. 3.3). On se rapproche du fonctionnement en court-
MODÈLKS DKS LIGNKS 79

circuit. Le fonctionnement en surcharge doit être limité dans le temps (chap. 7) pour
éviter réchauffement excessif des conducteurs (§ 5.10.7).

3.1.7 Ligne en charge déséquilibrée


Si les trois courants demandés en fin de ligne ne forment pas un système tripha-
sé symétrique, une méthode consiste à décomposer ces trois courants en composantes
symétriques (sect. 3.4 et § I. 9.6.5), on superpose les résultats obtenus séparément
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pour chaque composante. On doit s'assurer que dans toutes les relations, il y a propor-
tionalité entre causes et effets, sans quoi la méthode de superposition η 'est pas appli-
cable.

3.1.8 Ligne en court�circuit triphasé symétrique


Lors de l'apparition subite de courts-circuits simultanés entre les trois phases en
fin de ligne, on peut en général démontrer que la somme des trois courants de court-
circuit reste nulle même pendant la durée des phénomènes transitoires. Si tel est le cas,
on peut conserver les trois schémas en π équivalents aux trois conducteurs de phase et
calculer l'établissement des courants de court-circuit, soit en superposant les compo-
santes sinusoïdales et les composantes transitoires (chap. 5), soit par les transformées
de Laplace. Il faut vérifier que la somme des trois courants de court-circuit est bien
identiquement nulle. Si tel n'est pas le cas, l'étude doit être menée comme pour un cas
non symétrique.

3.1.9 Ligne en court-circuit non symétrique


Les défauts d'isolement font apparaître des courts-circuits non symétriques; dans
ce cas, le recours aux coordonnées symétriques est nécessaire (sect. 3.4 et chap. 5).

3.1.10 Télécommande centralisée à fréquences acoustiques


On utilise les lignes à basse et à moyenne tension (< 35 kV) pour transmettre
des signaux à des fréquences comprises entre 175 Hz et 2 000 Hz. Ces signaux, dont les
tensions sont relativement basses (1 à 5 % de la tension à fréquence industrielle), sont
détectés par des récepteurs comprenant à l'entrée un circuit accordé sur la fréquence
choisie pour le signal et bloquant le passage du courant à fréquence industrielle. Ces
récepteurs peuvent ainsi détecter et discerner des trains d'impulsions de signaux à
fréquence acoustique, émis selon des codes précis, permettant d'enclencher ou de
déclencher différentes catégories d'appareils à partir d'un poste central. C'est ce que
l'on nomme la télécommande centralisée [27]. L'étude de la propagation de tels
signaux sur les lignes doit être faite en choisissant pour les caractéristiques linéiques les
valeurs correspondant à la fréquence du signal utilisé.

3.1.11 Télémesure et télécommande par onde porteuse


On utilise fréquemment un ou plusieurs conducteurs de phase d'une ligne à
haute tension comme support pour la transmission de signaux modulés. La fréquence
de l'onde porteuse est de l'ordre de 0,5 MHz. Les schémas équivalents simplifiés utili-
80 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

ses pour la fréquence industrielle sont inutilisables pour l'étude de la propagation des
ondes porteuses le long de la ligne et doivent être adaptés.

3.1.12 Propagation des surtensions de manœuvre


Lorsqu'on ferme des interrupteurs, par exemple, on relie subitement entre eux
deux extrémités de conducteurs qui, avant la fermeture, n'avaient pas la même tension
à la terre. Cette fermeture provoque des ondes de tension non sinusoïdales qui se pro-
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pagent le long des lignes, se réfléchissent et se réfractent aux endroits où deux lignes de
caractéristiques différentes sont reliées, où plusieurs lignes sont raccordées à un même
jeu de barres ou encore aux endroits où la ligne s'arrête. Le calcul de la propagation de
ces surtensions de manœuvre est important pour le choix des isolements nécessaires
(chap. 6). Le front des ondes de manœuvre est de l'ordre de 250 MS OU 75 km. L'étude
de ces phénomènes recourt au modèle à constantes réparties, semblable au schéma
équivalent de la figure 3.1, où les valeurs numériques sont choisies pour une fréquence
de l'ordre de 1 000 Hz. Le terme de surtension est justifié par le fait qu'il s'agit d'un
supplément de tension qui vient s'ajouter localement et temporairement à la tension
correspondant au fonctionnement normal décrit sous 3.1.5.

3.1.13 Propagation des surtensions de foudre


Lorsque la foudre tombe sur une ligne, sur le conducteur de garde (§ 2.1.4), sur
un pylône ou simplement au voisinage de la ligne, des ondes de surtensions de foudre
se propagent à partir du lieu d'impact. Ces ondes sont réfléchies, réfractées et atténuées
comme les ondes de manœuvre décrites sous 3.1.12, mais le front de l'onde dure envi-
ron 1 MS et ne s'étale que sur 300 m. On choisit pour l'étude de ces phénomènes, non
symétriques par nature, des méthodes faisant appel aux propagations d'ondes, en choi-
sissant pour les caractéristiques linéiques des valeurs correspondant à 0,1 ou 1 MHz
(chap. 6).

3.2 RÉGIME TRIPHASE SYMETRIQUE. SCHEMA EQUIVALENT EN π

ι 3.2.1 Conditions de réduction d'un problème triphasé à l'étude de trois problèmes


monophasés
Le schéma équivalent de la figure 3.1 peut être ramené à l'étude d'un seul schéma
équivalent monophasé, lorsque les dix conditions suivantes sont satisfaites:
la ligne ne comporte que 3 conducteurs de phase régulièrement permutés ou
disposés de telle façon que les conditions (3.5), (3.6) et (3.7) soient satisfaites;
h +h +Z3=O A (3.3)
uln +U2n +U3n = 0 V (3.4)
M'12 = M'23 = M31 H/m (3.5)
C 12 = C 2 3 = C 31 F/m (3.6)
C 12 = C 2 3 = C 31 S/m (3.7)
R[ = R2 = R3 Ω/m (3.8)
MODÈLES DES LIGNES 81

Mi 1 = M 2 2 = M33 H/m (3.9)


C 11 = C 22 = C 3 3 F/m (3.10)
Cn = G'22 = C33 S/m (3.11)
La signification des symboles est donnée dans le chapitre 2.
Les conditions (3.8) à (3.11) ne sont pas indispensables si l'on traite séparément
chaque phase. Si les 10 conditions sont satisfaites, le schéma équivalent de la figure 3.1
peut être ramené à un seul schéma équivalent monophasé, donné par la figure 3.2, que
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Ton peut alors étudier séparément pour chaque phase ou par simple itération cyclique.
Dans ce schéma ramené à une seule phase, il faut introduire des valeurs différen-
tes de celles qui correspondent à une vraie ligne monophasée, à savoir :
R' = R\ Ω/m (3.12)
L' = M'n - M23 = M'22-M'23 =M'33-M'23 H/m (3.13)
C — C 11 + 3 C23 = C22 + 3 C 2 3 = C33 + 3 C 2 3 F/m (3.14)
C= Cn + 3 C 2 3 = G22 + 3 C 2 3 = C 3 3 + 3 C 2 3 S/m (3.15)
u (x, t) est la tension entre le conducteur de phase considéré et le sol (tension simple);
i(x, t) est le courant dans le même conducteur de phase, tous deux mesurés à l'abscisse
χ et à l'instant t.
R'dx L'dx ι + — dx
dx

conducteur de phase

sol de résistivité nulle


conducteur η

abscisse χ abscisse χ + dx
Fig. 3.2 Schéma équivalent d'un élément dx de la ligne rapporté à une seule phase.

La démonstration de l'identité, pour les inductances, des deux schémas équiva-


lents des figures 3.1 et 3.2, lorsque les dix conditions sont remplies, a été traitée au
paragraphe 2.2.32. Pour les capacités et les conductances partielles entre phases, on
remplace les trois éléments en triangle par trois éléments en étoile. Il faut alors encore
prouver, à l'aide des relations (3.4), (3.6) et (3.7) que la tension entre le point médian
de l'étoile ainsi constituée et le sol (conducteur n) est bien nulle, ce qui permet d'abou-
tir au schéma simplifié (fig. 3.2).

3.2.2 Equations des télégraphistes dans le cas de la ligne triphasée symétrique fonc-
tionnant sous les conditions 3.2.1
La figure 3.2 permet d'écrire les équations suivantes:
bu 3
= R'i + — (L'i) V/m (3.16)
dx dt
82 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

- — = G' u + — (C'u) A/m (3.17)


bx bt
En l'absence de vent L9 et C' sont constants, on peut en déduire en combinant (3.16)
et (3.17):
YuU
3 , t8b2 " , , o . W , ^
T r w
Ô W
LCC —
— 2r = L - 2 + (R'C + LG')— + R9G9U V/m2 (3.18)
bx bt ' bt
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Cette équation est celle des télégraphistes déjà rencontrée dans le volume III au para-
graphe 8.4.2. Les équations 3.16 et 3.17 sont valables pour chaque phase d'une ligne
symétrique répondant aux conditions du paragraphe 3.2.1.

3.2.3 Cas d'une ligne monophasée à un conducteur et retour par le sol


En supprimant les conducteurs de phase numéros 2 et 3 de la ligne triphasée
précédente, on obtient, comme schéma équivalent, la même figure 3.2, mais avec d'au-
tres valeurs numériques :
R'numo=R\+K Wm (3.19)
L'mono = M'n H/m (3.20)

C'mono = Cn + 2^" C
" F/m (3.21)
+
<-23 Wl

2G73 G 11
C n 0 = C11+ S/m (3.22)
^23 + ^"11

En comparant les relations (3.12) à (3.15) aux relations (3.19) à (3.22), on cons-
tate que R mono > R ,L mono ^ L , C mono < C , Gmono < G .

π 3.2.4 Influence des conducteurs de garde, des écrans et des gaines


Les conducteurs de garde (§ 2.1.4), les écrans conducteurs et les gaines métalliques
de câbles peuvent être considérés comme faisant partie du conducteur sol n. Une mé-
thode de calcul consiste à considérer en première étape tous ces éléments comme des
conducteurs supplémentaires, puis d'exprimer soit que la tension à la terre est nulle
tout au long de la ligne pour les conducteurs mis à la terre aux deux extrémités, soit
que le courant y est nul si le circuit est interrompu [28]. On voit que le mode de liaison
entre ces éléments et la terre peut modifier les caractéristiques de la ligne. On peut
constater les influences suivantes :
• augmentation des capacités partielles à la terre et diminution des capacités par-
tielles entre phases;
• augmentation de C9 dans le schéma de la figure 3.2.
De plus, lorsque ces éléments sont reliés à la terre et entre eux aux deux extrémi-
tés ou tout au long de la ligne, on constate :
• une diminution de L' (fig. 3.2);
• une augmentation de R ' lorsque ces éléments entourent les conducteurs de
phase ou en sont très voisins.
MODÈLES DES LIGNES 83

3.2.5 Solution des équations des lignes en régime sinusoïdal symétrique


En régime sinusoïdal, on utilise le calcul complexe. Les équations (3.16) et (3.17)
deviennent :
dU
-— =(£'+jo;Z/)/ V/m (3.23)
dx

-— =(G'+jcoC')tf A/m (3.24)


àx
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On retrouve les équations d'une ligne bifilaire (§ III. 8.3.2) toutefois avec une
signification différente pour R\ L\ G' et C' étant donné les conditions du paragra-
phe 3.2.1.
En posant :
Z' =R' + ]U>L' Ω/m (3.25)
Y' = G ' + JOJC' S/m (3.26)
y = VFT' 1/m (3.27)
Zc = y/Z'/Y' Ω (3.28)
et en séparant les variables U et £ on obtient le système :
à2 U
y2 U V/m2 (3.29)
àx'

——2 - y21 A/m2 (3.30)


àx
L'équation (3.29) admet pour solution toute tension Up ou Ur telle que
Up(X) = UP(P) e?x V (3.31)
x
Ur(x) = Ur(0) e1 V (3.32)
tandis que (3.30) admet pour solution tout courant Ip ouIr qui d'après (3.23) a pour
expression :
1 dUp(x) y Up(x)
R'+'^L' djc R'+ )o>Lr Zc
A (3.33)
1 dUr(x) y TJ Ur(x)
J_r = = Ur(x) =
R' + jcoZ/ dx R' + j w l ' " Zc
A (3.34)
La solution du système (3.23), (3.24) est alors donnée par
U(x) = Up (x) + Ur (x) V (3.35)

Up (x)~ Ur (x)
L(X) = ~P - ~rK - A (3.36)
Z.c
où les constantes Up (O) et Ur (Q) seront déterminées par les conditions aux limites. Si
84 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

celles-ci sont U(O) et 1(0) pour χ = 0, on obtient finalement à partir de (3.31), (3.32),
(3.35) et (3.36):
U(O) + ZcI(0) -yx
Up(x) = =-—^ e 1* V (3.37)

Ur(x) = e- V (3.38)
2
d'où
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£/(*) = Ç/(0) cosh ( T * ) - Z C 7(0) sinh ( γ χ ) V (3.39)

/ (JC) = � = � ^ sinh ( γ * ) +7(0) c o s h ( p ) A (3.40)

Pour une ligne de longueur / la tension et le courant au bout de celle�ci, en fonction de


la tension et du courant à son début et de ses paramètres, seront donc
U(I) = U(O) cosh(7/) -Zc 1(0) sinh (γ/) V (3.41)
U(O)
1(1) = � = � ^ sinh (γ/ ) + / ( 0 ) cosh(;y/) A (3.42)
Zc

3.2.6 Définitions des paramètres de propagation


Les paramètres définis par (3.25) à (3.28) ont les dénominations suivantes:
• Z' est Y impédance linéique cyclique complexe,
• Y' est Yadmittance linéique cyclique complexe,
• Zc est Y impédance caractéristique cyclique complexe,
• γ est Yexposant linéique de propagation cyclique.

On peut toujours poser :


7 = a+j/3 1/m (3.43)
avec
α = Re [7] néper/m (3.44)
et
β = Im [7] rad/m (3.45)

où α est Y affaiblissement linéique cyclique, et 0, le retard de phase linéique cyclique.


On retrouve des termes déjà utilisés dans le volume III au chapitre 6, mais appli-
qués cette fois à une ligne triphasée symétrique en régime sinusoïdal symétrique.

3.2.7 Définitions : ondes progressive et rétrograde


En régime sinusoïdal établi, la tension complexe entre un conducteur de phase
et le sol peut être donnée par l'une des expressions (3.35) ou (3.39), qui sont en fait
identiques. De même, le courant en tout endroit χ est donné soit par (3.36), soit par
(3.40), formules identiques, mais présentées de façon différente.
Si, dans les expressions (3.35) et (3.36) on ne considère que les termes Up (x) et
MODÈLES DES LIGNES 85

Up (x)/Zc =Ip (x), on constate que l'on est en présence d'une onde progressive de ten-
sion et de courant qui se déplace dans le sens croissant de x. En effet, selon (3.31) et en
réintroduisant les valeurs instantanées, on a selon le paragraphe I. 8.3.1 :
up (x, t) = Re [y/2 e J " ' Up (x)] V (3.46)
Compte tenu de (3.31) et de (3.43), on obtient alors en valeurs instantanées réelles:
Up (x, t) = y/ϊϋρ (0) e _ a * cos(cor + ap � βχ) V (3.47)
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où dp est une phase initiale.


On reconnaît une onde sinusoïdale qui s'atténue comme e~ax et qui se déplace
à la vitesse de phase (ξ III. 6.2.5) :
νφ = ω/β m/s (3.48)
Il s'agit donc bien d'une onde progressive.
De même on peut démontrer que
ur(x,t) = V2Ur(0)e+ax cos(coi + ar + βχ) V (3.49)
est une onde sinusoïdale se propageant à la vitesse de phase - ω/β (donc en sens inver-
se) et dont l'amplitude décroît lorsque x décroît. Cette onde rétrograde n'existe que
s'il y a une réflexion en fin de ligne.

D 3.2.8 Cas limite de la ligne sans perte


En recourant à des supraconducteurs, on obtiendrait :
Rf = O Ω/m (3.50)
G' =O S/m (3.51)
2 2
L'C' = µ060 µν er s /m (3.52)
où µγ et er seraient la perméabilité et la permittivité relatives de la matière isolante rem-
plissant tout l'espace entre les trois conducteurs de phase et la gaine. Dans ce cas idéal,
on obtient selon (3.25) à (3.28) :
y = VjcoZ/jcoC' = ]ω\/µ0"0 µ.γζγ = ]ω VM r e r /c 0 m" 1 (3.53)
Alors, l'affaiblissement linéique α est nul et la vitesse de phase vaut quelle que
soit la géométrie de la ligne :
νφ = c?0/VMrer m/s (3.54)
De plus, l'impédance caractéristique devient purement réelle. En effet, selon (3.28):
Zc = V(0+jcoZ/)/(0+jcoC') = y/L'IC' Ω (3.55)
Il en résulte que, dans une ligne sans perte, courant et tension progressifs sont en
phase, tandis que courant et tension rétrogrades sont en opposition de phase.

3.2.9 Ligne de longueur infinie


Si la ligne est de longueur infinie, il n'y a aucune onde rétrograde, donc
J_r (x) = 0 et Ur (x) = 0. Dans ce cas, les relations (3.35) et (3.36) donnent, compte
86 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

tenu de (3.31):
U(x) = Up (x) = Up (O) e-ï<*> V (3.56)
/(JC) = Up (x)IZc = Lp (0) e " ï W A (3.57)
Il en résulte cette singularité que le quotient U(x)/I(x) est égal à Zc quel que
soit x. Dans ce cas particulier, pour la génératrice connectée au début de la ligne infi-
nie, tout se passe comme si elle alimentait simplement trois impédances Zc en étoile,
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ou encore une ligne de longueur finie / terminée par trois impédances Zc en étoile
(voir charge adaptée au sens de la ligne, paragraphe IH. 8.5.2).
On peut aussi dire qu'en chargeant l'extrémité de la ligne par son impédance
caractéristique, on supprime l'onde réfléchie. Mais, si cela est la règle en téléphonie et
pour la transmission de signaux où l'on veut éviter des échos gênants, il n'y a pas de
raison d'user du même artifice lorsqu 'il s'agit de transmettre de l'énergie avec le mini-
mum de pertes. C'est pourquoi les lignes de transmission d'énergie électrique fonction-
nent pratiquement toujours avec onde progressive et onde rétrograde, de sorte que le
quotient U(x)/I(x) n'est plus égalàZc comme l'indiquent les relations (3.39) et
(3.40). Voir également les paragraphes 3.3.19, 3.3.20 et 3.3.22.

3.2.10 Définition : longueur d'onde λ


La distance entre deux maximums successifs de l'onde progressive (ou de l'onde
rétrograde) est appelée longueur d'onde λ correspondant à la fréquence utilisée. D'après
(3.47) ou (3.49), on retrouve :
λ = 2π/β m (3.58)
qui correspond à la définition du paragraphe III. 6.2.4.

D 3.2.11 Ordres de grandeur des caractéristiques linéiques longitudinales


La valeur de R' dans le schéma ramené à une phase (fig. 3.2) n'est pas toujours
négligeable en regard de ωL'. On a en général les valeurs suivantes :

• pour les lignes aériennes, quelle que soit la tension nominale


L' a l à 2 mH/km (3.59)
Ù)L' = 0,3 à 0,7 Ω/km (3.60)
où ω = 314 rad/s en Europe et 377 rad/s aux Etats�Unis pour la transmission
d'énergie électrique. La valeur presque constante de Z/ provient du fait que,
pour éviter l'effet de couronne (§ 2.1.8), on doit donner aux conducteurs un
diamètre d'autant plus grand que la tension est élevée. Ceci entraîne que le
rapport du diamètre à la distance entre conducteurs varie peu en fonction du
niveau de tension de la ligne. Par contre, R' est inversement proportionnel au
carré du diamètre. Il en résulte que sa valeur est très variable. Pour les conduc-
teurs utilisés en haute tension, on peut descendre à 0,01 Ω/km (ligne à 735 kV
d'Hydro-Québec); en basse tension, on peut monter à 2 Ω/km pour des fils
de 10 mm 2 , section pratiquement inutilisable en haute tension.
MODÈLKS DES LIGNES 87

• pour les câbles, de toutes tensions :


L' = 0,2 à 0,7 mH/km (3.61)
ω/,' a 0,06 à 0,25 Ω/km (3.62)
Suivant la valeur relative de R' par rapport à col/, les approximations de calcul
admissibles sont différentes. On retiendra les règles suivantes :
• pour les lignes à basse tension et les câbles à basse et moyenne tension:
R' > ωΖ/ Ω/m (3.63)
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• pour les lignes à moyenne tension et les câbles à haute tension :


R' a ω/,' Ω/m (3.64)
• pour les lignes à haute tension :
R' < ωΖ/ Ω/m (3.65)

• 3.2.12 Ordres de grandeur des caractéristiques linéiques transversales


La relation (3.52) peut être démontrée dans le cas où les vecteurs B et E sont
perpendiculaires en tout point de l'espace. Cela est le cas lorsque les effets pelliculaires
et de proximité décrits dans la section 2.3 se manifestent pleinement, ce qui implique
la libre circulation du courant et une résistivité nuDe dans les conducteurs de phase,
de garde, et dans le sol. Il s'agit d'une limite théorique vers laquelle on tend pour les
fréquences élevées. En réalité, le champ d'induction magnétique B pénètre plus pro-
fondément dans les conducteurs que le champ E et la relation (3.52) doit être rempla-
cée par une inéquation :
L'C' > M 0 e 0 M r e r = M,e r /c 2 s 2 /m 2 (3.66)
On peut poser :
L' = kpm \xrercZ\C H/m (3.67)
où kpm est un facteur de pénétration magnétique qui indique que le champ magnéti-
que peut aller au-delà des écrans et pénètre dans la plupart des conducteurs. On a en
général :
kpm = 1à 2 1 (3.68)
est
kpm particulièrement élevé lorsqu'on entoure chaque conducteur de phase d'une
gaine concentrique mise à la terre en un seul endroit, comme on le fait pour les câbles
[28]. La relation (3.67) permet de calculer rapidement L' quand on connaît C' et
réciproquement C' quand on connaît L'.
c" 2 = 11,11·10"18 s 2 /m 2 (3.69)
• Pour les lignes aériennes on a approximativement :
C = 6 à 12 nF/km (3.70)
œC' = 1,8 à 4,5 MS/km (3.71)
• Pour les câbles :
C = 3 0 à 800 nF/km (3.72)
88 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

coC" = 9 à 300 MS/km (3.73)


A la fréquence industrielle, la conductance G' peut être négligée :
G' <coC

• 3.2.13 Critère de vérification


Si, au cours des calculs, on constate que l'inéquation (3.66) n'est pas satisfaite,
on peut être certain d'avoir commis une erreur dans le calcul de L' ou de C'.
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• 3.2.14 Ordres de grandeur des paramètres de propagation


Compte tenu des définitions (3.25) à (3.28) et de l'inéquation (3.73), on peut
écrire :
i/jcoZ,' + R' i / Z , '
Zc — J / l - ]R'I (^L') Ω (3.74)
)coC'
7 7 1
7 = VjcoC'GcoL' + fl') = jco VZ C Vl�j#7(coZ/) m" (3.75)

Le facteur S/I-JR'/GÛL' qui apparaît dans les deux expressions, est très voisin
de 1; il comporte une partie imaginaire négative qui vaut à peu près �Ζ?'/(2ωΖ/) tant
que£'<o;Z/(fïg.3.3).
Compte tenu de (3.44) et de (3.45), et dans l'hypothèse (3.73), on a:
7 7
β = Im(T) = CoVL C Re [Vl � ji?'/(coZ,')] rad/m (3.76)
7
α = ReCy) = ooVZTc Im [�Vl � J#'/(OJZ/)] néper/m (3.77)
Au vu de la figure 3.3, on constate que si:
R'KcoL') < 0,5 1 (3.78)
on peut calculer β et a à 3 % près en utilisant les relations simplifiées :
β s ω VZTc7 rad/m (3.79)
7
R' R' C
a a 0 — néper/m (3.80)
2ωΖ/ 2
L'
On peut également calculer les parties réelle et imaginaire de Zc :
î/Z 7
Rc = Re (Z c ) a l·— Ω (3.81)

*� •.«.). �l/f ^ p Ω (3.82)

Pour la vitesse de phase v^, les relations (3.48) et (3.76) donnent :


1
V = ω/0 =
• ^ . Γ ^ Τz Τ ' / Λ , , ^
m / s ( 3
·83)
{Te Ρ
RQ[n Ρ
iR'KuL')]
On peut donc, compte tenu de (3.67), se contenter de l'approximation
MODELES DES LIGNES 89

I ' Im

/�2,0

�1,5

f �1,0

/�0,5
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Re

\ 0,5 1 • 1,5

\ 0,5 = Λ 7(£ω )

il.O

U,3 J �
,1,5

2,0

Q Z,J

j ' \3,0
fc^3,5
Λ)4,0

Fig. 3.3 Lieu des valeurs de >/l�j/?7(w^') dans le plan complexe.

νφ ^ 1/VZ/C = c^\\l[irerkpm m/s (3.84)


à condition que l'inéquation (3.78) soit vérifiée.
La longueur d'onde λ est donnée par (3.58) et (3.76) :

λ = 2Ή β = m (3.85)
' co^ Re [/T^WTI^T]
En remplaçant ω par 2 π/, on obtient:
λ = ν Jf m (3.86)
Le tableau 9.9 donne des valeurs usuelles de Rc, X0, α, β, νφ et λ pour les lignes
et câbles les plus courants, à 50 Hz.

3.2.15 Contrôle du calcul de Zc


En éliminant C' entre (3.67) et (3.74), on trouve :

, η� \R'KUL')
Zc C0L Ω (3.87)

Comme en général R' = 0, µκ = 1, kpm = l , o n a Z c = ^ c = C0LVVe/.


90 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

3.2.16 Schéma équivalent en π pour ligne longue


Pour de nombreux problèmes, seuls les tensions et les courants aux deux extré-
mités de la ligne présentent de l'intérêt. Lorsqu'une ligne symétrique de longueur quel-
conque / fonctionne en régime symétrique sinusoïdal, il est toujours possible de la
remplacer par un schéma en π équivalent.
Pour ce faire, imaginons une impédance Z et deux admittances Y1 et Y2 mon-
tées en π comme l'indique la figure 3.4. Ce schéma n'est pas, à proprement parler, un
quadripôle, mais le tiers d'un multipôle (§ IV. 5.5.2), car il est entendu que son étude
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implique la présence de deux autres schémas similaires correspondant aux deux autres
phases de la ligne, mais non représentés. De plus, il est convenu que les dix conditions
du paragraphe 3.2.1 sont satisfaites, ce qui limite l'emploi du schéma en π. On notera
que le schéma représenté sans ses deux voisins, fait apparaître un courant dans le sol
qui, en réalité, est identiquement nul.

/(Q) ? /(/)

U(O) j "] Ji Y21

Ii ) t.
777777777777π7777777777777777777!σ777777777777/

Fig. 3.4 Représentation symbolique d'une phase de la ligne symétrique.

Les équations de ce quadripôle sont :


U(I)=U(O)-Za(O)-Y1U(O)) V (3.88)
1(1) = i ( 0 ) " Y1U(O)- Y2U(I) A (3.89)
ou encore :
U(I)= #(0)(1+Z JO-ZJ(O) V (3.90)
/(O = 1(0) (I+ZY2)-U(0)(Y1 + Y2+ZY1Y2) A (3.91)
Ces deux dernières équations doivent si possible être identiques aux équations
(3.41) et (3.42) qui représentent la solution des équations générales d'une ligne de lon-
gueur / en régime sinusoïdal. Par identification, on obtient quatre conditions :
1+£Γι = I + ^ T 2 = cosh(7/) 1 (3.92)
Z = Zc sinh(;y/) Ω (3.93)
Xi +12+ZY1Y2 =� sinh(T/) S (3.94)
Zc
Ces quatre relations sont satisfaites si l'on choisit :
Z = Zc sinh(T0 = j Z c sin(�JT0 Ω (3.95)

X = Γι = Xi = � tanh I 2� I = � tan I �^=� S (3.96)


7

L'équation (3.96) η 'est pas valable si sinh τ/ = 0 et cosh y l = � 1. Dans ce cas particu-
lier, on af d'après (3.41) et (3.42), U(I)=- U(O) et 1(1) = - 7 ( 0 ) .
MODÈLES DES LIGNES 91

3.2.17 Validité du schéma en π


Les relations (3.95) et (3.96) sont valables quelle que soit la longueur de la ligne.
Toutefois, lorsque cette longueur devient comparable à la longueur d'onde sin(-)jl)
et t a n ( - j 7 / ) prennent des valeurs singulières.
En première approximation, si la condition (3.78) est vérifiée, l'affaiblissement
linéique a est voisin de 0 et le retard de phase linéique prend la valeur β = co\/L'C'
(§3.2.14), d'où:
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7 = <*+j0^j0 1/m (3.97)


L'expression - jyî vaut alors à peu près 4- /W et, compte tenu de (3.58), on trou-
ve finalement :
-j<y/ s βΐ = 2π//λ rad (3.98)

En introduisant cette approximation dans (3.95) et (3.96), on voit immédiate-


ment l'intérêt qu'il y a d'envisager des cas particuliers où : / = 0, λ/4, λ/2, 3λ/4, λ, etc.
On verra des cas où la tension efficace est la même aux deux extrémités alors qu'elle
est nulle au milieu de la ligne. Ce phénomène est escamoté lors du recours au schéma
en π puisqu'il ne donne aucun renseignement en dehors des deux extrémités.
Pour R' a 0 et G' s 0 (3.95) et (3.96) deviennent :
Z = jZcsm(2nl/X) Ω (3.99)

Y=� tan (π// λ) S (3.100)

L'équation (3.100) η 'est pas valable si l = λ/2 ; dans ce cas particulier U(I) =
� ^(O) et 1(1) = � /(0) selon (3.41) et (3.42).

3.2.18 Schéma équivalent d'une ligne de transport courte par rapport à la longueur
d'onde
Dans le cas où / < λ/10 on peut ne garder que le premier terme du développe-
ment en série du sinh (jl) et de la tanh (yl/2). On trouve, à partir de (3.95), (3.96),
(3.27) et (3.28) les valeurs des éléments du schéma équivalent :
Z = Zc jl = ΖΊ Ω (3.101)
1 γ/ Y'
Y= — • = � = — / S (3.102)
� Zc 2 2
Cette ligne courte peut être remplacée par un schéma en π à éléments concen-
trés tel que celui de la figure 3.5. Pour / = λ/10, les erreurs introduites sont inférieures
à 7 %, pour / = λ/20, inférieures à 2% et pour / = λ/30, inférieures à 1 %.

• 3.2.19 Ligne en quart d'onde


Pour / = λ/4, les relations (3.99) et (3.100), valables pour une ligne sans pertes,
donnent le schéma de la figure 3.6; Z = \ZC et Y-\\ZC d'où (Y)'1 = ~\ZC.
92 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

1(0) Λ7 JOJZ// /(/)


τ ~~
I

fi
Cl
. C7|

Uf
J0J
U(O) ^� ~T I
2
= tf(/)
ί
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Fig. 3.5 Schéma en π d'une phase de ligne courte.

Z = ]ZC
1(0) /(λ/4)

I I
I .7 1 .� ι I
c } C=
J(Q) —— Y ~ Y� ^ (λ/4)
I I

Fig. 3.6 Schéma en π d'une ligne en quart d'onde, sans pertes, / = λ/4, Z c = y/L'/C.

Le calcul de la ligne à vide (Z(I) = O) donne alors


U(O)
1(0) = }U(0)/Zc =—+ += - A (3.103)
\(ZC - Zc)
U(I) = -)ZcU(0)l\(Zc-Zc) = oo γ (3.104)

Ceci illustre le phénomène d'une ligne qui entre en résonance, à vide, lorsque sa
longueur est voisine du quart d'onde. Comme le calcul donne un courant infini, la résis-
tance linéique R' ne peut plus être négligée, ni la conductance G' 12 correspondant à
une tension U(I) très élevée provoquant à coup sûr un effet de couronne et très pro-
bablement des arcs entre conducteurs et la terre. Si l'on charge chaque phase de l'ex-
trémité de la ligne par une résistance R=Zc,on trouve
/(O) = U(O)IZ0 A (3.105)
j7r 2
U(I) = U(O) e" / V (3.106)
/(O = U(I)Iz0 A (3.107)
On retrouve les équations de la ligne de longueur infinie; il n'y a alors ni surten-
sion, ni surintensité.
En court-circuit: ί/(λ/4) = 0 et /(0) = 0; il n'y a aucun danger.

• 3.2.20 Ligne en demi�onde


Pour / = λ/2 et dans le cas d'une ligne sans pertes sinh (γ/ ) = 0 et cosh (7/ ) = � 1 .
Les conditions d'équivalence (3.92) et (3.94) ne peuvent être satisfaites simultanément,
il n'est donc pas possible de trouver un schéma en π équivalent. On peut tourner la dif-
ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 93

JZc
]Z
/(O) /(λ/4) c /(λ/2)

I
I
U(O) I ~}ZC �)ZC ; �)ZC �}ZC I ua/2)
iU(X/4)
1

Fig. 3.7 Schéma en deux π d'une ligne sans pertes, en demi�onde, / = λ/2, Zc = y/L'/C
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fîculté en subdivisant la ligne en deux tronçons de longueur λ/4, ce qui donne le schéma
en deux π de la figure 3.7.
On démontre facilement à l'aide de ce schéma en double π que la ligne en demi�
onde sans pertes a les propriétés suivantes :
• à vide /(λ/2) = 0; 7(0) = 0; /(λ/4) = U(O)I)Z c ; U(XH) = � U(O);
U(λ/4) = 0 de sorte que la tension présente un nœud au milieu de la ligne et
le courant un ventre;
• en court-circuit U(\j2) = 0;/(λ/2) = °°; U(X/4) = °°, on voit ainsi que, con-
trairement à la ligne en quart d'onde c'est le court-circuit qui présente le plus
grand danger pour une ligne en demi-onde;
• en chargeant l'extrémité de la ligne par trois impédances Zc = \JL'C' en étoile,
on trouve U(XIl) = - U(O) et/(λ/2) = �/(0).

3.2.21 Comportement réel des lignes en quart d'onde et en demi-onde


Comme en réalité R' > 0 et G' > 0, on peut réexaminer les problèmes des lignes
en quart d'onde et en demi-onde en utilisant les relations (3.95) et (3.96) sans négliger
R' ni G'. Le calcul montre que les phénomènes de surtension et de surintensité sont
atténués mais restent dangereux.

3.2.22 Effet Ferranti pour ligne courte


Une ligne fonctionnant à vide, en régime sinusoïdal présente une tension plus
élevée à l'extrémité libre qu'à celle qui est reliée à la source de tension. La démonstra-
tion recourt au schéma en π équivalent d'une ligne courte (fig. 3.5). En posant G' = 0
e t / ( / ) = 0, on obtient:
U(O) = U(I) + jcoC' W(I) [R' Λ�\ωϊ\ΙΙ1 (3.108)
que l'on représente dans le diagramme complexe de la figure 3.8.
Si l'on tient compte de la géométrie du diagramme, de l'inégalité R'i < coL'l et
de la relation (3.85), on peut déduire:

V
^ - ^ — - " s �ω L'Cl 12 a � 2 — 1 (3.109)
ICZ(OI W/
Cette dernière relation montre que la chute de tension, au sens de la définition du
paragraphe 2.1.15, est négative pour une ligne à vide et qu'elle croît comme le carré de
la longueur pour les lignes où / < λ/10.
94 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

Cl

jcol7-jcoC7C/(/)/2
U(O)
1
R'hfaC'lUinU

U(I)
Fig. 3.8 Diagramme complexe d'une ligne courte à vide.
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3.2.23 Effet Ferranti pour lignes longues


On se propose de calculer la tension qu'il faut appliquer à l'extrémité d'une ligne
(x = l) pour obtenir une tension donnée au début de la ligne (x - 0). Dans ce cas on a :
1(0) = O5 U(O) donnée et on cherche U(I) et 1(1). Les équations (3.41) et (3.42) don-
nent la réponse :
U(O)
U(I) = U(0)cosh(yl) = =±-!-(e+2l + e-2l) V (3.110)

+ i/(0) U(O)
-1(1) = - ^ " SuIh(T/) = = - ^ (e+^-e~ll) A (3.111)
C C

Une étude de ces deux fonctions, pour 0 < / < λ, dans le cas particulier, où
R' = 0,2 ωΖ/ donne les résultats suivants, extraits de la figure 3.9:
• pour 0 < / < λ/4, la tension I U(I) I nécessaire décroît environ comme I U(O) I
cos (2π//λ); le courant � / ( / ) essentiellement capacitif croît environ comme
li/(0)/Z c lsin(27r//X);
• pour / = λ/4 la tension vaut U(I) = ]U(0)/6 en avance de π/2 par rapport à
U(0);le courant vaut - / ( / ) =}U(0)/Zc et il est pratiquement en phase avec
U(I)-,
• pour la génératrice placée en χ = λ/4, la ligne à vide en quart d'onde apparaît
comme une résistance valant à peu près Zc/6. La tension en bout de ligne
(x = 0) est six fois plus grande qu'au départ, ce qui correspond à un effet
Ferranti très marqué;
• pour λ / 4 < / < λ/2, la tension \ U(I)I croît environ comme li/(0) cos (2π//λ)I
mais cette fois elle est pratiquement en opposition de phase avec U(O); le cou-
rant décroît et se trouve cette fois en retard par rapport à la tension U(I). La
ligne à vide se comporte comme une charge inductive ;
• pour / = λ/2, on a à peu près U(I) = - 1,05 U(O), le courant - / ( / ) est de
nouveau en phase avec U(I) et vaut environ 0,3 I U (0)/Zc\. Pour la génératri-
ce, la ligne à vide en demi-onde apparaît comme une résistance valant 3,3 Zc\
• pour λ/2 < /< 3λ/4, la ligne apparaît de nouveau comme une charge capacitive;
• pour / = 3λ/4, U(I) = � j U(O)/2, l'effet Ferranti est de nouveau prononcé
puisque la tension au bout de la ligne à vide est double de celle qu'on mesure
aux bornes de la génératrice. Le courant est en phase avec U(I) et vaut envi-
ron 1,11 U(O)IZc I ;
• pour 3λ/4 < /< λ, la ligne apparaît de nouveau comme une charge inductive;
• pour / s λ, U(I) = 1,2 U(O) et � / ( / ) = 0,65 U(O)IZc, etc.
MODÈLES DES LIGNES 95
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Fig. 3.9 Diagramme complexe de la tension U(I) et du courant —1(1) nécessaires pour alimenter
une ligne à vide avec 12 //λ = 0,1,2,3,...,12,13. R' = 0,2ωΖ/, G ' = 0, a = 0,1 β.

3.3 PUISSANCES TRANSMISES PAR UNE LIGNE

3.3.1 Définitions; représentation unifilaire


On représente (fïg. 3.10) par un seul trait entre deux nœuds ρ et q, les trois con-
ducteurs de phase d'une ligne triphasée reliant deux jeux de barres ρ et q.
Chaque jeu de barres est relié à d'autres lignes, à des utilisateurs locaux et à des
génératrices.
Dans cette section, on se limite à l'étude de systèmes triphasés symétriques
répondant aux dix conditions du paragraphe 3.2.1. Π est donc licite de η 'étudier qu 'une
seule phase, la première, étant entendu que tout se passe identiquement dans la
seconde phase avec un retard Tj3 et dans la troisième avec un retard 2T/3.
On désigne par Up et Uq les premières tensions simples en valeurs efficaces com-
plexes aux nœuds ρ et q, avec Up et Uq pour modules, θρ et 6q pour arguments.
Up^1Uq à cause de l'impédance longitudinale non représentée.
Ipq est le courant entrant dans la ligne par l'accès p, Iqp le courant entrant
dans la ligne par l'accès q et / / le courant au milieu de la ligne. Ces trois courants sont
96 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

D
LP © accèsp *Ϋ I,© accès q

»P/3Tt 1 s
lj\ "'i'Tt
&j �Lpq
Spq/3 Sap/3
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Fig. 3.10 Schéma unifilaire d'une ligne triphasée.

mesurés dans le premier conducteur de phase. Comme les capacités linéiques transver-
sales ne sont pas représentées sur le schéma de la figure 3.10, il est à noter que
Lpq "£Il"£~lqp'
Spq =Ppq +iQpq et Sqp =Pqp +iQqp sont les puissances complexes triphasées
entrant dans la ligne par ses deux extrémités (voir §4.1.2).

3.3.2 Définition : différence de tension complexe


On peut remplacer la ligne pq (chap. 2) par un schéma équivalent en π en tenant
compte des hypothèses mentionnées dans la section 3.2. Dans ce cas, on passe d'un
système où la tension entre deux nœuds n'a pas de signification (§ 2.1.13) à un modèle
de Kirchhoff où la tension entre les nœuds ρ et q peut parfaitement être utilisée sans
ambiguïté. Dans le schéma équivalent en π de la figure 3.11, on a:

Up�Uq Z, h U,PQ (3.112)

nœud ρ s� ' nœud q


/ τ τ Zi ou Yi \
pq
I � �l f m ο
ύ^ρ/3
Spq/3
Y,/2ou2Z,
y,/2ou2Z, Sur/3

Up \ \ΰ«

Fig. 3.11 Schéma équivalent en π de la première phase d'une ligne pq.

Pour éviter toute ambiguïté, on désigne par différence de tension complexe la


grandeur complexe :

Upq =Up-Uq V (3.113)


par module de la différence de tension complexe la grandeur:
\Upq\ = \Up-Uq\ V (3.114)
MODÈLES DES LIGNES 97

et par chute de tension efficace la différence :


A\U\pq=\Up\-\Uq\ V (3.115)
En général, elle est plus petite que la précédente; elle peut même être négative
(§2.1.15).
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3.3.3 Impédances et admittances d'une ligne complète


Pour alléger l'écriture, on introduit les notions d'impédance cyclique longitudi-
nale Z1 et d'admittance cyclique longitudinale Yx qui, selon (3.95) et (3.101) ont les
valeurs suivantes :
Z ; eW = Z/ = Zc sinhCyZ) s Z7 Ω (3.116)
1
γ^�'m = Y1 = ZJ S (3.117)
Les lignes de longueur supérieure à λ/10 étant exceptionnelles pour 50 Hz et
60 Hz, les approximations (3.101) et (3.102) sont en général suffisantes.
De même on introduit les notions d'admittances cycliques transversales Yt et
d'impédances cycliques transversales Zt qui, selon (3.96) et (3.102), ont les valeurs:
YtQ-m = Yt = 2Z-1 tanh(7//2) = Y'I S (3.118)
i{ft 1
Zte = Zt = Y; Ω (3.119)
Le facteur 2, dans l'expression (3.118), découle de l'admittance transversale de
la ligne totale, répartie par moitiés aux deux extrémités ρ et q comme l'indique la
figure 3.11.
Toutes ces valeurs cycliques sous�entendent l'existence des deux autres phases
en régime symétrique direct ou inverse.

3.3.4 Equations des puissances d'une ligne


Les règles du calcul complexe (chap. 1.8 et 1.9) permettent d'écrire les relations
suivantes :

Up = uq+z,i, V (3.120)
Lpq = L + ItUp/2 A (3.121)
Lq ρ = �Li + XtUql2 A (3.122)
Spq = 3 Upl*q VA (3.123)
Sqp = 3 Uq Lqp VA (3.124)

3.3.5 Approximations usuelles


Dans la plupart des cas, les lignes ont une longueur inférieure au dixième de la
longueur d'onde à fréquence industrielle (6 000 km) :
/ < 0,1 λ m (3.125)
G' < 0,01 coC. S (3.126)
98 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

Dans ce cas, on peut poser, selon (3.116) et (3.117):


Z1 = RΊ + ÎGJL'I = R1 + JX1 Ω (3.127)
Yt = jooC/ = )Bt S (3.128)
Ces approximations permettent de donner aux diagrammes complexes qui sui-
vent, des proportions correspondant à des lignes réelles. En fonctionnement normal, il
est rare que le module de la différence des deux tensions complexes Up et Uq dépasse
la moitié de la plus grande des tensions.
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3.3.6 Diagramme complexe des courants et des tensions


Lorsqu'on connaît les modules Up, Uq et les arguments &p, ùq des tensions aux
nœuds, la construction du diagramme complexe de la figure 3.12 est une suite d'opé-
rations élémentaires. On part d'une tension Up (représenté par le phaseur OA), main-
tenue constante par des moyens appropriés (§ 3.3.11). La tension Uq (phaseur OB)
peut être de module plus grand, égal ou plus petit que celui de Up et d'argument ûq
différent de ûp. Sur lafigure3.12, &pq = &p - ùq. La grille circulaire de centre O
représente la position du point B pour diverses valeurs de &pq et Uq/Up.

Fig. 3.12 Diagramme complexe des tensions et des courants pour Up donnée et Uq variable.
MODÈLES DES LIGNES 99

Quant aux courants, on a intentionnellement choisi une échelle telle que I Up I et


I UpIZi I soient traduits par la même longueur. On représente en premier lieu le cou-
rant de court-circuit J_ic - UpIZ1 (phaseur OC); il est en retard de l'angle φχ � arctg
(coL'IR* ) qui caractérise l'impédance longitudinale Z/.
Le courant// est donné par l'équation (3.120) :
uP-Uq (3.129)
//
11 = = lie UnIZ1
II
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Sur la figure 3.12, la grandeur (- UqIZx) est représentée par le phaseur CD et le courant
/ / par le phaseur OD.
Vu le choix particulier des échelles des courants et des tensions, il est aisé de
démontrer que le triangle ABO est égal au triangle ODC et que le point D peut être im-
médiatement trouvé sur une seconde grille circulaire de centre C. Cette grille permet
de dessiner immédiatement le phaseur OD représentant le courant//. Si l'on prend des
échelles différentes pour Up et IXc on obtient deux grilles semblables.
Si l'on désire encore connaître les courants entrant dans la ligne, les relations (3.121)
et (3.122) permettent de construire les phaseurs OE pour J_pq et OG pour£ q p en ajou-
tant le courant capacitif correspondant aux deux admittances transversales du schéma
équivalent en π (fig. 3.11). Très souvent, ces courants capacitifs sont négligeables vis-
à-vis de I//1. Ils ne peuvent pas être négligés lorsque la ligne est longue ou lorsqu'elle
fonctionne avide.

3.3.7 Calcul des puissances actives et réactives transmises


Les puissances active et réactive entrant dans la ligne par l'accès triphasé ρ sont
données par la relation (3.123). En traitant séparément la puissance active
Ppq = Re (Spq) et la puissance réactive Qpq = Im(S pq), on trouve :
Ppq = 3UpIi cos φρι W (3.130)
où φρι est le retard du courant// par rapport à Up (angle AOD de la figure 3.12). La
valeur (// cos φρΐ) est la projection orthogonale de// sur Up (soit OP sur la figure).
C'est aussi la projection de UpIZx (OC) plus celle de (� UqIZx) (CD). On en déduit :
1
PQ 3Un Lsin φχ\ +
U1
sin $PQ � � + Ψΐ
Vzx Zi
2
(3.131)
finalement W
3Up Ua
PQ cos φι COS ( ÛpQ + ψι ) W (3.132)
Un
On trouve de même :
2
3U uq 3UpBt/2
Q,PQ
sin ψ ι sin ( dpq + ψ, )
Un
var (3.133)
Le dernier terme tient compte de l'effet capacitif transversal et peut être négligé pour
les lignes de distribution. Dans ce terme Bt = u>C'l selon (3.128). En intervertissant
100 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

systématiquement les indices ρ et q, on trouve Pqp et Qqp. Enfin, lorsqu'on s'intéresse


à comparer les puissances utiles Put et Qut quittant la ligne en q vers les utilisateurs,
aux puissances Ppq et Qpq entrant dans la ligne en p, on peut utiliser les relations
(3.132) et (3.133) en permutant les indices ρ et q, en changeant le signe et en rempla-
çant ùqp par - ùpq ; on obtient alors:
r2
3 U' Up
Put Pqp - cos ψι + — cos ( dpq � φ ι )
Ua
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W (3.134)
3Ug UD
= -QdP = �sin^/ sin(# p < 7 � ^ 1 ) + 3i/^f/2
Z1 Ut
var (3.135)

3.3.8 Variation des puissances actives et réactives


On peut exploiter une ligne ou un réseau en maintenant constantes les tensions
efficaces à tous les nœuds. Si un nœud est relié à une machine synchrone voisine, c'est
le régulateur de cette machine qui ajuste le courant d'excitation de façon à maintenir
la tension constante en valeur efficace. S'il n'y a pas de machine synchrone au voisi-
nage, ce rôle est attribué à des compensateurs synchrones ou statiques (§ 4.4.14). On
peut étudier la variation de Put et de Qut pour Up et Uq constantes, lorsque ûpq
varie. Les figures 3.13, 3.14 et 3.15 montrent ces variations pour diverses valeurs de
R'/œL'; afin de simplifier la présentation, on a soustrait de Qut le terme :
AQ = 3 U\ C J C 7 / 2 var (3.136)
Ce terme est négligeable en première approximation.
Le paragraphe 3.3.11 montre qu'il est nécessaire d'injecter une puissance réactive
bien déterminée (Qut < O) au nœud consommateur de puissance active (Put > 0) si
l'on veut maintenir la tension constante.

3.3.9 Définitions : couple utile transmis par la ligne


Lorsque le maintien des valeurs efficaces des tensions aux deux extrémités ρ et q
est assuré, la ligne électrique se comporte comme un arbre de transmission qui a une
certaine flexibilité et un couple limite bien défini.
Le couple transmis utilisable à l'extrémité q est:
Mut = Put I ω Nm (3.137)
C'est le couple mécanique d'un moteur synchrone idéal, à une paire de pôles, sans
pertes et sans réactance interne, placé à l'extrémité q de la ligne. Il varie comme Put
(voir figures 3.13 à 3.15).
D'une façon plus générale, l'équation (3.134) donne:

3Uq Up / π
Mut = — sin \ûpq + ψι cos φι
ωΖ,
Uq \ PH 2
Nm (3.138)
MODÈLES DES LIGNES 101

Son maximum a toujours lieu pour &pq = φχ comme pour Put. Par image, on dit que
ûpq est la torsion de l'arbre électrique constitué par la ligne. Dès que cette torsion
dépasse l'angle φι = arctg(coZ//#' )> le couple transmis commence à décroître.
Une ligne principalement résistive (R' > ωL' ) est incapable de transmettre une
puissance active Put ou un couple Mut sans chute de tension. En effet, la figure 3.15
montre que, pour Put > 0, il faut avoir Up> Uq�
Enfin, les dérivées dPut/d&pq et dMut/dûpq peuvent être positives, nulle ou
négatives. On peut démontrer que la dérivée positive à pour effet de maintenir les
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machines au synchronisme.
L'expression dPut/d&pq s'appelle puissance synchronisante et l'expression
dMut/d&pq couple synchronisant ([7] tome 2, § 3.2.2.1).

3.3.10 Limites d'utilisation d'une ligne


Comme les machines (vol. X), les lignes ne sont utilisables que dans certaines
limites.
• La limite d'écart de phase ûpq max adm peut jouer un rôle important pour
vérifier si les conditions de maintien du synchronisme sont assurées entre
les machines raccordées aux extrémités de la ligne. En première approxima-

• Put
Qut-^Q
Up = 1,2 Uq

^Up=OS uq

3 UfIZ1

Fig. 3.13 PutOpq), Qut&pq) P o u r ΨΙ = Ι > ' < " '·


π 2 R L
102 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

3 U^IZi(\-cos φι)
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•3 U^ co^tl Zi ff/

�3 Uq sin<p//Z/

Fig. 3.14 Put&pq), Qut(Vpq) P o u r ΨΙ = W3, R' = ω Ι ' Λ / Τ .

Up = 0,8 i/^

Fig. 3.15 Put(Vpq),QutWpq)POUÎ */ = 0 , Λ ' > ωΖ,'.


MODÈLES DES LIGNES 103

tion, on doit s'assurer que :


-<Pi<*pq<<Pi rad (3.139)
mais on peut sortir de ces limites par des artifices de réglage.
• En aucun point la tension ne peut dépasser une certaine valeur limite Umax adm
(chap. 6). Si cette limite est dépassée, un arc électrique risque de s'amorcer
entre conducteurs, et la ligne doit être immédiatement déclenchée à ses deux
extrémités.
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• La limite de courant Imax adm n'est pas précise. Le courant tolérable pendant
une durée déterminée dépend de la température admissible pour le conducteur
et des conditions de refroidissement. Si les conducteurs sont froids, on peut
tolérer des courants élevés pendant quelques secondes. En conséquence, lors
de surintensité, il n'est pas nécessaire de mettre la ligne instantanément hors
service. Ceci peut être utile pour maintenir plusieurs machines au synchronis-
me entre elles.

3.3.11 Injection de puissance réactive


Soit ρ le nœud où sont situées les génératrices produisant de la puissance active
et q un nœud où ne se trouvent que des consommateurs. Pour maintenir les deux ten-
sions Up et Uq égales et constantes quelle que soit la puissance Put appelée par les
consommateurs du nœud q, on voit que (fig. 3.13,3.14) plus la demande Put augmente,
plus la puissance réactive Qut doit être négative. Ceci nécessite d'associer aux utilisa-
teurs un système consommateur de puissance réactive négative. On raccordera au
nœud q des batteries de condensateurs réglables, des moteurs synchrones aptes à être
surexcités, ou des compensateurs synchrones. La plupart des consommateurs faisant
simultanément appel à de la puissance active et à de la puissance réactive, il faut non
seulement compenser cette puissance réactive, mais en fournir davantage pour mainte-
nir la tension à la valeur désirée. D'une façon générale, on constate que, pour assurer
l'égalité des tensions efficaces aux deux extrémités d'une ligne induetivet la puissance
réactive doit transiter en sens inverse de la puissance active. Il faut donc injecter de la
puissance réactive au nœud utilisateur. Toutefois, si la ligne est résistive (fig. 3.15), ce
procédé est inutilisable ; il faut alors recourir à un transformateur réglable [29].

3.3.12 Chute de tension en fonction de la charge


Si l'on renonce à maintenir constante la tension Uq, il est intéressant de calculer
la chute de tension efficace (§ 3.3.2) entre ρ et q, pour une tension initiale Up donnée,
lorsque les consommateurs font appel à Put et à Qut. En général, le rapport Qut\Put
reste approximativement constant. On désigne par
φ^ = arctan (Qut/Put) rad (3.140)
le déphasage moyen des consommateurs du nœud q.
Au cours de la journée, ces consommateurs font appel à une puissance active
variable, mais le déphasage φ^ reste à peu près constant. De plus, on peut admettre
que la ligne est assez courte pour que l'on puisse renoncer à tout système d'injection
104 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

de puissance réactive (§ 3.3.11), de sorte que les points E et D de la figure 3.12 sont
pratiquement confondus. Cela revient à négliger les effets capacitifs de la ligne.
Sur la figure 3.12, l'angle BOD entre Uq et Li — ~Lqp représente le déphasage
φηί. Le triangle rectangle BHA représente la chute de tension RiLi + ]XiLi = ZiLi- Le
petit côté BH est parallèle au phaseur OD qui représente//. Il en résulte que l'angle
ABO est donné par la relation :
ABO = π + <put � φι rad (3.141)
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L'angle ψι � arctan(GjZ//.R') est constant, l'angle φηί est choisi comme para-
mètre constant, ce qui indique que l'angle ABO est constant. Il en résulte que B se trou-
ve sur un cercle passant par A et O. La figure 3.16 met en évidence les lieux de B, extré-
mité du phaseur Uq, pour diverses valeurs de <ρΜί, à savoir (iput - φ{) = O, � π/6, � π/3,
� π/2, � 2π/3 et � 5π/6. On constate que, pour les charges capacitives telles que
Ψ ut < Ψι ~ π /2, la chute de tension efficace I Up I � I Uq I est négative. Une charge ca-
pacitive fait monter la tension en bout de ligne, c'est l'effet Ferranti (§ 3.2.22).
La valeur des puissances active et réactive peut être donné par
g
Put = 3 cos<pwi W (3.142)
Ά
U q { Z l I l )
= 3 sin^r var (3.143)
Zi
Sur la figure 3.12 le segment OB correspond à Uq et BA à Z1Li. La géométrie du
diagramme 3.16 montre que, pour obtenir une certaine puissance utile Sut =Put~>t]Qut

Fig. 3.16 Lieux de Uq pour yut = constante.


MODELES DES LIGNES 105

il y a en général deux solutions, l'une correspondant au point B (voisine de la marche


à vide), l'autre correspondant au point B* (voisine de la marche en court-circuit). Il ar-
rive que cette dernière solution soit utilisée en traction pendant le démarrage.
La géométrie du diagramme montre aussi que, pour chaque valeur de φηί, il exis-
te une puissance maximale utilisable donnée par AB = OB (§ 3.3.14).

3.3.13 Pluralité des solutions


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Comme on l'a vu dans (§ 3.3.12) pour obtenir en bout de ligne une puissance
utile Sut -Put + ]Qut s o u s u n e tension Up donnée en début de ligne, il existe en prin-
cipe deux solutions. La solution voisine du court-circuit n'est pas désirée parce qu'elle
conduit à des courants en ligne et des pertes par effet Joule prohibitifs. Si la solution
du problème est résolue par un ordinateur, on s'assurera que la puissance demandée
n'excède pas le maximum possible (§ 3.3.14), auquel cas il n'y a pas de solution. Une
fois le résultat obtenu, il faut vérifier que l'on soit en présence de la solution la plus
proche de la marche à vide.

3.3.14 Puissance apparente maximale possible à tension initiale donnée


La puissance apparente maximale transmissible est donnée par la géométrie de la
figure 3.16.
S V A
ut max = — T ^ — Τ (3·144)
4Z / C os [(φξ � <put)l2]
Dans le cas où φι = \puU il s'agit du quart de la puissance de court�circuit (§ 3.3.15).
Pour φι � φηΐ > 2π/3 (charge capacitive), Sut max dépasse la puissance de court-circuit.

3.3.15 Définition : puissance de court-circuit au nœud q


On appelle puissance de court-circuit au nœud q le produit de la tension efficace
à vide Uq0 et du courant efficace en court-circuit I1 c. Il s'agit d'une tension et d'un
courant non simultané. Dans le cas étudié avec Up donné, on obtient :
Sqc = 3 ^ o hc = IUlIZ1 VA (3.145)
Lorsque la puissance apparente désirée Sut est inférieure à Sqc/4, il y a nécessai-
rement deux solutions mathématiques possibles.

3.3.16 Chute de tension en fonction du courant utile


Selon (3.122), le courant tiré du nœud q est :
lut = -lqp =Ii- XtUqn = Li A (3.146)
La figure 3.16 permet de représenter immédiatement Uq (segment OB) en fonc-
tion de // (segment AB) pour diverses valeurs de φηί. La figure 3.17 donne cette rela-
tion. En représentant îic par la même longueur que c7p, les courbes sont des ellipses.
Si φηΐ � φι, la chute de tension ∆ I ί/lest proportionnelle au courant Ix\ dans les autres
cas, c'est une fonction quadratique de //. On retrouve ∆ I U\ < 0 pour une charge ca-
pacitive pour autant que φηΐ < φχ � Ή/2.
On observe que l'on peut avoir Uq > Up et // >// c .
106 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
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- 5 π/6

/«if=/Ζ

Fig. 3.17 Tension Uq en fonction de Iut.

3.3.17 Calcul approché de la chute de tension


Il arrive fréquemment que Ton désire connaître la tension efficace Up nécessaire
pour assurer la tension Uq avec une charge connue Sut = Put+]Qut· Lorsque la ligne
est courte, le calcul peut être conduit comme suit (fîg. 3.18) :
• le segment OJ représente la composante réactive du courant//, soit Qut/3 Uq ;
• le segment JD représente la composante active du courant//, soit Put/3 Uq ;
• le segment BH représente le produit RiJ_i\
• le segment HA représente le produit jcoZ,/ Ty,
• le segment OA représente Up ;
• le segment KM = KH 4- HL 4- LM représente la chute de tension ∆I U\
cherchée.
En considérant le diagramme et les trois triangles semblables DJO, HKB et ALH, on tire
la relation suivante :
∆ It/I = Rfutl3 Uq + ωΣM3 Uq + Up(l�cos &pq) V (3.147)
En première approximation, ûpq est voisin de zéro et le dernier terme qui représente
la différence entre le rabattement et la projection de Up en Uq peut être négligé.
Finalement :
∆ΙΙ7Ι R1PM +OtL1QUt

Un 3Ul 1 (3.148)
Cette dernière relation permet de calculer rapidement la chute de tension en valeur
MODÈLES DES LIGNES 107
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Qut/3 uq

Fig. 3.18 Détermination de la tension de départ Up nécessaire. Commentaires au paragraphe 3.3.17.

relative. On notera que :


3U" Vl (3.149)
'q ^q comp
où Uq comp est la valeur efficace de la tension composée au nœud q.

3.3.18 Consommation de puissance de la ligne


Le schéma de la figure 3.11 montre que la puissance complexe consommée par
la ligne est la somme algébrique des deux puissances complexes entrant par les nœuds
ρ et q. Il est intéressant de calculer séparément la puissance active Pugne et la puissance
réactive Q ugne consommées par la ligne :
2
P ligne = Ppq +Pqp = 3#'// ζ W (3.150)

vl + vl
var (3.151)
Qligne = Qpq + Qqp = l^L'llf ~ 3coC/ �±—J�
On voit dans l'expression (3.150), que la puissance active perdue par la ligne est
,nécessairement positive, elle correspond aux pertes par effet Joule qui provoquent
réchauffement de la ligne.
Par contre, l'expression (3.151) montre que la puissance réactive absorbée par la
ligne est négative à vide (// = 0), nulle pour une certaine valeur de // (§ 3.3.19) et posi-
tive pour les valeurs élevées de //.
108 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

3.3.19 Définitions; fonctionnement à puissance naturelle


Chaque ligne est construite pour fonctionner normalement au voisinage d'une
certaine tension appelée tension nominale, tension de service ou tension assignée sui-
vant les auteurs. Lorsqu'on ne donne qu'une seule valeur numérique (par ex. 735 kV),
il est entendu qu'il s'agit de la valeur efficace de la tension composée. Si l'on donne
deux valeurs (par ex. 380/ 220 V), l'une est la tension composée, l'autre la tension simple.
On appelle puissance naturelle Snat d'une ligne, la puissance que cette ligne sup-
posée de longueur infinie absorberait si on lui appliquait la tension nominale. On peut
donc aussi dire que c'est la puissance transmise par une ligne chargée par ses trois impé-
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dances caractéristiques Zc, à tension nominale :


3 U2 U2
^ ^ nom ^nomcomp xrA . „ _.
Snat = — = ; VA (3.152)

3.3.20 Critère de la puissance naturelle


Selon (3.151), on constate que Qugne = 0 si:
U2+U2q
L'If = C -2- - J/m (3.153)

En choisissant (JJ2 + U2)/2 = U2om, on obtient la condition :

U nom
Ω (3.154)
I
On retrouve alors, pour la puissance transmise, l'expression (3.152); en d'autres termes,
pour que la puissance réactive consommée par les inductances longitudinales de la ligne
compense exactement la puissance réactive fournie par ses capacités transversales, il
suffît de la faire fonctionner à sa puissance naturelle.
• Les lignes qui fonctionnent à vide ou en dessous de leur puissance naturelle
sont productrices de puissance réactive. L'effet capacitif est prédominant.
• Les lignes qui fonctionnent en court-circuit ou en dessus de leur puissance
naturelle sont consommatrices de puissance réactive. L'effet inductif est prédo-
minant.
En règle générale, on fait fonctionner les câbles en dessous de leur puissance natu-
relle. Par contre, les lignes aériennes fonctionnent souvent en dessus de leur puissance
naturelle.

3.3.21 Modification artificielle des caractéristiques de la ligne


Pour diminuer la réactance longitudinale d'une longue ligne, on peut insérer en son
milieu des condensateurs en série Cs. Il faut alors remplacer Zx ( § 3.3.3) P^ Zicompense- :

Zicompensé = * ' / + j ( ω / / / � — J Ω (3.155)

Cette méthode est utilisée pour exploiter les longues lignes au-dessus de leur puissance
naturelle.
MODÈLES DES LIGNES 109

Inversement, lorsqu'on prévoit un fonctionnement fréquent en dessous de la puis-


sance naturelle, on place des inductances shunt Lp par exemple aux deux extrémités
de la ligne; il faut alors remplacer Yx par Yt compensé

S
Xtcompensé = j<0 ( ^ " ^ ) (3·156)

On trouvera plusieurs références dans [29].


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3.3.22 Définition : adaptation


On sait qu'il y a plusieurs types d'adaptation (§ III.8.5.2 et 8.5.5 et § IV.6.3.9
et 6.3.10).
La charge, adaptée au sens de la ligne, ou encore adaptée sans réflexion, corres-
pond à une charge des utilisateurs raccordés au nœud q telle qu'elle puisse être repré-
sentée par trois impédances Zc en étoile. C'est la marche à puissance naturelle traitée
au paragraphe 3.3.19. Elle est proche des fonctionnements normaux.
La charge qui correspondrait à Y adaptation conjugée serait composée de trois
impédances capacitives Zut=Ri - ]Xh elle ferait apparaître une tension Uq anorma-
lement élevée Uq = Up ZiIlRi (par exemple 5 Up) en général prohibitive. Si la ligne
est capable de supporter une telle surtension, la charge adaptée conjuguée donne la
plus grande puissance active que l'on puisse tirer au nœud q. Toutefois, la durée d'un
tel régime est limité par réchauffement des conducteurs dû à la surintensité corres-
pondante.

3.4 LIGNE EN REGIME SINUSOÏDAL NON SYMETRIQUE

3.4.1 Introduction
La plupart du temps, les réseaux de transport et de distribution d'énergie électrique
travaillent dans des conditions proches d'une symétrie parfaite. En effet, les trois phases
des alternateurs sont, par construction, symétriques. Les impédances propres et mutuelles
des différentes phases des transformateurs et des lignes aériennes ou souterraines ont des
valeurs approximativement égales. Enfin, les charges sont aussi en général symétriques,
car il s'agit de moteurs asynchrones ou synchrones dont les trois phases sont équilibrées
et de consommateurs monophasés en basse tension qui sont à peu près également répartis
sur les trois phases.
Des cas de déséquilibre existent cependant en régime de fonctionnement normal,
telle la présence dans le réseau d'importants consommateurs monophasés (fours à arc,
chemin de fer monophasé).
En plus, des situations de déséquilibre apparaissent d'une manière accidentelle
dans les réseaux : courts-circuits ou ruptures accidentelles d'une phase d'alternateur ou
d'une phase de la ligne de transport.
On notera qu'une ligne non symétrique fait apparaître des tensions non symétri-
ques pour un système symétrique de courants et réciproquement. Si rien n'est symétrique,
il faut recourir aux équations complètes (§ 3.4.2). Si seul un élément n'est pas symétri-
que, la méthode des composantes symétriques peut présenter de l'intérêt (§ 3.4.3 à
3.4.10).
110 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

3.4.2 Schéma équivalent d'une ligne triphasée courte


Par analogie à ce qui a été vu dans la section 3.2 et compte tenu du modèle de la
figure 3.1, une ligne de longueur /, petite vis-à-vis de λ, (inéquation (3.125)), peut être
remplacée par le multipôle de la figure 3.19.

accès aux jeux de barres ρ accès aux jeux de barres q


ipql C'y 1/2 in R'vl Mil·/ C'i/'l/2 iqpl
ι
^T1 / Q .,
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I "<?1
l
PQ2 R'i-l
K / M'n-l iqp2
ni 2'
JYYTL .I
Up\n ,Up 2 n � \ iM'23'l J_ / M
1
Pd 3 In RyI y y M 33 Ί iqp3
�Γ>Γ>Τ>Γ\�
I
UpZn HT�
Il \ R'n'l
t » ι
ï/n = - ( 1 / 1 + i / 2 + ï / 3 )

Fig. 3.19 Schéma équivalent d'une ligne courte à trois conducteurs de phase et retour par le sol n.

Si la ligne est munie de conducteurs de garde ou d'écrans mis à la terre, on doit


tenir compte de leurs effets (§ 3.2.4).
Si deux ou plusieurs lignes sont montées sur les mêmes supports, ou simplement
voisines, il faut modifier les capacités partielles C\jl en conséquence et tenir compte de
nouvelles inductances mutuelles [30].
Dans la plupart des cas, le schéma équivalent général de la figure 3.19 est inutile-
ment compliqué; il faut donc chercher à simplifier l'étude de la ligne lorsque certaines
symétries sont respectées.

3.4.3 Simplification en fonction de symétries


Dans la mesure où l'on peut prouver que les conditions (3.5 à 3.11) du paragraphe
3.2.1 sont satisfaites, l'étude du fonctionnement non symétrique d'une ligne symétrique
peut être ramenée à la superposition de deux études séparées. Dans ce cas, les équations
(3.3) et (3.4) ne sont pas respectées et on pose :
h +*2+*3 = 3 ι Λ ( χ , 0 A (3.157)
"ΐη+"2«+«3« = 3uh(x,t) V (3.158)
On peut alors décomposer chaque courant et chaque tension en deux composan-
tes, l'une aura l'indice di, l'autre l'indice h (le choix des indices est justifié aux paragra-
phes 3.4.4 et 3.4.5):

h - Hdi + îh
h =
hdi + ih (3.159)
h = hdi + ih
MODÈLES DES LIGNES 111

"in = "idi+Uh (3:160)


"3n = U3di+Uh

Il est évident que les courants et les tensions d'indice di répondent aux conditions
(3.3) et (3.4) du paragraphe 3.2.1, de sorte qu'en utilisant les valeurs cycliques de R' L' C'
et G ' définies par (3.12) à (3.15), les équations (3.16), (3.17) et (3.18) restent valables
pour les composantes de courant et de tension d'indice di.
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Par contre, pour les courants et les tensions d'indice h, le calcul doit être repris à
la base. La lecture du modèle de la figure 3.1, avec conducteur No 4 supprimé ou incor-
poré à n, selon le paragraphe 3.2.4, permet d'écrire les équations suivantes :

- ^ = (R\+3Rn)in + (M\1+M\2+M'l3)-^L V/m (3.161)


OX Ot
ai h , ouh
—Γ = ( G n ) ^ + ( C 1 1 ) � * � A/m (3.162)
OX Ot

On retrouve un schéma équivalent similaire à celui de la figure 3.2, mais cette fois
avec de nouvelles valeurs de R', L\ C' et G\ à savoir:

R'h = R\ + 3Rn Ω/m (3.163)


Ln = M'n +2M'23 H/m (3.164)
Cn = C11 F/m (3.165)
G'h = G'n S/m (3.166)

On notera que ces valeurs ne correspondent, ni aux valeurs cycliques du paragra-


phe 3.2.1, ni à celles de la marche en monophasé selon le paragraphe 3.2.3. On en déduit
les inéquations suivantes pour les lignes aériennes :

Ix
h ^ lx
mono >R' Ω/m (3.167)
T' ^> T ' >L' H/m (3.168)
J^n ^ ^1 m o n o

F/m (3.169)
C n *\ C mono
<c
^7Zi ^ ^*mono <G' S/m (3.170)

Il en résulte que, par comparaison avec (3.25) à (3.28) :

\R'h+]ù)L'h\ = \Zn\>\Z'\ Ω/m (3.171)


i G ^ + j c o C j J = \Y'h\<\Y'\ S/m (3.172)
1
ΙΤ/J = WZ'hXh\>h\ m" (3.173)

IcH = \\—, > le Ω (3.174)


' Xh
Pour les câbles à gaines transposées, il peut arriver que Ln < L' [28].
112 ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

3.4.4 Définitions; utilisation des composantes directes, inverses et homopolaires


On sait que trois courants sinusoïdaux de même pulsation mais de phases rela-
tives et de valeurs efficaces quelconques peuvent toujours être considérés comme la
superposition de trois systèmes direct, inverse et homopolaire ( § 1 . 9.6.5). Voir égale-
ment [31-33].
Il en est de même de trois tensions sinusoïdales de même pulsation. Or on peut
démontrer que dans une ligne symétrique répondant aux conditions (3.5) à (3.11),
trois courants homopolaires n'engendrent que des différences de tensions homopolaires
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et réciproquement. De même, trois courants directs (inverses) n'engendrent que des


différences de tensions directes (inverses).
L'étude d'une ligne triphasée symétrique peut alors être décomposée en trois
études séparées :
• une étude des relations entre les composantes directes de tensions et de cou-
rants utilisant les caractéristiques cycliques globales Zx et Yx (§ 3.3.3);
• une étude des relations entre les composantes inverses de tensions utilisent les
mêmes caractéristiques Zx et Yx\
• une étude des relations entre composantes homopolaires de tensions et de cou-
rants utilisant Y impédance linéique homopolaire Z'h (3.171) et Yadmittance
linéique homopolaire Y'h (3.172).
Pour l'étude des composantes directes et inverses, il n'y a rien de nouveau par
rapport aux sections 3.2 et 3.3.
Pour l'étude des composantes homopolaires, on doit encore ajouter les notions
d'impédance homopolaire longitudinale Zlh et d'admittance homopolaire longitudi-
nale YXh, ainsi que celle Yadmittance homopolaire transversale Yxh et d'impédance
homopolaire transversale Zxh :
r
ih = Zlh = Zch sinh(T„ /) = Zhl Ω (3.175)
r 1
th = Zfn = 2Z;l tanh(2„ //2) s Y'hl S (3.176)

3.4.5 Rappel des formules de passage aux composantes directes, inverses et


homopolaires
En désignant par a l'opérateur de rotation défini par la relation suivante :
a = eJ 2 "/ 3 1 (3.177)
Les relations permettant de calculer les composantes directe Idi inverse /,· et
homopolaire Zh du courant Z1 dans la première phase sont données par :
IA Jl a an /I1X

T, J = - 1 a2 a · /2 A (3.178)

Inversement, pour retrouver les courants dans les trois phases on a :

I2 \ = I a 2 a 1 ) · ( Li ) A (3.179)
2
v/3/ \a a l/ \/h/
MODÈLES DES LIGNES 113

Pour simplifier les notations, on introduit la matrice de transposition (T) définie par :
/1 1 IX
2
(Γ) = I a a 1 1 (3.180)
2
\a a l/
En notation matricielle, les équations (3.178) et (3.179) deviennent:
(léiH) = ( Z T - ( Z i 2 3 ) A (3.181)
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et
A
(Zm) = (I)-G**) (3-182)
Les mêmes relations existent pour les tensions :
(UdH) = (Ir1-(U123) V (3.183)
Wn3) = (I) -(UdIh) V (3.184)

3.4.6 Calcul des puissances. Règle de séparation des composantes


En utilisant et résumant les relations (1.31), (1.32) et (1.33), on peut écrire :
S = U1nIt + U2nIt + U3nIt VA (3.185)
En remplaçant courants et tensions par leurs valeurs exprimées en composantes
directes, inverses et homopolaires tirées de (3.182) et (3.184), on trouve finalement :
S = 3UdI% + 3UtIf + 3Un Lh VA (3.186)
Au cours de ces calculs, il faut tenir compte des propriétés particulières de l'opé-
rateur rotation a, notamment des relations a* = a 2 ; a 3 = 1 ; a 4 = a; 1 + a 4- a 2 = 0, etc.,
qui sont immédiatement démontrables à partir de la définition (3.177).
On en tire la règle suivante : pour calculer la puissance complexe S, (active P),
(réactive Q) d'un système triphasé non symétrique, on peut soit la calculer séparément
pour chaque phase selon (3.185), soit calculer séparément la composante directe, la
composante inverse et la composante homopolaire selon (3.186). Le produit d'une
composante de tension par une composante de courant d'un autre type ne correspond
à aucun transfert de puissance active ni réactive.
Pour la puissance apparente S, on a