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TITRE II : La responsabilité pénale

Une fois que le juge a constaté qu'une infraction est bien caractérisée dans ses différents
éléments, il va devoir déterminer les personnes pénalement responsables. Cependant, certaines
circonstances particulières peuvent modifier les conditions de la mise en jeu de la responsabilité
pénale soit en la faisant disparaître soit en l'atténuant.

Sous-titre 1 : L'engagement de la responsabilité pénale

Du pdvue des personnes, traditionnellement, il n'était possible que d'engager la responsabilité des
personnes physiques. Auj, avec nv code pénal, aussi possible pour les personnes morales. Ensuite
du pdvue des principes, normalement seul celui qui a personnellement participé à la réalisation
de l'infraction peut ê déclaré responsable. Il peut l'être en tant qu'auteur mais aussi en tant que
complice. Le principe de la responsabilité du fait personnel. Cependant, existe hypothèse
spéciale dans laquelle la responsabilité pénale pourra ê recherchée du fait des agissements d'une
autre personne (responsabilité pénale du chef d'entreprise).

Chapitre 1 La responsabilité pénale des personnes physiques

Section 1 : La responsabilité pénale du fait personnel

En droit pénal français, le principe de la responsabilité personnelle, qu'il faut associer à un autre
principe qui est le principe de la personnalité des peines, est un principe fondamental. Il signifie
que seule la personne qui a commis l'infraction doit ê déclarée responsable et subir les
peines prononcées contre elle. Ce principe exclu toute responsabilité pénale du seul fait d'autrui
en particulier les parents d'un mineur qui serait l'auteur de violences ne seront pas eux-mêmes
déclarés responsables. Contrairement à ce qui se passe en civil, où les parents sont civilement
responsables du fait de leur enfant. Ce principe figure à l'art 121-1 du CP « Nul n'est responsable
pénalement que de son propre fait ».

Para 1/ La réalisation solitaire de l'infraction

Art 121-4 CP « Est auteur de l'infraction la personne qui :


1° Commet les faits incriminés
2° Tente de commettre un crime ou dans les cas prévus par la loi un délit. »
On peut donc être auteur d'une infraction consommée et tentée
Dans la plupart des infractions, l'auteur sera matériel càd qu'il aura réaliser matériellement
l'infraction. L'auteur pourra ê seulement l'auteur intellectuel ou moral exceptionnellement (le
cerveau de l'opération), mais il faut que le texte d'incrimination sanctionne clairement le
comportement consistant à donner des ordres ou des instructions à un tiers en vue de
l'accomplissement de l'acte. Dans ce cas, au lieu d'ê considéré comme un complice par
instruction, cette personne sera qualifiée d'auteur soit pour refléter la réalité criminelle soit
aggraver la répression.
Ex : génocide art 211-1 CP « le fait en exécution d'un plan concerté tendant à la destruction
totale ou partielle d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux ou d'un groupe déterminé à
partir de tout autre critère arbitraire de commettre ou de faire commettre à l'encontre des
membres de ce groupe ».
Dans certains cas, la loi va sanctionner plus sévèrement l'auteur intellectuel de l'infraction en
prenant en considération sa particulière dangerosité dans l'entreprise criminelle. Par ex : l'art
222-34 CP vise celui qui dirige ou organise un groupement ayant pr objet le trafic de stupéfiants
sera plus lourdement sanctionné que les simples exécutants → réclusion criminelle à perpétuité
et amende de 1 700 000€. Autre ex : art 421-6 CP qui vise le fait de diriger ou d'organiser une
association de malfaiteurs terroristes passible de la réclusion criminelle à perpétuité et 500 000€
d'amende. Alors que le fait de participer à une telle association est passible de 30 ans de
réclusion et 450 000€ d'amende.

Para 2/ La participation plurale à l'infraction

Certes l'infraction est souvent le fait d'un individu mais elle peut ê commise par différentes
personnes qui vont participer à la réalisation de l'infraction à des titres et à des degrés divers. Or,
le principe de la responsabilité personnelle s'y oppose. Il est nécessaire de déterminer le rôle
exacte des protagonistes dans la réalisation de l'infraction. La participation peut ê complète ou
partielle.

A- La participation complète des individus à l'infraction

Lorsqu'on est en présence d'une infraction commise à plrs et que certaines personnes participent
de manière complète à la réalisation de l'infraction. Hypothèse d'une infraction commise
collectivement. On pourrait parler d'un crime de foule. Cependant, dans ce cas, peu importe que
ces personnes qui ont agit collectivement ait eu ou non un comportement concerté car cela ne va
pas changer leur situation pénale (sauf disposition spéciale) chaque participant ne verra sa
responsabilité pénale engagée à titre personnel qu'en raison des actes qu'il a
personnellement commis.

1° L'action commune du groupe :


Lorsque plrs personnes ont participé à la commission d'une infraction, il peut parfois ê difficile
de déterminer qui a fait quoi. Dans cette hypothèse, le juge va parfois comme solution qualifier
de coauteur l'ensemble des membres du groupe incriminé sans rechercher précisément leur part
respective de responsabilité. L'infraction est appréciée dans son ensemble mais ce qui compte
c'est la participation effective à l'action commune. On est en présence de coauteur quand
chacune des personnes à personnellement commis les éléments constitutifs de l'infraction. La
responsabilité pénale est purement personnelle puisque la responsabilité de l'un des coauteurs ne
dépend pas de celle de l'autre (pas d'infraction pénale collective). L'intérêt d'utiliser la notion de
coauteur pour ne pas ê contraint des règles de la complicité. En pratique, c'est en matière
d'infraction intentionnelle que l'on va retenir : le juge peut considérer que chacun des auteurs ou
des coauteurs a pris volontairement part à une même scène de violence. C'est un raisonnement
qui sera suivi en présence de violences collectives volontaires. Cela à condition d'avoir été
identifié.

2° La dangerosité renforcée du groupe :


On peut considérer que l'infraction commise par plrs personnes présente une dangerosité plus
importante. C'est pourquoi le législateur a mis en place une répression spécifique. Il y a 2 cas de
figures à envisager :
– Dans un souci de répression, et pour seulement certaines infractions, la loi prévoit que la
pluralité de participants sera une cause d'aggravation de la peine. Il existe 2 circonstances
aggravantes : la commission de l'infraction en réunion, la formule légale c'est lorsque
l'infraction est commise « par plrs pers agissant en qualité d'auteur ou de complice » par ex art
222-24 CP qui en matière de viol prévoit que le viol commis par plrs agissant en qualité d'auteur
ou de complice est puni de 20 ans de réclusion criminelle & la commission de l'infraction en
bande organisée art 132-71 CP « constitue une bande organisée au sens de la loi tout
groupement formé ou toute entente établie en vue de la préparation caractérisée par un ou plrs
faits matériels d'une ou plrs infractions » ex du vol l'art 311-9 CP prévoit que le vol en bande
organisée est puni de 15 ans de réclusion criminelle et 150 000€ d'amende.
La question posée en JP : distinction entre réunion et bande organisée ? Arrêt ch crim 08/07/2015
considère que la bande organisée suppose la préméditation des infractions et une organisation
structurée entre ces membres. La loi PERBEN a organisé un régime procédural pour les
infractions qui relèvent de la criminalité organisée.
– Dans un souci de prévention, la loi sanctionne parfois les groupements criminels en tant
qu'infraction autonome indépendamment de toute autre infraction. Dans ce cas, la pluralité de
participants peut constituer un élément constitutif de l'infraction. Non seulement dans ce cas la
présence de plrs pers sera nécessaire mais leur participation au groupement interdit devra ê
prouvée. On est en présence d'une infraction collective par nature. A ce titre le CP sanctionne le
complot, le mouvement insurrectionnel ou la participation à une association de malfaiteurs. Il n'y
a pas d'atteinte au principe de la responsabilité individuelle puisque seules pourront ê
condamnées les personnes dont la participation prouvée.

B- La participation partielle à l'infraction

Hypothèse où on se trouve en présence d'une infraction commise à plrs mais certaines pers vont
participer de manière indirecte, momentanée, partielle. Ces personnes sont dans une situation
particulière : on ne peut pas les qualifier de coauteur car elles ne réunissent pas les éléments
constitutifs de l'infraction, pour autant elles n'échapperont pas aux poursuites car il est possible
de sanctionner la participation à une infraction commise par un autre individu, que l'on appellera
l'auteur principal, dans le cadre général de la complicité.

1° Les conditions de la complicité :


Art 121-7 CP
« Est complice d'un crime ou d'un délit la personne qui sciemment, par aide ou assistance, en a
facilité la préparation ou la consommation.
Est également complice la personne qui, par don, promesse, menace, ordre, abus d'autorité ou
de pouvoir aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour la commettre. »
Le droit français va réprimer la complicité sur le fondement de la criminalité d'emprunt.
Autrement dit, l'acte de complicité n'est pas punissable en tant que délit distinct mais l'acte de
complicité emprunte sa criminalité aux faits délictueux commis par l'auteur principal. Par
conséquent il y a plrs conditions pour qu'il y ait complicité : infraction principale commise, le
complice commette certains actes qui sont limitativement énumérés par la loi, caractériser
l'élément moral.

a. La réalisation de l'infraction principale

La complicité ne sera punissable que si le fait principal est lui-même punissable. Il doit s'agir
d'une infraction pénale, l'acte de complicité est forcément un acte accessoire rattaché à un
comportement principal.

A défaut de qualification pénale, celui qui provoque ou aide à commettre un acte qui n'est pas
une infraction ne peut pas ê poursuivi pénalement. C'est une solution qui est apparue choquante
dans certaines situations → le pbl de la provocation ou de l'aide au suicide : le suicide n'étant pas
une infraction, celui qui aide ou provoque une personne à se suicider ne peut pas ê condamné sur
le fondement de la complicité. Ceci a été à l'origine d'un scandale à la suite de la publication d'un
ouvrage Suicide mode d'emploi qui détaillait les différentes méthodes pour se suicider or une
personne dépressive avait demandé à l'un des auteurs des renseignements complémentaires que
l'auteur avait fourni et que la personne a suivi pour mettre fin à ses jours => vide législatif → la
loi est intervenue pour créer une infraction distincte en réprimant l'acte de provocation non
punissable dans le cadre de la complicité = provocation au suicide prévue art 223-13 CP
punissable lorsque la provocation a été suivie du suicide ou d'une tentative de suicide. A côté de
ça, le législateur art 223-14 incrimine la publicité en faveur de produits, objets ou méthodes
préconisés comme moyens de se donner la mort. Même solution en matière de mendicité qui
n'est pas punissable mais la provocation à la mendicité est une infraction autonome punie par art
225-12-5.

Pour que l'on puisse retenir la complicité, l'infraction principale doit ê punissable mais cela ne
signifie pas qu'elle doit ê effectivement punie. On peut dire que l'emprunt de criminalité
concerne le fait principal et non pas la personne de l'auteur des faits. Il faut donc faire la
distinction entre la culpabilité de l'auteur et du complice. Par conséquent le complice peut donc
parfois ê poursuivi seul car il y a des cas de figures dans lesquels l'auteur principal ou les auteurs
principaux ne peuvent pas ê poursuivis. D'abord, on peut imaginer que l'auteur principal ne
puisse pas ê poursuivi pour des raisons matérielles (par ex auteur principal en fuite ou est
inconnu). Arrêt ch crim 28/01/2014 rappelle que selon art 121-6 « il suffit, pour que la complicité
légale existe que le fait principal soit punissable » → affaire de vol en bande organisée mais les
auteurs n'avaient pas pu ê identifiés cela n'a pas empêché de poursuivre pour complicité l'un des
salariés de l'entreprise victime de ces vols alors qu'il avait lui-même reconnu avoir utilisé du
matériel de son employeur. On peut imaginer que l'auteur principal ne puisse pas ê poursuivi
pour des raisons de pur droit (par ex : immunité, amnistie, décès) dans tous ces cas le complice
identifié pourra ê poursuivi tout seul. La même solution pourra ê retenue si auteur principal pas
poursuivi en raison de circonstances personnelles (auteur principal atteint de trouble mental
ayant aboli son discernement). On peut imaginer que l'auteur principal a bénéficié de la
contrainte (équivalent de force majeur en civil) => irresponsable pénalement mais peut
poursuivre le complice. En JP il est arrivé que l'on condamne un complice alors même que
l'auteur principal avait bénéficié d'une relaxe pour défaut d'intention coupable ch crim
08/01/2003 considérant « dès lors que l'existence d'un fait punissable soit ici l'exportation illicite
de stupéfiants a été souverainement constatée par la CA la relaxe en faveur du prévenu principal
pour défaut d'intention coupable n'exclue pas la culpabilité d'un complice » → 2 pers
poursuivies : 1 pour avoir exporté de la cocaïne dissimulée dans la roue de secours de son
véhicule et l'autre pour s'ê rendue complice en mettant l'auteur en rapport avec un fournisseur de
stups et donnant des instructions sur modalités de livraison → auteur principal relaxé pour défaut
d'intention coupable mais complice condamné car parfaite connaissance et avait manipulé
l'auteur de l'infraction. En revanche, même si le fait principal constitue une infraction principale,
le complice doit bénéficier des causes objectives d'irresponsabilités reconnues à l'auteur
principal. Les causes objectives d'irresponsabilités vont faire disparaître l'infraction (pour tout le
monde). Parmi ces causes : ordre de la loi, état de nécessité et légitime défense.

La complicité est en principe punissable si le fait principal est un crime ou un délit. Peut-il y
avoir complicité de contravention ? Art 121-7 nous invite à distinguer suivant la forme de
complicité. Quand il s'agit d'une complicité par aide ou assistance celle-ci n'est généralement pas
punissable puisque l'alinéa 1er vise un crime ou un délit. Une telle complicité ne serait
punissable en matière de contravention que si le règlement en dispose autrement en l'incriminant
expressément. Ex art R623-2 CP en matière de tapage nocturne il est prévu que « le fait de
faciliter sciemment par aide ou assistance la préparation ou la consommation de la contravention
est puni des mêmes peines ». En revanche, quand il s'agit d'une complicité par instigation, celle-
ci est punissable d'une façon générale puisque l'al 2 de l'art 121-7 vise l'infraction.

Le fait principal doit avoir été commis ou tenté (par ex on va ê en présence d'une complicité de
vol ou d'une complicité de tentative de vol). La complicité n'est punissable que si le fait principal
a été entièrement consommé ou si la tentative est elle-même punissable. Par conséquent, on dit
que la tentative de complicité n'est pas punissable. Affaire LACOUR 1962 pbl de l'instigation
non suivie des faits → en pratique parfois la solution retenue des juges de sanctionner mais en
association de malfaiteurs si conditions réunies ch crim 30/04/1996 qui concernait un individu
qui avait été recruté pour commettre contre rémunération un attentat contre l'ancienne petite amie
du commanditaire par jet de vitriol au visage mais l'instigateur avait fourni des croquis de
l'endroit de l'agression, la plaque minéralogique etc mais finalement la pers recrutée avait
renoncé à l'agression => pour sanctionner l'instigateur les juges ont considéré participation à
association de malfaiteurs. Le nv CP aurait pu mais n'a pas intégré la notion d'instigateur de
manière générale. Cela veut dire que auj il n'est tjrs pas possible de sanctionner une pers pour
participation à consommation d'une infraction si infraction principale n'a pas été réalisée. Il n'y a
que dans un cas précis c'est le mandat criminel ou l'incitation à commettre un assassinat ou
empoisonnement non suivi des faits (art 221-5-1 CP).


Parfois dans certaines situations limitées, la loi va prévoir de sanctionner comme l'infraction
autonome une provocation même non suivie des faits. Loi Perben
Cette façon de procéder va permettre de contourner la difficulté lié au fait que tentative de
complicité n'est pas punissable. Le législateur parfois va même ériger en délit distinct certains
actes de complicité d'une infraction donnée puis va sanctionner la tentative de ce délit distinct →
cas de la connivence à évasion érigé en délit distinct art 434-32.
Ce qui est sanctionné dans ce texte le fait par toute personne de procurer à un détenu tout moyen
de se soustraire à la garde à laquelle il était soumis , cela revient à sanctionner un cas de
complicité ou assistance. Dans le code pénal art 434-36 le législateur prévoit de sanctionner la
tentative de cette infraction (tentative de connivence à évasion).
Par conséquent, lorsqu'on poursuis un prévenu pour complicité de tentative de connivence à
évasion , c'est comme si on le poursuivait pour complicité de tentative de complicité d'évasion.

Connivence à évasion = revient à sanctionner cas complicité par aide ou assistance

Si poursuis pour tentative connivence à évasion → comme si poursuivait pour tentative de complic
par aide ou assistance.

Si complicité de tentative de connivence à évasion → complicité de tentative de complicité par aid


assistance.

La complicité de tentative est punissable mais pour cela il faut que la tentative soit elle même
punissable. Condition punissable → un commencement d'exécution + désistement involontaire.
Par conséquent si il y a eu qu'un acte préparatoire ou désistement de la part de l'auteur est
volontaire, condition tentative pas remplie donc si pas tentative complice peut pas non plus être
puni.
Arrêt ch crim 6 sept 2000 → employeur qui a été condamné pour complicité de tentative
d'escroquerie au jugement. Il y avait une enquête sur une épidémie d'élevage et l'employeur
voulait tromper l'expert judiciaire chargé de trouver l'origine de l'épidémie. Par conséquent
l'employeur avait donné des instructions précisent à l'un de ses salariés et demandé de procéder à
des substitutions d'étiquettes sur différent lot pour faire perdre trace.
Dans cette affaire l'auteur principal est le salarié puisque c'est lui qui a fait tentative et employeur
est complice par instigation.

Il faut qu'il y ai un lien de rattachement entre le fait principal et le fait de complicité. La plupart
du temps pas de problème il y a bien un lien de rattachement entre infraction principal et fait du
complice, le plus souvent on sera en présence d'une complicité directe.
Cependant, il y a des cas où la complicité est indirecte, ce pose la question de savoir si la
complicité indirecte demeure punissable → oui et on peut distinguer deux cas de figure:
– Le cas de celui qui aide un tiers à aider l'auteur principal, dans ce cas les juges vont
réprimer ce qu'on appelle la complicité de complicité (complicité de second degré). Arrêt du 12
mai 2004 → escroquerie à l'assurance avec complicité de complicité, en l'espèce il s'agissait
d'une employée indélicate qui ajoutait des sinistres fictifs à des dossiers. Les chèques étaient
encaissé par des tiers qui restituait les sommes à l'employée indélicate. Un tiers avait lui même
recruté d'autres personnes pour encaisser les chèques (complice a fait appel à d'autre). Ch crim
va considérer « l'aide ou l'assistance apportée en connaissance de cause à l'auteur de
l'escroquerie, même par l'intermédiaire d'un autre complice, constitue la complicité incriminée
par l'article 121-7»
– Le cas des actes de complicité qui n'ont pas profité à l'auteur principal. Notamment parce
que l'auteur principal a utilisé d'autres moyens. On est en présence d'une complicité inefficace,
elle demeure punissable. La complicité est indifférente au mode d'exécution des instruction
donnée , il suffis que les moyens aient pu servir à la commission de l'infraction et servie dans le
but de facilité la commission. Arrêt ch crim 31 janv 1974 → un détenu alors qu'il était en prison
fait part de son souhait de faire disparaître son beau-frère, il en parle à son co-détenu et celui-ci
accepte la proposition de le tuer. Une fois libéré les deux hommes, ainsi que la femme de la
victime (maîtresse de l'assassin ) vont mettre en place l'assassinat, il était prévu que la victime
sera étranglé mais finalement l'individu pressenti pour commettre l'acte s'impatiente , s'introduit
chez la victime et l'électrocute → peut-on sanctionner le complice ? Oui pour complicité
d'assassinat par instruction.

b. L'énumération des actes de complicité (l'élément matériel)

Il faut respecter le principe de la légalité par conséquent les juges doivent caractériser l'un des
modes de complicité prévu par la loi. La participation à l'infraction principal doit être soit une 1°
aide ou une assistance, soit une 2° instigation.
1° Complicité par aide ou assistance = complicité de collaboration, la différence entre aide et
assistance est que l'assistance suppose la présence du complice sur place. L'aide est matérielle, la
notion d'aide inclus la fourniture de moyens même si ce n'est plus expressément mentionné dans
le texte. Les moyens sont divers → peut ê remise d'une arme, de fausses factures, de véhicule
etc..
Ex: arrêt ch crim 3 mars 1998, affaire qui concerne un détective privé qui avait fourni à une
femme qui voulait capter les conversations téléphoniques de son mari du matériel d'espionnage.
Le détective privé a été condamné pour complicité d'atteinte à la vie privée, épouse elle
condamné pour atteinte à la vie pv.
Ex: arrêt ch crim 14 déc 2010, homme qui va être poursuivi pour homicide involontaire et
complicité de conduite d'un véhicule sans permis. Un individu qui va trouver la mort dans un
accident de la route après avoir perdu le contrôle de son véhicule, or il apparaît que cet individu
n'avait pas le permis de conduire et qu'il conduisait sous l'empire d'un état alcoolique. L'enquête
a établie que la victime sortait d'une soirée très arrosée et que les clés du véhicule lui avait été
remise par son ami organisateur de la soirée. L'ami organisateur sera condamné à 6 mois
d'emprisonnement avec sursit et 2000 euros d'amendes. On a estimait qu'il savait que son
véhicule pouvait servir à une telle conduite sans permis et qu'il avait sciemment facilité une telle
conduite par remise des clés.
On est dans un cas de complicité par aide ou assistance de conduite sans permis.
L'aide est une aide matérielle, l'assistance est personnelle. Le complice pourra neutraliser la
victime , faire le guet.
L'aide ou l'assistance supposent un acte positif, normalement on ne peut pas se contenter d'une
simple abstention. Cependant, la JP considère parfois comme complice un individu passif dont le
rôle aura été déterminant dans la commission de l'infraction. Il faudra que le comportement du
complice ai influencé l'état d'esprit de l'auteur. On pourra retenir complicité individu passif si
entente préalable entre les individus.
Dans le cas contraire, en l'absence d'entente préalable, la réponse est moins évidente. Il faut
distinguer deux cas de figure:
– Si l'individu ne fait qu'assister à l'infraction en ayant aucun rôle actif (comportement
neutre), dans ce cas il ne peut pas être déclaré complice, sous réserve cependant de l'implication
d'une infraction autonome ( ex omission de porter secours ou bien la non dénonciation de crime).
Décision ch accusation de Lyon 28 mars 1997 → jeune fille de 14 ans qui se rend à la
gendarmerie pour déposer plainte pour des abus sexuelles commis par son père depuis 3 ans, sa
mère était informée mais ne lui avait porté aucun secours et avait même assisté à certaines
scènes. Père mis en accusation pour viol aggravé et la mère poursuivi pour non assistance à
personne en danger et complicité de viol ; CA de Lyon va requalifier les faits, ne retient pas
complicité de la mère mais va retenir abandon moral d'enfant mineur. Dans cette affaire mère elle
même sous l'influence de son mari et n'avait pas eu un comportement actif
– Si individu soutient, encourage au moins moralement l'infraction, on sera en présence
d'une abstention participative, la JP peut retenir complicité. 19 mars 1997 individu a été déclaré
complice de violence volontaire car estime qu'il avait facilité la commission de violence entre
des codétenus en s'opposant aux surveillants qui tentaient de faire cesser une bagarre.

Dans certains cas particuliers, la loi peut prévoir que celui qui assiste passivement à la réalisation
de l'infraction sera considéré comme complice alors qu'en raison de ses fonctions il aurait du
intervenir → professionnel du chiffre comme les experts comptables, commissaires aux comptes,
la loi leur impose de faire certaines obligations, ils doivent contrôler. Dans certains cas, leur
inaction pourra être considérée comme une abstention volontaire.
Arrêt ch crim 31 janvier 2007 : expert comptable qui est déclaré complice d'une escroquerie à la
TVA ; les juges vont dire que fictivité des comptes ne pouvait pas échapper à l'expert comptable.

Dernière question qui se pose → du moment où cette aide ou assistance est accordée à l'auteur.
L'aide ou l'assistance doit intervenir avant ou pendant la commission de l'infraction. Par
exception, si cette collaboration est postérieure à la réalisation de l'infraction, elle doit résulter
d'une promesse ou d'un accord antérieur à l'infraction. Par ex : cas de l'individu qui se met
d'accord avec auteur d'un vol pour les attendre au volant d'une voiture pour faciliter la fuite.
Selon la JP constitue une aide ou assistance tout intervention tendant à assurer la fuite de l'auteur
principal dès lors que cette assistance résulte d'un accord antérieur à l'infraction.
En l'absence d'entente préalable, la collaboration qui interviendrait après la réalisation de
l'infraction ne sera pas un acte de complicité. Ex : arrêt ch crim 5 mai 1998, personne qui est en
détention provisoire et extraite de sa cellule pour comparaître devant juge instruction. Dans la
cour du palais de justice, l'individu s'enfuit et trouve refuge dans un garage, il demande au
garagiste de couper ses menottes et téléphoner , le garagiste est poursuivi pour complicité
d'évasion avec violence. CA considère qu'aucun acte de violence n'a été commis. Pas d'acte de
connivence donc intervention du garagiste est postérieure à la fuite donc retient pas complicité.
Mais une telle collaboration peut être réprimée de manière autonome → entrave à l'action de la
justice par ex.

2° Complicité par instigation = elle comprend deux aspects: consiste à provoquer une
infraction ou donner des instructions pour la commettre (par instruction). Dans l'instigation on a
la provocation et l'instruction
La provocation: elle doit correspondre à l'une des formes indiquées par le code pénal , de vague
conseil ne constitue pas. Ex : fait d'encourager un individu a tuer quelqu'un n'est pas de la
provocation. La provocation doit avoir été effectuée par don par ex remise somme argent,
promesse, menace, ordre, abus d'autorité ou de pouvoir. Dans les deux derniers cas, il doit exister
un lien de subordination entre celui qui commet l'infraction et celui qui ordonne de la commettre.
Il faut donc que le donneur d'ordre dispose d'un réel pouvoir/véritable autorité.
Ex: Arrêt ch crim 3 nov 1994 → un gérant d'une société avait donné l'ordre à 4 employés de
récupérer chez une société cliente des marchandises impayées qu'il avait eu l'autorisation de
reprendre mais aussi d'autres fournitures en possession du client qui venaient d'autres
fournisseurs.
Le gérant a été condamné pour complicité de vol (il a donné l'ordre).
Ex: Ch crim 6 juin 2000 → on retient la complicité par instigation du délit de risque causé à
autrui contre le maire d'une commune qui avait ordonné à son chauffeur de franchir un feu rouge.
Chauffeur poursuivi pour risque causé à autrui et maire pour complicité de risque causé à autrui
par instigation et provocation.
Si ordre vient d'une personne sans autorité? Il ne s'agit pas de provocation au sens du texte mais
les solutions retenues ne sont pas toujours les mêmes.
Ex : Arrêt ch crim 21 sept 1994 → homme qui fêtait la naissance de son fils, il a prit sa voiture et
klaxonne. Il y avait dans la voiture un passager et qui avait aperçu une voiture de police avait dit
«fonce voilà les flics», il prend la fuite, franchi deux carrefours et grille 2 feu rouge.
Le complice (passager) était poursuivi pour complicité de refus d'obtempérer, d'abord relaxé par
tribunal correctionnel, en appel cette décision est infirmée, on va considérer que l'ordre donné
par le passager au conducteur a bien été à l'origine de l'infraction commise. Pourvoi cass formé,
va censurer l'arrêt de condamnation. Considère que juge n'ont pas caractérisé l'un des modes de
complicité punissable → pas retenue.
Arrêt 18 mars 2003, véhicule force un barrage de gendarmerie, contraignant le gendarme
qui s’apprêtait à sortir pour le contrôle, a fermé sa portière → complicité par provocation de
violence avec arme sur agent de la force publique car donné ordre de pas s'arrêter.
La provocation doit aussi être personnelle, doit être adressée à une personne déterminée. Ex si
dans un journal personne donne astuce pour frauder le fisc mais sans précision on va pas la
condamner pour complicité. La provocation doit être directe et son objet doit être de provoquer
à la commission de l'infraction

A côté de la provocation il y a la complicité par l'instruction → il y a des conditions:


– Il doit s'agir de renseignement ou d'indication destinés à faciliter la réalisation de
l'infraction (ex: info sur habitude victime) Arrêt CA Aix-en-Provence 28 sept 1994 président
d'un office HLM qui avait donné son accord à la mise en place d'un groupe de choc chargé
d'entrer par effraction au domicile des locataires qui n'avaient pas payer loyer (change serrure et
enlève meuble). Pour cela il avait fourni une liste de ces locataires, et déclaré coupable de
complicité de violation de domicile par fourniture d'instruction. Il faut que les instructions
fournies aient une utilité pour l'auteur principal.

c. L'élément moral de la complicité

La complicité suppose une participation intentionnelle à l'infraction. Le texte utilise l'adverbe


«sciemment». Cette notion comporte deux éléments:
– Le complice doit savoir que les actes de l'auteur principal constitue une infraction
pénalement sanctionnée.
– Le complice doit avoir eu la volonté de s'associer à la commission de l'infraction.
L'acte de complicité doit être accompli en connaissance de cause, d'où une question posée par
l'arrêt du 13 sept 2016 de savoir si on peut être complice volontairement d'une infraction non
intentionnelle → complicité blessure par imprudence du médecin.
Le complice doit nécessairement avoir une intention de s'associer et quelque soit le mode de
complicité.
Le médecin a pris un risque qu'un jour le dommage survienne car il n'était jamais présent lors des
séances d'épilations au laser, formule assez ambigu dans l'arrêt juge ont retenu violation d'une
obligation particulière de sécurité.
La détermination de l'élément moral peut poser problème, parfois il peut exister une discordance
entre l'intention de l'auteur principale et celle du complice. Il peut arriver que l'acte réalisé par
l'auteur principal soit plus grave que celui prévu par le complice.
Pour punir le complice, on va tenir compte du degré de discordance entre l'infraction voulue par
le complice et celle commise par l'auteur. Deux hypothèses:
1°Soit la discordance est mineur:
2°Soit la discordance est totales

1° le complice reste punissable quand l'infraction commise correspond à celle qui avait été
envisagée. Ex: un assassinat. Peu importe que cet assassinat soit exécuté par électrocution ou
strangulation. La solution est la même si l'infraction commise est finalement assortie de
circonstances aggravantes réelles, même si le complice ne les a pas voulu (ex vol avec violence,
s'associe pour vol mais vol dégénère, il sera complice de vol aggravé).
2° la discordance est totale, le complice ne sera pas punissable lorsque l'auteur principal commet
une infraction qui ne correspond pas du tout à celle à laquelle le complice voulait s'associer. Ex:
arrêt Nicolaï ch crim 13 janv 1955, créancier qui voulait impressionner son débiteur pour qu'il
paye, il avait remis des armes à un individu pour qu'il l'impressionne. Finalement l'individu armé
en se rendant chez le débiteur va finalement se disputer avec le concierge qui menaçait d'avertir
la police et tue le concierge. Question de savoir si on pouvait poursuivre le créancier pour
complicité de meurtre → pas complicité car exercé par individu sans pression extérieure.

2. La répression de la complicité

Au niveau de l'incrimination, on peut dire que le sort du complice est déjà en partie lié à celui de
l'auteur principal. Le complice n'est pas puni quand la disparition de l'infraction principale est
fondée sur une cause objective d'irresponsabilité (ex légitime défense). Cependant, lorsqu'on
parle de complicité on parle d'emprunt de criminalité, on peut dire que ceci permet de concevoir
que le complice puisse être puni quand l'auteur principal bénéficie de ce qu'on appelle une cause
subjective d'irresponsabilité. Complice peut être puni même si auteur principal n'est pas
poursuivi pour des raisons de fait.
On a vu que en matière criminelle, l'acquittement de l'auteur principal n'empêche pas de
poursuivre le complice. Du point de vue de la répression, il faut savoir que les règles ont été
modifié par le nouveau code pénal = Sous l'ancien code pénal, le complice était passible de la
même peine que l'auteur de l'infraction, c'était le système de l'emprunt de pénalité mais il
s'agissait de l'emprunt de la peine encourue et non pas prononcée. Le juge n'était pas obligé de
prononcer la même peine à l'égard des deux personnes, il disposait d'un pouvoir d'appréciation, il
pouvait adapter la peine au rôle joué par chaque personne. La peine pouvait être minimisé si rôle
secondaire ou aggravé si rôle plus important.
Avec le nouveau code pénal = art 121-6 donne les règles de répression: le complice est puni
comme auteur cad que le complice est punis comme s'il avait lui même matériellement commis
le fait principal punissable. Le système retenu n'est plus un système d'emprunt de pénalité mais
d'assimilation du complice à un auteur. Mtn retient responsabilité des personnes morales.

Question de savoir si le complice doit subir les causes d'aggravation de la peine qui frappe
l'auteur principal de l'infraction? Solutions envisagées
Quand circonstances aggravantes réelles ou objectives qui modifie la nature de l'infraction ( un
vol avec violence) dans ce cas le complice encoure les peines aggravées même s'il n'avait pas
voulu que l'infraction se déroule ainsi. La JP considère que le complice encoure la responsabilité
de toute les circonstances qui qualifient l'acte poursuivi. Le complice devait prévoir toute les
qualifications dont le fait était susceptible et en participant à l'infraction il ne pouvait exclure ce
risque.

Deuxième situation quand il existe des circonstances aggravantes personnelles ou subjectives qui
ne modifient pas la nature de l'infraction mais ne s'adresse qu'à l'auteur principal (la récidive), le
complice ne les subis pas.
De la même façon, le complice ne va pas profiter de la diminution de peine liée au fait que
l'auteur principal est un mineur. A l'inverse, le complice peut voir sa peine aggravée par des
circonstances qui lui sont personnelles et qui ne concerne pas l'auteur principal.

Troisième, lorsqu'il existe des circonstances aggravantes mixtes qui modifient la nature de
l'infraction mais en tenant à la personne de son auteur (qualité de fonctionnaire etc..) la JP
antérieure considérait que ces circonstances aggravantes étaient applicable au complice. Ex du
meurtre d'un homme commis par un tiers mais avec la complicité du fils de la victime, à l'origine
l'auteur de l'infraction devait subir la peine liée au meurtre de même que le fils complice
(système emprunt). A l'inverse, si le fils avait lui-même commis le meurtre avec l'aide d'un
complice, il encourait une peine aggravée liée à ce qu'on appelait le parricide de même que le
complice qui pourtant n'avait aucun lien de parenté. Complice d'un meurtre simple mais le
complice d'un parricide encourait la peine capital jusqu'en 1881 peine de mort.

Depuis le nouveau CP, la solution n'est plus la même puisque par une interprétation littérale de
l'art 121-6 on considère que l'aggravation des peines n'est pas applicable au complice puisqu'il
n'encourt plus les mêmes peines que l'auteur principal. L'auteur et le complice vont supporter
chacun de leur côté les conséquences de leur propre fonction. Par conséquent, auj, l'individu qui
est le complice du meurtre de son père va encourir la peine aggravé. A l'inverse, le tiers qui serait
complice du meurtre commis par le fils n'encourt que la peine liée au meurtre simple. Quelle
peine aurait encouru le complice s'il avait été lui-même l'auteur ? La réponse va varier en
fonction du lien de parenté éventuel.

EMPRUNT DE PENALITE

Victime Auteur Complice


tuée 1/3 Fils vict
peines du meurtre simple

Vict Auteur Complice


tuée Fils vict 1/3
peines du paricide

NOUVEAU CODE PENAL

Vict Auteur Complice


tuée 1/3 Fils vict
peine meurtre peine aggravée
simple

Vict Auteur Complice


tuée Fils vict 1/3
peine aggravée peine simple

Dans l'hypothèse où l'infraction contient parmi ses éléments constitutifs une fonction ou une
qualité particulière de l'auteur principal, la question qui s'est posée est de savoir si le complice
reste quand même pénalement responsable alors qu'il ne possède pas lui-même cette qualité. La
JP a répondu que oui. Arrêt ch crim 7/9/2005 un notaire ainsi qu'un dirigeant d'une société avait
fait l'objet d'une plainte pour faux et usage de faux, en cours de procédure le notaire décède → le
juge d'instruction va constater l'extinction de l'action publique, pour le dirigeant il va considérer
qu'il y a prescription de l'action publique, en appel les juges vont requalifier les faits en retenant
une complicité de faux et usage commis par le notaire mais la CA va estimer que la circonstance
liée à la qualité de l'auteur principal ne s'applique pas au complice, la Cass va casser cette
décision → si un faux ait commis par un notaire dans l'exercice de ses fonctions on est en
présence d'un faux en écriture publique or le faux en écriture publique est un crime et donc la
prescription de l'action publique n'était pas acquise à l'égard du complice
=> confirmation d'une JP qui va étendre les faits d'une circonstance mixte au complice, la
qualité pro va avoir un effet sur le complice

3° Le happy slapping : un cas spécifique de complicité

La pratique du happy slapping consiste à filmer une scène de violence subi par une personne
dans le but de diffuser la vidéo par la suite. Au départ, c'était un jeu. Le législateur est intervenu
pour sanctionner cette pratique c'est la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la
délinquance qui va créer un cas particulier de complicité. C'est un mode spécial de complicité en
dehors des 2 modes traditionnels. Son domaine est limité aux atteintes volontaires à l'intégrité de
la personne et aux agressions sexuelles (ajout du harcèlement sexuel). L'art qui prévoit de
sanctionner c'est l'art 222-33-3 « Est constitutif d'un acte de complicité des atteintes volontaires à
l'intégrité de la personne prévue par les articles 222-1 à 222-14-1 et 222-23 à 222-31 et 222-33 et
est puni des peines prévues par ses articles le fait d'enregistrer sciemment par quelque moyen que
ce soit sur tout support que ce soit des images relatives à la commission de ses infractions ».
L'enregistrement passe par le biais de la complicité.
A côté de l'enregistrement le législateur incrimine spécialement le fait de diffuser
l'enregistrement de ses images → infraction autonome punie de 5 ans d'emprisonnement et 75
000€ d'amende. Celui qui enregistre est considéré comme un complice. L'enregistrement est
punissable et cela même si la vidéo n'est pas diffusée. Au niveau des sanctions il est prévu que
l'auteur de l'enregistrement de la vidéo agression est puni comme s'il avait été l'auteur de
l'infraction principale. Le texte prévoit que le fait d'enregistrer l'agression est puni des mêmes
peines que l'agression elle-même. On pourra aboutir à des sanctions très lourdes puisqu'on pourra
faire varier la répression du complice en fonction de la gravité de l'atteinte subie par la victime.
La sanction peut ê extrêmement lourde pour celui qui se contente de filmer. Le texte précise que
l'enregistrement doit ê réalisé sciemment donc le plus souvent on va surtout imaginer que celui
qui filme va en quelque sorte « adhérer » à l'agression. On peut même imaginer une entente entre
celui qui filme et celui qui agresse. Le texte permet d'aller plus loin et de condamner comme
complice celui qui filme l'agression alors même qu'il n'a aucun lien avec l'agresseur.
Le témoin est aussi visé par le texte qui a le réflexe spontanément de sortir son téléphone
portable pour filmer la scène au lieu de porter secours.
A la fin, in fine, le texte apporte une précision et indique ne pas être applicable lorsque
l'enregistrement ou la diffusion résulte de l'exercice normal d'une profession ayant pour objet
d'informer le public ou est réalisé afin de servir de preuve en justice.