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(F)Rebondissement

Il est nécessaire – même si l’on a marre de l’entendre – répéter une énième fois: nous vivons dans
une époque où tout change d’une vitesse absolue . Faisant la comparaison entre la vie il y a vingt
ans, trente ans, quarante ans: plus on remonte dans le temps, plus les souvenirs se sont embellis lors
des années passées . Plus on veut retrouver les anciens petites choses de nos tous les jours, cela peut
être le chocolat, la boulangerie du coin, les blagues du grand-père ou bien la soupe du dimanche –
plus on va rencontrer une sensation d’y échouer . Je précise: d’être prédestinée à y échouer .

Comme l’on peut bien apercevoir, il est difficile de zapper la fluctuation permanente ce qui touche
évidemment tout les segments de la vie.
Nous les êtres humains sur Terre, nous avons une énorme capacité de créer des attachements envers
pleins de choses . Avoir des sentiments envers les moindres babioles, même envers certains
endroits, ou mots… mais la vie avance, et avancer, cela nécessite quand même des changements.

Il n’y a pas longtemps, je suis tombée sur un sondage sur des réseaux sociaux: <<si vous pouviez
garder un seul mot de la langue Française, cela serait lequel? >> Multiples réponses, par des
utilisateurs de toutes les nationalités, et en plus: presque personne n’a répondu un seul mot mais
plusieurs, ou une petite liste comme s’il n’arrivait pas à choisir. Résultat: le vocabulaire classique a
remporté la victoire – je n’étais même pas surprise.
Pourquoi ?
Car je me rappelle toujours clairement du premier moment où j’ai affronté ce phénomène
<<français des vieux – français des jeunes>> : les spectateurs dans la télé qui utilisaient un français
impeccable. Il s’agissait de deux spectateurs Français, parlant un français sophistiqué, sans faute et
très agréable à écouter. Le même jour plus tard, petite balade dans le centre de Paris, dans le coin
Les Halles ou la jeunesse issue de tous les coins des colonies françaises d’autrefois faisait entendre
ce qu’elle considérait comme leur français. Chez eux, on ne pouvait pas entendre les expressions
bien utilisées mais refaites, les mots traditionnels mais transformées, les phrases bien construites
mais inversées. Je vous avoue, pas mal de mécontentement tournait dans mon cœur : je crois que
cela aurait été pareil chez vous dans une telle situation. Pourquoi étais-je si tourmentée ? Je me suis
demandée si j’étais une vieille dame déjà, qui souhaite, aveuglement, même pas voir et entendre
comment notre chère langue aimée évolue ?
Oui.
Evolution.
L’homme n’est pas le seul avoir change au fil du temps – oui, en vue de l’évolution de l’homme
nous parlons d’un spectre bien plus ample que concernant l’évolution d’une langue - chaque langue
utilisée sur notre planète a connu ce phénomène.
Même dans la vie, si l’on descend chez le boulanger, ou bien, on va au marche pour chercher les
fruits et les légumes : on n’applique pas le même langage dans les situations différentes. Et surtout,
si notre voisin vient du Maroc, il utilise d’un français essentiellement différent du nôtre - et si ce
voisin marocain a deux fils de 12 ans, qui descendent pour voir leurs copains et l’on les entend déjà
se saluer dans la rue – mais en parlant une sorte de verlan-francais-arabe… pas si difficile a
décrypter, il suffit de porter d’attention.
Evolution.
Car cela existe dans la mode, dans le monde de l’intérieur (je ne vais pas jusqu’au haut de gamme,
pensez aux catalogues de IKEA), dans l’architecture, notamment chez les voitures – si a l’époque,
on était reste têtu et ferme face aux nouveautés, on n’aurait jamais eu l’occasion de connaître les
Tesla qui vont dans l’espace.
Notre langue, comme chacune, partout au monde, évolue grâce à la diversité qui la faisait et fait
vivre. Heureusement, la France possède d’un tel ‘’réseau’’ mondial qui fait bouger et changer sa
langue. Une langue est liée à une culture, à son histoire, à des savoirs qui l’entourent. Bien entendu,
le français parlé à la Polynésie ne peut pas être le même comme celui à Paris dans le 5 e
arrondissement, quelle chance ! Et si ces Tahitiens se rendent à Paris, il n’y a aucune raison d’être
contrarie de leur façon de parler français – ils se font comprendre de leur façon, en gardant de leur
langue (et culture) ce qui leur est cher à garder et appliquant de notre français plutôt académique ce
qui leur arrange le coup.
Je ne suis pas en train de dire que l’on doit absolument tout accepter, peu importe son origine et les
changements apportés. Nous sommes tous différents ayant le droit humain de s’exprimer tout
différemment, en toutes circonstances.
Vous savez, nous avons de la chance.
Pour que notre langue soit le sujet des débats, il faut bien que cette langue soit vivante, réputée et
bien : parlée, utilisée. Il y a tant de langues en voie de disparition, même en France (comme le
breton) – si une langue disparaît c'est un partie du patrimoine de l'humanité qui s'effondre. Une
langue reflète aussi une certaine manière de penser et de regarder le monde. Très concrètement
notre façon de considérer les couleurs, le temps ou l'espace est influencée par la langue que nous
parlons.
Alors, préparons-nous aux changements puisque nous avançons vers les temps qui nous en
annoncent beaucoup… et gardons l’œil à cette phrase: Celui qui ose, gagne .
Osez le nouveau, le changement, la diversité .
C’est ça qui vous met des couleurs dans la vie !