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MOOC « Étudiants dyslexiques dans mon amphi : comprendre et aider »

Séquence 5 – Module 4 – Vidéo A

MOOC « Étudiants dyslexiques dans mon amphi : comprendre et aider »


Séquence 5 – Module 4 – Vidéo A
Résultats sur l'attention

AAfin que vous puissiez voir quelles sont les difficultés des étudiants
dyslexiques au quotidien, dans vos cours et pendant les examens,
regardons ensemble les résultats du projet ETUDYS croisant les
analyses statistiques de l’enquête et les résultats du bilan orthophonique
et neuropsychologique.

Concernant la déclaration de handicap auprès des structures adéquates


:

À la question, « êtes-vous déclarer à la mission handicap de votre


établissement ? », 57% ont répondu non.

À la question, « êtes-vous déclaré à la MDPH ? », 80% ont répondu non.

La déclaration ne se révèle donc pas automatique.

Concernant les troubles associés à la dyslexie chez les étudiants :

- 50% des étudiants se déclarent dyslexique et dysorthographique

- 38% se déclarent dyslexique uniquement

- 12% cumulent des troubles des apprentissages, on les appellera


les étudiants multi-dys (par exemple dyslexie et dyspraxie ou
dyslexie et dyscalculie)

Trois profils d’étudiants dyslexiques ayant participé à notre étude se sont


donc dégagés.

Février 2019
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Séquence 5 – Module 4 – Vidéo A

À la question, « Bénéficiez-vous d’aménagement ? », on constate de


réelles différences en fonction des profils : 38% des étudiants
dyslexiques, 70% des étudiants dyslexiques et dysorthographiques et
64% des étudiants multi-dys, ont des aménagements.

Parmi les aménagements proposés on retrouve le plus souvent un


temps majoré.

On retrouvera plus rarement d’autres types d’aménagements tels que la


secrétaire ou la possibilité de passer des examens avec un ordinateur.

Concentrons-nous sur les analyses liées à l’attention.

À la question « Êtes-vous systématiquement gêné par les bruits en cours


- 20% des étudiants dyslexiques sont systématiquement gênés

- contre seulement 4% des étudiants non dyslexiques

De plus, à la question « Ces bruits en cours entravent-ils votre


compréhension du cours ? »

- près de 30% des étudiants dyslexiques déclarent que le bruit


entrave « souvent » leur compréhension

- contre seulement 13% des étudiants non dyslexiques

Précisons bien qu’il s’agit de données subjectives, voyons ce que


donnent les tests, c’est à dire les données objectives.

Pour confirmer ou infirmer ce ressenti, nous avons rapproché ce


sentiment des résultats d’un test de distractibilité du bilan attentionnel.

Février 2019
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Ce test consiste à demander à un individu d’effectuer une tâche simple


et récurrente, tout en l’exposant à des distracteurs.

Par exemple « Vous allez voir apparaître des formes, cliquez sur les
jaunes uniquement ». Du point de vue neuropsychologique, une
personne exagérément perturbée par les bruits est dite distractible.

Ce test confirme que les étudiants dyslexiques sont plus distractibles


que les non dyslexiques. (En présence de distracteurs, les dyslexiques
oublieront d’avantage de cliquer sur les formes jaunes).

Ces données objectives vont bien dans le sens des ressentis relevés par
l’enquête.

Les tests ont révélé chez les étudiants dyslexiques deux autres
particularités attentionnelles assez inattendues :

- Ils sont moins performants lorsqu’il s’agit de maintenir leur


attention dans une tâche simple, monotone et longue, ce qui
traduit un déficit de vigilance.

- Ils ont aussi plus de difficultés à contrôler leur impulsivité, qui les
conduit à répondre avant de réfléchir. L’impulsivité se traduit par
des fausses alarmes, c’est-à-dire que l’étudiant clique alors
qu’aucune forme jaune n’apparaît.

Notons que cette impulsivité n’est pas assez forte pour être
pathologique, mais reste significativement plus marquée que chez les
étudiants non dyslexiques.

Février 2019
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Séquence 5 – Module 4 – Vidéo A

Les résultats du bilan attentionnel montrent donc que le groupe


d’étudiants dyslexiques présente un profil attentionnel particulier.

Ces situations ressemblent finalement à celles rencontrées dans le


contexte universitaire : exercices longs et répétitifs, examens de
plusieurs heures (surtout en cas de temps majoré).

Sans être pathologiques, ces difficultés attentionnelles rendent les


étudiants dyslexiques plus vulnérables s’il faut faire preuve de
concentration dans le bruit, et de maintien de l’attention sans pause.

Retenons que les étudiants dyslexiques montrent :

- Un fonctionnement attentionnel atypique ne relevant pas d’un


Trouble de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH)

- Une distractibilité accrue

- Un faible maintien de l’attention

- Une tendance à l’impulsivité (notamment lors de tâches longues


et monotones)

C’est pourquoi proposer un environnement de cours calme et silencieux


serait bénéfique aux étudiants dyslexiques comme aux autres étudiants.

Pour les aider, conseillez leur de :

- se placer à l’avant de la salle de cours

- ne pas hésiter à se manifester en cas de problèmes

- porter des boules « Quies » lors des examens

Février 2019
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- Enfin, suggérez-leur d’enregistrer les cours, si cela est possible et


autorisé

En effet, cela pourrait compenser les moments où ils omettent de traiter


l’information donnée à cause de l’environnement riche en distracteurs.

Février 2019