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Bilan Thermique été

Réalisé par: Firas Babchia


Destiné pour:
les BTS en Climatisation.

28 octobre 2017

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0.1 Introduction :
Les installations de climatisation utilisées dans les pays tropicaux sont
dimensionnées à partir des méthodes de calcul de bilans thermiques mises
au point pour des climats continentaux c'est à dire, présentant des fortes
variations de température en cours d'année (hiver été) et des taux d'humi-
dité relativement faibles (50 à 60%). En région tropicale humide, les taux
d ?humidité sont élevés (supérieur à 80%) et la température varie peu dans
l'année. On s'aperçoit qu'il est dicile de transposer une méthode de calcul
mise au point à partir des conditions climatiques spéciques d'une région à
l'autre, car cela peut entraîner un certain nombre de problèmes sur les plans
thermiques des enveloppes architecturales, énergétiques et hygrothermiques
dans le bâtiment. Tous ces aspects font que les installations de climatisa-
tion conçues pour les climats tropicaux sont surdimensionnées, entraînant
ainsi une surconsommation électrique dans le domaine du conditionnement
d'air des bâtiments. Ceci justie ce chapitre dont l'objectif est de mettre à
la disposition des bureaux d'étude, des étudiants et des techniciens exerçant
dans le métier de frigoriste, des informations relatives au calcul simplié de
bilan thermique de climatisation adaptée aux climats tropicaux humides, de
transition et sahélien. Ces informations relèvent des valeurs recueillies sur les
diérents sites météorologiques qui feront l'objet de ce travail. Cependant,
pour les villes dont nous n'avions pas ces données nous avons procédé par
calcul en tenant compte des paramètres météorologiques locaux. Aussi, en
fonction de ces zones climatiques les villes indiquées dans le tableau 1 ont
été retenues comme échantillon de cette étude.

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Région climatique Gouvernorats Ville échantillons


RT1 Bizerte Bizerte
RT2 Ariana - Ben Arous - Tunis Tunis
Mannouba - Nabeul - Zaghouan
RT3 Mahdia - Monastir Monastir
Sfax - Sousse
RT4 Gabes - Mednine Djerba
RT5 Béja - Jandouba Jandouba
RT6 Kef - Siliana Siliana
RT7 Kairouan - Kasserine Kairouan
Sidi Bouzid
RT8 Gafsa Gafsa
RT9 Tozeur - Kébelli Tozeur
Tatouine - Délégation
RT10 de Médnine - Délégation Remada
de Matmata
Table 1  Répartition des régions climatique (RT) d'après l'ANME

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Chapitre 1
Cahier des charge pour le
calcul d'un bilan thermique
(CCTP)

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le technicien devra connaître tous les facteurs qui pourront aecter son
évaluation. Des relevés précis, détaillés, complets sont à la base même du bi-
lan. C'est à partir de la connaissance de ces éléments et si le bilan a été étudié
avec soin, que l'on pourra déterminer l'installation la plus économique et la
plus assurante, compte tenu des résultats à obtenir. La prise en compte de
ces diérents paramètres permet d'éviter d'utiliser les coecients de sécurité
lors de l'évaluation des bilans qui sont à l'origine du surdimensionnement des
équipements de climatisation.

1.1 Cahier de charge CCTP :


Nous citons ci-dessous les principaux éléments à prendre en considération.
? Orientation du local pour bilan été : situation des locaux à conditionner
par rapport aux :
- Points cardinaux, géographique (latitude, longitude), climatiques,
- Immeubles voisins produisant de l'ombre,
- Surface rééchissante : eau, sable, parking, etc.
? Plans d'architecture, les détails montrant la structure interne de l'im-
meuble, les croquis à main levée font partie d'un bon relevé,
? Dimensions du local : longueur, largeur, hauteur sous plafond (HSP),
? Matériaux de construction : nature des matériaux, épaisseur des murs, toits,
plafonds, plancher et cloisons, et leur emplacement,
? Couleurs des matériaux : couleurs des murs et du toit,
? Conditions extérieures au local : locaux adjacents conditionnés ou non,
température des locaux non conditionnés, plancher sur sol ou sur vide sani-
taire, ensoleillement maximum du local, condition extérieure de base,
? Conditions à maintenir à l'intérieur du local (température et humidité re-
lative),
? Destination des locaux : bureau, hôpital, boutique, magasin, atelier,
? Fenêtres : dimensions et emplacements, encadrement bois ou métal, type
de vitrage, type de store, dimension des auvents et saillies,
? Portes : emplacement, type, dimension, fréquence des ouvertures,
? Occupants : activités et nombres, durée d'occupation du local,
? Éclairage : type, puissance et durée d'allumage,
? Appareils ménagers, moteurs : emplacement, puissance nominale ; durée de
fonctionnement et coecient de simultanéité,
? Emplacement de l'équipement et réseau de distribution (tracé des canali-
sations d'eau et des gaines d'air).

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1.1.1 Base de donnée climatique :

Les températures sont élevées de juin à septembre (30C au nord, 30 à


40C dans le centre et le sud) et douces le reste de l'année (octobre à mai).
L'ensoleillement est très important (douze heures par jour de juin à sep-
tembre ; sept à huit heures par jour de décembre à février).
Le nord de la Tunisie : Le nord a un climat méditerranéen avec une
saison chaude et une saison douce.
Saison chaude (juin à septembre) : Les températures dépassent 30
C et les pluies sont très faibles ou inexistantes. L'ensoleillement atteint de
douze heures par jour.
Saison douce (octobre à mai) : Les températures oscillent entre 15
et 20C sauf dans les montagnes où elles descendent parfois jusqu'à -5C.
La plaine centrale : La plaine située au centre de la Tunisie a un climat
sec avec une saison chaude et une saison douce.
Saison chaude (juin à septembre) : Les températures dépassent
rarement 30C sur la côte car les vents marins rafraîchissent l'atmosphère
(elles atteignent 35C loin de la mer). L'ensoleillement est important (dix
heures par jour).
Saison douce (octobre à mai) : Les températures oscillent le jour
entre 17 et 20 (elles descendent jusqu'à 7 la nuit en décembre, janvier et
février). L'ensoleillement est important (huit à onze heures par jour).
Le sud de la Tunisie : Le sud a un climat aride avec une saison chaude
et une saison plus douce.
Saison chaude (juin à septembre) : Les températures atteignent
45-50C et l'ensoleillement est très important.
Saison douce (octobre à mai) : Les températures oscillent entre 20C
le jour et 8C la nuit en décembre, janvier et février (les nuits sont parfois
très froides).
La base de donnée climatique est accessible chez l'ANME. Pour notre cas
nous allons prendre l'exemple de la région RT 2.

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Figure 1.1  La plage du confort température/humidité.

Mois de base :

L'évaluation du bilan thermique est basée sur l'estimation des déperdition


(hiver) ou apports (été) externes et internes pendant le mois le plus chaud
appelé mois de base. La Figure 1.1 nous donne le mois de base pour la région
RT 1 Tunis Carthage échantillons.
Condition extérieur de base :

Le bilan thermique de conditionnement d'air doit être déni dans les


conditions extérieures de base. Elles correspondent à des températures sèches
et humides simultanées qui pourront être dépassées pendant quelques heures
par an pour le mois le plus chaud. Le tableau 1.2 nous donne ces conditions
de base pour la région RT 2.

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Figure 1.2  Données climatique de base en hiver pour les locaux à usage
d'habitation et commercial selon l'inertie.

Condition intérieur de base :

Ce sont les conditions normales recommandées pour les applications cou-


rantes en vue du confort thermique dans les bâtiments climatisés.
Des études expérimentales entreprises en climat tropical humide et sec
portant sur des individus légèrement vêtus exerçant une activité sédentaire
dans les conditions ambiantes de leurs bureaux climatisés, ont permis de
déterminer une gamme de température propre au bien être des habitants de
ces pays.

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Figure 1.3  Données climatique de base en été pour les locaux à usage
d'habitation et commercial.

Zone 1 : à éviter vis-à-vis des problèmes de sécheresse.


Zone 2 et 3 : à éviter vis-à-vis des développements de bactéries et de
micro-champignons.
Zone 3 à éviter vis-à-vis des développements d'acariens.
Zone 4 Polygone de confort hygrothermique.

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Figure 1.4  La plage du confort température/humidité.

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Chapitre 2
Evaluation du bilan thermique

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Le calcul du bilan thermique permet de déterminer la puissance de l'ins-


tallation qui pourra répondre aux critères demandés. Ce calcul s'eectuera
à partir des gains réels, c'est à dire au moment où les apports caloriques
atteignent leur maximum dans le local. On distinguera : ? Les gains internes :
ce sont les dégagements de chaleur sensibles ou latents ayant leurs sources à
l'intérieur du local (occupants, éclairage et autres équipements), ? Les gains
externes : ce sont les apports de chaleur sensible dus à l'ensoleillement et à la
conduction à travers les parois extérieures et les toits. Pour pouvoir estimer
ces gains avec une précision susante, il est indispensable de connaître tous
les éléments qui auront une inuence sur le bilan tel qu'elles sont exprimées
dans le cahier de charge.
NB : Si on fait le calcul du bilan thermique été on parle alors des apports
thermiques et on est entrain de préparer un bilan thermique hiver on parlera
alors des déperditions.

2.1 Méthode pour déterminer le bilan ther-


mique
La prise en compte de l'inertie du bâtiment atténue la valeur du maxi-
mum, mais introduit une diculté supplémentaire. Dans le cas d'un bâtiment
non isolé, pour un même type de mur, l'inertie augmente avec l'épaisseur,
alors que le coecient global d'échange (k) diminue en réduisant la consom-
mation énergétique du bâtiment. Dans le cas d'un bâtiment isolé, l'inertie
est faible, le k aussi ; mais l'épaisseur n'inuence pas.
Lorsque l'installation à climatiser ou à chauer a une taille importante et
que cela nécessite de garantir des conditions de fonctionnement précises, le
calcul du bilan doit être coné à un bureau d'étude spécialisé qui eectuera
les calculs soit sous forme manuelle, soit à l'aide d'un programme de cal-
culs informatisés tenant compte bien sûr des conditions climatiques de base
locales.
Dans le cas de locaux d'importance réduite, et pour des applications de
climatisation ou de chauage de confort, on peut faire appel à des méthodes
simpliées qui permettent de présélectionner et donc de chirer une installa-
tion.
2.1.1 Méthode simplifié de calcul des apports :

L'enthalpie de l'air humide est égale à la somme des enthalpies des deux
constituants du mélange d'air sec et de vapeur d'eau. Cette enthalpie résulte
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de la somme des quantités de chaleur sensible de l'air sec, de la vapeur d'eau


et de la chaleur latente de la vapeur d'eau Lv.
Base de calcul

Le point de départ est le choix des conditions atmosphériques (tempéra-


ture et humidité de l'air dénies au tableau 1.3 où l'équipement de climati-
sation sera installé. Dans le cadre des économies d'énergie en climatisation,
il convient d'eectuer ce calcul pour le mois, le jour de l'année et aux heures
pour lesquelles ces charges représentent les moyennes maximales.
Heure de charges de refroidissement maximales dans les
locaux

C'est l'heure pour laquelle tous les calculs du bilan thermique seront
eectués.
Pour déterminer cette heure de charges de réfrigération maximales, nous
devons suivre les étapes énumérées ci-après :
1ère étape : Orienter les locaux pour déterminer la pointe de refroidisse-
ment.
Nous présentons sur la gure 2.1, les 31 types d'orientations possibles
des locaux à climatiser. Cette gure est à utiliser avec le tableau 1.8 qui
précise pour un local donné, le nombre de murs exposés et leurs diérentes
orientations.

2ème étape :Déterminer l'heure de charges de refroidissement maximales


dans les locaux.
Le bilan thermique sera eectué à l'heure où les charges de refroidisse-
ment seront maximales. Cette heure sera déterminée à partir du tableau 1.8
en combinaison avec le tableau 1.14 qui indiquera l'heure d'apport solaire
maximale en fonction de l'exposition des parois du local étudié. Cette heure
de refroidissement devra coïncider avec l'heure des apports solaires maximaux
et les charges internes maximales (maximum de personnes ou fonctionnement
des équipements).
Si les heures d'apports maximaux des charges externes (rayonnement so-
laire) et internes ne coïncident pas, nous devrons choisir l'heure de charges
de réfrigération maximale suivant l'exploitation des locaux.

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Figure 2.1  Type d'orientation à climatiser.

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Orientation Nombre de murs Heures de refroi-


des locaux mur exposés exposés dissement max
1 N
2 NE
3 E
4 1 SE
5 S
6 SO
7 O
8 NO
9 N-E
10 NE-SE
11 E-S
12 SE-SE
13 O-S
14 SO-NO
15 2 O-N
16 NO-NE
17 N-S
18 NE-SO
19 E-O
20 NO-SE
21 N-E-S A déterminer en
22 NE-SO-SE combinaison avec le
23 O-S-E tableau
24 3 NO-SO-SE (rayonnement solaire sur
25 N-O-S les murs et vitrages) et
26 NE-NO-SO l' heure où les charges
27 O-N-E internes sont maximales
28 NO-NE-SE dans le local à climatiser
29 4 N-E-S-O
30 NO-NE-SO-SE
31 Néant
Table 2.1  Orientations des locaux pour déterminer l'heure de réfrigération
maximale

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Calcul des apports calorifiques

Nous présentons ci-dessous une méthode simpliée de calcul permettant


de déterminer les apports caloriques dans un local.
Charges d'apports externes :
- Les apports de chaleur par transmission à travers les parois
extérieures :
QStr = k.S.∆T (2.1)
k : coecient de transmission thermique de la paroi ou du vitrage consi-
déré en W / m2.C (voir Figure 2.2)
S : surface de la paroi ou de la fenêtre considérée (surface totale de la
baie correspondant à la réservation dans le mur) (m2)
∆T : diérence de température entre les deux faces de la paroi considérée
[C]. (voir Figure 2.3)
- Les apports de chaleur par rayonnement solaire à travers les
parois extérieures :
QSrm = α.F.S.Rm (2.2)
α : coecient d'absorption de la paroi recevant le rayonnement. (voir
Figure 2.5)
S : surface de la paroi ou de la fenêtre considérée (m2)
F : facteur de rayonnement solaire.
Rm : rayonnement solaire absorbé sur la surface du mur en W/m2

Le coecient d'absorption "α" dépend de la couleur et de la nature du


mur (tableau 2.5) Le facteur de rayonnement "F" indique la part de chaleur
absorbée par la surface et transmise à travers le mur du local (tableau 2.4).
La valeur du rayonnement solaire "Rm" sur un mur (tableau 1.14 colonne
m) dépend :
? De la latitude sous laquelle le local se trouve,
? De l'orientation du mur,
? De l'heure pour laquelle le calcul sera eectué.

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-Les apport de chaleur par rayonnement solaire sur les vitrages :


La quantité de chaleur traversant le vitrage (Qv) :
QSrv = α.g.S.Rm (2.3)
α : coecient d'absorption du vitrage. (voir Figure 2.3)
S : surface vitré (m2).
g : facteur de réduction (tableau 1.13) est fonction du mode de protection
de la fenêtre contre le rayonnement solaire.
Rv : intensité du rayonnement solaire sur les vitrages W/m2 ; elle est dé-
nie de la même manière que Rm et est donnée par le même tableau 1.14
dans la colonne "v".

-Les apports de chaleur par renouvellement d'air et inltration :


Le renouvellement d'air dans un local climatisé est nécessaire pour des pro-
blèmes hygiéniques. Il se fait en règle générale par la ventilation (naturelle
ou mécanique) des locaux ainsi que par inltration, introduisant de l'air ex-
térieur dans le local climatisé. Il est source d'apport de chaleur sensible et
latent dans le local à conditionner.
-Les apports sensibles par renouvellement d'air :
QSra = 0, 33.qv .(Te − Ti ) (2.4)
Gains latents par renouvellement d'air :
QSra = 0, 84.qv .(xe − xi ) (2.5)
qv : débit d'air extérieur de renouvellement [m3/h].
- Si la ventilation est naturelle, on peut considérer que le renouvellement
d'air est égal à un volume de la pièce par heure (1 vol/h),
- Si la ventilation est mécanique, on relèvera les valeurs dans le tableau
1.15
Te : température extérieure de base (tableau 1.2).
Ti : température intérieure de base (selon le cahier de charge).
xe : teneur en eau de l'air extérieur gve /kgas (d'après le diagramme psy-
chométrique).
xv : teneur en eau de l'air intérieur gve /kgas (d'après le diagramme psy-
chométrique).

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Figure 2.2  Coecients globaux de transmission thermique (K) des parois


(murs-planchers toiture- vitrages-terrasses-portes) en W/m2C.

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Figure 2.3  Diérence de température entre les diérentes faces des parois.

Figure 2.4  Tableau 1.12 Facteur de rayonnement solaire "F".

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Figure 2.5  Coecient d'absorption "α" pour murs, toits et fenêtres.

Figure 2.6  Facteur de réduction "g" pour fenêtres protégées.

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Valeurs du rayonnement solaire des diérentes latitudes et ex-


positions :

Figure 2.7  Latitude 0 et 10.

Figure 2.8  Latitude 20 et 30.

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Figure 2.9  Latitude 35 et 40.

Figure 2.10  Latitude 45 et 50.

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Figure 2.11  Latitude 35 et 40.

Figure 2.12  Latitude 55 et 60.

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Figure 2.13  Latitude 65.

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Figure 2.14  Débit de renouvellement d'air nécessaire dans les locaux cli-
matisés et nombre de personne au m2 par type de locaux.

Charges d'apports internes :


-Apport de chaleur par les occupants : Elle est donnée en fonction
de la température intérieure et du degré d'activités. On distingue deux sortes
des apports générés par les occupants :
Apports sensibles occupants :
QSoc = n.CSoc [W ] (2.6)
Apports latents occupants :
QLoc = n.CLoc [W ] (2.7)
n : nombre d'occupants.
CSoc : chaleur sensible des occupants (W) ; (tableau 2.15)
CLoc :chaleur latente des occupants (W) ; (tableau 2.15)
Les valeurs de la table 2.15 sont valables pour un homme adulte. On devra
minorer les valeurs de ce tableau par les coecients suivants :
? pour les femmes : -20%.
? pour les enfants : -20% à -40%.
? pour un public mixte : -10%.

-Apport de chaleur par éclairage : Il constitue une source de chaleur


sensible et dépend du type de lampe (tableau 2.16) :
Lampe uorescente :
QSecl = 1.25.P [W ] (2.8)
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Lampe uorescente :
QSecl = P [W ] (2.9)
P : puissance de la lampe en (W).
Dans le cas de la lampe uorescente, les 25% supplémentaires représentent
la chaleur dégagée par le ballast électromagnétique.
-Apport de chaleur par les machines et appareillages : La plu-
part des appareils constituent à la fois une source de chaleur sensible et
latente. Le tableau 2.17 donne les apports de chaleur par les machines et
appareillages (QSequip.). Les valeurs de ces tables ont été déterminées d'après
les indications de divers fabricants.
On doit minorer les apports de ces machines et appareillages (par un
coecient de pondération) en fonction de leurs durées de fonctionnement.
On considère par exemple qu'un appareil ne fonctionnant qu'une demi heure
par heure dégage la moitié de sa puissance électrique nominale en apport de
chaleur.

Figure 2.15  Chaleur dégagée par les personnes CSoc et CLoc [W].

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Figure 2.16  Chaleur dégagée par l'éclairage [W].

Figure 2.17  Appareillages électriques et à gaz [W].

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-Les charges thermique totales : Le bilan thermique total (QT ) est


la somme de toutes les charges externes et internes. Il est plus pratique de
faire la somme des charges sensibles (QS ) et latentes (QL). D'où :
QT = QS + QL [W ] (2.10)
-Les charges sensibles totales :
QS = QStr + QSRm + QSRv + QSra + QSoc + QStr + QSecl + QSequip [W ] (2.11)
-Les charges latentes totales :
QL = QLr + QLra + QLoc + QLequip [W ] (2.12)

2.1.2 Puissance du climatiseur et de déshumidifi-


cation

Puissance climatiseur :
La puissance frigorique du climatiseur représente les charges thermiques
totales QT qu'il faut combattre, avec :
QT = QS + QL [W ] (2.13)
La puissance du compresseur est généralement déduite à partir des cata-
logues des constructeurs.
En l'absence de tout catalogue, on peut en première approximation utili-
ser la notion de coecient d'ecacité frigorique ou de performance frigori-
que (COPf roid) dont la formule s'écrit :
COPf roid = Pf /Pa (2.14)
Pf : puissance frigorique [W].
Pa : puissance absorbée [W].
D'où la puissance absorbée par le compresseur :
Pa = Pf /COPf roid (2.15)
Les Coecients de performance des climatiseurs monoblocs et Split sont
de l'ordre de 2 à 2,5.
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Autrement dit, une puissance frigorique de 1 kW au compresseur per-


mettra d'extraire 2 à 2,5 kW de chaleur au local.
Cette approche nous permet d'obtenir un ordre de grandeur appréciable
de la puissance du climatiseur, quitte à l'aner lors de l'étude dénitive.
Puissance de déshumidication :
Dans les bâtiments climatisés en pays tropicaux humides, l'humidité re-
lative intérieure est fortement élevée et varie entre 60% à 70%, avec les tem-
pératures mesurées qui sont comprises entre 20 et 25C.
Malgré ces températures acceptables, certains usagers ont une sensation
d'inconfort thermique suite à la forte humidité relative de l'air. Ces relevés
permettent de comprendre que les climatiseurs n'assurent pas leurs fonctions
de déshumidication de l'air traité mais de refroidissement simple.
Cette situation est due a une mauvaise sélection des climatiseurs en ré-
gion tropicale humide qui dière de celle utilisée en climat tropical sec. En
région tropicale humide, les besoins de climatisation se résument a un re-
froidissement et une déshumidication de l'air contenu dans un local. Pour
cette raison, lors de la sélection du climatiseur, on doit tenir compte de deux
paramètres importants.
? La puissance du climatiseur ou charge calorique totale en Watt.
? La puissance de déshumidication ou chaleur latente totale (équation
2.11) exprimée en Watt ou en kg d'eau/heure (c'est la quantité d'eau pou-
vant être retenue par le climatiseur an d'assurer les conditions de confort
thermique dans le local).
En climat tropical sec, les besoins de climatisation se résument au re-
froidissement de l'air ambiant contenue dans le local. Aussi, la puissance
calorique totale est le paramètre fondamental à calculer pour sélectionner
un climatiseur. Quand la température de rosée de l'air de l'ambiance à cli-
matiser est supérieure à la température de surface de la batterie froide, il y a
condensation de la vapeur d'eau contenue dans cet air, d'où une consomma-
tion supplémentaire dans la mesure où les frigories supplémentaires produites
serviront à l'assèchement indésirable de l'air en climat tropical sec.
Par conséquent, la température d'évaporation sera plus élevée en climat
tropical sec qu'en climat tropical humide.
2.1.3 Évaluation de la puissance souscrire :

Pour déterminer la puissance optimale à souscrire auprès de la compagnie


nationale d'électricité pour un local climatisé, nous devrions eectuer un bilan
de puissance des appareils installés (compresseurs, ventilateurs, pompes) et

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autres appareils électriques. Son calcul fait appel à deux facteurs :


? Facteur d'utilisation Ku : c'est le régime de fonctionnement d'un ré-
cepteur tel que la puissance utilisée soit inférieure à la puissance électrique
nominale installée. Il est déni dans les catalogues constructeurs, la valeur
couramment adoptée pour les climatiseurs est Ku = 1.
? Facteur de simultanéité Ks : tous les récepteurs ne fonctionnement
pas simultanément. C'est pourquoi, il est permis d'appliquer aux diérents
ensembles de récepteurs (ou des circuits) des facteurs de simultanéité. Ce
facteur varie entre 1 et 0,8 en fonction de l'importance de l'installation.
La puissance à souscrire à l'abonnement (Sa) se calcule d'après la formule
suivante :
Sa = Sut [kV A] (2.16)
Sut : puissance disponible.
2
Sut = Pat2 + Q2at (2.17)
Pat : puissance active totale.
Qat : puissance réactive totale.

Pat = Pn .Ks .Ku (2.18)


Qat = Pat .tan(ϕ) (2.19)
Pn = U.I.cos(ϕ) (2.20)
Le cos(ϕ) , appelé facteur de puissance moyen de l'installation à prendre
en compte est celui qui permet d'éviter les pénalités dues à la consommation
de l'énergie réactive. Il est xé par chaque compagnie nationale d'électricité.

2.2 Feuille de calcul du bilan thermique


été :
Il est pratique et plus structuré d'utiliser une feuille de calcul pour déter-
miner les charges thermiques d'un local à climatiser parce que tous les postes
à considérer y sont énumérés.
2.2.1 Utilisation de feuille de calcul :

1re étape : relevé des données.

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Inscrire les informations demandées sur le local (dénies dans le cahier


?
de charge),
? Déterminer les conditions de base ; en déduire d'autres paramètres sur
le diagramme de l'air humide,
? Déterminer les écarts de température et de teneur en eau.

? Déterminer l'heure à laquelle le calcul du bilan sera eectué.


? Déterminer le type de renouvellement d'air et son débit.
? Identier chaque paroi et vitrage du local suivant les orientations sur la
colonne I.
Déterminer les caractéristiques dimensionnelles des parois et vitrages
?
identiées sur la colonne I et II.
? Calculer les surfaces nettes des parois et vitrages : colonne III.
? Calculer les coecients de transmission k ou les déterminer : colonne IV.

? Rechercher les écarts de température entre les diérences surfaces don-


nant soit à l'extérieur, soit dans un local adjacent : colonne V.

2me étape : Calcul des charges.

? Apports par transmission à travers les parois opaques et vitrages,


- Utiliser les colonnes III, IV et V ; appliquer les résultats à la colonne VI.
? Apports dus au rayonnement solaire sur les murs et vitrages,
- Rechercher les apports surfaciques sur les murs et vitrages sur la table,
- Rechercher les coecients α, F et g.
-Utiliser la colonne VII et VIII et l'appliquer à la colonne IX.
? Apports de chaleur sensible par les occupants,
? Apports de chaleur sensible par les appareils électriques.
? Apports de chaleur sensible par les sources diverses.

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? Apports de chaleur sensible par renouvellement d'air.


? Charge calorique sensible totale.
? Apports de chaleur latente par les occupants.
? Apports de chaleur latente par les appareils électriques.
? Apports de chaleur latente par les appareils diverses.
? Apports de chaleur latente par renouvellement d'air.
? Charge calorique latente totale.
? Puissance du climatiseur = Charges calorique totale.
? Puissance de déshumidication du climatiseur = charge calorique la-
tente totale.

2.2.2 exemple d'application :

On se propose de déterminer la puissance de climatisation des bureaux


situés au rez-de-chaussée d'un immeuble. Ces bureaux ont des caractéris-
tiques identiques, et pour cela, on vous demande d'évaluer la puissance de
climatisation d'un seul local.
Les caractéristiques du local sont :
- Murs extérieurs en agglomérés creux de 200 mm avec enduit extérieur
et intérieur au sable, peinture blanche des deux côtés,
- Cloisons en agglomérés creux de 100 mm avec enduit intérieur et exté-
rieur au sable, peinture blanche des deux côtés,
- Plancher en béton de sable de 150 mm avec une chape de ciment, mo-
quette marron au dessus,
- Plafond en béton de sable de 200 mm, couleur blanche des deux côtés,
local non conditionné au-dessus,
- Hauteur sous-plafond : 3 m,
- Porte extérieur en bois de 1.3 m x 2.2 m avec encadrement en bois,
- Porte intérieur en bois de 0.9 m x 2.2 m avec encadrement en bois,
- Porte-fenêtre vitrée coulissante 3 m x 2.2 m encadrement métallique,
- Fenêtre vitrée de hauteur 1,5 m avec encadrement métallique, store
extérieure en toile de couleur écrue (longueurs sur plan architectural).
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- Durée d'éclairage : à apprécier par le maître d'oeuvre,


- Éclairage uorescent : à apprécier par le maître d'oeuvre,
- L'occupation est continue tout le temps.

Figure 2.18  Plan architecturale vue de dessus.

Travail demandé : .
1- Faire le bilan thermique de ce local.
2- En déduire la puissance du climatiseur et la puissance de déshumidi-
cation.
3- Sélectionner sur le catalogue du constructeur X.
4- Déterminer la puissance à souscrire à la compagnie d'électricité.

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2.2.3 Catalogue technique d'un climatiseur simple :

Figure 2.19  Photo du climatiseur sélectionné.

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Figure 2.20  Caractéristique technique du climatiseur sélectionné.

Figure 2.21  les conditions du dimensionnement.

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Figure 2.22  les dimension du climatiseur

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