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Chapitre 2

Suites et limites

2.1 Exercices
1. Calcul des limites I.
n
(a) Calculer lim .
n→+∞ n+2
n2 +1
(b) Calculer lim 2 .
n→+∞ 4n +5

2
(c) Calculer lim n +2 .
n→+∞ 2n

(d) Calculer lim cosn n .
n→+∞

(e) Calculer lim n sin n12 .


n→+∞

(f) Calculer lim n2 cos n12 sin n13 .


n→+∞
sin(n+1)−sin(n−1)
(g) Calculer lim .
n→+∞ cos(n+1)+cos(n−1)
sin(n+1)+sin(n−1)
(h) Calculer lim sin n .
n→+∞

3 2 +1
(i) Calculer lim sin 3 n +n2 .
n→+∞ n +n +1
√ √
2 n2 +4
(j) Calculer lim n +1− 2 .
n→+∞
√ p
(k) Calculer lim ( n2 + 7 − (n + 3)(n + 6)).
n→+∞

(l) Calculer lim n( n4 + 4n + 5 − n2 ).
n→+∞
√ √ √
(m) Calculer lim n( n3 + n − n3 + 1).
n→+∞
3 √
(n) Calculer lim 7nn cos n.
n→+∞
2n
(o) Calculer lim .
n→+∞ n!

(p) Calculer lim 3n e−3n .


n→+∞

(q) Calculer lim (1 + n2 )n .


n→+∞

(r) Calculer lim (1 − n1 )n .


n→+∞

21
CHAPITRE 2. SUITES ET LIMITES 22

1 n
(s) Calculer lim (1 − n2 ) .
n→+∞

(t) Calculer lim n3 (1 − cos n1 ) sin n1 .


n→+∞

2. Calcul des limites II.


1
(a) Calculer en fonction de x ∈ R : lim 2 2.
n→+∞ 1+n x
1−n2 x3
(b) Calculer en fonction de x ∈ R : lim 2 2.
n→+∞ 1+n x
 2
xn −1
(c) Calculer en fonction de x ∈ R, x 6= −1 : lim xn +1 .
n→+∞
√ √
(d) Calculer en fonction de x > 0 : lim n( n x − 1).
n→+∞

3. Convergence I*. Soit (xn ) une suite convergente et (yn ) la suite définie
par yn = xn+1 − xn . Montrer à l’aide de la définition d’une suite conver-
gente que la suite (yn ) converge et donner sa limite.

4. Convergence II*. Donner un exemple d’une suite (xn ) telle que la suite
(yn ) définie par yn = xn+1 − xn converge vers 0 mais la suite (xn ) est
divergente.

5. Nonexistence d’une limite*. Montrer que lim sin n n’existe pas.


n→+∞
6. Suite géométrique. Soit (xn ) la suite définie par la xn+1 = qxn et x0 = a
où a et q sont réels. Montrer que xn = aq n pour tout n ∈ N.

7. Une suite majorée par une suite géométrique. Soit (xn )n∈N une
suite telle que pour tout entier naturel n

|xn+1 | ≤ q|xn |

pour une constante q ∈]0, 1[. Montrer par récurrence que pour tout entier
naturel n
|xn | ≤ q n |x0 |.
En déduire que (xn ) converge et donner sa limite.

8. Suites récurrentes nonlinéaires I.


(a) Calculer la limite de la suite (xn ) définie par
1
xn+1 = (3xn + 1), x0 = 0
4

(b) Calculer la limite de la suite (xn ) définie par


1
xn+1 = (xn + 4), x0 = 0
4
CHAPITRE 2. SUITES ET LIMITES 23

(c) Calculer la limite de la suite (xn ) définie par


xn + 1
xn+1 = , x0 = 1
3xn + 1

(d) Calculer la limite de la suite (xn ) définie par


1
xn+1 = , x0 = 0
1 + xn

(e) Calculer la limite de la suite (xn ) définie par



xn+1 = 3xn , x0 = 1

9. Suites récurrentes linéaires d’ordre 2.


(a) Calculer la limite de la suite (xn ) définie par
1
xn+1 = (xn + xn−1 ), x0 = 0, x1 = 1
2

(b) Calculer la limite de la suite (xn ) définie par


1
xn+1 = (5xn − xn−1 ), x0 = 0, x1 = 1
4

(c) Montrer que la suite (xn ) définie par

xn+1 = 5xn − 4xn−1 , x0 = 0, x1 = 1

est divergente.

10. Récurrence logistique - la route vers le chaos. On considère la suite


(xn ) définie par

xn+1 = µxn (1 − xn ), x0 ∈ [0, 1]

pour un paramètre µ ∈]0, 4]. Montrer que xn ∈ [0, 1] pour tout n ∈ N.


(a) Exemple µ = 1. Montrer que pour tout x0 ∈ [0, 1]

lim xn = 0.
n→+∞

(b) Exemple µ = 2. Montrer que pour tout x0 ∈ [0, 1] la suite (xn ) est
donnée par
1 1 n
xn = − (1 − 2x0 )2 .
2 2
Montrer ensuite que pour tout x0 ∈]0, 1[
1
lim xn = .
n→+∞ 2
CHAPITRE 2. SUITES ET LIMITES 24

(c) Exemple µ = 4. On définit θ0 par x0 = sin2 θ0 . Montrer que pour


tout x0 ∈ [0, 1]

xn = sin2 (2n θ0 ).
π
Calculer lim xn pour tout θ0 de la forme θ0 = 2k
et k ∈ N.
n→+∞
π
Calculer lim xn pour tout θ0 de la forme θ0 = 3·2k
et k ∈ N.
n→+∞
Donner la suite (xn ) si x0 = sin2 π5 , i.e. θ0 = π5 .
Facultatif pour voir plus : Etudier numériquement le comportement
de xn pour d’autres conditions initiales x0 .

2.2 Corrigés
1. Calcul des limites.
n
(a) lim n+2 = 1.
n→+∞
2
(b) lim n 2+1 = 41 .
n→+∞ 4n +5
√ √
2 n 2+2/n2
(c) lim n2n+2 = lim 2n = 12 .
n→+∞ n→+∞

cos n
(d) lim n = 0.
n→+∞
(e) lim n sin n12 = 0 car 0 ≤ sin n1 ≤ 1
n.
n→+∞
(f) lim n2 cos n12 sin n13 = 0.
n→+∞

(g) lim sin(n+1)−sin(n−1) = lim 22 cos


cos n sin 1
n cos 1 = tan 1.
n→+∞ cos(n+1)+cos(n−1) n→+∞

(h) lim sin(n+1)+sin(n−1)


sin n = lim 2 sinsinn ncos 1 = 2 cos 1.
n→+∞ n→+∞

sin n3 +n2 +1
(i) lim 3 2 = 0.
n→+∞ n +n +1
√ √
2 n2 +4 −3√
(j) lim n +1− 2 = lim 2(√n2 +1+ n2 +4)
= 0.
n→+∞ n→+∞
√ p
(k) lim ( n2 + 7 − (n + 3)(n + 6)) = − 92 .
n→+∞

(l) lim n( n4 + 4n + 5 − n2 ) = 2.
n→+∞
√ √ √
(m) lim n( n3 + n − n3 + 1) = 12 .
n→+∞
3 √
(n) lim 7nn cos n = 0.
n→+∞
n
(o) lim 2 = 0.
n→+∞ n!
(p) lim 3n e−3n = 0.
n→+∞
(q) lim (1 + n2 )n = lim (1 + n1 )n (1 + n+11 n+1
)n+1 n+2 = e2 .
n→+∞ n→+∞
(r) lim (1 − n1 )n = lim n−1 1
1
1
n−1 = e .
n→+∞ n→+∞ n (1+ n−1 )
(s) lim (1 − n12 )n = lim (1 − n1 )n (1 + n1 )n = 1.
n→+∞ n→+∞
(t) lim n3 (1 − cos n1 ) sin n1 = 12 .
n→+∞
CHAPITRE 2. SUITES ET LIMITES 25

Corrigé. Nous utilisons le fait que

1 sin n1 sin x
lim n sin = lim = lim = 1.
n→+∞ n n→+∞ n1 x→0 x

et
1
lim cos =1
n→+∞ n
Pour transformer (1 − cos n1 ) il y a deux possibilités. Soit on écrit

1 1 − cos2 n1 sin2 n1
1 − cos = =
n 1 + cos n1 1 + cos n1
soit on utilise l’identité
1 1 1
1 − cos = cos 0 − cos = 2 sin2 ( ).
n n 2n
Avec le premier résultat nous avons

1 1 sin2 n1 1
lim n3 (1 − cos ) sin = lim n3 sin
n→+∞ n n n→+∞ 1 + cos n1 n
n3 sin3 n1
= lim
n→+∞ 1 + cos 1
n
1 1
= = .
1+1 2
Si on utilise la deuxième identité on a
1 1 1 1
lim n3 (1 − cos ) sin = lim n3 2 sin2 ( ) sin
n→+∞ n n n→+∞ 2n n
1 1 1
= lim (2n)3 sin3 ( ) cos
2 n→+∞ 2n 2n
1
= .
2

2. Calcul des limites II.


1 1
(a) Pour tout x 6= 0 : lim 2 2 = 0. Si x = 0, alors lim 2 2 =1
n→+∞ 1+n x n→+∞ 1+n x
2 3 2 3
1−n x 1−n x
(b) Pour tout x 6= 0 : lim 2 2 = −x. Si x = 0, alors lim 2 2 =
n→+∞ 1+n x n→+∞ 1+n x
1
 2
xn −1
(c) Pour tout x ∈ R, x 6= −1, 1 : lim xn +1 = 1. Si x = 1 la limite
n→+∞
vaut 0.
√ √
(d) Pour tout x > 0 : lim n( n x − 1) = 0 (voir ch. 2.3 du cours).
n→+∞
CHAPITRE 2. SUITES ET LIMITES 26

3. Convergence I*. Soit x la limite de la suite (xn ). Pour tout  > 0 il


existe un nombre naturel N tel que |xn − x| <  pour tout n ≥ N . Par
conséquent pour tout n ≥ N on a

|yn | = |xn+1 − x + x − xn | ≤ |xn+1 − x| + |x − xn | < 2.

Ceci dit que pour tout  > 0 il existe un nombre naturel N tel que |yn | < 2
pour tout n ≥ N . Donc
lim yn = 0.
n→+∞


4. Convergence II*. xn = n.

5. Nonexistence d’une limite*. Supposons que lim sin n existe. Alors


n→+∞
par l’exercice 3,

sin(n + 1) − sin(n − 1) = 2 cos n sin 1

converge vers 0. Donc lim cos n = 0 et par l’exercice 3


n→+∞

cos(n + 1) − cos(n − 1) = −2 sin n sin 1

converge vers 0. Noter que sin 1 6= 0. Par conséquent, sin n et cos n converge
vers 0. Ceci est impossible car

sin2 n + cos2 n = 1

pour tout n. Donc l’hypothèse que lim sin n existe est fausse.
n→+∞
6. Suite géométrique. Pour n = 0 la relation est vraie. Si xn = aq n , alors
par la relation récurrente pour xn nous avons

xn+1 = qxn = qaq n = aq n+1 .q.e.d.

7. Une suite majorée par une suite géométrique. Pour n = 0 l’inégalité


|xn | ≤ q n |x0 | est vraie. Si pour un entier naturel n, |xn | ≤ q n |x0 |, alors

|xn+1 | ≤ q|xn | ≤ q · q n |x0 | = q n+1 |x0 |.

Par le théorème de deux gendarmes la suite des |xn | (et donc la suite des
xn par la règle 2.4) converge vers 0 (les gendarmes sont les suites un = 0
et vn = q n |x0 |).

8. Suites récurrentes nonlinéaires I. Dans chaque cas il faut d’bord


démontrer la convergence de la suite en suivant les méthodes données
au 2.7.
(a)
lim xn = 1.
n→+∞
CHAPITRE 2. SUITES ET LIMITES 27

(b)
4
lim xn = .
n→+∞ 3
(c) √
3
lim xn = .
n→+∞ 3
(d) √
5−1
lim xn = .
n→+∞ 2
(e)
lim xn = 3.
n→+∞

9. Suites récurrentes linéaires d’ordre 2.


(a)
2
lim xn = .
n→+∞ 3
(b)
4
lim xn = .
n→+∞ 3
(c) La suite (dn ) définie par dn = xn − xn−1 vérifie

dn+1 = 4dn , d1 = 1

Par conséquent, (dn ) est divergente et la suite (xn ) n’est pas une
suite de Cauchy donc divergente.

10. Récurrence logistique - la route vers le chaos. On considère la suite


(xn ) définie par

xn+1 = µxn (1 − xn ), x0 ∈ [0, 1]

pour un paramètre µ ∈]0, 4]. Montrer que xn ∈ [0, 1] pour tout n ∈ N.

Corrigé. Evidemment pour tout n


µ
xn+1 ≤ max µxn (1 − xn ) = ≤ 1.
4
car x(1 − x) ≤ 41 . Donc xn ≤ 1 pour tout n. Par conséquent,

xn+1 = µxn (1 − xn ) ≥ 0.

(a) Exemple µ = 1. Montrer que pour tout x0 ∈ [0, 1]

lim xn = 0.
n→+∞
CHAPITRE 2. SUITES ET LIMITES 28

Corrigé. Pour tout n

xn+1 − xn = −x2n ≤ 0.

La suite (xn ) est décroissante et minorée (par 0), donc convergente.


Elle converge vers la solution de x = x(1 − x), i.e. x = 0.
(b) Exemple µ = 2. Montrer que pour tout x0 ∈ [0, 1] la suite (xn ) est
donnée par
1 1 n
xn = − (1 − 2x0 )2 .
2 2
Montrer ensuite que pour tout x0 ∈]0, 1[
1
lim xn = .
n→+∞ 2

Corrigé. Pour n = 0 c’est vrai. Alors,


1 1 n 1 1 n
xn+1 = 2( − (1 − 2x0 )2 )( + (1 − 2x0 )2 )
2 2 2 2
1 n+1
= (1 − (1 − 2x0 )2 ).
2
On pose q = (1 − 2x0 ). Evidemment |q| < 1 pour x0 ∈]0, 1[ (l’inter-
valle ouvert est important). De plus, 2n > n pour n ≥ 1 (démonstration
par récurrence : l’inégalité est vraie pour n=1 et 2n+1 = 2·2n > 2n =
n n
n + n ≥ n + 1). Donc pour tout n ≥ 1 (noter que q 2 = |q|2 car
l’exposant est pair)
1 1 |q|n
≥ xn ≥ − .
2 2 2
Le théorème des deux gendarmes implique la convergence vers 12 .
(c) Exemple µ = 4. On définit θ0 par x0 = sin2 θ0 . Montrer que pour
tout x0 ∈ [0, 1]

xn = sin2 (2n θ0 ).
π
Calculer lim xn pour tout θ0 de la forme θ0 = 2k
et k ∈ N.
n→+∞
π
Calculer lim xn pour tout θ0 de la forme θ0 = 3·2k
et k ∈ N.
n→+∞
Donner la suite (xn ) si x0 = sin2 π5 , i.e. θ0 = π5 .
Facultatif pour voir plus : Etudier numériquement le comportement
de xn pour autres conditions initiales x0 .

Corrigé. Pour n = 0 par définition x0 = sin2 θ0 . Alors

xn+1 = 4 sin2 θn (1 − sin2 θn )


= 4 sin2 (θn ) cos2 (θn )
= 4 sin2 (2n θ0 ) cos2 (2n θ0 )
= sin2 (2 · 2n θ0 ) = sin2 (2n+1 θ0 )
CHAPITRE 2. SUITES ET LIMITES 29

Pour tout θ0 de la forme θ0 = π


2k
et k ∈ N on a xk = sin2 π = 0.
Donc xn = 0 pour tout n ≥ k :

lim xn = 0.
n→+∞

Pour tout θ0 de la forme θ0 = π


3·2k
et k ∈ N on a xk = sin2 π
3 = 3
4 et
xn = xk pour tout n ≥ k.
3
lim xn = .
n→+∞ 4
Si x0 = sin2 π5 , i.e. θ0 = π
5, alors

π 2π π 2π
(xn )n≥0 = (sin2 , sin2 , sin2 , sin2 , . . .).
5 5 5 5
C’est une suite periodique de periode 2. On trouve des autres suites
π θ0
périodiques pour θ0 de la forme θ0 = m·2 k et k ∈ N, m ∈ N \ {0}. Si π

est irrationnel la suite xn est ”irregulaire” (ni convergente, ni périodique)