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 9-000-E-12

Épidémiologie du cancer colorectal


G. Launoy

Chaque année, près d’un million et demi de nouveaux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués dans le
monde. Le Japon et l’Amérique du Nord présentent les taux d’incidence les plus élevés. La France présente
des taux d’incidence moyens légèrement inférieurs à l’incidence moyenne en Europe de l’Ouest, et stables
durant ces dernières décennies. La survie des patients atteints d’un cancer colorectal en France est parmi
les plus élevées en Europe et dans le monde. En France, le cancer colorectal est le troisième cancer le
plus fréquent après le cancer du sein et celui de la prostate. Les taux d’incidence annuelle standardisés
sont de 36 pour 100 000 chez l’homme et 25 pour 100 000 chez la femme. Environ 18 000 personnes
atteintes de cancer colorectal décèdent par an en France, soit 12 % de la mortalité par cancer ; ce cancer
se situe au deuxième et au troisième rang des décès par cancer respectivement chez l’homme et chez la
femme. Dans les deux sexes, l’incidence décroît doucement depuis 2005 alors que la mortalité décroît
depuis que les statistiques de registre existent et de manière plus marquée dans les deux sexes. D’après
les estimations les plus récentes, la survie nette cinq ans après le diagnostic d’un cancer colorectal est de
60 % en France. Il existe un gradient social de survie, le pronostic le plus sombre étant toujours l’apanage
des patients les plus défavorisés. Les causes de ce gradient sont multiples et interviennent tout le long
de l’histoire médicale de la maladie, du dépistage au suivi post-thérapeutique. Le développement du
cancer est un processus probabiliste qui connaît plusieurs étapes, où interagissent des facteurs de risque
endogènes et environnementaux. La très grande majorité des études considèrent qu’une alimentation
riche en viande rouge, riche en calorie, riche en graisses et pauvre en fibres est liée à une augmentation
du risque de cancer colorectal. À l’inverse, une alimentation associant une consommation soutenue de
fruits et de légumes, de poisson, de viande blanche et de céréales entières est associée à une diminution
du risque. L’indice de masse corporelle est positivement corrélé au risque de cancer colorectal. Des études
montrent un effet protecteur de l’activité physique, avec une réduction du risque de 40 à 50 % avec un
effet dose-réponse. De plus en plus d’études suggèrent qu’une exposition professionnelle à l’amiante peut
entraîner un risque plus élevé de cancer colorectal.
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Mots-clés : Cancer colorectal ; Épidémiologie ; Facteurs de risque ; Incidence ; Survie

Plan (CIRC), près d’un million et demi de nouveaux cas de cancer colo-
rectal sont diagnostiqués et près de 700 000 personnes atteintes
■ Épidémiologie descriptive en France, en Europe d’un cancer colorectal décèdent dans le monde. Le Japon et
et dans le monde 1 l’Amérique du Nord présentent les taux d’incidence les plus éle-
vés [1, 2] . Dans ces pays et dans la plupart des pays d’incidence
■ Facteurs de risque 3 moyenne, les taux de mortalité baissent, en lien vraisemblable
Alimentation 3 avec l’amélioration de la prise en charge diagnostique et théra-
Indice de masse corporelle (IMC), sédentarité, activité physique 4 peutique [3] . En Afrique, en Amérique du Sud et dans certains
Alcool 4 pays asiatiques, les taux d’incidence sont plus bas mais à la
Tabac 4 hausse depuis ces dernières années, y compris dans les pays où
Exposition professionnelle à l’amiante 4 l’organisation du système de santé est en pleine évolution [3] .
Facteurs génétiques 4 En Europe, les taux d’incidence et leur évolution récente sont
Messages de prévention primaire du cancer du côlon 5 différents au sud, au nord, à l’est et à l’ouest [4] . Depuis que des
données d’incidence en population générale (registres de morbi-
dité) sont disponibles, les taux d’incidence les plus élevés sont
constatés en Europe de l’Ouest et en Europe du Nord. En Europe
 Épidémiologie descriptive du Nord, le Danemark et la Norvège présentent des taux élevés,
singulièrement chez les femmes [5, 6] . Dans ces régions, les taux ont
en France, en Europe été stables ou légèrement croissants durant ces dernières décen-
et dans le monde nies. Dans le même temps, l’incidence a augmenté de manière
marquée en Europe du Sud et en Europe de l’Est, où les taux les plus
Selon les estimations disponibles les plus récentes réunies et élevés ont été enregistrés en Slovaquie et en République tchèque.
analysées par le Centre international de recherche sur le cancer L’Italie présente des taux élevés spécifiquement pour le cancer

EMC - Gastro-entérologie 1
Volume 14 > n◦ 1 > janvier 2019
http://dx.doi.org/10.1016/S1155-1968(18)68922-9

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Incidence chez les hommes Incidence chez les femmes


40 000 50 40 000 50

30 000 20 30 000 20

10 10

TSM

TSM
Cas

Cas
20 000 20 000
5 5

10 000 10 000
2 2

0 1 0 1
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Mortalité chez les hommes Mortalité chez les femmes
20 000 20 20 000 20

15 000 10 15 000 10
Décès

Décès

5 5
TSM

TSM
10 000 10 000

5000 2 5000 2

0 1 0 1
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Années observées Années projetées
Figure 1. Évolution du nombre de nouveaux cas et de décès (barres) et des taux standardisés monde correspondants (TSM) (courbes, échelle logarithmique)
chez l’homme et chez la femme de 1997 à 2017 en France métropolitaine (d’après [9] ).

colique. Dans ce contexte européen, la France présente des taux sième rang des décès par cancer respectivement chez l’homme et
d’incidence moyens légèrement inférieurs à l’incidence moyenne chez la femme. Les taux d’incidence décroissent depuis plus de
en Europe de l’Ouest, et stables durant ces dernières décennies. La 30 ans pour l’homme comme pour la femme (taux annuel moyen
France occupe, respectivement chez l’homme et chez la femme, le d’évolution toujours inférieur à –1 % depuis 1980) (Fig. 1). Les
18e et le 12e rang des pays de l’Union européenne ayant les taux taux de mortalité ont également décru sur la même période mais
d’incidence les plus élevés [7] . de manière un peu plus marquée. Chez l’homme comme chez la
En France, les caractéristiques épidémiologiques du cancer colo- femme, le risque de cancer colorectal commence à s’élever à par-
rectal et leurs tendances sont bien connues grâce à l’activité tir de 50 ans pour être maximal au-delà de 85 ans. L’âge médian
du réseau des registres de cancers français FRANCIM qui ont d’incidence est de 71 ans chez l’homme et de 75 ans chez la femme
constitué, en collaboration avec le Service de biostatistiques des pour un âge médian au décès respectivement de 77 et 81 ans.
Hospices civils de Lyon, de l’Institut du cancer (INCa) et de L’incidence du cancer colorectal varie peu entre les différents
Santé publique France (SPF), une base de données commune départements et sans gradient géographique constitué, si ce n’est
rassemblant des données sur plus d’un million de cas de can- une incidence élevée dans tous les départements maritimes bor-
cer diagnostiqués depuis 1975 sur 20 % du territoire français. dant l’océan Atlantique [9] . Une analyse géographique montre que
Cette base de données fait l’objet d’analyses régulières permettant l’incidence de ce cancer n’est pas influencée par l’environnement
d’estimer les données d’incidence et de prévalence pour la France socioéconomique [10] . La prévalence partielle à un an, c’est-à-dire
entière et de conduire des études sur la survie des patients [8] . le nombre de personnes de 15 ans et plus ayant eu un diagnostic
Avec près de 45 000 nouveaux cas annuels en 2017 (projection) de cancer au cours de l’année précédente et toujours en vie, était
dont plus de la moitié chez l’homme (54,6 %), le cancer colorectal estimée en 2008 à 155 700 hommes et 125 000 femmes [11] . Chez
représente 11 % de l’ensemble des cancers incidents. En France, l’homme, cela représente 11 % de l’ensemble des cas de cancer
le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent après prévalant à un an, et 12 % chez la femme.
le cancer du sein et celui de la prostate [9] . Les taux d’incidence D’après les estimations les plus récentes, la survie nette (survie
annuelle standardisés sont de 36 pour 100 000 chez l’homme et 25 que l’on observerait si le cancer était la seule cause de décès pour
pour 100 000 chez la femme. Environ 18 000 personnes atteintes ces patients) cinq ans après le diagnostic d’un cancer colorectal
de cancer colorectal décèdent par an en France, soit 12 % de la est de 60 %, sans différence significative entre les hommes et les
mortalité par cancer ; ce cancer se situe au deuxième et au troi- femmes après standardisation par rapport à l’âge. Chez l’homme

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Épidémiologie du cancer colorectal  9-000-E-12

Figure 2. Survie nette des patients avec un cancer colorectal


1,0 1,0
selon l’âge en fonction du temps depuis le diagnostic. Données
du réseau FRANCIM (n = 46 371 – années d’incidence 1989-
2013) (d’après [12] ).
0,8 0,8

Survie nette
0,6 0,6
[15;45]
[45;55]
0,4 [55;65] 0,4
[65;75]
[75;++]
0,2 0,2

0,0 0,0
0 1 2 3 4 5
Temps depuis le diagnostic (années)

Tableau 1.
Survie nette à un, cinq et dix ans des patients ayant un cancer colorectal en France selon la période de diagnostic (données du réseau FRANCIM, France)
(d’après [12] ).
Homme Femme Tous sexes

1 an 5 ans 10 ans 1 an 5 ans 10 ans 1 an 5 ans 10 ans


1989–1993 77 [76–78] 53 [51–54] 45 [44–47] 79 [78–80] 55 [54–57] 50 [49–52] 78 [77–79] 54 [53–55] 47 [46–49]
1994–1998 80 [79–81] 55 [54–57] 48 [47–50] 81 [80–82] 58 [57–59] 52 [50–54] 80 [80–81] 56 [56–57] 50 [49–51]
1999–2004 81 [81–82] 58 [57–59] 50 [49–52] 83 [82–84] 61 [60–62] 55 [54–57] 82 [81–82] 59 [59–60] 52 [51–53]
2005–2010 84 [83–85] 63 [62–64] ND 84 [84–85] 63 [62–64] ND 84 [84–85] 63 [62–64] ND
Toutes périodes 81 [81–81] 58 [57–58] 50 [49–51] 82 [82–83] 60 [59–61] 54 [53–55] 81 [81–82] 59 [58–59] 52 [51–52]

ND : non déterminé.

comme chez la femme, le pronostic est meilleur dans les classes  Facteurs de risque
d’âge les plus jeunes et pour les patients diagnostiqués dans les
années les plus récentes (Fig. 2) [12] . Dans une estimation, la sur- Comme la grande majorité des cancers, la genèse du can-
vie nette des patients atteints de cancer colorectal en France était cer colorectal est multifactorielle. Le développement du cancer
de 56 % à cinq ans et de 48 % à dix ans chez les hommes, et de est un processus probabiliste qui reconnaît plusieurs étapes où
57 % et 52 % aux mêmes délais chez les femmes. Elle diminuait interagissent des facteurs de risque endogènes et environnemen-
avec l’âge passant de 60 % à dix ans chez les 15 à 45 ans à 45 % taux. Ainsi, le cancer colorectal reconnaît de nombreux facteurs
pour les 75 ans et plus. La survie nette des patients atteints de de risque environnementaux liés en particulier au comporte-
cancer colorectal s’est améliorée en France au cours des deux der- ment et au mode de vie. Parmi les facteurs comportementaux,
nières décennies. Globalement, elle est passée à cinq ans de 53 % l’alimentation est le facteur qui a fait l’objet du plus grand
pour les cancers diagnostiqués entre 1989 et 1991 à 58 % pour nombre d’études expérimentales et épidémiologiques. Compte
ceux diagnostiqués entre 2001 et 2004. La survie nette à dix ans tenu du très grand nombre d’études et des nombreux éléments
est passée respectivement de 45 à 49 % entre 1989 et 1991 et la controversés, il est essentiel de disposer de travaux synthétiques
dernière période 1995–2007 (Tableau 1) [12] . reposant sur une bonne méthodologie. Pour le cancer colorec-
La survie des patients atteints d’un cancer colorectal en France tal, comme d’ailleurs pour tous les cancers, les expertises réalisées
est parmi les plus élevées en Europe et dans le monde [13, 14] . par le CIRC (Organisation mondiale de la santé, Lyon) s’appuient
Pour autant, au-delà des facteurs cliniques et biologiques qui sur une méthodologie éprouvée de recherche du consensus et
déterminent le pronostic du cancer, dont en premier le stade d’indépendance scientifique. Les avis du CIRC sont, pour cette
TNM (tumeur, node, métastase) d’extension au diagnostic, plu- raison, largement repris dans cette revue.
sieurs études ont montré que cette survie dépendait également
de l’environnement socioéconomique du patient, le pronostic le
plus sombre étant celui des patients les plus défavorisés [15–17] . Le Alimentation
pronostic du cancer colorectal décroît régulièrement tout le long
de la chaîne sociale constituant un gradient social de la survie. Les La très grande majorité des études considèrent qu’une alimen-
causes de ce gradient sont multiples et interviennent tout le long tation riche en viande rouge, riche en calorie, riche en graisses et
de l’histoire médicale de la maladie. Les patients défavorisés ont pauvre en fibres est liée à une augmentation du risque de cancer
en moyenne des formes plus avancées, en grande partie du fait de colorectal. Le risque lié à la consommation de viande rouge est
leur moindre participation au dépistage organisé, ce qui souligne un des facteurs de risque les plus avérés. Il existe une relation
l’importance d’une organisation équitable du dépistage organisé dose-effet jusqu’à une dose quotidienne de 140 g par jour au-
sur l’ensemble du territoire national au travers d’interventions delà de laquelle la courbe d’augmentation du risque s’infléchit [21] .
dédiées aux populations les plus isolées socialement et géographi- Cette augmentation du risque est modulée dans un grand nombre
quement [18–20] . Après le diagnostic, d’autres différences viennent d’études par les procédés de préparation et de cuisson dont dépend
augmenter ce gradient : moindre recours aux centres spécialisés, la formation des amines hétérocycliques, des hydrocarbones aro-
moindre recours aux traitements adjuvants, suivi de moins bonne matiques et des nitrates [22] . L’augmentation du risque la plus
qualité. élevée est celle de cancer colique en lien avec la consommation

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de bœuf. Le lien avec la consommation d’agneau est moins sou- lié à l’accélération du transit intestinal réduisant l’exposition de
vent retrouvé. La consommation de porc et de volaille ne semble, la muqueuse digestive aux cancérogènes d’origine alimentaire. De
quant à elle, pas associée avec une augmentation du risque [23] . plus, l’activité physique contribue de manière probable à dimi-
L’ensemble de cette production scientifique a conduit le CIRC à nuer le risque de prise de surpoids et d’obésité, eux-mêmes facteurs
classer en 2015 la consommation de viande rouge comme pro- de risque de cancer colorectal.
bablement cancérogène pour l’homme (groupe 2A). Le groupe
d’experts a conclu que chaque portion de 50 g de viande transfor-
mée consommée quotidiennement accroissait le risque de cancer
Alcool
colorectal de 18 % [24] . À l’inverse, une alimentation associant Depuis 1994, la consommation chronique d’alcool est reconnue
une consommation soutenue de fruits et de légumes, de pois- par le CIRC comme un facteur de risque du cancer colorectal [42] .
son, de viande blanche et de céréales entières est associée à Comme pour beaucoup de facteurs de risques, l’ampleur de la rela-
une diminution du risque [25] . La diminution du risque lié à la tion estimée par les études rétrospectives a été revue à la baisse par
consommation de poisson est souvent associée à sa contenance les études prospectives mais toujours avec une relation dose-effet.
en vitamine D et en acide gras oméga-3. Bien que l’effet protecteur L’effet semble toujours plus important chez les hommes que chez
des fruits et des légumes soit évoqué depuis de nombreuses années les femmes, et indépendant du type de boisson alcoolisée [43] . La
et puisse s’appuyer sur de nombreux mécanismes démontrés dans promotion de la carcinogenèse est principalement due à la for-
des approches expérimentales conduites in vitro et in vivo (effet mation d’acétaldéhyde, responsable de lésions chromosomiques.
antioxydant, proapoptotique et réduction des facteurs de crois- Secondairement, la consommation chronique d’alcool est égale-
sance, VEGF [vascular endothelial growth factor] en particulier) [26] , ment responsable d’une malabsorption des vitamines du groupe B
certaines études récentes ébranlent les certitudes et attestent sur- dont l’acide folique diminuant la résistance au stress oxydatif et
tout de la faible ampleur de la protection concernant les cancers à l’inhibition de l’expression du cytochrome P450 [44] .
rectaux [27, 28] . L’effet protecteur des fibres apportées par les fruits,
les légumes et les céréales demande encore à être documenté.
Pour autant, la grande étude prospective européenne EPIC (Euro- Tabac
pean Prospective Investigation in Cancer) suggère tout de même Pour le CIRC, des indications sont suffisantes de cancérogé-
qu’une augmentation de la consommation de fruits et de légumes nicité chez l’homme pour classer le tabac dans le groupe 1 du
permettrait de réduire singulièrement l’incidence du cancer colo- CIRC pour les cancers colorectaux [45] . Le lien entre la consomma-
rectal [29, 30] , un intérêt tout particulier étant porté aux légumes tion de tabac (passée ou actuelle) et l’augmentation du risque de
crucifères [31] . Enfin, du fait de leur teneur en calcium, les produits cancer colorectal est également avéré, l’augmentation du risque
laitiers ont été présentés dans plusieurs études comme protec- étant plus élevé pour le côlon proximal [46] . Dans l’état actuel
teurs vis-à-vis du cancer colorectal. Toutefois, les résultats restent des connaissances, il n’existe pas de lien avéré entre la consom-
contradictoires, la teneur en calcium dépendant de la fermenta- mation passive de tabac et l’augmentation du risque de cancer
tion du produit et son effet étant très lié à celui de la vitamine D colorectal [47] .
et dépendant des hormones estrogènes. Enfin, l’effet protecteur
semble moins probable pour le cancer du rectum que pour le
cancer du côlon [32, 33] . Exposition professionnelle à l’amiante
En 2005, une étude a montré que la fréquence des cancers
Indice de masse corporelle (IMC), colorectaux était particulièrement élevée parmi les professionnels
exposés à l’amiante [48] . Selon cette étude, ces ouvriers avaient
sédentarité, activité physique 35 % de risque en plus de développer un cancer colorectal par
L’IMC est corrélé positivement au risque de cancer colorec- rapport au groupe témoin constitué de fumeurs non exposés à
tal. Celui-ci augmente régulièrement à partir d’un IMC supérieur l’amiante. En 2011, une autre étude cas-témoins confirme le lien
à 25 kg/m2 (surpoids) [34] . L’obésité, définie comme un IMC entre exposition à l’amiante et augmentation du risque de cancer
supérieur à 30 kg/m2 , est associée à un risque encore supé- colorectal en milieu professionnel [49] . Des arguments supplémen-
rieur à celui des personnes dont l’IMC est compris entre 20 et taires ont été fournis par des études de cohorte professionnelle
25 kg/m2 [27] . Les mécanismes biologiques évoqués pour expliquer estimant que le risque de cancer pouvait être augmenté de 75 %
l’effet de l’obésité sont multiples et pour la plupart liés également à chez les personnes ayant été exposées professionnellement à
l’inflammation et à une action antiapoptotique. Ils impliquent en l’amiante pendant plus de 25 ans [50] , le risque étant supérieur
particulier l’insuline et l’insuline-like growth factor, les estrogènes, pour le cancer colique par rapport au cancer rectal [51] .
la protéine C réactive, et certaines cytokines. L’activité physique
est un facteur de risque très fortement inversement corrélé au sur- Facteurs génétiques
poids. La diminution du risque de cancer lié au développement
d’une activité physique existe dès les premiers paliers et existe Les cancers colorectaux sont sporadiques dans 80 % des cas, sur-
quel que soit l’IMC [27, 34] . À l’inverse, un comportement sédentaire viennent dans un contexte familial dans 15 % des cas et sont liés à
avec de longues stations assises est un facteur de risque bien établi. une mutation génétique dans 5 % des cas. Ces derniers regroupent
En dehors de son effet direct sur la maîtrise du poids, l’exercice le syndrome de Lynch et la polypose adénomateuse familiale. Le
physique pourrait avoir un effet bénéfique sur l’inflammation syndrome de Lynch dépend d’une anomalie des gènes de répa-
et l’insulinémie [35] . D’autres mécanismes ont été évoqués sur le ration des mésappariements des erreurs de réplication de l’acide
système immunitaire ou encore sur le microbiote [36, 37] . Pour le désoxyribonucléique : MSH2, MLH1, MSH6. Le risque de cancer
CIRC, la relation entre surpoids, obésité et augmentation de risque colorectal chez les hommes ou les femmes ayant un syndrome de
de cancer est jugée convaincante pour le cancer colorectal. En Lynch serait de 80 %. La transmission du syndrome de Lynch
particulier, les données épidémiologiques sur le rôle de l’obésité est autosomique dominante. La polypose adénomateuse fami-
comme facteur de risque du cancer colorectal sont concordantes. liale est caractérisée par la présence de centaines ou de milliers
D’après une méta-analyse et des études de cohortes, le pourcen- d’adénomes au niveau du côlon ou du rectum et est liée à deux
tage d’augmentation de risque de cancer colorectal est estimé à types de mutations : une transmission autosomique dominante
41 % pour les individus présentant un IMC supérieur à 30 kg/m2 , à forte pénétrance d’une mutation du gène APC (5q21-q22) et
par rapport aux individus ayant un IMC supérieur à 23 kg/m2 . une transmission autosomique récessive de la mutation du gène
Cette association est plus importante pour le cancer du côlon que MUTYH (1p34.1). Dans les deux cas, il existe des manifestations
pour le cancer du rectum [38, 39] . Un style de vie sédentaire consti- extracoliques bénignes et malignes qui peuvent être responsables
tue aussi un facteur de risque du cancer du côlon mais pas du d’une morbidité importante (tumeur desmoïde et tumeur duodé-
cancer du rectum. Des études montrent un effet protecteur de nale) ou plus atténuée. En l’absence de traitement, le risque de
l’activité physique, avec une réduction du risque de 40 à 50 % cancer colorectal est de 100 %. Chez un homme ou une femme
avec un effet dose-réponse [40, 41] . Cet effet bénéfique semble être ayant un antécédent familial de cancer colorectal, le risque de

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Épidémiologie du cancer colorectal  9-000-E-12

cancer est augmenté. L’ampleur de cette augmentation est variable [10] Bryere J, Dejardin O, Launay L, Colonna M, Grosclaude P, Launoy G,
selon les études mais le risque augmente avec le nombre de parents and French Network of Cancer registries (FRANCIM). Socioeconomic
touchés et le jeune âge du ou des cas [52, 53] . status and site-specific cancer incidence. A Bayesian approach in a
French cancer registries study. Eur J Cancer Prev 2016 [Epub ahead
of print].
Messages de prévention primaire du cancer [11] Colonna M, Mitton N, Grosclaude P. Estimation de la prévalence (par-
du côlon tielle et totale) du cancer en France métropolitaine chez les 15 ans et
plus en 2008. Réseau FRANCIM. Boulogne Billancourt: INCa; 2014.
D’un point de vue pratique, trois niveaux de risque ont été [12] Cowpply-Bony A, Urhy Z, Remontet L, Guizard AV, Voirin M, Mon-
définis, qui permettent de proposer des stratégies de prévention nereau A, et al. Survie des personnes atteintes de cancer en France
adaptées. métropolitaine 1989-2013. Rapport Technique INCa. Paris. Février
Le risque modéré de cancer du côlon correspond au risque de 2016.
la population générale de plus de 50 ans dans son ensemble. [13] Allemani C, Rachet B, Weir HK, Richardson LC, Lepage C, Faivre J,
Le risque élevé de cancer colorectal correspond à des individus et al. Colorectal cancer survival in the USA and Europe: a CONCORD
présentant des antécédents personnels et/ou familiaux particu- high-resolution study. BMJ Open 2013;3:e003055.
[14] Brenner H, Bouvier AM, Foschi R, Hackl M, Larsen IK, Lemmens
liers : antécédents personnels de maladie de Crohn ou rectocolite
V, et al., EUROCARE Working Group. Progress in colorectal cancer
hémorragique, adénome de structure villeuse ou de diamètre
survival in Europe from the late 1980s to the early 21st century: the
supérieur à 10 mm, cancer colorectal, acromégalie, ou antécé- EUROCARE study. Int J Cancer 2012;131:1649–58.
dents familiaux de cancer colorectal chez un ou plusieurs parents [15] Manser CN, Bauerfeind P. Impact of socioeconomic status on inci-
du premier degré avant l’âge de 65 ans, ou antécédent familial dence, mortality, and survival of colorectal cancer patients: a systematic
d’adénome de diamètre supérieur à 10 mm chez un ou plusieurs review. Gastrointest Endosc 2014;80:42–60.
parents du premier degré. Le risque très élevé de cancer colorectal [16] Dejardin O, Remontet L, Bouvier AM, Danzon A, Velten M, Sauleau
correspond à des personnes ayant des antécédents familiaux de EA, et al. Socioeconomic and geographic determinants of survival of
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techniques et les rythmes de surveillance ou de dépistage (qui ne [17] Dejardin O, Jones AP, Rachet B. The influence of geographical access
sont pas développés dans cette revue) varient fortement entre ces to health care and material deprivation on colorectal cancer survival:
différents groupes. evidence from France and England. Health Place 2014;30:36–44.
Concernant les cancers colorectaux sporadiques, il existe, sur la [18] Pornet C, Denis B, Perrin P, Gendre I, Launoy G. Predictors of adhe-
base des connaissances épidémiologiques, des messages simples rence of repeat fecal occult blood test in a population-based colorectal
de prévention primaire axés sur le mode de vie : cancer screening programme. Br J Cancer 2014;111:2152–5.
• l’arrêt du tabac ; [19] Pornet C, Dejardin O, Morlais F, Bouvier V, Launoy G. Socioeco-
• la diminution de la consommation d’alcool ; nomic determinants for compliance to colorectal cancer screening. A
• la limitation forte de la consommation de viandes rouges ; multilevel analysis. J Epidemiol Commun Health 2010;64:318–24.
[20] Guillaume E, Dejardin O, Bouvier V, De Mil R, Berchi C, Pornet
• l’augmentation de la consommation de légumes verts, de
C, et al. Patient navigation to reduce social inequalities in colorectal
légumes secs et de céréales peu transformées ;
cancer screening participation: a cluster randomized controlled trial.
• l’augmentation de l’activité physique même modérée ; Prev Med 2017;103:76–83.
• le maintien de son IMC entre 25 et 27 kg/m2 . [21] Chan DS, Lau R, Aune D. Red and processed meat and colorec-
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Déclaration de liens d’intérêts : l’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts [22] Sutuyando N. Nutritional carcinogenesis. Acta Med Indones 2010;42:
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9-000-E-12  Épidémiologie du cancer colorectal

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G. Launoy (guy.launoy@unicaen.fr).
Pôle de recherche, CHU Caen-Normandie, avenue de la Côte de Nacre, 14033 Caen cedex, France.
U1086 Inserm, Université Caen-Normandie « Anticipe », 14033 Caen cedex, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Launoy G. Épidémiologie du cancer colorectal. EMC - Gastro-entérologie 2019;14(1):1-6 [Article
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