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LES SOCIÉTÉS

COMMERCIALES
AU MAROC
P L A N D U COURS
Chapitre 1 – Le contrat de société.
Chapitre 2 – Les sociétés de personnes.
Chapitre 3 – La SARL.
Chapitre 4 – La SA.

INTODUCTION

I - IMPORTANCE DU DROIT DES SOCIÉTÉS


Il n'est pas de doute que les commerçants, personnes physiques,
jouent un rôle considérable dans notre vie économique, mais le pouvoir
économique des entreprises individuelles reste très limité en
comparaison avec celui des sociétés qui puisent leur force de la réunion
des associés et de leurs capitaux, avec des projets économiques plus
ambitieux et des bénéfices souvent plus avantageux.
Les sociétés commerciales sont non seulement plus puissantes
dans le commerce et l'industrie, mais des secteurs d'activités des plus
importants ne peuvent être exploités que par des sociétés anonymes,
tels que la banque et les assurances du secteur commercial.
De plus, les sociétés, et surtout les SA, peuvent réunir d'énormes
capitaux, notamment, en attirant l'épargne des ménages par l'émission
des valeurs mobilières sous forme d'actions et d'obligations.
II – LÉGISLATION
A l’instar du code de commerce1, notre législation des sociétés a
connu une importante refonte afin d’adapter nos textes aux exigences
conjoncturelles que connaît le monde du commerce que ce soit au
niveau national ou international.

1
- Dahir n° 1-96-83 du 1er août 1996 portant promulgation de la loi n° 15/95 formant code de
commerce, B.O. n° 4418, 3/10/1996, p. 568.Les bulletins officiels peuvent être consultés sur
le site du Secrétariat Général du Gouvernement : www.sgg.gov.ma
En effet, nos textes qui réglementaient les sociétés dataient tous
du protectorat, à savoir :
- Le D.O.C.2 : articles 982 à 1063 prévoient des dispositions
générales applicables aux sociétés civiles et commerciales.
- Le code de commerce de 19133, dans ses articles 29 à 54,
réglementait particulièrement les sociétés commerciales de personnes
(les sociétés en nom collectif et les sociétés en commandite simples) et
les sociétés en participation. Il n’avait accordé à la société anonyme, qui
est une société de capitaux, que deux articles (50 et 51) et n’avait jamais
traité de la société à responsabilité limitée (SARL).
- C’est le dahir du 11 août 19224 qui, en abrogeant l’article 51 du
code de commerce, avait rendu applicable au Maroc les dispositions de
la loi française du 24 juillet 1867 relative à la SA et à la société en
commandite par actions.
- Enfin, c’est le dahir du 1 er septembre 19265 qui avait rendu
applicable au Maroc la loi française du 7 mars 1925 relative à la SARL.
Il convient de signaler que les dispositions du D.O.C. sont toujours
applicables. Ses articles 982 à 1063 prévoient des dispositions
générales communes aux sociétés civiles et commerciales.
A côté de ces dispositions de droit commun des sociétés, notre
législation des sociétés commerciales est désormais contenue dans
deux lois :
- la loi n° 17/95 relative aux SA, promulguée par dahir du 30 août
19966;
2
- Dahir formant code des obligations et contrats du 12 août 1913, B.O. n° 46, 12/9/1913, p.
78.
3
- Dahir formant code de commerce du 12 août 1913, B.O. 12/9/1913, p. 172.
4
- B.O. 29/8/1919, p. 1325.
5
- B.O. 5/10/1926, p. 1898.
6
- BO n° 4422 du 17/10/1996, p.661. Cette loi a été modifiée par la loi 20-05 promulguée par
dahir n° 1-08-18 du 23 mai 2008, B.O. n°5640 du19/06/2008 ; et son article 19 a été modifié
par la loi 23-01 promulguée par dahir n°1-04-17 du 21/4/2004 modifiant la loi relative au
CDVM du 21/9/1993, B.O. du 6/5/2004.
- et la loi n° 5/96 relative aux autres sociétés, promulguée par dahir
du 13 février 19977.
Nous traiterons donc le droit des sociétés commerciales en quatre
chapitres : le contrat de société, les sociétés de personnes, la SARL et la
SA.

CHAPITRE 1 - LE CONTRAT DE SOCIÉTÉ


Dans ce chapitre, on traitera dans une première section des
conditions de formation du contrat de société et, dans une seconde
section, des attributs, de la dissolution et du classement des sociétés.

SECTION 1 – LES CONDITIONS DE FORMATION DES


SOCIÉTÉS
Une société peut être créée soit par un contrat entre plusieurs
personnes, soit par un acte unilatéral de volonté par une seule personne
dans le cadre d’une SARL à «associé unique».
Le contrat de société obéit à des conditions de fond et de forme.

§ 1 – LES CONDITIONS DE FOND

En vertu de l’article 982  «la société est un contrat par lequel deux
ou plusieurs personnes mettent en commun leurs biens ou leur travail,
ou tous les deux à la fois, en vue de partager le bénéfice qui pourra en
résulter».
Il se dégage de cet article que le contrat de société est soumis à
trois conditions de fond qui concernent les associés, les apports, le
partage des bénéfices ; à ces conditions il convient d'ajouter une
quatrième condition d'origine jurisprudentielle : «l’affectio societatis».

7
- BO n° 4478 du 1/5/1997, p. 482.Cette loi a été modifiée par la loi 21-05 du 14/2/2006 BO
n° 5400 du 2/3/2006 et par la loi 24-10 du 2 juin 2011 BO n° 5956 bis du 30/6/2011.
A – LES ASSOCIES
S'agissant d'un contrat, les associés doivent d'abord remplir les
conditions relatives à la capacité avant de s'intéresser au nombre
d'associés exigé par la loi.
a - La capacité

Il s’agit bien entendu de la capacité de s’obliger, à savoir l’aptitude


à contracter société.
Pour la souscription ou l'acquisition des parts ou actions de
sociétés, les mineurs incapables8 doivent être représentés par leur tuteur
légal (père ou mère) ou, après autorisation du juge, par leur tuteur
testamentaire ou datif, puisque l'acte de société est considéré par le
D.O.C. comme un acte de disposition (art. 11 al. 2).
A l'âge de 16 ans, le mineur émancipé peut être actionnaire d'une
SA ou d'une commandite par actions, commanditaire dans une
commandite simple, ou associé d'une SARL.
Cependant, dans les sociétés de personnes qui nécessitent la
qualité de commerçant, l’entrée d’un mineur, même émancipé, est
subordonnée aux conditions spéciales du droit commercial. Le mineur ne
peut donc être associé dans une société en nom collectif, ou
commandité dans une société en commandite simple ou par actions que
s'il est autorisé à faire le commerce.
Enfin, la femme mariée, n'est plus soumise à l'autorisation maritale
pour exercer le commerce depuis que l'article 17 du nouveau code de
commerce a supprimé cette autorisation qui était maladroitement
appliquée aux marocaines. Par conséquent, elle peut parfaitement
s'associer même dans les sociétés de personnes en tant qu'associée en
nom.

8
Qui n'ont pas atteint l'âge de la majorité légale qui est actuellement de 18 années
grégoriennes révolues.
b – Le nombre d'associés

Selon le principe posé par l'article 982 D.O.C. une société peut être
constituée au moins par deux associés.
Quant aux sociétés commerciales, le nombre minimal d’associés
varie selon le type de société : 5 pour la SA, 3 commanditaires au moins
et un ou plusieurs commandités pour la société en commandite par
actions, deux pour la SARL et un seul pour la SARL à associé unique et
ce, contrairement au principe de la pluralité d’associés posé par l’article
982 D.O.C.
B – LES APPORTS
On distingue trois types d’apports.
a. Les apports en numéraire

Ce sont les espèces (argent) apportées par les associés pour


constituer la société. Chaque associé remet aux fondateurs sa quote-
part financière lors de la constitution de la société.
b. Les apports en nature

Ils sont constitués par différents types de biens, autres que le


numéraire, susceptibles d’être capitalisés. Ces apports peuvent être faits
en pleine propriété (la société en devient propriétaire), en jouissance
(l’apporteur en reste propriétaire mais la société en a l’usage), ou encore
en usufruit.
Ces apports peuvent prendre la forme de meubles corporels
(ordinateurs, bureaux,machines, véhicules, etc.),ou incorporels (brevets,
fonds de commerce, logiciels, etc.) ou d’immeubles (bâtiments, terrains,
etc.).
Ces apports doivent faire l’objet d’une évaluation car, une
minoration de leur valeur léserait l’associé apporteur, leur majoration
pourrait porter préjudice aux autres associés, puisque l’égalité sociale ne
serait pas alors respectée, ou encore aux créanciers sociaux qui seraient
trompés sur la valeur du capital garant des dettes sociales.
Pour éviter ce genre de déconvenue, les associés doivent, dans
les sociétés autres que les sociétés de personnes, faire appel à des
commissaires aux apports chargés de donner, sous leur responsabilité,
une valeur à ces apports.
c. Les apports en industrie

Ils sont constitués par le savoir-faire de certains associés et ne


sont possibles que dans les sociétés de personnes et, dans certaines
conditions, dans les SARL. N’étant pas saisissables, ils n’entrent pas
dans la constitution du capital social (ce sont des apports non
capitalisés).
En revanche, ils donnent droit à une part des bénéfices et rendent
leur titulaire responsable des dettes de la société à concurrence de
l’évaluation de la valeur de son apport.
C – LE PARTAGE DES BENEFICES
La société est constituée dans le but de faire des bénéfices ou de
profiter d’une économie9. Ainsi, chaque associé recevra une part des
bénéfices au prorata de ses apports. Ces règles s’appliquent également
à la contribution des associés aux pertes.
Les statuts ne peuvent cependant prévoir des clauses qui ont pour
effet d'attribuer à un associé une part dans les bénéfices ou dans les
pertes supérieure à la part proportionnelle à sa mise. Il suffit donc que
cette part soit supérieure à la proportion de la mise d'un associé, pour
donner lieu à la nullité de la société.

9
- C'est-à-dire la réalisation d’une économie au profit des associés, par exemple la
réalisation d’opérations à moindre coût comme l’achat de produits à moindre prix ; cette
économie est assimilée au profit.
D – "L’AFFECTIO SOCIETATIS"
C’est un élément psychologique élaboré par la jurisprudence. Il
consiste dans la volonté des associés de collaborer de façon :
- active (information, vote, etc.),
- volontaire
- et égalitaire, puisqu’il n’existe pas de lien de subordination entre
les associés.
Cet élément permet par exemple aux juges de distinguer le contrat
de société des autres contrats ; ainsi, dans un contrat de travail dans
lequel il est stipulé que l’employé sera rémunéré par participation aux
bénéfices, l’employé ne peut être considéré comme un associé qui fait
un apport en industrie car l’employé reste subordonné à son employeur,
alors que l’affectio societatis ne connaît pas de subordination. En outre,
cet élément reste très utile pour déterminer l’existence des sociétés de
fait10.

§ 2 – LES CONDITIONS DE FORME

Pour exister, une société doit remplir des conditions de forme


particulières ; elles sont identiques, à peu de chose près, pour toutes les
sociétés.
A – LES STATUTS
C’est l’acte fondateur de la société ; il consiste dans la rédaction et
la signature des statuts.
En principe, en vertu de l’article 987 D.O.C., le contrat de société
est simplement consensuel, c'est-à-dire que seul le consentement des
parties est nécessaire pour constituer une société ; cependant,
s'agissant des sociétés commerciales, il est obligatoire que les statuts
soient établis par écrit.

10
- V. infra.
Les statuts peuvent prendre la forme d’acte sous seing privé ou
d’acte authentique. Ils contiennent des indications sur :
- l’identité de la société (forme, objet social, siège social, durée,
capital social, etc.),
- celle des associés apporteurs (nom, domicile, types d’apport,
montant, etc.),
- ainsi que les règles de fonctionnement qui la régissent (gérance 11,
tenue des assemblées, partage des bénéfices, etc.).
B - SOUSCRIPTION DU CAPITAL ET LIBERATION DES APPORTS 
Une société ne peut être constituée que si tous les titres émis sont
souscrits par les associés.
Dans les S.A. et SARL la souscription au capital (lorsqu’il est prévu
par les associés, d’après la loi 24-10 de 2011) 12 est exigée parce qu'il est
possible de fractionner la libération comme nous allons le voir. Par
contre, dans les autres sociétés, les apports en numéraire doivent être
libérés intégralement dès la constitution.
Pour les S.A. la réalisation du capital se fait par des bulletins de
souscription qui doivent être établis en double exemplaire, dont l’un est
remis au souscripteur contenant un certain nombre de renseignements
sur la société.
a - La libération des apports en numéraire 

La libération est l’exécution de la souscription par la réalisation de


l’apport promis, soit en numéraire, soit en nature 13.

11
-Les premiers dirigeants de la S.A. sont désignés soit par les statuts, soit dans un acte
séparé annexé aux statuts, mais leur prise de fonction ne sera effective qu'à compter de
l'immatriculation au registre de commerce. Les administrateurs peuvent, dès leur
nomination, désigner le président du conseil d'administration, le ou les DG et le ou les DG
délégués ; les membres du conseil de surveillance peuvent déjà, aussi, désigner les
membres du directoire (art.20).
12
Il s’agit de la loi n°24-10 modifiant la loi 5/96 relative à la SARL et les autres sociétés
commerciales, loi du 2 juin 2011 BO n° 5956 bis du 30/6/2011.
13
- MERLE (Ph.), Droit Commercial - Sociétés Commerciales, Paris, Dalloz, 1992, p. 221.
En principe, la libération des apports se fait en totalité dès la
constitution des sociétés. Cependant, les actions en numéraire des S.A.
et les parts en numéraire des SARL (si capital il y a) doivent être libérées
lors de la souscription au moins du quart de leur valeur nominale, mais il
peut être prévu que la libération doit être intégrale dès la souscription.
Sinon, s'agissant de la S.A., la libération des 3/4 restants doit
intervenir en une ou même en plusieurs fois suivant la décision du
conseil d’administration ou du directoire dans un délai qui ne peut
dépasser 3 ans à compter de l’immatriculation de la S.A. au RC.
Et pour la SARL, la libération du surplus peut intervenir en une ou
plusieurs fois sur décision du gérant dans un délai qui ne peut excéder 5
ans à compter de la date d’immatriculation.
A défaut de procéder aux appels de fonds dans le délai de cinq ans
pour réaliser la libération intégrale du capital, tout intéressé peut
demander au président du tribunal de commerce statuant en référé :
- soit d'enjoindre sous astreinte au gérant de procéder à ces appels
de fonds,
- soit de désigner un mandataire chargé de procéder à cette
formalité.
b - La libération des apports en nature 

Les apports en nature doivent être intégralement libérés lors de la


constitution de toute sorte de société commerciale.
Ces apports doivent être transférés à la société en formation, mais
après avoir été vérifiés.
S'agissant des S.A., les fondateurs désignent un ou plusieurs
commissaires aux apports.
Le commissaire aux apports établit, sous sa responsabilité 14, un
rapport15 qui décrit chacun des apports, indique le mode d’évaluation
utilisé et les raisons pour lesquelles il a été adopté et affirme que la
valeur des apports correspond à la valeur nominale des actions à
émettre (art. 25).
Ce rapport est déposé au siège social et au greffe du tribunal et
mis à la disposition des futurs actionnaires 5 jours au moins avant la
signature des statuts ; cette signature par les actionnaires vaudra donc
approbation de l’évaluation des apports.
S'agissant de la SARL les commissaires aux apports sont
obligatoires quand la valeur d’un des apports dépasse 100 000 dh et si
le total des apports en nature est supérieur à la valeur de la moitié du
capital social (article 53).
Concernant les sociétés de personnes, l'évaluation des apports ne
pose pas de problème vu la responsabilité illimitée des associés.
C - LE DEPÔT DES FONDS EN BANQUE 
Cette formalité n'est prévue que pour les sociétés qui exigent un
capital minimum, notamment la S.A. (art. 22) ; la SARL n’est
actuellement soumise à cette formalité que lorsque le capital prévu par
les associés dépasse 100 000 dhs selon la loi 24-10) (art. 51). Cette
formalité a pour objectif d’éviter la création de sociétés à capitaux fictifs.
En effet, les fonds provenant des souscriptions en numéraire
doivent être obligatoirement déposés par les fondateurs au nom de la
société en formation, dans les 8 jours de leur réception, dans un compte
bancaire bloqué avec la liste des souscripteurs indiquant les sommes
versées par chacun d’eux.
14
- En plus de la responsabilité civile du fait des fautes professionnelles, les commissaires
aux apports encourent l’emprisonnement de 1 à 6 mois et une amende de 8 000 à 40 000 dh
en cas d’attribution frauduleuse à un apport en nature d’une évaluation supérieure à sa
valeur réelle.
15
- La description et l’évaluation des apports en nature qui doit être contenue dans les
statuts sont justement établies sur la base de ce rapport.
D’après la loi 24-10, ce dépôt des fonds peut être fait par voie
électronique et donne lieu à l’émission par la banque dépositaire d’un
certificat sous format écrit ou sous format électronique.
Jusqu’au retrait, tout souscripteur, justifiant de sa souscription, peut
se faire communiquer par la banque dépositaire la liste des souscripteurs
et se faire délivrer une copie.
Lorsque la société n’aura pas été définitivement immatriculée dans
le délai de six mois, initialement les apporteurs devaient demander au
Président du tribunal de commerce, statuant sur requête, l’autorisation
de retirer le montant de leurs apports, la loi 24-10leur permet désormais
d’effectuer le retrait des apports, sur présentation d’une attestation du
greffe de non immatriculation de la société au registre du commerce, soit
individuellement, soit par l’intermédiaire d’un mandataire qui demanderait
directement à la banque le retrait des fonds. L’autorisation judiciaire est
donc supprimée.

D - LA DECLARATION DE SOUSCRIPTION ET DE VERSEMENT


Cette formalité ne concerne que les S.A. Lorsque le capital est
intégralement souscrit et les versements exigés sont effectués de
manière régulière, les fondateurs doivent établir une déclaration
constatant ces opérations soit par acte notarié, soit par acte sous seing
privé ; dans ce dernier cas, l’acte doit être déposé au greffe du tribunal
du lieu du siège social16.
Pour ce faire, les fondateurs doivent présenter, avec leur
déclaration, les bulletins de souscription et un certificat de la banque
dépositaire afin de permettre au notaire ou au secrétaire-greffier, en cas
d’acte sous seing privé, de vérifier la conformité de la déclaration des
fondateurs.
16
- On constatera que, contrairement à l’article 1 alinéa 9 de la loi de 1922, la DSV n’est plus
obligatoirement notariée.
Ils doivent en outre y joindre la liste des souscripteurs, l’état des
sommes versées par chacun d’eux et un exemplaire ou une expédition
des statuts.
E – LES FORMALITES DE DEPÔT AU TRIBUNAL
Les fondateurs de la société doivent déposer au tribunal du lieu du
siège social un certain nombre de pièces notamment :
- deux copies ou deux exemplaires des statuts certifiés conformes
par le représentant de la société ;
- les actes de nomination des premiers dirigeants,
- le cas échéant, le rapport du commissaire aux apports etc.
F – LA PUBLICITE DELA CONSTITUTION
Afin d’assurer une plus grande transparence de la vie des sociétés
et de protéger leurs partenaires commerciaux, des conditions de
publicité ont été rendues obligatoires.
Après le dépôt des statuts et autres pièces au tribunal, les
fondateurs doivent faire une demande d’immatriculation au registre du
commerce qui permettra à la société d’acquérir la personnalité morale.
Ensuite, dansles 30 jours de l'immatriculation de la société au
registre du commerce,les fondateurs doivent faire publier un extrait des
statuts dans un journal d’annonces légales et au bulletin officiel. Cet
extrait doit mentionner les renseignements essentiels sur la constitution
de la nouvelle société (forme, dénomination, siège social, durée,
montant du capital, etc.); il doit également contenir le numéro de
l'immatriculation de la société au registre de commerce 17.

SECTION 2 – ATTRIBUTS DES SOCIÉTÉS


Il s’agit d’étudier successivement les caractéristiques de la société.

17
Loi 21/05 promulguée par dahir du 14 février 2006 modifiant la loi 5/96,B.O. n° 5400, du 2
mars 2006 et loi 20/05 concernant la S.A.
§ 1 – LA DENOMINATION SOCIALE

Comme toutes les personnes juridiques, les sociétés s’identifient


par un nom ; c’est la dénomination sociale, qui peut être choisie sans
limitation de possibilités.
Cette dénomination est protégée contre les usurpations et l’on peut
en changer par simple modification des statuts au cours d’une
assemblée générale extraordinaire.
Certaines sociétés ont une raison sociale telles que les sociétés
civiles. Il s’agit d’une identification qui comprend tout ou partie des noms
des associés suivis de «et compagnie», exemple : société
BENCHEKROUN, BENJELLOUN et compagnie.
Actuellement les sociétés de personnes ne sont plus obligées
d'adopter une raison sociale ; quant aux autres sociétés commerciales,
elles doivent, obligatoirement, avoir une dénomination sociale qui peut
parfois comprendre les noms de certains associés (à l'exception de la
SA) ; elle doit être toujours suivie ou précédée de la forme de la société.

§2 – LE SIEGE SOCIAL ET LA NATIONALITE

L'intérêt de la question est double : au niveau national et au niveau


international.
A – AU NIVEAU NATIONAL
Le siège social, qui doit être mentionné dans les statuts,
représente le domicile de la société :
- il permet de la localiser pour accomplir certaines opérations
(correspondances, impôts, etc.),
- les actions en justice contre la société doivent être intentées
devant le tribunal de son siège social,
- il permet aussi de déterminer le lieu des formalités de dépôt et de
publicité.
- il détermine en outre la nationalité de la société qui est celle du
pays où se situe son siège social. L’importance de la nationalité est
considérable puisqu’elle définit les lois applicables à la société
(formation, fonctionnement, etc.).
Le critère retenu par le droit marocain est donc celui du siège
social ; l'art. 5 de la loi 17/95 se contente de stipuler, sans évoquer la
question de la nationalité que : «Les SA dont le siège social est situé au
Maroc sont soumises à la législation marocaine».
Néanmoins, le siège social doit être réel et non fictif car certaines
sociétés, pour échapper à la rigueur fiscale de la région où est situé leur
siège social, stipulent dans les statuts un autre siège social. C'est
pourquoi l'alinéa 2 du même article laisse aux tiers, et notamment le
fisc, le choix entre le siège statutaire (qui est fictif) et le siège réel. "Les
tiers, dispose cet alinéa, peuvent se prévaloir du siège statutaire, mais
celui-ci ne leur est pas opposable par la société si son siège réel est
situé en un autre lieu".
Pour le transfert du siège social, il suffit de modifier les statuts au
cours d’une assemblée générale extraordinaire et de procéder aux
mesures de publicité sous peine d'inopposabilité aux tiers.
B – SUR LE PLAN INTERNATIONAL : SOCIÉTÉS INTERNATIONALES ET SOCIÉTÉS

multinationales

Il existe cependant des sociétés qui ne sont régies par aucune loi
nationale, il s'agit des sociétés internationales qui sont comparées par
certains auteurs aux personnes physiques apatrides, avec cette
différence qu'elles sont créées par des conventions internationales (entre
Etats) et régies par leurs seuls statuts sans être rattachées à une loi
nationale18. On peut citer comme exemples le S.A.S. (Scandinavian Air
Lines System), la S.F.I. (Société financière Internationale)19 etc.
A la différence des sociétés internationales, les sociétés
multinationales ont plusieurs nationalités. Ce sont des sociétés qui
forment un groupe (comprenant une société mère et des filiales 20)
implanté sur le territoire de plusieurs Etats et chaque unité du groupe
bénéficie d'une autonomie juridique. Il s'agit en fait d'une seule personne
morale à laquelle les différents États attribuent la nationalité chacun en
vertu de son critère (siège social, centre d'exploitation, lieu
d'incorporation ou critère du contrôle).
En réalité, malgré ces différentes nationalités, presque toutes les
multinationales sont des sociétés qui n'ont qu'une seule nationalité, celle
de la société dominante dont les dirigeants possèdent le pouvoir réel de
décision ; c'est le groupe (composé de toutes les unités) qui est qualifié
de "multinationale"21. On citera comme exemples General motors, I.B.M.,
Nestlé, Air Afrique22, etc.

§3 – LA CAPACITE DELA SOCIETE

La capacité des sociétés n’est pas aussi large que celle des
personnes physiques. En effet, une société n’a de raison d’exister qu’en
fonction d’une activité économique (objet social). Sa capacité se limitera
donc aux actes relatifs à l’objet social défini dans les statuts ; c’est la
règle dite de la spécialité ou de la spécialisation.

18
- HAMEL (J), LAGARDE (G) et JAUFFRET (A), Droit commercial – Sociétés-
Groupements d'intérêt économique – Entreprises publiques, Paris, Dalloz, T. I, 2ème éd.,
1980, n° 420-2.
19
- Créée par la convention du 11 avril 1955.
20
Alors qu'une filiale n'a pas de personnalité morale distincte de la société, une succursale
est une annexe de l'entreprise gérée par la société mais qui a une personnalité morale
propre.
21
- HAMEL (J) et autres, op. cit., n° 420-2.
22
- C'est une société de transports aériens créée par la convention de Yaoundé du 14 mars
1961 qui lui attribue cumulativement la nationalité de chacun des États signataires (les Etats
de l'Union Africaine et malgache).
Pour exercer ses droits, une société doit faire appel à des
représentants qui sont obligatoirement des personnes physiques. Ces
derniers accomplissent les actes au nom de la société. Ce sont les
dirigeants de la société qui remplissent cette fonction. Il s'agit de la
capacité d'exercice de la société qui est exercée par ses dirigeants.

§4 – LE PATRIMOINE

Le patrimoine de la société se compose de l’actif, constitué par les


apports en numéraire et en nature des associés et par les biens acquis
par elle à l’occasion de son activité (meubles et immeubles), ainsi que du
passif, qui comprend l’ensemble des dettes de la société (les emprunts,
les créances des fournisseurs, les impôts, etc.)23
La société a un patrimoine qui lui est propre. On parle d'autonomie
du patrimoine,car il ne se confond pas avec celui des associés. Ainsi,
l’actif de la société n’appartient pas aux associés qui sont seulement
titulaires de droits pécuniaires et non pécuniaires envers la société par la
possession de parts ou d’actions.
Les créanciers personnels des associés ne pourront en aucun cas
saisir le patrimoine social pour éteindre leurs créances. D’autre part, le
passif de la société ne peut être imputé sur le patrimoine des associés à
l’exception des sociétés de personnes dans lesquelles la responsabilité
des associés est indéfinie.

SECTION 3 – LA FIN DES SOCIÉTÉS


Le contrat de société peut prendre fin pour différentes causes.
1. La durée

23
- Il ne faut pas confondre patrimoine social et capital social. Alors que le premier comprend
et l’actif et le passif de la société, le capital social représente le montant des apports
effectués par les associés au profit de la société, il peut être augmenté par de nouveaux
apports ou par incorporation de réserves, il peut même parfois être réduit.
L’existence juridique de la société en tant que personne morale
débute le jour de son immatriculation au registre du commerce. Sa durée
ne peut excéder 99 ans sous réserve de prorogation.
2. La volonté des associés
S’ils le désirent, les associés peuvent décider de mettre fin à leur
société avant l’arrivée du terme. Cette décision sera prise lors d’une
assemblée générale extraordinaire.
3. La disparition ou l’extinction de l’objet.
L’objet peut disparaître pour de nombreuses raisons (réalisation,
expropriation, interdiction d’exploitation, etc.) dans ce cas, la société
n’ayant plus de raison d’exister, devra être dissoute.
4. L’annulation de la société
Lorsque les conditions de la formation du contrat ne sont pas
respectées (vice du consentement, par exemple), la justice peut
prononcer l’annulation du contrat de société ; cette dernière cessera
donc d’exister.
5. La dissolution judiciaire
Pourvu qu’il y ait de justes motifs, tout associé a le droit de
demander au tribunal la dissolution de la société. C'est le cas par
exemple de mésintelligences graves survenues entre associés, le
manquement d’un ou de plusieurs associés à leurs obligations, etc.
6. L’application d’une procédure collective (voir plus de détail
au niveau des diapo)
En cas de difficultés, la société peut être soit liquidée (lorsque
aucune solution de redressement n’est possible), soit mise en
redressement judiciaire. Dans ce cas, si la fin de la période d’observation
aucun plan de redressement n’est jugé satisfaisant, le tribunal pourra
prononcer la dissolution de la société.
SECTION 4 – CLASSIFICATION DES SOCIÉTÉS DE DROIT
PRIVE
La classification des sociétés de droit privé nécessite de
nombreuses distinctions. Outre la distinction entre les sociétés civiles et
les sociétés commerciales, au sein de ces dernières s'opposent les
sociétés de personnes aux sociétés de capitaux ; et les SARL y
occupent une place particulière.On peut également relever l'existence
des sociétés sans personnalité juridique.

§ 1 – SOCIÉTÉS CIVILES24 ET SOCIÉTÉS COMMERCIALES

Les sociétés sont civiles ou commerciales selon la nature de leur


activité.
Sont civiles, les sociétés dont l’activité est de nature civile
(agriculture, pêche etc.) et commerciales, celles qui exercent l’une des
activités commerciales prévues par l’article 6 du code de commerce.
Toutefois, le législateur a décidé que toutes les sociétés qui
prendraient une des formes juridiques suivantes seraient considérées
des sociétés commerciales quel que soit leur objet: SA, SARL, Société
en Nom Collectif (SNC), Société en Commandite Simple (SCS) ou par
actions (SCA). On dit qu’elles sont commerciales par la forme.

§ 2 – SOCIÉTÉS DE PERSONNES ET SOCIÉTÉS DE CAPITAUX


A – LES SOCIÉTÉS DE PERSONNES (SNC ET SCS)
Ce sont des sociétés qui se caractérisent par :
- la prédominance du facteur personnel (l’intuitu personae) dans
leur constitution et leur fonctionnement ;
- l’engagement des associés au-delà de leurs apports, leur
responsabilité sera illimitée, c'est-à-dire solidaire et indéfinie ;

24
Voir le projet de loi 31-18 sur les sociétés civiles immobilières
- en contrepartie de leur apport, les associés reçoivent des parts
d’intérêts ou parts sociales, qui sont des valeurs non négociables, c'est-
à-dire qu’elles ne sont cessibles que par la voie civile.
B – LES SOCIÉTÉS DE CAPITAUX OU PAR ACTIONS (SA ET SCA)
Dans ce type de sociétés :
- la considération de la personne est indifférente, la somme des
apports individuels compte plus que la personne des apporteurs ;
- chaque associé n’est tenu que jusqu’à concurrence de son
apport ;
- les associés reçoivent des actions qui sont négociables.

§ 3 – LA SARL

C’est une société à mi-chemin entre les deux groupes précédents :


- comme dans les sociétés de capitaux, les associés ne sont
engagés que jusqu’à concurrence de leurs apports ;
- comme dans les sociétés de personnes, les associés se
connaissent (intuitu personae) ;
- et les parts sociales ne sont pas négociables.
TABLEAU COMPARATIF DES CARACTERISTIQUES DES
SOCIETES COMMERCIALES
LES SOCIÉTÉS DE LES SOCIÉTÉS DE
PERSONNES LA SARL CAPITAUX
S.N.C. + SCS S.A + SCA+ SAS
Intuitu personae Intuitu personae Les apports (capital)
Responsabilité Responsabilité limitée Responsabilité limitée
illimitée
Parts sociales Parts sociables Actions
(non négociables) (non négociables) (négociables sauf
pour les SAS)

§ 4 – LES SOCIÉTÉS SANS PERSONNALITE

Dépourvues de la personnalité juridique, ces sociétés ont la qualité


civile lorsqu’elles ont pour objet une activité civile, mais lorsqu’il est
commercial, elles sont régies par les dispositions relatives à la SNC. Il
s’agit de la société en participation et de la société créée de fait qu'il ne
faut pas confondre avec la société de fait.
A – LA SOCIETE EN PARTICIPATION
Réglementée par la loi 5/96 (articles 88 à 91), la société en
participation est la plus simple des sociétés dans la mesure où la loi
n’exige pour sa constitution aucune condition de forme, ni de publicité ;
de plus, elle n’a pas de personnalité morale puisqu’elle n’est pas
soumise à l’immatriculation (art 88), elle est donc dépourvue de
dénomination ou raison sociale, de siège social et de patrimoine social.
La société en participation n'est pas destinée à être connue des
tiers, elle n'a d'existence que dans les rapports entre associés.
Elle peut être créée de fait25.

25
C'est-à-dire sans avoir l'intention de créer une société en participation.
L'intérêt de cette société est grand pour les personnes qui ne
désirent pas dévoiler leur société.
La société en participation peut être utilisée de manières très
diverses, allant de l'achat d'un objet déterminé jusqu'à l'association entre
des sociétés industrielles très puissantes (par exemple pour la réalisation
d'un projet commun).
Selon l'article 89 de la loi 5/96, l'objet, les droits et les obligations
des associés et les conditions de gérance de la société sont convenus
librement par les associés, à condition de respecter les dispositions de
contrat de société prévues par le D.O.C.
Les apports des associés ne deviennent pas la propriété de la
société, ils sont simplement remis au gérant, de même les bénéfices
tombent dans le patrimoine du gérant qui devient le débiteur des
associés.
Le gérant traite les affaires de la société en son nom personnel ;
toutefois, la société peut être connue des tiers (ostensible) et dans le cas
contraire, elle est occulte26.
Étant donné le caractère occulte de la société, les associés ne
peuvent pas tous assurer la gérance de la société, ils ne peuvent
accomplir que des actes de gestion interne. Le gérant, étant censé agir
en son nom personnel, il est seul engagé à l'égard des tiers. Mais si les
associés agissent en leur qualité d'associés avec les tiers, ils révèlent
ainsi leur société (par exemple ouvrir un compte au nom de la société ou
faire révéler un nom social sur les documents de la société, etc.), la
société devient alors ostensible.

26
- C’est pourquoi le législateur n’en exige aucune formalité de publicité. Ce caractère
occulte ne joue qu’à l’égard des tiers et non pas vis-à-vis de l’administration fiscale ; la
société doit se faire déclarer.
Dans ce cas, si l'objet social est commercial, la société en
participation se transforme en société en nom collectif avec la
responsabilité indéfinie et solidaire des associés ; sinon, elle est civile.
Les associés sont donc liés par un contrat de société qu’ils doivent
respecter de la même façon que dans les autres sociétés.
B –SOCIETE CREEE DE FAIT / SOCIETE DE FAIT
- La société de fait est une société dont les associés ont voulu agir
en tant qu’associés, mais dont la société a continué de fonctionner tout
en étant entachée d’un vice de constitution, par exemple défaut d’un
élément constitutif essentiel qui entraîne l’annulation du contrat de
société.
Avant sa nullité cette société a pu prendre une des formes des
sociétés (par exemple une SA, une SARL, etc.), elle a pu être
immatriculée au registre de commerce et partant avoir déjà acquis la
personnalité juridique.
Cette nullité n'a cependant d'effet que sur l'avenir, les actes
antérieurement effectués sont valables, cette nullité étant inopposable
aux tiers.
- La société créée de fait est une société dont les associés se sont
comportés, en fait, comme des associés sans qu’ils en soient conscients,
c'est-à-dire sans avoir voulu créer une société. C’est une société dont
tous les éléments fondamentaux du contrat de société sont réunis mais,
contrairement à la société de fait, elle n'a jamais acquis la personnalité
morale.
Après sa découverte, cette société sera considérée comme société
de droit commun, mais si elle exerce une activité commerciale, elle sera
considérée comme une société en nom collectif entraînant la
responsabilité indéfinie et solidaire des associés.
CHAPITRE 2 – LES SOCIÉTÉS DE PERSONNES
Il s'agit de la société en nom collectif et de la société en
commandite simple.

SECTION 1 –LA SOCIÉTÉ EN NOM COLLECTIF


La SNC est régie par les articles 3 à 18 de la loi 5/96.

§ 1 –LES CARACTERES GENERAUX


A –LE CAPITAL ET LA RESPONSABILITÉ
Elle ne nécessite pas de capital minimal. Les apports peuvent être
faits en numéraire, en nature ou en industrie ; ils donnent droit à
l’attribution de parts sociales d’égale valeur choisie par les associés.
Toutefois, la responsabilité des associés constitue une contrepartie
à la faiblesse de ce capital ; en effet, ces derniers sont responsables
indéfiniment et solidairement des dettes de la société.
B – LA CAPACITÉ DES ASSOCIÉS
L’article 3 de la loi 5/96 considère que tous les associés de la SNC
ont la qualité de commerçant. Partant, la capacité commerciale est
requise des associés. De fait, certaines catégories de personnes ne
peuvent être associées dans la SNC ; ce sont :
- les mineurs, même émancipés, s’ils ne sont pas autorisés à faire
le commerce ;
- les majeurs interdits ;
- les personnes dont la profession n’est pas compatible avec la
qualité de commerçant (avocat, fonctionnaire, etc.) ;
- les personnes dont l’activité commerciale se trouve interdite à
raison d’une incapacité ou d’une déchéance.
§ 2 – LA GESTION DES SOCIÉTÉS EN NOM COLLECTIF

Il s'agit de déterminer les conditions de la gérance, de la cessation


des fonctions du gérant et ses pouvoirs27.
A – LES CONDITIONS DE LA GÉRANCE
Le fonctionnement de la société est assuré par un ou plusieurs
gérants nommés dans les statuts (gérant statutaire) ou par acte ultérieur.
Sans stipulation des statuts, tous les associés sont gérants 28.
Si le gérant est associé, sa nomination requiert l’unanimité ; dans
le cas contraire, les statuts fixent librement les conditions de sa
nomination.
Le gérant peut être une personne physique ou morale, dans ce
dernier cas, la personne morale doit désigner son représentant qui sera
responsable de la même manière que les personnes physiques.
Le gérant doit avoir la capacité de faire le commerce, qu'il soit
associé ou non ; mais n’est pas obligatoirement commerçant dans le cas
où il ne ferait pas partie de la société (il n'est dans ce cas que
mandataire).
Il lui est possible de cumuler plusieurs mandats de gérant dans
plusieurs sociétés ; mais il lui est interdit d'exercer une activité similaire à
celle de la société, sauf s'il est autorisé par les associés.
Sa rémunération est fixée par les statuts ou par décision ultérieure
des associés.
B – LA CESSATION DES FONCTIONS
Les fonctions du gérant prennent fin par démission, incapacité,
déchéance ou révocation par les associés.

27
S'agissant de la responsabilité civile des gérants, voir infra chapitre 3 relatif à la SARL,
quant à la responsabilité pénale, elle résulte de nombreuses dispositions de la loi 5/96.
28
Il faut par exemple mentionner dans les statuts que "la société sera dirigée par un ou deux
ou trois…gérants nommés par assemblée générale…" ; à défaut d'une disposition de ce
genre, tous les associés seront considérés des gérants.
a. La révocation des gérants associés

- Si le gérant associé est statutaire, sa révocation, qui doit être


décidée à l’unanimité des autres associés, entraîne automatiquement la
dissolution de la société, à moins que sa continuation ne soit prévue par
les statuts ou que les autres associés ne la décident à l’unanimité
- La révocation du gérant associé non statutaire nécessite
également l’unanimité des associés à défaut de dispositions contraires
des statuts, mais n’entraîne pas la fin de la société.
b. La révocation du gérant non associé

Si le gérant n’est pas associé (personne extérieure à la société), la


majorité suffit pour le révoquer à défaut de conditions prévues par les
statuts.
Aucun texte ne prévoit expressément la démission du gérant d’une
SNC ; néanmoins, une telle possibilité existe, que la gérance soit ou non
statutaire.
Dans tous les cas, une révocation abusive (sans justes motifs),
peut donner lieu à des dommages-intérêts au profit du gérant 29. Il en est
de même en cas de démission abusive de la part du gérant.

C – LES POUVOIRS DU GÉRANT


Il est habituel de distinguer les pouvoirs du gérant dans ses
rapports avec les associés et dans ses rapports avec les tiers.
a - Les pouvoirs du gérant face à ses associés

Dans les rapports avec les associés, le gérant peut accomplir tous
les actes de gestion dans l’intérêt de la société ; toutefois, les statuts
prévoient souvent une limitation de ses pouvoirs en soumettant certains
29
Dans tous les cas, la révocation abusive (révocation entourée de circonstances vexatoires,
injurieuses, portant atteinte à l’honneur, la réputation et la probité du dirigeant révoqué)
ouvre droit à une indemnisation tandis que la révocation irrégulière (prise selon des formes
non appropriées) peut être annulée.
actes à l’autorisation préalable des associés (vente d’immeubles,
dépenses excessives, constitutions de sûretés, etc.).
b - Les pouvoirs du gérant face aux tiers

Dans ses rapports avec les tiers, le gérant engage la société par
les actes qui entrent dans le cadre de l’objet social, par conséquent, et
contrairement à la SARL, la société n'est pas tenue par les actes du
gérant qui dépassent l'objet social. Les clauses statutaires limitant les
pouvoirs des gérants sont inopposables aux tiers.
En cas de pluralité de gérants, chacun d’entre eux peut faire tous
les actes conformément à l’objet social.

§ 3 - LES REGLES CONERNANT LES ASSOCIÉS

Les associés ont un droit de communication et d’information ; ils


prennent leurs décisions en assemblée générale et peuvent difficilement
sortir de la société dans la mesure où «l’intuitu personae» demeure le
fondement de l’existence de la SNC.
A – LE DROIT D’INFORMATION ET DE COMMUNICATION
a – L’information au siège social

Deux fois par an, les associés ont le droit de prendre connaissance
(et éventuellement copie) au siège social des livres comptables, ainsi
que de tous les documents sociaux utilisés par la société au cours de
son activité. A cette fin ils peuvent être assistés d’un conseiller.
Ils peuvent aussi poser des questions par écrit sur la gestion
sociale, auxquelles il doit être répondu également par écrit.
C’est un droit impératif qui peut donner lieu, s’il n’est pas respecté
par les gérants, à des sanctions pénales (article 110).
b – L’information préalable aux assemblées

Avant chaque assemblée, les gérants sont tenus de faire parvenir


une information complète aux associés afin qu’ils puissent prendre leurs
décisions en toute connaissance de cause.
Cette obligation est importante pour l’assemblée générale ordinaire
annuelle d’approbation des comptes, à l’occasion de laquelle de
nombreuses décisions seront prises.
15 jours au moins avant la réunion, les associés reçoivent les
documents comptables (bilan, compte de résultat, etc.) les rapports de
gestion du gérant et, le cas échéant, celui du commissaire aux comptes,
ainsi que les résolutions proposées.
Pendant le délai de 15 jours qui précède l’assemblée, l’inventaire
doit être mis à la disposition des associés au siège social pour y être
consulté.
En cas de non-respect de ces obligations, le gérant encourt des
poursuites pénales (article 111) et les décisions prises pourront être
annulées par le tribunal.
B – LE POUVOIR DES ASSEMBLÉES
Les assemblées peuvent se tenir seulement par correspondance à
l’exception de l’assemblée générale ordinaire annuelle d’approbation des
comptes ou lorsqu’une réunion est demandée expressément par un
associé (article 9).
Certaines décisions sont obligatoirement prises à l’unanimité
(révocation du gérant associé statutaire, continuation de la société,
cession des parts, etc.), les autres décisions peuvent être prises à une
majorité fixée par les statuts.
Après chaque assemblée, un procès – verbal est rédigé et signé
par tous les associés présents. En cas de consultation écrite, il en est
fait mention au PV signé par le gérant et accompagné de la réponse de
chaque associé.
C – LA CESSION DES PARTS
Cette question est réglementée par l'article 15 de la loi 5/96.
L’associé qui veut vendre ses parts sociales doit obtenir
l’autorisation de tous les autres associés. En effet, dans les sociétés de
personnes où les associés sont peu nombreux, ces derniers doivent se
protéger contre l’intrusion de personnes indésirables dans la mesure où
«l’intuitu personae» est très fort.
Lorsque l’agrément est refusé, l’associé doit rester dans la société
ou provoquer sa dissolution par une décision de justice pour "justes
motifs".
Pour la cession des parts de la SNC, il faut déposer une copie de
l’acte de cession au siège social contre la remise à l’associé cédant d’un
certificat de dépôt par le gérant.
Pour être opposable aux tiers, la cession doit être inscrite au
registre de commerce.
D - LA RESPONSABILITÉ DES ASSOCIÉS
En cas de non-paiement des dettes par la société et 8 jours 30 après
la mise en demeure de celle – ci par acte extrajudiciaire 31, les créanciers
peuvent poursuivre les associés en paiement de l’intégralité du passif
(article 3).
La responsabilité étant solidaire et indéfinie, les associés peuvent
être tenus de payer l’ensemble des dettes sur leurs biens personnels et
un associé risque, s’il est solvable, de payer les dettes des autres
associés insolvables (c'est-à-dire toute la dette sociale). Il aura toutefois

30
- Ce délai peut être prolongé par ordonnance du président du tribunal, statuant en référé,
une seule fois et pour la même durée (article 3 alinéa 2).
31
- Il s’agit d’un acte dressé par un auxiliaire de justice (avocat, huissier de justice, etc.) en
dehors de toute procédure, c'est - à - dire avant toute action en justice.
par la suite la possibilité de se retourner contre eux pour récupérer les
sommes payées indûment (action récursoire)32.

§ 4 – LA FIN DELA SNC

À côté des causes de dissolution communes à toutes les sociétés,


il existe certaines causes particulières aux SNC.
Ainsi, en cas de problèmes graves affectant la personne des
associés (décès, incapacité, faillite personnelle, etc.) ou lors de la
révocation d’un gérant associé statutaire, la société doit être dissoute, à
moins que les associés ou les statuts n’en décident autrement.
En cas de décès, les associés peuvent accepter de continuer avec
tout ou partie des héritiers. Si ces derniers sont mineurs, la société doit
se transformer en société en commandite simple dans laquelle ils
deviendront des commanditaires.
En tout état de cause, la décision de continuer appartient en
dernier recours aux associés.

SECTION 2 - LA SOCIÉTÉ EN COMMANDITE SIMPLE


La société en commandite simple est le type de société le plus rare
en pratique dans la mesure où il existe d'autres sociétés, comme la
SARL, qui offrent, comme la société en commandite simple, la possibilité
de limiter la responsabilité des associés aux apports, mais en plus
présentent d'autres avantages, notamment la faculté de mieux contrôler
et de participer à la gestion de la société.
La société en commandite simple reste cependant une issue pour
résoudre un problème pratique qu'on rencontre souvent à l'occasion du
décès d'un associé d'une SNC qui laisse des héritiers mineurs qui ne
peuvent être des associés en nom, étant donné que ceux-ci sont
qualifiés commerçants (v. article 17 in fine).
32
- C’est donc une action que le défendeur intente à l’encontre de son débiteur pour obtenir
le remboursement des sommes dont il est redevable.
La société en commandite simple est réglementée par les articles
19 à 30 de la loi 5/96 et par certaines dispositions qui régissent la SNC.

§ 1 - LES CARACTERES GENERAUX


A- LES ASSOCIÉS
La société en commandite simple (ou société par intérêt) est une
société de personnes qui se caractérise par la coexistence de deux
catégories d'associés : des commandités qui ont le statut d'associés en
nom collectif et des commanditaires qui ne répondent des dettes
sociales qu'à concurrence du montant de leur apport et qui n'ont pas, à
ce titre, la qualité de commerçant (article 20 loi5/96).
Pour être valablement constituée, elle doit comprendre au moins
deux associés : un commandité et un commanditaire. Pour être
commanditaire, il suffit donc d'avoir la capacité civile.
La société en commandite simple se caractérise, en outre, par la
prédominance de l'intuitu personae chez les commanditaires, ce qui
entraîne, en principe, l'incessibilité des parts sociales ; ce qui la distingue
de la société en commandite par actions où les capitaux comptent plus
que les associés et dont les actions sont, par conséquent, librement
cessibles.
B - LES APPORTS ET LE CAPITAL
Les commandités ont la possibilité de réaliser toute sorte d'apport,
y compris en industrie ; par contre, il est interdit aux commanditaires de
faire des apports en industrie.
La société en commandite simple ne nécessite pas non plus de
capital minimum puisque les commandités sont responsables
solidairement et indéfiniment ; ce qui constitue une garantie suffisante
pour les créanciers sociaux.
§ 2 - LA GESTION DELA SCS

En ce qui concerne la gestion, ce sont les mêmes règles de la


société en nom collectif qui s'appliquent à la société en commandite
simple33. Dans la mesure où les commandités sont les seuls à être
responsables indéfiniment et solidairement des dettes sociales, seuls
leurs noms peuvent figurer dans la dénomination sociale et ils sont les
seuls à pouvoir s'occuper de la gestion de la société.
Quant aux commanditaires, ils ne peuvent jamais être chargés de
la gestion puisque aux termes de l'article 25 "l'associé commanditaire ne
peut faire aucun acte de gestion engageant la société vis-à-vis des tiers,
même en vertu d'une procuration" sous peine de répondre solidairement
et indéfiniment avec les commandités des dettes sociales qui résultent
des actes prohibés ou même de l'ensemble des dettes si ces actes sont
nombreux ou importants. Leur pouvoir se limite donc aux décisions
collectives.

§ 3 - LES REGLES CONCERNANT LES ASSOCIÉS


A - LE POUVOIR DES ASSOCIÉS
La réunion d'une assemblée de tous les associés est obligatoire
dès lors qu'elle est requise soit :
- par un commandité,
- soit par le quart en nombre et en capital des commanditaires.
Les décisions ordinaires, c'est-à-dire résultant d'une assemblée
générale ordinaire, sont prises à la majorité fixée par les statuts.
Par contre, les décisions extraordinaires, c'est-à-dire qui sont
prises en assemblée générale extraordinaire, donnant lieu à modification
des statuts, ne peuvent être adoptées qu'avec :
- le consentement de tous les commandités,
- et de la majorité en nombre et en capital des commanditaires.
33
Y compris la question relative au dépassement de l'objet social et des limites statutaires.
Les clauses édictant des conditions plus strictes de majorité sont
réputées non écrites.
B - LA CESSION DES PARTS
La règle posée par l'article 27 veut que les parts sociales ne soient
cédées qu'avec le consentement de tous les associés (l'intuitu personae
oblige).
Toutefois, les statuts peuvent prévoir :
En ce qui concerne la cession des parts des commanditaires :
* la libre cession entre les associés (commanditaires ou
commandités) ;
* et pour la cession à des tiers étrangers à la société, le
consentement de tous les commandités et la majorité en nombre et en
capital des commanditaires.
En ce qui concerne la cession des parts d'un commandité, il
ressort du dernier alinéa de l'art. 27 deux limites :
* d'une part, les statuts ne peuvent prévoir la cession que d'une
partie34 des parts sociales des commandités ;
* d'autre part, cette cession ne peut être prévue qu'au profit d'un
commanditaire ou d'un tiers étranger à la société, auquel cas le
consentement de tous les commandités et la majorité en nombre et en
capital des commanditaires est nécessaire.
On doit donc déduire de cet alinéa que la cession de la totalité des
parts d'un commandité à un commanditaire ou à un tiers nécessite le
consentement de tous les associés ; il en est de même pour leur cession
à un autre commandité (que ce soit d'une partie ou de la totalité des
parts), puisque le dernier alinéa de l'article 27 ne permet pas de prévoir
de dérogation dans cette hypothèse.

34
Sinon, il y aura un commandité en moins dans la société.
§ 4 - LA FIN DELA SCS

La société en commandite simple prend fin lorsque survient l'une


des causes communes à toutes les sociétés.
En outre, il existe des causes particulières à la commandite dues,
surtout, aux problèmes affectant la personne des commandités ; car, les
événements propres aux commanditaires, notamment le décès,
n'empêchent pas la société de continuer, dans ce dernier cas les statuts
peuvent prévoir que les héritiers du défunt doivent être acceptés par les
associés.
Quant aux commandités deux hypothèses doivent être
considérées, le décès ou des événements d'autre sorte :
* Le décès de l'un d'eux met fin, en principe, à la société à moins
que les statuts ne prévoient la continuation avec ses héritiers. Dans le
cas où ces derniers sont mineurs non émancipés, on peut se trouver
devant deux hypothèses :
- s'il existe d'autres commandités, ils deviennent commanditaires ;
- si le défunt était le seul commandité :
 il doit être procédé à son remplacement par un nouvel associé
commandité,
 ou à la transformation de la société (en SARL ou en SA), dans le
délai d'un an à compter du décès,
 à défaut, la société est dissoute de plein droit à l'expiration de ce
délai.
* En cas de redressement ou de liquidation judiciaire d'un des
commandités, d'incompatibilité, de déchéance ou d'incapacité frappant
l'un d'eux, la société est dissoute, à moins que, s'il existe un ou plusieurs
autres commandités, la continuation de la société ne soit prévue par les
statuts ou que les associés ne la décident à l'unanimité des
commandités et la majorité en nombre et en capital des commanditaires
(art 30). Dans ce cas, l'associé sortant est indemnisé de la valeur de ses
droits sociaux, laquelle valeur est déterminée par un expert désigné par
ordonnance du président du tribunal statuant en référé (art 18 al.2).

CHAPITRE 3 – LA S A R L
La SARL était réglementée par le dahir du 1 er septembre 1926 qui
avait rendu applicable au Maroc la loi française du 7 mars 1925.
Actuellement, elle est régie par les articles 44 à 87 de la loi 5/96
qui a abrogé les dispositions du dahir de 1926.
La SARL est considérée comme une société hybride dans la
mesure où elle possède certaines caractéristiques des sociétés de
personnes et d’autres des sociétés de capitaux.
Depuis la loi 5/96, il est devenu possible de créer une SARL à
«associé unique».

SECTION 1 – CARACTERES GENERAUX


§ 1 – CAPITAL ET RESPONSABILITE
A – LE CAPITAL ET LES APPORTS
Fixé par la loi 5/96 à 100 000 dhs, le capital minimum de la SARL a
été réduit à 10 000 dhs en 200635 "afin de lutter contre l’informel". Malgré
la modicité de ce capital, la loi 24-10 a estimé qu’il « constitue une
barrière à l’entrée pour les entrepreneurs qui souhaitent formaliser leur
activité sous la forme sociétale », raison pour laquelle elle a carrément
supprimé le capital social. "Le capital de la société à responsabilité
limitée est librement fixé par les associés dans les statuts", prévoit le
nouvel art. 46.
Il est vrai qu'en pratique le capital social ne constitue en rien la
garantie des créanciers sociaux puisque « les apports effectués pour
constituer le capital peuvent être librement utilisés et être entièrement
35
Depuis la loi 21/05 promulguée par dahir du 14 février 2006, B.O. n° 5400 du 2 mars 2006.
dépensés ou investis juste après la constitution ». Cependant, comment
concevoir dans notre système juridique une société sans aucun apport
capitalisable avec une responsabilité limitée des associés ?
Comme dans les sociétés de personnes, lorsqu'un capital est
prévu, les apports sont représentés par des parts sociales égales, dont
le montant nominal était fixé initialement à 100 dh, ensuite à 10 dh. La loi
24-10 prévoit seulement que le capital social est divisé en parts sociales
à valeur nominale égale, ce qui veut dire qu’il appartiendra désormais
aux associés de déterminer la valeur nominale.
Tout en supprimant le capital social, la loi 24-10 continue quand
même à interdire les apports en industrie dans la SARL (Art. 51 al. 3).
Cependant, dans notre système juridique si l'on interdit les apports en
industrie dans une société, c'est à cause de la responsabilité limitée des
associés; en plus du fait qu'ils ne sont ni capitalisables ni saisissables.
Or, actuellement si la société est constituée sans aucun capital, les
associés n’y feront aucun apport ni en nature ni en numéraire, alors qu’il
leur est interdit de faire des apports en industrie, on se demandera quel
quatrième type d’apport y feront-ils, et donc quelle responsabilité y
assumeront-ils ?
Toutefois, une exception à cette interdiction a été introduite en droit
français par la loi du 10 juillet 1982 afin de permettre la constitution de
SARL entre époux36, elle concerne les conjoints de commerçants et
d'artisans qui travaillent dans l'entreprise familiale.
Bien que les entreprises conjugales ne sont pas de tradition au
Maroc, contrairement à la France où elles sont très courantes, la loi 5/96
a quand même, à toute fin utile, adopté cette exception qui est d'ailleurs
assorties d'un certain nombre de conditions :

36
- Rappelons que depuis la loi du 23/12/1985, il est permis de constituer société entre
époux en France.
1° l'apport en industrie ne peut être effectué que si la SARL a pour
objet l'exploitation d'un fonds de commerce ou d'une entreprise
artisanale37:
* soit que ce fonds ou cette entreprise artisanale aient été apportés
à la société en nature ;
* soit qu'ils aient été créés par la société à partir d'éléments
corporels ou incorporels qui sont apportés en nature à la SARL 38 ;
2° seul l'apporteur39 du fonds ou de l'entreprise artisanale ou de
certains éléments seulement, dans le cas où le fonds est créé par la
société, peut apporter son industrie ;
3° à la condition que l'activité principale de cet apporteur (ou de
son conjoint) soit liée à la réalisation de l'objet social (c'est-à-dire du
fonds de commerce ou de l'entreprise artisanale) 40.
Désormais, la loi 24-10 continue à interdire les apports en industrie
dans la SARL au moment où elle a purement et simplement supprimé le
capital social. Dans cette hypothèse, si la société est constituée sans
aucun capital, donc les associés n’y feront aucun apport ni en nature ni
en numéraire, alors qu’il leur est interdit de faire des apports en industrie,
on se demandera quel quatrième type d’apport y feront-ils, et donc
quelle responsabilité y assumeront-ils ?

37
- Ce qui exclue les sociétés exerçant une activité agricole ou libérale, V. MERLE (Ph),
Droit commercial, Sociétés commerciales, 3ème édition, Paris, Précis Dalloz, 1992, n° 181 et
de JUGLART (M) et IPPOLITO (B), Cours de droit commercial, Les sociétés commerciales,
2ème volume, 8ème édition, Paris, MONTCHRESTIEN, 1988, p. 682.
38
- Ce qui exclue les apports en nature lorsque la société achète un fonds de commerce ou
lorsqu'elle le crée en constituant tous ses éléments elle-même, c'est-à-dire sans recevoir en
apport aucun élément ni corporel, ni incorporel par un apporteur.
39
- Ou son conjoint, bien entendu, puisque c'est là le but de l'introduction en France de cette
exception à la règle.
40
- C'est à juste titre que G. RIPERT et R. ROBLOT, Traité élémentaire de droit commercial,
T.I, 14ème éd., Paris, L.G.D.J., 1991 n° 924, considèrent que les parts, représentatives d'un
apport lié à l'activité professionnelle de l'apporteur, sont incessibles et intransmissibles, et
doivent être annulées lorsque leur titulaire quitte la société.
B – LA RESPONSABILITÉ DES ASSOCIÉS
L’avantage de ce type de société consiste dans la responsabilité
des associés qui est limitée au montant de leurs apports. En cas de
difficultés, leur patrimoine personnel ne sera pas mis en cause comme
dans les SNC.
Cependant, en pratique, cette limitation de responsabilité est
souvent mise en échec par le mécanisme du cautionnement bancaire
demandé aux associés, qui subordonne les prêts octroyés aux
entreprises à la mise en œuvre d’une telle garantie.

§ 2 – CAPACITE ET OBJET SOCIAL


A – LA CAPACITÉ DES ASSOCIÉS
Le nombre d’associés est limité à 50 ; au-delà de ce seuil, la SARL
doit se transformer en SA. À défaut de régularisation dans les deux ans,
la SARL sera dissoute de plein droit.
Pour devenir associé, la capacité civile suffit, contrairement à la
SNC dans laquelle la qualité de commerçant est indispensable.
B – L'OBJET SOCIAL
Certaines activités sont interdites à la SARL, l'article 44 al. 2 de la
loi dispose à ce sujet que les sociétés de banque, du crédit, de
l’investissement41, de l’assurance, de la capitalisation42 et de l’épargne
ne peuvent adopter la forme de la SARL. Cette dérogation au principe
libéral s'explique par une certaine crainte du législateur quant au crédit et
à la solvabilité d'une telle société.

41
- Les sociétés d'investissement sont notamment les SICAV (les sociétés d'investissement
à capital variable, spécialisées dans le placement des valeurs mobilières) et les sociétés
d'investissement qui cherchent à promouvoir l'investissement réel (c'est-à-dire dans des
domaines autres que financiers). Si ces sociétés ne peuvent adopter la forme de la SARL,
c'est parce qu'il est interdit aux SARL d'émettre des valeurs mobilières et donc de recourir à
la collecte des fonds du public (v. art. 54 de la loi).
42
La capitalisation boursière est l'évaluation des titres selon leur cotation à la bourse des
valeurs.
SECTION 2 – LA GESTION DELA SARL
§ 1 – LE GERANT
A – LES CONDITIONS DE LA GÉRANCE
La SARL est dirigée par un ou plusieurs gérants, qui est
obligatoirement une personne physique 43, associé ou non44. La capacité
civile suffit mais, en tout état de cause, il ne doit pas tomber sous le coup
d’interdictions ou de déchéances. D’autre part, certaines professions
sont incompatibles avec la fonction de gérant (les fonctionnaires par
exemple).
Le cumul de mandats de gérant dans deux ou plusieurs SARL est
possible. Mais il est interdit au gérant d'exercer une activité similaire à
celle de la société, à moins qu'il ne soit autorisé par les associés.
La durée des fonctions de gérant relève des statuts ou de l’acte de
nomination, à défaut, elle est légalement fixée à 3 ans.
Sa rémunération est fixée par les statuts ou par décision ultérieure
des associés.
B – LA CESSATION DES FONCTIONS DE GÉRANT
Le gérant de la SARL a la possibilité de démissionner et les
associés peuvent le révoquer par décision représentant au moins trois
quarts des parts sociales (art. 69).
Une révocation abusive, de même qu’une démission abusive, peut
donner lieu à des dommages-intérêts au profit du gérant ou de la
société. En outre, le gérant est révocable par les tribunaux pour cause
légitime, à la demande de tout associé (art. 69 al. 2).

43
- On verra plus loin qu'il en est de même en ce qui concerne les SA pour le président du
conseil d'administration, le directeur général, les directeurs généraux délégués, le président
et le vice-président du conseil de surveillance ainsi que pour les membres du directoire.
44
- Cette possibilité de nommer un gérant étranger est très utile lorsque tous les associés
sont des personnes morales.
Enfin, l’arrivée du terme ou la survenance d’un événement
personnel (incapacité, déchéance, etc.) entraînent la fin des fonctions du
gérant.

§ 2 – POUVOIRS ET RESPONSABILITÉ DES GERANTS


A – LES POUVOIRS
Ils sont identiques à ceux des gérants de la SNC (v. art. 63).
Il existe toutefois une différence quant à l’engagement de la société
vis-à-vis des tiers. En effet, si pour la SNC la société est engagée dans
la limite de l’objet social, la SARL se trouve tenue de tous les actes de
gestion du gérant même s’ils dépassent l’objet social, à moins de
prouver que les tiers connaissaient ce dépassement, ce qui demeure
difficile en pratique car la publication des statuts ne suffit pas à constituer
cette preuve.
Les limites statutaires des pouvoirs du gérant sont inopposables
aux tiers.
B – LA RESPONSABILITÉ DU GÉRANT
Sa responsabilité peut être civile ou pénale.
a – La responsabilité civile

Elle se fonde sur la théorie des obligations qui suppose trois


conditions : une faute, un dommage et un lien de causalité entre la faute
et le dommage.
Il existe trois types de fautes concernant la gérance :
- des fautes de gestion (mauvais contrats, emprunts trop forts, etc.) ;
- la méconnaissance ou la violation des lois et règlements en vigueur
(non-respect du droit du travail, par exemple) ;
- ou encore le non-respect des statuts (lorsque le gérant outrepasse ses
pouvoirs que les statuts limitent).
L’action en responsabilité peut être intentée contre le gérant par les
associés ou les tiers dans le cadre d’une action individuelle (en cas de
préjudice personnel).
Si le dommage est causé à la société, il est possible d’intenter
l’action sociale. Elle sera exercée soit par la société (un des gérants ou
le nouveau gérant), soit par les associés (article 67).
À la différence de l’action individuelle, les sommes recueillies à
l’occasion de l’action sociale seront versées sur les comptes de la
société et non pas directement aux victimes du préjudice (un associé
lésé par exemple).
Les actions en responsabilité prévues à l’article 67 se prescrivent
par 5 ans à compter du fait dommageable.
b – La responsabilité pénale

En outre des dispositions du code pénal, la loi 5/96 a édicté de


nombreuses règles relatives aux infractions des gérants.
En plus des infractions communes aux différentes sociétés (articles
104 à 112 : répartition de dividendes fictifs, assemblées non conformes,
etc.), cette loi a consacré un chapitre spécial aux infractions et sanctions
propres aux SARL (émission de valeurs mobilières ; fausse déclaration
dans les statuts sur la répartition des parts sociales, la libération des
parts ou le dépôt des fonds, etc.).

SECTION 3 – LA SITUATION DES ASSOCIÉS


La situation des associés a trait à leur droit à l'information et la
communication, à leurs pouvoirs, à leur responsabilité et à la cession de
leurs parts dans la société.

§ 1 – INFORMATION ET COMMUNICATION

À ce sujet, les associés de la SARL ont trois prérogatives.


1 – Le contrôle permanent : Les associés des SARL ont un droit de
contrôle permanent sur la société. Ainsi, en vertu de l’article 70 al. 4, ils
peuvent prendre connaissance, à toute époque, au siège social de
l’ensemble des documents sociaux relatifs aux trois derniers exercices.
2 – L’information avant les assemblées : Quinze jours avant la
tenue de chaque assemblée, le gérant doit obligatoirement faire parvenir
aux associés certains documents comptables et sociaux ainsi que les
résolutions proposées, afin qu’ils puissent voter en toute connaissance
de cause (article 70).
À partir de cette communication, chaque associé peut poser des
questions par écrit au gérant auxquelles il sera répondu au cours de
l’assemblée (article 70 al. 3).
3 – Le droit d’alerte : Deux fois par an, tout associé peut poser des
questions par écrit au gérant sur tout fait de nature à compromettre la
continuité de l’exploitation. La réponse, le cas échéant, sera
communiquée au commissaire aux comptes (article 81).

§ 2 – LES POUVOIRS DES ASSOCIÉS

A l’occasion des assemblées générales, les associés vont pouvoir


pleinement exercer leur pouvoir. En effet, leur vote permettra d’orienter
l’activité de la société comme ils le souhaitent. Il existe deux types
d’assemblées (ordinaire et extraordinaire).
A – L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE ANNUELLE
Elle doit se tenir dans les 6 mois qui suivent la clôture de l’exercice,
cette assemblée ne peut se faire par correspondance (article 71 al. 1).
Les associés peuvent être représentés par d’autres associés, leur
conjoint ou une autre personne si les statuts le prévoient (ce qui est
rare).
L’assemblée est convoquée soit par le gérant, soit par un
commissaire aux comptes en cas de problème, soit par un mandataire
désigné à la demande d’un associé par ordonnance du président du
tribunal statuant en référé (article 71).
Cette assemblée est obligatoire, de même qu’une réunion
demandée par un ou plusieurs associés détenant la moitié des parts
sociales ou détenant, s’ils représentent au moins le quart des associés,
le quart des parts sociales (article 71 al. 4).
Elle a pour fonction principale l’approbation des comptes annuels,
mais de nombreuses autres décisions peuvent être prises par les
associés à cette occasion (nomination et révocation du gérant,
autorisations diverses, etc.).
Le nombre de voix dont bénéficie chaque associé est équivalent au
nombre de parts détenues45 (article 72) et les décisions sont prises par
un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié des parts
sociales. Si cette majorité n’est pas obtenue, les associés sont
convoqués une seconde fois, et les décisions sont prises à la majorité
des votes émis, quel que soit le nombre des votants (article 74).
Rappelons que la révocation du gérant nécessite toujours la
majorité représentant au moins trois quarts des parts sociales.
Les délibérations donnent lieu à un procès-verbal qui contient
toutes les indications sur la tenue et le déroulement de l’assemblée (lieu
et date de la réunion, associés présents, excusés ou représentés,
résolutions acceptées ou rejetées, etc.) (article 73).
B – L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE
Ce deuxième type d’assemblée permet de modifier les statuts.
L’assemblée générale extraordinaire concerne toutes les décisions
importantes qui doivent être prises à une forte majorité. Toute
modification des statuts sera décidée par les associés représentant au
moins les trois quarts du capital social (article 75).
45
C'est-à-dire que chaque associé dispose d'un nombre de voix égal à celui des parts
sociales qu'il détient.
Cette majorité est nécessaire car les décisions prises peuvent
entraîner des conséquences graves pour la société, et par conséquent
pour les intérêts des associés (changement de dénomination, de siège
social, fusion, dissolution, etc.).
Toutefois, pour décider de l’augmentation du capital par
incorporation de bénéfices ou de réserves, la majorité requise est
seulement de la moitié des parts sociales.
Par ailleurs, les associés ne peuvent changer la nationalité de la
société. De même, la majorité ne peut, en aucun cas, obliger un associé
à augmenter son engagement social.

§ 3 – LA RESPONSABILITE DES ASSOCIÉS

Contrairement à la SNC, la responsabilité des associés est limitée


à leurs apports. Dans ces conditions, le montant de leurs pertes ne peut
dépasser ce qu’ils ont engagé dans la société.
Dans la pratique, les dettes étant reportées chaque année sur
l’exercice suivant, cette responsabilité ne sera réellement mise en jeu
qu’à la dissolution de la société ou après le paiement des dettes
(l’apurement du passif social) ; chaque associé retrouvera alors tout ou
partie de son apport (ou même quelque fois rien), mesurant ainsi
l’étendue de sa responsabilité.

§ 4 – LA CESSION DES PARTS

Lorsqu’un associé décide de se retirer d’une SARL, il doit vendre


ses parts. Nous avons vu que cette cession est difficile dans les SNC
puisqu’elle nécessite l’unanimité. Dans les SARL, la cession est plus
facile, mais elle demeure encore soumise à des conditions beaucoup
plus lourdes que dans les SA.
Tout d’abord, on doit signaler que la cession de parts à des
coassociés est libre ; de même que la cession au conjoint, ascendants
ou descendants d’un associé ou la transmission par voie de succession,
à moins que les statuts n’en disposent autrement.
Par contre, la cession à un tiers étranger nécessite l’agrément des
autres associés (article 58).
L’associé qui désire céder ses parts doit notifier son projet à la
société et à chacun de ses coassociés par acte extrajudiciaire ou par
lettre recommandée avec accusé de réception.
Le gérant doit consulter les associés lors d’une réunion ou, si les
statuts le permettent, par consultation écrite. L’agrément peut alors être
donné ou refusé ; l’autorisation nécessite la majorité en nombre des
associés représentant au moins les 3/4 des parts sociales46. Le défaut de
réponse dans les 30 jours de la notification vaut autorisation tacite.
En cas de refus d’agrément, si l’associé fait partie de la société
depuis moins de deux ans, il ne peut céder ses parts et doit rester dans
la société.
Dans le cas contraire, les parts doivent être rachetées par les
associés ou par un tiers agrée par les associés, dans les 30 jours du
refus, à un prix déterminé à dire d’expert.
La société peut également, avec le consentement de l’associé
cédant47, décider, dans le même délai, de réduire son capital du montant
de la valeur nominale des parts de cet associé et de racheter elle-même
ces parts au prix également déterminé à dire d’expert.
Si, à l’expiration du délai imparti, aucune de ces solutions n’est
intervenue, l’associé peut réaliser la cession initialement prévue.

SECTION 4 –LA DISSOLUTION DE LA SARL


On retrouve les causes communes à toutes les sociétés. La SARL
n’est pas dissoute lorsqu’un jugement de liquidation judiciaire,
46
Ce qui veut dire une double majorité.
47
Et ce pour des raisons fiscales.
l’interdiction de gérer ou une mesure d’incapacité est prononcée à
l’égard de l’un de ses associés. Elle n’est pas non plus dissoute par le
décès d’un associé, sauf stipulation contraire des statuts.
Il existe des raisons spécifiques à la dissolution des SARL ; ainsi,
lorsque le nombre d’associés dépasse 50, elle doit se transformer en
SA,à défaut de régularisation dans les deux ans, elle sera dissoute de
plein droit.
À la fin d’un exercice, si les pertes constatées dans les documents
comptables font apparaître que les capitaux propres48 sont inférieurs au
quart du capital social, le gérant doit, dans les trois mois, convoquer une
assemblée générale extraordinaire qui décidera soit de régulariser la
situation financière (au plus tard à la clôture de l’exercice suivant), soit sa
dissolution.
Remarque sur le cas particulier de la SARL à associé unique :
Il convient enfin de préciser que ces mêmes règles sont
applicables à la SARL à associé unique (constitution, gérance,
dissolution), ses particularités tiendront compte du fait de l’existence d’un
seul associé ; ainsi, les décisions sont-elles prises unilatéralement par
l’associé unique, ce qui n’exclut pas la tenue d’un registre des
assemblées.

CHAPITRE 4 – LA SOCIETE ANONYME


La SA représente l’archétype des sociétés de capitaux. Apparue au
XIXèmesiècle à une époque d’expansion économique due à la révolution

48
Capitaux propres : ensemble des ressources financières définitivement à la disposition de
l'entreprise. On parle aussi de fonds propres : ressources internes d'une entreprise (opposé à
endettement, emprunt).
industrielle, où la recherche et la mise en commun de capitaux
importants étaient indispensables afin de créer des entreprises de
grande taille rendues obligatoires par les avancées technologiques
générées par le progrès scientifique.
Le code de commerce de 1913 ne consacrait à la SA que les deux
articles 50 et 51 ; ce dernier article avait été abrogé par le dahir du 11
août 1922 relatif aux sociétés de capitaux qui avait rendu applicable au
Maroc la loi française du 24 juillet 1867.
Actuellement désormais, nous disposons d’une loi spéciale
consacrée à la seule SA, il s’agit de la loi n°17-95 promulguée par dahir
n° 1-96-124 du 30 août 199649.
Cette loi, il faut le préciser a connu 2 principales révision par la loi
20-0550 et 78-1251.
Nous retiendrons principalement les changements suivants
introduits par cette dernière52 :

1. Simplification des procédures relatives aux sociétés


anonymes :
L’un des aspects essentiels de la réforme apportée par la
Nouvelle Loi consiste à l’adoption des mesures de
simplification des procédures relatives aux sociétés
anonymes.
A cet effet, la Nouvelle Loi se propose d’introduire une
modification (à l’article 12 de la loi n°17-95) relatif aux
mentions obligatoires des statuts de la SA en édictant une

49
- B.O. n° 4422 du 17/10/1996, p. 661.
50
Dahir n°1-08-18 du 17 Joumada I (23 mai 2008) portant promulgation de la Loi n°20-05
Bulletin Officiel n° 5640 du 19 juin 2008, page 384
51
Bulletin Officiel du 21 janvier 2016 n° 6432
52
https://www.lettredesreseaux.com/P-1659-455-A1-nouvelle-loi-relative-aux-societes-
anonymes-au-maroc.html
meilleure information sur les droits afférents aux
différentes catégories d’actions.
L’objectif visé, à travers cet amendement, est d’assurer
une meilleure information des actionnaires et des tiers.
Dans le même ordre d’idée, la Nouvelle Loi prévoit la
simplification de la procédure de retrait des fonds
provenant des souscriptions en numéraire (art. 34) en
permettant au mandataire du conseil d'administration ou
du directoire de retirer les fonds par la simple remise
d’une attestation justifiant que la société a été
immatriculée au registre du commerce.
En outre, et en vue d’alléger le formalisme de dépôt des
états de synthèses et du rapport du commissaire aux
comptes (« CAC ») au greffe du tribunal, la Nouvelle Loi
prévoit la dématérialisation des procédures afin de
permettre le dépôt en ligne.
Cette mesure permet aux investisseurs de gagner du
temps et de réaliser des économies, en termes de frais et
de déplacements.
 
2. Refonte du système des conventions réglementées :
La Nouvelle Loi envisage diverses dispositions réformant
le régime des conventions dites « réglementées », qui,
parce que passées entre la société et ses dirigeants ou
certains de ces actionnaires, se trouvent soumises à un
régime spécifique d’autorisation.
Une première modification consiste à prévoir, dans le
dispositif relatif à l’autorisation des conventions par le
conseil (d’administration ou de surveillance) (art. 56), le
principe selon lequel « les personnes intéressées et le
conseil d’administration ou de surveillance doivent veiller
à ce que les conditions des opérations qu’elles concluent
avec la société soient équitables ».
Une deuxième modification intéresse l’article 57 qui vise
l’introduction d’une information sur les conventions
portant sur des opérations courantes, conclues à des
conditions normales de marché. Ce dispositif prévoit,
outre l’information du président du conseil par la partie
intéressée, une communication de la liste de ces
conventions aux autres membres du conseil ainsi
respectivement qu’aux commissaires aux comptes, et aux
actionnaires qui peuvent consulter ces conventions au
siège social (art. 141 alinéa 8).
En outre, la Nouvelle Loi prévoit une troisième
modification intéressant la publication de rapport du CAC
sur les conventions réglementées, pour les sociétés
faisant appel public à l’épargne (art. 58).
Ces amendements entrent dans le cadre des objectifs de
la Nouvelle Loi qui visent à garantir plus de transparence
dans les sociétés anonymes et à améliorer la protection
des actionnaires notamment les minoritaires.
 
3. Amélioration de la gouvernance dans la gestion des
sociétés anonymes :
Deux mesures sont envisagées à ce titre dans la Nouvelle
loi :
La première vise à conférer un caractère facultatif à la
nomination d’un vice-président du conseil de surveillance
(art. 90), tandis que l’ancienne disposition qui accorde un
aspect obligatoire à cette nomination, alourdit le
fonctionnement du conseil de surveillance et crée la
confusion de responsabilité entre le président et le vice-
président.
Une seconde mesure tend à conférer au directoire le droit
de convoquer l’assemblée générale (art. 116). C’est le
directoire qui assure le fonctionnement quotidien de la
société, établit les états de synthèse et le rapport de
gestion. A ce titre, il est suggéré de lui donner la faculté
de convoquer l’assemblée générale. Cette réforme va dans
le sens d’un renforcement des pouvoirs du directoire et
correspond aux pratiques de la plupart des Etats
connaissant un régime dualiste.
 
4. Renforcement des droits des actionnaires :
La première mesure relative à l’article 121 tend à
renforcer l’information des actionnaires, et préalablement
à la tenue de l’assemblée générale et contribue ainsi à
faciliter l’exercice de leurs droits.
Aussi, l’amendement relatif à l’article 179 bis répond à la
nécessité d’assurer le remplacement rapide du CAC  en
cas de démission par voie de nomination par Ordonnance
du Président du Tribunal. En l’absence de CAC suppléant,
une telle procédure apparaît comme étant de nature à
prévenir des blocages dans le fonctionnement des
sociétés intéressées.
 
5. Garantie de la transparence en cas de fusions ou de
scissions :
Parmi les nouvelles règles en matière d’information
proposées par cette Nouvelle Loi, figure celle relative à
l’information lors des fusions ou des scissions de sociétés
(art. 222).
En effet, les dispositions légales et réglementaires en
vigueur au Maroc ne soumettent pas, de manière explicite,
au visa du l'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux («
CDVM ») les opérations de fusion, de scission ou d’apport
partiel d’actif, pour toute émission d’actions par apports
en nature. Ainsi, cet amendement permet aux actionnaires
d’être informés le plus complètement et le plus clairement
possible sur les motifs, les modalités et les conséquences
de telles opérations, pour qu’ils puissent en comprendre
toute la portée, en apprécier le caractère équitable et se
prononcer en connaissance de cause lors des assemblées
générales extraordinaires appelées à approuver les
apports ou les fusions.
 
6. Encadrement de l’achat par une société cotée de ses
propres actions
La Nouvelle Loi adapte de façon appropriée le régime
gouvernant l’achat par une société anonyme cotée de ses
propres titres, afin notamment de supprimer la notion de «
régularisation », qui constitue en l’état le motif retenu
pour justifier le recours aux rachats d’action.
Pour répondre à cette problématique, il est envisagé de
substituer à la notion de « régularisation du marché », à
l’article 281, le fait « d’assurer l’animation du marché
desdites actions, telle que requise par les dispositions de
l’article 14 de la loi relative à la bourse des valeurs, ou
tous autres motifs fixés par le CDVM, dans le respect des
exigences de transparence et de bon fonctionnement de
marché ».
Il est enfin à relever dans la Nouvelle Loi (art. 279), le soin
de déterminer par voie réglementaire le pourcentage des
actions que peut posséder la société.
SECTION 1 – LES CARCTERES GENERAUX
Comme pour toute société, la S.A. obéit pour sa constitution à des
conditions de forme (V. pour ces dernières, chapitre 1) et des conditions
de fond.
1 – La qualité d’associés : Le nombre des associés d’une SA doit
être au minimum de 5 ; il n’existe pas de maximum comme pour la
SARL53. La capacité civile suffit : de fait, toute personne physique ou
morale, marocaine ou étrangère peut acquérir des actions d’une SA.
2 – Le capital social : Le montant des apports doit être au moins
égal à 300 000 dh lorsque la société ne fait pas appel public à l’épargne
et à 3 millions de dh lorsqu’elle fait appel public à l’épargne, c'est-à-dire
quand les fondateurs utilisent des moyens publicitaires pour inciter des
personnes à devenir leurs associés.
Le capital social est divisé en actions dont le montant nominal ne
peut être inférieur à 50dh, et à 10 dh pour les sociétés dont les titres sont
cotés en bourse (art. 246 al. 3 modifié par la loi 20/05).Alors que la
valeur nominale était de 100 dh, les pouvoirs publics ont expliqué cette
baisse par le fait de rendre les S.A. accessibles à un large éventail
d'épargnants et donc de redynamiser le marché boursier marocain. Or,
dans la réalité, le droit de souscription aux sociétés nouvellement
introduites à la cote de Casablanca n'a jamais atteint ce niveau de prix
(10 dh) !54
3 – Les apports : Les associés qu’on nomme des actionnaires
peuvent faire des apports en numéraire et en nature 55, les apports en
industrie étant interdits.

53
L’article 9 de la loi 17/95 stipulait qu’une SA qui compte plus de 100 actionnaires est
réputée faire publiquement appel à l’épargne. Cette disposition a été abrogée par l'article 5
de la loi n°23/01promulguée par dahir du 21 avril 2004. B.O. n° 5210 – 6 mai 2004.
54
http://adala.justice.gov.ma/production/html/Fr/153147.htm
55
V. introduction
La contrepartie des apports est représentée par des titres
négociables qu’on appelle des actions ; ces dernières peuvent être
cotées en bourse. Par conséquent, toute personne peut acheter ou
céder librement les actions qu’elle détient sur ce marché par
l’intermédiaire des sociétés de bourse56.
4 – L’objet social : La forme de la SA est imposée pour certaines
activités économiques : l’activité bancaire, les entreprises
d’investissement, les entreprises de crédit immobilier.

SECTION 2 – LA GESTION DELA SA


La nouvelle loi offre désormais un choix entre deux types de
gestion de la SA : un mode traditionnel à l’instar de celui prévu par le
dahir de 1922, avec un conseil d’administration et son président, et un
type nouveau, avec un directoire et un conseil de surveillance, repris sur
la législation française elle-même inspirée du droit allemand (Vor stand
et Aufsitchtsrat)57.
En introduisant ce nouveau type de gestion, le législateur français
avait pour but de faire introduire dans le directoire (qui est -
contrairement au conseil d’administration ouvert aux non – actionnaires)
les salariés de l’entreprise et plus particulièrement les hauts cadres. Il est
cependant étonnant qu’en France plus de 99% des SA utilisent le mode
traditionnel d’administration et moins de 1% ont recours au nouveau
système avec directoire et conseil de surveillance.
Les SA ont le libre choix entre ces deux modes de gestion, soit
pour celles qui se créent, soit pour celles qui existent déjà ; la société
peut même adopter l’un d’eux lors de sa constitution, et décider de le

56
La loi 20/05 a interdit de soumettre la négociabilité des actions cotées en bourse à
l'agrément des actionnaires (art.255).
57
- Lois allemandes du 30/1/1937 et 6/9/1965.
changer par l’autre au cours de la vie sociale, par AG extraordinaire, en
modifiant les statuts.
Nous envisagerons donc dans cette section d’abord, le type
traditionnel d’administration, ensuite, le type moderne.

§ 1 -LA SA AVEC CONSEIL D’ADMINISTRATION

L'un des apports principaux de la loi 5/20 a été celui de redéfinir les
pouvoirs du conseil d'administration et de son président, tout en
dissociant les fonctions du président et du nouveau directeur général.
A- LE CONSEIL D’ADMINISTRATION 
a – Composition

Le nombre des membres qui composent le conseil d’administration


est fixé entre 3 et 12 administrateurs ; toutefois, dans les sociétés dont
les actions sont inscrites à la cote de la bourse des valeurs, ce maximum
est porté à 15 administrateurs58.
Les membres du conseil font partie de la société, ce sont donc des
actionnaires.
Ils doivent posséder la capacité civile sans avoir la qualité de
commerçant ; néanmoins, comme pour les gérants, d’autres conditions
sont à respecter.
Ce sont des personnes physiques ou morales qui, dans ce cas,
doivent se faire représenter par un représentant permanent; il n’est pas
obligé que les administrateurs soient de nationalité marocaine ; ils
peuvent cumuler, sans limite, plusieurs mandats d’administrateur.
Un salarié de la société peut être nommé administrateur, à
condition que son contrat de travail, stipule l’article 43, corresponde à un
emploi effectif59 sous peine de nullité de sa nomination, d’autant plus qu’il
58
- Pour le nombre des administrateurs en cas de fusion, voir article 39 alinéas 2 et 3.
59
- C’est-à-dire qu’il faut qu’il y ait un lien de subordination entre le salarié et la société et,
suivant la jurisprudence française, le contrat de travail doit être « sérieux et sincère ». Mais,
comme le législateur n’a pas exigé un délai minimum d’ancienneté du contrat de travail, rien
ne doit pas perdre les bénéfices de son contrat de travail, autrement dit,
il doit continuer à percevoir son salaire, d’acquérir l’ancienneté.
Mais le nombre des administrateurs salariés de la société, en vertu
d’un contrat de travail, ne peut toutefois pas dépasser le 1/3 des
membres du conseil d’administration ; on remarquera cependant que la
loi ne prévoit pas de sanction en cas de dépassement ! Il y a lieu de
penser que les nominations excédentaires peuvent être frappées de
nullité.
b – La cessation des fonctions

Les fonctions d’administrateur prennent fin de plusieurs façons :


- la fin du mandat : la durée du mandat est déterminée par les
statuts sans pouvoir excéder 6 ans s'il est nommé par assemblée
générale, ou 3 ans s'il est nommé par les statuts,
- un événement personnel : déchéance, incapacité, etc.
- la démission ou révocation : celle-ci est prononcée "ad nutum"
par l'assemblée générale ordinaire, c'est-à-dire sans justification ni
indemnités, sauf en cas d’abus ; ce qui s'explique par les règles du
mandat, l'administrateur étant un mandataire.
c – La rémunération

Elle consiste en une somme allouée annuellement aux


administrateurs et répartie en fonction de leur travail. L’assemblée
générale ordinaire annuelle d’approbation des comptes en fixe le
montant ; ce sont les fameux jetons de présence.
On peut aussi trouver des rémunérations exceptionnelles à
l’occasion de certaines missions confiées aux administrateurs.

n’interdit à l’intéressé de décrocher de la société un contrat de travail juste avant sa


nomination au poste d’administrateur.
d – Les pouvoirs du conseil d’administration

Alors que le conseil d'administration était, exactement comme le


président du conseil d'administration, investi des pouvoirs les plus
étendus pour prendre toute décision au nom de la société, il doit
désormais, d'après l'article 69 al 1 nouveau, se contenter de :
- déterminer les orientations de l'activité de la société et veiller à leur
application ;
- régler, par ses délibérations, les affaires de la société ;
- et procéder aux contrôles et vérifications qu'il juge opportuns.
Et, sans empiéter sur les pouvoirs des assemblées générales et
dans les limites de l'objet social, il peut se saisir de toute question
intéressant la bonne marche de la société.
Cependant, dans ses rapports avec les tiers, la société est
engagée par les actes du conseil qui ne relèvent pas de l’objet social et
les limites statutaires, concernant le conseil d'administration, sont
inopposables aux tiers.
Les délibérations du conseil, qui se réunit en pratique tous les
mois, sont déterminées par les statuts. Pour qu’une réunion se tienne
valablement, il faut un quorum égal à la moitié des membres.Les
décisions se prennent à la majorité des voix, celle du président étant
prépondérante en cas de partage.
Pour parer à ces conditions strictes relatives au calcul du quorum
et de la majorité, il est actuellement possible pour les administrateurs de
participer à distance aux réunions du conseil d'administration par les
moyens de visioconférence60 et même de prendre part au vote de
certaines décisions (art. 50)61.
60
Surtout pour les sociétés qui ont plusieurs filiales.
61
En effet, certaines décisions importantes ne peuvent être prises par voie de
visioconférence, telles que l'élection du président du conseil d'administration ou du conseil
de surveillance, la nomination du directeur général et des directeurs généraux délégués ou
du directoire ainsi que leur révocation, l'établissement du rapport annuel de gestion.
B – LA DIRECTION GENERALE DE LA SOCIETE : LE PDG OU LE DG
Dans sa nouvelle rédaction l'article 67 laisse le choix au conseil
d'administration, et dans les conditions fixées dans les statuts 62, de
confier la direction générale de la société soit au président du conseil
d'administration (sous le titre de président directeur général), soit à une
personne physique : le directeur général63.
Ainsi, la nouvelle réforme consacre le principe de la dissociation
des fonctions de président et de directeur général, sans l'imposer aux
sociétés, puisque la loi leur laisse le choix de la formule de gestion et de
prévoir ses conditions dans les statuts.
Ce principe consacre donc la séparation des fonctions du
président, qui est devenu une sorte d'organe de contrôle, et du directeur
général, nouvel organe exécutif chargé de la gestion quotidienne des
affaires de la société, avec éventuellement des directeurs généraux
délégués.
a – Le directeur général et ses directeurs généraux délégués
1. Statut
Le directeur général est une personne physique nommée par le
conseil d'administration parmi les actionnaires ou à l’extérieur de la
société. Il peut donc être un salarié de la société. La durée de sa
fonction et sa rémunération sont fixées par le conseil 64.
Le directeur général peut se faire assister d'un ou plusieurs
directeurs généraux délégués(personnes physiques) mandatés par le
conseil d'administration.

62
- En cas de silence des statuts, stipule l'article 67dans sa nouvelle rédaction, la direction
générale est assurée par le président du conseil d'administration.
63
- Une fois le choix fait, le conseil d'administration doit en informer la prochaine assemblée
générale et procéder aux formalités de dépôt, de publicité et d'inscription au registre de
commerce.
64
- Si le directeur général est un administrateur, la durée de ses fonctions ne peut pas
excéder celle de son mandant.
La révocation du directeur général ou du directeur général délégué
peut intervenir à tout moment, mais elle peut donner lieur à des
dommages intérêtssi elle est décidée sans juste motif. Cependant, cette
révocation ne donne pas lieu à la résiliation de leur contrat de travail s'ils
sont en même temps salariés de la société.
2 - Pouvoirs
Le directeur général assume sous sa responsabilité la direction
générale de la société. Il la représente dans ses rapports avec les tiers.
Il peut demander au président de convoquer le conseil
d'administration sur un ordre du jour déterminé, et ce dernier est lié par
cette demande.
Sous réserve des pouvoirs attribués au conseil d'administration et
aux assemblées générales, et dans les limites fixées par les statuts, le
cas échéant, le directeur général est investi des pouvoirs les plus
étendus pour agir au nom de la société. Il engage la société même pour
les actes qui dépassent l’objet social. Les limites statutaires ou celles
fixées par le conseil d'administration sont inopposables aux tiers.
L'étendue et la durée des pouvoirs des directeurs généraux
délégués vis-à-vis de la société sont déterminées par le conseil
d'administration sur proposition du directeur général. Mais à l'égard des
tiers, ils disposent des mêmes pouvoirs que le directeur général.
b – Le président du conseil d'administration
1. Statut
L’article 63 exige que le président soit élu par le conseil
d’administration exclusivement en son sein ; il doit donc obligatoirement,
à peine de nullité de sa nomination, être un administrateur de la société
et être une personne physique ; la durée de sa présidence ne peut
excéder celle de son mandat d’administrateur, mais il est rééligible 65.
65
- A la différence de la loi française qui fixe à 2 le nombre de mandats que le président peut
exercer simultanément dans des SA, la loi 17/95 n’interdit guère le cumul de mandats, elle
Il peut également être révoqué "ad nutum" par le conseil
d'administration. Comme il est administrateur, il peut aussi être révoqué
en tant que tel par l'assemblée générale et il sera indirectement mis fin à
sa fonction de président.
La révocation ou la cessation de fonction du président, pour être
opposable aux tiers, doit faire l'objet d'une inscription au registre de
commerce.
2. Pouvoirs
Le président du conseil d'administration, s'il n'est pas en même
temps PDG, il n'est plus investi des pouvoirs les plus étendus pour agir
en toutes circonstances au nom de la société, il ne représente plus la
société dans ses rapports avec les tiers ;il se contente désormais de :
- représenter le conseil d'administration ;
- organiser et diriger ses travaux, et en rendre compte à l'assemblée
générale ;
- veiller au bon fonctionnement des organes de la société et de
s'assurer que les administrateurs sont en mesure de remplir leur
mission.
Ce n'est que dans le cas où les statuts gardent le silence sur le
choix laissé au conseil d'administration relatif à la formule de gestion,
c'est-à-dire le recours à la nomination d'un directeur général, que le
président se charge de la direction générale de la société, mais dans ce
cas, sous le nom de Président Directeur Général (PDG). Et lorsque le
président assure la direction générale de la société, ce sont alors les
mêmes dispositions concernant les pouvoirs du directeur général qui
s'appliquent.

ne prévoit non plus aucune limite d’âge, alors qu’en France cette limite est de 65 ans à
défaut de disposition statutaire.
§ 2 – LA S.A AVEC DIRECTOIRE ET CONSEIL DE SURVEILLANCE
A – LE DIRECTOIRE
a – Conditions

Le directoire ne peut comprendre plus de 5 membres appelés


directeurs, 7 si les actions de la société sont cotées à la bourse, mais
lorsque le capital ne dépasse pas 1 500 000 dh, les fonctions du
directoire peuvent être exercées par un directeur unique.
Ils sont nommés par le conseil de surveillance pour une durée de 4
ans à défaut de dispositions statutaires (art. 81). Toutefois, quand les
statuts déterminent la durée du mandat des directeurs, cette durée ne
peut être inférieure à 2 ans ni dépasser 6 ans. Ils sont rééligibles.
Ce sont obligatoirement des personnes physiques(sous peine de
nullité de leur nomination) qui, à la différence des administrateurs,
peuvent être choisies en dehors des actionnaires. Ils peuvent donc être
choisis parmi les salariés de la société, c'est d'ailleurs l'essence même
de ce mode d'administration.
Afin d’assurer l’indépendance du directoire par rapport au conseil
de surveillance, une règle est posée par la loi sur les SA : le non-cumul
de fonctions dans les deux organes. L’article 86 interdit formellement, en
effet, aux membres de ce dernier de siéger au directoire et s’il arrive
qu’un membre du conseil de surveillance soit désigné au directoire, sa
nomination ne serait pas nulle, mais il serait simplement et
automatiquement mis fin à son mandat au sein du conseil de
surveillance dès son entrée en fonction.
Et, lorsqu'une personne morale membre du conseil de surveillance
est représentée par une personne physique, il est interdit à cette
dernière de faire partie du directoire.
C’est l’acte de nomination établi par le conseil de surveillance qui
fixe le montant et le mode de rémunération de chacun des membres du
directoire.
Lorsqu’un salarié devient membre du directoire, il ne perd pas le
bénéfice de son contrat de travail, par conséquent, rien n’empêche à ce
qu’il perçoive un salaire en plus de sa rémunération en tant que membre
du directoire.
b – Cessation des fonctions

Par dérogation à la règle du parallélisme des pouvoirs, les


membres du directoire, qui sont nommés par le conseil de surveillance
sont révoqués par l’assemblée ordinaire des actionnaires ; ils ne peuvent
cependant être révoqués par leconseil de surveillance que si les statuts
le prévoient.
Contrairement encore aux administrateurs, qui peuvent être
révoqués ad nutum, la révocation des membres du directoire donne lieu
à des dommages intérêts si elle n’intervient pas pour justes motifs.
c – Pouvoirs du directoire

Ils sont identiques à ceux du directeur général (étendue,


dépassement de l’objet social, engagement de la société, limitations
statutaires). Tout le collège (le directoire) est cependant responsable des
décisions prises par chacun de ses membres.
Il existe toutefois une limite supplémentaire à leur pouvoir. En effet,
une autorisation du conseil de surveillance est nécessaire pour les actes
de disposition importants. Ce sont les cautions, aval, constitution de
sûretés, cession d’immeubles par nature, cession de participations ; mais
le dépassement des limites statutaires nécessite l'agrément de
l'assemblée générale.
Si le conseil de surveillance refuse de donner son autorisation, le
directoire peut saisir l'assemblée générale pour trancher. Seulement, il y
a lieu de préciser que la loi marocaine, à la différence du droit français,
confère le pouvoir de convoquer l’assemblée générale non pas au
directoire mais au conseil de surveillance ! Et la loi 20/05 n'a pas modifié
pour autant cette situation (V. art. 116). Néanmoins, le dépassement de
ces autorisations engage la société.
La société est représentée par un président du directoire nommé et
révoqué en tant que tel par le conseil de surveillance.
Les délibérations du directoire sont réglées par les statuts
(fréquence des réunions, quorum, majorité, etc.).
Par ailleurs, comme le directoire exerce ses fonctions sous le
contrôle du conseil de surveillance (art. 78 dernier alinéa), il doit établir à
l’intention de ce dernier un rapport trimestriel sur la gestion sociale et lui
présenter annuellement, ainsi qu'à l'assemblée générale annuelle, un
certain nombre de documents visés par l’art 141 notamment l’inventaire
et l’état de synthèse (art. 104 al. 8 et 9)et présente un rapport aux
actionnaires lors de l’assemblée générale ordinaire annuelle.
B – LE CONSEIL DE SURVEILLANCE
a – Conditions

Les mêmes règles gouvernent le conseil d'administration et le


conseil de surveillance en ce qui concerne la capacité, la rémunération,
le nombre minimal et maximal de conseillers (entre 3 et 12), les
conditions de nomination, la durée de leur mandat, la tenue des
réunions…
Comme les administrateurs, les membres du conseil de
surveillance peuvent être révoqués à tout moment par l’assemblée
générale ordinaire. Ils ont aussi le droit de démissionner dans les mêmes
conditions.
Les membres du conseil de surveillance peuvent être des
personnes morales, à condition d'être représentées par une personne
physique.
À noter que le président et le vice-président du conseil de
surveillance doivent être obligatoirement des personnes physiques. Par
contre, les pouvoirs et le rôle du conseil de surveillance sont différents
de ceux du conseil d'administration.
b – Pouvoirs

La fonction principale du conseil de surveillance réside dans le


contrôle permanent de la gestion de la société par le directoire (art. 104).
Il peut, à toute époque de l’année, demander communication et copie de
tous les documents qu’il juge utiles afin de les consulter ou de les
vérifier.
Il reçoit un rapport trimestriel et des documents annuels
(notamment l'état de synthèse) du directoire et possède des pouvoirs
spécifiques (autorisations spéciales, nominations des membres du
directoire, répartition des jetons de présence, etc.).

SECTION 3 - LA SITUATION DES ASSOCIÉS


Les actionnaires des SA ont un droit de communication permanent
sur les trois dernières années (article 146) ; ils reçoivent une
documentation 15 jours au moins avant chaque assemblée générale et
disposent du droit, lorsqu’ils représentent 10 % du capital social, de
demander au président du tribunal la désignation d’experts chargés de
présenter un rapport sur une ou plusieurs opérations de gestion.
Leur pouvoir s’exerce essentiellement lors des assemblées
générales.
§ 1 – LES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES

Afin de lutter contre l'absentéisme lors des assemblées générales


et de surmonter les problèmes de l'éloignement géographique, la
nouvelle loi a prévu la possibilité pour les statuts de considérer présents,
pour le calcul du quorum et de la majorité, les actionnaires qui participent
aux assemblées générales par visioconférence. Mais il n'empêche qu'il
est possible pour tout actionnaire de se faire représenter par un autre
actionnaire, par son conjoint ou par un ascendant ou un descendant.
D'un autre côté, il est désormais possible de prévoir dans les
statuts que les actionnaires puissent voter par correspondance au
moyen d'un formulaire (art.131bis)
A - L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE
a – Convocation

Elle se tient, comme pour toutes les sociétés, dans les 6 mois qui
suivent la clôture de l’exercice. Les conditions de quorum sont de un
quart des actions sur première convocation ; lorsque l’assemblée ne
peut valablement délibérer, il doit être procédé à une deuxième
convocation, auquel cas, aucun quorum n’est requis.
b – Déroulement

Les décisions sont prises à la majorité des voix (la moitié plus une).
Tout associé peut participer aux assemblées, mais quelque fois les
statuts exigent un minimum d’actions qui ne peut être supérieur à 10.
Les participants signent une feuille de présence qui est visée par le
bureau composé d’un président, d’un secrétaire et de deux scrutateurs 66.
Après lecture des rapports des dirigeants et du commissaire aux
comptes, les résolutions sont mises aux voix (approuvées ou rejetées). À

66
Art. 134.
la fin de la séance, on dresse un procès-verbal de réunion que chaque
associé peut consulter67.
c – Attributions

Les attributions de l’assemblée générale ordinaire sont


importantes. Elles concernent notamment l’approbation des comptes, le
partage des bénéfices, la nomination et la révocation du conseil
d'administration et du conseil de surveillance, éventuellement la
révocation du directoire, les autorisations de conventions réglementées,
etc.
B – LES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES EXTRAORDINAIRES
a – Principales attributions

Elles ont pour objet la modification des statuts, ce qui concerne


aussi bien l’identité de la société (dénomination, siège social), que les
règles de son fonctionnement (pouvoirs des dirigeants, tenues des
conseils, des assemblées, etc.), ou encore ses possibilités de
transformation (augmentation ou réduction du capital, fusion, scission,
etc.), voire même sa dissolution.
b - Quorum et majorité

Il est de la moitié des actions ayant droit de vote sur première


convocation et du quart sur deuxième convocation ; sinon, comme la loi
ne permet pas de réduire ce quorum, cette deuxième assemblée est
reportée à une date qui ne peut dépasser les deux mois de celle à
laquelle elle avait été convoquée.
Rappelons que les statuts peuvent augmenter ces quorums,
comme pour toute autre assemblée, mais ils ne peuvent en aucun cas
les réduire. Il en est de même pour les règles de majorité.
La majorité des deux tiers des voix dont disposent les actionnaires
présents ou représentés est nécessaire pour prendre une décision.
67
Art. 136
Toutefois, certaines décisions ne peuvent être décidées qu’à
l’unanimité des actionnaires ; il en est ainsi de l’augmentation du capital
par majoration de la valeur nominale des actions, à moins qu’elle ne soit
réalisée par incorporation de réserves, bénéfices… (art. 184), il en est de
même de la transformation de la SA en société en nom collectif.
Remarques :
- À côté de ces deux types d’assemblées, on trouve des
assemblées spéciales qui réunissent les actionnaires qui disposent de
titres spécifiques (actions prioritaires sans droit de vote, actions de
priorité).
- Comme pour les SARL, la responsabilité des associés est limitée
aux apports et ne devient effective qu’à la dissolution de la société.

§ 2 - LES TITRES EMIS PAR LES SA

Ce sont les valeurs mobilières ; elles sont en principe négociables,


c'est-à-dire qu’elles peuvent être cédées librement et sans formalités
particulières, sauf exceptions prévues par les statuts 68.
On distingue essentiellement les actions et les obligations, sans
oublier les nouveaux certificats d'investissement.
A - LES ACTIONS
Ce sont des titres qui permettent à l’actionnaire d’être titulaire de
droits pécuniaires (dividendes, boni de liquidation) et non pécuniaires
(droit de vote, de communication, d’information, etc.).
On distingue plusieurs catégories d’actions telles que :
- les actions à vote double : qui confèrent à leurs titulaires le double
des voix accordées aux actions ordinaires, ces actions ont pour but de
récompenser les actionnaires fidèles, c'est-à-dire dont les actions sont
entièrement libérées et pour lesquelles il est justifié d'une inscription

68
Rappelons que les statuts ne peuvent soumettre les actions cotées en bourse à l'agrément
de la société.
nominative depuis deux ans au moins au nom du même actionnaire. Ce
droit de vote double est attribué soit par les statuts, soit par une
assemblée générale extraordinaire (art. 257);
- les actions à dividende prioritaire sans droit de vote : dont les
titulaires ont une priorité par rapport aux titulaires d’actions ordinaires
pour la distribution d’un premier dividende 69 et, en contrepartie, ils sont
privés du droit de participer aux assemblées générales et d’y voter ;
- les actions d’apports : c'est-à-dire des apports en nature ; etc.
B - LES OBLIGATIONS
Ce sont des titres négociables qui représentent une créance à long
terme sur la société et donnent droit à la perception d’intérêts (alors que
les actionnaires ne sont pas assurés de toucher un dividende annuel).
La valeur nominale des obligations ne peut être inférieure à 50dh, et à
10 dh pour les sociétés dont les titres sont cotés en bourse (art.292
al.2)70.
Leurs titulaires ne disposent pas du droit de vote.
Les sommes obtenues par la société au moyen de cette technique
particulière de crédit, lui permettent d’investir.
L’obligation joue donc un rôle important dans la vie financière des
sociétés ; c’est pourquoi, afin d’attirer des capitaux, les sociétés ont été
conduites à créer des types d’obligations donnant droit à des avantages
spécifiques.
Ainsi, certaines obligations ne donnent droit qu’à un intérêt fixe,
d’autres offrent, en plus, une participation aux bénéfices (obligations
participantes), de même qu’il existe des obligations convertibles en

69
- Il s’agit d’un dividende qui est prélevé sur le bénéfice distribuable de l’exercice avant
toute autre affectation. Ce dividende se situe donc au 4ème rang après les prélèvements de
frais de constitution, l'augmentation du capital, la réserve légale et les pertes des exercices
antérieurs.
70
Le même argument des pouvoirs publics vu supra à propos de la valeur nominale actuelle
des actions vaut pour les obligations, surtout concernant les obligations convertibles en
actions, nous dit la note de présentation du projet de loi.
actions et des obligations avec bons de souscription d’actions, qui
permettent à leur titulaire de devenir actionnaires de la société
émettrice71.
- Les obligations convertibles en actions (OCA) :ce sont des
obligations qui permettent à leurs titulaires de demander, à tout moment
ou à certaines périodes déterminées fixées par le contrat d'émission, à
les convertir en actions. C'est la raison pour laquelle leur taux d'intérêt
est plus faible que celui des obligations ordinaires.
-Les obligations à bons de souscription d'actions (OBSA) :ce sont
des obligations auxquelles, lors de leur émission, sont attachés des bons
qui donnent droit à la souscription à un certain nombre d'actions, dans
des conditions et des délais fixés préalablement. Le bon de souscription
a une autonomie par rapport à l'obligation ; il peut non seulement
permettre la souscription d'actions, mais il peut être cédé à un tiers. Leur
taux est également inférieur à celui des obligations ordinaires.
À la différence des obligations convertibles, les titulaires des OBSA
ne sont pas obligés, à l'arrivée des délais de libération des actions,
d'opter entre la conservation de leur situation d'obligataire et l'acquisition
de la qualité d'actionnaire. Autrement dit, les OBSA ne prennent pas fin
avec la libération des actions objet des bons de souscription ; dans les
délais fixés, le titulaire des OBSA reste obligataire même après avoir
acquis la qualité d'actionnaire en cumulant ainsi les deux qualités jusqu'à
la fin du délai de remboursement des obligations.
Dans les deux cas (OCA ou OBSA), il y a augmentation du capital,
la valeur des actions étant celle de la date des libérations, elle est
généralement prévue dans le contrat d'émission.

71
- Ces nouvelles obligations, bien que non réglementées par la loi, elles sont susceptibles
de connaître un grand essor en pratique.
C - LES CERTIFICATS D’INVESTISSEMENT
De nos jours, on trouve sur le marché de nombreux titres utilisés
par les sociétés afin de se procurer des capitaux ; parmi ces titres on
peut citer les certificats d’investissement.
Ce sont des actions démembrées qui ont pour fonction de procurer
des dividendes à de nouveaux actionnaires qui ne possèdent pas de
droit de vote, ce dernier étant représenté par des certificats de vote, ils
sont répartis entre les anciens actionnaires pour éviter des changements
de majorité.

SECTION 4 - LES MOYENS DE CONCENTRATION


Ces opérations intéressent tous les types de société ; néanmoins,
étant pratiquées essentiellement dans les SA, nous les traiterons dans
ce chapitre.
Elles concernent l’ensemble des techniques de concentration
utilisées par les sociétés dans le but d’améliorer leur capacité de
production.
Il existe essentiellement trois :
* La fusion : constitue un des moyens le plus utilisé ; on
distingue deux procédés :
- la fusion pure et simple qui consiste pour deux sociétés à
associer leurs actifs pour se fondre juridiquement dans une
nouvelle société,
-et la fusion – absorption qui permet à une société de
s’approprier le capital d’une autre société qui disparaît
juridiquement (il s’agit du cas le plus fréquent).
* La fusion - scission : c’est lorsqu’une société se scinde en deux
ou plusieurs autres sociétés nouvelles.
* L’apport partiel d’actifs : c’est une technique, enfin, qui consiste
pour une société à apporter une partie de son patrimoine à une autre
société tout en conservant sa structure juridique d’origine.
Remarque sur la dissolution des S.A.:
Outre les causes communes à toutes les sociétés, les SA doivent
être dissoutes :
- si le nombre des actionnaires devient inférieur à5 pendant plus
d’un an,
- lorsque le capital devient inférieur au minimum légal,
- ou enfin si les capitaux propres deviennent inférieurs au quart du
capital social et qu’ils ne sont pas constitués dans les deux ans à
hauteur au moins du quart du capital social (article 357).
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TABLE DES MATIERES

INTODUCTION........................................................................2
I - IMPORTANCE DU DROIT DES SOCIÉTÉS.............2
II – LÉGISLATION.........................................................2
Chapitre 1 - LE CONTRAT DE SOCIÉTÉ.......................................4
Section 1 – LES CONDITIONS DE FORMATION DES
SOCIÉTÉS............................................................................................4
§ 1 – LES CONDITIONS DE FOND.........................................4
A – LES ASSOCIES.............................................................................5
a - La capacité.....................................................................5
b – Le nombre d'associés....................................................6
B – LES APPORTS..............................................................................6
a. Les apports en numéraire................................................6
b. Les apports en nature......................................................6
c. Les apports en industrie...................................................7
C – LE PARTAGE DES BENEFICES...................................................7
D – "L’AFFECTIO SOCIETATIS"..........................................................8
§ 2 – LES CONDITIONS DE FORME......................................8
A – LES STATUTS...............................................................................8
B - SOUSCRIPTION DU CAPITAL ET LIBERATION DES APPORTS 9
a - La libération des apports en numéraire..........................9
b - La libération des apports en nature..............................10
C - LE DEPÔT DES FONDS EN BANQUE........................................11
D - LA DECLARATION DE SOUSCRIPTION ET DE VERSEMENT. .12
E – LES FORMALITES DE DEPÔT AU TRIBUNAL...........................13
F – LA PUBLICITE DE LA CONSTITUTION......................................13
Section 2 – ATTRIBUTS DES SOCIÉTÉS.................................14
§ 1 – LA DENOMINATION SOCIALE.....................................14
§2 – LE SIEGE SOCIAL ET LA NATIONALITE.....................14
A – AU NIVEAU NATIONAL.......................................................................14
B – SUR LE PLAN INTERNATIONAL : SOCIÉTÉS INTERNATIONALES

ET SOCIÉTÉS multinationales.....................................................15
§3 – LA CAPACITE DE LA SOCIETE....................................16
§4 – LE PATRIMOINE............................................................17
section 3 – LA FIN DES SOCIÉTÉS..........................................17
Section 4 – CLASSIFICATION DES SOCIÉTÉS DE DROIT
PRIVE.................................................................................................19
§ 1 – SOCIÉTÉS CIVILES ET SOCIÉTÉS COMMERCIALES
.........................................................................................................19
§ 2 – SOCIÉTÉS DE PERSONNES ET SOCIÉTÉS DE
CAPITAUX.......................................................................................19
A – LES SOCIÉTÉS DE PERSONNES (SNC ET SCS)....................19
B – LES SOCIÉTÉS DE CAPITAUX OU PAR ACTIONS ..................20
§ 3 – LA SARL........................................................................20
§ 4 – LES SOCIÉTÉS SANS PERSONNALITE.....................21
A – LA SOCIETE EN PARTICIPATION..............................................21
B –SOCIETE CREEE DE FAIT / SOCIETE DE FAIT.........................23
Chapitre 2 – LES SOCIÉTÉS DE PERSONNES...........................24
Section 1 – LA SOCIÉTÉ EN NOM COLLECTIF.......................24
§ 1 – LES CARACTERES GENERAUX.................................24
A – LE CAPITAL ET LA RESPONSABILITÉ......................................24
B – LA CAPACITÉ DES ASSOCIÉS..................................................24
§ 2 – LA GESTION DES SOCIÉTÉS EN NOM COLLECTIF. 25
A – LES CONDITIONS DE LA GÉRANCE.........................................25
B – LA CESSATION DES FONCTIONS.............................................25
a. La révocation des gérants associés...............................26
b. La révocation du gérant non associé.............................26
C – LES POUVOIRS DU GÉRANT....................................................26
a - Les pouvoirs du gérant face à ses associés.................26
b - Les pouvoirs du gérant face aux tiers...........................27
§ 3 - LES REGLES CONERNANT LES ASSOCIÉS..............27
A – LE DROIT D’INFORMATION ET DE COMMUNICATION............27
a – L’information au siège social........................................27
b – L’information préalable aux assemblées......................28
B – LE POUVOIR DES ASSEMBLÉES..............................................28
C – LA CESSION DES PARTS..........................................................29
D - LA RESPONSABILITÉ DES ASSOCIÉS.....................................29
§ 4 – LA FIN DE LA SNC......................................................30
Section 2 - LA SOCIÉTÉ EN COMMANDITE SIMPLE..............30
§ 1 - LES CARACTERES GENERAUX..................................31
A- LES ASSOCIÉS.............................................................................31
B - LES APPORTS ET LE CAPITAL..................................................31
§ 2 - LA GESTION DE LA SCS..............................................32
§ 3 - LES REGLES CONCERNANT LES ASSOCIÉS...........32
A - LE POUVOIR DES ASSOCIÉS.....................................................32
B - LA CESSION DES PARTS...........................................................33
§ 4 - LA FIN DE LA SCS........................................................34
Chapitre 3 – LA S A R L..............................................................35
Section 1 – CARACTERES GENERAUX..................................36
§ 1 – CAPITAL ET RESPONSABILITE..................................36
A – LE CAPITAL ET LES APPORTS...........................................................36
B – LA RESPONSABILITÉ DES ASSOCIÉS.................................................39
§ 2 – CAPACITE ET OBJET SOCIAL...................................39
A – LA CAPACITÉ DES ASSOCIÉS..................................................39
B – L'OBJET SOCIAL.........................................................................39
Section 2 – LA GESTION DE LA SARL.....................................40
§ 1 – LE GERANT..................................................................40
A – LES CONDITIONS DE LA GÉRANCE.........................................40
B – LA CESSATION DES FONCTIONS DE GÉRANT.......................40
§ 2 – POUVOIRS ET RESPONSABILITÉ DES GERANTS. . .41
A – LES POUVOIRS...........................................................................41
B – LA RESPONSABILITÉ DU GÉRANT...........................................41
a – La responsabilité civile.................................................41
b – La responsabilité pénale..............................................42
Section 3 – LA SITUATION DES ASSOCIÉS............................42
§ 1 – INFORMATION ET COMMUNICATION........................42
§ 2 – LES POUVOIRS DES ASSOCIÉS................................43
A – L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE ANNUELLE...............43
B – L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE.......................44
§ 3 – LA RESPONSABILITE DES ASSOCIÉS......................45
§ 4 – LA CESSION DES PARTS...........................................45
Section 4 – LA DISSOLUTION DE LA SARL.............................47
Chapitre 4 – LA SOCIETE ANONYME..........................................48
Section 1 – LES CARCTERES GENERAUX.............................49
Section 2 – LA GESTION DE LA SA.........................................50
§ 1 - LA SA AVEC CONSEIL D’ADMINISTRATION..............51
A- LE CONSEIL D’ADMINISTRATION...............................................51
a – Composition.................................................................51
b – La cessation des fonctions...........................................52
c – La rémunération...........................................................53
d – Les pouvoirs du conseil d’administration.....................53
B – LA DIRECTION GENERALE DE LA SOCIETE : LE PDG OU LE DG

...................................................................................................................... 54
a – Le directeur général et ses directeurs généraux
délégués...................................................................................55
1. Statut.......................................................................55
2 - Pouvoirs.................................................................55
b – Le président du conseil d'administration......................56
1. Statut.......................................................................56
2. Pouvoirs.................................................................56
§ 2 – LA S.A AVEC DIRECTOIRE ET CONSEIL DE
SURVEILLANCE.............................................................................57
A – LE DIRECTOIRE..........................................................................57
a – Conditions....................................................................57
b – Cessation des fonctions...............................................58
c – Pouvoirs du directoire..................................................58
B – LE CONSEIL DE SURVEILLANCE..............................................60
a – Conditions....................................................................60
b – Pouvoirs.......................................................................60
Section 3 - LA SITUATION DES ASSOCIÉS.............................61
§ 1 – LES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES................................61
A - L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE....................................61
a – Convocation.................................................................61
b – Déroulement................................................................62
c – Attributions...................................................................62
B – LES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES EXTRAORDINAIRES...........62
a – Principales attributions.................................................62
b - Quorum et majorité.......................................................63
§ 2 - LES TITRES EMIS PAR LES SA...................................64
A - LES ACTIONS..............................................................................64
B - LES OBLIGATIONS......................................................................65
C - LES CERTIFICATS D’INVESTISSEMENT...................................66
Section 4 - LES MOYENS DE CONCENTRATION...................67
Chapitre 5 - LA SOCIETE EN COMMANDITE PAR ACTIONS.....68
Section 1 – CARACTERES GENERAUX..................................70
§ 1 – LES ASSOCIES............................................................70
A – LE STATUT DES COMMANDITÉS.......................................................71
B – LE STATUT DES COMMANDITAIRES...................................................71
§ 2 – LE CAPITAL..................................................................71
Section 2 – FONCTIONNEMENT..............................................72
§ 1 – LA GERANCE...............................................................72
A – NOMINATION DES GÉRANTS.............................................................72
B – REVOCATION DES GERANTS...................................................73
C – ATTRIBUTIONS DES GERANTS................................................73
§ 2 – LES ASSEMBLEES D’ACTIONNAIRES.......................74
§ 3 – LE CONTROLE DE LA SCA.........................................75
A – LES COMMISSAIRES AUX COMPTES.......................................76
B – LE CONSEIL DE SURVEILLANCE..............................................76
a – Statut............................................................................77
b - Attributions....................................................................77
c - Responsabilité..............................................................78
BIBLIOGRAPHIE DE BASE..........................................................80
TABLE DES MATIERES........................................................82