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TP20-0085-Book — 17/07/2020 14:50 — page III

Thierry Alhalel•Philippe Schwemling

1 350 cm 3

m
24c
L=

h = 3,31 cm

V = h x l x L3
l=
17 c
m
1 350 cm
TP20-0085-Book — 24/06/2020 12:58 — page IV

Conception de la couverture : Clément Pinçon (WIP)


Illustrations : Rachid Maraï

© Dunod, 2020
11 rue Paul Bert, 92240 Malakoff
www.dunod.com
ISBN 978-2-10-081639-2
TP20-0085-Book — 8/07/2020 14:46 — page V

Table des matières

Chapitre 1 Thermodynamique 1

1. Rappels de cours 1
1.1. Grandeurs thermodynamiques 1
1.2. Le premier principe de la thermodynamique 3
1.3. Le second principe de la thermodynamique 4
1.4. Les coefficients thermodynamiques et thermoélastiques 5
1.5. Le gaz parfait et les gaz réels 5
1.6. Corps pur et changement de phases 7
1.7. Chaleur latente de changement d’état 9
1.8. Les machines thermiques 10
1.9. Notion d’humidité de l’air 15
1.10. Dérivées partielles en thermodynamique 16

2. Exercices 18
2.1. Exercices généraux et calorimétrie 18
2.2. Autour du premier principe de la thermodynamique 26
2.3. Autour du deuxième principe de la thermodynamique 29
2.4. Coefficients thermoélastiques, gaz parfait et gaz réels 34
2.5. Phases et changement de phase 43
2.6. Les machines thermiques 49

Chapitre 2 Optique géométrique 67

1. Rappels de cours 67
1.1. Indice de réfraction 67
1.2. Lois de la réflexion et de la réfraction 67
1.3. Les lentilles minces 69
1.4. Les miroirs 72
1.5. Les aberrations 73

2. Exercices 75
2.1. Réflexion et réfraction 75
2.2. Instruments et systèmes optiques 82

Chapitre 3 Mécanique des fluides 101

1. Rappels de cours 101


1.1. Grandeurs importantes 101
1.2. Statique des fluides 102
1.3. Dynamique des fluides parfaits 102

V
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Table des matières

1.4. Fluides visqueux et nombre de Reynolds 103


1.5. Notion de pertes de charge 104

2. Exercices 105
2.1. Statique des fluides 105
2.2. Dynamique des fluides 114
2.3. Pertes de charge 120

Chapitre 4 Électrostatique 127

1. Rappels de cours 127


1.1. Charge électrique 127
1.2. Potentiel électrostatique 128
1.3. Champ électrique 130
1.4. Surfaces équipotentielles, lignes de champ 131
1.5. Force électrostatique 132
1.6. Énergie électrostatique 132
1.7. Conducteurs et isolants 132
1.8. Théorème de Gauss 133
1.9. Exploitation des symétries 134
1.10. Capacité électrostatique 134

2. Exercices 134
2.1. Potentiel et champ créé par une charge ponctuelle 134
2.2. Quelques ordres de grandeur 137
2.3. Potentiel et champ créé par deux charges
ponctuelles identiques 137
2.4. Potentiel électrostatique et champ électrique créé par une
distribution de charges linéique constante 139
2.5. Potentiel et champ électrostatique créés par une boule 141
2.6. Condensateur plan 143
2.7. Condensateur sphérique 146
2.8. Condensateur cylindrique 147
2.9. Condensateur en coin 148
2.10. Energie stockée dans un condensateur 149
2.11. Microphone électrostatique 150
2.12. Énergie électrostatique 151
2.13. Modèles classiques de l’électron 153
2.14. Distribution surfacique de charge 154
2.15. Pression électrostatique 156
2.16. Chambre d’ionisation 157
Chapitre 5 Mécanique du point 159

1. Rappels de cours 159


1.1. Les coordonnées d’un point 159
1.2. Lois de Newton 163

VI
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Table des matières

1.3. Énergie cinétique, énergie potentielle, énergie


mécanique 164
1.4. Travail, puissance 165

2. Exercices 166
2.1. Mesure de l’accélération d’un train 166
2.2. Centrifugeuse 167
2.3. Mouvement sur une hélice 168
2.4. Mouvement sur une spirale 169
2.5. Énergie potentielle stockée dans un ressort 171
2.6. Association de ressorts en série et en parallèle 172
2.7. Viser le panier au basket 173
2.8. Système masse-ressort 175
2.9. Oscillations d’un solide partiellement plongé dans
un liquide 178
2.10. Oscillateurs couplés 180
2.11. Machine d’Atwood 181
2.12. Montée des bulles d’air dans un liquide 184
2.13. Chute dans un liquide visqueux 185
2.14. Train dans une courbe 186
2.15. Coefficient de restitution 187
2.16. Collisions entre deux corps 188
2.17. Collision de balles 189
2.18. Comparaison de référentiels 191
2.19. Oscillation à travers la Terre 192
2.20. Plan incliné 193
2.21. Bille glissant sur un arceau vertical 194

Chapitre 6 Introduction à la mécanique des solides 197

1. Rappels de cours 197


1.1. Masse et centre de masse d’un solide 197
1.2. Notion de moment d’inertie par rapport à un axe 198
1.3. Notion de base principale d’inertie 200
1.4. Notion de moment d’inertie par rapport à un point 201
1.5. Les moments d’inertie des principaux solides simples 202
1.6. Théorème de Huyghens 202
1.7. Solide en mouvement autour d’un axe fixe 203

2. Exercices 203
2.1. Détermination de centre de masse 203
2.2. Calcul de moments d’inertie 207
2.3. Mouvement des solides autour d’un axe 217

3. Annexe : intégrales multiples 235

VII
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Table des matières

Chapitre 7 Électrocinétique, électronique analogique 239

1. Rappels de cours 239


1.1. Loi des noeuds, loi des mailles 239
1.2. Conventions récepteur et générateur 239
1.3. Dipôles élémentaires 240
1.4. Associations en parallèle ou en série de dipôles 242
1.5. Théorème de Thévenin 242
1.6. Théorème de Norton 244
1.7. Continuité des grandeurs électriques 244
1.8. Représentation complexe des grandeurs électriques 244
1.9. Impédances complexes 245
1.10. Amplificateur opérationnel idéal 246
1.11. Puissance délivrée ou dissipée par un dipôle 248
1.12. Énergie stockée dans un dipôle 249

2. Exercices 249
2.1. Combinaison de résistances 249
2.2. Combinaison de condensateurs 251
2.3. Combinaison d’inductances 252
2.4. Résistance composée 253
2.5. Pont diviseur résistif 254
2.6. Pont de Wheatstone 255
2.7. Transmission optimale de puissance 257
2.8. Effet Joule 258
2.9. Equivalence entre source de courant et de tension 258
2.10. Alimentation stabilisée 259
2.11. Théorème de Thévenin 262
2.12. Charge d’un circuit RC 263
2.13. Considérations énergétiques 264
2.14. Charge d’un circuit LR 265
2.15. Filtre passe-bas capacitif 266
2.16. Filtre passe-haut capacitif 270
2.17. Filtre passe-bas inductif 273
2.18. Filtre passe-haut inductif 275
2.19. Filtre passe-bande passif 276
2.20. Filtre réjecteur de bande passif 279
2.21. Filtre de Wien 281
2.22. Suiveur 283
2.23. Amplificateur inverseur 284
2.24. Amplificateur non inverseur 285
2.25. Sommateur inverseur 286
2.26. Sommateur non inverseur 287
2.27. Soustracteur 288

VIII
TP20-0085-Book — 14/07/2020 14:19 — page IX

Table des matières

2.28. Conversion tension vers courant 289


2.29. Convertisseur courant vers tension 290
2.30. Filtre passe-bas actif 291
2.31. Filtre passe-haut actif 292
2.32. Inductance active 293
2.33. Résistance négative 294
2.34. Source de courant de Howland 295
2.35. Alimentation stabilisée et diode 295
2.36. Amplificateur logarithmique 298
2.37. Comparateur 299
2.38. Circuit à hystérésis : trigger de Schmitt 301

Chapitre 8 Électronique numérique 305

1. Rappels de cours 305


1.1. Fonctions logiques usuelles 305
1.2. Notations 307
1.3. Règles de calcul logique 308
1.4. Simplification : tableaux de Karnaugh 308

2. Exercices 310
2.1. Simplification d’expressions 310
2.2. Simplification d’expressions 311
2.3. Universalité des opérateurs NON – ET et NON – OU 311
2.4. Multiplexeur et démultiplexeur 312
2.5. Comparaison de deux schémas simples 314
2.6. Additionneur sur un bit 315
2.7. Convertisseur en code Gray 316
2.8. Multiplieur 318
2.9. Comparateur 320
2.10. Circuit diviseur sur deux bits 321
Chapitre 9 Application de la physique à l’astrophysique 325

1. Problème 1 : une étude simple des


mouvements orbitaux 326

2. Problème 2 : Une évaluation du ralentissement de


la Terre 334

3. Problème 3 : Une estimation de la température


centrale du Soleil 339

4. Problème 4 : Peser les amas d’étoiles 344

IX
TP20-0085-Book — 8/07/2020 14:46 — page X

Table des matières

Chapitre 10 Simulation numérique 353

1. Rappels de cours : quelques techniques de


simulation numérique 354
𝑏
1.1. Calcul d’une intégrale ∫𝑎 𝑓 (𝑥)𝑑𝑥 354
1.2. Méthode de Monte-Carlo 356
1.3. Recherche de solutions d’une équation différentielle 357

2. Exercices 358
2.1. Charge d’un condensateur par un courant variable 358
2.2. Travail effectué par une force 365
2.3. Mouvement brownien 369
2.4. Calcul du volume d’une hyperboule 380
2.5. Mouillage d’une surface par la pluie 383
2.6. Charge d’un circuit 𝑅𝐶 par un échelon de tension 387
2.7. Oscillations d’un système masse-ressort 392
2.8. Oscillations d’un pendule simple 395
2.9. Système à deux corps en interaction gravitationnelle :
Terre et satellite 399
2.10. Filtre passe-bas 404
2.11. Calcul du potentiel électrostatique créé par plusieurs charges 406
2.12. Simulation de la propagation des épidémies 409

Chapitre 11 Incertitudes et ajustements en physique 417

1. Rappels de cours 417


1.1. Rappels sur la présentation d’un résultat 417
1.2. La propagation des incertitudes 419
1.3. Les différents types d’incertitude 420
1.4. La notion d’intervalle de confiance - incertitudes élargies 422
1.5. Ajustement de données 424
1.6. Le test du 𝜒 2 427

2. Exercices 428
2.1. Propagation des incertitudes 428
2.2. Incertitudes de type A et B 430
2.3. Incertitudes élargies - intervalle de confiance 434
2.4. Ajustements 436
2.5. Test du 𝜒 2 440

3. Les tables 444

Index 449

X
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:51 — page 1

Chapitre 1
Thermodynamique

1 Rappels de cours
1.1 Grandeurs thermodynamiques
La thermodynamique est la partie de la physique qui étudie les échanges d’énergie et
les propriétés et changements d’états de la matière au niveau macroscopique. Elle per-
met de comprendre et éventuellement d’améliorer les machines thermiques (moteurs,
pompe à chaleur...), mais aussi d’étudier qualitativement et quantitativement certains
phénomènes naturels (convection dans l’atmosphère, rayonnement solaire...).
Parmi les quantités importantes en thermodynamique, on rencontre :
– La température 𝑻 , dont l’unité dans le Système International est le kelvin (K). On
rappelle aussi les trois échelles de températures (sur la figure 1.1) Kelvin, Celsius et
Fahrenheit et leurs correspondances.
– La pression 𝑷 , dont l’unité dans le Système International est le pascal (Pa). On sait
que d’un point de vue dimensionnel, la pression est le quotient d’une force 𝐹 par une
surface 𝑆 :
𝐹
𝑃 =
𝑆
On utilise également deux autres unités de pression de façon assez courante :
– le bar : 1 bar = 100 000 Pa ;
– l’atmosphère : 1 atm = 101 325 Pa.
Par ailleurs, dans un fluide incompressible on peut écrire la loi de l’hydrostatique :

d𝑃 = −𝜌𝑔d𝑧

qui relie la variation infinitésimale de pression d𝑃 à la masse volumique 𝜌, à


.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

l’accélération de la pesanteur 𝑔 et à la variation infinitésimale de hauteur d𝑧.


– La chaleur 𝑸 qui est un mode de transfert d’énergie (désordonné au niveau micro-
scopique), dont l’unité SI est le joule (J). On admet ici que pour un corps solide ou
liquide (quasi incompressible) on peut relier la chaleur 𝑄 et la température 𝑇 , par la
formule :

𝑄 = 𝑚𝑐(𝑇𝑓 𝑖𝑛𝑎𝑙 − 𝑇𝑖𝑛𝑖𝑡𝑖𝑎𝑙 )

où 𝑐 est la capacité thermique massique du corps qui s’exprime dans le système SI


en J ⋅ kg−1 ⋅ K −1 , 𝑚 sa masse en kg et 𝑇𝑓 𝑖𝑛𝑎𝑙 , 𝑇𝑖𝑛𝑖𝑡𝑖𝑎𝑙 les températures de départ de
d’arrivée. On a supposé qu’il n’y avait pas de changement d’état dans l’expérience.

1
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:51 — page 2

Chapitre 1 • Thermodynamique

oF
K oC

373,15 100 212

100 oC 180 oF

273,15 0 32

Figure 1.1 – Les trois échelles de températures K, °C, °F.


– Lorsqu’on mélange deux fluides (deux liquides en général), l’équation de mélange
de la calorimétrie permet de relier la température d’équilibre 𝑇𝑓 du mélange avec les
températures initiales 𝑇1 , 𝑇2 et les caractéristiques de masses 𝑚1 , 𝑚2 ainsi que les
capacités thermiques massiques 𝑐1 et 𝑐2 :
𝑄1 + 𝑄2 = 0
soit encore : 𝑚1 × 𝑐1 × (𝑇𝑓 − 𝑇1 ) + 𝑚2 × 𝑐2 × (𝑇𝑓 − 𝑇2 ) = 0
– Le travail 𝑾 est un autre mode de transfert d’énergie (ordonné au niveau macro-
scopique) dont l’unité SI est le joule (J). Lorsqu’un gaz subit un certain travail (par
exemple dans un cylindre fermé par un piston mobile sur lequel l’opérateur appuie
avec la pression notée 𝑃𝑒𝑥𝑡 ), celui peut se définir comme :
𝑉𝑓 𝑖𝑛𝑎𝑙
𝑊 =− 𝑃𝑒𝑥𝑡 d𝑉
∫𝑉𝑖𝑛𝑖𝑡𝑖𝑎𝑙
où les bornes de l’intégrale sont les volumes initial et final du gaz, et où le signe moins
montre que si le volume diminue (compression du gaz) 𝑊 est positif par convention
(reçu par le système gaz). Au contraire, si le volume augmente (détente du gaz), 𝑊
est négatif, car cédé par le système gaz à l’extérieur.
Remarque : Il est très important de noter que dans le cas général la pression ex-
térieure 𝑃𝑒𝑥𝑡 n’est pas égale à la pression du gaz 𝑃 (sinon le piston ne pourrait
être mobile). C’est seulement dans le cas d’une transformation lente (appelée aussi
quasi-statique) qu’on aura :
𝑃𝑒𝑥𝑡 ≈ 𝑃

2
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:51 — page 3

1 Rappels de cours

– On distingue, en thermodynamique, entre les grandeurs extensives, qui sont propor-


tionnelles à la quantité de matière et les grandeurs intensives qui sont indépendantes
de la quantité de matière. Pour les premières, citons : le volume 𝑉 , le nombre de moles
𝑛, la masse 𝑚. Pour les deuxièmes, citons : la pression 𝑝, la température 𝑇 , la masse
volumique 𝜌.

1.2 Le premier principe de la thermodynamique


On définit (voir la figure 1.2) un système thermodynamique fermé comme un système
qui ne peut échanger avec l’extérieur que de l’énergie, sous forme de travail 𝑊 ou de
chaleur 𝑄, mais pas sous forme de matière. On définit un système thermodynamique
isolé comme un système qui ne peut rien échanger avec l’extérieur, ni chaleur, ni travail,
ni matière.
Univers extérieur

Système Isolé
pas d’échange avec Système Fermé échange de
le milieu extérieur chaleur Q

échange de travail W

Figure 1.2 – Système isolé et système fermé.

Premier principe de la thermodynamique


Pour tout système fermé (au repos macroscopique), il existe une fonction d’état
extensive U, appelée énergie interne, telle que sa variation Δ𝑈 = 𝑈2 − 𝑈1 entre
deux dates 𝑡1 et 𝑡2 (𝑡2 > 𝑡1 ) s’écrive :
Δ𝑈 = 𝑈2 − 𝑈1 = 𝑊 + 𝑄
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

ou de façon infinitésimale :
𝑑𝑈 = 𝛿𝑊 + 𝛿𝑄

– L’énergie interne U est une grandeur conservative, c’est-à-dire qui reste constante si
le système n’échange rien avec l’extérieur.
– Si le système est isolé, il n’y a alors aucun échange, et dans ce cas Δ𝑈 = 0, 𝑈 est
donc conservée.
– Si l’évolution du système fermé est cyclique (retour au point de départ), alors
Δ𝑈𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0.

3
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:51 — page 4

Chapitre 1 • Thermodynamique

– Si le volume du système ne varie pas et s’il n’y a pas d’échange de travail (électrique

par exemple), alors le premier principe se résume à : Δ𝑈 = 𝑄.
– Si le système de l’item précédent est isolé (pensons à un calorimètre par exemple),

on a alors : 𝑄 = 0.
– Dans le cas du mélange de deux liquides de températures initiales différentes dans un
calorimètre isolé, le cas précédent permet de retrouver l’équation de la calorimétrie :
𝑄1 + 𝑄2 = 0
– L’énergie interne U est homogène à une énergie, soit dans le système SI : J.
– U est une fonction dite d’état, c’est-à-dire que ses variations ne dépendent pas du
chemin suivi, mais seulement des points de départ et d’arrivée.
On définit aussi, à partir de l’énergie interne U, une nouvelle fonction d’état
thermodynamique, l’enthalpie H, sous la forme :
𝐻 = 𝑈 + 𝑃𝑉
– L’unité SI de la fonction H est le joule.
– H, tout comme U, est une fonction d’état.
– Pour une transformation à pression constante (isobare), la variation d’enthalpie est
simplement égale à l’échange de chaleur (si le travail n’est dû qu’aux forces de
pression) :
Δ𝐻 = 𝑄𝑝
ce qui correspond à tous les processus physique ou chimique ayant lieu à la pression
atmosphérique par exemple,
– La démonstration du résultat précédent se fait en exprimant la différentielle de H :
d𝐻 = 𝑑𝑈 + 𝑃 d𝑉 + 𝑉 𝑑𝑃 = 𝑄 − 𝑃 d𝑉 + 𝑃 d𝑉 + 𝑉 𝑑𝑃 = 𝑄 + 𝑉 𝑑𝑃
On peut conclure que Δ𝐻 = 𝑄𝑝 pour un processus isobare.
– Il convient de ne pas confondre un processus isobare (la pression du système est dé-
finie et constante lors de la transformation) et un processus monobare, où la pression
extérieure est constante. Il ne faut pas confondre non plus une transformation iso-
therme (le système a une température constante) et une transformation monotherme
où c’est la température du milieu extérieur qui est constante.

1.3 Le second principe de la thermodynamique


Second principe de la thermodynamique
Pour tout système fermé, il existe une fonction d’état extensive, non conservative
S, appelée entropie, telle que sa variation entre deux instants (𝑡1 < 𝑡2 ) s’écrive :
𝛿𝑄
Δ𝑆 = 𝑆 𝑝 + = 𝑆𝑝 + 𝑆𝑒
∫ 𝑇𝑆

4
TP20-0085-Book — 8/07/2020 10:53 — page 5

1 Rappels de cours

– 𝑆 𝑝 est l’entropie produite lors de la transformation. Cette quantité est positive


(processus réel irréversible) ou nulle (processus réversible).
– 𝑇𝑆 est la température thermodynamique de surface du système, quantité intensive et
positive, exprimée en K.
– 𝑆 𝑒 est l’entropie échangée entre le système et l’extérieur, au travers de la surface qui
les délimite.
– L’entropie est homogène à une énergie divisée par une température, soit dans le
système SI : J ⋅ K −1 .
– Pour un processus irréversible (réel) le signe de 𝑆 𝑝 est le même que celui de la dif-
férence temporelle 𝑡2 − 𝑡1 , ce qui montre que l’entropie permet de donner un sens à
l’écoulement du temps, ce que l’on appelle aussi la flèche du temps.
– S, tout comme 𝑈 , est une fonction d’état.
– Un processus réversible (𝑆 𝑝 = 0) et adiabatique (𝑄 = 0) est un processus
isentropique, c’est-à-dire que l’entropie reste constante.

1.4 Les coefficients thermodynamiques et thermoélastiques


Coefficients thermoélastiques

Ces coefficients donnent la réponse d’un système à une variation de paramètre. On dé-
finit ainsi le coefficient de dilatation isobare, qui permet de mesurer
( ) la variation de
1 𝜕𝑉
volume avec la température, la pression étant constante : 𝛼 =
𝑉 𝜕𝑇 𝑃
( )
1 𝜕𝑃
– le coefficient de compression isochore : 𝛽 =
𝑃 𝜕𝑇 𝑉
( )
1 𝜕𝑉
– le coefficient de compressibilité isotherme : 𝜒𝑇 = −
𝑉 𝜕𝑃 𝑇
( )
1 𝜕𝑉
– le coefficient de compressibilité isentropique : 𝜒𝑆 = −
𝑉 𝜕𝑃 𝑆

Coefficients calorimétriques
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

On définit également deux coefficients calorimétriques très importants :


( )
𝜕𝑃
– le coefficient de dilatation isotherme : 𝑙 = 𝑇
𝜕𝑇 𝑉
( )
𝜕𝑉
– le coefficient de compression isotherme : ℎ = −𝑇
𝜕𝑇 𝑃

1.5 Le gaz parfait et les gaz réels


Gaz parfait

On sait que le gaz parfait (souvent noté GP) est une idéalisation où les molécules de
gaz sont assimilées à des points se déplaçant sans interaction (autre que les éventuels

5
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:51 — page 6

Chapitre 1 • Thermodynamique

chocs) dans un volume V, le gaz étant à la pression P et à la température T. Ce modèle


est adapté aux cas où la pression est faible (quelques bars) et la température T dans la
gamme des valeurs usuelles (273 K pour fixer un ordre de grandeur). L’équation du gaz
parfait est :
𝑃 𝑉 = 𝑛𝑅𝑇
𝑁
avec 𝑁 le nombre de molécules
où 𝑛 est le nombre de moles de gaz, soit aussi : 𝑛 =
𝑁𝐴
et 𝑁𝐴 = 6, 022 × 1023 mol−1 le nombre d’Avogadro.

Relations liées aux gaz parfaits

Un gaz parfait suit les deux lois dites de Joule :

– Première loi de Joule (ou de Joule Gay-Lussac) : l’énergie interne U d’un gaz
parfait ne dépend que de sa température, soit aussi : Δ𝑈 = 𝑛.𝐶𝑣𝑚 .Δ𝑇 , où 𝐶𝑣𝑚 est
la capacité thermique molaire isochore (volume constant) (en 𝐽 ⋅ 𝐾 −1 ⋅ mol−1 ).
– Deuxième loi de Joule (ou de Joule-Thomson) : l’enthalpie H d’un gaz parfait
ne dépend que de sa température, soit aussi :Δ𝐻 = 𝑛.𝐶𝑝𝑚 .Δ𝑇 , où 𝐶𝑝𝑚 est la
capacité thermique molaire isobare (en 𝐽 ⋅ 𝐾 −1 ⋅ mol−1 ).
– On admettra ici la relation de Mayer : 𝐶𝑝𝑚 − 𝐶𝑣𝑚 = 𝑅 pour un gaz parfait.

De plus, un gaz parfait qui subit une transformation adiabatique et réversible suit la
loi de Laplace (voir les exercices du second principe pour une démonstration) :
𝑃 × 𝑉 𝛾 = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒
𝐶𝑝𝑚
où 𝛾 = ≈ 1, 4 (pour les gaz parfaits diatomiques).
𝐶𝑣𝑚

Gaz réel

Si la pression est plus importante, il faut tenir compte du volume occupé par les molé-
cules elles-mêmes, on note alors 𝑏 le paramètre (exprimé en m3 ⋅ mol−1 ) qui donne cette
occupation, et le volume disponible devient alors 𝑉 − 𝑛.𝑏. L’équation de ce gaz réel est :
𝑃 (𝑉 − 𝑛.𝑏) = 𝑛𝑅𝑇
Le coefficient b est appelé le covolume molaire, il s’exprime en m3 ⋅ mol−1 .
Le modèle du gaz parfait est à peu près correct tant que la pression est faible. Si
elle augmente, on doit tenir compte du volume moléculaire et des interactions inter-
moléculaires, dites de Van der Waals. Dans ce cas, l’équation d’état de Van der Waals
s’écrit :
( )
𝑎
𝑃 + 𝑛2 2 (𝑉 − 𝑛.𝑏) = 𝑛𝑅𝑇
𝑉

6
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1 Rappels de cours

1.6 Corps pur et changement de phases


Un corps pur se définit comme une substance ne contenant qu’un seul type de compo-
sant (atome ou molécule). Ainsi l’eau H2 O est-elle un corps pur, tout comme le dioxyde
de carbone CO2 ou le dioxygène O2 . à l’inverse, l’air qui est composé essentiellement de
dioxygène et de diazote n’est pas un corps pur. Un corps pur peut se présenter sous trois
formes (on dit aussi phases) en général : solide, liquide ou gaz. Lorsqu’on passe d’un
état à un autre, on dit qu’il y a changement d’état. La figure 1.3 résume les différentes
possibilités.
On appelle pression de vapeur saturante 𝑃𝑠𝑎𝑡 la pression d’équilibre correspondant
aux deux phases gaz et liquide, pour T fixée. La loi de Dupré relie 𝑃𝑠𝑎𝑡 et T, sous la
forme approximative :

𝑏
ln(𝑃𝑠𝑎𝑡 ) = 𝑎 + + 𝑐 × ln(𝑇 )
𝑇

où les coefficients 𝑎, 𝑏, 𝑐 dépendent du corps pur considéré.


Il est bon de se souvenir que lors d’un changement de phase, et tout au long de cette
transformation, la température du mélange phase1/phase2 ne change pas (la pression
étant constante). C’est pour cela que l’on dit que l’eau bout à 100 °C : à la pression
atmosphérique 𝑃 = 1 013 hPa, et tout au long de la vaporisation, le mélange eau
liquide/eau vapeur est à 100 °C. Les paramètres déterminants pour les changements
de phases sont donc la pression P et la température T. On représente les changements
possibles dans le plan (P,T), dit diagramme des phases. La figure 1.4 donne celui de
l’eau. Chaque zone solide/liquide/gaz est un état d’équilibre pour la phase considérée.

Gaz

sublimation
.

vaporisation
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condensation
liquéfaction
solide

solidification
Solide
Liquide

fusion

Figure 1.3 – Changements d’états.

7
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:51 — page 8

Chapitre 1 • Thermodynamique

Pression P (atm)

Point critique
218
LIQUIDE
SOLIDE

0,006
Point Triple GAZ

0,01 374
Température T (°C)

Figure 1.4 – Diagramme de phases de l’eau.

L’interface entre deux zones est un équilibre entre deux phases, ce qui, compte tenu
de P et de T (fixés), donne une courbe d’équilibre diphasique. Il existe deux points très
particuliers :
– le point triple : c’est au point triple, et au point triple seulement, qu’on peut avoir
coexistence à l’équilibre de trois phases en même temps : solide /liquide /gaz. En ce
point particulier P et T sont fixés, et sont donc caractéristiques du corps pur considéré.
Pour l’eau, le point triple est défini par : 𝑃 = 0, 006 atm et 𝑇 = 0, 01 °C. On se sert
d’ailleurs des points triples de plusieurs corps purs en métrologie pour étalonner des
instruments de mesures.
– le point critique est le point de terminaison de la courbe d’équilibre diphasique li-
quide /gaz. Il se situe toujours assez haut en pression et température. Avant ce point,
le passage de la phase liquide à la phase gaz est simple à mettre en évidence : la
température reste constante tout au long de l’ébullition, malgré l’apport de chaleur.
Au-delà du point critique il n’y a plus de palier de température ni d’ébullition. En fait,
il n’y a plus de phases liquide ou gaz, mais une phase unique, on parle alors de fluide
supercritique, fluide qui a des propriétés optiques (opalescence) et de compressibi-
lité bien spécifiques. Le point critique de l’eau est mesuré comme : 𝑃 = 218 atm et
𝑇 = 374 °C.
– La pente de la courbe à l’interface solide/liquide dans le diagramme de phase d’un
corps pur peut être (voir la figure 1.5) :
– négative, c’est le cas de l’eau et de quelques autres rares corps purs, comme
l’antimoine, le bismuth ou le germanium.
– positive, pour la plupart des corps purs.

8
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:51 — page 9

1 Rappels de cours

P P

Liquide Liquide
Solide
Solide
C C
t t Gaz
Gaz

T T

Figure 1.5 – Diagramme de phases des corps purs : corps purs usuels à gauche,
eau à droite.

Le signe de cette pente est en relation avec les densités relatives du liquide et du
solide :
– si la pente est négative, le solide est moins dense que le liquide et flotte sur le
liquide (cas de la glace d’eau),
– si la pente est positive, le solide est plus dense que le liquide et coule dans le
liquide.

1.7 Chaleur latente de changement d’état


Lorsqu’on chauffe (en lui apportant une chaleur Q) un corps dans un état donné, sa
température T augmente. Lorsqu’on on arrive au changement d’état, la température T
n’évolue plus : elle reste fixée à une valeur donnée (pensez à T = 100 °C pour l’eau si
la pression est P = 1 atm lors de l’ébullition), tant que les deux phases coexistent. En
fait, la chaleur Q que l’on apporte permet de « briser » les liaisons intermoléculaires (du
solide ou du liquide) pour permettre le changement de phase.
On définit la chaleur latente de changement d’état (ou enthalpie massique) l
comme la quantité de chaleur qu’il faut apporter à 1 kg de corps pur pour passer d’une
.

phase à une autre, la pression P étant constante. l est donc assimilable à l’enthalpie de
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

changement d’état. Les tableaux 1.1 et 1.2 donnent quelques valeurs caractéristiques.
Tableau 1.1 – Caractéristiques de quelques corps purs.

Capacité thermique Chaleur latente


Corps pur T fusion massique de fusion
°C (pour P = 1 atm)
𝐉 ⋅ 𝐤𝐠−𝟏 ⋅ 𝐊−𝟏 𝐤𝐉 ⋅ 𝐤𝐠−𝟏
eau 0 4 180 (liquide) 334
plomb 327 129 (solide) 23
mercure -39 139 (liquide) 11
fer 1538 440 (solide) 247

9
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:51 — page 10

Chapitre 1 • Thermodynamique

Tableau 1.2 – Caractéristiques de quelques corps purs.

T ébullition Chaleur latente d’ébullition


Corps pur
°C (pour P=1 atm) 𝐤𝐉 ⋅ 𝐤𝐠−𝟏
eau 100 2 260
plomb 1 749 866
titane 3 287 8 795
fer 2 861 6 260

1.8 Les machines thermiques


Machine ditherme

Une machine thermique ditherme échange de la chaleur avec deux sources de chaleur
(que l’on nomme en général la source chaude et la source froide) et du travail avec
l’extérieur. La convention que l’on choisit est de compter le travail W ou la chaleur Q po-
sitivement si ces quantités sont reçues par la machine, négativement sinon. La figure 1.6
décrit la machine ditherme et ses sources.

Le moteur de Carnot ditherme

Le moteur de Carnot (figure 1.7) est un moteur dont le fonctionnement est supposé
réversible (les moteurs réels ont forcément un fonctionnement irréversible). Il échange
la chaleur 𝑄𝐶 > 0 avec la source chaude (à la température 𝑇𝐶 ) et la chaleur 𝑄𝐹 < 0
avec la source froide (à la température 𝑇𝐹 ) sans produire d’entropie : 𝑆 𝑝 = 0. Le moteur
est là pour produire le travail 𝑊 < 0. D’un point de vue thermodynamique, le moteur
(ou le fluide qu’il contient) subit un cycle thermodynamique (supposé réversible). On
définit son efficacité (devant être positive) comme :
𝑔𝑎𝑖𝑛 −𝑊
𝜂= = >0
𝑐𝑜𝑢𝑡 𝑄𝐶
La figure 1.7 rend compte des signes des grandeurs échangées. On peut faire une re-
marque concernant les conventions de sens des flèches pour la figure 1.7 ainsi que les
figures apparentées : le système thermodynamique étudié est le moteur (par exemple).
Si la flèche est orientée vers l’extérieur (du système), celui-ci cède (de la chaleur ou
du travail) au milieu extérieur, cette quantité est alors négative. Si au contraire la flèche
est orientée vers l’intérieur, le système reçoit (de la chaleur ou du travail) de la part du
milieu extérieur, cette quantité est alors positive.
Un moteur de Carnot ditherme est composé de quatre processus successifs réver-
sibles :
– deux isothermes ;
– deux adiabatiques réversibles (donc isentropiques).

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1 Rappels de cours

source chaude Tc

Qc

Travail W
machine thermique Milieu extérieur

Qf
Efficacité thermique : gain/coût

source froide Tf

Figure 1.6 – Machine thermique ditherme.

La figure 1.8 représente le cycle de Carnot en coordonnées (T-S), il s’agit forcément


d’un rectangle.
Le premier principe de la thermodynamique permet d’écrire :
.

Δ𝑈𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 𝑄𝐶 + 𝑄𝐹 + 𝑊 = 0
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Le second principe de la thermodynamique permet d’écrire :

𝑄𝐶 𝑄𝐹
Δ𝑆𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒−𝑟𝑒𝑣 = + =0
𝑇𝐶 𝑇𝐹

Il est aisé d’exprimer l’efficacité du moteur thermique de Carnot en fonction unique-


ment des températures des sources, et on trouve :

𝑇𝐹
𝜂𝑐𝑎𝑟𝑛𝑜𝑡 = 1 − <1
𝑇𝐶

11
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Chapitre 1 • Thermodynamique

source chaude Tc

Qc > 0

Travail W < 0 Milieu extérieur


Moteur thermique

Qf < 0 Efficacité : - W / Qc

source froide Tf

Figure 1.7 – Moteur thermique ditherme.

Un moteur réel dans les mêmes conditions thermiques aura nécessairement une
efficacité (ou un rendement, c’est ici la même chose) inférieur à l’efficacité de Carnot :
𝑇𝐹
𝜂𝑟𝑒𝑒𝑙 < 𝜂𝑐𝑎𝑟𝑛𝑜𝑡 = 1 −
𝑇𝐶
En représentation dans un diagramme (P,V), (voir la figure 1.9), le cycle de Carnot
est constitué de quatre branches : deux isothermes et deux adiabatiques. Le sens de
rotation est celui des aiguilles de montre, car le travail 𝑊 est négatif (et que 𝑊 =
− ∫𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 𝑃𝑒𝑥𝑡 × d𝑉 représente l’aire dans la figure fermée).

Les autres machines thermiques dithermes

Les autres machines thermodynamiques sont le réfrigérateur, la pompe à chaleur et le


climatiseur. Dans le cas ditherme, les échanges s’effectuent dans tous les cas comme
sur la figure 1.10. Cependant l’efficacité (ou coefficient de performance COP, quantité
supérieure à 1) est différente selon le type de machine. Dans les trois cas, la machine

12
TP20-0085-Book — 25/06/2020 13:3 — page 13

1 Rappels de cours

B C
Tc

Tf
A D

S
S1 S2

Figure 1.8 – Cycle de Carnot dans le diagramme T-S.

Q1

T1
.

B
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Q2
T2
C

Figure 1.9 – Cycle de Carnot dans le diagramme P-V.

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Chapitre 1 • Thermodynamique

source chaude Tc

Qc <0

réfrigérateur
ou Travail W > 0
Milieu extérieur
pompe à chaleur

Efficacité climatiseur ou réfrigérateur : Qf/W


Qf > 0 Efficacité pompe à chaleur : -Qc/W

source froide Tf

Figure 1.10 – Cycle inverse ditherme.

reçoit le travail 𝑊 pour permettre le transfert de chaleur de la source chaude vers la


source froide (sens inverse du sens naturel spontané), mais :
– pour la pompe à chaleur l’objectif est de chauffer la pièce (source chaude) en hiver :
−𝑄𝐶
𝜂𝑝𝑜𝑚𝑝𝑒 = >0
𝑊
– pour le réfrigérateur (comme pour le climatiseur) l’objectif est d’extraire de la chaleur
de la source froide (pour la maintenir à T constant) :
𝑄𝐹
𝜂𝑐𝑙𝑖𝑚𝑎𝑡𝑖𝑠𝑒𝑢𝑟 = >0
𝑊
Comme dans le cas du moteur, les deux principes de la thermodynamique nous
donnent pour un cycle réversible les équations :
– pour le climatiseur et le réfrigérateur
𝑄𝐹 𝑇𝐹
𝜂𝑐𝑙𝑖𝑚𝑎𝑡𝑖𝑠𝑒𝑢𝑟 = − =
𝑄 𝐹 + 𝑄𝐶 𝑇𝐶 − 𝑇𝐹

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1 Rappels de cours

– pour la pompe à chaleur


𝑄𝐶 𝑇𝐶
𝜂𝑝𝑜𝑚𝑝𝑒 = =
𝑄 𝐹 + 𝑄𝐶 𝑇𝐶 − 𝑇𝐹

L’inégalité de Clausius

Si le cycle thermodynamique étudié est irréversible (et c’est toujours le cas en pratique),
on doit faire intervenir l’entropie produite 𝑆 𝑝 . Pour cela, on peut considérer les deux
sources de chaleur, la machine ditherme et tout le reste de l’univers comme un seul
système isolé. On sait qu’au cours du cycle irréversible, la variation d’entropie totale ne
peut qu’être positive :
Δ𝑆 > 0
L’entropie totale 𝑆 est la somme de trois entropies, 𝑆1 celle de la machine, 𝑆2 celle des
deux sources de chaleur et 𝑆3 celle du reste de l’univers.

1.9 Notion d’humidité de l’air


L’air de l’atmosphère est rarement un gaz sec, dans le sens où il contient toujours un peu
de vapeur d’eau (gaz). On associe à cette vapeur d’eau sa pression partielle, c’est-à-dire
la contribution de la vapeur à la pression atmosphérique totale. On définit la pression
de vapeur saturante comme la pression à laquelle la substance liquide (l’eau) est en
équilibre avec sa phase gazeuse, pour une température T donnée. La formule, dite de
Rankine, donne la relation entre la pression de vapeur 𝑃𝑠𝑎𝑡 (en atm) saturante et T (en K) :
𝐵
ln(𝑃𝑠𝑎𝑡 ) = 𝐴 −
𝑇
avec 𝐴 ≈ 13, 7 et 𝐵 ≈ 5120 𝐾 −1 .
On peut définir la pression partielle de la vapeur d’eau en l’assimilant à un gaz parfait,
en notant 𝑚 la masse d’eau vapeur présente dans 1 m3 d’air, et en écrivant :
𝑚𝑅𝑇
𝑃𝑝−𝑒𝑎𝑢 =
𝑀𝑒𝑎𝑢
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

où 𝑀𝑒𝑎𝑢 est la masse molaire de l’eau : 18 g ⋅ mol−1 . Enfin le taux d’humidité se définit
comme le rapport :
𝑃𝑝−𝑒𝑎𝑢
𝑟=
𝑃𝑠𝑎𝑡
Si ce taux d’humidité dépasse 100 %, il va y avoir liquéfaction (condensation) de la
vapeur d’eau (pour retrouver l’équilibre) : il pleut ! Si le le taux est inférieur à 100 %, il y
aura évaporation d’eau liquide pour retrouver l’équilibre. La figure 1.11 donne la courbe
du point de rosée de l’eau dans l’air, pour 1 013 hPa en fonction de la température T. On
lit en ordonnée, en fonction de T, la valeur maximale de la masse d’eau sous forme de

15
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Chapitre 1 • Thermodynamique

Point de rosée

45
40
gramme d’eau/m3 dair sec

35
30
25
20
15
10
5
0
–20 –10 0 10 20 30 40
température en degré C

Figure 1.11 – Point de rosée de la vapeur d’eau dans l’air.

vapeur avant qu’il n’y ait condensation. Cette courbe est directement reliée à la pression
de vapeur saturante de l’eau.

1.10 Dérivées partielles en thermodynamique


On rencontre très souvent des dérivées dites partielles en thermodynamique. Cette no-
tion, a priori complexe, reste assez simple d’emploi à notre niveau. Si vous savez dériver,
vous savez dériver partiellement. La première chose à retenir est que les dérivées par-
tielles concerne les fonctions de plusieurs variables, par exemple la fonction 𝑓 de deux
variables 𝑓 (𝑥, 𝑦).
Si la fonction est continue selon les deux variables, il existe deux dérivées partielles
premières, la dérivée de la fonction 𝑓 par rapport à la variable 𝑥 (𝑦 étant considérée
𝜕𝑓 𝜕𝑓
comme constante) (𝑥, 𝑦) que l’on note souvent , et la dérivée de la fonction 𝑓
𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝜕𝑓
par rapport à la variable 𝑦 (𝑥 étant considérée comme constante) (𝑥, 𝑦) que l’on note
𝜕𝑦
𝜕𝑓
souvent .
𝜕𝑦

Exercice 1

On donne la fonction de deux variables :


𝑓 (𝑥, 𝑦) = 3𝑥2 + 4𝑥𝑦2 − 𝑥2 𝑦 + 𝑦2 + 7
𝜕𝑓 𝜕𝑓
Pouvez-vous calculer les deux dérivées partielles premières et ?
𝜕𝑥 𝜕𝑦

16
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1 Rappels de cours

Solution

On obtient la dérivée partielle par rapport à 𝑥 en considérant 𝑦 comme constante :


𝜕𝑓
= 6𝑥 + 4𝑦2 − 2𝑥𝑦 + 0 + 0 = 2(3𝑥 + 2𝑦2 − 𝑥𝑦)
𝜕𝑥
On obtient la dérivée partielle par rapport à 𝑦 en considérant 𝑥 comme constante :
𝜕𝑓
= 0 + 8𝑥𝑦 − 𝑥2 + 2𝑦 + 0 = 8𝑥𝑦 − 𝑥2 + 2𝑦
𝜕𝑦
𝜕𝑓 𝜕𝑓
On remarque, et c’est tout à fait général, que : ≠ .
𝜕𝑥 𝜕𝑦
On note parfois les dérivées partielles
( ) en mettant ( en )indice la (ou les variables)
𝜕𝑓 𝜕𝑓 𝜕𝑓 𝜕𝑓
considérée(s) constante(s) : = et = .
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝑥
On introduit aussi en thermodynamique les dérivées partielles secondes, qui sont au
nombre de quatre pour une fonction de deux variables :
𝜕2𝑓 𝜕 𝜕𝑓
=
𝜕𝑥2 𝜕𝑥 𝜕𝑥
et
𝜕2𝑓 𝜕 𝜕𝑓
=
𝜕𝑦 2 𝜕𝑦 𝜕𝑦
et
𝜕2𝑓 𝜕 𝜕𝑓
=
𝜕𝑦𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑥
et enfin (attention à l’ordre des dérivations) :
𝜕2𝑓 𝜕 𝜕𝑓
=
𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦
On admet un théorème mathématique très important (le théorème de Schwartz) qui
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

indique que pour les fonctions habituellement rencontrées en thermodynamique, les


dérivées partielles croisées sont égales :
𝜕2𝑓 𝜕2𝑓
=
𝜕𝑦𝜕𝑥 𝜕𝑥𝜕𝑦

Exercice 2

On donne la fonction de deux variables :


𝑓 (𝑥, 𝑦) = 3𝑥2 + 4𝑥𝑦2 − 𝑥2 𝑦 + 𝑦2 + 7
Pouvez-vous calculer les quatre dérivées partielles secondes ?

17
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Chapitre 1 • Thermodynamique

Solution

On part des résultats précédents :


𝜕2𝑓 𝜕(6𝑥 + 4𝑦2 − 2𝑥𝑦)
= = 6 + 0 − 2𝑦 = 6 − 2𝑦
𝜕𝑥2 𝜕𝑥
et
𝜕2𝑓 𝜕(8𝑥𝑦 − 𝑥2 + 2𝑦)
= = 8𝑥 + 0 + 2 = 8𝑥 + 2
𝜕𝑦2 𝜕𝑦
et les deux dérivées secondes croisées identiques :
𝜕2 𝑓 𝜕2𝑓
= = 8𝑦 − 2𝑥
𝜕𝑦𝜕𝑥 𝜕𝑥𝜕𝑦

2 Exercices
2.1 Exercices généraux et calorimétrie
Exercice 1 : Conversion de températures

(a) On mesure une température absolue 𝑇 = 333 K. Déterminez-la en °C puis en °F.


On pourra utiliser la figure 1.1.
(b) Convertir en °C la température 𝑇 = 451 ˚F.

Solution

(a) La conversion en °C s’effectue en faisant : 𝑇 = 333 − 273, 15 = 59, 85 °C.


180
La conversion en °F s’effectue en faisant : 𝑇 = × 59, 85 + 32 = 139, 73 °F.
100
100
(b) On effectue la conversion en faisant : 𝑇 = (451 − 32) × ≈ 232, 8 °C
180

Exercice 2 : Unité de pression

On trouve une référence dans un texte technique qui donne une pression de 𝑃 =
20 kg ⋅ cm−2 . Faites un recherche documentaire, s’agit-il vraiment d’une pression ?
Peut-on relier cette quantité à une pression en bars ? en pascals ?

Solution

Une pression est le quotient d’une force par une surface, l’unité kg ⋅ cm−2 ne peut donc
pas être une unité de pression. Cependant on peut passer de la masse à la force poids
en multipliant par la valeur de 𝑔, l’accélération de la pesanteur et on a alors bien une
pression :
𝑔 × kg ⋅ cm−2 → pression

18
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2 Exercices

en pratique, en prenant 𝑔 = 10 𝑚 ⋅ 𝑠−2 : ≈ 10 × kg ⋅ m−2 − > Pa


10
ou bien ≈ 5 × kg ⋅ m−2 → bar
10
par exemple, en convertissant les cm2 en m2 :
10 10
10, 0 kg ⋅ cm−2 → 5 × −4 ≈ 10, 0 bars
10 10
ou de même : 1, 0 kg ⋅ cm−2 → 1, 0 bar

Exercice 3 : Vocabulaire thermodynamique

Relire attentivement le cours, et définir le plus précisément possible, les mots clés du
tableau 1.3.
Tableau 1.3 – Vocabulaire thermodynamique.

définitions
isochore
isobare
isotherme
monotherme
monobare
quasi-statique
réversible
adiabatique
grandeur extensive
grandeur intensive
isentropique
fonction d’état

Solution

Le tableau 1.4 rend compte de tous les termes à définir.


.

Exercice 4 : Travail de compression


© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

On considère un gaz parfait dans un piston, occupant un volume V. On le comprime


très lentement jusqu’à ce qu’il occupe un volume moitié, en exerçant une pression
𝑃𝑒𝑥𝑡 (qui varie) sur le piston. La température 𝑇 = 300 K est constante tout au long
du processus, on dispose de n = 1,0 mole de gaz. Calculer le travail W associé à cette
transformation.

Solution

la transformation est quasi-statique car très lente, à chaque instant on peut donc consi-
dérer que la pression du gaz est égale à la pression extérieure exercée par le piston :

19
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Chapitre 1 • Thermodynamique

Tableau 1.4 – Vocabulaire thermodynamique.

définitions
isochore caractérise une transformation à volume constant.
isobare caractérise une transformation à pression constante.
isotherme caractérise une transformation à température constante.
monotherme caractérise une transformation où le système est en contact
avec une source de chaleur (unique) dont la température T est
constante. La température T du système peut varier mais
revient en fin de processus à la température extérieure.
monobare caractérise une transformation où le système est en contact
avec une source extérieure dont la pression P est constante.
La pression du système peut varier mais revient
en fin de processus à la pression extérieure.
quasi-statique caractérise une transformation (infiniment) lente,
passant par une succession d’états proches de l’équilibre.
réversible caractérise une transformation passant par une infinité d’états
d’équilibre, sans production d’entropie 𝑆 𝑝 . une tranformation
quasi statique n’est pas forcément réversible.
adiabatique transformation sans échange de chaleur.
grandeur extensive grandeur additive.
grandeur intensive grandeur non additive.
isentropique transformation à entropie S constante.
fonction d’état fonction thermodynamique dont la variation ne dépend pas
du chemin suivi, mais seulement des points initial et final.

𝑃 ≈ 𝑃𝑒𝑥𝑡 . On peut donc écrire le travail comme :


𝑉 ∕2 𝑉 ∕2 𝑉 ∕2
𝑛𝑅𝑇
𝑊 = −𝑃𝑒𝑥𝑡 d𝑉 ≈ −𝑃 d𝑉 = − d𝑉
∫𝑉 ∫𝑉 ∫𝑉 𝑉
comme la température est supposée constante au cours de la transformation :
𝑉 ∕2
d𝑉 1
𝑊 = 𝑛𝑅𝑇 − = −𝑛𝑅𝑇 ln( ) = 𝑛𝑅𝑇 ln(2)
∫𝑉 𝑉 2
soit numériquement, avec R = 8,314 𝐽 ⋅ 𝐾 −1 ⋅ mol−1 : 𝑊 ≈ +1729 𝐽
Le travail est positif, c’est bien une compression.

Exercice 5 : Gaz parfait et hydrostatique

Un plongeur se trouve à 30 m de profondeur, et respire de l’air (assimilé à un gaz


parfait) à la pression ambiante. Il souffle une bulle sphérique d’air de rayon R30 =
3,0 cm. Tous les processus sont supposés isothermes (T = 290 𝐾).
(a) Quelle est la pression ambiante à 30 m de profondeur ?

20
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2 Exercices

(b) Quel sera le rayon de la bulle à 10 m de profondeur ?


(c) idem en arrivant à la surface ?

Solution

(a) On sait (voir aussi la partie de mécanique des fluides de cet ouvrage) que la pression
dans l’eau augmente de 1 bar tous les 10 m. On en déduit qu’à 30 m de profondeur,
la pression est de 3 + 1 = 4 bars, puisqu’à la surface de l’eau la pression est celle de
la pression atmosphérique, soit environ 1 bar.
(b) La bulle sphérique en remontant voit la pression extérieure diminuer (à T constant)
son volume va donc augmenter selon la loi :
.
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𝑃𝑓 𝑉𝑓 = 𝑃𝑖 𝑉𝑖
4 3
le volume d’une sphère de rayon R étant 𝑉 = 𝜋𝑅
3
On en déduit donc le rayon 𝑅10 à 10 m de profondeur :
√ √
𝑃30 3 4
𝑅10 = 𝑅30 3
= 3, 0 × ≈ 3, 78 cm
𝑃10 2
(c) De la même façon, avant d’éclater en surface la bulle aura un rayon :
√ √
𝑃30 3 4
𝑅0 = 𝑅30 3
= 3, 0 × ≈ 4, 76 cm
𝑃0 1

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Chapitre 1 • Thermodynamique

Exercice 6 : Conversion de pression

Il existe de multiples unités de mesure de pression :


atmosphère : 1 atm = 1,013 bar
mm de mercure (baromètre) : 1 mm de Hg = 133,32 Pa
le PSI (anglo saxon et aéronautique : Pound-force per square inch) : 1 psi = 0, 068948
bar
(a) Compléter le tableau 1.5 :
(b) Exprimer en Pa puis en bar une pression P = 1 000 kg ⋅ cm−2 .
(c) Exprimer en mm de Hg une pression de 1,0 atm.

Tableau 1.5 – Conversion de pression.

pressions
Pa bar mm Hg PSI
10 000
3,0
80
30

Solution

(a) Les conversions permettent de compléter le tableau 1.6 :


(b) L’unité kg ⋅ cm−2 n’est pas une unité de pression, car il s’agit ici d’une masse divisée
par une surface. Pour avoir une pression, il faut diviser une force par une surface.
Il faut donc multiplier la quantité proposée par l’accélération de la pesanteur pour
obtenir une pression :
1, 0 kg ⋅ cm−2 − > 105 Pa
On en déduit qu’une pression de P = 1 000 kg ⋅ cm−2 s’exprime aussi comme 𝑃 ≈
1 000 × 105 Pa = 1 000 bars.
(c) La conversion est immédiate : 𝑃 = 1, 0 atm = 1 013 hPa = 759, 8 mm Hg.
Tableau 1.6 – Conversion de pression.

Pressions
Pa bar mm Hg psi
10 000 0,1 75,01 1,450
300 000 3,0 2 250 43,51
10 666 0,1067 80 1,547
206 844 2,07 1 551,5 30

22
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2 Exercices

Exercice 7 : Calorimétrie 1

On mélange dans un calorimètre parfait et adiabatique un volume 𝑉1 = 100, 0 mL


d’eau à la température 𝑇1 = 20, 0 °C et une masse 𝑚2 = 200, 0 g d’eau à la tempéra-
ture initiale 𝑇2 = 5, 0 °C. Trouver la température d’équilibre finale 𝑇𝑓 . On donne la
masse volumique de l’eau : 𝜌 = 1 000 kg ⋅ m−3 .

Solution

Le calorimètre étant parfait, il a une capacité thermique nulle. Il s’agit donc d’un pro-
blème de mélange entre deux sous-systèmes numérotés 1 (eau chaude) et 2 (eau froide).
Le mélange étant adiabatique, on peut écrire l’équation de la calorimétrie, en remarquant
qu’il n’y a pas de changement d’état (voir la figure 1.12) :
𝑄1 + 𝑄2 = 0
soit encore :
𝑚1 × 𝑐𝑒𝑎𝑢 × (𝑇𝑓 − 𝑇1 ) + 𝑚2 × 𝑐𝑒𝑎𝑢 × (𝑇𝑓 − 𝑇2 ) = 0
On en tire :
𝑚1 𝑇1 + 𝑚2 𝑇2 0, 1 × 20 + 0, 2 × 5
𝑇𝑓 = = = 10 °C
𝑚1 + 𝑚2 0, 1 + 0, 2

eau m1, T1 eau m1, Tf

Q1
.
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eau m2, Tf
eau m2, T2
Q2

Figure 1.12 – Calorimétrie : mélange.

23
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Chapitre 1 • Thermodynamique

Exercice 8 : Calorimétrie 2

L’éthanol et l’eau sont miscibles en toutes proportions. Le calorimètre est supposé


parfait et adiabatique. On mélange une masse 𝑚1 = 100, 0 g d’eau et une masse
𝑚2 = 𝑚1 d’éthanol. La température de départ de l’eau est 𝑇1 = 20, 0 °C, la
température finale d’équilibre du mélange est 𝑇𝑓 = 23, 5 °C. Quelle était la tempé-
rature initiale de l’éthanol ? On donne les capacités thermiques massiques de l’eau :
𝑐 = 4 180 J ⋅ K −1 ⋅ kg−1 et de l’éthanol : 2 430 J. ⋅ kg−1 . ⋅ K −1 .

Solution

Le calorimètre étant parfait, il a une capacité thermique nulle. Il s’agit donc d’un
problème de mélange entre deux sous-systèmes numérotés 1 (eau) et 2 (éthanol). Le
mélange étant adiabatique, on peut écrire l’équation de la calorimétrie, en remarquant
qu’il n’y a pas de changement d’état :
𝑄1 + 𝑄2 = 0
soit encore :
𝑚1 × 𝑐𝑒𝑎𝑢 × (𝑇𝑓 − 𝑇1 ) + 𝑚2 × 𝑐𝑎𝑙𝑐𝑜𝑜𝑙 × (𝑇𝑓 − 𝑇2 ) = 0
On en extrait 𝑇2 :
𝑚1 × 𝑐𝑒𝑎𝑢 × (𝑇𝑓 − 𝑇1 )
𝑇2 = 𝑇𝑓 +
𝑚2 × 𝑐𝑎𝑙𝑐𝑜𝑜𝑙
soit numériquement :
0, 1 × 4 180 × (23, 5 − 20)
𝑇2 = 23, 5 + ≈ 29, 5 °C
0, 1 × 2 430

Exercice 9 : Calorimétrie 3

On mélange dans un calorimètre réel et adiabatique un volume 𝑉1 = 100, 0 mL d’eau


à la température 𝑇1 = 20, 0 °C et une masse 𝑚2 = 200, 0 g d’eau à la température
initiale 𝑇2 = 5, 0 °C. On suppose cette fois encore que le calorimètre est adiaba-
tique mais possède (avec ses instruments) une capacité thermique C = 250 J ⋅ K −1 .
Trouver la température d’équilibre 𝑇𝑓 . Au départ, la température du calorimètre est
𝑇𝑐𝑎𝑙𝑜 = 𝑇1 .

Solution

Le calorimètre a une capacité thermique non nulle, notée C. Il s’agit donc d’un problème
de mélange entre deux sous-systèmes numérotés 1 (eau chaude) et 2 (eau froide) plus le
calorimètre. Le mélange étant adiabatique, on peut écrire l’équation de la calorimétrie,
en remarquant qu’il n’y a pas de changement d’état :
𝑄1 + 𝑄2 + 𝑄𝑐𝑎𝑙𝑜 = 0

24
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2 Exercices

soit encore :

𝑚1 × 𝑐𝑒𝑎𝑢 × (𝑇𝑓 − 𝑇1 ) + 𝑚2 × 𝑐𝑒𝑎𝑢 × (𝑇𝑓 − 𝑇2 ) + 𝐶(𝑇𝑓 − 𝑇1 ) = 0

On en tire :
𝑚1 × 𝑐𝑒𝑎𝑢 × 𝑇1 + 𝑚2 × 𝑐𝑒𝑎𝑢 × 𝑇2 + 𝐶 × 𝑇1
𝑇𝑓 =
𝑚1 × 𝑐𝑒𝑎𝑢 + 𝑚2 × 𝑐𝑒𝑎𝑢 + 𝐶

soit
0, 1 × 4 180 × 20 + 0, 2 × 4 180 × 5 + 250 × 20
𝑇𝑓 = = 11, 7 °C
0, 3 × 4 180 + 250

Exercice 10 : Calorimétrie 4

L’éthanol et l’eau sont miscibles en toutes proportions. Le calorimètre est supposé


adiabatique mais réel. On mélange une masse 𝑚1 = 100, 0 g d’eau et une masse
𝑚2 = 𝑚1 d’éthanol. La température de départ de l’eau est 𝑇1 = 20, 0 °C, la tempé-
rature finale d’équilibre du mélange est 𝑇𝑓 = 23, 5 °C. On suppose cette fois que le
calorimètre est adiabatique mais possède (avec ses instruments) une capacité ther-
mique C = 250 J ⋅ K −1 . Au départ 𝑇𝑐𝑎𝑙𝑜 = 𝑇1 . Quelle était la température initiale de
l’éthanol ?

Solution

Le calorimètre ici une capacité thermique non nulle. Il s’agit donc d’un problème de
mélange entre deux sous-systèmes numérotés 1 (eau) et 2 (éthanol) plus le calorimètre.
Le mélange étant adiabatique, on peut écrire l’équation de la calorimétrie, en remarquant
qu’il n’y a pas de changement d’état :

𝑄1 + 𝑄2 + 𝑄𝑐𝑎𝑙𝑜 = 0

soit encore :
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

𝑚1 × 𝑐𝑒𝑎𝑢 × (𝑇𝑓 − 𝑇1 ) + 𝑚2 × 𝑐𝑎𝑙𝑐𝑜𝑜𝑙 × (𝑇𝑓 − 𝑇2 ) + 𝐶(𝑇𝑓 − 𝑇1 ) = 0

On en extrait 𝑇2 :

𝑚1 × 𝑐𝑒𝑎𝑢 × (𝑇𝑓 − 𝑇1 ) + 𝐶(𝑇𝑓 − 𝑇1 )


𝑇2 = 𝑇𝑓 +
𝑚2 × 𝑐𝑎𝑙𝑐𝑜𝑜𝑙

soit numériquement :
0, 1 × 4 180 × (23, 5 − 20) + 250 × (23, 5 − 20)
𝑇2 = 23, 5 + ≈ 33, 1 °C
0, 1 × 2 430

25
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Chapitre 1 • Thermodynamique

2.2 Autour du premier principe de la thermodynamique


Exercice 1 : Gaz parfait et travail

Une masse m = 1 000 g d’air (supposé être gaz parfait diatomique) subit une com-
pression adiabatique dans un cylindre. La température initiale est 𝑇𝑖 = 0 °C et la
température finale 𝑇𝑓 = 60 °C.
(a) Exprimer littéralement l’expression du travail W correspondant.
(b) Faire l’application numérique avec la capacité thermique molaire à volume
constant 𝐶𝑣𝑚 = 5𝑅∕2 J ⋅ mol−1 ⋅ K −1 et la masse molaire de l’air est 𝑀 =
29 g∕mol.
(c) Que pensez-vous du signe du résultat ?

Solution
(a) Par définition le travail se définit comme :
𝑉𝑓
𝑊 =− 𝑃𝑒𝑥𝑡 × d𝑉
∫ 𝑉𝑖
Il est malaisé cependant de traiter ici la pression extérieure (variable), qui n’a aucune
raison d’être égale à celle (intérieure au cylindre) du gaz. On va donc utiliser la
première loi de Joule, puisque l’air est supposé parfait :
Δ𝑈 = 𝑛𝐶𝑣𝑚 Δ𝑇
avec le premier principe de la thermodynamique :
Δ𝑈 = 𝑄 + 𝑊 = 𝑊
puisque la transformation est adiabatique. On en déduit que :
𝑚
Δ𝑈 = 𝑊 = 𝑛𝐶𝑣𝑚 (𝑇𝑓 − 𝑇𝑖 ) = 𝐶 (𝑇 − 𝑇𝑖 )
𝑀 𝑣𝑚 𝑓
(b) Numériquement on obtient :
1 000 5
𝑊 = × × 8, 31 × (60 − 0) ≈ +4, 30 × 104 J
29 2
(c) Ce travail est positif, ce qui est cohérent avec une compression subie par le gaz
parfait.

Exercice 2 : Premier principe et chemins de compression

On comprime une mole de gaz parfait depuis l’état initial 𝑇𝑖 = 310 K et 𝑃𝑖 = 1, 0


bar jusqu’à l’état final 𝑃𝑓 = 10, 0 bar et 𝑇𝑓 = 𝑇𝑖 dans un cylindre sur lequel appuie
un piston qui exerce la pression extérieure 𝑃𝑒𝑥𝑡 . La compression peut suivre deux
chemins différents, comme sur la figure 1.13 :
– selon AiEAf : omposé d’un segment isochore et d’un segment isobare,
– selon AiIAf, courbe isotherme.

26
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2 Exercices

(a) Calculer le travail W reçu au cours du trajet isochore + isobare,


(b) Calculer la chaleur Q échangée au cours du même chemin,
(c) Calculer le travail W reçu au cours du trajet isotherme,
(d) Calculer la chaleur Q échangée au cours du même chemin.

Af E

Ai

Figure 1.13 – Deux chemins différents.

Solution

(a) Sur la partie isochore le travail est forcément nul (pas de changement de volume).
Il reste donc à calculer W sur la partie isobare, où on a nécessairement 𝑃𝑒𝑥𝑡 =
𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 = 𝑃𝑓 .

𝑊 =− 𝑃𝑒𝑥𝑡 × d𝑉 = − 𝑃𝑓 × d𝑉 = −𝑃𝑓 d𝑉 = −𝑃𝑓 (𝑉𝑓 − 𝑉𝑖 )


∫ ∫ ∫
comme le gaz est parfait :
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

𝑃𝑖 𝑃𝑓
𝑊 = −𝑛𝑅𝑇𝑓 + 𝑃𝑓 × 𝑉𝑖 × = −𝑛𝑅𝑇𝑓 + 𝑛𝑅𝑇𝑖 = −𝑛𝑅𝑇𝑓 (1 − 𝑃𝑓 ∕𝑃𝑖 )
𝑃𝑖 𝑃𝑖
soit numériquement :
( )
10
𝑊 = −1 × 8, 31 × 310 × 1 − ≈ +23, 2 kJ
1
Le travail est positif, ce qui est normal, il s’agit d’une compression.
(b) On utilise le premier principe de la thermodynamique pour calculer la chaleur Q
échangée :

𝑄 = Δ𝑈 − 𝑊

27
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Chapitre 1 • Thermodynamique

en remarquant que, comme le gaz parfait subit une transformation où 𝑇𝑖 = 𝑇𝑓 , la


première loi de Joule nous permet de déduire que Δ𝑈 = 𝑛𝑐𝑣 (𝑇𝑓 − 𝑇𝑖 ) = 0, et donc
que :
𝑄 = −𝑊 = −23, 2 kJ

(c) On sait qu’une transformation isotherme est lente (quasi-statique) et donc que pour
un gaz comprimé dans un cylindre à l’aide d’un piston, 𝑃𝑒𝑥𝑡 ≈ 𝑃𝑔𝑎𝑧 . De ce fait :
𝑉𝑓
𝑛𝑅𝑇 1
𝑊 =− 𝑃𝑒𝑥𝑡 × d𝑉 = − 𝑃 × d𝑉 = − d𝑉 = −𝑛𝑅𝑇 d𝑉
∫ ∫ ∫ 𝑉 ∫𝑉𝑖 𝑉
soit encore
( ) ( ) ( )
𝑉𝑓 𝑃𝑖 𝑃𝑓
𝑊 = −𝑛𝑅𝑇 ln = −𝑛𝑅𝑇 ln = 𝑛𝑅𝑇 ln
𝑉𝑖 𝑃𝑓 𝑃𝑖
numériquement :
( )
10
𝑊 = 1 × 8, 31 × 310 × ln ≈ +5, 9 kJ
1
(d) On utilise le premier principe de la thermodynamique pour calculer la chaleur Q
échangée :
𝑄 = Δ𝑈 − 𝑊
en remarquant que, comme le gaz parfait subit une transformation isotherme, la
première loi de Joule nous permet de déduire que Δ𝑈 = 𝑛𝑐𝑣 (𝑇𝑓 − 𝑇𝑖 ) = 0, et donc
que :
𝑄 = −𝑊 = −5, 9 kJ

Exercice 3 : Chemins et premier principe de la thermodynamique

On comprime une masse de gaz parfait m = 1,0 kg dont l’état initial est de tempé-
rature 𝑇𝑖 = 300 K et de pression 𝑃𝑖 = 1, 0 bar. L’état final correspond à un volume
réduit de moitié. La masse molaire du gaz parfait est M = 29 g/mol. On veut calculer
le travail W reçu selon les chemins suivants :
(a) Une compression à pression constante 𝑃𝑓 = 2𝑃𝑖 .
(b) Une compression isotherme et quasi-statique.
(c) Une compression selon la loi de Laplace 𝑃 𝑉 𝛾 = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒, avec le paramètre
𝛾 = 1, 4 = 𝑐𝑝 ∕𝑐𝑣 .

Solution

(a) Si la compression est telle que 𝑃𝑒𝑥𝑡 = 𝑃𝑓 on peut écrire :

𝑊 =− 𝑃𝑒𝑥𝑡 ×d𝑉 = − 𝑃𝑓 ×d𝑉 = −𝑃𝑓 d𝑉 = −𝑃𝑓 (𝑉𝑓 −𝑉𝑖 ) = −𝑃𝑓 (𝑉𝑓 −2𝑉𝑓 )
∫ ∫ ∫

28
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2 Exercices

soit :
1 000
𝑊 = −2𝑃𝑖 (𝑉𝑖 ∕2 − 𝑉𝑖 ) = 𝑃𝑖 𝑉𝑖 = 𝑛𝑅𝑇𝑖 = × 8, 31 × 300 ≈ +86 kJ
29
(b) Dans le cas d’une transformation isotherme :
𝑉𝑖 ∕2
𝑛𝑅𝑇 1
𝑊 =− 𝑃𝑒𝑥𝑡 × d𝑉 = − 𝑃 × d𝑉 = − d𝑉 = −𝑛𝑅𝑇 d𝑉
∫ ∫ ∫ 𝑉 ∫𝑉𝑖 𝑉
d’où :
( ) ( )
𝑉𝑖 ∕2 1
𝑊 = −𝑛𝑅𝑇 ln = −𝑛𝑅𝑇 ln = 𝑛𝑅𝑇 ln(2)
𝑉𝑖 2
soit numériquement :
1 000
𝑊 = × 8, 31 × 300 × ln(2) ≈ +60 kJ
29
(c) Dans le cas d’une transformation de Laplace 𝑃 𝑉 𝛾 = 𝐾 (considérée comme réver-
sible donc avec 𝑃𝑒𝑥𝑡 ≈ 𝑃 ), on peut écrire :
𝐾
𝑊 =− 𝑃𝑒𝑥𝑡 × d𝑉 = − 𝑃 × d𝑉 = − d𝑉
∫ ∫ ∫ 𝑉𝛾
La constante 𝐾 vaut 𝑃𝑖 𝑉𝑖𝛾 ce qui entraîne :
𝑉𝑖 ∕2 𝑉𝑖 ∕2 [ ]𝑉𝑖 ∕2
𝛾 1 𝑉 −𝛾+1
𝑊 = −𝑃𝑖 𝑉𝑖 d𝑉 = −𝑃𝑖 𝑉𝑖𝛾 𝑉 −𝛾
d𝑉 = −𝑃𝑖 𝑉𝑖 𝛾
∫𝑉𝑖 𝑉𝛾 ∫𝑉𝑖 −𝛾 + 1 𝑉𝑖

soit encore :
𝑃𝑖 𝑉𝑖𝛾 𝑉 ∕2 𝑃𝑖 𝑉𝑖𝛾
𝑊 = [𝑉 −𝛾+1 ]𝑉𝑖 = ((𝑉𝑖 ∕2)−𝛾+1 − (𝑉𝑖 )−𝛾+1 )
𝛾 −1 𝑖 𝛾 −1
ou encore :
𝑃𝑖 𝑉𝑖 𝑛𝑅𝑇𝑖 ( 1 )
𝑊 = ((1∕2)−𝛾+1 − 1) = − 1
𝛾 −1 𝛾 − 1 2−𝛾+1
et numériquement :
(( )−0,4 )
1 000 1 1
𝑊 = × 8, 31 × 300 × − 1 ≈ +69 kJ
29 0, 4 2
.
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2.3 Autour du deuxième principe de la thermodynamique


Exercice 1 : Variation d’entropie d’un gaz parfait

Appliquer les principes de la thermodynamique à un système constitué de 𝑛 moles de


gaz parfait qui subissent une transformation réversible (on indice par 𝑖 l’état initial
et par 𝑓 l’état final), et montrer que sa variation totale d’entropie peut s’écrire :
( ) ( )
𝑇𝑓 𝑉𝑓
Δ𝑆 = 𝑛𝐶𝑣 × ln + 𝑛𝑅 × ln
𝑇𝑖 𝑉𝑖

29
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Chapitre 1 • Thermodynamique

Solution

Comme la transformation est réversible, le second principe s’écrit simplement (avec


𝑇𝑆 = 𝑇 ) :
𝛿𝑄
Δ𝑆 = 0 +
∫ 𝑇
et le premier principe appliqué aux 𝑛 moles de gaz parfait permet d’écrire que :

𝑑𝑈 = 𝑛𝐶𝑣 𝑑𝑇 = 𝛿𝑄 − 𝑝d𝑉

Cela nous donne donc :


𝑇𝑓 𝑓
𝑛𝐶𝑣 𝑑𝑇 + 𝑝d𝑉 𝑑𝑇 𝑝d𝑉
Δ𝑆 = = 𝑛𝐶𝑣 +
∫ 𝑇 ∫𝑇 𝑖 𝑇 ∫𝑖 𝑇
En utilisant la loi des gaz parfaits, on obtient donc :
𝑇𝑓 𝑉𝑓
𝑑𝑇 d𝑉
Δ𝑆 = 𝑛𝐶𝑣 + 𝑛𝑅
∫𝑇 𝑖 𝑇 ∫𝑉 𝑖 𝑉
soit finalement :
( ) ( )
𝑇𝑓 𝑉𝑓
Δ𝑆 = 𝑛𝐶𝑣 × ln + 𝑛𝑅 × ln
𝑇𝑖 𝑉𝑖

Exercice 2 : Loi de Laplace

Montrer que si 𝑛 moles de gaz parfait subissent une transformation réversible et


adiabatique, alors le gaz parfait suit la loi de Laplace :
𝑇 × 𝑉 𝛾−1 = constante

Solution

Cette fois la transformation subie par les 𝑛 moles de gaz parfait est réversible et
adiabatique (Q = 0), on peut donc reprendre le raisonnement précédent pour écrire :
( ) ( )
𝑇𝑓 𝑉𝑓
Δ𝑆 = 𝑛𝐶𝑣𝑚 × ln + 𝑛𝑅 × ln =0
𝑇𝑖 𝑉𝑖
soit encore :
( ) ( )
𝑇𝑓 𝑉𝑓
𝐶𝑣𝑚 × ln + 𝑅 × ln =0
𝑇𝑖 𝑉𝑖
𝐶𝑝𝑚
avec la relation de Mayer 𝑅 = 𝐶𝑝𝑚 − 𝐶𝑣𝑚 et 𝛾 = on obtient :
𝐶𝑣𝑚
( ) ( )
𝑇𝑓 𝑉𝑓
ln + (𝛾 − 1) × ln =0
𝑇𝑖 𝑉𝑖

30
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2 Exercices

ou encore :
[ ]
𝑇𝑓 𝑉𝑓 𝛾−1
ln ( )×( ) =0
𝑇𝑖 𝑉𝑖
soit en retenant l’argument :
( ) ( )𝛾−1
𝑇𝑓 𝑉𝑓
× =1
𝑇𝑖 𝑉𝑖
ou enfin, la loi de Laplace, pour un gaz parfait subissant une transformation adiabatique
et réversible :
𝑇 × 𝑉 𝛾−1 = Constante

Exercice 3 : Autres expressions de la loi de Laplace

Exprimer la loi de Laplace précédemment obtenue sous une forme reliant 𝑃 et 𝑉


puis 𝑇 et 𝑃 .

Solution

On peut reprendre la relation précédente en introduisant la loi des gaz parfait (pour
remplacer T), et on obtient :
(𝑃 𝑉 ) × 𝑉 𝛾−1 = Constante
soit aussi :
𝑃 × 𝑉 𝛾 = Constante
on obtient de même :
𝑇 𝛾 ∕𝑃 𝛾−1 = Constante

Exercice 4 : Chauffage d’un métal et bilan entropique

On chauffe, à l’aide d’une flamme de température 𝑇𝑠 = 800 K une mole de métal


.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

solide, de telle sorte que sa température passe de la valeur 𝑇𝑖 = 293 K à 𝑇𝑓 =


393 K. Les variations de volume du métal sont supposées négligeables. La capacité
thermique molaire du métal est 𝐶𝑚 = 3R. Effectuer un bilan entropique complet (du
système métal) : entropie reçue, entropie produite, et variation d’entropie totale.

Solution

On commence par calculer la variation totale d’entropie Δ𝑆 en choisissant un chemin


réversible, pour lequel 𝑇 = 𝑇𝑠 (puisque 𝑆 est une fonction d’état on peut choisir ce
chemin, même si ce n’est pas le chemin réel), et en notant que 𝛿𝑄 = 𝑛𝐶𝑚 𝑑𝑇 puisque
les variations de volume sont négligeables :

31
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Chapitre 1 • Thermodynamique

( )
𝑇𝑓
𝑑𝑇 𝑇𝑓
Δ𝑆 = 0 + 𝛿𝑄∕𝑇𝑠 = 𝑛𝐶𝑚 = 𝑛𝐶𝑚 × ln = 7, 32 J ⋅ K −1
∫ ∫𝑇𝑖 𝑇 𝑇𝑖
Le terme d’entropie d’échange se calcule selon le chemin thermodynamique réel :
𝑑𝑇 𝑛𝐶
𝑆𝑒 = 𝛿𝑄∕𝑇𝑠 = 𝑛𝐶 = 𝑑𝑇 = 𝑛𝐶(𝑇𝑓 − 𝑇𝑖 )∕𝑇𝑆 = 3, 12 J ⋅ K −1
∫ ∫ 𝑇𝑠 𝑇𝑠 ∫
On déduit par soustraction le terme d’entropie produite :
𝑆 𝑝 = Δ𝑆 − 𝑆 𝑒 = 7, 32 − 3, 12 = 4, 20 J ⋅ K −1 > 0
Le processus réel est bien irréversible.

Exercice 5 : Transition de phase et bilan d’entropie

On obtient la condensation d’une masse m = 1 000 g de vapeur d’eau à la température


de 𝑇 = 100 °C en eau liquide à la même température, en la mettant en contact avec
le milieu ambiant qui est à la température 𝑇𝑠 = 20 °C.
Effectuer le bilan entropique en prenant la vapeur d’eau comme système, sachant que
la chaleur latente massique de vaporisation de l’eau liquide est 𝑙𝑣 = 2 250 kJ ⋅ kg−1 .

Solution

On commence par calculer la variation totale d’entropie Δ𝑆 en choisissant un chemin


réversible (puisque 𝑆 est une fonction d’état), et en notant que 𝑄 = −𝑚 × 𝑙𝑣 < 0 puisque
la chaleur est perdue par le système vapeur d’eau.
−𝑚 × 𝑙𝑣 −2, 25 × 106 × 1
Δ𝑆 = 0 + 𝑄∕𝑇 = = ≈ −6, 03 kJ∕K
𝑇 373, 15
Le terme d’entropie d’échange se calcule selon le chemin thermodynamique réel :
−𝑚 × 𝑙𝑣
𝑆 𝑒 = 𝑄∕𝑇𝑠 = ≈ −7, 68 kJ∕K
𝑇𝑠
On déduit par soustraction le terme d’entropie produite :
𝑆 𝑝 = Δ𝑆 − 𝑆 𝑒 = −6 030 + 7 675 = 1, 65 kJ∕K > 0
Le processus réel est bien irréversible.

Exercice 6 : Effet Joule et entropie

Un courant électrique I = 5,0 A circule dans un conducteur ohmique (radiateur élec-


trique) de résistance R = 50 Ω pendant une durée de Δt = 1,0 h. La puissance dissipée
par effet joule augmente la température de la résistance de la valeur initiale 𝑇𝑖 =
293 K jusqu’à 𝑇𝑓 = 340 K. La chaleur fournie par effet Joule (et le phénomène de
convection) permet de chauffer une pièce à la température constante de 𝑇𝑝 = 293 K.

32
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2 Exercices

La capacité thermique de la résistance est C = 5 000 J/K et on considère les varia-


tions de volume comme négligeables. Faire un bilan entropique complet (du système
résistance).

Solution

On commence par calculer la variation totale d’entropie Δ𝑆 en choisissant un chemin


réversible (puisque 𝑆 est une fonction d’état), et en notant que 𝛿𝑄 = 𝐶 × 𝑑𝑇 puisque les
variations de volume sont négligeables (et 𝑇𝑆 = 𝑇 pour une transformation supposée
réversible) :
( )
𝑇𝑓
𝑑𝑇 𝑇𝑓
Δ𝑆 = 0 + 𝛿𝑄∕𝑇𝑆 = 𝐶 = 𝐶 × ln ≈ 744 J∕K
∫ ∫𝑇𝑖 𝑇 𝑇𝑖
Le terme d’entropie d’échange se calcule selon le chemin thermodynamique réel où on
tient effectivement compte de la chaleur produite (et perdue !) par effet Joule :
−𝑅𝐼 2 × Δ𝑡
𝑆 𝑒 = 𝑄∕𝑇𝑝 = ≈ −15, 4 kJ∕K
𝑇𝑝
On déduit par soustraction le terme d’entropie produite :
𝑆 𝑝 = Δ𝑆 − 𝑆 𝑒 = 744 + 15 400 = +16, 1 kJ∕K > 0
Le processus réel est bien irréversible.

Exercice 7 : Entropie de mélange : le paradoxe de Gibbs

On considère un contenant calorifugé de volume 𝑉 divisé en deux compartiments ri-


gides de volumes 𝑉 ∕2, le premier contenant 𝑛 moles d’un gaz parfait 1 et le deuxième
le même nombre 𝑛 moles d’un gaz parfait 2. Les températures et pressions initiales
des deux gaz sont identiques. On suppose que ces deux gaz parfaits sont différents,
par exemple du dioxygène et du diazote. On enlève la paroi de séparation entre les
deux gaz, et on les laisse se mélanger. A la fin de la transformation chaque gaz
parfait occupe donc le même volume final 𝑉 , soit le double du volume initial :
.

𝑉𝑓 = 2𝑉𝑖 = 𝑉 .
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

– Faire le bilan entropique du mélange des deux gaz parfaits différents.


– On réalise la même expérience avec cette fois le même gaz parfait dans les deux
compartiments. Faire le bilan entropique. Conclure.

Solution
– L’application du premier principe de la thermodynamique et la première loi de Joule
montrent que la température d’équilibre, après le mélange, est égale à la température
initiale : 𝑇𝑓 = 𝑇𝑖 . Le système constitué des deux gaz peut se décomposer en deux
sous-systèmes thermodynamiques : le gaz 1 et le gaz 2. Le bilan entropique s’écrit

33
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Chapitre 1 • Thermodynamique

alors : Δ𝑆 = Δ𝑆1 + Δ𝑆2 > 0, le processus étant irréversible. L’entropie est une
fonction d’état, on peut choisir un chemin réversible pour calculer Δ𝑆1 :

𝛿𝑄 𝑄 Δ𝑈 − 𝑊 −𝑊
Δ𝑆1 = = = =
∫ 𝑇𝑖 𝑇𝑖 𝑇𝑖 𝑇𝑖

en utilisant le fait que Δ𝑈 = 0 pour un gaz parfait, lors de cette transformation où


𝑇𝑖 = 𝑇𝑓 . Le travail W se calcule selon le même chemin réversible :
( )
d𝑉 𝑉𝑓
𝑊 =− 𝑃 × d𝑉 = −𝑛𝑅𝑇𝑖 = −𝑛𝑅𝑇𝑖 × ln = −𝑛𝑅𝑇𝑖 × ln2 < 0
∫ ∫ 𝑉 𝑉𝑖

Le résultat est similaire pour le gaz 2, le bilan entropique est donc :

Δ𝑆 = 2𝑛𝑅 × ln2 > 0

cela signe bien l’irréversibilité du processus réel.


– Dans un premier temps, on peut avoir l’impression que le calcul précédent est toujours
valide, le mélange entre le gaz 1 situé dans le compartiment gauche avec le même
gaz 1 dans le compartiment droit devrait donc donner le bilan : Δ𝑆 = 2𝑛𝑅 × ln2. Ce-
pendant on ne dispose ici que d’un seul type de molécule ! La situation physique n’a
donc pas changé. Cela revient à dire que si le calcul précédent était juste on pourrait
discerner à chaque instant dans le mélange si la molécule était initialement dans le
réservoir de droite ou celui de gauche, comme si finalement on disposait en fait de
deux gaz distincts et non d’un seul. On doit considérer que les molécules d’un même
gaz sont toutes indiscernables, et que de ce fait dans notre transformation : Δ𝑆 = 0.
Sans l’hypothèse d’indiscernabilité on est confronté au paradoxe dit de Gibbs, qui est
levé avec l’indiscernabilité des molécules identiques.

2.4 Coefficients thermoélastiques, gaz parfait et gaz réels


Exercice 1

En utilisant la relation de Mayer pour les gaz parfaits, reliez la capacité thermique
𝐶𝑝𝑚
molaire isochore 𝐶𝑣𝑚 à 𝑅 la constante R des gaz parfaits et à 𝛾 = .
𝐶𝑣𝑚

Solution

La relation de Mayer s’écrit : 𝐶𝑝𝑚 − 𝐶𝑣𝑚 = 𝑅, et en la divisant par 𝐶𝑣𝑚 on obtient :

𝑅
𝐶𝑣𝑚 =
𝛾 −1

34
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2 Exercices

Exercice 2

En utilisant la relation de Mayer pour les gaz parfaits, reliez la capacité thermique
molaire isobare 𝐶𝑝𝑚 à 𝑅 la constante des gaz parfait et à 𝛾.

Solution

La relation de Mayer s’écrit : 𝐶𝑝𝑚 − 𝐶𝑣𝑚 = 𝑅, et en la divisant par 𝐶𝑝𝑚 on obtient :


𝛾𝑅
𝐶𝑝𝑚 =
𝛾 −1

Exercice 3 : Détente de Joule/Gay-Lussac

On dispose de deux réservoirs : un rempli d’un gaz, l’autre vide. L’ensemble est
isolé thermiquement. On met en relation les deux réservoirs en ouvrant un robinet
de communication, permettant au gaz de remplir le volume total. On dit que le gaz
se détend (détente de Joule/Gay-Lussac).
(a) Expliquer, à l’aide du premier principe de la thermodynamique, pourquoi T va
rester constante dans le cas du gaz parfait,
(b) Expliquer qualitativement pourquoi on observe une diminution (en général) de
T lors de la détente de Joule pour un gaz réel,
(c) En faisant l’hypothèse que pour le gaz réel on peut écrire :
𝛿𝑄 = 𝑛𝐶𝑣𝑚 𝑑𝑇 + (𝑙 − 𝑃 ) × d𝑉
montrer que, dans le cas du gaz de Van der Waals, la variation de température
lors de la transformation de Joule peut s’écrire :
𝑛×𝑎
Δ𝑇 = (1∕𝑉𝑓 − 1∕𝑉𝑖 )
𝐶𝑣𝑚
Conclure.

Solution
.

(a) Le système gaz est isolé thermiquement, donc 𝑄 = 0. Par ailleurs le second réservoir
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étant initialement vide, le travail 𝑊 des forces de pression est lui aussi nul lors du
processus. D’après le premier principe de la thermodynamique on a donc : Δ𝑈 =
𝑄 + 𝑊 = 0. Le gaz est parfait par hypothèse, la 1𝑒𝑟𝑒 loi de Joule Δ𝑈 = 𝑛𝐶𝑣𝑚 Δ𝑇
nous indique donc que T ne varie pas lors de la détente de Joule.
(b) Si le gaz est réel la première loi de Joule ne s’applique plus et la variation de vo-
lume va rentrer dans le bilan d’énergie. Si le volume occupé par le gaz augmente on
s’attend donc à ce que sa température diminue.
(c) Avec l’expression

𝛿𝑄 = 𝑛𝐶𝑣𝑚 𝑑𝑇 + (𝑙 − 𝑃 ) × d𝑉

35
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:51 — page 36

Chapitre 1 • Thermodynamique

𝑛𝑅𝑇 𝑛2 𝑎
et en utilisant l’équation du gaz de Van der Waals 𝑃 = − 2 ainsi que la
( ) 𝑉 − 𝑛𝑏 𝑉
𝜕𝑃
définition du coefficient 𝑙 = 𝑇 , on trouve :
𝜕𝑇 𝑉
( )
𝜕𝑃 𝑛𝑅𝑇 𝑛2 𝑎
𝑙=𝑇 = =𝑃 + 2
𝜕𝑇 𝑉 𝑉 − 𝑛𝑏 𝑉
Le premier principe de la thermodynamique s’écrit cette fois :

Δ𝑈 = 0 = 𝑄 + 𝑊 = 𝑄 + 0 = 𝛿𝑄

L’intégrale s’exprime comme :
𝑇𝑓 𝑉𝑓 𝑉𝑓 ( )
𝑛2 𝑎
𝛿𝑄 = 𝑛𝐶𝑣 × 𝑑𝑇 + (𝑙 − 𝑃 )d𝑉 = 𝑛𝐶𝑣𝑚 × Δ𝑇 + d𝑉 = 0
∫ ∫𝑇𝑖 ∫𝑉𝑖 ∫𝑉𝑖 𝑉2
soit encore :
𝑉𝑓 ( )
𝑛×𝑎 d𝑉 𝑛×𝑎 1 1
Δ𝑇 = 𝑇𝑓 − 𝑇𝑖 = − = −
𝐶 𝑣 ∫𝑉 𝑖 𝑉2 𝐶𝑣 𝑉𝑓 𝑉𝑖
Cette formule montre bien que la détente de Joule du gaz de Van der Waals induit
un refroidissement Δ𝑇 < 0.

Exercice 4 : Détente de Joule/Thomson

La détente de Joule-Thomson est aussi appelée détente isenthalpique, la quantité


conservée, comme on va le démontrer, étant l’enthalpie H. Elle est réalisée grâce à
un gaz passant dans un tube calorifugé qui contient une paroi poreuse perpendiculaire
au flux stationnaire. La viscosité du gaz fait qu’il cède de l’énergie à cette paroi. On
note 𝑃1 la pression du gaz en amont de l’obstacle et 𝑃2 < 𝑃1 celle en aval.
(a) Faire un schéma du dispositif,
(b) En étudiant une masse de gaz donnée, de part et d’autre de la paroi poreuse, entre
les instants 𝑡 et 𝑡 + d𝑡, montrer que cette détente est isenthalpique (enthalpie H
constante),
(c) Montrer qu’en toute généralité on peut écrire la différentielle : d𝐻 = 𝛿𝑄 + 𝑉 d𝑃 .
On admettra ici que cette relation peut se réécrire pour la suite sous la forme :
d𝐻 = 𝐶𝑝 d𝑇 + (ℎ + 𝑉 )d𝑃 , où ℎ est un coefficient caractéristique du gaz étudié.
(d) En général, la détente de Joule-Thomson provoque un refroidissement en aval du
gaz, considéré comme réel. Dans le cas limite d’un gaz parfait, la température du
gaz ne varie plus entre l’amont et l’aval lors de cette détente de Joule-Thomson.
Que peut-on déduire de la relation entre l’enthapie et la température d’un gaz
parfait ? Quelle est cette loi ?
(e) Un plongeur qui respire de l’air comprimé utilise un détendeur qui réalise une
détente de Joule-Thomson : l’air de la bouteille est à la pression de 200 bars, l’air
respiré à la pression ambiante sous l’eau (2 ou 3 bars en général). L’air respiré
par le plongeur ne lui paraît pas froid, qu’en déduisez-vous ?

36
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2 Exercices

Solution
(a) On considère qu’entre les instants 𝑡 et 𝑡 + d𝑡 la cellule de gaz ABCD s’est déplacée,
de part et d’autre de la paroi poreuse, en A’B’C’D’, voir la figure 1.14.
tuyau calorifugé
A A' B B'

T2,P2
T1,P1
paroi poreuse
C C' D D' tuyau calorifugé

Figure 1.14 – La détente de Joule/Thomson.

(b) En se servant de la figure 1.14, on peut dire qu’entre les deux instants 𝑡 et 𝑡 + d𝑡, le
volume de gaz à la pression (amont) 𝑃1 a diminué de −𝑉1 , correspondant au volume
ACA’C’. De même, côté aval, le volume de gaz à la pression 𝑃2 a augmenté de
+𝑉2 , correspondant au volume BDB’D’. Au cours de la détente le travail total est :
𝑊 = 𝑃1 𝑉1 − 𝑃2 𝑉2 . On remarque aussi que la partie du gaz comprise entre A’BC’D
est inchangée (même quantité de gaz à 𝑃1 et 𝑇1 et à 𝑃2 et 𝑇2 ) entre les deux instants,
son énergie interne constante sera notée 𝑈0 . On note 𝑈1 l’énergie interne du gaz
compris dans AA’CC’ et 𝑈2 celle dans BB’DD’. Le premier principe, appliqué au
gaz entre les deux instants t et t+dt, permet d’écrire (le tube est calorifugé : Q = 0) :
Δ𝑈 = 𝑈𝑡+𝑑𝑡 − 𝑈𝑡 = (𝑈2 + 𝑈0 ) − (𝑈1 + 𝑈0 ) = 𝑄 + 𝑊 = 0 + 𝑃1 𝑉1 − 𝑃2 𝑉2
On en déduit finalement :
𝐻1 = 𝑈1 + 𝑃1 𝑉1 = 𝑈2 + 𝑃2 𝑉2 = 𝐻2
L’enthalpie est bien conservée lors de cette détente de Joule-Thomson.
(c) On se souvient que 𝐻 = 𝑈 + 𝑃 𝑉 , ce qui donne sous forme différentielle :
d𝐻 = d𝑈 + 𝑃 d𝑉 + 𝑉 d𝑃 = 𝛿𝑄 + 𝛿𝑊 + 𝑃 d𝑉 + 𝑉 d𝑃
= 𝛿𝑄 − 𝑃 d𝑉 + 𝑃 d𝑉 + 𝑉 d𝑃 = 𝛿𝑄 + 𝑉 d𝑃
.

(d) Si on admet que, pour un gaz parfait, T ne varie pas lors d’une détente isenthalpique
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de Joule-Thomson pour laquelle Δ𝐻 = 0, alors le terme ℎ + 𝑉 est forcément nul


dans l’expression d𝐻 = 𝑐𝑝 d𝑇 + (ℎ + 𝑉 )d𝑃 (puisque la pression varie). C’est-à-dire
𝜕𝑉
aussi : ℎ = −𝑉 . C’est bien ce que l’on obtient, avec la définition ℎ = −𝑇 ( ) en
𝜕𝑇 𝑃
l’appliquant à l’équation du gaz parfait 𝑃 𝑉 = 𝑛𝑅𝑇 . On retrouve ici la deuxième
loi de Joule : d𝐻 = 𝑛𝐶𝑝 d𝑇 pour un gaz parfait (son enthalpie ne dépend que de sa
température), soit pour la détente de Joule-Thomson : Δ𝑇 = 0.
(e) Si l’air peut être considéré comme un gaz réel lors de son passage dans le détendeur,
il doit se refroidir du fait de la chute de pression de 200 à 2 bars. Le plongeur ne fait
pas cette observation, on peut donc supposer que la détente isenthalpique est celle
d’un gaz parfait ou quasi-parfait, soit Δ𝑇 ≈ 0.

37
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Chapitre 1 • Thermodynamique

Exercice 5 : Coefficients calorimétriques

Déterminer, pour un gaz parfait, les expressions des coefficients calorimétriques 𝑙


et ℎ.

Solution

On utilise l’équation d’état du gaz parfait 𝑃 𝑉 = 𝑛𝑅𝑇 pour calculer les deux dérivées
partielles :
( )
𝜕𝑃
𝑙=𝑇 = 𝑛𝑅𝑇 ∕𝑉 = 𝑃
𝜕𝑇 𝑉
et
( )
𝜕𝑉
ℎ = −𝑇 = −𝑛𝑅𝑇 ∕𝑃 = −𝑉
𝜕𝑇 𝑃

Exercice 6 : Relation entre les coefficients thermoélastiques

(a) On considère un gaz parfait. Établir l’expression des trois coefficients thermoé-
lastiques : 𝛼, 𝛽, 𝜒𝑇 .
(b) Quelle relation peut-on écrire entre ces trois coefficients ?
(c) On considère un gaz dont l’équation d’état est : 𝑃 .(𝑉 − 𝑛𝑏) = 𝑛𝑅𝑇 . Établir
l’expression des trois coefficients thermoélastiques : 𝛼, 𝛽, 𝜒𝑇 .
(d) Quelle relation peut-on écrire entre ces trois coefficients ?
(e) Sachant que de façon générale on a la relation : 𝛼 = 𝑃 𝛽𝜒𝑇 , que pouvez-vous en
déduire concernant le produit :
𝜕𝑉 𝜕𝑃 𝜕𝑇
𝜕𝑃 𝜕𝑇 𝜕𝑉

Solution

(a) On calcule les trois coefficients directement à partir de l’équation d’état du gaz
parfait :
( )
1 𝜕𝑉 1
𝛼= = 𝑛𝑅∕𝑃 𝑉 =
𝑉 𝜕𝑇 𝑃 𝑇
et
( )
1 𝜕𝑃 1
𝛽= = 𝑛𝑅∕𝑃 𝑉 =
𝑃 𝜕𝑇 𝑉 𝑇
et le coefficient de compressibilité isotherme :
( )
1 𝜕𝑉 1
𝜒𝑇 = − = −(−𝑛𝑅𝑇 ∕𝑃 2 𝑉 ) =
𝑉 𝜕𝑃 𝑇 𝑃

38
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2 Exercices

(b) On remarque que 𝛼 = 𝛽𝜒𝑇 𝑃 .


(c) On procède comme précédemment avec la nouvelle équation d’état :
( ) (𝑉 − 𝑛𝑏)
1 𝜕𝑉
𝛼= = 𝑛𝑅∕𝑃 𝑉 =
𝑉 𝜕𝑇 𝑃 𝑉𝑇
et
( )
1 𝜕𝑃 1
𝛽= = 𝑛𝑅∕𝑃 (𝑉 − 𝑛𝑏) =
𝑃 𝜕𝑇 𝑉 𝑇
et le coefficient de compressibilité isotherme :
( ) (𝑉 − 𝑛𝑏)
1 𝜕𝑉
𝜒𝑇 = − = −(−𝑛𝑅𝑇 ∕𝑃 2 𝑉 ) =
𝑉 𝜕𝑃 𝑇 𝑃𝑉
(d) On remarque que 𝛼 = 𝛽𝜒𝑇 𝑃 .
(e) Étant donné les définitions de 𝛼, 𝛽 et 𝜒𝑇 , on voit qu’en toute généralité le produit
𝛽𝜒𝑇 s’écrit :
( ) ( )
1 𝜕𝑃 𝜕𝑉
𝛽𝜒𝑇 = −
𝑃 𝑉 𝜕𝑇 𝑉 𝜕𝑃 𝑇
soit d’après l’égalité proposée :
( ) ( ) ( )
1 𝜕𝑉 1 𝜕𝑃 𝜕𝑉
𝛼= = 𝑃 𝛽𝜒𝑇 = −
𝑉 𝜕𝑇 𝑃 𝑉 𝜕𝑇 𝑉 𝜕𝑃 𝑇
d’où on déduit :
( ) ( )
𝜕𝑉 𝜕𝑃 𝜕𝑉
=− )𝑉 (
𝜕𝑇 𝑃 𝜕𝑇 𝜕𝑃 𝑇
soit finalement :
( ) ( ) ( )
𝜕𝑇 𝜕𝑃 𝜕𝑉
= −1
𝜕𝑉 𝑃 𝜕𝑇 𝑉 𝜕𝑃 𝑇

Exercice 7 : Vitesse du son

On considère que l’air ambiant est un gaz parfait. Un son qui se propage dans l’air
est une onde de pression, qui va comprimer/détendre localement l’air lors de sa pro-
pagation. Cette propagation est considérée comme adiabatique et réversible, car le
temps caractéristique d’échange de chaleur est très supérieur à la période du signal
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

sonore élastique. On peut donc utiliser la loi de Laplace lors de cette étude.
(a) Quel sera le coefficient thermoélastique adapté à l’étude de cette transformation
adiabatique et réversible ? Pourquoi ?
(b) Exprimer la masse volumique 𝜌 de l’air en fonction de P,T,R et 𝑀𝑎𝑖𝑟 la masse
molaire de l’air.
(c) On admet que la célérité c du son (modèle de compression isentropique) s’écrit :
√( )
𝜕𝑃
𝑐=
𝜕𝜌 𝑆
Justifier que cette formule est bien homogène à une vitesse.

39
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Chapitre 1 • Thermodynamique

(d) Montre que la formule précédente peut s’écrire :


1
𝑐=√
𝜌𝜒𝑆
𝜕𝑃 𝜕𝑃 𝜕𝑉
Pour obtenir ce résultat on pourra utiliser la formule : =
𝜕𝜌 𝜕𝑉 𝜕𝜌
(e) Montrer que l’on a pour l’onde sonore (adiabatique réversible) :

𝛾𝑅𝑇
𝑐=
𝑀𝑎𝑖𝑟

(f) Calculer la célérité du son pour une température 𝑇 = −10 °C, la masse molaire
de l’air étant d’environ 28,97 g ⋅ mol−1 . Comparer au tableau 1.7.
(g) En utilisant le tableau 1.7, montrer que les données proposées sont en accord avec
la loi théorique que l’on vient de démontrer. Vous pourrez faire un ajustement
statistique.

Tableau 1.7 – Vitesse du son en fonction de T.

Température T (°C) Vitesse du son (m/s) Masse volumique (𝐤𝐠 ⋅ 𝐦−𝟑 )


-10 325,4 1,341
-5 328,5 1,316
0 331,5 1,293
5 334,5 1,269
10 337,5 1,247
15 340,5 1,225
20 343,4 1,204
25 346,3 1,184
30 349,2 1,164

Solution

(a) Le processus de propagation de l’onde sonore est adiabatique et réversible, la quan-


tité conservée est(donc)l’entropie 𝑆 et le coefficient thermoélastique à retenir est
1 𝜕𝑉
donc : 𝜒𝑆 = −
𝑉 𝜕𝑃 𝑆
𝑛𝑀𝑎𝑖𝑟
(b) En utilisant la définition de la masse volumique 𝜌 = et l’équation du gaz
𝑉
parfait 𝑃 𝑉 = 𝑛𝑅𝑇 , on obtient :
𝑀𝑎𝑖𝑟 𝑃
𝜌=
𝑅𝑇

40
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2 Exercices

(c) L’analyse dimensionnelle montre que :

kg ⋅ m−1 ⋅ s−2
[𝑐 2 ] = = m2 ⋅ s−2
kg ⋅ m−3

ce qui montre que 𝑐 est bien homogène à une vitesse m ⋅ s−1 .


𝜕𝑃 𝜕𝑃 𝜕𝑉
(d) En utilisant la formule = on peut écrire :
𝜕𝜌 𝜕𝑉 𝜕𝜌
√ √
𝜕𝑃 𝜕𝑉 −1 𝜕𝑉
𝑐= =
𝜕𝑉 𝜕𝜌 𝑉 𝜒𝑆 𝜕𝜌

𝜕𝜌 𝑛𝑀𝑎𝑖𝑟 −𝜌
de plus on peut écrire que : =− = , soit finalement :
𝜕𝑉 𝑉2 𝑉
1
𝑐=√
𝜌𝜒𝑆

𝛾
(e) L’onde sonore
( )suit la loi de Laplace : 𝑃 𝑉 = 𝐾, on peut donc évaluer la dérivée
𝜕𝑉
partielle dans ce cas.
𝜕𝑃 𝑆
( )1∕𝛾
𝐾
𝑑
𝜕𝑉 𝑃 𝐾 1∕𝛾 𝑃 1∕𝛾 𝑉 𝑉
( )𝑆 = = − (1+𝛾)∕𝛾 = − (1+𝛾)∕𝛾 = −
𝜕𝑃 𝑑𝑃 𝛾𝑃 𝛾𝑃 𝛾𝑃
On trouve :
1
𝜒𝑆 =
𝛾𝑃
soit finalement pour la vitesse :
√ √ √
1 𝛾𝑃 𝑅𝑇 𝛾𝑅𝑇
𝑐= = =
𝜌𝜒𝑆 𝑀𝑎𝑖𝑟 𝑃 𝑀𝑎𝑖𝑟
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit


1, 4 × 8, 314 × 263, 15
(f) L’application numérique donne : 𝑐 = ≈ 325, 2 m ⋅ s−1 .
28, 97 × 10−3
On a considéré l’air comme une mélange de gaz parfaits diatomiques (diazote et
dioxygène), ce qui permet de prendre la valeur 𝛾 = 1, 4.
(g) On utilise les formules précédentes pour calculer la vitesse du son théorique et
la comparer aux valeurs du tableau 1.7. On obtient les résultats suivants, sur la
figure 1.15 : l’écart est inférieur au %, et on peut représenter graphiquement la vitesse
mesurée et la vitesse théorique en fonction de la température T. C’est la figure 1.16.
Comme on peut le constater, l’accord est très bon.

41
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Chapitre 1 • Thermodynamique

T(°C) c(m/s) c théorique (m/s) % ecart


–10 325,4 325,2 0,074
–5 328,5 328,2 0,081
0 331,5 331,3 0,066
5 334,5 334,3 0,060
10 337,5 337,3 0,062
15 340,5 340,3 0,072
20 343,4 343,2 0,060
25 346,3 346,1 0,055
30 349,2 349,0 0,058

Figure 1.15 – Vitesse du son en fonction de T : expérimentale et théorique.

355

350
vitesse du son (m/s)

345

340
c (m/s)
c théorique (m/s)
335

330

325
–15 –10 –5 0 5 10 15 20 25 30 35
Ten oC

Figure 1.16 – Vitesse du son en fonction de T : les courbes expérimentale


et théorique sont confondues, l’accord est bon.

Exercice 8 : Étude d’un gaz réel

L’étude d’un gaz réel montre que pour une mole de ce gaz, on a les deux équations
suivantes
( ):
𝜕𝑉 𝑅 𝑎
(a) = + 2
𝜕𝑇 𝑃 𝑃 𝑇
( )
𝜕𝑉
(b) = −𝑇 × 𝑔(𝑃 )
𝜕𝑃 𝑇
où 𝑔(𝑃 ) est une fonction de la pression uniquement.
(a) Quelle est la dimension du coefficient 𝑎 ?
(b) Trouver l’équation d’état de ce gaz.

Solution
(a) Du point de vue dimensionnel 𝑎 est homogène à un volume multiplié par une tem-
pérature par mole de gaz. Dans le système SI 𝑎 s’exprime donc en m3 ⋅ K ⋅ mol−1 .

42
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2 Exercices

(b) On commence par intégrer 𝑉 par rapport à 𝑇 ce qui donne :


𝑅𝑇 𝑎
𝑉 = − + 𝑓 (𝑃 )
𝑃 𝑇
où est 𝑓 est une fonction de la variable P exclusivement. On dérive ensuite cette
relation par rapport à 𝑃 :
( )
𝜕𝑉 𝑅𝑇
= − 2 + 𝑓 ′ (𝑃 ) = −𝑇 × 𝑔(𝑃 )
𝜕𝑃 𝑇 𝑃
La comparaison des deux termes montre que la dérivée de 𝑓 est forcément nulle
(indépendante de T) et que de plus 𝑔(𝑃 ) = 𝑅∕𝑃 2 . La fonction 𝑓 est donc une vraie
constante (que l’on note b), et on obtient l’équation d’état du gaz réel :
𝑎𝑃
𝑃 𝑉 = 𝑅𝑇 − + 𝑏𝑃
𝑇

Exercice 9 : Relation importante

On admet la relation fondamentale entre les trois variables d’état (pour un fluide) :
( ) ( ) (
𝜕𝑝
)
𝜕𝑉 𝜕𝑇
× × = −1.
𝜕𝑇 𝑝 𝜕𝑝 𝑉 𝜕𝑉 𝑝
(a) Vérifier cette relation dans le cas du gaz parfait,

Solution
(a) On a vu dans l’exercice 6 que pour un gaz parfait :
( )
1 𝜕𝑉 1
𝛼= = 𝑛𝑅∕𝑃 𝑉 =
𝑉 𝜕𝑇 𝑃 𝑇
et
( )
1 𝜕𝑃 1
𝛽= = 𝑛𝑅∕𝑃 𝑉 =
𝑃 𝜕𝑇 𝑉 𝑇
et le coefficient de compressibilité isotherme :
( )
1 𝜕𝑉 1
𝜒𝑇 = − = −(−𝑛𝑅𝑇 ∕𝑃 2 𝑉 ) =
𝑉 𝜕𝑃 𝑇 𝑃
On construit à partir des trois coefficients thermoélastiques :
) ( ) ( )
.

(
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

𝜕𝑉 𝜕𝑇 𝜕𝑝 1 −1 𝑉 𝑇 −𝑃
× × = 𝛼𝑉 = = −1
𝜕𝑇 𝑝 𝜕𝑝 𝑉 𝜕𝑉 𝑝 𝑃 𝛽 𝑉 𝜒𝑇 𝑇 𝑃 𝑉
comme annoncé.

2.5 Phases et changement de phase


Exercice 1 : Lyophilisation

En faisant une recherche documentaire, définir ce qu’est la lyophilisation (on uti-


lise en général des pressions de l’ordre de 0,0001 atm) et expliquer la méthode de
fabrication du café soluble.

43
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Chapitre 1 • Thermodynamique

Solution

La lyophilisation comprend trois étapes :


– abaisser la température très en dessous de 0 °C (à la pression atmosphérique) d’un
corps contenant de l’eau,
– faire sublimer la glace d’eau en abaissant très fortement la pression (0,0001 atm),
– éliminer l’eau résiduelle par désorption (variation de pression et/ou de température).
La poudre de café soluble est ainsi le résidu solide restant après la lyophilisation.

Exercice 2 : Précipitations

– De l’air humide poussé par le vent rencontre des montagnes et s’élève. Il se forme
alors des nuages. Pourquoi ?
– Comment explique-t-on la formation de la grêle par temps orageux en été ?

Solution

On peut expliquer les précipitations grâce au diagramme de Clapeyron 1.17. L’air chargé
d’humidité qui monte voit sa pression diminuer ainsi que sa température lorsqu’il passe
de l’état initial à l’état final. Il peut passer la frontière équilibre liquide /vapeur, ce qui

44
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2 Exercices

entraîne des précipitations d’eau liquide. Si la chute de pression et de température est


très importante, le point final peut même se trouver du côté solide du diagramme, il y
aura alors formation de glace, donc de grêle.

Pression P (atm)

Point critique
218
LIQUIDE
SOLIDE initial

final
0,006
GAZ
Point triple

0,01 374
Température T (°C)

Figure 1.17 – Précipitations : diagramme (P,T) de l’eau.

Exercice 3 : Section sans coupure

On place un fil de fer tendu par deux poids sur un bloc de glace à basse température
(-50 °C par exemple). On voit le fer pénétrer la glace, et finir par la traverser complète-
ment. Le bloc de glace n’est cependant pas coupé en deux morceaux, mais reste d’un
seul tenant. Expliquer ce phénomène avec vos connaissances en thermodynamique.

Solution
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

On peut explique le phénomène à l’aide de la figure 1.18. Le fil qui appuie fortement


sur la glace augmente localement la pression à température constante, on passe du point
A au point B et la glace fond localement (T constant !). Le fil s’enfonce un peu et est
recouvert par de l’eau à basse température (< 0 °C) et à pression atmosphérique, qui
gèle immédiatement (on passe de B à A). Le fil continue à appuyer sur la glace, et petit
à petit, la succession A-B-A-B entraîne que le fil passe au travers du bloc de glace sans
la couper.

45
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Chapitre 1 • Thermodynamique

Pression P (atm)

compression
point B
Point critique

LIQUIDE
SOLIDE

point de départ
point A GAZ
Point triple

Température T (°C)

Figure 1.18 – Bloc de glace : diagramme (P,T) de l’eau.

Exercice 4 : Encore de la calorimétrie

On mélange, dans un calorimètre parfait, 𝑚𝑔 = 100 g de glace d’eau à −20 °C et 𝑚𝑒


= 1 000 g d’eau à +60 °C. Étudier l’état d’équilibre thermique. On donne la chaleur
latente de fusion de la glace 𝐿𝑓 = 334 kJ∕kg, la capacité thermique massique de la
glace 𝑐𝑔 = 2 100 J ⋅ kg−1 ⋅ K −1 et celle de l’eau liquide 𝑐𝑒 = 4 180 J ⋅ kg−1 ⋅ K −1 .

46
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2 Exercices

Solution

Étant donné les quantités de matière mises en jeu, on peut faire l’hypothèse qu’à l’équi-
libre toute la glace aura fondu et qu’on n’aura plus que de l’eau liquide à une température
𝑇𝑓 supérieure à 0 °C. On peut donc représenter les transformations des deux sous
systèmes eau liquide/eau glace comme sur la figure 1.19.

eau liquide, Tie eau liquide, Tf


Qeau

fusion de la
glace
glace Tig glace 0 C Iiquide 0 C eau Iiquide, Tf

Qglace
Qeau + Qglace = 0

Figure 1.19 – Calorimétrie d’un mélange.

On écrit l’équation de la calorimétrie 𝑄𝑒𝑎𝑢 + 𝑄𝑔𝑙𝑎𝑐𝑒 = 0 avec les deux identités :


𝑄𝑒𝑎𝑢 = 𝑚𝑒 𝑐𝑒 (𝑇𝑓 − 𝑇𝑖𝑒 )
et
𝑄𝑔𝑙𝑎𝑐𝑒 = 𝑚𝑔 𝑐𝑔 (0 − 𝑇𝑖𝑔 ) + 𝑚𝑔 .𝐿𝑓 𝑢𝑠𝑖𝑜𝑛 + 𝑚𝑔 𝑐𝑒 (𝑇𝑓 − 0)
On obtient ainsi l’expression de la température finale d’équilibre :
𝑚𝑒 𝑐𝑒 𝑇𝑖𝑒 + 𝑚𝑔 𝑐𝑔 𝑇𝑖𝑔 − 𝑚𝑔 𝐿𝑓 𝑢𝑠𝑖𝑜𝑛
𝑇𝑓 =
𝑚𝑒 𝑐𝑒 + 𝑚𝑔 𝑐𝑔
soit numériquement :
𝑇𝑓 = 48, 6 °C
.
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Notre hypothèse est validée : toute la glace va fondre.

Exercice 5 : Air humide

L’air humide possède une certaine quantité d’eau sous forme de vapeur. On définit :
𝑚𝑣𝑎𝑝𝑒𝑢𝑟
– l’humidité absolue comme le rapport 𝑥 = pour un volume V d’air humide,
𝑚𝑎𝑖𝑟𝑠𝑒𝑐
𝑃
– l’humidité relative 𝐻𝑅 = 𝑣 , où 𝑃𝑣 est la pression partielle de la vapeur d’eau
𝑃𝑠𝑎𝑡
et 𝑃𝑠𝑎𝑡 la pression de saturation en vapeur d’eau pour T fixé.

47
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Chapitre 1 • Thermodynamique

L’air humide est assimilable à un mélange de deux gaz parfaits : l’air sec + la vapeur
d’eau, dont la pression totale est 𝑃𝑇 = 1 013 hPa. Le tableau 1.8 donne la valeur de
la pression de vapeur saturante pour quelques températures.
𝑃𝑣
(a) Montrer que l’on a la relation : 𝑥 = 𝑑 , où d est le rapport de la masse
𝑃𝑇 − 𝑃𝑣
molaire de l’eau sur celle l’air soit d = 0, 62.
(b) Calculer la valeur maximale de 𝑥 à la saturation, si 𝑇 = 25 °C.

Tableau 1.8 – Pression de saturation dans l’air.

Température T (°C) Pression de vapeur saturante (Pa)


−10 260
0 610
10 1 230
15 1 700
20 2 340
25 3 170
30 4 240
50 12 300
60 20 000

Solution
𝑚𝑎𝑖𝑟𝑠𝑒𝑐 𝑚𝑣𝑎𝑝𝑒𝑢𝑟
(a) On part de l’équation 𝑃𝑇 = 𝑃𝑠𝑒𝑐 + 𝑃𝑣 = 𝑅𝑇 ∕𝑉 + 𝑅𝑇 ∕𝑉 . On peut
𝑀𝑎𝑖𝑟 𝑀𝑒𝑎𝑢
par ailleurs utiliser la loi des gaz parfaits pour écrire :
𝑚𝑣𝑎𝑝 𝑀𝑣𝑎𝑝 𝑃𝑣𝑎𝑝 𝑉 ∕𝑅𝑇 𝑀𝑣𝑎𝑝 𝑃𝑣𝑎𝑝 𝑑 × 𝑃𝑣𝑎𝑝
𝑥= = = =
𝑚𝑎𝑖𝑟𝑠𝑒𝑐 𝑀𝑎𝑖𝑟𝑠𝑒𝑐 𝑃𝑎𝑖𝑟𝑠𝑒𝑐 𝑉 ∕𝑅𝑇 𝑀𝑎𝑖𝑟𝑠𝑒𝑐 𝑃𝑎𝑖𝑟𝑠𝑒𝑐 𝑃𝑇 − 𝑃𝑣𝑎𝑝
(b) Si la saturation est atteinte, on a 𝑃𝑣𝑎𝑝 = 𝑃𝑠𝑎𝑡 ≈ 3170 𝑃 𝑎. Dans ce cas, l’humidité
absolue est :
𝑑 × 𝑃𝑠𝑎𝑡 3 170
𝑥= ≈ 0, 62 × ≈ 0, 0200
𝑃𝑇 − 𝑃𝑠𝑎𝑡 101 300 − 3 170
qui correspond à l’humidité relative 𝐻𝑅 = 100 %.

Exercice 6 : Condensation dans une pièce

Une chambre est hermétiquement close, son volume est de 𝑉 = 40 m3 , elle est
occupée par une personne pendant une durée de 10 h. Initialement, la température de
la pièce est de 25 °C et l’humidité relative HR est de 80 %. A la fin de l’expérience, la

48
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2 Exercices

température T est de 15 °C. Calculer la masse d’eau qui s’est condensée sur les parois
de la pièce. On donne la valeur de la masse molaire de l’eau : 𝑀𝑒𝑎𝑢 = 18 g∕mole.

Solution

On peut utiliser les notions d’humidité de l’exercice précédent. Au début de la nuit,


la température est de 25 °C(avec HR = 80 %), ce qui donne une pression de vapeur
partielle en eau de 𝑃𝑣𝑎𝑝 = 80 % × 𝑃𝑠𝑎𝑡 = 2 536 𝑃 𝑎. La pièce contient donc au total
0, 018 × 2 536 × 40
une masse de vapeur d’eau 𝑚 = 𝑀𝑒𝑎𝑢 𝑃𝑣𝑎𝑝 𝑉 ∕𝑅𝑇 = ≈ 0, 737 kg.
8, 31 × 298
à la fin de l’expérience, 𝑇 = 15 °C, et la pression de vapeur saturante vaut maintenant
𝑃𝑠𝑎𝑡 = 1 700 Pa. On peut supposer que l’humidité relative HR est maintenant de 100 %,
ce qui veut dire que la pièce ne peut contenir en vapeur d’eau que la masse : 𝑚 =
0, 018 × 1 700 × 40
𝑀𝑒𝑎𝑢 𝑃𝑠𝑎𝑡 𝑉 ∕𝑅𝑇 = ≈ 0, 511 kg.
8, 31 × 288
La différence, soit Δ𝑚 = 0, 737 − 0, 511 ≈ 0, 226 kg s’est condensée sur les parois.

2.6 Les machines thermiques


Exercice 1 : Cycle de Lenoir

Un moteur à combustion interne deux temps peut fonctionner selon le cycle de Lenoir
(figure 1.20) :
– Premier temps : entrée du mélange air/essence (assimilé à un gaz parfait) et
allumage explosif en 1,
– Deuxième temps :
1-2 : combustion fournissant de la chaleur,
2-3 : détente adiabatique réversible (on dit aussi isentropique),
3-1 : échappement isobare des gaz brûlés dans l’atmosphère.
(a) Orienter le cycle en cycle moteur, et identifier les contacts avec la source froide
et la source chaude,
.

(b) En utilisant les principes de la thermodynamique, exprimer l’efficacité 𝜂 du


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𝑐𝑝
moteur en fonction de 𝛾 = et des températures 𝑇1 , 𝑇2 et 𝑇3 ,
𝑐𝑣
𝐶𝑝𝑚
(c) Exprimer l’efficacité 𝜂 en fonction de 𝛾 = et du paramètre de compression
𝐶𝑣𝑚
𝑝
𝛼 = 2,
𝑝1
(d) Application numérique avec 𝛾 = 1, 4 et 𝛼 = 7.

49
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Chapitre 1 • Thermodynamique

2
P2

P1
1 3

V
V1 V3

Figure 1.20 – Cycle de Lenoir : diagramme de Clapeyron.

Solution
(a) On sait que le cycle est moteur en diagramme de Clapeyron s’il est décrit dans le
sens horaire (correspondant à un travail W négatif). La partie 3-1 est forcément
le contact avec la source froide (échappement dans l’atmosphère), la partie 1-2 le
contact source chaude et la partie 2-3 adiabatique par construction. Si on applique
les lois de Joule (mélange de gaz parfaits) sur les parties 1-2 et 3-1 on obtient :
𝑄𝐹 = Δ𝐻 = 𝑛𝐶𝑝𝑚 (𝑇1 − 𝑇3 )
et
𝑄𝐶 = Δ𝑈 = 𝑛𝐶𝑣𝑚 (𝑇2 − 𝑇1 )
(b) L’efficacité d’un moteur ditherme se définit comme le quotient du gain (𝑊 ) sur le
coût (𝑄𝐶 ), soit :
𝑊
𝜂=− >0
𝑄𝐶
Le premier principe permet d’écrire sur le cycle thermodynamique :
Δ𝑈 = 0 = 𝑊 + 𝑄𝐹 + 𝑄𝐶
Le deuxième principe permet d’écrire sur le cycle thermodynamique :
𝑄 𝑄
Δ𝑆 = 0 = 𝑆 𝑝 + 𝐹 + 𝐶
𝑇𝐹 𝑇𝐶
ce qui donne :
𝑄 + 𝑄𝐹 𝑄 𝑐𝑝 𝑇1 − 𝑇3 1 − 𝑇3 ∕𝑇1
𝜂= 𝐶 = 1 + 3−1 = 1 + =1+𝛾 ×
𝑄𝐶 𝑄1−2 𝑐𝑣 𝑇2 − 𝑇1 𝑇2 ∕𝑇1 − 1

50
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2 Exercices

(c) Sur le segment isochore 1-2 on a forcément :


𝑃2 𝑇
𝛼= = 2
𝑃1 𝑇1
et sur la partie 2-3 isentropique on peut écrire la loi de Laplace :
−1+1∕𝛾 −1+1∕𝛾
𝑃2 𝑇2 = 𝑃3 𝑇3
ce qui donne :
𝑇3
= 𝛼 −1+1∕𝛾
𝑇2
On obtient finalement :
1 − 𝛼 × 𝛼 −1+1∕𝛾 1 − 𝛼 1∕𝛾
𝜂 =1+𝛾 =1−𝛾
𝛼−1 1−𝛼
(d) L’application numérique donne donc :
1 − 71∕1,4
𝜂 = 1 − 1, 4 × ≈ 0, 297
1−7

Exercice 2 : Cycle de Diesel

On décrit le cycle 4 temps Diesel dans le sens moteur, à partir de la figure 1.21 :
– temps 1 : arrivée de l’air au point 1 : admission air + fermeture soupapes,
– temps 2 : compression de l’air (isentropique) du point 1 au point 2 (V1 → V2),
– temps 3 : injection du carburant en 2 et combustion point 2 - point 3 et détente
isentropique point 3- point 4,
– temps 4 : point 4- point 1 : évacuation des gaz brûlés, soupape ouverte.
Le cycle Diesel présente un cycle formé de 2 isentropiques, 1 isochore et 1 isobare.
(a) Identifier, en justifiant, les segments isochore, isobare et isentropiques sur le
diagramme de Clapeyron (P,V) de la figure 1.21.
(b) Faire un schéma explicitant les échanges d’énergie entre le moteur et les deux
.
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sources de chaleurs et définir l’efficacité du moteur.


(c) En utilisant les deux segments isobare et isochore, et en considérant le mélange
comme un gaz parfait, montrer que l’efficacité peut s’écrire :
𝐶𝑣𝑚 𝑇1 − 𝑇4 1 𝑇 ∕𝑇 − 𝑇1 ∕𝑇3
𝜂 =1+ =1− × 4 3
𝐶𝑝𝑚 𝑇3 − 𝑇2 𝛾 1 − 𝑇2 ∕𝑇3
(d) On veut maintenant exprimer l’efficacité du moteur en fonction du taux de com-
𝑉 𝑉
pression 𝛼 = 1 et du rapport de détente 𝛽 = 1 qui sont des caractéristiques
𝑉2 𝑉3
mécaniques du moteur. Pour cela, on aura besoin de la loi de Laplace. Rappeler
ce qu’est la loi de Laplace (en P,V et en T,V) et son domaine d’application,

51
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Chapitre 1 • Thermodynamique

État 2
P2 État 3

P4 État 4

Vc
P1 État 1

V
V2 V3 V1

Figure 1.21 – Le cycle Diesel.


(e) Écrire la loi de Laplace sur les deux isentropiques sous une forme reliant T et V.
(f) Relier sur l’isobare T et V en utilisant la loi des gaz parfaits.
(g) En tenant compte des trois équations obtenues en questions b et c réécrire
𝐶𝑝𝑚
l’efficacité de la question c en fonction des trois quantités 𝛼, 𝛽 , et 𝛾 = .
𝐶𝑣𝑚
(h) Calculer la valeur numérique de cette efficacité du moteur Diesel avec les
valeurs : 𝛾 = 1, 4, 𝛼 = 15 et 𝛽 = 8.

Solution

(a) Il est clair que le segment isobare est le 2-3, l’isochore le 4-1 et les deux adiabatiques
réversibles (isentropiques) ne peuvent être que les segments 3-4 et 1-2.
(b) La figure 1.22 rend compte des échanges d’énergie. L’efficacité du moteur se définit
comme le rapport (positif ! !) du gain attendu sur le coût énergétique, soit :
−𝑊
𝜂𝑚𝑜𝑡𝑒𝑢𝑟 =
𝑄𝐶
−𝑊
(c) L’efficacité du moteur se définit comme 𝜂 = . Le mélange étant un gaz parfait,
𝑄𝐶
on peut appliquer la première loi de Joule au segment 4 − 1 soit :
Δ𝑈 = 𝑛𝑐𝑣𝑚 (𝑇1 − 𝑇4 ) = 𝑄𝑓 𝑟𝑜𝑖𝑑
et pour le segment 2-3 :
Δ𝐻 = 𝑛𝑐𝑝𝑚 (𝑇3 − 𝑇2 ) = 𝑄𝑐ℎ𝑎𝑢𝑑

52
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2 Exercices

source chaude Tc

Qc > 0

Travail W < 0 Milieu extérieur


Moteur thermique

Qf < 0 Efficacité : -W/Qc

source froide Tf

Figure 1.22 – Échanges d’énergie dans un moteur.

ce qui donne, avec l’application du premier principe de la thermodynamique au


cycle complet : Δ𝑈 = 0 = 𝑊 + 𝑄𝑓 𝑟𝑜𝑖𝑑 + 𝑄𝑐ℎ𝑎𝑢𝑑 :
𝑄𝑐ℎ𝑎𝑢𝑑 + 𝑄𝑓 𝑟𝑜𝑖𝑑 𝐶𝑣𝑚 (𝑇1 − 𝑇4 ) 1 𝑇 − 𝑇4
𝜂= =1+ =1+ × 1
𝑄𝑐ℎ𝑎𝑢𝑑 𝐶𝑝𝑚 (𝑇3 − 𝑇2 ) 𝛾 𝑇3 − 𝑇2
.
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soit aussi :
1 𝑇4 ∕𝑇3 − 𝑇1 ∕𝑇3
𝜂 =1− ×
𝛾 1 − 𝑇2 ∕𝑇3
(d) les segments 1-2 et 3-4 sont des adiabatiques réversibles, on peut donc leur appliquer
la loi de Laplace, c’est-à-dire :
( )𝛾−1
𝑇2 𝑉1
= = 𝛼 𝛾−1
𝑇1 𝑉2
et
( )𝛾−1 ( )𝛾−1
𝑇3 𝑉4 𝑉1
= = = 𝛽 𝛾−1
𝑇4 𝑉3 𝑉3

53
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Chapitre 1 • Thermodynamique

en ajoutant la loi du gaz parfait sur l’isobare 2-3 (𝑃2 = 𝑃3 ) on obtient :


𝑇2 𝑃 𝑉 ∕𝑛𝑅 𝑉2 𝛽
= 2 2 = =
𝑇3 𝑃3 𝑉3 ∕𝑛𝑅 𝑉3 𝛼
ce qui donne :
𝛽 1−𝛾
𝛽 1−𝛾 − 𝛼
1 𝛼
𝜂 =1− ×
𝛾 1 − 𝛽∕𝛼
soit encore une expression de l’efficacité qui ne dépend plus que des rapports de
volume :
1 𝛽 −𝛾 − 𝛼 −𝛾
𝜂 = 1 − × −1
𝛾 𝛽 − 𝛼 −1
(e) Numériquement on trouve :
1 8−1,4 − 15−1,4
𝜂𝑑𝑖𝑒𝑠𝑒𝑙 = 1 − × −1 ≈ 0, 61
1, 4 8 − 15−1

Exercice 3 : Machines de Carnot, machines réelles

(a) On considère un climatiseur ditherme fonctionnant comme une machine de


Carnot. Établir l’expression de son efficacité en fonction des températures
𝑇𝐶 et 𝑇𝐹 .
(b) On considère un climatiseur ditherme réel, exprimer son efficacité en fonction
des températures, chaleurs et de l’entropie produite 𝑆 𝑝 .
(c) Montrer que cette dernière efficacité est strictement inférieure à l’efficacité de
Carnot, avec les mêmes sources de chaleur.
(d) On considère une pompe à chaleur ditherme fonctionnant comme une machine
de Carnot. Établir l’expression de son efficacité en fonction des températures 𝑇𝐶
et 𝑇𝐹 .
(e) On considère une pompe à chaleur ditherme réelle, exprimer son efficacité en
fonction des températures, chaleurs et de l’entropie produite 𝑆 𝑝 .
(f) Montrer que cette dernière efficacité est strictement inférieure à l’efficacité de
Carnot, avec les mêmes sources de chaleur.
(g) Faire un schéma des échanges d’énergie dans le cas des deux machines ther-
miques.

Solution

(a) Une machine de Carnot est une machine réversible qui n’existe pas dans la réalité.
Le cycle du fluide étant supposé réversible, l’entropie produite est nulle : 𝑆 𝑝 = 0.
De ce fait, le second principe de la thermodynamique s’écrit (avec deux sources de
chaleur) :

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2 Exercices

𝑄 𝐶 𝑄𝐹 𝑄 𝑄
Δ𝑆𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = 𝑆 𝑝 + + = 𝐶 + 𝐹
𝑇𝐶 𝑇𝐹 𝑇𝐶 𝑇𝐹
Le premier principe de la thermodynamique s’écrit sur le cycle :
Δ𝑈𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = 𝑊 + 𝑄𝐶 + 𝑄𝐹
L’efficacité du climatiseur se définit comme :
𝑄
𝜂= 𝐹
𝑊
En utilisant les trois équations précédentes, on obtient :
𝑄𝐹 1 1 𝑇𝐹
𝜂𝑐𝑎𝑟𝑛𝑜𝑡 = − =− =− =
𝑄 𝐹 + 𝑄𝐶 1 + 𝑄𝐶 ∕𝑄𝐹 1 − 𝑇𝐶 ∕𝑇𝐹 𝑇𝐶 − 𝑇𝐹
(b) Cette fois, le second principe de la thermodynamique va s’écrire, du fait de
l’irréversibilité du phénomène :
𝑄 𝐶 𝑄𝐹
Δ𝑆𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = 𝑆 𝑝 + +
𝑇𝐶 𝑇𝐹
Le calcul précédent devient :
𝑄𝐹 1 1
𝜂𝑟𝑒𝑒𝑙 = − =− =−
𝑄 𝐹 + 𝑄𝐶 1 + 𝑄𝐶 ∕𝑄𝐹 1 − 𝑇𝐶 ∕𝑇𝐹 − 𝑆 𝑝 𝑇𝐶 ∕𝑄𝐹
soit
𝑇𝐹
𝜂𝑟𝑒𝑒𝑙 =
𝑇𝐶 − 𝑇𝐹 + 𝑆 𝑃 𝑇𝐶 𝑇𝐹 ∕𝑄𝐹
(c) Comme 𝑆 𝑃 > 0 et 𝑄𝐹 > 0 il est clair que :
𝜂𝑟𝑒𝑒𝑙 < 𝜂𝐶𝑎𝑟𝑛𝑜𝑡
(d) Une machine de Carnot est une machine réversible qui n’existe pas dans la réalité.
Le cycle du fluide étant supposé réversible, l’entropie produite est nulle : 𝑆 𝑝 = 0.
De ce fait, le second principe de la thermodynamique s’écrit (avec deux sources de
chaleur) :
𝑄 𝑄 𝑄 𝑄
Δ𝑆𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = 𝑆 𝑝 + 𝐶 + 𝐹 = 𝐶 + 𝐹
.
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𝑇𝐶 𝑇𝐹 𝑇𝐶 𝑇𝐹
Le premier principe de la thermodynamique s’écrit sur le cycle :
Δ𝑈𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = 𝑊 + 𝑄𝐶 + 𝑄𝐹
L’efficacité de la pompe à chaleur se définit comme :
𝑔𝑎𝑖𝑛 −𝑄𝐶
𝜂= =
𝑐𝑜𝑢𝑡 𝑊
En utilisant les trois équations précédentes, on obtient :
𝑄𝐶 1 1 𝑇𝐶
𝜂𝑐𝑎𝑟𝑛𝑜𝑡 = = = =
𝑄𝐹 + 𝑄𝐶 1 + 𝑄𝐹 ∕𝑄𝐶 1 − 𝑇𝐹 ∕𝑇𝐶 𝑇𝐶 − 𝑇𝐹

55
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Chapitre 1 • Thermodynamique

(e) Cette fois le second principe de la thermodynamique va s’écrire, du fait de l’irréver-


sibilité du phénomène :
𝑄 𝑄
Δ𝑆𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = 𝑆 𝑝 + 𝐶 + 𝐹
𝑇𝐶 𝑇𝐹
Le calcul précédent devient :
𝑄𝐶 1 1
𝜂𝑟𝑒𝑒𝑙 = = =
𝑄 𝐹 + 𝑄𝐶 1 + 𝑄𝐹 ∕𝑄𝐶 1 − 𝑇𝐹 ∕𝑇𝐶 − 𝑆 𝑝 𝑇𝐹 ∕𝑄𝐶
soit
𝑇𝐶
𝜂𝑟𝑒𝑒𝑙 =
𝑇𝐶 − 𝑇𝐹 − 𝑆 𝑝 𝑇𝐶 𝑇𝐹 ∕𝑄𝐶
(f) Comme 𝑆 𝑃 > 0 et 𝑄𝐶 < 0 il est clair que :
𝜂𝑟𝑒𝑒𝑙 < 𝜂𝐶𝑎𝑟𝑛𝑜𝑡
(g) La figure 1.23 rend compte des échanges d’énergie dans le cas du cycle inverse.
source chaude Tc

Qc < 0

réfrigérateur, climatiseur
ou Travail W > 0
Milieu extérieur
pompe à chaleur

Efficacité climatiseur ou réfrigérateur : Qf/W


Qf > 0 Efficacité pompe à chaleur : -Qc/W

source froide Tf

Figure 1.23 – Pompe à chaleur et climatiseur.

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2 Exercices

Exercice 4 : Congélateur réel

Un congélateur fonctionne entre deux sources thermiques de températures 𝑇𝐶 =


25 °C et 𝑇𝐶 = −20 °C.
(a) Faire un schéma énergétique du fonctionnement de l’appareil.
(b) Appliquer les deux principes au cycle décrit par l’appareil et définir l’efficacité
de l’appareil.
(c) On introduit la constante k définie par la relation : 𝑄𝐶 ∕𝑄𝐹 = −k × 𝑇𝐶 ∕𝑇𝐹 .
Discuter le signe de k.
(d) Que peut-on dire de la constante k si le fonctionnement de la machine est
réversible ?
(e) Calculer numériquement l’efficacité de l’appareil si k = 1,3.
(f) Exprimer l’efficacité 𝜂 en fonction des paramètres : 𝑇𝐶 , 𝑇𝐶 , 𝑄𝐹 et 𝑆 𝑝 .
(g) Déduire de la formule précédente la valeur maximale de l’efficacité. Conclure.

Solution

(a) La figure 1.24 montre les échanges d’énergie en fonctionnement.


(b) Le premier principe de la thermodynamique s’écrit sur le cycle du congélateur :
Δ𝑈𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = 𝑊 + 𝑄𝐶 + 𝑄𝐹
Le second principe de la thermodynamique s’écrit :
𝑄 𝐶 𝑄𝐹 𝑄 𝑄
Δ𝑆𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = 𝑆 𝑝 + + > 𝐶 + 𝐹
𝑇𝐶 𝑇𝐹 𝑇𝐶 𝑇𝐹
Ici l’entropie produite est strictement positive, car le cycle est irréversible. L’effica-
cité du congélateur se définit comme :
𝑄𝐹
𝜂=
𝑊
(c) L’application du second principe de la thermodynamique montre que :
𝑄𝐶 𝑇
= − 𝐶 − 𝑆 𝑃 × 𝑇𝐶 ∕𝑄𝐹
.
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𝑄𝐹 𝑇𝐹
On voit que l’on peut introduire la constante k :
𝑇
𝑄𝐶 ∕𝑄𝐹 = −k × 𝑇𝐶 ∕𝑇𝐹 = − 𝐶 − 𝑆 𝑃 × 𝑇𝐶 ∕𝑄𝐹
𝑇𝐹
et
𝑇𝐹
k = 1 + 𝑆𝑝
𝑄𝐹
Comme 𝑆 𝑃 et 𝑄𝐹 sont strictement positifs, il est clair que k>0. De plus, k >1
puisque |𝑄𝐶 ∕𝑄𝐹 | > 𝑇𝐶 ∕𝑇𝐹 .

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Chapitre 1 • Thermodynamique

𝑄𝐶 𝑄𝐹
(d) Si le cycle est réversible, on a l’équation : Δ𝑆𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = + , dont on déduit :
𝑇𝐶 𝑇𝐹
𝑄𝐶 𝑇
= − 𝐶 . Cela montre que dans le cas réversible, la constante k = 1.
𝑄𝐹 𝑇𝐹
(e) L’efficacité se calcule de la façon suivante :
𝑄𝐹 𝑄𝐹 1 1
𝜂= =− =− =−
𝑊 𝑄 𝐹 + 𝑄𝐶 1 + 𝑄𝐶 ∕𝑄𝐹 1 − k × 𝑇𝐶 ∕𝑇𝐹
1
= ≈ 1, 88
298
1, 3 × −1
253
(f)
𝑄𝐹 1 1
𝜂𝑟𝑒𝑒𝑙 = − =− =−
𝑄 𝐹 + 𝑄𝐶 1 + 𝑄𝐶 ∕𝑄𝐹 1 − 𝑇𝐶 ∕𝑇𝐹 − 𝑆 𝑝 𝑇𝐶 ∕𝑄𝐹

source chaude Tc

Qc < 0

Travail W > 0
Congélateur Milieu extérieur

Qf > 0 Efficacité du congélateur : Qf/W

source froide Tf

Figure 1.24 – Congélateur ditherme.

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2 Exercices

(g) Dans le cas réversible :


𝑄𝐹 1 1
𝜂= =− = ≈ 5, 62
𝑊 1 − 𝑇𝐶 ∕𝑇𝐹 298
−1
253
Clairement on a : 𝜂𝑟𝑒𝑒𝑙 < 𝜂𝑟𝑒𝑣𝑒𝑟𝑠𝑖𝑏𝑙𝑒 .

Exercice 5 : Moteur ditherme à sources de températures variables

Un moteur thermique réversible de Carnot fonctionne entre deux sources, la source


chaude de température variable notée 𝑇𝐶 , et la source froide de température va-
riable notée 𝑇𝐹 . Les sources ont la même capacité thermique C = 3 × 105 J∕K. Les
valeurs initiales des températures sont 𝑇1 = 110 °C et 𝑇2 = 0 °C.
(a) Écrire les bilans énergétique et entropique au cours du cycle réversible.
(b) Quelle doit être la température 𝑇0 des deux sources lorsque le moteur cesse de
fonctionner ? Exprimer 𝑇0 en fonction de 𝑇1 et 𝑇2 .
(c) Calculer alors le travail W total (jusqu’à l’arrêt du moteur), littéralement puis
numériquement.
(d) Calculer l’efficacité 𝜂 du moteur, littéralement puis numériquement.
(e) Comparer au cas où les températures des sources sont constantes (cycle de
Carnot).
Solution

(a) On considère le cycle infinitésimal réversible pendant lequel les deux sources
peuvent être considérées de températures constantes 𝑇𝐶 et 𝑇𝐹 . Les deux principes
de la thermodynamique s’écrivent :

d𝑈𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = 𝛿𝑊 + 𝛿𝑄𝐶 + 𝛿𝑄𝐹

𝛿𝑄𝐶 𝛿𝑄𝐹
d𝑆𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = +
𝑇𝐶 𝑇𝐹
.
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(b) Le moteur s’arrête lorsque les deux sources sont à la même température finale 𝑇0 .
Le bilan entropique permet d’écrire :
𝛿𝑄𝐶 𝛿𝑄𝐹 −𝑐 × 𝑑𝑇𝐶 −𝑐 × 𝑑𝑇𝐹
+ = + =0
𝑇𝐶 𝑇𝐹 𝑇𝐶 𝑇𝐹
car 𝛿𝑄𝐶 = −𝐶 × d𝑇𝐶 est positif (moteur) avec une variation d𝑇𝐶 < 0. De façon
similaire, on a 𝛿𝑄𝐹 = −𝐶 × d𝑇𝐹 .
On obtient donc l’équation à intégrer :
𝑑𝑇𝐶 𝑑𝑇
=− 𝐹
𝑇𝐶 𝑇𝐹

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Chapitre 1 • Thermodynamique

soit :
𝑇0 𝑇0
d𝑇𝐶 d𝑇𝐹
=−
∫𝑇1 𝑇𝐶 ∫𝑇2 𝑇𝐹
ce qui donne :
ln(𝑇0 )2 = ln𝑇1 + ln𝑇2
d’où le résultat final :

𝑇0 = 𝑇1 × 𝑇2 ≈ 323 K = 50 °C
La température de la source chaude va décroître jusqu’à atteindre 𝑇0 , tandis que celle
de la source froide va croître jusqu’à atteindre 𝑇0 et le moteur va alors s’arrêter.
(c) Le travail W se calcule :
𝑇0 𝑇0
𝑊 = 𝛿𝑊 = − 𝛿𝑄𝐶 − 𝛿𝑄𝐹 = 𝐶 × d𝑇𝐶 + 𝐶 × d𝑇𝐹
∫ ∫ ∫ ∫𝑇1 ∫𝑇2
soit encore :

𝑊 = 𝐶 × (2𝑇0 − 𝑇1 − 𝑇2 ) = 𝐶 × (2 𝑇1 𝑇2 − 𝑇1 − 𝑇2 )
= 3 × 105 (2 × 323 − 273 − 383) ≈ −3 MJ
𝑊
(d) Par définition, l’efficacité du moteur est : 𝜂 = − , ce que l’on peut donc écrire
𝑄𝐶
comme :
√ √ √ √ √
𝐶(2 𝑇1 𝑇2 − 𝑇1 − 𝑇2 ) ( 𝑇2 − 𝑇1 )2 𝑇1 − 𝑇2
𝜂=− √ =− √ = √
−𝐶 × ( 𝑇1 𝑇2 − 𝑇1 ) 𝑇1 𝑇2 − 𝑇1 𝑇1
soit finalement :
√ √
𝜂 =1− 𝑇2 ∕𝑇1 = 1 − 273∕383 ≈ 0, 16

(e) On sait que l’efficacité de Carnot (réversible avec sources de chaleur à T constante)
s’écrit :
𝑇
𝜂𝑐𝑎𝑟𝑛𝑜𝑡 = 1 − 𝐹
𝑇𝐶
dans cet exercice la valeur de Carnot serait :
273
𝜂𝑐𝑎𝑟𝑛𝑜𝑡 = 1 − ≈ 0, 29
383
L’efficacité de Carnot est clairement plus grande que notre moteur thermique réver-
sible à source de chaleur de T variable, car cette variation de température induit en
fait des irréversibilités.

60
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2 Exercices

Exercice 6 : Moteur à explosion – cycle de Beau de Rochas/Otto

Le moteur à explosion est un moteur à combustion interne dont l’allumage se fait


par des bougies. Une masse gazeuse d’air et d’essence (assimilée à un gaz parfait)
subit un cycle constitué de deux isentropiques et de deux isochores comme sur la
figure 1.25.
Le cycle peut se décrire ainsi :
– temps 1 : le cylindre admet le mélange via la soupape d’admission (volume 𝑉1 ),
– temps 2 : soupapes fermées, le mélange est comprimé isentropiquement jusqu’en
𝑉2 (sur 1-2),
– temps 3 : l’explosion augmente la pression (sur 2-3), soupapes fermées, les pro-
duits de combustion se détendent isentropiquement et repoussent le piston (sur
3-4) jusqu’à la position extrême du piston,
– temps 4 : la soupape d’échappement s’ouvre et les gaz brûlés sont évacués.
(a) Écrire les deux principes de la thermodynamique dans le cas du cycle de Beau
de Rochas.
(b) Identifier sur le cycle les contacts avec la source chaude et la source froide.
P
3
P3

IsoS
isochore

4
P2
2
isochore

1
IsoS
.
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V
V2 V1
le carburant est injecté au point 1

Figure 1.25 – Cycle de Beau de Rochas.

(c) Définir puis exprimer l’efficacité 𝜂 du moteur en fonction des températures 𝑇1 ,


𝑇2 , 𝑇3 et 𝑇4 .

61
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Chapitre 1 • Thermodynamique

(d) En utilisant la loi de Laplace (pour quelles parties du cycle ?), exprimer l’effica-
𝑉 𝐶𝑝𝑚
cité 𝜂 du moteur en fonction de 𝛼 = 1 et de 𝛾 = .
𝑉2 𝐶𝑣𝑚
(e) Faire l’application numérique avec : 𝛾 = 1, 4 et 𝛼 = 10.

Solution
(a) Le premier principe de la thermodynamique s’écrit sur le cycle :
Δ𝑈𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = 𝑊 + 𝑄𝐶 + 𝑄𝐹
Le second principe de la thermodynamique s’écrit :
𝑄 𝑄 𝑄 𝑄
Δ𝑆𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = 𝑆 𝑝 + 𝐶 + 𝐹 > 𝐶 + 𝐹
𝑇𝐶 𝑇𝐹 𝑇𝐶 𝑇𝐹
Ici l’entropie produite est strictement positive, car le cycle est irréversible.
(b) Les deux isentropiques sur le cycle sont forcément des adiabatiques, donc sur 3-4
et 1-2, la chaleur Q échangée est nulle. Le segment 2-3 correspond à l’explosion, il
s’agit donc du contact 𝑄𝐶 . Le segment 4-1 correspond à l’évacuation des gaz brûlés,
il s’agit du contact 𝑄𝐹 .
𝑊
(c) L’efficacité d’un moteur est : 𝜂 = − . Cela permet d’effectuer le calcul :
𝑄𝐶
𝑄 𝐶 + 𝑄𝐹 𝑄
𝜂= =1+ 𝐹
𝑄𝐶 𝑄𝐶
Le mélange est considéré comme un gaz parfait, la première loi de Joule permet
d’écrire :
𝑄𝐶 = 𝑛.𝐶𝑣𝑚 (𝑇3 − 𝑇2 )
et
𝑄𝐹 = 𝑛.𝐶𝑣𝑚 (𝑇1 − 𝑇4 )
ce qui permet d’écrire :
𝑄𝐹 𝑇 − 𝑇4
𝜂 =1+ =1+ 1
𝑄𝐶 𝑇3 − 𝑇2
(d) La loi de Laplace s’applique à un gaz parfait dans le cas d’une transformation adia-
batique réversible : il s’agit sur le cycle des deux isentropiques 1-2 et 3-4. On peut
donc écrire en T,V :
𝑇1 𝑉1𝛾−1 = 𝑇2 𝑉2𝛾−1
et
𝑇3 𝑉3𝛾−1 = 𝑇4 𝑉4𝛾−1
et du fait des isochores :
𝑇3 𝑉2𝛾−1 = 𝑇4 𝑉1𝛾−1

62
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:51 — page 63

2 Exercices

on en déduit les deux équations : 𝑇2 ∕𝑇1 = (𝑉1 ∕𝑉2 )𝛾−1 et 𝑇3 ∕𝑇4 = (𝑉1 ∕𝑉2 )𝛾−1 . Ce
qui permet d’écrire :
𝑇1 − 𝑇4 𝑇1 − 𝑇4 1
𝜂 =1+ =1+ = 1 − 𝛾−1
𝑇3 − 𝑇2 𝑇4 × 𝛼 𝛾−1 − 𝑇1 × 𝛼 𝛾−1 𝛼
1
(e) L’application donne : 𝜂 = 1 − ≈ 0, 60.
100,4

Exercice 7 : Climatiseur

Une pièce de capacité thermique totale 𝐶 = 6, 0 × 103 kJ ⋅ K −1 est à la température


de l’air extérieur 𝑇0 = 35 °C. Le climatiseur fonctionne selon un cycle réversible
ditherme entre l’air extérieur (source chaude) et la pièce (source froide) et ramène la
température intérieure à 𝑇1 = 20 °C en un temps 𝑡 = 90 minutes.
(a) Exprimer l’efficacité 𝜂 en fonction de la température de la source froide 𝑇𝐹 (va-
riable dans le temps) et la température de la source chaude 𝑇𝐶 (supposée fixe
dans le temps car la capacité thermique de l’extérieur est très grande devant celle
du système).
(b) Reprendre l’expression précédente et l’écrire en fonction du temps 𝑡.
(c) Calculer littéralement puis numériquement le travail W reçu pendant le fonction-
nement du climatiseur, en utilisant l’efficacité.
(d) Quelle est la puissance électrique moyenne reçue par le climatiseur ?

Solution

(a) On sait que l’efficacité d’un climatiseur s’exprime comme :


𝑄𝐹
𝜂=
𝑊
et dans le cas réversible, les deux principes de la thermodynamique s’écrivent :

Δ𝑈𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = 𝑊 + 𝑄𝐶 + 𝑄𝐹
.
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et
𝑄𝐶 𝑄𝐹
Δ𝑆𝑐𝑦𝑐𝑙𝑒 = 0 = +
𝑇𝐶 𝑇𝐹
Cela permet de déduire :
𝑄𝐹 1 1
𝜂=− =− =−
𝑄𝐹 + 𝑄𝐶 1 + 𝑄𝐶 ∕𝑄𝐹 1 − 𝑇𝐶 ∕𝑇𝐹
soit finalement :
𝑇𝐹
𝜂=
𝑇𝐶 − 𝑇𝐹

63
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Chapitre 1 • Thermodynamique

(b) Comme la température de la source froide varie avec 𝑡, on peut écrire :


𝑇 (𝑡)
𝜂=
𝑇0 − 𝑇 (𝑡)
(c) On peut réécrire l’efficacité sur une variation infinitésimale 𝛿𝑊 du travail et 𝛿𝑄𝐹
de la chaleur :
𝛿𝑄𝐹 𝐶𝑑𝑇
𝜂= =−
𝛿𝑊 𝛿𝑊
soit en extrayant le travail :
𝑇1 ( )
𝐶(𝑇0 − 𝑇 )𝑑𝑇 𝑇1
𝑊 = 𝛿𝑊 = − = 𝐶(𝑇1 − 𝑇0 ) − 𝐶𝑇0 × ln
∫ ∫𝑇 0 𝑇 𝑇0
et numériquement :
𝑊 ≈ +2, 27 MJ

Exercice 8 : Cycle de Rankine

Le cycle de Rankine introduit des changements de phases liquide/vapeur. On le ren-


contre dans la conception des réfrigérateurs ou de certains réacteurs nucléaires. On
considère que le fluide (corps pur) qui circule dans la machine de Rankine est alter-
nativement comprimé (phase liquide) et détendu (phase vapeur + phase liquide). Sur
la figure 1.26 la chaleur est cédée par le fluide du côté des hautes pressions, et reçue
par lui du côté des basses pressions, il s’agit d’un cycle inverse (récepteur). Dans la
Échangeur basse pression Échangeur haute pression

D C
Détendeur

Flux de chaleur (–Q2)


Flux de chaleur (Q1)

A B
Compresseur

Sens de circulation

Figure 1.26 – Cycle de Rankine - compression/détente - réfrigérateur (cycle inverse).


(Tiré de Douillet et al., Physique, Fluoresciences, Dunod, 2017).

64
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:51 — page 65

2 Exercices

partie basse pression, une partie du fluide est à l’état gazeux et l’autre à l’état liquide.
Du côté haute pression, tout le fluide est à l’état liquide.
Le cycle de Rankine peut être utilisé dans le sens moteur pour produire de l’électri-
cité dans les centrales (thermiques ou nucléaires). Sur la figure 1.27 (cycle moteur)
le contact condenseur se trouve sur le segment D-A et le contact bouilloire sur le
segment B-C.
(a) En étudiant la figure 1.27, comparer le cycle de Rankine moteur à un cycle de
Carnot moteur.
(b) Exprimer l’efficacité (moteur) du cycle de Rankine en fonction des chaleurs
correspondant aux contacts condenseur/bouilloire.
T

bouilloire : passage à I’état vapeur


condenseur : passage à I’état liqulde

2
3
bouilloire
1bis

4
1 condenseur

Courbe de saturation

S
.

Figure 1.27 – Diagramme T-S : cycle de Rankine : cycle moteur.


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Solution

(a) Sur la figure 1.27 on voit que le cycle de Rankine est composé de cinq segments en
diagramme (T-S).

– Le segment D-A isotherme correspond à la condensation du fluide en liquide


(contact condenseur).
– Le segment A-Abis est presque adiabatique (et réversible) donc isentropique.
– Le segment Abis-B n’est pas isentropique, on admettra ici qu’il est isobare.

65
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:51 — page 66

Chapitre 1 • Thermodynamique

– Le segment B-C est isotherme (le fluide change d’état dans la bouilloire, à T
constant).
– Le segment C-D correspond à une détente isentropique.
Il est clair que c’est la partie A-Abis-B qui distingue le cycle de Rankine du cycle
de Carnot (deux isentropiques et deux isothermes, ce qui forme un rectangle en
diagramme TS). Le cycle de Rankine étant à l’origine de machines réelles, on doit
s’attendre à ce que son efficacité soit inférieure à celle de Carnot.
(b) On identifie 𝑄𝐶 à la partie Abis-B-C et 𝑄𝐹 au segment D-A. De là on a :
𝑊 𝑄 + 𝑄𝐹 𝑄
𝜂𝑚𝑜𝑡𝑒𝑢𝑟 = − = 𝐶 =1+ 𝐹
𝑄𝐶 𝑄𝐶 𝑄𝐶

66
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Chapitre 2
Optique géométrique

1 Rappels de cours
1.1 Indice de réfraction
La lumière est une onde électromagnétique visible dont la longueur d’onde 𝜆 est com-
prise entre 400 nm et 800 nm. Cependant, en optique géométrique on se contente
d’assimiler la lumière a un objet appelé rayon, qui se propage en ligne droite dans les
milieux transparents homogènes et isotropes.
L’indice de réfraction est une grandeur sans dimension (supérieure à 1), souvent no-
tée 𝑛, qui caractérise le milieu transparent et dépend aussi de la longueur d’onde de la
lumière. Cette dernière dépendance est appelée dispersion, le milieu est dit dispersif.
Un modèle possible de formule de dispersion est la formule de Cauchy :

𝐵
𝑛=𝐴+
𝜆2

où 𝐴 et 𝐵 sont des constantes positives qui dépendent de la nature du milieu. On dit que
le milieu 1 est moins réfringent que le milieu 2 si 𝑛1 < 𝑛2 .
Par ailleurs, l’indice de réfraction se définit aussi comme le quotient de la vitesse de
la lumière dans le vide, notée c, sur sa vitesse dans le matériau transparent :

𝑐
𝑛= >1
𝑣

Rappelons aussi qu’on utilise très souvent en optique les mesures angulaires en
minutes et secondes d’arc :
.

1, 0◦ = 60′ = 3 600′′
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1.2 Lois de la réflexion et de la réfraction


L’interface entre deux milieux d’indices différents se nomme le dioptre. Les lois de
Snell-Descartes décrivent les phénomènes de réflexion et de réfraction (changement de
milieu) à l’interface entre deux milieux d’indices 𝑛1 et 𝑛2 . Le rayon incident et la droite
normale (voir la figure 2.1) au dioptre au point d’incidence définissent le plan d’in-
cidence. Après le point d’incidence, la lumière peut être réfléchie (elle reste dans le
milieu 1) ou bien réfractée (milieu 2). En général elle subit en général une réflexion et
une réfraction partielle.

67
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:53 — page 68

Chapitre 2 • Optique géométrique

Réflexion: Réfraction

A B A

α1 α1' α1
milieu 1 milieu 1
n1 n1

milieu 2 O milieu 2 O
n2 n2
α2
B

Figure 2.1 – Réflexion (à gauche)/réfraction (à droite, dans le cas où n2 > n1


et donc 𝛼1 > 𝛼2 ).

On a ainsi les lois de Snell-Descartes :


1. Les rayons incident, réfléchi et réfracté sont dans le plan d’incidence,

2. Dans le cas de la réflexion, les angles d’incidence 𝛼1 et de réflexion 𝛼1 sont
égaux :

𝛼1 = 𝛼1

3. Dans le cas de la réfraction, les angles d’incidence 𝛼1 et de réfraction suivent la


loi :
𝑛1 × sin 𝛼1 = 𝑛2 × sin 𝛼2
Dans les lois énoncées ci-dessus les angles ne sont pas orientés, ils sont tous posi-
tifs. On peut aussi utiliser des angles orientés, comptés par rapport à la normale au
dioptre. Dans ce cas, seule la loi de la réflexion de Snell-Descartes est modifiée :
1. Les rayons incident, réfléchi et réfracté sont dans le plan d’incidence,

2. Dans le cas de la réflexion, les angles d’incidence 𝛼1 et de réflexion 𝛼1 sont
opposés :

𝛼1 = −𝛼1

3. Dans le cas de la réfraction, les angles d’incidence 𝛼1 et de réfraction suivent la


loi :
𝑛1 × sin 𝛼1 = 𝑛2 × sin 𝛼2

On dit qu’un milieu incident d’indice 𝑛1 est plus réfringent qu’un milieu d’indice 𝑛2
si : 𝑛1 > 𝑛2 . Dans ce cas, il n’y aura réfraction dans le second milieu que si l’angle
𝑛 𝑛
d’incidence est inférieur à un angle limite tel que : sin(𝛼𝑙𝑖𝑚 ) < 2 sin(𝜋∕2) = 2 .
𝑛1 𝑛1
( )
𝑛2
Si 𝛼 > 𝛼𝑙𝑖𝑚 = 𝑎𝑟𝑐sin , il y a alors réflexion totale.
𝑛1
Si 𝑛2 > 𝑛1 il y a toujours réfraction.

68
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:53 — page 69

1 Rappels de cours

1.3 Les lentilles minces


Une lentille mince (les rayons des dioptres la délimitant sont grands devant son épais-
seur) est taillée dans un corps transparent et est traversée par la lumière. On distingue
les lentilles minces convergentes (bord plus mince que le centre) et les lentilles minces
divergentes (bord plus épais que le centre).
Une lentille mince donne de façon approchée une image ponctuelle d’un point ob-
jet ponctuel : on dit qu’il y a stigmatisme approché. Les aberrations de la lentille en
limitent le stigmatisme. Il y a stigmatisme dans les conditions dites de Gauss.
Si la lentille est utilisée dans les conditions de Gauss :
– les rayons lumineux sont peu inclinés par rapport à l’axe optique (axe de symétrie de
la lentille),
– les rayons lumineux sont peu éloignés de l’axe optique (proches du centre C de la
lentille),
– le stigmatisme est alors approché : un point objet donne approximativement un point
image unique. Il existe cependant des aberrations géométriques et chromatiques qui
se manifestent même lorsque les conditions de Gauss sont respectées (voir plus bas).
Une lentille mince est caractérisée par plusieurs éléments géométriques (voir la
figure 2.2) :
– son axe optique (axe de symétrie),
– le sens positif de parcours de la lumière qui donne le signe aux valeurs algébriques
utilisées (on note par exemple 𝑂𝐴 la distance algébrique entre le point O et le
point A),
– son centre optique O,
– son foyer principal image 𝐹 ′ et son foyer principal objet 𝐹 qui sont des points
de convergence/divergence des rayons lumineux (𝐹 et 𝐹 ′ sont symétriques par
rapport à O),
.
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foyer

axe optique foyer axe optique

distance focale distance focale

Figure 2.2 – lentille convergente/lentille divergente : image réelle/virtuelle.

69
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:53 — page 70

Chapitre 2 • Optique géométrique

1
– sa vergence 𝑉 exprimée en dioptries (𝛿) : 𝑉 = (la distance algébrique 𝑂𝐹 ′
𝑂𝐹 ′
s’exprimant en m),
– sa distance focale image : 𝑂𝐹 ′ = 𝑓 ′ (positive si la lentille est convergente),
– sa distance focale objet : 𝑂𝐹 = 𝑓 (positive si la lentille est divergente),
– si la lentille est convergente : 𝑉 > 0,
– si la lentille est divergente : 𝑉 < 0,
– on a la relation : 𝑓 = −𝑓 ′ .
Que la lentille soit convergente ou divergente, on réalise les constructions géomé-
triques avec trois rayons bien spécifiques (figure 2.3) :
1. le rayon qui arrive parallèlement à l’axe optique et ressort en passant par le foyer
image 𝐹 ′ ,
2. le rayon qui passe par le centre optique O et qui n’est pas dévié,
3. le rayon qui arrive en passant par le foyer objet 𝐹 et qui ressort parallèlement à l’axe
optique.
(1)

(2)
F O F’
(3)

Figure 2.3 – Construction : trois rayons particuliers.

Un rayon est une ligne brisée (changement de direction lors d’une réfraction), que
l’on oriente avec des flèches indiquant le sens de propagation de la lumière. Pour les
constructions géométriques, les prolongements des rayons tout comme les objets virtuels
sont en général tracés en pointillés (voir aussi la figure 2.4).
La relation de conjugaison de Descartes permet de relier objet, image et ver-
gence (voir la figure 2.4), aussi bien pour une lentille convergente que pour une lentille
divergente :
1 1
− =𝑉
𝑂𝐴′ 𝑂𝐴
On a noté ici 𝐴 le point objet et 𝐴′ le point image.
Une image dite droite est une image qui est dans le même sens que l’objet, alors
qu’une image renversée est dans le sens inverse de l’objet.
Dans le cas de la figure 2.4-a, l’image 𝐴′ 𝐵 ′ est renversée et réelle car obtenue par
la réunion de rayons réels. Dans le cas de la figure 2.4-b, l’image 𝐴′ 𝐵 ′ est droite et

70
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:53 — page 71

1 Rappels de cours

a - Lentille convergente : construction d'une image réelle A'B' renversée

B
F'
A'

axe optique A O sens positif (lumière)


F

B'

b - Lentille divergente : construction d'une image virtuelle A'b' drolte

F' B' F

axe optique A A' O sens positif (lumière)

Figure 2.4 – Constructions géométriques - lentilles minces - image réelle/virtuelle.

virtuelle car obtenue par la réunion du prolongement de rayons. Une image virtuelle
n’est pas projetable sur un écran.
Il est très important de savoir, en particulier dans le cas des systèmes optiques, si
.
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les images obtenues (intermédiaires et finale) sont réelles ou virtuelles. Notons aussi
qu’une image peut servir d’objet virtuel pour un sous-ensemble du système. Il convient
de retenir que pour une lentille mince :
– un objet réel est situé avant le centre optique 𝑂,
– un objet virtuel est situé après le centre optique 𝑂,
– une image réelle est située après le centre optique 𝑂,
– une image virtuelle est située avant le centre optique 𝑂.
Il faut noter qu’une lentille convergente ne donne pas forcément une image réelle, et
une lentille divergente ne donne pas forcément une image virtuelle. Cela dépend en fait
de la nature et de la position de l’objet.

71
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Chapitre 2 • Optique géométrique

𝐴′ 𝐵 ′
Le grandissement 𝛾 se définit comme : 𝛾 =
𝐴𝐵
On donne également la formule dite du grandissement de Descartes 𝛾 :
𝐴′ 𝐵 ′ 𝑂𝐴′
𝛾= =
𝐴𝐵 𝑂𝐴
On donne enfin la relation de conjugaison de Newton :
1
𝐹 𝐴 × 𝐹 ′ 𝐴′ = 𝑓 × 𝑓 ′ = −𝑓 ′2 = −𝑓 2 = −
𝑉2
et la formule du grandissement de Newton :
𝐹 ′ 𝐴′ 𝑓
𝛾=− =−
𝑓′ 𝐹𝐴
On sait aussi que si on accole N lentilles minces (convergentes et/ou divergentes) les
vergences s’ajoutent (comme en électricité les résistances en série) :
𝑉𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 = 𝑉1 + 𝑉2 + ... + 𝑉𝑁

1.4 Les miroirs


On distinguera deux cas :
– Le miroir plan suit les lois de Snell-Descartes pour la réflexion. Il est aisé de
construire l’image 𝐴′ d’un point objet 𝐴, comme sur la figure 2.5. On rappelle que par
convention les pointillés représentent des rayons virtuels. Le miroir plan est le seul
système optique rigoureusement stigmatique, c’est-à-dire donnant de tout point 𝐴
une image ponctuelle unique 𝐴′ .
– Le miroir sphérique est une portion de sphère (enduite d’une substance réfléchis-
sante) qui peut être concave ou convexe. Un miroir sphérique se caractérise par un
centre géométrique 𝐶 et un sommet 𝑆 qui définissent un axe optique (figure 2.6). Le
rayon R de la sphère est donné en valeur absolue par : 𝑅 = |𝑆𝐶|. On note 𝐹 le foyer
(à la fois image et objet) du miroir. Si on travaille dans les conditions de Gauss, le

A A’

Figure 2.5 – Formation d’une image - miroir plan -stigmatisme parfait.

72
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1 Rappels de cours

miroir sphérique est approximativement stigmatique. Le miroir sphérique (comme


la lentille mince) est aussi dit aplanétique, c’est-à-dire qu’un objet plan perpendicu-
laire à l’axe optique donne une image plane perpendiculaire à l’axe optique. Le sens
algébrique choisi comme positif est essentiel pour les calculs. On prendra en général
comme sens positif celui de la gauche vers la droite.
Pour les miroirs sphériques on a les relations suivantes :
𝑆𝐶
– miroir concave : 𝑆𝐹 = < 0 (sens algébrique positif vers la droite sur la
2
figure 2.6.
𝑆𝐶
– miroir convexe : 𝑆𝐹 = >0
2
– la formule de conjugaison pour un miroir s’écrit :
1 1 2
+ =
𝑆𝐴′ 𝑆𝐴 𝑆𝐶

A’
A C F S

B’

Figure 2.6 – Caractéristiques S,F,C du miroir concave sphérique : SC < 0 - image A’B’
de l’objet AB.

1.5 Les aberrations


On se contente dans ce petit paragraphe de recenser deux types d’aberrations qui altèrent
la formation d’une image parfaite.
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

– L’aberration chromatique : Dans le cas d’une lentille, la lumière est réfractée dans
le verre ou le milieu transparent en général. On sait que l’indice de réfraction 𝑛 est
une fonction de la longueur d’onde 𝜆, donc dépend de la ≪ couleur ≫ de la lumière.
On utilise souvent la formule dite de Cauchy :
𝐵
𝑛=𝐴+
𝜆2
Les constantes 𝐴 et 𝐵 sont positives et caractérisent le matériau. L’indice 𝑛 diminue
quand la longueur d’onde 𝜆 augmente.
La figure 2.7 montre que la convergence des rayons est imparfaite dans le plan focal,
mais s’effectue un peu avant pour les courts 𝜆 et plus loin pour les grands 𝜆. L’image

73
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Chapitre 2 • Optique géométrique

Aberration chromatique : F' foyer objet géométrique

plan focal image


grandes longueurs
d'onde

F' axe optique

courtes longueurs
d'onde

lentille convergente

Figure 2.7 – Aberration chromatique pour une lentille : F’ foyer géométrique.

finale apparaît donc irisée et floue. On peut corriger cette aberration en formant des
doublets de lentilles d’indices différents.
– L’aberration de sphéricité : Les miroirs utilisés dans les réflecteurs (télescopes)
devraient être de forme parabolique : les rayons parallèles issus d’une source lointaine
peuvent converger vers un point unique dans le plan focal. Pour des raisons de coût de
fabrication ces miroirs sont souvent sphériques, ce qui entraîne une aberration dite
de sphéricité (figure 2.8) sur l’axe et hors de l’axe principal du miroir. On corrige
cette aberration dans le télescope de Schmidt - Cassegrain avec une lame située à
l’avant de l’appareil. à noter qu’on rencontre aussi cette aberration pour les lentilles
réfractantes, en particulier quand on s’écarte des conditions de Gauss.
Un critère utile pour évaluer les aberrations (géométriques) est de calculer ce que l’on
appelle le rapport 𝐹 ∕𝐷 de l’appareil (lunette ou télescope) : il s’agit du rapport de la
distance focale sur le diamètre d’ouverture de l’objectif. Plus ce rapport est grand, moins
les aberrations géométriques seront fortes.
Notons qu’il existe bien d’autres aberrations : distorsion, coma, astigmatisme...

C F

Figure 2.8 – Aberration géométrique de sphéricité - sur l’axe du miroir sphérique.

74
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2 Exercices

2 Exercices
2.1 Réflexion et réfraction
Exercice 1 : Réflexion totale

On considère une tube de verre creux (rayon intérieur 𝑟𝑖 et rayon extérieur 𝑟𝑒 ) d’indice
𝑛 = 1, 5. Ce tube est utilisé comme thermomètre et contient du mercure qui est un
métal liquide opaque. Déterminer, à quelle condition sur les rayons, le mercure peut
donner l’impression de remplir le tube jusqu’au rayon 𝑟𝑒 à un observateur (bien qu’il
ne le remplisse que jusqu’à 𝑟𝑖 ).

Solution

Il s’agit d’un problème de réflexion totale (figure 2.9) : un rayon tangent au cercle
de rayon intérieur 𝑟𝑖 (car le mercure est opaque), doit arriver sur le rayon extérieur
𝑟𝑒 selon une incidence telle que la réfraction se fait selon un angle de 90◦ dans l’air.
Un observateur extérieur aura ainsi l’impression que le mercure remplit le tube jus-
qu’au rayon 𝑟𝑒 . La réflexion totale correspond au passage du verre d’indice 𝑛 à l’air
d’indice 1 :

𝑛 × sin(𝛼𝑙𝑖𝑚 ) = 1 × sin 90◦ = 1

soit aussi :

𝛼𝑙𝑖𝑚 = 𝑎𝑟𝑐sin(1∕𝑛) ≈ 41, 81◦

Géométriquement, il faut donc que l’angle d’incidence du rayon lumineux tangent au


cercle intérieur allant vers le cercle extérieur de rayon 𝑟𝑒 soit supérieur à 𝛼𝑙𝑖𝑚 , ce qui
correspond à la condition :
𝑟𝑖 1
sin(𝛼) = ≥ sin(𝛼𝑙𝑖𝑚 ) =
𝑟𝑒 𝑛
.
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normale
réflexion totale :
angle de réfraction de
angle 90º
limite

rayon re

rayon ri

Figure 2.9 – Réflexion totale : tube creux rempli de mercure.

75
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:53 — page 76

Chapitre 2 • Optique géométrique

soit enfin :
𝑟𝑒
≤ 𝑛 = 1, 5
𝑟𝑖

Exercice 2 : Réflexion totale et fibre optique à saut

Une fibre optique à saut d’indice est constituée d’un cœur cylindrique d’indice 𝑛1
gainé d’une enveloppe concentrique d’indice 𝑛2 < 𝑛1 . On considère dans cet exercice
que le cœur a un diamètre 𝑑1 = 200 𝜇m et un indice 𝑛1 = 1, 456 et la gaine 𝑛2 =
1, 410 et un diamètre extérieur 𝑑2 = 380 𝜇m. Le rayon incident qui arrive sur l’entrée
de la fibre se propage initialement dans l’air (d’indice n = 1).
(a) Montrer qu’il existe un angle limite 𝛼𝑙𝑖𝑚 d’incidence tel que, pour tout angle supé-
rieur à cette valeur, il y a réflexion totale sur l’interface cœur/gaine, à l’intérieur
de la fibre.
(b) Si cette condition est réalisée pour la fibre, la lumière reste confinée dans le cœur
et peut parcourir de grandes distances avec une faible atténuation. Pour les fibres
actuelles l’atténuation est de l’ordre de 0, 2 dB∕km. Montrer que la condition de
la question précédente correspond à un angle limite sur la face d’entrée (dans
l’air) qui s’exprime comme :

𝜃𝑙𝑖𝑚 = 𝑎𝑟𝑐sin 𝑛21 − 𝑛22
Calculer numériquement cette valeur. En pratique, en notant 𝜃𝑖 l’angle d’inci-
dence sur la face d’entrée, on doit respecter la condition :
𝜃𝑖 ≤ 𝜃𝑙𝑖𝑚

(c) On appelle ouverture numérique le sinus de l’angle 𝜃𝑙𝑖𝑚 . Calculer numériquement


cette valeur.
(d) Le faisceau incident est en fait une impulsion ayant la forme d’un cône de demi
-angle au sommet 𝜃𝑖 = 8◦ . La fibre a une longueur 𝐿 = 10 km. Calculer l’élar-
gissement temporel de l’impulsion à la sortie de la fibre. On donne la vitesse de
la lumière 𝑐 = 3, 00 × 108 km∕𝑠. On pourra utiliser la notion de chemin optique :
𝑙 =𝑛×𝑥
r
gaine
air
n=1
coeur
O

θi I

Figure 2.10 – Fibre optique - saut d’indice - rayon incident.

76
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:53 — page 77

2 Exercices

où 𝑥 est la distance parcourue en ligne droite dans le milieu d’indice 𝑛. Comme


𝑐 𝑙 𝑥
𝑛 = , on voit que = ce qui correspond au temps de parcours du rayon dans
𝑣 𝑐 𝑣
le milieu d’indice n.

Solution

(a) à l’intérieur de la fibre, il y aura réflexion totale à l’interface cœur/gaine à partir de :


𝑛1 sin(𝛼𝑙𝑖𝑚 ) = 𝑛2 sin(𝜋∕2) = 𝑛2
on en déduit l’angle limite au delà duquel il y a réflexion totale (figure 2.11) :
( )
𝑛2
𝛼𝑙𝑖𝑚 = 𝑎𝑟𝑐sin ≈ 75, 56◦
𝑛1

r normale

indice n2 gaine
air
n=1
αlim αlim

O coeur

indice n1

indice n2 gaine

Figure 2.11 – Fibre optique - réflexion totale coeur/gaine.

(b) En faisant un peu de géométrie, en notant 𝜃𝑖 (figure 2.10) l’angle d’entrée sur la face
de la fibre optique, on peut écrire pour l’interface air/milieu 1 :
.
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sin𝜃𝑖 = 𝑛1 sin𝜃1
puis pour la réflexion totale milieu 1/milieu 2 :
𝑛1 sin(𝜋∕2 − 𝜃1 ) = 𝑛2 sin(𝜋∕2) = 𝑛2
soit encore :
𝑛2
cos(𝜃1 ) =
𝑛1
On en déduit :
sin2 (𝜃𝑖 ) 2
𝑛22
1− = cos (𝜃1 ) =
𝑛21 𝑛21

77
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Chapitre 2 • Optique géométrique

soit encore :

sin𝜃𝑖 = 𝑛21 − 𝑛22

ce qui correspond à un angle maximum de :

𝜃𝑙𝑖𝑚 ≈ 21, 29◦

Au-delà de cette valeur, il n’y a plus de réflexion totale, mais bien perte de signal
dans la fibre.
(c) L’ouverture numérique vaut :

𝑂𝑁 = sin𝜃𝑙𝑖𝑚 = 𝑛21 − 𝑛22 = 0, 3631

(d) On peut considérer la différence de chemin parcouru par un rayon d’incidence nulle
𝜃 = 0 et un rayon d’incidence maximale 𝜃𝑖 = 8◦ . Le premier parcourt la fibre
colinéairement à son axe, dans le cœur. Le second subit une succession de réflexions
totales à l’interface cœur/gaine (voir la figure 2.12). Pour le premier rayon, on utilise
le chemin optique 𝐿1 = 𝑛1 × 𝐿. On voit que cela correspond à un temps de parcours
de la fibre de longueur 𝐿 :
𝐿1 𝑛𝐿
𝑡1 = = 1
𝑐 𝑐
Pour le second rayon :
𝑛1 𝐿
𝐿2 =
cos(𝜃0 )
d’où le temps de parcours :
𝑛1 𝐿
𝑡2 =
𝑐 × cos𝜃0

r
b
n2 A
a
n1

(1) O θ0
P
θi

(2) B

Figure 2.12 – Fibre optique - réflexions multiples.

78
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2 Exercices

On en déduit l’élargissement temporel :

⎛ ⎞
𝑛1 𝐿 𝑛1 𝐿 ⎜ 1 ⎟
Δ𝑡 = 𝑡2 − 𝑡1 = (1∕cos𝜃0 − 1) = ⎜ √ − 1⎟ ≈ 0, 22 𝜇s
𝑐 𝑐 ⎜ ⎟
1 − sin(𝜃𝑖 )2 ∕𝑛21
⎝ ⎠

Pour limiter ce phénomène d’élargissement, on peut diminuer le diamètre du cœur


et utiliser des matériaux d’indice voisins.

Exercice 3 : Une théorie de l’arc-en-ciel

Le Soleil éclaire de rayons tous parallèles entre eux un rideau de gouttes de pluie
sphériques de rayon R. On note 𝑖 l’angle d’incidence dans l’air (d’indice de réfraction
𝑛𝑎𝑖𝑟 = 1) sur la goutte sphérique en un point M, et 𝑟 l’angle de réfraction dans la goutte.
d𝑟
(a) En utilisant les lois de Snell-Descartes exprimer la dérivée en fonction de
d𝑖
l’indice de réfraction de l’eau 𝑛 et de l’angle 𝑖.
(b) La figure 2.13 montre la possibilité d’un arc-en-ciel : l’observateur a le Soleil
dans le dos, et les rayons lumineux subissent une réfraction air/eau puis une ré-
flexion dans l’eau de la goutte, enfin une réfraction eau/air. On note 𝐷 l’angle
de déviation de la lumière dans l’air (angle du rayon sortant par rapport au rayon
incident initial). Exprimer l’angle de déviation 𝐷 en fonction des angles 𝑖 et 𝑟.
d𝐷
(c) Chercher une condition qui permette l’émergence sous la condition = 0,
d𝑖
qui entraîne l’existence de l’arc-en-ciel. Cette relation implique en effet que
𝐷 ne change pas même si 𝑖 varie un peu, permettant une intensité maximale
observée.
(d) L’arc observé en retour sera vu par l’observateur (situé entre le Soleil et le nuage
de gouttes d’eau) selon un cône d’ouverture au sommet noté 𝜏. L’axe de révo-
.
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lution de ce cône est la direction des rayons incidents. Exprimer 𝜏 en fonction


de 𝐷.
(e) On sait que l’indice de réfraction de l’eau dépend de la longueur d’onde de la
lumière 𝜆 :
– dans le rouge : 𝑛𝑅 = 1, 332,
– dans le violet : 𝑛𝑉 = 1, 345.
Calculer l’angle au sommet du cône dans ces deux cas.
(f) Qu’observe-t-on dans le cas d’un arc-en-ciel simple ?

79
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Chapitre 2 • Optique géométrique

M i

r

N

O

P

D

Figure 2.13 – Arc-en-ciel simple - primaire (angles non orientés).

Solution

(a) La figure 2.14 résume le problème. On a bien sûr la relation sin(𝑖) = 𝑛 × sin(𝑟). On
cos(𝑖)
en déduit donc par différentiation : d𝑟∕d𝑖 = . Soit finalement :
𝑛 × cos(𝑟)

d𝑟 1 − sin2 (𝑖)
=
d𝑖 𝑛2 − sin2 (𝑖)

(b) La géométrie de la figure 2.13 montre qu’on a les relations angulaires :

𝑟=𝛼=𝛽=𝛾

et

𝛿=𝑖

La figure 2.13 montre que les triangles 𝑀𝑁𝑂 et 𝑁𝑃 𝑂 sont isocèles de sommet
principal 𝑂 et la droite (𝑁𝑂) est un axe de symétrie. On peut calculer les déviations
successives et les additionner pour trouver 𝐷 :

r
 R
O


Figure 2.14 – Réfraction dans une goutte de rayon R.

80
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2 Exercices

– pour la réfraction air/eau : 𝐷1 = 𝑖 − 𝑟,


– pour la réflexion dans la goutte : 𝐷2 = 𝜋 − 𝛼 − 𝛽 = 𝜋 − 𝑟 − 𝑟 = 𝜋 − 2𝑟,
– pour la réfraction eau/air : 𝐷3 = 𝛿 − 𝛾 = 𝑖 − 𝑟.

On trouve par addition : 𝐷 = 𝜋 + 2𝑖 − 4𝑟.

(c) On différentie la relation trouvée à la question précédente :

𝑑𝐷∕𝑑𝑖 = 2 − 4 × d𝑟∕d𝑖

Tableau 2.1 – Arc-en-ciel simple.


𝐬𝐢𝐧(𝒊) i (deg) r (deg) D(deg) 𝝉(𝒅𝒆𝒈)
𝑛𝑅 0,86135 59,47 40,29 137,8 42,22
𝑛𝑉 0,85459 58,71 39,45 139,6 40,38

ce qui, compte tenu de la condition imposée d𝐷∕d𝑖 = 0, et du résultat de la


question a) implique que :

d𝑟 1 1 − sin2 (𝑖)
= =
d𝑖 2 𝑛2 − sin2 (𝑖)

soit encore :
4 − 𝑛2
sin2 (𝑖) =
3

(d) La figure 2.13 montre que :


𝜏 =𝜋−𝐷
.
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(e) On dresse le tableau 2.1 des résultats.

(f) L’observateur va donc voir, côté nuage de gouttes, un arc de cercle ou un demi cercle
coloré : l’arc-en-ciel. Ici le rouge sera à l’extérieur et le violet à l’intérieur, étant
donné les angles d’ouverture du cône calculés à la question précédente.

Exercice 4 : Étude d’un miroir plan

Quelle doit être la taille minimale d’un miroir plan vertical et sa position, pour qu’un
homme d’une hauteur 𝐻 = 190 cm avec son œil situé ℎ = 10 cm sous son front,
puisse se voir entièrement ?

81
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Chapitre 2 • Optique géométrique

Solution

La figure 2.15 montre la réflexion de l’homme sur le miroir. Le point O est l’œil de
l’observateur, et 𝑂′ son image par le miroir. La partie supérieure du miroir doit se situer
à la hauteur : 𝐻 − ℎ∕2 = 185 cm. La partie inférieure du miroir doit se situer à la
𝐻 −ℎ 𝐻
hauteur : = 90 cm. Le miroir aura donc une taille de = 95 cm.
2 2

O O’

Figure 2.15 – Miroir plan - réflexion - O’ image de O.

2.2 Instruments et systèmes optiques


Exercice 1 : Étude d’une lunette de Galilée

Une lunette de Galilée peut être modélisée par un objectif formé par une lentille
mince convergente et un oculaire assimilable à une lentille divergente. On donne les
vergences : 𝑉1 = +4 𝛿 et 𝑉2 = −20 𝛿. La distance entre les deux centres optiques 𝑂1

82
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:53 — page 83

2 Exercices

et 𝑂2 est 𝑑 = 20 cm, les deux axes principaux étant confondus. Avec cette lunette,
on observe une source située à l’infini, telle que tous les rayons issus de cette source
forment un angle 𝛼 avec l’axe optique. On rappelle que le pouvoir séparateur de l’œil
est 𝜖 = 3 × 10−4 rad.
(a) Quelle est la particularité de ce montage ? Comment appelle-t-on cette caracté-
ristique ?
(b) Faire un schéma de la marche des rayons lumineux, obtenir l’image finale de la
source.
(c) Définir et calculer le grossissement G de cette lunette.
(d) Les deux phares d’une voiture à la distance 𝐷 = 5, 0 km sont espacés de 𝑥 =
1, 2 m. Peut-on les séparer à l’oeil nu ?
(e) Peut-on les séparer avec la lunette de Galilée ?

Solution
1
(a) On peut calculer les distances focales des deux lentilles : 𝑓1′ = = +25 cm et
𝑉1
1
𝑓2′ = = −5, 0 cm. Comme la distance entre les deux lentilles est 𝑑 = 20 cm, on
𝑉2
constate que le foyer image 𝐹1′ de la première lentille est confondu avec 𝐹2 le foyer
objet de la seconde lentille. Le montage est donc afocal.

(b) La question précédente montre que l’image intermédiaire de la source (à l’infini)


à travers la lentille objectif se forme dans le plan focal image centré sur 𝐹1′ . Cette
image intermédiaire sert d’objet virtuel pour la lentille oculaire divergente. Cet objet
étant dans le plan focal objet de la seconde lentille, l’image finale se forme à l’infini,

en formant un angle 𝛼 avec l’axe optique. En résumé, l’objet à l’infini donne une
image finale à l’infini (figure 2.16), car le montage est afocal.

B’ω


.
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α( F1’=F2

A’ω O1 F2’ O2 ) α’ A1

B1

L1 L2

Figure 2.16 – Montage afocal - lunette de Galilée : image finale à l’infini.

83
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:53 — page 84

Chapitre 2 • Optique géométrique

(c) Par définition le grossissement d’un instrument d’optique est le quotient de l’angle
de sortie d’un objet à l’infini sur son angle d’entrée :

𝛼
𝐺=
𝛼
Les propriétés géométriques de la construction donnent :
𝐴1 𝐵1
𝑓2 𝑓′ 25
𝐺= = 1 = =5
𝐴1 𝐵1 𝑓2 5
𝑓1′
On se place dans les conditions de Gauss (approximation des petits angles), les
relations dans les triangles donnent :
𝐴 1 𝐵1
tan(𝛼) = ≈𝛼
𝑓1′
et
′ 𝐴1 𝐵1 ′
tan(𝛼 ) = ≈𝛼
𝑓2

(d) Le pouvoir de résolution de l’œil est de 𝜖 = 3 × 10−4 rad ≈ 0, 0172◦ . Les phares de
la voiture, vus à l’œil nu, forment un angle au sommet de :
𝑥∕2 0, 6
tan (𝜃∕2) ≈ 𝜃∕2 = ≈ ≈ 1, 2 × 10−4 rad
𝐷 5 000
donc 𝜃 = 2, 4 × 10−4 rad < 𝜖 = 3 × 10−4 rad, on ne peut pas distinguer les deux
phares à l’œil nu.
(e) En utilisant la lunette de Galilée, on verra les deux phares sous l’angle :

𝜃 = 𝐺 × 𝜃 = 12 × 10−4 rad = 0, 0688◦
Ils sont donc bien séparés cette fois.

Exercice 2 : Élargisseur de faisceau 1

On étudie un élargisseur de faisceau laser, constitué de deux lentilles convergentes


de même axe optique. Le laser produit un faisceau de lumière dont tous les rayons
sont parallèles et ici colinéaires à l’axe optique du système. On définit le coefficient
d’élargissement comme le quotient du diamètre du faisceau sortant sur le diamètre
du faisceau entrant. On demande que le faisceau sortant soit formé de rayons tous
parallèles à l’axe optique.
(a) Expliquer pourquoi le montage doit être afocal.
(b) La première lentille a une vergence 𝑉1 = +100 𝛿, déterminer la vergence de la
seconde pour avoir un coefficient d’élargissement de 30.

84
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:53 — page 85

2 Exercices

Solution

(a) Tous les rayons entrants sont parallèles à l’axe optique et vont donc converger vers
le foyer image 𝐹1′ de la première lentille. Si on veut que les rayons sortant soient
tous parallèles à l’axe optique, il faut que le foyer objet de la seconde lentille soit
confondu avec le foyer image de la première : 𝐹1′ = 𝐹2 (voir la figure 2.17). Le
montage est bien afocal.
(b) En notant 𝑅1 le demi diamètre du faisceau entrant et 𝑅2 celui du faisceau sortant,
la condition posée s’écrit :
𝑅2
𝑟= = 30
𝑅1
Avec le théorème de Thalès, la figure 2.17 permet de déduire que :
𝑅2 𝑓′ 𝑉
= 2′ = 1
𝑅1 𝑓1 𝑉2
On obtient :
𝑅1 𝑉
𝑉2 = 𝑉1 × = 1 ≈ +3, 33 𝛿
𝑅2 𝑟

F1 01 F'1 et F2 02 F'2
.
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Figure 2.17 – Montage afocal - élargisseur laser F’1 = F2 .

Exercice 3 : Élargisseur de faisceau 2

On étudie un élargisseur de faisceau laser, constitué de deux lentilles, la première


divergente et la seconde convergente, de même axe optique. Le laser produit un fais-
ceau de lumière dont tous les rayons sont parallèles et ici colinéaires à l’axe optique
du système. On définit le coefficient d’élargissement comme le quotient du diamètre

85
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Chapitre 2 • Optique géométrique

du faisceau sortant sur le diamètre du faisceau entrant. On demande que le faisceau


sortant soit formé de rayons tous parallèles à l’axe optique.
(a) Expliquer pourquoi le montage doit être afocal,
(b) La première lentille a une vergence 𝑉1 = −100 𝛿, déterminer la vergence de la
seconde pour avoir un coefficient d’élargissement de 25.

Solution

(a) Tous les rayons entrants sont parallèles à l’axe et vont donc émerger en passant par
le foyer image 𝐹1′ de la première lentille situé avant le centre optique. Si on veut
que les rayons sortant du système soient tous parallèles à l’axe optique, il faut que le
foyer objet de la seconde lentille soit confondu avec le foyer image de la première :
𝐹1′ = 𝐹2 (voir la figure 2.18). Le montage est bien afocal.
(b) En notant 𝑅1 le demi diamètre du faisceau entrant et 𝑅2 du faisceau sortant, la
condition posée s’écrit :
𝑅2
𝑟= = 25
𝑅1
La figure 2.18 et le théorème de Thalès permettent de déduire que :
𝑅2 || 𝑓2′ || || 𝑉1 ||
=| |=
𝑅1 || 𝑓1′ || || 𝑉2 ||
On obtient :
𝑅1 |𝑉 |
𝑉2 = |𝑉1 | × = 1 ≈ +4, 0 𝛿
𝑅2 𝑟

J1

I1

F'1 et F2 01 F1 02 F'2

I2

J2

Figure 2.18 – Montage afocal - élargisseur laser F’1 = F2 .

86
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2 Exercices

Exercice 4 : Focométrie 1 - Méthode de Bessel

On veut déterminer la vergence 𝑉 et la distance focale image 𝑓 ′ d’une lentille sup-


posée convergente. Pour cela on place sur un banc d’optique une source lumineuse et
un écran fixes, distants l’un de l’autre de 𝐷 > 0 distance supposée supérieure 4 × 𝑓 ′ .
On peut déplacer la lentille entre la source et l’écran, de façon à obtenir une image
nette à l’écran.
(a) Montrer qu’il existe deux positions de la lentille qui donnent une image nette à
l’écran.
(b) Justifier la condition 𝐷 > 4 × 𝑓 ′ indiquée précédemment.
(c) Déterminer la différence |𝑥2 − 𝑥1 | entre les deux positions de netteté, en fonction
de D et 𝑓 ′ .
(d) Déduire de la question précédente une formule permettant de déterminer 𝑓 ′ .
(e) Que se passe-t-il si 𝐷 = 4 × 𝑓 ′ ?
(f) Peut-on mesurer la focale d’une lentille divergente par cette méthode ?
(g) Expliquer comment on a pu mesurer une vergence 𝑉 = −10 𝛿 par la méthode de
Bessel.
Solution

(a) On utilise la figure 2.19 pour construire l’image réelle 𝐴′ 𝐵 ′ sur l’écran. La relation
de conjugaison s’écrit :
1 1
− =𝑉
𝑂𝐴′ 𝑂𝐴
On note 𝑂𝐴′ = 𝑥 > 0 et de ce fait 𝑂𝐴 = 𝑥 − 𝐷 < 0 On en déduit l’équation :
1 1
− =𝑉
𝑥 𝑥−𝐷
soit l’équation du second degré en 𝑥 :
𝐷
𝑥2 − 𝐷𝑥 + =0
𝑉
.
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B
F' Axe optique A' +
A O
F

B'

Figure 2.19 – Focométrie méthode de Bessel.

87
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Chapitre 2 • Optique géométrique

le discriminant est :

Δ = 𝐷(𝐷 − 4 × 𝑓 ′ )

Cette équation du second degré aura 0, 1 ou 2 solutions selon la valeur de Δ. Si


Δ > 0 il y aura deux positions de la lentille qui donneront une image nette.
(b) On vient de voir que si Δ > 0 alors il y a deux positions 𝑥1 et 𝑥2 de la lentille qui
correspondent à une image nette. Cette condition est aussi : 𝐷 > 4 × 𝑓 ′ .
(c) On détermine dans le cas où 𝐷 > 4×𝑓 ′ l’expression des deux racines de 𝑥2 − 𝐷𝑥+
𝐷 × 𝑓′ = 0 :

𝐷 + 𝐷2 − 4𝐷𝑓 ′
𝑥1 =
2
et


𝐷− 𝐷2 − 4𝐷𝑓 ′
𝑥2 =
2
La distance entre les deux positions est donc :

|𝑥1 − 𝑥2 | = 𝑑 = 𝐷2 − 4𝐷𝑓 ′

(d) De ce qui précède on obtient :

𝐷2 − 𝑑 2
𝑓′ =
4𝐷
La distance 𝐷 étant connue et fixée, il suffit de mesurer expérimentalement 𝑑 pour
déterminer la distance focale image d’une lentille convergente, qui donne une image
réelle sur l’écran.
(e) Si 𝐷 = 4 × 𝑓 ′ , alors il n’y a qu’une racine double à l’équation, et donc une seule
position de la lentille qui donne une image nette. Dans ce cas bien sûr, on a :
𝐷
𝑓′ =
4

(f) Une lentille divergente (𝑉 < 0) ne peut pas donner d’image réelle sur un écran à
partir d’un objet réel, la méthode de Bessel est donc inopérante.
(g) On peut remarquer que si on accole à la lentille divergente une lentille convergente
de forte vergence (V > 0) alors le doublet peut se comporter comme une lentille
convergente 𝑉1 + 𝑉2 > 0, pour laquelle la méthode de Bessel peut s’appliquer. Si
la lentille a une vergence 𝑉 = −10 𝛿 il suffit de lui accoler une lentille convergente
telle que 𝑉 > +10 𝛿 et d’appliquer la méthode de Bessel au doublet.

88
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2 Exercices

Exercice 5 : La lunette astronomique

Une lunette astronomique est modélisable par deux lentilles convergentes :


– l’objectif, une lentille de grand diamètre et de grande focale,
– l’oculaire, une lentille de petit diamètre et de faible focale.
En montage afocal, la lunette permet d’observer un objet céleste situé à l’infini faisant

un angle 𝛼 sous la forme d’une image rejetée à l’infini, faisant un angle 𝛼 . On donne
les caractéristiques de l’objectif : 𝑓1′ = 20 𝑚 et un diamètre de 𝐷 = 90 cm.
(a) Faire un schéma du montage afocal.
(b) Définir et exprimer le grossissement G de la lunette.
(c) Calculer la focale image de l’oculaire pour avoir un grossissement 𝐺 = 700 et
en déduire la vergence associée.
(d) Déterminer approximativement le diamètre angulaire de la Lune sachant qu’elle
est environ 3, 8 × 105 km de la Terre et possède un rayon de 1, 7 × 103 km.
(e) Quel sera son diamètre apparent dans la lunette ?
(f) Le diamètre apparent d’une étoile est de 𝛼 ≈ 0, 02′′ . Quel sera son diamètre
apparent au travers de l’instrument ? Que verra-t-on ? On rappelle que le pouvoir
de résolution de l’œil est de 𝜖 ≈ 3 × 10−4 rad. Conclure sur l’intérêt de la lunette
astronomique.
(g) Le cercle cercle oculaire est l’image de l’objectif par l’oculaire (on doit pla-
cer l’œil au niveau du cercle oculaire pour collecter le maximum de lumière).
Construire le cercle oculaire dans le cas de la lunette afocale. Déterminer sa
position.
(h) On définit le champ d’une lunette comme l’ensemble des points visibles dans
l’instrument. La pupille d’entrée est l’objectif (c’est sa monture qui diaphragme)
et la pupille de sortie est le cercle oculaire. On note 2𝜔 l’angle sous lequel
l’oculaire est vu depuis le centre optique de l’objectif, ce qui représente le
champ moyen. Montrer que le champ moyen est inversement proportionnel au
grossissement G.
.
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Solution

(a) La construction est représentée sur la figure 2.20. Le foyer image 𝐹1′ de l’objectif est
confondu avec le foyer objet 𝐹2 de l’oculaire. Comme l’objet est supposé à l’infini,
l’image intermédiaire 𝐴1 𝐵1 se forme dans le plan focal image de l’objectif et sert
d’objet pour l’oculaire. Comme le montage est afocal, l’image finale se forme à
l’infini.
(b) Par définition, le grossissement angulaire de la lunette se définit comme :

𝛼
𝐺=
𝛼

89
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Chapitre 2 • Optique géométrique

A’∞ α O1 F’1 O2 F’2


A1 F2 α’
B

B1

L1 L2
B’∞

Figure 2.20 – Montage afocal - lunette astronomique F’1 = F2 - image finale à l’infini.

(c) Si le grossissement est 𝐺 = 700, cela implique que 𝛼 = 700 × 𝛼.
Les conditions de Gauss (petits angles) et la construction géométrique permettent
d’écrire que :
𝐴𝐵
tan 𝛼 ≈ 𝛼 = 1 ′ 1
𝑓1
′ 𝐴1 𝐵1 ′
et tan 𝛼 ≈ 𝛼 = .
𝑓2′
On en déduit donc que :
𝑓1′ 𝑉2
𝐺= =
𝑓2′ 𝑉1
𝑓1′20 1 𝐺
soit 𝑓2′ = = ≈ 2, 86 cm, ou une vergence 𝑉2 = ′ = ′ = 700∕20 = 35 𝛿.
𝐺 700 𝑓2 𝑓1
(d) Dans l’approximation des petits angles en radians on a :
2𝑟 2 × 1700
tan 𝛽 ≈ 𝛽 = = = 8, 9 × 10−3 rad = 0, 51◦
𝐷 3, 8 × 105

𝛽
(e) Avec le grossissement 𝐺 = , le diamètre angulaire apparent de la Lune sera :
𝛽

𝛽 ≈ 359◦
En fait, l’image de la Lune sortira forcément du champ de l’appareil : on peut donc
étudier en détail des régions très réduites de la surface lunaire.

(f) De la même façon que précédemment, on peut calculer le diamètre apparent 𝛼 de
l’étoile :

𝛼 = 14′′ ≪ 𝜖 = 3 × 10−4 rad = 62′′
Le point lumineux étoile vu à l’œil nu reste un point lumineux vu au travers de la
lunette. La lunette permet de ≪ grossir ≫ les objets proches de la Terre : planètes,

90
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2 Exercices

(L2)
(L1)

F1'
O1 *C
F2 O2

Figure 2.21 – Lunette - cercle oculaire.

comètes, astéroïdes... Par contre les étoiles sont trop éloignées pour être ≪ gros-
sies ≫. La lunette agit surtout comme un collecteur de lumière : un grand objectif
acquiert plus d’information lumineuse qu’un petit.
(g) Le cercle oculaire est repéré par les deux croix sur la figure 2.21. Le montage étant
afocal, il est facile de voir que le cercle oculaire est proche du plan focal image
de l’oculaire. Le cercle oculaire serait exactement dans le plan focal image si la
vergence de l’oculaire était infinie. Si on note 𝜃 l’angle sous lequel on voit l’objectif
′ 𝑅
depuis 𝐹1′ et 𝜃 l’angle sous lequel on voit l’objectif depuis 𝑂2 on a : 𝜃 ≈ ′ et
𝑓1
′ 𝑅
𝜃 ≈ ′ < 𝛼, avec 𝑅 le rayon de l’objectif.
𝑓1 + 𝑓2′
Si on note 𝑟 le rayon du cercle oculaire, on trouve :
𝑟
𝜃= ′
𝑓2
et
′ 𝑟
𝜃 =
𝑂2 𝐶
avec 𝐶 la position du cercle oculaire. Avec le théorème de Thalès on trouve aussi :
𝑟 𝑓′
= 2′
𝑅 𝑓1
un peu de calcul donne finalement :
𝑓2′
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

𝑂2 𝐶 = 𝑓2′ (1 + ) ≈ 𝑓2′
𝑓1′
car 𝑓1′ >> 𝑓2′ puisque 𝑓1′ = 𝐺 × 𝑓2′ .
𝐶 est proche du foyer image de l’oculaire.
(h) Dans l’approximation habituelle des petits angles en montage afocal, (en notant 𝐴
le rayon de l’oculaire), on a le champ :
𝐴 𝐴 𝐴
2𝜔 = 2 × ≈2× =2×

𝑂1 𝐹1 + 𝐹1 𝑂2

𝑂1 𝐹1
′ 𝑓1′

car 𝑂1 𝐹1′ = 𝑓1′ >> 𝐹1′ 𝑂2 = 𝐹2 𝑂2 = 𝑓2′ .

91
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:53 — page 92

Chapitre 2 • Optique géométrique


On se donne ensuite l’angle 2𝜔 , angle sous lequel on voit l’oculaire depuis le foyer
image 𝐹2′ de l’oculaire (c’est là qu’on place l’œil pour observer l’image, sur le cercle
oculaire) :
′ 𝐴
2×𝜔 =2× ′
𝑓2
On en déduit finalement :

2𝜔
2𝜔 =
𝐺

Exercice 6 : Focométrie 2 - Méthode de Silbermann

On reprend l’exercice consacré à la méthode de Bessel. On fait l’hypothèse que la


distance 𝐷 objet-écran vaut exactement 4 × 𝑓 ′ . On suppose que la lentille de focale
image 𝑓 ′ inconnue est mobile.
(a) Combien y a t-il de positions de la lentille donnant une image nette sur l’écran ?
(b) Que vaut alors la distance focale image de la lentille ?
(c) Expliquer comment mettre en œuvre cette méthode de détermination de la focale.

Solution
(a) On sait que ce cas particulier correspond à une racine double du polynôme 𝑥2 −𝐷𝑥+
𝐷𝑓 ′ = 0, avec un discriminant Δ = 0. Il y a donc une seule position 𝑥 donnant une
image nette sur l’écran,
𝐷
(b) On a bien sûr le résultat expérimental : 𝑓 ′ = .
4
(c) On doit procéder par étapes successives :
– en choisissant au départ une grande distance 𝐷 > 4𝑓 ′ ,

– en trouvant expérimentalement la distance 𝑑 = 𝐷2 − 4𝐷𝑓 ′ qui sépare les deux
positions 𝑥1 et 𝑥2 adéquates de la lentille,
– en réduisant la distance 𝐷 petit à petit, et en réitérant les étapes précédentes jus-
qu’à obtenir une seule valeur de 𝑥. Dans le cas étudié ici le grandissement vaut
𝛾 = −1, l’image est réelle, renversée et de même taille que l’objet. En effet, si
𝐷 𝐷
𝑥1 = 𝑥2 = = 𝑂𝐴′ , alors comme 𝑂𝐴 = 𝑂𝐴′ − 𝐷 = − , on trouve 𝛾 = −1.
2 2

Exercice 7 : Le télescope de Newton

Un télescope de Newton est constitué d’un miroir primaire sphérique concave de dia-
mètre 130 mm et de focale 𝑓𝑚 = 1 200 mm et d’un miroir secondaire plan (incliné
à 45◦ sur l’axe optique principal) qui renvoie la lumière vers l’oculaire. On assimile
cet oculaire à une lentille convergente de vergence 𝑉 = +50 𝛿. Le télescope est sché-
matisé dans son principe sur la figure 2.22. Le télescope pointe vers la planète Mars
dont le diamètre angulaire vaut 𝜃 = 20′′ . En principe le miroir principal du télescope

92
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2 Exercices

de Newton devrait être de forme parabolique, mais si son diamètre est inférieur à 150
mm on peut se contenter d’une forme sphérique.
focale

miroir secondaire

diamètre

foyer miroir primaire

oculaire

Figure 2.22 – Télescope de Newton - principe.

(a) Construire l’image intermédiaire d’un objet supposé à l’infini, faisant un angle 𝜃
avec l’axe optique du miroir principal.

(b) Construire l’image finale au travers de l’oculaire, sachant que l’image donnée par
le miroir plan est dans le plan focal objet de l’oculaire.

(c) Définir et exprimer le grossissement du télescope de Newton en fonction des


focales.

(d) Calculer le diamètre angulaire de l’image finale de Mars.

(e) Le pouvoir de résolution est la capacité d’un système optique à révéler les détails,
il augmente avec le diamètre du miroir principal. Le pouvoir de résolution mesure
le plus petit angle séparant deux points que l’on parvient à voir comme distincts
l’un de l’autre : environ 1 minute d’arc pour l’œil humain.
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

Le pouvoir de résolution est limité par le phénomène de diffraction : on se conten-


tera de dire ici que pour un instrument d’ouverture circulaire de diamètre 𝐷 et pour
une longueur d’onde 𝜆, la partie centrale de la tache circulaire de diffraction d’Airy
(figure 2.23) a une dimension angulaire (en radians) :

1, 22𝜆
𝜃≈
𝐷

Un point donne une image comme la tache d’Airy de la figure 2.23. La diffraction est
un phénomène ondulatoire qui limite le pouvoir de résolution d’un instrument étudié
dans le cadre de l’optique géométrique.

93
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:53 — page 94

Chapitre 2 • Optique géométrique

Figure 2.23 – Tache d’Airy - ouverture circulaire.

On prendra pour critères :


– pour être résolus, deux points lumineux doivent être séparés par au moins un
2, 44𝜆
angle égal à deux fois la partie centrale de la tache d’Airy : Δ𝜃 ≈ ,
𝐷
– la longueur d’onde souvent choisie est au milieu du spectre : 𝜆 = 550 nm.
Calculer le pouvoir théorique de résolution du télescope.
(f) Sachant que Mars est à environ 𝑑 = 80 millions de km de la Terre (cette distance
varie beaucoup selon les positions relatives de la Terre de Mars et du Soleil),
déterminer en km la taille 𝑥 du plus petit détail visible à la surface.

Solution
(a) La figure 2.24 donne la construction de l’image intermédiaire. Comme l’objet est à
l’infini, l’image se forme dans le plan focal image.
(b) La figure 2.25 donne la construction de l’image finale. Comme l’image intermé-
diaire est dans le plan focal objet de la lentille oculaire, l’image finale est rejetée à
l’infini. Le montage est afocal.

– +
F S

Figure 2.24 – Télescope de Newton - miroir principal - image dans le plan focal image.

94
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2 Exercices

A1 F1 q S
q
B1
B2 A2
F2

O2 L2


F’2

Figure 2.25 – Télescope de Newton - deux miroirs + oculaire : montage afocal.


(c) En notant 𝜃 l’angle formé par l’image finale au travers de l’oculaire, on peut définir
le grossissement du télescope comme :

𝜃
𝐺=
𝜃
D’après la construction, le miroir plan sert simplement à renvoyer l’image intermé-
diaire donnée par le miroir sphérique dans le plan focal objet de la lentille oculaire.
L’image finale se forme donc à l’infini, et on a (on se trouve dans les conditions de
Gauss, on fait donc l’approximation des petits angles) :
′ 𝐴2 𝐵2
𝜃 =
𝑓2′

et de même pour l’image intermédiaire :


𝐴1 𝐵1
𝜃=
.

𝑓𝑚
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Le grossissement est donc donné par :


𝑓𝑚 1 200
𝐺= = = 60
𝑓2′ 20

1 1
En effet, on a 𝑓2′ = = = 0, 020 m = 20 mm.
𝑉 50

(d) La taille angulaire de l’image1 de Mars est donc : 𝜃 = 60 × 20 = 1 200′′ ≈ 20′ .

1. On rappelle que 1 minute d’arc contient 60 secondes d’arc.

95
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Chapitre 2 • Optique géométrique

(e) En utilisant les critères proposés on trouve un pouvoir de résolution théorique :

2, 44 × 550 × 10−9
Δ𝜃𝑚𝑖𝑛 = ≈ 2, 13′′
0, 13
(f) Dans l’approximation des petits angles, on trouve :
𝑥
tan(Δ𝜃𝑚𝑖𝑛 ) = ≈ Δ𝜃𝑚𝑖𝑛
𝑑
soit
𝑥 ≈ Δ𝜃𝑚𝑖𝑛 × 𝑑 ≈ 826 km
C’est à peu près la taille du plus grand volcan de Mars (Olympus Mons, qui a un
diamètre de 648 km). La résolution réelle du télescope est cependant moins bonne
que ce que l’on vient de calculer, du fait en particulier des troubles atmosphériques.
En pratique on ne pourra pas résoudre Olympus Mons dans le télescope.

Exercice 8 : Le télescope de Cassegrain

Le télescope de Cassegrain est composé d’un miroir principal sphérique 𝑀1 concave


de foyer 𝐹1 et d’un miroir secondaire sphérique convexe 𝑀2 de foyer 𝐹2 . On note 𝐹
le foyer du télescope. On note 𝑆1 et 𝑆2 le sommet de chacun des miroirs, et 𝐶1 , 𝐶2
le centre de chacun d’entre eux. La lumière arrive de l’infini vers le miroir principal.
Le miroir secondaire est de petite dimension pour ne pas obstruer l’entrée. Une petite
ouverture au centre du miroir principal permet d’obtenir l’image réelle finale, et de
l’observer grâce à un oculaire. La figure 2.26 rend compte du dispositif. Dans ce
dispositif, c’est la position du miroir primaire qui est réglable, selon une latitude Δ
de quelques millimètres. Le miroir secondaire est fixe.
(a) Que représente le foyer 𝐹 du télescope de Cassegrain ? Comme trouver sa
position à partir des données des miroirs 𝑀1 et 𝑀2 ?
(b) Définir et donner le signe des focales des 2 miroirs 𝑀1 et 𝑀2 , en choisissant un
sens positif pour la lumière.
(c) Obtenir une relation entre les focales 𝑓1 , 𝑓2 des miroirs, et les distances algé-
briques 𝐷 = 𝑆2 𝑆1 et 𝑑 = 𝑆1 𝐹 .

S2 S1
F2 F1 F

M2 M1

Figure 2.26 – Télescope de type Cassegrain.

96
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2 Exercices

(d) Exprimer la quantité 𝑑 en fonction de 𝑓1 , 𝑓2 et 𝐷.


(e) On donne les valeurs 𝑆1 𝐹1 = −1 000 mm et 𝑆2 𝐹2 = −345 mm, ainsi que la
distance réglable minimale 𝐷𝑚𝑖𝑛 = 740 mm. On considère que la latitude de
réglage entre les 2 miroirs est de Δ = 20 mm, quelle est la latitude dans la
position du foyer 𝐹 du télescope ?
(f) On observe la Lune, considérée comme un objet à l’infini. Le diamètre lunaire est
de 𝑎 = 3 500 km et situé à une distance 𝐴 = 384 000 km. Déterminer la position
et la taille de l’image intermédiaire 𝐴′ 𝐵 ′ de la Lune par le miroir primaire.
(g) En déduire le grandissement 𝛾 de 𝐴′ 𝐵 ′ par le miroir secondaire.
(h) Calculer la dimension 𝐴′′ 𝐵 ′′ de l’image finale de la Lune (dans le cas 𝐷𝑚𝑖𝑛 ).
(i) Quelle est la distance focale équivalente 𝐹𝐹 d’une lentille mince qui donne de
la Lune la même image 𝐴′′ 𝐵 ′′ ? Quel est l’intérêt du télescope Cassegrain par
rapport à la lunette équivalente ?

Solution

(a) Il est clair que 𝐹 est l’image du foyer 𝐹1 au travers du miroir 𝑀2 (𝐹 et 𝐹1 sont
conjugués). On a la relation de conjugaison pour le miroir 2 :
1 1 2 1
+ = =
𝑆2 𝐹 𝑆2 𝐹1 𝑆2 𝐶2 𝑆2 𝐹2

Tableau 2.2 – Télescope de Cassegrain.

d
𝐷𝑚𝑖𝑛 = 740 mm 315, 3 mm
𝐷𝑚𝑎𝑥 = 760 mm 28, 6 mm

(b) On choisit comme sens positif de la lumière le sens vers le miroir primaire. On a
alors :
𝑆1 𝐶1
.

𝑓1 = 𝑆1 𝐹1 = <0
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2
et
𝑆2 𝐶2
𝑓2 = 𝑆2 𝐹2 = <0
2
(c) La relation de conjugaison peut s’écrire alors :
1 1 1
+ =
𝐷 + 𝑑 𝐷 + 𝑓1 𝑓2
(d) La relation précédente amène :
𝑓2 (𝐷 + 𝑓1 )
𝑑= −𝐷
𝐷 + 𝑓1 − 𝑓2

97
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Chapitre 2 • Optique géométrique

(e) On utilise la formule de la question précédente avec les valeurs 𝐷𝑚𝑖𝑛 = 740 mm et
𝐷𝑚𝑎𝑥 = 760 mm. On dresse le tableau 2.2 des valeurs de 𝑑, précisant la position du
foyer 𝐹 . La latitude de position de 𝐹 est donc de 𝛿𝑑 ≈ 286, 7 mm.
(f) La Lune est supposée être à l’infini, tous les rayons qui en proviennent sont donc
parallèles entre eux. En particulier, le rayon passant par le centre optique et qui n’est
pas dévié, permet la détermination de l’image 𝐴′ 𝐵 ′ qui se trouve forcément dans le
plan focal du miroir principal. L’approximation des petits angles donne, en notant
𝜖 la taille angulaire de la Lune vue à l’œil nu (les quantités sont toutes considérées
en valeur absolue) :
𝑎 𝐴′ 𝐵 ′
𝜖= ≈ = 9, 1 × 10−3 rad
𝐴 𝐶1 𝐹1
soit
𝐴′ 𝐵 ′ ≈ 1000 × 9, 1 × 10−3 = 9, 1 mm

(g) L’image intermédiaire 𝐴′ 𝐵 ′ sert d’objet virtuel pour le miroir 𝑀2 . L’image finale
se forme dans le plan focal passant par le point F (puisque 𝐴′ est confondu avec 𝐹1 ).
Le grandissement s’écrit, sans tenir compte des signes :
𝐴′′ 𝐵 ′′ 𝑆2 𝐴′′
𝛾= =
𝐴′ 𝐵 ′ 𝑆2 𝐴′
La relation de conjugaison pour le miroir 𝑀2 s’écrit donc :
1 1 1
+ =
𝑆2 𝐴′′ 𝑆2 𝐴′ 𝑆2 𝐹2
soit encore :
𝑓2 (𝐷 + 𝑓1 )
𝑆2 𝐴′′ =
𝐷 + 𝑓1 − 𝑓2
car 𝑆2 𝐴′ = 𝑆2 𝐹1 = 𝑆2 𝑆1 + 𝑆1 𝐹1 = 𝐷 + 𝑓1 .
Finalement :
𝑆2 𝐴′′ || 𝑓2 |
| ≈ 4, 059
𝛾= =| |
𝑆2 𝐴′
| 𝐷 + 𝑓1 − 𝑓2 |
(h) On peut maintenant calculer la dimension :
𝐴′′ 𝐵 ′′ ≈ 4, 059 × 9, 1 ≈ 36, 9 mm

(i) La lentille convergente équivalente doit donner de la Lune une image dans le plan
focal image d’une taille 𝐴′′ 𝐵 ′′ = 36, 9 mm. Soit en fait :
𝐴′′ 𝐵 ′′
𝑓′ ≈ = 4 059 mm ≈ 4, 1 m
𝜖
La focale équivalente est donc 𝑓 ′ = 4, 1 m, l’encombrement de la lunette est bien
plus important que celui de notre télescope : |𝑆1 𝐹1 | = 1 000 mm.

98
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2 Exercices

Remarque finale : Le miroir principal du télescope de Cassegrain est sphérique,


il devrait être de forme parabolique pour avoir un meilleur stigmatisme. Il serait
alors plus difficile et plus coûteux à réaliser, surtout pour les grands diamètres. Du
fait de sa sphéricité, le miroir n’est plus stigmatique quand on s’éloigne un peu des
conditions de Gauss, mais on corrige les aberrations (dites de coma) en introduisant
une lame de verre supplémentaire, (la lame de Schmidt) qui ferme le tube, au niveau
du secondaire. Cette lame de verre transparente a une épaisseur variable, ce qui va
permette de corriger l’aberration de coma qui vient de ce que le miroir sphérique
est trop épais sur le bord. Cependant cela introduit des aberrations chromatiques, car
l’indice du verre dépend de la longueur d’onde... Il faut faire attention au choix du
verre (borosilicate) et à sa fonction 𝑛(𝜆). Un télescope de ce type est dit de Schmidt-
Cassegrain. On parle aussi de télescope catadioptrique car il est conçu à partir de
lentilles (ou lames) réfractantes et de miroirs réfléchissants.
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

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Chapitre 3
Mécanique des fluides

1 Rappels de cours
1.1 Grandeurs importantes
On étudie dans ce chapitre des notions élémentaires de mécanique des fluides :
– la statique des fluides, où le fluide (compressible ou incompressible) considéré est
globalement au repos,
– la dynamique des fluides parfaits, où le fluide en mouvement est sans viscosité,
– la dynamique des fluides visqueux, où le fluide en mouvement a une viscosité non
nulle.
Une notion essentielle dans cette partie est celle de ligne de courant, qui permet à
chaque instant de décrire le fluide en mouvement. On la définit comme étant la courbe
tangente à la vitesse des particules de fluide à un instant t donné. Cette notion représente
la « photo instantanée », à un instant précis du comportement global du fluide.
Il ne faut pas la confondre avec celle de trajectoire d’une particule au cours du
temps, qui en suit le mouvement. Notons aussi cette notion de « particule » de fluide,
qui représente en fait une assemblée macroscopique de molécules, considérée comme
une unité se déplaçant comme un « bloc ».
Rappelons aussi que tous les fluides (ou presque) présentent une certaine viscosité,
même minime. La notion de fluide parfait, non visqueux, est une idéalisation, pra-
tique, qui approche souvent le comportement réel d’un fluide visqueux, que l’on pourra
caractériser par sa viscosité cinématique, ou bien sa viscosité dynamique.
Dans toute la suite on note :
– 𝜌 la masse volumique,
.

– 𝜈 la viscosité cinématique,
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– 𝜇 la viscosité dynamique,
– 𝑝 la pression,
– 𝑄 le débit massique ou volumique.
Les valeurs usuelles utilisées dans ce chapitre sont :
– La masse volumique de l’eau : 𝜌 = 1 000 kg∕m3 ,
– la masse volumique de la glace (d’eau) : 𝜌𝑔𝑙𝑎𝑐𝑒 ≈ 900 kg∕m3 ,
– l’accélération de la pesanteur : 𝑔 ≈ 10 m ⋅ s−2 ,
– la pression atmosphérique usuelle : 𝑝atm = 1 013 hPa.

101
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Chapitre 3 • Mécanique des fluides

1.2 Statique des fluides


On considère un fluide, compressible ou non compressible, de masse volumique 𝜌, au
repos dans le champ g de pesanteur terrestre. En notant 𝑂𝑧 l’axe vertical ascendant, le
gradient de pression s’écrit :
d𝑃
= −𝜌 × 𝑔
d𝑧
La poussée d’Archimède est une force verticale (dirigée vers le haut) qui s’exerce
sur un corps solide plongé dans un fluide. Son intensité est égale au poids du volume
de fluide déplacé (par le solide). La poussée d’Archimède est orientée selon la verticale
ascendante 𝑂𝑧 :
𝐹⃗𝐴𝑟𝑐ℎ𝑖𝑚𝑒𝑑𝑒 = 𝜌𝑓 𝑙𝑢𝑖𝑑𝑒 × 𝑉𝑠𝑜𝑙𝑖𝑑𝑒 × 𝑔 × 𝑒⃗𝑧

Dans tous les exercices qui suivront, lorsqu’un solide est partiellement plongé dans
un liquide (de l’eau le plus souvent), on négligera la poussée d’Archimède due à l’air.
En effet, la masse volumique de l’air est environ 1 000 fois plus faible que celle de l’eau.

1.3 Dynamique des fluides parfaits


On s’intéresse dans ce paragraphe aux fluides parfaits, c’est-à-dire de viscosité nulle ou
négligeable. Lorsqu’un fluide homogène et incompressible circule dans un tuyau, on dit
que le régime est stationnaire si le débit peut être considéré comme indépendant du
temps. On distingue le débit volumique (unité SI : m3 ⋅ s−1 ) et le débit massique (unité
SI : kg ⋅ s−1 ). Si on note 𝑆 la section droite du tuyau et 𝑣 la vitesse (moyenne) du fluide
à cet endroit, on a la relation de définition :
𝑄𝑉 = 𝑆 × 𝑣
en supposant que la vitesse est uniforme sur toute la section 𝑆. Le débit massique, dans
le cas d’un écoulement incompressible, est donné par :
𝑄𝑚 = 𝜌 × 𝑄𝑉

La conservation du débit volumique entre deux points s’écrit :


𝑄𝑉 = 𝑆1 × 𝑣1 = 𝑆2 × 𝑣2 = constante

Lorsqu’un écoulement de fluide est homogène, incompressible et stationnaire, si


la viscosité du fluide est négligeable, on peut écrire (le long d’une ligne de courant)
l’équation de Bernoulli :
𝑣2 𝑝
+ 𝑔 × 𝑧 + = constante
2 𝜌

102
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1 Rappels de cours

Cette équation est en fait une équation de conservation de l’énergie :


E cinetique + E potentielle + E pression = constante

1.4 Fluides visqueux et nombre de Reynolds


Le nombre de Reynolds est une quantité sans dimension, qui permet de caractériser
et de comparer des écoulements de fluides visqueux dans différentes configurations. Si
deux écoulements ont le même nombre de Reynolds, malgré des différences géomé-
triques ou de nature de fluides, on dit qu’ils sont similaires. On définit le nombre de
Reynolds comme :
𝑣×𝐷 𝜌×𝑣×𝐷
𝑅𝑒 = =
𝜈 𝜇
– 𝑣 représente la vitesse de l’écoulement,
– 𝐷 une taille caractéristique de l’écoulement (diamètre d’un tuyau par exemple),
– 𝜈 est la viscosité cinématique en m2 ⋅ s−1 ,
– 𝜇 la viscosité dynamique en kg ⋅ m−1 ⋅ s−1 ,
– 𝜌 la masse volumique du fluide en kg ⋅ m−3 .
La relation entre les deux viscosités s’écrit :
𝜇 =𝜈×𝜌
Le nombre de Reynolds mesure le rapport des forces d’inertie, liées au mouvement sur
les forces de viscosité, liées à la nature intrinsèque du fluide.
On distingue trois cas, selon les valeurs de 𝑅𝑒 :
1. Si 𝑅𝑒 < 2 000 l’écoulement du fluide est dit laminaire, c’est-à-dire que l’en-
semble du fluide a le même écoulement, du fait de la viscosité du fluide, qui
maintient l’ensemble comme un tout plus ou moins cohérent. On observe des
lignes de courant stables (et on peut donc appliquer le théorème de Bernoulli).
2. Si 2 000 < 𝑅𝑒 < 3 000, l’écoulement est dit en régime transitoire, c’est-à-dire
que des instabilités apparaissent, les lignes de courant se brouillent.
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

3. Si 𝑅𝑒 > 3 000 les forces d’inertie l’emportent sur la viscosité, l’écoulement est
dit turbulent, c’est-à-dire que l’écoulement présente des tourbillons de fluides à
de multiples échelles
Selon la littérature, on peut trouver d’autres valeurs limites du nombre de Reynolds, il
s’agit d’ordres de grandeur.

103
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Chapitre 3 • Mécanique des fluides

1.5 Notion de pertes de charge


Les forces de viscosité, toujours présentes dans un écoulement, engendrent des pertes
d’énergie dans le fluide. Le frottement sur les parois joue aussi un rôle dans ces pertes.
On introduit donc la notion de perte de charge linéique (en notant 𝐿 la longueur de
conduite). Cela représente la chute de pression par unité de longueur de conduite, que
l’on exprime en Pa ⋅ m−1 :
Δ𝑝 𝜌 × 𝑣2 ∕2
=𝜆×
𝐿 𝐷
On observe ces pertes de charge linéaires dans le sens de l’écoulement.
Le terme 𝜆 est appelé facteur de perte de charge linéique (c’est une quantité sans
dimension).
Pour déterminer ce facteur de perte 𝜆, on distingue plusieurs cas :

Figure 3.1 – Pertes de charge régulières dans un écoulement.

– Si l’écoulement est laminaire, la formule phénoménologique de Poiseuille donne :


64
𝜆= .
𝑅𝑒
– Si l’écoulement est turbulent et que le tuyau est lisse (sans rugosité) avec 𝑅𝑒 <
100 000, on peut utiliser la formule dite de Blasius :
0, 316
𝜆=
𝑅𝑒0,25
– Si l’écoulement est turbulent de façon générale, la formule (complexe, que l’on ne
peut utiliser que par itérations successives ou avec une abaque !) de Colebrook donne :
( )
1 𝑘 2, 51
√ = −2 × 𝑙𝑜𝑔10 + √
𝜆 3, 7 × 𝐷 𝑅𝑒 × 𝜆

104
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:55 — page 105

2 Exercices

Le coefficient 𝑘 représente la rugosité du tube (c’est une longueur qui caractérise la


présence d’aspérités dans la canalisation). Typiquement la valeur de 𝑘 peut varier de :
0,001 mm pour un PVC à 0,05 mm pour un acier soudé, 0,5 mm pour un acier rouillé
et 1,0 mm pour un béton. Il existe des tables de rugosité.

2 Exercices
2.1 Statique des fluides
Exercice 1 : Statique des fluides : l’iceberg flottant

On veut calculer ici, quelle que soit la forme de l’iceberg, la fraction du volume
émergé sur le volume total. On suppose que l’iceberg de volume total V est en
équilibre (flottaison) sur l’eau liquide. Voir la figure 3.2. On connaît :
– la masse volumique de l’eau liquide : 𝜌𝑙𝑖𝑞𝑢𝑖𝑑𝑒 = 1 025 kg∕m3
– la masse volumique de l’eau glace : 𝜌𝑠𝑜𝑙𝑖𝑑𝑒 = 900 kg∕m3
(a) Quelle est la relation entre le volume total V, le volume émergé et le volume
immergé ?

Poussée d'Archimède
(point d’application : centre de gravité du volume immergé)

Volume émergé
Ve
niveau de l'eau liquide

Volume immergé
Vi
.
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Poids total de l'iceberg


(point d'application : centre de gravité de l'iceberg)

le centre de gravité de l'iceberg n'est pas confondu


avec le centre de gravité du volume immergé

Figure 3.2 – Flottaison d’un iceberg.

105
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Chapitre 3 • Mécanique des fluides

(b) Faire le bilan des forces qui s’exercent sur l’iceberg.


(c) Calculer le pourcentage du volume total V qui est immergé.
(d) Calculer le pourcentage du volume total V qui est émergé.

Solution

(a) Le volume total 𝑉 se partage entre la partie immergée 𝑉𝑖 et la partie émergée 𝑉𝑒 ,


soit :

𝑉 = 𝑉𝑒 + 𝑉𝑖

(b) L’iceberg est en équilibre, sous l’effet de son poids et de la poussée d’Archimède
liée au volume d’eau déplacée par la partie immergée de glace :

𝐹⃗𝑎𝑟𝑐ℎ𝑖 + 𝑚 × 𝑔⃗ = 0⃗

La poussée d’Archimède est en principe due à l’action de l’eau pour la partie im-
mergée de l’iceberg, et à l’air pour la partie émergée. Cependant on néglige cette
seconde contribution car la masse volumique de l’air est très faible devant celle de
l’eau, et que de plus, le volume de glace émergé est faible devant celui immergé.

106
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:55 — page 107

2 Exercices

(c) On peut donc écrire en projection sur l’axe vertical orienté vers le haut :

𝜌𝑒𝑎𝑢 × 𝑉𝑖 × 𝑔 − 𝜌𝑔𝑙𝑎𝑐𝑒 × 𝑉 × 𝑔 = 0

soit encore :

𝜌𝑔𝑙𝑎𝑐𝑒 × 𝑉 = 𝜌𝑒𝑎𝑢 × 𝑉𝑖

finalement on en déduit que :

𝑉𝑖 𝜌𝑔𝑙𝑎𝑐𝑒 900
= = ≈ 88 %
𝑉 𝜌𝑒𝑎𝑢 1025

𝑉
(d) Bien sûr on trouve : 𝑒 = 12%, 12 pour cent seulement de l’iceberg est visible au
𝑉
dessus de l’eau.

Exercice 2 : Statique des fluides : entre deux eaux

Une sphère pleine, de rayon 𝑅 = 5, 0 cm, et de densité 𝑑𝑏 = 0, 85 est placée dans


un récipient rempli d’une couche d’eau et d’une couche d’huile (de densité 𝑑ℎ =
0, 82). Ces deux liquides sont supposés être non miscibles. La sphère est totalement
immergée en équilibre, une partie se trouvant dans l’eau et l’autre partie dans l’huile.
(a) Déterminer le volume de la sphère se trouvant dans l’huile.
(b) Déterminer le volume de la sphère se trouvant dans l’eau.
(c) Reprendre l’étude, et tracer la fraction de la sphère dans l’huile en fonction de la
densité 𝑑ℎ de l’huile (si on peut utiliser des huiles de densité différentes).

Solution

(a) On sait que la densité d’un corps est le quotient de sa masse volumique sur celle de
𝜌
l’eau : 𝑑 = . On note 𝑉 le volume total de la sphère, et 𝑉ℎ la partie dans l’huile,
𝜌𝑒
𝑉𝑒 la partie dans l’eau : 𝑉 = 𝑉ℎ + 𝑉𝑒 . La sphère, qui est en équilibre, subit trois
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

forces :

– son poids 𝑃⃗ = 𝑚 × 𝑔,

– la poussée d’Archimède, liée au volume d’huile déplacé par la bille :

𝐹⃗ℎ = −𝜌ℎ × 𝑉ℎ × 𝑔⃗

– la poussée d’Archimède, liée au volume d’eau déplacé par la bille :

𝐹⃗𝑒 = −𝜌𝑒 × 𝑉𝑒 × 𝑔⃗

107
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Chapitre 3 • Mécanique des fluides

En projetant cet équilibre on trouve l’équation :


𝜌ℎ × 𝑉ℎ + 𝜌𝑒 × 𝑉𝑒 = 𝜌𝑏 × 𝑉 = 𝜌𝑏 × (𝑉ℎ + 𝑉𝑒 )
avec 𝜌𝑏 = 𝑑𝑏 × 𝜌𝑒 , ce qui donne :
𝜌𝑏 − 𝜌𝑒
𝑉ℎ = 𝑉 ×
𝜌ℎ − 𝜌𝑒
soit encore :
𝑑𝑏 − 1
𝑉ℎ = 𝑉
𝑑ℎ − 1
soit numériquement :
𝑉ℎ 𝑑 −1 0, 85 − 1
= 𝑏 = ≈ 83, 3 %
𝑉 𝑑ℎ − 1 0, 82 − 1
soit en volume :
4
𝑉ℎ = 83, 3 % × 𝜋 × 𝑅3 ≈ 436 cm3
3
(b) Par soustraction on trouve évidemment :
𝑉𝑒
= 1 − 0, 833 ≈ 16, 7 %
𝑉
soit encore :
𝑉𝑒 = 87 cm3

(c) La formule de la fraction dans l’huile s’écrit (pour une densité de bille fixée) :
𝑉ℎ 0, 85 − 1 0, 15
=𝑋= =
𝑉 𝑑ℎ − 1 1 − 𝑑ℎ
La valeur maximale de la densité de l’huile doit être égale à celle de la bille (sinon
cette dernière flotterait sur l’huile). On obtient la figure 3.3 qui représente la fraction
de la bille dans l’huile. On remarque que s’il n’y a pas d’huile (densité nulle), la
bille flotte sur l’eau, 15 % de la bille étant dans le fluide de densité nulle (l’huile
hypothétique). Par ailleurs, si l’huile a une densité égale à celle de la bille (0, 85),
dans ce cas 100 % de la bille est en flottaison dans l’huile.

Exercice 3 : Statique des fluides : le baromètre de Torricelli

Un baromètre à mercure (Hg) de Torricelli (voir la figure 3.4) est constitué d’un
réservoir de mercure dans lequel trempe un capillaire fermé à l’extrémité supérieure.
Ce capillaire est initialement entièrement rempli de mercure, et le niveau de métal
liquide descend (une fois que l’on a renversé le capillaire dans le mercure), pour se
stabiliser à une certaine hauteur 𝐻 au-dessus du réservoir. La pression moyenne au
niveau de la mer sera prise comme valant : 𝑝𝑎 = 1, 0 atm = 1 013 hPa. La hauteur de

108
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2 Exercices

fraction dans l'huile


en fonction de la densité de l'huile
1,2

0,8

0,6

0,4

0,2

0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9

Figure 3.3 – Fraction de la bille dans l’huile selon sa densité.

Vide
760 mm

Pression
atmosphérique

Figure 3.4 – Principe du baromètre de Torricelli.


.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

mercure au-dessus du réservoir est en moyenne de 760 mm et varie en fonction de


la pression atmosphérique locale. On admet ici que le volume vide au dessus de la
colonne de mercure est à une pression nulle (en fait la pression de vapeur saturante,
considérée ici comme négligeable).
(a) Utiliser la loi de la statique des fluides pour exprimer la hauteur de mercure 𝐻
en fonction de 𝜌, 𝑝𝑎 et 𝑔.
(b) Calculer la valeur de la masse volumique du mercure en prenant pour l’accélé-
ration de la pesanteur : 𝑔 = 9, 81 m ⋅ s−2 .
(c) En cas d’augmentation de la pression atmosphérique, le niveau de mercure dans
le capillaire va-t-il monter ou descendre ?

109
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Chapitre 3 • Mécanique des fluides

(d) Si on mesure sur le baromètre à mercure une hauteur ℎ = 755 mm, quelle sera la
pression 𝑝 en Pa ? En atm ?
(e) Étudier la faisabilité d’un baromètre de Torricelli à eau.

Solution

(a) La pression au sommet de la colonne de Torricelli est nulle (il s’agit de vide), et
celle en bas de la colonne est équivalente à la pression atmosphérique 𝑝𝑎 . On peut
donc écrire l’équation de la statique des fluides :
Δ𝑝 = 0 − 𝑝𝑎 = −𝜌𝐻𝑔 × 𝐻 × 𝑔
soit encore :
𝑝𝑎
𝐻=
𝜌𝐻𝑔 × 𝑔
(b) De l’équation précédente on tire :
𝑝𝑎 101 300
𝜌𝐻𝑔 = = ≈ 13, 6 × 103 kg ⋅ m−3
𝐻 ×𝑔 0, 760 × 9, 81
(c) L’équation qui donne la hauteur 𝐻 de mercure dans le baromètre montre que plus la
pression atmosphérique est grande, plus H sera grand (mesure de hautes pressions).
Le niveau de mercure dans le capillaire va donc monter.
(d) Dans ce cas : 𝑝 = 13 587 × 0, 755 × 9, 81 = 1 006 hPa ≈ 0, 993 atm.
(e) Dans le cas d’un baromètre à eau, on aura :
𝑝𝑎 101 300
𝐻= = ≈ 10, 3 m
𝜌𝑒𝑎𝑢 × 𝑔 1 000 × 9, 81
Pour une pression de 1,0 atm, ce qui oblige à avoir une très haute colonne, rendant
le baromètre à eau difficile à construire et à installer chez soi !

Exercice 4 : Statique des fluides : flottaison d’un tronc d’arbre

Un tronc d’arbre cylindrique de section circulaire de diamètre 𝐷 = 1, 0 m et de


longueur 𝐿 est à l’équilibre en s’enfonçant dans l’eau sur une hauteur de ℎ.
(a) Calculer la masse volumique de l’arbre si ℎ = 50, 0 cm.
(b) Calculer la masse volumique de l’arbre si ℎ = 45, 0 cm.

Solution

(a) Le tronc d’arbre à l’équilibre statique est enfoncé de ℎ = 𝐷∕2 = 50 cm = 𝑅 dans


l’eau. La section 𝑆 immergée s’écrit : 𝑆 = 𝜋 × ℎ2 ∕2. On peut écrire l’équilibre entre
son poids et la poussée d’Archimède, en notant 𝑉 le volume total et 𝑉𝑖 le volume
immergé dans l’eau :
𝜌𝑏 × 𝑉 × 𝑔 = 𝜌𝑒𝑎𝑢 × 𝑉𝑖 × 𝑔

110
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2 Exercices

soit encore :
𝜌𝑒𝑎𝑢 × 𝑉𝑖 𝜌 × 𝐿 × 𝜋 × ℎ2 ∕2 𝜌𝑒𝑎𝑢 ℎ2 2 × 1000 × 0, 52
𝜌𝑏 = = 𝑒𝑎𝑢 = = = 500 kg ⋅ m−3
𝑉 𝐿 × 𝜋𝐷2 ∕4 𝐷2 ∕2 1, 02
𝜌𝑒𝑎𝑢
ce qui était prévisible, puisque comme ℎ = 𝑅 on trouve 𝜌𝑏 = .
2
(b) On fera dans toute la suite l’hypothèse que les 5 cm (de la section du tronc) hors
de l’eau qui complètent le demi cercle inférieur ont approximativement la forme
d’un rectangle de hauteur 𝑙 = 5 cm et de longueur 𝐷 = 100 cm. L’équilibre s’écrit
toujours (avec 𝑅 rayon du tronc) :

𝜌𝑏 × 𝑉 = 𝜌𝑒𝑎𝑢 × 𝑉𝑖

Soit encore :
𝜌𝑒𝑎𝑢 × 𝑉𝑖 𝜋 × 𝑅2 ∕2 − 𝑙 × 𝐷
𝜌𝑏 = = 𝜌𝑒𝑎𝑢
𝑉 𝜋 × 𝑅2
soit :
( )
𝑙×𝐷
𝜌𝑏 = 𝜌𝑒𝑎𝑢 1∕2 − ≈ 0, 436 × 𝜌𝑒𝑎𝑢 = 436 kg ⋅ m−3
𝜋 × 𝑅2

Exercice 5 : Statique des fluides : modélisation de la troposphère terrestre

L’atmosphère (la partie basse en réalité, appelée troposphère) est assimilée à un gaz
parfait, de masse molaire 𝑀 = 29 g∕mol. On note 𝑃0 = 101 300 Pa la pression au
niveau de la mer. On aura aussi besoin pour cet exercice : de la constante des gaz
parfait 𝑅 = 8, 31 J.mol−1 .K −1 et de l’accélération de la pesanteur 𝑔 = 9, 81 m ⋅ s−2 .
(a) En supposant l’atmosphère comme isotherme à 𝑇0 = 15 ˚C, montrer que la
pression varie avec l’altitude 𝑧 comme :
𝑃 (𝑧) = 𝑃0 × 𝑒𝑥𝑝(−𝑧∕𝐻)
où on déterminera numériquement la hauteur d’échelle 𝐻.
(b) Dans le modèle isotherme précédent, déterminer l’altitude 𝑧 où la pression chute
.
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à la moitié de la valeur de celle du niveau de la mer, puis au 1∕10.


(c) On suppose maintenant qu’il existe un gradient de température uniforme entre le
niveau de la mer et le sommet de la troposphère :
𝑇 = 𝑇0 − 𝑎 × 𝑧
On prendra la valeur 𝑎 = 6, 0 °C∕km. Montrer que la pression prend désormais
la forme suivante, dite du nivellement barométrique :
𝑃 (𝑧) = 𝑃0 (1 − 𝐶 × 𝑧)𝛼
où 𝐶 et 𝛼 sont des constantes que l’on déterminera.

111
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Chapitre 3 • Mécanique des fluides

(d) Calculer, dans le modèle à gradient de température, l’altitude 𝑧 où la pression


chute à la moitié de la valeur de celle du niveau de la mer, puis le 1∕10.
(e) Comparer graphiquement les formules du modèle avec gradient de température
et du modèle isotherme entre le niveau de la mer et l’altitude de 10 000 m.
Solution

(a) L’atmosphère est assimilée dans cette question à un gaz parfait isotherme, on peut
donc écrire la relation :

𝑚 𝑅𝑇0 𝑅𝑇
𝑃 = 𝑛𝑅𝑇 ∕𝑉 = =𝜌 0
𝑉 𝑀 𝑀
de plus l’équation de la statique des fluides s’écrit :

𝑃 ×𝑀
d𝑃 = −𝜌 × 𝑔 × d𝑧 = − 𝑔 × d𝑧
𝑅𝑇0

soit encore :
d𝑃 d𝑧
=−
𝑃 𝑅𝑇0 ∕𝑔𝑀

on pose ici :

𝑅𝑇 8, 31 × 288
𝐻= = ≈ 8, 41 km
𝑔𝑀 9, 81 × 29 × 10−3

En intégrant l’équation de la statique, on obtient :


𝑧
ln(𝑃 ) = − + ln(𝑃0 )
𝐻
soit finalement :
( )
𝑧
𝑃 (𝑧) = 𝑃0 × exp −
𝐻

(b) Avec la loi de pression précédente, on cherche désormais l’altitude 𝑧1 telle que
𝑃 (𝑧1 ) = 𝑃0 ∕2. Cela revient à résoudre :
( 𝑧 )
exp − 1 = 1∕2
𝐻
soit finalement :

𝑧1 = 𝐻 × ln(2) = 5, 83 km

112
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:55 — page 113

2 Exercices

Dans le cas du 1/10, on résout cette fois :


( 𝑧 )
exp − 2 = 1∕10
𝐻
soit finalement :
𝑧2 = 𝐻 × ln(10) = 19, 40 km

(c) Cette fois la variation de 𝑇 en fonction de l’altitude z implique que l’équation de


gaz parfait donne :
𝑅(𝑇0 − 𝑎 × 𝑧)
𝑃 =𝜌
𝑀
d’où l’équation de la statique :
𝑃 ×𝑀
d𝑃 = − 𝑔 × d𝑧
𝑅(𝑇0 − 𝑎 × 𝑧)
En intégrant de l’altitude 0 à l’altitude Z :
𝑃 (𝑍) 𝑍
d𝑃 𝑀𝑔
=− ( ) d𝑧
∫𝑃0 𝑃 ∫0 𝑎
𝑅𝑇0 1− ×𝑧
𝑇0
soit encore :
𝑃 (𝑍) 1 𝑇0 𝑇0
ln = [ln|1 − 𝑎𝑧∕𝑇0 |]𝑍
0
= × ln(1 − 𝑎𝑍∕𝑇0 )
𝑃0 𝐻 𝑎 𝐻 ×𝑎
soit :
( )𝑇 ∕(𝑎𝐻)
𝑧 0
𝑃 (𝑍) = 𝑃0 1 − 𝑎
𝑇0
soit numériquement, la formule du gradient de température :
( )5,71
6 × 10−3
𝑃 (𝑍) = 𝑃0 1 − ×𝑧 = 𝑃0 (1 − 2, 08 × 10−5 × 𝑧)5,71
288
.

(d) On cherche l’altitude 𝑧1 telle que :


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𝑃 (𝑧1 )
= 1∕2 = (1 − 2, 08 × 10−5 × 𝑧1 )5,71
𝑃0
Numériquement cela donne :
1 − (1∕2)1∕5,71
𝑧1 = ≈ 5, 5 km
2, 08 × 10−5

1 − (1∕10)1∕5,706
𝑧2 = ≈ 15, 9 km
2, 083 × 10−5

113
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Chapitre 3 • Mécanique des fluides

(e) Il s’agit de comparer les deux formules :


( )
𝑧
𝑃 (𝑧) = 𝑃0 × exp −
8 412
et
𝑃 (𝑧) = 𝑃0 (1 − 2, 08 × 10−5 × 𝑧)5,71
On obtient la figure 3.5, qui montre que la pression selon le modèle isotherme est
au dessus de celle de la formule du nivellement.

pression atmosphérique en fonction de z (m)


p1 : isotherme, p2 nivellement
110000
100000
90000
pression en Pa

80000
70000 P1
P2
60000
50000
40000
30000
20000
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000 9000 10000
altitude en m

Figure 3.5 – Comparaison formule du nivellement barométrique/modèle isotherme.

2.2 Dynamique des fluides


Exercice 6 : Dynamique des fluides parfaits : jet d’eau

Un jet d’eau propulse verticalement de l’eau (de masse volumique 𝜌 =


1 000 kg ⋅ m−3 ) à travers une buse circulaire de rayon 𝑅 = 5, 0 cm. Le débit massique
de la conduite est de 𝑄𝑚 = 500 kg∕s. L’eau est ici considérée comme un fluide non
visqueux (figure 3.6).
(a) En utilisant la relation de Bernoulli, déterminer la hauteur h théorique atteinte
par le jet.
(b) Sachant que la pompe a un rendement total de 80 %, déterminer la puissance
électrique d’alimentation.

Solution
(a) On écrit la relation de Bernoulli entre la base du jet (A) et son sommet (B) , où la
vitesse s’annule :
𝜌𝑣2𝐴 ∕2 + 𝜌𝑔𝑧𝐴 + 𝑝𝐴 = 𝜌𝑣2𝐵 ∕2 + 𝜌𝑔𝑧𝐵 + 𝑝𝐵

114
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2 Exercices

Figure 3.6 – Fluide parfait : jet d’eau.

la pression en A et en B est la pression atmosphérique, ce qui permet d’obtenir la


formule simple :
𝜌𝑔(𝑧𝐵 − 𝑧𝐴 ) = 𝜌𝑔ℎ = 𝜌𝑣2𝐴 ∕2 − 𝜌𝑣2𝐵 ∕2
or 𝑣𝐵 = 0 par hypothèse, soit encore :
𝑣2𝐴
ℎ=
2𝑔
Il reste à exprimer la vitesse en A en fonction du débit massique :
𝑄𝑚 𝑄𝑚
𝑣𝐴 = =
𝜌×𝑆 𝜌𝜋𝑅2
d’où enfin :
𝑄2𝑚 5002
ℎ= = ≈ 207 m
2𝑔(𝜌𝜋𝑅2 )2 2 × 9, 81 × 1 0002 𝜋 2 × 0, 054
(b) La puissance mécanique pour faire fonctionner le système est :
( )2
2 500
𝑃𝑚𝑒𝑐𝑎 = 𝑄𝑚 𝑣𝐴 ∕2 = 500 × ∕2 ≈ 1, 01 MW
1 000 × 𝜋 × 0, 052
On en déduit la puissance électrique associée :
.

𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐 = 𝑃𝑚𝑒𝑐𝑎 ∕0, 80 = 1, 27 MW


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Exercice 7 : Dynamique des fluides parfaits : temps de vidange d’un


réservoir

Un réservoir de section cylindrique 𝑆 = 1, 0 m2 contient initialement de l’eau sur


une hauteur 𝐻 = 65 cm. La partie supérieure du réservoir est à l’air libre. On
ouvre un robinet de section 𝑠 très petite devant la section 𝑆 de la base du réservoir
(figure 3.7).
(a) Déterminer la vitesse de sortie de l’eau au niveau du robinet en fonction de la
hauteur d’eau ℎ(𝑡) dans le réservoir, et de l’accélération de la pesanteur 𝑔.

115
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Chapitre 3 • Mécanique des fluides

(b) Déterminer le débit volumique initial du robinet si on donne 𝑠 = 1, 0 cm2 pour


la hauteur initiale 𝐻.
(c) Établir l’intégrale qui permet de calculer le temps total de vidange du réservoir.
(d) Calculer numériquement ce temps.

Z
S

A P0
ZA
g

Liquide

h P0

B S
ZB

Figure 3.7 – Vidange d’un réservoir.

Solution

(a) On utilise la relation de Bernoulli, en supposant que l’eau est un fluide parfait (non
visqueux), sur une ligne de courant, entre le point A (à la surface libre du réservoir)
et le point 𝐵 en sortie du robinet :
𝑣2𝐴 ∕2 + 𝑔𝑧𝐴 + 𝑃atm ∕𝜌 = 𝑣2𝐵 ∕2 + 𝑔𝑧𝐵 + 𝑃atm ∕𝜌
Si on fait l’hypothèse que 𝑣𝐴 est négligeable devant 𝑣𝐵 (au vu de la surface libre 𝑆
qui est très grande devant 𝑠 ) :
√ √
𝑣𝐵 = 2 × 𝑔 × (𝑧𝐴 − 𝑧𝐵 ) = 2 × 𝑔 × ℎ

(b) La conservation du débit volumique permet d’écrire :


𝑄𝑉 = 𝑆 × 𝑣𝐴 = 𝑠 × 𝑣𝐵

Initialement, la vitesse de sortie 𝑣𝐵 vaut : 𝑣𝐵 = 2 × 10 × 0, 65 = 3, 6 m ⋅ s−1 . Le
débit volumique initial est donc : 𝑄𝑉 = 10−4 × 3, 6 = 3, 6 × 10−4 m3 ∕s = 0, 36 L∕s.
(c) La vitesse d’évacuation 𝑣𝐵 va diminuer au cours du temps. Il faut donc effectuer
d𝑧
une intégrale pour trouver le temps de vidange. Pour cela, on note 𝑣𝐴 = − la
d𝑡
vitesse de variation du niveau de l’eau dans le réservoir pendant le temps 𝑑𝑡. La
conservation du débit volumique permet d’écrire à un instant 𝑡 quelconque :

𝑄𝐴 = −𝑆 × d𝑧∕𝑑𝑡 = 𝑄𝐵 = 𝑠 × 2𝑔𝑧(𝑡)

116
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:55 — page 117

2 Exercices

soit encore :
𝑆 d𝑧
d𝑡 = − √
𝑠 2𝑔𝑧
On intègre pour trouver le temps T de vidange :
𝑇 0
𝑆 d𝑧
d𝑡 = − √
∫0 ∫𝐻 𝑠 2𝑔𝑧
Ce qui donne :

𝑆 √ 𝑆 √
𝐻
𝑆 d𝑧 𝑆 2𝐻
𝑇 = √ = [ 2𝑔𝑧]𝐻 = 2𝑔𝐻 =
𝑠 ∫0 2𝑔𝑧 𝑔 × 𝑠 0 𝑔 × 𝑠 𝑠 𝑔

(d) Numériquement on trouve :


1 √
𝑇 = −4 2 × 0, 65∕10 ≈ 3, 6 × 103 𝑠 = 1, 0 h
10

Exercice 8 : Dynamique des fluides parfaits : effet Venturi

De l’eau, considérée comme un fluide incompressible et homogène, circule dans un


tuyau de diamètre 𝑆1 qui subit un rétrécissement 𝑆2 . Le débit volumique constant
vaut 𝑄𝑉 = 70, 0 L∕min. On a installé des tubes verticaux ouverts aux sommets sur
le tube de Venturi horizontal : la partie haute du liquide remplissant ces tubes est
ainsi à la pression atmosphérique (voir la figure 3.8).
(a) En utilisant la conservation du débit, déterminer la vitesse du fluide au niveau du
diamètre 𝑑1 = 15, 0 mm, puis au niveau du diamètre 𝑑2 = 5, 0 mm.
(b) Utiliser la relation de Bernoulli pour déterminer l’expression et la valeur de Δ𝑝,
la différence de pression entre les deux tubes verticaux.
(c) Calculer la valeur de ℎ, différence de hauteur d’eau entre les tubes 1 et 2.
(d) Une maquette de Venturi contient souvent du mercure Hg (métal liquide argenté
de densité 13,6) plutôt que de l’eau dans les tube verticaux. Pourquoi ?
(e) Calculer la hauteur ℎ′ si on utilise du mercure liquide.
.
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S1
→ →
V1 S2 V2

Figure 3.8 – Effet Venturi.

117
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:55 — page 118

Chapitre 3 • Mécanique des fluides

Solution

(a) La conservation du débit volumique s’écrit : 𝑄𝑉 = 𝑆1 × 𝑣1 = 𝑆2 × 𝑣2 . On calcule


les vitesses du fluide :
𝑄𝑉 70, 0 × 10−3 ∕60
𝑣1 = = ≈ 6, 60 m ⋅ s−1
𝜋𝑑12 ∕4 𝜋 × (15 × 10−3 )2 ∕4
et
𝑄𝑉 70, 0 × 10−3 ∕60
𝑣2 = = ≈ 59, 4 m ⋅ s−1
𝜋𝑑22 ∕4 𝜋 × (5, 0 × 10−3 )2 ∕4

(b) On peut écrire la relation de Bernoulli en suivant une ligne de courant horizontale
passant par le milieu du tuyau (l’altitude 𝑧 restant constante) :

𝑣21 ∕2 + 𝑝1 ∕𝜌 = 𝑣22 ∕2 + 𝑝2 ∕𝜌

d’où la différence de pression :


1 2
Δ𝑝 = 𝑝1 − 𝑝2 = (𝑣 − 𝑣21 ) ≈ 1, 74 kPa
2 2
(c) On peut convertir cette différence de pression en différence de hauteur d’eau, en
utilisant l’équation de la statique :

Δ𝑝 = 𝜌𝑒𝑎𝑢 𝑔ℎ

on en déduit donc :
Δ𝑝
ℎ= = 17, 8 cm
𝜌𝑒𝑎𝑢 𝑔

(d) La hauteur précédente est importante, elle sera réduite d’un facteur 13,6 (densité du
mercure) si on en utilise pour les tubes verticaux.
(e) la hauteur h devient : ℎ′ = ℎ∕𝑑𝑚𝑒𝑟𝑐𝑢𝑟𝑒 = 1, 3 cm.

Exercice 9 : Dynamique des fluides parfaits : une explication de la


portance d’une aile

On étudie le décollage d’un avion de type Cessna, de masse m = 1 300 kg, de d’en-
vergure totale 12 m, la surface totale des ailes étant de 𝑆 = 15 m2 . Les ailes ont un
profil appelé NACA, tel que l’extrados (partie supérieure) a une longueur de coupe
supérieure à l’intrados partie inférieure, voir la figure 3.9. La masse volumique de
l’air est : 𝜌𝑎𝑖𝑟 = 1, 3 kg∕m3 .
Les ailes, lors du décollage, subissent une force nommée portance, verticale et di-
rigée vers le haut. La condition de décollage est simplement que la portance soit
strictement supérieure au poids de l’avion. Pour expliquer l’existence de la portance,

118
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:55 — page 119

2 Exercices

Figure 3.9 – Profil NACA.

on va faire l’hypothèse qu’une cellule d’air, qui se divise sur le bord d’attaque, met le
même temps à parcourir la partie supérieure de l’aile (extrados) et la partie inférieure
de l’aile (intrados). Ainsi un petit volume d’air qui se sépare sur le bord avant de l’aile,
se « reforme » sur le bord arrière.
(a) Expliquer qualitativement comment la relation de Bernoulli permet (avec les
hypothèses faites) d’expliquer le décollage.
(b) Donner l’expression et calculer la différence de pression entre l’intrados et
l’extrados qui permettra le décollage.
(c) La force de portance s’exprime comme :
𝜌𝑎𝑖𝑟 𝐶𝑧 𝑆𝑣2
𝐹 =
2
où 𝐶𝑧 est le coefficient de portance et 𝑣 la vitesse de l’avion. En faisant une
analyse dimensionnelle, trouver la dimension de Cz.
(d) En prenant une valeur 𝐶𝑧 = 0, 6 déterminer la valeur de la vitesse au décollage
du Cessna.

Solution

(a) Par hypothèse, le temps de parcours de l’air est le même sur l’intrados et sur
l’extrados. La différence de profil montre donc que :
𝑣𝑒𝑥𝑡𝑟𝑎𝑑𝑜𝑠 > 𝑣𝑖𝑛𝑡𝑟𝑎𝑑𝑜𝑠
Remarquons qu’on suppose ici que l’air est un fluide en écoulement incompressible,
ce qui n’est vrai qu’à faible vitesse (quelques centaines de km/h). La relation de
Bernoulli permet d’écrire que :
.
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𝑣2𝑒𝑥𝑡𝑟𝑎𝑑𝑜𝑠 𝑃𝑒𝑥𝑡𝑟𝑎𝑑𝑜𝑠 𝑣2 𝑃
+ = 𝑖𝑛𝑡𝑟𝑎𝑑𝑜𝑠 + 𝑖𝑛𝑡𝑟𝑎𝑑𝑜𝑠
2 𝜌𝑎𝑖𝑟 2 𝜌𝑎𝑖𝑟
Ce qui entraîne une différence de pression :
𝜌
Δ𝑃 = 𝑃𝑖𝑛𝑡𝑟𝑎𝑑𝑜𝑠 − 𝑃𝑒𝑥𝑡𝑟𝑎𝑑𝑜𝑠 = (𝑣2𝑒𝑥𝑡𝑟𝑎𝑑𝑜𝑠 − 𝑣2𝑖𝑛𝑡𝑟𝑎𝑑𝑜𝑠 ) > 0
2
Si Δ𝑃 est suffisamment grand, la force de portance 𝐹 = Δ𝑃 × 𝑆 peut être supérieure
au poids de l’avion et donc permettre le décollage.
(b) On vient d’obtenir l’expression de la portance :
𝜌
𝐹 = Δ𝑃 × 𝑆 = (𝑣2𝑒𝑥𝑡𝑟𝑎𝑑𝑜𝑠 − 𝑣2𝑖𝑛𝑡𝑟𝑎𝑑𝑜𝑠 ) × 𝑆
2

119
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Chapitre 3 • Mécanique des fluides

Si la portance est strictement plus grande que le poids de l’avion, on a :


𝑚×𝑔 1300 × 10
Δ𝑃 > = ≈ 867 Pa
𝑆 15
(c) La force de portance s’écrit :
𝜌𝑎𝑖𝑟 𝐶𝑧 𝑆𝑣2
𝐹 =
2
dimensionnellement on a, dans le système d’unité SI :
[𝜌𝑆𝑣2 ] = kg ⋅ m−3 ⋅ m2 ⋅ m2 ⋅ s−2 = kg ⋅ m ⋅ s−2
Cette quantité est homogène à une force (en 𝑁), on voit donc que le coefficient 𝐶𝑧
est sans dimension.
(d) La condition de décollage s’écrit :
𝜌𝑎𝑖𝑟 𝐶𝑧 𝑆𝑣2
𝐹 = >𝑚×𝑔
2
soit encore :

2𝑚𝑔
𝑣> ≈ 47 m.s−1 = 169 km ⋅ h−1
𝜌𝑎𝑖𝑟 𝐶𝑧 𝑆

Remarque finale
L’hypothèse du même temps de parcours de l’air sur l’intrados et l’extrados est en
réalité fausse. Des simulations et des études en soufflerie montrent que le parcours
sur l’extrados se fait plus vite que sur l’intrados. Cela invalide l’hypothèse faite
dans l’exercice. En réalité l’explication du vol d’un avion est complexe, nous
renvoyons le lecteur à internet ou à d’autres ouvrages. Notons finalement qu’un
avion en papier vole très bien : il a un profil d’aile totalement identique entre
l’intrados et l’extrados....

2.3 Pertes de charge


Exercice 10 : Étude d’un pipe-line

Un pipe-line est un assimilé à un tuyau horizontal de longueur totale 𝐿 et de diamètre


𝐷 = 15 cm. Il permet de transporter du pétrole brut de densité 𝑑 = 0, 90 selon un
débit massique 𝑄𝑚 = 10 tonnes∕heure. La viscosité dynamique du brut est 𝜇 =
3, 0 × 10−4 kg ⋅ m−1 ⋅ s−1 .
(a) Déterminer la valeur du débit volumique 𝑄𝑉 du brut ainsi que sa vitesse 𝑣 dans
le pipe-line.
(b) Calculer le nombre de Reynolds 𝑅𝑒 de l’écoulement et donner sa nature.
(c) Calculer le coefficient de perte de charge linéaire 𝜆.

120
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2 Exercices

(d) Dès que la chute de pression entre deux points est supérieure à Δ𝑃 = 5, 0 bar,
il faut introduire une pompe hydraulique pour compenser les pertes. Déterminer
la distance maximale entre deux pompes.
(e) Si 𝐿 = 1 200 km combien faut-il prévoir de pompes hydrauliques ?

Solution

(a) Le débit volumique se calcule comme


𝑄𝑚 10 000∕3 600
𝑄𝑉 = = = 0, 0031 m3 ∕s = 3, 1 L∕s
𝜌 900
On en déduit facilement la vitesse :
𝑄 𝑄𝑉 0, 0031
𝑣= 𝑉 = = ≈ 0, 175 m ⋅ s−1
𝑆 𝜋 × 𝐷 ∕4 𝜋 × 0, 152 ∕4
2

(b) Le nombre de Reynolds vaut :


𝑣 × 𝐷 𝜌 × 𝑣 × 𝐷 900 × 0, 175 × 0, 15
𝑅𝑒 = = = ≈ 79 × 103 ≫ 3 000
𝜈 𝜇 3, 0 × 10−4
L’écoulement est donc turbulent.
(c) On va déterminer le coefficient de perte de charge linéaire en utilisant la formule de
Blasius (écoulement turbulent avec conduite lisse) :
0, 316 0, 316
𝜆= = ≈ 0, 0189
𝑅𝑒 0,25 79 0000,25
(d) Les pertes de charge par unité de longueur de conduite valent :
Δ𝑝 𝜌 × 𝑣2 ∕2 0, 1752 ∕2
=𝜆× = 0, 0189 × 900 × ≈ 1, 7 Pa∕m = 1, 7 kPa ⋅ km−1
𝐿 𝐷 0, 15
La chute de pression atteint Δ𝑃 = 5, 0 bars pour une longueur
5 × 105
Δ𝐿 = ≈ 290 km
1 720
.

Ce qui représente la distance devant séparer deux pompes consécutives.


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(e) Il faudra environ quatre pompes pour une longueur totale de pipe-line 𝐿 = 1 200 km.

Exercice 11 : Mesure d’une viscosité

On vidange un fluide contenu dans un grand réservoir ouvert sur sa partie supérieure.
Le fluide s’écoule dans un tube horizontal de diamètre 𝐷 = 1, 3 cm et a pour densité
𝑑 = 0, 90. la vitesse d’écoulement mesurée est 𝑣 = 2, 0 m ⋅ s−1 . On relève sur une
distance horizontale de Δ𝐿 = 150 m une perte de charge Δ𝑃 = 4, 0 bars.
(a) Déterminer la valeur du coefficient de pertes de charge linéaire 𝜆 en fonction des
données du problème.

121
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Chapitre 3 • Mécanique des fluides

(b) Calculer le nombre de Reynolds en fonction de 𝜆 en supposant l’écoulement


laminaire. Conclure sur l’hypothèse et recalculer le nombre de Reynolds.
(c) Calculer la viscosité cinématique du fluide.

Solution
(a) On peut déterminer 𝜆 grâce à la mesure des pertes de charge :
Δ𝑃 𝜌 × 𝑣2 ∕2
=𝜆×
Δ𝐿 𝐷
soit encore :
Δ𝑃 × 𝐷
𝜆= ≈ 0, 0193
Δ𝐿 × 𝜌 × 𝑣2 ∕2
64
(b) Si l’écoulement est laminaire, on peut utiliser la formule de Poiseuille : 𝜆 = , ce
𝑅𝑒
qui donne le nombre de Reynolds :
64
𝑅𝑒 = ≈ 3, 3 × 103
0, 0193
ce qui situe l’écoulement plutôt dans la zone turbulente. Le nombre de Reynolds
0, 316
doit plutôt se calculer avec une formule de type Blasius : 𝜆 = , ce qui donne :
𝑅𝑒0,25
0, 316 4
𝑅𝑒 = ( ) ≈ 7, 2 × 104
0, 0193
(c) En prenant le dernier nombre de Reynolds calculé et en cherchant la viscosité
cinématique, on trouve :
𝑣 × 𝐷 2, 0 × 0, 013
𝜈= = ≈ 0, 36 × 10−6 m2 ∕s
𝑅𝑒 71865

Exercice 12 : Perte de charge

On fait circuler du kérosène, de viscosité dynamique 𝜇 = 1, 9 × 10−3 Pa.s et de


densité 𝑑 = 0, 92 dans une conduite de longueur totale 𝐿 = 1800 m et de diamètre
𝐷 = 22 cm à un débit volumique 𝑄𝑉 = 20, 0 L∕s.
(a) Déterminer la viscosité cinématique 𝜈 du kérosène.
(b) Calculer la vitesse d’écoulement 𝑣 du fluide.
(c) Calculer le nombre de Reynolds 𝑅𝑒 de l’écoulement et en déduire sa nature.
(d) Déterminer le coefficient de pertes de charge linéaire de l’écoulement.
(e) Calculer la perte de charge totale.

Solution
(a) La relation entre viscosité cinématique et dynamique est : 𝜇 = 𝜈 × 𝜌, ce qui donne :
1, 9 × 10−3
𝜈= ≈ 2, 06 × 10−6 m2 ∕s.
920

122
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2 Exercices

(b) La vitesse 𝑣 de l’écoulement se calcule en faisant :


𝑄𝑉 20, 0 × 10−3
𝑣= = ≈ 0, 526 m ⋅ s−1
𝑆 𝜋 × 0, 222 ∕4
(c) On obtient le nombre de Reynolds :
𝑣𝐷 0, 526 × 0, 22
𝑅𝑒 = = ≈ 56 × 103
𝜈 2, 06 × 10−6
l’écoulement est clairement turbulent.
(d) Si on emploie la formule de Blasius pour les écoulements turbulents, on trouve :
0, 316 0, 316
𝜆= = ≈ 0, 0205
𝑅𝑒 0,25 56 1740,25
(e) La perte de charge totale se calcule avec :
𝜌 × 𝑣2 ∕2 920 × 0, 5262 ∕2
Δ𝑝 = 𝜆 × × 𝐿 = 0, 0205 × × 1 800
𝐷 0, 22
≈ 21 × 103 Pa = 0, 21 bar

Exercice 13 : Le phénomène de cavitation


Une conduite amène de l’eau (fluide parfait incompressible) d’une retenue d’eau vers
une turbine située en contrebas (voir la figure 3.10). La conduite cylindrique, de
diamètre constant 𝐷 et de longueur totale 𝐿 se termine à la hauteur 𝐻 au-dessous de
la surface libre de l’eau. On donne les valeurs suivantes : 𝐷 = 30, 0 cm, 𝐻 = 140
m, 𝐻0 = 40 m, 𝑃atm = 1 013 hPa et la pression de vapeur saturante de l’eau :
𝑝𝑠𝑎𝑡 = 1, 7 kPa. La masse volumique de l’eau est 𝜌 = 1 000 kg∕m3 .

Axe vertical Z

air à la pression atmosphérique


H
niveau de l'eau
.
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Différence de
hauteur H0

Réservoir d'eau

point courant
M
altitude Z de M

Origine O
point de la hauteur
de sortie
A

Figure 3.10 – La cavitation de l’eau.

123
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Chapitre 3 • Mécanique des fluides

(a) Définir la notion de pression de vapeur saturante de l’eau (voir cours de thermo-
dynamique).
(b) Trouver l’expression littérale de la pression 𝑃 (𝑧) de l’eau dans la conduite pour
un point M de hauteur z quelconque.
(c) Que se passe-t-il si 𝑃 (𝑧) < 𝑝𝑠𝑎𝑡 ?
(d) Pour quelle hauteur 𝑧 pourra-t-on observer la cavitation ?
(e) Pour éviter le phénomène de cavitation on peut mettre un réducteur de diamètre
en sortie, au point A. Que va-t-il alors se passer ?
(f) Déterminer la vitesse de sortie 𝑣𝑠 avec le réducteur.
(g) Déterminer le diamètre 𝑑 du réducteur pour qu’il n’y ait pas de cavitation dans
la conduite.

Solution

(a) Par définition la pression de vapeur saturante est la pression à laquelle phases liquide
et vapeur d’un corps pur sont en équilibre, pour une température 𝑇 fixée. Cette
définition montre que si la pression sur une ligne de courant (d’eau liquide) tombe
sous la valeur de saturation, l’eau va entrer localement en ébullition à la température
ambiante. Il y a aura alors formation de bulles de vapeur d’eau.
(b) On écrit la relation de Bernoulli entre le point M et le point de sortie A (qui est à la
pression atmosphérique) :
𝑣2𝑀 ∕2 + 𝑔𝑧𝑀 + 𝑃𝑀 ∕𝜌 = 𝑣2𝐴 ∕2 + 𝑔𝑧𝐴 + 𝑃atm ∕𝜌
Par ailleurs la conservation du débit dans la conduite (de section constante) implique
que :
𝑆𝑣𝐴 = 𝑆𝑣𝑀
c’est-à-dire qu’il y a égalité des vitesses dans la conduite 𝑣𝑀 = 𝑣𝐴 . On trouve donc :
𝑃𝑀 (𝑧) = 𝜌𝑔(𝑧𝐴 − 𝑧𝑀 ) + 𝑃atm = 𝑃atm − 𝜌𝑔𝑧
La pression diminue avec la hauteur du point M comptée depuis l’origine A.
(c) Lorsque la pression au point M passe sous la valeur de la pression de saturation de
l’eau il y a cavitation : l’eau liquide se vaporise en bulles d’eau vapeur, qui peuvent
affecter et corroder la conduite.
(d) On cherche la hauteur de cavitation :
𝑃 (𝑧) = 𝑃atm − 𝜌𝑔𝑧 < 𝑝𝑠𝑎𝑡
ce qui donne la hauteur au-delà de laquelle il y aura cavitation :
𝑃atm − 𝑃𝑠𝑎𝑡 101300 − 1700
𝑧> = = 9, 96 m ≈ 10 m
𝜌×𝑔 1000 × 10

124
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2 Exercices

(e) Le réducteur de diamètre (la sortie est réduite au diamètre d) et la conservation du


débit impliquent que :
𝐷2 𝑑2
𝜋 𝑣𝐴 = 𝜋 𝑣𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒
4 4
si 𝑑 < 𝐷 (c’est un réducteur), la vitesse de sortie 𝑣𝑠 sera plus grande que la vitesse
𝑣𝐴 (sans réducteur). Cela permet de faire remonter la limite de cavitation. La relation
de Bernoulli entre la sortie et le point M donne maintenant :
𝑣2𝐴 ∕2 + 𝑔𝑧𝑀 + 𝑃𝑀 ∕𝜌 = 𝑣2𝑠 ∕2 + 𝑔𝑧𝑠 + 𝑃atm ∕𝜌
soit encore :
𝑃𝑀 (𝑧) = 𝑃atm + 𝜌(𝑣2𝑠 − 𝑣2𝐴 )∕2 − 𝜌𝑔𝑧 = 𝑃atm − 𝜌𝑔𝑧 + 𝜌𝑣2𝑠 (1 − 𝑑 4 ∕𝐷4 )∕2

(f) Il est aisé de déterminer 𝑣𝑠 en utilisant la relation de Bernoulli entre le point B de la


surface et le point de sortie après le réducteur, ce qui conduit à :

𝑣𝑠 = 2𝑔𝐻 = 53 m ⋅ s−1

(g) La pression en un point M s’écrit donc :


𝑃𝑀 (𝑧) = 𝑃atm − 𝜌𝑔𝑧 + 𝜌𝑔𝐻(1 − 𝑑 4 ∕𝐷4 )
la hauteur 𝑧 est comprise entre 0 et 𝑧𝑚𝑎𝑥 = 𝐻 − 𝐻0 = 100 m. Il faut donc que pour
𝑧𝑚𝑎𝑥 la pression soit supérieure à la pression de saturation :
𝑃𝑀 (𝑧𝑚𝑎𝑥 ) = 𝑃atm − 𝜌𝑔𝑧𝑚𝑎𝑥 + 𝜌𝑔𝐻(1 − 𝑑 4 ∕𝐷4 ) > 𝑃𝑠𝑎𝑡
soit
( )1∕4
𝑃atm − 𝑃𝑠𝑎𝑡 − 𝜌 × 𝑔 × 𝑧𝑚𝑎𝑥
𝑑<𝐷 +1
𝜌×𝑔×𝐻
on trouve numériquement :
𝑑 < 0, 77 × 𝐷 = 23, 2 cm
.
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125
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Chapitre 4
Électrostatique

1 Rappels de cours
L’électrostatique a pour but d’établir les relations entre champs électriques, potentiels
et charges électriques. On se limite ici à des systèmes de charges électriques placés
dans le vide. Après un rappel succinct des concepts essentiels, les exercices proposés
permettent d’introduire la plupart des notions et des systèmes typiques rencontrés en
électrostatique.

1.1 Charge électrique


La charge électrique est une propriété associée à la matière. La matière « ordinaire »
est constituée d’atomes. Les atomes sont eux-mêmes des assemblages d’électrons et de
noyaux. Les noyaux sont constitués de protons et de neutrons, les protons et les neutrons
sont eux-mêmes constitués de quarks et de gluons. Tous ces objets sont des systèmes
liés, dont l’énergie de liaison est négative.
Les objets les plus fondamentaux connus à l’heure actuelle sont les particules élé-
mentaires. Ces particules n’ont pas d’extension spatiale, et peuvent être considérées
comme ponctuelles. L’électron est un exemple de telle particule élémentaire électri-
quement chargée. Il porte une charge négative. Le fait que la charge de l’électron est
négative est simplement une convention.
Les quarks et les gluons, qui sont des constituants des protons et des neutrons, sont
eux aussi des particules élémentaires. Les quarks sont de charge positive ou négative, les
gluons sont de charge électrique nulle. Le proton porte quant à lui une charge positive,
qui est la somme des charges des quarks qui le constituent. Il est à noter que le proton
n’est pas une particule élémentaire, puisque lui-même constitué de particules élémen-
taires en interaction. Le neutron porte une charge nulle, qui est là aussi la somme nette
.
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des charges des quarks qui le constituent.


Les particules élémentaires sont caractérisées par de multiples grandeurs, qui sont
associées à des objets mathématiques appelés « champs ». La charge électrique et le
champ électrique caractérisent la manière dont les particules chargées électriquement
interagissent entre elles.
La charge électrique est quantifiée, c’est-à-dire que les valeurs de charge possibles
sont toutes des multiples d’une charge élémentaire unité. Conventionnellement, on
prend comme charge élémentaire celle portée par un électron unique.
Le tableau 4.1 donne les charges des particules mentionnées dans cette introduction
(en unités de charge élémentaire).

127
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Chapitre 4 • Électrostatique

Tableau 4.1 – Charge électrique de quelques particules et objets physiques


couramment rencontrés.

Particule Type Composition Charge


Electron Elémentaire – –1
Deux quarks Up
Proton Composite Un quark Down +1
Multiples gluons
Deux quarks Down
Neutron Composite Un quark Up 0
Multiples gluons
Quark Up Elémentaire – +2/3
Quark Down Elémentaire – –1/3
Gluon Elémentaire – 0
Noyau atomique Composite Z protons et N neutrons Z
Atome Composite Noyau (Z protons, N neutrons), Z électrons 0

L’unité de charge électrique dans le Système International est le coulomb, dont le


symbole est C. La charge électrique de l’électron vaut exactement −1, 602176634 ×
10−19 C.

1.2 Potentiel électrostatique


L’expression en un point 𝑃 du potentiel électrostatique associé à une charge électrique
ponctuelle 𝑄 dans le vide est donnée par :
𝑄
𝑉 = (4.1)
4𝜋𝜖0 𝑟
Dans l’équation 4.1, 𝑟 est la distance euclidienne entre le point auquel se trouve la charge
𝑄 et le point 𝑃 , 𝜖0 est une grandeur physique appelée permittivité du vide. Dans les uni-
tés du système international, 𝜖0 vaut 8,854 187 82 × 10−12 F.m−1 . Le farad (symbole 𝐹 )
est l’unité de capacité électrostatique, que l’on reverra un peu plus loin. À titre anec-
dotique, 𝜖0 peut s’exprimer également en utilisant les unités fondamentales du système
international, sous la forme de A2 ⋅ kg−1 ⋅ m−3 ⋅ s4 , unité dont l’aspect peu pratique et
peu intuitif n’échappera à personne.
Le potentiel électrostatique est défini à une constante additive près. On choisit sou-
vent plus ou moins implicitement de prendre cette constante égale à zéro. Un autre choix
possible, qui aboutit d’ailleurs souvent à prendre cette constante égale à zéro, est de choi-
sir la constante de manière à ce qu’à une distance infinie du système de charge étudié,
le potentiel électrostatique soit nul. Comme infiniment loin du système que l’on étu-
die il n’y a en principe aucune charge électrique, cela revient à imposer qu’infiniment
loin de toute charge électrique le potentiel est nul. Il faut bien comprendre que la va-
leur de cette constante additive n’a aucune influence sur les grandeurs physiques que

128
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 129

1 Rappels de cours

z
Q1
Q2

Q5
Qn

Q3
Q4

x Qi r1
ri
Q6
P
Q7
y

Figure 4.1 – Principe du calcul du potentiel électrostatique pour un nombre fini de


charges ponctuelles disposées dans l’espace.

le physicien manipule en pratique. En effet, les grandeurs physiquement observables,


c’est-à-dire mesurables, sont les champs, les charges, et des différences de potentiel
entre deux points, jamais des potentiels absolus.
Une autre propriété importante du potentiel électrostatique est qu’il est continu en
tout point de l’espace.
L’expression en un point 𝑃 du potentiel électrostatique associé à un ensemble de
charges ponctuelles 𝑄1 , 𝑄2 , … , 𝑄𝑛 (figure 4.1) est donné par :
𝑖=𝑛
1 ∑ 𝑄𝑖
𝑉 = (4.2)
4𝜋𝜖0 𝑖=1 𝑟𝑖
Dans l’équation 4.2, 𝑟𝑖 est la distance euclidienne entre le point 𝑃 et le point auquel se
trouve la charge 𝑖.
En principe, comme la charge est quantifiée, au niveau microscopique, toute distribu-
tion de charge est en réalité une distribution spatiale de charges ponctuelle. En pratique,
comme les charges élémentaires impliquées sont très nombreuses, on traite les distribu-
.
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tions de charge ponctuelles comme des densités volumiques, surfaciques ou linéiques


de charge. L’expression 4.2 se généralise sans difficultés au cas d’une distribution de
charges électriques volumique (figure 4.2), surfacique (figure 4.3), linéique (figure 4.4).
– Densité volumique de charge :
1 𝜌(⃗𝑟)
𝑉 = d𝑣 (4.3)
4𝜋𝜖0 ∫ 𝑟
– Densité surfacique :
1 𝜎(⃗𝑟)
𝑉 = d𝑆 (4.4)
4𝜋𝜖0 ∫ 𝑟

129
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Chapitre 4 • Électrostatique

– Densité linéique :
1 𝜆(⃗𝑟)
𝑉 = d𝑙 (4.5)
4𝜋𝜖0 ∫ 𝑟

z r

dv
ρ (x, y, z)

Figure 4.2 – Principe du calcul du potentiel électrostatique associé à une distribution de


charges volumique.

σ (x, y, z)
x
dS(x, y, z)

Figure 4.3 – Principe du calcul du potentiel électrostatique associé à une distribution de


charges surfacique.

1.3 Champ électrique


Le champ électrique 𝐸⃗ est relié au potentiel électrostatique par la relation suivante :
−−−→
𝐸⃗ = −grad 𝑉 (4.6)

130
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 131

1 Rappels de cours

dl
x λ (x, y, z)

Figure 4.4 – Principe du calcul du potentiel électrostatique associé à une distribution de


charges linéique.

−−−→
On rappelle que les composantes du vecteur grad 𝑉 sont en coordonnées cartésiennes
les dérivées partielles de 𝑉 par rapport aux coordonnées 𝑥, 𝑦, 𝑧.
Dans le cas d’une charge ponctuelle 𝑞 située au point 𝑂, le champ électrique est
radial : il ne dépend que de ‖⃗𝑟‖, et il est parallèle à la direction donnée par le vecteur
−−→
𝑂𝑃 , 𝑃 étant le point en lequel on calcule le champ électrique. La norme du champ vaut :
1 𝑞
4𝜋𝜖 𝑟2
. Vectoriellement, on peut écrire :
0

1 𝑞⃗𝑟 1 𝑞⃗𝑟
𝐸⃗ = = . (4.7)
4𝜋𝜖0 𝑟3 4𝜋𝜖0 ‖⃗𝑟‖3

Le potentiel électrostatique est un scalaire, c’est-à-dire une valeur (exprimée en volts,


de symbole V) qui ne dépend que de la position du point de l’espace pour laquelle on
la calcule. Le champ électrique est quant à lui un vecteur, c’est-à-dire un objet mathé-
matique à trois composantes, pouvant être caractérisé par une direction, un sens et une
norme, qui dépendent en général tous trois de la position du point pour lequel on effectue
.
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le calcul. Si le potentiel électrostatique est continu, le champ peut quant à lui présenter
des discontinuités. Ceci se produit à la traversée d’une surface portant une densité de
charge surfacique non nulle.

1.4 Surfaces équipotentielles, lignes de champ


Les surfaces équipotentielles sont les surfaces définies par la condition 𝑉 = 𝑘, 𝑘 étant
une constante. Les lignes de champ électriques sont les courbes tangentes en chacun de
leurs points au vecteur champ électrique au même point (figure 4.5). Il existe une relation
de nature géométrique entre lignes de champ et surfaces équipotentielles (figure 4.5) :
les surfaces équipotentielles et les lignes de champ sont orthogonales en tout point.

131
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 132

Chapitre 4 • Électrostatique

Champ
E ligne de champ

équipotentielle

Figure 4.5 – Illustration de la relation géométrique entre surfaces équipotentielles et


lignes de champ. Les lignes de champ sont dans le plan de la figure, les surfaces
équipotentielles, dont on ne voit que l’intersection avec le plan de la figure, leur sont
orthogonales en tout point. Le champ électrique est en tout point tangent à la ligne de
champ qui passe par ce point.

1.5 Force électrostatique


Une charge électrique 𝑞 placée dans un espace au sein duquel règne un champ électrique
𝐸⃗ est soumise à une force donnée par :

𝐹⃗ = 𝑞 𝐸⃗ (4.8)

1.6 Énergie électrostatique


L’énergie électrostatique associée à une charge électrique ponctuelle située dans un es-
pace au sein duquel le potentiel électrostatique est 𝑉, créé par une distribution de charges,
est donnée par :

𝑊 = 𝑞𝑉 (4.9)

Physiquement, on peut considérer que l’énergie électrostatique correspond à l’énergie


qu’il a fallu dépenser pour « construire » le système de charges, c’est-à-dire les placer à
leurs positions finales à partir de l’infini, en prenant comme convention que le potentiel
électrostatique est nul à l’infini (voir figure 4.6).

1.7 Conducteurs et isolants


Un isolant est un milieu matériel au sein duquel les charges électriques ne peuvent pas
se déplacer, quelles que soient les forces (électriques) exercées sur elles. A contrario,
un milieu conducteur est un milieu dans lequel il existe une population de charges élec-
triques qui peuvent se déplacer librement sous l’effet des forces auxquelles elles sont

132
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 133

1 Rappels de cours

V==0

q1

q2

V=/= 0 q3
P1, q1 .
.
.

qn
P2, q2 p3, q3

Pn, qn

Figure 4.6 – Construction d’un système de charges à partir de charges apportées depuis
l’infini. On choisit de prendre zéro comme valeur pour le potentiel électrostatique à
l’infini, et on part d’un état initial dans lequel toutes les charges sont à l’infini. La charge
q1 peut être apportée depuis l’infini sans travail des forces électrostatiques puisqu’il n’y a
pas encore de potentiel électrostatique au voisinage de la position finale de la charge q1 .
La charge q2 est apportée depuis l’infini moyennant un travail des forces électrostatiques
crées par q1 . q3 est à son tour apportée depuis l’infini moyennant un travail des forces
électrostatiques créées par (q2 , q1 ) et ainsi de suite.

soumises. Par exemple, dans un métal, il existe une population d’électrons dits « libres »
qui peuvent se déplacer. Les noyaux sont quant à eux fixes.
Au sein d’un milieu conducteur, le potentiel électrostatique est constant et la densité
volumique de charge électrique est nulle. Si un milieu conducteur porte une charge,
celle-ci se trouve nécessairement en surface. La charge en question peut alors être
représentée sous forme d’une densité surfacique de charges.

1.8 Théorème de Gauss


Le théorème de Gauss établit une relation entre la charge totale contenue à l’intérieur
.

d’une surface et le flux du champ électrique à travers cette même surface. Il donne donc
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une relation entre une intégrale de surface et une intégrale volumique. Cette relation est
parfois très pratique pour calculer de manière simple en tout point de l’espace le champ
électrique créé par un système de charges, à condition que l’on dispose d’une expression
du flux du champ électrique.
Le théorème de Gauss s’exprime ainsi :

⃗ 𝑆⃗ = 1
𝐸.d 𝜌d𝑣 (4.10)
∯ 𝜖0 ∭

Le flux du champ électrique calculé à travers une surface fermée est égal à 𝜖1 multiplié
0
par la charge totale contenue dans le volume délimité par la surface.

133
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 134

Chapitre 4 • Électrostatique

1.9 Exploitation des symétries


Il est souvent très utile de simplifier un problème en s’appuyant sur les symétries que
l’on peut y trouver : si une distribution de charges ainsi que les propriétés des milieux
dans lesquels elles se trouvent (conducteur, isolant, vide. . . ) présentent un certain type
de symétrie, on retrouvera le même type de symétrie dans le potentiel et dans le champ
électrostatique associé. De même, on peut exploiter les invariances géométriques pour
réduire le nombre de paramètres dont dépendent le champ électrique et le potentiel as-
socié. Pour prendre un exemple concret, supposons que l’on cherche à calculer le champ
électrique et le potentiel électrostatique créé par une distribution de charges donnée. Si
cette distribution de charge est à symétrie sphérique, donc invariante par rotation centrée
sur l’origine, le potentiel électrostatique et le champ électrique ne dépendent que de la
distance à l’origine.

1.10 Capacité électrostatique


Deux conducteurs en regard portant une charge (nécessairement surfacique) constituent
un condensateur. La relation entre la charge totale 𝑄 portée par un condensateur et
la différence de potentiel Δ𝑉 entre les deux surfaces conductrices qui constituent le
condensateur est :

𝑄 = 𝐶Δ𝑉 (4.11)

𝐶 est la capacité électrostatique du condensateur. Sa valeur dépend des dimensions et de


la géométrie des conducteurs utilisés pour constituer le condensateur. L’unité de capacité
électrostatique dans le Système International d’unités est le farad (symbole F).

2 Exercices
2.1 Potentiel et champ créé par une charge ponctuelle
Cet exercice, s’appliquant sur un système simple, a pour but de permettre de manipu-
ler les notions et outils de base (potentiel, champ, théorème de Gauss, symétries). Il
s’agit en particulier de retrouver de différentes manières des résultats simples connus.
On considère une charge ponctuelle 𝑞, située à l’origine de l’espace.
1. Rappeler l’expression du champ électrique et du potentiel électrostatique créés
par cette charge.
2. Quel est le type de symétrie de la distribution de charge ?
3. En partant de l’expression du potentiel électrostatique, retrouver celle du champ,
−−−→
en exploitant la relation 𝐸⃗ = −grad 𝑉 . Exploiter le système de coordonnées le
plus adapté à ce calcul.

134
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 135

2 Exercices

4. Donner l’équation d’une surface équipotentielle quelconque. On utilisera le


système de coordonnées le plus adapté.
5. Donner l’expression d’une ligne de champ quelconque, là encore en utilisant le
système de coordonnées le plus adapté.
6. En utilisant le théorème de Gauss, retrouver l’expression du champ électrique.

Solution
1. L’expression du potentiel électrostatique est donnée par l’équation 4.1, soit
𝑞
𝑉 =
4𝜋𝜖0 𝑟
Le champ électrique est quant à lui donné par l’équation 4.7 :
𝑞 𝑟⃗ 𝑞 𝑟⃗
𝐸⃗ = = .
4𝜋𝜖0 𝑟3 4𝜋𝜖0 ‖⃗𝑟‖3
2. La distribution de charge est à symétrie sphérique : en tout point de l’espace sauf à
l’origine, la charge est identiquement nulle. Pour les problèmes présentant une sy-
métrie de ce type, le système de coordonnées permettant d’aboutir aux expressions
les plus simples est le système de coordonnées sphériques : la position d’un point
est donnée par sa distance à l’origine, 𝑟, la colatitude 𝜃 et l’angle polaire 𝜑. (voire
figure 4.8).
3. Le gradient d’une fonction de la position 𝑉 (𝑟, 𝜃, 𝜙) s’exprime en coordonnées
sphériques (figure 4.8) par :
−−−→ 𝜕𝑉 1 𝜕𝑉 1 𝜕𝑉
grad 𝑉 (𝑟, 𝜃, 𝜙) = 𝑒⃗𝑟 + 𝑒⃗𝜙 + 𝑒⃗
𝜕𝑟 𝑟 𝜕𝜃 𝑟sin𝜃 𝜕𝜙 𝜙
𝜕𝑉 𝜕𝑉
Dans le cas présent, 𝜕𝜃
et 𝜕𝜙
sont nuls, et il reste :
−−−→ 𝑞
𝐸⃗ = −grad 𝑉 = 𝑒⃗
4𝜋𝜖0 𝑟2 𝑟
4. Les surfaces équipotentielles sont caractérisées par la condition 𝑉 = 𝑘, avec 𝑘
𝑞 1
constant. Ceci donne : 4𝜋𝜖 = 𝑘, ce qui est équivalent à 𝑟 = 𝑘′ , avec 𝑘′ = 4𝜋𝜖𝑞 𝑘 .
0 𝑟 0
En coordonnées sphériques, la surface définie par 𝑟 = 𝑘′ est une sphère centrée sur
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

l’origine et de rayon 𝑘′ .
5. Le champ est radial (colinéaire avec 𝑒⃗𝑟 ). Les lignes de champ sont donc les droites
passant par l’origine. Elles sont en chacun de leurs points orthogonales à une surface
équipotentielle (voir figure 4.7).
6. Pour exploiter le théorème de Gauss, on va utiliser une surface sur laquelle l’intégrale
⃗ 𝑆⃗ est facile à calculer, en l’occurrence une sphère de rayon 𝑟. En effet, le champ
∯ 𝐸.d
électrique est en tout point orthogonal à cette surface, et comme la distribution de
charges est invariante par une rotation d’angle 𝜃 quelconque ainsi que d’angle 𝜑
quelconque, le champ et le potentiel ne dépendent que de 𝑟 : sur une sphère de rayon 𝑟
la norme du champ électrique est constante.

135
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Chapitre 4 • Électrostatique

Figure 4.7 – Vue dans un plan passant par l’origine de l’intersection des surfaces
équipotentielles du champ créé par une charge ponctuelle située à l’origine, ainsi que des
lignes de champ. Les surfaces équipotentielles étant des sphères, en coupe elles
apparaissent comme des cercles. Les lignes de champ, orthogonales en chaque point à
une surface équipotentielle, sont des droites passant par l’origine.

er


θ r eθ
y

Figure 4.8 – Définition des coordonnées sphériques.

Le théorème de Gauss s’exprime de la manière suivante :

⃗ = 1 ×𝑞
⃗ 𝑆⃗ = 4𝜋𝑟2 ‖𝐸‖
𝐸.d
∯ 𝜖0

⃗ =
d’où l’on tire ‖𝐸‖ 𝑞
. Sachant en outre que les symétries du problème
4𝜋𝜖0 𝑟2
impliquent que le champ est radial, on en déduit l’expression finale :
𝑞
𝐸⃗ = 𝑒⃗
4𝜋𝜖0 𝑟2 𝑟

136
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2 Exercices

2.2 Quelques ordres de grandeur


On se propose ici d’étudier les ordres de grandeur des champs, forces, potentiels etc
pour un modèle d’atome d’hydrogène extrêmement simplifié.
On considère ici l’atome d’hydrogène comme un système constitué de deux masses
ponctuelles, un proton et un électron, interagissant uniquement par l’interaction
coulombienne. La distance entre le proton et l’électron est de 53 pm.
1. Caractériser à l’aide d’un schéma le champ électrique créé par le proton à l’em-
placement de l’électron et celui créé par l’électron à l’emplacement du proton.
Quelles sont les normes, les directions de ces deux champs ?
2. Représenter de même la force exercée par le proton sur l’électron, ainsi que la
force exercée par l’électron sur le proton. Quelles sont les normes et les directions
de ces deux forces ?

Solution
1. La figure 4.9 donne les directions des champs et forces électriques. On notera que le
champ créé par l’électron et le champ créé par le proton sont dans la même direction,
alors que les forces sont attractives et de directions opposées l’une à l’autre.
Les normes des deux champs électriques sont égales, elles valent :
𝑞
𝐸= = 5, 12 × 1011 V ⋅ m−1 .
4𝜋𝜖0 𝑟2
2. La force a pour norme 𝑞𝐸 = 5, 12 × 1011 × 1, 602 × 10−19 = 9, 2 × 10−8 N. Il s’agit
de forces et de champs énormes à l’échelle microscopique.
proton E électron
électron Fproton
E proton
F
électron

Figure 4.9 – Représentation des champs et forces électriques dans le cas d’un atome
d’hydrogène considéré comme deux charges ponctuelles de signe opposé.
.
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2.3 Potentiel et champ créé par deux charges


ponctuelles identiques
On considère deux charges ponctuelles 𝐴 et 𝐵, situées à une distance 2𝑎 l’une de
l’autre (voir figure 4.10). Ces deux charges ont la même valeur 𝑞.
1. On se limitera dans un premier temps à l’étude du plan 𝑧 = 0. Donner l’expression
du potentiel électrostatique en fonction de 𝑥 et 𝑦.
2. En déduire l’expression du champ électrique.
3. Y a-t-il une région de l’espace dans laquelle le champ électrique est nul ? Si oui,
quelle est cette région ?

137
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Chapitre 4 • Électrostatique

a –a
A B
x O

Figure 4.10 – Système de deux charges ponctuelles.

4. On s’intéresse maintenant au calcul du potentiel en n’importe quel point de l’es-


pace. En prenant l’origine au milieu du segment reliant les charges 𝐴 et 𝐵, donner
une expression du potentiel et du champ électrique, faisant intervenir les vecteurs
−−→ −−→
𝐴𝑃 et 𝐵𝑃 .
−−→ −−→ −−→ −−→
5. En notant que l’on peut écrire 𝐴𝑃 = 𝑂𝑃 − 𝑎⃗ et 𝐵𝑃 = 𝑂𝑃 + 𝑎, ⃗ réécrire
l’expression obtenue à la question précédente, de manière à faire apparaître le
comportement asymptotique du potentiel pour 𝑟 tendant vers l’infini. À quoi
correspond ce comportement asymptotique ?

Solution
1. On se trouve dans le cas d’un système de charges ponctuelles, l’expression la plus
générale du potentiel électrostatique en un point 𝑃 est alors :
( ) ( )
1 𝑞1 𝑞2 𝑞 1 1
𝑉 (𝑃 ) = + = +
4𝜋𝜖0 𝑑 (𝐴, 𝑃 ) 𝑑 (𝐵, 𝑃 ) 4𝜋𝜖0 𝑑 (𝐴, 𝑃 ) 𝑑 (𝐵, 𝑃 )
Si l’on se limite au plan 𝑧 = 0, il reste :
( )
𝑞 1 1
𝑉 (𝑥, 𝑦) = √ +√
4𝜋𝜖0 (𝑥 − 𝑎)2 + 𝑦2 (𝑥 + 𝑎)2 + 𝑦2
2. En dérivant l’expression précédente selon 𝑥 et selon 𝑦, on obtient les expressions
suivantes :
𝑞
𝐸𝑥 = ×
4𝜋𝜖0
[ ]
(𝑥 − 𝑎) (𝑥 + 𝑎)
√ +√
(𝑥 − 𝑎)2 + 𝑦2 × ((𝑥 − 𝑎)2 + 𝑦2 ) (𝑥 + 𝑎)2 + 𝑦2 × ((𝑥 + 𝑎)2 + 𝑦2 )

138
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2 Exercices

Et :
𝑞
𝐸𝑦 = ×
4𝜋𝜖0
[ ]
𝑦 𝑦
√ +√
(𝑥 − 𝑎)2 + 𝑦2 × ((𝑥 − 𝑎)2 + 𝑦2 ) (𝑥 + 𝑎)2 + 𝑦2 × ((𝑥 + 𝑎)2 + 𝑦2 )

3. Le long de la ligne reliant les deux charges, les champs électriques créés par les deux
charges sont de direction opposée. Au milieu des deux charges, ils sont en outre de
norme identique. En ce point, le champ électrique est nul. C’est le seul endroit de
l’espace où cette condition est vérifiée, comme on peut le constater aisément en étu-
diant le comportement en fonction de 𝑥 et de 𝑦 des expressions de 𝐸𝑥 et 𝐸𝑦 obtenues
à la question précédente.
−−→ −−→
4. On peut écrire 𝐵𝑃 = 𝑟⃗ + 𝑎⃗ et 𝐴𝑃 = 𝑟⃗ − 𝑎. ⃗ Dans ces conditions, on peut écrire
l’expression du potentiel électrostatique sous la forme suivante :
( ) ( )
1 𝑞1 𝑞2 𝑞 1 1
𝑉 (𝑃 ) = + = +
4𝜋𝜖0 𝑑 (𝐴, 𝑃 ) 𝑑 (𝐵, 𝑃 ) 4𝜋𝜖0 ‖⃗𝑟 + 𝑎‖⃗ ‖⃗𝑟 − 𝑎‖

5. Soit encore :
( )
𝑞 1 1
𝑉 (𝑃 ) = √ +√
4𝜋𝜖0 𝑟2 + 2𝑎.⃗
⃗ 𝑟 + 𝑎2 𝑟2 − 2𝑎.⃗
⃗ 𝑟 + 𝑎2

On peut écrire :
1 1
√ =√
𝑟2 + 𝑎.⃗
⃗ 𝑟 + 𝑎2 𝑟2 (1 + 𝑎.⃗
⃗𝑟
+ 𝑎2
)
𝑟2 𝑟2
2
Lorsque 𝑟 tend vers l’infini, les termes 𝑎.⃗
⃗𝑟
𝑟2
et 𝑎𝑟2 tendent vers zéro. On note que l’on
retrouve à l’infini pour 𝑉 (𝑃 ) la forme du potentiel électrostatique généré par deux
charges de valeur 𝑞 situées à l’origine.
.
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2.4 Potentiel électrostatique et champ électrique créé par


une distribution de charges linéique constante
On considère une distribution de charge constante 𝜆 par unité de longueur, sur un fil
rectiligne de longueur infinie (figure 4.11).
1. En exploitant les symétries du système (figure 4.11), déterminer la forme des
lignes de champ et des surfaces équipotentielles.
2. En exploitant le théorème de Gauss, donner l’expression du champ électrique en
tout point de l’espace.
3. Déterminer l’expression du potentiel électrique en fonction de la position.

139
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Chapitre 4 • Électrostatique

r eθ

er
densité
h linéique
λ

O y

Figure 4.11 – Fil rectiligne selon l’axe 𝑧, portant une charge linéique constante 𝜆. Les
positions dans l’espace sont repérées dans le système de coordonnées cylindriques.

Solution
1. Le système possède une symétrie de révolution autour de l’axe 𝑧 de la figure 4.11.
Il est invariant par une rotation d’angle 𝜃 autour de l’axe 𝑧. Il est également symé-
trique par rapport à tout plan orthogonal à l’axe 𝑧. Le système possède enfin une
invariance par translation selon l’axe 𝑧. Ces symétries et invariances nous indiquent
que le champ électrique est radial, et orthogonal à l’axe 𝑧. Sa norme ne dépend que
de 𝑟.
Les lignes de champ sont les droites orthogonales à l’axe 𝑧. Les surfaces équipoten-
tielles sont les cylindres d’axe 𝑂𝑧.
2. Nous pouvons appliquer le théorème de Gauss en utilisant comme surface d’inté-
gration les surfaces délimitant le cylindre de rayon 𝑟 de la figure 4.11 : la partie
cylindrique, ainsi que les deux disques fermant le cylindre en haut et en bas.
Comme le champ électrique est radial et orthogonal à l’axe 𝑧, l’intégrale ∬ 𝐸.d ⃗ 𝑆⃗
sur le « fond » et sur le « couvercle » du cylindre est nulle. La partie de l’intégrale sur
la partie cylindrique vaut quant à elle 2𝜋𝑟ℎ‖𝐸‖. ⃗ L’intégrale de la charge contenue
dans le volume du cylindre vaut 𝜆ℎ.
Le théorème de Gauss nous permet donc d’écrire : 2𝜋𝑟ℎ‖𝐸‖ ⃗ = 𝜆ℎ , et par
𝜖0
conséquent :
⃗ = 𝜆
‖𝐸‖
2𝜋𝜖0 𝑟
3. En coordonnées cylindriques (voir figure 4.11), le vecteur gradient s’écrit :
−−−→ 𝜕𝑉 1𝑉 𝜕𝑉
grad 𝑉 = 𝑒⃗ + 𝑒⃗ + 𝑒⃗
𝜕𝑟 𝑟 𝑟 𝜕𝜃 𝜃 𝜕𝑧 𝑧

140
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2 Exercices

Dans le cas présent, étant donné les invariances du problème, les composantes selon
𝑒⃗𝜃 et 𝑒⃗𝑧 sont nulles : le potentiel électrostatique ne dépend que de 𝑟, et il est relié à
‖𝐸‖⃗ par :

⃗ =− 𝜕𝑉 d𝑉 𝜆
‖𝐸‖ =− =
𝜕𝑟 d𝑟 2𝜋𝜖0 𝑟
Le potentiel électrostatique peut donc s’écrire :
𝜆
𝑉 =− × ln(𝑟) + 𝑘
2𝜖0
𝑘 étant une constante arbitraire. On notera que dans ce cas précis, on ne peut pas
choisir la constante 𝑘 de manière à ce que le potentiel soit nul à l’infini. Le choix le
plus simple dans ce cas est de prendre 𝑘 = 0.

2.5 Potentiel et champ électrostatique créés par une boule


On considère une boule de rayon 𝑅, placée à l’origine de l’espace. La boule porte
une densité de charge volumique de valeur 𝜌.
1. Déterminer le champ électrostatique à l’intérieur et à l’extérieur de la boule.
Déterminer ensuite le potentiel électrostatique en tout point de l’espace.
2. On remplace la boule par une sphère de même rayon, portant une charge sur-
facique 𝜎. On prend pour 𝜎 la valeur 𝜌𝑅 3
, si bien que la charge totale portée
par la sphère est égale à la charge portée par la boule de la question précédente
(𝜌 × 43 𝜋𝑅3 = 𝜎 × 4𝜋𝑅2 ). Répondre aux mêmes questions. Commentaire.

Solution

1. Les invariances de la distribution de charges du système nous permettent de dire que


le champ électrique ne dépend que de 𝑟, et les symétries nous permettent de dire
qu’il est radial (colinéaire au vecteur 𝑒⃗𝑟 , voir figure 4.8). Les lignes de champ sont
les droites passant par l’origine, les surfaces équipotentielles sont toutes les sphères
centrées sur l’origine.
.
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On peut utiliser une telle sphère comme surface d’intégration pour calculer le flux
du champ électrique et appliquer le théorème de Gauss.
Quel que soit le rayon de la surface d’intégration, le flux du champ électrique vaut :
⃗ 𝑆⃗ = 4𝜋𝑟2 ‖𝐸‖.
∯ 𝐸.d ⃗
L’intégrale volumique de la charge contenue à l’intérieur de la surface sphérique de
rayon 𝑟 vaut 43 𝜋𝑟3 × 𝜌 si 𝑟 < 𝑅 (surface d’intégration contenue à l’intérieur de la
boule), et 43 𝜋𝑅3 × 𝜌 si 𝑟 ≥ 𝑅 (surface d’intégration à l’extérieur ou à la surface de la
boule).

141
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Chapitre 4 • Électrostatique

Le théorème de Gauss nous donne enfin l’expression du champ électrique à l’intérieur


3
⃗ = 𝑟𝜌 , et à l’extérieur de la boule : ‖𝐸‖
de la boule : ‖𝐸‖ ⃗ = 𝑅𝜌.
3𝜖 0 3𝜖 𝑟2 0

En intégrant ces deux expressions par rapport à 𝑟 (rappelons que pour un système
−−−→
à symétrie sphérique, le gradient en coordonnées sphériques se réduit à grad 𝑉 =
𝜕𝑉
𝑒⃗ ), on obtient :
𝜕𝑟 𝑟
2
– potentiel à l’intérieur de la boule : 𝑉 = −𝜌 6𝜖𝑟 + 𝑘1
0
𝑅3 𝜌
– potentiel à l’extérieur de la boule : 𝑉 = 3𝜖0 𝑟
+ 𝑘2
𝑘1 et 𝑘2 sont deux constantes arbitraires. Comme il y a deux constantes à fixer, il
nous faut imposer deux conditions, qui nous permettront d’avoir deux équations à
résoudre :
– on impose que le potentiel électrique vale zéro pour 𝑟 infini. Cette condition est
arbitraire, tout autre choix aurait été valide.
– on impose que le potentiel soit continu.
De l’expression du potentiel à l’extérieur de la boule, on déduit immédiatement que
𝑅3 𝜌
𝑘2 = 0, puisque 𝑉 = 3𝜖 𝑟
tend vers zéro quand 𝑟 tend vers l’infini.
0

Pour déterminer 𝑘1 , il faut se placer sur la surface de la boule, et exprimer qu’à la


surface de la boule, les expressions des potentiels à l’extérieur et à l’intérieur de la
boule sont égales :
𝑅3 𝜌 𝜌𝑅2 𝑅2
= = −𝜌 + 𝑘1
3𝜖0 𝑅 3𝜖0 6𝜖0
1 𝑅2 𝜌
d’où l’on tire 𝑘1 = 2 𝜖0
.
La figure 4.12 représente l’allure des champs et potentiels pour cette configuration.
V E
0,35
0,5 rR2/2e
0
rR/3e 0
0,3
0,4
0,25
rR2/3e 0
0,3 0,2

0,15
0,2
0,1
0,1
0,05

0 0
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
r/R r/R

Figure 4.12 – Représentation de l’allure du potentiel électrostatique (gauche) et du


champ électrique (droite) créé par une boule uniformément chargée.

142
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2 Exercices

2. Tout comme pour la question précédente, le système est à symétrie sphérique, les
invariances de la distribution de charges permettent de dire que le vecteur champ
électrique 𝐸⃗ ne dépend que de 𝑟, et qu’il est colinéaire au vecteur 𝑒⃗𝑟 . Les lignes de
champ sont les droites passant par l’origine, les surfaces équipotentielles sont toutes
les sphères centrées sur l’origine.
Comme précédemment, on utilise une sphère de rayon 𝑟 comme surface d’intégration
pour l’application du théorème de Gauss.
Quel que soit le rayon de la surface d’intégration, le flux du champ électrique vaut :
⃗ 𝑆⃗ = 4𝜋𝑟2 ‖𝐸‖.
∯ 𝐸.d ⃗
L’intégrale volumique de la charge contenue à l’intérieur de la surface sphérique de
rayon 𝑟 est nulle si 𝑟 < 𝑅 (surface d’intégration contenue à l’intérieur de la boule),
et 4𝜋𝑅2 𝜎 = 43 𝜋𝑅3 × 𝜌 si 𝑟 ≥ 𝑅 (surface d’intégration à l’extérieur ou à la surface de
la boule).
Le théorème de Gauss nous donne enfin l’expression du champ électrique à l’intérieur
3 2
⃗ = 0, et à l’extérieur de la sphère : ‖𝐸‖
de la sphère : ‖𝐸‖ ⃗ = 𝑅 𝜌 = 𝑅 𝜎.
3𝜖 𝑟2 𝜖 𝑟2 0 0

En intégrant ces deux expressions par rapport à 𝑟, on obtient :


– potentiel à l’intérieur de la sphère : 𝑉 = 𝑘1
𝑅3 𝜌 𝑅2 𝜎
– potentiel à l’extérieur de la sphère : 𝑉 = 𝜖0 𝑟
+ 𝑘2 = 𝜖0 𝑟
+ 𝑘2

Il faut fixer les valeurs des constantes 𝑘2 et 𝑘1 .


Pour ce faire, on utilise les conditions suivantes :
– le potentiel doit tendre vers zéro à l’infini.
– le potentiel est continu.
En exploitant ces deux conditions de manière similaire aux questions précédentes
portant sur la boule affectée d’une charge volumique, on obtient 𝑘2 = 0 et 𝑘1 =
𝑅2 𝜌
3𝜖
= 𝜎𝑅
𝜖
.
0 0

La figure 4.13 représente l’allure des champs et potentiels pour cette configuration.
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

On notera que dans ce cas, le champ est discontinu en 𝑟 = 𝑅. Ceci est lié à la présence
d’une densité de charge surfacique.

2.6 Condensateur plan


On considère le dispositif représenté figure 4.15, constitué de deux plaques conduc-
trices en regard, séparées par une distance 𝑑. L’une des plaques porte une charge
positive 𝑞, l’autre une charge −𝑞, l’ensemble étant électriquement neutre (charge
totale nulle).

143
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 144

Chapitre 4 • Électrostatique

V E
1 s /e 0 1 s R/e 0

0,8 0,8

0,6 0,6

0,4 0,4

0,2 0,2

0 0
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
r/R r/R

Figure 4.13 – Représentation de l’allure du potentiel électrostatique (gauche) et du


champ électrique (droite) créé par une sphère uniformément chargée.

1. On commence par considérer une seule armature (figure 4.14). Elle est plane et
porte une charge surfacique 𝜎. Elle est supposée de dimension infinie. En exploi-
tant les symétries et invariances de ce système, déterminer la direction et le sens
du champ électrique.
2. En choisissant une surface de Gauss adéquate, donner la norme du champ
électrique.
3. On s’intéresse maintenant au condensateur complet, constitué des deux armatures
en regard. Caractériser le champ électrique (direction, norme. . . ) régnant entre les
deux plaques du dispositif de la figure 4.15. On suppose que les plaques sont de
dimension infinie.
4. Établir la relation entre la différence de potentiel régnant entre les deux armatures
du condensateur et la charge portée par celles-ci.
5. Donner l’expression de la capacité du condensateur en fonction de la surface 𝑆
des armatures et de la distance 𝑑 qui les sépare.
6. Application pratique : on souhaite fabriquer un condensateur de 1 nF à l’aide de
deux plaques métalliques conductrices planes, situées à 0,1 mm l’une de l’autre.
Quelle est la surface de plaque nécessaire ?
7. Quelle est la charge emmagasinée dans le condensateur, en supposant que la dif-
férence de potentiel entre les armatures est de 100 V ? Quelle est dans les mêmes
conditions la norme de la force électrostatique exercée l’une sur l’autre par les
deux plaques ?

144
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2 Exercices

E(−y)
E(y)

O
y

Figure 4.14 – Surface plane portant une charge surfacique, constituant une armature
de condensateur.

charge +q
charge −q

z E

O
y

x
.

Figure 4.15 – Condensateur plan, constitué de deux armatures.


© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

Solution

1. Le système est invariant par translation selon les axes 𝑧 et 𝑥. Par conséquent, le champ
électrique ne dépend que de la coordonnée 𝑦. Le système est également invariant par
symétrie par rapport à n’importe quel plan orthogonal au plan de l’armature, ce qui
indique que le champ électrique est lui aussi orthogonal au plan de l’armature. Enfin,
le système est invariant par symétrie par rapport au plan de l’armature, ce qui indique

que 𝐸(𝑦) ⃗
= 𝐸(−𝑦).

145
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 146

Chapitre 4 • Électrostatique

2. On peut utiliser comme surface pour l’application du théorème de Gauss un cylindre


de rayon 𝑟, dont l’axe est orthogonal à l’armature (figure 4.14). L’intégrale de surface
⃗ 𝑆⃗ est nulle sur le corps du cylindre, et vaut 𝐸.𝜋𝑟2 sur le « couvercle » et sur le
∫ 𝐸.d
« fond » du cylindre.
L’application du théorème de Gauss conduit à la relation suivante :

𝜎𝜋𝑟2
= 2𝐸(𝑦)𝜋𝑟2
𝜖0
𝜎
d’où l’on déduit que 𝐸(𝑦) = 2𝜖0
.

3. Le champ électrique en un point quelconque de l’espace est la somme des champs


électriques produits par chacune des deux armatures. À l’extérieur des deux arma-
tures, cette somme est nulle. Entre les deux armatures, le champ est orthogonal
aux deux armatures, dirigé vers l’armature portant la charge négative, et de norme
⃗ = 𝜎.
‖𝐸‖ 𝜖0

−−−→
4. En utilisant la relation 𝐸⃗ = −grad 𝑉, on en déduit que la différence de potentiel entre
les deux armatures est donnée par : Δ𝑉 = 𝐸.𝑑 = 𝜖𝜎 × 𝑑.
0

5. Si l’on appelle 𝑞 la charge totale portée par l’une des armatures du condensateur,
et 𝑆 la surface totale du condensateur, la densité surfacique de charge 𝜎 vaut 𝑄
𝑆
. Il
vient donc : Δ𝑉 = 𝑑 × 𝜖 𝑞𝑆 , ce qui s’écrit aussi : 𝑞 = Δ𝑉 𝜖0 𝑆𝑑 . En identifiant cette
0
expression avec la relation définissant la capacité d’un condensateur (𝑞 = 𝐶Δ𝑉 ), on
en déduit que pour un condensateur plan, 𝐶 = 𝜖0 𝑆𝑑 .

6. On utilise la relation 𝐶 = 𝜖0 𝑆𝑑 , qui nous donne 𝑆 = 𝐶𝑑


𝜖0
. On obtient une surface de
2
0,011 𝑚 .
7. La charge enmagasinée vaut 𝑞 = 𝐶Δ𝑉 = 10−9 × 100 = 10−7 C. Le champ élec-
trique entre les deux armatures a pour norme ‖𝐸‖ ⃗ = 100 = 106 V ⋅ m−1 . La force
10−4
(attractive) qui s’exerce entre les armatures est donnée par 𝑞 𝐸⃗ = 10−7 ×106 = 0, 1 N.

2.7 Condensateur sphérique


On considère le dispositif représenté figure 4.16, constitué de deux sphères concen-
triques, de rayon 𝑟1 et 𝑟2 . L’une des sphères porte une charge positive 𝑞, l’autre une
charge −𝑞, l’ensemble étant électriquement neutre (charge totale nulle).
1. Caractériser le champ électrique (direction, norme. . . ) dans l’espace entre les deux
sphères.
2. En suivant la même démarche que pour le condensateur plan, déterminer la
capacité électrostatique du système.

146
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2 Exercices

r1
y

r2
x

Figure 4.16 – Condensateur sphérique, constitué de deux armatures sphériques


de rayon r1 et r2 .

Solution
1. La système est à symétrie sphérique, le champ est purement radial. En appliquant le
théorème de Gauss sur une surface sphérique dont le rayon 𝑟 est compris entre 𝑟1 et
⃗ = 𝑞 .
𝑟2 , on trouve que la norme du champ électrique vaut ‖𝐸‖ 4𝜋𝜖 𝑟2 0
2. La différence de potentiel entre les deux armatures peut être obtenue en intégrant
𝑞
l’expression du champ entre 𝑟2 et 𝑟1 . On obtient aisément : Δ𝑉 = 4𝜋𝜖 .( 𝑟1 − 𝑟1 ), d’où
0 1 2
𝑟 𝑟
l’on déduit que 𝐶 = 4𝜋𝜖0 𝑟 1−𝑟2 .
2 1

2.8 Condensateur cylindrique


On considère le dispositif représenté figure 4.17, constitué de deux cylindres concen-
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

triques, de rayon 𝑟1 et 𝑟2 , et de hauteur ℎ. L’un des cylindres porte une charge positive
𝑞, l’autre une charge −𝑞, l’ensemble étant électriquement neutre (charge totale nulle).
Traiter les mêmes questions que dans le cas du condensateur sphérique :
1. Caractériser le champ électrique et le potentiel.
2. Déterminer la capacité électrostatique du système.

147
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 148

Chapitre 4 • Électrostatique

r1
r2

Figure 4.17 – Condensateur cylindrique, constitué de deux cylindres


concentriques.

Solution

1. Le système possède une symétrie cylindrique. Le champ électrique est purement ra-
dial, colinéaire à 𝑒⃗𝑟 (figure 4.17). En appliquant le théorème de Gauss sur une surface
cylindrique dont le rayon 𝑟 est compris entre 𝑟1 et 𝑟2 , on trouve que la norme du champ
électrique vaut ‖𝐸‖ ⃗ = 𝑞 .
2𝜋𝜖 𝑟 0

2. La différence de potentiel entre les deux armatures peut être obtenue en intégrant
𝑟
l’expression du champ entre 𝑟2 et 𝑟1 . On obtient aisément : Δ𝑉 = 2𝜋𝜖𝑞 ℎ .ln( 𝑟2 ), d’où
0 1
2𝜋𝜖0 ℎ
l’on déduit que 𝐶 = 𝑟
ln( 𝑟2 )
.
1

2.9 Condensateur en coin


On considère un condensateur plan, dont les armatures peuvent tourner d’un angle 𝛼
l’une par rapport à l’autre (figure 4.18).
1. Comment sont disposées les lignes de champ à la surface des deux armatures ?
Utiliser ensuite cette information pour postuler une expression raisonnable des
lignes de champ.
2. Quelle est l’expression de la capacité ?

148
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2 Exercices

dr

a
r2
r1

Figure 4.18 – Condensateur en forme de coin, constitué de deux plaques planes


faisant un angle 𝛼 entre elles.

Solution

1. La surface de chaque armature est une équipotentielle, les lignes de champ partent
donc orthogonalement aux armatures. De manière naturelle, pour un angle d’ouver-
ture 𝛼 pas trop élevé, on peut considérer que les lignes de champ sont des arcs de
cercle.
2. Pour les deux éléments de surface constitués du rectangle de largeur d𝑟 situé entre 𝑟
et 𝑟 + d𝑟, et de longueur 𝑙, connectés par les lignes de champ (figure 4.18), on peut
écrire que la charge d𝑞 qu’ils portent vaut :
𝑙𝜖0 d𝑟
d𝑞 = Δ𝑉
𝛼𝑟
En intégrant cette expression entre 𝑟1 et 𝑟2 , on obtient :
( )
𝑙𝜖0 𝑟
𝑞 = Δ𝑉 ln 2
𝛼 𝑟1
𝑙𝜖0
On en déduit la valeur de la capacité : 𝐶 = ln 𝑟2
.
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𝛼 𝑟1

2.10 Energie stockée dans un condensateur


On considère un condensateur de capacité 𝐶, portant une charge 𝑄. On cherche à
évaluer l’énergie stockée dans le condensateur. Pour ce faire, on va évaluer la quantité
d’énergie qu’il a fallu pour parvenir à l’état dans lequel le condensateur est chargé, à
partir de l’état déchargé.

149
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 150

Chapitre 4 • Électrostatique

1. Supposons que le condensateur soit partiellement chargé, avec une charge 𝑞 sur
chacune des armatures. On lui apporte une charge d𝑞. Quel travail faut-il fournir
pour amener la charge d𝑞 depuis l’infini (où le potentiel électrostatique est nul)
jusqu’à une des armatures du condensateur ?
2. En déduire le travail total qu’il a fallu fournir pour passer de l’état où le conden-
sateur est totalement déchargé, jusqu’à l’état où il est chargé avec la charge 𝑄.
Exprimer ce travail en fonction de 𝑄, puis en fonction de 𝑈 .

Solution

1. Pour simplifier le calcul, on va décider qu’une des armatures est au potentiel nul,
l’autre est au potentiel 𝑉 , la différence de potentiel entre les deux armatures est 𝑉 .
Le travail nécessaire pour amener la charge d𝑞 depuis un emplacement où elle est au
potentiel nul jusqu’à l’armature où elle arrive au potentiel 𝑉 vaut 𝑉 d𝑞.
2. Quand le condensateur passe de l’état pour lequel la tension à ses bornes est 𝑉 , sa
charge 𝑞, à l’état pour lequel sa charge est 𝑞 + d𝑞, sa tension 𝑉 + d𝑉 = 𝑉 + d𝑞∕𝐶,
il a fallu fournir le travail 𝑉 d𝑞 = (𝑞∕𝐶)d𝑞. Le travail total, égal à l’énergie stockée
dans le condensateur est donc :
𝑄
𝑞 1
𝑊 = d𝑞 = 𝑄2
∫0 𝐶 2𝐶

2.11 Microphone électrostatique


On considère un condensateur plan, de capacité 𝐶, dont les armatures peuvent se
déplacer l’une par rapport à l’autre. On suppose le condensateur initialement chargé
avec une charge 𝑄, sous une tension 𝑉0 . Elles sont placées à une distance 𝑑0 l’une de
l’autre. Le condensateur est ensuite déconnecté de la source de tension.
1. Donner l’expression de la tension et de l’énergie électrostatique stockée dans le
condensateur en fonction de la distance 𝑑 séparant les armatures.
2. D’où provient la différence d’énergie stockée dans le condensateur ?

Solution

1. La tension est donnée par 𝑉 = 𝑄∕𝐶. Si l’on déplace les armatures l’une par rapport
à l’autre, dans la mesure où elles ne sont pas connectées à une source de tension,
la charge 𝑄 stockée dans les armatures se conserve. Par contre, la capacité varie en
fonction de 𝑑 :
𝑑
𝐶(𝑑) = 𝐶(𝑑0 ) × 0
𝑑

150
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 151

2 Exercices

Dans ces conditions, la tension 𝑉 (𝑑) vaut 𝑉0 × 𝑑𝑑 . On appelle 𝑊0 l’énergie stockée


0
dans le condensateur quand ses armatures sont à la distance 𝑑0 . L’énergie stockée
dans le condensateur dont les armatures sont à la distance 𝑑 est : 𝑊 = 12 𝐶(𝑑)𝑉 (𝑑)2 =
𝑊0 𝑑𝑑
0

2. La variation d’énergie constatée entre les différentes distances relatives des armatures
correspond au travail mécanique qu’il a fallu fournir pour les déplacer par rapport à
leur position de départ.
On voit que la mesure de la tension aux bornes du condensateur donne une infor-
mation sur leur position. Si les armatures se déplacent sous l’effet de vibrations de
l’air, la tension varie à la même fréquence que celle avec laquelles les armatures sont
déplacées par l’air.

2.12 Énergie électrostatique


On commence par considérer deux charges ponctuelles 𝑞1 et 𝑞2 . La charge ponctuelle
𝑞1 induit au point auquel se situe la charge 𝑞2 le potentiel 𝑉12 , et de même la charge
ponctuelle 𝑞2 induit le potentiel 𝑉21 au point auquel se situe la charge 𝑞1 . La distance
entre les deux charges ponctuelles vaut 𝑟.
1. Exprimer l’énergie électrostatique de la charge 𝑞1 placée dans le potentiel 𝑉12 ,
l’énergie électrostatique de la charge 𝑞2 placée dans le potentiel 𝑉21 . Prouver
en calculant explicitement 𝑉12 et 𝑉21 que les deux expressions sont égales, et
qu’on peut donc calculer l’énergie électrostatique stockée dans le système de deux
charges par l’expression :
1
𝑊12 = (𝑞 𝑉 + 𝑞2 𝑉21 )
2 1 12
2. Généraliser cette expression à un système de 𝑁 charges ponctuelles.
3. Généraliser cette expression à une distribution volumique de charges 𝜌(⃗𝑟) ainsi
qu’à une distribution surfacique 𝜎 de charges.
4. On considère un condensateur de capacité 𝐶. Retrouver l’expression de l’énergie
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

électrostatique stockée dans le condensateur.


5. Calculer l’énergie électrostatique emmagasinée dans une boule de rayon 𝑅,
portant une distribution volumique de charges 𝜌.
6. Calculer l’énergie électrostatique enmagasinée dans une sphère de rayon 𝑅,
portant une distribution surfacique de charge 𝜎.

Solution

1. L’énergie électrostatique associée à la charge 𝑞1 plongée dans le potentiel électro-


statique 𝑉21 est 𝑊12 = 𝑞1 𝑉21 . En notant 𝑟 la distance entre les deux charges 𝑞1 et
𝑞1 𝑞2
𝑞2 , 𝑊12 = 4𝜋𝜖 𝑟
. L’énergie électrostatique associée à la charge 𝑞2 dans le potentiel
0

151
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 152

Chapitre 4 • Électrostatique

𝑞 𝑞
électrostatique 𝑉12 est 𝑊12 = 𝑞2 𝑉12 = 4𝜋𝜖
1 2
. Les deux expressions 𝑊12 et 𝑊21 sont
0𝑟
égales, on peut prendre comme expression de l’énergie électrostatique :
1
𝑊 = (𝑊 + 𝑊21 )
2 12

2. On peut aisément généraliser cette expression à un système de 𝑛 charges discrètes :


𝑖=𝑛 𝑗=𝑛
1∑ ∑
𝑊 = 𝑞𝑉
2 𝑖=1 𝑗=1,𝑖≠𝑗 𝑖 𝑗𝑖

Dans cette expression, 𝑉𝑗𝑖 représente le potentiel créé par la charge 𝑞𝑗 au point auquel
se trouve la charge 𝑞𝑖 . Il est à noter que l’on ne prend en compte que l’interaction entre
charges distinctes. L’énergie potentielle d’interaction d’une charge ponctuelle avec
son propre potentiel est infinie et n’a pas de sens physique dans le cadre de la physique
classique.
∑𝑗=𝑛
On peut définir 𝑉𝑖 = 𝑉 , et avec cette définition, on obtient 𝑊 =
𝑗=1,𝑖≠𝑗 𝑗𝑖
1 ∑𝑖=𝑛
2
𝑞𝑉.
𝑖=1 𝑖 𝑖
∑𝑖=𝑛
3. On généralise aisément l’expression 𝑊 = 12 𝑖=1 𝑞𝑖 𝑉𝑖 à une distribution volumique
en remplaçant la somme par une intégrale :

1
𝑊 = 𝜌(⃗𝑟)𝑉 (⃗𝑟)d𝑉
2∭

Pour une distribution surfacique, l’expression de 𝑊 est :

1
𝑊 = 𝜎(⃗𝑟)𝑉 (⃗𝑟)d𝑆
2∬

4. On suppose que les armatures du condensateur sont portées l’une au potentiel 𝑉1 ,


l’autre au potentiel 𝑉2 . Elles portent respectivement la charge 𝑄 et −𝑄. L’énergie
électrostatique du système est 𝑊 = 12 (𝑄𝑉1 − 𝑄𝑉2 ) = 12 𝑄(𝑉1 − 𝑉2 ). Comme 𝑄 =
𝐶(Δ𝑉 )2
𝐶Δ𝑉 = 𝐶(𝑉1 − 𝑉2 ), il vient 𝑊 = 2
. Cette expression est la même que celle
obtenue à l’exercice 2.10.
5. Il n’y a de la charge électrique qu’à l’intérieur de la boule de rayon 𝑅, il nous faut
donc l’expression du potentiel électrostatique en fonction de 𝑟 dans cette région. Elle
a été établie à la question 1 de l’exercice 2.5 :
( )
𝜌 𝑟2
𝑉 = 𝑅2 −
2𝜖0 3

3
Pour une charge totale 𝑄 dans la boule, la densité 𝜌 vaut 𝜌 = 𝑄 4𝜋𝑅 3
.

152
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 153

2 Exercices

On peut alors écrire :


𝑅( )
1 3 𝜌 2 𝑟2
𝑊 = 𝑄 𝑅 − d𝑉 =
2 4𝜋𝑅3 2𝜖0 ∫0 3
𝑅( )
1 3 𝜌 2 𝑟2
𝑄 𝑅 − 4𝜋𝑟2 d𝑟 =
2 4𝜋𝑅3 2𝜖0 ∫0 3
3𝑄2
20𝜋𝜖0 𝑅
6. Pour une sphère portant une charge surfacique 𝜎 constante, le potentiel à la surface
de la sphère (voir question 2 de l’exercice 2.5) est 𝑉 = 4𝜋𝜖𝑄 𝑅 . La densité surfacique
0
𝑄
est liée à la charge totale par : 𝜎 = 4𝜋𝑅 2
.
L’énergie électrostatique s’écrit alors :
1 𝑄 𝑄 2 𝑄2
𝑊 = × 4𝜋𝑅 =
2 4𝜋𝑅2 4𝜋𝜖0 𝑅 8𝜋𝜖0 𝑅

2.13 Modèles classiques de l’électron


Dans cet exercice, on va postuler une sous-structure de l’électron, sous forme d’une
distribution de charge. On va ensuite calculer l’énergie électrostatique enmagasinée
dans cette distribution de charge, pour finalement en tirer une « dimension » ou un
« rayon » de l’électron.
1. On modélise l’électron sous forme d’une boule de rayon 𝑅, uniformément char-
gée. La charge totale de l’électron est 𝑒. On fait l’hypothèse que la masse de
l’électron, convertie en énergie, est égale à l’énergie électrostatique stockée dans
la boule représentant l’électron. Dit autrement, on fait l’hypothèse que la masse
de l’électron n’est rien d’autre que de l’énergie électrostatique vue sous forme de
masse. Sachant que la masse de l’électron est de 511 keV∕𝑐 2 , quelle est le rayon
d’un électron dans ce modèle ? Faire l’application numérique. On rappelle que la
relation entre masse et énergie de masse est :
𝐸 = 𝑚𝑐 2
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

avec 𝐸 l’énergie de masse, 𝑚 la masse, et 𝑐 la vitesse de la lumière dans le vide.


2. Même question en supposant que la structure de l’électron est une sphère creuse
uniformément chargée en surface. Faire également l’application numérique.

Solution

1. L’énergie électrostatique stockée dans une boule uniformément chargée, de rayon 𝑅,


3𝑄2
portant une charge totale 𝑄 est (voir exercice précédent) : 𝑊 = 20𝜋𝜖 𝑅
. Il nous faut
0
3𝑒2 3𝑒2
donc résoudre l’équation : 20𝜋𝜖0 𝑅
= 𝑚𝑒 𝑐 2 , soit 𝑅 = 𝑚𝑒 𝑐 2 ×20𝜋𝜖0
. Numériquement, cette
dimension 𝑅 vaut 1,7 fm.

153
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 154

Chapitre 4 • Électrostatique

2. Si on prend comme modèle une sphère uniformément chargée en surface, on est


amené à résoudre l’équation suivante :
𝑄2
= 𝑚𝑒 𝑐 2
8𝜋𝜖0 𝑅
ce qui conduit à :
𝑒2
𝑅=
8𝜋𝜖0 𝑚𝑒 𝑐 2
Numériquement, cette dimension 𝑅 vaut 1,4 fm.

2.14 Distribution surfacique de charge


On considère une surface plane portant une charge surfacique 𝜎 (figure 4.19). Au-
dessus et au-dessous de la surface se trouve du vide.
z

z
a b
y

y x

Figure 4.19 – Charge surfacique.

1. Quelles sont les symétries du problème ?


2. En déduire la direction du champ électrique.
3. En utilisant le théorème de Gauss sur une surface judicieusement choisie, ex-
primer la valeur du champ électrique en-dessous et au-dessus de la surface
chargée.
4. On considère maintenant un conducteur, à la surface duquel se trouve une dis-
tribution de charge surfacique 𝜎. Sur la figure 4.19, se trouve maintenant du vide
au-dessus de la surface, et un conducteur en-dessous. Rappeler la valeur du champ
électrique à l’intérieur du conducteur.
5. En appliquant le même raisonnement qu’à la question précédente, donner l’ex-
pression du champ électrostatique juste au-dessus de la surface du conducteur.
6. On va maintenant s’intéresser à ce qui se passe sur la surface elle-même, et non
plus au-dessus. Pour ce faire, on modélise la distribution de charge surfacique
comme une distribution de charge volumique sur une petite épaisseur 𝑒 juste
sous la surface du conducteur, telle que 𝜎 = 𝜌𝑒, si bien que pour une surface
𝑆 quelconque, la charge surfacique 𝑆𝜎 est égale à la charge volumique 𝜌𝑒𝑆.
En considérant la surface représentée sur la figure 4.20, déterminer le champ
électrique.

154
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 155

2 Exercices

Vide
b
a

couche chargée e
en volume

conducteur

Figure 4.20 – Modélisation d’une charge surfacique comme une charge volumique
dans une fine couche d’épaisseur 𝑒, que l’on peut faire tendre vers zéro.

7. Que se passe-t-il si on fait tendre 𝑒 vers zéro ? En déduire la valeur du champ


électrique sur la surface du conducteur.

Solution

1. On constate que la distribution de charge est invariante par translation selon l’axe
𝑥 et selon l’axe 𝑦 (figure 4.19), ainsi que par réflexion selon un plan quelconque
orthogonal au plan dans lequel se trouve localisée la charge (plan 𝑧 = 0). Enfin, la
distribution de charge est invariante par réflexion selon le plan 𝑧 = 0.
2. L’invariance par réflexion selon un plan orthogonal nous indique que le champ élec-
trique est parallèle à ce plan. Considérons deux plans de symétrie orthogonaux au
plan 𝑧 = 0, le champ électrique a nécessairement une direction contenue dans les
deux plans. Il ne peut donc avoir une direction que selon l’intersection des deux
plans, c’est-à-dire selon la droite 𝑂𝑧. Cette droite est orthogonale au plan 𝑧 = 0, le
champ électrique est donc orthogonal au plan 𝑧 = 0. L’invariance par translation se-
.
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lon l’axe 𝑥 et selon l’axe 𝑦 nous permet de conclure que la norme du champ électrique
ne dépend pas des coordonnées 𝑥 et 𝑦 du point en lequel on cherche à la déterminer.
La norme du champ électrique dépend par contre a priori de la coordonnée 𝑧.
Enfin, la symétrie de la distribution de charge par réflexion par rapport au plan 𝑧 = 0

nous indique que 𝐸(−𝑧) ⃗
= −𝐸(𝑧).
3. Une surface fermée sur laquelle il sera particulièrement aisé de calculer l’intégrale
⃗ 𝑆⃗ est un parallépipède 𝑋 dont deux des faces sont parallèles à la surface char-
∯ 𝐸.d
gée et situées en +𝑧 et −𝑧, les quatre autres étant orthogonales à la surface chargée
⃗ 𝑆⃗ vaut : ‖𝐸‖.2𝑎𝑏.
(figure 4.19). Avec les notations de la figure 4.19, l’intégrale ∯ 𝐸.d ⃗
La charge contenue dans le parallépipède 𝑋 vaut : 𝑎𝑏𝜎. Le théorème de Gauss nous

155
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 156

Chapitre 4 • Électrostatique


donne : ‖𝐸‖.2𝑎𝑏 = 𝑎𝑏𝜎 𝜖1 . On en déduit que la norme du champ électrique vaut
0
⃗ =
‖𝐸‖ 1
𝜎. On constate que la norme du champ électrique ne dépend pas de 𝑧.
2𝜖0
4. Le champ électrique à l’intérieur d’un conducteur est nul.
5. Les symétries du problème sont presque les mêmes qu’à la question 1 de cet exercice.
La seule différence est qu’il n’y a plus de symétrie par rapport au plan 𝑧 = 0 : Pour
𝑧 positif, on est dans le vide, dans lequel le champ n’est a priori pas nul, alors que
pour les 𝑧 négatifs, juste en-dessous de la surface à 𝑧 = 0, on est dans le conducteur,
dans lequel le champ électrique est nécessairement nul.
On peut conclure des symétries de la distribution de charge que le champ électrique
est orthogonal à la surface du conducteur. On peut appliquer le théorème de Gauss
sur la surface parallépipédique de la figure 4.20.
⃗ 𝑆⃗ vaut : ‖𝐸‖.𝑎𝑏.
L’intégrale ∯ 𝐸.d ⃗ La charge contenue dans le parallépipède 𝑋 vaut :
𝑎𝑏𝜎. Le théorème de Gauss nous donne : ‖𝐸‖.𝑎𝑏 ⃗ = 𝑎𝑏𝜎 𝜖1 . On en déduit que la
0

norme du champ électrique vaut ‖𝐸‖ ⃗ = 1 𝜎. On peut noter que le champ électrique
𝜖0
présente une discontinuité au passage de la surface chargée. Cette discontinuité est
liée à l’existence d’une densité de charge surfacique.
6. En exploitant le même raisonnement qu’à la question précédente, on voit que la
charge contenue dans la surface d’intégration vaut 𝑎𝑏𝜌 2𝑒 = 𝑎𝑏 𝜎2 . La norme du champ
électrique à l’interface entre la couche chargée en volume et le vide extérieur vaut
‖𝐸‖⃗ = 𝜎
2𝜖
0
7. La valeur de la charge contenue à l’intérieur de la surface d’intégration ne dépend
pas de 𝑒. En faisant tendre 𝑒 vers zéro, on en déduit que le champ électrique sur la
surface du conducteur vaut 𝜎 𝜖2 . Il est orthogonal à la surface du conducteur.
0

2.15 Pression électrostatique


On considère un plan conducteur portant une charge surfacique 𝜎.
1. On pose une charge 𝑞 juste au-dessus de la surface du conducteur. Quelle est la
force à laquelle est soumise cette charge ?
2. Quelle est la force à laquelle est soumise une charge 𝑞 = 𝜎d𝑆 située à la surface
même du conducteur ?
3. Quelle est la norme de la force exercée sur la densité de charge surfacique 𝜎 portée
par un conducteur, par le champ électrique engendré par cette même densité de
charges ?
4. En déduire l’expression de la pression électrostatique, définie comme étant la
force exercée par unité de surface, par le champ créé par la densité de charges
surfacique sur le conducteur.

156
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 157

2 Exercices

Solution
1. Selon l’exercice 4.19, le champ électrique juste au-dessus de la surface conductrice
⃗ = 𝜎 . La force est 𝑞 𝐸,
est orthogonal à la surface, et il a pour norme ‖𝐸‖ ⃗ orthogonale
𝜖 0
𝑞𝜎
à la surface, et de norme 𝜖0
.
2. Le champ électrique sur la surface elle-même est orthogonal à la surface, sa norme
⃗ = 𝜎 (voir exercice 4.19, question 7). La force exercée sur une charge 𝑞
est ‖𝐸‖ 2𝜖0
posée sur la surface du conducteur est orthogonale à la surface du conducteur. Elle a
pour expression 𝐹⃗ = 𝑞 𝐸,
⃗ et a donc pour norme : 𝑞𝜎 .
2𝜖 0
3. Considérons un élément de surface d𝑆, il porte la charge d𝑞 = 𝜎d𝑆. D’après la
𝜎2
question précédente, la force exercée sur cette charge d𝑞 est d𝑆 2𝜖 .
0
𝜎 2
4. La force exercée sur un élément de surface d𝑆 portant la charge d𝑞 = 𝜎d𝑆 est d𝑆 2𝜖 .
0
𝜎2
La pression électrostatique a donc pour expression 𝑃𝑒 = 2𝜖0
.

2.16 Chambre d’ionisation


On considère un dispositif constitué de deux plaques conductrices, planes, parallèles
(figure 4.21).
Particule ionisante

a d
+V 0V
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

Figure 4.21 – Chambre d’ionisation.

Les deux plaques sont plongées dans l’air, et soumises à une différence de potentiel
𝑉 . Lorsqu’une particule ionisante (particule chargée de haute énergie, produite par
la désintégration d’un noyau radioactif, ou provenant du rayonnement cosmique) tra-
verse l’air, elle ionise les molécules de gaz sur son passage. Typiquement, le passage
d’une particule ionisante donne lieu à la création de 200 paires électron-ion dans l’air,
par centimètre d’air traversé. Ces charges dérivent sous l’effet du champ électrique
régnant entre les deux plaques et sont collectées sur la plaque dont le potentiel est

157
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:56 — page 158

Chapitre 4 • Électrostatique

le plus faible pour les charges positives, et sur la plaque dont le potentiel est le plus
élevé pour les charges négatives.
1. Quelle est l’expression du champ électrique entre les deux plaques ?
2. Quelle est la force électrostatique s’exerçant sur les charges positives et négatives ?
3. Supposons qu’une particule ionisante suive une trajectoire parallèle aux deux
plaques, à une distance 𝑎 de la plaque de gauche. Quel est le travail des forces
électrostatiques sur les charges positives, entre leur point d’apparition au passage
de la particule ionisante, et leur collecte sur la plaque de gauche ? Même question
pour les charges négatives et la plaque de droite. Quel est le travail total ?
4. Quelle est la source d’énergie permettant aux charges de « fournir » un travail ?

Solution

1. La chambre d’ionisation est un condensateur plan. Le champ électrostatique est or-


thogonal aux plaques, et a pour norme 𝑉 ∕𝑑. Le champ électrostatique est constant
entre les deux plaques.
2. La force électrostatique s’exerçant sur un électron apparu lors du processus d’ioni-
sation est parallèle au champ et de direction opposée. Sa norme vaut 𝑒𝑉 ∕𝑑, 𝑒 étant
la charge de l’électron. Pour un ion chargé positivement, portant une charge +𝑒, la
force est dans la même direction que le champ, et sa norme est également 𝑒𝑉 ∕𝑑.
3. Les charges positives se déplacent vers la plaque de gauche, le travail effectué par
chaque charge est 𝑒𝑎𝑉 ∕𝑑. Le travail effectué par chaque charge négative, qui elle
dérive vers la plaque de droite, vaut (𝑑 − 𝑎)𝑒𝑉 ∕𝑑. Le travail total est donc de 𝑒𝑉 ,
soit 𝑛𝑒𝑉 pour 𝑛 paires électron-ion déposés. On constate que le travail effectué ne
dépend que de la différence de tension entre les deux plaques.
4. Le travail fourni par les charges au cours de leur dérive est égal au travail qu’a dû
fournir la source de haute tension sous forme d’énergie électrique. En mesurant ce
travail, on peut donc mesurer la charge déposée entre les deux plaques en fonction
du temps.

158
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 159

Chapitre 5
Mécanique du point

1 Rappels de cours
Un point matériel est un solide de dimensions négligeables, pour lequel on peut négliger
les effets dûs à la rotation.
Le mouvement d’un point matériel est caractérisé par sa position en fonction du
temps, sa vitesse et son accélération. La vitesse et l’accélération sont liées à la position
en fonction du temps :

d⃗𝑟
𝑣⃗ =
d𝑡

d𝑣⃗ d2 𝑟⃗
𝑎⃗ = = 2
d𝑡 d𝑡

1.1 Les coordonnées d’un point


On utilise plusieurs types de repères pour étudier le mouvement d’un point matériel.
– Coordonnées cartésiennes. La position d’un point est repérée par la projection du
rayon vecteur du point sur un système de trois axes orthonormés (voir figure 5.1).
On peut écrire : 𝑟⃗ = 𝑥𝑒⃗𝑥 + 𝑦𝑒⃗𝑦 + 𝑧𝑒⃗𝑧 .
d⃗𝑟
On a alors 𝑣⃗ = d𝑡
, ou bien :

d𝑥 d𝑦 d𝑧
𝑣⃗ = 𝑒⃗𝑥 + 𝑒⃗𝑦 + 𝑒⃗𝑧 (5.1)
d𝑡 d𝑡 d𝑡

ez
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

ex
ey

Figure 5.1 – Coordonnées cartésiennes.

159
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 160

Chapitre 5 • Mécanique du point

d𝑣⃗ d2 𝑟⃗
L’accélération 𝑎⃗ = d𝑡
= d𝑡2
. On peut écrire :

d2 𝑥 d2 𝑦 d2 𝑧
𝑒
⃗𝑥 +𝑎⃗ = 𝑒
⃗𝑦 + 𝑒⃗ (5.2)
d𝑡2 d𝑡2 d𝑡2 𝑧
– Coordonnées cylindriques. La position d’un point est repérée par :
– sa distance 𝜌 à un axe fixe.
– l’angle 𝜗 que fait la projection du vecteur 𝜌⃗ dans un plan orthogonal de référence
à l’axe fixe avec une direction choisie comme origine.
– 𝑧, la distance entre le plan de référence et le point défini par 𝜌.

On peut écrire (voir figure 5.2) : 𝑟⃗ = 𝜌𝑒⃗𝜌 + 𝑧𝑒⃗𝑧 .

z eθ

er ρ

ez
θ

Figure 5.2 – Coordonnées cylindriques.

On notera que :
d𝑒⃗𝜌 d𝜗
= 𝑒⃗ (5.3)
d𝑡 d𝑡 𝜗
et
d𝑒⃗𝜗 d𝜗
= − 𝑒⃗𝑟 (5.4)
d𝑡 d𝑡
d⃗𝑟
Le vecteur vitesse d𝑡
s’écrit :

d⃗𝑟 d𝜌 d𝜗 d𝑧
= 𝑒⃗ + 𝑟 𝑒⃗𝜗 + 𝑒⃗𝑧 (5.5)
d𝑡 d𝑡 𝜌 d𝑡 d𝑡
Le vecteur accélération s’écrit :
( 2 ( )2 ) ( )
d2 𝑟⃗ d𝜌 d𝜗 d𝜌 d𝜗 d2 𝜗 d2 𝑧
= − 𝑟 𝑒
⃗𝜌 + 2 + 𝜌 𝑒
⃗𝜗 + 𝑒⃗ (5.6)
d𝑡2 d𝑡2 d𝑡 d𝑡 d𝑡 d𝑡2 d𝑡2 𝑧

160
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 161

1 Rappels de cours

On peut passer des coordonnées cartésiennes aux coordonnées cylindriques moyen-


nant l’application des formules suivantes :

𝜌 = 𝑥2 + 𝑦2
Si 𝑥 ≥ 0 : 𝜗 = arctan( 𝑥𝑦 )
Si 𝑥 < 0 : 𝜗 = arctan( 𝑥𝑦 ) + 𝜋
𝑧=𝑧
Réciproquement, on peut passer des coordonnées cylindriques aux coordonnées
cartésiennes par l’application des formules suivantes :
𝑥 = 𝜌 cos 𝜗
𝑦 = 𝜌 sin 𝜗
𝑧=𝑧
– Coordonnées sphériques (figure 5.3). La position d’un point est repérée par :
– 𝑟, la distance par rapport à l’origine,
– 𝜗, l’angle que fait 𝑟⃗ avec l’axe perpendiculaire au plan de référence contenant
l’origine,
– 𝜑, l’angle que fait la projection de 𝑟⃗ dans le plan de référence avec une direction
de référence.
On appelle 𝜗 la colatitude, et 𝜑 la longitude. Il faut bien noter qu’il existe plusieurs
conventions possibles pour définir les coordonnées sphériques. Celle qui est utilisée
ici est généralement utilisée en physique. Les mathématiciens inversent 𝜗 et 𝜑 par
rapport aux physiciens. Enfin, les géographes utilisent la latitude ( 𝜋2 − 𝜗) au lieu de
la colatitude des physiciens.


P
ez
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

ϕ ey

ex

Figure 5.3 – Coordonnées sphériques.

161
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 162

Chapitre 5 • Mécanique du point

La vitesse 𝑣⃗ s’écrit en coordonnées sphériques :


d𝑟 d𝜗 d𝜑
𝑣⃗ = 𝑒⃗ + 𝑟 𝑒⃗𝜗 + 𝑟 sin 𝜗 𝑒⃗𝜑 (5.7)
d𝑡 𝑟 d𝑡 d𝑡
Le vecteur accélération s’écrit en coordonnées sphériques :
( ( )2 )
d2 𝑟 d𝜗 2 d𝜑
𝑎⃗ = −𝑟 −𝑟 sin2 𝜗 𝑒⃗𝑟
d𝑡2 d𝑡 d𝑡2
( ( )2 )
d2 𝜗 d𝑟 d𝜗 d𝜑 (5.8)
+ 𝑟 2 +2 −𝑟 sin 𝜗 cos 𝜗 𝑒⃗𝜗
d𝑡 d𝑡 d𝑡 d𝑡
( 2 )
d𝜑 d𝑟 d𝜗 d𝜗 d𝜑
+ 𝑟 2 sin 𝜗 + 2 sin 𝜗 + 2𝑟 cos 𝜗 𝑒⃗𝜑
d𝑡 d𝑡 d𝑡 d𝑡 d𝑡

On passe des coordonnées sphériques aux coordonnées cartésiennes par les formules
suivantes :
– 𝑥 = 𝑟 sin 𝜗 cos 𝜑
– 𝑦 = 𝑟 sin 𝜗 sin 𝜑
– 𝑧 = 𝑟 cos 𝜗
On passe des coordonnées cartésiennes aux coordonnées sphériques par les formules
suivantes :

– 𝑟 = 𝑥2 + 𝑦2 + 𝑧2
( )
– 𝜗 = arccos 𝑧𝑟
𝑥
– Si 𝑦 ≥ 0 : 𝜑 = arccos √
𝑥2 +𝑦2
𝑥
– Si 𝑦 < 0 : 𝜑 = 2𝜋 − arccos √
𝑥2 +𝑦2

Une autre possibilité est d’utiliser la fonction arctan :


𝜋
– Si 𝑥 = 0, si 𝑦 > 0, 𝜑 = 2
– Si 𝑥 = 0, si 𝑦 < 0, 𝜑 = − 𝜋2
( )
– Si 𝑥 > 0 : 𝜑 = arctan 𝑥𝑦
( )
𝑦
– Si 𝑥 < 0 et si 𝑦 ≥ 0 : 𝜑 = arctan 𝑥
+𝜋
( )
𝑦
– Si 𝑥 < 0 et si 𝑦 < 0 : 𝜑 = arctan 𝑥
−𝜋
On peut noter que, pour un mouvement s’effectuant dans un plan, si on choisit pour sa
description en coordonnées cylindriques et en coordonnées spériques le plan du mouve-
ment comme plan de référence, les deux systèmes de coordonnées sont identiques, avec

162
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 163

1 Rappels de cours

𝑧 = 0 dans le cas des coordonnées cylindriques, et 𝜑 = 0 dans le cas des coordonnées


sphériques. On parle alors de coordonnées polaires.
2
Outre la notation d𝑓
d𝑡
pour la première dérivée par rapport au temps et dd𝑡𝑓2 pour la
dérivée seconde par rapport au temps, on utilise également les notations 𝑓̇ et 𝑓̈, qui ont
l’avantage d’être moins lourdes.

1.2 Lois de Newton


Référentiels

Un référentiel est un ensemble de points ou de directions que l’on considère comme fixe
dans l’espace, et que l’on utilise pour repérer et mesurer les déplacements d’un objet.
Il ne faut pas confondre système de coordonnées et référentiels. Un système de co-
ordonnées est un objet mathématique qui permet de définir les positions au sein d’un
référentiel.
Pour prendre un exemple, considérons le référentiel héliocentrique. Il est construit en
considérant comme point fixe (origine) le centre du Soleil, et en considérant comme fixes
les directions d’étoiles lointaines. À partir de ces objets mathématiques, il est possible
de décrire les positions et mouvements des objets dans ce référentiel en coordonnées
cartésiennes, cylindriques, sphériques. . . Pour décrire par exemple les positions en co-
ordonnées sphériques, on peut utiliser le centre du Soleil comme origine, et deux des
directions d’étoiles considérées comme fixes pour définir un plan de référence.

Référentiels galiléens, première loi de Newton

On définit une classe particulière de référentiels, dits galiléens : un référentiel galiléen


est un référentiel tel que tout objet isolé, c’est-à-dire qui n’est soumis à aucune force, se
déplace à vitesse constante, cette vitesse constante pouvant être nulle. Ceci constitue la
première loi de Newton.
Dans un référentiel galiléen, un point matériel qui n’est soumis à aucune force, ou
pseudo-isolé, c’est-à-dire tel que la somme vectorielle des forces qui lui est appliquée
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

est nulle, se déplace à vitesse constante ou reste au repos. On notera que le repos n’est en
fin de compte qu’un cas particulier de déplacement à vitesse constante (en l’occurrence,
nulle).
Deux référentiels galiléens sont en translation à vitesse constante l’un par rapport à
l’autre.
En pratique, il n’est pas possible de construire des systèmes réels pour lesquels
les forces appliquées sont nulles, mais on peut en construire sur lesquels la somme
vectorielle des forces appliquées est nulle.

163
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 164

Chapitre 5 • Mécanique du point

Deuxième loi de Newton

On définit tout d’abord la quantité de mouvement 𝑝⃗ = 𝑚𝑣⃗ pour un point matériel. Pour un
∑𝑖=𝑛
ensemble de points matériels, la quantité de mouvement est donnée par 𝑝⃗ = 𝑖=0 𝑚𝑖 𝑣⃗𝑖 .
La deuxième loi de Newton est : dans un référentiel galiléen
d𝑝⃗ ∑
= 𝐹𝑖 = 𝑚𝑎⃗ (5.9)
d𝑡
si la masse est constante.
La dérivée par rapport au temps de la quantité de mouvement d’un point matériel est
égale à la somme des forces qui s’appliquent sur le point matériel.
Si on utilise un référentiel non galiléen, il faut prendre en compte les forces d’inertie
d’entraînement et les forces de Coriolis, qui sont des pseudo-forces.
Pour un système de points matériels, la deuxième loi de Newton s’écrit :

d𝑝⃗𝐺 d 𝑚𝑖 𝑣⃗𝑖 ∑ ∑
= = 𝐹𝑖 = 𝑚𝑎⃗𝐺 (5.10)
d𝑡 d𝑡
si la masse est constante.
La dérivée par rapport au temps de la quantité de mouvement du barycentre du sys-
tème de points matériel est égale à la somme des forces appliquées à l’ensemble des
points matériels.
Dans un référentiel galiléen, la quantité de mouvement d’un système de points
matériels isolés est constante.
La deuxième loi de Newton est souvent appelée principe fondamental de la dyna-
mique ou loi de la quantité de mouvement ; son application permet de déterminer la
trajectoire d’un point matériel connaissant les forces qui y sont appliquées.

Action et réaction, troisième loi de Newton

Si un point 𝐴 exerce une force 𝐹⃗ sur un point 𝐵, le point 𝐵 exerce sur le point 𝐴 une
force −𝐹⃗ . En outre, les deux forces sont colinéaires à la droite reliant les points 𝐴 et 𝐵.

1.3 Énergie cinétique, énergie potentielle, énergie


mécanique
L’énergie cinétique d’un point matériel a pour expression 𝐸𝑐 = 12 𝑚𝑣2 .
L’énergie potentielle d’un point matériel est une énergie dont l’expression dépend des
forces s’exerçant sur le point matériel, et de la position de celui-ci. Lors du mouvement
d’un point matériel, l’énergie potentielle est transformée en énergie cinétique et vice-
versa.

164
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 165

1 Rappels de cours

Une force conservative est une force que l’on peut décrire comme étant la dérivée
d’une fonction potentiel. Le potentiel ne dépend que de la position. La relation entre
une force conservative et son potentiel est :
( )
−−−→ 𝜕𝑉 𝜕𝑉 𝜕𝑉
𝐹⃗ = −grad 𝑉 = − 𝑒⃗𝑥 + 𝑒⃗𝑦 + 𝑒⃗𝑧 (5.11)
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
en coordonnées cartésiennes.
L’énergie mécanique d’un système est la somme de l’énergie cinétique de l’ensemble
des points matériels constituant le système, et de l’énergie potentielle de chacun des
points matériels :
𝑖=𝑁

𝐸𝑀 = 𝐸𝑐,𝑖 + 𝐸𝑝,𝑖 (5.12)
𝑖=1

Lorsque toutes les forces qui s’exercent sur le système et entre les points matériels
du système sont conservatives, l’énergie mécanique est constante.

1.4 Travail, puissance


Le travail d’une force est défini au sens du calcul infinitésimal comme suit :

d𝑊 = 𝐹⃗ d⃗𝑟 (5.13)

d’où l’on tire

𝑊 = 𝛿𝑊 = 𝐹⃗ d⃗𝑟 (5.14)
∫ ∫

Dans le cas particulier d’une force 𝐹⃗ constante, le travail qu’effectue cette force quand
son point d’application se déplace d’un point 𝐴 à un point 𝐵 est :
𝐵
−−→
𝑊 = 𝐹⃗ .d⃗𝑟 = 𝐹⃗ .𝐴𝐵
∫𝐴
La puissance est la dérivée du travail par rapport au temps :
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

d𝑊 d⃗𝑟
𝑃 = = 𝐹⃗ . = 𝐹⃗ .𝑣⃗ (5.15)
d𝑡 d𝑡
Le travail effectué lors d’un déplacement quelconque peut alors s’écrire :

𝑊 = 𝑃 d𝑡 = 𝐹⃗ .𝑣d𝑡

∫ ∫
Les forces conservatives mentionnées au paragraphe précédent, possèdent une pro-
priété importante : le travail qu’elles effectuent lorsque leur point d’application se
déplace entre 𝐴 et 𝐵 ne dépend pas du chemin suivi, mais uniquement des positions
de départ (𝐴) et d’arrivée (𝐵).

165
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 166

Chapitre 5 • Mécanique du point

Lors d’un déplacement quelconque, étudié dans un référentiel galiléen, la variation


d’énergie cinétique est égale à la somme du travail de l’ensemble des forces appliquées :

Δ𝐸𝑐 = 𝑊𝐹 (5.16)

Cette relation s’appelle le théorème de l’énergie cinétique.


Si le déplacement est étudié dans un référentiel non galiléen, il faut tenir compte du
travail des forces d’inertie et de Coriolis.

2 Exercices
2.1 Mesure de l’accélération d’un train
Un train est arrêté dans une gare. La longueur du train et la longueur du quai sont
égales. On mesure le temps 𝑇 qui sépare le départ du train du passage de son arrière à
l’extrémité avant du quai (voir figure 5.4). On suppose que le train est en mouvement
uniformément accéléré, avec une accélération 𝑎. ⃗ On étudie le mouvement du train
dans le référentiel de la gare, supposé être galiléen.

Train de longueur l, à l’arrêt

Arrière du quai Avant du quai

Train vu à l’instant où son arrière quitte la gare par l’avant du quai

Figure 5.4 – Schéma d’un train à quai.

1. Établir la relation entre le temps 𝑇 et l’accélération 𝑎.



2. Quelle est la vitesse du train à l’instant où son arrière passe en face de l’extrémité
avant du quai ?
3. Application numérique : Le quai a une longueur 𝑙 de 150 m, et l’arrière du train
passe l’extrémité du quai au bout de 30 secondes. Que vaut 𝑎, et quelle est la vitesse
à l’instant où l’arrière du train passe en face de l’extrémité du quai ?

Solution

1. L’accélération du train étant constante dans le référentiel de la gare, l’arrière du train


2
a parcouru le long du quai une longueur 𝑙 = 𝑎 𝑡2 , en prenant comme origine des temps
l’instant auquel le train démarre.

166
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 167

2 Exercices

𝑙 2𝑑
2. Connaissant 𝑙 et 𝑇 , on en déduit 𝑎 = 𝑇2
. La vitesse à cet instant est 𝑣 = 𝑎𝑇 = 𝑇
−2
3. Application numérique : 𝑎 = 0, 33 ms . Pour 𝑇 = 30 secondes, la vitesse du train
vaut 𝑣 = 10 m ⋅ s−1 = 36 𝑘𝑚 ⋅ ℎ−1 .

2.2 Centrifugeuse
On considère le dispositif de la figure 5.5, constitué d’un bras pouvant tourner autour
d’un axe. La vitesse de rotation de l’axe est 𝜔, la nacelle est située à une distance 𝑟𝑁
du centre de rotation. Elle a une masse 𝑚𝑁 . De l’autre côté de l’axe de rotation, se
trouve un contrepoids, de masse 𝑚𝐶 , et situé à une distance 𝑟𝐶 du centre de rotation.

Nacelle
Contrepoids

Axe de rotation

Figure 5.5 – Schéma d’une centrifugeuse.

1. On se place dans le référentiel de la nacelle. Ce référentiel est en rotation


par rapport au référentiel terrestre, considéré comme galiléen sur la durée de
l’expérience.
Quelles sont les forces s’appliquant sur la nacelle ?
2. On s’intéresse maintenant au système constitué par la nacelle, le bras et le contre-
poids. On souhaite faire en sorte que les forces exercées sur le contrepoids et sur
la nacelle soient égales en norme. Quelle relation doit-il y avoir entre la vitesse de
rotation, la masse et la position du contrepoids ?
3. Application numérique : 𝑟𝑁 = 8 m, 𝑚𝑁 = 150 kg. La vitesse de rotation est 0,5
tour par seconde. Que valent l’accélération et la force centrifuge ? Quel sera le
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

poids apparent d’un astronaute de 60 kg se trouvant dans la centrifugeuse ? Quelle


masse doit avoir le contrepoids pour 𝑟𝐶 = 4 m ?

Solution
1. Le référentiel lié à la nacelle n’est pas galiléen. Il faut donc tenir compte des forces
d’inertie d’entraînement.
Les forces s’appliquant sur la nacelle sont donc :
– Son poids 𝑚𝑔.

– La composante verticale de la réaction du bras de la centrifugeuse. Comme la
nacelle ne se déplace pas dans la direction verticale, le poids de la nacelle et la

167
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 168

Chapitre 5 • Mécanique du point

composante verticale de la réaction du bras sont égaux en norme et de direction


opposée.
– La force d’inertie d’entraînement, souvent appelée force centrifuge, dont l’expres-
sion est 𝑚𝑟𝜔2 .
– La composante horizontale de la réaction du bras de la centrifugeuse. Comme la
nacelle ne se déplace pas le long du bras, dans le référentiel de la centrifugeuse,
qui tourne par rapport au référentiel terrestre supposé galiléen, la force centrifuge
et la composante horizontale de la réaction du bras sont égales en norme et de
directions opposées.

2. La force centrifuge exercée sur la nacelle a pour norme 𝑚𝑁 𝑟𝑁 𝜔2 , la force centrifuge


exercée sur le contrepoids a pour expression 𝑚𝐶 𝑟𝐶 𝜔2 . On doit donc avoir 𝑚𝑁 𝑟𝑁 𝜔2 =
𝑚𝐶 𝑟𝐶 𝜔2 , soit 𝑚𝑁 𝑟𝑁 = 𝑚𝐶 𝑟𝐶 .
3. Une vitesse de rotation de 0,5 tour par seconde correspond à une vitesse angulaire de
0, 5 × 2𝜋 radians/s, soit 𝜔 = 𝜋 rad ⋅ s−1 . L’accélération centrifuge a pour norme
8 × 𝜋 2 = 78, 96 m ⋅ s−2 . Cette accélération correspond à 78, 96∕9, 81 = 8 fois
l’accélération de la pesanteur. La force exercée sur la nacelle vaut 150 × 78, 96 =
11, 8 kN.
Le poids apparent d’un astronaute de 60 kg sera de 60 × 8 × 9, 81 = 4, 7 kN. Il
ressentira une force dont la composante horizontale, due à la force centrifuge, sera
identique à celle qu’il ressentirait verticalement si sa masse était de 480 kg.
𝑟𝑁
Le contrepoids doit avoir une masse de 𝑚𝑁 × 𝑟𝐶
= 300 kg.

2.3 Mouvement sur une hélice


On considère un point matériel dont le mouvement est décrit en fonction du temps
par les expressions suivantes, en coordonnées cylindriques :
– 𝑟=𝑎
– 𝜗 = 2𝜋𝑡
– 𝑧 = 𝑏𝑡
1. Donner l’expression de la vitesse en fonction du temps, en coordonnées carté-
siennes et en coordonnées cylindriques.
2. Donner l’expression de l’accélération en fonction du temps, en coordonnées
cartésiennes et en coordonnées cylindriques.
3. Donner l’expression de la distance parcourue en fonction du temps.
4. Une force de frottement dont l’expression est −𝑐 𝑣⃗ s’exerce sur le point matériel,
avec 𝑐 positif. Donner l’expression du travail effectué par la force de frottement
entre le temps 0 et le temps 𝑇 .

168
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2 Exercices

Solution

1. L’expression de la vitesse en coordonnées cylindriques est :


d⃗𝑟
= 2𝑎𝜋 𝑒⃗𝜗 + 𝑏𝑒⃗𝑧
d𝑡
L’hélice est décrite en coordonnées cartésiennes par :
– 𝑥 = 𝑎 cos(2𝜋𝑡)
– 𝑦 = 𝑎 sin(2𝜋𝑡)
– 𝑧 = 𝑏𝑡
On en déduit l’expression de la vitesse :
d⃗𝑟
= −2𝑎𝜋 sin(2𝜋𝑡)𝑒⃗𝑥 + 2𝑎𝜋 cos(2𝜋𝑡)𝑒⃗𝑦 + 𝑏𝑒⃗𝑧
d𝑡
2. L’expression de l’accélération en coordonnées cylindriques est :
d2 𝑟⃗
= −4𝑎𝜋 2 𝑒⃗𝑟
d𝑡2
En coordonnées cartésiennes :
d2 𝑟⃗
= −4𝑎𝜋 2 cos(2𝜋𝑡)𝑒⃗𝑥 − 4𝑎𝜋 2 sin(2𝜋𝑡)𝑒⃗𝑦
d𝑡2
3. La distance 𝑑(𝑇 ) parcourue au bout d’un temps 𝑇 est donnée par l’intégrale :
𝑡=𝑇
𝑑(𝑇 ) = 𝑣(𝑡)d𝑡
∫𝑡=0
où 𝑣(𝑡) est la norme du vecteur vitesse 𝑣(𝑡).

√ √
Ici, 𝑣(𝑡) = 𝑏 + 4𝜋𝑎 , d’où 𝑑(𝑇 ) = 𝑏2 + 4𝜋𝑎2 𝑇
2 2

On notera que si la norme 𝑣(𝑡) est constante, le vecteur 𝑣(𝑡)


⃗ n’est pas constant : sa
direction varie en fonction du temps.
4. Le travail effectué par la force de frottement entre le temps 0 et le temps 𝑇 s’écrit :
.

𝑡=𝑇 ( ) ( )
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

𝑊 = 𝐹⃗ (𝑡).𝑣⃗(𝑡)d𝑡 = −𝑐 2𝑎𝜋 𝑒⃗𝜗 + 𝑏𝑒⃗𝑧 . 2𝑎𝜋 𝑒⃗𝜗 + 𝑏𝑒⃗𝑧 d𝑡 =


∫𝑡=0
𝑡=𝑇
−𝑐(4𝑎2 𝜋 2 + 𝑏2 )d𝑡 = −𝑐(4𝑎2 𝜋 2 + 𝑏2 )𝑇
∫𝑡=0
Ce travail est négatif, comme on pouvait s’y attendre pour une force de frottement.

2.4 Mouvement sur une spirale


On considère un point matériel dont le mouvement est décrit en fonction du temps
par les expressions suivantes, en coordonnées cylindriques :

169
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 170

Chapitre 5 • Mécanique du point

– 𝜗 = 2𝜋𝑡
– 𝑟 = 𝑎 × 2𝜋𝑡
– 𝑧 = 0.
1. Donner l’expression de la vitesse en fonction du temps, en coordonnées carté-
siennes et en coordonnées cylindriques.
2. Donner l’expression de l’accélération en fonction du temps, en coordonnées
cartésiennes et en coordonnées cylindriques.
3. Une force de frottement dont l’expression est −𝑐 𝑣⃗ s’exerce sur le point maté-
riel, 𝑐 étant une constante. Donner l’expression du travail effectué par la force
de frottement en fonction du temps.
4. Donner l’expression de la distance parcourue en fonction du temps.

Solution

1. L’expression de la vitesse en fonction du temps s’obtient en coordonnées cylindriques


par application directe des formules de la section 5.3 :
d⃗𝑟
𝑣⃗ = = 2𝑎𝜋 𝑒⃗𝑟 + 4𝑎𝜋 2 𝑡𝑒⃗𝜗
d𝑡
Pour obtenir l’expression de la vitesse en coordonnées cartésiennes, il faut tout
d’abord exprimer la position du point matériel en fonction du temps en coordonnées
cartésiennes :
– 𝑥 = 𝑟 cos 𝜗 = 2𝑎𝜋𝑡 cos(2𝜋𝑡)
– 𝑦 = 𝑟 sin 𝜗 = 2𝑎𝜋𝑡 sin(2𝜋𝑡)
– 𝑧=0
On en déduit l’expression de la vitesse en coordonnées cartésiennes :
d⃗𝑟 [ ] [ ]
= 2𝑎𝜋 cos(2𝜋𝑡) − 4𝑎𝜋 2 𝑡 sin(2𝜋𝑡) 𝑒⃗𝑥 + 2𝑎𝜋 sin(2𝜋𝑡) + 4𝑎𝜋 2 𝑡 cos(2𝜋𝑡) 𝑒⃗𝑦
d𝑡
Une autre possibilité pour obtenir ce résultat est d’utiliser le fait que :
𝑒⃗𝑟 = cos 𝜗𝑒⃗𝑥 + sin 𝜗𝑒⃗𝑦 et 𝑒⃗𝜗 = − sin 𝜗𝑒⃗𝑥 + cos 𝜗𝑒⃗𝑦
et de substituer ces expressions de 𝑒⃗𝑟 et 𝑒⃗𝜗 dans celle de 𝑣.

2. L’expression de l’accélération en coordonnées cylindriques s’obtient par application
directe des formules de la section 5.3 :
d2 𝑟⃗ [ ]
= −8𝜋 3 𝑎𝑡𝑒⃗𝑟 + 8𝑎𝜋 2 𝑒⃗𝜗 = 8𝑎𝜋 2 −𝜋𝑡𝑒⃗𝑟 + 𝑒⃗𝜗
d𝑡 2

En cartésiennes :
d2 𝑟⃗ [ ]
= 8𝜋 2 𝑎 (−𝜋𝑡 cos(2𝜋𝑡) − sin(2𝜋𝑡)) 𝑒⃗𝑥 + (cos(2𝜋𝑡) − 𝜋𝑡 sin(2𝜋𝑡)) 𝑒⃗𝑦
d𝑡 2

170
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 171

2 Exercices

3. Le travail effectué par la force de frottement entre 𝑡 = 0 et 𝑡 = 𝑇 s’écrit comme suit :


𝑡=𝑇 𝑡=𝑇
𝑊 = 𝐹⃗ .𝑣d𝑡
⃗ = −𝑐(2𝑎𝜋 𝑒⃗𝑟 + 4𝑎𝜋 2 𝑡𝑒⃗𝜃 ).(2𝑎𝜋 𝑒⃗𝑟 + 4𝑎𝜋 2 𝑡𝑒⃗𝜃 )d𝑡 =
∫𝑡=0 ∫𝑡=0

−𝑐(4𝑎2 𝜋 2 + 16𝑎2 𝜋 4 𝑡2 )d𝑡 =


∫𝑡=0𝑡=𝑇
[ ]
4
−4𝜋 2 𝑐𝑎2 𝑇 1 + 𝜋 2 𝑇 2
3
On constate que le travail est négatif pour 𝑐 positif, ce qui est attendu pour une force
de frottement.
4. L’expression de la distance parcourue au bout d’un intervalle de temps 𝑇 est :
𝑡=𝑇
𝑑(𝑇 ) = 𝑣(𝑡)d𝑡
∫𝑡=0

avec 𝑣(𝑡) = ‖𝑣(𝑡)‖.
( )
Dans le cas présent, on a 𝑣⃗ = 2𝑎𝜋 𝑒⃗𝑟 + 2𝜋𝑡𝑒⃗𝜗 . Par conséquent, 𝑣(𝑡) =

2𝑎𝜋 1 + 4𝜋 2 𝑡2 .
[ ( √ )]
√ √ | √ 2 +1||
2 ln |−2 𝜋𝑡+ 4𝜋𝑡
Une primitive1 de 2𝑎𝜋 1 + 4𝜋 2 𝑡2 est 2𝑎𝜋 𝑡 4𝜋𝑡
2
+1
− | √
|
4 𝜋

Pour 𝑡 = 0, cette fonction vaut zéro, et par conséquent la distance parcourue sur la
spirale au bout du temps 𝑇 vaut :
( √ )
⎡ √ | √ 2 + 1|| ⎤
⎢ 𝑇 4𝜋𝑇 2 + 1 ln |−2 𝜋𝑇 + 4𝜋𝑇
| | ⎥
2𝑎𝜋 ⎢ − √ ⎥
⎢ 2 4 𝜋 ⎥
⎣ ⎦

2.5 Énergie potentielle stockée dans un ressort


Soit un ressort de raideur 𝑘. On tire dessus de manière à l’allonger d’une lon-
gueur Δ𝑙0 . À partir de cet état, on lui applique une force 𝐹⃗ , de manière à amener
.

l’allongement à une valeur Δ𝑙1 .


© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

1. Quel est le travail qu’il faut fournir pour passer de l’allongement Δ𝑙0 à l’allonge-
ment Δ𝑙1 ?
2. Que peut-on en conclure quant à la nature de la force exercée par un ressort ?
3. En déduire la définition d’un potentiel à partir duquel on peut calculer la force
exercée par le ressort en fonction de son allongement, selon la formule générale
−−−→
𝐹⃗ = −grad 𝑉, qui dans le cas présent d’un système à une seule dimension se
réduit à : 𝐹 = − d𝑉
d𝑙
.

1. On peut l’obtenir aisément à l’aide d’un calculateur formel, ou dans une table de primitives. La
démonstration directe demande plusieurs substitutions et intégrations par parties.

171
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 172

Chapitre 5 • Mécanique du point

Solution

1. Le travail à fournir est égal au signe près au travail effectué par la force produite par
le ressort. Si on appelle 𝑙0 la longueur du ressort à vide, on a 𝐹⃗ = −𝑘(𝑙 − 𝑙0 )𝑒⃗𝑥 =
−𝑘Δ𝑙𝑒⃗𝑥 , 𝑒⃗𝑥 étant un vecteur unitaire de l’axe le long duquel le ressort est étiré. Consi-
dérons un allongement infinitésimal de d𝑙 du ressort à partir de la situation dans
laquelle il possède la longueur 𝑙, on peut écrire :

d𝑊 = 𝐹⃗ .d𝑙⃗ = −𝑘(𝑙 − 𝑙0 )d𝑙 = −𝑘Δ𝑙 × d𝑙

car d𝑙⃗ = d𝑙𝑒⃗𝑥 . En intégrant cette expression entre deux valeurs d’allongement Δ𝑙0 et
Δ𝑙1 , on obtient : 𝑊 (Δ𝑙0 , Δ𝑙1 ) = 𝑘2 (Δ𝑙12 − Δ𝑙02 )
2. On constate que le travail fourni ne dépend que des points d’arrivée et de départ : la
force exercée par un ressort est conservative.
3. On peut en déduire que l’on peut trouver une fonction 𝑉 de l’espace (qui se réduit en
l’occurrence à un espace à une seule dimension, repéré par l’allongement du ressort),
telle que 𝐹 = − d𝑉d𝑙
. La fonction en question est pour un ressort de raideur 𝑘 : 𝑉 =
2
(𝑙−𝑙0 ) 2
𝑘 2 + 𝑐 = (Δ𝑙) 2
, où Δ𝑙 est l’allongement du ressort et 𝑐 une constante arbitraire,
que l’on peut par exemple choisir de prendre égale à zéro.

2.6 Association de ressorts en série et en parallèle


La figure 5.6 montre l’association de ressorts en série et en parallèle. On se pro-
pose d’étudier les caractéristiques mécaniques de ces associations. Les ressorts sont
considérés comme étant de masse négligeable.

k1 k2 k1

k2

Figure 5.6 – Association de ressorts en parallèle et en série.

172
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 173

2 Exercices

1. Effectuer le bilan des forces en présence. En déduire la relation entre l’allonge-


ment et la force appliquée sur l’assemblage.
2. Avec quels composants électroniques peut-on faire une analogie ?

Solution

1. On considère tout d’abord l’association de ressorts en parallèle. La force 𝐹⃗ est


appliquée en même temps aux deux ressorts. L’allongement des deux ressorts est
identique. La force appliquée par le ressort 1 sur la pièce rigide les reliant a pour
norme 𝐹1 = 𝑘1 𝑥, et la force appliquée par le ressort 2 sur la pièce rigide a pour
norme 𝐹2 = 𝑘2 𝑥. On peut écrire :
𝐹 = 𝐹1 + 𝐹2 = 𝑘1 × 𝑥 + 𝑘2 × 𝑥 = 𝑥(𝑘1 + 𝑘2 )
On constate que cette association de ressorts se comporte comme un ressort dont la
raideur équivalente est égale à la somme des raideurs des ressorts individuels.
Considérons maintenant l’association de ressorts en série. L’allongement de cet
assemblage est 𝑥 = 𝑥1 + 𝑥2 . Selon le principe de l’action et de la réaction, la force
exercée par le ressort 1 sur le ressort 2 a la même norme que la force exercée par le
ressort 2 sur le ressort 1. Les directions de ces deux forces sont quant à elles opposées.
La force 𝐹⃗ est transmise intégralement par les deux ressorts placés en série.
Toujours selon le principe de l’action et de la réaction, la force exercée par
l’association des deux ressorts sur leur extrémité est de norme 𝐹 .
On peut écrire : 𝐹 = 𝑘1 𝑥1 = 𝑘2 𝑥2 , on en tire : 𝑥1 = 𝑘𝐹 et 𝑥2 = 𝑘𝐹 , d’où
1 2
𝐹 𝐹
𝑥 = 𝑥1 + 𝑥2 = 𝑘1
+ 𝑘2
. On constate que l’association en série de deux ressorts se
𝑘1 𝑘2
comporte comme un ressort équivalent de raideur 𝑘1 +𝑘2
.
2. Une association de deux ressorts en série se comporte comme deux capacités en
série, ou comme deux résistances en parallèle. Une association de deux ressorts
en parallèle se comporte comme deux capacités en parallèle, ou comme deux
résistances en série (voir chapitre 7).
On notera qu’un ressort, tout comme une capacité, peut stocker une énergie (voir
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

exercice suivant). Ce n’est pas le cas d’une résistance !


L’analogie la plus pertinente est donc celle entre les ressorts et les capacités.

2.7 Viser le panier au basket


Un joueur de basket peut envoyer le ballon avec une vitesse fixe 𝑣0 , à partir d’un
point de hauteur ℎ𝐵 . Il peut modifier sa distance par rapport au panier, et changer la
direction de la vitesse avec laquelle il envoie le ballon (voir figure 5.7). Par contre,
l’altitude dont part le ballon (ℎ𝐵 ) est fixe. L’altitude du panier est ℎ𝑃 .
On néglige tout frottement et on considère le ballon comme un point matériel.

173
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 174

Chapitre 5 • Mécanique du point

Panier
hp

hB

xj xP

Figure 5.7 – Tir d’un ballon de basket vers le panier.

1. Quelle est la nature du mouvement du ballon ?


2. Exprimer la position du ballon en fonction du temps.
3. Quelle relation doit-il y avoir entre la direction de la vitesse et la distance du
joueur au panier ? On caractérisera la direction de la vitesse par le cosinus de
l’angle qu’elle fait avec l’horizontale.
4. Application numérique :
– Altitude du panier de basket : ℎ𝑃 = 3, 05 m
– Altitude à laquelle le ballon est lancé : ℎ𝐵 = 2, 40 m
– Distance horizontale à laquelle le ballon est lancé : 𝑙 = 𝑥𝑃 − 𝑥𝐽 = 8 m
– Norme de la vitesse initiale du ballon : 𝑣 = 6, 5 m ⋅ s−1 .
– Accélération de la pesanteur : 𝑔 = 9, 81 m ⋅ s−2 .
Calculer l’angle avec lequel le ballon doit être lancé pour atteindre le panier.

Solution

1. Après qu’il a été lancé, la seule force appliquée au ballon est son poids, qui est
constant. Le mouvement du ballon est donc un mouvement dont le vecteur accé-
lération est constant. Si l’on décompose le mouvement du ballon sur les axes 𝑥 et
𝑦:
– le mouvement selon l’axe 𝑥 (horizontal) est uniforme, à vitesse horizontale
constante.
– le mouvement selon l’axe 𝑦 (vertical) est uniformément ralenti puis uniformément
accéléré.
2
2. On peut écrire : 𝑥 = 𝑥𝐽 + 𝑣0 cos(𝛼)𝑡 et 𝑦 = ℎ𝐵 + 𝑣0 sin(𝛼)𝑡 − 𝑔 𝑡2

174
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 175

2 Exercices

𝑙
3. Le ballon atteint l’abscisse du panier au bout d’un temps 𝑇 = 𝑣 cos 𝛼
, 𝑙 étant la
0
différence 𝑥𝑃 − 𝑥𝐽 entre l’abscisse du panier et celle du point de départ du ballon.
Pour que le ballon rentre dans le panier, il faut qu’au temps 𝑇 , 𝑦 = ℎ𝑃 . Ceci s’écrit :
𝑙 sin 𝛼 𝑙2
ℎ 𝑃 = ℎ𝐵 + −𝑔 2
cos 𝛼 2𝑣0 cos2 𝛼
On introduit ℎ = ℎ𝑃 − ℎ𝐵 , et on a :

𝑙 1 − cos2 𝛼 𝑙2
ℎ= −𝑔 2
cos 𝛼 2𝑣0 cos2 𝛼
On peut ensuite transformer cette équation en une équation bicarrée en cos 𝛼 :
( ) ( )2
ℎ𝑔 𝑔𝑙 2
(ℎ2 + 𝑙2 ) cos4 𝛼 + 𝑙2 cos2 𝛼 −1 + =0
𝑣20 2𝑣20
( )2 ( ) ( 𝑔𝑙2 )2
Le discriminant Δ vaut 𝑙4 𝑔ℎ 𝑣 2 − 1 − ℎ 2
+ 𝑙 2
𝑣2
.
0 0
Si le discriminant est négatif, le panier ne peut être atteint. S’il est positif, il
existe deux valeurs d’angle possible. S’il est nul, une seule valeur d’angle permet
d’atteindre le panier.
4. Application numérique :
ℎ = ℎ𝑃 − ℎ𝐵 = 3, 05 − 2, 4 = 0, 65 m.
Il y a deux solutions possibles : 𝛼 = 34, 9◦ et 𝛼 = 65, 5◦ .

2.8 Système masse-ressort


On considère une masse reliée à un ressort (voir figure 5.8).

l0
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

F = −kxex

P = mg

Figure 5.8 – Masse suspendue à un ressort.

175
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 176

Chapitre 5 • Mécanique du point

1. On suppose tout d’abord qu’il n’y a pas de frottements. Établir l’équation diffé-
rentielle régissant le mouvement du système, puis la résoudre. On prendra comme
conditions initiales :
– 𝑣⃗ = 0⃗
– 𝑥 = 𝑙0 + 𝑚𝑔 𝑘
+ 𝑥0 , où 𝑙0 est la longueur à vide du ressort. 𝑚𝑔
𝑘
est l’allongement
induit par le poids de la masse 𝑚.
2. Tracer le portrait de phase du système et le commenter.
3. Que vaut l’énergie mécanique du système ?
4. On suppose maintenant qu’existe une force de frottement. Son expression est :
𝐹⃗ = −𝑓 𝑣.
⃗ Établir l’équation différentielle régissant le mouvement du système.
5. Résoudre cette équation différentielle, avec les mêmes conditions initiales que
précédemment.

Solution

1. La masse est soumise à deux forces :

– le poids de la masse, 𝑚𝑔.



– la force exercée par le ressort, dont l’expression est 𝐹⃗ = −𝑘⃗𝑥. Dans cette expres-
sion, 𝑥⃗ est l’allongement du ressort par rapport à sa position à vide. Dans la suite,
on utilise comme origine de l’axe 𝑥 la position pour laquelle le poids est égal à la
tension du ressort : 𝑥𝑒𝑞 = 𝑚𝑔
𝑘
+ 𝑙0 . Dans ces conditions, on peut écrire :

d2 (𝑥 − 𝑥𝑒𝑞 ) 𝑘
+ (𝑥 − 𝑥𝑒𝑞 ) = 0
d𝑡2 𝑚
En changeant de variable : 𝑋 = 𝑥 − 𝑥𝑒𝑞 , on obtient l’équation :

d2 𝑋 𝑘
+ 𝑋=0
d𝑡2 𝑚
Les solutions de cette équation sont de la forme :

𝑋 = 𝐴 cos(𝜔0 𝑡 − 𝜑)

𝑘
avec 𝜔0 = 𝑚
.

Les conditions aux limites données indiquent que 𝜑 = 0, et 𝐴 = 𝑥0 .


2. Faire le portrait de phase d’un système consiste à représenter le comportement du
système sous la forme de la dérivée temporelle du vecteur d’état du système en fonc-
tion du vecteur d’état lui-même. Ici le vecteur d’état du système est constitué d’une
seule grandeur, à savoir 𝑋.

176
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 177

2 Exercices

(( ) )2
d𝑋
d𝑋 d𝑡
Si 𝑋 = 𝐴 cos(𝜔0 𝑡 − 𝜑), d𝑡
= −𝐴𝜔0 sin(𝜔0 𝑡 − 𝜑). On note que 𝐴𝜔0
+
( )2
𝑋
𝐴
= 1. On reconnaît là l’équation d’une ellipse dans le portrait de phase. Les
trajectoires du système sont fermées : le mouvement du système est périodique.
3. Le système est soumis uniquement à des forces conservatives : l’énergie mécanique
est constante. On peut prendre comme origine pour le calcul de l’énergie potentielle
la position d’équilibre du pendule au repos.
Dans ces conditions, l’énergie mécanique est égale à la somme des énergies poten-
tielles à 𝑡 = 0. En effet, l’énergie cinétique est nulle, la vitesse de la masse étant nulle
à 𝑡 = 0.
Il y a deux contributions à prendre en compte pour le calcul de l’énergie potentielle :
– l’énergie potentielle gravitationnelle. Elle a pour expression 𝑚𝑔𝑥0 ,
– l’énergie potentielle élastique stockée dans le ressort. Elle a pour expression 12 𝑘𝑥20 ,

La somme des deux contributions est 𝐸𝑚 = 𝑚𝑔𝑥0 + 12 𝑘𝑥20 .


4. L’équation différentielle régissant le mouvement du système devient :
d2 𝑋 𝑓 d𝑋 𝑘
+ + 𝑋=0
d𝑡2 𝑚 d𝑡 𝑚
On peut la réécrire sous la forme :

d2 𝑋 d𝑋
+𝜆 + 𝜔20 𝑋 = 0
d𝑡2 d𝑡
avec 𝜆 = 𝑚𝑓 et 𝜔20 = 𝑚𝑘 .
Pour résoudre cette équation, qui est une équation différentielle linéaire du second
ordre à coefficients constants, on cherche une solution sous la forme suivante :
𝑋 = 𝐴𝑒𝑟𝑡
Dans cette expression, 𝑟 est un nombre complexe à déterminer. Si l’on substitue 𝐴𝑒𝑟𝑡
à 𝑋 dans l’équation différentielle, on trouve que 𝑟 est solution de l’équation suivante,
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

que l’on appelle équation caractéristique :


𝑟2 + 𝜆𝑟 + 𝜔20 = 0
Le discriminant de cette équation est Δ = 𝜆2 − 4𝜔20 . On peut distinguer plusieurs
cas :

−𝜆 + 𝜆2 − 4𝜔20
– Δ > 0. Dans ce cas, il y a deux racines réelles, 𝑟1 = et 𝑟2 =
√ 2
−𝜆 − 𝜆2 − 4𝜔20
2
.

177
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 178

Chapitre 5 • Mécanique du point

Comme 𝜆 est positif ainsi que 4𝜔20 , 𝑟1 et 𝑟2 sont toutes deux négatives. La solu-
tion de l’équation différentielle est une somme de deux fonctions exponentielles :
𝑋(𝑡) = 𝐴1 𝑒𝑟1 𝑡 + 𝐴2 𝑒𝑟2 𝑡 . Les coefficients 𝐴1 et 𝐴2 sont déterminés à partir des
conditions initiales. Il faut deux conditions, qui peuvent être la position 𝑋 à deux
instants qui peuvent être différents, une position et une vitesse, ou deux vitesses.
Comme les deux racines de l’équation caractéristique sont négatives, 𝑋 tend vers
0 quand le temps 𝑡 tend vers l’infini.
Le comportement du système est dit apériodique.
– Δ = 0. Dans ce cas, il y a une seule racine double. Elle vaut 𝑟 = − 𝜆2 . La solution
du système se met sous la forme : 𝑋(𝑡) = (𝐴𝑡 + 𝐵)𝑒𝑟𝑡 . Les constantes 𝐴 et 𝐵 se
déterminent à partir des conditions initiales.
Le comportement du système est dit critique.

−𝜆 + 𝑖 − Δ
– Δ < 0. Il y a deux solutions complexes, qui s’écrivent 𝑟1 = 2
et 𝑟2 =

−𝜆 − 𝑖 − Δ
2
.
La solution de l’équation différentielle s’écrit : 𝑋 = 𝐴1 𝑒𝑟1 𝑡 + 𝐴2 𝑒𝑟2 𝑡 .
On peut aussi écrire cette expression sous la forme :
𝜆𝑡
𝑋(𝑡) = 𝑒− 2 [𝛼 cos(Ω𝑡) + 𝛽 sin(Ω𝑡)]

−Δ
avec Ω = 2
. 𝛼 et 𝛽 sont des constantes à déterminer à partir des conditions
𝜆𝑡
initiales. Le facteur 𝛼 cos(Ω𝑡) + 𝛽 sin(Ω𝑡) est oscillant, et le facteur 𝑒− 2 montre
clairement que la solution est amortie.
La solution se présente sous la forme d’une fonction oscillante amortie, le régime
est pseudo-périodique.

2.9 Oscillations d’un solide partiellement plongé dans


un liquide
On s’intéresse au mouvement d’un solide de forme cylindrique en partie plongé dans
un liquide (voir figure 5.9).
1. Établir l’équation différentielle régissant le mouvement du solide.
2. Résoudre cette équation et donner sa solution générale.
3. On donne les conditions initiales suivantes : pour 𝑡 = 0, le solide passe avec une
vitesse 𝑣0 par sa position d’équilibre, pour laquelle la poussée d’Archimède est
égale au poids. Déterminer complètement la solution le mouvement du solide.

178
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2 Exercices

z Poussée d’Archimède

Hauteur immergée

Poids mg

Figure 5.9 – Masse partiellement plongée dans un fluide.

Solution

1. Les forces s’exerçant sur le cylindre sont :


– le poids du cylindre 𝑚𝑔,

– la poussée d’Archimède, dont la direction est opposée au poids. La norme de la
poussée d’Archimède est égale à la densité du liquide multipliée par le volume
immergé et par 𝑔 : 𝐹𝐴 = 𝜌𝑉 𝑔 = 𝜌𝜋𝑏2 𝑔𝑧, où 𝑧 est la hauteur immergée du cylindre,
et 𝑏 son rayon.
Soit 𝑧0 l’altitude immergée du cylindre pour laquelle le cylindre est immobile, en
équilibre sous l’effet de son poids et de la poussée d’Archimède. On va utiliser dans
la suite cette altitude 𝑧0 comme origine.
Si le cylindre est écarté de Δ𝑧 de sa position d’équilibre 𝑧0 , la différence de volume
entre le volume immergé dans cette situation et le volume immergé à l’équilibre est :
Δ𝑉 = 𝜋𝑏2 Δ𝑧. La différence de poussée d’Archimède correspondante est Δ𝐹𝐴 =
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

𝜋𝑏2 𝜌𝑔Δ𝑧.
On en déduit l’équation différentielle suivante :
d2 Δ𝑧
𝑚 = 𝜋𝑏2 𝜌𝑔Δ𝑧
d𝑡2

𝜋𝑏2 𝜌𝑔
Elle a pour solution 𝑋 = 𝐴 sin(𝜔0 𝑡 − 𝜑), avec 𝜔0 = 𝑚
, et 𝑋 = Δ𝑧.
2. Les constantes 𝐴 et 𝜑 peuvent être déterminées à partir des conditions initiales.
Comme on a choisi pour origine la position pour laquelle poids et poussée d’Archi-
mède sont égaux, à 𝑡 = 0 le solide est à 𝑧 = 0, c’est-à-dire 𝑋 = 0, et animé d’une
vitesse d𝑋
d𝑡
= 𝑣0 .

179
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Chapitre 5 • Mécanique du point

On en déduit : 𝐴 sin(𝜑) = 0, et donc soit 𝐴 soit 𝜑 est nul. 𝐴 ne peut être nul que
si l’amplitude des oscillations est nulle, ce qui n’est pas le cas puisque la vitesse du
solide n’est pas nulle à 𝑡 = 0. La seule solution est donc 𝜑 = 0.
Par ailleurs, l’information sur la vitesse du solide nous permet d’écrire que 𝑣0 =
𝑣
𝐴𝜔0 cos(0), d’où l’on tire que 𝐴 = 𝜔0 .
0

2.10 Oscillateurs couplés


On étudie le comportement du système de la figure 5.10, constitué de deux masses
𝑚 identiques et de trois ressorts.
Les deux masses de la figure 5.10 peuvent se déplacer horizontalement sans frot-
tement sur un support. Elles sont reliées entre elles par un ressort de raideur 𝑘2 , et
chacune d’entre elles est par ailleurs reliée à un support fixe et rigide par un ressort
de raideur 𝑘1 . On étudie le système dans le référentiel terrestre, supposé galiléen.

y
k1 k2 k1

m m

Support

Figure 5.10 – Deux oscillateurs mécaniques couplés.

1. En faisant le bilan des forces s’appliquant sur chacune des masses, et en prenant
comme origine pour décrire le mouvement de chacune d’elle sa position d’équi-
libre, déterminer les équations différentielles régissant le mouvement de chacune
d’elles.
2. En effectuant les changements de variables appropriés, donner la forme des
solutions.

Solution
1. Selon l’axe 𝑦, chacune des deux masses est soumise à son poids et à la réaction du
support. Il n’y pas de mouvement selon l’axe 𝑦, la somme de ces deux forces est nulle.
Selon l’axe 𝑥, chacune des deux masses est soumise à la somme des forces exercées
par les deux ressorts auxquels elle est attachée.
2. En prenant comme origine la position d’équilibre de chacune des deux masses, on
peut écrire, pour la masse 1 :
d2 𝑥1 𝑘1 + 𝑘2 𝑘
+ 𝑥1 (𝑡) − 2 𝑥2 (𝑡) = 0
d𝑡 2 𝑚 𝑚

180
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2 Exercices

et pour la masse 2 :

d2 𝑥2 𝑘1 + 𝑘2 𝑘2
+ 𝑥2 (𝑡) − 𝑥 (𝑡) = 0
d𝑡2 𝑚 𝑚 1

Il s’agit d’un système d’équations différentielles linéaires du premier ordre couplé.


Pour le résoudre, il faut trouver les combinaisons linéaires des fonctions 𝑥1 (𝑡) et 𝑥2 (𝑡)
qui permettent de construire deux équations indépendantes et donc de découpler le
système.

Ajoutons l’une à l’autre les deux équations, on obtient :

d2 𝑥1 d2 𝑥2 𝑘1 𝑘
+ 2 + 𝑥1 (𝑡) + 1 𝑥2 (𝑡) = 0
d𝑡 2 d𝑡 𝑚 𝑚
d2 𝑋 𝑘1
En définissant 𝑋 = 𝑥1 (𝑡) + 𝑥2 (𝑡), cette équation s’écrit : d𝑡2
+ 𝑚
𝑋 = 0.
d2 𝑥1
Si l’on fait la différence des deux équations différentielles de départ, on obtient d𝑡2

d2 𝑥2 𝑘1 + 2𝑘2 𝑘1 + 2𝑘2
d𝑡2
+ 𝑚
𝑥1 (𝑡) − 𝑚
𝑥2 (𝑡) = 0.
d2 𝑌 𝑘1 + 2𝑘2
En prenant 𝑌 = 𝑥2 − 𝑥1 , on obtient d𝑡2
+ 𝑚
𝑌 (𝑡) = 0.

On a donc ramené la résolution du système de deux équations différentielles couplées


à la résolution de deux équations différentielles indépendantes.

Les solutions des deux équations différentielles en 𝑋 et en 𝑌 sont des fonctions si-
nusoïdales,
√ de fréquences et d’amplitudes
√ différentes. La pulsation propre de 𝑋 est
𝑘1 𝑘1 + 2𝑘2
égale à 𝑚
, celle de 𝑌 vaut 𝑚
. De ce fait, les positions 𝑥1 (𝑡) et 𝑥2 (𝑡) de
chacune des deux masses peuvent s’écrire comme la somme de fonctions sinus de
fréquence et d’amplitude différente.
𝑋 +𝑌 𝑋 −𝑌
En effet, 𝑥1 (𝑡) = 2
, et 𝑥2 (𝑡) = 2
.
.
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2.11 Machine d’Atwood


On s’intéresse au dispositif de la figure 5.11, constitué de deux plateaux sur lesquels
se trouvent respectivement une masse 𝑚1 et une masse 𝑚2 . Les plateaux sont reliés
par un fil sans masse, qui passe sur une poulie. La poulie est supposée sans masse, et
sa rotation est sans frottements.

181
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 182

Chapitre 5 • Mécanique du point

m1

m1g
m2

z m2g

Figure 5.11 – Machine d’Atwood.

1. Calculer l’expression de l’accélération de chacun des plateaux. Commentaire ?


2. La poulie porte maintenant une masse ponctuelle 𝑚 sur sa périphérie, à une dis-
tance 𝑟 du centre de la poulie. On suppose que le fil ne glisse pas sur la poulie.
Établir une relation entre l’angle que fait la masse avec l’horizontale et l’altitude
𝑧1 de la masse 𝑚1 .
3. Établir une relation entre la vitesse de la masse 𝑚1 et son altitude 𝑧1 . On supposera
qu’à 𝑡 = 0, la vitesse de la masse 𝑚1 est nulle.

Solution

1. Le plateau portant la masse 𝑚1 est soumis à son poids 𝑚1 𝑔, et à la tension du fil


passant sur la poulie. Le plateau portant la masse 𝑚2 est soumis à son poids 𝑚2 𝑔
et à la tension du fil. Le fil étant inextensible et la poulie sans masse tournant sans
frottement, la tension du fil est transmise intégralement d’un bout à l’autre. En norme,
la tension à laquelle est soumise la masse 𝑚1 est la même que celle à laquelle est
soumise la masse 𝑚2 .
d 2 𝑧1 d2 𝑧2
On peut écrire 𝑚1 d𝑡2
= 𝑚1 𝑔 + 𝑇 , et 𝑚2 d𝑡2
= 𝑚2 𝑔 + 𝑇 . Le fil étant inextensible,
d 2 𝑧2 d 2 𝑧1
𝑧1 + 𝑧2 est une constante, si bien que =−d𝑡2 d𝑡2
. En faisant la différence entre les
deux équations, on élimine 𝑇 , et il reste :

d 2 𝑧1 𝑚 − 𝑚2
=𝑔 1
d𝑡 2 𝑚1 + 𝑚2

Le plateau le plus lourd descend suivant un mouvement uniformément accéléré,


𝑚 −𝑚
l’accélération valant 𝑔 𝑚1 + 𝑚2 .
1 2

182
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 183

2 Exercices

La machine d’Atwood permet de produire des mouvements uniformément accélérés


avec des accélérations que l’on peut choisir entre 0 et l’accélération de la pesanteur.
2. Les forces s’appliquant au système constitué par les deux masses, le fil et la poulie
étant toutes conservatives, l’énergie mécanique est constante.
L’énergie mécanique est la somme des énergies potentielles et cinétiques associées à
la masse 𝑚1 , à la masse 𝑚2 et à la masse 𝑚.
L’énergie potentielle de la masse 𝑚1 est 𝑚1 𝑔𝑧1 à une constante additive près, celle
de la masse 𝑚2 est 𝑚𝑔𝑧2 à une autre constante additive près. Comme le fil est
inextensible, on a 𝑧1 + 𝑧2 = 𝑧0 .
L’énergie potentielle associée à la masse 𝑚 est 𝑚𝑔𝑟 sin(𝜗), à une constante additive
près.
𝑧
𝜗 est lié à 𝑧1 : 𝜗 = 𝑟1 .
La somme des énergies potentielles est donc, à une constante additive près :
𝑧
𝐸𝑝 = 𝑚1 𝑔𝑧1 + 𝑚2 𝑔(𝑧0 − 𝑧1 ) + 𝑚𝑔𝑟 sin( 1 )
𝑟
𝑚1 𝑣21
L’énergie cinétique de la masse 𝑚1 est 𝐸𝑐1 = 2
, et l’énergie cinétique de la masse
𝑚2 𝑣21
𝑚2 est 𝐸𝑐2 = 2 , puisque 𝑣⃗1 et 𝑣⃗2 sont deux vecteurs de norme égale et de direction
opposée.
L’énergie cinétique de la masse 𝑚 vaut quant à elle 12 𝑚𝑣21 , puisque la norme de la
vitesse de 𝑚 est également 𝑣1 .
L’énergie cinétique totale du système est donc :
1
𝐸𝑐 = (𝑚 + 𝑚2 + 𝑚)𝑣21
2 1
L’énergie mécanique vaut, à une constante additive près :
𝑧 1
𝐸𝑚 = 𝑚1 𝑔𝑧1 + 𝑚2 𝑔(𝑧0 − 𝑧1 ) + 𝑚𝑔𝑟 sin( 1 ) + (𝑚1 + 𝑚2 + 𝑚)𝑣21
𝑟 2
Comme à 𝑡 = 0, la vitesse de la masse 𝑚1 est nulle, il en est de même des vitesses
des masses 𝑚2 et 𝑚. L’énergie cinétique totale du système est donc nulle à 𝑡 = 0.
Les énergies potentielles étant toutes définies à une constante additive près, on peut
.
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choisir cette constante de manière à ce qu’à 𝑡 = 0, 𝐸𝑚 = 0.


On a dans ces conditions :
( ) ( ( ))
𝑚1 𝑔 𝑧1 − 𝑧1 (𝑡 = 0) + 𝑚2 𝑔 𝑧0 − 𝑧1 − 𝑧1 (𝑡 = 0) +
( )
𝑧1 − 𝑧1 (𝑡 = 0) 1( )
𝑚𝑔𝑟 sin + 𝑚1 + 𝑚2 + 𝑚 𝑣21 = 0
𝑟 2
On en déduit une relation entre 𝑣1 et 𝑧1 :

√ ( ) ( ( )) ( 𝑧 −𝑧 )

√ 𝑚1 𝑔 𝑧1 − 𝑧1 (𝑡 = 0) + 𝑚2 𝑔 𝑧0 − 𝑧1 − 𝑧1 (𝑡 = 0) + 𝑚𝑔𝑟 sin ( 1 1
(𝑡=0))
√ 𝑟
𝑣1 = 2
𝑚1 + 𝑚2 + 𝑚

183
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 184

Chapitre 5 • Mécanique du point

2.12 Montée des bulles d’air dans un liquide


On considère une bulle de rayon 𝑟, qui monte dans un liquide de masse volumique 𝜌𝑙 .
Le gaz de la bulle est de masse volumique 𝜌𝑔 . On suppose que le mouvement s’effec-
tue sans frottements. Il va sans dire que cela n’est pas très réaliste, dans la pratique
les forces de frottement sont non négligeables comparées à la poussée d’Archimède.
1. Effectuer le bilan des forces s’exerçant sur la bulle, et décrire son mouvement.
2. On tient compte maintenant de la pression au sein du liquide. Donner l’expression
de la pression exercée par le liquide sur le gaz de la bulle, en supposant que le gaz
enfermé dans la bulle est un gaz parfait à température constante. En déduire le
rayon de la bulle en fonction de la profondeur à laquelle elle se trouve dans le
liquide.
3. Établir l’équation différentielle du mouvement de la bulle.

Solution

1. La bulle est soumise à son poids, dirigé vers le bas, et à la poussée d’Archimède,
dirigée vers le haut.
La masse du gaz contenu dans la bulle est 𝑚𝑔𝑎𝑧 = 𝜌𝑔 × 43 𝜋𝑟3 , le poids correspondant
est 𝑔𝜌𝑔 × 43 𝜋𝑟3 .
La poussée d’Archimède vaut 𝑔𝜌𝑙 × 43 𝜋𝑟3 .
Le principe fondamental de la dynamique conduit à :
4 3 4 d2 𝑧
𝜋𝑟 𝑔(𝜌𝑙 − 𝜌𝑔 ) = 𝜌𝑔 × 𝜋𝑟3 2
3 3 d𝑡
𝑧 étant orienté vers le haut.
2
Cette expression se simplifie en : 𝑔(𝜌𝑙 − 𝜌𝑔 ) = 𝜌𝑔 dd𝑡2𝑧
Le mouvement de la bulle est un mouvement uniformément accéléré vers le haut,
dans la mesure ou 𝜌𝑙 − 𝜌𝑔 est positif.
2. En prenant l’origine de l’axe 𝑧 à la surface du liquide, et en gardant l’axe 𝑧 orienté
vers le haut, la pression au sein du liquide est proportionnelle à la profondeur : 𝑃 =
𝑃 (0) − 𝜌𝑙 𝑔𝑧. Soit 𝑟0 le rayon de la bulle lorsqu’elle parvient à la surface du liquide,
et se trouve alors à la pression atmosphérique 𝑃 (0).
Comme le gaz enfermé dans la bulle est un gaz parfait à température constante, on
peut écrire 𝑃 (𝑧)𝑉 (𝑧) = (𝑃 (0) − 𝜌𝑙 𝑔𝑧)𝑉 (𝑧) = 𝑃 (0)𝑉 (0). On en tire 𝑉 (𝑧) = 𝑃𝑃(0)
(0)𝑉 (0)
− 𝜌 𝑔𝑧
.
𝑙

La poussée d’Archimède est maintenant fonction de 𝑧 : 𝐹𝐴 = 𝜌𝑙 𝑔 𝑃𝑃(0)


(0)𝑉 (0)
− 𝜌𝑙 𝑔𝑧
L’équation différentielle régissant le mouvement devient :
4 d2 𝑧 𝑃 (0)𝑉 (0) 4
𝜌𝑔 × 𝜋𝑟30 2 = 𝑔𝜌𝑙 − 𝑔𝜌𝑔 × 𝜋𝑟30
3 d𝑡 𝑃 (0) + 𝜌𝑙 𝑔𝑧 3

184
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 185

2 Exercices

2.13 Chute dans un liquide visqueux


On souhaite caractériser la chute d’une sphère de rayon 𝑟, de masse volumique 𝜌𝑠
dans un liquide visqueux de masse volumique 𝜌𝑙 (figure 5.12). Les forces de frotte-
ment induites par l’interaction entre le liquide visqueux et la bille sont telles que :
𝐹𝑓 = −𝜆 d𝑧
d𝑡
.

F = −λ v

mg
z

Figure 5.12 – Chute d’une bille massive dans un fluide visqueux.

1. Effectuer le bilan des forces s’exerçant sur la bille.


2. En déduire l’équation différentielle régisssant le mouvement du solide au cours
de sa descente. On s’intéressera à la projection selon un axe 𝑧 vertical, dirigé vers
le bas.
3. Résoudre l’équation différentielle obtenue à la question précédente. On prendra
comme condition initiale une vitesse nulle à 𝑡 = 0.
4. Établir l’existence d’une vitesse limite, et en donner l’expression.

Solution
1. La bille est soumise à son poids, à la poussée d’Archimède, et aux forces de frotte-
ment. On peut écrire pour le poids : 𝑃 = 𝑚𝑔 = 𝑔 43 𝜋𝑟3 𝜌𝑠 , pour la poussée d’Archimède
𝐹𝐴 = − 43 𝜋𝑟3 𝑔𝜌𝑙 , et pour la force de frottement 𝐹𝑓 = −𝜆 d𝑧
d𝑡
.
Le principe fondamental de la dynamique, appliqué en projection sur l’axe 𝑧, conduit
.
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à:
4 3 d2 𝑧 4 4 d𝑧
𝜋𝑟 𝜌𝑠 2 = 𝑔 𝜋𝑟3 𝜌𝑠 − 𝜋𝑟3 𝑔𝜌𝑙 − 𝜆
3 d𝑡 3 3 d𝑡
soit
(( )
d2 𝑧 𝜌𝑙 3 d𝑧
= 𝑔 1 − − 𝜆
d𝑡2 𝜌𝑠 4𝜋𝑟3 𝜌𝑠 d𝑡
2. En effectuant le changement de variable 𝑦 = d𝑧d𝑡
, on voit que cette équation est une
équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants, avec un
second membre non nul.

185
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 186

Chapitre 5 • Mécanique du point

Commençons par rechercher une solution particulière( de l’équation


) avec second
d𝑦 𝜌𝑙 4
membre. On peut poser d𝑡 = 0, et dans ce cas 𝑦 = 𝑔 (1 − 𝜌 × 3𝜆 𝜋𝑟3 𝜌𝑠 , qui est
𝑠
une constante : nous avons donc bien trouvé une solution particulière de l’équation
différentielle.
La solution de l’équation sans second membre peut se mettre sous la forme : 𝑦 =
𝐴𝑒−𝐵𝑡 , avec 𝐵 = 4𝜋𝑟33 𝜌 𝜆.
𝑠
La solution complète de l’équation différentielle est la somme de l’équation sans
second membre et de la solution particulière :
( )
𝜌 4
𝑦 = 𝐴𝑒−𝐵𝑡 + 𝑔 1 − 𝑙 × 𝜋𝑟3 𝜌𝑠
𝜌𝑠 3𝜆
( )
𝜌 4
La condition initiale 𝑦 = 0 pour 𝑡 = 0 nous indique que 𝐴 = −𝑔 1 − 𝜌𝑙 × 3𝜆 𝜋𝑟3 𝜌𝑠
𝑠

On en déduit que la vitesse d𝑧


d𝑡
de la bille s’écrit :
( ) ( )
𝜌𝑙 4 3 − 3𝜆3 𝑡
𝑔 1− × 𝜋𝑟 𝜌𝑠 × 1 − 𝑒 4𝜋𝑟 𝜌 𝑠
𝜌𝑠 3𝜆
Lorsque le temps 𝑡 tend vers l’infini, le terme 𝐴𝑒−𝐵𝑡 tend vers zéro : la vitesse de la
bille tend vers une constante, qui vaut :
( )
𝜌𝑙 4
𝑣𝑙𝑖𝑚 = 𝑔 1 − × 𝜋𝑟3 𝜌𝑠
𝜌𝑠 3𝜆

2.14 Train dans une courbe


Un train roule à vitesse constante sur une voie dont le rayon de courbure est 𝑟
(figure 5.13).
1. On se place dans un référentiel attaché au train. Ce référentiel est-il galiléen ?
Effectuer le bilan des forces s’exerçant sur un passager immobile par rapport au
train. Quelle est la direction de la force de pesanteur effective ressentie par les
passagers ?
2. Quel angle 𝛼 faut-il donner à la voie par rapport à l’horizontale pour que la force
de pesanteur effective soit perpendiculaire à la voie ?
3. Application numérique : On prend 𝑟 = 500𝑚, le train circule à 90 km ⋅ h−1 , on
donne 𝑔 = 9, 81 m ⋅ s−2 . Que vaut l’angle 𝛼 ?

Solution

1. Le référentiel attaché au train n’est pas galiléen, puisqu’il est en rotation par rapport
au référentiel terrestre, que l’on peut considérer comme galiléen. Il faut donc prendre
en compte les forces d’inertie dans le bilan des forces.

186
TP20-0085-Book — 8/07/2020 12:47 — page 187

2 Exercices

Les forces s’exerçant sur les passagers sont :


– le poids 𝑚𝑔,
⃗ vertical et dirigé vers le bas,
2
– la force centrifuge, dont la norme vaut 𝑣𝑟 . La force centrifuge est horizontale, et
dirigée dans la direction opposée au centre de rotation, voir figure 5.13,
– la réaction du plancher du train sur les passagers.
Comme les passagers sont immobiles par rapport au train, la somme vectorielle de
ces trois forces est nulle. Les passagers ressentent une force de pesanteur effective
qui est la somme vectorielle du poids et de la force centrifuge.

Force centrifuge Force centrifuge

Vers le Vers le
centre de rotation centre de rotation α

mg mg

Figure 5.13 – Force de pesanteur et d’inertie exercée sur un train roulant sur une voie
ayant un rayon de courbure fini. À gauche : train circulant sur arc de cercle sur un sol
horizontal, à droite sur une voie inclinée par rapport à l’horizontale.

𝑣 2
Cette résultante fait un angle 𝛼 avec la verticale, tel que tan 𝛼 = 𝑚𝑔𝑟 .
2. Pour que la force de pesanteur effective, c’est-à-dire la résultante du poids et de la
force centrifuge, soit perpendiculaire à la voie, il faut incliner la voie d’un angle 𝛼
par rapport à l’horizontale.
3. Application numérique : 𝑣 = 90 km ⋅ h−1 = 25 m ⋅ s−1 . On en déduit tan 𝛼 =
252
500 × 9,81
= 0, 127, soit 𝛼 = 7, 26◦ .
.
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2.15 Coefficient de restitution


On lâche à vitesse nulle une balle d’une hauteur ℎ0 au-dessus du sol. Lorsqu’elle
touche le sol, l’interaction avec celui-ci lui fait perdre une fraction 1−𝑟 de son énergie
cinétique. 𝑟 est un coefficient positif compris entre zéro et un, appelé coefficient de
restitution.
1. Calculer le temps nécessaire à la balle pour atteindre le sol, à partir d’une hauteur
ℎ, sachant qu’à la hauteur ℎ sa vitesse est nulle.
2. Calculer l’énergie mécanique de la balle en fonction du nombre de rebonds.
3. Calculer le temps séparant deux rebonds consécutifs.

187
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 188

Chapitre 5 • Mécanique du point

Solution

1. On choisit d’étudier le mouvement de la balle dans un repère lié au sol, avec l’axe des
𝑧 orienté vers le haut. Le mouvement de la balle est un mouvement uniformément
2
accéléré. La balle suit une trajectoire dont l’équation est : 𝑧 = ℎ − 𝑔 𝑡2 .
On prend l’altitude 𝑧 = 0 comme origine, le potentiel associé à la force de pesanteur
est nul pour 𝑧 = 0.

La balle atteint le sol au bout d’un temps 𝑡 = 2ℎ 𝑔
.
Lors de la chute, toutes les forces s’appliquant sur la balle étant conservatives,
l’énergie mécanique est conservée, elle vaut donc 𝑚𝑔ℎ.
Après le premier rebond, l’énergie mécanique vaut 𝑟𝑚𝑔ℎ, 𝑟2 𝑚𝑔ℎ après le second,
𝑟𝑛 𝑚𝑔ℎ après le 𝑛−ième rebond. Elle tend vers zéro car 0 < 𝑟 < 1.
𝑛
La balle dont l’énergie mécanique est 𝑟√ 𝑚𝑔ℎ remonte jusqu’à la hauteur 𝑟𝑛 ℎ. Le
2𝑟𝑛 ℎ
temps qu’il lui faut pour ce faire est 𝑡𝑛 = 𝑔
. Le temps séparant deux rebonds est
√ 𝑛
2𝑡𝑛 = 2 2𝑟𝑔 ℎ .

2.16 Collisions entre deux corps


On considère deux masses 𝑚1 et 𝑚2 . On ne fait aucune hypothèse sur la nature des
forces d’interaction entre elles. Aucune force ne s’applique aux masses autres que les
forces d’interaction entre elles. Le choc est élastique, c’est-à-dire que l’état interne
des deux masses est conservé.
1. On considère une collision à une seule dimension : les deux masses se déplacent
sur une droite. Lorsqu’elles se rencontrent, elles ne peuvent pas se traverser l’une
l’autre, n’échangent pas de matière et conservent leur intégrité. Avant le choc,
elles possèdent une vitesse 𝑣1 et une vitesse 𝑣2 respectivement. Après le choc, ces
vitesses deviennent 𝑣′1 et 𝑣′2 .
On se place dans un référentiel galiléen, tel que la somme des quantités de
mouvement des deux masses avant le choc est nulle.
Déterminer les vitesses 𝑣′1 et 𝑣′2 .
2. On se place maintenant dans un référentiel galiléen quelconque, la somme des
quantités de mouvement des deux masses avant le choc n’est plus nulle.
Connaissant les vitesses des deux masses avant le choc, en déduire leurs vitesses
après le choc.
3. Qu’obtient-on pour 𝑚1 = 𝑚2 ?

188
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 189

2 Exercices

Solution

1. La quantité de mouvement totale du système est conservée. L’énergie cinétique totale


est également conservée, puisqu’il n’y a pas de force autre que les forces d’interaction
entre les deux masses.
On peut écrire :

𝑚1 𝑣1 + 𝑚2 𝑣2 = 𝑚1 𝑣′1 + 𝑚2 𝑣′2

Ceci est la conservation de la quantité de mouvement. Cette expression peut se


transformer en

𝑚1 (𝑣1 − 𝑣′1 ) = 𝑚2 (𝑣2 − 𝑣′2 ) (5.17)

La conservation de l’énergie cinétique donne :

𝑚1 𝑣21 + 𝑚2 𝑣22 = 𝑚1 𝑣′2


1
+ 𝑚2 𝑣′2
2

Cette relation peut se transformer en :

𝑚1 (𝑣21 − 𝑣′2
1
) − 𝑚2 (𝑣22 − 𝑣′2
2
)=0 (5.18)

En divisant l’équation 5.18 par l’équation 5.17, on obtient

𝑣1 + 𝑣′1 = 𝑣2 + 𝑣′2 (5.19)

Les équations 5.17 et 5.19 forment un système linéaire, dont la solution est :
( )
2𝑚2 𝑣2 + 𝑣1 𝑣1 − 𝑣2
𝑣′1 =
𝑚1 + 𝑚2
et
( )
2𝑚1 𝑣1 + 𝑣2 𝑣2 − 𝑣1
.

𝑣′2 =
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𝑚1 + 𝑚2

2. Si 𝑚1 = 𝑚2 , les deux expressions précédentes se simplifient en 𝑣′1 = 𝑣1 , et 𝑣′2 = 𝑣2 .

2.17 Collision de balles


On lâche à vitesse nulle deux balles (voir figure 5.14). La balle 𝐵1 est lâchée d’une
hauteur ℎ1 , la balle 𝐵2 est lâchée d’une hauteur ℎ2 , avec ℎ2 > ℎ1 . Il s’agit d’étudier
les difféntes phases des mouvements des deux balles. On supposera que les deux
balles ont le même rayon, que l’on suppose négligeable, et la même masse 𝑚.

189
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 190

Chapitre 5 • Mécanique du point

h2 B2

v2 m1g

h1 B1

v1 m2g

Figure 5.14 – Deux balles lâchées au-dessus du sol.

1. Première phase : chute vers le sol des deux balles. Au bout de combien de temps
la balle 𝐵1 touche-t-elle le sol ? Quel est le vecteur vitesse la balle 𝐵1 juste après
le choc sur le sol ?
2. Deuxième phase : remontée de la première balle et choc entre les deux balles.
Déterminer à quel instant 𝑡 les deux balles se retrouvent en contact en l’air. Quels
sont leurs vecteurs vitesse respectifs au moment du choc ?
3. Quels sont leurs vecteurs vitesse respectifs après le choc ?

Solution

2ℎ1
1. La balle 𝐵1 touche le sol au bout d’un temps valant , il s’agit d’un mouvement
√ 𝑔
uniformément accéléré. Sa vitesse à cet instant est √ 2𝑔ℎ1 , dirigée vers le bas. Juste
après la collision, sa vitesse est toujours de norme 2𝑔ℎ1 , mais dirigée vers le haut.
2. On prend maintenant comme origine des temps l’instant où la balle 𝐵1 commence à
remonter après avoir touché le sol (question précédente).
L’état du système est alors le suivant :

– balle 𝐵1 : altitude 𝑧 = 0, vitesse 2𝑔ℎ1 vers le haut,

– balle 𝐵2 : altitude 𝑧 = ℎ2 − ℎ1 , vitesse = 2𝑔ℎ1 , vers le bas.
Les deux balles se rencontrent quand :
√ 𝑡2 √ 𝑡2
𝑧1 = 2𝑔ℎ1 𝑡 − 𝑔 = 𝑧2 = ℎ2 − ℎ1 − 2𝑔ℎ1 𝑡 − 𝑔
2 2
ℎ2 − ℎ1
On en déduit que les deux balles se rencontrent à 𝑡 = √ .
2 2𝑔ℎ1

190
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 191

2 Exercices

Au moment où les deux balles se rencontrent, les vitesses des deux balles sont :
√ √ ℎ2 −ℎ1
– Balle 𝐵1 : 2𝑔ℎ1 −
𝑔 √ . Cette vitesse est dirigée vers le haut.
2 2ℎ1
√ √ ℎ2 −ℎ1
– Balle 𝐵2 : 2𝑔ℎ1 + 𝑔 √ . Cette vitesse est dirigée vers le bas.
2 2ℎ1

3. Pour décrire ce qui se passe lors du choc, on peut utiliser les résultats de l’exercice
précédent : la balle 𝐵1 a, après le choc, la quantité de mouvement de la balle 𝐵2 avant
le choc, et réciproquement. Ici, les masses des deux balles sont égales, les vitesses
s’échangent également.

Après le choc :
√ √ ℎ2 −ℎ1
– La balle 𝐵1 descend avec la vitesse 2𝑔ℎ1 + 𝑔 √ .
2 2ℎ1
√ √ ℎ2 −ℎ1
– La balle 𝐵2 monte avec la vitesse 2𝑔ℎ1 − 𝑔 √ .
2 2ℎ1

2.18 Comparaison de référentiels


On considère trois référentiels quasiment galiléens :
1. Le référentiel terrestre. Il est en première approximation en rotation avec une
période de 24 heures autour du centre de la Terre. Le rayon de la Terre est de
6 371 km.
2. Le référentiel géocentrique. Il s’agit d’un référentiel dont l’origine est le centre de
la Terre, et la direction des axes est donnée par la direction d’étoiles lointaines. En
première approximation, ce référentiel est en rotation autour du Soleil. Le rayon
de l’orbite terrestre autour du Soleil est d’approximative 150 × 106 km, et cette
orbite est parcourue à une vitesse d’environ 30 km ⋅ s−1 .
3. Le référentiel héliocentrique. Il s’agit d’un référentiel dont l’origine est le centre
du Soleil, et la direction des axes est donnée par la direction d’étoiles lointaines.
En première approximation, ce référentiel est en rotation autour du centre de la
.
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galaxie. Le Soleil parcourt son orbite autour du centre de la galaxie en 250 × 106
années. La vitesse à laquelle le Soleil parcourt son orbite est de 217 km ⋅ s−1 .
Pour chacun de ces trois référentiels, évaluer l’accélération centrifuge appliquée à
une masse 𝑚 liée à chacun d’eux.

Solution

Pour chacun des trois référentiels, l’accélération centrifuge 𝑎𝑐 est 𝑟𝜔2 .


Pour le référentiel terrestre, 𝑟 vaut 6 371 km, et 𝜔 = 24 ×2𝜋3600 = 7, 27 × 10−5 rad ⋅ s−1 .
On en déduit 𝑎𝑐 = 𝑟𝜔2 = 0, 0337 m ⋅ s−2 .
(30 × 103 )2
Pour le référentiel géocentrique, 𝑎𝑐 vaut 𝑣2 ∕𝑟 = 150 × 109
= 0, 006 m ⋅ s−2 .

191
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 192

Chapitre 5 • Mécanique du point

Pour le référentiel héliocentrique, on peut évaluer le rayon de l’orbite du Soleil autour


1
du centre de la galaxie comme étant 𝑟 = 2𝜋 250 × 106 × 365, 25 × 3600 × 24 × 217 =
17
2, 725 × 10 km.
2170002
On en tire 𝑎𝑐 = 2,725×10 20
= 1, 73 × 10−10 m ⋅ s−2 .

2.19 Oscillation à travers la Terre


On suppose que l’on est parvenu à forer un tunnel traversant la Terre de part en part,
en passant par son centre. On néglige par ailleurs les effets dus à la rotation de la
Terre, et on suppose que la Terre est une boule de densité constante 𝜌 et de rayon
𝑅 = 6 371 km. On prendra 𝑔0 = 9, 81 m ⋅ s−2 à la surface de la Terre.

1. Évaluer l’intensité et la direction de la force de gravitation appliquée sur un point


matériel, en fonction du rayon auquel se trouve le point matériel. On pourra pour
ce faire utiliser le théorème de Gauss (voir chapitre sur l’électrostatique).
2. Établir l’équation différentielle régissant le mouvement d’une masse 𝑚 lâchée
sans vitesse initiale depuis la surface de la Terre.
3. Quel temps faut-il à la masse pour parcourir la Terre de part en part ? Quelle est
la nature du mouvement ?

192
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 193

2 Exercices

Solution
1. Selon le théorème de Gauss, le flux du champ gravitationnel calculé sur une surface
fermée quelconque est égal à la masse contenue dans le volume défini par la surface
fermée, multiplié par la constante d’interaction 𝐺 et par 4𝜋 :

⃗ 𝑆⃗ = −4𝜋𝐺
𝑔.d 𝜌(𝑟)d3 𝑟⃗
∯𝑆 ∭𝑉
Du fait de la symétrie sphérique du champ gravitationnel, on peut utiliser comme
surface d’intégration une sphère de rayon 𝑟, avec 𝑟 ≤ 𝑅 :
4
4𝜋𝑟2 𝑔(𝑟) = −4𝜋𝐺𝜌 𝜋𝑟3
3
On en déduit : 𝑔(𝑟) = −𝐺 43 𝜋𝜌𝑟. Pour 𝑟 = 𝑅, on a 𝑔(𝑅) = 𝑔0 = − 43 𝜋𝐺𝜌𝑅, et on peut
écrire 𝑔(𝑟) = 𝑔0 𝑅𝑟 .
2. La seule force appliquée au point matériel lors de son parcours à l’intérieur de la
Terre est la force de gravitation, dépendante de 𝑟.
On peut écrire :
d2 𝑟 𝑟
𝑚 = 𝑚𝑔0
d𝑡 2 𝑅
Il s’agit là d’une équation différentielle du second ordre à coefficients constants, sans
terme constant et sans terme du premier ordre (proportionnel à la dérivée de 𝑟) : le
mouvement est celui d’un oscillateur harmonique, car 𝑔0 < 0.

𝑔
On a : 𝑟 = 𝑅 sin(𝜔𝑡 + 𝜑). Par ailleurs, 𝜔 est égal à 𝑅0 , et la période est 𝑇 = 2𝜋 𝑔𝑅 .
0
Numériquement, elle vaut 5, 06×103 secondes, soit 1 heure 26 minutes. Pour traverser
la Terre une seule fois, on met un temps 𝑇2 , soit environ 2, 53 × 103 secondes, ou 42
minutes.

2.20 Plan incliné


On considère un cylindre de masse 𝑚, glissant sans frottement sur un plan incliné.
Le plan incliné fait un angle 𝛼 par rapport à l’horizontale (figure 5.15).
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

mg

Figure 5.15 – Bille sur un plan incliné.

193
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 194

Chapitre 5 • Mécanique du point

1. Établir le bilan des forces s’exerçant sur la bille, dans le référentiel terrestre consi-
déré comme galiléen. En déduire l’équation du mouvement en utilisant le principe
fondamental de la dynamique.
2. Retrouver l’équation du mouvement en utilisant le théorème de l’énergie ciné-
tique.

Solution

1. La bille est soumise à son poids 𝑚𝑔⃗ ainsi qu’à la réaction du support. Le poids est
vertical, alors que la réaction du plan incliné sur la bille est perpendiculaire au plan
incliné, car il n’y a pas de frottement.
En choisissant un système d’axe dont l’un est parallèle au plan incliné, l’autre perpen-
2
diculaire au plan incliné, on peut écrire : 𝑚𝑔 cos 𝛼 + 𝑅 = 0 sur 𝑒⃗𝑦 , et 𝑚𝑔 sin 𝛼 = dd𝑡𝑥2
sur 𝑒⃗𝑥 .
La vitesse de la bille en fonction du temps est 𝑣𝑥 = 𝑚𝑔 sin(𝛼)𝑡, et la position de la
2
bille en fonction du temps est 𝑥 = 𝑚𝑔 sin(𝛼)𝑡
2
.
Si l’on élimine le temps entre ces deux expressions, on obtient que 𝑣 = 𝑣𝑥 =

2𝑚𝑔 sin(𝛼)𝑥.
2. Selon le théorème de l’énergie cinétique, la variation d’énergie cinétique entre deux
instants est égale à la somme du travail des forces appliquées au point matériel entre
ces deux instants.
Considérons le point matériel que constitue la bille à l’instant 𝑡 = 0, et à l’instant 𝑡𝑥
(que nous ne connaissons pas) auquel il a parcouru la distance 𝑥 sur le plan incliné.
2
L’énergie cinétique à 𝑡 = 0 est nulle, à 𝑡𝑥 elle vaut 𝑚 𝑣2 .
Le travail du poids entre 𝑡 = 0 et 𝑡 = 𝑡𝑥 vaut 𝑚𝑔𝑥 sin 𝛼. La réaction étant
perpendiculaire à la direction du mouvement, son travail est nul.
2 √
On peut donc écrire : 𝑚 𝑣2 = 𝑚𝑔𝑥 sin 𝛼, soit 𝑣 = 2𝑚𝑔 sin(𝛼)𝑥. On obtient la même
relation que par l’intermédiaire du principe fondamental de la dynamique.
On notera toutefois que le théorème de l’énergie cinétique ne donne pas directement
la position en fonction du temps, mais la position en fonction de la vitesse.
2
En dérivant membre à membre par rapport au temps la relation 𝑚 𝑣2 = 𝑚𝑔𝑥 sin 𝛼
et en simplifiant par 𝑣, on obtient l’équation du mouvement : les deux formulations
contiennent bien la même information physique.

2.21 Bille glissant sur un arceau vertical


Une bille massive, assimilée à un point matériel de masse 𝑚, glisse sur un arceau
circulaire vertical (figure 5.16). À l’instant initial, la bille est à vitesse nulle et posée
au sommet de l’arceau. On néglige les frottements. On repère la position de la bille
par son angle 𝜗 par rapport à la verticale.

194
TP20-0085-Book — 24/06/2020 6:57 — page 195

2 Exercices

La bille commence par suivre la surface de l’arceau, puis s’en détache. Le but de
l’exercice est de déterminer à quel instant la bille décolle de l’arceau.

r
θ
er

Figure 5.16 – Bille glissant sur un arceau circulaire vertical.

1. Effectuer le bilan des forces qui s’appliquent sur la bille. Établir l’expression de
l’équation différentielle régissant le mouvement de la bille dans la phase où elle
est en contact avec l’arceau.
2. En appliquant le théorème de l’énergie cinétique, établir une relation entre ( d𝜗
d𝑡
)2
et cos 𝜗. Démontrer que cette relation permet de retrouver l’équation différentielle
du mouvement.
3. En déduire l’angle 𝜗 pour lequel la bille décolle de l’arceau.

Solution

1. Les forces s’exerçant sur la bille tant qu’elle est en contact avec l’arceau sont :
– Le poids de la bille 𝑃⃗ = 𝑚𝑔.

– La réaction de l’arceau sur la bille. Cette réaction est normale à l’arceau car il n’y
a pas de frottement.
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

Dès lors que la bille n’est plus en contact avec l’arceau, elle n’est plus soumise qu’à
son poids.
Durant la phase où la bille est en contact avec l’arceau, les expressions de sa vitesse
et de son accélération sont les suivantes :
– 𝑣⃗ = 𝑟 d𝜗 𝑒⃗
d𝑡 𝜗
( )2 ( 2 )
– 𝑎⃗ = −𝑟 d𝜗 d𝑡
𝑒
⃗𝑟 + 𝑟 d 𝜗
d𝑡2
𝑒⃗𝜗

Le poids s’écrit dans le repère choisi : 𝑃⃗ = −𝑚𝑔 cos 𝜗𝑒⃗𝑟 + 𝑚𝑔 sin 𝜗𝑒⃗𝜗 .
La réaction 𝑅⃗ est normale à l’arceau, et s’écrit donc : 𝑅⃗ = 𝑅𝑒⃗𝑟 .

195
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Chapitre 5 • Mécanique du point

En appliquant le principe fondamental de la dynamique sur les deux axes, on obtient


deux équations :
2
En projetant selon l’axe 𝑒⃗𝑟 : 𝑅 = −𝑚𝑟 d𝜗
d𝑡
+ 𝑚𝑔 cos 𝜗, et en projetant selon l’axe 𝑒⃗𝜗
d2 𝜗
d𝑡2
= 𝑔𝑟 sin 𝜗.
La première équation fait intervenir 𝑅, que l’on ne connaît pas. La deuxième est
une équation différentielle non linéaire du second ordre, que l’on ne peut résoudre
analytiquement.
2. Le théorème de l’énergie cinétique indique que la variation d’énergie cinétique de la
bille est égale au travail des forces qui s’appliquent sur elle.
Considérons la variation d’énergie cinétique entre 𝑡 = 0 et un temps quelconque :
2
elle vaut 𝑚𝑟2 ( d𝜗
d𝑡
)2 .
Le travail du poids est égal à la variation d’énergie potentielle gravitationnelle, au
signe près : 𝑊𝑝 = 𝑚𝑔𝑟(1 − cos 𝜗). Le travail du poids est ici moteur, donc positif.
Le travail de la réaction du support est nul, puisqu’à chaque instant, le vecteur vitesse
est orthogonal à la réaction.
2
( )2
On peut donc écrire : 𝑚𝑟2 d𝜗 d𝑡
− 𝑚𝑔𝑟(1 − cos 𝜗) = 0, d’où ( 12 d𝜗
d𝑡
)2 + 𝑔𝑟 (1 − cos 𝜗) = 0
3. En[ dérivant par rapport ] au temps cette expression, on obtient :
( )2
d 1 d𝜗 d2 𝜗 d𝜗 2

d𝑡 2 d𝑡
− 𝑅 (1 − cos 𝜗 = d𝑡2 d𝑡 − 𝑔𝑟 d𝜗
𝑔
d𝑡
sin 𝜗 = 0, soit finalement : dd𝑡𝜗2 = 𝑔𝑟 sin 𝜗.
On retrouve bien l’équation différentielle du mouvement de la bille.
Connaissant d𝜗 en fonction de 𝜗, on peut remplacer d𝜗 dans l’égalité : 𝑅 =
( )2 d𝑡 d𝑡

−𝑚𝑟 d𝜗 d𝑡
+ 𝑚𝑔 cos 𝜗, ce qui donne : 𝑅 = −𝑚𝑟 2𝑔𝑟 (1 − cos 𝜗) + 𝑚𝑔 cos 𝜗, qui se
simplifie en :
𝑅 = 𝑚𝑔(3 cos 𝜗 − 2)
On constate que la norme de la réaction s’annule pour cos 𝜗 = 23 . Ceci correspond à
un angle 𝜗 ≃ 48◦ .
Dès lors que la réaction s’est annulée, elle ne devient pas négative ensuite. La bille
décolle de l’arceau, n’est plus soumise qu’à son poids et son mouvement est un mou-
vement de chute libre. La composante verticale du mouvement est uniformément
accélérée. La composante horizontale du mouvement est uniforme.

196
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 197

Chapitre 6
Introduction à la
mécanique des solides
La mécanique des solide est un domaine très vaste, et qui va très au-delà de la première
année d’université. Nous avons donc fait le choix de traiter essentiellement :
– la détermination du centre de masse 𝐶 d’un solide,
– la détermination de sa matrice principale d’inertie,
– le mouvement de rotation d’un solide autour d’un de ses axes de symétrie.
La principale difficulté mathématique consiste à utiliser les coordonnées cylin-
driques et sphériques et à savoir calculer des intégrales doubles ou triples élémentaires.
Nous renvoyons le lecteur à la petite annexe de ce chapitre et à son propre cours de
mathématique.

1 Rappels de cours
1.1 Masse et centre de masse d’un solide
Le centre de masse 𝐶 d’un corps composé de 𝑁 points 𝑀𝑖 de masse 𝑚𝑖 est le barycentre
de ces 𝑁 points affecté chacun de leur masse :
𝑁
−−→ 1 ∑ −−−→
𝑂𝐶 = 𝑚 × 𝑂𝑀𝑖
𝑀 𝑖=1 𝑖

On a noté 𝑀 la masse totale 𝑀 = 𝑁 𝑖=1 𝑚𝑖 et 𝑂 une origine arbitraire dans l’espace, ou
bien, avec une autre relation similaire :
𝑁
− ∑
→ −−−→
.

0 = 𝑚𝑖 × 𝐶𝑀𝑖
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

𝑖=1

Dans le cas où le solide a une distribution de masse continue de densité volumique


𝜇, on peut définir le centre de masse C :
−−−→
−−→ ∭𝑉 𝜇 × 𝑂𝑀 × dV
𝑂𝐶 =
∭𝑉 𝜌 × dV
En notant 𝑀 la masse totale du solide : 𝑀 = ∭𝑉 𝜇 × dV et en projetant sur trois axes
cartésiens, on obtient la série d’équations :
∭𝑉 𝜇 × 𝑥 × dV
𝑥𝐶 =
𝑀

197
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 198

Chapitre 6 • Introduction à la mécanique des solides

∭𝑉 𝜇 × 𝑦 × dV
𝑦𝐶 =
𝑀

∭𝑉 𝜇 × 𝑧 × dV
𝑧𝐶 =
𝑀
Il est fréquent que les solides présentent un centre de symétrie, un axe de symétrie
ou un plan de symétrie. On admet ici que :
– s’il existe un centre de symétrie, ce point est le centre de masse 𝐶,
– s’il existe un axe de symétrie, le centre de masse 𝐶 est situé sur cet axe,
– s’il existe un plan de symétrie, le centre de masse 𝐶 est dans ce plan,
– s’il existe deux axes de symétrie, le centre de masse 𝐶 est à l’intersection des deux
axes,
– s’il existe trois axes de symétrie, le centre de masse 𝐶 est à l’intersection des trois
axes et c’est un centre de symétrie.

1.2 Notion de moment d’inertie par rapport à un axe


Le moment d’inertie est une grandeur mécanique qui caractérise la géométrie et la ré-
partition des masses d’un solide. Cette quantité joue un rôle dans la résistance à la mise
en mouvement de rotation du solide. Elle est, de ce fait, l’équivalent pour la rotation de
la notion de masse pour la translation. L’unité SI du moment d’inertie est le kg ⋅ m2 et
est homogène au produit d’une masse par une longueur au carré : [𝑀] ⋅ [𝐿2 ].
Le moment d’inertie se calcule toujours par rapport à un axe ou une droite (détermi-
née souvent par des considérations de symétrie). On note dans la suite Δ cet axe, et 𝐼Δ
le moment d’inertie. On distingue le cas ponctuel et le cas continu :
1. Si le solide est assimilable à 𝑁 masses ponctuelles 𝑚𝑖 situées à la distance 𝑟𝑖 = 𝐻𝑖 𝑀𝑖
de l’axe Δ, le moment d’inertie par rapport à l’axe Δ se définit comme
𝑁

𝐼Δ = 𝑚𝑖 × 𝑟2𝑖
𝑖=1

2. Si le solide est un corps continu de volume 𝑉 et de masse volumique 𝜇, le moment


d’inertie par rapport à l’axe Δ se définit comme :

𝐼Δ = 𝜇 × 𝑑 2 × dV = 𝜇(𝑥, 𝑦, 𝑧) × 𝑑 2 (𝑥, 𝑦, 𝑧) × d𝑥d𝑦d𝑧


∭𝑉 ∭𝑉

𝑑 2 représente la distance entre le point courant et l’axe Δ de référence.


Dans la pratique, si on travaille en coordonnées cartésiennes :

198
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 199

1 Rappels de cours

– Si l’axe Δ est l’axe 𝑂𝑥, alors la distance 𝑑 2 = 𝑦2 +𝑧2 et le moment d’inertie se définit
comme :

𝐼𝑂𝑥 = 𝜇 × (𝑦2 + 𝑧2 ) × d𝑥d𝑦d𝑧


∭𝑉

– Si l’axe Δ est l’axe 𝑂𝑦, alors la distance 𝑑 2 = 𝑥2 +𝑧2 et le moment d’inertie se définit
comme :

𝐼𝑂𝑦 = 𝜇 × (𝑥2 + 𝑧2 ) × d𝑥d𝑦d𝑧


∭𝑉

– Si l’axe Δ est l’axe 𝑂𝑧, alors la distance 𝑑 2 = 𝑥2 +𝑦2 et le moment d’inertie se définit
comme :

𝐼𝑂𝑧 = 𝜇 × (𝑥2 + 𝑦2 ) × d𝑥d𝑦d𝑧


∭𝑉
On aura souvent besoin de la géométrie du cylindre : si l’axe Δ est l’axe de révolution
𝑂𝑧 (voir la figure 6.2), le moment d’inertie 𝐼𝑂𝑧 s’écrit dans ce cas (en coordonnées
cylindriques) :

𝐼𝑂𝑧 = 𝜇 × 𝜌2 × 𝜌d𝜌d𝜃d𝑧 = 𝜇 × 𝜌3 × d𝜌d𝜃d𝑧


∭𝑉 ∭𝑉

ur
H
z r sin q M
uj

uz q
r
uq
uy
.

O
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y
ux j u P

Figure 6.1 – Coordonnées sphériques du point M : r, 𝜃, 𝜙.

199
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 200

Chapitre 6 • Introduction à la mécanique des solides

uz

r
uj
M
ur
uz

uy uz
O y
ux q r
uq
ur
x P

Figure 6.2 – Coordonnées cylindriques du point M : 𝜌, 𝜃, z.

1.3 Notion de base principale d’inertie


En général on cherche à exprimer les moments d’inertie d’un solide par rapport à un
axe Δ dans une base 𝑂𝑥𝑦𝑧 quelconque. On introduit ainsi l’opérateur d’inertie qui se
présente comme une matrice symétrique (3,3) définie selon la forme :

⎛ 𝐼𝑂𝑥 −𝐼𝑥𝑦 −𝐼𝑥𝑧 ⎞


⎜ ⎟
⎜−𝐼𝑥𝑦 𝐼𝑂𝑦 −𝐼𝑦𝑧 ⎟
⎜−𝐼 −𝐼𝑦𝑧 𝐼𝑂𝑧 ⎟⎠
⎝ 𝑥𝑧
Les éléments diagonaux (moments d’inertie par rapport aux axes 𝑂𝑥, 𝑂𝑦, 𝑂𝑧) sont (en
notation discrète, mais on peut aussi les écrire dans le cas continu) :
∑ ∑ ∑
𝐼𝑂𝑥 = 𝑚𝑖 (𝑦2𝑖 + 𝑧2𝑖 ), 𝐼𝑂𝑦 = 𝑚𝑖 (𝑥2𝑖 + 𝑧2𝑖 ), 𝐼𝑂𝑧 = 𝑚𝑖 (𝑥2𝑖 + 𝑦2𝑖 )
𝑖 𝑖 𝑖

et pour les produits d’inertie :


∑ ∑ ∑
𝐼𝑥𝑦 = 𝑚𝑖 𝑥𝑖 𝑦𝑖 , 𝐼𝑥𝑧 = 𝑚𝑖 𝑥𝑖 𝑧𝑖 , 𝐼𝑦𝑧 = 𝑚𝑖 𝑦𝑖 𝑧𝑖
𝑖 𝑖 𝑖

Un solide présente souvent un (ou des axes) de symétrie matérielle : par exemple un
cylindre droit présente un axe de révolution. On remarquera que le centre de masse
𝐶 est forcément sur cet axe. On choisit les axes de symétrie comme axes du repère
permettant de calculer les moments d’inertie. On appelle axes principaux d’inertie ces
axes de symétrie. Le solide est alors fréquemment mis en rotation autour d’un de ces
axes, et dans ce cours on se contentera de ce cas de figure.

200
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 201

1 Rappels de cours

Le choix d’une base adéquate (liée aux axes de symétrie) permet d’écrire la matrice
d’inertie générale comme une matrice diagonale, où les produit d’inertie sont nuls :

⎛𝐼𝑂𝑥 0 0 ⎞
⎜ 0 𝐼 0 ⎟
𝑂𝑦
⎜ ⎟
⎝ 0 0 𝐼𝑂𝑧 ⎠

On nomme cette matrice : la matrice principale d’inertie.


En pratique : si, dans une base 𝑂𝑥𝑦𝑧, deux des axes par exemple 𝑂𝑥 et 𝑂𝑦 sont
axes de symétrie du solide, on admet que 𝑂𝑧 est aussi axe de symétrie et que la matrice
d’inertie peut s’écrire comme une matrice principale d’inertie (diagonale).
En pratique : s’il est possible de décomposer un solide en plusieurs sous-solides,
le moment d’inertie total par rapport à un axe Δ donné est égal à la somme des mo-
ments d’inertie des sous-solides par rapport à ce même axe. Ce très important théorème
d’associativité des moments d’inertie permet très souvent de déterminer le moment
d’inertie d’un solide complexe construit à partir de solides simples :

𝑁

𝐼Δ = 𝐼Δ𝑖
𝑖=1

On dit que la matrice principale d’inertie est :


⎛𝐼𝑂𝑥 0 0 ⎞
– sphérique si les trois moments principaux sont égaux : ⎜ 0 𝐼𝑂𝑥 0 ⎟
⎜ ⎟
⎝ 0 0 𝐼𝑂𝑥 ⎠
⎛𝐼𝑂𝑥 0 0 ⎞
– cylindrique si deux des trois moments principaux sont égaux : ⎜ 0 𝐼𝑂𝑥 0 ⎟
⎜ ⎟
⎝ 0 0 𝐼𝑂𝑧 ⎠

1.4 Notion de moment d’inertie par rapport à un point


.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

Un artifice de calcul consiste souvent à calculer le moment d’inertie par rapport à un


point noté O, ce que l’on définit comme :

𝐼𝑂 = 𝜇 × (𝑥2 + 𝑦2 + 𝑧2 ) × d𝑥d𝑦d𝑧
∬𝑉

ce qui donne en coordonnées sphériques (voir figure 6.1) :

𝐼𝑂 = 𝜇 × 𝑟2 × (𝑟2 sin𝜃d𝑟d𝜃d𝜙)
∬𝑉

201
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 202

Chapitre 6 • Introduction à la mécanique des solides

1.5 Les moments d’inertie des principaux solides simples


On peut résumer les moments d’inertie de quelques solides de révolution homogène
dans le tableau suivant : l’axe 𝑂𝑧 est un axe de révolution, on note 𝑅 le rayon de la
sphère ou du cylindre, ℎ la hauteur du cylindre (droit) et 𝑀 la masse totale du solide.

1 1 1
Cylindre plein : ℎ, 𝑅 𝐼𝑂𝑧 = 𝑀𝑅2 𝐼𝑂𝑥 = 𝑀𝑅2 + 𝑀ℎ2 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑦
2 4 12
1 1
Cylindre creux : ℎ, 𝑅 𝐼𝑂𝑧 = 𝑀𝑅2 𝐼𝑂𝑥 = 𝑀𝑅2 + 𝑀ℎ2 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑦
2 12
2
Boule (sphère pleine) : 𝑅 𝐼𝑂𝑧 = 𝑀𝑅2 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑧 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑦
5
2
Sphère creuse : 𝑅 𝐼𝑂𝑧 = 𝑀𝑅2 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑧 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑦
3
1
Cube plein de coté 𝑎 𝐼𝑂𝑧 = 𝑀𝑎2 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑧 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑦
6

1.6 Théorème de Huyghens


Cx

Ox

O Oz
Oy
C Cz
d

Cy

Figure 6.3 – Théorème de Huygens.

Le calcul des éléments d’inertie principaux dépend du centre du repère choisi. On note
ici 𝐶 le centre de masse du solide, et 𝑂 un point quelconque de l’espace. On admettra
ici que si on passe du repère 𝐶𝑥𝑦𝑧 au repère 𝑂𝑥𝑦𝑧 (le centre du repère change 𝐶 → 𝑂,
mais les axes restent parallèles entre eux), les deux moments d’inertie 𝐼𝑂𝑥 et 𝐼𝐶𝑥 sont
liés par la relation de Huygens (voir aussi la figure 6.3) :
𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝐶𝑥 + 𝑀 × 𝑑 2

202
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2 Exercices

où 𝑀 est la masse du solide, 𝑑 la distance qui sépare les deux axes parallèles 𝑂𝑥 et 𝐶𝑥.
On peut bien sûr généraliser aux autres axes.

1.7 Solide en mouvement autour d’un axe fixe


Les notions qui suivent sont essentielles à la résolution des exercices :
– On rappelle l’expression qui lie le moment cinétique (en projection) d’un solide
en rotation autour d’un axe 𝑂𝑧 et son moment d’inertie par rapport au même axe :
d𝜃
𝐿𝑂𝑧 = 𝐼𝑂𝑧 ×
d𝑡
Ici d𝜃∕d𝑡 représente la vitesse angulaire de rotation du solide par rapport à 𝑂𝑧.
– L’application du théorème du moment cinétique permet d’obtenir l’équation du
mouvement de rotation. Elle s’écrit, de façon scalaire, en fonction du moment d’iner-
tie 𝐼𝑂𝑧 , des moments des forces extérieures par rapport à l’axe de rotation 𝑂𝑧 et de
l’angle 𝜃 qui repère le mouvement de rotation du solide :
d2 𝜃 ∑
𝐼𝑂𝑧 = 𝑀𝑓 𝑜𝑟𝑐𝑒𝑠−𝑒𝑥𝑡∕𝑂𝑧
d𝑡2
– On admet également que l’énergie cinétique d’un solide de moment d’inertie 𝐼𝑂𝑧
d𝜃
en mouvement de rotation autour de 𝑂𝑧 à la vitesse angulaire s’écrit :
d𝑡
( )2
1 d𝜃
𝐸𝐶 = 𝐼𝑂𝑧 ×
2 d𝑡
On notera la similitude avec l’énergie cinétique d’un corps en translation, en notant
que le moment d’inertie est « l’équivalent » de la masse et la vitesse angulaire de la
vitesse.
On appelle pendule pesant un solide qui est en mouvement autour d’un axe horizon-
tal sous l’action de son poids. L’axe de rotation ne passe pas par le centre de masse du
solide.
On considérera souvent dans la suite un solide qui peut tourner autour d’un axe noté
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

𝑂𝑧, maintenu en ses deux extrémités. La liaison est supposée à un seul degré de liberté,
de type pivot, et parfaite, telle que la puissance des forces de contact est nulle.

2 Exercices
2.1 Détermination de centre de masse
1. On considère une sphère pleine de rayon 𝑅 et de masse volumique 𝜇 constante.
Déterminer les caractéristiques de son centre de masse 𝐶.

203
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 204

Chapitre 6 • Introduction à la mécanique des solides

2. On considère une plaque carrée de côté 𝑎 et de masse volumique 𝜇 constante.


Déterminer les caractéristiques de son centre de masse 𝐶, l’épaisseur de la plaque
étant faible.
3. Trouver le centre de masse 𝐶 de la molécule d’ammoniac NH3 (figure 6.4), sa-
chant que celle-ci adopte une géométrie tridimensionnelle pyramidale, les angles
entre les liaisons N-H étant d’environ 109 °. La masse d’un atome d’azote N est
quatorze fois plus grande que celle d’un atome d’hydrogène H.


N
H
H
H

Figure 6.4 – Forme tétraédrique de la molécule d’ammoniac.

4. On considère une demi-sphère pleine (on dit aussi demi-boule) de rayon 𝑅 et de


masse volumique 𝜇 constante. Déterminer les caractéristiques de son centre de
masse 𝐶.
5. On considère une demi-sphère creuse de rayon 𝑅 et de masse surfacique 𝜎
constante. Déterminer les caractéristiques de son centre de masse 𝐶.

Solution des exercices sur la détermination du centre de masse

1. La sphère (voir aussi la figure 6.8) présente trois axes de symétrie orthogonaux pas-
sant son centre 𝑂. Le centre de masse 𝐶 est donc situé à l’intersection de ces trois
droites, il est donc confondu avec le centre 𝑂 de la sphère, comme on pouvait s’y
attendre.
2. La plaque carrée présente plusieurs éléments de symétrie dans son plan :

– les deux diagonales, qui sont axes de symétrie,


– les deux droites passant par le milieu des côtés opposés et perpendiculaires aux
côtés, qui sont axes de symétrie.

Que l’on prenne l’un ou l’autre cas, le centre de masse se situe à l’intersection des
deux droites, axes de symétrie. Il est donc bien évidemment situé au centre du carré
de côté 𝑎.
3. La molécule d’ammoniac a une forme tétraédrique régulière, il est clair que l’axe qui
passe par l’atome d’azote N et le centre de gravité 𝐺 (point de concours des trois
médianes) du triangle formé par les trois atomes H est axe de symétrie (de rotation
2𝜋∕3). Le centre de masse 𝐶 de la molécule se situe donc sur cet axe 𝑁𝐺. On peut
déterminer sa position en écrivant la relation barycentrique (on numérote chaque
atome d’hydrogène H) :
−−→ −−−→ −−−→ −−−→ → −
14 × 𝐶𝑁 + 𝐶𝐻1 + 𝐶𝐻2 + 𝐶𝐻3 = 0

204
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 205

2 Exercices

soit encore :
−−→ −−−→ −−−→ −−−→ → −
17 × 𝐶𝑁 + 𝑁𝐻1 + 𝑁𝐻2 + 𝑁𝐻3 = 0
soit :
−−→ −−−→ −−−→ −−−→
17 × 𝑁𝐶 = 𝑁𝐻1 + 𝑁𝐻2 + 𝑁𝐻3
Par ailleurs si on note 𝐺 le centre de gravité du triangle des hydrogènes (𝐻1 𝐻2 𝐻3 ),
on a forcément la relation barycentrique :
−−−→ −−−→ −−−→ → −
𝐺𝐻1 + 𝐺𝐻2 + 𝐺𝐻3 = 0
𝐺 est le point d’intersection des médianes du triangle (𝐻1 𝐻2 𝐻3 ), donc en introdui-
sant 𝐺 dans la relation du centre de masse 𝐶 :
−−→ −−→ −−−→ −−−→ −−−→
17 × 𝑁𝐶 = 3 × 𝑁𝐺 + 𝐺𝐻1 + 𝐺𝐻2 + 𝐺𝐻3
soit enfin :
−−→ 3 −−→
𝑁𝐶 = × 𝑁𝐺
17
On voit que le centre de masse 𝐶 est proche de l’atome N, ce qui est cohérent avec
le rapport des masses 𝑚𝑁 ∕𝑚𝐻 .
4. On note 𝑂𝑧 l’axe de symétrie de révolution de la demi-sphère (figure 6.5). On sait
que le centre de masse 𝐶 est situé sur cette droite, entre le centre 𝑂 des trois axes et
le sommet 𝑆 de la demi-sphère.
Du fait des symétries, on doit calculer :
∭𝑉 𝜇 × 𝑧 × dV
𝑧𝐶 =
𝑀
tandis que 𝑥𝐶 = 𝑦𝐶 = 0.

1.0
.
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z 0.5
1.0

0.5
–1.0
0.0 –0.5
0.0
0.0
0.5
1.0 xy
–0.5

–1.0

Figure 6.5 – Axes de symétrie de la demi-sphère.

205
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 206

Chapitre 6 • Introduction à la mécanique des solides

Par ailleurs, la masse d’une sphère de masse volumique constante s’écrit :


4
𝑚= 𝜋𝜇𝑅3
3
donc la demi-sphère a pour masse :
2
𝑀 = 𝑚∕2 = 𝜋𝜇𝑅3
3
Ce qui donne pour le calcul de 𝑧𝑐 , en coordonnées sphériques 𝑟, 𝜃, 𝜙 :
1
𝑧𝐶 = 𝑧 × 𝑟2 sin𝜃d𝑟d𝜃d𝜙
(2∕3)𝜋𝑅3 ∭𝑉
soit encore :
2𝜋 𝜋∕2 𝑅
3
𝑧𝐶 = (𝑟cos𝜃) × 𝑟2 × sin𝜃d𝑟d𝜃d𝜙
2𝜋𝑅3 ∫𝜙=0 ∫𝜃=0 ∫𝑟=0
ou encore :
2𝜋 𝜋∕2 𝑅
3
𝑧𝐶 = d𝜙 cos𝜃sin𝜃 × d𝜃 𝑟3 × d𝑟
2𝜋𝑅3 ∫𝜙=0 ∫𝜃=0 ∫𝑟=0
et enfin :
[ ]
3 −cos2𝜃 𝜋∕2 4 𝑅 3𝑅
𝑧𝐶 = [𝑟 ∕4]0 =
𝑅3 4 0 8
En conclusion, le centre de masse de la demi-sphère pleine homogène a pour
coordonnées :
3𝑅
𝑥𝐶 = 0, 𝑦𝐶 = 0, 𝑧𝐶 =
8
5. Dans le cas de la demi-sphère creuse, on emploie des intégrales doubles (𝑅 est fixé),
et le centre de masse est de nouveau, pour des raisons de symétrie, sur l’axe 𝑧. Soit :
∬𝑆 𝜎 × 𝑧 × d𝑆
𝑧𝐶 =
𝑀
la demi-sphère creuse a pour masse :
𝑀 = 2𝜋𝜎𝑅2
soit pour 𝑧𝐶 :
1
𝑧𝐶 = 𝜎 × 𝑅 × cos𝜃 × 𝑅2 sin𝜃d𝜃d𝜙
2𝜋𝜎𝑅2 ∬𝑆
d’où :
2𝜋 𝜋∕2
𝑅
𝑧𝐶 = d𝜙 cos𝜃 × sin𝜃d𝜃
2𝜋 ∫𝜙=0 ∫𝜃=0
enfin :
𝑅 𝜋∕2 𝑅
𝑧𝐶 = × 2𝜋[−cos2𝜃]0 =
8𝜋 2

206
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 207

2 Exercices

En conclusion, le centre de masse de la demi-sphère creuse homogène a pour


coordonnées :
𝑅
𝑥𝐶 = 0, 𝑦𝐶 = 0, 𝑧𝐶 =
2

2.2 Calcul de moments d’inertie


Dans les exercices qui suivent, on suppose les solides comme étant homogènes, et
on note 𝜇 la masse volumique et 𝜎 la masse surfacique. Le centre de masse est en
général noté 𝑂.
1. Calculer les moments d’inertie d’une sphère pleine de rayon 𝑅 par rapport à ses
axes de symétrie. On pourra utiliser le calcul du moment d’inertie par rapport au
centre 𝑂 de la sphère pour ensuite en déduire les moments principaux d’inertie.
On donnera la matrice d’inertie de la sphère pleine.
2. Calculer les moments d’inertie d’une sphère creuse de rayon 𝑅, en notant 𝜎 la
masse surfacique, supposée constante, répartie à la surface de la sphère de rayon
𝑅. On pourra commencer par calculer la masse 𝑀 de la sphère creuse. On donnera
la matrice d’inertie du solide.
3. Calculer les moments d’inertie d’un cylindre droit plein de rayon 𝑅 et de hauteur
ℎ. On note 𝑂 son centre géométrique (centre de masse). On donnera la matrice
d’inertie de la sphère creuse.
4. Calculer les moments d’inertie d’un cylindre droit creux de rayon 𝑅 et de hauteur
ℎ. On pourra utiliser la densité de masse surfacique 𝜎. On donnera la matrice
d’inertie du solide.
5. Calculer les moments d’inertie d’une tige de longueur ℎ. On note 𝑂 son centre
géométrique (centre de masse). On donnera la matrice d’inertie du solide.
6. Calculer les moments d’inertie d’un cube plein de côté 𝑎 par rapport à ses axes
de symétrie principaux. On note 𝑂 son centre géométrique (centre de masse). On
donnera la matrice d’inertie du solide.
7. On modélise un tourniquet horizontal d’arrosage par une tige horizontale de lon-
gueur 𝐿 et de masse 𝑀 à laquelle on fixe aux deux extrémités deux sphères de
.
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rayon 𝑅 et de masse 𝑚. L’ensemble peut être mis en rotation autour d’un axe ver-
tical 𝑂𝑧, passant par le centre de masse de la tige. Déterminer le moment d’inertie
du tourniquet selon 𝑂𝑧.
8. Un tore est un objet tridimensionnel qui ressemble à une chambre à air : voir la
figure 6.6.
Comme on le voit en projection sur la figure 6.7, le tore se caractérise par son
petit diamètre 𝑑 et son grand diamètre 𝐷. L’axe de révolution est noté 𝑂𝑧 et est
perpendiculaire au plan moyen du tore. Le centre de masse du tore est noté 𝑂.
Une rotation autour de l’axe 𝑂𝑧 engendre le tore dans son entier. En supposant le
tore plein et de masse volumique 𝜇 constante :

207
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 208

Chapitre 6 • Introduction à la mécanique des solides

–4 1.0 2
0.5
–2 z
0.0 0
–0.5 y
x
–1.0
2
–2
4
0.5
–4

Figure 6.6 – Tore possédant un axe de symétrie de révolution Oz.

(a) Déterminer son volume 𝑉 et sa masse 𝑀.


(b) Déterminer son moment d’inertie 𝐼𝑂𝑧 par rapport à l’axe de révolution 𝑂𝑧.
On pourra utiliser la symétrie de révolution par rapport à l’axe 𝑂𝑧.
(c) Reprendre les questions précédentes si le même tore est creux, de masse
surfacique 𝜎.
d Oz

O
D

Figure 6.7 – Les deux dimensions caractéristiques du tore possédant un axe de


révolution Oz : d et D.

208
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 209

2 Exercices

Solution : les moments d’inertie


1. La sphère pleine présente une symétrie telle que trois axes 𝑂𝑥, 𝑂𝑦, 𝑂𝑧 passant par le
centre de symétrie et perpendiculaires entre eux sont équivalents. Les trois axes 𝑂𝑥,
𝑂𝑦 et 𝑂𝑧 forment une base orthonormée. Voir la figure 6.8

2
1
y 1
–2
–1 z 0
0
0
–1x 1
–1 2
–2
–2

Figure 6.8 – Éléments de symétrie de la sphère de rayon R : les trois axes centrés en O
sont équivalents : Ox , Oy , Oz , les trois moments d’inertie sont donc égaux.

Les trois moments d’inertie associés sont donc identiques. On va calculer le moment
d’inertie par rapport à l’axe 𝑂𝑧, en utilisant d’abord le moment d’inertie par rapport
au centre 𝑂 :
1 3
𝐼𝑂 = 𝜇 × (𝑥2 + 𝑦2 + 𝑧2 ) × d𝑥d𝑦d𝑧 = [𝐼𝑂𝑥 + 𝐼𝑂𝑦 + 𝐼𝑂𝑧 ] = × 𝐼𝑂𝑧
∭𝑉 2 2
Ce qui s’écrit en coordonnées sphériques :
𝑅 𝜋 2𝜋
3
× 𝐼𝑂𝑧 = 𝜇 × 𝑟2 × (𝑟2 sin𝜃d𝜃d𝜙d𝑟)
2 ∫𝑟=0 ∫𝜃=0 ∫𝜙=0
.
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soit encore :
2 𝑅5
𝐼𝑂𝑧 = 𝜇× × 2𝜋 × [−cos𝜃]𝜋0
3 5
4
en introduisant la masse 𝑀 = 𝜇 𝜋𝑅3 , on obtient :
3
2
𝐼𝑂𝑧 = 𝑀 × 𝑅2 = 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑦
5
La matrice d’inertie peut donc s’écrire, dans la base 𝑂𝑥, 𝑂𝑦, 𝑂𝑧 :
⎛1 0 0⎞
2
𝑀𝑅2 × ⎜0 1 0⎟
5 ⎜ ⎟
⎝0 0 1⎠

209
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Chapitre 6 • Introduction à la mécanique des solides

2. La sphère creuse présente une symétrie telle que trois axes 𝑂𝑥, 𝑂𝑦, 𝑂𝑧 passant par le
centre de symétrie et perpendiculaires entre eux sont équivalents. Les trois moments
d’inertie associés sont donc identiques. La différence par rapport à la sphère pleine
est que cette fois le calcul de la masse se fait par une intégrale double (la masse se
trouve répartie uniquement sur la surface, à la distance 𝑅 du centre de la sphère). On
introduit ici la notion de masse surfacique 𝜎, qui s’exprime comme une masse par
unité de surface. La masse totale de la sphère creuse s’écrit ici :
2𝜋 𝜋
𝑀= 𝜎d𝑆 = 𝜎𝑅2 × d𝜙 sin𝜃d𝜃 = 2𝜋 × 𝜎𝑅2 [−cos(𝜃)]𝜋0
∬𝑆 ∫0 ∫0

soit encore :

𝑀 = 4𝜋 × 𝑅2 × 𝜎

On va calculer le moment d’inertie par rapport à l’axe 𝑂𝑧, en utilisant d’abord le


moment d’inertie par rapport au centre O :

1 3
𝐼𝑂 = 𝜎 × 𝑟2 × d𝑆 = [𝐼𝑂𝑥 + 𝐼𝑂𝑦 + 𝐼𝑂𝑧 ] = × 𝐼𝑂𝑧
∬𝑆 2 2
Ce qui s’écrit en coordonnées sphériques :
𝜋 2𝜋
3
× 𝐼𝑂𝑧 = 𝜎𝑅2 × (𝑅2 sin𝜃d𝜃d𝜙)
2 ∫𝜃=0 ∫𝜙=0

soit encore :
2
𝐼𝑂𝑧 = 𝜎 × 𝑅4 × 2𝜋 × [−cos𝜃]𝜋0
3
en introduisant la masse 𝑀, on obtient :
2
𝐼𝑂𝑧 = 𝑀 × 𝑅2 = 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑦
3
La matrice d’inertie peut donc s’écrire, dans la base 𝑂𝑥, 𝑂𝑦, 𝑂𝑧 :

⎛1 0 0⎞
2
𝑀𝑅2 × ⎜0 1 0⎟
3 ⎜ ⎟
⎝0 0 1⎠

3. La figure 6.9 montre le cylindre avec son axe de révolution 𝑂𝑧 qui est un axe de symé-
trie (On note 𝑂 le centre du cylindre). Il possède 2 axes de symétrie supplémentaires :
𝑂𝑥 et 𝑂𝑦, dans le plan perpendiculaire à 𝑂𝑧 et passant par le centre 𝑂. Les trois axes
𝑂𝑥, 𝑂𝑦 et 𝑂𝑧 forment une base orthonormée. On va calculer les moments d’inertie
par rapport à ces trois axes, en notant que, pour des raisons de symétrie : 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑦 .
On calcule d’abord 𝐼𝑂𝑧 en coordonnées cylindriques :

210
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 211

2 Exercices

–1.0

–0.5

z
0.5 0.5 0.0 –0.5
x 0.0 0.0 y
–0.5

0.5

1.0

Figure 6.9 – Éléments de symétrie du cylindre plein d’axe de symétrie de révolution Oz,
de hauteur h, de rayon R.

2𝜋 𝑅 +ℎ∕2
𝐼𝑂𝑧 = 𝜇 × 𝜌3 × d𝜌d𝜃d𝑧 = 𝜇 × d𝜃 𝜌3 d𝜌 d𝑧
∭𝑉 ∫0 ∫0 ∫−ℎ∕2
soit encore :
𝑅4 𝑅2
×ℎ=𝑀 ×
𝐼𝑂𝑧 = 𝜇 × 2𝜋 ×
4 2
en remarquant que la masse du cylindre est : 𝑀 = 𝜇𝜋𝑅2 ℎ. On utilise ensuite le
moment d’inertie par rapport au centre 𝑂 du cylindre (astuce habituelle) :
1 1
𝐼𝑂 = 𝜇 × (𝑥2 + 𝑦2 + 𝑧2 ) × d𝑥d𝑦d𝑧 = [𝐼 + 𝐼𝑂𝑦 + 𝐼𝑂𝑧 ] = 𝐼𝑂𝑥 + × 𝐼𝑂𝑧
∭𝑉 2 𝑂𝑥 2
On voit qu’il reste à calculer 𝐼𝑂 pour déterminer 𝐼𝑂𝑥 et 𝐼𝑂𝑦 :

𝐼𝑂 = 𝜇 × (𝑥2 + 𝑦2 + 𝑧2 ) × d𝑥d𝑦d𝑧 = 𝜇 (𝜌2 + 𝑧2 )𝜌d𝜌d𝜃d𝑧


∭𝑉 ∭𝑉
.
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soit :
𝑅 2𝜋 +ℎ∕2 𝑅 2𝜋 +ℎ∕2
𝐼𝑂 = 𝜇 𝜌3 d𝜌 d𝜃 d𝑧 + 𝜇 𝜌d𝜌 d𝜃 𝑧2 d𝑧
∫0 ∫0 ∫−ℎ∕2 ∫0 ∫0 ∫−ℎ∕2
soit encore :
[ ]+ℎ∕2
𝑅4 𝑅 2 𝑧3
𝐼𝑂 = 2𝜋 × 𝜇 × ℎ + 2𝜋𝜇 ×
4 2 3 −ℎ∕2
d’où :
𝑅2 ℎ3 𝑅2 ℎ2
𝐼𝑂 = 𝑀 + 𝜋𝜇𝑅2 × =𝑀 +𝑀 ×
2 12 2 12

211
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 212

Chapitre 6 • Introduction à la mécanique des solides

On en déduit :
𝐼𝑂𝑧 𝑅2 ℎ2 𝑅2
𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂 − =𝑀 +𝑀 × −𝑀 ×
2 2 12 4
ce qui donne :
ℎ2 𝑅2
𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑦 = 𝑀 × +𝑀
12 4
Finalement on peut écrire la matrice d’inertie, dans la base 𝑂𝑥, 𝑂𝑦, 𝑂𝑧 :
⎛𝑀𝑅2 ∕4 + 𝑀ℎ2 ∕12 0 0 ⎞
⎜ 0 2 2
𝑀𝑅 ∕4 + 𝑀ℎ ∕12 0 ⎟
⎜ ⎟
⎝ 0 0 𝑀𝑅2 ∕2⎠
4. Dans le cas du cylindre creux homogène, sa masse s’écrit : 𝑀 = 𝜎 ×2𝜋 ×𝑅×ℎ. Avec
𝑂 le centre de masse du cylindre creux et 𝑂𝑧 l’axe de révolution, on choisit deux axes
de symétrie supplémentaires : 𝑂𝑥 et 𝑂𝑦, dans le plan perpendiculaire à 𝑂𝑧 et passant
par le centre 𝑂. Les trois axes 𝑂𝑥, 𝑂𝑦 et 𝑂𝑧 forment une base orthonormée.
Le moment d’inertie 𝐼𝑂𝑧 se calcule comme :

2𝜋 +ℎ∕2
𝐼𝑂𝑧 = 𝜎 × 𝑅3 × d𝜃d𝑧 = 𝜎 × 𝑅3 × d𝜃 d𝑧
∬𝑆 ∫0 ∫−ℎ∕2
soit encore :
𝐼𝑂𝑧 = 𝜎 × 𝑅3 × 2𝜋 × ℎ = 𝑀 × 𝑅2

Pour des raisons de symétrie, il est clair que 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑦 . On va d’abord calculer le
moment d’inertie par rapport au centre de masse 𝑂 avant d’en déduire 𝐼𝑂𝑥 . On a :

2𝜋 +ℎ∕2
𝐼𝑂 = 𝜎 × (𝑅2 + 𝑧2 ) × 𝑅d𝜃d𝑧 = 𝜎 (𝑅3 + 𝑅 × 𝑧2 )d𝜃d𝑧
∬𝑆 ∫0 ∫−ℎ∕2
ce qui donne :
+ℎ∕2
𝐼𝑂 = 2𝜋𝑅𝜎 (𝑅2 + 𝑧2 )d𝑧 = 2𝜋𝜎𝑅ℎ(𝑅2 + ℎ2 ∕12) = 𝑀(𝑅2 + ℎ2 ∕12)
∫−ℎ∕2
soit enfin :
𝐼𝑂 = 𝑀(𝑅2 + ℎ2 ∕12)
Comme on a aussi :
1 1
𝐼𝑂 = [𝐼 + 𝐼𝑂𝑦 + 𝐼𝑂𝑧 ] = 𝐼𝑂𝑥 + × 𝐼𝑂𝑧
2 𝑂𝑥 2
On trouve :
1 1
𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑦 = 𝑀𝑅2 + 𝑀ℎ2
2 12

212
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 213

2 Exercices

Finalement on peut écrire la matrice d’inertie, dans la base 𝑂𝑥, 𝑂𝑦, 𝑂𝑧 :


⎛𝑀𝑅2 ∕2 + 𝑀ℎ2 ∕12 0 0 ⎞
⎜ 0 𝑀𝑅2 ∕2 + 𝑀ℎ2 ∕12 0 ⎟
⎜ ⎟
⎝ 0 0 𝑀𝑅2 ⎠
5. Une tige de longueur ℎ est assimilable à un cylindre de longueur ℎ et de rayon 𝑅 né-
gligeable (c’est-à-dire tendant vers 0). On peut donc prendre les résultats du cylindre
plein, en adaptant au cas de la tige. On note 𝑂𝑧 l’axe de la tige et 𝑂 son milieu. Pour
le cylindre plein on a les résultats :
⎛𝑀𝑅2 ∕4 + 𝑀ℎ2 ∕12 0 0 ⎞
𝐼𝑐𝑦𝑙𝑖𝑛𝑑𝑟𝑒 = ⎜ 0 2 2
𝑀𝑅 ∕4 + 𝑀ℎ ∕12 0 ⎟
⎜ ⎟
⎝ 0 0 𝑀𝑅2 ∕2⎠
en faisant tendre 𝑅 vers 0 on trouve pour la tige :
⎛𝑀ℎ2 ∕12 0 0⎞ ⎛1 0 0⎞
𝐼𝑡𝑖𝑔𝑒 =⎜ 0 2
𝑀ℎ ∕12 0 ⎟ = 𝑀ℎ2
∕12 × ⎜0 1 0⎟
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎝ 0 0 0⎠ ⎝0 0 0⎠

Figure 6.10 – Axes de symétrie Ox,Oy,Oz du cube de côté a.

6. On calcule les moments principaux d’inertie dans le repère 𝑂𝑥𝑦𝑧, dont l’origine est
le centre du cube (figure 6.10), et les axes les trois axes de symétrie orthogonaux
.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit

passant par le centre de chaque face. La symétrie du cube impose que les trois mo-
ments d’inertie principaux soient égaux : 𝐼𝑂𝑥 = 𝐼𝑂𝑦 = 𝐼𝑂𝑧 . Il suffit de calculer, en
coordonnées cartésiennes :

𝐼𝑂𝑥 = 𝜇 × (𝑦2 + 𝑧2 ) × d𝑥d𝑦d𝑧


∭𝑉
+𝑎∕2 +𝑎∕2 +𝑎∕2 +𝑎∕2 +𝑎∕2 +𝑎∕2
𝐼𝑂𝑥 = 𝜇 × d𝑥 𝑦2 d𝑦 d𝑧 + 𝜇 × d𝑥 d𝑦 𝑧2 d𝑧
∫−𝑎∕2 ∫−𝑎∕2 ∫−𝑎∕2 ∫−𝑎∕2 ∫−𝑎∕2 ∫−𝑎∕2
donc pour des raisons de symétrie :
+𝑎∕2 +𝑎∕2 +𝑎∕2 [ ]+𝑎∕2
2 𝑦3
𝐼𝑂𝑥 = 2𝜇 × d𝑥 𝑦 d𝑦 d𝑧 = 2𝜇 × 𝑎 × ×𝑎
∫−𝑎∕2 ∫−𝑎∕2 ∫−𝑎∕2 3 −𝑎∕2

213
TP20-0085-Book — 24/06/2020 7:1 — page 214

Chapitre 6 • Introduction à la mécanique des solides

soit encore :
𝑎3 𝑎5 1
𝐼𝑂𝑥 = 2𝜇 × 𝑎2 × 2 = 𝜇 = 𝑀 × 𝑎2
24 6 6
La matrice d’inertie peut donc s’écrire :

⎛1 0 0⎞
1
𝑀𝑎2 × ⎜0 1 0⎟
6 ⎜ ⎟
⎝0 0 1⎠

7. On note 𝑂 le centre de masse du tourniquet, voir la figure 6.11. On utilise ici le


théorème d’associativité, en notant les moments d’inertie de la tige et de la sphère :

axe Oz de rotation vertical

O
m m
tige de masse M longueur L

Figure 6.11 – Tourniquet horizontal en rotation selon un axe vertical Oz.

𝑡𝑖𝑔𝑒
– la tige de centre de masse 𝑂 : 𝐼𝑂𝑧 = 𝑀𝐿2 ∕12,
𝑠𝑝ℎ𝑒𝑟𝑒 2
– la sphère de centre 𝐶 : 𝐼𝐶𝑧 = 𝑚𝑅2 .
5
Il faut aussi utiliser le théorème de Huygens, puisque les deux sphères sont éloi-
gnées de 𝐿∕2 du centre de masse 𝑂 de la tige (et donc aussi du tourniquet dans son
entier du fait des éléments de symétrie). Chaque sphère a le moment d’inertie :
𝑠𝑝ℎ𝑒𝑟𝑒 𝑠𝑝ℎ𝑒𝑟𝑒
𝐼𝑂𝑧 = 𝐼𝐶𝑧 + 𝑚𝐿2 ∕4

On trouve finalement :
( )
∑ 2 𝑚𝐿2
𝐼𝑂𝑧 = 𝐼𝑂𝑧,𝑖 = 𝑀𝐿2 ∕12 + 2 × 𝑚𝑅2 +
𝑖
5 4

214
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2 Exercices

8. (a) On peut calculer le volume 𝑉 du tore en considérant d’abord la surface 𝑆 du petit


cercle en coupe (figure 6.7) de rayon 𝑑∕2 :
𝑆 = 𝜋 × 𝑑 2 ∕4
Le volume du tore est obtenu alors avec une intégrale simple, correspondant à la
rotation de ce petit cercle de rayon 𝑑∕2 autour de l’axe de révolution 𝑂𝑧 (grand
rayon 𝑅 = 𝐷∕2 ) :
2𝜋 2𝜋