QUALITE BACTERIOLOGIQUE DE L’EAU

DES PUITS, DES SOURCES ET DES FORAGES
DANS LA VILLE DE BANGUI :
Premiers Résultats et Perspectives.
F. MOKOFIO*, J. RENAUDET, C. OPANDY, G. BASTARD, J. ABEYE,
Mme M.L. YETE, J. TOUABE, L. GONDAO et Mme J.A. VOHITO
RESUME
Des prélèvements d’eau de plusieurs puits effectués
dans deux quartiers représentatifs de la ville de
Bangui ont montré, pour la plupart, une importante
pollution bactérienne d’origine fécale. La chloration
de l’eau au niveau familial est recommandée en attendant l’extension du réseau public de canalisation
d’eau potable.
MOTS-CLES : Eau de puits - Contamination fécale Centrafrique.
SUMMARY
Water samplings from several domestic wells in two
representative districts of the city of Bangui showed in
most cases high fecal indicator bacteria. The water
chlorination in homes is encouraged until the
implementation of the piped water distribution
system.
K e y s - Words : Well water - Fecal contamination Centralafrican Republic.
I - INTRODUCTION

d’origine diverses dont la qualité bactériologique n’est pas
garantie. C’est ainsi qu’il a été constaté dans les statistiques des différents centres de santé urbains un taux très
élevé de diarrhées infantiles dans les quartiers ne disposant
pas d’eau courante.
II - OBJECTIFS
1 - Apprécier le degré de la pollution bactériologique de
ces eaux qui sont consommées par la majeure partie de
la population de Bangui.
2 - Proposer une méghode de traitement simple, efficace
et accessible à tous pour obtenir une eau saine.
III - MATERIEL ET METHODES
Echantillon
Nous avons choisi des quartiers représentatifs de la population de Bangui par la densité, la différence d'altitude et
l'éloignement par rapport au fleuve (Oubangui). La répartition des puits dans les quartiers a été également retenue
(1 puits dessert 7 à 10 habitations.). La source, lorsqu'elle
existe, peut alimenter tout un quartier, surtout en période de
saison sèche où les sources d'approvisionnement en eau
sont très limitées.

L’objet de notre présente étude, qui est une contribution à
la politique des soins de santé primaires qui vient d’être
instaurée en République Centrafricaine dans la visée de la
“Santé pour tous d’ici à l’an 2000”, est de nous intéresser à
la qualité bactériologique de l’eau des puits, des sources et
des forages.

Tenant compte des différents critéères, nous avons choisi
les quartiers suivants :
- Malimaka (5ème arrondissement) situé à 350 m d'altitude,
- Gobongo (8ème arrondissement) situé à 450 d'altitude.

En effet, dans une ville comme Bangui, capitale peuplée de
450 000 h, à peine 25 % de cette population consomme de
l’eau distribuée par la Société Nationale des Eaux (SNE) ;
autrement dit, les 75 % restants s’approvisionnent en eau

Les prélévements ont été conduits selon la technique
décrite par l'OMS. Le matériel de prélévement est composé
d'un flacon stérilisé au laboratoire, auquel on fixe au corps

Prélévements

* Laboratoire National de Biologie Clinique et de Santé Publique
BP 1426 - BANGUI - R.C.A.

Médecine d'Afrique Noire : 1991, 38 (11)

J. L. G.45 micron de diamètre). Méthode Au niveau du laboratoire Filtration de 100 ml de l'eau à analyser sur membrane filtrante puis culture sur les différents milieux sélectifs. . . Les puits privés et les forages bien entretenus présentent en général un faible taux de pollution (Tableau II). permanganate de potassium) pour la facilité d'utilisation. ABEYE. Mme M. permettant de stériliser tous les prélèvements recueillis.RESULTATS Le traitement direct des puits ne donne pas de bons résultats : . incubation 37°C et 44°C pendant 24 à 48 h.A. 1 sachet d'hypochlorite de 250 ml coûte 600 F CFA et permet le traitement de 6000 l d'eau alors qu'une boîte de 100 comprimés d'hydroclonazone coûte 950 F CFA et ne traite que 100 l d'eau. L'eau des sources prélevée directement à la sortie présente une bonne qualité bactériologique (Tableau II). BASTARD. * milieux d'isolement : ENDO (coliformes totaux . RENAUDET. 38 (11) . Après lecture. V .L. son pouvoir antiseptique élevé et son coût relativement faible. identification suivant les caractères biochimiques. TOUABE. GONDAO et Mme J.ESSAIS DE TRAITEMENT A L'HYPOCHLORITE (Eau de Javel) Nous avons préféré la solution d'hypochlorite aux autres produits du commerce (hydroclonazone.F. MOKOFIO. J. YETE.Escherichia coli) Cocossel (streptocoques fécaux) TSN (Clostridium sulfito-réducteur). VOHITO 776 une masse pour faciliter la descente dans le puits et au goulot une ficelle dont la longueur dépend de la profondeur du puits.coût du traitement très élevé (gaspillage de réactifs). . Tableau I : Résultats partiels des analyses bactériologiques de l'eau des Puits ( P) dans le quartier de Malimaka (350 ml d'altitude) Origine Profondeur (eau) en m P1 10 m (environ) P2 Coliformes Escherichia Streptocoques Clostridium Interprétation des Résultats 6 > 100 50 22 5 ENP " 5. Presque tous les puits sont souillés par les germes fécaux et la pollution est d'autant plus importante que le quartier est situé à basse altitude (Tableaux I et II). J.5 > 100 22 10 3 ENP P3 " 6 > 100 20 20 10 ENP P4 " 6 > 100 50 50 13 ENP P5 " 6 >100 20 10 10 ENP P6 " 6 50 10 5 3 ENP Légende Ph Nombre de Germes/100 ml d'eau ENP = Eau Non Potable EBQB = Eau de Bonne Qualité Bactériologique Médecine d'Afrique Noire : 1991.risque permanent de pollution exogène (eaux d'écoulement des pluies.difficulté d'apprécier le volume d'eau en raison des variations saisonnières. Ainsi. OPANDY. Au niveau du puits IV . infiltration des latrines) ne garantissant pas l'efficacité du traitement. La chloration de l'eau se fait à raison de 2 gouttes/l et la durée de contact est d'environ 1 h.Matériel et réactifs : * membrane filtrante (filtre Milipore de 0. C.

2 . 1987 Médecine d'Afrique Noire : 1991.OUAOBOTE J. Information et éducation pour la santé. En conclusion. Ministère de la Santé Publique et des Affaires Sociales Bangui (Centrafrique).5 20 10 7 1 ENP S6 . 47 pages.La necessité de planifier l'extension du réseau de la Société Nationale des Eaux dans le cadre d'une politique globale d'assainissement. BANGUI. Analyse microbiologique de l'eau du robinet par la méthode classique du nombre le plus probable. Rapport de stage.5 50 20 10 5 ENP S7 .DIRECTION GENERALE DE LA SOCIETE DES EAUX Approvisionnement en eau potable en milieu urbain et en zone ruruale. Nov. Contrôle de qualité de l'eau de consommation de la ville de Bangui. on peut insister sur : .5 1 0 0 0 EBQP S7 . Faculté de Sciences de la Santé Bangui (Centrafrique) Nov. Institut de Technologie alimentaire . Communication au Séminaire National sur la problèmatique de santé et perspective de Santé pour tous en l'an 2000.ALLE M. 20-25 juin 1988.CONCLUSION S b = prélèvement effectué directement à la sortie de la source EBQB = Eau de Bonne Qualité Bactériologique d'un compte-gouttes.a 5. 38 (11) . BANGUI.5 2 0 0 0 ENP P5 " 6 30 10 5 2 ENP S6 . Communication au Séminaire national sur la problèmatique de santé et perspective de santé pour tous en l'an 2000.b 5. Document 20 pages. 3 .5 2 0 0 0 EBQP 6 0 0 0 0 EBQP (eau) en m P1 20 m (environ) P2 F8 50 m Ph Nombre de Germes/100 ml d'eau Légende S a = eau de source prélevée dans le bassin de recueil ENP = Eau Non Potable V .Résultats partiels des analyses de l'eau des Puits (P).b 5.a 5.TEKENZE M.M.QUALITE BACTERIOLOGIQUE DE L'EAU DES PUITS. Ministère de la Santé Publique et des Affaires Sociales Bangui (Centrafrique). DES SOURCES ET DES FORAGES DANS LA VILLE DE BANGUI 777 TABLEAU II . BIBLIOGRAPHIE 1 .Dakar. Mémoire de fin d'études pour l'obtension du Diplome de Technicien supérieur de Santé. 1987.La nécessité d'apprendre à la population à traiter l'eau à l'échelle familiale par l'utilisation d'hypochlorite à l'aide . 20-25 juin 1988. Sources (S) et Forages (F) dans le Quartier de Gobongo (450 m d'altitude) Origine Profondeur Coliformes Totaux Escherichia Streptocoques Clostridium Interprétation des Résultats 6 50 20 0 10 ENP " 6 16 4 15 3 ENP P3 " 6 50 10 20 7 ENP P4 " 5. Document 12 pages. 4 .