Vous êtes sur la page 1sur 143

\

Copyright

by

Edilions

de

la Toison

d'Or

1942.

10, pktco du Musée, Bn :xel\e-s

1

8 , 86uJ eva:-d

Tous drojl.s cie traduction,

des rnvaH d e'~<, P o:is

de rcprQt/t.u:tiou el. d'adapta/.Îou

résen'és pour tous ptlys, y

c;omprÏ$

lt1 Russfc.

Introduction

(

Les cont.empot·ains comprennent rarement leur propre époque - sut·tout dans les p!Eciodes troublées. gueLTe$ et révolutions. Pcéoccu~ pés d'abord de leurs intér~ts personnels et immédiats, bouleversés par les événements, troublés dans leurs habitudes cl'espcit auxquelles les faits ne se conforment plus, ils c herchent en vain quelques

points fixes qui leur: permettraient de distinguer le sens du cou- rant qui les emporte. Alors, d'instinct, ils choisissent, entre les diver-ses hypothèses. celle qui fetu parait· comporter le plus d'ac>antages pour eux - et le moindre effort. Et ils y croient. pour la seule raison qu'ils la sou~

haitent. « C'e.~t. a dit Bossuet. le

Rien de plus caractéristique i1 cet ég<ud que l'idée que la plupart

des Françai s

Au premier coup de clairon annonçant la victoire des Anglo- Saxons, 20 millions de tonnes de navires marchands surgissent auec

leurs équipages du fond des mers pour reprendre leur trafic inter-

rompu; les lingots d'or que {;Europe avait envoyés en Amérique, réintègœnt les caves de la Banque de France, des banques de Belgi- que, d e Hollande , de Pofogne, etc.; les capitaux, é migrés pendant les

les

paniques de 1935 à 1939 , rentrent, .san s aucun e dépréciation , dans portefeuilles pl'ivés, a.ux anciens cours.

L'Europe, qui a retror.wé ses moyens de paiements, repr.end ses <lchats de blé, de coton, d e cuivre, dans les paz;s d'outre-mer. Toutes les denrées du monde afflu ent sut· nos t~bles; les vête-

pite dérèglement de l'espr.it ».

se font <wjourd'lwi de la paix prochaine.

5

ments (en pure laine} , les chaussures (en vrai cuir) remplissr:nt les ma.gasins; les restrictions sont abolies. L'abondance repar,1ît partout. Naturellement les vaincus (les autres) rembourseront aux

vainqueurs (c'e;)t nou-5) les d ommages qu'ils ont subis du fait de

la guerre - qcûtte à emprunter les sommes nécessairès que les Américains se· feront un plaisir de leur tHiancet. Ainsi le régime «libéral» reprendra son cours heureux et pro~père et chacun retrouvera ses chères habitudes. comme avant l'événement malencontreux.

Si invraisemblable que cela paraisse, il y a encore bien des gens qu i croient à un pareil « miracle >> .

Que les trusts ang{o~saxons enttetiennent dans . les foules euro~ péer1nes une pareille illusion. cela se conçoit : c'est leut meilleure chance de survivre. Certes, leurs Intérêts sont ceux d'une infime minorité, mais ils disposent de puissants moyens d'action sur le$

foules, ,et ils

à se laisser conoaincre.

Il y a d'abord l.a masse des capitalistes prudents qui, pendant les années 1934~1939, pa.r peur des crises sociales, de la faillite des gouvemements, et de la guerre, ont placé leurs fonds en valeurs américaines ou anglaises.

Ceux~là savent qu·une défaite angle-américaine entrainerait la chute de toutes leur~ oaleurs e.t l'effondrement de leurs fortunes, ils souhaitent et soutiennent de toute leur influence la victpire des gort• oemements~[antômes réfugiés à Londres. Ils sont clans la même position que les Emigrés de l'Ancien Régime combattant dans l'Année des Princes contre leur propre pays. A vec cel'te différence toutefois que le·s premiers auaient laissé leurs biens en France, la Révolution ne manquait pas de les confisquer:. Aujou.td'hui leur position est Inverse, ce sont leurs capitaux qui ont émigré â l'étran.~ ger, les personnes sont restées a u pays; elles y forment une magni- fiq ue caisse de résonnance pour: propager toutes les fau sses informi!· tions, les commentaires tendancieux et les slogans partis, chaque soir, par radio, de Londres ou de Boston. ·

trouvent dan s certains milieux des esprits tout di-sposés

Ajoutez à ces malchanceux la foule des importateurs et exporta- teurs françai!f, belges. hollandais, scandinaves Oll suisses qu.i oivaient elu commerce avec les pays d 'outre-mer et dont le blocus

a réduit à néant les chiffr.es d'affaires et les profits.

Enfin , c'est

la masse de ceux que le rationnement de pétrole ou de matières premières a prioés d'une partie de leurs moyens d'action, et qui

(souvent de très bonne fei) , attribuent aux réquisitions de l'occtl• pant tous /e.s méfaits du bloctzs. Tous ces gens ne ooient d 'avenir pour eux que dans le retour à l'Ancien R.égim.e et parce qu'ils le sou haitent, ils y croient. Ils ne se rappellent pas que, bien twant l'<wènement de Hitler, ce

r égime

dont ils ont aujourcl'lllti la no s t<~lgi.e, était e n pleine crise;

que de 1930 à. 19 32, l e commerce mondin l ava it diminué des d e ux

tiers, provoquant partout le c hômage, les troubles sociaux, et les faillites monétaires, si bien que les capitaux vagabonds en étaient réduits à cherchèr de place en place à travers le . monde, u ti abti toujours provi so ir e, - jtz.~qu 'at1 jour où les armements sont app :arus comine le seul moyen d e suppléer aux commandes cioiles dé.fail~ lanf.es. Si bien que la yueue est finalement apparue à la fois comme un expédient nécessaire et comme ttne diversion mo.rale, destinée ii masqaer la. fat'/litc du Régime. Laissons ces gens à leurs illusions et a leurs regrets, et considérons seulement les du res réalités au:>:quelles ils vont se heurter. Les bats de guerre des d eux gr·oupes de belligérants sont (cette fo is) très clairs. Pour les Ang fo -Saxons, il s'agit de maintenir le régime r.miuérsel d e l' étalçm-or; aligner les prix des de nrées et des matières pre-

mièr~s sur ce ux des p e uples qui o n.t l e plus bas niveau de

vendre les produitfi fabriqués aux pr ix les plus élevés fi xés par: les trus ts. Le tout tw profit d'u ne- oliJJ<Uchie de co urtiers et de finan - ciers qui n'a d'autre tègle que le profit individuel de' ses membz·es. Pour les hommes de l'Axe, tU niver·s est tmp vaste et trop dh;ers,

la Natéon est trop petite : il faut di11iser l e monde en « espaces

race , de même.

v ita ux >> autonomes groupant

civilisation, ayant des productions complémentaires; et diriger leurs

v ie;

les peupl es de m ême

enl'reprises selon des Plans pél'iodiquernl!:rtt établis par les pouvoirs

publics en vue de l'amélioration du sort du plus gr:and nombre. Mais aujourd'hui, après deux ans et demi de guene, la que-stion n'est plus entière. Le clan des tr.tisfs., incapable de vaincre son adversaire par les

1 méthodes habitueUes de l.a stratégie militaire, a employé à fond ce ' qu'il appelle « l'arme économique ». c 'cst~à-dire le blocus. Maitre des routes de la mer, il a cm qu'il pouuait si bien entravee le

ravitaillement de l' ennemi en denrées et matières premières, et

complètement le priver de ses débouchés, qu'il o{Jtiendra.it à la

longue sa capitulation par l'épuisement.

si

'! L ' adversaire a riposté par le rationnement préventif, l'économie dirigée, les traites de travail, la fabrication des matières premières artificielles. Puis retournant l'arme économique contre son ennemi, 1 il ra obligé à Url tel effort industriel et financier que l'Angleterre a dlÎ passer la main aux Etats,Lfnis. Ceux-ci, ii leur tour, pensaient venir facilement à bout du Japon par le blocus, auquel celui-ci semble bien avoir, da premier coup, échappé.

A ce feu, comme U at-riv~.? souvent, les deux camps · finiront par

être également épuisés; et comme le champ de bataille s'est étendu

m onde entier (il n'est plu-s aujou.rd'lmi l!ll seul

pays dont le trafic tfe soit paralysé par toutes sorte.~ d'entraves), c'est l-e monde entier, et chacun de ses peuples en particulier, qui ua se trouver â bout de ressources. Du coup, le problème dé la Paix finale prend un aspect nouveau :

il ne s'agit plus du classique pat·tage. entre les vainquenrs, des prélèvements ii faire 'sur les territoires et les biens des uaincus. Des la guerre finie, chez tous les peuples, vainqueurs et vaim:u.s, l netttres et occupés, ttt!e préocctt[Mtion ua dominer toutes les auttes :

comment rétablir notre vie économique? Des deux formules qtti se hew·tent actueltement dans le choc des armées, laqzielle sera la plus ptopt.e à opëtec notre redressement? A cette question préci.se, il faut donner une réponse précise. Et qu'on ne dise pas ; la Victoire choisira pour nous. Car juste~

pmgr.essivement rm

choisira pour nous. Car juste~ pmgr.essivement rm ' mcm.t, il1 Victoire ne sera définitiveml!nt fix6e

'

mcm.t, il1 Victoire ne sera définitiveml!nt fix6e que dans le camp de celui qrti aura résolu œ problème. Au reste, n'qus ne sommes [las en [ace de deux programmes idéo- logiques. entre lesquels on peut choisir potzr des raisons de conve~ nances. Nous sommes en présence de deux expériences [aciies à analyser et mesurer.

\ L'une a suivi les m éthodes de l'Economie Libf:rale. Pend.11zt cent ans, celle~ci a régi le monde moderne, et malgré des crises pét-iodique:s et des guerres de plus en plus étendues, eUe a permis au machinisme de donnet· aux peuplés une aisance qu'ils n'avaient pas connue. iV/ais, depuis douze ans. elle est en proie il une crise qu'eUe ne

l.

panJienl' pas à résorbet, et que la guerre pré.~ent.e ne [l'lit qu'aggraver.

cette impuî s-

~sance. Et en moins de neuf ans. elle est pa.ruenue à relever un

[ grand peuple, qui se ft·ouvail- réduit au dernier degré de la misère el· de t,1 détresse.

elle

['auüe, J'Econom ie NationRie - Sotialiste. est sortie de

Est-elle capable de redresser,

non pas le monde e ntier

~

n'a point cel'te ambition -, mais sétllem ent le ·continent eucopéetl ? Peut-elle lui donner, par df!,s disciplines librement consenties, la ' paix et l'aisance, que la tJieille doctrine du laisser-faire et du profit indiuiduel n'a pu ·lui assurer? Entre les deux• .il faut cho isir.

Il ne s'agit point ici de préférence sentimentale, ni de propagande doctrinale. Mis en face cle detLX expériences-qtti se pow·suimmt sous nos yeux effray és depuî.~ 11ne dizaine d 'années. nou:s en potwons comprendre les méthodes, mesurer et comparer les résultats. Il jmct le {aire. Par malheur., les expérieiJces. allemandes sont mal conn1.1es chez m 'HIS. Elfês Ollt été ' d éformées $y.o;témuti(.1!!émcnt pal' tille propa- _gande hostile qui s'app uyait sur des habitudes et des se ntiments très naturels et ttès. puissants. C.omment un petit patron français assumant torrs les risques de son entreptise, n.'arrrait-il pas été effcayé pal' les con tccjles d'une organisation corporative qu'il con-

\ fond auec l'étati sme ? Et comment un socialiste <Hirélit~il reconnu

il l'atelier. à la ferme. à tusine ou au bureau. Il faudra trouver aux ouvriers du travail. au.-.: chefs d'entreprises, des commandes. Il faudra financer les investissements. reconstituer les fonds de roulement. Reuiendra~t-on à la vieille l"è9le d e ror, courra- t -o n !Jers la grande espérance de l'éta/on-tuwail? Il ne se ra pltts temps de dite : attendons et voyons! C'est d ès

m ainten ant czu'il faut examiner et choisit·.

C'est po urquoi -

12

lrâtiuement -

j'ai écrit ce

fi11re .

Laval. juin 1942.

PR EMIERE

PARTIE

Le Mirage du Dollar

ques sautaient dans les régions agricoles 'du Middle West. Un mois plus tard, comme je venais du Canada,

un des colosses

dré. De mon hôtel. je pouvais voir deux« queues», l'une de chômeurs attendan t leur pitance devant un édifice municipal. l'autre de capitalistes atte:1dant devant w1e banque fermée pour retirer leur argent disparu. Inquiet comme tout le monde, j'allai voir l'un des experts financiers les plus réputés de New-Y or k. r « éco-

nomiste » de la plus grande bëmque de dépôts des Etats- Unb.

« Que vous arrive-t-il ? » lui dema ndai-je. « et quelle est la cause d e cette crise inouïe? »

« N ous n'y compren ons rien », répon dit-il modeste-

Nos services, en ce moment, procède nt à une

enquête méthodique sur cette question. Voici, dès mainte- nant, quelques chiffres qui nous ont surpris et que je sou-

bancaires de V-lail Stree t s "était effon-

ment. «

mets à vos réflexions.

le tota l de s dépôts confiés par le

public aux banques américaines a passé de $ 26.5 milliards

à $ 44,2 millia rds. Cela représente une a ugmentation de

$ 17,7 millial·ds (soit ()6 %) .

»

D e

19 19 à

192 9,

» C e chiffre est évid emme nt fantastique.

» M ême en d éduisa nt les capita ux gui ont été placés

chez nous par les étrangers, à court ou à long terme (envi- ron$ 5 1/ 2 milliards), J'accroissement serait encore de

$ 12,2 milliards! Si grand qu' ait été !"enrichissemen t des Eta ts-Unis depuis la guerre, il n'a pas pu atteindre 46 <fo

en dix ans » E: voici qui est plus étonnant encore : dans le même

16

temps, le total · des dépôts à court terme confiés par le · public à nos banques a mtgmenté de $ 17 milliards. Or,

v.o us savez que quand les clients souscrivent des titres , c est ordinairement en prélevan t sur leurs dépôts les som-

beso in pour le urs dépen-

s~s.c~~rante~, et .qu 'ils c:msidèrent comme une épa rgne defm1t1ve. A111si 1effe t naturel des a chats de titres est de diminuer le volume des comptes courants.

» _IJ est vraiment étrange que chez nous pendant 8 ans, 1ls <uent auÇTmenté para llèlem en t, e t de la même somme. Nous en arrivons à penser que peut-être nous avons

mes dont ils pensent n 'avo ir pl us

.

fa1t, sans nous en do uter. ce q u'on de crédits!

» Il Y a quelque chose de défectueux dans nos mé- thodes. »

appe lle un e infla tion

dans nos mé- thodes. » appe lle un e infla tion « M a is quoi?

« M a is quoi? répliqua i- je. »

« No us sommes en t rai n de l e rechercher. >>

« Et qu'avez-vous fa it de ces lars ? » insistai-je.

17 milliard s de dol-

« Je ne le sais pas encore. Mais peut-être trouverez-

vous à":'ashington quelqu'un q ui pou~ra vous le dire. » -Waslu~gtonest_la capitale de la statistique: 28000 per-

sonnes, m a-t~o.nd1t, y sor.t occupées à faire

~lasserdes chiffres et rédiger des rapports. Après qua tre

JOUrs de

des e nquêtes,

recherches , je découvris a u 14 111 • étage du Depart~

C?m~erce, le fonctionnair e qui é tudiait ce pro-

bleme : t res aimablement. il me confia les épr euves de

son rapport. Et voici ce que j'y découvris :

1929. le total des émiss i ons faites s ur Je

n:arche .an1éricain (argent frais, non comp 1 ·is les conver- SIOns) s est élevé à$ 17.959.688.000.

17

m ~nt of

D e

_I 92 1

à

L à~dessus $ 8.5 93 millions o nt é t é employ é s sur pl a ce dans le territoire même de l'Union :

$ 5.5 16 mil lions ont été prêté s aux pouvoirs publics, au Gouv ernement fédéra L a u x « Etats » provinciaux et a ux Communes pour les besoins de leurs services.

des entreprises

privées : industries diverses, transports. banques. crédit agricole. sociétés d'achat à tempérament, etc C' éta i t alors la rè g l e de co ndu ite adopt ée pa r l es ban~

E t $ 3.076 millions ont été émis par

quiers amt>ricains ! Il Ea ut di re q ue, comme toujours dans le systèm e de

réconomie libéra le. les émission s sont négociées. sa ns

a uc un cont rôle. par

de l'a rgent est libre comme celui des poires, des tiss us ou

du cuivre. Naturellement, les banquiers s'intéressent surtout aux émissions des soc iétés industrie ll es. car elles créent des bi ens consomm a bles e t s o nt su j ett es à des plus~values importantes, ~ et donc des achats et ventes de titres fort nombre ux sur lesq uels l' in te rmédia ire prélève son courtage. M ais pour que ces sociétés fassent des bénéfices, il faut

les ba nques privées, car le commerce

d'abord leur proc ur er uue

clien tèle . Or . l es a dministra~

·

tians publiques, si elles ne produisent rien de vendable, sont de grosses consommatrices ! Quand elles construi~ sent des hôtels de ville, des écoles, des musées ou encore des routes. des ponts, etc., elles :nettent en branle des quantités d'entreprises, grandes ou petites (pierre, ciment, fer, fab riques de v erre, meubl es. tapis. appareils de levaae. camions. autos, etc. ) . Comme les gouvernements

18

ne s'épuisaient plus en armements, il importait qu'eux~

les états

locaux) entreprissent de considérabl es travaux civils. Il fallait donc qu e les pouvoirs publi cs 6on tinuassent d'em~

mêmes

(ou

à

leur

défaut,

les municipalités,

prunter. Ils ne dema ndent généra leme nt pas m ieux.

des

somm es, s ur lesquelles il s payent un in térêt à leurs

ces capitaux un

emploi productif. C'est ainsi qu'ils ont, sans même se concerter, établi cette règ le appliqu ée à tous les pl acements a méricains, dans tous les pays. pendant cette période _:

Q uant aux banquiers, comme

il leur

fa llait bien

ils ont

en

dépôt

clients,

tro uver à

, 1• faciliter les ~missions de sociétés industrielles, en

s a ttach ont de pr é f é re nce a ux plu s grosses, car l e pl ace~ ment des titres est plus fac il e ; 2• porter à un chiffre au moins égal les emprun ts des adm inistrations p ubliques a fin de donner a ux précéd entes une clientèle nouvelle suffisante pou r assurer leur déve~ loppement ~ au moins jusqu'à ce que leurs titres soient « classés » dans le pub:ïc ; 3o fa c iliter le dével opp e ment dan s tous les pays des grandes entreprises qui fou rnissent les matières premières ou les demi~produitsindispensables : char bon, pétrole, fe r e t acier, co ton, laine, caoutcho uc et machines ag ricoles, ma tières g rasses, etc

T els furent les trois _~::rincipes qui ont régi la formida-

ble expan s ion

que aussitôt déclencher la terrible crise qui dure encore. Dans la carence des pouvoirs publics (toute direction

d e cré dits amér icain s, ~ qui d eva it pres~

19

imposée à l'économie a u nom de J'intérêt général étant

ex:clue), c'est le financier qui dirige.

Naturellement. les banques ont cherché d'abord l'em-

ploi d es capitaux américains dans

Aux Etat s~U nis. D e 1 92 1 à 1929 . e ll es o nt m is à l a disposi tion d es sociétés privées («COrporations»). $ 3.986 millions. soJ t $ 500 millions par an en moyenne. D u coup. la métallurgie, la mécanique, la chimie. déjà si dévelop 1 )ées par la guerre. ont fait de nouvelles instal~ lations : l'automobile, au plein de son essor. a bsorbe des somme3 considérables. Puis. ce sont les industries ~extiles, et surtout le buil~ ding, le bâtiment. qui donne du travail à toutes les corpe~ ra ti ons : fer, cimen t, meubles. tapis . Pour leur procurer des acheteurs, $ 5.506 millions sont mis à la disposition des administrations publiques, non seulement par le gou~ vernement féd éral. ma is pat· les 48 Etats et les innom~

brables municipali tés. Et comme les classes moyennes ont de la peine à

acheter tous les prodlJits nouveaux qu'on leur offre, on

lance des sociétés de vente par mensualités,

quoi, l'ouvrier améri~ain achète la petite maison. l'auto,

le vélo, le phono, l'appareil ùe ra di o, sur le produit d 'un

moyennant

le pays même.

-

salail·e qu ·il n'a

Et les usines nouvelles tournent à plein. Po ur le ur donner les matières premières indispensa~ bles, on fo re des puits de pétrole. on ouvre des mines de cuivre, de fer ; on organise de puissantes soci étés d e cré~ dit agricole pour d évelopper la culture du bl é. du coton, des fruits, etc.

pas encore gagné.

20

Les agriculteurs ont peur de ne pouvoir suffire à la demande.

la

Grâc~à cet afflux de dollars, en 8 ans ( 1921-29).

production du coton élug mente aux E tats- U nis de 31 %.

 

la

l a in e

de 27

%.

le

sucre d e

b e tt erave

de 57

%.

Les industries de base v ont plus vite encore :

fer

et

acier :

coton

papier:

fil:

pétro l e brut:

p étrole ra ffiné :

30 %,

35

35

22

68

%.

%.

%,

%.

Tout cela est assurément magnifiqu e.

. Et pourtant, ce tota l imp ression nant de $ 8.593 mil- h.ons ne rep~ésente gue 48 % de J'ensemble des é m i s- Slons sou~c~·ltes sur le mnrché nméricain. Ainsi, malgré so~ magnt fl que développement économique, le pays n ' a

meme pa s ~u a b s orber la moitié d es capitaux offert s sur

s.on marche. Bien plus,

lwrcls 959 millions)

si

c

l'on dé duit du total ($ 17 mil-

't

np 1 a u x mvest1s par l es étran~

·

.

les

_

gers ($ 4 .tOO millions) • on voit gue l'Oncle Sam ·

u tT 1 JSer

c

h

ez hu · que les deux tiet·s

à

p eine de • sa

,

n r a

p~

pu

~~

~

Les banq uiers a mérica in s o nt donc été con t ra ints, po ur p ro cu~er u_ n revenu à l 'é norme ma s se d e cap i ta u x qui affluaient a leurs guichets, de leur chercher des pl

t

a

)' ·

ace-

men s

devenu . le plus g r . and marché de s C"'p " t ' t aux

etranger. E t c'est ainsi que Wail Street est

cl

e

1'

.

untvers.

011 s adresse d abord aux pays voisins.

21

E n Amérique. Au Canada, les entreprises ont été jus~ qu'alors financées par les banques anglaises. Mais de

1921 à 1925. la pr e mi è re chute de l a X: a para l ysé le s

émissions sur le marché de Londres. Les banquiers amé~ ricains en profitent. pour offrir leurs services : pendant 8 ans, les é missions canadiennes se succèdent à Wall Street : prêts hypothécaires pour la construction et l'équipement des fermes dans les Et<.ts d e la «Prairie», actions de scieries pour J'exploitation des forêts, de mines de nickel, d'or, etc., et aus:si de centrales électriques qui fournissent J'énergie à toutes ces entr·~prises.Sans oublier bien entendu les emprunts des Villes et des Etats provin~ ciaux qui, par leurs achats, fournissent une partie des com1m:ndes nécessaires à ces usines.

De 1921 à 1929. la production de blé prend un essor inouï, celle du bois en gn1me ou scié a plus que doublé, la pâte de bois a progressé d e 61 ro. la production de kilowatts de 'i 1 %. Tout cela a a bsorbé en huit ans $ 1.707 millions {soit

$ 200 pa r tête d'habitant).

peine

Mais cette somme ne des capitau x d isponibl es .

Alors les banquiers se tournent vers l'Amérique latine :

on prête $ 300 millions à Cuba pour développer la canne à sucre et les sucreries, dont la proçluction augmente

de

représente que

l0 ·% à

"'l

ro.

Pendant que certaines banques de New~York déve~

loppent. à

café en

l'aide de prêts hypothécaires, la

{qui augmente de

33

culture du

d'autres

Colombie

o/o)

22

l'encouragent

de

156 o/o).

au

Brésil

(dont

la

production

s 'accroît

Cependant la corne d'abondance inépuisable de Wall Street verse ses dollars :

sur le V énézuéla. dont les nouveaux puits de pétrole pou ssent leur production e n 8 ans de 600.000 tonnes à 2.402.000 tonnes; SUi' le Chili, dont la production de cuivre augmente de

74 %;

sur 1:Ar.gentine, où les ferm ier s, bien munis de prêts hypothecaires et de machines agricoles à grand rende-

ment

(combines),

accroissent la

production de blé de

22%.

Au total, de I92 1 à J 929, l'Amél'ique la tin e a absorb é $ 2.126 millions de capitaux américains, ce qui fait ~ 3.833 millions avec Je Canada et $ 12 milliards pour

1ensemble de l'hémisphère américain.

M algré

cela,

à

la fin de chaque a nnée, les banquiers de Wall Street constatent qu'il .reste encore des capitaux disponibl~s ! Alors les fondés de pouvoirs et les démarcheurs des banq_ue~ se tournent vers l'Extrême-Orie nt, où la gène

monetmre mom enta née de ln City le ur

laisse la place libre.

En 1\.sie. Au Japon, on augmente le capital des sociétés

métallurgiques ou textiles, des chantiers navals, des che- mins de fer. I;:n Chine, on en crée d'analogues . M a is surtout. W a ll Street s'intéresse aux Indes Néer~ landaises dont le climat produit tant de choses que les Et~ts-Unis co n somment et ne pr oduis en t pa s. C'est ainsi qu en 8 ans. la production de thé y augmente de 32 o/o

23

t; ,O .§~ ~f t - ~8 ~ , "' ., <:: -~~ ·~~ ~

t; ,O

.§~

~f

t-

~8 ~ , "' ., <:: -~~ ·~~ ~ e t: C>:.<IJ
~8
~
,
"'
.,
<::
-~~
·~~
~
e
t:
C>:.<IJ
., <:: -~~ ·~~ ~ e t: C>:.<IJ e t celle du caou tchouc, si nécessaire

e t

celle du caou tchouc, si nécessaire à 1\1. Ford, de 123 %.

et

ce ll e du ca fé

Au to ta l. de

de 81

1 92 1 à

%,

cell e

d u cop r a h de

43

7'o

(j)

01

(j)

-

1

Oi

OJ

19 29, l' Ex tr ême ~Orient a abso rb é

- 1 Oi O J 19 29, l' Ex tr ême ~Orient a abso rb é

$ 808 millions de capitaux américains. M a is, ce n'est en c ore que 4 7o du total des émissions

de Wall Street pendant cette période.

En Europ e. Al o rs, hs banquiers se tou rnèren t à nou~

w

0

z

0

L

w

_J

1/}

z ~

1/}

z

<i

0:

w

<{

x

::>

;:!

ü:

<t

~

~

veau vers cette «vieille

Europe>> à qui l' on a vait

d éjà

tant prêté d'argent.

De 19 15 à 1920, le :narché ùe W all Street avait

déjà

sou scrit po ur $ 2.3 ! 6 milli ons de titres e uropéens ( 1). soit avant l'entrée en guerre des Etats~Unis, soit après la Victoire. pour In liquida tion des dépensse engagées. C e rte s, e n 1 9 21 , les pe r spectives de pl aceme nt o utre~ Atlantique n 'étaient pas très engageantes: effondrement

de l'Allemagne et des Empires Centraux: fa mines e t crises sociales chez les vaincus. querelles des réparations

entr e les vainqueurs. e t d ep ui s la ruptuœ des a ccord s

de change. dépréciatio:1 de la E et du franc français.

M ais l'Europe industrielle avait toujours été pour les

plu s gro s achete u r

de denrées et de matières premières, et l'on ne pouvait P<~S uGe:wduJm l:! r il lSun :;ort <.:e g ros a c het e ur, au mo men t

Etats~Un is et l e s

pays d' ou tre -m e r l e

u précis où l'on développait à force, dan!; le monde entier,

(/)

w

0

z

0

ü'î

z

ct

x

w

la production des pay3 vendeurs.

Les fondés de pouvoirs et les courtiers reprirent donc

(1 )

Non

compris

lOG Em))f'Un!s

on g ue:- r o

à'Uto l

(Ub~tty Lo.on 4)

é.-'"!"'is

6d6ro1 (fJ")rè~ l 'en:r ée

f

crl ie s

f. t:rr

le s

d !!i l:tCli~·Un!s ( m. •n l 1 9 1 ?1. Ce~ .SOICt.'toa O:tt ~:41 ti0lt !.4

p ou r PO)' p o u · .· on

u c

G:-

l o1

c c:h o tA des

t\ll i és

=: to tn'• Un !$'0: :

d es ex~o r­

! do:~c ê lr~ r.- o n s:d 6 r 6es

o ux

eo n u u é

por

lo

Q;)U\'Orbet!ont

6p argnrmt s. omé rl c ait u

t

elles om 6 1 é d 6J')Gns é eo t mr p loeo o

:otlnns da ccp!toux.

25

le ch emin du v ieux continent et W all Street, les émissions industrielles. T imidement d'abord, on s'intéresse à J'ltalie (fina11ce~ ment des importations de denrées et électrification de la région d es Alpes ) et à la Suède ( électri cité, minerais, pâte de bois).

M ais

à partir de 1923, la stabilisa:ion du Reichsmark

par le Dr. Schacht, ouvre un nouveau marché qui ne tarde pa s à p rendr e Je premier rang . De 1921 à 1929, W a ll Street a sousc-rit po ur$ 965 mil~ lions de titres de sociétés privées européennes ( $ 100 millions en moyenne pa r an), de 1924 à 1929 . J' Allema~ gne se•.1le e n a absorbé pour $ 4b7 millions. soit près de

ro ).

la moitié { 43

le

redressement industriel d'un concur rent qu'elle avait

voulu abattre au prix de tant d'or et de sang.

On p eut s'étonner que l'Amérique finance

ainsi

Financier

l'industrie allemande, au sortir de la grande crise d'in fla~ tion est complètement exsangue, et si le concurrent n'est plus à craindre pour le moment, l'absence de ses acha ts se fa it dur ement sentir sur le marché du bl é. du ~oton. du cuivre. etc. Au reste, on déclare bien haut, qu'on en tend « ratio nalise r » J' industrie allemande, c'est~ à~dire. en fait. la spécialiser dans les fabrications ol! elle sera la moins gênante pour les truats américains - qui ne dédaignent pas de souscrire e:~x~mêmes une partie des actions de sociétés allemandes dans l'espoir d'exercer

sur elles un certain contrôle. Edin, comme il est à craindre que dans la misère où se débat la population

Mais,

c'est

que

le

vit

au

jour

le

jour;

26

rumee par l'inflation, les nouvelles entreprises ne se

mettent tout de suite à

de prêter de préférence aux administrations publiques qui, elles du moins, n'exportent rien, mais donnent du travai l aux usines. Ai ns i surgit dans tout e 1'A llema~

gne

ministères.

théâtres. musées,

A un Français qui féltcitait le bourgmestre de Cologne

lui JI y a

d e l'Exposition

exporter, le

mot d'ordie vint

appauvrie

une

étonnante

floraison

de

stades. etc

de la Pr ess e org an isée par

quelques années, et qui coûta 60 millions de Rm .

- V ous ne savez pas le plus beau, dit le bourgmestre, quand j'ai commencé de construire ce magnifique palais, la vJile de Cologne n 'avait pas en caisse 60.000 Rm.

Ces prêts aux pouvoirs publics (E tats et Communes)

avaient encore

Cologne, par exemple, contracta it un emprunt de

aut re ava nta ge.

Quand la ville d e

un

$ 100.000 à

tant s, ell e comm ença it p ar porter c es do l la r s à l a R e ic h s -- bank q ui lui r emettait en échange les marks dont elle avait besoin pour payer ses entrepreneurs et ses ouvriers. .La Banque garda it les doll ars dans son p ortefe uille devises.

New~York pour faire des travaux imper~

Quan d arrivait l't::ch~am:e lies R ~parations, e ll e llleL~

tait tous ces dollars à la disposition du Trésor qui les répart issait entre les Alliés. selon le barème établi par

l'Accord

F rance,

det t es de guerre à payer aux Etats~ U nis. s'emp r essaie nt

d 'envoyer ces dollars à l'Oncle Sam. lequel, ne sachant qu'en faire, les reprêtalt à l'Allemagne.

de

etc.).

Spa

( 18

'1o

à

l'Angleterre.

42

%

à

la

M ais les Alliés, ayant eux~mëmes leurs

27

1 l() Ol UJ o. 0 cr ::J w z w (/) z <t u
1
l()
Ol
UJ
o.
0
cr
::J
w
z
w
(/)
z
<t
u
a
w
L
<1:
x
::J
;:!
o.
<t
u
(/)
UJ
0
z
0
r./)
2
~
x
w

A ce compte, la ·dette a llemande en Amériq ue augmen~

tait sans cesse, mais 1a

s an s sorti es d ' or. Bi e n mieux, l'affl u x d e de v is es résul~

tant des emprunts finit par dépasser le d éfic it de la ba-

la nce des comptes e t o ccas ionn er des r entrées d'or.

A la fin de 1923. q uelques semaines ap rès la stabili-

sa tion d u mark, l'enca isse méta llique de toutes les ban-

ques a llemandes

fi n de 1929 , elle ntteigna it R m. 2.349 millions ( 1) .

R eichsban k pouvait la

régler

était tomb ée à Rm. 523

million s; à la

Les pmdigalités, les entreprises de « magnificences »

l'Allem agne, elle

les a faites non pas à t'insu, mais avec l' enco ura g ement de ses créanciers. E n 1930, avec $ 1.205 millions de

dettes à long terme ($ 798,5 millions pour l'Empire, les Etats et les comm unes, et $ 107 mill ions poUl' les entr e-

lJ ue

l'un

n :proch e

tant a ujourcl 'hui

à

prises privées) , l'Allemagne était devenue le plus gros

d ébiteur des E ta ts -Unis, a.près l'Angleterre ($ 1.568 lllil-

lions) et ava nt la France ($ 1.1 79 millions). E t pourtant elle n 'avait, elle, aucune dette de guerre envers l' Un ion

américaine.

Pa r tou t,

dan s

l es pays d 'outre~me•:. l es

m in e s,

derll'ées colo~

l es

ma ti ères premi è res, les co mb ustibl es. les

niales

de toutes sortes é taient en plein d éveloppemen t.

Les

p ays a g ricoles

ve ndaient en

quantités

toujours

! a

{ U

C' es t l 'ê po •l'.,illam o n t tl<IG C( l l:lll '-lu x Cl :nhr lc a :n • b :r<rtJor:> I Q m on de q 1.1i porn i : o lnsi

le' . H:J 12tl(<t:ss~& m6 :o 1 Hqt :es vi dé es

ô

r.çr: le- guerre . Ainsi sc Jil ceao kr:ne • t e rodis,rlh u:il').'"l do l'or dont b

p J u po : · t d a:s b cu lqu oa; <.J '61:,~1G'Sio n de

rec::. n n li:u er

p rone d'al ors a s.i

so u vent J lC rlé , FUie A f.l Hl G «ns rl 6 goc :c d c n J di pi O I ;"J o nq u es ni itli O :-)'o:k .~!oos p orlo rn e n ta irm~.

0

po u

p ràs à

l ' inst: c! u p ub !i e,

J X:: t

: c; s a uls ca n a:.1-x de la <:Ol!lJ>e tti> O:io n d u

devise:~.

JI e-st

v .- a l quo .

lon:< J W J Jo c :- l a o h . 1 : vn n u e , <> 1 g u e

l o r;

él ll p s u n ! s t'! r.

A rnôri~\le ccs :;• j r ô : ll ,

:cs

.Eiats.Unl$ pa:- les mGmos eu., OJ K q ui l'a 11o!e!11 omer.~

b o l cm c cs d o

J o p ) u port d o :.J pâ)' ll d ev t nrent déJi : ll a irofl ,

e t l' or c mér :cc : . n :' C: )I ro o~x

29

plus grandes leurs blés, leurs laines et achetaient des masses croissantes de produits fabriqués. l'industrie euro~ péenne (particulièrement l'Allemagne) admirablement rationalisée, retrouvait l'ère des profits. E t cette immense cohorte de débiteurs versait régulièrement coupons et divid.endes aux guichets de Wall S~reet.

un

outillage déjà excessif, travaillaient à 70 ou 80 o/o de leur capacité ; les paysans, grâce aux cours maintenus

!"argent; les ouvriers

touchaient de hauts salaires ; et tous. stimulés par le système des ventes à tempérament, achetaient plus encore

A

l'intérieur

des Etats~Unis. les usines,

malgré

pa r le Fa1·m Boarrl. gagnaient de

qu'ils ne gagnaient. Sans doute. à ce com pte, le niveau de vie était élevé, mais l'Américain, protégé par un haut tarif douanier, n'avait pas à craindre de voir les produits de l'Europe

envahir son propre marché. Exportant beauco up. l' Onde Sam entendait im porter peu et il exigeait de ses cli ents qu ' ils payassent la diffé~ renee en espèces. Grâce aux émissions successives de

W a ll Street, il leur fo urnissait lui~même ces espèces.

Ainsi les exportations de capitaux finançaient les expor~ tations de marchandises, les~tudles stimulaient l'activité intérieure selon un rythme toujoucs plus rapide.

Président

On

conçoit vraiment qu'à

ce moment le

Président On conçoit vraiment qu'à ce moment le Hoover ait pu annoncer au monèe le mariage

Hoover ait pu annoncer au monèe le mariage indisso~

luble de l'Oncle Sam avec la P rospérité l

LA

MACHINE

CHAPITRE II

A

FAIRE

DES

DOLLARS

a

cap1taux : refuge

Il.

.

y

25 ans,

.

.

les Etats- Unis étaient un

d'.

.

f

d

.

e

f

.

aJm

1

,

d

emJgres

Lis mouraient

pays sans

uyant les pays de l'Euro e

et n . avant d , autre p

onentale ou

"t

1

f

pas établis dans le N

rations

or une qu e eurs bras et leur a ud nce L

ils

ouveau

M,

.

.

,

a p upart n éte.lent

15

.

.

eux gene~

Les

onde depu·

.

.

n · avalent · pas eu le temps de s'enrich ir

g(~~ssesfortune.s dont on par la it, étaient du es à la cl~ance

ecouverte

enchantaient.

loter!e.

cl un

gisement

le:.<;

m A.<;SP-"

corn

···

d'

l

 

or

ou

ce )pétrole).

elles

me un gros

ot gagné à

la

Mais pour équiper les mines ou les chemin '

an

à

s

il fallait que le banquier Pi er pont Mor

placer

des

B

ruxel es ou

1

titres

à

Zurich

Londr es

b.

1

avSaient.envers

urvtent la

e

u ne,

.

et

b

a ,

P

d~ fer,

s Amsterd occupat de

Jen qu . en 1914. . les Etats~Unis a m, 1Europe une dette de plus de $ 5 milfl·a d g

rusquement la situation est

a ns, . ge

r

s.

renversée.

Les

América ins

devie nnent

les

principa ux

fournisaeurs des armées a lli é es , et à c e ti tre, il s réa lise~ t

de gros b é n éf i ces. I ls sont payés , part~~ en

liards). partie en tjtres américains qulls ava•ent places

ch ez no u s et qu 'il s << r apa trient ».

( $

2

o~

m

i!~

P uis,

en avril

1917, ils entrent eux~mêmes da ns l a

« croisad e» et il est déci dé que chacun des « associés>> payera les achats faits chez lui par ses partenair~s. D e 1917 à 19 19. la d ette p ublique des Etats~Unts passe

de

$

1 milliard à 26.

En. 3 ans, le public a méricain qui, la veille encore, devait emprunt er à l'étr a nger , sous·~rit sans d é s e :n pa rer

$ 24 milliards de fonds d' E tat. dont !5,3 pour les d epenses du gouvernem ent et$ 9 .7 14 millions pou r Je compte d es Alliés. O n se demande avec quel argent?

C ependant.

la

paix signée,

i}

e n treprend

géné:euse~

ment de réparer les ruines q'ue la guerre a causees e:

de r emettre e n marche J' é conomie mondia le . De 192 1 a 1929, il souscrit encore pour $ 17 milliar ds de ti t r es .dont

mi lliard s

$ 1/2

8

sont

e mp loyés

a ux

$ comme

9

milliards,

nous

l'avons

vu,

sont

r epar tis

largement sur tous les autres continents.

s'installer,

. S i bien , qu'en 15 ans, ces pauvr es émigrants, q~u.pour

avaient emprunté à l'Europe $ 5 milliards,

se trouvaient maintenant créanciers d e l' ét.r~ng er P~~r

$ 18 milliard s, et je ne compte pas les$ 23 m illia rds q u 1ls

avaient

employés

sur

place

pour

les

besoins

de

leur

gouvernement et de leurs entre?rises.

.

.

.

c~s sommes

sont tellement enormes,

ce revuem~nt

tellement br usque, qu 'on en a rrive à se demander S I le

32

.,

usque, qu 'on en a rrive à se demander S I le 32 ., monde. q

monde. q ui a cru à l'enrichissement (s i s ubit) d es E tats- Unis n'a pas été victime d'u ne illusion, et si 110 us ne sommes pas en face d'un de ces « miracles du crédit » q ui fini ssent so uvent pur de cruelles déceptions. 1 En fa it. le kra ch <Jmérica in de 1929 et ln série de catastrophes qui o~t atbnt depuis lors tous les pays c omm e n c er p ar 1 Amériq u e elle~même) m ontrent assez

, c laire me n t que l' é d ifi c e n 'é ta it pas so lide. En ce moment où be.1ucoup de gens comptent encore sur le concours américail: et espèrent voir se renouveler Je miracle du r edressement de l' b a·ope et d u monde par l'or américain , il JlOUS é:l paru nécessaire de montrer par quels moyens étranges fut fina ncé ce redressement et po urq uoi il a été suivi de la crise dont depuis d ix ans le monde ne parvient pas il se dégager. E n fait. ce n'est pas seulement la faillite du systémc c"lméri cain q ue nous allons décrire, c'est celle de l'E co- nomie Libéra le tou te entière . Et cela nous fera m ie:1x comp rendre la nécessité où nous sommes de reconstruire l'E urope, tout au moins, se lon des mét hod es n ouvell es .

*

* *

b ien

d iHéren tes de

très nette entre

les Banqu es de d é p ôt s e~ les Banqu es d ' aff a i res .

Les premières reçoivent en « dépôt» de le urs clients

b les p o ur que lqu es sem a i n es

et les prêtent à d'autres qui en ont besoin pour le même

les f oJ1ds q u 'i ls ont d i sponi

Aux

Etats~ Uni s, les méthode s

cell es de l'Eu rope .

banc<J ir es

sont

Chez 110us, il existe t:ne distinction

33

temps.

Elles

gag nent

sur

la différence

entre

l'intérêt

qu' ell es

payent a ux pre mie rs et

celui

qu' eltes

e xigent

des seconds. E lles doivent pouvoir rendre à tout moment aux uns ce qu'elles ont prêté aux autres . C ela les oblig e à cher~ cher des placements à court terme, dont le type le plus courant est l'escompte des effets de commerce. Comme chaque jour un cer tain nomb~e de ces effets a r rive à échéance, elles s'en servent pour rembourser les sommes

mesur e d e leurs

r

beso ins. Avant tout, la Banque de dépôts doit veiller à sa liquidité. Comme ses clients, elle ne doit acheter des titres à long terme qu'avec son capital et ses réserves. Son r5le est de fou rn ir aux e ntrep: ises le ur fond s de roule

<! tir ée s

par

l es déposant s

a u fur

et

à

ment.

Au contraire, les Banques d'affaires. spécialisées dans la création des entreprises, ne recherchent pas les dépôts à court terme du public. Disposant de capitaux imper~ tants. fournis par leurs actionnaires. et quelques gros

clients, elles pre nnent des P:"rticipations dans les affaires industrielles. commerciales et autres. leur avancent les sommes nécessaires pour leur mise en marche (contre

r emise d'actions, parts de fondateur, etc., qu 'elles reven~

d e nt

nent les cours à la Bourse, etc.

e nsuite a u public), pr é parent l es é mission s . so utien~

L e ur portefeuille~titres (e t non l e ur portefeuille~

e.>compte) forme le plus clair de leur actif. Autre différence : en Angleterre et en France, les effets

34

d e commerce escomptés sont généralement des traites à d e commerce escomptés sont généralement des traites deu x signatures : celle du ve ndeur deu x signatures : celle du ve ndeur et celle de l' ac heteur.; si le premier ne paye pas à l'échéance, le second doit rembourser l'argent qu'on lui a avancé. Comme le ban~ quier connaît toujours a u moins l'un des deux. il n'es- compte qu'à bon escient, et ses risques sont infimes. Aux Etat s~ U nis où la cl i en tèle est insta ble - et l e per~ sonne! bancaire a ussi - on a sim plifier : les effets escomptés portent généralement une seule signature (pro~ missery notes). Le banquier ouvre un compte à un client d'après la solvabilité çu'il lui attribue. et escompte les effets qui portent sa seule s ignature. E n garantie, il exige géné ralement que son clie nt dépose chez lui une cou~ ve.rtttre en titres qu'il pourra vendre en cas de défa illance.

Comme le banquier d'escompte est aussi marchand de

titres, il pousse volon tiers son client à user de ce procédé.

outre l'intérê t de ses ava nces, la commission po ur le plac ement des titres.

Il y gagne, qu ' il t•eçoit

Quant au client, si ses réserv es ne su ff isent pas. il

sera parfois ten té prove nant de son

imm o bilise d e ce fait d ~s som mes Ju ut il p~::ut avoir besoin

dans trois ou six mois. Mais qu'importe, puisque par le jeu « des avances » st.:r titres, il peut ramener à l'état « liqu ide » une pa rtie de ce qu'il avalt « investi » à long terme. Il suffira. pour qu'il y gagne, que le .çevenu du

supérieur aux ta ux de J'avance qu'il contracte.

d'acheter des titres sur les recettes

fonds

de roulement. Sans

cloute, il

titre soit

Mieux encore, on a vu des banquiers acheter des titres, non seulement avec leur capital et leurs réserves. mais

35

soit Mieux encore, on a vu des banquiers acheter des titres, non seulement avec leur capital

avec l'arg ent provenant de leu~s dépôts à vue. puis revendre ces tilres à leurs clients, quitte à leur consentir ensuite une avance sur ces titres pour leur permettre de reconstituer leurs fonds de rculement. Ce système d u « mixed banking » aboutit souvent à une double confusio11 : chez le client qui ne distingue plus très bien son fonds de ro ulement de ses réserves, et ch ez le banqu ier q ui élrrive à faire des placements à long terme avec des dépôts à vue.

Ce n'cstpas tout. Le cliPnt. à qui son banq uier a accordé

une av<1nce sur titres de$

m ent pas tout de suite ni d'un seul coup ( l ) : il tire un jour un chèque de $ 500, un peu plus tard $ 2.000. Il laisse ainsi dispon ible une somme décroissante de$ 7.500. pu:s S 6.500, puis S 4.500, etc. Le banquier insc rit ces

sommes (po ur un te mps il es t vra i, très co u rt) a u mon~ tant d e s es dépôts à vue. Va -t~illaisser cette somme inuti~

principe ba ncaire q ue

l'argent doit toujours « travailler ». Il s'a ppllgue seule~

lisée ? Evidemment non. C'est t:n

10.000 ne les d épense générale~

ment à lui trouver un emploi tel qu'il puisse à tout mo~

ment

moncy), « accep tatio ns ». etc Le banq uier tire ainsi du mëme capital deux moutures :

l'cne

est placé en Bourse. Si maintenant, nous quittons ce domaine artificieux de la comptabilité bancaire pour reveni r à la réa lité écono- mique . nous constatons qu'à ée jeu, un même capital p eu t

le retirer : placement e n reports à ln Bourse ( ca li

au compte d ' avances sur titres, l' a utre ( ca li mon ey )

(l

)

J::n

&6;; d::.ns ur.

36

fo 1t

"" /rm 6J\quc, Ol l op p •!Je- d~mand d(lp o ;iH&I les d 6pô!!; qu l a o f\1 re~bo v:-­

~éloi moxir:.u:n do lren l & jo~.:r~. o u-ci~là, oe !iOr. t d ou lerm depositB,

être repr ésenté jusq u'à trois fois dans les écl'itures de trois entreprises différentes :

l" il fig.ure ur~epremière fois pour$ l0.000 par exemple,

b1l<:m d un e société incl us tri e lle s o u s la r ub riq u e

d .:u~s le

acttons, portefe uille-titres, ou obligations.

Là,

il

re:>ré~

s ente un capi tnl immobilisé sous forme de ten ains. bâti- me nts, machines, e tc.

les

! iv res cl ' un e b anq u e, qui l'i ns<.:r iw au compte des a va nces sur Htres. Il fi\.]Ure ici un capital Œpidcment r éa lisab le (par vente a la Bourse) ct servant de contre-partie à un capital liquide (dépôt) prêté à court terme.

2Q une

seconde

fois,

à

raison de

$ 8.000 dans

~

·

~me troisiè me fo is à

raison de ~ 7.000. puis ~ 6.000.

puts $ .'f.500. etc., d;~ns les livres de la même banque où il rc p re::;c nt e u n capita l prêté à vue <1 d ' autres institu ti ons (brokers, spéculateurs, etc.).

Curieux système qui pe rm e t d e foir e serv ir le même dol-

lar à deux et p <n·fois trois emp1oil:i simultanés, en fnisant

jouer la différence des échéances.

Par

un artifi ce d e comptahilité. on voit les dollars sor-

t ir. les

uns des aut res, co mme les tables-ÇJigog nes. en Ll tl

fo•sonnement qui tient de la magie plus que de la nature.

Un do Um

itnmobilis~ donJ1e na issnncc à

un

d o ll <H:

à

court terme, qu i engendre un dollar tl vue.

Doué d ·une ubiquité miraculeuse, le même capital se trouve occupé au m ême moment di'lns une usine sous

form e

d'outillage, dan~ la caisse d'une maison de com~

mer ce

o(r il paye des factur es

(escompte), à la Bourse

il guette une hausse des cours. Ce système de mélange bancaire (nuxed banking) est

37

excessivement favorabl e a u placement des titres, puisqu'il permet a u client de les acheter à crédit, avec de l'argent dont il ne dispose que pour un temps très limité. Cela est très commode aussi pour le banq uier qui tou~ che sa commission sur le placement de ce ti tre. Mais c'est au~si dangereux pour lui, car (lU cas où le client ferait de ma uvaises a ffa ir es . les titres peuve nt lui rester pour compte. C'est ici gu'intervient la Federal R eserve. Dans tous les pays civilisés, quand urt banq uier n'a plus a5sez de fv mb pvu~: satisfaire aux demandes de ses

so n portefeuille un certa in nombre

d'eff ets de commerc e qu 'il a d é jà esc omptés lui ~mêm e. i l y ajoute sa signature ( ce qui veut dire qu'il prend la

respon sa bilit é du pai e ment à l' é c héan

sente à la Banque de Réserve qui lu i a vance. e n bille ts

c.e banque, la somme demandée; mais de peur que la mul-

de provoquer une hau sse

rappor t minimum ent re le

volume des billets éJnis par la Banque et son encaisse-or.

clients . il pr end dans

ce ),

pui s il

les pré~

tiplication des bi llets ne r isque générale des prix, la lo i fixe un

C'est le frein à l' infl<:~tion.

E n

Amérique,

plu!l

qu'ailleurs,

un

tel

fre in

éta it

nécessaire.

Après bie n des krachs. on· a fini par le comp~:endre, et en 1913 (un an seulement avant la première guerre mondiale)> on a institué le Federal R eserve System, Au lieu d'une seule banq ue d'émission, comme en

eu douze

Europe, on a divisé le territoire des Etats-Un is distri cts à l a t ê te d e c h a cun d es quels se trou ve

une ba n~

38

que de Réserve

d 'émettre des billets.

(Federal Reserve Bank} avec faculté

M ais

toutes

les

banques

commerciales n e sont

pas

admi ses aut·éescompte (avan t la crise il y en a eu jusqu'à 28.000). 8.000 seulement sont reconnues comme affiliées

au System (M ember banks) -

nen t e nviron 75 o/o d u total des d épô ts exista nt dans

toute l'Union. Pour faire réescompter son papier, nous avons dit que

le banq uier remet un effet une signa ture) d'tm de ses clients, il y ajoute la sienne, ce qui le rend responsable du

paieme nt

doit d époser à la Banque de Réserve une

à 13 ro du montant tota l d e ses d épôts,

New~York ou à Chicng o, l 0 o/o s'il réside au s iège d e la Federal R eserve Bank de son district, et 7 o/o seulement s'il opère dans les régior.s rurales (country bank). En moyenn e , le d é pôt de gat·antie du ban qu i e r ( to lla~ téral) est donc de J l o/o. M oyen na n t quoi, les effets de commerce à une signature endossés par lui, deviennent rées co mptabl es (eli g ible pap er ) par l a Fed ern l R es e rV ·<! . Ce qui veut dire que pour $ 1.000 de garantie en fonds

d'E tat déposés à la Federal Reser ve, le banquier peut

faire réescompter sous sa responsabilité $ 9.000 d'effets escomptés par lui à ses clients. C'est la fameuse règle de la multiplication par 9 qui a soulevé de vives discussions parmi les techniciens. On ne s'expliquerait pas un coefficient si élevé si on ne se rappelait que le Federal Reserve System est entré en fonction la veille de la guerre ( 1913) à une époq ue où

il est vrai qu 'e lles détien~

; mais en contre~partie de cet engagement. il

ga ra ntie égale s' i l travaille à

39

la populntion co mposée en g:ande

possédait fai re a ux

M a is, à ce comp te. en ca s de crise provoquan t de nombrew;es de mandes de réescompte, la F ederal Rese rYe pourrait être a menée à mettre en circulation une telle quantité .de billets qu'il en résulterait une hausse exces-

s1ve d es p1·ix.

C'est pourquoi la loi a méricaine a mis une limite à

partie d'émig rnnts ne sufflsante po ur sa tis-

pas encore une épargne

besoins de son activité en plein essor.

ses av an ces. Ses bill ets doivent être couverts ù 100 'fr·

par son encaisse-or et pa r du papier bancable

pa per } en dossé par un banq uier respo nsable du paiem ent. De même, les dé pôts qu'elle a reç us en gage ( co lla té- ral) doivent être couverr·s par son en caisse-or à conc ut·-

rence J e 35 1o . Et comm e à ce moment ( 19 13), c e tte

en cn i sse - or proven a it , p o ur u ne

prunts faits à l'étranger, e t qu'on pouvait toujours cra in-

d re

toujours SIJpét'ieure de $ 400 million s <Ill couvertures.

tot <t l cl e ce s d e ux

une

marge de sécurité. S i cet excédent de $ 400 million s est arteint ou dépassé, on p e ul sans crainte opérer la multi~ plicution par 9. Dans le cas contraire, la Banque estime qu'il y a dan- ger. Elle hausse son taux de r:éescompte. Le banquier constate alors qu'il paye pour le réescompte presque aussi

cher que son client lui a versé pour l'escompte.

11 ex ige de celui~ci qu' ü r embo u rse, pou r rembou r se r lui- même la Federal Re serve Bank. De ce fait, le volume

(eligible

grande part . des en~

un

brusque retra i t, i l ful

st ipul é gu e l' e n ca is se~ m

r éelle devrait ê tre

Cet excédent disponible

(free

gold )

représente

40

des effe ts réescomptés diminue da~s le portefeuille de

la

caisse devient de nouveau disponible

Ba nqu e F éd érale et une

partie d e l'or

qu' elle a

(hee gold).

en

En somme, la multiplication par 9 'ne peut se fain~que dans la mesure des excédents d'or d e la Federal Reserve. C'est un e sag e préca ution.

M a is pa r contre, tout dollar-or qui entre d am; l'en- caisse-or en plus des $ 100 ntillions du f1·ee gold pettt augmenter de 9 fois le volume global des dépôts des ban- ques commerciales ::;ituées a u troisième échelon. Potu· peu que l'encaisse-or de la F ederal Rese rve

men te rap id ement, J'Am ér:iq u e dis po:;era d ' une formjcl n- ble machine à faire des dollars qui lui permettra. à l'aide

uug~

du mixed ban l<ing,

fantastiques.

d e fai re fa ce au x é missions Jes plus

de

l a Fe d era l R eserv e p e rm ett ront : de nH~surer ex ac teme n t les effets de cette méthode.

Au

r e.ste.

les

chiffres suivants

til'<!s

du

Bu ll e th

 

[

nco iSSO·O!

Total des dépois

 
 

to tcllo

d

es Ban que s

C()lnmerdoh)s

(/.;e!licient

d Q mult!plicmioJ ,

Juin

19 14

 

] .124

 

10.3 1I

9.2

Ju in

1919

2.456

IS.809

7. 6

Juin

1922

3.785

30.690

8, 1

Ju in

1928

4.3CS

44.234

10.3

A la veille de la guerre de 19 14, l'encaisse-or est faible

($ 1.1 24 millions ) et les d épô ts mo ntai e nt à $ 10. 3 1!. L es

41

Etats-U nis sont encore un pays pauvre, en plei~ e~so~et

e de capitaux· ' , aussi la ëgle - de multlpÜcatlon

qut manqu

·

par 9

De

joue à

1915 à

plein :

1031 1-

-

[.

124 _

1917, les

Alliés

90

"

passent d es

commandes

énormes aux Etats-Unis, mais comme le gouverne~1~nt ann~ricainreste neutre, il ne leur accor de pas d e creditS, les Alliés doivent payer partie en or. partie en titres. De ce f ait, l'encaisse-or augmente de S 1.125 millions.

D'avril 1917 à 1919, les Etats-Unis entrent en guerre, et il est aussitôt convenu que, désormais, chacun des gou- vernements associés payera les commandes fuites chez lui pour ces alliés. De ce. fait, l'Europ.e .cesse presque

com))lètement ses envois d or

($ 207 n111l10ns) ·

Néanmoins en juin 1919, l'encaisse métallique est à

$ 2.456 millions. Mais pour financer toutes ses dépenses de guerr~,la

dette publique amédcaine (Liberty loans) a augmente de

$ 24 milliards dont 15 pour les dépe~s:s propres c~es

LI . S. A. et 9 pour l es Alliés. Af in de facthter la souscnp- tion de ce~ titres, la F edet · a l R eserve <:l fnit joue~ 1~ mul- tiplication par 9. Les dépôts dan~les b~n~uespr,•vees ont pass é: de 10 à 18 m illi ards (s01 t 8 mtl l tards d augmen~

tation). C'est à peu près

Alliés. La guerre finie, le

l'équivalent

19 mars

est dénoncé.

42

de la somme pr êtée aux

1919, l'accord financier

Les Alliés sont à nouveau obligés de payer leurs fournitures (de paix, cette fois); leurs monnnies. même la E et le franc, commencent à se déprécier, et pour sou- tenir leur change, ils sont obligés d'envoyer de nouveau de J'or à New-York.

En j uin 1922 , 1'encnis Ee métal lique monte à 3 .785 milr lions. A lors, on pense à faire servir cet or au redresse~

ment de J'économie mondiale. Lu Feder·al jouer le mul tiplicateu r ; et les dépôts des

Reser ve la isse banques com-

me rt ii'llr:s mont·r:n t à - - - 8. 1

3C 690-

3 785-

Enfin en 1924, c'est l'élection de M. Hoover à la pré~ sidence des Etats-Unis . la stabi l isation du Mark alle~ mand, la pacification (provisoire) de J'Europe (Plan D a wes, Pacte Briand-Kellog) et l'expansion formida ble des crédits amér icains à travers le monde. Cette fois, quoique de J922 à 1928. l'encaisse-or n'ait augmenté que de $ 500 millions. le mu ltiplicateur joue à plein ( 10,5) ; en conséquence, le total des dépôts en banque passe de

$ 30 mil liards à "11. En somme, en six ans. $ 14 m illiards ont êté ainsi mis à la disposition des millions de patrons (petits et grands)

usiniers, commerçants et fenniers qui fonuent. la

clien-

tèle des banques. C'est cela (combiné avec les avances s u r titres), q u i leur <1 permis d'absorber la quantité énorme de titres jetés en si peu de temps sur le marché américain.

Ce n'est pas sur la richesse acquise, sur la masse des profits accumulés par tout un vieux peuple pendant plu~ sieurs générations que repose la gigantesque pyramide

accumulés par tout un vieux peuple pendant plu~ sieurs générations que repose la gigantesque pyramide 43

43

de titt·es édifiée ;par les banquiers américains; c'est sur l'activité d e millions de petits patrons, leur h abileté, et leurs efforts quotidiens pour faire Eace à leurs échéances . Mais, précisément, cette situation ne peut manquer d'inspirer à tout homme de bon sens quelques inq uiétudes. Les titres ainsi <1chctés à c<·édi~. ont-ils été réellement

train de faire du blé

souscrits? Les dollurs qui sont w

au Canada el en Argentine. ùu café en C olombie ou <tu Brésil. des machines électriques en Allemagne ec en Suède, sont-ils autre chose que le produit d'une fiction

banwire?

Federal

R eserve et les autres b<'nquiers leurs clien ts, d ans leur d ési r nëlt ttrel d'accroître leur chiffre d' a ffair es , n 'on t pas exagé ré le man ie ment de la nmltipli cation par 9, e t dép~ss1~l es poss ibili tés rée ll es dlt p e upl e a m éric ain?

Qui

nous

assure

que

les

banquiers

de

la

A cette qu est i o n .

1<~ Fe d e ra l R es erve a

f ait

e

lle

~m

ê

m

e

une réponse précise - et singulièrement révélatrice. , Au ~1 octo bre 1929, nu dé but du « fameux krach ame- ricain ». qui a déclenché la crise mondiale, voici quelle

ét<t it let s i t ullt io n d ' ensemb le d e toutes les banques c om --

m ~rciDle~ a ff i l iées

a u Syste m :

Portefeuille commercial (Effets escomptés) Fond d'Etats (Réserves propres des banques) Avances sur titres (titres achetés à crédit par les c lients)

Mi ll ions de $

%

15.973

44.6

4.095

11.4

8.109

22.5

44

Millions de$

%

Po rtefeuille titres

.(titres achetés par les Banques pri-

vées avec l'a r ge n t de la

F.

A vances aux brokers

(sommes prêtées à v ue, à la la Lion, e<1U moncy}

R. )

5.852

16.3

1.885

5.2

-

-

35.9 1':1

-

100.-

En somme sur les quelques $ 36 m ill iards figu rant à J'avoir des ban q ues américa ines, à la vei ll e du « krach », un peu p lus de l a moit ié seulem en t, 5 6 ro, représe ntait des opérations normales et des bénéfices défini tivement

acquis ( p o rtefeuill e~ commer c ia l e t autr e s r éserves p iC-

p res

(soit 20 Y'c ) ont été ache té s à crédit pa r

p ar ticu li e r s, grâ c e a u x avances s ur titr e s COJ1S. e n t ies

d e .<> b an qu e s)

:

8 milli a rd s

$

d es

par

o/o n'ayant pu êt re p la cés . mêm e à

cr édi t da ns l a clientè le ) ont été sous crits par les banqu iers

eu x-mê mes e t pa yés avec l'argent obtenu

Reserve.' contre d épô ts de fonds d'Etat:

ti tres émis

F ed era l

leurs ba nquiers ;

$

5.8

(soit 11

et

d e

d es

la

A u

t oto l.

ù

lo ve ille

du krach.

31

%

n'étaient pas. comme o n dit, « classés » à

les

redres.ser l' économie mondiale, ~ et à mu ltjpJ ier leu rs profits -. les banquiers, seuls répartiteurs des crédits avaient dépassé d' un bon tiers les facultés d'épargne du peuple américain.

Supposez. qu'une crise commerciaJe prolongée vienne

demeure dans

leur

ardeur

ù

portefeuilles

des

particuliers.

Dans

45

à réduire les dépôts en banque, ceuK q ui ont acheté à crédit lems titres, ne pourront les payer. e t leu rs quelque $ 8 milliards retomberont à la charge des banques qui auront fait les avances. Du même c oup. l es cou.r s de ces t itre s non cla ss és b a is~ seront plus vite encore que les autres, le portefeuille~titres des banquiers sera donc considérablement déprécié, et leu:: bilan deviendra déficitaire. D és ce momen t ( 1929 ), toute la str ucture bancaire des

Etats ~ Unis ~ ta it en porte ~à~ fau x . Et l'on pou va it d é jà

dis:ing uer la fissure qui devait, 3 ans plus tard, en 1933. entraîner la fermeture soudaine de toutes les banques américaines. To ut cela était extrêmement im pruden t. L e gouvemè- ment ni les banq uiers ne pouvaient l'ignore r. Mais le gouvernement (en vertu du principe « libéral ») n'avait pas à intervenir. Et les banquiers n'ignoraient pas qu'en

de baisse, ils pouvaient voir s'écrouler leur châtea u de cartes. mais ils étaient tranquilles, car ils avaient en main la machine à faire la hausse.

cas

46

LA

CHA PITRE III.

MACHINE

A

FAIRE

LA

HAUSSE

Toute spéculation es: un drame à quatre personnages :

1'' L 'amate ur, l e p lus souvent, ac hè te q uand les cours mon tent et vend qual1C:: ils baissen t.

attentif a u retour

du pendu le, a chète qua nd le titre baisse et vend quand il

mont~. Le second gagne généralement ce que perd prem•er.

2o Le professionnel, mie ux

avisé,

le

T ous les deux d'ailleurs achèten t et vendent des titres

C] ll i n~ l e ur app a

rtienn e nt p as :simplem en t, i ls les emprun~

tent pout· q u e l q ue s j o u :s ou quelques s e m a ines , moyen~ nant un léger intérêt, à un broker qui les gurde da ns son coffre. I ls jou en t sur la différence en tre le cours du ti tre

au .mome.~t du prêt et cel u i qu'il cotera à la fin ratJOn. S ll y a gain, le spéc ulateur en re çoit le

de J' op é- montan t,

mais comme Il pe ut y aYoir perte, il doit d époser au p réa- lable, en « couvertur e », ch ez son banq ui er, une certaine

47

somme proportionneUe a u nombre des titres et au risque couru. Ainsi , a v ec u ne<< couve rt ure » de 2.000 dollars, on peut spéculer sur 10.000 dollars de titres et plus. 3~ Le Broker (ag ent de change ou coulissieJ:) est un

homme pruden t qui prê te aux spécu lateurs --- sans s'en des sa:s i r .- les titres su r le sq uel s ilt- jouent. Il touche son

cou r tag e, qu' il y a it gain ou perte, à vertu:-e » déposée chez lui par son

d o 11 c pr a tiqu l":ment a ucun ri sque .- sa uf le cas où il a urait

demandé une « couverture » insuffisante. Le Broker emprunte gér1éralement lui-même rargent avec lequel il achète les titres prêtés aux spéculateurs. Il gagne sur la diffé rence e ntre l' intéL·êt qu' il paye e t celui qu'il reçoit d e ses clients. 4• Le banquier p rête aux brokers l'argent avec lequel ceu x-ci achèten t les titres p rêtés at:x spéculateurs profes~ sionnels ou amateurs. ' Admirabl e hi é rar c hi e, clan s l nquelle l e banqui e r n e ris~ que rien ou presque rien, puisqu'il est« couvert »par le

bro ker. lequel est protégé lui-même par la «

couverture »

de son cli e nt. Cel ui- ci ns s urne to us l es risqu es de la spé- cula:ion, mais grace à la collal>oration des deux autres, il peut. avec un e mise assez faible, jouer sur tm nombre

de titres cinq ou six fois plus grand e t multiplier par con~ sé qu en t l'importa nce d e son gain - ou de sa perte. Ajoutons que l'luge nt ainsi a vancé par le banq uie r n 'e st pas. on le pense bien, son propre argent. N ous <1vons vu q ue, lorsq u'un banquier consent une « ouverture de crédit » à un clien t, celui- ci ne retire généralement pas

l' Abri .de la

« cou~

client. Il ne cour t

48

tout cl~ s uite la. totalité de la somme . Le banquier peut d~ncd1sposer dune par ti:: pendant quelq ues ·jours et par- fors q~elq~es semaines. Naturellement, il ne laisse pas

ce c ap rtal Im p roducti f : J' a rg e nt doit toujour s << travnil-

ler » . Toutefois,

court terme, puisque le d éposant à qul l e banquier l'a h:i~

celui~là ne peut

être

placé q u'à

très

même emprunté

a . tout mstant. .

(sans le lui dire),

peut le red e

cl.,

man -r

Le meilleur type d e ce placemen t, c'est précisément lc:s

« report »

«

avances aux brokers »

ou

s 1 · l'on

.

veut

,

le

·

en Bourse.

~e ? anguie r tr~uve u~ placement qu ' j J peut « liqui -

~ sa . ; ol on t e et c e st J id é<l l po ur cette partie de se s

êt r e r e t ir ées .

d~x »

drsp.onlbJit~es qui pe u v

e nt à t out m o m e nt lui

placer

d e, gro.sses som~ es ch e z l es brok er s; l e « cali money »

b.ms ser n, les speculate urs multipl ie ront le urs achats de

S r ces disponibilités sont abond a n tes. il pourra

h

tres. et il y aura en Bo urse «