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COMPTABILITE APPROFONDIE

Mme. RAMI YAHYAOUI Houda

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PLAN DU COURS

CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL DE LA COMPTABILITE

CHAPITRE II : EVALUATION DES ACTIFS ET DES PASSIFS DE


L’ENTITE: IMMOBILISATIONS ET STOCKS

CHAPITRE III : EVALUATION DES ACTIFS ET DES PASSIFS DE


L’ENTITE: TITRES, CREANCES ET DETTES

CHAPITRE IV : RATTACHEMENT DES CHARGES ET DES PRODUITS AU


RESULTAT DE L’EXERCICE

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CHAPITRE II- Évaluation des actifs et des passifs
de l'entité : immobilisations et stocks

SECTION 1-Évaluation des immobilisations.


SECTION 2 - Opérations de recherche développement.
SECTION 3- Logiciels et sites Internet.
SECTION 4- Stocks et en cours.
SECTION 5 - Immobilisations et stocks en monnaies étrangères.

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CHAPITRE II- Évaluation des actifs et des passifs de
l'entité : immobilisations et stocks

SECTION 1-Évaluation des immobilisations.


1. Immobilisations en non valeurs
A. Valeur d'entrée
B. Amortissement
C. Valeur actuelle

2. Immobilisations corporelles et incorporelles


A. Valeur D'entrée
B. Immobilisations amortissables : valeur nette d'amortissements
C. Valeur actuelle des immobilisations
D. Valeur Au Bilan : valeur comptable nette
E. Evaluation à la sortie du patrimoine

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1. Immobilisations en non valeurs

L’immobilisation en non-valeurs de certains coûts (frais préliminaires, charges à


répartir sur plusieurs exercices, primes de remboursement des obligations) présente les
particularités suivantes :

A. Valeur d'entrée :

La valeur d'entrée est constituée :

par la somme des charges dont l’étalement sur plusieurs exercices est opéré en vertu
de leur caractère propre (frais préliminaires) et en vertu d'une décision exceptionnelle
de gestion (charges à répartir) ;
par le montant total des primes de remboursement des obligations (différence entre le
montant futur à rembourser hors intérêts, et le montant versé par le prêteur).

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1. Immobilisations en non valeurs

L’immobilisation en non-valeurs de certains coûts (frais préliminaires, charges à


répartir sur plusieurs exercices, primes de remboursement des obligations) présente les
particularités suivantes :

B. Amortissement

L’amortissement de ces éléments constitue l’étalement par report sur plusieurs


exercices (dont le premier) d'une charge déjà subie ou consommée : tel est par
exemple le cas des frais de constitution engagés dans l’exercice, réparti
exceptionnellement sur les exercices ultérieurs pour des raisons de gestion.

Cet étalement par amortissement doit être effectué selon un plan préétabli sur un
maximum de cinq exercices, y compris celui de constatation de la charge.

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1. Immobilisations en non valeurs

L’immobilisation en non-valeurs de certains coûts (frais préliminaires, charges à


répartir sur plusieurs exercices, primes de remboursement des obligations) présente les
particularités suivantes :

C. Valeur actuelle

La valeur actuelle d'une immobilisation en non valeurs est, par prudence, présumée
nulle.
Ses éléments ne peuvent, en conséquence, donner lieu à constatation de « provisions
pour dépréciation ».
Les postes d'immobilisation en non-valeurs figurent donc au bilan pour leur « valeur
nette d'amortissements ».

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2.Immobilisations corporelles et incorporelles

A. Valeur D'entrée

Les immobilisations incorporelles et corporelles sont inscrites à :

leur coût d'acquisition pour les immobilisations acquises à titre onéreux ;


leur coût de production pour celles qui sont produites par l’entreprise pour elle-
même.

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Coût d'acquisition des immobilisations corporelles et incorporelles

Le coût d'acquisition est formé

a) du prix d'achat augmenté des droits de douane et autres impôts et taxes non
récupérables et diminué des réductions commerciales obtenues et des taxes
légalement récupérables ;

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Le coût d'acquisition est formé

b) des charges accessoires d'achat y afférentes, tels que :

•transports
•frais de transit
•frais de réception
•assurances de transport ... à l’exclusion des taxes légalement récupérables.

Sont cependant à exclure des charges accessoires d'achat des immobilisations les frais
d'acquisition d'immobilisations qui consistent en :
•droits de mutation (enregistrement) ;
•honoraires et commissions ;
•frais d'actes.

Ces frais sont à inscrire en « charges à répartir sur plusieurs exercices », et amortir sur
cinq exercices au maximum.

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Le coût d'acquisition est formé

c) des charges d'installation qui sont nécessaires pour mettre le bien, en état
d'utilisation à l’exclusion des frais d'essais et de mise au point qui sont à classer dans
les charges de l’exercice ou, le cas échéant, susceptibles d'être répartis sur plusieurs
exercices.

Les frais généraux et les charges financières engagés pour l’acquisition


d'immobilisations sont exclus du coût d'acquisition de ces immobilisations.
Toutefois, dans le cas exceptionnel d'un délai d'acquisition supérieur à un an, les
frais financiers spécifiques de préfinancement se rapportant à cette période peuvent
être inclus dans le coût d'acquisition de ces immobilisations ; avec mention expresse
dans l’ETIC (AI).

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EXEMPLES

Entrée au coût d'acquisition

a) La société Barbara réalise l'acquisition au 1 er mars N d'un matériel industriel et


effectue les dépenses suivantes :

•Prix d'achat brut du matériel (acquis à l'étranger) : 50 000


•Remise accordée par le fournisseur : 2 500
•Escompte attribué par le fournisseur : 475
•Droits de douane : 6 000
•TVA :9405
• Frais de transport, d'installation et de montage nécessaires à la mise en utilisation
du bien (dont TVA 600) : 3 600
• Frais de transport postérieurs à la mise en utilisation (dont TVA 400) : 2 400
Charges financières exposées pour l'acquisition du bien : 1 000

Evaluez le côut d’acquisition et passez les écritures comptables

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Coût de production des immobilisations corporelles et incorporelles

Le coût de production des immobilisations est formé de la somme

 du coût d'acquisition des matières et fournitures utilisées pour la production


de l’élément ;
des charges directes de production tels les charges de personnel, les services
extérieurs, les amortissements ;
des charges indirectes de production dans la mesure où elles peuvent être
raisonnablement rattachées à la production de l’immobilisation.

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Toutefois, ce coût de production réel et complet ne comprend pas, sauf conditions
spécifiques de l’activité à justifier dans l’ETIC (AI) :

 les frais d'administration générale de l’entreprise ;


 les frais de stockage ;
 les frais de recherche et développement ;
 les charges financières.

Néanmoins le coût de production des immobilisations peut comprendre le montant des


intérêts relatifs aux dettes contractées pour le financement de cette production depuis le «
préfinancement » spécifique jusqu'à la date normale d'achèvement de l’immobilisation
ou de sa mise en service si elle est exceptionnellement antérieure à cette date.
Mention doit être faite dans l’ETIC de cette inclusion de charges financières.

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Entrée au coût de production

La société Bernard a engagé les dépenses suivantes pour la production d'une machine-outil complexe :

•Matières consommées : 15 000


•Charges directes de production : 22 000
•Quote-part de charges indirectes de production : 4 800

D'autre part, pour financer cette production l'entreprise a dû emprunter une somme de 30 000 au taux
de 6%. La période de fabrication a duré 8 mois (du 1 er mars au 31 octobre). L’entreprise opte pour
l’inclusion des charges financières.

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Entrée au coût de production

La société Bernard a engagé les dépenses suivantes pour la production d'une machine-outil complexe :

•Matières consommées : 15 000


•Charges directes de production : 22 000
•Quote-part de charges indirectes de production : 4 800

D'autre part, pour financer cette production l'entreprise a dû emprunter une somme de 30 000 au taux
de 6 0/0. La période de fabrication a duré 8 mois (du 1 er mars au 31 octobre).

Cette société peut inclure les coûts d'emprunts pour financer l'acquisition ou production de l'actif
lorsqu'ils concernent la période de production de cet actif, jusqu'à la date d'acquisition ou de réception
définitive.

Dans l'exemple, le montant de l'intérêt s'élève à : 30 000 x 6 % x 8/12 = 1 200

Compte tenu de la TVA (due à compter de la première utilisation en cas de production par l'entreprise
pour elle-même), on comptabilisera cette production de la manière :

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CAS D’APPLICATION:

La Société Nouvelle de Bâtiment, SNB, est spécialisée dans la construction de bâtiments,


l'adduction d'eau, le terrassement et l'assainissement. Son exercice comptable coïncide avec
l'année civile.
En N et N+ 1 les services de la société ont procédé à l'édification du nouveau siège social de
l'entreprise. Le coût des travaux engagés est le suivant (montants hors taxes , correctement
enregistrés dans les comptes de charges) :
Éléments N N+1

48 700 17 100
Matières premières consommées
Autres charges variables de 39 800 25 600
production
Charges fixes de production 21 400 12 500

Quote-part de charges 2 300 1 400


d'administration

Afin de financer les travaux la SNB a emprunté à sa banque 100 000, le 1 er mars N, à un taux
de 6 % (emprunt remboursable in fine le 31 décembre N+3).
Le chantier a débuté le 15 mars N et s'est terminé à la date de mise en service, le 1 er juin N+ 1 .
S'agissant d'un actif éligible, la SNB opte pour l'incorporation des charges financières dans le
coût de production de l'immobilisation. Compte tenu d'une conjoncture difficile, les dirigeants de
la SNB estiment le taux d'activité réel à 70 % de l'activité normale pour les exercices N et N+ 1 .

1 . Déterminer la valeur de la construction au 31 décembre N et au 1 er juin N+ 1 . Justifier


les calculs.
2. Enregistrer les écritures nécessaires aux mêmes dates dans la comptabilité de la SNB.
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COUT D'ACQUISITION COUT DE PRODUCTION
= Prix d'achat net HT = Coût d'acquisition des matières et
+ Frais accessoires externes (transport, fournitures utilisées
transit, assurances, etc.) + des charges directes de production
+ Charges accessoires internes (frais de tels les charges de personnel, les
personnel, montage, transport) services extérieurs, les amortissements
+ Frais d'installation pour la mise en + des charges indirectes de production
état d'utilisation dans la mesure où elles peuvent être
+ TVA et taxes non récupérables et raisonnablement rattachées à la
droits de douane production de l’immobilisation.

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COUT D'ACQUISITION COUT DE PRODUCTION
Sont exclus: Sont exclus:
- les frais d'essais et de mise au point de - les frais d'administration générale;
l'immobilisation ; - les frais de stockage des produits;
- les droits de mutation (enregistrement), - les frais de recherche et développement
honoraires, commissions et frais d’acte; - les charges financières. le coût de production des
- les frais d'administration générale; immobilisations peut comprendre le montant des
- la quote-part supplémentaire des charges fixes intérêts relatifs aux dettes contractées pour le
unitaires résultant d'une sous-activité de la financement de cette production depuis le "
fonction achat de l'entreprise; préfinancement " spécifique jusqu'à la date
- les charges financières. Toutefois, dans le cas normale d'achèvement de l’immobilisation ou de
exceptionnel d'un délai d'acquisition supérieur à sa mise en service si elle est exceptionnellement
un an, les frais financiers spécifiques de antérieure à cette date. Mention doit être faite
préfinancement se rapportant à cette période dans l’ETIC de cette inclusion de charges
peuvent être inclus dans le coût d'acquisition de financières.
ces immobilisations; avec mention expresse dans - les pertes et gaspillages accidentels ou
l’ETIC. exceptionnels ainsi que la quote-part des frais fixes
NB: Les charges ne pouvant pas faire l’objet résultant de la sous-activité.
d’une intégration dans la VE d'une NB: Le PCM a retenu le concept du "coût
immobilisation, doivent soit être complet" pour la détermination du coût de
comptabilisées en charges, soit être intégrées production conformément aux normes
dans les frais d'acquisition d'immobilisation internationales.
(compte 2121).

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B. Immobilisations amortissables : valeur nette d'amortissements

1) Immobilisations amortissables

Ce sont celles dont le potentiel de services attendu s'amoindrit normalement avec le


temps en raison :
de phénomène d'usure ou de désuétude ;
d'inadaptation aux conditions changeantes de la technique ou de l’économie
(obsolescence) ;
de toute autre cause.

Ces amoindrissements de potentiel, de caractère prévisible et définitif ont pour


conséquence la constatation d'une réduction progressive de la valeur de
l’immobilisation, tout au long de son utilisation, jusqu'à une « valeur résiduelle »
souvent très faible, voire nulle, à la fin de la durée d'utilisation de l’immobilisation.

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2) Amortissement des immobilisations:

L’amortissement est la répartition de la différence entre la valeur d'entrée et la valeur résiduelle,


(ou montant « amortissable » sur la durée d'utilisation de l’immobilisation.

Cette durée d'utilisation prévisionnelle peut être :


-soit la « durée de vie » probable de l’immobilisation, laquelle est appréciée en fonction de facteurs
physiques (usure ...) ou économiques (obsolescence, marché ...) qui la conditionnent. A la fin de la «
durée de vie », la valeur résiduelle prévisionnelle est généralement à considérer comme nulle ; le
montant amortissable est alors égal à la valeur d'entrée ;

-soit une « durée d'utilisation » propre à l’entreprise, inférieure à la durée de vie, et choisie en
fonction de sa politique ou de sa stratégie (renouvellement systématique au bout de n années ...), ou
d'autres facteurs (exemple : limites juridiques légales ou contractuelles d'utilisation ...).

Dans cette hypothèse, la valeur résiduelle prévisionnelle est en principe relativement importante ;
elle doit faire l’objet d'une estimation raisonnable en fonction du prix de cession probable exprimé en
dirhams de la date d'entrée, le montant amortissable est alors égal à la différence entre la valeur
d'entrée et cette valeur résiduelle.

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EXEMPLE

la société Archimède a construit un bâtiment situé sur le domaine public. La concession est de
15 ans et le bâtiment devra être laissé à la collectivité publique à la fin de la concession. La
durée d'usage peut être estimée à 25 ans.

Quelle est la durée d’amortissement?

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EXEMPLE

La société Anatole a fait l'acquisition d'un véhicule automobile.

Le coût d'acquisition de ce véhicule est de 30 000 et au bout de cinq années la valeur de revente
diminuée des frais est estimée à 10 000

Déterminez la durée et le montant amortissable?

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3) Plan d'amortissement

La répartition systématique du montant amortissable sur chaque exercice pendant la


durée d'utilisation du bien constitue le « plan d'amortissement » de l’immobilisation.

Ce plan prend la forme d'un tableau préétabli faisant apparaître le montant des
amortissements successifs, leur cumul à la fin de chaque exercice ainsi que la « valeur
nette d'amortissements » en résultant.

Dans le cas particulier où ce tableau ne peut être préétabli, du fait que l’amortissement
annuel est calculé en fonction d'un paramètre physique ou économique (exemple :
nombre d'heures d'utilisation, nombre d'unité physiques fabriquées, nombre de
kilomètres parcourus ...), la règle retenue doit être clairement mentionnée dans le
tableau d'amortissement (mention du nombre d'unités préétabli correspondant au
montant amortissable).

Le mode de répartition de l’amortissement sur les différents exercices doit être choisi
sur la base de considérations essentiellement économiques : il peut conduire à des
amortissements annuels constants (méthode de l’amortissement linéaire), dégressifs….

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EXEMPLE

La société Alban a fait l'acquisition d'une machine à commande numérique réalisant par tournage
et alésage des pièces destinées à l'industrie automobile. Cette machine est appelée à produire des
pièces pendant une durée de cinq années. On estime sa capacité globale de production à 500 000
pièces.

La valeur amortissable de la machine à commande numérique (différence entre son coût


d'acquisition et sa valeur résiduelle) pourrait être répartie en fonction du temps c'est-à-dire en fait
linéairement sur les cinq ans.

Elle pourrait être aussi répartie en fonction de la production réalisée. Ainsi, si la première année il
est réalisé 120 000 pièces, l'amortissement représentera 120 000 / 500 000 = 24 % de la valeur
amortissable.

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4) Début et fin du calcul de l’amortissement

Le calcul de l’amortissement est opéré dans les conditions suivantes :


a. début du calcul : l’amortissement est calculé à compter de la date de réception de
l’immobilisation acquise ou de la livraison à soi-même de l’immobilisation
produite. L’entreprise peut différer le calcul de l’amortissement jusqu'à la date
effective de mise en service lorsque l’immobilisation ne se déprécie pas
notablement dans l’intervalle.
b. Fin de calcul : l’amortissement est calculé jusqu'à la date de sortie du patrimoine de
l’immobilisation dans la limite de la valeur d'entrée ; En cas de sortie de
l’immobilisation en cours d'exercice, il y a lieu de comptabiliser l’amortissement
couru depuis le début de l’exercice jusqu'à la date de sortie du bilan, pour
déterminer la valeur nette d'amortissements de l’immobilisation à cette date.
Lorsque le cumul des amortissements est égal à la valeur d'entrée, le calcul est
arrêté, et le bien figure au bilan pour une valeur nette d'amortissements nulle et y
reste inscrit aussi longtemps qu'il n'est pas cédé ou retiré du patrimoine.

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5) Les divers systèmes d'amortissements

Amortissement constant
Ce système correspond aux caractéristiques suivantes:
- le taux d'amortissement correspond à l'inverse de la durée de vie du bien à amortir;
- les dotations aux amortissements annuelles sont réparties de façon homogènes (annuités
égales);
-la première annuité est calculée non pas par rapport au début de l'exercice, mais en
fonction de la date d'acquisition ou de mise en service du bien (calcul au "prorata
temporis") sauf pour les immobilisations en non- valeur.

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Les taux admis fiscalement:

LIBELLE TAUX ADMIS


Immeuble à usage d'habitation ou commercial 4%

Immeubles industriels construits en dur 5%

Constructions légères 10%


Matériel, Agencements et Installations 10% à 15%

Gros matériel informatique 10% à 20%


Matériel informatique, périphérique et 20% à25%
programmes
Mobilier et Logiciels 20%
Matériel roulant 20% à 25%
Outillage de faible valeur 30%

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Amortissement dégressif

Ce système autorise la pratique d'annuités décroissantes. Ainsi, il permet de dégager


des dotations plus fortes les premières années et moins fortes ensuite. Le taux
d'amortissement dégressif correspond au taux linéaire multiplié par un coefficient
fixé par l'administration fiscale en fonction de la durée du bien (1,5 si la durée de vie
entre 3 et 4 ans, 2 si elle de 5 ou 6 ans et 3 si elle dépasse 6 ans).

Les biens d'équipement acquis, à l'exclusion des immeubles quelle que soit leur
destination et des véhicules de transport de personnes peuvent, sur option
irrévocable de la société, être amortis dans les conditions suivantes :
-La base de calcul de l'amortissement est constituée pour la première année par le
coût d'acquisition du bien d'équipement et par sa valeur résiduelle pour les années
suivantes ;
-La société qui opte pour les amortissements précités doit les pratiquer dès la
première année d'acquisition des biens concernés.

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Amortissements dérogatoires

Devant être justifié exclusivement par des considérations d'ordre économique,


l’amortissement comptable ne coïncide pas nécessairement avec l’amortissement
fiscalement ou réglementairement autorisé :

lorsque l’amortissement fiscal est inférieur à l’amortissement comptable, ce


dernier est maintenu en écritures, la différence faisant l’objet d'une « réintégration »
fiscale extra comptable ;

lorsque l’amortissement fiscal, supérieur à l’amortissement comptable, doit


être, en vertu des textes législatifs ou réglementaires, enregistré dans les écritures
comptables (et non simplement déduit de façon extra comptable), il y a lieu de porter
dans les " provisions réglementées « l’excédent de l’amortissement fiscal sur
l’amortissement comptable » dénommé « amortissement dérogatoire ».

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EXEMPLE:

L'entreprise "FADEL" a réalisé un investissement en matériel industriel de 1


000 000 DH, au début de l'exercice 2012, amortissable sur 5 ans. Elle opte pour
l'amortissement dégressif.

1° Présenter le tableau d'amortissement dégressif (tableau 1).


2° Présenter un tableau faisant apparaitre les amortissements dérogatoires (tableau
2).
3° Passer au journal de l'entreprise les écritures du 31 décembre 2011 et 31
décembre 2014 (tableau 2).

31
CORRIGE:
1° Plan d'amortissement dégressif (tableau 1)

Année VNA Taux Taux Taux Annuit Cumul VNA fin


début dégress consta retenu é d'amor d'exerci
de if nt tisseme ce
l'exerci nt
ce

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2° Amortissements dérogatoires (tableau 2)

Année Base Amortisse Amortisse Amortissement


amortissa ment ment dérogatoire
ble linéaire dégressif
Dotation Reprise (-)
(+)

3° Ecritures au journal

33
6) Informations relatives aux amortissements

Pour chaque catégorie principale d'immobilisations amortissables (correspondant à


un « poste » du bilan, ou, pour les postes d'un montant important, à des éléments
significatifs de ce poste) l’ETIC (A1) doit mentionner la méthode d'amortissement
utilisée.
Les méthodes d'amortissement retenues doivent être appliquées de façon constante
d'un exercice à l’autre, à moins que des circonstances nouvelles ne justifient un
changement (exemple : innovation technologique devant rendre rapidement
obsolète un équipement installé).
A la fin de l’exercice au cours duquel intervient la révision du plan d'amortissement,
il y a lieu de faire mention de ce changement dans l’ETIC, en y indiquent ses motifs
et son influence sur le patrimoine, la situation financière et les résultats. (A3).

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C. Valeur actuelle des immobilisations

Conformément aux méthodes dévaluation, la valeur actuelle d'une immobilisation


incorporelle ou corporelle est déterminée à partir du marché et de l’utilité du bien pour
l’entreprise.

La référence du marché est normalement le prix actuel d'achat de l’immobilisation (à la


date de l’inventaire), majoré des charges accessoires d'achat et d'installation, ou le coût
actuel de production pour les immobilisations produites par l’entreprise pour elle-
même et n'ayant pas d'équivalent sur le marché ; ces coûts sont corrigés en baisse en
fonction de l’usure ou de l’âge de l’immobilisation.

L’utilité du bien pour l’entreprise doit être tout particulièrement prise en considération
car l’immobilisation doit être évaluée dans l’état et le lieu où elle se trouve en fonction
de son utilisation future par l’entreprise.
Dans cette évaluation, il est normalement supposé que l’entreprise restera en «
continuité d'exploitation » tout au long de la durée d'utilisation prévue du bien.

35
Tenant compte de ces références, la valeur actuelle de l’immobilisation peut être
considérée comme étant le prix qu'accepterait d'en donner un acquéreur éventuel
de l’entreprise dans l’état et le lieu où elle se trouve.

La valeur actuelle de l’immobilisation ne doit pas, en conséquence, être confondue


avec son prix actuel de revente éventuelle.

En revanche, en l’absence de continuité d'exploitation, la valeur actuelle doit tenir


compte de la perspective plus ou moins proche de cession voire de liquidation de
l’entreprise ou de la branche d'entreprise concernée, ou de celle de la cession de
l’immobilisation ; la référence de marché devient alors le prix probable de cession
sous déduction des frais relatifs à cette cession (tels que démontage, transport ...).

36
Le PCM énonce trois formes de la valeur pour un élément d'actif:

une valeur d'entrée dans le patrimoine (VE);


une valeur actuelle à une date quelconque et notamment à la date
d'inventaire (VA);
une valeur comptable nette, celle figurant au bilan (VCN).

-La VE des éléments immobilisés dont l'utilisation est limitée dans le temps doit
faire l'objet de corrections de valeur sous forme d'amortissement. La VE diminuée
du montant cumulé des amortissements forme la valeur nette d'amortissement de
l'immobilisation (VNA);

- La valeur actuelle (VA) est une valeur d'estimation, la date considérée,


calculée en fonction du marché et de l'utilité économique de l'élément pour
l'entreprise. Elle ne doit pas de ce fait être confondue avec la valeur vénale de
l'élément (valeur de revente).

37
-A la date d'inventaire (clôture du bilan), la VA est comparée:

la VE pour les éléments non amortissables;


la VNA pour les éléments amortissables (VNA étant calculée après
amortissements de l'exercice).

A la suite de cette comparaison:

si VA>VE (ou VNA) : VCN reste égale à la VE ou VNA;


si VA<VE (ou VNA) : VCN doit être égale à la VA par application du
principe de prudence; la moins-value ainsi constatée (VE - VA ou VNA-VA)
est inscrite en comptabilité :
 -soit sous forme de charge exceptionnelle si elle a un caractère
définitif.
 soit sous forme de provision si elle n'a pas un caractère définitif.

38
EXEMPLE

La société Angèle a fait l'acquisition d'une presse à ébarber qu'elle compte utiliser cinq années
avant de la revendre à une entreprise située dans un pays en voie de développement.

Le prix de vente peut être estimé à 100 000 et les frais liés à cette vente (frais de recherche, frais
d'installation chez le client pris en charge) sont estimés à 10 000 .

La valeur résiduelle est donc de 100 000 - 10 000 = 90 000

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La société Armel a fait l'acquisition le 1 janvier N d'une machine-outil à commande numérique
d'un coût de 210 000 DH. Cette machine est amortissable sur 5 ans (valeur résiduelle ou prix de
vente net des frais de cession au 31 décembre N+4 : 10 000 DH) .

Cette machine est destinée à réaliser un produit spécifique dont il est attendu les productions
suivantes :

 12 000 unités en N
 14 000 unités en N+l
 10 000 unités en N+2
 8 000 unités en N+3
 4 000 unités en N+4.

La marge attendue est de 3 DH par unité.

Le taux d'actualisation des flux de trésorerie attendus de l'utilisation de ce


matériel est de 10 % avant impôt.

Le prix de vente net de frais de cession de la machine outil (valeur vénale)


serait de 80 000 DH fin N.

La valeur d'usage fin N se calcule à partir d'un tableau de flux de trésorerie


actualisés .

Calculez le montant de la dépréciation fin N.


40
Fin N+1 Fin N+2 Fin N+3 Fin N+4
Marge 42 000,00 30 000,00 24 000,00 12 000,00
Cession machine 10 000,00
Flux de trésorerie 42 000,00 30 000,00 24 000,00 22 000,00

Coefficient d'actualisation 0,90909091 0,82644628 0,7513148 0,68301346


Flux actualisé 38 181,82 24 793,39 18 031,56 15 026,30
La valeur d'usage 96 033.07

La valeur d'usage est donc de: 96 033.07 DH

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L'amortissement pratiqué est de (210 000 - 10 000) x 20 % = 40 000 DH

La valeur nette d’amortissement du matériel est de 210 000 - 40 000 = 170 000 DH

La valeur vénale: 80 000 DH

La valeur actuelle est la plus élevée de la valeur d'usage et de la valeur vénale .

C'est ici la valeur d'usage qu'il faut retenir, soit 96 033.07DH.

La dépréciation est de : 170 000.00 - 96 033.07=73 966.93

42
D. Valeur Au Bilan : valeur comptable nette

La valeur comptable nette devant figurer au bilan est :

-la valeur d'entrée (immobilisations non amortissables) ou la valeur nette


d'amortissements (immobilisations amortissables, dans le cas général ;

- la valeur actuelle dans le cas où celle-ci est notablement inférieure soit à la valeur
d'entrée soit à la valeur nette d'amortissements révélant une moins-value latente.

-Les plus-values latentes n'étant pas comptabilisées en vertu du principe de


prudence car non réalisées, sont conservées comme valeur comptable nette, soit :
-la valeur d'entrée pour les immobilisations non amortissables ;
-la valeur nette d'amortissements pour les immobilisations amortissables.

-Les moins-values latentes sur immobilisations, si elles sont d'un montant relatif
notable, donnent lieu à constatation de « provisions, pour dépréciation », ou, dans
le cas exceptionnel où elles présenteraient un caractère définitif, « d'amortissements
exceptionnels ».
L’observation d'écarts importants entre la valeur actuelle et la valeur nette
d'amortissements d'une immobilisation est de nature à conduire à une révision du
plan d'amortissement si les causes de ces écarts risquent de se maintenir
durablement. 43
E. Evaluation à la sortie du patrimoine

« Les immobilisations sorties de l'actif, soit par cession soit par disparition ou
destruction, cessent de figurer aux comptes d'immobilisations. Les comptes
d'amortissements et de provisions de toutes natures correspondant à ces
immobilisations sont simultanément retirés de leurs comptes respectifs. ». Titre 3 du
CGNC.
La sortie du patrimoine peut se faire à l’occasion de cession, d'échange, de
destruction, de donation, d'apport en société ou du vol,...

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Cas de cession d'une immobilisation:

EXEMPLE:

L'entreprise "ABC" a procédé le 15 septembre 2015 à cession d'un camion acquis le 02 octobre
2012, au prix de 190 000 DH (chèque n°123565 sur la BP). Sa valeur d'entrée est de 350 000 DH
et la durée d'amortissement est de 5 ans. Aucune écriture n'a été constatée à la date de cession.

Passer au journal de l'entreprise les écritures nécessaires.

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Cas d'échange:

EXEMPLE:
Un matériel acquis à 400 000 DH en Octobre 2011 est amortissable selon le système constant
en 10 ans. Il est échangé le 30 juin 2015 contre un matériel neuf valant 450 000 DH HT (TVA
20%). Le matériel ancien est repris à 200 000 DH; le reste (le reliquat) est réglé par chèque
bancaire n°124532
Passer au journal de l'entreprise les écritures nécessaires en 2015.

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Cas de destruction d'une immobilisation (mise au rebut):

EXEMPLE:
L'entreprise "POINFO" a acquis un ordinateur "ABM" au prix de 18 000 DH TTC le 04 mars
2013. Elle a procédé à son amortissement sur 6 ans et 8 mois selon le mode linéaire. Suite à une
surtension électrique survenue le 05 Août 2015, l'ordinateur est complémentent détruit.
Passer au journal de l'entreprise les écritures nécessaires au 31 décembre 2015.

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