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API'E,\I>H;b A i.A kk.vmxm: \i j.iwii.ii ISiiS.

KNQUÈÏK

Sur IVIat des familles

e( ramiliculiou

îles

lois

de sucçescian

dans Ii;s tlcpiulemi'iils

Pi;s bassbs-AW'KS, DKS uvui:s-au>i:s,

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ISOLCIIES-PU-KKONK PI! VA! DE VAt'CI.USK Cl partie PU OAUp,

f'aiSc ilç sfpti-mlii'c lf!07 ;"tfO\ricr JSÔS,

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t

(OI»SKHVATION.S riiKLlMINAlHKS,

Mcthoilrsitixiu|>oui-litconstatationdes résultats de l'enquête,

I. Quandon chercheà se rendre compte del'état d'osfamilles, onest bientôtamenéà déterminerdeux ou trois typesprincipaux auxquelstous les régimesdomestiquespeuventse rapportertypes quel'on retrouveà peu près identiquement les mêmesdanstous les tempset danstouslespays,parcequ'ilsexprimentl'actiondes mœurset des loishumainessur ce fondessentielde rapports m:- cessairwà l'hommeque nous appelons du nomde famille. Laissantde côté le type de la famillequi aujour- d'huia disparupeu près complètement de notrecivilisationoed-

domestique et la communauté

(Icnlale,et qui, étendantl'autorité

deviesur un nombrerelativementconsidérablede

générations et lie ménages,transformaitla familleen clan, nous trouvonsdeux typesprincipaux entre lesquels se partagent les tendancesmo- dernes.

soc,

p'iîc,

soc.

%}

comprenons d'autantmieuxquenousla pratiquonsbeaucoup hop, pe cooMUuo uniquementpar l'union des deuxépoux;elle s'accroit par la naissaucodes enfanls,puis s'amoindritbientôtà mesure que ces enfuiils,dégagésdo Unitéobligationenversleurs parentset leurs proches, sYtiibhssiiitau dehors,en gardantle célibatouen créantuae,famillenouvelle.Kilose dissouteniin par la mortdes parents,ou, cil cas(Tunemortprématuréede ceux-ci, par la dis- persiondes enfanls mineurs; et il ne subsiste plus rien de celle famille,si ce n'est un souvenirqui ne tarde mêmepasà s'évanouir. Maiscette famillecpltéincrcet mutiléene répondpas plus aux nécessités permanentesde la sociétéqu'auxbesoinsdenotrena- ture.Nousavonsdansla penséeun autre type,quenos pèrespra- tiquaientavec honneur, et que nous retrouvonsparfoisencoreà certainsfoyers que leur force et leur dignité recommandent| artî- culièremenlà l'estime publique. 51. Le IMaya proposé de nommer ce type la famillesoiiïhe,et cettedénominationc^l aujourd'hui ac- ceptée donsla sciencesociale,car elle exprimetrès-bienla fécon- dité et la stabilité piopresà ce régimedomcsiique. La famillesoucheassocieaux parents un seulenfantmarié; elle établittousles autres,avecunedot, da:is un état deparfaiteindé- pendance; elle perpétueau foyerpaternelles habitudesde travail, les moyens d'influenceet l'ensembledes traditionsutiles créées par les aïeux; elleconstitueun centrepermanent de protectionauquel tousles membresde la famillepeuvent recourirdansles épreuves de la vie, çtclle donne«ainsiaux individusune sécuritéqu'ils ne sauraienttrouverdansla familleinstable. La famillesouchesupposela transmissionintégrale des biens par succession.La familleinstable,au contraire,est généralementpro- duitepar l'application du partageégal et forceentretous lesenfants indistinctement. L'état moral des familleset l'application des lois de succession ne pouvaient donc, être séparés dansce travail d'enquête.

11, L'organisation des famillessouchesse prête au commerce et a l'industrieaussibien qu'àl'agriculture. Maiscomme les popu-

avousdûOtdcîicr principalement les rapportsqui existenteiitre le régime (!ela et les intérêtsde. l'agriculture. Pour servir

d'éclaircissementà ce travail,non; croyons devoirreproduirequel-

§3Î, où M. Le l'lay décrit

qiicspages de la Iléfonne sociale,

avec uneremiU'qualtleprécision les principalesTonnesque peut

prendre la

ainsiun moyeu facileÙ2contrôlerla nJéihndi'et la lenniuologieque

jiuusavonsadoptées,

constiluljjn agricoled'un pays. Nous fournissons

<iLespaysans ;i famillesouclieont créé une.organisationagri-

« coletoutespéiïaïe,(;<u se représenteà

« caractèresdanstouli; !> régiens de

« domaine/ùniient un ensemblebien, mjrjlohiéré,a.i centre duquel «sont établisl'habitationùi la famille,ainsique les l'àtimentsné-

« cessairesau logomc-nt dos animauxet à la conservationdes

pou près ;vc les mûmes

I Europe. /i-< terres du

« récoltes.Lorsque le climatse prête à la culturedes arliresIrui-

« tiers, l'habilalioiiest entouréed'un verger. Cette disposition est

« particulièrementfavorable à l'éducationphysique desjeunesen-

« l'anis de la famille La terre arable, subdiviséeselonle

« régimed'assolementde la contrée, en deux, trois ou quatre

« champs,fournit,s'ins interventiondo jaeiièrcs, les céréales,les

« fourragesartilicicls, les racines,les grainesoléagineuses, c!c

« Le domained'un pajsan à famillesouchen'est pas seulementun

« atelieragiicole on y exécute toujourslu. travauxdu ménage, « le blanchissagedu lingot l'entretiendes vêlements;on y exerce

K diversesindustries,'ailes que k lissage desmatièrestextiles,la

confectiondes vêtementset des outils, etc Les famillesinstablesne peuventpas cnnsciverde domaines agglomérés leurstendancessont toutesconlraircs.Aussilà où le régimedu partage égal a prévaludepuislongtemps, trouve-t-on une organisationagr'eolclotit opposée que iU. Le Haypro-. pose de notnUjerviH<i(l!'s à banlieuemorcelée. <i Lespopulations se muisesà ce régimeagricoles'agglomèrent avecleursbestiauxdansunemultitudede bâtiments,groupes en

«

»

« village au centredu territoire Les jeunesgens ne se marient

« jamaisdansla maisonpaternelle,et vontmêmede bonneheure

« chercherdu travailau dehors,en sorte que leshabitationsse ré-

m époux

« réclameque des élablesdepetite dimension.Cesétablesnesont

« pointordinairementune dépendancenécessairedes habitations,

.s Kilos'y réunissentcependantau moyende nies fort compliquées

« qui se prêient, sousec rapport,à toutesles

« la composition vavi.iblc des domainesLes simplessalaries,

<s qui no jouissentpas encorede leur lambeau d'héritage,occupent,

« en qualité de

« vétrées cl réduitesà ces proportions,ics habitationsd'hommes

« et d'animauxse plient sans résistanceà toutesles exigencesdu

« parlngc

dsdant du village, il se prêteplus facilement encoreà ces mêmes

« combinaisons,Lorsquela

et leurs jeunes enfants. Le bétail, toujoursrare, ne

combinaisonsqu'exige

locataires,les plus thétil'sbâtiments.Ainsi,enchc-

forcéet de l'agiotagerural. Quantau territoiredépen-

nature du sol, du climatet despro-

absolument,cette banlieueest debar-

« (ludionsn'y rcsist-3pas

« rassée des plantations, desclôtures,desfosséset engénéralde

« toutce qui pourraitimprimer à un pointquelconqueun caractère

? d'individualité.;die est alors subdiviséeen parcelles qui se

milliers.Celles-ciconserventdansle sens de lu

« comptentpar

« longueur au moinscinquantemètres,car c'est seulementa celte

« conditionque le travaildesanimauxde labourreste plus écouo

de la bêche.Maisle morcellement est pour

« iniquequel'emploi

« ainsi dire sans limitesdansle sens de la largeur,qui se réduit

« parfois îl quatre ou cinqtraits de charrue. Nécessairement

« rebelle à toute culture méthodique,celle organisationreste

a cependant soumiseà certain art Ainsi chaque propric-

« taire ne

« acquérant des surfacesà peu pi es égalesdans les diversesrc-

peut introduirede h régularité dansses travauxqu'en

« gîons d'assolement.Il résultede Ih qu'achaque licitationnou-

« v'çllc, touteslessectionsd'un domainedoiventse diviseren au-

« tant de partsqu'il y

a d'héritiers.»

Entre ces deux types extrêmesdes domainesagglomérés des famillessoucheset des villagesà banlieuemorceléedes familles

instables, se placentdes combinaisons fortdiverses,queprovoquent

ta nature deslieux,lc<; propensions naturellesdeshéritiers,et, en

général, les mœurslocalestendant a restreindreou à accroître L'instabilitéimposée auxfamilles françaises par la loi actuellede

agg om r s souchesse décomposent sousl'actiondu partage force".

Le premier cas qui se présentedans lesmontagnesà pentes

presque

abruptes, à champsendos, et à cultures est

la transmissionintégrale. D'accordavec tous les siens, le père donnede son vivant à un enfant associétout son domaine,à la chargede payer à chacundes nuire*enfants sa part d'héritage. Pour facilitercette combinaison,il nttrihueà l'héritier associé, à litre de préciput et hors pari,la quotitédisponible; les autresen- fants consententgénéralement à recevoirdes dotsinférieuresà la valeurnominalede leur part en nature. Le second cas qui se retrouve dans des pays oit les in- convénientséconomiquesdu morcellementdes domainessont moindres,reste plus loinde la transmission intégrale. Le partage égal est imposépar les tribunaux,et les hommes d'affaires;mais les pères de famillel'éludentsouventen se concertantavec leur héritierassocié, et en employant desManœuvresfrauduleuses qui tranchent singulièrementavecl'honorabilitéde ceux qui les em- ploient. Cette réactiondes moeurs,qui ne se fonde plus, comme dansle cas précédent, sur des procédésavouables, détruitsouvent les bons rapports de parenté bienfaisanteau point de vue de la culturedu sol, clictenJ, au point de vuemoral,désorganiser la petitepropriété. Dansle troisième cas, le partageen naturedes domainesà habi- tationcentralereste toujoursimpraticable; maisles intéressésréa- lisentaisémentleur héritage en se partageantle prix offertpar des capitalistespourle domaine paternel Souscetteinfluence, la popu- lation entièrefinit par se plier au principe du partageégal. Mais commeles nouveauxacquéreursnepeuventtirer parti de leurspro- priétésqu'en les affermant, l'anciennerace des petits propriétaires se trouvepeu à peu remplacéepar une race de petits fermiers. Enfinle quatrième cas se rencontredansles contréeséloignées desfoyersde commerce, les populations,ayant adoptéles idées émanantde la loi, et ne trouvantpoint de capitalistesdisposésà acquérirles domaines,doivent, à l'ouverturede chaquesuccession, s'en partager les lambeaux.L'héritierauquelsont attribuésles

duire,lundis que .'os ;i ii 1reshéritierssontobligésd'éleversurleurs lotsde nouvellescoiulnu'îions Lorsque,pouréviterces rui- neusesc ousii'ur.lioiis.ils se p;;rl.igentennaturerii;i]>ilalionet ses dépendances, les l'ain.llcs netrouventcondamnéesà unesortede promiscuité", source purin.»non!e dedésordreset de conllits.

Nous avonsobservé presquetous ces types dansles différents départementssur lesquelsa porté notreenquête. Quandnousles retrouveronsd;ms lu coursde noiretravail, nousrenverronsà la description sommaire qui vient(l'on être donnée. J.'î distiiicliorides fi:nil!escii famillessoucheset en familles instable^présentsdj grauiïesdiflieullé-Squandil s'agit nonplus S de caractériserime ('mille déterminée, nuis de préciserl'étal gé- néraldes mœursdansune région donnéede la France. Elfeciivemenlla loi du partageégal et forcé, qui régit notre paysdepuissoixante-quinzeans, ne permetplus au régimede la fain'lb souchede se maintenirdans aucune localité; en sorte quelà où, avant l'app!cationde;-lois nouvelles,ce régimeexistait, il y a aujourd'huilutte entre lesmoeurscl leslois, luttequi estplus ou moins accentuée,selonles idées particulièresquiprévalent dans telle outelle famillecl selonles conditions économiquesgénérales de l.i localité.De1j, des situationsassez diverses, maisqui tendent toutes par desilëgradliionssuccessivesàserapprocher du régime dela famillein.itable.

111. Les. typesainsi déterminés,il fallaity rapporter lesmœurs observéesdans chaquelocalité,diliicuitésérieuseparfois en présence de la désorganisationqui atteiui aujourd'hui tousles élémentsde la famille.La transmission intégrale étant.rendue impossiblepar la loi nçmeljeet par la rigueur avec laquelle,les tribunauxl'appli- quent, le trait le plus apparent de a famillesouchedWparjîllor- çément.Pour le reconnaître,j'ai du interrogeren même tompsque rorgau.isa.liouagricole le fonddes sentimentset des idéesdes po- pulations,Je me suis surtoutattacliéàla persisiancedesc'lé:i)enn morauxde la famille.Ainsi,j'ai considérécommefamillessouches cellesoùl'autoritépaternelle s'est main(en,ue,où l'espritde solidarité morales'est conservéet oti l'usage dutçsiamentréagitdausunc

dusol.Parcontre,j'ai

rangé dansla région des am esinstables»

localitésoù l'usage du testaments'est encoreconservé, maisoù il

ou moins justî-

liccs, sansassurerla pcrpétiiuionclos traditionsdomestiques. C'es

classé commefamillessouch

population descôtesdela Provenceadonnéeà la pêchectà la

marine.Kllene pratiqueguère, il est vrai» la transmissionînU-gra

patrimoine, transmission,du reste,peu nécessaire,carla fortun

compose uniquement de batcanxon d'enginsque

partagerégalement sansinconvénients;mai

l.i profission se transmetde gcncralioa ca génération,les mœur

sontforteset pures, le pouvoir du pèrerespecté et le sentimentde

de l'honneurde la familleirùj-répandii,(Voj, aux

Noticesmu1les difïé:-ei!leslocalités,département des Bouches-d

li perpétuitéet

nesort plusqu'à dos préférencespersonnellesplus

ihji'cs

tomeli

ces considérationsque j'ai

du

despêcheurs se

loscnia.itspeuventse

Piîiôno,cantonde M.irliguesp. 363, et Marseille,p, 375,)

IV. Un mot encoresur II méthodesuiviedansce travail.J'aii

complétéles connaissancespersonnell

u e je p.lisavoirsur le pays en interrogeantplus de cent cinquant

de paix, grands proprié

personnescompétentes,notaires,juges

taires,etc.,

médiatavecles populations. Après avoirdégagéles principaux ré-

rédigé, sur les différenteslocalitésdes Notice

spéciales destinéesîl nieUre en reliefles irails principaux Je la

constitution!socialeet de l'organisationagricole.Quoique monen-

quête ait porté

étaitassezhomogènepour me le pcraicltre,j'ai faitporierces No-

ticessurun arrondisseinonton mm un département entier.At-jç

besoind'ayertir que ce ne sont-pasdes monographies et qu'elles ne

Jamais ja n*a

le coursdo ce travailla valeur scientiiiqu

dela méthodeà laquellela Société d'économiesocialedoit l'im portance et la féconditéde ses études; et mousincèredésiro?t que cetessai d'enquêtedécidequelques-uns de mes compatriotes à lui les famillesou lescommun

mieux appréciéquadans

peuventprétendre à leur rigoureuseprécision?

séparément sur chaquecanton,quand la populatio

sultatsconstatés,j'ai

tous résidantà la campagne et vivanten contactîm-

procédéparvoied'cnquêlçet

Offrirde nouvellesmonographies sur dç li Provence,

RÉSILTÀTS 'GÉNÉRAUX IOIUMSPAUI.V.NOIKTK.

I, Nousavonsmentionné,an débutde nos observationsprélimi-

naires, le type de la famillepatriarcale, où, non-sculemcntles

gc'nt'iMiionsse perpétuentdans

la mOmçhabitationet la même

c'est ce qui la distingue de la fa-

profession, maisoit encore,–et

millesouche,– le père retientsous son autoritéet sur le domaine qui reste indivistous ses enfants, mêmemariés.Aucunefamillede

ce gepre n'existeen Provence,et ne paraît mêmey avoirjamais ~–

existé.

Le fonddenotre populationest gallo-romainor, les institutions

romaines,qui,

quéesjusqu'enÎ789, se rapportaientexclusivementaurégime de la famillesoucheet nullementà celuide la famille patriarcale. Ce dernier régime ne s'est propagé en France que dansdes populations

d'origineceltique ou germanique. Lescommunautésde laboureurs

du Nivernaisen sort un exempletrès-caractéristique et très-connu. Mais,si haut qu'on remontedansl'histoirede la Provence, on ne

trouverien de semblablesur

Nordont pu laisserdansses institutions quelques tracescurieuses

à observer;ellesn'ont enrienchangéle fonddes .Tceurs.

Révolution,le pays entier,depuis les Alpesjusqu'au

Rhône,et à lamer,suivaitle régime de la famillesouche.La liberté de tester, telle qu'elle avaitétéreconnue par les Novelles, en étaitla

base, c'est-à-direquele père pouvaitdisposerlibrement desdeux tiers de son patrimoine s'il n'avaitpas plus de quatre enfants, et de la moitié s'il en avait un plus grand nombre,Aucundroit de primoge'niUire ni de masculinitén'était reconnu;seulementplu- sieursstatutsdu moyenâge, confirmésaux Etats généraux du pays en 1472, avaientexclude la successionde tou;»les ascendantsles

une fuisvivifiées par le Chrisiianisme, ont été prati-

sonsol. Les invasionsde- peuplesdu

Avant la

lillesqueleur père avait déjà dotées.La pratiqueen

introduittes substitutions fidéicominjssaires, usitéesexclusivement

outre,

.

ceslois et sons l'influencedes mœurschrétiennes, la Provence

jouissait d'un régimedomestique dont Bigot de Préamcneii procla-

maitla

sur lequel on trouverales détails les plusprécisct lesplusprobants :lan?deuxnoiesde M. de Kibbe (t. lli des Ouvriers des Deux Mondes). Toutescesinstitutionsn'étaient cependantpas égalementbonnes, etlescontemporainsy relevaientcertainesdéfectuositésmaisil est utilede constaterque la réformeleurparaissaitdevoirdévelopper encorela liberté on trouveun témoignage de leur sentimentdans cesparoles d'un desjurisconsultesles plus éclairéset d'un des plus

grandscitoyens du pays, ScipionDupérier, surnomméle Papinien provençal, alorsqu'interrogé, sousle cardinalde Kichclieu,sur les moyens dediminuerles procès, il répondit « Otez-les fidéirommis, lesreijreaet les suppléments de 145r~i.ti~lu~(1

g

g

g

supériorité dansl'Exposé mêmedes motifsdu Codecivil et

II. Les mœurset coutumessuiviesdanslesdifférentes parties

dolaProvenceétaientautrefoisà peuprès partoutles mêmes,car le régime de la libertétestamentairerépondait aux besoinsdes h- inillci,sanscependant leur imposer un type absolude transmission. '.a loidu partage forcéa eu, au contraire,poureffet de créeren Provenceplusieursrégionsdisliiutes, suivantla résistancePlus on moins grandedes traditionslocales et des intérêtséconomiques qu'elle contrariepar l'ir flexibilitéde sesdispositions, Une premièrerégior., comprenant le départementdes Hautes-! Alpesen entier, la partie supérieuredu département des Busses» Alpes, tes arrondissementsde Pugct-Tliénierset de Nicedans le

deViftctiiciil des Alpes-Maritimest^'es derniers arrondissements

(1) Voy. V Ancien,Barreauet le. Parlementde Provencei Corresinnulunee entre Saur in et Décurmis,p;ir M. Ch. do KiMie, p. OG.– Sur Scipies

Dupérior,yoy, la iviUrioJe l.i

Les regrez sont une institution vtrangèroà la matioro des successions. C'était le retour fait sur sa renonciation p;«r le titulaire d'unoflice ou d'un MneDice,

encore to K>narqual>le discours prononcépar M. Réilarriitç à Cour de çassation,le 4 novembreISG7.

la grande chaînedes Alpeset se continuantau Non!dansla partie montagneusedes départements de l'Isèreet de la Drôme (l), pré- sente, autant qu'il est possible sousl'empiredu uode Napoléon,les moeursdi:lafamille «ouclie; cllj doitcirerapportéeau pi-emicrc-tau

deisièiiiccasd.edù.-orjjîiinsiilioi) desfamillessouches.La population qui l'habile, en lutte avecla ^oriliii! du solei la rigueur ilucli- ma',a conservéles vertusdomnsliqucs, testraditionsreligieuses,les habitudesde travailcl d'économie; de plus, lesconditionsde l'agri- culiurcse refusent;i unetropgrandedivisiondusol c'estla ré-

gion

normaley favorisela transmissionintégrale; enfin,ledéfaut.de, voies de communication,l'aversion que les fonctionnairesétran-

gers témoignentpource séjourcl qui a pourrésultatde faire con-

fier en générai les loncliorii publiquesauxgens du contribuéà la conservationdesanciennesmœurs.

Ki!devonsde cette région,s'en étend une autre qui comprend

la partie

ment de Grassedans les Alpes-Maritimes,la majeurepartie (lit

département de Vani-Iuse,quelques cantons du département dos

(touchcs-dn-Uliône, rt qui doit être classéedansle deuxièmecl le

quatrième ras dedésortrauisaiiondes famillessouches.Le.vieuxfmnl

de

traditionset conserveau cultivateur chef de familleunedignité

basée uniquement sur les sentimentsinoraiixet qui relèvesinguliè-

rementles labeursdt;

est impossible en présencedesinlliicncesp'.usai-tivesquipropagent

le

(au,\clierchapl des placements;il'ailieui-.s ylesculturesarborcscenlus,

qui

n'y

grossir[a

à l'enfantqui s'élablildansla maison paternelle.

des montagnespastoral.?. Une émigration])ériocliqi;e et

pays, ont

Inférieure,du déparlement des Basses-Alpes,l'arrondisse-

œœuraCt de venu provençaley inainticiuencoreles bonnes

sa profession;mais h ir.-insniis.sionintégraley

partageégal,

du rapprochement desvilleset df l'actiondescapi-

sont plus riches,souffrentmoinstic. la division. Deplus, il

a pas d'émigialionpériodique; lesfamillesruinéesvontseules

population urbaine.Onse borne;ï attribuerun precipui

(1) Pour ço département, voir l'cnquûle

suppléant à Valence,pnMiii; dans le 11"

spéciale faite par M. IMme, ,j»!;« numéro<1»Bnlltslin de 1807.

seille,Ain,Toulon,Avignon,

Var,uno.p:u"(ia notableiJosBon»-.luïs-(!u-UI:i»:i«et deVaiicliise.C'oslla

régiondes famillesinstables.Descausesassezdiversesont favorise

Implication du CodeNapoléonet liii ont permisde porler Ionsses

finits. Lesgrandesvilles,livrées complètement à la

lée forcé ont naturel.ementrépanduleurs idéeset leurinfluence,

surtoutellesontpropagé le luxe.LesNoticesspécialesmontreront

ladegiéde

luirent s'introduiredansleur seinles yoûtsruineuxet les plaisirs iniHioraiixdi'Rvilles.Di'jà dansbiendeslocalitésavancéesdanscelle voiedecorruption, on voit apparaître la stérilitésystématique.

compren

par o

-nt

pratiquedu par-

démoralisationoù tombentles populationsruralesqui

Dansle

voisinage immédiatdes grandesville- h désorganisa-

de réduireles anciens propriétaires

tiondesfamillesde inénain'is(paysanspropriétaires) a eupoureffet

mainsdescullivatoursà celle «les

«lefairepasser la propriétédes bourgeois habitantlesvilleset

à la conditionde fermiers(troisième cas de désorganisation des

famillessouches). C'estqu'eneffetla petite propriété a encoremoins de ressources

que la grand:;\n\iv

li>cfi,etpour cllesurtoutla réformeest ingénie. La remarqueen a déjà étéfaiteplusieursfois; nous croyons à notretourle démontrer

avecévidencedansla siiiud.>.ce travail, et nousprionsparlieuli.M'C- mciitnoslecteursde vouloirbiense reporter àla Noticespéciale au département de Vauchise(§1), où nous avons essayé t!e traiter celleimporlantoi|iio>lion avecles développoments«m'ellecomporle. population iii.iriii:ni\ai-je dil, a retenu généralement les bonnesmœursdu passé.L'institutiondes prud'hommespêcheurs, tribunalsouverainélupar toute la communautéet qui existe jus-

quedansles pluspetitspoits,

maillc-iirestraditionscorporatives du sur et du xiv siècle; elle estt pourbeaucoup danscelteconscrvalioiulosbonsprincipes.Puis, les

se <lMn:lrecontre les conséquences du partage

continueà leur assurerle bienfaitdes

ces lioiimii'scourentsanscesse,et au milieudesquels,

(l.mgcrsque

de leur existence, élèvent naturelle-

mentleur cœur vers le

assurancesd'uneviefuture. Ilrutile d/u,nefaçongénérale de ce qui précèdeque les paysaux-*

ils passentla majeurepartie

Dieudes tempêtes et les consolantes

productionslesplusriches sont ceuxo e uxeet démoralisation pénètrent le plusproaipteineni, tandisqueles populationsobligées de luttercontre l'aspérité de la natureconserventdavantagelesha-

bitudesdç travailet ce verlu. Cependant cette règle est loind'être

sans

plusieurslocalitésoit le progrèsmatériel n'a

moeurs,que, si la désorganisationsocialesuit souventle dévelop- pement de la richesse,elle n'enest pas une conséquence fatale,

exception, et lesNotices spécialesmontreront,par l'exemple de

pas altérélesbonnes

fil, Le régime lie transmissionintégraleabsolue,qui est le trait le plus caractéristique de la famillesouche, ne se rencontre guère en Provenceque dansleshautesvalléesdes Alpes.Partout ailleursil y a lutteeniredestendancescontraires. C'estici le lieu de remarquer le peud'homogénéitédela consti- tutionde l'agriculture en Provence.A peuprès partout, les deux organisationsopposées, a savoircelle du domaineaggloméré et cellede la banlieuemorcelée,exploitéepar des propriétaires rési- dant dans le village, existentconcurremmentet sontsingulière- mentenchevêtrées.Uncertainnombrede domainesmoyens{mas, jas, bastides),sontrépandusdans la campagneau milieude terres

possédéespar

les villageoisgénéralement les terresde cette der-

nière catégorie formentla majeurepartie du territoire. Cet état de chosescomplique les difficultésde l'observation;il

explique aussi la propagation desnouvellesloisde successionplus

attendu, en voyantla Provencesi fidèle

sous d'autresrapports aux meilleurestraditionsdu passé. Effec- tivement, la banlieuemorceléese prête tout naturellementau par- tage égal et forcé.Les propriétaires de domainesagglomérés résis- tent plus tongtcmps;mais, quand dans une localitéun courant d'opinions'est une foisformé,des famillesisoléesne peuventplus s maintenircontrela loi généraleune pratiqueparticulière. L'organisation des villages à banlieuemorceléeremonte fort haut et se rattacheà descauseshistoriquestroplongues à déduire

rapidequ'on ne s'y serait

ici. Depuis un demi-siècle, le développement des voiesde commu- nicationet surtoutla sécuritématérielletoujourscroissantefavori-

gnes et situées;iu centredes exploitations. La population Iiabi-

tant le villagedécroîtet se composepeu à peuexclusivementde journalierset de petitscommerçants.Cettetendance,sensiblesur- toutdans les riches peines de la valléede la Durancc»n'agit qu'avec une grande lenteuret ne pourrade longtempsmodifier d'unemanière appréciablel'organisationagricole.Lesconstructions du villagereprésentent en effet un capital relativement considé- rable que les populationsne peuventpas sacrifiertout d'un coup. – Celtetendanceest, du reste,entravéepartout,neutraliséecom- plètement mêmedans certaines localités,parl'applicationdupartage en nature; à mesure queles domaines;<e morcellent, les petits pro- priétaires, dont les parcelles sont souventdistantesde 8 à 9 kilo-

mètres,abandonnent la campagnepourvenirhabiterh village. Un certainnombred'établissementsindustrielssont répandus dansle pays Marseilleest cependantle seul centre industriel importantet compacte les chantiersmaritimesde la Seyneet de la Ciotat peuvent être considéréscommedes dépendancesde son port.

IV. – Quandon étudiele fond desmonirs, un des pointsles plus

délicatsest l'appréciationdurôle quela femmejoue au foyer, et en particulier de l'influenceque la mère devenueveuveexerr sur ses enfants.11 y a mêmesur ce point dansles mœursdes famillessou- ches,selonles pays, des différencesfort importantes à signaler. (Voy.lié formesociale,§ 30.) Aujourd'hui,en Provence,mêmedans les localitésqui prati- quentencore!a transmissionintégrale, on doitconstater que l:i mère est fort peu associéeau pouvoirdu père et en tout cas n'exercepasce pouvoirquand i! \ieutà mourir.Il y a là un symp- tômeprofondémentcaractéristiquecl qui révèletoutle changement opérédansles mœurs.M.Ch.de Piibbc,dansdes éludestrès-mul- tipîiécssur la familleen Provencependantle moyenâge et l'ancien régime,étudesdont i:ousespéronsqu'il voudrabien fairejouirun jourle public, a constaté quejusqu'à la Révolutionla situationde la mèredansla familleélait très-élevéedanstouteslesclassesdela so-

à diriger les entantset à les grouper autourd'elle,La familleUn Laurens,dontil a puMiél'histoireauthentique, est un exemple rc- rnarquable de ces inoe.irs (1), Aujourd'hui il eu est toutautrement la cau>ode ce change- mentse trouvedansl'affaiblissementdu sentimentreligieux. Depuis la Révolution, la foi va peupeu disparaissant,et la. pratique des préceptesreligieux devientde plus en plus r;ire.Les tristesconséquencesne s'en fontsentir nullepariplus quechezles paysans,L'intelligence des chosesau-dessusde leursoccupations matérielless'affaiblit, et lessentimentsdélicats del'âmefontplace auxinstinctsbrutaux. Naturellementl'épouse «t la mèreensontles premièresvictimes; elles redescendentpeu peu a cet état d'in- férioritémoraleoù le p-ijjanisiiip. lesretenaitet d'oùle Christianisme les avaitrelevées. l'our prévenirla péniblesituation où se trouveraitla veuve,les chefsde famillede touteslesclasses,depuis !e riche négociantmar- seillais jusqu'au petit cultivateur,disposent en faveurdelafemme de l'usufruit,de.la moitiéde leur fortune. Souvent,surtout chez les paysans, i! est stij uléquel.i veuveconserverala jouissance de l'habitation,La quotitédisponibleenvers les enfantsse trouvealors réduiteh un quart en nue-propriété(CodeNapoléon, art. 1094). Le Godecivil, en refusantà l'époux survivanttout droit mêmede simplejouissance sur la successionde son conjoint,a froisséles mœurschrétiennescl chevaleresquesde la France.La pratique des paysdu Midise rapprochaitsur ce pointde celledes paysdu Nord, ou régnaient la communauté-et le douaire.Par dérogation au Droit romain,on avait admis un atujmenl du dot qui équivalait au douairecoutuniier. Les dispositionsdes particuliers reviennenta établircet étal,de choses;maisrien neserait mieuxjustifie qu'un droitlégalde jouis- sancesur la fortunedu mariauprofitde la veuvenonremariée. Le régimedotal tend à disparaîtregraduellement; il se maintient

il) Vm Familkm XVIe siècle,par CI», de Ribbe, l'arîs, AlbancI, J867.

peuimportants, maisli classe moyenne et les paysanspropriétaires l'abandonnent de plus eu plus. Les paysans et les artisansdes Bouches-du-RhOncet «leVaucUisc praliqueiilpresque tous aujour-

d'huila communautélégale. Ils n'aiment pas être gênéspar les entravesdu régime dotalet y trouvent j'avantage de ne pas faireles

fraisd'uncontratau momentde leur mariage(1), Dansles dépars

A'pcs-Maritimcjs, des Hautes et des Basses-

tementsdu Yar, des

Alpes, le régime dotal continue;À demeureren vigueur,mêmecitez les paysans.Parfois, on le tempère heureusementen permettantau inariderendreles immeublesdotaux sauf remploi. Mêmedans les localitésoù l'usage d'avantager m des enfants s'estconserve, les mères sont beaucoupmoins portées que les jicrcs a user de la quotitédisponible. M, de Kibbc,dans lesétudes auxquelles nous faisionsalluMon plus haut, a observé déjà cette

tendancesous l'ancienrégime, Elleavait alors peu de conséquences pratiques,par la raisen que la dot desfemmesse réduisaità un pécule.Aujourd'hui où lesbiensdesfemmessont aussi Importants nueceux des hommes,elle en a de très-importanteset contribue beaucoup a la propagalion du partageégal,

à

V, Après l'altération profonde delaposition de la mèrede fapjille,

le changementopérédans lesmœurssousl'influencedesCodecivilse

fait surtoutsentirdans les rapports des frères,et des sœurs, bans tousles p.iys ;i famillesouche, et autrefoisen Provence,les frères restaientunisnon»seulement par des liens d'affection, maissurtout

le ellan,~einento[)éré

les

s ~otiî

(litCodu

(!) Deuxexemples nionlroronl à quel point

le r<î»ime dotal est abandonné

dans le département des !louclics-du-Ulidnc.M. l'rédé-ric liillot, avocat à, Arles, aliienvoulu reloverà l:i mairiedu cette commune, ijui compte!(j,(JOOh;i. litants, les mariages où l'on avait déclare un contrat et ceux où aucune déclarationn'avait «.'léfaite. Dansles années 18tîrs,ISCt, 1S03et 1866, il s'est

célébréannuellement200 mariages, sur lesquels on ne compteque 17, i>0, 21, 22 unions contractuelles, soit 20 année moyenne. Les autres sont des mariages nvec communauté.– A A jbague,petite ville de 7,000habitants, il y eu, en J806,59 mariii£es dont 15 avec contratset 0 sans contrats.

voirsdu sang. Le frère célibataireou malheureuxavait,de parles mœurs, un droittrcs-réelh venirs'asseoiraufoyerde celui qui,sans exerceraucunetutelle sur sa conduite,n'en était pas moinsde- meuréle chefde la maisoncommel'héritieret le continuateurdela personne du père, Sur ce point les idées des paysans étaientles indues que cellesde ta plus hautenoDlcssc, Aujourd'hui cessenti- ments et jusqu'à la notion de ces devoirsont disparu,si ce n'est dansles rareslocalitésoii le régimeanciens'est maintenudanssa pureté. Partout ailleurs, mémodans les paysque j'ai placéedansla deuxièmerégionet, où l'usagedu testamentet des legs précipu- laîres s'est maintenu,les frères deviennentétrangersles unsaux aulresaprèslamortdu père, à moinsqu'une amitié favoriséeparles circonstancesne les unisse.L'idéed'unecohabitationne leur vient même pas, et celuia qui lafortune n'apas souri n'a plusrien dansla suitea attendredes sîons.Sousce rapport,les paysans nele cèdent pas en égoi'smcauxbo.irgeois.LeCodecivil,en posant !e principedu droit égal et absoludes enfantssur le patrimoinepaternel,a du même coup brisé tout lien de solidaritéentre eux du moment qu'ilsne doivent plus lien ileur auteurcommun,maissontinvestis d'un droit personnelqu'ils tiennentde la société, il n'y a plusde fondement pour une obligationmorale réciproque. C'estainsique la familles'est simplifiée, selon l'expressifeuphémisme,d'un scep- tiquecontemporain.

VI,– L'enquôtç,duut les résultatssont consignesdanscelle note, m'a démontréque le Code Napoléon commenceà peineà pro- duireses fruitsdansnospays, pendantuneou deux générations, on a lutté contreson applica- tion,qui répugnait aux traditionset aux idées reçues; c'est seule- ment la génération actuelle (jui est pleinementimbuede son esprit et qui vaen pousserl'applicationjusqu'à ses dernièreslimites. Cettelutte des deuxgénérationsprécédentes en a paralysénota- blementleseffetset a pu faireillusionsursa véritableportée.Déjà cependanton peut l'apprécier en étudiantles populationsquej'ai

quile pratiquentdepuis un certainnombred années, Leur situation moraleest faite pour préoccuperles hommes

dévouésau pays,et j'y; fréquemmentrencontre l'expression de dou-

loureuses prévisions dans lesconversations quej'ai

siondecette enquête, avecleshommes placésen contactimmédiat

eues,à l'occa-

avecelles, Nosrévolutionssuccessivesont répandudansles campagnesl'ir- réligionet l'antagonismesocial,

Depuisquinze ans suiout la démoralisationa faitdes

frayants,£?r;lci3à la multiplicationdes cabaretscl des

corrupteurs.Puis, il faut

influencesest trop souvent toutesles passionshaineuses

progrèsef-

journaux

Je dire, l'exercice des plus légitimes

paralyséet le champlaissé libre à

Tourl'observateur (M voit les choses d'unpeufiaut, celle dé- sorganisationde la familleest p;Mirbeaucoup dan;;I<ssouffrances dc l'agriculturequi se révèlent aujourd'huia l'état de crise et

quimenacentde se perpétuerdans un

les chargesde

(lecapitauxpar les empruntspublics et par les sociétés financières,

c'estcertainementunedes

desforcesvitalesdu pays, Uou

production, s'affaiblitet dégénère,à quoi servent une

cHlturale perfectionnée, une meilleureviabilitéet des débouchés

plusabondants?

causesles plus activesde l'épuisement

malaisechronique,Après

drainage ç

l'impôt et do la conscriptionaprès le

l'homme,le premieragentde toute

pratiqua

Enlisant les Noticesspéciales, on pourras'étonnerdesdifférences signaléesfréquemmentsousle rapport des sentiments religieux,des

habitudesmorales,particulièrementde la féconditédu

entredes localités qui sont voisineset placées dans des conditions

matérielles identiques. Ces oppositions existent

en passantd'un villageà un autre, on voit souvent l'irréligion,

l'antagonismesocial,la corruptionsuccéderà desmœursfort re-

coinmandablcs.On en découvrefacilementla

geantl'histoire contemporainedeslocalitéstouttienth desinfluences

<|tilse sont

ponsabilitédes

plus rcconnaissablc que dansles

mariage

très-réellement,ot

cause, en interro-

employéessoit pour le bien, soit pourle mal, Lures-

classes supérieuresn'est nulle part plusgrande ci

-––f~~t.tt~)tJt;Ut.;

campagnes,Leurs enseignements,

SOC

p'tC.

SOQ,

^0

famille quipratique les vertuschrétienneset sociales,pourpeuque par sa position ellesoiten évidence, suffit pourneutraliserdansune pooulalion entièretoutes lesexcitationsvenuesdu tlchors? tandis que les mauvaisexemples d'un grand proprieïaîrc, les conseilsîm- morauxd'un hommeùe loi ou d'un médecin,répandent desviceset des fermentsde hainedont ensuiteles nouvellesgénérationss'im- prègnent ca arrivantla vie.

VU. – Après avoirindiquéla désorganisationde la familleet des relationsprivéespar le fauxrégimesuccessoralcontrelequel luttentles populations ruralesdelà Provence,nousdevons signaler le contre-coup de cettedésorganisationdans les relationsde la vie publique. Là encorel'observationdémontrequ'enaffaiblissantla famille,on a du mêmecoup abaisséle niveausocialet le rôlepoli- tique des cultivateurs, L'ancienneconstitution provençale, conformeen celaauxinsti- tutionslibéralescommunesà toute l'Europejusqu'au xvu°siècle, étaitbaséesur la représentationpondéréede toutes les classesde la société, et ellen'avaiteugarde de négliger les ménagers ruraux. Anciennementils formaientdansl'Eut un ordredistinctde labour- geoisie urbaine plus tard, leursreprésentantscomposèrent la majo- rité derassembléedescommunautésde Provence,corpsélectifà qui appartenait la haute directiondes affaires provinciales', Dansle cercledesaffairespurementlocales, les ménagersdirigeaienteux- mêmeslescommunautésrurales mêmedansles villes, un certain nombrede siègesleur étaientassurésdansles assembléesmunici- palesordinaires,parfois mêmeune des places de consulsleur était réservée;enfinils avaientune largepart d'influencedanstes con- seilsgénéraux de tous leschefs(lefamille, intelligenteppplicalion du suffrageuniverselqui suppléaittrès-avantageusement te con- trôlede l'administrationsupérieure et qui était le droit communde touteslesvillesdu Midi.Cette participation la vie publiquesup- posaitchezles paysans une dignité socialeet une cultureintellec- tuelle que les famillessouches pouvaient seules assurer; elles

p surtoutelles faisaientde chaquefoyerune écolede traditionset

d'intelligence des affaires par la ellesformaientdes

de pratiquer le gouvernementdu payspar lui-même.

hommes digues

,

L'Assembléeconspuantesau lieu de dégagerdo ces anciennes

institutionsl'admirable esprit do

lesharmonisantavec,osbesoinsnouveau);,pariUmalheureusement

liberté pratiquequi y régnaiten

de principes abstraiteet rejetacomplètement cette représentation pondérée de diversîntOnits, Lesinstitutionsqu'elleimprovisaeurent pour résultatde meUrotoutoutreles malusdesclasses moyennes,à l'exclusionde la noblesseet des paysans.Dansbiendes localités,

cesclassesn'ont pas abuséde la

oùellesont employéa. leur profit la part depouvoirque la bureau- cratieleur laissait leur dominationest alorsdevenueodieuseaux

situation,anusil en est d'autres

masses,et aujourd'huiijc?i bien des pays où les électionslocales sonten quelque sortedes représailles,par lesquellesles paysans, fortsde leur nombre,excluent systéma<iquemeut tome supériorité social eu iiiîclleciueUe.

Malheureusementces paysans n'ont plus les aptitudescicleurs pères;le régime do la familleinstabledétruit chezeux l'esprit de traditionet les habitudesd'initiative;il a aussi affaiblila culture intellectuelle,malgré ions les effortsfaiispar l'administrationsu- périeurepourpropagerriiistruciion primaire eusorte que dans biendes campagnesles hommesfont aujourd'huicomplètement défautà la gestiondes affairescommunes,

V1H," Uneréformedes loisde successionserait accueillieavec lionheiir par tous leschefs desfamillesagricolesdo la premièreet mémode la seconderégion S;:s bienfaits seraientimmédiats:onon

verraits'arrêterla désorganisation desdomaineset

des forcesagricoles.Encouragéspar l'espéraiiccde créeruneœuvre durable,les cultivateursredoubleraientd'efforts;l'émigrationge

régulariseraitet n'enverrait plus dansles

Cédantde la population. On ne venait plusdiminuerle nombredes feuxdans les campagnes, elles villesne recevraient que des émi-

l;< déperdition

grandesvilles que l'es.-»

grants élevésa uneforte co e morale,au lieu de se voir envahies par desfamillesruinéeset rendues incapablesd'un travailfécond. Le grandargumentdes adversairesde la réformeconsisteà nous

opposer le peu d'effet queproduitl'usagg de la quotitédisponible,, là où il s'est maintenu, et l'insouciancedes pères de famillerela-

tivementà l'exercicede

Ce peu de résultats s'expliquepur l'insuffisancede la quotité

disponible.Effectivement, le cultivateurn'a pasoffrir un

assezgrandcelui desenfants qu'il désires'associer pour le dé-

droit.

avantage

départe-

ciderà se fixeraveclui (Voy. surtoutla Notice spécialean

ment des Basses-Alpes,§ 2). Il attenddonca son foyer l'Iicurcoù la vieillesseet les inlirmitésl'obligenta renoncerau travail.Il fait

alorsà sesenfantsune donationportantpartage,se met parlà coin_ plétement àleur merci; car l'effetd'un pareil acte est subordonnéau consentementde tousles enfants, et ilsne l'accordent généralement pas quand un avantage est fait à l'un d'eux. Parla s'expliquent l'abstentionde beaucoupde pèresde familleet généralementl'insi-

gnifiance des résultatsproduitspar l'usagedu

Deux,autres causesviennentencore paralyserles effortsdes pères de famille, en les empochant de réaliserles économies qui leur permettraient de doterconvenablementceuxdes enfantsqui ne succèdentpas au principalétablissement,et deconcilierainsi leur affectionpour tous avecla nécessitéde la transmission intégrale. Voicices causes¡ Leplus légitime désir d'un pèrequi a une fortune modique est d'arracherses fitsà la conscription.Or,depuis1835,le prixmoyen del'exonérationmililaij-ea étéde 2,500francs.Cette somme,qu'une familleriche paye facilementmêmeà plusieursreprises, est énorme pour le paysanpetit propriétaire et elleabsorbeen entier leséco- nomiesqu'il peut fairependanttoute une viede travailsurle do- maineoù il élèveune famille généralementnombreuse.Aussine Juireste-t-ilpas d'argent pour doterses filles.Le prix de l'exoné- ration joue un grand rôle dans les testamentsdes paysans et est forcémentimputé sur la quotité disponible; maisalorsil n'ya plus moyend'éviterle partage en nature. Reste-t-ildans la successionquelque somme d'argent ou quel- ques valeursmobilières,elles doiventserviravant toutà acquitter les

testament,

droitsde mutation par décès,impôttoujourstropélevépour a mn être

payé sur

les revenuset qui d'ailleursest exigible dans tes trois

moissouspeine dedoiblcsdroits (1), Heureuxleshéritiers quand ilsnesontpasobligésd'emprunterpouréviterles poursuites du lisel Il y a | deux causesconstantes qui empêchentt'accumuîation des capitauxpour la petitepropriété cl qui achèventde désorga- niser,les famillessouches, Dansles localitésoù le régime de la familleinstablen prévalu absolument, uneplus grande libertéde disposer donnéeaux pères ne produiraitpas d'c'ïcts immédiats.Le sentimentde la respon- sabilitéindividuelleci de la fonctionsocialede la propriétéa disparutrop complètement.On doit mêmeprévoirque, quelquefois, unmauvaisusage seraitfait de cette liberté, et que l'on verraitse produire lesdissensionsdomestiquesque tant.de gens redoutent. Ces inconvénients,inhérentsaux imperfectionshumaines, ne sau- raientêtre mis en balanceavec les désordresautrementgraves causéspar la contrainte légalequipèseaujourd'huisur les familles. D'ailleursla même objectionpourrait être faiteà toutesles réformes quifont. appel au libre développement des droitsindividuels. A ce snjel, l'enquêteque j'ai faitem'a démontré que ces dissen- sionss'élevaientseulementdansles famillesinstables,pircequ'alors l'avantagefaitpar les parents à mude leurscnl'.inlsestjustiliéuni- quementpar des raisons personnellesplus ou moins contestables; tandis que là où le régimede la famillesoucheest établiune rai- sonéconomiqueévidentedésigne l'hériiicrassociéet fait recon- naîtresans murmurel'avantagequilui estfait.Cesont les mau- vaisesmœursqui fontnaîtreles dissensionsdomestiques, et laloi qui empêche de réprimerces mœursest la cause premièredtjces désordres.

D'ailleurs, en Provence, mêmedans les localitésoù le partage égal et en nature a prévalu, le nombredes famillesisolées qui persévèrentà pratiquerla transmissionintégrale, au moinsdans

(1) Yoy., sur les droit? de mutation les sages réflexions que J.-B. Say faisait peu d'années après l'établissement du nouveausjsli-mefiscal [Traité d'économie jwlili<juef liy. III, çliap, 9i, L'expérience en a démontré ploinomait la vérité.

des lois de successionleur permettraitde se maintenir,de se dé- velopper,de se ptocer à la tête de la population,taudis queles mauvaises pratiques t-clicvc-raientde conduireà la ruinelesfamilles instables. Ces exemples, au bout de quelquesgénérations,pour- raientredresserles faussesid!es et les mauvaisesmœurs.

IX.– -LesNoticesspécialesqui vont suivres'appliquerontcxcIih sivemenlaux propriétaires cultivanteux-mêmesleursterres,c'est- à-dire à la classela plus nombreuseet la plus intéressantede la population, à celleoù unîtesles autresse recrutentet se retrempent. Liée au sol, die est fortementinfluencéepar lesconditionséco- nomiques de la localité qu'elle habite;la perturbationapportée dans leurs conditionsd'existence par le régimedu Codeprésente doncdes aspectstrès-variés, Lesclasses supérieures, au contraire,par suite de la mobilitéde

leurs résidences,d'une éducationsemblable,enfin du

ment déplusen plusgranddelà fortunemobilière,se soustraientà peu près complètement aux influenceslocale. Kilossent ainsiplus portées à accepter le ):ivolli'.nienl,qui,d'ailleurs,estle luit poursuivi par la loi actuelledis suassions.Quoiqueleurs pratiques sfii.nt

pîusdifilcHrtsà observerci que les considérations personnelles aient toujours dans leursactes une part plus grande,on pc.nl.cependant indiquer !oursittn'i')iiet l'iir esprit e:i quelques traits gém'iMUx. L'anciennearisiocr.siïe provençale,presque touteda noblessede robe, est grandementdécimeet elle paraît même l'êtredavantage que celledes autresprovinces.Généralement peuricin?, ellerecher- che les fonctions publiques.LY.încpersiste à être avantagé dans quelquesfamilles;maisdansla majorilé on pratiquete partageégal:

du reste, une rapidedécadence!es atteint et lesruine,bienpeuont le couraged'aller retremperleurs forces et réparer leur fortune dans la vie rurale, malgiéqucl(|ucsexemplesqui prouventquela résidencedes propriétairesfonciersest aussi utile à leurs propres intérêts qu'à la bonneharmoniesociale. Un nombre assez considérablede famillesbourgeoises«qui,fert1789, tenaientdéjàla

développe-

desgrandspropriétaires fonciers.Les habitudesde transmission

intégraley sont peu répandues,surtoutdans les départements des Bouches-du-îlhôneet do Vauclusedans le Varci les départements

faminesont conservé davantage les anciennesmœurs.

Aucommencementdecc siècle,il n'étaitpas devillage où l'on ne comptât un certainnombrede famillesnoblesou bourgeoisesqui, tout en surveillantl'exploitation de leurs domaineset en dépen- dantHonorablementsur les lieux;leursrevenus, s'occupaient des

affairescommuneset p.opagaient chezles paysans une certainevie

desAlpesces

intellectuelleet moraleplusrelevi'c.Aujourd'hui, ces famillesont

complètementdisparupour

Leurshabitations»qui appartiennentgénéralement à la noblearchi- tecturedu xvuesiècle,sont diviséespar étages h do misérables famillesde journaliers ou convertiesen «Stables,Une seule famille

bourgeoise demeure cependant au village, c'est celle du noiaire. L'érectioneu titre d'officede ces fonctionsa eu, pour résultatde pcrmcUroaux notairesdese constituereu famillessouches,et on les voit encoredans beaucoup de localitésse transmettreleur office

depuis biendes généraiions. Lesnotaires appartenant &cesfamillesont généralementconseivé de bonnesmœurs, et exercentuneinfluencesalutairesurles popula- tionsrurales,dontils sontles conseillersnaturel et avec lesquelles ils entretiennentdes rapports permanents de patronage, Malheu- reuseiîK'nt, ils sont obligésd'appliquer d msleursactesles principes du partageforcé,quoique souventle'.ir bon esprity répugne de plus, les loisfiscales,par une sériede dispositionsfort habiles,se seront de leur ministèrepour assurerle recouvrementdes droits de timbreet d'enregistrement.Néanmoins,lu réformepréconisée par certainspublicistes, et qui aurait pour objet de supprimer l'héréditéde leurs officeset de conférerleursfonctionsà des em- ployésnommés par l'/iui, me paraîtrait avoirdeseffets désastreux. Elledétruiraitla dernièresituationindépendantequi existedans le

Village,pourla

exagéreraitencore I03exigencesfiscaleset achèverait de désorga-

niserles familles, L^bourgeoisiedes villesesten plein dansle régimede la famille

aller s'établir dansles grandes villes.

remplacerpar un nouveaurouageadministratifqui

, jusqu'àprésent l'aitdécouvriraucun groupepratiquant fnncliemeiu la transmissionIntégrale,Cependantdans la petitebourgeoisie«l'A-

,

vignon,l'usagetraditionneld'avantager l'aîné parai!, s'être un peu

plusconservé que

est, Oureste, remarquablepar sa

danslesautresvillesdu Midi»Celte bourgeoisie

moralité»(Voy, encorela Notice

spéciale sur l'arrondissementde Crasse,Alpes-Maritimes), Cetabandondes anciennesmoeursdans la classesupérieureet dans la classemoyenne tient à beaucoupde causes,Le développe-

mentde lu bureaucratiey a contribuénotablement.Presquetoujours étrangers au pays et obligéspar les nécessitésde l'avancement«le parcourir la Fraucad'un bout à l'autre,les fonctionnairespublics ont forcément,les mœurs do la familleinstable,Dans les petites

localitésils jouissent d'un

gation de leursexemples aussila région desfamillessolicitesva

toujoursse resserranta mesurequeleur influences'étend.

prestigequi facilitebeaucoup la propa-

NOTICESSPÉCIALES.

P«'jiar4eBBscBs4

«Ses» BSasses»,l|»e^,

Superficie iciTiiorialc,7 10,893hectaresdont 223,000 seulement sonteuculture le reste en pâturages assczmaigres, en bois peu productifs ou en rocherscomplètement stériles. Le domainedo l'KtrttctUcscommunesest très-consiilérable, sur-

tout dans la

environsdoSlstcron<|iiîî tousses impôtspayés, distribueencoreune

petite somme par

La population total';est de 113,000 habitants (recensement de 18001,Lesvillesenabsorbentune très-petite[tanic «la pl«simpor-

supérieure. On m'a cité una commune îles

partie

feu sur le revenude ses communaux (i).

tante,Mauosque, a a peine5,01)0âmesde populationagglomérée, Digne,le clicf-lieiidu appartement, de 4,500 à 55,000;Castcllanc, Forcalquicr, Yaleusolle,Sisteron,Barcelonnettc,de U,000à 4,300.

Le reste de

agglomérés,soit dansdes

la population est répandu, soit dans des domaines

villages a banlieuemorcelée,selon l'orga-

nisationsignaléeplushaut. Le régime de la famillesoiielie dominedanstout le déparlement. L'héritierassocié,généralement l'aîné,mais au besointout autre

enfant,est désignépar l'expressioncaractéristique de soutiende maison;lui seulporte le nomde maisonles autresentants,même

«nefoismarieset niarîé, établis,.nesont désignésque par leur prénom(%

(1) DansJoseulaisoinlisu'iueiitdo liaicclonncUe,sueunesuperficie totale de115,136hectares,cmcomjlo38,211 hoçtaresi!opâturages communauvle? particuliersn'enont queS),408.

(2) Ccl usage est

répandudanstout»la S'ro\cnoc, mêmedansles lucaliles

quant au vousnServéà l'alm' i:rIte

où les am-ipimosniu:urssunt

gùl«!regimede lafamillosouchen ilispa'.u le langageconserveainsides

iraçescurieusesdel'ancienétatsocial

mai(jue d'auloril(5neseretrouvegurivque là fée|l€menlconservées.

q entraîneleur ruine naiscelte lutte revêtdes aspectsassezdiffé- rents selonleslocalités.

p

§ 1",– AI\UONnïSSEMF,MSI»GPAnCE!,ONÎiETTR ETPF<CASTEI.USE.

Dansles arrondissementsdo Barccloimeuc, de Casiellane,dans

la partiesupérieure fa ceuxde Digneet

état soda!qui peutdonnerdansnos pays la plusjuste

que sontlesfamillessouches, et qui est d'auînutplus remarquable

quelesconditionsmatériellesdans lesquelles sont placées ces popu- lationssont [dus difficiles. Danscetterégionunetransmissionà peuprès ivraie est pra- tiquée au moyende la combinaisonsuivante le père commence

par

nible,augmentée au besoinpar des simulationset des estimations

inférieures,etc. Pute,le soutiende maisondotelui-mêmeses frères

et .sœiii s

de Sisteron, on observeun

idéede ce

disposeren laveurde i'héritierassociéde tolitela quotitédispo-

jusqu'à concurrencede leur p.iri,

en sorteque,quand lasuc-

de l'hcriiK-rassocié;maisc'est

cessions'ouvre,ceux-cise trouventdésintéressés et le domaineest.

conservéiatégralcmeitp;irl'héritier.Knréalité, lesdotssontfournies

par le travailcommundu père et

Cidernierseulquifigure dansl'actede constitution.Souvent, celle

dot est de beaucoup inférieure;i la valeurdo la part en naturei mais les cadetss'en contentent,d'autant mieuxque l'agriculture

s'c>;ercedansdeseomliiionssi

emporter en dmigran;!cur est beaucoupplusu;i!e.

péniblesqu'unpéculequ'ils peuvent

habitudes de travailci de parci-

De tels procédéssupposentdes

monieremarquables. Ces populationsdépassent effectivementsous ce rapporttout ce qu'onpetitimaginer. Le climatde cetterégion est extrêmement rudeelles productions ne sont nullementcelles qui font la richessede la Provence. La

du pays. Dan"les liantesvalléeslescultivateurssontobligésde se grouper <lar!sclcsvillagespour pouvoir se porter secourspendantl'hiver,

Losdomainesappartiennent à la petite maissont relativementplus étendusque

département. Il

entre les

est-elletris-suffisante. Les mœursy sontforteset pures, le sentiment religieuxy esttrès- vlvaccet aveclui l'espritde famille,C'est peut-être la seule partie dela Provencecù Ic côté moralde la famillesouchesubsistedans sa pureté,c'est-à-dire où les frères et sœurs malheureuxsoient

encoresûrs de trouverun refuge au foyerpaternct soutenupar

1'liéritier.La position

de la mère de familleveuveest ce qu'elle

doitêire, et le mari, pour lui assureruneexistencehonorabledans

lamaison, lui lègue, indépendamment do toutesses reprises, l'usufruitdu préciput attribuéà l'héritier,mais aveccette clause, qui caractérise bien les sentimentsdes famillessouches a savoir

ou la moyenneculture, ceuxde la partie bassedu

n'y a d'ailleurs pas grande différenced'habitudes

diverses classesd'habitants.Aussil'harmoniesocialey

quecet

séparer d'aveccelui de ses fils qui est fait héritier. Celui-ciest

intéresséà respectersa mère, la divisiondes intérêts de la iiuiiillcest prévenue autantquepossible.

L'instructionprimaireest très-répandue,grâce auxlongs loisirs

del'hiver.L'étrangerqui

tous les habitantssansexceptionparler correctementle