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LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ÉGYPTOLOGIE


AVEC LE CONCOURS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

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ÉDITIONS PEETERS
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LA REVUE D'ÉGYPTOLOGIE
est publiée par la SociÉTÉ FRANÇAISE n'ÉGYPTOLOGIE ·
REVUE
Siège : au Collège de France ,...
11, place Marcelin-Berthelot, 75005 Paris

RÉDACTION
D'EGYPTOLOGIE
Toutes les communications relatives à la rédaction, les manuscrits et les épreuves d'imprimerie PUBLIÉE PAR
doivent être adressées au Cabinet d'Égyptologie, Collège de France.
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LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D 'ÉGYPTOLOGIE
ÉDITIONS PEETERS
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Prix des volumes disponibles: 2000 F.B. par tome.

Tome 1 (1933) Tome 21 (1969)


Tome 2 (1936) Tome 22 (1970)
TOME 38
' Tome 3 (1938) Tome 23 (1971)
t
1 •• Tome 4 (1940) Tome 24 (1972) ' '
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Tome 5 (1946) Tome 25 (1973)
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Tome
Tome
6 (1951)
7 (1950) i.
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Tome
26 (1974)
27 (1975)
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~ .. Tome 8 (1951) Tome 28 (1976)
Tome 9 (1952) Tome 29 (1977)
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,. Tome 10 (1955) Tome 30 (1978)
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Tome 11 (1957) Tome 31 (1979)
Tome 12 (1960) Tome 32 (1980)
,. ,J Tome 13 (1961) Tome 33 (1981)
Tome 14 (1962) Tome 34 (1982-83)
Tome 15 (1963) Tome 35 (1984)
Tome 16 (1964) Tome 36 (1985)
Tome 17 (1965) Tome 37 (1986)
Tome 18 (1966)
Tome 19 (1967)
~· Tome 20 (1968)

Index des Tomes 1 à 20
PARIS

ÉDITIONS PEETERS
Les membres de la Société bénéficient de conditions spéciales. 1987
LEPAPYRUSDODGSON
(P. AsHMOLEAN MusEuM OxFORD 1932-11 59)
UNE INTERROGATION AUX PORTES DES DIEUX?

[PLANCHE 1]
PAR

F RANÇOISE DE CENIV AL

Mis à part l'article de G. Posener, sur «L es criminels débaptisés et les morts sans noms» 1 ,•
et celui de S. Sauneron, sur «L 'Abaton de la campagne d'Esnah» 2 , le papyrus Dodgson n'a
guère retenu l'attention, depuis son extraordinaire premier déchiffrement par RevilloutJ, et
les progrès notables réalisés dans sa lecture et son interprétation d'ensemble par
F. Ll. Griffith, en 1909 4 . La mention de s.t sb~, «place de supplication », dans le contrat
d'association du papyrus de Lille n o29 m'avait conduite une première fois à un rapproche-
ment 5 avec la «supplication au dromos de Khnoum", acte important dont la possibilité
était refusée à l'accusé par les dieux dans le papyrus Dodgson (verso 10-1). Plus
récemment, j'ai été amenée à réétudier ce texte à cause de la présence réitérée, signalée par
Griffith 6 , qui l'interprétait comme la marque du temporel (copte NTER), d'une conjonc-
tion transcrite par lui (n-) te, où j'ai cru pouvoir reconnaître l'ancienne conjonction r ntt,
celle que le rédacteur du Mythe de l'Oeil du S oleil de Leyde écrivait nty lw 1, et qui devait
comme l'a deviné Griffith, se prononcer (n) te, écrit ici tw.
Grâce aux excellentes photographies, pour lesquelles je remercie l'Ashmolean Museum
d'Oxford, qui me les envoya dès novembre 1985 8 , nous avons pu reprendre, à l'École
Pratique des Hautes Études, l'étude du Papyrus Dodgson sur des bases solides. Mais c'est
sans doute surtout le recul dû au temps considérable qui s'est écoulé depuis l'interprétation
par Griffith qui nous a permis de modifier en plusieurs points, parfois importants, sa
traduction.
1 RdE 5, 51-6
2 Villes et légendes d'Egypte, p. 34-5 ; voir aussi BIFAO 58, 36-8 ; Bonnet, RXRG, 172-3.
La loi du Il mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41 , d'une part, que les << copies ou reproductions 3 Revillout, TSBA 8, 1 sq.
strictement réservées ii l'usage privé du copiste et non des.tinées à une utilisation collective>> et, d'autre part, que les a nalyses et les 4 Papyrus Dodgson, PSBA 31, 100-9 et 289-91.
courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, << toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le 5 Voir infra, Commentaire philologique, n~ 9.
consentement de l'auteur ou de ses ayants-droit ou ayants-cause, est illicite>> (alinéa 1"' de l'article 40) .
6 Ibidem, n. 8.
Cette représerttation ou reptoduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les
articles 425 et suivants du Code Pénal. 7 Fr. de Cenival, Notes de grammaires et de lexicographie à propos du My the de l'Oeil du Soleil, Mélanges W. Westendorf,

p. 215-31.
ISBN 2-252-02201-9 8 Je dois aussi remercier J.O. Ray, qui s'était un moment intéressé au texte et m 'a encouragé à en reprendre l'étude (lettre

© Éditions P EETE RS , 1987 du 15-11-85).


REVUE D'EGYPTOLOGIE, t. 38 PI. 1
4 FRANÇOISE DE CENJV AL

Selon toute vraisemblance, nous avons là, sous forme de «lettre» (S".t), que le dieu
recommande de lire aux prêtres, probablement juges des deux cas d'accusation concernés,
le compte-rendu d'une procédure d'interrogation des dieux opérée en dehors de l'habituelle
procession de la barque qui délivrait les oracles. Le réceptionnaire du message divin dit
qu'il se tenait «aux portes de Khnoum, Satis et Anoukis», à Eléphantine: plutôt que de
voir dans ces «portes» (r5.w) le dromos et son pylône, puisque la supplication au dromos
(lft ~r) est citée dans le même texte, et refusée, on peut penser qu'il s'agit d'un acte de
consultation plus intime; en particulier de l'obtention d'un rêve révélateur de la pensée des
dieux, comme ceux publiés par J.D. Ray dans The Archives of Hor. Le personnage désigne
le rôle qui lui a été confié par un terme difficile à traduire, ir sy~y~ .f; j'ai traduit : «sonder
son cas», bien que le verbe sy~y~ paraisse attesté avec le sens «déplorer» ou «implorer»
(klagen). Il s'agissait probablement, par l'intensité de la prière, d'obtenir une sorte d'état
extatique en même temps que prophétique, puisque les paroles ont pu être notées et sont
censées avoir été prononcées par un intercesseur, en l'occurrence Nespaméti, dit dans une
des révélations fils de Khnoum, dans l'autre fils de Padiirihémesnéfer, et dans les deux
«l'enfant mis au monde à Eléphantine». Certains commentateurs (Sauneron, Bonnet 9 )
n'ont pas hésité à reconnaître en lui un sage divinisé, patron d'un association cultuelle, et
cette hypothèse a de grandes chances d'être exacte. La récente publication du P. Louvre
7841 bis 10 montre que les associations avaient parfois comme nom celui d'un particulier,
sans doute un de leurs anciens membres fondateurs, peut-être à cause de sa sagesse, ou de
ses qualités de médium en rapport avec la divinité. Ancêtres des cheikhs actuels, ces
patrons ont pu être, dans certains cas, véritablement divinisés, ou du moins jouer le rôle des
saints de la religion catholique dans l'obtention de certaines faveurs divines. Ici, il s'agit
visiblement de connaître la volonté des dieux, et de l'imposer aux prêtres juges, devant qui
le document, non exempt de menaces, devait être lu, avant que la sentence, évoquée
dans P. Dodgson comme mortelle, soit prononcée.
Le premier accusé, Pétrah, est sommé par le devin, ou divin intercesseur, de prendre sur
lui toute la responsabilité des délits commis (verso, 30-5 et recto 1); ses subordonnés ont
ètè conviés, sans doute par un précédent message à eux adressé (hJb =y n. w, verso, 27), à
prendre part à la cérémonie appelée sb~J n sr bwt «supplique de dispersion du mal»; ceci
afin d'éviter qu'un ordre royal ne les prive de leurs revenus (verso, 33). C'est donc
qu'après toutes ces procédures, oniriques, oraculaires ou rituelles, voire magiques, qui se
déroulaient dans le temple, l'affaire était portée devant les tribunaux civils; les prêtres
pouvaient alors être démis de leurs fonctions.

9 Voir supra, 2.
10 Nommé par erreur P. Louvre E 7840, bis, dans Fr. de Cenival, Comptes d'une association religieuse ... , RdE 37, 13-29.

Le Papyrus Dodgson, recto et verso.


(Courtesy of the visitors of the Ashmolean Museum Oxford)

F. de Cenival, Le papyrus Dodgson.


LE PAPYRUS DODGSON 5

Le cas du deuxième accusé apparaît plus complexe, mais moins grave: le message qui lui
est délivré est destiné, semble-t-il, à le protéger de possibles représailles de la part de ceux
qu'il a lésés, en empiétant sur leur domaine et en dégradant leurs propriétés bâties (pr. w).
Sa lecture doit inciter ses juges à l'acquitter, avant que le dieu (ou plutôt le devin) ne soit à
nouveau consulté (recto, 9-1 0). Cette communication (recto, 2-17) ne ressemble pas à un
jugement, et ne contient pas la formule «je te tiens quitte (tw=y wy.kwy r-r=k).
Il est dommage que le deuxième volet de l'intercession en faveur de Pétrah (recto, tête-
bêche, 1-17), qui est sans doute le résultat d'un seconde consultation du devin, à quelques
mois de distance, soit mal conservé: le passage relatif à la préparation probable d'une
tablette d'argile et à la supplication du «rouge» ne peut être traduit avec certitude. Le
recours à un procédé magique, et ici encore, au rituel de dispersion du mal, conseillé par le
dieu, semble indiquer que l'intercession qui a eu lieu quelque mois avant a porté ses fruits:'
la condamnation à la peine capitale n'a pas été prononcée, et Pétrah va pouvoir «purger»
son cas de la façon recommandée (qui coûtait vraisemblablement fort cher)!

TRANSLITTERATION

TEXTE 1
Verso:

1 ibd 4 3b. t sw 21 tjd n. y (écrit n3y) p3 brt e. ms=w ( n) Yb


2 Ns-p3-mty s3 n P3-di-iry-~ms-nfr iw=y (n) n3 r3. w 1 (n)
3 Ijnm St.t 2 'nq . t iw=y ·~· (n) t3 nty iw=w (r) wb' s.t
4 (n) p3 nty iw=w gm n.fbwt iw=w di.t s.t (écrit tw=y s.t) 3 n-tjr .t=y tjd
5 ir sy~y~=P ink Ns-p3-mty s3 Ijnm
6 r. tjd.y s. t (n) Ptr3 6 s3 n P3-sry-p3- Wr bn pw=y di . t 's=w rn=k
7 p3 rn e . di( écrit tw) n=k t3y=k mwt iw=w ( r) ·.s rn=k tjd Ptr3~
8 P3-di-iry-~ms-nfr rn=k (n)-te(=r ntt) 8 gm=y 7 ~3. t=k
9 di (écrit tw) =w n=k iby. w tjd iw=k ( r) bs3 t3y=k 3me. t
10 ~ty3 p3 ntr p3 i . ir=k mn sb~ 9
Il sll (n) bft~ (n) Ijnm tjd bw ir rb=y p3 i. iry
12 iw=k (r) 10 ir rb s . t iw iw=k swr irp
13 iw=w qb~ n pr- '3 Wsir Wnnfr ir=k
14 t3 bt3e . t n Is. t swr=k irp (n) gr~e
15 e n3 ntr. w s-~m. w . t br pg3e. t 's=k r t3y=k ~m. t
16 tjd Tfne . t mn ntre . t n mby r-r=s
17 e n3 trte br mn3t di (écrit tw )=k tjd
18 n3 rmt. w iw=f tjd 11 e. ir=k nw iw=f in-sny ir=k
6 FRANÇOISE DE CENIV AL LE PAPYRUS DODGSON 7

19 nhss irm Wsir-by bn t3y=f qty 16 my J3=w s . t n=w mn di. t gm=w n=k lw~
20 ~wy=k t3 sw.t 12 r bnr br ps mJg 13 n ~3.t-rnp.t 17 iw=k tm 's=w i. ir-~r=w iw=w ( r) gm n=k bw3
21 iw=k swr irm n3 blhm. w 14 çjd ps 'sm bpr
22 rhwe r-~r=y iw=y hr3e sny ps nw TEXTE III
23 ( n) ps qb~ e. iw=f r-~r=y P3-mr-i~ pn n3 i~. w
24 (n) tsy(=y) mwt iw=f 'k 15 çjd=w sny p3 nw n sm Écrit tête-bêche au recto
25 ( r) Pr-iw-w 'b n-çjr. t n3 g '13. w 16 iw=k tb y
1 sw 14 ibd 3 pr. t
26 bwt n(?) ns sbt. w Yb n3. w TFne. t(?)' [ ... }
2 çjd n=y ps brd e. ms=w ( n) Yb Ns-p3-mty
27 nsy. w rwçj. w i. ir b3y sw r ps '-psy 17 hsb=y
3 s3 n PJ-di-iry-~ms-nfr bw ir=y ~ge2 4
28 n=w çjd im n=n r p3 sb~J (n) sr bwt
4 p3 nty ir bws e.bnpw=y di.t wn ir.1=fp3 nty iw
29 n nsy e. ir=tn db~=y md. t r çj3d3=tn 18 tw=y wyk ( wy)
5 bw ir=f çjd=w r-b. t n3 nty iw=y çjd ·1=W br qb=[f(?) j
30 r. ~r=tn ~n=k s . t n=w çjd bw ir ir md. t [ . ... .. }
6 n3y=f bws . w ink Wsir Ns-p3-mty s3 nf Ifnm r. çjd.y s . t (n) j
31 bns r-~r=w tw=y db~ r-~r=k [ . .... j
7 Ptr3~ s3 n P3-sry-p3-wr bn pw=y di. t 's=w ps [rn}
32 lfnm bwt di(écrit tw)=f~r (n) pr-'3 m-ss=w mn
8 e . di( écrit tw) n=k t3y=k mwt mn 'sr p3 wsr bn iw=w
33 mtw=w dit(=dni. t?) 19 (n)-te(=r ntt) sçjm=w n=k di( écrit tw )=f n3 h3st . w m-ss. w
9 bny r brw=k p3 çjy i . ir=f ws~ ir=k 'rS
34 J3=w psy=w sbt wnm=w psy=w bn. t htb=w ~
10 [. .} wy. t(?) 25 sy mnq tsy=f sb[. .}
35 n3y=w rmt . w e. bn pw=w rb r. .. 'sb~ n=f2o
11 [. . . . . . . . . . (entièrement détruite) . .. j
12 n3y=k ~bs. w bn pw=w [. ........ .Jtby
Recto:
13 im (r) ps bn t3 wm1 (n) ps wr 26 sr
14 bw[J ... .. .... .. ... . } Ifnm
1 ~wy=fw.s.t lsicJ r bnr (n) ps ts (n)-te (= r ntt) sçjm=w n=k
15 [. .... } ps sb~s (n?) ps tsr
16 [ . ..... } r db~=[y(?) ..... } ps r~m-ntr' sb[~(?)]
TEXTE II
17 n.f (r).r=k tw=y wyk(wy) r.r=k
2 r.çjd.y s.t (n) PJ-di ss n Ns-ps-mty sb.t=y
3 p3 rn e. di( écrit tw) n=k t3y=k mwt bn pw=y di. t 's=w rn=k TRADUCTION
4 çjd Ps-di-Wsir ss n Ns-ps-mty (n)-te (=r ntt) gm=y ~3.t=k
5 di (écrit tw )=y n=k iby. w çjd iw=k ( r) bs3 t3y=k TEXTE 1
6 Jme. t th3 r-~r=y p3 i. ir=k qd=k n3y=k Verso:
7 pr. w iw=w sb3e r n3y=w pr. w ir=k bws n
1 Le quatrième mois de la saison Akhet (Khoiak), le 21, l'enfant (divin) mis au monde à
8 bn .w tw=k ir gr brb s. t my sp=s
Eléphantine 2 Nespameti, fils de Padiiryhémesnéfer, m'a dit (ceci), alors que je me tenais
9 r ps irpy (n) TS-rpy(.t) e.bw-ir-r'(sic)-tw=y
aux portes 3 de Khnoum, Satis (et) Anoukis, pour attendre ce qu'ils désiraient 4 (de)
10 iy n=k iw=y iy n=k iw=y di. t ir=k brb . w 21
celui qu'on accuse, puisqu'on m'a chargé du soin de 5 sonder son cas: «Je suis
11 iw=y di. t wn ir. t=w n-im=w e. bw-ir-r '-tw=k m ( w) t
Nespameti fils de Khnoum! 6 Dis à Pétrah, fils de Pashéripaour: Je n'ai pas fait appeler
12 (n) hnw bw3 22 db~=y md.t (n)-te(= n çjr.t)
ton nom, 7 le nom que t'a donné ta mère! On appellera ton nom: Pétra})., 8 Padii-
13 ps ~m-ntr e. smy=y n=f r . r=k e. bw-ir-r-r '-tw=k
rihémesnéfer, ton nom, parce que j'ai découvert (lit. «trouvé») ton cœur. 9 On t'a confié
14 (ligne pratiquement détruite) 2 3
des biens pour que tu révèles ton caractère. JO Léser le Dieu est ce que tu as fait. Il n'y a
15 psi.ir=wçjd=ys . t (n) Pn-t3.wys3nlfr-pn-Is.tçjdsbs.t (n) b3k
pas de supplication, ni de 11 prière au dromos de Khnoum, disant: Je ne savais pas ce
8 FRANÇOISE DE CENIV AL LE PAPYRUS DODGSON 9

que je faisais! 12 Sache-le, que tu as bu du vin de la réserve de l'embarcadère, 13 que t'accuser (lit. pas de faire trouver en toi de crime). 17 Si tu ne le lis pas devant eux, ils
l'on donne en libation pour le roi et Osiris-Onnophris. Tu as commis 14 l'abomination t'imputeront (lit. te trouveront) un crime.
d'Isis. Tu as bu du vin la nuit 15 quand les déesses étaient en deuil. Tu as appelé ta femme,
16 disant: «Tefnout, aucune déesse ne peut se mesurer à elle!» 17 alors que les pleureuses TEXTE III
(lit. les milans) tenaient les ménats. Tu as fait psalmodier 18 les psalmistes pour faire Recto, tête-bêche:
passer le temps. Tu as 19 été éveillé avec Osiris-âme au milieu de son (temps de) sommeil.
1 Le 14 du troisième mois de la saison Peret (Phamenoth): 2 l'enfant (divin) mis au
20 Tu as jeté le bouchon du vin-mêlé du nouvel-an, 21 buvant avec les Blemnyes, disant :
monde à Eléphantine, Nespaméti, 3 fils de Padiirihémesnéfer m'a dit: Je ne fais pas de
«Berger! la nuit 22 est venue sur moi alors que je festoyais. Il est passé, le moment de
prodige! 4 Celui qui a commis une faute (si je n'ai pas fait que son oeil s'ouvre), (et)
faire 23 la libation, alors qu'elle (la nuit) était sur moi», à Pamerihe (gr.: Pelaias), le
qui 5 ne l'avoue pas selon mes instructions, il double 6 ses fautes. Je suis Osiris
préposé aux vaches 24 de ma mère, pour qu'il entre (ou= alors qu'il entrait). Ils ont dit
Nespaméti, fils de [Khnoum! Dis à] 7 Pétra})., fils de Pashéripaour: je n'ai pas fait que
que le moment 25 d'aller à l'Abaton, pour les G'/'. w, s'était écoulé pendant que tu étais
soit appelé le [nom] 8 que t'a donné ta mère. Il n'y a pas d'appel au pilote (lit. «a11
îvre. 26 C'est l'abomination des champs d' Eléphantine! Tefnout' [et? .... ?], 27leurs
gouvernail»)! On n' 9 approchera pas à ta voix! La barque, elle s'est arrêtée . Tu dois
représentants (de corporations de prêtres) qui ont mesuré le blé pour la boulangerie (du
préparer(?) JO [une] tablette(?) d'argile (lit. «de sable») que soit accomplie sa rsupplique
temple), je leur ai envoyé (un message) ! 28 d.isant : «Allons à la supplication de dispersion
(?)' 11 (entièrement détruite) 12 tes vêtements, ils n'ont pas [perdu les marques (?)1 de
du mal, 29 à cause des actes que vous avez commis, que je demande une grâce en votre
l'ivresse. 13 Viens à l'intérieur de la tour du Supérieur! Disperse 14 le mal [ .. . . par
faveur (lit. «une chose sur vos têtes»). Je suis sans réclamation 30 contre vous (lit. suis
l'intercession de(?)] Khnoum 15 [ ....... va porter] la supplique (au?) «Rouge»!
éloigné de vous)»! Tu leur as donné l'ordre! Que rien ne soit fait[ . .. . ] 31 de mauvais
16 [La chose(?) ou la faveur] que [j']ai (?)demandée [pour toi(?) au] prêtre, deman[de-là
contre eux! Je te demande [d'empêcher(?) que] 32 Khnoum leur impute un crime et qu'il
(en suppliant)] 17 à lui [pour] toi . Je suis sans réclamation contre toi!
tourne la face du roi contre eux, en sorte qu'ils 33 n'aient plus de prébende, parce qu'ils
t'ont obéi, et qu'il les fasse pourchasser par les nomades, 34 qu'ils prennent leurs champs,
COMMENT AIRE PHILOLOGIQUE
qu'ils mangent leurs dattes et tuent 35 leurs gens, puisqu'on n'a pas pu lui radresser(?)' de
supplique, Verso:
Recto 1 qu'il les chasse hors du pays, parce qu'ils t'ont obéi!
1 La lecture proposée parE. Bresciani (Communication orale à l'Association pour l'étude du droit
TEXTE II de l'Égypte ancienne, centre Glotz, 13-06-1987): «Je suis la bouche de Khnoum, Satis et Anoukis»,
Recto semble peu convaincante, vu la présence du pluriel (d. w) et du déterminatif de la maison. La
restitution de la préposition n, très souvent omise par ailleurs, ne fait pas de difficulté.
2 Dis à Padi, fils de Nespaméti: J'ai changé 3 le nom que t'a donné ta mère. Je n'ai pas 2 ljnm St.t 'nq.t: Griffith lisait ljnm-R'; l'argument en faveur de cette lecture serait que le nom
fait appeler ton nom 4 à savoir : Padiousir, fils de Nespaméti, parce que j'ai découvert ton de Khnoum seul se lit à la 1. 11 infra; mais dans le texte écrit tête-bêche au recto, 1. 14, le point et le
trait oblique à lire R' sont devenus si minuscules qu'ils semblent faire partie, occasionnellement, de
cœur. 5 Je t'ai confié des biens pour que tu dévoiles ton 6 caractère. C'est me léser
l'orthographe du nom de Khnoum, dans beaucoup d'exemples (Er. 384, 3 s.v. ljnm). Noter
que tu as fait: tu as bâti tes 7 demeures en sorte qu'elles empiètent sur leurs demeures. Tu cependant que ljnm, dans Ns-pJ-mty sJ n ljnm, infra, 1. 5, est dépourvu de ces deux signes.
y as agi de façon abominable. 8 Tu fais pire : les dégrader! Que cela reste (dans les Pour Spt, confondu avec St.t (Satis) dès la 26ème dynastie, cf. Roeder, ZÀ·s 45, 22 sq. Le signe
archives?) 9 au temple de Triphis, avant que je JO vienne à toi. Si je viens à toi, je ferai ntr précède ici le nom Spt qui sert à écrire celui de Satis, comme dans la graphie ptolémaïque
(en sorte) que tu leur causes du dommage, 11 je ferai (en sorte) que leurs yeux s'ouvrent à enregistrée par Wb. IV, 111, 9, du nom égyptien de ~roEhç, confondu avec Satis. Le signe suivant,
ce sujet, avant que tu ne meures 12 (par?) quelque crime. J'ai demandé quelque chose juste avant le pavois final, est peut-être l'étoile: voir le signe initial du dernier exemple du mot twJ
«louer», dans Er. 613, 5.
(au) 13 prêtre auprès duquel j'ai porté plainte contre toi, avant que tu ne 14 [meures(?)
3 di. t s. test écrit comme «voici». Comme le remarquait Griffith, (o.c., p. 364), il y a d'étranges
par l'effet d'un crime (?)étant donné (?)] 15 ce qu'ils ont fait. J'ai dit à Pataoui, fils de orthographes dans ce papyrus. Le verbe di, «donner», au sçjm=f, est écrit tw, comme dans Setne
Horpaésé: Écris ceci (sous forme de) lettre, 16 qu'on la leur porte, qu'ils ne puissent (verso 9, 17, 32, 33; recto, 5; recto, tête-bêche, 8) de même que le relatif e.di= (recto 3; recto, tête-
bêche, 8) avec i-prothétique écrit r (translittéré ici e pour le distinguer de la préposition).
10 FRANÇOISE DE CENIV AL LE PAPYRUS DODGSON 11

5 La racine sj~, Wb. IV, 40, 4 («démence (?)», selon Alex. 77.3394, qui renvoie à JEA 49, 84) 18 Sur le sens «en faveur de» de la préposition composée r çj3çj3 dans plusieurs exemples tardifs, en
pourrait être à l'origine de la formation du fréquentatif employé ici. particulier en copte (€.XW =),cf. Ann. EPHE 1977-8, 4ème section, Rapport sur les conférences (de
6 La lecture avec~ final paraît assurée, et séduisante l'hypothèse de Spiegelberg (PSBA 31, 290) l'année 1976-7), p. 100, où ce sens est signalé dans la lettre copte publiée par Kasser, BIFAO 75, 401
d'y voir une abréviation de nom P3-di-iry-~ms-nfr . De même que P3-di (abréviation de P3-di- sq., et dans le papyrus Schmidt, publié par Satzinger, fARCE 12, 37-50.
Wsir), Pétrah aurait vu son nom abrégé en un diminutif d'où le nom divin est retiré. Plutôt que 19 Pour Griffith, qui a peut-être raison (I.e., n. 46) di. t serait une graphie de TO (ancien dnj. t,
d'adopter l'hypothèse d'un changement de patronyme, admis par G. Posener (RdE 5, 51 , n. 3), on «part»); voir cependant l'expression mn di. t dans Cerny, Studies Griffith, p. 54, n. 47 du verso, 1. 6-
parait autorisé à ne pas supposer omis le signe de filiation au début de la 1.8, et à expliquer la 7: «mn dit instead of mn mdi(. i), as already in Sallier I, 6, 9» etc. Le fait qu'il y ait ici mtw=w, qui
reprise rn=k, après le nom développé, par le fait qu'il s'agit d'une simple apposition: «ton nom exprime déjà la possession, incite à préférer l'hypothèse de Griffith.
Pétrah, (alias) Padiirihémesnéfer, ton nom (aussi)». 20 =f représente sans doute le roi, dernière autorité mentionnée, et dont la colère priverait tout le
7 gm=y: Griffith, o.c, p. 104, n. 77, a cru à une répétition du déterminatif de l'œil, comme dans personnel fautif de ses prébendes.
certains exemples de sn, «interroger», pour marquer l'insistance sur le sens «trouver, connaître, 21 brb: leyerbe enregistré sans traduction par Erichsen (Er. 367, 5) pourrait être rapproché du
décvouvrir, dévoiler». copte zwp'!) (Cerny, CED, 295, «mettre en difficulté, en mauvais état», bien que Cerny lui attribue la
8 (n)-te = r ntt: C'est à Griffith que revient le mérite d'avoir repéré ici l'orhographe d'une même étymologie que zpo'!) (c'est-à-dire ~r§, hr§ «être lourd», Er, 280, 3). brçj, «grincer des dents>>t
conjonction prononcée nte, rendant ainsi possible la compréhension de cette articulation importante (Er. 368, 1) donne bien zpo.xp€.X (CED 296).
du discours. La seule différence marquée ici avec son interprétation est qu'il s'agirait, une fois de 22 «Avant que tu ne meures (de) quelque crime»: cette allusion m'a rappelé la tentative de
plus, de r ntt (sur l'orthographe aberrante duquel voir Sethe, Bürgschaftsrechte, 296 § 5a). meurtre dont était victime Pétéisé dans le P. Dém. Ryland IX, de la part des prêtres qui discutaient
9 Voir la mention de s. t sb~ dans P. dém. Lille 29, 17 : Fr. de Cenival, Les Associations religieuses le bien fondé de ses droits. Mais il n'est pas exclu qu'on doive traduire autrement: «avant que tu ne
en Égypte d'après les documents démotiques, (EdE 46), p. 33-4, où est cité ce passage. meures (pour) certain crime».
10 Supposer qu'ici le rest omis est la meilleure hypothèse: en effet, selon la loi de Stern-Jernstedt, 23 Le premier mot seul est peut-être lisible, et serait, selon Griffith, ~m3e, qu'il rapproche du copte
s'il s'agissait du présent Ild ou du circonstanciel, on aurait rb n-im=s. Le futur a ici un sens injonctif: z wM (cf. Westendorf, KHWb . 371, «treten, trampeln». Le mot n'est pas dans le Demotisches
«tu dois savoir. .». Glossar d'Erichsen. Ce serait une allusion aux mauvais traitements qui attendaient l'accusé s'il
11 Le texte d'Esnah, cité par Sauneron, o.c., supra, qui concerne les rites du temple d'Osiris et n'avouait pas. On peut penser que l'interrogation, par l'intermédiaire du devin Nespaméti, des
d'Isis parallèles à ceux de Philae, parle de l'interdiction de jouer de la harpe, du tambour ou de la volontés divines, était précédée, ou s'accompagnait, d'une interrogation de l'accusé, qui amène la
trompette dans l'enceinte de la butte sacrée, et de chanter après le commencement de la quatrième constatation «j'ai trouvé ton cœur». Voir aussi l'allusion du Texte III, recto tête-bêche, l, 1.4-5, à
heure de la nuit; encore le chant ne doit-il être exécuté que par des chanteurs masculins. A propos l'ouverture de l'œil (de l'accusé), qui correspond peut-être à une mise en évidence du sort qui
de quoi Sauneron rappelle que les femmes étaient exclues de certaines cérémonies. Donc «appeler sa l'attend afin d'obtenir son aveu.
femme», comme l'a fait Pétrah, constituait aussi une infraction. Pour les interdits régnant à Philae, 24 ~ge: c'est très probablement une orthographe non répertoriée et non étonnante de ~q «magie»,
voir naturellement Junker, Das Gotterdekret über das Abaton. qui est attesté avec le déterminatif du serpent (identifiable ici, avant celui de la mort. Griffith
12 swt est quelque chose de mauvais contenu dans le vin , et que l'on jette : il peut s'agir du dessus, traduisait: «I do not punish (?)» et transcrivait ~qt (?) avec hésitation.
ou de la lie. La première hypothèse paraît préférable, à cause du rapprochement possible avec le 25 Il faut peut-être restituer [w•.t; wy . t (n) sY
copte CHOYE(f.), Crum 368b, dém. sw (Er. 412, ult.), avec le déterminatif de l'étoffe: il pourrait 26 P3 wr est le titre que porte celui qui marche en tête dans les processions, dans les associations
s'agir du tissus qui couvre les jarres de vin. religieuses: cf. les références données dans Fr. de Cenival, o.c. , p. 162-3. Il est possible que ce
13 mJg : le signe qui surmonte le g, de forme bizarre, pourrait être t. Griffith a déjà fait le lien avec personnage se soit vu confier la charge d'accomplir ou de surveiller certaines opérations ayant trait
le nom du roi Psammétique (I.e., p. 105, n. 34). à la magie ou aux rites d'éxécration.
14 Sur les Blemmnyes, nomades du désert, distincts des habitants de Meroé, cf. LA·, p. 827-8 .
15 Les déterminatifs de •k (s'agit-il de l'étoile, comme dans St. t, supra, 1. 3, ou du phallus (cf. k3,
Er. 555-6), suivi du pavois) suscitent l'étonnement: s'agit-il d'un rite? le mot •q, «entrer», est écrit
parfois avec k au lieu de q, comme ici: la lecture peut donc difficilement être mise en doute.
16 g•/3. w désigne probablement, selon M. Pèzin, une ethnie qui, avec les Blemmnyes, jouait un
rôle important dans les cérémonies de Khnoum à Eléphantine. Sa racine n'a sans doute rien à voir
avec 6o1.;...€ , en dépit de la note de Griffith, o.c., 106, n. 42. Elle pourrait plutôt venir du nubien kr
«fils» qui apparaît dans les noms théophores Kr-Mwt, et dans les noms tardifs KUÀU!-!&v,
KUÀOcrtplÇ, ainsi que peut-être dans gl-§r, KUÀampu;ç: voir Spiegelberg, ZA"S 43, 87-8 .
17 Sur ·-psy, cf. Fr. de Cenival, P. dém . Lille (III), p. 49-50 (n° 101 recto VI, 4).
CONTRIBUTION A LA PROSOPOGRAPHIE
DES CADRES MILITAIRES DE L'ANCIEN EMPIRE
ET DE LA PREMIERE PERIODE INTERMEDIAIRE
PAR

PIERRE-MARIE CHEVEREA U

La documentation sur l'organisation des forces armées égyptiennes durant les premières
dynasties se limite pratiquement à l'article publié par R. O. Faulkner en 1953 1 . S'il y est
bien fait mention des principaux grades militaires connus, cette synthèse ne cite qu'un
nombre restreint de références aux titulaires de ces grades et ne donne pas, de ce fait, un1
aperçu de l'importance du corps des officiers à cette époque. Nombreux, en effet, sont les
documents - en particulier inscriptions rupestres - où figurent titres et patronymes de
cadres militaires; certains ont été regroupés dans des index généraux, études spécialisées ou
monographies 2 , mais la plupart ne peuvent être retrouvés que dans les articles, publica-
tions ou ouvrages consacrés au document.
Pour éviter aux chercheurs une quête fastidieuse dans les rayons des bibliothèques, il a
paru utile de présenter dans ces pages un répertoire prosopographique des officiers
dénombrés à l'Ancien Empire et à la Première Période Intermédiaire.

Une des caractéritiques de l'encadrement des forces armées à l'Ancien Empire est le
cumul par un même officier de titres militaires et de titres nautiques : des «généraux»
détiennent le plus haut rang de la marine «chancelier du dieu» 3 , des «chefs des auxiliaires
nubiens» exercent également un commandement naval en tant que «capitaine de navire» 4 •
Dans les cas où ce cumul n'est pas attesté, les documents montrent qu'un «chancelier du
dieu» peut diriger une expédition avec sous ses ordres des officiers des deux corps 5 et qu'un
«général» peut se trouver à la tête d'unités fluviales 6 . La distinction entre les attributions
respectives des cadres militaires et des cadres de marine dans une expédition n'apparaissait
en fait que durant la phase proprement nautique - transporteur et transporté 7 -car, le
débarquement effectué, les équipages et leur encadrement participaient à la phase terrestre

1 JEA 39. 32-6.


2 Murray. Index of Names and Titles of the Old Kingdom ; Baer, Rank and Tille in the Old Kingdom; Helck,
Untersuchungen zu den Beamtentiteln des iigyptischen Alten Reichs (Ag. Forsé"lz. 18); Bell, Interpreters and Egyptianized
Nubians in Ancient Egyptian Foreign Policy.
3 Voir ci-après: 3 - 5 - 13 - 16 - 24 - 32 - 42 ...

4 Voir: 96- 110- 111 - 113- 139- 142.

5 Telle chancelier du dieu ljpi (279); Sinaï~ IX, 1, n' 18.

6 Telle général 'bt .. . n (2) ; An thes, Hatnub, 18, gr. 1, pl. 9.

7 Encore que les «nfrw» devaient participer à la manœuvre et à la nage.

.
;
14 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE DES CADRES MI LIT AIRES 15

de la mission, aux côtés des personnels de l'armée. Il a paru en conséquence logique de


faire figurer dans ce répertoire, à la suite des officiers de l'armée, l'ensemble des cadres de la ANCIEN EMPIRE

marine inventoriés, qu'ils détiennent ou non un autre grade militaire 8 .

1. 3bdw' (PN I, 2, 4) VIe d. (Pépi I)


La traduction française des titres militaires ou nautiques égyptiens relève évidemment de
Fils de mry-r'-'nb - Doc.: Graffite de l'O. Maghara (Sinaï) - Bibl.: Urk. 1, 92; LD II,
l'arbitraire. L'ordre hiérarchique décroissant «mr - brp - s~g - imy-bt,>, communément
ll6a; Sinaï: pl. VIII, 16; Goedicke, JEA 46, 62; Helck, Beamtentiteln, 99, no 52.
admis pour les fonctionnaires 9 , a été retenu. Toutefois certaines appellations (directeur,
2. 3bt . . . n? Ve d. (Téti)
contrôleur. .. ) valables pour l'administration civile sont mal adaptées à la fonction mili-
Doc.: Graffite d'Hatnub-Bibl.: Anthes, Hatnub, 18 (l), pl. 9.
taire; aussi a-t-on choisi, de façon conventionnelle, les titres de «chef» pour «mr» 10 -
3. 3bty-~tp (ou ~tp-3bty) (PN 1, 257, 26) VIe d.
«commandant» pour «brp»-«lieutenant» ou «sous-chef» pour «s~g»-«officier­
Doc. : Linteau de Giza-Bibl. : PM IIJl, 58; Reisner, Giza, fig . 159; Fischer, MMJ 8, 20,
adjoint» pour «imy-bt». pl. 19.
Les cadres ont été classés par grades, en faisant référence, pour chacun d'eux, aux autres Titre nautique: lieutenant de vaisseau (393).
titres militaires et nautiques détenus: le même officier figure ainsi, dans le répertoire, autant Autres titres : rb nswt, w'b nswt, ~m nJr !jwfw, brp m sJ.
de fois qu'il détient de grades. 4. ii-m-~tp(PN I, 9, 2) AE
Doc.: Table d'offrandes du Louvre-Bibl.: Wb. Zettel D 46, Louvre: Helck, o.c., 95.
A- TITRES MILITAIRES Titre nautique: chancelier du dieu (248).
5. iy (PNI, 8, 11) Fin VIe d. (ou ultérieur)
1.-ÜFFICIERS D'ENCADREMENT Doc.: Mastaba de Saqqara et fausse porte CGC 57124-Bibl.: PM IIJI , 565; Mariette,
Mastabas, 161-2; Petrie, Seven Memphite Tombs Chapels, 3-5, pl. XVIII; Helck, o.c., 98 ;
~1: ~ii var. ~ii mr mf" GÉNÉRAL
Kees, MDAIK 18, 4.
Le titre de mr mf" apparaît pour la première fois dans une inscription rupestre de Titres nautiques: chancelier du dieu (249), lieutenant de vaisseau (394).
l'époque thini te 11 . Il sera porté pendant près de trois millénaires par les officiers égyptiens Autres titres: mr kJwt nt nswt, ~ry sst3 n ljJswt nbwt.
placés au sommet de la hiérarchie. Il est habituellement traduit par «général» 12 . Sous 6. iy-mry (PN I, 9, 16) Fin VIe d.
l'Ancien Empire, l'effectif des troupes engagées dans une opération ne correspond le plus Doc.: Mastaba de Wnst, Giza- Réf.: Junker, Giza I, 252; Helck,. o.c., 96.
souvent pas à l'importance du commandement exercé plus tard en Egypte par les officiers 7. ipi-~3i-st .f AE
de ce grade, mais le rang social élevé détenu, dès les prédynasties, par le mr mS" 13 s'exprime Doc.: Cercueil de l'Oriental Institute Chicago (12072) - Bibl.: PM III , 570; Gunn,
1

mieux par le titre de général que par les autres traductions proposées 14 . Mss XIV, 58-9-60 (1) XV.5.
8. ipi-~r-ssnb.f(PN I, 22, 20) Fin VIe d. PPI
Doc.: Tombe de Saqqara-Bibl.: PM IIJl, 544; Firth-Gunn, Teti Pyr. Cemet. 1, 190-1
(20).
Titre nautique: commandant d'équipages de recrues (450).
Autres titres: mr §nwty, rb nswt m3', mty n s] I)d .swt.
8 Cette deuxième partie du répertoire, consacrée aux cadres de la marine, ne devant paraître que dans un prochain

numéro de la Revue, il est donné en appendice un index des traductions conventionnelles des titres nautiques, pour permettre 9. immbi (PN I, 26, 6) (var.: immz) AE
d'identifier les références qui y sont faites dans le première partie. Doc.: Tombe d'Assouan - Bibl.: Morgan, Catalogue monuments 1, (B5), 200; Edel, Z·s
9 Helck, Beamtentite/n, 107; Yoyotte, RdE 9, 146.
93, 49 (102c)-ASAE 57, 41-0rîentalia 30, 188.
10 Mais en conservant le titre traditionnel de «général» pour «mr mS'».

11 Mr mS' «X», contemporain du roi Sekhemkhet (irifra 57).


Titre nautique: chancelier du dieu (251).
12 LX II, 524; Helck, o.c., 99; Onom. l , 85 ... Les mr mS' qui n'ont pas de caractère militaire - tels les mr mS' brtyw nJr - 10. in(i)-(i) t(i) .f (PN I, 34, 1)- beau nom: mbwy VIe d.
n'ont évidemment pas été décomptés dans le repertoire. Père de s3b-nl II (133).
13 Réclamation auprés du vizir du général «X» (61): Gunn, ASAE 25, 242; Gardiner, JEA 13, 75; Grdseloff, ASAE 48,
Doc. 1) Tombes 25,26 de Qubbet ei-Hawa-Bibl.: Morgan, o.c., 144; Bissing, ASAE 15,
505.
14 «Chef des troupes», «chef d'expédition» ... qui peuvent du reste prêter à confusion avec d'autres grades. 4; Goedicke, o.c.; Edel, Qubbet el-HawaII, 1, 34, 35; Bell, lnterpreters and Egyptianised
Nubians, 51 (716-8).
16 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE DES CADRES MILITAIRES 17

Doc. 2) Graffito de Tomas-Bibl.: Ede!, ZXS 97, 53; Bell, o.c., 53 (772-3). 21. Ppl-nbt (PN I, 132, 7)- beau nom: Wç_-ib 15 ( = ~IÇ-3-ib)(PN I, 256, 3)Vle d. (Pépi II)
Autres titres militaires: général de SJtw, chef des auxiliaires nubiens (86). Doc.: Graffito de Tomas- Bibl.: PM, VII, 75; W~igall, Antiquities of Lower Nubia, 108-9,
Autres titres: btmw bity, smr w'ty, mr bJswt nb .fm '!Jm 'Irtt WJwJt, bry - ~bt. pl. 58, 10; Goedicke, o.c.; Bell, o.c., p. 53 (774) 16 .
11. in-k3 .f(PN I, 36, 1) FinAE Autre titre militaire : chef des auxiliaires nubiens (104).
Doc.: Graffito d'Abou Simbel - Bibl. : Fischer, An.Or. 40, 12. 22. pr-nçjw (PN I, 133, 29) VIe d .
Autres titres: smr w'ty, ~ry sstJ. Doc. : Fragments de fausse porte CGC 1506, 1684, 1690, 1718-Bibl.: PM IIJl , 611;
12. ir-n-3bt(y) (PN I, 39, 24) VIe d. Borchardt, CGC, 134, 136, 137, 154; Helck, o.c., 28 ; Valloggia, Mél. Vercoutter, 363, no 8.
Doc.: Graffito de l'O. Hammamat - Bibl.: PM VII, 330; Urk. I, 148; LD II, 111, 5f; Titres nautiques: armateur de navire (357), chef des scribes des équipages (511) .
Couyat-Montet, MIFAO 34, 95, no 171; Schenkel, Ag. Abh. 12, 26. Autres titres: rb nswt, ss Jst , ss snwt.
13. ir. s-bw IV ;ve d. 23. ftk-t3 (PN I, 142, 26) AE
Doc.: Tombe et sarcophage de Giza-Bibl. : Hassan, Giza V, 60-1; VII, 49-52, pl. 28; Doc.: Graffito de l'O. Hammamat - Bibl.: PM VII, 330; Couyat-Montet, o.c., 61, no 69;
Fakhry, ASAE 38, 41; Donadoni, Sare. egizi, 135 (B64); Murray, Index XXI, col. 2. Faulkner, JEA 39, 34 (1); Yoyotte, BSFE 73, 47, no 8.
Titres nautiques : chancelier du dieu (258), chef des équipages du roi (446). Titres nautiques: armateur de navire (357), chef des scribes des équipages (511).
Autres titres: mr sbJ(w) n(w) msw nswt. Autre titre : mr smntyw.
14. i~y-m-s3 .f (P N l, 44, 24) Fin AE 24. mr-ib (PN I, 155, 17) IV/Ve d.
Doc. : Graffito ·de l'O. Hammamat-Bibl.: Urk. I, 148; LD II, 115 f; Couyat-Montet, o.c., Dit k3-pw-nswt (PN I, 339, 12), petit fils de lfwfw.
95, no 170; Schenkel, o.c., 26; Yoyotte, BSFE 73, 47-8. Doc. 1) Mastaba Giza (G. 2100-1)-Bibl.: PM IIJl, 71-2; LD II, 18-22: Junker, Giza II,
Autre titre: mr smntyw. 98-135; Reisner, Giza I, 216, 311, 419-21; Fischer, ASAE 13, 236; Helck, o.c., 95, 101.
Doc. 2) Chapelle de Berlin-Bibl.: Ausf Verz., p. 48-50, no 1107.
15. isw (PN I, 46, 14)
Titres nautiques : chancelier du dieu (271), lieutenant de vaisseau (400) administrateur de la flotte
Doc.: Mastaba de sa fille bnt-k3w . s, Giza- Bibl.: Junker, Giza VIII, 68, 85, 88: Curto, Gli (503).
Scavi XV, 58-61. Autres titres : s] nswt, wr mrjw §m'w, mr kJwt nbwt nt nswt, wr mJw 'Iwnw, ~m nJr lfwfw, bry-~bt.
16. 'Issi- 'nb (PN I, 45, 21) Fin VIe d. 25. mry-r'-'nb (PNI, 160, 24) VIe d. (Pépi I)
Fils du roi Isési- Doc.: Mastaba de Saqqara D8- Bibl.: PM III 1, 489; Urk. I, 181 ; Père de 3bdw (1)-Doc.: Graffito de l'O. Maghara-Bibl.: Urk. I, 92; LD II, 116a; Sinaï,
Mariette, Mastabas , D8, 189-90; Quibell, Saqqara (1907-8), 24-5; Baer, Rank and Title pl. VIII, 6; Helck, o.c., 99 (56).
O.K., 60 (64); Helck, o.c., 98. 26. mr-r'-nbt VIe d.
Titres nautiques: chancelier du dieu (261). Doc.: Pap. Berlin P. 8869-Bibl.: Müller, Hierat. Pap. Berlin III, 2-3; Smither, JEA 28,
Autres titres: sJ nswt, mr kJwt nbwt nt nswt, mr wrjt-mdw nb nt nswt.
16-9; Helck, o.c., 99 (51).
17. idi (PN I, 53, 23) Fin AE 27. ni-'nb-'nty (PNI, 171, 5) dit ny VIe d.
Doc.: Stèle d'Abydos, CGC 1588- Bibl.: Borchardt, CGC II, 66.
Père de ii-m-~tp (395)- Doc.: Fausse porte de Giza au Musée de Stockholm, MM.
Autres titres : ~Jty- ', btmw blty, smr w 'ty.
11406-Bibl.: PM //Jl, 137; Junker, Giza VI, 239, pl. 101; Baer, Rank and Title O.K., 84,
18. 'nw (PN I, 62, 9) VIe d. no 207 A.
Doc. : Tombe de Saqqara-Bibl.: Jéquier, ASAE 35, 147: Dittmann, MDAIK 6, 162. Autres titres: rb nswt , w'b lfwfw Jbt.
Autres titres: ~Jty- ', btmw bity, smr w'ty, mr bnty § pr- 'J. AE
28. nfr(w) (PN I, 214, 20)
19. 'nbw (PN I, 68, 6) VIe d. (Pépi I) Doc.: Graffito de l'O. Isa-Bibl. : Bell-Johnson-Whitcomb, JNES 43, 36, no 5, 7, fig. 10,
Doc.: Graffito de l'O. Hammamat-Bibl.: Goyon, o.c., 57, no 23. Il, 16.
Titre nautique : lieutenant du vaisseau 'bJ nJrw (397). Autres titres: [ mr jwpwt, bnw nswt.
Autre titre: w 'b s~dw I}d .f-r'.
20. 'nb-n(i)-lt(i) (PN I, 64, 21) Ille d .
Doc.: Graffito du Sinaï- Bibl.: PM VIII, 340; Sinai~ pl. I, p. 54, no 2. 15 Pour cette lecture: Bell, o.c., 160 (726).
Autre titre: 'rj mr bJst. 16 Autres documents et autres titres, voir infra 104.
18 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE DES CADRES MILITAIRES 19

29. r'-wr (PN I, 217, 2) IV/V< d. 38. hww(i)-wr (PN I, 266, 4) «général des recrues» Fin VI< d.
Doc.: Mastaba de Giza - Bibl.: Hassan, Giza V, 293 sq., pl. LVIII, LIX ; Reisner, Giza I, Doc.: Fausse porte de Giza-Bibl.: PM IIJI , 254; Urk. I, 46-8; LD I, 115-6 ; II, 43;
32. Hassan, Giza V, 289-92.
Autres titres: sJb 'rj mr, mr kJwt nswt, !Jry-~bt, lwn Knmt .
39. bwfw-siJ V< d.
30. r'-~tp(w) (PN I, 219, 15) IV< d. Doc.: Graffita de l'O. Hammamat- Bibl.: Goyon, o.c. , 66, no 36.
Fils de Snfrw - Doc. : Mastaba de Meidoum et statue CGC 3- Bibl.: PM IV, 90-1 ; Autres titres: rb nswt, mr srw.
Mariette, Monuments, pl. 16 - Mastabas, 487; Junker, MDAIK 2, 148, pl. 36; Borchardt, Fin VIe d. /PPI
40. sni (PN I, 310, 11)
CGC, 3; Daninos, RT 8, 73 ; HTBM I, pl. 20 ; Helck, o.c., 96, 100.
Autre titre militaire: chef de détachement (178).
Doc. : Tombe de Saqqara - Bibl.: PM IIJ2, 681; Jéquier, Tombes de particuliers, 35, fig. 41,
Titres nautiques: commandant d'équipages de recrues (462), chef d'équipage (487), administrateur pl. III.
de la flotte (504) . 41. sn-r~. wy (PN I, 309, 9) VI< d.
Autres titres: s] nswt, rb nswt, wr mrjw sm'w, wr mJw'Iwnw.
Doc.: Linteau de El-Rebayin-Bibl.: PM IV, 27; Daressy, RT24, 163; Fischer, Dendera in
31. ~Jgi (PN I, 233, 15) the IJJd Millenium, 164.
Doc.: Stèle Louvre C 160- Bibl. : Wb. Zettel Louvre C 160 (304); Pierret, Rec. Inscr. Autres titres: btmw blty, smr w'ty, ~~] ~wt, mr rwt .
Louvre II, 70; Boreux, Catalogue I, 154. 42. sbm-kJ (PN I, 319, 18) VIe d.
Autres titres: btmw blty, smr w'ty, ~~] ~wt , sJb 'rj mr, !Jry tp nswt.
Doc.: Linteau de Giza- Bibl.: PM III 1, 246 ; Hassan, Giza VI (3), 143-6, fig . 139, pl. LXII.
32. ~m-mnw (PN I, 239, 21) VI< d. Titre nautique: chancelier du dieu (297).
Doc.: Statuette d'une collection privée- Bibl.: Fischer, JARCE 2, 18 et GM 84, 25-8; 43. ssmw (PN I, 320, 22) V/VIe d.
Sotheby's Londres 10/ 12/ 1984, no 180.
Doc.: Fausse porte du Musée de Berlin-Bibl.: PM IIJ2, 492 ; LD I, 142 - II, 97 a; AeiB
Titre nautique: chancelier du dieu (280).
1, 25; Ausf Verz., 57; Helck, o.c., 98.
Autre titre; mr smntyw.
Autre titre militaire : chef de l'arsenal (215).
33. ~r-nbt (PN I, 249, 10) VIe d. PPI Titres nautiques : chancelier du dieu (298), chef des équipages des deux grandes barques (445), chef
Doc.: Stèle de Tell Edfou - Bibl.: Garnot, Tell Edfou I, 50, pl. XIV, 2; Baer, o.c. , 106 des commandants d'équipages de recrues (444).
(334); Yoyotte, BSFE 73, 47-8, no 35; Valloggia, Mél. Vercoutter, 364. no 43 . Autres titres : mr kJwt nbwt nt nswt, ~ry sstJ n wrjt nt nswt, mr snwty, w'b nswt.
Titres nautiques: chancelier du dieu (282), armateur et capitaine de navire (343), lieutenant de 44. st-kJ (PN I, 298, 23) V/VI< d.
vaisseau (409). · Doc. : Graffita de Khor el-Aquiba (Nubie)- Bibl.: Lopez, Las inscripciones Korosco y Kasr
Autre titre: mr s] n smntyw.
Ibrim, pl. 15, 1; RdE 19, 52-3 ; Yoyotte, BSFE 73, 48, no 33b.
34. ~r-s.f-nbt (PN I, 253, 1) Fin VIe d. Autre titre : mr smntyw.
Doc.: Fausse porte de Saqqara-Bibl.: PM IIJI, 544; Firth-Gunn, o.c., 192-3 (22). 45. kJ- pr (PN I, 338, 24) Début V< d.
Titre nautique: commandant d'équipages de recrues (467).
Doc.: Tombe de Saqqara-Bibl. : PM IIJ2, 504; Fischer, JNES 18, 233-72.
Autre titre : rb nswt mJ'.
Autres titres militaires : scribe militaire royal dans Wnt, Srr, ljtyw-f-kJt, TpJ , 'IdJ, les déserts à l'O .
35. ~kn-bnm et à I'E. (225). commandant de détachement (179).
Doc.: Tombe et sarcophage de Giza- Bibl.: PM IIJI, 238; Hassan, Giza VII, 49-52, Autres titres : s]b 'rj mr.
pl. 28-Giza V, 61; Donadoni, Sare. egizi, 134, B 63 ; Fischer, JNES 18, 262-3 ; Kees, 46. KJ- pr (PN I, 338.24)
MDAIK 18, 4; Baer, o.c. , 59 (53); Valloggia, o.c., 364, no 38. Doc. : Graffita de l'O. Hammamat-Bibl. : Goyon, Ô.c., 66, no 36.
Autre titre militaire: chef de la route d'Horus (196). Autres titres : rb nswt, mr srw.
Titre paramilitaire : chef des chasseurs (240).
Titre nautique: armateur-capitaine de navire (344). 47. kJ- pr (PN I, 338, 24) Fin V< d.
Autres titres : 'rj mr smyt, mr smywt, brp mltr, wr mrjw sm 'w, rb nswt, !Jry-tp nswt, lwn knmt, mr wsrt Doc. : Mastaba de Giza-Bibl.: PM III\ 262; Hassan, Giza II, 155-8, fig . 184-7, 195;
wrt, brp ssw nbw, mdw rbyt. Baer, o.c., 139 (510).
36. b '.f-Ifwfw (PN I, 265, 17) AE Autres titres : mr srw, s~rj srw, mr snwt, s~rj n ~ry wrjb.
Doc.: Mastaba de Giza - Bibl.: Simpson, Mastabas of Kawab, 23-4, pl. XXXIV, fig. 44. 48. kJ- ·~3 .f (P NI, 338, 26) IVe d.
37. bwy (PN I, 267, 13) VIc d. (Pépi Il) Doc.: Stèle brisée de Dashour, au Caire CGC 1381-3, 1672-Bibl.: PM IIP, 890; Morgan,
Doc. : Graffita d'Hatnub - Bibl.: PM IV, 239; Anthes, Hatnub, p. 21, no 5, pl. 10.
20 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE DES CADRES MILITAIRES 21

Fouilles à Dakchour (1894), 12, fig. 12, 13; Borchardt, CGC I, 41-2; II, 129; Helck, o.c., 99. 58. «X» III< d.
Autres titres: s] nswt, mr kJwt nbwt nt nswt, wr mgw sm 'w, mr ~mw. Doc.: Linteau, tombe no 7 de Meidoum-Bibl.: PM IV, 92; Petrie, Meydum, 20, pl. XVI,
49. kJ-m-Jnnt (PN I, 340, 1) VI< d. 38-9; Weill, II-III" dynasties, 299; Helck, o.c., 96.
Fils d'Isesi-Doc.: Tombe de Saqqara-Bibl.: PM IIF, 489; Urk. I, 180, 25-116Aa; Titre nautique: chef des équipages (489).
Autres titres: w'ty [wrj s~, wr [mJwj, ~rn nJr Sbk, mr sJt.
Mariette, Mastabas, 187-9; Quibell, Saqqara (1907-8), 82-7, pl. LXI; Reisner, Tomb
Development, 407; GLR I, 197; Anthes, ZXS 82, 72; Helck, o.c., 98; Baer, o.c., 144 (530). 59. «X» V/VI<d.
Titres nautiques: chancelier du dieu (303), commandant des équipages (474), chef des pilotes (441). Doc.: Tombe no 2 de El-Gozeireh-Bibl.: Fakhry, ASAE 46, 25-6, pl. V; Fischer, INES
Autres titres: s] nswt, smr w'ty, IJfmw blty, mr kJwt nbwt nt nswt, mr wgt-mdw nb nt nswt. 18, 269-Dendera in the IIJd Millenium , 194; Helck, o.c., 98.
50. gr~ .l VI< d. Autres titres militaires: chef des troupes (79), chef des troupes d'assaut (201) .
Titre nautique: chancelier du dieu (316).
Doc.: Chevet du Musée du Caire (JE 26501)-Bibl.: Fischer, GM 84, 28-9.
Titre nautique: chancelier du dieu (305). 60. «X»- Fils de wrkJ V/VI< d.
Autre titre: mr smntyw. Doc.: Mastaba de wrk3, Giza-Bibl.: PM IIJI, 140; Junker, Giza VI, 241-2, fig. 102.
51. Ttl-lst .f (PN I, 384, 12) VI< d. 61. «X» VI< d .'
Doc.: Sarcophage de Tell el-Ruba-Bibl.: PM IV, 16; Chaban, ASAE 10, 28 (i). Doc.: Lettre trouvée près de la pyramide de Djéser, Saqqara- Bibl.: Gunn, ASAE 25, 242
Autre titre militaire: grand de l'armée (203). sq.; Gardiner, JEA 13, 75; Grdseloff, ASAE 48, 505.
Autres titres: btmw bity, smr w 'ty, ~~] ~wt. 62. «X» VIe d.
52. Jnty (PN I, 392, 10) VI< d. Doc.: Graffito de Tomas, no 18-Bibl.: PM VII, 75: Weigall, o.c., 108-9, pl. LVI.
Doc. 1) Mastaba de Saqqara-Bibl.: PM IIP, 482; Mariette, Mastabas, 87-9; Rougé, 63. «X» V< d.
Inscr. hiér., LXXVIII; Helck, o.c., 95; Baer, o.c., 153 (569).
Doc.: Graffito de Tomas no 23-Bibl.: PM VII, 75; Weigall, o.c., 108-9, pl. LVI.
Doc. 2) Statue Louvre 10776-Bibl.: PM IIP, 141; Wb. Zettel Louvre (sans n°).
Titres nautiques: chancelier du dieu (306), commandant des équipages de recrues (476). 64. «X» V< d.
Autres titres: rb nswt, smr w'ty, mr ·~, mr wpwt, ~ry sst] n pr-dwJt, ~rn nJr lfwfw . Doc.: Papyrus d'Abousir-Bibl.: HPBM V, pl. 62, 64 G; Posener-Kriéger, BdE 65, II,
53. Js(w) (PN I, 394, 12) VI< d. 386, 396, 596; Kaplony, Orientalia 41, 189.
Doc.: Fausse porte, Brooklyn Museum L. 69.19-Bibl.: Fazzini, Mise. Wilbouriana I,
33-7' fig. 1.
PREMIÈRE PÉRIODE INTERMÉDIAIRE
54. JJl (PN I, 395, 24) Fin AE/PPI
Doc.: Graffito de l'O. Hammamat- Bibl.: PM VII, 330; Couyat-Montet, o.c., 46, no 35; 65. llw (PN I, 7, 28) PPI
Newberry, JEA 24, 184; Yoyotte, o.c., 49. Doc.: Graffito de Marsa A lam- Bibl.: Zaba, The Rock Inscriptions of Lower Nubia, 237,
Titre nautique: chancelier du dieu (307). A 26.
Autres titres: mr nwb, mr smntyw, mr ljJswt nbwt. Titre nautique: capitaine de navire (390).
55. çjJty (PN I, 405, 18) IV/Ve d. 66. lpl(PNI, 22, 15) PPI/ME
Fils de ijwfw- Doc.: Mastaba de Giza- Bibl.: Reisner, Giza Necrop. I, 209 (34), 309, Doc.: Fragment de porte de Saqqara à 1'0.1. Chicago, 17365-Bibl.: PM IIF, 564 ;
382; Gauthier, RT 40, 194 (14). Quibell, Excavations Saqqara (1905-6), 8, 26, pl. XX, 5; Allen, Handbook of the Eg.
Autre titre : sJ nswt n bt .f Collections, 35.
56. çjJty (PN I, 405, 18), kJ-nfr (PN I, 200, 16) VI< d. Autres titres: ljtmw blty, smr w'ty.
Doc.: Graffito de l'O. Hammamat (206)-Bibl.: PM VII, 329; Urk. I, 148-9; Couyat- 67. ln(l)-(l)t(l) .f(PN I, 34, 1) XI< d. (Antef II)
Montet, o.c., 103-4, pl. 39; GLR 1, 143; Schenkel, o.c., 269 (27). Doc. :Stèle thébaine au Musée de Strasbourg, no 345 - Bibl.: Spiegelberg, Aeg. Grabsteine
Titre nautique: chancelier du dieu (309). 1, pl. XI, no 18 -ZXS 50, 119; Schenkel, o.c., 65, no 44; Clère-Vandier, BAe X,§ 11; Ward,
Autre titre: s] nswt smsw.
Index, 205; Bell, o.c., 77 (1036).
57. «X» I< d. (Sekhemkhet)
Autre titre militaire: chef des auxiliaires nubiens (158).
Doc.: Deux Graffiti du Sinaï- Bibl.: PM VII, 339-40; Sinaï, pl. 1, 1b; Giveon: BASO R Autres titres: btmw blty, smr w'ty.
216, 17-20.
Autres titres: s] nswt, smsw lst.
1'1'

22 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE DES CADRES MILITAIRES 23

68. ln(i)-(l)t(i).f(PNI, 34, 1) PPI 77. çjml (PN I, 406, 26) PPI
Doc. : Stèle d'Abou Simbel-Bibl.: PM VII, 119; LD V, 168; Weigall, o.c., 138; Gauthier, Doc.; Stèle de Gebelein-Bibl.: Goedicke, JNES 19, 288; Fischer, Kush 9, 45, no 3;
BIFAO 9, 133. Kayser, Ait. Hidelsheim, no 4590; Bell, o.c., 77 (1031-2); Schenkel, o.c., 116, n°83;
Autres titres: smr, bry sstJ. Kanawati, Govern. Reforms O.K., 120; Sternberg, GM 28, 55-9.
69. "nb. tyfy (P NI, 68, 22) PPI Autre titre militaire: chef des auxiliaires nubiens (161).
Doc.: Tombe de Mo'alla-Bibl.: Vandier, Mo'alla, 19, inscr. 1, 5, 10, 11, 15; Schenkel,
o.c., 45-6; Bell, o.c., 77 (1033-5); Ward, o.c., 205.
Autres titres militaires: chef des auxiliaires nubiens (159), bouche de l'armée (206). ~= e_~o mr mnf5t CHEF DES TROUPES
Autres titres: rp ', bJty- ', btmw blty, smr w'ty, mr ljJswt, bry-tp '] WJs-lfr, Nljn, bry-bbt.
70. b..i'wy-lu aussi ~rwy (PN I, 251, 20) PPI L'armée de l'Ancien Empire ne comptant que des troupes à pied, la référence à
Doc.: Tombe d'Akhmin no 7- Bibl.: Newberry, AAA 4, 105; Kanawati, Governemental l'infanterie n'est pas à retenir pour la traduction de mr mnf5t 18 .
Reforms O.K., 120-GM 89, 43 sq. La dénomination «chef des troupes» paraît convenir à ce grade qui, dans la hiérarchie,
Autres titres: rp', bJty-', t]yty sJb J]ty , mr nlwt, mr bmw nJr .. . militaire égyptienne, désigne, jusqu'à l'époque ptolémaïque incluse, des officiers de niveau
71. bbn. i (P NI, 98, 11) spsl-pw-mnw (P NI, 326, 8) PPI équivalent à celui de mr mS".
Doc.: Tombe d'El Hawawish et Sarcophage CGC 28012- Bibl.: Lacau, CGÇ I, 29; Durant l'Ancien Empire-et le Moyen Empire-les mr mnf5t ont été des chefs
Kanawati, Rock Tombs El Hawawish, 38, fig. 23-4-Cemetery Akhmin V, 66 - GM 89, 42,
d'expédition.
no 22; Brovarsky, Mél. Mokhtar, 138.
Autres titres : btmw blty, smr w'ty.
ANCIEN EMPIRE
72. rwçj-m-~b~ PPI
Doc.: Stèle de Naga ed-Deir au Musée du Caire (sans n°) - Bibl.: Settgast, MDAIK 19,9- 78. in-k] .f AE
11; Fischer, INES 21, 51, n.f. Doc.: Stèle de Turin (sup. 1290)- Bibl.: Fischer, Inscriptions from the Coptite Nome, 33,
Autres titres: rp ', bJty- '.
no 10, pl. XII.
73. bwwi PPI Autres titres: smr w'ty, bry-bbt.
«général de toutes les troupes d'assaut» (mr mS' nb hiz) 17 79. «X» V/VIe d.
Doc.: Mastaba de Tell Edfou M. IV - Bibl.: Garnot, Tell Edfou, 38 sq., pl. XV-ASAE Doc. et Bibl.: voir supra 59.
37, 116-24. Autres titres militaires: général (59), chef des troupes d'assaut (201).
Autres titres: sJb 'g mr, s§ 'w nswt, §psy w'ty nswt. Titre nautique: chancelier du dieu (316).
74. brd-n.i(PNI, 277, 15) PPI
Doc. : Fragment de stèle du MMA, New York (14.7.13)-Bibl.: Hayes, JEA 32, 14, pl. III.
75. sbk.~tp (PNI, 305, 6) ~py (PNI, 237, 24) PPI ~=?D1 mr l"5w CHEF DES AUXILIAIRES NUBIENS 19
Doc.: Fausse porte, collection Schmidheing, Heeburg-Bibl.: Valloggia, BIFAO 85,259 -
Mél. Vercoutter, 364, no 41. Pour traduire mr l"5w, l'expression «chef des interprètes», qui a longtemps prévalu, a fait
Titres nautiques: chancelier du dieu (320), armateur et capitaine de navire (356), lieutenant de place à celle de chef des «mercenaires» et plus récemment à celle de chef des «Nubiens
vaisseau (424). égyptianisés» 20 . Ces descendants de prisonniers koushites, incorporés dans l'armée phara-
76. sn-sJl (PN I, 328, 30) PPI onique, constituaient des troupes de métier, particulièrement aptes aux actions sur les
Doc.: Fragment de Denderah- Bibl.: Petrie, Dendereh, 51, pl. XXV B, XI B; Schenkel, confins et aux expéditions en zone désertique. Le terme «chef des auxiliaires nubiens» 21 a
o.c., 155, no 157.
été adopté pour désigner les officiers égyptiens commandant ces unités.
Autre titre : bry-bbt.
18 Wb. Il, 80, 4; Faulkner, JEA 39, 38; Onom. !, (236); Vandersleyen, Les guerres d'Amosis, 178.
19 Wb. I, 159, 8-10; Gardiner, PSBA 37, 117-26; Bell, Interpreters and Egyptianized Nubians, 51 sq.
20 Goedicke, JEA 46, 60 sq.; Bell, o.c., (voir en particulier p. 90).
17 A rapprocher de mr hil' (infra 201 ). 21 De préférence à «chef des mercenaires», car les i'Jw ne louaient pas leurs services à l'Égypte.
24 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE DES CADRES MILITAIRES 25

89. iri (PN I, 41, 1) VIe d.


ANCIEN EMPIRE Doc. : Graffito de Tomas-Bibl.: Weigall, o.c. , pl. LVIII, 12; Goedicke, I.e.; Bell, o.c., 53
(763).
80. 3bbi (PN I, 1, 26) VIe d.
Autre titre: sps nswt.
Doc.: Tombe et sarcophage de Qùbbet el-Hawa (109.1)-Bibl.: Ede!, Qubbet el Hawa IJI, 90. ihy (PN I, 44, 22) VIe d.
98; Bell, o.c., 52 (736).
Doc.: Graffito de l'O. Hammamat-Bibl.: Goyon, o.c., p. 55, no 21, pl. 8; Goedicke, I.e.;
Autres titres: smr w'ty, ljtmw bity, bry-~bt.
Bell, o.c., 54 (803).
81. 3bbi (PN I, 1, 26) VIe d.
Autre titre: sps nswt.
Doc. : Fausse porte CGC 1406 - Bibl. : Borchardt, CGC, 68; Goedicke, JEA 46, 62; Bell, 91. ihy (PN I, 44, 22) VIe d.
o.c., 56 (833).
Doc.: Graffito de Mueilha-Bibl.: Photojnédite (J. Yoyotte).
Autres titres : smr w'ty, ~ry sst3 n Tp-rsy, ljnty s Ppl-mn-nfr.
Autre titre : sps nswt.
82. 3sfw VIe d.
92. ikri (PN I, 47, 23) VIe d.t
Doc.: Graffito de l'O. Hammamat- Bibl. : Go yon, Nouvelles inscriptions de l'O. Ham-
Doc. 1) Tombe de Qubbet el-Hawa 206-Bibl.: Edel, ZÀ·s 100, 5; Bell, o.c., 52 (745).
mamat, 60, n° 26; Goedicke, I.e.; Bell, I.e., 55 (812).
Doc. 2) Graffito de Sehel-Bibl.: Morgan, Catalogue monuments I , 88, no 61; Edel,
Autre titre: smr w 'ty.
MDAIK 37, 125 sq., pl. 18-9.
83. ,
uw-rs.f VI<d .
Autres titres: smr w'ty, sps nswt.
Doc.: Deux graffiti de Tomas - Bibl.: Weigall, Antiquities of Lower Nubia, I, LVIII, 38; 93. idy (PN I, 54, 1) VIe d. (Pépi I)
Goedicke, I.e. ,; Leclant, Orientalia 31, 213, pl. 38, 18; Bell, o.c., 52 (755-6), 57 (854).
Doc. 1) Graffito de l'O. Hammamat no 21 - Bibl.: Goyon, o.c., 55, no 21, pl. 8; Bell, I.e.,
Autre titre militaire: officier adjoint des auxiliaires nubiens (171) .
Autres titres: s~d h!Jtyw (nw) Pr-'3, sps nswt. 54 (806).
Doc. 2) Graffito de Tomas - Bibl.: Urk. I, 209, 4; Weigall, o.c., pl. 56, 58 (28); Goedicke,
84. ii-n-bnti (PN I, 9, 24) VIe d.
I.e. ; Bell, o.c., 52 (753-4).
Doc. : Vases inscrits de Qubbet el-Hawa- Bibl. : Edel, Qubbet el Hawa IP, pl. 29-32 - Autres titres: sps nswt, sM [ljntyw s] nw Pr- '3.
Bell, o.c., 52 (748).
94. idw (PN I, 54, 10) AE
Autres titres : ~3ty- ', smr w 'ty, ljtmw blty, bry-~bt .
Fils aîné de k3l-m-snwi (142)
85. iwt(i) VIe d. (Pépi Il)
Doc. 1) Deux graffiti de Hagar el-Gharb-Bibl.: Morgan, o.c., 204-5; Edel, ZXS 97, 62,
Doc.: Stèle de Naqada, CGC 1638-Bibl.: Fischer, Inscriptions from the Coptite Nome, 8, no 22; Bell, o.c., 54 (789), (791-2).
pl. 10; Borchardt, CGC, 103; Bell, o.c., 55 (827). Doc. 2) Graffito du Gebel Mueilha- Bibl.: Bell, o.c., 54 (797).
Var.: mr i'Jw '1m3, chef des auxiliaires nubiens de lam . Autre titre: sps nswt.
Autres titres : smr w'ty, sps nswt.
95. 'nw VIe d, (ou ultérieur)
86. in(i)-(i)t(i) .f(PN I, 34, 1) mbwy VIe d.
Doc. 1) Graffito de Tomas-Bibl.: Weigall, o.c., pl. 58, 15; Goedicke, I.e.,; Bell, o.c., 53
Doc. et Bibl.: voir supra 10.
(763).
Autre titre militaire : général (10).
Doc. 2) Graffito de Tongala-Bibl.: Weigall, o.c., pl. 64, 113; Bell, o.c., 53 (777).
Autres titres: voir (10).
Autre titre: sps nswt.
87. in(i)-(i)t(i)-f(PN I, 34, 1) FinAE
96. 'nb-mry-R '=mry-R '-'nb (PNI, 160, 24) VIe d. (Pépi Il)
Doc. : Graffito de l'O. el Arab (Qara)-Bibl. : PM VII, 320; Van de Walle, CdE 22, 290,
fig. 1; Bell, o.c., 53 (781 ). Doc.: Graffito de l'O. Maghara-Bibl.: Urk. I, 113, 9; Sinaï, pl. 9, 1, no 17; Goedicke,
Autre titre: sps nswt. I.e.; Bell, o.c., 55 (825).
Titre nautique: capitaine de navire (373).
88. iny (PN I, 36, 15) VIe d.
97. 'nh. i (P NI, 68 .3) FinAE
Doc.: Graffito de Tomas- Bibl. : HTBM I, 36, pl. 34, 3; Goedicke, I.e.; Bell, o.c., 56 (834).
Autres titres: smr w 'ty, sps nswt, bry-~bt .
Doc. : Graffito de l'O. el Arab-Bibl. : PM VII, 320; Van de Walle, CdE 22, 290, fig. 12;
Bell, o.c., 54 (783).
Autre titre: sps nswt.
26 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE DES CADRES MILITAIRES 27

98. 'n- 'nbtl (PN I, 61 , 10) VIe d. (Pépi II) 105. mrl (PN I, 159, 21) VIe d.
Doc. 1) Graffito de l'O. Hamama - Bibl.: Green, PSBA 31, 321, pl. LIV, no 39; Bell, o.e., Doc.: Inscription de Qubbet el-Hawa (tombe 206) - Bibl.: Ede!, zi{s 100, 5; Bell, o.e., 52
55 (819). (746).
Doc. 2) Tombe de Ppl-nbt-W~-lb à Qubbet el-Hawa - Bibi.: Urk . I, 134, 14 ; Morgan, Autre titre: smr w'ty.
o.e. , 174 ; Ede!, Qubbet ei-Hawa IP, 47 (17), 56-9 (3), 61 (10); Goedicke, I.e.; Bell, o.e., 52 106. mnw-mrl- 'nb-mry- R' VIe d (Pépi I)
(733)22. Doc.: Graffito de l'O. Hammamat-Bibl.: Goyon, o.e., p. 53, no 19; Goedicke, I.e .; Bell,
Autre titre: smr w'ty 23 . o.e., 54 (809).
99. 'nb-nb(w) .f VIe d. Autre titre: smr w'ty.
Doc. : Graffito du Gebel el Hammam - Bibl.: Petrie, Season, pl. 12 (326); Morgan, o.e., 107. mhwl wr (PN I, 164, 12) VIe d.
207 (30); Bell, o.e., 54 (786). Doc.: Inscription de Qubbet el-Hawa (tombe 99)- Bibl. : Ede!, Qubbet el Hawa IJI, 77, 35
Autre titre : sps nswt. (25), 38 (46b); Bell, o.e., 52 (723, 724).
100. wnl (PN I, 79, 9) VIe d. Autre titre: smr w'ty.
Doc.: Graffito de l'O. Allagi-Bibl.: Piotrovsky, Fouilles en Nubie, 135; Bell, o.e. , 53 108. nb .f- 'nb Fin AE
(778). Doc.: Graffito de l'O. el Arab (Qara) - Bibl.: PM VII, 320; Van de Walle, CdE 22,290-1,
Autre titre : sps nswt. fig. 12; Bell, o.e., 54 (784).
101. wsr (PN I, 85, 6) FinAE Autre titre: sps nswt.
Père de J3w (148) - Doc.: Papyrus Berlin 9010- Bibl.: Müller, Pal. I, pl. 2- Hieratisehe 109. nfr-sfiJ FinAE
Pap. Berlin, pl. I; Sethe, ZXS 61, 71 sq.; Goedicke, Z·s 101, 90 ; Bell, o.e., 52 (749). Doc. et Bibl.: identiques au précédent (108); Bell, o.e., 53 (782).
Autre titre (en lacune) sps nswt. Autre titre: sps nswt.
102. wg3w (PN I, 89, 7) VIe d. 110. nl-k3- 'nb wr (PN I, 180.10) VIe d . (Pépi I)
Doc.: Mastaba de Dashour (porte)-Bibl. : PM. IIF, 892; Morgan, Fouilles à Dahehour Doc. : Graffito de l'O. Maghara-Bibl.: Urk. I, 92; LD II, 116a; Sinaï, pl. VIII, 16 ;
(1894-5), 15, fig. 34; Junker, Giza III, 12-3; Goedicke, l.e. ; Bell, o.e., 55 (830). Goedicke, l.e.; Bell, o.e., 55 (822).
Autres titres: sps nswt, bry-&bt, mr st J;nty § Pr- ']. Titre nautique: capitaine de navire (376).
103. bbw (PN I, 96, 6) AE 111. nl-k3- 'nb (PN I, 180, 10)
Doc.: Graffito de Tomas-Bibl.: Leclant, Fouilles en Nubie, (1961-3), 101, pl. III, fig. 5; Doc.: Graffito de l'O. Maghara-Bibl.: Urk. I, 92; LD II, 116a; Sinaï; pl. VIII, 16; Bell,
Bell; o.e., 53 (767). o.e., 55 (823).
Autre titre : sps nswt. Titre nautique: capitaine de navire (377).
104. Ppl-nbt (PNI, 132, 7) beau nom: 13~-lb (=~~3-lb) (PNI, 256, 3) VIe d. (Pépi II) 112. nl-k3- 'nb (PN I, 180, 10) VIe d .
Père de s3b-nl III (134) Doc. : Graffito de l'O. Hamama-Bibl. : Green, PSBA 31, 321, no 37, pl. 54; Yoyotte,
Doc. 1) Tombe de Qubbet el-Hawa no 35 et sanctuaire d'~~3-lb - Bibl.: PM V, 237; Urk. 1, BSFE 73 , 48, no 26; Bell, o.e., 55 (817).
131-2, 135; Morgan, o.e., 174 sq.; Habachi, CASAE 23, 16-25-Elephantine IV, 21-3; Bell, Autre titre: smnty.
o.e., 52 (728-30). VIe d. (Pépi II)
113. nl-k3- 'nb (PN I, 180, 10)
Doc. 2) Graffito au pied de Qubbet el-Hawa - Bibl.: Morgan, o.e., 201; Bouriant, RT 10,
187 (1); Bell, o.e., 52 (727). Doc.: Graffito de l'O. Maghara-Bibl. : Urk. I, 113; Sinaï, pl. IX, 18; Goedicke, l.e.; Bell,
Doc. 3) Graffito de Tomas-Bibl.: PM VII, 75; Weigall, o.e., pl. 58, 10; Goedicke, l.e.; o.e., 55 (826)2 5 .
Titre nautique: capitaine de navire (378).
Bell, o.e., 53 (774).
Autre titre militaire : général (21) 24 . 114. ngm-lb (PN I, 215, 9) VIe d. (Pépi I)
Autres titres : &Jty- ', smr w 'ty, sps nswt, mr I;Jswt, &ry sstJ n Tp-rsy, l;ry-&bt, s&çj &mw Ppi-mn-nfr. Doc. : Graffito de l'O. Hammamat-Bibl.: Goyon, o.e. , 55, no 21, pl. 8; Goedicke, l.e.;
Bell, o.e., 54 (800).
Voir infra Ppl-nljt (104).
22

'n- 'nljtl portait également un titre nautique dont l'inscription de la tombe de Ppl-nljt ne conserve que le terme ... 'pr ( w)
23 Autre titre : §ps nswt.
«équipages»: Urk. 1, 134 (10-12).
24 Ce titre ne figure que sur le graffita de Tomas. 25 Les documents 111, 112, 113 peuvent éventuellement se rapporter à un même personnage ou à deux homonymes.
28 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE DES CADRES MILITAIRES 29

115. rdyny (PN I, 228, 2) VIe d . (Pépi I) Doc.: Obélisque du British Museum-Bibl.: PM III\ 311; HTBM I, 25, pl. XXV, 1, no
Doc.: Graffito de l'O. Hammamt-Bibl.: Goyon, o.c., 61 , no 27, pl. 61; Goedicke, I.e.; 199; Guide (Sculpture), 21, (67); Goedicke, I.e.; Bell, o.c., 56 (832).
Bell, o.c., 55 (811 ). Autres titres : smr w'ty, bry-~bt .

Autre titre: sps nswt. 124. bw(i) . n-~rw (PNI, 266, 25) VJe d . (Pépi I)
116. ~·3-w (PN Il, 304, 23) FinAE Fils de snqm-ib (140)- Doc.: Graffito de l'O. Hammamat - Bibl.: Goyon, o.c., 55, no 21;
Doc.: Graffito de Tonqala-Bibl.: PM VII, 90; Weigall, o.c.,pl. 64, no 3; Bell, o.c., 53 Bell, o ~ c., 54 (805).
(776). Autre titre: sps nswt.
Autre titre : sps nswt. 125. bw (i) . n-~rw (P N I, 266, 25) VI< d . (Pépi I)
117. ~pi (PN I, 237, 24) VI< d. (Pépi I) Père de gbl (144)
Doc. 1) Graffito de l'O. Hammamat-Bibl.: Goyon, o.c., 55, no 21, pl. 8; Bell, o.c., 55 Doc. 1) Graffito de l'O. Hammamat- Bibl.: Goyon, o.c., 55, no 21; Goedicke, I.e.; Bell,
(808). o.c., 54 (799).
Doc. 2) Graffito de Tomas-Bibl.: Weigall, o.c., pl. 58, 13; Goedicke, I.e.; Bell, o.c., 53 Doc. 2) Graffito de Tomas-Bibl.: Leclant, Fouilles en Nubie (1959-61), pl. V, 9 et 21;
(765). Edel, zil.'s 97, 59 sq.; Bell, o.c., 53 (768-770)2 7 • '

Autre titre: sps nswt. Autre titre: sps nswt.


118. ~nnt(i) (PN I, 245, 5-6) VIe d. 126. bw(l)-ns (PN I, 268, 12) VI< d. (Pépi I)
Doc.: Graffito de Tomas-Bibl.: Weigall, o.c., pl. 58, 17 ; Goedicke, I.e.; Bell, à.c., 53 Doc. 1) Graffito de l'O. Allaqi-Bibl.: Piotrovsky, Fouilles en Nubie (1961-63), 133 (3),
(766). 134; Bell, o.c., 53 (779).
Autre titre: sps nswt. Doc. 2) Graffito de Tomas-Bibl.: Weigall, o.c., pl. 58, 29; Goedicke, I.e. ; Bell, I.e., 52
119. ~rw (PN I, 253, 24) VI< d. (751-752).
Autres titres : smr w 'ty, sM bnty s Pr- '3, bry-~bt .
Frère de ~tpi (121)- Doc.: Tombe de Qubbet el-Hawa no 34- Bibl.: Edel, Qubbet el
Hawa IJI, 37 (38), 88 (13a), 97, pl. 17 (49); Bell, o.c., 52 (737). 127. bwit(i) (PN I, 267, 15) VIe d. (Pépi 11)
Autre titre : sps nswt. Doc.: Inscription de Qubbet el-Hawa (tombe 29) - Bibl.: PM V, 231; Bissing, ASAE 15,
120. ~r-bw .f (P NI, 250, 11) VIe d. (Pépi 11) 7-8; Edel, Qubbet ei-Hawa IP, 77-8, 49 (43), 37 (43), 56 (3), 63 (22) ; Goedicke, I.e.; Bell,
Père de dmi msinl (150), père (ou frère) de s3bnl-ni- 'nb-Ppl (132)- Doc.: Tombe de Qubbet o.c., 52 (725).
el-Hawa n° 34-Bibl.: PM V, 237; Urk. I, 120-31; Morgan, o.c., 163 sq.; Erman, ZXS 30, Autres titres : btmw bity, smr w'ty, bry-~bt.

78 - Zii.'S 31, 65; Schiaparelli, Una Tomba eg. VJe dyn. , Mem. Acad. dei Vinci (1892): 128. hnw-sJw VIe d. (Pépi II)
ser.4, vol. X, pl. I, 23; Edel, Qubbet el-Hawa IP, 49; Bell, o.c., 51 (710, 711). Doc.: Vase inscrit de Qubbet el-Hawa - Bibl.: Edel, Qubbet el-Hawa IP, 1, 76-87 ; Bell,
Titre nautique: chancelier du dieu (283). o.c., 52 (747).
Autres titres: ~Jty- ', btmw bity , smr w 'ty, ~ry sst] n wçft-mdw, mr bJswt nbwt nt Tp-rsy, fry nbn, ~ry­
Autre titre: sps nswt.
tp nbb.
129. bnmwy AE
121. ~tpi (PN I, 257, 22) VIe d.
Doc.: Graffito de Sehel-Bibl.: Morgan, o.c., 88, no 60.
Doc.: Inscription de Qubbet el-Hawa (tombe 29) - Bibl.: Edel, Qubbet ei-Hawa II 1, 103
Autre titre: sps nswt.
(3); Bell, o.c., 52 (738).
130. sJbi(PNI, 299, 16) VI< d.
Autre titre: sps nswt.
122. bw(i)-w(i) (PN I, 266, 3) Doc.: Graffito de Tomas - Bibl.: Weigall, o.c., pl. 58, 9; Goedicke, I.e.; Bell, o.c., 53 (758-
VIe d. (Pépi I)
760).
Doc.: Graffito de l'O. Hammamat-Bibl.: Goyon, o.c., 61-2, no 27; Goedicke, I.e.; Bell, Var. : mr i'Jw nbw nw bJst nbt, «chef de tous les auxiliaires nubiens de tout pays».
o.c., 56 (81 0). Autres titres: sps nswt, mr (var. s~if) bnty s Pr- '3 .
Autre titre : sps nswt.
131. sJbi (PN I, 299, 16) VIe d. (Pépi 11)
123. bw(l)-w(i) (PN I, 266, 3) AE?26
Doc.: Graffito de Tomas - Bibl.: Weigall, o.c., pl. 58, 14; Goedicke, I.e.; Bell, o.c., 53
(761).
26 Daté de la IV' ou V' dyn. par James, de la fin de la VI' par Goedicke, de l'époque Pépi I par Bell. Origine également

incertaine: Giza? Memphis?


27 A Tomas, i:Jw ( l) -~rw porte le titre de mr i'Jw (nw ) ZJtw; voir Ede!, o.c. , 59.
30 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPH IE DES CADRES MILITAIRES 31

132. s3b-nll (PN I, 299, 12) beau nom: n(l)- 'nh-Ppl (PN I, 171, 9) VIe d. (Pépi II) 141. sm3w (PN I, 327, 22) AE
Fils (ou frère) de ~r-bw.f (120)-Doc.: Tombe de Qubbet el-Hawa (n° 34, ~r-bw ..f)- Doc.: Graffito de Sehel-Bibl.: Morgan, o.c., 61, no 137; Ede!, MDAIK 37, 125, pl. 18, 19.
Bibl.: PM V, 237; Morgan, o.c., 173 (pilier 3a); Ede!, Qubbet el-Hawa IJI, 68, 115; Bell, Autre titre: sps nswt.
o.c., 51 (713-714). 142. k3(l)-m-snw(l)- beau nom: snw AE
Autres titres: smr w'ty, mr b3swt nbwt nt Tp-rsy. Père de ldw (94).
133. s3b-nl II (PN I, 299, 12) VIe d. (Pépi II) Doc. 1) Graffito de Qubbet el-Hawa-Bibl.: Ede!, ZXS 97, 62, no 22 et ZXS 100, 5; Bell,
Fils de ln(i)-(l)t(l) .f, mbwl (10 et 86) o.c., 52 (734-735).
Doc. 1) Tombes 25-26 de Qubbet el-Hawa (embrasure);-Bibl. : PM V, 231-2; Morgan, Doc. 2) Graffito de Hagar el-Gharb- Bibl.: Morgan, o.c., 204 (5), 207 (30); Ede!, o.c., 62,
o.c., 144; Bissing, ASAE 15, 4; Ede!, ZA"S 97, 55-6 et Qubbet el-HawaII\ 52-3; Goedicke, n° 22; Bell, o.c., 54 (788) et (790).
l.c.; Bell, o.c., 51, 52 (719-722). Doc. 3) Graffito du Ge bel Mueilha- Bibl.: Bell, o.c., 54 (796).
Doc. 2) Graffiti de Tomas - Bibl.: Ede!, ZXS 97, 53 28 . Titre nautique: capitaine de navire (387).
Autres titres: btmw blty, smr w'ty, ~ry sst] n mdt nbt nt r- '3 3bw. 143. k3-mdw AE
134. s3b-nl III (PN I, 299, 12) VI< d. (Pépi II) Doc.: Fausse porte de Memphis au Musée de Copenhague 38 ( 1549)- Bibl.: Koefoed- '
Fils de Ppl-nbt, lJI)_-lb (104) et de mrty - Doc.: Tombe 35 de Qubbet el-Hawa-Bibl.: Petersen, Stèles Ny-Carlsberg I, 4, no 6; PSBA 22, 62; Catalogue Amherst Collection, 44,
Habachi, CASAE 23, 16-25 et Elephantine IV, 21-3; Bell, o.c. , 52 (731-732). no 122.
Autres titres: ~3ty- ', btmw blty, smr w 'ty, ~ry sst3 n r- '3 sm 'w, mr b3swt nbwt, bry-~bt . Autre titre: rb nswt.

135. sbk-~tp (PN I, 305, 6) VIe d. (Pépi II) 144. gbl VI< d. (Pépi I)
Doc.: Vases inscrits de Qubbet el-Hawa (tombe 102)- Bibl. : Ede!, o.c., 40 (53), 67, 88 Fils de bwi-n-~rw (125)- Doc.: Graffito de Tomas- Bibl.: Ede!, o.c., 61; Leclant, Fouilles
(13a), 97, pl. 103-6; Bell, o.c., 52 (739, 740). en Nubie (1959-61), pl. V, 9 et 21; Bell, o.c., 53 (771).
Autre titre: smr w'ty. Autre titre: sps nswt.
VI< d. (Pépi II) 145. tw3 (PN I, 379, 4) VI< d.
136. sbk-~tp-(m)-nhn
Doc.: Vases inscrits de Qubbet el-Hawa (tombe 102)- Bibl.: Ede!, o.c., 40 (54), 67, 88 Doc.: Graffito de l'O. Allaki- Bibl.: Piotrovsky, Résultats des travaux de la Mission
(13a), 97, pl. 106, 102; Bell, o.c., 52 (741-742). d'URSS (1961-62), 231.
Autre titre: sps nswt. 146. tw3w VI< d. (Pépi I)
137. snw 29 AE Doc.: Graffiti de l'O. Hammamat-Bibl.: Goyon, o.c., 53, no 19; 55, n°21; 61, no 27;
Doc.: Graffito de Sehel-Bibl.: Morgan, o.c., 88, no 61; Ede!, MDAIK 37, 125 sq., pl. 18, Goedicke, l.c.; Bell, o.c., 54 (801, 802).
19. Autres titres: smr w'ty, sps nswt.
Autre titre: sps nswt. 147. Ttl- 'nh (PN I, 384, 15) VI< d.
138. snnw (PN I, 310, 21) VIe d. (Pépi II) Doc.: Graffito de Tomas- Bibl.: Weigall, o.c., pl. 58, 11; Bell, o.c., 53 (762).
Doc.: Inscription de Qubbet el-Hawa (tombe 206)- Bibl.: Ede!, ZA"S 100, 5; Bell, o.c., 52 148. J3w (PN I, 388, 15) Fin AE
(744). Fils de wsr (101)-Doc. et Bibl.: voir 101-Bell, o.c., 52 (750).
Autre titre: smr w'ty. Autre titre: sps nswt.
139. snçjm (PN I, 316, 20) VI< d. (Pépi II) 149. dll . n(i) VIe d. (Pépi I)
Doc. : Graffito de l'O. Maghara-Bibl.: Urk. I, 92; LD II, 116a; Sinaï~ pl. VIII, 16; Doc.: Graffito de l'O. Hammamat-Bibl.: Goyon, o.c., 55, no 21; Bell, o.c., 54 (807).
Goedicke, l.c.; Bell, o.c., 55 (824). Autre titre: sps nswt.
Titre nautique: capitaine de navire (384). 150. çjmi (PN I, 406, 26) ms(i) .ni VI< d. (Pépi II)
140. snçjm-lb (PN I, 316, 21) VIe d. (Pépi I) Fils aîné de ~r-bw./(120)-Doc.: Tombe no 34 de Qubbet el-Hawa-Bibl.: PM V, 237;
Père de bw(l)-n-~rw (123) - Doc.: Graffito de l'O. Hammamat-Bibl.: Goyon, o.c., 55, no Morgan, o.c., 171-2; Ede!, Qubbet el-Hawa IJI, 49 (46e); Bell, o.c., 51 (712).
21; Goedicke, l.c.; Bell, o.c., 54 (804). Autres titres : smr w'ty, bry-&bt.
Autre titre: sps nswt.
28 le titre militaire de sJb-ni ne figure pas sur les graffiti de Tomas.
29 Peut-être le même personnage que kJ(i)-m-snw, snw (142).
32 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE D ES CAD RES M ILITAIRES 33

151. gJty (PN I, 405, 17) VIe d. 161. gmi (PN I, 406, 26) PPI
Doc.: Tombe no 29b de Qubbet ei-Hawa-Bibl.: Edel, ASAE 57, 41 et Qubbet el Hawa Doc. et Bibl.: voir 77.
IJl, 57, 64-5 (34); Bell, o.c., 51 (743). Autre titre militaire: général (77).
Titre nautique: lieutenant de vaisseau (419).
152. «X» AE
t?G\Ibrp i'Jw COMMAN D ANT DES A UXILIAIRES NUBIENS
Doc.: Graffito d'Hindallah-Bibl.: Morgan, o.c., 205 ; Edel, ZXS 97, 62,. no 22; Bell, o.c.,
54 (794). 162. iy -dfJ (PN I, 11 , 4)
Autre titre: sps nswt. «commandant de tous les auxiliaires nubiens de tout pays» (mr n w [ nbw nw} b3st nbt) -
153. «X» AE Doc.: Mastaba de G iza G . 13 13-Bibl. : PM IIJI, 61; LD Il, lOl a; Mariette, M astabas,
Doc.: Graffito de l'O. Atolla-Bibl.: PM VII, 338 ; Green, PSBA 31, 321, no 6, pl. 54 ; C I l , 132-3; Helck, Beamtentiteln, 53, 100; Goedicke, JEA 46, 61 ; Bell, o.c., 57 (841).
Bell, o.c., 55 (813-815). Autre titre militaire: chef de détachement (176).
AE Autres titres: mr wpwwt, mr p~ww .
154. «X»
163. k J(i) -nfr ( w) (PN I, 340, 10) D ébut V <d .'
Doc~ : Graffita de l'O. Goudami-Bibl. : Green, o.c. , 321 , n o 39, pl. 54 ; Bell, o.c., 55 (820).
Titre nautique: chancelier du dieu (314). Père (ou grand-père) de k3(l) -s( w)rj3(w) (165) -Doc. : Mastaba de Giza G . 21 50-Bibl.:
155. «X» y e d. (lsési) PM IIJI, 77-8; Reisner, Giza Necrop. I, 437, 440 ; Junker, Giza VII, 161; Helck, o.c., 53,
100; Goedicke, I.e.; Bell, o.e., 57 (847).
Doc.: Graffito de J'O. Maghara- Bibl.: Urk. I, 56; Sinaï, pl. VII, 13; Bell, o.c., 55 (821).
Autre titre militaire: chef de détachement (180).
156. «X» VIe d. (Pépi I) Autres titres: mr wpwwt, mr p~ww, ryrp ·~, smr w'ty, smsw lst.
«chef des auxiliaires nubiens de Mq3 , '1m3, '1rtt» (mr n w nw Mrj3 '1m3 'Irtt)-Doc.: 164. kJ(i) -~ ( ii) .f(PN I, 340, 15) V/VIe d.
Décret de Dashour, Musée de Berlin no 17500- Bibl.: Urk. I, 209, 16; Borchardt, ZXS 42, Doc.: Mastaba F. 21 d'Abou Roach - Bibl.: PM IIJl , 5; Bisson de la R oque, FIFA O 2,
pl. 2; Goedicke, Dokumente, fig. 5 et JEA 46, 61, no 4; Fischer, 1nscr. Coptite Nome, 28-9 ; 58 ; pl. 33 ; Goedicke, I.e.; Bell, o.e., 57 (848).
Edel, zXs 97, 53; Bell, o.c. , 55 (829). Autres titres: s3b 'tj mr, mr wp wwt, ryrp ssw spr.
Autre titre militaire: lieutenant des auxiliaires nubiens de Mtj3, '1m3, 'Jrtt (167).
165. kJ ( i) -s ( w) gJ(w) (PN I, 341, 1)
157. «X» VIe d.
Fils (ou petit fils) de k3(l) -nfr( w) (163)-Doc.: Mastaba de Giza G. 5430 -Bibl. : PM
Doc. : Graffito du Gebel Silsileh (Petrie 630) - Bibl.: Griffith, PSBA 12, 95 (26); Petrie, IIP , 159 ; LD Il, 85a, b; Junker, Giza VII, 161; Goedicke, I.e.; Bell, o.e., 57 (847).
Season, 16, pl. 17. Autres titres: mr wpwwt, ryrp ·~, smr, mdw k3 M .
Autres titres: smr w'ty, ~ry sst3, sM ~mw nJr Mry -R'-mn-nfr.

PREMIÈRE PÉRIODE INTERMÉDIAIRE ~j(G\ s~g i'Jw LIEU TENANT DES AUXILIAIRES NUBIENS

158. in(i)-(i) t(i) .f(PN I, 34; 1) XIe d. (Antef Il) 166. bnm ( w) ... V/VI <d .
Doc. et Bibl.: voir 67. Doc.: G raffita de l'O. Maghara - Bibl. : PM VII, 324 ; S inaï I, pl. IX, X, 18; II, 64 ;
Autre titre militaire: général (67). Goedicke, o.c., 64 (1); Bell, o.c., 57 (849).
Autres titres: voir 67. 167. «X» VI< d . (Pépi I)
159. 'nb. tyfy (PN I, 68, 22) PPI «lieutenant des auxiliaires nubiens de Mrj3 , '1m3, 'lrtt» (s~rj n w nw Mrj3 '1m3 '1rtt)- D oc.
Doc. et Bibl.: voir 69. et Bibl. : voir 156- Bell, o.c., 57 (850).
Autres titres militaires: général (69), bouche de l'armée (206). Autre titre militaire : ·chef des ·auxiliaires nubiens de Mtj3, 'lmJ, 'Jrtt (156).
Autres titres : voir 69.
160. gJri (PN I, 405, 14) XI <d . (Antef Il)
Doc.: Deux stèles thébaines-Bibl. : Clère-Vandier, BAe. X , 14, § 18-19; Winlock, Rise and Var: ~iTPJ:2 s~d n~sy (w) Pr- '3 3 0
Fall M .K., 12-3; Bell, o.c., 77 (1037). LIEUTENANT DES NUBIENS DE LA RESIDEN CE
Autres titres: ~3ty-', smr w'ty , ~~3 ·~ .
30 Variante du titre précédent ; discussion : Bell, o.c., 70 (976-980).
34 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPH IE DES CADRES MILITAIRES 35

VIe d.
168. n ( l)- "nb-bnm(w) (PNI, 171, 21) t>D~ brp tm5tyw COMMANDANT DE DETACHEMENT
Doc. : Linteau de Giza - Bibl. : PM IIP, 247; Hassan, Giza VI, 133-42, 255, pl. 58, fig .
126; Bell, o.c., 70 (976-980). Le terme général de «détachement» a été adopté pour la traduction de tm5tyw 32 .
Autres titres: rb nswt, [~ry] sst], mr wpwwt Pr- '3, lrl nwb bkrt, w 'b nswt. Compte tenu des autres titres militaires, nautiques ou civils importants détenus par
certains brp tm5tyw, il y a lieu de croire que ce commandement était d'un niveau
relativement élevé et que l'effectif de la troupe placée sous leurs ordres ne devait pas être
~~iD\ lmy-bt i'Jw- Variante: ~?en bry-' i'Jw (*)
inférieur à la «compagnie» - voire au «bataillon».
OFFICIER-ADJO INT DES AUXILIAIRES NUBIENS

169. ibw(l) .f(PN Il, 267, 12) VIe d. (Pépi 11) 176. iy-çjf5 (P NI, 11 , 4) V/VI e d.
Doc.: Graffito de l'O. Maghara- Bibl. : Urk . I, 113, 16; Sinai; pl. XIX, 17; Goedicke, JEA Doc. et Bibl.: voir 162.
46, 64, no 2; Bell, o.c., 57 (853). Autre titre militaire : commandant des auxiliaires nubiens (162) .
170. n(l)-k5i- 'nb (PN I, 180, 10) ve d. (lsési) Autres titres : voir 162.

Doc.: Graffito de l'O. Maghara - Bibl.: Urk. I, 56 : Sinai; pl. VII, 13; Goedicke, o.c., 64, 177. itti (PN I, 52, 16)
n° 2; Bell, o.c., 57 (852). Doc. : Mastaba de Saqqara-Bibl.: Mariette, Mastabas, D 63, 357 sq.; Murray, Saqqara
171. iiw-rs .f (*) VIe d. (P_épi I) Mastabas I, pl. XVIII; Helck, Beamtentiteln , 99, no 56.
Autres titres : wr mçjw sm 'w, mr kJwt nswt.
Doc. et Bibl. : voir 83.
178. r"-~tp(w) (PN I, 219, 15) IVe d.
Autre titre militaire: chef des auxiliaires nubiens (83).
Autres titres: voir 83. Doc. et Bibl.: voir 30.
Autre titre militaire : général (30) .
Titres nautiques et autres titres: voir 30.
~itfo s~çj nfrw LIEUTENANT DES RECRUES 179. k5- pr (PN I, 338, 24)
Placés sous le commandement du mr mS' nfrw «général des recrues» (38), les s~çj nfrw Doc. et Bibl.: voir 45.
Autres titres militaires : général (45), scribe militaire royal dans Wnt, Srr, lfty w-f-kJt, TpJ , 'JdJ et
étaient à la tête d'unités élémentaires de soldats issus de la conscription 31 . les déserts à l'O. et à I'E. (225) .
Autres titres : voir 45.
172. ity-sn (PN I, 49, 26) AE 180. k5(i)-nfr(w) (PN I, 340, 10) Début Ve d.
Doc.: Graffito de l'O. Hammamat-Bibl.: Goyon, Nouvelles inscr., 70-1, no 44, pl. XIV. Doc. et Bibl.: voir 163.
173. itr (PN I, 53, 7) V/VI< d. Autre titre militaire: commandant des auxiliaires nubiens (163).
Autres titres : voir 163.
Doc. : Fausse porte de Giza au musée de Turin-Bibl. : PM IIP, 215-6; Curto, Gli Scavi,
181. k5(i) -nfr(w) (PN I, 340, 10) IVe d . (ljwfw)
31-3, 95. b; Ballerini, Notizia, 65-6 (1), pl: III, XXX.
Autres titres: rb nswt, mr pr. Doc. : Mastaba de Giza G . 1203-Bibl.: PM IIP , 57 ; Reisner, Giza I, 389-92, pl. 12 ;
174. nfr (PN I, 194, 1) AE Fischer, ASAE 13, 232-5, pl. IV (a) ; Helck, o.c., 100.
208. Autre titre: mr wpwwt.
Doc. ; Graffito de l'O. Hammamat-Bibl. : Couyat-Montet, MIFAO 34, 104, no
182. k5(i)-nfr(w) (PN I, 340, 10) AE
175. tti (PN I, 384, 4) AE
Doc. : Statue d'un couple, Louvre A 120 - Bibl.: Wb. Zettel: Louvre A 120, A.R.
Doc. : Graffito de l'O. Hammamat- Bibl. : Couyat-Montet, o.c., 100, no 196.
Autres titres: ~ry sst3 n b3swt nbwt, mr wpwwt.
183. «X»
31 Les nombreuses mentions de s~g nfrw dans l'Ouadi Hammamat indiquent que l'armée était employée comme main- Doc.: Fragment de Saqqara - Bibl. : PM IIF, 824; Martin, Tomb of Hetepka, 99, no 98,
d'œuvre dans les expéditions aux mines. Cette participation n'infirme aucunement - comme on a pu le dire - le caractère
militaire des unités de recrues, éléments de base des forces armées de l'Ancien Empire.
pl. 34.
Le titre brp nfrw (Sinai; VII, 6; Faulkner, JEA 39, 35) traduit «controller of recruits» est en fait une forme simplifiée du Autres titres : s]b [ 'çj mr ], ss nswt bry-', rb nswt.
titre nautique brp 'prw nfrw (voir 453, 454, 469).
32 Wb . V, 307-8 «Rotte, Abteilung »; Cf. Helck, Beamtentiteln, 100; Fischer, JNES 18, 267.
36 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPH IE DES CADRES MILITAIRES 37

~iD~ s~çj tmJtyw LIEUTENANT DE DÉTACHEMENT ~<= 000 mr mnnw CHEF DES FORTERESSES
Variante ~<=~o{n mr ltMw) (*)
184. ·3-J&ty (PN I, 57, 5) AE
Doc. l) Fragments de mastaba de Giza, au Louvre (Bl-B2) et à Berlin (1141-2, 15302-3). ANCIEN EMPIRE
Doc. 2) Statue de Berlin 14277 - Bibl.: LD Il, 39a, b; Weill, !If/JI< dynasties, 263 sq.;
Helck, o.c., 100. 187. inti «chef des forteresses royales»
Titre nautique: chef des équipages (485).
~ry wcjb, brp s~. wr mcjw sm 'w, brp mtr, brp smsww Doc. : Tombe de intl à Deshasheh- Bibl. : PM IV, 121; Petrie, Deshasheh, pl. VI; Fischer,
Autres titres: s3b 'cj mr, lwn knmt, s~d wcjt-mdw,
mrw, ~ry sst3 nb bt nbt nswt, brp ltrt ... o.c. , 10, n° 51.
Autres titre: rb nswt, mr wpwwt, ~Jr.3 ·~ .
188. w~m-k] (PN I, 83, 23) VIe d.
~ <=~ 1 E:5M '
~~
<="" ~~ "" ~ ~ 'f"" ooo u !mr rt~w smywt mnnw nswt Doc. : Relief de Zawiet ei-Meitin - Bibl. : PM. IV, 136; LD II, 61 , 110, h.
Autres titres : ssmw t3 m3-~cj, rb nswt, mr wpt, ss pr ~ry wcjb.
CHEF DES FORTINS DES DESERTS ET DES FORTERESSES ROYALES
189. nswt-nfr (PN I, 197, 14)
L'existence de fortifications est attestée dès le début de l'Ancien Empire (murs de Djéser, Doc. et Bibl.: voir 185.
«châteaux» de Snefrou). Les forteresses étaient érigées aux frontières du sud, sur les flancs Autres titres militaires : chef des fortins des déserts et des forteresses royales (185), chef du
du Delta, sur les axes de pénétration («chemins d'Horus») ou au débouché des pistes du département des forteresses (186), chef des gardes de la frontière méridionale (198).
Autres titres: voir 185.
désert, avec des garnisons permanentes de soldats de métier. Les points sensibles de la
190. ~rwi (PN I, 251, 20) (lu aussi •ntyw) AE
vallée étaient déjà gardés par des ouvrages, comme ils le seront tout au long de l'histoire de
Doc. : Tombe d'Akhmin no 19 - Bibl.: PM V, 19; Newberry, AAA 4, 112; Fischer, o.c., Il,
l'Égypte 33 . no 51.
Le mr rt~w smywt mnnw nswt était selon toute vraisemblance un officier de haut rang Autres titres: rp ', ~3ty- ', mr nlwwt, smr w 'ty.
exerçant le contrôle de l'ensemble des fortifications du pays, le supérieur des mr mnnw qui 191. sn-iwnw (*) V/VIe d.
assumaient des commandements locaux en province ou sur les confins. Doc.: Graffito de Khor el Aquiba (Nubie)- Bibl.: Lopez, RdE 19, 52-3, 57.
Autre titre: rb nswt.
185. nswt-nfr (PN I, 197, 14) ve d. 192. srf-kJ (PNI, 317, 13)
Doc.: Mastaba de Giza G. 4970-Bibl.: PM III\ 143; Junker, Giza III, 163-87, fig. 27; Doc.: Tombe de Serfka à Sheikh Saïd- Bibl.: Da vies, Rock Tombs of Sheikh Saïd, 24 sq.,
Fischer, Dendera in the IJJd Millenium, 10, no 50; Faulkner, JEA 39, 36. pl. III, VI, XVII.
Autres titres militaires: chef du département des forteresses (186), chef des forteresses des provinces Autres titres: mr niwwt, mr sp3wt.
de This, d' Aphroditopolis et de l'est d'Hékat (189), chef des gardes de la frontière méridionale
(198).
193. kJ(iJ-&nt(i) (PN I, 340, 19)
Autres titres: rb nswt, ~Jr.3 ·~, mr nswtyw. Doc.: Tombes de Kakhent et Khentikaous à Hemanieh - Bibl.: Mackay-Harding-Petrie,
Barhein-Hemanieh, (BSAE 47), XVIII; Fischer, o.c. , 10-l, no 51.
Autres titres: rb nswt, wr mcjw sm'w, mr wpt.
~<=o~~ooo mr wpt mnnw 194. dmwçj? «chef des forteresses royales» ve d.
CHEF DU DÉPARTEMENT DES FORTERESSES 34 Doc. : Statue de couple du M.M. New York, no 5137-Bibl.: PM IIF, 729; Scott, MMA
Bull. NS XI (déc. 1952), 116-9; Michalowsky, Art, fig. 221; Fischer, JNES 18, 135, no 18.
186. nswt-nfr (PN I, 197, 14) Autre titre: mr smywt.
Doc. et Bibl.: voir 185.
Autres titres militaires: chef des fortins des déserts et des forteresses royales (185), chef des PREMIÈRE PÉRIODE INTERMÉDIAIRE
forteresses dans les provinces de This, d'Aphroditopolis et de l'est d'Hékat (189), chef des gardes
de la frontière méridionale (198). 195. mrty (PN I, 145, 8) (*) PPI
Autres titres : voir 185.
Doc.: Stèle de Naga ed-Deir au Brooklyn Museum (39-l)-Bibl.: Fischer, Dendera in the
33 LX II, 195; Wb. Il, 82-3; FCD, 154; Faulkner, JEA 39, 36; Yoyotte, Histoire Universelle ( La Pléiade) I, 135. IJJd Millenium, 140.
34 Littéralement: chef des «affaires» des forteresses.

- - - - - - - -- -- -- - - - - - -- - - - - -- ---
38 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE DES CADRES MILITAIRES 39

~f\~~ mr wJt !fr CHEF DE LA ROUTE D 'HORUS E, 79, 83 ; Ausf Verz. , 99, 45; Helck, o.c., 90; Goedicke, MDAIK 21 , 1-71; Gôdecken, Âg.
Abh. 29, 81, 123.
Cet officier, certainement de rang élevé, était responsable des fortifications qui, au nord- Titre paramilitaire: chef des chasseurs (238).
est du Delta, avaient la double mission de protéger l'Égypte des invasions asiatiques et de Autres titres : ~fr.J ~ wt 'Jt ~w t l~t, 'rj mr smywt, ~fr.J sl~ w t pr wr, ~fr.J sbmw ~ wt 'Jt, ~m pr m wt nswt,
~kl niwwt ~ wt ~nt.
maintenir ouverte la voie empruntée par les expéditions vers la Syro-Palestine 35 .

196. ~kn-bnm ~ ruQQ:Ij mr hll CHEF DES TROUPES D'ASSAUT 38


Doc. et Bibl. : voir 35.
Autre titre militaire: général (35). Ce titre n'apparaît qu'une fois dans la prosopographie des officiers égyptiens 39 . Il
Titre paramilitaire, titre nautique et autres titres : voir 35. correspond certainement à un commandement de niveau élevé car il voisine dans la
titulature avec les plus hauts grades de l'armée et de la marine.
~ ]L\ )L\)L\ mr tnw CHEF DES GARDE-FRONTIERES V/VIe d.
201. «X»
Variante : ~ J\- 'çj mr Jnw (*)
Doc. et Bibl.: voir 59.
Le contrôle des personnes et des denrées aux frontières du désert était assuré par des Autres titres militaires: général (59), chef des troupes (79).
Jnw 36 , troupe spécialisée (ou formation paramilitaire?) aux ordres d'un officier «chef des Titres nautique: chancelier du dieu (316).
garde-frontières» qui pouvait cumuler cette fonction avec celle de chef de forteresse.

197. wsr-kJ .f- 'nb (PN 1, 86, 17) ~ -~~lâ var. ~lâ (*) wr n ms< GRAN D DE L'AR MEE
Doc.: Statue d'Abousir au Musée de Francfort X. 20900 - Bibl.: PM III\ 344; Borchardt,
Grabdenkmal Ne-user-re', 25-8, 109-16, pl. 91; Wb. Zettel: 3738, Frankfurt. Plutôt qu'un grade effectif, ce terme représente peut-être un titre honorifique porté par
Autres titres: slb 'rj mr Dp, ~ry sstl n r- 'J blswt, mr klwt nbwt nswt. certains officiers.
198. nswt-nfr (PN 1, 197, 14) (*) vedynastie
202. w~m-kJ (PN I, 83, 23) AE
«chef des gardes de la frontière méridionale»- Doc. et Bibl.: voir 185.
Autres titres militaires: chef des fortins des déserts et des forteresses royales (185), chef du Doc.: Mastaba de Giza - Bibl.: PM IIJI, 214; Hassan, Giza IX, 13-5.
département des forteresses (186), chef des forteresses dans les provinces de This, d' Aphroditopolis, Titres nautiques: mr JO wll, mr 6 wll, mr 5 wll, mr 4 wll (491).
de l'est d'Hékat (189). 203. Tti-ist.f (PN I, 384, 12) (*) AE
Autres titres: voir 185.
Doc. et Bibl.: voir 51.
199. kJ-wçj- 'nb (PN I, 339, 8) (*) Autre titre militaire : général (51).
Fils de nswt-nfr (185) - Doc. et Bibl.: voir 185. Autres titres: voir 51.

t~~~ brp 'Jtyw CHEF DES AUXILIAIRES FRONTALIERS LIBYENS ~ti:~lâ imy -bt brp n ms< ADJOINT AU COMMAN DAN T DES TROUPES

Les brp 'Jtyw 3 7 ont vraisemblablement été les prédécesseurs des mr Jnw à la frontière Cet officier était l'assistant d'un brp n ms<, titre qui ne figure pas parmi les grades attestés
occidentale de l'Égypte. par un document à l'Ancien Empire. On peut penser que le imy -bt brp n ms< n'occupait
dans la hiérarchie qu'une position modeste du fait de sa titulature succinte.
200. mJn (PN I, 167, 19) IIJ e d.
Doc.: Tombe du Musée de Berlin (1105)-Bibl.: Urk. I, 16, 8; LD II, 3, 7; Ae/B, no 1105

35 Kees, MDAIK 18, 4; GDG l, 175; Clédat, BIFAO 22, 138. 38 Fakhry, ASAE 46, 41 (2), «overseer of assault troops».
36 Wb . V, 372-3; Grdseloff, ASAE 42, 108. 39 On connaît à la PPI un «général de toutes les troupes d'assaut» (supra 73). Le titre mr hll se retrouve au IV' siècle
37 Pour ce titre, voir Gôdecken, o.c. (sans patronyme); Papyrus géographique de Tanis; Br. Museum 103 (Petrie, Two Hier. Pap. , 21 sq., pl. XII, Part. 9 (44-45).
40 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE D ES CADRES MILITAIRES 41

204. mddl AE du stockage, de l'entretien et de la distribution des armes dans des entrepôts centraux ou
Doc.: Statue et stèle de Giza au Musée du Caire (JE 46994-46995)-Bibl.: PM IIJI , 98 ; provmc1aux.
Fischer, Minor Cemeteries Giza, 49-54 et 136. Le nombre relativement élevé des mr pr ·~J w identifiés souligne l'importance du rôle joué
Autre titre: rb nswt. par les arsenaux dans l'organisation militaire de l'Ancien Empire, basée pour une large
part sur la mobilisation.
PREMIÈRE PÉRIODE INTERMÉDIAIRE

~}'J Jtw n nlwt CHEF DU RÉGIMEN T URBAIN ANCIEN EMPIRE

Ce titre est porté au Moyen Empire par les officiers commandant les «régiments 207. Jbt-m~w (*) VI e d.
urbains» formés de 'nbww nw nlwt 40 . Il n'apparaît à la Première Période Intermédiaire que Doc. : Mastaba de Giza G. 2375-Bibl.: PM IIJI, 87; Reisner, Giza Necrop . I, 285; Ede!,
dans la stèle de Boston, sous une forme qui ne semble pas encore codifiée 41 . MIO I, 327-33 ; Smith, Boston Museum Bull. 56, 61.
Autres titres : sJb, smsw hJyt.

205. in(l)-(l)t(l) .f(PN I, 34, 1) Fin PPI 208. 'nb-m - 'kJ (PN I, 64, 4) (*) V/VI e d .
Doc.: Fragments de stèle de Naga ed-Deir au Museum of F .A. Boston (25680)- Bibl. : Doc.: Mastaba de Saqqara D 16 -Bibl.: Mariette, M astabas, D 16, 213 ; Murray, Index
Dunham, Naga ed-Deir Stelae, 34-5; Fischer, Inscr. Coptite Nome, 106 sq., pl. XXXVI, n o XXJ 44.
43. Autres titres: sJb 'fj mr, mr ~ry- tp nswt, mr kJwt nt nswt, ~ry sstJ wfjt-mdw nswt, brp ssw wsrt, m r
wsrt, mr wp wwt.
Titre paramilitaire: chef des chasseurs de l'ouest et de l'est (242).
Autres titres: ~J ty- ', smr w 'ty , bry-tp nswt, mr sn 'w nbw ~r mw ~r tJ. 209. mrr. w( l) -kJ ( l) (PNI , 162, 27) (*)-beau nom : mrl (PN I, 159, 21) VIe d.
Doc.: Mastaba de Mererouka à Saqqara -Bibl.: PM IIF, 525 sq.; Daressy, M astaba de
Mera, 524; Duell, Mastaba de Mereruka II, 212; Firth-Gunn, Teti Pyr. Cemet. II, 51, I,
7ih r mS' BOUCHE DE L'ARMÉE 42 l3lb ; Saad, ASAE 43, 449 ; Nims, l A OS 58, 638-46.
Autres titres: tJyty sJb jJty, rp ', ~Jty- ', brp ~wwt, brp lJwt nbwt, ~ry sstJ n wfjt-mdw.
206. 'nb. tyfy (PN I, 68, 22) PPI 210. nfr (PN I, 194, 1) (*) IV e d.
Doc. et Bibl. : voir 69. Doc.: Mastaba de Giza G 21 10 et fragments au Louvre (B 51), à Boston (07.1002), à
Autres titres militaires: général (69), chef des auxiliaires nubiens (159). Rome, à Copenhague- Bibl. : PM IIJI , 72 ; Reisner, Giza Necrop. I, 201 (3), 421, pl. 30;
Autres titres : voir 69.
Fischer, M inor Cemeteries, 147; Weill, II/Ille dynasties, pl. IV; Smith, Anc. Egypt in MMA
Boston, 35-6-Eg. Sculpture, 163, no I ; Barraco Coll., pl. I, 11; Koefoed-Petersen, Rec.
Inscr. , 77 (937).
IL-CADRES DES SERVICES Titres nautiques : commandant des équipages de recrues (457), chef des scribes des équipages (517).
Autres titres : sJb, rb nswt, ~~J ~wt, mr prwy M, ~ry sstJ nswt m swt nbwt, mr ssw brt- ' nswt.
~n i[!:) =ihmr pr '~Jw CHEF DE L'ARSENAL (*) 43
. '!;<,LJ IIl.J\- 211. htl(PN I, 23 1, 15) (**) AE
Vanante =LJ IU....to-mr prwy '~Jw CHEF DES DEUX ARSEN AUX(**)
Doc.: Vase d'Albâtre, Collection Kofler-Truniger, K 41 2, N .VII- Bibl.: Kaplony, Âg.
Le titre de mr pr ·~Jw figure dans la titulature de fils royaux et de hauts fonctionnaires, Abh. 8/I, 564 ; III, no 871 , pl. 151.
parmi lesquels des vizirs. Il est d'autre part revendiqué par des personnages de niveau plus 212. sngm-lb (PN I, 316, 21) (*) V e d.
modeste. Il faut donc considérer qu'il peut s'appliquer aux responsables de la maintenance Doc.: Tombe de Saqqara D 28-Bibl. : PM IIF, 463 ; Mariette: Mastabas, D 28, 258-9 ;
du potentiel militaire à l'échelon de la Résidence comme aux officiers chargés effectivement Murray, Index XXI.
Autres titres: sJb, mr ssw, mr prw mfjw sm'w, ~m nJr Wsr-kJ .f, ~m nJr Nf r-lr-kJ-R '.
213. sngm-lb (PN I, 316, 21) (*) - beau nom: lnty (PN I, 38, 23)
4 ° Cf. Berlev, RdE 23, 23 sq. Doc. : Mastaba de Giza G 2370-Bibl. : PM IIP, 85: Mariette, Mastabas, l , 506;
41 Il ne figure pas dans la ti tula ture mais dans le récit biographique: iw ir .n . ( i) ]Jw n niwwt BJtyw !fnmt-Mnw ...
42 A comprendre comme «porte-parole de l'armée»; Cf. Vandier, o.c., 19, n· 10, avec bibliographie. 44 Rougé (Recherches, p. 91) suivi par Lieblein (Die/. Noms, n• 25) et Murray (Index XXI), donne par erreur le titre de mr
43 Wb. I, 216, 14; Faulkner, JEA 39, 36 ; Drioton-Vandier, L 'Égypte, 177; Erman-Ranke, La civilisation ég., 698. pr '~]w à son fils in-n-k .f
42 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE DES CADRES MILITAIRES 43

Urk. 1, 59-67; LD II, 76 (27); Reisner, Giza Necrop., 264; Junker, Giza III, 43 (33); 221. !Jtp-nl-pt!J (PN I, 258, 14) Fin ve d.
Reisner-Fischer, ASAE 13, 248; Kaplony, o.c., 565; Murray, I.e . Doc.: Mastaba de Giza G 2430 - Bibl.: PM IIJl, 94; Urk I, 187-8; LD II, 71-2; Junker,
Autres titres: t]yty sJb J]ty, rnr snwwt, rnr kJwt nbwt nt nswt, rnr prwy nwb, rnr ssw 'nw nswt. Giza III, 40; Badawy, Tomb of Ny-~tp-pt~, 8; Altenmüller, SAK 9, 45, 46, 49.
214. snçjm-lb (PN I, 316, 21) (**)-beau nom: m!Ji (PN I, 163, 23) Autres titres: rb nswt, ~ry sst] nswt, !Jry-~bt.

Fils de snçjm-lb lnty (213)-Doc. : Stèle du mastaba G 2378 de Giza-Bibl.: PM IIF, 87;
Mariette, Mastabas, 1, no 2. 502; LD II, 75; Reisner, Giza Necrop. 1, 266-7; Murray, I.e. PREMIÈRE PÉRIODE INTERMÉDIAIRE

Autres titres: t]yty sJb J]ty, rnr snwwt, rnr kJwt nbwt nswt, rnr prwy nwb.
222. (l)m(l)-st-kJ(l) (**) PPI
215. ssmw (PN I, 320, 22) (*) V/VIe d.
Doc. et Bibl.: voir 219.
Doc. et Bibl.: voir 43. Autre titre militaire: chef des deux arsenaux (219).
Autre titre militaire: général (43).
Titres nautiques et autres titres: voir 43.
216. ssm-nfr (PN I, 320, 17) (**) =D:'J~ (l)r(y) 'fJJw GARDIEN DE L'ARMEMENT
Doc.: Tombe de Giza 5170, aujourd'hui à Tübingen- Bibl.: PM IIJl, 153; Junker, Giza
III, 192-214; Brunner-Traut, Àg. Sammlung Tübingen I, 13 sq., pl. IV-Grabkammer Ce titre correpond certainement à une fonction subalterne, aux ordres du chef de
Seshemnofers III, 30; Kaplony, Àg. Abh. 8, 565. l'arsenal ou du chef de l'armement.
Autres titres: sJ nswt n !Jt .f, ~Jty- ', lrnlls, tJyty sJb J]ty, rnr kJwt nbwt nt nswt, ~ry sst] n wcjt-rndw
nbt nt nswt, ~ry sst] n pr-dwJt, srnr w'ty, !Jry-~bt .
223. «X» AE
217. kJy (PN I, 341, 15) (*) ve d .
Doc. : Tombe de Sahouré-Bibl.: Borchardt, Grabdenkmal Sahu-re II, 87-91, pl. 17;
Doc.: Mastaba de Saqqara, table d'offrandes du Caire, fausse porte du British Museum -
Fischer, ZÀ·s 105, 54 sq.
Bibl.: PM IIP, 479; Mariette, Mastabas, D 19, 226; Borchardt, CGC I, 1299, 1302-3 ;
HTBM I, pl. XXI, 22 (65952); Murray, I.e.
Autres titres : tJyty s]b J]ty.rnr kJwt nbwt nt nswt, ~ry sst] n wcjt-rndw nbwt nt nswt, rnr prwy nwb,
~rn nJr s!Jt. ~~~If ss mS' SCRIBE DE L'ARMÉE 46
218. kJ(l)-n(l)-nswt (PN I, 340, 9) (**) 45 IVe d.
Dès son origine, l'armée égyptienne a compté dans ses rangs des scribes-ssw mS'-
Fils de Ifwfw?-Doc.: Tombe de Giza - Bibl.: PM III', 78; Rougé, Études Égypt. 9,
LXIII a; Junker, Giza II, 135-72-0./fering Room Prince Kaniniswt, 22.
officiers subalternes, non combattants, chargés du recrutement et de l'administration des
Autres titres: s] nswt , srnr w'ty, !Jrp ·~. !Jrp sncjyt, ~ry sst] n pr-dw]t, ~rn nJr lfwt-lfr nbt N!Jn . personnels ainsi que des questions de subsistance et d'intendance des unités. Ils accom-
pagnaient les troupes en campagne et dans les expéditions aux mines.
PREMIÈRE PÉRIODE INTERMÉDIAIRE

219. (l)m(l)-st-kJ(l) (**) PPI ANCIEN EMPIRE


Doc.: Mastaba de Giza G 4351 et statue du Caire (JE 43960)-Bibl.: PM IIJl, 126;
Junker, Giza VI, 208-17. 224. mr-ib-r' AE
Autre titre militaire: chef de l'armement (222). Doc.: Graffito de Mahattah- Bibl. : PM V, 248; Morgan, Catalogue Monuments I, 36
( 133, 136); Petrie, Season, VIII (234).

~[}.'j~ mr 'fJ-Jw CHEF DE L'ARMEMENT


225. kJ- 'pr (PN I, 338, 24) Début ve d.
«scribe royal dans Wnt, Srr, Iftyw .f-k3t, Tp3, 'Id3 et les déserts de l'ouest et de l'est»-
Variante du titre mr pr 'fJ-Jw Doc. et Bibl.: voir 45.
ANCIEN EMPIRE
Autres titres militaires : général (45), chef de détachement (179).
Autres titres: voir 45.
220. n(l).s-'nb-Jbt(y) AE
Doc.: Mastaba de Giza- Bibl.: PM IIJl, 258; Hassan, Giza III, 119-32. 46 Wb. III, 479, 15. Il existait sans doute une hiérarchie parmi les scribes, mais les documents conservés ne font pas
Autres titres: srnr w'ty, ~ry sst], rnr prwy M. sM ssw. apparaître de «mr ssw» ou «s~if ssw» de l'armée à l'Ancien Empire (ni du reste au Moyen Empire).
45 Le bloc portant le titre mr prwy '~3w, lu par Rongé, est aujourd'hui perdu (Junker, Giza II, 162).
44 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE DES CADRES MI LIT AIRES 45

226. smJ- 'nb vred. 232. sbk-nbt (P N !, 304, 15) (*) VIll e d.
Doc. : Mastaba de Giza - Bibl.: PM IIJl, 251; Hassan, Giza VI (3), 163-71. 2e fils de sn-ng'swy- Doc. et Bibl.: voir 231.
Autres titres: sJb, rb nswt, s~g ssw, w 'b nswt. 233. sn-ngswy (PN 1, 309, 8) VIlle d.
227. «X» V/VIe d. 3< fils de sn-ng'swy - Doc. et Bibl.: voir 231.
Doc.: Graffita de Tomas - Bibl.: Weigall, Antiquities of Lower Nubia, 108-9, pl. 58.
III. - ENCADREMENT DES FORMATIONS PARAMILITAIRES
PREMIÈRE PÉRIODE INTERMÉDIAIRE
~ ~ mr nww CHEF DES CHASSEURS 48
228. lpl- 'nbw (PN 1, 22, 16) PPI
variante t~ }~ brp nww (*)
Doc. : Fragments de fausse porte et de cercueil de Saqqara - Bibl.: PM IIF, 540; Firth-
Gunn, Teti Pyr. Cemet. 1, 208, 233. Outre l'approvisionnement en gibier de la Résidence et des temples, les nww étaient
chargés de la police du désert et de la surveillance des confins du pays. Ils accompagnaient ,
également les expéditions aux mines pour les guider et assurer la protection lointaine des
fiiHfo ss nfrw SCRIBE DES RECRUES travailleurs contre les incursions des nomades . Le caractère militaire de cette mission
Variante du titre précédent d'escorte conduit à faire une place aux mr nww aux côtés des cadres de l'armée régulière de
229. w~m-kJ (PN 1, 83, 23) v ;vre d. l'Ancien Empire et de la Première Période Intermédiaire.
Doc. : Mastaba de Giza, au Musée d'Hildesheim (2970) - Bibl.: PM IIJl, 112-4; Junker,
Giza II, 137-72 - Anzeiger Wien 62 (1925), 153-4 ; Raeder, Mastaba des Uhemka-Peli- ANCIEN EMPIRE
zaeus Museum Hildesheim, 39-40, pl. 10, 11; Ka yser, Kultkammer des Uhemka.
234. in(i)-(l)t(l) .f(PNI, 34, 1) VI< d.
Autres titres: mr pr, rb nswt, ss pr mgJt.
Doc.: Graffita de l'O. Hammamat - Bibl. : Goyon, o.c., 63, no 29; Valloggia, Mél.
230. wr-bJw-pt~ (PN 1, 80, 27) AE
Vercoutter, 364, no 35a; Andreu, Enquête sur la police dans l'Égypte pharaonique (thèse
«scribe des recrues de la marine et de l'armée» - Doc. : Graffita de l'O. Hammamat- inédite), 27, n° 216.
Bibl.: Goyon, Nouvelles inscr., 67, no 37. Le même graffito mentionne les mr nww idi (236) et mrl (237).
Autres titres: sJb, ss 'nswt, ss sb] nswt.
235. lsti (PN 1, 45, 25) AE
Doc. : Fausse porte de Saqqara - Bibl.: PM IIF, 292; Malek, GM 18, 29-32; Ede!, GM 19,
29; Andreu, o.c., 269, no 214.
~nlj~ mr pr mS' CHEF DU DOMAINE MILITAIRE 47
Variante ~n~nlj ~~ mr pr 'rryt mS'(*) 236. ldi (PN 1, 53, 23) VIe d.
Doc. et Bibl.: voir 234.
Ce titre porté par les membres d'une même famille n'apparaît pas ailleurs et semble 237. mri (PN 1, 159, 21) VIe d.
s'appliquer à une fonction ayant trait à l'administration du domaine militaire, peut-être Doc. et Bibl.: voir 234.
l'équivalent d'un service des «casernements» ou de !'«intendance». 238. mJn (PN 1, 167, 19) (*) Ille d.
Doc. et Bibl. : voir 200.
PREMIÈRE PÉRIODE INTERMÉDIAIRE Titre militaire : chef des auxiliaires frontaliers libyens (200).
Autres titres : voir 200.
231. mrry (PN 1, 162, 22) VIlle d. 239. ny-kJ-r' (PN I, 180, 16)
Fils aîné de sn-ng'swy-Doc. : Tombe de sn-ng'swy à Dendera-Bibl.: PM V, 113; Fischer, «chef de tous les chasseurs» - Doc. Fausse porte de Saqqara au Museum of Art de
Dendera in O.K., 313-40; - Dendera in the IJJd Millenium, 164; Schenkel, Ag. Abh. 12 1 138. Cleveland (64.91)-Bibl.: PM IIF, 696; Cleveland Mus . of Art Bull., déc. 1964, 237-The
Art Quatterly 27, no 3 (1963), 379; Malek, o.c., 30-2 (5); Andreu, o.c., 259, no 209.
47 Schenkel traduit «Verwalter des Truppenguts», «Verwalter des Truppenbehorde» (*); Fischer donne une traduction
48 Lif IV, 1068. Les «chefs des chasseurs» ont été étudiés dans Enquête sur la police dans l'Égypte pharaonique, thèse
littérale, «overseer of the house of soldiery» et «overseer of the house, of the gate and of the soldiery» (*).
inédite de G. Andreu qui m'a aimablement autorisé à consulter sa documentation.
46 PIERRE-MARIE CHEVEREAU PROSOPOGRAPHIE DES CADRES MILITAIRES 47

Autres titres: wr mçjw sm'w, mr p~ww, mr §nwty, mr prw mswt nswt m prwy, mr '~, mr ~wt i~t, mr ~o~.,)j]~ mr snwt styw CHEF DES TROUPES NUBIENNES 5 1
bityw nbw, ~m nJr ljwfw, ~m nJr R'-m-ssp-ib-R'.
240. hkn-hnm ve d. 246. s-~tpw (PN I, 318, 18) VIe d.
Doc. et Bibl.: voir 35. Doc.: Stèles de Saqqara - Bibl. : PM. IIF , 439 ; Quibell, Saqqara (1912-14), 39-40.
Titres militaires: général (35), chef de la route d'Horus (196).
Titres nautiques et autres titres : voir 35. ~=~ mr snt CHEF DE CENTURIE 52
241. shy AE
247. inpw-~tp (PN I, 37, 19) AE
Doc.: Tombe de Saqqara (porte)- Bibl.: PM IIF, 682; Jéquier, Tombeaux de particuliers,
60-1; Andreu, o.c., 213, no 213. Doc. Empreinte de cylindre de Bet-Khallaf- Bibl.: Garstang, Mahasna-Bet-Khallaf, pl.
Autres titres: smr w'ty, ~~J ~wt 'Jt, mr gs pr. VIII, X, XIX, XXVI; Weill, II/Ill' dynasties, 25.

PREMIÈRE PÉRIODE INTERMÉDIAIRE

242. in(i)-(i)t(i) .f(PN I, 34, 1) PPI


«chef de tous les chasseurs de l'ouest et de l'est» - Doc. et Bibl.: voir 205.
Titre militaire: chef du régiment urbain (205).
Autres titres : voir 205.

IV.- TITRES DONT LE CARACTÈRE MILITAIRE N'EST PAS CERTAIN

Les titres ci-après peuvent correspondre à des grades militaires ou à des fonctions ayant
rapport avec l'armée, sans qu'il soit possible, en l'absence d'un contexte biographique, d'en
avoir la certitude. Ils sont cités en conséquence avec réserve.

ANCIEN EMPIRE
~="""""" ~~
=~=variante ="""""" mr tsw CHEF DE DETACHEMENT 49
243. sni-n ... AE
Doc.: Stèle CGC 1632- Bibl.: Borchardt, CGC II, 100.
244. dndn. w (PN I, 400, 17) IV/Ve d.
Père de s~tpw (536)-Doc.: Tombes de Saqqara LG 73 et 74-Bibl. : PM IIP, 211;
Mariette, Mastabas, I, 541; LD II, 93 c, d, e; Murray, Index, XXIII; Hdck, o.c., 28, no 107.
Titre nautique : chef des scribes des équipages (522).
Autres titres: rb nswt, ss 'nswt .

:;:::~~=~~ stp mJnw Wn.t bJst nb(t) 50


RECRUTEUR DES GUIDES DU DESERT DE OUNET ET DE TOUT PAYS

245. ii-kJ-mj.s? III/IVed.


Doc.: Fragment de stèle d'une collection privée - Bibl.: PM IIP, 749; Fischer, JNES 18,
262-3, fig. 1.
51 «Overseer of Nubian Troops» (PM IIF, 439) ou «nubische Vornehme» (Wb. IV, 509, 3).
49 Wb. V, 403, 8; Murray, Index XXV. 52 Titre attesté au Moyen Empire : Wb. IV, 498, 1. Cf.: Vercoutter, Kush 5, 61 sq. et 65, n " 10.
5 ° Fischer, JNES 18, 263 , justification de la traduction.
48 PIERRE-MARIE CHEVEREAU

APPENDICE
PSUSENNES II
INDEX DES TRADUCTIONS CONVENTIONNELLES
DES TITRES NAUTIQUES
[PLANCHE 2]
+:::: capitaine de navire BY
~®:, MB officier-adjoint des équipages
~8 armateur de navire AIDAN DODSON
~B+:: armateur-capitaine de navire
~~H chef des équipages Recently, the Fitzwilliam Museum, Cambridge, aquired, by purchase, an ushabti-figure
~~ administrateur de la flotte of King Psusennes II (pl. 2)1. The figure is 93 mm high and composed of ,; ,.....
~H~ chef des équipages blue/green faïence, the surface ofwhich has considerably deteriorated. The .. \
~:tmeM chef des équipages du roi head and feet had been broken off, but repaired before it reached the l~
~ll::! ~ chef des équipages des deux grandes barques museum. The king is depicted as live, one foot forward, holding a flail in ~t'(J
~~. ~ :::~, ~~, ~~ chef des 10- des 6- des 5- des 4- du nav1re
"' " "' 1111 •
his right hand : the figure is thus one of the reises of his set. Decoration is ~i':tr
~l~~. ~.::; chef de la flotte restricted to a black-coloured wig, and an inscription on the flat back, . lf.
~titl1!tJiTfol1! chef des commandants d'équipages de recrues applied before firing. The inscription names the nJr-nfr Clfr-p3-sb3-b 'i-n-
*
~ r J chef des pilotes niwt], known from other sources to have borne the praenomen
0 1 2cm.
~~ BM chef des scribes des équipages Tyetkheper(u)re' 2 • ~
~ = 7 officier de transport This ushabti is the only item of this king's funerary equipment to have so far come to
n
t8tdll>, ttfo' commandant des équipages de recrues light. Other royal ushabtis of the same general of the same general period have been
t J,~, t~~ commandant des navires (royaux) (ou ~3~3w) recovered from the great cache of Deir el-Bahari, as well as from the royal necropolis at
I0J~ chancelier du dieu Tanis 3 . The The ban examples are of a relatively uniform design, in lus trous blue faïence,
ri~ lieutenant de vaisseau reis-figures distinguished by a protruding kilt-flap. Those from Tanis, covering a conside-
ri~Me sous-chef des scribes des équipages rably longer span of time, exhibit a great range of designs, while materials comprise both
~ 888 scribe des équipages faïence and bronze 4 • Sorne of the former are of essentially "The ban" type, while others are
~~= scribe des archives de la flotte more or less distinctive.
~~ scribe de bordée The present figure has its closest parallels in reises of the reign of Osorkon Il, sorne
three-quarters of a century later 5 • This might argue for their coming from the same
workshop(-tradition), but this is by no means certain. The same basic form is also found in
priva te examples dated to the Twenty-second Dynasty, one of which came Tehna 6 . Given
1 E. 445 .1982. My thanks go to Janine Bourriau for permission to publish this object and discussing it with me. To

Andrew Boyce 1 am indebted for the facsimile, while 1 would like to thank Barry J. Kemp and K . A. Kitchen for reading and
commenting upon the first draft of the manuscript. Responsibility for the opinions expressed remains, however, my own.
2 See below; the I:Ior- element in the no men ls never found in that of the other Psusennes, ' Akheperrë' Setpenamün : GLR

III, p. 289-91; Montet, Les Constructions et le tombeau de Psousennès à Tanis, passim .


3 J.-F. & L. Aubert, Statuettes égyptiennes, p. 150-67.

4 Clayton, JEA 58, 172-3. Bronze shabtis had been made since at !east the reign of Ramesses II.

5 Aubert, o.c. , pl. 45; Montet, Les constructions et le tombeau de Osorkon II à Tanis, pl. 55.

6 Aubert, o.c., pl. 51-2.


50 AIDAN DODSON REVUE D'EGYPTOLOG IE, t. 38 Pl. 2

the lack of Tanite ushabtis more closely allied to Psusennes' in date, it is perhaps un wise to
draw defini te conclusions at this stage 7 .
A Tanite provenance has been assumed from the burial there of earlier kings of the
Twenty-first and later Twenty-second Dynasty. However, no trace of the king's burial has
yet come to light there nor any other monument of his 8 . AU in all, he is rather a wraith-like
figure, and it might be instructive to reëxamine the evidence for this place in the history of
the Third Intermediate Period.
That he is Manetho's second Psusennes is broadly confirmed by posthumous inscriptio-
nal evidance. Fristly, there is the inscription on a statue of the Nile-God, dedicated by the
High Priest of Amun (Ssnq-mry- '!mn] s5-nsw nb-t5wy nb ir bt ( Wsrkn-mry- '!mm] mwt .f ,J

MJ"-k5-R' s]t-nsw nb-t5wy Clfr-p(5)-sb5- b'l-nlwt] dl 'nb gd [wJ]s ml R' çft 9 • This same
Ma'kare' is almost certainly named on the Seventh Pylon, at Karnak, as s5t-nsw (PJ-sbJ-
b 'l-nlwt] 10 .
Since the Osorkon-Mer yamün in question is cl earl y attested as Sekhemkheperre '~ 1 it is
thus clear that J:Ior-Psusennes is of approximately the generation of Osorkon's father,
Shoshenq I. He is associated with the latter in an inscription carved by Shoshenq on the
back pillar of a statuette of Tuthmosis III, from Karnak:
1) [ ...... ] bps nb ir Jbwt stp n '!mn ifs .fClfif-bpr-R' Stp-n-R] sJ-R' n bt .fmrt .fnb-b'w (Ssnq-
Mry- '!mn] ir. n .f mnw n ltf '!mn a b
2) [.... .. ] wy nf rnf ~r mss nsw-blty nb-t5wy nb lrwt ( Tit-bpr- R' Stp-n- R '] s5-R' nb-b 'w
Clfr-<p5>-sb 5-b'l-'nw'J. dl 'nb gd w5s nb[ ... ] nb ml R' çjt 12 .
In addition to these probably posthumous monuments, two seem to name him in his
lifetime 13 . They both derive from Abydos, the first being a hieratic graffito from the
Chapel of Pta~ in the Temple of Sethos I. It names the:

7Cf. the considerable differences between the ushabtis ofOsorkon II and those of his successor, Takelot II; Id., ibidem, p.
42-5, 47-50, and the diversity of Psusennes l's, Montet, Psousennès, 53.
8 Other Third lntermediate Period kings lacking defini te tombs include Smendes, Osochor, Siamün, Shoshenq I, Osorkon

1, Takelot 1, Pimay, Shoshenq V and Osorkon IV. One might attribute Tomb 1, later used by Osorkon II, to Smendes since it
appears to have originally been built before Tomb III, that of Psusennes 1, Montet, Osorkon II, p. 42-5; one of his canopics
was bought near Tanis: Hayes, EMMA NS 5 (June 1947), 261 -3. Inscribed finds lead one to suggest that Pimay and
Shoshenq V occupied Tomb II and the antichamber of Tomb 1, respectively; Montet, o.c., 89, p. 80-1. The " spare"
sarcophagus found alongside Shoshenq III's in Tomb V might be ascribed to Osorkon IV, leaving the small, and en tire! y
empty, Tomb VI unassigned. 1t is perhaps instructive that the kings remaining are the first five to be descended from the
Chiefs of the Ma, see below. Perhaps the new dynasts shifted the site of their necropolis, un til Osorkon II moved back to the
old site by usurping the pillaged tomb of Smendes. See Dodson, CdE 63.
9 BM 8; Arundale-Bonomi, Gallery of Antiquities Se/ectedfrom the British Museum, l, pl. 13, coll. author.

10 Maspero, Les momies royales de Deir ei-Bahari, p. 694-5.

11 Cf. Kitchen, The Third Intermediate Period, 2nd ed., p. 100 f.

12 CCG 42192; Legrain, Statues el statuettes de rois et de particuliers, III , p. 1-2, pl. 1.

13 There is also a bead inscribed (Hr-PJ-sbJ-b 'i-n-niwt] in UCL; Petrie, His tory of Egypt, 111, p. 226, fig. 93.

c d

Ushabti of King Psusennes Il , Fitzwilliam E. 445.1982


(Courtesy The Fitzwilliam Museum. Cambridge)
Dodson, Psusennes II.
PSUSENNES II 51

1) nsw-bity nb-t3wy Tlt-&prw- R' Stp-n-R' {'!mn- R '-nsw-nJrw} ~m-nJr tpy n '!mn- R '-nsw-
nJrw s3-R' nbt(sic)-&'w ~3wty P3-sb3-b'w-nlwt mry-'Imn [.... ] n3w ms3 [.... ]
2) ~m-nJr tpy < n > '!mn- R '-nsw-nJrw lr ~3ryw n Kmt ~3pyw nfryw < n > Pr- '3 P3-sb3-b 'l-
nlwt
3) Mry-'lmn 14
This mixture ofmilitary, civil and royal titles is most curious; they might be explained as
due to confusion on the part of the scribe, but certainly suggest that a High Priest and
Army-Leader, almost certainly at Thebes 15 , had assumed royal titles. That such confusion
was possible might suggest that his status was somewhat irregular, witness the Karnak text
giving the 'shadow-king' Pinudjem 1 a Horus-name, royal titles, and then calling him ~m­
ntr tpy n 'Imn-R '-nsw-ntrw P3-ndm s3 P3- 'nh m3 '-hrw' 6•.
- - - ""' - '
The other Abydene monument, a potsherd from Umm el-Ga'ab, merely names the nJr-
nfr (Tlt-bprw-R' Stp-n-R] [... ] nb-b1w] ([ .... ]]l 6 b.
A simple High Priest of Amun, Psusennes, is known to have followed his father,
Pinudjem II, in office after the latter's dea th in Year 10 of Siamun 17 . He associated with
anonymous Years 5(?) and 12 on bandage-epigraphs from Theban mummies 18 . As
Kitchen has pointed out 19 , while Year 12 is easily attributed to Siamiin, the other, if
correctly read, must belong to a subsequent reign, assumed to be Psusennes II's. This
would go against the assumption, by many scholars, that this King Psusennes was none
other than the former High Priest 20 , a proposition certainly supported by the Abydos
graffito. On the other hand, it has the attraction of removing the c. 15-year gap that would
appear in the list of High Priests, if the Psusennes were one and the same. Then, again,
there is the difficulty in accepting the existence of two different Psusennes, both holding the
very highest offices at the same time; this, of course, is particularly subjective and has no
real merit as a decisive factor in the question.
However, none of this is necessary if we take the Year 5 as that of Shoshenq /, as direct
successor of Siamün . Psusennes II will then have been a High Priest who became a
"shadow-king", much as Pinudjem 1 did under Smendes and Psusennes 1 and, to a lesser
14 Murray, The Osireion, pl. 21; Beckerath, Handbuch der iig Konigsnamen, p. 99-100, 256.
15 This combination is distinctive to the Theban pontiffs of the period, from }::leri~or onwards. While the Tanite kings,
Psusennes I and Amenemope, used the High-Priestly title as an addition to their titulary, or even a variant praenomen, at
Tanis on/y, Kitchen, o.c. , p. 263, n. 114, 429, n. 29, the combination is not found outside Thebes, lessening the force of
Kitchen's suggestion, o.c. , p. 12, n. 45, that Psusennes' tilles referred to time as a Tanite prince.
1 6 • GLR III, p. 246, XID. One might cite a reference to Shoshenq I as mere Chief of the Mii as a like occurance, but other

explanations are possible, see below and n. 32.


16 ' Amélineau, Les nouvelles fouilles d'Abydos, II, p. 146. Naville, The Cemeteries of Abydos, 1, notes potsherds of

"Psusennes and Osorkon l" , without further specification.


1 7 Cerny, JEA 32, 26-7.

18 Kitchen , o. c., p. 423.

1 9 Id. , ibidem, p. 11-2.

20 Eg. Cerny, CAH 3 II:2, p. 646.


52 AIDAN DODSON PSUSENNES II 53

extent, I:Jeril).Or, under Ramesses XI. This would certainly explain his hybrid Abydos titles, However, utilising the evidence of the Memphite Genealogy, it is possible to arrive at a
though he may have handed over his High Priestly duties to luput, attested in office under scheme which yields an average of c. 18 years per pontificate, with one short tenue
his father, Shoshenq I, by Year 10 21 . If he effective!y retired, it would help ex plain the total balancing a long one 31 . Such an average equa tes well with terms of office recorded for
lack of contemporary monuments, outside the area of Abydos. A part from Osochor, he is other officiais, at various periods.
the only king of the Twenty-first Dynasty not attested by monuments at, or near, Tanis. We are, of course, left with problem of why , after sorne fifteen years stet service,
One might even venture to suggest Abydos as his place of residence. Psusennes obtained royal status. One would tend to link it with the well-attested marriage
His accepted position as Siamün's actual successor presents a further problem : until of his daughter Ma'karë' to Crown Prince Osorkon : Given sorne degree of opposition
recently, it has been supposed 22 that the last kings of the Twenty-first Dynasty formed a amongst The ban elements 32 , Shoshenq may have felt it prudent to replace the High Priest
single Tanite line 2 3 , or a Tanite line followed by a Theban collateral, on the extinction of Psusennes, last representative of the line of I:Jeril:tor, with his own nominee, his son
the former 24 . However, Y oyotte's study of a genealogical text, formerly on the roof terrace Iuput 33 . In view of the flammability of the Thebans 3 4, and perhaps persona! regard for the
of the Temple of Khonsu, at Karnak 2 5 , has revealed the existence of a Pharaoh Osorkon, old priest, he may have deemed it derirable to "sweeten the pill" by " pensioning off" ,
son of a Mel:tytweskhet who can only be the mwt-nsw Mel:tytenweskhet, given by the Psusennes with a shadow-kingship 35 and marrying-off his heir to Ma'karë' 3 6 . The
Pasenl:tor genealogy as grandmother of Shoshenq J2 6 . His identification with Manetho's amicable nature of this arrangement is suggested by Shoshenq's reinscription of the
Osochor is not really open to question 2 7 • Th us we have a Libyan king succeeding Tuthmosis III statuette in memory of the Priest-King.
Amenemope, and who, in the absence of evidence to the contrary, may have been the Two principal objections might be raised against the foregoing reconstruction. Firstly,
father of Siamün. If the latter died childless, his natural heir would have been Shoshenq I, Manetho does not appear to mention the two undoubted shadow-kings of the Twenty-
making an intervening independent reign by Psusennes II hard to explain 28 . With firstjsecond D ynasties, Pinudjem 1 and I:Jarsiese. On the other hand, I:Jatshepsut, without
Shoshenq as Siamün's successor, no such difficulty remains. The high favour enjoyed by
31 We might have:
Shoshenq, as Chief of the Ma, in his Abydos stela 29 , would be fully explicable, as his
king's kinsman. Ashakhet A

This revised chronology does not conflict with the established sequences of officiais, as Pipi A
) temp { Amenemnisu, Yr. 1-4
Psusennes I, Y r. 1-45 } avr. c. 17 Yrs. each.
given by Ki tchen 3 0 , with possible exception of the High Priests of Memphis, where we are J:larsiese 1

l
left with four ponfiffs under Siamün and Shoshenq I, given the attestation of Pipi B Psusennes I, Y r. 45-9
Amenemope, Yr. 1-9
(Netjerkheperrë' Meryptal:t) under Siamün and Shedsunefertum A, under Shoshenq 1. Pipi B temp
Osochor, Yr. 1-6
Siamiin, Yr. 1-5
) 25 Years

21 Kitchen, o.c., p. 195. Ashakhet B temp Siamiin, Yr. 5-15 10 Years

l l
2 2 Since no explicit filiations were known. Siam un, Y r. 15-19
'Ankhefensekhmet A temp 19 Years
23 Kitchen, o.c., 80, 283. Shoshenq I, Y r. 1-15
2 4 Cf. Id., I.e. The Tanite line was, in any case, of The ban extraction, Psusennes I probably being a son of Pinudjem l ; cf. Shoshenq I, Yr. 15-21
Shedunefertum A temp 19 Years
Id., o.c., p. 535-9. Osorkon I, Yr. 1-15
25 BSFE 77/8, 39-55, original! y published by Daressy, R T 18, 51-2. Shoshenq C temp Osorkon l, Y r. 15 +
26 Malinine-Posener-Vercoutter, Catalogue des stèles du Sérapéum, l, p. 30-1 , pl. 10. The Khonsu-temple text names a
32 Cf. the dateline in the Karnak Priestly Annals, where his kingly dignity is ignored ; rnpt 2 ... .... n '] n M lw SJ§] < n > q;
Chief of the Ma, [Nim]lot, who is almost certainly the father of Shoshenq l, who, as a son of Mei).ytenweskhet (Paseni).or
genealogy), would also be a brother of King Osorkon. Legrain, R T 22, 54, n. 4.
27 With the praenomen 'Akheperrë' Setpenrë', Young, JARCE 2, 100-1. 33 As Osorkon II later supplanted the old-established line of Memphite High Priests, by installing his son, Shoshenq D ;

28 Unless another member of the fa mil y of the Chiefs of the Ma, and so not the former High Priest, son of Pinudjem Il. Kitchen, o.c., p. 193.
34 Cf. the troubles suppressed by Menkheperrë' (Maunier Stela : Beckerath, RdE 20, 7-36) and the trials and tribulations
However, the relatively uncommon name, Psusennes, would tend to link him with the Tanite/Theban house, which included
both King Psusennes l and a son of the High Priest Menkheperrë'. of Crown Prince Osorkon (Caminos, The Chronicle of Prince Osorkon).
35 As Smendes had done for Pinudjem I, though doubtless in rather different circumstances. Might this elevation coincide
If one were to argue that the High Priest had irregularly taken the throne, there is the well-nigh insuperable objection that
the " legitimate" Shoshenq 1 would hardly have commemorated the " usurper" on the Tuthmosis Ill statuette. with the recognition of Pinudjem's probable son, Psusennes (I), as heir to Smendes' throne?
29 JE 66285, formerly presumed to have been executed under Psusennes ll. The king is referred to only as &m f, though 36 As a result of this union, J:ierii).or's line regained the pontificale in the person of her son, Shoshenq, un der his father,

doubtless named on the, now-lost, upper part of the stela. Published by Blackman, JEA 27, 83-95, pl. 10-2. Osorkon l. A shadow-kingship once more fell to the line when Shoshenq's son, J:larsiese, obtained it, under Osorkon II ;
3 ° Kitchen, o.c., p. 187 f. , 481 -4, 487, 560. Kitchen, o.c., p. 197-200.
54 AIDAN DODSON

any sole reign, is included, as weil as Smenkhkarë· and Amenmesse, who may have lacked
independent reigns 37 • The second, and perhaps more cogent, is the question of overall
A NOTE ON THE BUILDING HISTORY OF
chronology. Using the increasingly-probable low accession-date for Ramesses II, and
highest-possible for Shoshenq I, 1279 and 948BC respectively, the elimination ofPsusennes
THE TEMPLE OF EDFU
II's sole reign leaves approximately ten "spare" years in the Nineteenth, Twentieth and
BY
Twenty-first Dysnasties 38 . Any downward movement of Shoshenq I's date, theoretically
down to 929 3 9 , bur more probably down to 945 40 , makes things worse. However, the A. EGBERTS
various uncertainties surrounding a number of the intervening twenty-two reigns makes
the problem by no means insoluble, as weil as the possibility of the revision of the ali- In a recent volume of this journal S. Cauville and D. Devauchelle have contributed an
important Near Eastern data 41 . Th us, neither objection is as yet decisive. admirable exposé of the building history of the temple of Edfu, to which they have
On factor not dealt with th us far is the cartouche (/fq-~qJ- [. . .j-R '), copied, with that of appended a number of new historical data distilled from the inscriptions of this temple 1 . '
Psusennes, by Wilkinson and " found with the name of Amunoph I in a tomb at The most important conclusion drawn by the authors regards the family ties between
Thebes" 42 • One may question the correctness of the copy, but, given our lack of Ptolemy IX Soter II and Ptolemy X Alexander I. Traditionally, both Ptolemies are
knowledge as to the cartouches' relative disposition, one might suggest that what Wilkin- considered the offspring of Ptolemy VIII Euergetes II and his niece Cleopatra III. This
son saw was a fragmentary praenomen of Shoshenq I (nomen lost), accompanied by the assumption is based on the testimony of various classical authors, ali living in the second
nomen of this shadow, with the praenomen perhaps lost. and third centuries A.D. On the basis of contemporary Egyptian evidence, however,
Cauville and Devauchelle have convincingly demonstrated that Ptolemy IX was a child of
Ptolemy VIII and his sister Cleopatra II 2 •
Postscript

While this paper was in proof, there came to my notice Yoyotte's suggestion (Tanis: L 'or The subject I want to discuss here is the share of Ptolemy IX and Ptolemy X in the
des pharaons, 136f.) that Psusennes' was one of the two anonymous mummies found in the completion of the temple of Edfu, especially the stages of the decoration of the girdle wall.
antichamber of the tomb of Psusennes I. In view of the dissimilarity between the Psusennes Before proceeding to do so, I will briefiy evoke the historical background provided by the
(no !for) ushabtis used as evidence and our Fitzwilliam example, I find it impossible to turbulent reigns of the two Ptolemies and their female coregents, taking the correctness of
concur with the identification. Thus, I continue to regard Psusennes II as remaining the genealogy proposed by Cauville and Devauchelle for granted 3 .
without Tanite attestation. On 28 June 116 B.C. Ptolemy VIII died, leaving the rule of Egypt to his wives and
coregents Cleopatra II and Cleopatra III together with Ptolemy IX. The relationship
between Cleopatra II and Cleopatra III, her daughter from her first marriage with Ptolemy
VI Philometor, was notoriously bad and their coregency was not to last long. It seems that
already at the end of 116 Cleopatra II and her son Ptolemy IX had succeeded in barring
Cleopatra III out. No doubt, she and her son Ptolemy X, ruler of Cyprus, undertook
37 In the writer's opinion, the various arguments for Smenkhkarë"s sole reign are not conclusive; cf. Murnane, Ancien/

Egyptian Coregencies, p. 169-178, 234. An important consideration is thal his burial with borrowed, Atenist, equipment, fervent attempts to turn the scales in their favour. It has even been claimed by Otto and
leaving his Osirian objects for reuse by Tut'ankhamün, makes far more sense if carried out by Akhenaten, rather than the Bengtson that the two pre tenders occupied the throne of Egypt for brief periods in 110 and
Restorationist regime, though later transferred to Thebes by it.
For Amenmesse as "counter-king" under Sethos Il, see Krauss, SA K 5, 131 f., and Dodson, DE 2, 8-9, JEA 73, 224-9.
3s Using reign-lengths ofWente-Van Siclen, S tudies Hughes,passim (Dyn.XIX/XX); Kitchen, o.c., p. 465 (Dyn.XXI). The

reign of Amenmesse is not included.


1 Cauville-Devauchelle, RdE 35, 31-55.
39 Wente-Van Siclen, o.c., p. 224.
2 O.c., 47-50.
3 More extensive historical surveys are found in Otto-Bengtson, Z ur Geschichte des Niederganges des Ptolemiierreiches,
4 ° Kitchen, o.c., p. 22-6.

4 1 After ali, it has only recently been realised thal 1279 is a viable option for Ramesses II's accession.
p. 112-93 ; Samuel, Ptolemaic Chrono{ogy, p. 147-53; Will, Histoire politique du monde hellénistique, II, p. 369-73 (the second
42 Materia Hieroglyphica, p. 11 9, pl. 5g. edition of 1982 was inaccessible to me); Koenen, ZPE 5, 62-5.
1

56 A. EGBERTS THE BUILDING HISTORY OF THE TEMPLE OF ED FU 57

108, but this supposition is based on an incorrect interpretation of the evidence 4 . In 107 decorated in his first reign 1 2 . The conclusive proof is the explicit attribution of the decoration
C1eopatra III and Ptolemy X finally reached their goal, probably as a consequence of the to this monarch in the bandeau inscription on the exterior of the girdle wall, for here it is
dea th of the mighty Cleopatra II 5 . Ptolemy IX was forced to flee the country and found stated after a succinct description of the demise of Ptolemy VIII: sJ .f wr dl.f sw ~r ns . t .f
refuge in Cyprus. In this way the two half-brothers had changed places. Cleopatra III died bt . tw rn .f rw . t bnt n ~ w . t-nJr ... " His eldest son appeared on his throne. His name was
in 101 and Berenice III, daughter of Ptolemy IX and wife of Ptolemy X, became the latter's inscribed on the ex terior of the pronaos of the temple ... " 1 3 . The decoration of the east and
new coregent. In 88 Ptolemy X was killed during a naval battle near Cyprus, being expelled west walls of the court, on the other hand, undoubtedly belongs to the second reign of
from Egypt by Ptolemy IX, who was finally able to resume his rule after an interruption of Ptolemy IX, since here he bears the la ter titulary 14 .
19 years 6 . He died in 80. The situation is more complicated with regard to the decoration of the girdle wall. Its
Chassinat has pointed out that the Egyptian titulary of Ptolemy IX was modified in his construction was started at the end of the reign of Ptolemy VIII 1 5 . According to Chassinat
second reign 7 . During his first reign his prenomen was lw • nJr mnb nJr . t mr. t m w . t . s ,j
the in terior of the girdle wall was decorated during the first reign of Ptolemy IX 16 . Cauville
nçj. ty. t stp . n Pt~ ir mJ". t R • sbm ·nb '!mn " heir of the god Euergetes and the goddess and Devauchelle, however, date the decoration to the transition from the reign of
Philometor Soteira, chosen by Ptah, ir mJ". t R •, living image of Am un" and his nomen Ptolemy X to the second reign of Ptolemy IX 17 .
Ptwlmys •nb çj. t mr Pt~ " Ptolemy, living forever, beloved of Ptah". In his second reign The exterior of the girdle wall is also problematic. While it is clear that the east and
these names were respectively lw • nJr. wy mnb. wy (var. nJr. w mnb. w) stp. n Pt~ ir mJ •. t R • north walls were decorated under Ptolemy X, divergent opinions have been expressed
sbm ·nb '!mn " heir of the two gods Euergetai (var. the gods Eurgetai), chosen by Ptah, ir regarding the west wall. The statements of Chassinat concerning the date of the decoration
ml". t R ·, living image of Am un" and Ptwlmys ·nb çj. t mr Js . t " Ptolemy, living forever, are contradictory 18 . Cauville and Devauchelle assign it to the first reign of Ptolemy IX 19 .
beloved oflsis" . There are two cogent reasons for assigning the latter names to the second These conflicting interpretations cali for a reconsideration of the facts. 1 will start with
reign only. First, they occur in conjunction with a modified Horus name starting with w~m the exterior of the girdle wall, since here, unlike the interior, nearly ali cartouches are filled
msb •. w "repeating appearances" 8 . This is a clear allusion to Ptolemy IX's comeback as in. The east and north walls were decorated entirely under Ptolemy X. No attention has
ruler of Egypt. Second, Cleopatra II never figures in the inscriptions and reliefs where the hitherto been paid to the fact that he is accompanied on the east wall by Cleopatra IIJ2 °,
later titulary is assigned to her son and coregent Ptolemy IX. Her absence must imply that and on the north wall by his wife Berenice III, who succeeded his mother as co regent 2 1 •
she was already dead at the time. The change of the prenomen- " heir of the (two) gods This implies that the east wall was decorated before the death of Cleopatra III in 101 and
Eurgetai" instead of "heir of the god Eurgetes and the goddess Philometor Soteira" - the north wall after this event. Ptolemy X and Berenice III figure also on the west wall. The
probably marks the end of a period of intense dynastie strife 9 . carving of the text of the " bandeau du soubassement" on this wall must have started under
The differentiation in the titulary of Ptolemy IX is an important aid in establishing the their reign, since Ptolemy X is mentioned at the beginning 2 2 . The end of the inscription,
relative chronology of the building activities in the temple of Edfu. Thus it is certain that however, relates the restoration of Ptolemy IX, showing that the text must have been
the interior of the Morning House in the pronaos 1 0 and the exterior of the pronaos 11 , completed at the beginning of his second reign. The cartouches of Ptolemy IX concluding
where Ptolemy IX bears the earlier titulary and is accompanied by Cleopatra Il, were the inscription still exhibit the earlier titulary 2 3 .
12 Edfou IV, 327, 9 ; 13 ; 332, 13 ; 340, I l ; 361, 13; 362, 13 ; 372, 8; 393, 9.
4 The hypothesis of an interruption of the reign of Ptolemy IX in Il 0 is ba sed on two Greek texts, viz. P. Reinach 1 22 13 Edfou VII , 9, 4-5.
and PSI 9 1018. Recently it has been shawn that they date from 107 rather than 110, see Boswinkei-Pestman, Les archives 14 Edfou V, 1-28 ; 40-59 ; 64-82 ; 87- 124; 141-58; 163-78 ; 183-200; 333-8; 367-85.

privées de Diony sios, fils de Kephalas, p. 67-9. The interruption of 108 is deduced from a G reek inscription found in Cyrene 15 Cauville-D evauchelle, o.c. , 40- 1.

(SEG IX, 5), which is probably better dated ta the reign of Ptolemy VIII, see Lenger, Corpus des ordonnances des Plolémées, 1 6 Edfou VI, III-V.

no. 45-6 with references, esp. Préaux, CdE 17, 133-49. 1 7 Cauville-Devauchelle, o.c., 52-3.

5 Cauville-D evauchelle, o.c., 49. 1 8 In Edfou V, VI a nd Edfou VII, VII he assigns the major part of the decoration ta the fi rst reign of Ptolem y IX, but at

6 See for the events of 88 Samuel, CdE 40, 376-85 ; Zauzich, Enchoria 7, 193. the end of Edfou VI, IX, n. 6 he implies that it dates from the second reign.
7 Edfou V, V-XI. 19 Cauville-Devauchelle, o.c., 45.

8 Edfou V, 1, 6. 20 Edfou VII, 177, 6; 2 14, 14 ; 268, 17; 293, 3; 31 8, 15 ; 3 19, 15; 329, 5.

9 Cauville-Devauchelle, o.c., 53. 2 1 Edfou VII, 1, 7; 10, 5; 40, 4 ; 89, 5; 187, 8.

10 Edfou III, 334-8. 2 2 Edfou VII, 3, 2.

1 1 Edfou IV, 327-393. 2 3 Edfou VII, 9, 11.


58 A. EGBERTS THE BUILDING HISTORY OF THE TEMPLE OF EDFU 59

Besides the "bandeau du soubassement" Ptolemy X is also mentioned in the soubasse- decoration 31 , the representations of the queen may date from the reign of Ptolemy X. In
ment of the west wall together with Berenice III. His cartouches are found in the first half that case they were originally intended as representations of Berenice III. But even if the
only 24 . The second half contains the cartouches characteristic of the earlier titulary of carving of the ritual scenes was undertaken in the second reign of Ptolemy IX, the presence
Ptolemy IX 2 5 . The same monarch designated by the same titulary domina tes the rest of the of a queen, though not conforming to historical reality, may still have been dictated by the
decoration of the west wall, comprising ali ritual scenes 26 , the "bandeau de la frise" 2 7, and laws governing the decoration of the temple. The scenes in the upper register of the west
the frieze 2 8 • wall had to be the symmetrical counterparts of the scenes on the east wall. The presence of
If one assumes, as Chassinat and in his wake Cauville and Devauchelle do 29 , that the Cleopatra III on the east wall therefore required the presence of a queen on the
decoration of the west wall featuring Ptolemy IX is to be dated to his first reign- with the corresponding locations of the west wall 32 . Whether the representations of the queen had
exception of the "bandeau du soubassement"-, the decoration of the girdle wall must already been executed or were still in the stage of planning, the priests of Edfu must have
have proceeded in a haphazard order. The assumption implies that the "bandeau du ,j
decided to identify her as Cleopatra II after the example provided by the decoration of the
soubassement" and the soubassement were finished last, and that the end of the soubasse- exterior of the pronaos. Thus they deliberately went counter to the historical truth.
ment was decorated first. Moreover, after Ptolemy IX's flight in 107 the work on the west The decoration of the in teri or of the girdle wall poses problems of a different kind. lt can
wall would have been abandoned for a long period of time, since the process of decoration be broadly dated to the reigns of Ptolemy IX and Ptolemy X 33 , but a more precise da ting
was only resumed in a la te phase of the coregency of Ptolemy X and Berenice III, who did is hampered by the fact that most cartouches are either empty or neutral. In the latter case
not manage to complete the inscription of the " bandeau du soubassement". the prenomen is not filled in, while the nomen has the form Ptwlmys 'nb g. t (mr Pt~)
In my opinion, a much more satisfactory solution is obtained by supposing that the " Ptolemy, living forever, (beloved of Ptah)". Sometimes this neutral titulary occurs in
decoration of the west wall testifies to the transition from the reign of Ptolemy X to the conjunction with the name of a queen called Cleopatra, who is often designated as mw . t -
second reign of Ptolemy IX. Viewed in that perspective, the decoration of the soubasse- nJr " god's mother" 34 . These neutral names fit both Ptolemy IX with his coregent
ment and the "bandeau du soubassement" must have been halfway, when the news about Cleopatra II and Ptolemy X with his coregent Cleopatra III. No doubt, this was precisely
the transfer of power reached the priests of Edfu. Two objections can be raised against this their intention. They must refiect sorne period of dynastie trouble. Within the reigns of
reconstruction. First, there is the occurrence of the earlier titulary of Ptolemy IX instead of Ptolemy IX and Ptolemy X there are only two possibilities, viz. 107, when Ptolemy X
the later titulary belonging to his second reign. 1 have already pointed out that the earlier succeeded Ptolemy IX, and 88, when the reverse took place. In my opinion, there exist two
titulary figures at the end of the historicai inscription of the " bandeau du soubassement", decisive arguments in favour of the first possibility. First, the transfer of power in 88 is
which on internai evidence must date from the beginning of the second reign. This proves reflected in the decoration of the exterior of the west side of the girdle wall, as 1 have
that the titulary was not immediately changed after Ptolemy IX's renewed accession. shown earlier. If the decoration of the interior of the girdle wall would be a testimony of
Accordingly, not ali instances of the earlier titulary can be automatically dated to his first the same event, it remains unclear why so many cartouches are empty or neutral. This is by
reign. The second objection pertains to the presence of Cleopatra II in a number of ritual no means the case with the exterior west wall, which gives the impression that the
scenes together with Ptolemy IX 30 . At the beginning of the second reign she was already transition between the two reigns was a brief and smooth affair. Second, there are several
dead for 19 years. Yet 1 do not think that this argument is conclusive. If Chassinat is right complete cartouches on the in teri or of the girdle wall. Ptolemy X figures on the west wall in
in suggesting that the addition of the royal names was the last stage in the process of the " bandeau du soubassement" 3 5 , the " bandeau de la frise" 3 6 , the last part of the

24 VII, 28-34, XXII. Berenice III occurs in Edfou VII, 28, 15.
Edfou 31 Edfou VI, IV.
25 VII, 34, XXIV-39, XLIII.
Edfou 32 Edfou VII, 318, 15; 319, 15; 329, 5 (east, Cleopatra III) corresponds to Edfou VII, 159, 12; 160, 15; 172, 17 (west,
26 VII, 42-86; 92-175.
Edfou Cleopatra II) respective!y.
27 VII, 24, 5. The cartouches at the beginning of this inscription are empty (Edfou VII, 21 , 2). This is the only
Edfou 33 Edfou VI, III-V.
example of this phenomenon on the exteri or of the girdle wall. 34 Edfou VI, 20, 3; 54, 7; 82, 2; 100, 9 ; 144, 7; 153, 3; 194, 9; 247, 1; 255, 8; 256, 13; 258, 6; 259, 13; 270, 6; 284, Il ; 299,
28 Edfou VII, 176, 3.
1; 305, 8.
29 See n. 18-9.
35 Edfou VI, 9, 10.
30 Edfou VII, 83, 5; 107, 13; 132, 3; 159, 12; 160, 15; 172, 17.
36 Edfou VI, 15, JI.
A. EGBERTS THE BUILDING HISTORY OF THE TEMPLE OF EDFU 61
60

geographical procession of the soubassement 3 7, a number of ritual scenes 3 8 , and the Ptolemy X and Berenice III (101-88):
frieze 39 . On the north wall he is found in the ritual scenes of the upper register 40 , the - exterior of girdle wall, north
"bandeau de la frise" 4 1, and the frieze 42 . On the east wall he occurs in the last part of the - exterior of girdle wall, west (at the end of the reign)
procession of the soubassement 43 , in three ritual scenes located at the north end of the
upper register 4 4, and in the frieze 4 5 . In sorne cases Ptolemy X is accompanied by Ptolemy IX (88-80):
Cleopatra III 46 . Ptolemy IX is attested on the east wall only. His name is mentioned in the
"bandeau de la frise" 47 , and in nine ritual scenes at the south end of the wall (three in each - court, east and west
register) 48 . In all examples he bears the la ter titulary characteristic of his second reign. The
distribution of the complete cartouches suggests that they have been filled in after the
completion of the decoration of the interior girdle wall. The names of Ptolemy X must
have been inscribed during his coregency with Cleopatra III between 107 and 101. The
names of Ptolemy IX were added at a much later date coinciding with the decoration of
the court. It should be noted that the interior of the girdle wall cannot reflect the events of
88, for in that case one would expect Berenice III as the queen of Ptolemy X instead of
Cleopatra III . Consequent! y, this part of the temple must have been decorated around 107.

In conclusion, it seems that the decorative activities of Ptolemy IX and Ptolemy X have
proceeded in a fairly logical order, which can be summarized as follows:
Ptolemy IX and Cleopatra II (116-107) :

- Interior of Morning House in pronaos


- exterior of pronaos
- interior of girdle wall (at the end of the reign)

Ptolemy X and Cleopatra III (107-101):

- exterior of girdle wall, east

37 Edfou VI, 43, LXXX-48, XCIX.


38 EdfouVI, 56, 1; 58,9(lowestregister); 108,1 (midd1eregister); 161 , 6; 162, 7; 165,5; 166, 15; 168, 11; 175, 16; 180, 1
(upper register).
39 Edfou VI, 190, 18.
40 Edfou VI, 181, 6; 186, 12; 333, 14; 334, 9; 336, 6; 339, 5.
41 Edfou VI, 13, 14; 16, 9.
42 Edfou VI, 190, 18; 340, 12.
43 Edfou VI, 223, I-227, XXIV.
44 Edfou VI, 319, 1; 328 , 4; 332, 14.
45 Edfou VI, 340, 12.
46 Edfou VI, 13, 9; 15, 13; 58, 12 ; 339, 8.
47 Edfou VI, 18, 13.
48 Edfou VI, 235, 9; 239, 6; 240, 11 (lowest register) ; 277, 9 ; 277, 16 ; 278,11 (middle register); 311 , 18; 312, 15 ; 313, 10
(upper register).
"MENNA'S LAMENT"

BY

HANS GOEDICKE

John L. Foster deserves due praise for having expanded the ancient Egyptian literary
corpus by offering the first comprehensive translation of "Menna's Lament" 1 . The text in
the tradition of parental or teacher's ad vice is contained on 001 12074 2 , with a small '
completing fragment (O.IFAO 2188) identified by Posener. As Foster convincingly
demonstrated, the text is not a literary composition per se, but has its " Sitz im Leben" in
the Deir el-Medineh community. The draftsman Menna (MnnJ) is indeed well attested as is
" his son and assistant" Pairy (PJ-iry), whose real name was Mer-Sakhmet (Mr-Sbmt)3 .
Although intended as a personal communication, the text displays considerable artistic
quality. This applies especially to the form, including the use of verse-points, but also to
the highly structured language.
In sorne points the text can be seen differently from Foster's rendition. These comments,
following Foster's division into 71 sections, are offered here as a contribution towards a
better understanding of this composition.

TRANSLATION

"The draftsman Menna


2 is saying to his son, his assistant,
3 the scribe Pairy:
4 '(1) forcasted you the storm before it came,
5 my sailor, who is wretched in being moored !
6 1 placed complaints at any number and
7 before you - (but) Look !- you never listened!
8 when 1 advised you concerning any path
9 with dangers in the underbrush
10 saying: "When you walk while you have no sandals on -
1 Foster, JSSEA 14, 88-99.
2 HO, p. 22, pl. 78-9.
3 Cerny, I NES 14, 162f.; Id., A Community of Workmen, (BdE 50), p. 202f.; Janssen in Gleaningsfrom Deir el-M edina,

p. 109-23.
64 HANS GOEDICKE MENNA'S LAMENT 65

11 any thorn can stop your advancing!" 49 for guiding the drowned one,
12 1 supplied your needs in everything, 50 there is no possibility that one applies it!
13 which others have to seek for; 51 Y ou are in the state of one who is saying:
14 1 don't let you say "Wish that 1 had!" even by night, 52 "Y ou have to kill < in order to > take my asses!"
15 when you have laid down while tossing around! 53 "Take the woes from my mou th!"
16 Y ou are at the movements of a swallow 54 Y ou would trust the one who steals your things,
17 and its fiedglings! 55 (but) you are feeble before me.
18 Y ou reached the Delta in the main frontier-region, 56 Doers (scil. active ones) are aggrandized, others are made helpless !
19 Y ou mingled with Asiatics. 57 After acting without me,
20 While you eat bread because of your blood, 58 Look! when you turn to examining my words
21 there is not your heart in your body. 59 Y ou find that my counsel is excellent.
22 1 had to turn to a pirate of the Sea 60 Turn your attention to hearing my instruction
23 and did report on behalf of you "Spare me!" 61 in order to carry out all my plans.
24 When you returned and entered (to) your village, 62 Should 1 allow you to ignore them altogether,
25 Y ou brought water for your (door-)stone. 63 you would be like a wnb-plant.
26 (But) 1 said in my heart "He forgot about the admonitions, 64 Never will be one like me successful,
27 which 1 said to him previously!" 65 when he settles you in a house.
28 Let me repeat speaking to you again: 66 Indeed, a man like you will be found
29 "May you avoid the walls of the wild-faced-one, 67 in order to cause that those unknown (things) are made.
30 but stay close (to) the following, namely the adages, 68 Y ou are like one on a horse,
31 in word, in na me, in action." 69 while your heart is never with mine.
32 The journey before you will do its course, 70 And you shall keep this my letter,
33 until it drowns when making Ta-weret. 71 that it may serve as admonition."
34 Theo they will say to you in praises "[Strong] lion!"
35 while you are alone. COMMENTAR Y
36 As long as a son listens to the father,
4 William K. Simpson, Allusions to the Shipwrecked Sai/or and The Eloquent Peasant in a
37 "The teaching is potent for eternity" -one says.
Ramesside Text, JA OS 78, 50 f. compared the passage with Shipwrecked Sailor 31 , 97f., rendering it
38 But see! Y ou ne ver li sten to any ad vice, " you have predicted the storm before it has come, o my sailor wretched in (?) landing". Foster
39 which 1 said to you before! - rejected this translation fo r grammatical reasons, that namely the sgm . n .j-fo rm is not common in
40 When you did capsize, as you travelled the ship without me, Late Egyptian and that it is not found in this text otherwise. He renders "the stormwind forewarns
41 Did you try to penetrate the water-misery? you before it cornes", interpreting it that " the high winds and stormclouds signal, ahead of time,
42 (Or) did you travel afar in order to plunder the water depth? what quarter trouble is coming from". Unfortunately, the verb sr has no connotation of "warning",
but means " to announce" something which is going to happen subsequently. 1 am not aware of
43 Y ou are in the water (even) while you are rowed!
instances in ancient Egypt where inanimate things are credited with the ability of making
44 Who would say to the ~r-boat of a little one pronouncements. Consequently, Foster's assumption of a poetic metaphor about the storm's
45 "Go by yourself < over > water-waves !" forewarning a man rests on dubious application of imagery alien to ancient Egypt.
46 Look! Once you are sunk into a deep grave, Foster is, indeed, correct in his objections against assuming a *sgm. n.j-form here. As an animate
47 No arm knows to save you! agent is required fo r the ensuing pronouncement, 1 propose emending the opening to sr< . l>
48 Look! (Even if) 1 bring a thorn of one cu bit, n . k . The suffix first person appears suppressed in the initial occurrence as an expression of
MENNA'S LAMENT 67
66 HANS GOEDICKE

politeness common to epistolography 4 . By this emendation the text becomes coherent, because it is Gardiner had trancribed 'i'f~~~-..-11 , the last sign in hatching, as if it were a verb; Foster
Menna who talks to Pairy. That the passage is directly influenced by the Shipwrecked Sailor is • considers it "an adjective 'dangerous' or 'dangerous-looking' " . This grammatical interpretation is
doubtful at best ; the originalliterary formulation might very weil have become an established idiom unsupported and n~J-~r should be recognized as a compound noun applied to potentially dangerous
whose origin was long forgotten . In addition, the perception of a potential storm seems natural beings. It is attested first in CT III, 304f. for the messengers of Osiris; cf. Zandee, Death as an
enough not to require a literate to coin an idiom for it. Enemy, p. 206f. Consequently, I surmise that 'i'f~~ 1 -..- 1; 1 should be read here.
Sfnw "underbrush", cf. also Gardiner, HPBM 3rd Series, I, p. 48, n. 1. The danger pointed out is
5 While a vocatival notion is clearly dominant, pJy . l nfw is, however, also possessive; for this form not in "excessive growth", as Foster assumes, but in the uncertainty what dangers, animais or
of addressing, cf. Grapow, Wie die Alten /{gypter sich anredeten, wie sie sich grüssten, usw. Il, AA W thorns, are lurking there.
Berlin, 1940, 12, 31. The address is in part ironical and applies the metaphor of the stormwind, As n~J-~r applies principally to living beings, it is most likely to be taken here as an allusion to
which Pairy had to sail through, because he had not listened to the admonitions of his father. scorpions or any other stinging vermin.
For nfw "skipper", i.e. someone handling a vesse) himself, cf. Onom. 1, p. 4* ; for a metaphorical
use of nfw cf. Pap. Anastasi IV 2, 7-8. ljsw m mnl, lit. "miserable in landing" has found an 10 R çjd introduces the quote of the admonition. For the expression of non-possession, cf. Erman,
extensive interpretation by Foster, who offers two readings. One is that Pairy's " ties to home are Neuag. Gr. 2 , § 748.
weak and hence easily broken", the other "predicting his 'miserable' ending away from home" .
Both are overextended when the context is considered. Pairy had run into a storm because he had 11 Tm "to finish", "to bring an end" is clearly transitive, but not listed Wb. V, 302 prior to the
not listened to his father. It is not only a maritime experience, but also serves as metaphor for the Late Period ; however, cf. Faulkner, The Anc. Eg. Coffin Texts , I, p. 278, n. 13 ; Meeks, A. Lex. III,
difficulties the unheeding son had to face . Eventually, his father brought him home, where he is at 325.
present. Though " landed" he is nevertheless " miserable". Srt denotes principally the "thorn" of a plant (Wb. IV, 190, 24) so that there is an implicit
juxtaposition in its mention opposite the dangerous animais (n~J-~r). The infinitive lnt. k expresses
6 Foster rejects Wb. III, 256, 13 meaning of wJ~ mdt as "die Schuld an einer Sache jemanden (mit what a "thorn" could do to the barefooted. Foster understood it as " your fetching" or "what you
~r) zuschieben" and opts rather for a "more general meaning of 'offer words', i.e. 'give advice' " .
would bring" in the sense of being prevented from "doing whatever he might wish to accomplish".
While wJ~ mdt is, indeed, not a juridical term for litigation, it has here a distinct connotation of The object of the bringing is clearly reflective, opening two possibilities for its interpretation. It is
moral biarne for things that happened. Lit. "to put a case in front of someone", it refers here to the either a forward movement, i.e. "to advance" (cf. Lesko, A Dictionary of Late Egyptian, I, p. 36) or
past unheeded admonitions. the opposite, i.e. "to bring yourself back" .
M Jnw nb is quoted Wb . V, 377, 5 "in jeder [denkbaren, beliebigen o.a.] Zahl", an indication that
Menna had repeatedly tried to admonish Pairy, though to no avail. 12 Menna seems to tell Pairy what good care he had taken of him despite his disregard for the
good advice received. For lrl brt, cf. Wb III, 319, 6 . .<0:>-~~lft is a strange spelling and might be a
7 M-bJ~. k is separated from the preceding by a verse-point, which Fos ter considers misplaced. I Ieftover of a classical imperfective sçjm .f
wonder if m-bJ~. k is not better taken as a second, separa te qualification, i.e. Menna admonished
his son repeatedly, and also in person, i.e. " before you", and not only by letter. 13 KJwt "other people" rather than Foster's " normal people", "masses", because there is a distinct
For the introductory ptr, see Grapow, o.c., III, 28f.; for bw sçjm. k, cf. Virginia Lee Davis, Syntax juxtaposition between the good care Pairy receives and the need for others to look after themselves.
of the Negative Particles bw and bn in Late Egyptian, (M·s 29), p. 74f. WbJ " to acquire essentials for life" , cf. Wb . I, 353, 17.

8 Mtr r "to instruct someone", Wb . II, 171, 19 with emphasis on the pronouncement rather than 14 For bw dd . l "1 do not allow", see Davis, o.c., p. 74f. Foster is certainly correct in adjoining the
on any educational aspect; " to give testimony concerning" conveys the implicit notion more clearly. adverbial mgr~ with çjd. k and not with the intervening quo te.

9 The relative nty qualifies mJnw nb and should be resumptive. Foster's past rendering, i.e. "which 15 In sorne way, it is a specifie night which is alluded to in the preceding, namely the one spent in
was dangerous in the underbrush" misses the exemplary nature of the statement, which has no agony following injury due to inattention to the good ad vice to be shod against things of any kind.
temporal aspect to it. There is a kind of progress in the counselling, in as far as Menna used to For pn'n', not listed in Lesko, o.c. , cf. ASAE 39, 82f.; Medinet Habu VI, 446; it is noteworthy
advise Pairy first about moving on land with its more defined problems, when compared with his that both occurrences date to the reign of Ramesses III. The term has here clearly medical
Iater fate as voyager on water. connotation, i.e. the restlessness caused by the sting and the subsequent infection.

16 Tw. k, as a iso in section 24, 43, 51, 54, 63 introduces a separa te statement as pointed out by
4 Bakir, Egyptian Episto/ography, (BdE 48), p. 84 ; Cerny- Groll, A Late Egyptian Grammar, p. 27. Foster. Swtwt "to move" has the connotation of a leisurely stroll without a specifie aim. For the
construction with ~n', cf. Wb. IV, 77, 15.
68 HANS GOEDICKE MENNA'S LAMENT 69

Wb. Il, 68, 2 had identified nmt as the term for " swallow", restated by Onom . II, p. 257*, but Pairy's enjoying his livelihood because of his " blood" (relations) ; there is no insensibility involved,
conflated with nmlt by Lesko, o.c., 1, p. 216. lt serves here for hectic but seeming1y aim1ess rushing but only the possibility of ingratitude. Th us the option has to be considered that bt " body" refers
around, like the swallows during the training of their young before migrating. T5 has to be here not to the physical, but to the social body, i.e. to the family, for which Pairy shows no
understood here as "fledg1ings", i.e. young birds a1ready able to leave the nest. concern ; fo r bt used in reference to the family, see Franke, Altiigyptische Verwandtschaftsbezeich-
nungen im M . R., (H. A .S 3), p. 296f., who emphasizes the sequential use of the term.
18 As p~ has the implication of " end", 1 take p~. k T5 m~y not so much as " reaching the Delta",
but rather reaching (the end of) the Delta, implying that Pairy had traversed it to the very end. 22 Foster's rendering "I am troubled so that 1 would travel the Sea" is enigmatic. Certain is the
Such a view is in accord with the specification m pbrt 5 'Jt as the point where the end of the Delta reference to "the Sea" (pJ ym) which in the given context can be the Mediterranean. Pn 'n " to turn
was reached. Foster considers pbrt 'Jt as possibly referring to the Euphrates, rendering the passage to someone", Wb. 1, 509, 7 is weil attested in the Ramesside Period. It results that
as "When you reach the Delta in the great migration (from the Euphrates?)" ; he assumes that ru~~ ~ = li)ft has to denote a person. Ward, Orientalia 32, 420f. read it nhr and rendered it
"Pay-iry arrives at the Delta in his 'wanderings' (flight) from home just as the swallow 'migrates' " wanderer" . The proposed reading contradicts basic rules of syllabic writing, requiring the initial
1 0

there or elsewhere" . M pbrt 'Jt instead has to denote a specifie point at the extreme end of the n to be separate from what follows. According to the spelling, he-r-m w should be read. Wb. II, 501,
Delta. The term is not attested in his form, but the unqua1ified pbrt recurs denoting the " border- 7 lists a body of water 11 with these phonemes, but no designation of a person or a professional. ,
region" 6 • The use of 'Jt "great", in the sense of " main" 7 is noteworthy, as it implies the existence of The word is unquestionably fo reign, but the identification is not settled. As the person in question is
a lesser one. linked with the Sea, sorne kind of maritime profession or role seems likely. In view of the fact that
Menna has to approach this person to get his son released, 1 wonder if the terrn should not be
19 The proposed interpretation of pbrt 'Jt as "main frontier-region", specifically the extreme understood as denoting a " pirate" .
northeast of the Delta, is supported by the reference to " mingling with Asiatics". They would be the
kind of people normal to be met there. Why Foster wants to see the 'Jm w "as 'foreign birds"' 23 Smi ~r, cf. Wb. IV, 127, 18. :J I>jj~~ J:ft should be recognized as quote of the presumed report
escapes me. leading to Pairy's release. Consequently, 1 assume here a change of person, because it is a verbatim
quote, i.e. the first person refers to Pairy and not to Menna, as Foster appears to understand it. By
20 The passage was pointed out by Cerny as a reference to blood brotherhood among Semites 8 , a reading Sd wi " save me" ! the passage !oses its previous difficulties. lt appears to state the pleading
rendering it "You mingled with 'Amu having eaten bread (mixed) with your blood". Foster assumes Menna had to undergo for the wayward Pairy, once he had fallen into the hands of a "ha-l-mw of
the preposition ~r to mean "consisting of" and rend ers " Y ou have eaten nourishment (bread) the Sea" .
consiting of your blood" seeing it as a metaphor for an excessive effort 9 .
Foster is probably right in considering the passage as part of a "couplet" with bn ~Jty . km bt . k 24 Here begins a new section, in so far as Pairy's unsuccessful maritime ventures have come to a
as its second part. However, there seems no need for inventing abstruse sanguinary notions. Wnm luc ky ending and the prodigal son was able to return home. The pseudo-verbal tw . k il. ti 'Jç_ . ti can
'Jç_w "to eat bread/income" would seem congruent with wnm tJ (Wb. 1, 320, 10) with a stress on the express only an accomplished move 12 ; cf. Cerny-G roll, o.c., p. 283f. 'Ii expresses here the notion
administrative versus the material aspect, i.e. the enjoyment of an income. The preposition ~r is of " return"; cf. Wb. 1, 37.
simply to be taken as introducing a reason, namely why Pairy finds himself in the comfortable
situation of being sustained. Snf " blood" 1 take here not literally, but as a metaphor for (blood) 25 Foster is probably right in suspecting an idiom, but his interpretation seems farfetched 1 3 . The
"relative". Although such a metaphorical use does not seem attested, the constrictions of exegesis " stone" must have a special significance in connection with Pairy's safe return home. 1 surmise that
for the passage under discussion do not offer alternatives. it refers to the threshold as the point where the wayward one's journey came to a final end.
Although the threshold is otherwise not attested, being sim ply denoted as " the stone", the use of
21 Lit. "Your heart is not in your body", the context hardly supports Foster's idea that Menna stone for this element in a house is weil attested, so that the formulation makes good sense ; cf.
tells Pairy "you have !ost your senses" . lt is correct that the preceding passage stresses the fact of Konigsberger, Die Konstruktion der ag. Tür, (Ag. Forsch. 2), p. 12f. To "bring water to the (door)
stone" 1 would take as an expression of the emotional gratitude of the returnee to see home, so that
==> 0 ==> 0
For unknown reasons Foster changed Gardiner's transcription = ~ to = ~ . ']t is above the line, but was
5 he would wash the entrance.
apparently placed there together with the "verse-point".
6 Cf. GDG II. p. 148 ; the word is possibly identical with pbrw in Urk. II, 90. See also Kerma V, 509, 30 which mentions a 10 He gives for the passage under discussion "Y ou have taken leave of your senses! Contrary one! Wanderer (on) the
pbrt nt Jbw, i.e. the "border-region of Elephantine". Sea!".
7 Cf. itrw ']"main branch of the river (Nile)"; Wb. 1, 162, Il; Schlott-Schwab, Die Ausmasse Âgyptens, p. Ill f. 11 Cf. also CLEM, p. 506, 78.
8 Cerny, JNES 14, 161-3. 12 Foster's "(Yet) you will come to enter your village" disregards the Egyptian wording.
9 "To burn the candie at both end" he offers as modern paraphrase of what he considers the implicit notion of the 1 3 He envisages "a clear literai meaning", namely "one cannot build anything lasting with water .. . (which) is ali that the

passage. sailor, Pay-iry, could bring home to show for his labors at sea".
70 HANS GOEDICKE MENNA'S LAMENT 71

26 While Pairy had shown signs of how glad he was about his safe return home, Menna sentence ; instead, ml-~d .f should be recognized as the object with its suffix .f referring back to the
nevertheless realized that the change was only temporary and superficial and that his earlier aforementioned vesse!. For ml-~d as direct object of lrl, cf. Wb . V, 77, 5; Faulkner, JEA 37, 51. Its
admonitions were still unheeded. It is not "an aside" as Foster assumes, but a coherent progression ; application has navigational connotation, which is intended to be reflected in the rendering " make
the appearance of 3rd person suffixes is due to the use of direct quotes. its course" .
That Menna " speaks in his heart" indicates that he made no instant statement, but that he was
reflecting about the situation. !fm, the antonym of rlj, cannot be rendered " he does not care for 33 For 'g3 " to sink", "to drown", cf. Edwards, Oracular Amu/etic Decrees, HPBM 4th series, I,
words" 14 , but rather " he has not learned (i.e. heeded) the words". The latter are th0se mentioned p. 60. The connection between lr 'g3 .f and T3-wrt is not clear. There is a corrective over the :o
earlier in section 6, as results from the qualifying "which 1 said to him previously". ~~Jft:= is a line, which does not hel p. Could the text be emended into lr 'g3 .f < m > lrt T3-wrt " When it
relative-form and has past ti me 1 5 • !fr ~3t is clearly adverbial, as in Pap. Harris I 25, 9; Erman, drowns in reaching Taweret"? For lrl " to make a land" in the sense of reaching it, cf. Wb . I, Il l ,
Neuiig. Gr. 2 , § 593. 12; Gardiner, Notes on the Story of S inuhe, p. 97.
T3-wrt is attested in this spelling as designation of the VIIIth Upper Egyptian nome 2 0 . Its
28 l)d is an infinitive and thus cannot be considered "what has been said to you" (Foster). The mention in this context does not make much sense when taken literally. It would seem to denote
emphasis on the renewed effort is responsible for the otherwise pleonastic 'n "again", which is here the finale goal of Pairy's earthly journey, thus suggesting a reference to the realm of Osiris ,
implied in w~m . metaphorically used for the rea lm of dea th 21 .

29 'Inbt "fortification" in the spelling occuring here, cf. CLEM, 258 (ad Pap. Anastasi V 20, 2). The 34 For br introducing an apodosis, see Erman, Neuiig. Gr. 2 , § 670; Pap. An. 1 lü, 4. The one
context is too ambiguous to decide if a specifie locale is meant or if lnbt has here metaphorical arriving at T3-wrt is described as being addressed in praise by the realm reached 22 . I)d m ~sw (t) is
meaning. The latter seems the more likely, especially if n~3-~r "wild-faced one" is a reference to better rendered "to speak in praising" than "speak with the respect due a lion ... " (Foster). The
dea th 16 . N~3-~r recurs in the Amduat as a designation of A pop his; cf. Hornung, Das Amduat, II, latter erroneously attaches m3i . . . to the preceding instead of recognizing it as quo te of the
(Ag. Abh. 7), p. 17 ; 200. Tt is tempting to interpret lnbt-n~3-~r as the "walled gate of dea th", which envisaged address. The qualification of m3l is missing, but m3l nljt seems a likely restoration 23 • The
Menna admonishes Pairy "to stay clear of". For the form l . rw.k, cf. Erman, o.c., §303. appelation is nevertheless remarkable for a commoner, although the sailors in the Story of the
Shipwrecked Sail or (30; 96) are compared with lions in their mood 24 • The metaphor is attested in
30 The initial word should express the opposite of rwi " to move away"; thus " to bejmove close" names, although rarely for soldiers 2 5 .
appears likely. This reflection prompts reading the discernible traces as s3~ U1. ~ ./\ " to move
close" 17 • Ml-n3 summarizes what is to be adhered to, specified by the appositional m. For jz-mdt 35 The statement lw . k ::=n ~~ is followed by a lacuna longer than indicated by Fos ter. The placing
" pronouncements", i.e. adages, cf. Wb. V, 403, 20; Ptahhotep 42. of the verse-point makes no sense, and 1 am inclined to restore lw . k w '[ . tl m t3 p jn " while you are
alone in this land", i.e. you might be praised, but are without a caring family in the realm of death.
31 The specification m r3, m rn, m r3-' is striking: Foster's interpretation seems the only possible
one and is followed here. 36 The conditional clause with its pseudoverbal predicate has the connotation of "as long as"; cf.
Erman, Neuiig. Gr. 2 , §495f.
32 ~ 1 r-~3t. k 18 is treated as a compound, serving as subject in the pseudo-verbal clause. The
construction is most unusual and might best be attributed to poetic license. The reading of ~ is 37 The use of '3 can be compared with that in connection with " name, magic, protection, words"
uncertain, except that it is unquestionably a masculine word; (wi3 is one, rather tempting reading). and might best be rendered "potent, pertinent"; cf. Wb . 1, 162, 6f. The adverbial n~~ expresses the
Its use is hardi y physical, but instead metaphorical, i.e. " the journey ahead of you" 1 9 . The context notion of unlimited continuity rather than a reference to extra-human time-spans.
requires that the sentence concerns the future; thus the preposition r should be envisaged before the
infinitive :o . Ml-~d.f cannot con tain a comparison, because there is no second element in the 20 GDG VI, p. 65.
21 The nautical setting of the episode makes one wonder if TJ-wrt should be understood here as a reference to the " land
on the port-side" , of course, also referring to the final destination, the West.
22 The " West" is frequently envisaged anthropomorphically to provide the prerequisites for its envisaged or desired
14Foster even goes so far asto interpret bm to mean here " have a marked antipathy (or distaste) for fatherly instruction".
15Cf. Cerny-Groll, o.c., p. 485 · wh y Foster considers it a " participle" eludes me. actions.
1 6 There is possibly the sign :& after nb5-hr. A similar notion is expressed in Djedi's greeting to Hordjedef in Pap. 2 3 An alternative would be M5-hs5; Wb II, 12, 3; Piankoff, Egyptian Religion l, p. 99 f.; de Wit, Le rôle et le sens du lion,

Westcar 7, 25f.: "May your ka prevail against your enemy! May your (morta!) ba know the ways which lead to the portal of p. 230f.
24 Despite this seeming parallelism, there is no compelling reason to assume a direct link between Menna's composition
the embalmer"!
1 7 Wb. IV, 20, 15; Urk . IV, 944, 15. The trace before mi-n5 might belong toit. and the Middle Kingdom literary text.
1 s The diacritical stroke after ~ is omitted in Foster's transcription. 25 Cf. Grapow, Die bildlichen Ausdrücke, p. 72 f.

19 For r b5t as an prospective expression, see Wb. III, 23, 12-3.


72 HANS GOEDICKE MENNA'S LAMENT 73

38 For br followed by ptr to indicate a contrast, cf. Erman, o.c., § 668. Mtr "admonitions" was used connotation of steering. Thus the passage should be taken as an adage about the hazards of
before in section 8. navigation, i.e. " as long as one travels, one is in the water" in as fa r as the boat is in the water.

39 /jr-~3t as in section 27; the relative-form is spelled different! y in the two occurrences, having 44 For nm "who"? cf. Hintze, o.c., p. 205f., Grapow, Anreden IV, p. 25; Cerny-Groll, o.c., p. 25f.
here the prothetic aleph. Foster's rendering " to my small boat" for ~r ~ ~ ~ \ is grammatically un tenable, because any
possessive indicator would have to qualify the noun and not the adjective. According to the spelling
40 This is a reference to Pairy's earlier fl.oundering (see above section 22) and thus cannot be it has to be read "~r-boat of a little one (child)". For ~r-ship, cf. CLEM, p. 440.
rende red "should you overturn yourself ..." as Fos ter takes it. Wfl wl3 " to travel a ship", i.e. " to
make a voyage"; Wb . I, 397, 19 26 gives for it "Schiffe auf eine Reise senden" disregarding the 45 The passage cites the theoretical address questioned in the preceding section. There is no specifie
participation in the voyage. There is no reason to envisage Pairy " to pilot" the ship as Foster speaker involved as Foster assumes. M w-h3nw "wavy water", cf. Wb. II, 48 1, 10-12. The
suggests. ,j implication, of course, is that one does not send a child's vesse! into choppy water.
The statement can be taken as circumstantial, introducing two clauses.
46 The two abbreviation strokes ( ~~ ) after hrp should be recognized as the ending of the ,
41 As Pairy is unquestionably still alive, the two clauses beginning with fry . k (-=--~~ -=) make sense stative 30 . The pas~age serves as protasis of the next section, describing a fulfilled condition when
only when taken as rhetorical questions. For the use of the perfective active sflm .fin questions, cf. help will no longer be possible.
Erman, o.c. , §734; Hintze, o.c., p. 198 ; Cerny-Groll, o.c., p. 552. Jjbbb I would equate with Wb. For hrp, cf. Wb . II, 500f.; the association with d3t is paralleled in LD III, 195 a, 21 ; Amenemope
III, 255, 2 "vom (gewaltsamen?) Betreten eines Hauses" rather than envisaging a reduplicated verb 10, 1. The qualifying mflwt refers back to the "deep" mentioned in section 42.
*tbbbb " to be plunged in" or " to be waterlogged" (?) derived from tbb " to immerse", " to wet", as
Foster suggests 27 • Not only are complex reduplications unlikely for Late Egyptian, but the 47 As the statement has general validity, 'does not refer to Menna's arm, but to that of anybody.
determinative also points against an action specifically associated with water. For the dependent construction n + infinitive (also in section 43), cf. Erman, o.c., §423.
~~r~~~ appears to be a hapax in this form. Foster considered it " probably the word fo r
'tomb"' rendering it " watery grave". The spelling with y makes such an equation unlikely and I 48 Ptr, as in section 46, introduces an unfulfilled condition, thus the rendering " even if'. Foster
would relate the word rather with ~~ ~ ~~ ~ Iisted Wb . 1, 129, 1 "von korperlichem Übelbe- takes it not as being conditional but as factitive, arriving thus at a translation " 1 bring a pole
finden" 2 8 . To refl.ect this connotation the word is rendered here as "water-misery". (straw?) of a cubit's length (for grasping?)" but such an act to save "the drowning son" will hardiy
need incorporation in a letter to become realized by the assumed victim.
42 Foster considers it necessary to augment the text and to render " Should you stride wide in order Srt was used in section I l to denote a " thorn" as potential impediment when walking barefoot.
to rob the deep (of yourself)" explaining it as " taking huge strides as he tries to walk or run over A "thorn of one cu bit" would be unreal, but should be recognized here as an exaggeration, the idea
the water ... " The sentence is unquestionably parallel to the one preceding it and th us should also of the statement being that not even an enormous thorn could rouse someone who had drowned.
be taken as a rhetorical question. Wstn " to travel freely" is presumed here to have the connotation
of " to travel afar"; as wstn takes on the nuance of arbitrariness one could also render " did you 49 Fos ter took~ ~X as an otherwise unparalleled spelling for mJn " pa th" . However, the
attempt to plunder the water depth"? I would take the question in a sarcastic mood, i.e. Menna determinative .!':l points to a verb rather than a no un, th us requiring a rendering "to guide" ; fo r
inquires of Pairy if he had travelled afar only to find out how deep the water can be. For mflwt this verb, see Cerny, BIFAO 41, 16. The preposition ~r expresses concomitance rather than
"depth of the Sea", see Wb. II, 184, 10. reason 3 1 and should be taken here as introducing the circumstances during the bringing of an
instrument to goad the one stuck so deep in the Sea. T3~ "to submerge", Wb . V, 233, 9-10;
43 Foster is indeed correct in taking this line as concluding statement. However, his notion that it Caminos, o.c., p. 249.
has any prospective meaning, in as far as Pairy " will be 'in the water' because of his own
'navigating' or 'piloting"' is neither grammatically nor semantically defensible. The core sentence 50 For mn "there is not", see Cerny, JEA 15, 255 ; Gunn, S tudies, p. 192, 124; Erman, o.c.,
tw . k m mw is non-verbal and th us Jacks any specifie ti me aspect, especially a prospective one. ljn w r
§ 782f. l~~ appears to be a hapax, if it is not a variant spelling of sb "to beat" 32 . Foster appears
denotes the movement on water, specifically " to row" , but also " to travel" 2 9, but has no convincing in taking ' metaphorically "there is not a way (means)"; it is not clear if it refers here to
any action or the condition 33 for applying an effort. The meaning of the passage seems clear; even
Wenamun 2, 72 is an incorrect reference.
26

Cf. Montet, Kêmi 4, 168, linking it with t3bb. Wb. V, 234, 13. Pap. Anastasi II 7, 7 about the immersion into the river
27 3 ° Foster disregards them and renders "you are sinking".
by priests as an act of purification makes any connotation of drowing seem unlikely. 31 The mention of guidance rules out taking &r to introd uce the cause of the action.
28 Wb . med. Texte, 105 render it " sich in üblem Zustand befinden" . :: Wb.II,466 ; thespelling ~~ ~~ ~ could leadto * r l ~~ .
29 Wb. Ill, 374. Cf. Wb. 1, 158, 2-4.
74 HANS GOEDICKE MENNA'S LAMENT 75

if Menna would be able to bring the longest thorn imaginable, there would be no way to arouse The passage is close to section 52 about the taking of someone's asses, except that the material
Pairy with it once he had fallen into a watery grave. aspect is more emphasized here. Menna points to Pairy's willingness to make a major effort about
something which in the last analysis is only material, but which could resolve Menna's woes.
51 For m tJ sm, see Wb . IV, 121, 2 where it is rendered " im Sinne von: 'wie man erzahlt von ... "' 34
Gardiner, JEA 9, 25 gave for it "thou art in the case of him who said". With Foster I see pJ tJ nty 55 This section has been seen as being juxtaposed to the one preceding it, so that Foster translated
~r gd to have present rather than past connotation. The implicit comparison appears to concern a it " (Yet) you are ineffectual (sluggish) in my presence".
common experience. For wUwU, see Caminos, JEA 49, 35 ; Gardiner, Literary Texts of the New Kingdom , p. 30*, n. 3;
Grumach, Unters . zur Lebenslehre des Amenemope, (MÂ.S 23), p. 89.
52 Gardiner, l.c. saw here a quotation, though very inaccurate, of Eloquent Peasant B 1, 28f. and
rendered it "thou killest, stealest away my asses, takest the lamentations from my mouth". 56 Foster encountered considerable problems in this line because of an assumed mention of a third
Simpson 3 5 likewise considered the passage to be Iinked with the much earlier literary text and person plural, for which there is, of course, no antecedent. He rendered "they aggrandize others
translated it "1 am killed, my asses are seized, and the complaint is taken from my mouth". The who are useless as a consequence of acting without me" , which, indeed, makes little sense in the
notion of an excerpt from the Middle Kingdom literary composition is also followed by Foster, context.
although he renderd it quite differently as "that you would kill to seize my donkeys, taking the Instead of envisaging an unidentified reference, the statement makes good sense as a summa-
(very) groans from out my mouth". While the latter is doser to the Egyptian text, these translations rizing adage concluding the aim of Menna's admonitions to his son to get busy in order to achieve.
disregard the fact that a statement is being envisaged which has its origin outside the relationship I see the statement as a juxtaposition of two types, namely lryw "doers" 38 and ktbt "others". Each
between Menna and Pairy. Consequently, the suffix . k after bdb does not refer to Pairy, nor does one is followed by a stative. S 'J, lit. "is caused to be great/rich" and wUwU 39 "is feeble" .
the entire quote have anything to do with him directly. He is not accused of stealing Menna's asses
and the association with the story of the Eloquent Peasant is extraneous. 57 The preceding statement concerns a plurality of beings not previously mentioned in Menna's
The pronouncement "Y ou have to kill <in order to > seize my donkey's"! is used here to admonitions. They should be envisaged as a general reference and stand thus outside the immediacy
illustrate Pairy's attitude. The implicit notion "I rather be killed than giving up my asses" not only of Menna's concern. As a result, the seemingly adverbial m-s] lrt m-bmt . l "after acting without me"
shows undue emphasis on material goods, but also reflects Pairy's delight in the freedom to move cannot be part of the previously stated generality, because the fact that "doers become rich and
around. The donkey appears to be mentioned here as a convenience 36 rather than as a beast of others are feeble" has nothing to do with an association with Menna-or any other individual.
burden. When taken this way the alleged quote reveals a person who esteems movement more than Consequently, the section should be recognized as an anticipatory statement, serving as an
anything else, even life. It indeed seems to apply fully to Menna's wayward son Pairy. introduction for the final section 40 . M-sJ has sequential rather than causal connotation, as Foster's
liJt is not "depending on bdb" as Foster assumes, but the preposition r is omitted. rendering "as a consequence" would require.

53 Gardiner, and following him Foster 3 7 , considered this passage part of the quote symptomatic of 58 Menna's final suggestion can be assumed as having factitive character. For slp " to examine", cf.
Pairy's character. As Menna is the one Jamenting, while Pairy is portrayed as being lighthearted Wb . IV, 35, B, II ; pn' r " to turn to" , Wb . I, 509, 7.
and unconcerned, the "woes" can only be those felt by Menna. Their removal is laid to Pairy, i.e.
he should make his father happy by changing his life-style. 59 For mnb, cf. Wb. II, 86, 6-7. The statement appears to be coordinated with its predecessor, and
N~m is an imperative. For imw "woe", cf. Wb. I, 77, 14; Grapow, Anreden III, p. 54f. ; Adm. , by doing so established the reason why Pairy should adhere to Menna's admonitions. It is
p . 35. noteworthy that the elder's words are submitted to the younger's scrutiny and approval.

54 For slf. cf. Caminos, o.c., p. 94; the connotation here is Jess that of plucking feathers than of 60 The imperative lm makes it clear that only this statement has the full force of being an
handling a thief like a bird with its wings trussed up. Such a figurative use is already suggested in admonition. For rdl ~r r "to give attention to", see Wb. III, 126, 18 ; Pap. Anastasi IV 15, 1; III 5, 5;
Wb. IV, 363, 1. V 15, 6, etc.

34 CLRL, p. 67, 13
= WLRL, p. 80.
Simpson, JAOS 78, 50f.
35

36 The use of the donkey for riding is illustrated, though sparingly, since the Old Kingdom; cf. Lif Il, 28. The Jack of

representations is probably due to the familiarity of the phenomenon as weil as artistic problems resulting from representing 38 .<O:>-~~~= is a nominally used participle ; cf. Erman, o.c. , §380.
human and animal together. 39 The indication ~ is used as an orthographie deviee to shorten the spelling of reduplicated verbs.
37 He took n~m as dependent on bdb.k "you have to kill" and translated "taking the (very) groans from out of my 40 This syntactic role explains why this statement is treated as an independent syntactic unit followed by a verse-point,

mouth" . There is no causal relation between the removal of the lament and the necessitated killing. although it is not a sentence in the grammatical sense.
MENNA'S LAMENT 77
76 HANS GOEDICKE

61 '!ri shrw, cf. Wb . IV, 260, 7-8 . The statement could be taken in two ways, namely qualifying are unknown". For the use of n3, cf. Erman, o.c. , § 119. 'fry 1 consideras being passive; cf. Erman,
o.c., §318 .
"the tea;hing" or as a separate unit. In view of the intervening verse-point, the latter seems the one
intended here. 68 Despite the seeming plural determination 46 , 1 understand the metaphor as comparing Pairy with
62 I follow Foster in seeing here an unfulfilled condition. For r-çjrw, cf. Wb. V, 591; Lesko, A a rider on horseback, a situation the Egyptians of the New Kingdom did not cherish, because of the
difficulty to control the animal. The simile implies that Pairy is moving around fast, but has little
Dictionary of Late Egyptian, II, p. 54.
control over and direction in his moves. For horseback riding, see JNES 16, 263f. and Leclant,
Syria 37, 1f. 47 .
63 W3nb = wnb is attested since Urk. I, 44, 16 ; CT III, 287 a. Its medical use 41 makes it unlikely to
be a genetic term for "weeds" as Gardiner 42 suggested and Foster is willing to accept. The
occurrences in the religious literature 43 point to widespread occurence of the plant, but also to 69 The passage has circumstantial character and forms a unit with the preceding comparison of
limited usefulness. In view of the old determinative ( '\) I wonder if wnb might not denote " water- Pairy with a rider on horseback moving fast but with limited control over his movements. "While
pest" ("Wasserpest" helodea nilotica) a common nuisance in Egyptian canals. In view of Pairy's [your] heart (should be) together with mine"! (Foster) does not forma sequitur toit, nor is this
rendering grammatically possible 48 . The lacuna I restore as ~~o{([;g;:::]t:~~~~ i.e. "while t
interests in boating such an identification would suit the context exceedingly weil.
your heart is never with mine". For the construction, see Erman, o.c., §750.
64 :;: ~ is an abbreviated spelling for a reduplicated verb, as is the spelling of wi3wl3 in section 56.
70-71 For the closing request to keep the letter as a reminder, see Caminos, o.c., p. 245.
Different from Foster, who assumed an unattested verb *'3'3 "to be very great", l would rather
equate it with the verb attested in Pap. Reisner II D 5 44 and presume its meaning as "to be
successful". The statement is intended as a contrast to section 66, juxtaposing mi ~d. i with mi ~d. k . CONCLUSION

65 I agree with Fos ter that lw .f grg is circumstantial, but would render "when he sets up a ho use What is written on the Oriental Institute Ostracon 12074 has features resembling
for you" rather than "although he establish you with a household" . The meaning seems to be that epistolary style. Beyond the identification of writer and addressee there are however
' '
it is impossible for Pairy to settle down, even after getting married. The formulation points to a hardly any features which would justify labelling the text a letter. Aside of lacking the
decisive role of the father in establishing a son's household. usual epistolary formulas or the specifie layout of a letter, it is the presence of "verse-
For grg pr4s, cf. Wb. V, 186, 12-3; Polotsky, JEA 16, 198 ; Gardiner-Sethe, Letters to the Dead,
points" which shows that the text should be recognized as a literary composition. The text
p. 16; Brunner-Traut, zXs 76, 5; Zaba, Les maximes de Ptahhotep, p. 129; Pestman, Marriage and
is made up of 71 sections of rather consistent length, suggesting an awareness of structural
Matrimonial Property, p. 10, 1.
form. 1t is carefully composed and displays remarkable finesse in the language used and the
66 For the particle y3, cf. èerny-Groll, o.c., p. 146f. The tenor of the statement, comprising sections wide-ranging argumentation.
66-7, seems that Pairy is a recurrent type of person always ready for adventures instead of leading Although La te Egyptian is the vehicle of the composition, it is indeed not the language
an orderly structured !ife. There appears to be the additional aspect that Pairy is not as unique as of everyday communication. The writer uses instead finely turned phrasings and a language
he might be inclined to think himself. which retains features rooted in the "Classical" language. 1t can be used as an indication
that the language at any given moment was, among others, subject to social determinants.
67 Foster rendered "a man like you is discovered to allowing these fools (?) to be active(?)" which
seems to miss the point. It would be improbable to allude to others not mentioned otherwise in the The two personalities of the communication are historical figures. The addressee Pairy's
text, especially not with a definite article. Although the incomplete state of the text poses its full name was Mer-Sakhmet; his earliest mention dates from the late reign of Ramesses III,
problem, there is no need to assume a reference to people, even less so as subject of an undefined which agrees with the dates for the lifetime of his father, Menna. The latter belonged to the
activity. Instead 1 consider n3 as being used absolutely, followed by a participle, i.e. "those which Deir el-Medineh community, whose members did not always excel in particularly select
speech. Is Menna to be seen as a hidden literate, or how should one explain the remarkable
41 Cf. Germer, Unters. über Arzneimittelpjlanzen im Alten iigypten, p. 368; Wb. iig. Drog., 124.
skills displayed in the composition addressed to his son, Pairy?
42 HPBM 3rd series, I, p. 48. 46 For gratuitous plural strokes, cf. Pa p. An. 1, 20, 1; in both cases the article pJ is used.
43 Cf. Charpentier, Recueil de matériaux relatifs à la botanique, p. 326. 47 A good illustration how horseback riding was considered is in Urk. III, 30, 9; cf. Grimal, La stèle triomphale de
44 Simpson, Papyrus Reisner II, p. 21. . Pi('ankhy), (MIFAO 105), p. 114.
4 5 The direct object (pr) appears introduced by m; cf. James, The Hekanakhte Papers, p. 104. The construction here
48 It would require a verbal formulation, preferably with wnn.
corresponds to Coptic ii before a direct object, as attested in La te Egyptian; cf. Cerny-Groll, o.c. , p. 94.
78 HANS GOEDICKE MENNA'S LAMENT 79

1t can be said that he stands fully in the Late Egyptian literary style. He uses an elevated The admonitions of Menna to his son Pairy concern the latter's flightiness, his not
form of language, just as in any other language where there is a distinction between wanting to follow a traditional career, but rather longing to travel far away. The particular
different strata of expression, determined by circumstances and by social position. It gives cause for the stern sermon was apparently his attempt to try his luck far away from home,
an idea what level seemingly common people could attain in their expression, when the but the adventure ended in failure. It was apparently not Menna's first trouble with his
situation demanded it. son, who, however, never listens or learns from the experience. The problems had already
The composition is representative of a literary genre, namely the teacher's or father's started in Pairy's early youth at home, despite Menna's exhausting efforts to take care of
admonition to his pupil or son. It is an outgrowth of the much older didactic literature his inattentive offspring.
from which it distinguished itself by its more earthly concerns. The line between the literary The well intended advice then, to wear sandals because there are dangers in any path,
and persona! admonition is sometimes difficult to draw. Kagemni's adages inscribed on his remained unheeded, and Menna had the added burden of caring for his injured son.
mastaba can stand comparison with the maxims ascribed to Ptahhotep. Are the instruc- Instead of becoming wiser because of past trouble, Pairy's next aspiration went further. He
tions by Menthuhotep, son of Hepy, to his children a "wisdom-text", as I have argued, or left the familiar, confined circle and travelled north. He reached the Delta and "mingled
should they be considered a tomb-inscription, as Schenkel has favored? with Asiatics", either there or possibly even in the Levant. This had to end in trouble. '
Menna can be credited with having composed an impressive admonition, but this does Menna daims that he had to turn to a man of the Sea, possibly a pirate, in order to plead
not necessarily make him into a man of writing in the Classical tradition. The question he on behalf of his wayward son. Instead of realizing that he "eats bread because of (his)
deals with is specifie, and everything suggests that Pairy was really his son, who caused blood", i.e. his family, "there is not (his) heart in the body", i.e. he is ungrateful in the
great anxiety to his father. That Menna used the refined language he did to address his extreme to those to whom he owes his very livelihood.
wayward son was probably part of his effort to bring him back to the standards the father Menna's efforts to help his son in the self-created troubles he got into were successful,
espoused. Their everyday communication, as far as they had any, was probably conducted and Pairy returned home. At this moment he displays gratitude for the chance to come
in quite a different idiom. back home and would bring water to wash its threshold. But Menna realizes that his son
Gardiner was the first to assume that Menna had been acquainted with Classical has still not learned his lesson and embraced the admonitions that had been bestowed on
literature, specificaÙy with the Story of the Eloquent Peasant, to which Simpson later him, so Menna decides to try again to impress his teachings on Pairy.
added the Shipwrecked Sailor. Although sorne ancient Egyptian texts were handed down Counting on his son's prior experiences, Menna uses even stronger formulations than
over very long time-spans, these two particular credits lack any foundation. The presumed before to prevent a recurrence of the exotic adventures. The tenor of the admonitions is
quote from the "Eloquent Peasant" has nothing in common with the Middle Kingdom as that in another case the consequences might be fatal and any effort to remedy damage
we know it, but is merely a hypothetical pronouncement by someone who esteems material might be in vain. In order to try to dissuade his son from setting out again, Menna uses the
goods unreasonably high. To "forecast a storm before it came" seems too general an idiom formulation "you are in the water while you travel'', apparently a saying that there is only
to require a derivation from a specifie literary composition. In short, although Menna the thin layer of the ship's hull separating the traveler from the wet element, which could
indeed writes well, it is unfounded to credit him with any familiarity with texts which were very well be his death. Once disaster in the water has happened, there is no hope for the
composed sorne 700 years earlier and of which there are no copies known from the time kind of rescue which had saved Pairy in his previous predicaments.
Menna lived. Despite his forceful arguments Menna is also aware that he is preaching to deaf ears. He
The text as we have it has certainly not the form in which it was composed or in which it thinks that Pairy would rather lose his life than forego his stubborn desire to move around.
was communicated. Everything suggests that it is a copy made to display or stress the There is a drop of sadness in Menna's arguments, due to his superior insight into the
literary qualities of the composition, which would seem to enhance the poignancy of the ultimate futility of his efforts. He sums up his admonitions on a nostalgie note. After ali
message. Like those texts which are known as "school writings", it is apparent! y intended Menna has said, he can only hope that his son Pairy would realize the sincerity of his
as a model of good formulation combined with a strong moral lesson. How they were intentions, so that it moves him to embrace his father's teachings. The latter is quite blunt
selected is hard to envisage, as Menna was a member of the community where the text was in evaluating the situation. Despite his misgivings, he is aware that not undertaking the
recorded, presumably for teaching. effort would only confirm Pairy in his aimless course.

---------------- ~-- ~~ ------~ ---


80 HANS GOEDICKE

There is little hope in this father's efforts to direct his son in a way he considers LE PROTOCOLE PHARAONIQUE
meaningful. Menna's ideal for Pairy would be to set him up in a house and see him follow DES
the traditionallife-style. He realizes that prospects for attaining it are dim indeed, because
EMPEREURS ROMAINS
Pairy is the kind of persan who can al ways be inspired to opt for the unknown. The sum of
Menna's experiences with Pairy is sad pessimism. He sees no hope for coming to an
(ANALYSE FORMELLE ET SIGNIFICATION HISTORIQUE)
understanding, but rather considers Pairy driven by a desire for motion, which he
ultimately can not control. Finding himself unable to have an impact on his son's destiny, PAR

Menna requests that his admonitions be kept as testimony.


JEAN-CLAUDE GRENIER

P.S. The above manuscript was ready for mailing when Waltraut Gulielmi's article
C'est une banalité de dire que la conquête romaine de l'Égypte, bien qu'étant un fait
"Eine 'Lehre' für einen reiselustigen Sohn", WdO 14, 147-66 came belatedly into my
politique majeur, ne modifia en rien la pratique de la religion indigène traditionnelle tellet
hands. There are sorne similarities in approach to the text, but also marked differences.
qu'elle était vécue dans l'univers clos des temples. Sur les murs des sanctuaires les noms des
They would seem to justify submitting my manuscript as originally drafted and to leave it
Césars remplacèrent ceux des Lagides et le «système pharaonique» continua de fonction-
to those interested in the literary question to form their own opinion.
ner pour entretenir l'ordre du monde selon des règles immuables. On sait bien qu'il serait
hasardeux de prétendre qu'un fait politique quelle que soit son ampleur ait pu influer sur
les composantes «techniques» du Pharaon ritualiste et qu'on puisse, par exemple, le mettre
en relation avec l'apparition de telle ou telle épithète, la transformation de telle ou telle
couronne, etc. Épithètes, couronnes et autres attributs sont solidaires du rite et ne peuvent
évoluer que selon sa logique interne que seules les spéculations d'érudition théologique des
prêtres pouvaient mettre en mouvement.
En revanche, on le sait aussi, les formules protocolaires attribuées par les prêtres à
chaque nouveau souverain lors de son couronnement (noms d'Horus, des Deux Déesses et
d'Horus d'Or) éclairent à leur manière tout un contexte historique. L'accent mis sur
certaines qualités et vertus associées à la fonction pharaonique, le choix des divinités dans la
dépendance desquelles est placé le Pharaon, le mécanisme des emprunts à des protocoles de
souverains antérieurs ou, au contraire, l'originalité de telle ou telle formule, ce sont là
autant d'éléments révélateurs d'une époque. L'analyse phraséologique d'une série
cohérente de ces formules protocolaires permet de définir la conception que les prêtres
rédacteurs de ces protocoles se faisaient du rapport existant entre la fonction pharaonique
et la sensibilité ou les réalités de leur temps. Citons par exemple la nostalgie passéiste que
révèlent les protocoles des derniers Ramsès systématiquement empruntés à ceux des
souverains illustres des dynasties précédentes (en particulier Ramsès Il), les rivalités
familiales que dénonce l'insistance à proclamer la légitimité de la transmission du pouvoir
royal pour les Lagides (avec parfois d'étonnantes précisions sur le rôle de la reine mère
régente), la dépendance de ces mêmes Lagides vis-à-vis du clergé memphite que laisse
percevoir l'accent mis sur les relations entre le roi et le taureau Apis, etc.
Nous allons donc tenter ici de préciser la conception que les prêtres égyptiens se firent du
82 JEAN-CLA UDE GRENIER LE PROTOCOLE DES EMPEREU RS ROMAINS 83

rapport existant entre les Empereurs romains et la fonction pharaonique en analysant les TIBERE
formules protocolaires qu'ils leur attribuèrent 1 . Nom d'Horus.
Voici tout d'abord l'inventaire de ces formules protocolaires 2 :
1 N bt B3~t 1 0 .
AUGUSTE 2 KJnbtb'm WJst 11 .
3 TmJ- ' 1 2 .
Nom d'Horus. 4 Tm J- ', lw 'w n lt .f, swtjJ tjt n ~m] tjt .p 3 .
1 lfwn nfr, Jm]- ·, ~~] ~~Jw [. .. P. 5 TmJ- ', wr p~ ty, ~ wn nfr bnr mrwt 1 4 .
2 TmJ- •, wr p~ty, ~wn nfr bnr mrwt, ~~] ~~Jw, stp n Nww wr4 . 6 TmJ- ', wr p~ ty, ~ wn nfr bnr mrwt, ~~] ~~Jw, stp n N ww wr lt nJrw 1 5 .
3 TmJ-', wr p~ty, ~wn nfr bnr mrwt, ~~] ~~Jw, stp n Nww wr lt nJrw 5 • 7 TmJ- ', ntjty n ~m], s]-mr .f Jb n lt .f1 6 .
4 TmJ- ', wr p~ty, ~wn nfr bnr mrwt, ~~] ~~Jw, stp n Pt~ Tnn Nww lt nJrw 6 . 8 TmJ-', ~ wy bJswt, ~~] ~~Jw, stp n Nww wr 17 .
5 TmJ-', ~wy bJswt, wr p~ty , nbt BJ~t, ~ wn nfr bnr mrwt, stp n Pt~ Nww wr lt nJrw •
7 9 TmJ- ', ljnmw n ldbwy, sm]w wJsy m~ gm ( t) [. n.fj ws m ltrty 18 .
6 TmJ- ', ~wy bJswt, wr p~ty , nbt BJ~t, ~~] ~~Jw, stp n Nww wr .
8 10 TmJ- ', w'b 'wy ... ? ... , s·~· ~ wt-nJrw nbw 19 .
7 TmJ- ', ~wy bJswt, nb p~ty, nbt BJ~t 9 . 11 Tm3- ', .. . ? ... 20

Les noms des Deux Déesses et d'Horus d'Or ne sont pas attestés pour Auguste. Nom des Deux Déesses.

1 Wr p~ty, ~ wy b3swt 21 •
2 M ry MJ't 22 •

Nom d'Horus d'Or.


1 Récemment, des hellénistes et romanistes ont voulu aborder ce problème et certaines questions annexes, montrant
par là
peut susciter chez les histo riens «classiques» de 1 Sm n hpw 23 .
l'intérêt que la poursuite des traditions pharaoniques dans l' Égypte romaine
l'Empire. Cf. l'étude de Saulnier sur les titulatures pharaoniques des Empereurs romains (RHD 62, 1-14), celles de Perrin
(REA 84, 116-31) et de Cesaretti (Discussions in Egyptology 5, 1-6) sur certains aspects du règne de Néron d'après des
monuments de Coptos portant son nom, celle, encore, de Cesaretti (A egyptus 64, 5-25) sur l'ensemble des documents
égyptiens et «pharaoniques » du même Néron. Malheureusement, ces études n'ont pas toujours le recul nécessaire vis-à-vis
d'une documentation dispersée qui ne peut se traiter qu'en fonction du large contexte de la tradition pharaonique. Elle n'ont
pu éviter certaines erreurs qui faussent souvent leurs conclusions.
2 On ne trouvera là que les formules protocolaires apparaissant dans les documents et monuments d' Égypte.
Les
protocoles pharaoniques de Domitien inscrits sur ses obélisques italiens (obélisque de la Piazza Navona à Rome et obélisques
de Bénévent) qui furent , sans aucun doute, composés en Italie même posent des problèmes spécifiques qui ne rentrent pas
10 Stèle Caire JE 65904, cf. Fakhry, ASAE 37, 26-7.
dans le cadre de la présente étude; on les trouvera traités dans un autre article à paraître dans les Mélanges de l'École
11 Stèle Caire JE 65903, cf. Fakhry, o.c., 27.
Française de Rome - Antiquité, 97/2, 1987.
12 Stèle Caire CG 9268, cf. Milne, CGC - Greek Inscriptions. Temple de Coptos, cf. LD, Tex t, II, p. 257.
3 Stèle de Philae, dite de Cornelius Gallus (Caire CG 9295), cf. Erman, Sitzb. Kg!. Pr. Akad. Wiss. 1896, p.
471-8. 13 Stèle Caire CG 22 193, cf. Kama!, CGC-Stèles ptol. et romaines.
4 Temple de Kom Ombo. cf. De Morgan, Ombos, n' 117.
14 Philae, temple d'Isis, cf. LD IV, pl. 74 et Text, IV, p. 162-3.
5 Temple de Kalabchah, cf. Gauthier, Kalabchah, p. 57-8 et 142-3 (ce nom d'Horus est complété par
un long 15 Philae, temple d'Arsenouphis, cf. Fiches du Wb. 125-6 et temple d' Isis, cf. LD IV, pl. 74 et Text, IV, p. 162-3.
développement , cf. infra p. 92). Temple d'Isis à Philae, cf. Bénédite, Philae, p. 73 et 11 8. Temple d' Hathor à Philae (copies 10 Stèle du Musée de Louxor, cf. Fakhry, ASAE 34, 88-9, (2).
inédites de Morardet, Manuscrit n' Ill du C EDAE - Le Caire, p. 9 et 10). 17 Stèle British Museum 1634, cf. De Meulenaere, OLP 9, 72-3.
0 Temple de Dendara, cf. Duemichen, Baugeschichte, pl. V (ce nom d'Horus est complété par un long développement,
cf. 18 Stèle Caire CG 22198, cf. Kama!, CGC-Sté/es ptol. et romaines.
infra p. 92).
19 Stèle du Musée de Louxor, cf. Habachi, OLP 6/7, 248, (1).
7 Temple d'El-Kala (copies inédites de Pantalacci et Traunecker n" 31 et 32).
20 Stèle du Musée de Louxor, cf. Habachi, o.c. , 248-9, (2).
8 Karnak (temple d'Opet), cf. De Wit, Opet I, p. 197, 218, 232 et 264 (dans ces deux derniers exemples, ce
nom d'Horus 21 Stèle Caire JE 65904, cf. supra n. 10.
est complété par un long développement , cf. infra p. 92).
22 Stèle Caire JE 65903, cf. supra n. I l .
9 Temple de Shenhour, cf. LD, Text, II, p. 258. Temple de Coptos (copies inédites de Traunecker n' 53).
23 Stèle Caire JE 65903, cf. supra n. I l .
84 JEAN-CLAUDE GRENIER LE PROTOCOLE DES EMPEREURS ROMAINS 85

CALIGULA DOMITIEN

Nom d'Horus. Nom d'Horus.

1 Tm3- ·, ~wy b3swt, wr p~ty, nbt B3fç_t 24 . 1 Nb bps, ~ wy b3swt, çj3d çj3çj3w n sb lw m bps .p 2 .
2 lfwn nfr bnr mrwt, Jnl sw Nbty-rby t ~n • k3 ..[3 3 .
Les noms des Deux Déesses et d'Horus d'Or ne sont pas attestés pour Caligula. 3 Tm3- ·, wr p~ ty, ~ wy b3swt, nbt B3z(.t 3 4 .
4 Tm3- •, ~ wy sblw, wr p~ty , nbt B3fç_t , ~fç_3 ~Jç_3w, stp n Nww wr 35 •
CLAUDE
Les noms des Deux Déesses et d'Horus d'Or ne sont pas attestés pour Domitien dans les
Nom d'Horus. documents d'Égypte36.
1 Wr p~ty, lnl r3- • t3 m wsr ..f2 5 .
2 lfwn nfr bnr mrwt, Jni sw Nbty[-rbytj ~n • kJ ..f2 6 . TRAJAN
3 K3psçjm3bt 2 7 . Nom d'Horus.
4 Tm3- ·, wr p~ty, ~fç_3 ~Jç_3w, stp n Pt~ Nww wr lt nJrw 28 .
1 Nb bPS. ~ wy b3swt 3 7 .
Les noms des Deux Déesses et d'Horus d'Or ne sont pas attestés pour Claude. 2 Tnl m bt .f, snsn lfp •nb ~r msbnwt 3 8 .

NÉRON
Nom des Deux Déesses.
Nom d'Horus. 1 Wr p~ty, ~ wy b3swt, snfr T3-mry , mnb lb br nJrw, mk Kmt, w} b3swt 3 9 .
Tm3- ·, ~wy b3swt 29 . Le nom d'Horus d'Or n'est pas attesté pour Trajan.
2 Tm3- •, ~wy b3swt, wr p~ty , nbt B3fç_t, ~fç_3 ~fç_3w, stp n Nww wr 30 .
Les noms des Deux Déesses et d'Horus d'Or ne sont pas attestés pour Néron. HADRIEN

Nom d'Horus.
VESPASIEN
1 Mry TJwy 4 0 .
Nom d'Horus. 2 Tm3 •, ~wy blswt, wr p~ ty, nbt B3fç_t, ~Jç_3 ~fç_3 w, stp n Nww wr 41 .
1 Tm3- ·, wr p~ty, ~fç_3 ~Jç_3w, stp n Pt~ Nww it nJrw 31 . Les noms des Deux Déesses et d'Horus d'Or ne sont pas attestés pour Hadrien.
Les noms des Deux Déesses et d'Horus d'Or ne sont pas attestés pour Vespasien.
32 Temple d'Esna, cf. Sauneron, o.e., n• 570.
33 Temple de Douch (copies personnelles, n' 45).
34 Temple d'Esna, cf. Sauneron, o.e., n• 162.

35 Temple de Kom Ombo, cf. De Morgan, o.e., n' 70 (ce nom d'Horus est complété par un long développement, cf. infra
24 Temple de Coptos (copies inédites de Traunecker n' 28).
25 Temple de Wannina, cf. Petrie, Athribis, p. 9, 19 et pl. 24-30. p. 92).
36 A la différence des protocoles apparaissant sur ses obélisques italiens (cf. supra p. 82, n. 2).
26 Temple de Wannina, cf. I.e.
3 7 Temple d'Esna, cf. Sauneron, o.e., n" 619.
27 Temple de Wannina, cf. I.e.
3 8 Temple d'Esna, cf. Sauneron, o.e., n• 507.
28 Temple d'Esna, cf. Sauneron, Esna, n' 47 A (ce nom d'Horus est complété par un long développement, cf. infra p. 92).
3 9 Temple d'Esna, cf. Sauneron, o.e., n' 507.
29 Stèle Oxford-Ashmolean Museum 1894/ 106, cf. Reinach-Weill, ASAE 12, 13-6.
4 0 Temple de Douch (copies personnelles n• 25 et 29).
30 Temple de Coptos, cf. Reinach-Weil, o.e., 15.
4 1 Temple de Deir Chelouit, cf. Zivie, Deir Che/ouit, n' 86-7.
31 Temple d'Esna, cf. Sauneron, o.e., n' 47 B (ce nom d'Horus est complété par un long développement, cf. infra p. 92).
86 JEAN-CLAUDE GRENIER LE PROTOCOLE DES EMPEREURS ROMAINS 87

CARACALLA quatre de Claude (cf. supra 4), les deux de Néron, celui de Vespasien, deux des quatre de
Domitien (cf. supra 3, 4), un des deux d'Hadrien (cf. supra 2).
Nom d'Horus.
Ces quelques constatations suffisent à montrer que, à l'époque romaine, la notion même
1 Tnl m bt .f, snsn lfp 'nb ~r ms!Jnwt 42 .
de protocole pharaonique a sensiblement évolué. Nous allons tenter d'analyser cette
évolution en distinguant d'une part les protocoles que nous évoquions plus haut en c) et
Nom des Deux Déesses.
qui ne sont en fait que des «pseudo-protocoles», d'autre part les protocoles que nous
1 Wr p~ty, ~wy !J3swt, snfr TJ-mry, mnb lb br nJrw, mk Kmt, wj !J3swt 43 . évoquions en d) et que l'on peut nommer le «nom d'Horus canonique» de l'Empereur-
Pharaon.
Le nom d'Horus d'Or n'est pas attesté pour Caracalla.
LES PSEUDO-PROTOCOLE S
Quatre évidences se dégagent de l'examen de ces formules protocolaires:
a) Nous n'avons pas conservé les protocoles de tous les Empereurs-Pharao ns dont les Il convient d'abord de préciser le sens même que nous accordons à cette dénomination. '
noms se lisent sur les parois des temples. Cela peut paraître normal pour quelques-uns, Par «pseudo-protocoles», nous voulons désigner l'ensemble des formules qui, visiblement,
somme toute peu attestés: Galba, Othon, Titus, Nerva, Septime Sévère et les Empereurs du ont été forgées en fonction de préoccupations ponctuelles ou ont été imposées par des
III ème siècle. En revanche, il est étonnant de ne pas connaître celui d'Antonin le Pieux et, à considérations extérieures au souci d'attribuer réellement un protocole précis à un Empe-
la rigueur, ceux de Marc-Aurèle ou de Commode 44 . reur-Pharaon précis. Bien que reprenant parfois des protocoles de Pharaons antérieurs, ces
b) La notion classique de protocole fondé sur la séquence des trois rubriques (nom formules ne sont chargées d'aucune intention «idéologique» véritable. Quand on les
d'Horus + nom des Deux Déesses + nom d'Horus d'Or), encore respectée pour la replace dans leur contexte, on s'aperçoit que ces protocoles sont choisis pour s'adapter à
«dynastie» ptolémaïque 45 , est tombée en désuétude au profit du seul nom d'Horus qui, en un décor général ou pour illustrer une circonstance donnée. Examinons ces deux points.
revanche, se multiplie. Pour trente-cinq exemples de noms d'Horus, nous n'en relevons que
trois du nom des Deux Déesses et deux du nom d'Horus d'Or. Alors que trente-trois des Le pseudo-protocole décoratif.
protocoles ne comportent que le nom d'Horus, un seulement est complet: celui au nom de Au temple de Douch, Hadrien (cf. supra l) a pour nom d'Horus : «L'aimé de l'Égypte».
Tibère sur une stèle hiéroglyphique thébaine 46 . Il serait bien hasardeux de vouloir justifier le choix de cette formule par des arguments
c) Certains de ces noms sont formés à partir d'un large éventail d'épithètes différentes, «idéologiques». En revanche, tout devient clair quand on constate que les deux montants
ainsi p. ex.: cinq des onze noms d'Horus de Tibère (cf. supra 2, 4, 7, 9, 10), trois des quatre de la porte sur lesquels apparaît ce nom d'Horus au temple de Douch reproduisent
de Claude (cf. supra 1-3), deux des quatre de Domitien (cf. supra l, 2). fidèlement le décor d'une porte semblable (porte à linteau brisé entre murs-bahuts), du
d) En revanche, un grand nombre de ces noms est formé à partir d'un noyau restreint de temple d'Hibis dans la métropole de l'Oasis et portant, quant à elle, le nom d'Horus de
sept épithètes (wr p~ty, n!Jt BJ~t , ~wy !J3swt, ~wn nfr bnr mrwt , ~~J ~~Jw, stp n Nww, Jm3-) Nectanébo 47 . Une seule explication s'impose: le nom d'Horus a été copié avec le reste du
avec lesquelles furent composés pas moins de dix-huit noms d'Horus calqués à l'évidence décor et Hadrien a reçu, à Douch, celui du Pharaon sous lequel fut construite cette porte
les uns sur les autres et attribués à sept Empereurs différents. Ce sont les sept noms du temple d'Hibis. La même chose se serait sans doute passée s'il s'était agi d'un autre
d'Horus d'Auguste, trois des onze de Tibère (cf. supra 5, 6, 8), celui de Caligula, un des Empereur ou d'un autre Pharaon.
Tout aussi révélateur est l'exemple du protocole (nom d'Horus et nom des Deux
Temple d'Esna, cf. Sauneron, o.c., n• 540.
42
Déesses) attribué au temple d'Esna d'une part à Trajan (cf. supra nom d'Horus 2 et nom
Temple d'Esna, cf. Sauneron, o.c., n' 540.
43 des Deux Déesses 1), d'autre part à Caracalla (cf. supra nom d'Horus 2 et nom des Deux
44 On avait sans doute un nom d'Horus de la forme [Jm]- •. . . ? .. . ] ~~] ~~]w stp n Nww wr au nom d'Antonin le Pieux sur
Déesses 1). On a: «Horus- Celui qui a été distingué dans son corps, celui qui a été uni à
un bandeau de corniche du temple de Tôd, cf. Drioton et a/ii, Tôd, n• 78. Il est vraisemblable que les bandeaux de
soubassement du temple de Komir conservent des protocoles au nom de ce même Antonin le Pieux ; sur ce temple et son l'Apis vivant sur les briques de naissance. Deux Déesses- Celui dont la force est grande,
dégagement qui se poursuit actuellement, cf. Mohamed Es-Saghir-Valbelle, BIFAO 83, 149 sq.
45 Voir cependant infra p. 103 pour les deux derniers souverains de cette dynastie, Cléopâtre VII et Ptolémée César. 47 II s'agit des portes nord et sud du kiosque construit en avant du temple proprement dit (PM VII, p. 279 (24)-(25)), cf.

46 Il s'agit de la stèle Caire JE 65903 (cf. Fakhry, ASAE 37, 27). Sur ce protocole, cf. infra p. 91.
Winlock-Davies, Temple of Hibis, 1, pl. VII et III, pl. 66-8.
88 JEAN-CLAUDE GRENIER LE PROTOCOLE DES EMPEREURS ROMAINS 89

celui qui frappe les pays étrangers, celui qui embellit l'Égypte, celui qui est pieux envers les sous Claude, on lui attribua le nom d'Horus du Lagide qui était déjà plusieurs fois inscrit
dieux, celui protège l'Égypte, celui qui subjugue les pays étrangers». Il serait ici aussi bien dans la partie décorée auparavant. Il n'y a plus là de quoi nous étonner. En revanche, qu'il
difficile de justifier le choix de ces formules et leur similitude, autrement qu'en considérant me soit permis de formuler encore une hypothèse. Ce même nom d'Horus se retrouve
qu'elles furent imposées par le décor dans lequel elles s'insèrent. En effet, ces deux attribué cette fois à Domitien (cf. supra 3) au temple de Douch. Il est bien évident que nous
protocoles sont inscrits sur le bandeau supérieur du mur intérieur est de la salle hypostyle ne chercherons pas à rapprocher Domitien de Claude ou de Ptolémée Aulète. En revanche,
et ils se répartissent de part et d'autre de l'axe du temple. Le nom d'Horus de ce double il est tentant de rapprocher Douch de Wannina. Nous savons que l'Oasis de Khargah et la
protocole n'est que la copie de celui de Ptolémée Philométor inscrit quatre fois sur la même région de Panopolis étaient reliées par un réseau de pistes : la momie de la fameuse Politikè
paroi, textes répartis symétriquement eux aussi par rapport à l'axe du temple sur le fut transportée directement de Tahta à Douch 51 . On est donc en droit de se demander si le
bandeau de corniche et dans les soubassements 48 . Ici aussi l'explication s'impose: le souci temple de Douch ne fut pas décoré par des hiérogrammates venant du temple de Wannina
de la symétrie du décor l'a emporté sur toute autre considération rendant ainsi les deux et emportant avec eux des modèles de textes, de décorations reproduisant ce qui était déjà
Romains solidaires du Lagide. réalisé dans leur propre temple.
Il peut être tentant de poursuivre le raisonnement car il resterait à expliquer la suite de la Par ces quelques exemples, on mesure combien est fortuite l'attribution de tel ou tel de
formule protocolaire attribuée aux deux Empereurs en tant que nom des Deux Déesses. ces protocoles à un Empereur particulier. S'ils sont intéressants à relever ne serait-ce que
Ces épithètes ne doivent rien, quant à elles, au protocole de Ptolémée Philométor. En pour constater le processus qui les a engendrés, il est bien évident que leur valeur
revanche on y reconnaît le nom des Deux Déesses de Ptolémée Epiphane («Celui dont la «protocolaire» et «idéologique» est nulle. En examinant maintenant les pseudo-protocoles
force est grande, celui qui embellit l'Égypte, celui qui est pieux envers les dieux») enrichi de «de circonstance», nous allons analyser d'autres protocoles visiblement forgés à l'occasion
l'épithète «celui qui frappe les pays étrangers» ; on y retrouve aussi le nom des Deux de faits précis dont ils constituent un simple commentaire soit technique, soit historique.
Déesses de Ramsès II («Celui qui protège l'Égypte, celui qui subjugue les pays étrangers») .
Avons-nous là, simplement, une reprise somme toute banale de quelques épithètes bien Le pseudo-protocole de circonstance.
connues de la phraséologie royale traditionnelle? Peut-on, au contraire, penser que ces Au temple d'Esna, les murs extérieurs de la salle hypostyle s'ornent de deux grandes
emprunts invitent à considérer que l'on procéda pour le nom des Deux Déesses des deux scènes habituellement représentées sur les môles des pylônes: le Pharaon s'apprêtant à
Empereurs comme pour leur nom d'Horus, c'est-à-dire en recopiant des protocoles frapper de son glaive une grappe de captifs qu'il agrippe par les cheveux. Domitien (cf.
d'autres souverains également inscrits dans le temple? Cette seconde possibilité est supra 1) et Trajan (cf. supra 1), héros de ces exploits guerriers, reçoivent à cette occasion le
séduisante qui fournirait une preuve indirecte de travaux de Ramsès II et de Ptolémée même nom d'Horus: «Le sabreur, celui qui frappe les pays étrangers» augmenté pour
Epiphane au temple d'Esna. Cependant, dans l'état actuel de nos connaissances, on ne Domitien de l'épithète «celui qui tranche les têtes des ennemis avec son glaive». Il est bien
saurait l'argumenter davantage 49 . évident que ces noms d'Horus ne sont que la «légende» de la figure représentée. Solidaires
Pour terminer, un dernier exemple de ces pseudo-protocoles décoratifs nous est fourni de la scène de massacre, ils n'existent que par elle. Ailleurs et dans d'autres circonstances
par un nom d'Horus attribué à Claude (cf. supra 2) dans les textes du temple de Wannina, dans le même temple d'Esna 52 , Domitien et Trajan reçurent d'autres noms d'Horus.
l'Athribis de Haute Égypte: «Horus-Le bel adolescent doux d'amour , celui que la Le mécanisme de l'attribution de ces pseudo-protocoles de circonstance est particulière-
Maîtresse-des-humains a distingué avec son ka». Ici encore le mécanisme est évident. Ce ment bien illustré dans la série des stèles thébaines au nom de Tibère évoquant les travaux
nom d'Horus est celui de Ptolémée Aulète au nom duquel, précisèment, la majeure partie effectués sous son règne à Louxor au temple d'Amon, à Karnak au temple de Mout 53 .
du temple était déjà inscrite lorsqu'on en reprit la décoration 50 . Les travaux continuant Commençons par les noms d'Horus de Tibère (cf. supra 4, 7, 9, 10) inscrits sur quatre de
48 Cf. Sauneron, o.c. , n" 2, 17 et 3!. ces stèles commémorant les travaux accomplis pour restaurer le mur d'enceinte du temple
49 On ne sait pratiquement rien sur la partie détruite du temple d' Esna où auraient travaillé Thoutmosis III, Aménophis
III et Psammétique II, cf. Sauneron, Esna I, p. 13 sq. Il n'y aurait rien d'impossible à ce que Ramés II ait mis sa marque à 51 Ce voyage nous est connu par le P. Grenf. II, 73. Ce n'est là, bien sûr, qu'un exemple parmi tant d'autres. Sur ces
Esna comme ille fit en tant d'autre lieux. Quant à Ptolémée Epihane, il n'est pas interdit de penser qu'après la reconquête de
contacts entre la région de Panopolis et l'Oasis, cf. l'ouvrage de Wagner, Les Oasis d 'Égypte à l'époque gréco-romaine (à
la Haute Égypte en 187/ 186 a.C., ce souverain tirrt à se réconcilier avec les élites sacerdotales et fit exécuter des travaux dans
paraître prochainement).
ce temple.
5 2 Cf. pour Domitien le nom d'Horus cité supra p. 85 en 3 (Esna , n" 162) et pour Trajan le protocole dont il a déjà
5 ° Cf. Petrie, Athribis, p. 4 sq. sur le temple de Ptolémée Aulète et pl. 16-30 où on pourra juger de la juxtaposition des
question p. 87.
décorations aux noms d'Aulète et de Claude. On notera que Claude porte dans ce même temple deux autres noms d'Horus 53 Ces travaux portèrent sur la réfection des murs d'enceinte des sanctuaires, cf. De Meulenaere, OLP 9, 69-73.
(cf. supra p. 84, les formules 1 et 3) dont je ne saurais dire pourquoi ils lui furent attribués.
90 JEAN-CLAUDE GRENIER LE PROTOCOLE DES EMPEREURS ROMAINS 91

de Louxor 5 4 . Ces noms d'Horus sont ainsi conçus: une épithète initiale constante (Jm3-' d'en relever un autre qui, tout en restant lié à un fait précis, évoque cet événement de façon
«celui dont le bras est valeureux») suivie de séquences variant selon les stèles et choisies détournée en le replaçant dans une perspective historique ce qui occulte complètement la
visiblement en fonction de la scène représentée dans le cintre et du texte précisant la nature personalité même de l'Empereur-Pharaon à qui il fut attribué.
des travaux. On a ainsi: Les prêtres du temple de Mout à Karnak composèrent pour Tibère un protocole
1) Scène: Tibère pioche le sol pour creuser des fondations. Texte: construction du mur pharaonique complet qu'ils gravèrent sur une stèle évoquant les travaux de réfection du
d'enceinte. Nom d'Horus: « Tm3- • + le protecteur de son créateur, le fils-bien-aimé mur d'enceinte accomplis sous son règne 60 . Voici ce protocole de Tibère (cf. supra nom
bienfaisant pour son père» 55 . d'Horus 2, nom des Deux Déesses 2 et nom d'Horus d'Or 1): «Horus-Le taureau
2) Scène: Tibère moule une brique. Texte: construction en briques (sans aucun doute victorieux apparaissant dans Thèbes. Deux Déesses - L'aimé de Maât. Horus d'Or-Celui
encore le mur d'enceinte). Nom d'Horus: «Tm3-' +celui qui accomplit les rites et dont les qui confirme les lois». Ce protocole apparaît d'emblée si «classique» que nous pouvons
mains sont pures, ... ? ... , celui qui édifie les temples de tous les dieux» 56 . ~/
nous demander s'il ne résulte pas d'un pot-pourri de protocoles de rois anciens illustres
3) Scène: Tibère fait l'offrande de l'œuvre achevée. Texte: toujours la construction du mur ayant marqué de leur action Karnak en général et le temple de Mout en particulier. De fait, ,
d'enceinte. Nom d'Horus: «Tm3- • + le Khnoum de l'Égypte, celui qui restaure ce qui est en il n'est pas besoin d'aller chercher bien loin:
ruine et remplit ce qu'il a trouvé vide en Égypte» 57 • - «Le taureau victorieux apparaissant dans Thèbes» est une épithète employée pour la
4) Scène: Tibère est embrassé par Amon. Texte: allusions générales à l'ensemble des première fois comme nom d'Horus de Thoutmosis III et qui fut souvent reprise par la
travaux. Nom d'Horus: « Tm3- • + l'héritier de son père, celui qui prend soin du corps de suite, en particulier par Séthi Ier;
créateur de son corps» 58 . - «L'aimé de Maât» est une épithète apparaissant comme nom d'Horus de Thoutmosis
Mise à part l'épithète initiale Jm3- • que nous retrouverons dans le nom d'Horus Ier mais qui est surtout attestée en tant que nom d'Horus de Séthi Ier et de Ramsès II;
canonique de l'Empereur-Pharaon, il est bien évident que, pour l'essentiel, ces épithètes - «Celui qui maintient les lois» est une épithète apparue pour la première fois comme nom
composant ces noms d'Horus ont uniquement pour but l'illustration des diverses phases de des Deux Déesses d'Aménophis III et qui ne fut que peu reprise par la suite.
la constructions du mur d'enceinte autour du temple de Louxor. Tibère est donc proclamé Nous avons là les noms des grands constructeurs et bienfaiteurs de Karnak en général
au gré des circonstances un Horus protecteur et bienfaiteur de son père Amon quand il (Thoutmosis III, Séthi Ier et Ramsès II), mais aussi celui d'Aménophis III sous le règne
entreprend de construire un mur autour de son temple, un Horus édificateur de sanctuaires duquel le temple de Mout fut construit et somptueusement décoré (donc théologiquement
\
quand il moule la brique, un Horus relevant les ruines quand il offre aux dieux une «armé») d'un étonnant ensemble de trois cent soixante-cinq statues (peut-être même le
nouvelle construction, un Horus héritier d'Amon quand celui-ci reconnaissant pour double) de la déesse Sekhmet en tant que gardienne de chacun des jours (et de chacune des
l'œuvre accomplie embrasse le Pharaon 59 . Le procédé était simple et pouvait s'étendre à nuits) de l'année. L'élaboration de ce protocole laisse entrevoir chez les prêtres de Mout une
l'infini. Constater son existence peut suffire à expliquer comment, pour une bonne part, certaine nostalgie du passé. On peut penser qu'il fut conçu plus à la gloire des grands
furent artificiellement multipliés les noms d'Horus de Tibère. ancêtres qu'à celle de Tibère. Certes, ces prêtres lui furent sans doute reconnaissants de
A côté de ces pseudo-protocoles de circonstance de nature «technique», il est intéressant savoir leur temple à nouveau protégé du monde extérieur et de ses impuretés. Cependant,
en cette circonstance, ils choisirent d'évoquer le Romain (ce fut Tibère, cela aurait pu être
54 On notera que deux de ces stèles reprennent l'iconographie du rituel de fondation des temples: la scène IV (piocher la un autre Empereur ils auraient sans doute procédé de même) sous une forme volontaire-
terre) et la scène V (mouler la brique), cf. Montet, Kêmi 17, 85-7.
55 Cf. Fakhry, ASAE 34, 88-9, (2).
ment «archaïsante». Outre le rappel des ancêtres, ce n'est pas un hasard si ce protocole est
56 Cf. Habachi, OLP 6/7, 248, (!). le seul à posséder les trois noms traditionnels parmi tous ceux qui furent attribués aux
57 Cf. Kama!, CGC-Stèles ptol. et romaines, n' 22198.
Empereurs-Pharaons dans les documents et monuments d'Egypte .
58 Cf. Kama!, CGC-Stèles ptol. et romaines, n" 22193.

59 Dans le cas précis de ces noms d'Horus de Tibère formés par une épithète fixe (Jm3- ~ à valeur protocolaire complétée
Réservant pour la conclusion générale de notre analyse les enseignements que l'on peut
par une séquence variable évoluant en fonction de l'action évoquée, on peut se demander si nous n'avons pas là une mise en tirer de l'emploi de ces pseudo-protocoles, abordons maintenant l'examen du nom d'Horus
application d'un procédé connu depuis longtemps, à Edfou par exemple. En effet, à partir de Ptolémée Evergète II, les
canonique de l'Empereur-Pharaon.
épithètes royales de certaines scènes d'offrandes sont ainsi conçues: nom d'Horus fixe (&wn) + épithètes libres évoluant selon
le rite-nom des Deux Déesses fixe (wr p&ty) + épithètes libres évoluant selon le rite. (Il s'agit des scènes d'offrandes du
troisième registre des parois à quatre registres, cf. Winter, Tempe/reliefs, p. 49-53). oo Cf. Fakhry, ASAE 37, 27.
92 JEAN-CLAUDE GRENIER LE PROTOCOLE DES EMPEREURS ROMAINS 93

b) Le fait que tous les noms d'Horus connus pour Auguste se rapportent à ce texte unique
LE NOM D'HORUS CANONIQUE
(soulignons-le: nous n'avons pas pour cet Empereur de «pseudo-protocoles») permet de
Comme nous l'indiquions plus haut, ce nom d'Horus est donc formé à partir d'un noyau déduire que nous avons là le nom d'Horus élaboré pour le premier des Empereurs-
restreint de sept épithètes (wr p~ty, nbt B3fç_t, ~wy lj3swt, ~wn nfr bnr mrwt, ~fç_3 ~fç_3w, stp n Pharaons 61 .
Nww, .Jm3- "), utilisées en nombre variable mais toujours en respectant une séquence quasi c) Le fait que ce nom d'Horus ait été largement repris après Auguste (on le trouve attribué
immuable. à Tibère, Caligula, Claude, Néron, Vespasien, Domitien et Hadrien) et fut largement
Nous pouvons distinguer dix versions de ce nom d'Horus que voici mises en parallèle: diffusé (il est attesté dans les inscriptions des temples de Coptos, Deir Chelouit, Dendara,
El-Kala, Esna, Kalabchah, Karnak, Kom Ombo, Philae et Schenhour), permet de penser
Tm3- ·, ~wy b3swt. que nous avons en lui la formule qui fut considérée comme le nom d'Horus «officiel» des
2 Tm3- ·, ~wy lj3swt, wr p~ty, nbt B3fç_t. Pharaons romains.
3 Tm3- ·, , wr p~ty, --~, ~wn nfr bnr mrwt. Mais on peut aller plus loin. La forme idéale que nous venons d'évoquer ne constitue
4 Tm3- ·, ~wy lj3swt, wr p~ty, nbt B3fç_t, , ~fç_3 ~fç_3w. que la séquence liminaire d'une formule beaucoup plus longue inscrite dans des bandeaux
5 Tm3- ·, ~wy lj3swt, + - - - - - - - - , ~fç_3 ~fç_3w, de soubassement ou de corniche et qui nous -est connue par six versions regroupant au total
6 Tm3- ·, , wr p~ty, ~--+, ~wn nfr bnr mrwt, ~fç_3 ~fç_3w, onze textes dont sept sont au nom d'Auguste:
7 Tm3- ·, , wr p~ty, ~--+, ~wn nfr bnr mrwt, ~fç_3 ~fç_3w, 1 Karnak (temple d'Opet)-Deux textes identiques au nom d'Auguste 62 .
8 Tm3- ·, ~wy lj3swt, wr p~ty, nbt B3fç_t, , ~fç_3 ~fç_3w, 2 Kalabchah-Quatre textes identiques au nom d'Auguste 63 .
9 Tm3- ", , wr p~ty, +------~, ~fç_3 ~fç_3w, 3 Dendara- Un texte au nom d'Auguste 64 .
10 Tm3-", ---~, wr p~ty, ~-~, ~wn nfr bnr mrwt, ~fç_3 ~fç_3w, 4 Esna-Deux textes identiques, l'un au nom de Claude, l'autre au nom de Ves-
pasien 65 .
5 Kom-Ombo-Un texte au nom de Vespasien 66 .
5 stp n Nww wr.
6 Kom-Ombo-Un texte au nom de Domitien 67 •
6 stp n Nww wr.
Nww wr lt ntrw. Il se peut qu'on puisse en déceler d'autres 68 , mais ces six versions nous suffiront pour faire
7 stp n
ressortir l'intérêt de ce texte et pour en analyser la composition. Les voici mises en
8 ~wn nfr bnr mrwt, stp n Nww wr lt ntrw.
Nww +---+ lt n.Jrw.
parallèle:
9 stp n Pt~+---+
10 stp n Pt~ Tnn Nww +---+ lt ntrw.
1 (/fr) Tm3- ·, ~wy b3swta, wr p~ty, nbt B3fç_t, ~wn nfr bnr mrwt,
2 (/fr) Tm3- ·, , wr p~ty, , ~wn nfr bnr mrwt,
Soit en se rapportant au répertoire des noms d'Horus dressé plus haut:
1: Néron, 1.-2: Auguste, 7 (nb p~ty au lieu de wr p~ty): Caligula, 1; Domitien, 3 3 (/fr) Tm3- ·, , wr p~ty, , ~wn nfr bnr mrwt,
4 (/fr) Tm3- ·, , wr p~ty, <----+
(interversion des deux épithétes wr p~ty et ~wy lj3swt).-3: Tibère, 5.-4: Auguste, 6;
Néron, 2; Domitien, 4 (~wy sblw au lieu de ~wy lj3swt); Hadrien, 2.-5: Tibère, 8.-6: 61 Et ce dès les premiers temps de son règne. La stèle de Cornelius Gallus à Philae datée du 15 avril29 a.C. et composée

Auguste, 2.-7: Auguste, 3; Tibère, 6.-8: Auguste, 5.-9: Claude, 4; Vespasien, 1.- juste après la soumission totale de l'Égypte en porte les premiers éléments (cf. p. 921e nom d'Horus (1) cité pour Auguste), en
rejetant toutefois Jm]-' après ~wn nfr.
10: Auguste, 4. 62 Cf. De Wit, Ope! 1, p. 232 et 264. Ces deux protocoles commencent par le nom d'Horus cité p. 92 en 4.

D'ores et déjà, trois remarques s'imposent: 63 Cf. Gauthier, Kalabchah, p. 57, 58, 142 et 143. Ces quatre protocoles commencent par le nom d'Horus cité p. 92 en 7.

64 Cf. Duemichen, Baugeschichte, pl. 14. Ce protocole commence par le nom d'Horus cité p. 92 en 10.
a) Malgré les variantes mineures que nous avons notées, on peut déduire de cette mise
65 Cf. Sauneron, Esna, n" 47 A et B. Ces deux protocoles commencent par le nom d'Horus cité p. 92 en 9.
en parallèle que tous ces noms d'Horus procèdent d'un modèle unique, susceptible 66 Cf. De Morgan, Ombos, n" 901. Le début de ce protocole est détruit.

d'être utilisé dans des versions plus ou moins abrégées à partir de la formule idéale 67 Cf. De Morgan, o.c., n" 70. Ce protocole commence par le nom d'Horus cité p. 92 en 4 avec une légère variante (~wy

sbiwj~wy b3swt).
suivante: .Jm3- ·, ~wy lj3swt, wr p~ty, nbt B3fç_t, ~wn nfr bnr mrwt, ~fç_3 ~fç_3w, stp n Pt~ Tnn 68 Sinon complètes du moins fragmentaires (comme celle au nom de Vespasien en Esna n" 97) ou ne reprenant que des

Nww lt ntrw. parties isolées dans le courant d'un autre texte (comme le texte au nom de Claude du temple de Schenhour, cf. J. Vandier
D'Abbadie, Nestor L'Hôte, pl. 26, 1).
94 JEAN-CLAUDE GRENIER LE PROTOCOLE DES EMPEREURS ROMAINS 95

5 ////////////////////////////////////////////////////////////////////////////// 1 +----------t
6 (!fr) '[m3- ·, ~wy sbiw", wr p~ty, ~----+ 2 wgw .f pw tkn r p~wy ~rtg, sbty n blJ ~3 TJwy,
3 wgw. k +--+ tkn r p~wy ~rtg, sbty n blJ ~3 TJwy,
1 ~~3 ~~3w, stp n Nww wr --------+ 4 wgw. k pw tkn r ~-- ~rtg, sbty n blJ ~3 TJwy,
2 ~~3 ~~3w, stp n Pt~~ Nww wr it nJrw, 5 ///////////////////////////////// ///////////////////////
3 ~~3 ~~3w, stp n Pt~ Tnn Nww wr lt nJrw, 6 +----------~

4 ~~3 ~~3w, stp n Pt~~ Nww wr lt nJrw,


5 //////////////////////////////////////////////////////// 1 +----------~ sr +--+ n .f h3w "S3w br nfrwh,
6 ~~3 ~~3w, stp n+----·-t Nww wr ~-~ 2 mry swjin lfp "nb sr .f n .f h3w "s3w br nfrw,
3 mry +--+ ln lfp "nh ////// n .f h3w "S3w br nfrw,
1 rdi. tw n .f lJwt n Sw +--+ nst n Gb, 4 mry sw <-->Jfp 'nh sr .f n .f h?w "S3w br nfrw,
2 lJ.n.f +--+ nswyt n R" ~r nst n Gb, 5 /////////// lfp "nhw~mnPt~,sr.twn.fh3w 'S3wbrnfrw,
3 fJ. n .f +--+ l3wt n R • ~r nst n Gb, 6 mry sw <-->lfp "nh w~m n Pt~, sr. tw n .f h3w "S3w br nfrw,
4 lJ. n .f +--+ lJwt n R • +--+ nst n Gb,
5 ////////////////////////////////////////////// +--------~, hw . n .f "wt-nJryt ~----+
6 iJ. n .f +--+ l3wt n Sw +--+ nst n Gbb, 2 ir .nf ~tpw-nJr n nJrw, hw . n .f "wt-nJryt nbt BJ~t,
3 ir.n.f~tpw-nJr n nJrw, hw .n.f "wt-nJryt nbt BJ~t,
1 iJ. n .f imyt-pr n Wnn-nfr m3 • brw, 4+----------------~

2 ir. n .f +--+ mj n lmyt-pr n Sw', 5 ir.n.f~tpw-nJr n nJrw, hw .n.f "wt-nJryt nbt BJ~t,
3 rdi. tw n .f +--+ imyt-pr n Sw, 6 ---,+---------~

4 rdl. tw n.f +--+ lmyt-pr n Sw,


5 /////////////////////////////////////////////////////// 1 smn.n.fhpw mi l}~wty "3"3, +---------~

6 ----+ lmyt-pr n Wnn-nfr m3 • brwd, 2 smn.n.fhpwnt3gr.fmil}~wty ,~rirM3"tnR",


3 smn. n .f hpw n t3 gr .fmi l}~wty , ~r ir MJ"t ~,
1 "k .f TJ-mry hrw ib mnfyt m ~ ••wt nJrw nJrwt lJ. n .fm sbm .f 4 smn. n .f hpw n t3 gr .f mll}~wty , ~r ir M3 "t ~,
2 "k .f TJ-mry hrw lb T3wy m ~ ••wt +---------~ 5 smn. n .fhpw n t3 gr .fmi l}~wty , ~r ir M3 "t n R •;,
3 "k .f TJ-mry hrw ib T3wy +--+ ~ ••wt +---------~ 6 smn. n .fhpw n t3 gr .fmi l}~wty "3 "3, nb Ifmnw, 1,

4 "k .f TJ-mry hrw lb TJwy m ~ ••wt +---------~

5 //////////////////////////////////////////////////////////////////////////// 1 +----------~ sbty n blJ ~3 B3~tm,


6 "k.fTJ-mry hrw lb mnfyt + - - - - - - - - - - - - - - - - + 2+---------------~

3+---------------~

1 ml R • psg m 3bte, 4+---------------~

2 +--+ R • psg m 3bt, lty, ~~3 s3 ~~3, 5+---------------~

3 ~ psg m 3bt, 1111 /Il 11111 ~~3' 6 ~~3 s3 ~~3\ wgw .f tkn r ~rt 1 , sbty n biJ ~3 B3~tm,
4 +--+ R • psg m 3bt, lty, ~~3 s3 ~~3,
5 ///////////////////// //////////////l//l ir.n.f ~bnw "3 wr iw/r Hrm".
6 ml nb sbmty p3wty TJwyf, +----------+ 2 iJ TJwy Hrmys, mry nJrw nbw BJ~t".
3 smnh TJwy, gsr p~ty ~ m p3 bnw "3 wr tpy mr .f lJ TJwy.
96 JEAN-CLAUDE GRENIER LE PROTOCOLE DES EMPEREURS ROMAINS 97

4 smnb T3wy, ~ p3 bnw '3 wr tpy mr .f iJ T3wy Hrm". n ../) un âge d'or. Sur cette allusion au rôle oraculaire de l'Apis dans ce nom d'Horus, cf. infra
5 smnb T3wy, rjsr p~ty +---------) m p3 bnw '3 wr +---* mr .f Hrm" . p. 101.
6~-------~ m p3 bnw '3 wr Hrm" . i·i Les versions 5 et 6 proposent ici des épithètes incises vantant en termes traditionnels la piété du
Pharaon qui «a comblé l'Égypte (de bienfaits), en a augmenté la beauté, y a rempli ce qu'il y a
Notes d'établissement du texte trouvé vide, protège les temples, enrichit les sanctuaires, y élève des statues (soit: veille à leur
a A ~wy sblw qui n'est connu que par la version 6 on préférera ~wy b3swt systématiquement
décoration)» (sb3k .n.f ldbwy lfr, swr.n.f nfrw.sn, m~ . n.f gmt . n.f ws, bw bmw, m~ ltrty , s'~'
attesté dans les versions abrégées. sbmw).
b La version 6 fait précéder lJ. n .f l3wt n Sw de trois épithètes: lty mi R ', nb ~bw-sd ml T3 Tnn,
k Cette épithète aurait dû figurer plus haut.
wsr rnpwt ml Wslr. Il est intéressant de constater que ces formules qui n'apparaissent que dans ce 1 Cette formule (cf. supra g), aurait dû figurer plus haut dans le texte. Elle est encadrée ici par
nom d'Horus de Domitien gravé dans le temple de Kom Ombo se retrouveront dans des protocoles deux épithètes: w j pçjwt 9 «celui qui subjugue les Neuf Arcs» et ndb. tw k3 .f bnt mçj t3 pbr lm. sn
de ce même Domitien sur ses obélisques italiens. «son nomjsa renommée se fait entendre jusque dans les profondeurs de la terre et se répand parmi
c La leçon de cette version est plus explicite que les autres.
eux (les 9 Arcs)».
d La version 6 contient ici une autre séquence d'épithètes théoriquement présentée comme un
rn Cette épithète aurait dû figurer plus haut.
nom des Deux Déesses: Nbty - Sgr~ T3wy, smn nsny, sbnm hnmmt .sn .. . Cette insistance sur le rôle n Cette formule complexe et originale précède immédiatement le nom de l'Empereur-Pharaon.
pacificateur de l'Empereur-Pharaon qui «apaise l'Égypte (ou : le monde), y calme le trouble (nsny a On constate que, peut-être à cause de son originalité, elle a parfois été mal comprise ou interprétée.
le sens de «trouble politique»), et fait l'unité de ses habitants» est somme toute assez rare dans la • La version l (temple d'Opet), propose une séquence incompréhensible que De Wit (Mélanges
phraséologie protocolaire où seul sgr~ t3wy est parfois attesté. Il serait séduisant de voir là une Mariette , p. 67, n. (i) et Opet III, p. 139-40, n. 444) ne parvient pas à justifier.
allusion à un fait précis comme, par exemple, une évocation de la paix rétablie par la dynastie • La versions 2 (temple de Kalabchah) propose une courte leçon lJ T3wy Hrmys que l'on peut
flavienne après la terrible guerre civile de 68/69. comprendre «celui qui s'est emparé de l'Égypte, le Romain X». On peut comprendre aussi '!J-T3wy
e Seule la leçon de la version 1 est cohérente. On y notera en particulier (comme dans la
Hrmys «la capitale du Romain»; cette leçon est calquée sur les deux derniers termes des versions 3-
version 6), l'emploi du terme mnfyt. Ayant primitivement le sens de «troupe, armée, garde», ce mot 6 mais, coupée de ce qui précède dans ces mêmes versions, elle ne donne ici aucun sens. Il se peut
mnfyt est, aux époques tardives, l'équivalent du grec laos et semble alors désigner une entité sociale que le terme Hrmys ait été préféré à Hrm «Rome» par les prêtres de Kalabchah parce qu'il leur
beaucoup plus vaste : «les notables» et même «le peuple». Sans entrer dans le débat qui s'est était beaucoup plus familier: dans ce temple, Octavien-Auguste est souvent dit Hrmys «le Romain»
instauré autour de cette équivalence (cf. Vandersleyen, Les guerres d'Amosis, p. 177-90 et CdE 48, dans ses titulatures, cf. p. ex. Winter, Jahrbuch Preussischer Kulturbesitz 14, 1978, p. 59 sq.
339-49 critiqué par Peremans, OLP 6/7, 443-4, n. 4; voir aussi sur laos Montevecchi, Actes XVème • Les versions 3-6, les seules à être cohérentes, offrent sans doute la leçon à retenir de la formule
Congrès Papyrologie, fasc . 4 ( = Pap. Bruxellensia 19), p. 51-67), on notera que mnfyt des versions 1 finale de ce texte : smnb T3wy , çjsr p~ty m p3 bnw '3 wr tpy mr .f '!J-T3wy Hrm «il veille à la
et 6 est mis en parallèle avec T3wy «l'Égypte» des versions 2-4 et que ce terme est opposé dans la prospérité de l'Égypte, lui dont la puissance est incomparable dans la résidence par excellence qu'il
version 1 à nJrw nJrwt «les dieux et les déesses». Le sens général de «humains» (par opposition aux aime, la capitale, Rome». On notera quelques détails à propos de cette leçon:
dieux) peuplant l'Égypte (T3wy) , soit «le peuple» convient parfaitement. - au temple de Shenhour, un hymne royal au nom de Claude (cf. supra p. 93, n. 68) se termine par
r Sur la fin, cette version diverge complètement des autres et au lieu de citer le dieu Rê, elle
bw.n(.f) T3wy (m) bnw '3 Hrm «celui qui protège l'Égypte dans la grande résidence, Rome»,
préfère le décrire en tant que nb sbmty, p3wty T3wy «celui qui est couronné du pschent, le dieu formule qui est visiblement une variante abrégée et originale (bw fsmnb) de celle des versions 3-6 ;
primordial de l'Égypte». - je ne connais pas d'autres exemples de la séquence superlative '3 wr tpy (que j'ai rendue par «par
g Cette formule pose quelques problèmes. On en possède un autre exemple au temple d'Esna
excellence») qualifiant, comme ici, autre chose que le dieu-fils des triades divines ;
(cf. Sauneron, Esna, no 97, 3) dans un protocole au nom de Vespasien qui reprenait sans doute une - on avait sans doute quelque chose de comparable à la séquence bnw ... mr .f dans un passage de
partie de notre nom d'Horus canonique mais où ne subsistent que quelques épithètes dont celle-ci . trois stèles au nom de Darius malheureusement très mutilées où il est question du roi quittant une
Si le sens global se laisse percevoir, sa forme en revanche est surprenante. Il est curieux de constater ville (la résidence royale (bnw) de Cyrus), pour se rendre à .. . r bt nbt soit «dans la ville X [qu'il
que les versions 3 et 4 ainsi que la leçon d'Esna passent au discours direct: wçjw. k ... «tes aime (mr ../)]plus que toute chose», cf. Posener, Première domination perse, p. 60-1, n. (i).
ordres ... ». Ensuite, s'il faut sans doute comprendre pw après wçjw .f/. k des versions 2 et 4, que faire - on peut se demander si le terme '!J- T3wy employé ici dans le sens de «capitale» (sens dérivé du
du babouin assis de la leçon d'Esna? Peut-on lire ce signe l(w)? Malgré toutes ces incertitudes, nous toponyme '!J-T3wy , capitale effective des souverains du Moyen Empire) et faisant double emploi
proposerons de comprendre globalement: wçjw.f pw tkn(.sn) r p~wy ~rt «ce sont ses ordres qui avec bnw «résidence royale» est véritablement à traduire; il sert peut-être simplement à introduire
atteignent les confins du ciel». Hrm et à préciser le sens qu'il fallait accorder à ce toponyme; je proposerai de comprendre et de
h La version 1 ignore l'épithète initiale mry swjin lfp 'nb ce qui a pour effet d'y fausser le sens de
traduire globalement m p3 bnw etc. par «dans la ville par excellence qu'il aime, Rome».
la phrase. Les autres versions sont unanimes: ce n'est pas le Pharaon qui «annonce» (sr .j) des
temps heureux, c'est l'Apis qui -aimant le Pharaon (mry swjln lfp 'nb) - lui annonce (sr .fjsr. tw
On aura pu noter combien les variantes existant entre les différentes versions sont
98 JEAN-CLAUDE GRENIER LE PROTOCOLE DES EMPEREURS ROMAINS 99

mineures. Il semble donc licite de restituer à partir de ces six versions une leçon globale qui des emprunts aux protocoles des Lagides avec les épithètes wr p~ ty, ~wn nfr bnr mrwt,
doit donner une idée assez proche du modèle sur lequel chacune d'elle se fonda et dont stp n Pt~ et avec le titre ~~3 ~~3w dont on sait maintenant qu'il est la traduction du titre
voici le texte et la traduction: basileus basileôn de Ptolémée César grâce à une titulature d'Auguste que j'ai eu récemment
l'occasion d'étudier 70 ;
Tm3- ', ~wy b3swt, wr p~ty, nbt BJ~t, ~wn nfr bnr mrwt, ~~3 ~~3w, stp n Pt~ Tnn Nww wr lt - trois épithètes propres au protocole du Romain, deux appartenant à une phraséologie
nJrw, iJ . n .f i3wt n R' ~r nst n Gb ir. n .f ng n imyt-pr n Sw, ·~ .f TJ-mry hrw lb mnfyt m ~ "wt bien connue (jm3- ' et ~ wy b3swt), une vraiment originale (nbt BJ~t), insistant sur le
nJrw nJrwt, iJ.n.fm sbm.fml R'psg m 3bt, lty, ~~3 s3 ~~3, wgw.f pw tkn ( .sn) r p~wy ~rt, caractère guerrier du Pharaon ce qui, dans ce contexte protocolaire, n'est peut-être pas sans
sbty n bi] ~3 TJwy / B3~t, mry sw lfp 'nb, w~m n Pt~, sr .f n .f h3w 'SJw br nfrw, ir. n .f ~tpw­ rapport avec la personnalité du «guerrier» et du «conquérant» que devait sembler être ce
nJr n nJrw, bw. n .f 'wt-nJryt nbt BJ~t, smn . n .f hpw n t3 gr .fmi l}~wty '3 '3, nb Ifmn w, ~r ir Romain pour les Égyptiens 7 1 .
MJ't n R', smnb TJwy, gsr p~ty m p3 bnw '3 wr tpy mry.f, 'IJ-T3wy Hrm. Cette formule liminaire reste somme toute sur le fond bien conventionnelle. L'aspect le
«Celui dont le bras est valeureux, celui qui frappe les pays étrangers, celui dont la force plus intéressant à retenir est sur le plan historique, la proclamation de la continuité entre,
est grande, le «champion» de l'Égypte, le bel adolescent doux d'amour, le roi des rois, l'élu les deux «dynasties» bien notée par le large emprunt fait aux protocoles des Lagides. En
de Ptah Tanen le Grand N oun père des dieux ; il a pris possession de la fonction royale de revanche, le long développement qui la complète est déjà moins banal ne serait-ce que par
Rê sur le trône de Geb afin de protéger l'héritage de Chou; il entre en Égypte à la joie du l'insistance mise à énoncer par une formule finale très originale l'origine étrangère de ce
peuple et dans l'allégresse des dieux, des déesses et il (en) prend possession dans sa nouveau Pharaon et le fait qu'il réside hors d'Égypte. Commençons par examiner cette
puissance comme Rê brillant dans l'horizon; (c'est un) souverain, roi fils de roi, dont les formule.
ordres atteignent les confins du ciel ; (il est un) rempart de bronze autour de l'Égypte; A tout bien considérer, constater que l'origine étrangère du Pharaon ou le fait qu'il ne
l'Apis vivant, héraut de Ptah, l'aime et lui annonce une ère longue et pleine de bonheur (car) réside pas en Égypte sont des notions exprimées dans son protocole revient à dire qu'il était
il a fait des offrandes aux dieux, il a protégé tous les animaux sacrés de l'Égypte et a établi et accepté que ces notions faisaient désormais partie intégrante de sa nature même.
confirmé (ainsi) les lois de l'Univers comme (le fait) Thot, deux fois grand, seigneur Certes, il s'était déjà trouvé dans le passé que l'on dût reconnaître l'origine étrangère de
d'Hermopolis, offrant Maât à Rê. souverains devenus Pharaons par leur conquête de l'Égypte et le fait que ceux-ci n'y
Il veille à la prospérité de l'Égypte, lui dont la puissance est incomparable dans la Ville résidaient pas. Mais cela restait vague.
par excellence qu'il aime, Rome». En ce qui concerne l'origine étrangère, on notera que pour les Perses la différence était
bien établie entre leur royauté sur l'Égypte et leur royauté sur le reste du monde: Cambyse
Ce texte fut, sans aucun doute, rédigé par les dignitaires du clergé de Memphis. Il en et Darius sont dits ~~3 '3 n Kmt, wr '3 n b3swt nbwt «souverain de l'Égypte, prince de tous
porte la marque : la mention de l'oracle du taureau Apis est éloquente. On sait surtout que, Jes pays étrangers» 72 . Il en est de même pour Philippe Arrhidée dont le nom des Deux
depuis Ptolémée Epiphane, le basileus était couronné et fait Pharaon par les grands prêtres Déesses est ~~3 b3swt «souverain des pays étrangers». Mais on ne dit pas que le Perse est
de Ptah qui étaient donc responsables de la rédaction des titres protocolaires tradition- perse ou que le Macédonien est un hellène 73 . En revanche, pour les prêtres du temple de
nels 69 • Il n'y a pas de raisons de penser qu'il n'en fut pas de même pour ce protocole au Kalabchah, Auguste était Hrmys, «un Romain».
nom d'Auguste dont nous allons maintenant proposer une analyse globale. Pareillement, avant ce texte composé pour Auguste, il n'avait jamais été «protocolaire-
La séparation nette entre les versions abrégées et les versions longues invite à distinguer ment» énoncé le fait que tel ou tel souverain pût ne pas résider en Égypte dès lors qu'il
d'emblée deux parties dans ce texte.
°
7 Cf. RdE 37, 121 -9. Il s'agit d'une titulature inscrite sur le pilier dorsal de la statue du prêtre Pakhôm de Mendès où
On a d'abord la séquence liminaire Jm3- ', ~wy b3swt, wr p~ty, nbt B3~t, ~wn nfr bnr mrwt, Auguste est dit entre a utres qualificatifs, iw 'w n hk.J ~kJw «l'héritier du roi des rois».
~~3 ~~3w, stp n Pt~ Tnn Nww wr lt nJrw dans laquelle on remarquera: 7 1 Si Jml-' (qui fut le nom d 'Horus de Nectanébo) et ~wy ljJswt relèvent de la phraséologie la plus conventionnelle (cf.

G rimal, Termes de la propagande royale, p. ex. p. 707, n. 835 et p. 656 sq.), en revanche nljt Blk.t est une épithète tout à fait
De nombreuses études récentes ont traité les problèmes soulevés par le rôle des grands prêtres de Ptah à l'époque
69
originale. C'est en référence au Conte de Sinouhé dans lequel le héros affronte en duel le nljt du pays de Retenou (Sinouhé B
ptolémaïque et l'établissement de liens politiques de plus en plus étroits entre la dynastie lagide et ces dignitaires, véritables 109) qu'il convient de comprendre cette épithète comme désignant le «champion » de l'Égypte, cf. Grimal, o.c., p. 568, n. 44.
chefs de tout le clergé indigène. Cf. Quaegebeur, Ancien! S ociety 3, 77-109; Reymond-Barns, Orientalia 46, 1-33; les deux 72 Cf. Posener, Domination perse, p. Il , n. (o) et (p).
études de Crawford et Quaegebeur dans Studia Hellenistica 24 (Studies in Ptolemaic M emphis); la publication des stèles 7 3 Le titre ~kJ hJw-nbwt parfois attribué a ux Pharaons lagides n'est sans doute pas à prendre comme était tenté de le faire

funéraires des ces grands prêtres par Reymond, From the Records of a Priest/y Family f rom Memphis, (Ag. Abh. 38), dont Vercoutter (BIFAO 48, 188) pour une allusion à leurs origines hellènes (cf. Vandersleyen, Les guerres d'Amosis, p. 153-4).
Devauchelle (CdE 58, 135-45) a donné un compte rendu détaillé.
100 JEAN-CLAUDE GRENIER LE PROTOCOLE DES EMPEREURS ROMAINS 101

assumait la fonction pharaonique. Outre le texte que nous citions plus haut dans lequel la pratique des actes de piété que constituaient les offrandes aux dieux et le respect des
était évoquée une ville que Darius aimait par-dessus tout et qui était sans doute sa capitale, animaux sacrés, actes par lesquels était entretenu l'ordre du monde 77 .
on ne peut relever que quelques allusions somme toute assez vagues dans des contextes Ce sont là, encore une fois, des notions que véhiculait depuis des siècles la phraséologie
narratifs qui indiquent qu'à telle occasion Darius était en Elam (is ~m.fm 'rm) et Philippe royale. Cependant, il est unique de les rencontrer comme ici toutes réunies et enchaînées
Arrhidée en Asie (lw ~m.f m-bnw Stt) 74 . Jamais on ne dit que la résidence normale de avec méthode dans un discours continu annexé à une formule protocolaire dont il finit par
Darius ou de Philippe Arrhidée se situait hors d'Égypte à Suse, Persépolis ou Babylone acquérir la valeur et la fonction. Ce n'est, encore une fois, sûrement pas fortuit. Il est
alors que, par son nom d'Horus, Auguste est dit résider à Rome . tentant en effet de rapprocher ces formules des réalités du temps et de considérer que, en les
Ce souci réel de rendre compte officiellement d'un des aspects de sa spécificité est bien choisissant, les prêtres rédacteurs de ce texte voulurent proclamer la poursuite des principes
intéressant à relever et invite à se demander s'il n'est pas possible de déceler d'autres intangibles de la royauté pharaonique parce que, justement, l'attitude à leur égard du
allusions à d'autres aspects spécifiques d'Auguste. De fait on constate que, tout en utilisant «Pharaon» imposé par les circonstances les menaçait gravement. Le rappel insistant de
pour l'essentiel des épithètes et des formules bien connues de la phraséologie royale, ce notions fondamentales dénonce le souci des prêtres rédacteurs de pallier par la vertu de la,
texte protocolaire n'est pas aussi conventionnel qu'il ne paraît à première vue dès lors chose écrite le manquement aux règles jusque là respectées. En effet, une confrontation
qu'on le replace dans le contexte politique qui prévalait quand il fut composé. entre les principes énoncés et les faits eux-mêmes est éloquente. Point par point, nous y
Cela me semble être le cas de la formule ·~ .f TJ-mry hrw ib mnfyt m ~ "wt nJrw nJrwt par trouvons un écho aux intentions affichées et aux mesures annoncées par Auguste et à
laquelle Auguste était dit «celui qui entre en Égypte à la joie du peuple et dans l'allégresse l'administration qu'il mit en place lors de son court séjour en Égypte. En voici rapidement
des dieux et des déesses». Celle-ci est empruntée au nom d'Horus d'Or de Ptolémée le détail:
Alexandre Jer et, en l'occurence, cette formule-nouvelle dans la phraséologie protoco- - le couronnement: non seulement Auguste ne fut pas couronné durant les quelques
laire - n'était pas là employée fortuitement. Elle était, sans aucun doute, destinée à faire semaines que dura sa présence en Égypte mais il dut faire savoir qu'il ne se plierait pas à ce
allusion à un fait précis: le retour de ce prince en Égypte C~.fT3-mry) après dix ans d'exil rite en laissant prévoir qu'une telle pratique n'était plus de mise; de fait, la charge de grand
à Chypre 7 5 • Avoir repris cette formule originale pour Auguste n'est sans doute pas le fait prêtre de Ptah (l'officiant obligé du couronnement), fut supprimée en 23 a.c. 78 ;
du hasard et peut, au contraire, sembler intentionnel. Certes, l'emploi de cette formule - la consultation de l'oracle du taureau Apis : passant par Memphis sur le chemin qui le
permettait d'évoquer «l'arrivée» du Romain en Égypte mais sûrement avec une intention ramenait en Syrie, Auguste ne fit pas le moindre détour pour aller visiter le taureau sacré
bien précise: banaliser la réalité de la conquête romaine en lui trouvant un précédent arguant qu'il refusait d'adorer «du bétail» 79 ; il est sûr que la chose dut faire grand bruit et
historique. donner cours à de multiples interprétations comme ce fut le cas pour les autres «affaires»
Il est tentant de poursuivre le raisonnement en s'interrogeant sur le sens que peuvent mettant en présence l'Apis et des personnages destinés au pouvoir suprême, tels Germani-
avoir dans ce texte les autres formules par lesquelles furent évoqués les aspects essentiels de cus et Titus 80 ;
la royauté pharaonique en résumant en quelques mots son essence même et son fonction- 77 Dès l'Ancien Empire, l'offrande ~tp-nfr que cite précisément notre texte était directement fournie aux temples par Je

nement: Palais royal (cf. p . ex. Posener-Kriéger, Archives ... ,p. 678 les nombreux passages où cette offrande est mentionnée dans les
- le choix des dieux et l'octroi de leur héritage que concrétisait le couronnement et que papyrus d'Abousir). Quant à l'entretien des animaux sacrés, les décrets trilingues de J'époque ptolémaïque ne manquent pas
d'y faire allusion (cf. p. ex. dans les décrets de Memphis et de Philae, Urk. II, 185, 2-3 et 220, 7).
sanctionnait l'oracle du taureau Apis 76 , 78 Le dernier grand prêtre de Ptah fut Psenamounis (cf. Quaegebeur, St. Ptol. Memphis, p. 71, n· 36) qui n'est connu que

par deux mentions dans les stèles 184 et 188 du British Museum (cf. Reymond, Records, p. 218 et 230). li avait succédé à
74 Pour Darius, cf. Posener, Domination perse, p. 22 (ligne 43 de la statue d'Oudjahorresné); pour Philippe Arrhidée; cf. Pedoubastis lV, mort Je jour même de J'entrée des troupes d'Auguste à Alexandrie, mais on notera qu'il ne fut nommé grand
Urk. II, 13, 3 (Stèle dite «du Satrape» où on pourrait comprendre aussi que ce souverain est «dans (sa) résidence (bnw) prêtre de Ptah que trois ans plus tard (cf. Quaegebeur, Ancient Society 3, 87-8). Il n'y avait donc pas de titulaire de cette
d'Asie», c'est-à-dire Babylone). charge lors du séjour d'Auguste en Égypte, ce qui fort opportunément(?) laissait en suspens la question du couronnement. Le
75 Voir maintenant sur ces luttes dynastiques l'article récent de Cauville et Devauchelle, RdE 35, 47 sq. retard apporté à la nomination de Psenamounis laisse bien percevoir la méfiance du pouvoir romain en place vis-à-vis du
76 La séquence stp n ... , lf .n.f ... , etc. est directement empruntée au vocabulaire du rite de couronnement; on la trouvera clergé indigène.
p. ex. dans les scènes de couronnement des temples (cf. p. ex. Edfou VI, 336, 10-2; De Morgan, Ombos, n" 208; Sauneron, 79 Le mot est chez Dion Cassius (Ll, 16, 5). L'épisode est aussi chez Suétone (Auguste, 93). Il est à noter que Dion Cassius

Esna, n" 88, 14). Le rôle de J'oracle de l'Apis (qui pouvait se manifester de diverses manières) lors des rites consacrant précise qu'Auguste refusa de visiter l'Apis «pour la même raison» que celle invoquée pour ne pas voir les tombeaux des
l'attribution de la royauté remontait à la plus haute antiquité (cf. p. ex. Otto, Stierkult, p. 11-2 et Kelly-Simpson, Orientalia Lagides à Alexandrie que les autorités locales étaient fort désireuses de lui montrer: pour Auguste, l'Apis n'était pas «un
26, 139-42). On notera que cet oracle souvent évoqué par les sources classiques (cf. Hopfner, Tierkult, p. 81 sq.) n'est que peu dieu» mais «du bétail» comme les Lagides n'étaient pas «des rois» mais «des morts». Dans les deux cas, l'attitude d'Auguste
attesté dans les sources égyptiennes proprement dites (cf. Otto, o.c., p. 25-6 et Kakosy, LA. IV, col. 603). L'exemple de notre était claire: refuser, dans des domains «sensibles», de se plier au désir du vaincu qu'il soit grec ou indigène et d'honorer son
texte n'en prend que plus de valeur. passé et ses traditions.
80 L'Apis refusa la nourriture que lui proposait Germanicus: on en déduisit aussitôt que Je Prince n'accèderait pas à
102 JEAN-CLAUDE GRENIER LE PROTOCOLE DES EMPEREURS ROMAINS 103

- l'entretien du service des offrandes et du culte: les prêtres privés de leur autonomie l'emploi occasionnel de formules diverses que nous avons nommées «pseudo-protocoles»
financière, dépossédés de leurs biens, soumis à des mesures fiscales écrasantes et tatillonnes, tant leur octroi est le fait du hasard, ou, au contraire, «technique», ce qui leur enlève dans
témoins de la spoliation de certains de leurs sanctuaires les plus vénérables, durent les deux cas toute valeur protocolaire réelle.
légitimement s'inquiéter des conditions matérielles et politiques dans lesquelles ils allaient La question posée est donc claire: pourquoi cette originalité et quelle peut en être la
pouvoir continuer à exercer leur sacerdoce et à assurer l'activité des temples 81 ; signification?
- le respect des animaux sacrés: l'attitude d'Auguste envers l'Apis était bien révélatrice du Tentons de cerner tout d'abord les raisons qui ont pu amener les prêtres égyptiens à
mépris dans lequel les nouveaux maîtres de l'Égypte, à commencer par le «Pharaon», rompre avec une tradition millénaire lorsque, Auguste succédant aux derniers Lagides, il
tenaient cet aspect de la religion égyptienne qu'il était facile de taxer de zoolâtrie; à l'instar fallut composer pour lui un protocole pharaonique. Cela ne put tenir qu'à un fait précis
de ceux de Memphis, les prêtres de tout le pays durent craindre que le «Pharaon» et ses différenciant nettement le Romain de ses prédécesseurs. Cependant, si nous remontons
représentants n'accordent que peu d'intérêt à leurs ibis, leurs bêliers, leurs crocodiles, leurs dans le temps, nous devons aussitôt nuancer ce propos: les deux prédécesseurs immédiats
chiens, leurs chats, leurs babouins, etc 82 . d'Auguste, Ptolémée César et Cléopâtre VII, n'eurent eux aussi en guise de protocol~
Tel que j'ai cru pouvoir l'analyser, ce texte se révèle donc comme un subtil dosage entre pharaonique que le seul nom d'Horus 83 . En fait, le dernier Pharaon à avoir possédé un
l'acceptation de certaines réalités que l'on énonçait et le refus d'autres réalités que l'on protocole traditionnel fut Ptolémée Aulète dont on sait qu'il fut aussi le dernier à avoir été
tentait de contourner. Sa signification «historique» apparaît dès lors considérable car elle rituellement couronné 84 . C'est là sans doute plus qu'une coïncidence. Cet état de fait invite
permet d'éclairer de parfaite manière l'attitude du clergé égyptien lorsqu'il fut confronté au à penser qu'il y avait alors une étroite connexion entre le couronnement et l'attribution du
problème de la définition même du Pharaon en tant que tel lors de la conquête romaine de protocole traditionnel complet alors que, dès son accession au pouvoir et sans pour autant
l'Égypte. passer par le rite du couronnement qui survenait plus tard, tout souverain recevait
d'emblée un nom d'Horus pour que la continuité de la royauté pharaonique soit assurée 85 .
Il nous reste maintenant à tenter de tirer une conclusion générale fondée sur l'ensemble C'est bien ainsi qu'il en fut pour Auguste et dès lors on comprend mieux que son
de ces analyses. Pour ce faire, le mieux est, semble-t-il, de repartir d'une constatation : les protocole pharaonique ait été réduit au seul nom d'Horus et qu'il resta figé sur cette
titres protocolaires pharaoniques attribués à Auguste puis après lui aux autres Empereurs formule dès qu'il apparut certain que tout espoir était vain d'imaginer que ce Romain pût
se distinguent de ceux de leurs prédécesseurs par une originalité formelle . Celle-ci tient en être un jour couronné.
deux points: Après avoir ainsi analysé l'originalité et la signification du protocole pharaonique
- l'élaboration pour Auguste d'une formule protocolaire réduite à un nom d'Horus et qui d'Auguste, il nous reste à tenter d'expliquer pourquoi cette même formule fut reprise telle
se substitua à la séquence traditionnelle des trois noms (noms d'Horus, des Deux Déesses quelle pour ses successeurs et pourquoi apparurent aussi avec eux ce que nous avons
et d'Horus d'Or), nommé les «pseudo-protocoles». La réponse à cette question ne peut pas être argumentée
- l'attribution de cette même formule aux successeurs d'Auguste avec, parallèlement, par des faits précis. Elle ne saurait être formulée que par un raisonnement fondé sur ce que

l'Empire (cf. Pline l'Ancien, HN, VIII, 71, 185; Solinus, Coll. rer. mem. , 32, 19; Ammien Marcellin, XXII, 14, 8): sur cet
épisode célèbre, cf. Weingiirtner, Aegyptenreise des Germanicus, p. 141-6. Pour Titus, Suétone (Titus 5, 4) rapporte que sa 83 Cf. Kurth, LXIV, col. 1195-1196.
visite fut interprétée comme l'ambition affichée d'être couronné «roi de l'Orient» et de se soulever contre son père Vespasien. 84 Cf. Kurth, LX IV, col. 1195. Ptolémée Aulète fut couronné par le grand prêtre de Ptah Pasherenptah III le 26 mars 76
Rien dans ce témoignage ne permet de dire à Bergman (!ch bin Isis, p. 96, n. 2) que Titus fut effectivement couronné ou à a.C. comme le rapporte le texte de la stèle funéraire de ce pontife (cf. l. 8 de la stèle British Museum 886; sur ce monument
Hermann (JAC 3, 36, n. 28) que le célèbre bas-relief de Kom es-Schugafa montrant un Empereur-Pharaon couronné faisant voir Reymond, Records, p. 136 sq.).
offrande à l'Apis évoque la visite de Titus. 8s 11 y avait forcément un décalage entre l'avènement du basileus et le couronnement du Pharaon (Ptolémée Aulète p. ex.
81 Ce ne fut là qu'un aspect de la prise en main de l'Égypte sur laquelle on consultera
désormais l'étude de Geraci, Genesi ne fut couronné qu'en l'an IV de son règne effectif), mais il est exclu de penser que durant cet intervalle la fonction même de
della provincia romana d'Egitto , Balogna, 1983. On trouvera p. ex. chez Johnson, Roman Egypt (=tome II de l'Economie Pharaon n'était pas assumée par le souverain régnant. On pourrait objecter que les quatre premiers Lagides qui, sans doute,
Survey of Ancien! Rome), p. 639 sq., un exposé d'ensemble et un choix de documents illustrant les mesures fiscales qui ne furent pas couronnés, reçurent cependant un protocole complet. Peut-être y avait-il eu alors un rite de substitution puisque
réglementèrent les revenus des temples et l'exercice du sacerdoce. Quant à la spoliation des temples entamée sous Auguste le couronnement réel n'avait pas lieu. Mais ceci n'était plus de mise à la fin du l" siècle a.C. où depuis un siècle et demi le
(transport à Rome d'obélisques, de statues, etc.), elle dut faire revivre dans l'esprit des prêtres les souvenirs pénibles des couronnement était redevenu une réalité. Il est tentant de formuler une hypothèse à propos de la rédaction du nom d'Horus
invasions assyrienne et perse (cf. Roullet, Eg. Monuments of Imperial Rome, p. 13 sq. et p. 150-6). d'Auguste dans lequel ou pourrait distinguer deux phases: une première (versions courtes), constituant le nom d'Horus
82 Sur l'étonnement et la répulsion que le culte des animaux sacrés inspirait aux Romains,
cf. maintenant l'étude détaillée proprement dit et attribué dès 30/29 a.C. et une deuxième (complément apparaissant dans les versions longues), postérieure à
de Smelik et Hemelrijk dans Aufstieg und Niedergang der romischen Welt (ANRW) 17/4, 1984, p. 1853-2000. 23 a.C., lorsqu'il fut évident que le Romain ne serait jamais couronné.
104 JEAN-CLAUDE GRENIER

nous estimons connaître de la logique des prêtres égyptiens. Elle peut donc paraître fragile.
Tentons-là cependant.
On peut penser que fut résolu de manière pragmatique le problème qui, sans doute, se LA NUBIE DANS LES TEXTES MAGIQUES
posa aux prêtres égyptiens lorsqu'il leur fallut attribuer un protocole pharaonique au
«L'INQUIÉTANTE ÉTRANGETÉ»
successeur d'Auguste alors que, entre autres éléments, la hiérarchie responsable de la
rédaction de ces protocoles était décapitée. Il est vraisemblable que les initiatives locales PAR
jouèrent un grand rôle dans ce que l'on pourrait ainsi reconstituer:
- constatant que la situation connue sous Auguste restait inchangée, les prêtres durent YVAN KOENIG
estimer que la définition protocolaire existant pour celui-ci valait pour son successeur dont
la seule différence notable et réelle se résumait à un nom nouveau - Tibère- qui vint se Depuis la plus haute antiquité, les Égyptiens ont été en contact conflictuel avec les
substituer à celui d'Auguste dans les cartouches royaux; populations nubiennes. On pourrait énumérer les représentations ou encore les figurines et
- prenant acte du fait que le Pharaon Tibère ne pouvait être défini que par référence à un textes d'envoûtement qui sont attestés depuis l'Ancien Empire; cet ensemble de textes et de 1
modèle, les prêtres durent trouver licite de ne pas limiter ce modèle à la formule représentations a été étudié 1 .
protocolaire de son prédécesseur immédiat; ouvrant l'éventail des possibilités que rendirent Si ce groupe forme un des plus anciens témoignages de cet intérêt politico-magique pour
multiples les initiatives locales et les circonstances diverses, ils attribuèrent donc à ce la Nubie, l'expansion croissante de l'Égypte en Nubie au Nouvel Empire fait que nous
nouveau Pharaon ce que nous avons nommé les «pseudo-protocoles». disposons d'un plus grand nombre de sources et nous donne une appréhension plus fine et
Ce système inauguré pour Tibère ne put que se perpétuer car la situation qui l'avait plus détaillée de l'influence de la Nubie au Nouvel Empire. Dans une lettre envoyée au
engendré demeura identique. Toujours en référence à Auguste, on attribua donc après vice-roi, Aménophis II écrit: «ne sois pas indulgent avec la Nubie (N~sy) ; prends garde à
Tibère le même nom d'Horus à Caligula puis à Claude, Néron, Vespasien, Domitien, ses peuples avec leurs magiciens» 2 • Ainsi, dès la XVIIIe dynastie, la Nubie avait déjà une
Hadrien. D'un autre côté, de même que Tibère avait reçu des formules protocolaires réputation solidement établie en Égypte comme étant un pays de magiciens.
fabriquées pour l'occasion ou empruntées à de lointains ancêtres, on trouva normal selon Cela est confirmé par des textes magiques relativement anciens; dans Mutter und Kind
la circonstance d'appliquer à Claude et à Domitien le protocole de Ptolémée Aulète, à nous pouvons lire dans une formule magique : «Que s'écoule cette Asiatique qui vient du
Trajan et à Caracalla ceux de Ramsès II, de Ptolémée Epiphane ou de Ptolémée gébel (bJst), cette Nubienne qui vient du désert (mrw)» 3 . On peut remarque~ de~x choses:
Philométor, à Hadrien celui de Nectanébo, etc. il s'agit de femmes et il y a opposition entre le gébel (bJst), i.e. le plateau desertique, et le
Tout ceci cependant ne doit pas tromper. Cette dilution de la réalité historique du désert (mrw) qui sépare l'Égypte de la Nubie. On peut rapprocher ce texte d'un passage tiré
Pharaon n'est qu'apparente et ne déboucha en aucun cas sur la survie artificielle d'un d'un papyrus médical 4 : «Autre pronostic (mJJ): tu dois faire en sorte qu'elle se tienne à
Pharaon «anonyme», comme on l'a dit trop souvent pour évoquer la perpétuation du l'entrée de la porte (wmt nt sbJ), si tu constates (alors) que l'aspect d'un de ses yeux èst
système pharaonique à l'époque romaine. C'est là un autre débat mais pour s'en comme celui d'un Asiatique et l'autre comme celui d'un Nubien elle n'enfantera pas (mais)
convaincre il suffit d'examiner le soin avec lequel les prêtres s'appliquèrent à transcrire si tu constates qu'ils sont d'une seule couleur, elle enfantera». Les deux textes concernent
dans les cartouches du Pharaon les noms et les titres des Empereurs et ce durant les quatre l'un la période avant la naissance, l'autre celle qui suit et, à chaque fois, un parallèle est fait
siècles qui séparent Auguste de Maximin Daïa. L'évolution subie par la définition entre l'Asiatique et le Nubien comme entités néfastes.
protocolaire du Pharaon à l'époque romaine ne peut manifester de la part des prêtres Se réclamer de la Nubie est fréquent dans les textes magiques car cela accroît l'efficacité,
qu'un unique souci : tenir compte de la réalité des choses de leur temps et y adapter leurs
' Cf. en particulier le compte-rendu des conférences au Collège de France faites par G . Posener (in Annuaire du CdF 1974-
conceptions. 75, p. 396 sq.; 1975-76, p. 405 sq.; 1976-77, p. 435 sq.). Cet article a été rédigé à partir d'une conférence faite à l'université de
Rome en mars 1987. Je remercie MM. les professeurs Fanfani et Roccati de leur aimable invitation.
Museo Gregoriano Egizio 2 Urk. IV, 1344, 11-2.

Città del Vaticano J Papyrus Berlin 3027, Erman, Section D, 2, 7-10.


4 Papyrus Berlin 3038 r' 2, 1-2, texte = Grund. Med. V, 473 Bln 198.

s PR 138, 1-2.
106 YVAN KOENIG LA NUBIE DANS LES TEXTES MAGIQUES 107

de la formule. Dans le papyrus magique de Genève 6 , dans une liste de protection des Ou encore dans le chapitre 164 11 : après une invocation à une déesse féminine (Sekhmet-
parties du corps, on dit d' Anoukis: «Tu ne séjourneras pas dans son poumon? (3fy = wf3) Bastet-Rât) des noms étrangers suivent, puis, «Tu es la flamme dévorante qui ne laisse pas
Anoukis la Nubienne sera contre toi» mais cela s'explique en raison de l'origine méri- de reste spytkhspsmkk-rmt, tu es hrpg§rsb certes dans la langue de la n~st de Ywnty, des
dionale de la déesse. Nubiens de t3-sty». On voit que ces noms nubiens sont suivis de l'expression m rjd n et
Nettement plus intéressante est la formule du Pap. CB VII, V 2, 3: «Isis la déesse a dit:
0
qu'ici aussi on mentionne la Nubienne séparément des Nubiens.
c'est moi la Nubienne descendue du ciel, je suis venue pour rassembler (kf3) le poison qui C'est dans ce cadre que l'on doit resituer certains passages du P. Boulaq 6 qui date de la
est dans les membres d'un tel fils d'une telle». Isis est appelée la «Nubienne» 7 mais cela XXJc dynastie 12 . Au ro II, 1-5, on y trouve des ressemblances frappantes avec le chapitre
peut s'appliquer aussi à Amon qui est dit venir de Nubie. L'ostracon Deir el-Médineh 162 du Livre des Morts: invocation d'Amon avec un nom étranger Hrgn, un thème
1072 8 nous donne une description détaillée du lieu de naissance d'Amon en Nubie = le commun celui de la mer et de la torche, la langue néo-égyptienne employée d'une façon
nom du lieu d'amarrage, de la falaise ou du pic et le nom de la divinité de l'eau, et se plus systématique que dans les chapitres supplémentaires du LdM. De même un peu plus
termine en disant «L'eau dont est sorti Amon dans le pays de Koush». Tous ces noms sont loin au ro VIII, 7-8 13 , il est dit à propos d'Amon: «Je ne dirai pas cette venue que tu as t
donnés en langue nubienne et surtout on nous apprend qu'Amon est sorti de l'eau dans le faite de Nubie tard le soir, 'Istrsk».
pays de Koush, thème que l'on retrouvera plus loin. Nous trouvons ici trois thèmes concordants: Amon/Nubie/ nom étranger qui doit être
Tout cela doit être rapproché de ce que l'on trouve dans les chapitres supplémentaires du nubien. Il y a là une allusion à une légende se rapportant à Amon et qui n'est pas en sa
Livre des Morts 9 . La dernière étude d'ensemble de ces chapitres est celle de Yoyotte. faveur. Nous avons donc plusieurs témoignages qui se rapportent à une origine nubienne
Rappelons ici quelques-unes de ses conclusions: d'Amon.
1°) Les formules qui deviendront les chapitres 162-7 furent composées en milieu thébain
à l'époque ramesside. Les Oracular Decrees nous apportent plusieurs autres renseignements:
2°) Elles furent vulgarisées au profit des morts sous la XXIe dynastie, soit sous la forme de
billets magiques, soit incluses dans de petits recueils, etc ... *Nechbet la Nubienne:
Ces chapitres sont caractérisés par la présence de locutions néo-égyptiennes, de thèmes
La première mention dans un texte magique se trouve dans le Pap. Leyde I 348 vo 12, 5.
de l'hymnologie thébaine où Amon joue un rôle important, des noms étrangers et étranges
Il s'agit d'un texte relatif à l'accouchement que l'on peut mettre en relation avec les textes
qui y sont insérés, le rôle du panthéisme amonien et l'iconographie composite des divinités
cités plus haut (Mutter und Kind, P. Berlin 3038). On invoque plusieurs divinités dont
conjurées.
Nechbet la Nubienne. La déesse apparaît ici avec un aspect nettement protecteur, ce qui
Prenons quelques exemples particulièrement significatifs. Déjà dans le chapitre 162
n'est pas le cas dans les Oracular Decrees.
(hypocéphale) nous trouvons ces caractéristiques mais dans le 163 10 après une invocation
- O.D. T3 ro, 48-50 14 . Il s'agit de protéger la personne de diverses divinités dangereuses:
avec de nombreux noms sans doute nubiens, il y a une identification explicite à Amon de
«Nous le sauverons 49 du faucon de Nekhen (et) de la Nubienne de Nekheb» (El-Kab).
Napata: «Il est celui qui se cache dans la prunelle de l'œil Oudjat, (l'un) s'appelle Srsr et
D'autres passages développent le même thème, cf. P 3 r 33-35 15 . 0
,
(l'autre) Sp-l k3 .f, il est celui qui se couche au Nord Ouest de la cîme du sanctuaire de
Napata de Nubie sans jamais aller vers l'Est. .. » rf nif p3 mht imntt n t3 dhnt n lpt Npt3-sty.
*La magie nubienne:
Citons parmi d'autres exemples O.D. L 1 V 0 , 33-40 16 ): «Vous la sauverez de la magie
6 Papyrus MAH 5274, r" Il, 4. Cf. Valbelle, Satis et Anoukis, p. 109.
7 On peut noter qu'en Nubie il y a assimilation au Nouvel Empire entre Isis et une déesse scorpion &ddt. Cette

assimilation se manifeste dans les temples nubiens où cette Isis-Hededet apparaît comme étant une déesse guérisseuse capable 11 Lepsius LXXVII, 5-6.
de protéger des reptiles et autres animaux venimeux. Cf. en dernier lieu Goyon, BIFAO 78, 439 sq. Il n'est pas du tout exclu 12 Cf. Koenig, Papyrus Bou/aq 6, p. 17 sq.
que ce soit cette forme de la déesse Isis qui soit évoqué dans ce texte. 13 Id., ibidem, p. 88 sq.
8 Cf. Posener, Documents de Fouilles, I, pl. 40 et 40 a. 14 = O.D. Il, pl. 27.
9 Cf. en dernier lieu Yoyotte, RdE 29, 200. 15 = O.D. Il, pl. 32.
10 Lepsius LXXVII, 8-9. 16 = O.D. II, pl. 3.
108 YVAN KOENIG LA NUBIE DANS LES TEXTES MAGIQUES 109

asiatique bJrw) de la magie nubienne de la magie libyenne de la magie d'un Égyptien de la publié par Sauneron 31 . Dans un contexte où Amon joue un rôle important, il est fait
magie d'un magicien de la magie d'une magicienne de toute magie de quiconque». mention en 5, 5 de «L'homme d'un million de coudées qui se dresse sur les trente cîmes du
On trouve la même formulation en L 4 11-15; L 6, 74 (III pl. 13) où on trouve en outre pays de Koush». On connaît certaines de ces buttes. Par ailleurs, Sauneron met en relation
une mention de la magie §Jsw. Dans O.D. T 2 V 64-8 et O.D. T 3 r o, 78-81 la magie écrite
0,
ce passage avec l'ostracon DeM 1072. Il y a là une énumération de noms de divinités en
(ss) et la magie récitée (sd) y sont mentionnées. En P 3 vo, 5 17 , on distingue la magie de une langue étrangère. S'agit-il de différents noms nubiens?
Koush (kSi) de celle de la Nubie. On fait mention également de la magie du médecin. Dans
O.D. C 1, 61-64 18 O.D. BR 62 19 on mentionne seulement la magie de Koush sans mention Pour les papyrus démotiques, on peut citer le papyrus démotique de Londres et de
du terme «Nubie». O.D . L 2 V 6-7 20 , dans ce texte se présente une variante intéressante:
0
, Leyde, ro, col. XXI, 3; on invoque «L'Osiris qui est sous le jujubier (nbs) de Méroé». Dans
«le la sauverai de la femme Asiatique je la sauverai de la Nubienne» . la stèle d'Harsiotef (=Urk . III, 136) on y fait des «apparitions» solennelles d'Osiris à pr nbs
Là aussi on insiste sur le rôle de cette femme nubienne. Dans O.D. L 3, B 18, 16-8, il faut i.e. Pnoubs. Comparer avec le texte parallèle de la B.N. en vieux Copte (Erman, ZÀ·s 21,
comprendre sans doute: «je la sauverai des Nubiens». pl. 3, cf. p. 94 (Cl. 9); bibliographie dans Griffith, ziis 38, 72, no 2) = IT€TZ~
z<J>~ rrNoysc Nrr€poy€ (Griffith, o.c., 86-7). La mention tardive de l'Osiris du jujubier
*La maladie Hn : (nbs) en connexion avec Méroé (rr€poy€ = BrwJ) inciterait à placer Pnoubs dans les limites
du royaume méroïtique (i.e. au sud d'Amarah), cf. Sauneron-Yoyotte, BIFAO 50, 164
Dans de très nombreux passages, cette maladie est citée comme provenant d'Asie ou de
(note). Et, dans le même texte, vo, col. XX, 1-7 32 , il s'agit d'un remède plutôt contre le
Koush, comme par exemple dans O.D. 17, 11-12 21 : « ... Je le sauverai de l'Hn d'Asie
«mauvais œil» que contre l'ophtalmie. On y trouve une invocation à Amon kouchite dont
(lj3rw)l 3 de l'Hn de Koush». Id.= L 3 B 22 , id. L 4 23 O.D. P ch. 2-4 24 , id. Ph. frgt d4, 4-
on dit qu'il est venu de Méroé en Égypte pour soigner Horus; il prononce trois formules
6; id. C 12 5 ; id. T 2 r 026 , id. L 7 27 ; id. L 3 B 28 .
«en langue nubienne (Kouchite)» et suit une série de mots nubiens avant de passer au rite
Dans un seul passage B, ro 59-61 29 , on mentionne à côté de l' Hn asiatique et de l"rsn
manuel. On trouve un texte très comparable dans le papyrus magique démotique Louvre
koushite, l' Hn égyptienne.
3229 (ro VI, 6-25)3 3 . Dans cette invocation avec des noms étranges, on mentionne la Nubie
Devant un si grand nombre d'attestations, on peut se demander s'il n'y avait pas à cette
(cf. 1. 20-3): «lam the noble ibis, I am the ape of Edfu, I am the great male, the scarab, I
époque, c'est-à-dire aux XXIe et XXIIe dysnasties une sorte d'épidémie d' Hn dans la
am the guardian of the great body, I am the snake of the 4 gods who were with Isis while
région thébaine et si, par un réflexe bien connu, on attribuait cela aux étrangers. Cette
she was searching for the good (one) S(?)apl is (my) name as a goddess. The Ethiopian is
maladie est connue ; il s'agit d'une maladie de peau appelée «lentigo» i.e. «lentille» en
(my) name etc .. . ».
raison de son aspect externe. C'est le mot copte ~P<:Y IN connu aussi en démotique qui vient
Parmi les textes ptolémaïques, on retiendra la glose du «rituel de piétiner les poissons» à
du sémitique = l'hébreu C'W,!J qui est le pluriel de :-tW7~, attesté en araméen, correpond à
caractère politico-magique (poissons = ennemis). Dans Edfou V, 134, 30-3, on trouve:
l'arabe :.r~ 30 . Dans un texte plus tardif, on peut citer le papyrus magique de Brooklyn
«Connaître la signification du (rituel) de piétiner les poissons. Ce sont des rebelles qui
sont dans l'eau. Quant aux meules, ce sont les rebelles de Napata. Quant aux plaintes
17 = 0.0. II, pl. 34.
18 = 0.0. II , pl. 38.
d'oiseaux qui sont dans leurs cages (?), ce sont les âmes des rebelles. Quant aux chasse-
19 = 0.0. II , pl. 46. mouches de palmier-doum, ce sont leurs cheveux». L'aspect qui domine cette glose est
= 0.0. Il , pl. 5-6.
20
politique; pour P. Vernus qui a étudié ce passage 34 , il y aurait là une allusion aux
21 = 0 .0. Il, pl. 16.
" = 0.0. II, pl. 7, 31. événements qui ont marqué la fin de la XXVe dynastie et l'avènement de la XXVIe.
" = 0.0. II, pl. 9, 45.
24 = 0.0. Il, pl. 43, 2-4.
25 = 0.0. II , pl. 37, 31-3 .
26 = 0.0. Il, pl. 23, 92-4. 31 Sauneron, Le papyrus magique illustré de Brooklyn, texte, p. 24 et n. mm, p. 28.
27 = 0.0. Il, pl. 16, 11-2. 32 Griffith Thompson, Demotic Magical Papyrus of London and Leiden, p. 135 et 193.
28 = 0.0. II, pl. 7, 31-33. 33 Maspero, Mémoire sur quelques papyrus du Louvre, p. 120-1. Johnson, Enchoria 7, 73. Cf. aussi le P. BM 10588 r" 7, 1-

29 = 0.0. II, pl. 46. 5. Bell-Nack-Thompson, Proceedings of the British A cade my !7, 235-87.
3o éerny, CED , 12. 34 GM 29, 145 sq.
110 YVAN KOENIG

On voit que la présence de la Nubie dans la magie égyptienne est particulièrement bien THE COLOSSAL STATUE OF MYCERINUS RECONSIDERED
attestée. Un grand nombre de traditions mythologiques s'y rattachent comme celle
d'Amon issu de Nubie 35 . La Nubie était réputée pour sa magie. Certes «l'exotisme» a dû [PLANCHES 3-4]
jouer son rôle. Comme on a pu le constater l'importance de la Nubie se développe au
BY
Nouvel Empire, ce qui est aussi dû à des raisons politiques, l'emprise égyptienne sur cette
région allant grandissant. La Nubie est le pays de l'étrange et de l'étranger que l'on méprise PETER LACOVARA AND C. NICHOLAS REEVES
mais dont on a peur 36 . Ce rôle de la Nubie se maintient dans les textes magiques
démotiques et aussi dans les textes littéraires. Dans Setne II, on voit notre héros aux prises One of the most impressive examples of royal sculpture to have survived from the Old
avec la magie nubienne. Ces noms étranges qui apparaissent dans la magie du Nouvel Kingdom is the colossal "alabaster" (calcite) statue of Mycerinus now in the Museum of
Empire sont peut-être à l'origine de ce que l'on retrouve dans la magie gréco-romaine par Fine Arts, Boston 1 (pl. 3-4). Reassembled from fragments 2 found in the mins of the
l'intermédiaire des textes magiques démotiques. king's pyramid temple at Giza in 1907 3 , the statue depicts the king seated on a block 1
throne, wearing the nms-headcloth with uraeus and dressed in the sngyt-kilt, his left hand
laid fiat against the le ft knee and his right hand clutching the familiar "napkin" 4 .
In common with the en tire series of Mycerinus figures 5 , the king is shown with a broad
upper torso . This Reisner took as perhaps indicating that "Mycerinus ... [was] actually
distinguished by unusually heavy shoulders" 6 ; others have seen this sort of exaggeration as
a mere artistic convention, an attempt to emphasize the power of the figure 7 or "to give a
correct impression when the statue is seen from below" 8 . Whatever the true explanation
may be, with the Mycerinus colossus the effect is heightened by a head which, even
allowing for the imbalance caused by the exaggerated shoulders, is incongruously small 9 .
The strange proportions of the Boston statue have attracted a good deal of comment
over the years. Most recently, Arielle Kozloff, in a paper presented at the Third
International Congress of Egyptology, has put forward the view that "the colossal portrait

For comments, suggestions and other assistance, thanks are due to Cyril Aldred, Christine Barratt, E.J. Brovarski, R.A.
Caminos, W. V. Davies, J.R. Harris, T.G.H. James, F.R. Jay, M . Lehner, A.J. Spencer and R. Stadelmann. Responsibility
for the opinions offered, however, lies solely with the writers.
1 MFA 09.204. Cf. PM Ill (2nd ed.)/i, 32f.

2 The missing portions of the feet, lower legs and the base were resto red in plaster in 1935, along with much of the lower

torso, arms and the right shoulder; cf. Dunham, BMFA 33, 21 f. Additional fragments of the statue not incorporated in the
1935 restoration are in storage in the Museum of Fine Arts.
3 Reisner, Mycerinus. The Temples of the Third Pyramid at Giza, p. 108 (A) (1).

4 For which cf. Fischer, Ancien/ Egypt in the Metropolitan Museum Journa/1968-1976, 143f.

5 Reisner, Mycerinus, p. 119 ; cf. pl. 38f.

6 Reisner, o.c., p. 119; he notes that the well-known statue of Rahotpe from Maidum displays similar proportions. Cf.

Harris, Egyptian Art, p. 35, nos 3, 6 & 7.


7 Cf., commenting generally, Fazzini, 1magesfor Eternity, p. 19.
35 Comparer avec le papyrus Caris berg 1, 16 sq. = Neugebauer-Parker, Eg. Astr. Texts I, p. 44 sq. , le soleil étant
8 Museum of Fine Arts, Boston, lllustrated Handbook (Boston, 1976), 152.
originaire de Pount ( = Somalie).
o Cf. Dunham, BMFA 41 , 72. It might perhaps here be stressed that there can be no doubt asto the correctness of the
36 Cf. aussi Kakosy, Nubien ais mythishes Land in Altertum, Ann. Un. Sc. Budap. 8, 1966, 3-10. La relation Amon-eau
restoration and the association of the head and !orso. Not only is there a join between the head and the surviving shoulder
mérite une étude à part ; cf. Berbere, Amon, = «eaux», avec suffixe n du pluriel (cf. Cohen, Essai comparatif, n· 485; (cf. pl. 4, a), but these elements were actually found together. Cf. Reisner, Mycerinus , p. 22, 108 (A) (1) (a)-(b) ; Vandier,
Wainwright, JEA 20, 142 ; Valbelle, Satis et Anoukis, p. 145, n. 1172).
Manuel III, p. 25, n. 3. '
112 PETER LACOV ARA AND C. NICHOLAS REEVES THE COLOSSAL STATUE OF MYCERINUS 113

of Mycerinus was originally the portrait of an earlier king. Mycerinus had the head re-eut device-albeit unparalleled elsewhere in Egyptian art-to produce a more impressive
to crea te his own portrait ... [and] this necessarily resulted in making it disproportionately figure 16 ; (II) that figure was the work of a maladroit sculptor-which, as Vandier notes,
small for the body" 10 . The recutting of facial features in the context of statue usurpation, is difficult to believe 17 ; or (III) that the artist's efforts were constrained by other, more
although not unknown in Egyptian art 11 , is nevertheless a relatively rare phenomenon, practical considerations.
and two features 12 would milita te against appropriation as an adequate explanation for Given the inherent improbability of (I) and (Il), option (III) perhaps warrants closer
the Boston statue's curious appearance. First, it seems most improbable that a reworking examination. One suggestion tentatively putto the writers is that an alteration in the size of
of the face would have resulted in such a drastic imbalance of the head as a who le 13 . the head may have been necessitated by a fl.aw in the stone 18 . Although this explanation
Secondly, the comparatively steep slope of the seat of the black throne - discernible even may well con tain a germ of truth, it cannat be considered wholly satisfactory. As is shawn
in its broken state (pl. 3, right)-is a distinctive feature of the large Mycerinus by the unfinished statuettes of Mycerinus from his valley temple 19 (pl. 4, b ), the rough
sculptures 14 , and would seem definitely to associa te the figure with the rest of the series. In proportions of the sculptures were blocked out in the initial cutting; major fl.aws would
short, neither in conception nor in its final form would the Boston colossus appear to pre- surely have appeared at this stage, in which case the design could and most probably 1
date the reign of Mycerinus. would 20 have been adapted to a void unduly altering the proportions of the finished
If usurpation by Mycerinus is unlikely, it must be considered equally improbable that piece 21 .
the piece was subjected to any later alteration. Quite apart from the fact that it is not at ali An explanation which perhaps fits the facts more closely is that the curious proportions
easy to see when, in what circumstances and by whom such alterations might have been of the Boston statue were the result not of accident but of a deliberate alteration in the
carried out, the features of the Boston statue conform in every respect to other contempo- iconographie composition of the piece 22 - though an alteration which might well have
rary portraits of Mycerinus, and there can be no doubt that the head is a product of that been prompted by difficulties in realizing in a rather brittle medium and on such a large
king's reign 15 . scale the proposed iconographie features of the piece. It is the conviction of the present
Since the attribution of the Boston colossus to Mycerinus seems certain, we are left with writers that, as initially blocked out, the colossus was intended to be represented wearing
but three possible explanations: (I) that the improbable size of the head was intentional, a not the nms but a narrow, upright crown -probably the ~çjt (white crown). If this is so,
the amount of stone allowed for the carving of the head will have been relatively narrow,
1 ° Kozloff, inThird International Congress of" Egyptology. 5-11 September 1982, Programme (Toronto, 1982), p. 32. determined, in fact, by the swelling of this projected crown; and indeed a reconstruction of
11 Cf., for example, Cairo CG 430 and 432 (Borchardt, Statuen und Statuelten, li, pl. 70f.; Evers, Staal aus' dem Stein , l, the figure with a white-crowned head the width of the existing nms will restore the
pl. 65f.; Aldred, Middle Kingdom Art in Ancien/ Egypt, pl. 41,43 and 46f.), Berlin 7264 (Evers, o.c., I, pl. 64), Berlin 1121
(Fechheimer, Die Plastik der ;{gypter, pl. 52; cf. Schiifer, Princip/es of" Egyptian Art, p. 18, n. 27), Philadelphia E635 (Miller, proportions of the statue to normality 23 (fig. 1). At a relatively early stage in the
JEA 25, 1f., esp. 4), and perhaps Louvre A40 (Ed. "Tel", Le Musée du Louvre, pl. 52f.). Each of these figures, the three
former originally contemporaneous representations of Sesostris II, the fourth a statue of Ammenemes III usurped by
Merenptah, the latter figure at one time attributed to the Middle Kingdom but now correct! y identified as a representation of 16 Cf. Dunham, BMFA 41, 72.
Amenophis III, .were reworked more or Jess extensively in the Nineteenth Dynasty. Note, in particular, with regard to CG 17 Vandier, Manuel, III, p. 25.
430, 432 and Berlin 7264, the reduction in the size of the ears and the subtle remodelling of the facial features; the uraei on 18 By Mark Lehner (persona! communication).

the Cairo sculptures were recarved to conform with New Kingdom fashion, whilst the pectoral ornaments on ali three 19 Reisner, Mycerinus, p. 112f., pl. 62f.

sculptures presumably replace the distinctive royal pendant of the Middle Kingdom. Although restorations of damaged 20 Examples of sculptural proportions being contrained by the size of the available stone are not, of course, unknown: cf.

sculptures from earlier epochs are frequently met with in the later period (cf., for example, British Museum EA 58892: Maspero, in Le Musée Égyptien, II, p. 37f., pl. 13, b (JE 35126).
Vandier, Manuel, Ill, Album, pl. 71, 6), the motive for these particular alterations was evidently usurpatory (though what has 21 Note also that an unintentional break resulting from a flaw in the rock could have been remedied by pegging,

been done to the neck on CG 430 and 432 could be the result of removing a damaged beard). cementing or otherwise re-attaching or replacing the displaced portion. Instances of such restorations are fair! y common, and
12 Quite apart from the fact that the usurpation of royal statues seems to be unattested before the New Kingdom.
severa! might be cited: cf. in general Fischer, in Ancien! Egypt in the MMJ, 120 and n. 40.
13 Note that, although the recarving of the facial features and ears on CG 430 and 432 in particular (n. Il above) has 22 Cf., perhaps, Berlin 21838 (conveniently, Aldred, Akhenaten and Nefertiti, p. 81, 105, n. 19).

thrown the head slightly out of the proportion to the rest of the body, the relationship between the head-dress and torso 23 As seems frequently to be case with seated representations of the Old Kingdom and earlier (cf. Cairo JE 32161 [Aidred,
remains substantially unchanged. Old Kingdom Art in Egypt, pl. 5]; Ashmolean 1896-1908 E.517 [ibidem, pl. 4]; Brooklyn 39.120 [Vandier, Manuel, Ill, Album,
14 Cf., in particular, Reisner, Mycerinus, pl. 40, c-d; 47, b; 48, d. The smaller, unfinished Mycerinus sculptures from the
pl. 8, 1]; exceptions include Cairo CG 40 [Vandier, o.c. , pl. 6, 3]), the figure's restored white crown has been furnished with
valley temple (n. 19 below) do not display this feature, and return to the throne type with a flat or Jess pronounced slope seen, no form of dorsal support. In standing representations of the king wearing the white crown, a dorsal support of sorne kind
for example, in the Chephren sculptures (cf. Vandier, o.c., pl. 2f.). seems to have been obligatory; cf., for example, the Mycerinus sculptures from the valley temple (Reisner, Mycerinus, pl. 38f.;
15 Cf. Vandier, Manuel, Ill, p. 25; Dunham, BMFA 41, 72. The identification as Mycerinus is implicity accepted by
Vandier, o.c., pl. 4f., Wood, JEA 60, 82f., pl. 23f.); Cairo JdE 39103 (Vandier, o.c., pl. 7, 5). Cf. Romano, in Neferut net
Godron, in Fs. Struve (Drevnii mir. Sbornik statei.), p. 71 f. = BIFAO 62, 59f. Kemit: Egyptian Art from the Brooklyn Museum, cat. no. 9 (Brooklyn 46.167).
114 PETER LACOV ARA AND C. NICHOLAS REEVES 115

blocking out of this figure, the decision must have been made (for whatever reason) to alter
the composition to depict the king wearing the low, broad nms. The maximum width of the
headcloth will therefore have had to be accommodated in a space originally intended for
the head alone . The sculptor appears, naturally enough, to have encountered sorne
difficulty in carrying out this commission, with the result that the proper canonical
relationship between head and body was irretrievably !ost.
The seant archeological record perhaps furnishes sorne support for this hypothesis, as we
may briefiy consider. Both at the so-called "valley temple" of Snofru at Dahshur 24 and at a
the pyramid temples of Cheops 2 5 and Chephren 2 6 at Giza, the re seems to have existed a
multiplicity of representations of the king, each temple having been designed with an open
court fronting a series of statue emplacements 2 7 • In the Snofru complex, at !east, these /
statue emplacements appear to have represented the monarch wearing the ~gt 28 . With the '
'1
pyramid temple of Mycerinus the plan changes, and one specifie niche is featured 29 • There
can surely be little doubt that this niche was intended for the Boston colossus, evidently the
main cult statue within the pyramid temple 30 . Ali the indications are that the headgear of
this statue was altered from a narrow, upright crown to the nms-headcloth, and it is clear
from the head of the colossal statue of Userkaf now in Cairo 31 that the tradition of a
single cult figure with nms was continued into the Fifth Dynasty. It may weil be, therefore,
that a development is to be discerned from a plurality of cult figures within the pyramid
temple, each figure adorned with the ~gt, to a single cult image wearing the nms 32 . If this is
the case, the Mycerinus colossus evident! y marks the point of iconographie transition-
although it is admitted that the exact motivation for this change must, for the moment,
elude us. b

24 Cf. Fakhry, The Monuments of Sneferu at Dahshur, 1, p. 106f.; II, passim . The unusual plan of the structure in which

the Snofru sculptures (n. 28 below) were set up, and the existence of a second, as yet unexcavated precinct close to the
cultivation (cf. de Morgan, Carte de la nécropole memphite, pl. 1), tend to cast doubt upon the excavator's interpretation ofits
role as being that of a valley temple; cf. further Smith, The Art and Architecture of Ancient Egypt (2nd edn. revised by
Simpson), p. 72f. Its doser affinity to the pyramid temples at Giza suggests, in fact, that it functioned in a similar way.
25 Cf. Lauer, ASAE 46, 245f., fig. 17, pl. 68.

26 Hoelscher, Das Grabdenkmal des Konigs Chephren , pl. 3.

2 7 The relevant portion of the Cheops pyramid temple is now large! y destroyed, but its design seems to indicate that it too

contained a number of statue niches (Mark Lehner, persona] communication). For a consideration of the possible
reconstruction of the rear portion of this temple, cf. Lauer, ASAE 49, ll6f.
28 Cf. Fakhry, Monuments of Sneferu, II/ii, p. 3f., pl. 33, 36f.

29 Reisner, Mycerinus, plan l (8).

°
3 Cf. Seidel-Wildung, in Vandersleyen, Das a/te /{gypten, p. 224.
31 JE 52501: Vandier, o.c., pl. 7, 6.

32 With sculpture from the valley temples, the nms is attested rather earlier, by the reign of Chephren at !east (Vandier,

o.c., pl. 2f.). The statue of Zoser from the Step Pyramid complex, wearing what sorne might construe as a "proto-nms" (cf.
La uer, La pyramide à degrés, II, pl. 24), is probably not immediately relevant to the present discussion; its discovery within a
serdab, albeit attached to the temple on the north face of the pyramid, suggests that its role was more akin to the "ka" statues
c
of the Old Kingdom funerary complex than to the later pyramid temple cult figures.
Figure 1:
a) MFA 09.204, as is;
b) the same, with white-crowned head of correct proportions superimposed;
c) the same, as originally conceived.
REVUE D'EGYPTOLOGIE, t. 38 Pl. 3

Lacovara-Reeves, The Colossal Statue of Mycerinus.


REVUE D'EGYPTOLOGIE, t. 38 Pl. 4

a) MFA 09.204, head fragments and shoulder before restoration


(courtesy Museum of Fine Arts, Boston)

b) Left to right: MFA 11.731, 11.730, 11.729, 11.733, 11.732


(courtesy Museum of Fine Arts, Boston)

Lacovara-Reeves, The Colossal Statue of Mycerinus.


THE SAQQARA STATUE OF PTAHMOSE,
MAYOR OF THE MEMPHITE SUBURBS

[PLANCHE 5]
BY

JAROMIR MALEK

1. MEMPHITE TOMBS OF THE NEW KINGDOM

Our knowledge of New-Kingdom tombs at Saqqara has recently surged forward as the
result of fresh fieldwork 1 , the study of monuments in collections or th ose recorded earlier '
but unpublished 2 , and of wider investigation 3 . Trends and patterns are beginning to
emerge, and sorne aspects can now be isolated and studied in detail. Although monuments
which derive from controlled excavations as yet represent only a small part of the
Memphite New-Kingdom corpus, and much of the recently discovered ma teri al still awaits
publication, we can start proposing general hypotheses. Future exploration will modify our
present views, but attempts at preliminary syntheses can highlight areas of interest and
indicate priorities.
This communication surveys the basic types of New-Kingdom tomb-statues 4 found at
Saqqara as the Memphite necropolis par excellence, and examines their relationship to
tomb-chapels. A statue of the Memphite mayor Ptahmose, the provenance of which can,
with the help of archive material, be established as Saqqara, is published here for the first
time.

1 Mainly in the area to the south of the causeway of Unas. For the excavations of the EES and the Rijksmuseum van

Oudheden te Leiden see preliminary reports in JEA since 1976, and G.T. Martin, The Tomb-Chapels of Paser and Ra 'ia at
Saqqâra, London, 1985. Nothing has yet been published on the work carried out since 1977 by the Faculty of Archaeology of
Cairo University, first under the direction of Soad Maher, and now of Sayed Tawfik. A.-P. Zivie has undertaken the difficult
task of exploration of the rock-eut tombs in the wadi to the south-east of the pyramid of Teti, Le Courrier du CNRS, 49 with
further bibliography.
2 To mention only a few, Lohr, Pantheon, 28, 467-74 ; Wenig, Festschrift i{gyptisches Museum Berlin, p. 239-45, pl. 32;

C.M. Zivie, BIFAO 75, 285-310, pl. 51-6; 76, 17-36, pl. 7-13; Graefe, MDAIK 31, 187-220, pl. 57-62; 33, 31-3, pl. 6; J.
Berlandini-Grenier, BIFAO 76, 301-16, pl. 53-6; 77, 29-44, pl. 4-14 ; 79, 249-65, pl. 51-4; 81, 9-20 pl. 5-9; Gaballa, The
Memphite Tomb-Chape/ of Mose; Gourlay, BIFAO 79, 87-101, pl. 35-7; Gamer-Wallert, Die Welt des Orients 14, 99-129 ;
Malek, SAK 12, 43-60, pl. 2-5 . .
3 In particular Kitchen, Festschrift Ede/, p. 272-84, and Berlandini, L'Égyptologie en 1979. Axes prioritaires de recherches,

Il, p. 195-212.
4 In the past few years two articles with Saqqara tomb-statues as the ir more general theme have appeared : Martin,

MDAIK 37, 307-11 , pl. 48-9; van Dijk, OMRO 64, 49-60 with pis. These are to be added to the earlier study by Schneider,
BSFE 69, 20-48.
118 JAROMIR MALEK THE SAQQARA STATUE OF PTAHMOSE 119

2. MEMPHITE TOMS-STATUES OF THE NEW KINGDOM B. Dyads of man and wife 8


Only sculptures found at Saqqara or those where such provenance is virtually certain SB 1. Amenemone and Nefertere, end of Dyn. l8 , 1imestone, Cairo Mus. Temp. No . 8.6.24.1 O.
are considered here. A few New-Kingdom private statues from the Serapeum and its SB2. Maya and Meryt 9 , temp . Tutankhamun or Haremhab, limestone, Leiden AST.3.
ancillary structures are known 5 , and others may have been connected with the nearby SB3a-c. Haremhab and wife, limestone.
SB4. lui and wife(?), late Dyn.18 or 19, limestone, seen sorne 104 metres 10 north of the tomb of
shrines of deities, though not necessarily on the Saqqara plateau itself. Nevertheless, unless
Tia in 1982.
there is evidence to the contrary, it seems safe to assume that most New-Kingdom statues SB5. Tjay and Nia, 1ate Dyn.18 or early Dyn. \9, limestone, Cairo CG 628 .
reported from Saqqara originated in private tombs. SB6. Ptahmose and Nehyt, temp. Ramesses II, basait, Cairo JE 41532.
SB7. Nebneheh and Bakert, Dyn.\9, limestone, Cairo CG 597.
2.1. Stone sculptures: summary of the types 6 SB8. Nefertemhotpe and wife, Dyn.\9, diorite, Sotheby's 1956.
The tomb-ownerjwife : SB9. Se ba and Wert-khenreti, Dyn.19, limestone, Munich G 1. WAF.33.
SB10. Amenuser(?) and Merytamun, late Dyn .\8 or early Dyn.\9, limestone, at Northern
seated man alone (SA) : 4 examples
Saqqara in 1982.
dyads of man and wife (SB): 14 SB Il . Iuiu and wife(?) Ty, probably temp. Tuthmosis IV, sandstone, Louvre A 116.
wife al one (SC): 3 SB 12. Huy and wife(?) 11 , end of Dyn.\8, sandstone.
standing man or wife alone (SD) : 3
kneeling man with a naos (SE): 10 C. Wife alonel 2
man with an image of a god (SF): 1
SC!. Meryt, wife of Maya, temp. Tutankhamun or Haremhab, limestone, Leiden AST.2.
man with an offering-table (SG): 2
SC2 and 3. Nehyt, wife of Ptahmose, temp. Ramesses II, limestone, Baltimore WAG 22.106,
block-statues man (SH): 2
and another in a collection in Japan.
man with a naos (SJ): 3
man with an image of a god (SK): 1 Seated statues, particularly dyads, are the most common among Memphite 1omb-
scribe-statues man (SL): 1 statues. They were intended to confront priests, relatives, and visitors to the chape!, and
Niches with standing statues of men (SM): 7 the circumstances were thus similar to those shown in tomb-reliefs, with the tomb-owner
Deities and sacred animais (SN): 3. and his wife in the presence of their children, subordinates, or members of the house-
hold 13 . A dignified seated attitude was a mark of status, and ex plains the popularity of
2.1.1. Statues of the tomb-owner and/or his wife such statues.

2.1.1.1. Seated 8 Although not in a strict chronological order, the numbering of Martin, MDAIK 37, 310-1 has been retained here, except

for his sculpture 10 which does not belong to this category. SB 1: PM IIP , 553 ; Berlandini-Grenier, BIFAO 76, 310, pl. 56.
A. Man alone 7 SB2: PM IIP , 663. SB3a-c : Martin JEA 63, 17-8, pl. 3[4] (one) . SB4: Id., MDAIK 37, 310(4) and n. 7. SB5 : PM IIP, 726.
SB6: PM IIP , 714. SB7: PM IIP, 726. SB8: PM IIP , 732. SB9: PM IIF , 729. SBIO: Martin, MDAIK 37, 307-11, pl. 48-9.
SAI. Ptahmose, temp. Amenophis III, limestone, Brooklyn 37.1512E. SB II: PM IIF, 730-1. SB12: PM IIP, 556. An unfinished limestone dyad, not in situ, was found in the court of the chape! of
SA2. Maya, temp . Tutankhamun - Haremhab, limestone, Leiden AST.1. Tia, but its date and association with the chape! are not clear, Martin, JEA 69, 27, pl 5[2].
SA3 and 4. Ptahmose, temp. Ramesses II, limestone, Leiden AST.7, 8. 9 Another perhaps still against the southern wall of the columned court, LD Text, I, 182-3. The tomb has recently been re-

discovered.
10 Measured by Kenneth J. Frazer and me in March 1982.

s PM IIP, 785 , 817-8, 821. 11 According to Quibell and Hayter, Teti Pyramid, North Side , 37, the name and title ofHuy's wife Meryt-sekhmet "were

Allegedly also from Saqqara: head, perhaps of Dyn.20, Oxford, Ashmolean Mus. 1872.87, PM IIF, 730, and another,
6 twice inscribed on a two-figure sculpture group" . Gunn (Notebook 8, No. 67) copied two texts on "five sandstone fragments
middle Dyn.18, in New York, Royal-Athena Galleries, in 1962, PM IIF, 732. See also the fragment of a granite statue, from statue or statuary group" of Huy, but the name of the woman does not seem to have been Meryt-sekhmet.
PM IIP, 732, and the fragments of a sandstone sculpture na ming [ Qen ]hirkhopshef and others, of unknown type, co pied by 12 SC!: PM IIP, 663. SC2 and 3: PM IIP, 714 and 715. The upper part of an unfinished limestone female statue was

Gunn (Notebook 8, No. 67). found near the chape! of Tia by the EES/Leiden Museum expedition in 1982, unpublished (information courtesy G.T.
7 Only references to PM IIP and sorne additional bibliography are given here for reasons ofspace. SAI : PM IIP , 721.
Martin).
SA2: PM IIP , 663. SA3 and 4: PM IIP, 714. 13 The situation is often reversed in scenes showing the tomb-owner standing before seated gods or their images.
120 JAROMIR MALEK THE SAQQARA STATUE OF PT AHMOSE 121

There does not appear to have been any strict rule about the composition of the dyads. 2.1.1.3. Man kneeling
The wife usually sits on the man's left, but the opposite arrangement is also known. This
E. With a naos 24
could have been influenced by the position of the sculpture in relation to the central axis of
the chapel and by attempts to achieve symmetry. SEl. Meryptah (naos of Osiris), temp. Haremhab, sandstone, Louvre A 60.
Sculptures showing women on their own are paralleled by similar statues of their SE2. Harmin (Osiris), temp. Sethos 1, limestone, Leiden AST.5.
SE3. Raia (Ptah), prob. temp. Sethos 1 - Ramesses II, limestone, Leiden AST.11.
husbands; thus Maya (SA2) and his wife Meryt (SCl), and Ptahmose (SA3 and 4) and his
[SE4 and 5 vacant].
wife Nehyt (SC2 and 3). These sculptures may have been placed in positions symmetrical SE6. Tjely (Osiris), temp. Ramesses II, sandstone, Cairo CG 1105.
with those of their husbands. No tomb-chapel belonging solely to a woman has yet been SE7. Parahotpe (Ptah), temp. Ramesses Il, red granite, outside the lnspectorate of the EAO at
discovered. Saqqara in 1986.
Seated sculptures stood ranged round the pillared or columned courts, protected by the SE8. Neferronpet (Ptah), temp. Ramesses II, red granite, seen in his tomb-chapel south of the
roofed ambulatories 14 . It is not clear whether they may have been placed in the central causeway of Unas at Saqqara in 1985.
[SE9 vacant].
cult-room (stela-room) at the western end of the chapeP 5 . This position is suggested by
SElO. Ptahmose (Ptah), temp. Ramesses Il, limestone, Brit. Mus. 1119.
comparison with The ban tombs 16 , but no such case has yet been reported from a SEll. Rekhinhert (Osiris), perhaps temp. Merneptah, limestone, at Saqqara in 1982.
Memphite tomb-chapel. The precise form of the western wall of the stela-room, with a SE12. Tjairy Userkhaure-nakht (Hathor-emblem), temp. Setnakht - Ramesses III, limestone,
possible niche to accomodate statues, is not yet fully known. Leiden AST.6.
SE13. Neferronpet (Osiris), temp. Ramesses IV, red granite, Leiden AST.l6.
2.1.1.2. Man or wife standing 17 The presence of kneeling naophorous statues may seem unexpected, but their place in
SDl. Queen Mutnodjmet, temp. Haremhab, limestone. the Memphite tomb-repertory during the New Kingdom is established with certainty.
SD2 and 3. Haremhab, limestone. Introduced by Senenmut 25 in the reign of Hatshepsut, they are sometimes erroneously
Standing statues flanked doorways and approaches to them 18 . regarded as destined exclusively for temples. The statues have traditionally been interpreted
The small number of preserved standing stone sculptures is surprising, particularly in as either representing an act of persona! piety, such as a donation of a small naos to a
view of the fact that such statues are often shown in reliefs, e.g. in the chapels of Maya 19 , temple, or as showing the tomb-owner "protecting" the god in the shrine, thus ensuring the
Mery-mery 20 , Ipuia 21 , and the son of Say 22 , and on a relief in the Petrie Museum (UC god's protection for himself. Recently, J. van Dijk has discussed in convincing detail how
408) 23 . the latter arrangement worked and why these statues were suitable for tomb-chapels. His
14 (a) Emplacements for three dyads (SB3a-c) in the second court of the tomb-chapel of Haremhab, Martin, JEA 63, 17.
explanation is based on the daily temple ritual and the "protection texts" sometimes
(b) Dyad (SB!) in the western columned portico of Amenemone, Loret, BlE III Sér. 10, 95. (c) Dyad (SB2) of Maya, LD inscribed on these statues: "The man holding the naos is revivifying his god by embracing
Text, I, 182-3. There are two emplacements reminiscent of those in the court of Maya in the first columned court of him and by protecting him against the powers of chaos that threaten to prevent his
Haremhab, and fragments of granite statue(s) were found nearby, but the type of the sculptures is not certain, Martin, JEA
63, fig. 1 on p. 14. unharmed rebirth and resurrection. By doing this the statue-owner resurrects himself
15 The dyad of Haremhab and wife which was found there probably belongs to one of the emplacements in the second together with his god who in turn protects his protector" 26 • It must be pointed out,
columned court, Martin, JEA 63, 17, pl. 3[4].
16 Abdul-Qader Muhammed, The Development of the Funerary Beliefs, p. 20-32.
though, that none of the Saqqara statues carries the "protection texts".
17 SD 1: Martin, JEA 64, 9, pl. 4(3]. SD2, 3: two emplacements, with the pedestal and feet of one, plus a torso with the 24 1 have retained the numbering of van Dijk, OMRO 64, 51-2, but his sculptures 4, 5 and 9 are black-statues, and these

upper part of legs (unpublished, courtesy G .T. Martin), and perhaps one head, Id. , JEA 62, 12 ; 64, 9, pl. 4[2]. numbers have been left vacant here. SEI: PM IIP , 706; Gamer-Wallert, o.c. , 112-22 with fig. SE2: Boeser, Beschr. Leiden
18 (a) The doorway to the second columned court of Haremhab, Id., JEA 62, 12 and 63, 15. (b) Emplacements for
V, p. 8-9[19], pl. 7. SE3: Id., ibidem, 11-12[26], pl. 12. Not included in PM IIP, and though listed by van Dijk, o.c., 51 , n. 14,
perhaps standing statues flank the ramp leading towards the western portico and doorway to the central chape! in the 1 am not full y convinced that it must come frome Saqqara rather than Memphis. SE6: PM IIF, 666. SE7: PM IIP, 665. SE8:
columned court of Tia, Id. , JEA 69, fig. on p. 26. not published. SElO : published here. SEl!: van Dijk, o.c., 49-60 with fig. SE12: Boeser, o.c. , 6-7[16], pl. 7. SE13: PMIIP,
19 PM IIP, 662(4).
707. The naophorous statue in Vienna 5773 (PM IIP , 818) allegedly cornes from the Serapeum, but its future editor may
20 PM IIP, 705.
consider the possibility that it originated in a Ramessid tomb-chapel.
21 PM IIP, 555(3). 25 D.W[ildung], LX IV, col. 341. New-Kingdom naophorous statues in general, Vandier, Manuel III, p. 468-71.
22 PM IIP, 571. 26 Van Dijk, o.c. , 56. The article contains further bibliography which includes the important studies by Ranke, MDAIK
23 PM IIP, 759.
12, 107-38, pl. 24-5, and Otto, Or. N.S. 17, 448-66.
122 JAROMIR MALEK THE SAQQARA STATUE OF PTAHMOSE 123

Scenes showing the tomb-owner before gods are one of the main themes of relief- J. Black-statues with a naos of a god 31
decoration of Memphite New-Kingdom chapels. The gods are frequently represented in
- SJI. Neferronpet (naos of Ptah), temp. Ramesses II, black granite, Cairo CG 1034.
the form of their cult-images, as if the action was taking place within the confines of a - SJ2 and 3. Khay (Re-Harakhti and Osiris), temp. Ramesses II, limestone, Cairo CG 604 and
shrine or a temple, and naophorous statues fit weil into these surroundings. The gods in the 606.
Saqqara naoi reflect the funerary milieu (Osiris) and local Memphite conditions (Ptah).
Only one of these statues (SE8) has been found in a controlled excavation, but information K. Black-statues with an image of a god 32
concerning the circumstances of the discovery is not available. The pillared or columned - SKI. Ptahmose (Ptah), temp. Ramesses II, basait, Leiden AST.23 .
courts seem the likeliest places for them.
2.1.1.5. Other statues
F. With an image of a god
A unique case is that of a scribe-statue (SLl, Paser, temp. Amenophis III, sandstone,
Only one possible example is known tome: an incomplete limestone statue found to the Cairo CG 827)3 3 , where the provenance is assured . That of the statue representing the '
west of the tomb of Ti a and removed to a Saqqara magazine 2 7 • tomb-owner and a relative(?) (late Dyn.l9-20, Louvre A 72) 34 is less certain, and it is not
included in this survey.
G. With an offering-table 28
2.1.2. Niches containing standing statues of men 3 5
SG 1. Perhaps Haremhab, limestone.
SG2. Rameses-userkhepesh, Ramessid, 1imestone. SM1-6. Pagerger, Dyn.19, 1imestone, in Copenhagen, Thorwa1dsen Mus. 349, and Leiden
AM.14a, 15-17, and no doubt also Leningrad 1079.
SM7. Pahemneter, probab1y temp. Ramesses II, limestone, Cairo JE 89046.
2.1.1.4. Block-statues of men
In these monuments the niche and the statue are carved in one piece. They can be
Block-statues are usually associated with temples, and none of the statues of this type
described as architectural elements decorated in three dimensions instead of the usual
has yet been found in controlled circumstances. Nevertheless, the registers of Cairo
relief. Their original position is to be sought in the courts where they may have formed
Museum are certain about the Saqqara provenance of three of the sculptures (SH2, SJ2
parts of pillars or pilasters 36 .
and 3) and a fragment of another 29 . It thus seems that Memphite New-Kingdom tomb-
chapels contained block-statues, although clearer evidence is needed. Three types are 2.1.3. Deities and sacred animais 37
known.
Only a handfuP 8 of such statues canas yet be cited:
H. Simple block-statues 30 31 SJI: PM IIP, 707. SJ2 and 3: PM IIF , 726.
32 SKI: PM IIP, 728.
SH 1. Ptahmose, temp. Amen ohis III, but perhaps dedicated during Dyn.19, sandstone, Florence 33 PM IIF, 725; BlE II Sér. 9, p. XIX (JE 28408).
1790. 34 PM IIP, 731.

SH2. Ptahmose, Dyn.l9, limestone, Cairo CG 642. 35 SMI-6: PM IIP , 708; Landa-Lapis, Eg. Antiquities in the Hermitage, pl. 48; Golénischeff, Inventaire de la collection

égyptienne, p. 159. SM7: PM IIP , 709.


36 Gaballa, MDAIK 30, 22, notes that one side of the niche of Pahemneter (SM7) was left rough and uninscribed, and

suggests "a corner position .. . at the junction of a wall and a doorway".


37 SNI: Gaballa, The Memphite Tomb-Ch(lpel of Mose, p. Il, pl. 18. SN2: Recorded by W.M. Flinders Petrie (Sayce

MSS. 22a); PM IIP, 592 ("probably La te Period" to be corrected to "pro bab! y Ramessid"). The position in the clifflooking
17 Not yet published . Seen by me in 1982. south at the valley temple of Unas indicated in Baedeker, Xgypten (1897), plan after p. 126. Petrie's description may imply
28 SGI: Martin, JEA 64, 9, pl. 4[1]. SG2: PM IIP , 559, connected with the remains of a tomb-chapel. that there were two tombs with such statues, one known as the "Tomb with Cow", the other of Ramose. Now sanded up and
29 The head of a block-statue of an unidentifiable type , Dyn.l9 or later, Cairo CG 850, PM IIJ2 , 667.
inaccessible. SN3 : G.T. Martin, JEA 69, 28 . A similar pedestal for a statue may have been found in the southern of the three
30 SH 1: PM IIP, 727. SH2: PM IIP , 667. A diorite block-statue of the vizier Neferronpet, temp. Ramesses II, Cairo CG
chapels ofHeqamaetre-neheh, Malek, SAK 12, 51, pl. 2[1].
713 (PM IIP, 707), is only Il cm high, and it must be doubtful that it cornes from Neferronpet's tomb. 38 An unfinished seated statue-group consisting of three figures , found not necessarily in situ in the tomb-chapel of Tia,

may have been intended to represent deities.


124 JAROMIR MALEK THE SAQQARA STATUE OF PTAHMOSE 125

- SNI. Seated Osiris, limestone, in the chape! of Mose, temp. Ramesses II. 2.2. Wooden sculptures
- SN2. Apis(?)-bull, in a rock-eut tomb, probably of Dyn.l9.
- SN3. Bull, limestone, in the chape! of Tia, temp. Ramesses Il. Man, woman , or child standing 47
All these sculptures seem to be associated with the western (inner) parts of the tomb- - WAl. Woman Sitmut, temp. Amenophis III, Cairo CG 452.
chapel. The statue of Osiris of Mose was placed on the central axis of his chape! and - W A2. A woman, probably temp. Amenophis III, Cairo CG 803 .
substituted for the usual two-dimensional image of the same god on the main stela-niche 39 . - WA3 . Tjay, end ofDyn.l8 , Cairo JE 33255.
The statue of the bull in the southern room at the western end of the chapel of Tia - WA4. A man, late Dyn.l8 or 19, Cairo CG 798 .
- WA5 . A man, 1ate Dyn.18 or 19, Cairo CG 799.
probably was connected with the representations of cows and calves on the adjacent
- WA6. Khent-siennebta(?), 1ate Dyn.l8 or 19, Cairo CG 805 .
southern wall which formed a vignette of the Book of the Dead 40 . The integration of - WA7. Hori Re, late Dyn.18 or 19, Cairo CG 806.
statuary and reliefs is here at its most conspicuous, and the situation resembles that in - WA8. Woman Henutwedjebt, 1ate Dyn.18 or 19, Cairo CG 801.
Theban tombs where the sculptures were often rock-eut. WA9. Woman Henutnakhtu, late Dyn.18 or 19, Cairo CG 804.
- WA10. A boy, 1ate Dyn.18, Cairo JE 44884.
2.1.4. Other sculptures
Wooden sculptures representa special category ofNew-Kingdom tomb-statues, distinc-
There are hardly any pieces which do not fit into the categories listed above, such as the tive by their size and type. Most of them are small (9-32.5cm)-the largest, of Tjay, is
unusual 19th Dynasty limestone statue 41 , perhaps of a deity adored by kneeling Amen- 59cm high-and all show the person standing. Women, shown with the left foot
wahsu and wife, and showing King Teti in front of his pyramid in relief on the sides of the advanced 48 , are well represented. Wooden sculptures may have been deposited in the
throne, in Marseille 211. This may not be a tomb-statue, but a reflection of the revival of subterranean burial-chambers, and one (WA10) has been found wrapped in cloth inside a
Teti's cult, attested by stelae 42 . coffin. None of them belongs to the owner of a large decorated tomb-chapel, so that one
An unfinished triad was found in the tomb-chapel of Tia, but whether it originally wonders whether this type was charateristic of burials without substantial superstructures.
belonged there is not clear 43 .
The texts (Book of the Dead) on small statuettes showing the tomb-owner grinding 2.3. Overview
corn 44 or as a mummy on a bier 4 S, indicate that they are to be interpreted in a way similar
A typical tomb-chapel of the New-Kingdom at Saqqara was free-standing, and the
to shabtis, and that they probably originated in burial-chambers. The very small statuettes
number of rock-eut tombs is small. Only one (SN2) of the Saqqara tomb-sculptures known
of women nursing children 46 , Cairo CG 1252-4, may have also come from burial-
so far appears to be rock-eut.
chambers.
The plans of large Memphite tomb-chapels of the New Kingdom display a number of
points of similarity with those of contemporary "purpose-built" medium-size temples, i.e.
temples designed and built as units, without modification of earlier buildings and
unaffected by later alterations (e.g. the temples built by Ramesses II for Hathor and Ptah
39 Thus interpreted by me in JEA 67, 163.
40 Thus understood by me, SAK 12, 54 with n. 47. at Kom el-Rabia) 49 . The similarity extends to statues placed in tomb-chapels which show a
41 PM IIP, 729.
corresponding, if restricted, range of types as temple-statues. No types of sculptures
42 PM IIJ2, 395.

43 Martin, JEA 69, 27-8. The suggestion that statues were to be finished in the chape! seems tome unlikely. 1 would like
exclusively intended for Memphite tomb-chapels are attested, and unless individually
to interpret the unfinished sculptures in the chape! of Tia as an indication of the presence of a sculptor's workshop in the composed and explicitely phrased so that the destination of the statue is left in no doubt,
vicinity of the tom b.
44 Amenhotpe Huy, limestone, temp. Amenophis III, Cairo CG 763, PM IIJ2 , 703. Ptahmose, limestone, temp.
there is no discernible difference in texts between temple and tomb sculptures. However,
Amenophis III, ex-Lambruschini collection, PM IIJ2 , 713. Merymery, sandstone and limestone, temp. Amenophis III or a
little later, Leiden AST.30a, 30b, 52, PM IIJ2 , 705. Cf. also Siesi, bronze, temp. Tuthmosis IV to Amenophis III, Brooklyn 47 WAI : PM IIP, 725. WA2: PM IIF, 725-6. WA3: PM IIP , 553. WA4-9: PM IIJ2, 726. WAIO: PM IIP , 556. A
Mus. 37.125E, PM IIP, 721. wooden female head, end ofDyn.18 or later, Cairo JE 71969, PM IIP , 592.
45 Mery-mery, sandstone, temp. Amenophis III or a little later, Leiden L. VII.14, PM IIP, 706.
48 Vandier, Manuel III, p. 437.
46 PM IIJ2, 726.
49 PM IIF , 843-4, and 852-3 ; Jeffreys, The Survey of Memphis, 1, p. 72-3, 74, fig. 30-6, 38-9.
126 JAROMIR MALEK THE SAQQARA STATUE OF PTAHMOSE 127

only when a larger number of 1omb-sculptures is known and a study of contemporary Sorne of the large tomb-chapels contained a number of sculptures: three or four are
Memphite temple-statues is undertaken, can the problem be seriously tackled. known from the chape! of the "amateur de statues" Maya (seated SA2, dyad SB2 and
The tomb-chapels did not have any rooms specially designed to contain statues. The perhaps another 51 , and seated of wife SCI) 52 , six belong to Ptahmose (two seated SA3
locations of sculptures in the chapels can be compared to th ose of royal and priva te statues and 4, dyad SB6, two seated of wife SC2 and 3, and one kneeling naophorous statue
in the temples of gods, with the courts and entrances leading to them being of the grea test SElO), and at !east eight come from the chape! of Haremhab (eight emplacements, with
importance. three standing statues SDl-3, three dyads SB3a-c, one kneeling with an offering-table SGl,
All Memphite tomb-statues of the New Kingdom were from the outset intended to plus fragments ofpossibly other pieces). Neferronpet may have had a kneeling naophorous
perform a specifie function or be a material expression of an ideological concept connected statue (SES) as well as a black-statue with a naos (SJl).
with the tomb-chapel. In the case of large stone statues this often went hand~in-hand with The size of stone sculptures varies from over-life size (e.g. the statues of Maya) to quite
the chapel's architecture (niches with statues, but also standing statues flanking doorways small (e.g. black-statue SJl is only 26cm high). This is, no doubt, related to the size of the
and sorne of the seated dyads in courts) and relief-decoration (statues of deities). Three- tomb-chapels and the original locations of the statues. Wooden sculptures are noticeably\
dimensional sculpture formed an integral part of the architectural design and decorative smaller.
programme of tomb-chapels. It is conceivable that a statue of an illustrious ancestor could Most of the stone statues from Saqqara are made of limestone, but more prestigious
have been set up in his chapel by a descendant or an admirer belonging to a later hard stone (red and black granite, basait, sandstone) was used in sorne 30% of the present
generation, but such occurrences, if attested at all, are exceedingly rare 50 . corpus. There is no obvious pattern related to the type of sculpture: a half of the kneeling
naophorous statues are made of hard stones, but the sample is too small to be statistically
significant. The choice ofmaterial was probably dependent on the individual circumstances
of the tomb-owner.
It is difficult to see points of contact between stone and wooden sculptures. There is
little overlap in types and we know of no individual with stone as well as wooden statues.
This may be partly due to the chances of preservation which would have been considerably
reduced for wooden statues placed above ground. The survival rate of small wooden
sculptures placed in burial chambers or coffins would have been much higher.

3. THE STATUE OF PTAHMOSE, BRITISH MUSEUM 1119

3.1. Provenance

Our present rather hazy picture of Saqqara 1omb-sculptures of the New Kingdom is
based on a relatively small number of monuments. It will become clearer with the addition
of further statues, particularly those found in controlled excavations or where the
provenance of the piece can be established with certainty.
In 1909 in A Guide to the Egyptian Galleries (Sculpture) 53 the provenance of the
fragmentary statue No. 1119 of the British Museum was given as Memphis. This, however,
1. Statue of Ptahmose, BM 1119, photographed by
does not seem correct. Among the photographs which W.M. Flinders Petrie took in Egypt
W.M. Flinders Petrie at Saqqara in 1881-2. Courtesy the seems to belong to the !9th Dynasty (Florence 2607, PM IIP, 709). A special case is the pair of statues of Anubis set up in
Griffith Institute the tomb-chapel of Haremhab in the Ramessid Period, Martin, JEA 62, 12, pl. 4[2].
51 See n. 9.

50 Possibly block-statue Florence 1790, PM IIP, 727. The owner, the High Priest of Memphis, Ptahmose, was a 52 In addition, the reliefs in the columned court show standing and naophorous statues, PM IIP, 662(4) and (5).

contemporary of Amenophis III, but "his son, the High Priest of Memphis, Pahemneter, son of Meh" (Farina, Sphinx 21, 53 127[450]. Sorne titles quoted by M. Stolk, Ptah. Ein Beitrag zur Religionsgeschichte des alten Aegyptens, p. 39.
128 JAROMIR MALEK REVUE D'EGYPTOLOGIE, t. 38 Pl. 5

in the winter of 1881-2, there are two (Nos. 531-2) which show this statue lying on its side
in what looks like a crude1y excavated pit (fig. 1). Petrie's caption, written in his own hand
in the album in the Archives of the Griffith Institute, describes it as "shrine of Ptah
dedicated by Ptah-mes an architect. Sakkara".

3.2. Description

The statue (pl. 5) is of a naophorous type, representing the owner kneeling holding a
shrine with a figure of the god Ptah. The material is limestone with sorne green veining.
The sculpture is incomplete and damaged at severa! places: the upper part of the man and
the whole of his back are lost, so that the height of the shrine is also the present height of
the statue. The front corners of the inscribed base of the statue are broken off, and it is not
clear whether the base was rectangular or whether its corners were rounded. This is the
state in which the monument was photographed by Petrie.
The present maximum height of the statue is 35.5 cm; it is 34.5 cm long and 21 cm wide
at the front.
The arms show powerful, if perhaps rather crudely modelled, hands with the fingernails
indicated. The hands are pressed against the sides of the shrine, with the four fingers held
close together and the thumb placed above them with the thumb-nail in a horizontal
position. The ankle of the right foot and the fibula are clearly modelled, and the toes, with
the toenails carefully shown, are splayed. The left foot is damaged to a much larger extent
than the right one. A pleated garment (12 pleats are indicated on both sides) covers the
man's knees like an apron, but a more finely pleated mid-calf undergarment shows above
the ankles (25 pleats above the left foot and 18 above the right) and at the back (13 pleats).
The shrine, of the traditional Upper Egyptian type (pr-wr), is resting on the ground
between the kneeling man's knees. Its vaulted roof is sloping down backwards. The
opening measures 23 cm (height) by 9.3 cm (width at the bottom) and is narrower at the
top. The sides of the shrine are not qui te flat, but are rising in a convex fashion towards the
hands. The god in the shrine is Ptah. His iconography shows no unusual features, and his
right hand is placed above the left on the wJs-sceptre.

3.3. Texts

The texts are incised within framing-lines along the edges of the shrine at the front (A,
B), the sides (C-F), and on the roof (G), as weil as on the three sides of the base (H, I). On
the front of the shrine as weil as on the base the text starts in the centre and runs in both
directions. The starting point of the text on the si des of the shrine is the upper front corner.
The text on the roof of the shrine is inscribed as if intended to be read by a visitor standing Statue of Ptahmose, BM 1119

in front of the sculpture. The surface of the stone is badly damaged and this makes reading Malek, The Saqqara Statue of Ptahmose.
difficult in places.
THE SAQQARA STATUE OF PTAHMOSE 129

\if:M*l\::0~~~ 0

B A ~
=

2. Texts A, B. 3. Texts C, D.

Front of the shrine: (fig. 2)

- A. ----+ An offering which the King gives to Ptah, Ï Lord of Tru th (nb mJ 't), Great of
Strength ('J p~tj), Great of Might (wr nbtw)", so that he givesb- his- to the kac of
the Mayor of the Memphite Suburbs, Ptah[mose].
- B.+--- An offering which the King gives to P[tah]-

Right side of the shrine : (fig. 3)

- C. +--- An offering which the King gives to Ptah, Great of Strength, so that he gives a
good burial following an old age.
- D.! An offering which the King gives to [Pta]h, Great of Strength, so that [he] gives
[ - c.S-6 groups - ] to the Mayor [P]tahmose.
130 JAROMIR MALEK THE SAQQARA STATUE OF PTAHMOSE 131

F
+/J::O
~
a 0 E
~ 1
t===J
11~
~

\- G
dJ
~

H contd

~
~ IJ
[Ç]©J
~
~

w~
~
6. Texts H, I.

~
~ 1 Front and right side of the base: (fig. 6)

M~ - H. +---An offering which the King gives- good memory (of me) by everybody, to the
ka of the Mayor ofthe Memphite Suburbs, Ptah[mose].
4. Texts E, F. 5. Text G.
Front and left side of the base: (fig. 6)
Left side of the shrine: (fig. 4) - 1.---+ An offering which the King gives to P[tah]- he [gives] sweet breath of life, to
- E. ---+An offering which the King gives to Ptah, Great of Strength, so that he grants the ka of the Overseer of Works on all Monuments of His Majesty in Hikuptah,
favours before the King. Ptah[mose].
- F. Î An offering which the King gives to Ptah, Great of Strength, so that he grants
that hect endures - in his temple, to the ka of the Steward Ptahmose, justified. (a) Nb m3 't, "Lord of Tru th", is the common epithet of Ptah at Memphis and e1sewhere. For '3
p~tj,"Great ofStrength", see e.g. the triad of Ptah, Sekhmet, and Ramesses II behind the Museum
of the Colossus at Mit Rahina, A.M. Moussa, SAK 9, 286, pl. 6; 18th Dyn. stelae Manchester 4909,
Roof of the shrine: (fig. 5) Petrie, Memphis, 1, pl. 9[49], 13[middle], and Brit. Mus. 1471, Id., ibidem, pl. 13[30]; Wb. 1, 539.19.
Wr nbtw, "Great of Might", seems certain, but 1 cannot quote another Memphite example.
- G. ~ 1. All that cornes on the offering-table of the Lords of Etemity, consisting of (b) T~e first group may be sb3 < j>, "memory of me", and further on "in the mouths- of tho se
2. breade, beer, cool water, incense, wine, 3. vegetablesr, all things good and pure, to on earth", but 1 do not understand this wish completely.
the ka of the Royal Scribe, Chief Steward 4. of Ptah, Mayor in Hikuptah, Ptahmose. (c) The surface is too damaged to be certain about the possible stroke next to k3.
132 JAROMIR MALEK THE SAQQARA STATUE OF PT AHMOSE 133

(d) 1 would expect rwq rn.} for which the space is just right. The stone is so damaged that the D. As an Overseer of Works:
presence of fmust be queried.
jmj-r kJwt m mnw nb n ~mfm Jfwt-kJ-Pt~
(e) Presumably thus, although the traces are not clear.
(f) Probably rnpwt.
The most unusual among these is C2, ~Jtj- '~] Jnbw , "Mayor of the Memphite Suburbs",
3.4. The identity of Ptahmose, BM 1119, and his Saqqara tomb-chapel literally "Mayor of beyond The Walls". Similar expressions,~] Jnb rsj and~] Jnb m m~t,
were used in the temple of Seth os 1 at Abydos 57 to indicate where offerings to various
Lists of the monuments of the Memphite Mayor Ptahmose have been compiled by K.A. deities were made at Memphis. Jnb(w) probably denoted the original walled enclosure of
Ki tchen 54 and J. Berlandini 55 . To these 1 can add another three items (statue BM 1119, a Memphis, distinct from the large Ptah enclosure, excavated by W.M . Flinders Petrie 58 ,
block from Giza, and relief Frankfurt 1643). 1 agree with Kitchen that in the case of his which dominates the present ruin-field of Memphis. Petrie's enclosure only represents a
monument No. 3, statue Cairo CG 642, the attribution is rather uncertain, and therefore 1 massive expansion of Memphite temple precincts eastward.
would exclude it. 1 share L. Borchardt's view that the monument listed as No. 10 by In titles, the expression ~] Jnbw seems to be paralleled only once. This is in the title of a '
Kitchen and as No. VI by J. Berlandini is not ancient (although, unlike Borchardt, 1 am "Steward of the Precinct of Ptah beyond The Walls in the Domain of Ptah", on a block 59
inclined togo further and condemn it completely) 56 . seen by K.R. Lepsius re-used in a Moslem tomb at Giza in 1842-3. Its owner is also called
Since there are no indications of parentage on the statue, Ptahmose's other monuments Ptahmose and his titles are close variants of th ose of Ptahmose BM 1119:
can only be identified by his titles. Sorne caution is required: it seems that in view of the
great popularity of the name Ptahmose at Memphis during the Ramessid period it would B. As a Steward:
be unwise to insist that such titles as ~Jtj-' or jmj-r pr are alone sufficient for identification.
The titles of Ptahmose BM 1119 are as follows: n pr Pt~ hJ Jnbw [ m pr] Pt~ (Giza block)
jmj-r p r /
A. As a Scribe (probably not functionat): ~ wr n Pt~ (BM 1119)
s§ nswt
If 1 am correct in my restoration of the lacuna on the Giza block as 1~ ~ +----- and in my
B. As a Steward: interpretation of the incompletely preserved title, the reference is made to a temple of Ptah
built outside the walls of ancient Memphis.
B1. jmj-r pr
B2. jmj-r pr wr n Pt~
D. As an Overseer of Works:

C. As a Mayor: nsw (Giza block)


jmj-r kJwt m mnw nb n /
Cl. ~Jtj-'
~ hmfm Jfwt-kJ-Pt~ (BM 1119)
C2. ~Jtj-' ~] Jnbw
C3. ~Jtj-' m lfwt-kJ-Pt~
There can be little doubt that the monuments refer to the same man 60 • The block was
probably brought to Giza for re-use.

57 PM VI, 24 (218)-(219); Kees, RT 37, 57-76; KR! 1, 173-6.


54 KR! III, 171-80, and VII, 112-3. 5s "Ptah Enclosure" in PM IIF, 831ff., even though the existing enclosure walls are much later, Anthes, Mit Rahineh
55 BIFAO 82, 85-103, pl. 7-14. 1956, p. 31-2.
56 Capart, CdE 15, 249-50; Borchardt, ZA'S 66, Beilage, pl. 2[12]. Now in a museum collection in USA, Bierbrier, JEA 59 LD Text, 1, 126[8].

71, 208. 60 The da ting in PM IIP, 310 must be corrected.


134 JAROMIR MALEK THE SAQQARA STATUE OF PTAHMOSE 135

The third monument which 1 can add to Ptahmose's dossier is a block 61 in Frankfurt his title jmj-r pr m ~wt-nJr Jb-StbJJ-mrjj-Pt~ m pr Pt~ on the pyramidion recorded by
am Main, Liebieghaus, 1643. Reliefs Leiden AP.54 and Frankfurt 1643 directly adjoin. Lepsius. The dating of the Mayor Ptahmose to the reign of Ramesses II was proposed by
Another, Florence 2557, almost certainly belongs lower down in the same wall, to the right H. Kees 67 and K .A. Kitchen 68 , but A. Hermann 69 and W. Helck 70 preferred the reign of
of the Leiden block. The joining reliefs probably formed part of the northern wall of one Ramesses III. The unstated reason for this la ter date may have been the statue 71 of a
of the rooms (chapels) at the western end of the tomb-chapel. This is suggested by the Ptahmose who was i.a. ~Jtj- • and jmj-r pr-wr m ~wt Wsr-mJ 't- R • stp-n-R • m pr Jmn, in
expected 1) outward direction of writing in the bandeau-texts separa!ing the registers, Leningrad 743. This has the cartouches of Ramesses III on its shoulders, but the man's
2) westward orientation of the tomb-owner in scenes before gods, 3) eastward-facing titles are sufficiently different to be certain that he was not the same person.
tomb-owner and wife seated in offering-scenes. The Florence block cornes from the end of
the wall and shows the characteristic vertical ornamental framing-border. The Frankfurt 3.6. May ors of Memphis during the New Kingdom 7 2
block probably shows the other, western, end of the same wall, with the border and sorne
W. Helck 73 has compiled a list of eight mayors of Memphis during the New Kingdom,
of the relief next to it lost. The length of the wall can be reconstructed to have been sorne
to which another three must be added. This does not take into account officiais described t
331 cm plus the lost western end. The inscribed block seen by Lepsius at Giza could be
as merely ~Jtj- ·, without the addition of "Memphis" or a similar toponym, even if they are
part of the bandeau-text from the opposite wall.
attested in the Memphite area 74 •
Ptahmose's chapel thus almost certainly contained three rooms (chapels) at its western
end (as probably alllarge Ramessid tomb-chapels did), and this would suggest rooms of
1. lfmjj, temp. Tuthmosis III.
approximately the same size as e.g. in the cha pel of Tia 62 . Ptahmose's tomb-chapel and his 2. Mn-bpr, temp. Tuthmosis III (He1ck) or Amenophis III (Porter-Moss).
sculptures were of the size and quality one would expect for the highest official of local 3. Qn-Jmn, temp. Amenophis II.
government at Memphis. lt was, no doubt, situated at Saqqara on the plateau to the south 4. lfbjj, temp. Amenophis III.
of Unas's causeway, and it will eventually be re-discovered by one of the teams working in
the area at present. When the plan of the chapel is known with certainty, the attribution of
the monuments to its various parts will become a much easier task.
67 Priestertum, p. 108-9.
68 KR/III, 171-80.
69 MDAIK 6, 39[7].
3.5. The date of Ptahmose BM 1119
70 Materialien I, p. 133.

71 Landa-Lapis, Egyptian Antiquities in the Hermitage, pl. 47; Lapis-Mat'e, Drevneegipetskaia sku/'ptura v sobranii
Ptahmose's date is indicated by his title jmj-r pr wr m tJ ~wt R ·-ms-sw mrj-Jmn m pr Pt~,
Gosudarstvennogo Ermitazha, Moscow, 1969, p. 85[80], pl. 2; but cf. Helck, Verwaltung, p. 380-1, 493[34]; KRI.V, 391.
"Chief Steward in the Temple of Ramesses II in the Domain of Ptah", on the "Rhoné 72 1. Statue Louvre E. 5336, Piehl, Inscriptions hiérogl., 1 Sér., pl. 26[F]. 2. (a) Statue Chicago, Or. Inst. 8634, Naville-

relief' 63 , reliefCairo JE 4874 64 , and the pyramidion 65 seen with the dealer Fernandez by Hall, The X/th Dynasty Temple at Deir el-Bahari, III, pl. 4[2], 8[8], p. 2. (b) and (c) Jambs, reused in TT 27, in New York,
MMA 36.3.272 and Cairo JE 66284, PM J2, 45. 3. Statue found at Asasif, Barakat, Études et Travaux 12, 85-91. The title is
K.R. Lepsius. The temple probably is the same as the Memphite memorial temple of
not known from Qenamun's other monuments, Wild, BIFAO 56, 233-7. 4. Rock-tex!, de Morgan et a/ii, Cat. des
Ramesses II called tJ ~wt R ·-ms-sw mrj-Jmn bnm-mJ 't nt Pt~, the building of which is monuments et inscriptions. I, 28[8]. Note that the father of the Chief Steward in Memphis Amenhotpe Huy (tomb, PM IIP,
described on the statue of the Memphite Mayor Amenhotpe Huy. lt is likely that 702-3), of the reign of Amenophis III, had the same name. 5 and 6. Stela Leiden AES. 7, P.A.A. Boeser, o.c., VI,
2[4], pl. 8. 7. P. Bibl. Nat. 205a, 206, Spiegelberg, Rechnungen aus der Zeit Setis 1. , pl. 4,a line 6, and 6, line 2. Note the
Ptahmose succeeded him in office, probably directly and during the reign of Ramesses II. unpublished relief from a Saqqara tomb-chapel of a Neferhotep, ~]tj- ', Cairo Temp. No. 8.11.26.4, PM IIP , 755, and the
His career may have, as J. Berlandini has suggested 66 , started under Sethos I because of unpublished stela-fragment with the same name and title, found in the Teti pyramid area at Saqqara, PM IIF, 572. 8. (a) and
(b) Sarcophagi, one Cairo JE 59128, Hamada, ASAE 35, 122-31 with pis. , the other in the Museum garden at Mit Rahina,
Badawi, ibidem, 44, 181-202, pl. 16-20; two small additional fragments were found by the EES in 1982. (c) and (d) Statues,
Id. , ibidem, 202-5, pl. 22, and Mariette, Le Sérapéum de Memphis, pl. 23. (e) Pyramidion, Cairo Temp. No. 7.11.24.1,
61 ;{gyptische Kunst im Liebieghaus, Frankfurt am Main, No. 23 with fig . Mysliwiec, SAK 6, 145-55, pl. 38, 39 . (f) Shabti, Mariette, o.c., pl. 14[upper left]. The texts of ail conveniently in KR! III, 164-
62 Martin, JEA 69, plan on fig. 1 on p. 26; 70, plan on fig. 1 on p. 6. 71. 9. This article. 10. Ail shabtis: ex-Likhachev collection, Turaev, Egipetskifa zam"tki, ist p.; Vatican, J.-F. and L.
63 Berlandini, o.c., 86-92, pl. 7. Aubert, Statuettes égyptiennes, p. 90; ex-Omar Pasha collection, Id., CdE 51, 69[385]. Il. ReliefVienna 5816, Wreszinski,
64 Id., ibidem, 95-6, pl. 10. Aeg. lnschr. Wien, p. 128-9[1. 32].
65 LD Text, I, 15. 73 Verwaltung, p. 224-5, n. 14; LÂ 1, col. 878.

66 O.c., 102-3. 74 Verwaltung, p. 222-3 .


136 JAROMIR MALEK THE SAQQARA STATUE OF PTAHMOSE 137

5. Hrw-nfr 75 , 1st halfofDyn. l8 76 . It seems unlikely that the increase in the number of the variants of the tit1e during the
6. BS3w, son of the preceding, 1st half of Dyn.18. reign of Ramesses II refiected any change in the mayor's duties or his area of influence. It
7. Nfr-&tp, temp. Sethos 1. may provide a useful dating criterion, but this will have to be tested when new material
8. Jmn-&tp lfjj, temp. Ramesses Il.
cornes to light.
9. Pt&-ms, probably temp. Ramesses II.
10. Tl r·~~ ::Î: , Iate Dyn.18 or Dyn.19.
Il. Sk&, Ramessid. 4. MEMPHIS AND SAQQARA

During the New Kingdom mayors were officiais answerable to the vizier for districts The statue of Ptahmose demonstrates the close connection between the study and
which were mostly centred on large towns . Their responsibilities 77 must have varied exploration of Memphis and Saqqara. For no ancient Egyptian site is there a grea ter hope
according to local circumstances, but they were wide-ranging: from administering local of finding both the Ramessid city and its necropolis still substantially preserved. This
crown-land and collecting taxes to overseeing harbours 7 8 , provisioning local temples, royal augurs well for the work which is being carried out in both areas at present, and is in
establishments and various people on behalf of the crown 79 and supervising the king's marked contrast to the pessimism which prevailed until quite recently.
buildings activities in their towns 80 . However, apart from the two mayors dated to the
reign of Ramesses II (Nos. 8 and 9) only unusually detailed titulary of Qenamun (No. 3)
throws sorne light on the Memphite mayor's scope of duties. These were, therefore,
implicitly contained in the title itself.
The first seven mayors of Memphis down to Neferhotep of the reign of Sethos 1 (also
Nos. 10 and 11 may belong to the same date-range) used the title ~Jtj-' n Mn-nfr. Only
Amenhotpe Huy and Ptahmose, both of the reign of Ramesses II, adopted a different and
apparent! y artificially inflated titulary. lts main characteristics were: 1) the use of ~Jtj- • wr,
either parallel with ~Jtj- • (Ptahmose) or exclusively (Amenhotpe); 2) the use of m in
preference to the earlier nj before the toponym, though not exclusive! y; 3) a variety of
designations for the city of Memphis or its quarters, beside the earlier Mn-nfr 81 :
a) Jnb(w )-~çj, or just Jnbw, ljwt-k3-Pt~, Njwt Pt~, Njwt T3-Jnn, Njwt n~~- b) ~3 Jnbw
(Memphite suburbs); c) 'nb-t3wj (perhaps Memphite necropolis).

75 The name has always been read prw-nfr, and the "sun-dise sign" (N 5) has thus been regarded as superfiuous,

infiuenced by the name Hrw-nfr (PN 1, 231.4). lt is, however, equally possible to regard the apparent pr signas a miswriting
of h, and read Hrw-nfr. Note the !id of a pottery canopic jar of a certain hJtj- • Hrw-nfr (Berlin/DDR 7210, Aeg. Inschr. 1,
p. 251 ; Müller, Festschrift ;{gyptisches Museum Berlin, p. 193), which may belong to the same man.
76 1 cannat see the reason for dating the stela to Amenophis IV, as does Helck, o.c. , p. 225, n. 14 (was Amenophis II

intended?).
77 Id., ibidem , p. 220-7, 235-8; Id., LA. 1, col. 876; Onom. 1, p. 31 *.

78 Mayor Qenamun (No. 3) wasjmj-r pr wr m Prw-nfr, Wild, BIFAO 56, 234[13] with bibliography.

79 Among institutions in the Mayor Neferhotep's (No. 7) charge were bakeries to which grain was issued for special

purposes from royal granaries. Acknowledgments:


80 The text on the statue of Amenhotpe Huy (No. 8). Ptahmose (No. 9) wasjmj-r kJwt m mnw nb n ~mfm lfwt-kJ-Pt~ . I am grateful to the Keeper of Egyptian Antiquities of the British Museum, Mr. T.G.H. James, for permission to publish
81 The title ~Jtj- • n Mn-nfr did not disappear en tire! y, and it can still be found among those of Shedsu-nefertem of the statue BM 1119, and to W. Vivian Davies and Morris L. Bierbrier for help and information. Jacobus van Dijk discussed with
reign of Siam un, Petrie, The Palace of Apries (Memphis Il} , p. 14, pl. 23[right]. The approximate location of the column with me this and other Saqqara statues when the article was in its very early stages, but 1 must absolve him from any association
this text suggested in PM IIP, 850, is to be corrected. lt was to the north-east of the small temple, built by Ramesses II near with its final form. 1 have also had the benefit of G.T. Martin's ad vice on the statues of Haremhab. The final version of my
the southern approach to the large Ptah enclosure at Kom el-Rabia, Jeffreys, The Survey of Memphis, 1, p. 20. copies of the texts of the statue was prepared by Mrs. M. E. Cox.
THE OVERSEER OF THE TREASURY NY-KJW-PTH

[PLANCHE 6]
BY

NIGEL STRUDWICK

The purpose of this paper is to publish false door Manchester 10780, that of ny-k3w-pt~ .
In addition, the type of chair legs in the panel scene of this monument has lead to an
examination of the use of such legs as a dating criterion in the Old Kingdom.

I
FALSE DOOR OF NY-KJW-PT/f; MANCHESTER, UNIVERSITY MUSEUM 10780 (pl. 6)

Provenance: Not recorded, but suggested by Porter and Moss to be


from Saqqara. The piece was originally No. 37 in the
collection of Sir Frederick Cook of Doughty House,
Richmond, having been bought before 1880 by Sir Fran-
cis Cook. It was purchased by the Manchester Museum
in 1947.
Dimensions: Height: 145 cm.; width: 107 cm.; thickness: 10 cm.
Material: Limestone.
Bibliography : Murray, Ancient Egypt 1917, 62-4 with plate; Mengedoht,
Catalogue of the Egyptian Antiquities in the Collection of
Sir Herbert Cook, Bt. at Doughty House Richmond (1924),
p.13-4, (37) (after Murray); PM IIF, 744-5.

Description and Texts

This piece is eut in sunk relief of indifferent quality 1 . The panel shows at the left ny-k3w-
pt~ seated on a low-backed chair with feline legs, facing right. Before him is a table bearing
eight vertical slices of bread, beneath which are the signs t b3 (left) and ~nqt b3 (right),
respectively "thousand loaves of bread" and "thousand jugs of beer". Ny-k3w-pt~ is
dressed in a long wig, collar and kilt; his left arm is extended towards the table of bread,
and his right hand is clenched in hi.s lap. Above the head of the deceased and in the same
orientation is:
z.S 'w nzwt pr- '3 m w 'bt prwy-nwb ny-k3w-pt~
1 I am most grateful to Dr. A.R. David for the photographs and permission to publish this monument.
140 THE OVERSEER OF THE TREASURY NY-K3W-PTJ:l REVUE D'EGYPTOLOGIE, t. 38 Pl. 6

"The scribe of the royal documents of the palace in the w 'bt and in the two houses of
gold, ny-k3w-pt~".
To the right of the offering table is shown a man in a short wig and kilt. He is censing the
deceased prior to the funerary meal, holding in one hand a dish with a handle beneath for
the incense, and in the other the lid 2 • His name and title are given before his legs: z§ pr-~çj
b}-pt~, "The scribe of the treasury, b}-pt~". Above and behind this man is a inscription
recording the making of the tomb:
in sn .f çjt ir n .f sk sw qrs(w) m imntt nfrt mm im3bww 3
"It is his brother of the endowment 4 who made (it) for him while he was buried in the
perfect west among the ones who have been provided for."
The three owl hieroglyphs have been arranged one above the other for effect.
The areas either side of the panel ("apertures") are blank.
The lintel bears the following:
~tp di nzwt inpw bnty z~-nJr qrs( w) m brty-nJr im3bw br nJr- '3
"An offering which the king and which Anubis who dwells in the divine booth give that
he be buried in the necropolis (as) one who is provided for before the great god."
The signs &t are barely visible.
Below the lin tel are the drum, which is uninscribed, and two pairs of jambs. Only the left
inner jamb appears to have been finished; it bears two columns of hieroglyphs:
1. imy-bt pr-~çj ~m-nJr s3~wr'
2. ~m-nJr r' m nbn-r' w 'b nzwt Below both, ny-k3w-pt~
"The deputy overseer of the treasury, priest of Sahure, priest of Re in nbn-r' (the sun-
temple of Weserkaf), the w'b-priest of the king, ny-k3w-pt~."
At the bottom of this jamb is a standing figure of the deceased with staff, facing right,
wearing a long detailed wig and pointed kilt. One column of inscription appears on the left
outer jamb; the reading is by no means clear, but perhaps:
s~çj z§ pt~ pr-~çj bkr nzwt [ny-k3w }-pt~
"The inspector of scribes of Ptah, of the treasury, and of the royal omament, ny-k3w-pt~."
The pt& at the bottom of the column is presumably part of the name of the deceased, as on the
adjacent jamb, but what of the same word at the top? The only titles known compounded with the
name of Ptah are bm-nJr ptb and w 'b pt&; however both are usually found only with officiais wh ose
titularies clearly associa te them with the cult of this god, in particular the various families buried at
Saqqara with the names of ptb-spss and s3bw who were high priests of this cult (wr ljrp &mwt). One
would not expect to find the name of the deceased at the top and bottom of the same jamb; no
interpretation (including that adopted here) is very satisfactory.

2 This pose is, according to Junker, principally found on false doors and in the fifth dynasty (Giza III, p. 109, Abb. 10 (9)).
3 Urk. l, 227, 11-2.
4 Harpur, JEA 67, 30-4. False door Manchester 10780 (courtesy of the University Museum)

Strudwick, The Overseer of the Treasury ny-k3w-pt~ .


THE OVERSEER OF THE TREASURY NY-K3W-PTlj 141

The left part of the jamb was never eut, and it is likely that the deceased's name would
have been written as on the adjacent jamb.
Very little remains today on the right-hand jambs. More signs are visible on Murray's
photograph of about 1916; these are enclosed in braces { }:
1. {mdw rbyt lwn knmwt} imy-r pr-~g
2. {btm} [~3jt çjf3w bity
"{Staff of the rbyt, pillar of knmwt}, the overseer of the treasury"
" {sealer of} [the best] of the provisions of the king of Lower Egypt (or the sweet
provisions?)."
The reconstruction of the beginning of the second co1umn is very uncertain. It is based on a
combination of features from three closely related titles showing ali or most of the same elements 5 •
The first of the two visible signs in Murray's photograph is the most problematic; it seems to ,
resemble a twisted piece of flax, but comparison to ~ elsewhere shows it to be too large. The top
clearly recalls the loop of btm, although the seal itself cannot be discerned.
The lower part of this jamb was clearly prepared for text which was never added.
The surface of the piece is in a relative! y poor state of preservation, being pitted and very
uneven. It was somewhat decayed through the action of salt, perhaps as a result of the use
of relative! y poor-quality limestone, or possibly that it may have resided in a damp location
at sorne time. Sorne deterioration is evident in the past seventy years. There were clearly
sorne imperfections in the cutting and smoothing of the stone: the signs ::::=on the panel
were eut into a curved depression in the surface. No traces of colour remain.
The quality of the relief is very variable. Attention was clearly paid to details in carving
many of the signs, such as the owls on the left inner jamb, but the manner of depiction of
the deceased and of b}-pt~ are somewhat crude.

Comments

It seems most probable that this was set up at Saqqara. The one-piece false door of
squarish appearance and with relatively wide jambs is found most frequently at this site 6 ;
the m<Jjority of doors from Giza tend to be tall and narrow, with jambs bearing no more
than one column of inscription 7 . The title ~m-nJr r • m nbn-r • is found almost exclusive!y in
the titularies of officiais buried at Saqqara 8 . lfm-nJr s3~wr • is less significant, being almost
equally frequent in both necropolises (Giza 10, Saqqara 8).
From this, certain details of the false do or may be used to find a date 9 • The monument
5 In the tombs of 'nlj-~Jf; q3r (Hassan, Giza III, fig. 114), k3i-db~n (Id., ibidem V, fig. 67) and an unknown person (Curto,

Gli scavi italiani a ei-Ghiza, fig. 30a), ali from Giza.


6 For example, that of nn-ljft-k3i, Cairo, CG 1484.

7 Two such examples are those of bnmw-!jf]i and bnw, respectively Hassan, Giza Il, fig. 48 and 193.

8 Sd3wg (Junker, Giza IX, Abb. 49) is the only holder certainly buried at Giza.

9 Cf. Strudwick, The Administration of Egypt in the 0/d Kingdom, p. 106, although the date adopted here is a little later.
142 NIGEL STRUDWICK THE OVERSEER OF THE TREASURY NY-KlW-PT/f 143

is cl earl y no earlier that the reign of Sahure 10 . The comice and toms moulding which Nbn-r ·, the sun temple of Weserkaf, is the only one of the six attested such institutions
became frequent as the fifth dynasty progressed and were standard in the sixth are absent. whose determinative is written with a) the narrow projection described above and b) the
One feature that this door does share with those having comice and toms is that the sun dise atop either this projection or the tme obelisk. Furthermore, in common with 3bt-
inscriptions on the jambs, from the limited amount surviving, terminate about the same r', the temple of Menkauhor, sorne forms of the determinative show just the squat base,
distance from the bottom of the door, with a standing figure of the deceased beneath when others the complete obelisk. Kaiser believes that the form of the determinative used refiects
finished. A number of such examples are found at Saqqara from the second half of the fifth the state of completion of the central edifice of the temple when the text was composed 18 ,
dynasty 11 . From the discussion in the second part of this paper, I would suggest that the while Van de Walle, at the other extreme, considers the forms to result from the whim of
feline legs on the deceased's chair do not date the piece before the later fifth dynasty, and the sculptor 19 . Moderation and caution are counselled by Osing 20 who observes that the
the form of the group pr-~çj also precludes a date before the reign of Djedkare or forms with the straight projection on top could simply be as a result of the influence (on
thereabouts 12 . '
the draughtsman) of the hieratic writing of an obelisk (as is almost certain!y the case on the
Doubts may be expressed about this argument on the grounds that this false door is of monument published by Van de Walle). The writing on this false door may be anothei;
lower quality than might be expected of a piece from Saqqara made at this date. There are, such example, if it does not date before the middle fifth dynasty.
however, other examples of relatively poor fifth dynasty work, perhaps to be attributed to The selection of titles held by ny-k3w-pt~ is not untypical for an official of moderate
the inability (for financial or other reasons) to obtain craftsmen of high quality 13 . More importance in the fifth dynasty:
significant is the fact that this monument was set up after the owner's death by his sn çjt, imy-r pr-~çj, imy-bt pr-~çj, s~çj z5 pt~ pr-~çj bkr nzwt, z5 ·w nzwt pr- '3 m w'bt prwy-nwb,
who perhaps eut sorne corners in his hurry to set up the monument and bury the btm ~]t (}f3w bity, mdw rbyt, iwn knmwt, ~m-nJ.r s3~wr', ~m-nJr r· m nbn-r', w'b nzwt.
deceased - this also means that the style could be indicative of a la ter period than that at The particular responsibilities of ny-k3w-pt~ were with the treasury, in which institution he
which ny-k3w-pt~ would have made his tomb for himselfl 4 . held severa! principal and lesser administrative offices. With the exception of those on the
There is a possible independent attestation for the scribe of the treasury b}-pt~ shown left outer jamb, the precise interpretation of which is not certain, the titles of ny-k3w-pt~
on the panel. A man with the same name and title appears in the tomb of !Y at Saqqara 15 , attest his association with severa! areas very much related to the responsibilities of the
which should be dated no later than the end of the reign of Neweserre 16 . If these two treasury: special food supplies ((}f3w bity), the "royal ornament" (bkr nzwt) and the "two
representations are of the same man, ny-k3w-pt~ may have been active shortly after the ho uses of gold" (prwy-nwb) 21 . Priesthoods associated with royal cults are also a fe a ture of
middle of the fifth dynasty, perhaps dying about the reign of Djedkare. the titularies of severa! fifth dynasty overseers of the treasury. Like many officiais of this
The determinative of the name of the sun-temple of Weserkaf seems to show a squat rank in the middle and later fifth dynasty, he also held priesthoods of royal sun and
base surmounted by a thin projection upon which is a sun dise. This in all probability funerary cuits 22 . The appearance of this latter category of titles in the titularies of such
shows the incomplete form rather the final one topped with an obelisk, as the projection is officiais as ny-k3w-pt~ is of interest because of this correlation between middle rank and
surely too narrow to represent a true form of the latter. Kaiser has interpreted the example acquisition of these so-called priestly functions. However, it is impossible with our
from the false door of ny-k3w-pt~ as showing the final form of the obelisk, whereas closer documentation to attest these men carrying out active temple duties - our principal
study suggests th at it is related to his examples of Berlin 11661 and British Museum source, the Abusir Papyri, show individuals of much lesser status performing this role. It is
1156A 17 . possible that such men as ny-k3w-pt~ were promoted out of temple service into administra-
10 Baer, Rank and Tit/e , p. 88, [239].
tive positions, and held on to their priestly titles which then provided them with income;
11 Strudwick, o.c. , p . 16-7. alternatively, these priesthoods could have been conferred on particular officiais as a mark
12 Id, JEA 71, 48-51.

13 Such -as the false door of bnws, made before the reign of Wenis, Moussa-N assar, SAK 7, 159, fig. 2.

14 Compare the unusual (for its time) use of sunk relief on the false door of dw]-r', set up after his death by his son 18 O.c., p. 108f.
(Cairo, CG 1389). 19 JNES 36, 20-4.
15 Epron-Wi1d, Le Tombeau de Ti II, pl. 53. Note that this man carries the same type of censer (closed) as on this fa1se 20 Or. 41, 308-9, reviewing Ede1's remarks in Ricke et a/ii, Das Sonnenhei/igtum des Konigs Userkaf II, p. 8.
door. Ranke, PN 1, 265, (13) knows of no examp1es of this name additiona1 to that in Manchester. 21 For comparison with other overseers of the treasury, see Strudwick, o.c., p. 280-4.
16 Strudwick, o.c. , p. 158-9. 22 Compare also the tenure of such cult titles with holders of the simi1ar ranking offices of imy-r kJt nzwt and imy-r snwt

17 MDAIK 14, 104-16 - list in Abb. 1. (Id., ibidem , p. 231, (7), 258-9, (8)).
144 NIGEL STRUDWICK THE OVERSEER OF THE TREASURY NY-K3W-PT!f 145

of favour, again with the practical purpose of supplying goods either for funerary cuits or about the reign of Sahure or Neferirkare. In the tomb of w~m-kJl, it appears that both
as normal income. types of legs are employed in chairs 2 7 •
Mdw rljyt and lwn knmwt appear most frequently in the titularies of officiais who bore The principal private tombs now begin to appear with increasing frequency at Saqqara,
responsibility for legal matters. That they are found elsewhere, such as here, suggests that bovine legs alone being found at least until the reign of Neweserre 28 . To the latter reign
the meaning of these titles is in fact broader, and that they could be considered as mucha dates the magnificent tomb of Jy, stylistically as advanced as any at this time, and here we
mark of honour and respect as representing any formalised office. encounter one feline as against several bovine examples. The former is found in the
corridor, where there is also one bull-legged chair, while the main chapel uses only the
bovine type 29 . If the cha pel was the first part of the tomb to be decorated, it is possible
II
that the idea of using lion's legs was starting to come into fashion during the course of
Most tombs of the Old Kingdom contain at least one scene in which the deceased is decoration.
shown seated. While preparing the false door of ny-kJw-pt~ in Manchester for publication We now appear to be entering the period of the more widespread use of the feline leg.
(part 1 of this paper), it seemed worthwhile to consider whether the type of chair legs NJr-wsr, also of the reign of Neweserre, employed this form only, as did pt~-~tp dsr, who '
shown on the panel might be of assistance in dating the piece. 1 refer in particular to the was perhaps vizier about the beginning of the reign of Djedkare Izezi 30 . Both these men
use of legs modelled on those of bulls as against those of lions. As far as 1 am aware, no were very important individuals. However, it is evident that these conventions were not yet
systematic attempt has been made to establish the date at which the change from one type fixed, since r '-spss, the son of nJr-wsr and of similar rank to his father when his tomb was
to the other occured; my method is to examine the chair-leg types from a number of quite constructed, is seated on what appear to be bull-legged chairs 31 . By the end of the same
well-dated tombs. reign, lions seem to have prevailed among the highest officials 32 , becoming the norm in the
This change has been characterised as taking place in the fifth dynasty, serving to reign of Wenis (Jljt-~tp, ~mi, pt~-~tp Il) and thenceforth in the sixth dynasty (passim), at
distinguish fifth from six th dynasty examples 23 . Bull-legged furniture makes its appearance least for officiais buried at Saqqara.
in the first dynasty, and it is not until the reign of Khufu that lion legs make their first The pace of change at Giza in the tombs of the highest officiais is much the same,
appearance, on the remarkable furniture from the tomb of ~tp-~rs at Giza 24 • Slightly la ter although there is far less material on which to draw. The chairs of ssm-nfr Ill, a probable
are the feline legs on the famous statue of Khafre from his valley temple 2 5 • The se examples contemporary of r '-spss, have bovine legs 33 , but by the beginning of the reign of Wenis a
have prompted the comment "At this time the feline type of leg began to replace the hoof change is apparent 34 . The feline leg is standard in the tombs of the few high officiais of the
type used in the Early Dynastie period, and from now on the lion's leg is the form most sixth dynasty buried at Giza, but the picture is more obscure with individuals of lesser
generally used" 26 . There are, unfortunately, no further examples of actual furniture of the importance 35 . A particularly interesting scene may be found in the mastaba of kJ-~lj,
Old Kingdom; this development is not paralleled in tomb relief of the fourth dynasty, not where the deceased is shown seated on a lion-legged chair opposite his mother, whose chair
even in chapels of members of the royal family, such as b }-bwfw 1 and mrs- 'nh III. It has bovine legs 36 . One possible interpretation is that the mother is shown on a chair in the
would appear that the conventions in force for tomb depiction differed from and were a fashion of her time, while kJ-~lf employs the la test style. A great mixture of the two types is
long way behind developments in actual furniture design. Our remaining evidence cornes evident in these lesser cemeteries, as a glanee at the publications of Junker and Hassan will
solely from tomb depictions - statuary is of no use, since the cubic, legless seat is the
predominent type employed.
27 Kayser, Die Mastaba des Uhemka, p. 25 (bulls), 32 (lions).
The first indications of a change in the Giza cemeteries belong to the time when that site 28 Such as ny- 'nb-sbmt (Sahure - Cairo, CG 1482), and pb-n-wi-kJi (vizier of Neweserre- LD Il, 47 (lower)).
began to lose its importance as the burial place of the principal officiais of the country, 29 Corridor, Epron-Wild, Le Tombeau de Ti I, pl. 44 (lion), 56 (bull); chape!, III, pl. 149, 161, 172.
30 Respectively, Murray, Saqqara Mastabas I, pl. 23 and pl. 6, (2).
31 LD Il, 64a.
32 Such as ptb-btp I, Murray, o.c. , pl. 8.
23 Fischer, Egyptian Studies 1: Varia, p. 4; Kanawati, The Rock Tombs of El-Hawawish IV, p. 9. 33 Brunner-Traut, Die altiigyptische Grabkammer Seschemnofers Ill, Bei!. 3-4.
24 Reisner-Smith, A History of the Giza Necropolis II, pl. 15a, 16c-e (chair), 26 (bed). 34 Chape! of sngm-ib; inti, LD II, 74c.
25 Cairo, CG 14. 35 For example, furniture in the tomb of kJi-m- 'nb has bovine legs; Junker, Giza IV, Abb. 9.
26 Baker, Furniture in the Ancien/ World, p. 41. 36 Junker, Giza VI, Abb. 32.
146 NIGEL STRUDWICK

show; in sorne cases we cannat rule out the possibility that there is sorne delibera te LES «TEMPLES HAUTS» DE BASSE ÉPOQUE:
archaising 3 7 • UN ASPECT DU FONCTIONNEMENT ÉCONOMIQUE
Vandier characterises the feline chair leg as very typical of provincial Old Kingdom DES TEMPLES 1
tombs 38 . However, it should be remembered that the majority ofsuch tombs date to after
PAR
the expansions in royal provincial administration of the late fifth dynasty and la ter, when,
if developments were not unlike th ose of the memphite region, one would expect to find the CLAUDETRAUNECKER
feline type. All provincial tombs which can reasonably be dated to the fifth dynasty show
chairs with bovine legs 39 , while six th dynasty examples are almost all feline. The tombs at A Karnak, les constructions en brique crue, éclipsées par les nombreux et prestigieux
Sheikh Said (whether fifth or sixth dynasty) are particularly interesting, as only the bovine monuments de pierre, n'ont guère retenu l'attention des chercheurs. Parmi celles-ci l'édifice
type is found, evidently following a local tradition rather than that prevailing in most de Psammouthis, dominant le Lac Sacré d'Amon, est le seul à avoir fait l'objet d'une
Memphite and provincial tombs. That the bovine leg was far from forgotten is shawn by étude 2 • Depuis, il est considéré comme une volière ou un magasin. D'autres constructions
its use (as well as feline examples) at the very end of the Old Kingdom in the tomb of ~m-r• en brique crue, fort modestes et de surcroît très ruinées, sont restées longtemps non
izl at Deir el Gebrawi 40 ; it subsequently reappears-perhaps as a delibera te archaism -in identifiées. Prudents, les premiers fouilleurs les appelèrent «Édifice», les différenciant par
the tombs of the nomarchs of Deir el Bersha of the Middle Kingdom 41 . une lettre, un numéro ou le nom du roi constructeur. Parfois, en présence de scènes de
The feline type of chair leg is thus first found early in the fourth dynasty in royal culte, ils s'enhardirent à utiliser le terme «temple» ou «chapelle», qu'ils qualifièrent, selon
furniture, but it was not until the mid-fifth dynasty that it made sporadic appearances in les cas, de «haut» ou «haute» 3 . Une étude récente leur attribue une signification
tomb reliefs, and then only in those of important priva te officiais. It had become the norm mythologique 4 •
in the tombs of this group by the end of that dynasty, but only slowly came into use in Mon but est de proposer une interprétation nouvelle de ces «temples hauts», de leur
tombs of lesser men 42 . nature et de leurs fonctions. Cette interprétation est fondée sur l'étude de l'Édifice de
Psammouthis et des temples hauts de Karnak, notamment celui du domaine de Khonsou 5 .

L'ÉDIFICE DE PSAMMOUTHIS SUR LA BERGE SUD DU LAC SACRÉ (fig. 1, 3A)

L'Édifice de Psammouthis 6 est situé sur la berge sud du Lac Sacré de Karnak qu'il
domine d'une hauteur de 4,5 rn 7 . C'est une construction en brique crue. Seuls les éléments
porteurs et nobles tels les encadrements de portes, les colonnes et les chapelles sont réalisés
en grès. Inscrit dans un rectangle de 55,50 rn de façade sur 45,50 rn, l'édifice de Psam-
mouthis se divise en deux parties:
1) Un arrière-corps entièrement couvert composé de trois unités parallèles indépen-

1 Cette étude a été présentée au Quatrième Congrès International d'Égyptologie (Munich, 1985).
2 Ricke, z.ls 73, 128-1.
3 Pour Mariette (Karnak, Texte, p. 11) l'édifice de Psammouthis est le «temple R». Le «temple D» de Mariette à Karnak-

37 As argued by Junker, Giza XII, Abb. 4, 72-5. Nord est rebaptisé par Varille «Haut temple occidental» (Karnak 1, (FJFAO 19), p. 5 et pl. 1), puis, plus tard, est désigné
38 Manuel IV, p. 84. «temple haut» (Karnak-Nord III, (FJFAO 23), pl. 50).
39 Tehna: Fraser, ASAE 3, pl. 4-5 after p. 192; Hemamiya: Petrie et a/ii, Bahrein and Hemamieh, pl. 4-5 (although there 4 Spencer, The Brick Fondations of Late-Period Peripteral Temples and their Mythological Origin, in Glimpses of Ancient

are two possible feline examples in pl. 20, 24); Sheikh Said: Davies, Sheikh Said, pl. 4, 9; el-Hawawish: Kanawati, El- Egypt, Studies in Honour of H.W. Fairman, p. 132-7; Id., Brick Architecture in Ancien! Egypt, p. 120.
Hawawish IV, fig. 8. A possible example is found at Deshasha: Petrie, Deshasheh, pl. 20. 5 Ces travaux seront publiés ultérieurement (édition des textes de l'édifice de Psammouthis, étude et restitution de l'édifice

40 Da vies, Deir el Gebrawi II, pl. 17. de Khonsou).


41 Vandier, I.e. 6 PM IP, p. 222. A compléter par Traunecker-Le Saout-Masson, La chapelle d'Achôris à Karnak, II, p. 14, 16, 46;

42 This criterion may be used to support a late rather than early date for the tomb of snb at Giza (Junker, Giza V, Traunecker, BJFAO 79, 411, 426; Id. et J.-C. Goyon, Cahiers de Karnak VII, p. 361-4; KR! IV, 290.
Abb. 22-3 (feline legs), with possible bovine ones on Abb. 27-8); cf. Cherpion, BJFAO 84, 35-54. 7 Cahiers de Karnak VII, p. 362, fig. 6.
148 CLAUDETRAUNECKER LES «TEMPLES HAUTS » 149
Î

dantes. Chacune comporte un couloir central, accessible par une porte monumentale Ptolémée X 13 . De plus, un fragment d'abaque qui gît dans la cour montre, sous une
percée dans la façade nord, sur lequel donnent, à droite et à gauche, des séries de cellules. épithète divine de graphie tardive, le cartouche d'un Psammétik 1 4 . Sur la douzaine de
Les deux cellules du fond commandent chacune une seconde pièce. L'extrémité sud du scènes d'offrandes qui ornaient les parois des petites chapelles au fond des couloirs, quatre
couloir est occupée par une petite salle où se dresse, adossé à la paroi du fond, un petit sont encore identifiables : offrande du pain blanc (chapelle ouest, paroi ouest)! S, présenta-
naos en grès appareillé. Les deux unités de droite (centrale et ouest) sont strictement tion des offrandes (chapelle centrale, paroi ouest), offrande des fleurs (chapelle centrale,
semblables. La troisième (à l'est) est asymétrique et diffère des deux autres par l'absence de paroi ouest), des champs (chapelle ouest, paroi est). Les dieux bénéficiaires sont les dieux
cellule sur le côté gauche de son couloir de desserte. De plus, ce couloir comporte un de la triade thébaine. Le dieu principal du naos ouest était Amon et il semble qu'il en était
second accès percé dans la face est de l'édifice. ainsi dans les deux autres petits sanctuaires 1 6 .
2) Un avant-corps présentant, lui aussi, une division tripartite :
- Au centre, une cour à ciel ouvert bordée au sud par un portique de huit colonnes à Les inscriptions des montants des portes des cellules donnent de précieux renseignements
pans coupés. On remarque dans cette cour un conduit bas qui débouche dans la paroi sud quant à la fonction de cet édifice. Nommé sn • ·: w "b «le chena grand et pur », c'est le lieu
du Lac Sacré. Il permettait aux oies et autres animaux d'eau de la volière de gagner le Lac où chaque jour l'offrande quotidienne (~ tp-nJ.r) est préparée (bJk) et consacrée (hrp) 17 .
Sacré 8 . On note, à l'ouest de ce conduit, quelques marches et, à peu près dans l'axe, les D'ailleurs on remarque, notamment dans le couloir central et le couloir est, de grands
traces d'une structure en pierre qui aurait pu appartenir à un dispositif d'accès axial. bassins encastrés dans le sol ainsi que des supports de jarres. D ans le couloir ouest gît
- Dans l'angle nord-est, se trouve un enclos, probablement à ciel ouvert, avec les restes encore un autel à corniche en grès.
d'une sorte de plate-forme. Au sud de cette plate-forme gît un bloc d'amarrage percé d' un
trou. H. Ricke a montré que ce bloc servait à attacher les animaux de boucherie pendant Malgré la présence de ces inscriptions, la fonction de cette curieuse construction est
l'abattage. Cet enclos était donc un abattoir 9 . restée longtemps mystérieuse. Certains y ont vu un temple 1 8 , d'autres un collège sacerdotal
- A l'ouest, un autre enclos, plus grand, occupe l'angle nord-ouest du bâtiment. Les accès ou un lieu de retraite pour les prêtres 1 9 , ou même un musée 2 0 .
actuellement conservés se font par deux portes ménagées dans les façades est et ouest. Elles
donnent sur deux couloirs conduisant au portique de la cour centrale. Dans son étude publiée en 1937, H. Ricke traduit et commente la stèle de Mahouhy
Enfin signalons la présence, à l'est de l'édifice, d' un puits à double accès. Devant la porte découverte par H . Chevrier au pied de l'édifice de Psammouthis 2 1 . Ce texte commémore la
ouest aboutit une rampe partant du parvis de la porte est de la cour du IXe pylône. A mi- restauration sous le règne de Séthi II de la volière d'Amon (m~wwn) et H . Ricke ne manque
course de cette rampe se dressait une petite chapelle consacrée au dieu Thot, ici comptable pas de le rapprocher du conduit reliant la cour de l'édifice au Lac Sacré. Quant aux textes
des offrandes 1 0 . des montants de porte, il n'en donne ni la copie, ni la transcription mais présente
simplement une traduction : Es machte der Konig, (etc.) einen grossen, reinen, neuen
D'après les inscriptions conservées 11 , cet édifice a été construit par Psammouthis et Speicher, gefüllt mit Speisen und allen guteh Sachen, um zu bereiten und zu liefern die
Achôris 1 2 . Mais plusieurs textes précisent qu'il s'agit d' une restauration. Une statue de
Turin atteste, semble-t-il, une autre campagne de restauration sous le règne de 13 Statue Turin 3062 + Magasin de Karnak n' 258. Ce document a fait l'objet d'une étude de J. Quagebeur à paraître. Je

remercie cet auteur de m'avoir très aimablement communiqué son travail.


14 Traunecker-Le Saout-Masson, o.c. , p. 16, n' 25 ; Mariette (Karnak, Texte, p. Il) signale un socle en quarzite au nom de

Ramsès II conservé au M usée de Boulaq qui proviendrait de cet édifice. Malheureusement cet objet n'a pas été retrouvé.
1 5 Actuellement disparue, reproduite par C hampollion et Rosellini (PM IF, p. 222, 6d).
8 Voir Ricke, o.c., p. 130-1; sur le nom de ce dispositif, voir Meeks, RdE 28, 92-5.
1 6 Naos ouest : fond: Amon assis; parois latérales: Amon et K honsou (ouest), Amon et Mout (est); naos central (un peu
9 En raison de la faible épaisseur des murs de l'enclos, H . Ricke pense que ce dispositif est un remaniement d u monument
primitif (o.c., p. 131 ); mais il peut simplement s'agir d'un muret-pa ravent destiné à masquer les opérations (voir un dispositif plus grand) : paroi latérale ouest : Kamoutef, Amon et Khonsou.
1 7 Montants de la porte du quatrième magasin est du couloir ouest: montant nord; sn' n m:w r b:k ~tpw-nJr lm.f brt n r '
semblable à Abydos, abattoirs du temple de Séthi 1: PM VI, p. 22 (A')). Pour une représentation du bloc d 'amarrage et de sa
fonction: Naville, Détails relevés dans les ruines de quelques temples égyptiens, p. 3. nb ; montant sud : §n ' •; w 'b r brp ~tp w-nJr lm .fr' nb.
1 °
Cahiers de Karnak VII, p. 355-66. 1 8 Wiedemann, PSBA 7, 108.

11 L'ensemble des textes a été relevé et sera publié ultérieurement.


1 9 Mariette, o.c., p. I l .

12 BIFAO 79, 411 , n' 4 et 423, n' 12; sur la date des règnes respectifs de ces souverains, voir à présent Ray, Psammuthis 2o Pillet, Thèbes, p. 76.
2 1 Ricke, o.c., p. 124-8; Chevrier, AS AE 36, 140, pl. 2.
and Hakoris da ns JEA 72, 149-58.
150 CLAUDE TRAUNECKER LES «TEMPLES HAUTS» 151

Gottesopfer darin alle Tage» 22 . Cette présentation est ambiguë car H. Ricke, énumérant les couloir central et son sanctuaire n'est accessible que par une seule porte 28 . Après chaque
titres de Mehouhy d'après sa statue du Caire (JE 42157)2 3 , traduit, toujours sans donner le mouvement de denrées (introduction, sortie, consécration), les portes devaient être soigneuse-
texte, «ns snwt n lmn» (responsable des greniers d'Amon) , par« Vorsteher der Speicher des ment scellées.
Amon» . Or on a vu que cet auteur emploie également le mot «Speicher» pour traduire Enfin, en plus de cette bipartition, l'architecture du sn' ·: w'b d'Amon de la XXJXe
«sn'» dans les dédicaces inédites de l'édifice de Psammouthis, de sorte que le lecteur dynastie est caractérisée par sa position en hauteur dominant le Lac Sacré 29 .
pourrait croire que celui-ci était un grenier <<Snwt» 24 • Pour H. Ricke, le sn • ·: w 'b est donc Nous allons retrouver ces éléments caractéristiques des sn' w 'b dans les monuments
un simple magasin où l'offrande quotidienne est livrée et préparée. Aussi l'édifice est-il cité connus jusqu'à présent sous le nom de «temples hauts» ou «chapelles hautes». L'exemple
par Porter et Moss comme magasin et volière (Storehouse and fowl-yard) 2 5 • le mieux conservé est celui de l'enceinte de Montou.
Cette interprétation, justifiée, e~t trop restrictive et ne traduit qu'un aspect des fonctions
de cet ensemble. Car si le sn • n'était qu'un atelier-entrepôt, comment expliquer la présence
des chapelles? Leur disposition même montre qu'il ne s'agit pas seulement d'un rappel de
l'identité du maître des lieux. Pour cela, un seul naos ou même une simple stèle auraient L 1 h Nb Surface Date Fondation
suffi. Au contraire, on a prévu et édifié à trois reprises trois sanctuaires, avec naos et salle
KARNAK AMON 55,5 20 4,5 24 538m 2 29 Dyn. 26 Dyn.
de culte, associés chacun à un groupe de cellules particulier. Dans chaque sanctuaire MONTOU 20 20 2,5 6 115m 2 Nect. II 26 Dyn.?
figuraient les dieux de la triade thébaine. Or parmi les fonctions du sn' ·: w 'b, telles qu'elles KHONSOU 25 (19) 2,7 6 116m 2 Pt. III 25 Dyn.
MOUT 26 20 6 106m 2 Nect. II
sont définies par les inscriptions dédicatoires, figure la consécration brp de l'offrande
MEDAMOUD 23 25,5 (2,7) 4 70m 2 Pt. III
quotidienne. La disposition des chapelles s'accorde bien avec cette fonction. Par le rituel de HI BIS 20 20 1,6 8 112m 2 Pt. III?
consécration qui y était célébré, les denrées conservées dahs les cellules ou réunies dans le
couloir pour l'offrande quotidienne devenaient réellement propriété du dieu pour sa seule
TABLEAU COMPARATIF DES «sn ' w'b»
JOUissance.
Ainsi le sn • ·: w 'b de Psammouthis possède-t-il une double fonction qui se reflète dans LÉGENDE: L: largeur 1: profondeur h: hauteur du soubassement
Nb : Nombre des cellules de stockage.
son architecture : Surface utile totale des cellules de stockage.
- Dans l'avant-corps : une cour centrale à portique où se formait la procession quoti-
dienne qui, chaque matin à l'aube 26 , quittait le sn • ·: w'b par la porte ouest, en empruntant
LE «TEMPLE HAUT» DE KARNAK-NORD 30 (fig. 2A, 3B)
la rampe qui descendait vers la cour du JXe pylône et passait devant la petite chapelle de
Thot. Dans cette cour, la volière fournissait la volaille de l'offrande quotidienne et un Cet édifice est situé à l'ouest du temple de Montou. Fondé sur une plate-forme de brique
abattoir, à proximité d'un puits pour son alimentation en eau, produisait les «pièces de crue de 2,5 rn de haut et dont les faces extérieures présentent un léger fruit, il domine vers
choix» 2 7 . On ne sait rien sur l'espace non fouillé à l'ouest de la cour, mais on peut penser le nord l'ensemble du Lac Sacré et du «nilomètre». Sa porte axiale de la façade est est
que se trouvaient là soit des ateliers complémentaires, soit des resserres à matériel. L'avant- reliée à l'entrée latérale ouest du temple par une rampe dallée bordée d'arbres 31 . Devant la
corps est une zone ouverte active . porte axiale, un kiosque de pierre à six colonnes abrite l'extrémité supérieure de la rampe.
- L'arrière-corps est réservé au stockage et au culte. Chaque groupe de cellules avec son Cette porte donne accès à une cour dont la face ouest est ornée d'un portique à quatre

22 Ricke, o.c., p. 128. De fait la traduction présentée est celle d'un texte théorique rassemblant les données des diverses 28 A l'exception du couloir est, également accessible par l'est. Ce cas est unique.
variantes. 29 D'après la position de la chapelle de Thot, l'édifice contemporain d'Osorkon Il était sensiblement au même niveau
23 Ricke, o.c., p. 127; KR! Il, 291. (Cahier de Karnak VII, p. 362-4). D'après H. Ricke, la rupture de pente du conduit de la volière serait due à une surélévation
24 Barguet, Le temple d'Amon-Rê , p. 39-40 et pl. 40c. du niveau de sn' (o .c., p. 131).
25 PM IF, p. 222. 3o Karnak I, (FIFAO 19), p. 5: le haut temple occidental, et pl. 8, 95. Le plan du frontispice est à corriger par le relevé de
26 Sur le fonctionnement du sn' d'Edfou: E. VI, 346, 2-8 (office du matin); 346, 10-347, 5 (office du soir); Allio!, Le culte C. Robichon (Karnak-Nord Il, (FIFAO 23), pl. 50). Dans ce dernier ouvrage, l'édifice est appelé «temple à tribune de l'ouest»
d'Horus, p. 25-33. (p. 17) ou «temple haut» (p. 14).
27 Purification dans le §n'des pièces de viande à l'aide de l'eau d'un puits: Allio!, o.c. , p. 33; E. II, 159, 12-14. 31 Karnak-Nord III, (FIFAO 23), p. 17-8.
152 CLAUDETRAUNECKER LES «TEMPLES HAUTS» 153

colonnes. D'après le tracé des caissons de fondation en briques, cette cour était flanquée de
LE «TEMPLE HAUT» DE KHONSOU (fig. 2B, 3C)
deux pièces annexes. Celle de gauche (sud) donnait probablement accès à une grande plate-
forme de pierre adossée à l'extrémité sud de la façade est. A l'extrémité nord du portique, Cet édifice, très ruiné 3 7, est situé dans l'angle sud-ouest de l'enceinte d'Amon, à la
un couloir conduit à une pièce de service occupant l'angle nord-ouest de la construction. A hauteur de l'angle nord-ouest du temple de Khonsou, presque en face du Lac Sacré de ce
l'extrémité sud, on remarque une seconde pièce de service 32 . Sous le portique, une porte dieu 3 8 • Seuls sont conservés les seuils de deux cellules, à 2, 7 rn au-dessus du niveau du sol
axiale donne accès au couloir central de la partie fermée de la construction. Quatre portes du temple de Khonsou. La chapelle a disparu 39 . La section antérieure est effondrée, ainsi
commandent un ensemble de six cellules disposées de part et d'autre de ce couloir 33 . qu'une grande partie des faces nord et sud. La rampe descendante, encore visible en 1947,
Comme dans l'édifice de Psammouthis, les dernières portes commandent chacune deux est actuellement enfouie sous le magasin de talatates édifié contre la face ouest du temple
cellules. Enfin, au fond du couloir une porte axiale permet de pénétrer dans une petite salle de Khonsou 40 . Cet édifice a été fouillé par le CFETK en 1969-1970 41 . Ces travaux mirent
d'offrande précédant le naos en grès. Les parois latérales du naos montrent le roi au jour des blocs provenant du portique, de la porte principale du couloir et de portes de
Nectanébo II 34 présentant Maât à Mon tou. La paroi du fond est occupée par une double cellules. Quoique fragmentaires, les textes qui ornent les montants d'une des portes de ,
scène d' offrande devant Amon-Rê (au sud: offrande du pain blanc)3 5 . Ces scènes cellules ne laissent place à aucun doute: le «temple haut» de Khonsou est en réalité le sn •
d'offrandes, seuls décors conservés de l'ensemble de l'édifice, sont à l'origine de la w 'b de Khonsou. La construction actuelle est au nom de Ptolémée III. Mais la présence de
dénomination «temple haut» qui a prévalu jusqu'à présent. remplois au nom de Taharqa 42 et surtout la décoration éthiopienne de la façade de la
porte axiale 43 attestent l'existence d'un état bien plus ancien. Après la reconstruction
Cette contruction diffère du sn • ·: w 'b de Psammouthis par ses dimensions et son échelle ptolémaïque, l'édifice resta encore lontemps en fonction: une stèle datée du règne de Tibère
(un seul ensemble de cellules) mais sa structure et sa situation sont similaires. On peut donc commémore la restauration du sn •w 'b de Khonsou et d'Osiris 44 .
penser que les deux édifices remplissaient la même fonction. Tous les éléments caractéristi-
ques du sn • ·: w'b de Psammouthis se retrouvent dans le «temple haut» de Karnak-Nord: LE «TEMPLE HAUT» DE L'ENCEINTE DE MOUT (fig. 2C, 3D)
la partie fermée avec son couloir, ses cellules et son unité de culte, la partie antérieure avec
Cet édifice, contruit sur un terrain en pente dominant le temple de Mout, est situé à l'est
sa cour, son portique et sa rampe. La proximité du lac, et surtout du puits, facilitait
de la première cour 45 . Bien qu'il soit entièrement arasé et n'ait pas fait l'objet de fouilles,
l'alimentation en eau nécessaire à la préparation de l'offrande, en particulier des pièces de
les grandes lignes de son plan sont lisibles 46 . Quelques éléments de pierre sont encore en
viande. Il est possible que la plate-forme de pierre sud et la salle qui lui était adjointe
remplissaient la fonction d'abattoir ; mais il ne s'agit là que d'une hypothèse 36 . 37 L'étude détaillée de cet édifice sera publiée ultérieurement. Nous ne donnons ici que les principaux résultats de notre

Notre interprétation de l'édifice de Karnak-Nord est uniquement fondée sur l'étude de enquête.
3 8 Le lac de Khonsou est visible sur d'anciennes photographies. On distingue nettement l'angle sud-ouest (Clichés
sa structure, car aucun des quelques restes inscrits ne porte le nom de la construction. Mais
M. Pillet du 7 novembre 1924. Archives du centre Franco-Égyptien des Temples de Karnak). Voir aussi Laroche-Traunecker,
nous avons trouvé la confirmation épigraphique de cette interprétation dans les ruines d'un The Temple of Khonsu III (OIC), pl. 4 (à paraître).
bâtiment analogue moins bien conservé: le «temple haut» de l'ensemble de Khonsou. 39 Les éléments de dallage en place appartiennent à un réaménagement très tardif.

40 ASAE 49, 3 et pl. 3: rampe vue du nord. Prise de vue décembre 1947.

41 Kêmi 19, 220 ; 20, 88.

42 Cinq fragments de plaques de grès formant le linteau et l'encadrement d'au moins deux portes de type «Rahmende-
32 Restitution d'après le temple haut de Mo ut où le seuil en pierre, encore en place, de cette pièce montre qu'elle s'ouvrait koration» au nom de Taharqa et dédiées à Khonsou. Il est probable que ces portes proviennent de l'ancien édifice éthiopien.
sur le portique (fig. 3D). 43 Cette porte encore en place en 1924 est actuellement remontée près de l'angle nord-ouest du temple de Khonsou. Le

33 L'asymétrie, due à la présence du couloir nord et des pièces de service, se retrouve dans le temple haut de Mout (Cf. soubassement est orné de scènes de sema-taouy de facture nettement éthiopienne. Le tableau de l'encadrement porte un texte
infra, p. 153 et fig. 3D). de restauration aux noms de Ptolémée III et de la reine Bérénice.
34 Pour la datation définitive voir Dewachter, CdE 49, 52-8; voir aussi Holm-Rasmussen, GM 26, 37-40. On n'a pas 4 4 Stèle du British Museum 1634. De Meulenaere, OLP 9, 69-73. D'après ce texte la fonction du sn ' w'b est de préparer

d'évidence formelle de l'existence d'un édifice plus ancien. A noter cependant que le Lac Sacré remonte probablement à (bJk) l'offrande divine pour les temples voisins de Khonsou et d'Opet.
l'époque éthiopienne (Leclant, Montouemhat, p. 214, 218). Les remplois éthiopiens publiés trouvés dans le dallage du temple 45 Temple B dans PM IP, p. 273.

haut proviennent d'une chapelle de la divine adoratrice Nitocris (ibidem, p. 118-33). 46 Fazzini-Peck, Arce Newsletter 120, 50 (plan d'après un relevé photogrammétrique). Voir aussi le plan attribué à Nestor

35 Sur la composition du décor et l'existence d'un fragment au Musée des Beaux Arts de Grenoble voir Dewachter, o.c., l'Hôte dans Ricke, Das Kamutef-Hei/igtum , pl. 1. Notre restitution est fondée sur des observations de terrain et l'étude de vues
p. 54-8; Kueny-Yoyotte, Grenoble, musée des Beaux-Arts, Collection égyptienne, p. 28-9, n' . 12. aériennes stéréoscopiques (IGN, 1967). Je tiens à remercier R. Fazzini, fouilleur de l'enceinte de Mout, pour son aimable
36 La rampe qui , sur le plan de C. Robichon, relie cette structure à une entrée latérale du temple est une simple hypothèse.
autorisation.
154 CLAUDETRAUNECKER LES «TEMPLES HAUTS» 155

place: le dallage de la rampe qui aboutissait à la porte latérale est de la cour du temple de Karnak-Nord), enfin la partie fermée avec son couloir central, son sanctuaire et ici quatre
Mout, les fondations du kiosque de façade, celles du portique de la cour, trois seuils de cellules de stockage. La situation de cet édifice par rapport au temple (près du Lac Sacré,
portes et quelques blocs du sanctuaire central. Ces blocs ont conservé le bas de scènes donnant sur un accès latéral, du temple) est bien celle d' un sn' w'b. Enfin, parmi les
d'offrandes, notamment au bénéfice de la triade thébaine. arguments supplémentaires, il convient de signaler le décor de génies Nils porteurs
Ce monument est une réplique du «temple haut» de Karnak-Nord, tant par sa d'offrandes sur le soubassement de la porte de Ptolémée III 53 .
disposition que par ses dimensions . Notons, pour seules différences, que le plan est inversé Il me paraît donc indubitable que les vestiges dégagés par Bisson de la Roque sont ceux
(couloir de service latéral à droite), le podium de pierre devant la façade ne semble pas du sn' w'b de l'ensemble de Montou-Rê à Médamoud.
avoir existé et un accès latéral donnant sur le portique a été aménagé au sud.
Dans son dernier état, la construction date très probablement, comme sa réplique de L'ÉDIFICE D'HIBIS, DANS L'OASIS DE KHARGA (fig. 2E, 4B)
Karnak-Nord, du règne de Nectanébo II 47 . Il remplace sans doute le sn' contruit dans
En dégageant les abords sud du temple d'Hibis, les fouilleurs mirent au jour une
l'enceinte de Mout sous le règne de Taharqa 48 .
structure à caissons en brique crue haute de 1,6 rn, accessible du nord par un porche et une,
rampe en pierre 54 . La porte est complète et le porche est conservé jusqu'à mi-hauteur;
LE TEMPLE HAUT DE MÉDAMOUD (fig. 2D, 4A)
malheureusement ces éléments sont anépigraphes. Le plan de cet édifice, baptisé par les
En 1927, Bisson de la Roque dégageait au sud du Lac Sacré de Médamoud une curieuse fouilleurs «Southern Building II», est celui de la partie fermée des sn' w 'b avec son couloir
construction en brique 49 . Seuls les caissons de fondation de cette sorte de plate-forme central, le sanctuaire axial et huit cellules. La rampe donne sur une porte ménagée dans
étaient conservés. Sur la façade nord, vers le temple, s'adossait le soubassement en pierre l'enceinte extérieure du temple. Il est à supposer que le Lac Sacré se trouvait à l' ouest de
d'un kiosque situé approximativement dans l'axe du monument et de sa rampe d'accès. Ce cette rampe, dans une zone actuellement non fouillée 55 . D'après les fouilleurs, cette
kiosque était flanqué à l'est d'une annexe également en pierre 50 • Seuls éléments d'épigra- construction ne peut être antérieure au règne de Ptolémée II.
phie conservés, des blocs appartenant à une porte de Ptolémée III étaient relevés au centre Là aussi, nous nous trouvons devant un sn' w 'b un peu particulier il est vrai, car l'unité
de cette butte 51 . Bisson de la Roque pensait avoir affaire aux greniers du temple. de stockage et de conservation des offrandes est indépendante des ateliers de préparation
Récemment, A. Spencer a rejeté cette interprétation, ainsi que celle d'un magasin, en de la nourriture.
faisant remarquer que les caissons, sans communication entre eux, ne pouvaient être des
lieux de stockage. Pour cet auteur, il s'agit du soubassement d'un «peripteral temple» 52 . ÉDIFICES APPARENTÉS
Mais lorsqu'on prend le soin d'analyser le plan de ces caissons de fondation , il est
Il existe d'autres monuments qui, quoique très proches des sn' w 'b, appartiennent à des
possible de restituer celui de l'édifice bâti sur la plate-forme. Ce plan présente toutes les
catégories différentes mais apparentées. Leurs points communs avec les sn' w'b, tels que
caractéristiques d'un sn' w'b: le soubassement plein (hauteur estimée: 2,7 rn), la rampe
nous les avons définis, sont : un haut socle en caissons de brique d'une part; une série de
axiale avec son kiosque en pierre, une cour à portique, probablement à quatre colonnes,
cellules d'autre part. Pour ne pas prolonger cette contribution, nous nous bornerons à les
une sorte de couloir de service à droite avec une pièce annexe (comme dans le sn' w 'b de
énumérer très rapidement:
47 La description donnée par Champollion du lieu d'origine des blocs aux noms de Nectanébo II (C ND II, p. 264) A. Magasins de petite taille sur socles hauts, indépendants d'un temple mais édifiés dans
évoque bien plus le «temple haut» de l'enceinte de Mout que la chapelle extérieure (PM IP, p. 273). Voir aussi Traunecker,
une enceinte.
BIFAO 79, 413, n' 2. Vers 1970, j'ai aperçu dans ce secteur un bloc, disparu depuis, au nom de Nectanébo II.
48 Le §n'de l'enceinte de Mout «pour préparer (sn) l'offrande divine» fait partie des monuments construits sous la L'exemple le plus caractéristique 56 est un petit édifice situé au nord de la grande cour de
responsabilité de Montouemhat (texte de la crypte de Montouemhat: Leclant, o.c., p. 214 et 218).
49 Bisson de la Roque, Rapport sur les fouilles de Médamoud 1927, (FIFAO 5), p. 7-12, pl. 1. " Comparer avec la porte éthiopienne du §n' w'b de Khonsou et ses génies Nils. La présence de ces génies nourriciers
50 Il est difficile de savoir si cette annexe s'ouvrait sur le kiosque ou sur la cour. Dans le premier cas on aurait affaire à une paraît bien naturelle sur la porte d'une resserre d'aliments. A signaler une statue d'Amon «grand d'offrandes divines plus que
sorte de guichet ou poste de contrôle, dans le second cette structure serait à rapprocher de la plate-forme en pierre sud du §n. tous les dieux» d'époque ptolémaïque découverte à Médamoud (Bisson de la Roque, o. c. , 1927, p. 63).
w'b de Karnak-Nord. 54 Winlock, The Temple of Hibis, 1, p. 38, pl. 25, 30, 49.

51 Id., Rapport sur les fouilles de Médamoud 1926, (FJFAO 4), p. 13-4. Il n'est pas sûr que le linteau de grès de 55 Cette disposition était sans doute comparable à celle observée dans l'ensemble de Khonsou à Karnak.

Ptolémée III remployé dans la crypte de la cour provienne de cette porte (ibidem, p. 13). 56 J'écarte délibérément le monument du dromos d'Elkab. Il s'agit d'une construction en brique sur un simple

52 Spencer, The Brick Fondations ... , p. 132; Id., Brick Architecture in Ancien! Egypt, p. 79. soubassement. Ni son plan, ni sa positon ne permettent de le rapprocher des §n' (El Kab , Documents II, Fondation
156 CLAUDE TRAUNECKER LES «TEMPLES HAUTS» 157

Karnak (massif de brique de 12x 15 rn; 6 cellules; surface de stockage: environ 36m 2 ; édifier sur une butte artificielle. A présent que nous savons que les «temples hauts» étaient
hauteur du socle: 2 à 3 rn) 5 7 (fig. 4C). Cette construction est très comparable, semble-t-il, en réalité des sn •w 'b, cette explication purement symbolique est à écarter 66 .
à un édifice analogue décrit par Petrie à Diospolis Parva 58 (fig. 4D) et peut-être à un Deux autres hypothèses peuvent venir à l'esprit:
monument d'Abou Roach 59 . - Les premiers sn •w 'b auraient été bâtis sur les déblais provenant du creusement des lacs
sacrés.
B. Magasin sur socle haut hors enceinte. - Le plus grand et sans doute le plus ancien de ces édifices en hauteur est le sn • ·: w 'b
L'impressionnant Kôm el-Ahmar de Karnak-Est, récemment fouillé par la mission d'Amon. L'élévation progressive et naturelle des monuments successifs aurait conduit à un
canadienne, s'est révélé être une structure haute en caissons proche de celle des sn·. Cet modèle de sn' w'b dominant le Lac Sacré qui aurait été imité dans d'autres ensembles
édifice était probablement une sorte de tour-magasin fortifiée 60 • cultuels.
Etant donné notre ignorance du détail des chronologies relatives de ces constructions et
C. Grands massifs de brique dans les enceintes du Delta. de leur structure à l'époque éthiopienne, ces hypothèses restent encore hasardeuses. De,
L'exemple le plus intéressant est celui de Naucratis, avec une sorte de forteresse de 55 rn plus, elles ne permettent pas de rendre compte de la structure des édifices apparentés.
de côté à cellules disposées régulièrement et un accès situé à plus de 5 rn de hauteur 61 . Ces Aussi proposerai-je, provisoirement, l'explication suivante :
dimensions sont proches du monument de Tell Defenneh 62 , mais avec une structure - La forme très particulière de ces édifices aurait une origine fonctionnelle et extérieure
intérieure différente. Quoique de taille semblable, le massif à compartiments de Tanis se au monde des temples. Nous avons vu que, vers le vue siècle avant notre ère, apparaît,
distingue des deux exemples précédents: il possède une rampe d'accès le reliant à une semble-t-il, dans le Nord de l'Égypte, une forme architecturale nouvelle: les forts-magasins
des cours du temple comme les sn • w 'b de Haute Égypte mais sa structure intérieure n'est élevés sur un soubassement haut. L'édifice de Karnak-Est était probablement une sorte de
pas claire. En revanche, l'édifice situé près de l'angle sud-est du temple d'An ta pourrait être donjon-réserve économique 6 7, facile à défendre et difficile à cambrioler: le puissant
un sn'w'b 63 . Enfin, il faut signaler l'édifice relativement modeste de Tell Maskhouta 64 . soubassement avec ses caissons pleins était certainement dissuasif pour les perceurs de
murailles.
Pourquoi les sn •w 'b sont-ils bâtis sur une butte artificielle?
Peut-on préciser l'histoire des sn • et de leur fonction? Je me bornerai à un rapide résumé
On a avancé l'hypothèse d'une représentation symbolique de la Butte Primordiale 65 .
Mais l'image du temple fondé sur la Butte des Origines est assez courante dans les grands des résultats de ma recherche.
sanctuaires tardifs, et les constructeurs n'ont pas éprouvé pour autant le besoin de les D'après cette enquête, il semble que le mot sn·, dérivé d'une racine signifiant «retenir»,
désigne surtout un magasin intérieur, souvent en relation avec la préparation des ali-
ments 68 . Par cela, les sn • se distinguent nettement des magasins, granges, greniers, trésors
Égyptologique Reine Élisabeth, pl. 37). Il en est de même des plates-formes de Saqqara étudiées par A. Spencer (The Brick
Fondations ... ).
et autres structures faisant partie d'un ensemble économique 69 . Nombreuses sont les
57 Monument inédit, étude en cours. Position: Kêmi 19, 116, fig. 1 (coordonnées: X 650, Y 3600). Voir aussi Karnak VI, mentions du sn •d'Amon au Nouvel Empire, institution dotée d'un personnel important et
p. 3.
5 8 Petrie, Diospolis Parva, p. 55, §89, pl. 24; Spencer, Brick Architecture ... , p. 79.
notamment d'esclaves prisonniers de guerre 70 . A cette époque, dans ce contexte, le sn' est
59 ASAE 32, 167; Spencer, o.c. , p. 107. Époque romaine? essentiellement un ensemble d'ateliers et de magasins employant un grand nombre de
60 Redford, The Red Mound of East Karnak, dans Royal Ontario Museum. Archeological Newsletters 179. Date: 7'm'/5'm'

siècle avant 1.-C. 66 Jusqu'à présent je n'ai pas trouvé, dans les textes mythologiques concernant de la nourriture, d'indices pouvant justifier
61 Petrie, Naucratis I, p. 25, §26-27, pl. 40 et 43; Spencer, o.c., p. 107. Date: Saïte? Ici les caissons sont en partie vides,
théologiquement cette plate-forme.
semble-t-il. 67 D'après Diodore de Sicile III, 49. 3 , les Libyens stockaient biens et nourritures dans des tours-magasins: sur les forts-
62 Petrie, Tanis II, p. 47, 50-55, pl. 44, 45; Spencer, o.c., p. 106. Date: Psammetik I".
magasins en Afrique du Nord: Despois, Les greniers fortifiés de l'Afrique du Nord, dans Les cahiers de Tunisie 1 (1953), 38-60
63 Montet, Les nouvelles fouilles de Tanis ( 1929-1932) , p. 76-88, pl. 35; Id. , Les énigmes de Tanis, fig. 1 (réf. J. Yoyotte
et Jacques-Meunie, Greniers-citadelles au Maroc, 1951.
que je remercie de m'avoir signalé ce dernier exemple). 68 Onom I, p. 209*-10*; Meeks, A.Lex. I, 77.4232; II, 78.4151; III, 79.3039 ; voir aussi JEA 50, 177-8.
64 Holladay, Tell el-Maskhouta, Preliminary Report ... , 1978-79, p. 30-31 , pl. 37, 40. Date: Ptolémaïque. Peut-être faut-il 69 Par exemple KR1 II, 514. Sur le grenier d'Amon et son aspect: Van Siclen III, Two Theban Monuments from the Reign

rattacher à cette catégorie un édifice de Memphis (Petrie, The Palace of Apries, p. 1; Spencer, o.c., p. 107). of Amenhotep JI, p. 18-42.
65 Spencer, The Brick Fondations ... , p. 133. 70 Par exemple LEM, p. 24.
158 CLAU DE TRAU NECK ER LES «TEM PLES HAU TS» 159

personnes pour transformer les denrées de base en alime


nts consommables destinés aux
autels divins puis au personnel du temple 71 .
L'évolution des sn • vers les sn • w "b semble se prépa
rer dès l'époque éthiopienne et
about ir, au IVe siècle avant notre ère, sous les règnes
de Psammouthis, Necta nébo II et
Ptolémée III, à une série de réalisations très homogènes
.
Mais dans les sn •w "b de Basse Époque, la partie atelier paraî
t bien réduite. Sur le terrain,
on ne voit pas de traces de boulangeries avec leurs fours,
bien que les pains constituaient
l'essentiel de l'offrande divine quotidienne. Car les
monu ment s actuellement visibles
ne sont pas de simples sn', mais les magasins «purs » (w'b)
du dieu, lieux consacrés abrita nt
la nourr iture divine. Il semble que les ateliers néces
sitant un personnel nombreux se
trouv aient ailleurs 72 . Ce fait est l'indice d'une évolu
tion allant dans le sens d'une
ritualisation des actes liés au fonctionnement matériel dl!
w "b sont-elles en quelque sorte le rappel, au cœur
culte. Ainsi, les chapelles des sn •
des magasins, du culte principal et de la
-
finalité de l'offrande 7 3 • Pu\r s
On peut même se demander, à titre d'hypothèse de travai
l, s'il ne faut pas voir dans ces
chapelles des lieux de substitution du sanctuaire principal 74
. D'apr ès une repré senta tion du
temple de Ramsès II à Abydos, on sait que le rite de consé
cration de l'offrande quotidienne
était un rite de réception, célébré par un prêtre du templ
e, proba blem ent à la porte du
sanctuaire 7 5 . Au IVe siècle avant notre ère, ce rite était
célébré dans le sn' w 'b, comme
l'affirment les inscriptions dédicatoires de l'Édifice de
Psammouthis. Les aliments divins
étaient donc présentés au dieu sans quitte r leur lieu de
stockage et, après cette opération,
pouvaient être distribués directement au personnel sans
passer par le temple. Dans cette
hypothèse, seul un échantillonnage quitta it réellement
les magasins, évitant ainsi la
mani pulat ion d'une trop grande masse de nourriture.
Les sn •w "b étaient le centre de la vie économique d'un
nombreuse clientèle. L'imp ortan ce prise par ces sortes de
sanctuaire, de son clergé et de sa
halles divines dans le fonctionne-
....... ·········=~~/"~:
ment quotidien du temple et la subsistance du personnel
était telle qu'elles ont attiré dans
leurs murs une partie du culte.
---=-=--- ...... ... ··..
!::::=::===l ~D·· . . .·. ·p . . . .
..
.
: :
..
.

71 Pour une représe ntation de la structu


re et du fonctionnement d'un complexe magasin-atelie
r à la fin de la XVIII'
dynastie: Cahiers de Karnak VI, p. 74, fig. 1 et 81-83 (règne
d'Amén ophis IV).
72 Les fouilles CFETK ont mis au jour, en
1971, une série de fours à pains d'époqu e tardive à l'est
du Lac Sacré (Karnak
V, p. 28).
73 C'est en quelque sorte la situatio 0 SOm
n inverse de celle du «labora toire» d'Edfou , rappel dans
le temple de l'atelier où 1/200 0
étaient fabriqués les parfums.
74 Sur les lieux de substitu
tion: Cahiers de Karnak VII, p. 351-2. KARNAK. En ce i nh~ d'Am on
75 Naville, o.c., pl. 27 et 26. Il s'agit
ici du «sn' arrière» du temple; autre exemple cité sur
le pylône de Ramsès II à
Louqso r (KR/ II, 347). Voir aussi Naville, o.c., pl. 31 (brp). Figure 1. Karnak . Position de l'Édifice de Psammouthis.
160 CLAUDETRAUNECKER LES «TEMPLES HAUTS» 161

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Figure 2. Position des sn' w'b A. Karnak. Enceinte de Montou-Rê. Figure 3. Plan des sn' w 'b de Karnak.
B. Karnak. Ensemble de Khonsou.
C. Karnak. Enceinte de Mout.
D . Médamoud.
E. Hibis.
~o zo 30 •o so
E
10 zo"'
A. Édifice de Psammouthis (sn'·: w'b d'Amon).
B. Montou-Rê.
Ç. Khonsou.
D. Mout.
n
162 CLAUDE TRAUNECKER

A B ÉTUDES DE PHILOLOGIE ET DE LINGUISTIQUE (VI)

[PLANCHE 7]
PAR

PASCAL VERNUS

XVIII. La déesse dangereuse et le rituel de protéger la ville


L au début de la XJJe dynastie

La stèle C 200 (F 5607) du Musée du Louvre 1 est une stèle rectangulaire plus large que

\ 1 haute 2 (50 x 37 x 7 cm), en calcaire (pl. 7). Un encadrement polychrome, avec alternance '
de sections jaunes, vertes, bleues, rouges, noires, séparées par des intervalles blancs,
délimite le champ. La partie supérieure de cet encadrement est de moindre largeur que la
bande inférieure pour laisser de la place à une gorge. Le champ de la stèle, sur fond blanc,
est composé de trois lignes et demi d'inscriptions surmontant un registre de représenta-
tions.
Celles-ci sont en relief assez épais 3 . L'examen de la planche dispense d'une description
c D détaillée. On se bornera à souligner les points suivants:

lB
- les chairs des hommes et des femmes sont rouges, les perruques, barbes et bijoux noirs.
D 0,__
D En jaune, le miroir, les sceptres, le pain, la tête de gazelle, la natte (mais les extrémités sont
c::::J vertes). En vert, la base de la table d'offrandes, les légumes. En rouge, la cuisse de bœuf, les
r--.-· .
. .,-.-__:]
CJ
D D morceaux de viande.
- comme souvent, les légendes afférentes aux représentations s'intègrent à celles-ci par
une occupation dense et peu linéaire de l'espace, sans que lignes ou colonnes soient
matérialisées 4 .

Au-dessus du couple assis:

«Pour le ka de l'im3b, MnJw-~tp».


0 10 zo....
1 1500 «Sa femme, kyw».

1 J. L. de Cenival, conservateur en chef du département des antiquités égyptiennes du Louvre, m'a donné toute facilité

pour étudier l'objet.


2 Voir Müller, MDAIK 4, 169-70; Vandier, Manuel II, J?· 485.

Figure 4. A. §n' w'b de Médamoud. 3 Pour l'évolution de l'épaisseur du relief à cette époque, voir Freed, The Development of Middle Kingdom Egyptian Relief

B. §n' w'b d'Hibis. Sculptural Schoo/s of Late Dynasty XI.


C. Karnak. Édifice au nord de la grande cour. 4 Pour la distinction entre inscription comme registre autonome et inscriptions en tant qu'intégrées aux représentations,

D. Édifice de Diospolis Parva. cf. Vernus, dans A.M. Christian (éditeur), Écritures II, p. 55-6.
REVUE D' ÉGYPTOLOGIE, t. 38 Pl. 7
164 PASCAL VERNUS

Au-dessus des enfants (respectivement deux hommes et une femme):

«Son fils, 'Imn-m-~Jt» .


«Son fils, 'ln tf».
«Sa fille, Mrt».

L'inscription principale comporte trois lignes complètes, et une quatrième ligne qui
s'interrompt un peu avant la moitié, devant les victuailles entassées sur la table d'offrandes
qui définit l'axe médian de la stèle:
« 1 Une sortie-à-la-voix", pain, bière, encens, eau fraîche, l'odeur de la pièce de viande du
dieuh, pour l'imJh Mnjw-~tp; il dit: 'j'ai fait le prêtre-pur de Bastet, et je l'ai satisfaite
2 avec ses réquisits spécifiquesc, parfaitement, au cours de sa fête (de) Protéger sa ( = celle

du dieu)ct ville. J'ai porté le Maître des dieux dans sa barque WJs-nfrwe, lorqu'il parcourt
3 les chemins pour lesquels il a manifesté sa prédilectionr, au cours de ses fêtes deg la saison

d'été, et j'ai présentéh la galette dans la salle à colonnesi, en même temps que ce qui sort
régulièrement devant le dieu. Si j'ai fait cela, c'est pour 4 l'éternitéj et afin que mon nom
perdure. L'imJh Mnjw-~tp».

(a) Que l'inscription principale commence non par f:ltp-dl-nsw, mais seulement par prt brw est
attesté, quoique relativement peu fréquent; par exemple: BM 643; MMA, stèle de Mln-l~r =Hayes,
Scepter I, p. 280; fig. 183; Athènes no 18; Caire JE 45626 =Official Catalogue. The Egyptian Museum
Cairo, na 79; Caire CGC 20071 ; 20172; 20212; 20469; 20534; prt brw après lm3b + nom propre:
CGC 20607; 20124; prt brw après dit; CGC 20052. Tous ces exemples appartiennent, autant qu'on
en puisse juger, à la XIe dynastie et à la XIIe dynastie. Ils proviennent d'Abydos, mais aussi de La stèle Louvre C 200
Thèbes, et, dans l'ensemble, l'onomastique suggère souvent que leurs bénéficiaires étaient d'origine
thébaine.
(b) Parfois surgit une difficulté là où on l'attend le moins, en l'occurrence dans une séquence
d'expressions en principe stéréotypées. Tel est le cas de ce qui suit, ici, snJ.r ~bf:lw. Je propose
l'interprétation suivante: hnmw nw w'bt n(t) ntr; l/!) = hnm(w), «odeur»; Q w'b(t), «pièce de
- - - L)

viande»; pour l'expression w'bt nt nJ.r, cf. Urk. IV, 1031, 12; Brovarski, JEA 62, pl. XI; Vernus, Les
inscriptions d'Edfou du début de la XIIe dynastie au début de la XVJIJe dynastie; ,.1 transposition
graphique du génitif indirect antéposé, si lumineusement traitée par Fischer, fARCE 3, 124. Pour
l'idée, cf. ·~ sJ.y J§rt r §rty .l «puisse le fumet du rôti pénétrer dans mes narines» (HTBM III, pl. 28);
bnm.k ~nw n ·r fln' §Jiw bft sf:ltp Sbmt, «puisses-tu respirer la graisse du bouc et du porc aussitôt
que Sakhmis est satisfaite» (P. Leyde T 34, IV, 4-5 = Stricker, OMRO 34, 20). Pour le fumet de
l'offrande, cf. Drioton, ASAE 44, 92.
(c) .!)srw, en rapport avec la déesse dangereuse est attesté dans une formule d'identification au
prêtre-pur de Sakhmis, cf. RdE 33, 100 (az). Pour la «racine» cjsr, cf. maintenant Hoffmeier, Sacred
in the Vocabulary of Ancient Egypt (Or bis Biblicus et Orientalis 59). Nfr peut être compris comme
un adjectif en fonction adverbial, plutôt que comme un adjectif nfrw, épithète de cjsrw.
Vernus, Études de philologie et de linguistique.
ÉTUDES DE PHILOLOGIE ET DE LINGUISTIQUE 165

(d) Le suffixe -f de nlwt .f réfère à Amon qui n'est pas explicitement nommé auparavant. Pour de
tels emplois d'anaphoriques, cf. RdE 33, 100 (az), en ajoutant LdM 30b (Budge, BD, p. 96-7), et le
texte interprété dans RdE 35, 169, ex. 21; les objections soulevées par Polotsky, Essays on Egyptian
Grammar, p. 32, méconnaissent cet usage, selon lequel la divinité est présupposée présente, même si
elle n'est pas linguistiquement nommée dans ce qui précède immédiatement.
(e) Pour wJs nfrw comme désignation de la barque de procession des divinités, cf. Kitchen, LX 1,
col. 622.
(f) La célèbre formule abydénienne utilise dans une expression similaire, «puisse-t-il ouvrir les
chemins qu'il aime», l'imperfectif mrrt dans six versions à peu près contemporaines de la nôtre
(BM 100; BM 567; BM 573; Louvre C 3; Moscou 4071; Munich stèle de Wp-w3wt-'3). Bien
entendu, l'opposition entre mrrt .f et mrt. n .fest aspectuelle et non temporelle; ici, elle doit être
transposée lexicalement. Gardiner, Eg. Gr.,§ 389, l'avait déjà compris. Je me réserve de discuter en
profondeur le problème.
(g) On serait tenté de lire m ~bw .f nfrw si le signe qui suit ~bw .f n'était pas aussi différent du
signe ~ attesté deux fois à la ligne 2. En fait, il faut certainement lire m ~bw .f tpyw, avec le
signe ~ , comme le confirme un graffito de la XIIe dynastie de Deir el Bahari :rdlt l3w n '!mn ssn t3 n
nb ntrw m ~bw .f tpyw §mw wbn .f hrw n bnt r lnt Nb-~pt-r ·, «Donner des louanges à Amon flairer le
sol pour le maître des dieux au cours de ses fêtes typw §mw, lorsqu'il point, le jour d'aller avec la
barque jusqu'à la Vallée de Nb-~pt-r'» (Winlock, The Rise and Fall of the Middle Kingdom, p. 84, et
fig. 40, no 1). Comment comprendre l'expression ~bw .f tpyw §mw? Winlock a songé au très
commun emploi de tp pour désigner le premier mois d'une saison «on his festival, the First Day of
Shomu». De fait, on sait que ce jour était particulièrement fêté: le pharaon consacrait des
monuments ou de fondations (Schott, Altiig. Festdaten, p. 103, no 134 et 135), offrait des objets (LD
II, pl. 150 f), acceptait les donations de particulier (donation de Sn-n-mwt); c'était aussi le jour où
on procédait à la réorganisation du temple d'Amon et de son personnel (Vernus, BIFAO 75, 24, p).
Enfin, à Tanis, réplique de Thèbes, un prêtre mentionne également la fête du premier mois de l'été
(Montet, Kêmi 7, 132). Toutefois, la lecture de Winlock se heurte à deux objections: d'une part, la
fête de la vallée tombait au deuxième mois de l'été; d'autre part, dans les deux exemples que nous
avons, tpyw est visiblement un adjectif pluriel, épithète de ~bw. Il faut donc chercher une autre
interprétation. On peut lire ~bw tpyw (n) §mw, «ses premières fêtes de la saison d'été», ou, mieux,
donner simplement à tpyw, nisbé sur tp, le sens de «de (telle époque)», sens bien attesté pour la
préposition (Wb. V, 275, 19-276, 9). Schott a visiblement hésité entre ces deux solutions, puisqu'il a
traduit le graffito de Deir el Bahari soit par «an seinen ersten festen des Sommers» (Das schone Fest
von Wüstentale, p. 858, no 1), soit «an seinem sommerlichen Festen» (Zum Kronungstag der Konigin
Hatschepsût, p. 195, no 1).
(h) Le signe grossièrement gravé est certainement = ; lire m3 •. n .l.
(i) La salle à colonnes (wsbt) est bien connue comme lieu de présentation des offrandes: voir
Morenz, La religion égyptienne, p. 127; Posener-Kriéger, Les archives du temple funéraire de
Néferirkarê-Kakaï, 1, (BdE 65), p. 43-4; Spencer, The Egyptian Temple, p. 71; Verhoeven, Grillen,
Kochen, Backen, (Rites Égyptiens IV), p. 46; pour le pain boulangé dans la salle à colonnes, voir
Rocca ti, A tti del JO Con vegno italiano sul vicino Oriente Antico, fig. 21, § 7.
G) L'expression br gt n'est pas connue avant le Nouvel Empire, selon Wb. V, 509, 14, auquel
ajouter Scenes of King Herihor in the court, The Temple of Khonsu, 1, (OIP 100), pl. 52, 5.
166 PASCAL VERNUS ÉTUDES DE PHILOLOGIE ET DE LINGUISTIQUE 167

La stèle doit être évidemment datée du début de la XIIe dynastie. En témoignent l'allure respectueuse»); le vulgaire qui dansait sur la terrasse est l'image renversée des danses
d'ensemble, et des détails comme la grappe de raisins 5 , le miroir tenu par la femme 6 , la sacrées liées aux rituels de cette déesse 16 . Le contexte suggère clairement que hwit niwt. s
non graphie du suffixe de première personne 7 (parfois remplacé par le trait remplisseur est le nom d'une cérémonie.
d'espace pour compléter le quadrat), le stade transitionnel du signe """"", où le forme avec 2 Rituel de Mout (terminus ante quem: T.P.I.): «Hâte-toi avec nous pour voir Thèbes-
un seul bout de cordelette voisine avec celle où les deux bouts sont indiqués 8 . Cela posé, la la-victorieuse, au jour de 'lp(t)-~m(t) .s, quand son enceinte se trouve parcourue dans les
stèle s'oppose nettement aux stèles abydéniennes 9 de la même époque par son style 10 qui festivités, et que Mout parcourt sa ville» 17 .
trahit un atelier thébain, encore peu ouvert à l'inspiration émanant du centre culturel et 3 P. Leyde T 32, IV, 3: «Puisses-tu prier Mout quand les dieux primordiaux psamol-
artistique de Licht: la disproportion de l'œil rappelle la P.P.I. 11 , l'association de la position dient pour elle sous forme d'acclamations de fin d'année; puisses-tu te tenir à l'écart à
assise avec le port de la canne et qu sceptre, bien qu'attestée anciennement 12 , paraît ici un l'extérieur de son domaine dès que Sa Majesté sort pour protéger sa ville» 18 .
compromis entre le thème fréquent des stèles rectangulaires (homme debout avec canne et 4 Porte de l'enceinte ptolémaïque de Mout à Karnak: parmi les qualifications de Mout,
sceptre), et la nouvelle icongraphie abydénienne. on relèvera particulièrement: «protégeant Thèbes et gardant en vie ses habitants, car les ,
Quoi qu'il en soit, sa date fait le grand intérêt de ce document. Voilà évoquée la émissaires et les génies de mort sont sous son contrôle»; «elle protège sa ville le jour de
participation individuelle aux fêtes religieuses, ce qui n'est guère fréquent au Moyen décaler les saisons»; «dresser des effigies aux quatre coins de la maison quand elle a
Empire, en dehors d'Abydos, bien sûr. Avoir porté la barque est mentionné avant le dépêché les émissaires à la fin de l'année ... pas question pour nous d'avoir peur, l'Égypte
Nouvel Empire. On citera une stèle de la XIIIe dynastie: «j'ai fait le prêtre-pur-lb~ de tout entière est dans le joie, puisqu'elle protège sa ville ainsi que ses fidèles» 19 .
Mon tou à Thèbes; ... je l'ai porté dans sa barque; je prenais en charge la barque du côté 5 Enfin, dans les hymnes des temples ptolémaïques et romains adressés à la déesse
tribord (~r imy-wrt)» 13 . dangereuse, certaines épithètes font allusion aux cérémonies de protection de la ville 20 .
Mais on relèvera avant tout l'allusion à la fête de «Protéger sa (celle du dieu) ville», L'ensemble de ces indications établit dans la continuité de la civilisation pharaonique un
célébrée en l'honneur de Bastet. On fera la distinction entre le thème du dieu protecteur de rituel qu'on aurait pu croire né dans les fermentations tardives de la religion égyptienne. Ce
sa ville 14 , et celui de la déesse, protectrice d'une ville qui est soit celle où elle est divinité qui ne signifie pas, bien sûr, qu'il soit demeuré immuable depuis le Moyen Empire. En
principale, soit une ville au panthéon duquel elle a été associée, comme ici. Ce second type particulier, la documentation la plus récente le situe à la fin de l'année. Or, la stèle du
de rituel est attesté par quelques documents qui méritent d'être énumérés: Louvre paraît l'associer aux festivités d'Amon de la saison de smw, c'est-à-dire, essentielle-
1 Spéos Artémidos, XVIIIe dynastie; «le temple de la maîtresse de Cusae qui s'était ment la fête de la vallée, comme le montre un graffita contemporain. Mais même
trouvé tombé en décrépitude, la terre avait avalé son sanctuaire vénérable; c'est sur sa tardivement des cérémonies spécifiques de la déesse dangereuse s'inséraient dans le
terrasse que dansait le vulgaire, car il n'y avait plus l'uréus qui pût inspirer la crainte déroulement de cette fête: les inscriptions ptolémaïques du temple de Mout à Karnak y
respectueuse ... hélas, elle n'avait plus de période fixée d'apparitions. Je lui rendis sa placent en effet le rituel d'apaiser la déesse avec la bière rougie d'ocre de Nubie 21 .
sacralité en le reconstruisant, et je façonnai son effigie en or pour (le rituel de) «La La mention de Bastet dans un contexte thébain au début de la XIIe dynastie mérite
protection de sa ville» dans sa barque de procession terrestre» 15 . A contrario, le texte d'être relevée. On sait combien les thébains vainqueurs puisèrent, après la réunification de
évoque subtilement les traits de la déesse dangereuse (<<l'uréus qui pût inspirer la crainte l'Égypte, dans les traditions cultu(r)elles du Nord, et, en particulier, dans celles de
Boubastis 22 . Comme.nt douter que le complexe mythico-cultuel de la déesse s'insère dans
5 Freed, Studies Dunham, p. 69.
6 Lilyquist, Ancient Egyptian Mirrors. (M A·s 27), p. 75, n. 884.
ce contexte 23 ?
7 Schenkel, Frühmitte/iigytischen Studien , p. 42-6.
16 Sauneron, La porte ptolémaïque de l'enceinte de Mou/ à Karnak, (MIFAO 107), p. 20.
8 Ibidem, p . 27-8. 17 Derchain, Le voyage de la déesse libyenne, (Rites égyptiens V), p. 118-9, H 1-3.
9 Voir l'admirable collection de stèles réunies par Simpson, The Terrace of the Great Cod. 1 8 Stricker, OMRO 34, 20.
10 Style analogue: CGC 20295. 19 Sauneron, o.c., respectivement no 22, 3, no 6, 23, no 6, 41.
11 Comparer Leyde V 92 = Boeser, Beschr. Il, pl. 28, no 38. 20 Yoyotte, Ann. EPHE V• section, 1985-6, p. 239.
12 Vandier, Manuel IV, p. 74, fig. 22 (114).
21 Sauneron, o.c., p. 21.
13 CGC 20712.
22 Posener, Littérature et politique, p. 35-6.
14 Vernus, RdE 31, 110, n. 1; ajouter, par exemple, Quaegebeur, Le dieu égyptien Shay, p. 164. 23 Yoyotte, RdE 14, 107-9; Otto, LXI, col. 629-30. Pour Baste! à Thèbes à la Basse Époque, cf. Vittmann, Priester und
15 Gardiner, JEA 32, pl. 6,!. 15-9.
Beamte im Theben der Spiitzeit, p. 58, n. 6.
ÉTUDES DE PHILOLOGIE ET DE LINGUISTIQUE 169
168 PASCAL VERNUS

XIX. Mi rdit . f en variante avec mi rdi. n. f Cela posé, du point de vue linguistique, voilà mi rdit .fen variante avec ml rdl . n .f dans
dans un topos de la phraséologie royale du Moyen Empire un Moyen Égyptien de bonne époque et de haute tenue. Pour rendre intelligible cette
variante, il faut reprendre le problème des formes verbales après les prépositions/conjonc-
Dans le répertoire de la phraséologie royale du Moyen Empire, voici un topos formulé tions, et, en particulier, celui de la forme dite sgmt .f Il existe une forme sgmt .f spécifique,
dans deux versions, qui ont été commentées isolément, mais dont le parallèlisme n'avait c'est-à-dire identifiable comme telle par la présence d'un suffixe -t avec les verbes à infinitif
jusqu'alors pas été mis en lumière. La première version figure dans la copie hiératique masculin, après les prépositions r et gr; cf. infra. Mais, après les autres prépositions, comme
d'une inscription dédicatoire de Sésostris I à Héliopolis: ml, la situation demeure confuse. Gardiner et Lefebvre hésitaient et à reconnaître l'emploi
(1) iry .i kJt m ~wt-'] n it( . i) Twm di.fwsb.fmi rdi.n.fiJ.i d'une forme sgmt .f spécifique, faute d'exemple avec des verbes forts, et à nier cet emploi,
«Je veux faire des travaux dans le Grand Château pour mon père Tourn; puisse-t-il )
faute de matériel suffisant 29 . Car ils raisonnaient sur un très petit nombre d'attestations.
faire qu'il s'accroisse dans la mesure où il a fait que je prenne possession» 24 . Mais à présent, la documentation disponible, pour les constructions de ml, à tout le moins,
Du même Sésostris I, une autre formulation de ce topos dans sa chapelle «blanche» de est devenue assez fournie pour asseoir de plus fermes conclusions.
Karnak: Grâce aux travaux de Ede! et de Allen, on peut compter, dans les Textes des pyramides '
(2) nsw bity bpr-kJ-r • ir. n < .f > m mnw .fn ft .f 'Imn-r • smnb .f bnt nJrw m s'] .fr psgt di .f 13 cas où mi est suivi d'une forme à suffixe - t 30 ; or, dans ces treize cas, ce sont toujours des
wsb .fmi rdit .f lJ .fm !fr ~ms JnJ]t verbes à infinitif féminin. Bien plus, fort significatif Pyr § 1923 (Neith 744-5), où m i wJglt sw
«Le roi du sud et du nord Kheperkarê, c'est en tant que monument de lui pour son !fr (wJglt, verbe faible) est en strict parallèle avec ml ~nk sw !fr (~nk, verbe fort).
père Amon-Rê qu'il a accompli l'acte-de-parfaire-son-excell ence à la tête des dieux en En dehors des Textes des py ramides, en Moyen Égyptien, au sens large (des CT aux Urk.
le rendant plus grand que l'ennéade; puisse-t-il faire qu'il (Amon-Rê) s'accroisse dans IV), on peut accroître le nombre des exemples par rapport à ceux dont disposaient les
la mesure où il (Amon-Rê) a fait qu'il (le pharaon) prenne possession en tant qu'Horus grammaires classiques. En voici le tableau:
qui occupe l'estrade» 25 .
dml (inf. féminin en M.E.): ml dm lt lb ( Parme 178) .
Le référent du -f de di.f semblerait être le dieu, d'après l'exemple (1). Encore que
smn : mi smnt.s 31 .
Goedicke ait suggéré de corriger en di. i, en s'appuyant sur certains parallèles 26 , auxquels
lrl: ml irt .l, exemple (7).
on pourrait ajouter les exemples (8) et (9), étudiés infra. Toutefois, le sens demeure
mkl: ml mkt J}hwty (deux fois)3 2.
satisfaisant sans cette correction.
~si: mi ~st .J, exemple (10).
Quoi qu'il en soit, deux idées fondamentales sont à l'œuvre. D ' une part, le pharaon rend rdl: mi rdlt Jst 33 ; ml dlt.s 34 ; mi rdlt.s 35 ; ml rdlt .f, exemples (2), (8), (10) ; ml dlt.f(9).
au dieu l'avantage qu'il lui a fait de lui confier la fonction monarchique en accroissant sa
lnl: ml int Jst 36 .
puissance par des monuments. D 'autre part, les dieux sont engagés entre eux dans une
sbJw: mi sbJt.k ( CGC 20328) .
sorte de compétition de prestige, au-delà de leur perfection 27 . Ainsi, un autre pharaon de Tous ces verbes ont l'infinitif en -t. Il faut ajouter un cas, qui superficiellement pourrait
proclamer:
sembler faire exception:
(3) gbJ.i nfr.fm '] r.fm s'J.fr nJrw
(4) sgJ.k wl ml sgJt.k tw gs . k
«Je veux rétribuer sa puissance par son surpassement, en le rendant plus grand que les «puisses-tu me rendre-dans-l'intégrité-de-m es-moyens comme tu t'es rendu toi-même
(autres) dieux»2s.
dans-l'intégrité-de-tes moyens» 37 .
29 Gardiner, Eg. Gr. , §407 ; Lefebvre, Gramm., §423.
24 .Roul~aude cuir de Berlin, I, 15; De Buck, Studia Aegyptiaca I, (Analecta Aegyptiaca 17), p. 50; Lichtheim, Ancien/ 30 Ede!, Altiig. Gr., §701-2; Allen, The Infl.ection of the Verb in the Pyramid Texts, (Bibliotheca Aegyptia 2), §665.
Eg~ptwn Ltlerature, I, p. II7 ; El Adly, WdO 15, 6; le cliché est étudié par Blumenthal, Unters. zum ag. Konigtum des 31 CT V, 28 b (2 versions; une autre version a mi smn. s).
Mlltleren Reiches, I, p. 223. 32 CT III, 190 d et C T VII, 227 j; pour l'idée, cf. Pyr. §1 28 b.
25 Lacau-Chevrier, Une chapelle de Sésostris là Karnak, p. 45; une partie du texte est traduite, pas très exactement, par 33 CT Ill, 183 b (10 versions).
Kees, MDAIK 16, 196, et par Blumenthal, o.c., p. 41 (voir aussi p. 124). 34 CT IV, 81 j .
26 Goedicke, Festschrift zum 150 jiihrigen Bestehen des Berliner Ag. Museums p 97 ad 35 Mütter und Kind 2, 10, cité par Gardiner, o.c., p. 322, n• 1.
27 Hornung, Der Eine und die Vie/en, p. 181. ' . ' . 36 CT I, 80 m-o (= Pyr. § 1640 b).
28 Urk . IV, 162, 16-7. 37 CT VI, 323 b.
ÉTUD ES D E PHILO LOGIE ET DE LINGU ISTIQU E
171
170 PASCAL VERN US
les apport ent confirm a-
S'agiss ant du factitif swçj3, la forme swçj3t . k pourra it être identif
iée comm e un sçjm .f classique du Moyen Égypti en : (2) et (1) Par ailleur s, d'autre s exemp
langue dans lequel, selon
spécifique. Mais ce passag e des CT reflète un état ancien de la tion:
Edel 38 , non seulem ent le -w de wçj3 n'est jamais écrit au factitif, mais
encore , dans lequel ce (7) lb dl . tw n .l ml"t mllrt. i sy
» 43 ;
factitif montr e un infiniti f féminin, comm e un factitif de 2 lit. Au
demeu rant, il vaudra it «Qu'o n veuille me donne r la justice dans la mesure où je l'ai faite
mieux dire que dans cet état de langue , le s-, préfixe du factitif
comm ute avec le préfixe le contex te suggère que mllrt . l a valeur d 'accom pli.
w- 39 ; par la suite, le préfixe w- se sera fossilisé en consti tuant insécable,
alors que le préfixe (8) ~d . i pr .f bws . l mnw .fmi rdlt .f lj.l ldbwy
où il a fait que
s- sera produc tif quelqu e temps encore . Quoi qu'il en soit, sçj3 doit être
consid éré ici comm e «Je veux bâtir sa maison , je veux édifier ses monum ents dans la mesure
un verbe à infinit if en -t. je prenne posses sion des deux rives» 44 ;
révèle cohére nt: tous )
l'argum entatio n est la même que celle des exemples (1 ) et (2); m l
rdit.f marqu e une action
Une fois écartée cette appare nte except ion, le bilan d'ense mble se
les 29 exemples de ml avec une forme à suffixe -t metten t en œuvre
des verbes à infiniti f en - clairem ent antérie ure à celle de la princip ale.
140 . Dans ces condit ions, plus guère d'hésit ation: rien
ne perme t d 'établi r l'empl oi d 'une (9) dl .l sbm .f ml dit .f sbm .l srwçj . l pr .f n n~~ ml •3 .fr nJr nb
sois puissa nt; je veux 1

forme sçjmt .f spécifique après ml, et, quand cette prépos ition/c onjonc
tion est suivie d'une «Je veux faire qu'il soit puissa nt dans la mesur e où il a fait que je
que tout dieu» 45 ;
forme en -t, il faut la consid érer comm e un infinitif. consol ider son domai ne d'étern ité dans la mesure où il est plus grand
e une action clairem ent
La questio n ne s'en trouve pas réglée pour autant . Car, une fois identif
iée la forme, reste là encore , fort étroite l'analo gie avec (1) et (2); mi dit .f marqu
ait, lui aussi, un infiniti f
à en définir la valeur , ou les valeur s, par rappor t à d 'autres formes
que peut gouver ner ml. antérie ure à celle de la principale. Mais il y a plus: quoiqu e •J ( i)
contexte, le sens de •3 ne
Dans les Textes des pyramides, il semble que l'oppo sition entre formes
en-te t formes sans fémini n, c'est une forme sans t qui est utilisée ; c'est que dans le
même passage, illustrée
-t après ml soit purem ent morph ologiq ue, et n'impl ique pas
de différence aspectuelle. saurait s'acco moder de l'accom pli. Autrem ent dit, voilà, dans un
l'oppo sition entre ml + infinit if fémini n à valeur d'acco mpli et
ml + forme sans - t d'un
D'une part en effet, ml w3glt est en strict parallè le avec ml ~nk dans
un même paragr aphe
(cité supra). D'autr e part, la traditi on a réinter prété par des formes
sans -t les formes à -t verbe à infiniti f fémini n à valeur de non accom pli.
après ml; ainsi, (10) dw3 . l ~m .f m l ~st .f wl ml rdlt .f ~wt tn m lb . l
dans la mesure o ù
(5) nr n. k nJrw mr nrt. sn n lrt-ljr «Je veux adorer Sa Majest é dans la mesure où elle m'a favorisé,
«Les dieux te manife stent crainte respec tueuse comm e ils manife
stent crainte respec- elle m'a suggéré cet édifice » 46 ;
en revanc he, la valeur
tueuse à l'œil d'Horu s»4I , ml rdlt .fmarq ue certain ement une action antérie ure à la princip ale;
d'acco mpli de ml ~st .f n 'apper t que de son parallélisme avec
ml rdlt .f et des exemples
a été réécrit :
avec m l ~s .f de l'exem ple
(6) nr(w) n.k nJrw ml nr(w) .sn n lrt-ljr; précéd ents. Toutef ois ml ~st .f constit ue un couple d'oppo sition
d'époq ues où les textes
la leçon est attesté e dans plusieu rs sources, dont certain es datant suivan t:
ancien s sont utilisés avec une bonne compé tence philolo gique
4 2 . (1 1) dwJ.i ~m .f .. . ml ~s.f wl m l3wt [ntt wji lm.s
e dans la fonctio n
En revanc he, après les Textes des pyramides, plusieu rs indices suggèr
ent que la forme en «Je veux adorer Sa Majes té ... dans la mesure où elle me favoris
d 'accom pli. Et d'abor d la dans laquell e je me trouve » 4 7 ;
-t, l'infini tif des verbes faibles, tend à être investie d 'une valeur lier, sur la stèle que le
variati on entre ml rdlt .f et ml rdl. n .f, dans la même formul e, à la
même époqu e, l'époq ue ici, il s'agit d'une action de grâce, formul ée du vivant d'un particu
se limite pas au présen t;
pharao n venait de lui offrir. Bien entend u, l'inacc ompli ml ~s.fne
la mesur e où elle me
si le contex te impliq uait nettem ent le passé, on traduir ait «dans
38 Ede!, o.c., §442 et 689. favoris ait» .
p. 25 sq. ; Ward, The four Homographie Roots B-3,
39
Otto, zA.'s 79, 41-52 ; Lacau, Études d'égyptologie Il, (BdE 60),
(Studia Poh/ 6), p. 18-9, § 24-5.
forme Rekh. 12, repose sur une mauvaise lecture de Urk. IV, 492, 7, cité par Gardiner, o.c., §407.
L'exemple mi wrjJt, cité par Gardiner , Eg. Gr., p. 322, n •. 2, sous la
43
40
of Buhen, 1, pl. 61 , 1. 6, p. 49.
Newberr y; il faut lire mi wrjJ ; cf. N. de Garis Davies, The Tomb
of Rekh-mi-re, pl. 50. 44 Urk. IV, 807, 10 et 812, Il ; cf. Caminos , The New Kingdom Temples
41 Pyr.l75 5c. 45 Urk. IV, 198, 7-10.
parmi les versions Rekhmirê et PJ-di- 'Imn-ipt. Urk. IV, 134, 12- 14, cité par Lefebvre , o.c., §423.
Otto, Das iig. Mundoffnungsritua/, (Ag. Abh. 3), p. 123, scène 50,
46
42
ns d'Edfou, documen t 52.
mi sont conservé es telles quelles; supra, n • 36. Caire JE 3891 7; El-Sayed, BIFA O 79, pl. 47; Vernus, Les inscriptio
Noter que dans les versions des CT des Pyr., les formes en -t après
47
172 PASCAL VERNUS ÉTUDES DE PHILOLOGIE ET DE LINGUISTIQUE 173

Tous ces exemples donnent à penser que l'infinitif en -t après ml s'est trouvé d'une valeur Les analyses précédentes suggèrent quelques réflexions plus générales sur l'emploi des
d'accompli en Moyen Égyptien. Il était alors en distribution supplémentaire avec le formes à suffixe -t après les prépositions/conjonctions.
sçjm. n .f48 , attesté, lui aussi, après mi dans cet état de langue. Toutefois, le sçjm. n .f après
mf était étendu à toutes les classes verbales 49 , alors que mi+ forme en-tétait évidemment 1. Très anciennement, la valeur lexicale 53 des prépositions/conjonctions çjr et r, qm
restreint aux verbes faibles . Cette concurrence a duré jusqu'à l'égyptien néo-classique du impliquent une limite, respectivement un terminus a quo et un terminus ad quem, a suscité
début de la XVIIIe dynastie. Dans le Nouvel Empire plus avancé, l'Égyptien de tradition une répartition aspectuelle des formes qu'elles pouvaient régir, infinitif masculin, infinitif en
semble n'exprimer qu'à l'aide du sçjm. n .f l'accompli après mi: -t, prospectif (double paradigme), mrr .f Dans un premier temps, l'infinitif en -t des verbes
(12) ml rdi.n . sn n.f ~n n!Jt faibles s'est spécialisé dans la valeur d'accompli, puis, ce-t, senti comme morphème de cet
«Puisqu'ils lui ont donné vaillance et victoire» 50 . aspect a été étendu analogiquement aux verbes forts 54 . D'où les couples:
(13) ir ml sni. n. Stb p3 w3d-wr (14) çjr ~çj t3
«Comme Seth a conjuré la mer» 51 . «Depuis l'aube (depuis que la terre s'éclaire)» 55 ,
L'évolution des valeurs aspectuelles des formes verbales après mi est résumée dans le ( 15) çjr ~çjt t3
tableau suivant; -0 signifie que la forme n'a ni le suffixe -t, ni le suffixe -n ; elle peut être «Depuis l'aube venue (depuis que la terre s'est éclairée)» 56 ;
l'infinitif masculin, le prospectif (double paradigme), et la forme mrr .f5 2 • et
(16) r ~çj t3
«Jusqu'à l'aube (jusqu'à ce que la terre s'éclaire)» 57 ,
PYRAMIDES MOYEN EGYPTIEN
(17) r ~çjt t3
-1 -t _....
-1 .t: -1\.
«Jusqu'à l'aube venue (jusqu'à ce que la terre se soit éclairée)» 58 .
Cette spécialisation dans l'accompli de l'infinitif en -t a été facilitée par l'analogie avec la
forme n sçjmt .f, où sçjmt .fest fondamentalement un accompli, avec, de plus, présupposi-
verbes + + - + + +
faibles tion que l'action dont l'accomplissement est nié a été ensuite accomplie, ou devrait l'être 5 9 .
En effet, après une principale négative, n sçjmt .f et r sçjmt .f ont des effets de sens très
aspec.t ,., ,., rtot't a.<<.<>rnp/i acc..ompl< a<c..ompl i voisins;

aspe.c.c ,., Nt\. a,CLomtll ac.c:.on"lrfi.


(18) n ljn.n . s n gmtw .s sw
«Pas question pour elle de s'arrêter avant de l'avoir trouvé» 60 ;

verbes
forts
+ - - + - +
'' Vues similaires, à propos de sgm.n.faprès les prépositions/conjonctions exprimées par Junge, Syntax der mitteliigyp-
tischen Literatursprache, p. 105.
s• Dr avec forme en -t d'un verbe à infinitif masculin est connu des les Pyr., cf. Allen, o.c., §466 ; cf. aussi Anthes, Studies
Wilson~ p. 5-13. R avec forme en -1 d'une fort est attesté dans les CT: exemple (17), et CT Il, 342 a; 359 f; Roccati, Papiro
ieratico n' 54003, r" 15 ; r s3t. sn de Urk. I, 216, 7, a été lu par Edel soit sg3t . sn (o.c ., § 734 et 672), soit sw3t .sn (o.c. , § 33). En
fait, il s'agit de s3, instransitif, auquel s'est substitué la forme ABAB s3s3, intransitif (Goedicke, fARCE 3, 47, (i)), de même
48 Déjà dans CT I, 267 b, mllr. n. k. qu'à s3, transitif, au sens de «repousser» (Fischer, ZÀ.S 100, 17) s'est substitué le très fréquent s3s3 (FCD, 211 , etc ... ). Pour r
49 Avec des verbes forts: ml wg.n.f, Urk. IV, 353, 3-5; ml wg.n.lt, Urk . IV, 224, 1 = Brunner, Die Geburt des Gottkonigs, p~t nsw, avec sens passif, «jusqu'à ce que le roi soit touché(= mis au fait)» (Goedicke, Konigliche Dokumente aus dem Allen
(Ag . Abh 10), p. 72 (en variante avec la forme relative mi wgt .n. it, Urk. IV, 242, 17; 258, 5) ; Urk. IV, 781 , 4 (en variante avec Reich, (Âg. Abh. 14), fig . 28, section V, 2-4), cf, Vernus, Ann. EPHE lV' section 1977-1978, p. 82-3.
ml wgt. n . it, 780, 4). 55 LDM 137 A, 1. Il.
50 Haeny, BÀBA Il, fig. 12 (Horemheb). Sous Aménophis III, ml rdlt .fvarie avec ml rdl.n .f: Urk. IV, 1671, 1 et 1652, 9.
56 Pyr. § 1334 a.
51 P. Hearst 170; Westendorf, Gr. med. Texte , p.l74, 3, §242, 3; Borghouts, Ancien! Eg. Magical Texts, p . 37, (56).
' 7 Iversen, Papyrus Carlsberg n' VIII, I, x + 4-5.
Reich, (Ag. Abh. 14), fig. 28, section V, 2-4), cf. Vernus, Ann. EPHE IV' section 1977-1978, p. 82-3. ss CT I, 250 b, 252 d, 253 b; cf. Vernus, RdE 35, 186, n' 165.
52 Ce formes ont en commun le trait «non accompli», mais, bien entendu, se distinguent, par ailleurs, par d'autres traits,
so Vues analogues: Satzinger, JEA 57, 58-69, et GM 27, 45-9 ; contra: Junge, GM 1, 32-4.
«modal», «emphatique», «ni emphatique ni modal»; je n'aborde pas la question ici. oo Louvre C 206, 1. 15; Moret, BIFAO 30, 741.
174 PASCAL VERNUS ÉTUDES DE PHILOLOGIE ET DE LINGUISTIQUE 175

(19) n ly. n . i n tn n ( n) lw .l n . tn r lrt .l i3w XX. Une variante de cleft sentence en Néo-égyptien
«Je ne puis venir à vous, je ne saurais venir à vous avant d'être devenu 'I3w» 6 1 . du Nouvel Empire et de la T .P.I., et ses antécédents

Les travaux de S.I. Groll 66 ont mis en lumière deux types de cleft-sentence dans le Néo-
Il. Un peu plus tard, un processus analogue se met en branle avec la préposition/
égyptien de la pratique:
conjonction ml. Car sa valeur lexicale implique fréquemment que l'action qu'elle introduit
I Le premier membre est introduit par in jm, le second membre est un participe transitif
soit antérieure à l'action de la proposition principale, dont elle constitue la cause ou la
non précédé de p3/t3/n3.
référence archétype 62 . D'où la tendance à la répartition aspectuelle des formes verbales
II Le premier membre n'est pas introduit par in/m, le second membre, participe, forme
que régit ml. Derechef, l'infinitif en -t tend à être investi d'une valeur d'accompli.
relative, relative avec nty, est précédé de p3/t3/n3.
Toutefois, le processus n'ira pas jusqu'à son terme, c'est-à-dire à l'extension analogique de
Ainsi, «the definition of the participle and the introductory particles in or rn are mutually
-taux verbes forts, comme cela s'était produit avec ret gr. Sans doute la concurrence du
exclusive» 67 . De plus, dans la dynamique de la langue, le type II est le type dominant; il
sgm. n .fa-t-elle inhibé l'évolution.
prend en compte les oppositions aspectivo-temporelles, et se perpétue en Démotique. Au
contraire, le type I est récessif; de fortes contraintes sémantiques en limitent l'emploi (dans
III. Par là s'éclaire l'histoire du suffixe -t. Pour rendre compte de ses multiples emplois,
le premier membre comme dans le second membre), et ses possibilités aspectivo-temporelles
entre autres, comme marque du propectif (iwt, sgm . ty .fy) et de l'accompli (n sgmt .j) ,
se trouvent restreintes; il disparaît en Démotique.
Loprieno a très astucieusement montré qu'accompli et prospectif, ainsi que le passif,
Cela posé, dans le Néo-Égyptien de la pratique, mais aussi dans les documents influencés
peuvent se subsumer dans une sorte d'archi-catégorie dont le trait pertinent serait la
par le vernaculaire depuis la XVIIe dynastie, jusqu'à la T.P.I., et même dans l'Égyptien de
clôture 63 . En pure synchronie, pourquoi refuser cette brillante élucidation ? D'un point de
tradition du Nouvel Empire, ne manquent pas les exemples d'incontestables cleft sentences
vue historique, on considérera simplement que le suffixe -t, loin de posséder intrinséque-
qui ne correspondent à aucun de ces types, le premier membre n'étant pas introduit par in/
ment une quelconque valeur spécifique, sert de pur différenciateur, susceptible d'être investi
m, comme dans le type II, mais le second membre n'étant pas, non plus, précédé de p3/t3/
de signifiés différents au grè de l'évolution. Entre autre, il a servi à bâtir un nom d'action
n3, comme dans le type I. Ces exemples, loin d'avoir été étudiés en série, ont été réduits,
(infinitif) des verbes pour lesquels le schème vocalique ne se révélait pas suffisamment
isolément, à des omissions ou des phénomènes purement graphiques 68 . Mais leur inven-
discriminant, en raison de leurs structures phonétiques 64 . Par la suite, en certains
taire incite à en réévaluer la portée.
environnements, l'opposition purement morphologique entre formes à suffixe -t et formes
Ils sont particulièrement fréquents après le iw circonstanciel.
sans suffixe -t a été chargée d'une opposition aspectuelle accompli/non accompli. Et cela,
(1) iw ss N l.di st n . i
sans préjudice d'autres valeurs véhiculées par le même suffixe dans d'autres domaines.
«Alors que c'est le scribe N qui me les a donnés» 69 (Ramsès III ou après) .
La situation rappelle celle du suffixe -t du sémitique. Que de débats érudits et passionnés
(2) lw rwd N n pr ~nin nsw R ·-wsr-~ ·-stp . n .fr'} i. ir-w~m n .f iw .f (~r) dit n .f 100 n s~t n
entre les tenants d'une valeur originelle de diminutif, et ceux qui défendaient, au contraire,
b 'l
sa valeur originelle d'intensif, les uns et les autres brandissant d'impressionnants argu-
«Alors que c'est le représentant du domaine du palanquin du roi Ouser-khâ-rê-
ments! On ne sortit de l'aporie qu'en réalisant que ce -t n'était qu'un outil dépourvu de
setepenrê N qui recommença de lui donner 100 coups de canne» (Ramsès IV)? 0 .
signifié intrinsèque, et fonctionnant comme pur différenciateur pour bâtir des oppositions
Dans le même document, quelques lignes plus loin, on a lw m n3y .f lry ... l.lr-lt~ .f, «étant
de nature différente, voire, parfois, contradictoire 65 .
donné que c'est nul autre que ses associés ... qui l'avaient traîné (devant le dieu)».

61 CT VII, 168 i-j.


oo Groll, Non Verbal Sentence Pattern in LateEgyptian, p. 47-93 . Voir aussi Satzinger, Studies Presented ta H.J. Polotsky,
62 J'insiste bien sur le fait que les répartitions aspectuelles procèdent du sens lexical. De fait, si on peut attendre que
l'infinitif en -t se charge aussi d'une valeur d'accompli après bft et m-bt, rien n'indique le même processus après m. p. 480-505; Callender, Studies in the Nominal Sentence in Egyptian and Coptic , p. 183.
63 Loprieno, GM 37, 17-29; Id., Studien zu Sprache und Religion i{gyptens, (Fs. 6 7 Cerny-Groll, A Late Egyptian Grammar, p. 531, §57 .12.20.
Westendorf) , 1, p. 87-102.
64 Lacau, o.c. , p. 220-1. 68 Groll, Non Verbal Sentence Patterns, p. 50-1, considère que «the morpheme rn may be "o"» .

65 Aspesi, La distinzione del gene ri nef nome antico-egiziano e semitico, 69 o. Berlin 10629; Cerny, BIFAO 27, 177 ; Allam, Hieratische Ostraka und Papyri, p. 27-9, (n ' 7).
(Publicazioni dell'instituto di glottologia dell'Univer-
sità di Milano 3). 1 0 P. BM 10335, v' 13-5 et 17-9 = Blackman, JEA 11 , pl. 38; cité par Satzinger, o.c., p. 503.
176 PASCAL VERNUS ÉTUDES DE PHILOLOGIE ET DE LINGUISTIQUE 177

(3) ... gmy lw w·b N s] Y l.j5y [ .fj Dans un conte en Néo-Égyptien :


«(389 dében) dont il fut constaté que c'était le prêtre N, fils de Y, qui les avait volés» 71 . (1 0) p5y .l sn sr i. kmn ( w) l
(4) lw ~mww N i . sfiJ . sw «C'est mon frère cadet qui m'a aveuglé» 78 .
«(les trois planches de bois-mry) alors que c'était le charpentier N qui les avait Dans la formulation en langue vernaculaire de l'idéologie royale des Koushites, sur une
découpées» 72 . stèle hiéroglyphique de Piankhi:
(5) lw w~ • N n pJ ~]ti- • n niwt i. ir-çjJy. n r imnt niwt (11) njrw lr nsw rmj lr nsw ln '!mn ir ( w) l
«Alors que c'était le pêcheur du maire de Thèbes N qui nous avait transportés jusqu'à «Ce sont des dieux qui font le roi, ce sont des hommes qui font un roi, mais c'est
l'occident de Thèbes» 73 . Amon qui m'a fait» 79 .
Ces trois exemples (3), (4), (5), sont tirés des procés-verbaux relatifs au pillage des tombes à Sur la photographie, le ln devant lr ( w) l est bien abîmé, mais les traces semblent
la fin de la xxe dynastie. Voici un exemple dans une inscription hiéroglyphique de la XXIC confirmer la lecture de Reisner et de Priese,
dynastie, fondée sur des documents en langue vernaculaire. Derechef dans une inscription royale en langue vernaculaire de l'époque éthiopienne, sous
(6) lw n] bJy l.lr. st Taharqa;
«(les trois tiers d' oipé) alors que ce sont les mesureurs qui les appliquaient» 74 . (12) ~ry lr-dl- ·na pf bJk
Le passage est excellemment commenté dans l'admirable édition de Kruchten. Les autres «C'est le maître qui fait vivre son serviteur» 80 .
exemples montrent qu'il n'est pas nécessaire de postuler une crase du morphème m avec nJ. Encore une fois dans un texte rédigé en vernaculaire, mais écrit en hiéroglyphe, de l'époque
Outre ces exemples de cleft-sentences sans lnjm, et sans p3jt3jn3, dans des circonstan- éthiopienne (reine Katimala):
cielles après lw, il y en a d'autres en propositions principales. (13) '!mn dl bpr. s r . r. w
(7) '!mn nsw ntrw rnn sw «C'est Amon qui a fait qu'elle se produise contre eux» 81 .
«C'est Amon, rois des dieux, qui l'élève» 7 5 • Enfin, deux formations onomastiques doivent être prises en compte:
Cet exemple est un peu à part, puisqu'il date d 'Horemheb. Il figure en effet dans un passage (14) formation du genre 'Imn-ms-sw, R ·-ms-sw
rédigé dans une langue mimétique du Moyen Égyptien, et peu ouverte aux influences du «C'est le dieu X qui l'a mis au monde» 82 .
vernaculaire. En revanche, les exemples qui suivent sont tirés de textes en Néo-égyptien, ou 'Imn-ms-sw est attesté dès la XVIIIe dynastie. Par ailleurs, la variante P 3-r ·-ms-sw 8 3 ,
influencés par la langue de la deuxième phase. Déjà celui-ci, de la XVIIe dynastie: connue dès la fin de la XVIIIe dynastie, montre que cette formation onomastique
(8) bJkt ws< st '!y s'intégrait à la langue vernaculaire.
«C'est une servante qui les épuisa, (à savoir) 'ly» 76 . (15) formations du genre 'Imn-l . lr-dl. s
De même, cette formule magique, avec d'évidents traits néo-égyptiens, dans un papyrus «C'est Amon qui l'a donné(e)» 84 .
médical copié au Nouvel Empire: Les transcriptions grecques écartent la possibilité d'une antéposition honorifique du nom
(9) t] 7 lfwt-~r lrw s] ~r ~·(.l) divin. Des noms formés sur ce type sont attestés dès le début de l'époque éthiopienne 85 .
«Ce sont les sept Hathor qui font protection sur mon corps» 77 .

78 Vérité et Mensonge, 6, 6. Dans le même texte, on a aussi nm l. kmn tw (6, 5), judicieusement opposé par Groll, o.c.,

p. 52, avec un exemple où nm est précédé de m .


79 Reisner, ZXS 66, pl. 4, cf. p. 90, 1. 24; Priese, zA."s 98, 26.
71 P. BM 10053, V" 1, 11-2. 8° Vernus , BIFAO 75, 47, (aas).
72 P. BM 10053, V" 4, 21. 81 Grapow, zA."s 76, 30-1.
73 P. BM 10054, r" 3, 5-6 ; cité par Satzinger, o.c. , p. 495. 82 Ranke, PN II, 65-70; Lefebvre, Gramm. , §617.
74 Kruchten, Le grand texte oraculaire de Djehoutymose, (Monographies Reine Elizabeth 5), p. 141. 83 Cruz-Uribe, JNES 37, 243.
75 Urk. IV, 2113, Il; Gardiner, JEA 39, 16, (d), cite des parallèles qui n'en sont pas exactement. 84 Ranke, P N II, 65-70 ; Spiegelberg, Demotische Grammatik, § 242.
76 Vernus, DE 6, 79-81. 85 Le nom est déjà porté par une fille de Kashta: Leclant, LXI, col. 197; un J)~wty-lr-dl.s est attesté en l'an 24 de
77 P. Berlin médical 21 , 8; Westendorf, Gr. med. Texte, §297 b; Borghouts, AEMT, p. 46, (74). Taharqa, Malinine-Posener-Vercoutter, Catalogue des stèles du Sérapéum , p. 101, n" 127.
178 PASCAL VERNUS ÉTUDES DE PHILOLOGIE ET DE LINGUISTIQUE 179

A bien considérer ces exemples 86 , une conclusion s'impose: ils ne sauraient être réduits à elles demeurent effectives. En ce sens, dans le texte de l'exemple (2), la cleft-sentence
de simples accidents phonétiques entraînant l'assimilation de lnjm avec la consonne introduite par m après lw s'oppose par une évidente nuance restrictive à la cleft-sentence
suivante: l'environnement est bien trop varié. Ils ne sauraient, non plus, être réduits à sans m après lw: «étant donné que c'est nul autre que ses associés»; il est clair que le
quelque oubli du scripteur 87 , ou à un souci d'économie graphique 88 : leur nombre, leur rédacteur du document met en valeur le fait que le coupable a été traîné devant l'oracle par
distribution, et aussi les transcription grecques comme Amonortaios Thotortaios, s'op- ses propres associés. En revanche, dans la cleft-sentence sans m de (2), il ne vise qu'à une
posent à de telles explications. En fait, il faut bel et bien reconnaître l'existence d'un simple spécification de celui qui appliqua le châtiment, sans chercher à valoriser parti-
troisième type de cleft-sentence, bâti sur un premier membre sans morphème introducteur, culiérement la restriction qu'implique toute spécification.
suivi d'un second membre, représenté par un participe transitif non précédé par p3/t3/n3: Il y a donc en Néo-égyptien, à côté de la cleft-sentence de type ln/m + substantif +
Type sans doute marginal, mais, toutefois, assez enraciné dans la langue pour avoir servi dé participe actif, une cleft-sentence de même structure, mais sans ln/m. On est en droit
matrice à des formations onomastiques aussi productives que Nom de divinité + participe d'examiner si l'Égyptien de la première phase ne connaît pas de phénomène analogue. De
transitif. fait, Edel signale quelques cas de participial statement, -le prédécesseur de la cleft sentence
Bien évidemment, ce troisième type est structurellement une variante du type I défini du type I en Néo-égyptien-, sans ln, en particulier dans une expression bien connue. et
supra. En Néo-égyptien de la pratique ((1) à (6)), ses emplois sont restreints aux servant à identifier le responsable de l'érection d'un monument:
circonstancielles introduites par lw; il est clair que la succession lw + ln/m, quoique (16) a) nom de parenté + ir n .f nw
parfaitement grammaticale 89 , et bien attestée, devait sembler lourde, au point que notre b) nom de parenté + swt + ir n.s nw
troisième type se substituait aisément au type I en cette position. Encore faut-il se garder de c) ln + nom de parenté + ir n .f nw 91 .
réduire la différence entre type III et type I à de simples considérations stylistiques 90 . Car, Voici une situation typique où on attend une cleft sentence, puisqu'il s'agit d'exprimer une
en Néo-égyptien au sens large, le type III est attesté même en proposition principale ((7)- spécification. Et en effet, la formule habituelle utilise un participial statement avec ln +
(13)). Qui plus est, dans un cas (11), les deux types sont opposés dans le même énoncé; leur nom de parenté (16c) ou avec swt anaphorique de ce nom de parenté, par exemple lorsqu'il
différence apparaît clairement: alors que la cleft sentence sans ln/m (nJrw ir nsw rmJlr nsw), est thématisé (16b) 92 . Il est donc évident que (16a), est aussi une cleft sentence, mais dont
remplit simplement une fonction de spécification, la cleft sentence avec ln (in '!mn ir ( w) f) le substantif n'est pas introduit pas ln.
ajoute à cette fonction de spécification une nuance de forte restriction («c'est Amon et lui
seul»). Il est clair que la particule ln joue dans le registre pragmatique (ou énonciatif) des
stratégies de communication. Dès lors, on comprend pourquoi elle n'apparaît pas dans les
(17) a) lnk l
Or, des variations analogues se laissent relever dans les CT:

b) N (pn/tn) dmçj (/dm) ~3w pt


c) inN pn (BlBo)
formations onomastiques qui ne présentent que des cleft-sentences sans ln/m ((14) et (15)).
Les noms propres sont situés hors texte (ou constituent tout le texte à eux seuls), et, par
conséquent, peu ouverts aux opérateurs pragmatiques. Par ailleurs, on comprend mieux
l'absence assez fréquente de ln/m après lw, relevée supra en Néo-égyptien de la pratique;
(18) a) lnk
b) N (pn/tn)
l
C'est cet(/te) N (/c'est moi) qui réunit (qui perce) pour lui les hauteurs du ciel» 93 .

sgr mw
dans les circonstancielles, les opérations pragmatiques deviennent moins cruciales, même si c) ln N pn (BlBo)
«C'est cet(/te) N (/c'est moi) qui apaise l'eau» 94 .

86 Un exemple possible de cleft-sentence sans ln/m, avec le prospectif sqm .f dans le second membre est cité par Borghouts,

BiOr 29, 272 (13), et Satzinger, o.c., p. 504, n" 71.


87 Un cas évident d'omission est la version d'Abou Simbel du Bulletin de Qadesh, où on lit lw p] lftJ, là où les autres

versions ont lw m pJ br n ljtJ (KR! II, 106, 4-9).


88 Pour l'omission graphique de morphèmes dans les noms propres, Cf. Vernus, RdE 34, 127, n. 83. 91 Ede!, Altiig. Gr., §950, 945, 954.
89 'lw introduisant une cleft-sentence avec rn/ln est bien attesté; voir les ouvrages cités n. l, et par exemple, P. Banks 1, v"4 92 Cf. les axemples cités par Gunn, Studies in Egyptian Syntax, 47 (3) et (4), et Brovarski, Mélanges Mokhtar, p. 142,
= Edwards, J EA 68, 132, n. ee. n.62.
90 Un cas où jouent certainement des considérations stylistiques est celui étudié par GroU, o.c., p. 102-3, n" 102 et 103; 93 CT I, 376-377a, Voir aussi CT I, 393c-394a, analysé par Loprieno, au cours d'une communication lue au Quatrième

quatre cleft-sentences niées en parallèle, et avec le même second membre, les deux premières ayant lw bn m + substantif, les Congrès d'Égyptologie.
94 CT VII, 369a.
deux dernières lw bn + substantif.
180 PASCAL VERNUS ÉTUDES DE PHILOLOGIE ET DE LINGUISTIQUE 181

La formule 1094 présente à quatre reprises le même genre de variation : «C'est une minorité qui connaît ces caractéristiques» 102 .
(19) a) lnk ) Par ailleurs, le participial statement sans ln introducteur est utilisé dans une formule
b) N (pn jtn) ln wq3t stéréotypée de la pratique épistolaire du Moyen Empire 103 .
c) ln N pn (BlBo) Ainsi, la structure fondamentale de l'ancienne cleft sentence paraît être Substantif +
«C'est cet(/te) N (/ c'est moi) qui a été chercher l'œil-wg3t». participe, avec certainement une caractérisation suprasegmentale. L'opérateur ln relève de
Mais, au début de la formule, après «Salut à toi» 95 , BlBo offre une intéressente leçon: 0
, l'appareil à travers lequel l'énonciateur marque son énoncé de ses stratégies ou visées
(20) a) lnk } communicatives. Il développe pleinement une nuance de restriction virtuelle dans l'idée de
b) N (pn ftn) ln wçj3t spécification qui caractérise la cleft sentence. Au point que cleft sentence sans ln et cleft
c) ln wçj3t pw N pn (BlBo) sentence avec in peuvent s'opposer dans un même texte ((2), (11)). Que ln ne soit pas
«Cet(/te) N (je suis) est celui qui a été chercher l'œil-wçj3t. BlBo : c'est celui qui a été indissolublement lié à ce tour appert clairement du fait qu'il se trouve absent de sa plus
chercher l'œil-wçj3t que cet N» 96 . récente formulation (type II), laquelle finira par éliminer celle où il figurait usuellement,
Il est clair que le scripteur de Blbo a effectué un véritable travail d'interprétation sur les (type I) .
documents qu'il copiait. Sous la séquence Substantif + participe se dissimulent deux types
d'énoncé, une phrase nominale Sujet + Prédicat exprimant une qualification, et une cleft
sentence exprimant une spécification 97 ; ces deux types se distinguaient par des différences
ADDENDUM
phonétiques (probablement deux formes dans le cas de lnk) 98 . Le plus souvent, BlBo a
choisi la cleft sentence, qu'il a explicitée et modernisée en l'introduisant par ln; mais dans -p. 169, n. 36: la leçon mllnt 3st est réécrite ml ln . n. 3st au Nouvel Empire : Moret, Le
(20), en tête de formule, il a jugé l'énoncé de qualification plus approprié 99 . Néanmoins, il rituel du culte divin, p. 62 et 113.
demeure que le participial statement ln + Substantif + participe transitif est couramment
senti comme une interprétation légitime de Substantif + participe transitif, et, donc, que
cette séquence peut être une cleft sentence sans ln 100 . Bien plus, une composition religieuse
plus récente que les CT, l'Am-douat, montre les deux tours en variante textuelle dans un
passage récemment étudié par Wente 101 :
(21) a) "nd rb ssm pn
b) ln "nd rb ssm pn

95 CT VII, 378c; voir aussi 373b, 376b et 377b.


96 CT VII, 373a.
97 Pour ces valeurs, voir Junge, Studies Presented to H.f. Polotsky, p. 446-7 ; Schenkel, Studien zu Sprache und Religion

Agyptens, (Fs. Westendorj), p. 164.


98 En dernier lieu, Loprieno, Fourth International Congress of Egyptology. Abstracts of Papers, p. 133 ; Borghouts,

Crossroad. Chaos or the Beginning of a new Paradigm (CNI Publications 1), p. 62. 102 Hornung, Das Amduat, 1, (Ag. Abh. 7), p. 123, et II, (Ag. Abh. 13), p. 16, 1. 177, (Septième Heure, version longue et

99 Pour ce genre de variante, cf. Schenkel, o.c. , p. 166. Il n'y a aucune raison sérieuse pour ajouter ces exemples à ceux version abrégée, respectivement). Noter que Borghouts, o.c., étudie un exemple possible de cleft-sentence sans in avec
considérés souvent comme illustrant la très discutable construction Sujet + pw+Prédicat; cf. par exemple, Depuydt, l'interrogatif m en vedette; la présence de la particule 3 entre peut-être en compte; quoi qu'il en soit, on ne peut manquer
Crossroad ..., p. 104-5; en ce qui concerne l'Ancien et le Moyen Égyptien à tout le moins, elle me paraît reposer sur une d 'évoquer l'exemple Néo-égyptien cité n. 78.
confusion entre le syntaxique et le stylistique. 103 James, The lfe~anakhte Papers, p. 119-20; Simpson, JEA 52, 42; Posener-Kriéger, Les archives du temple funéraire de

100 Par ailleurs, la variation entre ink +participe et substantif+ participe, déjà signalée par Loprieno et Borghouts, est très Néferirkarê-Kakaï, II, (BdE 65), p. 454, n' 5; Doret, The Narrative Verbal System of Old and Middle Egyptian, (Cahiers
fréquente; elle repose sans doute sur une adaptation mécanique de la première à la troisième personne. d'Orientalisme 12), p. 27, n' 27, n' 135. Par ailleurs, certains noms propres pourraient être bâtis sur des cleft-sentences sans in,
101 Wente, INES 41 , 165, n. 31. tels Pth-wçj- 'nb .f; cf. Junker, Giza VIII, p. 52-3 ; mais une antéposition honorifique demeure possible.
BRÈVES COMMUNICATION S

UN PRÉFIXE P EN EGYPTIEN?

L'égyptien ancien, comme les autres membres du groupe chamito-sémitique, possède, on le sait,
un certain nombre de préfixes (m, : /n, ~, s) susceptibles de former, à partir d'un mot déjà existant,
soit de nouveaux verbes soit de nouveaux substantifs 1 . Or, si le parler de la vallée du Nil n'a pas
connu de préfixe t comme les langues voisines 2 , il semble qu'il ait fait usage, quoique rarement,
d'un élément préformant p. Quatre termes, au moins, présentent à mon sens ce type de formation:
- p : ~t, «échelle » ( Wb . 1, 500, 4);
Ji: ~, «monter » (Wb. 1, 33, 15-8);
cf. m: ~t, «échelle» (Wb . II, 33, 6-7).
- pn~, «nourrir, allai ter»;
Jin~, «serrer sur son sein» ( Wb. I, 100-1 );
cf. sn~ (dét. ~ ), «allaiter» ( Wb. IV, 174-5)
Le mot ~~ , dans le sens de «nourrir», est absent des dictionnaires ( Wb., FCD, A lex.) ; il est
attesté par deux exemples ptolémaïques (offrande du lait) :
• E. II, 39, 1: Le roi «éduque les enfants et nourrit (pn~) les vieillards».
• MD, 130, 3-4: «Je nourris tes chairs avec le lait».
Il est toutefois possible que les hiérogrammates aient repris le mo tpn~ (« puiser ») pour créer une
allitération avec sn~ en se contentant de changer le déterminatif (l'idée d'un liquide qui coule aurait
suffi au glissement de sens)3.
- pM, «couper, séparer» (Wb. 1, 542, 1-3);
J M , «détruire » (Wb. III, 212-213) ;
cf. probablement nMt, «dent » ( Wb. Il, 304, 5-6).
- pJwn «force »;
J Jwn «encorner» (Wb. V, 359, 11 -2);
cf. Jwn w «taureau de combat» ( Wb. V, 359, 13);
cf. mJwn «arène» (Wb. II, 175, 12).
Le mot pJwn est inconnu des dictionnaires; il est attesté par deux exemples ptolémaïques qui
présentent la même formule: «Je te donne la force (pJwn) de mon fils H orus» 4 :
o E. II, 64, 14: ~ ~ .-·-
o E. 1, 178, 1 (édition révisée): o:-~ 5 •
À ces mots, dont la dérivation à partir d'une racine à laquelle pa été préfixé est indubitable, on
peut joindre quelques autres dont le mode de formation paraît similaire.

1 À propos des préfixes nominaux, cf. Osing, Nomina/bildung, p. 321 sq. Ce m'est un agréable devoir de remercier ici

M. Osing qui a eu l'amabilité de s'intéresser à mon étude et de me faire profiter de son expérience.
2 Cf. Clère, GLECS 3, 13-5.

3 Daumas, Les mammisis, p. 418, n• 1, renvoie au sens «puiser» du Wb. 1, 510.

4 La formule est courante dans la bouche d'Isis avec les mots p~ty, n~ t ou sfyt; cf. Cauville, Osiris à Edfou, p. 15, n• 4.

5 L'animal entouré de gouttelettes d'eau est probablement une représentation déformée du taureau qui gratte le sol et

projette ainsi du sable par-dessus sa tête; cf. Schiifer, Z XS 43, 74 sq.


-'

184 BRÈVES COMMUNICATIONS BRÈVES COMMUNICATIONS 185

- r, «cracher» (Alex. 77. 1381 = E. II, 260, 12); À PROPOS DES DÉSIGNATIONS DE LA PALETTE DE SCRIBE
cf. ",«crachat» (Wb. 1, 169, 1-2).
- pds, détruire» (dét. liJ )
(Wb. 1, 566, 18-19); C'est un fait constant que l'égyptien, particulièrement dans la phase tardive de son développe-
cf. ds, «couteau» (Wb. V, 486) ; ment, utilise volontiers plusieurs termes ou expressions périphrastiques pour désigner un objet, un
cf. mds «acéré, violent» (Wb. II, 183). être ou même un concept. La palette de scribe, qui participe du triple domaine matériel, intellectuel
- pgg, «grenouille», pngg «petit animal (grenouille?)» ; et symbolique, n'échappe pas à cette règle. C'est ainsi que, à côté d' un mot très anciennement
cf. g : g:, «caquètement des oies» (Wb. V, 157, 2) ; attesté, gsty, un certain nombre de vocables, souvent déviés de leur sens propre, servent à désigner
cf. ngg, «un oiseau» (Wb. II, 350, 13-4); ce qui est devenu le symbole par excellence de l'intelligence et du savoir divin et humain.
cf. ng/ngg, «crier (en parlant de l'oie ou du faucon)», «tinter (en parlant du sistre) » (Wb . Il, 350, Le terme gsty désigne l'objet, la palette, dont nombre d'exemplaires sont conservés dans différents
9-12); musées 1 • Par ailleurs, les relations entre Thot et la coudée sont si étroites que m~ peut désigner la
cf. mgg, «cri, hululement» (Wb. II, 164, 16); palette aussi bien que la coudée 2 ; du reste, certains de ces ustensiles mesurent précisément une
Pgg (Wb. 1, 563, 8, «ein Tien>): l'animal est déterminé par une grenouille dansE. VI, 299, 4 6 ; cinquantaine de centimètres de long 3 .
pngg n'est pas identifié dans la phrase suivante: «Tu auras peur des souris et tu craindras l'animal- Dans son étude sur Thot \ M .-Th . Derchain-Urtel relève quelques noms de la palette dont il me '
pngg» 7. paraît utile d'assurer la lecture et de compléter la liste 5 •
Que l'on ait affaire à une racine g : jg : g: ou à la racine ng/ngg 8 , il semble que les mots pgg et n 'Ir (lu 'n par Derchain-Urtel, Thot, p. 156, n ° 74) :
--Il .<0>-
pngg soient de formation onomatopéique, l'animal étant caractérisé par son cri, aigre comme celui ex. 1: ;...,_.. (E. I, 63, 7) 6 ,
de l'oie ou aigu comme le son du sistre. ex. 2: ~-=-~ (E. IV, 90, 1),
1 - n
Il serait assurément possible de citer d'autres vocables commençant par p susceptibles d'être ex. 3: --11 -=-. U (E. VII, 126, 15),
rattachés à un mot déjà attesté dans les textes. Toutefois, le grand nombre des racines faibles ou ex. 4: ::::-=- (Philae II, 177, 21),
doublement faibles de l'égyptien doit engager à une grande prudence quant aux rapprochements ex. 5: T ~ ,:;; (Urk . VIII, n o 83 d = Clère, Porte d 'E vergète, pl. 22),
lexicaux. Quoi qu'il en soit, les quelques exemples présentés ci-dessus permettent légitimement, ce ex. 6: ~ ~::I ~ (Esna III, n° 309).
me semble, d'admettre l'existence d' un préfixe p. Les déterminatifs les plus courants du bilitère 'n sont lW. et = (jamais -=- )1; ces déterminatifs
Cet élément est attesté dès l'Ancien Empire (p: ~t) - ce qui exclut qu'il soit une formation ne se retrouvent pas dans les exemples cités ci-dessus. Par ailleurs, le mot 'n recensé par le Wb . I,
purement allitérative et artificielle, telle qu'il en a été créé de nombreuses dès la Basse Époque ; on le 187, 13-4, désigne non la palette de scribe mais une tablette en métal, bois o u calcaire sur laquelle
trouve aussi au Nouvel Empire (p~if); enfin, les textes des temples lagides et romains fournissent le sont gravés des textes administratifs et religieux 8 .
plus grand nombre des attestations. Dans l'exemple 1, le premier terme --11 est déterminé par la palette ; il s'agit ici d ' un mot • ~ ,
Contrairement à d'autres préfixes, il ne semble pas que l'emploi de p soit confiné à une seule non recensé jusqu'à présent (E. IV, 299, 1 et D . IX, 89, 8), dont le contexte indique clairement le
catégorie de mots, substantifs ou verbes par exemple, ni que sa valeur sémantique soit univoque sens de « palette ». D'autre part, il existe un mot • qui désigne l'acte écrit, le d ocument, voire le
(causative, passive ou réflexive); on le trouve en effet dans des termes tout à fait synonymes, rouleau de cuir sur lequel est écrit le texte 9 •
apparemment, de ceux que forment les préfixes m (p: ~t/m : ~t) ou s (pn~/sn~). L'exemple 5 est à l'évidence un mot composé qui ne peut être lu que •. k n lr 10 .
Quant à l'origine de ce préfixe, peu usité certes mais moins rare que ~. il est difficile de se faire
une opinion. Tout au plus peut-on avancer - eu égard à la diversité de ses emplois - qu'il ne s'agit
pas d'un ancien verbe qui aurait perdu sa valeur originelle et serait devenu simple élément 1 Sur la palette en général, voir Helck, s.v. «Palette», LÀ. IV, 656-8; Weber, Beitriige zur Kenmniss des Schrift- und

morphologique. Buchwesens der allen Xgypter, p. 36 sq.


2 Cf. A.- P . Zivie, BSFE 79, 37.

3 Cf. H ayes, JEA 34, 47.


Sylvie Cauville 4 Derchain-Urtel, Thot, recense, outre gsty et mh, les mots suivants: p&; -1 : wy fp& ; (o.c., p. 59, n • 101), m :; -sgm (sic)

(o.c., p. 147, n• 3) et 'n (sic) (o. c., p. 156, n• 74).


5 Du vocabulaire ptolémaïque, le Wb. ne recense que le mot ~s- ' ( Wb . III, 159, 1 = E. II, 67, 14 et II, 80, 8).

6 Il s'agit d'une offrande de la palette présentée à Khonsou-T hot (le texte n'a pas été pris en compte par Derchain-Urtel) ;

pour l'établissement du texte, voir la réédition d'Edfou 1/ 1, p. 63 a , n.f.


7 ~ peut avoir la valeur 'n (cf. Daumas, BTFAO 56, 45, n • 7), m ais, à Esna , ~ a très couramment la valeur ir (Esna

6Cf. Alliot, Culte d'Horus, p. 640, n. 1. II, n • 180 A, et Esna III, n • 330, 6 ; 331 , 11; 388, 8).
8 Voir Vernus, RdE 31, 11 7-9 et L À. V, s. v. « Schreibtafel», 703 sq.
7Jelinkova-Reymond, Djed-~er, enregistre le mot sous pnng (sic) a la page 146 (index) et lit (p. 77) «l'animal-gg»,
9 ' ; Wb. l , 158-159. Voir Posener-Kriéger, Archives d'A bousir, p. 366, n.k.
probablement selon la lecture adoptée par le Wb . V, 208, 8 (le mot doit être supprimé à cet endroit du dictionnaire de Berlin).
8 Cf. Ward, SAK 9, 367 sq. 1 0 Derchain-U rtel (o .c., p. 20, n • 208) traduit ainsi : «je te donne cette palette» (di.l n .k 'nw pn).
186 BRÈVES COMMUN !CATIONS BRÈVES COMMUNI CATION S 187

Le.~ exempl~s 2 et 6 présentent le déterminatif divin qui lève tout doute sur l'interprétati on de la Les exemples 1, 2 et 4 sont tirés de la formule d'introductio n de l'offrande «accepte la palette»
deux1eme partie de l'expression. II est fait référence ici à 'Ir, hypostase de Thot tout comme Sdm et (mn n.k ou n. tn), l'exemple 3 complète la formule ln.l n .k bwd, «je t'apporte la palette » .
18

pe~sonnification de la fonction d'écrivain du dieu hermopolita in; au demeurant, certaines rep~és~n­


tatwns de 'Ir le montrent une palette de scribe à la main 11. Sylvie Cauville
L'expression 'n 'Ir appartient ainsi au type de formation bien connu: • n X, tel • n Hr («le bras
d'Horus») qui désigne l'encensoir 1 2 • «Le bras de 'ln> est donc une appellation métaph~riqu e de la
palette. Le rapprochem ent avec • n X interdit la lecture m~, possible dans d'autres cas pour le signe
NOTE LEXICOGRAPHIQUE SUR LE MOT ~wtf l}.::.... ~
du bras.
Dans les stèles d'Amada et d'Eléphantin e, datées de l'an 3 d'Amenhote p II, on peut lire le
Le groupement des deux hypostases susdites de Thot a permis de créer un autre mot composé
désignant la palette, 'Ir-Sçjm 13 . passage suivant : «sbty mk Km t, mn-lb ~r pg : m : t ~wtf» 1. Si on consulte les dictionnaires , on
constate que tout le monde s'accorde à rendre ~ wtf par «voler», « piller » 2 . Malgré cette unanimité,
C'est par antonomase que le double nom propre 'Ir-Sçjm en est venu à signifier la palette, c'est
il nous a semblé difficile de conserver ce sens de « piller» dans les deux stèles d'Amenhote p IP . On
par métaphore que s'expliquent les deux vocables de même sens qui suivent:
- lmy- • «ce qui est dans la main» ne conçoit pas en effet très bien l'insistance du texte qui décrit le roi comme étant « plein de sang-

+~ (E. IV, 90, 8) froid » (mn-lb) si ce dernier va simplement se livrer à une opération de pillage (~wtf) . De plus, cet e

+~ (E. III, 190, 11) 14 traduction ne s'harmonise pas avec l'ensemble du panégyrique royal qui décrit fortement la vigueur
physique du roi ainsi que son courage durant les combats•. Une enquête sur le mot ~wtf s'impose

f~= (E. VII, 127, 12);
donc.
- çjrt «la main»
Le mot apparaît en Sinouhé B 109-113: «Vint le fort du Retenou. Il me provoqua dans ma tente.
• ~ (E. III, 190, Il etE. IV, 299, 3)1s.
C'était un champion sans égal; (en effet), il l'avait vaincu dans sa totalité 5 . Il di t qu'il se battrait
Po.ur achever ce bref examen de certaines des désignations méconnues de la palette, il reste à
avec moi; il pensait me voler(?; bmt. n .f ~wtf wl) car il avait l'intention, sur le conseil de sa tribu,
mentiOnner un terme attesté dès le Nouvel Empire dont le sens est, jusqu'à présent semble-t-il
demeuré obscur; il s'agit du mot, écrit I ~~= connu par une liste de Naunakhte1 6. Grâce au~
, d'emporter mes troupeaux».
Habituellem ent, les traducteurs ont donné à ~ wtfle sens de «voler » 6. Cependant, la traduction
textes ptolémaïque s d'Edfou et de Dendera, il est possible d'identifier sans hésitation cet objet
appelé bwd dans le document publié par J. Cerny: «massacrer, tuer» nous semble plus logique car si le fort du Retenou veut s'emparer des troupeaux
ex. 1: ";;;:il% (E. IV, 298, 16) 17 , de Sinouhé, il devra d'abord éliminer ce dernier. La suite du récit ne dément d'ailleurs pas la
ex. 2: ~~v-- (E. IV, 389, 17), violence du défi puisque l'issue du combat équivaut à la mort d'un des deux protagonistes. De plus,
ex. 3 : ~ fl~v-- (E. V, 91, 1), traduire ~wtf par «voler» fait apparaître une redondance dans le récit à cause de «~ : k» situé un
ex. 4 : t.!nn~~ (D. IX, 89, 7-8). peu plus loin. Pour ces raisons, il nous semble plus satisfaisant de proposer pour ~ wtf le sens fo rt de
«tuer, massacrer».
Plus loin dans le cours du combat, Sinouhé nous apprend q ue, après avoir décoché toutes ses
flèches, le fort du Retenou « pensa qu'il allait me piller (?). Du coup, il s'approcha de moi ... »
(bmt. n .f ~wtf. l . lf'm . n .f wl .. . ) 7 • Dans ses notes, Gardiner considère que ce passage serait

11 Cf. Brunner-Traut, «Der Sehgott und der Horgott in Literatur und Theologie», Fragen an die altiigyptische Literatur, n.f (suivi par
18 Fairman, ASA E 43, 243, lit l'exemple 3 bwd et comprend «autel ». A.-P. Zivie, Hermopolis, p. 23 1,
p. 125 sq. ; voir aussi les planches reproduites à la fin de l'article.
Derchain-Urtel, o.c., p. 5, n' 44) comprend «offrande ». Derchain-Urtel lit le mot de l'exemple 2 bt et traduit «calame>>(o.c.,
1 2 'n ljr (Wb. I, 156, 7); cf. aussi 'n Sw (LEM, p. 422).
p . 6, n " 22).
. 13 Brunner-Traut, o.c., p. 137; A. P. Zivie, Hermopolis, p. 232, n.g. '/r-Sçjm peut être déterminé par le bois, la palette ou le
d1eu (E. I,. 63, ll; E. I, 377, 13; E. III, 190, 2; E. IV, 246, 12 ; E. IV, 299, 14; E. IV, 389, 16; E. V, 91 , 5; E. VII, 127, 3; D. IX, 1 Amada, l. 4 ; Eléphantine, l. 5. Pour le texte complet, voir Urk, IV, 1287-99 ; Kuentz, Deux stèles d'Aménophis
/1,
90, 3; Philae II, 177, 19). (BdbE 10). Dernière traduction en date : Cumming, Eg. Histor. Records of the Later Eighteenth Dyn., J, p. 24-8.
14 Derchain-Urtel (o. c., p. 1, n' 25) préfère comprendre: «je saisis ce qui est dans ma palette «: m.n. i imy mh . t). notes sur
2 Wb . III, 56, 17 sq. FCD, p. 166; Kuentz, o.c., p. 37; c'est également le sens que Gardiner a adopté dans ses
1 5 Derchain-Urtel (o.c., p. 1, n' 24; 9, n' 102) lit .Ssp et traduit «offrande». Or, dans la phraséologie des scènes d;offrande,
Sinouhé à propos de B 11 2.
seu~es te~s concrets sont, utilisés, il faut ainsi traduire J!Jt. o2J ~2J «je saisis ma palette» (E. III, 190, Il) 3 Certains traducteurs avaient déjà ressenti une difficulté à cet endroit. Cumming, o.c., p. 26 donne << attack»
suivant ainsi
et. "'?> .1 '=''=' «ta palette est a toi » (E. IV, 299, 3); dans ce dernier cas, le dieu concerné est Thot, maître de la palette
BAR,§ 792 qui donne en toute incertitude <<conflict ».
le
precisement et non destinataire d'une offrande imprécisée. (On ne peut toutefois exclure la possibilité pour çjrt de désigner 4 Amada, l. 2-9; Eléphantine, l. 3- 11.

calame dans le contexte d'E. III, 190, li. Ainsi, il faut peut-être traduire la séquence ~rt, imy- ', p : s par «calame», «palette»,
5 S (y ) = le Retenou, de même que les de r-çjr .s.
«godet»). 6 Lefebvre, Romans, p. 12-3 ; Lichtheim, Anc. Eg. Literature, I, p. 227. Par contre Hornung, Meisterwerke a/tiig.
Dichtung,
:: Cf. èerny, JEA 31, 38. Selon Meeks, Alex. 78.3171,. il s'agit d'un «objet de nature inconnue; peut-être un récipient». p. 29 a senti le problème et traduit ~wtfpar << besiegen ».
La lecture de Chassmat, &.......JJ pour 1\,.....JJ , est mfirmee par la plaque photographiqu e IFAO n' 625. 7 R 163-4. B ne possède pas ce passage, d'où la remarque de Gardiner.
188 BRÈVES COMMUN! CA TI ONS BRÈVES COMMUNTCATI ONS 189

mieux à sa place en B 112. On comprend son embarras puisqu'il traduit: « ... he purposed to plunder de ce mot, on s' ::~erçoit qu'il existe un mot accadien de type !fTP. Tl s'agit du verbe batiipu
me». En revanche, le récit de R n'est nullement interrompu si on donne à ~wtf le sens de «tuer, (variante batiipu) qui signifie «tuer, massacrer» 19 . Ce mot est attesté en babylonien, en moyen et
massacrer». néo-assyrien 20 • On peut très bien considérer que la racine originelle protosémitique de type !fTP
Dans une inscription de Thoutmosis II, le début de la rebellion en Nubie est décrit comme suit: possédait ce sens fort de «tuer, massacrer», puis qu'elle a vu ce sens se déprécier et s'affaiblir pour
«On vint pour informer sa Majesté: Koush la vile avait commencé à se révolter. Ceux qui étaient traduire en hébreu et en arabe l'idée de «voler, arracher par force» 21 • Il est d'ailleurs intéressant de
sujets du maître des deux terres avaient songé à fomenter une rebellion et ils en étaient venus à piller noter que l'arabe possède un mot 0;:.>- ~atf qui signifie «mort, destruction» et qui pourrait rappeler
(?; r ~wtf) les gens d'Égypte afin d'emmener les troupeaux ... » 8 . Je sens fort du protosémitique lfTP 22 • A supposer que le mot égyptien ~wtf dérive de cette racine
Dans le cas présent, traduire ~wtfpar «tuer, massacrer» plutôt que par «voler» permet d'éviter la sémitique btp, on constatera dans la langue égyptienne la même dépréciation du sens de ce mot
redondance provoquée par la présence de «brp» un peu plus loin. De plus, le sens général du puisque le copte zwqT ne possède plus que le sens faible de «voler».
passage s'en trouve amélioré. On nous objectera sans doute qu'une vélaire spirante sourde sémitique b est régulièrement
Au cours du panégyrique dédié à Ramsès II dans la stèle de Beth Shan, on apprend que le roi transcrite par ben égyptien, ce qui, avec l'attestation de ce même phonème en ougaritique, constitue
«sauve l'Égypte lorsqu'elle est pillée (?), fondant sur les Aamou afin de les défaire» (n~m. n .f Kmt l'argument majeur pour affirmer que le cananéen ancien du 2éme millénaire faisait encore la
~wtf. ti w: r ·:mw r rjr. s) 9 . Considérer comme Meeks 10 qu'on a ici affaire au sens reconnu jusqu'à distinction entre If et 1f (pharyngale spirante sourde), distinction qui a disparu au yer millénaire av. ,
présent pour le mot ~wtf de «voler, piller» n'est pas très satisfaisant sur le plan de la sémantique du JC 23 • A cela, on peut tout d'abord objecter que les grammairiens arabisants sont confrontés au
passage. Traduire ici ce verbe par «massacrer», voire «attaquer», donne plus de valeur à l'action du même problème pour Je mot ~atf et que, malgré la difficulté énoncée dans la note 22, ils n'ont pas
roi face aux méfaits des Asiatiques, lesquels, d'ailleurs, ne devaient certainement pas se contenter de hésité à rattacher ce mot au sémitique btf Il semble dès lors que la théorie n'est pas infaillible ou du
piller le territoire égyptien. On peut donc traduire la phase comme suit: «il sauve l'Égypte moins considérée comme telle.
lorsqu'elle est attaquée, fondant sur les Âamou afin de les défaire». Ensuite, il ne faut pas oublier que nous ne possédons pas l'attestation du mot btp en sémitique du
Le mot ~wtf ainsi considéré, le passage des deux stèles d'Amenhotep II cité plus haut s'éclaire nord-ouest du 2éme millénaire, ce qui serait l'intermédiaire parfait entre l'accadien et l'égyptien 24 .
d'un jour nouveau, voit se confirmer les traductions intuitives de Breasted et Cumming 11 , écarte la Or, l'accadien n'est pas très assuré quant à la transcription du phonème ouest-sémitique If. Il suffit
difficulté de compréhension due à la signification traditionnelle du mot, et s'intègre parfaitement pour s'en convaincre de consulter le glossaire établi par Sivan aux lettres ~ et b· On y voit quelques
désormais dans l'éloge royal. L'expression mn-lb ~r pg: m : t ~wtfpeut donc être rendue par «c'est exemples de mots cananéens dont la transcription accadienne oscille entre b et ~ 25 • Rien n'empêche
un cœur vaillant sur le champ de bataille au moment du massacre» 12 . de considérer que le mot cananéen qui a pu influer sur l'égyptien correspondait à une racine de type
Après cette série limitée d'exemples qui attestent le sens de «tuer, attaquer» pour ~wtf, il importe ~tp. II ne faut peut-être même pas supposer cela quand on sait que l'égyptien lui-même peut avoir
de préciser que ce mot a parfois le sens de «voler, dérober». Cet exemple daté de la XXIIe dyn. hésité, dans ses emprunts de mots sémitiques, entre b et ~· Calice signale à ce propos que «dass
l'atteste: «il est interdit de voler (nn ~wtf) une offrande dans un temple» 13 . Cela explique la filiation akk.: b ag. : ~ gegenübersteht, ware nicht schwer zu nehmen, da es tatsachlich in einigen worten ~
de ~wtf avec le mot copte zwqT 14 , lequel a exclusivement le sens de «voler, dérober» 15 . entspricht» 26 .
D'après Dévaud, le mot dériverait de la racine sémitique lfTP 16 qu'on retrouve dans J'hébreu 19 Von Soden, Akkadisches Handworterbuch, 1, p. 336; The Assyrian Dictionary of the OJC, VI, p. 149. Pour la filiation
biblique !:llJO qui signifie lui aussi «voler, emporter» 17 . On retrouve d'ailleurs la même racine dans le avec l'hébreu et l'arabe, voir Von Soden, o.c. , p. 336; Baumgartner, o.c. , p . 351.
verbe arabe~, ba{ifa, «voler, arracher par force» 18 . Si on creuse davantage la filière sémitique 20 Ember, Egypto-semilic Studies, §25, a effectué un rapprochement entre l'accadien ljatiipu et l'égyptien ptlj. Nous

n'avons malheureusement pas pu consulter cette étude. La référence provient de Calice, Grund/agen der iigyptisch-semilischen
Wortvergleichung, p. 277, n' 197 a, qui ne fait aucun commentaire à ce propos.
21 Ce phénomène d'affaiblissement de la sémantique d'un mot n'est pas rare dans l'évolution d'une langue. On peut citer
8 De Buck, Readingbook, p. 47; Urk IV, 138.
9 KR! II, 151,7-8. en guise d'exemple le mot français «ravir» qui, à l'origine, possédait uniquement son sens fort de «voler» (latin ra pere) et qui ,
10 Alex 79.1923.
actuellement, possède un sens tout à fait déprécié dans l'expression «je suis ravi de» ou «quel ravissement».
22 Normalement, la vélaire spirante sourde protosémitique If donne en arabe la même consonne If. Cependant, certains
11 Voir supra n. 3.

12 Ou «au moment du combat».


auteurs n'hésitent pas à faire le pas entre ljtp et ~atf, peut-être par l'intermédiaire d'un mot cananéen de type btp:
13 Wb. III, 57, 1 (Belegstellen).
Baumgartner et a/ii, o.c., p. 351; Guillaume, Hebrew and Arabie Lexicography; Blachère-Chouemi-Denizeau, Dictionnaire
14 Cerny, Coptic Etymol. Dict., p. 306; Westendorf, Koptische Handworterbuch, p. 406; Vycichl, Dictionnaire étymologique
Arabe-Français-Anglais, III, p. 2075. A propos de ce mot, signalons que Ember, ZA'S 53 , 84, l'avait rapproché de l'égyptien
~tp mais que Calice a mis en doute cette parenté (o.c., p. 181).
de la langue copte, p. 319.
23 Moscati et a/ii, An Introduction to the Comparative Grammar of the Semitic Language, p. 40, 44. Sivan, Alter Orient und
15 Id.; Crum, p. 741 a et b.

16 Crum écrit dans sa préface p. V: «much étymological work was done by the late professor Devaud, but only sorne ofit A/testament 214 (1984), 51.
24 Le mot n'aparait pas dans Sivan, o.c., pas plus que dans Aistleitner, Worterbuch der Ugaritischen Sprache, et Jean-
had been published in his Études d'étymologie copte, 1922 and in Recueil 39 when his untimely dea th occured in 1929».
Malheureusement, ~wqT n'est pas inclus dans ces deux études. On se base ici sur la mention de Crum, p. 741 a: «Devaud Hoftijzer, Dictionnaire des inscriptions sémitiques de l'ouest.
25 Ainsi lfenni~u/ lfennisu; lfuduru/lfuduru; Ifabalu/lfabalu.
!:llJJ;I )),
26 Calice, o.c., p. 180, n " 731. Posener donne d'ailleurs un exemple de cette instabilité égyptienne. En effet, dans les textes
17 Baumgartner et alii, Hebriiisches und aramiiisches Lexikon zum allen Testament, J, p. 351; voir aussi p. 295.

18 Wehr, A Dictionary of Modern Written Arabie, 3' éd., p. 247-8.


hiératiques sur les figurines d'envoûtement du Moyen Empire, on possède la forme ~dr qui correspond au toponyme fréquent
au Nouvel Empire, !fa~ura, hébreu '"11:::.:1;1 (Posener, Princes et pays d'Asie et de Nubie, p. 73).
190 BRÈVES COMMUNICATIONS BRÈVES COMMUNICATIONS 191

Au terme de cette enquête, il convient de résumer notre position : le mot égyptien ~wtfne possède Rê-Horakhty, au cintre de la stèle gravée au fond du sanctuaire
pas le sens unique de «voler, dérober» qu'on lui a exclusivement attribué jusqu'à présent. Dans bon d' Amada 7 , ne modifie en rien la conclusion précédente car, cette
nombre de cas en effet, la signification de «tuer, massacrer» permet d'améliorer considérablement la fois encore, l'image amonienne n'est que le résultat d'une composi-
compréhension du passage dans lequel le mot est contenu. Ce n'est que tardivement que le sens de tion bipartite du décor général, comme on la retrouve, par
«voler, dérober» est à préférer dans certains cas. exemple, dès l'entrée du petit temple d'Abou Simbel 8 : un monu-
Cette ambivalence sémantique se retrouve dans les langues sémitiques à propos de la racine btp ment dont tout indique qu'il n'était pas pour cela consacré pour
(~tp) . Cette dernière est peut-être à l'origine du mot égyptien ~wtf Si c'est le cas, on peut moitié à Amon, etc.
schématiser le processus d'emprunt comme suit: au plus tard au Moyen Empire (Sinouhé), la langue Cette question une fois précisée, examinons le texte (fig. 1)
égyptienne emprunte au répertoire sémitique un mot de type btp ou ~tp qu'elle transcrit ~wtf et qui, ajouté près d'un siècle et demi après la construction du temple.
comme en accadien, signifie «tuer, massacrer ». Ce même mot acquiert également, au plus tard sous Grâce à l'inscription symétrique, mieux conservée, on restitue
la xxnc dynastie, le sens affaibli de «voler, dérober» qui sera exclusivement le sien en copte. l'ensemble de la colonne : «[Restauration du monument de <son>
Peut-être l'idée d'une action violente, voire meurtrière, était-elle associée à ce dernier sens comme le père <par> le roi de Haute et de Basse Égypte Men-Maât-Rê], le
laisse supposer le mot arabe batifa, «arracher avec violence, voler». fils [de Rê] Séthy-Merenptah , aimé de Rê-Horakhty-qui-réside- ,
Michel Defossez dans- [T]a-qâh(et) 9 ». Précisons immédiatement que, la construc-
tion du kiosque d' Amada mise à part, les «restaurations» au
LE GRAND COUDE DU NIL À AMADA ET LE TOPONYME t3 ~-~(t) temple de l'endroit, pendant le règne de Séthy, se bornèrent
vraisemblablement en une reprise des images divines et inscrip-
Parmi toutes les inscriptions fournies par le décor du temple d'Amada, une seule présente le tions, martelées ici soigneusement lors de l'épisode amarnien, et
toponyme cité en référence : ~""f-P<:::::> . Il s'agit d'un texte postérieur au programme initial de probablement en un dépôt de quelques stèles. Mais le point
décoration, qui, pour commémorer des travaux vraisemblablement accomplis sous la responsabilité important à noter est que ces travaux étaient considérés comme
du vice-roi Amenemopé, fut ajouté sur l'embrasure nord 1 de la porte du vestibule précédant le des actes de dévotion envers Rê-Horakhty-Atoum-Seigneur- du-
naos 2 • Assez endommagée, cette inscription (fig. 1) fut incorrectement copiée par la mission franco- Double-Pays-et-Héliopolitain, d'après le texte ajouté à l'entrée de
toscane3, de même que par Henri Gauthier, le premier éditeur du monument 4 : d'où l'absence de l'édifice 1 o, et Rê-Horakhty-qui-réside-dans Ta-qâh(et), selon cette
cette mention du toponyme dans les répertoires. Grâce aux relevés du Centre d'Études et de inscription gravée à la porte du vestibule.
Documentation sur l'Ancienne Égypte, on connaît mieux aujourd 'hui ce petit texte, ainsi que les ex- Face à l'ordonnance rigoureuse de la décoration du temple, on
voto laissés par des particuliers sur les parois de l'édifice, ou déposés dans sa salle à piliers. On est est d'abord tenté de croire que, par symétrie, les deux désignations
donc en mesure, maintenant, non seulement de réviser l'idée encore répandue selon laquelle le contemporaines sont synonymes et par conséquent que la seconde
temple aurait été consacré à la fois à Rê-Horakhty et à Amon 5 , mais aussi de se demander si une fait aussi référence à Héliopolis : ce qui conduirait à voir le district
épithète donnée à l'époque ramesside au patron de l'endroit ne fournirait pas tout simplement l'une en Ta-qâh (et) et mettrait ici l'expression sur le même plan que Rê-
des appellations antiques de la région d' Amada? Horakhty-le - dieu- grand-qui- réside-dans-le- Grand- Château, une
Comme beaucoup d'autres sanctuaires nubiens de l'époque thoutmoside, le temple d'Amada désignation retenue aussi au nord pour une salle latérale au
honorait en effet un dieu faucon , puisque le seul maître du lieu était Rê-Horakhty. Cette conclusion sanctuaire 11 . Toutefois, l'adaptation de deux scènes du rituel des
tirée de l'analyse du programme décoratif de l'ensemble de l'édifice est confirmée par les inscriptions temples, dans le décor thoutmoside, pour rappeler à Amada le
privées. En sus, les textes ne mentionnent que le monument (mnw) de Rê-Horakhty ou le temple culte rendu au sanctuaire voisin d'Aniba /Miâm à Rê-Horakhty et
(~wt-nJr) du même 6 , et jamais une construction d'Amon . En fait la place importante donnée à ce à Amon précisément, permet de se demander si la même chose ne
dernier dans les scènes et inscriptions d'Amada est liée à son omniprésence dans les monuments de fut pas faite ici? Dans l'affirmative, Rê-Horakhty-qui-réside-dans-
Basse Nubie et tient plus à sa position de divinité dynastique, favorisée encore par le rôle joué par le Ta-qâh(et) serait à mettre en parallèle avec à la fois Amon-Seig-
clergé amonien dans l'égyptianisation et l'administration de la marche méridionale, qu'elle ne
traduit la réalité d'un culte particulier. Même la présence d'une effigie d'Amon à côté de l'image de 7 PM VII , p. 66, 70-71(49).
8 Desroches-Noblecourt, Kuentz, Le petit temple, pl. XXI.
1 Pour l'orientation particulière du décor de cet édifice, voir Barguet-Dewachter, Le temple d'Amada , Cahier II, p. l.
o Barguet-Dewachter, o.c. , p. 9, pl. XL, fig. 90. L'alignement, à gauche, de
2 PM VII, p. 69(3 1).
3 Ch. ND I, p. 101.
J ' oiseau~ laisse la place au signe o et interdit une lecture 3~~: cf. GDG IV,
Fig. 1 -Texte de restauration. p. 207, V, p. 232.
4 Gauthier, Le temple d'Amada , p. 112.
10 Id. , ibidem, p. 4, pl. IV, fig. 6; cf. PM VII, p. 67 (4).
5 PM VII, p. 65 «Temple of Amen-Re' and Re'-Harakhti» ; Barguet, o.c. , p. 2.
11 Ibidem , p. 12, pl. LXXV, fig. 139; cf. PM VII , p. 72 (69-70).
6 La mention de temple de Million d'années de Rê-Atoum date
de Thoutmosis IV, lorsque la partie antérieure de l'édifice
fut transformée.
192 BRÈVES COMMUN! CATI ONS BRÈVES COMMUNICATIONS 193

neur-des- Trônes-du- Double-Pays-le-dieu-grand-qui-réside-à- Miâm 12 et Rê-H orakhty-Seigneur-du-ciel- De même, et en corrigeant la copie de Gauthier, c'est également ~~"~!i;).,_C> ~
v ~ ....ll qu'il faut lire
qui-réside-à-Miâm 13 : les deux légendes composées pour des scènes ornant la salle disposée au sud (fig. 3) au début de la seconde ligne
du sanctuaire-ce qui explique !'«adaptation nubienne» des deux titulatures divines. conservée d'un bas de stèle retrouvé à
Amada 20 : des signes qui cachent peut-être
une troisième mention nubienne de la
divinité résidant dans Ta-qâh (et)?
A l'appui de cette hypothèse, il y a lieu de citer un
Fig. 3 -Détail du bas de stèle
monument d' Amada qui, même dans la littérature
récente, est confondu avec ce que l'on appelle abusive-
Quoi qu'il en soit, et même si jamais la traduction le district devait être préférée à la courbe (du
ment depuis son invention le pyramidion de
Nil), ce que nous connaissons des jeux permis par l'homophonie conduit à attirer ici l'attention à la
Messouy 14 . Il faut savoir en effet que le pied d'autel
fois sur l'existence d'un mot ~l ~ J<~ : le coude du fl.euve 21 et sur la situation particulière du
en grès, ou support à vasque, de la salle à piliers
temple d'Amada, lequel a été édifié pratiquement au milieu du grand coude fait par le Nil entre ,
d'Amada 15 , Caire JE 40282, porte le nom de
Korosko et Derr. Ce coude, en effet, ne put manquer de frapper les Égyptiens car, pour qui venait
Messouy 16 , alors que le monument similaire et aussi
de la première cataracte, la navigation y était sérieusement freinée, avant la construction du Saad el
en grès- celui que copia Gauthier dans le vestibule 17 ,
Ali. A tel point que deux jours entiers pouvaient être nécessaire pour sortir dudit coude, ainsi que
et qui fut encore retrouvé à Amada par le Centre de
nous l'apprend Champollion:
Documentation 18 (fig. 2) -ne présente pas le nom du
«Nous perdîmes le 21 et le 22 [décembre 1828] à tourner, malgré vents et calme, le grand coude d'Amada,
vice-roi qui le fit déposer dans cet édifice. Quoi qu'il dont je dois étudier le temple, important pour son antiquité, au retour de la deuxième cataracte. Nous le
en soit du particulier réellement bénéficiaire de ce dépassâmes enfin le 23 .. . 22 ».
dernier dépôt, il faut noter, pour notre propos, que le On le voit, la conjuration de réelles difficultés de navigation, soulignées dans plusieurs relations
seul dieu invoqué dans la formule-hotep-di-nesout est, écrites au siècle dernier, pourrait déjà à elle seule avoir favorisé l'implantation et le développement
à nouveau semble-t-il, Rê-Horakhty-qui-réside-dans- d'un culte spécifique et local. Par ailleurs n'est-ce pas, détail tout-à-fait exceptionnel, l'image d'une
(T)a-qâh(et)-dieu-grand-Seigneur-du-ciel. Aucun vice- barque qui fut gravée au fond du sanctuaire d'Amada? On notera à ce sujet que l'embarcation
roi connu n'ayant eu par ailleurs un lien particulier figurée n'est pas la barque processionnelle et que le dieu y est désigné comme celui-qui-réside-dans-
avec Héliopolis ou sa région 19 , on est ainsi tenté de sa-barque. De même, un dieu qui «réside-dans-la-Courbe (du fleuve)» ne rappellerait-il pas la
verser cet ex-voto privé au dossier d'un culte local de titulature des divinités veillant sur la navigation du Gebel Silsileh: Ta-Kheny - «le lieu où l'on
Rê-Horakhty. rame»? Quant au choix d'un dieu solaire, et non aquatique, pour patronner le coude d'Amada, il
Fig. 2 - Pied d'autel est peut-être lié à la modification apparente du sens de la course de l'astre à l'intérieur dudit coude?
Et le temple, bien que regardant à l'ouest, ne fut-il pas décoré comme s'il était orienté en réalité au
soleil levant?
12 Ibidem, p. 10, pl. LVIII, fig. 118 ; cf. PM VII, p. 72 (62-63). Finalement même si tout ceci devait être à verser au compte de hasards documentaires, il n'en
13 Ibidem, p. l 1, pl. LXIV, fig. 124; cf. PM VII, p. 72 (64-65).
demeurerait pas moins que le texte de restauration analysé ici donne au patron du temple une
14 La confusion avait déjà été faite par Gauthier lui-même (RT 39, 214) et est passée dans PM VII, p. 73 .
15 Weigall, A Report ... on Lower Nubia , p. 107. Enregistré au Journal en 1908, le monument est exposé au Caire: salle
épithète que le reste du décor ne lui octroie pas. Cette «adaptation» est à rapprocher d'une
Rl2. pratique, déjà observée dans cet édifice notamment, qui consista, au moment de la réfection des
16 Cf. KR! IV, 95 . Le nom Messouy y fut gravé deux fois et s'il est intact dans un cas, il présente, dans l'autre, une scènes et textes ayant subi un martelage, à remplacer délibérément une divinité par une autre 23 •
détérioration qu'il est bien difficile ici, où l'érosion ne peut être invoquée, de ne pas interpréter comme un martelage. Pour Enfin il est possible que cette même inscription commémorait le dépôt d'une nouvelle statue, à
l'intérêt de cette question, voir Ca minos, Buhen I, p. 17, n. 4, et Habachi, CASAE 23, p. 165. Au sujet de ce monument, voir
moins qu'elle n'ait été plutôt liée à l'édification du kiosque : un monument d'une certaine
Rammant-Peeters, Les pyramidions égyptiens du Nouvel Empire, no 19 et p . 118-9.
17 Gauthier, Le temple , p. 195, 1. Contrairement à ce que l'auteur a indiqué, le nom n'a pas été martelé car la gravure
importance et à propos duquel nous manquons d'informations?
s'arrête immédiatement après le titre du vice-roi. C'est sur l'autel, ou la vasque, que ce nom avait été inscrit. Ce monument a Michel Dewachter
été considéré, à tort, comme un pyramidion funéraire par Steindorff: Aniba Il, p. 61, n. 4; à son sujet, voir aussi, Rammant-
Peeters, o.c. , n" 100, p. 118-9. 20 Gauthier, o.c., p. 196, III ; voir cliché CEDAE 7979.
18 Cliché CEDAE n" 8282. 21 Urk . IV, 653. 12; FCD , 276.
1 9 On ne connaît pas l'origine du vice-roi dont le nom put être Merioun (cf. G M 39, 21 ), plutôt que Mernedjem: Habachi, 22 BE3l,p. 175.
o.c., p. 165. 23 BIFAO 70, 102-3 et fig. 1.
194 BRÈVES COMMUNICATIO NS BRÈVES COMMUNICATIO NS 195

UNE TÊTE DE CHÉPHREN EN GRANIT ROSE Le premier problème à résoudre était donc celui de l'authenticité. S'il s'agit d'un faux, ce ne peut
être qu'une copie du célèbre Chéphren du Caire, tant les deux têtes sont sembables. Cette copie n'a
En mai 1985 passait en vente à Paris une tête royale à némès que prolongeait un fragment de pu être exécutée qu'entre mars 1860, date de la découverte de ce Chéphren par Mariette, et la fin du
l'épaule droite 1 . L'identification du roi ne posait aucun problème, c'était un Chéphren, si identique XIX< siècle; l'œuvre se trouvait alors dans le fonds d'un antiquaire parisien renommé qui ne s'en est
à la célèbre statue du Caire, CG 14, qu'il en paraissait d'abord un fac-similé: même la barbe divine, jamais dessaisi. La question de l'accès au modèle ne se posait pas et le faussaire aurait pu travailler
que seule la statue du Caire portait jusqu'à présent, s'y retrouvait, et cassée au même endroit. La soit en Égypte, soit ailleurs, car dès sa découverte la statue du Caire a été célèbre; le Musée de
différence essentielle entre les deux œuvres était l'absence du faucon Horus sur le Chéphren de Berlin en posséda un moulage dès 1864 2 et l'original, accompagné de l'autre Chéphren de la même
granit qui portait simplement un némès complètement visible à l'arrière. Lors de la vente, l'œuvre trouvaille ayant conservé une tête (CG 15), est venu à Paris lors de l'Exposition Universelle de
n'intéressa pas les musées et le prix en fut modeste, sûrement à cause d'une méfiance spontanée 1867 3 .
devant une pièce aussi inattendue : c'était trop beau pour être vrai. Lors de l'analyse d'une œuvre à authentifier, il faut relever d'abord les erreurs ou les maladresses
éventuelles du faussaire, les incompatibilités de style qu'un sculpteur récent produira à son insu à
cause de ses habitudes invétérées de main. Cet examen direct de l'œuvre, mené grâce à l'amabilité
d'un antiquaire concerné par la vente, n'a révélé aucune anomalie. De plus, si l'œuvre était fausse, ,
elle aurait environ un siècle d'existence puisqu'on sait avec certitude qu'elle était déjà à Paris à la fin
du siècle dernier; et le temps trahit généralement les gauchissements que le faussaire aurait imposés
au style égyptien à cause de l'influence inévitable de sa propre époque. Or la tête ne présente pas
la mo in der distorsion- selon mes investigations - par rapport au style égyptien du temps de
Chéphren. Restait donc à chercher des arguments positifs en faveur de l'authenticité.
L'œuvre est en granit rose. Aucune statue connue de Chéphren n'est en cette matière: on en
trouve en gneiss («diorite de Chéphren»), en schiste (grauwacke) et en albâtre 4 ; un petit fragment
de trône en granit noir prouve que cette matière fut aussi en usage sous ce roi, mais que l'essentiel
de la statue a disparu 5 . Il n'est donc pas exclu que des statues en granit rose aient pu exister et
disparaître complètement. D'ailleurs, les temples haut et bas de Chéphren devaient contenir plus de
cent statues 6 , alors que les statues et fragments retrouvés à ce jour ne correspondent pas à la moitié
de ce nombre. Au point de vue du faussaire, on ne voit pas pourquoi il aurait choisi une pierre
jusqu'ici non attestée dans la statuaire de Chéphren-ce qui est en soi suspect-et une pierre d'une
difficulté de travail contraire aux intérêts d'un faussaire. La pierre est bien du granit d'Assouan 7 ;

2 H. Brugsch, ZXS 2, 58-61.


3 Mariette, Exposition Universelle de 1867. Description du Parc Égyptien, Paris, 1867, p. 38-9, n' 1; à la même exposition
étaient venus non seulement le Chéphren CG 15 (n' 2 de la Description), mais aussi le Cheikh el-Beled (n ' 3), sa «femme» (n '
4), les deux statues de Ranéfer (n ' 5 et 6), etc. Indépendamment de moulages faits au Caire, un moulage aurait pu être exécuté
à Paris à l'occasion de l'Exposition puisque ce fut le cas du Cheikh el-Beled où ce travail clandestin avait laissé des traces, vu
la fragilité de la statue (cf. H. Wallon, Notice sur Mariette, CRAIBL 1883, p. 523 ; ou Maspero, dans Mariette, Œuvres
diverses, I, p. CLXV-CLXVI, Bibliothèque Égyptologique XVIII).
4 Reisner, Mycerinus, p. 124 et 128, et W. S. Smith, A History of Egyptian Sculpture and Painting in the Old Kingdom, p.

34-5.
5 Smith, o.c., p. 34, (2) Reg. N ' 24-12-822.

6 Reisner, o.c., p. 126.

7 Un fragment du granit de la tête, extrait lors de l'installation de l'œuvre sur un support, a été confié au Prof. Dr.

D. Klemm, de l'Université de Munich, lequel av<tit eu l'occasion de voir l'original et pensait pouvoir déterminer avec plus de
précision de quelle zone des carrières d'Assouan pouvait provenir le matériau; il arrive en effet qu'au cours d'un règne les
carriers se cantonnent en un point déterminé des carrières et si la tête ici étudiée est la seule statue de Chéphren en granit
connue à ce jour, ce roi a utilisé le granit rose pour son temple bas et pour les premières assises de sa pyramide; une source
1
Vente à l'Hôtel Drouot, le mercredi 12 juin 1985, par MM. Binoche et Godeau, commissaires-priseurs associés. La localisée pour le matériau de ces divers monuments aurait fourni un indice chronologique supplémentaire. Voici à ce sujet les
section du catalogue de vente où figure la tête est intitulée «Rares sculptures égyptiennes»; la pièce y porte le n, 30 et est conclusions du Professeur Klemm: «My local investigation in Gizah yielded in the result that Chephren used for his granite
reproduite en couleurs p. 23 . Sous le n ' 30, il est uniquement écrit «Tête». L'œuvre appartient actuellement à un constructions a hu ge variety of very different granite types from Assuan. Obviously he took only boulder blocks which were
collectionneur français qui m'a généreusement donné l'autorisation de la publier; qu'il en soit ici remercié. left by the granite weathering in the area south of Assuan an did not mine a certain quarry area».
196 BRÈVES COMMUNICATIONS BRÈVES COMMUN! CA TI ONS 197

elle présente toutefois des cristaux fort gros et le ponçage de la statue a produit une surface lisse Qu'ajoute à l'art égyptien et à l'iconographie de Chéphren la révélation de cette statue? Un
mais relativement mate sur laquelle le dessin des cristaux a l'apparence d'uri tissu imprimé. Un nouveau chef-d'œuvre sans doute. Mais elle tire surtout de son «splendide isolement» la célèbre
examen des divers granits présents dans les collections exposées au Musée du Louvre n'a fourni statue du Caire. Outre la barbe divine, unique jusqu'ici, cette statue présentait en effet une
qu'un seul parallèle à ces cristaux et à ce poli, la statue de Setka (E 12629), scribe de Djedefré, physionomie différente de celle de toutes les autres faces, complètes ou fragmentaires, de Chéph-
prédécesseur de Chéphren. Indépendamment du matériau, des détails d'exécution -ainsi les griffes ren 12. Elles sont deux, cette fois, à figurer un Chéphren plus juvénile, au visage mince, à la peau
encore visibles sur les grandes surfaces comme les joues et la simplification géométrique des lobes tendue, à la bouche fine. En opposition, on trouvera la tête en gneiss de Leipzig (inv. 1945) et son
des oreilles-se retrouvent identiques sur la tête en quartzite du même Djedefré (Louvre E 12626). parallèle quasi exact en calcaire de Copenhague (Ny Carlsberg JE:IN 1599), visage qu'attestent
L'exécution même de la tête du Chéphren de granit est éblouissante: Je bord des paupières, la fine aussi de nombreux fragments 13 et dont la peau est plus lâche, la bouche plus molle, le nez plus gros
crête (ou «ourlet») qui suit tout Je bord extérieur des lèvres-alors qu'il s'arrête aux commissures et plus rond, les yeux plus fermés, sans qu'il y ait jamais incompatibilité entre les deux aspects du
chez le Chéphren du Caire-révèlent un soin et une habileté exceptionnels. L'arrière du némès, où fOl.
le faucon de la statue du Caire aurait empêché une copie directe, présente la forme exacte de la Ainsi, Chéphren employait Je granit rose non seulement pour le revêtement de sa pyramide ou
coiffe là où Je dessus horizontal passe au large arrondi de l'arrière du crâne, forme qu' Evers n'a pour son temple d'accueil, mais aussi pour sa statuaire. Et l'apparition inattendue d'un chef-d'œuvre
définie que 60 ans plus tard 8 . L'uraeus a plus de relief que sur la statue du Caire où il est plat oublié vient rappeler qu'en art égyptien, il ne faut encore jurer de rien.
comme un ruban. Les yeux sont nettement plus grands que ceux de la statue du Caire. Il n'y a pas Claude Vandersleyen
de trapèzes «de cheveux» sous le bandeau du némès devant les oreilles, pas plus que sur la statue du
Caire. La bouche est à peine différente, la lèvre supérieure étant un peu moins avancée par rapport
à la lèvre inférieure. Enfin, le nez est mince et pointu dans les deux cas, ce qui, surtout avec la barbe PosT -scRIPTUM
divine, oppose principalement ces deux statues au reste de l'iconographie de ce roi. Donc, entre ces Cela dit, s'il est bien un domaine où il est difficile de faire partager ses convictions, d'arriver à une
deux œuvres, similitude, mais indépendance. Ajoutons que la tête de granit est légèrement plus certitude telle que le lecteur ne puisse échapper à l'acquiescement, c'est celui de l'authentification
petite que la tête de la statue du Caire. d'une œuvre d'art d'origine obscure. Des collègues m'ont fait part explicitement de leurs doutes,
L'examen matériel révèle donc une œuvre d'une exceptionnelle qualité, d'autant que Je matériau parfois même de leur conviction que l'œuvre ne pouvait être authentique. Comme il s'agit de
était ingrat. Au coup d'œil, Je nouveau buste est aussi parfait, sinon plus, que la statue si justement personnes ayant la responsabilité de musées très importants, leur avis est d'autant plus impression-
vantée du Caire. Sans doute y a-t-il des faussaires «de génie», habiles et compétents, et celui qui nant. Toutefois, personne n'a relevé un détail assez net, assez insolite, pour confirmer le doute.
aurait sculpté ce Chéphren de granit aurait atteint au «crime parfait» puisqu'il n'a pas laissé le Après un nouvel examen de l'œuvre, je puis personnellement signaler que le globe de l'œil gauche vu
moindre indice qui permettrait de douter de l'authenticité de l'œuvre. L'auteur pourrait donc tout de profil présente une courbe régulière entre les deux paupières, alors que chez le Chéphren du Caire
aussi bien-me semble-t-il-être réellement un contemporain de Chéphren 9 . et le Djedefré du Louvre le globe de l'œil se présente comme une surface oblique un peu bombée;
Aux résultats positifs de cet examen matériel et esthétique s'ajoute un témoignage de l'antiquaire. cette particularité ne paraît pourtant pas constituer une objection suffisante pour douter. L'objec-
Dans le fonds de commerce considérable qu'il laissa à sa mort, il y avait un petit nombre d'œuvres tion majeure qui m'a été faite était que l'impression d'ensemble que donnait la tête était celle d'une
qu'il préférait et qu'il avait entreposées à part dans son immeuble, indiquant par une note œuvre sans vie, terne, opinion qui n'est donc pas en soi contraignante. Le plus sage m'a donc
particulière qu'il les considérait comme spécialement importantes. Le Chéphren était de celles-là et semblé de publier telle quelle l'étude qu'on vient de lire ci-dessus, car il vaut mieux faire connaître
presque toutes ces pièces se sont révélées authentiques 10 . On peut dès lors se demander pourquoi une œuvre qui suscite doutes et polémique et la soumettre à la communauté des égyptologues et des
l'antiquaire n'a jamais tenté de vendre une œuvre aussi exceptionnelle et ne l'a apparemment amateurs d'art, que de courir le risque plus grave de rejeter dans les ténèbres extérieures, peut-être
montrée à personne. Le fait même qu'elle n'ait jamais été pourvue d'un support 11 - il était pour toujours, cette tête qui pourrait être après tout parfaitement authentique. C.V.
impossible de la faire tenir droite tant les cassures du torse sont irrégulières-confirme qu'il n'a pas
eu l'intention de la rendre publique. L'explication la plus probable est que l'origine d'une telle
œuvre ne pouvait décemment être dévoilée et que le secret devait la couvrir jusqu'à une sorte de
prescription. Proviendrait-t-elle donc des fouilles de Mariette?

8 Evers, Staal aus dem Stein, p. 9, §44.


9 Il est évident que dans un domaine aussi subtil, toute personne à l'œil exercé qui décèlerait un quelconque détail 11 Un bilan presque complet de ces autres statues peut s'établir en consultant les ouvrages de Reisner et de W. S. Smith
significatif, dans un sens ou un autre, .serait écoutée ou lue avec reconnaissance. mentionnés supra n. 6, et le chapitre de Borchardt dans Hôlscher, Das Grabdenkmal des Konigs Chephren.
10 Les renseignements concernent l'histoire de la pièce avant la vente m'ont été communiqués par un des commissaires 13 De très nombreux fragments se trouvent à Boston et à Leipzig; les photos de cinq fragments omis par Borchardt et
priseurs. perdus à la suite de la guerre m'ont été communiquées, ainsi que bien d'autres, par Mmes Prof. Dr Eike Blumenthal et
11 Ce qui a été fait depuis la vente.
Dr. Renate Krauspe, conservatrice du musée de l'Université de Leipzig; je les en remercie vivement.
INFORMATIONS ET DOCUMENTS 199

INFORMATIONS ET DOCUMENTS

UN PORTRAIT INÉDIT DE CHAMPOLLION EN 1829 ET TROIS NOUVEAUX CARNETS RELATIFS À L'EXPÉDITION


FRANCO-TOSCANE

Avant le repérage, dans une collection particulière du Poitou, du croquis à la mine de plomb
faisant l'objet de ces lignes, on ne connaissait pas encore de portrait de Champollion datant
véritablement de son voyage en Égypte, puisque c'est un peu après le décès du Figeacois que
Giuseppe Angelelli exécuta le fameux tableau de Florence qui commémore le séjour thébain de la
mission franco-toscane . Le nouveau croquis n'ayant, par ailleurs, pas été détaché du carnet de
l'artiste qui l'exécuta à Médinet-Rabou en Juillet 1829, on ne peut douter ni de son authenticité ni
de la date à laquelle il fut effectivement réalisé. Grâce à ce dessin, c'est donc bien un vide de
l'iconographie de l'égyptologue qui se trouve aujourd'hui comblé 1 .
Ce nouveau portrait appartient à l'un des trois carnets inédits de la collection Guy Renéaume
qui, en 148 feuillets comprenant 283 esquisses à la mine de plomb, correspondent à un voyage en
Égypte et en Nubie pendant les années 1828 et 1829 2 • Bien que ne comportant pas de signature-
ce qui est attendu avec les carnets d'artiste - ces esquisses, par leur sujet, leur arrangement et la
date portée au bas de certaines d'entre elles, ne peuvent avoir été exécutées, sans aucun doute
possible, que par l'un des membres de l'expédition franco-toscane . Projetant réellement un jour
nouveau sur le séjour égyptien de Champollion et de Rosellini, précisant même la date de certaines
escales et de divers passages, ou révélant encore des rencontres de la mission avec des personnages
importants de l'exploration de l'Égypte pendant le règne de Méhémet-Ali, comme Bonomi 3 et
Triantaphyllos 4 par exemple, cette riche documentation sur l'un des événements majeurs des débuts
de l'archéologie égyptienne mériterait bien entendu d'être publiée intégralement. Pour l'heure,
tentons seulement ici de déterminer l'auteur de ces croquis et, afin de donner une juste idée de leur
finesse, détachons déjà du troisième carnet, grâce à l'amitié du collectionneur, le si émouvant
portrait de Champollion en costume oriental (fig. 1).
Du même format que les deux autres, soit 160 x 115 mm, ce troisième carnet possède encore, lui
aussi, l'étiquette faisant connaître son fournisseur: le marchand papetier parisien de la rue de Cléry,
Binant. Cette origine commune des trois calepins et le fait que les légendes portées au bas des
esquisses ne sont jamais en italien indiquent déjà, à mon avis, que ces carnets ne peuvent pas avoir
appartenu à Giuseppe Angelelli : la première hypothèse qui s'imposait du fait de la présence de
plusieurs portraits de membres de l'expédition dans ce troisième calepin. Cette façon de voir est par
ailleurs confirmée par le fait qu'aucune de ces nombreuses esquisses ne peut être considérée comme
origine possible d'un détail traité par Angelelli à la fois dans son étude préparatoire et lors de sa
Fig. 1 - Le nouveau portrait de Champollion en Egypte. Esquisse du calepin
1 Pour les différents portraits du Figeacois, voir A. Champollion-Figeac, Les deux Champollion, p. 76-8 ; Hartleben, de la collection Renéaume
Champollion. Sein Leben und sein Werk, II, p. 604-2; Id., BE 31 , frontispice ; Dewachter, Le collection égyptienne du
Musée Champollion, p. 1. composition finale 5 . A des titres divers Alessandro Ricci, Ippolito et Gaetano Rosellini, Giuseppe
2 La date la plus ancienne, / " Septembre 1828, est portée sur le 4' feuillet du premier carnet et correspond à une vue
Raddi ou le jeune Gaetano Galastri sont également exclus: ce qui revient finalement à chercher
d' Alexandrie, la plus récente, 6 Septembre 1829, figure au bas d'une vue de la pyramide de Meidoum qui occupe le 40' feuillet
du troisième calepin. l'auteur de ces dessins parmi les Français de l'expédition.
3 Un portrait légendé Bonomi, anglo-italien occupe le 6' feuillet du troisième carnet.

4 Deux silhouettes légendées en grec et en arabe « Triantaphyllos, Ouardi» se trouvent sur le 8' feuillet du troisième 5 Pour ces deux compositions, voir R. Paribeni, Il Pittore Giuseppe Angelelli, dans Scritti Rosellini, p. 47-53.
calepin. Pour cet antiquaire et associé du fournisseur de Champollion, Yanni, voir RdE 36, 49-52.
200 INFORMA TIONS ET DOCUMENTS INFORMA TI ONS ET DOCUMENTS 201

L'architecte Antoine Bibent n'ayant pas dépassé la région du Caire et Charles Lenormant ayant On le voit, c'est Cherubini qui, à ce stade de l'enquête, apparaît peu à peu comme l'auteur
quitté l'expédition en Nubie ne peuvent être retenus. Même chose à la fois pour Alexandre probable des esquisses de la collection Renéaume. Quant au nouveau portrait de Champollion, que
Duchesne qui partit de Thèbes le 30 Juillet 1829, puisque deux dessins du troisième calepin ont l'on peut donc attribuer aussi provisoirement à Cherubini, il occupe le cinquième feuillet du
«Karnak- 10 Août» pour légende 6 , et Nestor L'Hôte dont le portrait légendé est dessiné deux fois troisième calepin. La petite taille de sa légende manuscrite minore beaucoup les arguments que l'on
dans ce même calepin. Avec ces éliminations, trois membres de l'expédition seulement peuvent pourrait tirer de l'examen de ces courtes indications portées au crayon, mais n'empêche jamais leur
raisonnablement encore être envisagés pour retrouver l'identité de l'auteur des dessins de la lecture comme ici où l'on trouve : « Champollion lejeune » et « M edinet abou Juillet 1829».
collection Renéaume ; ce sont Salvatore Cherubini et deux élèves du Baron Gros: Edouard Bertin Sachant par ailleurs que, dès le 4 Juillet, Champollion avait déjà terminé l'exploration de
fils et Pierre-François Lehoux. Médinet-Habou, ainsi qu'il l'écrit à son frère ce jour-là, on peut croire en sus que ce portrait fut
Malgré son origine italienne et le fait que sa sœur, Zenobia, avait épousé Ippolito Rosellini, vraisemblablement exécuté dans les premiers jours du mois. Voici comment le Figeacois s'exprime
Cherubini, qui vivait en France, tenait à être considéré comme un membre de la mission française, dans ladite lettre : «aussitôt que le jour commence à poindre, je me lève, j'enfo urche mon âne et, me
ainsi que le confirme une lettre écrite le 18 Juillet 1828 par Champollion à son frère: «lorsque tu lançant dans la plaine au petit pas, je hume la fraîcheur du matin et me rends soit au Rhamesséion,
feras l'article annonçant le départ de l'expédition Égyptienne, n'oublie pas de comprendre Salvador soit au palais de Médinet-Habou, où je travaille toute la journée. Je n'ai presque plus rien à faire
Cherubini au nombre des dessinateurs attachés à l'expédition française : c'est Rosellini qui fait les frais maintenant dans ces deux magnifiques monuments; je les ai sucés et épuisés 1 5 ».
de son voyage, mais Salvador a un intérêt à être nommé parmi mes dessinateurs français 7 • . • » On le Parce que c'est probablement à la faveur de l'une de ces chevauchées, et vraisemblablement par
voit, même si Angelelli, dans l'esquisse de sa grande composition, a représenté Cherubini parmi celui qui accompagnait alors le Maître dans ces courses, que furent saisis, trois années à peine avant
l'équipe italienne 8 , à côté de Gaetano Rosellini et Alessandro Ricci, le fils du compositeur doit bien son décès, les traits fatigués du patron de l'expédition, terminons cette note en empruntant quelques
être compté parmi les aides de Champollion, Salvatore lui servit d'ailleurs de secrétaire en Égypte, mots d'une lettre du Figeacois à son frère, écrite le 2 Juillet 1829 : « Partis de grand matin de notre
et Cherubini peut ainsi être retenu, lui aussi, comme possesseur éventuel de calepins à légendes maison de Kourna, Salvador Cherubini et moi, nous courûmes sur Médinet-Habou 16 .. . ». Ils consti-
rédigées en français et ayant été fournis par un papetier parisien. tuent peut-être une raison supplémentaire de croire que nous venons de retro uver une partie des
Le nombre des relevés effectués à Karnak par Bertin et Lehoux, un site qui ne mobilisa guère carnets de Cherubini? De toute manière les trois calepins dont il vient d'être question prolongent
Cherubini en revanche, constitue peut-être un premier indice pour. attribuer déjà à Salvatore les maints passages des journaux de Champollion et de R osellini, comme des diverses lettres envoyées
calepins, puisque leur possesseur, d'après la date de son passage à Denderah 9 , quitta Karnak huit alors d' Égypte par les membres de l'expédition franco-toscane, et projettent un éclairage nouveau
jours avant la fin des relevés dans le temple d'Amon? sur le long séjour de ces artistes qui eurent encore le rare privilège d 'explorer réellement la Vallée d u
Par ailleurs, et même si un artiste peut fort bien avoir noté pour lui, dans son calepin personnel, N il.
le détail d'un relevé confié à un autre dessinateur de la mission, on remarquera avec attention que la
seule fois où un sujet d'art antique a été traité dans ces trois carnets consacrés à l'Égypte moderne, Michel Dewachter
il correspond à un dessin exécuté à Assiout 10 qui a été attribué au seul Cherubini dans les
Monuments de l'Égypte et de la Nubie 11 , et non à Bertin ou à Lehoux. De même, deux esquisses
nubiennes du premier carnet: le paysage à l'imposant sycomore, qui fut dessiné à Ouadi Halfa le 31
Décembre 1828 12 , et la grande sakyeh aménagée en surplomb du Nil, devant laquelle l'artiste
s'arrêta deux jours après 13 , sont sans aucun doute possible à l'origine de deux gravures publiées en
1847 dans le troisième volume consacré à l'Afrique par la collection l'Univers 14 • Or ces gravures y
illustrent la contribution relative à la Nubie qui est due précisément encore à Salvatore Cherubini.

6 Voir les 14' et 16' feuillets. Le même carnet contient aussi deux portraits de Duchesne.
7 Hartleben, BE31 , p. 10.
8 Paribeni, o.c., p. 52, pl. b.

9 27 Août 1829; cf. les 21 ' et 22' feuillets du troisième carnet.

10 21' feuillet du premier calepin.

11 Champollion, Monuments IV, pl. 349 quat.


, 4.
12 32' feuillet.

' 3 33 ' feuillet.


14 Voir les planches 3 et 13 de La Nubie. Hartleben, BE 31, p. 385.
Ajoutons encore que la planche 2, consacrée à la seconde cataracte, pourrait 15

aussi avoir une autre esquisse de la collection Renéaume pour modèle : le 31' feuillet du premier calepin. 16 Id., ibidem, p. 379.
.··
.., " ..,.....
~

TABLE DES MATIÈRES

F. DE CENIVAL . Le papyrus Dodgson: (P. Ashmolean Museum Oxford 1932-1159).


Une interrogation aux portes des dieux [pl. 1] 3-11
P.-M. CHEVEREAU Contribution à la prosopographie des cadres militaires de !'Ancien
Empire et de la Première Période Intermédiaire . . .. . . .... . . . .. .. . 13-48
A. DonsoN . . . . Psusennes II [pl. 2] ... . . .. . . . . . ....... . . . .... ... .. . . ..... . . .. . 49-54
A. EGBERTS .. . . A note on the building history of the temple of Edfu . ... . .... ... . 55-61
H. GOEDICKE ... "Menna's Lament" .. .. . .. . . . . .. . .... . ... . ..... . ..... .. . .... . 63-80
1.-C. GRENIER .. Le protocole pharaonique des Empereurs romains (Analyse formelle et
signification historique) . . . .. .. .... . . . . .. . . .. ........... . . . . .. . 81-104
Y. KOENIG ..... La Nubie dans les textes magiques «L'inquiétante étrangeté» 105-110
P. LACOVARA and
C.-N. REEVES . The colossal statue of Mycerinus reconsidered [pl. 3-4] ......... . . . 111-115
• • ' 1
J. MALEK ...... The Saqqara statue of Ptahmose, mayor of the Memphite suburbs
[pl. 5] . ... .......... . ... . .. . . ..... .. . ..... . .... ....... . ... .. . 117-137
N. STRUDWICK . The overseer of the treasury ny-k3w-pt~ [pl. 6] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139-146
C. TRAUNECKER Les «temples hauts» de Basse Époque: un aspect du fonctionnement
économique des temples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147-162 ·': c'
1. •
P. VERNUS . .. .. Études de philologie et de linguistique (VI) [pl. 7] . . . . . . . . . . . . . . . . 163-181
'' 1
o'}
1 ~ ~ •

BRÈVES COMMUNICATIONS ' .


J. ,..
Un préfixe pen égyptien? (S. CAUVILLE) .. .. ... . ...... . . . .. . .. . .. . . . ... .... .. . . 183-184 }. <
.~,
\, . '

À propos des désignations de la palette de scribe (S. CAUVILLE) . ...... . ...... . . .. . 185-187
Note lexicographique sur le mot ~wtfl} :::.._ ~ (M. DEFOSSEZ) . . ... . . . . . ..... . . . . 187-190
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Le grand coude du Nil à Amada et le toponyme t3 *' 'Mt ) (M. DEWACHTER) ... . . . . . 190-193
Une tête de Chéphren en granit rose (C. V ANDERSLEYEN) 194-197
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INFORMATIONS ET DOCUMENTS

Un portrait inédit de Champollion en 1829 et trois nouveaux carnets relatifs à l'expédi- .,


tion franco-toscane (M. DEWACHTER) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198-201 . ..,. . '~
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