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I'RANCE ISLAM No 1

ITSII*| I'ETTS (suitel lTSltrM ùfïS Æ (suite)


r DU NOUVEAT'
sURL'tSLArvl DEFIN I968
.S.C.O.A PARTIR
. ENAFRIQUENOIRE PAR sufer progressivement à I'arabe le nrêurt'
Jours de statut que celui dont jouissent les quâtrc
ÂLGER, 21 décembr.e. - Itne importatrte contre ll eutres langues de travail, c'est-à-dire Ie fran-
collection de nranuscrits, appelée à Jeter tle adminlstrativet çais, I'anglais, I'espagnol et le russe.
nouvelles lumières sur I'histoire de I'Afrique de I'U.N.ES.C.O. en Bien qu'aucun document offlciel ne per-
Noire musulmane, a été léguée à la bibllo- nn dê mâtinée, un-! au mette de le conôrmer on déclare dù sour-
thèque N&tionale d'Alger, par le professeur terme duquel l'Arabe de travall ces dignes de fol. dans les couloirs dr.
Ahmed Benhamoutla" oncle tle I'actuel mlnls- À I'U N.E S.C.O. à pertlr conférence !'U.N.ESC.O.. que l'énlirat de Koweit s'est
tre algér;en des anciens combâttants. générale, c'est-à-dire da; ans déclaré offlcieusement prêt à fournir seul
Parml les cinquante mànuscrlts (tous en Le proJet &valt les dé- les ( ressources extra-budgétaires > que l'ap-
langue arabe) qui viennent d'être remls à légatlons des tr\el plication de la résolution nécessiterâ.
la bibllothèque d'Alger, avec 800 volumes im- de I'U.N.E.S Les délégations arabes ont considéré I'is-
primés, flgurent notâmment I'Ilistoire du 'prévoit
La résolu la traduction sit sue du scrutln eomme une véritable victoire
Soudan, de Saad Habi,b Bebs At-Tounboucti, tanée en ou de I'arabe dans les aul Le délégué du Maroc, notamment, a déclaré
qui retrace I'histoine ales pÊys habités par
des noirs depuis les. temps les plus reculés ! travail pendant les séances plé- volr un hommage rendu à une civilisation
jusqu'à I'année 1066 de I'hégire ou 1656 de la eonférence générale €t les réu- iconnue depuis le Moyen-Age.
de Ia commlsion adminlstrative et de
l'ère chrétienne. du ptpg:ramme que la incldences flnancières de la décision
alnsl pas encore être évaluées avec pré-
La collection de manuscrits s€ compose tion en arabe des documents les plus
me, cependant, que les dôpen-
égal€ment d'une .a Moudawana ) de importants à partlr de la session prochaine ses qul s
noun dont la copie fut exécutée il y a en novembre 1968. .nécessaires seront de I'ordre
parchemin. et tl'euvres
siècles sur Darchemin. d'Guvres du
dl4,/QFo- de 20L000 américains pour les débuts.
fesseur Benhamouda alont une sur g;F mil-
La résolution lnvlte le allrecteur général et pourront rdre 800000 dollars à la
lénaire d'Avicenne et de l'Irân >, fdlction- È étudier les mesures nécessaires pour as- fln de la période
naire astronomiqu,e, une étude ara-
be sur le poèteAbou-An Roqf7et
Rou! un précis
sur la gramr4aire arabe,
Décédé en
fesseur Ahmed
littérature à la
à
evrll d

10 ans), à Tunis,
tt c0RAtI,
LIMINAIRD
LIVRE SAINT DES MUSULMANS
Darle Professsur
iltlhalnlnad
llamidullai
et à Alger.
Le Livre Saint de I'Islam se nomme lui-même de plu-
Eieurs synonymes.Ainsi le Coran (: lecture par excellence).
Le Kitôb-Allâh 1= le livre de la prescription de Dieu), le
Furqân (: critère du discernement), etc.
C'est en langue 8rabe. Et ce qui est un phénomène uni-
Réponsesà des correspondants que dans I'histoire des langueg ôu rrtpnde. c'est que la lan-
gue arabe n'a changé depuis 1400 ans ni en vocabulaire, nr
< D'après le Coran, Jésus est I'esprit de Dieu ; donc il en prononciation, ni même en orthographe. Ainsi la langue
dans laquelle le Prophète Muhammad haranguait ses audi-
est Dieu. En le niant, vous allez à I'encontre de votre reli- toires et suxquels il communiquait les passegesdu Coran est
gion ,. (C.L., Lille-Fhsnce).
celle même sans le moindre changement que nous entendons
En voulant ,faire de Jésus-Christun Dieu, yous risquez encore aujourd'hui sur les rsdios depuis Rabat iusqu'à Bag-
de tomber inconsciemmentet involontsirement dans le.poly- dad, celle même que nous lisons dans les journaux et livres
théisme. Quand, par exemple, vous dited dans votre crédo arabes publiés de nos jours. Donc le Coran est écrit dans
que Jésus e6t monté au ci€l et I'est assis à la main droite une langue encore yivante et comprise parfaitement.
de Dieu. Réfléchissezsi on peut s'asseoir ir la main droite 'Le Coran compte 114 chapitres, appelés sourates, de
de soi-même ? Le Coran donne à Jésus, béni soit-il, l'épi- longueurs inégales. Il est plus volumineux que le Pentateu-
thète d'esprit de Dieu, et il répète sans cesseque Jésus n'est que et les quatre Evangiles réunis. Les traductions fran-
pas Dieu, ni,même le fils de Dieu. Donc il faut demander au
çaises du Coran comptent €n général 600 pages serrées.
Coran lui-même ce qu'il entend par le terme esprit. Or dans NEUTRE
la sourate 17, verset 85, il donne précisément la réponse à Les Musulmans croient que le Coran est la parole de
cette question, et dit que I'esprit signifie le commandement, Dieu, révélée à Muhammad,,pour que celui-ci Ia communique
I'oldre de Dieu. Si Jésus est né sans un père, Adam n'avait à I'humanité. Pas de plus grande offense que de dire à un
même pas une mère. Musulman que son Prophète ést I'auteur de ce livre, car
Muhammad n'est qu'un simple agent de transmission, qui
n'y ajoute rien de sa part, n'en supprime non plus quoi que
ce soit, de son gré; encore moins est-il l'auteur de ce texte.
Ainsi dit le Coran lui-même. Si un non-Musulman veut être
< Pourquoi y a-t-il des difrérences dans certains actes poli, il sera bien avisé d'en tenir compte, même lors des
cultuels selon les difiérentes écolesde la religion islamique? polémiques.
Le Prophète n'a-t-il pas réglé ces détails ? I (S.T., Istanbul- ORIGINES
Turquie). Le vénéré Prophète de I'Islam, Muhammad naquit à la
Les Sunnites, les Chi'ites, les Abâdites, tous se fondent Mecque en 570 aprèE Jésus. Quand il avait 40 ans et était
uniquement sur la prstique du Propète, béni soit-il. Celui-ci encore illettré, dans une vision I'archange Gabriel lui apprit
a, pour difrérentes raisons... dans les voyages, lors d'une que Dieu I'a nommé Son messager auprès de I'humanité.
indisposition, etc. varié légèrement sa pratique des gestes, Gabriel lui transmit aussi le premier message, qgi se trouve
sur les points secondaires.Si un Mâlikite par exemple refu- mâintenant comme les 5 premiers yersets du chapitre 96 du
6ait de prier derrière un imâm hanafte, cela impliquerait Coran. Il est émouvant de réfléchir que ce premier message
qu'il refuse de prier derrière le Prophète lui-même quand divin à un illettré n'est autre que pour faire des éloges de
celui-ci priaig de façon non en usage aujourd'hui chez les la plume, pour ls déclarer le moyen de toute science, voir€
Môlikites. Quelle 6normité I En vétité, en Son amour pour toute culture humaine. Muhammad vécut encore pendant 23
Son bien-aimé Prophète, Dieu a voulu-que se perpétue cha- ans, jusqu'à 632, et pendant ces années il reçut de temps à
que geste du Prophète dans sa communauté iusqu'à l'éter. autre d'autres messages divins, également arrivés psr I'in-
nité: les uns co,pient certains de ses gestes, les autres termédiaire de Gabriel, et perlaient de tout dont I'homme a
certaine autres, avec inter-tolérance parfaite, et avec unité besoin dans sa vie aussi bien ,matérielle que spirituellr:,
dans la diversité. Tous ces gestes proviennent du Prophète, hymnes, lois, moralité, histoires du passé pour en tirer des
il ne faut pas É'en gêner. leçons, etc.
--!

T.RANCE ISLAM NO 1

nsun DilIs lE tlnfll,E (suite)l'$lifrI Liils lE M0ilnEFaite)


Le Coran est Ia collection de ces messages. exige au moins deux attestations écrites. .Qlelquoas- mo-is
aprts la mort du Prophète, cette tôche -fut réalisée. C'est de
côtte copie officielle ïue quelques anné3s plus tard le troi'
CONSERVATION sième càlife, Othmân,- tira sept exemplaires, fit lecture de
Dès qu'une révélation lui venait, le Prophète la récitait chacune d'elies en public dans la grande mosquée, et après
d'abord âan" une assemblée d'hommes pa14i s-es-fidèles' s'être assuré qu'auiune ne comporte de faute de copiste,
Jt-eirsuite encore une fois dans une assemblèe de femmes, il les envoya âans les grands centres de son em,pire, qui':,
nous I'assure lbn Ishâq (m. ?68) son gra'Jd. bio' 15 ans aprês la mort du 'Prophète s'étendait déià depuis
criplte, Muhammad appelait un de ses scribês pour lui dic-
"à.*u I'Andalouiie jusqu'en Chine. C'est de ces exemplaires que le
iÀt'." tu*t" et, au lieu d'une codification méca-nique par public devaiititôr ses copies' tout autre texte était déclaré
àidre chronologique, il regroupait les passagesselon le sens faux.
ài te sujet. Il ùéiisait donc, lbrs de chaque nouvelle révé'
iation, lô lieu précis du nouveau fragment dans I'ensemble I DIFFUSION
ii suiie des versets d'une sourate aussi bien que la suite des Les gouvernements musulmans de toute éooque ont
sourates, tout provient du Prophète. fatorl"e ia formation des hâfiz, et ont ouvert des écoles
Muhammad demandait à ses fidèles d'apprendre ces pour son enseignement.
textes par cæur' pour les besoins lithurgiques, car aucun On en possède les MSS de toutes les époques de- tous
office, n'est valable sans qu'on y récite certains passages
de ce texte d'origine divine : pas de distinction là-dedans t"* p-uv" àu- monde musulma-n, -49pui" le premier siècle de
entre I'humble et l'éminant, le- religieux et le profane, le 1;ti6'*iie ;uscu'à I'utilisation de l'imprimerie' L'université {e
it[;;i;h, én Àuutnugte, avait fondé-un institut pour les étu'
dirigeant de I'office et I'orant qui le suit. L'Islam voulut
ouela connaissance du Livre de Dieu, loin d'être le mono- âLi ao'Cotun, et ,pendant trois générations ses directeurs'
;Ë.i."""i;;;'chiéiiens, ramassaiint les ltSS du Coran du
uole du clergé. se répande dans toutes les couches de la -
.;;à" entier par photographies - environ 50'000 dit'on
Ëommunauté.-La rédaction par écrit venait en aide à la les variantea, afin de trouver
;-;;t cherché soigneusément
défaillance de la mémoire, et la mémoire aidait la correction
des fautes de coPisto's. o;" a pas des divergences entre les Corans anciens et
";it ôn usage actuellemènt. Sauf les fautes de copistes, on
Non content de cette double méthode de conservation' ""iui irouvé. Pendant la deuxième guerre mondiale'
déjà étonnaute et presque parfaite, le'Prophète exigeait que ";ô"- " "lô" amêiicsine'fit
u"u- UotnUu disparaître eette collection avec
chaque débutant fît ses études soit auprèr du Prophète en son directeur. Aujourd'hui les copies écrites de quelque.pays
personne, soit chez quelqu'un qui les avait faitee auprès de quà ce ioit, et lès ,mémoires' dée hôfiz de quelque région
iui. Ce < certificat d'études r authentifiait ce qu'on avait lu ou" ce soit. sont toutes identiques' aanB rbsolument aucune
et appris par cæur. âiffé."t"".'Une des copies atiribuées ru calife Othmân se
Cette triple ,méthode continue depuis lors iusqu'à nos iro"ve actuellement à iachkent, €t une autre à Istanbul' La
jours. Quand un jeune Musulman termine ses études du iiiutiott aqoà Nationale de Paris poseède des fragment-s qui,
Coran, son maître, Iui-môme attitré, Iui donne un certificat, de I'avis ïu Prof. Blachère, asséz sévère pour ces choses,
où il cite la chaîne des générations de ses maÎtres remon- datent du deuxième siècle de I'Eégire.
tant jusqu'au Prophète, pour assurer qu'il a enseigné à son L'année prochaine (1968) quato-rze cents années lunaires
jeune élève ce qui est conforme à ce qu'il a lui-même appris la révéfation du pre-mier fragment- d.u
de son maître, et ce dernier de son maitre etc. È;;phù*"ut on prépare la commémoration de l'évé'
"u.oi't-.3"àriË"
ôîran;;
Un rencenserneït moderne 'montre que le nombre de piéÀiàu"t Àiub'Khan du Pakistan a donné l'or'
par des
lrâfiz - Musulmans ou Musulmanes qui connaissent le Coran â"Ë- aî u"iaur le texte éntier du Coran sur .la soie
"'Jrir"ît.î"
tout entier par cæur et savent le répéter sans regarder le iiir à'ù" ptt, li a présidé la cérémonie de l'inauguration de
texte écrit - dépasse 150.000rien qu'enr Turquie; ils sont cette confection.
au nombre de plusieurs millions dans le monde. Dans l'office
de tarârvih 3u nois de Ramadan, ,même la mosquée de Paris TRADUCTIONS
entend cette récitation lithurgique du Coran dans l'assem' Plus d'une centaine de langues possèdent aujourd'hui
blée de dévoués de toutes les races et de toutes les cou' aut tt.Au"tiot du Co"atr, soit intégralement soit partielle'
i e ur s . mer,i. ptusieurs" d'entre elles, possèdent de nombreuses tra'
âu"iion". ies làngues turque, urdu et persanne comportent
REDACTION : ptu" a" cent traductions.-Il y a preËque une trentaine en
Lors de la mort du Prophète, il y avait quelques 8 Ansâ- irançais, et deux nouvelles sont sous presse' dit'on'
rites (Musulmans d'origine médinoise) qui étaient hâfiz, Il faut préférer. les traductions . faites qar d91 Iy:,!
qui n'y
parmi eux une fernme aussi, Umm Waraca. Les autres Musul- mans, pour ne pas risguer du subiectivisme de ceux
mans qui se comptaient déjà par centaines de milliers à croient Pas.
ce moment-là, ne savaient que des fragments plus ou 'moins
longs, suffisant pour les besoins des of,fices de prière. INFLUENCE
On sait que lors de la mort du Prophète, on découvrit Pour ceux qui veulent savoir quelle
-i'hi"toire, -influence le Corai-
-rap,peler
dans sa maisôn des feuilles volantes, ficelées, où il y avait u u*"i.ô s=ur il faut se que lors de. la
des sourates du Coran. Il semble que le Prophète y pensa Au Coran en Arabie,'les habitants de cetle rlsion
datrs les deruiers temps de sa vie, s[ qu'il rendit son dernier "e"ôùtiàniès ptu" arriérés du monde, au point que^le Coran
:tâË;t
soupir avant d'avoir complété cette collection, cet-te co.pie pt.*iir
;;;-Ë;i.*ier
àrt-Ë lansue'.Quinze ans
livre iamais écrit en leur langue'.Quinze
< officielle >rdu Coran, car elle n'étsit pas exhaustive. Ààutemènt après la mort du Pro-phète, ils r-égnaient sur-les
Donc il fallut le faire après le Prophète. En effet son t"oi" du vieux monfe, depuis l'ftlantique jus-
payg
,u."à*i"u., Abou Bakr y pensa de faço-n sérieuse, car les àiau Pacifique, et pendant' anille ans et plus leurs
"."tin"nts
Ët"i*itôÏàvà" âe critture, les refuges des-persécutés : aueEi
uu"rr"" ravageaient le pays, et les meilleurs connaisseurs
fittaient pas épargnés dans les combats pour la défenÈe du bien les Juifs que les -ii.ï'l,tlË
autres; et quand'leurs -g-o
;;;"' ; ; ;u""'il uo ;i"1 i"t"E tïu.'Ç
iutrltoi.". Il appela Ie principal secrétaire du Prophète qui -o semble
oamhlc pas
nâs en "'* gagné
ên nvoir ";l Mais
beaucoup-.
saqné beaucoup. Mais I'
I'Islemct lcr
ct lcr
ne avoir
àiait un des hâfiz, et lui demanda de confectionner une- copie
comrrlète du Coran, de la façon suivante : Qutil-ne se fie p-es iiàaru. du boran sont ericoie vivants"; ils ont récupéré uc
à sa mémoire, mais qu'il demande aux Musulmans de lui
pî"-ti" J." puy" subiugués par les étrangers e! sSnclt dl
anpôrt"r les copies de fragments authentifiées .par la lec' ierrain, pai. converiion, partout dans le monde, Europc e3
iir! à""unt le Prophète, eique pour chacun des versets il Amérique comprises.
-13-
18
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