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École Nationale des Ponts et Chaussées

Année scolaire 2008-2009


Mécanique des sols et des roches

Contrôle des connaissances 2


(Séance du 2 février 2009)

CORRIGÉ

Exercice 1. Résistance au cisaillement et stabilité d’un déblai

a. Sur un tel site, on peut admettre que les ruptures seront planes. En rupture plane
(glissement sur un plan), la condition de stabilité, en l’absence de cohésion, est que la pente
du talus soit inférieure à l’angle de frottement interne. C’est le cas pour toutes les surfaces
de rupture parallèles à la pente, puisque tous les matériaux ont des angles de frottement
interne supérieurs à 15 degrés. La cohésion vient augmenter encore la stabilité. Donc la
pente est stable quand on vient faire l’excavation.

b. On a néanmoins observé un glissement à la base de la couche d’argile. Cela veut dire que
sur cette surface la résistance au cisaillement est plus faible que dans les hypothèses du
projet. C’est possible parce que la pente descend vers une vallée qui a été sur-creusée
avant d’être remplie d’alluvions grossières puis plus fines : à un moment, les pentes de cette
vallée ont été dégagées et il y a pu y avoir un glissement de la pente, qui marqué les
propriétés de l’argile sur la surface de rupture, en lui donnant des propriétés résiduelles.
L’essai de cisaillement alterné à la boîte est le moyen classique pour déterminer la
résistance résiduelle du sol sur une telle surface de rupture.
On retient les valeurs de pic et les valeurs résiduelles sous les trois contraintes normales
imposées (figure 1). Ces valeurs sont les suivantes :

Sous σ’ = 100 kPa τmax = 52 kPa τrésiduel = 21 kPa


Sous σ’ = 150 kPa τmax = 75 kPa τrésiduel = 34 kPa
Sous σ’ = 200 kPa τmax = 91 kPa τrésiduel = 42 kPa

Elles sont reportées sur la figure 2. On obtient les valeurs suivantes des paramètres de
résistance du sol :
- résistance maximale (de pic) :
o c’ = 13 kPa,
o ϕ’ = 21 degrés ;
- résistance résiduelle
o c’R = 0 kPa,
o ϕ’R = 12 degrés.

Pic Résiduel
100
τ (kPa)
σ (kPa)
50 200
150
100
0
0 10 20 30 40 50 d (mm)
Figure 1. Résistance de pic et résistance résiduelle de l’argile

1
τ (kPa)
150 c’ = 13 kPa
ϕ’ = 21 degrés

100
c’R = 0 kPa
50
ϕ’R = 12 degrés

0
0 50 100 150 200 250 300 σ (kPa)
Figure 2. Diagramme pour déterminer les caractéristiques de résistance au cisaillement

c. En cas de résistance résiduelle à la base de la couche d’argile, le facteur de sécurité est


toujours égal au rapport des tangentes de l’angle de frottement interne et de la pente, soit :
F = tan ϕ’ / tan β = tan 12 / tan 15 = 0,79.
La pente est donc instable.
Pour la stabiliser, on peut mettre en œuvre un ouvrage de soutènement du talus amont ou
clouer la pente.

Exercice 2. Stabilité d’un ouvrage de soutènement


a. Calcul du mur de soutènement
a1. Les forces qui s’exercent sur le mur sont d’une part la poussée du sable et de l’argile
(actions motrices) et le poids du mur (action contribuant à la résistance) et d’autre part la
réaction du sol sous le mur et la butée de l’argile devant le pied du mur. La résistance du sol
sous le mur est une force résistante mobilisable jusqu’à sa valeur limite (la portance du sol).
La résistance de l’argile au pied du mur (négligée dans le calcul) est aussi une force
résistance mobilisable jusqu’à sa valeur limite (force de butée).
a2. Les forces appliquées au mur sont définies sur la figure 3.

0,5 m
A

Sable
W1
4m F1

B W2
0,5 m
F3 F2 C D
Argile
1m

Figure 3. Actions appliquées au mur

Pour calculer les forces de poussée F1, F2 et F3, il faut déterminer au préalable les
contraintes de poussée aux points A, B et C. Ces valeurs sont données dans le tableau 1.
Les valeurs des trois forces sont égales à :
F1 = 0,5.4.24 = 48 kN/m
F2 = 0,5.25,9 = 12,95 kN/m à long terme et F2 = 0 à court terme
F3 = 0,5.0,5(29-25,9) = 0,775 kN/m à long terme et F3 = 0 à court terme
Pour les poids W1 et W2, on obtient directement :
W1 = 25.4,5.0,5 = 56,25 kN/m
W2 = 25.1.0,5 = 12,5 kN/m

2
Les coefficients de poussée valent Ka=tan2(45-15)=1/3 dans le sable et Ka=tan2(45-14)=0,36
dans l’argile. À court terme la cohésion non drainée de l’argile vaut cu = 100 kPa.

Tableau 1. Contraintes de poussée sur l’arrière du mur


À long terme
Point Sol σv (kPa) u (kPa) σ’v (kPa) Ka σ’h (kPa) σh (kPa)
A Sable 0 0 0 0,333 0 0
B Sable 72 0 72 0,333 24 24
B Argile 72 0 72 0,36 25,9 25,9
C Argile 80,5 0 80,5 0,36 29 29
À court terme
Point Sol σv (kPa) u (kPa) σ’v (kPa) Ka σ’h (kPa) σh (kPa)
A Sable 0 0 0 0,333 0 0
B Sable 72 0 72 0,333 24 24
B Argile 72 - - - - -128
C Argile 80,5 - - - - -119,5

a3. Pour évaluer la stabilité au renversement, il faut choisir le centre de rotation puis calculer
le moment des forces actives et résistantes. Le centre de rotation est le pied avant de la
semelle du mur (point D de la figure 1).
Les valeurs des forces et de leur bras de levier par rapport au point D sont indiquées dans le
tableau 2, où les moments moteurs et résistants sont aussi évalués. On en conclut que le
mur est instable à court terme comme à long terme.

Tableau 2. Calcul des moments moteurs et résistants


À long terme
Force Valeur Bras de levier /D Moment moteur Moment résistant
(kN/m) (m) (kN/m).m (kN/m).m
F1 48 1,83 87,84
F2 12,95 0,25 3,237
F3 0,775 0,165 0,222
W1 56,25 1,25 70,31
W2 12,5 0,5 6,5
Total 91,3 78,8
À long terme
Force Valeur Bras de levier /D Moment moteur Moment résistant
(kN/m) (m) (kN/m).m (kN/m).m
F1 48 1,83 87,84
F2 0 0,25 0
F3 0 0,165 0
W1 56,25 1,25 70,31
W2 12,5 0,5 6,5
Total 87,84 78,8

a4. Comme le mur est instable vis-à-vis du renversement, cela veut dire que l’excentrement
est supérieur à la demi-largeur de la semelle et que l’on ne peut faire de calcul de portance.

a5. Pour améliorer la stabilité d’un mur de soutènement, on peut changer les dimensions de
la base du mur (figure 4). On peut aussi modifier le matériau de remblai, pour diminuer la
poussée, ou installer des ancrages. Il faut dans tous les cas éviter qu’il y ait une pression
hydrostatique derrière le mur, ce qui conduit à installer un dispositif de drainage, même
derrière les murs qui ne sont pas en permanence dans une nappe

3
0,5 m 0,5 m
A A
W3
W1 W1
F1 F1

B W2 B W2
F3 F2 C D F3 F2 C D
1m W4
a. Allonger la semelle vers l’avant b. Allonger la semelle vers l’arrière
Cette opération augmente le poids W2 Cette opération rajoute deux poids qui renforcent
et surtout les bras de levier des forces sensiblement la stabilité du mur : le poids de la
résistantes (poids W1 et W2). Elle a semelle complémentaire et le poids du sol situé au
pour inconvénient d’augmenter les dessus de cette semelle. On considère en général
moments dans le mur au niveau du que la poussée s’applique sur une ligne virtuelle
point B correspondant à la limite de ce bloc de sol.
Figure 4. Modifications du mur pour améliorer sa stabilité

b. Calcul du rideau de soutènement


b1 Les forces qui s’exercent sur le rideau sont la force de poussée d’un côté (force active) et
la résistance due à la mobilisation de la butée de l’autre côté. Cette force résistante est
limitée par la résistance à la butée du sol. Dans l’exemple considéré, l’eau est au même
niveau des deux côtés du rideau et ses pressions s’équilibrent.

b2. Les forces appliquées au rideau sont définies sur la figure 3.

Sable
4m Fa1
Fp1
B G
Fp2
Fa3 Fa2 C F
Argile Fa5 Fp4
d Fa4 Fp3
D E
Figure 3. Actions appliquées au mur

Pour calculer les forces de poussée Fa1 à Fa5 et les forces de butée Fp1 à Fp4, il faut
déterminer au préalable les contraintes de poussée aux points A, B, C et D et les contraintes
de butée aux points E, F et G. Ces valeurs sont données dans le tableau 3. Les valeurs des
neuf forces sont égales (à long terme) à :
Fa1 = 0,5.4.24 = 48 kN/m
Fa2 = 0,5.25,9 = 12,95 kN/m
Fa3 = 0,5.0,5(29-25,9) = 0,775 kN/m
Fa4 = (d-0,5).29 = 29d-14,5,
Fa5 = 0,5(d-0,5)(22,7+12,5d-29) = (d-0,5)( 6,25d-3,85) = 6,25d2 - 6,975d +1,925
et
Fp1 = 0,5.0 = 0 kN/m
Fp2 = 0,5.0,5.23,6 = 5,9 kN/m
Fp3 = (d-0,5).23,6 = 23,6d -11,8
Fp4 = 0,5(d-0,5)(29,4d+8,8-23,6) = (d-0,5)(14,7d-7,4) = 14,7d2 – 14,75d + 3,7.

4
Tableau 3. Contraintes de poussée sur l’arrière du rideau
À long terme
Point Sol σv (kPa) u (kPa) σ’v (kPa) Ka Kp σ’h (kPa) σh (kPa)
A Sable 0 0 0 0,333 - 0 0
B Sable 72 0 72 0,333 - 24 24
B Argile 72 0 72 0,36 - 25,9 25,9
C Argile 80,5 0 80,5 0,36 - 29 29
D Argile 72+17d 10(d-0,5) 77+7d 0,36 - 27,7+2,5d 22,7+12,5d
E Argile 17d 10(d-0,5) 5+7d - 2,77 13,8+19,4d 8,8+29,4d
F Argile 8,5 0 0 - 2,77 23,6 23,6
G Argile 0 0 0 - 2,77 0 0
À court terme
Point Sol σv (kPa) u (kPa) σ’v (kPa) Ka ou Kp σ’h (kPa) σh (kPa)
A Sable 0 0 0 - 0 0
B Sable 72 0 72 - 24 24
B Argile 72 - - - - -128
C Argile 80,5 - - - - -119,5
D Argile 72+17d - - - - 17d-128
E Argile 17d - - - - 17d+200
F Argile 8,5 - - - - 208,5
G Argile 0 - - - - 200
Note : les calculs de poussée aux points A, B et C sont les mêmes que pour le mur de
soutènement.

b3. Pour calculer la valeur minimale de d qui assure l’équilibre, il faut vérifier l’équilibre des
forces et l’équilibre des moments qui s’exercent sur le rideau.

b3a. Recherche de la fiche d quand on veut mobiliser toute la butée


Équilibre des forces
La résultante des forces motrices est égale à :
Fa = 48 + 12,95 + 0,775 + 29d -14,5 + 6,25d2 – 6,975d + 1,925 = 6,25d2 +22,025d+49,15
La résultante des forces résistantes (valeurs maximales) est égale à :
Fr = 5,9 + 23,6d – 11,8 + 14,7d2 – 14,75d + 3,7 = 14,7d2 +8,85d -2,2.
L’équation d’équilibre simple (Fa = Fr) s’écrit :
6,25d2 +22d+49,15 < 14,7d2 +8,85d -2,2
On obtient :
8,45 d2 -13,15d – 51,35 > 0
On peut résoudre l’équation du second degré pour obtenir la valeur cherchée de d.
Si l’on utilise un tableur, on obtient la valeur d = 3,35m.

d (m) 2 3 4 3,2 3,4 3,3 3,35


équation -43,9 -14,9 31,1 -7,1 1,5 -2,9 -0,74

Équilibre des moments


Pour calculer les moments des forces par rapport à un centre de rotation, dont nous
admettrons qu’il est en bas du rideau (point D ou E), il faut déterminer les bras de leviers de
chacune des forces. Les valeurs des moments moteurs et résistants sont données dans le
tableau 4.

Tableau 4. Calcul des moments moteurs et résistants (cas du rideau)


À long terme
Force Valeur Bras de levier Moment Moteur ou
(kN/m) /D (m) (kN/m).m résistant
Fa1 48 d +1,33 48d + 63,84 Moteur
Fa2 12,95 d-0,25 12,95d - 3,24 Moteur
Fa3 0,775 d-0,33 0,775d - 0,26 Moteur

5
Fa4 29d-14,5 0,5d-0,25 14,5d2 - 14,5d + 3,6 Moteur
Fa5 6,25d2-7d+1,9 0,33d-0,165 2,06d3 -3,34d2+1,78d-0,31 Moteur
Fp1 0 d-0,25 0 Résistant
Fp2 5,9 d-0,33 5,9d - 1,95 Résistant
Fp3 23,6d-11,8 0,5d-0,25 11,8d2 - 11,8d + 2,95 Résistant
Fp4 14,7d2 – 14,75d + 3,7 0,33d-0,165 4,85d3 – 7,3d2 + 3,65d + 0,61 Résistant

Le moment moteur est égal à :


Mm = 48d + 63,9 + 13d – 3,2 + 0,8d - 0,3 + 14,5d2 – 14,5d +3,6 + 2,1d3 – 3,3d2 + 1,8d -0,3
Mm = 2,1d3 + 11,2d2 + 49,1d + 63,7.
Le moment résistant est égal à :
Mr = 5,9d – 2+ 11,8d2 -11,8d + 3 + 4,85d3 -7,3d2 + 3,65d + 0,61
Mr = 4,85d3 + 4,5d2 -2,25d + 1,6.

La valeur de d qui assure juste l’équilibre est solution de l’équation Mm = Mr. Pour résoudre
cette équation, on va procéder par une méthode approchée : calculer les valeurs de Mm et Mr
pour des valeurs données de d jusqu’à encadrer la racine cherchée (les calculs du corrigé
ont été faits avec un tableur). On obtient une valeur de d = 5,9 m.

d (m) 4 5 6 7 5,8 5,9


Mm (kN/m).m 573,7 851,7 1215,1 1676,5 1135,0 1174,6
Mr (kN/m).m 393 731,6 1224,7 1901,4 1112,3 1167,6

On observe que la fiche nécessaire pour équilibrer les moments est sensiblement plus
importante que celle qui assure l’équilibre des forces.

b3b. Recherche de la fiche d quand on veut mobiliser la moitié de la butée


Lorsque l’on applique des facteurs de sécurité partiels ou globaux dans les calculs de
soutènements, dans un cas où les forces d’origine hydraulique sont équilibrées, il est admis
que l’on analyse la stabilité en contraintes effectives, ce qui permet de ne pas inclure les
pressions d’eau dans la pondération. Cela conduit à considérer de façon particulière les
contraintes et forces déterminées dans la section précédente. Nous allons refaire l’ensemble
de ces calculs pour illustrer leurs différences.

Calcul des contraintes effectives et des forces effectives

Les valeurs calculées dans le tableau 3 (calcul à long terme) sont encore valables, mais
nous calculerons les forces à partir des contraintes effectives horizontales

Point Sol σv (kPa) u (kPa) σ’v (kPa) Ka Kp σ’h (kPa) σh (kPa)


A Sable 0 0 0 0,333 - 0 0
B Sable 72 0 72 0,333 - 24 24
B Argile 72 0 72 0,36 - 25,9 25,9
C Argile 80,5 0 80,5 0,36 - 29 29
D Argile 72+17d 10(d-0,5) 77+7d 0,36 - 27,7+2,5d 22,7+12,5d
E Argile 17d 10(d-0,5) 5+7d - 2,77 13,8+19,4d 8,8+29,4d
F Argile 8,5 0 0 - 2,77 23,6 23,6
G Argile 0 0 0 - 2,77 0 0

Les valeurs des neuf forces effectives (à long terme) sont égales à :
Fa1 = 0,5.4.24 = 48 kN/m
Fa2 = 0,5.25,9 = 12,95 kN/m
Fa3 = 0,5.0,5(29-25,9) = 0,775 kN/m
Fa4 = (d-0,5).29 = 29d-14,5,
Fa5 = 0,5(d-0,5)(22,7+2,5d-29) = (d-0,5)(1,25d-1,3) = 1,25d2 - 1,975d +0,65

6
et
Fp1 = 0,5.0 = 0 kN/m
Fp2 = 0,5.0,5.23,6 = 5,9 kN/m
Fp3 = (d-0,5).23,6 = 23,6d -11,8
Fp4 = 0,5(d-0,5)(19,4d+13,8-23,6) = (d-0,5)(9,7d-4,95) = 9,7d2 – 9,8d + 2,5.

Équilibre des forces


La résultante des forces motrices est égale à :
Fa = 48 + 12,95 + 0,775 + 29d -14,5 + 1,25d2 – 1,975d + 0,65 = 1,25d2 +27,025d+47,875.
La résultante des forces résistantes (valeurs maximales) est égale à :
Fr = 5,9 + 23,6d – 11,8 + 9,7d2 – 9,8d + 2,5 = 9,7d2 +13,8d –3,4.
L’équation d’équilibre simple (Fa < Fr) s’écrit :
1,25d2 +27,025d+47,875 < 9,7d2 +13,8d -3,4
On obtient :
8,45 d2 -13,2d – 51,3 > 0
ce qui est la même équation que quand on tient compte de l’eau. La solution est donc encore
d = 3,35m.

Si l’on veut mobiliser seulement la moitié de la butée, on doit vérifier la condition (2Fa < Fr),
qui s’écrit :
2(1,25d2 +27,025d+47,875) < 9,7d2 +13,8d -3,4
soit
(9,7-2.1,25) d2 + (13,8-2.27,025)d – (3,4+47,875) > 0
7,5d2 – 40,25d – 51,275 > 0.
Cette équation a pour solution d = 6,45m (tableau suivant).
d (m) 5 6 7 6,4 6,5 6,45
équation -65,0 -22,8 34,5 -1,7 4,0 1,1

Équilibre des moments


Il faut d’abord déterminer les moments des forces effectives. Les valeurs calculées sont
indiquées dans le tableau 5.

Tableau 5. Calcul des moments moteurs et résistants (forces effectives)

Force Valeur Bras de levier Moment Moteur ou


(kN/m) /D (m) (kN/m).m résistant
Fa1 48 d +1,33 48d + 63,84 Moteur
Fa2 12,95 d-0,25 12,95d - 3,24 Moteur
Fa3 0,775 d-0,33 0,775d - 0,26 Moteur
Fa4 29d-14,5 0,5d-0,25 14,5d2 - 14,5d + 3,6 Moteur
Fa5 1,25d2 - 1,975d +0,65 0,33d-0,165 0,41d3 -0,86d2+0,54d-0,11 Moteur
Fp1 0 d-0,25 0 Résistant
Fp2 5,9 d-0,33 5,9d - 1,95 Résistant
Fp3 23,6d-11,8 0,5d-0,25 11,8d2 - 11,8d + 2,95 Résistant
Fp4 9,7d2 – 9,8d + 2,5 0,33d-0,165 3,2d3 – 4,83d2 + 2,44d + 0,41 Résistant

Le moment moteur est égal à :


Mm = 48d + 63,9 + 13d – 3,2 + 0,8d - 0,3 + 14,5d2 – 14,5d +3,6 + 0,41d3 -0,86d2+0,54d-0,11
Mm = 0,41d3 + 13,64d2 + 47,8d + 64,2.
Le moment résistant est égal à :
Mr = 5,9d – 2+ 11,8d2 -11,8d + 3 + 3,2d3 – 4,83d2 + 2,44d + 0,41
Mr = 3,2d3 + 7d2 -3,5d + 1,41.

La valeur de d qui assure juste l’équilibre est solution de l’équation Mm = Mr. Pour résoudre
cette équation, on va utiliser la même méthode approchée que précédemment (avec un
tableur) On obtient la même valeur de d = 5,9 m.

7
d (m) 4 5 6 7 5,8 5,9
Mm (kN/m).m 499,9 695,5 930,6 1207,8 880,3 905,2
Mr (kN/m).m 332,2 593,9 965,6 1466,5 881,5 922,9

Si l’on veut mobiliser seulement la moitié de la butée, on doit vérifier la condition (2Mm < Mr),
avec
2Mm = 2(0,41d3 + 13,64d2 + 47,8d + 64,2) = 0,82d3 + 27,2d2 + 95,6d +128,4.
Mr = 3,2d3 + 7d2 -3,5d + 1,41
Pour résoudre cette inéquation, on va procéder par la même méthode approchée que
précédemment : calculer les valeurs de Mm et Mr pour des valeurs données de d jusqu’à
encadrer la racine cherchée. On obtient une valeur de d = 12,2 m.

d (m) 10 11 12 13 12,1 12,2


Mm (kN/m).m 4624,4 5562,6 6609,4 7769,5 6720,2 6832,2
Mr (kN/m).m 3936,4 5146,1 6581,0 8260,3 6737,6 6896,7

On observe que la fiche nécessaire pour équilibrer les moments est cette fois encore
sensiblement plus importante que celle qui assure l’équilibre des forces.
Pour comparer la fiche estimée en contrainte effectives (calcul précédent) avec le même
calcul en contraintes totales, nous avons effectué la résolution de l’inéquation 2Mm < Mr en
forces totales. On trouve une valeur très importante : d = 32,5m, qui n’a pas de réalité
physique.

d (m) 30 31 32 33 34 35
Mm (kN/m).m 136633,4 149820,2 163833 178697 194437,4 211079,4
Mr (kN/m).m 135069,1 148882,2 163606,4 179270,8 195904,5 213536,6

b4. Pour améliorer la stabilité d’un rideau de soutènement, on a en général recours à des
ancrages placés en ou plusieurs niveaux dans la partie supérieure. Un point important est
qu’il faut limiter si possible les moments de flexion dans le rideau.

Exercice 3. Mécanique des roches

3.1. Construire sur des carrières


a. Calcul des charges sur les piliers
On peut définir trois zones dans les carrières. Dans la zone A, des piliers carrés de 5,2m de
côté (section Sp = 27 m2) sont au centre de zones élémentaires carrées de 9,2m de côté
(surface Sa = 84,64 m2). Dans la zone B, les piliers carrés ont des côtés de 6,3m (section
39,7m2) et une zone d’influence de 11,5m de côté (surface 132,25 m2). Dans la zone C, les
piliers sont rectangulaires (15m x 6,9m, soit 103,5 m2) dans une zone rectangulaire de 11,5m
x 20,7m (238 m2)
Au niveau du toit de la zone excavée, la surface de diffusion des charges dues aux
constructions valent :
Cas a : a + 2z tan 45 = b + 2z tan 45 = 10 + 20.1 = 20m. Surface = 900 m2.
Cas b : a + 2z tan 45 = b + 2z tan 45 = 10 + 40.1 = 30m Surface = 2500 m2.
Cas c : a+2ztan45=20+20.1=30m b+2ztan45=50+20.1=60m Surface = 2800 m2.
Cas d : a+2ztan45=20+40.1=40m b+2ztan45=50+40.1=70m Surface = 5400 m2.
Sans entrer dans les différentes possibilités de position des constructions par rapport aux
piliers, nous allons répartir les charges sur les piliers en fonction des surfaces.
La charge Qp sur un pilier est la somme de la fraction du poids du bâtiment réparti sur la
surface de la zone d’action d’un pilier, plus le poids du terrain naturel rapporté à la même
zone d’action. Qp = Q.Sa/(a+2ztan45)(b+2ztan45) + γHSa. (γ = 19kN/m3). On obtient :
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Cas Q.Sa/(a+2ztan45)(b+2ztan45) γHSa (kN) Qp (kN) Sp (m2) ∆σ (kPa)
a/A 2000.84,64/900= 188 kN 19.10.84,64=16082 16270 27 603
b/A 2000.84,64/2500= 68 kN 32164 32232 27 1194
c/A 60000.84,64/2800= 1814 kN 16082 17896 27 663
d/A 60000.84,64/5400= 940 kN 32164 33104 27 1226
a/B 2000.132/900=293 kN 19.10.132=25080 25373 40 634
b/B 2000.132/2500=106 kN 50160 50266 40 1257
c/B 60000.132/2800=2829 kN 25080 27909 40 698
d/B 60000.132/5400=1467 kN 50160 51627 40 1291
a/C 2000.238/900=529 kN 19.10.238=45220 45749 104 440
b/C 2000.238/2500=190 kN 90440 90630 104 871
c/C 60000.238/2800=5100 kN 45220 50320 104 484
d/C 60000.238/5400=2644 kN 90440 93084 104 895

On note l’importance de la charge permanente due aux terrains en place dans la charge
totale.

b. Stabilité des piliers


Si l’on charge un pilier en compression simple, la valeur maximale de la pression verticale
correspond à une pression de 1000 kPa. Par conséquent on n’observera de rupture des
piliers sous les constructions que dans les cas b/A, d/A, b/B et b/D. Toutefois, les autres
charges sont assez élevées (près de 75% de la charge limite dans le cas c/B) et l’on peut
craindre une dégradation progressive des piliers. On prendra donc des dispositions pour
empêcher l’effondrement des carrières.
Il faut noter aussi que la résistance des colonnes est inférieure à la charge initiale (sans
bâtiment) dans tous les cas où la charge calculée dans le tableau est supérieure à 1MPa,
ce qui pose le problème du recalage de l’état initial.

c. Modes de rupture des carrières


Les modes de rupture sont
- l’écrasement/fissuration/altération et ruine des piliers,
- le flambement des piliers (selon la hauteur),
- la flexion et la rupture de la dalle du toit de la carrière entre les piliers,
- l’enfoncement du pilier dans le sol de la carrière (poinçonnement) ou dans le toit de la
carrière).

3.2 Question de cours : commenter l’indice RMR.

L’indice RMR (Rock Mass Rating, proposé par Bieniawski) est utilisé pour évaluer l’état
mécanique d’un massif rocheux en fonction de la nature de la roche, de son état d’altération,
de sa fissuration, de l’état de ses discontinuités, de la présence d’eau. Il permet d’évaluer
par corrélation certains paramètres mécaniques du massif rocheux à grande échelle.