Vous êtes sur la page 1sur 3

Troubles musculo-squelettiques : Définition

Troubles musculo-squelettiques : facteurs de risques


Les enjeux sanitaires des troubles musculo-squelettiques (ou TMS)
Quelles sont les circonstances déclenchantes des TMS ?
Comment se manifestent les troubles musculo-squelettiques ?
Avec quoi ne faut-il pas confondre un TMS ?
Y a-t-il une prévention possible des troubles musculo-squelettiques ?
A quel moment consulter le médecin ?
Comment préparer la consultation avec le médecin ?
Que fait le médecin ?

Troubles musculo-squelettiques : Définition


Les troubles musculo-squelettiques (TMS) regroupent un ensemble d’affections souvent liés à des
mouvements de surmenage, traumatismes répétés, qui touchent les articulations et/ou muscles et
tendons, et parfois nerfs, des membres et de la colonne vertébrale.

Le cou, les épaules, les poignets et les doigts, ainsi que le dos sont les plus fréquemment atteints. Le
trouble le plus connu est le syndrome du canal carpien (compression du nerf commandant les trois
premiers doigts à l’intérieur du canal carpien, au niveau du poignet).

En France, les troubles musculo-squelettiques sont reconnus comme maladies professionnelles


indemnisées, et partie intégrante du plan national Santé au travail ; ce qui explique l’impression
qu’ils ne surviennent qu’en milieu professionnel. Cependant, leur origine peut être extra-
professionnelle : le sport (par exemple l’épicondylite du joueur de tennis, ou tennis-elbow) le
bricolage, le jardinage, etc.

Troubles musculo-squelettiques : facteurs de risques


Les facteurs de risque sont d’abord biomécaniques et cumulatifs à long terme : mouvements de
surmenage, exécutés en force, répétitifs ou statiques, gestes non ergonomiques, traumatismes
répétitifs. Le travail dans le froid ou dans l’humidité aggrave ces situations.

Les facteurs psychosociaux pèsent lourd car ils modifient l’équilibre postural et musculaire, et
majorent la fatigue par tension permanente au travail et/ou au domicile : stress, manque de
reconnaissance du salarié, etc.

Les enjeux sanitaires des troubles musculo-squelettiques (ou


TMS)
Les troubles musculo-squelettiques engendrent des coûts de soins directs pour la personne, et
indirects pour la société et l’employeur : arrêts de travail, perte de la compétence du salarié durant
l’arrêt, nécessité de le remplacer.

Les demandes d'indemnisation pour TMS augmentent d'année en année dans la plupart des pays
industrialisés. Ils représentent actuellement en France 76% des maladies professionnelles
indemnisées selon l’InVS (2010). Pour l’Assurance Maladie, les indemnisations des TMS au titre des
maladies professionnelles dépassent les 40.000 cas en 2008 (régimes général et agricole confondus).
Le programme national de surveillance épidémiologique des TMS s’inscrit dans les priorités du
précédent Plan santé au travail (2005-2009) du ministère de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion
sociale, à savoir : 1) réduire de 20 % le nombre de travailleurs soumis à des contraintes articulaires
plus de 20 heures par semaine par rapport à la prévalence estimée à partir de l’enquête SUMER 2003
; 2) réduire de 20 % à l’horizon 2009 le nombre de TMS déclarés, dont un préalable est
l’amélioration de la surveillance épidémiologique des TMS.

Le Plan national Santé au travail 2010-2014 prolonge ces actions et l’intègre à la stratégie
communautaire européenne.

Quelles sont les circonstances déclenchantes des TMS ?


Il faut les rechercher dans les conditions de travail en entreprise, que ce soit dans l’organisation du
travail (cadences trop soutenues, contraintes de temps, travail peu varié, vibrations), l’ambiance de
travail (travail dans le froid ou dans l’humidité), la pression psychologique (hiérarchie brutale).

Ce sont aussi les loisirs (intensité de l’entraînement sportif par exemple) et les activités de bricolage
incessantes (réfection ou construction d’une maison, par exemple).

Comment se manifestent les troubles musculo-squelettiques ?


Le principal signe est la douleur, qu’elle siège à l’endroit de la lésion musculo-articulaire ou à
distance. Typiquement, cette douleur est déclenchée en quelques heures par le mouvement pathogène
(responsable de la lésion), puis entretenue par ce geste. Notion essentielle : elle cesse en période de
repos du geste traumatisant.

La gêne fonctionnelle accompagne pratiquement toujours la douleur : certains mouvements sont


limités, voire impossibles à réaliser. Les troubles de la sensibilité, liés à des compressions nerveuses,
peuvent engendrer une maladresse plus ou moins prononcée, qui retentit sur la productivité et surtout
sur la sécurité au poste de travail.

Avec quoi ne faut-il pas confondre un TMS ?


Le diagnostic de TMS est assez facile pour le médecin et même le malade ; mais il est plus difficile
d’identifier le travail comme cause de la maladie. Point essentiel puisque :

- d’une part, car si le travail est responsable, le patient peut bénéficier d’une prise en charge à 100%
dans le cadre des maladies professionnelles ;

- d’autre part, il ne suffit pas de traiter les symptômes pour que la maladie disparaisse. La
modification de l’environnement professionnel peut être nécessaire. Un TMS mal géré peut aboutir à
un changement d’emploi, une reconversion forcée.

Y a-t-il une prévention possible des troubles musculo-


squelettiques ?
La meilleure prévention primaire passe par une action en amont dans les entreprises, c'est-à-dire dès
la conception du poste de travail, afin de le rendre le plus ergonomique possible. Les entreprises ont
d’ailleurs l’obligation de faire une évaluation annuelle des risques dans l’entreprise avec le CHSCT,
transcrite dans le « document unique » qui sert de base à la stratégie de prévention.

A quel moment consulter le médecin ?


La prise en charge initiale est réalisée par le médecin généraliste, qui explique également les
formalités de prise en charge de l’affection au titre d’une maladie professionnelle. Mais c’est le
travailleur qui fait les démarches auprès de l’Assurance Maladie.

L’avis du médecin du travail s’avère souvent utile pour établir la relation de cause à effet entre la
profession et la pathologie. Son expertise est également utile en amont, lorsqu’il identifie des
conditions de travail délétères ou que les salariés manifestent des troubles semblables.

Le Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail (CHSCT) de l’entreprise est aussi à interpeller,
car il est en charge officielle de la protection de la santé des travailleurs.

Comment préparer la consultation avec le médecin ?


Toujours rappeler sa profession et ses conditions de travail : gestes accomplis, emploi du temps,
conditions physiques et psychologiques de travail. C’est l’élément de base qui permet d’établir ou
non une relation entre l’exercice professionnel et le TMS.

Que fait le médecin ?


Après un examen soigneux, et la confirmation du diagnostic probable, l’articulation touchée ou le
membre sont mis temporairement au repos.

Le médecin rédige en général un arrêt de travail, afin de soustraire temporairement le malade au


risque professionnel. L’évolution au repos confirme (ou pas) le lien du TMS avec l’emploi, et évite
l’aggravation, la pérennisation et la récidive de la pathologie à la reprise du travail.

Des anti-inflammatoires, voire des infiltrations de corticoïdes, sont prescrits pour limiter la douleur et
éviter le passage à la chronicité de l’inflammation locale. Dans certains cas, une chirurgie est
envisageable (notamment en cas de syndrome Syndrome Ensemble de symptômes et/ou de signes
cliniques caractéristiques de certaines maladies. Par exemple, un syndrome grippal se caractérise par
l’association d’une fièvre, d’une asthénie, de courbatures, de frissons etc.Un syndrome n’est pas
nécessairement spécifique d’une unique maladie. Il peut être évocateur de différentes affections. du
canal carpien).

Parallèlement le patient atteint d’un TMS professionnel doit prévenir son médecin du travail s’il ne
l’a pas déjà fait.

Le médecin du travail se rend si besoin sur les lieux du travail pour faire l’analyse critique du poste
de travail et suggérer à l’employeur des solutions pour réduire les traumatismes engendrés :
modification du matériel, du rythme de travail, ergonomie des gestes...

Mise à jour par le Dr Sphie Duméry - Janvier 2012