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Introduction

F. Guerrin, J.-M. Paillat (éditeurs scientifiques), 2003.


Modélisation des flux de biomasse et des transferts de
fertilité - cas de la gestion des effluents d’élevage à l’île de la
Réunion. Restitution des travaux de l’Atp 99/60. Actes du
séminaire des 19-20 juin 2002, Montpellier, France, Cirad,
Colloques, Cédérom.

Modélisation des flux de biomasse


et des transferts de fertilité

Cas de la gestion des effluents d’élevage


à l’île de la Réunion

François GUERRIN*, Jean-Marie PAILLAT**

*Inra-Bia/Cirad-Tera, Station de la Bretagne, équipe Gestion des déchets organiques, BP 20,


97408 Saint-Denis Messag. Cedex 9 — guerrin@cirad.fr
**Cirad-Tera/Inra-Ea, Umr Sol agronomie spatialisation, 65 rue de Saint-Brieuc, 35042 Rennes
Cedex 01 — paillat@roazhon.inra.fr

Résumé — Modélisation des flux de biomasse et des transferts de fertilité. Cas de la gestion des
effluents d’élevage à l’île de La Réunion. Le développement de l’agriculture à la Réunion rencontre deux
problèmes liés à la gestion des matières organiques. Ce sont les risques de pollution engendrés par les
déchets d’élevage et la perte de fertilité des sols. Une solution envisageable est d'organiser des transferts
de matières organiques des élevages vers les cultures. Pour cela, il est nécessaire : (1) d’étudier les
pratiques des acteurs ; (2) de concevoir de nouvelles stratégies de gestion, en articulant les niveaux
individuel (exploitation agricole) et collectif (ensemble d'exploitations). Cette action thématique
programmée du Cirad (Atp 99/60) a permis de réaliser la construction et le couplage de modèles pour
représenter et simuler ces stratégies de gestion, dans un but d’analyse, de test, de communication et
d’aide à la décision des agriculteurs, des techniciens et des responsables de la politique agricole. Nous
décrivons ici la problématique étudiée et faisons le bilan des résultats obtenus. Cette action a associé
pendant trois ans (1999-2001) différentes équipes du Cirad, de l’Inra et de l’université de la Réunion.

Abstract — Modelling biomass fluxes and fertility transfers. The case of animal wastes management
in the Reunion Island. The development of agriculture in the Reunion Island encounters two problems
related with the management of organic material. These are the risk of pollution generated by
livestock farming and the loss of soil fertility. A solution that can be considered is to better organise
the transfer of organic material from animal plants to crops. For this, it is necessary (1) to study the
practices of agricultural stakeholders, (2) to devise new management strategies, by coupling both
individual (i.e. the farm) and collective (sets of farms) levels of management. This Cirad’s research
programme (Atp 99/60) allowed us to build models (either coupled or in isolation) to representing and
simulating these management strategies with aim to analyse, test, communicate and supporting
decision of farmers, technical advisors and people in charge of the agricultural policy. We describe
here the studied problematic and synthesise the results obtained. This research was performed in
association during 3 years (1999-2001) with several research groups from Cirad, Inra and the
University of La Reunion.

Actes du séminaire, 19-20 juin 2002, Montpellier, France 1


Introduction

Problématique et objectifs de l’Atp 99/60

Problèmes posés par les effluents d’élevage à la Réunion


A la Réunion, les effluents d’élevage représentent plus des trois-quarts de l’azote des déchets organiques
(Mvad, 1997). Le développement des élevages depuis une douzaine d’années a conduit à une
concentration importante d’effluents dans certaines localités, avec les risques de pollution qui en
découlent, du fait de l’exiguïté des surfaces épandables (cas de Grand-Ilet, par exemple, dans le cirque
de Salazie). Par ailleurs, les cultures en zone tropicale ont besoin d’un apport important de matière
organique pour maintenir la fertilité des sols soumis à une forte érosion (c’est le cas, notamment, des
productions maraîchères sur andosols). Le déséquilibre entre petites régions s’accroît : certaines sont
productrices de biomasse carbonée (canne à sucre dans les Bas), d’autres, dans les Hauts, produisent des
effluents d’élevage chargés en azote, à partir d’une alimentation en grande partie importée.
Dans l’état actuel des pratiques agricoles, on constate donc un déséquilibre : d’un côté des excédents
mal valorisés, générateurs de nuisances, de l’autre des besoins en fertilisation organique non satisfaits.
Or, les réglementations française et européenne, traduction des attentes de la société en matière de
qualité de l’environnement, deviennent de plus en plus contraignantes. Le développement de l'élevage
est donc de plus en plus conditionné par la capacité des systèmes de production à résorber leurs déchets
tout en respectant des contraintes d’ordre environnemental (minimiser les risques), agronomique
(augmenter la valorisation par les cultures), technique (utilisation de dispositifs efficaces), économique
(compatibilité des solutions avec la viabilité des entreprises), voire social (acceptabilité par les acteurs
des transformations requises) ou réglementaire (conformité aux normes et bonnes pratiques).
Cet enjeu est d’autant plus important à La Réunion du fait de son caractère insulaire. D’une
part, l’exportation de déchets, matières polluantes et de faible valeur, est inenvisageable. D’autre part, la
pression qui s’exerce sur la ressource foncière par différents usages concurrents (agriculture,
urbanisation, tourisme, protection des milieux...) induit l’intensification des systèmes d’élevage qui
entraîne la concentration des effluents produits dont la valorisation par épandage devient impossible
dans des conditions conformes à la réglementation et aux bonnes pratiques, justement du fait de la
pénurie de Sau disponible.

Approche adoptée pour l’évaluation


et la conception de stratégies de gestion des matières organiques
Cette nécessaire maîtrise des déchets d’élevage suppose de trouver des moyens de gestion efficaces et
durables permettant d’adapter, en quantité et en qualité, « l’offre » d’effluents des élevages à la
« demande » en matière organique (Mo) des cultures. Pour cela, à la suite d’une synthèse des travaux
préliminaires engagés en 1995 (Paillat, 1998), nous avons considéré deux niveaux de gestion :
– l’exploitation agricole (niveau individuel) où il y a lieu de mieux organiser les transferts de Mo des
ateliers d’élevage vers les cultures ;
– le territoire (niveau collectif), où il y a lieu de mieux organiser les transferts de Mo des exploitations
excédentaires (à dominante élevage intensif) vers les exploitations déficitaires (à dominante production
végétale).
A ces deux niveaux, l’adaptation qualitative des Mo brutes, produites par les élevages, aux besoins des
systèmes de culture peut nécessiter la transformation des premières en produits plus élaborés (compost,
par exemple). La création d’unités de transformation, voire de traitement, à la ferme où en gestion
collective par un groupe d’exploitants, a donc été prise en compte dans cette réflexion.
L'approche que nous avons privilégiée dans cette Atp, synthétisée à la figure 1, a consisté au
développement de modèles de simulation, construits à partir de l'analyse des pratiques des acteurs
agricoles et de références agronomiques, dont certaines devaient être acquises par des expérimentations
adaptées. Ces modèles ont été conçus dans la perspective de leur utilisation pour l'aide à la gestion des
systèmes de production et l’évaluation des risques environnementaux relatifs à différentes stratégies de
gestion des Mo.

2 Modélisation des flux de biomasse et des transferts de fertilité


Introduction

Alternatives
Aide à la gestion
de gestion
Acteurs
agricoles
Analyse des pratiques

Modèles
de simulation

Expérimentations
agronomiques

Systèmes sol-plante-environnement
Procédés de transformation

Figure 1. Approche adoptée dans l’Atp 99/60 : les modèles de gestion de flux de Mo, construits à partir de
données et de connaissances issues de l’analyse des pratiques agricoles et de références sur les systèmes
biophysiques, doivent permettre de proposer de nouvelles stratégies de gestion aux acteurs agricoles.

Objectifs de l’Atp 99/60


Pour parvenir à cette modélisation, il est nécessaire d'avoir une connaissance préalable des pratiques et
du fonctionnement des agrosystèmes ainsi que des données et des références agronomiques sur les
systèmes biophysiques considérés : systèmes eau-sol-plante-atmosphère et principaux procédés de
transformation des effluents d’élevage, au premier rang desquels le compostage, de par son caractère
rustique et son intégration partielle dans les pratiques agricoles réunionnaises.
Trois objectifs essentiels avaient donc été fixés :
– la construction de modèles permettant de simuler la gestion des Mo et des transferts de fertilité au
niveau individuel comme au niveau collectif ;
– l’évaluation et le test de différentes stratégies de gestion des flux de Mo à ces deux niveaux : soit pris
séparément, soit couplés, afin d’étudier leur interaction par le biais d’un « système de modèles » ;
– l’évaluation des impacts agronomiques et environnementaux des stratégies de gestion simulées, en
procédant au couplage de modèles de gestion avec des modèles des processus biophysiques impliqués ;
l’atteinte de ce dernier objectif devait nécessiter la synthèse des données et des connaissances existantes
et l’acquisition éventuelle de données expérimentales sur ces processus.

Travaux réalisés dans l’Atp 99/60

Analyse des pratiques de gestion des matières organiques


dans les exploitations agricoles réunionnaises
Dès 1995, l’étude des pratiques des agriculteurs en matière de gestion des effluents d’élevage et de la
fertilité des sols avait impliqué de nombreuses enquêtes en exploitations, complétées en 1999 dans le
cadre de l’Atp (partenariat avec C. Aubry, Inra-Sad Grignon, et P. Leterme, Ensar Rennes). Celles-ci ont
été réalisées :
– dans le cirque de Salazie, notamment à Grand-Ilet, localité qui connaît une situation critique du fait de
l’exiguïté de la Sau disponible pour l’épandage qui ne permet pas de faire face aux très fortes

Actes du séminaire, 19-20 juin 2002, Montpellier, France 3


Introduction

productions d’effluents des élevages intensifs de porcs et de volailles (Reynaud, 1995 ; Renault et Paillat,
1999) ;
– à Dos d’Ane, petite localité du nord-ouest de l’île, où les déchets d’élevage sont très largement
valorisés sur des cultures maraîchères (Paillat et Gallo, 1996) ;
– dans les Hauts de l’Ouest, concernant l’utilisation de la matière organique en productions maraîchères
(Vimeux, 1998) ;
– dans les plaines d’altitude et les zones de piémont du sud, sur des exploitations d’élevage bovin laitier
(Chollet, 1998) ;
– dans la zone Sud (Plaine-des-Grègues, Petite-Ile, Saint-Joseph), où les productions agricoles sont plus
diversifiées (canne à sucre, maraîchage, productions fruitières) ainsi que les élevages (porcin, aviculture,
bovin laitier) et où la proximité de la zone cannière rend les problèmes moins aigus qu’à Salazie (Carut
et Paillat, 1999 ; Prêcheur, 1999 ; Rakotomalala, 1999).
Il s’agit au total de 192 exploitations dont les caractéristiques, tant structurelles que concernant la gestion
des Mo, ont été rassemblées dans une base de données. En utilisant pour principal critère le rapport
nombre d’Ugb/Sau, une typologie des exploitations a été réalisée, permettant de distinguer, dans le
contexte agroclimatique réunionnais, 26 exploitations types représentant la diversité des problèmes de
gestion des Mo dans l’île (Paillat, Aubry et Médoc, 2003).
Sur cette base, un « modèle d’action », rassemblant l’essentiel des données et des règles de gestion des
agriculteurs a été réalisé (Aubry, Paillat et Guerrin, 2001 ; 2003). Cette représentation conceptuelle est
conçue selon cinq modules, conformément à l’organisation de cette « production » au sein des
exploitations : production d’effluents par les élevages, évacuation et stockage des effluents, épandage,
transformation, import-export. Certaines règles relatives à l’aspect collectif de la gestion sont incluses
dans ce dernier module. C’est à partir de ces informations que les modèles de gestion réalisés au cours
de cette Atp (Magma, Biomas, Mens, Echos ; cf. ci-après) ont été élaborés1.
Cette étude met en évidence quelques caractéristiques fortes de la place des matières organiques dans les
pratiques agricoles réunionnaises. Parmi celles-ci, l’absence de conscience (et donc de prise en compte)
par les agriculteurs de la valeur fertilisante des effluents d’élevage est préoccupante quant à la
durabilité des agrosystèmes : risques de pollution et de nuisances générés par leur utilisation à des doses
souvent massives, manquement au respect des normes réglementaires et des bonnes pratiques, absence
d’économie d’intrants importés.

Modèles de simulation réalisés :


systèmes dynamiques hybrides et systèmes multi-agents
Sur la base du développement en 1998 de premières versions représentatives des niveaux individuel et col-
lectif, Mona Lise (Guerrin et Paillat, 1999) et Biomas (Guerrin et al., 1998 et 1999), plusieurs modèles
mathématiques ou informatiques ont été réalisés permettant de simuler une grande diversité de cas relatifs à :
– la gestion des flux d'effluents d'élevage au niveau de l'exploitation agricole : il s’agit du modèle
Magma (Guerrin, 2001 ; 2003 ; Paillat et al., 2003) ;
– la gestion des flux d'effluents entre exploitations distinctes : il s’agit des modèles Biomas (Courdier et
al., 2002 ; 2003) et Mens, ce dernier donnant, par couplage avec Magma, le système MagmaS (Piquet et
Le Page, 2001 ; Martin et al., 2001 ; Le Page et Martin, 2003) ;
– la gestion collective de l’approvisionnement d'unités de traitement : il s’agit des modèles Approzut I
(Guerrin et Ranaivosolo, 2001 ; 2003) et Approzut II (Hélias et al., 2001 ; 2003) ;
– la circulation d'azote dans les compartiments eau, air, sol et plante, pour évaluer l'impact
environnemental des épandages : il s’agit du modèle Mobe5 (Tommasino, 1999) ;
– l'effet d'instruments de politique environnementale sur la gestion des effluents : il s’agit du modèle
Echos (Farolfi et al., 2002 ; 2003) qui s’est appuyé sur la réalisation d’études permettant d’évaluer les
coûts de gestion des effluents d’élevage aux niveaux individuel (Caisso, 2001) et collectif (Tiratay, 2001),
ainsi que sur la synthèse de la législation relative aux effluents d’élevage (Copette, 2001).

1. Bien que la publication du rapport décrivant le modèle d’action soit postérieure à la réalisation des modèles, ceux-ci ont été
alimentés par la connaissance synthétisée dans ce rapport au fur et à mesure de sa production.

4 Modélisation des flux de biomasse et des transferts de fertilité


Introduction

Bien que n’appartenant pas à la classe des modèles de simulation dynamique, signalons aussi la réalisation
de Macsizut sur le tableur Excel, destiné à restituer des bilans matières, à dimensionner les unités de
transformation et évaluer les coûts d’investissement et de fonctionnement de différents procédés de
traitement de lisier de porcs (Le Mesre de Pas, 2001 ; Farinet, Hurvois et Paillat, 2003). Macsizut a
d’ailleurs été utilisé lors d’une étude de faisabilité d’une unité collective de traitement du lisier de porcs
réalisée en 1999 par un bureau d’études commandité par le Groupement des éleveurs de Grand-Ilet. Il est
également en cours d’utilisation (version simplifiée) par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne.
Sur le plan méthodologique, nous nous sommes intéressés aux systèmes dynamiques hybrides,
permettant de représenter des systèmes complexes à la fois par des variables continues et discrètes
(Zaytoon, 2001). C'est l'approche qui a été mise en œuvre pour développer les modèles Magma
(simulation au niveau de l'exploitation), Approzut I et II (simulation de politiques d'approvisionnement
d'unités de traitement) et Mobe5 (simulation des impacts agronomique et environnemental). Cette
approche fait actuellement l'objet de la thèse de A. Hélias, co-encadrée avec J.-P. Steyer (Inra,
Laboratoire de biotechnologie de l'environnement, équipe automatique, Narbonne). Celle-ci a pour
objectif de développer un modèle générique permettant de simuler des flux de matière circulant entre
différentes unités de production et de consommation selon différentes configurations et doit être testée
sur les principaux cas de gestion des effluents d’élevage identifiés dans cette Atp.
Pour aborder la gestion collective des effluents, deux approches basées sur les systèmes multi-agents ont
été mises en œuvre :
– modèle Biomas, où chaque exploitation est représentée par un ensemble d'agents informatiques
communiquant (partenariat avec R. Courdier, Institut de recherche en mathématique et informatique
appliquées, université de la Réunion) ; c’est également l’approche utilisée dans le modèle Echos
(partenariat avec S. Farolfi, Cirad-Tera, Montpellier) ;
– système MagmaS, où les exploitations sont représentées par des instances du modèle Magma couplé
informatiquement à la plate-forme multi-agents Cormas (Bousquet et al., 1998), développée au Cirad,
dans laquelle est implanté un modèle de transfert (partenariat avec C. Le Page, Cirad-Tera, Montpellier).
Le couplage de certains de ces modèles a été réalisé :
– couplage Magma-Mobe5 destiné à l’évaluation de l’impact environnemental des épandages simulés
avec Magma (Mobe5 n’ayant pu être paramétré faute de données disponibles et les équations utilisées
n’ayant pas été vérifiées, son utilisation est pour le moment impossible) ;
– couplage des logiciels Vensim et VisualWorks permettant de faire communiquer Magma et Mens,
modèle de transfert de Mo réalisé avec le simulateur multi-agents Cormas basé sur VisualWorks ;
– couplage Magma-Approzut I permettant de simuler la gestion d’approvisionnement d’unité de
transformation collective.
Si les couplages Magma-Mobe5 et Magma-Approzut I ne présentent aucune difficulté particulière, ces
trois modèles ayant été réalisés avec la même application informatique (logiciel Vensim), le couplage
Vensim-VisualWorks a été beaucoup plus délicat à réaliser techniquement. Il a nécessité, en particulier,
l’étude comparative de deux protocoles de communication entre applications existant sous Windows
(Piquet et Le Page, 2001).
L’ensemble de ces couplages, représenté à la figure 2, constitue ainsi l’ébauche du « système de
modèles » que nous avions fixé comme l’un des objectifs de cette Atp.

Processus biophysiques
Evaluer les stratégies de gestion des effluents d’élevage nécessitait de pouvoir qualifier et quantifier
l’efficacité agronomique et les impacts environnementaux des pratiques de gestion des Mo. L’utilisation de
modèles biophysiques existants (ou à construire, si nécessaire), moyennant leur simplification compte tenu
du niveau auquel doivent être évaluées les stratégies (exploitation ou territoire), était également envisagée.
En première analyse, il est apparu quatre domaines à explorer pour faire aboutir cette entreprise :
– absorption des éléments par les plantes ;
– émission vers l’atmosphère ;
– réorganisation et stockage/minéralisation dans le sol ;
– ruissellement et lessivage dans les aquifères.

Actes du séminaire, 19-20 juin 2002, Montpellier, France 5


Introduction

Paramètres exploitation Données climatiques,


(structure, gestion) paramètres biophysiques
MENS
Import Offre
aS
Export
M agm Demande

MAG MOBE5
Quand, combien livrer ? MA

APPROZUT
Flux MO Bilan hydrique, lessivage N
Actions (récolte, épandage) Minéralisation N
Volatilisation N
Evolution stock UT Evolution des stocks MO
Absorption N par la plante
Temps de travaux
Fertilisation cultures...

Figure 2. Couplage de modèles de simulation réalisés dans le cadre de l’Atp 99/60.

Les différents travaux menés à la Réunion depuis de nombreuses années sur les systèmes biophysiques
laissaient penser à une bonne connaissance de l’absorption par les plantes, notamment de l’azote par la
canne à sucre ou les fourrages, mais des incertitudes existaient concernant les productions fruitières et
maraîchères. De même, de nombreux travaux du Cirad et de l’université de la Réunion avaient été
conduits sur le lessivage et le ruissellement dans différentes conditions pédoclimatiques de l’île. Par
contre, aucune référence n’existait concernant la volatilisation dans l’atmosphère et la minéralisation
dans les sols, alors qu’on pouvait supposer ces phénomènes très contrastés par rapport aux
connaissances obtenues en conditions tempérées.
A partir de ce constat, les travaux engagés par l’Atp, en lien avec l’Aip Inra Agrede, et qui se poursuivent
actuellement dans le cadre d’un projet de rapprochement Inra-Cirad, ont été les suivants :
– étude de la volatilisation de l’ammoniac (principale forme d’azote émise dans l’atmosphère) lors
d’épandage de lisiers en conditions tropicales ; deux situations caractéristiques ont été retenues :
épandage de lisier de bovin sur prairie d’altitude sur andosols et épandage de lisier de porc sur canne à
sucre avec ou sans mulch sur sol brun-ferrallitique ; ces études ont fait l’objet de deux stages (J. Sansoulet
en 2000 et J. Bernadou en 2001) et sont restituées en grande partie dans l’article de Genermont et al.
(2003) ;
– étude de la minéralisation de l’azote et du carbone dans 8 types de sols soumis à des épandages de
9 types d’effluents ; trois stages ont été organisés (C. Fernandez, S. Raux, B.-V. Florentin) ; les travaux
sont restitués dans deux mémoires de fin d’études (Fernandez, 2001 ; Raux, 2001) et dans l’article de
Morvan et al. (2003).
Parallèlement, pour faire un diagnostic agronomique et environnemental des pratiques de gestion, il était
nécessaire de pouvoir intégrer les références acquises sur les systèmes biophysiques à l’échelle d’un
territoire. Un travail de typologie et de spatialisation des systèmes de culture de la Réunion a donc été
entrepris dont une première ébauche est proposée dans l’article de Saint Macary, Médoc et Chabalier
(2003).
De plus, comme la transformation des matières organiques correspondait à une alternative de gestion
pour bon nombre d’exploitations visant une meilleure adéquation effluents-cultures, il était utile de
construire un référentiel sur les procédés de transformation des effluents. Ce référentiel, basé sur une

6 Modélisation des flux de biomasse et des transferts de fertilité


Introduction

typologie réalisée par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, est inclus dans le modèle Macsizut décrit dans
l’article de Farinet, Hurvois et Paillat (2003).
Sur le plan de la modélisation, le modèle Mobe5 a été réalisé au cours d’un stage (Tommasino, 1999) en
reprenant une partie des équations du modèle Stics (Brisson et al., 1998) et du modèle Stal (Morvan,
1999). L’intérêt de ce modèle réside dans son couplage avec le modèle de gestion Magma. Cependant,
plutôt que de vérifier la construction et les équations transcrites dans Mobe5, il a été jugé préférable
d’utiliser directement le modèle Stics, peu différent de Mobe5 et ayant fait l’objet de multiples validations
en conditions tempérées. Qui plus est, Stics faisait également l’objet d’une adaptation à la culture de la
canne à sucre (Smith, 2001). Après plusieurs tests, il s’est avéré que le référentiel supposé disponible, en
première analyse, sur la croissance des plantes et le lessivage dans les conditions de la Réunion était très
insuffisant. De ce fait, les données minimales nécessaires au paramétrage de modèles biophysiques n’ont
pu être réunies ; un travail, sans doute important, devra donc être engagé en ce sens. Cette expérience
non concluante sur l’utilisation de Stics est relatée dans l’article de L. Ruiz (2003).

Animation et coordination scientifiques

Principales collaborations : Cirad, Inra, université de la Réunion


Notre approche, alliant analyse des pratiques, expérimentations agronomiques et modélisation, a été, par
essence, ascendante et pluridisciplinaire. Elle a impliqué pour l’équipe Gdor, elle-même
pluridisciplinaire (agronomie « système » avec J.-M. Paillat, agronomie système sol-plante-atmosphère
avec P.-F. Chabalier et modélisation avec F. Guerrin), de recourir à un large éventail de collaborations
externes :
– agronomie « système » : Inra-Sad (C. Aubry, alors basée à l'Ird à Tananarive) ;
– agronomie système sol-plante-atmosphère : Inra-Ea/Ensar, Umr Sol agronomie spatialisation, Rennes
(P. Leterme, T. Morvan, J.-M. Paillat, L. Ruiz) en relation avec l'Inra Bioclimatologie de Grignon
(D. Flura, S. Génermont) ;
– génie des procédés de traitement de déchets organiques : Cirad-Ca/Gec, Montpellier (J.-L. Farinet) en
relation avec l’Agence de l’eau de Loire-Bretagne, St Brieuc (Y. Hurvois) ;
– économie de l'environnement : Cirad-Tera/Ere, Montpellier (S. Farolfi) en relation avec le Ceresur,
Faculté de droit et de sciences économiques de l'université de la Réunion (S. Ferrari) ;
– modélisation par systèmes multi-agents : université de la Réunion, Iremia (R. Courdier), Cirad-Tera/Ere,
Montpellier (C. Le Page) ;
– automatique : Inra, Laboratoire de biotechnologie de l’environnement, Narbonne (J.-P. Steyer) et Cnrs,
Laboratoire d'architecture et d'analyse des systèmes, Toulouse (P. Lopez) ;
– méthodes mathématiques et informatiques pour la décision : Inra, unité de Biométrie et intelligence
artificielle, Toulouse (R. Martin-Clouaire, J.-P. Rellier).

Organisation de l’Atp 99/60


Nos activités de recherche ont été réalisées sur la base de groupes interdisciplinaires (réunissant
agronomes et modélisateurs) cristallisés, la plupart du temps, autour du co-encadrement de stagiaires
(20 stages de niveau Dess ou fin d’école d’ingénieurs). L'animation et la coordination scientifiques de ce
collectif, se sont appuyées sur l’organisation de deux séminaires2 qui ont rassemblé les chercheurs actifs
dans l'Atp et des invités extérieurs, des comptes-rendus trimestriels d'activités, la programmation de
nombreuses missions bilatérales Réunion-Métropole, ainsi qu’un site Internet3 pour l'information
réciproque des participants et la diffusion de documents.
Trois grands thèmes ont été définis pour structurer ce collectif :

2. Deux séminaires d'Atp ont été organisés au Cirad Réunion : l'un du 7 au 13 avril 1999, regroupant 24 participants (Inra, Cirad,
université, profession), l'autre du 25 au 31 octobre 2000 avec 37 participants.
3. http://atprun99.cirad.fr:8080

Actes du séminaire, 19-20 juin 2002, Montpellier, France 7


Introduction

– thème 1 : « niveau individuel de gestion des Mo », qui a rassemblé les travaux concernant la typologie
des exploitations, l’analyse des pratiques et leur représentation conceptuelle, la réalisation du modèle
Magma ;
– thème 2 : « niveau collectif de gestion des Mo », qui a rassemblé les travaux concernant les transferts de
Mo réalisés entre exploitations distinctes (modèles Biomas, MagmaS et Echos) ainsi que les problèmes
posés par l’approvisionnement d’unités collectives de transformation des effluents (modèles Approzut I et
II) ;
– thème 3 : « valorisation agronomique et évaluation du risque environnemental », qui a rassemblé les
travaux sur les procédés de transformation (typologie de procédés de traitement du lisier de porc, tableur
Macsizut), sur les biotransformations de l’azote et du carbone et la volatilisation de l’ammoniac, ainsi
que la typologie des systèmes de culture.
C’est en référence à ces trois thèmes que ce séminaire de restitution de l’Atp 99/60 a été organisé et les
articles de ce cédérom présentés. Chaque thème a fait l’objet d’une présentation introductive
respectivement par Roger Martin-Clouaire (Inra-Bia, Toulouse), Jean-Marie Attonaty (Inra-Esr, Grignon) et
Philippe Leterme (Ensar, Umr-Sas, Rennes), qui nous ont fait l’honneur et l’amitié de bien vouloir animer
les débats dans chacune des sessions du séminaire de restitution.

Bilan critique des travaux réalisés dans l’Atp 99/60

Atteinte des objectifs


Avec la réalisation de plusieurs modèles représentatifs des trois grandes situations de gestion identifiées
(transferts de Mo au sein de l’exploitation, entre exploitations distinctes, approvisionnement d’unité
collective de transformation de Mo), le premier objectif, visant à la représentation et à la construction de
modèles de simulation de stratégies de gestion, a été largement rempli. De même, les objectifs visant à
comparer différentes approches de modélisation et à réaliser le couplage de modèles ont été atteints. Ces
travaux auront permis, dans le cadre de l’Atp, la publication de 2 articles (+ 1 soumis) dans des revues
scientifiques à comité de lecture, de 8 présentations à des conférences internationales et de plusieurs
rapports techniques. Ce bilan en termes de publications, qui n’a rien d’exceptionnel compte tenu de la
diversité des questions abordées et du nombre de chercheurs impliqués, sera amplifié prochainement,
d’autres publications tirées de ces travaux étant prévues ou en préparation.
Il faut, par contre, reconnaître que nous avons manqué de temps pour exploiter pleinement ces modèles
en réalisant l’analyse approfondie des systèmes représentés et de leurs interactions, et pour en tirer tous
les enseignements sur le plan de la gestion. Néanmoins la base instrumentale existe, notamment pour la
gestion des Mo au niveau individuel : 26 exploitations types, dont les stratégies de gestion ont été
définies et qui sont simulables avec Magma ; un premier travail réalisé récemment sur l’un de ces cas
types est d’ailleurs présenté ici (Paillat et al., 2003). Cette base instrumentale devra être exploitée en
prolongement direct de cette Atp. En particulier, l’opération de recherche de Jean-Michel Médoc, recruté
début 2002 dans l’équipe Gdor, prévoit la validation du modèle Magma en aide à la décision auprès
d’agriculteurs ou de conseillers agricoles et, plus généralement, l’acquisition et la capitalisation de
connaissances sur les agrosystèmes par l’utilisation de modèles de simulation. Une partie de ces
prolongements pourra aussi être assurée dans certains des nouveaux projets issus de la dynamique
lancée par cette Atp.
Concernant l’étude des processus biophysiques, les travaux intéressant les biotransformations de l’azote
et du carbone et la volatilisation ammoniacale présentent l’intérêt incontestable de l’acquisition de
références manquantes sur ces phénomènes en contexte tropical. C’est à ce titre qu’ils mobilisent, dans
le cadre d’un projet de rapprochement Inra-Cirad, des chercheurs de l’équipe Gdor et de l’Inra de
Rennes et de Grignon. Par contre, concernant les processus d’absorption d’azote par les plantes et de
lessivage d’azote dans les sols, contrairement à ce que nous avions prévu, les données de référence
nécessaires font défaut pour le paramétrage des modèles Mobe5 ou Stics pour l’évaluation des impacts
des stratégies de gestion simulées avec Magma. C’est là, sans doute, le principal échec à déplorer dans la
réalisation de cette Atp, dont nous essayons d’analyser les causes (cf. la contribution présentée par
L. Ruiz, 2003). Parmi celles-ci, il nous semble que nous avons pêché par excès d’optimisme, en ayant
une mauvaise vision des données disponibles localement et en sous-estimant l’ampleur du travail

8 Modélisation des flux de biomasse et des transferts de fertilité


Introduction

permettant d’acquérir les données manquantes. Cette réflexion suscite également une interrogation plus
fondamentale sur la ressemblance et la dissemblance de ces processus dans les contextes tempéré et
tropical. Ainsi, les chercheurs impliqués dans ces travaux se demandent si ces processus (et donc les
modèles qui permettent de les décrire) sont bien les mêmes. Si cela n’était pas le cas, la simple
acquisition de données ne suffirait pas ; c’est une connaissance plus précise des mécanismes qu’il
faudrait acquérir et la construction de modèles nouveaux qu’il faudrait envisager. Mais ceci ne saurait
être mené à bien par une seule Atp. C’est un programme de recherche d’envergure qu’il faudrait alors
initier.

Problèmes rencontrés : pluridisciplinarité et dispersion géographique


La pluridisciplinarité nécessaire à nos travaux a constitué, à la fois, une force (capacité à aborder des
systèmes complexes, richesse des échanges scientifiques, induction d'une dynamique forte) et une
faiblesse (effort important de coordination et d'animation au détriment de la recherche, dépendance vis-
à-vis de l'extérieur, dispersion thématique...). Le cadre de l’Atp, doté de moyens relativement importants,
nous a paru néanmoins excellent pour susciter et entretenir des collaborations interdisciplinaires
impliquant des équipes de plusieurs institutions (Cirad, Inra, Université).
Les deux problèmes principaux que nous avons rencontrés ont été d'organiser la communication entre
équipes dispersées géographiquement et de soutenir l'activité d'individus ayant des degrés de motivation
différents. Si le premier problème a été relativement bien résolu par quelques mesures d'organisation, le
second ne l'a été que beaucoup moins. En fin de projet d'Atp, on a noté un certain essoufflement du
collectif, qui s’est traduit par une moindre réactivité et un investissement plus faible dans les tâches
partagées. Dans l'idéal, il serait souhaitable de ne s'engager qu'avec des partenaires ayant la même
motivation. Cela nous paraît cependant utopique. D'une part, certains apports disciplinaires ne sont
nécessaires que ponctuellement (ce qui n'est pas très motivant pour les spécialistes qui en sont porteurs),
d'autre part, il existe une asymétrie fondamentale entre modélisateurs et thématiciens (agronomes, etc.).
Si les premiers sont intrinsèquement dépendants des seconds (acquisition de données et de
connaissances, validation des modèles...), les seconds sont autonomes. Pour eux, la modélisation est
bien souvent accessoire. Bien qu'ils expriment, à l'origine du projet, une motivation très grande,
l'expérience montre curieusement qu'ils ont du mal à s'approprier le modèle obtenu. Celui-ci reste,
souvent, entre les mains du modélisateur qui l'a conçu, bien que ce soit à ce stade de l'utilisation qu'il
pourrait le plus aider les agronomes à analyser le fonctionnement du système représenté.
Nous ne croyons pas qu'il s'agit uniquement de problèmes d'opacité des formalismes, d'ergonomie des
logiciels ou de manque d'implication dans la conception (c'est dans la phase de conceptualisation, au
contraire, que la participation des agronomes nous a semblé la plus enthousiaste). Pas non plus l'absence
de retombées en termes de publications. Il peut s'agir d'un problème de critères d'évaluation de la
recherche (un agronome serait jugé plus sur l'acquisition des connaissances ou leur intégration dans un
modèle que sur l’utilisation qui en est faite) ou, plus fondamentalement, d’un problème de confiance
dans la représentation de la réalité par un modèle, peut-être en raison d'une différence de cultures :
culture du « réel » des agronomes par opposition à la culture du « virtuel » des modélisateurs.
Nous avons d’ailleurs remarqué, au fil du temps, une tendance à une certaine autonomisation des deux
composantes thématiques de l'Atp : « modélisation/gestion » d'une part, « systèmes biophysiques »
d'autre part, chacune ayant tendance à suivre, ce qui est naturel, sa pente disciplinaire. Cette
cohabitation d'agronomes « système », d'agronomes « sol-plantes » et de modélisateurs, constituait
pourtant le caractère le plus original de l’Atp comme de l’équipe Gdor. Il semble néanmoins que la
durabilité de telles structures ne soit pas assurée sur le très long terme : la pluridisciplinarité implique
aussi la mobilisation conjointe de plusieurs départements de recherche (en général disciplinaires). Or, il
nous semble que les structures transversales qui en sont issues (projets, équipes, pôles de compétences)
souffrent en général d’un manque de reconnaissance institutionnelle (hiérarchies, budgets, modes de
fonctionnement... sont individualisés) qui nuit à leur cohérence.

Actes du séminaire, 19-20 juin 2002, Montpellier, France 9


Introduction

Dynamique de projets nouveaux engendrée par l’Atp


Partant, fin 1997, d'une petite structure4, l'alliance entre agronomie et modélisation réalisée dans cette
Atp aura été génératrice d'importants effets induits pour l'équipe Gdor :
– participation à l'Aip Inra Agrede en 2000 et 2001 (caractérisation des déchets organiques et des
milieux récepteurs à la Réunion) ;
– rapprochement Inra-Cirad (Fond commun) :
- projet 2001-2002 avec l'équipe Field de l'Umr Sas de l'Inra/Ensa de Rennes où J.-M. Paillat a été
mis à disposition (étude des cycles C et N et du compostage) ;
- projet 2002-2003 avec l'équipe Mid de l'unité Inra-Bia de Toulouse (modélisation de systèmes de
production) ;
– thèse 2001-2003 d'A. Hélias cofinancée par la Région Réunion (modèles pour le pilotage de réseaux
de flux hybrides) ;
– Arc Cirad 2001-2002 « Approches écologiques en agriculture » (appui scientifique à la thèse
d'A. Hélias) ;
– affectation en 2001-2002 de quatre nouveaux chercheurs : 3 du Cirad-Ca (étude des systèmes sols-
plantes-déchets), 1 du Cirad-Tera (aide à la décision sur la base de modèles) ;
– nouvelle Atp Cirad 2001-2003 « Méthodes d'évaluation de l'impact agronomique et environnemental
du recyclage agricole des déchets agro-industriels » (responsables : H. Saint Macary et S. Marlet, Cirad-
Ca) dont une part importante des travaux est réalisée à la Réunion ;
– émergence du projet Regard (Risques environnementaux, gestion agricole et recyclage des déchets)
dans le cadre du Pôle agriculture durable, environnement et forêt (Padef) du Cirad à la Réunion ;
– soumission début 2002 d’une réponse à l’appel à projet de l’action transversale de l’Inra « Aide à la
décision : comment articuler connaissances et action en agriculture ? » en commun avec plusieurs
équipes de cet institut portant sur la définition d’une méthodologie et de « bonnes pratiques » de
modélisation ;
– préparation du projet Maeva (Modélisation d'interactions pour l'étude de la viabilité des anthropo-
systèmes à l'île de la Réunion) avec le recrutement prévu de deux à trois nouveaux chercheurs du Cirad ;
– participation début 2002 à l’élaboration de la réponse Cirad-Cnrs-université de la Réunion-Brgm à l’appel
d’offres du Ministère de la recherche concernant les observatoires de recherche en environnement (Ore).

Perspectives envisageables en prolongement de l’Atp

Viabilité de la filière élevage en relation avec son environnement


Le travail réalisé dans l’Atp, abordant des aspects d’ordre technique, écologique, social et leurs
interactions (notamment par le biais du couplage de modèles), constitue l’ébauche d’un exemple d’étude
d’un système anthropisé de type exploitants-exploitations-territoire. Il pourrait être développé, par
exemple, par la prise en compte :
– au plan technique : de la « biomasse agricole » dans son ensemble (outre les effluents d’élevage, les
résidus de cultures, pailles, litières, engrais, aliments du bétail…) comme flux de matières participant au
système de production ;
– au plan écologique : des effets induits en amont (déforestation dans le sud-ouest malgache provoquée
par le boom de la culture du maïs destiné à la fabrication d’aliment pour l’élevage hors-sol réunionnais ;
cf. Fauroux, 2000) ou en aval (transferts de solutés ou d’éléments métalliques vers les hydrosystèmes,
émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, dissémination de germes pathogènes, maintien ou
restauration de la fertilité des sols) ;
– au plan social : de la création de marchés pour les produits des unités de traitement (composts) en
synergie ou en concurrence avec d’autres sources de déchets (urbains ou agro-industriels), de conflits
causés par les nuisances, de l’applicabilité des instruments légaux dans le contexte réunionnais.

4. Deux chercheurs permanents, Jean-Marie Paillat et Pierre-François Chabalier (agronomes), rejoints fin 1997 par François Guerrin
(modélisateur), mis à disposition du Cirad-Tera à la Réunion par l’Inra (département de Biométrie et intelligence artificielle).

10 Modélisation des flux de biomasse et des transferts de fertilité


Introduction

La question de la viabilité pourrait être posée comme suit : « Compte tenu des évolutions prévisibles à
différents termes de la politique agricole, des techniques, de la disponibilité des ressources (eau, foncier,
capital, subventions…), des impératifs de rentabilité des exploitations, des activités concurrentes (habitat,
tourisme), des attentes des consommateurs, des réglementations… sous quelles conditions les systèmes
d’élevage intensif à la Réunion sont-ils capables d’évoluer dans un cadre de contraintes compatible avec
leur survie ? ».
Certaines décisions prises à la Réunion pour le développement de filières de production à partir de
considérations d’ordre économique (autosuffisance alimentaire), social (créer de l’emploi) ou
d’aménagement du territoire (maintenir l’activité dans les Hauts de l’île) peuvent entraîner des problèmes
environnementaux difficiles à résoudre à plus long terme. Le problème de la gestion des effluents
d’élevage en est un exemple éloquent, si l’on considère des situations critiques telles que celle de Grand-
Ilet où une cinquantaine d’éleveurs porcins épandent en moyenne 5 fois plus de lisier qu’autorisé du fait
de l’insuffisance des surfaces épandables (Renault et Paillat, 1999). Or, ces erreurs du passé pourraient se
reproduire si l’on n’y prend garde. L’objectif fixé à l’horizon 2010 de doublement de la production
laitière à la Réunion (passer de 20 à 40 millions de litres/an) est-il, environnementalement parlant,
réaliste, si l’on considère le surplus de déchets produits (élevage et agro-industrie) ? L’étude du système
de production laitière sous ses aspects techniques (systèmes d’élevage, gestion des déchets, disponibilité
foncière, concurrence élevage-canne à sucre, logistiques d’approvisionnement…), écologiques (risques
de pollution, impact paysager, fertilité des milieux…) et sociaux (installation de jeunes agriculteurs,
retombées en termes économique et de formation, dynamisation des sociétés rurales des Hauts, intérêt
touristique…) a fait l’objet de discussions avec le pôle Elevage du Cirad Réunion. Un premier bilan a été
réalisé qui pourrait déboucher sur un projet de recherche mené conjointement avec le pôle Agriculture
durable, environnement et forêt (Padef).

Intégration de formalismes de représentation et de modèles


La problématique majeure qui s’est construite dans le cadre de cette Atp et qui mérite d’être poursuivie
comprend :
– l'intégration de différents formalismes de modélisation (systèmes multi-agents/systèmes dynamiques,
continu/discret, quantitatif/qualitatif...) ;
– l'intégration ou le couplage de modèles distincts ;
– la construction d'indicateurs et d'indices permettant de comparer différentes stratégies de gestion dans
l’optique de la viabilité de l’agrosystème considéré.

Validation et utilisation de modèles d’aide à la gestion


L’objectif d’« aide à la décision » invoquée en perspective de nos travaux, a soulevé un certain nombre de
questions, suscitées en bonne partie par le stage de G. Viard sur la « mise à l’épreuve » de Magma (Viard,
2000).
La première est relative à la validation des modèles, dont les simulations sont censées représenter de façon
aussi proche que possible la réalité (changeante) d’une gamme d’exploitations :
– au-delà de la vraisemblance (subjective) des simulations avec les dires d’experts agronomes ou
d’agriculteurs, comment valider objectivement un modèle sur des systèmes complexes difficilement
instrumentables ?
– jusqu’où aller dans la sophistication des modèles, qui génère une complexité accroissant d’autant la
quantité d’information nécessaire aux simulations, les difficultés d’interprétation et, finalement,
l’incertitude globale inhérente à toute modélisation ?
La seconde tient au choix du public de décideurs visé. Faute, sans doute, d’une analyse préalable très
poussée de notre part, notre démarche s’adressait de façon privilégiée aux décideurs « individuels » que
sont les agriculteurs. L’idée sous-jacente était que, si l’on souhaite modifier des pratiques souvent néfastes,
il est nécessaire de le faire avec l’intéressé lui-même à partir du cas qui lui est propre. Cela
suppose, d’abord, de simuler la réalité de l’exploitation considérée, puis en jouant avec le modèle en
compagnie de l’agriculteur, de faire évoluer (virtuellement) ses règles de gestion ou les caractéristiques de
son exploitation jusqu’à obtenir une solution satisfaisant les objectifs poursuivis (réduction des risques
environnementaux, viabilité de l’exploitation…) et suffisamment convaincante pour qu’on puisse espérer

Actes du séminaire, 19-20 juin 2002, Montpellier, France 11


Introduction

que l’acteur concerné la mette ensuite en pratique. Pour cela, la crédibilité du modèle est un préalable qui
nécessite (au-delà de sa validité structurelle) sa capacité à représenter aussi finement que possible la réalité
spécifique de chaque exploitation. Connaissant la multiplicité des règles de gestion (ou, à la limite,
l’absence de règles formalisables), non seulement d’une exploitation à l’autre, mais au sein d’une même
exploitation, on peut se demander si cet objectif est réellement accessible (à moins que le modèle ne
devienne la réalité elle-même !). Ne serait-il pas plus réaliste de n’envisager le modèle que comme un
appui conceptuel au chercheur (ou à l’ingénieur, au conseiller agricole…) chargé d’élaborer de nouvelles
stratégies de gestion, celles-ci étant ensuite proposées, débattues, négociées, off-line avec les agriculteurs
après passage au crible de l’agronome-système ?
C’est une réflexion à ce sujet que nous nous proposons de mettre en œuvre, notamment à travers
l’opération de recherche de J.-M. Médoc.

Alliance agronomie-modélisation
Le dispositif mis en place dans cette Atp, comme dans l’équipe Gdor, consiste à articuler les interventions
d’agronomes orientés systèmes de production (en lien avec les agriculteurs) et expérimentations (étude des
processus biophysiques) avec une démarche de modélisation. Les premiers doivent procurer la
compréhension globale du fonctionnement des exploitations nécessaire à la construction des modèles
(notamment, les règles de gestion), les seconds, les références biophysiques adaptées au contexte
pédoclimatique dans lequel on prévoit leur utilisation. Dans une perspective d’aide à la décision, les
premiers peuvent aussi servir d’« interface » entre modélisateur et utilisateur et tester les modèles sur des
cas spécifiques d’exploitations, ce qui, par itération, conduit à leur amélioration…
L’une des principales questions que nous nous sommes posées porte sur le développement des études sur
les processus biophysiques en relation avec une problématique de gestion. Ces études sont lourdes,
longues, coûteuses, et elles ne sauraient, évidemment, se réduire à l’approvisionnement des modèles en
données, parce qu’elles possèdent une dynamique scientifique intrinsèque. Elles sont réalisées au
« mieux », à l’échelle d’une fraction de parcelle, au « pire » de la colonne de sol, de la chambre
d’incubation ou du pilote de traitement d’effluents. Dans la mesure où les objectifs de gestion portent sur
le niveau global des systèmes de production et où l’on ambitionne, même, d’aborder les échelles de la
localité, voire de l’île entière, n’y a-t-il pas là une confusion de niveaux et d’échelles préjudiciable à
l’atteinte des objectifs visés ? Les risques d’une dérive « analytique » au détriment d’une approche se
voulant au départ « systémique » sont-ils réels ? La précision des données que l’on peut raisonnablement
espérer n’est-elle pas illusoire aux niveaux et échelles auxquels on s’intéresse ?

Remerciements
La collaboration interdisciplinaire et inter-institutionnelle constituait un défi et une condition
indispensable au bon déroulement des travaux de cette Atp. Elle a constitué également, pendant un
temps, un objet d’angoisse pour ses responsables. Pour nous avoir permis de dissiper rapidement cette
crainte, nous remercions vivement tous nos collègues du Cirad, de l’Inra, de l’université de la Réunion et
de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, qui ont participé aux travaux de l’Atp 99/60 au cours de ces trois
années et avec lesquels nous espérons poursuivre une collaboration qui s’est, déjà, révélée riche
d’enseignement et fructueuse en résultats. Ces collègues figurent comme co-auteurs des travaux
présentés dans ce séminaire de restitution. C’est pourquoi nous nous permettons de ne pas les citer.
Nous remercions également tous les stagiaires (plus de 20) qui ont accompagné nos travaux et, bien
souvent, nous ont permis d’acquérir la matière première nécessaire. Que les trois volontaires de l’aide
technique, Laure Carut, Eric Piquet, et Manuel Martin, qui se sont succédé aux tâches d’organisation et
de webmaster en plus de leur contribution directe aux recherches, trouvent également ici toute notre
gratitude, de même que Josie Carpanin pour son talent de secrétaire et sa disponibilité, Lilian Gauvin et
Floris Mouniapin pour leur appui dans les expérimentations agronomiques.
Nous souhaitons aussi remercier nos « chefs » du Cirad et de l’Inra qui nous ont fait confiance et nous
ont encouragés tout au long de ces trois années, notamment Elisabeth de Turckheim (chef du
département Bia de l’Inra) et Emmanuel Torquebiau (chef du programme Ere du Cirad-Tera). Nous
voudrions remercier très chaleureusement Jean-Pascal Pichot, alors directeur du département Tera, qui a

12 Modélisation des flux de biomasse et des transferts de fertilité


Introduction

aimablement accepté de présider ce séminaire de restitution et contribué avec Jean-Philippe Tonneau,


alors directeur adjoint du département Tera, à faire émerger l’idée même de cette Atp et nous a aidés à la
mettre en forme.
Nous remercions tous les « compagnons de route » de cette Atp, quelle que fut la longueur du chemin
parcouru ensemble, qui nous ont fait profiter de leur expérience et de leurs conseils. A ce titre, merci à
Jean-Marie Attonaty (Inra-Esr), François Papy (Inra-Sad), Philippe Leterme (Ensar) et Roger Martin-
Clouaire (Inra-Bia) pour leurs conseils avisés, l’attention qu’ils ont portée au sujet que nous traitions, et
leur implication dans l’animation des trois séminaires que nous avons organisés.
Merci également aux délégués scientifiques Mia, Xavier Perrier et Marc Jaeger, et au délégué Ager, Eric
Malézieux, pour avoir soutenu et défendu ce projet.

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16 Modélisation des flux de biomasse et des transferts de fertilité