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Forces et faiblesses des filières


Comment
favoriser le
développement
des filières
agricoles et agro-
industrielles ?

agro-alimentaires en Afrique
Les filières agro-alimentaires sont en plein essor en Afrique. Au-delà de
l’autoconsommation, elles investissent le secteur marchand et alimentent les villes
en produits transformés. Mais le manque d’équipements et de maîtrise de la qualité,
les difficultés d’accès au crédit, au conseil et aux formations spécialisées freinent
encore le développement de ce secteur – malgré un fort potentiel en création d’emplois.

Nicolas Bricas Des cultures vivrières


Chercheur au Cirad, UMR Moisa, Montpellier
devenues des cultures de rente
Le terme de “cultures vivrières” remonte à

L
ors du sommet de Maputo (Mozam- l’époque coloniale. On opposait alors les cultures
bique) en 2003, les pays d’Afrique sub- “de rente”, commercialisées pour l’exportation
saharienne ont fait de l’agriculture une (arachide, coton, café, cacao, etc.) qui fournis-
priorité politique. Ils ont ainsi devancé la saient les revenus monétaires aux agriculteurs
conclusion du rapport annuel de la Banque notamment pour payer l’impôt, et les cultures
mondiale sur l’agriculture publié fin 2007 vivrières qui permettaient de nourrir la popula-
qui reconnaissait, après plusieurs décen- tion, essentiellement rurale, via l’autoconsom-
nies d’abandon de ce secteur, son enjeu cen- mation. D’après les statistiques des Nations
tral pour la lutte contre la pauvreté, le change- Unies, la population urbaine de l’Afrique sub-
ment climatique et pour renforcer la sécurité saharienne ne représentait en
“Le secteur
alimentaire (Banque mondiale, 2007). Les 1960 que 35 millions d’habitants
alimentaire de l’Afrique
crises des prix de 2008 et 2011 ont confirmé soit 15,5 % de la population totale
subsaharienne se
l’importance de ce choix politique, rappelant (ONU, 2011). En cinquante ans, la
retrouve à nouveau
la vulnérabilité d’une sécurisation alimen- situation a complètement changé.
au cœur des questions
taire trop dépendante du La population urbaine a aug-
de développement.”
recours aux marchés inter- menté à un rythme sans précé-
nationaux. Le secteur ali- dent dans l’histoire du monde (Dureau, 2004).
mentaire de l’Afrique sub- Elle atteint aujourd’hui, toujours selon les don-
saharienne se retrouve donc nées des Nations Unies, environ 313 millions
à nouveau au cœur des d’habitants soit 37,6 % de la population totale.
questions de développe- Et les villes, loin d’être approvisionnées exclusi-
ment. Mais si les États afri- vement par les marchés internationaux comme
NICOLAS BRICAS cains n’ont pas attendu on le croit parfois, constituent un débouché
Nicolas Bricas est
le rapport de la Banque croissant pour la production locale.
socioéconomiste. Il a mondiale ou les flambées Initialement, seuls les excédents de produc-
accompagné pendant des prix pour en prendre tion étaient commercialisés dans les villes.
plusieurs années les conscience, les opérateurs Aujourd’hui, on voit se développer des cultures
stratégies commerciales de
africains des filières ali- alimentaires entièrement destinées aux mar-
petites entreprises agro-
alimentaires valorisant
mentaires n’ont pas non chés urbains : maïs, manioc, igname, pou-
les produits locaux pour plus attendu les injonctions let, œufs, poisson, produits laitiers, légumes,
les marchés urbains en politiques ou les aides de fruits, plantes condimentaires. Certaines pro-
Afrique subsaharienne la coopération internatio- ductions destinées à l’exportation sont désor-
et a contribué à la
nale pour se mobiliser. La mais plutôt vendues sur le marché régional,
promotion des céréales
locales au Sahel. Il
production alimentaire en comme l’huile de palme. Certes, le continent
poursuit des recherches Afrique subsaharienne, en importe une part non négligeable de son ali-
sur les changements dehors des pays en guerre mentation (Tableau 1). Mais la situation varie
alimentaires dans les pays ou en crise politique, a for- fortement d’une zone à l’autre et d’un pays à
en développement et leurs
tement évolué ; ses filières l’autre, à la fois en fonction des potentialités
conséquences pour les
politiques agricoles
se sont développées depuis agricoles et des politiques plus ou moins incita-
et alimentaires. les années 1980, en parti- tives pour la production locale. Pour l’ensemble
culier en Afrique de l’Ouest. du continent, la dépendance alimentaire est
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TABLEAU 1 : PART DES IMPORTATIONS DANS LES DISPONIBILITÉS EN MOYENNE 2005-2007


Afrique Afrique Afrique Afrique Afrique
Afrique
de l’Est centrale du Nord australe de l’Ouest

Céréales 30 % 17 % 35 % 48 % 25 % 20 %

Blé 62 % 59 % 98 % 56 % 42 % 100 %

Riz blanc 40 % 28 % 68 % 11 % 100 % 47 %

Racines et tubercules 0% 0% 0% 5% 9% 0%

Viandes 10 % 2% 28 % 9% 14 % 7%

Produits laitiers
17 % 4% 30 % 17 % 11 % 39 %
(sauf beurre)

Légumineuses 11 % 6% 9% 47 % 46 % 1%

Huiles végétales 55 % 76 % 34 % 84 % 76 % 26 %

Légumes 4% 2% 9% 2% 8% 6%

Sucre 55 % 31 % 71 % 56 % 17 % 93 %

Fruits 2% 1% 1% 4% 8% 1%

Sources : FAOSTAT, FAO

moins le fait des céréales (30 % des disponibi- nationaux redonne une plus grande compé-
lités sont importées) que celui des huiles végé- titivité aux filières locales, même si l’abais-
tales et du sucre que le continent importe pour sement des barrières tarifaires se poursuit2.
plus de la moitié. Car si les filières locales comme le riz, les huiles
De fait, certaines villes sont largement approvi- ou les produits laitiers ne se sont pas imposées
sionnées par des importations de riz asiatique, au marché, c’est en partie à cause de prix inter-
de blé européen ou américain. Cette dépen- nationaux trop bas pour justifier des investisse-
dance, très souvent soulignée dans les analyses ments, indispensables pour améliorer la qualité
et par les médias, est relativisée par l’étude de des produits ou la productivité du travail.
la valeur économique – et pas seulement de la Le marché urbain fait une large place aux
quantité. Comme le montrent
“Les villes constituent
les enquêtes sur les dépenses des FIGURE 1 : RÉPARTITION DU MARCHÉ URBAIN
un débouché DES 8 CAPITALES DE L’UEMOA
ménages réalisées en 2008 dans
croissant pour la
les huit capitales des pays de
production locale.”
l’UEMOA1, les céréales importées
constituent 22 % du marché urbain (et seu- 36 %
lement 12,2 % des calories consommées sur Huiles, fruits et légumes, condiments

le continent, Afrique du Nord et populations


rurales comprises). Les produits de base riches
en amidon – céréales, racines, tubercules et 15 %
plantains – ne représentent en effet qu’un gros Riz importé

tiers du marché (36 %). Un petit tiers (28 %) est


constitué des produits animaux, viandes, pois- 28 %
sons, œufs et produits laitiers et un dernier gros Produits animaux

tiers (36 %) de tous les autres produits, huiles, 7%


Blé importé
légumes, fruits, sucre et condiments (Figure 1).
Certes, le blé et le riz importés ne sont pas les 4% 10 %
Céréales locales
seuls produits achetés hors du continent. La Racines, tubercules et plantain
poudre de lait, les huiles végétales et le sucre le Source : UEOMA / Enquêtes sur les dépenses des ménages des capitales de
sont également en partie, du moins jusqu’à ces l’UEMOA réalisées dans le cadre du calcul de l’Indice Harmonisé des Prix à la
Consommation, 2008
dernières années. Les prix des aliments sont
restés en effet à la fois bas et stables durant 1
L'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) est
près de 30 ans, favorisant les importations. Les une organisation qui a pour mission de réaliser l’intégration économique
des États membres (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau,
hausses des prix depuis 2007 ont conduit à une Mali, Niger, Sénégal et Togo), à travers le renforcement de la compétitivité
prise de conscience des risques d’un recours des activités économiques dans le cadre d’un marché ouvert et concurrentiel
et d’un environnement juridique rationalisé et harmonisé.
trop exclusif aux importations ; par ailleurs, le 2
Voir l’article d’Arlène Alpha et Cécile Broutin, p. 24 dans ce numéro
maintien de prix élevés sur les marchés inter- de Secteur Privé & Développement.

Secteur Privé & Développement


8 Forces et faiblesses des filières agro-alimentaires en Afrique

Comment produits locaux (Encadré). Il ne s’agit pas la consommation. Elles distribuent des reve-
favoriser le
développement seulement de produits bruts, mais de plus en nus au plus grand nombre et fournissent des
des filières
agricoles et agro-
plus de produits transformés : farines, semoules, aliments à bas coûts pour une population au
industrielles ? granules, pâtes fermentées, huiles, viande pouvoir d’achat limité. Enfin, elles sont pré-
découpée, produits séchés ou fumés, boissons, sentes aussi sur des marchés plus solvables.
etc. De même, il ne s’agit pas seulement d’une
production périurbaine, souvent limitée aux Contraintes au développement du secteur
légumes frais, aux œufs et à la volaille, mais une Malgré leur dynamisme, la production et les
production parfois éloignée qui circule grâce à filières alimentaires marchandes sont confron-
des réseaux marchands qui s’étendent parfois tées à de nombreuses contraintes. Certes, la
sur plusieurs pays – comme l’oignon du Came- recherche agricole a apporté à ce secteur des
roun qui arrive jusqu’à Abidjan. solutions techniques qui ont souvent sup-
primé les goulots d’étranglement : améliora-
Un secteur agro-alimentaire en plein essor tion des variétés de maïs, de manioc ou d’huile
Si la production alimentaire devient une pro- de palme, mécanisation du décorticage du mil
duction marchande, c’est grâce au dévelop- ou du fonio, etc. Mais il reste d’immenses chan-
pement d’un important secteur d’intermé- tiers, que ce soit au niveau de la production,
diation entre les producteurs agricoles et les du stockage, de la productivité de la transfor-
marchés de consommation : collecteurs, gros- mation ou de la maîtrise de la qualité sanitaire
sistes, transporteurs, transformatrices et four- des produits. Les batteuses, les nettoyeurs, les
nisseurs d’emballage, distributeurs, restaura- décortiqueuses, les équipements de seconde
teurs. En grande majorité artisanal, souvent transformation (rouleurs, tamiseurs, etc.), les
confondu avec les activités agricoles en milieu séchoirs pour les zones humides, les extrac-
rural ou considéré comme de la cuisine domes- teurs d’huile – tous ces équipements destinés
tique en milieu urbain, ce secteur agro-alimen- à des traitements à petite échelle ne font pas
taire représente des milliers d’emplois – en par- encore l’objet d’une production locale suffisante
ticulier féminins – et d’importants revenus. pour couvrir les besoins, même si les fabricants
L’évolution de ces micro-entreprises vers des chinois ou indiens s’intéressent au marché afri-
petites et moyennes structures ne prend pas cain. Il manque des réseaux décentralisés de
forcément les raccourcis souhaités par les pro- maintenance et de fourniture de pièces déta-
moteurs de la modernité. Les produits alimen- chées ; il manque encore, dans certaines zones,
taires traditionnels sont des supports d’identité l’accès à l’électricité ou à l’eau potable.
“Ce secteur agro- qui conduisent les consommateurs De nombreuses solutions existent, pour amé-
alimentaire représente à se méfier de l’artificialisation et liorer le transport rural du champ au marché,
des milliers d’emplois de la mécanisation des procédés de pour mieux stocker, pour conditionner les pro-
et d’importants transformation. Ils cherchent des duits et réduire les pertes. Mais il manque des
revenus.” producteurs de confiance, souvent dispositifs de crédit et de conseil pour les petits
au travers de relations interperson- transformateurs. Par exemple, alors qu’il existe
nelles. L’industrialisation trop rapide de certains des insecticides efficaces et sans risques pour
de ces produits, couscous de mil, gari (semoule) la santé pour lutter contre les insectes foreurs
ou attiéké (granules) de manioc, dolo (bière de de céréales, ceux-ci ne sont diffusés que dans
sorgho rouge), a maintes fois échoué. Pourtant, certains pays. Là où rien n’a été fait pour for-
le secteur est en plein essor : les opérations de mer les utilisateurs et diffuser ces produits, les
transformation les plus pénibles se mécani- pertes après récolte atteignent parfois près de
sent, les produits sont plus souvent condition- la moitié de la production. La mécanisation et
nés en emballages hermétiques et gagnent ainsi le transport ont été conçus dans un contexte
les rayons des libres-services, les entrepreneurs de pétrole bon marché et à prix assez stable.
innovent pour proposer de nouveaux produits Le risque est désormais que le prix de l’éner-
ou diffuser ceux de pays voisins. gie devienne coûteux et instable. De plus, les
Bien que mal reconnu par les statistiques, capacités de recherche concernant ces produc-
quelques recensements dans certains pays tions, pour les préparer à un avenir plus ins-
révèlent que le secteur est aujourd’hui l’un table tant du point de vue climatique qu’écono-
des plus porteurs en termes de création mique, sont dramatiquement insuffisantes. La
d’emplois pour des jeunes à faible ou moyen recherche agro-alimentaire a été relativement
niveau de qualification (Bricas et Broutin, négligée par rapport à la recherche agricole et
2006). Tant en milieu rural qu’en milieu souffre encore d’un manque de moyens pour
urbain, ces activités contribuent largement répondre à tous les besoins du secteur.
à la sécurité alimentaire : elles permettent Dans le domaine agricole émergent depuis une
de réduire les pertes postrécolte et d’ac- vingtaine d’années des organisations profes-
croître ainsi les quantités disponibles pour sionnelles, telles que le Réseau des organisa-
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tions paysannes et de producteurs d’Afrique de première et de réussir une rapide montée en


l’Ouest (Roppa). Elles sont aujourd’hui capables puissance des ventes dans un environnement
de défendre leurs intérêts, de négocier des poli- concurrentiel où le terrain est très largement
tiques ou des projets de développement. Dans occupé par des milliers de micro-entreprises. Le
le domaine agro-alimentaire, cette structura- risque, comme on l’a vu dans certains pays, est
tion est beaucoup plus récente. Les femmes de voir ces milliers d’activités sacrifiées au nom
transformatrices sont actuellement encore de la modernisation. L’un des enjeux majeurs
peu représentées, n’ont pas de poids politique pour le continent est, il ne faut pas l’oublier,
et ont du mal à faire entendre leurs revendica- celui de l’emploi. La transition démographique
tions. Nombre de jeunes femmes recherchent de l’Afrique n’est pas achevée. La croissance de la
par exemple des formations professionnelles population engendre l’arrivée sur le marché du
pour les métiers de l’alimentation plutôt que travail de 20 000 à 30 000 jeunes
“Les PME de cinq
pour la couture et la broderie, qu’on leur pro- par million d’habitant et par an.
à dix salariés sont
pose depuis des années. Ces formations sont Pour un pays de 10 millions d’ha-
confrontées à un
quasi inexistantes. Le crédit pour les PME de bitants environ, il faut donc créer
vide institutionnel
ce secteur est quasi absent. Si les activités indi- 200 000 à 300 000 emplois par
pour démarrer.”
viduelles à très petite échelle peuvent emprun- an. Certes, le secteur agricole peut
ter dans les structures de microcrédit et les en créer un grand nombre (encore faut-il qu’il
grandes entreprises auprès des banques, les attire encore les jeunes) ; mais le secteur agro-ali-
PME de cinq à dix salariés sont confrontées à mentaire dispose d’un très fort potentiel en ce
un vide institutionnel pour démarrer. domaine. Si son développement repose sur une
large création d’emplois, ce secteur peut contri-
Quelles perspectives pour ce secteur ? buer à relever le défi de ces pays et nourrir leurs
Dans dix ans, la population urbaine représen- populations sur la base des ressources qui fon-
tera la moitié de la population de l’Afrique sub- dent leurs identités : leurs produits, leurs com-
saharienne. Déjà, une classe moyenne émerge pétences, leurs savoir-faire.
dans les grandes métropoles, ce qui laisse pen-
3
SPAR est une enseigne de grande distribution essentiellement alimentaire
ser qu’un marché pour des produits à plus haute appartenant à la société néerlandaise SPAR International, présente dans 33 pays.
valeur ajoutée est en train de se développer. Le 4
Leader Price est une enseigne de hard-discount française créée en 1989,
qui appartient aujourd'hui à Casino, groupe de distribution en France et
marché alimentaire urbain attire les convoitises. dans le monde.
Déjà, en Afrique de l’Est et en Afrique australe,
des chaînes de supermarchés s’implantent et REPÈRES
des opérateurs étrangers envisagent d’investir
dans des entreprises de transformation. SPAR3 Le Cirad est le centre de recherche français spécialisé dans les
possédait en 2010 plus de 900 libres-services enjeux internationaux de l’agriculture et du développement. Une
en Afrique australe. Leader Price4 investit en vingtaine de chercheurs du Cirad, associés à leurs collègues de
trois autres institutions de Montpellier (Inra, Montpellier SupAgro
Afrique francophone notamment au Sénégal. et IAM), font partie d’une Unité mixte de recherche (UMR Moisa)
Pour les opérateurs étrangers, il s’agit à la fois spécialisée sur le développement durable du secteur agricole et agro-
de sécuriser les approvisionnements en matière alimentaire des pays méditerranéens et en développement.

ENCADRÉ : LA FILIÈRE MAÏS DANS LES PAYS DU SAHEL


La production de maïs au Sahel sur paiement ou des crédits moudre auprès de meuniers rassure la clientèle inquiète de
est assurée par des millions de campagne. Ils travaillent disposant de moulins à moteur, la qualité sanitaire des produits
de petits producteurs. Associée généralement avec des grossistes aux abords des marchés et dans sur des marchés qui tendent
à celle du coton, elle bénéficie installés en ville qui assurent les quartiers urbains. Des activités à l’anonymat.
des apports d’engrais de la le traitement et le stockage des artisanales de vente de produits Grâce à l’apparition
culture textile : une preuve grains en sacs. L’ensemble de prêts à consommer ou à cuire se d’équipements mécanisés, des
de la complémentarité ces opérateurs entretient des sont développées, prolongement petites entreprises proposent
entre cultures d’exportation et relations de confiance – parfois à plus grande échelle des activités désormais le même type de
cultures alimentaires. via des réseaux lignagers ou domestiques les plus pénibles produits, conditionnés en sachets
Si une partie de la production villageois –, indispensables pour ou nécessitant une compétence plastiques, secs et de plus longue
est autoconsommée, l’autre garantir la qualité des produits technique particulière. Les conservation. Elles les distribuent
est vendue à des collecteurs, ou pour manipuler d’importantes produits sont travaillés à domicile, dans les épiceries ou dans les
qui achètent les grains sur sommes d’argent. commercialisés de porte à porte, libres-services. La clientèle est
les marchés ruraux. Jouant Initialement, les grains étaient dans la rue ou sur les marchés plus aisée, prête à payer pour des
également un rôle de banquiers, vendus à l’état brut aux ménagères des produits frais. Là encore, c’est garanties de qualité offertes par
ils peuvent fournir des avances ou à des artisanes. Elles le faisaient la confiance interpersonnelle qui une marque.

Références // Banque mondiale, 2007. World Development Report 2008: Agriculture for Development, The World Bank. / Bricas, N. et Broutin, C., 2006. Agro-alimentaire et lutte contre la pauvreté en Afrique
subsaharienne; le rôle des micro et petites entreprises. Paris, Ed. du Gret, 128 p. / Dureau, F., 2004 Croissance et dynamique urbaines dans les pays du Sud. in Rapport Population et développement, Le Caire + 10, La
situation dans les pays du Sud, Paris, Ceped, pp. 203-225. / FAO, 2008. FAOSTAT, base de données. / ONU, 2011. Base de données sur la population. / UEOMA, 2008. Enquêtes sur les dépenses des ménages des capitales
de l’UEMOA réalisées dans le cadre du calcul de l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation.

Secteur Privé & Développement